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- Madame S
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Madame S Sylvie Lausberg Mon Poche 3 mars 2022 409 pages Biographie Chronique 6 mars 2022 Paru initialement aux Éditions Slatkine &Cie en 2019. Polar biographique ! Résolution d'une énigme policière historique ! Le mystère qui entoure Marguerite Japy-Steinheil future Lady Abinger n'a toujours pas été résolu tant cette femme a su, tel un caméléon surdoué né des circonstances, jouer tous les rôles que lui ont imposés la société, sa naissance, son époque, son père, les hommes, la presse, certaines autres femmes fort peu compatissantes. Pourtant tout avait bien commencé, mais que voulez-vous, lorsque certaines ont un charisme naturel, qu'elles attirent les regards, la concupiscence, l'amour malsain et obsessionnel, force est de constater que les bonnes âmes ne manquent pas pour les conspuer, les haïr, les montrer du doigt, les condamner aux feux de l'enfer avec un petit passage par la guillotine, pourquoi pas !?! Dans ce début du XXe siècle où une femme ne peut être qu'une prostituée, une sainte, ou une épouse, où ses droits sont bafoués en permanence par une autorité patriarcale toute puissante, où le statut de mineure est sans fin, où aucune pitié n'est à attendre des hommes mais aussi de certaines représentantes féminines jalouses se posant en juge partial et menant l'enquête à charge, que peut-on espérer, comment s'en sortir, comment sauver sa peau ? Texte magnifiquement écrit, drôle, cruel, réjouissant, passionnant, émouvant, respectant un plan rigoureux qui nous permet de découvrir les multiples aspects de ce destin rocambolesque et hors du commun, de cerner avec plus de justesse cette figure qui fit couler beaucoup d'encre, qui fit tourner beaucoup de têtes et pas des moindres, sur laquelle tout et son contraire fut soutenu et déclaré. Les circonstances qui ont amené l'auteure à se pencher sur cette vie extraordinaire sont un heureux hasard : la location par notre écrivaine de l'ancienne maison de la fameuse Séverine, journaliste libertaire. La trouvaille de documents au fond d'une boîte, titillant les cellules grises de l'historienne, psychanalyste et journaliste, j'ai nommé notre guide. Le désir d'aller au delà des apparences, de traverser le miroir du temps pour retrouver la petite fille Meg puis la femme, Marguerite, prend possession de Sylvie Lausberg. Nous mettons autant nos pas dans ceux de Madame S que dans ceux de l'enquêtrice à la recherche de la vérité sur les multiples scandales qui ont jalonné ce parcours si incroyable qu'il en paraîtrait exagéré dans une fiction. Cette biographie fabuleuse est aussi une fresque historique et une analyse pertinente et édifiante de la société française au tournant du XXe siècle, secouée par plusieurs événements et scandales, telles la Guerre de 1870, la défaite française, la Commune, l'affaire Dreyfus...... Éloignons-nous de l'image caricaturale donnée à la célèbre maîtresse du président Felix Faure pour faire la rencontre de l'individu. Essayons de percer le secret de l'énigme policière jamais résolue du double meurtre de son époux et de sa mère. La solution offerte par l'autrice est des plus savoureuses et me fait encore sourire alors que j'écris cette chronique. J'ai adoré cette biographie, cette femme qui semble avoir tout fait pour survivre dans un monde d'hommes où certaines, telle Séverine, pouvaient aussi être des ennemies acharnées ; c'est une plongée dans le monde politique et le microcosme des grands propriétaires industriels, dans les intrigues d'alcôve, nous faisant pénétrer dans les salons mondains, découvrir la bonne société corsetée et hypocrite, les bureaux de la police secrète, les salles de rédaction..... Une biographie haute en couleurs, dense, impressionnante, un tourbillon de sensations fortes, un hommage enfin rendu à une femme intrigante et mystérieuse qui a joué au mieux avec les cartes qui lui ont été distribuées. Respect ! J'aimerais tant que ce texte devienne film ! Quatrième de couverture « L'anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa « connaissance » s'est sauvée par l'escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l'affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l'on surnomme depuis la « pompe funèbre »... Intriguée par cette « putain de la République », une journaliste recluse décide d'enquêter sur cette si mystérieuse Madame S. et sur les secrets d'un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales. Sylvie Lausberg livre un passionnant thriller historique sur les traces volontairement effacées de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante qui sauvera sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d'injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les fantômes d'Eden
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les fantômes d'Eden Patrick Bauwen Albin Michel 2014 631 pages Thriller Chronique 23 juillet 2018 « Salut Paul, tu nous as manqué... Où étiez-vous passés, toi et ta petite bande ? ... Et ton père, et la vieille Abigail ? Elle aussi nous a manqué, sacrée vieille sorcière... Vous devriez revenir, nous nous languissons.... Prenez votre barque, laissezvous guider sur les Eaux Sombres.... Nous serons toujours là pour toi, Paul, bruissant et dansant sous la lune... Les marais sont si beaux, et nos racines dissimulent tant de choses merveilleuses... Reviens quand il fera nuit, tu verras par toi-même : il y aura des lucioles et des grillons, et des lamantins et des reptiles, et des serpents et des araignées d'eau, et peut-être une ou deux surprises... Oui, une ou deux surprises plus étranges encore... Reviens-nous vite, Paul... Laisse-toi bercer... Nous t'accueillerons, nous nous occuperons de toi. » Tout est là dans ce passage ... Je pourrais m'arrêter ici tout simplement.... J'ai eu la sensation de basculer en permanence entre « Oliver Twist », « Peter Pan » et « Sur les hauteurs du Mont Crève-coeur » d'un maître pour moi , Thomas H. Cook. Entre la magie de l'enfance, des bandes de potes à la vie à la mort, avec son chef « Capitaine, mon Capitaine », des amours pour toujours, des monstres cachés, de la touffeur des Everglades, de la moiteur des marais, de la faune vorace à l'affût, des cris dans la nuit « Nnnnnnnuuuuuueeeee » , des adultes incompréhensibles et faillibles, des ennemis jurés, d'un tueur qui soudain frappe mais se trompe de cible. Un roman tendre, enfantin, puis thriller étouffant, anxiogène, violent comme ces orages d'été sur ce sud des USA, comme ces ouragans qui emportent tout.... Hypnotique, poétique, charnel, puis terrifiant ... La haine comme l'amitié ou l'amour traversent les années, inchangés... Un beau livre, simplement, inspirant. Une phrase en particulier a fait écho dans mon coeur et mon esprit : « Accroche-toi à tes rêves ! Tu le dois à trois personnes : À toi aujourd'hui, à l'enfant que tu as été, au vieil homme que tu deviendras. Ne les déçois pas ! » Été 1978, cinq copains , Paul Becker, le capitaine, Stan Monroe dit Stan le Dingue, Cameron Cole dit Big Cam, Jerry Goodritch dit le Bigleux, et la ravissante Sarah Lewis, âgés plus ou moins de douze ans, décident d'emprunter la barque du père de Paul pour aller dans les Eaux Sombres, situées à la pointe sud de la Floride, dans les Ten Thousands Islands. Une épopée comme les mômes inventent pour partir à la poursuite d'une créature mythologique, le « Minotaure ». Ils sont encore des enfants, plus pour très longtemps. Un meurtre va être commis, et 30 ans plus tard, ils devront payer... Alors l'un d'eux va être assassiné, et le narrateur Paul va pister le coupable, bien obligé : le mort c'est lui .... Qui en a voulu à sa vie.... ? Je m'arrête là pour respecter la brièveté de la quatrième de couverture... Quatrième de couverture Paul Becker (le héros de Monster) est au fond du gouffre. Obèse, divorcé, dépressif, ruiné... Il échappe miraculeusement à une tentative de meurtre alors qu'il s'est réfugié dans le parc de Yellowstone pour tenter de se refaire une santé. Mais il laisse croire à sa mort et se lance dans une enquête méticuleuse qu'il oblige à exhumer ses souvenirs d'enfance et les énigmes de son passé en Floride dans les années 70 pour découvrir qui a commandité son meurtre et pourquoi. Alternant le récit de l'adolescence de son héros, des frasques de sa petite bande d'amis en mal d'aventures, et celui de la traque de son "meurtrier", Bauwen nous embarque dans une aventure pleine de rebondissements. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le piège de verre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le piège de verre Eric Fouassier JC.Lattès 2017 475 pages Polar Historique Chronique 4 février 2018 Tome 2 de la « Saga Heloïse, l'apothicaire ». La belle couverture m'a attirée puis ce fut le résumé mentionnant une héroïne apothicaire au tout début de XVIe siècle. L'auteur est membre de l'Académie nationale de pharmacie et spécialiste de l'histoire de la pharmacie qu'il enseigne depuis vingt ans à l'Université. Il est aussi un passionné de jeux de piste et d'énigmes. Donc ce roman regroupe tout ce qu'il aime et pour notre très grande joie. J'ai lu exactement le livre que j'espérais découvrir. Un thriller historique fantastique aux couleurs ésotériques très bien construit et documenté, dont l'héroïne Héloïse peu banale se lance sur les routes de France, de son apothicairerie d'Amboise dont elle a hérité à la mort de son père et qu'elle a eu le droit de reprendre par autorisation royale, jusqu'à Reims et ses secrets. 1503, trois apothicaires sont assassinés, sur leurs fronts d'étranges inscriptions sont gravées. Anne de Bretagne, épouse de Louis XII après avoir été celle de son prédécesseur Charles VIII, comprend qu'un complot s'ourdit contre la couronne. Elle demande donc à Héloïse Sanglar, qu'elle a connue lors de précédents événements gravissimes au cours desquels elle a pu juger de son courage et de son intelligence, de mener l'enquête, accompagnée d'un fidèle de la reine le Baron de Comballec, un guerrier antipathique et brusque. Une âme dérangée et vicieuse mais cependant ingénieuse a monté toute une machination dans un seul but proprement incroyable. Ainsi un vrai jeu de piste périlleux et mortel avec pièges, énigmes, jeux de mots, faux semblants a été créé de toute pièce pour notre tandem accompagné du jeune Robin. Un vitrail mortel, un moine fou suivi d'un Jean Cousin dit l'Angelot, des sciences occultes, des secrets millénaires, des ordres anciens, des indices cachés dans l'architecture de monuments ou dans un poème, tous les ingrédients nécessaires au suspense sont là. Notre Héloïse toujours amoureuse secrètement du célèbre chevalier Bayard guerroyant en Italie pour le compte du roi à Garigliano, est aussi sensible au regard que porte sur elle Henri de Comballec tombé tout doucement sous le charme de la belle rousse si courageuse et intelligente. Les aventures de tous ces personnages issus de l'imagination fertile de l'écrivain croisent celles de figures célèbres de notre Histoire de France et des Arts. J'ai appris énormément et été amusée ou emportée par ce récit sous forme de course contre la montre. La fin imprévisible me laisse espérer une suite. Du très bel ouvrage donc que ce roman ! Quatrième de couverture 1503, trois alchimistes sont retrouvés assassinés, d'étranges lettres gravées sur le front. Convaincue qu'un complot se trame à l'ombre de la Couronne, la reine Anne de Bretagne fait appel, pour mener l'enquête, à la jeune apothicaire Héloïse Sanglar, accompagnée du baron de Comballec, un soldat autoritaire et rude. Afin de déjouer la machination conçue par un esprit dérangé, les voici contraints de décrypter les énigmes et codes secrets d'un mystérieux parchemin. Vitrail aux pouvoirs mortifères, sciences occultes, disparitions inexpliquées... les menaces pleuvent sur Héloïse, bien déterminée à venir à bout des adversaires du roi. Mais les temps sont difficiles quand on est une femme, et, et il lui faudra l'aide de tous ses alliés, jusqu'à celle de son amour de jeunesse, le chevalier Bayard. Dans ce récit captivant, entre roman historique et thriller ésotérique, Éric Fouassier nous entraîne dans une véritable course contre la montre au cœur de la France de la Renaissance. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Miroir aux mirages
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Miroir aux mirages Philippe Lemaire De Borée Terres d'écriture 10 novembre 2022 288 pages Historique Chronique 10 novembre 2022 « Un voyage de tous les périls de Paris à Venise en passant par les Alpes, franchies à dos d'âne. » Lorsque nous visitons le château de Versailles et en particulier admirons la Galerie des Glaces, jamais nous ne pourrions imaginer ce que ces miroirs recèlent, derrière leurs reflets éblouissants, de mystères et de ténébreux complots. Savoir fabriquer des miroirs d'une telle eau est alors l'apanage des Vénitiens et une source de richesse incomparable pour la Sérénissime. Les secrets de fabrication sont jalousement gardés, l'Inquisition et le Doge y veillent assistés de leur police secrète. Les règles qui régissent donc la vie des artisans et maîtres verriers de Murano sont particulièrement strictes. Ne pas y obéir peut mener au cachot voire à la mort. Or, Louis XIV, jeune roi flamboyant, sûr de son bon droit, exige d'avoir le meilleur afin que sa splendeur brille de mille feux. Pour son bon plaisir et celui de ses maîtresses, Colbert doit tout mettre en oeuvre pour voler le secret des Vénitiens et le rapporter à Paris où le souverain veut ouvrir une manufacture royale. Un jeune noble désargenté va être donc missionné comme espion industriel. Direction Venise. La tâche est ardue, les artisans verriers méfiants et terrorisés. Mais un évènement au détour d'une ruelle lors d'une nuit de brouillard va offrir à notre jeune ami une opportunité inespérée. De Venise à Paris, l'histoire de ces vénitiens, bravant les dangers et l'autorité du Doge, guidés par cet espion français est méconnue et passionnante. Un roman en clair obscur, une cité où tout n'est que mascarade et complots, des hommes et femmes en péril ayant soif de liberté, de richesse, en quête d'une terre d'accueil. Mais ce rêve n'est-il pas une chimère, un fantasme, un simple reflet ? Le Miroir de l'avenir est trouble, imparfait. Le bonheur est-il au bout de ce périple pour les verriers, leurs familles et le jeune agent de Colbert ? Quatrième de couverture Afin que Louis XIV puisse se refléter dans des miroirs qui seraient enfin français, François est envoyé à Venise sur ordre de Colbert qui entend créer la Manufacture royale des glaces de miroir. Sa mission ? Dérober aux Vénitiens les secrets de fabrication des grands miroirs qu'ignoraient alors les artisans français. Mais ce n'est pas tout ! Il lui faut aussi convaincre quelques grands maîtres verriers de venir à Paris pour y transmettre leur savoir. Le pont d'or qu'il est prêt à leur faire sera-t-il suffisant ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Voix des vagues
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Voix des vagues Jackie Copleton Les Escales 2016 302 pages traduites par Freddy Michalski Historique Chronique 8 septembre 2019 Jackie Copleton a enseigné l'anglais pendant plusieurs années à Nagasaki et à Saporo. Elle vit désormais avec son mari à Newcastle, au Royaume-Uni. Ceci posé, la connaissance intime de la culture et de l'esprit japonais, et la délicatesse avec laquelle est abordé, par Jackie Copleton, l'horreur de l'utilisation de l'arme atomique et ses conséquences, sans oublier la question du deuil et de la perte des êtres chers, sont après lecture de sa courte biographie, compréhensibles. Elle est la bonne personne ! L'écriture est magnifique, d'une grande maîtrise, le suspense savamment dosé, les découvertes imprévisibles dévoilées lentement et sûrement... Tout n'est qu'apparence, la vérité enfin mise en lumière permettra-t-elle à une japonaise âgée, exilée aux États-Unis après la catastrophe de Nagasaki, veuve, seule, de reconnaître en l'homme défiguré qui se présente à sa porte son petit-fils prétendument mort en août 45 dans son école ? Pourra-t-elle pardonner aux autres, se pardonner, affronter la réalité ? De même, on se questionne sur les raisons de la culpabilité de cette survivante, de la responsabilité que cette femme porte étonnamment sur ses frêles épaules, suite à des évènements extraordinaires, à imputer en fait aux gouvernants, ayant tué sa fille et son petit-fils : son mal être prend peut-être sa source dans des faits très anciens, avant la guerre, dès sa jeunesse. Un mystère plane sur tout ce récit, permettant à l'auteure de nous décrire Nagasaki et sa région pendant les premières années du XX ème siècle, de nous faire découvrir la société japonaise en pleine mutation, la vie et la condition des femmes dans ce monde moderne naissant. Bouleversant, très intelligent, un premier roman d'une grande qualité, dense, complet, original. Beau, très beau. Quatrième de couverture Une réflexion poignante sur la famille et le pardon Lorsqu'un homme horriblement défiguré frappe à la porte d'Amaterasu Takahashi et qu'il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s'il dit la vérité ? Ce qu'elle sait c'est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu'elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l'arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord. Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu'elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L'apparition de l'étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d'où s'échappent les souvenirs qu'elle a laissé derrière elle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Princesse de Clèves
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Princesse de Clèves Madame De La Fayette Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix 2019 Lu par Michèle Morgan Roman Chronique 14 juillet 2019 Lu et interprété par Madame Michèle Morgan en 1981, mise en espace sonore par Simone Benmussa et réalisé par Michelle Muller. J'étais tombée amoureuse de ce texte adolescente, en sixième, en raison de la beauté de la langue, sa musique.... Je le lisais et le relisais à haute voix, émerveillée... C'était proprement un plaisir gustatif. Mais tout de même, cette femme, je ne la comprenais pas, elle m'énervait, j'avais envie d'entrer dans le livre pour la secouer, la réveiller. Croyez-le ou non ! Près de quarante ans après je ressens les mêmes frustration et colère. Incroyable ! C'est typiquement le type de personnage que l'on retrouvera ensuite dans les liaisons dangereuses ou dans les œuvres romantiques du XIX ème siècle, qui m'ont toujours agacée. Ce qui me rassure, après écoute de ce roman, c'est la description de l'étonnement et de l'ahurissement des contemporains de cette chère Princesse de Clèves face à son sacrifice. Tout de même, si effectivement la société de l'époque était corsetée, si les femmes étaient enfermées dans le carcan créé par la morale, la religion, le patriarcat tout puissant, il est un fait que libérée enfin de son mari et de toute tutelle masculine, sa décision de ne pas vivre enfin pleinement est incompréhensible pour tous. Elle me laisse effarée, comme tous les témoins de ce récit. Depuis je me pose beaucoup de questions : a-t-elle vécu quelque événement significatif dans le passé qui la bloque au moment de sauter enfin le pas ? A-t-elle peur de la liberté, du bonheur ? Est-elle masochiste ? Traîne-t-elle un sentiment de culpabilité dû à son éducation ? Et mon envie de la secouer furieusement pour la pousser vers le bonheur me reprend. Comme quoi, Madame de La Fayette a fait mouche avec ce roman, toujours d'actualité, le premier ouvrage de la littérature française se penchant enfin sur la psychologie féminine et surtout, choisissant une héroïne et non une figure centrale masculine. Ce qui est formidable, c'est que tout est dit voire suggéré, mais force est de constater qu'il reste toujours ce mystère final, comme un clou dans une chaussure. Et puis.... Et puis Michèle Morgan..... Que dire.... Somptueuse ? Assurément ! Intemporelle ? Oui. D'une grande finesse d'interprétation alliant l'élégance, la justesse, la profondeur.... Du grand Art ! En dire plus serait totalement inutile, écoutez plutôt cet enregistrement qui devrait être dans chaque bibliothèque qui se respecte. À diffuser largement, à faire écouter dès l'adolescence.... À nouveau je le répète, ici nous sommes dans le domaine de l'artisanat d'art exigeant et passionné. Quatrième de couverture « À Madame de La Fayette (1634-1693), on ne doit pas seulement le premier roman d'analyse, mais une révolution des lettres françaises : pour la première fois, le cœur du roman, c'est la vie d'une femme, la Princesse de Clèves. Pour la première fois, dans la société aristocratique du XVIIème siècle qui la réduit au silence, elle fait entendre sa voix intérieure. La Princesse de Clèves parut, sans nom d'auteur, en 1678. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Qui se souviendra de Phily-Jo
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Qui se souviendra de Phily-Jo Marcus Malte Zulma 18 août 2022 576 pages Historique Chronique 3 avril 2023 Je suis en amour littéraire pour certains auteurs de par la beauté extrême de leurs textes, la prodigieuse inventivité de leurs scénarios, l'universalité de leur propos, leur haut quotient intellectuel et émotionnel, la profonde humanité de leur âme. Marcus Malte fait partie de ce groupe d'écrivains qui me font grandir, frémir, jubiler, qui me renoyautent alors même que le dépaysement fut total pendant près de 600 pages. Miraculeux ! Richard Powers me met dans le même état, Pierre Lemaitre, Marie-Diane Meissirel, Min Jin Lee.... également. Marcus Malte trempe ici sa plume dans l'acide et le vitriol pour la rédaction de cet immense roman américain où le sujet principal est la production d'énergie emplissant les poches des uns, soumettant les gouvernements et les peuples à quelques grandes entreprises, mettant en danger de mort la planète entière. C'est un thriller historique et contemporain vertigineux. Les multiples victimes de l'impérialisme américain et occidental se succèdent et finalement se ressemblent, écrasées sous le rouleau compresseur conduit par des fous qui ne voient pas à quel point leurs actions sont suicidaires. L'auteur nous plonge dans un univers parallèle, dément, paranoïaque, où ne règnent que la terreur et l'injustice. Ce texte est une dénonciation, une relecture des données que l'on nous a parcimonieusement servies ces dernières années... On redéfinit le mot complotisme, on frémit à la vision du mur qui ne cesse de se rapprocher. C'est un roman magnifique, prodigieux, terrifiant, intemporel comme toute œuvre majeure. On en sort soit intranquille, soit sur le qui vive, soit conforté dans ses impressions, soit sonné. Impossible de s'en extraire inchangé. Gratitude envers l'auteur. Quatrième de couverture Qui ne connaît pas un de ces inventeurs géniaux dont la découverte reste à jamais inconnue, empêchée ou censurée ? Phily-Jo est de ceux-là. Sa machine à énergie libre, la FreePow, est révolutionnaire. Si visionnaire et dérangeante que la mort brutale de Phily-Jo demeure un mystère pour ses proches. Meurtre ou suicide ? Est-ce le combat de David contre Goliath, une conspiration du grand capital prompt à freiner tous les progrès humanistes ? Dans un infernal jeu de poupées gigognes, les héritiers et disciples de Phily-Jo se lancent tour à tour dans une quête de vérité qui les mène au cœur du Texas, ses couloirs de la mort et ses champs pétrolifères. Mais qui croire, à la fin ? Avec un humour décapant, Qui se souviendra de Phily-Jo ? est le roman de toutes les manipulations –emprise du capitalisme, mensonge, complot, ou pouvoir du récit… Vertigineux et époustouflant ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La caverne de vie
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La caverne de vie Michel Lacombe De Borée Terres d'écriture 10 février 2022 256 pages Historique Chronique 10 février 2022 « Un roman de transmission des savoirs au sein d'un clan préhistorique. » Roman très original écrit par un passionné de fouilles archéologiques et de préhistoire. J'ai énormément aimé cette lecture qui nous plonge au sein d'une communauté nomade au moment charnière où des hommes de Néandertal et Cro-Magnon se sont côtoyés. Depuis la première parution de cet ouvrage, les recherches sur les sites par des professionnels mais aussi des amateurs avertis ont démontré que ces deux espèces d'hommes avaient effectivement vécu aux mêmes endroits, utilisant des techniques et des outils semblables. Anatomiquement aussi les différences morphologiques ne sont pas si énormes. Ainsi, Michel Lacombe vous propose de pénétrer avec lui dans une grotte, celle de Chauvet par exemple, d'en admirer les fresques et de vous laisser envahir soudain par des sons, des odeurs, puis d'ouvrir les yeux et de plonger dans un passé où la tradition était transmise de génération en génération par voie orale, par les dessins et par l'expérience. Ainsi le grand prêtre ou Homme de vie du clan des Nunki sait qu'il doit se trouver un successeur qu'il devra former. Élire un être si unique est chose aisée pour Lanilis dont les aptitudes chamaniques sont grandes. Ce sera donc un nouveau né, Kaïnalis, qui sera son héritier. Commence alors un apprentissage sur plusieurs années pendant lesquelles nous suivons le clan aux us et coutumes extraordinaires, au milieu de cette nature toute puissante, de ces animaux pour certains disparus, assujetti au rigueur du climat, à l'écoute du pouls du Monde, de la Terre. Lanilis est également un artiste dont l'hommage à la Création sous la forme de peintures rupestres est parvenu jusqu'à nous. Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire, "inventeurs" de la grotte de Chauvet, dans la préface qu'ils signent, écrivent : « Un roman qui vous plonge des millénaires en arrière et dans lequel l'auteur a pris soin de faire revivre des gestes, des mentalités et des pratiques depuis longtemps perdus. Il n'en a pas profité pour se livrer au détour de chaque phrase à une leçon de préhistoire, mais a mis ses connaissances au service de mille détails que l'on devine à peine, mais qui donnent au récit son ambiance et sa coloration. Hasard, prescience, prémonition d'artiste ou intuition d'archéologue, plusieurs de ces détails ont bizarrement été confirmés par les recherches en cours dans la grotte ! Quand la fiction romanesque rejoint la science ? » Dans chaque disciplines, ceux qui font faire des pas de géant sont toujours ceux qui allient des connaissances solides à un sens artistique et une imagination créative. Michel Lacombe en est un exemple parfait nous offrant de très belles pages poétiques, dépaysantes, intéressantes, troublantes ou bouleversantes écrites magnifiquement par un passionné authentique, ayant soif de partager ces richesses avec son lectorat dans ce qu'il nomme « ses romans de vie » . Quatrième de couverture 30 000 ans avant notre ère, les Nunki s'apprêtent à gagner la grotte où ils passeront l'hiver, leur chef Naos à leur tête Lanilis, l'homme de Vie du clan, sent que le moment est venu pour lui de former son successeur. Il ne tarde pas à identifier un nourrisson, baptisé Kaïnilis, qu'il va peu à peu former. Apprentissage du savoir faire des autres, connaissance de soi même, de la nature, épreuves, maîtrise de l'art sacré de la peinture rupestre, le chemin sera long et les étapes à franchir nombreuses avant que Kaïnilis ne puisse prétendre au statut d'homme de Vie du clan. Lanilis a t il vu juste en le choisissant ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Chambre 1002
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Chambre 1002 Chrystine Brouillet Ramsay 20 octobre 2019 357 pages Polar Feel-good Chronique 26 octobre 2019 Curieux ! Je ne connaissais pas cette auteure qui pourtant a écrit plus d'une cinquantaine de romans, en partie policiers, entre autres une série consacrée à la détective Maud Graham, avec plus de 700 000 exemplaires vendus. Cela fait rêver... Et je comprends pourquoi, en refermant ce livre enthousiasmant, un vrai régal de drôlerie, d'humanité, de poésie, teinté en plus de peur et de suspense puisqu'également, j'ai frissonné pour l'héroïne, Hélène Holcomb. C'est donc un thriller gastronomique à l'accent québécois entre Montréal et Paris, que l'on pourrait également qualifié de roman feel good. Je remercie les Éditions Ramsay de me l'avoir envoyé, grâce à elles, j'ai eu faim tout au long de ma lecture, me léchant les babines à l'avance en imaginant le bonheur que ce serait de réaliser les 20 recettes ponctuant ce récit.. Vous êtes perdus, je vais vous expliquer : Hélène Holcomb est chef à Montréal dans le restaurant qu'elle a créé, La Strega, terme italien signifiant la sorcière, nom trouvé par ses amies, tant notre héroïne a de talents "magiques" pour ravir les papilles de ses clients et amis avec ses créations gustatives. Vous entrez donc à la suite de cette femme dans un monde enchanté de saveurs mais aussi d'amitié. Ce cercle vertueux formé par toutes ses amies autour d'Hélène est au centre de ce livre ; la force de l'affection et de la confiance que toutes vont avoir en Hélène est la seule qui pourra la sauver. Vous avez donc Marie, son ancien professeur d'arts plastiques et peintre, la plus âgée, Ornella sommelière, Viviane journaliste et " sa blonde" Mathilde, médecin pathologiste, Gabrielle comédienne, Justine la parisienne, créatrice de parfums et nez, Francesca et David étant les employés de notre chef au Strega. Il ne reste de famille à Hélène que Julius, son neveu et filleul. Bellâtre sans formation ni beaucoup de courage, il collectionne les entreprises foireuses et pense toujours que sa tante le sauvera et le financera. Hélène vient de gagner un prix culinaire prestigieux qu'elle doit aller chercher à New York. Ses amies ne peuvent être présentes donc elle s'y rend seule en voiture et pense ensuite rejoindre son chalet de famille au bord du lac Lovering pour se reposer. Le destin frappe sur la route du retour ; vers minuit, c'est l'accident, le transfert en urgence à l'hôpital. Des semaines de douleurs et d'angoisse pour tous : Hélène est dans le coma, on ne sait si elle va se réveiller. Comme dans les contes, ses amies, ses bonnes fées, vont faire une chaîne assurant une présence constante à son chevet et surtout mettre en place une aromathérapie, titillant son odorat par le parfum de plats plus variés et délicieux les uns que les autres passés sous son nez. Ainsi ce cercle de quelques femmes va peu à peu étendre sa magie sur tout l'étage, incluant les infirmières, les médecins, les malades, les clowns, les visiteurs. Une très belle galerie de personnages vous attend à la chambre 1002 de l'hôpital. Mais le danger guette toujours, l'accident n'en était peut-être pas un.... La police est dans le flou total.... J'ai beaucoup aimé ce roman complet, délicieux ou terrifiant, et toutes les valeurs d'humanisme qu'il véhicule. Les expressions typiquement québécoises ajoutent au charme de ces pages. De plus, un mystère entoure la jeunesse de Hélène que vous découvrirez peu à peu... L'auteur, à partir d'une trame policière, en tisse de multiples, abordant beaucoup d'autres sujets comme l'accompagnement des malades au sein du système hospitalier, de la vieillesse, du handicap, de la maladie, de l'inceste, du viol, de la résilience, de l'amour et l'engagement indéfectibles.. un beau livre donc.. Quatrième de couverture Hélène, chef montréalaise mondialement connue, se rend à New York afin d'y recevoir un prestigieux prix culinaire. Sur le chemin du retour, la tragédie frappe : elle est retrouvée inconsciente à la suite d'un brutal accident de voiture. Simple malchance ou acte prémédité ? Les enquêteurs travaillent à éclaircir le mystère, mais les pistes demeurent floues autour de cette femme apparemment sans ennemis. Hélène plongée dans un profond coma, est veillée par ses amies proches qui, après plusieurs semaines passer sans observer de progrès, mettront en place une ingénieuse stratégie aromatique pour tenter de ramener à la vie celle qui était le pilier de leur groupe. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le quatrième singe
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le quatrième singe J.D.Barker City Editions 2018 445 pages traduites par Evelyne Châtelain et Caroline Comacle Thriller Chronique 3 mai 2019 "On va tellement s'amuser vous et moi... " Un pur thriller, sombre, paniquant, terrifiant tant psychologiquement que de par les descriptions de certaines scènes d'une grande perversité. Le sadisme et la folie y sont les résultantes d'événements traumatisants du passé, comme le journal du tueur au quatre singes nous le fait comprendre ; celui-ci obéit à une logique et morale propres à lui, rejoignant étonnamment les buts poursuivis par les forces de l'ordre, mais avec des méthodes cruelles et criminelles. Ses actes ne sont pas gratuits, pour le simple plaisir de détruire, et c'est bien là que réside le grand intérêt de ce roman. Faut-il quelques fois passer à des méthodes plus expéditives pour nettoyer notre monde de ceux qui le pourrissent ? Donc, depuis cinq ans, ce serial killer opère et joue avec les nerfs des policiers de Chicago, en particulier ceux de l'inspecteur Porter. Celui-ci est appelé au petit matin sur les lieux d'un accident très bizarre. L'accidenté a été renversé alors que vraisemblablement il allait poster un colis. Dedans une oreille. Immédiatement, le lien avec le tueur aux quatre singes est établi puisque sa méthode est d'envoyer une oreille, puis un œil, puis une langue, prélevés tous trois sur une victime choisie avec soin, reprenant ainsi l'image bien connue des trois singes : le sourd, l'aveugle, le muet. Le quatrième est celui qui fait le Mal, cela marque la mise à mort de la femme ou jeune fille kidnappée. Donc, les enquêteurs peuvent supposer que le mort est le tueur, mais défiguré, on ne peut connaître son identité. De plus, s'il allait envoyer cette oreille, cela signifie qu'une nouvelle femme a été enfermée quelque part et que sans eau ni nourriture, il ne lui reste que très peu de temps à vivre. Le compte à rebours est enclenché... L'auteur nous fait successivement basculer entre le journal du tueur que lit Porter, l'enquête en elle-même et le lieu où est enfermée la fille de quinze ans d'un magnat de l'immobilier. Le rythme déjà soutenu s'accélère en chapitres très courts vers la fin, méthode efficace pour nous faire vite tourner les pages. Un texte sur les ténèbres de l'âme humaine cependant non dénué d'humour et d'ironie, qui miraculeusement rend le tueur plus "humain". Un très bon livre parfaitement construit et maîtrisé, un face à face passionnant entre deux hommes que tout devrait opposer, mais.... Quatrième de couverture Depuis cinq ans, « le tueur aux quatre signes » terrorise les habitants de Chicago. Quand il enlève ses victimes, avant de les tuer, il informe toujours la famille en lui envoyant de macabres indices. D’abord il y a une oreille, puis un œil et enfin la langue. Mais cette fois, le scénario est différent car le tueur est mort alors qu'il allait juste poster la première oreille. Sa victime, la fille d'un magnat de l'immobilier, reste introuvable. Il ne reste que quelques jours avant qu’elle ne meure de soif ou ne se vide de son sang. Avec sept femmes tuées en cinq ans, l'inspecteur Porter refuse d’échouer une nouvelle fois. Mais il réalise rapidement que, même depuis sa tombe, le « tueur aux quatre singes » tient encore en main des cartes maîtresses... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La parole est au silence
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La parole est au silence Thierry Desseux Bonneton 31 août 2021 200 pages Roman Chronique 31 décembre 2022 « Un secret a toujours la forme d'une oreille. » Jean Cocteau « Une vérité est un mensonge qui a longtemps servi. » Edouard Herriot « J'ai tout fait pour empêcher ce livre. J'ai tenu quarante ans. » J'admire toujours ceux qui brisent le silence, qui trouvent le courage de remettre en sang les cicatrices mal refermées. Qui affrontent à nouveau un passé monstrueux, enfoui dans les brumes d'une enfance qu'ils ont dû taire. Bâillon psychologique et émotionnel qui étouffe tout. Comment construire sa maison sans les fondations d'un passé révélé en pleine lumière ? Gratitude donc à l'auteur qui ne savait pas en me proposant de lire son texte combien celui-ci serait en résonnance avec ma vie, en cette période particulière suivant le décès de ma mère. C'est un texte dur, incisif, précis, où chaque mot est choisi avec soin, où chaque respiration est dosée, tant la connaissance du mensonge et de l'apnée forcée est encore sensible. Enfin dire, enfin reconstituer les faits, rendre justice aussi aux enfants que nous fûmes, aux enfants qui sont aujourd'hui piégés dans l'enfer de la maltraitance gratuite. Le scénario est rigoureux, implacable, l'analyse des raisons possibles des crimes perpétrés par la mère, mais aussi par tous les silencieux complices, est sans pitié, extraordinaire de lucidité. Le tandem frère-sœur est bouleversant. La douleur de chacun est immense : il n'est pas plus aisé d'être celui qui est le témoin direct, impuissant de la violence parentale, car si les traces de coups ne sont pas visibles sur lui maltraité en parole, en intention non en coups, les conséquences sur sa psyché, culpabilisé de fait, sont gravissimes. Tout est d'une justesse douloureuse pour la lectrice que je suis, pour la petite fille que je fus. Le portrait de la mère narcissique, dépressive, aussi belle extérieurement qu'elle est venimeuse intérieurement est terrifiant de vérité ; celui également du père lâche, égoïste, faible, centré sur ce que sa femme représente en terme de réussite sociale pour lui, prêt à sacrifier sa fille sur l'autel de son couple est haïssable. Tout est d'un réalisme brûlant. Le pire étant que malheureusement cela n'est pas rare ni unique. Le mariage de ces deux êtres déstructurés, fracassés, mènera à l'enfer de deux enfants innocents. L'entourage sait, devine, pressent, s'inquiète au mieux, sans se bouger rapidement. Le silence s'abat comme une pierre tombale sur ces gamins victimes de la lâcheté absolue des adultes. Le récit est construit autour d'une chronologie linéaire simple, cependant l'impression finale est que l'auteur a ramassé un à un des fragments disséminés d'une mémoire abîmée qui peu à peu se reforme jusqu'à ce qu'une vision complète de cette enfance meurtrie apparaisse dans le miroir du temps. Intercalant épisodes tragiques, douloureux mais aussi tendres, bouleversants, il réussit l'exploit d'être en même temps analytique et synthétique. Nulle complaisance, nulle facilité, aucun pathos. Écrire un tel livre est déjà suffisamment douloureux ! Je me dis qu'ici au moins la petite fille a un frère aimant, c'est une réelle consolation. Mais combien de fratries ont été détruites, explosées par des parents maltraitants qui pratiquaient en plus le « diviser pour mieux régner ». Un roman essentiel aux apparences de thriller sociétal sur un sujet insupportable pour briser le silence. Quatrième de couverture Un huis clos infernal, une enfance maltraitée, le destin estropié d'une fillette de cinq ans : voici raconté le quotidien d'une orpheline, non seulement haïe par sa belle-mère au sein d'une famille recomposée, mais chaque jour déshumanisée davantage par la dragonne aux « yeux figés », machiavélique et sadique. Un drame qui se déroule sur six années. Ceux qui savent choisissent pourtant de se taire, le père comme les autres... Un récit brut, une écriture dépouillée : le malheur rendu anonyme. Ce conte tragique pourrait être celui de n'importe quel autre innocent, en n'importe quel endroit, à n'importe quelle époque. Alors qu'aucun enfant, par la faute du silence des adultes, ne mérite d'être quiconque. Une histoire presque ordinaire, celle d'un huis clos en enfer. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nouvelle histoire de Mouchette
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nouvelle histoire de Mouchette Georges Bernanos Editions des Femmes Antoinette Fouque 27 avril 2023 Livre audio, lu par Micha Lescot Historique terroir Chronique 12 avril 2023 La Mouchette décrite ici avec tant de tendresse et de compassion par Georges Bernanos n'a rien avoir avec celle du "Soleil de Satan", ne serait-ce leur destin tragique et le sentiment d'inéluctabilité omniprésent. Notre Mouchette vit en Picardie dans un coin paumé, elle a quatorze ans et est la tête de turc de sa maîtresse et des autres enfants. À la maison ce n'est pas mieux, entre un père violent et alcoolique et sa mère malade, handicapée du cœur, incapable de la protéger de son mari, de la misère. Tout n'est que coups, brimades, injustice. Le désespoir imprègne tout. Un soir d'orage, la petite fuit l'école sous la pluie dans les bois, trempée, perdue. Elle rencontre le séduisant et énigmatique Arsène, braconnier, le seul à se montrer un tant soit peu aimable. Il lui propose un abri et lui raconte toutes sortes d’histoires pour se vanter. Déjà ivre, il est brusquement terrassé par une crise d’épilepsie. La gamine a très peur pour lui et l'aide, mais revenu à lui, soudain il n'est plus lui-même et un ignoble désir pour la jeune fille le saisit, il tente d'abuser d’elle… Elle, adolescente presque femme, ressentant l'éveil de son corps, n'a personne pour la guider, la conseiller. Seule, livrée à elle-même, elle ne sait pas lire les signes, ni reconnaître ce qui participe de la gentillesse ou de l'intérêt malsain. Elle ne comprend pas ce qu'il lui arrive, elle l'aime bien, Arsène, et en même temps elle le craint. Dans cette tragédie de l'enfance sacrifiée, on retrouve les thèmes chers à Bernanos : le Mal qui s'abat aveuglément sur tous les pauvres gens, la solitude, la honte qui aboutit chez Mouchette à la haine de soi, et surtout au désir de mort, une mort omniprésente dans l'œuvre de Bernanos. Ecrit après le "Journal d’un curé de campagne", celui-ci aurait pu s'intituler " Les Misérables". La lecture de Micha Lescot est claire, nette , sans pathos inutile, le texte se suffisant à lui-même. 3h39' d'enregistrement sous la réalisation de Francesca Isidori. Quatrième de couverture L’histoire bouleversante d’une enfance brisée. Un soir de vent noir, Mouchette, 14 ans, emprunte les bois pour retourner dans son foyer, une masure imprégnée de misère, d’alcoolisme et de maladie. La pluie s’abat sur la jeune fille lorsqu’elle croise le chemin d’Arsène, qui lui propose de s’abriter chez lui. L’homme l’enivre d’histoires extraordinaires pour l’impressionner. Le genièvre réchauffe la gorge et échauffe le corps du braconnier. Mouchette, sans défense, est violée. Quelques temps plus tard, sa mère décède sans que l’enfant ait pu lui confier son terrible fardeau, ce sentiment de honte qui ne la quittera plus, jusqu’au drame. Il s’est arrêté brusquement, comme frappé d’une pensée subite qu’il ne peut former tout entière, qui vient mourir au bord de son regard. Adossé contre la porte il semble barrer le seuil de ses deux bras étendus. La fille, du moins, l’imagine. L’épouvante était déjà en elle. Il n’a fallu que ce geste pour qu’elle s’emparât brusquement de son pauvre corps exténué. G.B. Biographie de Micha Lescot : Micha Lescot est le fils du comédien Jean Lescot et de la militante tiers-mondiste Sophie Lescot, passionnée de l'Inde. Il est le frère cadet de David Lescot. En 1993, à l'âge de 18 ans, il entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris dans les classes de Madeleine Marion, Catherine Hiegel, Philippe Adrien. Il est mis en scène par Roger Planchon (révélation du Syndicat de la critique pour Le Triomphe de l'amour en 1998), Philippe Adrien (nomination au Molière de la révélation théâtrale pour Victor ou les Enfants au pouvoir en 1999), Jean-Michel Ribes (Molière de la révélation théâtrale pour Musée haut, musée bas en 2005), Luc Bondy (Prix du meilleur comédien du Syndicat de la critique pour Les Chaises en 2011 et Ivanov en 2015). Au cinéma, il tourne sous la direction de Claire Denis, Albert Dupontel, Noémie Lvovsky, Bertrand Bonello, Michel Hazanavicius et à la télévision avec Nina Companeez et Josée Dayan. Récompenses : - 1998 : Révélation par le Syndicat de la Critique pour Le Triomphe de l'amour - 2003 : Prix d’interprétation au Festival d’Angers pour Histoire naturelle, court métrage de Laurent Perreau - Molières 2005 : Molière de la révélation théâtrale pour Musée haut, musée bas - 2007 : Prix Raimu de la comédie pour Jusqu'à ce que la mort nous sépare - 2011 : Prix du meilleur comédien du Syndicat de la critique pour Les Chaises - 2015 : Prix du meilleur comédien du Syndicat de la critique pour Ivanov - Coup de cœur Parole Enregistrée et Documents Sonores 2019 de l’Académie Charles-Cros, proclamé le 15 septembre - 2019 au Jardin du Musée Jean de la Fontaine à Château-Thierry. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- SEL
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires SEL Jussi Adler Olsen Albin Michel 25 mai 2022 560 pages, traduites par Caroline Berg Thriller et Policier Chronique 25 juin 2022 Jussi Adler Olsen est un marathonien hors pair capable tout au long d'une série policière de 9 épisodes de soutenir notre intérêt sans aucune baisse de tension. Chaque enquête est unique, exceptionnelle et forme un tout cohérent avec le reste des opus. Peu à peu, se dessine devant nos yeux de fans absolus la trajectoire de chacun des membres du Département V. Comme l'auteur a réussi à créer un lien réel presque personnel entre nous et Carl, Rose, Assad et Gordon, nous tremblons pour eux, nous nous investissons émotionnellement dans ce récit qui par ailleurs est un thriller de haute volée où de mystérieux petits tas de sel de table sont le fil conducteur entre des victimes jusque là jamais reliées. Le contexte : anxiogène au possible dans un pays frappé par la pandémie qui bénéficie de quelques jours sans confinement en cette veille de Noël sombre, dramatique, crépusculaire. Heureusement, l'humour bon enfant et joyeusement absurde est toujours au rendez-vous et allège considérablement l'ambiance de fin de monde. Une femme de soixante ans, Maja, est retrouvée, suicidée chez elle par une de ses amies. Ce nom, Marcus, le supérieur hiérarchique de Carl Mørk, n'a jamais pu l'oublier. Il y a dans la carrière d'un policier une affaire qui vous hante toujours car non résolue et particulièrement bouleversante. C'est le cas du dossier de cette Maja qui a perdu tragiquement son fils lors d'une explosion dans un garage où sa voiture était en réparation. Marcus rafraîchit la mémoire de Carl qui était arrivé sur les lieux de la catastrophe dans les premiers et avait découvert la dépouille de l'enfant. C'est un dossier parfait pour le Département V, un cold case qui fera oublier un peu à Assad ses ennuis de famille, et à tous ce foutu covid. Mørk nouvellement papa est évidemment particulièrement touché par cette histoire qu'il n'a jamais pu mettre de côté. Très rapidement, cependant, l'affaire devient épineuse.... Il semble que du sel soit retrouvé sur d'autres scènes de crimes. Notre équipe formée d'êtres si cabossés ou inadaptés, à nouveau redevient un groupe d'élite qui décrypte les éléments et soulève des évidences que personne jusque là n'avait détectées. Parallèlement, Carl est dans l'oeil du cyclone sans le savoir... La foudre qui, en ce début d'épisode, s'est abattue sur un groupe d'étudiants en tuant tout le monde sauf une jeune femme voici trente ans, va encore frapper. La vieille affaire du pistolet à clous va refaire surface et plonger Carl dans la tourmente. Le Département V n'a donc pas beaucoup de temps devant lui pour résoudre le dossier qui s'alourdit de nouvelles morts inexpliquées à chaque jour qui passe. Un Serial Killer semble éliminer des cibles auprès desquelles il laisse du sel depuis des années.... Un neuvième épisode prodigieux, à la hauteur de tous les autres, méticuleux, magistralement organisé et imaginé qui nous laisse au bord du gouffre et en apnée jusqu'au prochain tome. Jussi Adler Olsen est un sadique ! Mais pas seulement, c'est celui qui pose toujours les bonnes questions ; ici il traite d'un sujet extrêmement douloureux et délicat : la haine qu'inspirent en ce moment tous les puissants cyniques, inhumains, tous les gouvernements irresponsables sourds aux cris des peuples, à leur souffrance, du haut de leur forteresse, peut-elle gonfler à un tel point que les barrages de la morale puissent céder et tout emporter ? Cela serait-il condamnable ou en quelque sorte de la légitime défense ? Quatrième de couverture "En replongeant dans une affaire non résolue datant des années 1980, Carl Mørk et l'équipe du Département V découvrent avec stupeur que depuis trente ans, un tueur particulièrement rusé choisit avec une régularité effrayante une victime et l'élimine en déguisant ce meurtre en accident ou en suicide. À chaque fois, sur le lieu du crime, un petit tas de sel. Sur fond de restrictions sanitaires dues au Covid-19, Mørk et ses acolytes se lancent dans une enquête dont ils n'imaginent pas l'ampleur." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Outsiders
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Outsiders Maxime Laine Grinalbert 2014 123 pages Historique Chronique 15 juillet 2019 + un enregistrement du texte adapté par l'auteur pendant 52 mn minutes environ. Musique composée et jouée par Jérôme Doré, Cyril Kuntzelmann, et Maxime Laine également chanteur. Illustrations, dans l'ouvrage et en couverture, de Pascal Weiss. Le portrait photo de Maxime Laine est de Amaranta Docavo. Magnifique double roman, papier et enregistré, deux versions de la même histoire ! Un ouvrage proprement unique, un projet complet, un objet que l'on admire, prend et reprend pour le simple plaisir de percevoir tout d'un coup un nouveau détail, une nouvelle nuance car oui, ce livre est un camaïeu de couleurs, loin de tout manichéisme, et nous fait évidemment toucher du doigt la réalité terrible de l'exil obligé pour survivre, de la migration imposée par les situations politiques et économiques insoutenables. Un récit se situant au début du XIX ème siècle dans le sens migratoire Angleterre France qui trouve sa réplique monstrueuse deux siècles plus tard environ dans le sens inverse avec pour décor infernal la jungle de Calais. Calais, cette ville qui fut d'abord une bourgade sans d'autre intérêt que celui de la fabuleuse région où elle se trouve, aux paysages grandioses. Calais qui sortit de l'obscurité pour devenir une cité de la dentelle mondialement connue et célébrée, fleuron de l'industrie et du savoir-faire français... Oui mais en fait, le savoir-faire fut d'abord anglais, et la cité ne doit son enrichissement qu'à des migrants, au nombre de trois, passant en contrebande un métier à tisser mécanique de la dernière génération sur un Smuggler. Un capitaine courageux, un passeur mystérieux qui effectivement semble tout droit sorti d'un thriller de Sir Arthur Conan Doyle, des chiens loups, des tempêtes, des lueurs lointaines dans la nuit et le brouillard, un douanier obsessionnel sociopathe, un clergé complice des contrebandiers.... Quelle aventure extraordinaire ! À peine imaginable lorsque nous admirons une fine et délicate dentelle, n'est ce pas ? De la fureur, de la passion, de la bravoure, de la folie, du désespoir, de l'espérance. Trois visionnaires cinglés, trois Outsiders en effet dans la tourmente ! Trois figures imaginées par l'auteur à partir d'une documentation retrouvée dans les archives diverses de Calais, les noms sont vrais, les caractères déduits par Maxime Laine, selon la destinée de ces hommes après l'arrivée sur la Côte d'Opale. Le postface est passionnant, touchant, impressionnant. Nous avons face à nous un artiste et un créateur complet, entouré par d'autres artisans d'art à tous les niveaux du projet. Ce livre texte et musique est un vrai joyau à découvrir absolument, soit le CD en premier, (musique organique, rythmes rompus, jazzy, à la Nougaro, interprétation inspirée, voix belle tant parlée que chantée de Monsieur Laine), mais commencer par le texte est tout aussi envisageable. Ce qui est certain, c'est que je vais réécouter cet enregistrement dans quelques jours.... Ce n'est pas un conte de fées mais presque une légende à répéter et transmettre, porteuse de l'espoir fou de chacun de nous, de l'humanité, dans le changement, dans le progrès, nous projetant vers un nouvel avenir, un autre fonctionnement du monde. Je remercie les Éditions Grinalbert de m'avoir offert ce livre avec tant de gentillesse lors du Salon Vox à Montreuil en juin dernier, précisant que je n'étais pas obligée d'écrire un texte à son propos. Mais voilà, ce roman est trop beau pour que je le taise... Respect à tous les vrais artisans d'art ! Quatrième de couverture Début XIXe, grâce à la mécanisation, l'Angleterre domine le marché de la dentelle. Redevances et droits exorbitants exigés par les détenteurs des brevets des machines industrielles conduisent à la paupérisation d'une main-d'œuvre soumise à l'augmentation des cadences et à l'embargo français sur le coton anglais. Alors que révoltes ouvrières et tentatives d'exportations en contrebande se multiplient, trois artisans de Nottingham vont s'associer. Leur projet : faire sortir en fraude du pays un métier mécanique à tisser la dentelle et s'installer en France. Aventure difficile et d'autant plus dangereuse que le pouvoir anglais condamne irrémédiablement tout fraudeur à la peine de mort. Pour y parvenir, ils vont pouvoir compter sur l'aide d'un marin suédois ainsi que sur celle d'un énigmatique passeur et contrebandier français, tous deux orfèvres dans l'art de tromper la vigilance des douanes. Le succès de leur entreprise bouleversera définitivement la destinée de la ville de Calais. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Mémoires effacées
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mémoires effacées Frédérick D'Onaglia De Borée 16 mai 2019 311 pages Polar Chronique 26 mai 2019 Deux éléments de ce polar m'ont plu : - Le fait que cela se passe en Camargue, en partie auprès de la brigade fluviale et nautique de Port-Saint-Louis-duRhône, sur et sous l'eau, et sur les plages de Beauduc. - La découverte de l'archéologie subaquatique. Le rendu de la vie au bord de la Méditerranée, sur un bateau de pêche ou un voilier, dans une caserne de gendarmerie est parfait. On s'y croit et on a très envie de rejoindre le sud et la Camargue. Les interactions entre les personnages sont bien décrites, on se sent inclu dans cet univers. Et évidemment l'histoire d'amour qui débute ainsi que les scènes en famille allègent l'ambiance. Un chalutier en pleine nuit L'Amarok, sous le commandement du capitaine dit " La Massue" aidé de Roberto son employé, se retrouve pris dans une tempête terrible en pleine zone protégée. La Massue n'en démord pas malgré les craintes de l'espagnol.... Il passe et repasse sur un endroit repéré à l'échosondeur, et racle les fonds. Bientôt ils sont bloqués, ils remontent la cage, à l'intérieur un cadavre... Des lumières illuminent la scène, celle de la gendarmerie maritime, venue pour les arrêter en zone protégée. C'est Iris qui est chargée du dossier ; elle dirige la brigade fluviale et nautique de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Mère célibataire, ayant réussi à être respectée par son équipe d'hommes, elle peut compter sur sa famille et une de ses amies,Agathe, pour s'occuper de Charly son fils. Au retour de la brigade avec le corps, Iris croise son ancien boss, le capitaine Léo Sarlat, mis à pied par sa hiérarchie : une opération qui s'est terminée avec la mort de son coéquipier Tony et une blessure pour lui. Il ne réussit pas à se souvenir des évènements. Après un divorce difficile et la séparation d'avec sa fille Jade qu'il ne voit qu'en vacances, il est venu à Beauduc pour resserrer les liens avec son père, celui qui est parti soudain lorsqu'il était gamin. Il n'est donc pas au mieux de sa forme, amarré non loin de là. Iris voit en sa présence un signe et lui propose de collaborer avec elle sur sa première affaire de meurtre. Elle fait bien, car tout se complique avec la découverte d'un autre cadavre. Les deux victimes présentent le même tatouage, la lettre Omega. Beauduc, spot prisé des kitsurfeurs et des archéologues spécialisés en fouilles subaquatiques, est maintenant le lieu où semble s'être installé un serial killer. La ténacité de Iris, les intuitions presque surnaturelles de Léo vont être mises à contribution pour mener à bien cette enquête envers et contre tout. Ils vont devoir aller au delà des apparences, affronter certaines vérités sur leur entourage tout en gérant leur vie de parents et leur nouvelle idylle. Le coupable et ses mobiles sont tout à fait insoupçonnables. Un roman que j'ai eu du plaisir à lire, j'aime beaucoup la Camargue et l'archéologie, donc c'était déjà gagné dès le départ. Quatrième de couverture Doué d’une intuition hors du commun, le capitaine Léo Sarlat a été mis à pied par sa hiérarchie après la mort de son co-équipier lors d’une opération où lui-même a été blessé. Ce congé forcé est l’occasion pour lui de rendre visite à son père Jeff qu’il n’a pas revu depuis son départ soudain du foyer, il y a vingt ans. Tout juste arrivé en Camargue, Léo croise Iris, une ancienne collègue de la section de recherches de Marseille qui dirige désormais la brigade fluviale et nautique. Un cadavre a été retrouvé dans les fonds protégés de Beauduc par un pêcheur braconnier. Loin de partager la méfiance de ses collègues à l’égard de Léo, Iris est ravie de pouvoir mettre à contribution ses talents d’enquêteur, d’autant que deux nouveaux cadavres sont bientôt découverts… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















