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  • Comme si de rien n’était | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Comme si de rien n’était Alina Nelega Editions des Femmes Antoinette Fouque 2021 288 pages traduites par Florica Courriol Roman Chronique 10 avril 2021 « Comme si de rien n'était » reçoit en 2020 le prestigieux prix roumain Observator cultural. « Quant au titre, la formule consacrée devrait déjà nous mettre la puce à l'oreille : car comme si de rien n'était, nous sommes happé.e.s par cette narration dès les premières pages. Comme si de rien n'était, il s'y passe en fait énormément de choses. Dans une société apparemment lisse où le pouvoir veut que les citoyens soient heureux, on fait semblant de vivre comme si de rien n'était, on fait semblant de soutenir le système ; d'accepter sans broncher, comme si de rien n'était, les malversations, les combines des collègues et des proches ; on se rend chez un.e ami.e, comme si de rien n'était, alors qu'il.elle est arrêté.e où se trouve en domicile surveillé, on se met au lit sous les couvertures pour qu'il.elle puisse chuchoter, non pas des déclarations amoureuses mais les motifs et les circonstances de son arrestation ; comme si de rien n'était, on élève un enfant et on laisse croire à la famille et aux ami.e.s que son père est votre mari et pas le type du Parti qui vous a imposé sa loi de mâle ; on revoit l'amour de sa vie, on se comporte avec elle comme devant une quelconque ancienne camarade de lycée, alors qu'on l'aime à en mourir, on fait comme si de rien n'était... » Florica Courriol - janvier 2021 Oui comme si de rien n'était, on fait semblant de vivre une existence normale alors qu'on est piégé dans un univers grotesque, ubuesque où le roi est Ceaucescu, le "conducatorbienaimé" et la reine "notremèreànoustous" qui édictent des règles de fou, dont les ombres planent tels des vampires sur cette Roumanie, sur cette Transylvanie. On se dirait dans un roman de Science-fiction malheureusement ce n'est pas le cas. Les apparences ne sont pas trompeuses, nous sommes enfermés dans un asile d'aliénés à grande échelle, épiés nuit et jour par l'Organe, la Securitate, la Milice, le Parti. Votre destin ne vous appartient pas, vous ne vous appartenez pas, d'autant plus si vous êtes femme et le comble, homosexuelle. Votre vie intime appartient au Parti, votre sexualité est une question politique, vous êtes doublement criminelle et dans la ligne de mire de tous les petits chefs, de tous les violeurs et profiteurs en puissance. Votre terreur les fait jouir, ils sont intouchables, même si le régime s'écroule, ils savent qu'ils s'en sortiront... Alors vos pauvres menaces de dénonciation, ils s'en foutent totalement. Ils sont les dieux du communisme. Être femme libre n'importe où dans le monde est déjà en soi un sacré challenge à relever, dans une dictature cela tient du fantasme.Notre Alice, ou Cristina, n'est pas tombée au pays des merveilles et doit alors se transformer en Crocodila qui n'a peur de rien, personnage de conte sorti tout droit de son imagination fertile pour son fils Stefan, si innocent, si adorable. Ce qui fait de cette roumaine un être à part c'est son don pour l'écriture, sa capacité à inventer d'autres univers pour supporter celui où pénurie, corruption, abus sexuels et politiques, délation, paranoïa, saleté, désespérance, sont le pain quotidien de cette société malade.Son amour pour Nana aussi la soutient, la nourrit, en silence, cachée. C'est un sentiment criminel, une aberration... Alors elle fait comme si de rien n'était même si son corps, son coeur hurlent, se brisent..... Elle obéit sans réussir à convaincre de son innocence l'œil du Parti qui ne la quitte pas, la suit partout, sait tout d'elle. On suffoque, on a mal au ventre, on éclate soudain en rires libérateurs ou nerveux, en larmes intérieures le plus souvent. Y-a-t-il un avenir en ces années 80 pour les Roumains ?Le rouleau compresseur de l'Histoire ne va-t-il pas tous les écraser impitoyablement ? Qui s'en sortira ? Un texte sans discontinuité, sans annonce de changement d'idée, de cadre, une ponctuation capricieuse, le tout pour illustrer par cette linéarité infernale le sentiment d'avancer inéluctablement, comme si de rien n'était, vers sa chute. L'impuissance face au monstre communiste est une réalité, nous nous sentons peu à peu broyés.Puissance du message donc porté par une mise en place qui nous bouscule, nous maltraite, nous force à ne pas faire comme si de rien n'était. La note d'introduction de Florica Courriol est parfaite et exprime mieux que je ne pourrais jamais le faire ce que je voudrais vous dire sur ce roman. J'en sors évidemment révoltée, triste et prête à en découdre pour la sauvegarde de nos libertés de citoyen.ne.s face à un gouvernement qui se radicalise. Je tiens à vous rassurer, la poésie et l'humour, ne sont pas absents de cette narration, bien au contraire. Merci aux Éditions des femmes Antoinette Fouque pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture « En écrivant, elle se dit qu’elle réussira à mieux comprendre – en interchangeant le personnage de Nana avec celui d’un garçon, peut-être, avec Dani ou Mits, par exemple, ce serait plus facile – ah non, ce ne serait pas plus facile. Elle devrait s’instruire davantage sur les corps et les émotions, comprendre pourquoi son ventre est serré, nœud de désirs et d’inquiétudes, elle les reconnaît bien, ils sont clairs ces mots, mais elle a peur de les exprimer. Ah, si elle pouvait courir, voler, se jeter sur le sable chaud d’une mer, écouter, éperdue, le bruit des vagues. Elle s’imagine les vagues et au dessus, la montagne. » A.N. Cristina traverse son adolescence dans les années 1980, durant la dernière décennie de la dictature roumaine. Élève dans un lycée de province, elle s’éprend d’une camarade de classe issue d’un milieu plus élevé et se découvre une passion pour l’écriture. Mais les diktats imposés par le régime lui barrent le chemin. Jeune adulte, elle s’efforce de naviguer entre les contraintes politiques, familiales et sociales qui pèsent sur les femmes. Elle essaie d’écrire, jonglant entre précarité, censure et autocensure. Avec un humour corrosif, les plus subtils rouages de l’oppression sont mis à nu. « Alina Nelega a chamboulé avec Comme si de rien n’était les habitudes littéraires roumaines par un sujet peu abordé jusque là : l’homosexualité féminine. Placé dans un cadre historique précis, mais qui s’éloigne du souvenir des Roumains – la dernière décennie du «règne » Ceausescu -, le livre se présente comme un arrêt sur image de toute la société roumaine. Il y est question de la fameuse Securitate, du contrôle de la sexualité par le Parti, de pénurie, de corruption, de relations interethniques en Transylvanie – où se déroule principalement la narration -, d’abus politiques, de révolte étouffée. Il y est question d’amour et de féminité mais surtout de liberté. » A propos de Florica Courriol : Traductrice littéraire du roumain. Née en 1952, Florica Ciodaru-Courriol enseigne le roumain à l'université Lyon II. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Petite | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Petite Sarah Perret Presses de la Cité 29 septembre 2022 256 pages Historique Terroir Chronique 27 mars 2023 Lauréat du Prix Jean Anglade du premier roman 2022, préface Pierre Vavasseur. « A ma famille, à mes ancêtres, à tout l'amour que porta leur cœur, à cet univers perdu, à la grâce de ce temps-là. Et on Arcadia ego. » Les chagrins d'enfance sont ineffaçables, inoubliables, immenses et se répercutent souvent en écho pendant toute notre vie. Je vis actuellement un de ces chagrins dont je ne me suis jamais remise ; j'ai lu ce texte délicat, palpitant comme une veine dans le cou gracile d'une enfant avec mon cœur de petite fille non consolée, les larmes au bord des cils, toujours aussi démunie face à la méchanceté et la cruauté de certains. Un texte d'une grande justesse, d'une indéniable beauté, entre roman de terroir et chroniques de l'enfance. Il brise le cœur et en même temps réussit à nous faire sourire en nous réconciliant avec des souvenirs douloureux. Ne grandit-on jamais ? Quatrième de couverture La Petite, c'est le paradis ressuscité de l'enfance et d'un monde désormais perdu : celui des paysans de Chartreuse dans le courant du vingtième siècle –; des vies modestes, pétries d'humanité. Au cœur de la Savoie, deux orphelins recueillis par leurs grands-parents paysans dans la maison de famille séculaire se battent contre des puissances obscures, remontées du passé. Autour d'Ophélie, le loup rôde ; quant à Jean, il emploie ses forces à haïr. Le silence s'amoncelle comme le travail à abattre, dans ce village au pied des montagnes de Chartreuse. En cette fin de XXe siècle, la modernité n'est pas encore arrivée et le temps est toujours rythmé par les saisons et les labeurs, les fêtes religieuses, les visites. Mais, intimement, les enfants pressentent les drames et souffrent. Les secrets eux-mêmes aspirent à se dire... La Petite, entre délicatesse et passion, fragilité et violence, brode et tricote d'une main sûre son ouvrage et conduit le lecteur dans les tours et détours de l'âme enfantine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Millésime 54 | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Millésime 54 Antoine Laurain Flammarion 4 avril 2018 272 pages Divers Chronique 23 juin 2018 Je vais vous éviter toute prose liée de près ou de loin au monde viticole, ce serait un peu facile... Où peut-être gouleyant ! Oui voilà aussi délicieux qu'une partie de pêche à la truite au soleil en bonne compagnie. Cela aurait pu s'appeler « Y'a d'la joie...», ce roman, ce conte, ce poème, étant une vraie merveille d'imagination, de drôlerie, de tendresse, d'émotions, de fantastique. Les premiers mots de remerciements de l'auteur : « Avec la participation exceptionnelle et par ordre d'apparition, qu'elle soit fugace ou non de : S.A.S. le duc de Windsor, Salvador Dali, Jacques Prévert, Robert Doisneau, Marcel Aymé, Harry MacElhone, François Truffaut, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Audrey Hepburn, Hubert de Givenchy, Jean Gabin et Édith Piaf. » Antoine Laurain a écrit 7 romans, traduits en plus de vingt langues. C'est mon premier livre de cet auteur ! Mais comment ai-je fait pour le manquer ? Remarquablement écrit, ciselé, imagé, c'est un bijou, de ces livres d'utilité publique, de ces œuvres refaisant naître le sourire et l'étincelle dans l'œil. Faites-vous un vrai plaisir, imaginez la plus belle pâtisserie de votre choix , la plus délicieuse, et bien cette fiction est comme un mille feuilles ou un croissant aux amandes mes pêchés mignons, offrez-vous vite. J'ai toujours regretté de ne pas avoir connu les Halles à la grande époque avant que le quartier ne soit défiguré, de ne pas avoir entendu le sabir, le langage haut en couleurs des bouchers, ni vu les étals et l'otarie et son ballon.... Grâce à ce livre c'est chose faite, et je peux m'en aller rêver sous ma couette... « Millésime 54 », sortez la jolie vaisselle, les verres étincelants, étendez une nappe sur l'herbe et dégustez. Quatrième de couverture Paris, un soir de septembre. Peu de choses relient Hubert, propriétaire de son appartement de famille, Magalie, restauratrice en porcelaine, Julien, barman débutant, et Bob, touriste américain de passage dans la capitale. Pourtant tous les quatre vont ouvrir et partager une bouteille de Château Saint-Antoine 1954 retrouvée dans la cave du vieil immeuble où ils habitent. Le lendemain matin, les rues ne sont plus tout à fait les mêmes, ni les autobus, ni les commerces, ni les gens. Un délicieux parfum d'autrefois flotte sur la ville. Et pour cause : ils sont retournés dans l'année du vin ! Sortilège ? Rupture temporelle ? De la traversée d'un Paris éternel où l'on croise Jean Gabin comme Audrey Hepburn, jusqu'aux mystérieuses vignes du Beaujolais qui vont livrer leur secret, les voilà pris dans un tourbillon le temps d'un week-end ailleurs. Millésime 54 est une fête, une invitation au voyage qui fait la part belle à l'amour, à l'amitié et au désir de merveilleux qui sommeille en chacun de nous. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • 7m2 | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 7m2 Jussi Adler Olsen Albin Michel, Le 15 mai 2024 ‎624 pages traduites par Caroline Berg Thriller policier Chronique 18 octobre 2024 La dixième enquête du Département V ! Oyé, oyé, chers fans de Jussi Adler Olsen et du Département V ! Nous l'attendions, le champion marathonien de la série policière nordique l'a fait ! Je reste scotchée par la capacité incroyable de cet auteur à nous avoir tenus en haleine depuis 2011, en France, par un mélange parfait d'humour, de suspense, de scénarios particulièrement retors, bâtis solidement sur des documents et des archives concernant des faits réels et/ou historiques, édifiants, monstrueux, bouleversants, émotionnellement inoubliables, sans aucune scène de trash gratuite. Bravissimo ! Grâce à cet ultime opus, l'auteur réussit à raviver notre mémoire quant à des évènements ou personnages marquants présentés ou apparus dans les épisodes précédents et à insister sur l'importance et les répercussions des actions du Département V au cours des années sur la société en général et la trajectoire de certaines victimes en particulier. L'idée géniale de positionner dès le départ Carl Mørck en prison sous le coup de multiples accusations oblige ainsi son équipe formée d'Assad, Rose et Gordon, et son épouse, Mona, à monter au filet et à enquêter à sa place. Heureusement certains rescapés des dossiers traités antérieurement vont arriver à la rescousse témoignant ainsi de leur gratitude envers ce policier. Également, cet enfermement pousse Mørck, et nous avec lui, à faire un retour sur image, à revisualiser clairement les tenants et aboutissants de cette longue série policière, chaque enquête étant différente des autres mais où persistent cependant certains ingrédients attendus par les addicts de ce groupe de flics hors norme : l'humour, l'intelligence intuitive et fulgurante, la camaraderie, la solidarité, la singularité, la tolérance, le dépassement de soi, la prise de risque, (entre autres en aimant à nouveau), la réponse proportionnelle trouvée à chaque crime, la capacité de remise en question permanente et le refus de la procrastination. C'est cette dernière qui va plonger Carl dans un véritable enfer : si seulement il avait pensé à ouvrir la foutue valise de son collègue reléguée pendant des années dans son grenier ? Comment notre équipe de choc va-t-elle s'y prendre maintenant pour sauver son capitaine ? N'est-il pas trop tard ? N'y-aurait-il pas un traître dans son entourage ? L'occasion d'enfin comprendre le passé est venu pour tous avant d'espérer se réinventer une vie après la période " Département V ". Opus phénoménal de maîtrise et de réinvention ! Un immense merci à Jussi Adler Olsen pour ces années fantastiques ! Quatrième de couverture Combien mesure l'enfer ? 7m2. C'est la dimension de la cellule dans laquelle Carl croupit. Témoin gênant, il a été piégé par une puissante organisation de trafic de drogue. Depuis, il est devenu l'ennemi public n°1, même aux yeux de la police. Il ne lui reste qu'une arme : son équipe. Mais Rose, Assad, Gordon et Mona parviendront-ils à le sauver alors qu'au sein de la prison sa tête est mise à prix ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Dans l'ombre | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans l'ombre Arnaldur Indridason Métailié 3 février 2017 352 pages traduites par Eric Boury Thriller et polar Chronique 15 juillet 2017 Tome 1 donc de la Trilogie des ombres dont le deuxième opus sortira en octobre prochain. Déjà dans le Lagon noir, l'auteur abordait le sujet de la main mise des américains sur le territoire islandais depuis 1940, cette omnipotence des USA qui s'est prolongée jusqu'à aujourd'hui. Ce point épineux de l'Histoire a été traité également par plusieurs écrivains ou scénaristes nordiques. Tout autant, les expériences génétiques et recherches sur l'origine de la race aryenne par les nazis sont des thèmes récurrents qui nous éclairent, nous européens sudistes, sur ce qui se déroula dans les pays du nord. La parole est à la vérité, à la prise des responsabilités des gouvernements, sur ce qui fut fait alors en terme d'allégeance et accords avec les délires de Hitler et ce, bien après la fin du conflit mondial. Les thrillers de guerre ou d'espionnage sont d'une importance capitale en tant que genre littéraire, mais aussi comme moyen efficace de dénoncer et de rappeler à tous ce qui fut perpétré pour gagner, être vainqueur dans les deux camps. Evidemment le rappel des actes posés par les nazis pour défendre l'idée inacceptable de la supériorité d'une race sur d'autres et de l'eugénisme est plus que d'actualité, malheureusement, mais aussi faut-il se souvenir des décisions discutables prises par les alliés au détriment des populations de civils sous le prétexte que tous les moyens étaient bons pour gagner. Cela donna lieu à la guerre froide et au terrorisme, d'autres formes modernes de conflits internationaux. Je pense à Dossier 64 de Jussi Adler Olsen, à Block 46 de johana Gustawsson, à L'homme est un dieu en ruine de Kate Atkinson, à L'affaire Caravaggio de Daniel Silva et de bien d'autres, comme la série Borgen lorsqu'elle consacre tout un épisode au Groenland, etc..... Incontournables. Ainsi, Reykjavik en été 1941, les américains viennent s'installer sur les bases militaires, suivant de près les anglais. Cette invasion mal vécue par certains islandais ne l'est pas forcément par certaines femmes qui y voient leur ticket vers la liberté, c'est l'Islande de "Situation" qui fracture l'île. Cette société de pêcheurs et d'agriculteurs est profondément bouleversée par cette présence anglo- américaine. Bien que le parti nazi soit dissout, les conséquences désastreuses de la pensée hitlérienne perdurent, certains continuent à rechercher les origines du mythe et de la pureté de la race aryenne en Islande. Dans ce contexte un représentant de commerce est retrouvé dans un appartement en sous sol de Reykjavik, tué d'une balle de colt américain. On nomme Flovent le seul enquêteur de la police criminelle islandaise, ex-stagiaire à Scotland Yard, assisté par Thorsen, canadien d'origine islandaise parfaitement bilingue. Malgré les bâtons dans les roues des autorités militaires anglaises, les réactions violentes de certains témoins ou acteurs de cette histoire, le tandem tient bon et ne s'arrête pas aux apparences. Très bonne mise en place donc pour cette trilogie sur la seconde guerre mondiale vécue par l'Islande. Pour nous une oeuvre originale et étonnante magistralement écrite et construite. Quatrième de couverture Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un “SS” en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue. L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme. Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la “Situation”, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus. Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Ferdaous, une voix en enfer | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ferdaous, une voix en enfer Nawal El Saadawi Editions des Femmes Antoinette Fouque 2022 176 pages traduites de par Assia Djebar et Essia Trabelsi Biographie Chronique 27 janvier 2022 En format poche. Préface d’Assia Djebar de l’Académie française. « j'ai eu recours à la police, mais je découvris que ses liens avec la police étaient plus puissants que les miens. J'ai eu recours à la loi, mais je découvris que la justice punit les femmes et ferme les yeux quand il s'agit des hommes. » N. E. S. « Ne rien espérer, ne rien désirer, n'avoir peur de rien ! Tout ce qui peut arriver est déjà arrivé et, pour elle, le pire est déjà arrivé. » N. E. S. Désespérance, fureur, admiration sans borne... Deux voix s'élèvent, celles de Ferdaous et de Nawal, et plus rien n'est plus pareil, la vérité a été criée, crachée, gravée, imprimée, lue, écoutée, transmise, répercutée partout et pour les siècles à venir. Le silence imposé par les bourreaux, par la société mysogine et patriarcale est brisé par deux héroïnes malgré elles qui n'ont pas pu se taire plus longtemps, qui ont osé se lever, sortir dans la rue, exprimer leurs désirs, leur dégoût, leurs envies, leur liberté dans un monde carcéral où tout ceci leur est interdit sous peine de voir s'abattre le fouet, les coups, la hache, le couperet. « J'ai pris conscience qu'ils étaient tous des hommes avides et désaxés ; leur soif de richesse, de sexe, de tyrannie ne souffrait aucune limite ni contrôle. Ils infestaient la terre, ils pillaient les gens, tout cela avec leur gorge puissante, leur voix persuasive, leurs paroles mielleuses et leurs flèches empoisonnées. Or l'histoire ne dévoilait la vérité à leur sujet qu'après leur mort, et elle se répète avec une persévérance tenace. » Que les dictateurs en chambre ou d'un pays le sachent : lorsqu'un être n'a plus rien à perdre, il devient dangereux, le bétail devient loup, le faible devient guerrier avec ses propres armes. Les femmes sont ici condamnées à n'être que des épouses soumises, maltraitées, violentées, ou à n'être que des prostituées soumises, maltraitées, violentées. Pour Ferdaous, que le destin n'a pas épargnée, elle a fait l'expérience de la prostitution et de la vie normale et il est clair qu'une putain, dans cette société rétrograde égyptienne, est plus libre qu'une épouse. Elle choisit donc de redevenir une catin qui fait chèrement payer aux hommes l'accès à son corps anesthésié où nul désir ou nulle jouissance ne s'éveille, le cœur éteint à jamais. « J'ai compris que nous toutes, nous étions des prostituées avec des valeurs diverses et qu'il vaut mieux être une prostituée de luxe que prostituées à bon marché. » Contrôle total en apparence de son destin jusqu'à ce que certains prédateurs, certains proxénètes, ne supportent pas son indépendance financière et psychologique, sa capacité à lever les yeux et la tête dans la rue. Quoiqu'elle fasse, le masculin impose sa présence, sa malfaisance, au féminin. Depuis l'excision de l'enfance ordonnée par une mère jalouse et malsaine ennemie de son propre genre, le viol par son oncle, faussement paternel, son mariage forcé avec un vieillard ourdi par sa tante par alliance envieuse, tout a été fait pour écraser Ferdaous, " Paradis" en arabe, tout pour la mener en enfer et l'y clouer. Nawal El Saadawi s'inspire d'un entretien avec une condamnée à mort rencontrée dans une prison égyptienne pour raconter le destin d'une femme, des femmes et le sien. En transmettant le témoin dans cette course à la vie, elle sauve la sienne, elle se libère, et comme Ferdaous elle peut hurler : « JE N'AI PEUR NI DE LA SAUVAGERIE DES GOUVERNEMENTS, NI DE CELLE DES POLICIERS. JE CRACHE SPONTANÉMENT SUR LEUR FACE MENSONGÈRE, AINSI QUE SUR LES JOURNAUX MENTEURS. » Le pire étant que ces mots résonnent aujourd'hui avec une violente pertinence ici et ailleurs. Quand l'humanité va-t-elle tirer les leçons du passé ? Quand le genre ne va-t-il plus être prétexte à commander toute notre vie en société ou dans la sphère intime ? Quand, enfin, la recherche de l'essence de chaque individu sera-t-elle au centre de nos apprentissages, de nos écoles, de notre monde ? Une préface éclairante repoussant les limites de notre compréhension, un texte percutant, bouleversant, une maison d'édition qui toujours s'engage dans la lutte pour l'ensemble de l'humanité et cela passe par la défense des droits des femmes. Quatrième d Quatrième de couverture Dans une prison du Caire, une femme attend d’être pendue. La veille de son exécution, elle accepte enfin dans sa cellule la psychiatre désireuse de recueillir sa parole, et comprendre son crime. La détenue parle vite : elle sait son heure venue et n’a plus rien à perdre. Elle s’appelle Ferdaous, « Paradis » en arabe, et sa vie n’a été qu’un enfer. D’inceste en violences conjugales, programmée pour devenir prostituée, elle fait payer les hommes pour le mal qu’ils lui infligent. Jusqu’au jour où l’un d’eux le payera de sa vie. « J’ai tué en révélant la vérité, non en me servant d’un couteau. Ils n’ont pas peur du couteau, c’est la vérité qui les terrifie. Cette foi en la vérité est pour moi comme une braise, qui me donne une force terrible ; elle me pousse à ne pas craindre la mort, à ne craindre ni la vie, ni la faim, ni le froid, ni le néant. » N. E. S. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La vie ou presque | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La vie ou presque Xabi Molia Seuil Le 19 août 2024 240 pages roman Chronique 21 octobre 2024 Dédié " aux imparfaits ", ce roman, lui, nous offre un moment de lecture parfait car il réussit à nous faire toucher du doigt la difficulté que représente l'acte de se mettre devant la fameuse page blanche et de graver noir sur blanc des pensées, des histoires, des délires... de mettre sa vie entre parenthèses, sacrifiée en partie où complètement, sur l'autel érigé en l'honneur des belles lettres. Un plongeon fou dans des abysses intimes inimaginables, une confrontation violente au regard des autres, à leur désir, dans une quête éperdue du mot idéal, du geste créateur rêvé, fantasmé mais jamais atteint, avec la volonté farouche, pour certains, de marquer les esprits, leur temps, de tout tenter pour que leur nom passe à la postérité, de devenir ainsi des figures incontournables de la Littérature. D'autres prennent la plume pour témoigner, pour dénoncer, en excellents et bouleversants reporters de guerres au retour de vrais champs de bataille ou de zones urbaines de non droits près de chez nous. D'autres enfin, sont tellement perfectionnistes, jusqu'au-boutistes, exigeants, intranquilles, qu'ils brûlent tout ce qu'ils ont écrit, ou mieux, dans un acte manqué désespérant et magnifique, perdent leur manuscrit on ne sait comment. Les trois amis d'adolescence que sont les frères Paul et Simon, et Idoya, jeune fille singulière, symbolisent tour à tour ces différents profils de romanciers évoqués. Ils sont rejoints, dans des chapitres en italique, par des écrivains "parfaits" tels que les nomme Idoya ; pour en citer certains : Bonaventure de Quercy auteur du XVIe siècle opposé jusqu'à l'absurde à ce que sa pièce de théâtre soit imprimée, Suzanne Brederole, autrice d'un seul vers par an, ou encore Oihana Gutierrez souhaitant plus que tout rédiger l'Oeuvre Monumentale.... La question, ainsi, de la disparition de millions de livres inconnus se posent évidemment, pourquoi certains en réchappent et pas d'autres. Nous comprenons que nous ne voyons que le haut de l'iceberg et que ce qui est mis à notre disposition est infime. Combien de chefs-d'œuvre perdus, combien d'écrivains découragés avant ou après parution ? Avec le tandem fraternel est également évoqué la jalousie haineuse fruit d'une concurrence mortifère capable de naître entre deux êtres que tout devrait rapprocher. Ainsi suivons-nous ce trio jusqu'à la mort, ainsi atteignons-nous des chapitres futuristes où la question préoccupante de l'Intelligence Artificielle est évoquée. Un fort beau texte d'une grande pertinence, une analyse fine sur le plan psychologique des trois écrivains poussés dans leurs derniers retranchements. À lire absolument. Quatrième de couverture Années 1990, sur la côte basque. Trois adolescents, Paul, Simon et Idoya, nouent une amitié indéfectible autour d’une même passion : l’écriture. Mais cette vocation partagée va les conduire vers des destins aux antipodes. Les aventures de la création, les désillusions et les amours contrariées composent une fresque vertigineuse qui voit trois vies d’écrivains se déployer jusqu’au milieu du XXIe siècle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sott | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sott Ragnar Jonasson La Martinière 2018 343 pages traduites par Ombeline Marchon Polar Chronique 23 février 2019 Quatrième tome très réussi de la série des enquêtes de Siglufjordur, village situé au plus au Nord de l'Islande, port pittoresque autrefois prospère grâce à la pêche aux harengs, avec ses maisons aux façades colorées et joyeuses, où pourtant, entouré de montagnes et relié au reste du monde que par un tunnel, il peut être angoissant de passer un hiver. L'auteur le sait parfaitement, sa famille en étant originaire ; d'ailleurs ce roman est dédié à ses grands parents Ragnar Jonasson (1913-2003) et Gudrun Reykdal (1922-2005). Ils ont inspiré leur petit fils quant à certains détails de la vie des personnages de cette fiction. Très touchant. Le héros, Ari Thor, inspecteur de police, est de plus en plus intéressant et dense. Son créateur lui adjoint l'aide de la journaliste Isrun de Reykjavik, déjà croisée dans un épisode précédent, présentatrice vedette des informations à la télévision, cachant elle aussi ses fragilités à ses collègues, sa famille, se noyant dans le travail pour éteindre la terreur qui l'habite. Cette dernière contacte les forces de l'ordre de Siglufjordur, donc Ari Thor, car le village se retrouve en quarantaine après la mort d'un homme par fièvre hémorragique (sott en islandais) à son retour d'Afrique. Nous sommes en hiver, plus un chat dans les rues. Cependant, juste avant cet entretien avec la journaliste, Ari a reçu la visite de Hedinn, un homme d'un certain âge, lui formulant une requête bien étrange, un cold case en quelque sorte, bien que, voici cinquante ans le suicide de sa tante n'ait pas été remis en question. Il apporte avec lui une photographie de groupe où figurent ses parents, son oncle et sa tante, et lui, bébé, dans les bras d'un jeune homme. De ce cliché émane une impression glaçante, aucune des femmes ne regardent l'objectif... Qui est l'inconnu ? Il n'y a pas grand chose à faire, la claustrophobie le guettant à nouveau comme lors de ses débuts à ce poste il y a trois ans, Ari se jette avec passion sur cette affaire. Il passe alors un accord avec Isrun puisqu'il ne peut quitter le village en quarantaine. Pourrait-elle rendre visite au frère de l'oncle de Hedinn, le mari de la suicidée, en résidence pour personnes âgées près de Reykjavik ? Il lui promet, en échange, de la tenir avertie des derniers rebondissements concernant la situation sanitaire de Siglufjordur. Marché conclu ! Ce serait trop simple, donc l'auteur ajoute un petit meurtre : celui du fils d'un des hommes politiques les plus importants d'Islande, maintenant retiré de la vie publique. À nouveau, comme dans les opus précédents, Ragnar Jonasson fait basculer ses lecteurs entre deux époques, retraçant ainsi la vie difficile et particulière des habitants de cette magnifique terre du Nord, et abordant des sujets d'actualité, l'Islande se transformant rapidement depuis le crash de 2008. Magistral quant à la construction et le suspense soutenu jusqu'au bout. La région des fjords, avec ses aurores boréales, ses températures extrêmes, ses hivers interminables, ses changements brusques de météo, a poussé bien des âmes fragiles à la folie. Que s'est-il passé voici cinquante ans dans la ferme au bord du lagon d'Hedinsfjordur entre les deux couples ? Que se trame-t-il vraiment à Reykjavik aujourd'hui ? Quatrième de couverture Mais que se passe-t-il encore à Siglufjördur ? L’inspecteur Ari Thór n’est pas venu à bout des secrets de ce village en apparence si tranquille. Lui qui avait fini par se faire à la rudesse du climat et aux hivers trop longs se sent de nouveau pris à la gorge par un terrible sentiment de claustrophobie. La ville est mise sous quarantaine car on suspecte une épidémie de fièvre hémorragique (sótt, en islandais). Les premières victimes succombent tandis qu’un crime vieux de cinquante ans remonte à la surface… Le huis clos se referme sur les habitants de Siglufjördur. C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Ragnar Jónasson et vendu les droits de ses livres dans vingt pays. Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. La série des « enquêtes de Siglufjördur », village dont sa famille est originaire, connaît un succès retentissant en France et à l’étranger. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Regrets éternels | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Regrets éternels Pieter Aspe Albin Michel 31 octobre 2018 314 pages traduites par Emmanuele Sandron Thriller Chronique 15 février 2019 Première édition en 2006 19ème épisode traduit en français sur la trentaine existants en néerlandais des enquêtes en Flandre et plus particulièrement à Bruges du commissaire Pieter Van In accompagné de l'inspecteur en chef Guido Versavel et de la substitut du procureur et épouse adorée de Pieter, Hannelore Martens. Ambiance particulière de cette magnifique ville avec des incursions dans d'autres régions belges, situation pour nous " exotique" dans ce pays écartelé où l'on découvre également la force encore vive des patois et traditions de chaque région, critiquant généralement les autres. Ajoutez à cela une consommation permanente d'alcool et de café dans tous les bistrots et estaminets connus du trio ou aux domiciles des témoins ou coupables, et vous y êtes. Haute en couleurs et peut-être un peu caricaturale, on s'attache néanmoins à cette fine équipe, chacun ayant un sacré caractère. Le couple amoureux et torride Hanne-Pieter est un point important de ce récit, apportant de la légèreté et de l'humour où le drame prend la plus grande place. " Des coulisses du pouvoir aux scandales politiques sur fond de grande criminalité : Pieter Aspe rouvre l'une des pages les plus sombres de l'histoire de la Belgique. Passionnant." En effet, voici quarante ans une série de braquages perpétrée par la bande de Nivelles a fait 28 victimes entre 1982 et 1985. L'énigme des tueurs du Brabant reste non élucidée jusqu'à ce jour. Un journaliste, Michiel Lambrechts de la Gazets est retrouvé assassiné de deux balles dans la tête chez lui. Bien vite, Van In et Versavel, en charge du dossier, comprennent qu'il travaillait à nouveau sur cette vieille affaire. Toutes ses recherches, tous ses documents ont été emportés par le tueur. Le risque est très grand pour notre trio car tous ceux qui se sont approchés de cette enquête sont morts violemment, comme le procureur Demedts, soit-disant suicidé par pendaison. Les implications aux plus hauts degrés du pouvoir dans ces attaques à main armée sur des civils sont connues de tous, mais pour le moment non prouvées. La veuve de Demedts, toujours certaine que son mari a été exécuté car il approchait trop de la vérité, a la frayeur de sa vie lorsqu'elle trouve ses trois chats pendus au même endroit que son regretté époux. Elle appelle immédiatement le procureur actuel en pleine discussion avec Van In dans son bureau. Ils se rendent immédiatement sur place. Mme Demedts leur apprend alors que le dossier monté par son mari à l'époque existe toujours... Une course poursuite commence alors des plus périlleuses et mortelles. La série macabre n'en est qu'à ses débuts. La frontière entre politique et justice est ténue et provoque plus de difficultés encore. Certains ne veulent pas que la vérité soit découverte alors qu'ils vivent en toute impunité depuis toute ces années. Phénix, leur tueur se met sur les traces des enquêteurs. Danger ! Un polar très réussi, mené rapidement, clair, bien construit. Des héros pour lesquels on ressent de la sympathie, des doses parfaites d'humour, de suspense, de frisson, respectées, un savant équilibre favorisant le plaisir de la lecture. Une série télévisée des dix premiers tomes a été faite en néerlandais. Bien, très bien ! À découvrir .... Quatrième de couverture Entre 1982 et 1985, une série de braquages sanglants terrorise la Belgique. Vingt-huit personnes tuées de sang-froid et pas l'ombre d'une piste fiable. Quarante ans plus tard, l'énigme des « tueurs du Brabant » reste d'une brûlante actualité. C'est précisément sur ce dossier que travaillait le journaliste d'investigation Michel Lambrechts. Retrouvé chez lui avec deux balles dans la tête, il laisse des informations capitales aux mains de tueurs qui ont embarqué tous ses documents. En se lançant dans l'enquête, le commissaire Van In et ses acolytes n'ont qu'un espoir : ne pas finir comme tous ceux qui se sont frottés à cette histoire, dont le procureur Demedts, retrouvé pendu... Des coulisses du pouvoir aux scandales politiques sur fond de grande criminalité : Pieter Aspe rouvre l'une des pages les plus sombres de l'histoire de la Belgique. Passionnant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Vent des Khazars | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Vent des Khazars Marek Halter Robert Laffont 5 avril 2001 368 pages Thriller Historique Chronique 25 avril 2022 La pertinence de ce thriller historique basculant entre le Xe siècle et l'an 2000 est incroyable alors que le conflit ukrainien inquiète soudainement le monde bien que depuis 2014 la situation y soit catastrophique. Mais que représente sous le Roi Bulan ce territoire, qui s'étale de l'actuelle Kiev à la Mer d'Aral, pour les Arabes musulmans au sud-est demeurant derrière les montagnes du Caucase, pour l'Empire chrétien de Byzance et les Barbares du nord. Pourquoi ce roi va-t-il décider de choisir la religion juive pour son peuple ? Il sait que Byzance l'étouffera s'il opte pour la chrétienté, idem pour l'islam. Son peuple doit absolument se sédentariser pour s'épanouir et abandonner les anciennes croyances, le chamanisme et les amulettes... Sous son règne, les Khazars s'enrichissent et renforçent leur pouvoir, sur une terre idéalement située à l'exact croisement des routes commerciales de l'Orient, de l'Occident, de Byzance au Sud et du Nord fournisseur de main d'oeuvre et d'esclaves indispensables à l'économie du pays. Ainsi Bulan choisit la seule religion non présente sur ses frontières par un autre Etat puissant. Au Xe siècle, les juifs persécutés dans les autres pays voient en ce royaume du Khazar une nouvelle Jérusalem, une nouvelle chance. Au XXIe siècle, ce pays morcelé entre plusieurs nouveaux états est toujours au centre de tous les intérêts économiques et politiques sur le plan international. Les USA mais aussi l'Europe, la Russie y voient une manne financière en raison des réserves minières et surtout pétrolifères dont regorge son sous-sol. Les descendants des Khazars du Xe siècle sont, après avoir été massacrés par les Russes puis les soviétiques, rassemblés dans les montagnes. « Remplacez le commerce des épices, de la soie et des esclaves par celui du pétrole, et vous parviendrez à la même situation. Remplacez Byzance par les Soviétiques jusqu'à il y a peu, ou par nous, les Occidentaux... La mer des Khazars, monsieur Sofer, c'est celle de l'or noir ! Oui, vous n'imaginez pas à quel point la situation est comparable ! » « Vous savez, sur les cartes d'Azerbaïdjan, la mer Caspienne s'appelle encore la mer des Khazars. Lorsque le vent vient du large, il apporte sur le continent cette bizarre odeur d'iode et de pétrole qui n'appartient qu'à cette région. On l'appelle le vent des Khazars. Il existe une légende assez belle à ce sujet... La légende veut que, lorsque le vent des Khazars souffle en tempête, il efface tout. Tout ! Les traces des animaux et des humains dans le désert ou les montagnes, les travaux des hommes, les champs, les cultures, les habitations, il réduit tout en poussière.... En somme, le vent des Khazars efface les traces de ce qui a été, comme les Khazars eux-mêmes ont été effacés. Il ne laisse derrière lui que l'odeur de la mer et la nostalgie du passé.» Cependant ce passé se rappelle à notre héros du XXIe siècle, l'écrivain Marc Sofer, emporté malgré lui par ce vent du Khazar, piégé par le regard d'une mystérieuse femme rousse aux yeux d'émeraude... Les prières des milliers de juifs du Khazar disparus ne se sont pas éteintes et résonnent encore jusqu'à nous, suppliant que l'on sauve leur héritage, que l'on préserve leur trace, que leur culture et civilisation ne soient pas sacrifiées encore sur l'autel du profit. Il est un lieu secret, magique qui vous attend afin de vous révéler des vérités oubliées de ce royaume juif devenu terre des ombres qui portât en lui tous les espoirs des enfants d'Israël disséminés dans toute l'Europe du Xe siècle. C'est aussi ce récit d'une quête effrénée de sécurité et d'espoir en une terre où vivre en paix que nous conte prodigieusement Marek Halter. Les deux espaces temps se répondent, les passions amoureuses d'hier et d'aujourd'hui s'entremêlent, les voix s'unissent à travers les siècles portées par le vent du Khazar. Un thriller historique et contemporain épique mêlant amour, passion, géopolitique, espionnage.... À lire pour mieux comprendre les enjeux actuels et réels qui poussent l'OTAN, l'Europe et la Russie à, à nouveau, s'affronter. Quatrième de couverture Mêlant thriller et roman historique, jonglant avec la réalité et la fiction, Marek Halter nous offre un superbe récit d'aventures et d'amour où l'on retrouve la puissance et le charme de La Mémoire d'Abraham et des Mystères de Jérusalem. « Personne ne se souvient du pays des Khazars, province perdue, reculée dans les montagnes du Caucase. Pourtant, là, au Xe siècle, s'est formée la "Treizième Tribu". On l'appelle aussi les Juifs des montagnes. Ils seraient les premiers Juifs de l'Exode, parlant une langue à l'origine inconnue, le tath, dont la mission était d'apporter la paix à tous les Juifs de l'univers. Personne pour se souvenir d'eux, excepté quelques vieux rabbins ou quelques rats de bibliothèque. Un jour, à Bruxelles, un professeur de l'université est approché par un homme à la mine patibulaire qui lui remet une pièce de monnaie. Après expertise, il s'avère que la pièce est authentique et unique : aucun doute possible, elle provient du Royaume des Khazars ! Quelques jours plus tard, un attentat à la bombe détruit quatre stations de pompage pétrolier dans la baie de Bakou. Un groupe, jusqu'alors inconnu des services de renseignements internationaux, revendique l'attentat. Il se fait appelé le « Renouveau kazhar ». En deux temps, trois mouvements, Marek Halter vous embarque dans une intrigue trépidante qui se développe en parallèle et en écho aux Xe et XXe siècles. Poursuivant une réflexion qui lui est propre sur l'identité juive, Marek Halter a choisi d'en faire des romans. Après La Mémoire d'Abraham et Les Mystères de Jérusalem, Le Vent des Kazhars vient compléter avec délice et brio cette interrogation sur les fondements de la judaïté et sur l'histoire de l'Occident judéo-chrétien.» --Denis Gombert. Au moment où Charlemagne se fait couronner empereur d'Occident, où l'Empire chrétien de Byzance étend ses conquêtes jusqu'à la Russie, où le grand khalife de Bagdad propage la foi en Allah..., quelque part entre les monts du Caucase et l'embouchure de la Volga, un royaume se convertit au judaïsme : c'est le début de l'extraordinaire aventure des Khazars... Mille ans plus tard, l'écrivain Marc Sofer se lance à la découverte de cette fascinante énigme que sont les Khazars. Pourquoi ces guerriers de la steppe ont-ils décidé d'être juifs ? Et pourquoi, après trois cents ans de puissance et de prospérité, ont-ils été littéralement « effacés » de l'Histoire ? Son enquête le mène à Bakou, capitale pétrolière de la mer Caspienne, et le précipite au cœur d'une très contemporaine intrigue politique et criminelle... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Roues libres | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Roues libres Jean Bertolino De Borée 4 novembre 2021 320 pages Biographie Chronique 18 novembre 2021 « Toute ma vie, l'un de mes désirs les plus ardents a toujours été celui de voyager, de nager dans des mers inconnues, parcourir le monde, voir chaque chose pour la première et dernière fois. » Nikos Kazantzakis Le voyage, partir, s'oublier ailleurs, ouvrir les yeux, contempler, comprendre, échanger avec le reste de l'humanité.... Ô combien je fais mienne cette déclaration ! Avec originalité et drôlerie, en attachant nos pas ou plutôt nos roues à celles des vélos et d'une 2 CV, destriers des plus cocasses que le reporter choisit pour affronter les routes du monde pendant des mois, Jean Bertolino nous fait découvrir les coulisses, les chemins de traverse du Vietnam, du Cambodge, du Liban, de la Syrie, du Kurdistan, les ruelles de Jérusalem, de Ninive, Bagdad, Damas, les jardins de Babylone, l'intimité des habitants touchants, bouleversants, courageux, évanouis aujourd'hui dans les fumées des guerres, des attentats, tués, détruits, transformés pour certains en victimes pour d'autres en guerriers sans pitié, tous sacrifiés sur l'autel du profit, du pouvoir, de l'ambition démesurée et criminelle de dictateurs et grands chefs d'entreprise. C'est un monde disparu que l'auteur nous offre, c'est le cadeau de la mémoire afin que nul ne soit oublié, que les clichés, les textes restent comme gravés pour l'éternité. En ces temps de désinformation, de contrôle de l'opinion publique, il est bon de rappeler ce que représente le métier nécessaire et périlleux de grand reporter et de photographe de terrain. Certains indépendants continuent à rapporter les faits, à nous communiquer la vérité semaine après semaine, ils sont les dignes héritiers de l'auteur. Jeune homme tenace, d'un milieu très modeste, avec ses amis ils se débrouillent pour avoir des bécanes, pour sillonner les routes, pour admirer les paysages. Son premier souvenir date de 1943 alors même que la France est sous occupation allemande.... Petit garçon dans la tourmente déjà.... " Toute mon existence, je l'ai vécue en roue libre." Quelle magnifique première ligne ! Et sa vie entière, accompagné de Constance l'infatigable, l'entêtée, au regard tendre, acéré, ironique et toujours bienveillant et émerveillé, puis par leurs trois enfants, il sera fidèle à cette indépendance, à cette liberté de penser, à cette envie irrésistible de présenter les faits dans leur vérité absolue, sans concession, impartial... Un témoignage précieux qui nous rend nostalgique d'un passé, d'un monde disparu à l'instar des chefs-d'œuvre et monuments détruits ou volés par les extrémistes, par les forces armées américaines également. On pleure tout en remerciant tous ceux qui ont capturé les images de tous ces lieux sublimes violés, anéantis... Jean Bertolino a été un témoin de l'Histoire, il en a aussi été un des acteurs par certains de ses reportages marquant ou réveillant les consciences, ayant une influence indéniable sur cette fameuse opinion publique. À la lecture de sa biographie officielle exhaustive, on est très impressionné, et lorsqu'on lit ce livre, notre admiration s'accroît devant tant de simplicité, d'amour des autres, d'intelligence du cœur. Un très beau recueil de souvenirs, un témoignage précieux et essentiel en ces jours d'obscurité. Quatrième de couverture Gamin d'origine modeste, initié très tôt au goût de l'effort par sa passion de la bicyclette, Jean Bertolino réalise son rêve sous nos yeux de lecteurs : devenir grand reporter. Car les roues auront porté Jean Bertolino très loin, à vélo, en auto-stop ou au volant d'une increvable 2 CV. Ainsi a-t-il parcouru dans les années 60 des milliers de kilomètres à travers les pays de l'Extrême et du Moyen-Orient et rencontré des personnages fabuleux. Plus tard, en France, mais à vélo encore, l'auteur explore quelques-unes de nos plus belles régions. La fin du parcours nous mène à Antibes, où rêveries se confondent avec souvenirs de baroudeur, à l'ombre d'un micocoulier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Folle vie d'une duchesse de Napoléon | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Folle vie d'une duchesse de Napoléon Gilles De Becdelièvre De Borée Vents d'Histoire 1er septembre 2022 343 pages Biographie Chronique 26 septembre 2022 Un réel plaisir de lecture presque gustatif, une réjouissance littéraire et artistique, la plongée dans une époque tumultueuse et théâtrale dans les pas d'une des figures de l'Empire, célèbre alors, aujourd'hui oubliée ou mal comprise. Une biographie délicieusement caustique, cruelle, mais aussi crève-cœur et bouleversante sous la forme d'un dialogue enlevé entre la duchesse d'Abrantès et l'auteur, Gilles de Becdelièvre. En voilà une riche idée, prétexte à des discussions passionnantes et passionnées entre ces deux caractères bien affirmés refusant, pour un temps, d'abandonner à l'autre une parcelle de terrain. Il en va de la vérité, celle de chacun, celle historique et vérifiée, documentée, celle d'une enfant devenue trop vite épouse, jouet consentant ou inconscient de la société, de sa mère, des hommes qu'elle a aimés, de Bonaparte, enfin et toujours, le grand ordonateur de toute chose jusqu'à sa chute et celle de notre Laure. L'avènement de ses successeurs sur le trône ne changera rien au destin funeste de cette héroïne éblouissante puis pathétique. Plus que la biographie d'une femme, cet ouvrage est le portrait d'un pays, de sa population et de certains de ses enfants issus exangues et traumatisés de la Terreur. La grande boucherie de ses années cauchemardesques, les massacres, la peur indicible d'être torturés, exécutés, les images ineffaçables de l'enfer, font des rescapés des individus perdus, paumés, sans repères réels attendant la venue d'un maître, d'un père, d'un sauveur, d'un messie. "La duchesse : - Notre société était amorale. L'auteur : - De fait, elle était étrangère à la morale. En revanche, vous n'étiez pas immorale, entendez opposée à la morale. Une clarification nécessaire à vos "arrangements" parce qu'ils ont de quoi ébahir ceux qui n'ont pas vécu cette époque." Ainsi donc... Laure, Corse et fille de bonne famille, a grandi avec Napoléon ; elle s'est moquée de son physique ingrat, de ses crises de nerfs, de son ridicule des premières années ne se doutant pas, à l'instar de sa mère qui logera plus tard le jeune homme, que celui-ci est promis à un avenir exceptionnel. Lui, ne doute ni de son futur glorieux, ni de sa mission sur terre : former une nouvelle dynastie, créer une nouvelle société, une nouvelle noblesse, un Empire immense tel un César romain. Présenté comme un chef de clan Corse digne d'un "padrone" de la mafia, doué d'une grande intelligence, d'un sens de la stratégie politique, guerrière, il place ses pions sur l'échiquier qu'il est seul à visualiser. Tout son entourage, épouses, fratrie, compagnons sur les champs de bataille, femmes de la noblesse d'Empire, tous sont utilisés, instrumentalisés avec rouerie, brutalité, et une forme de perversité. Napoléon est un narcissique, omnipotent, autoritaire, visionnaire, soudain complaisant avec certains, bizarrement miséricordieux et sensible avec d'autres pour redevenir très vite un misogyne exécrable, un manipulateur haïssable ; il n'est pas sanguinaire ou criminel par nature, par déviance, il poursuit un but, suit son plan sans affect ; fin psychologue, il est au fait de toutes les bassesses de son entourage, de toutes leurs faiblesses, turpitudes, tromperies. Il n'y a plus d'interdit, il n'y a plus de limite, on se trompe allègrement entre époux, entre amis, on s'enrichit honteusement, on spécule, on se vend, on prend part à une tragi-comédie qui, pour Laure, se transformera en drame personnel, en déroute financière, en déchéance totale jusqu'à une fin digne d'un opéra vériste. Cependant, avant cette terrible conclusion, quelle existence incroyable cette femme a-t-elle donc eu ! Quels personnages hors norme a-t-elle aimés, détestés, admirés, suivis, aidés ou condamnés ! Choisie par Napoléon pour son côté décoratif, son entregent, son éducation accomplie, sa connaissance des usages de l'Ancien Régime, elle a comme fonction de mettre en scène et dans la lumière cette nouvelle aristocratie élue par l'empereur lors de soirées fastueuses, d'après-midi où l'on tient salon ; elle doit aussi assister son benêt de mari nommé à des postes prestigieux dont celui de gouverneur de Paris. Elle se révolte contre cette autorité paternaliste mais obtempère toujours. Elle ne sait pas faire autrement. L'auteur, adroitement, délicatement, tente de lui faire ouvrir les yeux sur la façon dont les hommes de sa vie se sont peut-être servis d'elle, rien n'y fait, ce n'est pas sa lecture des évènements. Et quels hommes ! Bonaparte évidemment, le mari passe encore, mais également Metternich, Balzac, Maurice de Balincourt..... On doit reconnaître que ce personnage de femme intrigante, essoufflante, usante, quelques fois détestable, devient peu à peu bouleversante, aimable. Sa fragilité extrême si adroitement cachée depuis sa jeunesse éclate enfin dans sa maturité. Une mise à nue où la véritable Laure apparaît, brisée. Le poème écrit par Victor Hugo à sa mort clôt cette vie de grandeur et de ruine, de lumière et de ténèbre. Une fresque historique somptueuse, une biographie furieusement drôle et sincèrement touchante. Un ouvrage magnifique d'une érudition accessible, d'une beauté littéraire indéniable. Quatrième de couverture Laure de Permon, témoin privilégiée et méconnue de la période napoléonienne, fille de la bourgeoisie, deviendra duchesse d'Abrantès. Sa vie offre une plongée originale au cœur de la vie au temps du Consulat et de l'Empire. Maniant l'art de recevoir comme personne, l'épouse du général Junot contribuera à faire de Paris la capitale mondiale du divertissement. Du faste des réceptions à l'importance de l'étiquette, des descriptions des proches de Napoléon aux multiples rivalités amoureuses, c'est sans complaisance et avec drôlerie que cette femme séductrice et cultivée retrace sa vie et dresse le portrait de l'univers aussi superficiel qu'indispensable dans lequel elle évolue. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Regarder | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Regarder Serge Mestre Editions Sabine Wespieser 7 février 2019 232 pages Roman Chronique 2 novembre 2021 J'ai connu cet auteur par le biais de ses traductions magistrales de Aro Sáinz de la Maza. J'ai souhaité découvrir l'auteur. Voici donc une biographie romancée d'une âme libre en des temps où cela peut être dangereux, voir mortel. Liberté de penser, de choisir sa vie, sa destinée, d'aimer un, deux, plusieurs hommes, de ne se restreindre en rien alors que le fascisme s'abat partout et détruit des millions de vies. Serge Mestre recrée une ambiance particulière, nous fait toucher une réalité par petites touches impressionnistes, tel un photographe choisissant des cadrages décalés, un flou artistique... l'essence de cet être singulier, disparu stupidement à 27 ans, reste perceptible bien longtemps après le livre refermé. On se prend à l'imaginer mûrir, vieillir, fêter la Libération, parcourir le monde entier, arpenter les champs de bataille, avoir peut-être des enfants... J'ai lu ce texte en me demandant ce que cette femme penserait de ce que nous sommes en train de traverser, elle qui avait l'expérience de l'indicible, qui avait affronter avec humour et soif de vivre et de vaincre, l'innommable... Il était une fois Gerda Taro ou plutôt Gerta Pohorylle.... Il était une fois André Friedmann ou plutôt Robert Capa.... Il était une fois des héros, des témoins, des amoureux riant au milieu de la tourmente.... Et nous, qui sommes- nous ? Que faisons-nous ? Quatrième de couverture Ce 18 mars 1933, à Leipzig, Gerta Pohorylle vient d'être arrêtée sous prétexte que ses frères auraient distribué des tracts hostiles au régime. Tout en répondant avec dédain aux questions d'une brute national socialiste (" Nationalité ? polonaise " " Date de naissance ? le 1er août 1910 "), elle laisse son esprit vagabonder, s'interrogeant sur les deux hommes qu'elle aime : un représentant des cotons américains à Stuttgart, où elle est née, et Georg Kuritzkes, étudiant en médecine et communiste. Dans la cellule où on la jette, son aplomb et son élégance détonnent. D'abord méfiantes, les autres détenues sont vite conquises par sa bonne humeur, et par le colis de vivres qu'elle partage volontiers. Relâchée, la jeune femme comprend qu'elle est en sursis partout en Allemagne, et décide de partir pour Paris. Dès l'ouverture du nouveau roman de Serge Mestre qui lui rend hommage, la personnalité de celle qui deviendra la photographe Gerda Taro est posée : toute sa courte vie, elle restera libre, audacieuse, généreuse et déterminée à disposer elle même de son sort. A Paris, elle ne tarde pas à tomber amoureuse d'un réfugié politique hongrois, rencontré parmi les émigrés arrivés en nombre. André Friedmann est photographe, et Gerta, lassée des petits boulots qu'elle accumule, apprend avec lui le métier, tout en prenant en main, avec sa générosité habituelle, sa carrière. Comme les contrats sont rares, elle lui invente une nouvelle identité de photographe américain, et un nouveau nom : Robert Capa. Elle-même se trouve un pseudonyme, Gerda Taro – « un vrai nom de photographe », l'encourage son compagnon. La légende est née, dont le romancier s'empare avec l'ironique acuité et le sens de l'ellipse qui lui sont propres. Epousant le point de vue de Gerta/Gerda, il met en lumière la singularité, le talent et la modernité de celle dont l'histoire a surtout retenu le tandem qu'elle a formé avec Capa. En Espagne où ils sont envoyés par Vu après le putsch du 18 juillet 1936, les deux reporters travaillent côte à côte, et Gerda n'hésite pas à rembarrer sèchement Capa quand il s'approprie les photos qu'elle a prises. Jamais elle ne sera la femme d'un homme, elle le revendique haut et fort : malgré son lien avec Robert, elle n'a pas rompu avec Kuritzkes, mène sa trajectoire comme elle l'entend, mue par un courage et un appétit de vie exceptionnels, jusqu'à sa mort absurde, écrasée par un char républicain le 26 juillet 1937. Fascinante figure que celle de Gerda Taro, dont Pablo Neruda et Louis Aragon prononcèrent l'éloge funèbre au Père-Lachaise. Plusieurs ouvrages lui ont été consacrés : par Robert Capa lui-même qui, dans l'album Death in the Making (New York, 1938), retrace leurs douze derniers mois passés à couvrir la Guerre civile ; par François Maspero, qui publia L'Ombre d'une photographe en 2006 (Le Seuil) ; plus récemment, Après Gerda, du romancier Pierre-François Moreau (Editions du Sonneur, 2018) et La ragazza con la Leica, prix Strega 2018 de l'Italienne Helena Janeczek (Guanda, pas encore traduit en français). Regarder, portrait d'une féministe en avance sur son temps, est aussi une traversée tambour battant de la si brève et passionnante période pendant laquelle Gerda Taro sut inscrire son nom au firmament des photographes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Légende d'un dormeur éveillé | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Légende d'un dormeur éveillé Gaëlle Nohant Héloïse d'Ormesson 17 août 2017 544 pages Historique Chronique 25 janvier 2021 Une merveille comme toujours avec cette écrivaine exigente, passionnée, au talent évident de narratrice dont chaque mot et chaque image sont emprunts d'une réelle poésie. « La part des flammes » traitant de l'incendie du Bazar de la Charité chroniqué sur ma page Eva Impressions littéraires m'avait transportée et bluffée par sa précision historique et tout simplement sa beauté formelle. Avec cette Légende consacrée au dormeur éveillé Robert Desnos, Gaëlle Nohant se surpasse. Son admiration et son amour pour ce poète font de chaque page un bijou. J'aime aujourd'hui l'homme au-delà du personnage célèbre. Une grande envie de l'envelopper dans mes bras et de le rassurer m'ont prise.Son oeuvre, son engagement jusqu'au-boutiste, son intelligence, sa prescience, sa bravoure, sa capacité à aimer et à donner en temps de paix puis de guerre, en font une figure attachante et incontournable de la première moitié du XXe siècle. On garde de lui le regard doux et pétillant, cette myopie qui lui permettait sans doute de profiter du flou artistique ainsi créé pour réinventer, embellir ce monde. « De lui se dégageait une grande puissance de refus et d'attaque, en dissonance frappante - il était très brun - avec le regard étrangement lointain, l'œil d'un bleu clair voilé de « dormeur éveillé » s'il en fut. » André Breton C'est aussi l'histoire d'amour, exceptionnelle, vécu avec Youki, qui se révélera héroïque et digne de son amant magnifique après son arrestation ; c'est également le récit de la France de ces années de transition, entre le XIXe siècle, s'attardant au delà de 1900 jusqu'à la fin de la première guerre mondiale : alors s'opère la bascule vers une société ayant soif de liberté, de révolution tant politique et sociale qu'artistique avec le mouvement des surréalistes. Nous les croisons tous, nous mettons des visages, des traits de caractère sur tous ces hommes et femmes qui ont jalonné nos années de lycée et collège. Pour celles et ceux, comme moi, dont les parents sont nés dans les années 20, c'est l'opportunité extraordinaire de plonger dans le quotidien de nos aïeux, de les accompagner tout au long du chemin tour à tour joyeux, lumineux, étincelant de créativité et d'imagination débridée, menant cependant au fond des abîmes nés de la seconde guerre mondiale, du fascisme, de l'occupation, de la collaboration de certains avec le Mal absolu. Robert Desnos n'est pas de ceux-là, il reste lui-même, se magnifie, se révèle aux yeux de tous comme l'Homme de bien, le Juste qu'il a toujours été.... Plus les ténèbres s'étendent sur le monde, plus la peur tord son ventre, plus il prend de risques, plus il crie la vérité, plus il crée de beauté, plus il nous apparaît lumineux, épanoui..... Un être d'exception qui comme poète, journaliste, critique, dessinateur, écrivain, amant, ami, a changé par son oeuvre et sa résistance au nazisme la trajectoire des siens... et la nôtre par ricochet. « J'ai rêvé tellement fort de toi, J'ai tellement marché, tellement parlé, Tellement aimé ton ombre, Qu'il ne me reste plus rien de toi. Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres D'être cent fois plus ombre que l'ombre D'être l'ombre qui viendra et reviendra dans ta vie ensoleillée. » Quatrième de couverture En romancière funambule, Gaëlle Nohant a relevé le défi lancé par Queneau : « Il n'y aura pas de connaissance véritable de Desnos tant qu'on n'en aura pas établi la légende. » Fabuleuse investigation littéraire, Légende d'un dormeur éveillé ressuscite quinze ans d'histoire du poète, des années folles à l'Occupation. Une traversée du xxe siècle, vivante et tumultueuse, sur les traces d'un héros dont on ne peut que tomber amoureux. C'est par la fiction qu Gaëlle Nohant choisit d'explorer la vie aussi héroïque qu'engagée de Robert Desnos. Au plus proche de l'artiste, elle épouse ses pas, des Halles à Montparnasse, non sans quelques détours par Cuba ou Belle-Île ; visite son atelier de la rue Blomet ; écoute sa « Clef des Songes « ; suit les séances animées du Café Cyrano en compagnie d'Antonin Artaud, de Prévert et d'Aragon ; danse des nuits entières aux côtés de Kiki et de Man Ray. Pour ce voyage avec Desnos, elle puise dans son œuvre, sonde les âmes en medium et, comme lui, « parle surréaliste ». S'identifiant à Youki, le grand amour de Robert, elle l'accompagne jusqu'au bout de la route, au camp de Terezín, en juin 1945. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part Anna Gavalda Le Delittante le 16 décembre 2003 217 pages Nouvelles Chronique 3 août 2024 La quatrième de couverture est parfaite comme présentation de ce recueil de 12 nouvelles délicieuses, ou tragiques, ou cruelles, ou romantiques, ou cyniques, ou tendrement drôles, ou désabusés, ou .... Toutes ont été rédigées par une maîtresse dans l'art de portraiturer avec une finesse et une pertinence déconcertante, (quelque peu terrifiante), nos contemporains, nous-mêmes. Passer sous le microscope de Anna Gavalda peut laisser des traces. Elle ne s'oublie pas d'ailleurs et joue d'une douce autodérision. À bien des moments, j'ai effectivement pensé à Claire Bretécher, son traits de crayon sûr, ses bulles au texte hilarant. Nous y sommes, avec en plus une faculté de caméléon à s'inviter dans la peau de n'importe quel personnage, femme ou homme. Sa capacité d'empathie semble sans limite. Je suis sortie de ce livre heureuse d'avoir retrouver une plume et un esprit que j'aime profondément, avec un petit sourire triste ou une tristesse joyeuse, à vous de choisir. Un bijoux édité avant le passage à l'Euro, vintage mais pas trop, parfait à découvrir ou redécouvrir en cet été. Ce recueil a été adapté en film. Quatrième de couverture Douze nouvelles délectables. Anna Gavalda est douée pour croquer les gens. Elle fait parler aussi bien une Parisienne qui drague boulevard Saint-Germain, qu'un organisateur de concert rock qui, à l'aube de la quarantaine, tombe amoureux d'une photographe, qu'un jeune militaire complexé par la réussite de son frère, qu'une vétérinaire violée par des Normands éméchés, qu'un gosse qui a eu un accident avec la voiture de son père, qu'un comptable qui vit avec ses deux sœurs et a une folle envie de la responsable des ventes. À chaque fois c'est la justesse du parler et du ton qui est remarquable. Des fous rires, des pleurs avec des gens ordinaires. Gavalda a un cœur gros comme ça. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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