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  • Le Fils du Dragon

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Fils du Dragon Jean-Luc Aubarbier City Editions 8 février 2023 320 pages Polar historique Chronique 27 février 2023 Une enquête de Cavaignac et Karadec Machiavélique et envoûtant : Un thriller au cœur de l'histoire et des religions. "Au bout de sept cents ans, le laurier reverdira." Prophétie prononcée par Guillaume Bélibaste, dernier Parfait d'Occitanie, sur son bûcher, à Villerouge -Terménès, dans l'Aude, le 23 août 1321. Septième opus donc d'une série consacrée aux enquêtes de Cavaignac et Karadec. Je ne les ai pas lus, mais je n'ai pas été gênée dans ma lecture malgré mon ignorance de certains évènements anciens et j'ai pu constater également que l'auteur ne dévoilait rien du passé pour ceux qui voudraient reprendre la saga à son début. Parfait roman d'action, d'aventures, sur fond de secrets historiques, de mystères et de prophéties, en veux-tu en voilà. Un couple charismatique formé par deux archéologues, Marjolaine Karadec et Pierre Cavaignac, des très très méchants néonazis formant une sorte de groupe sectaire épris d'un ésotérisme singulier, une énigme concernant le destin des derniers Cathares et leur destination après leur fuite. Et évidemment un trésor, le Graal qui revêt différentes significations et formes selon que l'on soit historien, chrétien ou nazi... Un petit rafraîchissement de nos connaissances s'impose que ce soit sur les croyances des Parfaits, le fonctionnement du Temple ou les certitudes délirantes d'un Himmler ou d'un Rosenberg et autre général Wiligut concernant une prétendue religion de Gôt et de Krist. Tiens, tiens, mais quel est le lien entre les Cathares, les Templiers et les Nazis ? Tout ceci est une fiction bien sûr, basée cependant sur une interrogation toujours d'actualité : que sont devenus les Cathares réfugiés en Espagne ? Un thriller crépusculaire sur lequel planent les ombres du passé criant vengeance et exigeant la justice ! Quatrième de couverture « Depuis ce jour, les héritiers mâles semblaient n'être qu'un seul et immortel guerrier. Ils étaient les fils du Dragon. » Sur son lit de mort, un vieil aristocrate excentrique arrache une promesse à ses amis, les archéologues Marjolaine Karadec et Pierre Cavaignac. Ils devront poursuivre ses recherches sur l'énigme à laquelle il a consacré sa vie : découvrir ce que sont devenus les Cathares, réfugiés en Espagne, et le fameux Graal. Les deux archéologues sont loin de se douter que cette promesse faite à un mourant va les plonger dans les ténèbres. Sur la route des Templiers, ils se heurtent à l'ordre secret du Minotaure qui puise sa source dans les croyances ésotériques du régime nazi. De plus en plus puissante, cette secte n'hésite pas à faire couler le sang et à tuer pour tenter de s'emparer du secret historique des Cathares. En effet, le posséder, c'est détenir la source d'un pouvoir incommensurable et destructeur.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Chanson Bretonne, L'enfant et la guerre, Deux contes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Chanson Bretonne, L'enfant et la guerre, Deux contes J.M.G Le Clézio Gallimard 12 mars 2020 160 pages Historique Chronique 15 août 2021 Un splendide texte d'une grande sensibilité, une merveille impressionniste, composé de deux parties, axé sur l'Enfance... Ici l'auteur, au-delà de la simple et incomplète narration de souvenirs incertains, ce qu'il se refuse à faire, s'attache aux sensations qui furent les siennes, aux traces laissées dans son corps, dans son esprit jusqu'à aujourd'hui. Par petites touches délicates, il peint un autoportrait de l'enfant qu'il fut en temps de paix après ces neuf-dix ans, puis se replonge dans la période troublée de la guerre. Dans « Chanson Bretonne », J. M. G Le Clézio revient sur les terres bretonnes de ses étés lumineux, fouetté par les vents et les embruns, les yeux éblouis par la lumière changeante, par la beauté des paysages maritimes ou campagnards, l'ouïe encore excitée par le bruit des mouettes, du ressac, par l'accent minéral de cette langue bretonne parlée quotidiennement en ces années d'après guerre, la saveur toujours perceptible sur sa langue des galettes et spécialités culinaires de la région, les muscles encore tétanisés par le poids des brocs au retour du seul point d'eau du petit village perdu. Il reste marqué par l'authenticité de ce pays, des habitants, qui toujours ont gardé des temps anciens, lorsque Anne de Bretagne avait le pouvoir, cette autonomie morale, culturelle, ancestrale vis à vis de Paris et de la France. Ce n'est pas pour autant un texte nostalgique du style « c'était mieux avant », car lors de ses retours brefs, alors adulte puis homme dans la maturité, ce que la modernité, les nouvelles réglementations nationales ou européennes ont pu apporter à une frange de la population en très grande précarité, voire dans un dénuement extrême dans les années cinquante, n'est pas à négliger. La pauvreté était visible dans l'arrière pays, les gens étaient rudes à la tâche, se battaient contre les éléments, contre le destin. Souffraient-ils moins de la pollution ? Oui certainement, mais ils crevaient de faim. Les églises sont fermées, les prêtres étrangers au pays se partagent aujourd'hui entre plusieurs localités. Les petites exploitations agricoles et maritimes ont disparu effectivement pour laisser place à un autre type de structures, de moyens de commercer, de gagner sa vie. Le breton n'est plus parlé, remplacé par le français, mais des artistes, des intellectuels, des irréductibles continuent à faire vivre cette culture dans le cœur de tous, lui donnant même une aura internationale. Et Paris peut toujours exiger, les Bretons sont têtus et résistants à tout. Voici un premier extrait du conte, « Chanson Bretonne » puis je vous parlerai de la seconde partie « L'enfant et la guerre » : « Ce n'est pas par goût pour la nostalgie que je voudrais reprendre cette histoire, en ajouter les segments, retrouver le courant de la vie. C'est pour rendre compte de la magie ancienne, la voir apparaître à travers le reflet illusoire du présent. Hervé, cet homme dont je fais mon héros, doit ressembler trait pour trait à mes lointains ancêtres des bords du Blavet, je l'écoute me parler de son enfance dans une ferme du bord de mer, dans la commune de Poullan. Il en parle en hésitant, en choisissant ses mots, parce qu'il doit les traduire de la langue bretonne dans laquelle il est né. [...] J'aime écouter Hervé parler de magie du lieu. Quelque chose du mystère de la Bretagne s'est transmis ici, est resté vivant malgré la modernité. Cela passe par certains hommes, certaines femmes, héritiers de traditions ancestrales, peut-être parce qu'ils ont été éduqués par la terre, par le vent et les saisons plutôt que par l'école communale. [...] Il garde un lien avec la nature, il ressent les changements de temps, les menaces d'ouragans, il interroge la mer, l'horizon. Comme les héros du roman de Stevenson, il est capable de s'émouvoir de la beauté de la lande, lorsque les bruyères fleurissent, ou d'écouter la musique que font les ruisselets après la pluie. Parler la langue bretonne, ou rêver d'un avenir politique pour la Bretagne, ce n'est pas ce qui est important pour lui. Il est de ce pays, naturellement, sans orgueil, sans plainte, aussi vrai que les rochers et les chênes, que les goélands et les chevreuils - où les lapins de garenne à qui il réserve toujours une part de ses récoltes. Grâce à son travail, et au savoir-faire de son épouse Marie-Ange, la maison où ils se sont retirés, après toutes ces années de dur labeur, est une oasis fleurie au milieu de la lande. C'est à eux que je voudrais dédier ce petit conte, non comme une confession ou un album de souvenirs, mais comme une chanson bretonne, un peu entêtée et monotone, de celle qui dit encore dans les tempêtes la Roche qui chante, ou de celles, j'imagine, que mes ancêtres ont répétées jadis en frappant la terre du pied, dans la chaleur des fêtes de nuit, avec le fond sonore aigrelet du biniou et de la bombarde, et que le vent a emportées. » Le deuxième texte, « L'enfant et la guerre », profondément bouleversant et malheureusement toujours d'actualité, aborde le sujet délicat, mystérieux, de la perception pour un tout petit enfant, de ce qu'est la guerre. L'auteur est né quelques mois après le début du conflit ; son père (aux origines bretonnes lointaines), vient de l'ile Maurice alors sous mandat anglais. Il est avec les troupes alliées posté en Afrique alors que sa femme et ses enfants sont à Nice. Être britannique est, en ces années 1940, aussi dangereux que être juif : les nazis haïssent au delà de tout, tous ressortissants du Royaume-Uni. Alors, la petite famille agrandie des grands-parents se tassent dans une gimbarde pour rejoindre un village de l'arrière pays. Les faits sont là, vérifiables, mais que garde l'écrivain de ces années de petite enfance ? Son intelligence est encore instinctive, réactionnelle, il n'a aucun moyen de comprendre ce qu'est la guerre, il n'a pas d'éléments de comparaison comme ceux qui ont connu la paix. Le voici donc en vase clos avec les siens dans un petit appartement, cocon protecteur et chaud, en confinement. Jusqu'à un événement toujours vif dans la mémoire sensorielle de l'écrivain : l'explosion d'une bombe dans la cour de l'immeuble, une bombe qu'il pensera être canadienne, larguée au moment de la Libération.... Un engin qui n'est pas de la même puissance que ceux lâchés sur les civils en Palestine, Syrie, Liban, Iran etc, etc ... L'adulte se pose la question centrale de la résistance et de la capacité de résilience des enfants d'aujourd'hui pris pour cibles de la barbarie. Comment survivent-ils psychologiquement, comment vont-ils aborder l'après-guerre si enfin elle survient ? Pour lui, cette état de sidération dû au conflit mondial va se poursuivre très longtemps du fait que l'armistice signée, le confinement, le dénuement, l'absence de nouvelles du père, vont perdurer au delà du supportable. Mais enfin, grâce à l'obtention par ce père d'un poste au Nigeria, le départ de la famille à nouveau complète est possible... C'est l'Afrique qui apprendra à l'enfant ce qu'est la paix, ce que peut être la Vie. Extrait : « Pour la France, la Seconde Guerre mondiale a commencé le 3 septembre 1939. Je suis né à Nice le 13 avril 1940. Les cinq premières années de ma vie, je les ai vécues dans une guerre. Pour moi, cette guerre - toutes les guerres - ne peut pas être un évènement historique. Je ne peux pas la comprendre comme un fait, dont j'analyserais les causes, dont je déduirais les conséquences. Je ne peux pas en parler objectivement, la relier à une situation politique ou morale, en faire un argument, en examiner le caractère inéluctable, en tirer les leçons philosophiques. Pour en parler, je n'ai aucun recul. Seulement des sentiments, des sensations, ce flux mouvant qui porte un enfant entre le jour de sa naissance et le tout début de sa mémoire consciente, à l'âge de cinq ou six ans. Il ne s'agit pas d'écrire des souvenirs d'enfance. » Quatrième de couverture « Pour rien au monde nous n'aurions manqué cette fête de l'été. Parfois les orages d'août y mettaient fin vers le soir. Les champs alentour avaient été fauchés et la chaleur de la paille nous enivrait, nous transportait. Nous courions avec les gosses dans les chaumes piquants, pour faire lever des nuages de moustiques. Les 2 CV des bonnes sœurs roulaient à travers champs. Les groupes d'hommes se réunissaient pour regarder les concours de lutte bretonne, ou les jeux de palets. Il y avait de la musique de fanfare sans haut-parleurs, que perçaient les sons aigres des binious et des bombardes. » À travers ces « chansons », J.M.G. Le Clézio propose un voyage dans la Bretagne de son enfance, qui se prolonge jusque dans l'arrière-pays niçois. Sans aucune nostalgie, il rend compte de la magie ancienne dont il fut le témoin, en dépit des fracas de la guerre toute proche, par les mots empruntés à la langue bretonne et les motifs d'une nature magnifique. Le texte est bercé par une douceur pastorale qui fait vibrer les images des moissons en été, la chaleur des fêtes au petit village de Sainte-Marine ou la beauté d 'un champ de blé face à l'océan. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le prédicateur

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le prédicateur Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2009 374 pages traduites par Lena Grumbach et Catherine Marcus Thriller Chronique 24 septembre 2017 Deuxième tome de la série, cependant je ne peux pas dire que ce soit une des aventures de Erica Falck, car la pauvre dans ce polar nordique est enceinte jusqu'aux yeux et incapable de bouger ou d'enquêter. Elle est en revanche l'élément amenant la légèreté et la cocasserie dans un récit glaçant. La pauvre se voit littéralement envahie, en cet été 2003 caniculaire, par de la famille ou des vieux copains qui tout d'un coup se rappellent qu'elle habite avec son compagnon policier, Patrick, une très jolie ville portuaire de la côte suédoise. Donc Camilla Lackberg donne la préséance dans ce livre à ce dernier et à ses équipiers avec lesquels nous faisons plus amples connaissance. Une jeune allemande est retrouvée assassinée après avoir été torturée. Au même endroit on découvre aussi deux squelettes de femmes vraisemblablement disparues en 1979. Patrick Hedstrom est donc chargé de l'affaire sans que des équipes de Goteborg ne soient dépêchées sur place. Ceci est très important pour sa carrière d'autant plus avec l'arrivée du prochain bébé. La famille du prédicateur Ephraim Hult est à nouveau sous la lumière quand les noms des mortes sont confirmés. Ephraim, évangéliste a eu deux garçons Johannes et Gabriel. Tout deux élevés dans ce lavage de cerveau ne vont pas forcément évoluer de la même façon. Pourquoi deux générations de victimes se retrouvent-elles dans cette tombe ? Les fils du prédicateur ou lui-même ont ils joué un rôle dans ce drame, et ses petits enfants sont-ils innocents ? Ou est-ce une autre piste que doivent poursuivre Patrick et ses collègues ? Finalement on peut seulement déjà prévoir que le jeune enquêteur ne sortira pas indemne de cette histoire où la question de la paternité est centrale. J'ai eu plus de mal avec cet épisode sauf vers les deux tiers du livre enfin, car je m'attendais à une nouvelle enquête d'Erica si peu présente en fait. Mais ceci est logique dans le cadre d'une série complète de dix tomes, même si je pense que l'auteure n'avait pas déjà en tête le plan complet de cette saga. Quatrième de couverture Dans les rochers proches de Fjàllbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes... L'inspecteur Patrik Hedstrôm est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falck, sa compagne. Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. Alors que Patrik assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolescente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s'allonge... Une nouvelle fois, Camilla Lâckberg excelle à tisser son intrigue, manipulant son lecteur avec jubilation, entre informations finement distillées et plaisir de nous perdre en compagnie de ses personnages dans une atmosphère provinciale lourde de secrets. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Chemin de l'espoir

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Chemin de l'espoir Jean-Louis Desforges City Editions 26 octobre 2022 270 pages Historique Chronique 16 décembre 2022 « Des routes toujours plus grandes, pour aller toujours plus loin, nulle part. » Romain Gary, Les Racines du ciel. L'exode ! Toujours, depuis des millénaires, des hordes de malheureux ont dû fuir leurs terres, leurs maisons à l'approche de l'ennemi devenu tout puissant, afin d'échapper aux massacres, à l'indicible. Aussi loin que remonte la mémoire de l'humanité, des familles, des peuples ont tenté d'échapper à la barbarie encore et encore. Aucune leçon du passé ne semble comprise, éternellement des migrants se retrouvent sur les routes, désespérés, hagards, sidérés par la tragédie qui les frappe. Peut-on imaginer ce que signifie l'exil, le sauve-qui-peut éperdu qui jeta des milliers d'êtres humains sur les routes de France lorsqu'il fut certain que les Allemands étaient supérieurs, leur armée plus puissante, leurs chars d'assaut imprenables. Le rouleau compresseur nazi écrase tout sur son passage. Venus de l'Est, du Nord, des Alsaciens, des Ardennais, des Parisiens... tous se jettent sur les chemins emportant ce qu'ils peuvent, sur des véhicules de fortune. La terreur et la panique prennent le dessus, le commandement militaire et le gouvernement français sont en-dessous de tout, l'heure est au désespoir, que faire ? C'est la débâcle : mot insupportable recouvrant à lui seul le sentiment de perte, de défaite, de honte ; l'improvisation est totale. Un mot d'ordre : se mettre à l'abri, aller vers le Sud loin du théâtre de la guerre, loin des troupes ennemies. Mais les Stukas attaquent du ciel, lancent des rafales. Les chars écrasent tout sur leur passage. Les civils deviennent des cibles faciles. La ruine et le chaos sont pour certains une aubaine, l'occasion rêvée de s'enrichir sur le dos des faibles, d'imposer sa volonté malsaine à des pauvres gens exténués. Les profiteurs de malheur sont nombreux mais les anges et les justes sont aussi à l'œuvre. Nos héros, ces deux jeunes couples de paysans et leurs fillettes vont l'apprendre dans l'urgence de cet exode de 1940 qui figure bien souvent dans nos manuels scolaires en quelques lignes rapides. Jean-Louis Desforges nous fait entrer dans le cadre des photographies de l'époque ou dans les films des actualités comme dans une œuvre de Woody Allen où l'impensable devient réalité. Nous accompagnons ces jeunes parents dans cette course vers la liberté, vers la paix ou du moins une relative sécurité, à l'instar de toutes ces populations d'hier et d'aujourd'hui fuyant la Mort. Quelles seront les conséquences de ce déracinement forcé pour nos héros ? Pourront-ils dépasser le traumatisme absolu d'avoir tout abandonner derrière eux, d'avoir jouer toute leur existence sur une décision soudaine ? Leur instinct de conservation, de survie les a mené au-delà des frontières de leurs régions respectives, au-delà de leurs propres limites. Alors que les drames s'enchaînent sur ces routes de France, tout au long de ce terrible périple, ont-ils encore le droit d'espérer en demain? Les actes qu'ils seront obligés de poser ne les condamnent-ils pas à l'enfer éternel ? Le Mal absolu s'empare du monde, que vont devenir Jacques, Marion, Frédéric, Paule et leurs filles ? Echapperont-ils à la tourmente née de la guerre et à l'enfer intérieur né de leur culpabilité ? Un roman historique très actuel, d'une extrême sensibilité, d'une grande justesse psychologique, où rien n'est blanc ou noir, où tout n'est qu'interrogation et bouleversement, dans un monde au bord du gouffre. Une œuvre émouvante, un cri d'alarme également. Quatrième de couverture Dans l'Est de la France, en juin 1940, la guerre fait rage. Jacques, sa femme Marion et leur fille sont contraints d'abandonner leur ferme à l'arrivée des Allemands. Ils entassent des affaires sur le plateau de leur tracteur et partent à l'aventure vers le Sud, se fondant dans le flot des réfugiés sur la route de l'exode. En tentant d'échapper à la barbarie, au danger et à la faim, ils font la connaissance de Paule, Frédéric et leur fille. Rapprochés par la similitude de leur situation, les deux couples nouent immédiatement une amitié et décident de voyager ensemble. Ils rêvent, au bout de ce pénible chemin, d'une vie meilleure. Mais la guerre les rattrape et frappe durement les deux familles. Elles vont devoir plus que jamais faire des choix douloureux si elles veulent retrouver l'espoir de lendemains heureux.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Dans les brumes du mal

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans les brumes du mal René Manzor Calmann-Lévy 19 octobre 2016 400 pages Thriller Chronique 8 février 2017 Fini ce matin..... Après le chapitre 4 qui m'a quelque peu secouée tant certaines similitudes entre le personnage de Dalhia Rhymes et ma petite personne m'avaient frappée, j'ai lu cette histoire sans problème. Tous les ingrédients d'un bon thriller mâtiné de mystère, de vaudoue sont là. Une ombre shadduh vengeresse rôdant sur Charleston, la moiteur des marais, la disparition des enfants et l'assassinat de leurs mères, une bonne analyse psychologique des personnages. Bien écrit, fluide, chapitres courts, découpage intelligent.... un bon thriller ! Peut-être parce que j'ai l'esprit tordu ou que je lis trop de littérature noire, je savais qui était le meurtrier dès la moitié du livre. Je l'ai fini pourtant avec plaisir, pour la finesse des portraits et la qualité de la rédaction. J'adore la couverture.... Quatrième de couverture La mère de Tom est morte, et Tom a disparu. Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue. Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les ombres blanches

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les ombres blanches Dominique Fortier Grasset 11 janvier 2023 256 pages Historique Chronique 27 mars 2023 « The absence of the Witch does not Invadidate the Spell » Emily Dickinson Merveille des merveilles que ce texte d'une beauté, d'une poésie ineffables sur l'absence, le deuil, l'héritage. Je suis tombée en amitié pour Emily Dickinson lorsqu'en 1998 j'ai été invitée à interpréter huit des "Twelve poems of Emily Dickinson" par Aaron Copland avec orchestre à la Cité de la Musique de Paris. Depuis lors, elle m'accompagne. Il semble que vivante ou disparue, cette femme réussisse à imprégner nos vies d'onirisme, à nous aider à regarder le monde qui nous entoure avec des yeux d'enfant, d'un regard neuf et émerveillé. Ce roman raconte comment ses poèmes et réflexions laissés sur des bouts de papier, des cahiers modestes, sont devenus une œuvre à part entière, majeure, pour toutes les générations à venir. L'édition d'un livre fut pour les soeur, amie et admiratrice que furent Lavinia, Susan et Mabel, un sacré challenge, une grande aventure et un parcours initiatique. Comment, dans une société encore si corsetée dans ses convictions, si patriarcale, si soumise à l'autorité des hommes, faire passer le message d'une Femme si singulière, puissante et vibrante, à la vision et à l'expression libres et originales ? Comment faire accepter, respecter les Majuscules et les tirets omniprésents par un éditeur confit dans ses règles grammaticales, orthographiques et d'écriture ? Emily est un être sans âge, sans époque, libre, indépendant, un esprit qui vole dans d'autres cieux ; comment un homme si terre à terre pourrait-il comprendre la subtilité et la novation des écrits de cette artiste multiforme, de cette collectionneuse de beauté, de riens où réside tout, de cette rêveuse si pragmatique, si attachée aux détails, de cette exploratrice du monde à travers sa simple fenêtre ? Mais heureusement un autre être de lumière est présent : une petite fille, Millicent, qui traduira pour les adultes qui ne savent plus voir, les pensées et désirs de Mademoiselle Emily... Oui, un roman de toute beauté à découvrir absolument. « Née le 10 décembre 1830 à Amherst, au Massachusetts, Emily Dickinson est morte le 15 mai 1886 dans la maison où elle vit le jour, après avoir passé les dernières années de sa vie cloîtrée dans sa chambre, à entretenir une volumineuse correspondance et à écrire des centaines de poèmes qu'elle s'est toujours refusée à publier de son vivant. J'ai voulu imaginer son existence dans "Les Villes de papier". Puis un an plus tard, j'ai eu besoin d'écrire l'histoire des femmes qui lui ont survécu et qui lui ont en quelque sorte redonné vie : sa sœur Lavinia ; sa meilleure amie et belle sœur, Susan, épouse d'Austin Dickinson ; Mabel, la maîtresse de celui-ci ; Millicent, fille de Mabel, enfant à l'époque de ce récit. » D. F. Extrait à propos du titre : « Millicent se retourne encore une fois vers le mur, où nulle flamme ne danse. - Le feu, souffle-t-elle. Le feu n'a pas d'ombre. Elle fixe, enchantée, cette petite flamme qui est doublement lumière : par la clarté qu'elle produit, par l'obscurité qui lui manque. Ce soir-là, en s'endormant, elle trouve une autre réponse à la question de son père : les poèmes de Mademoiselle Emily non plus n'ont pas d'ombre. Ces poèmes sont des ombres blanches, des textes tissés à même les silences entre les mots, une maison faite de fenêtres. « Quatrième de couverture Emily Dickinson aurait pu ne jamais être pour nous qu’un nom étranger. Celui d’une femme, américaine, moins connue pour son talent littéraire que pour avoir passé la majeure partie de sa vie confinée chez elle. Puisqu’elle s’était toujours farouchement refusée à voir ses écrits publiés, rares sont ceux qui savaient, de son vivant (1830-1886), qu’Emily était aussi une formidable poète. Peu avant son décès, elle demande à sa sœur Lavinia de brûler tous ses papiers personnels. Mais lorsque cette dernière découvre dans sa chambre des centaines de poèmes renversant de beauté, griffonnés sur des morceaux d’enveloppes ou d’emballages, elle est à la fois sidérée et incapable de lui obéir. Jusqu’où la volonté des morts peut-elle changer l’existence des vivants ? Ne pas les suivre, est-ce les trahir ? Et si les mots pouvaient faire revivre les disparus – et celles et ceux qui leur survivent ? Lavinia choisit la vie. Et décide de confier ces poèmes à deux femmes autrement endeuillées, d’abord sa belle-sœur, Susan, épouse de son frère, puis Mabel, maîtresse de ce dernier, pour qu’elles l’aident à les faire publier. Une ultime complice leur prêtera main-forte : Millicent, fille de Mabel, qui grâce à sa malice se révélera la plus juste lectrice de la « dame en blanc ». Tour à tour on les suit, Lavinia, Susan, Mabel et Millicent, dans une narration où surgit par endroits le je de l’auteure se joignant à elle pour les accompagner. Dans ce roman profond et envoûtant, Dominique Fortier prolonge la vie d’Emily Dickinson en racontant la grande aventure qui mènera ces héroïnes anonymes à faire paraître ses poèmes pour la première fois. Texte lumineux sur le deuil, l’absence, la poésie, le pouvoir des mots et l’importance de la littérature, Les ombres blanches nous fait assister à la naissance d’une œuvre qui aurait pu ne jamais voir le jour, et à la renaissance de trois femmes. On le lit comme on observe, au printemps, le retour de la vie. Ou comme on lit la poésie d’Emily Dickinson : avec bonheur et ravissement. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Résistantes : Levothyrox, Dépakine, alcool... : Elles ont mené le combat

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Résistantes : Levothyrox, Dépakine, alcool... : Elles ont mené le combat Florence Méréo Harper Collins 6 novembre 2019 208 pages Document Chronique 17 janvier 2021 Un livre indispensable et d'une nécessité indiscutable en ces temps où un rapport énorme et destructeur de défiance s'est établi au cours des dernières décennies entre les laboratoires et les autorités sanitaires d'un côté et les citoyens de l'autre. Les scandales se multiplient, se suivent et se ressemblent malheureusement autour de médicaments, de produits et autres prothèses aux effets secondaires désastreux au moment de la prescription et aussi, parfois, ensuite, sur plusieurs générations. Un héritage mortifère alors que tous les feux étaient au rouge et que certains de ces traitements, articles, n'auraient jamais dû être prescrits ou vendus. L'envie de hurler nous prend en lisant ces lignes ; nous éprouvons également une immense reconnaissance et admiration pour ces femmes, qui tout en affrontant le pire, organisent la lutte, la résistance, par le biais de blogs, des réseaux sociaux ou la création d'associations. Elles avertissent ainsi le public et les autorités. Le courage hallucinant des familles, des malades pour comprendre les symptômes et leurs origines, pour dénoncer les coupables, pour prévenir l'opinion, pour faire retirer les traitements ou prothèses incriminés du marché, pour obtenir justice, pour être dédommagées afin de pouvoir financer des conditions de vies décentes liées aux handicaps, aux conséquences néfastes ad vitam aeternam, pour faire bouger les lignes, pour le bien de la collectivité, est à peine imaginable. Elles souffrent, elles voient souffrir ceux qu'elles aiment et malgré tout, continuent à lutter. Aucune n'a le choix, il faut avancer, il faut crier la vérité, il faut éviter que cela recommence. Des femmes résistantes en cette guerre économique inique où l'intérêt financier privé de certains priment sur la santé publique. Sans pathos inutile, sans faire dans le sensationnel, certaines des affaires les plus marquantes de ces dernières années sont évoquées par le biais de l'histoire intime de ces héroïnes, suivies de leurs conseils et de certains liens et coordonnées indispensables pour chaque type de cas. Un ouvrage déjà ancré dans L'Histoire puisque certaines évolutions judiciaires sont intervenues depuis la publication de ce « manuel de survie ». Gratitude ! Quatrième de couverture Marine, Chantal, Marion, Aurélie et les n'avaient rien à voir avec le milieu médical... jusqu'à ce qu'un médicament ne fasse basculer leur vie et/ou celle de leurs enfants. Refusant d'être des victimes silencieuses, elles ont lancé l’alerte. Sans réseaux, sans argent, elles ont usé d'armes encore plus puissantes : leur conviction et leur détermination. David contre le Goliath de l'industrie pharmaceutique, elles ont su mobiliser l'opinion – non sans être insultées, infantilisées, menacées parfois. Certaines sont des pionnières, parties à l’assaut des tabous sociétaux que sont l’alcool, les opioïdes, les maltraitances gynécologiques. C'est grâce à ces femmes, à ces mamans, à ces citoyennes humbles et modestes que l'on connaît les dangers de la pilule 3e génération, que des médicaments dangereux (Distilbène) ou détournés de leurs usages (Cytotec) ont été retirés du marché. Que des dispositifs médicaux (Essure, prothèses PIP) ont été épinglés. Que des addictions ont été révélées. En plus de leur témoignage, elles livrent ici leurs conseils : tout ce qu’elles-mêmes auraient aimé savoir pour mener au mieux leur combat. Les récentes crises médicales ont cela de commun d'avoir été déclenchées par la dénonciation de ces lanceuses d'alerte. Puissent leur voix et celles des suivantes être entendues pour offrir un système de santé plus sûr et moins opaque. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Une drôle de fille

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une drôle de fille Armel Job Robert Laffont 2019 277 pages Thriller psychologique Chronique 17 novembre 2019 Thriller psychologique de Armel Job, un des auteurs belges des plus original et particulier, ayant fait paraître une quinzaine de romans, parfois récompensés et tous publiés chez Robert Laffont à l'instar de " En son absence" en 2017 et " Une femme que j'aimais" en 2018. Terrible ! Je frissonne encore après avoir refermé ce livre et l'avoir éloigné bien vite de moi... Je ne sais pas si le post scriptum est vrai ou sorti de l'imagination machiavélique de l'auteur, mais qu'il le soit ou non, ce qui m'a touchée à ce point c'est la banalité, l'absence d'originalité que peut revêtir le mal qui nous habite tous, et n'attend qu'un claquement de doigts pour investir et détruire toute notre vie. Ici, c'est Josée une jeune orpheline de guerre placée en apprentissage dans la famille Borj qui déclenchera bien malgré elle le drame... Ce sont aussi les mensonges, le silence, la lâcheté de tous, la jalousie, l'esprit mal tourné qui précipiteront tous les protagonistes dans le précipice... Imaginez que vous êtes dans une voiture sans frein à pleine vitesse dans une pente et vous comprendrez combien ce thriller est fabuleusement terrifiant. Un chef d'œuvre de perversité, de compréhension psychiatrique des ténèbres qui nous constituent et n'attendent qu'un moment de faiblesse pour se répandre telle une maladie contagieuse. « Armel Job s'impose en maître du thriller psychologique » dit La Croix... Exact ! Bon courage, ouvrez ce roman.... Quatrième de couverture Méfiez-vous des « bonnes intentions ». Une intrigue au suspense virtuose, une manière unique d'explorer au scalpel les sentiments inavouables, d'effeuiller les êtres jusqu'à révéler leur vérité la plus intime : grand romancier de l'âme humaine, Armel Job est ici au sommet de son art. Rien de plus paisible que la Maison Borj, boulangerie d'une petite ville de province belge à la fin des années 1950. Un foyer sans histoire, deux adolescents charmants, un commerce florissant : les Borj ont tout pour être heureux. Avec générosité, ils acceptent de prendre Josée, une orpheline de guerre en apprentissage. Une drôle de fille, cette Josée. Épileptique, pratiquement illettrée, mais pourvue d'un don d'autant plus émouvant qu'elle n'en a aucune conscience : elle chante divinement. Comment imaginer qu'une jeune fille aussi innocente puisse devenir celle par qui le malheur et la ruine vont s'abattre telle une tornade, sur cette famille en apparence si harmonieuse ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Soleil rouge du Tsar

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Soleil rouge du Tsar Violette Cabesos Mon Poche 11 mars 2021 600 pages Divers Chronique 22 janvier 2021 Fabuleux thriller historique que nous offre Madame Violette Cabessos dont j'apprécie tant le talent, la passion, l'engagement et le goût du risque même si parfaitement maîtrisé. Somptueuse fresque russe remontant jusqu'aux origines de cet empire, teintant le récit de magie et de surnaturel... Car une terre portant en elle tant de majesté, de beauté, mais aussi de terreur ne peut être que nimbée des brumes des légendes. Alors laissez-vous porter par cette double quête de vérité et de liberté à deux époques différentes, à près de cent ans d'écart. Milena et Vera fusionnent presque tant elles semblent poursuivies par les mêmes fantômes du passé et pas des moindres... Raspoutine en tête ... Une construction virtuose, une érudition bluffante et surtout un profond amour pour la culture et L'Histoire russe de l'auteure font de ce roman une oeuvre puissante et magnifique, un trésor à partager. Quatrième de couverture Milena, petite-fille de Russes blancs, a une passion : les trésors perdus de la Russie des tsars. Alors qu'elle s'apprête à partir pour Saint-Pétersbourg où une cache datant de 1917 vient d'être découverte, elle apprend que sa maison de Nice a été saccagée. Sur les murs, d'énigmatiques vers slaves, probablement des références codées à Vladimir le Grand, fondateur de la Sainte Russie. Un siècle auparavant, Vera, ballerine du théâtre Mariinsky, est déchirée entre les faveurs d'un grand-duc, son amour pour un poète anarchiste, et un brûlant secret d'Etat dont sa famille est dépositaire. Au-delà du temps et des frontières, une mystérieuse et terrifiante malédiction semble lier ces deux femmes. Faut-il y croire ? Comment ne pas y succomber ? Au fil d'un suspense historique éblouissant d'érudition, Violette Cabesos nous plonge dans les méandres de la Russie éternelle, sur les traces des Romanov, de Raspoutine et d'obscurs espions du FSB." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sott

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sott Ragnar Jonasson La Martinière 2018 343 pages traduites par Ombeline Marchon Polar Chronique 23 février 2019 Quatrième tome très réussi de la série des enquêtes de Siglufjordur, village situé au plus au Nord de l'Islande, port pittoresque autrefois prospère grâce à la pêche aux harengs, avec ses maisons aux façades colorées et joyeuses, où pourtant, entouré de montagnes et relié au reste du monde que par un tunnel, il peut être angoissant de passer un hiver. L'auteur le sait parfaitement, sa famille en étant originaire ; d'ailleurs ce roman est dédié à ses grands parents Ragnar Jonasson (1913-2003) et Gudrun Reykdal (1922-2005). Ils ont inspiré leur petit fils quant à certains détails de la vie des personnages de cette fiction. Très touchant. Le héros, Ari Thor, inspecteur de police, est de plus en plus intéressant et dense. Son créateur lui adjoint l'aide de la journaliste Isrun de Reykjavik, déjà croisée dans un épisode précédent, présentatrice vedette des informations à la télévision, cachant elle aussi ses fragilités à ses collègues, sa famille, se noyant dans le travail pour éteindre la terreur qui l'habite. Cette dernière contacte les forces de l'ordre de Siglufjordur, donc Ari Thor, car le village se retrouve en quarantaine après la mort d'un homme par fièvre hémorragique (sott en islandais) à son retour d'Afrique. Nous sommes en hiver, plus un chat dans les rues. Cependant, juste avant cet entretien avec la journaliste, Ari a reçu la visite de Hedinn, un homme d'un certain âge, lui formulant une requête bien étrange, un cold case en quelque sorte, bien que, voici cinquante ans le suicide de sa tante n'ait pas été remis en question. Il apporte avec lui une photographie de groupe où figurent ses parents, son oncle et sa tante, et lui, bébé, dans les bras d'un jeune homme. De ce cliché émane une impression glaçante, aucune des femmes ne regardent l'objectif... Qui est l'inconnu ? Il n'y a pas grand chose à faire, la claustrophobie le guettant à nouveau comme lors de ses débuts à ce poste il y a trois ans, Ari se jette avec passion sur cette affaire. Il passe alors un accord avec Isrun puisqu'il ne peut quitter le village en quarantaine. Pourrait-elle rendre visite au frère de l'oncle de Hedinn, le mari de la suicidée, en résidence pour personnes âgées près de Reykjavik ? Il lui promet, en échange, de la tenir avertie des derniers rebondissements concernant la situation sanitaire de Siglufjordur. Marché conclu ! Ce serait trop simple, donc l'auteur ajoute un petit meurtre : celui du fils d'un des hommes politiques les plus importants d'Islande, maintenant retiré de la vie publique. À nouveau, comme dans les opus précédents, Ragnar Jonasson fait basculer ses lecteurs entre deux époques, retraçant ainsi la vie difficile et particulière des habitants de cette magnifique terre du Nord, et abordant des sujets d'actualité, l'Islande se transformant rapidement depuis le crash de 2008. Magistral quant à la construction et le suspense soutenu jusqu'au bout. La région des fjords, avec ses aurores boréales, ses températures extrêmes, ses hivers interminables, ses changements brusques de météo, a poussé bien des âmes fragiles à la folie. Que s'est-il passé voici cinquante ans dans la ferme au bord du lagon d'Hedinsfjordur entre les deux couples ? Que se trame-t-il vraiment à Reykjavik aujourd'hui ? Quatrième de couverture Mais que se passe-t-il encore à Siglufjördur ? L’inspecteur Ari Thór n’est pas venu à bout des secrets de ce village en apparence si tranquille. Lui qui avait fini par se faire à la rudesse du climat et aux hivers trop longs se sent de nouveau pris à la gorge par un terrible sentiment de claustrophobie. La ville est mise sous quarantaine car on suspecte une épidémie de fièvre hémorragique (sótt, en islandais). Les premières victimes succombent tandis qu’un crime vieux de cinquante ans remonte à la surface… Le huis clos se referme sur les habitants de Siglufjördur. C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Ragnar Jónasson et vendu les droits de ses livres dans vingt pays. Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. La série des « enquêtes de Siglufjördur », village dont sa famille est originaire, connaît un succès retentissant en France et à l’étranger. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Hortense

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Hortense Jacques Expert Sonatine 2016 317 pages Thriller Chronique 28 mars 2018 TERRIBLE ! J'ai poussé un cri à la fin, et quelle fin ! Quelle horreur ! Tout est incroyablement juste sur le plan psychologique, on ne peut que souffrir avec Sophie qui a traversé les feux de l'enfer pendant ces dernières 22 années à attendre Hortense. On aimerait tellement la serrer dans nos bras, l'aider, trouver de nouvelles pistes. La description de ces mois interminables de plans, de stratégies, d'avancées, de désillusions ! Ce livre est comme un reportage sur un effroyable fait divers comme on en lit beaucoup trop. Imaginer le calvaire des parents de disparus est impossible. Elle évoque donc dans chaque chapitre intitulé Sophie toute sa vie misérable, l'isolement, sa famille, ses collègues, la justice, la presse, tout est passé en revue méticuleusement. Doucement, l'auteur distille le doute quand à la nature de Sophie, des détails dérangeants et en même temps compréhensibles. On est perdus ! Et puis s'intercalent des rapports d'auditions à la police, et des chapitres intitulés Emmanuelle ou plutôt Hortense. On aimerait tellement que ces retrouvailles se déroulent bien. En arrière plan, le père de la jeune femme, sa compagne, et l'amie fidèle de Sophie. Presque en vase clos entre l'appartement de la rue des Martyrs et le restaurant où travaille Hortense, c'est un thriller psychologique monstrueusement réussi. Je suis sonnée, je dois dire. Quatrième de couverture 1993 : Sophie Delalande est folle d'amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu'elle élève seule. Celle-ci lui permet d'oublier les rapports difficiles qu'elle entretient avec son ex-compagnon, Sylvain, un homme violent qui l'a abandonnée alors qu'elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. " Regarde-la. Nous allons disparaitre et tu ne la reverras plus. 2015 : Après des années de recherche vaines, Sophie ne s'est jamais remise de la disparition d'Hortense. Fonctionnaire au Ministère de l'Education, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu'au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c'est sa fille, c'est Hortense. Elle la suit, l'observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, tente d'en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l'objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d'un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-t-elle aussi innocente qu'elle le paraît ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Art Roman en France... De la terre vers le ciel

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Art Roman en France... De la terre vers le ciel Alain Cassaigne et Alain Tourreau De Borée Beaux Livres Novembre 2019 320 pages Beau Livre Chronique 17 novembre 2019 Il est incontournable que vous puissiez admirer les photographies de Alain Cassaigne illustrant le texte de Alain Tourreau sur plus de 320 pages, cadeau parfait pour tous les amoureux d'Art Roman comme moi ; un très bel ouvrage soigné, contenant plus de 800 clichés.... Heureuse de l'avoir dans ma bibliothèque en bonne place... " Avancez et franchissez la porte : la lumière se fera en marchant !" Attention aux yeux, ça éblouit tant c'est coloré et éclatant... Vous voici invités à voyager en France et en Corse dans le monde merveilleux et polychrome de l'art roman, bien loin des représentations habituelles des lieux de prière en pierres unies, blanches, bien loin de l'art gothique qui suivra. Nous avons, grâce à ce très bel ouvrage, la chance de toucher du regard et par le coeur ce qu'il y a de plus sensible et authentique dans la ferveur des artistes, artisans, architectes, entrepreneurs, bâtisseurs, croyants, de l'an Mil jusqu'au XII ème siècle dans le Nord et XIII ème siècle dans le sud de notre pays, laissant à la postérité des chefs d'œuvre romans. J'imagine toujours ces hommes appartenant à tous les corps de métier sur les chantiers, dans les ateliers, des visionnaires, des aventuriers de la pierre, des vitraux, du bois, de la joaillerie, de la peinture etc... Je les vois, je les entends, je perçois l'écho de leurs voix, chants, cris, rires... En ces temps où peu de croyants savaient lire, l'église, la cathédrale, tous les lieux de cultes, étaient les livres en images sculptées, très colorées, leurs permettant de comprendre, d'apprendre la parole sacrée, les préceptes chrétiens, les interdits, les dogmes... Bien sûr, je pourrais revenir sur les principes fondamentaux de l'art roman, ses mesures, ses règles, sa pensée philosophique, constitutifs de ce courant architectural... Je pourrais repositionner tout cela dans le contexte historique, politique et sociétal proche de l'an Mil, mais le service de presse des Éditions de Borée le fait mieux que moi. Non, je préfère les chemins de traverse, les exceptions de quelques lieux inconnus ou célèbres justement pour leur singularité... des cryptes, des sanctuaires aux plans étonnants, tarabiscotés, circulaires, troglodytes, émergeant de la roche, de la terre, en haut d'un pignon vertigineux, au-dessus d'anciens lieux de cultes choisis par les druides avant le cinquième siècle pour l'énergie tellurique qui y circule encore et toujours. Voilà le mot vital, central : Il est question pour moi d'ÉNERGIE transmise d'hier à maintenant, perdurant à travers les siècles, pour nous donner l'espoir et la conscience de l'éternité de la foi en l'humanité et/ou en Dieu.... à travers plus grand que nous. Ce livre, bien construit, magnifiquement écrit et illustré, est au-delà de ces points cruciaux, essentiel en ce qu'il traduit ce qu'il y a de plus beau, de plus pur hors toute religion. Maestro Harnoncourt disait que la musique pour lui est le cordon ombilical qui relie l'homme à Dieu ( ou à l'énergie suprême). Étendons cette idée à l'Art en général... Je le crois profondément, en tant qu'individu et artiste.... C'est ce qui transparaît dans chaque page de ce très, très beau livre sur L'Art Roman. J'ai ajouté une sélection de pages illustrant des éléments précis, des préceptes, transmis par l'Eglise à ses fidèles, dans les peintures, sculptures, pièces de joaillerie, bâtiments... ( Les sept péchés capitaux, la luxure en particulier, des passages et héros de l'ancien testament, des personnages de légendes ou croyances païennes, de la vie du Christ, de la place de la femme dans cette société, du diable, des animaux ou chimères symboliques, etc....) Édifiant, somptueux, et quelques fois touchant ou franchement drôle. Quatrième de couverture À travers ce travail commun, les auteurs ont souhaité non seulement montrer mais aussi faire comprendre les différentes facettes de l'art roman en France : architecture et décor monumental ( attaché au bâtiment : sculpture, peinture, vitrail, mosaïque), ainsi que statuaire et arts précieux. " Communiqué du service de presse : " L'art roman regroupe aussi bien l'architecture romane que la sculpture, la peinture ou la statuaire romane de la même époque. L'expression recouvre une diversité d'écoles régionales aux caractéristiques stylistiques différenciées, mais qui allient maîtrise technique et audace. Cet art s'est développé des environs de l'an Mil au milieu du XIIème siècle dans la France du Nord et jusqu'à la fin de ce siècle ( et même un peu après) dans celle du Midi. Ce n'est pas un art utilitaire : il est la traduction matérielle d'une pensée dont l'objet est le monde de la foi. Sa fonction essentielle est de permettre de comprendre la Révélation, de tenter de percer le mystère de Dieu. Et pour plaire à Dieu, les bâtisseurs emploient ( en particulier dans les arts précieux) les techniques les plus difficiles et les matières les plus rares. Le monde roman, c'est celui de la couleur éclatante : vitraux, peintures murales, sculptures...rivalisent de beauté. Si la pierre donne le corps, c'est la couleur qui insuffle l'âme." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Am Stram Gram

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Am Stram Gram M.J. Arlidge Les Escales ​ 364 pages traduites par Elodie Leplat Thriller Chronique 19 septembre 2017 Tel un jeu sadique qui fait vraiment froid dans le dos. Certaines scènes d'enfermement des victimes nécessitent un coeur bien accroché. Pas vraiment pour les âmes sensibles. Au début, le principe du psychopathe qui enferme deux personnes sans nourriture ni eau avec une arme entre elles et le message que le premier qui tue l'autre est sauvé, n'est pas forcément si original. L'homme qui devient une bête prête à tout pour survivre est un classique du genre, et même de certaines expériences scientifiques menées lors de conflits mondiaux ou sous le prétexte de guerre contre le terrorisme. Non l'originalité réside dans le personnage même de Helen Grace lieutenant de police, trouble, dure, secrète, sombre comme le tueur qu'elle va traquer avec son équipe et deux de ses adjoints Mark et Charlie de la police de Southampton. Trouver le lien entre les kidnappés, comprendre la logique inhérente à la folie du serial killer les laisse totalement perdus jusqu'à un détail qui sautera aux yeux de Helen. Et dès ce moment c'est la chute libre. Livre rondement mené en chapitres très courts et nerveux nous faisant suivre tous les acteurs de ce drame les uns après les autres. Peu à peu le passé se dévoile et la cruauté de ce jeu devient insupportable. Personne n'est innocent, tout le monde peut perpétrer le mal pour des soit disant bonnes raisons. Ce récit unique touche évidemment à une réalité plus universelle de la culpabilité humaine depuis la nuit des temps sous les prétextes de contexte de guerre ou de légitime défense ou de combat pour anéantir un ennemi diabolisé. Et à ces fins on peut commettre l'irréparable et devenir également un meurtrier. Le mal seul est gagnant, il s'est propagé. Je comprends le succès de ce polar et thriller glaçant compte tenu de sa portée philosophique et de la question fondamentale des moyens à utiliser dans la lutte pour détruire les âmes damnées. Terrifiant car réaliste. Quatrième de couverture Un thriller phénomène dans lequel des victimes prises au piège d'un tortionnaire retors doivent choisir entre tuer ou être tuées. Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d'une piscine vide dont il est impossible de s'échapper. À côté d'eux, un pistolet chargé d'une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s'intensifient, l'angoisse monte. Jusqu'à l'issue fatale. Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n'avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire. Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe. Rien ne sera plus terrifiant que la vérité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Bon Cœur

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Bon Cœur Michel Bernard Editions De La Table Ronde 4 janvier 2018 240 pages Historique Chronique 30 avril 2023 Prix Roman France TV - Prix Michel Dard - Prix littéraire de la Ville d'Arcachon - Prix du Roman historique - Les rendez-vous de l'histoire - Blois. Dessins et cartes de Flora Pierre : « Ce qui fait de Jeanne d'Arc une figure éminemment originale, ce qui la sépare de la foule des enthousiastes qui dans les âges d'ignorance entraînent les masses populaires, c'est que ceux-ci pour la plupart durent leur puissance à une force contagieuse de vertige. Elle, au contraire, eut une action par la vive lumière qu'elle jeta sur une situation obscure, par une force singulière de bon sens et de bon cœur. » Jules Michelet, Histoire de France. La Pucelle de Domrémy, Jeanne d'Arc... Je vous vois déjà lever les yeux au ciel ! Oui, on sait, oui, on connaît son histoire, c'est du réchauffé.... Pas tout à fait. Ne serait-ce que pour l'extrême beauté de l'écriture, cet ouvrage devrait vous amener à prendre le temps de vous arrêter. Un soin particulier à la mise en page a été apporté de plus par les Éditions de La Table Ronde, ajoutant le plaisir visuel et tactile à votre lecture. Ce visage sur la couverture, ce profil buté, le regard fixant un point au ciel.... Tout est là. Jeanne a entendu, a vu, elle que rien ne prédisposait à se mettre en marche pour rejoindre le futur Charles VII, le mal-aimé, le disgracieux, l'enfant brisé, le batard.... Le miracle est là, dans l'incompréhensible. N'essayons pas d'expliquer cette énigme, n'essayons pas de comprendre pourquoi tous l'ont suivie, l'ont crue, on versé leur sang pour elle, incarnant la France victorieuse des Anglais et de leurs alliés les Bourguignons... Quelques rayons de la lumière nimbant la jeune fille se poseront sur Charles et ses troupes. Elle redonnera courage, foi, elle apportera le merveilleux, la certitude que rien n'est impossible. Reprendre la France, Paris aux anglais, les bouter hors du pays après avoir fait la paix avec les Bourguignons, fait couronner Charles à Reims. Oui, tout cela, Jeanne l'a vu et même si Charles VII, être inconstant, méfiant, instable, lui tourne le dos, la boude comme un sale gamin en mal constant d'amour, elle continue inlassablement même lorsqu'elle sait qu'elle mourra et sera sacrifiée... Même lorsque l'horreur de la guerre, de cette boucherie, la tétanisera. Le procès final est une bouffonnerie monstrueuse qui entache encore l'Eglise et ses collaborateurs. Une infamie dont il faudra effacer les traces quelques vingt cinq ans après l'exécution. Épisode digne d'un thriller judiciaire raconté dans l'opus suivant « Le Bon Sens ». Édifiant et touchant à la fois ! « ...ce qui est écrit ne meurt jamais. » Quatrième de couverture Le Bon Cœur est le roman d’une voix, celle d’une paysanne de dix-sept ans qui retint le royaume de France sur le bord de l'abîme, le sauva et en mourut. Elle changea le cours de l’Histoire en réveillant dans le cœur usé des hommes la force de croire et d’aimer. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'homme qui chaussait du 62

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'homme qui chaussait du 62 Daniel Crozes Editions du Rouergue 2 octobre 2019 336 pages Historique Chronique 1 octobre 2020 Avertissement : ce roman est librement inspiré de la vie d'Henri Cot (1889-1912), connu sous le nom du Géant Cot. C'est un roman qui m'a profondément touchée car il pose la question de la différence, de son acceptation dans nos sociétés allant vite à cataloguer les spécimens les plus rares, depuis que l'humanité existe, voyage... Une accélération de cette exploitation des peuples aux physiques étranges est notable depuis que les moyens de transport, les navires se sont perfectionnés. L'ère industrielle et d'avancée scientifique auraient dû être une période éclairée, d'acceptation des multiples tailles, couleurs de peaux, morphologies, civilisations, mais il n'en fut rien. Combien de vils tourneurs se sont enrichis en présentant des" Cabinets de curiosités", induisant qu'un être humain pouvait être inférieur à un autre, et être épinglé ou exhibé tel un insecte ou un animal. On se souvient de l'horreur de certains "parquages" aux Expositions universelles de Paris ou d'ailleurs sous le titre de " Curiosités humaines". Cependant l'exceptionnel physique de certains n'a pas forcément attiré seulement l'attention des agents artistiques aux intentions vénales, mais aussi de professionnels de la scène s'attachant à l'humanité sous l'extraordinaire apparence.. Pour Ulysse Bouissou, le doux géant aveyronnais repéré comme étant le plus grand conscrit de France, fort de l'amour des siens, d'une bonne éducation, d'un bon sens pragmatique et d'une finesse d'analyse de son temps et de la psychologie de ses interlocuteurs, le contrat passé pour trois ans avec un agent parisien va être la chance de sa vie. Et la nôtre.... En effet, ayant des dons de musicien et d'harmoniciste, il va former avec un trompettiste Lilliputien un duo fabuleux, renouvelant son répertoire et s'améliorant d'année en année, se produisant avec un grand succès tant à Paris que dans les théâtres français, européens et même américains avec Barnum. Quelle aventure pour nous, lecteurs, de les suivre dans leurs tournées, dans les transports et lieux d'hébergement de l'époque, sur les grandes foires de Saint Etienne et du Trône où coups bas, jalousie, bandes de tueurs à gages et apaches, les guettent également ! Ainsi nous nous approchons des musiciens incroyables, des acrobates prodigieux, des dresseurs d'animaux exotiques... Nous regardons émerveillés se dérouler le quotidien des Circassiens du début du XXe siècle, des nomades du monde du spectacle de toutes origines, nationalités, tous réunis sous la bannière du rêve et de l'exploit physique ou artistique... Solidarité, amitiés, amours mais aussi jalousies, haines font de cet univers des fêtes foraines, des cabaret et du cirque un monde fascinant, pailleté ou crépusculaire. Illusions et réalités s'emmêlent, reste la profonde admiration pour cet être exceptionnel de gentillesse et de talent disparu trop rapidement, provoquant même après sa mort des convoitises déplacées et indécentes de certaines autorités scientifiques. Le mystère est entier en cette fin de récit où les larmes s'accrochent encore aux cils... Mais la présence lumineuse de Henri Cot ou de son double fictionnel transparaît toujours dans les clichés de l'époque.... J'ai été tout aussi passionnée par la vie, les us et coutumes du village aveyronnais de Belmont-sur-Rance, des cultivateurs et agriculteurs, ressuscités sous mes yeux écarquillés ; j'ai été bluffée et troublée comme devant des photographies et films recolorisés. Un très très beau roman biographique d'un profond humanisme. Quatrième de couverture A 20 ans, Ulysse Bouissou mesure 2,20 mètres ! Lorsqu'il se présente en 1903 au conseil de révision, les photos prises de lui déclenchent rapidement sa célébrité. Engagé par un imprésario, il forme un duo de musiciens avec un lilliputien. Ensemble ils vont découvrir l'Europe, de fêtes foraines en cabarets, puis l'Amérique, avec le fameux cirque Barnum. Un roman librement inspiré de la vie du "Géant Cot". Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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