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- Le grand effroi de John Pickett | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le grand effroi de John Pickett Harold J.Benjamin Cohen & Cohen 17 septembre 2020 218 pages Polar historique Chronique 19 juillet 2021 « The fault, dear Brutus, is not in our stars, But in ourselves, that we are underlings. » « Si notre condition est basse, la faute, cher Brutus, n'en est pas à notre étoile, mais à nous-mêmes. » William Shakespeare (1564-1616) Jules César, acte I, sc. 2 Mes remerciements infinis à Harold J. Benjamin de m'avoir repérée sur les groupes de lecture et de m'avoir demandé de lire son roman mêlant grande Histoire, trame policière et espionnage en une époque que j'affectionne particulièrement, celle de Élisabeth 1ère. Je dois dire que celle-ci pourrait, comme sa demie sœur, être rebaptisée bloody Bess tant la justice en son règne est expéditive et d'une cruauté sans nom. Dès les premières lignes, nous sommes projetés à Londres en une "belle" journée pendant laquelle sera exécuté sauvagement et sadiquement un pauvre bougre en place publique. La foule se repaît de ce spectacle monstrueux alors que soudain John Pickett, prend conscience de l'ignominie de la scène à laquelle il fait assister son jeune fils, Tobias. La honte l'envahit. L'auteur nous le présente ainsi : Peintre portraitiste, géomètre, jardinier, ancien soldat du premier corps expéditionnaire de Robert Dudley, comte de Leicester, aux Provinces-Unies ; y ayant perdu un bras, il est assisté dans son travail par son garçon. Là, face à l'abomination, il est alors saisi de son premier effroi et ce ne sera pas le dernier. Magnifiquement rédigé, ce récit nous dépeint, avec un luxe de détails, l'organisation des différentes corporations londoniennes, celles des peintres portraitristes ou des couturières pour ne parler que de John et sa compagne Lies Van Hoot, nous mène au plus près des hautes sphères du pouvoir, de celles qui dirigent et décident de tout en coulisse, nous fait cotoyer des nobles prêts à tout pour leur religion même à prendre un enfant en otage afin de contraindre son père, John Pickett, par un odieux chantage, à commettre des actes contre sa volonté. On ressent le désarroi, l'impuissance qui prennent possession du pauvre homme et plus généralement de tous les gens du peuple, soumis aux caprices du pouvoir en place. Une Société ultra corsetée, en apparence civilisée, en réalité d'une violence et d'une barbarie terrifiantes où dictature n'est pas un vain mot, où chaque parole prononcée peut vous mener à l'échafaud, où le passage de vie à trépas peut être d'une rapidité fulgurante. L'existence humaine ne tient à pas grand chose, et l'on tremble pour John, Tobias et Lies. Comment notre peintre va-t-il pouvoir se sortir de cette toile ? Cet homme inextricablement pris au piège, impuissant face aux complots et décisions des grands de ce monde, tremblant dès ses premiers pas dans le château de Ambrose Beaufort, comte de Huntington, apeuré jusqu'en son atelier, son quartier londonien, et presque terrassé de terreur enfermé à la tour de Londres avec son enfant...oui, comment pourrait-il réussir à sauver sa peau et ses proches ? Son grand effroi devient le nôtre, s'amplifiant inexorablement page après page. Une fresque historique magnifique et puissante donnant la part belle aux plus modestes, à ceux que les puissants ne veulent pas prendre en considération, qu'ils pensent pouvoir utiliser comme des pions sur leur échiquier politique et qui pourtant pourraient être le fameux grain de sable.... Majestueux roman ! Quatrième de couverture Il a vu ce qu'il n'aurait jamais dû voir, son fils est pris en otage pour garantir son silence. Sous le règne d'Élisabeth Ière, John Pickett, homme de la Renaissance, dessinateur, se trouve ballotté dans la lutte féroce qui oppose des conspirateurs catholiques au service de renseignement de Sir Walsingham. Il a vu ce qu'il n'aurait jamais dû voir, et son fils Tobias est pris en otage pour garantir son silence. Sous le règne d'Élisabeth Ière, reine d'Angleterre, John Pickett, homme de la Renaissance, dessinateur, peintre portraitiste, géomètre et ancien soldat du corps expéditionnaire anglais aux Provinces-Unies, se trouve ballotté dans la lutte féroce qui oppose des conspirateurs catholiques au service de renseignement de Sir Walsingham, le maître-espion de la souveraine. Plusieurs notables sont assassinés, dans des circonstances aussi mystérieuses que spectaculaires, qui le désignent comme coupable. Il doit, pour se tirer d'affaire, exécuter une mission qui lui fait côtoyer les pires horreurs de la Tour de Londres et celles du sinistre gibet de Tyburn. Dans la capitale en plein essor économique et démographique, entre religion et superstition, entre science et alchimie, un nouveau monde est en train de naître. Mais il importe de se conformer à l'ordre dominant si l'on veut échapper aux persécutions religieuses ou à la misère sociale qui guette ceux qui n'ont pas de protecteur. Comment John, sa compagne hollandaise Lies et le jeune Tobias survivront-ils dans ce tourbillon ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- On la trouvait plutôt jolie | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On la trouvait plutôt jolie Michel Bussi Presses de la Cité 12 octobre 2017 464 pages Thriller divers Chronique 18 novembre 2017 C'est un beau livre déjà en tant qu'objet avec ce bleu sombre irisé, cet argent, cette chouette en relief en couverture presque enfantine. Cette lune et ce soleil pour marquer le passage de l'obscurité amie de l'oiseau nocturne à la lumière. Une impression d'ouvrir un volume des contes et légendes africaines, où l'histoire d'une petite fille puis d'une femme et enfin d'une mère nous est narrée. Les parfums épicés des jeunes années m'ont soudain à nouveau entourée de leur protection. Cela commence ainsi, de la magie, de la tendresse, de la poésie rien que dans le titre et le prénom de l'héroïne ; de l'humanisme toujours, nous sommes dans l'univers de fausses vérités, de douceur amère, de nostalgie de Monsieur Bussi, un univers aussi très féminin où le courage est de mise pour affronter la vie, les autres, le mal toujours et encore. " Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie, vous avez trois jolis enfants, Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. " Apparences que tout cela, un mauvais sortilège a été lancé sur cette famille et sur cette guerrière opiniâtre au destin comme une déesse antique perdant et retrouvant la vue, bien obligée alors de regarder la vérité en face. Ce moment là du récit m'a encore coupé les pattes, comme dans " Les Nymphéas noirs". Je n'ai rien vu venir et au fur et à mesure que le stratagème prodigieux de l'auteur m'était révélé, je sentais mon admiration grandir. Encore une fois, un magistral tour de magie. Ce récit est un hommage à tous les réfugiés, migrants, exilés de la terre, que nous avons été, que nos aïeux furent nécessairement, que nous serons peut-être obligés de devenir. La brutalité des faits, l'inacceptable cruauté des passeurs, des profiteurs de tous ces voyageurs précaires et fragiles, l'innommable mort par noyade dans cette Méditerranée qui pour certains est un lieu de plaisir et pour d'autres un immense cimetière marin, où nul ne peut venir se recueillir sur les tombes, condamnant à un deuil sans fin insoutenable. Et pour les rescapés, le cauchemar concocté soigneusement par notre administration française bien vicieuse, bien retorse, histoire de continuer la torture de la terreur au ventre, du manque, de la solitude. Tout commence banalement, Leyli habite dans un tout petit logement au septième étage d'une tour de Aigues douces, les trois enfants dans la chambre, elle sur un clic clac dans le salon. Après plusieurs années de lutte courageuse, elle obtient un CDI dans un hôtel comme femme de ménage. C'est sa chance et celle des enfants pour demander à l'agence de HLM un plus grand appartement, au moins 60m2. Tout se passe bien, les nuages s'éloignent enfin. Au même moment, le corps d'un représentant de commerce est découvert dans un hôtel, une trace de prise de sang et les veines des poignets sectionnées. " Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits.... " Poignant, dérangeant, paniquant, bouleversant, remarquable en un mot . Et la chanson de Pierre Perret tourne sans fin.... Quatrième de couverture Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits... Un suspense renversant et bouleversant. " – Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. – Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l'essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l'un d'eux, l'un d'eux peut-être, échappe au sortilège. Elle ferma les yeux. Il demanda encore : – Qui l'a lancé, ce sortilège ? – Vous. Moi. La terre entière. Personne n'est innocent dans cette affaire. " Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits... Un suspense renversant et bouleversant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La chute du Flamboyant | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La chute du Flamboyant Marc Hélias Brava 1er décembre 2022 300 pages Roman Chronique 13 février 2023 « Nous n'avons qu'une planète pour vivre Nous devons nous comprendre et nous respecter, vivre en paix les uns aux côtés des autres et illustrer ce que nos traditions respectives nous offrent de meilleur. Ce n'est pas aussi simple que nous le voudrions. Raison de plus pour nous y employer avec plus d'ardeur, y mettre tous nos moyens et y engager tout notre cœur. » Kofi Annan, prix Nobel de la paix. Deux choses m'ont interpellée dès le début hormis la belle couverture du roman : - L'amour et le profond attachement de l'auteur pour Tahiti, son peuple, sa civilisation et ses coutumes. Donc l'envie de faire partager sa passion pour ces terres et ces habitants. - La jeunesse de l'écriture, sa fraîcheur, afin de coller au mieux au personnage principale, Jackie. Tout est dit avec douceur et pourtant les sujets abordés ne sont pas légers, loin de là. Le vitriol est toujours dans sa bouteille mais des effluves s'en échappe ; que ce soit la description du milieu bourgeois catholique coincé dans le quartier huppé du Panthéon à Paris, ou le comportement "colonialiste" et "suffisant" de certains métropolitains blancs sous contrat en Polynésie française, Marc Hélias est d'une justesse sans concession avec tous ceux qui jouent en permanence un rôle, qui par leur mal-être et leur inadaptation gâchent la vie des autres. Ainsi Jackie, adoptée par des parents de la bonne société, confrontée à un père irascible et autoritaire, une mère accrochée à sa religion et aux livres qu'elle écrit, accepte de tenir la fonction qui lui a été attribuée depuis son arrivée auprès du couple. Bonne élève, studieuse, elle s'octroie des plages de liberté encadrée avec une de ses copines. C'est une adolescente par le comportement et le positionnement au monde, non une jeune fille qui devrait se jeter dans la vie avec gourmandise. Elle est sous contrôle parental et celui qu'elle s'inflige. Elle ne se pose aucune question sur son histoire personnelle, son pays, les raisons qui ont poussé sa mère biologique à l'abandonner. Silence total jusqu'à ce que ses parents lui offre un billet d'avion pour Papeete. En fait le père vient d'obtenir un poste de directeur de l'université pour trois ans. Jackie ne le sait pas mais en traversant les océans, elle va remonter le temps, passer à travers tous les miroirs aux illusions pour atteindre sa Terre, les siens, elle-même. Ce sera un parcours initiatique difficile, douloureux, une épreuve presque insurmontable pour cette femme en devenir. Entre roman sociétal et polar, car deux hommes sont assassinés, ce texte nous plonge dans un autre monde, loin des cartes postales et des certitudes. Les conséquences positives ou non de la présence française sur le territoire sont présentées avec impartialité. Plus encore, l'auteur nous offre l'occasion de ralentir, de nous conjuguer au présent et non plus au passé ou au futur. L'espace temps, sa notion est différente. Pour Jackie, redevenant peu à peu Nakura, elle est à la croisée des chemins... Parisienne ou polynésienne ? Qui est-elle ? Qui sont ses parents d'origine ? Le majestueux Flamboyant qui l'a accueilli à son arrivée lui chuchotera peutêtre la vérité ? Que représente réellement cet arbre dans l'existence de la jeune fille ? Quel mystère protège-t-il ? Surprise ! Quatrième de couverture Jackie, jeune parisienne fraichement sortie des meilleures écoles de la capitale, vit paisiblement dans le confort d'un appartement cossu du Ve arrondissement avec ses parents. D'origine polynésienne, adoptée très jeune, elle ne sait rien ou plutôt ne veut plus rien savoir de son passé. Mais tout va basculer le jour où ses parents adoptifs lui offrent un billet d'avion pour Tahiti afin qu'elle connaisse ses origines et y découvre sa culture. Entre Paris et Papeete, Jackie deviendra Nakura en retrouvant sa mère biologique. Une femme courageuse et aux grandes valeurs qui vit dans une relative pauvreté en banlieue de Papeete. La réalité de la vie et les drames qui peuvent en découler vont s'imposer à elle et la changer à jamais. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les fantômes d'Eden | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les fantômes d'Eden Patrick Bauwen Albin Michel 2014 631 pages Thriller Chronique 23 juillet 2018 « Salut Paul, tu nous as manqué... Où étiez-vous passés, toi et ta petite bande ? ... Et ton père, et la vieille Abigail ? Elle aussi nous a manqué, sacrée vieille sorcière... Vous devriez revenir, nous nous languissons.... Prenez votre barque, laissezvous guider sur les Eaux Sombres.... Nous serons toujours là pour toi, Paul, bruissant et dansant sous la lune... Les marais sont si beaux, et nos racines dissimulent tant de choses merveilleuses... Reviens quand il fera nuit, tu verras par toi-même : il y aura des lucioles et des grillons, et des lamantins et des reptiles, et des serpents et des araignées d'eau, et peut-être une ou deux surprises... Oui, une ou deux surprises plus étranges encore... Reviens-nous vite, Paul... Laisse-toi bercer... Nous t'accueillerons, nous nous occuperons de toi. » Tout est là dans ce passage ... Je pourrais m'arrêter ici tout simplement.... J'ai eu la sensation de basculer en permanence entre « Oliver Twist », « Peter Pan » et « Sur les hauteurs du Mont Crève-coeur » d'un maître pour moi , Thomas H. Cook. Entre la magie de l'enfance, des bandes de potes à la vie à la mort, avec son chef « Capitaine, mon Capitaine », des amours pour toujours, des monstres cachés, de la touffeur des Everglades, de la moiteur des marais, de la faune vorace à l'affût, des cris dans la nuit « Nnnnnnnuuuuuueeeee » , des adultes incompréhensibles et faillibles, des ennemis jurés, d'un tueur qui soudain frappe mais se trompe de cible. Un roman tendre, enfantin, puis thriller étouffant, anxiogène, violent comme ces orages d'été sur ce sud des USA, comme ces ouragans qui emportent tout.... Hypnotique, poétique, charnel, puis terrifiant ... La haine comme l'amitié ou l'amour traversent les années, inchangés... Un beau livre, simplement, inspirant. Une phrase en particulier a fait écho dans mon coeur et mon esprit : « Accroche-toi à tes rêves ! Tu le dois à trois personnes : À toi aujourd'hui, à l'enfant que tu as été, au vieil homme que tu deviendras. Ne les déçois pas ! » Été 1978, cinq copains , Paul Becker, le capitaine, Stan Monroe dit Stan le Dingue, Cameron Cole dit Big Cam, Jerry Goodritch dit le Bigleux, et la ravissante Sarah Lewis, âgés plus ou moins de douze ans, décident d'emprunter la barque du père de Paul pour aller dans les Eaux Sombres, situées à la pointe sud de la Floride, dans les Ten Thousands Islands. Une épopée comme les mômes inventent pour partir à la poursuite d'une créature mythologique, le « Minotaure ». Ils sont encore des enfants, plus pour très longtemps. Un meurtre va être commis, et 30 ans plus tard, ils devront payer... Alors l'un d'eux va être assassiné, et le narrateur Paul va pister le coupable, bien obligé : le mort c'est lui .... Qui en a voulu à sa vie.... ? Je m'arrête là pour respecter la brièveté de la quatrième de couverture... Quatrième de couverture Paul Becker (le héros de Monster) est au fond du gouffre. Obèse, divorcé, dépressif, ruiné... Il échappe miraculeusement à une tentative de meurtre alors qu'il s'est réfugié dans le parc de Yellowstone pour tenter de se refaire une santé. Mais il laisse croire à sa mort et se lance dans une enquête méticuleuse qu'il oblige à exhumer ses souvenirs d'enfance et les énigmes de son passé en Floride dans les années 70 pour découvrir qui a commandité son meurtre et pourquoi. Alternant le récit de l'adolescence de son héros, des frasques de sa petite bande d'amis en mal d'aventures, et celui de la traque de son "meurtrier", Bauwen nous embarque dans une aventure pleine de rebondissements. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La cabane des pendus | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La cabane des pendus Gordon Ferris Sixtrid 2018 10 heures 12 minutes, lu par Bernard Malaka Thriller Chronique 17 février 2019 La première version « The hanging Shed » de 2011 a été traduite par Jacques Martinache pour les Éditions Presse de la Cité en 2012 . Comme d'habitude je n'ai pas lu la quatrième de couverture avant l'audition. Premier d'une série de quatre enquêtes de Douglas Brodie comprenant « Sang d'encre » en 2012, « Le justicier de Glasgow » en 2016 et les « Adieux de Brodie » en 2018 tous parus chez Seuil. Douglas Brodie est un très bon personnage pour un romancier, ancien flic à Glasgow, il s'est engagé dans l'armée pendant la seconde guerre mondiale ; vétéran de la campagne d'Afrique, il décide de s'installer à Londres pour tenter de devenir journaliste. Il reste touché par son enfance dans une petite cité ouvrière de la banlieue de Glasgow, marqué par son ancien métier de policier, et traumatisé par ce qu'il a vu ou fait pendant le conflit mondial. C'est un homme intelligent, sensible, ironique parfois, mais sa bienveillance et son désir de justice supplantent cela. L'intérêt de ce roman, qui par ailleurs est un polar assez classique, réside dans ce héros empathique et imparfait, et la description exceptionnelle du Glasgow d'après-guerre, de la classe ouvrière écossaise courageuse et farouche, des taudis où la vie est d'une extrême rigueur, envenimée par des divisions concernant les questions religieuses. Ajoutez à cela une police et une justice corrompues et la présence de bandes de truands irlandais flirtant avec l'IRA, et le tableau est complet. Un jour, un copain d'enfance de Brodie, Hugh Donovan lui téléphone de Glasgow afin qu'il vienne l'aider sur place. Il y est incarcéré attendant d'être exécuté, accusé et jugé coupable du viol et du meurtre du jeune garçon de sa petite amie. Cet appel étonne énormément Brodie, car ils ne se sont pas quittés en bon terme, la femme en question ayant été son premier grand amour que Donovan lui a volé. Le chagrin a laissé des cicatrices encore mal refermées. Cependant c'est une bonne histoire pour un journaliste d'investigation. Donc il revient dans sa ville natale. Dès le début, que ce soit lors de sa confrontation avec le prisonnier, lors de son entretien avec l'avocate de la défense, lors de l'enquête dans les quartiers concernés par cette tragédie, et encore plus en reparlant à la mère du petit, il tique sérieusement sur la culpabilité de son ami, le dossier d'accusation est bien trop parfait et une photo va lui confirmer ses doutes. Certains éléments lui permettent d'espérer un appel de la décision rapidement. Le temps presse, il s'installe chez l'avocate qui ne le laisse pas indifférent ; il fouille, est menacé lorsqu'il approche trop de certains truands irlandais, même la police lui met des bâtons dans les roues. Quatre autres enfants disparaissent, cela devient une affaire beaucoup plus importante de tueur et violeur en série... Visite de Glasgow, des pubs, de la campagne environnante, jusqu'en Irlande avec un petit passage de presque noyade dans les eaux glacées écossaises. Mais rien y fait, il continue sa quête de justice, la voix des enfants murmurant à son oreille, suppliantes. Le voilà de retour dans un monde de violence ou le Bien et le Mal s'affrontent toujours. J'ai apprécié l'interprétation en finesse et en élégance de Bernard Malaka, sa voix un peu aiguë est parfaite pour jouer également les femmes, sa diction est impeccable. Je n'ai pas eu un moment de lassitude ou de décrochage. Donc un très bon enregistrement. J'ai aussi été soulagé par l'absence de jingle, c'est reposant et favorise la continuité, la fluidité du texte. Donc à première vue un polar classique qui ne l'est pas tant, grâce au talent de l'auteur écossais Gordon Ferris, un ancien du ministère de la défense, de la nature de son personnage principal qui se révèle être plus en clair-obscur et secret, et ici de l'interprétation de Bernard Malaka. À découvrir ! Quatrième de couverture 1946. Douglas Brodie, ancien policier, est rentré de la guerre depuis quelques mois lorsqu’il reçoit un appel de Hugh Donovan, un ami d’enfance qu’il croyait mort au combat : condamné pour le viol et le meurtre d’un petit garçon, il va être pendu dans quatre semaines. Afin de prouver l’innocence de Hugh, Brodie replonge dans le décor poisseux de leur enfance et la misère de la banlieue de Glasgow. Il se trouve une alliée de choix en l’avocate de Hugh, Samantha Campbell, mais le temps presse, et ni le gang local ni la police ne semblent vouloir leur faciliter la tâche. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Banni des Hautes-Terres | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Banni des Hautes-Terres Alain Delage De Borée 10 juin 2021 363 pages Historique Chronique 17 juin 2021 Se Canta, que canta, S'il chante, qu'il chante, Canta pas per ieu, Il ne chante pas pour moi, Canta per ma mia, Il chante pour ma mie Qu'es al luènh de ieu. Qui est loin de moi. Si vous ressentez le besoin de prendre un grand bol d'air frais, d'authenticité, de simplicité, de camaraderie, de ressentir une bonne fatigue née d'un travail physique, si vous aimez les grands espaces, si vous avez le respect de la nature, de ses rythmes, de ses règles, si vous admirez la mission que ce sont donnée les éleveurs, agriculteurs, paysans, si enfin l'évolution de notre monde actuel vous inquiète terriblement, ce livre sera une halte salvatrice au milieu des vaches, veaux en compagnie des cinq buronniers, ces montagnards chargés de fabriquer des fromages à partir du lait de centaines de bêtes, partis pour cinq mois sur les hauteurs de l'Aubrac. Vous rencontrerez Armand Ligourel qui en mars 1890, venant de réussir son passage au conseil de révision, prêt à faire son service militaire, au lendemain de cette victoire fêtée avec son grand-père maternel Jules, son père Gustave et sa mère, sans oublier Marthe, sa petite sœur, voit avec stupeur au seuil de la ferme familiale deux gendarmes venus pour l'arrêter !!! Et pas pour rien, pour meurtre ! Il est vrai que sur le chemin du retour après avoir bu quelques verres avec ses amis, il a préféré rentrer par les bois profitant de l'occasion pour relever en cachette ses pièges et collets. Quelle ne fut pas sa surprise de tomber sur deux hommes en cariole venus pour enterrer un cadavre ni vu ni connu ! Il a préféré se carapater dans la nuit sans voir que le certificat avec son numéro de tirage obtenu au conseil de révision passé dans le ruban de son chapeau est resté accroché à une branche. Ce document et le numéro ont permis aux gendarmes de remonter jusqu'à lui. L'affaire est vite pliée, il doit être déféré. C'est sans compter sur la pugnacité de son grand-père qui ne l'entend pas de cette oreille et l'aide à s'échapper et rejoindre l'Aubrac plus au Nord, région de son père Gustave. L'oncle de ce dernier pourra le loger en attendant que le véritable coupable soit découvert. Nous voilà sur les routes avec notre jeune ami qui va de déconvenue en déception. À destination, il est trop tard, l'oncle est décédé et son enterrement de déroule sous ses yeux. Que faire ? Il lui faut un toit et un travail ! Le curé va l'aider et de fil en aiguille le voilà engagé pour les estives comme apprenti buronnier. Pendant cinq mois il va partager un masuc ou buron bâti sur les plateaux de l'Aubrac avec : Le cantalès, le chef de groupe, Louis Delcros Le premier pastre, Gilbert Fournier qui avec notre Armand s'occuperont de la traite des vaches. Le vedelièr, Émile Chardaire, ayant la charge des veaux. Et enfin le rol, Sylvain Delcros, le jeune fils de Louis, qui prend soin des vaches et est au service des adultes. Dans ce paysage grandiose, loin de tout, il pense être à l'abri, est heureux d'apprendre un nouveau métier, de partager le quotidien de ces hommes francs et durs à la tâche, de découvrir les us et coutumes de cette région, même s'il ne comprend pas pourquoi le curé lui a conseillé de changer son nom de famille ! Quel secret son père a-t-il bien pu lui cacher ? De plus, avant son départ pour les estives, il est tombé amoureux de la fille de son patron Pierre Anglade, la belle Cécile. La trêve sera de courte durée, déjà l'annonce de la mort du frère de Pierre, Paul, apportée par les gendarmes la veille du départ n'est pas de bon augure, et le destin est en marche quoique fasse Armand. Il va bientôt frapper à nouveau. « Ne baisse jamais les bras, petit ! Après un crépuscule dévastateur, il naît toujours une aube régénératrice. » Magnifique roman de terroir, superbement écrit, passionnant, bluffant et touchant quant à la reconstitution des décors, des modes de vie, ce récit est également un "polar" tortueux et retors à souhait ménageant de sacrées surprises et des retournements de situations imprévisibles. J'ai été happée par cette histoire, par cette région, par ce thriller historique prenant racine voici plusieurs générations en amont... De son séjour sur les hauts plateaux, Armand reviendra-t-il plus fort de la vérité, des épreuves traversées, de l'amour découvert, de l'expérience en tant que buronnier ? Somptueux ! Cela me laisse nostalgique ... Quatrième de couverture Mars 1890, Armand Ligourel, tout juste sorti du conseil de révision qui l'a déclaré apte au service militaire, se retrouve injustement accusé d'un assassinat. Il réussit à s'échapper vers l'Aubrac, terre de son père, où il arrive pour la montée aux estives. Il va y découvrir le métier de buronnier, les valeurs de ces montanhièrs et leur sens de l'honneur sous leurs dehors rustres, au milieu d'étendues immenses. Son séjour dans cette petite Sibérie sera l'occasion aussi de percer les secrets de sa famille paternelle, une histoire de vengeance hors du commun qui remonte à plus de deux générations ... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Démons de l'inspecteur | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Démons de l'inspecteur Philippe Grandcoing De Borée Le 7 mars 2024 aux Éditions De Borée dans la collection Vents d'Histoire, 282 pages. 282 pages Polar historique Chronique 20 avril 2024 La septième enquête de l'antiquaire Hippolyte Salvignac "Mais qui a bien pu assassiner la femme de Jules Lerouet, réveillant tous ses démons ?" Drame absolu en ouverture de ce dernier opus des enquêtes de Hippolyte Salvignac et de l'inspecteur Jules Lerouet. En effet, la compagne de celui-ci est assassinée dans l'auberge familiale. Leur petite fille Victoire a tout entendu et a réussi de justesse à échapper au criminel. La scène d'ouverture nous plonge immédiatement dans un gouffre de terreur et de tristesse. La terre s'ouvre sous les pieds de Jules Lerouet, terrassé, en fureur, au bord d'exploser ou de s'écrouler. Le couple Hyppolite et Léopoldine ne sait plus que faire. La jeune peintre, marraine de la petite fille, propose de la prendre sous son aile le temps que son père reprenne son souffle, le temps également que l'on sache qui a commis cette atrocité. Jules n'est plus en odeur de sainteté au 36 depuis que sa double activité de privé a été découverte par sa hiérarchie. Un autre incident gravissime s'est ajouté à la liste des griefs établie à son encontre. Totalement abattu par son deuil, il sait pourtant qu'il doit se reprendre, car la France tremble alors que la bande à Bonnot laisse une traînée de cadavres derrière elle, que le gouvernement tremble sur ses fondations face à la menace anarchiste et qu'enfin, La Joconde n'a toujours pas été retrouvée. La police a mauvaise presse et le comportement borderline de Lerouet n'est pas fait pour rassurer ses supérieurs. Mais bien vite Hippolyte et son ami reprennent leurs vieilles habitudes, leur instinct de chasseur s'étant réveillé. Une question se pose : Madeleine était-elle visée en raison de son passé de prostituée ou son compagnon est-il la cible réelle ? Et de qui ? Quelqu'un se venge -il ? Un criminel envoyé en prison ou au bagne grâce à Jules ? Un autre policier jaloux de lui ? Victoire est-elle en danger? Les pistes se multiplient ! Dans le doute, l'enfant reste sous la bonne garde du couple et Jules entre dans la clandestinité afin d'enquêter. Tous vont devoir traverser les feux de l'enfer alors que le pays vit un des moments les plus tragiques de son histoire judiciaire. Toujours remarquablement écrit et parfaitement documenté, ce septième tome confirme le grand talent de conteur de Philippe Grandcoing. J'y ai été plus sensible, attachée aux personnages et donc "bouleversée" par le drame autour duquel toute l'intrigue est organisée. Quatrième de couverture Mars 1912. Alors que la France frémit d'horreur à la lecture des exploits sanglants de la bande à Bonnot, l'inspecteur Jules Lerouet mène de son côté une traque bien plus personnelle, mettant en danger sa carrière et sa vie afin de venger la mort de sa compagne. Sur la piste d'un mystérieux tueur, réussira-t-il, avec l'aide de ses amis Hippolyte et Léopoldine, à découvrir qui s'en prend à ses proches ? Résoudra-t-il cet autre mystère qui lui tient à coeur : la disparition de la Joconde, dérobée au Louvre quelques mois plus tôt ? Dans ce septième volume des aventures de l'antiquaire et détective amateur, Philippe Grandcoing continue d'explorer la France de la Belle Époque avec les yeux de héros toujours aussi attachants. Cette fois, il emmène le lecteur dans un univers plus inquiétant, où se déchaînent les passions de l'âme humaine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'allègement des vernis | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'allègement des vernis Paul Saint Bris Philippe Rey Le 12 janvier 2023 352 pages roman Chronique 1 février 2025 La version poche vient de sortir début janvier 2025. Prix Orange du livre 2023 entre autres. Livre multiprimé qui le mérite amplement : emprunté à la médiathèque, je l'ai acheté car la nécessité de l'avoir dans ma bibliothèque s'est imposée. "Aux inquiets, aux confiants, à ceux qui embrassent dans une même étreinte le passé et l'avenir. " "Au printemps, de quoi rêvais-tu ? Vieux monde clos comme une orange Faites que quelque chose change." Jean Ferrat Passionnante découverte de l'envers du décor qu'est le plus beau musée du monde, le Louvre, à l'heure du tout numérique, du wokisme, du règne incontesté des apparences, de l'image, du jeunisme à tout prix même pour la célébrissime Joconde. Un petit rafraîchissement ne ferait pas de mal, et pour cela allégeons les vernis qui lui verdissent le teint. Oui, mais ATTENTION, chef d'oeuvre oblige, il va falloir trouver le maître capable de cet ouvrage sans dépasser la limite avec ses petits cotons tiges. Pauvre Aurélien, directeur du département des Peintures, lui qui a son cœur et son corps défendants, si peu adapté à cette nouvelle ère du tout rapide, du tout kleenex, du tout refait, du bling bling, du botoxé, des dispendieux cabinets conseils made in US, doit trouver la perle rare de la restauration, un artiste, un vrai, pas un simple tâcheron ou artisan mais bien un créateur, un novateur à la hauteur d'un Leonardo da Vinci, si cela est possible. Ici l'on découvre ce métier sous forme de sacerdoce, de mission, l'histoire de cette profession et sa métamorphose au cours des siècles. Ce sera donc un italien à l'œil de braise et au talent fou accompagné de deux amantes magnifiques. Le Louvre c'est aujourd'hui La Joconde et inversement : très réducteur mais nous sommes dans une société de simplification extrême, culturellement appauvrie, coupable d'être amnésique : oubliées les milliers de pièces admirables que regorgent ce lieu de beauté absolue. Et les questions épineuses du retour des œuvres à leurs pays d'origine se reposent douloureusement, politiquement. Qu'en est-il de Monna Lisa ? Volée aux Italiens ? Vraiment ? Petits flashbacks nécessaires pour bien comprendre le passé de ce portrait qui n'était destiné à être vu que par son propriétaire. Et d'ailleurs, la destination de toutes ces merveilles est-elle vraiment d'être exposées ainsi à la foule ? N'est-ce pas sacrilège ? Dangereux pour des objets si fragiles ? Pauvre, pauvre, Aurélien qui se fait violence tout au long de ce récit palpitant, malheureux dans son couple, découragé (malgré son éternel happy face) dans son job, confronté, à la cinquantaine, à un passage obligé d'âge et de retour sur son parcours. N'est-il pas en train de se fourvoyer ? Et puis.... Et puis l'auteur nous fait un magnifique cadeau onirique, sublime, époustouflant, grâce au personnage extraordinaire d'Homéro. Dieu que j'ai aimé cet homme fabuleux, un ange nous rappelant où se situe la vérité ! Dans le cœur, dans la grâce d'un moment, dans une danse improbable, dans la capacité à écouter murmurer toutes ces œuvres, à les regarder vraiment, à établir un dialogue silencieux loin des savants, experts, politiques, blasés, décisionnaires. Voici un magnifique roman drôle, original, généreux, passionnant et passionné, brillant et accessible, à mettre entre toutes les mains, d'une utilité salvatrice en ces temps de brumes et de fausses vérités. J'ai adoré ces heures dans un musée du Louvre différent de celui que j'imaginais. Gratitude ! Quatrième de couverture Un premier roman captivant qui imagine la périlleuse et controversée restauration de La Joconde, le plus célèbre tableau du monde Aurélien est directeur du département des Peintures du Louvre. Cet intellectuel nostalgique voit dans le musée un refuge où se protéger du bruit du monde. Mais la nouvelle présidente, Daphné – une femme énergique d'un pragmatisme désinhibé –, et d'implacables arguments marketing lui imposent une mission aussi périlleuse que redoutée : la restauration de La Joconde. À contrecœur, Aurélien part à la recherche d'un restaurateur assez audacieux pour supporter la pression et s'attaquer à l'ultime chef-d'œuvre. Sa quête le mène en Toscane, où il trouve Gaetano, personnalité intense et libre. Face à Monna Lisa, l'Italien va confronter son propre génie à celui de Vinci, tandis que l'humanité retient son souffle... Ce roman au style vif porte un regard acéré sur la boulimie visuelle qui caractérise notre époque, sur notre rapport à l'art et notre relation au changement. Paul Saint Bris met en scène une galerie de personnages passionnants en action dans le plus beau musée du monde. Jusqu'au dénouement inattendu, il démontre, avec humour et brio, que l'allègement des vernis peut tout autant bénéficier aux œuvres qu'aux êtres qui leur sont proches. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au fond de l'eau | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au fond de l'eau Paula Hawkins Sonatine 2017 405 pages traduites par Corinne Daniellot et Pierre Szczeciner Thriller Chronique 18 décembre 2017 Après l'immense succès de « La fille du train », le deuxième roman est toujours attendu au tournant. Celui-ci est à mon humble avis également une réussite, plus machiavélique sur le plan de la construction, nous lançant sur des pistes afin de nous perdre, naviguant entre le passé terrifiant et aujourd'hui, pour renforcer l'angoisse et le mystère. Plusieurs groupes de personnages sont à suivre avec attention, et omniprésents sont le Bassin des noyées et la rivière tortueuse et trompeuse. Danielle Abbott ou Nel est retrouvée noyée au pied de la falaise donnant sur le bassin où au fil des siècles plusieurs femmes et enfants ont été tuées, sacrifiées, se sont suicidées. C'est un lieu lourd de souvenirs terribles pour les habitants de cette petite localité d'Angleterre. Julia petite sœur de Nel, qu'on appelle Jules, arrive au moulin où vivaient Nel et sa fille Lena. Dès le départ, la jeune fille est sur la défensive, contre sa tante car celle-ci n'a jamais répondu aux onze appels de sa soeur en trois mois. Elle rend responsable Jules du suicide probable de sa mère. Cependant rien n'est encore prouvé et l'inspecteur Sean Townsend accompagné du sergent Erin Morgan, nouvellement mutée, tient à établir la vérité. De plus, le suicide quelques mois plus tôt de la meilleure amie de Lena, Cathie, semble être lié à cette nouvelle tragédie. Pour Jules revenir sur les lieux de son adolescence est presque insurmontable, tous les souvenirs et la douleur remontent en flashbacks pénibles. Pour toute la communauté formée en particulier de Sean et sa femme Helen directrice de l'école et son père Patrick ancien flic, Louise et son mari parents de Cathie ainsi que leur fils Josh, et enfin Nikkie médium foldingue, ce nouveau décès va être le déclencheur d'une révolution dans leur village. Les secrets, les mystères remontant au dix septième siècle, les disparitions de femmes ou fillettes vont devoir être élucidés. Erin nouvelle venue, plus détachée dans son analyse des évènements, va s'intéresser de près à l'ouvrage que Nel rédigeait sur l'histoire du Bassin aux noyées, et écoutera plus attentivement les propos de Nikkie en connection avec sa sœur défunte Jammie, ancienne policière au moment de la disparition, voici trente ans, de Lauren, la mère de son collègue Sean Townsend. Et toujours cette rivière qui murmure le nom des mortes, cette vérité qui se reflète dans les eaux changeantes comment autant de fragments de miroirs déformants. Tous ont des souvenirs du passé mais sont ils réels ou déformés. Et telles des Ophélies, les défuntes réclament justice du fond de l'eau.... Thriller tortueux et psychologique, entre légendes centenaires et brutalité des faits réels, c'est un roman bouleversant qui aborde plusieurs thèmes liés à la mémoire, aux douleurs de l'enfance, à l'histoire anglaise et les superstitions..... Jules et Lena vont devoir parcourir un long chemin pour se trouver et découvrir en partie la vérité. Lu d'une seule traite, je vous le recommande évidemment. Quatrième de couverture La veille de sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n'a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d'être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l'idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D'affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s'occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu'elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu'elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c'est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les infâmes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les infâmes Jax Miller Libra Diffusio 2018 464 pages traduites par Claire-Marie Clévy Thriller Chronique 27 décembre 2017 « Je m'appelle Freedom Oliver, et j'ai tué ma fille. Peut-être pas de mes propres mains, mais je pense que je me le reprocherai toujours. C'est surréaliste vraiment et je ne sais pas ce qui me fait le plus l'effet d'un rêve : sa mort ou son existence. » Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de déflorer l'histoire, ce sont plus ou moins les premières lignes du Prologue. Au fur et à mesure que les pages du livre tombaient en raison d'une reliure fragile, je sentais également mon courage, au contraire, revenir pour lire ce roman noir, sordide et même terrifiant jusqu'au bout. Premier Bestseller de l'auteure, j'ai lu le mois dernier son deuxième opus "Candyland" et savais que l'obscurité n'aurait qu'un temps. Certains thèmes abordés sont semble-t-il récurrents. L'écriture de Jax Miller sans concession, mouvante, s'adaptant à la scène, se faisant, lyrique, tendre, dramatique, infamante, presque choquante est exceptionnelle. Clarté et noirceur, pureté et malfaisance, tout est là pour vous secouer, pour ne pas vous laisser insensible ou indemne. J'ai repensé à certains passages sur les Tenardiers, lors des descriptions de la famille monstrueuse des Delaney habitant Mastic Beach dans l'état de New-York, et se prêtant à toutes les turpitudes. Et voilà que l'un de ses membres le plus dégénéré et violent Matthew, est relâché après 18 ans de prison. Sa mère, baleine cocainomane démente et ses deux frères l'attendent avec jubilation pour enfin se mettre en chasse de la responsable de son enfermement, son ex belle sœur Ness. Ils sont tous persuadés qu'elle a tué Mark le dernier de la fratrie, le flic, et qu'après avoir bénéficié d'un non lieu, elle a laissé des preuves pour incriminer Matthew. La meute est sur les crocs, seul Peter le frère normal et sensé, en chaise roulante, souffre douleur de cette famille toxique et haïssable sait la vérité. Il va donc agir de son côté. Les deux ans pendant lesquels Ness a été en préventive ont provoqué le placement en famille d'accueil du fils Ethan et du bébé Layla dans une famille pieuse établie à Goshen , ainsi nommé d'après le pays de Goshen du Livre de la Genèse, au milieu du Kentucky. Région vers laquelle Ness ou Freedom Oliver, détruite, alcoolique, va se diriger immédiatement, dès que les agents du FBI en charge de la surveiller en tant que témoin protégé, lui apprennent la libération de Matthew. Elle sait dans toutes ses fibres que ses enfants sont en danger, son instinct ne la trompe pas. De plus sa fille aujourd'hui Rebekah Paul a disparu depuis plusieurs jours. Un malheur est arrivé, c'est certain comme les premières zébrures dans le ciel annoncent la tempête. Le vent se lève, tous les acteurs se mettent en route pour tous converger finalement vers la même terre maudite. Satan est là tout au long de ce récit, mais que peut-il contre une mère ? Quatrième de couverture Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l'Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d'avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l'énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d'années à se cacher, quitter l'anonymat c'est laisser à son bourreau l'occasion de la retrouver. Et de se venger. Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l'odyssée. Freedom Oliver, aussi écorchée et attachante que Lisbeth Salander, l'héroïne de Millénium, n'a pas fini de vous émouvoir. Les infâmes a reçu le Prix Transfuge du meilleur polar étranger 2015 et le Grand prix des Lectrices de Elle - dans la catégorie Policier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'ultime mystère de Paris | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ultime mystère de Paris Bernard Prou Anne Carrière Roman 2019 331 pages Polar Thriller Chronique 21 février 2020 Sous la facétie, le jeu, le plaisir de résoudre des énigmes, la joie sadique de nous perdre dans des labyrinthes, de nous rendre fous avec des casse-têtes, des codes, de nous faire courir du XX ème au XIV ème arrondissement.... De la« Campagne à Paris » au cimetière du Montparnasse, de nous raconter d'horribles histoires de têtes coupées, hier et aujourd'hui, ( beurk), de congélateur de la mort au fond de la banlieue, d'illuminés des premiers temps, de moines guerriers pilleurs de trésors, oui, sous tout cela, à l'origine, il y a un homme passionné, érudit, humaniste, généreux, qui sait "s'amuser sérieusement" et nous inviter à le suivre dans ses tribulations multiples et effrénées. Car je vous préviens, mieux vaut être en forme et avoir du souffle, ainsi qu'un esprit clair et des petites cellules grises suffisamment réveillées. Mais, tout débute avec Oreste Bramard, bibliophile et marchand de livres anciens, déjà rencontré dans un opus précédent, « Délation sur ordonnance » en 2017. C'est lui qui nous ouvrira les portes sur ce récit....Dès le premier chapitre, Bernard Prou nous étonne, nous bluffe avec l'entrée en scène d'un homme, et quel homme !, que nous aurions tous aimé rencontré ! (non, je ne dirai rien même sous la torture !), qui par sa seule présence place déjà le roman sous les auspices les plus mystérieux, je dirais même « alchimiques » ... Une mise en bouche se situant quatre ans avant le récit de « L'ultime mystère de Paris », avec l'entrée dans la boutique d'une ravissante jeune femme, Melinda, venue faire expertiser deux ouvrages anciens exceptionnels ayant appartenu à son père Ernest.... Hum, hum, Bernard Prou a soudain l'oeil qui frise..... Il a une extraordinaire histoire à nous raconter où la donzelle, son paternel et bien d'autres, joueront une partie dangereuse, une partie entamée dès le premier siècle de notre ère.... Casques, boussoles, plans, sacs à dos, bonnes chaussures, vêtements chauds, lampes torches, vous avez tout ? Alors descendons dans les entrailles de la terre et de l'Histoire..... Quatrième de couverture Brillant universitaire âgé d'une quarantaine d'années, Léonard Courtillac voit, au mois de mars 2013, les catastrophes s'accumuler dans sa vie : sa fiancée, Melinda, le quitte brutalement, sans un mot d'explication ; un de ses meilleurs amis, Ludovic, est décapité et, à l'exception de la tête, son corps n'est pas retrouvé ; et voilà que son mentor et ami, Michel Garousset, est assassiné en plein Paris. En enquêtant sur ces faits dramatiques, Léonard va être amené à remonter dans le passé. À se pencher sur l'amitié indéfectible qui liait, depuis les années 1960, son père avec trois élèves et un surveillant du lycée Bugeaud, à Alger. A explorer les galeries souterraines qui courent sous le cimetière du Montparnasse. Et à se pencher sur le sort d'une relique fabuleuse et d'inestimables archives historiques, disparues depuis un millénaire. Un roman à suspense qui mêle habilement ésotérisme, alchimie et souterrains de Paris, pour résoudre une énigme captivante. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Trois Filles du Capitán | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Trois Filles du Capitán Maria Dueñas Robert Laffont 18 juin 2020 560 pages traduites par Eduardo Jiménez Historique Chronique 24 septembre 2021 Fabuleuse reconstitution historique dédiée à la communauté hispanique dans le New York de 1935-36. Somptueux portraits de femmes, également, par le biais de trois sœurs et de leur mère perdues dans cette ville immense, orphelines et veuve de Emilio Arenas brusquement disparu suite à un accident stupide, en longeant un chantier. Elles n'étaient arrivées dans la cité que depuis peu, venues rejoindre un père et un mari qui jusqu'alors n'avait été capable de s'installer nulle part et encore moins de rester auprès d'elles, toujours sur les chemins ou sur les océans. Alors qu'il est depuis quelques temps dans la mégalopole américaine, il décide sur un coup de tête d'acheter une gargote en sous-sol sur la 14e rue entre Chelsea et Greenwich Village à un vieil Espagnol souhaitant retourner au pays. Il est temps de se stabiliser à la cinquantaine. Juste après cette acquisition inconsidérée, il reçoit une lettre désespérée de son épouse. Ni une ni deux, il emprunte de l'argent, encore, afin de payer quatre billets allers pour sa famille. Les liens entre ce père et mari inconséquent et ces femmes sont ténus. Pas le temps pour elles quatre de s'acclimater à ce nouveau pays, à ce quartier, d'apprendre la langue, il faut vite se mettre au travail afin de survivre et rembourser les dettes... Et bam, l'accident mortel de Emilio survient un matin aux abords d'un chantier. Bien vite, la société de construction concernée prend contact avec nos quatre Espagnoles afin de les dédommager et leur permettre un prompt retour en Espagne. Presque aussitôt, c'est un avocat Italien qui se présente à son tour pour les en dissuader et les convaincre d'intenter une action contre cette entreprise. Totalement perdues, ne connaissant personne, c'est auprès d'une de leur voisine qu'elles trouveront de l'aide et un début d'explication quant à l'empressement des uns et des autres. Grâce à cette dernière, voilà nos héroïnes malgré elles, face à une bonne soeur providentielle, haute comme trois pommes, forte en gueule, grande fumeuse devant l'Éternel et avocate. Celle-ci va les assister alors qu'elles sont entre le marteau et l'enclume, aux prises avec la pègre Italienne et les grandes entreprises du bâtiment. Ambiance très " Femmes au bord de la crise de nerfs", les portes claquent, les cris et les pleurs résonnent, on hurle, on sanglote, on menace, mais surtout on s'aime sans savoir se le dire. Victoria l'aînée n'en peut plus d'être raisonnable, Mona veut entreprendre et réussir la reconversion de la gargote en night club ibérique et latin, Luz rêve de paillettes, de sun lights, forte de son talent de chanteuse. Cependant, les hommes rôdent autour d'elles pas tous bien intentionnés. Ne parlant pas un mot d'anglais, étrangères perdues dans cette immense cité sans le soutien paternel, avec une mère nostalgique de l'Espagne d'hier et inconsolable après la mort de leur petit frère, notre trio formé par las hijas del Capitán, va devoir affronter bien des épreuves, relever bien des challenges, trouver des alliés, grandir et faire un chemin initiatique jusqu'à comprendre enfin où est sa place : aux USA ou en Espagne où déjà résonnent le bruit des bottes franquistes...? L'autrice nous réserve des moments drolissimes alors que tout semble s'écrouler, mélange adroitement rires et larmes, dresse un portrait haut en couleurs, cocasse ou critique de ce microcosme hispanique qui reste lové sur lui-même, où monarchistes et républicains s'affrontent, où loterie illégale et banditisme règnent dans une ambiance caliente. Passion, humour, cruauté du destin et drame pour un roman historique épicé qui peu à peu bascule dans le thriller ultra violent, crépusculaire. Nos trois filles du « Capitán » Emilio Arenas vont-elles réussir à survivre à la tragédie, en marche dès l'enterrement de leur père ? Magnifique roman, très intéressant quant à la reconstitution historique de la vie dans ces quartiers latinos ou au sein de la bonne société hispanique vivant retranchée derrière ses murs comme si elle était encore en Espagne. On ressent fortement les tremblements dûs aux métamorphoses du monde en cet entre deux guerres. J'ai été littéralement emportée par le vent de ce récit, heureuse d'en apprendre autant sur ce sujet de l'immigration Espagnole à New York dans les années 1930. Quatrième de couverture Trois sœurs venues d'Espagne prêtes à conquérir New York. New York, 1936. El Capitán, petit restaurant de quartier de la 14e Rue, une des enclaves de la colonie espagnole, peine à être rentable. Le décès accidentel sur les docks de son propriétaire, le casse-cou bourlingueur Emilio Arenas, oblige ses trois jeunes filles au tempérament fougueux à en prendre les rênes. Abattues mais poussées par la nécessité de subvenir à leurs besoins, Victoria, Mona et Luz devront surmonter bien des obstacles pour voir leur rêve se réaliser, celui de transformer la gargote en night-club latino. Aventures, passions, désillusions, vengeances et victoires : avec Les Trois Filles du Capitán, María Dueñas nous offre un roman haletant et envoûtant. Le livre est aussi un hommage aux femmes qui font face à l'adversité et à tous ceux qui ont le courage de vivre l'aventure – souvent épique et toujours incertaine – de l'émigration. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- C'est toi, Maman, sur la photo ? | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires C'est toi, Maman, sur la photo ? Julie Bonnie Globe 2019 203 pages Autobiographie Chronique 16 octobre 2019 Oyé oyé, tous les lecteurs autour des quarante- cinq / cinquante ans, ce texte est pour vous. Nostalgie, rires, larmes, émotions multiples et rapides comme à l'époque de notre cher bouleversement hormonal des dix/quinze ans. J'ai beaucoup aimé ce livre-retour dans le passé, l'adolescence, j'éprouve beaucoup de tendresse pour tous les acteurs de ce récit et bien évidemment pour Julie, qui me rappelle moi, dans la même situation familiale et amicale. La grande différence, c'est que j'ai fait des fringues pour tout le monde dès mes onze ans en plus du conservatoire et du lycée et non monté un groupe avec des copains. Même Souvenirs sur beaucoup de points, d'où sourire, l'oeil qui pique... La mode capillaire et vestimentaire, la recherche de sa personnalité via l'apparence, les groupes de l'époque commerciaux ou Underground, la meilleure amie qu'on adore et admire pour sa liberté, sa beauté, sa fausse force, en fait pas mal paumée... Également une fresque historique de cette Europe qui change rapidement, chute du mur de Berlin, séparation de la Tchécoslovaquie...... Puis la trajectoire va dévier pendant près de 10 ans avec ce premier groupe Myosotis, indépendant : une école de la vie, apprentissage à un vrai métier, bilan des compétences plus que positif lorsque tout explose, même si la séparation est une douleur indicible. On suivra le groupe sur toutes les routes, dans toutes les galères, tous les coups foireux, mais ils s'accrochent, de sacrés têtes de mules ou plutôt des guerriers magnifiques ou pathétiques selon les moments. L'ambiance est parfaitement recréée par Julie Bonnie, en petites touches avec honnêteté, joie, tristesse, amertume... Une adulte se retourne sur son passé et retend la main à elle-même à travers le temps. Le tandem se reforme... Écriture belle et sensible, des scènes bouleversantes ou d'une cocasserie formidable, ( la rencontre entre le groupe et des peace and love naturistes... J'en ris encore), le sentiment que cela aurait pu très mal se finir également, et que l'auteure et son compagnon Nicolas ont eu le bon instinct de survie et de la chance. Une expérience de dix ans inoubliables, qu'il fallait traverser pour construire ensuite sa propre destinée, seule ou bien accompagnée... Un beau livre sincère et émouvant... Quatrième de couverture Julie, quarante-six ans, a fait son lit et rangé sa cuisine équipée après le départ de ses enfants pour l'école. Elle est écrivaine et musicienne et, aujourd'hui, elle a rendez-vous avec Julie, treize ans, avec sa jeunesse. Sur les photos de l'époque, ses enfants ne la reconnaissent pas. Leur mère, crâne rasé, violon en main, dans la nuit berlinoise, juste après la chute du mur. Leur mère enroulée dans un camion qui traverse les nouvelles frontières et mène aux scènes underground d'Europe de l'Est ? Inimaginable. Et la gamine survoltée qui a la rage et hurle dans le micro, est-ce qu'elle reconnaîtrait la femme qu'elle ne pensait jamais devenir ? Ce livre, c'est le groupe qu'elles forment à elles deux. Sa musique est pugnace, douce-amère, entêtante. Dans sa lucidité, elle nous berce tous." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un été d'orage | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un été d'orage Corinne Javelaud de Borée Le 11 septembre 2025 274 pages historique Chronique 25 septembre 2025 Paru dans la collection Terres d'écriture " Le courage est le prix que la vie exige pour accorder la paix " Amélia Earhart, aviatrice américaine. (1898-1937) " Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde " Charles Baudelaire 1842-1954 12 ans séparent une mère et sa fille, Eulalie et Beata. Les deux ont eu un accident de voiture. Silence sur le drame, brouillard régnant sur la mémoire, ignorance insupportable des évènements antérieurs à cet instant fatidique. 3 mars 1942 Eulalie Fontanel, mère d'une petite fille, est seule à se débattre au quotidien depuis que son mari, Lazare, est prisonnier de guerre. La grande débâcle a entraîné la France dans les tourments de l'occupation nazie. Partout la croix gammée déclare la capitale ville ouverte, vaincue. Les bombardements aériens sont légion, la maison de la jeune femme à Boulogne-Billancourt est pulvérisée. Le quartier de la Saussière non loin des usines Renault, collaborant avec l'occupant, a été la cible parfaite. Vite ! Retrouver la petite, courir chez celle qui la garde, Berthes Vandman, et la serrer enfin dans ses bras, soulagée. Mais comment survivre maintenant ? Pour Berthes ne s'étant pas déclarée aux autorités quant à son statut de juive, partager son logement avec la mère et la fille présente beaucoup d'avantages. La cohabitation débute ainsi. Elle est belle Eulalie, un physique de danseuse de revue très vite repéré par un certain André Dolitor, régisseur au Théâtre des Folies Bergère, un jour d'automne 1940 dans le métro. Pour celle qui rêvait de danser à l'Opéra, il n'est pas facile de s'imaginer évoluer presque nue devant un public à moitié allemand. Mais elle n'a pas le choix, la place offrant certaines facilités en nature et un bon cachet. Bien vite un haut gradé de l'Abwehr, Lubin Von Baden, la remarque, il prend son temps, la courtise, resserre l'étau autour de sa proie. Danger ! Fuir ! Paris, août 1954 Beata est aujourd'hui une jeune fille, élevée par les sœurs après l'accident. Alors qu'elle atteignait enfin ses 17 ans, son père Lazare la retrouve et l'emmène chez lui dans le XVe arrondissement de Paris. Une nouvelle vie débute pour celle qui ne peut oublier sa mère et qui s'interroge sur ce qui s'est réellement passé sur cette route de Charente. Pourquoi y sont-elles allées ? Comment le drame est-il survenu ? Beata sait que si elle veut construire sa vie, elle doit le faire sur de solides fondations. Or, tout n'est que brume. Elle ne se souvient de rien de précis, elle était trop petite. Son père ne souhaite pas se replonger dans son passé, il reste fuyant. C'est en retrouvant sa nounou Berthes que peu à peu elle peut enfin commencer à reconstituer le puzzle. Elle découvre alors tout un pan de l'existence de sa mère dans le Paris by night de l'occupation. Notre amie ne sera pas au bout de ses surprises, certains protagonistes de ce récit ayant de lourds secrets à cacher. L'enquête commence pour Beata tendant ainsi la main vers sa mère à travers le temps. La rencontre aura-t-elle lieu malgré les orages qui ne cessent de gronder ? Voici une belle reconstitution d'un Paris occupé puis d'après guerre où de nombreux dangers guettent les belles jeunes femmes. Quatrième de couverture 1942. Dans un Paris occupé dans lequel elle se sent prisonnière, Eulalie Fontanel tente de survivre. En acceptant de devenir danseuse aux Folies Bergère pour nourrir sa fille Beata, elle a l'impression de trahir son mari, envoyé au front. Le pire, c'est d'avoir attiré l'attention de Lubin Von Baden, un mystérieux officier de l'armée allemande qui la poursuit de ses assiduités. Alors, pour son bien et celui de sa fille, elle décide de fuir et se réfugie chez des cousins en Charente. Des décennies plus tard, Beata tente de découvrir les secrets de cette époque troublée lors de laquelle sa mère tentait d'échapper aux orages de la guerre. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Voix des vagues | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Voix des vagues Jackie Copleton Les Escales 2016 302 pages traduites par Freddy Michalski Historique Chronique 8 septembre 2019 Jackie Copleton a enseigné l'anglais pendant plusieurs années à Nagasaki et à Saporo. Elle vit désormais avec son mari à Newcastle, au Royaume-Uni. Ceci posé, la connaissance intime de la culture et de l'esprit japonais, et la délicatesse avec laquelle est abordé, par Jackie Copleton, l'horreur de l'utilisation de l'arme atomique et ses conséquences, sans oublier la question du deuil et de la perte des êtres chers, sont après lecture de sa courte biographie, compréhensibles. Elle est la bonne personne ! L'écriture est magnifique, d'une grande maîtrise, le suspense savamment dosé, les découvertes imprévisibles dévoilées lentement et sûrement... Tout n'est qu'apparence, la vérité enfin mise en lumière permettra-t-elle à une japonaise âgée, exilée aux États-Unis après la catastrophe de Nagasaki, veuve, seule, de reconnaître en l'homme défiguré qui se présente à sa porte son petit-fils prétendument mort en août 45 dans son école ? Pourra-t-elle pardonner aux autres, se pardonner, affronter la réalité ? De même, on se questionne sur les raisons de la culpabilité de cette survivante, de la responsabilité que cette femme porte étonnamment sur ses frêles épaules, suite à des évènements extraordinaires, à imputer en fait aux gouvernants, ayant tué sa fille et son petit-fils : son mal être prend peut-être sa source dans des faits très anciens, avant la guerre, dès sa jeunesse. Un mystère plane sur tout ce récit, permettant à l'auteure de nous décrire Nagasaki et sa région pendant les premières années du XX ème siècle, de nous faire découvrir la société japonaise en pleine mutation, la vie et la condition des femmes dans ce monde moderne naissant. Bouleversant, très intelligent, un premier roman d'une grande qualité, dense, complet, original. Beau, très beau. Quatrième de couverture Une réflexion poignante sur la famille et le pardon Lorsqu'un homme horriblement défiguré frappe à la porte d'Amaterasu Takahashi et qu'il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s'il dit la vérité ? Ce qu'elle sait c'est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu'elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l'arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord. Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu'elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L'apparition de l'étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d'où s'échappent les souvenirs qu'elle a laissé derrière elle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















