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- La Petite | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Petite Sarah Perret Presses de la Cité 29 septembre 2022 256 pages Historique Terroir Chronique 27 mars 2023 Lauréat du Prix Jean Anglade du premier roman 2022, préface Pierre Vavasseur. « A ma famille, à mes ancêtres, à tout l'amour que porta leur cœur, à cet univers perdu, à la grâce de ce temps-là. Et on Arcadia ego. » Les chagrins d'enfance sont ineffaçables, inoubliables, immenses et se répercutent souvent en écho pendant toute notre vie. Je vis actuellement un de ces chagrins dont je ne me suis jamais remise ; j'ai lu ce texte délicat, palpitant comme une veine dans le cou gracile d'une enfant avec mon cœur de petite fille non consolée, les larmes au bord des cils, toujours aussi démunie face à la méchanceté et la cruauté de certains. Un texte d'une grande justesse, d'une indéniable beauté, entre roman de terroir et chroniques de l'enfance. Il brise le cœur et en même temps réussit à nous faire sourire en nous réconciliant avec des souvenirs douloureux. Ne grandit-on jamais ? Quatrième de couverture La Petite, c'est le paradis ressuscité de l'enfance et d'un monde désormais perdu : celui des paysans de Chartreuse dans le courant du vingtième siècle –; des vies modestes, pétries d'humanité. Au cœur de la Savoie, deux orphelins recueillis par leurs grands-parents paysans dans la maison de famille séculaire se battent contre des puissances obscures, remontées du passé. Autour d'Ophélie, le loup rôde ; quant à Jean, il emploie ses forces à haïr. Le silence s'amoncelle comme le travail à abattre, dans ce village au pied des montagnes de Chartreuse. En cette fin de XXe siècle, la modernité n'est pas encore arrivée et le temps est toujours rythmé par les saisons et les labeurs, les fêtes religieuses, les visites. Mais, intimement, les enfants pressentent les drames et souffrent. Les secrets eux-mêmes aspirent à se dire... La Petite, entre délicatesse et passion, fragilité et violence, brode et tricote d'une main sûre son ouvrage et conduit le lecteur dans les tours et détours de l'âme enfantine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Millésime 54 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Millésime 54 Antoine Laurain Flammarion 4 avril 2018 272 pages Divers Chronique 23 juin 2018 Je vais vous éviter toute prose liée de près ou de loin au monde viticole, ce serait un peu facile... Où peut-être gouleyant ! Oui voilà aussi délicieux qu'une partie de pêche à la truite au soleil en bonne compagnie. Cela aurait pu s'appeler « Y'a d'la joie...», ce roman, ce conte, ce poème, étant une vraie merveille d'imagination, de drôlerie, de tendresse, d'émotions, de fantastique. Les premiers mots de remerciements de l'auteur : « Avec la participation exceptionnelle et par ordre d'apparition, qu'elle soit fugace ou non de : S.A.S. le duc de Windsor, Salvador Dali, Jacques Prévert, Robert Doisneau, Marcel Aymé, Harry MacElhone, François Truffaut, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Audrey Hepburn, Hubert de Givenchy, Jean Gabin et Édith Piaf. » Antoine Laurain a écrit 7 romans, traduits en plus de vingt langues. C'est mon premier livre de cet auteur ! Mais comment ai-je fait pour le manquer ? Remarquablement écrit, ciselé, imagé, c'est un bijou, de ces livres d'utilité publique, de ces œuvres refaisant naître le sourire et l'étincelle dans l'œil. Faites-vous un vrai plaisir, imaginez la plus belle pâtisserie de votre choix , la plus délicieuse, et bien cette fiction est comme un mille feuilles ou un croissant aux amandes mes pêchés mignons, offrez-vous vite. J'ai toujours regretté de ne pas avoir connu les Halles à la grande époque avant que le quartier ne soit défiguré, de ne pas avoir entendu le sabir, le langage haut en couleurs des bouchers, ni vu les étals et l'otarie et son ballon.... Grâce à ce livre c'est chose faite, et je peux m'en aller rêver sous ma couette... « Millésime 54 », sortez la jolie vaisselle, les verres étincelants, étendez une nappe sur l'herbe et dégustez. Quatrième de couverture Paris, un soir de septembre. Peu de choses relient Hubert, propriétaire de son appartement de famille, Magalie, restauratrice en porcelaine, Julien, barman débutant, et Bob, touriste américain de passage dans la capitale. Pourtant tous les quatre vont ouvrir et partager une bouteille de Château Saint-Antoine 1954 retrouvée dans la cave du vieil immeuble où ils habitent. Le lendemain matin, les rues ne sont plus tout à fait les mêmes, ni les autobus, ni les commerces, ni les gens. Un délicieux parfum d'autrefois flotte sur la ville. Et pour cause : ils sont retournés dans l'année du vin ! Sortilège ? Rupture temporelle ? De la traversée d'un Paris éternel où l'on croise Jean Gabin comme Audrey Hepburn, jusqu'aux mystérieuses vignes du Beaujolais qui vont livrer leur secret, les voilà pris dans un tourbillon le temps d'un week-end ailleurs. Millésime 54 est une fête, une invitation au voyage qui fait la part belle à l'amour, à l'amitié et au désir de merveilleux qui sommeille en chacun de nous. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- 7m2 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 7m2 Jussi Adler Olsen Albin Michel, Le 15 mai 2024 624 pages traduites par Caroline Berg Thriller policier Chronique 18 octobre 2024 La dixième enquête du Département V ! Oyé, oyé, chers fans de Jussi Adler Olsen et du Département V ! Nous l'attendions, le champion marathonien de la série policière nordique l'a fait ! Je reste scotchée par la capacité incroyable de cet auteur à nous avoir tenus en haleine depuis 2011, en France, par un mélange parfait d'humour, de suspense, de scénarios particulièrement retors, bâtis solidement sur des documents et des archives concernant des faits réels et/ou historiques, édifiants, monstrueux, bouleversants, émotionnellement inoubliables, sans aucune scène de trash gratuite. Bravissimo ! Grâce à cet ultime opus, l'auteur réussit à raviver notre mémoire quant à des évènements ou personnages marquants présentés ou apparus dans les épisodes précédents et à insister sur l'importance et les répercussions des actions du Département V au cours des années sur la société en général et la trajectoire de certaines victimes en particulier. L'idée géniale de positionner dès le départ Carl Mørck en prison sous le coup de multiples accusations oblige ainsi son équipe formée d'Assad, Rose et Gordon, et son épouse, Mona, à monter au filet et à enquêter à sa place. Heureusement certains rescapés des dossiers traités antérieurement vont arriver à la rescousse témoignant ainsi de leur gratitude envers ce policier. Également, cet enfermement pousse Mørck, et nous avec lui, à faire un retour sur image, à revisualiser clairement les tenants et aboutissants de cette longue série policière, chaque enquête étant différente des autres mais où persistent cependant certains ingrédients attendus par les addicts de ce groupe de flics hors norme : l'humour, l'intelligence intuitive et fulgurante, la camaraderie, la solidarité, la singularité, la tolérance, le dépassement de soi, la prise de risque, (entre autres en aimant à nouveau), la réponse proportionnelle trouvée à chaque crime, la capacité de remise en question permanente et le refus de la procrastination. C'est cette dernière qui va plonger Carl dans un véritable enfer : si seulement il avait pensé à ouvrir la foutue valise de son collègue reléguée pendant des années dans son grenier ? Comment notre équipe de choc va-t-elle s'y prendre maintenant pour sauver son capitaine ? N'est-il pas trop tard ? N'y-aurait-il pas un traître dans son entourage ? L'occasion d'enfin comprendre le passé est venu pour tous avant d'espérer se réinventer une vie après la période " Département V ". Opus phénoménal de maîtrise et de réinvention ! Un immense merci à Jussi Adler Olsen pour ces années fantastiques ! Quatrième de couverture Combien mesure l'enfer ? 7m2. C'est la dimension de la cellule dans laquelle Carl croupit. Témoin gênant, il a été piégé par une puissante organisation de trafic de drogue. Depuis, il est devenu l'ennemi public n°1, même aux yeux de la police. Il ne lui reste qu'une arme : son équipe. Mais Rose, Assad, Gordon et Mona parviendront-ils à le sauver alors qu'au sein de la prison sa tête est mise à prix ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dans l'ombre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans l'ombre Arnaldur Indridason Métailié 3 février 2017 352 pages traduites par Eric Boury Thriller et polar Chronique 15 juillet 2017 Tome 1 donc de la Trilogie des ombres dont le deuxième opus sortira en octobre prochain. Déjà dans le Lagon noir, l'auteur abordait le sujet de la main mise des américains sur le territoire islandais depuis 1940, cette omnipotence des USA qui s'est prolongée jusqu'à aujourd'hui. Ce point épineux de l'Histoire a été traité également par plusieurs écrivains ou scénaristes nordiques. Tout autant, les expériences génétiques et recherches sur l'origine de la race aryenne par les nazis sont des thèmes récurrents qui nous éclairent, nous européens sudistes, sur ce qui se déroula dans les pays du nord. La parole est à la vérité, à la prise des responsabilités des gouvernements, sur ce qui fut fait alors en terme d'allégeance et accords avec les délires de Hitler et ce, bien après la fin du conflit mondial. Les thrillers de guerre ou d'espionnage sont d'une importance capitale en tant que genre littéraire, mais aussi comme moyen efficace de dénoncer et de rappeler à tous ce qui fut perpétré pour gagner, être vainqueur dans les deux camps. Evidemment le rappel des actes posés par les nazis pour défendre l'idée inacceptable de la supériorité d'une race sur d'autres et de l'eugénisme est plus que d'actualité, malheureusement, mais aussi faut-il se souvenir des décisions discutables prises par les alliés au détriment des populations de civils sous le prétexte que tous les moyens étaient bons pour gagner. Cela donna lieu à la guerre froide et au terrorisme, d'autres formes modernes de conflits internationaux. Je pense à Dossier 64 de Jussi Adler Olsen, à Block 46 de johana Gustawsson, à L'homme est un dieu en ruine de Kate Atkinson, à L'affaire Caravaggio de Daniel Silva et de bien d'autres, comme la série Borgen lorsqu'elle consacre tout un épisode au Groenland, etc..... Incontournables. Ainsi, Reykjavik en été 1941, les américains viennent s'installer sur les bases militaires, suivant de près les anglais. Cette invasion mal vécue par certains islandais ne l'est pas forcément par certaines femmes qui y voient leur ticket vers la liberté, c'est l'Islande de "Situation" qui fracture l'île. Cette société de pêcheurs et d'agriculteurs est profondément bouleversée par cette présence anglo- américaine. Bien que le parti nazi soit dissout, les conséquences désastreuses de la pensée hitlérienne perdurent, certains continuent à rechercher les origines du mythe et de la pureté de la race aryenne en Islande. Dans ce contexte un représentant de commerce est retrouvé dans un appartement en sous sol de Reykjavik, tué d'une balle de colt américain. On nomme Flovent le seul enquêteur de la police criminelle islandaise, ex-stagiaire à Scotland Yard, assisté par Thorsen, canadien d'origine islandaise parfaitement bilingue. Malgré les bâtons dans les roues des autorités militaires anglaises, les réactions violentes de certains témoins ou acteurs de cette histoire, le tandem tient bon et ne s'arrête pas aux apparences. Très bonne mise en place donc pour cette trilogie sur la seconde guerre mondiale vécue par l'Islande. Pour nous une oeuvre originale et étonnante magistralement écrite et construite. Quatrième de couverture Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un “SS” en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue. L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme. Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la “Situation”, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus. Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ferdaous, une voix en enfer | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ferdaous, une voix en enfer Nawal El Saadawi Editions des Femmes Antoinette Fouque 2022 176 pages traduites de par Assia Djebar et Essia Trabelsi Biographie Chronique 27 janvier 2022 En format poche. Préface d’Assia Djebar de l’Académie française. « j'ai eu recours à la police, mais je découvris que ses liens avec la police étaient plus puissants que les miens. J'ai eu recours à la loi, mais je découvris que la justice punit les femmes et ferme les yeux quand il s'agit des hommes. » N. E. S. « Ne rien espérer, ne rien désirer, n'avoir peur de rien ! Tout ce qui peut arriver est déjà arrivé et, pour elle, le pire est déjà arrivé. » N. E. S. Désespérance, fureur, admiration sans borne... Deux voix s'élèvent, celles de Ferdaous et de Nawal, et plus rien n'est plus pareil, la vérité a été criée, crachée, gravée, imprimée, lue, écoutée, transmise, répercutée partout et pour les siècles à venir. Le silence imposé par les bourreaux, par la société mysogine et patriarcale est brisé par deux héroïnes malgré elles qui n'ont pas pu se taire plus longtemps, qui ont osé se lever, sortir dans la rue, exprimer leurs désirs, leur dégoût, leurs envies, leur liberté dans un monde carcéral où tout ceci leur est interdit sous peine de voir s'abattre le fouet, les coups, la hache, le couperet. « J'ai pris conscience qu'ils étaient tous des hommes avides et désaxés ; leur soif de richesse, de sexe, de tyrannie ne souffrait aucune limite ni contrôle. Ils infestaient la terre, ils pillaient les gens, tout cela avec leur gorge puissante, leur voix persuasive, leurs paroles mielleuses et leurs flèches empoisonnées. Or l'histoire ne dévoilait la vérité à leur sujet qu'après leur mort, et elle se répète avec une persévérance tenace. » Que les dictateurs en chambre ou d'un pays le sachent : lorsqu'un être n'a plus rien à perdre, il devient dangereux, le bétail devient loup, le faible devient guerrier avec ses propres armes. Les femmes sont ici condamnées à n'être que des épouses soumises, maltraitées, violentées, ou à n'être que des prostituées soumises, maltraitées, violentées. Pour Ferdaous, que le destin n'a pas épargnée, elle a fait l'expérience de la prostitution et de la vie normale et il est clair qu'une putain, dans cette société rétrograde égyptienne, est plus libre qu'une épouse. Elle choisit donc de redevenir une catin qui fait chèrement payer aux hommes l'accès à son corps anesthésié où nul désir ou nulle jouissance ne s'éveille, le cœur éteint à jamais. « J'ai compris que nous toutes, nous étions des prostituées avec des valeurs diverses et qu'il vaut mieux être une prostituée de luxe que prostituées à bon marché. » Contrôle total en apparence de son destin jusqu'à ce que certains prédateurs, certains proxénètes, ne supportent pas son indépendance financière et psychologique, sa capacité à lever les yeux et la tête dans la rue. Quoiqu'elle fasse, le masculin impose sa présence, sa malfaisance, au féminin. Depuis l'excision de l'enfance ordonnée par une mère jalouse et malsaine ennemie de son propre genre, le viol par son oncle, faussement paternel, son mariage forcé avec un vieillard ourdi par sa tante par alliance envieuse, tout a été fait pour écraser Ferdaous, " Paradis" en arabe, tout pour la mener en enfer et l'y clouer. Nawal El Saadawi s'inspire d'un entretien avec une condamnée à mort rencontrée dans une prison égyptienne pour raconter le destin d'une femme, des femmes et le sien. En transmettant le témoin dans cette course à la vie, elle sauve la sienne, elle se libère, et comme Ferdaous elle peut hurler : « JE N'AI PEUR NI DE LA SAUVAGERIE DES GOUVERNEMENTS, NI DE CELLE DES POLICIERS. JE CRACHE SPONTANÉMENT SUR LEUR FACE MENSONGÈRE, AINSI QUE SUR LES JOURNAUX MENTEURS. » Le pire étant que ces mots résonnent aujourd'hui avec une violente pertinence ici et ailleurs. Quand l'humanité va-t-elle tirer les leçons du passé ? Quand le genre ne va-t-il plus être prétexte à commander toute notre vie en société ou dans la sphère intime ? Quand, enfin, la recherche de l'essence de chaque individu sera-t-elle au centre de nos apprentissages, de nos écoles, de notre monde ? Une préface éclairante repoussant les limites de notre compréhension, un texte percutant, bouleversant, une maison d'édition qui toujours s'engage dans la lutte pour l'ensemble de l'humanité et cela passe par la défense des droits des femmes. Quatrième d Quatrième de couverture Dans une prison du Caire, une femme attend d’être pendue. La veille de son exécution, elle accepte enfin dans sa cellule la psychiatre désireuse de recueillir sa parole, et comprendre son crime. La détenue parle vite : elle sait son heure venue et n’a plus rien à perdre. Elle s’appelle Ferdaous, « Paradis » en arabe, et sa vie n’a été qu’un enfer. D’inceste en violences conjugales, programmée pour devenir prostituée, elle fait payer les hommes pour le mal qu’ils lui infligent. Jusqu’au jour où l’un d’eux le payera de sa vie. « J’ai tué en révélant la vérité, non en me servant d’un couteau. Ils n’ont pas peur du couteau, c’est la vérité qui les terrifie. Cette foi en la vérité est pour moi comme une braise, qui me donne une force terrible ; elle me pousse à ne pas craindre la mort, à ne craindre ni la vie, ni la faim, ni le froid, ni le néant. » N. E. S. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La vie ou presque | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La vie ou presque Xabi Molia Seuil Le 19 août 2024 240 pages roman Chronique 21 octobre 2024 Dédié " aux imparfaits ", ce roman, lui, nous offre un moment de lecture parfait car il réussit à nous faire toucher du doigt la difficulté que représente l'acte de se mettre devant la fameuse page blanche et de graver noir sur blanc des pensées, des histoires, des délires... de mettre sa vie entre parenthèses, sacrifiée en partie où complètement, sur l'autel érigé en l'honneur des belles lettres. Un plongeon fou dans des abysses intimes inimaginables, une confrontation violente au regard des autres, à leur désir, dans une quête éperdue du mot idéal, du geste créateur rêvé, fantasmé mais jamais atteint, avec la volonté farouche, pour certains, de marquer les esprits, leur temps, de tout tenter pour que leur nom passe à la postérité, de devenir ainsi des figures incontournables de la Littérature. D'autres prennent la plume pour témoigner, pour dénoncer, en excellents et bouleversants reporters de guerres au retour de vrais champs de bataille ou de zones urbaines de non droits près de chez nous. D'autres enfin, sont tellement perfectionnistes, jusqu'au-boutistes, exigeants, intranquilles, qu'ils brûlent tout ce qu'ils ont écrit, ou mieux, dans un acte manqué désespérant et magnifique, perdent leur manuscrit on ne sait comment. Les trois amis d'adolescence que sont les frères Paul et Simon, et Idoya, jeune fille singulière, symbolisent tour à tour ces différents profils de romanciers évoqués. Ils sont rejoints, dans des chapitres en italique, par des écrivains "parfaits" tels que les nomme Idoya ; pour en citer certains : Bonaventure de Quercy auteur du XVIe siècle opposé jusqu'à l'absurde à ce que sa pièce de théâtre soit imprimée, Suzanne Brederole, autrice d'un seul vers par an, ou encore Oihana Gutierrez souhaitant plus que tout rédiger l'Oeuvre Monumentale.... La question, ainsi, de la disparition de millions de livres inconnus se posent évidemment, pourquoi certains en réchappent et pas d'autres. Nous comprenons que nous ne voyons que le haut de l'iceberg et que ce qui est mis à notre disposition est infime. Combien de chefs-d'œuvre perdus, combien d'écrivains découragés avant ou après parution ? Avec le tandem fraternel est également évoqué la jalousie haineuse fruit d'une concurrence mortifère capable de naître entre deux êtres que tout devrait rapprocher. Ainsi suivons-nous ce trio jusqu'à la mort, ainsi atteignons-nous des chapitres futuristes où la question préoccupante de l'Intelligence Artificielle est évoquée. Un fort beau texte d'une grande pertinence, une analyse fine sur le plan psychologique des trois écrivains poussés dans leurs derniers retranchements. À lire absolument. Quatrième de couverture Années 1990, sur la côte basque. Trois adolescents, Paul, Simon et Idoya, nouent une amitié indéfectible autour d’une même passion : l’écriture. Mais cette vocation partagée va les conduire vers des destins aux antipodes. Les aventures de la création, les désillusions et les amours contrariées composent une fresque vertigineuse qui voit trois vies d’écrivains se déployer jusqu’au milieu du XXIe siècle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sott | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sott Ragnar Jonasson La Martinière 2018 343 pages traduites par Ombeline Marchon Polar Chronique 23 février 2019 Quatrième tome très réussi de la série des enquêtes de Siglufjordur, village situé au plus au Nord de l'Islande, port pittoresque autrefois prospère grâce à la pêche aux harengs, avec ses maisons aux façades colorées et joyeuses, où pourtant, entouré de montagnes et relié au reste du monde que par un tunnel, il peut être angoissant de passer un hiver. L'auteur le sait parfaitement, sa famille en étant originaire ; d'ailleurs ce roman est dédié à ses grands parents Ragnar Jonasson (1913-2003) et Gudrun Reykdal (1922-2005). Ils ont inspiré leur petit fils quant à certains détails de la vie des personnages de cette fiction. Très touchant. Le héros, Ari Thor, inspecteur de police, est de plus en plus intéressant et dense. Son créateur lui adjoint l'aide de la journaliste Isrun de Reykjavik, déjà croisée dans un épisode précédent, présentatrice vedette des informations à la télévision, cachant elle aussi ses fragilités à ses collègues, sa famille, se noyant dans le travail pour éteindre la terreur qui l'habite. Cette dernière contacte les forces de l'ordre de Siglufjordur, donc Ari Thor, car le village se retrouve en quarantaine après la mort d'un homme par fièvre hémorragique (sott en islandais) à son retour d'Afrique. Nous sommes en hiver, plus un chat dans les rues. Cependant, juste avant cet entretien avec la journaliste, Ari a reçu la visite de Hedinn, un homme d'un certain âge, lui formulant une requête bien étrange, un cold case en quelque sorte, bien que, voici cinquante ans le suicide de sa tante n'ait pas été remis en question. Il apporte avec lui une photographie de groupe où figurent ses parents, son oncle et sa tante, et lui, bébé, dans les bras d'un jeune homme. De ce cliché émane une impression glaçante, aucune des femmes ne regardent l'objectif... Qui est l'inconnu ? Il n'y a pas grand chose à faire, la claustrophobie le guettant à nouveau comme lors de ses débuts à ce poste il y a trois ans, Ari se jette avec passion sur cette affaire. Il passe alors un accord avec Isrun puisqu'il ne peut quitter le village en quarantaine. Pourrait-elle rendre visite au frère de l'oncle de Hedinn, le mari de la suicidée, en résidence pour personnes âgées près de Reykjavik ? Il lui promet, en échange, de la tenir avertie des derniers rebondissements concernant la situation sanitaire de Siglufjordur. Marché conclu ! Ce serait trop simple, donc l'auteur ajoute un petit meurtre : celui du fils d'un des hommes politiques les plus importants d'Islande, maintenant retiré de la vie publique. À nouveau, comme dans les opus précédents, Ragnar Jonasson fait basculer ses lecteurs entre deux époques, retraçant ainsi la vie difficile et particulière des habitants de cette magnifique terre du Nord, et abordant des sujets d'actualité, l'Islande se transformant rapidement depuis le crash de 2008. Magistral quant à la construction et le suspense soutenu jusqu'au bout. La région des fjords, avec ses aurores boréales, ses températures extrêmes, ses hivers interminables, ses changements brusques de météo, a poussé bien des âmes fragiles à la folie. Que s'est-il passé voici cinquante ans dans la ferme au bord du lagon d'Hedinsfjordur entre les deux couples ? Que se trame-t-il vraiment à Reykjavik aujourd'hui ? Quatrième de couverture Mais que se passe-t-il encore à Siglufjördur ? L’inspecteur Ari Thór n’est pas venu à bout des secrets de ce village en apparence si tranquille. Lui qui avait fini par se faire à la rudesse du climat et aux hivers trop longs se sent de nouveau pris à la gorge par un terrible sentiment de claustrophobie. La ville est mise sous quarantaine car on suspecte une épidémie de fièvre hémorragique (sótt, en islandais). Les premières victimes succombent tandis qu’un crime vieux de cinquante ans remonte à la surface… Le huis clos se referme sur les habitants de Siglufjördur. C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Ragnar Jónasson et vendu les droits de ses livres dans vingt pays. Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. La série des « enquêtes de Siglufjördur », village dont sa famille est originaire, connaît un succès retentissant en France et à l’étranger. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Regrets éternels | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Regrets éternels Pieter Aspe Albin Michel 31 octobre 2018 314 pages traduites par Emmanuele Sandron Thriller Chronique 15 février 2019 Première édition en 2006 19ème épisode traduit en français sur la trentaine existants en néerlandais des enquêtes en Flandre et plus particulièrement à Bruges du commissaire Pieter Van In accompagné de l'inspecteur en chef Guido Versavel et de la substitut du procureur et épouse adorée de Pieter, Hannelore Martens. Ambiance particulière de cette magnifique ville avec des incursions dans d'autres régions belges, situation pour nous " exotique" dans ce pays écartelé où l'on découvre également la force encore vive des patois et traditions de chaque région, critiquant généralement les autres. Ajoutez à cela une consommation permanente d'alcool et de café dans tous les bistrots et estaminets connus du trio ou aux domiciles des témoins ou coupables, et vous y êtes. Haute en couleurs et peut-être un peu caricaturale, on s'attache néanmoins à cette fine équipe, chacun ayant un sacré caractère. Le couple amoureux et torride Hanne-Pieter est un point important de ce récit, apportant de la légèreté et de l'humour où le drame prend la plus grande place. " Des coulisses du pouvoir aux scandales politiques sur fond de grande criminalité : Pieter Aspe rouvre l'une des pages les plus sombres de l'histoire de la Belgique. Passionnant." En effet, voici quarante ans une série de braquages perpétrée par la bande de Nivelles a fait 28 victimes entre 1982 et 1985. L'énigme des tueurs du Brabant reste non élucidée jusqu'à ce jour. Un journaliste, Michiel Lambrechts de la Gazets est retrouvé assassiné de deux balles dans la tête chez lui. Bien vite, Van In et Versavel, en charge du dossier, comprennent qu'il travaillait à nouveau sur cette vieille affaire. Toutes ses recherches, tous ses documents ont été emportés par le tueur. Le risque est très grand pour notre trio car tous ceux qui se sont approchés de cette enquête sont morts violemment, comme le procureur Demedts, soit-disant suicidé par pendaison. Les implications aux plus hauts degrés du pouvoir dans ces attaques à main armée sur des civils sont connues de tous, mais pour le moment non prouvées. La veuve de Demedts, toujours certaine que son mari a été exécuté car il approchait trop de la vérité, a la frayeur de sa vie lorsqu'elle trouve ses trois chats pendus au même endroit que son regretté époux. Elle appelle immédiatement le procureur actuel en pleine discussion avec Van In dans son bureau. Ils se rendent immédiatement sur place. Mme Demedts leur apprend alors que le dossier monté par son mari à l'époque existe toujours... Une course poursuite commence alors des plus périlleuses et mortelles. La série macabre n'en est qu'à ses débuts. La frontière entre politique et justice est ténue et provoque plus de difficultés encore. Certains ne veulent pas que la vérité soit découverte alors qu'ils vivent en toute impunité depuis toute ces années. Phénix, leur tueur se met sur les traces des enquêteurs. Danger ! Un polar très réussi, mené rapidement, clair, bien construit. Des héros pour lesquels on ressent de la sympathie, des doses parfaites d'humour, de suspense, de frisson, respectées, un savant équilibre favorisant le plaisir de la lecture. Une série télévisée des dix premiers tomes a été faite en néerlandais. Bien, très bien ! À découvrir .... Quatrième de couverture Entre 1982 et 1985, une série de braquages sanglants terrorise la Belgique. Vingt-huit personnes tuées de sang-froid et pas l'ombre d'une piste fiable. Quarante ans plus tard, l'énigme des « tueurs du Brabant » reste d'une brûlante actualité. C'est précisément sur ce dossier que travaillait le journaliste d'investigation Michel Lambrechts. Retrouvé chez lui avec deux balles dans la tête, il laisse des informations capitales aux mains de tueurs qui ont embarqué tous ses documents. En se lançant dans l'enquête, le commissaire Van In et ses acolytes n'ont qu'un espoir : ne pas finir comme tous ceux qui se sont frottés à cette histoire, dont le procureur Demedts, retrouvé pendu... Des coulisses du pouvoir aux scandales politiques sur fond de grande criminalité : Pieter Aspe rouvre l'une des pages les plus sombres de l'histoire de la Belgique. Passionnant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Vent des Khazars | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Vent des Khazars Marek Halter Robert Laffont 5 avril 2001 368 pages Thriller Historique Chronique 25 avril 2022 La pertinence de ce thriller historique basculant entre le Xe siècle et l'an 2000 est incroyable alors que le conflit ukrainien inquiète soudainement le monde bien que depuis 2014 la situation y soit catastrophique. Mais que représente sous le Roi Bulan ce territoire, qui s'étale de l'actuelle Kiev à la Mer d'Aral, pour les Arabes musulmans au sud-est demeurant derrière les montagnes du Caucase, pour l'Empire chrétien de Byzance et les Barbares du nord. Pourquoi ce roi va-t-il décider de choisir la religion juive pour son peuple ? Il sait que Byzance l'étouffera s'il opte pour la chrétienté, idem pour l'islam. Son peuple doit absolument se sédentariser pour s'épanouir et abandonner les anciennes croyances, le chamanisme et les amulettes... Sous son règne, les Khazars s'enrichissent et renforçent leur pouvoir, sur une terre idéalement située à l'exact croisement des routes commerciales de l'Orient, de l'Occident, de Byzance au Sud et du Nord fournisseur de main d'oeuvre et d'esclaves indispensables à l'économie du pays. Ainsi Bulan choisit la seule religion non présente sur ses frontières par un autre Etat puissant. Au Xe siècle, les juifs persécutés dans les autres pays voient en ce royaume du Khazar une nouvelle Jérusalem, une nouvelle chance. Au XXIe siècle, ce pays morcelé entre plusieurs nouveaux états est toujours au centre de tous les intérêts économiques et politiques sur le plan international. Les USA mais aussi l'Europe, la Russie y voient une manne financière en raison des réserves minières et surtout pétrolifères dont regorge son sous-sol. Les descendants des Khazars du Xe siècle sont, après avoir été massacrés par les Russes puis les soviétiques, rassemblés dans les montagnes. « Remplacez le commerce des épices, de la soie et des esclaves par celui du pétrole, et vous parviendrez à la même situation. Remplacez Byzance par les Soviétiques jusqu'à il y a peu, ou par nous, les Occidentaux... La mer des Khazars, monsieur Sofer, c'est celle de l'or noir ! Oui, vous n'imaginez pas à quel point la situation est comparable ! » « Vous savez, sur les cartes d'Azerbaïdjan, la mer Caspienne s'appelle encore la mer des Khazars. Lorsque le vent vient du large, il apporte sur le continent cette bizarre odeur d'iode et de pétrole qui n'appartient qu'à cette région. On l'appelle le vent des Khazars. Il existe une légende assez belle à ce sujet... La légende veut que, lorsque le vent des Khazars souffle en tempête, il efface tout. Tout ! Les traces des animaux et des humains dans le désert ou les montagnes, les travaux des hommes, les champs, les cultures, les habitations, il réduit tout en poussière.... En somme, le vent des Khazars efface les traces de ce qui a été, comme les Khazars eux-mêmes ont été effacés. Il ne laisse derrière lui que l'odeur de la mer et la nostalgie du passé.» Cependant ce passé se rappelle à notre héros du XXIe siècle, l'écrivain Marc Sofer, emporté malgré lui par ce vent du Khazar, piégé par le regard d'une mystérieuse femme rousse aux yeux d'émeraude... Les prières des milliers de juifs du Khazar disparus ne se sont pas éteintes et résonnent encore jusqu'à nous, suppliant que l'on sauve leur héritage, que l'on préserve leur trace, que leur culture et civilisation ne soient pas sacrifiées encore sur l'autel du profit. Il est un lieu secret, magique qui vous attend afin de vous révéler des vérités oubliées de ce royaume juif devenu terre des ombres qui portât en lui tous les espoirs des enfants d'Israël disséminés dans toute l'Europe du Xe siècle. C'est aussi ce récit d'une quête effrénée de sécurité et d'espoir en une terre où vivre en paix que nous conte prodigieusement Marek Halter. Les deux espaces temps se répondent, les passions amoureuses d'hier et d'aujourd'hui s'entremêlent, les voix s'unissent à travers les siècles portées par le vent du Khazar. Un thriller historique et contemporain épique mêlant amour, passion, géopolitique, espionnage.... À lire pour mieux comprendre les enjeux actuels et réels qui poussent l'OTAN, l'Europe et la Russie à, à nouveau, s'affronter. Quatrième de couverture Mêlant thriller et roman historique, jonglant avec la réalité et la fiction, Marek Halter nous offre un superbe récit d'aventures et d'amour où l'on retrouve la puissance et le charme de La Mémoire d'Abraham et des Mystères de Jérusalem. « Personne ne se souvient du pays des Khazars, province perdue, reculée dans les montagnes du Caucase. Pourtant, là, au Xe siècle, s'est formée la "Treizième Tribu". On l'appelle aussi les Juifs des montagnes. Ils seraient les premiers Juifs de l'Exode, parlant une langue à l'origine inconnue, le tath, dont la mission était d'apporter la paix à tous les Juifs de l'univers. Personne pour se souvenir d'eux, excepté quelques vieux rabbins ou quelques rats de bibliothèque. Un jour, à Bruxelles, un professeur de l'université est approché par un homme à la mine patibulaire qui lui remet une pièce de monnaie. Après expertise, il s'avère que la pièce est authentique et unique : aucun doute possible, elle provient du Royaume des Khazars ! Quelques jours plus tard, un attentat à la bombe détruit quatre stations de pompage pétrolier dans la baie de Bakou. Un groupe, jusqu'alors inconnu des services de renseignements internationaux, revendique l'attentat. Il se fait appelé le « Renouveau kazhar ». En deux temps, trois mouvements, Marek Halter vous embarque dans une intrigue trépidante qui se développe en parallèle et en écho aux Xe et XXe siècles. Poursuivant une réflexion qui lui est propre sur l'identité juive, Marek Halter a choisi d'en faire des romans. Après La Mémoire d'Abraham et Les Mystères de Jérusalem, Le Vent des Kazhars vient compléter avec délice et brio cette interrogation sur les fondements de la judaïté et sur l'histoire de l'Occident judéo-chrétien.» --Denis Gombert. Au moment où Charlemagne se fait couronner empereur d'Occident, où l'Empire chrétien de Byzance étend ses conquêtes jusqu'à la Russie, où le grand khalife de Bagdad propage la foi en Allah..., quelque part entre les monts du Caucase et l'embouchure de la Volga, un royaume se convertit au judaïsme : c'est le début de l'extraordinaire aventure des Khazars... Mille ans plus tard, l'écrivain Marc Sofer se lance à la découverte de cette fascinante énigme que sont les Khazars. Pourquoi ces guerriers de la steppe ont-ils décidé d'être juifs ? Et pourquoi, après trois cents ans de puissance et de prospérité, ont-ils été littéralement « effacés » de l'Histoire ? Son enquête le mène à Bakou, capitale pétrolière de la mer Caspienne, et le précipite au cœur d'une très contemporaine intrigue politique et criminelle... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Roues libres | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Roues libres Jean Bertolino De Borée 4 novembre 2021 320 pages Biographie Chronique 18 novembre 2021 « Toute ma vie, l'un de mes désirs les plus ardents a toujours été celui de voyager, de nager dans des mers inconnues, parcourir le monde, voir chaque chose pour la première et dernière fois. » Nikos Kazantzakis Le voyage, partir, s'oublier ailleurs, ouvrir les yeux, contempler, comprendre, échanger avec le reste de l'humanité.... Ô combien je fais mienne cette déclaration ! Avec originalité et drôlerie, en attachant nos pas ou plutôt nos roues à celles des vélos et d'une 2 CV, destriers des plus cocasses que le reporter choisit pour affronter les routes du monde pendant des mois, Jean Bertolino nous fait découvrir les coulisses, les chemins de traverse du Vietnam, du Cambodge, du Liban, de la Syrie, du Kurdistan, les ruelles de Jérusalem, de Ninive, Bagdad, Damas, les jardins de Babylone, l'intimité des habitants touchants, bouleversants, courageux, évanouis aujourd'hui dans les fumées des guerres, des attentats, tués, détruits, transformés pour certains en victimes pour d'autres en guerriers sans pitié, tous sacrifiés sur l'autel du profit, du pouvoir, de l'ambition démesurée et criminelle de dictateurs et grands chefs d'entreprise. C'est un monde disparu que l'auteur nous offre, c'est le cadeau de la mémoire afin que nul ne soit oublié, que les clichés, les textes restent comme gravés pour l'éternité. En ces temps de désinformation, de contrôle de l'opinion publique, il est bon de rappeler ce que représente le métier nécessaire et périlleux de grand reporter et de photographe de terrain. Certains indépendants continuent à rapporter les faits, à nous communiquer la vérité semaine après semaine, ils sont les dignes héritiers de l'auteur. Jeune homme tenace, d'un milieu très modeste, avec ses amis ils se débrouillent pour avoir des bécanes, pour sillonner les routes, pour admirer les paysages. Son premier souvenir date de 1943 alors même que la France est sous occupation allemande.... Petit garçon dans la tourmente déjà.... " Toute mon existence, je l'ai vécue en roue libre." Quelle magnifique première ligne ! Et sa vie entière, accompagné de Constance l'infatigable, l'entêtée, au regard tendre, acéré, ironique et toujours bienveillant et émerveillé, puis par leurs trois enfants, il sera fidèle à cette indépendance, à cette liberté de penser, à cette envie irrésistible de présenter les faits dans leur vérité absolue, sans concession, impartial... Un témoignage précieux qui nous rend nostalgique d'un passé, d'un monde disparu à l'instar des chefs-d'œuvre et monuments détruits ou volés par les extrémistes, par les forces armées américaines également. On pleure tout en remerciant tous ceux qui ont capturé les images de tous ces lieux sublimes violés, anéantis... Jean Bertolino a été un témoin de l'Histoire, il en a aussi été un des acteurs par certains de ses reportages marquant ou réveillant les consciences, ayant une influence indéniable sur cette fameuse opinion publique. À la lecture de sa biographie officielle exhaustive, on est très impressionné, et lorsqu'on lit ce livre, notre admiration s'accroît devant tant de simplicité, d'amour des autres, d'intelligence du cœur. Un très beau recueil de souvenirs, un témoignage précieux et essentiel en ces jours d'obscurité. Quatrième de couverture Gamin d'origine modeste, initié très tôt au goût de l'effort par sa passion de la bicyclette, Jean Bertolino réalise son rêve sous nos yeux de lecteurs : devenir grand reporter. Car les roues auront porté Jean Bertolino très loin, à vélo, en auto-stop ou au volant d'une increvable 2 CV. Ainsi a-t-il parcouru dans les années 60 des milliers de kilomètres à travers les pays de l'Extrême et du Moyen-Orient et rencontré des personnages fabuleux. Plus tard, en France, mais à vélo encore, l'auteur explore quelques-unes de nos plus belles régions. La fin du parcours nous mène à Antibes, où rêveries se confondent avec souvenirs de baroudeur, à l'ombre d'un micocoulier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Soif | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Soif Amélie Nothomb Albin Michel et Audiolib 21 août 2019 2 h 30, lu par Grégori Baquet Roman Chronique 20 juillet 2020 « Pour éprouver la soif, il faut être vivant. » « On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps. » Amélie Nothomb Mon premier roman de cette auteure, surdouée, atypique qui semble être dans son monde tout en étant très connectée à la réalité, un esprit libre, puissant, au service de l'écriture et des lecteurs, une urgence à étancher sa Soif de transmettre, de partager, de tendre le témoin, dans cette course de relai qu'est la vie tout en se protégeant des intempéries, des orages, des colères infondées, derrière un grand chapeau. J'ai encore pris un chemin de traverse en choisissant la version formidablement interprétée par Grégori Baquet, dont j'avais aimé la lecture de La Révolte. Tout au long de cette écoute j'entendais les dernières phrases de l'air de la Conciergerie chantées par Madame Lidoine, deuxième Prieure dans Les Dialogues des Carmélites mis en musique par Poulenc sur un texte de Bernanos :« Au Jardin des Oliviers, le Christ n'était plus maître de rien, il a eu peur de la mort... » Ce travail d'empathie extrême mis en oeuvre par Amélie Nothomb est presque un classique dans le répertoire lyrique, de musique sacrée. Se mettre à la place de Jésus, très humain, très imparfait, au moment de son jugement, de sa condamnation, de sa crucifixion puis de sa résurrection, en respectant certains passages des écritures tout en y apportant des transgressions, est un exercice de style en soi, mais également une mise en abîme et une prise de risques tant le sujet reste intouchable, délicat. Mais il est évident pour le Christ que ce "sacrifice" pour sauver les hommes est une erreur de stratégie à long terme commise par Dieu le Père : ceci nous amène à des interrogations essentielles sur ce que signifie être humain, sur la croyance, sur l'héritage laissé aux générations futures, sur le martyre, sur la victimisation, sur l'Amour réel, sur le mensonge, sur la trahison.... C'est un Jésus en pleine déroute, en questionnement, qui revoit l'enchaînement des évènements menant à sa crucifixion... Il dit qu'il aurait peut-être préféré la décapitation, plus rapide.... Évidemment nous pensons immédiatement à d'autres figures historiques... Il raconte aussi les témoignages lors de son procès de ceux qui ont bénéficié de ses miracles et qui s'en plaignent. Moment ubuesque de consommateurs mécontents. Un faiseur de miracles, un être capable d'actes extraordinaires, de créer des moments de stupéfaction et de foi en autre chose... comme les artistes et autres propagateurs d'espoir, de beauté, à l'instar des prophètes, de certains sages tels Gandhi ou Nelson Mandela, ou Jésus, qui ne sont pas à l'abri de la défection, de la déception de leurs premiers admirateurs.... Les réactions sont violentes, disproportionnées, hors de propos... Alors mieux vaut prendre la parole et redire sa vérité. Celle d'Amélie Nothomb apparaît en filigrane.... Grégori Baquet apporte le supplément d'incarnation à ce texte qui pourrait être risqué et qui en devient émouvant, intéressant, universel... Je vais donc maintenant me plonger en direct dans les mots d'Amélie Nothomb avec un de ses romans précédents. Celui- ci m'a plu, m'a interrogée, m'a amusée aussi, étonnamment. Quatrième de couverture Avec sa plume inimitable, Amélie Nothomb donne voix et corps à Jésus Christ, quelques heures avant la crucifixion. Elle nous fait rencontrer un Christ ô combien humain et incarné, qui monte avec résignation au sommet du Golgotha. Aucun défi littéraire n’arrête l’imagination puissante et fulgurante d’Amélie Nothomb, qui livre ici un de ses textes les plus intimes. Nous avons à faire à un grand Amélie Nothomb. La qualité de la narration est d’autant plus importante qu’elle ne doit pas altérer le produit, mais bien lui donner une valeur. Le 9 Septembre2019, « Soif » d'Amélie Nothomb entre dans la première sélection du Prix Goncourt : Le jury du Prix Goncourt a dévoilé la première liste des 15 romans de la sélection 2019. Parmi cette sélection, le dernier roman d'Amélie Nothomb, Soif, carton de la rentrée littéraire 2019. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La nuit n'est jamais complète | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La nuit n'est jamais complète Niko Tackian Calmann-Lévy 17 mai 2023 250 pages Thriller & Polar Chronique 26 janvier 2018 Les voyez-vous passer au-dessus de vous dans un bruissement léger et hypnotique ? Regardez plus attentivement la très belle couverture de Isabelle Dumontaux, ils se fondent dans les nuages menaçants, ces papillons noirs porteurs d'espoir et non plus de drame...« Les personnes les plus formidables que j'ai jamais rencontrés sont celles qui ont connu l'échec, la souffrance, le combat intérieur, la perte et qui ont su surmonter leur détresse. » Elisabeth Kubler-Ross Un désert sombre à perte de vue, une route 33, une Ford qui roule dans la chaleur suffocante, à bord un père et sa fille de 17 ans, Jimmy et Arielle. Très beau tandem assez rare, deux êtres qui s'aiment profondément dans une relation fusionnelle et respectueuse suite à une énorme perte. Bientôt dans ce paysage de fin du monde, un barrage sur la route. Une faille aurait brusquement englouti la terre plus loin selon le policier qui les arrête, impossible donc de continuer. Retourner à la dernière ville traversée est inenvisageable, plus assez d'essence. La nuit va bientôt tomber. Trois autres automobilistes sont aussi là sur le bas côté : Victor le nerveux, Juan tout en muscles et Florencio en chemise et pantalon de costume. Le flic ressemble à un rapace et n'inspire pas confiance, mais Jimmy accepte son café et rejoint sa fille pour dormir dans l'habitacle jusqu'au lendemain où on avisera. Mais au matin, la donne a changé, un long cauchemar débute. Toutes les batteries sont à plat, le policier et son 4x4 ont disparu. Que faire ? Tous les cinq décident de marcher sous un soleil de plomb en rationnant l'eau et le peu de nourriture, pour vérifier cette histoire de faille.... Ils arrivent épuisés à une ancienne mine de charbon... Ce roman aux couleurs sombres et à l'ambiance surnaturelle et onirique, est un terrifiant huis clos. Le temps se suspend, les repères sont perdus, nous sommes pris dans un piège formidablement bien imaginé par l'auteur. On tremble pour notre duo, plus les évènements macabres se succèdent rapidement, plus la présence d'une bête maléfique se précise. Parfaitement mené, ce récit horrifiant porte en lui également des valeurs humanistes essentielles, qui tels des rayons de lumière pure trouent l'épaisseur des nuages menaçants... Et toujours le bruissement des ailes de papillons....Une première fois me concernant dans l'univers de Niko Tackian et pas la dernière puisque j'enchaîne avec Toxique. Quatrième de couverture La route à perte de vue au milieu d'un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place tout dérape... Ils se réveillent abandonnés, naufragés de l'asphalte, avec trois autres rescapés. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôles froissé se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar... Mais ce voyage au coeur des ténèbres est-il vraiment un hasard ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La nuit de l'ogre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La nuit de l'ogre Patrick Bauwen Albin Michel 2018 487 pages Thriller Chronique 19 septembre 2018 « La mort est un art. Vous en êtes le spectateur. Et vous pourriez être sa prochaine victime. Des sous-sols de Paris aux recoins obscures des facultés de médecine, Chris Novak, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit sans fin. » Vous voilà bien avancés, n'est-ce pas ? Puisque manifestement c'est le souhait de l'éditeur et de l'auteur de ne rien donner en quatrième de couverture, je vais respecter ce vœu. Sachez que c'est la suite de « Le jour du chien », prix Polar 2017, que vous allez le retrouver ce cador bien caché là où vous ne pourriez l'imaginer, que vous allez revoir les membres de la brigade Évangile augmentée d'un membre spécial, Audrey, qui a opéré ainsi un changement de carrière. Et évidemment le narrateur, Chris paumé, drogué aux anxiolytiques, mais pourtant l'esprit bien clair et l'instinct opérationnel. Comme dans un conte de fées, il est question d'un petit Poucet, d'un ogre portant un chapeau melon, et des cris de toutes les victimes de la folie inhumaine incarnée ici effroyablement. Ai-je aimé cet opus qui évidemment débouchera sur un suivant ? Oui, le chien me plaît beaucoup..... Cependant je n'ai pas retrouvé la grâce de « Les fantômes d'Eden » inégalé pour le moment. Et voilà that's all folks ! Un de mes textes les plus courts Quatrième de couverture Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac. Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal. Dans le même temps, son ancienne compagne le lieutenant Audrey Valenti enquête sur une agression atroce. Ils font tout pour s'éviter mais leurs chemins vont se croiser. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dompteur d'anges | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dompteur d'anges Claire Favan Robert Laffont 16 février 2017 432 pages Thriller Chronique 17 avril 2017 Mon premier livre de Claire Favan, je sais c'est incroyable, voir impardonnable, me sachant accro aux thrillers ; ce ne sera pas mon dernier. Collection la Bête Noire. J'étais très surprise des retours si contrastés sur les réseaux, ou noirs ou blancs, et c'était pour moi bon signe quand un auteur provoque autant de réactions. J'ai aimé et lu très vite ce très bon thriller, à mes yeux, bien construit, d'abord axé sur Max puis sur Cameron, changement de « héros » étonnant et très intéressant ; j'aime le style direct, dépouillé de fioriture, rapide, efficace, les chapitres courts, les événements qui s'enchaînent vite et bien, tout est parfaitement maîtrisé, huilé, cinématographique, avec un très bon plan de découpes du récit. Le début part de l'incarcération de Max jeune homme gentil, sans histoire, un peu taiseux, dans une prison où il va subir les pires violences car jugé et condamné pour viol sur mineur et meurtre du gamin. Entré dans ce cauchemar comme un agneau, après que le véritable coupable soit découvert, il va en sortir, loup dangereux, ivre de vengeance, et utilisant malhonnêtement les connaissances qu'il a accumulées pendant sa peine dans les livres, pour justifier intellectuellement et presque politiquement un passage à l'acte impardonnable. Pour atteindre ses anciens bourreaux, il va enlever leurs enfants et en faire des machines de destruction, armes de sa fureur, de sa guerre. Je vous laisse découvrir le destin de chacun, et celui de Cameron en particulier, personnage très ambivalent, qui ne pourra que vous stupéfier. Peut-être que de s'attaquer à l'innocence indubitable des enfants est perçu comme le non respect d'un tabou, et explique des retours de lecture aussi brutaux et négatifs. (Lire « Je sais pas » de Barbara Abel , juste un conseil ). Pour ma part, la question des enfants soldats en Afrique, et ailleurs, m'a souvent traversé l'esprit à cette lecture. Peuvent-ils être sauvés quand on les a embrigadés à commettre le mal absolu ? Y a t'il un retour à la normale possible pour ces sacrifiés ? Merci Claire Favan pour ces quelques heures dans votre univers. Quatrième de couverture On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur... Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là même censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout. Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Foi et Beauté T4 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Foi et Beauté T4 Jane Thynne JC.Lattès / Le Masque 2018 476 pages traduites par Philippe Bonnet Thriller Historique Chronique 26 août 2018 Quatrième et dernier épisode de la série d'espionnage sur la seconde guerre mondiale.Le titre fait un peu penser à « Amour, gloire et beauté », je vous rassure on en est très loin.Épouse du regretté Philipp Kerr, l'auteure complète peut-être involontairement la Trilogie berlinoise et autres enquêtes écrites par son mari, mais du côté féminin, en suivant une actrice moitié britannique moitié allemande, d'origine juive, Clara Vine, espionne dans la capitale allemande. Ce livre m'a également beaucoup rappelé le « Zoo Station » de David Downing. Même contexte, même ambiance, même situation familiale en partie, même description du milieu journalistique international basé à Berlin, même histoire d'espionnage et taupes, et le plus important concernant aussi la période avant la signature du pacte germano-soviétique de 39 précédant l'invasion de la Pologne. Les différences sont également notables : nous allons évoluer au plus haut degré du pouvoir nazi, approcher Hitler et tous ses ministres jaloux les uns des autres, leurs épouses pas piquées des hannetons, cela est déjà édifiant, cocasse, passionnant ; nous pourrons aussi pénétrer dans les studios du cinéma allemand, les ateliers de photographie, rencontrer la fameuse réalisatrice de documentaires et films pro nazis, Leni Riefenstahl, la suivre lors du tournage de Germania, ou la célèbre photographe juive, Yva, qui a lancé Helmut Newton et finira avec son mari au camp de Majdanek en 1942. Enfin nous aurons nos entrées à la BDM Werk und Glaube Schonheit, une école d'élite du troisième Reich destinée aux futures femmes des SS. " Les perles du Reich, l'objectif étant de les doter de la grâce, de l'élégance et des compétences requises pour épouser des membres des hautes sphères de la hiérarchie nazie." Des pouliches donc, présentant tous les certificats de bonnes aryennes. « Nous voulons des jeunes filles qui croient sans réserve à l'Allemagne et au Führer et qui insuffleront cette foi dans le coeur de leurs enfants. Alors le national-socialisme et par conséquent l'Allemagne dureront éternellement. »Dr Jutta Rudiger, responsable de l'organisation Foi et Beauté. Dans cette optique de pureté de la race, nous sommes aussi en pleine période de recherches et expéditions en Inde et bientôt en Amérique du Sud par les équipes de scientifiques travaillant sur le programme Ahnenerbe, sur les origines du peuple germanique. « Les nations de Germanie n'ont pas été corrompues par des mariages avec quelque autre nation, mais sont toujours restées un peuple particulier pur, et qui ne ressemble qu'à lui-même. » Tacite, la Germanie Ajoutez à ces différents thèmes un meurtre ignoble d'une des jeunes filles de la BDM, Lotti, retrouvée enterrée dans une fosse près de l'école d'élite. Clara va enquêter sur cette mort, mais aussi sur le fameux possible Pacte, tout en continuant sa carrière d'actrice entre autres dans Germania. Planent le souvenir de Leo son amour déclaré disparu en Autriche et la présence d'un certain SS énigmatique. Un roman historique et thriller très dense, fourmillant d'informations et anecdotes, intelligent, bien écrit, divertissant et en même temps instructif. On croit en savoir beaucoup sur les nazis et Hitler, et on découvre toujours des détails édifiants. La vie quotidienne des berlinois de base, la mise en place de la résistance allemande, la préparation de la ville aux futurs bombardements, l'endoctrinement des plus naïfs, la survie difficile des juifs, les arrestations par la gestapo, le luxe effréné dans lequel vivent les ministres, le rapt ou la destruction de certaines œuvres d'art...., Tout est parfaitement décrit et raconté. Un très bon livre, j'ai déjà réservé en médiathèque les trois précédents. Quatrième de couverture Berlin à la veille de la guerre... Alors que des soldats se pressent dans les rues et que des espions s’agitent dans l’ombre, Lotti Franke, une adolescente appartenant à l’organisation Foi et Beauté, l’école d’élite pour les jeunes femmes nazies, est retrouvée enterrée dans une fosse peu profonde. Clara Vine se voit proposer pour le cinéma le rôle le plus ambitieux qu’elle ait jamais joué. Et dans sa vie plus secrète, les services de renseignement britanniques la convoquent à Londres pour enquêter sur des rumeurs selon lesquelles les nazis et les Soviétiques envisageraient de conclure un pacte. Lorsqu’elle apprend la mort de Lotti, Clara décide de découvrir ce qui lui est arrivé. Mais ce qu’elle met au jour est a une valeur inestimable pour le régime nazi. L’objet qui a conduit au meurtre de Lotti... peut aussi la mener à sa perte. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















