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- La fille dans le rétroviseur | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fille dans le rétroviseur Linwood Barclay Belfond Noir 7 avril 2016 450 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 24 juillet 2017 Roman policier classique, la construction est linéaire concernant le récit lui-même avec en parallèle des chapitres intrigants en italique où apparaissent trois personnages mystérieux et inquiétants. C'est au delà de l'enquête menée par Cal Weaver, un livre sur le deuil, celui de parents ayant perdu leur fils unique. Touchant, juste, nous sommes concernés évidemment par le chagrin inconsolable du détective privé et sa femme Donna dont leur enfant Scott s'est semble-t-il suicidé en se jetant dans le vide, drogué sous ecstasy. Depuis lors Cal tombe peu à peu dans un gouffre, son couple se délite chacun muré dans sa douleur. L'identité de la personne qui a donné les cachets mortels à l'adolescent obsède le privé ? Ce livre est son récit. Une nuit où il rentre en voiture, il prend en stop une jeune fille Claire, ancienne camarade de son fils, lui demandant de la ramener chez elle. Prétextant un malaise sur le chemin, ils s'arrêtent dans un restaurant pour qu'elle puisse aller aux toilettes. Ne la voyant pas revenir , il quitte sa voiture et va la chercher mais ne la trouve pas. Il décide de repartir et est surpris de trouver Claire assise côté passager. Au bout de cinq minutes de conduite, passablement énervé par la situation, il se rend compte que ce n'est pas Claire à ses côtés. C'est Hanna une de ses amies, portant une perruque, avec laquelle elle a monté ce stratagème d'échange afin de disparaître. Il dépose Hanna qui appelle un ami. Pour lui l'affaire est close. Le lendemain la police débarque chez Cal et Donna car Claire est déclarée disparue. Elle est la fille du maire de la ville de Griffon, celui-ci en lutte avec le chef de la Police Augie frère de Donna. Cal se sent concerné et responsable et décide de rechercher la fugueuse . L'ambiance est anxiogène dans une cité où les forces de l'ordre ont des méthodes de truand, où les jeunes sont leurs boucs émissaires de choix. Cette quête va mener Cal très loin, bien au delà des limites du supportable. Bon livre donc sorti en France en mars 2016. Quatrième de couverture Des jeunes filles qui se volatilisent, des flics hors-la-loi, une mère qui reproduit sans cesse le portrait de son fils disparu... De fausses pistes en surprenantes découvertes, le créateur de frissons nous livre un nouveau puzzle explosif. État de New York, près de la frontière canadienne, de nos jours. C'est la nuit, il pleut, et Cal Weaver n'a qu'une envie : rentrer chez lui. Mais à un stop, l'ex-flic hésite : Claire Sanders, la fille du maire, cherche désespérément une bonne âme pour la ramener chez elle. Bien sûr, prendre une adolescente en stop n'est jamais très prudent. Les rumeurs vont vite dans les petits patelins. Mais quand cette dernière l'implore en lui disant qu'elle était amie avec Scott, son fils décédé tragiquement quelques semaines plus tôt, Cal craque. Quel mal y a-t-il à aider cette gamine ? Quelques kilomètres plus loin, Claire est malade et Cal s'arrête dans un bar. Dix minutes plus tard, la jeune fille qui s'installe dans la voiture n'est pas Claire Sanders... Où est-elle ? Que fuit-elle ? Dans quel piège Cal vient-il de se fourrer ? Des jeunes filles qui se volatilisent, un homme enfermé dans une cave depuis des années, des flics aux méthodes de ripoux et une femme qui reproduit sans cesse le portrait de son fils disparu... Pièce angulaire d'un puzzle aussi meurtrier que machiavélique, Cal Weaver va devoir jouer serrer pour sortir vivant de ce panier de crabes, et tenter de découvrir la vérité sur Claire, mais aussi sur la mort de son fils. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Inquisition | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Inquisition David Gibbins Pocket 2019 432 pages traduites par Béatrice Guisse-Lardit Thriller Historique Chronique 7 septembre 2018 « David Gibbins, docteur en archéologie, est professeur à Cambridge. Il est l'auteur de livres qui ont tous connu le succès : Atlantis, Le chandelier d'or, Le dernier Évangile, Le Masque de Troie, Les Dieux d'Atlantis, Pharaon, Pyramide et Testament. » Donc depuis 2007, nous pouvons suivre les aventures de Jack Howard, le double de l'auteur en réalité, dans ces thrillers historiques. Ce qui m'a vraiment stupéfaite c'est que l'auteur écrit ses romans en même temps qu'il poursuit ses fouilles archéologiques sous-marines. Ainsi ce n'est pas le passé qu'il relate mais bien ce qu'il vit à l'instant de la rédaction. Il réinvente ou apporte une part de fiction à sa réalité, il passe par un alias, mais c'est bien de lui, de son équipe, du passé de sa famille, de son existence de chercheur et aventurier qu'il traite. Il analyse donc les évènements immédiatement pour les coucher sur le papier. Évidemment il apporte des éléments extraordinaires et imaginés à la dramaturgie, de vrais méchants et psychopathes, des sociétés secrètes, des séismes... pour que tout devienne exceptionnel. Mais lorsque vous lisez les notes de fin, vous constatez que la part inventée du récit n'est pas majoritaire, loin de là. Pour le moment, je crois que c'est le seul écrivain de ma bibliothèque qui fasse cela, c'est une démarche unique. C'est un texte très dense, très foisonnant, avec des phrases longues ou les « et », « que », s'accumulent. Tellement de choses à dire.... D'où quelques fois un peu de longueurs. C'est le seul bémol avec la mise en page en bloc sans aération, ne serait-ce qu'un passage de ligne. J'ai eu besoin de temps pour m'habituer et ai dû le lire à voix haute, obligatoirement. « Mon arrière-grand-mère, Rebecca Rodrigues Brandao, appartenait à une famille juive portugaise qui a fui à Londres à l'époque de l'Inquisition. À l'origine, ses ancêtres avaient vécu en Espagne, mais ils s'étaient réfugiés au Portugal à la suite de l'expulsion des juifs d'Espagne par Ferdinand et Isabelle. Ils étaient ce qu'on appelle des juifs chrétiens et étaient les descendants de juifs qui avaient fui la Judée au moment de la conquête romaine, qui avaient gardé leur foi juive mais étaient favorables aux enseignements chrétiens. Au cours des premières années de leur installation dans leurs villages de montagne dans les Pyrénées, ils ont offert un refuge sûr à des chrétiens qui fuyaient la persécution des empereurs romains, et, plus tard, à d'autres chrétiens persécutés par l'Eglise romaine elle- même. On a dit qu'ils gardaient aussi la plus importante relique du Christ, et qu'ils l'ont confiée aux Chevaliers de Malte pour qu'ils la gardent en lieu sûr lorsque les juifs ont été forcés de fuir vers le Portugal. Cette relique était le Saint Calice, la coupe utilisée par le Christ lors de la Cène. » Un sacré périple donc des récifs de Cornouailles à Coimbra au Portugal où siégeait l'Inquisition, à Tanger au Maroc au moment de l'évacuation des anglais et commerçants de toutes nationalités et confessions avant la reprise de la colonie par les Maures, à Port Royal en Jamaïque, un port où tout les trafics même d'esclaves étaient possibles, jusqu'à Potosi en Colombie et une montagne damnée. Rome en 258 après JC. Dans les catacombes de Saint Calixte, Proselius fuit les troupes de l'empereur Valerien, échappant au grand massacre des chrétiens. Il est missionné pour cacher un objet de la plus grande importance pour toute la communauté. Le pape Sixte et Laurent le diacre sont morts en martyre, avant de lui passer le flambeau. Aujourd'hui en Cornouailles, l'archéologue Jack Howard et son ami grec Costas font une découverte extraordinaire lors de la fouille sous-marine d'une épave (fait réel de la vie de l'auteur) le Schiedam : une pièce de huit avec un poinçon particulier, une étoile de David. Cet artefact va les mener sur les traces d'un objet inestimable. Mais une société secrète " la Main Noire" créée par Valerien pour pourchasser Proselius, veille toujours et se lance à la poursuite de Jack et son équipe. Ce groupuscule extrémiste avait infiltré les rangs de l'Inquisition, en adoptant ses méthodes immondes, et après la dissolution de cette monstrueuse Inquisition en 1821 seulement, il a perduré dans le temps, attendant son heure. Il semble qu'elle soit arrivée. Jack décide de remonter la piste de l'argent qui le conduira jusqu'à la mine de Cerro Rico en Bolivie. En 1684, à Tanger. Samuel Pepys ( qui a laissé des mémoires passionnantes en 1660 décrivant entre autres le grand incendie de Londres, et 25 ans plus tard de sa mission à Tanger), est chargé par le roi d'Angleterre Charles de mener à bien l'évacuation de la colonie. Il traite donc des conditions de ce départ en paix avec un émissaire du Sultan. Mais il a aussi un autre rôle à jouer quant à une relique aux mains des Maures. La récupérer et la faire partir au loin pour l'éloigner de l'Inquisition et de la Main Noire. Donc si vous aimez l'Histoire, les grandes aventures, l'archéologie, les voyages, et apprendre tout en vous divertissant, ce " roman réel" est pour vous. Bonne lecture ! Quatrième de couverture Lors de la fouille d'une épave sur la côte de Cornouailles, l'archéologue Jack Howard fait une découverte qui pourrait le mener à un objet d'une valeur inestimable : le Saint Calice. Mais le spectre de l'Inquisition rôde toujours, et c'est une véritable plongée aux enfers qui attend Jack. La coupe utilisée par le Christ pendant la Cène est le bien plus précieux du monde chrétien, l'objet le plus convoité, d'autant qu'il a disparu depuis plus d'un millénaire. On ne l'approche pas aussi facilement... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les bottes suédoises | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les bottes suédoises Henning Mankell Seuil 2016 363 pages traduites par Anne Gibson Divers Chronique 18 décembre 2019 Suite des « Chaussures italiennes ». Je vous signale que Marc-Henri Boisse a également enregistré ce roman pour Sixtrid en 2016 pendant 9 heures 30 environ. Postface : Certains lecteurs croiront peut-être identifier un certain nombre d'îlots, bras de mer, rochers, écueils et personnages du présent récit. Pourtant, aucun archipel au monde ne correspond à la carte géographique et humaine que j'ai dessinée dans ces pages. Je pense souvent, quand j'écris, à l'élévation du niveau de la mer, qui se poursuit progressivement, bien que nous puissions l'appréhender par nos sens. Un rivage est chose indéterminée, fluctuante, mobile. Il en va de même pour la fiction. Un récit entretient parfois, de loin en loin, une ressemblance avec la réalité. Cela n'annule pas la différence entre ce qui s'est produit et ce qui aurait pu se produire. Il doit en être ainsi. Puisque la vérité est à jamais provisoire et changeante." Texte bouleversant lorsque l'on sait que c'est le dernier de l'auteur et que, quoiqu'il affirme dans ces ultimes lignes, le personnage principal de Fredrik Welin apparaît en quelque sorte comme son double. Ses interrogations, ses peurs, ses réflexions face à la mort, le corps qui vous lâche, le désir de vivre encore une histoire d'amour ou de sexe, la culpabilité face à ses propres limites ou erreurs passées, la conscience que l'on vit la dernière ligne droite avant le grand plongeon qui devrait être libératoire. Il y a beaucoup de similitudes avec les romans désespérés, et pour moi désespérants de Philip Roth, sauf qu'avec Henning Mankell, tout en étant sans concession et ironique, la poésie s'invite également à chaque page. Les deux écrivains aiment l'un son îlot, la nature suédoise, l'autre Newark, les deux sont des contemplatifs et des hommes courageux regardant en face leur être diminué par la vieillesse. Dans « Les Bottes suédoises », que nous allons attendre pendant de long mois, Henning Mankell rajoute une note de thriller sombre, car enfin qui est le pyromane ayant mis le feu à la maison de Fredrik Welin, puis bientôt à d'autres dans l'archipel ? Cette catastrophe va obliger notre héros malgré lui à se bouger, à s'interroger sur la façon dont il souhaite finir cette vie imparfaite mais précieuse. Sa fille Louise va refaire son entrée magistralement, l'obligeant à sortir de sa zone de confort, à repousser ses limites. Le dernier tournant d'une existence bien remplie.... Une fin imprévisible nous déstabilisant. Un très beau texte magnifiquement écrit doux-amer puis lumineux.... Une sortie de scène élégante pour Henning Mankell. Quatrième de couverture Fredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands parents n'est plus qu'une ruine fumante. Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s'interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre ? Mais c'est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, sans l'apparition d'une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale. Tandis que l'hiver prend possession de l'archipel, tout va basculer de façon insensible jusqu'à l'inimaginable dénouement. Après l'immense succès des Chaussures italiennes, auquel il fait suite, Les Bottes suédoises brosse le portrait en clair-obscur d'un homme tenaillé par le doute, le regret, la peur face à l'ombre grandissante de la mort - mais aussi la soif d'amour et le désir -, d'un être amené par les circonstances à revisiter son destin et à reprendre goût à la vie. Tél est l'ultime roman de Henning Mankell ; une œuvre d'une sobriété élégiaque et poignante, traversée et portée par la beauté crépusculaire des paysages. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le grand effroi de John Pickett | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le grand effroi de John Pickett Harold J.Benjamin Cohen & Cohen 17 septembre 2020 218 pages Polar historique Chronique 19 juillet 2021 « The fault, dear Brutus, is not in our stars, But in ourselves, that we are underlings. » « Si notre condition est basse, la faute, cher Brutus, n'en est pas à notre étoile, mais à nous-mêmes. » William Shakespeare (1564-1616) Jules César, acte I, sc. 2 Mes remerciements infinis à Harold J. Benjamin de m'avoir repérée sur les groupes de lecture et de m'avoir demandé de lire son roman mêlant grande Histoire, trame policière et espionnage en une époque que j'affectionne particulièrement, celle de Élisabeth 1ère. Je dois dire que celle-ci pourrait, comme sa demie sœur, être rebaptisée bloody Bess tant la justice en son règne est expéditive et d'une cruauté sans nom. Dès les premières lignes, nous sommes projetés à Londres en une "belle" journée pendant laquelle sera exécuté sauvagement et sadiquement un pauvre bougre en place publique. La foule se repaît de ce spectacle monstrueux alors que soudain John Pickett, prend conscience de l'ignominie de la scène à laquelle il fait assister son jeune fils, Tobias. La honte l'envahit. L'auteur nous le présente ainsi : Peintre portraitiste, géomètre, jardinier, ancien soldat du premier corps expéditionnaire de Robert Dudley, comte de Leicester, aux Provinces-Unies ; y ayant perdu un bras, il est assisté dans son travail par son garçon. Là, face à l'abomination, il est alors saisi de son premier effroi et ce ne sera pas le dernier. Magnifiquement rédigé, ce récit nous dépeint, avec un luxe de détails, l'organisation des différentes corporations londoniennes, celles des peintres portraitristes ou des couturières pour ne parler que de John et sa compagne Lies Van Hoot, nous mène au plus près des hautes sphères du pouvoir, de celles qui dirigent et décident de tout en coulisse, nous fait cotoyer des nobles prêts à tout pour leur religion même à prendre un enfant en otage afin de contraindre son père, John Pickett, par un odieux chantage, à commettre des actes contre sa volonté. On ressent le désarroi, l'impuissance qui prennent possession du pauvre homme et plus généralement de tous les gens du peuple, soumis aux caprices du pouvoir en place. Une Société ultra corsetée, en apparence civilisée, en réalité d'une violence et d'une barbarie terrifiantes où dictature n'est pas un vain mot, où chaque parole prononcée peut vous mener à l'échafaud, où le passage de vie à trépas peut être d'une rapidité fulgurante. L'existence humaine ne tient à pas grand chose, et l'on tremble pour John, Tobias et Lies. Comment notre peintre va-t-il pouvoir se sortir de cette toile ? Cet homme inextricablement pris au piège, impuissant face aux complots et décisions des grands de ce monde, tremblant dès ses premiers pas dans le château de Ambrose Beaufort, comte de Huntington, apeuré jusqu'en son atelier, son quartier londonien, et presque terrassé de terreur enfermé à la tour de Londres avec son enfant...oui, comment pourrait-il réussir à sauver sa peau et ses proches ? Son grand effroi devient le nôtre, s'amplifiant inexorablement page après page. Une fresque historique magnifique et puissante donnant la part belle aux plus modestes, à ceux que les puissants ne veulent pas prendre en considération, qu'ils pensent pouvoir utiliser comme des pions sur leur échiquier politique et qui pourtant pourraient être le fameux grain de sable.... Majestueux roman ! Quatrième de couverture Il a vu ce qu'il n'aurait jamais dû voir, son fils est pris en otage pour garantir son silence. Sous le règne d'Élisabeth Ière, John Pickett, homme de la Renaissance, dessinateur, se trouve ballotté dans la lutte féroce qui oppose des conspirateurs catholiques au service de renseignement de Sir Walsingham. Il a vu ce qu'il n'aurait jamais dû voir, et son fils Tobias est pris en otage pour garantir son silence. Sous le règne d'Élisabeth Ière, reine d'Angleterre, John Pickett, homme de la Renaissance, dessinateur, peintre portraitiste, géomètre et ancien soldat du corps expéditionnaire anglais aux Provinces-Unies, se trouve ballotté dans la lutte féroce qui oppose des conspirateurs catholiques au service de renseignement de Sir Walsingham, le maître-espion de la souveraine. Plusieurs notables sont assassinés, dans des circonstances aussi mystérieuses que spectaculaires, qui le désignent comme coupable. Il doit, pour se tirer d'affaire, exécuter une mission qui lui fait côtoyer les pires horreurs de la Tour de Londres et celles du sinistre gibet de Tyburn. Dans la capitale en plein essor économique et démographique, entre religion et superstition, entre science et alchimie, un nouveau monde est en train de naître. Mais il importe de se conformer à l'ordre dominant si l'on veut échapper aux persécutions religieuses ou à la misère sociale qui guette ceux qui n'ont pas de protecteur. Comment John, sa compagne hollandaise Lies et le jeune Tobias survivront-ils dans ce tourbillon ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- On la trouvait plutôt jolie | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On la trouvait plutôt jolie Michel Bussi Presses de la Cité 12 octobre 2017 464 pages Thriller divers Chronique 18 novembre 2017 C'est un beau livre déjà en tant qu'objet avec ce bleu sombre irisé, cet argent, cette chouette en relief en couverture presque enfantine. Cette lune et ce soleil pour marquer le passage de l'obscurité amie de l'oiseau nocturne à la lumière. Une impression d'ouvrir un volume des contes et légendes africaines, où l'histoire d'une petite fille puis d'une femme et enfin d'une mère nous est narrée. Les parfums épicés des jeunes années m'ont soudain à nouveau entourée de leur protection. Cela commence ainsi, de la magie, de la tendresse, de la poésie rien que dans le titre et le prénom de l'héroïne ; de l'humanisme toujours, nous sommes dans l'univers de fausses vérités, de douceur amère, de nostalgie de Monsieur Bussi, un univers aussi très féminin où le courage est de mise pour affronter la vie, les autres, le mal toujours et encore. " Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie, vous avez trois jolis enfants, Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. " Apparences que tout cela, un mauvais sortilège a été lancé sur cette famille et sur cette guerrière opiniâtre au destin comme une déesse antique perdant et retrouvant la vue, bien obligée alors de regarder la vérité en face. Ce moment là du récit m'a encore coupé les pattes, comme dans " Les Nymphéas noirs". Je n'ai rien vu venir et au fur et à mesure que le stratagème prodigieux de l'auteur m'était révélé, je sentais mon admiration grandir. Encore une fois, un magistral tour de magie. Ce récit est un hommage à tous les réfugiés, migrants, exilés de la terre, que nous avons été, que nos aïeux furent nécessairement, que nous serons peut-être obligés de devenir. La brutalité des faits, l'inacceptable cruauté des passeurs, des profiteurs de tous ces voyageurs précaires et fragiles, l'innommable mort par noyade dans cette Méditerranée qui pour certains est un lieu de plaisir et pour d'autres un immense cimetière marin, où nul ne peut venir se recueillir sur les tombes, condamnant à un deuil sans fin insoutenable. Et pour les rescapés, le cauchemar concocté soigneusement par notre administration française bien vicieuse, bien retorse, histoire de continuer la torture de la terreur au ventre, du manque, de la solitude. Tout commence banalement, Leyli habite dans un tout petit logement au septième étage d'une tour de Aigues douces, les trois enfants dans la chambre, elle sur un clic clac dans le salon. Après plusieurs années de lutte courageuse, elle obtient un CDI dans un hôtel comme femme de ménage. C'est sa chance et celle des enfants pour demander à l'agence de HLM un plus grand appartement, au moins 60m2. Tout se passe bien, les nuages s'éloignent enfin. Au même moment, le corps d'un représentant de commerce est découvert dans un hôtel, une trace de prise de sang et les veines des poignets sectionnées. " Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits.... " Poignant, dérangeant, paniquant, bouleversant, remarquable en un mot . Et la chanson de Pierre Perret tourne sans fin.... Quatrième de couverture Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits... Un suspense renversant et bouleversant. " – Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. – Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l'essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l'un d'eux, l'un d'eux peut-être, échappe au sortilège. Elle ferma les yeux. Il demanda encore : – Qui l'a lancé, ce sortilège ? – Vous. Moi. La terre entière. Personne n'est innocent dans cette affaire. " Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits... Un suspense renversant et bouleversant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La chute du Flamboyant | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La chute du Flamboyant Marc Hélias Brava 1er décembre 2022 300 pages Roman Chronique 13 février 2023 « Nous n'avons qu'une planète pour vivre Nous devons nous comprendre et nous respecter, vivre en paix les uns aux côtés des autres et illustrer ce que nos traditions respectives nous offrent de meilleur. Ce n'est pas aussi simple que nous le voudrions. Raison de plus pour nous y employer avec plus d'ardeur, y mettre tous nos moyens et y engager tout notre cœur. » Kofi Annan, prix Nobel de la paix. Deux choses m'ont interpellée dès le début hormis la belle couverture du roman : - L'amour et le profond attachement de l'auteur pour Tahiti, son peuple, sa civilisation et ses coutumes. Donc l'envie de faire partager sa passion pour ces terres et ces habitants. - La jeunesse de l'écriture, sa fraîcheur, afin de coller au mieux au personnage principale, Jackie. Tout est dit avec douceur et pourtant les sujets abordés ne sont pas légers, loin de là. Le vitriol est toujours dans sa bouteille mais des effluves s'en échappe ; que ce soit la description du milieu bourgeois catholique coincé dans le quartier huppé du Panthéon à Paris, ou le comportement "colonialiste" et "suffisant" de certains métropolitains blancs sous contrat en Polynésie française, Marc Hélias est d'une justesse sans concession avec tous ceux qui jouent en permanence un rôle, qui par leur mal-être et leur inadaptation gâchent la vie des autres. Ainsi Jackie, adoptée par des parents de la bonne société, confrontée à un père irascible et autoritaire, une mère accrochée à sa religion et aux livres qu'elle écrit, accepte de tenir la fonction qui lui a été attribuée depuis son arrivée auprès du couple. Bonne élève, studieuse, elle s'octroie des plages de liberté encadrée avec une de ses copines. C'est une adolescente par le comportement et le positionnement au monde, non une jeune fille qui devrait se jeter dans la vie avec gourmandise. Elle est sous contrôle parental et celui qu'elle s'inflige. Elle ne se pose aucune question sur son histoire personnelle, son pays, les raisons qui ont poussé sa mère biologique à l'abandonner. Silence total jusqu'à ce que ses parents lui offre un billet d'avion pour Papeete. En fait le père vient d'obtenir un poste de directeur de l'université pour trois ans. Jackie ne le sait pas mais en traversant les océans, elle va remonter le temps, passer à travers tous les miroirs aux illusions pour atteindre sa Terre, les siens, elle-même. Ce sera un parcours initiatique difficile, douloureux, une épreuve presque insurmontable pour cette femme en devenir. Entre roman sociétal et polar, car deux hommes sont assassinés, ce texte nous plonge dans un autre monde, loin des cartes postales et des certitudes. Les conséquences positives ou non de la présence française sur le territoire sont présentées avec impartialité. Plus encore, l'auteur nous offre l'occasion de ralentir, de nous conjuguer au présent et non plus au passé ou au futur. L'espace temps, sa notion est différente. Pour Jackie, redevenant peu à peu Nakura, elle est à la croisée des chemins... Parisienne ou polynésienne ? Qui est-elle ? Qui sont ses parents d'origine ? Le majestueux Flamboyant qui l'a accueilli à son arrivée lui chuchotera peutêtre la vérité ? Que représente réellement cet arbre dans l'existence de la jeune fille ? Quel mystère protège-t-il ? Surprise ! Quatrième de couverture Jackie, jeune parisienne fraichement sortie des meilleures écoles de la capitale, vit paisiblement dans le confort d'un appartement cossu du Ve arrondissement avec ses parents. D'origine polynésienne, adoptée très jeune, elle ne sait rien ou plutôt ne veut plus rien savoir de son passé. Mais tout va basculer le jour où ses parents adoptifs lui offrent un billet d'avion pour Tahiti afin qu'elle connaisse ses origines et y découvre sa culture. Entre Paris et Papeete, Jackie deviendra Nakura en retrouvant sa mère biologique. Une femme courageuse et aux grandes valeurs qui vit dans une relative pauvreté en banlieue de Papeete. La réalité de la vie et les drames qui peuvent en découler vont s'imposer à elle et la changer à jamais. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les fantômes d'Eden | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les fantômes d'Eden Patrick Bauwen Albin Michel 2014 631 pages Thriller Chronique 23 juillet 2018 « Salut Paul, tu nous as manqué... Où étiez-vous passés, toi et ta petite bande ? ... Et ton père, et la vieille Abigail ? Elle aussi nous a manqué, sacrée vieille sorcière... Vous devriez revenir, nous nous languissons.... Prenez votre barque, laissezvous guider sur les Eaux Sombres.... Nous serons toujours là pour toi, Paul, bruissant et dansant sous la lune... Les marais sont si beaux, et nos racines dissimulent tant de choses merveilleuses... Reviens quand il fera nuit, tu verras par toi-même : il y aura des lucioles et des grillons, et des lamantins et des reptiles, et des serpents et des araignées d'eau, et peut-être une ou deux surprises... Oui, une ou deux surprises plus étranges encore... Reviens-nous vite, Paul... Laisse-toi bercer... Nous t'accueillerons, nous nous occuperons de toi. » Tout est là dans ce passage ... Je pourrais m'arrêter ici tout simplement.... J'ai eu la sensation de basculer en permanence entre « Oliver Twist », « Peter Pan » et « Sur les hauteurs du Mont Crève-coeur » d'un maître pour moi , Thomas H. Cook. Entre la magie de l'enfance, des bandes de potes à la vie à la mort, avec son chef « Capitaine, mon Capitaine », des amours pour toujours, des monstres cachés, de la touffeur des Everglades, de la moiteur des marais, de la faune vorace à l'affût, des cris dans la nuit « Nnnnnnnuuuuuueeeee » , des adultes incompréhensibles et faillibles, des ennemis jurés, d'un tueur qui soudain frappe mais se trompe de cible. Un roman tendre, enfantin, puis thriller étouffant, anxiogène, violent comme ces orages d'été sur ce sud des USA, comme ces ouragans qui emportent tout.... Hypnotique, poétique, charnel, puis terrifiant ... La haine comme l'amitié ou l'amour traversent les années, inchangés... Un beau livre, simplement, inspirant. Une phrase en particulier a fait écho dans mon coeur et mon esprit : « Accroche-toi à tes rêves ! Tu le dois à trois personnes : À toi aujourd'hui, à l'enfant que tu as été, au vieil homme que tu deviendras. Ne les déçois pas ! » Été 1978, cinq copains , Paul Becker, le capitaine, Stan Monroe dit Stan le Dingue, Cameron Cole dit Big Cam, Jerry Goodritch dit le Bigleux, et la ravissante Sarah Lewis, âgés plus ou moins de douze ans, décident d'emprunter la barque du père de Paul pour aller dans les Eaux Sombres, situées à la pointe sud de la Floride, dans les Ten Thousands Islands. Une épopée comme les mômes inventent pour partir à la poursuite d'une créature mythologique, le « Minotaure ». Ils sont encore des enfants, plus pour très longtemps. Un meurtre va être commis, et 30 ans plus tard, ils devront payer... Alors l'un d'eux va être assassiné, et le narrateur Paul va pister le coupable, bien obligé : le mort c'est lui .... Qui en a voulu à sa vie.... ? Je m'arrête là pour respecter la brièveté de la quatrième de couverture... Quatrième de couverture Paul Becker (le héros de Monster) est au fond du gouffre. Obèse, divorcé, dépressif, ruiné... Il échappe miraculeusement à une tentative de meurtre alors qu'il s'est réfugié dans le parc de Yellowstone pour tenter de se refaire une santé. Mais il laisse croire à sa mort et se lance dans une enquête méticuleuse qu'il oblige à exhumer ses souvenirs d'enfance et les énigmes de son passé en Floride dans les années 70 pour découvrir qui a commandité son meurtre et pourquoi. Alternant le récit de l'adolescence de son héros, des frasques de sa petite bande d'amis en mal d'aventures, et celui de la traque de son "meurtrier", Bauwen nous embarque dans une aventure pleine de rebondissements. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La cabane des pendus | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La cabane des pendus Gordon Ferris Sixtrid 2018 10 heures 12 minutes, lu par Bernard Malaka Thriller Chronique 17 février 2019 La première version « The hanging Shed » de 2011 a été traduite par Jacques Martinache pour les Éditions Presse de la Cité en 2012 . Comme d'habitude je n'ai pas lu la quatrième de couverture avant l'audition. Premier d'une série de quatre enquêtes de Douglas Brodie comprenant « Sang d'encre » en 2012, « Le justicier de Glasgow » en 2016 et les « Adieux de Brodie » en 2018 tous parus chez Seuil. Douglas Brodie est un très bon personnage pour un romancier, ancien flic à Glasgow, il s'est engagé dans l'armée pendant la seconde guerre mondiale ; vétéran de la campagne d'Afrique, il décide de s'installer à Londres pour tenter de devenir journaliste. Il reste touché par son enfance dans une petite cité ouvrière de la banlieue de Glasgow, marqué par son ancien métier de policier, et traumatisé par ce qu'il a vu ou fait pendant le conflit mondial. C'est un homme intelligent, sensible, ironique parfois, mais sa bienveillance et son désir de justice supplantent cela. L'intérêt de ce roman, qui par ailleurs est un polar assez classique, réside dans ce héros empathique et imparfait, et la description exceptionnelle du Glasgow d'après-guerre, de la classe ouvrière écossaise courageuse et farouche, des taudis où la vie est d'une extrême rigueur, envenimée par des divisions concernant les questions religieuses. Ajoutez à cela une police et une justice corrompues et la présence de bandes de truands irlandais flirtant avec l'IRA, et le tableau est complet. Un jour, un copain d'enfance de Brodie, Hugh Donovan lui téléphone de Glasgow afin qu'il vienne l'aider sur place. Il y est incarcéré attendant d'être exécuté, accusé et jugé coupable du viol et du meurtre du jeune garçon de sa petite amie. Cet appel étonne énormément Brodie, car ils ne se sont pas quittés en bon terme, la femme en question ayant été son premier grand amour que Donovan lui a volé. Le chagrin a laissé des cicatrices encore mal refermées. Cependant c'est une bonne histoire pour un journaliste d'investigation. Donc il revient dans sa ville natale. Dès le début, que ce soit lors de sa confrontation avec le prisonnier, lors de son entretien avec l'avocate de la défense, lors de l'enquête dans les quartiers concernés par cette tragédie, et encore plus en reparlant à la mère du petit, il tique sérieusement sur la culpabilité de son ami, le dossier d'accusation est bien trop parfait et une photo va lui confirmer ses doutes. Certains éléments lui permettent d'espérer un appel de la décision rapidement. Le temps presse, il s'installe chez l'avocate qui ne le laisse pas indifférent ; il fouille, est menacé lorsqu'il approche trop de certains truands irlandais, même la police lui met des bâtons dans les roues. Quatre autres enfants disparaissent, cela devient une affaire beaucoup plus importante de tueur et violeur en série... Visite de Glasgow, des pubs, de la campagne environnante, jusqu'en Irlande avec un petit passage de presque noyade dans les eaux glacées écossaises. Mais rien y fait, il continue sa quête de justice, la voix des enfants murmurant à son oreille, suppliantes. Le voilà de retour dans un monde de violence ou le Bien et le Mal s'affrontent toujours. J'ai apprécié l'interprétation en finesse et en élégance de Bernard Malaka, sa voix un peu aiguë est parfaite pour jouer également les femmes, sa diction est impeccable. Je n'ai pas eu un moment de lassitude ou de décrochage. Donc un très bon enregistrement. J'ai aussi été soulagé par l'absence de jingle, c'est reposant et favorise la continuité, la fluidité du texte. Donc à première vue un polar classique qui ne l'est pas tant, grâce au talent de l'auteur écossais Gordon Ferris, un ancien du ministère de la défense, de la nature de son personnage principal qui se révèle être plus en clair-obscur et secret, et ici de l'interprétation de Bernard Malaka. À découvrir ! Quatrième de couverture 1946. Douglas Brodie, ancien policier, est rentré de la guerre depuis quelques mois lorsqu’il reçoit un appel de Hugh Donovan, un ami d’enfance qu’il croyait mort au combat : condamné pour le viol et le meurtre d’un petit garçon, il va être pendu dans quatre semaines. Afin de prouver l’innocence de Hugh, Brodie replonge dans le décor poisseux de leur enfance et la misère de la banlieue de Glasgow. Il se trouve une alliée de choix en l’avocate de Hugh, Samantha Campbell, mais le temps presse, et ni le gang local ni la police ne semblent vouloir leur faciliter la tâche. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Voix des vagues | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Voix des vagues Jackie Copleton Les Escales 2016 302 pages traduites par Freddy Michalski Historique Chronique 8 septembre 2019 Jackie Copleton a enseigné l'anglais pendant plusieurs années à Nagasaki et à Saporo. Elle vit désormais avec son mari à Newcastle, au Royaume-Uni. Ceci posé, la connaissance intime de la culture et de l'esprit japonais, et la délicatesse avec laquelle est abordé, par Jackie Copleton, l'horreur de l'utilisation de l'arme atomique et ses conséquences, sans oublier la question du deuil et de la perte des êtres chers, sont après lecture de sa courte biographie, compréhensibles. Elle est la bonne personne ! L'écriture est magnifique, d'une grande maîtrise, le suspense savamment dosé, les découvertes imprévisibles dévoilées lentement et sûrement... Tout n'est qu'apparence, la vérité enfin mise en lumière permettra-t-elle à une japonaise âgée, exilée aux États-Unis après la catastrophe de Nagasaki, veuve, seule, de reconnaître en l'homme défiguré qui se présente à sa porte son petit-fils prétendument mort en août 45 dans son école ? Pourra-t-elle pardonner aux autres, se pardonner, affronter la réalité ? De même, on se questionne sur les raisons de la culpabilité de cette survivante, de la responsabilité que cette femme porte étonnamment sur ses frêles épaules, suite à des évènements extraordinaires, à imputer en fait aux gouvernants, ayant tué sa fille et son petit-fils : son mal être prend peut-être sa source dans des faits très anciens, avant la guerre, dès sa jeunesse. Un mystère plane sur tout ce récit, permettant à l'auteure de nous décrire Nagasaki et sa région pendant les premières années du XX ème siècle, de nous faire découvrir la société japonaise en pleine mutation, la vie et la condition des femmes dans ce monde moderne naissant. Bouleversant, très intelligent, un premier roman d'une grande qualité, dense, complet, original. Beau, très beau. Quatrième de couverture Une réflexion poignante sur la famille et le pardon Lorsqu'un homme horriblement défiguré frappe à la porte d'Amaterasu Takahashi et qu'il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s'il dit la vérité ? Ce qu'elle sait c'est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu'elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l'arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord. Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu'elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L'apparition de l'étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d'où s'échappent les souvenirs qu'elle a laissé derrière elle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Étoile de la providence | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Étoile de la providence Alain Delage De Borée Terres d'écriture 2 juin 2022 336 pages Historique Chronique 2 juin 2022 « Un septuagénaire se voit remettre la Légion d'honneur mais il ignore pourquoi... » « Dans la vie, il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. « Jérôme Touzalin, Le Pommier « Je ne suis qu'un homme sans dieu ni apôtre, je gagne ou bien j'apprends. « Florent Pagny, l'Instinct Je remercie l'auteur de m'avoir permis, grâce à cette lecture, de m'envoler bien loin des vicissitudes de la vie jusqu'à dépasser les nuages et atteindre l'horizon infini. Récit d'un destin extraordinaire où l'adjectif « impossible » est rayé, où l'instinct de survie, l'honneur, l'humanisme et la passion sont les maîtres mots. Jusqu'à la dernière page, Alain Delage nous réserve des retournements de situation, certains prévisibles mais d'autres insoupçonnables et bouleversants. L'énigme est de taille : pourquoi le héros de cette histoire reçoit-il la Légion d'honneur des mains du Président de la République, Georges Pompidou ? Grâce au personnage si attachant de Florian Duval, septuagénaire, que nous retrouvons à douze ans, nous voici à remonter le temps jusqu'en 1910 à Blida en Algérie française, en un jour bien particulier basculant soudain dans le drame.... À partir de cette date, l'adolescent livré à lui-même, ne pouvant compter que sur son courage et son aptitude à plier mais ne jamais accepter l'injustice, devra s'adapter à une nouvelle terre, un nouvel environnement, se faire quelques amis.... jusqu'au premier émoi sentimental et la nécessité de fuir afin de ne pas se trahir. Ainsi sommes-nous projetés en Algérie puis à Marseille et enfin dans le Gard à la porte de l'école militaire de SaintHippolyte-du-Fort où il a été obligé de se présenter. Déjà les ailes du destin battent et se rapprochent rapidement du jeune garçon.... C'est alors tout un pan de l'histoire de l'aéronautique qui nous est compté avec un luxe de détails, multipliant les scènes cocasses, amusantes, dramatiques, inoubliables. Nous frissonnons autant de peur que de plaisir à la découverte de ces pages rocambolesques, émouvantes et fidèles aux événements telles les démonstrations de vols sur les premiers avions. Une industrie en devenir, une passion pour notre jeune ami, une famille enfin à rejoindre.... Mais cela n'explique toujours pas pourquoi Florian et son épouse se rendent en ce matin de 1972 au Palais de l'Elysée pour une cérémonie de remise de Légion d'honneur. Gageons que Florian, dans sa grande humilité, devra, soutenu par sa femme, affronter bien des vérités et de grandes émotions. Ayez confiance en Alain Delage pour soutenir le suspense avec un plaisir "sadique" jusqu'au point final. Un très bel opus à nouveau qui s'ajoute à la collection Terres d'écriture des Éditions de Borée que je remercie infiniment pour leur confiance renouvelée. Merci à l'auteur pour son engagement : on ressent la joie et l'enthousiasme qu'il éprouve à transmettre à ses lecteurs une part de notre histoire commune et à rendre hommage à l'humanisme de certains d'entre nous, exemples à suivre. Quatrième de couverture 1972 : Florian, retraité de l'aéronautique, se rend avec sa compagne au palais de l'Élysée afin d'y être décoré de la Légion d'honneur. Il ne comprend pas pourquoi. L'évocation de sa jeunesse lors de la cérémonie lui permettra peut-être d'y voir plus clair... 1910, retour en arrière : Florian a 12 ans et vit en Algérie française auprès d'un père militaire et d'une mère aimante. Lorsque celle-ci décède subitement, le jeune garçon, abandonné par son père, est envoyé dans une école militaire du Gard, contre son gré. Là-bas, de rencontres providentielles en expériences formatrices, il prendra en main sa destinée et n' écoutera que son courage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au premier chant du merle | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au premier chant du merle Linda Olsson L'Archipel 10 février 2016 300 pages traduites par Claire et Desserrey Roman Chronique 24 décembre 2020 Ce roman tout en délicatesse n'est ni épique, ni lyrique, ni symphonique. Ce roman est un trio, de la musique de chambre intimiste, à fleur de peau, tout en subtiles nuances comme une esquisse à l'encre de chine résultant d'un geste parfait : le dessin d'un merle couché sur de la neige qui peu à peu commence à palpiter, à revivre, à se colorer lentement par petites touches. Un roman autour de plusieurs thèmes émotionnellement chargés, qui par la grâce de l'auteure devient un poème, ou plutôt un chant sur un texte inspiré de Rilke, oscillant entre Rachmaninov, Tchaïkovski ou Mendelssohn pour la ligne musicale. Chaque soliste joue sa partition en parfaite osmose avec les deux autres. Un regard, un souffle, une simple palpitation dans l'air et la création à trois d'une oeuvre unique, intemporelle, peut avoir lieu. Cependant, un seul élément perturbateur peut briser cet équilibre parfait. Une dame en vert apparaissant dans l'inconscient d'une âme en peine, un nouveau venu jaloux de l'osmose du trio. Un roman donc sur la solitude, celle que l'on recherche, celle que l'on subit même en couple ou dans un groupe ; un roman sur le premier pas à franchir pour briser cette solitude et le courage qu'il faut déployer pour plonger dans l'inconnu, pour retisser des liens avec les autres ; un roman sur l'amour et l'amitié... Un roman sur la désespérance ou l'espoir nés de cet amour ou de cette amitié. Un roman également sur la création d'une oeuvre artistique, ses origines en celui qui ressentira la nécessité de la faire naître.... Un roman sur les mots face aux images, sur la littérature face aux dessins, aux illustrations... D'abord opposés puis complémentaires.... Et enfin un secret, celui de la femme mystérieuse, Elisabeth, retranchée du monde dans son appartement, dont la présence silencieuse résonnera dans l'imaginaire de son jeune voisin Elias, l'illustrateur, et bientôt dans le cœur de Otto, le libraire à la retraite, le dernier soliste du trio. Oser le bonheur, oser se mettre au diapason des autres, oser dire..... Oser raconter.... Se libérer et chanter tel le merle aux premiers beaux jours... Mais attention le bonheur n'est pas éternel, il est fragment, moment.... Très beau roman impressionniste, sensible, profond, faisant écho à nos propres interrogations.... un roman également comme une mise en garde.... Quatrième de couverture Déception sentimentale ? Lassitude de vivre ? Élisabeth Blom s’est retirée du monde. Sitôt installée dans sa résidence de Stockholm, elle a débranché la sonnette et fermé sa porte à double tour. Porte à laquelle Elias, son voisin, se décide un jour à frapper, pour lui remettre son courrier. Car lui aussi s’appelle Blom... Cet incident sortira-t-il Élisabeth de sa pénombre ? Ou faudra-t-il attendre un drame – et l’intervention inattendue d’Otto, libraire à la retraite – pour faire entrer la lumière dans son appartement ? Au seuil de l’été nordique, le chant du merle annonce les beaux jours. C’est le thème, vibrant, de la partition nouée par Linda Olsson pour ces trois solitudes. Éloge du premier pas, ce récit d’une rééducation sentimentale est aussi une invitation au voyage nommé lecture. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Retour à Yvetot | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Retour à Yvetot Annie Ernaux Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix Janvier 20119 Lu par Dominique Blanc de l'Académie Française Roman Chronique 27 décembre 2019 Post-scriptum de l'autrice passionnant, bouleversant et inédit. « Les livres ont donc constitué très tôt le territoire de mon imaginaire, de ma projection dans les histoires et des mondes que je ne connaissais pas. Plus tard, j'y ai trouvé le mode d'emploi auquel j'accordais beaucoup plus de confiance qu'au discours scolaire ou au discours de mes parents. J'étais encline à penser que la réalité et la vérité se trouvaient dans les livres, dans la littérature. » Nous voici plongés à la source, à la naissance d'un talent, celui d'une femme qui réussira à transmettre, pour notre plus grand bonheur, dans ses écrits avec infiniment de délicatesse, de finesse, de causticité, son interprétation du monde. Elle est passionnée de littérature, cette porte ouverte sur tous les possibles, dès sa jeunesse à Yvetot, petite cité Normande, dans un cadre normatif, commercant.... Mais évidemment, l'adolescence, l'apprentissage de l'âge adulte sont un réel bouleversement, d'autant plus lorsqu'on a développé une âme romanesque, intranquille. Alors raconter ses premières années, ses premiers pas de jeune femme, prend des allures de grande aventure, d'événement exceptionnel ; plus grave, plus notable, devenir ce qu'elle est fondamentalement, une écrivaine, une littéraire, la fait s'interroger sur sa possible traîtrise à son milieu d'origine, à sa famille, à leur langage plus simple que le sien. Revenir à Yvetot c'est revenir sur ses premiers émois, ses premières fausses certitudes, ses premières hontes, gènes, victoires....un acte courageux, douloureux, indispensable ; voici donc un texte émouvant, sans concession ni fausseté, sublimé par Dominique Blanc, que j'admire profondément, dont la voix si nuancée, si éminemment "féminine", me rassure certainement à tort, me transporte toujours. L'entretien exceptionnel qui suit, pendant lequel Annie Ernaux décrit et analyse des photographies anciennes, égrenant les années, cherchant les signes avant coureurs de ce qu'elle serait, restera dans les mémoires. Quatrième de couverture « Son enfance, sa mémoire, sont la matière même de ses livres. Pourtant, c'est seulement en 2012 qu'Annie Ernaux retourne à Yvetot sur invitation de la ville de Normandie qui l'a vue grandir. Elle y vient y donner une conférence sur son travail qui y est intimement lié. Ce retour en tant qu'écrivaine est un véritable événement littéraire et c'est cet événement qui est retranscrit ici. À la suite de ce texte lu par Dominique Blanc, Annie Ernaux se remémore, dans un entretien inédit, des moments de son enfance et de sa jeunesse à Yvetot à travers des photographies qu'elle a choisi de commenter. » Annie Ernaux passe son enfance à Yvetot, en Normandie. Agrégée de lettres modernes, elle publie son premier roman, Les Armoires vides, en 1974, et obtient le prix Renaudot pour La Place en 1984. En 2017, elle a reçu le prix Marguerite Yourcenar pour l'ensemble de son œuvre. Dominique Blanc mène de front une double carrière prolifique au théâtre et au cinéma. Elle a reçu, entre autres, le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Stand-by de Roch Stephanik en 2001, et le Molière de la meilleure comédienne dans La Douleur de Marguerite Duras en 2010. Elle est pensionnaire de la Comédie Française depuis 2016. Pour La Bibliothèque des voix, elle lit aussi Mattea de George Sand (2004) et de Gradiva de Wilhelm Jensen (2005). Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Lumière noire | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lumière noire Lisa Gardner Albin Michel 2018 500 pages traduites par Cécile Deniard Thriller Chronique 19 mars 2018 Chapitre 21 : « Est-ce que vous avez mal ?....Non ? Alors vous allez bien ! Est-ce que vous avez soif ?.... Non ? Alors vous allez bien ! Est-ce que vous êtes gelé ?.... Non ? Alors vous n'avez aucune raison de vous plaindre ! Est-ce que vous vous sentez seul ?....Non ? Alors vous allez très bien ! Écoutez-moi. Croyez-moi. Faites-moi confiance. Je sais de quoi je parle. Je me sens bien. Je n'ai ni mal, ni faim, ni froid, ni chaud, ni peur. Je n'ai besoin de rien. Je ne désire rien. Je vais très bien. Enfermée seule dans le noir, je me porte comme un charme. » Après 472 jours passés aux mains de son kidnappeur, 472 jours avec ce bourreau, violeur, pervers- narcissique, 472 jours dans les ténèbres, dans la lumière noire à ne penser qu'à survivre, Flora a mis cette petite liste de questions au point pour relativiser, pour tenir le coup quelque soit la situation de danger potentiel qui l'attend encore. Sauvée par miracle de cet enfer, suivi par un victimologue du FBI le Dr Keynes, retrouvant sa mère et son frère qui ont tout tenté pour la sauver, elle revient au sein de sa communauté, de sa famille, mais à jamais la part d'obscurité la suit, l'empoisonne. Elle n'est plus Flora, elle est ..... Qui d'ailleurs ? Elle ne sait pas. Technique de self-défense, arts martiaux, elle s'en est sortie physiquement, maintenant elle doit mener à bien sa résilience psychique. Cinq ans ont passé, Boston à trois heures et demie de la ferme de son enfance innocente, les murs de sa chambre citadine sont couverts de coupures de journaux ayant trait à d'autres disparitions. Bientôt elle se met en chasse d'un autre prédateur pour sauver une autre fille, mais c'est elle qui se fait piéger..... Le commandant D.D. Warren est appelée sur une scène de crime particulière, une bien étrange manière de tuer, une bien mystérieuse femme à l'arrière d'une voiture de police enroulée dans une couverture, mutique. Que s'est-il passé dans ce garage ? Flora est la narratrice d'une partie de l'histoire actuelle, mais aussi de ces 472 jours plongée dans l'horreur. Elle oscille entre les deux périodes, se souvient, puis ne veut plus, est en situation de post-trauma tout en donnant l'image d'une guerrière. L'urgence est sa vie dorénavant, elle aimerait tant être à nouveau la petite fille dans les bras de sa maman Rosa. Mais les monstres guettent, est-elle un monstre elle aussi ? Un thriller psychologique captivant et tout en finesse qui se lit très vite, grâce à un style direct et efficace, des chapitres courts. Lisa Gardner nous perd dans les méandres de ce récit tortueux, glauque, plus noir que noir. Deux femmes l'une en face de l'autre : D.D. l'enquêtrice tête de bois et pugnace, méfiante et dubitative concernant Flora taiseuse, borderline, violente. Toutes deux sur un même champs de bataille, mais ont-elles les mêmes objectifs ? Serontelles capables de regarder la vérité, leur vérité, en pleine lumière. Une seule chance donc pour ces deux héroïnes de redevenir elles-mêmes. Un très bon Opus de cette auteure, à ne pas laisser passer. Quatrième de couverture 472 jours : c'est le temps qu'a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n'espérer qu'une chose : survivre. Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues. Quand, à la recherche de l'une d'elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu'un prédateur court les rues de Boston, qui s'assurera cette fois que Flora ne revoie jamais la lumière... Après le succès du Saut de l'ange, Lisa Gardner, l'un des grands noms du thriller psychologique, se met dans la peau d'une femme pourchassée par son passé, dans une enquête qui nous confronte aux plus insoupçonnables déviances humaines. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Pentes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Pentes Sioux Berger De Borée 3 février 2022 235 pages Roman anticipation Chronique 3 février 2022 Toute ressemblance avec des personnages ou un monde réel, ayant existé, ou en passe de l'être, n'est pas fortuite. Rien n'est un hasard. Roman de science-fiction ou plutôt d'anticipation dans lequel l'autrice, dont c'est le premier opus, s'offre un luxe incroyable sous licence de fiction, de pousser un peu plus loin le curseur social, économique, politique de notre époque pour nous projeter en 2050-51. Bienvenus, chers lecteurs, non à Gattaca mais en France où ce qu'il en reste, société en fin de course pratiquant le crédit social, le puçage, le numérique à outrance, le contrôle de toute vie, faune, flore, humain, pratiquant une écologie de façade polluante symbolisée par ces éoliennes assourdissantes, ces graines modifiées, ces brevets déposés sur les plantes, etc, etc ... Où seules les villes peuvent être habitées par les derniers humains qui vivent avec des tablettes et des portables greffés à leurs mains, heureux de faire leur petit jogging dans des espaces réservés, de réceptionner leurs repas dans des boîtes prévues à cet effet, d'obéir à tous les ordres de leur hiérarchie, d'utiliser de l'argent fictif, de prendre toutes les vitamines obligatoires et d'accepter toutes les injections, lobotomisés jusqu'à ne plus concevoir des enfants qu'artificiellement. Le désir d'héritier est un marché très porteur, d'avenir. La fertilité est le talon d'Achille de l'humanité. Antoine, jeune bien intégré dans cet univers artificiel, est donc très heureux de travailler pour la Société de Fertilité. Il ne connaîtra pas la crise... Hum, hum ! Bien plus loin, au delà des banlieues, des zones de stockages, des parcs d'éoliennes et de production électrique, commence un no man's land où plus rien ne pousse, où les arbres ont disparu. Les plaines et les villages ou hameaux désertés se succèdent jusqu'à arriver enfin devant une pente, jusqu'à atteindre une aire de liberté, en altitude, où la roche empêche tout enfouissement de déchets, où les nuisances sonores des pales sont indétectables, où l'on ne peut construire des aérogénérateurs, où il n'y a ni onde, ni vibration, ni pollution, ni électricité, ni antenne relais et où vivent des irréductibles, effacés des fichiers, ayant fait le choix de rejeter l'existence que le gouvernement leur avait imposé en 2020. Nul ne sait qu'ils existent ! Sofia la parisienne, jeune femme à la tête bien faite, jusqu'au-boutiste, entêtée, décide de rejoindre Les Pentes et ses grands parents. Avant de se lancer dans l'aventure, car rejoindre leur village exige des précautions, elle prévient sa mamie Suzanne par lettre manuscrite, à l'ancienne, transmise par des voies dignes de la résistance des années de Seconde Guerre mondiale. Elle laisse derrière elle ses parents et un mode de vie artificiel qui l'insupporte, elle qui a encore le souvenir de vacances idylliques au village Le Pompidou. En alternant échanges de lettres, missives, messages, poèmes de Guillaume Apollinaire et narration classique, Sioux Berger nous permet d'appréhender aisément la situation catastrophique de l'humanité et les différents points de vue des protagonistes, avec beaucoup de talent, d'humour, de pertinence, de fluidité. J'ai été bluffée, amusée, apeurée et confortée dans mon ressenti actuel. Ce roman est optimiste, joyeux, pourtant construit sur des constats et un postulat qui n'ont rien de réjouissant. L'écrivaine est une terrienne qui ne vit pas dans un monde déconnecté de la modernité ni de la technologie, qui en reconnaît donc les avantages, les limites et les dangers. À force de mépriser notre Terre, les règles de la Nature, de se croire Dieu, de s'imaginer supérieur au reste du monde vivant, l'être humain se perd, s'enferme dans un univers aseptisé où même la reproduction devient un enjeu.... Mais à force de jouer à l'apprenti sorcier n'appelle-t-il pas sur lui la foudre ? Ce premier opus est une réussite, sujet gonflé genre grenade dégoupillée, parfaitement traité avec précision, ironie, passion, engagement. Relever le gant d'être drôle tout en étant d'une pertinence effroyable n'est pas donné à tout le monde. " Entre espoir et désespoir, alors que l'avenir semble si sombre, la joie de vivre va peu à peu se frayer un passage." Souhaitons-le, dès aujourd'hui, sans attendre trente ans. Quatrième de couverture Septembre 2050. À Paris, une jeune fille ose encore écrire des lettres avec de l'encre et des feuilles. Sans trop éveiller les soupçons, elle a pu constituer un stock de papier. Un discret réseau se charge de transporter les missives à travers les plaines, là où les usines électriques ont remplacé les forêts. Pourquoi et à qui écrit-elle, puisqu'il n'y a plus âme qui vive en dehors des villes ? Un employé du gouvernement s'en étonne. Il décide de mener l'enquête et fait alors une découverte étonnante. Sur les Pentes, bien au-delà des usines électriques, aux confins des décharges et des champs de maïs, se cache un secret qui pourrait bien sauver les habitants des villes. Entre espoir et désespoir, alors que l'avenir semble si sombre, la joie de vivre va peu à peu se frayer un passage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La petite Bibliothèque de l'Espoir | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La petite Bibliothèque de l'Espoir Kate Thompson City Editions 31 août 2022 454 pages traduites par Maryline Beury Historique Chronique 21 septembre 2022 « Un grand roman best-seller inspiré d'une histoire vraie. »« On dit que les bibliothèques sont des lieux invitant aux confidences, que tous ces livres murmurant leurs mots depuis leurs étagères, délient les langues. Peut-être est-ce vrai... » Quelques citations mises en exergue de chaque chapitre : "Les bibliothèques font partie des quelques institutions sûres et gratuites qu'il nous reste encore. Il s'agit toujours d'un service statutaire, et les autorités locales restent tenues de proposer des bibliothèques publiques et gratuites." Kathleen Walker, bibliothécaire à la retraite. "L'amour de la lecture et de l'écriture ne devrait pas être réservé à quelques privilégiés, il est pour tout le monde." Lisa Roulier et Lena Smith, bibliothèques de Barking et Dagenham. "Envie de parcourir le monde ? N'entrez pas dans l'armée, devenez bibliothécaire." Denise Bangs, Idea Store Libraries, Londres est. Magnifique roman historique traitant d'un sujet déjà maintes fois abordé ces derniers temps : la Seconde Guerre mondiale et les livres... Et là, je vous sens reculer et vous auriez tort, car le lieu où se situe cette petite bibliothèque est tout à fait improbable : jugez-en, au cœur d'un village souterrain à 24 mètres de profondeur dans la station de métro Bethgreen. Toute une communauté de londoniens devenus SDF en raison du Blitz ont trouvé refuge dans les souterrains de la capitale anglaise, où ils ont peu à peu créé une véritable ruche comprenant en plus de la bibliothèque, un théâtre, une infirmerie, un café etc, etc... Des couchettes à trois niveaux ont été installées le long des couloirs, les rails cachés par des planches. Des milliers et des milliers d'adultes et d'enfants ont pu survivre grâce à cet endroit incroyable, ont pu continuer à rire, pleurer ensemble, se nourrir, assister à des concerts, du théâtre, s'aimer, se jalouser, se réconforter et, pour certains, s'offrir une parenthèse enchantée loin du cauchemar de la guerre grâce à la lecture. Une jeune femme, veuve depuis deux ans, s'est consacrée à la création de cette bibliothèque sauvant une partie du catalogue de celle détruite en surface. Son supérieur et mentor, Peter, étant mort sous les décombres, c'est elle qui a repris le flambeau devenue bibliothécaire en chef de cette structure souterraine. Aidée par son amie et assistante Ruby, sexy, très cash, riant fort pour cacher ses propres blessures, elle se prépare à une soirée très particulière organisée dans cette ancienne station de métro inachevée sur la Central Line : on y attend le ministre responsable de la publicité intérieure au ministère de l'information. En effet, cette heureuse initiative de Clara n'est pas passée inaperçue ; Winston Churchill et tout Whitehall s'y intéressent de près. Notre héroïne doit donc, en présence de la presse, recevoir une récompense. Est aussi présent un homme incarnant le patriarcat le plus détestable et le système injustifiable des castes à l'anglaise, un certain Mr Pinkerton -Smythe, malheureusement nommé président du Comité des bibliothèques, le supérieur hiérarchique donc de nos pauvres nouvelles amies. La guerre est ainsi aussi déclarée dès cet instant entre les jeunes femmes et cet olibrius d'un autre temps qui pratique la misogynie et la discrimination sociale en permanence. Tout le travail effectué est mis soudain en péril : l'accès pour tous et toutes quelque soit le métier ou l'instruction à cette structure, la lecture tous les soirs pour les enfants, les horaires d'ouvertures élargis afin que les ouvrières entre autres puissent passer après leur travail, le bibliobus etc, etc .. un lieu de vie où s'endorment quelques fois des laissés pour compte, un lieu d'instruction et d'alphabétisation, un lieu d'information pour les femmes épuisées par les violences subies et les multiples grossesses, un lieu où l'on peut rêver devenir une autre personne, s'élever, s'épanouir enfin dès que la guerre sera finie. Un groupe de lecture est organisé avec pour premier roman choisi : Autant en emporte le vent....Tout est bon pour maintenir le moral et préparer l'avenir mais Pinkerton-Smythe veille dans l'ombre, ajoute par sa bêtise et sa méchanceté aux drames qui continuent de pourrir la vie des habitants car les frappes aériennes s'intensifient, les cauchemars la nuit sont terrifiants, la peur d'un nouveau deuil tétanise jeunes et adultes. La mort plane toujours.En choisissant ses personnages avec soin, l'autrice réussit magistralement et avec beaucoup d'humanité à tracer le portrait de chaque membre de cette communauté, à nous faire comprendre combien le rôle d'un ou d'une bibliothécaire est primordial pour toute la société en temps de paix et d'autant plus en cas de crise, de conflit, que cet un lieu où l'égalité de chance doit être assurée, où aucune discrimination, quelle qu'elle soit, ne doit être tolérée. Ce récit historique, de guerre, sociétal, d'amitié, de solidarité mais aussi d'amour, évoque également, ce qui est rare, le sort qui fut réservé aux îles anglo-normandes telle Jersey.Bouleversant, passionnant et tout à fait d'actualité. Du très bel ouvrage ! Quatrième de couverture Au cœur de la guerre, survivre et espérer grâce au pouvoir des livres. À Londres, en 1944, la guerre fait des ravages. Les bombardements sont incessants, et entre le black-out et les évacuations quotidiennes, les habitants vivent l'enfer dans un monde de plus en plus incertain et dangereux. C'est pourtant dans ce contexte que Clara a décidé d'ouvrir une petite bibliothèque qui ne ressemble à aucune autre. Au coeur d'une station de métro servant d'abri anti-aérien, des rayonnages s'offrent aux amateurs. Chaque nuit, lorsque les bombes pleuvent sur Londres, les habitants qui s'y réfugient trouvent aussi un peu de réconfort dans la littérature. Peu à peu, cette bibliothèque de fortune où l'on peut aussi boire un thé ou un gin, devient le coeur vivant de cette vie souterrraines où Clara se bat pour offrir des livres et, avec eux, un peu de liberté, un répit au coeur du chaos et le courage de braver l'horreur du monde... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















