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- SNJÖR
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires SNJÖR Ragnar Jonasson La Martinière 12 mai 2016 360 pages traduites par Philippe Reilly Polar Chronique 19 avril 2017 Titre original Snjoblinda (Tempête de neige?). Premier livre de cet auteur pour moi, très réussi, un peu lent à se mettre en place, il faut préciser que la 4ème de couverture en dit trop. Donc évitez de la lire, c'est mieux pour apprécier le rythme volontairement ralenti, collé à celui de la ville de Siglufjördur, la plus au nord de l'Islande, port de pêche proche du cercle arctique. Avec le froid, la neige qui tombe en permanence et bientôt un blizzard les habitants doivent accomplir des efforts permanents pour vivre normalement. Le héros Ari Thor âgé de 25 ans tout juste sorti de l'école de police après des études avortées de théologie, reçoit sa première affectation dans cet endroit du bout du monde. Il vit à Reikjavik avec sa fiancée Kristin. Celle-ci prend très mal cette nouvelle et Ari part seul. Nous sommes au printemps 2008, la grande crise bancaire, un crash financier emporte tout sur son passage tel une tempête gigantesque qui va détruire bien des vies. Ce déménagement vers le nord n'est donc pas une catastrophe pour Ari car cette région semble préservée par ce qui se passe dans le sud de l'Islande. Le seul accès à la ville est un tunnel creusé dans la montagne, nulle autre issue. Ari se demande vraiment où il est tombé : cette nuit permanente, ce froid, ces intempéries provoquent chez lui de très grosses crises d'angoisse et de claustrophobie. Alors il se plonge dans le travail qui dans un premier temps est très routinier ; il est vite conscient que dans une si petite cité les ragots vont vite, qu'il est épié par tout le monde et est rebaptisé le Révérend. Ses relations à distance avec Kristin sont de plus en plus difficiles, et nous en sommes à peu près à une centaine de pages quand le corps d'un écrivain célèbre Hrolfur Kristjansson auteur du best seller Au nord des collines, Président de l'Association locale d'Art Dramatique est retrouvé au bas d'un escalier après la pause déjeuner de la troupe en pleine répétition de la nouvelle création qui doit bientôt se jouer au théâtre municipal. Accident ou meurtre ? La fausse quiétude de cette micro-société va voler en éclats, tous ont quelque chose à cacher, que ce soit le metteur en scène Ulfur, l'auteur de la pièce Palmi, le décorateur Leifur , les comédiens Karl, Anna, Ugla , ou l'ouvreuse du théâtre Nina. Ainsi l'histoire commence vraiment, Ari Thor sous le commandement de Tomas et avec son collègue Hlynur vont mener l'enquête. Bientôt l'épouse de Karl, Linda est retrouvée couchée dans la neige torse nu, ensanglantée dans leur jardin, en hypothermie. Et comble de malchance, ce qui va augmenter le sentiment d'oppression de Ari Thor, une avalanche va empêcher tout passage par le tunnel, le blizzard va se renforcer. Tous les habitants sont piégés dans un « Huis Clos » et certainement avec un tueur parmi eux. Pour augmenter l'ambiance anxiogène, le récit lui- même est entrecoupé de chapitres où la prise d'otage à main armée d'une femme dans sa maison est décrite dans les moindres détails sans que l'on sache quand et où cela se déroule. Très bon thriller, même excellent Cluedo, pas vraiment une publicité pour le nord de l'Islande et ces conditions de vie difficiles entre la météo et l'obscurité permanente. Sacré meilleur roman policier de 2015 par The independant, il est édité par La Martinière et compte 348 pages. Très belle police de caractère de bonne taille. D'où une lecture très fluide. Quatrième de couverture Siglufjördur, ville perdue au nord de l'Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu'un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d'une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l'enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l'apparence si tranquille... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Fausses promesses
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Fausses promesses Linwood Barclay Belfond Début 2018 505 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 4 août 2018 Jamais déçue avec cet auteur qui sait mener ses intrigues avec beaucoup de métier et ses lecteurs par le bout du nez. Évidemment cet opus est dans le prolongement de précédents romans, on y retrouve des personnages déjà rencontrés, tel notre narrateur, David Harwood de " Ne la quitte pas des yeux" paru en 2011. On sent que Linwood Barclay s'amuse à concocter des scénarios bien compliqués, et cette fois va même jusqu'à commencer sur les chapeaux de roues : 23 écureuils retrouvés pendus dans le parc, trois tentatives de viol sur le campus de la fac par un inconnu portant un sweat à capuche portant le numéro 23, une grande roue du parc d'attraction fermé qui se met à tourner soudain en pleine nuit, trois mannequins dans la cabine 23 avec un message de menace.... Quelqu'un a manifestement perdu la tête... où est obsédé par le 23 ! Bizarre... La petite ville de Promise Falls, en pleine déconfiture économique, n'a vraiment pas besoin de ce type d'événements. Au moins, cela devrait faire les choux gras de la presse locale sauf que le Standard est en faillite et clôt ses portes une semaine après que David soit revenu dans la ville de son enfance avec son fils de neuf ans pour vivre avec ses parents vieillissants, et pris ses fonctions de journaliste. Franchement pour notre narrateur c'est la malchance qui s'abat encore sur lui. La honte, revenir habiter là à quarante ans, veuf, père célibataire et maintenant chômeur. Sa mère lui demande un matin de se rendre chez sa cousine Marla pour lui apporter des plats cuisinés. La pauvre a perdu son bébé, une fille, à la naissance et ne s'en remet pas. Elle a toujours été un peu particulière, mais quand David entre dans sa maison et la trouve dans la chambre en train de donner un biberon à un garçon de dix mois, là il pense qu'elle a péter les plombs. Aurait-elle à nouveau kidnapper un enfant ? Marla explique à son cousin qu'un ange lui a confié le bébé la veille. Dans la poussette restée à l'entrée, David trouve un prospectus envoyée à une femme dans les beaux quartiers de la ville. Il réussit à conduire Marla et le petit Matthew à cette adresse, personne ne répond, une voiture arrive en trombe, le propriétaire des lieux, il n'arrive pas à joindre sa femme, est inquiet, ouvre vite la porte et trouve Rose, son épouse, étranglée et éventrée dans la cuisine. L'inspecteur Barry Duckworth est chargé de l'enquête. Nous y sommes, les dés sont jetés magistralement par ce maître du thriller. Il place tranquillement ses pions sur l'échiquier, je dois dire qu'assez vite j'ai compris ce qui s'était passé, mais des surprises m'attendaient tout de même jusqu'à la toute dernière page. Ouf ! Malin, jouissif, on finit avec le sourire en raison de la forme, bien que pourtant nous soyons en plein drame sur le fond. Enthousiasmant et jubilatoire, la description des travers d'une petite ville de province américaine est au scalpel, les travers et vilains secrets de chacun esquissés avec beaucoup d'humour noir nous amusent, ainsi que les portraits contrastés tout en ombre et lumière de toute cette joyeuse galerie de personnages. Rien n'est jamais vraiment sûr, tout n'est qu'apparence.... De vieilles affaires ne sont pas réglées, des haines couvent toujours... Et puis ce 23 qui revient tout le temps ! Étrange.... En fait le vrai défaut de ce livre est qu'il va falloir attendre la suite ... Quatrième de couverture Des bébés qui disparaissent, des écureuils pendus, un fétichiste du chiffre vingt-trois : méfiez-vous de Promise Falls ; derrière son apparente tranquillité, cette petite bourgade américaine cache la plus longue liste de faits divers jamais recensés... Dans un univers digne des premiers épisodes de Twin Peaks, Barclay tisse une trilogie déroutante et pleine d'humour. Promise Falls, état de New York, aujourd'hui Après le décès de sa femme et la faillite du journal pour lequel il bossait, David Harwood se voit obligé de retrouver sa ville natale de Promise Falls, pour s'installer chez ses parents. Pour tuer le temps, David décide rend visite à sa jeune cousine Marla, fragilisée par la perte brutale de son bébé, quelques mois plus tôt. Mais à son arrivée, la jeune femme a un nourrisson dans les bras, un petit garçon qu'elle dit lui avoir été remis par un ange. Une adresse laissée sur la poussette du bébé conduit David à la résidence huppée des Gaynor... dont la femme, Rosemary, baigne dans une mare de sang, le ventre lardé de coups de couteau. L'effroi est total : Marla aurait-elle totalement perdu pied ? Comment une fille aussi douce pourrait-elle être la responsable d'un tel carnage ? Le cerveau du journaliste est en ébullition. Bien décidé à prouver l'innocence de sa cousine, David décide d'assister le débonnaire détective Barry Duckworth dans cette affaire exceptionnelle. Et ce dernier ne manque pas d'occupation. Car si ce crime est traité de manière prioritaire, il vient s'ajouter à une longue liste de faits étranges : pendaison d'écureuils, agressions sur le campus... Y a-t-il un lien entre tous ces crimes ? Qui a dit que Promise Falls était une ville tranquille ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Né d'aucune femme
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Né d'aucune femme Franck Bouysse La Manufacture de Livres 10 janvier 2019 334 pages Thriller Chronique 16 mars 2019 Je l'ai commencé avec appréhension en raison de scènes annoncées difficiles, crues, par des lecteurs, mais la hâte de retrouver l'écriture de cet auteur authentique a tout supplanté, heureusement. Et je vous rassure, certes les choses sont dites, clairement, mais jamais gratuitement, pour rien. Les mots, la prise de parole, l'écriture, raconter l'indicible, crier, s'écrier, dans un effort puis une obligation de dire, d'avouer, de dénoncer... Surtout, ainsi, prendre la mesure des évènements, de leur organisation, de leur inéluctabilité, intellectualiser ce qui est de l'ordre des tripes, de la douleur du ventre, du cri intérieur, prendre la distance nécessaire... Rendre aux coupables ce qui leur appartient, leurs actes abjects, leurs crimes, leur inhumanité, ne plus être partie prenante de ce qui nous est arrivé, nous ne sommes pas coupables, pas acteurs, nous sommes là, nous avons été là. L'essentiel, sauver son âme, son essence, son individualité, son humanité, son exception. Il y a eu désir de détruire, de contrôler, d'utiliser, de rendre objet, mais c'est un échec : je fus, je suis et je serai... Semble crier Rose pendant tout ce long cauchemar, ce chemin de croix incompréhensible... Pas de question inutile type " pourquoi moi ?" juste une jeune fille à peine sortie de l'enfance, à peine pubère, puis une femme pragmatique, authentique, guerrière. Elle n'est pas le bon petit soldat qui obéit peureux aux ordres, elle est un individu élevé à la ferme, dans la nature, au fait des réalités de la vie, des relations entre mâles et femelles. Un bon sens terrien, une très bonne connaissance d'elle-même qui lui permet d'analyser justement ce qu'elle ressent ou subi, une faculté de dédoublement naturelle aux pires moments, une sidération débouchant vite sur des décisions salvatrices. Et puis, son amour des mots, de la chose écrite, sa soif de lire, d'apprendre, d'ouvrir son horizon, vont lui offrir la liberté, que ce soit au manoir des Forges ou plus tard dans une zone d'enfermement. Nous sommes au XIX ème siècle, dans la région de la Vézère. Les castes sociales structurent le monde d'alors, le pouvoir de l'argent, de la naissance sont une réalité, chacun à sa place : l'huile et l'eau ne peuvent se mélanger, l'huile sera toujours au dessus de l'eau. Point final, pas de discussion. Également, l'homme est supérieur à la femme, être fragile ayant besoin d'être guidé, protéger, dirigé par un tuteur tout puissant, du père au mari, frère.... L'église a son rôle à jouer auprès de la bonne société certes, mais aussi dans les campagnes, les fermes, lors des fêtes annuelles. Le curé est le lien entre tous, il est le réceptacle de toutes les confidences, confessions, de tous les crimes, toutes les turpitudes. Mais il doit se taire, supporter ce poids de la connaissance de faits innommables, inacceptables. Jusqu'à quand ? Il y a enfin les témoins des faits, lâches, faibles, taiseux, quand il faudrait dénoncer, s'opposer, mais surtout pas assister les démons ou les laisser faire sans réagir. Nous y sommes donc : Un homme, on ne sait qui, un enfant qui s'échappe à cinq ans, Gabriel le curé qui se souvient pour nous, qui relit deux cahiers formant le journal intime de Rose.... Les mots sont là pour l'éternité, la gardent en vie dans la mémoire du prêtre.... Quarante ans plus tôt, un couple de fermiers qui ne s'en sort plus. Quatre filles, pas un fils... Une malédiction. La peur est mauvaise conseillère, le père Onésime prend la pire décision de sa vie.... Rose, l'aînée sera vendue pour pas cher à un propriétaire de forge comme bonne à tout faire. Contrat avec le diable signé, fille disparue au détour du chemin assise auprès de l'ogre, déjà le père se repent. Que dira sa femme...et ses filles, quelles questions poseront-elles ? Un manoir au fond d'une forêt, une forge, une écurie, une sorcière évidemment, un palefrenier et jardinier au regard acéré, Rose terrifiée, du haut de ses quatorze ans... Le drame est déjà présent, tout semble gravé dans la pierre, Rose en sacrifice sur l'autel de l'arrogance et de la folie d'un couple mère-fils dégénéré. On sent l'horreur approcher, on frémit, on assiste, on affronte. Le journal de Rose, auquel nous avons accès grâce à Gabriel, est comme un long fil qui se déroule, sans distinction entre les dialogues, les paroles rapportées, sans césure avec la narration des faits.... Un long continuo jusqu'au bout du souffle. Edmond le palefrenier, s'accrochant à ces "Bon Dieu" intempestifs, comme en apnée, la pensée en phrases courtes. Détours par Onésime et sa femme, que font- ils, que décident-ils ? Nous oscillons ainsi entre chaque protagoniste, chaque époque... Tout est décortiqué, analysé, pas de circonvolutions, direct dans le vif du sujet sans édulcorer... Authenticité en tout, face à l'inacceptable.... Le soleil peut éblouir, frapper, créer des ombres dangereuses mais également, réchauffer et illuminer tout d'une lueur bienfaisante, réparatrice. De l'obscurité à la plus grande transparence, de l'enfermement à la liberté... Un très beau roman à la forme inventive, au propos essentiel. Gratitude ! Quatrième de couverture "- Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile. — Et alors, qu'y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je. — Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. — De quoi parlez-vous ? — Les cahiers… Ceux de Rose." Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec 'Né d’aucune femme' la plus vibrante de ses œuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un trésor sous la colline
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un trésor sous la colline Véronique Chauvy De Borée 9 mars 2023 374 pages Historique Chronique 15 mars 2023 Deux rencontres atypiques à 35 000 ans de distance dans un même lieu, dans les alentours de Montignac en Périgord ou plus exactement sous une colline... Surprenant ! Deux tandems homme femme qui ne devraient pas se former et pourtant... Mystérieux ! Nos destinées sont-elles des redites du passé de lointains aïeux ? Au delà des liens génétiques, nos ressemblances de caractère, de positionnement face à la vie, nous poussent-elles à adopter le comportement de ceux qui nous ont précédé ? Et les lieux empreints encore de leur souffle, de leur présence, portant même les traces de leur passage, ne nous influencent-ils pas ? Ainsi Julia et Nicolaas que tout sépare, si ce n'est leur passion pour la préhistoire, ne sont-ils pas, pour l'homme et la femme énigmatiques retrouvés dans une grotte sous la colline, l'ultime chance de s'unir pour l'éternité ? Véronique Chauvy nous offre à nouveau un fort beau roman inspiré et passionnant situé dans sa région de prédilection d'une richesse inépuisable pour l'écrivaine singulière et talentueuse qu'elle est. Elle nous fait le cadeau de très belles pages, telle cette introduction où nous mettons nos pas dans ceux d'un de nos ancêtres lointains à l'orée d'une nouvelle vie étonnante. Un homme de l'avenir rencontrant une femme déjà du passé... Un évènement "miraculeux" pour tous les paléontologues de l'époque jusqu'à aujourd'hui. J'ai particulièrement aimé ce livre et je remercie l'autrice pour sa délicate dédicace et l'éditeur pour sa confiance renouvelée. Quatrième de couverture Jeune Auvergnate, Julia Lerman est nommée à la rentrée scolaire de 1897 à Montignac, petite cité du Périgord. Libre et en avance sur son temps, elle intrigue ou rebute ceux qui la rencontrent. Orientée par le devoir de Lucie, une élève à laquelle elle s'attache, l'institutrice découvre dans les environs une caverne ornée de peintures pariétales. Elle se heurte dans un premier temps au refus du propriétaire du lieu de pénétrer chez lui. Celui-ci, un savant néerlandais qui vit en reclus, serait pourtant le plus à même de comprendre sa passion pour les recherches préhistoriques. En parallèle, 35 000 ans auparavant, un homme qui fuit sa tribu fait la découverte d'un étrange clan... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Bague au Loup et Le Cyclamor
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Bague au Loup et Le Cyclamor François Liensa alias Jean-François Nahmias Fixot Compagnie 12 1987 et 1988 495 et 346 pages Historique Chronique 11 février 2021 Pour certains ce sont les tomes 2 et 3 de la trilogie de « L'enfant de la Toussaint », mais pour moi ce sont les tomes 3 et 4 de la série « Gueules et Sable », traitant de la Guerre de cent ans racontée au travers de la vie d'un Chevalier, François de Vivraie et de sa descendance. Ainsi je finis la lecture de la série « Gueules et sable ». Faire l'impasse sur « La femme de sable » chroniqué précédemment serait vraiment dommage car certains passages remarquables présents dans cet opus sont absents de « La bague au Loup ». Les événements tels que narrés dans « La femme de sable » sont résumés en 239 pages seulement au début de « La bague au Loup ». Pour moi c'est incohérent sur le plan éditorial et littéraire. Cependant cette série, du coup très longue et même quelques fois répétitive au sein d'un même tome, tant l'auteur semble craindre que le lecteur ne le suive pas, reste exemplaire quant à l'illustration fabuleuse de cent ans de notre Histoire de France ; ceci grâce à la forme romancée, respectant les codes des grandes épopées guerrières et de chevalerie présentes dans notre patrimoine littéraire pour les deux premiers tomes, puis affirmant un virage vers les récits de légendes et de magie avec ces deux derniers épisodes de l'existence de notre héros, François de Vivraie, à partir de ses 60 ans jusqu'à sa mort, peu de temps après son centième anniversaire. Par le biais de son histoire mais aussi de celles de son frère Jean, de son fils Louis, agent secret au service du roi de France, de son petit-fils Charles, le chevalier aveugle, de son arrière-petit-fils Anne, mais aussi de son fils illégitime, Adam, porteur de la haine que voue sa mère, Mahaut, païenne psychopathe, à François et ses descendants, défenseurs de la chrétienté, l'auteur réussit à nous rendre limpide les tenants et aboutissants d'un conflit complexe aux raisons iniques et répercussions incommensurables jusqu'à nos jours. Charles VI, le roi fou est mort. Le pays est déchiré par une guerre civile opposant les partisans du duc d'Orléans à ceux du duc de Bourgogne sous les noms d'Armagnac et de Bourguignons. La lutte est sans merci et offre aux Anglais, faisant alliance avec ces derniers, les conditions parfaites à leur victoire écrasante à la bataille d'Azincourt. Ils conquièrent ainsi tout le nord de la France, la Normandie et Paris. L'année précédente, en 1422, avant le décès de Charles VI, les Anglo-Bourguignons avaient réussi à lui faire déshériter son propre fils au profit du roi d'Angleterre. Ainsi la France avait deux rois reconnus par chacun des deux camps : D'un côté Henri VI d'Angleterre, un enfant représenté par un régent, son oncle le duc de Bedford, et de l'autre Charles VII. Reims étant en territoire anglais,ce dernier n'a pu être sacré roi et est encore surnommé le Dauphin. La situation est donc complètement ubuesque, le pays est entre le marteau et l'enclume, le peuple subit des ravages multiples dûs aux passages des armées, bandits et grandes épidémies. Paris reste un enjeu considérable, après que Jeanne d'Arc ait réussi à mettre sur son trône légitime Charles VII, qui pourtant se montrera bien déloyal et amnésique plus tard, abandonnant la Pucelle d'Orléans à son destin. Loin de ces champs de bataille et d'intrigues diverses, informé des évènements politiques mais aussi de la vengeance que poursuit son fils illégitime Adam accompagné de sa femme Lilith, François de Vivraie en son château du même nom a remisé son armure à plus de soixante ans pour se tourner vers l'Alchimie, à l'instar de son ancêtre Eudes : celui-ci en effet en choisissant les couleurs rouge et noir du blason de la dynastie, souhaite allier l'image de perfection du chevalier à celle d'ermite, de l'action compagne de la réflexion, de la lumière et de l'ombre. Ainsi a-t-il donné un ordre : que ses descendants unissent et concilient les deux faces du blason au premier abord inconciliables. François va se consacrer à cette mission et cherchera en ses héritiers celui qui pourra relever le gant. Se faisant ne commettra-t-il pas une lourde erreur et ne condamnera-t-il pas ses jeunes hommes à l'enfer ? Un enfer dont Adam et Lilith semblent les maîtres incontestés. Une reconstitution hallucinante encore une fois, des personnages de notre Histoire ressuscités avec un talent incontestable et un souci du détail, un thriller psychologique, surfant à certains moments avec le surnaturel ou en tous cas, l'inexplicable... Une fin magnifique, poétique, digne des plus grandes légendes redonnant espoir en l'avenir... Quatrième de couverture Petit rappel François de Vivraie chevalier breton né le 1er novembre 1337 selon la croyance populaire doit vivre 100 ans. Nous sommes en 1380 Du Gesclin et Charles V sont morts. Mais Ariette sa femme anglaise vient elle aussi de mourir après lui avoir donner 2 enfants Isabelle et louis qui sont maintenant adultes. Louis enfant secret qu’il n’a jamais voulut comprendre car il n’a rien du chevalier qu’il souhaitait pour prendre sa suite. Au moment où il apprend la mort d’Ariette il reçoit un appel au secours de jean son frère , accusé d’athéisme celui ci a fait appel au jugement de Dieu et bien entendu c’est a son frère qu’il demande d’être son chevalier. François malgré sa douleur part pour Rome c’est à ce moment que la branche de ces ancêtres descendant des loups va se rappeler à lui. Après de multiples aventures( dont un séjour comme esclaves chez les sarrazins) ils rentrent victorieux à Avignon auprès du pape. C’est là que Jean lui fait la révélation qui change toute son existence , il vivra 100 ans et aussi il doit après avoir été le chevalier au lion être celui au loup alliance parfaite de la force et de l’intelligence. Jean ayant use sa vie à la recherche de la vérité meurt en saint de la peste. François après avoir perdus tout ceux qu’il aime va se réfugier à Paris .C’est là qu’il rencontre Mahaut d’Arceuil la louve. Pour se venger des chrétiens la prussienne a décider de faire payer le premier chevalier innocent qu’elle trouverait. Elle aura trois enfants de lui des jumelles et un fils Adam qu’elle refuse de lui laisser connaître. François a 50 ans il n’en est qu’à la moitié de sa vie que faire de ses 50 années de solitude ? la solution est à Cousson il devient alchimiste. Pendant ce temps au péril de sa vie et celui sa femme Louis de Vivraie est espion à la solde du roi de France. Il espère que son fils Charles sera le chevalier digne descendant des Vivraie, mais celui ci très jeune devient aveugle. Adam sans père le fils adultère de François a juré la perte des Vivraie et son machiavélisme et sa chance lui donneront la mort de Louis et de Charles et le désespoir de Renaud fils d’isabelle." Quatrième de couverture Tome 3 ou 4 Le Cyclamor : Le cyclamor troisième tome de l'enfant de la toussaint qui fait suite à la bague au lion puis la bague au loup. Nous sommes maintenant au début de l'année 1423, François de Vivraie est devenu un vieil homme sage. Son arrière petit fils Anne est son seul successeur possible. Il veut en faire un chevalier digne descendant d'une lignée au blason de gueules et de sable ( bravoure et culture ). Mais c'est sans compter sur Adam et sa femme Lilith démone reine de la nuit, qui ont jurés la perte de la famille et non plus sans compter sur le destin qui va s'acharner contre eux et obliger François à déshériter Anne pour lui sauver la vie. L'enfant innocent et surprotégé par son aïeul va devenir un homme au prix des larmes et du sang, perdre son innocence en épousant Théodora la louve réincarnée après deux siècles pour son malheur et son bonheur à la fois. A Jérusalem il reprends quand même goût à la vie et revient se battre pour son pays tout d'abord à Neuville avec le peuple puis auprès de jeanne d'Arc. Il est fait prisonnier et en échappant à la mort que Lilith lui prépare tombes amoureux de la sœur de son geôlier. Comme François il doit attendre un moment de calme pour réalise ce mariage qui lui aussi symbolise la paix : un chevalier breton se battant auprès du roi de France s'unit à une Bourguignonne voici la France enfin réunifiée. Leurs ennemis enfin vaincus il rentrera à Paris au côté du roi de France pour assister à la mort de François au milieu des siens dans une France enfin en paix quelques jours après ses 100 ans. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Bonheur de Lucia
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Bonheur de Lucia René Barral De Borée Terre de Poche 10 février 2022 392 pages Historique Chronique 12 février 2022 « Le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu'on fait contre le destin qui nous est imposé. » Albert Camus, Lettre à un ami allemand. « Ne te laisse pas faire, petite. Tu ne vaux pas moins que les autres, bien au contraire. » Une des religieuses de l'orphelinat répétait inlassablement cette phrase à la petite Lucia dont la vie depuis sa naissance avait déjà été bien difficile. Des parents républicains se battant contre le franquisme, un père veuf arrêté en 1939 alors, qu'avec sa fille, il survit dans les camps ignobles de Argelès-sur-Mer, la petite envoyée chez les sœurs lui offrant quelques années de douceur pour ensuite être placée comme esclave à tout faire dans un domaine viticole. Lorsque le propriétaire meurt, son fils prend sa suite engageant un régisseur sadique et violent. Au fil des années, la beauté sombre de Lucia s'épanouit, malgré les mauvais traitements et la vie si rude, faisant de la jeune femme de dix huit ans, donc mineure en cette année 1950, une proie facile. Une tentative de viol est le déclencheur à la course effrénée de Lucia vers sa liberté et son bonheur... Le destin semble s'acharner et pourtant toujours une main se tend au bon moment lui permettant de rebondir, de se réinventer. Ce monde est fait de prédateurs mais aussi d'hommes et de femmes de bien qui concourent tous à aider cette héroïne invisible. Car en nous contant l'histoire de Lucia dans le cadre des Cévennes qu'il aime tant, René Barral trace le portrait de milliers de nos aïeules ouvrières, paysannes, et aussi de ces agriculteurs, viticulteurs, industriels dans le domaine de la bonneterie, ou encore mineurs. Nous découvrons par les yeux de la jeune femme les grands bouleversements de la société cévenole, les manifestations des viticulteurs durement réprimées par les CRS de l'époque, l'existence âpre mais aussi riche de camaraderie et de solidarité des ouvrières dans les usines de bas et des mineurs. Nous entrons également dans les salons de la bourgeoisie, de l'élite provinciale où se mélangent les grands propriétaires de domaines viticoles, de manufactures, les banquiers, les politiciens, et fréquentons enfin, pour notre plus grand plaisir, les bals musettes du dimanche après midi où des couples se formaient sur un air de java. La reconstitution de ces années est étonnante, très réaliste. L'on voit les protagonistes s'animer comme dans les films de l'époque. Une lecture passionnante, émouvante, sans temps mort, dans les pas d'une jeune femme en quête de son bonheur, de l'Amour, d'une place dans ce monde. J'ai beaucoup aimé ce récit authentique et détaillé, long parcours d'obstacles et initiatique pour notre Lucia. Quatrième de couverture Recueillie par des religieuses après avoir fui l'Espagne de Franco, Lucia, orpheline, est placée chez des viticulteurs. Entre tâches ménagères et travaux de la ferme, aucune corvée ne lui est épargnée. Elle rêve de s'émanciper, de quitter cette vie de misère. Aussi, le jour où le régisseur du domaine tente d'abuser d'elle, elle décide de partir. Seule au monde, sans famille ni amis sur qui compter, elle va retrouver Claudio, exilé lui aussi. Ce dernier semble avoir eu plus de chance que sa compatriote ; les Favières, industriels à Ganges, dont l'usine de bas Nylon tourne à plein, l'emploient comme chauffeur et jardinier. Et ils vont accepter d'engager Lucia à leur service...jusqu'au jour où Claudio se laisse entraîner par des comparses dans la revente de bas dérobés à l'usine. Immigrée espagnole, orpheline, Lucia a bien mal débuté dans la vie. À 18 ans, elle prend la fuite du domaine où elle travaille comme une petite esclave. Elle débarque alors à Ganges où elle est embauchée dans une usine qui produit des bas en nylon et retrouve un autre exilé, Claudio, qui lui travaille à la mine. Va-t-elle enfin vivre paisiblement ? Le mauvais sort s'acharne pour déjouer ses plans... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Victime 2117
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Victime 2117 Jussi Adler Olsen Albin Michel 2 janvier 2020 575 pages, traduites du danois par Caroline Berg Thriller et Policier Chronique 3 janvier 2020 En ce qui me concerne, Jussi Adler Olsen est le champion de marathon au long cours dans la catégorie série policière, thriller politique voire historique. On sent sa nécessité de dénoncer des injustices, son engagement de citoyen, ses profondes convictions humanistes, sa volonté de rétablir des vérités historiques, le tout assaisonné de scènes violentes, noires, crues mais aussi de tendresse, d'amour, d'amitié, de camaraderie, d'authenticité et de beaucoup, beaucoup d'humour. Je suis une fan inconditionnelle, et en plus c'est mon premier Jussi Adler Olsen acheté, les autres ayant été trouvés dans les médiathèques de Paris et de Malakoff que je remercie infiniment. Cela fait du bien de retrouver une famille de personnages plus vrais que nature, dont nous suivons les enquêtes, mais également les vies trépidantes jalonnées d'événements exceptionnels, gravissimes, de grandes souffrances mais aussi de joies extrêmes et de sacrées surprises. Et cet opus vous en promet de gratinées.... Carl Morck dirige ce département V, épaulé par Assad, très mystérieux quant à son passé, Rose dont c'est enfin le grand retour après deux ans d'absence, et Gordon toujours aussi timide et en amour pour sa collègue. Sans oublier Mona la compagne de Carl et les autres acteurs secondaires récurrents qui apportent une légèreté au récit tout en permettant à l'auteur de continuer à raconter la vie des héros en parallèle des enquêtes ponctuelles. Ainsi, le fil conducteur entre tous les tomes est toujours tendu. Jussi Adler Olsen réussit à nouveau à courir plusieurs lièvres à la fois avec maestria, sans aucun temps mort. Les régimes dictatoriaux de Syrie, Irak, et les répercussions sur les opposants aux régimes totalitaires, les mensonges des Etats Unis quant à la présence d'armement de destruction massive chez Saddam Hussein, la tragédie vécue par les migrants traversant cette Méditerranée devenue un immense cimetière, l'addiction de millions de jeunes de par le monde à des jeux vidéos ultra violents, totalement déconnectés de la vie réelle et potentiellement des criminels en puissance, le terrorisme enfin, en Europe principalement, faisant de nous tous des cibles. Mais surtout la personnalité d'Assad nous est enfin dévoilée... on a espéré ce moment pendant très longtemps. Tout commence donc à Barcelone, avec un journaliste raté, Joan, ruiné, seul, désespéré, assis à la terrasse d'un café en bord de mer essayant de trouver le courage de se suicider par noyade... Ce ne sera pas pour tout de suite, un attroupement sur la plage attire soudain son regard... Une équipe de télé filme un reportage sur une tragédie. Des corps viennent s'échouer sur un rivage chypriote, des migrants dont ce fut le dernier voyage.... Serait-ce le signe que Joan attendait.... Le scoop, sa chance.... Vite, trouver le moyen de se rendre sur place, la plage d'Ayia Napa.... l'y attend le corps de la victime n° 2117.... Il est piégé, il lui doit de dévoiler la vérité sur sa mort. Votre voyage commence qui passera par Copenhague pour finir à Berlin. Formidable épisode, cela valait la peine d'attendre.... Tout les ingrédients nécessaires à la rédaction d'un étonnant thriller politique y sont.... Une réflexion sur notre monde, qui encore une fois, nous pousse dans nos derniers retranchements. Respect ! Quatrième de couverture Le journal en parle comme de la "victime 2117" : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l'ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l'Europe. Mais pour Assad, qui oeuvre dans l'ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d'être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgi de douloureux souvenirs. Il est temps pour lui d'en finir avec les secrets et de révéler à Carl Morck et à son équipe d'où il vient et qui il est. Au risque d'entraîner le Département V dans l'œil du cyclone. Qui est Assad ? Victime 2117 est la réponse. Cette enquête est son histoire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Madame Curie
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Madame Curie Eve Curie Folio 24 septembre 1981 544 pages Biographie Chronique 8 mai 2022 Un grand "roman" d'Amour, ou plutôt d'Amours. Déclaration à travers le temps d'amour et de d'admiration d'une fille pour sa mère, récit d'une romance devenue passion partagée d'un couple inséparable devant l'éternité, manifeste d'amour de la vérité pure, de la Science, de la recherche, de la compréhension des mystères de l'univers, d'amour de son prochain, d'amour des siens, de la famille proche et de ceux que l'on coopte, d'amour indéfectible pour deux patries, la France et la Pologne..... La liste est infinie .... Un texte de 1938 dont la contemporanéité est stupéfiante, où l'on retrouve le souci du vrai, de l'excellence, de l'exactitude, d'une femme digne de ses parents. Texte élégant, magnifique, bouleversant aux larmes, empreint d'humilité, de pudeur, d'une immense tendresse, d'une nécessité à raconter les faits illustrés de lettres familiales ou personnelles, quelques fois officielles, d'extraits de carnets d'études... Marie, une femme extraordinaire doté d'une force de caractère exceptionnel, d'un altruisme incroyable, d'une résistance chevillée au cœur dès l'enfance en cette Pologne sous domination russe. Elle apprend très tôt à dissimuler ses sentiments, à faire preuve d'un stoïcisme indispensable pour survivre. Une petite Mania devenue Marya puis Marie. Sa force comme son intelligence géniale et sa mémoire hors norme sont des cadeaux de naissance qui la porteront vers un avenir si incroyable, si prodigieux, qu'il en parait presque fictif, imaginé par un écrivain fantaisiste. Sa loyauté, sa fidélité, sa conviction de faire partie d'une famille, d'un tout, d'une communauté d'êtres humains égaux, la poussent à des actes d'une admirable générosité. Pierre Curie est son double en tout, plus qu'une âme sœur. À eux deux, au mépris de leur santé, de leur enrichissement personnel, accumulant les difficultés matérielles, financières, menant une lutte harassante quotidienne, ils ont offert à l'humanité, humblement, librement, un moyen de vaincre le cancer. Ce souci des autres, ce sens des responsabilités poussé à l'extrême, cette conscience aiguisée du Bien et du Mal, ce refus des honneurs, bien loin d'une posture intellectuelle artificielle, cette timidité naturelle, font d'eux des génies d'une profonde humanité, inoubliables et inséparables devant la postérité. Et comme toujours avec les élites artistiques, scientifiques, etc... la France fait la fine bouche au moment même où les plus grandes distinctions Internationales couronnent le couple puis Marie seule. Là où l'on bâtit des ponts d'or à cette héroïne de par le monde, on ne peut comprendre les ergotages insultants français ne serait-ce que pour l'obtention d'un simple laboratoire. Notre pays, corseté, misogyne et paternaliste, ne sort pas grandi à nouveau de tout cela allant même jusqu'à oublier de décerner une médaille militaire à celle qui n'a pas hésité à conduire des ambulances équipées d'un appareil à rayon X sous le feu de la mitraille et des bombes. Les honneurs et des conditions de vie confortables ont enfin accompagné les dernières années de Marie Curie se donnant la tâche de passer le flambeau aux générations suivantes, sa fille Irène et son compagnon, Frédéric Joliot futurs prix Nobel également, mais aussi à Ève dont j'ai copié la biographie exceptionnelle. J'ai été profondément touchée par cet ouvrage singulier, rééditée heureusement chez Folio poche en 2019. L'autrice, avec un immense talent, dresse un portrait d'un grand réalisme tout en nous offrant une fresque historique étourdissante de la Pologne à la France, et à tout les lieux où furent fêtés et accueillis avec admiration le couple Curie puis la veuve inconsolable mais droite et digne. Magnifique biographie d'une femme d'exception que je vais m'empresser d'acheter. Un exemple à suivre, un visage galvanisant dont il faut se souvenir aux moments les plus sombres.... ou lumineux de nos existences. Quatrième de couverture « Elle est femme, elle appartient à une nation opprimée, elle est pauvre, elle est belle. Une vocation puissante lui fait quitter sa patrie, la Pologne, pour venir étudier à Paris où elle vit des années de solitude, de difficulté. Elle rencontre un homme qui a du génie comme elle. Elle l'épouse. Leur bonheur est d'une qualité unique. Par l'effort le plus acharné et le plus aride, Marie et Pierre Curie découvrent un corps magique, le radium. Leur découverte ne donne pas seulement naissance à une nouvelle science et à une nouvelle philosophie : elle apporte aux hommes le moyen de soigner une maladie affreuse. Au moment même où la gloire arrive, son merveilleux compagnon lui est ravi par la mort. Malgré la détresse du cœur et des maux physiques, elle continue seule la tâche entreprise, et développe avec éclat la science créée par le couple. » EC Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'étrange locataire de Madame Eliot
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'étrange locataire de Madame Eliot Sylvie Baron De Borée Terre de Poche 10 février 2022 305 pages Polar de terroir et thriller Chronique 16 mars 2022 Je ne connaissais pas cette autrice, j'en ai un peu honte, et cette découverte d'un style original, d'une très belle plume, d'un univers mêlant romantisme, romanesque, terroir, thriller et polar m'a enchantée. Totalement maîtrisé de bout en bout, ce récit qui commence comme un roman feel-good bascule en thriller terrifiant des plus impressionnants. Sylvie Baron campe parfaitement les décors, crée des personnages réalistes apportant un soin particulier à l'analyse psychologique des intervenants, soignant les descriptions des modes de vie d'une communauté villageoise vivant lovée sur elle-même, prise peu à peu dans la tourmente provoquée par une âme damnée, démente. La peur monte crescendo, le doute et la paranoïa empoisonnent le quotidien de tous, une ambiance délétère, tel un brouillard épais et nocif, s'étend sur la bourgade et en particulier la demeure de Madame Eliot vivant seule avec sa fille adolescente. Le sentiment de fantastique se renforce petit à petit, les codes des textes de chevalerie sont repris, redistribuant les rôles aux différents protagonistes. À l'instar de l'héroïne, on ne sait que croire pendant un certain temps, on remet tout en question, on se méfie de chacun et en premier de l'énigmatique et séduisant locataire. Des paragraphes en italique consacrés au tueur font monter la pression inexorablement. Même si son identité devient évidente à un certain moment, l'autrice réussit le tour de force de maintenir notre attention, notre soif de lire jusqu'à la dernière ligne, grâce à un resserrement du rythme, grâce à une description apocalyptique finale extraordinaire.... L'incandescence de cette scène de dénouement est inoubliable. Beaucoup de métier doublé d'une connaissance bluffante de l'âme humaine et d'un plaisir sadique à jouer avec nos nerfs et nos petites cellules grises font de ce thriller de terroir une vraie réussite et un excellent moment de lecture. Quatrième de couverture Seule désormais avec sa fille, Madame Eliot se refuse à envisager de quitter «les Chênes», cette belle demeure où l'accompagnent tant de souvenirs de son bonheur perdu. Elle devra se résoudre, bien à contrecœur, à la seule solution qui s'offre à elle : louer la Tour, bâtisse attenante à la maison et pouvant disposer d'un accès particulier. Peut-elle imaginer qu'à compter de cette simple décision, elle se verra plongée dans un autre monde, rempli d'angoisse, avec cet étrange locataire qu'elle va choisir et ces trop nombreux accidents mortels qui vont désormais entourer son quotidien ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Playground
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Playground Lars Kepler Actes Sud 3 mai 2017 407 pages traduites par Lena Grumbach Thriller Chronique 12 août 2017 Playground est le premier thriller indépendant du couple ne faisant pas partie d'une série, de type fantastique et d'action. Très cinématographique dans ses plans de coupes et ses descriptions, on est entre un jeu vidéo et un film chinois de combats prodigieux. On cherche déjà qui pourraient incarner les différents personnages. Très rapide et fractionné, on essaie de suivre le rythme de la lieutenant Jasmine Pascal-Anderson sur les scènes de combats au Kosovo où elle vit sa première expérience de mort, puis de retour en Suède, reconvertie en secrétaire afin d'offrir à son fils de cinq ans Dante une vie normale, même si elle ne vit pas avec son père Mark. Mais en plein Syndrome Post Trauma elle voit toujours la cité portuaire chinoise de la mort où ceux qui sont en suspend entre la vie et la mort attendent leur sort. Elle perd pied lors d'un accident cardiaque d'un parent d'élève, auquel elle assiste à la maternelle de son fils , et est internée d'office en service fermé par la loi. Elle y reste plusieurs mois comprenant bien vite que son silence quant à son expérience de la ville chinoise est essentielle si elle veut revivre avec Dante. Enfin sortie, sa mère au volant sur une route prise par la première neige, Dante attaché à côté d'elle à l'arrière de la voiture, elles se rendent chez Mark pour parler de la garde de l'enfant. Mais l'accident est inévitable, le fils est gravement blessé, sa mère est décédée, , mais Jasmine n'a que quelques contusions. Une opération bénigne de la rate de Dante est réussie mais bientôt il faut l'opérer du cœur et donc l'arrêter, ce qui signifie pour Jasmine l'impensable, car il sera techniquement mort, et donc va se retrouver seul dans cette ville de la mort, dangereuse, gangrenée par les gangs et les triades, avec une administration des plus compliquée même pour une adulte. Jasmine demande donc à sa sœur Diane d'arrêter son cœur par une piqûre au moment ou le cœur de Dante sera arrêté .....ils se retrouvent de l'autre côté dans cette ville mystérieuse chinoise..... Mais tout ne va pas bien se dérouler. C'est un roman reprenant les thèmes de la mythologie avec le passage du Styx, de Orfeo venant chercher Eurydice au royaume des morts, mâtiné de légendes chinoises. Ce royaume des morts est une dictature aux règles archaïques et complexes où pour sauver Dante, Jasmine va devoir redevenir une guerrière sur le Playground, ou arène autour de laquelle le peuple hurle et trépigne comme des hyènes. C'est aussi un conte philosophique sur la vie et la valeur qu'on lui donne, sur la notion de sacrifice, de confiance en soi et dans les autres, des limites qu'on transgresse par amour. Livre très étonnant brumeux, entre une vie réelle chronométrée et une presque mort parallèle détachée du temps, sans sommeil, ni rêve. Des descriptions fabuleuses et flamboyantes, une atmosphère délétère où l'innocence de Dante et l'amour immense entre la mère et le fils apurent l'air et nous font espérer en une renaissance enfin. Évidemment de nombreux parallèles sont possible car c'est un roman à plusieurs niveaux. Magnifique construction fragmentée pour toute la fin jusqu'au combat du bien contre le mal. J'attends le film maintenant..... Quatrième de couverture Forte d’une expérience de mort imminente, une mère tente désespérément de sauver son fils de cinq ans, mortellement blessé lors d’un accident de voiture. Elle sait ce qui l’attend de l’autre côté, et qu’il ne s’en sortira jamais tout seul. Une seule solution : accompagner son fils dans la mort. Mais dans la salle d’attente entre la vie et la mort, leurs destins vont se déterminer sur le terrain de jeu – véritable théâtre des horreurs. Bienvenue dans le Far-West de l’au-delà. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Bagne des enfants - La colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Bagne des enfants - La colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer Christophe Belser De Borée Histoire & Documents 19 mai 2022 300 pages Historique Chronique 12 juillet 2022 Version illustrée. « Les enfants sont vus [...] comme des "petits vauriens », « indomptables », « absolument rebelles », « voués fatalement à la prison ou au bagne », « de vraies brutes », avec une « tare héréditaire visible sur leurs visages. » Marcel Mallat de Bassilan « Il y a dans l'enfance, explique Léon Vidal, inspecteur général des prisons, comme dans l'homme arrivé à maturité, des caractères tellement méchants, si foncièrement vicieux qu'ils sont incorrigibles par les moyens communs, indomptables par les formes ordinaires de l'éducation. Il y a des enfants si enclins au mal qu'ils semblent destinés au crime si on ne les arrête dans cette voie par des moyens exceptionnels. » « L'enfance coupable » donc mérite son châtiment. Dès la naissance, si celle-ci est survenue dans un cadre modeste, pauvre, ou pire, de parents délinquants ou vagabonds, encore plus si orpheline, cette enfance se voit impitoyablement condamnée par une société croyant à la prédestination, l'inéluctabilité du passage aux crimes pour des gamins et filles malchanceux de n'être pas riches et entourés d'affection. Et pour ceux qui seraient issus d'une bonne famille, à la première incartade, au premier signe d'indépendance, d'indiscipline, la justice abat le couperet... direction les bagnes pour enfants sous couvert de rééducation et d'apprentissage d'un métier. La sidération horrifiée que l'on ressent à la lecture de ce document exceptionnel est renforcée par le ton factuel évitant tout pathos. Un soin extrême est apporté par l'auteur à la vérité historique, à l'analyse au scalpel et au jugement sans appel de cette société corsetée dans ses certitudes inhumaines, coupable d'avoir détruit des milliers d'enfants, d'avoir fait se cotoyer des criminels notoires et des gamins innocents, d'avoir encourager la violence, la torture, la maltraitance, le viol des "colons" par le personnel ou certains caïds enfermés avec des agneaux sacrifiés. Affamés, utilisés comme de la main d'oeuvre à bas prix, certains sont tombés dans un désespoir sans fond, d'autres se sont enfuis pour être repris, suppliant le juge lors de leurs procès d'être envoyés dans une prison pour adultes loin de cet enfer. La vérité sur l'horreur de ces colonies pénitentiaires a peu à peu éclaté grâce aux mutineries multiples, aux morts suspectes de certains enfants ou jeunes, grâce à la ténacité de certains journalistes, écrivains, hommes de bien. Une personnalité particulièrement haïssable symbolise à elle seule la monstruosité qui pouvait régner dans ces lieux de tourmente : L'inamovible Maxime Peyron, directeur à Belle-Île-en-Mer pendant 24 terribles années, un tortionnaire et un sadique qui grâce à ses appuis politiques ne prendra sa retraite qu'à 74 ans sans avoir jamais dû rendre compte de ses crimes. Christophe Belser rend leurs voix et leurs noms aux victimes : Georges Goazempis, Eugène Gicquel, Mathurin Reto, Roger Abel, Maurice Pilorge.... J'ai lu ce document par petits bouts tant l'horreur décrite est insoutenable. Il faut attendre 1977 pour qu'enfin ce bagne soit fermé, mais combien d'enfants et de jeunes gens sacrifiés ! Combien de meurtriers au sein du personnel non condamnés ! Gratitude envers l'auteur pour ce travail colossal magistralement rédigé et exposé. Quatrième de couverture Fondée en mai 1880 dans une ancienne prison politique, la colonie agricole et maritime de Belle-Île-en-Mer accueille des adolescents âgés entre 13 et 21 ans... Des jeunes ayant été acquittés par la justice en raison de leur absence de discernement et des jeunes justiciables condamnés à des peines de 6 mois à 2 ans d'incarcération. Se mêlent des petits vagabonds à peine sortis de l'enfance, des mendiants, des voleurs à la tire mais également de jeunes criminels multirécidivistes, coupables, pour certains, de meurtre. Leurs conditions de détention déplorables, les mauvais traitements infligés par les gardiens et la violence entre colons poussent nombre de ces jeunes prisonniers à tenter de fuir cet enfer carcéral, seuls, en groupes ou lors de révoltes et de mutineries spectaculaires. Ce récit poignant illustré et documenté, revient sur ces épisodes dramatiques et en analyse les fondements, entre déshumanisation du système judiciaire et de ses représentants, et le profond désespoir de ces « enfants du bagne ». En 1934, Prévert écrira La Chasse à l'enfant suite à une terrible mutinerie en réaction aux souffrances endurées dans ce bagne. Ce lieu d'enfermement qui semble sorti d'une autre époque a fermé ses portes en 1977, c'était hier... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La part des cendres
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La part des cendres Emmanuelle Favier Albin Michel 17 août 2022 560 pages Historique Chronique 5 novembre 2022 « Sunt lacrimae rerum » : « Les choses ont leurs larmes ». Virgile Sophie, Arlette, Rose, Georgette, Blanche, Mathilde, Mérédith, Anne : Autant de prénoms de femmes célèbres ou imaginées, choisis en titre de chaque partie de cette fresque somptueuse et tout à fait édifiante, par l'autrice, Emmanuelle Favier. Alliant les talents indiscutables de conteuse extraordinaire, de poétesse inspirée, d'érudite passionnée, de savoureuse de mots, de chercheuse soucieuse de vérité historique, celle-ci a mené à bien une mission titanesque. Il n'est de lire que les remerciements à tous ceux qui l'ont aidée pour prendre la mesure de la somme de travail, de patience, qu'a déployée l'écrivaine pour nous offrir une telle œuvre. La romancière réussit à mêler les destins de la Comtesse de Ségur, fille de Fiodor Rostopchine gouverneur de Moscou face à Napoléon, de Marguerite Yourcenar, de Virginia Woolf, de Rose Valland qui avec Jacques Jaujard alors directeur des Musées nationaux et de l'École du Louvre, engagés dans la Résistance, ont sauvé près de 60 000 oeuvres pour certaines rendues à leurs propriétaires, de Marcel Bleustein-Blanchet, le grand publicitaire luttant auprès du Général de Gaulle spolié de tous ses biens étant juif.. à ceux de ses personnages issus de son esprit fécond. Elle choisi comme témoin d'une femme à l'autre, une boîte en bois précieux rapportée de Russie, contenant évidemment un secret inestimable, tombée entre les mains de Mathilde après bien des pérégrinations et aventures. Et nous voici emportés dans un long voyage spatiotemporel jusqu'à nos jours. J'ai refermé ce roman, éblouie, bleuffée, avec la vive conscience d'avoir été privilégiée de lire un tel ouvrage, car le trésor est là en cette mémoire imprimée noir sur blanc de ce qui fut et ne peut être oublié. La grande Histoire se confond avec l'intime, et soulève nos propres interrogations quant à l'héritage que nous choisissons de porter ou non, de notre place dans la chaîne d'humains qui nous ont précédés, de la famille que l'on se choisit finalement. Une scène entre toutes m'a marquée : sous une pluie (que je qualifie de cendres) en ce mois des morts, cette jeune femme Mathilde, a la vision des larmes qui habitent encore les objets dépossédés de leurs propriétaires. Elle s'est lancée dans la rédaction d'un mémoire, histoire des spoliations depuis Napoléon jusqu'aux politiques contemporaines de réparation. Ce faisant, elle cherche à se situer dans la longues lignées de ses aïeux et particulièrement de ses aïeules. « Elle songe, et désormais ses songes lui appartiennent, qu'il n'y a peut-être pas d'autre choix que de porter toute sa vie le poids de son passé, de son héritage, ou bien de brûler comme une terre qu'on ne veut pas laisser entre les mains de l'ennemi. Ou plutôt elle songe qu'il faut faire la part des cendres, comme on fait celle du feu : accepter qu'une part de soi-même reste inaccessible, qui s'est perdue dans les gouffres séparant les générations les unes des autres, dans les folies de l'Histoire et de ses réécritures permanentes. Que notre vérité soit faite de ces cendres, et qu'on ne la possédera jamais. Que se concentrer sur les puissances vives qui subsistent dans le brasier soit la meilleure façon de l'alimenter. » Y-a-t-il de l'indécence, de l'absurde dans l'idée de Mathilde de rapprocher Napoléon, Hitler, Goering ? Tous les trois, mégalomanes, ont été d'une voracité indéfendable quant à leur désir insatiable de voler, d'accumuler, de collectionner des biens, des oeuvres d'art, des livres précieux... des peuples asservis, conquis, comme trésors de guerre ou sous le fallacieux prétexte de l'ERR nazi de sauver des chefs-d'œuvre de la sauvagerie. En réalité, ils voulaient, que ce soit à Paris pour Napoléon ou à Linz pour Hitler, posséder les plus extraordinaires richesses en spoliant et massacrant les véritables propriétaires de ces merveilles. Vieille tradition qui remonte à l'origine des civilisations, illustrée entre autres par l'Hadrien de Marguerite Yourcenar. Les archéologues, les savants, les érudits, ont joyeusement rapporté de leurs voyages et lieux de fouille, des antiquités, artefacts et autres objets précieux pour les exposer dans des musées lointains. Cependant, il existe une différence de taille entre Napoléon et les deux Nazis : Mérédith, l'amie de Mathilde, lui dit : « La notion de trophée de guerre, de butin légitime, remise à la mode par Napoléon, n'est qu'un prétexte pour Hitler. Chez lui tout est alourdi, envasé par l'idéologie qui recouvre chacun de ses actes d'une moisissure abjecte. À grand renfort de loi du talion et de références au Traité de Versailles, Hitler s'autorise le dépouillement des biens pour mieux éliminer les corps.» À lire absolument. Quatrième de couverture De l'incendie de Moscou au manoir de Kerlan en passant par Dresde, Odessa, la Carinhall de Goering, Nuremberg et New York, deux siècles de tumulte ou le fol itinéraire d'un petit coffret contenant un trésor, symbole de la grande Histoire des spoliations et des guerres. Fresque monumentale où l'on croisera les monstres et les héros modestes de l'Histoire, les crapules et les martyrs, « La Part des cendres » entrelace avec génie les fils de cette toile qui fait l'humanité - son courage, sa ferveur et son avidité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Plus loin que l'hiver
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Plus loin que l'hiver Isabel Allende Grasset 10 juin 2020 336 pages traduites par Jean Claude MASSON. Titre original « Más allá del invierno ». Policier historique Chronique 17 août 2020 « Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invicible. » Albert Camus, « Retour à Tipasa », 1952, ( L'été, Gallimard, 1954) Qui mieux que Isabel Allende pouvait être capable d'écrire un roman mêlant : - La tragédie des ressortissants d'Amérique du Sud et Centrale cherchant à émigrer illégalement aux USA par le Mexique, leur vie misérable étant en danger dans leurs pays d'origine aux mains des gangs, trafiquants, mafieux... - L'Histoire du Chili, du Guatemala, du Brésil... - Une histoire d'amour et d'amitié touchante et enthousiasmante... - Le suspense d'un thriller sous forme d'une fuite en avant avec un cadavre dans le coffre d'une voiture... Le tout alternant passages bouleversants, terribles, insupportables, épiques mais aussi cocasses, drôles, tendres. Un trio improbable de deux sexagénaires, Lucía, la Chilienne universitaire invitée pour un semestre de conférences par Richard, le new-yorkais, son logeur et voisin, et Evelyn une jeune femme sans vrais papiers, timide, apeurée, arrivée d'une bourgade guatémaltèque dans des conditions dramatiques. Pour aider cette victime des circonstances, en pleine tempête de neige, le duo, formé d'une risque-tout à la langue bien pendue et d'un homme bougon, replié sur lui fuyant les autres par peur de souffrir, va prendre une décision incroyable, périlleuse les lançant dans un road trip dangereux. Cependant ce voyage sur les routes vers une cabane isolée près d'un grand lac va aussi être le déclencheur permettant à ses trois personnages en souffrance de raconter enfin leur passé dans trois pays d'Amérique du sud depuis les années 70 pour Lucía au Chili, la décennie suivante pour Richard à Rio de Janeiro, et le Guatemala de 2008 pour Evelyn. Ce livre est évidemment une des œuvres les plus personnelles de Isabel Allende par ce qu'elle retrace du martyre de ces populations piégées par des dictatures inhumaines... mais elle est également une réaction aux déclarations et décisions insupportables de Donald Trump dès son début de mandat présidentiel. L'américaine d'adoption toujours chilienne de coeur ne pouvait rester muette et ne pas s'exprimer par le biais de la fiction. Je suis certaine que nombres d'exilés, immigrés, réfugiés politiques se retrouveront dans ce roman inclassable. Malgré l'humour toujours présent, geste d'élégance suprême, j'ai lu ce roman comme un thriller historique et policier sous forme de road trip. Un livre pour réveiller les consciences qui ne le seraient pas, et un hommage vibrant à tous ces héros invisibles. Et puis, qu'est-il arrivé à la morte dans le coffre ? Qui l'a tuée et pourquoi ? Quatrième de couverture 'Chilienne expatriée au Canada durant la dictature de Pinochet, Lucía Maraz porte encore les profondes cicatrices de son passé. Elle ne s’est jamais tout à fait remise de la disparition de son frère, au cours des premières années du régime, et a également dû affronter un divorce et se battre contre le cancer. Mais lorsque, professeur invitée à l’université de New York, elle s’installe dans l’appartement au sous-sol du brownstone de son collègue, le professeur Richard Bowmaster, elle entame ce nouveau chapitre de sa vie avec entrain et optimisme. Plusieurs deuils ont plongé Richard Bowmaster, d’un tempérament opposé et rongé par la culpabilité, dans une profonde solitude qu’il ne supporte qu’en menant une vie monastique, se détournant le moins possible de la routine qu’il s’impose. Au cœur de la tempête de neige la plus importante que Brooklyn ait connu de mémoire d’homme, un banal accident de voiture aura pourtant raison de son ostracisme. Alors que Richard se retrouve face à la jeune femme – immigrée guatémaltèque sans papier – dont il vient de heurter le véhicule, il est contraint d’appeler sa locataire pour l’aider. Evelyn Ortega va alors leur révéler un secret qui les entrainera tous les trois plus loin qu’ils ne l’auraient imaginé, et entre confidences et révélations, liera leur destinée de manière inattendue. Plus loin que l’hiver est certainement l’un des romans les plus personnels d’Isabel Allende, mais c’est aussi un livre ancré dans l’actualité puisqu’il aborde les thèmes de la migration et des identités. Se jouant des clichés et des préjugés, de New York au Guatemala, en passant par le Brésil et le Chili des années 70, Isabel Allende livre une très belle histoire d’amitié et de rédemption." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Récidives
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Récidives Sonja Delzongle Denoël Sueurs Froides 2017 412 pages Thriller Chronique 1 avril 2018 « La lumière est façonnée par les ombres et l'ombre n'existe pas sans la lumière. Ainsi, le jeu des nuages avec le soleil projette-t-il sur la terre un panorama de contrastes étonnants. Infinis. Il en va de même de l'âme humaine. Aussi noire que lumineuse, avec, entre les deux, quantité de nuances de gris." À l'instar de l'âme, la vérité également peut se teinter de tout un camaïeu du blanc au noir profond, se révéler autre selon l'éclairage ou l'obscurité. Troisième tome consacré à la profileuse new-yorkaise d'origine française Hanah Baxter, il est celui de l'ultime affrontement, de la plongée en eaux tulmutueuses pour notre héroïne. Elle n'y coupera pas, son père a été libéré de la prison de Rennes plus tôt, elle l'imagine rêvant de se venger et de massacrer sa fille traîtresse, qui voici 25 ans, l'a dénoncé pour le meurtre de sa femme Hélène. Entre New-York et Saint Malo, entre passé et présent, à peine remise de sa dernière mission à Crystal Lake en Illinois, Hanah est acculée, se sentant surveillée, menacée, et cette douleur qui ne la quitte pas sous l'omoplate.. Elle se sent fragile. L'inconscient qui se manifeste, le corps qui dit stop ? Elle est perdue. Il lui faudra lâcher prise pour une fois, si elle veut savoir. Histoire de transmission, de filiation, de gène du mal tel une maladie contagieuse, d'origines, de cauchemar... Thriller évidemment terrible aux multiples strates, éprouvant, car notre lien avec l'héroïne a été créé depuis le premier opus « Dust ». C'est une femme extraordinaire, une brave, une survivante, une résiliente qui a réussi à sauvegarder toute sa part d'humanité, un tour de force. La haine est tellement plus facile à éprouver. « Il n'y a qu'une minute de la vie à la mort. « Pensées, réflexions et maximes de François-René de Chateaubriand. 18 novembre 1905, peu avant 23 heures, une terrible tempête de neige au large de Saint- Malo. Le paquebot vapeur Hilda tente en vain de rejoindre le port en entrant dans la passe entre les rochers. Il est parti de Southampton la veille, à son bord 103 passagers. Les plus jeunes sont Edmond et Joyce Rooke, 7 et 5 ans. Tout le monde souhaite arriver au plus vite. Mais le capitaine Gregory est inquiet car la lumière rouge et verte du Phare du Grand Jardin disparaît par intermittence dans des voiles de brouillard. Soudain le choc ! " Mummy, mummy!" Cette voix ne cessera de résonner aux oreilles d'Hanah ? Pourquoi ? Quatrième de couverture Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir. À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère ? Quand surgira-t-il ? Quels sont ces appels anonymes ? La confrontation est inévitable. Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dans la vallée
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans la vallée Hannah Kent Presses de la Cité 2018 480 pages traduites par Karine Reignier-Guerre Historique Chronique 19 septembre 2019 Terrible ! D'autant plus que tout est basé sur des faits réels. Un deuxième roman remarquable situé dans l'Irlande des années 1825/26, dans une région reculée où les fées, les fairies, les Bonnes Gens, les envoyés du mal, du diable, les superstitions, les maléfices régissent la vie d'une population illettrée, ignorante, courageuse, dure à la tâche, constamment en butte aux malheurs les plus indicibles, aux injustices du destin les plus inacceptables et surtout incompréhensibles. Pour y trouver un sens, de tous temps, les légendes ont donné un semblant d'explication à ce qui serait, sans elles, encore plus terrorisant. Ainsi quand Nora perd son mari Martin, tous pensent que c'est l'arrivée du petit fils du couple, si étrange, si anormal, qui a apporté la malédiction avec lui. Micheal a quatre ans, ne parle plus, ne marche plus, maigre et fragile. Pourtant Nora est sûre qu'il était un garconnet tout à fait comme les autres, courant et babillant autour d'eux, lorsqu'ils étaient allés visiter leur fille Johanna voilà deux ans. Peu à peu, Nora est certaine que cet enfant n'est pas son petit-fils.... Un médecin est venu sans apporter de remède au cauchemar. Le prêtre également n'a été d'aucune aide à la pauvre femme perdue et désespérée. Elle essaie pourtant de toutes ses forces de faire face à tant de malheurs, elle engage même une jeune fille, Mary, pour s'occuper de gamin. Alors, évidemment lorsque la guérisseuse, Nance Roche, celle qui a reçu le don, celle qui connait les Bonnes Gens, les fairies, lui propose son assistance, elle accepte... Commence pour nous, avec nos yeux du XXI ème siècle, un récit ahurissant et bouleversant... Elles vont de bonne foi commettre l'irréparable... C'est ce long chemin qui nous est narré avec talent et précision.... Un roman qui nous restitue le quotidien des Irlandais du XIXe siècle, en campagne, leurs us et coutumes, leur psychologie, leur ténèbres et leur générosité. Des victimes consentantes de leurs propres croyances dépassées, de leurs superstitions. La fracture d'une société entre zones urbaines et rurales, entre des terres où tout semble immuable et inchangé depuis des millénaires, et des villes où s'ouvre l'ère préfigurant le XXe siècle moderne et industriel. Un livre où tout est charnel, organique, animal, en réaction aux dangers multiples qui cernent les personnages. Un roman de femmes, également, les hommes y sont peu actifs, sauf pour juger, condamner.... Puissant, humaniste, à lire absolument... Quatrième de couverture Certains êtres sont différents. Ils sont nés comme ça, sur le bord du monde. Ils savent voir ce que d'autres ne voient pas. Pour eux, les rivières ne coulent pas de la même façon. " Le temps semble s'être arrêté dans ce village du sud de l'Irlande égaré dans la vallée et battu par la famine. Nóra Leahy a perdu son mari et sa fille et se retrouve seule avec son petit-fils de quatre ans, infirme. Pourtant, Nóra s'en souvient : quelques années plus tôt, Micheál marchait et commençait déjà à parler. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été changé, remplacé pendant la nuit par les fées qui auraient posé un démon dans le berceau ? Est-ce à lui que la vallée doit la malédiction qui la frappe ? Mary, la jeune servante que Nóra vient d'engager, se laisse impressionner par les commérages du village et les rapporte à sa maîtresse. Ensemble, les deux femmes se mettent en quête de la seule personne en mesure de sauver Micheál : une originale, qui vit seule dans la lande et parle le langage des plantes. Car, même si tout le monde s'en méfie, on sait que la vieille Nance Roche a le don. Qu'elle communique avec le peuple invisible. Et qu'il n'y a qu'elle pour faire revenir ceux qui ont été enlevés... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















