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  • Des dentelles de charbon

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Des dentelles de charbon Michel Lacombe De Borée Terres d'écriture 15 septembre 2022 384 pages Historique Chronique 10 octobre 2022 Un très beau roman historique et social où la sensibilité extrême et l'humanisme de l'auteur s'expriment par une plume délicate. La reconstitution du quotidien des mineurs puis des ouvrières en usines textiles, est extraordinaire, tous les personnages nous deviennent proches, tous ces invisibles auxquels Michel Lacombe redonne voix avec affection et admiration. Vibrant hommage à leur courage, leur solidarité, leurs actions et leurs engagements à changer une société injuste. Nous en sommes les héritiers ne l'oublions pas en ces temps où l'impérialisme voudrait encore nous écraser tel le rouleau compresseur qu'il a toujours été. C'est une histoire d'hier, c'est un récit douloureusement actuel de retour en arrière, de régression aux premiers temps de la révolution industrielle. Nous en connaissons les conséquences, nous en souffrons aujourd'hui. Qu'il est troublant de lire des lignes qui semblent décrire notre actualité, notre époque ! Tirons les enseignements de notre histoire et luttons. Quatrième de couverture ● Un récit « conte de fées », de la misère des corons aux sphères de la bourgeoisie ● Le développement de l’industrie minière et textile, les différences de classes sociales ● Une histoire d’amour entre une jeune fille pauvre et un grand bourgeois Chassée par sa mère, Marie décide de partir à Lille pour chercher un emploi dans le textile. Hébergée par Firmin, un vieil homme au bon cœur, elle trouve une place dans une grande filature où, au fil des années, elle se montre une excellente ouvrière. Jusqu’au jour où elle se refuse aux avances d’un contremaître et se voit obligée de quitter cette fabrique. Contrainte de s’ établir à Tourcoing, elle sauve par hasard durant l’hiver 1910 un boiteux ayant trébuché sur le verglas. Ce n’est autre qu’Albert Malerve, un industriel du textile. Ce dernier monte une usine de dentelle mécanique à Caudry, au sud de Valenciennes. Une opportunité pour Marie ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Miniaturiste

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Miniaturiste Jessie Burton Gallimard 26 mars 2015 489 pages traduites par Dominique Letellier Historique Chronique 14 mai 2017 J'ai eu une grande joie à lire ce premier roman magnifique de Jessie Burton se situant à Amsterdam en 1686 dans le riche milieu des marchands ayant fait fortune sur les mers jusqu'au Surinam pour la VOC ou Compagnie néerlandaise des Indes orientales. J'ai retrouvé cette ville, son ambiance et sa mentalité si particulières qui l'imprégnaient encore en 2010 lorsque j'y ai séjourné. Une cité de vents, de clair-obscur, assujettie aux éléments entre ciel et terre, entre mers et nuages. Magnifique, brillante mais également cruelle et sans concession à la morale. Ainsi inspirée de la vraie maison miniature d'une femme de marchand richissime exposée au Rijksmuseum, l'auteure emprunte les noms de Nella Oortman, qui a dix huit ans venue de son village, se présente à la maison de son nouveau mari Johannes Brandt, commerçant célèbre à qui tout réussit et qui a largement œuvré à l'enrichissement de la cité. Tous les amstellodamois l'admirent, certains l'envient, d'autres lui consacrent un dévouement touchant. C'est ainsi le cas de sa soeur Marin, célibataire hautaine, intrigante et sévère qui accueille la pauvre Nella bien froidement, et aussi de Otto le bras droit originaire du Dahomey et Cornelia ancienne orpheline, qui tient la maison et fait des miracles en cuisine. Car voilà un des prodiges de ce livre, celui de restituer le mode de vie par la description des mets, des parfums, odeurs et couleurs, par celle des vêtements, des meubles, de la maison fabuleuse de Johannes. D'ailleurs celui-ci offre en cadeau de mariage à sa toute jeune épouse un cabinet somptueux, abritant derrière un rideau de velours moutarde la réplique exacte des neufs pièces de la demeure. Une mode de l'époque pour laquelle les femmes désoeuvrées engouffraient des fortunes pour les meubler et les équiper. C'est en faisant donc appel à un artisan maître en miniaturisation que la vie de Nella va basculer. Suivez-la dans le dédale des rues jusqu'à l'atelier du miniaturiste, laissez- vous prendre par son émotion profonde, faites face avec elle aux événements de plus en plus mystérieux et incompréhensibles. Le Miniaturiste lui offre des pièces et des poupées non demandées comme autant de messages et de réponses. C'est un livre magique, bouleversant, un suspense historique étonnant et dépaysant. Peu d'auteurs réussissent aussi bien à faire revivre à travers le temps, les couleurs, les textures, les arômes, les sensations et les sentiments passés. En même temps sont abordés des thèmes encore d'actualité quant à la tolérance, la liberté, la condition féminine, la découverte du monde. Un vrai chef d'oeuvre à l'instar de la maison exposée au musée. Quatrième de couverture Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets. S’inspirant d'une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du XVIIe siècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l'intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Cercle de la Rose Blanche

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Cercle de la Rose Blanche V. S.Alexander City Editions 6 avril 2022 413 pages traduites par Marion Boclet Historique Chronique 16 juin 2022 « Un grand roman inspiré par l'histoire vraie des résistants de Munich. » Il est toujours primordial, essentiel, de rappeler que tous les allemands n'ont pas été des sympathisants au régime nazi et que, bien au contraire, certains ont risqué leurs vies et celles de leurs proches ne serait-ce qu'en propageant la vérité sous forme de tracts, de tags, de dessins sur les murs. L'Orchestre Rouge et La Rose Blanche sont deux des plus célèbres mouvements de résistance dont les membres ont été inlassablement pourchassés, torturés, exécutés, guillotinés. Les figures de Hans et sa sœur Sophie Scholl ainsi que d'Alexander Schmorell, de Willi Graf, ou du professeur Kurt Huber sont passées à la postérité pour leur bravoure et leur sacrifice. V. S. Alexander ressuscite donc sous nos yeux ces disparus, nous fait partager leur destin tout en s'attachant, par le biais de plusieurs personnages fictifs mais surtout de Natalya la narratrice, de nous raconter de la Nuit de Cristal à la Libération, le quotidien d'une jeune femme allemande d'origine russe, devenue objet d'obsession morbide d'un certain Garrick Adler, aux intentions incompréhensibles sous le physique d'un parfait arien. Difficile à cerner il reste en permanence dans l'ombre telle une menace... Après avoir été infirmière sur le front russe, avoir revu les terres de son enfance, avoir vu les massacres de civils, elle comprend qu'elle doit œuvrer contre Hitler et le troisième Reich par tous les moyens possibles. Reprenant des études de biologie à Munich, elle incorpore bientôt, grâce à son amie Lisa, le Cercle de la Rose Blanche. C'est un départ sans retour en arrière possible, une mise en abîme pour elle, ses proches, sa famille... Mais a-t-elle le choix ? Peut-on laisser la barbarie gagner ? Ne rien faire pour se donner l'illusion de la normalité n'est-ce pas reculer pour mieux sauter dans un gouffre sans fond ? Mêlant des faits historiques à des péripéties sorties de son imagination, l'auteur nous mène des champs de bataille russes au microcosme estudiantin munichois en passant par la prison de Stadelheim puis le centre psychiatrique de Schattenwald. Ainsi en refermant ce roman édifiant avons-nous une vision globale de la situation à Munich de 1942 à la fin du conflit. Entre roman historique, d'espionnage, d'amour, ces pages constituent une fresque somptueuses et terrible à la fois, un thriller sur lequel plane l'ombre terrifiante du Mal absolu. J'hésitais à lire un énième roman sur le sujet du nazisme, j'ai bien fait d'attendre : cet opus est remarquable et original. Quatrième de couverture « J'avais marché dans leurs pas - et j'en serais toujours fière - en me faisant la promesse de ne jamais laisser le monde oublier. » À l'été 1942, la guerre fait rage en Europe. À Munich, dans le plus grand secret, quelques étudiants allemands rédigent et distribuent des tracts appelant à la résistance contre le nazisme. Natalya, une étudiante qui a été témoin des horreurs de la guerre, s'est engagée à leurs côtés. À chaque instant, les membres du « Cercle de la Rose Blanche », comme ils se font appeler, risquent leur vie, car la Gestapo met tout en œuvre pour démanteler ce groupe de résistants. La moindre contestation, le moindre petit acte de dissidence, sont passibles de la peine de mort. Alors, lorsque Natalya croise la route d'un homme dont elle tombe amoureuse, comment être certaine qu'il ne va pas la trahir ? Poussée par une exceptionnelle rage de survivre, la jeune femme est prête à tout risquer pour l'espoir immense, un jour, de vivre avec ceux qu'elle aime dans un monde en paix... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Belle main

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Belle main Gilbert Bordes De Borée Terre de Poche 6 octobre 2022 256 pages Historique Chronique 19 décembre 2022 Nouvelle charte graphique et nouveau logo pour fêter les 20 ans de la collection Terre de poche. « La rencontre de deux êtres blessés : Paul, luthier et Solène, étudiante qui ne sait rien de son passé. » 1965. Entre Paris et la Corrèze. Entre présent lumineux et passé ténébreux. Que savons-nous vraiment de nos parents ? Les connaissons-nous réellement ? Si nous faisions abstraction de nos liens filiaux, d'affection ou de détestation, si nous prenions le temps de regarder réellement sans complaisance, en toute honnêteté, ceux qui sont ou furent nos parents, que découvririons-nous de dérangeant, de honteux, d'incompréhensible ? Pouvons-nous, forts de ce que nous concluons de nos recherches, les juger, les condamner ou les absoudre ? D'autant plus lorsque nos parents furent de jeunes adultes au moment de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale et pendant l'occupation allemande... Qu'aurions-nous fait à leur place ? Aurions-nous été résistants ou collabos ? Qui sommes-nous pour porter un jugement, me direz-vous ? C'est le dilemme qu'affronte Solène, l'héroïne de ce roman, en quête de vérité absolue, ne se satisfaisant plus d'un silence délétère, étouffant, celui tuant, année après année, sa mère Josette. Le hasard va se jouer des deux femmes : en effet par l'entremise des parents d'une copine de la jeune fille, la Corrèze va revenir dans leur vie et plus précisément cette Sologne si belle sous le soleil, qui peut soudain paraître inhospitalière, dangereuse, venimeuse, avec sa nature sauvage, ses landes stériles, sa population taiseuse, son âpreté. La réaction de la mère à la simple évocation du nom de Breugère par sa fille, d'une violence inouïe symptomatique d'une douleur abyssale, ne laisse aucun choix à la jeune Solène. Elle doit comprendre d'où elle vient, ce qui a détruit Josette alors qu'elle-même est à l'aube de sa vie d'adulte. Alors oui, elle accepte le temps d'un été, malgré le chantage affectif maternel, ce poste de nounou des deux jeunes enfants du docteur Breugère. Ce dernier est un être littéralement brisé, handicapé de corps mais à l'esprit indomptable. La fille joue du violoncelle, elle a besoin d'un nouvel instrument. C'est ainsi que Paul, un vieil ami du châtelain du temps de la Résistance entre en scène. L'attirance est immédiate entre notre héroïne et l'artisan malgré les vingt ans qui les séparent. S'éveillant à l'amour, à la musique, Solène cherche également dans les archives remisées au grenier des traces de sa mère, des preuves qu'un drame s'est déroulé à la fin du conflit mondial emportant la jeune Josette dans la tourmente. Une photographie démontre que Paul la connaissait. Le docteur Breugère et le luthier sont-ils coupables de crimes, de maltraitance à l'encontre de sa mère ? Peut-elle vraiment lier son destin à celui de Paul, alcoolique, encore traumatisé par les évènements passés ? La rédemption est-elle envisageable ? Pourra-t-elle leur pardonner ? Mais si tout ce que les uns et les autres croyaient être la vérité n'était qu'illusion ? Un roman contrasté à l'instar de la très belle couverture, en un jeu subtil de lumières et de ténèbres. Quatrième de couverture Pourquoi Josette s'oppose-t-elle aussi violemment à sa fille, Solène, qui a décidé d'aller au château de Mauret en Sologne pour garder les enfants du docteur Breugère ? Depuis longtemps, Solène a compris que sa mère, qui vit en recluse à Paris, lui cache un énorme secret. C'est au hasard d'un vieux journal trouvé dans le grenier du château que l'étudiante en droit découvre une partie de la terrible vérité, liée à la Résistance en Corrèze... À la faveur d'une réception, Solène rencontre Paul, de vingt ans son aîné. Leurs regards se croisent, s'accrochent avec la force de ces instants qui changent un destin. Paul est luthier, passionné par son métier, mais aussi meurtri. Il a vécu la guerre et la Résistance avec le docteur Breugère. Alcoolique, il a perdu la belle main de luthier. L'amour de Solène pourra-t-il le sauver ? En cet été 1965, Solène réveille les ombres d'un passé trouble, au risque de se perdre elle-même. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les amants maudits de Spirit Lake

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les amants maudits de Spirit Lake Claire Bergeron De Borée 14 février 2019 449 pages Polar historique Chronique 7 mars 2019 Dédicaces de l'auteure « À ces peuples en marche, à ces ombres sans nom à la recherche d'une terre d'accueil. Puissent les pays où règne la liberté leur ouvrir les bras. » De Nelson Mandela « Que règne la liberté. Car jamais soleil ne s'est couché sur réalisation humaine plus glorieuse. » Des vœux pieux en ces temps troublés où des migrants en Europe, en Amérique du Nord ne sont pas accueillis avec la bienveillance et l'empathie indispensables, après toutes les épreuves déjà traversées. Oublions-nous que nous sommes tous les descendants de migrants, de réfugiés, que nous sommes tous le résultat d'un métissage bénéfique à l'amélioration de l'être humain, de ses capacités ? Nous vivons tous dans des pays en pleine mutation, à la croisée des chemins entre un passé aux valeurs pour certaines révolues et inégalitaires, et un futur à inventer dans le respect de toute vie, de la multiplicité des êtres, de la Nature. Ce grand roman d'amour, d'aventure, historique, et policier, a pour toile de fond une bien dramatique et honteuse période de l'histoire du Canada. À peine croyable ! Y-a-t-il un continent, un endroit sur cette planète où ce genre d'ignominie n'aie pas eu sa place ? J'en doute, et cela est douloureux. Ainsi en août 1914, l'Angleterre déclare la guerre à l'Empire Austro-hongrois et l'Allemagne. Des ressortissants de ces deux pays, des ukrainiens et turcs également, afin de se mettre à l'abri d'un conflit qu'ils avaient pressenti, ont émigré jusqu'en Amérique du Nord, une grande partie au Canada. Ils travaillent, font lentement leur place malgré les réactions violentes, racistes de quelques canadiens, ayant peur pour leur travail. La xénophobie s'accroît au moment de la déclaration de guerre, tous ces migrants deviennent ennemis de la patrie. Afin de calmer les esprits, le gouvernement va alors prendre une décision stupéfiante, ignoble : Enfermer ces innocents réfugiés dans 24 camps d'internement, avec miradors, barbelés, tirs à vue, gardiens violents pour quelques uns d'entre eux. Les conditions de vie y sont insupportables, la nourriture insuffisante, les protections contre le froid ou les moustiques ridicules, même dans les maisons construites en lisière des camps pour les familles des hommes enfermés dans ces baraquements devenus concentrationnaires. Moins de deux ans après cette décision inique, inhumaine, le premier ministre canadien, Robert Borden, ordonne la fermeture de ces camps et la libération des pauvres réfugiés politiques innocents de tout crime. Les bâtiments sont rasés, les archives détruites. Ainsi le souvenir de ce qui fut fait à ces ukrainiens, allemands, turcs fut effacé pendant plus de soixante ans dans les brumes de l'Histoire. Grâce à ce roman, que Claire Bergeron situe au camp de Spirit Lake, en Abitibi, au centre d'une forêt boréale, à 600 km de Montréal, l'écrivaine redonne la parole à tous ces oubliés, retrace leur parcours du combattant, ravive les mémoires pour que plus jamais cela ne puisse arriver. Encore un vœu pieux ! Je ne suis pas du tout romantique, les histoires d'amour, surtout dans la littérature m'ennuient profondément, je trouve cela un peu ridicule tant dans la vie que dans les livres. Cependant j'ai fini celui-ci avec les larmes aux yeux, touchée par le destin si terrible et romanesque de l'héroïne, symbolisant tous ces migrants, émue par un épilogue où toutes les pièces de la vie de chaque personnage rencontré réel ou fictif prenaient leur place définitive, formant un patchwork multicolore où certains carrés sont plus sombres et d'autres plus lumineux, ayant demandé beaucoup de courage et de travail, pour finalement créer le Canada d'aujourd'hui. Ainsi en ce 1er juin 1916, nous rencontrons à Amos, dans la chapelle du couvent des sœurs de l'Assomption, Alyona Loveneck, violoniste soliste ukrainienne au talent prodigieux. À dix huit ans, sous les instances de son père Anton, riche industriel, et sous la protection tutélaire de Oleg, son professeur d'anglais en Ukraine, elle a migré au Canada via Southampton avec son jeune frère Vitaly. Les débuts à Montréal en 1914 furent très difficiles, dans l'attente inquiète de l'arrivée de leur père. Deux ans après, une série de catastrophes et d'événements, que vous découvrirez dès le prochain chapitre, se sont enchaînés. Déportée à Spirit Lake, elle tombe amoureuse de Alexandre, le fils de Edmond Lavallière, épicier enrichi grâce à l'ouverture du camps, marié à Imelda haineuse et raciste. Elle-même a épousé un compatriote lors d'un mariage blanc qui vite a tourné au cauchemar. Enceinte, sur le point d'accoucher, elle sait que Alexandre et elle sont pour l'opinion publique les amants maudits de Spirit Lake. Aujourd'hui ils sont accusés du meurtre du mari de la jeune femme, Alexandre a déjà été arrêté et emmené à Montréal. Qui est le vrai coupable ? Comment vont-ils pouvoir s'innocenter ? Le destin va-t-il enfin leur être favorable après tous ces malheurs successifs ? Alyona Loveneck pourra-t-elle retrouver sa vie consacrée à la musique, à la beauté ? Je me suis sentie très proche de cette musicienne de par ma profession, et l'ai comprise également dans son désespoir et sa ténacité à tenir le coup vaille que vaille. Un magnifique portrait de femme donc, une galerie complète de personnages attachants ou inquiétants, une fresque aux teintes nuancées et subtiles pour traiter d'un sujet délicat, douloureux et honteux. Sans aucune mièvrerie ou faiblesse, ce roman vous emporte aux confins de cette forêt boréale, au camp près duquel l'Esprit du lac vous attend. Actuellement en cours de traduction en anglais et ukrainien, ce roman est un best-seller au Canada comme tous les livres de cette auteure Quatrième de couverture Contraints de quitter l'Ukraine en 1914, c'est vers une terre de liberté que croyaient voguer la jeune Alyona Loveneck, une violoniste prodige, et son frère Vitaly. Mais à leur arrivée au Canada, la guerre est déclarée et ils se retrouvent parmi les familles des prisonniers au camp de Spirit Lake. Trahie, dépouillée de ses biens, Alyona doit y prendre des décisions qui changeront à jamais le cours de son destin et celui de son frère. Malgré tout, quand elle fait la connaissance d'Alexandre Lavallière, elle est forcée d'admettre que, derrière la guerre qui fait rage, il y a encore des gens heureux. Dans le tourbillon des évènements qui bouleversent sa vie, a-t-elle toujours le droit de rêver ? Son amour interdit, dévoilé à la face du monde, devient source de mépris. Et lorsque son univers s'écroule, entraînant Alexandre dans la débâcle, ils sont désormais perçus comme des amants maudits ? Au début de la première Grande Guerre, poussé par la xénophobie croissante de la population, le gouvernement canadien érigea vingt-quatre camps de détention à travers le pays, dont celui de Spirit Lake, en Abitibi. Des Turcs, des Allemands, mais surtout des Ukrainiens y furent enfermés. Deux seulement parmi ces camps purent accueillir les familles des prisonniers, et Spirit Lake fut l'un d'eux. C'est autour de ce site peu connu que Claire Bergeron a choisi de camper ce roman captivant, instructif et émouvant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Demain

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Demain Damian Dibben Stéphane Marsan 2019 368 pages traduites par Cédric Degottex et Louise Malagoli SF Historique Chronique 4 janvier 2020 « Les gens qui ont des chiens en perdent plusieurs durant leur vie. Moi, je suis un chien qui a perdu des gens. Le temps m'a pris tout ce que j'aimais. Quant à savoir pourquoi j'ai vécu plus de deux siècles, c'est une question à laquelle je n'ai trouvé que de vagues réponses. » Coup de foudre !!!!!!! Je suis très nerveuse à l'idée d'écrire un texte sur ce roman tellement je voudrais être certaine de trouver les mots pour que vous vouliez le découvrir à votre tour. Je l'ai emprunté à la bibliothèque Aimé Césaire Paris 14 mais je sais que je vais l'acheter. Je le veux chez moi, car j'y suis attaché comme je me suis prise d'affection pour le héros de ce récit historique, mêlant thriller au surnaturel, grande histoire d'amour, de loyauté, de fidélité à travers les siècles à une fuite éperdue devant le danger que représente la haine d'un ennemi terrifiant. Je rassure ceux qui aiment les thrillers mais pas forcément la SF ou le surnaturel. Le postulat choisi par l'auteur de l'immortalité du héros et de son maître (qui en réalité n'est pas l'essentiel juste un moyen), lui permet de nous offrir une fresque fabuleuse de 1338 à 1838, de nous faire voyager en Europe, de nous mener dans des palais, des maisons bourgeoises ou plus modestes, jusque sur des champs de batailles célèbres, de croiser le chemin de figures prestigieuses de l'art, de la littérature, de la politique, de la Science.... L'originalité d'avoir choisi un chien comme personnage principal est aussi très intelligente, car nous allons regarder le monde, l'humanité, par les yeux de ce merveilleux "Champion" comme l'appelle son maître, alchimiste, peintre, dessinateur, érudit d'une immense générosité de coeur, d'un parfait altruisme. Ils forment tous deux un tandem merveilleux, attachant, admirable, s'aimant si profondément, si totalement, que l'on peut tout à fait qualifier ce livre de grand roman d'amour.... D'aventures également, car un ennemi les pourchasse à travers l'Europe et les frappera à Venise... Alors une attente interminable de 127 ans commence pour notre ami à quatre pattes. Forcé d'attendre le retour de son maître, il va être témoin de ce qui se déroule dans la sérénissime pendant toutes ces années, va nécessairement devoir tisser des liens avec des humains mais aussi d'autres canidés tel le merveilleux Sporco.... Que je l'ai aimé celui-ci, apportant une fantaisie, une tendresse, une émotion folles à ce récit ! Mais bientôt, notre Champion reniflera à nouveau la piste de son maître. L'ombre du mal plane sur la course poursuite qui s'ensuit.... D'une grande érudition, on sent l'homme passionné, curieux, boulimique de vie et de connaissances sous chaque ligne, tout en offrant un roman parfaitement structuré, organisé, clair. Merveilleux ! « Quel roman ! Ambitieux et incroyablement bien mené. » Michael Morpurgo Extraits : « Les lâches meurent bien des fois avant leur mort ; les vaillants ne sentent qu'une fois la mort. » « Le plus étrange pour moi, c'est que les hommes aient peur, voyant que la mort est une fin nécessaire, qui doit venir quand elle doit venir. » Jules César de William Shakespeare Au delà des faits qui nous sont relatés, l'auteur introduit également une double réflexion sur le désir d'immortalité de l'homme, son refus de vieillir, de ne pas respecter les limites imposées par la nature, et sur la soit-disant supériorité de l'humanité sur les animaux, les chiens en particulier. Dans le prolongement de ses deux thèmes, la question des limites déontologiques, morales de la Science est posée... La Nature est sagesse, équilibre.... Elle nous le rappelle durement, violemment, tous les jours... Allons-nous rester sourds plus longtemps quitte à nous suicider... ? L'auteur « vit à Londres avec son chien Dudley, issu de la noble lignée des chiens du prince Charles. Comédien et scénariste, c'est un fervent explorateur que tout inspire, de l'archéologie à la cosmologie en passant par l'histoire. » Je me sens reconnaissante d'avoir pu lire un tel roman ! Quatrième de couverture Il a parcouru l'Europe du XVIème siècle pendant des décennies en compagnie de son maître alchimiste. Il a visité de lointains royaumes, séjourné dans des palais somptueux, servi des rois. Il a assisté au spectacle merveilleux et déchirant de l'histoire de l'humanité. Mais un jour, hélas, son maître a disparu. Le chien a attendu son retour pendant plus d'un siècle, sur le parvis de la basilique Santa Maria de Venise, avant de partir à sa recherche. Ne perdant jamais espoir, il retournera ciel et terre s'il le faut, car toujours Demain recommence. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Champ de tir

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Champ de tir Linwood Barclay Belfond 19 mars 2020 480 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 20 août 2020 Linwood Barclay a vraiment le chic pour réinventer le genre Thriller policier alors même qu'il utilise les mêmes procédés littéraires que ses collègues. On se laisse porter, on est capable d'être conscient que c'est un classique du genre qui pourrait nous ennuyer et puis... Non ! On se fait prendre à son jeu, il nous retourne les méninges, les frontières entre bien et mal son floues, c'est un monde Ô combien imparfait se cachant derrière le brouillard des apparences. Promise Falls est vraiment la cité des fausses promesses et de la chute des anges. Chacun veut se faire connaître, reconnaître, atteindre la célébrité, crier sa vérité sur les réseaux sociaux, à la télé. Tout est images avec un certain angle de prise de vue qui fausse la perspective. La folie et la psyché de tous sont parfaitement décrites, comprises... La fin n'est pas du tout soupçonnable.... Une ambiance anxiogène, âpre, la cruauté, la vénalité et la perversité règnent dans cette ville mais heureusement l'inspecteur Duckworth et le privé Cal Weaver veillent et travaillent en parallèle à faire éclater la vérité... "Vengeance aveugle ou justice" est le thème central de ce très bon thriller, suite d'opus précédents, qui peut se lire sans aucun problème, comme un indépendant. Bienvenus sur le Champ de tir qu'est devenu Promise Falls. N'oubliez pas votre gilet pare-balles. Quatrième de couverture Quand des citoyens justiciers sèment la terreur dans une petite bourgade américaine... Meurtres, complots et coups tordus : à Promise Falls, on ne badine pas avec le crime ! D'habitude si paisible, la petite ville de Promise Falls est en ébullition. C'est d'abord un type ahuri qui débarque dans le bureau de l'inspecteur Duckworth en prétendant avoir été kidnappé et passé à tabac. Sur son dos, un tatouage l'accuse d'être un meurtrier. Et puis il y a l'affaire Jeremy Pilford. Ce gosse de riche arrogant, soupçonné d'avoir écrasé une jeune fille, vient d'engager le privé Cal Weaver pour assurer sa sécurité. Acquitté au tribunal pour irresponsabilité, l'adolescent se retrouve lynché dans les médias et harcelé par une meute d'anonymes. Qui sont ces bons redresseurs de torts, ces social justice warriors rassemblés sur les réseaux sociaux, déterminés à faire payer les supposés criminels ? Quelles sont leurs intentions ? Et sont-ils toujours bien informés ? Alors que la ville ressemble à un champ de tir, Duckworth et Weaver ne seront pas trop de deux pour lutter contre cette chasse aux sorcières des temps modernes... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Notre part de nuit

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Notre part de nuit Mariana Enriquez Editions du Sous-Sol 19 août 2021 768 pages traduites par Anne Plantagenet Historique Chronique 29 novembre 2021 Traduit avec le concours du Centre National du Livre. « Who is the third who walks always beside you ? « T. S. Eliot, The Wasteland « Je crois que nous perdons l'immortalité parce que la résistance à la mort n'a pas évolué ; nous insistons sur l'idée première, rudimentaire, qui est de retenir vivant le corps tout entier. Il suffirait de chercher à conserver seulement ce qui intéresse la conscience. » Adolfo Bioy Casares, L'Invention de Morel I cried : « Come out of the shadow, king of the nails of gold ! » W. B. Yeats, The Wandering of Oison Illustration de couverture : Alexandre Cabanel, L'Ange déchu. Dès que votre regard croisera celui furieux et désespéré sur la couverture, vous serez ferré, intrigué, envoûté. Un roman somptueux, un thriller fantastique, historique et politiquement engagé, une métaphore adroite de notre époque anxiogène sous couvert de récit hallucinant, basculant entre esthétique à la Jérôme Bosch, poésie à la Emily Dickinson, air saturée de relents fétides et ferreux.... L'obscurité vous guette, son gardien, celui qui en ouvre les portes vous attend. Les frontières temporelles et géographique se diluent, les convictions et croyances communes explosent, des corps disparaissent happés par les ténèbres, le sang gicle, vous recouvre... Des vortex existent entre notre réalité illusoire et un autre monde d'où émerge une puissance immense, crépusculaire. Mais pour que ces portes s'ouvrent, il faut impérativement un Médium. Les membres de l'Ordre regroupant familles richissimes et fidèles recherchent inlassablement, depuis la création de la secte, des êtres singuliers dotés du pouvoir de détecter les portes, les zones de contact entre les deux univers, le nôtre et la Nuit. Croyance ancestrale, rituels sanglants, cérémonies sacrificielles, sont autant de secrets à cacher. Les morts et disparitions se multiplient sans que personne ne puisse en deviner l'origine. Dans cette Argentine où règne une dictature impitoyable, un cadavre de plus ou de moins, l'évaporation soudaine de quelques infortunés, ou la prolifération d'hommes, de femmes, d'enfants amputés, handicapés, n'étonnent personne. Il en est ainsi depuis des siècles. Le respect des rites et règles de l'Ordre asséné par quelques membres de l'élite sectaire ne souffre aucune pitié, aucune empathie. Mais que se passerait-il si la fille d'une des prêtresse tombait amoureuse du Medium ? Qu'adviendrait-il s'ils avaient un enfant ? L'amour des parents pour leur fils serait-il plus fort que l'entité noire vénérée par la secte ? Nous voici donc témoin de la lutte d'un père, Juan, homme aux pouvoirs extra-sensoriels utilisé par l'Ordre depuis son enfance en Argentine pour détecter les zones d'ouverture, et permettre à l'ombre d'apparaître dans toute sa puissance. La noirceur a faim des âmes des fidèles, elle choisit quelques élus chargés d'accompagner le Médium tout au long de sa mission pendant une vie de souffrance, épuisante pour l'organisme. Sentant ses forces diminuer, Juan, veuf de la mère de son fils Gaspar, sait que le temps est compté et qu'il doit rapidement trouver le moyen de protéger l'enfant de la convoitise malsaine de sa grand mère et des autres membres éminents de l'Ordre. Ceux-ci envisagent en effet de transmuter l'âme de Juan à son décès dans le corps du jeune garçon. Ce dernier manifeste dès ses six ans les mêmes pouvoirs que son père. Juan fait tout son possible pour empêcher le développement de ses dons, pouvant condamner Gaspar à une existence aussi misérable que la sienne. Ainsi, nous accompagnons Juan jusqu'à sa mort, puis revenons grâce à un flashback à la genèse de l'histoire d'amour donnant naissance à Gaspar, pour enfin découvrir le parcours de l'enfant devenu jeune homme. Le danger, la cruauté, l'implacabilité du destin, empoisonnent l'existence de millions de malheureux argentins. Leur calvaire nous est conté à la façon, soudain, d'un documentaire, d'un reportage. L'implication criminelle des familles de l'ordre n'est pas détectée, les journalistes qui approchent de la vérité disparaissent soudain. La junte, les dictateurs, et la secte sont liés par un pacte digne du diable et se protègent mutuellement. Ils sont intouchables, ou plutôt ils croient l'être. Mais tout n'est que cycle, recommencement, renaissance.... Un roman historique donc mais aussi fantastique qui diluent les limites entre les styles littéraires et les mondes. Un très beau récit poignant, percutant, ensorcelant. Les personnages restent longtemps des compagnons de nos vies bien après avoir refermé le livre. Inoubliable ! Lumineux malgré les ténèbres, porteur d'espoir. Hommage vibrant à toutes les victimes des dictatures. Quatrième de couverture Un père et son fils traversent l'Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? À qui cherchent-ils à échapper ? Le petit garçon s'appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d'un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d'une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle. Alternant les points de vue, les lieux et les époques, leur périple nous conduit de la dictature militaire argentine des années 1980 au Londres psychédélique des années 1970, d'une évocation du sida à David Bowie, de monstres effrayants en sacrifices humains. Authentique épopée à travers le temps et le monde, où l'Histoire et le fantastique se conjuguent dans une même poésie de l'horreur et du gothique, Notre part de nuit est un grand livre, d'une puissance, d'un souffle et d'une originalité renversants. Mariana Enriquez repousse les limites du roman et impose sa voix magistrale, quelque part entre Silvina Ocampo, Cormac McCarthy et Stephen King. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Impasse Verlaine

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Impasse Verlaine Dalie Farah Mon Poche 4 juin 2020 264 pages Roman Chronique 5 juillet 2020 « Sur le bateau, dans les yeux épuisés ma mère, je vois les bottes françaises, les tirailleurs français, les soldats de la pacification ; dans ceux de mon père silencieux, la traîtrise d’avoir manqué à son pays pour survivre en France. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où venaient ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès. » Un premier roman terriblement beau, une plume magnifique, une justesse et une analyse foudroyante, un coup de poing dans le plexus solaire, qui m'a laissée aphone, subjuguée de lire dans ces pages ce que ma fratrie et moi-même avions vécu. Ici s'ajoute l'origine ethnique, berbère, de la mère mariée et exilée de force en France, à Clermont-Ferrand, loin de ses montagnes bien aimée. Ce qui est le plus dramatique c'est de constater de l'universalité de ce roman, de l'absence d'originalité quant à l'origine du mal qui se transmet en héritage de génération en génération, de cette nécessité irrépressible de se détruire entre femmes, au lieu de resserrer les rangs face au monde des hommes. Djemaa en arabe, Vendredi en français, comme sa mère avant elle, si forte, si libre dans sa tête, courant dans les montagnes après le troupeau dont elle est la fière bergère naît et grandit au moment de l'histoire où l'Algérie brise ses liens avec la France. Sa mère l'a eue très jeune et semble vouloir lui inculquer tout de suite que être femme signifie souffrir. Qui aime bien châtie bien. Alors elle doit énormément aimer sa fille car elle martyrise Vendredi, fait tout pour casser sa si grande et prétentieuse volonté. Une fille ça doit plier. Tant que le père est vivant, la gamine est plus ou moins protégée, mais c'est la guerre avec son cortèges d'horreurs et d'exécutions sommaires. Le père n'y coupe pas. La mère devient toute puissante et décide du destin de sa fille. Mariage avec un homme de vingt ans plus âgé puis exil en France, chez les ennemis, ceux qui ont mis l'Algérie à terre. Vendredi est pleine des larmes qu'elle n'a pu laisser couler, du chagrin inexprimable de la perte du père puis de la terre, de l'effroi de devoir suivre un mari qui lui fait mal toutes les nuits, et rejoindre un pays étrange et mal accueillant. Comble de malheur, elle qui a grandi avec l'idée qu'une femme est mauvaise, sale, inférieure aux hommes, elle apprend qu'elle attend déjà, alors qu'elle-même est encore une gamine analphabète, un enfant. Pire c'est une fille ! Une rescapée de cet utérus hostile, née prématurée et qui s'accroche.... Alors, Vendredi va perpétuer les gestes de sa mère avec la petite, lui apprendre ce que cela signifie d'être une femelle, et la prendre pour bouc émissaire de tout le malheur qu'elle a dû traverser jusque là. L'amour de Vendredi est corrosif, nocif, il laisse des bleus, des griffures sur la peau et dans l'âme de la petite qui grandit malgré tout dans cette tour de HLM de l'impasse Verlaine qui se referme sur elle comme un piège. Cependant une issue de secours existe pour la fille de Vendredi, l'école et surtout la littérature..... Vous allez assister aux chemins de croix de ces deux fillettes en parallèle. L'auteure analyse avec clairvoyance et intelligence l'origine de ce mal qui laisse les enfants battus à terre avant de pouvoir pour certains se relever et fuir. Vendredi n'a pu s'échapper mais sa fille le pourra-t-elle ? Il faut une âme forte pour écrire et lire ce roman qui interroge sur l'identité des femmes et précisément ici des femmes Berbères en France. Qui met en lumière les raisons de la maltraitance sur enfants, pour lutter contre. Comprendre pour ensuite effacer, éradiquer. Attention, ce n'est ni larmoyant, ni facilement complaisant ou victimaire. C'est le récit d'une guerrière non dénuée d'un sacré sens de l'humour, d'ironie qui regarde et analyse ce qu'elle voit, subit, et nous conte son histoire sans filtre. Et si vous avez du mal à prendre connaissance de ce qui va lui arriver, pensez qu'elle a tout affronté petite. Ayez le même courage, lisez ! Texte couronné de Prix Dubreuil du premier roman 2019 par la Société des Gens de Lettres. Quatrième de couverture Dans ses montagnes berbères, Vendredi, l’effrontée, cabriole parmi les chèvres pour faire rire son père adoré et subit à la maison l’œil redoutable et la main leste de sa mère. Jusqu’au jour où on la marie à un homme qui lui répugne et l’emmène vivre de l’autre côté de la Méditerranée. A seize ans, désespérée d’être enceinte, elle accouche d’une petite fille à qui elle portera un amour étonné et brutal. Impasse Verlaine, en Auvergne, la fille de Vendredi remplit les dossiers administratifs pour la famille et les voisins, fait des ménages avec sa mère, arrive parfois en classe marquée des coups reçus chez elle. En douce, elle lit Dostoïevski et gagne des concours d’écriture, aime un Philippe qui ne la regarde pas et l’école qui pourtant ne veut pas voir la violence éprouvée. C’est l’histoire de deux enfances cruelles et joyeuses, l’histoire d’une mère et de sa fille liées par un amour paradoxal. Un récit unique et universel où l’humour côtoie la poésie dans un élan d’une vitalité impérieuse et magnifique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les amours d'un fantôme en temps de guerre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les amours d'un fantôme en temps de guerre Nicolas De Crécy Albin Michel 2018 roman illustré de toute beauté de 211 pages Roman Historique illustré Chronique 12 mars 2019 Trouvé à la bibliothèque Aimé Césaire Paris 14, il n'était pas classé dans la littérature jeunesse, un choix qui n'est pas forcément celui de tous. La seconde guerre mondiale transposée dans l'univers très particulier des fantômes, où des fantômes résistants s'opposent à des fantômes acides des plus dangereux. Notre héros est un petit fantôme, jeune, isolé en ce début de récit dans sa maison familiale sans ses parents. Il ne sait pas du tout où ils se trouvent, il ne comprend pas pourquoi il est là... On ne sait rien de sa vie d'avant et des circonstances de son décès. Tout commence quelques années avant le début du conflit entre alliés et nazis, car au pays des fantômes, les évènements importants et tragiques précèdent toujours ceux qui arriveront plus tard en écho chez les vivants. Un soir, Boris, le cousin fantôme de la maman du petit fantôme l'emmène loin de la maison natale désolée pour le mettre à l'abri dans une grande ferme dans la montagne où réside Lili, jeune fantomette un tout petit peu plus grande que lui. Et là tout change pour le petit fantôme, il n'est plus seul, il devient même ami avec Boulette une chienne.... Mais les fantômes acides étendent leur ombre sur le monde des trépassés, un choix difficile va se présenter pour Lili et notre héros.... Illustrations magnifiques à regarder, admirer longuement et en détails, de vraies œuvres d'art, récit poignant et intelligent, un très beau roman illustré pour jeunes et plus âgés.... À lire, relire, tourner les pages inlassablement... Un gros coup de cœur. Quatrième de couverture J'ai perdu la trace de mes parents très tôt, je n'avais pas quinze ans. J'étais encore ce que l'on pourrait appeler un bébé fantôme, un bout de chiffon blanc moins large qu'un mouchoir. Un soir, je me suis laissé porter par le mistral, j'ai vu une vallée, des lumières, la mer. J'ai croisé des animaux que je n'avais jamais vus auparavant, et quelques humains qui ont pris peur. Je n'aurais jamais dû m'échapper ce soir-là." La destinée d'un jeune fantôme au cours d'un siècle guerrier, qui le mènera à s'engager dans la résistance avant d'éprouver ses premiers émois sentimentaux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je sais pas

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je sais pas Barbara Abel Pocket 9 novembre 2017 432 pages Divers Chronique 26 février 2017 Ce thriller est un des livres les plus effroyables que j'ai lus de cette auteure et également en général. Aussi un des livres les plus transgressif et courageux remettant sur la table l'idée d'innocence de l'enfance, et d'amour indiscutable entre parents et enfants. " La force se mue en menace, l'amour en crainte, la complicité en méfiance" pour reprendre une phrase page 375 qui peut s'appliquer à toutes les relations dans ce récit en particulier. Jusqu'à la fin, nous découvrons des nouvelles pièces de ce puzzle terrifiant, et jusqu'à la fin nous préférons aussi dire " je sais pas ". Un thriller psychologique surprenant sur la famille, glaçant, où la chute dans un trou sans fin semble inévitable. Cela pose au-delà de cette fiction des questions que notre société bien pensante et frileuse refuse d'aborder. Je ne vais pas dire que j'aime ce livre mais je remercie l'auteure d'avoir eu la bravoure de l'écrire. Un thriller psychologique surprenant sur la famille, glaçant, où la chute dans un gouffre sans fin semble inévitable. Quatrième de couverture C'est le grand jour de la sortie en forêt de l'école maternelle des Pinsons : un avant-goût de vacances. Tout se déroule pour le mieux jusqu'au moment du retour, quand une enfant manque à l'appel. Emma, cinq ans, a disparu. C'est l'affolement général. Que s'est-il passé dans la forêt. A cinq ans, on est innocent. Portant, ne dit-on pas qu'une figure d'ange peut cacher un démon ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • SNJÖR

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires SNJÖR Ragnar Jonasson La Martinière 12 mai 2016 360 pages traduites par Philippe Reilly Polar Chronique 19 avril 2017 Titre original Snjoblinda (Tempête de neige?). Premier livre de cet auteur pour moi, très réussi, un peu lent à se mettre en place, il faut préciser que la 4ème de couverture en dit trop. Donc évitez de la lire, c'est mieux pour apprécier le rythme volontairement ralenti, collé à celui de la ville de Siglufjördur, la plus au nord de l'Islande, port de pêche proche du cercle arctique. Avec le froid, la neige qui tombe en permanence et bientôt un blizzard les habitants doivent accomplir des efforts permanents pour vivre normalement. Le héros Ari Thor âgé de 25 ans tout juste sorti de l'école de police après des études avortées de théologie, reçoit sa première affectation dans cet endroit du bout du monde. Il vit à Reikjavik avec sa fiancée Kristin. Celle-ci prend très mal cette nouvelle et Ari part seul. Nous sommes au printemps 2008, la grande crise bancaire, un crash financier emporte tout sur son passage tel une tempête gigantesque qui va détruire bien des vies. Ce déménagement vers le nord n'est donc pas une catastrophe pour Ari car cette région semble préservée par ce qui se passe dans le sud de l'Islande. Le seul accès à la ville est un tunnel creusé dans la montagne, nulle autre issue. Ari se demande vraiment où il est tombé : cette nuit permanente, ce froid, ces intempéries provoquent chez lui de très grosses crises d'angoisse et de claustrophobie. Alors il se plonge dans le travail qui dans un premier temps est très routinier ; il est vite conscient que dans une si petite cité les ragots vont vite, qu'il est épié par tout le monde et est rebaptisé le Révérend. Ses relations à distance avec Kristin sont de plus en plus difficiles, et nous en sommes à peu près à une centaine de pages quand le corps d'un écrivain célèbre Hrolfur Kristjansson auteur du best seller Au nord des collines, Président de l'Association locale d'Art Dramatique est retrouvé au bas d'un escalier après la pause déjeuner de la troupe en pleine répétition de la nouvelle création qui doit bientôt se jouer au théâtre municipal. Accident ou meurtre ? La fausse quiétude de cette micro-société va voler en éclats, tous ont quelque chose à cacher, que ce soit le metteur en scène Ulfur, l'auteur de la pièce Palmi, le décorateur Leifur , les comédiens Karl, Anna, Ugla , ou l'ouvreuse du théâtre Nina. Ainsi l'histoire commence vraiment, Ari Thor sous le commandement de Tomas et avec son collègue Hlynur vont mener l'enquête. Bientôt l'épouse de Karl, Linda est retrouvée couchée dans la neige torse nu, ensanglantée dans leur jardin, en hypothermie. Et comble de malchance, ce qui va augmenter le sentiment d'oppression de Ari Thor, une avalanche va empêcher tout passage par le tunnel, le blizzard va se renforcer. Tous les habitants sont piégés dans un « Huis Clos » et certainement avec un tueur parmi eux. Pour augmenter l'ambiance anxiogène, le récit lui- même est entrecoupé de chapitres où la prise d'otage à main armée d'une femme dans sa maison est décrite dans les moindres détails sans que l'on sache quand et où cela se déroule. Très bon thriller, même excellent Cluedo, pas vraiment une publicité pour le nord de l'Islande et ces conditions de vie difficiles entre la météo et l'obscurité permanente. Sacré meilleur roman policier de 2015 par The independant, il est édité par La Martinière et compte 348 pages. Très belle police de caractère de bonne taille. D'où une lecture très fluide. Quatrième de couverture Siglufjördur, ville perdue au nord de l'Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu'un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d'une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l'enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l'apparence si tranquille... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Rage

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Rage Zygmunt Miloszewski Pocket 2017 576 pages traduites par Kamil Barsbaki Thriller Chronique 5 mars 2018 Dernier tome de la trilogie consacrée à Teodore Szacki, procureur, nommé à Olsztyn, anciennement allemande, la ville célèbre pour ses onze lacs, depuis peu en couple et en charge enfin de l'éducation de sa fille Hela, adolescente. Nous sommes le 25 novembre 2013 au début de ce dernier volet. Enfin, la belle image de Teodore se fendille, enfin il ne se cache plus derrière son ironie, sa supériorité intellectuelle, son élégance et son charisme. Enfin son masque va tomber, enfin la rage, la fureur accumulées pendant des années vont surgir violemment. Fini son jeu de dupe avec lui-même et les autres. L'homme meurtri, le petit garçon mal-aimé se dévoilent. En cette dernière histoire, la plus sombre, la plus dramatique pour Teo et les siens, la plus personnelle, le piège va lentement se refermer pour ne lui laisser aucune échappatoire. Un espoir de rédemption est-il possible ? C'est un policier comme toujours très bien construit, mené, écrit et traduit, il faut le souligner, passionnant quant à la découverte de la société polonaise. On sent l'amour de l'auteur pour son pays, et en même temps, une immense frustration quant à certains de ses particularismes. J'ai avalé cette trilogie vite, car j'apprenais beaucoup, profondément bouleversée par ce que je pouvais lire. Et j'insiste sur la fluidité de l'écriture et la réussite de la traduction. Le questionnement ne s'arrêtait évidemment pas à des évènements historiques ou des faits de société, mais surtout, plus largement à des phénomènes gravissimes de racisme, homophobie, antisémitisme, catholicisme exacerbé, bêtise crade qui touchent le monde, notre monde fou. Dans ce thriller, l'horreur de la violence faite aux femmes au sein de la famille, les répercussions sur les enfants et le sexisme permanent, sont au centre de ce récit. Également, l'indifférence des autorités, le manque de réactivité des forces de l'ordre, la notion de silence et de non-assistance à personne en danger, sont adroitement traités dans cette fiction monstrueuse, qui nous le savons ne peut dépasser la réalité de ce qu'un humain peut faire à un autre. Prologue : Teo passe de l'autre côté de la barrière et semble commettre l'irréparable. Premier jour, le 25/11/13, précédé comme dans les deux premiers tomes d'une revue de presse polonaise et internationale, le squelette d'un homme est retrouvé ; les os appartiendraient à plusieurs personnes ! Une femme vient porter plainte directement dans le bureau de Teo, elle a peur de son mari. Le procureur est bien plus intéressé par le squelette que par ce fait divers possible, il en néglige l'importance. Tout va s'enchaîner à partir de là, le piédestal de notre anti-héros s'écroule. Les deux affaires sont-elles liées, comment ? C'est là que le grand talent de manipulateur de l'auteur entre en jeu, toujours remarquable, car même si on pense avoir compris les tenants et aboutissants, on se trompe jusqu'au bout, jusqu'au final. Ce personnage de procureur antipathique, et misogyne que nous suivons depuis des années, est le symbole d'une certaine opinion masculine et pas seulement, malheureusement et incroyablement. Certaines femmes protégent cet état de fait, cet objetisation de leurs pareilles, font perdurer une certaine image de la Femme dépassée et inacceptable ! Peur de l'inconnu ? Peur d'un autre mode de fonctionnement....? Je m'interroge. À force d'accepter aussi l'hyper-sexualisation de notre société, la dérive est normale, prévisible. Le machisme, fondement même de tout depuis des millénaires, protégé des pouvoirs politiques et autorités religieuses, est une vérité archaïque. Comment changer cela ? La remise en question de Teo doit être celle de tous, hommes ou femmes, espérons moins violemment et cruellement. Une trilogie polonaise et universelle incontournable pour moi, le courage d'un auteur à choisir un personnage principal haïssable, qui peut provoquer notre rejet. Mais le propos, au-delà de la fiction policière, est bien plus fondamental et essentiel sur des sujets variés et communs à toutes nos sociétés occidentales. Nous sommes au bout d'un système, qu'allons-nous faire ? Quatrième de couverture Cap au nord-est de la Pologne, à Olsztyn. C'est là que le procureur Teodore Szacki officie désormais. Ce nouveau fief est le théâtre d'une enquête tortueuse qui va sortir Szacki de l'ennui. Un cadavre brûlé par des armes chimiques et composé d'ossements provenant de plusieurs victimes est retrouvé sur un chantier. Absorbé par cette affaire, le procureur ne prend pas la pleine mesure d'une plainte déposée pour violences conjugales. Mis en cause par sa hiérarchie, Szacki, poussé à bout, va alors connaître la rage, celle des justiciers assoiffés de vengeance... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Redemption Factory

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Redemption Factory Sam Millar Fayard Noir 27 octobre 2010 336 pages traduites par Patrick Raynal Thriller et Biographie Chronique 29 mai 2017 Gore, comme un long film d'horreur ou de Tim Borton, avec pour décor les abattoirs près de Belfast, "cathédrale impie de la mort "seul lieu de travail encore envisageable pour des chômeurs de longue durée comme notre Héros Paul Goodman le bien-nommé. Paul dont le père a soudainement disparu un soir quand il était enfant, et qui porte ce fardeau, l'empêchant de s'envoler. Pourtant un rêve le maintient debout, celui de devenir un champion de billard ou snooker. Il y a le monde normal, avec les copains comme Lucky, avec les potes de pubs et bars, les bières, il y a le soin apporté à sa mère, une belle rencontre avec Philipp Kennedy qui tient une boutique de seconde main et s'intéresse à Paul d'une curieuse façon, sa femme, une sorte de Cruella obèse, et puis il y a l'abattoir, l'usine de mort. Là entre le directeur, son homme de main et ses deux filles déjantées, Violet monstrueuse secrétaire et bras droit de son père Shank et Geordie la fille de fer handicapée depuis la naissance, on a là une belle brochette de caractères. Tous nous fichent une sacrée trouille tant ils sont hors limites. Une partie autobiographique quant à la connaissance de ce lieu d'abattage et le passé de l'Irlande, mais aussi le style toujours aussi incisif, drôlissime, inventif dans la formule, mais sans concession avec la violence, font de ce thriller un moment joyeusement horrifique, et crédible au finish. Donc pour cœurs et estomacs bien accrochés, n'hésitez pas ! Quatrième de couverture Au cœur du conflit nord-irlandais, un militant de l’IRA disparaît mystérieusement. Vingt ans plus tard, son fils Paul Goodman, un petit prodige du snooker désargenté, se présente aux abattoirs de la région et se fait embaucher. Il pénètre un univers baigné de sang, gouverné par des êtres difformes et violents. Une cathédrale impie de la mort, étrange miroir des fantômes dont il est lui-même prisonnier et que son arrivée va libérer... Lauréat du Brian Moore Short Award en 1998, l’Irlandais Sam Millar (Poussière tu seras, 2009) tire la radicalité de son œuvre de son expérience d’ancien prisonnier de droit commun. Il écrit comme on se venge, avec calcul et précision. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un trésor sous la colline

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un trésor sous la colline Véronique Chauvy De Borée 9 mars 2023 374 pages Historique Chronique 15 mars 2023 Deux rencontres atypiques à 35 000 ans de distance dans un même lieu, dans les alentours de Montignac en Périgord ou plus exactement sous une colline... Surprenant ! Deux tandems homme femme qui ne devraient pas se former et pourtant... Mystérieux ! Nos destinées sont-elles des redites du passé de lointains aïeux ? Au delà des liens génétiques, nos ressemblances de caractère, de positionnement face à la vie, nous poussent-elles à adopter le comportement de ceux qui nous ont précédé ? Et les lieux empreints encore de leur souffle, de leur présence, portant même les traces de leur passage, ne nous influencent-ils pas ? Ainsi Julia et Nicolaas que tout sépare, si ce n'est leur passion pour la préhistoire, ne sont-ils pas, pour l'homme et la femme énigmatiques retrouvés dans une grotte sous la colline, l'ultime chance de s'unir pour l'éternité ? Véronique Chauvy nous offre à nouveau un fort beau roman inspiré et passionnant situé dans sa région de prédilection d'une richesse inépuisable pour l'écrivaine singulière et talentueuse qu'elle est. Elle nous fait le cadeau de très belles pages, telle cette introduction où nous mettons nos pas dans ceux d'un de nos ancêtres lointains à l'orée d'une nouvelle vie étonnante. Un homme de l'avenir rencontrant une femme déjà du passé... Un évènement "miraculeux" pour tous les paléontologues de l'époque jusqu'à aujourd'hui. J'ai particulièrement aimé ce livre et je remercie l'autrice pour sa délicate dédicace et l'éditeur pour sa confiance renouvelée. Quatrième de couverture Jeune Auvergnate, Julia Lerman est nommée à la rentrée scolaire de 1897 à Montignac, petite cité du Périgord. Libre et en avance sur son temps, elle intrigue ou rebute ceux qui la rencontrent. Orientée par le devoir de Lucie, une élève à laquelle elle s'attache, l'institutrice découvre dans les environs une caverne ornée de peintures pariétales. Elle se heurte dans un premier temps au refus du propriétaire du lieu de pénétrer chez lui. Celui-ci, un savant néerlandais qui vit en reclus, serait pourtant le plus à même de comprendre sa passion pour les recherches préhistoriques. En parallèle, 35 000 ans auparavant, un homme qui fuit sa tribu fait la découverte d'un étrange clan... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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