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  • L'ivresse du vent | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ivresse du vent Véronique Chauvy De Borée 10 mars 2022 368 pages Historique Chronique 24 mars 2022 « Mus par la passion de la course automobile, personnages fictifs et réels se côtoient dans un récit à découvrir à toute vitesse. » Véronique Chauvy continue, avec grâce et talent, à nous faire voyager et dans le temps, en 1905, et géographiquement, dans une région qui lui tient particulièrement à cœur, l'Auvergne. Pour information, les fameuses brigades de police motorisées seront créés deux ans après ce récit par la volonté de Georges Clémenceau. L'automobile fait de plus en plus d'adeptes privés ou professionnels, forcément fortunés ou sponsorisés. Elle représente pour tous la liberté, la modernité, symbole éclatant d'une certaine industrie, d'une réussite sociale, d'un savoir faire artisanal doublé d'une révolution technologique. Tout n'est pas facile entre multiples pannes et crevaisons, sans parler de la poussière, mais que ne ferait-on pour l'ivresse de la vitesse !? Les grands noms de l'industrie automobile d'hier nous laissent encore, à leur simple évocation, une sensation de luxe et de charme. Certains ont aujourd'hui disparu de la scène mais d'autres émergent après l'événement qui nous est raconté ici, la course Gordon Bennett de 1905 qui sera la dernière. Pour finir en beauté, autant choisir un circuit difficile et réputé dangereux, " le circuit de la mort" en Auvergne à Clermont Ferrand. Voilà l'occasion de nous offrir une escapade délicieuse et réjouissante dans cette région pittoresque, entre vaudeville, comédie sociale ou romantique, chronique provinciale, promenade champêtre, tour gastronomique... J'ai pensé à "Un dimanche à la campagne" pour le charme et la beauté des descriptions, à une pièce de Feydeau où les portes claquent, sans oublier pour le suspense aux Brigades du Tigre ou Arsène Lupin à l'humour caustique apparu également en 1905. Clermont-Ferrand et ses alentours deviennent pour quelques mois le lieu où il faut être et se faire voir, où les grands de ce monde et des célébrités internationales se croisent, se saluent, se côtoient, se jalousent, se concurrencent. L'organisation est énorme, c'est une chance inouïe pour la région sur le plan économique. Cependant, certains drames seront à déplorer, bien vite occultés, afin que l'ambiance ne soient pas gâchée. Véronique Chauvy nous fait suivre les quelques mois de préparation, puis les éliminatoires et enfin la course elle-même, par les yeux principalement de plusieurs femmes représentatives de cette société en mutation où la gent féminine compte bien prendre une place plus importante dans ce monde patriarcal et inégalitaire. Quelque soit leur statut, leurs origines modestes ou aisées, toutes ont à cœur de ne pas être mises de côté qui par un mari, qui par un amant, qui par un fiancé, qui par un père... Grâce à l'automobile, certaines entrevoient l'occasion de se libérer d'un carcan insupportable, de repousser les limites du possible tant personnellement que professionnellement, grâce à cette nouvelle facilité à bouger, à se déplacer. Une femme moderne, préfigurant celle qui oeuvrera pour la victoire de 1918 en tant qu'ambulancière, taxiste, infirmière, cheffe d'entreprise....ouvre les portes pour nous, leurs héritières, en usant de courage, d'inventivité, de charme, d'intelligence, sachant se jouer des codes et des hommes. En parallèle de cette course officielle, un événement charmant est organisé, la course des enfants apportant une note de tendresse à ce récit qui déjà ne manque pas de qualités. En cet entre deux guerres, dans un monde à cheval entre le XIXe siècle et une ère nouvelle de progrès multiples et incroyables, les français goûtent encore à une certaine paix bien que la défiance face aux Allemands soit toujours grande. Le monde n'a pas encore basculé, on n'entend que faiblement le sifflet de la cocotte minute que deviendra l'Europe dans les dix ans. Quelques premiers événements inquiétants en Russie résonnent au loin, très loin des routes auvergnates, des auberges et relais gastronomiques, des palaces ou chambres chez l'habitant. Un roman entre ruralité et vie citadine de province, où les protagonistes ont bien à faire déjà pour se dépêtrer de leurs difficultés personnelles, pour mener à bien leurs plans menant à une réussite éclatante, pour ne pas s'inquiéter de demain. Donc profitons bien de cette pause enchantée ! J'ai beaucoup aimé ce récit passionnant, parfaitement documenté, extrêmement bien écrit aux personnages attachants et pittoresques. Quatrième de couverture 1905 : la sixième édition de la coupe Gordon Bennett, du nom du célèbre homme de presse américain, se prépare. L'Automobile Club de France a choisi pour cadre Clermont-Ferrand et son «circuit de la mort». Début juillet, dix-huit pilotes, de six nationalités différentes, s'affronteront le long des 549 km du circuit. Alors que se dévoile en filigrane une rivalité franco-allemande à travers coureurs (Léon Théry vs Camille Jenatzy ) et constructeurs (Richard-Brasier vs Mercedes), l'enthousiasme et la curiosité suscités par l'événement prévalent. Ainsi, hommes, femmes et enfants se pressent pour assister à la course et admirer les bolides. Il faut dire qu'à l'époque, rares sont les privilégiés à posséder une automobile. Gabrielle, jeune femme audacieuse et émancipée, a cette chance et compte bien faire sa place parmi les hommes. Autour d'elle, d'autres femmes de tous âges et d'horizons divers, sont bien décidées à s'affirmer elles aussi, en cette période de progrès et d'évolution. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Impatientes | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Impatientes Djaïli Amadou Amal VDP Voir De Près 2020 428 pages Roman Chronique 2 septembre 2021 Quelques informations indispensables donnés par l'éditeur : « Les Impatientes » est la reprise en Europe du roman « Munyal, les larmes de la patience » (munyal signifiant « patience » en peul) publié en 2017 au Cameroun et dans l'ensemble de l'Afrique francophone, qui avait reçu en 2019 le premier prix Orange du Livre en Afrique. C'est à l'occasion du prix Orange que l'éditrice française Emmannuelle Collas (ancienne directrice des éditions Galaade) remarque le roman et décide de le publier dans sa toute jeune maison d'éditions fondée en 2018. À cette fin, elle retravaille le texte avec l'auteure afin de le rendre « universel, [pour] qu’il puisse être lu partout dans le monde » en s'attachant toutefois à préserver les mots en peul. » « Munyal » est le leitmotiv de ce roman brandi par tous les hommes jaloux de leur pouvoir sur les femmes.... et par certaines femmes, gardiennes de traditions inégalitaires, injustifiées, monstrueuses, peut-être dans un désir de se venger sur toutes les autres de ce qu'elles ont dû subir elles-mêmes. Des femmes qui se transforment donc en collabos, en tortionnaires à l'instar de leurs pères, fils, maris, frères, qui au nom d'un « Islam » réinterprété se permettent tous les crimes, violences, abjections. La jeune fille ne s'appartient pas, ne doit être qu'une esclave sexuelle, une domestique, un punching-ball, une marchandise ; elle doit tout endurer en se répétant « Munyal », patience... Patience de quoi ? D'être assassinée, de devenir l'ombre d'elle-même, de se dissoudre totalement, de s'effacer dans le décor. Elle n'est rien d'autre qu'une possession, et si quelque chose se passe mal au sein de son couple, c'est forcément de sa faute à elle, son époux violent, infidèle, violeur, sadique est le seul qui compte, il est un homme, un mâle. Bienvenue donc dans l'univers merveilleux de la société Peule, au sein de plusieurs concessions appartenant évidemment à des patriarches pratiquant la polygamie. En lisant ce roman effroyable, à peine supportable, remarquable et indispensable, j'ai cru lire un roman historique au temps de Soliman le magnifique au sein de son harem, avec moults détails sur les tortures psychologiques et physiques subies par les épouses du sultan, avec les intrigues de cours, l'ambiance malsaine et délétère, les complots, le mépris et la haine des hommes pour les femmes et des femmes entre elles. Et puis non, cela se déroule aujourd'hui, cet enfer perdure à l'abri de hauts murs. Trois destins féminins nous sont contés : celui de Ramla, jeune fille éduquée, amoureuse, au caractère affirmé, aux yeux ouverts sur l'étranger, sur le monde, ailleurs. Puis celui de sa demie-sœur Hindou, douce, fragile, pas instruite, une victime facile insuffisamment armée pour sauver sa peau. Et enfin, Safira, 35 ans, première épouse et favorite d'un homme à qui elle s'est totalement dévouée pendant vingt ans, lui donnant six beaux enfants, qui a respecté toutes les obligations iniques imposées par la tradition et qui, soudain, doit accepter le choix d'une deuxième épouse, en l'occurrence Ramla, accepter d'être reléguée à attendre son tour car pour elle aussi "Munyal" est un précepte qu'elle doit appliquer. Et si justement ces trois femmes décidaient de ne plus être patientes, de ne plus suivre les règles mysogines et dégradantes imposées par la culture Peule ? Comment se sauver ? Comment respirer, piégées dans ce cauchemar réel ? Tout l'entourage des deux sexes de nos trois héroïnes n'est pas haïssable et n'accepte pas cette situation révoltante, évidemment et heureusement ! J'espère que vous avez le cœur bien accroché, vous allez serrer des dents, avoir envie de mordre et de hurler. L'enfer s'offre à vos yeux dès la première page. On mesure la fureur et le courage de l'auteure pour témoigner de ce qui se déroule au Cameroun et ailleurs. Alors lisez et faites lire.... Pour que cela cesse partout. Quatrième de couverture Trois récits à la première personne de trois femmes africaines qui entendent dès leur naissance qu’il faut qu’elles soient patientes pour remplir comme il se doit le rôle d’épouse qui leur est réservé. Il s’agit de Ramla, une adolescente talentueuse, belle et éduquée qui rêve de devenir pharmacienne et d’épouser l’homme qu’elle aime ; de sa demi-sœur Hindou, mariée à son cousin raté, alcoolique et violent ; et de Safira, la première épouse du quinquagénaire auquel Ramla est destinée. Ramla subit non seulement la trahison des siens, surtout de son père, qui rompt son engagement et suit le diktat de son propre frère qui lui intime l’ordre de donner sa fille au riche homme d’affaires, mais aussi de l’entourage féminin, sa tante mais aussi sa mère qui peine à la protéger. Blessée au plus profond d’elle-même par l’arrivée d’une seconde épouse après vingt ans de vie monogame et heureuse, Safira jure de faire partir cette rivale. Elle lutte sournoisement contre elle et finit par obtenir ce qu’elle voulait, regrettant ses actions mais contente du départ et prête à affronter n’importe quelle nouvelle rivale. Hindou, elle, finit par devenir folle, ne pouvant plus faire face aux violences de son mari qu’elle a essayé de fuir une fois mais en vain. Chacune de ses femmes, à sa manière, se rebelle contre le maître mot auquel leur existence se résume : patience. Historique du roman : Djaïli Amadou Amal explique dans un entretien au Monde que Les Impatientes est inspirée par sa propre vie : elle a subi un mariage arrangé à un âge précoce avec un époux bien plus âgé qu'elle ne connaissait pratiquement pas, puis elle s'est remariée à un homme polygame et violent. Elle décrit cette période en ces termes: « Mais toi tu crèves lentement, battue, violée, humiliée, car ton mari a tous les droits. J’ai enchaîné les maladies, spasmophilie, hypertension, diabète, une boule perpétuelle au fond de la gorge. Personne ne pouvait me comprendre». Selon Djaïli Amadou Amal, c'est la culture, la lecture puis l'écriture qui lui ont permis de s'en sortir: Elle voit ses livres comme des armes dans la lutte contre la polygamie, les mariages forcés et les violences conjugales. Elle explique ainsi avoir écrit en pensant à ses filles : « Il fallait que j’incarne une voix suffisamment forte et influente pour pouvoir, le jour venu, m’opposer à leur mariage précoce et les arracher à ce système néfaste ». Prix littéraires : Retenu, à la surprise générale, jusque dans la dernière sélection du prix Goncourt à la rentrée littéraire 2020, le roman Les,Impatientes reçoit finalement le 2 décembre 2020 le prix Goncourt des lycéens au premier tour de scrutin par dix voix contre une pour Chavirer de Lola Lafon et une pour L'Anomalie (récompensé du prix Goncourt la veille) d'Hervé Le Tellier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Terre blessée | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Terre blessée Alain Paraillous De Borée le 11 avril 2024 256 pages Roman de terroir Chronique 13 avril 2024 Dans la collection Terres d'écriture. "Confronté à la tempête Klaus, un agriculteur voit son monde et ses certitudes s'effondrer." Christian connait le prix du labeur : avoir vu ses parents, enfants d'immigrés italiens, s'échiner sur la terre des autres puis sur la leur, lui a donné le sens des valeurs. Il sait ce qu'il doit aux siens. Mais la situation a beaucoup changé au cours des décennies et aujourd'hui l'agriculteur, le cultivateur doit être un bon gestionnaire, multiplier les sources de revenus, savoir utiliser les technologies de dernière génération et l'informatique tout en souhaitant revenir à des techniques ancestrales plus écologiques. Mais le moindre faux pas et c'est la chute. Christian et sa famille sont toujours sur le fil du rasoir, bien que sa femme, Danièle, soit infirmière libérale. La catastrophe s'approche, une tempête phénoménale en prémices de nombreux autres coups du destin. Christian est un colosse aux pieds d'argile, il défaille, accepte les aides envoyées par le département : entre autres un groupe de sans emplois bien heureux de retrouver, même pour peu de temps, du travail. Parmi eux, Fatou. Christian très fragilisé, se sentant seul, sa femme étant très demandée dans toute la région, se prend à rêver d'ailleurs, à se demander ce qu'aurait été sa vie s'il était parti. Et si ? Un beau roman très réaliste et intéressant, décrivant parfaitement le quotidien des agriculteurs et éleveurs français aujourd'hui dans un contexte tendu et difficile entre décisions aberrantes des autorités, du gouvernement, de l'Europe, dérangements climatiques et crises économiques mondiales. Grâce à ce roman, on pénètre dans l'intimité d'un de ces héros qui tels des David se battent au quotidien contre des Goliath de plus en plus armés. Une guerre de terrain dont les victimes sont des familles entières et en fin de chaîne, le consommateur. Quatrième de couverture Agriculteur heureux et passionné, Christian met toute son énergie au service de la terre, qu'il chérit tant, et qui lui rend les fruits de son travail acharné. Au mitan de sa vie, il a trouvé un équilibre entre son activité, prenante, et sa famille, compréhensive. Mais début 2009, la tempête Klaus ravage son exploitation, qu'il s'était évertué à entretenir et moderniser. Devant l'ampleur du désastre, Christian tente de faire face à ce bouleversement, qui n'est pas que climatique. Sa rencontre avec une jeune femme provoquera en effet une remise en cause profonde de tous ses choix. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le silence et la fureur | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le silence et la fureur Natalie Carter et Nicolas d'Estienne d'Orves XO Editions 2018 361 pages Thriller Chronique 10 février 2019 Un livre à quatre mains comme jouant une partition terrible, pathétique, qui pourtant débute pianissimo jusqu'au tonnerre et la fureur finale. Une mère, scénariste dont c'est le 3 ème roman et son fils, auteur déjà de neufs fictions. "Un thriller psychologique redoutable" où il est question de blocage après un traumatisme survenu voici dix ans, dix longues années de silence forcé pour Max King, un des plus grands solistes de son temps réduit par des acouphènes terribles et la sensation d'une perceuse lui vrillant le crâne, à ne plus lire, écouter, interpréter le moindre morceau de musique. Un enfer, une torture de tous les jours. " À quoi la musique fait appel en nous, il est difficile de le savoir ; ce qui est certain, c'est qu'elle touche une zone si profonde que la folie elle-même n'y saurait pénétrer." Une zone que Susan, la femme qui assiste Max au quotidien en respectant son emploi du temps immuable et ses tocs, aimerait ne plus approcher, car le grand homme perd de ses forces à chaque tentative pour rejouer, redevenir lui-même. Cela ne serait qu'un drame isolé si nous n'étions pas sur une île escarpée au milieu du lac de l'Ontario, où fut construit sur la falaise abrupte un théâtre, lieu d'un festival à la gloire de Max King tous les étés, attirant l'élite internationale. Le village non loin a été reconstruit, des nouveaux habitants s'y sont installés avec tous les corps de métiers représentés, dépendants tous du théâtre, du festival, de Max King. Un évènement monstrueux dont on ne sait pas vraiment l'origine, a eu lieu voici une décennie et tout a été détruit. Le pianiste a tout perdu, son don, la musique, sa femme Fiona et son fils prodige de huit ans, Luke, " le petit prince". Le silence s'est abattu sur tous, prisonniers de ces lieux maudits. La gouvernante Susan, n'en peut plus de voir son employeur qu'elle admire tant, souffrir de plus en plus, se déliter. Thanksgiving approche, elle prend alors une initiative très risquée, un coup de poker qui, s'il réussit, sauvera tout le monde. Fiona et Luke reviennent, les dès sont jetés. Anxiogène à mort, presque surnaturel, un thriller terrifiant en raison de tous les non-dits de chacun, d' une "promesse" faite dont on ignore la teneur et les conséquences, d'une sensation d'enfermement et de pièges. Le destin, inéluctable, est en marche et Susan va perdre le contrôle des évènements. Nous douterons de tous, nous frissonnerons dans le théâtre en ruine, dans la forêt, dans le village maudit, dans la demeure du pianiste, Rockledge Lodge, dans sa salle de répétition étouffante. Nous sommes en apnée, glacés, perdus dans cette histoire labyrinthique. Un cataclysme se prépare, " et du silence jaillira bientôt la fureur". Prodigieux ! Quatrième de couverture Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon. Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars. Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ». Un futur pianiste de génie, comme son père. Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite. Et du silence jaillira bientôt la fureur. Le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves signe avec sa mère, Natalie Carter, scénariste, un thriller psychologique redoutable. « … où il est question de musique, d’îles, de lacs lointains, de nature dévorante, de piano mortel, de crimes irrésolus et de passions impunies. » Natalie Carter et Nicolas d’Estienne d’Orves Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le temps est assassin | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le temps est assassin Michel Bussi Presses de la Cité 4 mai 2016 400 pages Thriller divers Chronique 25 mars 2017 C'est sous 27°C au soleil dans un parc parisien que j'ai fini le dernier roman de Michel Bussi "Le temps est assassin", il le fallait bien pour me donner l'illusion d'être sur la presqu'île de la Revellata en Corse au mois d'août avec Clotilde avocate, son mari Franck et sa fille Valentine.C'est un retour aux sources pour Clo, au camping et dans le bungalow de l'été 1989, 27 ans après l'accident de voiture dans lequel ses parents et son frère sont morts. Un exorcisme en quelque sorte et un réenracinement dans son histoire familiale corse, petite fille de Cassanu Idrissi, son Papé, une légende dont tout le monde à peur, façon Corleone . Mais rien n'est caricatural dans ce récit, bien entendu l'accent, le vocabulaire sont typiques, mais cela n'est pas là l'essentiel, On parle bien d'honneur et de vendetta mais loin des clichés, plutôt en insistant sur la volonté de protéger des traditions et un site de toute beauté. Ainsi va-t'on être tranquillement baladés entre le carnet intime de l'adolescente qu'elle fut, gentiment transgressive et à la maturité ironique et bluffante , et la femme de 40 ans en perte de repère, étouffant sous les flashbacks et les bouffées d'émotions remontant du passé. Elle reçoit alors une lettre de sa mère Palma, et tout va basculer. Ce récit est comme une route au bord du précipice longeant une falaise, avec en à pic la Méditerranée turquoise et transparente. Des lacets, des tournants brusques, des épingles à cheveux, des frôlements périlleux contre la barrière d'urgence, la peur et la terreur au ventre, ne sachant pas très bien où nous allons. Au détour, soudainement des nuages noires ou un soleil éblouissant. La canicule fait fondre les corps et exaspèrent les esprits. La fin est tout à fait imprévisible, donc laissez vous aller, et charmer par la plume et le style de Michel Bussi, son talent pour entretenir le mystère et multiplier les routes, croquer les personnalités hautes en couleurs d'hier et d'aujourd'hui, vues par l'adolescente ou la femme. Voilà, à part Code Lupin et Meurtres en Seine, j'ai eu le plaisir et la grande joie de lire tous les livres de cet auteur. Merci à lui, ce vrai artisan d'art, pour tout ce que j'ai appris au fil des pages, pour la poésie, l'humanisme, la beauté de la langue, la virtuosité des constructions, le suspens maintenu, etc..... J'attends le prochain, avec impatience. Quatrième de couverture Eté 1989 La Corse, presqu'île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite... et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux. Eté 2016 Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l'accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé. A l'endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Ainsi fleurit le mal | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ainsi fleurit le mal Julia Heaberlin Presses de la Cité 8 septembre 2016 554 pages traduites par Cécile Leclère Thriller Chronique Titre original « Black-Eyed Susans ». Le miroir est brisé et la femme qui s'y regarde y est morcelée, fragmentée. Il fut cassé lorsque Tessie fut retrouvée en 1994 mourante sur un tas d'ossements humains au côté d'un cadavre de jeune fille, dans une fosse emplie de marguerites jaunes aux yeux noirs. Elle ne se souvient de presque rien et devient dans la presse une des Marguerite, la victime rescapée d'un tueur en série. Nous sommes au Texas où la peine de mort est appliquée et donc, elle contribue par son témoignage devant la cours à la condamnation de Terrel Darcy Goodwin, afro américain, coupable parfait dans cet État. Tessa aujourd'hui est une artiste talentueuse et mère célibataire épanouie d'une adolescente Charlie. Évidemment tout n'est pas si simple, les Marguerite lui chuchotent toujours à l'oreille, elle est toujours sur le qui-vive, elle joue parfaitement le jeu social mais Tessie se réveille quelquefois en elle, cette jeune fille en colère, irrespectueuse, transgressive et violente qui joue avec son psychiatre, qui lui ment, qui feint d'avoir perdu la vue plus que nécessaire pour juger de l'honnêteté de son entourage, aidée en cela par sa meilleure amie troublante et dérangeante Lydia. Ainsi glissons-nous entre 1995 où le huis clos des séances avec le psychiatre en charge de la préparer au procès nous permet de découvrir par petites touches la personnalité complexe de Tessie victime certes mais aussi manipulatrice, puis le procès en lui même et le rôle que certains vont y jouer... et aujourd'hui où Tessa découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre. Est elle vraiment libérée de son bourreau depuis 1995 ? Le vrai criminel est-il enfermé et prêt à être exécuté ? Son « Monstre » est-il toujours dehors à la guetter ? Une bénévole Angela Rothschild luttant pour une association contre la peine de mort a relancé le dossier de Terrel, persuadée de son innocence. A son décès, l'avocat William James Hastings accompagné du Dr Joanna Seger médecin légiste viennent informer Tessa de leur volonté d'innocenter celui qu'elle a envoyé en prison. Elle va donc les suivre sur ce chemin vers la vérité, vers son passé et celle qu'elle fut. Elle va affronter les ombres, les monstres et fantômes et tenter d'avoir enfin certaines réponses. Il en va de sa tranquillité d'esprit, de son avenir avec sa fille. Le passage entre les deux époques est très bien maîtrisé dans des chapitres de plus en plus brefs. Les informations nous sont distillées au compte goutte remarquablement, la fin est bien plus effrayante et originale que ce nous pouvions imaginer. Car le talent de l'auteure est de nous faire participer à la mise en abîme de Tessa/ Tessie alternant des scènes normales du quotidien à des moments de stress et de peur intenses. Nous basculons avec l'héroïne essayant de nous raccrocher a une planche glissante pour ne pas nous laisser submergés par la terreur. Notre empathie pour Tessa est au maximum, et comme elle, nous restons en mode contrôle tout le long du récit pour ne pas sombrer. Mais le vertige nous rattrape finalement. C'est un thriller très réussi abordant également le thème central aux Usa de la peine de mort dans certains États, de cette loi du Talion « oeil pour oeil, dent pour dent ». Sans entrer plus dans la controverse l'auteure donne des faits comme la journaliste qu'elle fut. Certains personnages sont directement inspirés de femmes et hommes réels luttant au côté des victimes et des prisonniers dans le couloir de la mort. Voir les notes de fin. Voilà très bonne découverte et lecture en ce qui me concerne Quatrième de couverture J'ai toujours pensé que la mort avait quelque compte à régler avec moi. » À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d'ossements humains et au côté d'un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des 'Marguerite', surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane. Presque vingt ans ont passé. Aujourd'hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix celles des Marguerite qui n'ont pas eu la même chance qu'elle, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale et à échapper à la curiosité malsaine de la presse. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l'assaille... Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Suspect | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Suspect Fiona Barton Fleuve Noir 9 janvier 2020 504 pages traduites par Séverine Quélet Thriller Chronique 27 décembre 2020 Un bon troisième opus pour Fiona Barton mettant à nouveau en scène Kate Waters, la journaliste ambitieuse et tenace, et l'inspecteur principal Bob Sparkes, déjà suivis dans les deux opus précédents " La Veuve" et " La coupure". "Ne laissez pas la vérité gâcher une bonne histoire ", phrase d'accroche de ce thriller policier et journalistique, qui pourrait être la première leçon que donnerait Kate à Joe, jeune journaliste aux dents longues, impatient d'apprendre, considéré par tous comme son fils adoptif dans le milieu palpitant et parfois malsain de la presse écrite londonienne. Kate sera l'arroseur arrosé dans ce scénario bien pensé et pervers à souhait, nous transportant jusqu'à Bangkok, sa moiteur, ses trafics de drogues et d'êtres humains, sa pauvreté, sa saleté, sa police inefficace et vérolée, ses prisons infernales, ses codes incompréhensibles pour les occidentaux soudainement projetés dans cette mégalopole venimeuse, ensorcelante. C'est cette destination lointaine que choisit pourtant Alex, jeune fille brillante et curieuse du monde, pour voyager sitôt les épreuves du baccalauréat passées. Elle a longuement préparer son périple en vue d'une année sabbatique, a travaillé dur pour financer son rêve, et se réjouit de partir avec son amie d'enfance Mags. Seulement celle-ci se désiste au dernier moment et c'est une autre fille de leur lycée, Rosie, qui partira avec elle. Alex aurait-elle dû écouter sa petite voix intérieure qui lui disait "danger" ? Certainement... Car Alex et Rosie disparaissent soudainement, les parents préviennent les autorités.... Pour Kate, en plein mois d'août pendant lequel aucun événement notable n'est digne d'un article, c'est une aubaine.... et curieusement, cela résonne en écho avec ses propres craintes quant à son fils, Jake, parti voici deux ans à Phuket, soit disant pour sauver des tortues en danger...un fils de plus en plus mystérieux, différent, fuyant et enfin silencieux au cours des mois... Pour Bob Sparkes, dont l'épouse est atteinte d'un cancer récidivant, c'est l'occasion de distraire son attention de la terreur qui l'étreint à l'idée de perdre sa compagne depuis 25 ans. L'auteure, journaliste, décide de mettre Kate, sa collègue virtuelle face à la réalité vécue par toute cible déclarée des médias. Elle devient leur proie, cherche à garder la main, à comprendre ce qui s'est déroulé réellement à Bangkok.... Une leçon sévère pour la professionnelle qu'elle est mais aussi pour la femme et la mère qu'elle a été et qu'elle est devenue... pour Kate et Bob, l'heure du face à face avec eux-mêmes a sonné : ils doivent affronter ce qui les terrorise le plus... Ils n'ont pas le choix. Une réflexion sur les épreuves de passage que l'on s'impose peut être inutilement, ou qui s'imposent à nous au moment où nous sommes les plus fragilisés.... Une critique également d'une certaine presse... Une mise en garde pour tous les parents dont les enfants décident de partir soudain au bout du monde, insuffisamment armés et matures.... Un livre construit sur le drame que représentent les milliers de disparitions inexpliquées qui détruisent les familles, sans espoir de connaître la vérité.... Les proches de Alex et Rosie vont-ils faire partie du nombre ou vont-ils retrouver leurs enfants ? Et Kate, pourra-t-elle remonter la piste menant jusqu'à jake ? Du bel ouvrage..... Quatrième de couverture Jusqu'où iriez-vous pour protéger votre famille ? Quand deux jeunes filles de dix-huit ans disparaissent lors de leur année sabbatique en Thaïlande, leurs familles se retrouvent aussitôt sous les projecteurs des médias internationaux : désespérées, paniquées et exposées jusque dans leur intimité. La journaliste Kate Waters, toujours avide d'un bon papier, se charge immédiatement de l'affaire, une occasion bienvenue pour elle de se rapprocher de son fils, parti vivre à Phuket deux ans auparavant. Mais ce qui s'apparente au départ à une simple fugue d'ados qui aurait mal tourné, s'avère rapidement être quelque chose de plus sérieux. Les découvertes alarmantes se succèdent, le nombre de suspects se multiplie et la piste criminelle ne peut plus être écartée. Face à la complexité de l'affaire et au manque de coopération des autorités sur place, Kate ne voit qu'une seule issue : se rendre sur les lieux afin de prendre l'enquête en mains. Mais cette fois elle est loin d'imaginer à quel point elle va être impliquée personnellement ... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La déesse des marguerites et des boutons d'or | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La déesse des marguerites et des boutons d'or Martin Millar Intervalles 2016 256 pages traduites par Marianne Groves SF Chronique 5 avril 2019 Entre SF, mythologie et historique, très drôle. Réjouissant ! J'adore... Dès les premières pages j'ai souri : je lis toujours à haute voix au début d'un récit pour m'imprégner de la musique du texte, et je m'amuse à faire les différentes voix des personnages. Ici ce fut immédiatement goûteux, très amusant et spirituel alors même que le décor est celui de Athènes au printemps de 421 avant JC, et que le premier rôle est donné à une figure célèbre de la comédie, le dramaturge Aristophane. Cela pourrait rebuter un peu, mais au contraire, cette renaissance de cet auteur de théâtre et metteur en scène ambitieux, insatisfait, angoissé, perfectionniste est des plus réussie. Lorsque la déesse Athéna fait son entrée accompagnée de l'amazone Brémusa, nous comprenons que nous serons étonnés, que l'histoire sera joyeusement barrée. Ce fut le cas, tout en étant rigoureusement construite sur une documentation sérieuse quant à la biographie et les œuvres de Aristophane, d'autres auteurs, de Socrate, et la vie de personnages connus des Athéniens, de l'homme politique, du militaire, du marchand d'armes, du commerçant, du poète, des comédiens, de la prêtresse ou de la courtisane. Les déesses, nymphes, guerrière amazone ou soldat crétois sont empruntés à la mythologie grecque. Et puis cette charmante nymphe de la rivière apprentie déesse Métris, rafraîchissante, poétique, apporte l'onirisme nécessaire à ce roman fabuleux. Un très joli livre, intéressant, plein d'humour, un conte philosophique dont la morale est universelle et contemporaine. À vous de vous transporter dans cette reconstitution de la cité d'Athènes, bruissante et impatiente, en ses agoras, salons privés, auberges, marchés, docks, théâtres, après dix ans de guerre contre Sparte, à une période charnière et délicate pour cette démocratie. Lisez bien le postface où Martin Millar donne beaucoup d'éléments de compréhension. Je l'ai beaucoup aimé. Quatrième de couverture Athènes, 421 avant JC. Depuis des années Sparte et Athènes se font la guerre. Dans les deux camps, le peuple n'aspire qu'à une seule chose : la paix. C'est d'ailleurs le titre de la nouvelle pièce d'Aristophane, avec laquelle il compte bien remporter le premier prix aux prochaines Dyonisies. Mais les répétitions sont catastrophiques, et le dramaturge court au désastre. Pourtant, beaucoup pensent, y compris parmi les dieux, que du succès de la pièce pourrait dépendre l'issue des négociations en cours entre les belligérants. Dans La déesse des marguerites et des boutons d'or, Martin Millar fait défiler, pour notre plus grand plaisir, personnages réels ou fictifs, dieux, nymphes et autre amazone. Un mélange détonnant, puissamment satirique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Inconnu du bourg | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Inconnu du bourg Éric Bohème de Borée Le 6 novembre 2025 256 pages roman de terroir Chronique 20 novembre 2025 Paru dans la collection Terres d'écriture. "Dans un village du Berry, l'enquête sur la mort suspecte d'un employé viticole révélera bien des secrets ." " On ne sait jamais ce que le passé nous réserve. " Françoise Sagan En effet, et notre Inconnu devra comprendre rapidement cette leçon de vie s'il veut se sortir du guêpier où il s'est précipité, sans repasser par la case prison. Lui le Parisien flambeur, rebaptisé l' "escroc en costume de luxe", le "spoliateur cynique des petits épargnants" par la presse au moment de son procès, juste après l'élection de Giscard d'Estaing en 1974, se retrouve sans rien après cinq ans de cabane, accueilli chez un ami, le vieux Tourangin, au village faussement tranquille de Mehun-sur-Yèvre. Ceux qui ont lu l'opus précédent "Le Café du Centre" de Éric Bohème apprécieront... À lui le charme inénarrable de la province berrichonne, la joie d'être au centre de l'attention pesante et inquisitrice de tous, de devenir l'objet des potins des cancanières nombreuses dans le patelin, d'être jugé, soupesé, avant d'être peut-être accepté. Il faut dire qu'il ne se passe pas grand chose dans le coin si ce n'est un mystère qui ne cesse de tracasser le papet : les causes réelles de la mort d'un ouvrier du principal domaine viticole du coin. Après avoir partager ses doutes avec son invité, v'la t'y pas qu'il casse sa pipe. C'est bien la veine de notre enquêteur amateur : le voilà chargé d'une mission par le défunt qu'il ne peut refuser de mener à bien mais qui risque de le mettre en délicatesse avec les habitants du bourg, du plus humble au plus nanti. Tout se sait dans une si petite localité, radio-trou- du-Berry y fonctionne parfaitement. L'auteur a le chic pour faire renaître la vie quotidienne d'un village haut en couleurs, pour nous offrir des dialogues savoureux, des descriptions aux petits oignons des situations cocasses et personnages truculents de ce récit, dont le scénario par ailleurs est très bien ficelé jusqu'aux dernières pages. En plus... vous attend une surprise du chef des plus goûteuses illustrant parfaitement, délicieusement, ce roman de terroir aux allures de polar rural bien tordu, à la verve imaginative et réjouissante. Un livre joyeusement caustique en cette période de cynisme détestable, nous rappelant les vraies valeurs de notre douce France. Nostalgie quand tu nous tiens ! Quatrième de couverture À sa sortie de prison, « l'Inconnu » se rend chez son vieil ami Tourangin, qui l'informe de la mort suspecte d'un employé viticole quelques jours plus tôt, avant de décéder à son tour dès le lendemain. « L'Inconnu » tient alors sa promesse d'élucider le mystère autour de ce qui s'apparente plus à un meurtre qu'à un accident du travail. Son passé douteux éveille toutefois les soupçons de certains villageois. Mais dans cette enquête, qui manipule qui ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les brumes de décembre | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les brumes de décembre Daniel Cario Presses de la Cité Terres de France 2019 554 pages Thriller terroir historique Chronique 28 juin 2019 Ce roman est la suite des aventures du gendarme, l'adjudant Philippe Derval, que nous avions découvert dans " Trois femmes en noir" chroniqué aussi sur cette page. Également nous retrouvons ses collègues et sa femme Irène avec laquelle rien ne va plus. Bretagne sud, peu avant le réveillon de Noël, un froid de canard, à nouveau le sort s'acharne sur la petite ville péninsulaire de Port-Louis : la mort affreuse d'une fillette à cause d'un chauffard, un lâche qui s'est enfui, puis quelques jours plus tard le suicide, qui s'avère être un meurtre, d'un arnaqueur Franck Hamonic, alcoolique notoire que personne ne pleurera à part peut-être ses parents et sa sœur Sterenn... Quoique.... Derval, dont l'instinct n'est plus à prouver, sait que quelque chose cloche dans ces deux dossiers : il sent un lien entre les deux. Mais il est difficile d'enquêter auprès d'une population choquée, et bientôt apeurée par de nouveaux assassinats. De plus, le flic doit faire face au stress du délitement de son couple, aux réflexions insidieuses de Irène son épouse, même devant leurs deux enfants, et à son attirance pour la maîtresse de la victime du chauffard et également de sa propre fille qui était dans la même classe. Tout s'enchaîne très vite sans pause pour les enquêteurs, les pistes se multiplient ainsi que les retournements soudains, le tout entrecoupé de descriptions lyriques des paysages bretons. On sent encore dans ce policier essouflant l'amour de l'auteur pour la Bretagne, terre d'accueil pour Derval qui s'y sent adopté. On croit deviner la solution mais non, en fait l'articulation des différents événements est insoupçonnable. Clair obscur toujours avec Daniel Cario, comme un rayon de soleil à travers de lourds nuages noirs. Un pays de mystère mais aussi d'authenticité, c'est le climat et la rudesse de la vie qui veulent cela. La vérité éclatera comme un coup de fusil dans le dos, inévitable.... Évidemment, le thème bouleversant et révoltant de la mort des victimes d'ivrognes, ici une enfant, qui prennent tout de même le volant d'un véhicule qui devient arme lourde, est au centre de ce récit, comme plus largement de la protection que chaque adulte doit apporter aux enfants, avec vigilance. De très beaux moments de lecture grâce au style unique de l'auteur, un scénario bien pensé, sombre et dramatique à souhait. Tous les ingrédients sont là dans ce thriller policier. Je souligne aussi que la quasi absence de téléphone portable en 1991 ajoute un élément intéressant à l'intrigue. Quatrième de couverture " Ciel noir sur Port-Louis. Hiver 1991. Une petite fille est percutée à vélo par un chauffard, introuvable. Sept jours plus tard, on découvre le corps sans vie de Franck Hamonic, pendu au bout d'une corde. Suicide ? Le gendarme Philippe Derval en doute : beaucoup auraient bien réglé son compte au jeune voyou, alcoolique notoire. On interroge Sterenn, adolescente un peu paumée et sœur de Franck, qui partageait ses virées nocturnes. Elle livre des aveux édifiants. Journées noires pour Derval : d'autres meurtres suivent. En plus de sa sagacité, sa maîtrise de soi est mise à rude épreuve quand enquête et sentiments s'entremêlent. Les brumes de décembre se dissiperont-elles pour faire la lumière sur ces deux affaires que Derval pressent liées ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le mystère Fulcanelli | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le mystère Fulcanelli Henri Loevenbruck Flammarion Thriller 9 octobre 2013 416 pages Divers Chronique 13 mars 2017 Tome 3 des Enquêtes de Ari MacKenzie. Enthousiaste, mon retour sur ce livre va donc être plus long que d'habitude. Tout commence par le meurtre d'un vieil homme dans l'église de Santa Caridad à Séville sous le tableau de Juan Valdés Leal intitulé « Finis Gloiriae Mundi ». Tout continue à Paris avec la mort curieuse d'un Galériste célèbre dans sa bibliothèque personnelle, et la disparition incompréhensible d'un simple carnet de cuir marron manuscrit, qui aux yeux de cet homme était son bien le plus précieux. Crise cardiaque ou meurtre ? Le Brigadier-Chef Radenac, conscient des limites de ses connaissances va faire appel à un de ses amis Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, à l'érudition sans limite en particulier dans le domaine de l'ésotérisme. Car en effet Gabriella Mazzoleni, la fille du défunt leur apprend que ce carnet aurait été rédigé par le mystérieux et fameux alchimiste du début du XXème siècle : Fulcanelli. Or depuis plus de cent ans les chercheurs et les scientifiques tentent de lever le voile sur l'identité sous ce pseudonyme. Ari Mackenzie, en chute libre sur les plans professionnel et personnel, en acceptant cette enquête, va faire une plongée vertigineuse dans l'Histoire de l'ésotérisme du siècle dernier, mais aussi être confronté à ses zones d'ombre, à ses faiblesses. J'ai tout aimé dans ce livre, les personnages, l'équilibre parfait entre le récit, le suspens, l'émotion, l'érudition. J'aime l'écriture, précise, émouvante, imagée, savante ou gouailleuse. J'aime le rythme rapide en chapitres courts et le glissement maîtrisé entre les différents acteurs de cette histoire. Pas un moment d'ennui, ou de lourdeur avec un thème qui pourrait rebuter. J'aime quand le roman, la fiction, sont au service de la narration de faits et de destins réels. Tout est vérifiable sur les réseaux et en bibliothèque, de l'existence de Fulcanelli et de ses ouvrages, de ses acolytes, des personnages célèbres et de leur accointance avec le milieu du spiritisme. C'est aussi la description d'une certaine société qui depuis le XIXème siècle, la révolution industrielle et la toute puissance de la science, semble vouloir équilibrer les forces en se passionnant pour la magie, l'occulte. Victor Hugo, Camille Flammarion le scientifique, Claude Debussy, Erik Satie, Emma Calvé la cantatrice, Ferdinand de Lesseps sont présents également dans ce récit..... Un vrai bonheur que ces 400 pages avalées en quelques heures quand Henri Loevenbruck a abattu un travail colossal de documentation, de recherche, et d'écriture pendant des années. Je suis maintenant une fan absolue de cet auteur, et mardi j'aurai les deux tomes précédents à ce livre « Le rasoir d'Ockham », et « Les cathédrales du vide ». Quatrième de couverture Après plusieurs meurtres mystérieux et le vol d'un manuscrit, Ari Mackenzie accepte de mener l'enquête dans les milieux ésotériques afin de percer le mystère de l'identité du plus mystérieux alchimiste du XXe siècle : Fulcanelli. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Tout n'est pas perdu | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tout n'est pas perdu Wendy Walker Sonatine 2016 341 pages traduites par Fabrice Pointeau Thriller Chronique 21 juillet 2018 Le 27 mai dernier, j'ai terminé bluffée « Emma dans la nuit » deuxième opus de cette auteure talentueuse, et donc ai évidemment voulu lire son premier roman, et quel roman! qui lui avait valu des louanges immédiates et une adaptation cinématographique de la Warner Bros avant même la parution en librairie. À nouveau, je suis soufflée par ce thriller psychatrique, éberluée par la maîtrise machiavélique de Wendy Walker, tant par l'écriture et le rythme qu'elle nous impose, mais également par le plan diabolique qu'elle suit irrévocablement jusqu'au dénouement qu'on imagine bouleversant et insoupçonnable. Servie, donc et bien servie. Merci Madame Walker ! Le postulat de l'existence d'un médicament immédiatement donné à des militaires ou des victimes de traumas graves le plus tôt possible après le drame pour faire disparaitre les évènements de leurs mémoires, à de quoi faire extrêmement peur. Toujours cette propension de nos sociétés à jouer à l'autruche face au Mal et ne pas faire face. Si au passage les malades deviennent accros aux médocs, c'est encore mieux. Malheureusement la seule solution a toujours été d'affronter les feux de l'enfer, et non de jouer la carte du déni, boomerang qui inéluctablement nous revient en pleine face. L'auteure évoque ce danger de médications chimiques testées en ce moment même, et cite certains traitements précisément. Cependant les méthodes d'EMDR mises en place aux USA depuis les années 80 en cas de Syndrome Post Traumas, aujourd'hui de plus en plus usitées en France heureusement, donnent de vrais résultats, en s'appuyant sur les recherches sur le cerveau et sa capacité d'auto-guérison. J'en parle en toute connaissance de cause. De la guerre, comme souvent, des avancées en médecine ont été faites, de la souffrance des uns est née la délivrance des autres. Donc une fiction qui n'en est pas une, l'idée que certains laboratoires pharmaceutiques font en sorte de s'enrichir sur la douleur des patients, alors que des méthodes naturelles existent respectueuse du corps humain et de ses aptitudes. Une œuvre littéraire puissante, haletante, qui ne nous ménage pas, comme dans une thérapie ou un traitement de choc. Un portrait exceptionnel de notre narrateur, un psychiatre terrorisant sous des dehors d'empathie et d'humanité.... Je dis ça, je dis rien.... Formidable ! Précision : ici l'amnésie est induite par un traitement, on sait que au contraire dans le cas d'amnésie post traumatisme, il n'est pas du tout conseillé de vouloir faire réapparaître les souvenirs, puisque cette amnésie est un moyen de défense réactionnel du cerveau... Donc normalement on doit attendre de voir si on va se rappeler les faits, ou dans le cas contraire apprendre à vivre avec les manques. Là encore je sais ce que j'écris.... « La vérité peut vous reconstruire, elle peut aussi vous détruire. Alan Forrester est psychiatre dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Krammer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a fait l'objet d'un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une terrible agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, tous lui confient leurs pensées les plus intimes, laissent tomber leur masque en faisant apparaitre les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences tranquilles. Parmi eux, Charlotte, la mère de Jenny, et Tom, son père, obsédé par la volonté de retrouver le mystérieux agresseur. » J'aimerais bien voir le film de cette psychanalyse glaçante et manipulatrice.... Quatrième de couverture Pouvait-elle vraiment tout oublier ? Le nouveau phénomène du thriller psychologique Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, quinze ans, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, et lui confient leurs pensées les plus intimes, laissant tomber leur masque pour faire apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles. Ce thriller, d'une puissance rare, plonge sans ménagement dans les méandres de la psyché humaine et laisse son lecteur pantelant. Entre une jeune fille qui n'a plus pour seul recours que ses émotions et une famille qui se déchire, tiraillée entre obsession de la justice et besoin de se reconstruire, cette intrigue à tiroirs qui fascine par sa profondeur explore le poids de la mémoire et les mécanismes de la manipulation psychologique. Wendy Walker est une avocate de renom dans le Connecticut. C'est son premier roman traduit en France. Il est en cours d'adaptation cinématographique par la Warner et l'équipe de producteurs du film Gone Girl de David Fincher. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Chardonneret | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Chardonneret Donna Tartt Pocket 2 janvier 2015 1296 pages traduites par Edith Soonckindt Thriller Chronique 29 janvier 2023 Prix Pulitzer 2014 « L'absurde ne délivre pas, il lie. » Albert Camus Absurde, cette époque où tout fout le camp, où l'on doit en permanence s'adapter à l'inacceptable, au grotesque, à l'insoutenable, à la destruction de la beauté, à l'oubli des leçons du passé.Absurde, cette époque où une oeuvre d'art n'est plus rien qu'une marchandise, un prix, un objet de spéculation, un otage que l'on refile d'un marchand de mort à un autre, éteignant de fait sa lumière. Absurdes, ces temps de ténèbres où soudain tout peut exploser, où le feu du Mal peut tout consumer, détruire, emporter. Absurdes, tant elles sont insondables, sans fin, la douleur et la sidération du fils perdant sa mère dans un attentat alors qu'il était si proche de l'instant parfait, de la rencontre d'une vie....Absurde, la requête de ce vieillard agonisant à ce garçon à savoir cacher et prendre avec lui ce bel oiseau, ce chardonneret peint par Carel Fabritius en 1654. Absurde la mort, absurde le deuil, absurde le monde dans lequel il refait surface anéanti, paumé, orphelin de mère et d'une partie de lui-même.Absurdement violente, tragique et rocambolesque enfin la trajectoire de cet enfant de treize ans portant pendant des années le poids de la perte, de la culpabilité du rescapé, du vol d'une des œuvres d'art les plus précieuses et importantes de L'Histoire de l'art. Un tableau clef dont on ignore véritablement l'utilisation finale, certainement destiné à être fixé sur le mur extérieur d'une échoppe de la ville de Delft. Un trompe l'œil aux teintes étonnamment lumineuses, un volatile tout mignon, tout simple, trompeur en réalité oubliant de nous prévenir du chaos à venir... Nulle alerte de sa part avertissant le peintre de l'incendie qui l'emportera avec la majorité de ses œuvres, nulle alerte à l'adresse de notre Théodore obsédé par la vision d'une gamine rousse jusqu'à en oublier que le destin peut frapper partout, à n'importe quel moment. Pourtant par sa simple présence, ce chardonneret, témoin de bien des drames par le passé, oeuvre clef et charnière entre deux écoles de peinture, devrait déclencher un signal de danger, lui, le centre de toutes les attractions. De multiples personnages vont croiser dès lors le chemin d'un Théo en mode survie, en mode auto-destruction, en mode sauve-qui-peut... Un parcours du combattant et initiatique d'une brutalité et d'une cruauté folles de New York principalement en passant par Las Vegas pour se rendre enfin à Amsterdam. Un enfant face à des adultes dépassés, perdus, irresponsables, un jeune homme dans un monde où tout n'est qu'apparence, jeu de dupe, malhonnêteté. Mais heureusement de belles âmes croisent Théodore et l'aident à se trouver. Ce roman somptueux, dense, riche d'informations, donnant à New York une place privilégiée, est une étude sociétale au vitriol, une description détaillée de la chute annoncée d'une civilisation, une analyse "psychatrique" sans concession des protagonistes de cette fresque digne de "La Leçon d'anatomie du docteur Tulp" de Rembrandt : une dissection minutieuse des évènements, des intentions, des turpitudes, l'autopsie d'une époque, d'une humanité en décadence, d'un monde en perdition. Mais l'espoir est peut-être au bout du chemin si Théo réussit à percevoir le chant du chardonneret, s'il réussit à le rejoindre et à détacher sa chaîne. Roman noir des plus lumineux où le silence assourdissant d'une bombe laisse place au chant des oiseaux, à la beauté et à l'équilibre retrouvé du monde.J'ai été passionnée par cette plongée dans le milieu de l'art et de l'antiquariat, emportée et essoufflée par les scènes d'action, bouleversée aux larmes par certains moments poignants et inoubliables, scotchée par la maîtrise de l'autrice de bout en bout. Prodigieux scénario cinématographique, mélange de Woody Allen, de Quentin Tarantino et de Steven Soderbergh. Enfin une mention spéciale pour la traductrice de cette œuvre majeure de la littérature contemporaine, Edith Soonckindt, dont je mesure le talent et l'investissement tant certains passages ont dû être épineux à retranscrire, sans compter la longueur extrême du texte.Celui-ci me hantera, m'accompagnera, tant il touche de thèmes essentiels et différents, tant il s'insinue dans notre intimité. Quatrième de couverture Dix ans après le succès mondial du Petit copain, et vingt après celui du Maître des illusions, Donna Tartt fait son grand retour avec Le Chardonneret, une odyssée hantée dans l'Amérique d'aujourd'hui. Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ? À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Lynwood Miller - Pas de printemps pour Eli | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lynwood Miller - Pas de printemps pour Eli Sandrine Roy Lajouanie 2017 242 pages Polar Chronique 15 mai 2018 Collection Roman policier mais pas que... Deuxième opus plus ténébreux et digne d'un thriller du genre, en ajoutant toujours la dimension surnaturelle et l'histoire d'amour très épicée entre Linwood Miller le bel ex- GI et Eli, celle qu'il a sauvée dans l'épisode précédent. Roman d'action aux multiples péripéties nous menant des Pyrénées au Texas à Molan, un trou où grandit Linwood dans un Ranch. On en apprend du coup un peu plus sur le passé de l'ancien membre des forces spéciales, son enfance catastrophique, les raisons qui l'ont poussé à s'engager, et un monstrueux secret de famille. Tout allait bien en cet été, les amants profitaient tranquillement de la montagne, mais surtout se découvraient sans réellement sortir de leur lit. Une lune de miel assombrie par un premier incident concernant la santé de Eli, puis l'annonce de la mort du père de Lynwood.Pour sa famille, celui-ci est décédé depuis des années, il doit donc incognito se rendre aux funérailles de cet homme même s'il l'a tant haï. Une première donc pour Eli qui n'a jamais pris l'avion, un long périple qui les mènera bien plus loin que prévu. Dans l'avion, abrutie par des somnifères, Eli répète inlassablement le nom de Mary. Lynwood craint ce retour après 24 ans d'absence, ses retrouvailles avec son frère James.Des surprises de taille attendent notre couple dans le cimetière : de loin ils voient un petit garçon qui semble particulier, son nom est Meri comme ils l'apprendront, et surtout deux mexicains aux mines patibulaires surveillant toute la cérémonie. Il est temps de revenir dans sa famille pour John ou Lynwood, et même de la sauver car un terrible danger plane sur Meri.... Très différent donc du premier tome, puisque Eli n'est plus l'objet de la quête, c'est un autre enfant autiste, comme elle le fut. Il y a beaucoup de concordances entre leurs histoires. Évidemment l'entente entre ces deux là est immédiate. D'autres thèmes sont plus développés aussi comme les pouvoirs insoupçonnés de la jeune femme, son rapport aux animaux, mais aussi plus généralement le trafic de drogue et d'armes dans la région et le problème monumental que représente l'exploitation du gaz de schiste au Texas et ailleurs. Livre plus court mais bien plus vaste donc dans son traitement. On a beaucoup plus de craintes pour Eli qui telle une Xwoman agit au mépris de sa vie et de sa santé. Sacré Tandem que ce couple hors limite qui peu paraître improbable et est en fait complémentaire. Bonne lecture vraiment, plus nerveuse, plus dramatique, plus dense. Je suis curieuse de voir où une suite nous mènerait. À lire donc après le premier tome. Quatrième de couverture Lynwood Miller, le retour ! Le beau mais ténébreux ex-GI coule le parfait amour avec la jeune, belle mais très curieuse Éli. Tous deux profitent béatement des douceurs de l'été pyrénéen lorsqu'un coup de téléphone vient rompre cette quiétude : le père de Lynwood est décédé. L'ancien membre des forces spéciales américaines va devoir retourner au Texas pour l'enterrement. Il va lui falloir aussi révéler à ce qui reste de sa famille qu'il n'est pas mort depuis vingt ans ! Sa fiancée est, bien sûr, du voyage. Tout juste arrivé dans le ranch familial pour les obsèques, le couple découvre que des truands font pression sur James, le frère de Lynwood, qui doit juger - et condamner - un redoutable trafiquant... Drogue, assassinat, enlèvement, poursuites, massacre, rien ne manque à cette nouvelle aventure de Lynwood Miller au pays des cow-boys et... du gaz de schiste. Il faudra toute la détermination et les compétences particulières de l'ancien soldat et les pouvoirs quelque peu stupéfiants d'Éli pour sauver leurs proches des agissements de la pègre. Suspense, amour, rebondissements et pouvoirs extraordinaires garantis. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Manifeste incertain  7 -  Emily Dickinson Marina Tsvetaieva | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Manifeste incertain 7 - Emily Dickinson Marina Tsvetaieva Frédéric Pajak Noir sur Blanc le 18 octobre 2018 aux Éditions ‎Noir sur Blanc, ‎320 pages. 320 pages biographie illustrée Chronique 2 septembre 2024 Complément de titre : L'immense Poésie Goncourt de la biographie 2019 "The world feels dusty, when we stop to die... We want the dew then Honors taste dry... Flags vex a dying face But the least fan stirred by a friend's hand Cools like the rain Mine be the ministry when thy thirst comes... Dews of thyself to fetch and holy balms." Emily Dickinson "Toute mort de poète, même la plus naturelle, est contre-nature, c'est à dire un meurtre." Extrait des carnets de Marina Tsvetaieva Somptueux ouvrage, incandescent et ténébreux à la fois, nous invitant à "boire le vent" qui souffle dans les ramures, à nous étendre afin de regarder au-delà de la frontière de la canopée, à nous isoler du vacarme, à ressentir la vérité absolue, l'essence de notre être et de toute chose, bien loin des contingences matérielles et sociétales. Biographie de deux âmes transfigurées plongées malgré elles dans un monde qui semble poussiéreux ; âmes immortelles, âmes romantiques assoiffées d'amour, âmes d'artistes absolues créant leur propre loi, leur propre univers, leur propre métrique, leur propre style, hors du carcan imposé par les hommes ; des femmes capables d'un geste poétique parfait, singulier, transcendant, vital pour elles, pour nous, finalement transgressif et innovant après leur disparition. Peu ou pas comprises pendant leur vie, Emily Dickinson et Marina Tsvetaieva sont aujourd'hui incontournables, hautement reconnues comme essentielles à la Poésie américaine ou russe, des figures majeures de la littérature mondiale. Cependant... Ce livre, illustré magnifiquement, revient sur le parcours chaotique ou tragique d'Emily et Marina. Au premier abord, on peut ne pas comprendre ce qui relie ces deux êtres : et pourtant, en lisant leurs poèmes, en observant simplement l'aspect de ceux-ci, entre autres ces tirets, qui gêneront tant certains éditeurs conservateurs, l'on comprend que leurs cœurs battaient au même rythme, que leur pulsation, leur façon de reprendre leur souffle, la ponctuation et le tempo qu'elles imprimaient à leurs existences, étaient identiques. Pour elles, voir, analyser, sonder l'âme humaine, le destin, ne peut être réalisé hors la Poésie, seul moyen d'atteindre à la vérité absolue. " Certains sont de pierre, d'autres d'argile Et moi - je miroite et scintille ! Mon œuvre est mouvance, mon nom est Marine, Je suis de la mer l'écume fragile." Marina Tsvetaieva, 1920 Une fragilité qui poussera l'une, Emily, à se limiter aux frontières de sa maison, puis de sa chambre, réussissant à partir de l'observation par sa fenêtre d'un paysage réduit à comprendre des réalités universelles, de l'infiniment petit à l'immensité, et qui forcera l'autre, Marina, à fuir la violence et la dictature, à survivre dans des conditions effroyables, à s'exiler tout en s'accrochant désespérément à son art. Toutes deux ne vivaient, ne respiraient que pour écrire des poèmes... Emily ne souhaitant pas forcément être éditée au contraire de Marina espérant la reconnaissance de ses pairs. La Nature, les forêts, sont essentiels pour nos deux héroïnes et omniprésents au fil des pages grâce aux illustrations superbes de Frédéric Pajak : "à la fois corps et âmes", Marina a envie de les embrasser"; je n'ai pas rencontré chez les hommes de tels corps spiritualisés..." La partie consacrée à Marina prévaut sur celle dédiée à Emily dont l'existence fut moins orageuse. Mais ne nous trompons pas : elles furent toutes deux des âmes fortes, au caractère bien trempé, parfois auto-centrées, toujours engagées dans une lutte en premier lieu contre elles-mêmes, exigeantes et ne visant que l'excellence, faisant preuve de courage, d'ironie, d'humour grinçant parfois, de soif d'absolu toujours. Laissons le dernier mot à Emily Dickinson : "Sleep is supposed to be Sleep is supposed to be By souls of sanity The shutting of the eye. Sleep is the station grand Down which on either hand The hosts of witness stand! Morn is supposed to be By people of degree The breaking of the Day. Morning has not occurred! That shall Aurora be— East of Eternity— One with the banner gay— One in the red array— That is the break of Day!" J13, Fr 35 (1858) "Le sommeil est censé être, pour les âmes saines, la fermeture des yeux. Le sommeil est la grande station En bas de laquelle de chaque côté Les armées des témoins se tiennent debout ! Le matin est censé être, pour les gens de haut rang, le lever du jour. Le matin n'est pas encore venu ! Cette aurore sera à l'est de l'éternité ; L'un avec la bannière gaie, L'autre dans l'uniforme rouge, — C'est l'aube !" Quatrième de couverture Nous partons virtuellement pour le Massachusetts et voyageons réellement en Russie, à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Kazan, à Samara, à Koktebel, à Yalta. Ce septième volume est consacré à deux poétesses majeures : une Américaine du XIXe siècle et une Russe de la première partie du XXe siècle. Emily Dickinson et Marina Tsvetaieva n'ont apparemment pas grand-chose en commun. La première reste recluse chez elle, à Amherst, dans la vallée du Connecticut, tandis que la seconde, née à Moscou, étudie à Nervi, Lausanne et Paris ; contemporaine de la révolution d'Octobre, elle séjourne à plusieurs reprises en Crimée, avant de s'exiler en 1922 à Berlin, puis en Tchécoslovaquie et en banlieue parisienne. En 1939, elle retourne en Union soviétique où elle se suicide deux ans plus tard. À travers les vies héroïques de ces deux femmes, le livre évoque deux aventures littéraires qui ont survécu à l'indifférence, à l'hostilité, voire à la censure. Femmes, elles ont refusé de se plier aux convenances et aux procédés du genre poétique, faisant preuve d'une inspiration existentielle à la fois féminine et universelle. Formellement, rythmiquement, métaphoriquement, elles ont bousculé l'ordre littéraire pour imposer un art poétique nouveau. Ni Dickinson ni Tsvetaieva n'ont douté de leur postérité, convaincues que leur œuvre, surgie du plus profond de leur être, entrerait un jour dans la grande histoire de la poésie moderne. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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