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- Le diable dans la peau | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le diable dans la peau Paul Howarth Denoël 2018 429 pages traduites par Héloïse Esquié Polar Chronique 10 juin 2019 Titre original « Only killers and thieves ». « Avec la petite bande de garçons noirs qui le suivait partout, il inspirait une sainte terreur chez les aborigènes, si bien que lorsqu'ils partaient en maraude, il suffisait de prononcer son nom pour qu'ils s'enfuient en hurlant dans le bush, courant en tout sens. » Description d'un officier de la Police indigène dans le Queenslander du 13 février 1875. Nous sommes en Australie, dans le Queensland en 1885. Une grande sécheresse s'abat sur le domaine de la famille McBride. La terre est stérile, les bêtes meurent affamées. Les deux frères de 14 et 16 ans, Tommy et Billy sont partis chasser, leur traque les mène au delà des limites de la propriété paternelle sur celle de John Sullivan. Celui-ci fait partie d'une certaine aristocratie de fait, héritière de squatters, des pionniers d'origine anglaise ou écossaise qui se sont appropriés des terres dites de la couronne en fait appartenant aux aborigènes. Et comme dans toute colonisation, un massacre en règle des peuples indigènes a commencé. Cependant de plus en plus de colons sont arrivés, et à partir des années 1860, une réglementation sous forme de Land Acts a vu le jour, visant à une meilleure répartition des terres pour chacun. Les squatters ont donc décidé de contourner la loi en mettant des hommes de paille à la tête des concessions et ainsi garder leur mainmise sur d'immenses territoire. Sullivan règne ainsi sur tout un district et y est le roi. Tous les fermiers autour de sa propriété sont ruinés les uns après les autres alors que lui semble bénéficier de conditions géographiques exceptionnelles et donc suffisamment d'eau pour attendre les pluies. Depuis quelques années, certains aborigènes ont rejoint les forces de la police, leurs familles massacrées par les blancs, préférant pactiser avec le diable et être du côté des forts. À la tête se trouve un être brillant, intuitif, dangereux et psycopathe, Noone. Les deux garçons sont alors témoins d'une scène terrible, l'assassinat d'un aborigène enchaîné à deux autres par Sullivan, son bras droit Locke en présence de Noone et ses hommes. Ils sont malheureusement découverts, et Sullivan leur demande de bien rapporter à leur père la scène à laquelle ils viennent d'assister. Les deux hommes ne s'entendent pas, il y a un secret entre eux. Revenus chez eux, ils retrouvent leur mère et leur jeune soeur Mary ainsi que Arthur un aborigène qui est avec McBride depuis toujours et Joseph de la tribu des Kurrongs. Après avoir tu la rencontre avec Sullivan, les garçons sont obligés de tout raconter à leur famille. Leur parents sont révoltés par ce crime, cela aura des conséquences. Lorsque la pluie revient enfin, tous pensent être sauvés, les deux frères s'offrent une journée de baignade à une heure de la propriété. Ils s'endorment au soleil, tardent à rentrer, quand ils arrivent chez eux un silence de mort plane, le pire est arrivé... Un western australien dans l'outback désertique violent, sanglant, à la limite du supportable, bien que l'auteur, qui a vécu six ans en Australie, ne se complaise pas dans le trash. Il s'attache à transmettre par la fiction des faits réels rapportés dans des documents anciens quant au massacre des aborigènes et la Police noire. Noone et ses trois hommes sont les cavaliers de l'Apocalypse, ni plus ni moins, comme d'autres le furent aux USA avec les Indiens. Ce personnage énigmatique de Noone, avec son regard blanc, sont grand manteau, son ironie, son analyse fine des situations est proprement terrifiant, à l'instar de certains êtres maléfiques chez Stephen King. Étonnant aussi, car il va vite repérer la force et l'insoumission de Tommy au contraire de Billy, un être faible prêt à obéir à tous les ordres monstrueux de Sullivan. Les deux frères s'éloignent de plus en plus au fur et à mesure que l'abomination s'étale sous leurs yeux. Évidemment, la trame de ce drame est immédiatement prévisible, on sait vite comment cela va se terminer, mais la fin ménage tout de même des surprises assez savoureuses, je dois dire, en terme de justice et de vengeance. Ce livre est surtout un merveilleux prétexte à revenir sur un épisode terrible de l'histoire de l'Australie et du peuple Aborigène. La description des paysages, des modes de vie dans le Queensland, tant dans les plantations modestes ou dans celle d'un squatter richissime, puis en expédition dans le désert est exceptionnelle et marquante. C'est un véritable saut dans le passé que nous faisons grâce à Paul Howarth. Heureusement après tant d'obscurité, les dernières pages ré-introduisent la lumière. Restent les questions du traumatisme sur tout un peuple, de la culpabilité, du pardon peut être, de l'avenir à envisager ensemble.... un thriller inoubliable, d'une grande puissance ! Quatrième de couverture Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est desséchée, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d'affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir, alors qu'ils rentrent d'un après-midi passé à se baigner, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Les deux frères décident de se venger de l'homme qu'ils croient responsable de ce massacre - un Aborigène qui s'occupait du bétail - et se tournent vers le sournois et sanguinaire John Sullivan, le propriétaire terrien le plus riche de la région et ancien employeur de leur père pour chercher son aide. Sullivan forme une équipe et place à sa tête l'inquiétant et fascinant inspecteur Edmund Noone et sa Police aborigène du Queensland - le bras armé tristement célèbre du pouvoir colonial britannique, chargé de « disperser » les indigènes australiens pour « protéger » les droits des colons blancs. Alors que la troupe parcourt à cheval l'outback désertique, le voyage à la fois éprouvant et monstrueux a des effets dévastateurs sur le jeune Tommy et le hantera pour le restant de ses jours - il aura également des conséquences à long terme pour un jeune pays qui peine à trouver son identité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'ivresse du vent | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ivresse du vent Véronique Chauvy De Borée 10 mars 2022 368 pages Historique Chronique 24 mars 2022 « Mus par la passion de la course automobile, personnages fictifs et réels se côtoient dans un récit à découvrir à toute vitesse. » Véronique Chauvy continue, avec grâce et talent, à nous faire voyager et dans le temps, en 1905, et géographiquement, dans une région qui lui tient particulièrement à cœur, l'Auvergne. Pour information, les fameuses brigades de police motorisées seront créés deux ans après ce récit par la volonté de Georges Clémenceau. L'automobile fait de plus en plus d'adeptes privés ou professionnels, forcément fortunés ou sponsorisés. Elle représente pour tous la liberté, la modernité, symbole éclatant d'une certaine industrie, d'une réussite sociale, d'un savoir faire artisanal doublé d'une révolution technologique. Tout n'est pas facile entre multiples pannes et crevaisons, sans parler de la poussière, mais que ne ferait-on pour l'ivresse de la vitesse !? Les grands noms de l'industrie automobile d'hier nous laissent encore, à leur simple évocation, une sensation de luxe et de charme. Certains ont aujourd'hui disparu de la scène mais d'autres émergent après l'événement qui nous est raconté ici, la course Gordon Bennett de 1905 qui sera la dernière. Pour finir en beauté, autant choisir un circuit difficile et réputé dangereux, " le circuit de la mort" en Auvergne à Clermont Ferrand. Voilà l'occasion de nous offrir une escapade délicieuse et réjouissante dans cette région pittoresque, entre vaudeville, comédie sociale ou romantique, chronique provinciale, promenade champêtre, tour gastronomique... J'ai pensé à "Un dimanche à la campagne" pour le charme et la beauté des descriptions, à une pièce de Feydeau où les portes claquent, sans oublier pour le suspense aux Brigades du Tigre ou Arsène Lupin à l'humour caustique apparu également en 1905. Clermont-Ferrand et ses alentours deviennent pour quelques mois le lieu où il faut être et se faire voir, où les grands de ce monde et des célébrités internationales se croisent, se saluent, se côtoient, se jalousent, se concurrencent. L'organisation est énorme, c'est une chance inouïe pour la région sur le plan économique. Cependant, certains drames seront à déplorer, bien vite occultés, afin que l'ambiance ne soient pas gâchée. Véronique Chauvy nous fait suivre les quelques mois de préparation, puis les éliminatoires et enfin la course elle-même, par les yeux principalement de plusieurs femmes représentatives de cette société en mutation où la gent féminine compte bien prendre une place plus importante dans ce monde patriarcal et inégalitaire. Quelque soit leur statut, leurs origines modestes ou aisées, toutes ont à cœur de ne pas être mises de côté qui par un mari, qui par un amant, qui par un fiancé, qui par un père... Grâce à l'automobile, certaines entrevoient l'occasion de se libérer d'un carcan insupportable, de repousser les limites du possible tant personnellement que professionnellement, grâce à cette nouvelle facilité à bouger, à se déplacer. Une femme moderne, préfigurant celle qui oeuvrera pour la victoire de 1918 en tant qu'ambulancière, taxiste, infirmière, cheffe d'entreprise....ouvre les portes pour nous, leurs héritières, en usant de courage, d'inventivité, de charme, d'intelligence, sachant se jouer des codes et des hommes. En parallèle de cette course officielle, un événement charmant est organisé, la course des enfants apportant une note de tendresse à ce récit qui déjà ne manque pas de qualités. En cet entre deux guerres, dans un monde à cheval entre le XIXe siècle et une ère nouvelle de progrès multiples et incroyables, les français goûtent encore à une certaine paix bien que la défiance face aux Allemands soit toujours grande. Le monde n'a pas encore basculé, on n'entend que faiblement le sifflet de la cocotte minute que deviendra l'Europe dans les dix ans. Quelques premiers événements inquiétants en Russie résonnent au loin, très loin des routes auvergnates, des auberges et relais gastronomiques, des palaces ou chambres chez l'habitant. Un roman entre ruralité et vie citadine de province, où les protagonistes ont bien à faire déjà pour se dépêtrer de leurs difficultés personnelles, pour mener à bien leurs plans menant à une réussite éclatante, pour ne pas s'inquiéter de demain. Donc profitons bien de cette pause enchantée ! J'ai beaucoup aimé ce récit passionnant, parfaitement documenté, extrêmement bien écrit aux personnages attachants et pittoresques. Quatrième de couverture 1905 : la sixième édition de la coupe Gordon Bennett, du nom du célèbre homme de presse américain, se prépare. L'Automobile Club de France a choisi pour cadre Clermont-Ferrand et son «circuit de la mort». Début juillet, dix-huit pilotes, de six nationalités différentes, s'affronteront le long des 549 km du circuit. Alors que se dévoile en filigrane une rivalité franco-allemande à travers coureurs (Léon Théry vs Camille Jenatzy ) et constructeurs (Richard-Brasier vs Mercedes), l'enthousiasme et la curiosité suscités par l'événement prévalent. Ainsi, hommes, femmes et enfants se pressent pour assister à la course et admirer les bolides. Il faut dire qu'à l'époque, rares sont les privilégiés à posséder une automobile. Gabrielle, jeune femme audacieuse et émancipée, a cette chance et compte bien faire sa place parmi les hommes. Autour d'elle, d'autres femmes de tous âges et d'horizons divers, sont bien décidées à s'affirmer elles aussi, en cette période de progrès et d'évolution. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tout n'est pas perdu | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tout n'est pas perdu Wendy Walker Sonatine 2016 341 pages traduites par Fabrice Pointeau Thriller Chronique 21 juillet 2018 Le 27 mai dernier, j'ai terminé bluffée « Emma dans la nuit » deuxième opus de cette auteure talentueuse, et donc ai évidemment voulu lire son premier roman, et quel roman! qui lui avait valu des louanges immédiates et une adaptation cinématographique de la Warner Bros avant même la parution en librairie. À nouveau, je suis soufflée par ce thriller psychatrique, éberluée par la maîtrise machiavélique de Wendy Walker, tant par l'écriture et le rythme qu'elle nous impose, mais également par le plan diabolique qu'elle suit irrévocablement jusqu'au dénouement qu'on imagine bouleversant et insoupçonnable. Servie, donc et bien servie. Merci Madame Walker ! Le postulat de l'existence d'un médicament immédiatement donné à des militaires ou des victimes de traumas graves le plus tôt possible après le drame pour faire disparaitre les évènements de leurs mémoires, à de quoi faire extrêmement peur. Toujours cette propension de nos sociétés à jouer à l'autruche face au Mal et ne pas faire face. Si au passage les malades deviennent accros aux médocs, c'est encore mieux. Malheureusement la seule solution a toujours été d'affronter les feux de l'enfer, et non de jouer la carte du déni, boomerang qui inéluctablement nous revient en pleine face. L'auteure évoque ce danger de médications chimiques testées en ce moment même, et cite certains traitements précisément. Cependant les méthodes d'EMDR mises en place aux USA depuis les années 80 en cas de Syndrome Post Traumas, aujourd'hui de plus en plus usitées en France heureusement, donnent de vrais résultats, en s'appuyant sur les recherches sur le cerveau et sa capacité d'auto-guérison. J'en parle en toute connaissance de cause. De la guerre, comme souvent, des avancées en médecine ont été faites, de la souffrance des uns est née la délivrance des autres. Donc une fiction qui n'en est pas une, l'idée que certains laboratoires pharmaceutiques font en sorte de s'enrichir sur la douleur des patients, alors que des méthodes naturelles existent respectueuse du corps humain et de ses aptitudes. Une œuvre littéraire puissante, haletante, qui ne nous ménage pas, comme dans une thérapie ou un traitement de choc. Un portrait exceptionnel de notre narrateur, un psychiatre terrorisant sous des dehors d'empathie et d'humanité.... Je dis ça, je dis rien.... Formidable ! Précision : ici l'amnésie est induite par un traitement, on sait que au contraire dans le cas d'amnésie post traumatisme, il n'est pas du tout conseillé de vouloir faire réapparaître les souvenirs, puisque cette amnésie est un moyen de défense réactionnel du cerveau... Donc normalement on doit attendre de voir si on va se rappeler les faits, ou dans le cas contraire apprendre à vivre avec les manques. Là encore je sais ce que j'écris.... « La vérité peut vous reconstruire, elle peut aussi vous détruire. Alan Forrester est psychiatre dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Krammer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a fait l'objet d'un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une terrible agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, tous lui confient leurs pensées les plus intimes, laissent tomber leur masque en faisant apparaitre les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences tranquilles. Parmi eux, Charlotte, la mère de Jenny, et Tom, son père, obsédé par la volonté de retrouver le mystérieux agresseur. » J'aimerais bien voir le film de cette psychanalyse glaçante et manipulatrice.... Quatrième de couverture Pouvait-elle vraiment tout oublier ? Le nouveau phénomène du thriller psychologique Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, quinze ans, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, et lui confient leurs pensées les plus intimes, laissant tomber leur masque pour faire apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles. Ce thriller, d'une puissance rare, plonge sans ménagement dans les méandres de la psyché humaine et laisse son lecteur pantelant. Entre une jeune fille qui n'a plus pour seul recours que ses émotions et une famille qui se déchire, tiraillée entre obsession de la justice et besoin de se reconstruire, cette intrigue à tiroirs qui fascine par sa profondeur explore le poids de la mémoire et les mécanismes de la manipulation psychologique. Wendy Walker est une avocate de renom dans le Connecticut. C'est son premier roman traduit en France. Il est en cours d'adaptation cinématographique par la Warner et l'équipe de producteurs du film Gone Girl de David Fincher. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le silence et la fureur | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le silence et la fureur Natalie Carter et Nicolas d'Estienne d'Orves XO Editions 2018 361 pages Thriller Chronique 10 février 2019 Un livre à quatre mains comme jouant une partition terrible, pathétique, qui pourtant débute pianissimo jusqu'au tonnerre et la fureur finale. Une mère, scénariste dont c'est le 3 ème roman et son fils, auteur déjà de neufs fictions. "Un thriller psychologique redoutable" où il est question de blocage après un traumatisme survenu voici dix ans, dix longues années de silence forcé pour Max King, un des plus grands solistes de son temps réduit par des acouphènes terribles et la sensation d'une perceuse lui vrillant le crâne, à ne plus lire, écouter, interpréter le moindre morceau de musique. Un enfer, une torture de tous les jours. " À quoi la musique fait appel en nous, il est difficile de le savoir ; ce qui est certain, c'est qu'elle touche une zone si profonde que la folie elle-même n'y saurait pénétrer." Une zone que Susan, la femme qui assiste Max au quotidien en respectant son emploi du temps immuable et ses tocs, aimerait ne plus approcher, car le grand homme perd de ses forces à chaque tentative pour rejouer, redevenir lui-même. Cela ne serait qu'un drame isolé si nous n'étions pas sur une île escarpée au milieu du lac de l'Ontario, où fut construit sur la falaise abrupte un théâtre, lieu d'un festival à la gloire de Max King tous les étés, attirant l'élite internationale. Le village non loin a été reconstruit, des nouveaux habitants s'y sont installés avec tous les corps de métiers représentés, dépendants tous du théâtre, du festival, de Max King. Un évènement monstrueux dont on ne sait pas vraiment l'origine, a eu lieu voici une décennie et tout a été détruit. Le pianiste a tout perdu, son don, la musique, sa femme Fiona et son fils prodige de huit ans, Luke, " le petit prince". Le silence s'est abattu sur tous, prisonniers de ces lieux maudits. La gouvernante Susan, n'en peut plus de voir son employeur qu'elle admire tant, souffrir de plus en plus, se déliter. Thanksgiving approche, elle prend alors une initiative très risquée, un coup de poker qui, s'il réussit, sauvera tout le monde. Fiona et Luke reviennent, les dès sont jetés. Anxiogène à mort, presque surnaturel, un thriller terrifiant en raison de tous les non-dits de chacun, d' une "promesse" faite dont on ignore la teneur et les conséquences, d'une sensation d'enfermement et de pièges. Le destin, inéluctable, est en marche et Susan va perdre le contrôle des évènements. Nous douterons de tous, nous frissonnerons dans le théâtre en ruine, dans la forêt, dans le village maudit, dans la demeure du pianiste, Rockledge Lodge, dans sa salle de répétition étouffante. Nous sommes en apnée, glacés, perdus dans cette histoire labyrinthique. Un cataclysme se prépare, " et du silence jaillira bientôt la fureur". Prodigieux ! Quatrième de couverture Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon. Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars. Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ». Un futur pianiste de génie, comme son père. Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite. Et du silence jaillira bientôt la fureur. Le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves signe avec sa mère, Natalie Carter, scénariste, un thriller psychologique redoutable. « … où il est question de musique, d’îles, de lacs lointains, de nature dévorante, de piano mortel, de crimes irrésolus et de passions impunies. » Natalie Carter et Nicolas d’Estienne d’Orves Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maîtresse du peintre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maîtresse du peintre Simone Van der Vlugt Philippe Rey Juin 2020 298 pages traduites par Guillaume Deneufbourg Historique Chronique 15 novembre 2020 En couverture : Jeune femme derrière une porte à battant, 1645, de Rembrandt Van Rijn :J'ai lu ce roman historique comme un thriller : il faut avoir le cœur solide devant un tel destin, une telle infamie. On ne devrait pas connaître la vie des artistes, quelques fois, afin de pouvoir continuer à admirer leurs œuvres en toute ignorance. Ou peut-être au contraire cela apporte-t-il un éclairage nouveau et plus large sur les représentations peintes, en les remettant dans leur contexte. Geertje Dircx est passé dans les oubliettes de L'Histoire et quand on se souvient d'elle, c'est pour lui faire un procès à charge ou l'insulter, quitte à mentir sur les faits et plus grave sur la teneur d'un document officiel. Des historiens, des directrice de cabinet d'estampes, des sommités, ont tout fait pour que le prestige du grand héros des Pays-Bas, Rembrandt, ne soit pas écorné. On se trouve ici dans la situation que nous avons tous connue : un couple se sépare, lui est charismatique, elle sa maîtresse, et tout le monde y va de son interprétation, certains apportent leur aide au monsieur, font de fausses attestations, tout est bon pour le grand artiste caractériel qui s'est lassé de sa compagne et veut en prendre une plus jeune. C'est son droit, sa liberté..... et si elle résiste, fait des histoires, cela devient insupportable, trouvons un moyen radical afin de l'éliminer du tableau : Rembrandt ira très loin, il fera emprisonné Geertje Dircx, la nourrice de son fils depuis huit ans donc la seule figure maternelle pour le petit Titus, également sa compagne et son assistante dans la gestion du magasin et des comptes, la femme qui a reçu de lui une bague et des bijoux de sa première épouse Saskia, en gage de son amour. Jamais il ne l'épousera car selon le testament de sa femme défunte cela lui est interdit s'il ne veut perdre l'usufruit de l'héritage de son fils. On se laisse imaginer une fin toute autre si Geertje avait eu le bonheur d'enfanter... Il aurait dû l'épouser tout de même. Pour rester avec lui elle accepte de passer pour une putain, de se présenter devant le consistoire afin de répondre de ses mœurs dépravées, de son concubinage hors lien du mariage avec le grand artiste. Quelle malchance pour Rembrandt et ses défenseurs que les archives municipales soient publiques depuis 1965 et que donc, toutes les pièces du dossier d'instruction, les documents notariaux soient aujourd'hui consultables par des chercheurs et historiens sérieux souhaitant présenter honnêtement les faits et rien que les faits. Ce n'est pas juste une réputation écornée que récolte Rembrandt, c'est bien pire. D'autant plus que l'écrivaine prend toutes les précautions pour ne pas tomber dans le piège de broder afin de remplir les vides. Non, elle reste au plus près de ce qui est dit dans les documents municipaux, notariaux, judiciaires.Lorsqu'elle prend des libertés, elles sont somme toute, secondaires ou fruits d'une déduction logique. Ainsi, afin de rétablir l'équilibre sur les plateaux de la justice et réhabiliter une femme qui ne méritait nullement une telle réputation à travers les siècles, Simone van der Vlugt lui redonne voix et en fait la narratrice de sa vie en commençant par son arrestation brutale pour être enfermée douze ans à la prison pour femmes de Gouda. Douze ans ! Aucune prostituée, arnaqueuse, ne se verra condamnée à une peine aussi lourde. Quelles sont les charges ? Qui peut vouer une telle haine à Geertje ? Le portrait que trace peu à peu l'écrivaine de Rembrandt est terrifiant, pourtant corroboré par des témoignages de ses proches, voisins, par les lettres et documents ayant trait à tous les procès qu'il a intentés....Un immense artiste qui ne peut plus cacher l'homme détestable, pervers, violent, emporté, menaçant dès lors qu'on ne lui obéit pas. Ce roman biographique comprend également un dossier reprenant les faits historiques incontestables, nous soumettant les traductions complètes des actes notariés ou déclarations écrites, de la levée d'écrou, etc ... Retenez bien ce nom, Geertje Dircx, celui d'une femme du XVII ème siècle qui se bat pour sa liberté, pour ne plus être écrasée, méprisée, tout en reconnaissant ses erreurs..... Quatrième de couverture L'histoire saisissante et vraie de Geertje Dircx, maîtresse désavouée du peintre Rembrandt, ici réhabilitée. Un jour de juillet 1650, Geertje Dircx est arrêtée par la ville d'Amsterdam, poussée de force dans une voiture et conduite à la Spinhuis de Gouda, maison de correction pour femmes où elle restera enfermée douze ans. À l'origine de cette arrestation aussi brutale qu'inattendue, Rembrandt van Rijn, l'amant de Geertje. Jugée par contumace, elle revient depuis sa cellule sur les années qui ont précédé son arrestation et sur son idylle avec le célèbre peintre. De milieu modeste, veuve à tout juste trente ans, Geertje entre au service de Rembrandt en tant que nourrice de son fils Titus. La femme du peintre, Saskia van Uylenburgh est alors alitée, souffrant selon toutes les apparences de la tuberculose, maladie dont elle ne se remettra pas. La mort de cette dernière laisse Geertje maîtresse de maison. La cohabitation laisse très vite place à l'amour, Rembrandt trouvant paix et réconfort dans les bras de la nourrice. Les deux amants vivent ainsi durant plusieurs années une liaison scandaleuse, hors mariage. Mais les belles choses ont une fin, dit- on, et Geertje en fera la douloureuse expérience avec l'arrivée de Hendrickje Stoffels dans la maisonnée, dont le charme éblouit Rembrandt... S'appuyant sur des documents historiques et des sources sérieuses, La maîtresse du peintre redonne voix à Geertje Dircx, injustement désignée par l'histoire comme une profiteuse et une déséquilibrée. À l'encontre de l'image répandue d'un artiste visionnaire et intouchable, Simone van der Vlugt dresse de Rembrandt le portrait d'un homme sombre et manipulateur. Un roman formidable et puissant qui redonne sa place à une femme réduite au silence car jugée trop gênante. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Femmes, race et classe | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Femmes, race et classe Angela Davis Editions des Femmes Antoinette Fouque format poche 13 février 2020 576 pages traduites par Dominique Taffin et le collectif de traduction des éditions des Femmes Essai Chronique 29 avril 2020 Texte de 1981 paru un an plus tard aux éditions Random House, New York, et en 1983 aux Éditions des femmes Antoinette Fouque dans la collection Essais Politique, économie. Un texte de presque quarante ans ! Vous pourriez penser qu'il n'est qu'un témoignage historique intéressant quant au développement de la pensée militante luttant contre le sexisme, le racisme, les inégalités sociales et économiques, contre la phallocratie : vous auriez en partie raison, seulement, car bien malheureusement, cet essai devrait être lu par tous aujourd'hui, étant donné que notre société rétrograde dangereusement quand au respect des libertés et des droits de chaque citoyen et des femmes en particulier. Il y a de quoi être désespéré face à l'énormité de la tâche qui nous reste à accomplir ayant l'impression que nous remettons inlassablement le travail sur le métier. Bien sûr, le texte est teinté de marxisme, cela n'est ni étonnant, ni caché, cependant Angela Davis dresse un tableau réaliste, honnête et récapitulatif de ce qui fut fait par nos prédécesseurs en terme de lutte depuis la guerre de sécession jusqu'aux années 1980. Ce texte foisonnant d'informations, d'anecdotes, d'analyses politiques et psychosociales tout à fait édifiantes, passionnantes, d'une finesse folle, d'une clarté incroyable, (tant le sujet est complexe et comprend de ramifications), a provoqué en moi un effarement quant à l'absurdité et l'iniquité de certains faits et événements, mais aussi de la jubilation à découvrir un tel ouvrage incontournable, d'une grande modernité et acuité ; et enfin une admiration sans borne pour toutes ses guerrières de la première heure, noires ou blanches, accompagnées d'hommes de bien, face à des racistes, sexistes, capitalistes, criminels d'une bêtise et malhonnêteté crasses et vomitoires. Je ne peux que vous conseiller à tous de lire attentivement cet essai, il en va de notre avenir post confinement. Il est d'une aide certaine à l'élaboration d'une pensée et d'une stratégie, afin de changer notre société, notre monde et cela très vite, car il y a urgence. Grâce à ces mots, nous pourrions éviter certains écueils rencontrés par nos aïeux, et gagner en efficacité. L'histoire de toutes ces femmes et hommes, noirs ou blancs affrontant l'indicible, l'insupportable et restant droits dans leurs bottes, doit nous inspirer un courage sans borne. Les anecdotes et témoignages recopiés ici par l'auteur ponctuent heureusement la démonstration ardue et experte tant politique, économique que sociale. Des découvertes atterrantes vous attendent qui vous bouleverseront et vous indigneront. Aujourd'hui, MeToo a changé depuis peu la donne quant au sexisme et la situation des femmes dans la société, des victimes se sont organisées elles-mêmes en associations dont les voix sont entendues par les gouvernements ; l'ultralibéralisme capitaliste et de monopole est dénoncé et conspué par le peuple partout dans le monde ; les groupes de lutte LGBT ont rejoint les organisations féministes ; la notion de " Race" a été totalement détruite par la science, puisqu'il n'existe qu'une race humaine et non une multitude de races liées à la couleur de peau, (parlons donc plutôt d'origine ethnique visible dans notre ADN) ; enfin c'est la fin d'une ère secouée de soubresauts compréhensibles d'une bête déjà mourante, de ce capitalisme dépassé et honni. L'idée de revenu universel a fait son apparition, une réforme du système d'imposition est envisagé très sérieusement, un mode de consommation raisonnable dans le respect de la nature et des besoins réels des humains, est attendu par tous ceux qui savent lire et interpréter les évènements actuels. Mais sans la connaissance de ce que fut la lutte de nos prédécesseurs, nous perdons du temps. Donc, comme toujours, notre libération découle de la culture et de la connaissance. Tout est aujourd'hui à notre portée, grâce à l'informatique, les réseaux sociaux propagateurs des informations vitales et lanceurs d'alerte. On ne peut plus nous mentir, nous maintenir la tête sous l'eau... Encore faut-il que nous ayons la moitié de la témérité de toutes les figures emblématiques ressuscitées dans ce livre de Angela Davis. Incontournable ! Nécessaire ! Lisez-le absolument. Quatrième de couverture Dans Femmes, Race et Classe, Angela Davis, historienne et militante, développe une analyse critique des liens parfois conflictuels ayant existé au cours des XIXe et du XXe siècles entre féminisme et luttes d’émancipation du peuple noir. Elle démontre que les luttes ont porté leurs fruits à chaque fois qu’elles ont été solidaires. Se refusant à mettre en concurrence les différents éléments constitutifs de sa propre identité, elle affirme que les oppressions spécifiques doivent être articulées à égalité pour dépasser les contradictions et mener un combat global contre le système capitaliste au fondement de toutes les exploitations. Cet essai dense et fondateur, écrit en 1980, trouve aujourd’hui une actualité centrale avec les débats contemporains sur le féminisme dit « intersectionnel ». Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Charles Frederick Worth L'Anglais qui a inventé la haute couture | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Charles Frederick Worth L'Anglais qui a inventé la haute couture Stephen Clarke PAF Le 15 avril 2025 320 pages traduites par Bérangère Viennot. biographie Chronique 11 octobre 2025 "Un jour, j'ai réalisé une robe dans laquelle étaient passé 100 mètres de soie." Charles Frederick Worth L'époustouflante exposition Worth qui s'est tenue jusqu'en septembre 2015 au Petit Palais m'a enthousiasmée et sidérée. Que de beauté, de créativité, de luxe, de perfection dans les tenues somptueuses qui furent offertes à notre vue. Je suis née dans le monde de la couture, celui des femmes qui chez elles en "free lance" réalisaient en 1940-50 des modèles pour des grands noms de la mode. Une tradition passée jusqu'à moi qui, dès mon plus jeune âge, réalisait des vêtements pour mes copines, mes voisines et moi. Diplômée d'une école de style à 19 ans, j'ai travaillé au sein d'une maison de haute couture, rue François 1er, puis suis partie vers d'autres horizons. Mais le goût de l'excellence, de la beauté, de l'harmonie, de la camaraderie, du travail bien fait, de l'extrême fatigue physique et de la joie de faire de mes mains, ne m'ont jamais quittée. Worth était un nom qui me faisait complètement rêver. Quel diable d'homme ! Cette biographie complète totalement le tableau en recontextualisant les évènements intimes ou officiels de l'existence de ce couturier avant gardiste dans le courant de la grande Histoire. Et surtout, ce fabuleux texte rend à son épouse incroyable la place qu'elle mérite, véritable faiseuse de la réussite de son époux, discrète, extraordinairement élégante, première mannequin, femme de tête et fine stratège. Charles doit énormément à Marie, et si le XIXe siècle nous a habitué à invisibiliser la gent féminine, aujourd'hui nous ne pouvons qu'oeuvrer pour corriger le récit officiel. Donc la succes story Worth est bien celle de Charles et Marie. Eux deux, portés par le génie du créateur qu'était Charles Frederick, ont changé l'artisanat de la mode en industrie, ont créé les concepts de Haute Couture, de mannequins vivants, de défilé et de griffe brodée sur des étiquettes cousues dans les vêtements. Le couturier n'est plus seulement un faiseur mais un artiste et un créatif unique, iconique. Ils furent à l'origine de l'enrichissement des soyeux de Lyon, eurent parfaitement conscience de l'importance des apparences en terme de vitrine politique et économique de la France. Ils ont porté au firmament l'étoile de ce pays sous domination de Louis Napoléon Bonaparte et de son épouse Eugénie, traversé toutes les vicissitudes et révolutions du siècle, sont apparus comme des prétentieux tout en favorisant et protégeant en réalité leur personnel, ont été conspués ou portés aux nues... En bref, quel couple ! " Les Britanniques saluent un magnifique ambassadeur de l'esprit anglais à l'étranger, et les Parisiens un grand acteur de l'économie française. Il fut l'un des hommes les plus célèbres de sa génération, de son siècle même." Mais n'oublions surtout pas Marie. Les fils et petits fils vont reprendre le flambeau puis la maison disparaîtra mais que de merveilles nous laisse-t-elle en héritage ! Cette biographie d'un être d'exception est également une fresque historique somptueuse engagée à rendre à chacun et chacune sa part de gloire et de lumière. Superbe ! Merci infiniment à l'auteur pour ce cadeau précieux. Quatrième de couverture Paris, 1860, la fête impériale bat son plein et un Anglais, Charles Frederick Worth, va révolutionner la manière dont les femmes s’habillent en société. Arrivé une quinzaine d’années auparavant en France comme simple apprenti, il sera le premier à proposer des modèles originaux de robes confectionnés à partir des tissus qu’il aura sélectionnés, devenant ainsi le fondateur de la haute couture parisienne. Mais cette réussite est aussi celle de son épouse Marie : avant elle, il n’y avait pas de mannequins, ni de défilé de mode. Et sans son entregent doublé d’une détermination toute auvergnate, jamais la maison Worth n’aurait connu le succès mondial qui fut le sien. L’impératrice Eugénie, consciente de devoir briller pour assurer sa légitimité, confie à Charles Worth sa garde-robe et deviendra bien plus qu’une muse : une égérie et une confidente. Leurs destins entrelacés font de ce livre un récit captivant, mêlant mode et politique, scandales et éblouissements, entre bals aux Tuileries et promenades sur les Grands Boulevards. Grâce à un accès unique aux archives de la famille, aux coupures de presse de l’époque et aux nombreux Mémoires des clientes de la maison Worth, Stephen Clarke raconte la véritable histoire de cet enfant pauvre du nord de l’Angleterre qui a façonné les silhouettes des femmes du XIXe siècle, faisant ainsi de Paris la capitale mondiale de la mode. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le piège de verre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le piège de verre Eric Fouassier JC.Lattès 2017 475 pages Polar Historique Chronique 4 février 2018 Tome 2 de la « Saga Heloïse, l'apothicaire ». La belle couverture m'a attirée puis ce fut le résumé mentionnant une héroïne apothicaire au tout début de XVIe siècle. L'auteur est membre de l'Académie nationale de pharmacie et spécialiste de l'histoire de la pharmacie qu'il enseigne depuis vingt ans à l'Université. Il est aussi un passionné de jeux de piste et d'énigmes. Donc ce roman regroupe tout ce qu'il aime et pour notre très grande joie. J'ai lu exactement le livre que j'espérais découvrir. Un thriller historique fantastique aux couleurs ésotériques très bien construit et documenté, dont l'héroïne Héloïse peu banale se lance sur les routes de France, de son apothicairerie d'Amboise dont elle a hérité à la mort de son père et qu'elle a eu le droit de reprendre par autorisation royale, jusqu'à Reims et ses secrets. 1503, trois apothicaires sont assassinés, sur leurs fronts d'étranges inscriptions sont gravées. Anne de Bretagne, épouse de Louis XII après avoir été celle de son prédécesseur Charles VIII, comprend qu'un complot s'ourdit contre la couronne. Elle demande donc à Héloïse Sanglar, qu'elle a connue lors de précédents événements gravissimes au cours desquels elle a pu juger de son courage et de son intelligence, de mener l'enquête, accompagnée d'un fidèle de la reine le Baron de Comballec, un guerrier antipathique et brusque. Une âme dérangée et vicieuse mais cependant ingénieuse a monté toute une machination dans un seul but proprement incroyable. Ainsi un vrai jeu de piste périlleux et mortel avec pièges, énigmes, jeux de mots, faux semblants a été créé de toute pièce pour notre tandem accompagné du jeune Robin. Un vitrail mortel, un moine fou suivi d'un Jean Cousin dit l'Angelot, des sciences occultes, des secrets millénaires, des ordres anciens, des indices cachés dans l'architecture de monuments ou dans un poème, tous les ingrédients nécessaires au suspense sont là. Notre Héloïse toujours amoureuse secrètement du célèbre chevalier Bayard guerroyant en Italie pour le compte du roi à Garigliano, est aussi sensible au regard que porte sur elle Henri de Comballec tombé tout doucement sous le charme de la belle rousse si courageuse et intelligente. Les aventures de tous ces personnages issus de l'imagination fertile de l'écrivain croisent celles de figures célèbres de notre Histoire de France et des Arts. J'ai appris énormément et été amusée ou emportée par ce récit sous forme de course contre la montre. La fin imprévisible me laisse espérer une suite. Du très bel ouvrage donc que ce roman ! Quatrième de couverture 1503, trois alchimistes sont retrouvés assassinés, d'étranges lettres gravées sur le front. Convaincue qu'un complot se trame à l'ombre de la Couronne, la reine Anne de Bretagne fait appel, pour mener l'enquête, à la jeune apothicaire Héloïse Sanglar, accompagnée du baron de Comballec, un soldat autoritaire et rude. Afin de déjouer la machination conçue par un esprit dérangé, les voici contraints de décrypter les énigmes et codes secrets d'un mystérieux parchemin. Vitrail aux pouvoirs mortifères, sciences occultes, disparitions inexpliquées... les menaces pleuvent sur Héloïse, bien déterminée à venir à bout des adversaires du roi. Mais les temps sont difficiles quand on est une femme, et, et il lui faudra l'aide de tous ses alliés, jusqu'à celle de son amour de jeunesse, le chevalier Bayard. Dans ce récit captivant, entre roman historique et thriller ésotérique, Éric Fouassier nous entraîne dans une véritable course contre la montre au cœur de la France de la Renaissance. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Chardonneret | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Chardonneret Donna Tartt Pocket 2 janvier 2015 1296 pages traduites par Edith Soonckindt Thriller Chronique 29 janvier 2023 Prix Pulitzer 2014 « L'absurde ne délivre pas, il lie. » Albert Camus Absurde, cette époque où tout fout le camp, où l'on doit en permanence s'adapter à l'inacceptable, au grotesque, à l'insoutenable, à la destruction de la beauté, à l'oubli des leçons du passé.Absurde, cette époque où une oeuvre d'art n'est plus rien qu'une marchandise, un prix, un objet de spéculation, un otage que l'on refile d'un marchand de mort à un autre, éteignant de fait sa lumière. Absurdes, ces temps de ténèbres où soudain tout peut exploser, où le feu du Mal peut tout consumer, détruire, emporter. Absurdes, tant elles sont insondables, sans fin, la douleur et la sidération du fils perdant sa mère dans un attentat alors qu'il était si proche de l'instant parfait, de la rencontre d'une vie....Absurde, la requête de ce vieillard agonisant à ce garçon à savoir cacher et prendre avec lui ce bel oiseau, ce chardonneret peint par Carel Fabritius en 1654. Absurde la mort, absurde le deuil, absurde le monde dans lequel il refait surface anéanti, paumé, orphelin de mère et d'une partie de lui-même.Absurdement violente, tragique et rocambolesque enfin la trajectoire de cet enfant de treize ans portant pendant des années le poids de la perte, de la culpabilité du rescapé, du vol d'une des œuvres d'art les plus précieuses et importantes de L'Histoire de l'art. Un tableau clef dont on ignore véritablement l'utilisation finale, certainement destiné à être fixé sur le mur extérieur d'une échoppe de la ville de Delft. Un trompe l'œil aux teintes étonnamment lumineuses, un volatile tout mignon, tout simple, trompeur en réalité oubliant de nous prévenir du chaos à venir... Nulle alerte de sa part avertissant le peintre de l'incendie qui l'emportera avec la majorité de ses œuvres, nulle alerte à l'adresse de notre Théodore obsédé par la vision d'une gamine rousse jusqu'à en oublier que le destin peut frapper partout, à n'importe quel moment. Pourtant par sa simple présence, ce chardonneret, témoin de bien des drames par le passé, oeuvre clef et charnière entre deux écoles de peinture, devrait déclencher un signal de danger, lui, le centre de toutes les attractions. De multiples personnages vont croiser dès lors le chemin d'un Théo en mode survie, en mode auto-destruction, en mode sauve-qui-peut... Un parcours du combattant et initiatique d'une brutalité et d'une cruauté folles de New York principalement en passant par Las Vegas pour se rendre enfin à Amsterdam. Un enfant face à des adultes dépassés, perdus, irresponsables, un jeune homme dans un monde où tout n'est qu'apparence, jeu de dupe, malhonnêteté. Mais heureusement de belles âmes croisent Théodore et l'aident à se trouver. Ce roman somptueux, dense, riche d'informations, donnant à New York une place privilégiée, est une étude sociétale au vitriol, une description détaillée de la chute annoncée d'une civilisation, une analyse "psychatrique" sans concession des protagonistes de cette fresque digne de "La Leçon d'anatomie du docteur Tulp" de Rembrandt : une dissection minutieuse des évènements, des intentions, des turpitudes, l'autopsie d'une époque, d'une humanité en décadence, d'un monde en perdition. Mais l'espoir est peut-être au bout du chemin si Théo réussit à percevoir le chant du chardonneret, s'il réussit à le rejoindre et à détacher sa chaîne. Roman noir des plus lumineux où le silence assourdissant d'une bombe laisse place au chant des oiseaux, à la beauté et à l'équilibre retrouvé du monde.J'ai été passionnée par cette plongée dans le milieu de l'art et de l'antiquariat, emportée et essoufflée par les scènes d'action, bouleversée aux larmes par certains moments poignants et inoubliables, scotchée par la maîtrise de l'autrice de bout en bout. Prodigieux scénario cinématographique, mélange de Woody Allen, de Quentin Tarantino et de Steven Soderbergh. Enfin une mention spéciale pour la traductrice de cette œuvre majeure de la littérature contemporaine, Edith Soonckindt, dont je mesure le talent et l'investissement tant certains passages ont dû être épineux à retranscrire, sans compter la longueur extrême du texte.Celui-ci me hantera, m'accompagnera, tant il touche de thèmes essentiels et différents, tant il s'insinue dans notre intimité. Quatrième de couverture Dix ans après le succès mondial du Petit copain, et vingt après celui du Maître des illusions, Donna Tartt fait son grand retour avec Le Chardonneret, une odyssée hantée dans l'Amérique d'aujourd'hui. Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ? À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Du sang sur le sable | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Du sang sur le sable Robert Karjel Denoël Sueurs Froides 2017 499 pages traduites par Lucas Messmer Thriller Chronique 2 septembre 2018 Coup de cœur de la médiathèque Marguerite Yourcenar Paris 15, un polar très dépaysant et punchy de la Suède à la Somalie et au Kenya. Je ne sais pas si écrire une fiction très inspirée de son métier et de ses missions est un moyen pour Robert Karjel de se libérer de ce qu'il a vu ou fait, mais pour nous c'est un gage d'authenticité, de cohérence, d'information sûre sur les situations décrites. J'ai avalé ce roman, passionnée par le propos, par la découverte des vies des soldats sur les bases suédoise, américaine, française à Djibouti, dans le creux de la corne de l'Afrique, une zone de paix relative plus qu'une ville, entourée par les guerres, où expatriés, africains et touristes se croisent sans jamais fraterniser, où la drogue embue les consciences de certains dès 14h, où chacun essaye de s'en sortir dans ce grand chaos. La frégate HMS Sveaborg parcourt les mers pour protéger les bateaux de commerce ou de tourisme des pirates somaliens, par la sortie armée s'il le faut, de son hélicoptère. Également le navire et la MovCon, unité de logistique, opérant d'habitude de la terre, de Djibouti, se charge de l'élimination des ordures des troupes et de la livraison de pièces de rechange, nourriture, eau, matériels militaires aux contingents suédois. Tout commence par une belle journée à bord d'un bateau de luxe suédois, le Martha II, appartenant à une famille richissime, les parents et deux enfants, naviguant dans le golfe d'Aden, réputé dangereux. Le drame survient, des pirates attaquent à deux bateaux, l'un des attaquants est tué par la père Carl-Adam grièvement blessé à la main. Sa femme, Jenny, va alors tout faire pour protéger sa fille adolescente Alexandra et leur fils atteint d'épilepsie, Sebastian. À peu près au même moment, un soldat suédois travaillant pour la MovCon est tué lors d'une curieuse séance d'exercices de tir organisée pour entraîner les Djiboutiens travaillant pour l'armée. Le terrain appartient aux USA. Les services secrets suédois décident donc d'envoyer un de leurs meilleurs agents Ernst Grip, pour enquêter sur cette mort suspecte. Dès son arrivée, il comprend bien qu'il n'est pas le bienvenu ni à Djibouti ni sur le HMS Sveaborg. Une version de l'histoire lui est servie, pas très convaincante. Bien sûr, Grip tête brûlée ayant déjà mené à bien des missions plus complexes dans le monde entier, va user de méthodes très peu protocolaires. Bientôt, son chef lui adjoint un nouveau venu, un peu plus au fait des us et coutumes de la marine et de l'armée dont il a fait partie. Une belle pianiste va également faire son entrée... Donc une mort suspecte, une famille kidnappée par des pirates, avec en fond de décor Daesh, des islamistes, des trafics divers.... Les deux enquêtes vont obliger Grip à user de moyens hors limite pour tenter de sauver des innocents et rendre hommage à un juste. Thriller d'action donc, mais aussi d'espionnage, dans une région du monde peu connue du grand public, très bien mené, écrit, véhiculant finalement des valeurs humanistes incontournables, d'autant plus dans ces zones de non droit. Une vraie belle découverte ! Quatrième de couverture Djibouti, au creux de la corne de l’Afrique : un soldat suédois est tué sur un champ de tir. Les services secrets envoient l’agent Ernst Grip sur place pour faire la lumière sur cette mort suspecte, mais il y est traité en intrus par un personnel qui a déjà décidé quelle serait la version officielle des faits. Pendant ce temps, une famille de quatre Suédois navigant non loin de là, dans le golfe d’Aden, est capturée par des pirates somaliens. Leur vie est en danger, la pression monte pour le gouvernement, et c’est ainsi qu’Ernst Grip se retrouve bombardé négociateur et doit traiter avec les pirates. Pour résoudre ces deux affaires, Ernst Grip comprend qu’il va devoir recourir à des méthodes peu orthodoxes. Mais peut-on se permettre de rester dans les limites de la loi et de la moralité quand des vies humaines sont en jeu ? Pour son deuxième roman, l'auteur s'est inspiré de sa propre expérience, quand il traquait les pirates dans le golfe d'Aden à l'époque où il commandait une unité d'hélicoptères de l'armée de l'air suédoise. Après Mon nom est N., on retrouve l'agent Ernst Grip, froid et méthodique, chargé d'enquêter. Un personnage sombre, flirtant avec la légalité, loin des clichés habituels des agents des services secrets. Du sang sur le sable pointe du doigt l'influence des Américains dans les événements internationaux de façon pénétrante et des questions d'une actualité brûlante sont soulevées au sujet du terrorisme, des loyautés gouvernementales et même du capitalisme. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sidérations | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sidérations Richard Powers Actes Sud 22 septembre 2021 400 pages traduites par Serge Chauvin Roman Chronique 28 octobre 2021 Dans la lignée de « L'Arbre Monde », l'opus précédent de Richard Powers. Comme toujours, avec ou grâce à cet homme, j'ai pleuré à la lecture de ce roman d'une extrême beauté, crépusculaire, résonnant comme un cri désespéré d'avertissement. Le titre est d'une justesse folle : Sidérations face à tout ce que nous devons affronter depuis trois ans et en fait, depuis bien plus longtemps. Je suis soulagée... et catastrophée en même temps, que cet auteur en particulier, celui qui est mon "écrivain totem" depuis des années, doué d'une telle faculté d'analyse, d'une telle intelligence émotionnelle et conceptuelle, puisse partager une vision de notre monde proche de la mienne. Richard Powers prend sa plume pour jouer son rôle d'humain, de citoyen de la Terre, par le biais de cette fiction mêlant éléments réels et Fantastique. Les Sidérations sont effectivement multiples : - Celle de nous tous comme statufiés par l'énormité des derniers événements, de ce qui nous attend... si on ne bouge pas très vite. - Celle du père, Theo, le narrateur, conscient des transformations sociales, écologiques, économiques, morales, partout sur la Terre, alors que son métier est d'imaginer à quoi ressembleraient d'autres planètes, refuges d'une humanité en errance, peut-être. - Celle surtout d'un enfant encore choqué par la mort de sa mère, une activiste engagée pour la protection de la Nature... Hypersensible, ressentant au centuple, comme un membre super empathique de la famille animale, la souffrance de chaque espèce en voie de disparition. Un enfant hurlant, terrifié par ce qu'il entrevoit de l'avenir, un enfant criant pour nous alerter, une Cassandre pas suffisamment armée pour supporter notre inaction, ou notre indifférence, ou notre coupable aveuglement. C'est l'histoire d'un père qui doit sauver son fils trop pur, surdoué du cœur et intellectuellement, un enfant que le système veut broyer, écraser pour le faire rentrer dans les cases, pour qu'il se taise.... Quoi de mieux qu'une surmédication, quoi de mieux que de la chimie pour tuer le naturel...? Les balades que le tandem père-fils fait dans la Nature, réel personnage de ce roman dans les Great Smoky Mountains, ou sur l'écran d'un ordinateur à la découverte de planètes potentielles bases de repli, ne suffisent pas à calmer le garçon.... Bifurcation de l'auteur alors vers la science fiction onirique..... Une solution miracle est proposée à ce père désespéré de ne pouvoir protéger son fils, de le rassurer... Et pendant qu'un nouveau voyage commence dans d'autres sphères de la conscience, le monde explose, des virus apparaissent, des régimes politiques deviennent totalitaires, la surveillance des citoyens oppressante.... Plus on bascule en enfer, plus l'enfant, grâce à un programme fabuleux expérimental, renaît, trouve le bonheur et la force de se battre pour la faune et la flore, grâce à une simulation, une nouvelle utilisation de son cerveau...sans chimie, sans médicaments ; son père est cette fois dans son sillage, suiveur, élève de sa progéniture... Plus Robin devient le digne héritier de sa mère, plus il se retrouve émotionnellement dans les bras de la disparue, plus le danger en dehors de cette bulle se rapproche.... J'ai mis beaucoup de temps pour écrire ce texte, car je suis bouleversée par l'œuvre et suis terrifiée par la justesse du propos. La beauté formelle du roman est incroyable, décuplée par la grande élégance et le respect de l'écrivain et de l'homme, laissant à son lecteur suffisamment d'espace pour pouvoir s'approprier ces mots, ces visions. Il n'impose rien, il nous fait voir et comprendre. Au centre de tout, l'enfance sacrifiée sur l'autel du profit, du pouvoir, de toutes ces absurdités, à l'instar de ces animaux, de ces végétaux, de cette Nature que nous laissons détruire. Référence est faite à tous les évènements d'hier et actuels et puis... à un virus passant de la faune à l'homme comme une malédiction inéluctable.... Un digne retour des choses ? Et les enfants, nos enfants, qu'allons-nous leur dire ? Avons-nous même un avenir ensemble ? Un roman comme une voix puissante, faite de tous les cris de chaque espèce qui s'efface, de chaque arbre qui tombe, de chaque humain qui devient ombre. WAKE UP ! Quatrième de couverture Dans une Amérique au bord du chaos politique et climatique, un père embarque son jeune fils souffrant de troubles du comportement dans une sidérante expérience neuroscientifique. Richard Powers signe un nouveau grand roman questionnant notre place dans le monde et nous amenant à reconsidérer nos liens avec le vivant Depuis la mort de sa femme, Theo Byrne, un astrobiologiste, élève seul Robin, leur enfant de neuf ans. Attachant et sensible, le jeune garçon se passionne pour les animaux qu’il peut dessiner des heures durant. Mais il est aussi sujet à des crises de rage qui laissent son père démuni. Pour l’apaiser, ce dernier l’emmène camper dans la nature ou visiter le cosmos. Chaque soir, père et fils explorent ensemble une exoplanète et tentent de percer le mystère de l’origine de la vie. Le retour à la “réalité” est souvent brutal. Quand Robin est exclu de l’école à la suite d’une nouvelle crise, son père est mis en demeure de le faire soigner. Au mal-être et à la singularité de l’enfant, les médecins ne répondent que par la médication. Refusant cette option, Theo se tourne vers un neurologue conduisant une thérapie expérimentale digne d’un roman de science-fiction. Par le biais de l’intelligence artificielle, Robin va s’entraîner à développer son empathie et à contrôler ses émotions. Après quelques séances, les résultats sont stupéfiants. Mettant en scène un père et son fils dans une Amérique au bord du chaos politique et climatique, Richard Powers signe un roman magistral, brillant d’intelligence et d’une rare force émotionnelle, questionnant notre place dans l’univers et nous amenant à reconsidérer nos liens avec le vivant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Chaos de Bréhat | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Chaos de Bréhat Daniel Cario Presses de la Cité Terres de France Mars 2020 509 pages Thriller Terroir historique Chronique 8 septembre 2020 Nous voici projetés en 1987 au large du Bréhat dans le monde très fermé et particulier des gardiens de phares. Ces hommes sont superstitieux, comme tous ceux qui travaillent avec et par la mer, ce qui inclut les marins. Il existe trois types de phares : ceux construits sur un bout de rocher, on dit alors en enfer, comme celui de ce thriller, appelé " L'oeil du diable". Les phares construits sur une île sont dits du purgatoire et ceux enfin bâtis sur le continent sont paradisiaques. Étonnamment Ambroise, un de nos héros, préfère être en enfer pendant deux semaines d'affilée que de garder un bâtiment sur terre ou dans une île. C'est un personnage authentique, fort et empathique à la fois, ayant eu son compte de douleurs et de drames. C'est aussi un être à l'âme de chevalier blanc, sauveur de pauvres jeunes femmes en détresse dans un univers de magie, de légendes, de surnaturel. Ambroise va devoir affronter des dragons intérieurs et des fantômes du passé pour sa dame, Janet et la fille de celle-ci, Betty. La tâche sera presque insurmontable en ces temps de tempêtes, d'ouragan, de furie, de révolte des éléments et des âmes.... De plus, son fils Florimond et son frère de lai Quentin ne lui facilitent pas la manoeuvre, naïfs et prompts à croire aux revenants, aux murmures des esprits défunts et des sphinx à tête de mort. Dès le prologue, la brume, le mystère, les ombres virevoltantes des papillons de nuit nous entourent au creux d'une maison en ruine... Des gémissements nous parviennent, le vent se lève, les vagues se creusent, la grande faucheuse est arrivée sur l'île pour réclamer son quota d'âmes... La silhouette brisée d'un corps git au pied du phare dont Ambroise et son fils Florimond ont la responsabilité. Dans les chaos pierreux, on distingue une peau blanche, une chevelure rousse, un visage griffé et abîmé, une nudité incompréhensible en cette nuit infernale où les dieux se déchaînent... Serait-ce Betty disparue voici quelques semaines ? Ambroise imagine le soulagement de sa compagne Janet en retrouvant sa fille, enfin ? Mais, la jeune femme amnésique et presque défigurée est-elle la si douce et timorée Betty ? Et sinon, où est cette dernière ? Le passé des deux anglaises réfugiées au Bréhat depuis plusieurs mois les rattrape-t-il ? Entre Côtes-d'Armor et Angleterre, un thriller à l'ambiance de huis clos dans un contexte géographique fermé donnant sur un océan en furie où les déesses archaïques nous guettent. Une voix littéraire unique, reconnaissable entre toutes, entre poésie, lyrisme et dialogues authentiques et rocailleux. C'est un roman policier en terre de légendes, minéral et rugueux. Seul l'amour peut apporter quelques douceurs à ce récit terrible et effrayant. Splendide comme tous les textes de Daniel Cario ! Quatrième de couverture Ile de Bréhat, Côtes-d'Armor. Ambroise est un gardien de phare des plus expérimentés. Et un habitant de l'île très apprécié. Mais un jour il doit faire face à un double cas de conscience qui engage toutes ses responsabilités. Ne rien dire pour protéger ceux qu'il aime ? Seul face aux colères de la mer et à la cruauté des hommes ? Des tempêtes, Ambroise, gardien de phare respecté de l'Œil-du-Diable, au large de Bréhat, en a traversé beaucoup. Dans sa vie personnelle aussi. Il a su, depuis, renouer avec un bonheur simple auprès d'une jolie Anglaise et de sa fille, Betty, qui se sont réfugiées sur l'île pour fuir un passé douloureux. Mais, en septembre 1987, l'adolescente disparaît. Or, un mois plus tard, un ouragan d'une violence inouïe balaie les côtes bretonnes et dépose au pied du phare une naufragée frappée d'amnésie. Prémices d'un drame, tendu comme un huis clos, où se mêlent vengeance et folie, avec en toile de fond la solitude morale d'un homme en proie à un terrible cas de conscience. Un roman à l'ambiance noire et marine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La jeune fille et la nuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La jeune fille et la nuit Guillaume Musso Calmann-Lévy Depuis peu 424 pages Divers Chronique 26 mai 2018 « Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser ? » Henri Michaux En premier lieu, l'objet lui-même, à la couverture très graphique et la texture grainée, puis la mise en page et la police qui rendent la lecture des plus agréables. Ce n'est pas rien donc il faut le dire. Puis les lieder de Schubert prennent possession de mon esprit, cette Jeune Fille qui frôle et danse dangereusement avec la Mort : La Jeune Fille : « Va-t'en, ah, va-t'en ! Disparais, odieux squelette ! Je suis encore jeune, disparais ! Et ne me touche pas ! » La Mort : « Donne-moi la main, douce et belle créature ! Je suis ton amie, tu n'as rien à craindre. Laisse-toi faire ! N'aie pas peur Viens sagement dormir dans mes bras. » Matthias Claudius, la Jeune Fille et la Mort Du poème au lied, puis l'Opéra avec l'intitulé du premier chapitre « Le sentier des contrebandiers » : l'amour est un oiseau rebel qui n'a jamais, jamais connu de loi..... Carmen toujours revient hanter les lieux.. on sait que le drame est en marche. Et finalement, le récit se teinte de couleurs hitckokiennes, mais la femme fatale est rousse, vénéneuse et trompeuse. Le décor de ce film presque hollywoodien est le collège saint Exupéry de Sophia Antipolis près d'Antibes, se targant de copier les américains : ses mécènes richissimes , son campus de luxe, son soleil et les sourires ultrabright de circonstance. Et bientôt un tout nouveau complexe et une roseraie en mémoire d'une belle disparue, Vinca Rockwell....même le nom est celui d'une star. Elle attirait tous les regards, provoquait tous les désirs, envies, haines, passions. Elle jouait un jeu dangereux, peut-être fatal. On dit qu'elle s'est enfuie avec son professeur de philosophie un soir de décembre 1992, qu'ils auraient été vus dans le train pour Paris, qu'une réservation dans un hôtel aurait été honorée par le couple, que l'on y retrouva sa trousse de toilette et sa brosse.... Et puis...plus rien.... 13 mai 2017, Manon Agostini, policière municipale, en tenue de soirée pour se rendre aux retrouvailles de sa promotion organisées par St Exupéry, se voit contrainte d'effectuer un détour par le fameux sentier. Un gardien de villa aurait entendu un coup de fusil vers 21 h. Le vent a beau hurler, la tempête se déchaîner, les oliviers se tordre comme dans un cauchemar, les rochers cisailler la plante de ses pieds nus, Manon n'en a cure le regard fixé sur un cadavre de femme en contrebas horriblement défigurée. Le matin de ce même samedi, débarque de l'avion arrivant de New York Thomas Degalais, célèbre romancier à succès. Un retour aux sources pour lui sur les lieux de sa jeunesse, pour la fête de sa promotion du collège où ses parents étaient proviseurs. Mais la raison réelle de sa présence est tout autre : son ami et frère de cœur Maxime Biancardini, lui a envoyé un article mentionnant le début, lundi, des travaux de destruction du vieux gymnase. Or, derrière l'un des murs du bâtiment, repose un secret très compromettant pour les deux hommes littéralement paniqués. Toutes leurs vies de notables, écrivain, homme politique dans le sillage de Macron, risquent d'être balayées du jour au lendemain, surtout avec, dans les parages, Stéphane Pianelli, journaleux revanchard à Nice-Matin attendant de rouvrir le dossier Vinca Rockwell. Même l'ex petite amie d'enfance de Thomas, Fanny Brahimi, chef de la cardio à l'hôpital de la Fontonne, est nerveuse.... Qu'est-ce que ce trio a à cacher ? Quel crime ont-ils commis ? Sont-ils certains de connaître la vérité ? Celle-ci serait-elle très différente ? Ainsi tout au long de ce thriller réussi et très bien mené jusqu'au dénouement et aux épilogues étonnants, nous basculerons entre l'hiver 1992 et le printemps 2017. Je ne suis pas une fan forcément des romans de Guillaume Musso, cependant depuis "Central Park" qui m'a bluffée, je suis revenue à son univers plus dense, recherché, mâture dans ses thrillers. Je trouve du coup que la gravité et l'ombre propres à ce style littéraire apportent à l'écriture de cet auteur plus de poids, de consistance. À nouveau, j'ai aimé "Un appartement à Paris" tout en noir et blanc arty, le graphisme des couvertures préfigurant un style très esthétique tout en étant efficace. Pas de lourdeur donc, et le talent renouvelé pour entremêler la banalité de la vie quotidienne (ou d'événements que nous connaissons tous, comme des retrouvailles de promos toujours amusantes et pathétiques), avec l'horreur, la terreur, l'indicible.... Des fractures soudaines obligeant ici nos trois amis à emprunter un sentier en à pic bien tortueux et dangereux. Mais ils n'ont plus le choix, le chemin sera évidemment initiatique, la fin bouleversante. Thomas n'est pas Guillaume, même si ce dernier a choisi pour cadre celui de sa jeunesse. Cependant tous deux partagent une passion pour la littérature, les mots, la lecture, et l'écriture qui font d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui, mais sans oublier l'essentiel : l'amour de la Vie. Belle lecture. Quatrième de couverture Un campus prestigieux figé sous la neige Trois amis liés par un secret tragique Une jeune fille emportée par la nuit Côte d’Azur - Hiver 1992 Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des plus brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ». Personne ne la reverra jamais. Côte d’Azur - Printemps 2017 Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études. Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour construire un autre bâtiment. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'école de la nuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'école de la nuit Harold J.Benjamin Cohen & Cohen 15 février 2024 224 pages Historique Chronique 22 février 2024 " Black is the badge of hell The hue of dungeons and the school of night. " " Noirs sont le sceau de l'enfer La couleur du cachot et l'école de la nuit. " Love's Labour's Lost, IV, 3, William Shakespeare (1564-1616) " Hell hath no limits, nor is circumscribed In one self place. But where we are is hell And where hell is there we must ever be. " " l'Enfer n'a point de limite, et n'est point circonscrit En un seul lieu. Mais l'Enfer est où nous sommes Et là où il est, là nous serons à tout jamais. " The Tragedy of Doctor Faustus, I, 5, Christopher Marlowe (1564-1593) Troisième tome de la série parue chez le même éditeur. Celle-ci comprend : Le grand effroi de John Pickett (2021) Les Lunes de Jupiter (2022) C'est un réel bonheur de suivre à nouveau les aventures de la famille Pickett et plus particulièrement de Tobias, avocat, fils de John, peintre, qui fut le personnage principal du premier opus. Londres, fin du règne de Élizabeth 1ère, vieillissante, en mauvaise santé mais toujours au regard et au jugement acérés sur son temps, sa cours, ses courtisans, ses opposants, son peuple, sur la place de son royaume sur l'échiquier mondial. Elle aime jouer et se divertir ; ainsi le théâtre tient-il une place particulière en son cœur et l'arrivée d'un nouveau venu très talentueux, William Shakespeare, ne lui a pas échappé. Harold J. Benjamin nous offre une plongée somptueuse, passionnante, stupéfiante et haletante dans les coulisses de deux maisons de théâtre, à la rencontre de leurs troupes de comédiens et techniciens. J'ai nommé : - Le Rose playhouse où officient les " Lord Admiral's Men ". - Le Globe playhouse où officient les " Lord Chamberlain's Men " et notre cher Will. À vous la découverte de l'organisation matérielle, administrative, humaine de ces deux structures, de leurs loges, des artisans et artistes qui y vivent et y travaillent. Enthousiasmant ! Les bâtiments ronds en bois sont montés sur des terrains loués par leurs directeurs pendant un certain temps. Si le propriétaire du dit terrain veut le récupérer à la fin du bail, le démontage et le déménagement de l'édifice sont nécessaires. Ainsi les deux théâtres éloignés l'un de l'autre en ce début de récit, se retrouvent-t-ils voisins en raison des aléas de la vie difficile des playhouses, juste avant les premières disparitions d'une costumière, Hannah, et de son amoureux, Martin, comptable et acteur, après une représentation du Doctor Faustus de Christopher Marlowe au Rose playhouse. Peu de temps après, un corps casqué encore dans le costume porté par Martin est retrouvé dans le terrain voisin où est remonté le Globe playhouse. Tobias Pickett est appelé sur place et mandaté pour découvrir la vérité. Au même moment, lui et sa famille se voient obligés de répondre d'accusations calomnieuses de magie noire et d'abus par une certaine Agnes Bishop. Il sont, semble-t-il, dans le collimateur d'un juge de paix, Richard Harclyff. Mais pourquoi ? Alors que le peuple crie famine, que le pouvoir dictatorial écrase toute opposition, et que la guerre en Irlande prend de l'ampleur, le monde du théâtre bruisse de mille sons inquiétants. Un brouillard de suspicion, de peur l' enveloppera pendant plus de six mois pendant lesquels Tobias devra résoudre les énigmes de la mort de Martin, de la disparition de Hannah et d'un deuxième meurtre, tout aussi étrange. L'atmosphère anxiogène, paranoïaque et venimeuse de cette période élisabéthaine cependant si attractive et brillante, est toujours aussi parfaitement rendue par Harold J. Benjamin. Tout n'est qu'apparence, comédie de société, complots et vanités dans ce thriller historique. La dernière scène finale avant l'épilogue est fabuleuse : les pièces du puzzle se mettent en place sous nos yeux émerveillés, petites miettes de pain que l'auteur avait patiemment laissées sur notre chemin. Écoutez ! Les trompettes retentissent ! Bientôt le spectacle va commencer. Pénétrez dans l'école de la nuit ! Merci à Harold J. Benjamin pour sa confiance renouvelée. Quatrième de couverture L'École de la nuit, est un thriller historique, qui se déroule dans l'ambiance envoûtante de l'Angleterre élisabéthaine et le monde du théâtre, celui de Shakespeare et de Marlowe. Un mystère qui se dénoue sur la scène du théâtre Rose en un final étonnant. Angleterre, 1598. Le règne d'Élisabeth 1re s'achève. Sur la rive sud de Londres, dans le quartier des plaisirs, retentissent les bruits du chantier d'un tout nouveau théâtre, le Globe, mais soudain une découverte macabre bouleverse les ouvriers. Tobias Pickett, avocat de renom appelé pour démêler l'affaire, se trouve confronté à une galerie de personnages intrigants : Hannah Wynters, la belle costumière de la troupe du Rose, le rival du Globe ; pourquoi a-t-elle mystérieusement disparu ? Martin Slater, le régisseur au passé mystérieux ; qui donc est allé fouiller son précieux coffre ? Agnes Bishop, jeune fille de 12 ans maltraitée par la vie, accusée de pratiquer la magie noire. Et puis, il y a Richard Harclyff, le juge de paix manipulateur dont l'ambition dévorante ne connaît aucune limite. Tandis que des échos inquiétants de la guerre en Irlande parviennent à Londres, l'affaire attire l'attention des plus hautes sphères du pouvoir. Une enquête palpitante dans le monde du théâtre, celui de Shakespeare et de Marlowe, qui aboutit jusque sur la scène du Rose playhouse en un final étonnant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Été des hécatombes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Été des hécatombes Philippe Grandcoing Deborée Le 5 mars 2026 312 Pages polar historique Chronique 22 mars 2026 Retrouver cette chronique en vidéo sur la chaîne YouTube Evangéline Brunoy Roman historique sous la direction d'Anthony Frot paru dans la collection Vents d'Histoire. La neuvième et dernière enquête de l'antiquaire Hippolyte Salvignac et du policier Jules Lerouet. En 2016, Philippe Grandcoing se lance dans une série policière dont l'intrigue se déroule dans les années 1900. Son héros, Hippolyte Salvignac, lui offre le plaisir de partager avec le lecteur son goût pour l'art et le patrimoine, mais aussi sa connaissance de l'histoire politique, sociale, culturelle et diplomatique de la Belle Époque. Je suis très heureuse de retrouver Hippolyte et Jules pour cette ultime enquête alors que s'annonce la Première Guerre mondiale offrant un cadre exceptionnel à cette intrigue ; mais je suis aussi triste que toute cette joyeuse et passionnante aventure littéraire et policière prenne fin. Que de belles heures nous avons passées ensemble par livres interposés, aujourd'hui en bonne place dans ma bibliothèque ! Après un prologue où Philippe Grandcoing relate avec art un étonnant événement s'étant déroulé dans la cour des Invalides en 1814 en présence du célèbre Maréchal d'Empire, Jean Sérurier, nous voici à Paris, cent ans plus tard. Ainsi donc, le premier conflit mondial est en passe d'éclater après l'assassinat à Sarajevo, le dimanche 28 juin 1914, de l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois, et de son épouse, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, par le nationaliste serbe Gavrilo Princip, membre du groupe Jeune Bosnie. Celui de Jean Jaurès, chantre de la paix, suivra de peu cet événement lointain qui, pourtant, aura des répercussions inimaginables dans le monde entier. Nous basculons alors dans une autre réalité dûe aux progrès et à la modernité où toute guerre devient mondiale. L'ambiance est donc délétère, chacun plongé dans les affres de l'attente, dans une expectative douloureuse et insupportable : la paix peut-elle encore être préservée ? La capitale est en ébullition, les syndicats s'affolent, Léopoldine, la compagne peintre d'Hippolyte, gronde tout en tentant d'analyser la situation et les options qui s'offrent à eux et leurs proches. Mais les meurtriers se moquent de la politique internationale et continuent à tuer. Alors que l'Autriche et la Russie poursuivent leurs actions guerrières, le dossier qui s'ouvre pour nos deux amis ce 31 juillet est très intriguant : en effet, dans le sombre appartement d'un certain Armand de Bagnencourt, vieillard grabataire et sénile, a été retrouvé le cadavre de sa gouvernante, Blanche Poitevin, baignant dans son sang. Évidemment personne n'a rien vu. Jules Lerouet a réclamé l'aide d'Hippolyte en sa qualité d'antiquaire car les lieux sont pleins de vieilleries qui pourraient, si elles ont de la valeur, expliquer le drame. Notre ami ne voit rien de bien précieux dans ce deux pièces encombré si ce n'est plutôt l'absence d'un objet dont la trace est restée intacte dans la poussière. Cette mort est la première d'une longue liste, Lerouet en est certain. Tous les protagonistes de cette affaire semblent liés à l'Est du pays où se joue l'avenir de la France, particulièrement dans la région de Sedan ; ainsi si nos deux compères souhaitent résoudre l'énigme de l'objet manquant, mobile du carnage, ils sont obligés de se jeter sur les routes en direction des zones explosives aux frontières du pays. Alors que tout n'est que désorganisation, luttes intestines entre autorités militaires et policières, réussir à démêler le vrai du faux leur demandera beaucoup d'instinct, d'intelligence et d'audace, en une terre où bien des secrets ont été enfouis profondément. Cet ultime épisode est émotionnellement bouleversant et le suspense de l'enquête parfaitement soutenu ; certains passages semblent résonner douloureusement avec notre actualité. Quitter ces personnages est difficile tant le talent de l'auteur nous a permis de nous y attacher. Du coup, la monstruosité de la guerre nous explose encore plus au visage, tout comme l'absurdité criminelle de tous ces chefs d'états d'hier comme d'aujourd'hui prêts à nous sacrifier sur l'autel du profit et du pouvoir. Merci infiniment Philippe Grandcoing, Anthony Frot, Virginie Bourgeon et Éric Poupet de m'avoir associée à cette fabuleuse série. Ce fut un grand plaisir et honneur de lire et chroniquer ces ouvrages. J'envie ceux qui vont pouvoir les découvrir dans leur continuité sans attendre, entre deux tomes, la suite de l'histoire d'Hippolyte et Jules. Quatrième de couverture Juillet 1914... L’été semble tenir toutes ses promesses. Mais les gouvernements et les états-majors européens en ont décidé autrement. Alors qu’Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet assistent, impuissants, à l’angoissante marche vers l’abîme, une étrange affaire accapare toute leur attention. Pourquoi un homme est-il prêt à tuer pour dérober quelques souvenirs hérités d’une vieille famille aristocratique? Tout en suivant les traces sanglantes du mystérieux criminel, ils devront aussi démêler les fils tragiques du passé. Cette aventure va ainsi conduire nos deux héros jusque dans les Ardennes, alors que les armées françaises et allemandes se ruent aux frontières. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















