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- Mon Secret | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mon Secret Niki De Saint Phalle Editions des Femme Antoinette Fouque et Le Rayon Blanc 4 mai 2023 40 pages Autobiographie Chronique 4 mai 2023 Ce livre est dans un grand format 24 X 30 cm, 40 pages, écrit à la main, imprimé sur un beau papier : Tout d'abord, deux phrases tels deux bras courbes lancés vers le ciel..... deux définitions de l'indicible : L'inceste : « Non ! C'est l'Interdit et la tentation du pouvoir absolu sur un autre être. » « Le viol n'est pas essentiellement seulement un acte sexuel c'est un crime contre l'esprit . » Couleurs acidulées, rose Malabar, motifs naïfs, écriture enfantine, majuscules redessinées comme dans les ouvrages enluminés du Moyen-Âge. Que cette œuvre surdimensionnée tel un joli livre de coloriage est attractif, réconfortant comme du chocolat chaud, comme un doudou ! Attention danger, c'est une bombe, une boîte dont surgira le Mal. C'est terrifiant, crève-cœur, insupportable. C'est le cri d'une petite fille devenue mère qui se doit de protéger les autres enfants, de prévenir sa fille en priorité. « Les Canaries Dec. 92 chère Laura L'été des Serpents..... » C'est la première fois que le mot sororité résonne en moi, que je me sens réellement sœur d'une autre femme, d'une autre petite fille. Je lis son histoire si intime, personnelle, unique, et j'y lis la mienne, celle de millions d'autres enfants dont un parent a vrillé, a franchi la limite interdite.... Et je pleure, et je ris... Car Niki continue à rire et se faire entendre par delà le temps, ses oeuvres nous bousculent, nous consolent, nous représentent. Les monstres sont vaincus, oubliés, poussière. Quatrième de couverture Un témoignage poignant sur l’inceste. Un livre d’artiste introuvable enfin réédité. Victime d’inceste, Niki de Saint Phalle révèle un terrible secret enfoui pendant plusieurs décennies. Dans ce court récit écrit à la main, c’est la parole intime de l’une des plus grandes artistes plasticiennes du XXe siècle et « le cri désespéré de la petite fille » qui s’expriment. A l’âge de 64 ans, l’artiste entame ce texte rédigé sous forme de lettre adressée à sa fille Laura. Elle y raconte l’indicible avec des mots simples et poignants. Initialement publié aux éditions de la Différence en 1994. Le livre était épuisé. Cette nouvelle édition est donc très attendue. « J’ai écrit ce livre d’abord pour moi-même, pour tenter de me délivrer enfin de ce drame qui a joué un rôle si déterminant dans ma vie. Je suis une rescapée de la mort, j’avais besoin de laisser la petite fille en moi parler enfin. Mon texte est le cri désespéré de la petite fille. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le train des orphelins | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le train des orphelins Christina Baker Kline Belfond 1er octobre 2015 336 pages traduites par Carla Lavaste Historique Chronique 31 août 2017 « Je crois aux fantômes. Ce sont eux qui nous hantent, eux qui nous précèdent. Il m'est souvent arrivé de les sentir autour de moi, observateurs, témoins, alors que personne parmi les vivants ne savait ce qui se passait ou ne s'en souciait." Ainsi parle Vivian 91 ans et cela fait écho dans mon coeur. " Entre 1854 et 1929, des trains sillonnaient les plaines du Midwest avec à leur bord des centaines d'orphelins. Au bout du voyage la chance pour quelques-uns d'être accueillis dans une famille aimante, mais pour beaucoup d'autres une vie de labeur, ou de servitude. " Très beau et émouvant roman écrit et imaginé avec talent et sensibilité par l'auteure, soucieuse de refaire vivre et rendre hommage à tous ces enfants pour certains sacrifiés, pour d'autres chanceux, et enfin d'autres d'un courage et d'une volonté incroyable à se construire un avenir. Telle est l'histoire de Vivian Daly partie avec sa famille d'Irlande pour New York afin de se construire une nouvelle vie. Cependant le destin va s'acharner et Niamh de son vrai nom (prononcé Niv) va être mise dans ce train des orphelins en 1929 pour être l'objet d'une transaction entre de futurs parents ou plutôt exploiteurs et la société d'aide aux enfants. À 91 ans, elle voit arriver chez elle une jeune fille de 17 ans, Molly, placée dans une énième famille d'accueil. A moitié indienne, au look gothique, tel une armure, elle doit effectuer des heures de travaux généraux pour avoir volé Jane Eyre dans la bibliothèque municipale. Car Molly est spéciale et brillante. Elle doit donc ranger, trier les affaires entreposées dans le grenier de Vivian. Contre toute attente la vie de l'une va entrer en résonnance avec celle de l'autre, les deux orphelines vont devenir amies et s'entraider sur le chemin de la résilience et du pardon. La vie de Vivian recèle un secret, Molly doit réussir à l'en libérer. Très beau témoignage joliment et parfaitement romancé sur une histoire intime de l'Amérique. Poignant et porteur d'espoir. C'était mon dernier livre lu ce mois d'août 2017. Belle fin ! Quatrième de couverture De l'Irlande des années 1920 au Maine des années 2000, en passant par les plaines du Midwest meurtries par la Grande Dépression, un roman ample, lumineux, où s'entremêlent les voix de deux orphelines pour peindre un épisode méconnu de l'histoire américaine. Entre 1854 et 1929, des trains sillonnaient les plaines du Midwest avec à leur bord des centaines d'orphelins. Au bout du voyage, la chance pour quelques-uns d'être accueillis dans une famille aimante, mais pour beaucoup d'autres une vie de labeur, ou de servitude. Vivian Daly n'avait que neuf ans lorsqu'on l'a mise dans un de ces trains. Elle vit aujourd'hui ses vieux jours dans une bourgade tranquille du Maine, son lourd passé relégué dans de grandes malles au grenier. Jusqu'à l'arrivée de Mollie, dix-sept ans, sommée par le juge de nettoyer le grenier de Mme Daly, en guise de travaux d'intérêt général. Et contre toute attente, entre l'ado rebelle et la vieille dame se noue une amitié improbable. C'est qu'au fond, ces deux-là ont beaucoup plus en commun qu'il n'y paraît, à commencer par une enfance dévastée.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le roi et l'horloger | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le roi et l'horloger Arnaldur Indridason Métailié 3 février 2023 320 pages traduites par Eric Boury Noir historique Chronique 25 décembre 2023 « Ô, malheur à ceux qui de dogmes odieux profitent pour se servir et prospérer... » Psaumes de la Passion, Hallgrímur Pétursson (1614-1674) « Un terrible roman noir inséré dans la trame de la grande histoire de la royauté danoise. » Ce livre a reçu le Grand prix de la langue islandaise 2022. De la rencontre improbable à Copenhague au XVIIIe siècle entre un souverain vieillissant, Christian VII, aux portes de la folie, et un de ses sujets, islandais et horloger de génie, Jon Siversten, naît sous la plume fabuleuse de Arnaldur Indridason une histoire étonnante d'amitié particulière, les deux hommes s'opposant en tout : leur position dans le monde, leur culture, leur éducation et pourtant... grâce à l'horloge astronomique de Habrecht conçue en 1594 et visible aujourd'hui dans le château de Rosenborg, Jon Sivertsen, l'artisan, va établir le contact avec le monarque aux humeurs fluctuantes. Peu à peu, alors qu'il réussit brillamment à réparer l'œuvre d'art avec tout son cœur et sa passion d'artiste, raconte-t-il à son illustre visiteur l'histoire de son père et de sa belle-mère, Sigurdur et Gudrun, condamnés à mort par le père de Christian VII. Notre islandais ne peut imaginer qu'il vient d'ouvrir malgré lui une boîte de Pandore et que, ce faisant, il risque sa vie. Il était donc une fois en Islande, alors que Jon était tout jeune, un fermier, son père veuf avec plusieurs enfants, épris de sa gouvernante avec laquelle il conçoit un nouvel héritier. Or, Helga sa défunte épouse s'est mariée avec Sigurdur alors qu'elle était enceinte d'un autre homme, Gunnar. Sigurdur a accepté ce fait et tait ce secret par amour pour sa femme. Le nourrisson Einar devient donc aux yeux de tous le fils de Sigurdur. Ce dernier se rend coupable d'usurpation de paternité mais heureusement personne ne le sait. Einar, devenu adulte, fait un enfant hors mariage avec Gudrun. Cela n'est pas bien vu par le bailli Bjarni qui n'aime pas du tout la liberté de mœurs prise par la jeune femme. Donc, lorsqu'elle devient la maîtresse de son maître et "beau père", garder le secret est vital car la loi et son représentant ne seraient pas tendres face à un "inceste". La grossesse annoncée pousse les deux amants dans leurs retranchements... Ils prennent une décision qui les mènera à leur exécution cruelle. Jon raconte cette tragédie judiciaire sans savoir qu'il vient d'appuyer sur une plaie à vif chez Christian. Que s'est-il réellement passé dans la vie du roi pour que ce dernier ne réussisse plus à se contrôler, entrant dans une fureur démentielle ? Notre pauvre horloger est menacé non seulement par le souverain mais également par ses proches. Un puzzle se recompose au même rythme que les pièces de l'horloge de Lambrecht retrouvent leur place... Lorsque la restauration sera menée à son terme, qu'adviendra-t-il de notre ami imprudent malgré lui ? Un thriller historique qui prend des allures de conte philosophique d'une grande beauté touchant au thème émouvant et universel de la paternité. Quelle définition donner à ce mot ? Quatrième de couverture Arnaldur Indridason met tous ses talents d’auteur de roman noir mondialement reconnu, sa maîtrise de l’intrigue, du découpage, du rythme de l’action ainsi que du suspense, au service d’un grand roman historique et d’une œuvre littéraire magnifique sur la paternité et sur les relations des hommes qui ne savent pas se parler. Au XVIIIe siècle, l’Islande est une colonie danoise, gérée par les représentants de la Couronne qui souvent usent de leur autorité pour s’approprier des biens, en profitant en particulier des lois qui condamnent les adultères à la peine de mort. Le roi Christian VII, considéré comme fou et écarté du pouvoir, traîne sa mélancolie à travers son palais jusqu’au jour où il rencontre un horloger islandais auquel a été confié un travail délicat. Une amitié insolite va naître entre les deux hommes. À travers la terrible histoire du père de l’horloger, le souverain va découvrir la réalité islandaise et se sentir remis en cause par la cruauté qui s’exerce en son nom. Des ateliers du palais aux intrigues de la cour et aux bas-fonds des bordels de Copenhague, nous accompagnons ces héros dans leur recherche tragique et vitale. Un grand roman captivant et violent qui émeut le lecteur et le trouble en un crescendo qui va le laisser ébloui et inquiet devant la complexité du monde des sentiments que nous révèle Arnaldur Indridason. « Un véritable conteur. » The Guardian Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dans la vallée | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans la vallée Hannah Kent Presses de la Cité 2018 480 pages traduites par Karine Reignier-Guerre Historique Chronique 19 septembre 2019 Terrible ! D'autant plus que tout est basé sur des faits réels. Un deuxième roman remarquable situé dans l'Irlande des années 1825/26, dans une région reculée où les fées, les fairies, les Bonnes Gens, les envoyés du mal, du diable, les superstitions, les maléfices régissent la vie d'une population illettrée, ignorante, courageuse, dure à la tâche, constamment en butte aux malheurs les plus indicibles, aux injustices du destin les plus inacceptables et surtout incompréhensibles. Pour y trouver un sens, de tous temps, les légendes ont donné un semblant d'explication à ce qui serait, sans elles, encore plus terrorisant. Ainsi quand Nora perd son mari Martin, tous pensent que c'est l'arrivée du petit fils du couple, si étrange, si anormal, qui a apporté la malédiction avec lui. Micheal a quatre ans, ne parle plus, ne marche plus, maigre et fragile. Pourtant Nora est sûre qu'il était un garconnet tout à fait comme les autres, courant et babillant autour d'eux, lorsqu'ils étaient allés visiter leur fille Johanna voilà deux ans. Peu à peu, Nora est certaine que cet enfant n'est pas son petit-fils.... Un médecin est venu sans apporter de remède au cauchemar. Le prêtre également n'a été d'aucune aide à la pauvre femme perdue et désespérée. Elle essaie pourtant de toutes ses forces de faire face à tant de malheurs, elle engage même une jeune fille, Mary, pour s'occuper de gamin. Alors, évidemment lorsque la guérisseuse, Nance Roche, celle qui a reçu le don, celle qui connait les Bonnes Gens, les fairies, lui propose son assistance, elle accepte... Commence pour nous, avec nos yeux du XXI ème siècle, un récit ahurissant et bouleversant... Elles vont de bonne foi commettre l'irréparable... C'est ce long chemin qui nous est narré avec talent et précision.... Un roman qui nous restitue le quotidien des Irlandais du XIXe siècle, en campagne, leurs us et coutumes, leur psychologie, leur ténèbres et leur générosité. Des victimes consentantes de leurs propres croyances dépassées, de leurs superstitions. La fracture d'une société entre zones urbaines et rurales, entre des terres où tout semble immuable et inchangé depuis des millénaires, et des villes où s'ouvre l'ère préfigurant le XXe siècle moderne et industriel. Un livre où tout est charnel, organique, animal, en réaction aux dangers multiples qui cernent les personnages. Un roman de femmes, également, les hommes y sont peu actifs, sauf pour juger, condamner.... Puissant, humaniste, à lire absolument... Quatrième de couverture Certains êtres sont différents. Ils sont nés comme ça, sur le bord du monde. Ils savent voir ce que d'autres ne voient pas. Pour eux, les rivières ne coulent pas de la même façon. " Le temps semble s'être arrêté dans ce village du sud de l'Irlande égaré dans la vallée et battu par la famine. Nóra Leahy a perdu son mari et sa fille et se retrouve seule avec son petit-fils de quatre ans, infirme. Pourtant, Nóra s'en souvient : quelques années plus tôt, Micheál marchait et commençait déjà à parler. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été changé, remplacé pendant la nuit par les fées qui auraient posé un démon dans le berceau ? Est-ce à lui que la vallée doit la malédiction qui la frappe ? Mary, la jeune servante que Nóra vient d'engager, se laisse impressionner par les commérages du village et les rapporte à sa maîtresse. Ensemble, les deux femmes se mettent en quête de la seule personne en mesure de sauver Micheál : une originale, qui vit seule dans la lande et parle le langage des plantes. Car, même si tout le monde s'en méfie, on sait que la vieille Nance Roche a le don. Qu'elle communique avec le peuple invisible. Et qu'il n'y a qu'elle pour faire revenir ceux qui ont été enlevés... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sadorski et l'ange du péché | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sadorski et l'ange du péché Romain Slocombe Robert Laffont La Bête Noire 2018 663 pages Thriller Historique Chronique 2 novembre 2018 Troisième tome de la trilogie des collabos consacrée à l'inspecteur Sadorski Une enquête et une mission à mener pour Léon Sadorski, toujours aussi sinistre, fascinant dans ses contradictions, un inspecteur des service généraux en roue libre. On pensait au deuxième tome qu'une certaine remise en question de son antisémitisme de base, de son racisme et des ordres des nazis l'avait touché, et puis non, le revoilà aussi détestable, fringuant, violent et cruel qu'au premier tome. Chassez le naturel, il revient au galop. Le destin ou Dieu vont dont frapper un peu plus fort cette fois pour lui faire comprendre certaines choses, pour le mettre vraiment en vrac, afin qu'il se mette en danger et commette des erreurs, espérons, fatales pour lui. Les dossiers de police sont le prétexte encore une fois pour Romain Slocombe de remettre en lumière des évènements monstrueux tels le massacre du 13 juillet 1942 dans la forêt de Jozefow, un shetl polonais par les SS, les conditions inacceptables de détention au camp de Drancy, dans les trains de la mort, les tortures quotidiennes pratiquées avec sadisme par des policiers français, l'abus de pouvoir de ceux-ci forts de leur appartenance aux forces de l'ordre, des mesures plus inacceptables mis en place par des Français contre ceux issus d'une union juive catholique.... Les français ont quelques fois dépassé en horreur les nazis eux-mêmes dans leur chasse aux juifs ou "yourtes", communistes etc.... Mais nous sommes en fin de période faste pour tous ces sociopathes et meurtriers en puissance à qui la guerre semblait avoir donné carte blanche. Les Russes ont gagné contre les SS, le débarquement a eu lieu en Afrique du Nord, et se pressent sur les côtes normandes. Les voilà tous à essayer de se racheter une bonne conduite pour se défendre après la guerre quand ils devront répondre de leurs actes. A gerber. J'ai passé certains moments impossibles pour moi à lire et donc à emmagasiner dans ma mémoire pour toujours. L'enquête par elle-même est bien menée par un monstre par ailleurs bon flic qui a du mal étonnamment avec certains délits et qui, alors, se transforme en pitbull qui ne lâche rien. Un personnage comme je l'ai déjà écrit dans mes précédents retours qui s'inspire d'un inspecteur réel. C'est le plus glaçant dans tout cela, tout est vrai, même si ici romancé, et tout pourrait recommencer si nous ne restons pas ultra vigilants. A lire donc avec le cœur bien accroché en mémoire de toutes les victimes de génocide quel qu'il soit. Quatrième de couverture Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs. Paris, mars 1943. Une femme est arrêtée dans un bistrot du 10e arrondissement. Elle aurait franchi la ligne de démarcation munie de faux papiers, pour un trafic de métaux précieux. L'inspecteur principal adjoint Léon Sadorski voit dans cette enquête une parfaite occasion de s'enrichir. Mais il a d'autres soucis, notamment protéger Julie, la lycéenne juive réfugiée chez lui depuis la rafle du Vél'd'Hiv. C'est alors qu'une affaire de lettre anonyme et d'adultère le conduit sur les plateaux du cinéma français de l'Occupation : parmi les jeunes actrices d'un drame tourné dans un couvent de dominicaines, l'inspecteur va rencontrer son « Ange du péché » et se transformer en criminel... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La mort d'Euripide | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mort d'Euripide Aleksandar Gatalica Plan B Le 8 janvier 2024 96 pages traduites par Zivko Vlahović roman Chronique 4 août 2025 En premier lieu est le plaisir gustatif de la sonorité des mots, de la langue d'Aleksandar Gatalica, puis vient l'interrogation : pourquoi s'adresse-t-il à Euripide ? Quelle légitimité peut bien revêtir cet figure célébrissime pour lui ? Est-ce sa vie, ses expériences, ou le fait qu'il soit un des trois grands tragédiens de l'Athènes classique, avec Eschyle et Sophocle, une référence indiscutable ? Euripide (en grec ancien Εὐριπίδης / Euripídês), né vers 480 avant J.-C. en Salamine et mort en 406 avant J.-C. en Macédoine, est peut être en effet un maître es tragédie et autres drames, ayant analysé, imaginé, retranscrit, concocté des scénarios effarants. En se confiant ainsi à cette figure antique, le narrateur qui fut aussi son traducteur, connaissant donc intimement l'œuvre du grand homme et sa biographie, cherche à se libérer d'une histoire lourde, portant en elle la noirceur de toute tragédie. Le temps est donc suspendu entre l'époque d'Euripide et celle de notre guide. Nous entrons dans l'atemporalité. Le décor se dresse principalement à Venise semblant être un personnage à part entière de ce récit, cité portant sur ses murs les cicatrices des malheurs passés. Trois séjours en la Sérénissime sont évoqués ; en 1911, il croise un homme en costume blanc, intrigant, inquiétant, plus une ombre qu'un être de chair, comme un revenant. Il n'est pas le seul à hanter notre héros involontaire de cette destinée bouleversée, comme soufflée, par les grands cataclysmes de l'Histoire du XXe siècle. Que de souffrances indicibles, que de guerres, que de conflits intimes, que d'incompréhension et de sidération face à la barbarie, à l'horreur, à l'absence d'humanité en certaines périodes de notre parcours commun. Le narrateur cherche à comprendre ce qui lui est arrivé, ce qui est advenu de tous ces enfants, femmes et hommes emportés par la tempête. Il s'interroge également sur les choix de sa mère, de ses compagnons en particulier, tous deux fascistes au service du Mal absolu. Il pleure encore son petit frère Nebo disparu trop tôt, une mort inacceptable, violente de par sa soudaineté. Il ne cherche pas seulement des éclaircissements auprès d'Euripide mais aussi dans l'Art sous toutes ses formes : l'architecture, la musique, l'opéra, le cinéma, la littérature. Certains personnages fictifs semblent ainsi se mêler aux protagonistes réels de sa vie, tel cet homme de Venise. Les frontières entre réalité et fiction s'atténuent ; cela apporte un certain soulagement, une forme de consolation. Un ouvrage à part, singulier, foisonnant, crépusculaire, parfois traversé par une lumière aveuglante et bienfaitrice. Quatrième de couverture L'histoire d'une mère magnifique. De Nébo, le petit frère. De deux beaux-pères fascistes, l'un italien, l'autre hongrois. Un cours sur l'éthique alors que le narrateur rencontre Euripide dans la cité des Doges, sous l'oeil d'un mystérieux personnage en costume de lin blanc - qui n'est pas sans rappeler le Gustav von Aschenbach de La mort à Venise. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Grand prince | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Grand prince Alexia Stresi Flammarion Le 14 janvier 2026 288 pages roman poétique Chronique 27 avril 2026 "Rêver Un impossible rêve..." Jacques Brel, La Quête "J'ai trouvé ma manière de faire les choses. " Pierre Soulages Celui-ci disait aussi que c'est dans le noir qu'il faut chercher la lumière... Simone n'en peut plus. Veuve, octogénaire fatiguée, dans son petit village, le poids des années se fait durement ressentir, la solitude aussi même si l'amie de toujours, Marthe, n'est pas loin. Elle a perdu le goût de vivre et se traîne, n'allumant même plus la lumière... à quoi bon, tout n'est qu'obscurité. Oh, quelques fois elle frémit à nouveau quand son fils annonce sa venue. Mais il peut annuler au dernier moment et alors son cœur explose même si elle ne laisse rien paraître. Le pire pour les personnes âgées c'est l'espoir et attendre que les autres se souviennent qu'ils existent. De toute façon sa vie entière a été un parcours du combattant depuis les marais salants de sa jeunesse, aux drames insupportables qui laissent des cicatrices à vif. Alors, oui, c'est vrai, il y a sa petite fille, un vrai bonheur cette jeune femme. Un rayon de soleil façon Soulages dans l'obscurité des jours qui se suivent et se ressemblent... Pas folichon ni très réjouissant jusqu'à ce que cette chronique d'une mort annoncée se transforme en un conte magique, un bijou de truculence, de fantaisie, de tendresse, où l'impossible s'invite chez notre Simone alors même que son crapaud en ciment, posé devant sa maison depuis des décennies, disparaît un matin. En voilà un mystère... Une porte vers l'extraordinaire s'ouvre alors devant nous et notre héroïne. Un chemin vers la connaissance, vers les autres, lui est indiqué par l'absent... Mais comment fait-il, ce sacré batracien pour titiller chez sa propriétaire l'envie de vivre, sa soif d'apprendre, sa curiosité ? Hymne à la communication inter générationnelle, à la vie ensemble tout âge confondu, hommage à tous ceux qui apportent et transmettent la beauté, l'art, la fantaisie, la connaissance aux autres, qui font que, oui, la lumière fend toujours la noirceur et gagne la bataille contre le désespoir né de la solitude, de l'ostracisme, de l'autocensure, de la discrimination. Même au fin fond d'un village, il y a moyen d'élever son âme, de faire chanter son cœur, qu'il batte à nouveau et s'emballe par amour, amitié, humanité. Un ravissement, un livre bienfaisant, un doudou pour les enfants que nous sommes encore tous... De la poésie, de la grâce. Un inconnu peut être ou avoir été un être d'exception, même caché, même discret. Chaque parcours de vie cache des trésors de sagesse et de merveilleux, d'incroyable ou d'héroïque... Parlons avec nos anciens et apprenons... Quatrième de couverture L'existence, c'est formidable, paraît-il. C'est surtout long, estime Simone Guillou. À 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver. Vraiment ? Elle ne le sait pas, Simone. Elle est à mille lieues de s'en douter. Mais la vie lui réserve enfin une surprise... À Barthon-en-Retz, entre océan Atlantique et campagne, il sera question d'un crapaud en ciment, d'une enquête pas tout à fait policière, de la récolte du sel, et d'amour. Ah, et aussi de Pierre Soulages. Le peintre ? Oui, le peintre. Après le succès Des lendemains qui chantent, Alexia Stresi signe un roman lumineux qui confirme son talent pour créer des personnages inoubliables. Grand prince raconte l'inattendu renouveau d'une vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tension extrême | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tension extrême Sylvain Forge Fayard Poche 2017 390 pages Thriller Polar Chronique 11 février 2018 « Le prix du Quai des Orfèvres a été décerné sur manuscrit anonyme par un jury présidé par Monsieur Christian Sainte, Directeur de la Police Judiciaire, au 36, quai des Orfèvres. Il est proclamé par Mr le Préfet de Police, » novembre 2017. Voilà les choses étant posées, et après lecture on comprend ce prix et le succès de ce livre. C'est un des thrillers les plus terrifiants que j'ai lus, tout est vrai, documentation et références à l'appui en fin de ce roman, à lire absolument. Au quotidien j'en étais déjà consciente concernant les systèmes Cortana, ou gps, ou commande vocale qui me faisaient sérieusement tiquer, les refusant ou les débranchant systématiquement après usage pour le gps par exemple. L'impression d'être pistée, m'est insupportable. Mais après lecture de cette fiction si véridique, je vais virer paranoïaque. Un thriller d'action d'importance capitale en sa fonction d'information et de prévention. Et une très bonne histoire pour illustrer le propos avec tous les ingrédients d'un grand livre de ce type : suspense, terreur, personnages parfaitement campés, une analyse psychologique des actions de tous fine et juste, des cris, des larmes, de l'inhumanité et de l'empathie forcément. Une tragédie qui se construit sur un drame insupportable. Une technologie qui montre son utilité fabuleuse et sa monstruosité si mal employée. On referme le livre et on se pose beaucoup de questions sur notre propre usage de tous ces outils sensés nous faciliter la vie et qui pourraient la détruire en une fraction de seconde. Un virus tel Ebola mais version Internet. Entre science fiction et réalité donc, l'équipe de la PJ de Nantes va devoir louvoyer pour sortir d'un piège effroyable, une demande de rançon via le Darknet. Tout commence par le décès sur une route d'un homme à son volant et au même moment de son frère jumeau chez lui. Leurs pacemakers ont littéralement explosé en eux, piratés par un terroriste d'un nouveau style. Les cyberattaques vont se multiplier et prendre pour cible l'hôtel de police, les pc et portables des chargés de l'enquête. Le moindre objet connecté est une arme qui peut se retourner contre son utilisateur. Imaginez la panique. Seule solution revenir à des méthodes à l'ancienne d'autant plus que les morts s'amoncellent. Ludivine toute jeune commissaire et Isabelle son adjointe issue du 36 quai des Orfèvres, vont devoir faire équipe avec les autres policiers pour cerner les motivations de ce criminel et l'arrêter au plus vite. Tous les services concernés par la cybercriminalité convergent vers Nantes pour les aider. Passionnant ! La science arme des criminels, une vaste problématique actuelle malheureusement qu'il fallait aborder. Quatrième de couverture Prix du Quai des Orfèvres 2018 Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologies conduisent parfois à la folie ! Des cyberattaques paralysent la PJ de Nantes, infiltrent l'intimité des policiers et cernent une ville où le moindre objet connecté peut devenir une arme mortelle. Alors que les victimes s'accumulent, une jeune commissaire à peine sortie de l'école et son adjointe issue du "36" affrontent ensemble un ennemi invisible. Toutes les polices spécialisées seront mobilisées pour neutraliser la nouvelle menace de la science complice du crime. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Une femme | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une femme Sibilla Aleramo Editions des Femmes Antoinette Fouque 15 avril 2021 176 pages, traduites par le collectif de traduction des éditeurs des femmes Biographie Chronique 14 juin 2021 Splendeur ! Autobiographie romancée de 1906 alors que l'autrice a réussi à sauver sa peau en sacrifiant la personne qui lui tient le plus à coeur, son fils. C'est aussi au nom de l'amour immense qu'elle lui porte, pour l'adolescent, l'adulte qu'il sera, qu'elle va se libérer des entraves d'un mariage violent pour devenir l'individu qu'elle sait pouvoir être. Pour en arriver à cette solution insupportable, laisser son enfant avec son époux, celle qui se nomme encore Rina Faccio analyse tout d'abord, sans concession ni auto-appitoiement, son parcours, de la petite fille à la post adolescente, de Milan à Civitanuova. Elle recherche les signes avant-coureurs de la tragédie maternelle, les indices qui aurait pu l'aider à comprendre les relations entre ses parents, à pouvoir juger son père bien-aimé à l'aune de ses actes et de ses trahisons. Il ne fait pas bon être une femme dans cette Italie du XIX ème siècle d'autant plus dans cette bourgade reculée où il n'y a rien à faire pour une jeune épouse abandonnée au milieu de nulle part avec ses quatre enfants. On assiste à la chute de cette mère, piégée par une union désespérante à l'heure où les hommes ont tout pouvoir. Rina, aveuglée par l'admiration et la passion qu'elle voue à son père, s'éloigne de sa mère, la catalogue, la réduit à son malheur sans essayer de comprendre les raisons de cette dépression. Elle évoque la violence de son géniteur, son autorité dictatoriale sur sa famille, sur les employés de l'usine qu'il dirige... De plus, il consacre à son aînée une attention particulière, faisant en sorte qu'elle étudie, qu'elle l'assiste. En pleine confusion psychologique, la fillette puis l'adolescente pense avoir supplanté sa propre mère dans le cœur de son père. Celui-ci avec un art consommé de la manipulation divise pour mieux régner et écraser sa femme... C'est sans compter avec l'intelligence prodigieuse de Rina qui peu à peu va découvrir le secret honteux qui tue sa mère ... Comment alors ne pas comprendre les décisions prises ensuite par Rina, trop vite, dans une sorte d'état second, juste après LE viol subi par cette jeune fille de quinze ans, qui gardera le silence, sidérée et culpabilisée. Le criminel est un employé de son père qui la courtise alors qu'elle travaille à l'usine déjà depuis quelques temps, se mêlant aux ouvriers, éveillant sa conscience sociale. Déjà la future protectrice des plus modestes apparaît en filigrane en même temps que la vérité sur son père lui explose au visage. Son sentiment d'injustice s'éveille quant au statut des femmes dans cette société misogyne et patriarcale. Son mariage malheureux à seize ans, reproduction inconsciente de celui de ses parents, avec cet homme d'origine sociale modeste, d'intelligence et de culture inférieures va finir de mener Rina Faccio à analyser sa vie, celle de millions d'italiennes, et la porter peu à peu à s'indigner et se révolter... Le déménagement de son couple avec leur petit garçon Walter à Rome permet à Rina de s'affranchir de certaines limites, de se faire connaître comme chroniqueuse pour plusieurs magazines ou revues, de rencontrer des intellectuelles et des artistes de tous horizons. Ainsi le champ des possibles s'élargit, son talent naissant est reconnu, sa soif de liberté et son désir de défaire son mariage s'affirment. Remarquablement, Rina devenue Sibilla Aleramo, tout en usant de figures de style propres à l'époque, ose raconter son quotidien de femme battue, dénigrée, violée par son mari. Leur petit garçon comprend tout, est témoin également de cette maltraitance, de cet acharnement d'un homme sur une femme. La mère qu'elle est pressent les dommages que tout ceci peut avoir sur l'individu qu'il sera. Elle a conscience également qu'elle ne peut plus nier sa nature profonde d'écrivain, d'artiste. Son féminisme grandit, ses yeux s'ouvrent sur la réalité du sort fait à toute la population féminine, toutes classes confondues, tant socialement que juridiquement. Elle n'est rien ! Mais elle veut être tout ! Un ultime retour douloureux à Civitanuova, son mari reprenant le poste de directeur de l'usine laissé vacant par son père avec la jouissance de la maison où elle a grandi, sera finalement un bien pour un mal car enfin, elle qui a tenté de se suicider, qui n'aspire qu'à disparaître tant son existence auprès de son bourreau devient insupportable, tombe sur un trésor, des lettres de sa mère... Un parcours douloureux presque insurmontable, un choix cornélien final, je m'interroge évidemment sur ce que devint son fils après le départ de sa mère, comment ont évolué leur relation... A-t-il réussi sa vie ? Être une femme à part entière, actrice de cette société, libre de ses choix, travaillant, faisant carrière tout en ayant des enfants n'est toujours pas simple aujourd'hui, sans oublier les millions de femmes battues, maltraitées, violées, assassinées, mises plus bas que terre au sein de leur couple mais pas seulement. N'être réduite qu'à notre apparence, notre capacité à faire des enfants, qu'à être insultée, harcelée par des mâles dits dominants et attaquée par certaines femmes collaboratrices du système patriarcal est toujours d'actualité. Nous réduire au silence n'est plus permis aujourd'hui, c'est pourquoi je suis particulièrement admirative de Sibilla Aleramo qui mena une lutte inégale et réussit au prix de sacrifices exorbitants à se libérer de ses chaînes au début du XXe siècle. Gratitude pour toutes nos aïeules qui se sont battues pour nous. Soyons dignes d'elles ! Quatrième de couverture Une femme, autobiographie romancée d’une écrivaine italienne qui a marqué la première moitié du XXe siècle, continue, de génération en génération, à fasciner par sa modernité. Sa traduction française fut, en 1974, l’un des quatre premiers livres publiés par les éditions des femmes-Antoinette Fouque. Dans un milieu provincial superstitieux et étriqué, qui ne laisse aucune chance aux femmes, la narratrice lutte pour son indépendance intellectuelle et affective, contre un mari tyrannique, brutal et veule. C’est au prix – terrible – du renoncement à son fils qu’elle échappera à la violence et deviendra une femme libre et active. Michele Placido a tiré de ce livre un film présenté en mai 2002 au Festival de Cannes, avec Laura Morante. « Nous avons toutes, à un certain moment de nos vies, la conscience de ce que celle qui nous a donné le jour a fait pour notre bien, et, avec cette conscience le remords de ne pas avoir compensé l’holocauste de cette femme bien-aimée qu’était notre mère. Alors nous reversons sur nos propres enfants ce que nous n’avons pas donné à nos mères, en nous reniant nous-mêmes pour offrir un nouvel exemple d’anéantissement et de mortification. Si une bonne fois la chaîne fatale venait à se briser et qu’une mère refuse d’étouffer en elle la femme, afin qu’un fils apprenne par son exemple ce qu’est la dignité ? » S. A. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nos vies insoupçonnées | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nos vies insoupçonnées Anaïs Jeanneret Le Masque - Hachette Livre 2001 951 pages Roman Chronique 19 janvier 2022 L'innocence, la maternité, les relations entre enfants parents sont au centre de ce récit qui au début apparaît presque comme un recueil de nouvelles qui peu à peu s'articulent jusqu'à nous offrir une fresque aux multiples facettes et perspectives, en clair obscur, ou le plus petit détail peut orienter différemment notre regard. Tout commence par une petite fille cachée sous une armoire, dont on ne sait si elle est réelle ou ombre .. tout finira avec cette enfant à nouveau dans la lumière. Entre les deux des moments qui paraissent singuliers alors qu'ils forment un tout. Anaïs Jeanneret maîtrise l'art du pointillisme, tout en délicatesse, en minuscules touches de noir ou de couleurs jusqu'à ce que le tableau terminé semble palpiter, vivre. Un roman court et dense qui remet nos propres destins en question sans violence, avec énormément de respect et d'humanité. Quatrième de couverture Une petite fille perdue. Une femme qui a fait le mauvais choix. Un commissaire de police désabusé et romantique. Une institutrice en colère. Une gloire des médias au parcours inattendu. Une mère et son fils dont la rencontre a scellé des liens d'autant plus solides que leurs passés furent chancelants... Autant de vies en apparence banales dont l'écriture d'Anaïs Jeanneret dévoile les subtils décalages et entrelacs : cette part du hasard, de la rencontre, ou encore du désir, qui les fait soudain palpiter et les relie les unes aux autres sous l'effet d'une force insoupçonnée. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Deuil de sel | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Deuil de sel Cécile Baudin Presses de la Cité Le 19 mars 2026 400 pages polar historique Chronique 19 avril 2026 Première enquête de Claire Le Vaillant très réussie : rencontre heureuse avec une nouvelle héroïne hors des sentiers habituellement battus par les auteurs de polars historiques. L'autrice nous offre une intrigante et passionnante plongée dans l'univers des généalogistes successoraux mais aussi des exploitations de sel en montagne dans les années 1960. Tout un programme des plus enthousiasmants ! L'écrivaine a décidément l'art et la manière de nous dépayser à chaque nouvel opus, maîtrisant parfaitement le suspense tout au long de l'intrigue tortueuse et originale qu'elle a imaginée pour nous, bâtissant son scénario sur des fondations solides résultant de ses recherches fouillées et autres explorations réjouissantes de documents scientifiques et patrimoniaux. Donc on frémit, on se divertit et on s'enrichit de nouvelles connaissances. Que demander de plus ? Je ressens à chaque lecture d'un récit de Cécile Baudin, son enthousiasme, sa passion ; cette sensation est jubilatoire pour son lectorat fidèle, dont je suis. Ainsi "Ce n'est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons; elle nous les garde, au contraire, et les fixe dans leur jeunesse adorable : la mort est le sel de notre Amour ; c'est la vie qui dissout l'Amour." François MAURIAC, Le Désert de l'amour Prologue en 2020 : Jeanine, femme de ménage à Lyon, passionnée de faits divers sanglants, découvre sa patronne morte. Elle soupçonne immédiatement l'héritier de la vieille dame dit le Bel Oiseau. 1ère partie pendant l'été 1960 : deux mystères planent sur Salins-les-Bains dans le Jura, haut lieu de la production de sel : des animaux de compagnie disparaissent soudain sans explication et un corbeau dénonce les secrets inavouables de quelques notables locaux. Parmi ces malchanceux, André Vuillermoz, patron du casino, marié à la toute jeune Suzanne, ravissante, peu sûre d'elle, désespérée par son absence d'instinct maternel envers sa petite fille, Odette. Le docteur Brocard, médecin respecté de tous, est également visé par les messages menaçants. Il s'en ouvre au père Roche ; nouvellement arrivé sur la commune, ce jeune curé fait l'unanimité auprès de ses ouailles. Il est aussi bel homme, ce qui n'a pas échappé à Michelle Guinchard, la fille adolescente de la coiffeuse, prête à tout pour s'en faire aimer. Sa meilleure amie, Yvonne en est témoin ainsi que du fait que Marcellin, un ouvrier de la saline, aime éperdument Michelle sans espoir de réciprocité. Mais rapidement l'atmosphère devient irrespirable après un suicide suivi d'un meurtre. La petite ville devient alors le décor de drames en cascade. Cependant, la police est des plus expéditives, trop heureuse de clore les dossiers. Cette hâte à retrouver rapidement une fausse paix ne peut que favoriser bien des tourments futurs et effectivement... 2ème partie en 2025 : entrée en scène de notre nouvelle amie : Claire Le Vaillant. Après un scandale ayant secoué le microcosme lyonnais des notaires et leurs associés, Claire aurait bien besoin d'un petit coup de pouce du destin afin de redorer son blason professionnel et de réapprovisionner son compte en banque. C'est alors que son notaire de parrain, Jacques Morel, lui offre un dossier alléchant bien que compliqué : retrouver les héritiers d'une femme morte en 2020. Si elle remplit sa mission, un joli pactole en commission l'attend. Mais, car il y a toujours un mais, elle doit accepter de prendre en formation son petit-fils délinquant, Brandon Morel dit "Junior" . L'idée ne lui plaît pas du tout mais elle n'a pas le choix. Les voici donc partis en chasse d'un héritier potentiel du patrimoine confortable de 20 millions d'euros d'une certaine Mme Vuillermoz. Ça y est, vous resituez les évènements dans le temps ? Je vous l'avais dit que la vérité, même si elle prend les escaliers au lieu d'un ascenseur, éclate toujours tel un orage tardif. Direction donc Salins-les-Bains aujourd'hui. Quels acteurs des évènements du passé allons-nous retrouver ? Le puzzle se forme sous nos yeux émerveillés jusqu'à ce qu'une dernière pièce semble ne pas vouloir s'ajuster dans le tableau reconstitué. Et oui, Cécile Baudin vous réserve de belles révélations finales faisant de ce roman une lecture enthousiasmante et haletante. Bravissima ! Je rejoins donc tous ceux qui, depuis sa parution, ont exprimé leurs avis réjouis sur ce premier opus des aventures de Claire Le Vaillant et Junior. Quatrième de couverture Les actes du passé laissent immanquablement des traces dans le présent... Première enquête de Claire Le Vaillant. Une intrigue parfaitement maîtrisée, étayée par des recherches documentaires scientifiques et patrimoniales pointues. Par l'autrice du best-seller Marques de fabrique. 1960. La paisible commune de Salins-les-Bains est le théâtre d'étranges événements : disparition de chats, lettres d'un corbeau... Bientôt, un accident aux allures de suicide secoue la ville, puis un meurtre est perpétré. Le coupable est arrêté, mais Christian Roche, le jeune curé de la paroisse, décide de suivre une autre piste : n'est-il pas celui à qui tous se confessent ? 2025. Claire Le Vaillant, généalogiste successorale à Lyon, se voit confier un dossier important. Avec l'aide de " Junior ", son assistant, elle doit reconstituer la généalogie d'une défunte sans héritiers connus, dont elle découvre que la mère se serait suicidée en 1960 à Salins-les-Bains. Leur enquête, complexe, va recouper celle du père Roche, et leurs propres recherches éclaireront d'un jour nouveau les événements de cette année fatidique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- REPÈRES - Récit initiatique | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires REPÈRES - Récit initiatique Astrid-Aimé Auto édition 2021 312 pages. Préface de Pierre Duterte Autobiographie Chronique 7 août 2022 "Le manque du pays fut si grand qu'il cumulait causes et solutions de tous mes maux. Ô Cameroun, berceau de mes ancêtres." La préface signée Pierre Duterte commence par : " S'écrire. Une libération ?" Tout est dit dans cette simple question ; tous ceux qui envisagent ou s'interrogent sur la nécessité ou l'utilité de raconter son parcours, sur le bénéfice ou le danger de remettre en sang les cicatrices que l'on croyait fermées, trouveront dans ces lignes l'expression de leur douloureux dilemme. Vais-je me jeter à l'eau ? Serai-je capable de nager jusqu'à l'autre rive ou vais-je couler, écrasé par le traumatisme ravivé ? Il suffit d'un regard, d'un mot, d'une jaquette de livre ou d'une quatrième de couverture pour que tout remonte du gouffre de nos peines, de nos douleurs, de nos manques. Ce fut le cas pour moi avec "Repères" au dernier Salon du livre de Paris. Entouré d'une multitude de pile de romans et ouvrages aux couleurs explosives, un îlot gris ardoise se distinguait : le portrait d'éléphant en couverture me fit basculer dans un hier lointain et pourtant présent à chaque minute. La lecture du résumé de ce récit initiatique me mit en apnée. La dédicace de l'auteur me rappelle que Oui, nous nous sommes parlé, mais déjà j'étais passée de l'autre côté, en état second. J'ai vite dû trouver la sortie.... Que de bravoure a-t-il fallu au petit garçon caché dans le jeune homme Astrid pour chuchoter à celui-ci que c'était le moment, qu'il allait falloir l'un et l'autre se prendre par la main pour raconter leur histoire, mais aussi celle d'un pays dans la tourmente, pour narrer l'exil, le sentiment d'abandon, le froid, la solitude, la tristesse abyssale ? Aucun son n'a pu s'échapper des lèvres serrées de l'enfant traumatisé, en position de défense constante, de vigie guettant les dangers potentiels, jusqu'à la rencontre salutaire avec un thérapeute, le même qui offre en préface à l'auteur ses mots clés : ainsi nous aussi pouvons-nous, dans le sillage d'Astrid-Aimé, ouvrir les portes de notre compréhension émotionnelle, de notre empathie, et entamer notre propre apprentissage. "Pour moi seul les fous allaient chez le psy. Mais il me rassurait en me faisant comprendre qu'il fallait exactement dire dans son cas "psychothérapeute" et que je ne devais aucunement me croire plus fou que lui. Tous les décors de ce bureau peu commun donnaient l'impression d'être à mi-chemin entre l'Afrique, l'Amérique, l'Asie et le Moyen-Orient. Au cours de nos conversations d'environ une heure, nous voyagions sur une pirogue la nuit auprès d'éléphants en bord de fleuve, sous le hululement des chouettes." Garçon perdu entre deux continents, entre deux parents, entre deux vies, entre deux ethnies, la colère peu à peu de ne pas comprendre les tenants et aboutissants de l'histoire familiale monte et se transforme en fureur. Les cris et les pleurs qu'il ne peut pousser deviennent coups et violence tempétueuse ; écartelé entre une mère déboussolée, dure et défaillante, abdiquant devant des compagnons toxiques, au grand dam de ses enfants, et le souvenir flou d'un père resté au Cameroun que l'on charge de tous les défauts, le petit Astrid puis l'adolescent cherchent dans la castagne à se faire mal, dans la délinquance à tester les limites de ce monde injuste, cynique, intolérant, absurde. Besoin d'un père, de repères.... Mais la société change et l'écrivain en devenir aussi ; les mots l'habitent à travers le rap, les livres, les chansons de variété française, américaine et africaine. Le besoin de coucher sa vérité noir sur blanc devient irrésistible, encore plus depuis sa rencontre avec Pierre Duterte. Se raconter en dehors de cette présence tutélaire se meut en urgence alors que la révolte populaire gonfle et se déchaîne enfin dans les rues françaises. L'espoir d'un changement nous étreint alors, on peut se permettre, peut-être, de penser à un avenir possible, l'horizon s'ouvre... "La vérité n'a de sens que si son récepteur parvient à la comprendre." Earl Simmons (DMX), 18/12/1970 - 09/04/2021 Mais pour bâtir le futur encore faut-il que les fondations intimes soient solides : comment le pourraient-elles alors que le brouillard des mensonges, des secrets, interdit toute clarté. L'hiver approche, rester en France à Goussainville, banlieue parisienne mal-aimée et déconsidérée est inenvisageable. Direction le Cameroun, enfin ! L'enfant doit interroger son père, connaître la/sa vérité, inspirer à nouveau les parfums de son pays, revoir les paysages, le quartier, la maison, retisser les liens avec la famille maternelle et paternelle, rendre hommage à sa grand-mère "véritable sainte" à laquelle cet ouvrage est dédié... La colère et la tristesse du petit garçon doivent laisser place à la paix intérieure et la compréhension bienveillante des actes de chaque intervenant de la pièce qui s'est jouée depuis sa naissance jusqu'à ce retour aux sources. Cette autobiographie, preuve que l'auteur y est parvenu, est aussi une oeuvre littéraire à part entière, singulière, flamboyante, érudite tout en étant familière, qui réinvente la langue, notre langue. Je retrouve le français d'outre-mer lumineux, respectueux de l'étymologie des mots, de leur sens premier, oublié en métropole. Le plaisir de les lire est intense, presque gustatif comme la fameuse madeleine.... Les larmes ne sont jamais bien loin, celles de la mélancolie, du manque, de l'absence mais aussi du bonheur retrouvé. Quatrième de couverture Dans un monde en perpétuel changement, à mi-chemin entre essai et récit initiatique, embarquez pour un authentique retour aux sources. Découvrez le parcours d'exil tumultueux et troublant d'un jeune homme en quête d'identité. Au croisement de ses racines africaines et françaises, Repères lève le voile d'un Cameroun empreint de pudeur et de nondits. Du rire aux larmes et de surprises en déconvenues, sagesse et déraison s'entrechoquent dans une véritable ode à la résilience. L'auteur, par sa plume incisive et sincère, décrypte sans langue de bois l'environnement qui l'a façonné. À travers sa trajectoire saisissante, Astrid-Aimé tente de répondre à une question essentielle : comment comprendre et s'adapter à une société, quand on ne dispose d'aucun repère ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- On ne vit qu'une fois | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On ne vit qu'une fois Maxine Morrey City Editions 17 avril 2024 352 pages traduites par Francine Maigne. Comédie romantique Chronique 18 avril 2024 "Quoiqu'il arrive dans la vie, les feuilles des arbres grandissaient, les jonquilles dansaient en larges plates-bandes, les perce-neige sortaient leurs petites têtes du sol pour signaler le début de tout." Une délicieuse comédie romantique à l'anglaise. Mot d'ordre : sortir de sa zone de confort, revenir dans la lumière même après un drame qui vous fait croire que la vie ne peut vous apporter que de nouveaux malheurs, qu'aimer est une porte ouverte sur de nouvelles souffrances, de nouvelles pertes dont cette fois-ci vous ne vous relèverez pas. L'analyse psychologique et les descriptions des divers sentiments par lesquels passe l'héroïne de ce roman sont très justes. Alors oui c'est un roman à l'eau de rose, oui il est cousu de fil blanc, oui les personnages sont des archétypes, oui, oui, oui, mais on s'en fiche totalement. Ça marche, c'est bien écrit, bien traduit, les protagonistes sont attachants, les dialogues ciselés avec beaucoup d'humour et de tendresse. Il y a même un chien, c'est vous dire ! J'ai parfaitement accroché à ce récit qui m'a réconfortée comme une tasse de chocolat chaud avec de la guimauve. J'en avais besoin. Croire en l'impossible, en l'amour et en la sincérité des sentiments, ce n'est pas ridicule. Et pourtant, je n'ai pas l'âme romantique mais plus l'ambiance est au cynisme plus j'ai besoin d'espérer et de prendre le contre-pied de la sinistrose actuelle. Ce livre est également un hommage évident à l'incomparable Jane Austen. Quatrième de couverture Depuis la mort de son mari, Lily n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle a quitté Londres avec ses souvenirs et s'est installée dans une grande maison en bordure d'un petit village où elle continue d'écrire ses romans à succès, là où plus rien ne peut la heurter. Lorsque son frère propose à Jack, son meilleur ami, d'emménager dans une chambre d'ami de la maison de Lily pour le dépanner, celle-ci est réticente. Mais elle ne peut pas refuser après tout ce que son frère a fait pour elle. Il lui faut un certain temps pour s'habituer à son nouveau locataire. Cependant, au fil du temps, elle apprécie sa compagnie. Jack lui apprend à lâcher prise et à sortir de sa zone de confort. Et peu à peu, Lily entrouvre son coeur à nouveau. Car, comme le dit le proverbe, on ne vit qu'une fois. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Chardonneret | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Chardonneret Donna Tartt Pocket 2 janvier 2015 1296 pages traduites par Edith Soonckindt Thriller Chronique 29 janvier 2023 Prix Pulitzer 2014 « L'absurde ne délivre pas, il lie. » Albert Camus Absurde, cette époque où tout fout le camp, où l'on doit en permanence s'adapter à l'inacceptable, au grotesque, à l'insoutenable, à la destruction de la beauté, à l'oubli des leçons du passé.Absurde, cette époque où une oeuvre d'art n'est plus rien qu'une marchandise, un prix, un objet de spéculation, un otage que l'on refile d'un marchand de mort à un autre, éteignant de fait sa lumière. Absurdes, ces temps de ténèbres où soudain tout peut exploser, où le feu du Mal peut tout consumer, détruire, emporter. Absurdes, tant elles sont insondables, sans fin, la douleur et la sidération du fils perdant sa mère dans un attentat alors qu'il était si proche de l'instant parfait, de la rencontre d'une vie....Absurde, la requête de ce vieillard agonisant à ce garçon à savoir cacher et prendre avec lui ce bel oiseau, ce chardonneret peint par Carel Fabritius en 1654. Absurde la mort, absurde le deuil, absurde le monde dans lequel il refait surface anéanti, paumé, orphelin de mère et d'une partie de lui-même.Absurdement violente, tragique et rocambolesque enfin la trajectoire de cet enfant de treize ans portant pendant des années le poids de la perte, de la culpabilité du rescapé, du vol d'une des œuvres d'art les plus précieuses et importantes de L'Histoire de l'art. Un tableau clef dont on ignore véritablement l'utilisation finale, certainement destiné à être fixé sur le mur extérieur d'une échoppe de la ville de Delft. Un trompe l'œil aux teintes étonnamment lumineuses, un volatile tout mignon, tout simple, trompeur en réalité oubliant de nous prévenir du chaos à venir... Nulle alerte de sa part avertissant le peintre de l'incendie qui l'emportera avec la majorité de ses œuvres, nulle alerte à l'adresse de notre Théodore obsédé par la vision d'une gamine rousse jusqu'à en oublier que le destin peut frapper partout, à n'importe quel moment. Pourtant par sa simple présence, ce chardonneret, témoin de bien des drames par le passé, oeuvre clef et charnière entre deux écoles de peinture, devrait déclencher un signal de danger, lui, le centre de toutes les attractions. De multiples personnages vont croiser dès lors le chemin d'un Théo en mode survie, en mode auto-destruction, en mode sauve-qui-peut... Un parcours du combattant et initiatique d'une brutalité et d'une cruauté folles de New York principalement en passant par Las Vegas pour se rendre enfin à Amsterdam. Un enfant face à des adultes dépassés, perdus, irresponsables, un jeune homme dans un monde où tout n'est qu'apparence, jeu de dupe, malhonnêteté. Mais heureusement de belles âmes croisent Théodore et l'aident à se trouver. Ce roman somptueux, dense, riche d'informations, donnant à New York une place privilégiée, est une étude sociétale au vitriol, une description détaillée de la chute annoncée d'une civilisation, une analyse "psychatrique" sans concession des protagonistes de cette fresque digne de "La Leçon d'anatomie du docteur Tulp" de Rembrandt : une dissection minutieuse des évènements, des intentions, des turpitudes, l'autopsie d'une époque, d'une humanité en décadence, d'un monde en perdition. Mais l'espoir est peut-être au bout du chemin si Théo réussit à percevoir le chant du chardonneret, s'il réussit à le rejoindre et à détacher sa chaîne. Roman noir des plus lumineux où le silence assourdissant d'une bombe laisse place au chant des oiseaux, à la beauté et à l'équilibre retrouvé du monde.J'ai été passionnée par cette plongée dans le milieu de l'art et de l'antiquariat, emportée et essoufflée par les scènes d'action, bouleversée aux larmes par certains moments poignants et inoubliables, scotchée par la maîtrise de l'autrice de bout en bout. Prodigieux scénario cinématographique, mélange de Woody Allen, de Quentin Tarantino et de Steven Soderbergh. Enfin une mention spéciale pour la traductrice de cette œuvre majeure de la littérature contemporaine, Edith Soonckindt, dont je mesure le talent et l'investissement tant certains passages ont dû être épineux à retranscrire, sans compter la longueur extrême du texte.Celui-ci me hantera, m'accompagnera, tant il touche de thèmes essentiels et différents, tant il s'insinue dans notre intimité. Quatrième de couverture Dix ans après le succès mondial du Petit copain, et vingt après celui du Maître des illusions, Donna Tartt fait son grand retour avec Le Chardonneret, une odyssée hantée dans l'Amérique d'aujourd'hui. Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ? À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Partition secrète | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Partition secrète Élie Bernheim Slatkine, Le 6 février 2026 168 pages thriller Chronique 20 février 2026 Une belle composition littéraire déchiffrée en quelques heures, délicieuses et haletantes ! À vous les moments remplis de saveurs, de tendresse, d'amour et de rires, d'harmonie et de passion... Mais gare ! Une menace plane sur Gabriel, chef talentueux, sa femme Nohra, trompettiste soliste reconnue, et leurs jeunes enfants ; un danger qui prend racine dans le passé de cet homme, résilient, survivant, plongeant dans les ténèbres sa famille et ses proches. Alors que reprendre le restaurant parisien de ses parents, morts dans un accident de voiture alors qu'il était petit, semblait une évidence, ouvrant l'horizon vers un avenir lumineux, il ne sait pas encore que le brouillard du mensonge et des secrets va l'engloutir. Le temps est venu de connaître la vérité sur ses géniteurs, sur ceux qu'il aime et en qui il a toujours eu confiance. Fin des fausses certitudes, passage de l'autre côté du miroir, car on ne peut vivre éternellement dans l'illusion. Il en va de son équilibre psychologique et de son histoire d'amour, mais aussi du futur de sa fille et son fils. Le restaurant L'Éclipse porte bien son nom cachant en son cœur la lumière du savoir, un héritage bouleversant sous l'aspect d'une boîte de Pandore. Attention aux monstres qui en surgiront! Un roman court offrant de très belles scènes liées à tout ce qui fait le bonheur de vivre et que l'auteur, en bon épicurien, sait nous transmettre, mais aussi des moments dignes des meilleurs thrillers d'espionnage, j'ai pensé évidemment à certains opus de Daniel Silva. Quatrième de couverture Paris, ville lumière, dissimule parfois ses plus sombres secrets. Norah, trompettiste de renommée mondiale, et Gabriel Stern, chef en pleine ascension, pensaient avoir trouvé l’équilibre entre passion et famille. Mais le retour d’un homme qu’ils croyaient perdu à jamais bouleverse leur destin. À table, chaque sourire peut cacher un mensonge, chaque verre levé une menace. Entre amour et trahison, musique et complot, Partition secrète entraîne le lecteur dans un thriller haletant où la vérité se paie toujours au prix fort. Avec Partition secrète, Elie Bernheim entraîne le lecteur dans un Paris où s’affrontent passion, ombres et révélations. Un thriller élégant, rythmé et captivant, qui se lit avec la fluidité d’une partition, fidèle à son univers romanesque. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















