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- L'Inconnue du portrait | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Inconnue du portrait Camille de Peretti Calmann-Lévy Le 3 janvier 2024 350 pages roman historique Chronique 30 mai 2024 Chapeau bas ! Lu d'une traite jeudi dernier ! Réjouissant et passionnant ! Tous les ingrédients d'un grand roman sont réunis en ces pages. N'hésitez pas. Cela ferait un film formidable ! S'inspirant d'un fait réel concernant un très mystérieux portrait peint et retouché par Gustav Klimt, volé en 1997, retrouvé soudain en 2019 en Italie, Camille de Peretti imagine avec talent et brio un scénario fabuleux en centrant tout son roman sur la question cruciale : mais qui était la jeune femme du tableau ? La réalité était déjà incroyable, l'autrice la magnifie encore plus en nous emportant dans un grand voyage tant temporel que géographique. De Vienne au début du XXe siècle, en passant par les États-Unis du krash boursier jusque dans les années 1980, pour enfin se terminer dans les jardins du musée d'art moderne de Plaisance en Italie en 2019, voici une histoire totalement folle comme la vie peut l'être quelques fois, singulière et stupéfiante. Ainsi mettons-nous d'abord nos pas dans ceux du jeune Isidore, amoureux fou de Lotte, fille de bonne famille newyorkaise, alors qu'il n'est qu'un cireur de chaussures venu d'Autriche ; passionné par la bourse, il est prêt à tout pour s'élever dans l'échelle sociale après un passé difficile qu'il tait scrupuleusement. Nous sommes à la veille du krash de 1929. Comment va-t-il survivre à cette catastrophe ? Puis nous survolons quelques années pour atterrir dans les années 1980 au Texas ; une certaine Michelle Alvez, prostituée sur le retour, consulte un avocat afin que sa fille Pearl, étudiante, soit reconnue par son père milliardaire, ancien client d'un soir. Réussira-t-elle à atteindre son but? Et enfin, nous débarquons dans l'atelier de Klimt recevant la visite d'un jeune homme chargé d'un mystérieux portrait peint par le maître en 1910. Il a une étrange requête à formuler auprès du grand homme.... Celui-ci acceptera-t-il d'y répondre ? Et quelles sont les raisons qui poussent ce garçon à prendre cette étrange initiative ? Solidement construit sur une riche documentation, ce roman aventureux sous forme de quête et de parcours initiatique pour Pearl, est une fabuleuse fresque mêlant avec art les évènements majeurs ayant jalonné l'Histoire et la destinée de quelques individus tous liés les uns aux autres sans qu'ils le sachent eux-mêmes. Et le plus formidable finalement est que le mystère reste entier concernant ce portrait de Klimt !!!! Je comprends que ce roman soit primé. Compliments ! Quatrième de couverture « La toile vibrait de beauté. Elle en avait le souffle coupé et se noyait dans l’œil bleu ciel piqueté de vert. Est-ce qu’elle était réellement le sosie de cette inconnue ? » Peint à Vienne en 1910, le tableau de Gustav Klimt Portrait d’une dame est acheté par un collectionneur anonyme en 1916, retouché par le maître un an plus tard, puis volé en 1997, avant de réapparaître en 2019 dans les jardins d’un musée d’art moderne en Italie. Aucun expert en art, aucun conservateur de musée, aucun enquêteur de police ne sait qui était la jeune femme représentée sur le tableau, ni quels mystères entourent l’histoire mouvementée de son portrait. Des rues de Vienne en 1900 au Texas des années 1980, du Manhattan de la Grande Dépression à l’Italie contemporaine, Camille de Peretti imagine la destinée de cette jeune femme, ainsi que celles de ses descendants. Une fresque magistrale où se mêlent secrets de familles, succès éclatants, amours contrariées, disparitions et drames retentissants. L'Inconnue du portrait de Camille de Peretti a été récompensée du Prix des romancières 2024, du Prix du roman Marie Claire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Cette nuit là | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Cette nuit là Linwood Barclay Belfond Noir 2 février 2011 438 pages, traduites par Marieke Surtel Thriller Chronique 18 juin 2017 Diabolique et addictif ! Impossible de lâcher ce thriller, le premier que je lis de cet auteur. Je me suis déjà renseignée pour trouver ses autres titres. Pourtant le début semble classique : Cynthia une adolescente sortie sans permission avec un mauvais garçon est retrouvée par son père Clayton Bigge saoule, et ramenée au bercail manu militari. Le lendemain matin elle se réveille après une nuit comateuse, mais elle est seule dans la maison, ses parents et son frère Todd sont absents. Elle s'invente des histoires pour ne pas s'inquiéter, part au lycée mais là elle apprend que son frère n'est pas venu en cours. La peur enfle, elle court chez elle, le vide.... Ils ont tous les trois disparu. 25 ans après nous retrouvons Cynthia participant au tournage d'une émission reprenant le drame. Le narrateur est Terry, c'est lui que nous allons suivre tout au long de ce vrai cauchemar. Déjà leur vie n'est pas facile tous les jours, le mal être de son épouse, sa paranoïa, ses cauchemars rendent le quotidien insupportable et a des conséquences psychologiques également sur leur fillette Grace. Celle-ci pour protéger ses parents surveille les météorites susceptibles de tomber du ciel comme autant de malheurs potentiels et de dangers possibles. Le 25ème anniversaire de cette nuit terrible se profile et pour tous l'ambiance est délétère et anxiogène. Pour tante Tess qui a élevé l'adolescente abandonnée et déboussolée, pour l'entourage aussi comme le patron de Terry, Torry. En plus la famille n'étant pas sur liste rouge et habitant le quartier d'enfance de Cynthia, le passage à la télévision de toute cette histoire est un déclencheur pour toutes sortes d'évènements. Le problème est que les incidents dont se dit victime son épouse appel téléphonique, mot, .....ne peuvent être réellement pris au sérieux. Terry est fatigué, ne sait plus qui croire..... Et il n'est qu'au début de sa peine. Un détective est engagé par le couple, il faut en sortir mais......à vous de découvrir la suite. Le doute et la suspicion au sein d'une famille est ce qui est le plus terrorisant, quand ceux qu'on aime ne sont peut-être pas ceux qu'on croit, quand tout semble n'être que le reflet de la vérité et non la réalité elle-même, quand on porte une culpabilité sur les épaules en raison d'une responsabilité qu'on endosse à tort comme les trois membres de cette famille qui ne savent comment réagir. Une ombre plane, et un mystère doit être résolu, il en va de leur subsistance psychologique. Terrifiant, ce thriller illustre parfaitement l'expression " l'enfer est pavé de bonnes intentions". La fin est magistrale et même si vous avez pu comprendre certains aspects de cette histoire, l'écrivain garde les meilleures cartouches pour les dernières pages. Très très bon livre bien retors et diablement bien construit et écrit. À lire absolument pour les accros du genre.... Il serait bien en film. Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Filles du ciel | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Filles du ciel Michel Moutot Du Seuil le 10 mai 2024 288 pages Polar historique Chronique 14 août 2024 "Ce n'est pas tout de concevoir un plan gigantesque : rien de plus aisé. Le difficile, c'est de le rendre exécutable - et de l'exécuteur. " Gustave Eiffel, cité par Jules Sabatès, " j'ai construit la tour de fer" "Now those memories come back to haunt me They haunt me like a curse Is a dream a lie if don't come true Or is it something worse? " Bruce Springsteen, "The River" Trois filles du ciel pour un thriller historique entre la France et les Etats Unis, entre Paris et New York. La première, Tori, fille ainée de la Mère du clan du Loup, peuple amérindien Lenape, destinée à lui succéder, est accompagnée de son oncle, Tëme, pour un retour vers la terre des ancêtres entre Brooklyn, Manhattan et les îles de la baie. Remonter cette piste des larmes prendra trois ans, le temps de s'imprégner de l'âme des lieux, d'écouter les murmures dans le vent, et d'être capable de raconter l'histoire de ce peuple aux prochaines générations. Mais il faut survivre sur place. Tëme trouve un poste sur le chantier de la grande statue venue de France offerte pour le centenaire de l'indépendance des États-Unis. L'oncle réussira-t-il à protéger sa nièce, la future souveraine indienne ? Tout naturellement, la deuxième fille est donc la Statue de la Liberté imaginée par Auguste Bartholdi dont le squelette en métal est créé et construit par l'entreprise de Gustave Eiffel. "La Liberté éclairant le monde" doit être démontée, mise en caisse. Formidable kit qu'il faudra remonter outre-atlantique selon le plan fourni. Un homme le peut, un certain Philibert Boucher. Véritable colosse, personnage inquiétant, borderline, au passé sombre et violent. Partir pour New York avec d'autres ouvriers qualifiés est une aubaine. Travail bien payé à des milliers de kilomètres d'une capitale où il n'est plus en odeur de sainteté. Mais pourra-t-il résister à ces vieux démons ? Enfin, la troisième fille est, vous l'avez deviné : la Tour Eiffel. Fuyant New York en urgence, Philibert Boucher est engagé sur ce nouveau chantier gigantesque et extraordinaire. Il se pense à l'abri. Mais les Anciens et la Mère du clan des Loups ont parlé : il doit payer. Tëme, accompagné de Denny, un jeune Lenape du Canada, part sur le sentier de la vengeance jusqu'à Paris, jusqu'à l'entreprise de Gustave Eiffel à Levallois Perret. Fort de son expérience sur le chantier de la Statue de la Liberté, il réussit à être engagé ainsi que son compagnon. Vont-ils respecter leurs engagements ? Voici donc les décors dressés, et quels décors ! Tori, fille du ciel, princesse assassinée, est le lien entre New York et Paris, entre les deux monuments s'élevant vers le ciel. L'auteur nous offre une formidable reconstitution historique construite sur une documentation foisonnante et les archives retrouvées miraculeusement dans un coffre de bois appartenant à Jules Sabatès, journaliste ayant couvert la construction de la Dame de fer allant jusqu'à se faire embaucher comme ouvrier, par son arrière-arrière-petit-fils, Fabien Sabatès. Est mentionné l'ouvrage illustré de ce dernier, après deux ans de travail acharné et passionné, "J'ai construit la tour en fer" paru en 2016 aux Éditions Douin, rassemblant tous ces documents familiaux. Au-delà du thriller sombre et violent et de la course-poursuite essoufflante afin que Tori soit vengée, découvrir les prémices, les coulisses et les circonstances de la construction de ces deux monuments majeurs et hautement symboliques jusqu'à aujourd'hui est tout à fait réjouissant, édifiant, enrichissant. La complexité et les prouesses techniques qui ont caractérisé ce double tour de force sont inimaginables. La vie quotidienne sur les chantiers où se côtoient toutes les nationalités, les solutions qui furent trouvées chaque jour aux problèmes insolites qui se posaient en permanence sur ces lieux de construction hors normes sont fabuleuses à lire. La passionnée d'Histoire et la mordue de thriller que je suis ont donc été comblées par ce dernier roman de Michel Moutot qui m'avait déjà totalement conquise avec "L'America". À lire absolument ! Quatrième de couverture Pendant l’assemblage de la Statue de la Liberté, dans le port de New York en 1886, puis l’édification à Paris quelques mois plus tard de la tour de trois cents mètres de Gustave Eiffel, se croisent les destins d’un ouvrier français au regard de tueur, d’une princesse indienne et de Tëme, son oncle et protecteur, chef de guerre de la tribu des Lenape. Après la mort de la Fille du ciel, Tëme va partir, à rebours de la conquête de l’Ouest, pour la capitale française où se prépare dans l’effervescence l’Exposition universelle du centenaire de la Révolution. Les reflets de cuivre de Lady Liberty, les feux d’artifice de son inauguration, les étincelles des braseros chauffant au rouge les rivets de la Tour illuminent cette histoire d’amour, de fer et de vengeance qui illustre, de Brooklyn au Champ-de-Mars, l’avènement d’un monde nouveau. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La sirène | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La sirène Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2012 416 pages traduites par Lena Grumbach Thriller Chronique 8 octobre 2017 Sixième tome de la série suédoise d'enquêtes policières menées par Patrik Hedstrom du commissariat de Tanumshede et par sa femme Erica Falck écrivaine et enceinte jusqu'aux yeux de jumeaux. Dans le tome précédent déjà l'auteure faisait entrer en scène, mine de rien, le bibliothécaire Christian Thydell, ami de Erica et qui était à l'époque en pleine rédaction de son premier roman " La sirène" . Quelques mois sont passés et avec l'aide d'Erica qui lui a présenté son agent, le livre est un vrai succès auprès de la critique et du public. Christian devrait donc être aux anges, il est marié à Sanna et a deux fils magnifiques. Mais non, il est de plus en plus nerveux et étranges dans son comportement. Il reçoit en fait depuis un an et demi des lettres de menaces qui le paniquent totalement. Impossible de le faire parler. Erica compte bien comprendre ce qui arrive à son ami, mais au fur et à mesure de ses recherches le mystère s'épaissit. Qui est vraiment Christian et son roman comporte-t-il des éléments autobiographiques ? Au même moment un homme a disparu et sa femme Cia est très inquiète. Fuite, meurtre. Rapt ? La vie tranquille et la personnalité joviale de ce mari et père attentif ne donne aucune piste sauf si.... Encore un bon livre avec des moments particulièrement poignants concernant tous les chapitres liés au passé, là encore Camilla Lackberg traite de l'enfance détruite, abimée, maltraitée, mais aussi de l'enfance coupable à l'âme noire. Un décorticage des événements anciens pour expliquer les meurtres, disparitions, suicides d'aujourd'hui. Étonnamment, même dans son état, Erica va fouiller partout jusqu'à Goteborg, en parallèle de son mari et son équipe de policiers. Tous vont former le puzzle et trouver la solution improbable et bouleversante à cette énigme cauchemardesque. Une enquête de trop pour Patrik qui y perd ses forces ? Un sérieux coup de semonce en tous les cas, rappelant à quel point nous devons être vigilants quant aux dangers qui guettent les enfants et les conséquences gravissimes sur leur développement psychologique. Le prochain opus « Le gardien de Phare » . Quatrième de couverture Un homme a mystérieusement disparu à Fjällbacka. Toutes les recherches lancées au commissariat de Tanumshede par Patrik Hedström et ses collègues s'avèrent vaines. Impossible de dire s'il est mort, s'il a été enlevé ou s'il s'est volontairement volatilisé. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nuit Indigo | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nuit Indigo Lars Mytting Actes Sud Le 1er octobre 2025 560 pages traduites par Françoise Heide historique fantastique Chronique 18 avril 2026 " Dehors, il faisait un brin plus sombre. La brise poussa à sa rencontre les odeurs du jour finissant. Ce serait une de ces nuits indigo comme on en connaît dans le Gudbrandsdal, où l'on s'amourache et où l'amour répond à l'amour. " " Ils sont patients, les morts. La discrétion règne entre les tombes, mais nullement le silence. Les morts apprennent à écouter bien mieux que les vivants. On imagine aisément qu'ils se réjouissent, chaque fois que quelqu'un vient, et ils sentent les empreintes de pas du monde au-dessus d'eux, à la lumière. Un cimetière, c'est si grand, la plupart des visiteurs vont voir une autre tombe, et les choses sont ainsi faites qu'ils meurent à leur tour, et que ceux qui s'arrêtent et prononcent quelques mots se font de plus en plus rares." Je n'ai pas lu les deux tomes précédents Les Cloches jumelles (2020) et L'Étoffe du temps (2022), mais cela ne m'a pas empêchée de comprendre ce qui s'était déroulé avant les évènements ici décrits et d'y trouver un grand plaisir de lectrice amoureuse des récits historiques flirtant avec le fantastique et le merveilleux, alors que le Diable semble prendre le pouvoir sur le monde. Tout commence par un agneau sauvé d'une mort certaine au XVIIe siècle par Eirik Hekne alors que la neige recouvre toute la région. Un agneau à la toison d'argent dont on ignore les origines : animales ou magiques. La laine de l'animal mystérieux est utilisée par les filles siamoises d'Eirik, Halfrid et Gunhild, tisserandes de génie, pour leur grand chef d'oeuvre. En cette ère de superstition, les théories luthériennes les plus sévères sont appliquées, menant à la traque du Malin et de ses servantes. Ainsi, de par leur malformation, les sœurs sont en grand danger, menacées d'être brûlées sur le bûcher. Sauvées de justesse, elles ont le temps de finir leur fresque murale représentant dit-on l'apocalypse qui attend l'humanité. À leur décès, deux cloches jumelles sont fondues et baptisées de leurs noms, installées dans l'église en bois debout. Leur âme commune s'adresse donc toujours aux habitants de Butangen au fil des siècles par le son produit par ces dernières, jusqu'à ce que l'église soit démontée et remontée à Dresde et les cloches séparées, l'une dans le campanile allemand, l'autre immergée dans le lac voisin. Quant au "Tapis" tissé par les siamoises, nul ne l'a plus vu. 1936 : les descendants du clan Hekne habitent toujours à la ferme construite par Eirik précédemment rencontré. Il y a le couple Jehans et Kristine et leurs trois enfants : Astrid la risque tout, Esther aveugle au pouvoir de prescience, et Tarald le dessinateur. Astrid a noué un lien privilégié avec le vieux pasteur, Kai Schweigaard. Tous deux sont fascinés par la légende entourant les siamoises, les cloches, ainsi que la tapisserie. Ils ne sont pas les seuls : les Nazis sont eux aussi très intéressés par les récits traditionnels norvégiens afin de justifier l'origine supposée des ariens, leur supériorité sur le reste de l'humanité, leur future politique génocidaire et impérialiste d'extension de leur territoire. La Norvège fait partie des terres que Hitler souhaite annexer. Or, Astrid et Kai refusent de laisser aux envahisseurs la moindre chance de retrouver la cloche du lac, ou la tombe des sœurs et encore moins leur œuvre prophétique. Commence alors une course contre la montre pour sauver l'héritage des Hekne : la Résistance s'organise alors que certains villageois ou membres du clan se perdent et trahissent leur patrie. Notre tandem réussira-t-il à sauver le trésor de Butangen ? La prophétie tissée des sœurs va-t-elle se révéler juste ? Et les cloches, vont-elles à nouveau sonner à l'unisson pour avertir les Hommes du danger ? Et si la magie, l'inexplicable existait ? Et si des forces supérieures venaient à la rescousse des habitants de ce village norvégien et des Hekne ? J'ai d'ores et déjà réussi à me procurer le premier tome de la Trilogie tant cet épisode m'a plu, véhiculant des valeurs humanistes consolatrices en ces temps de folie tout en ranimant notre croyance en l'impossible, en l'extraordinaire. Quatrième de couverture Butangen est sous occupation nazie et l'écho de la légende des cloches jumelles ressurgit. Le vieux pasteur Kai Schweigaard, dernier témoin d'un monde en train de basculer, place ses espoirs en la jeune Astrid, descendante des soeurs tisserandes. Ensemble, ils organisent la résistance : sauvetage du tapis sacré, protection de la dernière cloche, actes de sabotage envers l'ennemi. Tandis que le village se divise, les femmes de la famille Hekne orchestrent la lutte dans l'ombre : bidons de lait remplis d'armes, codes secrets dans les psaumes. L'esprit d'un peuple se tisse dans la clandestinité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Je ne te verrai pas mourir | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je ne te verrai pas mourir Antonio Muñoz Molina Seuil Le 22 août 2025 240 pages traduites par Isabelle Gugnon roman Chronique 23 octobre 2025 Titre original : No te veré morir. " Un roman éblouissant sur l’amour et ses mirages, par le prix Médicis étranger 2020. " Prodigieuse première partie sur le plan formel, texte incroyable sans autre ponctuation que des virgules, à lire en apnée comme l'est Gabriel quand il sait qu'il va revoir Adriana après cinquante ans de silence. Tout remonte en vrac, le cœur explose, impossible de garder son calme, le moment du bilan d'une vie est venu : a-t-il pris les bonnes décisions, en avait-il même le pouvoir dans cette Espagne franquiste, lui le tout jeune homme portant sur ses frêles épaules la lourde responsabilité de réussir sa vie, pour son père, principalement, cet être doux, artiste, qui connut Pau Casals, Stravinsky, Alban Berg et tant d'autres, lui arrêté, torturé, avili, à la chevelure soudain blanchie ? Quand les malheurs des parents rejaillissent sur l'existence de leurs enfants pris au piège inconsciemment ! Alors oui, lui fou amoureux de l'indomptable Adriana depuis leur adolescence, ayant des aspirations à devenir violoncelliste, oui, lui va se plier aux désidératas paternels et devenir banquier et juriste. Il va partir pour la Californie, baisser la tête et rentrer dans le rang après une dernière après midi d'amour avec cette femme, mariée, malheureuse, exigeant qu'il la choisisse, qu'il se détermine, enfin ! Dès la deuxième partie entre en scène un Espagnol fraîchement divorcé, exilé forcé dans cette Amérique où il ne trouve pas réellement sa place. Dépressif de par sa séparation avec sa fille de sept ans, il est soutenu par Gabriel, sommité et autorité reconnue, dans sa carrière universitaire de spécialiste d'une certaine peinture hispanique, un peu mortifère. Par ses yeux, nous découvrons qui est Gabriel, nous rencontrons sa femme, prenons connaissance de ce que fut sa trajectoire pendant ce demi siècle loin de l'Espagne. Et puis... Et puis le destin s'en mêle, utilisant cet émigré fallot comme déclencheur de la mise en présence que nous attendons tous, impatiemment : celle des anciens amants. Qu'est devenu l'éclatante Adriana ? Gabriel sera-t-il à la hauteur de l'événement ? L'exil, les racines, la destinée, l'héritage des générations passées, les regrets ou remords, le poids de l'Histoire, tous ces sujets et bien d'autres sont abordés avec lucidité, causticité parfois, tout en finesse, dans ce roman prodigieux. À ne pas rater comme tous les évènements importants dans nos parcours de lecteurs passionnés. Ne pas perdre de temps, oser, résister, et aimer, devraient être les seuls maîtres mots de nos vies si courtes. Quatrième de couverture La passion de Gabriel et Adriana semblait devoir durer toujours. Mais dans les années 1960, les stigmates de la guerre civile pèsent encore sur le destin des jeunes gens. Après cinquante ans sans un mot échangé, elle dans l'Espagne de la dictature, lui connaissant une carrière brillante aux États-Unis, ils se retrouvent au soir de leur vie pour une ultime rencontre. Avec délicatesse, Antonio Muñoz Molina interroge les choix et les motivations profondes qui déterminent une vie entière et une identité. Comment, porté par le temps qui passe, par certaines lâchetés et complaisances, il est facile de s’égarer loin de celui qu’on pensait devenir. Pourtant, si une seconde chance nous était donnée, aurions-nous le courage de l’embrasser ? Une prose magnifique, sensuelle, une musicalité qui transcrit avec justesse la puissance de la nostalgie et ses dangers. Les sentiments les plus intimes d'un homme et la dignité d’une femme. Certaines des plus belles pages jamais écrites par ce fin conteur de l’âme humaine. « Un pur roman d’amour. » El Cultural « Un tourbillon d'émotions qui se révèlent inoubliables. » El Periódico « Un acte de foi en la littérature, gardienne de la mémoire. » El País Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Méridienne | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Méridienne Marghanita Laski de l'Olivier Le 9 mai 2025 168 pages traduites par Agnès Desarthe fantastique Chronique 26 mars 2026 L'édition originale de cet ouvrage a paru chez Persephone Books Ltd en 1999 sous le titre : The Victorian Chaise-Longue. Les Éditions de l’Olivier entament avec La Méridienne la découverte d’une œuvre puissante, traduite pour la première fois en français. J'attends les prochains opus avec une impatience mêlée de terreur tant ce court roman est déjà source de malaise, de frissons, d'incompréhension, sentiments imprégnant l'héroïne perdue entre deux époques, deux mondes, deux destins, piégée par on ne sait qui, dans quel système temporel ou psychiatrique. Est-elle folle, cauchemarde-t-elle, est-elle morte ? Melanie Langdon, jeune femme des années 1950, mariée à Guy et tout juste maman, souffre de tuberculose depuis de longs mois. Ainsi, a-t-elle réussi à mener sa grossesse à terme mais ne peut-elle s'occuper de son nourrisson laissé aux bons soins d'une nurse logée à domicile. Très exubérante, enfantine, répondant aux attentes de tous, jouant parfaitement le rôle que la société lui a attribué, elle n'est pas sotte pour autant. Elle s'est adaptée et donne à voir à chacun de ses interlocuteurs le visage et les attitudes espérés. Cela fait longtemps qu'elle est reléguée dans sa chambre aménagée au rez-de-chaussée de la maison. Enfin, le bienveillant docteur, n'appréciant pas particulièrement le mari paternaliste de sa patiente, lui donne l'autorisation de déménager dans le salon mitoyen afin de peu à peu rejoindre la société. Cela tombe bien, car trône dans cette pièce un meuble imposant et improbable, une chaise longue victorienne, qu'elle a achetée sur un coup de cœur dans une brocante le jour où le diagnostic de sa maladie est tombé. L'installation se passe au mieux car la méridienne est confortable, elle s'y endort... Mais lorsqu'elle s'éveille, tout a changé sauf cette dernière.... Elle n'est plus Melanie mais Milly Baines, en 1864, jeune femme atteinte elle aussi de tuberculose en un temps où celle-ci était incurable. Melanie pense être dans un mauvais rêve, mais celui-ci persiste. Nous découvrons alors par ses yeux l'univers, les proches de Milly, enfermée dans un carcan sociétal, religieux, psychologique, constamment surveillée par une sœur dictatoriale inquiétante. La violence est sous-jacente encore plus que dans les années 1950, Melanie le constate. Comment peut-elle être sauvée ? Le prêtre, le docteur peuvent-ils l'assister ? Les secrets inavouables de Milly sont lentement révélés et l'on prend la mesure de son enfermement, de ce qu'elle a subi... La méridienne est-elle le vaisseau sur lequel se déroule ce qui ressemble à un voyage dans le temps ? Les deux femmes sont-elles liées par un lien familial quelconque, ou sont-elles les deux faces d'une même personnalité réincarnée ? Les conjectures se multiplient dans l'esprit paniqué de notre héroïne et dans le nôtre, totalement paumé ! Un thriller fantastique traitant de la condition féminine en deux époques où celle-ci était malmenée. Difficile de respirer librement comme si nous étions également malades ; le décor et les usages du quotidien sont rendus avec un luxe de détails, d'une manière très cinématographique. Peu à peu, tout se dilue, on ne sait plus différencier les personnages les uns des autres selon leur époque. Tout semble répliqué, le reflet à l'infini d'une réalité dégradée.... Terrifiante mise en abîme prodigieusement rédigé que ce court texte ! Âpre et percutant ! " Un des livres les plus terrifiants que j'ai lus. " P. D. James " Sous le charme délicieux, le cauchemar est parfait. " The New York Times Quatrième de couverture Le printemps déploie sa splendeur sur la maison au bord d’un canal où vivent Melanie Langdon, son mari et leur nouveau-né. Elle est une épouse typique des années 1950, discrète, dévouée. Quittant enfin son lit après une longue maladie, Melanie trouve refuge sur une méridienne achetée dans une brocante. L’objet est étrange, presque disgracieux, il est pourtant doux de s’y blottir. Encore un peu de repos, et elle sera sur pieds… Elle s’endort. Quand elle se réveille, elle ne reconnaît rien. Ni les lieux ni les gens. Nous sommes en 1864 ; elle s’appelle désormais Milly Baines. En son for intérieur, Melanie Langdon est toujours là, tentant à tout prix de sortir de ce cauchemar éveillé. Brillant et addictif, ce roman à la portée féministe est une révélation. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Entre les notes de Bach | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Entre les notes de Bach Jean-Pierre Grivois Héloïse d'Ormesson 2016 349 pages Historique Chronique 13 mars 2020 J'avais déjà lu ce livre à sa sortie et je suis heureuse de l'avoir repris. Bach fait partie intégrante de ma vie, de mon passage à la conscience de moi-même, enfant, grâce à des découvertes pianistiques de partitions magnifiques qui ont élargi mon coeur. Je m'élève et me ressource grâce à cet homme que je considère comme fondamental, comme un membre de ma famille de pensée, de sentiments. Un proche donc. Maestro Harnoncourt dit que la musique ( ou l'art) est le cordon ombilical qui relie l'homme à Dieu. Je crois fondamentalement en cette phrase en remplaçant Dieu par ce que vous voulez... "Plus grand que nous", « l'architecte », etc... La musique de Bach est organique, elle est liée au pouls interne, à la vie, dans ce qu'elle a de plus essentiel. J'ai eu la grande chance de découvrir la Passion selon saint Jean dès mes dix ans, je faisais le service d'ordre pour les concerts de la Sorbonne. J'ai donc enregistré par toutes mes fibres cette œuvre et ce fut une des premières que j'ai apprise en cours de chant. Ce que j'aime aussi chez Johann Sebastian Bach c'est son intégrité, sa foi réelle et honnête, son sale caractère, son intelligence folle, sa vision de la musique qu'il dessine devant ses yeux dans des moments de transe, sa capacité à être accessible et aimant avec son entourage, bien qu'il soit surdoué, un vrai génie. J'adore ses obsessions pour les chiffres, sa tendresse pour sa famille et ses deux femmes, sa ténacité, son courage, sa mauvaise foi. Je comprends sa profonde conscience de sa mission sur terre, transmettre la parole divine par la musique en luthérien convaincu. J'admire son abnégation pour la mener à terme, même en fin de vie, devenu aveugle. Je suis reconnaissante pour tous les ouvrages de méthodes qu'il écrivit pour nous tous, instrumentistes. Quel bel héritage ! Cet homme est la Musique ! Imparfait, conscient de ses qualités et limites, capable d'apporter son aide aux autres pour leur épanouissement personnel et musical... Il se refuse à commettre des opéras pendant de longues années et pourtant il admirera profondément "Cleofide" de Hasse interprété par la célèbre soprano Bordoni. Il s'intéresse aux productions des compositeurs étrangers et s'en inspire. Il reste moderne et en avance sur son temps, faisant grincer les dents de ceux qui ne peuvent comprendre, envisager ses compositions construites comme des cathédrales à la gloire de Dieu. Il combat les piétistes, ultra luthériens contre la musique vue comme perversion. Il se bat contre l'absurdité des règles administratives, contre les injustices imposées par ses employeurs successifs et chaque fois, après un moment de désespérance, il repart en guerre. Je l'aime ! Il est dans mon ADN musical et artistique, il m'a fait grandir, m'a consolée, m'a bouleversée. Cet homme est éternel comme beaucoup d'autres tels Pergolèse ou Haendel... Une très belle longue lettre de Johann Sebastian Bach, vous est donc adressée grâce à ce roman. Une réussite ! Quatrième de couverture Qui n'a jamais rêvé d'entrer dans l'intimité d'un prodige ? Du sublime au quotidien, Bach nous raconte son enfance en Thuringe, son entrée à la cour du duc de Weimar et son amitié avec le prince d'Anhalt-Kothen, ses deux épouse ainsi que ses vingt enfants. Entre les notes de Bach est une extraordinaire investigation musicale et romanesque aussi érudite que vivante où Jean-Pierre Grivois se glisse dans la peau du maître des pièces pour orgue, des concertos et des passions, afin de recréer le quotidien du Cantor de Leipzig et de ressusciter la musique d'une époque. On touche au mystère de l'art. Jean-Pierre Grivois a dirigé jusqu'à sa retraite une entreprise d'équipements muséologique. Organiste amateur, il a travaillé sur Bach pendant plus de quinze ans avant de réunir ses recherches dans cette somme, manières de mémoires romancés. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maison andalouse | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison andalouse Waciny Laredj Actes Sud Sindbad 2 mai 2017 464 pages traduites par Marcel Bois Historique Chronique 20 juin 2017 Bouleversée, triste, révoltée, admirative.... Ce n'est pas un livre pour les âmes trop sensibles comme la mienne manifestement. Gorge nouée, je remercie l'auteur pour sa fin emplie de spiritualité et d'espoir en une partie de l'humanité. Terriblement beau et puissant le récit de cette demeure du XVIE siècle à nos jours est évidemment une image poétique du sort réservé aux peuples d'Algérie. Et on pleure. Cette maison idéale fut créée de toute pièces par Sid Ahmed ben Khalil dit Galileo el Rojo pour son amante, sa muse, sa femme Lalla Soltana, venue le rejoindre à Alger, ville où il débarque après avoir été exilé de Grenade comme morisque condamné par l'inquisition et Philippe II d'Espagne, tout comme les marranes. Le récit est introduit par Massika ou Sika l'espagnole, d'origine morisque, qui va rapporter ce qui est advenu de la Maison andalouse tout au long des siècles à l'instar de l'Algérie, que fut le destin de tous les descendants de Galileo et Soltana et en particulier du dernier en date Mourad Basta. Tous sont gardiens d'un manuscrit d'abord rédigé en aljamiado, langage inventé par les morisques pour se protéger de l'Inquisition. Ainsi douze cahiers composent ce témoignage à travers les siècles débuté par Galileo continué par Marina sa fille, Celina sa petite fille, le petit fils de cette dernière et Mourad...au gré des changements de pouvoirs, les enfants se voient spoliés de la propriété de cette demeure par les corsaires, les turcs, les français, les révolutionnaires, les trafiquants de toutes sortes ; et comme le témoin d'un passé honteux sera vouée à la destruction par les nouveaux dirigeants de l'Algérie, sous couvert de bien public et de la volonté du peuple, au nom du très Haut et surtout des spéculateurs et bandes de hyènes de toutes nationalités, pour construire une tour gigantesque de béton. Cette lutte de tous les descendants et de Mourad aujourd'hui, relégués dans l'annexe des domestiques pour respecter leur devoir de gardiens du temple et de la mémoire d'un peuple, est titanesque et désespérée. Cependant elle n'est pas inutile et si le dernier petit fils de Mourad préfère s'exiler au Canada par peur pour sa vie, d'autres restent sur place comme Sika pour lutter et transmettre la mémoire et l'Histoire réelle d'une civilisation. Au moment où des fous détruisent des hauts lieux de la culture arabe et universelle au nom d'un obscurantisme qui n'a rien à voir avec la religion, ce livre terminé en 2010 courageux et splendide est un vibrant témoignage de ce qui fut et de ce qui faut communiquer aux futures générations. L'histoire a été écrite sur les morts avec le sang des martyres, mais également et surtout à partir des rêves, des croyances spirituelles grâce à la témérité d'êtres admirables. Ne jamais oublier nos ancêtres, leurs actions généreuses ou néfastes pour en tirer les leçons indispensables à la perpétuation de l'humanité et de l'humanisme. Magnifique et cruel ! Quatrième de couverture À travers les vicissitudes d'un homme en lutte pour sauver sa maison convoitée par des promoteurs, et les détours de son histoire familiale qui remonte à l'inquisition espagnole, La Maison andalouse radiographie les maux de la société algérienne contemporaine, de ses origines au processus de dépossession de la mémoire à l'œuvre aujourd'hui. Où Waciny Laredj signe son roman le plus ambitieux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un cri sous la glace | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un cri sous la glace Camilla Grebe Calmann-Lévy Noir 14 octobre 2017 446 pages traduites par Anna Postel Thriller Chronique 14 octobre 2017 Premier livre en solo pour cette auteure travaillant jusque là en tandem avec sa soeur, le duo ayant enchaîné les polars. Ce thriller dans un Stockholm sous la neige en cette veille de Noël, est un livre choral se partageant entre Emma, Peter et Hanne. Ces deux derniers sont bien dans l'actualité alors que Emma commence son récit deux mois plus tôt. La particularité de ce livre est que tous disent je, nous nous identifions donc ou du moins faisons oeuvre d'empathie avec les trois, nous repositionnant selon des angles et des moments différents sur un même événement. Donc trois regards convergeant sur un personnage central Jasper Lorre, patron d'un empire de la mode. Dans sa maison, la police dont Peter est un membre, on découvre le corps d'une femme, tête tranchée. Personne ne sait qui elle est. Cependant cela rappelle, par le mode opératoire une vieille affaire où un homme, cette fois avait été assassiné. Hanna, profileuse de talent, rebaptisée La Sorcière, et en particulier sur ce dossier vieux de dix ans est rappelée par l'équipier de Peter. Celui-ci est bouleversé lorsqu'il la voit arriver, car ils ont été fous amoureux, mais cela s'est mal fini en raison de la lâcheté de Peter incapable de s'engager. Depuis ils ne se sont plus adressés la parole. Par ailleurs nous rencontrons Emma, vendeuse dans une des boutiques de l'Empire dirigé par Jasper Orre, sa maîtresse cachée et bientôt sa fiancée secrète, qui n'a plus de nouvelle de lui soudainement. Les trois protagonistes sont en souffrance pour des raisons différentes, l'une malade, l'autre perdue, le dernier sans confiance en lui-même. Ces faiblesses qui les handicapent seront les moteurs de leurs décisions et actions afin de comprendre et d'élucider les mystères qui entourent ce Jasper Orre. C'est un thriller psychologique captivant et original de par sa construction autour des aspects sombres et inquiétants de l'amour ou de l'obsession. Une auteure virtuose, certainement une des meilleures écrivaines de polars nordiques. Une belle découverte me concernant. L'image de couverture si intrigante et belle est vraiment parfaite, jusqu'au bout on doute face à ce visage angélique sans regard, si souriant et lisse. Heureuse de l'avoir lu. Quatrième de couverture AVEZ-VOUS DÉJÀ PERDU LA TÊTE PAR AMØUR ? Emma, jeune Suédoise, cache un secret : son patron Jesper, qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main. Mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle. Deux mois plus tard, Jesper disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée. Personne ne parvient à l’identifier. Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul problème, ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés. Dans un Stockholm envahi par la neige, un double récit étourdissant prend forme. Chaque personnage s’avère cacher des zones d’ombre. À qui donc se fier pour résoudre l’enquête ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'héritier du secret | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'héritier du secret Christian Laborie Presses de la Cité 2017 542 pages Historique Chronique 8 février 2018 Depuis 25 ans, l'auteur est un incontournable écrivain de la littérature de terroir ; étant cévenol, c'est dans sa région qu'il situe cette formidable fresque historique et familiale des années trente à la déclaration de guerre. Vous retrouverez dans ce livre des personnages de ses précédents opus : Les Rochefort en 2013, l'enfant rebelle en 2014, le goût du soleil en 2016 et la promesse à Élise en 2017. Je dois avouer que je n'ai lu aucun de ces ouvrages et pourtant j'ai pris un grand plaisir à cette découverte sans être aucunement gênée. Paris, en septembre 1930, Alexandre Muller s'apprête à quitter son domicile pour rejoindre sa galerie d'art après que sa compagne soit partie pour son atelier de peintre. Tous deux préparent une exposition importante de la jeune femme. Mais il s'accorde encore un petit café et la lecture du journal. Soudain, le nom de Jean-Christophe Rochefort lui saute aux yeux, une fuite psychologique importante éclair le plonge dans une amnésie rétrograde. Quand le soir, Gina revient chez eux, elle trouve Alex prostré, il ne sait plus qui il est, il est complètement perdu. Le médecin appelé sur place est rassurant, explique le phénomène, et effectivement dès le lendemain, les choses semblent revenir à la normale. Certainement le stress et la fatigue liés à l'organisation de l'exposition. Cependant, Alex cache la vérité, il est amnésique depuis très longtemps. Son nom lui a été donné après la guerre , il ne se souvient strictement de rien avant son réveil dans une ferme allemande. Quelques fois un élément lui revient comme le nom de Raphaël Simon. Est-il cet homme ? Quelques temps plus tard, une jeune femme Alix, peintre amateure et étudiante, pousse la porte de sa galerie, elle aimerait recopier des œuvres modernes exposées dans les lieux. Il accepte. Immédiatement un lien semble les unir.... L'amour naît entre eux irrésistiblement.... Elle lui avoue alors son vrai nom : Alix Rochefort.... Profitant donc des recherches qu'Alexandre et Alix vont mener pour lever le voile sur le passé du jeune homme tant en Allemagne qu'auprès de la famille de Alix basée dans les Cévennes, Christian Laborie avec brio nous retrace le destin de chaque membre des Rochefort, célèbres tisserands, nous emporte dans un vrai suspense quant au mystère qui entoure Alexandre, mais surtout dresse avec beaucoup de talent le portrait d'un monde qui bascule dans la terreur. J'ai été stupéfaite par cette mise en lumière de tous les évènements concomitants ou successifs en moins de dix ans en France, Allemagne, Italie, Espagne, Russie, États-Unis mais aussi en Chine attaquée par le Japon, et l'Irlande cherchant à se libérer du joug anglais. C'est parfaitement raconté, expliqué, par le biais de cette fiction, et même si effectivement tous ces faits sont connus, il est bon de les rappeler encore et toujours, surtout grâce à une telle saga passionnante et inspirée. J'ai beaucoup appris et attendais avec impatience la solution du secret de Alex. De très belles heures de lecture donc, un beau moment de littérature, j'espère évidemment me plonger dans la suite. Quatrième de couverture De 1930 à 1940, la famille Rochefort, disséminée dans le monde, vit les grands soubresauts d'une époque en ébullition. Aux premiers grondements de la guerre, c'est à Anduze, fief cévenol du clan, que tous se retrouveront. Autour d'un mystérieux personnage recouvrant la mémoire... De 1930 à 1940, vies et destins croisés des héritiers Rochefort. A Nîmes, Jean-Christophe, devenu le patriarche de la lignée, est parvenu à redonner un élan salutaire à l'entreprise de textile familiale. Son fils Pierre tente l'aventure américaine en créant une usine de jeans dans l'espoir de concurrencer Levi Strauss. Alix, étudiante aux Beaux-Arts à Paris, s'éprend du célèbre galeriste Alexandre Muller, victime d'amnésie partielle, et l'aide à retrouver des pans de sa mémoire. Thibaud, parti en Allemagne à la recherche de la branche germanique des Rochefort, assiste, impuissant, à la montée du nazisme. Aux premiers grondements de la guerre, tous se réfugient à Anduze, leur fief cévenol. Quand Alexandre Muller retrouve enfin ses souvenirs, l'univers des Rochefort est bouleversé. Qui est ce mystérieux personnage qu'un parfum de magnolia sort peu à peu de l'oubli ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Buck & moi | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Buck & moi Mateo Askaripour Buchet-Chastel 10 mars 2022 416 pages traduites par Stéphane Roques Roman Chronique 9 avril 2023 "À tous ceux qui se sont fait traiter un jour comme des moins que rien, je sais ce que c'est. " "S'inventer des excuses est l'occupation la moins rentable qui soit." John Mason Note d'introduction de l'auteur : "Rien de tel qu'un Noir en mission. Non, je reformule. Rien de tel qu'un vendeur noir en mission." Welcome Ladies and Gentlemen ! Bienvenus dans le monde fabuleux du capitalisme, du "tout est à vendre " et "tout a un prix", du matérialisme et de la suprématie blanche ! Bienvenus à New York, United states of America, leader du monde, exemple de réussite..... Bla bla bla.... Pas tout à fait ! Voici un roman au vitriol où sont explosés tous les poncifs sur les États Unis, terre d'égalité, où tout est possible. Non, disons plutôt : royaume des gourous de tous poils et autres prédicateurs hallucinés même au sein des entreprises ! Humour acide, analyses au scalpel, rythme endiablé et bien pulsé pour cette fiction qui prend racine dans une réelle expérience de l'auteur du milieu des start-ups. Lire ce texte comme si vous étiez un jeune homme noir est un des premiers challenges qui vous sera proposé et pas des moindres. Imaginez simplement que vous êtes une personne de couleur dans un pays s'étant bâti principalement sur l'esclavage. Imaginez que chaque jour de votre vie vous deviez prendre sur vous, éviter la police, accepter des lois et règles injustifiées d'un pays qui finalement ne vous accepte pas comme un citoyen à part entière. Premier roman diablement intelligent, drôle, captivant où affleurent le désespoir et la colère sous un humour de façade. Ultime élégance face à une société grossière et primaire incapable de changer, de se remettre en question. La maîtrise stylistique et scénaristique est totale. Je gage que nous retrouverons bientôt cet auteur très talentueux. Édifiant et efficace ! Quatrième de couverture Darren « Buck » Vender a 22 ans, il vit avec sa mère à Brooklyn. Major de promotion intelligent mais démotivé il a choisi de travailler comme barista dans un Starbucks de Manhattan. Instinct ou hasard ? C’est en convaincant un habitué de changer de boisson qu’il va lui-même changer le cours de sa vie. L’homme d’affaires est tellement impressionné par son charisme qu’il lui propose de le rejoindre chez Sumwun, une startup au succès aussi fulgurant qu’opaque. Après un entretien surréaliste, et une formation infernale qui ressemble fortement à un bizutage Darren (ou plutôt Buck, comme on l’appelle désormais), est embauché. Le problème, c’est qu’il ne sait pas bien pourquoi. Plongée hilarante et acide dans le monde de l’entreprise du XXIe siècle, Buck & moi est une satire inoubliable qui rappelle aussi bien BlackKKklansman de Spike Lee que La Foire aux vanités de Thackeray Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Une colonne de feu | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une colonne de feu Ken Follett Robert Laffont 12 septembre 2017 923 pages traduites par cinq personnes, pas moins Historique Chronique 15 novembre 2017 Oui j'y suis arrivé en 18 heures, pas non stop cette fois, une petite pause a été nécessaire en milieu de parcours. Je suis complètement persuadée que deux tomes étaient prévus, car tout d'un coup, vers la page 450, on retrouve Mary Stuart enfermée en Écosse après plusieurs années, jusque là le récit était linéaire, et de plus des flashbacks inhabituels apparaissent ensuite dans la deuxième moitié du récit. Franchement, que ce fut désagréable de manipuler un livre si lourd alors que deux tomes de 460 pages auraient été la solution idéale ! La police est heureusement très agréable, les caractères sont beaux et de taille idéale. Laissons de côté ces contingences matérielles qui auraient pourtant pu me faire arrêter. « Le Seigneur lui-même marchait à leur tête : Colonne de nuée le jour, pour leur ouvrir la route, colonne de feu la nuit pour les éclairer. Ils pouvaient ainsi marcher jour et nuit. » Exodus XIII, 21, TOB. Et tous les protestants et catholiques de ce XVIeme siècle vont former ces colonnes de croyants vers une terre promise et plus vraisemblablement vers l'enfer de guerres sans fin. Comme d'habitude, Ken Follett mêle habilement dans cette fresque historique, revenant à Kingsbridge, la grande Histoire et les destins de quelques personnages. Le caractère principale du récit est Ned Willard sans aucun doute, dont la vie intime et la carrière exceptionnelle auprès de Elisabeth 1ere vont nous être contées par l'auteur et par Ned lui-même dans des extraits de carnet intime. 1558, Ned Willard revient à Kingsbridge pour retrouver sa mère Alice, commerçante notable de la ville, après avoir dirigé le comptoir familial de Calais. Il souhaite ardemment revoir la jeune femme qu'il aime Margery Fitzgerald. Mais sa famille catholique à d'autres projets pour leur fille comme la marier à un noble, Bart. Les amants sont désespérés. Rollo Fitzgerald, frère de Margery, et leur père vont tout mettre en oeuvre, avec l'aide d'un membre éminent de l'église catholique, pour ruiner Alice Willard et ainsi écarter son fils. Celui-ci fou de rage, va alors accepter la proposition du conseiller de la jeune Elisabeth, Sir William Cecil. Le destin est en marche... Le cadre historique est le demi siècle qui s'étend de la fin du règne de Mary Tudor, deuxième fille de Henry VIII, catholique extrémiste, rebaptisée Bloody Mary pour les massacres de protestants sous son règne, aux premières années de Jacques 1er d'Angleterre, protestant, également roi d'Écosse sous le nom de Jacques VI. Évidemment, au milieu, les quarante cinq ans de règne de Elisabeth 1ere favorable à une cohabitation des deux religions, et sa bataille incessante contre Mary Stuart, catholique, cousine des De Guise, d'abord Reine de France auprès de François II puis Reine d'Écosse au destin plus que tragique. Géographiquement, Ken Follett nous partage l'espace en trois parties suivant trois groupes de personnages : - L'Angleterre avec Ned Willard protestant, conseiller et espion de la reine Elizabeth 1ere, la femme qu'il aime, malheureusement catholique, Margery Fitzgerald, la famille de celle-ci dont son frère Rollo ennemi de Ned, et tous les personnages historiques dans son entourage. - La France et souvent Paris, avec Mary Stuart et sa cours, sa famille, les De Guise, les éléments satellites au noyau royal, comploteurs, espions, protestants résistants, une mention spéciale pour l'infâme Pierre Aumande catholique au service des De Guise, et la très courageuse Sylvie Palot, fille d'un libraire protestant passeur sur Paris de bibles en francais. - L'Espagne, les Pays-Bas et Anvers pour le trio formé de Barney Willard frère de Ned, navigateur, Carlos Cruz espagnol catholique et Ebrima Diabo esclave mandingue, travaillant tous les trois dans la forge de Carlos en début de roman. Ainsi nous allons très facilement suivre les évènements historiques de la guerre de religion entre protestants et catholiques dans toute l'Europe, mieux comprendre que trois femmes extraordinaires sur le plan de la pensée politique de haute volée et de modernisme, Elisabeth 1ere en Angleterre, Marie de Médicis en France et Marguerite de Parme pour les Pays-Bas , ont essayé de contrer systématiquement les actions de Philippe Il en Espagne, du Pape, des factions ultra catholiques des De Guise, ou des Puritains anglais, pour maintenir un état de paix et de tolérance entre les deux religions. Cela sera presque impossible puisqu'au delà d'une histoire de croyance, c'est bien pour le pouvoir que les protestants en Angleterre après des années sanglantes sous Mary Tudor, et les Catholiques en France allant jusqu'à l'impardonable massacre de la Saint Barthélémy, vont s'affronter dramatiquement. On ne peut que faire le parallèle avec notre situation géopolitique actuelle. Pour ceux qui n'ont pas forcément tous les évènements historiques de cette période en tête, ce roman sera formidable, car extrêmement bien écrit et remarquable de clarté. Me concernant, ayant voici un an et demi lu toute la documentation possible de Henry VIII à la fin du règne de Elisabeth 1ere en Angleterre et en Europe pour des raisons professionnelles, ( j'interprète Anna Bolena et Maria Stuarda), je n'ai pas eu de vraie surprise. Ken Follett insiste beaucoup sur le destin de Mary Stuart, et le personnage fictif de Alison McKay sa suivante et amie d'enfance est une belle trouvaille pour essayer de la rendre plus attachante. Je pense quant à moi que vraiment cette femme était stupide et beaucoup trop impulsive. Je ne l'aime toujours pas. Bonne lecture - Musculation incluse- à vous tous. Quatrième de couverture La saga des Piliers de la terre et du Monde sans fin qui a captivé les millions de lecteurs se poursuit aujourd'hui avec Une colonne de feu, la nouvelle épopée sensationnelle de Ken Follett. En 1558, les pierres patinées de la cathédrale de Kingsbridge dominent une ville déchirée par la haine religieuse. En Angleterre, Elisabeth Tudor devient reine et le pouvoir passe de manière précaire des mains des catholiques à celles des protestants. Toute l'Europe se dresse contre elle. La jeune souveraine, habile et déterminée, crée les premiers services secrets du pays, afin d'être avertie à temps des complots qui se trament contre sa vie, des projets de rébellion et des plans d'invasion. À Paris, Marie reine d'Écosse, proclamée souveraine légitime de l'Angleterre, attend son heure. Jeune femme séduisante et obstinée appartenant à une famille française d'une ambition sans scrupule, elle possède de nombreux partisans qui intriguent pour se débarrasser d'Elisabeth. Ned Willard n'a qu'un désir : épouser Margery Fitzgerald. Mais lorsque les amoureux se retrouvent de part et d'autre de la fracture religieuse qui divise le pays, Ned se place au service de la princesse Elisabeth. En ce demi-siècle tourmenté où l'extrémisme attise la violence d'Edimbourg à Genève en passant par Paris, l'amour entre Ned et Margery paraît condamné. Ned traque l'énigmatique et insaisissable Jean Langlais, espion français à la solde des catholiques, ignorant que sous ce faux nom, se dissimule un ancien camarade de classe qui ne le connaît que trop bien. Elisabeth s'accroche désespérément à son trône et à ses principes, protégée par son petit cercle dévoué d'espions ingénieux et d'agents secrets courageux. Les ennemis réels, alors comme aujourd'hui, ne sont pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance et du compromis aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n'importe quel prix. Ayant pour cadre une des périodes les plus mouvementées et les plus révolutionnaires de l'histoire, Une colonne de Feu est l'un des ouvrages les plus captivants et les plus ambitieux que Follett ait écrits à ce jour. Il saura séduire les admirateurs de longue date de la série de Kingsbridge aussi bien que les nouveaux venus dans son univers. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La ville de vapeur | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La ville de vapeur Carlos Ruiz Zafón Actes Sud 18 novembre 2021 192 pages traduites par Maria Vila Casas Roman Chronique 19 février 2022 « Bientôt, formes indistinctes, père et fils se confondent avec la foule des Ramblas, et leurs pas se perdent pour toujours dans l'ombre du vent. » L'Ombre du vent Titres des nouvelles composant ce recueil posthume : - Blanca et l'adieu - Sans nom - Une demoiselle de Barcelone - Rose de feu - Le Prince du Parnasse - Conte de Noël - Alicia, à l'aube - des hommes en gris - La femme de vapeur - Gaudí à Manhattan - Apocalypse en deux minutes C'était une volonté de l'auteur de compiler toutes les nouvelles qu'il avait écrites et fait paraître sur différents supports en un seul ouvrage que voici, après que nous ayons pu découvrir le dernier opus de la tétralogie du « Cimetière des livres oubliés ». C'est un magnifique, touchant cadeau que Carlos Ruiz Zafón nous fait par delà la mort à nous lecteurs orphelins de l'homme, du romancier. Je suis moi-même très étonnée de l'attachement profond que j'ai éprouvé pour lui et de l'immense peine que j'ai ressentie à sa disparition et qui semble avec le temps gonfler encore. Peut-être l'époque délétère que nous vivons, bien proche des univers créés par l'écrivain, provoque en moi le besoin de réponse dans les livres, le besoin de beauté, de Bien face à toute cette laideur, ce Mal qui semble encore gagner. Ce recueil est un condensé de ce qui fait l'univers zafonien : gothique, poétique, mélancolique, crépusculaire, drôle, imaginatif, légendaire, romanesque, tendre, cruel, dangereux, sidérant.... Je pourrais continuer ainsi éternellement. À l'instar des romans, ces textes sont inclassables regroupant des caractéristiques du conte, du roman historique ou d'amour, du thriller, du polar, du fantastique, du fantasy, de l'épique. Cependant une constante reste Barcelone, une cité de tous les dangers, de tous les possibles, une Barcelone fantasmée, fantasmagorique, ténébreuse, qui trouve son pendant à la fin de l'ouvrage, grâce au voyage de Gaudi à Manhattan. Les personnages iconiques déjà rencontrés dans la saga du Cimetière croisent à nouveau notre route ; Carlos Ruiz Zafón remonte même le temps, revient à la genèse de certains d'entre eux ; il nous donne aussi, enfin, les éléments concernant la création de la bibliothèque des livres oubliés. La boucle est bouclée. L'œuvre achevée sur une dernière nouvelle qui ne pourra pas, chers admirateurs de cet homme, ne pas vous bouleverser. J'étais et je suis encore les larmes aux yeux.... Prophétique, magnifique, pur.... Quatrième de couverture Un architecte qui fuit Constantinople avec les plans d'une bibliothèque inexpugnable, un étrange cavalier qui arrive à convaincre un tout jeune écrivain (accessoirement nommé Miguel de Cervantes) d'écrire un roman inégalable... on retrouve dans ce recueil une atmosphère et des thématiques familières aux lecteurs de Zafón : des écrivains maudits, des bâtisseurs visionnaires, des identités usurpées, une Barcelone gothique et certains des personnages phares de la tétralogie du "Cimetière des livres oubliés", tels Semperé, Andreas Corelli ou David Martin. Il se dégage de l'ensemble une unité parfaite et un charme profond et envoûtant, dans un halo de mystère (et de vapeur). Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Pourquoi toi ? Jaurès | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Pourquoi toi ? Jaurès Christophe Belser De Borée 12 septembre 2019 232 pages Historique Chronique 2 octobre 2019 « Chronique d'un meurtre annoncé » Mon texte sera court car la quatrième de couverture traduit parfaitement ce que je voulais écrire. Donc je vais m'attacher à partager mes sentiments quant à ce livre paru dans la collection Histoire & Documents des Éditions de Borée, que je remercie d'ores et déjà. J'ai été complétement conquise par ce qui, de prime abord, pourrait paraître faussement barbant... Pensez donc, Jaurès !!!! Et vous revient en mémoire des heures interminables au lycée ou collège en cours d'histoire... soporifiques. J'ai eu la chance d'avoir un professeur en première tout à fait inspirée et passionnante, et une famille m'offrant l'accès à cette matière géniale par le biais des livres, des reportages télé, des revues spécialisées. Cet ouvrage aurait pu effectivement s'intituler "chronique d'un meurtre annoncé" ou "autopsie d'un assassinat..." Je l'ai lu comme un thriller absolument incroyable, hallucinant, haletant. C'est vrai, la réalité dépasse toujours la fiction. Et me vient immédiatement à l'esprit la question : mais comment a-t-on pu relaxer le coupable du meurtre de Jean Jaurès, alors qu'il avait avoué son crime à plusieurs reprises lors de l'instruction et au procès ???? !!!! Dingue, complètement fou ! Je n'ose imaginer l'état des proches et de la famille du grand homme à l'annonce du jugement. Comment en est-on arrivé là ? Le titre en une des journaux " Ils ont assassiné Jaurès" , exclamation d'une des témoins de la scène reprise ensuite par la presse, est des plus justes. Car pour que Raoul Villain, le bien nommé, en arrive à appuyer sur la gâchette de son Smith & Wesson, lui le velléitaire, l'hésitant, le lâche, l'invisible, il a fallu un contexte politique et sociétal bien particulier. Les appels au meurtre de Jaurès par voie journalistique ont été légion en cette période troublée et anxiogène, où le pacifisme et la volonté d'accord avec l'Allemagne de Jaurès apparaît comme de la traîtrise, de l'antipatriotisme. La perte de l'Alsace Lorraine ne passe toujours pas auprès d'une certaine partie de la population. Également l'engagement de Jaurès auprès des dreyfusards, son opposition à un service militaire de trois ans, son voeu d'une nouvelle armée réorganisée, et enfin son socialisme moderne au service des plus humbles et des ouvriers en particulier, font grincer bien des dents. Les attaques, les menaces, les insultes, les caricatures ignobles de "Herr Jaurès", de la part d'opportunistes, de représentants d'une vieille garde, d'un ancien régime, tel Charles Péguy !!??!! sont d'une rare violence et vont servir à la défense imaginée par les avocats de Villain. Ainsi Christophe Belser nous dresse clairement, précisément, les portraits de la victime et de son tueur, analyse le contexte, les buts poursuivis par chacun et surtout, les conséquences, jusqu'à aujourd'hui, de cet événement et de l'action de Jaurès. Aurait-il pu empêcher la première guerre mondiale ? Rien n'est moins sûr. Aurait-il été assassiné ou arrêté dans son action dès la déclaration de guerre ? Peut-être... La récupération de son image, de ses propos, jusqu'à les déformer, son entrée au Panthéon, son nom omniprésent sur les plaques de rues, monuments, institutions, ont quoiqu'il en soit, fait entrer cet homme dans la lumière alors que son meurtrier reste à jamais dans les ténèbres. Un livre passionnant, essentiel en ces temps troublés : revenons aux fondamentaux de la pensée citoyenne et humaniste de la République française. Un vrai thriller politique et historique, sans aucun doute possible. Quatrième de couverture Le 31 juillet 1914, Raoul Villain assassine Jean Jaurès à Paris. L'abîme est immense entre Jaurès et son meurtrier. Fondateur de l'Humanité et du socialisme moderne, Jaurès est un l'homme de tous les combats, défendant les ouvriers de Carmaux, Alfred Dreyfus ou le pacifisme. Il est également haï par une partie du pays et est certainement l'un des hommes les plus invectivés de son époque. A contrario, Raoul Villain est un individu fragile qui trouve dans le patriotisme un échappatoire à ses tourments. C'est en son nom qu'il tue celui qu'il surnomme " le Grand traître ". Bien qu'il ait agi seul, il révèle durant l'instruction et son procès, au terme duquel il est acquitté (!), un profil plus calculateur et manipulateur. Il finit par mourir aux Baléares, sous les balles de républicains en 1936 dans un anonymat qui tranche avec la stature de sa victime, référence historique et politique toujours aussi actuelle. C'est ce cheminement croisé entre deux hommes qui n'ont rien en commun mais que le destin réunit tragiquement au café du Croissant que relate cet ouvrage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















