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  • L'Alchimiste de Sant Vicens

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Alchimiste de Sant Vicens Hélène Legrais Calmann-Lévy 9 novembre 2022 432 pages Roman Chronique 9 janvier 2023 Quand la beauté sauve le monde et l'illumine pour révéler en chacun son humanité et sa générosité. Ce roman est une merveille, un baume au cœur, un souffle d'espoir en l'être humain, en demain. L'action se déroule de 1954 à l'été 1965 le jour de l'arrivée très surréaliste et extravagante de Salvador Dali et sa compagne à Perpignan, invité par Firmin Bauby, l'alchimiste, le magicien, à l'origine de l'ouverture du domaine de Sant Vicens, lieu de résidence artistique et de création, en particulier dans l'art délicat de la céramique. Ce roman est un hommage à cette figure légendaire, à ce mécène, à ce visionnaire, qui offrit un espace de liberté, de paix mais aussi de joie et d'effervescence à ces collègues artistes, célèbres ou inconnus. Hélène Legrais ajoute à ce récit bâti sur des faits réels et historiques, des personnages de fiction magnifiques, qui tous vont ressentir les effets de l'installation de cette communauté voisine hors du commun. La fantaisie, l'imagination, la passion, règnent à Sant Vicens quelques fois très bruyamment. Difficile d'ignorer la présence d'un Picasso, d'un Trenet, d'un Jean Lurçat et de tant d'autres... Les couleurs explosent comme les rires car le bonheur est éphémère à l'instar des coquelicots qui apparaissent à la lisière du grillage séparant le paradis des arts de Firmin du jardin du professeur de mathématiques à la retraite, André, et de sa femme, Suzanne. Celle-ci vit dans l'ombre de son omnipotent mari, si pétri de certitudes ; un handicapé du cœur, semble-t-il, au comportement de dictateur misogyne. Tout est gris dans cette maison, pourtant Suzanne réussit à préserver une part de son âme dans son atelier du premier étage où son époux ne met jamais les pieds. Lui préfère son bureau et ses recherches théologiques cherchant à relier religion et science. Cependant, l'arrivée de Firmin Bauby et ses amis, ainsi que la naissance d'une petite fille autiste, vont faire voler en éclats cet univers restreint et libérer les âmes, en rendant aux handicapés de la vie, du cœur, leur aptitude à s'inscrire dans ce monde, à l'embellir. Savez-vous que les fées existent ? Si vous l'ignoriez, la petite Viviane vous montrera le chemin. À nouveau, vous palpiterez de tous les possibles qui s'ouvrent devant vous. À nouveau, les étoiles scintilleront dans vos yeux. J'ai adoré ce roman. À découvrir absolument... Quatrième de couverture Quand la beauté sauve et illumine. Dans les années 50, l’atelier de céramique de Sant Vicens à Perpignan devient un haut lieu de la création artistique. La céramique est en vogue et les plus grands maîtres, tels Jean Lurçat ou Pablo Picasso, y réalisent leurs œuvres, entretenant une atmosphère de fantaisie et de liberté. Cette effervescence n’est pas du goût d’André Escande, vieil atrabilaire cartésien qui a l’art moderne en horreur, et dont les fenêtres donnent sur ce repère de « barbouilleurs ». Sa femme Suzanne, au contraire, est éblouie par l’ambiance de l’atelier. À l’insu de son mari, elle le fréquente assidûment et s’initie même à l’alchimie de la terre et du feu. Alors qu’elle ne sait comment révéler à l’irascible André sa secrète passion, Suzanne va trouver dans une petite fille autiste du voisinage, murée dans le silence et envoûtée par les motifs chatoyants des céramiques, une alliée inattendue… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La part de l'aube

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La part de l'aube Eric Marchal Anne Carrière 16 mai 2013 624 pages Historique Chronique 20 mai 2017 Vous savez quoi ? Voici quatre romans en un livre. Au départ, séduite par le thème des origines gauloises de la France qui était annoncé en quatrième de couverture, j'étais très pressée de suivre les aventures de Antoine Fabert, avocat à Lyon en 1777, qui après la découverte par hasard d'un coffre rempli de tablettes et codices gravés vraisemblablement en langue gauloise, se lance pour élucider le mystère qui entoure ces textes, aidé pour la traduction par Antelme De Jussieu, historien paralysé, mais aussi par François Prost de Royer, ténor réel du barreau de Lyon et visionnaire fabuleux, de Camille Delauney, rédacteur de la première gazette locale, et enfin de Michèle Masson, comédienne parisienne venue dans un premier temps pour sauver son frère Paul défendu par Antoine. Le récit commence en 64 après JC à Lugdunum et y finira également d'une fort belle façon. L'autre point très intéressant est d'apprendre que l'histoire officielle était que les gaulois étaient des barbares, et qu'on préférait dire que les rois et les nobles descendaient des celtes originaires de Troie, pas moins. Ainsi il est clair que les recherches de Antoine tirant de l'obscurité la civilisation gauloise n'a pas l'heur de plaire à la cours et à Louis XVI en particulier. Donc la police et les autorités vont inquiéter Antoine jusqu'à mettre sa vie en danger sur le fallacieux prétexte de crime de lèse-majesté. Jusque là tout va bien et ces péripéties auraient pu tenir sur 400 à 450 pages. Mais, Eric Marchal, fort de son érudition et de toutes les connaissances qu'il a accumulées dans les ouvrages très nombreux cités à la fin, court plusieurs lièvres à la fois et j'avoue avoir été essoufflée à le suivre. C'est donc aussi le portrait d'une cité qui se reflète dans un miroir cassé en plusieurs fragments. Et c'est bien cette fragmentation du récit qui m'a profondément perdue. On débarque donc dans les tribunaux, théâtre, Ecole de Vétérinaires, Chapitres de la Cathédrale Saint-Jean, champs de tubercules, librairie, à Lyon et ses environs, puis à Versailles, aux Tuileries ; on devient expert en pains faits à base de poires de terre ou rutabaga inventé par Antoine pour vaincre la famine, on apprend tout du monopole des boulangers, de la possible nouvelle industrie de la soie dorée produite par des araignée de Madagascar, on suit le procès pour meurtre du pianiste Paul ( passage inutile pour l'intrigue), etc............ J'arrête je suis à nouveau essoufflée ! On apprend beaucoup comme dans un cours d'histoire ou dans les archives d'une bibliothèque. On rencontre Jean-Baptiste Greuse peintre ( le portrait de la jeune femme au chapeau blanc que j'ai mis a inspiré l'auteur pour Michèle), Voltaire, Mesmer, Marie-Antoinette, Parmentier, etc, etc........ Je suis aussi heureuse d'avoir découvert l'Ile Barbe près de Lyon et certains aspects de cette ville et de son peuple en cette veille de révolution, mais cela aurait pu être fait plus légèrement et ainsi permettre la rédaction pour un autre livre concis et passionnant. Je vais tenter l'aventure de lire son bestseller « Le soleil sous la soie » de 2011 au succès retentissant, aussi de plus de 620 pages. Mais ce n'est pas le nombre de pages qui est gênant pour moi, au contraire, mais la construction fragmentaire et la multiplicité des thèmes abordés. On va dire que c'est très généreux. Quatrième de couverture Lyon, septembre 1777. Antoine Fabert est avocat au barreau lyonnais. De l'avis général, c’est le meilleur de tous. Pourtant, il n'a jamais plaidé, contrairement à Prost de Royer, son célèbre ami et associé. Des écrits gaulois sont découverts à Fourvière, les textes d'un druide du nom de Louern, qui vont propulser Antoine au centre d'une bataille pour le rétablissement de la réalité historique. Cette bataille portera en elle les prémisses de la révolution des esprits. Antoine et ses proches, Antelme de Jussieu, historien paralytique, Camille Delauney, rédacteur de la première gazette sur l'actualité locale, et la comédienne de l'Ambigu-Comique Michèle Masson seront confrontés à un groupe d'espions baptisés les Lugduniens sur la trace du trésor du druide Louern, dont la découverte pourrait à elle seule renverser la royauté. S’affirmant comme le Ken Follett français, Éric Marchal tisse, sur le thème des origines de la France, une passionnante course-poursuite qui nous plonge dans les arcanes de la justice, de la presse, de l’imprimerie et du théâtre, à la veille de la Révolution française. Une aventure où il faudra aussi compter sur des araignées tisseuses de fils d'or, l'avènement de la poire de terre et la fin du monopole de la boulangerie lyonnaise, le procès d'un musicien inculpé de meurtre, le baquet magnétique de Mesmer, une pièce de théâtre dont l'auteur n'existe pas, et l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Gibier : Une meute ne lâche jamais sa proie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Gibier : Une meute ne lâche jamais sa proie Nicolas Lebel Le Masque 10 mars 2021 396 pages Thriller et polar Chronique 12 mai 2021 Excellentissime ! Joie de découvrir un tel roman ! « Furies : Quel est l'audacieux Qui dans ces sombres lieux Ose porter ses pas Et devant le trépas Ne frémit pas ? Quel est l'audacieux [...] Que la peur et la terreur S'emparent de son cœur À l'affreux hurlement Du Cerbère écumant Et rugissant ! » Orfeo de Gluck, Acte II scène 1 Qui pénètre au Royaume des morts pour y rechercher un amour perdu, le ressusciter, risque tel Orphée de s'y perdre. Les Dieux guettent l'homme qui osera désobéir et croire que son destin est entre ses mains alors même que les Furies l'ont alerté et le traquent. Nicolas Lebel vous invite à le suivre à un évènement exceptionnel : la Chasse du Grand Veneur dont les 20 phases sont clairement établies avant même le premier rassemblement. Vous en trouverez l'énoncé en page 192. Ainsi la tradition et la mythologie se rejoignent ici au service d'un scénario époustouflant d'intelligence et de maîtrise. On ressent le plaisir de l'écrivain à imaginer ces pages, à se permettre d'être tour à tour sadique, mutin, terrifiant, prophétique... Un thriller policier opératique où tout semble inéluctable : autant notre perte de repères dans ce labyrinthe "lebellesque" ? que l'omnipotence de certains grands de ce monde. Mais il y a toujours un David pour tuer un Goliath, un talon pour fragiliser un Achille, bref un caillou dans la chaussure.... Le grain de sable qui peut enrayer tout le beau plan des participants de cette Chasse. L'appât peut se révéler chasseur, le gibier peut prendre les armes, la curée ne pas avoir lieu. Et la vengeance est un plat qui peut être réchauffé... Mais tout d'abord, peut-être nous faut-il déterminer qui est l'appât, qui est le gibier, qui est le traqueur, qui est le chef de la meute, avant que ne résonnent les premiers accords de la Danse des Furies et que nos jours ne soient en danger. Du haut de leur Olympe, les Dieux nous regardent nous débattre dans les eaux tumultueuses du destin qu'ils ont imaginé pour nous. Pouvons-nous les vaincre, déjouer leur plan, changer l'avenir, écouter les avertissements multiples que nous lance la Nature, tirer les enseignements des leçons de l'Histoire, être vigilants, nous méfier de ceux qui se croient au dessus des règles de l'humanité ? Un roman édifiant, percutant, non dénué toujours d'humour, évidemment, avec cet auteur dont le sourire est élégance, fausse légèreté mise au service d'un récit terrifiant, presque prophétique tant réalité et fiction semblent emmêlées. Un opus qui ne fait que confirmer le talent manifeste de cet auteur caméléon, curieux de tout, fin analyste des évènements passés et présents, conscient des dangers futurs, sachant entendre avant tous l'écho du chant des Furies. Le crépuscule du monde peut être évité, pour savoir comment, devenez pour quelques pages le gibier de l'auteur... Quatrième de couverture Trente ans après la chute de l’apartheid, les Furies, déesses du châtiment, viennent à Paris initier leur danse macabre. Qui sont-elles venues venger ? La journée du commissaire Paul Starski commence assez mal : son épouse demande le divorce, son chien adoré est mourant et une prise d’otages l’attend dans un appartement parisien. L’âme morose, il se rend sur place avec sa coéquipière, la glaciale et pragmatique Yvonne Chen, et découvre les corps d’un flic à la dérive et d’un homme d’affaires sud-africain. Tous les indices accusent Chloé de Talense, une brillante biologiste. Starski n’ose y croire : Chloé était son grand amour de jeunesse. Afin de prouver son innocence, le commissaire prend l’enquête à bras le corps – et certainement trop à cœur –, tandis que les meurtres se multiplient. Car l’étau se resserre autour de la biologiste qui semble être le gibier d’une chasse à courre sanglante lancée à travers la capitale. Starski prend peu à peu conscience que rien n’arrêtera les tueurs. Pire, qu’à fureter au-delà des évidences, il vient peut-être lui-même d’entrer dans la Danse des Furies... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les impliqués

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les impliqués Zygmunt Miloszewski Pocket 2015 480 pages traduites du polonais par Kamil Barbarski Thriller Chronique 2 mars 2018 Premier tome de la trilogie consacrée au procureur Teodore Szacki, 36 ans, marié avec une fillette, à Varsovie. Les faits se déroulent du 5 juin au 18 juillet 2005, douze jours d'enquête et un épilogue. Je suis très heureuse d'avoir découvert cet auteur, cet univers, ce personnage qui, à part son métier et sa situation familiale, m'a beaucoup fait penser à un Hercule Poirot polonais du XXIe siècle, dans un contexte politique particulier, moins de vingt ans après la chute du mur et Solidarnosc. J'ai aimé cette ironie, cette auto dérision permanente comme pour ce protéger du monde qui l'entoure, de ces brusquerie et cruauté de la société polonaise qui se réveille tout de même d'un sacré cauchemar. Beaucoup d'humour et de fausse légèreté qui facilitent la lecture de ce policier particulièrement réussi, écrit et traduit. Ce Procureur est un homme à la croisée des chemins, perdu en quête d'autre chose, d'idéal, qui se cogne aux murs de sa vie rangée, un peu ennuyeuse, et pourtant il connaît le prix du bonheur. Mais il joue avec le feu et le sait parfaitement. C'est un anti-héros. Il a du mal à croire au triomphe du bien, son sens de la justice au centre de sa vie, l'empêche pourtant de renoncer et de partir dans le privé. Un sens donc du devoir qui est mis à rude épreuve à chaque affaire qu'il instruit, symptôme de la misère qui touche la capitale polonaise du crime, (on apprend ainsi beaucoup de détails sur les rouages du système judiciaire de ce pays et en premier lieu que ce sont les procureurs qui enquêtent secondés par la police), et précisément quant à la mort très mystérieuse d'un homme lors d'une thérapie de groupe familiale, retrouvé avec une pique de tournebroche dans le cerveau. Un thérapeute charismatique, trois patients, une épouse, un fils....une enfant disparue trop tôt. Teodore Szacki voulait du changement dans son existence, il va être servi au delà de ses espérances. Livre formidable ; miette après miette, l'auteur nous mène par le bout du nez, s'amusant avec l'idée du Cluedo, d'un jeu cependant très dangereux pour tous. Une autre actrice essentielle de ce récit est la ville de Varsovie dans toute sa beauté et sa complexité. Je continue donc l'aventure avec le deuxième tome, « Un fond de vérité » . Enfin l'intérêt pour moi fut aussi de découvrir la Pologne d'aujourd'hui ou du moins de 2005, avec la lecture d'un résumé des nouvelles ou faits divers avant chaque chapitre. Histoire peut-être pour l'écrivain de nous inviter à mieux connaître son pays et sa ville. Quatrième de couverture Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l'ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite « Constellation familiale », ne manque pas d'intensité. Au point qu'un matin, l'un d'entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l'œil... Pour le procureur Teodore Szacki, l'expérience est allée trop loin. À moins qu'elle n'ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d'étouffer... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La pire espèce

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La pire espèce Armèle Malavallon Ramsay Septembre 2020 252 pages Polar Chronique 2 décembre 2020 Je conseille à tout futur lecteur de ce thriller de lui réserver cinq heures d'affilée, car lâcher ce livre à un moment est tout simplement impossible et inenvisageable. Enfin un roman noir de suspens sur ce sujet bouleversant, dérangeant, insupportable, incontournable, qui tient ses engagements et bien au-delà. Toutes les questions que vous pouvez vous poser quant à l'abominable et inutile souffrance animale trouvent leurs réponses ici par le biais de la fiction. Car il est un fait que la douleur des uns se répercutent sur le devenir des autres, le devenir moral, philosophique, écologique de nos sociétés. La violence faite quotidiennement aux animaux en secret... prémices d'une psychopathie balbutiante.... En pleine lumière via les réseaux où pullulent des vidéos gerbantes et horrifiantes... Ou encore dans des arènes lors de mises à mort....en un jeu pipé à l'avance... . .. ou enfin, dans ces abattoirs où l'extermination devient d'une indécente et inacceptable productivité.... La souffrance animale nous interroge sur notre propre niveau d'humanité, de civilisation. À partir de quand avons-nous basculer dans l'oubli, l'aveuglement quant à notre appartenance au règne animal, quant à notre responsabilité vis-à-vis de nos colocataires sur cette Terre ? Car s'il y a bien un domaine où le respect du droit de chaque être vivant n'existe pas, c'est bien celui des relations humains-animaux. D'où nous vient la certitude inepte d'être supérieurs aux animaux ? De pouvoir décider de leur destin et de la manière dont ils mourront ? Et comment a-t-on pu arriver à la conclusion qu'ils étaient insensibles ? Pire, qu'ils n'étaient plus que des biens, des possessions, dont nous pouvions disposer à notre gré.... ? L'auteure, vétérinaire, éclaire tous les aspects de ce problème central, en ce moment charnière de transformation de notre société. Elle apporte sa vision, alliant le pragmatisme et le bon sens des anciens à une réalité scientifique et écologique. Sauver les animaux, veiller à leur bien être, c'est sauvegarder l'humanité. Après un texte d'introduction essentiel de Loïc Dombreval, député et vétérinaire ainsi que Président du groupe d'études " condition animale" de l'Assemblée Nationale, Armèle Malavallon nous piège soudainement grâce à une scène de mise à mort d'une dramaturgie soufflante, puissante, jouissive, vengeresse ... Tout est là, déjà.... Car oui, on se réjouit et immédiatement après, on s'interroge, honteux de notre réaction transgressive... La loi du talion doitelle s'appliquer ? Souffrance et violence pour répondre aux souffrances et violences subies, vues, exhibées ? Quel positionnement adopter face à l'indicible : les massacres d'animaux, gratuits, inutiles, insupportables ? Ce roman, audelà de l'intrigue parfaitement menée jusqu'à son terme, ménageant des retournements, des découvertes permanentes, mettant brillamment en scène les différents protagonistes, apporte de réelles réponses sensées aux citoyens, aux consommateurs, aux humains que nous sommes. J'ai beaucoup appris grâce à ce texte quant à la réalité sur le terrain, dans les abattoirs, concernant les multiples aspects du métier de vétérinaire, car il formule clairement les interrogations éthiques, philosophiques que la consommation de viande exagérée ou que certaines pratiques, coutumes dépassées et iniques génèrent. Très loin de prôner une attitude intégriste, ou de nous culpabiliser à outrance, ce roman nous permet de nous resituer sur cette planète à notre juste place. Un livre qui résonnera longtemps en moi et qui déjà m'a beaucoup apporté. Ne passez pas à côté de ce texte impactant et addictif écrit avec talent, passion et conviction sincère. Quatrième de couverture Clément Katz est un vétérinaire français qui travaille au Congo. De retour en France, il effectue un remplacement à Montpellier à l’abattoir de Peyrac. Il s’installe à la Limonaderie, un bâtiment industriel réaménagé en plusieurs lots et appartements qui appartient à un autre vétérinaire. Lors de sa mission à l’abattoir de Peyrac, Clément est témoins de la maltraitance sur les animaux. Il s’oppose à cette souffrance animale et se met à dos un petit groupe d’employés qui finit par le passer à tabac. Des auteurs de maltraitance sur les animaux disparaissent dans la région. L’un d’eux a été séquestré dans une cave de la Limonaderie par un mystérieux kidnappeur. Qui s’est érigé en vengeur des animaux ? Après tout, ne l’ont-ils pas mérité, ces hommes qui font de nous la pire espèce sur terre ? La charge émotionnelle de ce roman ne vous décevra pas Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sauvez-moi

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sauvez-moi Jacques Expert Sonatine 2018 397 pages Thriller Chronique 6 septembre 2018 Implacable ! Machiavélique ! Assez monstrueux je dois dire. Une mise en abîme de tout le système judiciaire, des commissariats, aux prétoires jusqu'aux prisons. Moins étonnant que " Hortense" quant à la fin, moins saisissant, cet opus est tout de même très bien ficelé et nous balade jusqu'à la fin ; on part dans nos propres conjectures, on devine certaines choses, mais connaissant l'esprit retord et rusé de l'auteur, on reste vigilant et on ne vend pas la peau de la bête avant sa mort, comme dit l'autre. La machine composée de la police et des tribunaux, devant mettre des coupables à l'ombre, est parfaitement décrite, analysée, disséquée, et les résultats de l'expertise font peur. Un énorme rouleau compresseur avec aux commandes des humains imparfaits, faillibles, partiaux, plus préoccupés de leur gloire et de leur postérité que de justice et d'honneur. Les psychopathes et serial killers ne sont pas en reste comme les flics, procureurs, juges etc....nous sommes bien servis dans ce thriller paniquant. Comme d'habitude avec Jacques Expert, la construction est au cordeau, le style efficace, direct, nerveux, les chapitres courts, le rythme soutenu et les personnages bien croqués et flippants de vérité, donc je n'ai pu m'arrêter avant d'avoir clos le livre. L'épilogue me convient en partie... Quel monstrueux gâchis ! Le pire étant que cette fiction s'inspire de la réalité. Quatrième de couverture Après trente ans d'incarcération, Nicolas Thomas passe les portes de la centrale de Clairvaux. Il est enfin libre. Personne ne l'attend. Tout le monde l'a abandonné le jour où il a été reconnu coupable de l'assassinat de quatre jeunes femmes dans des conditions terribles. Quelques jours plus tard, il disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tout point semblable à ceux dont il a été accusé. Sophie Ponchartrain, commissaire divisionnaire à Paris, reçoit alors un étrange message. Il ne comporte que deux mots : « Sauvez-moi ». Deux mots qui vont marquer pour la brillante commissaire le début d'une plongée dans un passé plus que trouble." Ainsi allons-nous suivre cette femme terrifiante et adulée par ses hommes et la presse, toute jeune policière dans les années 60, puis en 90 et enfin en 2018. Trois âges d'une vie édifiante ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Maria Casarès une actrice de rupture

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Maria Casarès une actrice de rupture Florence Marguier-Forsythe Actes Sud Le temps du théâtre 2013 214 pages Biographie Chronique 16 décembre 2018 Photographie de couverture : Maria Casarès jouant Catherine II de Russie dans La Mante polaire de Serge Rezvani, mise en scène de Jorge Lavelli au Théâtre de la Ville à Paris en 1977. Enfin cohérente dans ma démarche, je suis heureuse d'avoir découvert ce texte après "Tu me vertiges" chroniqué le 2 janvier 2017, axé sur l'histoire d'amour de Maria et Albert Camus. Ecrit dans le cadre d'une série « Le temps du théâtre » bien particulière, ce récit suivant naturellement un cours linéaire de 1922 en Galice jusqu'en 1996 en France où elle fut une Résidente Privilégiée, pour notre plus grande chance, ce livre est un hommage admiratif et tendre d'une passionnée de théâtre, de rôles, de textes à une figure incontournable, marquante de la scène contemporaine. Un projet de film, des regards et mots échangés, une vérité partagée à l'origine de ces lignes. Maria Casarès est une jusqu'auboutiste, respectueuse avant tout des auteurs, reculant ses propres limites lors de répétitions où l'artisane recherche inlassablement par le corps, par les ruptures de textes, par les silences où une projection de sa voix unique à toucher à la vérité, à l'oubli de soi dans le personnage. Un laboratoire au service du théâtre qu'elle aime profondément, qui est sa vraie patrie. Nous retrouvons la femme entrevue dans « Tu me vertiges » mais aussi l'actrice, la créatrice en puissance, la passionnée. Nous suivons son parcours professionnel et artistique, les collaborations fabuleuses et fructueuses avec les auteurs, collègues, metteurs en scène, chorégraphe ; nous entrons aussi profondément qu'il est possible dans les arcanes de sa pensée au moment d'incarner un nouveau caractère, nous nous tenons à côté des spectateurs ou critiques de ses spectacles, de sa vie. Une femme en clair obscur, une exilée qui pût trouver sa terre, ses racines, ses vérités. Jean Gillibert écrit à propos de Maria Casarès dans le rôle terrible de Lady Macbeth : « Les acteurs n'ont pas seulement droit aux échos que leur renvoie le public qui les a entendus ; même dans leur éphémère sillage - ils savent mieux que tout autre, s'ils sont "mortels". La trace de leur présence ravive les cœurs mais fait plus quand ces acteurs sont " grands", elle imprègne les œuvres jouées d'un suc si personnel et si captivant, que ces œuvres vont continuer à transformer en miel le pollen déposé par ces abeilles. Maria Casarès a été cet "acteur-là" - et j'écris Acteur et non actrice, non pas pour retirer son sexe à l'actrice- " Ôtez-moi mon sexe", disait la plus extraordinaire " Lady MacbethCasarès" qu'on ait vue depuis longtemps !- mais pour donner à l'acteur un statut générique qui dépasse l'identité sexuée. Il est vrai que Maria Casarès a osé, dès qu'elle est apparue sur la scène française, ce qu'aucun homme n'osait faire. Toujours femme, connaissant les pouvoirs de séduction de la femme, elle transcenda cette médiation pour accéder à cette région du jeu, où l'être humain, dans toute son opacité, comme dans tous ses abandons, se livre. Le public devient alors son cosmos. » Quatrième de couverture L’occasion de s’intéresser de près à la vie de Maria Casarès, l’une des plus grandes actrices franco-espagnole, notamment révélée sous la direction de Jean Vilar. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La sorcière

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La sorcière Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2017 687 pages traduites par Rémi Cassaigne Thriller Chronique 11 novembre 2017 Dernier opus paru en France le 1er novembre comme un fait exprès, très attendu et avec raison. Camilla Lackberg réussit encore jusqu'à la dernière page à créer l'étonnement, cette fois-ci ajoutant en leitmotiv un épisode monstrueux de 1672 ayant trait à la chasse aux sorcières menée par une Inquisition criminelle, superstitieuse, cruelle, dont les instigateurs espérons-le payent le prix fort même après la mort. S'il existe un enfer, que celui-ci leur soit réservé. Leur victime d'alors est Elin Jonsdotter, dont le destin va marquer plus de 340 ans après la ville de Fjallbacka, jolie ville portuaire du Nord de la Suède en cet été caniculaire. Toujours avec joie nous retrouvons ce mélange de quotidien doux et rassurant puis soudain de tragédie et d'horreur absolue. C'est un bonheur de reprendre le cours de l'histoire de Erica Falck romancière de talent spécialisée dans les récits de crimes réels, mère de trois enfants, mariée au policier Patrik Hedstrom, sœur de Anna enceinte jusqu'aux yeux avec son compagnon Dan. Erica se documente et envisage d'interroger les protagonistes d'un crime vieux de trente ans, celui de Stella quatre ans. Deux filles Helen et Marie de treize ans qui la gardaient cet après midi là vont s'accuser du crime, puis se rétracter. Trois décennies, après Helen est mariée à James militaire inquiétant et a un fils Sam paumé et à bout, Marie devenue star de cinéma froide et calculatrice revient pour un tournage sur Ingrid Bergman à Fjallbacka avec sa fille Jessie perdue et en mal d'affection, Sanne la grande sœur de Stella jamais remise vit toujours là avec sa fille adolescente cruelle et belliqueuse. Une fillette Nea est retrouvée morte au même endroit que Stella après une battue à laquelle vont participer des réfugiés de Syrie qui vivent dans un camps de migrants, cibles des néo nazis et racistes bas de plafond qui pullulent malheureusement aussi en Suède. La même ferme, les mêmes circonstances, Patrik et son équipe vont évidemment faire le parallèle, aidés en cela par Erica et son don d'analyse. Et la voix de Elin résonne à travers les siècles annonciatrice de malheurs à venir. Dixième tome le plus long et il est vrai le plus abouti, tout en clairs obscures, qui laisse une tristesse et un sentiment de gâchis tout autant que d'amour renouvelé pour les petits bonheurs de la Vie. Roman très réussi. Quatrième de couverture Nea, une fillette de 4 ans, a disparu de la ferme isolée où elle habitait avec ses parents. Elle est retrouvée morte dans la forêt, à l’endroit précis où la petite Stella, même âge, qui habitait la même ferme, a été retrouvée assassinée trente ans plus tôt. Avec l’équipe du commissariat de Tanumshede, Patrik mène l’enquête, tandis qu’Erica prépare un livre sur l’affaire Stella. Sur la piste d’une très ancienne malédiction, les aventures passionnantes d’Erica et de Patrik continuent, pour le plus grand plaisir des lecteurs. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Gang des rêves

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Gang des rêves Luca Di Fulvio Slatkine & Cie 2 juin 2016 720 pages traduites par Elsa Damien Roman et Historique Chronique 4 janvier 2018 Bonjour New-York ! Bienvenus dans une longue et magnifique « Pastorale américaine », ou « Il était une fois l'Amérique », entre Scorcese, Sergio Leone pour le souffle de l'histoire, le dramatisme, les grands personnages, et pour faire bonne mesure, Woody Allen à la désespérance ironique et romantique. Nous sommes dans un grand, très grand film, non ! Je me trompe, nous sommes au Théâtre, au New Amsterdam Theatre où nous a convié Christmas Luminita, un jeune homme hors du commun, dont on tombe immédiatement amoureuse, avec son regard marron doucement moqueur et sa mèche blonde, nous sommes chez les Diamond Dogs, son Gang de rêve ! Classer ce roman serait une erreur ; fiction historique, oui, récit d'une passion dévorante aussi, mais encore .... Thriller glaçant, chronique de vie, documentaire biographique, voilà ! Tout cela et .... Tout commence en Italie à Aspramonte en 1906 avec une fillette de douze ans, Cetta Luminita, dans une famille de paysans durs à la tâche appartenant au Padrone. Celui-ci a bien remarqué que la gamine en passe de devenir une femme est bien jolie et comestible. Sa mère va alors trouver une solution terrible et cruelle pour sauver son enfant de cette concupiscence. Mais malheureusement, même si ce n'est pas le patron qui frappera, le destin restera impitoyable inéluctablement. On retrouve Cetta, dans la cale d'un bateau avec son fils de six mois en route pour les USA, pour la liberté, pour fuir la fatalité. Elle est dure Cetta, en rage, pragmatique, elle sait déjà tout de la vie et de ce qu'elle peut en attendre. Elle a également une capacité à oublier les mauvais souvenirs sur l'instant, à sectoriser sa mémoire, pour toujours avancer, avancer sans se retourner. Et son fils né "Natale" est rebaptisé à la douane de Ellis Island "Christmas", un nom improbable de noir du ghetto qui peut faire rire, mais qui pour elle ne veut dire qu'une chose incontournable, essentielle, son fils est un Américain, point final. Avec ses cheveux de blé et son regard sombre qui pourrait penser qu'il est italien ? Il est bien le fils de sa mère et il est américain, et quand il l'oublie, elle fait en sorte de sévèrement et avec tout son amour maternel, le lui rappeler. Dès lors, le récit se partagera en première partie principalement entre Christmas et Cetta en intercalant des passages concernant d'autres acteurs de cette saga : nous suivrons les années d'apprentissage de 1906 à 1925 des règles de l'existence par Christmas dans le Manhattan des gangs de loubards italiens et juifs, et d'une façon plus aléatoire sans suivre la chronologie, de la trajectoire de sa mère, femme hors du commun, accompagnée de Sal un mafieux aux mains noires, laid de visage mais homme d'honneur, qui ne parle pas d'amour mais en donne les preuves. La deuxième partie est consacrée à Christmas et en parallèle à Ruth et Bill de 1926 à 1929. Tout ce petit monde constitué d'âmes blessées, cabossées, irrécupérables parfois, violentes , cruelles, naïves, comiques, attendrissantes, est illustré par une sacrée collection de visages hauts en couleurs, ramenés à la vie dans des dialogues incroyables de réalisme et d'inventivité. On frémit, on pleure, on rit beaucoup. Pour représenter la pureté, il y a Ruth issue des quartiers huppés de la bonne société corsetée juive, petite fille d'un émigrant, Saul Isaacson, personnage truculent au vocabulaire épicé, qui a bâti un empire dans la confection. Saul et Christmas se ressemblent, le vieil homme le pressent immédiatement. Il le rencontre pour la première fois dans l'hôpital où a été emmenée Ruth, victime d'une agression et d'un viol terribles. Son sauveur, celui qui l'a trouvée dans la rue, Christmas accompagné de son ami pour la vie, Santo. Un couple digne des plus célèbres amoureux vient de se former dans un regard ; une passion infinie est née, et personne ne va pouvoir desserrer les liens noués en ce jour fatidique où l'innocence a été déchirée. Un long, interminable chemin attend Christmas, Ruth, Cetta, Sal. Luca Di Fulvio nous emporte dans une fresque fabuleuse au sein des quartiers malfamés de New York, dans les ghettos juifs et noirs, dans le monde en pleine expansion de la radiophonie balbutiante et du cinéma hollywoodien jusqu'en 1929, aux portes du crash boursier. On a une sensation curieuse d'être dans un univers clos, aucun écho de la guerre mondiale ou des grands événements politiques de l'époque, chacun trime pour s'en sortir. New-York est le centre névralgique, alors le reste du monde ... Le Mal absolu rôde, symbolisé par Bill le psychopathe violeur, fils d'un allemand et d'une juive polonaise. Il incarne tout ce qu'il y a de plus infâme, dépravé, dans cette société en devenir, quelque soit le milieu social. Il est l'élément terrifiant de ce récit qui apporte avec lui l'indicible, l'inconcevable, l'obscurité. Tous sont perdus, confus, paumés dans cette cité gigantesque et écrasante de New-York, mais aussi à Hollywood, tous vont devoir apprendre à se connaître et s'aimer eux-mêmes pour se sauver. Certains le pourront, d'autres tomberont dans un gouffre sans fond. La limite est ténue entre la damnation et la rédemption. Un livre majeur de 2016, un déjà grand classique de la littérature d'aujourd'hui tendant au cinématographique tant dans le découpage que dans le style imagé. Incontournable ! Quatrième de couverture New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Police

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Police Hugo Boris Grasset & Fasquelle 2016 185 pages Roman Chronique 29 avril 2018 Simplement quelques heures et la vie bascule, seulement un échange de regards entre une flic et un tadjik raccompagné à la frontière, et la conscience se réveille. Trois personnages de policiers, trois portraits, symboliques et exemplaires. Ils sont eux aussi à une frontière, celle ténue à laquelle sont confrontés tous ceux qui doivent obéir à des ordres qui ont valeur de mise à mort d'un innocent. Ils sont à bout. « Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l'on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l'uniforme. Un soir d'été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu'à la confrontation finale....» D'une tragédie intime que doit affronter Virginie, naît une situation de crise, dans la voiture... Gardiens de la paix au service d'une guerre contre des réfugiés politiques ou émigrés, hagards, épuisés, enfin arrivés après un périple cauchemardesque en France, cette terre de liberté-égalité-fraternité, cet état de droit. Une jungle de services administratifs, judiciaires, cours de justice, ONG, associations, où tous sont piégés. Cette mission exceptionnelle à laquelle ils n'auraient pas dû être confrontés, leur donne le coup de semonce, avant de se perdre. Un style très travaillé, des effets d'accumulation de mots, de virgules, dans des phrases interminables, comme pour accentuer le poids sur les épaules de ces policiers, mettre en exergue le vertige qui les prend devant l'ampleur de la tâche. Un mélange de termes techniques, professionnels et de vocabulaire recherché, inventif. La description de Aristide par exemple est un bijou de virtuosité. Une façon efficace de rappeler à ceux dont la vie est baignée de normalité, que celle-ci est possible grâce à celles et ceux qui se plongent dans leurs poubelles, ou dans les zones d'ombre des villes, se mettent en danger tant physiquement que psychologiquement. Un texte court mais puissant et bouleversant. Un électrochoc salvateur. Quatrième de couverture Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Civilizations

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Civilizations Laurent Binet Grasset & Fasquelle 2019 376 pages SF historique Chronique 27 octobre 2019 Quel livre somptueux ! En couverture, un montage d'après le tableau de Juan Pantoja de la Cruz figurant Charles de Habsbourg dit Charles Quint. Ce roman a aussi été enregistré par Bernard Gabay pour Audiolib. Il a reçu le Grand Prix du roman de l'Académie Française. « L'art donne vie à ce que l'histoire a assassiné. » Carlos Fuentes, Cervantès ou la Critique de la lecture « En raison de cette confusion dans laquelle ils vivaient, sans aucune bonne intelligence, leur conquête fut très facile. » Inca Garcilaso de la Vega Commentaires royaux sur le Pérou des Incas. Prodigieux, ce livre est un tour de force, inclassable, foisonnant, luxueux, jouissif, drôle, passionnant, mêlant faits historiques avérés (mais distordus, transformés à l'instar de la couverture), à des évènements totalement créés par l'auteur grâce à son imagination géniale. Oui, je suis dithyrambique, cela arrive, car j'ai ADORÉ ce roman : d'aventures, d'action, historique, de science fiction, philosophique, politique, une oeuvre littéraire qui nous fait du bien et sous couvert de nous distraire, pose des questions essentielles.... Tout part d'un SI, ET SI.... je vous laisse prendre connaissance de la quatrième de couverture qui elle aussi est parfaite. Le postulat est formidable, ce renversement des évènements, cette bascule des forces en présence, le pouvoir mis entre les mains des Incas envahissant l'Europe, c'est savoureux et drôlement intelligent. Je me demande même si je ne préfère pas cette version délirante... Question : Qui sont les vrais sauvages ? En regardant, en redécouvrant notre monde à travers les yeus des Incas, on peut s'interroger.. Quatre parties : 1/ La Saga de Freydis Eriksdottir, fille donc de Erik le Rouge qui décide un jour de partir pour les terres du Sud, très au sud, avec ses guerriers, ses chevaux, ses armes, ses dieux dont Thor. Elle s'installe sur cette nouvelle terre. La face du monde en sera définitivement changée. Préparez-vous au grand huit. 2/ Le journal de Christophe Colomb.... Le pauvre, il arrive en 1492, enfin, avec deux de ses bateaux, mandaté par son roi et sa reine pour découvrir les Indes.... Au début, les extraits de ce document précieux décrivent une colonisation en bonne et dûe forme : paternalisme, condescendance et prosélytisme catholique au menu. Oui mais... Manque de chance, rencontre avec les descendants de Freydis et sa troupe, dont le sang s'est mêlé à celui des autochtones, d'où des anticorps protégeant les indigènes des maladies pouvant être transmis par les blancs. C'est d'ailleurs plutôt ceux-ci qui ont du souci à se faire, car ce peuple-là va les contaminer, les massacrer grâce à leurs armes, la rapidité de leurs chevaux, leur confiance en leur Dieu, Thor. Et c'en est fait des conquistadors... Reste un Christophe Colomb mourrant dans les bras d'une toute jeune fille héritière de Freydis... et deux bateaux échoués sur la plage.... 3/ Les Chroniques d'Atahualpa : Quarante ans plus tard, Atahualpa et son frère Huascar se font la guerre pour devenir Empereur. En résumé, le premier dans sa fuite se retrouve débarqué sur les terres des descendants de Freydis.... Il rencontre la petite fille devenue une très belle femme, Higuenamota... Les bateaux sont là, échoués ne demandant qu'à être réparés.... Une fois fait, vite, ils embarquent à deux cents sur les nefs, cap vers l'Est. Higuenamota, devenue la maîtresse de Atahualpa, le suit. Arrivée, après bien des lunes, à Lisbonne qui vient d'être détruite par un tremblement de terre. Cette catastrophe naturelle concomitante à l'apparition de ces êtres extraordinaires que sont les Incas, apparaît aux yeux de la population comme un évènement surnaturel, un signe annonciateur d'une nouvelle civilisation... 4/ Les aventures de Cervantès : retour aux sources, le chemin à l'envers. Je souris encore en rédigeant ces lignes... Formidable ! Lisez-le, ne passez pas à côté de ce Bijou... Quatrième de couverture Vers l'an mille : la fille d'Erik le Rouge met cap au sud. 1492 : Colomb ne découvre pas l'Amérique. 1531 : les Incas envahissent l'Europe. À quelles conditions ce qui a été aurait-il pu ne pas être ? Il a manqué trois choses aux Indiens pour résister aux conquistadors. Donnez- leur le cheval, le fer, les anticorps, et toute l'histoire du monde est à refaire. Civilizations est le roman de cette hypothèse : Atahualpa débarque dans l'Europe de Charles Quint. Pour y trouver quoi ? l'Inquisition espagnole, la Réforme de Luther, le capitalisme naissant. Le prodige de l'imprimerie, et ses feuilles qui parlent. Des monarchies exténuées par leurs guerres sans fin, sous la menace constante des Turcs. Une mer infestées de pirates. Un continent déchiré par les querelles religieuses et dynastiques. Mais surtout, des populations brimées, affamées, au bord du soulèvement, juifs de Tolède, maures de Grenade, paysans allemands : des alliés. De Cuzco à Aix-la-Chapelle, et jusqu'à la bataille de Lépante, voici le récit de la mondialisation renversée, telle qu'au fond, il s'en fallut d'un rien pour qu'elle l'emporte, et devienne réalité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le temps est assassin

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le temps est assassin Michel Bussi Presses de la Cité 4 mai 2016 400 pages Thriller divers Chronique 25 mars 2017 C'est sous 27°C au soleil dans un parc parisien que j'ai fini le dernier roman de Michel Bussi "Le temps est assassin", il le fallait bien pour me donner l'illusion d'être sur la presqu'île de la Revellata en Corse au mois d'août avec Clotilde avocate, son mari Franck et sa fille Valentine.C'est un retour aux sources pour Clo, au camping et dans le bungalow de l'été 1989, 27 ans après l'accident de voiture dans lequel ses parents et son frère sont morts. Un exorcisme en quelque sorte et un réenracinement dans son histoire familiale corse, petite fille de Cassanu Idrissi, son Papé, une légende dont tout le monde à peur, façon Corleone . Mais rien n'est caricatural dans ce récit, bien entendu l'accent, le vocabulaire sont typiques, mais cela n'est pas là l'essentiel, On parle bien d'honneur et de vendetta mais loin des clichés, plutôt en insistant sur la volonté de protéger des traditions et un site de toute beauté. Ainsi va-t'on être tranquillement baladés entre le carnet intime de l'adolescente qu'elle fut, gentiment transgressive et à la maturité ironique et bluffante , et la femme de 40 ans en perte de repère, étouffant sous les flashbacks et les bouffées d'émotions remontant du passé. Elle reçoit alors une lettre de sa mère Palma, et tout va basculer. Ce récit est comme une route au bord du précipice longeant une falaise, avec en à pic la Méditerranée turquoise et transparente. Des lacets, des tournants brusques, des épingles à cheveux, des frôlements périlleux contre la barrière d'urgence, la peur et la terreur au ventre, ne sachant pas très bien où nous allons. Au détour, soudainement des nuages noires ou un soleil éblouissant. La canicule fait fondre les corps et exaspèrent les esprits. La fin est tout à fait imprévisible, donc laissez vous aller, et charmer par la plume et le style de Michel Bussi, son talent pour entretenir le mystère et multiplier les routes, croquer les personnalités hautes en couleurs d'hier et d'aujourd'hui, vues par l'adolescente ou la femme. Voilà, à part Code Lupin et Meurtres en Seine, j'ai eu le plaisir et la grande joie de lire tous les livres de cet auteur. Merci à lui, ce vrai artisan d'art, pour tout ce que j'ai appris au fil des pages, pour la poésie, l'humanisme, la beauté de la langue, la virtuosité des constructions, le suspens maintenu, etc..... J'attends le prochain, avec impatience. Quatrième de couverture Eté 1989 La Corse, presqu'île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite... et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux. Eté 2016 Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l'accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé. A l'endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Tu seras un homme, mon fils

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tu seras un homme, mon fils Pierre Assouline Gallimard 2020 298 pages Biographie Chronique 13 juillet 2020 « Nous avons existé par cela, cela seul Qui n'est point consigné dans nos nécrologies Ni dans les souvenirs que drape la bonne aragne Ni sous les sceaux que brise le notaire chafouin." T. S. Eliot, La Terre vaine ( traduction de Pierre Leyris) Un roman biographique que j'aurais vraiment aimé lire en entier pour vous tant certains passages, par la forme ou l'originalité et la pertinence des images, sont beaux, essentiels, signifiants pour tous. Ce texte nous fait découvrir Rudyard Kipling en s'attachant à ce qui fut le plus bouleversant, tragique dans son existence, la perte de son fils unique, John. Mais pas seulement, car ce décès s'accompagne d'une culpabilité non exprimée, d'un déni, le corps n'ayant jamais été retrouvé, d'une recherche effrénée et désespérée d'un père dans la terre du champ de bataille où s'écroula le tout jeune homme dès 1915. On pleure ! Les évènements survenus sont narrés ici, sous forme de souvenirs racontés par Louis Lambert à son garçon Jean, en partance pour le front en 1941, dans l'abbaye de Westminster cinq ans après l'enterrement du grand homme, de ce héros et écrivain national, presque un monument. Flashback jusqu'à la veille de la première guerre mondiale dans la station thermale de Vernet-les-Bains. Ambiance particulière, cosmopolite, où pullulent de riches anglais et des célébrités.... Le décor est planté : tous les éléments sont en place pour que Louis, jeune professeur de lettres à Janson-de-Saillie à Paris, rencontre l'auteur vénéré de "If..." ce poème qui obsède notre jeune héros timide et peu sûr de lui. Il faut dire que Rudyard Kipling est un lion rugissant, farouche dès qu'il s'agit de sa vie privée, hurlant, vociférant, menaçant tout ce qui ressemble à un journaliste ou un biographe. Nous sommes très loin de l'image fausse que nous pourrions avoir de l'auteur du Livre de la jungle, de cet ami des enfants qui fut lui-même battu et maltraité... Un homme bouleversant de gentillesse et de drôlerie dès que des petits l'entourent, mais se transformant soudain en un exemple parfait de colonialiste impérialiste haïssable, raciste quant aux Allemands et Irlandais osant obtenir leur indépendance, antisémite également comme nombre d'Européens de cette période. Pas l'homme le plus sympathique au monde. Amoureux de la France, campé sur ses opinions obstinément, il souhaite que son fils, John, se perfectionne dans la langue de Molière. C'est là où Louis Lambert entre dans la vie intime de la famille Kipling. John est un jeune garçon ordinaire, mais attachant, atteint comme son père d'une myopie importante et handicapante. Son père, formé dans une école militaire, chantre de l'Empire britannique, ne peut accepter que son rejeton ne puisse combattre pour son pays contre les Allemands... Il fera tout, et y réussira acceptant même que John soit incorporé dans les bataillons Irlandais. Que n'a-t-il pas fait.... !!! Le drame est en marche. Louis voudrait traduire le poème "If..." qu'il pense être dédié à John.... Mais non, tout est bien plus compliqué, et c'est à la découverte de la vérité que vous invite Pierre Assouline dans ce magnifique ouvrage tout en subtilité, bienveillance, honnêteté. La traduction de "If..." Vous attend en dernière page. Un très beau texte sur les liens père-fils, sur la fragilité de la vie, sur le travail délicat de la traduction, sur les bouleversements que la grande Histoire impose aux destins particuliers. C'est aussi le portrait d'un homme imparfait qui, outre tous ses talents littéraires, son génie, fut aussi d'une grande perspicacité quant au danger incarné par Hitler, qu'il combattra malgré son antisémitisme connu. Une intransigeance remarquable face à la barbarie à venir. Emotions ! Quatrième de couverture C'est l'histoire d'un poème. À la veille de la Première Guerre mondiale, Louis Lambert, jeune professeur de lettres dans un lycée parisien, rencontre par hasard dans le sud de la France son auteur favori : Rudyard Kipling, le romancier adulé du Livre de la jungle et du fameux «If...» que les Français connaîtront bientôt sous le titre «Tu seras un homme, mon fils». Louis Lambert, qui rêve depuis des années d'en donner lui-même la traduction idéale, tente d'obtenir l'autorisation de l'écrivain. Une amitié inattendue va naître entre les deux hommes, que la disparition de John, le fils de Kipling, mort au combat dans les tranchées, va brutalement modifier. Jusqu'où un père est-il responsable du destin de son fils ? Un poème peut-il être la clé de toute une vie ? Pierre Assouline nous plonge dans la vie intime de Kipling pour faire la lumière sur un drame qui changea à jamais le cours de l'existence d'un des auteurs les plus lus au monde. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • On la trouvait plutôt jolie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On la trouvait plutôt jolie Michel Bussi Presses de la Cité 12 octobre 2017 464 pages Thriller divers Chronique 18 novembre 2017 C'est un beau livre déjà en tant qu'objet avec ce bleu sombre irisé, cet argent, cette chouette en relief en couverture presque enfantine. Cette lune et ce soleil pour marquer le passage de l'obscurité amie de l'oiseau nocturne à la lumière. Une impression d'ouvrir un volume des contes et légendes africaines, où l'histoire d'une petite fille puis d'une femme et enfin d'une mère nous est narrée. Les parfums épicés des jeunes années m'ont soudain à nouveau entourée de leur protection. Cela commence ainsi, de la magie, de la tendresse, de la poésie rien que dans le titre et le prénom de l'héroïne ; de l'humanisme toujours, nous sommes dans l'univers de fausses vérités, de douceur amère, de nostalgie de Monsieur Bussi, un univers aussi très féminin où le courage est de mise pour affronter la vie, les autres, le mal toujours et encore. " Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie, vous avez trois jolis enfants, Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. " Apparences que tout cela, un mauvais sortilège a été lancé sur cette famille et sur cette guerrière opiniâtre au destin comme une déesse antique perdant et retrouvant la vue, bien obligée alors de regarder la vérité en face. Ce moment là du récit m'a encore coupé les pattes, comme dans " Les Nymphéas noirs". Je n'ai rien vu venir et au fur et à mesure que le stratagème prodigieux de l'auteur m'était révélé, je sentais mon admiration grandir. Encore une fois, un magistral tour de magie. Ce récit est un hommage à tous les réfugiés, migrants, exilés de la terre, que nous avons été, que nos aïeux furent nécessairement, que nous serons peut-être obligés de devenir. La brutalité des faits, l'inacceptable cruauté des passeurs, des profiteurs de tous ces voyageurs précaires et fragiles, l'innommable mort par noyade dans cette Méditerranée qui pour certains est un lieu de plaisir et pour d'autres un immense cimetière marin, où nul ne peut venir se recueillir sur les tombes, condamnant à un deuil sans fin insoutenable. Et pour les rescapés, le cauchemar concocté soigneusement par notre administration française bien vicieuse, bien retorse, histoire de continuer la torture de la terreur au ventre, du manque, de la solitude. Tout commence banalement, Leyli habite dans un tout petit logement au septième étage d'une tour de Aigues douces, les trois enfants dans la chambre, elle sur un clic clac dans le salon. Après plusieurs années de lutte courageuse, elle obtient un CDI dans un hôtel comme femme de ménage. C'est sa chance et celle des enfants pour demander à l'agence de HLM un plus grand appartement, au moins 60m2. Tout se passe bien, les nuages s'éloignent enfin. Au même moment, le corps d'un représentant de commerce est découvert dans un hôtel, une trace de prise de sang et les veines des poignets sectionnées. " Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits.... " Poignant, dérangeant, paniquant, bouleversant, remarquable en un mot . Et la chanson de Pierre Perret tourne sans fin.... Quatrième de couverture Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits... Un suspense renversant et bouleversant. " – Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. – Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l'essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l'un d'eux, l'un d'eux peut-être, échappe au sortilège. Elle ferma les yeux. Il demanda encore : – Qui l'a lancé, ce sortilège ? – Vous. Moi. La terre entière. Personne n'est innocent dans cette affaire. " Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits... Un suspense renversant et bouleversant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Une journée dans la Rome antique - Sur les pas d'un Romain, dans la capitale du plus puissant des empires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une journée dans la Rome antique - Sur les pas d'un Romain, dans la capitale du plus puissant des empires Alberto Angela Payot Mai 2020 448 pages traduites par Catherine Pierre-Bon avec Mario Pasa, préface de Mario Pasa Document Chronique 24 juin 2021 Formidable « reportage, caméra à l'épaule » que nous offre Alberto Angela nous proposant de passer une journée dans la ville mythique de Rome à une époque bien particulière pour les femmes puisque, pour une brève période, elles obtiennent certains droits et libertés qu'elles reperdront très rapidement, conséquences de l'influence néfaste de certaines croyances païennes patriarcales bientôt reprises par la secte chrétienne. Nous n'avons donc qu'une seule petite journée à passer dans cette cité gigantesque, le timing est serré et notre guide souhaite nous faire comprendre les aspects principaux de l'organisation de cette société, les mentalités et coutumes si éloignées des nôtres. Des bas fonds à la domus d'un homme riche, du marché aux bestiaux à celui des esclaves, des palais de justice aux lupanars, cette plongée romaine est extraordinaire, riche d'enseignements et de découvertes stupéfiantes, recréant des décors d'un réalisme bluffant, faisant appel à tous nos sens. L'accès à l'Histoire est ainsi facilité sans tomber dans la vulgarisation commerciale. On repense à la série télévisuelle "Rome" pour la somptuosité de la reconstitution. Une lecture facile, agréable, intelligente, ludique et édifiante. Je vous la recommande vivement ! Fabuleux ! Quatrième de couverture Une journée dans la Rome antique sous le règne de Trajan, quart d'heure par quart d'heure, par l'auteur d'Empire et des Trois Jours de Pompéi; après ces deux succès et avec un même talent de conteur, Alberto Angela immerge si bien ses lecteurs dans l'Antiquité romaine qu'il fait presque d'eux des Romains afin qu'ils la comprennent mieux. Un livre qui s'est vendu à plus de 500 000 ex. en Italie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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