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- Les Roses fauves
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Roses fauves Carole Martinez Gallimard 20 août 2020 352 pages Historique Chronique 27 décembre 2021 « L'Hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair Et, pareille à la chair de la femme, la rose Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair, Celle qu'un sang farouche et radieux arrose ! » Mallarmé Roman surprenant, charnel, torride, gonflé du sang du désir, de ce désir qu'allument les parfums lourds, capiteux, des roses fauves ; tels des phéromones, ils enserrent les femmes issues de la lignée de Lucia la joueuse d'accordéon, d'Inès la chanteuse, de Carmen Dolorès la danseuse, de Rosa jusqu'à atteindre Lola. « Dans la sierra andalouse, il existe une vieille coutume : quand une femme sent la mort venir, elle brodé un coussin en forme de cœur qu'elle bourre de bouts de papier sur lesquels sont écrits ses secrets. » Dans celui d'Inès, Le blanc, découvert décousu dans l'armoire de la chambre de la jeune femme après un orage, outre les messages du passé sont cachées des graines du rosier faramineux aux fleurs rouge sang. Un rosier qui réclame sa part de mort, qui appelle à la jouissance des corps, à la chute, à la combustion des amants. Irrésistible, envoûtant, ensorcelant, venimeux.... Lola est postière dans un petit village breton. Sa vie est cadrée, régulée, tout est sous contrôle, elle n'a pas de passion à part les biographies de femmes célèbres et surtout son jardin où rien ne dépasse. Boiteuse, elle se protège de tous, des hommes en particulier qui pourraient se révéler aussi cruels que son père. Lola est l'héritière des quatre cœurs brodés remisés dans l'armoire à trois vantaux face à son lit. La tradition espagnole met en garde celles qui voudraient ouvrir un de ces coeurs pour découvrir son contenu. Le malheur s'abatterait immédiatement. Une romancière en mal d'inspiration tombe par hasard sur une photo d'un village perdu de Bretagne où figure une silhouette de femme qu'elle imagine immédiatement boiteuse. C'est un signe pense-t-elle, et la voici laissant à Paris son compagnon et leurs enfants pour un mois d'immersion dans un passé mystérieux. À peine arrivée, le choc de la rencontre avec Lola double troublant de cette ancienne habitante du patelin, vraisemblablement du début du XXe siècle, est immense. Lola se montre très intéressée par le travail de l'écrivaine. Bien que toujours sur la réserve, elle partage avec elle la légende familiale. Elle lui montre les cœurs ; voyant que l'un d'entre eux est ouvert, la visiteuse curieuse, reniflant une histoire possible pour son prochain roman, insiste pour lire les billets rédigés par Inès. Lola accepte, de toute façon ce n'est pas elle qui a ouvert le cœur, c'est lui qui a éclaté peut-être de trop de silence. Ou sont-ce les graines qu'il contient qui réclament leur part de mort ? Les roses fauves vont être à nouveau relâchées dans le jardin, qu'adviendrait-il de Lola ? Roman superbement écrit, à la violence contenue, à la sensualité venimeuse, une transe à l'onirisme indéniable, qui peu à peu bascule jusqu'à devenir un thriller fantastique, nous plongeant dans une atmosphère surnaturelle aux frontières du réel et de l'invisible, du présent et du passé, où les protagonistes se transforment en personnages virtuels, imaginaires sortis de l'esprit de plus en plus tourmenté et apeuré de l'écrivaine. Elle ne mène plus le jeu, ce sont les roses fauves carnivores qui commandent, qui réclament leur part de chair. Ce sont les fantômes qui murmurent à l'oreille des amants. Attention danger ! Stupéfiant .... Quatrième de couverture « Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m'a raconté une coutume espagnole dont j'ignorais l'existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu'elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. A sa mort, sa fille aînée en héritait avec l'interdiction absolue de l'ouvrir. J'ai métamorphosé cette lectrice en personnage. Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l'histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Il faudrait déchirer ces coeurs pour le savoir... ». Carole Martinez, formidable conteuse, libère ses personnages morts et vivants et nous embarque à leur suite dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves. Dans la sierra andalouse, il existe une vieille coutume : quand une femme sent la mort venir, elle brodé un coussin en forme de cœur qu'elle bourre de bouts de papier sur lesquels sont écrits ses secrets. Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée. Lola se demande si elle est faite de l'histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Comme un conte, ce roman nous embarque dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Petits meurtres à Mangle Street
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Petits meurtres à Mangle Street M.R.C Kasasian City Editions 5 octobre 2016 404 pages traduites par Hélène Tordo Thriller Chronique 2 septembre 2018 Londres 1892, March Middleton jeune femme étonnante pour son époque, fumeuse et amatrice de gin, vient vivre dans la capitale pour rejoindre son tuteur le détective Sidney Grice, célébrissime personnage snob insupportable mais fin limier. March n'est pas en reste côté petites cellules grises, heureusement car elle est seule au monde depuis peu. Comme à l'époque les femmes ne sont vues que comme des potiches et des êtres fragiles, c'est Sidney Grice qui gère sa petite fortune jusqu'à sa majorité. La première rencontre fait des étincelles entre ces deux esprits élevés et fiers. Sans le savoir ils vont se compléter parfaitement lors d'une affaire criminelle. En effet une jeune veuve enceinte se présente bientôt chez le détective car sa fille de 19 ans vient d'être sauvagement assassinée et son gendre a été arrêté. L'insupportable Sydney refuse l'affaire car la femme est désargentée. March compatissante et révoltée par le comportement odieux de son tuteur propose de prendre les frais à sa charge et s'impose comme sa coéquipière. C'est un thriller à l'humour très british qui réserve beaucoup de surprises et de retournements jusqu'à la dernière page. Les personnages nous rappellent évidemment les héros de Arthur Conan Doyle sauf que le docteur Watson est une jeune femme. Sidney n'a rien à envier au détestable Sherlock Holmes. Référence aussi est faite aux meurtres perpétrés à White Chapel par Jack l'éventreur à la même époque, histoire de brouiller les pistes. Donc bon livre drôle, caustique, noir, violent, très bien construit et écrit. Une suite des aventures de ces deux étranges comparses serait judicieuse. On s'amuse et on sent que l'auteur aussi. Quatrième de couverture Londres 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l'inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres. D'une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l'homme est d'une efficacité redoutable. Il pense que le "sexe faible" n'a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l'assister dans cette affaire. L'irrésistible duo mène l'enquête et découvre que le mystérieux meurtre n'était que le premier d'une sinistre série. Dans un Londres ou planent des ombres terrifiantes, le danger rôde à chaque coin de rue... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'homme qui peignait les âmes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'homme qui peignait les âmes Metin Arditi Grasset 2 juin 2021 304 pages Thriller Chronique 2 mai 2022 " Notre religion dit la Loi, j'ai beau l'avoir abandonnée, sa rigueur et sa majesté m'impressionnent. La vie du Christ m'enseigne la charité, et l'Islam me rappelle l'importance de l'humilité et de la soumission. Pourquoi devrais-je refuser l'hospitalité de l'une de ces Maisons en faveur d'une autre ? Ce serait dédaigner chaque fois une grande richesse. Là serait la vraie folie." Avner dit Petit Anastase. Une icône bien mystérieuse est retrouvée lors de fouilles dans le monastère de Mar Saba. Elle représente un Christ Guerrier. Sa facture, son thème, pourrait la situer au XIVe siècle et l'attribuer à Théophane le grec, un des plus célèbres de tous les iconographes. Cela semble judicieux puisque la représentation d'êtres humains était blasphématoire selon les canons des siècles précédents. Cependant après datation du bois par analyse dendrochronologique, il apparaît que cette oeuvre singulière aurait été réalisée au XIe siècle. Quel artiste aurait eu suffisamment de folie, de courage, d'inconscience, pour exécuter une telle icône ? Il faut consulter les actes du monastère de Mar Saba avec l'autorisation de l'actuel higoumène des lieux. Une entrée à la date du 12 avril 1097 retient toute l'attention de l'auteur : « Ce jour vers midi, le marchand Mansour arrive muni d'un présent à l'intention de notre bien-aimé higoumène, Petros, que son âme repose en paix. Le présent consiste en une icône, dont l'auteur, qui est inconnu à celui qui tient les actes en ce jour d'avril 1097, veut faire don à notre bienheureux frère Petros, pour qu'il en fasse son icône de cœur. Apprenant que six mois plus tôt, notre bienheureux a rejoint le royaume des cieux, il nous interroge sur ce qu'il convient de faire pour respecter le vœu du donateur. Notre bien-aimé higoumène, frère Joachim, propose de cacher l'icône dans les pierres de sa propre cellules, celle où Petros a vécu durant 43 années de sa vie, à ses yeux la façon la plus proche qu'il est possible de répondre au souhait du donateur. Ainsi fut fait, et l'icône insérée et cachée de façon parfaite et durable par un mur de pierres. » Signé : frère Michail, chargé des actes en ce jour du Seigneur. On peut imaginer que le frère Joachim dès qu'il vit Mansour a su que le donateur était Avner. Ses oeuvres étaient reconnaissables entre toutes puisque jugées blasphématoires et d'une facture très moderne pour l'époque. Pris de remords, se sentant certainement coupable du traitement qui fut infligé à Avner au monastère même, il est probable qu'en protégeant cette icône il souhaitait racheter ses fautes. Ainsi face à cette œuvre, Metin Arditi se propose de répondre à trois questions destinées à lever le mystère sur "Le Christ Guerrier" : 1/ Comment cette icône est-elle arrivée au monastère de Mar Saba ? 2/ Pourquoi n'a-t-elle pas été détruite, étant blasphématoire selon les canons de l'époque ? 3/ Enfin que reste-t-il de l'œuvre d'Avner ? J'en poserais une quatrième et une cinquième : qui était Avner ? D'où venait-il ? Le peintre de l'âme des pèlerins, ni juif, ni musulman, ni chrétien, tombé en passion des le premier regard posé sur une icône, eut un destin dès lors tout tracé au grand dam de sa famille : il fut celui qui apportait réconfort et apaisement à ceux venus lui commander un portrait, une représentation réaliste totalement proscrite par les Lois. Metin Arditi met ses pas dans ceux de ce gamin juif dont l'avenir semblait tout tracé... Il remplit les blancs laissés par l'effacement pur et simple de la bibliothèque de Mar Saba de toute trace de Avner alias Petit Anastase. Comment l'auteur réussit-il à faire émerger la vérité sur ce destin hors du commun ? La magie opère immédiatement grâce au talent incontestable de conteur, de poète, d'artiste de Metin Arditi, encore une fois. Nous touchons presque le tissus de sa robe, nous sentons la caresse des poils du pinceau, nous admirons les poussière d'or voletant dans l'air, nous faisons rouler sous nos doigts les grains infimes de pigments. Avner va apprendre à "écrire" des icônes selon les règles en cours au XIe siècle, mais bien vite c'est peindre qui sera son seul but au mépris des Lois, des canons. Représenter la vérité sous l'apparence, apporter ainsi un soulagement à ceux qui sont venus à lui pour trouver des réponses à leur dilemme, un sens à leur vie. Un être à part, extraordinairement généreux qui met son talent, son génie au service de l'humanité. Ce faisant, il est à craindre qu'il se soit fait des ennemis au sein même du monastère sans oublier les imams, prêtres, rabbins dont l'autorité et même l'utilité sont remises en question. Tous les envieux, jaloux de leurs prérogatives, de leurs pouvoirs vont agir pour détruire celui qu'il ne peuvent être, qu'ils ne peuvent contrôler : le peintre des âmes. Un roman historique somptueux, bouleversant, nous plongeant, par le biais de l'étude de la représentation cachée et illicite au temps de l'Orient médiéval que représente l'icône intitulée"Le Christ Guerrier", dans un mystère irrésolu jusqu'à aujourd'hui... Une reconstitution magnifique faisant appel à tous nos sens, charnelle, onirique, et précise quant aux faits. Des scènes inoubliables comme celle révoltante de l'autodafé.... Destin d'un précurseur, d'un génie, d'un inovateur, né trop tôt dans un siècle encore baigné de ténèbres. Mais sa lumière intérieure, grâce à Metin Arditi, resplendit jusqu'à nous et pour l'éternité. La beauté triomphe de tout. Quatrième de couverture Acre, quartier juif, 1078. Avner, qui a quatorze ans, pêche avec son père. À l’occasion d’une livraison à un monastère, son regard tombe sur une icône. C’est l’éblouissement. « Il ne s’agit pas d’un portrait mais d’un objet sacré, lui dit le supérieur du monastère. On ne peint pas une icône, on l’écrit, et on ne peut le faire qu’en ayant une foi profonde ». Avner n’aura de cesse de pouvoir « écrire ». Et tant pis s’il n’a pas la foi, il fait comme si, acquiert les techniques, apprend les textes sacrés, se fait baptiser, quitte les siens. Mansour, un marchand ambulant musulman, le prend sous son aile. C’est l’occasion d’un merveilleux voyage initiatique d’Acre à Nazareth, de Césarée à Jérusalem, puis à Bethlehem, jusqu’au monastère de Mar Saba, en plein désert de Judée, où Avner reste dix années où il devient l’un des plus grands iconographes de Palestine. Refusant de s’astreindre aux canons rigides de l’Eglise qui obligent à ne représenter que Dieu et les saints, il ose reproduire des visages de gens de la vie ordinaire, cherchant dans chaque être sa part de divin, sa beauté. C’est un triomphe, c’est un scandale. Se prend-il pour un prophète ? Il est chassé, son œuvre est brûlée. Quel sera le destin final d’un homme qui a osé défier l’ordre établi ? Le roman de l’artiste qui, envers et contre tous les ordres établis, tente d’apporter de la grâce au monde Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les leçons du mal
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les leçons du mal Thomas H.Cook Seuil 10 mars 2011 368 pages traduites par Philippe Loubat-Delranc Thriller Chronique 21 août 2017 « Prends garde Jack, prends garde » dit mr Branch à son fils, mais il ne l'écouta pas pour son plus grand malheur et celui de plusieurs personnages de cette histoire tragique et poignante. Il lui a aussi dit " ...la réponse à une question qui vient du fond de ton coeur, Jack, le brise toujours" et enfin il a ajouté bien des années plus tard " Le chagrin a son revers : Le fait qu'il puisse, le moment venu, nous rendre ce qu'il nous a pris si promptement, comme une ombre qui, à mesure que les années passent, commence, sans que l'on sache pourquoi, à répandre sa propre lumière." Tout est là, mais notre narrateur ne savait pas écouter, trop plein de son sentiment de supériorité de jeune homme de bonne famille, issu de cette société du Mississipi des années 50/60 d'avant les mouvements des droits civiques, enrichie en son temps par le coton, servie par des esclaves. Le fait d'être persuadé que sa bonne éducation, son érudition non digérée, sa suffisance disons-le de pseudo intellectuel et la stupidité de ses 24 ans d'un gamin sûr de lui et qui joue à l'adulte, pourrait ne pas avoir trop de conséquences, sauf de le rendre suprêmement agaçant et un peu ridicule. Mais Jack est professeur dans un petit lycée de Lakeland, et il a entre les mains des jeunes à peine moins âgés que lui issus des quartiers les plus modestes de la ville. Fragiles donc, comme l'est Eddy, qui suit le cours sur le MAL organisé par cet enseignant infatué. Le mal à travers les temps, illustré par différents tueurs ou personnages historiques. Sujet ou plutôt une belle grenade dégoupillée, d'autant plus que Eddy est le fils du " tueur de l'étudiante" comme il a été rebaptisé. Jack sous couvert de demander à ses élèves d'écrire une dissertation sur une personnalité criminelle, ne trouve rien de mieux, dans un élan de paternalisme insupportable, soit disant pour aider Eddy à accepter son passé, de lui conseiller de mener une enquête sur son père. Les dés sont jetés, le destin en marche..... On retrouve les thèmes abordés plusieurs fois par l'auteur : cette Amérique des années 50/60, les états du sud et la question des droits civiques, le retour sur un meurtre passé, la culpabilité, le mauvais sort ou de la prédestination, l'origine du mal, l'enseignement, la jeunesse, etc.... Toujours écrit somptueusement avec une mention spéciale quant à l'évocation troublante et bouleversante de Abraham Lincoln et de sa fragilité, et aussi d'un chapitre 35 vertigineux et virtuose dans sa construction. De quoi avoir le tournis et de se dire " Mais qu'est ce qui m'arrive ?". L'assurance d'avoir vécu un grand moment de littérature. D'ailleurs je n'ai pas arrêté de penser et repenser aux deux livres de Lee Harper magnifiques et terribles. C'est ce que je dirais de ce roman exactement. Troisième livre donc de ce maître en trois jours, je vais me remettre de toutes ces émotions avec un autre auteur. Quatrième de couverture Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans le petit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom d’Eddie Miller. Eddie se tient à l’écart de la communauté, résigné, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du « tueur de l’étudiante », mort en prison quinze ans plus tôt. Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d’eux-mêmes ? Pour libérer Eddie de son fardeau, Jack lui suggère de mener une enquête sur son père. Le maître et l’élève découvrent peu à peu un monde où le bien et le mal se confondent, chargé de violence et de mirages : un monde de ténèbres. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Buck & moi
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Buck & moi Mateo Askaripour Buchet-Chastel 10 mars 2022 416 pages traduites par Stéphane Roques Roman Chronique 9 avril 2023 "À tous ceux qui se sont fait traiter un jour comme des moins que rien, je sais ce que c'est. " "S'inventer des excuses est l'occupation la moins rentable qui soit." John Mason Note d'introduction de l'auteur : "Rien de tel qu'un Noir en mission. Non, je reformule. Rien de tel qu'un vendeur noir en mission." Welcome Ladies and Gentlemen ! Bienvenus dans le monde fabuleux du capitalisme, du "tout est à vendre " et "tout a un prix", du matérialisme et de la suprématie blanche ! Bienvenus à New York, United states of America, leader du monde, exemple de réussite..... Bla bla bla.... Pas tout à fait ! Voici un roman au vitriol où sont explosés tous les poncifs sur les États Unis, terre d'égalité, où tout est possible. Non, disons plutôt : royaume des gourous de tous poils et autres prédicateurs hallucinés même au sein des entreprises ! Humour acide, analyses au scalpel, rythme endiablé et bien pulsé pour cette fiction qui prend racine dans une réelle expérience de l'auteur du milieu des start-ups. Lire ce texte comme si vous étiez un jeune homme noir est un des premiers challenges qui vous sera proposé et pas des moindres. Imaginez simplement que vous êtes une personne de couleur dans un pays s'étant bâti principalement sur l'esclavage. Imaginez que chaque jour de votre vie vous deviez prendre sur vous, éviter la police, accepter des lois et règles injustifiées d'un pays qui finalement ne vous accepte pas comme un citoyen à part entière. Premier roman diablement intelligent, drôle, captivant où affleurent le désespoir et la colère sous un humour de façade. Ultime élégance face à une société grossière et primaire incapable de changer, de se remettre en question. La maîtrise stylistique et scénaristique est totale. Je gage que nous retrouverons bientôt cet auteur très talentueux. Édifiant et efficace ! Quatrième de couverture Darren « Buck » Vender a 22 ans, il vit avec sa mère à Brooklyn. Major de promotion intelligent mais démotivé il a choisi de travailler comme barista dans un Starbucks de Manhattan. Instinct ou hasard ? C’est en convaincant un habitué de changer de boisson qu’il va lui-même changer le cours de sa vie. L’homme d’affaires est tellement impressionné par son charisme qu’il lui propose de le rejoindre chez Sumwun, une startup au succès aussi fulgurant qu’opaque. Après un entretien surréaliste, et une formation infernale qui ressemble fortement à un bizutage Darren (ou plutôt Buck, comme on l’appelle désormais), est embauché. Le problème, c’est qu’il ne sait pas bien pourquoi. Plongée hilarante et acide dans le monde de l’entreprise du XXIe siècle, Buck & moi est une satire inoubliable qui rappelle aussi bien BlackKKklansman de Spike Lee que La Foire aux vanités de Thackeray Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Jaguarman
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jaguarman Raoul De Jong Buchet-Chastel 12 janvier 2023 288 pages traduites par Myriam Bouzid Biographie Chronique 19 avril 2023 Illustrations de Raoul de Jong et Elizabeth Tomasetti. Livre Ô combien singulier et nécessaire ! J'ai énormément pensé à la tétralogie, ou Buru Quartet, de Pramoedya Ananta Toer ( Les enfants de tous pays - Le monde des hommes - Une empreinte sur la terre - La maison de verre) éditée chez Zulma, nous contant le destin d'un javanais sous colonisation néerlandaise. J'ai repensé à mon long séjour à Amsterdam et à ma visite sidérante de l'exposition sur les Marrons au musée des colonies de la ville. Ce magnifique récit n'est pas la quête d'un fils cherchant son père, ses racines. Il n'est pas initiatique. Non, c'est un texte universel nous contant notre histoire, à chacun de nous, en recherche de notre humanité, de notre place sur cette planète en tant qu'être vivant recontextualisé dans le temps et dans la nature. Nous sommes tous l'Homme Jaguar, nous l'avons oublié mais une part de lui palpite encore en nous, profondément. Nous sommes tous issus de la forêt, nous sommes tous issus de la Nature. Le Jaguar et l'Amazonie ne sont pas des fantasmes mais des réalités qui, à travers les rêves du jeune Raoul, lui rappellent qui il est, ce qu'il est. Le rouleau compresseur, "colonisation, impérialisme", quelque soit le nom qu'on lui donne, semble avoir tout écrasé irrémédiablement. Vraiment ? Je suis sortie de cette biographie romancée charnelle et onirique profondément bouleversée, triste et bizarrement aussi pleine d'espoir en l'humanité. De plus, l'Histoire du colonialisme néerlandais est peu connue. Le Surinam encore moins. Le dépaysement est total et oblige à oublier toutes nos certitudes et nos conceptions occidentales. Beau, simplement ! Quatrième de couverture Un bouleversant voyage familial et mystique dans les jungles du Suriname. Né d’une mère néerlandaise et d’un père surinamais qu’il a très peu connu, Raoul est âgé d’à peine trente ans quand il reçoit le courriel suivant : « Je cherche mon fils Raoul de Jong☺☺☺ » De cette rencontre tardive avec son père naissent de nombreux espoirs, parfois déçus, et autant de questions, notamment sur son ascendance surinamaise. Parmi les bribes dévoilées par son géniteur, une rapide mention d’un ancêtre homme-jaguar retient l’attention du jeune homme. Alors que son père refuse d’en dire davantage, Raoul se lance à la recherche de cet ancêtre énigmatique qui l’emmènera dans les rues étouffantes de Paramaribo, au cœur de la jungle surinamaise ou dans la maison d’une prêtresse. Dans cette quête de l’animal, le jeune écrivain part à la recherche de sa propre humanité, signant un livre d’aventures, de magie et de résistance, un véritable manifeste optimiste. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La soustraction des possibles
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La soustraction des possibles Joseph Incardona Finitude 2020 400 pages Thriller Chronique 26 juillet 2020 Extraits significatifs : « Les années 1990 préfigurent un système sur le point de perdre tout contrôle, où l'informatique s'apprête à révolutionner la planète, où les algorithmes emballent la combinatoire des transactions boursières. Plus personne ne sait vraiment ce qu'est devenu l'argent, un moyen, un but, un prétexte, une dématérialisation de nos existences. » « ... C'est le premier pas, le leurre du beau associé au bon, car un des thèmes du roman est aussi celui de la superficialité au croisement de la tragédie. » Le tout était de savoir si l'or de la couverture était juste plaqué ou massif. !?! Le tout était de savoir qu'illustraient vraiment tous ces engrenages d'horlogerie de précision... ou d'un coffre fort. !?! Roman d'amour au pays où le cœur ne bat plus qu'à l'idée de pouvoir, d'argent sale devenu hygiénique, dans ces années où tout était encore possible sans paramétrages et logiciels informatiques pour vous mettre des bâtons dans les roues dentées... Cupidon peut-il encore triompher ? Joseph Incardona est notre guide dans les coulisses de ce théâtre des vanités qu'est Genève, des quartiers chics du centre aux résidences de luxe de Cologny, des cours de tennis aux zones populaires, des banques aux alcôves où tout n'est que tractations, marchés, deals, jeux, apparences. Difficile de ne vivre que d'amour et d'eau fraîche lorsqu'on est cerné par tout cet étalage de fric, de clinquant.... Notre couple de héros, Svetlana et Aldo, veulent tout ; leur ambition, leur soif de revanche sur la vie sont infinies. Ils pensent, alors qu'ils ont l'immense privilège de s'être rencontrés et reconnus, réussir un coup de poker... Mais à Genève comme en Corse, on préfère les échecs... On tisse des toiles minutieusement, on met de l'huile dans les engrenages, on prépare des pièges longuement, avec délectation, puis, d'un coup, on tue. Roman incarné, torride, sensuel là où tout est aseptisé, les décors comme les relations... thriller de sang où les pulsations cardiaques s'emballent.... Entre Ocean Eleven, L'empire des sens, et La haine, un texte très cinématographique à l'écriture effroyablement belle pour décrire l'innommable. L'humour et l'ironie en bouclier car c'est bien à une guerre que vous allez participer : vous serez au centre de l'action sur le champs de bataille, cernés par l'odeur de mort, de peur, d'entrailles, de merde, de l'argent qui pourrit tout. Méfiez-vous de Joseph Incardona, il se joue de vous, il s'amuse à vos dépens. C'est un maître en illusion, en perversion scénographique... Conclusion, ce roman est de l'or en barre, massif. Essayez de ne pas être un dommage collatéral à ce carnage. J'ai aimé et cela m'inquiète..... Prix Relais des Voyageurs Lecteurs Finaliste Grand Prix RTL/Lire Finaliste Grand Prix des Lectrices ELLE Sélection Prix Le Point du polar européen Sélection Prix des lecteurs L’Express/BFMTV Sélection Prix Alexandre-Vialatte Sélection Prix Nice Baie des Anges Sélection Prix des Romancières Sélection Prix du Làc Quatrième de couverture On est à la fin des années 80, la période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance, ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, les privilèges, le bonheur même. Un monde nouveau s’invente, on parle d’algorithmes et d’OGM. À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment mais veulent plus. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Leur chance, ce pourrait être ces fortunes en transit. Il suffit d’être assez malin pour se servir. Mais en amour comme en matière d’argent, il y a toujours plus avide et plus féroce que soi. De la Suisse au Mexique, en passant par la Corse, Joseph Incardona brosse une fresque ambitieuse, à la mécanique aussi brillante qu’implacable. Pour le monde de la finance, l’amour n’a jamais été une valeur refuge. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un menu pour l'enfer
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un menu pour l'enfer Marc Magro De Borée 18 avril 2019 480 pages Polar Chronique 26 avril 2019 Premier polar de cet auteur, entre Monaco, Nice, Genève, la Bolivie et le Pérou. Du dépaysement donc, beaucoup d'actions, d'humour noir, de sexe façon paillarde ; une équipe d'enquêteurs pas piquée des hannetons autour du commissaire Valandrin lui même très chaud, tant de caractère que dans sa vie personnelle. Tous les ingrédients d'un vrai polar sur fond de crime organisé et politique internationale, d'une réalité alarmante pour nous tous. On découvre les coulisses de Monaco, rocher bien loin du glamour et de la respectabilité où tous les coups vicieux sont permis, directement lié évidemment à la Suisse, son secret bancaire et sa concentration de riches au mètre carré, en faisant un détour par les souterrains niçois où se pratiquent l'échangisme, jusqu'à se retrouver soudainement en compagnie d'un scientifique guidé par un chaman et son fils dans les forêts et montagnes sud américaines. Un grand looping ! Qu'est-ce qui relie tous ces lieux ? Ajoutez le milieu de la cuisine gastronomique, et la recette est complète, bien relevée, dosée, forte en épices et en saveurs étonnantes. Un polar très nerveux, rapide, divertissant grâce à des dialogues ciselés et inventifs quant à la formule, des caractères bien affirmés et croqués. On s'attache à tous, on attend avec impatience le dénouement, le suspense, étant maintenu adroitement jusqu'au bout. Réussi ! Quatrième de couverture 13h. Une explosion pulvérise un prestigieux palace de Monaco. Accident, sabotage, attentat ? Le bilan est terrible. Parmi les victimes, les plus hautes instances sud-américaines réunies pour un colloque sur le réchauffement climatique. Le matin même, Alain Viard, chef étoilé dans les cuisines du palace passe un étrange coup de fil à son ex-femme. Quelques heures plus tard, il convoque son meilleur apprenti et lui confie un secret lourd de conséquences avant de disparaitre. À l'autre bout du monde, entre la Bolivie et le Pérou, l'ethnobiologiste Yvan Delorme entreprend un voyage initiatique avec un chaman. Mondialement connu pour ses thérapies originales, il pourrait bien être une pièce manquante du puzzle. C'est ce que devra découvrir le commissaire Valandrin et son équipe haute en couleur. Entre gastronomie, chamanisme, finance et crime organisé, ils découvriront que mensonges et manipulations ne se servent jamais tièdes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Une Reine idéale
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une Reine idéale Philippe Hugon De Borée Vents d'Histoire 13 octobre 2022 272 pages Polar historique Chronique 8 novembre 2022 Dans ce quatrième roman de Philippe Hugon édité chez De Borée nous retrouvons « Le Renard », personnage central dans « Le Pacte des gueux » paru en 2020. Il a fait bien du chemin depuis que nous l'avons quitté. Louis xv n'est plus un enfant, il est en âge de convoler. Mais un mariage royal est affaire d'état, d'autant plus lorsque le futur époux est de constitution fragile. Le temps presse, il faut un héritier au trône si celui en place vient à mourir. Nul romantisme là-dedans juste du pragmatisme, des intrigues de salon valant batailles sanglantes, de la diplomatie hypocrite, des méthodes de racaille et le recours à la violence si besoin est, voire à l'assassinat. Le cardinal Fleury qui fut le précepteur du jeune Louis, devenu son excellence le Ministre Fleury porte son choix sur notre jeune ami, René Baptiste devenu abbé. Un religieux que de nom, aux mœurs des plus libérées qui n'a pas oublié l'enseignement de son enfance dans les bas fonds de la capitale. Ainsi, convoqué de nuit dans le cabinet versaillais du ministre, René se libère des bras d'une belle aristocrate pour se rendre inquiet à cet entretien mystérieux. N'ayant plus de maître puisque le cardinal Dubois est mort, Fleury souhaite engager l'abbé connaissant ses qualités particulières et indispensables aux prochaines tractations concernant le futur mariage de Louis XV. Une longue liste de prétendantes au lit royal est établie, il faut donc aller chez chacune de ces fiancées potentielles pour vérifier sur place si elles répondraient aux exigences multiples de la fonction. Plusieurs hauts personnages de la cour ont des intérêt personnels dans l'affaire entre autres son Altesse le duc de Bourbon, chef du gouvernement et cousin du roi, et la marquise de Prie sa maîtresse. L'affaire est encore plus délicate lorsque l'on se rappelle que le cardinal Dubois, avait mené deux ans plus tôt des tractations pour fiancer la fille du roi d'Espagne, l'infante Marie Anne Victoire, à Louis. Une petite fille d'alors 3 ans. Or la donne a changé et on ne peut plus attendre qu'elle soit en âge de procréer. Il faut trouver sa remplaçante et vite, même si une crise dans toute l'Europe est à prévoir alimentée évidemment par l'Espagne. La question de la religion est aussi centrale. La jeune fille doit être catholique. Ainsi, afin de mener à bien l'évaluation des qualités réelles de la future reine de France, le Chevalier de Lozilières et notre abbé sont envoyés sur les mauvaises et dangereuses routes de France. Pour René direction l'Allemagne en passant par la Lorraine jusqu'au nord de Berlin. Le 9 août 1724, départ de Paris pour un voyage aventureux et périlleux, pendant lequel notre héros devra faire preuve de courage, de ruse ; mais pour un enfant du faubourg Saint Marcel, la chose n'est pas insurmontable même si les assaillants divers et variés n'ont aucune limite. Trouver l'épouse idéale de Louis xv peut être mortel. Un roman historique mêlant secrets d'état, diplomatie et action à la manière d'un récit de cape et d'épée, savoureux de par son écriture, réjouissant par son ton puisque le narrateur est René toujours aussi rusé, ironique et diablement intelligent. J'ai découvert avec délectation et passion toute une galerie de portraits hauts en couleurs, des descriptions ultra réalistes et édifiantes de la cour, de la France et des pays limitrophes.... Une très belle suite donc au « Pacte des gueux » qui, je n'en doute pas, sera suivie d'un troisième opus tout aussi fabuleux. Un seul regret que celui-ci ne comporte que 272 pages. Quatrième de couverture Il faut marier le roi ! En cette fin d'année 1724, la santé du jeune Louis XV vacille et on s'affaire à lui trouver une épouse afin qu'il engendre au plus vite un héritier au trône. Une liste de 99 candidates est dressée parmi les plus grandes familles d'Europe. Mais quelle princesse deviendra Reine de France ? Le jeune et séduisant abbé René Baptiste est désigné pour mener l'enquête. Bientôt, une inconnue polonaise est choisie, mais René va devoir la protéger de la vengeance des puissantes dynasties éconduites. Une course contre la montre s'engage avant le mariage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- A fleur de peau
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires A fleur de peau James Barnaby De Borée Marge Noire 18 octobre 2018 443 pages Thriller Chronique 30 décembre 2017 Grand thriller psychologique, aux limites de l’inconscience, peuplé de Reine de cœur sanglante et de sorcières cruelles, réactivant nos cauchemars enfantins, et nous obligeant à suivre l'héroïne dans ses fugues entre plusieurs mondes. Du Walt Disney terrifiant à ne pas mettre entre des mains innocentes. 2 juillet, Jane McLeone, brillante étudiante à Madison, au comportement asocial et autistique, se prépare à rejoindre sa mère Janine et son beau père Richard Holstein, en campagne pour le poste de sénateur, pour les vacances d’été, dans leur maison près du lac Mendota dans le Wisconsin. Avant de partir, elle prend un rdv avec son thérapeuthe le Dr Sapirstein, pour un dernier entretien. Il la suit depuis ses huit ans, après qu’elle ait disparu un mois entier, et soit revenue soudain un matin avec des traces de bleus aux poignets et chevilles, et de viols répétés. Il l'a aidée à reprendre le contrôle de sa vie, de ses cauchemars tous liés à certains films d’animation de Walt Disney, Alice au pays des merveilles, Blanche neige, La belle au bois dormant, le magicien d’Oz, entre autres. Elle est très inquiète car le phénomène de fugue inconsciente s’est reproduit la veille, alors que tout était rentré dans l’ordre. Il la rassure, conscient que depuis un an, il aurait dû passer le flambeau de son suivi psy à un confrère, puisqu’il est pédopsychiatre. Jane revient chez elle dans le 3 pièces qu’elle partage avec son amie Mei, prépare ses bagages. Le lendemain sa mère Janine vient la chercher à 9 h, mais en chemin fait un détour par sa galerie de peinture de Madison en laissant sa fille pour un court moment dans la voiture. A son retour, Jane a disparu, elle la retrouve dans le parc pour enfants plus loin, en état second, ignorante quant à la façon dont elle est arrivée là. Elle se souvient juste que dans la vitrine d’un magasin de HIFI, sur l’écran de télévision mis en exposition, un dessin animé de Walt Disney passait. Puis le trou noir. Elle se réveille à la cabane, son beau père Richard Holstein est là, mais sa mère est repartie pour régler un problème de dernière minute à sa galerie de Chicago. Tous les deux s’entendent à merveille, Richard ayant endossé le rôle de père que Georges McLeone a été incapable d’assurer après le divorce d’avec Janine, suite à la disparition de leur fille. Le lendemain, Jane retrouve ses 3 « Frangines » du lac, amies d’enfance pour la journée. Au retour d'une partie de pêche, le soir, Jane et Richard entament une partie d’échecs, Janine appelle pour dire qu’elle reviendra le lendemain matin et qu’elle dort à l’hôtel à Chicago. Ils vont se coucher. Mais au réveil, Jane trouve le corps de son beau père égorgé à côté d’elle, presque décapité, avec le couteau utilisé pour vider les brochets, elle a du sang sur elle et se trouve dans la chambre parentale. Paniquée elle appelle la police en s’accusant du meurtre et en criant « coupez-lui la tête »... C'est un thriller psychologique et d’action au rythme rapide et très efficace, original, anxiogène et terrorisant pour les enfants que nous sommes encore, utilisant le caractère terrifiant des contes et dessins animés pour nous faire tomber avec Jane dans une spirale vertigineuse, avec des flashbacks vieux de huit ans, afin de bien comprendre les événements du passé et leur conséquence aujourd’hui. Les notions de conscience/inconscience, et le ressenti d’un amnésique sont parfaitement analysés. L'ouverture de ce récit d'abord intime débouchant sur une question historique plus vaste est également une des grandes réussites de ce livre, nous somme ainsi directement concernés. En dire plus risquerait de vous donner une piste trop évidente. Très bonne lecture ! Quatrième de couverture Brillante étudiante de 19 ans à l'université du Wisconsin à Madison, Jane souffre de « fugues temporelles » depuis l'enlèvement dont elle a été victime huit ans plus tôt, dans des circonstances gui n'ont jamais été élucidées et dont elle ne garde aucun souvenir. En vacances comme chaque été dans le chalet familial au bord du lac Mendota, elle est seule avec son beau-père, sa mère ayant dû repartir précipitamment à Chicago pour son travail. Dans la nuit, la jeune fille se réveille avec les mains ensanglantées, un couteau à ses pieds. Richard gît à ses côtés, égorgé... Jane le sait, elle a tout de la coupable idéale. Pour le procureur du comté et la police de Madison, l'affaire est claire : l'étudiante a commis cet acte odieux dans une crise de folie. Ce n'est pourtant pas l'avis de Joseph Sleuth, l'agent local du FBI, gui penche pour un assassinat politique maquillé en crime familial. Leader du parti écologiste, Richard briguait le poste de sénateur et comptait de nombreux ennemis à la Bourse des valeurs agricoles de Chicago, le puissant et influent lobby des céréaliers. Libérée sous caution dans l'attente de son procès, Jane est prise en charge par un spécialiste de l'hypnose. Au fil des séances elle retrouve peu à peu la mémoire. La réalité se dessine, effroyable... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La nuit de l'ogre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La nuit de l'ogre Patrick Bauwen Albin Michel 2018 487 pages Thriller Chronique 19 septembre 2018 « La mort est un art. Vous en êtes le spectateur. Et vous pourriez être sa prochaine victime. Des sous-sols de Paris aux recoins obscures des facultés de médecine, Chris Novak, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit sans fin. » Vous voilà bien avancés, n'est-ce pas ? Puisque manifestement c'est le souhait de l'éditeur et de l'auteur de ne rien donner en quatrième de couverture, je vais respecter ce vœu. Sachez que c'est la suite de « Le jour du chien », prix Polar 2017, que vous allez le retrouver ce cador bien caché là où vous ne pourriez l'imaginer, que vous allez revoir les membres de la brigade Évangile augmentée d'un membre spécial, Audrey, qui a opéré ainsi un changement de carrière. Et évidemment le narrateur, Chris paumé, drogué aux anxiolytiques, mais pourtant l'esprit bien clair et l'instinct opérationnel. Comme dans un conte de fées, il est question d'un petit Poucet, d'un ogre portant un chapeau melon, et des cris de toutes les victimes de la folie inhumaine incarnée ici effroyablement. Ai-je aimé cet opus qui évidemment débouchera sur un suivant ? Oui, le chien me plaît beaucoup..... Cependant je n'ai pas retrouvé la grâce de « Les fantômes d'Eden » inégalé pour le moment. Et voilà that's all folks ! Un de mes textes les plus courts Quatrième de couverture Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac. Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal. Dans le même temps, son ancienne compagne le lieutenant Audrey Valenti enquête sur une agression atroce. Ils font tout pour s'éviter mais leurs chemins vont se croiser. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Savannah Bay, variations
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Savannah Bay, variations Marguerite Duras Editions des Femmes Antoinette Fouque 11 mars 2021 59 minutes Roman Chronique 9 avril 2021 Avec les voix de Marguerite Duras, Madeleine Renaud, Bulle Ogier, présenté par Marie-Christine Barrault. Musique : Quintette à cordes en ut majeur, D. 956, opus 163, de Franz Schubert, interprété par le Quatuor Aviv, production Naxos : Un CD MP3 réalisé avec un soin extrême et beaucoup de respect et d'amour pour l'oeuvre de Marguerite Duras, pour le travail des comédiennes, pour le Théâtre, pour les scénographes, décorateurs et créateurs des costumes... Un témoignage bouleversant que ces enregistrements, pour les simples amateurs, mais aussi pour les professionnels qui ne pourront qu'être extrêmement attentifs et suspendus aux voix extraordinaires des trois femmes en pleine répétition, en recherche du ton juste, de la musique du texte imaginé par une écrivaine qui peut sembler dure, parfois sévère, en réalité, en pleine transe créatrice, branchée directement sur le cœur des deux interprètes... D'où frictions détectables quelques fois entre l'écrivaine, auteure de théâtre et metteure en scène, et Madeleine Renaud. Un passage obligé pour réussir à transcender les mots. Marguerite Duras a peu d'intérêt pour les déplacements, les postures, seuls lui importent le texte et les idées. Remarquable démonstration d'une démarche artistique jusqu'au-boutiste, sans concession. Sa collaboration avec le couturier Yves Saint-Laurent est osmose, car elle l'admire. Elle est amoureuse et respectueuse du geste artistique en lui-même, sachant la mise en abîme qu'il suppose, raison pour laquelle, elle réussit à saisir et comprendre le génie des autres, nous offrant ainsi de magnifiques portraits d'artistes. Cette volonté de les mettre en lumière est illustrée ici par le texte sur son double en peinture, Roberto Platé. Le processus de création de cet homme, ayant imaginé le décor de Savannah Bay, en écho aux robes créées par Yves Saint-Laurent, est exposé ici en dernière plage. Un hommage éblouissant et généreux. « Si Roberto Platé aime dans le théâtre ce qu'il appelle « L'alchimie de tous les arts », la peinture reste la part intime qui nourrit l'ensemble de son oeuvre. » Enfin, j'ai été particulièrement touchée en me souvenant que Bulle Ogier, lors de la reprise de la pièce, était en deuil de sa fille Pascale. Le souvenir que j'en ai est toujours douloureux. D'autant plus, sommes-nous bouleversés en relisant le thème de Savannah Bay... Marguerite Duras écrit : « On mesure chaque jour davantage à quelle profondeur la mort est allée chercher sa proie. Mais cependant qu'elle frappe, la grâce de la jeune fille se répand encore dans la ville. Rien ne peut empêcher la chose, l'endiguer. » Marie-Pierre Fernandes ajoute : « La grâce de la jeune fille de Savannah se transmettait à sa fille. Marguerite Duras avait dit pendant les répétitions : « On peut naître d'une mère morte. » » Il est indéniable que tous les protagonistes de la création de cette pièce de théâtre furent touchés par la grâce. Les premiers extraits sont des enregistrements effectués pendant les répétitions au Théâtre du Rond-Point par Philippe Proust en 1983 et 1987 de la pièce de M. Duras, Savannah Bay. La restauration des archives sonores a été réalisée par Michel Kania et Pierre Rochet. La réalisation est de Francesca Isidori et Marie-Pierre Fernandes qui signe également la rédaction du livret joint, passionnant. 1/En ouverture la présentation du livre audio, véritable témoignage historique ayant trait à Marguerite Duras femme de théâtre répétant avec les deux comédiennes. 2/ Prologue à Savannah Bay, variations par Marguerite Duras. 3/ Répétition, scène III : Marguerite Duras et Madeleine Renaud 4/ Répétition scène III : Marguerite Duras et Bulle Ogier. 5/ L'exposition de la peinture : Marguerite Duras à propos de Roberto Platé. Quatrième de couverture « C'est pendant l'été d'un pays du nord. C'est la fin d'un jour, juste avant la nuit. Vous voyez ? Mais déjà quand elle s'annonce, que la lumière s'allonge, illuminante, avant de s'éteindre. » M. D. Savannah Bay, variations recueille des documents sonores inédits captés par Philippe Proust, retrouvés et présentés par Marie-Pierre Fernandes, spécialiste de Marguerite Duras qui a participé à sa création de « Savannah Bay" », accueillie triomphalement en 1983 au théâtre du Rond- Point, et assisté l'autrice pour les « Lectures » (1984) et « La Musica deuxième » (1985). Ces enregistrements exclusifs font entendre la lecture par Marguerite Duras d'une scène primitive de la pièce Savannah Bay suivie de deux répétitions sous sa direction avec Madeleine Renaud et Bulle Ogier. Elle lit ensuite « L'Exposition de la peinture », poignant hommage à son scénographe, le peintre argentin Roberto Platé diffusé lors de l'exposition de ses toiles au théâtre du Rond- Point, en 1987. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Passage des ombres
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Passage des ombres Arnaldur Indridason Métailié 2018 302 pages traduites par Éric Boury Thriller et polar Chronique 9 septembre 2018 Dernier tome de la Trilogie des Ombres réussi, on retrouve le plaisir éprouvé lors de la découverte de cette série, des deux enquêteurs, et on est heureux de savoir ce qu'ils sont devenus après le conflit. Il y a toujours un fond de nostalgie et de tristesse comme lorsqu'on regarde de vieilles photos ; touché par deux destins hors du commun, liés évidemment à la second guerre mondiale ; on mesure les conséquences de cette dernière sur les habitants de Reykjavik, ses jeunes femmes en particulier " en situation" c'est à dire en couple avec des américains cantonnés en Islande. Dernière enquête de notre duo de choc : Stefan Thorson, canadien de parents islandais, de la police militaire, détaché auprès de la police locale toute récente, représentée dignement par Flovent. 1944, nous sommes à la veille de la naissance de la toute jeune République islandaise, de l'élection du président d'un pays enfin indépendant du Danemark. La guerre gronde, le débarquement en Normandie se précise pour les contingents américains. Derrière le Théâtre National dans le Passage des Ombres ou Hverfisgata, une jeune morte est retrouvée sous un carton par un couple d'amoureux, Franck Carroll de l'Illinois et la jolie et naïve Ingiborg. Le yankee insiste, après avoir vérifié le décès, pour s'en aller aussitôt de la scène macabre. Mais une vieille femme reconnaît au loin la fuyarde, une de ses anciennes élèves. Thorson et Volfen vont être chargés de ce dossier évidemment. 60 ans plus tard, Marta se rend à l'adresse d'un vieil homme. Sa voisine Birgitta s'inquiète pour lui, sans plus de nouvelle de son ami. Elle a contacté directement le commissariat principal. On le trouve dans sa chambre, semblant tranquillement dormir. En réalité, il a été étouffé sous un oreiller. Marta demande à son ancien coéquipier Konrad, la petite soixantaine, de lui donner un coup de main. En fouillant l'appartement du disparu, il trouve des coupures de journaux d'une vieille affaire : celle de Rosamunda dont le corps était caché derrière le Théâtre National. Konrad se souvient vaguement de cette histoire et surtout de l'implication de son propre père, un escroc profitant alors de la douleur des familles, assistant un médium. Mais celui-ci, qui n'est pas totalement un faussaire, a vu lors de la séance une autre jeune fille au côté de Rosamunda ! Seraient-elles plusieurs victimes ? Pourquoi ses articles sont ils chez ce vieil homme ? Qu'a conclu l'enquête de 1944 ? Commence pour Konrad une double affaire : celle d'aujourd'hui dans cet appartement de vieux célibataire, et celle de la mort de la jeune couturière pendant la guerre ! Nous voici donc embarqués sur un double dossier à deux époques différentes, cherchant à comprendre ce qui relie le vieil homme et la morte du Passage des Ombres. Soudain, des elfes démoniaques apparaissent dans le récit, des légendes et esprits anciens, le roman se teinte de surnaturel. Les féeries islandaises nous réservent bien des surprises terrifiantes, les vilains secrets et héritages du passé ressurgissent pour pourrir le présent, une autre disparition mystérieuse complique l'enquête pour le duo de 1944 d'un côté, et l'enquêteur solitaire, 60 ans plus tard. J'étais émue en finissant cette Trilogie dont le deuxième opus m'avait moins plu, mais dont la conclusion ici est parfaite. L'ensemble est équilibré en fait, il fallait une vision complète pour en juger. Donc aficionados de Thorson et Flovent, très bonne lecture. Quatrième de couverture Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine. Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ? Soixante ans plus tard, l’ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d’Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l’Islande de la « situation » n’est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l’affaire consommée, « tu diras que c’était les elfes ». Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l’on découvre que les elfes n’ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le tueur intime
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le tueur intime Claire Favan Les Nouveaux Auteurs 2010 669 pages Thriller Chronique 20 novembre 2017 Gagnant du Prix VSD du Polar. Je ne suis pas adepte des livres fleuves ni de la violence extrême. Non ! Et pourtant je viens de lire avec fièvre ce premier roman de Claire Favan d'une traite. Pour des débuts dans le monde de l'écriture, on peut dire qu'ils furent fracassants. En premier le style simple, efficace, net, sans fioriture ni digression. On va à l'essentiel dans cette "autopsie" psychatrique d'un sociopathe terrifiant cherchant, tel un artiste, à parfaire son oeuvre horrifique. L'analyse des causes de son passage au Mal et de ses justifications personnelles ensuite, pour aller toujours plus loin dans l'ignominie, est très juste et donc affolante. Il existe effectivement des individus ainsi, et la raison pour laquelle ils agissent est incompréhensible pour le commun des mortels. La fureur, le sentiment d'injustice tout le monde les connaît, ainsi que l'indignation qui doit mener à une solution pour sauver sa peau et obtenir réparation. Mais ce choix de torturer, de violer, d'échafauder pendant des mois des plans machiavéliques afin de manipuler pour détruire les autres, tout en présentant un visage humain jusqu'au passage à l'acte, comment le comprendre ? Cela ne répond plus à un comportement humain, cela ne répond à aucun code de moralité établi par nos sociétés. En deuxième lieu, la narration linéaire de 1989 à 2006, en partageant l'histoire comme une pièce de théâtre en quatre actes, permet une lecture facile et claire : la genèse, la traque, une lueur dans la nuit, pour solde de tout compte. Les personnages principaux : Will Edwards le sociopathe, serial killer et rapter, Samantha Monaghan, son amie au lycée puis sa femme, RJ. Scanlon profiler du FBI. L'action se déroule aux USA, l'ambiance américaine est parfaitement restituée, Will a quinze ans, chétif et différent, il est le souffre douleur de petites frappes du lycée. Une nouvelle, Samantha prend sa défense et devient son amie. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que son camarade vit l'enfer chaque nuit chez lui, et que la vision de son bonheur familial à elle, alors que lui vit le martyre, va être le catalyseur de son raisonnement pervers et vicié. S'il ne peut faire partie de l'univers heureux de Sam, alors c'est elle qui devra pénétrer et être enfermée dans le sien. Elle deviendra le centre de son monde, son obsession. Pourquoi une telle dérive de pensée ? nul ne le sait, mais le plan de Will prend forme et emprisonne Sam. Nous entrons ainsi pendant toute la première partie dans la tête de ce dément, et suivons sa progression terrifiante. Nous assistons à la condamnation de Samantha à une vie de souffrances générées par son pervers narcissique de mari. Heureusement, et c'est là l'intérêt de ce thriller, dès la deuxième partie, le plan est élargie aux enquêteurs du FBI traquant le « Fétichiste » coupable de viols et meurtres monstrueux, et nous retrouvons Sam quatre ans après le départ de Will pour d'autres contrées, en pleine reconstruction psychologique avec l'aide de sa meilleure amie. Ce retour vers la normalité, l'espoir, l'humanité, fait la différence, car Claire Favan aurait pu, comme d'autres, se complaire dans une description trash et gratuite sans fin, mais ce n'est pas son but. Elle articule son roman avec brio, alternant judicieusement l'obscurité et la lumière, elle décortique chirurgicalement cette histoire avec un scalpel très effilé d'un geste sûr et unique. Parfait, efficace, remarquable. La dernière page nous laisse pantelants et atterrés. Il y a une suite.... Je n'en sors pas tout à fait indemne, car empêcher mon empathie de se réveiller pour les victimes et Samantha fut impossible. Un très bon thriller complet et captivant. Bientôt le retour du deuxième tome : Le tueur de l'ombre .... Quatrième de couverture Attention ce roman n'est pas à mettre entre toutes les mains. Vous allez entrer dans la tête du tueur... et avec Will Edwards vous n'en sortirez pas indemne. On vous aura prévenu ! À quinze ans, Will a déjà conscience de sa différence. Solitaire, maltraité, il jette son dévolu sur une de ses camarades de classe. Ce qui n'aurait dû rester qu'une banale amourette devient une véritable obsession pour celui qui se révèle déjà comme un prédateur redoutable. Car Will est un tueur en série en devenir qui se construit pas à pas. Lorsqu'il estime le temps venu de livrer ses victimes au monde, il part sur les routes des États-Unis. Sa signature déroutante ne tarde pas à attirer l'attention du FBI. Pourtant, l'enquête de l'unité spéciale s'enlise. Un nouveau profiler, RJ, arrive alors en renfort dans l'équipe. Tous les espoirs reposent sur lui pour démêler les mises en scène de ce tueur diabolique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Courage d'une imposture
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Courage d'une imposture Geneviève Lefebvre et Marthe Marandola De Borée 16 juin 2022 268 pages Biographie Chronique 18 juin 2022 « Une héroïne passionnée et passionnante, largement oubliée et pourtant extraordinairement contemporaine. » Aujourd'hui considérée comme la première femme médecin-chirurgien de l'Amérique latine, il aura fallu près de 170 ans pour que notre héroïne depuis son décès en 1856, née Henriette Faber soixante cinq ans plus tôt, alias Sœur Marie-Madeleine, Sœur Magdalena, ou encore major Faber, Dr Faber, Dr Favez, Henri Faber, Citoyenne Renaud, Enrique ou Enriqueta, soit enfin reconnue à sa juste valeur. Que n'a-t-on fait supporter aux femmes ? Que ne leur a-t-on interdit sous de faux prétextes ? La petite fille ne voulait qu'une chose : soigner, opérer. Disciple du célèbre chirurgien en chef Larrey, en charge de la garde impériale, cachée sous des vêtements de jeune homme, elle sera la meilleure, sacrifiant tout sur l'autel de la médecine, obligée de cacher sa nature quoique, peu à peu, il est évident que celle-ci ne lui soit apparue que très secondaire face au destin qu'elle s'était choisi sur les champs de bataille d'abord, véritables lieux de boucherie, puis à la faculté et enfin à la Havane. Touchée par le sort des esclaves et des plus pauvres, elle se destine à eux au grand dam de la bonne société propriétaire de plantations et esclavagiste. L'amour frappe deux fois à sa porte, un tendre jeune homme puis une jeune fille de bonne famille cubaine qui, par bêtise et religiosité superstitieuse, la trahira d'où un retentissant procès mêlant moments ubuesques, cocasses, révoltants. La Révolution française est passée mais les hommes n'en ont tiré aucune leçon surtout pas celle de l'égalité entre les citoyens quel que soit le genre ou la couleur de peau. Les autrices, grâce à la narration de ce destin hors du commun qui ne fut pas unique loin s'en faut, nous brosse une fresque du monde, depuis 1791, de la Russie à Paris jusqu'à Cuba et le Mexique, très haute en couleurs, avec un luxe de détails. Somptueux ! Il fallait avoir le cœur bien accroché pour suivre la Grande Armée de Napoléon dans la boue, le sang, la tripaille et la fange.... Il fallait un courage hors du commun pour obtenir son diplôme ensuite sous l'enseignement de Larrey et encore plus, à la chute de l'Empire, pour abandonner l'armée et s'exiler... Cet ouvrage est une biographie romancée très cinématographique qui s'attache à nous narrer le plus fidèlement possible la vie entière de cette figure inoubliable et non pas seulement la période cubaine et son procès inique. C'est Henriette qui prend donc naturellement la parole et endosse le rôle de narratrice. Un exemple de ténacité, d'intelligence, d'adaptabilité, de bravoure folle pour mener cette existence exaltante mais Ô combien difficile presque insurmontable. Elle fut considérée comme une criminelle, elle fut en réalité un être totalement libre qui a payé un prix exorbitant pour son indépendance. Respect et gratitude ! Quatrième de couverture « Se découvrant une passion pour la médecine que sa condition de femme rend impossible, elle décide de vivre sa vie en tant qu'homme. » Née à Lausanne vers 1791, Henriette Faber, orpheline, est confiée à la tutelle de son oncle, colonel de la Grande Armée de Napoléon. Au gré des campagnes qui se succèdent avec leurs lots de blessés, une véritable vocation naît chez l’adolescente : elle veut devenir chirurgien. La médecine est interdite aux femmes ? Qu’à cela ne tienne, Henriette devient Henri, officier courageux, disciple du grand Larrey, chirurgien en chef de la garde impériale. À l’effondrement de l’empire, Henri abandonne l’uniforme pour devenir à Cuba le médecin des pauvres, n’ayant de cesse de soigner inlassablement, sans distinction de rang, de nationalité, de race ou de sexe. Ayant aimé un homme et très fort une femme, l’étrange Faber est restée dans les annales par un procès aussi injuste que rétrograde. Mais pour quels crimes ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















