Trouverez-vous votre bonheur ?
Résultats trouvés pour la recherche vide
- Deux femmes dans la tourmente
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Deux femmes dans la tourmente Teresa Messineo Mon Poche 3 septembre 2020 440 pages traduites par Silke Zimmermann Historique Chronique 7 novembre 2020 « l'Éternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit. » Exode Je suis sortie de ce livre exceptionnel sidérée par l'histoire racontée, par tout ce que nous ignorons encore sur les circonstances de vie des femmes pendant la Seconde Guerre Mondiale, par le silence qui fut imposé à certaines des infirmières américaines vétérans pendant 60 ans donc jusqu'en 2005 (!!!!), par la reconstitution admirable menée par Teresa Messineo dans ce premier roman terriblement beau. Quelle réussite ! Quel travail de mémoire accompli ! Je suis allée rapidement, dès la dernière page tournée, sur internet : je vous conseille la page wikipédia sur " United states Navy Nurse Cops" ; vous y trouverez tout l'historique de ce corps d'infirmières militaires imaginé au début du XIXe siècle mais qui sera effectif en 1861. Sur deux fronts, grâce aux personnages charismatiques de Jo et Kay, l'écrivaine nous offre un tableau choquant, ultraréaliste, inoubliable de ce que durent traverser, supporter, voir et faire ces véritables héroïnes, guerrières luttant contre l'ennemi universel : la Mort. Leur engagement est total, surhumain, et ainsi les limites imposées aux femmes par la société patriarcale explosent littéralement. Ainsi peuvent-elles prouver leur aptitude, leur maîtrise tant sur le plan médical, technique que psychologique. Jouant tous les rôles, en dehors de toute considération de genre, sur les champs de bataille ou dans les camps de concentration japonais, elles ressortent de l'enfer pour recevoir des médailles bien insuffisantes, une reconnaissance réelle et bouleversante de la population, des séquelles post-traumatiques gravissimes, mais aussi l'ordre de se taire et de rentrer dans les rangs. Après tout, elles ne sont que des femmes... La guerre fut ignoble, la paix l'est aussi par bien des aspects... Certains hommes ont la mémoire courte .... J'ai été presque commotionnée par ce roman, sidérée et révoltée par les descriptions des camps japonais où cruauté et inhumanité n'avaient rien à envier aux camps nazis. Soyons Ô combien pleins de gratitude et d'admiration pour ces infirmières.... Un roman exceptionnel, sidérant, à lire absolument. Je n'en suis pas remise. Quatrième de couverture Jo et Kay se sont rencontrées à New York au cours de leurs études d’infirmières à la fin des années 30. Désireuses de partir à l’aventure, les deux jeunes femmes se sont engagées dans la Seconde Guerre mondiale avec les Alliés. Après une traversée de l’Atlantique mémorable et de nombreuses péripéties en Europe et en Afrique du Nord, Jo est envoyée en France où elle se retrouve à superviser un hôpital de fortune. De son côté, Kay est envoyée à Hawaï. Après une parenthèse amoureuse enchantée sur les plages de sable blanc, elle voit sa vie virer au cauchemar après l’attaque de Pearl Harbour. Dans l’horreur absolue des corps mutilées, de la maladie et de la famine, chacune s’accroche à sa vocation, mais aussi à l’amour et à l’amitié, pour trouver la force de supporter l’insupportable. L’espoir sera-t-il plus fort que la mort ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ne sautez pas !
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ne sautez pas ! Frédéric Ernotte Lajouanie 2016 292 pages Polar Chronique 29 avril 2018 Dans la collection « Roman pas policier mais presque », même sans cette caractéristique, de toute façon ce livre est particulier. J'en suis sortie avec le sourire, la joie au cœur, heureuse d'avoir découvert un texte étonnant. « Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? En tentant de répondre à cette interrogation existentielle, le héros de Frédéric Ernotte va vivre une aventure pour le moins hors du commun. Un roman délicieusement surprenant, bigrement mouvementé. Émotion, humour et suspense garantis. » Cela commence un peu comme une blague, une histoire dingue dont le héros est un doux rêveur, bien perché au propre et au figuré. En effet, en plus de prolonger une insouciance d'adolescent, il travaille dans les nuages, car il est laveur de carreaux, de ceux qui recouvrent les gratte-ciels de Bruxelles. Il ne touche pas vraiment terre, Mathias, encore moins lorsqu'il rentre chez lui pour retrouver sa compagne Élisa. En voilà deux qui sont raides dingues, fous amoureux. Elle a plus le sens des réalités que son homme, elle est infirmière et est confrontée tous les jours à la douleur et le drame. Ainsi entre Al son collègue de passerelle, sa belle Élisa, les amis, Mathias a une jolie vie. Et fusent des dialogues cocasses, drôles, touchants, qui nous donnent envie de sourire, et de rire souvent. C'est un beau texte bouleversant, joyeux, où tout le talent d'imagination, d'inventivité et du sens de la formule de Mr Ernotte se révèlent. Premier grain de sable : Un jour il se fait chopper pour avoir dépassé les limitations de vitesse, et le voilà condamné à des travaux d'utilité générale : distribution en porte à porte d'un gadgets pour une association humanitaire. Pas une sinécure ! Fourbu le soir après ses tournées, peu à peu ses rencontres avec des gens qui le rembarrent ou l'invitent à prendre un café et à échanger quelques mots, lui permettent de dresser un portrait des donateurs et de comprendre leur raison. Par le biais de cette condamnation, Mathias et l'auteur vont, mine de rien, faire le tour de la question de la charity business au pire, et de la générosité au mieux. Les questions souvent soulevées quant à qui on donne, pourquoi financer des projets à l'étranger alors qu'ici tant de personnes ont besoin d'aide, de la participation à des téléthons et autres, pour avoir bonne conscience et continuer à vivre dans son petit confort, du don gratuit et sincère, et plus encore des engagements de médecins et bénévoles sur le terrain au cœur des guerres, des catastrophes naturelles, des zones de dangers, tous les sujets sont abordés avec délicatesse et précision. La conscience de Mathias se réveille jour après jour. Un coup de pouce du destin va lui indiquer comment lui, laveur de carreaux pourrait aider indirectement toutes les ONG et associations qui ont tant besoin d'argent. Un tour de magie, une blague de clowns. À l'origine, un quiproquo incroyable qui nous fait sourire, Mathias aussi, et qui pourtant marque le début d'une histoire aventureuse, joyeusement folle jusqu'à un évènement dramatique et un meurtre. On a peur soudain. De la légèreté au poids de la réalité quand celle-ci vous rattrape.... Et évidemment on ne s'amuse plus du tout, la nacelle manque tomber et se fracasser avec les illusions de Mathias et Élisa. La vie fait toujours en sorte de vous rappeler quelques petites règles de savoir exister, pleinement, consciemment. Carpe diem dit l'autre. Mais qu'est ce qui est passé dans la tête de cet homme qui a crié paniqué à Mathias « Ne sautez pas ! ». Un Bijou, non une boîte renfermant beaucoup de pépites, que ce " roman pas policier mais presque. " Merci Frédéric Ernotte pour ce beau livre ! Quatrième de couverture Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? Assis sur le toit d'un des plus hauts gratte-ciel de Bruxelles, Mathias est songeur. Les jambes du laveur de vitres balancent dans le vide à plus de cent mètres du sol. Alors qu'il réfléchit au travail d'intérêt général que la justice lui a imposé (vendre en porte à porte des gadgets pour une association humanitaire), un homme paniqué surgit derrière lui. Mathias ne le sait pas encore, mais la minute qui va suivre va radicalement changer sa vie. Un engrenage impitoyable vient de s'enclencher... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Normal
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Normal Warren Ellis Au Diable Vauvert 2018 189 pages traduites par Laurent Queyssi Thriller Futuriste (quoique) Chronique 13 octobre 2018 Un roman évidemment hors norme, que je qualifierais de thriller futuriste quoique.... Prévoir l'avenir dans ce mail ne très parallèle au nôtre se dit « Fixer l'abîme » . Tout le monde n'en est pas capable et se retrouve soudain dans le hall d'accueil d'un hôpital psychiatrique " Normal Head" anciennement ville abandonnée créée par un fou, aujourd'hui seul havre de paix pour ceux qui n'auraient pas dû voir certaines choses. Ainsi des veilleurs civils ou militaires se retrouvent dans ce lieu sans aucun contact avec l'extérieur, ni internet, ni journaux, ni télévision, coupés de tous pour leur bien. « Les visions de bouleversements géopolitiques, guerres de drones et d'apocalypses diverses » les ont fait littéralement disjoncter. Adam Dearden se retrouve donc hospitalisé dans ce lieu étrange après une dépression suite à une émeute à laquelle il a assisté en Namibie. Il ne s'en est pas remis.... Qu'a-t-il donc vu de si catastrophique. Tous les autres internés ont peu ou prou joué le même rôle que lui de guetteur, de veilleur. Tout ce joli petit monde de connaît. Une micro société très organisée, d'où pour certains il sera impossible de réchapper. À peine arrivé dans ce monde anxiogène, on retrouve dans la chambre voisine de celle d'Adam qu'un tas d'insectes à la place de l'ancien occupant. Enfin les malades vont pouvoir avoir un but à leur longue journée.... Retrouver le disparu, comprendre l'énigme des insectes.... Ce lieu de protection du monde extérieur va peu à peu se transformer en zone à haut risque... Les névroses et déséquilibres de tous vont être exacerbés... Une folle enquête commence.... Beaucoup d'humour et d'absurde pour ce livre court qui pourtant surfe sur certaines réalités paniquantes de nos sociétés, ce flicage de tous les moments, cette surveillance incessantes de nos actes, de nos pensées, héros malgré nous de vidéo surveillances légales ou non. Sous couvert de protection du plus grand nombre, la liberté individuelle est bafouée quotidiennement. Ce roman pourrait passer pour « une apogée dans le délire paranoïaque et l'ironie iconoclaste, par le maître de l'underground, auteur du grinçant Transmetropolitan. » Je pense pour ma part qu'il est dangereusement visionnaire. Un rappel de ce qui devrait être Normal et qui ne l'est plus, et en raison de notre inertie, de l'acceptation de l'impensable intrusion dans notre vie privée et nos pensées les plus intimes. Je vous rassure, rien que l'arrivée de Adam sur place est une scène drolissime bien dérangeante. À méditer dès que vous vous connectez, dès que vous sortez de chez vous. Quatrième de couverture Prévoir le futur. Certains nomment ça fixer l'abîme. À Normal Head on accueille des veilleurs stratégiques civils ou militaires rendus fous par leurs visions de bouleversements géopolitiques, guerres de drones et apocalypses diverses. Quand on retrouve à la place d'un patient un tas d'insectes dans son lit, les névrosés et déséquilibrés de l'institut se lancent dans une folle enquête, entre aliénation et surveillance ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le bal des folles
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le bal des folles Victoria Mas Albin Michel Août 2019 251 pages Historique et Roman Chronique 28 mars 2020 « Depuis l’arrivée de Charcot à le Salpêtrière, on dit que seules les véritables hystériques y sont internées. Mais le doute subsiste… » Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire ce roman magnifique et terrifiant, mêlant fiction, surnaturel et faits historiques réels. Je ne pense pas que je longerai à nouveau les murs de la Salpêtrière sans entendre les pleurs, les cris et les voix de toutes les internées malades ou non, victimes d’un patriarcat tout puissant ne tolérant aucune prise de parole, aucune velléité de liberté, aucun affranchissement de la pensée de ces femmes, coupables d’être nées filles, d’avoir la capacité d’engendrer, et ainsi d’avoir un pouvoir sur cette société masculiniste. A la Salpêtrière, aucune lutte de classes, toutes les internées sont sur le même pied d’égalité, celui de n’être que des femelles qui doivent obéir à leurs seigneurs et maîtres, à leurs tuteurs, aux médecins. Elles ne sont, après tout, que des biens que l’on peut céder d’un homme à l’autre, elles ne sont pas plus qu’un animal domestique. Si celui-ci aboie, la muselière, les coups de bâton, l’enfermement, le meurtre sont autant de solutions pour préserver la suprématie des hommes. A la Salpêtrière, le maître s’appelle Charcot, célèbre neurologue, dieu tout puissant, pur produit de ce XIXe siècle misogyne. Autour de lui une cour d’internes, d’infirmières, de collègues et un public émerveillé par les découvertes du grand homme. Les cours publics, ou conférences spectacles, organisés toutes les semaines au sein de l’hôpital, sont autant de représentations à la gloire du thérapeute, testant sur ses malades transformées en cobayes, de nouvelles méthodes tâtonnantes et dangereuses, sous l’œil concupiscent de ces messieurs. Que dire de ce Bal des folles organisé à la mi-Carême où toute la bonne société vient, comme au zoo, reluquer et s’offrir des sensations fortes à la vue des malheureuses ? Au sein du personnel, des sadiques sociopathes ont un terrain de chasse rêvé à leur disposition, et des infirmières et surveillantes ont l’illusion d’être supérieures à leurs sœurs « démentes ». Elles sont folles, donc irrécupérables. Il ne sert à rien de montrer de la bienveillance ou de l’empathie. C’est en tous les cas ce que se répète Geneviève, « la vieille », surveillante générale crainte et respectée, tant par le personnel que par les malades. Depuis un drame familial, elle a consacré sa vie entière à Charcot. Mais l’arrivée en février 1885 d’une nouvelle venue, va changer la mise, balayer l’existence et les convictions de Geneviève. Eugénie Cléry, jeune femme de bonne famille au verbe trop haut et aux idées trop libertaires, a eu le malheur d’avouer à sa grand-mère bien aimée son secret : elle voit et parle avec les morts depuis des années. L’aïeule la trahit, prévient le chef de famille qui, pour protéger son nom et sa réputation sans tâche, décide, du jour au lendemain, de faire enfermer sa fille dans le mouroir qu’est alors la Salpêtrière. On y entre pour ne jamais en sortir, oubliée, cloîtrée, annihilée. De la viande et des corps tout frais pour la médecine, les chercheurs, les abuseurs… Lorsqu’on lit les raisons pour lesquelles ces femmes ont été internées, on frémit. Cependant, des ombres vont venir au secours d’Eugénie, sortir des murs, chuchoter … Les entendez-vous ? Croyez-vous vraiment, qu’aujourd’hui, dans certaines unités psychiatriques, toutes les personnes qui y sont enfermées, le sont pour de bons motifs ? Y sont-elles correctement traitées, soignées ? Pensez-vous être à l’abri d’une hospitalisation abusive ? Pire, ne sommes-nous pas tous amenés, purs produits d’une société normative, un jour, à montrer du doigt celle ou celui qui ne rentre pas dans les cases, au comportement incompréhensible, au regard différent, qui s’exprime trop fort, qui réagit trop émotionnellement ? Attention, la folie est contagieuse, vite enfermons-les ! Attention la pauvreté, le malheur sont contagieux, cachons- les au fond d’hôpitaux et cliniques psychiatriques ! Protégeons l’intégrité de notre société, oublions que souvent, ceux qui font évoluer le monde, sont d’abord jugés comme déments, fous, pestiférés. Lire ce roman, en plein confinement après avoir été témoin, voici des années, de ce qui se passait dans des unités de soin psy, m’amène à reformuler ces questions : Où sont les fous ? Les femmes, ne sont-elles pas toujours aux yeux de cette société patriarcale, des éternelles hystériques et sorcières devant être mises au pas ? Et en poussant le curseur plus loin, certaines femmes ne sont-elles pas les complices de cette société, appliquant des règles sexistes enregistrées après des années de lavage de cerveau éducatif, incapables de s’en défère, préférant un quotidien carcéral connu, à une liberté vertigineuse, dénonçant et pourrissant la vie de celles qui ont le courage de faire reculer les limites ? L’auteure, avec un talent indiscutable, avec humanisme, empathie et une extrême exigence historique, vous ouvre les portes de la Salpêtrière afin de dénoncer ce qui fut et ce qui est toujours. Nous avons encore un très long chemin à parcourir, ne nous voilons plus la face ! Quatrième de couverture Chaque année, à la mi-carême, se tient, à la Salpêtrière, le très mondain Bal des folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Cette scène, joyeuse cache une réalité sordide : ce bal « costumé et dansant » n’est rien d’autre qu’une des dernières expérimentations de Charcot, adepte de l’exposition des fous. Dans ce livre terrible, puissant, écrit au scalpel, Victoria Mas choisit de suivre le destin de ces femmes victimes d’une société masculine qui leur interdit toute déviance et les emprisonne. Parmi elles, Geneviève, dévouée corps et âme au service du célèbre neurologue ; Louise, une jeune fille « abusée » par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand cœur qui a eu le tort de jeter son souteneur dans la Seine ; Eugénie Cléry enfin qui, parce qu’elle dialogue avec les morts, est envoyée par son propre père croupir entre les murs de ce qu’il faut bien appeler une prison. Un hymne à la liberté pour toutes les femmes que le XIXe siècle a essayé de contraindre au silence. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La malédiction d'Oxford
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La malédiction d'Oxford Ann A. McDonnald Michel Lafon Janvier 2017 362 pages traduites par Joseph Antoine Thriller Chronique 5 novembre 2017 Ann A. McDonnald native du Sussex a étudié à Oxford avant de devenir journaliste. Elle vit aujourd'hui à Los Angeles où elle travaille comme scénariste. Ses précédents romans parus sous le nom de Melody Grace ont été des best-sellers aux États-Unis. Étrange ambiance pour ce roman gothique impossible à refermer. Les coutumes et rites dans cette université sont parfaitement décrits, ce récit nous fait découvrir les coulisses de ce haut lieu de la culture et de l'enseignement. Le décor est magnifique mais ce côté élitiste que certaines familles font perdurer est dérangeant . Ainsi Cassandra Blackwell, américaine de 24 ans d'origine modeste intègre la prestigieuse université d'Oxford pour une année d'étude grâce à une bourse pour les étrangers. Elle évite les soirées estudiantines et les mondanités, donne le change quant à ses études, mais en réalité elle est là pour enquêter sur le passé de sa mère qui s'est suicidé voilà dix ans. Ayant reçu un étrange paquet adressé à la disparue, elle a tout quitté pour venir en Angleterre. Sa mère fut étudiante à Oxford dans les années 90 et a subitement fui, enceinte de Cassie, en changeant de nom, pour les États-Unis. Et depuis elle a vécu une vie d'errance comme poursuivie par des ombres. L'enjeu est primordial pour notre héroïne courageuse et à fleur de peau, connaître le nom de son père. Elle se lie rapidement avec l'élite anglaise et plonge dans un monde fascinant aux traditions séculaires et aux nombreux mystères. Ses recherches la mènent à comprendre qu'une force et un pouvoir inquiétants règnent sur le campus : L'École de la Nuit. Celle-ci est au centre d'une série de suicides tous les 25 ans. Cassie sent qu'elle est la seule à pouvoir attaquer et détruire cette société secrète. Elle va devoir laisser parler la noirceur en elle, cette force destructrice qui l'a déjà porter à commettre l'indicible. Ann A. McDonnald dans ce roman assez classique, mélange des faits historiques et de fiction. C'est un Oxford réel puis imaginaire. Sir Walter Raleigh a vraiment vécu mais pas le collège qui porte son nom dans le livre. En fait il est inspiré par le Magdalen College, au bord de la rivière Cherwell. Shakespeare a fait référence à une « École de la nuit » dans « Peines d'amour perdues ». Quatrième de couverture Cassandra Blackwell, jeune Américaine d'origine modeste, intègre la prestigieuse université d'Oxford pour une année d'études. Toutefois, la qualité de l'enseignement, les porches recouverts de lierre ou les soirées étudiantes ne figurent pas parmi ses priorités. Elle n'a qu'un objectif : découvrir la vérité sur le passé de sa mère, étudiante à Oxford dans les années 1990, qui a fui ce paradis d'un autre temps avant de se suicider quelques années plus tard. L'enjeu est important, car Cassie pourrait enfin connaître l'identité de son père. La jeune femme se lie rapidement avec l'élite anglaise et plonge dans ce monde fascinant aux traditions séculaires. Pourtant, au sein de ce campus légendaire, une force inquiétante est à l'œuvre : l'École de la Nuit, une société secrète qui semble liée à une série de suicides. Cassie pourrait bien être la seule à pouvoir y mettre un terme ? Mais à quel prix ? Dans la veine du « Maître des illusions », de Donna Tartt, un roman gothique et moderne impossible à lâcher. « Effrayant et très divertissant ! » Kirkus Reviews Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Elon Musk, Changer le monde
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Elon Musk, Changer le monde Denis Granjou City Editions 1er juin 2022 304 pages Biographie Chronique Le moins que l'on puisse dire c'est que Elon Musk ne laisse personne indifférent. Traité de fou, de génie, de précurseur, de complotiste, il dérange autant qu'il intrigue. L'homme le plus riche au monde fut un enfant surdoué, un jeune homme introverti avant d'être celui qu'il est aujourd'hui sous le regard de ses millions de followers et détracteurs. Inclassable, sans limite, à l'énergie et l'inventivité hors norme, cette biographie peut vous donner certains éléments de réponse afin de tracer un portrait plus réaliste de ce personnage qui aujourd'hui, encore, met le feu aux poudres en divulguant certains messages laissés sur Twitter au début de la pandémie. Est-ce celui qui permettra à l'humanité de reprendre son souffle et le contrôle, ou n'est-il qu'un manipulateur de plus, un sociopathe à l'égo surdimensionné ? Toujours est-il que la double aventure technologique de Tesla et SpaceX, sans parler de PayPal, fait déjà de Elon Musk une figure incontournable des trente dernières années. Ce que nous raconte Denis Granjou est de l'ordre de l'épopée industrielle, de la Révolution totale de nos modes de vie. Les analyses de Elon Musk concernant nos sociétés, nos moeurs, nos types de fonctionnement sont-elles pertinentes ou totalement à l'Ouest ? Est-il un sauveur ou celui qui nous mènera au chaos ? On en revient toujours à la même question : ange ou démon ? Est-ce si simpliste ? L'auteur décide de raconter chronologiquement la vie de Elon Musk et de ceux qui traverseront sa trajectoire : c'est un travail minutieux, patient, mêlant vie publique et privée. Très éclairant ! Cette biographie permet de recontextualiser le personnage atypique de Elon Musk. De lui redonner de la consistance. Il n'est plus une image à la télévision ou dans un magazine mais un homme imparfait en recherche constante, un rêveur, un risque tout, déjà un pied dans le futur et toujours la tête dans les étoiles. Quatrième de couverture SpaceX, Tesla, PayPal... Tous ces succès sont l'œuvre d'un seul homme : Elon Musk. Il est l'entrepreneur le plus visionnaire du siècle. Celui qui bouleverse les habitudes, anticipe les changements de société, innove en permanence et qui s'est lancé dans la conquête de l'espace en rêvant tout simplement de coloniser Mars ! Comment en est-il arrivé là ? Comment a-t-il réussi des entreprises tellement folles auxquelles très peu de gens croyaient ? Ce livre révèle le parcours de ce self-made man, devenu l'un des hommes les plus riches du monde, qui a dû payer ses études avec des petits boulots parce que son père lui avait coupé les vivres. On découvre aussi une personnalité habitée par le doute, d'une exigence phénoménale envers les autres et envers lui-même. Un boulimique de lecture et de travail. Une sorte de génie touche-à-tout, mégalomane, ambitieux, impitoyable, qui a un seul objectif : changer notre monde. Tout simplement. Tout simplement. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La légende du pilhaouer
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La légende du pilhaouer Daniel Cario Presses de la Cité Terres de France 2018 446 pages Thriller terroir historique Chronique 31 octobre 2018 L'écriture et le style sont magnifiques. Du très bel ouvrage. Certes cela se situe de 1860 jusqu'en 1914 en pays Bigouden mais, soyons bien clair, ce roman n'est certainement pas un énième bouquin sur les légendes bretonnes, NON!!!! c'est un sacré thriller qui aurait pu être écrit par un Stephen King bigouden. Vous voulez trembler, lire une histoire où on disparaît, on meurt mystérieusement, on devient fou de terreur, vous voulez frissonner du début à la fin conscient que le surnaturel et le diable existent et menacent votre petite vie tranquille. Enfin vous voulez découvrir une enquête, celle d'un père à la recherche de sa fille, jusque dans le Paris du début du XX ème siècle à Montparnasse, quartier des exilés bretons. Vous êtes arrivés ! Oui les us et coutumes bigoudens et typiques sont évoqués, oui les descriptions des paysages sauvages sont là comme vous les espérez, oui vous sentez le vent qui passe à travers les fentes des portes ou des volets, oui vous entendez des voix terrifiantes, oui vous sentez une présence maléfique dans votre dos.... C'est un sacré THRILLER et il devrait être présenté comme tel. J'ai adoré ce livre tant par sa forme, sa magnifique couverture, l'écriture sublime, et le récit terrorisant et mystérieux. Le parfait équilibre. Le classer en littérature de terroirs est à mon sens réducteur et une erreur. Quatrième de couverture "Dans toute tradition populaire circulent des croyances qui dépassent l'entendement. En Bretagne sans doute plus qu'ailleurs... On le considérait comme le meilleur tailleur-brodeur de Pont-l'Abbé. Mais, péché d'orgueil, Lazare Kerrec s'est mis en tête de confectionner le plus beau des costumes, que nul ne devra porter. L'ouvrage achevé est d'une telle splendeur qu'on croirait qu'il est l'œuvre du diable. Qui sait ? En 1860, celle qui l'a porté à l'insu de son créateur, n'a-t-elle pas été damnée ? Des décennies plus tard, le petit fils du tailleur, Zacharie Le Kamm, a hérité de la parure. C'est un modeste chiffonnier, un pilhaouer, arpentant par tous les temps les terres désolées des Monts d'Arrée. Même s'il désapprouve l'union de sa fille, Violaine, avec le fils d'un riche terrien, il accepte qu'elle revête les sublimes atours pour ses noces au printemps 1900. Comme pour défier la malédiction...." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'oiseau bleu d'Erzeroum
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'oiseau bleu d'Erzeroum Ian Manook Albin Michel 7 avril 2021 544 pages Historique biographique Chronique 10 août 2021 Dédicaces « Aux enfants de toutes les diasporas, qui enrichissent de leur culture celle qui les accueille. Que leurs différences s'ajoutent, plutôt que de s'exclure. À tous les personnages de ce roman, qui, d'une façon ou d'une autre, ont existé dans ma vie. Et à tous ceux qui, dans la vraie vie, sont mes personnages préférés..... À moi ! » Tout est là, la gravité, la profondeur, la gratitude, l'honneur, l'honnêteté et l'humour toujours, l'élégance ultime face à l'indicible. Grâce à Ian Manook, cela ne reste justement plus indicible. « Ceci est l'histoire romancée de mes grands-parents, à partir du récit que ma grand mère n'a jamais pu achever, tant l'horreur de ce qu'elle avait vécu finissait par l'étrangler de sanglots. Pour sa mémoire, et celle de toutes les autres victimes, je n'ai pas voulu occulter la violence du génocide dans le temps. La déportation d'Araxie a duré plus de six mois, et je lui ai accordé le nombre de pages qui me semblent juste pour en témoigner. » Tout de suite, pour ceux qui ont écouté ma lecture ou pour vous qui me lisez maintenant, je tiens à dire que ce texte essentiel, courageux, éprouvant, précis quant aux atrocités physiques, mentales subies par les Arméniens, quant aux faits, cependant édulcoré de deux scènes de massacre à la demande de l'éditeur, ne verse jamais ni dans le trash ni dans le pathos. Ce n'est pas le style de l'auteur, mais on ne peut faire comprendre ce génocide encore nié par les autorités turques, sans nous placer au centre de l'horreur, nous la faire voir, toucher, ressentir par nos cinq sens. Tous les témoignages ou récits rédigés avec bravoure et sérieux par les victimes ou leurs héritiers concernant les génocides rwandais, des Etats Baltes, des juifs d'Europe, du Vietnam, de Corée etc, etc, ne peuvent faire l'impasse sur la description aussi fidèle que possible de ce que durent supporter les survivants et les morts. La responsabilité de faire entendre leurs voix pourrait être tétanisante mais pourtant ces auteurs, je pense aussi à Ruta Sepetys, font le grand saut vers l'horreur, de celle qui touche encore les enfants et les petits enfants des victimes dans leurs corps, leur psyché, leur vie. Ces tragédies dûes à la folie effarante de certains psychopathes continuent à empoisonner en écho, génération après génération, des destins, la mémoire du sang, de la chair étant plus vivace et insidieuse que celle de l'esprit. Alors des armes infaillibles de destructions massives existent pour reprendre la main : la création, faire passer la lumière, créer la beauté, rire, faire perdurer les traditions, transmettre les recettes de cuisine, les chants, les poèmes, la culture, partager le raki et lever son verre en criant : Guenatz !!!! Ce roman testimonial est également une épopée incroyable, extraordinaire de Erzerum jusqu'à Meudon pour certains, Istambul, Smyrne, New York pour d'autres, Erevan ou Moscou... C'est une plongée terrifiante sur les lieux de massacre, dans les maisons, les champs, les campagnes, les villes, les déserts, à en perdre la raison, à rester en apnée frappé de sidération.... Et puis soudain, l'humour féroce teinté de dérision d'un personnage de vieille femme prenant Araxie et Haïganouch sous son aile alors que l'ignominie les entoure, nous fait reprendre espoir, nous redonne la force, car nous sommes devenus ces deux sœurs.... La force de vie, de résistance de ces martyrs qui aujourd'hui nous transmettent le flambeau de la vérité et de la responsabilité de l'avenir de notre planète, est immense, incommensurable. En nous faisant suivre Araxie mais aussi un américain, trois jeunes Arméniens, une jeune Turque, une Allemande et son père, nous voici projetés dans un roman historique, d'amour, d'amitié, d'aventure, d'espionnage, de guerre, d'étude sociale et politique jusqu'aux portes grandes ouvertes sur le deuxième conflit mondial. C'est un livre édifiant, profondément humain, magistralement mené, merveilleusement rédigé qui remplit amplement son rôle de passeur de lumières. La famille de Patrick Manoukian devient nôtre et pour ma part je reste impatiente d'en suivre le destin encore sur une génération. Splendide travail de mémoire, témoignage bouleversant d'amour, une oeuvre incontournable. Entendez-vous ce chant ? C'est celui de l'oiseau bleu.... Il revient.... Quatrième de couverture « [...] un grand roman d'aventures doublé d'un récit poignant [...] » Paris Match L'odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien. 1915, non loin d'Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve. Jusqu'à ce que l'Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente. Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ? C'est autour de l'enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d'humanité où souffle le vent furieux de l'Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Matrices
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Matrices Céline Denjean Pocket 23 février 2023 496 pages Thriller Polar Chronique 7 mars 2022 « Prisonnières jusqu'à ce que la vie naisse dans leur ventre. » Le tout premier opus « La Fille de Kali» m'a fait pressentir que cette autrice serait un grand nom de la littérature noire contemporaine grâce à son talent indéniable, son honnêteté morale, son indignation face à certaines dérives de notre société et du monde, sa capacité à remettre inlassablement l'ouvrage sur le métier dans un souci d'excellence, sa puissance de travail et ses doutes qui désignent le véritable artiste. On retrouve l'obsession de Céline Denjean pour tout ce qui concerne l'embrigadement sectaire, politique, religieux, grâce à la manipulation de l'opinion publique et de psychés fragiles par des êtres narcissiques, pervers, indignes, cyniques. Elle fait alors preuve d'un don pour l'analyse psychiatrique de ces malades, elle les dissèque au scalpel avec intransigeance. Cette dénonciation prend d'autant plus de force qu'elle s'inscrit dans un récit bouleversant sans aucun pathos facile, sans trash vulgaire et indécent. Là où d'autres surjouent leur partition, l'écrivaine préfère le tact, l'élégance, au service de la vérité des faits, des sentiments, par respect pour les victimes réelles, inspirations de maintes fictions sanglantes et racoleuses. L'empathie de Céline Denjean affleure en permanence entre les lignes, elle qui fut éducatrice spécialisée, rendant ce thriller policier des plus réussis, encore plus humain et pertinent. Un polar vif, un scénario parfaitement conduit et bâti à partir d'une documentation solide, des retournements de situation qui nous bousculent, des dialogues ciselés et enlevés, un souci du détail et un besoin de vérité quand tout n'est que mensonge et exploitation des âmes et des corps. Tour à tour émue, choquée, passionnée, haletante, j'ai aussi été bluffée par la beauté de certains passages, où l'amour de l'écrivaine pour sa région explose. Le style littéraire s'est affermi, s'est singularisé. L'autrice traite donc, d'une part, du thème de la manipulation de la pensée sur le plan religieux et politique, en particulier du rapprochement contre nature entre un certain catholicisme intégriste misogyne et patriarcal et des courants néo nazis, phénomène actuel des plus inquiétants jusqu'au Vatican. D'autre part, dans cette lignée, elle aborde le sujet au combien d'actualité du viol de l'intégrité corporelle des femmes, toujours et encore, depuis que les premières religions matriarcales ont disparu remplacées par le règne du mâle dominant, toutes civilisations confondues. La capacité d'enfanter est pour certains hommes un affront à leur supériorité autoproclamée. Ils mettent alors tout en œuvre pour avoir la main mise sur ce miracle de la nature, ce "pouvoir" des femmes. Un marché lucratif s'organise autour des matrices, des ventres, surfant sur le désespoir de certains couples stériles. Un vivier fertile est à disposition dans les pays pauvres, sur le Continent Africain... trafiquants de corps, sur place et en Occident, y trouvent leur bonheur. Mais c'est sans compter avec la colère des femmes, leurs capacités de résilience, de résistance, leur force originelle. Le tandem de gendarmes, Louise et Violaine, en est un parfait exemple, qui ne lâchera rien lors de cette course poursuite contre la montre. Louise y puisera-t-elle le courage d'affronter sa propre histoire ? Un thriller dense, puissant, inspiré, qui ouvre les portes à une réflexion élargie sur ce monde et les moyens de l'améliorer. Sur l'équilibre à trouver, sur les rôles que l'on nous force à jouer, sur ce diktat insupportable de la maternité imposée, seul mètre étalon de la réussite en nos sociétés. Merci à l'autrice pour son engagement et sa passion. Quatrième de couverture Jusqu'où la folie humaine est-elle prête à tendre pour assouvir un désir d'enfant ? Le nouveau thriller de Céline Denjean. En plein mois de décembre, une terrible tempête se déchaîne sur les Pyrénées. Sous la pluie battante, une jeune femme enceinte qui court à perdre haleine est percutée par une camionnette. Avant de mourir, elle murmure quelques mots en anglais : " Save the others. " Qui est cette femme sans identité ? Que cherchait-elle à fuir ? Que signifie la marque étrange sur son épaule ? Et qui sont ces autres qu'il faudrait sauver ? Les gendarmes Louise Caumont et Violaine Menou se lancent alors dans une enquête hors-norme. Au fil de leurs investigations se dessine la piste d'un trafic extrêmement organisé. Dès lors, les enquêtrices comprennent que l'horloge tourne pour d'autres femmes, sans doute prisonnières quelque part, et dont la vie ne tient plus qu'à un fil. Cet ouvrage a fait partie de la sélection pour le Prix de la Ligue de l'Imaginaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Femme sur écoute
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Femme sur écoute Hervé Jourdain Fleuve Noir 2017 524 pages Thriller Chronique 17 juillet 2018 Finaliste pour le Prix Ligue de l'Imaginaire-Cultura fin septembre 2018. En 2017, il reçoit le prix Sang d'encre décerné par le festival de Vienne. Voici pour moi, un troisième livre se déroulant au Bastion de Batignolles, le nouveau 36 quai des Orfèvres. Les policiers ont eu du mal à quitter ce lieu mythique. Il semblerait que les écrivains de polars aussi. Mais cette fois-ci le déménagement a bien eu lieu, avec retard, l'ouverture va être un évènement mondain et politique d'importance. Frémissement de couloir, stress des petits fours et des huiles. La visite aux étages ouverts alors du bâtiment, façon Vauban, vaut le détour d'autant plus avec Hervé Jourdain, ancien capitaine de police à la Brigade criminelle de Paris aujourd'hui analyste au sein d'un service spécialisé. Ces deux professions d'exception se retrouvent dans ce roman à travers les personnages de flics. Kaminski, chef de groupe, représente la vieille garde, mysogine aux méthodes très borderline. Efficace, haïssable, vite déstabilisé par la police, nouvelle formule. La pauvre Lola Rivière sous ses ordres souffre énormément, elle fait ses armes, il lui met des bâtons dans les roues constamment. De plus Lola a un secret de taille qui la rend encore plus attachante et admirable pour le lecteur. Enfin très intelligente, l'informatique est son terrain de prédilection, elle est experte en cyber criminalité. Heureusement le patron, le divisionnaire Hervé Compostel a remarqué ses qualités et la prend sous son aile. C'est un homme en deuil qui travaillait avant à la brigade financière. Donc le tournant de carrière à la Crim est un challenge. Deux autres membres vont venir renforcer cette équipe : le brigadier Zoé Dechaume et plus tard son supérieur le commandant Guillaume Desgranges. Tous deux des teigneux, un tandem qui gagne. Tout en haut de l'organigramme le directeur Thomas Andrieux. Tout commence par des retranscriptions de conversations téléphoniques entre une certaine Manon Legendre, dite Monica, dans son métier de lap danseuse, effeuilleuse et prostituée occasionnelle, œuvrant dans le triangle d'or de Paris entre Le Jardin d'Eden une boîte de nuit pour vip et l'hôtel Pierre Ier, une collègue Diana Sangaré, Moussa Sissoko, qu'on devine être le mac, Julie legendre la sœur de Manon, étudiante en philo, ignorante des activités de son aînée, la banque de Manon de mauvaises surprises l'attendent, et enfin et pas le moindre David Ribeiro dit le Bison en préventive, en taule pour braquage, fiancé de Manon, personnage haut en couleurs, une frappe détestable. Manon lui obéit, pourtant c'est une dure à cuire, mais il est le père de son fils tristement baptisé par son paternel Jihad. Entre le strip tease, le bébé et les visites aux parloirs ainsi que quelques rdv organisés par Moussa, elle n'arrête pas. Au Bastion les interrogatoires de Didier Jeanjean qui a retrouvé sa femme assassinée, et dans une autre salle de sa maîtresse Mireille Dunois ne donnent rien. Kaminski est furieux et incrimine Lola. Pour lui la police est un métier d'homme. Le duo n'arrive à rien. Compostel convoque tout le monde dans son bureau flambant neuf. Une nouvelle affaire est tombée : l'overdose de Dalila Toumi dans le coma, fille d'une des politiciennes se présentant aux présidentielles. Kaminski, Lola et Zoé sont mis sur ce cas et Guillaume sur celui des deux amants. Parallèlement, Compostel remet entre les mains de Lola, en secret, un pc à analyser. Elle comprend vite que cela concerne son fils Alexandre suicidé voici trois ans. Tout est mis en place. On se demande ce que Manon et Bison ont à voir avec les deux enquêtes de la Crim. Patience, l'auteur sait très bien disposer ses pions et construire sa maison. « Sexe, politique, sécurité... Et des morts sans connexions apparentes. Au plus près du réel, en s'appuyant sur le système des écoutes téléphoniques, Hervé Jourdain bâtit une intrigue à l'architecture saisissante, doublée d'un portrait ( à l'acide) de son époque. » Du bel ouvrage, un récit prenant, intelligent, des personnages bien campés, des femmes mises à l'honneur, un divisionnaire qui n'hésite pas à aller au charbon, de l'humanité face à la barbarie et au cynisme ambiant. Et vraiment, cette découverte du Bastion est exceptionnelle. Beaucoup aimé ! Quatrième de couverture Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d'or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu'elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu'une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c'était avant qu'on pirate sa vie. Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s'escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d'une jeune garde, qu'a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs... La réputation de l'experte en cybercriminalité n'est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l'ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'enfant allemand
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'enfant allemand Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2011 454 pages traduites par Lena Grumbach Thriller Chronique 6 octobre 2017 Cinquième épisode de la série policière suédoise se déroulant dans la petite ville portuaire de Fjallbacka presque à la frontière norvégienne. Enfin nous retrouvons Erica Falck écrivaine de chroniques meurtrières réelles, sur le terrain . En plus Patrik, son mari, a pris un congé parental pour s'occuper de leur fillette Maja de un an. Notre enquêtrice va mettre tout son talent et son expérience à comprendre ce qui est arrivé à sa mère Elsie entre 1943 et 45. Elle a découvert dans un coffre une layette tachée de sang avec une médaille militaire SS et un journal intime. Ainsi retrouve-t-elle une jeune fille tout à fait différente de la femme froide et terrifiante qu'elle a connu. À l'époque, elle apprend ainsi que sa mère faisait partie d'une bande comprenant Brita la bimbo, Erik le littéraire, Frans le coléreux. Le frère d'Erik, Axel , a été arrêté par les Allemands alors qu'il prenait livraison côté norvégien d'un document. Mais c'était un piège. Venu sur le bateau du grand père de Erica pêcheur, qui aidait ainsi la résistance , ce dernier va devoir apprendre cette nouvelle à la famille du jeune homme. Peu de temps après un norvégien de 17 ans caché dans le bateau, Hans, lui demande son aide pour fuir les SS et la Norvège. Il le ramène chez lui, et Hans rejoint la petite bande. De nos jours, deux adolescents en mal d'émotions fortes se faufilent dans la maison des deux frères, Erik et Axel. C'est l'été, il semble qu'elle soit vide.... Mais dans la bibliothèque où Erik garde sa collection d'objets nazis, son cadavre les attend.... Brillamment, Camilla Lackberg va entremêler les deux histoires, celle de Elsie et ses amis pendant la guerre, et celle d'aujourd'hui troublée par la montée des partis d'extrême droite. Le parcours monstrueux que sera celui d'Axel nous rappelle les pires images et témoignages de cette période noire pour l'humanité. C'est un récit lourd et terrible, mais heureusement l'auteur nous ménage des scènes cocasses et légères entre Patrik dépassé par son rôle de père, Mellberg le chef ridicule du commissariat toujours en pleine recherche de l'amour, et l'arrivée de la nouvelle recrue Paula qui réserve aussi beaucoup de retournements de situation savoureux. Il faut bien tous ces moments joyeux pour équilibrer le reste. "Nacht une Nebel", nuit et brouillard qui vont recouvrir toute l'équipe de policiers, Erica et Patrik. Une note spéciale pour Thomas le collègue de Patrik, qui en son absence prend de l'assurance en dirigeant l'enquête. Un des meilleures opus de cette série, la joie de retrouver Erica plus pugnace et attachante que jamais. Une fin toujours aussi bouleversante et soignée. Une conclusion : vous avez intérêt à aimer le café et les sucreries en Suède et à avoir un estomac solide. Le prochain : La sirène. Quatrième de couverture La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrick Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné... Dans ce cinquième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg mêle avec une virtuosité plus grande que jamais l'histoire de son héroïne et celle d'une jeune Suédoise prise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Tandis qu'Erica fouille le passé de sa famille, le lecteur plonge avec délice dans un nouveau bain de noirceur nordique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le garçon
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le garçon Marcus Malte Zulma 18 août 2016 544 pages Hitorique Chronique 8 février 2017 Terminé à 13 heures juste avant de partir chanter, me laissant dans un état de sidération, encore hypnotisée par ce récit, le rythme de son écriture, les images qu'il a gravées en moi. Second souffle, de retour, je suis encore dans l'émotion.... Un livre puissant, organique, charnel, lyrique, brillantissime sans fatuité, un livre qui nous ouvre les espaces, nous invite à regarder l'horizon, à nous poser la vraie question : Être humain, ou simplement ÊTRE. Le garçon, sans nom, sans voix, tous les sens en éveil, mène sa mère à une immense nappe d'eau saumâtre comme pour un pélerinage ultime, une promesse de nouvelle respiration, la portant sur son dos, mais il est trop tard. Elle n'est plus.... Poussière à la poussière, rite de l'incinération, et voilà le garçon en mouvement, traversant des terres arides de cette embouchure du Rhône, sauvages, hospitalières pour lui, enfant des racines, du vent et de l'humus, sous les vols des oiseaux, dans l'eau claire d'une baignoire naturelle, dans une grotte où s'étalent les dessins des premiers hommes. Tout doucement d'une absence de temps, de repère, le garçon remonte les siècles pour se situer peu à peu dans le monde des Hommes qu'il choisit instinctivement de rejoindre. 16 ans environ, sans nom, sans expérience de l'âme et de ses tourments, il arrive dans un hameau en 1908...... Nous allons rencontrer entre autres l'Homme Chêne, l'Homme Gazou, la Femme Papillon, l'Enfant Ver, ..... puis nous feront la connaissance de Brabek, la terreur des Carpates, lutteur poète et érudit ; enfin au détour d'un chemin, nous nous jetterons avec lui sous les roues de la sauvage Emma, pianiste passionnée, fille du tendre Gustave agronome belge, veuf éternellement de son amour perdu........ C'est un conte philosophique, un parcours initiatique, une aventure à grande échelle, une histoire d'amour transcendante et d'un érotisme bouleversant, cru, joyeux ; c'est l'Histoire qui écrase tout sous son passage, c'est l'apprentissage de la haine, de la mort et de la violence ; c'est le ventre qui se noue devant l'injustice et la douleur, c'est l'histoire d'un garçon rebaptisé Félix, puis Mazeppa, d'abord considéré comme un animal, qui se révèle cependant plus civilisé que tous ceux qui autour de lui savent lire ou écrire ou parler ; c'est celui qui sait dans ses tripes, du plus profond de son inconscient, la vérité. Marcus Malte, sur une partition aux sonorités amples, larges de Mendelssohn, Chopin, Liszt... sur les mots de Hugo, Verlaine.... est un virtuose mêlant avec art les phrases d'une extrême longueur à d'autres brèves et acérées, créant chez le lecteur une transe. Et que dire de ce retour violent ou drôlatique à la réalité historique ...... « cette année là, voilà ce qui se passait dans le monde », pour nous remettre dans la réalité, notre héros et donc nous-mêmes évidemment étant hors du temps, Marcus Malte se joue des mots, des styles, des répétitions, des événements, des formules, et crée une vraie OEUVRE. Touchée en plein coeur, en pleine âme, ce livre restera à vie dans ma mémoire, il en est ainsi de certains moments d'éternité, de respirations, offerts par des auteurs inspirés et inspirants. A lire, dévorer, boire, toucher, sentir, aimer, adorer ....pour ÊTRE. Quatrième de couverture Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin, d’instinct. Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek, l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l'amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse tout à la fois sœur, amante et mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l'épreuve humaine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Dame à la Licorne et le Beau Chevalier
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Dame à la Licorne et le Beau Chevalier Nathalie Koble Phébus 4 mars 2021 288 pages traduites par l'autrice Historique Patrimoine Chronique 8 mai 2021 Préface de Léonor de Récondo. Un joyau de la littérature médiévale enfin traduit en français moderne ! Bravo à Nathalie Koble qui, avec certains étudiants, a réussi ce tour de force. Un texte qui devient, de fait, très proche, où souffle le vent de la passion amoureuse et courtoise, où les chevaliers font montre de bravoure sans être des bruts sanguinaires gonflés de testostérone, des hommes capables aussi d'être sensibles et respectueux envers celles dont ils attendent le consentement, avant de les courtiser, en suivant des règles de bienséance. C'est la femme ici qui décide, qui choisit son chevalier servant, qui impose sa loi. Les héros présentés sont des guerriers émérites, capables de tuer l'ennemi en utilisant la violence, celle-ci n'ayant plus court dès les conflits terminés et le retour à la vie normale. Les chevaliers combattent pour prouver leur valeur à celles qu'ils aiment ; ils multiplient les exploits, signent des traités de paix, voyagent dans des contrées lointaines jusqu'à celles où règne la magie, où vivent des êtres extraordinaires dignes des contes ou légendes... Évidemment, l'humour est aussi présent grâce à un écuyer qui accompagnera notre héros le Beau Chevalier ; une sorte de faire valoir, qui par sa présence apporte de la légèreté au récit devenu guerrier et dramatique. Un roman se partageant en cinq saisons : 1/ La naissance de l'amour : Où deux chevaliers sont refusés par la Dame à la Licorne et où le Beau Chevalier fait son apparition, où les amants prêtent serment et où commencent les médisances et les jalousies. 2/Le val aventureux et la cour impériale : Où apparaît un géant diabolique qu'il faut combattre, un chevalier Fée, être étonnant, qui accoure dès que notre héros l'appelle grâce à un sifflet magique, le beau Chevalier prend le nom de Chevalier au Lion, échange de lettres, de poèmes entre les amants grâce au génie du chevalier Fée, batailles contre le Roi de Jérusalem... 3/ Le voyage en Orient où après des batailles et des fuites déguisés en nonnes, on part pour la Turquie, puis en Terre Sainte jusqu'au Saint Sépulcre. Puis la Hongrie, et la guerre contre le Roi de Chypre. 4/ Retrouvailles au royaume de Frise, la quête de la Terre de labeur : vous y attendent des tournois, une Demoiselle Porc-épic, un dragon, un Chevalier au Chef d'Or, un nouveau cheval, Morel le farouche, une femme-cerf, un nain sadique, une demoiselle à la fontaine et un gerfaut magique. 5/ Les meilleurs mondes : où les mensonges rendent fou de douleur le Chevalier au Lion croyant la Dame à la licorne morte, celle-ci prisonnière et qu'il faut délivrée. Victoire sur tous les ennemis grâce à l'aide de tous et en particulier du Chevalier Fée. Le Chevalier au Lion reçoit le titre de champion du monde et la Dame à la licorne de la meilleure et la plus belle. Joie sans fin pour les deux amants. « Le manuscrit qui contient Le Roman de la Dame à la Licorne et du Beau Chevalier est unique. Abondamment enluminé, destiné à des dédicataires de haut rang, il a été copié à Paris au milieu du XIV ème siècle. Il est rédigé en moyen français, en vers et en prose. [ Le texte compte 8575 vers d'abord écrit en décasyllabes puis en octosyllabes à rimes plates. Il comprend en outre des insertions poétiques et une lettre d'amour en prose.] Il a fait l'objet d'une édition ancienne, allemande, mais il est tombé dans l'oubli et n'a jamais été traduit. Le livre tend au lecteur d'aujourd'hui plusieurs énigmes : si le roman lui-même, un récit long de plus de 8000 vers, reste anonyme, la copie qui le transmet paraît cacher une destinataire et une circonstance d'écriture bien particulières, pour un cadeau de luxe et qui ne fut peut-être jamais offert ; son éloge obsédant à la douceur, sa topique courtoise, trempée au plus célèbres fictions qui circulaient dans les bibliothèques princières depuis le XII ème siècle, ont pour revers les heures les plus sombres de la guerre de Cent Ans. Enfin, le roman consacre le double avènement d'un mot et d'un symbole : la licorne, dont il nous livre la première occurrence, au féminin. [...] » De par sa présentation ce roman, que j'ai lu avec beaucoup de plaisir et de facilité, ceci pour vous rassurer, tant la traduction est habile, est dans la lignée autant de la " tradition courtoise héritée des romans des siècles précédents qu'à l'écriture narrative pratiquée selon l'usage courtois au milieu du XIVe siècle " : Guillaume de Machaut en est le plus célèbre représentant, mais aussi Charles le Mauvais, roi de Navarre et frère de Blanche. On citera également Chrétien de Troyes. Le texte en prose d'une grande beauté est entrecoupé de Rondeaux, de poèmes, de chants, tous nouveaux, inédits. Ce ne sont pas des reprises de morceaux ou textes célèbres réorganisés dans une nouvelle mouture. C'est aussi par cela que cet ouvrage est extraordinaire. Poésie, émotion, courage, délicatesse, magnificence du récit et des enluminures décrites en pied de page font de La Dame à la Licorne et le Beau Chevalier un fleuron de notre littérature. À découvrir absolument : mettant en avant le respect des hommes pour les femmes et traçant un portrait du chevalier dépourvu d'hyper virilité, plus nuancé, il fait écho aujourd'hui au mouvement MeToo et aux interrogations quant aux archétypes d'éducation imposés selon le genre. Enfin vous retrouverez tous les ingrédients de vos œuvres préférées postérieures à celui-ci tant en romans fantasy, jeunesse, films, et autres opéras dont ceux de Wagner, Dvorak etc... Quatrième de couverture Rédigé sur commande vers 1350 à l'occasion d'une promesse de mariage, ce roman chevaleresque destiné à une princesse est un témoin ambitieux de la littérature de la fin du Moyen Age. Nourri d'un idéal courtois mis en danger par la guerre, les rivalités politiques et les épidémies, le livre ne se contente pas de raconter une histoire d'amour, modelée sur tant d'autres : la poésie, la musique, la danse et la qualité des images y célèbrent une culture complète des sens, bien avant le très célèbre cycle de six tapisseries de La Dame à la Licorne, auquel il a sans doute servi d'inspiration. Il avance, autour de la figure rêvée de la licorne, devenue féminine, une image renouvelée de la féminité, en récit, en poésie et en images. Pour une jeune femme, ce livre-coffret se présentait autant comme un manuel de conduite éthique et érotique, que comme une promesse de divertissements secrets, pour égayer les heures passées dans les chambres aux tentures multicolores - non loin des rumeurs, et momentanément à l'abri des catastrophes du monde. Seule, ou avec un amant parfait, et pour le meilleur face au pire. Les amateurs de fantasy retrouveront tous les ingrédients qui ravissent l'imaginaire de bien des lecteurs d'aujourd'hui. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le roman vrai de Gorbatchev
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le roman vrai de Gorbatchev Vladimir Fédorovski Flammarion 10 février 2021 272 pages Biographie Chronique 24 février 2021 Biographie ou roman ? En ces temps où certains dirigeants de pays au bord de l'explosion s'essaient à réécrire l'Histoire, eux-mêmes devenant de facto des personnages de leur roman, de cette réinterprétation des faits, le titre de cet ouvrage est révélateur et répond en quelques sortes aux velléités de fiction d'un Poutine et de certains de ses prédécesseurs. Sans oublier, évidemment, certains présidents occidentaux. Manipuler l'opinion publique est un sport international depuis la nuit des temps. Exercice plus difficile aujourd'hui où des preuves audio, filmées ou testimoniales se multiplient sur ce qui s'est passé depuis les années 40. L'auteur, qui fut sur place en tant que diplomate lors des évènements, et qui est également l'ami d'Alexandre Yakovlev, conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, nous rapporte ici les fruits de son enquête sur le personnage insaisissable et déroutant que fut donc Gorbatchev, celui qui, pour les uns, mit fin à la guerre froide et libéra le monde du communisme et qui, pour d'autres, fut traître aux valeurs de son pays. Encensé par les premiers, haï et ridiculisé par les seconds, on peut se demander où est la vérité. Je vous invite à lire la quatrième de couverture des plus claires. Un roman vérité, court et concis, remarquablement écrit, qui brosse en quelques pages la vie de cet homme, tentant de retrouver dans son enfance et sa jeunesse les éléments révélateurs de sa personnalité et de ses futurs choix intimes et politiques, de remonter à la source de ses courages ou ses atermoiements incompréhensibles, de son indépendance et soudain de ses alliances contre nature avec le KGB, menant inexorablement à sa chute, puis à sa déchéance dans la mémoire des Russes d'hier et étonnamment d'aujourd'hui. La nostalgie du communisme efface miraculeusement pour certains la réalité de ce système totalitaire, inhumain, coupable de génocide et d'assassinats monstrueux. Certains oublient vite le poids de l'épée de Damoclès qui les empêchait de respirer jour après jour, de la terreur qui vrillait le ventre, de la paranoïa créée dans la société, dans la cellule familiale même. Tout était empoisonné au nom d'un système dictatorial maintenant les plus fragiles, les plus pauvres, à leur place et enrichissant ignominieusement les plus puissants. Rien de nouveau. Alors qu'est ce qui a poussé ce fils d'agriculteurs de la région de Stavropol, du Midi, à vouloir gravir les échelons et à se lancer dans la politique ? Peut-être sa rencontre en 1950, alors qu'il étudie le droit à Moscou, avec son épouse Raïssa Maximovna Titarenko, étudiante en philosophie, future professeure de « matérialisme dialectique ». « Le génie du Sud, celui de Gorbatchev, sensible et fantasque, souvent artistique, s'oppose à un Nord plus cérébral, caractéristique de son épouse Raïssa. » Plus que s'opposer, ils se complètent. C'est une véritable équipe, un réel partenariat qui se forment en même temps que naît une étonnante et rarissime histoire d'amour. Les moments clés sont déchiffrés pour nous par le biais du regard de l'auteur, historien de formation, ancien diplomate, donc témoin et acteur de la pièce qui se jouera dès l'avènement de Gorbatchev au pouvoir jusqu'à son départ forcé. C'est aussi un livre qui, d'une certaine manière, nous met en garde sur les interprétations des uns et des autres, de par et d'autre des frontières, qui tire la sonnette d'alarme quant aux versions fictionnelles que certains gouvernements souhaiteraient nous voir adopter comme vérité historique. L'auteur cherche à tout prix à rester impartial, juste, dans son analyse des réussites et des échecs de Gorbatchev qui pourtant, jusqu'au bout semble rester pour lui une énigme. Restons vigilants, restons informés, ne collaborons pas insidieusement à l'écriture d'une Histoire falsifiée, dépouillée des preuves irréfutables de certaines vérités incontournables et incontestables. Quatrième de couverture Glorifié en Occident pour avoir mis fin à la guerre froide et libéré le monde du communisme, Gorbatchev est aujourd'hui haï par les Russes qui le rendent responsable de toutes leurs difficultés. Alors, qui est-il? Un réformateur visionnaire qui permit la chute du mur de Berlin? Ou un idéaliste qui voulut détruire le système totalitaire, quitte à trahir les intérêts de son propre pays ? Le Roman vrai de Gorbatchev est une enquête nourrie d'archives inédites et de témoignages encore jamais révélés sur l'une des plus grandes figures du XXe siècle et sur les personnages qui ont gravité autour de lui, de son épouse Raïssa à Alexandre Yakovlev, l'architecte de la perestroïka, en passant par son fantasque rival Boris Eltsine. Acteur et témoin privilégié des grands événements qui ont mené à la fin du communisme, Vladimir Fédorovski nous raconte les manipulations, les victoires et les échecs d'un homme au psychisme impénétrable qui a changé la face du monde. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La vie secrète d'Emily Dickinson
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La vie secrète d'Emily Dickinson Jerome Charyn Payot & Rivages 2013 427 pages traduites par Marc Chénetier. Roman biographique Chronique 9 novembre 2018 Ma rencontre avec la poétesse fut un moment charnière dans ma vie tant sur le plan personnel que professionnel. J'étais invitée à chanter les huit pièces orchestrées par Aaron Copland sur les Twelve poems of Emily Dickinson à la Cité de la Musique en 1998. Un sacré souvenir. Sa voix, ses mots sont revenus plusieurs fois ponctuer mon parcours à diverses occasions comme en 1999 à la demande de Philip Roth. Emily est telle une amie lointaine que je revois toujours avec une grande joie, l'interprétant à chaque fois différemment tant les poems offrent de possibilités de couleurs. Dans ce roman biographique, lors des cauchemars ou rêves, apparaissent en filigrane les mots de Emily : "I felt a funeral in my brain" lorsqu'elle se voit enterrée vivante, " The world feels dusty" quand tout d'un coup elle décrit la poussière d'or qui vole dans l'air, visible dans un rayon de soleil. « Fermer les yeux c'est voyager » écrit Emily Dickinson en 1870. Ainsi s'ouvre ce livre, la vie secrète de cette fée réimaginée par l'auteur. Les deux ans au Séminaire de Mount Holyoke puis des décennies revenue dans le manoir familial, dans une relation fusionnelle avec son père, mais aussi avec son Grand Frère Austin, sa sœur cadette Lavinia, sa mère en permanence malade. Le père, le seigneur du village est un homme politique autoritaire autour duquel tout tourne. Un destin exceptionnel d'une femme attachante, peu sûre d'elle, souvent sous influence, avec un vrai cœur d'artichaut, une femme également de tête et de caractère... Ne pas se fier à sa petite taille et sa voix fluette. Celle-ci devient tonitruante et puissante dans ces poèmes ; son choix de solitude, de regarder le monde à travers sa fenêtre de chambre n'est pas une fuite mais au contraire l'ouverture vers un monde d'imaginaire et de fantaisie incroyable. Ce livre n'est pas une biographie, comme pour d'autres personnages célèbres, par exemple" Les mémoires imaginaires de Marylin Monroe", Jerome Charyn mêle vérité et fiction, il " dépasse la légende en lui donnant une voix". Emily Dickinson est la narratrice, elle nous parle, nous touche, elle est vivante et pleine de sensualité exacerbée. Nous sommes très loin des clichés véhiculés faussement sur elle, ce n'est pas une vieille fille excentrique, elle est une âme vibrante, indépendante, contemporaine, transgressive. Elle s'évade du manoir grâce à son pouvoir de création et son imagination. Ainsi, " Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature." Quatrième de couverture "Fermer les yeux c'est Voyager", écrit Emily Dickinson en 1870. C'est par ces mots que s'ouvre La Vie secrète de la grande poétesse américaine, réinventée par Jerome Charyn. Du séminaire de Mount Holyoke à la solitude des dernières années, il retrace le destin d'une femme exceptionnelle. Pourtant ce livre n'est pas une biographie : comme Norman Mailer dans les Mémoires imaginaires de Marylin, Charyn dépasse la légende en lui donnant une voix. Car c'est bien Emily Dickinson que l'on entend, vivante, sensuelle, loin des clichés la réduisant à une recluse excentrique toujours vêtue de blanc. Mais l'héroïne si moderne cache un paradoxe : éprise d'indépendance, elle s'évadera grâce à la force de son imagination, simplement assise à sa table. En célébrant ainsi ce personnage hors du commun, Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















