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- La montagne de la mort | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La montagne de la mort Preston & Child L'Archipel Le 7 novembre 2024 400 pages traduites par Sebastian Danchin thriller Chronique 16 avril 2025 Quatrième aventure de Nora Kelly, archéologue de l'Institut archéologique de Santa Fe, et de Corrie Swanson, inspectrice de l'antenne du FBI à Albuquerque. Les notes finales des auteurs indiquent les circonstances dans lesquelles ce thriller a été imaginé et rédigé. J'ai presque envie de dire que la réalité est bien plus incroyable que ce scénario. Ainsi, reprenant des faits réels survenus à l'étranger à une autre époque, le tandem d'écrivains a décidé de transposer ces événements extraordinaires au Nouveau-Mexique, et pour corser le récit, non loin du dépôt le plus important au monde d'armes nucléaires et d'un bunker célèbre. Je n'en dirais pas plus. J'admire l'ingéniosité de ce duo nous offrant à nouveau un roman haletant, fort bien articulé, où les deux héroïnes font preuve de bravoure, d'intelligence et de ténacité dans un contexte plus qu'hostile tant au plan géographique, que météorologique ou politique. Corrie vient tout juste de reprendre ses fonctions au FBI sous la direction d'un nouveau mentor, Sharp, personnage taiseux et déconcertant. Ils sont appelés sur un site très particulier où ont été retrouvés des squelettes : une grotte au Nouveau-Mexique. Comme ceux-ci sont anciens, certainement amérindiens, l'inspectrice appelle Nora à la rescousse pour une analyse des restes et de la scène. Celle-ci après une brève hésitation, leur dernière collaboration ayant été plus que mouvementée, débarque finalement avec son frère, Skip. Mais surprise ! La grotte n'est pas seulement la sépulture d'indiens mais aussi de deux autres corps beaucoup plus récents. Le shérif sur place, à la veille de sa réélection, veut tirer la couverture à lui. Le climat devient explosif. Sharp fait immédiatement le lien entre cette nouvelle découverte macabre et le mystère de la montagne de la mort : voici quinze ans, neuf étudiants y ont disparu dans un blizzard. Seules six dépouilles ont été retrouvées dans un état incompréhensible ; les preuves et indices n'ont fait que compliquer l'enquête de l'époque. Celle-ci est donc réouverte et Sharp en est le responsable. Il souhaite que Corrie l'assiste. Pour la jeune agente, l'occasion est exceptionnelle mais bien vite les difficultés et incohérences s'amoncellent alors que l'association des familles des disparus accuse le gouvernement et les forces de l'ordre de faire de la rétention d'informations. Et si c'était le cas ? Que cachent ces montagnes et ce décor somptueux ? Les deux tandems Corrie-Sharp et Nora-Skip se précipitent au coeur d'un ouragan dont ils ne peuvent imaginer la force. Neufs victimes réclament que la vérité soit dévoilée sur cette nuit du 31 octobre au 1er novembre 2008. Un sinistre halloween que nul ne peut oublier. Que sont devenus les trois étudiants jamais retrouvés ? Pourquoi l'enquêteur de l'époque refuse-t-il de collaborer ? Thriller policier très réussi, mené tambour battant, multipliant les pièges, les impasses et les révélations hallucinantes. J'ai particulièrement apprécié cette lecture. Les trois premiers opus de cette série sont : L'Antre du diable 2023 Le Dard du scorpion 2021 Tombes oubliées 2020 Quatrième de couverture Un suspense au cordeau, une intrigue serrée... Et deux femmes entêtées ! Un excellent roman. " Publishers Weekly. Par Preston & Child (nos1 des ventes du New York Times), les créateurs de l'inspecteur Aloysius Pendergast, le Sherlock Holmes des temps modernes. Un mystère vieux de quinze ans. Et un cadavre qui manque toujours à l'appel... En 2008, neuf alpinistes ne sont jamais revenus d'une expédition dans le Nouveau-Mexique. Les recherches menées aux abords de leur campement ont montré qu'ils ont été contraints de fuir une menace terrifiante, certains à peine vêtus alors que le blizzard faisait rage. Seuls six corps ont été retrouvés, et l'affaire de la Montagne de la mort n'a jamais été résolue. Quinze ans plus tard, la découverte de deux nouveaux cadavres permet la réouverture du dossier. Corrie Swanson, jeune agente du FBI, fait équipe avec l'archéologue Nora Kelly pour enquêter sur ce qui s'est réellement passé – et retrouver la neuvième victime. Mais leurs recherches réveillent un mal qui sommeille depuis longtemps, bien déterminé à empêcher que le dernier cadavre refasse surface. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Vacances tous risques, bons baisers de Chypre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Vacances tous risques, bons baisers de Chypre M.C.Beaton Albin Michel 31 mai 2017 286 pages traduites par Jacques Bosser Polar comédie Chronique 29 septembre 2017 Je voulais terminer joyeusement et légèrement le week-end et la toute dernière aventure chypriote de Agatha Raisin était toute indiquée. Ainsi notre charmante, agaçante, futée, gaffeuse, curieuse jeune pré-retraitée s'en va telle une adolescente courir après James Lacey son ex futur mari enfui a Chypre, réfugié très courageusement dans la villa où ils devaient normalement passer leur lune de miel. C'est plutôt un séjour de fiel qui attend Agatha devant la froideur du matamore. Elle est totalement perdue, tout le temps au bord des larmes, ( une bonne petite pré ménopause ?) ou en colère. Adorable et touchante, elle est mal dans sa peau comme nous toutes, et l'auteur sait très bien décrire ce moment délicat où les femmes autour de cinquante ans, plus aussi fraîches, ni athlétiques, ni pleines de confiance en leur sex-appeal basculent tout doucement vers un autre rapport aux autres, aux hommes, à leurs corps. Léger peut-être mais très juste. Donc je suis en empathie avec cette contre héroïne imprévisible qui sitôt arrivée se retrouve au milieu d'une sombre histoire de meurtre d'une autre britannique, la vulgaire et séductrice Rose, dans une boîte de nuit. Évidemment Agatha et James qui ont déjà fait équipe vont reformer leur tandem de détectives à défaut d'être en couple. On découvre aussi l'île de Chypre du nord donc turque. Enfin la description des us et coutumes des sujets de sa majesté en vacances dans une ancienne colonie est au vitriol et largement arrosée de Brandy . Donc pas de cup of tea ni de politiquement correcte, plutôt de l'humour à l'anglaise irrésistible, transgressif et toujours teinté de nostalgie. Plus sérieux que je ne m'attendais, je suis heureuse d'avoir clos ce dimanche d'une si jolie façon. Très féminin, intelligent et jubilatoire! Quatrième de couverture God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d'Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis. C'est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l'élu de son coeur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l'a-t-elle retrouvé, pas le temps de s'expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l'enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'enfant de l'aube | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'enfant de l'aube Fanny Leblond City Editions 28 octobre 2020 240 pages Historique Chronique 17 novembre 2020 Une note en bas de page écrite par l'auteure laisse à penser que cette histoire n'est pas totalement une fiction... Les notes suivant la fin de ce récit renforcent ce sentiment. Quoiqu'il en soit, je garde, quelques jours après la dernière page tournée, une impression d'extrême beauté tant le style, l'écriture de Fanny Leblond sont somptueux. Un roman dans la continuité des plus beaux ouvrages du début du XXe siècle, évoquant à merveille l'époque à laquelle se déroule l'action. Dès les premières lignes le mot « splendeur » s'est imposé à moi et je n'ai pu m'empêcher d'enregistrer immédiatement en vidéo la lecture de ce début. Ce fut aisé en raison de la musicalité du texte, de l'évidence face à son caractère d'exception, du parfait équilibre entre le fond et la forme. Rien que pour cela, « L'enfant de l'aube » doit être lu par tous. Qu'il est bienfaisant, enthousiasmant de découvrir un tel roman dans la masse des titres édités aujourd'hui ! La quatrième de couverture recopiée ci-dessous évoque parfaitement les sujets abordés.... Au début, Hélène porte un lourd secret, révélé par ses parents bien malgré eux, forcés par les circonstances du mariage prochain de leur fille. Et ce qu'elle apprend, juste avant de convoler, va déterminer tous ses choix à venir en tant qu'épouse, femme, amie.... Pendant la première guerre mondiale, les femmes ont prouvé, ô combien, qu'elles étaient les égales des hommes, remplaçant ceux-ci au travail, faisant tourner le pays. La paix revenue, même si certaines réagissent selon d'anciens réflexes d'éducation dépassés, se reléguant elles-mêmes dans l'ombre, un retour à la situation patriarcale d'avant conflit est impossible. Hélène se complaît, la première, dans une forme d'infantilisation... Peut-être en raison de son secret l'empêchant de grandir, peut-être à cause de l'éducation bourgeoise reçue ou d'un manque de maturité... Mais la vie, son sens de la justice et son intelligence vont se charger de la faire évoluer et la porter à prendre sous sa protection une jeune fille, Anna. Fanny Leblond recrée à merveille l'ambiance de l'époque, entre passéisme et modernité, entre tradition héritée du XIXe siècle et nouvelles règles du jeu induites par la guerre. Le chemin emprunté par Hélène devient sinueux en même temps que s'impose à elle la nécessité de comprendre, pardonner, mûrir et aider. Un livre nécessaire également en mémoire de tous ceux venus des différentes colonies ou territoires sous mandat français projetés dans l'enfer des tranchées, dans un conflit abjecte, pour un pays qui s'empressera de les trahir ou de les oublier. Mais les destins comme les sangs sur les champs de bataille se mélangent et ainsi, la vérité se rappelle toujours à nos consciences. Un texte et une héroïne inoubliables ! Quatrième de couverture En 1921, Hélène a un destin tout tracé de jeune fille de bonne famille. Tout change lorsqu’elle tombe amoureuse d’un jeune pilote de la base de Cazaux, en Gironde. Faisant fi des convenances et de l’opposition familiale, elle part s’installer avec lui. Elle y rencontre Anna, une jeune femme qui semble porter le poids du monde sur ses épaules. Pendant la guerre, Anna a eu un enfant avec un soldat sénégalais et l’enfant lui a été enlevé pour éviter le déshonneur et la honte. Comment sa famille aurait-elle pu accepter un bâtard, métis de surcroît ? Les Années Folles font désormais souffler un vent de modernité et Hélène est bien décidée à aider son amie en retrouvant l’enfant. Entre émancipation et secrets familiaux, cette recherche est un difficile combat. Dans cette époque qui appartient aux hommes, les deux femmes devront êtres prêtes à en payer le prix… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- J'étais le collabo Sadorski | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires J'étais le collabo Sadorski Romain Slocombe Robert Laffont La Bête Noire 1er septembre 2022 547 pages Thriller Historique Chronique 23 mai 2023 Troisième tome de la Trilogie de la guerre civile. Chapeau bas Mr Romain Slocombe pour cette deuxième trilogie consacrée à l'indescriptible et inqualifiable inspecteur Léon Sadorski ! « Epoustouflant ! Slocombe donne une nouvelle dimension au polar historique. » écrit Philippe Blanchet du Figaro Magazine. En effet, je pense même en ce qui me concerne, qu'il y a un avant Sadorski et un après, en tant que lectrice. Le haut niveau d'exigence de l'auteur envers lui-même, le soin extrême qu'il apporte à la qualité de son écriture, à la vérité factuelle, à la clarté du scénario, la gouaille et l'humour grinçants et caustiques à la Audiard utilisés pour faciliter l'appréhension d'un propos d'une noirceur folle, la mise en lumière nécessaire, indispensable, de tout un pan de notre Histoire française, font des six tomes de la Série Sadorski, des livres remarquables, précieux. On déteste Sadorski et en même temps on ne peut que reconnaître son professionnalisme, sa ténacité, son adaptabilité exceptionnelle. Cet un être incompréhensible pour une personne normale qui pousse tous les curseurs de l'abject au maximum. Il renaît de ses cendres en permanence, reprend pied alors même qu'on le croit perdu, c'est un personnage diablement fabuleux sur le plan dramaturgique. L'analyse sans concession qu'il a de ses contemporains est d'une justesse sidérante, il ne se fait aucune illusion, il croit en Dieu mais bafoue tous les principes humains, il est fataliste mais continue toujours à se battre malgré tout. C'est une énigme. Evidemment, on attend pendant tout le livre sa chute, sa déchéance, on lui souhaite de souffrir, de payer, de rendre des comptes.... Là réside le frisson, le suspense de ce thriller policier. Je reste impressionnée par le profilage que Romain Slocombe a fait de ce personnage de fiction inspiré d'un certain inspecteur principal adjoint Louis Sadosky (1899-1967) de la 3e section de la direction générale des Renseignements généraux et des jeux, ayant dirigé le "Rayon juif" au sein de ce service. La première partie de ce tome est un formidable et terrifiant huis clos dans l'amphithéâtre de l'institut George-Eastman où des horreurs de l' "épuration sauvage" de l'été et l'automne 1944 furent perpétrées par les FTP sous les ordres du " Capitaine Bernard ". La loi du talion fut appliquée à la lettre, entraînant des assassinats, viols, tortures. À combattre un monstre, ne devient-on pas de fait monstrueux ? Question universelle centrale depuis que l'humanité existe. Toute guerre est infâme, mais tout après-guerre et victoire doit-elles nécessairement se transformer en nouvelle tragédie. Je ferme ce dernier opus bluffée, forte de tout ce que j'ai appris, convaincue toujours que nous devons tout faire pour que la bête du fascisme, du nazisme, ne puisse jamais reprendre le pouvoir. Gratitude ! Quatrième de couverture L'épuration comme vous ne l'avez jamais lue. Septembre 1944 : partisans de De Gaulle et de Staline rivalisent pour le pouvoir dans Paris fraîchement libéré. C'est à qui rétablira l'ordre le premier, ou plutôt son ordre. Démasqué et menacé d'être fusillé, l'inspecteur Léon Sadorski n'en mène pas large. Le sort en a pourtant décidé autrement. En échange de l'indulgence des cours de justice, l'ex-collaborateur se voit confier par les chefs de l'insurrection une mission semée de pièges : identifier les " taupes " laissées par la police de Vichy au sein du Parti communiste. Rien ne se passant comme prévu, Sadorski se retrouve séquestré dans un des pires centres de détention et de torture gérés par les FTP. Mais il entend bien échapper à ses geôliers afin de rechercher sa femme, Yvette, disparue dans les purges des premières heures de la Libération. Pour cela, Sadorski aura besoin d'argent, de beaucoup d'argent... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Personne sur cette terre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Personne sur cette terre Victor del Árbol Actes Sud Le 7 mai 2025 352 pages traduites par Alexandra Carrasco thriller Chronique 15 mars 2026 Retrouver cette chronique en vidéo sur la chaîne YouTube Evangéline Brunoy Précision : " Personne sur cette terre » est le premier tome de la " Trilogie du tueur à gages sans nom ". Il est suivi par « Le temps des bêtes féroces » paru le 11 mars 2026 et de « Las buenas intenciones » à paraître en français. " Quand tu es au fond de l'abîme, tu y puises une consolation spéciale, qu'on ne trouve nulle part ailleurs. " Banana Yoshimoto, Le Lac C'est une histoire d'enfants sacrifiés.... " ... Des enfants qui ignoraient être des enfants. Des enfants qui avaient oublié leur enfance. Toujours fourrés ensemble, les cinq de la bande du calvaire où étaient gravés leurs prénoms au couteau : Carmen, Susana, Fouliña, Julián et Gregorio. Leur serment de fraternité. Une famille choisie, c'était ça l'amitié ; la promesse qu'aucun d'entre eux ne serait face au monde, qu'ils se protégeraient les uns les autres. Qu'ils ne se feraient pas de mal. Qu'ils ne se trahiraient pas." Vraiment ? Ont-ils pu respecter ce pacte ? Ou devenus adultes, se sont-ils perdus ? C'est l'histoire d'un homme, Julián Leal, policier ayant franchi la limite, inculpé pour avoir tabassé sauvagement un citoyen au-dessus de tout soupçon, plongé dans le coma entre la vie et la mort. Julián, qui a toujours été respectueux de la loi, des règles, refuse maintenant d'expliquer son geste. Pourquoi a-t-il vrillé ? C'est l'histoire de ce même homme, encore jeune, atteint d'un cancer et qui revient après trente ans dans son village de Galice et y retrouve certains amis, certains visages du passé. Un passé douloureux qui s'est métastasé dans son corps. Il est celui qui n'a jamais parlé, qui ne s'est jamais consolé, portant un fardeau trop lourd. Un homme traumatisé qui soudain a disjoncté. Les retrouvailles avec ses anciens camarades ne sont pas à la hauteur de ce qu'il espérait. Mais comment celles-ci auraient-elles pu se dérouler correctement alors que les murs, les rues du hameau, résonnent encore des cris de Martín Leal, son père, mort dans un incendie le 6 novembre 1975 sous ses yeux ? On dit que c'était un feu criminel, une exécution, une vengeance... Pourquoi aurait-on voulu l'assassiner ? Quels étaient les coupables ? Quel impact ce drame a-t-il eu sur les habitants de ce village, sur notre héros épuisé, en bout de course ? Sur les cinq mômes de la bande du calvaire ? Juste après son départ, le corps de Carmen est retrouvé. D'autres victimes suivront : un certain Francisco Robles, et Gregorio Sanjuán, un de ses amis d'hier, un géant au cœur innocent... Julián est le coupable parfait surtout pour le commissaire Heredia, semblant mener une vendetta contre lui. Laquelle ? Virginia, son ancienne coéquipière, femme et flic ayant sacrifié tout à sa mission, est chargée du dossier. Heredia lui adjoint Soria, qu'elle méprise, qu'elle prend pour un bouseux, un espion. Cette collaboration s'annonce très difficile alors qu'elle doit en plus de son chagrin concernant Julián, gérer une séparation d'avec son mari, Luis. Entre en scène également Clara, internée pour addiction dans une clinique de luxe, amie de Julián depuis peu, via une applique de rencontre. Comment celle-ci se retrouve-t- elle impliquée ? Les meurtres d'aujourd'hui sont-ils liés à ce qui est arrivé à Martín Leal ? Les mobiles des tueurs potentiels ont-ils bien été cernés à l'époque ? La venue de Julián a-t-elle enclenché le mécanisme d'une bombe dans ce village où régnait le trafic de marchandises de contrebande à partir du café tenu par le père de Carmen ? La mort de cette dernière est le premier domino, bien d'autres vont tomber... Victor del Árbol tisse ainsi une " toile d'araignée " dans laquelle les personnages sont piégés de " Mexico à Madrid en passant par la Galice et Barcelone ". Et puis un autre personnage énigmatique, dangereux, se manifeste soudain au cours de ce récit ... La figure centrale de la trilogie dont ce thriller policier est le premier opus : le tueur à gages... Il est acteur et en même temps témoin privilégié, distancié des évènements qu'il provoque. Par qui a-t-il été engagé ? D'où vient-il ? Existe-t-il une frontière que ce professionnel de la mort refusera de franchir ? On pressent l'importance et la singularité de la future confrontation entre cet inconnu et Julián, une rencontre que nous espérons, page après page... Tout ceci préfigure une suite fabuleuse. Pour moi un roman extraordinaire, nécessitant votre plus extrême attention, toute votre concentration, plongeant dans les abysses où se sont perdues des âmes noires, irrécupérables. On en reste sans voix. Une forme de rédemption est-elle envisageable pour Julián, Clara, Virginia, Soria... et l'ombre qui nous invite à la suivre ? Quatrième de couverture Galice 1975, un gamin assiste à l’incendie criminel de sa maison et au meurtre de son père. Barcelone 2005, l’homme qu’il est devenu semble avoir enfreint toutes les règles éthiques et morales qui avaient présidé à son entrée dans la police. Mis sur la touche après avoir plongé un homme d’affaires dans le coma, obstinément muet sur les raisons de son acte et atteint d’une maladie incurable, il revient sur les terres qui l’ont vu naître. Présent et passé s’entremêlent alors. Trente années de secrets gardés, de serments d’amitié brisés au nom du clan, de corruption et de trafic au cours desquelles des hommes puissants, cachés derrière des masques de loup, abusent d’enfants rêveurs. Trente années, c’est plus de temps qu’il n’en faut pour fabriquer des monstres… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'oiseau Canadèche | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'oiseau Canadèche Jim Dodge Cambourakis 3 novembre 2020 118 pages traduites par Jean-Pierre Carasso Roman Chronique 14 novembre 2020 Conte Naturaliste ou chronique d'une saga familiale, ce texte court est une merveille à mettre entre toutes les mains afin de faire circuler la lumière et le rire. Très drôle, des personnages portraiturés avec brio, beaucoup d'amour et de tendresse et un petit côté fantaisiste voir fantastique, transformant le tout en légende non urbaine mais nature. Un instant de grâce qui nous emmène loin auprès d'un vieil homme, de son petit fils Titou et de leur drôle d'amie.. Regardez dans le ciel, des canards sont peut-être en train de vous regarder attendant le moment d'intervenir dans votre vie comme l'oiseau Canadèche.... Quatrième de couverture Un jeune garçon vit au fin fond de la Californie avec son grand-père, ermite bourru qui semble avoir trouvé en la recette d'un tord-boyau le secret de l'immortalité. Avec L'oiseau canadèche, canard extraordinairement obèse, ils forment un trio inséparable, défendant farouchement l'indépendance de leur domaine. Un conte moderne au souffle joyeusement libertaire, par l'auteur de Stone Junction. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Malart | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Malart Aro Sáinz de la Maza Actes Sud/Actes Noirs Le 3 avril 2024 432 pages traduites par Serge Mestre thriller policier Chronique 23 juillet 2025 "Et bref, Vladimir Vladimirovich, vous aimez l'abîme ?" Vladimir V. Maïakovski Barcelone, samedi 17 août. Quatre heures vingt-quatre : Une femme court dans la nuit comme pour fuir, fracas de tôle, une voiture encastrée dans un bus, des cris, du sang, des meurtriers hilares, sûrs de leur impunité. Barcelone, jeudi 28 novembre, trois heures douze : Un homme à la mer. Entre évanouissement et conscience hallucinée. Des flashs, des coups d'adrénaline, l'envie d'abandonner, une mère noyant son bébé, un tablier rouge et bleu, mourir enfin, oublier. À huit heures ce même jour, la sous-inspectrice Rebeca Mercader arrive dans l'open space dévolu au GEHME ou Grupo Especial de Homicidios de los Mossos d'Esquadra (Groupe Spécial d'homicides de la police de Catalogne). Fureur, son binôme, l'inspecteur Milo Malart, n'est toujours pas arrivé. Il sait pourtant qu'ils doivent interpeler un criminel ce matin. C'est d'ailleurs grâce à l'aptitude extraordinaire d'empathie de Malart que cette arrestation est possible. Son absence est incompréhensible. Mercader sait, comme tout le groupe, que son collègue traverse une très mauvaise passe depuis qu'un couple de milliardaires, pervers sexuels et violeurs en série, s'en est sorti royalement grâce au pouvoir de leurs familles respectives. Barcelone est une ville plongée dans un long crépuscule, gangrenée par la corruption, les politiciens, les profiteurs multiples et variés. Malart ne le supporte plus. La mort de la jeune Candela Cuadrado victime de ces deux dégénérés, Ivo Parés et Mónica Morera, sa mère Marcela restant seule avec son désespoir abyssal, sont les déclencheurs du mal-être immense et de l'obsession du policier. Personne n'arrive à le joindre, ni Rebeca, ni son amie, la juge Susana Cabot. L'inquiétude monte laissant bientôt place à la peur. Le passé de Malart est tellement tragique que tous appréhendent l'avenir : suicide, dépression, folie comme son père ou son frère ? À quoi doivent-ils s'attendre ? Coup de théâtre : Parés et Morera sont retrouvés morts noyés attachés à leur yatch luxueux au large de Barcelone. Des traces ADN et des menottes appartenant à Malart incriminent le flic. Mercader ne peut y croire. Un compte à rebours et une chasse à l'homme sont lancés : la cible Milo, toujours introuvable. Certains marionnettistes tirent les ficelles en coulisses pour avoir sa tête avec l'aide d'une misérable taupe au sein même du groupe. Rien ne va plus, c'est l'heure de mettre carte sur table, d'assainir une bonne fois pour toute l'atmosphère au sein du GEHME et de Barcelone. J'ai retrouvé l'âme tourmentée et géniale de Milo Malart avec beaucoup de plaisir et d'intérêt, l'écriture tour à tour lyrique ou haute en couleurs de Aro Sáinz de la Maza avec un bonheur presque gustatif, tous les personnages récurrents de la série consacrée à l'inspecteur avec enthousiasme. Barcelone la sombre, la malmenée, la venimeuse, est aussi une actrice à part entière de ce thriller psychologique. L'engagement politique et sociétal de Malart ainsi que son lourd passif en font une figure originale et bouleversante de la littérature noire catalane depuis l'inoubliable Bourreau de Gaudí. Pris dans le brouillard qui recouvre la mer et la cité maudite, nous sommes piégés dans cette ambiance étrange, fascinés par la lutte entre la lumière et les ténèbres, entre Malart et le Mal, entre Malart et ses propres démons. Le saut d'un ange déchu cherchant la rédemption et la vérité. Beauté crépusculaire. Quatrième de couverture À quelques milles des côtes barcelonaises, un somptueux yacht dérive sans équipage. Il traîne à sa poupe deux lins auxquels sont fixés les cadavres de ses propriétaires. À la ville, un couple d’entrepreneurs membres de la jet-set locale ; en privé, deux psychopathes à la perversité sans borne qui hantent les nuits de l’inspecteur Malart. Inculpés puis relaxés à la faveur de preuves falsifiées, ils le plongent, lui qui les traque depuis des années à l’insu de sa hiérarchie, dans une véritable névrose obsessionnelle. Or, le bateau est saturé de l’ADN de l’inspecteur, qui (opportunément ?) reste introuvable. En soixante heures d’une course effrénée, ses coéquipiers adoptent, par un troublant mimétisme, les méthodes peu orthodoxes du policier le plus indigné d’Espagne pour retrouver celui que tout accuse du meurtre infâme, et rétablir une vérité que certains voudraient taire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le coup d'avance | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le coup d'avance Hugues Cologan Portaparolee 29 mai 2023 144 pages Anticipation Chronique 28 mars 2024 "Ainsi les phases s'accomplissent en nous, ainsi nos âges intérieurs se déroulent silencieusement et se séparent. Ce sentiment que l'homme porte en lui tout son passé, qui en parlait en ces termes ? Nous transportons les urnes de nos âges et nous conservons au fond de notre mémoire les spectres de notre jeunesse. Mais le souvenir d'une partie de ballon sous le préau de l'école nous revient et le cœur d'homme s'emballe comme celui d'un enfant." " Les hommes ne conjecturent qu'en fonction de leur passé et quand ils approchent le futur qui se prépare, ils doivent abandonner toute nostalgie [...]" Deux petits garçons, Romuald et Hubert, plus que des amis, des frères, grandissent sans se quitter jusqu'à être engagés adultes dans le même groupe d'ingénierie informatique. Dans cet "Intelligence Service Center", peu à peu les êtres deviennent des âmes en perdition sans but réel, obéissant aux règles édictées par la direction : course à la performance et au profit sans fin, ne respirant plus, ne pensant plus, penchés sur leurs claviers d'ordinateur, enfermés dans une dimension parallèle bien peu humaine. Engranger toujours plus : quel meilleur moyen d'y parvenir que d'avoir un accès direct sur le futur. À vous les gains faramineux à la bourse, sur les champs de course.... Romuald dit tout à Hubert sans avoir détecté que celui-ci a changé, a oublié leur passé, leur enfance, l'essentiel. Il lui avoue vivre deux fois certains événements, être atteint d'un dysfonctionnement temporel. Impossible pour lui de prévoir l'enclenchement de ces instants mais quelle aubaine si cela était possible, quelle richesse on pourrait accumuler facilement ! Romuald dans sa naïveté avoue à Hubert son secret et celui-ci le trahit, aveuglé par le désir de briller, de contrôler le don maudit de son ami... Entrent en scène une certaine Géraldine leur supérieure hiérarchique et une Sale-petite-puce qui bientôt, prenant des libertés, deviendra narratrice de ce conte désenchanté, de ce roman d'amitié et de trahison, de ce récit d'anticipation. Une alarme retentit : que gagnerons-nous à perdre notre humanité, nos liens d'amitié, d'amour, sinon un paradis artificiel infernal ? Quelles sont nos priorités ? Pouvons-nous freiner voire stopper le "progrès", la transformation de notre société, le temps ? Sommes-nous encore capables de ne pas nous enfermer dans une dimension virtuelle et d'affronter la vérité ? Lâcher prise et ralentir, favoriser l'intelligence humaine, émotionnelle à l'intelligence artificielle et déshumanisée ? Un premier roman onirique, déstabilisant, et j'espère non prémonitoire. Quatrième de couverture Un premier roman percutant, à la fois réaliste et fantastique. Jouant sur la notion d’anticipation, Le Coup d’avance raconte, par la voix d’un narrateur aussi mystérieux qu’original, l’histoire d’une belle amitié sacrifiée sur l’autel de la technologie. Romuald, génie de l’intelligence numérique, usé et solitaire, est la victime d’un dysfonctionnement temporel, un mal étrange qui lui fait vivre deux fois la même heure. Dans l’espoir d’en tirer profit, son ami d’enfance Hubert — salarié dans la même entreprise que Romuald — l’entraîne dans un projet « innovant » et machiavélique, afin de revendre à prix d’or les données enregistrées dans la première heure. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Cercle des Couturières | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Cercle des Couturières Ana Lena Rivera City Editions Le 5 novembre 2025 544 pages traduites par Justine Alerts historique Chronique 26 novembre 2025 " Nous ne vivions pas seulement nos vies, mais nous héritons des victoires et des défaites de nos parents, qui les ont eux-mêmes héritées des leurs. " Titre original : " Las Herederas de la Singer " bien plus adapté en réalité que le titre français qui pourrait laisser croire à un roman historique "girly" alors qu'il est en réalité d'une profondeur bouleversante et d'une pertinence édifiante. J'ai été intimement concernée par ce roman féminin et engagé d'une portée universelle, pourquoi ? - En premier lieu en raison de cette fameuse machine à coudre Singer qui fut également un témoin passé de génération en génération du côté maternel de ma famille. - En second lieu, par l'omniprésence de la violence, de l'inceste, du viol, dans le récit des femmes, cette fois des deux côtés de mon arbre généalogique. Aujourd'hui, enfin la parole se libère, la honte change de camp peu à peu ; le travail est loin d'être terminé cependant, et ce roman contribue avec clarté, sensibilité et passion à cette grande œuvre commune, sociétale, humaniste, vitale. Il s'inscrit également dans une révolution actuelle de raconter enfin l'Histoire par le prisme du regard des femmes, de cette moitié de l'humanité que l'on a invisibilisée, méprisée, bâillonnée, qui a cependant largement contribué à l'édification et l'enrichissement de nos civilisations, de nos cultures, sans que l'on songe à lui rendre hommage. Bien loin de vouloir mener une guerre contre les hommes mais désireuse au contraire de s'allier à eux contre un patriarcat et un masculinisme sclérosants et suicidaires, l'autrice nous narre avec brio, tendresse et souci de vérité historique le destin de cinq et non quatre générations de femmes qui, par leur courage ou leur silence douloureux et apeuré, ont participé à l'élaboration de la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, qu'elle soit espagnole ou autre. Les drames ayant frappé l'Espagne depuis l'avènement de Franco sont d'une telle ampleur, le réveil de ce peuple depuis le retour à la démocratie et la divulgation des archives nationales si exceptionnel, que cette fresque historique et ce récit intimiste en deviennent inouïs et inoubliables. Ce n'est pas un roman "délicieux" comme le qualifie le Magazine Elle, c'est un brûlot, un cri, un témoignage multiple et une reconnaissance de toutes celles qui ont subi, c'est une déclaration de guerre contre l'inacceptable. Ce n'est pas un texte gentillet et dans les clous, loin s'en faut. Comment cela serait-il possible avec la figure centrale d'Aurora, cette âme intranquille, en résistance, portant en elle un secret monstrueux, prête à tout pour se sauver ? Ainsi de Olvido, sa mère, mariée à Frutos, mineur violent et alcoolique, vivant dans les Asturies, nous suivons les pas d'Aurora au destin hallucinant, née en 1922, mariée à Paulino, mère de trois enfants dont Agueda, née en 1941, unie à Jesus, mère de Ana, née en 1968, la seule à dire "je" . Celle-ci fait un beau mariage avec Carlos dont elle aura aussi trois enfants. Parmi ceux-ci, Alba, née en 1996. Toutes sans exception vont subir la violence masculine, mais la société changeant, les douleurs cachées, tues, supportées pendant des vies entières vont enfin être dévoilées, le silence n'étant plus acceptable. Un roman d'une grande justesse ne laissant aucune problématique dans l'ombre, inscrivant le phénomène du viol dans l'Histoire, en démontant le mécanisme, en démontrant les conséquences mortifères sur des générations de femmes et d'hommes, ayant empoisonné nos vies mais ne devant plus abimer celles des générations futures. La vérité peut être source de souffrance mais aussi de libération et d'apprentissage afin de construire un monde nouveau, meilleur, plus juste et égalitaire. Un roman tout à fait exceptionnel, fascinant et incontournable. Quatrième de couverture Dans les années 1920, Aurora est prête à tout pour s’extirper de la misère, même à épouser un homme qu’elle n’aime absolument pas. En cadeau de mariage, elle reçoit une machine à coudre. Ce sera son salut, mais aussi le rappel permanent d’un terrible drame. Cette simple machine va se transmettre ensuite de mère en fille, jusqu’à Alba, des décennies plus tard. Lorsque la jeune femme demande à emprunter la machine, son arrière-grand-mère sait que le moment est venu de raconter son histoire… mais aussi de révéler son secret. Un secret qui entraîne Alba dans un voyage à travers le temps, dans une maison familiale remplie d’amour, de tragédies, de cœurs brisés et de rêves. Une histoire de femmes fortes face au destin, où l’espoir est toujours permis, même dans les moments les plus difficiles… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les silences de Jeannette | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les silences de Jeannette Elise Fischer Calmann-Lévy 23 août 2023 320 pages Roman biograhique Chronique 13 janvier 2024 "Si une famille ne se compose pas de membres solidaires les uns des autres pour l'honneur contre les mauvaises chances, qu'est-ce qu'une famille ?" Alphonse Karr Un roman biographique comme un dernier message à tous ceux que Élise Fischer a laissé derrière elle à son décès annoncé en fin d'ouvrage et intervenu en décembre dernier. Basé sur l'histoire de sa famille sur plusieurs générations, se permettant quelques entorses à la vérité, quelques personnages fictifs, ce récit touche pourtant à une vérité absolue concernant les rapports parents enfants et particulièrement avec les mères. Élise Fischer, alors que la fin du chemin est proche, tente de comprendre encore les silences de sa mère Philomène-Jeanne dite Jeannette, une énigme tant son absence de tendresse, sa rugosité, sa cruauté parfois, ont laissé l'enfant puis la jeune fille qu'elle fut, démunie, sidérée, en fureur aussi. Alors remontons au tout début, l'enfance de son père, P'tit Roro le dernier d'une fratrie de sept enfants issue du ventre de Joséphine, dite Fine, Une mère âpre, alcoolique, pleine de rancœur mais aussi capable de pertinence trahissant une intelligence acérée. Se positionnant en victime, se déclarant Rouge contre les riches, n'ayant pas fait les bons choix au sortir de chez les sœurs et sans famille, elle a épousé un courant d'air fuyant sa colère et sa noirceur. Nulle douceur, nul instinct maternel, peut-être parce qu'elle est une handicapée du cœur, peut-être parce qu'elle n'a pas su ... Alors évidemment la rencontre entre Philomène-Jeanne, la promise de son P'tit Roro ou plutôt Jean, va faire des étincelles ! En cette première moitié du XXe siècle, les femmes n'ont pas beaucoup de choix de vie, de carrière, que l'on soit riche ou pauvre. Les plus modestes se trouvent enfermées dans un carcan imposé par une société paternaliste et souvent par les aïeules. Changer de condition, avoir de l'ambition, gravir l'échelle sociale sont inenvisageables. Jeannette a pourtant tout en main : l'intelligence, la finesse de jugement, l'éducation, l'élégance et la beauté... Alors qu'est-ce qui l'empêche de saisir les opportunités offertes par la vie ? Et pour Lison ou Élise, sa fille, quelle conséquences auront sur son destin les décisions prises par sa mère alors qu'elle n'est même pas née ? Élise Fischer fait revivre avec un immense talent tous les membres de cette famille pendant des décennies, entre Alsace et Lorraine. Sa démarche est bouleversante : l'urgence de transmettre le témoin aux siens, de donner des éléments de réponse à certains héritiers, transpire à chaque page. Je souhaite que ces dernières aient apporté la paix dans les cœurs de ceux auxquels elles étaient destinées. J'ai, pour ma part, obtenu quelques explications quant aux comportements des femmes de ma famille du côté maternel, figures très proches de Fine, Jeannette et Élise. Quatrième de couverture Entre Lorraine et Alsace, anatomie d’une trahison maternelle Âgé de douze ans à la mort de son père en 1933, Jean, dit P’tit Roro, dernier d’une fratrie de onze enfants, est élevé seul par sa mère, Joséphine, qui vivote en lavant du linge dans le canal de la Marne au Rhin à Champigneulles, près de Nancy. Malgré les efforts de sa soeur aînée, Agathe, Jean ne peut échapper à l’emprise de cette mère cassante, portée sur la boisson, qui ne décourage pas ses petits écarts, surtout quand ils permettent de gagner quelques sous. Philomène-Jeanne ignore tout cela lorsque Jean, qui travaille avec son père aux Chemins de fer, demande sa main dans l’euphorie de la Libération. Acculée à ce mariage, la jeune Alsacienne éprise de culture et d’idéal se résigne à emménager avec son mari chez sa belle-mère. Celle qu’on rebaptise Jeannette se plie aux moeurs de sa nouvelle famille. Mais la violence qu’elle est obligée de se faire est bien trop forte pour ne pas se retourner contre la fille qui naîtra de cette union… Dans son roman sans doute le plus personnel, Élise Fischer nous livre, sur trois générations, entre Lorraine ouvrière et Alsace rurale, une radiographie familiale saisissante, qui nous mène au coeur de la relation mère-fille, au plus près de ses failles et de ses blessures. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dans les brumes du mal | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans les brumes du mal René Manzor Calmann-Lévy 19 octobre 2016 400 pages Thriller Chronique 8 février 2017 Fini ce matin..... Après le chapitre 4 qui m'a quelque peu secouée tant certaines similitudes entre le personnage de Dalhia Rhymes et ma petite personne m'avaient frappée, j'ai lu cette histoire sans problème. Tous les ingrédients d'un bon thriller mâtiné de mystère, de vaudoue sont là. Une ombre shadduh vengeresse rôdant sur Charleston, la moiteur des marais, la disparition des enfants et l'assassinat de leurs mères, une bonne analyse psychologique des personnages. Bien écrit, fluide, chapitres courts, découpage intelligent.... un bon thriller ! Peut-être parce que j'ai l'esprit tordu ou que je lis trop de littérature noire, je savais qui était le meurtrier dès la moitié du livre. Je l'ai fini pourtant avec plaisir, pour la finesse des portraits et la qualité de la rédaction. J'adore la couverture.... Quatrième de couverture La mère de Tom est morte, et Tom a disparu. Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue. Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'école de la nuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'école de la nuit Harold J.Benjamin Cohen & Cohen 15 février 2024 224 pages Historique Chronique 22 février 2024 " Black is the badge of hell The hue of dungeons and the school of night. " " Noirs sont le sceau de l'enfer La couleur du cachot et l'école de la nuit. " Love's Labour's Lost, IV, 3, William Shakespeare (1564-1616) " Hell hath no limits, nor is circumscribed In one self place. But where we are is hell And where hell is there we must ever be. " " l'Enfer n'a point de limite, et n'est point circonscrit En un seul lieu. Mais l'Enfer est où nous sommes Et là où il est, là nous serons à tout jamais. " The Tragedy of Doctor Faustus, I, 5, Christopher Marlowe (1564-1593) Troisième tome de la série parue chez le même éditeur. Celle-ci comprend : Le grand effroi de John Pickett (2021) Les Lunes de Jupiter (2022) C'est un réel bonheur de suivre à nouveau les aventures de la famille Pickett et plus particulièrement de Tobias, avocat, fils de John, peintre, qui fut le personnage principal du premier opus. Londres, fin du règne de Élizabeth 1ère, vieillissante, en mauvaise santé mais toujours au regard et au jugement acérés sur son temps, sa cours, ses courtisans, ses opposants, son peuple, sur la place de son royaume sur l'échiquier mondial. Elle aime jouer et se divertir ; ainsi le théâtre tient-il une place particulière en son cœur et l'arrivée d'un nouveau venu très talentueux, William Shakespeare, ne lui a pas échappé. Harold J. Benjamin nous offre une plongée somptueuse, passionnante, stupéfiante et haletante dans les coulisses de deux maisons de théâtre, à la rencontre de leurs troupes de comédiens et techniciens. J'ai nommé : - Le Rose playhouse où officient les " Lord Admiral's Men ". - Le Globe playhouse où officient les " Lord Chamberlain's Men " et notre cher Will. À vous la découverte de l'organisation matérielle, administrative, humaine de ces deux structures, de leurs loges, des artisans et artistes qui y vivent et y travaillent. Enthousiasmant ! Les bâtiments ronds en bois sont montés sur des terrains loués par leurs directeurs pendant un certain temps. Si le propriétaire du dit terrain veut le récupérer à la fin du bail, le démontage et le déménagement de l'édifice sont nécessaires. Ainsi les deux théâtres éloignés l'un de l'autre en ce début de récit, se retrouvent-t-ils voisins en raison des aléas de la vie difficile des playhouses, juste avant les premières disparitions d'une costumière, Hannah, et de son amoureux, Martin, comptable et acteur, après une représentation du Doctor Faustus de Christopher Marlowe au Rose playhouse. Peu de temps après, un corps casqué encore dans le costume porté par Martin est retrouvé dans le terrain voisin où est remonté le Globe playhouse. Tobias Pickett est appelé sur place et mandaté pour découvrir la vérité. Au même moment, lui et sa famille se voient obligés de répondre d'accusations calomnieuses de magie noire et d'abus par une certaine Agnes Bishop. Il sont, semble-t-il, dans le collimateur d'un juge de paix, Richard Harclyff. Mais pourquoi ? Alors que le peuple crie famine, que le pouvoir dictatorial écrase toute opposition, et que la guerre en Irlande prend de l'ampleur, le monde du théâtre bruisse de mille sons inquiétants. Un brouillard de suspicion, de peur l' enveloppera pendant plus de six mois pendant lesquels Tobias devra résoudre les énigmes de la mort de Martin, de la disparition de Hannah et d'un deuxième meurtre, tout aussi étrange. L'atmosphère anxiogène, paranoïaque et venimeuse de cette période élisabéthaine cependant si attractive et brillante, est toujours aussi parfaitement rendue par Harold J. Benjamin. Tout n'est qu'apparence, comédie de société, complots et vanités dans ce thriller historique. La dernière scène finale avant l'épilogue est fabuleuse : les pièces du puzzle se mettent en place sous nos yeux émerveillés, petites miettes de pain que l'auteur avait patiemment laissées sur notre chemin. Écoutez ! Les trompettes retentissent ! Bientôt le spectacle va commencer. Pénétrez dans l'école de la nuit ! Merci à Harold J. Benjamin pour sa confiance renouvelée. Quatrième de couverture L'École de la nuit, est un thriller historique, qui se déroule dans l'ambiance envoûtante de l'Angleterre élisabéthaine et le monde du théâtre, celui de Shakespeare et de Marlowe. Un mystère qui se dénoue sur la scène du théâtre Rose en un final étonnant. Angleterre, 1598. Le règne d'Élisabeth 1re s'achève. Sur la rive sud de Londres, dans le quartier des plaisirs, retentissent les bruits du chantier d'un tout nouveau théâtre, le Globe, mais soudain une découverte macabre bouleverse les ouvriers. Tobias Pickett, avocat de renom appelé pour démêler l'affaire, se trouve confronté à une galerie de personnages intrigants : Hannah Wynters, la belle costumière de la troupe du Rose, le rival du Globe ; pourquoi a-t-elle mystérieusement disparu ? Martin Slater, le régisseur au passé mystérieux ; qui donc est allé fouiller son précieux coffre ? Agnes Bishop, jeune fille de 12 ans maltraitée par la vie, accusée de pratiquer la magie noire. Et puis, il y a Richard Harclyff, le juge de paix manipulateur dont l'ambition dévorante ne connaît aucune limite. Tandis que des échos inquiétants de la guerre en Irlande parviennent à Londres, l'affaire attire l'attention des plus hautes sphères du pouvoir. Une enquête palpitante dans le monde du théâtre, celui de Shakespeare et de Marlowe, qui aboutit jusque sur la scène du Rose playhouse en un final étonnant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les fabuleuses femmes du Grand Hôtel | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les fabuleuses femmes du Grand Hôtel Ruth Kvarnström-Jones City Éditions, Le 15 janvier 2025 576 pages traduites par Rosa Bachir historique Chronique 25 janvier 2025 La Saga historique phénomène qui a conquis des centaines de milliers de lecteurs. "Elle allait transformer le Grand Hôtel afin d'en faire le plus bel établissement d'Europe. Si cela conduisait à des conflits, qu'il en soit ainsi. Ces messieurs devraient s'y faire !" Décidément les Éditions City ont sorti plusieurs romans formidables en ce mois de janvier. Et voici le deuxième, après un thriller excellentissime, une fresque historique étourdissante qu'il est totalement impossible de lâcher. Début du XXe siècle, Stockholm, ville en pleine mutation à la croisée des chemins où se croisent sans se voir les suédois et étrangers les plus riches et puissants et une population au bord du gouffre, ne réussissant plus à nourrir ses enfants. La colère monte peu à peu, les disparités sociales sont au centre des préoccupations du gouvernement et du peuple, cacher la misère n'est plus possible. À l'instar de ce qui se produisit à Paris avec les grands travaux de Haussmann, la capitale suédoise se transforme, les quartiers insalubres sont abattus, des mesures d'assainissement sont prises en particulier concernant l'eau. C'est dans ce contexte que Wilhelmina Skogh est nommée directrice du Grand Hôtel de Stockholm, lieu célèbre pour sa magnificence mais aussi pour les cérémonies du Prix Nobel qui y sont organisées. Une femme à un tel poste, encore jeune, à la tête de trois autres établissements, a de quoi étonner en cette époque où ses "sœurs" sont encore sous domination et tutelle des hommes. Un système patriarcal immonde dont nous découvrons toutes les subtilités et les bassesses au fil des pages. Mina a fait un bon mariage et vit une véritable histoire d'amour avec son époux qui ne la brime en rien et la pousse à se dépasser. Elle a monté tous les échelons de l'hôtellerie depuis son plus jeune âge, est une travailleuse acharnée, dure mais juste, une visionnaire ambitieuse voulant faire du Grand Hôtel de Stockholm le plus grand hôtel du monde. Personnage tout à fait singulier dans ce monde si corseté et d'apparence. Elle bénéficie de l'appui du Roi, est l'amie de la maîtresse de ce dernier Elisabet, séjournant dans une suite du palace à l'année. Grâce à cette dernière, nous entrevoyons que le pouvoir masculin impose ses règles à toutes les femmes, quels que soient leur naissance et leur rang en ce monde. Enfin, Ruth Kvarnström-Jones dresse toute une galerie de femmes et d'hommes qui vont être choisis par Mina, collaborer à sa réussite et celle de l'hôtel ou au contraire s'y opposer. Le parcours sera long pour toutes les fabuleuses femmes décrites et suivies dans ce roman passionnant, somptueux jusqu'à ce qu'un événement extraordinaire ait lieu. Je vous en laisse la surprise. J'ai énormément apprécié cette lecture, suivre ces destins formidables et exemplaires, parcourir les coulisses de l'énorme théâtre que fut et est ce Grand Hôtel. L'amour et l'attachement de l'autrice à ce lieu où elle a travaillé jeune fille se ressentent à chaque ligne apportant un supplément d'âme à ce récit. Quatrième de couverture Stockholm, en 1901, la jeune Ottilia est embauchée au Grand Hôtel, l'établissement le plus prestigieux de la ville. La jeune femme quitte sa famille le coeur brisé mais rempli d'espoir, consciente que ce travail lui offre une chance unique de débuter une nouvelle vie. Mais derrière la façade de luxe et de richesse se cache une dure réalité : l'hôtel est en faillite. Et pour le redresser, c'est une femme, Wilhelmina Skogh, qui est nommée directrice. Une décision qui fait trembler les fondations de cette vénérable institution. Lorsque le personnel masculin se rebelle, la nouvelle directrice doit s'entourer d'une équipe féminine. Aux premières loges de cette révolution, Ottilia tente de faire sa place dans un monde où se croisent les destins d'humbles servantes et de riches héritières, leurs secrets et leurs amours. Un monde où, pour toutes ces femmes fabuleuses, les rêves semblent désormais à portée de main. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La petite fille et le monde secret | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La petite fille et le monde secret Maren Uthaug Actes Sud 8 mars 2017 283 pages traduites par Jean-Baptiste Coursaud Roman Chronique 28 juin 2017 Livre aussi lumineux et original que son auteure née d'un père same et d'une mère norvégienne. Elle est créatrice de BD et est une illustratrice danoise reconnue. Nominé pour le prestigieux prix BogForum qui consacre une révélation, ce livre est son premier roman et une réussite remarquable. « La communauté same est un peuple autochtone au nord de la Norvège, appelés les lapons plus communément chez nous, sauf qu'en fait pour eux c'est un terme péjoratif. Nomades originellement, les sames ont été persécutés par l'administration et l'Église d'état, ont été assimilés de force dans un génocide culturel, un ostracisme qui prend fin après 1945. Sa nation Sapmi s'étend sur un territoire allant de la Norvège, à la Suède, la Finlande et la Russie. 75000 dont 40000 âmes en Norvège où depuis 1989 ils disposent d'un parlement autonome. Ils ont leur langue finno-ougrienne et à l'origine leur religion panthéiste basée sur le chamanisme est toujours pratiquée en même temps que le laestadianisme issu des préceptes luthériens importés au XVIIIÈME siècle et de ceux du prédicateur suédois Lars Levi Laestadius. Ce mouvement religieux a un écho considérable auprès des sames. Ce roman évoque aussi les Kvènes ayant fui la Finlande pour la Norvège du nord dès le XVIème siècle. Ils sont 10000 à 15000 et sont reconnus comme minorité nationale depuis 1998 seulement. Enfin un dernier détail le norvégien et le danois sont très proches ce qui facilite l'intercompréhension. » Tous ces renseignements sont les notes de départ du traducteur Jean-Baptiste Coursaud. L'histoire très sensible et émouvante qui nous est contée est celle de Risten ou plus tard Kirsten, qui va vivre ses sept premières années chez les sames auprès de sa mère same Rihtta, son père norvégien Knut et sa grand mère Ahkku. Celle-ci va lui transmettre les légendes et croyances ancestrales qui vont marquer à jamais l'âme de la petite fille. Ainsi lui est transmis tout ce qu'un bon same doit savoir ainsi que des prières en langue des Kvènes. Mais un jour son père décide de partir dans le sud du Danemark chez une amie soit disant en vacances avec sa fille. Sa mère la laisse partir, elle ne la reverra que vingt ans plus tard. Qu'est-ce qui a pu pousser cette femme à accepter cette séparation ? Quel secret Risten va-t elle découvrir en revenant en pays same ? Que lui a -t'on caché ? Je ne dirais que "Magnifique" ! Mon post est long donc je m'arrête là mais je vous conseille de découvrir ce récit et d'accompagner la petite fille dans ses aventures. Quatrième de couverture A l'âge de sept ans, Risten est forcée de quitter sa mère dans le Nord de la Norvège et d'aller vivre avec son père dans le Sud du Danemark où il a décidé de s'installer avec sa nouvelle femme. Habitée par les croyances et superstitions ancestrales de la culture Sami, elle se retrouve, du jour au lendemain, complètement déracinée. Et sans sa grand-mère, il n'y a plus personne pour la protéger contre les ruses maléfiques des sous-terriens... Un voyage surprenant dans l'imaginaire d'un enfant aliéné qui se heurte à la norme d'une société moderne dominée par le culte des bonnes intentions. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Bénie soit ma langue Journal intime | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Bénie soit ma langue Journal intime Gabriela Mistral des femmes Antoinette Fouque Le 24 octobre 2024 216 pages traduites par Anne Picard journal intime Chronique 27 décembre 2024 Format 17 x 24 cm. Titre original : Bendita mi lengua sea (diario intimo de Gabriela Mistral, 1905-1956) Editorial Catalonia, 2019, Édition originale de Jaime Quezada. "Le journal intime de Gabriela Mistral, prix Nobel de littérature : un document exceptionnel." Quelle belle couverture joyeuse et accueillante ! "La présente édition mise à jour intègre trois nouveaux cahiers surprenants par leurs révélations et leur originalité ( Cahier de la Patagonie, Cahier de Santiago, Cahier du Palais); ainsi que plusieurs autres textes inconnus et inédits [...] Avec Bénie soit ma langue, cet extraordinaire vœu de vie ou cet article de foi déterminé de Gabriela Mistral semble se réaliser : " Quand la vieillesse aura raison de moi et me clouera dans un coin, je dirai alors peut-être les nombreuses choses que j'ai vécues et que je n'ai pas encore dites." ... " Jaime Quezada, Santiago du Chili, avril 2019 "Tout ce que j'ai reçu de meilleur et de pire durant ma longue vie se trouve dans des cahiers qu'on lira après ma mort. Les miens - là-bas, au Chili - apprendront alors beaucoup de choses et ils comprendront mon absence de pays." G. M. Il me sera extrêmement difficile d'écrire une chronique plus complète que la présentation parfaite offerte par l'éditeur. Celui-ci nous fait découvrir, livre après livre, de grandes autrices cataloguées en littérature du monde, soit par leurs écrits, soit par des ouvrages biographiques ou ce journal intime de Lucila Godoy connue sous le pseudonyme de Gabriela Mistral. Je repense à Clarice Lispector, May Ziadé, Silvina Ocampo et tant d'autres, qui ont marqué leur époque, fait évolué la société, la littérature, la cause féminine, souvent exilées, représentantes de leur patrie à l'étranger, combattantes mais aussi souvent atteintes de saudade, de mélancolie, du manque de ... Presque toutes ont dû faire face à du harcèlement et de l'acharnement de certains hommes ne souffrant pas qu'une femme puisse penser, lire, analyser, proposer, innover. Gabriela Mistral est l'exemple idéal de tout ce que je viens d'évoquer. Une existence de solitude, de labeur dès ses quatorze ans, d'exil forcé, de difficultés matérielles anxiogènes, de problèmes de santé graves, jouant avec peine un rôle en public du fait de ses fonctions diplomatiques, chef de famille aux épaules larges... Pas très glamour n'est-ce pas ? Mais l'art de la poète, de l'écrivaine couronnée d'un prix Nobel lui fait oublier toutes les vicissitudes de la vie, tous les deuils, les pertes, les échecs, les terreurs, les attaques de ses ennemis, les trahisons. "J'ai raconté tout cela pour vous au cas où un jour ma santé, curieusement instable, réserverait une surprise. Soyez ma langue vivante de morte." G. M. Je vous conseille vivement de lire en premier les chronologie et biographie établies par Anne Picard en fin d'ouvrage. Cela vous permettra de mieux vous situer dans le temps, ensuite, à la découverte des mémoires, pensées, écrits de Gabriela Mistral se livrant ainsi totalement, intimement. Quatrième de couverture Gabriela Mistral, grande écrivaine chilienne du XXe siècle, enseignante, poétesse, diplomate et voyageuse, fut en 1945 la première femme d’Amérique latine à recevoir le prix Nobel de littérature. Elle a toujours pris le temps, au cours de sa vie, de consigner ses pensées matérielles et personnelles, ce qui nous permet aujourd’hui cette plongée dans son intimité et ses préoccupations quotidiennes. De l’amour passionné à la douleur profonde en passant par la maternité et la créativité artistique, Gabriela Mistral partage les émotions complexes qui ont façonné sa vie et son œuvre. Lettres, notes, réflexions inscrites sur des carnets construisent ce récit kaléidoscopique de la vie de l’autrice mais attestent également de son attention toujours accrue à l’actualité politique du Chili. La langue intense et puissante de cette immense femme de lettres se déploie en une toile aux ramifications multiples que l’autrice tisse avec son incandescence habituelle. «J’ai eu une enfance pauvre et heureuse dans les vallées de ma cordillère. Le paysage, si l’on peut parler de paysage quand on vit immergée dans une gorge montagneuse, offrait de violents contrastes : une centaine de collines et plus encore, une sorte de bouillonnement rocailleux, sauvage et coloré, et en contrebas, sans transition, une étendue idyllique de vignes, de figuiers et de vergers. Ce contraste entre âpreté et douceur, on dit qu’il est en moi et je veux bien le croire, et il ne me déplaît pas à cause d’une certaine vanité : j’aime retrouver en moi les traits de mes lieux, de mes origines.» G.M Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















