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- Le jardin des papillons | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le jardin des papillons Dot Hutchison City Editions 2 septembre 2020 352 pages traduites par Nordine Haddad Thriller Chronique 18 septembre 2020 « Haletant et machiavélique : un époustouflant best-seller par une nouvelle voix du polar mondial. » Quel thriller ! La version originale THE BUTTERFLY GARDEN est parue en 2016 aux Etats-Unis, premier opus d'une série.... Donc réjouissons-nous qu'il soit enfin édité en France dans une très bonne traduction, qui plus est. J'ai toujours été fascinée par les romans, biographies concernant Soliman le Magnifique, le Harem de Topkapi, Constantinople.... effrayée et en même temps passionnée par ce mode de vie, cette civilisation, ce faste.... Cependant quelques décennies après, informée par les différents témoignages écrits de profilers européens ou américains, par certaines fictions policières proches du reportage sur le terrain, mon regard sur Soliman et ses "collègues" d'hier et d'aujourd'hui a diablement changé. Pourquoi parler de ceci ? Simplement parce que l'auteure fait plusieurs fois référence aux harems, à la traite d'êtres humains et à l'esclavage. Un thriller tel que celui-ci, à l'atmosphère aussi vénéneuse, malsaine, terrifiante, sorti de l'imagination tortueuse de l'auteure, a l'immense utilité de renommer par leurs pathologies, très justement, ces criminels, afin de les étiqueter et les ranger ensuite dans le " catalogue des psychopathes violeurs multirécidivistes et serial killers " ; On revoit notre Histoire mondiale et certaines de ses figures les plus illustres avec d'autres yeux à la fin de cette lecture. Et ils sont nombreux les pervers narcissiques et autres monstres dans nos livres d'enfants, sans que jamais un jugement moral ne nous aient réellement été transmis sur leur comportement déviant lors de nos années d'apprentissage. C'est le premier des grands mérites de ce thriller phénoménal.... le second est tout aussi exceptionnel : Nous voici plongés dans un récit mêlant deux huis clos. En écrire un est déjà un tour de force, le rendre captivant, hypnotisant en est un autre, mais deux ! Complimenti : - Le premier huis clos est d'entrée de jeu situé dans la salle d'interrogatoire du FBI après l'assaut donné sur une propriété privée où étaient enfermées, violées, torturées, tuées, des jeunes filles de plus de 15 ans depuis plus de trente ans. Les protagonistes en présence sont Maya, l'une des victimes, face à Victor et Eddison, deux agents spécialistes des crimes sexuels sur mineurs. - Le deuxième huis clos se déroule sur les lieux des crimes, dans cette immense serre abritant les kidnappées. C'est le récit sous forme de flashbacks de Maya répondant, à sa façon très particulière, aux agents. Elle leur raconte alors ce qui pourrait être un opéra, tel Butterfly ou plutôt Turandot, ou un conte pour adultes, ténébreux, où peu à peu l'âme des plus pures sombre dans un désespoir sans fond. La serre luxuriante avec sa grotte, sa falaise, son plan d'eau, ses lieux d'habitation du Harem se nomme le Jardin des papillons. Évidemment son propriétaire est le Jardinier et les incarcérées, ses Papillons. Ces appellations si poétiques, rassurantes, cachent une réalité monstrueuse : les filles, dont le dos est tatoué d'ailes de papillons tous différents, forment la collection privée de ce dément, qui tel un dictateur érige les règles de cette micro- société et décide de l'exécution de certains spécimens trop vieux, déficients, imparfaits. Soit ils sont éliminés et disparaissent, soit ils ont l'insigne honneur d'être mis en exposition.... Ce Jardinier est un esthète, n'est-il pas ? Cependant il commet des erreurs..... Comme introduire le ver dans le fruit.... Quel sera-t-il ? Un de ses fils ? Une des kidnappées ? Quel événement insupportable mettra le feu aux poudres ? Quant à Victor, réussira-t-il à établir le profil de Maya, et se persuadera-t-il de son innocence, elle qui semble être le centre de tout, elle que réclament les rescapées comme leur protectrice, leur meneuse ? La jeune femme ne leur facilite pas la tâche, habituée, bien avant son rapt, à la cruauté de la vie. Est-elle le bon petit soldat du Jardinier ou une guerrière qui a usé de duplicité et de ruse pour sauver la communauté des Papillons ? Pourquoi ne pleure-t-elle pas ? Pourquoi ne se comporte-t-elle pas en victime ? Est-elle aussi vénéneuse que ce Jardin ? Est-elle devenue la chose, la complice du Jardinier ? Les battements d'ailes vont s'accélérer essoufflant notre cœur et nos cellules grises. Ce livre est un poison que l'on boit jusqu'à la lie avec plaisir masochiste et passion. Une œuvre tout à fait unique, diablement réjouissante et réussie. Comment a-t-on pu attendre autant de temps avant de l'éditer en France ? Un souffle nouveau re-oxygène le monde du thriller psychologique avec ce double huis clos prodigieux. Le dénouement vous réserve également des surprises étonnantes quant à l'articulation des évènements en amont et les raisons motivant l'attitude de Maya. J'attends avec une immense impatience la suite. Quatrième de couverture Un immense jardin luxuriant, débordant de fleurs et de plantes rares. Cet endroit pourrait être un véritable paradis s’il n’y avait ces dizaines de cadavres découverts par le FBI. Des jeunes femmes dont le dos a été tatoué pour ressembler à des ailes de papillons. Celui qui règne sur ce monde fascinant et effrayant est un homme aussi cruel que délicat que ses victimes ont baptisé « Le Jardinier ». Son obsession : capturer, apprivoiser et immortaliser les plus beaux spécimens avant que leur beauté se fane. Parmi les rares survivantes, il y a Maya, une étrange jeune femme. Plus l’enquête avance, plus elle se révèle être une énigme. Quels secrets dissimule-t-elle ? Au fur et à mesure que la jeune femme se confie, les enquêteurs sont emmenés loin, très loin, aux confins de la noirceur de l’âme humaine. « Ici, la beauté, le désespoir ou la peur étaient aussi communs que le fait de respirer. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'horizon d'une nuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'horizon d'une nuit Camilla Grebe Calmann-Lévy Noir 9 février 2022 464 pages Thriller Chronique 6 juin 2022 « CONNAÎT-ON VRAIMENT LES GENS QU’ON AIME ? » Roman indépendant où sont simplement cités les noms de certains personnages récurrents de la série Peter Hanne Malin, histoire de tout relier, d'offrir aux lecteurs une œuvre cohérente. Thriller psychologique très bien mené qui ne m'a pas stupéfaite au moment du dénouement mais qui a le très grand mérite de traiter de certains sujets sociétaux dramatiques avec bien plus de délicatesse, d'élégance et de nuances que d'autres autrices s'étant attachées aux mêmes thèmes plus frontalement. Pas de concession chez Camilla Grebe pour les manquements, les injustices, les dérives de la société suédoise... En résumé, balayons devant nos portes avant de stigmatiser d'autres pays ou mœurs étrangères car ne nous sommes pas, en Europe, exemplaires, loin s'en faut. En nous racontant la même histoire vue par différents personnages, l'écrivaine multiplie les pistes et les prismes, réussissant à nous faire douter de ce que nous avions deviné. Également, en prolongeant ce récit quelques années après les faits dramatiques, la disparition de Yasmin et ce qu'il advient de son père, Camilla Grebe nous fait réfléchir sur les conséquences de ce que notre aveuglément d'un jour peut provoquer sur le destin de toute une famille et des proches. À nouveau, elle aborde la question de la cécité qui nous touche lorsque nous refusons consciemment ou inconsciemment de repérer les symptômes, les signes distinctifs d'une tragédie en cours. Jouer à l'autruche pour se donner l'illusion que tout va bien n'a jamais été une solution. Les vrais coupables ne sont pas forcément ceux que l'on croit, certains vont en prison, sont conspués alors que d'autres ne paieront jamais pour leurs fautes. L'ignorance peut être criminelle.... Un très bon thriller ! Quatrième de couverture Dans sa grande maison aux abords de Stockholm, Maria aime sa famille recomposée avec son nouveau mari Samir, son petit Vincent, si fragile et attachant, et sa splendide belle-fille Yasmin, qui couvre ce dernier d’amour. Par une terrible nuit d’hiver, Yasmin disparaît près de la falaise, mais aucun corps n’est jamais retrouvé. Bientôt, tout accuse Samir. Après tout, n’avait-il pas une relation conflictuelle avec sa fille ? Maria ne peut y croire, mais petit à petit, le doute l’envahit… Les inspecteurs Gunnar Wijk et Ann-Britt Svensson sont chargés de l’enquête. Jamais faux-semblants et mensonges n’auront autant régné. L’Horizon d’une nuit est un nouveau tour de force psychologique, aussi captivant que bouleversant, car chaque membre de la famille dévoile tour à tour sa version du drame, nous menant tout droit vers un rebondissement final qui laisse sans voix. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le rire des déesses | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le rire des déesses Ananda Devi Grasset 1er septembre 2021 240 pages Roman Chronique 29 décembre 2021 La guerre est déclarée par amour d'une enfant ; Veena une des prostituées piégées dans la Ruelle d'une petite cité de l'Uttar Pradesh, et Sadhana une transexuelle de la communauté des hijras sa voisine, toutes deux face à Shivnath, un swami ou homme Dieu au service de Kali, la déesse tueuse. Ils vont s'affronter pour la pureté, l'innocence, le futur d'une humble et rayonnante fillette, Chinti. Veena ne voulait pas d'elle, elle ne lui a pas témoigné de tendresse, en mode survie, la cachant cependant derrière une paroi en contreplaqué, pendant les rapports avec ses clients. Le bébé, puis l'enfant n'a pas de nom, même cela, Veena n'ose pas le faire. Nommer, donner une réalité à cet être né en enfer. Peut-être une façon de la sauver, inconsciemment. Surtout ne pas s'attacher. Survivre. En grandissant, la parole vient, le regard de la gamine perçoit toutes les réalités crues à travers une fente dans la paroi. Elle apprend à être silencieuse, invisible comme une fourmi d'où le nom qu'elle se donne, Chinti. Un jour, un homme charismatique devient un client régulier de Veena, c'est un être à part, riche, puissant, narcissique, pervers, hypocrite et démago qui en Inde peut être considéré et adoré comme un Dieu. Ses yeux se posent malheureusement sur Chinti. Un compte à rebours s'est enclenché dès lors. Veena connait ces oeillades libidineuses, offensantes pour la candeur et l'innocence de Chinti qui ne peut comprendre le danger. Le prédateur s'est mis en chasse, elle serait le fleuron de son existence, la cerise sur le gâteau de sa vie de mensonges et d'apparences. Elle serait un jouet qu'il pourrait détruire et jeter après usage comme toutes les femmes dans cette société patriarcale où le phallus est un dieu, ou des temples entiers lui sont consacrés. Mais c'est sans compter avec la narratrice de ce récit, Sadhana, la hijra, à la frontière entre les deux genres, charmée comme toutes les femmes et transexuelles de la Ruelle par cette petite fille qui concentre en elle tous leurs espoirs. Sauver l'innocence devient le credo de cette communauté.... Lorsque Shivnath enlève la petite, la course poursuite commence. Direction la ville des morts, Bénarès.... « Le rire des déesses » est un roman prodigieusement et terriblement beau, nous plongeant avec crudité ou onirisme dans une communauté de femmes, victimes nées et désignées des hommes, dans un monde d'une cruauté infinie où certains, tels des dieux auto-proclamés, peuvent détruire les prostituées, les hijras, les enfants parce que c'est leur bon plaisir. Une gamine paraît, une fourmi insignifiante et l'avenir s'en trouve changé, tout est possible, la clarté peut écarter les ténèbres. Peut-être... Rien n'est gagné pour Veena, Sadhana et Chinti dans cette Inde schizophrénique entre culture, croyances et superstitions millénaires et l'ère moderne et mondialiste. Un magnifique ouvrage, dur, tendre, parfois insupportable comme un long cri de rage, de désespoir, de fureur qui pourrait se transformer en un grand rire triomphant. À découvrir absolument. Quatrième de couverture Au Nord de l’Inde, dans une ville pauvre de l'Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l'aimer, les femmes du quartier l'ont prise sous leur aile, surtout Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l’écart, dans une maison qu’occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu’elles sont nées dans des corps d’hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti. Leurs destins se renversent le jour où l’un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d’avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l’emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ? Des bas-fonds de l’Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité ; les folies de la foi, la pédophilie ; la religion, la colère et l’amour. Avec son style incisif et poétique, elle brise le silence des dieux pour faire entendre et résonner le cri de guerre des femmes – le rire des déesses. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tu n'auras pas peur | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tu n'auras pas peur Michel Moatti Hervé Chopin Editions 2017 474 pages Thriller Chronique 14 novembre 2017 Prix du meilleur roman francophone à Polar, 22e édition du Festival de Cognac il y a peu, récompense plus que méritée pour un thriller vertigineux bâti sur des événements réels et monstrueux de1993, à Liverpool. Également construit comme un reportage de guerre édifiant, celle que se font les journaux et " pseudo médias" dans la presse écrite, à la télévision et surtout sur le net au mépris de la déontologie, dans une course effrénée à l'horreur montrée en exclusivité, au largage d'images chocs et d'informations réelles ou non, juste pour faire le buzz. Michel Moatti fut journaliste et son amour de cette profession en même temps que sa colère face à sa dérive sont évidents à chaque ligne. « Tu n'auras pas peur des frayeurs de la nuit, ni de la flèche qui vole le jour, de la peste qui marche dans les ténèbres, ni de la destruction qui dévaste en plein midi. Il en tombera mille à ton côté, et dix mille à ta droite ; Toi, tu ne seras pas atteint. » Psaume 91(90), 5-7 Des mots que doit se répéter chacun de nous mais spécialement Lynn Dunsday, ou Evangeline, tous les jours où elle part à la bataille, jeune journaliste de terrain, pour le Bumper sur le net, brillante, pugnace, sans aucune concession, déjà célèbre grâce à un de ses livres sur une tueuse d'enfants. Ils lui seront précieux ces mots pour affronter un criminel de la pire espèce qu'elle comparera à une Élytre, cette libellule au crochets empoisonnés et ensanglantés. Les réseaux d'informateurs en ce 24 janvier à 6h49 sont en émoi, le réseau Pierre de lune donne l'alerte quant à une scène de crime bizarre au Crystal Palace. Lynn y fonce et y retrouve son collègue, vieux routard de la presse écrite, Trevor Sugden. Tous deux tiquent à la vue de cette mise en scène : le corps immergé d'un métis de trente ans, attaché à un siège d'avion, vraisemblablement noyé. Leur conception à l'ancienne du métier et leur déontologique seront le moteur qui les poussera à poursuivre ensemble cette enquête. Pensant chasser le serial Killer qui commettra d'autres monstruosités spectaculaires pendant près de trois semaines, copiant des scènes de crimes ou d'accident des années 60/70, ils vont tomber peu à peu dans un piège monté avec brio par un esprit supérieur en mal de reconnaissance et de célébrité, adepte de toutes les techniques d'information et des lieux de diffusion sur le net. La description du monde de la presse aujourd'hui donne le tournis et fait réellement peur. La police et les médias doivent faire cause commune car les règles ont changé et la vitesse de propagation des derniers événements toujours plus rapide les y oblige. Cette soif du public de trash, de vidéos atroces, de sensationnel, lui qui semble si blasé et repu de nouvelles et exclusivités 24h/24 est obscène et le mette en danger. Comment être dans ce rush permanent, bombardé d'images, capable d'analyser les faits, d'exercer son libre jugement. Impossible ! Là commence la manipulation de l'opinion. Notre tandem très attachant va être renforcé par le fiancé de Lynn, Andrew Folsom, policier. La scène finale concernant la traque elle-même sur plus de cinquante pages, en extraits brefs, nous faisant osciller entre les différents protagonistes en plusieurs lieux dans le même espace temps est prodigieuse. On la voit, de par ses qualités proprement cinématographiques, on la lit dans l'urgence, tant les éléments donnés nous aident à élucider bien des points restés obscures pendant le récit, en particulier concernant Lynn. Le plus terrifiant dans ce thriller est qu'il découle d'un crime réel, battant tous les records d'ignominie et d'irrationnel. La fiction n'égalera pas ce que l'homme est quelques fois capable de commettre au nom du mal. Les zones d'obscurité nous entourent et nous cernent, peut-être est-ce la raison pour laquelle, nous faisons tant de bruit, nous exposons nous tant dans la lumière. Espérons qu'il n'y aura pas un prix énorme à payer. PS : Evangeline, mon prénom aussi, signifie messagère de vie. Quatrième de couverture Tout commence par la remontée d'un cadavre à demi-congelé, attaché à un fauteuil d'avion immergé dans un étang de Crystal Palace, au sud de Londres. Puis on découvre le corps d'une jeune femme défigurée dans un hôtel de Bournemouth. Son visage a été découpé au cutter et emporté. Tout commence par la remontée d'un cadavre à demi-congelé, attaché à un fauteuil d'avion immergé dans un étang de Crystal Palace, au sud de Londres. Puis on découvre le corps d'une jeune femme défigurée dans un hôtel de Bournemouth. Son visage a été découpé au cutter et emporté. Sur les réseaux sociaux et les blogs, les indices et les rumeurs circulent, bien plus vite que les informations officielles délivrées par la police et les journaux. Un mortel jeu de piste s'organise, dirigé par un assassin sans scrupules qui reconstitue avec autant de rigueur que de férocité les scènes de crime les plus choquantes. Quelle énigme se cache derrière ces sinistres « natures mortes » ? Lynn Dunsday, une jeune web-reporter fragile, aux lisières du burn-out, et Trevor Sugden, un journaliste qui travaille « à l'ancienne », se lancent sur les traces du meurtrier, anticipant les avancées de Scotland Yard. 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- Comme si nous étions des fantômes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Comme si nous étions des fantômes Philip Gray Sonatine le 7 septembre 2023 491 pages traduites par Élodie Leplat thriller historique Chronique 16 mai 2024 "Pourquoi vient-elle si tôt, quand elle doit bien savoir Qu'Elle ne fait que hâter l'inévitable adieu ; La pente est raide, dans la neige s'enfoncent mes pas - Pourquoi vient-elle, quand elle sait quel sera mon aveu ? " D. H. Lawrence, Conte d'hiver Dès l'introduction, ce premier roman de Philip Gray parfaitement maîtrisé, bluffant, à l'ambiance crépusculaire, nous plonge dans un cauchemar de sang, de boue, de cruauté, d'indicible, de terreur, digne des meilleurs thrillers de guerre à l'instar effectivement de "Au revoir là-haut" de Pierre Lemaitre, sans toutefois aucune trace d'humour où d'ironie propre à l'écrivain francais. Nous assistons d'entrée de jeu à un meurtre qui ne sera qu'un parmi tant d'autres. Notre héroïne, Amy Vaneck, issue de la bonne société anglaise, inconsciente des dangers et se sentant coupable, décidée à tenir la promesse faite à son fiancé, Edward Haslam, de le retrouver coûte que coûte, se lance dans une quête périlleuse en France. Direction le dernier champ de bataille où fut signifiée la présence de l'aimé avant sa disparition. La terre, gorgée du sang des guerriers, cache en ses entrailles des corps pourrissant, des secrets inavouables ; le ciel plombé retentit encore du vacarme des massacres et du cris des sacrifiés à la patrie. Après la boucherie, viennent les escouades chargées de retrouver les cadavres, de les identifier afin de leur donner une sépulture décente et prévenir les familles dans l'incertitude. Amy, elle, n'a pu se contenter de la lettre lui annonçant l'évaporation d'Edward. Entre souvenirs des premiers émois amoureux, de l'épanouissement de la passion et de l'opposition de sa famille à son projet de mariage, et un présent qui la plonge en enfer, la jeune femme va devoir démêler la vérité des mensonges ou souvenirs flous et inexacts récoltés auprès des derniers survivants. Sa rencontre avec le capitaine Mackenzie, chargé de fouiller les charniers et les tranchées avec quelques hommes afin de retrouver les dépouilles et toutes preuves de leur identité, sera déterminante. La volonté sans borne de cette anglaise bien née, prête à tout pour comprendre ce qui s'est réellement déroulé sur cette terre devenue hostile, instable, au mépris des convenances et de tout danger, force l'admiration du militaire, touché par cette poursuite désespérée d'un fantôme. Cependant, il est très inquiet, car la découverte dans un tunnel de treize victimes d'assassinat dont trois suppliciés, accentue le péril que court Amy. Il est évident que ces exécutions, d'une cruauté inouïe, n'ont rien à voir avec des actes de guerre mais sont imputables à un esprit démoniaque, un serial killer. L'arrivée d'un enquêteur envoyé par Whitehall, le général Westbrook de la police militaire, un ancien de Scotland Yard, complique encore une situation critique et hors norme. Ce dernier prend rapidement Amy sous son aile mais Mackenzie décide de mener de son côté sa propre enquête concernant les meurtres et la disparition d'Edward. Bientôt, d'autres morts suspectes sont annoncées, et le bras armé du démon frappe à nouveau. Au loin, une silhouette menaçante sur sa monture gigantesque semble épier et suivre Amy accentuant la sensation anxiogène et étouffante de l'atmosphère de cette période d'après guerre où l'effroyable le dispute à la sidération face à l'inhumanité et la bestialité encore perceptibles et agissantes. Roman historique puissant, tragique, doublé d'un thriller policier terrifiant, ce récit traite également de sujets très peu abordés lorsqu'il s'agit de la Première Guerre mondiale : le racisme et les trafics de drogues diverses. Amy réussira-t-elle à connaître enfin la vérité ? Sera-t-elle capable de l'affronter ? Pourra-t-elle tenir ses engagements vis à vis de son grand amour ? Échappera-t-elle à celui qui la poursuit dans le brouillard recouvrant les terres où règne encore la Mort ? Quatrième de couverture Vous avez aimé Au revoir là-haut ? Un long dimanche de fiançailles ? Vous allez adorer Comme si nous étions des fantômes. Trois mois après la fin de la Première Guerre mondiale, une jeune Anglaise, Amy Vaneck, arrive à Amiens afin d'en apprendre davantage sur l'homme qu'elle aime, Edward Haslam, porté disparu dans les tranchées. Les champs de bataille de la Somme sont désormais silencieux. Ne restent sur place que quelques hommes qui se livrent à la tâche difficile de rassembler les dépouilles et d'essayer de les identifier. Parmi eux, le capitaine Mackenzie, qui se propose d'aider Amy. Mais lorsqu'on retrouve treize cadavres dissimulés dans un tunnel au fond d'une tranchée, celle où Edward a été vu pour la dernière fois, tout change. D'autant plus qu'il apparaît bien vite que leur mort n'a rien à voir avec les combats, ni avec l'armée allemande. S'inspirant de l'expérience de son grand-père, combattant de la Première Guerre mondiale, Philip Gray évoque avec virtuosité toutes les émotions humaines à travers cette période captivante de l'Histoire. Abordant certains aspects rarement évoqués de la Grande Guerre, tels le racisme ou la drogue, il se révèle également un bâtisseur d'intrigue hors pair, la solution du mystère n'étant donnée qu'à la toute dernière page du livre. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Laisse le monde tomber | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Laisse le monde tomber Jacques-Olivier Bosco dit JOB French Pulp Polar 2019 276 pages Thriller Chronique 2 février 2020 Virginie Despentes et le film "Rambo" sont cités en introduction à ce thriller, mais quant à moi, j'ai plutôt pensé à Predator 1 et 2. La terreur provoquée par les tueurs, (des sortes d'aliens), à l'instar de la peur effroyable induite par les criminels (que sont obligés d'affronter les trois flics de ce récit d'une grande noirceur dans ce département du 92 à feu et à sang), sont indescriptibles. Ce n'est pas un polar, c'est un film de guerre, j'ai bien écrit "film"... Une guerre urbaine dans la banlieue sud de Paris entre les forces de l'ordre et les truands. S'y ajoutent des mercenaires, des tueurs d'un autre calibre ayant soif de vengeance, d'une sorte de justice du Talion ; vous voilà projetés dans un monde en décadence, où l'espoir ne fleurit plus sur le bitume, où aucune valeur de bien et de mal n'a de sens. No future, no hope, no way. Cela serait très caricatural si évidemment ce n'était pas imaginé par Jacques-Olivier Bosco, qui temporise son propos par des éclats de lumière soudains dans ces ténèbres, par une vision moins manichéenne et plus réaliste des cités de banlieue et de leur population. S'il ne s'attachait pas aussi à montrer l'humanisme, l'entraide, la richesse due aux brassages des cultures dans ces quartiers où la France métissée peut exprimer le meilleur d'elle-même, ce roman ne serait pas aussi réussi. Également, outre des héroïnes féminines borderline, les femmes sont aussi téméraires et combattantes que leurs homologues masculins ( comme dans "Brutale" et "Coupable", les opus précédents auxquels l'auteur fait un petit clin d'œil), ce qui dépoussière le portrait actuel des professionnelles de police et gendarmerie. Elles ne sont ni meilleures, ni pires, elles sont identiques aux hommes. L'auteur réussit à retranscrire le profond malaise des flics en général. Ils vivent un état de guerre permanent, tous les jours, dans des conditions de travail et matérielles inacceptables, et doivent en plus supporter la haine et le mépris des civils. - Les uns subissent le choc traumatiques de ce qu'ils voient quotidiennement, de ce qu'ils sont obligés de faire, conscients que le Mal est omniprésent, que la bête, ici symbolisée par un tueur particulièrement cruel et sanguinaire et sans conscience, étend son territoire malgré tous leurs efforts pour la combattre.... Ils en souffrent, leurs proches également en écho. Être flics aujourd'hui n'est-ce pas une folie ? Pourquoi choisir une telle carrière ? - Les autres, certains habitants vivant sur une autre planète, totalement déconnectés de la réalité sur le terrain, mésestiment les premiers. De là à ce que certains policiers s'en prennent à des citoyens lambdas pris pour boucs émissaires, afin d'évacuer leur sentiment d'impuissance et leur désespoir, il n'y a qu'un pas... Cela se traduit aujourd'hui par des scènes filmées en France tous les jours depuis 2019, dignes de reportages sur les zones de guerres. Ce thriller est, pour moi, un cri d'alerte. Nous sommes en état de guerre insidieuse ( économique, sociale, psychologique) depuis des décennies, et nous nous aveuglons sur ses conséquences immédiates et à long terme. Des forces de l'ordre à bout qui se transforment en "Rambos", certains jeunes qui ne voient dans la criminalité et le grand banditisme qu'une porte de sortie au marasme de leur situation, ajoutez à cela la barbarie des conflits mondiaux qui infecte aujourd'hui notre territoire, et vous voilà face à une vision apocalyptique. Cependant, si certains vont tomber au champ d'honneur ou du déshonneur selon les cas, d'autres trouvent les moyens de sortir de l'enfer. C'est aussi cela que veut décrire Jacques-Olivier Bosco. Il y a des solutions. Notre système ultra libéral, capitaliste s'écroule, c'est un fait... nous subissons les soubresauts de son agonie en ce moment. À plus ou moins longue échéance, une nouvelle économie, plus juste et égalitaire souhaitons-le, verra le jour. Mais combien de morts et de victimes en attendant ? Nous sommes tous responsables et concernés, il faut nous bouger sans que ce soit toujours les mêmes qui deviennent plus forts, plus puissants, plus riches... Nous devons revoir notre copie, ne pas être manipulables, tous ensemble. Mais sommes-nous prêts à le faire sans tomber dans la violence, sans dommages collatéraux et laissés pour compte... ? Un thriller hypnotique, une scène finale digne des meilleurs films d'action et d'anticipation, des personnages plus vrais que nature, attachants de par leur imperfections, ou carrément flippants, une réflexion à mener plus loin sitôt la dernière page tournée. Et un hélicoptère passe juste au dessus de ma tête au moment où je finis ce texte, ce ballet aérien dure depuis novembre 2019. Il y a danger..... Ne laissons pas tomber notre monde, notre pays. Quatrième de couverture À travers une succession de crimes dignes du Chien des Baskerville, de jeunes policiers vont être confrontés à la violence sociale et humaine d’une grande cité de banlieue. « Et la violence ne se combat pas par la violence… » ; c’est ce qu’aimerait prouver Jef, le flic idéaliste et lâche, mais sa collègue Hélène, bouffie de mal-être, a de la rage à revendre, quant à Tracy dont le frère est mort lors des attentats de Paris, c’est de vengeance dont elle rêve. Dans un thriller ténébreux et spectaculaire, leurs voix, celles des retraités, parents, filles et fils de banlieue vont s’exprimer avec lucidité et mélancolie. « Comment rester humain dans un monde qui vous déteste ? » Une enquête où se multiplient les pertes et les désillusions, pour un final de guerre. 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- Le livre oublié | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le livre oublié Nick Bradley City Éditions Le 13 novembre 2024 418 pages traduites par Maryline Beury roman Chronique 17 décembre 2024 "Un magnifique roman sur le pouvoir de l'écriture." Extrait : "L'un de ses petits plaisirs dans la vie était d'emprunter le même chemin tous les matins en essayant de remarquer une chose différente chaque jour." Healing fiction, ou roman destiné à vous faire du bien, à faire battre votre cœur en vous racontant une histoire belle et humaniste. Comment Flo, une américaine résidant à Tokyo depuis des années, totalement imprégnée par la culture japonaise et admirative de certaines de ses valeurs ancestrales, traductrice émérite, pourra-t-elle retrouver l'envie de vivre, alors que son grand amour décide d'émigrer sans l'attendre ? Pour elle, complètement perdue, s'isolant de plus en plus, incapable de communiquer avec les quelques amis qui lui restent, cachant à tous sa véritable personnalité, ouvrir même un livre et peut-être le traduire semble insurmontable. Mais le destin, ou un ange gardien, décide de mettre par hasard un ouvrage sur son chemin, oublié par un voisin dans les transports en commun. Incident banal lui ouvrant néanmoins les portes de l'extraordinaire, de l'impensable. Alors Flo se plonge, en un désir manifeste de s'oublier et de ne prendre aucune décision, dans la découverte de l'histoire de Kyo, jeune garçon paumé ayant raté ses examens de fin d'étude avant l'université, envoyé chez sa grand-mère, Ayako. En effet, sa mère, médecin, ne peut s'occuper de lui alors qu'il devra suivre un cursus de rattrapage pendant plusieurs mois en vue ensuite d'entamer des études de médecine. Et voici notre tokyoïte parachuté dans la petite ville provinciale de Onomichi, découvrant une aïeule bougonne et abrupte, mère de son père. Les circonstances de la mort de celui-ci reste troubles : un suicide. Mais pourquoi ? Le garçon ne sait pas grand chose de son géniteur et ne sait donc pas comment se positionner dans ce monde. Heureusement il a une passion salvatrice : le dessin. Pour Flo, remontant enfin à la surface grâce à ce mystérieux livre "Le bruit de l'eau", titre s'inspirant d'un poème de Matsuo Basho : Un vieil étang Une grenouille y plonge Le bruit de l'eau il apparaît très vite urgent de retrouver l'auteur inconnu, Hibiki, afin d'obtenir de lui l'autorisation de poursuivre la traduction entamée avec passion. Il en va de son avenir professionnel mais aussi de sa quête de vérité. Ainsi, l'auteur reprenant avec talent, poésie et élégance les thèmes chers à la culture nippone, ( l'ascension des montagnes, les chats, les mangas, la nature, les cerisiers en fleurs, le respect dû aux anciens, aux disparus...), nous entraîne dans un récit entre réalité vécue par Flo et fiction traduite par cette dernière. Je gage que ce roman vous mettra du baume au cœur. Quatrième de couverture À Tokyo, Flo sent qu'elle est dans une impasse. Elle vit les derniers soubresauts d'une relation amoureuse et son travail de traductrice littéraire est au point mort. Jusqu'au jour où elle trouve un mystérieux manuscrit oublié par un passager dans le métro. Dès les premières pages, Flo est captivée par l'histoire de Kyo, un jeune homme rêveur contraint de déménager chez son irascible grand-mère qui tient un petit café dans la province japonaise. Hantés par une tragédie familiale, ces deux êtres sont incapables de s'ouvrir l'un à l'autre. Alors que Flo se passionne pour la relation complexe de cette grand-mère et de son petit-fils, elle suit les indices égrainés dans le roman pour découvrir qui se cache derrière le mystérieux auteur. Chemin faisant, en s'aventurant hors des pages du livre, elle pourrait bien ouvrir la voie vers son propre bonheur.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le secret du mari | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le secret du mari Liane Moriarty Albin Michel 1er avril 2015 416 pages traduites par Béatrice Taupeau Thriller Chronique 28 juin 2017 Les boîtes de Pandore ne sont pas bonnes à ouvrir, mais qui a prévenu Pandore .... Personne. C'est ce que Cecilia va apprendre à ses dépends et ceux de sa famille : toutes les lettres cachetées à son nom avec la mention " à lire après ma mort" doivent restées dans leurs boîtes, sinon de grands malheurs s'abattront sur vous. Finie la vie de la parfaite maîtresse de maison, mère de trois filles, meilleure vendeuse Tupperware d'Australie, avec son magnifique mari John-Paul Fitzpatrick dans leur sublime maison de la banlieue de Sydney. Finie cette vie de marathonienne parfaite du quotidien, les jambes vont être incapables de la soutenir, la nausée la submergera. Et en quoi les vies de ses voisins vont être concernées par la lecture de cette satanée lettre..... Très bon thriller australien se déroulant sur les sept jours précédant le dimanche de Pâques, le ton est au début pétillant, léger, teinté d'un peu d'ironie mais peu à peu tout s'obscurcit, le vertige, le ventre qui se serre, la terreur face à l'avenir deviennent les constantes d'existences qui se délitent comme en parallèle le mur de Berlin, image leitmotiv de ce roman. Beaucoup d'humanité de l'auteure pour ses personnages, bien écrit, drôle ou terrifiant, sur le plan psychologique on ne peut que s'impliquer. La construction sur sept jours oblige à une rapidité dans l'enchaînement des événements. Les innocents payent toujours pour les vilains secrets d'autrui, la trajectoire d'une vie peut toujours être déviée. A lire donc évidemment. Quatrième de couverture Tous les maris - et toutes les femmes - ont leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs. Jamais Cecilia n'aurait dû trouver cette lettre dans le grenier. Sur l'enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « A n'ouvrir qu'après ma mort ». Quelle décision prendre ? Respecter le vœu de John-Paul, qui est bien vivant ? Ou céder à la curiosité et découvrir un secret qui risque de bouleverser sa vie ? Numéro 1 sur la liste des best-sellers du New York Times pendant près d'un an, vendu dans 35 pays, Le Secret du mari est un phénomène d'édition. Ce roman intense, pétillant, plein d'humanité allie suspense et émotion jusqu'à la dernière page. Un livre bouleversant qu'on n'oublie pas. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Lynwood Miller - Pas de printemps pour Eli | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lynwood Miller - Pas de printemps pour Eli Sandrine Roy Lajouanie 2017 242 pages Polar Chronique 15 mai 2018 Collection Roman policier mais pas que... Deuxième opus plus ténébreux et digne d'un thriller du genre, en ajoutant toujours la dimension surnaturelle et l'histoire d'amour très épicée entre Linwood Miller le bel ex- GI et Eli, celle qu'il a sauvée dans l'épisode précédent. Roman d'action aux multiples péripéties nous menant des Pyrénées au Texas à Molan, un trou où grandit Linwood dans un Ranch. On en apprend du coup un peu plus sur le passé de l'ancien membre des forces spéciales, son enfance catastrophique, les raisons qui l'ont poussé à s'engager, et un monstrueux secret de famille. Tout allait bien en cet été, les amants profitaient tranquillement de la montagne, mais surtout se découvraient sans réellement sortir de leur lit. Une lune de miel assombrie par un premier incident concernant la santé de Eli, puis l'annonce de la mort du père de Lynwood.Pour sa famille, celui-ci est décédé depuis des années, il doit donc incognito se rendre aux funérailles de cet homme même s'il l'a tant haï. Une première donc pour Eli qui n'a jamais pris l'avion, un long périple qui les mènera bien plus loin que prévu. Dans l'avion, abrutie par des somnifères, Eli répète inlassablement le nom de Mary. Lynwood craint ce retour après 24 ans d'absence, ses retrouvailles avec son frère James.Des surprises de taille attendent notre couple dans le cimetière : de loin ils voient un petit garçon qui semble particulier, son nom est Meri comme ils l'apprendront, et surtout deux mexicains aux mines patibulaires surveillant toute la cérémonie. Il est temps de revenir dans sa famille pour John ou Lynwood, et même de la sauver car un terrible danger plane sur Meri.... Très différent donc du premier tome, puisque Eli n'est plus l'objet de la quête, c'est un autre enfant autiste, comme elle le fut. Il y a beaucoup de concordances entre leurs histoires. Évidemment l'entente entre ces deux là est immédiate. D'autres thèmes sont plus développés aussi comme les pouvoirs insoupçonnés de la jeune femme, son rapport aux animaux, mais aussi plus généralement le trafic de drogue et d'armes dans la région et le problème monumental que représente l'exploitation du gaz de schiste au Texas et ailleurs. Livre plus court mais bien plus vaste donc dans son traitement. On a beaucoup plus de craintes pour Eli qui telle une Xwoman agit au mépris de sa vie et de sa santé. Sacré Tandem que ce couple hors limite qui peu paraître improbable et est en fait complémentaire. Bonne lecture vraiment, plus nerveuse, plus dramatique, plus dense. Je suis curieuse de voir où une suite nous mènerait. À lire donc après le premier tome. Quatrième de couverture Lynwood Miller, le retour ! Le beau mais ténébreux ex-GI coule le parfait amour avec la jeune, belle mais très curieuse Éli. Tous deux profitent béatement des douceurs de l'été pyrénéen lorsqu'un coup de téléphone vient rompre cette quiétude : le père de Lynwood est décédé. L'ancien membre des forces spéciales américaines va devoir retourner au Texas pour l'enterrement. Il va lui falloir aussi révéler à ce qui reste de sa famille qu'il n'est pas mort depuis vingt ans ! Sa fiancée est, bien sûr, du voyage. Tout juste arrivé dans le ranch familial pour les obsèques, le couple découvre que des truands font pression sur James, le frère de Lynwood, qui doit juger - et condamner - un redoutable trafiquant... Drogue, assassinat, enlèvement, poursuites, massacre, rien ne manque à cette nouvelle aventure de Lynwood Miller au pays des cow-boys et... du gaz de schiste. Il faudra toute la détermination et les compétences particulières de l'ancien soldat et les pouvoirs quelque peu stupéfiants d'Éli pour sauver leurs proches des agissements de la pègre. Suspense, amour, rebondissements et pouvoirs extraordinaires garantis. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Livre des heures | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Livre des heures Anne Delaflotte Mehdevi Buchet-Chastel 6 janvier 2022 224 pages Roman Chronique 21 mars 2022 C'est toujours une joie de découvrir un nouveau texte de Anne Delaflotte Mehdevi, pour les univers créés, souvent des ateliers, où des artisans d'art donnent naissance à la plus pure beauté. Romans historiques, quelques fois policiers, à énigme, d'amour. Paris, vers 1470, un atelier d'enluminures sis sur le pont Notre Dame. Marguerite la frondeuse grandit en rêvant de couleurs, de dessiner, de transcrire le monde qui l'entoure tel qu'elle le voit pour les générations suivantes. Mais voilà, c'est une petite fille, et sa mère pleine amertume, ne compte pas que cette enfant ait un destin, une liberté d'action, qu'on lui a refusés à elle. Une vengeance par procuration ! De plus, la gamine resplendissante de santé a un jumeau, Jacquot, atteint du mal de Saint-Jean, aujourd'hui nommée épilepsie. De crise en crise, le garçonnet s'épuise, se fragilise. Aucun remède n'y fait. Les deux enfants sont inséparables, la petite vit double, peut être pour compenser l'infirmité de son frère. Elle est littéralement aimantée par l'atelier de broyage des couleurs, s'y faufile dès ses corvées terminées se cachant de sa mère si peu tendre et aimante au contraire de l'aïeul gentiment bourru, un maître dans son métier reconnu jusqu'en Italie, et son père trop discret entre un paternel génial et une épouse acariâtre. Les dons indéniables de Marguerite font bientôt la fierté et la joie du grand père qui sait que sa lignée est assurée. Mais voilà, être une fille place notre héroïne face à des obligations multiples imposées par la société, par sa mère jalouse, entre autres celle de se marier et d'être sous tutelle de cet époux. Comment va-t-elle pouvoir concilier sa passion du dessin, de l'enluminure, de la peinture avec ce carcan ? Trouvera-t-elle l'amour ? Qu'adviendra-t-il de l'atelier ? Superbement écrit, ce roman historique nous offre à découvrir une magnifique reconstitution de ce quartier particulier de Paris, de ce pont Notre-Dame, d'un atelier d'enluminures en ce tournant du Moyen-âge à la Renaissance. De très belles heures de lecture vous attendent, à la musique envoûtante. Quatrième de couverture Marguerite, fille et petite fille d'enlumineurs, vit sur le pont Notre-Dame. Son frère jumeau est épileptique. Marguerite le veille, le maintient littéralement en vie. Sa mère préfèrerait que Marguerite soit malade plutôt que son fils. Elle harcèle et accable sa fille. Pour compenser et conjurer cet enfermement, Marguerite s'arrime à la manifestation primordiale de la vie qu'est la lumière, la couleur. Elle va gagner sa place dans l'atelier familial, non sans peine. Toute sa vie, elle marche sur une ligne de crête, un chemin borné par le pont Notre-Dame et le Petit Pont. Chaque jour elle traverse l'île de la Cité, de l'atelier d'enluminure à l'apothicairerie de son parrain où elle vient s'approvisionner en pigments. Jusqu'au jour où elle rencontre Daoud. Un maure - l'ennemi absolu. Histoire, portrait de femme, amour des couleurs et de la vie, art du livre, le nouveau roman d'Anne Delaflotte-Mehdevi possède un véritable charme. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Entre toutes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Entre toutes Franck Bouysse Albin Michel Le 20 août 2025 288 pages historique Chronique 5 octobre 2025 " Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu. " Victor Hugo, "Booze endormi" " Si je parle de tant de personnes que je n'ai pas connues, d'événements que je n'ai pas vus, qui ne me sont pas arrivés à moi-même (...), c'est que tout cela je l'ai entendu dire et redire depuis le plus jeune âge : cela fait partie de mes souvenirs, même si cela remonte à cent ans et plus avant ma naissance. Et ce que j'ai vu, toute petite, j'en ai un souvenir vrai, une image qui n'a pas varié. " Marcelle Delpastre, Les chemins creux " Je crois que sans eux, je ne serai pas la personne que je suis aujourd'hui, peut-être que sans eux ma vie n'aurait pas été plus qu'une esquisse imprécise, une promesse comme tant d'autres promesses qui ne dépassent pas ce stade, finalement l'existence de quelqu'un qui aurait pu avoir été et qui n'est pas arrivé à être. " José Saramago, discours du prix Nobel Une vieille femme se meurt, le narrateur l'accompagne et remonte avec elle le cours du temps. Quels sont leurs liens ? On ne le sait pas encore mais ils partagent le langage du cœur. Texte intime pour l'auteur que cette plongée dans la vie secrète de son héroïne. Raconter Marie donc, c'est narrer également le destin de sa mère Anna, de leurs maris Clément et Louis, de leurs enfants et proches. C'est s'attacher, avec un immense respect et infiniment de délicatesse, au quotidien des humbles, des invisibles, d'agriculteurs et éleveurs de 1912 jusqu'à l'orée du XXIe siècle. Deux femmes donc, propriétaires de la ferme les Vieilles Granges qui, victimes du destin, deviennent capitaines de cette exploitation sans hommes, se battant contre les éléments, les tempêtes, pour maintenir le cap et offrir à leur descendance un avenir. Des figures féminines atemporelles, qui se voient voler leurs maris par une guerre ou par un accident, incapables de s'ouvrir à un possible nouvel amour, incandescentes de douleur, orgueilleuses, fières et d'un courage extraordinaire. Franck Bouysse fait renaître, sous nos yeux émus et admiratifs, le passé de nos aïeules, celles dont on garde la photographie jaunie en sabot sur le pas de leur ferme au sol en terre battue. Celles aussi, comme la fille de Marie, qui partiront à la ville certainement pour se construire un futur différent, fortes d'une éducation plus achevée que leurs mères et grand-mères. On assiste aux désastres qui ruinent une vie dus au vent de l'Histoire ou à la méchanceté des hommes, mais aussi à la transformation d'une société accentuée par la Seconde Guerre mondiale, les progrès scientifiques et technologiques, l'abandon des zones rurales par la jeunesse, la mécanisation de l'agriculture et de l'élevage, l'avènement du numérique... jusqu'à la situation que nous connaissons aujourd'hui. Des vies de labeur, âpres, mais aussi de partage, de camaraderie, sous le sceau de l'authenticité et de la simplicité. Des existences où le mot Amour est loin d'être galvaudé, peu prononcé peut-être, mais ressenti avec fougue et passion. Des femmes inoubliables que nous portons en nous comme tous ceux qui nous ont précédé, dont les âmes sont inextricablement tissées dans nos chairs. Nous avançons et construisons ensemble. Faisons en sorte de ne jamais perdre la mémoire de l'essentiel afin de ne pas sacrifier sur l'autel du progrès des valeurs humaines indispensables à notre survie physique et morale. Un texte splendide comme toujours ! Gratitude ! Quatrième de couverture Un coeur simple. Marie est née en 1912 dans une ferme de Corrèze. Elle n'en partira jamais. Franck Bouysse, une fois n'est pas coutume, livre avec une pudeur saisissante l'histoire de sa famille et prouve ici qu'il est aussi talentueux dans le récit de l'intime que dans la fresque romanesque. C'est beau et déchirant, c'est plein d'allégresse et de tragique : c'est la vie comme elle va. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le bâtard de Nazareth | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le bâtard de Nazareth Metin Arditi Grasset 22 mars 2023 198 pages Historique Chronique 11 décembre 2023 « Car la suave enfance monte la première des profondeurs de toute agonie. » Georges Bernanos Livre singulier ouvrant des portes insoupçonnées sur la vie de Jésus. Et si la vérité de cet homme était autre ? Et si l'interprétation donnée de son existence dans la bible, par les apôtres était tronquée, incomplète, voire fausse ? Thème qui fut maintes fois traité au cinéma et dans la littérature, énigme incroyable pour tout être curieux, désireux de comprendre, de voir derrière le miroir des apparences, au-delà des textes qui nous sont imposés... Que l'on soit religieux ou éloigné de tout dogme, chrétien pratiquant ou pas, ce texte, très respectueux du message d'amour et du courage de Jésus, ne pourra en aucun cas heurter vos convictions. En ce moment même, certaines des questions soulevées par le biais de cette fiction sont au centre des préoccupations de l'Eglise, du Vatican, des Historiens, scientifiques, intellectuels, autorités religieuses de toutes confessions, lors de conclaves et de sessions de réflexion intense. Reste le portrait d'un être exceptionnel dont l'essence est ici parfaitement sublimée. Quatrième de couverture Une interprétation de la vie de Jésus audacieuse, dérangeante, étonnante. Quelle a été la vraie vie de Jésus ? À Nazareth, au début de notre ère, deux très jeunes enfants jouent dans la rue. « Mamzer ! » lance l’un à son camarade. « Bâtard ! ». Personne, dans le petit village de Nazareth, n’ignore que Marie a fauté avec un légionnaire romain. Elle est une fille-mère, rejetée et méprisée. Jésus comprend pourquoi, tout autant qu’elle, il sera à jamais exclu de sa communauté : telle est l’exigence de la loi juive à l’égard des bâtards. Grandissant, Jésus n’a d’autre entreprise que de réformer cette règle d’exclusion. Jusqu’au jour où il rencontre un autre mamzer. Outre d’être un bâtard, Judas est laid, brillant, et révolutionnaire. Il a un plan. S’appuyant sur le beau, non moins brillant, et réformateur Jésus, il met en marche sa vengeance. Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de calcul de ces deux jeunes hommes parcourant la Palestine avec un message d’inclusion ? Un roman audacieux, étonnant, passionnant, qui réinterprète la vie de Jésus dans ses plus grands épisodes. Sa présentation aux docteurs de la loi, son sermon sur la Montagne, la multiplication des pains, les quarante jours dans le désert, tant d’autres moments de la culture religieuse universelle sont revisités à l’aune de l’inguérissable blessure d’enfance de Jésus et de sa relation aussi fructueuse que dangereuse avec Judas. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Femmes sans merci | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Femmes sans merci Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2020 143 pages traduites par Rémi Cassaigne Thriller Chronique 30 septembre 2020 Toujours pour illustrer le phénomène #MeToo l'auteure a décidé de revenir sur un passage de son précédent roman « La cage dorée » : des femmes témoignaient sur un numéro d'appel des maltraitances, violences, crimes et délits dont elles étaient victimes au quotidien. Dans ce nouvel opus plus proche du format « nouvelle » , Camilla Läckberg pousse le curseur plus loin en détaillant en trois parties la vie, la prise de conscience et le passage à l'acte de trois femmes. Tout est parfaitement détaillé dans la quatrième de couverture ci-dessous. Le postulat est la vengeance ici jusqu'à la mort des maris. Bon ! C'est bien mené, on le lit vite... Je suis mitigée. J'avoue que je ne vois pas très bien l'utilité de ce roman surtout aussi court. Il n'ajoute rien à ce qui a déjà été évoqué dans le dernier opus. J'aurais préféré un vrai scénario long, bien tordu, qui soit plus axé sur la justice et non la vengeance. Un peu léger à mon goût. À vous de voir. Quatrième de couverture Prisonnières de leur mariage, trois femmes qui ne se connaissent pas échangent des confidences sur un forum internet. Ingrid, qui a sacrifié sa carrière de journaliste au profit de celle de son mari, découvre que ce dernier la trompe sans scrupules. Et n'aspire qu'à se venger. Birgitta se sait malade depuis plusieurs mois mais n'a cessé de repousser le moment de consulter un médecin. Les ecchymoses qui couvrent son corps pourraient trahir les violences qu'elle subit dans l'intimité ; or Birgitta a jusqu'ici préservé l'unité de son foyer. Victoria a quitté sa Russie natale pour venir s'installer en Suède avec un homme dont elle a fait la connaissance sur un site de rencontres. Mais il n'est en rien le mari qu'elle imaginait. Sa nouvelle vie a tourné au cauchemar. Humiliées, battues, blessées, elles échafaudent ensemble un plan. Et le mettent en œuvre. Un procédé imparable, sans mobiles apparents. Pour libérer chaque femme, il faut supprimer son bourreau. En réussissant des meurtres parfaits... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Mon cœur restera de glace | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mon cœur restera de glace Eric Cherrière Mon Poche 11 mars 2021 225 pages Thriller Chronique 6 avril 2021 Un thriller d'une beauté noire, douloureuse, nous emportant aux frontières des réalités alors que le monde sombre dans la pire inhumanité. Comment survivre à la boucherie de la première puis de la deuxième guerre mondiale ? La bestialité n'est pas là où l'on croit et les monstres de nos contes désenchantés se réincarnent soudain, mettant en déroute des soldats allemands chargés d'éradiquer les juifs de la Corrèze. Le Croquemitaine est de retour.... mais savons-nous vraiment qui se cache derrière cette identité macabre ? 1917... 1944.... Puis l'écho du passé se répercute jusqu'en 2020 à Hambourg où un vieillard n'en finit plus de vivre contre toute attente... Un homme dont le nom est maudit, un tueur, un meurtrier d'enfants d'hier qui pourrait apporter des réponses aux chercheurs et scientifiques ... car cet être de mort semble se régénérer, se guérir de tous ses maux. Pourrait-il permettre à des condamnés de la médecine d'avoir un futur ? Ce serait fou.. Mais il a un désir, cet ancien serviteur du III ème Reich : il ne souhaite parler qu'à une seule personne, Stéphane Faure, simple boulanger en Corrèze.... ! Quel roman ! Splendeur de l'écriture, des images, au service d'une histoire hallucinante et terrifiante. Texte charnel, organique, pour rendre tangible l'indicible. La violence de ce que les hommes s'imposent les uns aux autres dépasse les limites du supportable. L'auteur réussit l'exploit de raconter ce cauchemar, cette horreur, avec poésie, onirisme. Le suspense nous tient jusqu'au bout du voyage... Le crépuscule vient et nous restons en apnée... La beauté peut naître de la plus infâme laideur. Nous en restons sidérés.... Quatrième de couverture 1917, Centre de la France. Fuyant une mère qui a sombré dans la folie, un jeune garçon quitte son village pour trouver refuge au cœur des bois, emmenant avec lui son grand frère revenu des tranchées, une gueule cassée. Leur père, également envoyé au front, est porté disparu. 1944. Après une opération de représailles dans un village du centre de la France, des soldats allemands pénètrent dans les bois à la recherche d'une de leurs unités disparues, dont ils ne découvrent que les traces du massacre. Au cœur d'une forêt de sapins devenu un labyrinthe, se tapit un ennemi plus redoutable encore que la Wehrmacht. Parmi les recrues allemandes, un jeune caporal réquisitionné, professeur de français, recherche désespérément son frère. Ce qui va se produire au cœur de cette dense forêt le changera à jamais. 2020, Hambourg. Thomas Kreutschmann est l'homme le plus vieux du monde, le dernier représentant de l'espèce humaine né au XIXe siècle. Kreutschmann est un ancien tortionnaire du Troisième Reich surnommé Le Croquemitaine. Après avoir témoigné de ses actes pendant plusieurs années auprès d'historiens, il ne veut plus parler à personne. Hormis à un certain Stéphane Faure, boulanger en Corrèze comme l'était son arrière-grand-père Lucien Faure, maire d'un village de Corrèze durant 1939-1945, qui va accepter de se rendre en Allemagne pour rencontrer Kreutschmann. Qui est réellement le Croquemitaine et qu'a-t-il à révéler ? Que s'est-il passé dans cette forêt de Corrèze à l'hiver 1944 ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Été des hécatombes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Été des hécatombes Philippe Grandcoing Deborée Le 5 mars 2026 312 Pages polar historique Chronique 22 mars 2026 Retrouver cette chronique en vidéo sur la chaîne YouTube Evangéline Brunoy Roman historique sous la direction d'Anthony Frot paru dans la collection Vents d'Histoire. La neuvième et dernière enquête de l'antiquaire Hippolyte Salvignac et du policier Jules Lerouet. En 2016, Philippe Grandcoing se lance dans une série policière dont l'intrigue se déroule dans les années 1900. Son héros, Hippolyte Salvignac, lui offre le plaisir de partager avec le lecteur son goût pour l'art et le patrimoine, mais aussi sa connaissance de l'histoire politique, sociale, culturelle et diplomatique de la Belle Époque. Je suis très heureuse de retrouver Hippolyte et Jules pour cette ultime enquête alors que s'annonce la Première Guerre mondiale offrant un cadre exceptionnel à cette intrigue ; mais je suis aussi triste que toute cette joyeuse et passionnante aventure littéraire et policière prenne fin. Que de belles heures nous avons passées ensemble par livres interposés, aujourd'hui en bonne place dans ma bibliothèque ! Après un prologue où Philippe Grandcoing relate avec art un étonnant événement s'étant déroulé dans la cour des Invalides en 1814 en présence du célèbre Maréchal d'Empire, Jean Sérurier, nous voici à Paris, cent ans plus tard. Ainsi donc, le premier conflit mondial est en passe d'éclater après l'assassinat à Sarajevo, le dimanche 28 juin 1914, de l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois, et de son épouse, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, par le nationaliste serbe Gavrilo Princip, membre du groupe Jeune Bosnie. Celui de Jean Jaurès, chantre de la paix, suivra de peu cet événement lointain qui, pourtant, aura des répercussions inimaginables dans le monde entier. Nous basculons alors dans une autre réalité dûe aux progrès et à la modernité où toute guerre devient mondiale. L'ambiance est donc délétère, chacun plongé dans les affres de l'attente, dans une expectative douloureuse et insupportable : la paix peut-elle encore être préservée ? La capitale est en ébullition, les syndicats s'affolent, Léopoldine, la compagne peintre d'Hippolyte, gronde tout en tentant d'analyser la situation et les options qui s'offrent à eux et leurs proches. Mais les meurtriers se moquent de la politique internationale et continuent à tuer. Alors que l'Autriche et la Russie poursuivent leurs actions guerrières, le dossier qui s'ouvre pour nos deux amis ce 31 juillet est très intriguant : en effet, dans le sombre appartement d'un certain Armand de Bagnencourt, vieillard grabataire et sénile, a été retrouvé le cadavre de sa gouvernante, Blanche Poitevin, baignant dans son sang. Évidemment personne n'a rien vu. Jules Lerouet a réclamé l'aide d'Hippolyte en sa qualité d'antiquaire car les lieux sont pleins de vieilleries qui pourraient, si elles ont de la valeur, expliquer le drame. Notre ami ne voit rien de bien précieux dans ce deux pièces encombré si ce n'est plutôt l'absence d'un objet dont la trace est restée intacte dans la poussière. Cette mort est la première d'une longue liste, Lerouet en est certain. Tous les protagonistes de cette affaire semblent liés à l'Est du pays où se joue l'avenir de la France, particulièrement dans la région de Sedan ; ainsi si nos deux compères souhaitent résoudre l'énigme de l'objet manquant, mobile du carnage, ils sont obligés de se jeter sur les routes en direction des zones explosives aux frontières du pays. Alors que tout n'est que désorganisation, luttes intestines entre autorités militaires et policières, réussir à démêler le vrai du faux leur demandera beaucoup d'instinct, d'intelligence et d'audace, en une terre où bien des secrets ont été enfouis profondément. Cet ultime épisode est émotionnellement bouleversant et le suspense de l'enquête parfaitement soutenu ; certains passages semblent résonner douloureusement avec notre actualité. Quitter ces personnages est difficile tant le talent de l'auteur nous a permis de nous y attacher. Du coup, la monstruosité de la guerre nous explose encore plus au visage, tout comme l'absurdité criminelle de tous ces chefs d'états d'hier comme d'aujourd'hui prêts à nous sacrifier sur l'autel du profit et du pouvoir. Merci infiniment Philippe Grandcoing, Anthony Frot, Virginie Bourgeon et Éric Poupet de m'avoir associée à cette fabuleuse série. Ce fut un grand plaisir et honneur de lire et chroniquer ces ouvrages. J'envie ceux qui vont pouvoir les découvrir dans leur continuité sans attendre, entre deux tomes, la suite de l'histoire d'Hippolyte et Jules. Quatrième de couverture Juillet 1914... L’été semble tenir toutes ses promesses. Mais les gouvernements et les états-majors européens en ont décidé autrement. Alors qu’Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet assistent, impuissants, à l’angoissante marche vers l’abîme, une étrange affaire accapare toute leur attention. Pourquoi un homme est-il prêt à tuer pour dérober quelques souvenirs hérités d’une vieille famille aristocratique? Tout en suivant les traces sanglantes du mystérieux criminel, ils devront aussi démêler les fils tragiques du passé. Cette aventure va ainsi conduire nos deux héros jusque dans les Ardennes, alors que les armées françaises et allemandes se ruent aux frontières. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















