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  • Léonard de Vinci l'Indomptable | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Léonard de Vinci l'Indomptable Henriette Chardak De Borée Vents d'Histoire 17 janvier 2019 672 pages Biographie Chronique 3 février 2019 La couverture est le détail de l'œuvre « Salvador mundi » de Leonardo da Vinci. « Pense, considère la fin en premier lieu. Qui nuit aux autres ne se préserve pas soi-même. La vérité est au mensonge ce qu'est la lumière aux ténèbres... Les faussetés se répandent en grands discours redondants...» Leonardo da Vinci « De temps à autre, le Ciel nous envoie quelqu'un qui n'est pas seulement humain mais aussi divin, de sorte qu'à travers son esprit et la supériorité de son intelligence nous puissions atteindre le Ciel. » De son biographe Vasari Enfin, j'ai retrouvé grâce à cette biographie, cette enquête, mon ami de jeunesse, mon compagnon, qui toujours me passionna, me rendit plus forte, m'apprit à regarder le monde et ses beautés. Dessinatrice comme on respire, à tracer, gribouiller, imaginer des plans, la première rencontre avec Lio ce fit à travers un livre magnifique plein cuir, tranche en or, sur le peintre, et principalement le dessinateur, dans la bibliothèque familiale. Je n'osais à peine tourner les pages de l'ouvrage de cette collection. Notre relation, car pour moi elle était réelle, fut secrète et capitale. Entre taiseux, on se comprend sans parler. Plus tard, en formation de stylisme et design, quelques cours de nu, plus académiques furent dispensés. N'ayant jamais pris une seule leçon sauf celles dispensées par mon ami d'un autre temps, je me mis à copier indéfiniment ses croquis, desseins, épures avec une prédilection pour ses chevaux et ses têtes de vieillards hurlants. Nous devenions ainsi plus intimes, par le truchement de la copie, de la compréhension du geste de l'artiste, de sa douceur, de sa puissance, de sa vérité... Les années ont passé, je suis devenue chanteuse lyrique soliste après un parcours classique au Conservatoire de Paris, lauréate de concours internationaux. Je ne touchais plus un crayon, pas de temps, pas assez de résistance du coeur à suivre deux passions ensemble. Mais lorsqu'enfin, j'eus l'idée dingue de vouloir mettre en scène, mes crayons, feutres à essence et papiers sont tous ressortis par enchantement et j'ai dessiné un storyboard, imaginé des costumes, tiré des plans de décors pour mon premier récital théâtralisé, avec une évidente facilité ; tout ce que j'étais, les fragments de mon être profond se repositionnaient dans l'ordre pour former une image avec des cicatrices, des traces de cassures, mais complète enfin ! Cette biographie de Henriette Chardak fait de même, à partir d'un miroir brisé par un évènement essentiel de la vie du petit Lionardo, où chaque fragments recevait la lumière différemment, elle reconstitue un portrait très détaillé, entier, en chiaroscurro, du fond duquel le maestro s'adresse à nous tous, à l'essence de chaque individu, quelque soit son sexe, sa vie, ses liens de parenté, son travail, sa religion, sa couleur, son siècle. Un messager nous permettant de redevenir angélique, innocent devant tant de perfection du raisonnement, de l'invention, de beauté. Ses œuvres sont ses enfants, nous le sommes tout autant si nous abandonnons les oripeaux de notre existence quotidienne pour revenir à l'essentiel. Envie de prendre dans mes bras ce petit garçon né certainement d'un viol subi par une toute jeune fille, Chataria, par un notaire, Ser Piero da Vinci, qui jamais ne le reconnut comme son fils, mais l'adopta. Un batard à vie, fils d'une Caterina, comme on appelait les filles de mauvaise vie. Le père est violent, méprisant, décide de séparer la mère et son fils arbitrairement, comprend tout de même que ce garçon est spécial, d'une maturité incroyable, insoumis et jamais dompté. Une once de fierté d'avoir engendré un tel phénomène tout de même, une fierté que les autres enfants légitimes transformèrent en haine et fureur inexplicables, exagérées. C'est aussi ce père qui le plaça chez Verrocchio, artiste de renom pervers tant dans sa pensée que dans ses actes. Le destin du garçon semble scellé ; c'est sans compter avec Leonardo lui-même. D'une extrême sensibilité, se sentant plus proche des femmes qu'il admire et veut protéger, que des hommes sources de souffrances et de tortures imposées, surdoué en tout, curieux boulimique du monde, vigie à 360 degrés au centre de l'univers qu'il veut retranscrire, comprendre, améliorer, sublimer, touche à tout avec flamboyance et des siècles d'avance, inventeur d'objets, véhicules, armes qui plus tard, bien plus tard, seront recréés par d'autres, ayant déjà tout compris de l'héliocentrisme ou de la gravité défendus a posteriori par Copernic ou Galilée, ami fidèle de Botticelli, de Machiavel..... Fils retrouvant sa mère pour quelques années encore, à qui il prouvera son amour, une femme gigantesque comme lui, au physique troublant et certainement aux origines lointaines. L'élégance également de l'autrice est de ne pas avoir imposé des extrapolations, en particulier sur la vie privée de l'artiste. D'autres l'ont fait en livres et téléfilms d'une grande trivialité. Et ainsi, je retrouve l'ami tel que je l'avais connu, asexué dans son art, dans sa vie, sauf lorsqu'il est en amour. L'intimité des personnages célèbres devrait rester secrète, ou tout au moins, si on en parle, que ce soit à partir de sources et preuves solides. Ils ne sont plus là pour porter plainte pour diffamation et atteinte à la vie privée, les respecter même morts me semble la moindre des choses. À la fin de son introduction, Henriette Chardak nous écrit : " Si vous parcourez cette enquête, vous apprendrez quatre choses essentielles : - Qui était la mère de Léonard - Pourquoi et comment il avait mis au point le premier négatif ? - Où se trouve un de ses tableaux, attribué à un autre. - Quelle est votre propre sensibilité. " Je remercie l'écrivaine pour cette biographie tout en délicatesse, bâtie sérieusement et avec une grande honnêteté à partir de l'étude minutieuse de codex, documentations, biographies, lettres....... Quel travail ! Merci également d'avoir réussi à faire en sorte que Leonardo da Vinci s'adresse directement à nous, par le biais de dialogues où sont incrustés en italique les écrits réels du génie. Magnifique livre ! Quatrième de couverture " Léonard de Vinci demeure le génie de tous les temps. Homme d'esprit universel, artiste peintre, sculpteur, poète, écrivain, philosophe, musicien, scientifique, ingénieur-inventeur, anatomiste.... Qui est-il en vérité ? Au début du XVIème siècle, au terme de sa vie, Léonard de Vinci, génie, artiste pluriel et homme de science, quitte l'Italie où il fut reconnu par ses pairs, mais surtout moqué, accusé, rejeté, détesté, incompris.... François 1er l'accueille, le protège à Amboise et le nomme premier peintre de la Cour. Le roi de France et sa mère Louise de Savoie partagent plusieurs secrets avec lui : l'origine du linceul du Christ, l'identité de la Joconde et un projet fou : une ville nouvelle. Enfin admiré et choyé, Léonard de Vinci revisite son passé, le scénario chaotique de sa vie. Très tôt arraché à sa mère aux origines étranges par un père notaire et sans scrupules, il ne peut espérer étudier à l'Université pour cause de bâtardise... Placé dans un atelier d'art de Florence, tous, maître et apprentis, remarquent sa taille de géant et ses talents de peintre ambidextre. Magnétique, beau, drôle, insolent, secret, il est toujours dans l'œil du cyclone de l'Histoire, tel une star moderne. Proche des Médicis qu'il déteste, ami de Botticelli et de Machiavel, il observe le monde en annonciateur du futur. Chassé de Florence, c'est à Milan que Ludovic Sforza lui réclame des projets d'armes de guerre et non de paix. On l'utilise, on le méprise, on le pille... Il prône l'amour et la beauté. Mais qui écoute cet humaniste et poète qui réinvente le monde ? Il signait IO, [JE] car sa plus grande richesse fut d'être simplement lui et personne d'autre ! Ce récit romanesque apporte un éclairage original sur la vie de l'Indomptable et génial Léonard de Vinci." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Preneurs d'otages | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Preneurs d'otages Stefanie Pintoff Mercure Noir Mars 2017 522 pages traduites par Maxime Shelledy Thriller Chronique 9 juillet 2017 Le thème de la prise d'otage est des plus convenus à la télévision, au cinéma, et j'avoue que j'évite ce type d'histoire qui me semble toujours être la même. Pourquoi cette fois en ai-je lu une ? Le résumé ou le nom de l'héroïne ou le lieu ? Je ne sais pas. Mais ce fut une très bonne surprise. Unité donc de lieu, la Cathédrale Saint Patrick en cette veille de Noël, fête des plus importantes à New York où tout le monde attend l'illumination du Sapin au Rockefeller. Mais pas cette fois, tout le quartier est bloqué dès 7h30 du matin, une prise d'otage a débuté dans Saint Patrick profitant de la première messe du matin. Une jeune femme terrifiée sous la pluie se tient sur le parvis avec une pancarte où est écrit « A l'aide » . Elle est abattue devant un catholique venu à l'office, d'une balle dans la tête. Au dos de la pancarte le criminel demande que Evangeline Rossi soit sa négociatrice du FBI. Celle-ci ne souhaite pas traiter cette affaire, elle est en congé, vient de perdre son beau père Zev, et reste traumatisée par la dernière opération de sauvetage qu'elle a menée et qui s'est terminée tragiquement. A la suite de ce fiasco son équipe Vidocq regroupant des enquêteurs hors limite et anciens délinquants a été dissoute. Cependant consciente que ce preneur d'otages connaît des secrets sur son passé, elle accepte d'être la négociatrice à condition que Vidocq reprenne du service. Bientôt il semble que le criminel est obsédé par une question qu'il pose à chaque otage : "De quoi êtes vous coupable ?" Personne ne comprend ses motivations, il ne demande rien sauf la venue de cinq personnes. Le mystère s'épaissit, l'aiguille court sur le cadran de l'horloge macabre. Dix sept heures donc pour sauver les otages et convaincre le preneur d'otages pour Eva et son équipe de quatre spécialistes. C'est une histoire, en presque huis-clos qui va très très vite, nous faisant passer entre l'intérieur de la Cathédrale, le QG du FBI et en dehors du périmètre de sécurité où sévissent les équipes de télévisions. Très cinématographique, ce découpage nous permet de garder l'envie d'avancer, les caractéristiques psychologiques de chaque personnage les rendent réels et tangibles. Certaines vérités sont aussi divulguées sur les méthodes du FBI soit disant performantes comme la reconnaissance faciale.... Chausses trappes et pièges vous emmèneront à la limite de votre imagination. Donc d'une histoire qui risquait d'être des plus classiques et banales, vous découvrez un thriller étonnant et addictif. Belle première lecture de cette auteure en ce qui me concerne. Quatrième de couverture Un matin, au cœur de Manhattan, sous la pluie, une jeune femme postée sur le parvis de l’église Saint-Patrick rompt la frénésie de Noël. Figée, elle porte une pancarte sur laquelle on peut lire « Aidez-moi ». Une prise d’otage a lieu à l’intérieur de la cathédrale, et une victime a déjà été tuée. Le preneur d’otages exige de négocier avec l’agent du FBI Eve Rossi. Récalcitrante à traiter l’affaire, cette dernière comprend rapidement que le preneur d’otages connaît certains secrets de sa vie. Ses motivations sont obscures, mais la question qu’il pose aux cinq otages est toujours la même : « De quoi êtes-vous coupable ? ». Déclenchant une autre série de crises, auxquelles l’équipe d’Eve Rossi, composée d’ex-détenus et de vétérans aux tempéraments extrêmes, devra faire face. Pour l’agent du FBI s’engage alors une course contre la montre haletante... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Glacé comme la mort | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Glacé comme la mort James Hayman L'Archipel 2016 391 pages traduites par Frédéric Brument Thriller Chronique 12 octobre 2017 Titre original « The chill of night ». Suite après le bestseller « L'écorcheur de Portland » des enquêtes policières du tandem Mike McCabe et Maggie Savage. Portland fin décembre 2006 / début 2007. Moins dix, sous la neige, Mike aimerait mieux aller au vernissage de l'exposition de sa petite amie Kyra peintre, que de devoir affronter le temps pourri pour rejoindre une scène de crime. Dans le coffre d'une BMW sur la jetée, repose le corps congelé d'une jeune femme nue. Pour Mike, c'est un bouleversement en raison de la ressemblance de la morte avec son ex femme. Dans sa bouche, la légiste découvre un papier sur lequel un extrait de l'ancien Testament du prophète Amos, chapitre 9, verset 10 : « Tous les pêcheurs de mon peuple périront par l'épée ». Bientôt, Maggie et Mike apprennent qu'il y aurait un témoin.... La course commence. Très classique, efficace, professionnel, peut-être trop en fait. Je l'ai lu sans être transportée plus que cela. Je trouve en revanche que les personnages sont psychologiquement bien campés. Quatrième de couverture C’est une nuit froide à Portland. Trop froide peut-être. On retrouve dans un étang une BMW avec dans le coffre, le corps gelé d’une jeune avocate. Dans sa bouche, un message portant une citation de la Bible. L’inspecteur Mike McCabe (qui enquêtait déjà sur les traces de L’Écorcheur de Portland) et Maggie Savage sont alors mis sur l’affaire. Et pour le détective, il n’y a aucun doute, il s’agit d’un tueur en série. La liste de suspects s’allonge au fur et à mesure de leur enquête : le patron de la victime, qui était également son amant, un ancien prêtre qui dirige à présent un foyer pour adolescents fugueurs, un beau-père violent, un étrange logeur… Seule une femme aurait été témoin du crime. Mais comment croire une malade mentale qui dit entendre des voix ? D’autant plus quand, à son tour, elle disparaît sans laisser de traces. Dès lors, il n’y a plus de temps à perdre pour l’inspecteur McCabe et son acolyte... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Ski | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ski Guillaume Rihs Slatkine Le 31 décembre 2025 96 pages biographique Chronique 30 janvier 2026 Autant l'avouer tout de suite, je ne suis allée en classe de neige qu'une fois et me suis pris une telle gamelle que j'ai terminé le séjour le genou bandé. Donc lire pour moi un texte sur ce sujet est, comment dire ? Exotique, dépaysant ? En réalité, une plongée bienfaisante et émouvante dans un monde inconnu. " La neige posait problème. Accumulée sur le Boquillon, elle menaçait d'en faire céder le toit, ses tuiles descellées fendre nos jeunes crânes. On trouvait dans l'atelier une échelle centenaire. Quand mon père l'appuyait contre la gouttière, nous autres femme et enfants retenions notre souffle... " Bienvenus, chers lecteurs, au châlet de la famille Rihs depuis plusieurs générations. À vous les joies de la neige, du ski, des soirées au coin du feu, des éclats de rire, des courbatures, des pieds et nez gelés, des bons plats bien roboratifs, du chocolat chaud, des multicouches de vêtements dans lesquelles vous vous engonciez pour tenter de vaincre le froid... Ça y est ? Vous vous souvenez ou, comme moi, vous imaginez ? En cette ère de réchauffement climatique où l'inquiétude envahit tous les amoureux de la glisse et des sommets enneigés, transmettre ses souvenirs et ses réflexions d'une vie passée dans le chalet familial puis dans les diverses stations est essentiel pour l'auteur, nous offrant ainsi un texte tantôt cocasse, tantôt poétique, lyrique ou encore bouleversant, et encore pertinent ; car par le biais de ce thème étonnant, il aborde de fait les sujets intimes et universels de la famille, de l'amour, de l'amitié, de la solidarité, de la transmission, de l'éveil à l'écologie, de l'observation d'un monde en constante métamorphose. Nous sont données à revivre l'époque de notre enfance, de notre jeunesse, de chaque âge de notre existence, mais aussi des transformations de notre société, des paysages somptueux que nous avions cru éternels. Par ces quelques pages, Guillaume Rihs touche à l'essentiel : alors que tout change et qu'il pourrait se sentir souvent submergé par la peur, en regardant ces montagnes, en se remémorant des évènements petits ou grands, en admirant ces paysages immuables et changeants, décors de sa vie, il pose les fondations de son avenir, plein d'espérance pour les siens, pour nous tous. Il reste confiant ! Un texte autobiographique lumineux et touchant : " Malgré des chaussures de ski trop courtes contre mes orteils, j'étais gagné par un sentiment de plénitude que je me fais une joie de mettre par écrit... " Quatrième de couverture En quelques chapitres où la nostalgie le dispute à la tendresse, Guillaume Rihs évoque ses souvenirs d'enfance dans le chalet familial. Une robe turquoise et une moquette grise, un assoupissement sur les genoux, Le retour du Jedi, une lampe de poche carrée qui se fermait au moyen d'un crochet souple, l'ampoule jaune au-dessus de la porte, trois flocons. des impressions durables, quelques images incomplètes qui tissent une mémoire collective. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sans foi ni loi | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sans foi ni loi Marion Brunet Pocket Jeunesse 2019 223 pages Jeunesse Thriller Chronique 15 janvier 2020 Un thriller sous forme de western dont le personnage principal est une femme hors la loi, borderline, juste après la guerre de Sécession.... Pour les jeunes adultes en particulier, et pour tous, je pense : voilà qui est drôlement séduisant, original, d'autant plus que ce roman est diablement bien écrit, caustique, sans concession, ménageant de très belles scènes d'action, d'amour, d'amitié, de tendresse, d'émotions, de peur, de rire... Le cadre : le Far West, d'abord la maison d'un pasteur, le père violent et pervers de Garett, puis les plaines et forêts jusqu'à une ville de bonne taille avec son Saloon, son bordel... Là attendent Jenny et Pearl .... Mais aussi Will et Sean.... Tous ceux qui vont devenir si importants dans la vie de l'adolescent pour qui ce rapt, par une bandit de grand chemin, va être sa rédemption pour des pêchés qu'il n'a pas commis mais pour lesquels son père le battait et le maltraitait. Ce sera sa porte d'entrée vers l'âge adulte... Grâce à cette femme exceptionnelle, hors norme, il va apprendre à prendre sa destinée en main, à vivre libre, à choisi son camp, à faire preuve de tolérance et d'humanité dans une société sclérosée, mysogine, corsetée, injuste, expéditive avec les plus faibles et les femmes.... Abigail Stenson est haïe parce qu'elle est une voleuse, une tueuse, mais surtout, et avant tout, parce qu'elle se permet de s'habiller en homme, de vivre comme un homme, de s'arroger tous les droits de ces messieurs. On l'aime ou on la déteste.... elle ne laisse personne indifférent. S'enfuyant sur le cheval volé au Marshal avec Garett en prisonnier de plus en plus consentant, Ab met en place déjà la fin de cette histoire.... Elle le sait, poursuivie par le pasteur, le Marshal et un chasseur de primes psychopathe, elle n'a pas d'autre choix que de profiter de son avance pour rejoindre au plus vite Jenny et Pearl, pour les mettre financièrement à l'abri.... Et surprise, le jeune Garett est un compagnon de voyage utile, agréable, un gamin courageux dont la vie n'a pas été facile. Elle comprend ses cicatrices, elle les soigne et se soigne en même temps d'une enfance maltraitée. Elle devient son mentor, il est lui aussi sa rédemption.... J'ai eu en tête pendant tout ce livre très cinématographique Sharon Stone en hors la loi... C'est une histoire qui serait fabuleuse en film, de ceux de Robert Redford ou Clint Eastwood.... À vous de monter à cheval, une fantastique course poursuite à travers le Far West vous attend. Très bon livre... magnifique final... Quatrième de couverture Lorsqu'une hors-la-loi débarque chez lui et le kidnappe, Garett est terrifié. Pourtant Ab Stenson, cette femme indomptable, est celle qui lui ouvrira les portes d'un avenir moins sombre, loin de son père violent. Fasciné par sa ravisseuse, Garett découvrira ses plus grands secrets, ceux qu'on ne révèle qu'à ses plus proches amis. Dans son sillage, il rencontrera l'amour et l'amitié, là où il les attendait le moins. Jusqu'au bout de la route, où Ab lui offrira le plus beau des destins : la liberté. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le dompteur de Lions | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le dompteur de Lions Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2016 388 pages traduites par Lena Grumbach Thriller Chronique 11 octobre 2017 Donc neuvième tome de la série, j'ai mis en photo les huit précédents. Un des plus terrifiants, violents, sombres épisodes de cette saga de policiers suédois, où même les instants de bonheur et de tendresse offerts par les moments en famille, comme un contrepoint à l'horreur, ne sont pas suffisants pour éclairer ce récit. L'hiver, la neige reignent sur la ville portuaire de Fjallbacka, désertée en cette saison. Dans la brume crépusculaire glacée rode le Mal absolu, rodent des fauves terribles à la recherche de nouvelles proies, pour assouvir ce besoin immense de pouvoir, pour détruire toute humanité en leur victimes. Une jeune fille Victoria est retrouvée errante au sortir d'une forêt, et se fait faucher par une voiture. Elle avait disparu depuis des semaines et ses parents et son frère étaient morts d'inquiétude. L'impensable alors éclate à la vue de tous, ainsi que l'incompréhension d'une telle barbarie. En effet ses yeux ont été brulés à l'acide, sa langue coupée, ses tympans crevés. Comment a-t-elle pu s'échapper ? Toute l'équipe de policiers sous le commandement de Patrik Hedstrom est sur place, terrassée. En parallèle, Erica Falck, écrivaine de récits policiers réels et passés, pour récolter les informations indispensables à la rédaction de son prochain livre, se rend au centre de santé où est enfermée depuis des années Laila. Celle-ci a tué en légitime défense de plusieurs coups de couteau son mari Vladek en 1975. Sa fille Louise enchaînée dans la cave ainsi que son frère Peter avaient été sauvés. Laila à soudainement accepté de répondre aux questions de Erica qui pourtant ne réussit pas vraiment à la faire parler. Pour elle toute cette histoire est impossible à croire, d'autant plus après s'être rendu dans la cave de la maison maudite à Fjallbacka et avoir vu les chaînes ayant retenu une petite fille de sept ans. Mère de Maja et de jumeaux, son cœur maternel ne peut envisager une version compréhensible à ce cauchemar. Pour son mari Patrik, aussi, cette affaire est insupportable. En faisant des recoupements, il apparaît que d'autres jeunes filles ont aussi disparu soudainement au cours des années et qu'un cas serait semblable sur le plan des tortures infligées à celui de Victoria. Des allers retours au Haras où s'entraînait la jeune fille sous la vigilance des propriétaires Jonas et Marta seront nécessaires, ainsi qu'au centre psychiatrique. Erica va apporter son appui et son aide à Patrik et son équipe dépassée par les évènements, grâce à ses dons de déduction et son exceptionnelle empathie. Ils sauront tous ensemble voir au delà des apparences, et franchir les limites vers l'enfer. Tout est centré sur la question des origines du mal ! Pourquoi certains s'y plongent alors que d'autres avec le même passif le combattent. Le basculement entre le passé et aujourd'hui est toujours aussi bien maîtrisé, et place Camilla Lackberg très haut dans la " hiérarchie" des maîtres du Noir nordique ou international. C'est un thriller macabre et crépusculaire ( adjectif utilisé au dos du livre, très juste). La conclusion nous laisse sonnés par une dernière révélation et un cri sans fin. Le prochain donc le dixième sort le 1er novembre intitulé « La sorcière ». Cela nous promet encore de belles heures. Quatrième de couverture C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime. De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel... Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le diable dans la peau | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le diable dans la peau Paul Howarth Denoël 2018 429 pages traduites par Héloïse Esquié Polar Chronique 10 juin 2019 Titre original « Only killers and thieves ». « Avec la petite bande de garçons noirs qui le suivait partout, il inspirait une sainte terreur chez les aborigènes, si bien que lorsqu'ils partaient en maraude, il suffisait de prononcer son nom pour qu'ils s'enfuient en hurlant dans le bush, courant en tout sens. » Description d'un officier de la Police indigène dans le Queenslander du 13 février 1875. Nous sommes en Australie, dans le Queensland en 1885. Une grande sécheresse s'abat sur le domaine de la famille McBride. La terre est stérile, les bêtes meurent affamées. Les deux frères de 14 et 16 ans, Tommy et Billy sont partis chasser, leur traque les mène au delà des limites de la propriété paternelle sur celle de John Sullivan. Celui-ci fait partie d'une certaine aristocratie de fait, héritière de squatters, des pionniers d'origine anglaise ou écossaise qui se sont appropriés des terres dites de la couronne en fait appartenant aux aborigènes. Et comme dans toute colonisation, un massacre en règle des peuples indigènes a commencé. Cependant de plus en plus de colons sont arrivés, et à partir des années 1860, une réglementation sous forme de Land Acts a vu le jour, visant à une meilleure répartition des terres pour chacun. Les squatters ont donc décidé de contourner la loi en mettant des hommes de paille à la tête des concessions et ainsi garder leur mainmise sur d'immenses territoire. Sullivan règne ainsi sur tout un district et y est le roi. Tous les fermiers autour de sa propriété sont ruinés les uns après les autres alors que lui semble bénéficier de conditions géographiques exceptionnelles et donc suffisamment d'eau pour attendre les pluies. Depuis quelques années, certains aborigènes ont rejoint les forces de la police, leurs familles massacrées par les blancs, préférant pactiser avec le diable et être du côté des forts. À la tête se trouve un être brillant, intuitif, dangereux et psycopathe, Noone. Les deux garçons sont alors témoins d'une scène terrible, l'assassinat d'un aborigène enchaîné à deux autres par Sullivan, son bras droit Locke en présence de Noone et ses hommes. Ils sont malheureusement découverts, et Sullivan leur demande de bien rapporter à leur père la scène à laquelle ils viennent d'assister. Les deux hommes ne s'entendent pas, il y a un secret entre eux. Revenus chez eux, ils retrouvent leur mère et leur jeune soeur Mary ainsi que Arthur un aborigène qui est avec McBride depuis toujours et Joseph de la tribu des Kurrongs. Après avoir tu la rencontre avec Sullivan, les garçons sont obligés de tout raconter à leur famille. Leur parents sont révoltés par ce crime, cela aura des conséquences. Lorsque la pluie revient enfin, tous pensent être sauvés, les deux frères s'offrent une journée de baignade à une heure de la propriété. Ils s'endorment au soleil, tardent à rentrer, quand ils arrivent chez eux un silence de mort plane, le pire est arrivé... Un western australien dans l'outback désertique violent, sanglant, à la limite du supportable, bien que l'auteur, qui a vécu six ans en Australie, ne se complaise pas dans le trash. Il s'attache à transmettre par la fiction des faits réels rapportés dans des documents anciens quant au massacre des aborigènes et la Police noire. Noone et ses trois hommes sont les cavaliers de l'Apocalypse, ni plus ni moins, comme d'autres le furent aux USA avec les Indiens. Ce personnage énigmatique de Noone, avec son regard blanc, sont grand manteau, son ironie, son analyse fine des situations est proprement terrifiant, à l'instar de certains êtres maléfiques chez Stephen King. Étonnant aussi, car il va vite repérer la force et l'insoumission de Tommy au contraire de Billy, un être faible prêt à obéir à tous les ordres monstrueux de Sullivan. Les deux frères s'éloignent de plus en plus au fur et à mesure que l'abomination s'étale sous leurs yeux. Évidemment, la trame de ce drame est immédiatement prévisible, on sait vite comment cela va se terminer, mais la fin ménage tout de même des surprises assez savoureuses, je dois dire, en terme de justice et de vengeance. Ce livre est surtout un merveilleux prétexte à revenir sur un épisode terrible de l'histoire de l'Australie et du peuple Aborigène. La description des paysages, des modes de vie dans le Queensland, tant dans les plantations modestes ou dans celle d'un squatter richissime, puis en expédition dans le désert est exceptionnelle et marquante. C'est un véritable saut dans le passé que nous faisons grâce à Paul Howarth. Heureusement après tant d'obscurité, les dernières pages ré-introduisent la lumière. Restent les questions du traumatisme sur tout un peuple, de la culpabilité, du pardon peut être, de l'avenir à envisager ensemble.... un thriller inoubliable, d'une grande puissance ! Quatrième de couverture Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est desséchée, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d'affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir, alors qu'ils rentrent d'un après-midi passé à se baigner, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Les deux frères décident de se venger de l'homme qu'ils croient responsable de ce massacre - un Aborigène qui s'occupait du bétail - et se tournent vers le sournois et sanguinaire John Sullivan, le propriétaire terrien le plus riche de la région et ancien employeur de leur père pour chercher son aide. Sullivan forme une équipe et place à sa tête l'inquiétant et fascinant inspecteur Edmund Noone et sa Police aborigène du Queensland - le bras armé tristement célèbre du pouvoir colonial britannique, chargé de « disperser » les indigènes australiens pour « protéger » les droits des colons blancs. Alors que la troupe parcourt à cheval l'outback désertique, le voyage à la fois éprouvant et monstrueux a des effets dévastateurs sur le jeune Tommy et le hantera pour le restant de ses jours - il aura également des conséquences à long terme pour un jeune pays qui peine à trouver son identité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Fabrique de poupées | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Fabrique de poupées Elizabeth MacNeal Presses de la Cité 3 octobre 2019 364 pages traduites par Karine Reignier-Guerre Thriller historique Chronique 6 août 2021 Un vrai Thriller bien flippant mêlant plongée dans le monde de l'Art et de la peinture préraphaélite à l'univers sombre et terrifiant d'un taxidermiste déséquilibré. Au milieu, une jeune femme, Iris, devenue l'obsession de ce dernier à son insu en raison de sa chevelure rousse luxuriante. Celle-ci sera à l'origine de son changement de vie de simple ouvrière, avec sa sœur jumelle Rose, dans une boutique de poupées, à l'existence de modèle et peintre à part entière, libre de ses choix et refusant les règles de la société patriarcale anglaise de l'époque. Cependant, cette particularité capillaire fera aussi d'elle une cible pour un homme inquiétant, d'abord harceleur puis monstre inhumain. L'auteure peu à peu, avec un art consommé, nous révèle la vérité sur cette âme sombre et torturée, la dissèque comme lui-même, Silas le taxidermiste, le fait avec les animaux tombés entre ses mains. D'individu pitoyable il devient à nos yeux doucement mais sûrement un croque mitaine, un serial killer, un psychopathe. Description au scalpel de cet être dénaturé, regardant le monde au travers d'un prisme déformant, résidant dans un quartier de la capitale londonienne digne des pires descriptions à la Dickens. Ce récit dans ce sens est une dénonciation de ce que furent les conditions de vie ignobles des miséreux dans cette société inhumaine et discriminante, avec pour figure symbolique des plus touchantes le petit "poulbot" Albie, gamin débrouillard, courageux qui fait naître le sourire sur nos visages en même temps qu'il nous brise le cœur. Également, nous avons la chance de rencontrer, grâce à ce roman, les artistes majeurs, femmes ou hommes, du mouvement artistique préraphaélite, la FPR, de leurs muses et modèles alors que l'Exposition Universelle de Londres en novembre 1850 va bientôt s'ouvrir dans le célèbre Crystal Palace. La présentation annuelle de certaines peintures à l'Académie Royale des Beaux Arts met aussi en effervescence tout ce petit monde, les critiques et les galeries. Ce thriller est enfin un hommage à toutes ces femmes qui nous ont ouvert la voie, en quête d'elles-mêmes hors des conventions victoriennes, d'épanouissement personnel et professionnel, dans un désir de s'émanciper enfin d'une tutelle masculine et d'une éducation étouffantes. Iris devra trouver le moyen de briser les liens avec une famille rétrograde, des liens qui sont autant de chaînes qui l'étouffent ; elle devra faire fi des traditions et morales dépassées et misogynes, tout entreprendre afin de retrouver sa sœur Rose perdue dans sa jalousie et sa douleur, et surtout et avant tout, faire preuve d'une bravoure incroyable pour sauver sa vie et ne pas devenir une nouvelle créature exposée dans les vitrines du taxidermiste fou, Silas. Si vous voulez vraiment frissonez, poussez la porte d'entrée de la boutique du monstre..... Quatrième de couverture Plongez dans le Londres victorien, au moment de l’Exposition Universelle, avec Iris, modeste employée dans un magasin de poupées, qui rêve de devenir artiste peintre. Évitez Silas, taxidermiste amateur de macabre et de curiosités, désireux d’y exposer ses créatures. La Fabrique de poupées met en scène la détermination d’une femme à s’affranchir de sa condition. C’est aussi un conte résolument moderne, au suspense maîtrisé, qui explore les frontières entre l’amour, le désir et la possession. Un thriller à la Dickens palpitant ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Dans les Brumes de Capelans | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans les Brumes de Capelans Olivier Norek Pocket 2023 488 pages Thriller & Polar Chronique 16 septembre 2022 « On les voudrait hideux, les monstres.Dans les villes, dans la foule, leurs démons sont invisibles. Ils nous frôlent, sans que l'on frémisse. Leurs sourires ressemblent aux nôtres, on les côtoie, on les voisine, on les invite. Ils nous charment ou nous indiffèrent, car ils sont bien normaux, les monstres. Leur peau, leur voix, leurs gestes, tout en surface est identique à l'ordinaire. Mais quelque part, une ombre s'est posée. Elle s'est nourrie silencieusement d'une blessure, d'une humiliation, d'une violence, d'une anomalie, d'une malfaçon. Elle s'est posée sur une fine craquelure qu'à coups de bec et de griffes elle a transformée en faille. Un gouffre, un piège pour la raison, et s'engendre la colère. La colère si jouissive à libérer, pour que sur d'autres se pose une partie de l'ombre. Pensant ainsi s'alléger, le monstre s'enferme et nourrit son serpent, toujours plus affamé. » P. 69 Prologue en trois prénoms, ceux des victimes d'un pédophile, Anna, Garance et Salomé ; entrée en scène d'un flic à sa poursuite, Russo, en bout de course épuisé tant mentalement que physiquement, dix ans de traque et enfin Anna retrouvée ; Jeune femme de 24 ans au visage inoubliable. Première partie : Vous vouliez partir, vous dépayser après les deux ans que nous avons traversés, tellement anxiogènes et cauchemardesques. Olivier Norek l'a bien senti, petits veinards ! Les îles tropicales, lointaines et chaudes ? Pas tout à fait. Destination Saint-Pierre. Vous savez près du Groenland, du Canada ! Souriez, le peseur d'âmes vous y attend dans une résidence surveillée ou safe house pour criminels repentis devenus témoins protégés, moyennant quelques informations savoureuses sur d'autres gros méchants de la planète. Ainsi, six ans après la fin de la Trilogie 93, Victor Coste est toujours en service mais plus dans une jungle urbaine. L'auteur ne se métamorphose plus en reporter de terrain comme dans quasiment tous ses précédents opus. Il nous concocte un "huis clos", un thriller psychologique et d'action aux limites du réel alors que les Brumes de Capelans s'approchent lentement des terres pour les engloutir comme tous les ans, entre le printemps et l'été. Le piège se referme. Une maison au bord d'une falaise, un poste de responsable des frontières pour les apparences et une mission à mener. C'est un homme fragile et brisé que nous retrouvons, lové sur sa douleur et sa culpabilité, ayant fui lâchement sans donner d'explication à ses proches, à Léa sa compagne, à personne. Cette affectation au bout du monde est parfaite pour lui, loin du fracas excepté celui des vagues, sur une île peu peuplée : seulement quelques interactions avec les hommes placés sous ses ordres, une gendarme et un vieil homme et sa petite fille. Mais bientôt, fin de sa paix relative, Anna est placée sous sa surveillance attentive. Elle seule peut donner les informations nécessaires pour loger le criminel en fuite, indispensables aussi aux familles attendant de retrouver leurs filles, vivantes ou mortes. Le lourd passif de Coste et son extrême sensibilité devraient l'aider à nouer des liens avec la jeune femme énigmatique. Mais l'ombre du monstre plane toujours, une tempête se rapproche, plus personne n'est en sécurité. Un très bon roman ouvrant la porte, je pense, à de nouvelles aventures de Coste. Une succession toujours très efficace de passages ténébreux, dramatiques et de moments plus cocasses faisant la part belle à la camaraderie, à l'humour. Presque au même moment, en mars 2022, est paru le dernier opus du tandem Jérôme Camut et Nathalie Hug, « Nos âmes au diable », traitant du même thème. Manifestement ce sujet, qui fut extraordinairement et courageusement bien abordé par Barbara Abel voici quelques années tant il est tabou, revient aujourd'hui dans l'actualité.Olivier Norek offre un très beau retour à son héros et une histoire forte et édifiante à ses lecteurs. A lire absolument. Quatrième de couverture Une Ile de l'Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu'il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque. Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l'aveugle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La maison aux espions | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison aux espions Daniel Silva Harper Collins Noir 2018 469 pages traduites par Julie Albizzi Thriller Chronique 11 août 2018 17 ème tome de la série consacrée à Gabriel Allon, sachant que le 18 ème, « the other woman », est déjà sorti outre- Manche. « Craignez la colère de l'homme patient » John Dryden, Absalon et Achitophel Les évènements récents en Israël et particulièrement à Jérusalem sont évoqués, concernant le déménagement de l'ambassade américaine, mais bien sûr les dernières déclarations du chef de ce gouvernement intervenues début juillet ne peuvent y figurer. Suite à « La veuve noire » dernier et 16 ème opus, après de nombreuses aventures du même héros charismatique et hors norme, nous retrouvons donc dans une suite directe en deuxième partie en quelque sorte, Gabriel Allon à la poursuite de son plus grand ennemi : Saladin, un des leaders de Daesh, coupable de plusieurs attentats dont ceux de Washington. On pense évidemment aux personnages de Ian Fleming, on comprend que la fiction s'inspire fortement de faits et intervenants réels sur la scène internationale. Une explication limpide, grâce à ce divertissement, de la situation géopolitique actuelle et de l'état de la lutte contre Daesh.On constate rapidement que ces criminels terroristes s'adaptent très vite, se dirigent lentement mais sûrement vers une cyber-guerre et emploient de plus en plus de criminels, d'abord de droit commun, déjà fichés pour trafics divers, violences et assassinats. On est loin de la religion... La drogue et les terroristes en particulier en provenance du Maroc, participent au financement de Daesh, en recherche constante d'argent. Toujours, la pauvreté et le manque d'éducation sont à l'origine de l'embrigadement de désespérés issus souvent des bidonvilles, en mal d'un but grandiose, de gloire, de sacrifice, que ce soit des hommes ou des femmes, aujourd'hui appelées les veuves noires. Vous attendent : une course poursuite donc de Tel Aviv, à Londres, à Washington, à Paris, à Marseille, au Maroc( Casablanca, Fès.....), des espions israéliens, anglais, français, puis s'imposant, des américains, luttant ensemble pour éliminer Saladin... On se doute que cette coalition restera secrète au yeux du public. Premier chapitre : on retrouve, en ce début de thriller d'action, Gabriel Allon, espion et restaurateur d'oeuvres d'art mais également tout nouveau chef des services secrets israéliens, habitant à Tel Aviv avec sa femme Chiara, une ancienne du Bureau, aujourd'hui mère de ses jumeaux. Après les carnages à Washington dans le dernier tome, et une vague d'attentats à Londres, Paris.... , la piste du financement de Daesh par le trafic de drogue doit être remontée en commençant par Marseille : un couple en particulier attire l'attention, Jean-Luc Martel, chef d'entreprise jet-setteur et narco trafiquant dans l'ombre, et sa compagne Olivia Watson, ancienne mannequin reconvertie dans la mode et les œuvres d'art contemporain grâce à ses magasins ou galerie entre autres à Saint Tropez. Martel semble jouer un rôle dans le financement des opérations de Saladin.... Sait- il vraiment qui est son client ? Olivia est-elle innocente ? Certains acteurs déjà rencontrés précédemment dans les autres romans vont monter, sous nos yeux, tout un stratagème pour utiliser le couple et piéger Saladin. Passionnant ! Humour, intelligence, camaraderie, romances, péripéties sont au rendez-vous. J'attends avec impatience la traduction française de la suite, curieuse également de voir comment Daniel Silva traitera des derniers événements en Israël dans sa fiction. Déjà avec beaucoup de finesse, tant le sujet est délicat, donne-t-il en filigrane son opinion et laisse-t-il entrevoir ses espoirs pour ces peuples qui ont déjà tant souffert.Un roman d'espionnage comme je les aime... Quatrième de couverture L'espion Gabriel Allon est désormais à la tête des services secrets israéliens. Une vague d'attentats terroristes les mène, lui et son équipe, dans le sud de la France, au sein d'un cercle privilégié d'un couple de la haute société, Jean-Luc Martel et Olivia Watson. Gabriel tente d'utiliser ce couple pour parvenir jusqu'au commanditaire des attentats. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'arracheuse de dents | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'arracheuse de dents Franz-Olivier Giesbert Gallimard 10 mars 2016 448 pages Historique Chronique 9 mai 2017 Quel plaisir j'ai eu à lire ce roman ! Le même quand petite je me cachais derrière le rideau en velours qui séparait le salon des chambres pour regarder Le grand échiquier ou Apostrophes. L'intelligence, la fantaisie, l'érudition sans fatuité, l'humour et la causticité. Et surtout l'Histoire vue par une héroïne improbable, truculente, pragmatique, une pirate de la vie, qui nous enivre comme un grand vin lors d'un déjeuner dominical composé de recettes bien de chez nous ou plus exotiques. Délicieux ! Le temps d'une lecture de quelques heures je suis revenue chez moi, j'ai retrouvé le bonheur de notre langue, j'ai beaucoup souri en découvrant les aventures épiques de cette héroïne frappadingue, libre et attachante. Je souris encore en rédigeant ce texte, c'est vous dire. L'auteur est très ingénieux et a dû énormément s'amuser en prenant le prétexte de mémoires d'une aïeule Lucile Bradsock retrouvés par hasard par un de ses descendants sous le plancher de la maison de famille. Ainsi presque cent ans de l'histoire de France et des Etats-Unis vont nous être relatés par une des premières femmes dentistes qui grâce à son métier va rencontrer quelques uns des personnages les plus célèbres de 1789 à 1876. Tous sont égaux face à la douleur dentaire...... Ainsi croisera-t'elle soit pour les soigner, soit par nécessité Robespierre, Danton, Louis XVI, Marie Antoinette, Bonaparte, Jefferson, Grant, Lee, etc... J'en oublie.... La révolution française, l'esclavagisme, la guerre de sécession, le massacre des Indiens, l'empire sous Bonaparte puis les tergiversations du peuple français, qui ma foi n'a pas changé, entre république et royauté, et surtout la place de cette Femme, grande perdante de la révolution et ensuite asservie par le code Napoléon, et partout dans ce monde franco américain... Donc un texte qui semble léger mais soulève, mine de rien et avec beaucoup d'élégance et de talent, des questions cruciales et éternelles de liberté et de place dans ce monde. Merci monsieur Giesbert. Quatrième de couverture Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock, réfugiée en pleine Révolution française chez un célèbre dentiste parisien qui lui a appris le métier. Sa vie claque comme une épopée. Devenue l’une des premières femmes dentistes de l’Histoire, cette scandaleuse soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique sur un bateau négrier. Grâce à ses talents de praticienne et au fil de ses aventures entre les deux continents, Lucile rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou Napoléon, tous décrits sous un jour inattendu. Prenant fait et cause pour les esclaves du Sud ou les Indiens de l’Ouest, ce Monte-Cristo en jupons cherche toujours à infléchir le cours de l’Histoire sans oublier de redresser les torts et de faire justice elle-même. Infatigable séductrice, Lucile Bradsock professe un goût immodéré de l’amour et des hommes. Sa devise : «Merci la vie !» Cette odyssée truculente est finalement un hymne à la joie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Snowblind | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Snowblind Christopher Golden Bragelonne-Terreur 2014 353 pages traduites par Benoît Domis Thriller Chronique 27 janvier 2018 J'essaye des styles différents de littérature en ce moment : Fantasy, SF, surnaturel pouvant mener au fantastique et ensuite parfois aux livres de Stephen King par exemple. En quatrième de couverture, est imprimé, : " La terreur revient en force, et c'est en grande partie grâce à des écrivains comme Christopher Golden." Alors j'ai un gros problème : je n'ai pas du tout eu peur, pas un frémissement, je me suis beaucoup amusée en imaginant le film devant moi surtout des dernières scènes grand spectacle, mais je n'ai pas frissonné. Je pense qu'au cinéma, certainement j'aurais sursauté, mais là non. De plus comme on est dans un domaine touchant au fantastique, je me sens distanciée. Mais attention, j'ai beaucoup aimé ce livre, très bien construit, écrit, le talent de Christopher Golden est indéniable pour faire monter le suspense lentement mais sûrement, pour créer chez nous de l'empathie pour tous les personnages pris dans les deux tempêtes à douze ans d'intervalle. J'ai lu ce roman très vite et avec plaisir, un peu inquiète tout de même de mon calme. Donc, au cours d'une terrible nuit de tempête de neige qui frappe la petite ville de Coventry dans le Massachusetts, plus d'une dizaine de personnes vont être emportées par la violence de ce phénomène, à jamais perdues dans l'immensité. L'existence des habitants de Coventry va être irrémédiablement bouleversée, surtout celle de ceux qui ont été face à de curieuses créatures cette nuit-là. Douze ans plus tard, une nouvelle tempête plus terrifiante encore s'annonce. La population panique, d'étranges phénomènes ont bientôt lieu... Amusez-vous bien, et frissonnez... De froid. Chaussettes et gants vivement conseillés. Quatrième de couverture Lors d’une terrible nuit d’hiver, la petite ville de Coventry fut frappée par une tempête de neige d’une rare violence, qui fit de nombreuses victimes et disparus, laissant une marque indélébile sur l’esprit des survivants. Douze ans après, alors que la vie a repris son cours à Coventry, se produit une série d’événements étranges : les disparus de cette fameuse nuit maudite semblent être de retour... et une nouvelle tempête s’annonce, cette fois-ci prête à tout dévaster sur son passage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La forêt des violons | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La forêt des violons Philippe Lemaire De Borée 10 septembre 2020 282 pages Historique Chronique 9 octobre 2020 Plongée au cœur de Saint-Pétersbourg à partir de 1917 jusqu'à Nice des années 20. Hector Berlioz disait que les deux ailes de l'âme étaient là Musique et l'Amour. Que l'Amour ne pouvait donner une idée de la Musique, mais que la Musique en donnait une de l'Amour... La Musique et l'Amour peuvent également vous donner l'énergie et la force suffisantes pour fuir, sauver votre vie... Après 16 romans, Philippe Lemaire s'attache à nous faire vivre de l'intérieur la révolution de 1917 par le biais d'une famille, les Malinovski, bourgeoise, à la tête d'une manufacture de Samovar depuis trois générations et productrice de thé près de Sotchi. Des gens durs à la tache, justes avec leurs employés. Trois enfants : Kostia qui ouvre ce récit, revenant par le train de son école de cadets au service du Tsar pour se rendre à l'anniversaire de sa sœur, Elena. Celle-ci fut une enfant prodige et devient une violoniste d'exception centrée sur sa musique pour ne pas écouter les grondements de la révolution en marche. Enfin Sacha Leonid, le plus âgé, parti à Sotchi s'occuper des plantations de thé. Les parents, Nikolaï Alexandrovitch et Adélaïde Ivanovna, ne prennent pas la pleine mesure des changements à venir, attachés à la Sainte et Éternelle Russie de leur enfance. Cependant Kostia, pendant le périple en train avec trois soudards, va prendre en plein visage la réalité : l'antisémitisme, la violence gratuite, la haine aveugle, l'envie de revanche sur tous les riches, bourgeois et aristocrates mélangés sans distinction aucune... Le règne de la barbarie est venu, bien que persiste encore un espoir en l'avènement d'une démocratie. Cette bascule de la Russie, pas encore effective, est magnifiquement illustrée au moment où Kostia assiste, dès le parvis de la gare, au discours d'une rouge, Irina, puis quand il écoute attentivement le compte rendu de son ami, Gradov, miraculeusement apparu avec une voiture à cheval dans cette foule. Celui-ci travaille à la douma au Service de ravitaillement de la ville dans le camps des mencheviks sous la direction de Martov, haute figure de la lutte pour l'avènement d'une démocratie, de confession juive, actuellement en exil forcé en Suisse d'où il donne ses directives. Mais les bolcheviks prennent de plus en plus d'ascendant lors des réunions politiques, les plus pauvres rêvent de vie meilleure et de revanche sur leurs maîtres et un système inégalitaire et dépassé. Les nuages noirs s'amoncellent à l'horizon, l'abdication possible de Nicolas Il est sur toutes les lèvres. Enfin Kostia arrive chez lui ; la porte de l'hôtel particulier des Malinovski s'ouvre sur ce qui devrait être un havre de paix.... L'accueil par le majordome Andreï est glacial, hostile... Puis sa sœur Elena, en pleine répétition avec un quatuor pour la fête d'anniversaire, semble nerveuse, effrayée, faussement joyeuse... Elle change brusquement de visage à l'évocation de Lado Gradov. Que s'est-il passé dans cette maison en son absence ? C'est ce que Philippe Lemaire va vous raconter avec talent, dans un souci de vérité historique : il vous guide dans cette tempête des sentiments, au centre des évènements politiques, des tragédies intimes, des espoirs déçus ; vous assisterez à la chute d'un Empire, d'un monde moribond. Un grand récit d'aventures, d'amour, nous présentant en trois parties les métamorphoses des membres de cette famille bourgeoise accompagnée d'une jeune femme enceinte Nina, qui se voient tous finalement contraints, après maintes vaines luttes sur place, à choisir l'exil. Mais un moment charnière, de ceux qui détermine toute une vie va se dérouler sur le chemin vers la liberté en un endroit magique : la Forêt des violons..... Car toujours le destin, Dieu, ou un ange tutélaire, se manifeste aux pires moments de l'existence, lorsqu'on en a trop vu, trop supporté.... Un instant de grâce où la musique du monde peut s'élever à nouveau et réunir l'humanité sous sa seule bannière. Un très beau roman historique vivant, passionné, inspiré, nous plongeant au centre de cette tragédie intime et universelle... Et toujours, la musique vibrante au-dessus de tous les champs de bataille, rassemble les exilés, ceux qui se sont perdus dans la tourmente révolutionnaire. Mes remerciements renouvelés aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée.... Quatrième de couverture Février 1917, St Pétersbourg. La famille Malinovski vit richement de ses plantations de thé et de sa fabrique de samovars, indifférente aux événements qui agitent la capitale. Mais bientôt, la Révolution s’intensifie, et ils n’ont d’autre choix que la fuite. Après un long et dangereux voyage, ils atteignent enfin Nice : la famille est réunie, mais ruinée. Ensemble, ils vont pourtant s’inventer un nouveau destin. Kostia, le fils cadet, trouve un poste de livreur dans une fabrique de chocolat, où il rencontrera Marie-José... Quant à Elena, sa sœur, c’est une nouvelle fois sa passion pour le violon qui la sauvera... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Quattrocento | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Quattrocento Stephen Greenblatt Flammarion 2011 289 pages traduites par Cécile Arnaud Historique Chronique 1 octobre 2017 Titre original « The swerve » , l'embardée ou l'écart. Fresque historique illustrant les conséquences de la redécouverte en 1417 par Poggio Bracciolini, humaniste, du poème antique magnifique et prémonitoire du philosophe Lucrèce intitulé « De rerum natura » ou « De la Nature » qui influera sur la pensée philosophique, chrétienne et scientifique tout au long des siècles suivants jusqu'à aujourd'hui. Stephen Greenblatt réussit à simplifier les évènements et à nous en montrer clairement leurs articulations de l'Antiquité au XXE siècle. Quattrocento a été couronné par le prix Pulitzer et le National Book Award aux USA. Quel dommage que je n'ai eu un tel professeur passionné par l'Histoire et la Philosophie ! Poggio Bracciolini est né en 1380 à Terranuova une bourgade contrôlée par la République de Florence. Fils d'un notaire, et peut-être aussi apothicaire Guccio Bracciolini, son grand père maternel Ser Michaelle avait déjà le talent d'écrire avec une calligraphie extraordinairement belle. Talent dont va hériter Poggio. Après un passage à Arezzo petite ville où se réfugie la famille poursuivie par des créanciers, Poggio arrive enfin à Florence à dix ans. Sa belle écriture, éloignée de la gothique utilisée jusque là est aérée et lisible. Il va accomplir l'oeuvre remarquable avec certains de ses amis humanistes d'une révision complète de l'écriture dont nous bénéficions encore aujourd'hui. Également, le Pogge est passionné tout comme Pétrarque 25 ans avant lui, par l'héritage culturel de la Rome antique. Un des plus proches amis de Pétrarque était Coluccio Salutati qui devint le grand chancelier de la République de Florence. Il prit plusieurs jeunes esprits sous son aile dont Poggio et Niccolo Niccoli. Celui-ci outre la réforme de l'écriture, réouvrira une bibliothèque sur le modèle romain en y invitant les plus beaux esprits du temps à s'y abreuver. Ce Quattrocento plus que de recréer une Rome où la discussion philosophique était un plaisir et une habitude, et où les bibliothèques publiques pullulaient pour le bien de tous, se propose d'après les enseignements des antiques grecs et romains de créer une nouvelle pensée, une nouvelle société. Or depuis la chute de Rome, fin du troisième siècle, et l'avènement du Christianisme de soumission, de culpabilité, d'expiation sous domination d'une Église au fil des siècles de plus en plus puissante, hypocrite, violente et dissolue, ce tournant que veulent emprunter les humanistes tel que Poggio et ses amis est difficilement acceptable et sent même le souffre. D'autant plus lorsque en 1417, notre bibliophile jusque là au service du pape corrompu et contesté Jean XXIII bientôt déposé en plein schisme, alors en Allemagne, découvre au fond de la bibliothèque d'un de ses couvents une copie de "De rerum natura" de Lucrèce. Tous les petits arrangements avec sa conscience de athé au service du pape, d'auteur de Facéties grivoises et de pamphlets, d'amoureux des arts, des femmes (19 enfants tout de même), détestant l'Eglise bien qu'y restant des décennies, sont emportés par la lecture du long poème philosophique de Lucrèce qui lui ouvre les portes des Temps Modernes. Lucrèce est un adepte de la pensée de Épicure. Oubliez le sens donné aujourd'hui à l'adjectif être épicurien. Certes il y a toujours la notion de plaisir dans le sens de jouir de la vie aujourd'hui et maintenant. Les dieux s'ils existent ne se préoccupent pas des humains. Ceux ci font juste partie de la création en son ensemble. Nulle vie après la mort. Tout est matière, le corps comme l'âme. Tout est constitué d'atomes ( vous avez bien lu déjà dans l'Antiquité) en mouvement qui s'entrechoquent au hasard, se séparent, se rencontrent à nouveau. Il n'y a que des atomes et le vide. Telle fut en premier lieu « l'intuition géniale du poète philosophe, une célébration de la danse de la matière et un bréviaire d'athéisme qui allaient bouleversée le Moyen Âge finissant », puis les siècles à venir. Certains essaieront de rallier la pensée de Lucrèce au christianisme, d'autres la condamneront sur le fond, tout en louant la beauté du latin et de la forme. Toujours est-il que la boîte de Pandore était ouverte, sans que Poggio ne se doute réellement des implications de l'événement au cours des siècles et sur le monde entier jusqu'à maintenant. Un livre érudit, brillant, clair sur un sujet qui pourrait, mal traité, rebuter. De très belles heures avec ces hommes intelligents, géniaux, visionnaires sont le cadeau que vous offre ce magnifique ouvrage de Stephen Greenblatt. Considéré comme le spécialiste de Shakespeare, je vais très vite lire sa biographie du dramaturge, car pour le moment rien ne m'a satisfaite sur ce sujet. J'ai ouvert les yeux bien grands sur beaucoup de choses et en premier lieu sur mon mode de fonctionnement induit ou inné. Incontournable ! Quatrième de couverture Stephen Greenblatt est lauréat du prix Pulitzer de l'essai 2012 pour « Quattrocento » (« The Swerve: How the World Became Modern »). Et si la Renaissance était née d’un livre ? Un livre perdu, connu par fragments, recopié par quelques moines et retrouvé par un humaniste fou de manuscrits anciens ? L’idée, audacieuse, vertigineuse, ouvre les portes de l’histoire de Poggio Bracciolini, dit le Pogge, qui découvrit une copie du De rerum natura de Lucrèce dans un monastère allemand. C’était à l’aube du XVe siècle. Le Pogge n’était pas seulement un bibliophile passionné et un copiste hors pair. Il aimait les arts et il avait écrit des Facéties grivoises. Il aimait les femmes et était père de dix-neuf enfants. Il n’aimait pas l’Église mais il était secrétaire d’un pape diaboliquement intelligent et corrompu. Ainsi s’ouvre à nous un monde inouï, celui d’une cour papale où s’agitaient agents cupides, moines séducteurs, filous, femmes de petite vertu et humanistes d’exception : un monde à la fois sévère et dépravé, contraignant mais libre. En découvrant, copiant et diffusant l’œuvre de Lucrèce, le Pogge aura levé le voile sur les Temps modernes, et influencé des esprits aussi puissants que Montaigne ou Machiavel. Car tout, selon Lucrèce, est fait d’atomes en mouvement, qui s’entrechoquent au hasard, se séparent et se rencontrent à nouveau. Telle fut l’intuition géniale du poète latin, une célébration de la danse de la matière et un bréviaire d’athéisme qui allaient bouleverser le Moyen Âge finissant. Conteur né, érudit et brillant, Stephen Greenblatt emporte le lecteur au cœur de ce Quattrocento qui fit revivre l’Antiquité pour la porter jusqu’à nous. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Lettre de Pénélope à Homère | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lettre de Pénélope à Homère Brigitte Joseph-Jeanneney Élan Sud le 16 avril 2024 170 pages historique Chronique 15 décembre 2024 Texte envoûtant et stupéfiant paru dans la collection élan d'elles, où la figure mythologique de Pénélope prend à partie son créateur, décidée à déconstruire et compléter le récit de l'attente du retour d'Ulysse à Ithaque. Reprendre le tissage des mots, y apporter des teintes féminines, enrichir les contrastes, les couleurs, la densité du fil utilisé, voici l'objectif de notre héroïne. Nous n'entrons pas dans la maison patriarcale d'Ulysse, nous pénétrons dans le royaume et la demeure d'un couple et donc, appartenant aussi à une femme, une mère, une gouvernante intelligente, rusée, courageuse, honorable et patiente qui jusque là a répondu à toutes les attentes de sa caste et de la société, a rempli son rôle magistralement en digne épouse du grand homme, Ulysse. Mais.... Mais la façon dont la traite son entourage, son père même, prêt à la céder comme un vulgaire objet, les hommes d'Ithaque, qui pendant vingt ans vont la harceler de leurs intentions sales, de leur concupiscence, de leurs désirs écoeurants, de leur soif de la posséder et donc de lui soustraire son pouvoir de reine, jusqu'à la complicité de certaines de ses servantes et de la nourrice de son époux, tout cela lui ouvre les yeux. La colère, le dégoût, la lucidité vibrent en elle autant que son amour infini de mère prête à tout pour son fils et la préservation de son héritage. L'incompréhension face à la longueur de l'attente, le sentiment d'être prise à la gorge, piégée par son statut de femme, l'incertitude quant à un possible retour de son mari, épuisent peu à peu ses forces, sa résolution jusqu'à.... Comment se comportera Ulysse s'il revient ? En maître, en dictateur, en vengeur implacable ou en roi magnanime ? Les retrouvailles avec Pénélope seront-elles empreintes de respect, d'admiration pour sa compagne fidèle et loyale, cette femme devenue mature et reine à part entière, ou voudra-t-il reprendre le pouvoir en la reléguant à son ancienne place, comme les hommes le firent à chaque retour de guerre ? Lettre envoûtante de par sa beauté formelle et sa pertinence atemporelle, s'inscrivant dans une démarche actuelle de déconstruire le grand roman historique que l'on nous a inculqué pour le réviser et le compléter par la vision et l'analyse de la moitié de la population mondiale, les femmes, celles qui ont participé activement sur le terrain à l'écriture de l'Histoire, mais qui en sont les grandes oubliées, obligées de se taire et ceci quelque soit leur position dans la hiérarchie sociale. Une injustice évidemment mais aussi un très grand danger si nous acceptons de perpétuer ces versions tronquées et menteuses de notre passé auprès des jeunes générations en quête de vérité absolue. Homère, comme tant d'autres, fut un auteur de son temps avec ses limites, ses défauts, inscrit dans une société inégalitaire, masculiniste. Reprendre des œuvres majuscules de notre patrimoine pour les faire accéder aussi au statut de pièces majeures de notre matrimoine est d'une urgence absolue. Je remercie l'autrice pour sa confiance renouvelée et pour ce cadeau inestimable, ainsi que les Éditions Élan Sud pour la qualité de leur travail et leur passion évidente à proposer des collections et titres intemporels. Quatrième de couverture Lettre de Pénélope à Homère Vingt ans d’attente… Les rumeurs vont bon train. Son époux est-il mort ? Calypso a-t-elle envoûté Ulysse, le retenant captif ? Quelle conduite adopter pour préserver Télémaque ? Pénélope dévoile ses pensées et ses craintes les plus intimes, s’interroge sur ce que signifient l’amour, la chasteté, le compromis. Dans l’Odyssée, elle apparaît comme une femme réduite aux statuts de reine, d’épouse, de mère, de belle-fille dans lesquels elle reproche à son créateur de l’avoir cantonnée. Elle refuse d’être devenue, sous la plume d’Homère, une icône de la fidélité. Et, décidée à sortir du silence, elle prend la parole. Un texte qui explore la place donnée à la femme dans la nuit des temps… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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