top of page

Trouverez-vous votre bonheur ?

Search this site

Résultats trouvés pour la recherche vide

  • Le bonheur n'attend pas

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le bonheur n'attend pas Jojo Moyes Hauteville 3 juin 2019 576 pages traduites par Claire Allouch Roman Feelgood Chronique 24 septembre 2020 Cinquième roman de cette écrivaine que je lis avec plaisir et intérêt, faisant renaître mon premier enthousiasme lors de la lecture de « Les yeux de Sophie » . Vivre son existence sur un mensonge, construire son couple sur du vent parce que votre famille, pour de bonnes raisons, ne vous a pas raconté la vérité sur votre venue au monde n'est pas une sinécure.... Et tant que la lumière n'est pas faite, ce sont les ténèbres qui vous immobiliseront, vous empêcheront de suivre votre chemin. C'est un des thèmes centraux de ce récit typiquement anglais, sachant mêler drame, romantisme, douce ironie, autodérision et romanesque. L'autre thème primordial est la naissance : l'acte d'enfanter dans ce qu'il a de plus beau et de plus dangereux, pendant l'accouchement lui même, et ensuite ses conséquences heureuses ou dramatiques sur une mère, sur une famille, un couple... Toute venue au monde n'est pas un moment de joie, il peut être synonyme d'abandon, de cœur déchiré par la séparation, par le deuil, par l'incapacité matérielle à accompagner l'enfant au-delà de sa naissance. Une situation vécue aujourd'hui encore dans des pays où règnent la pauvreté, écho de celle qui fut et perdure dans nos pays dits favorisés. Une troisième question est aussi posée quant à la culpabilité que ressentent les femmes souhaitant également faire carrière.... Comment en plus être mère ? D'Argentine à la bonne société d'une petite ville provinciale anglaise, Jojo Moyes réussit encore, comme Jane Austen en son temps, à dresser le portrait d'une jeune femme sans modèle maternel acceptable en tête, incapable de s'arrêter à un projet, sans place réelle, perdue, malheureuse, se sentant inadaptée et misérable, jusqu'à ce qu'un projet de boutique voit le jour. Alors la porte enfin ouverte laisse entrer des réponses, des êtres plus cocasses et attachants les uns que les autres et surtout, une messagère de vérité, un ange gardien, Jessie. J'ai aimé ce nouvel opus, je m'y suis retrouvée comme je pense nombre d'entre nous, femmes et hommes s'y verront. Quatrième de couverture Pur produit des années soixante, Athene Forster n'est pas pressée de se marier. Cette jolie fille trop gâtée est devenue une jeune femme aussi capricieuse qu'imprévisible, et elle multiplie les écarts de conduite. Aussi ses parents accueillent-ils avec soulagement la nouvelle de son mariage avec Douglas Fairley-Hulme, héritier de bonne famille. Mais à peine deux ans plus tard, la rumeur court qu'elle a une liaison, et le scandale la rattrape. Trente-cinq ans plus tard, Suzanna Peacock s'efforce de vivre une vie aussi paisible que celle de sa mère a été tumultueuse. Elle s'installe à la campagne avec son mari, Neill, qui espère fonder une famille avec elle, et ouvre un café où elle vend des objets vintage. Les rencontres inattendues qu'elle va faire dans cette petite ville vont apporter bien des réponses aux questions qui la hantent... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Kibogo est monté au ciel

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Kibogo est monté au ciel Scholastique Mukasonga Gallimard Mars 2020 160 pages Historique Chronique 26 novembre 2020 Texte court sous forme de conte Africain d'une grande intelligence, drôle, percutant, sachant appuyer là où ça fait mal : dans le viseur, tous les colonisateurs et prosélytes du monde irrespectueux de l'Histoire et de la culture ici du Rwanda, mais aussi tous les nostalgiques de traditions dépassées voire mal comprises. Récit d'une résistance d'un peuple restant fidèle à lui-même, plus proche du saule que du chêne. Il plie mais ne casse jamais : il écoute les leçons des blancs catholiques ou africanistes selon les époques, intègrent puis transforment les idées imposées pour les refondre dans les croyances millénaires... Abracadabra, la magie africaine a encore agi... Et on rit face à ces "civilisateurs" ou scientifiques, tournés en ridicule.... Les mécanismes de la colonisation sont parfaitement décrits : manipulation des esprits afin de diviser pour mieux régner... Ainsi de nouvelles hiérarchies entre les Rwandais sont créées, liées au degré de collaboration avec l'occupant. Évidemment la religion des blancs ou les thèses de certains universitaires dits pro-africains sont remises en question par quelques autochtones éduqués par les blancs, se jouant de la fatuité et de la bêtise de ces derniers.... Le ver est dans le fruit de la civilisation occidentale. Le silence des peuples "conquis" n'est pas toujours signe d'allégeance... Au contraire..... J'ai beaucoup aimé ce roman historique qui m'a révoltée évidemment, mais aussi profondément amusée. Beau texte brillant et jouissif ! Quatrième de couverture De Kibogo, le fils du roi, ou du Yézu des missionnaires, lequel des deux est monté au ciel ? Qui a fait revenir la pluie, sauvant ainsi son peuple de la sécheresse et de la famine ? Est-ce Maria de la chapelle ou la prêtresse de Kibogo qui a dansé sur la crête de la montagne au-dessus du gouffre ? Au Rwanda, colonisation et évangélisation avaient partie liée. En 1931, la destitution du roi Musinga qui refusait le baptême entraîna la conversion massive de la population. Souvent, ces baptêmes à la chaîne, pour beaucoup opportunistes, aboutirent à un syncrétisme qui constituait une forme de résistance. Est-ce qu'il fallait croire aux contes que prêchent les pères blancs à longue barbe ou à ceux que raconte votre mère, chaque soir, à la veillée, jusqu'à ce que le foyer ne soit plus que braises rougeoyantes ? Dans ces histoires miraculeuses, la satire se mêle d'humour et de merveilleux : un immense plaisir de lecture. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La fille du taxidermiste

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fille du taxidermiste Kate Mosse JC.Lattès 2016 360 pages traduites par Valérie Rosier Historique Chronique 17 avril 2019 « Une diabolique rencontre entre Daphné Du Maurier et Agatha Christie » selon Anthony Horowitz, « Peau blanche, lèvres bleuies, cheveux couleur d'automne étalés sur le plancher en bois. Sang, peau, os. Une verrière, les flammes des bougies qui palpitent en se renvoyant leurs reflets réfractés Une odeur capiteuse de parfum et de fumée de cigare. Des masques noirs, dont l'un est noir et blanc : choucas, pie, freux, corbeau. Dans le scintillement du verre, l'éclat des paillettes, des plumes, des perles, et l'odeur du cognac renversé sur les lattes du vieux plancher. Autre chose aussi, un crescendo de bruits, d'odeurs, de sauvagerie. » Un roman extrêmement sombre, de la magie noire que cette auteure fabuleuse a encore pratiquée pour ce thriller historique, flirtant avec une ambiance surnaturelle, l'impression d'avoir fait une traversée sur un navire en pleine tempête, non loin des côtes du Sussex. Les évènements tragiques racontés ici prennent racine dix ans plus tôt et préfigurent déjà le conflit mondial qui balaiera l'Europe dès 1914, deux ans plus tard. Une maison très particulière où habitent un père et sa fille de 22 ans, tous deux taxidermistes... Autrefois, elle abritait un musée célèbre où des vitrines présentant des tableaux vivants étaient exposées, très prisées des visiteurs. La mode est passée, la faillite et le déshonneur ont fini de détruire la carrière de Gifford père, le transformant en loque alcoolique. Connie a pris la relève et, vaille que vaille, essaie de tout tenir à bout de bras. Elle fut victime d'un accident enfant et souffre d'amnésie. Leur demeure peut paraître lugubre mais elle est en fait parfaite pour la pratique de la taxidermie. La description des méthodes de l'époque pour empailler, principalement des oiseaux, nous ouvre les yeux sur la passion qui anime les pratiquants de ce métier, exigeant l'amour de la nature et le respect de la vie. Recréer cette dernière artificiellement est un art. Mais les voisins sont suspicieux et ont peur. Cela ne va pas s'arranger avec la découverte d'un corps à la limite du terrain des Gifford. Connie aidée d'un charmant jeune peintre va devoir mener l'enquête, à ses risques et périls. La lumière pourra-t-elle à nouveau percer les nuages qui assombrissent sa vie et celle de ses proches ? Réussira-t- elle à surnager lors de la prochaine tempête ? Qui est la personne qui lui envoie, ainsi qu'à certains habitants, des messages laconiques ? Quel but est ainsi poursuivi ? Quatrième de couverture Sussex, 1912.À vingt-deux ans, Connie Gifford vit avec son père dans la vieille bâtisse qui hébergeait autrefois un célèbre musée de taxidermie. Désormais, les oiseaux empaillés ornant les salons des maisons bourgeoises sont passé de mode et les raisons de la fermeture du musée tenu par la famille Gifford restent mystérieuses. Connie a perdu la mémoire après un accident et ne garde aucun souvenir de cette époque. Lorsque le cadavre d'une femme est découvert dans un ruisseau derrière la propriété des Gifford, le passé ressurgit... Connie met des lors tout en œuvre pour démasquer les coupables et dévoiler enfin les secrets de ces années oubliées. L'univers fascinant de la taxidermie, la fabuleuse héroïne et l'ambiance mystérieuse de Kate Mosse nous hanteront longtemps. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Cité de feu

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Cité de feu Kate Mosse Sonatine 23 janvier 2020 608 pages traduites par Caroline Nicolas Historique Chronique 10 mars 2021 Un temps pour tout (Ecclésiaste 3.1-15) en ouverture : « Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous les cieux : Un temps pour naître, et un temps pour mourir, Un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté, Un temps pour tuer, et un temps pour guérir, Un temps pour démolir, et un temps pour construire, Un temps pour pleurer, et un temps pour rire, Un temps pour se lamenter, et un temps pour danser, Un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres, Un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements, Un temps pour chercher, et un temps pour perdre, Un temps pour garder, et un temps pour jeter, Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre, Un temps pour se taire, et un temps pour parler, Un temps pour aimer, et un temps pour haïr, Un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. » 318 ans après le massacre des Cathares, c'est au tour des Protestants d'être poursuivis et assassinés par l'Inquisition et les partisans de François, Duc de Guise et de Lorraine, chef de la faction catholique, dans cette région du Sud où se sont réfugiés nombre de persécutés. L'action de ce premier Tome, suivi d'un second opus « La Cité des Larmes », débute en 1562, dix ans avant la terrible et ignoble nuit de la Saint Barthélémy. Il est bon de rappeler que cet événement fut précédé de maints épisodes plus terribles les uns que les autres un peu partout en France et notamment dans le Midi, à Carcassonne et Toulouse.... Kate Mosse mêle habilement deux courses poursuites dans ce thriller historique également saga familiale, se finissant en Afrique du Sud au XIXe siècle : - La première victime est Marguerite, catholique, sœur aînée d'une fratrie de trois enfants ( Aimeric 13 ans et Alis 7 ans) dont le père Bernard Joubert est libraire à Carcassonne. Elle reçoit un message d'avertissement, mystérieux et incompréhensible... La menace va très vite se préciser.... Nous découvrons l'obsession de sa persécutrice, Blanche de Bruyères, dans des chapitres en italique : toute sa folie s'y exprime nous glaçant peu à peu. Un testament serait à l'origine de cette haine.... - La deuxième cible est Piet Reydon, franco-hollandais converti au protestantisme, dans le collimateur d'un de ses amis de jeunesse, Vidal, noble devenu un prêtre ambitieux... Le vol d'une célèbre relique a eu lieu quelques années auparavant... Le religieux voudrait remettre la main dessus. Il est persuadé que Piet peut le mener à ce trésor. Ainsi son avancement dans la hiérarchie catholique serait assuré... Pour corser le scénario Marguerite et Piet tombent éperdument amoureux dès le premier regard et ... Vidal, au mépris de son vœu de chasteté, et Blanche sont des amants maudits, criminels et psychopathes. Nous comprenons dès le prologue que les descendants de ses deux couples vont se poursuivre, se combattre et se détester jusqu'en 1862. Autant Marguerite et Piet symbolisent la tolérance religieuse, autant Blanche et Vidal figurent des extrémistes de la pire espèce : elle, par croyance religieuse proche d'une pathologie obsessionnelle ; lui par opportunisme insupportable et soif maladive de pouvoir. Grâce à ces deux personnages, nous touchons à une vérité historique quant à l'Eglise de l'époque et ses dérives avérées au XVIe siècle, dont la main armée est l'Inquisition, Église forte de la croyance non éclairée et presque superstitieuse des fidèles.... De plus, une grande majorité de la population du pays ne sait pas lire et écrire et ne peut comprendre le latin. Une traduction en français de la Bible est donc extrêmement dangereuse, qu'elle soit lue ou entendue, capable de faire trembler les fondations du catholicisme omnipotent. J'ai trouvé ce texte particulièrement savoureux par l'emploi de vocabulaire occitan. Nous sommes en Languedoc, ce qui signifie évidemment pays de la langue d'oc parlée au Moyen-Âge dans le Midi, de la Provence à l'Aquitaine, en opposition avec la langue d'oïl du Nord. L'Occitan était considéré alors comme un patois et un signe d'inculture. Donc l'auteure décide, pour donner la parole aux autochtones et aux nouveaux habitants installés dans la région, d'employer l'occitan et le français pour le même mot... Exemple : monsieur et sénher. Enfin, un dernier point précisé dans les notes finales est très intéressant : le Midi non seulement revendique son indépendance linguistique mais aussi son indépendance d'esprit, ( je reprends les mots de Kate Mosse). L'origine de cette dernière remonterait à l'époque de l'invasion du Sud par le Nord en 1209-1244. Ainsi, beaucoup de communautés protestantes, dans le collimateur du pouvoir central, ont trouvé refuge plus facilement dans le Midi où elles purent résister et se défendre plus durablement. Contexte historique donc très particulier, personnages touchants ou terrifiants, suspense parfaitement alimenté jusqu'aux dernières lignes.... Déjà les nuages s'accumulent à nouveau à l'horizon, le vent, préfigurant les prochaines tempêtes historiques se lève... tous les protagonistes de ce roman au scénario rigoureux seront emportés dans un enfer sur Terre. Je lirai bientôt le deuxième Tome ... Quatrième de couverture Une course haletante au cœur des guerres de Religion : le grand retour de la reine du roman historique. France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants s'exacerbent, le royaume se déchire. Le prince de Condé et le duc de Guise se livrent un combat sans merci. Les huguenots sont persécutés, les massacres se succèdent. À Carcassonne, Marguerite Joubert, la fille d'un libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant converti dont la vie est en danger. Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, le couple se retrouve bientôt au centre d'un vaste complot lié à une sainte relique. Leur quête va les mener vers une ancienne forteresse, où sommeille un secret enterré depuis des décennies. Après Labyrinthe, vendu à plusieurs millions d'exemplaires, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque érudite et captivante. Elle y donne la parole à ces figures féminines trop souvent oubliées par l'histoire officielle. D'une efficacité redoutable, La Cité de feu confirme l'inimitable maestria narrative de son auteur. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Après Tout

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Après Tout Jojo Moyes Bragelonne-Milady 2018 663 pages traduites par Odile Carton Roman Feelgood Chronique 8 février 2019 Dernier tome de la trilogie consacrée à Lou. Ce troisième opus se déroulant en grande partie à New-York m'a beaucoup divertie, je me suis sentie plus proche de l'héroïne dans cet épisode, sans doute le départ à l'étranger, le travail chez des employeurs riches, la découverte de leur mode de vie étonnant, la passion pour la mode vintage, la solitude et les grandes balades dans une ville étrangère, passant beaucoup de temps dans les cafés ou restaurants, ici les diner's typiques, en ajoutant les histoires d'amour compliquées ou à distance. Au moins, Lou n'a pas à apprendre en plus la langue ! Jojo Moyes est douée pour tricoter des histoires touchantes, drôles, percutantes, quelques fois acides. Tout est parfaitement juste et manifestement les ultra riches sont partout pareils. J'ai à nouveau passé un joli moment qui disons-le simplement m'a redonné la pêche et m'a fait réfléchir sur certaines décisions futures à prendre. Dans une ambiance morose, anxiogène, dans un pays où la culture de l'impossible éternel est érigée en règle, cette vision du monde différente fait du bien. De très jolis instants, de la grâce, de la diversité à l'image de cette cité incroyable. Une belle visite ! Quatrième de couverture Un homme qui refusait une version diminuée de lui-même m'a appris qu'on a toujours le choix. Alors le moment était venu de choisir : je pouvais être la Louisa Clark de New-York ou la Louisa Clark de Stortfold. L'essentiel, c'était de ne pas laisser les autres choisir à ma place. Il y a toujours une façon de se réinventer. Quand Lou s'envole pour New-York, elle est certaine de pouvoir vivre pleinement cette aventure malgré les milliers de kilomètres qui la séparent de Sam. Elle rejoint la très fortunée famille Gopnik, se jette à corps perdu dans son nouveau travail, et découvre les joies de la vie new-yorkaise. C'est alors, que sa route croise celle de Josh, qui éveille en elle des souvenirs enfouis. Troublée par cette rencontre, Lou s'évertue à rassembler les deux parties de son cœur séparées par un océan. Mais le dilemme auquel elle est confrontée menace de faire voler en éclats son fragile équilibre. Le moment n'est-il pas venu de se demander qui elle est vraiment ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Cité de larmes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Cité de larmes Kate Mosse Sonatine 21 janvier 2021 572 pages traduites par Caroline Nicolas Historique SF Chronique 21 mars 2021 Tome 2 d'une nouvelle série consacrée aux Guerres de religion. L'opus précédent s'intitulait « La Cité de Feu ». « La Cité de larmes »est le nom donné à Amsterdam. Carcassonne, paru en 2020, la version poche étant sortie en janvier 2021 : « Mais lui qui trône au-dessus des nues Voit et entend les prières des justes Et vengera le sang des innocents Que dans sa trahison Guise tua Et à leur fin éternelle mena. » Christopher Marlowe, Massacre à Paris, 1593 « L'esprit est un lieu à part, et peut en soi faire, de l'Enfer Paradis, du Paradis Enfer." John Milton, Le Paradis perdu, I, 1667 Nous voici à nouveau projetés au XVIe siècle, de mai-juin 1572 à février 1594. Nous sommes toujours dans les pas de Marguerite, dite Minou et Piet Reydon, de leurs enfants, proches amis et, également, de leur ennemi juré Vidal. De Puivert en Languedoc, dont Minou est la châtelaine, à Amsterdam et enfin Chartres, Kate Mosse retrace pour nous, avec toujours autant de talent, de passion, d'imagination, de sens du détail et de souci de vérité historique, ces 22 ans fiévreux où la lutte entre catholiques et protestants met à feu et à sang les villes de France. Les Reydon ont été invités à assister au mariage de Henri de Navarre et Marguerite de Valois. Ainsi pense-t-on apaiser les esprits et conclure un traité valable. À l'image de ce couple fort mal assorti, cet accord est bancal. En effet, la jeune femme, maîtresse du Duc de Guise, chef de la Ligue catholique, est obligée par sa mère Catherine de Médicis et ses frères d'accepter cette union avec le protestant Henri. La présence de l'Amiral Gaspard de Coligny, chef militaire des huguenots, est aussi attendue, entouré de ses hommes dont Aimeric Joubert, le frère de Minou. Celle-ci, son époux, ses deux enfants, (Marta 7 ans et le bébé Jean-Jacques), Alis sa sœur, ainsi que leur tante, Salvadora, se préparent au voyage. Cependant, dans l'ombre de la forêt en lisière de Puivert, un tueur à gages attend son heure. Il a pour mission d'éliminer la châtelaine ; il rate son coup et blesse grièvement une autre jeune femme... Son commanditaire ne sait pas que ses ordres n'ont pas été suivis et tous se retrouvent à Paris à la veille du mariage. Nous découvrons en même temps les préparatifs de la fête et la capitale dans ses plus beaux atours, par les yeux des personnages et de la petite Martha, vrai feu-follet jamais en retard d'une bêtise. Un sacré caractère comme sa tante Alis mais au physique très semblable à celui de Minou, jusqu'à avoir les yeux vairons de sa mère. Il fait très chaud en ce mois d'août, les esprits sont échauffés, les apparences plus que trompeuses. Les échauffourées se multiplient, les protestants sont victimes d'insultes et d'agressions ; c'est ce que subit une jeune femme, Cornelia van Raay, mandatée par son père, riche marchand de grains catholique amstellodamois, afin de retrouver Piet Reydon : elle doit lui faire certaines révélations sur sa mère. Pendant ce temps là, le Duc de Guise, accompagné de son confesseur particulier, Vidal devenu monseigneur Valentin, rêve d'éliminer Coligny, celui-ci ayant tué son père. La haine est pour le moment silencieuse mais bientôt se transformera en fureur. Ignorante de ces faits, le vendredi 22 août 1572, notre petite Marta entreprend d'aller seule visiter les lieux que ses parents n'ont pu lui faire voir, malgré leur promesse. Elle sort en catimini de la maison louée à un catholique, rue des Barres. Non loin de là, rue de Béthisy, réside Vidal et un étrange enfant. Ce dernier voit la fillette partir et la suit. Piet et Marguerite s'aperçoivent enfin de la disparition de leur fille : enlevée ou simplement désobéissante, ils ne savent que penser. Mais les évènements vont se précipiter : L'attentat contre Coligny puis son assassinat et celui de milliers de protestants, le dimanche 24 août 1572, jour de la Saint Barthélémy... Le rouleau compresseur de l'Histoire écrase tout sur son passage. Un épisode que j'ai lu avec encore plus d'intérêt et de plaisir que le premier, tant le récit qui nous est rapporté, sur le plan du scénario de fiction aux multiples rebondissements et concernant les faits historiques, est édifiant, passionnant, incroyable. Le passage, le 26 mai 1578, sans aucune effusion de sang, de Amsterdam dernier bastion catholique sous gouvernance calviniste est l'un de ces événements extraordinaires, ici raconté avec tant de brio. En effet, en 1568 par la révolte des DixSept Provinces s'opposant à l'occupation violente par l'Espagne des Habsbourg, a commencé la guerre de Quatre-Vingts Ans aux Pays-Bas. C'est là que vous retrouverez les Reydon, contraints de fuir la France, spoliés de leurs biens. Cependant, une ombre plane toujours sur le couple épié et suivi depuis six ans. À cette situation anxiogène s'ajoute l'énigme de la disparition de Marta. « Un pavé riche en aventures, où l'on retrouve cet art consommé qu'ont les Britanniques Ken Follett, Hilary Mantel ou Tim Willocks de donner une patine romanesque inouïe à l'Histoire de France. » Le Point. Je me souviens de « Les douze enfants de Paris » de Tim Willocks qui m'avait tant horrifiée et bluffée concernant la Saint Barthélémy, également chroniqué sur Eva Impressions littéraires. Beaucoup plus violent, ultraréaliste. À lire absolument ! Quatrième de couverture Une famille plongée dans l'enfer de la Saint-Barthélemy : l'Histoire de France comme vous ne l'avez jamais lue ! 1572. Depuis dix ans, les guerres de Religion ravagent la France. Aujourd'hui, enfin, un fragile espoir de paix renaît : Catherine de Médicis a manœuvré dans l'ombre et le royaume s'apprête à célébrer le mariage de la future reine Margot et d'Henri, le roi protestant de Navarre. Minou Joubert et son époux Piet quittent le Languedoc pour assister à la cérémonie. Alors que la tension est déjà à son comble dans les rues de Paris, on attente à la vie de l'amiral de Coligny. C'est le début du massacre de la Saint-Barthélemy. Précipités dans les chaos de l'Histoire, Minou et Piet sont sur le point de prendre la fuite quand ils découvrent la disparition de Marta, leur fillette de sept ans... Après La Cité de feu, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque historique et familiale pleine de rebondissements. Du Paris de la Saint-Barthélemy à Amsterdam en passant par Chartres, elle tisse sa toile et le lecteur, captivé, regarde s'écrire l'Histoire." Kate Mosse nous offre dans ce thriller historique une fresque absolument fabuleuse, mêlant habilement le récit des Guerres de religion à une double saga familiale. Tout devrait se terminer en Afrique du Sud au XIXe siècle ! Il va falloir patienter... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Prisonnière du temps

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Prisonnière du temps Kate Morton Presses de la Cité 2019 619 pages traduites par Anne-Sylvie Homassel Historique SF Chronique 20 juillet 2019 Edité par le département Place des éditeurs, titre original « The Clockmaker's daughter « . Quelle jolie couverture ! J'ai eu la voix de Barbra Streisand dans "lazy afternoon" qui murmurait à mon oreille à l'instar de la narratrice. « La vérité dépend de la personne qui vous raconte l'histoire. » « Mon vrai nom, personne ne s'en souvient. La vérité, cet été là, personne ne la connait. » Un roman magnifique que je ne peux que conseiller très vivement : tout à la fois histoire d'amour intemporelle, thriller, fresque historique, dont un des ingrédients essentiels est surnaturel. De 1862 à 2017, la recherche de la vérité par deux femmes, sur ce qui s'est passé une certaine soirée d'orage dans un manoir, vous portant à vous arrêtez à différentes étapes essentielles sur la ligne du temps entre ces deux extrêmes, à Londres et à Birchwood Manor, havre de paix sur les bords de la Tamise. Un été caniculaire, un groupe d'amis artistes réunis dans la merveilleuse propriété de Edward Radcliffe, peintre célèbre préraphaélite, membre de la fraternité Magenta, réunissant d'autres précurseurs en matière de peinture, de photographie etc.. Également sont présentes sa fiancée, son modèle et sa petite sœur. L'extrême lumière des premières semaines idylliques laissera la place à l'obscurité la plus totale annoncée par un orage, un vent terrible qui emportera sur son sillage plusieurs vies à jamais détruites. Mort d'une femme, disparition d'une autre, un vol incroyable, une jeune fille terrifiée et Edward perdu à jamais, s'enfonçant dans le désespoir. Que s'est il réellement passé ? 2017, Elodie Winslow est archiviste au fonds James William Stratton pour le compte de Stratton, Cadwell & Co. à Londres où sévit une chaleur terrible. Heureusement, elle travaille dans une salle où règne la fraîcheur. Elle a beaucoup d'amis, en particulier des morts dont elle découvre la vie via les correspondances entreposées dans les archives, et justement, un carton a été retrouvé contenant une sacoche en cuir très ancienne, de belle facture, où se cachent une photographie d'une magnifique jeune femme en tenue victorienne et un carnet à dessins. Ce sont des petits esquisses ou des illustrations merveilleuses, certainement les oeuvres d'un grand artiste ; Elodie, surtout, pile devant un paysage représentant une maison multi centenaire avec deux pignons et plusieurs cheminées. Ce n'est pas seulement la beauté du dessin qui l'interpelle, ce n'est pas uniquement l'impression que la sacoche lui parle, lui dit "Ouvre-moi" qui la fait frissonner, non ce qui la subjugue, c'est qu'elle reconnaît cette demeure comme étant celle du conte que lui racontait sa mère avant de disparaitre dans un accident de voiture. Le temps semble s'être arrêté. L'enquête commence. À partir de là, patiemment, minutieusement, Kate Morton va construire son chef d'oeuvre, telle une horloge de haute précision : chaque détail, chaque rouage, chaque pièce de l'intrigue, tissée de main de maître, est primordial pour le bon fonctionnement du tout, du mécanisme, qui vous dévoilera finalement la solution à tous les mystères soulevés lors du récit. Le tout est nimbé de magie, un monde parallèle où résident des reines des fées, des esprits, des âmes perdues ne demandant qu'à être compris, entendus. On ne sait trop si la prisonnière du temps est la jeune femme sur la photographie, ou Elodie désireuse de connaître son passé, ou encore la maison elle-même, d'abord lieu de refuge pour les catholiques lors de l'ère élisabéthaine gardant pour elle ses secrets. Ceux-ci sont ceux des différents occupants au cours des 150 dernières années, que vous parcourrez grâce au talent de narratrice de Kate Morton et son énorme travail de documentation. Somptueux ! J'ai été bluffée par la beauté de la langue, des images, mais aussi par l'intelligence de l'écrivaine ménageant le suspense, emboîtant chaque morceau lentement, faisant se croiser les destins sans que les personnages n'en soient conscients, excellant à faire monter la tension, la peur jusqu'à un final coupant le souffle. Cataloguer cette auteure dans le style romance, ou feel good, serait une grossière erreur. Nulle mièvrerie, nulle facilité, un texte ciselé, une construction vertigineuse digne des plus grands noms de la littérature, telle effectivement Daphné du Maurier évoquée par l'éditeur. Magistral ! Quatrième de couverture À l'été 1862, un groupe de jeunes peintres proches des préraphaélites, menés par le talentueux Edward Radcliffe, s'installe à Birchwood Manor, sur les rives de la Tamise. Là, inspiré par sa muse, la sulfureuse Lily, Edward peint des toiles qui marqueront l'histoire de l'art. Mais, à la fin de son séjour, une femme a été tuée, une autre a disparu, un inestimable diamant a été dérobé, et la vie d'Edward Radcliffe est en miettes. 2017. Elodie Winslow, jeune archiviste londonienne fiancée à un golden-boy ennuyeux, découvre dans une vieille sacoche deux objets sans lien apparent : le portrait sépia d'une femme à la beauté saisissante, en tenue victorienne, et un cahier de croquis contenant le dessin d'une demeure au bord de l'eau. Pourquoi cet endroit lui semble-t-il familier ? Et si l'enquête d'Elodie l'aidait à percer le mystère de ses origines ? Avec ce roman foisonnant qui se déploie sur plusieurs siècles et transporte le lecteur d'un Londres à la Dickens aux quartiers branchés de l'Est End actuel, la jeune Kate Morton, publiée dans plus de 35 pays et vendue à 11 millions d'exemplaires dans le monde, brosse les portraits croisés, lumineux et intenses, de deux héroïnes prêtes à tout - sauf à renoncer à l'idéal. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Suprêmes chantent le blues

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Suprêmes chantent le blues Edward Kelsey Moore Actes Sud 2018 400 pages traduites par Emmanuelle et Philippe Aronson Roman Chronique 19 octobre 2018 Titre original : « The Supremes Sing the Happy Heartache Blues ». Oui, effectivement, notre cœur est mis à rude épreuve dans ce deuxième opus du maestro, une partition parfaitement exécutée sur le plan technique mais oh! mon Dieu! qui vous arrache autant de larmes de rire que de tristesse. J'ai recopié à la suite de ce texte ma " chronique" concernant le volet précédent. Surtout ne faites pas l'impasse sur celui-ci avant de découvrir les nouvelles aventures de Odette la narratrice, toute en rondeur et Ghosts wisperer à ses heures, son mari James policier à l'âme chevaleresque, Barbara Jean la pin-up de la ville et son amour de toujours le plus beau petit "cul" blanc du coin Ray, Clarice la pianiste virtuose et son époux Richmond cherchant encore à s'accorder. Un sacré groupe plutôt en mode blues que musique de chambre, avec en première ligne les " Suprêmes", les trois femmes amies depuis leur jeunesse aujourd'hui proches de leur soixante ans. L'action se déroule cinq ans après les ultimes péripéties découvertes précédemment. Je dois avouer que j'ai été émue aux larmes par certains passages évidemment liés à la musique, aux concerts classiques de Clarice ou des sets dans des cafés d'un certain El, bien mystérieux, dont nous faisons la connaissance dès la première page, venu chanter un standard du blues au mariage improbable et hilarant d'un ami patron d'une boîte de striptease et de sa coléreuse bigote de compagne, tous deux nonagénaires, ennemis jurés d'abord, fous amoureux en ce chapitre d'entrée. Déjà la situation est posée. El joue merveilleusement, puis a un grave malaise en fin de cérémonie... Alors tout va très vite se dégrader et le destin va joyeusement se déchaîner pour bousculer sacrément la vie de ce sextuor. Ajoutons une drag Queen pianiste pour épicer le tout, et des fantômes errants ou perturbants. Drôle et enlevé certes mais surtout chamboulant. Histoire de pères présents et aimants, ou maltraitants, ou absents, ou fantasmés par des enfants à l'aube de leur vieillesse ou de l'âge adulte. Histoire de pardon, de résilience, d'abandon de tout sentiment de haine énergivore et inutile. Un roman universel où la question raciale n'est plus vraiment un sujet, le fait que tous, à part Ray, soient afro-américains n'entre pas en ligne de compte ici. Livre magnifique, parfait prolongement du premier, encore plus profond et brillant à mon avis. Quelle belle façon de terminer un dimanche soir pour revenir à la réalité demain, avec un peu plus de magie dans le cœur ! Quatrième de couverture Quarante ans après avoir quitté la petite ville de Plainview dans l'Indiana en faisant le serment de ne plus jamais y remettre les pieds, un chanteur de blues dans la débine revient sur les lieux à contrecœur afin de s'y produire à l'occasion de l'improbable mariage d'un vieil ami. Tandis qu'elles assistent à sa prestation incroyablement émouvante, Odette, Clarice et Barbara Jean, dites ?Les Suprêmes?, n'ont pas la moindre idée de la profonde mutation que l'arrivée d'un tel personnage, venu d'un lointain passé, va provoquer en elles et autour d'elles. Après le triomphe de son premier roman, Les Suprêmes (best-seller dans la liste du New York Times qui a enthousiasmé les lecteurs du monde entier), Edward K. Moore revient avec une histoire de pères et de fils, de péchés de jadis et d'acceptations à venir, qu'incarnent de nouveau, sous le signe d'une irrésistible drôlerie, des personnages aussi puissants qu'attachants. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Inestimable

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Inestimable Zygmunt Miloszewski Fleuve Noir 14 octobre 2021 496 pages traduites par Kamil Barbarski Thriller Chronique 6 avril 2022 Nous retrouvons donc les personnages rencontrés dans " Inavouable " paru en 2017 chez Fleuve Éditions. Le formidable tandem Miloszewski/Barbarski, auteur/traducteur est reformé pour notre plus grande joie. Nous voici repartis sur les chapeaux de roues ou plutôt projetés aux creux de vagues gigantesques au milieu d'une tempête menaçant l'humanité toute entière. Nous embarquons sur un bateau dans l'œil du cyclone pour débarquer enfin sous un soleil radieux malgré les nuages au loin... Entre les deux, que d'émotions ! Cela commence comme un roman historique, donnant ainsi des fondations solides au récit, pour devenir un "film" d'action essoufflant de Varsovie, à Saint Petersbourg, aux îles Sakhaline, en passant par les Pyrénées, puis Paris, Abidjan, ma ville de cœur. Inspiré des écrits de Jules Verne, ce thriller se déroulant en grande partie sur les mers et océans, saura plaire à tous les passionnés de sciences, d'avancées technologiques et médicales, concernés ou s'interrogeant sur les raisons véritables du cauchemar que nous traversons depuis des années maintenant. Que vous soyez terrifiés par l'actualité ou dubitatif quant aux explications des uns et des autres, ce roman d'aventures ne fait que soulever des questions fondamentales tout en nous dépaysant, nous distrayant, nous passionnant, nous faisant prendre un bon bol d'air marin entre deux éclats de rire ou séquences émotion. Car, oui, l'humour caustique, élégance d'un certain désespoir, est toujours là.... la singularité de l'esprit polonais ou son auto-dérision, touche heureusement encore ce texte de sa grâce ; on rit en pleurant ou on pleure en riant. La "Rage" est évidemment présente, celle qui anime les personnages et surtout zofia, celle qui pousse l'auteur à souffrir des mois, à suer devant son ordinateur afin de nous transmettre un message humaniste tout en nous offrant des heures de lecture enrichissantes qui nous sauvent du quotidien tout en nous permettant de nous y replonger mieux armés. Cet opus est enfin un magnifique roman d'amour entre Zofia et Karol, abordant avec tact et délicatesse le sujet de la perte de mémoire, moment délicat et bouleversant dans un couple lorsque l'un des deux ne se souvient plus des moments d'une vie ensemble.... Mais je vous laisse vous préparer à vous lancer dans cette course poursuite à la recherche de l'artefact Aïnou, le petit ours aux pouvoirs cachés, objet de toutes les tentations, prétexte à tous les crimes.... Merci à l'auteur et au traducteur pour leurs dédicaces. Quatrième de couverture Le nouveau thriller époustouflant par la star du roman policier polonais ! Un roman qui mêle science, découverte médicale et enjeux économiques au cœur d'un sujet d'actualité « À Varsovie, le couple Zofia et Karol doit faire face à un quotidien compliqué. Zofia a été licenciée du musée national pour raisons politiques et Karol est atteint d'une maladie neurodégénérative qui efface ses souvenirs rattachés aux émotions fortes. Lorsque Zofia est contactée par une ancienne connaissance, Bogdan Smuga, pour retrouver la collection perdue des artefacts Aïnou, apportés en Europe il y a cent ans depuis l'île de Sakhaline par un ethnologue de renom, elle ne peut refuser. Alors que Karol est placé dans une clinique spécialisée dans les Pyrénées françaises pour traiter sa maladie, Zofia, accompagnée de Bogdan, se lance dans sa nouvelle mission qui l'amène notamment à Saint-Pétersbourg et Paris, et plus particulièrement au musée national d'Histoire naturelle. Mais nombreux sont ceux qui, comme eux, veulent mettre la main sur l'un des artefacts d'une valeur inestimable, une sculpture représentant un ours... En plein milieu d'une lutte acharnée entre un groupe pharmaceutique et un ensemble de scientifiques indépendants, commence alors une course contre la montre, qui risque fort de pousser Zofia et Bodgan au bout de leurs limites...» Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Léonard de Vinci l'Indomptable

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Léonard de Vinci l'Indomptable Henriette Chardak De Borée Vents d'Histoire 17 janvier 2019 672 pages Biographie Chronique 3 février 2019 La couverture est le détail de l'œuvre « Salvador mundi » de Leonardo da Vinci. « Pense, considère la fin en premier lieu. Qui nuit aux autres ne se préserve pas soi-même. La vérité est au mensonge ce qu'est la lumière aux ténèbres... Les faussetés se répandent en grands discours redondants...» Leonardo da Vinci « De temps à autre, le Ciel nous envoie quelqu'un qui n'est pas seulement humain mais aussi divin, de sorte qu'à travers son esprit et la supériorité de son intelligence nous puissions atteindre le Ciel. » De son biographe Vasari Enfin, j'ai retrouvé grâce à cette biographie, cette enquête, mon ami de jeunesse, mon compagnon, qui toujours me passionna, me rendit plus forte, m'apprit à regarder le monde et ses beautés. Dessinatrice comme on respire, à tracer, gribouiller, imaginer des plans, la première rencontre avec Lio ce fit à travers un livre magnifique plein cuir, tranche en or, sur le peintre, et principalement le dessinateur, dans la bibliothèque familiale. Je n'osais à peine tourner les pages de l'ouvrage de cette collection. Notre relation, car pour moi elle était réelle, fut secrète et capitale. Entre taiseux, on se comprend sans parler. Plus tard, en formation de stylisme et design, quelques cours de nu, plus académiques furent dispensés. N'ayant jamais pris une seule leçon sauf celles dispensées par mon ami d'un autre temps, je me mis à copier indéfiniment ses croquis, desseins, épures avec une prédilection pour ses chevaux et ses têtes de vieillards hurlants. Nous devenions ainsi plus intimes, par le truchement de la copie, de la compréhension du geste de l'artiste, de sa douceur, de sa puissance, de sa vérité... Les années ont passé, je suis devenue chanteuse lyrique soliste après un parcours classique au Conservatoire de Paris, lauréate de concours internationaux. Je ne touchais plus un crayon, pas de temps, pas assez de résistance du coeur à suivre deux passions ensemble. Mais lorsqu'enfin, j'eus l'idée dingue de vouloir mettre en scène, mes crayons, feutres à essence et papiers sont tous ressortis par enchantement et j'ai dessiné un storyboard, imaginé des costumes, tiré des plans de décors pour mon premier récital théâtralisé, avec une évidente facilité ; tout ce que j'étais, les fragments de mon être profond se repositionnaient dans l'ordre pour former une image avec des cicatrices, des traces de cassures, mais complète enfin ! Cette biographie de Henriette Chardak fait de même, à partir d'un miroir brisé par un évènement essentiel de la vie du petit Lionardo, où chaque fragments recevait la lumière différemment, elle reconstitue un portrait très détaillé, entier, en chiaroscurro, du fond duquel le maestro s'adresse à nous tous, à l'essence de chaque individu, quelque soit son sexe, sa vie, ses liens de parenté, son travail, sa religion, sa couleur, son siècle. Un messager nous permettant de redevenir angélique, innocent devant tant de perfection du raisonnement, de l'invention, de beauté. Ses œuvres sont ses enfants, nous le sommes tout autant si nous abandonnons les oripeaux de notre existence quotidienne pour revenir à l'essentiel. Envie de prendre dans mes bras ce petit garçon né certainement d'un viol subi par une toute jeune fille, Chataria, par un notaire, Ser Piero da Vinci, qui jamais ne le reconnut comme son fils, mais l'adopta. Un batard à vie, fils d'une Caterina, comme on appelait les filles de mauvaise vie. Le père est violent, méprisant, décide de séparer la mère et son fils arbitrairement, comprend tout de même que ce garçon est spécial, d'une maturité incroyable, insoumis et jamais dompté. Une once de fierté d'avoir engendré un tel phénomène tout de même, une fierté que les autres enfants légitimes transformèrent en haine et fureur inexplicables, exagérées. C'est aussi ce père qui le plaça chez Verrocchio, artiste de renom pervers tant dans sa pensée que dans ses actes. Le destin du garçon semble scellé ; c'est sans compter avec Leonardo lui-même. D'une extrême sensibilité, se sentant plus proche des femmes qu'il admire et veut protéger, que des hommes sources de souffrances et de tortures imposées, surdoué en tout, curieux boulimique du monde, vigie à 360 degrés au centre de l'univers qu'il veut retranscrire, comprendre, améliorer, sublimer, touche à tout avec flamboyance et des siècles d'avance, inventeur d'objets, véhicules, armes qui plus tard, bien plus tard, seront recréés par d'autres, ayant déjà tout compris de l'héliocentrisme ou de la gravité défendus a posteriori par Copernic ou Galilée, ami fidèle de Botticelli, de Machiavel..... Fils retrouvant sa mère pour quelques années encore, à qui il prouvera son amour, une femme gigantesque comme lui, au physique troublant et certainement aux origines lointaines. L'élégance également de l'autrice est de ne pas avoir imposé des extrapolations, en particulier sur la vie privée de l'artiste. D'autres l'ont fait en livres et téléfilms d'une grande trivialité. Et ainsi, je retrouve l'ami tel que je l'avais connu, asexué dans son art, dans sa vie, sauf lorsqu'il est en amour. L'intimité des personnages célèbres devrait rester secrète, ou tout au moins, si on en parle, que ce soit à partir de sources et preuves solides. Ils ne sont plus là pour porter plainte pour diffamation et atteinte à la vie privée, les respecter même morts me semble la moindre des choses. À la fin de son introduction, Henriette Chardak nous écrit : " Si vous parcourez cette enquête, vous apprendrez quatre choses essentielles : - Qui était la mère de Léonard - Pourquoi et comment il avait mis au point le premier négatif ? - Où se trouve un de ses tableaux, attribué à un autre. - Quelle est votre propre sensibilité. " Je remercie l'écrivaine pour cette biographie tout en délicatesse, bâtie sérieusement et avec une grande honnêteté à partir de l'étude minutieuse de codex, documentations, biographies, lettres....... Quel travail ! Merci également d'avoir réussi à faire en sorte que Leonardo da Vinci s'adresse directement à nous, par le biais de dialogues où sont incrustés en italique les écrits réels du génie. Magnifique livre ! Quatrième de couverture " Léonard de Vinci demeure le génie de tous les temps. Homme d'esprit universel, artiste peintre, sculpteur, poète, écrivain, philosophe, musicien, scientifique, ingénieur-inventeur, anatomiste.... Qui est-il en vérité ? Au début du XVIème siècle, au terme de sa vie, Léonard de Vinci, génie, artiste pluriel et homme de science, quitte l'Italie où il fut reconnu par ses pairs, mais surtout moqué, accusé, rejeté, détesté, incompris.... François 1er l'accueille, le protège à Amboise et le nomme premier peintre de la Cour. Le roi de France et sa mère Louise de Savoie partagent plusieurs secrets avec lui : l'origine du linceul du Christ, l'identité de la Joconde et un projet fou : une ville nouvelle. Enfin admiré et choyé, Léonard de Vinci revisite son passé, le scénario chaotique de sa vie. Très tôt arraché à sa mère aux origines étranges par un père notaire et sans scrupules, il ne peut espérer étudier à l'Université pour cause de bâtardise... Placé dans un atelier d'art de Florence, tous, maître et apprentis, remarquent sa taille de géant et ses talents de peintre ambidextre. Magnétique, beau, drôle, insolent, secret, il est toujours dans l'œil du cyclone de l'Histoire, tel une star moderne. Proche des Médicis qu'il déteste, ami de Botticelli et de Machiavel, il observe le monde en annonciateur du futur. Chassé de Florence, c'est à Milan que Ludovic Sforza lui réclame des projets d'armes de guerre et non de paix. On l'utilise, on le méprise, on le pille... Il prône l'amour et la beauté. Mais qui écoute cet humaniste et poète qui réinvente le monde ? Il signait IO, [JE] car sa plus grande richesse fut d'être simplement lui et personne d'autre ! Ce récit romanesque apporte un éclairage original sur la vie de l'Indomptable et génial Léonard de Vinci." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La couleur des mots

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La couleur des mots Tahar Ben Jelloun L'Iconoclaste 24 mars 2022 Version illustrée, 217 pages Biographie Chronique 29 novembre 2022 « Tout compte fait, je considère que c'est une bonne attitude. Jamais content. Toujours inquiet. Je suis en poésie et je reste cependant un peintre heureux, car l'emploi de la couleur me ramène à l'enfance, là où j'ai ma demeure, là où la nuit je dors profondément et ne fais aucun cauchemar. » Ouvrage sur le thème du geste artistique, du processus de création, sous forme d'autoportrait impressionniste d'un peintre, dessinateur et écrivain inclassable, aux yeux grands ouverts sur nos sociétés à certains instants, lorsqu'il couche sur le papier des mots sombres qui racontent la noirceur du monde, et à d'autres moments, les yeux tournés vers l'intérieur se transportant dans des rêves éveillés de villes imaginaires bleues où volent des oiseaux ou des papillons géants multicolores. Premières années joyeuses à Fès, un foulard bariolé qui s'envole, celui de la mère adorée, le soleil, le bleu fétiche du Ciel et de l'Océan. Puis difficultés financières du père, l'indépendance du pays et la fin du protectorat français souhaité ; on espère le retour du roi Mohammed V. Crise économique d'où un départ vers Tanger, ville internationale, glamour, hors norme où tout est permis. « Nous sommes passés de la médina sombre et traditionnelle, où le temps s'était arrêté, à la lumière somptueuse de deux mers, dans une ville enchantée parce qu'elle échappait à toutes les lois, du moins fiscales. » « Le bleu. Ma couleur préférée. Tous les bleus. Mais le premier a été celui du détroit de Gibraltar où se rencontrent la mer méditerranée et l'océan Atlantique. » De 1966 à 1968, le cauchemar des dix-neuf mois de camp disciplinaire de l'armée marocaine : punition comme opposant au régime car membre de l'Union des étudiants du Maroc, section de Tanger. Le 10 juillet 1971, après le coup d'état des militaires contre Hassan Il, l'état d'exception fut instauré et le peuple opprimé. Étudiants et intellectuels dans le viseur de la dictature. Arrivée du jeune homme à Paris le 11 septembre 1971 pour étudier, vivre librement, publier des poèmes et un premier roman, Harrouda. La réussite et la reconnaissance est au bout de cet exil forcé. Il y aura bien d'autres cités : Dubaï, Matera le double troublant de Fès... Il y aura des rencontres réelles ou par le biais des oeuvres, Jean Genet, Henri Matisse, Vincent Van Gogh, Eugène Delacroix, Mohamed Melehi, Farid Belkahia, Cherkaoui, Nicolas de Staël.. Il y aura le cinéma de Luis Buñuel, d'Ozu, d'Ingmar Bergman, d'Orson Welles, d'Alfred Hitchcock, de Marcel Carné, Satyajit Ray, Jean-Luc Godard... Il y aura les mots de Georges Bataille, de Louis Aragon, de Albert Camus, de Nerval, de Baudelaire ... Il y aura Louis Amstrong et John Coltrane, Charlie Parker et le jazz de La Nouvelle -Orléans... Il y aura la reconnaissance du Goncourt, la plongée dans un microcosme fermé d'une certaine élite politique, financière, artistique, intellectuelle, d'influence. Il y aura des expositions dans des lieux hautement prestigieux ou plus modestes, poussant l'artiste dans ses retranchements : l'Institut du Monde Arabe, la Galerie Patrice Trigano, l'église dans le village de Le Thoureil dont il imaginera les vitraux, lui le musulman. Tahar Ben Jelloun se dévoile dans ce qu'il a de plus intime, son processus de création, quelle qu'elle soit. « Quand j'entame l'écriture d'un roman, je ne sais pas combien de pages il aura. Pour une toile, la question ne se pose pas. C'est même le contraire. La taille de la toile est déjà là. » Une existence en improvisation, en cogitation avant d'oser le geste artistique, le premier mot, la première touche de couleur. Un homme resté enfant, stupéfait du chemin parcouru, projeté en permanence vers le futur. Un homme révolté par les injustices, admiré et loué par les grands de ce monde, qui cependant reste attaché à l'infime, au modeste. Un homme authentique qui n'a pas tourné le dos au petit garçon qu'il fut ni à l'étudiant en colère... Un homme... Des dessins ponctuent ce voyage, certaines phrases sont mises en exergue, quelques reproductions et photographies de tableaux en clôture de ce texte. Quatrième de couverture Aux sources de la création de Tahar Ben Jelloun Enfant, Tahar Ben Jelloun dessinait sur les grands papiers d'emballage du magasin d'épices de son père. Étudiant, durant les dix-neuf mois passés dans un camp disciplinaire de l'armée marocaine, il écrivit en cachette ses premiers poèmes. Écrire et peindre : ces deux passions n'ont cessé de guider sa vie. Le bleu de Tanger et la lumière crue ont nourri son œuvre protéiforme. Entre deux cultures, entre deux rives, entre deux disciplines, Tahar Ben Jelloun s'est construit au fil des rencontres. Dans ce récit intime, il plonge pour la première fois aux sources de sa création. Là où, entre ombre et lumière, se tissent la douleur et la beauté du monde. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'enfant de l'aube

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'enfant de l'aube Fanny Leblond City Editions 28 octobre 2020 240 pages Historique Chronique 17 novembre 2020 Une note en bas de page écrite par l'auteure laisse à penser que cette histoire n'est pas totalement une fiction... Les notes suivant la fin de ce récit renforcent ce sentiment. Quoiqu'il en soit, je garde, quelques jours après la dernière page tournée, une impression d'extrême beauté tant le style, l'écriture de Fanny Leblond sont somptueux. Un roman dans la continuité des plus beaux ouvrages du début du XXe siècle, évoquant à merveille l'époque à laquelle se déroule l'action. Dès les premières lignes le mot « splendeur » s'est imposé à moi et je n'ai pu m'empêcher d'enregistrer immédiatement en vidéo la lecture de ce début. Ce fut aisé en raison de la musicalité du texte, de l'évidence face à son caractère d'exception, du parfait équilibre entre le fond et la forme. Rien que pour cela, « L'enfant de l'aube » doit être lu par tous. Qu'il est bienfaisant, enthousiasmant de découvrir un tel roman dans la masse des titres édités aujourd'hui ! La quatrième de couverture recopiée ci-dessous évoque parfaitement les sujets abordés.... Au début, Hélène porte un lourd secret, révélé par ses parents bien malgré eux, forcés par les circonstances du mariage prochain de leur fille. Et ce qu'elle apprend, juste avant de convoler, va déterminer tous ses choix à venir en tant qu'épouse, femme, amie.... Pendant la première guerre mondiale, les femmes ont prouvé, ô combien, qu'elles étaient les égales des hommes, remplaçant ceux-ci au travail, faisant tourner le pays. La paix revenue, même si certaines réagissent selon d'anciens réflexes d'éducation dépassés, se reléguant elles-mêmes dans l'ombre, un retour à la situation patriarcale d'avant conflit est impossible. Hélène se complaît, la première, dans une forme d'infantilisation... Peut-être en raison de son secret l'empêchant de grandir, peut-être à cause de l'éducation bourgeoise reçue ou d'un manque de maturité... Mais la vie, son sens de la justice et son intelligence vont se charger de la faire évoluer et la porter à prendre sous sa protection une jeune fille, Anna. Fanny Leblond recrée à merveille l'ambiance de l'époque, entre passéisme et modernité, entre tradition héritée du XIXe siècle et nouvelles règles du jeu induites par la guerre. Le chemin emprunté par Hélène devient sinueux en même temps que s'impose à elle la nécessité de comprendre, pardonner, mûrir et aider. Un livre nécessaire également en mémoire de tous ceux venus des différentes colonies ou territoires sous mandat français projetés dans l'enfer des tranchées, dans un conflit abjecte, pour un pays qui s'empressera de les trahir ou de les oublier. Mais les destins comme les sangs sur les champs de bataille se mélangent et ainsi, la vérité se rappelle toujours à nos consciences. Un texte et une héroïne inoubliables ! Quatrième de couverture En 1921, Hélène a un destin tout tracé de jeune fille de bonne famille. Tout change lorsqu’elle tombe amoureuse d’un jeune pilote de la base de Cazaux, en Gironde. Faisant fi des convenances et de l’opposition familiale, elle part s’installer avec lui. Elle y rencontre Anna, une jeune femme qui semble porter le poids du monde sur ses épaules. Pendant la guerre, Anna a eu un enfant avec un soldat sénégalais et l’enfant lui a été enlevé pour éviter le déshonneur et la honte. Comment sa famille aurait-elle pu accepter un bâtard, métis de surcroît ? Les Années Folles font désormais souffler un vent de modernité et Hélène est bien décidée à aider son amie en retrouvant l’enfant. Entre émancipation et secrets familiaux, cette recherche est un difficile combat. Dans cette époque qui appartient aux hommes, les deux femmes devront êtres prêtes à en payer le prix… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La tresse

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La tresse Laetitia Colombani Grasset Mai 2017 222 pages Roman Chronique 18 janvier 2018 Ouh ! Heureusement que ce roman est court car je ne sais pas si mon cœur aurait pu résister plus longtemps ! Mon Dieu, si je crois en toi c'est lorsque je lis, admire, entends, touche, vois ce que l'humanité est capable de créer de plus beau, de plus inspiré, de plus inspirant pour les autres âmes en ce monde, où la cruauté est sans limite, et où certains luttent pour faire basculer le destin vers l'espérance. C'est un livre admirable, indispensable, je me sens chanceuse, et redevable envers son auteure et toutes les personnes anciennes et présentes qui ont rendu cette parution possible et donc ma lecture. Quel film ce serait ! Trois femmes, trois vies marquées par ce foutu destin, trois continents, une même âme, un même espoir. Et surtout une même soif de liberté d'être. En Inde, dans le village de Badlapur, Smita est mariée à Nagarajan et a une fille Lalita pas plus haute qu'un tabouret, mais avec une force et un sens de l'honneur exceptionnels. Car tous trois sont des dalits, des intouchables, des invisibles. Leur karma : pour la mère ramasser les excréments des Jatts, les visibles, les nantis, les chanceux, dans leurs maisons. En Inde, les toilettes ou commodités n'existent toujours pas dans certains endroits encore moins le tout à l'égout ! Pour lui, l'homme résigné, chasser les rats dans les champs, en rapporter pour le repas du soir. Et évidemment comme cela est la règle depuis des générations, leur fille reprendra l'activité de la mère. Sauf que celle-ci s'y refuse, Lalita doit apprendre à lire et à écrire coûte que coûte. Palerme, Sicile, Giulia travaille dans l'atelier créé voici deux générations par son grand-père. Elle aurait pu faire des études mais elle aime cette entreprise familiale, les employées qui y travaillent patiemment et avec dévouement à créer de vraies œuvres d'art, elle se destine donc à reprendre le flambeau plus tard. Mais voilà, le père a un grave accident de Vespa, tombe dans le coma. Sa fille découvre en cherchant des documents pour l'administration de l'hôpital, un tiroir fermé à clef.... La société est en passe d'être déclarée en faillite, plus qu'un mois avant de fermer les portes ! Montréal, sous la neige canadienne, le sort n'est pas plus doux avec Sarah Cohen, femme guerrière, avocate talentueuse, membre honoré et craint d'un des principaux cabinets de la ville, mère de trois enfants, qui soudain doit affronter elle aussi son karma, comme nombre de femmes askhénazes porteuses du fameux gènes BCRA2, qui va détruire sa vie, enfin celle qu'elle a menée jusqu'à maintenant. Comment Laetitia Colombani va réussir à mêler, à tresser ses trois destins en un seul est extraordinaire et en même temps très simple. BEAU ! Ne passez surtout pas à côté de ce Bijou, ce Trésor. Chamboulée ! Quatrième de couverture Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école. Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée. Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade. Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Babylone le réveil des passions

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Babylone le réveil des passions Catherine David et Françoise Bouron XO Editions 10 septembre 2020 461 pages Thriller Historique Chronique 7 octobre 2020 Couverture : "Judith" peinture de Charles Landelle, 1887. Lecture du début de ce roman enregistrée sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonnances littéraires : Une carte de l'Empire néo-babylonien au temps de Nérigrissar (560-556 av. J.-C. ) ouvre ce grand roman d'amour, également thriller historique et politique, dans un cadre fabuleux et de légende : Babylone, ses jardins suspendus, ses temples, sa civilisation, ses rois dont le fameux Nabuchodonosor.... Celui-ci a laissé à ses héritiers un empire puissant qui demande une vigilance de tous les moments pour en préserver sa suprématie sur ses voisins. Mais le serpent qui pourrait aussi détruire cet ouvrage est à l'intérieur même de la Cité monumentale, se mouvant insidieusement et guettant ses proies entre les murailles gigantesques, dans tous les quartiers, dans toutes les couches de la société. Tour à tour se nommant vengeance, haine, superstition, folie meurtrière, tel un marionnettiste ivre de sang, il propage les ténèbres, assombrit un ciel jusque là bienveillant sur tous les protagonistes de ce récit. Le crépuscule des rois néobabyloniens s'annonce dans ce roman digne d'un opéra de Verdi ou Wagner. Le scénario concocté par les auteures, complexes, à retournements multiples, dans une atmosphère mortifère et malsaine, propre aux civilisations en décadence, est parfaitement mené, mêlant adroitement vérité historique et totale fiction. On découvre une société très particulière dans son organisation politique et économique, ses rites religieux polythéistes, ses us et coutumes, sa culture, sa gastronomie, son modernisme et ses aspects plus archaïques, son système patriarcal, esclavagiste, inégalitaire, ses pratiques d'alcôve .... Tous les domaines de la vie quotidienne nous sont décrits ; nous sommes propulsés dans un décor en 3D, où tous nos sens sont excités tout au long d'un récit violent, charnel, romanesque, passionnant. C'est un roman où l'on frissonne en permanence de peur, de désir, de joie, de curiosité assouvie. On n'en sort comme après un voyage édifiant dans une capsule temporelle de dernière génération. Nous sommes très loin du péplum carton-pâte Hollywoodien, nous touchons à une vérité intemporelle, universelle. Un thriller au cœur de Babylone et du pouvoir politique où se détache un couple d'exception que rien ne prédestinait à s'aimer, entouré des cadavres abandonnés par un serial killer... J'ai beaucoup aimé. Quatrième de couverture Dans les secrets de la cité disparue... VIe siècle avant Jésus-Christ. La rumeur gronde dans Babylone... Devant chacun des temples de la cité millénaire, des cadavres mutilés sont découverts. Punition divine pour châtier les babyloniens ou crimes abjects ? Ces meurtres incompréhensibles réveillent les passions enfouies, alors que la peur, la suspicion et l'angoisse traversent les ruelles de cette capitale en proie à de terribles luttes de pouvoir. Un vieux roi malade, une reine conspiratrice, un prince fou, un général fougueux, un armateur blessé dans son honneur, mais aussi une jeune fille rêvant d'émancipation... Tous veulent connaître la vérité sur ces forfaits et protéger la grandeur de la ville mythique. Trahisons, ambitions, intrigues amoureuses... Entre thriller et saga historique, ce roman flamboyant nous entraîne au cœur de la vibrante et sulfureuse Babylone. Ce roman est accompagné, en fin d'ouvrage, d'une visite guidée de Babylone, ville splendide située au bord de l'Euphrate, dont il ne reste aujourd'hui qu'un site archéologique inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. les jardins suspendus de Babylone étaient l'une des sept merveilles du monde antique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Chagrin d'Espagne

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Chagrin d'Espagne María-Josefa Ávila Quai des Brunes À Brûle-Pourpoint Mars 2021 88 pages Mémoire Chronique 31 mars 2021 « Le 3 juin 1939, vers 5h30, Avelino a regardé le ciel pour la dernière fois. Il a vu briller les étoiles dans le ciel de Tarancón, ville où il avait grandi et, certainement, été heureux. Dans quelques instants, il sera fusillé et ne sera plus qu'un cadavre que les assassins jetteront dans une fosse commune, avec les dix autres fusillés. Murio sin saber por qué Le acribillaban el pecho Luchando por el derecho de un suelo para vivir. » Il mourut sans savoir pourquoi On le criblait de balles Alors qu'il luttait pour son droit à la vie." Extrait de "Preguntas por Puerto Montt", chanson de Victor Jara. "Le français est un refuge, une grotte que le malheur familial n'atteint pas. Je suis une naufragée de l'Espagne à qui la langue française offre un instrument pour chanter l'histoire d'Avelino. [...] Espagnol, langue des entrailles, de la terre des ancêtres. C'était la seule langue dans laquelle je pouvais comprendre ma mère car elle n'aurait pas pu me dire tout cela en français. J'ai grandi entre ces deux langues, comme une île à la confluence de deux rivières." Évidemment j'ai repensé aux textes magnifiques de Carlos Luis Zafon et en particulier au « Labyrinthe des Esprits », quatrième Tome du Cycle du Cimetière des Livres oubliés. Ce témoignage émouvant, courageux de Maria-Josepha Avila aurait pu avoir pour sous-titre le Labyrinthe des douleurs, celles qui se transmettent de génération en génération, dans le silence, dans le respect de tabous, de secrets étouffants, malsains. L'Espagne d'après Franco voudra faire table rase pour faciliter une grande réconciliation nationale. Libération des prisonniers politiques mais aussi amnistie pour des criminels de la pire espèce. Et surtout, par-dessus tout, effacement des mémoires de toutes leurs victimes assassinées et jetées dans des trous, comme si elles n'étaient Rien, Nada. Leurs noms ne seront plus prononcés. Comme s'ils portaient malheur. Alors pourquoi leurs familles, leurs descendants n'arrivent-ils pas tous à continuer de vivre comme si rien n'était arrivé ? Depuis une vingtaine d'années, les enfants, petits enfants et derniers survivants prennent la parole, exigent des réponses, ravivent les mémoires, offrent ainsi à leurs disparus des sépultures réelles ou symboliques. Je repense au magnifique roman de Lluís Llach « Le théâtre des merveilles », ou celui extraordinaire, destiné à la jeunesse, de Ruta Sepetys « Hôtel Castellana ». Ici, ce n'est pas un roman, c'est le récit d'une quête ardue, éperdue, porteuse des souffrances d'hier et d'aujourd'hui, des cris en écho de tous les morts. Combien de bravoure il faudra à la petite fille du républicain Avelino Gómez Morillas, née en France, forte d'avoir grandi dans ce pays et non dans une Espagne pratiquant le mensonge par omission, encore sidérée par les traumatismes du passé, pour aller au bout du chemin. Ses enfants reprendront le flambeau, désireux de se rattacher à leurs origines ibériques et à cet Avelino, l'Absent. L'auteure ressent un manque abyssal face aux silences de sa mère et de ses deux tantes. Elle a porté sur ses épaules le chagrin maternel non exprimé et l'a transmis, comme une maladie génétique, à ses quatre enfants. Maria-Josepha Avila, ses filles, Agathe et Pauline, son fils, Louis, ne peuvent en rester là, ils doivent retrouver la trace de cet homme, crier au monde qu'il a vécu, s'est battu pour la liberté et la justice, et enfin, répondre à sa place à l'appel de son nom : Presente. "De España vengo, de España soy" : ces paroles de l'aria d'une Zarzuela de Pablo Luna résonnent dans le cœur de la descendance de ce martyre du franquisme. Le silence n'est plus de mise, la française entreprend alors le retour sur les terres des ancêtres afin de poser les mots, de les graver pour l'éternité comme sur la stèle commémorative au cimetière de Tarancón, en mémoire des républicains fusillés. Un très beau texte, d'une grande délicatesse quant aux mots choisis en français pour exprimer tout le Chagrin d'Espagne. Une mise en abîme nécessaire afin de poursuivre sa vie à partir de fondations solides. Je souligne le soin extrême de la mise en page et de l'impression de ce livre. Quatrième de couverture Quand la guerre hante les vivants. Une petite-fille de républicain espagnol part à la recherche d'elle-même et des mystères de son histoire. Le passé politique se mêle au passé familial dans une quête où l'autrice et l'Espagne rencontrent de remuants fantômes. Un passé qui ne passe pas. " "Ecrire contre l'oubli et la dictature. Après la découverte de L'Art de perdre d'Alice Zeniter, le déclic, María-Josefa Ávila entreprend la rédaction de son livre : un récit de l'intime, un texte court et douloureux. Entre émotion et sidération : "Les questions tournent dans ma tête depuis si longtemps à propos de ce grand-père fusillé dont je ne connais que le prénom. Elles bourdonnent comme des insectes qui viendraient se cogner contre les parois du verre qui les enferment. Questions prisonnières du silence maternel. Mille fois je les ai posées..." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

bottom of page