top of page

Trouverez-vous votre bonheur ?

Search this site

Résultats trouvés pour la recherche vide

  • La guerre des fleurs T3

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La guerre des fleurs T3 Jane Thynne Editions J-C Lattès 2017 472 pages traduites par Sophie Bastide-Foltz ​ Chronique 29 septembre 2018 Tome 3 de la série berlinoise Pour mémoire la tétralogie actuelle compte chronologiquement, toujours chez Lattès, en 2015 - Les Roses noires, en 2016 - Le jardin d'hiver, en 2017 - La guerre des fleurs en 2018 - Foi et beauté Ce troisième volet des aventures de Clara Vine, anglo-allemande, actrice de l'UFA à Babelsberg mais également agent de renseignements britannique, est un des plus palpitants, passionnants, nous emmenant en des lieux jusque là inconnus. Nous sommes en été 1938, Chamberlain multiplie les allers retours en Allemagne afin de signer avec Hitler les fameux accords de Munich, qui décident de l'Anschluss ou Guerre des fleurs en l'occurrence l'annexion des Sudètes par les nazis. Le départ des troupes tchèques de ces terres est prévues pour le 10 octobre. Chamberlain s'aveugle pensant que Hitler se contentera de cela, que ce sera suffisant pour lui donner un sentiment de revanche après le traité de Versailles qui a littéralement mis l'Allemagne à terre, ruinée et honteuse. Depuis 1933, le parti national socialiste a largement surfé sur la colère du peuple allemand exangue, mourant de faim et bafoué. Une véritable politique de propagande et de lavage de cerveau orchestrée par Joseph Goebbels, des plus jeunes aux plus vieux, du berceau à la tombe, porte ses fruits via les tracts, affichettes, journaux, films, émissions radiophoniques. Une fierté renaît peu à peu chez certains allemands, détestant les alliés, les juifs, les bolchéviques et les francs maçons. Cependant certains allemands s'étant battus lors du premier conflit mondial, emplis d'un légitime amour pour leur pays et la culture germanique, ne peuvent accepter les exactions des nazis et SS. Ils vont devenir des agents du contre espionnage et fournir des informations aux anglais, en premier lieu, et aux alliés. Il faut à tout prix ouvrir les yeux de tous quant aux ambitions réelles de Hitler et sa clique. Nous ouvrons ce livre à Paris où enfin Clara a obtenu une journée de repos dans la capitale du romantisme et de la mode en fin de tournage pour l'UFA. Le soir même elle se rend à la demande de Magda Goebbels chez Chanel pour prendre des flacons du célèbre N°5. La soirée rassemble des SS, des anglais et des français sous le regard inquisiteur de Coco et son amant SS. Clara est alors présentée à un attaché culturel très séduisant et intriguant, Max Brandt. Elle est très attirée et en même temps sur ses gardes. RDV est pris pour dîner à Berlin. Au même moment, son filleul Erich, pro-nazis car embrigadé dans les jeunesses Hitlériennes, a gagné avec sa grand mère une croisière sur un paquebot le MS Wilhelm Gudtloff construit pour le mouvement national socialiste de la Force par la Joie, " Kraft durch Freude" , fondé pour envoyer en vacances les bons travailleurs fidèles au parti.Il tombe sous le charme d'une jolie jeune femme, Ada Freitag, à laquelle il apporte tous les matins un café. Un jour, la belle s'absente soudain en lui demandant auparavant de garder son sac et ses affaires. Elle disparaît à jamais, dans sa cabine ses effets personnels ont été retirés. Erich ne sait pas que le corps d'une blonde sera retrouvé plus tard sous les yeux d'un témoin, Rosa. Cette dernière obéira un certain temps à l'ordre reçu de se taire. De retour à Berlin, Erich demande à Clara de se renseigner sur le sort d'Ada et lui donne le sac et les affaires de la disparue au milieu desquelles se trouve un album de photos de stars du cinéma allemand. Clara, touchée par la peine de Erich, se tourne alors vers un ami correspondant de presse anglais pour mener une discrète enquête.Tout se complique lorsque Max réapparaît à Berlin... Son attitude est des plus étranges, qui est-il vraiment ? Mais bientôt il lui fait une requête incroyable qui éclaire toute cette situation de façon très différente. Les entrées de Clara dans les soirées huppées rassemblant tout le gratin nazi, Goebbels, Goering, Heydrich, Himmler, Von Ribbentrop et leurs insupportables ou inquiétantes épouses, sont un atout non négligeable pour les services secrets anglais. La prochaine cible de notre héroïne sera ni plus ni moins Eva Brown, la maîtresse du Führer. Un formidable Thriller d'espionnage, une des séries les plus réussies sur le sujet avec l'originalité de regarder toute cette période des années trente en Allemagne par les yeux des femmes et en particulier de Clara.Les projets de Hitler et consort quant au rôle et la place accordés aux femmes dans la société au service des hommes, des SS, pondeuses d'enfants en nombre, tous destinés à se sacrifier pour la patrie et leur Führer, est à gerber. Nous retrouvons donc les centres de formation des futures épouses d'officiers SS, les maternités où accouchent de bonnes petites aryennes, abandonnant leurs bébés destinés à des cadres du parti, des organismes de propagande dirigés par une Walkyrie terrorisante, la Führerin, pour laquelle travaille notre Rosa, croisée sur le paquebot. Mais surtout nous allons découvrir le châlet et les appartements berlinois du bunker de Hitler.... Pauvre Eva, perdue dans ce monde de faux culs, objet de la haine et de l'envie des épouses des sbires d'Hitler. Malheureuse, pas du tout armée pour affronter ce monde cruel, attendant le bon vouloir de son Wolf, elle va voir en Clara une possible amie fiable et fidèle... Mais celle-ci a une mission à mener et doit oublier ses états d'âme pour sauver son pays et les intérêts des alliés. Magistral ! Quatrième de couverture Août 1938. Alors que plane la menace de la guerre, l'actrice anglaise Clara Vine est en tournage à Paris, ville plus jamais sous tension. Installée dans la capitale allemande, Clara vit dans l'angoisse depuis qu'elle est dans le collimateur de Joseph Goebbels, de plus en plus soupçonneux à son égard. Il risque de bientôt découvrir qu elle s'est mêlée à la société berlinoise dans le seul but de fournir des informations à ses contacts de l'ambassade de Grande-Bretagne... Le conflit devenant de plus en plus imminent, Clara est approchée par Guy Hamilton, un agent anglais infiltré, qui lui confie une mission pour son pays : se lier d amitié avec Eva Braun, la maîtresse du Führer, et transmettre aux services britanniques tout ce qu elle pourra apprendre d'elle. Clara sait que cette entreprise va de nouveau l'exposer au danger. Mais elle sait également qu'il lui incombera sans doute bientôt de faire tout ce qui sera en son pouvoir pour protéger son pays... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La petite Bibliothèque de l'Espoir

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La petite Bibliothèque de l'Espoir Kate Thompson City Editions 31 août 2022 454 pages traduites par Maryline Beury Historique Chronique 21 septembre 2022 « Un grand roman best-seller inspiré d'une histoire vraie. »« On dit que les bibliothèques sont des lieux invitant aux confidences, que tous ces livres murmurant leurs mots depuis leurs étagères, délient les langues. Peut-être est-ce vrai... » Quelques citations mises en exergue de chaque chapitre : "Les bibliothèques font partie des quelques institutions sûres et gratuites qu'il nous reste encore. Il s'agit toujours d'un service statutaire, et les autorités locales restent tenues de proposer des bibliothèques publiques et gratuites." Kathleen Walker, bibliothécaire à la retraite. "L'amour de la lecture et de l'écriture ne devrait pas être réservé à quelques privilégiés, il est pour tout le monde." Lisa Roulier et Lena Smith, bibliothèques de Barking et Dagenham. "Envie de parcourir le monde ? N'entrez pas dans l'armée, devenez bibliothécaire." Denise Bangs, Idea Store Libraries, Londres est. Magnifique roman historique traitant d'un sujet déjà maintes fois abordé ces derniers temps : la Seconde Guerre mondiale et les livres... Et là, je vous sens reculer et vous auriez tort, car le lieu où se situe cette petite bibliothèque est tout à fait improbable : jugez-en, au cœur d'un village souterrain à 24 mètres de profondeur dans la station de métro Bethgreen. Toute une communauté de londoniens devenus SDF en raison du Blitz ont trouvé refuge dans les souterrains de la capitale anglaise, où ils ont peu à peu créé une véritable ruche comprenant en plus de la bibliothèque, un théâtre, une infirmerie, un café etc, etc... Des couchettes à trois niveaux ont été installées le long des couloirs, les rails cachés par des planches. Des milliers et des milliers d'adultes et d'enfants ont pu survivre grâce à cet endroit incroyable, ont pu continuer à rire, pleurer ensemble, se nourrir, assister à des concerts, du théâtre, s'aimer, se jalouser, se réconforter et, pour certains, s'offrir une parenthèse enchantée loin du cauchemar de la guerre grâce à la lecture. Une jeune femme, veuve depuis deux ans, s'est consacrée à la création de cette bibliothèque sauvant une partie du catalogue de celle détruite en surface. Son supérieur et mentor, Peter, étant mort sous les décombres, c'est elle qui a repris le flambeau devenue bibliothécaire en chef de cette structure souterraine. Aidée par son amie et assistante Ruby, sexy, très cash, riant fort pour cacher ses propres blessures, elle se prépare à une soirée très particulière organisée dans cette ancienne station de métro inachevée sur la Central Line : on y attend le ministre responsable de la publicité intérieure au ministère de l'information. En effet, cette heureuse initiative de Clara n'est pas passée inaperçue ; Winston Churchill et tout Whitehall s'y intéressent de près. Notre héroïne doit donc, en présence de la presse, recevoir une récompense. Est aussi présent un homme incarnant le patriarcat le plus détestable et le système injustifiable des castes à l'anglaise, un certain Mr Pinkerton -Smythe, malheureusement nommé président du Comité des bibliothèques, le supérieur hiérarchique donc de nos pauvres nouvelles amies. La guerre est ainsi aussi déclarée dès cet instant entre les jeunes femmes et cet olibrius d'un autre temps qui pratique la misogynie et la discrimination sociale en permanence. Tout le travail effectué est mis soudain en péril : l'accès pour tous et toutes quelque soit le métier ou l'instruction à cette structure, la lecture tous les soirs pour les enfants, les horaires d'ouvertures élargis afin que les ouvrières entre autres puissent passer après leur travail, le bibliobus etc, etc .. un lieu de vie où s'endorment quelques fois des laissés pour compte, un lieu d'instruction et d'alphabétisation, un lieu d'information pour les femmes épuisées par les violences subies et les multiples grossesses, un lieu où l'on peut rêver devenir une autre personne, s'élever, s'épanouir enfin dès que la guerre sera finie. Un groupe de lecture est organisé avec pour premier roman choisi : Autant en emporte le vent....Tout est bon pour maintenir le moral et préparer l'avenir mais Pinkerton-Smythe veille dans l'ombre, ajoute par sa bêtise et sa méchanceté aux drames qui continuent de pourrir la vie des habitants car les frappes aériennes s'intensifient, les cauchemars la nuit sont terrifiants, la peur d'un nouveau deuil tétanise jeunes et adultes. La mort plane toujours.En choisissant ses personnages avec soin, l'autrice réussit magistralement et avec beaucoup d'humanité à tracer le portrait de chaque membre de cette communauté, à nous faire comprendre combien le rôle d'un ou d'une bibliothécaire est primordial pour toute la société en temps de paix et d'autant plus en cas de crise, de conflit, que cet un lieu où l'égalité de chance doit être assurée, où aucune discrimination, quelle qu'elle soit, ne doit être tolérée. Ce récit historique, de guerre, sociétal, d'amitié, de solidarité mais aussi d'amour, évoque également, ce qui est rare, le sort qui fut réservé aux îles anglo-normandes telle Jersey.Bouleversant, passionnant et tout à fait d'actualité. Du très bel ouvrage ! Quatrième de couverture Au cœur de la guerre, survivre et espérer grâce au pouvoir des livres. À Londres, en 1944, la guerre fait des ravages. Les bombardements sont incessants, et entre le black-out et les évacuations quotidiennes, les habitants vivent l'enfer dans un monde de plus en plus incertain et dangereux. C'est pourtant dans ce contexte que Clara a décidé d'ouvrir une petite bibliothèque qui ne ressemble à aucune autre. Au coeur d'une station de métro servant d'abri anti-aérien, des rayonnages s'offrent aux amateurs. Chaque nuit, lorsque les bombes pleuvent sur Londres, les habitants qui s'y réfugient trouvent aussi un peu de réconfort dans la littérature. Peu à peu, cette bibliothèque de fortune où l'on peut aussi boire un thé ou un gin, devient le coeur vivant de cette vie souterrraines où Clara se bat pour offrir des livres et, avec eux, un peu de liberté, un répit au coeur du chaos et le courage de braver l'horreur du monde... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le manuscrit inachevé

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le manuscrit inachevé Franck Thilliez Editions Fleuve Noir 2018 525 pages Thriller & Polar Chronique 7 juillet 2018 Pour une fois je suis allée lire les avis de lecteurs sur les sites de vente de livres ou d'autre chroniqueurs, et ouf ça va, je ne suis pas la seule à être restée perplexe. Je pense que Franck Thilliez à dû beaucoup s'amuser à écrire ce livre et doit jubiler de constater de l'effervescence de tous à essayer de comprendre. Torture thilliezienne donc, histoire que nos petites cellules grises bouillonnent. Vous prenez un miroir, vous placez en face une autre glace, et vous voilà avec l'infini. Reflet du reflet de la vérité transformée jusqu'au bout du monstrueux concernant cette histoire. C'est le phénomène des poupées russes ou de la boîte dans la boîte dans la boîte.... Vous avez compris."Le manuscrit inachevé" est donc si nous comptons bien le titre de trois thrillers, celui de notre auteur sadique et génialissime, de Caleb Traksman terminé par son fils, et dans le récit raconté par celui-ci du dernier opus de l'écrivaine Léane Morgan alias Enael Miraure ( signifiant miroir !?! ) . Vous n'avez pas oublié votre paracétamol j'espère. Ce n'est que le début.Première ligne en préface et du roman de Franck et Caleb, aïe mes neurones, « juste un mot en avant : un xiphophore, » yes ! Merci ! Me voilà illuminée par la grâce. Ajoutez en ingrédients très prisés par notre serial writer adoré des palindromes disséminés dans tout le roman, qu'évidemment bien obéissants nous relevons consciencieusement. Au final, vous avez un lecteur hagard, perdu, au bord de la crise de nerf.« Tordu, labyrinthique, angoissant à souhait », tu l'as dit fils de Caleb, une prise de tête carabinée. Le récit en lui-même :23 Janvier 2014, 17h30 : Une jeune fille Sarah disparaît un soir enlevée dans la maison de ses parents « L'Inspirante » à son retour de jogging sur la côte du Nord, près de Berck-sur-mer. Sa mère est une écrivaine célèbre Léane, son père Jullian est chef de chantier en restauration du patrimoine. Leur couple bat de l'aile, ce drame va les détruire. Quatre ans plus tard, décembre 2017 :Un petit loubard qui vient de réussir un casse minable dans une station service appuie sur le champignon de la voiture qu'il a volée à la vue d'un barrage de police. Perte de contrôle, sur cette route de montagne près de Grenoble, l'auto s'encastre dans la barrière tandis que le gamin fait un magnifique vol plané à travers le pare-brise. Dans le coffre de la 308, le corps d'une femme sans main, le visage arraché. Dans l'habitacle un flingue, un portable cassé par le choc, un peu d'argent, un CD de Mozart dans le lecteur. Vic Altran et Vadim Morel, V &V pour les intimes, travaillent depuis dix ans dans le même bureau de la section criminelle de l'antenne de Grenoble qui dépend comme Chambéry, Annecy, Valence et Saint-Étienne de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon, soyons précis, il vaut mieux. Uneparticularité,Vicesthypermnésique,ilenregistretout,absolumenttout,mêmecequ'ilaimeraitoublier. Ilssont appelés sur les lieux de l'accident. Immédiatement l'évidence : qui est le propriétaire de la voiture, criminel potentiel, où sont les vidéos de la station service ? Sans ce braquage, ce corps aurait disparu dans les limbes. Le dernier thriller de Léane sous le pseudonyme de Enael Miraure est un succès d'édition encore une fois. Les interviews s'enchaînent à Paris où elle s'est réfugiée voici quatre ans, rester à Berck étant impossible. L'écriture n'a pas été facile, la page blanche pendant des mois suite à la disparition de Sarah, puis le déclic, soudain une évidence. « Judith Moderoi, femme banale, institutrice, qui entretient une relation avec un vieil écrivain solitaire, un homme au passé trouble qui vit dans une immense Villa sur une île bretonne, Bréhat, et n'a pas publié depuis des années.....Arpageon... fait lire à Judith son manuscrit dont il n'a parlé à personne : il s'agit d'une sordide histoire de viols et de meurtres d'adolescentes commis par un écrivain. Kajak Mœbius. » Là encore manquent les dix dernières pages .... Le roman de Léane est librement inspiré de « Misery » de Stephen King.Sa noirceur, le thème du tueur écrivain, est une belle mise en abîme dit la journaliste qui l'interviewe. Celle-ci veut gratter les cicatrices, aimerait dévoiler l'identité de Léane pour faire le buzz. S'en est trop ! Le traumatisme est encore énorme ; on a toujours pas retrouvé le corps de Sarah. L'incertitude la tue, pendant que son mari lui fait des recherches d'une manière obsessionnelle. La fuite ne résoud rien, il va falloir revenir à « l'Inspirante » , le destin s'en chargera.... Captivant, glauque à souhait, multipliant les retournements, les Indices, les pièges, un premier élément de réponse dont on se doute assez rapidement, si évidemment on connaît l'esprit tortueux de Thilliez, et puis l'impression tout de même d'avoir été achevé par l'auteur et qu'il gagne la partie d'échecs par la prise de la Dame. Des évocations d'autres écrivains Arthur Conan Doyle, King..... Une fin digne de celle de Moriarty en haut d'un précipice, une lumière blanche au milieu de l'obscurité soudain.... Et nous sur le carreau.... C'est pourtant là, devant vos yeux.... Evident ! Il est où mon Doliprane ? Quatrième de couverture Un manuscrit sans fin, une enquête sans corps, une défunte sans visage : voici le nouveau thriller de Franck Thilliez ! Une enquête sans corps. Une défunte sans visage. Un thriller sans fin. Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin. Dans le coffre, le corps d'une femme. À la station- service où a été vu le conducteur, la vidéosurveillance est claire : l'homme n'est pas le propriétaire du véhicule. Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L'institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète : un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, " L'Inspirante ", villa posée au bord des dunes de la Côte d'Opale, et le traumatisme de l'enlèvement de sa fille Sarah. L'agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire. Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d'autres se pose : vers qui et vers quoi se tourner quand l'unique vérité est que tout vous devient étranger ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sharko

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sharko Franck Thilliez Editions Fleuve Noir 11 mai 2017 576 pages Thriller & Polar Chronique 25 juin 2017 10ème opus sur 13 des enquêtes de Sharko & Henebelle.Ce dernier opus de Franck Thilliez contant les ultimes aventures de Franck Sharko et de sa compagne Lucie Henebelle est une histoire de larmes, de sang, de monstres. Basé sur une documentation précise et réelle, l'auteur y a mêlé des événements issus directement de son imagination retorse et infinie, le tout solidement bâtie sur une construction virtuose. Les monstres de notre enfance, ceux des temps modernes, la science comme les croyances les plus barbares et primaires se mêlent offrant un récit horrifique qui malheureusement, et c'est là le pire, ne peut égaler la réalité de notre monde. Dès la première scène, nous sommes tétanisés par l'insupportable. Uppercut dès le début et coups redoublés jusqu'à la fin. Franck va devoir enfreindre les règles, la loi, pour sauver sa compagne Lucie et protéger leurs deux petits enfants. Les côtés les plus violents et obscures de sa personnalité vont se réveiller. C'est une chasse à l'homme. Sharko sera la proie au même titre que le psychopathe en liberté. Les amis de toujours vont devenir ennemis, la suspicion, la terreur et la paranoïa vont transformer la vie du couple en un cauchemar. Excellent thriller tant d'action que psychologique, passionnant par bien des thèmes abordés, le sentiment en fermant ce livre est d'avoir bu un grand "cru" sans pouvoir étancher notre soif de savoir ; on prend conscience du danger indicible créé par l'être humain lui-même, travaillant à sa propre perte. Extrême vigilance donc dans notre quotidien pour que nos enfants puissent vivre dans un univers plus sécurisé. Mais est-ce possible ? Quatrième de couverture « Sharko comparait toujours les premiers jours d'une enquête à une partie de chasse. Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s'élancent à la poursuite du gibier. À la différence près que, cette fois, le gibier, c'était eux. » Eux, c'est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons. Lucie n'a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d'être confiée au 36, car l'homme abattu n'avait semble-t-il rien d'un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l'enquête et s'enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu'à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu'ils s'étaient efforcés de bâtir. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Adieu fantômes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Adieu fantômes Nadia Terranova Editions La Table Ronde 2019 230 pages traduites par Romane Lafore Roman Chronique 11 février 2020 Finaliste du Prix Strega 2019.Tout est parfaitement résumé dans cet avis de l'éditeur. J'ajouterai juste que j'ai effectivement trouvé ce texte d'une grande sensibilité et profondeur, ( ayant vécu moi-même la situation d'être en tête à tête avec ma mère pendant quelques années), mais aussi très violent. C'est dur, déboussolant de faire partie d'un tandem mère-fille dysfonctionnel. J'ai ressenti à nouveau le malaise, la tristesse, la solitude, l'incompréhension, générés par cette relation conflictuelle imposée. Egalement, avant la disparition du père ici évanoui du jour au lendemain, la mère fait porter à sa fille un poids énorme, une responsabilité impossible à gérer à l'adolescence. Et évidemment Ida n'y arrive pas, se sent nulle, incapable. La mère, dans l'urgence, ne prend pas les bonnes décisions, ne sait pas communiquer avec sa gamine, elle-même dans l'obligation de tout gérer, son mari étant dépressif, incapable d'assumer ses rôles de père et de mari. La mésentente avec sa fille prend racine dans ces années de malheurs pendant lesquels aucun des membres de la famille ne réussit à mettre des mots sur ce qu'il ressent. Ida se forge une personnalité taiseuse, solitaire avant et après la disparition mystérieuse de son père. Surdouée, elle n'a qu'une amie, à laquelle elle impose son mal être. Elle commence déjà à endosser le rôle de la victime malheureuse des circonstances. Et même après son départ pour Rome, elle continuera à tisser des liens avec les autres où elle est celle qu'il faut aider, protéger. Son mari est celui qui sera son sauveur. Le jeu est faussé indubitablement. Ainsi l'appel de sa mère lui demandant de venir trier ses affaires en vue de la vente de leur appartement à Messine, est peut-être l'élément déclencheur d'une révision de son mode de fonctionnement. Egalement, vivant en apnée depuis le départ paternel, ayant choisi une profession lui permettant de raconter des histoires à la radio, en réalité autant de solutions au mystère entourant la disparition de son père, va-t-elle pouvoir enfin tourner la page définitivement ? Entre souvenirs d'enfance, disputes permanentes avec sa mère, gestion du quotidien, tentatives de raccrocher les wagons avec son amie, analyses de sa vie actuelle, de son couple, de ses choix, remise en question de son interprétation des évènements tragiques survenus voici 23 ans et du comportement maternel, Ida va opérer une métamorphose radicale sans concession pour elle-même. En effet, Nadia/Ida ne se donne pas le beau rôle, elle est honnête... Conditions obligatoires pour, à 36 ans, passer enfin à l'âge adulte.... Et puis il y a cette boîte rouge cachée dans sa chambre qu'elle doit récupérer, réouvrir.....Beau texte sensible en effet, violent comme l'adolescence, sans zone d'ombres.... Remarquablement écrit et traduit. Quatrième de couverture Messine est la ville natale d’Ida. Elle y revient pour aider sa mère à faire du rangement avant l’intervention des ouvriers sur la terrasse de l’appartement où elle a vécu toute son enfance. Elle a trente-six ans, une vie à Rome, un mari, mais le passé a choisi ce moment pour ressurgir : vingt-trois ans après la disparition de son père, vingt-trois ans après ce matin où un homme rongé par la dépression a quitté le domicile familial sans rien laisser derrière lui, vingt-trois ans après que son corps s’est évaporé dans la nature, que son nom est devenu tabou, que son souvenir s’est mis à hanter les murs sous forme de taches d’humidité. Seule face aux fantômes de la maison, Ida devra trouver le moyen de rompre le sortilège pour qu’enfin son père puisse quitter la scène. Entre les souvenirs de jeunesse d’Ida et son récit d’adulte se tisse un roman d’une grande sensibilité, ponctué d’humour dans les dialogues mère-fille. Un deuxième roman sombre et introspectif où l’on retrouve ce qui faisait la beauté du précédent, Les Années à rebours : la finesse de l’observation des liens familiaux dans des familles frappées par le drame, le bonheur des choses simples même dans le chaos. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Respire

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Respire Nicko Tackian Editions Calmann-Lévy 5 janvier 2022 324 pages Thriller & Polar Chronique 7 septembre 2022 Une couverture nous inspirant faussement des vacances idylliques au bord de l'océan, reposant avec langueur sur du sable chaud ... Cependant au loin vous devinez déjà la silhouette sombre d'un monstre marin... résonnent à vos oreilles les mots de Hermann Melville dans Moby Dick... Il est temps pour vous d'ouvrir les yeux à l'instar de Yohan dont le réveil sera au premier abord de bon augure. Aurait-il enfin réussi à rejoindre un endroit où tout recommencer, le lieu de la deuxième chance ? Avec une maîtrise accrue du style et de la narration, Niko Tackian nous offre un thriller surnaturel et psychologique qui bien évidemment repousse les limites de nos propres croyances et certitudes. Comme dans "La nuit n'est jamais complète", le premier roman de l'auteur que j'ai lu et chroniqué, l'on retrouve une certaine mélancolie, voire une profonde tristesse et heureusement aussi de la poésie, le supplément d'âme nécessaire à notre survie. L'air tremble autour de nous, les limites entre vérité et fiction, entre raison et démence, deviennent floues.... Nous perdons peu à peu pied sur cette île devenue enfer autant extérieur qu'intime. Quand toutes nos certitudes explosent, que reste-t- il ? Quatrième de couverture Si le paradis est une île, l'enfer aussi. Le sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé. Les premiers jours, Yohan savoure son insouciance retrouvée.Même si peu à peu, un sentiment d’étrangeté le gagne. L’île héberge une dizaine d’habitants plus énigmatiques les uns que les autres. Pourtant les maisons abandonnées, les échoppes désertes dans les rues balayées par le vent, laissent penser qu’un jour ils ont été bien plus nombreux. Où sont passés les autres ?Si le paradis est une île, l'enfer aussi. Le sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé. Les premiers jours, Yohan savoure son insouciance retrouvée.Même si peu à peu, un sentiment d’étrangeté le gagne. L’île héberge une dizaine d’habitants plus énigmatiques les uns que les autres. Pourtant les maisons abandonnées, les échoppes désertes dans les rues balayées par le vent, laissent penser qu’un jour ils ont été bien plus nombreux. Où sont passés les autres ? Yohan veut comprendre. Mais jamais il n’aurait dû chercher à voir l’envers du décor. Car c’est bien connu, la connaissance fait voler en éclats le Paradis.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Fantazme

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Fantazme Niko Tackian Calmann-Lévy 2018 300 pages Thriller & Polar Chronique 28 janvier 2018 Voilà un pied de nez aux ennuis de la vie, je n'ai pas pu attendre et ai vite téléchargé ce dernier opus.Notre Minotaure de « Toxique », premier tome des aventures du commandant Tomar Khan, est enfin sorti un peu du dédale dans lequel il se perdait. Ce n'est pas que tout soit rose, mais c'est beaucoup mieux.... Enfin Bob le rejoint toujours dans ses cauchemars et maintenant avec une certaine gouaille sympathique, presque paternelle, un comble.... Et puis Rhonda sa collègue et amante est là encore à ses côtés. Un miracle qui ne va peut-être pas durer. Toute l'équipe constituée aussi de Dino et Francky, est basée en cette deuxième semaine de janvier 2017, au célébrissime 36 quai des Orfèvres pour encore quelques jours, avant de rejoindre le Bastion du 17e. Ce n'est pas l'extase ! Toujours l'esprit embrumé par de mauvais trips, et des absences et même des visions, comme à la fin de l'enquête de« Toxique », cette fois Tomar ne va pas y couper, il devra affronter ses fantômes, ceux dans ses souvenirs, dans sa tête, et celui réel qui massacre des membres d'un gang : Le spectre ou Fantazme en albanais. Le corps de Assan Barazi est retrouvé dans la cave d'un immeuble de la rue Caillé. Torturé après avoir été violemment frappé, il a passé un sale quart d'heure. Les traces ADN prouvent qu'un autre dealer a été tué par le même exécuteur qui s'en prend au Gang du caïd albanais Yuri Baric. Les fauves sont lâchés à la poursuite de cette ombre noire.... En parallèle, un certain lieutenant Belko de la Police des polices vient tourner autour de Rhonda pour atteindre Tomar.... L'affaire Bob joue les prolongations. Paris qui n'oublie pas ses morts dans les attentats récents, accueille mal et comme elle peut, des hordes de réfugiés de toutes les zones de guerre ; certains sont des victimes innocentes, d'autres des loups cachés au milieu du troupeau. La mère de notre héros, Ara, ancienne combattante kurde, est sensible au désespoir de ces migrants, et demande de l'aide à son fils pour une syrienne et ses deux fils à la rue. En couverture de Libération, « Les enfants de Bachar el-Assad » nous accrochent le regard et le cœur.... Les conflits de tous ces pays lointains sous domination despotique sont aujourd'hui chez nous, au pays de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité... Sommes-nous à la hauteur de notre mission ? Tomar sera-t-il à la hauteur de la sienne ? Quatrième de couverture Une nouvelle enquête du commandant Tomar Khan. Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ? Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais. Tomar et son équipe se lancent dans l’enquête et seront très vite troublés par le parcours des victimes, qui de leur vivant cultivaient carrément le sordide. Pourtant Tomar s’accroche à son devoir de flic, d’autant plus que son avenir lui semble menacé : un lieutenant teigneux de l’IGPN, la police des polices, a convoqué son adjointe, Rhonda, pour l’interroger sur un couteau, une pièce à conviction dans une affaire de meurtre mystérieusement disparue des Archives. Or, ce couteau, c’est celui de Tomar, et si on remonte jusqu’à lui... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • 1794

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 1794 Niklas Natt och Dag Sonatine 6 mai 2021 544 pages traduites par Rémi Cassaigne Thriller Historique Chronique 26 mai 2022 « Assieds-toi mais prends garde ! Surveille les godets qui s'entrechoquent Car dans ton dos un ami te regarde Prêt à planter l'estoc. » Carl Michael Bellmane, 1794 Enquête policière, fresque historique superbe et terrible dans Stockholm, crépusculaire, lieu de toutes les dérives et perditions, où chacun risque de se noyer dans le désespoir, la fange et le crime. Récit en quatre parties remettant en scène des personnages déjà rencontrés en 1793 : Première partie : Du Tombeau des Vivants - Hiver 1794 Quelles frontières mettre au violent criminel, Qui clame : foin des lois, j'en réponds seul au ciel - Quel frein à ce bras-la, qui ourdit ses forfaits, Sans Ciel pour le juger ni venger ses méfaits. » Isak Reinhold Blom, 1794 Le narrateur de cette introduction est Erik Tre Rosor, jeune garçon naïf de bonne famille, cadet détesté de son père, tombé follement amoureux de la fille d'un des fermiers du domaine. Nous le découvrons enfermé dans un hôpital de Stockholm... Un piège s'est refermé sur lui, mais comment ? L'Amour est-il une malédiction en ce monde de décadence ? N'y a-t-il aucun espoir, aucune lumière ? L'occasion pour nous de lire des pages passionnantes et terrifiantes concernant les établissements sanitaires et psychiatriques dans lesquels s'entassent des pauvres malheureux puis de partir jusqu'aux Antilles, enfer des esclaves et Paradis des tortionnaires. Deuxième partie : La Montre disparue - été 1794 « Je vois tout un pays, du soleil oublié, De montagnes couvert, par la guerre vidé, Et que le labouré de ses larmes irrigué, Lui dont la subsistance est jugée superflue, Proie facile de fous avides de richesse. » Carl Gustaf Af Leopold, 1794 Retour sur scène enfin de Jean Michael Cardell, ancien sapeur-chef d'artillerie, revenu de la guerre le bras gauche en moins, ayant intégré le corps « Boudins » de la garde séparée de Stockholm. À la fin de 1793, il a suspendu ses fonctions d'auxiliaire de police mais voici qu'un certain Emil Winge vient le charger d'une mission, celle de retrouver la montre ancienne et précieuse de son frère Cecil, ancien comparse de Cardell. Au même moment, une femme vient à lui pour le supplier d'enquêter sur la mort suspecte de sa fille le soir de ses noces. Un nouveau tandem se forme donc alors que le pays bascule dans l'anarchie et la violence. En effet, depuis la mort de Gustav III en 1792, le royaume est gouverné jusqu'à la majorité de son fils Gustav Adolf par Gustav Adolf Reuterholm, baron, pair du royaume, homme de confiance du frère cadet de feu Gustav III. Il est détesté, surnommé Grand Vizir. Ennemi du monarque disparu, il veut effacer toute trace du passé et met en place des lois et décrets plus absurdes les uns que les autres, enrichissant encore plus les plus aisés et faisant tomber les plus précaires dans une pauvreté monstrueuse. Les plus faibles et démunis sont les victimes directes de cette guerre de salon, les enfants en particulier et les femmes. Mais certains s'opposent à ce régime : Gustav Mauritz Armfelt, favori du roi défunt, en exil depuis que le complot qu'il a ourdi contre la Régence a été découvert et sa maîtresse, Magdalena Rudenschöld, arrêtée pour implication dans la conjuration mais toujours forte de soutiens puissants. Lorsque le chaos règne, les sadiques, pervers, sociopathes et serial killers se frottent les mains et profitent de la situation. Un tueur diabolique sévit bénéficiant de certains appuis...notre tandem réussira-t-il à l'arrêter et à le faire comparaître devant la justice ? Troisième partie : Feu Follet - printemps 1794 « Je suis petite et orpheline Grands mon malheur et ma douleur Moi morte du froid qui me mine Ne serait toucher aucun cœur. » Anna Maria Lenngren, 1794 Alors que Cardell désespère de clore son enquête favorablement, une ombre du passé frappe à sa porte pour implorer son aide : Anna Stina Knapp qui fut depuis l'hiver 1793 serveuse à la taverne Markattan cachée sous le nom de la fille du propriétaire, Lovisa Ulrika Blix, a tout perdu soudain et se retrouve à la rue, piégée dans une situation inextricable. Mais elle n'est plus seule, elle a charge d'âmes et ne peut affronter les évènements à venir sans soutien. Naturellement, elle se tourne vers son ami Cardell. L'auteur profite du chapitre de ce récit déjà dramatique, pour nous décrire la situation catastrophique et indicible dans laquelle se débattent les femmes et filles pauvres de cette cité des ponts d'une cruauté infinie. Les détails historiques concernant la filature prison, les orphelinats, les conditions d'accouchement désastreuses, ont renforcé mon immense intérêt pour ce thriller policier et sociétal. Le siècle des lumières est bien vite tombé dans les ténèbres.... Quatrième partie : Le Minotaure - automne 1794 « Le jeu en vaut-il la chandelle ? Non pas, je le nie sans détour, Car si tu veux bien au grand jour Regarder où la main t'appelle Tu verras un crâne livide Jadis éclatant de beauté Mais aujourd'hui l'orbite vide, La gueule tordue de l'usurier. » Carl Michael Bellman, 1794 Fin du labyrinthe pour Cardell et Winge... Tout se met en place jusqu'à une scène finale anthologique, incandescente, prodigieuse... Les cris s'élèvent, les pleurs se changent en rivières de larmes, le monde sombre inéluctablement..... 1795 s'annonce heureusement. Prions pour qu'enfin la justice triomphe peut-être. Quatrième de couverture Entre Le Parfum et L'Aliéniste : le nouveau chef d'œuvre du thriller historique. Stockholm, 1794. Une nouvelle année commence sous le régime autoritaire du baron Reuterholm, conseiller du roi. Dans une métairie de l'intérieur du pays, une jeune fille est retrouvée morte le lendemain de ses noces. Victime d'une attaque de loups, conclut-on un peu précipitamment. Sauf que le jeune marié est introuvable. Et que personne ne semble vouloir faire la lumière sur cette étrange affaire. Désespérée, la mère de la victime décide de faire appel à Jean Michael Cardell, un invalide de guerre traumatisé par sa dernière enquête. Voyant une occasion de garder ses démons à distance, Cardell se lance corps et âme dans cette nouvelle investigation. Mais il est loin d'imaginer l'ampleur et la monstruosité de la vérité. Après 1793, Niklas Natt och Dag nous plonge à nouveau dans le monde grouillant et pourrissant d'une monarchie suédoise terrifiée par la révolution. D'une écriture toujours aussi évocatrice, noire et puissante, il captive le lecteur dès la première page, pour ne plus le lâcher. Mieux qu'un roman : une expérience fascinante. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les faisceaux de la peur

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les faisceaux de la peur Maud Tabachnik City Editions 16 février 2022 400 pages Thriller & Historique Chronique 4 mars 2022 Extrait : « On ne peut pas laisser vivre de tels monstres. Le mal et le bien sont des notions abstraites, difficiles à combattre. Parce que le mal pour l'un est le bien pour l'autre. Et que c'est seulement dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal. L'être humain ne doit jamais cesser de penser, c'est son seul rempart contre la barbarie. Et j'espère que dans ce monde, beaucoup en ont conscience. Action et parole sont les deux vecteurs de la liberté. S'il cesse de penser, chaque être humain peut agir en barbare. » Réponse faite à l'héroïne par Hannah Arendt Un roman historique très différent des opus précédents de l'autrice, généralement des polars et thrillers, certainement né de la nécessité de s'exprimer et d'avertir du danger tous ceux qui le liront en cette période anxiogène où tout semble recommencer comme en 1938-39 ; ce récit est une course contre la montre pour sauver sa peau et celle des siens. Lorsque l'on naît juive en cette première moitié du XXe siècle, cela signifie nécessairement que l'on va se retrouver face au mal absolu, confrontée à la violence, à la barbarie, au racisme les plus dégénérés et insupportables. Judith est une jeune italienne heureuse à Florence avec sa famille, intégrées dans leur quartier, entourées de leurs amis. Une mère commerçante, le père artisan ébéniste, Judith se voit avocate ou écrivaine... Quelques chamailleries avec son jeune frère, rien de grave, et puis un coup de cœur pour une camarade de lycée. Judith aime les filles, peut être le seul élément de sa vie qu'elle n'ose aborder avec ses parents. Mais déjà résonne le fracas des bottes, en préfigurant bien d'autres, plus inquiétants encore. Mussolini prend le pouvoir, les vérifications d'identité par les miliciens se multiplient, le statut de juifs des Livi devient soudain source de discrimination, de peur. La menace s'intensifie, les regards changent, les interdictions de travailler, d'étudier, en un mot de vivre librement, sont légion ; plus d'avenir pour ces patriotes qui sont, du jour au lendemain, devenus des ennemis à abattre, des étrangers dans leur propre pays. La religion n'est pas au centre de leur quotidien, quelques événements marquants dans l'année sont fêtés plus par respect des traditions qu'autre chose. Leur appartenance au peuple juif ne joue aucun rôle dans leurs comportements. La peur leur tord maintenant le ventre, elle devient panique. Le dilemne du départ est insoutenable. La famille ne sait quelle décision prendre. Les informations données sont contradictoires. Cependant, dans la continuité de la Nuit de cristal en Allemagne, les Livi deviennent des cibles de certains extrémistes. L'étau se resserre bien que la majorité des voisins soient révoltés par ces manifestations de haine contre ces florentins sans histoire et appréciés de tous. Les juifs ont alors, comme dans toute l'Europe, le sentiment justifié de redevenir les parfaits boucs émissaires d'une violence qui jusque là était larvée, contenue. La dictature exacerbe les haines, divise pour mieux régner. Le Duce et Hitler font alliance. C'est le règne des médiocres qui recommence, des revenchards, des ratés, qui veulent détruire tous ceux dont la vie met en exergue leur propre limite.Discrimer, designer un ennemi commun sous de fallacieux prétextes, en un mot créer un faux climat de terreur est le but de tous ceux qui n'ont pas le courage d'affronter leur propre reflet, leurs propres imperfections. Cela s'accompagne invariablement de narcissisme et d'une soif de prise de pouvoir et de contrôle.Des êtres haineux, furieux, qui n'ont jamais été canalisés, diagnostiqués. C'est un texte extrêmement intéressant qui traite de l'exil forcé, de l'appartenance à un pays aimé qui soudain devient terre de tous les dangers. Tout abandonner derrière soi, laisser ce que l'on a construit générations après générations, mais pour aller où ? Le mea culpa de la France suite à l'ignominie de la condamnation de Dreyfus redonne confiance en ce pays à des millions de juifs, ainsi que l'accès au pouvoir de Léon Blum. À tort comme nous le savons aujourd'hui. Ce sera donc le départ précipité et l'arrivée à Paris. Grâce au personnage de Judith, nous naviguons entre les quartiers de la Gaité-Montparnasse, de Saint-Germain, de Saint-Michel. De nouvelles amours, de nouvelles amitiés entre autres avec l'inoubliable Hannah Arendt, la prise de conscience de ce que signifie être juif en France, en Allemagne, en Autriche,..., grâce à toutes les rencontres en ce carrefour du monde qu'est devenu Paris avant guerre, jalonnent cette remarquable reconstitution historique. Judith découvre les organisations sionistes, la Lica, elle se découvre surtout juive alors que la question n'avait jamais été évoquée pendant sa jeunesse en Italie, surtout à Florence.Elle révise également ses jugements bien trop hâtifs, elle apprend à ne plus cataloguer trop rapidement ceux et celles dont elle croise le chemin, elle découvre aussi comment faire le deuil de certains faux amis. Elle grandit, murit, s'accepte, vit intensément, doit se définir très vite dans un monde qui explose. Bientôt ils seront tous dans l'œil du cyclone, doit-elle encore fuir, ou s'engager dans la lutte pour la liberté, pour le triomphe de la lumière sur les ténèbres ?Des questions que se posent aujourd'hui des millions de personnes, des interrogations qui sont miennes depuis des années et qui actuellement sont au centre de mes préoccupations, douloureusement. Comment rester honnête vis à vis de soi même, de ses convictions les plus profondes ? Mais où aller quand le monde entier semble devenu fou ? Quatrième de couverture Avec « Les faisceaux de la peur », Maud Tabachnik signe une magnifique fresque historique, sans doute la plus personnelle de ses œuvres. Vous en retrouverez prochainement les personnages dans « Le temsp de la colère », la suite de cette saga. « Le courage et la force d’une femme dans la tourmente des années sombres. » « La grande œuvre de Maud Tabachnik ; un roman magistral sur les années de terreur de notre Histoire. » Judith a 17 ans, l'ambition de devenir écrivaine et un tempérament rebelle. Dans la sublime Florence de 1937, où ses parents exercent le métier d'artisans d'art - avec l'autorisation officielle réservée aux Juifs -, elle envisage un avenir serein et pourquoi pas, d'aimer librement son amie Francesca. L'Italie n'est-elle pas la terre de la dolce vita ? Mais son rêve se brise le jour où un inconnu est assassiné sous ses yeux en pleine rue. L'homme a été tué par les miliciens de Mussolini, qu'elle trouvait jusque-là si élégants dans leurs chemises noires... Témoin d'un meurtre qui n'aurait jamais existé officiellement, ses parents, interdits d'exercer et poussés à l'exil au fil des jours, Judith voit s'installer un climat délétère sur la ville, alors que de l'autre côté de la frontière, la Nuit de cristal fait se briser l'avenir des peuples. Alors que le monde bruisse des rumeurs d'une guerre prochaine, annonçant des années de terreur, Judith comprend qu'elle va bientôt être obligée de faire des choix difficiles. Même si cela signifie s'engager au péril de sa vie dans la Résistance, fuir et vivre de manière précaire sous les faisceaux de la peur. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • 1793

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 1793 Niklas Natt och Dag Sonatine 2019 442 pages traduites du suédois par Rémi Cassaigne Thriller Historique Chronique 18 septembre 2019 « Des personnages si vivants qu'ils jaillissent littéralement de la page ! Un livre sans pitié, magnifiquement écrit, impossible à lâcher. » Kirkus Reviews La beauté d'une œuvre ténébreuse, d'une immense fresque suédoise en cette année charnière de 1793, dans une cité labyrinthique noyée de fange, de noirceur, dans une atmosphère de terreur. Tout est organique, vénéneux, empoisonné, anxiogène... La corruption du pouvoir, la folie d'un roi, la révolution aux portes de la Suède dont les éclats et les victoires terrifient les monarchies d'Europe, la guillotine mise en œuvre à un rythme effréné en France, les régicides passés et à venir, créent un climat complotiste, tout le monde espionne tout le monde. Les vétérans de la guerre russo-suédoise revenus infirmes du front entrent dans une police parallèle et sont appelés des boudins. C'est l'un d'entre eux, Jean Michael Cardell, qui découvre le cadavre mutilé, inconnu, dans l'eau sale d'un lac.... Le chef de la police nomme un enquêteur exceptionnel aux méthodes d'investigation et de profilage préfigurant celles des futures polices scientifiques. Cecil Winge a peu de temps devant lui : atteint de phtisie, il est condamné. Le tandem, ainsi formé, va se mettre à la poursuite d'un criminel d'une espèce à part, dont les motivations restent incompréhensibles même aux yeux de ces deux hommes qui en ont déjà beaucoup vu. La deuxième partie est consacré à un jeune garçon tout juste adulte ; avec lui l'auteur brouille les pistes jusqu'à nous dévoiler l'effroyable... Cœurs sensibles s'abstenir... La partie suivante est consacrée à une toute jeune femme, Anna Stina, qui symbolisera à elle seule toutes ses sœurs et leur statut en cette société suédoise misogyne et corsetée... Une visite effarante dans une filature-prison, des rencontres avec des êtres haïssables et réels, tant gardiens, que boudins, commissaire, prêtre, dont l'auteur a retrouvé les traces dans les archives.... Puis, tous les acteurs, à part le grand marionnettiste de cette farce macabre, étant entrés en scène, le puzzle se complète sous nos yeux nous réservant cependant encore des moments de stupeurs et de tremblements comme dit l'autre. Un grand roman que, contrairement à la maison d'édition, je ne comparerai à aucun autre, car unique et original et se suffisant à lui-même, d'où une copie partielle voulue de la quatrième de couverture. Une réussite magistrale pour un premier thriller historique extrêmement bien écrit, d'un noir profond comme un ciel avant l'orage où persiste une toute petite trouée de ciel bleu. « Une grande terreur s'en est venue sur nous, ici-bas. Mille rumeurs affluent, l'une plus invraisemblable que l'autre. Il est impossible d'acquérir la moindre certitude, car même les voyageurs divergent et, à mon avis, chacun se fait un peu poète dans son récit. L'atrocité du crime, telle qu'elle est racontée, est trop grande, de sorte que je ne sais que penser. » Carl Gustav af Leopold, 1793. « Malice engendre malice, violence engendre violence. »Thomas Thorild, 1793 Quatrième de couverture 1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable. Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence. C'est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d'un inconnu. L'enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux. Celui-ci va bientôt devoir affronter le mal et la corruption qui règnent à tous les échelons de la société suédoise, pour mettre à jour une sombre et terrible réalité. Un roman phénomène qui renouvelle le roman historique et le thriller nordique. Puissant, noir et fiévreux, 1793 évoque les univers de James Ellroy, de Tim Willocks et d'Umberto Eco. En tête des ventes dès sa sortie en Suède, célébré par une critique dithyrambique dans plus de trente pays, c'est un coup de maître. On n'a pas fini d'en entendre parler. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Temps de la colère

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Temps de la colère Maud Tabachnik City Éditions 22 février 2023 256 pages Thriller & Historique Chronique 28 février 2023 Deuxième opus suivant « Les faisceaux de la peur ».« Il n'y a pas de belle mort ni de mort glorieuse. Il n'y a que la mort avec tes raisons personnelles de l'avoir défiée. » Avec ses deux derniers titres, Maud Tabachnik signe deux textes singuliers dans son œuvre, très personnels et intimes. Le sujet la touche particulièrement, on ressent sa fureur, sa peine, sa nécessité à transmettre encore et toujours, à continuer le travail de mémoire. « En notre siècle de bassesse [...] Partout dans tous les éléments, L'homme est tyran, traître ou reclus... » Pouchkine Plus tard, Soljenitsyne répliquera... « C'est oublier que survivre, voilà la loi d'un peuple... » Fresque historique somptueuse, d'une beauté crépusculaire, ce roman met en scène une jeune femme dont le courage et la ténacité forcent l'admiration, symbole de tous ces invisibles qui ont dû affronter l'indicible pour eux-mêmes et les autres, être les témoins terrifiés d'un monde basculant dans l'impensable, dans la barbarie. « Inexplicables humains ! Comment pouvez-vous réunir tant de bassesse et de grandeur, tant de vertus et de crimes ? » Voltaire De ce fait, un texte d'une puissance universelle et intemporelle de l'ordre de la Tragédie.C'est aussi le récit de ce que deviennent certains personnages croisés précédemment tels Sofia son amour, ses amis Dante, François, le peintre Jean Langlois, son frère Michaël, ses parents Anna et Samuel. S'y ajoutent des figures de la Résistance, de la collaboration, des invisibles aux plus célèbres... Sujet traité des milliers de fois qui pourtant me laisse pantelante et terrorisée, dans un état d'incompréhension totale et de sidération douloureuse face aux actes inhumains de certains criminels d'hier et d'aujourd'hui.Une très belle suite au premier opus, montant en puissance, couvrant la période de septembre 1940 à février 1942, de Paris à Londres, de la France à l'Angleterre en passant par le stalag VIII AB de Vandermaelen en Belgique, en faisant un crochet par Florence en Italie, jusqu'à Marseille et plus loin, encore... Une course contre la montre pour Judith afin de sauver ses parents, les mettre à l'abri, puis continuer la lutte armée contre l'Hydre du nazisme. Je pense évidemment qu'il y aura une suite. Je l'attends... Quatrième de couverture En fuyant son Italie natale rongée par le fascisme, Judith pensait avoir trouvé un refuge à Paris. Mais le régime de Vichy horrifie la jeune femme. Animée par son tempérament rebelle, elle décide de rejoindre De Gaulle à Londres, quitte à laisser derrière elle Sofia, l'amour de sa vie. Dans les forces armées britanniques, l'insouciante étudiante se mue en un véritable soldat. Et lorsqu'elle apprend que désormais en France, les Juifs sont en danger de mort, Judith n'hésite pas : elle doit retourner à Paris pour sauver ses parents. Lancée dans une traversée clandestine de la France pour réussir à rejoindre la zone libre, Judith ne peut faire confiance à personne. C'est la colère contre ce monde devenu fou qui lui donne. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Jours de glace

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jours de glace Maud Tabachnik City Editions 18 septembre 2019 322 pages Thriller & Historique Chronique 29 octobre 2019 « Les gens croient que le mal n'existe pas, que l'humain n'est pas mauvais, qu'il a des circonstances atténuantes. J'ai toujours pensé que le mal faisait partie de notre ADN. » L'action se situe en avril 2020, la température est aux alentours de - 15°C, le ciel d'un bleu pur... J'ai lu ce roman lors de la soirée d'Halloween et c'était parfaitement approprié compte tenu de l'ambiance surnaturelle et inquiétante qui baigne ce thriller et la petite ville de Woodfoll, dans l'extrême région Nord du Canada. Anciennement terre des Indiens, ceux-ci veillent jalousement à ce qu'on respecte leurs coutumes, leurs croyances, leurs morts. Les certitudes ancestrales, quant à l'existence d'un monde parallèle et du pouvoir des chamanes et de leur magie, sont encore profondément ancrées en eux malgré la colonisation que les blancs leur ont fait subir. C'est donc bien en territoire indien que vous pénétrez ici, plus que véritablement au Canada. Les relations diplomatiques entre le gouvernement ou les autorités et les chefs représentant le peuple amérindien sont marquées par une incompréhension profonde malgré les apparences. Les blancs restent des colonisateurs, des envahisseurs, rien ne serait changer cet état de fait. Tout est tractations, méfiance, mépris... Le passé est très présent... Ainsi, après nous avoir présenté un couple d'immigrés, Michaël et Maggie Laurie, en 1870, à l'origine de cette histoire, Maud Tabachnik donne la parole à son héroïne, Louise Grynspan dite Lou, ancienne profileuse de la police du Québec, qui, à la suite de deux malheurs personnels, a posé sa candidature comme shérif de la toute petite ville de Woodfoll. La narratrice nous trace un portrait très intéressant et réel du Canada d'aujourd'hui, loin des clichés habituels de la terre promise, nous raconte l'histoire de sa famille émigrée lors de la montée du nazisme en Autriche, et enfin, nous décrits on nouveau lieu d'habitation et de travail, la région du Manitoba, ainsi que l'équipe sous ses ordres. Une langue acérée, un caractère trempée, le sens de la formule, un apparent cynisme pour cacher une grande sensibilité, cette ancienne championne de ski nordique et sauts en hauteur, à la tête bien faite, à l'instinct de chasseresse, va devoir faire face à une situation terrifiante où tous ses repères seront mis à mal. Pénètre-t-elle dans un conte de mauvaises fées... ? Le décor de ces montagnes et forêts en noir et blanc, ce froid coupant, et soudain un dérèglement climatique exceptionnel, vont la transporter aux frontières du réel. Lorsqu'un centre pénitentiaire, le 3AP, ouvre non loin de Woodfoll, Lou est consciente du danger que cet événement revêt. En effet, bizarrement, son poste de police se voit offrir du matériel, armes, véhicules dernier cri... Le message est clair, on achète en quelque sorte leur soutien. Craint-on aussi une catastrophe en haut lieu, n'est-on pas tout à fait sûr des mesures de sécurité mises en place dans cette prison ultra moderne et futuriste ? Certainement.... Louise va devoir affronter une tempête violente et brusque, comme annonciatrice de la fin du monde. Et comme dans l'ancien Testament, ce n'est qu'une des plaies qui s'abatteront sur le Manitoba. En effet, quatre détenus, frères, des criminels des plus inhumains, profitent d'une panne d'électricité et de l'ouverture des portes pour se faire la belle. Au même moment, le corps d'une adolescente indienne est retrouvé horriblement mutilée.... Les forces de destruction en marche ont- elles été invoquées par les sorciers, le peuple canado-amérindien exigeant la destruction de la prison construite sur un ancien cimetière de braves ? Rien n'est moins sûr.... Doit-on donner aux frères le pouvoir des quatre cavaliers de l'Apocalypse ? Lou devra faire preuve d'un sacré self control pour protéger les siens, sa nouvelle compagne, ses concitoyens et bientôt ses hommes... L'auteur heureusement a le génie de la formule et possède une inventivité indaignable quant au style, l'humour, la causticité. C'est une chance, car ce thriller est ténébreux, fascinant de par sa noirceur et les lieux et circonstances. Je l'ai lu avec empressement, ne sachant pas bien où j'étais, courant haletante à la suite de Lou et de ses collègues.... Une vision originale de ce pays, de cette région méconnue... Les voix des anciens murmurent toujours dans le vent... Écoutez ! Quatrième de couverture Des trombes d'eau. Un vent infernal. En quelques minutes, la petite ville de Woodfoll dans le grand Nord canadien est balayée par une tempête d'une violence inouïe. Plus d'électricité, plus de téléphone, un paysage de fin du monde. Comme le reste de la région, la prison de haute sécurité n'a pas résisté à l'ouragan. La panne électrique a ouvert les portes, libérant quatre tueurs, parmi les pires de leur espèce, des violeurs, pédophiles et meurtriers récidivistes qui se retrouvent dans la nature. Quand des cadavres sont retrouvés, sauvagement mutilés, les soupçons se portent forcément sur les évadés. Mais sont- ils les vrais coupables de ces atrocités ? Lou Grynspan, ancienne profileuse de la police du Québec, mène une enquête aux frontières de la raison. Un voyage au bout de l'enfer qui va hanter ses jours et ses nuits. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Dernier été pour Lisa

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dernier été pour Lisa Valentin Musso Seuil Juin 2018 399 pages Thriller Chronique 14 septembre 2018 « Ce qui fut jadis à présent n'est plus Vers où que je me tourne, De nuit comme de jour, Les choses que j'ai vues, maintenant je ne les vois plus. » Le silence n'est pas toujours d'or, il peut être assourdissant, vous isolant dans un déni et une irréalité préjudiciables et périlleux. J'avais déjà lu et aimé « Le murmure de l'Ogre » et « La femme à droite sur la photo » qui étaient assez particuliers et m'avaient marquée. Celui-ci est plus « classique » concernant le scénario, on peut se dire qu'on a déjà lu ce type de récit. C'est vrai, cependant plus j'avançais dans l'intrigue, plus j'y étais enfermée. Un beau crescendo, un thriller qui m'a fait repenser aux romans de Thomas H Cook, cette ambiance particulière des clans d'adolescents, des amours et amitiés à la vie et ,en l'occurrence, à la mort dans une petite ville des USA. Évidemment une figure centrale, charismatique, Lisa, qui a tous les garçons à ses pieds, un ami de coeur Nick et un petit ami Ethan un peu mauvais garçon. Nick est le narrateur de cette tragédie qui a détruit leur vie, la brisant net, l'oubli est impossible couplé au manque de la personne aimée et assassinée. La fin est insoupçonnable, retournement après retournement, j'ai bien été prise au jeu de l'auteur. Les mensonges, les secrets, les fausses certitudes sont autant de pièges mortels, hier et aujourd'hui, douze ans après. Donc un roman plus compliqué et profond que le début ne pourrait le laisser penser. Quatrième de couverture On les appelle « les Inséparables » : Lisa, Nick et Ethan. Trois adolescents qui grandissent ensemble près du Lac Michigan, dans une bourgade du Wisconsin. À la fin de l'été 2004, leur paisible existence vole en éclats ; Lisa est retrouvée assassinée sur la plage. Après une enquête bâclée, Ethan, son petit ami, est arrêté et condamné à la prison à vie. Douze ans plus tard, installé à New-York, Nick est devenu un écrivain à succès. Mais les fantômes du passé ne sont pas prêts de le laisser en paix ; contre toute attente, Ethan vient d'être remis en liberté. De retour dans sa ville natale, Nick va devoir affronter l'hostilité des habitants, toujours convaincus de la culpabilité de son ami. Pour l'innocenter définitivement et parvenir à se reconstruire, il n'aura d'autre choix que de faire la lumière sur la mort de Lisa et de retrouver le véritable meurtrier. Avec ce nouveau thriller d'une redoutable efficacité, Valentin Musso nous entraîne au cœur d'une petite ville américaine en apparence sans histoires, et qui cache bien ses secrets Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le chat qui voulait sauver les livres

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le chat qui voulait sauver les livres Sôsuke Natsukawa Nil Editions 24 mars 2022 248 pages traduites par Mathilde Tamae-Bouhon Roman Chronique 15 février 2022 En premier lieu, une très belle couverture à regarder dans sa continuité en ouvrant le livre de façon à placer devant vos yeux la 1ère et la 4ème de couverture : un chat figurant le personnage de Tigre apparaît alors. La mise en page est soignée, tout est pensé pour faire de cet ouvrage un bel objet. Peut-être ne suis-je plus assez enfantine ? J'ai trouvé que c'était un joli récit plutôt destiné à la jeunesse ou à des adulescents. Des parfums de Petit Prince, de Alice au pays des merveilles, de fantasy... Un peu simple, jouant la carte du conte initiatique et poétique. Le thème principal est parfaitement d'actualité alors que l'on sait que de plus en plus de familles modestes n'ont plus la possibilité d'acheter des livres pour leurs enfants. Les bibliothèques et médiathèques font un travail formidable insuffisant lorsque l'éducation nationale demande aux parents d'acquérir certains livres pour la jeunesse, certains romans inscrits au programme de lecture de l'année, quelques fois des nouveautés introuvables en seconde main. Le personnage principal et son amie, la déléguée de classe, sont guidés par un chat à la voix grave, autoritaire et sournoise dans des mondes parallèles fantasmagoriques ... Que veut-il ? Que Rintarô, adolescent resté seul dans la librairie Natsuki après le décès soudain de son grand-père, l'aide à sauver des livres soit oubliés, soit défigurés et résumés à leur plus simple expression, soit purement et simplement détruits et remplacés par des produits de consommation qui n'ont que l'apparence de la littérature. L'auteur nous mène à nous poser quelques questions : Quel est le rôle des livres dans nos vies ? Pourquoi nous sont-ils indispensables ? Pourquoi les petites librairies doivent-elles être absolument sauvées ? Quel lien nouer entre ce récit extraordinaire et la situation réelle de l'édition ? Je suis restée extérieure à ce texte, tout en distinguant ses qualités mais aussi ses faiblesses. Qu'il soit un best-seller redonne cependant un peu d'espoir.... Quatrième de couverture Une ode merveilleuse à la lecture et à l'imagination faisant écho au Petit Prince... Rintarô Natsuki, lycéen flegmatique, est sur le point de fermer la librairie héritée de son grand-père quand il reçoit une visite inattendue. Au milieu des livres, il découvre un gros chat brun tigré, un chat qui parle ! Et ce félin exprime une requête plutôt inhabituelle : il demande - ou plutôt exige - l'aide de l'adolescent pour aller sauver des livres. Le monde serait en effet peuplé de livres solitaires, non lus et mal aimés que le chat et Rintarô se doivent de libérer de leurs propriétaires négligents. Le duo atypique se lance alors dans une quête périlleuse au cœur de labyrinthes extraordinaires... « Des chats, des livres, des amours de jeunesse et de l'aventure : de l'herbe à chat pour des lecteurs très variés ! » Kirkus Reviews Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La mangeuse de Guêpes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mangeuse de Guêpes Anita Nair Mon Poche 10 février 2022 392 pages traduites par Patricia Barbe-Girault Historique Chronique 15 février 2022 Première parution en 2020 aux Éditions Albin Michel. Titre original en 2018 : « Eating Wasps ». l'Inde d'aujourd'hui nous est presque inconnue finalement. On ne nous montre que des images d'Épinal vues des millions de fois. Nous sommes nous, occidentaux, restés 50 ans en arrière alors que cet immense pays continuait à évoluer, à se moderniser, à s'équiper et même à mettre en place des moyens de paiement virtuels que nous n'avons pas ici. Bienvenue donc dans la réalité de l'Inde moderne où si tout a changé pour une partie de la population équipée de gadgets électroniques et numériques dernier cri, tout est cependant immuable, archaïque, respectueux de traditions et superstitions millénaires pour tous. Comme toujours ce sont les femmes qui payent la facture qu'elles aient un smartphone entre les mains ou non. Car les mentalités, elles, ne se changent pas aussi vite qu'un téléphone portable. Pour une majorité des Indiens, les femmes dépendent toujours des hommes, se définissent en regard de l'homme, la société reste patriarcale en ayant intégré les valeurs occidentales les plus misogynes. L'histoire qui nous est contée magnifiquement ici, ( en prenant pour objet de transition entre les différentes figures féminines, le doigt momifié de Sreelakshmi la romancière), est celle de toutes ces héroïnes mais aussi de l'Inde actuelle. Lorsque l'esprit de Sreelakshmi, contenu dans ce doigt, est libéré enfin de la cachette où l'avait enfermé son amant voici cinquante ans, elle découvre un pays semblable par bien des aspects à celui qu'elle connut mais également totalement différent. Cependant, en passant d'un personnage à l'autre, l'écrivaine zoologiste des années soixante-dix toujours contenue dans ce doigt, ressent toutes les pensées, les affects de celle qui la possède, momentanément. Ainsi Anita Nair nous brosse le portrait d'une petite partie d'un microcosme assez aisé, logé dans l'hôtel où a été remisée l'armoire au compartiment secret où se lamentait le fantôme de Sreelakshmi incapable de quitter cette terre tant que ce bout d'elle- même, son "doigt-guide", est là. Toute une galerie de caractères attachants défilent sous nos yeux, de la petite fille violentée à la journaliste adultère harcelée et menacée par son amant, de l'épouse trompée d'un diplomate à la victime de brûlure par jet d'acide, des deux sœurs ennemies brisées par la vie à la jeune championne de badminton, de l'Italienne conspuée sur les réseaux sociaux réfugiée à Bangalore, jusqu'à ce qu'enfin nous découvrions les conditions exactes du suicide de notre guide aux pays des illusions et du patriarcat. Cette petite fille, devenue un phénomène pour toute sa famille après avoir mangé une guêpe, poussée et aidée par son père à poursuivre des études supérieures, cette écrivaine reconnue et récompensée, cette vieille fille devenue chef de famille à la mort de son géniteur, cette femme qui jouit d'une liberté que peu d'Indiennes connaissent ou souhaitent, va pourtant se suicider. Pourquoi ? Quel événement a pu pousser Sreelakshmi l'indomptable, à mettre fin à sa vie ? Anita Nair nous offre une fresque historique féminine par le biais de l'intime, du ressenti ; les cinq sens sont excités, le désir sexuel et amoureux de toutes ses héroïnes exprimé crûment, directement, sans circonvolutions inutiles. C'est un roman charnel et même incandescent tant la douleur de Sreelakshmi semble consumer aussi ses héritières par l'esprit. De la petite fille à la grand mère, tel le tableau de Gustav Klimt, tous les âges de la vie d'une femme nous sont exposés. Il en est de même pour l'Inde, personnifiée par toutes ses protagonistes composant ce récit choral tour à tour bouleversant, caustique, effrayant, dramatique, troublant, attendrissant, en un mot : inoubliable. Le chant des femmes indiennes ou en transit dans ce pays s'élèvent ; à vous de l'écouter et le comprendre. Tant de similitudes au fond demeurent entre nous toutes. Quatrième de couverture « À travers ce destin, la grande romancière Anita Nair, l'auteure mondialement connue de Compartiment pour dames, évoque avec sensualité et audace la condition féminine en Inde et dans le monde. Une ode à la liberté et au désir. « Le 25 octobre 1965, Sreelakshmi, une femme de 35 ans, autrice primée mais dont les écrits ont un parfum de soufre - parce qu'elle ose parler du désir féminin en termes crus -, se suicide. Personne ne sait pourquoi, sauf peut-être son amant Markose qui vient après la crémation récupérer parmi les cendres l'os d'un de ses doigts. Il l'enferme ensuite dans une armoire, privant ainsi de son repos l'âme de l'autrice. Cinquante ans plus tard, une fillette cachée dans l'armoire déloge cet os et libère le fantôme de Sreelakshmi. L'os, que tout le monde prend pour un bout de plastique, passe alors de main en main. Sreelakshmi se trouve ainsi plongée dans les histoires de diverses femmes qui, comme elle, bravent les interdits et en subissent les conséquences... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

bottom of page