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- La Chimiste
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Chimiste Stephenie Meyer JC.Lattès 2017 555 pages traduites par Dominique Defert et Carole Delporte Thriller Chronique 30 septembre 2017 Stephenie Meyer est également l'auteur des Âmes vagabondes, son premier roman pour adultes, et de Twilight la série pour adolescents. Premier adjectif positif, efficacement divertissant. Un mélange de Mission Impossible et de L' Agence tout risque. Car c'est un scénario de film d'action ou de série que j'ai lu, destiné à un futur réalisateur. D'ailleurs elle fait elle-même référence à Batman. Très détaillé, trop, pour un thriller d'action au détriment de la nervosité et du rythme de l'histoire. Donc pour une fois j'ai survolé tous les passages de descriptions visuelles, ou des formules chimiques interminables, ou des moyens mis en place pour sécuriser une maison, ou par exemple des occupations prosaïques de Alex, l'héroïne, pendant sa pose de quinze minutes en attendant que l'homme qu'elle torture soit prêt à une nouvelle petite séance, le tout sur au moins huit pages.... comment dire ? Là, une relecture et correction du texte pour synthétiser le propos aurait été vraiment utile. Non ! si je voulais finir ce pavé, et l'apprécier, il fallait passer beaucoup de lignes et repérer les avancements de l'intrigue. Car les vrais points forts de ce livre d'espionnage sont les dialogues nerveux, réalistes, imaginatifs et drôles, et la caractérisation de chaque personnage très réussie. On a là une très belle équipe d'abord un trio, comprenant la jeune femme, puis un quatuor avec l'ajout d'une très forte personnalité haute en couleurs. La Chimiste Alex, ex-Juliana, depuis trois ans est obligée de se terrer après avoir travailler en laboratoire pour les agences gouvernementales CIA etc.... à la mise au point de drogues, poisons, gaz. Elle a manifestement été au contact d'informations explosives pour le gouvernement, et la CIA depuis tente de l'éliminer, après avoir tué son collègue et mentor. Un jour, son ancien boss prend contact avec elle pour lui proposer une mission qui remettrait les compteurs à zéro et lui laisserait espérer un retour à une vie normale. L'Agence la lance sur la piste d'un soit disant terroriste Daniel Beach. Mais tout ne va pas du tout se passer comme elle l'imaginait. Cette paranoïaque supérieurement intelligente, maniaque du contrôle va être complètement désarçonnée, pour notre plus grand plaisir. Situations cocasses, dangereuses, tendres, romantiques.... tout y est. Donc une histoire sans réelle surprise, ni retournement ébouriffant sauf un élément de taille en début de récit, mais agréable à lire si on laisse de côté les longueurs. Je comprends pourquoi elle les a écrits et pourquoi elle veut à ce point tout expliquer et détailler, tout justifier en quelque sorte, mais un livre de ce style ce n'est pas un scénario. Ce fut un moment de vraie distraction, pourquoi pas ? J'ai été amusée. Pour adulescents ! Quatrième de couverture Dans l’une des agences les plus secrètes du gouvernement américain, Alex est appelée "La chimiste" pour sa capacité hors normes à savoir faire parler les criminels. Mais détentrice d’informations trop confidentielles, l’agence va vouloir sa mort et vite… Après quelques mois, son ancien responsable lui offre la chance d’effacer la cible qu’elle a dans son dos. Une dernière mission… une dernière trahison ? Elle se prépare au combat le plus difficile de sa vie mais un homme que tout devrait éloigner d’elle va bouleverser toutes les logiques, toutes ses certitudes… Comment alors survivre à une chasse à l’homme quand on n'est plus seule à devoir se protéger ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sous un grand ciel bleu
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sous un grand ciel bleu Anna McPartlin Cherche Midi 29 avril 2021 528 pages traduites par Valérie le Plouhinec Roman Chronique 9 octobre 2021 Voici la suite tout aussi poignante de « Les derniers jours de Rabbit Hayes ». « Pour Anna McPartlin, il était inconcevable de ne pas donner une suite à cette histoire tant appréciée, qui lui a autant manqué à elle qu’à ses lecteurs et lectrices ! ». « La chaleureuse, la merveilleuse et bordélique famille Hayes est de retour ! » En effet, et cela est un grand bonheur lorsque l'on a adoré le premier opus, et qu'en cette période troublée et anxiogène, nous avons tous besoin de réconfort, de tendresse, d'espoir. Cela aurait pu être très "casse-gueule" de donner une suite à un tel best-seller ! L'auteure relève le gant avec brio, talent, humour, empathie et beaucoup de tact et de profondeur d'analyse. Elle pose des touches de couleurs peu à peu au cours de la narration et effectivement, quand le portrait de cette famille agrandie des ami(e)s se dévoile finalement, nous donne à admirer une peinture très réaliste, émotionnellement forte ou nous pouvons nous retrouver évidemment. Comme dans "Les derniers jours de Rabbit Hayes", le lectorat qui aura traversé ce type d'épreuve, se sentira compris, concerné et peut être aidé par certains passages. Les étapes qui suivent invariablement le décès d'un proche sont parfaitement décrites avec tendresse, empathie, drôlerie mais plus souvent un sens du dramatisme exacerbé. On rit beaucoup, certaines scènes sont forcément cultes, dès qu'un élément tragique arrive immédiatement l'absurde ou l'ironie le temporisent, les larmes sont autant de rire que de tristesse, tout est toujours intimement lié en particulier chez les Irlandais. L'humour est peut être une armure pour certains, mais ici est un geste d'une extrême élégance quand tout n'est que ténèbre. Fort bien écrit et traduit, mise en page et couvertures soignées et poétiques, galerie de personnages attachants et bouleversants de vérité, il est de plus une exploration de la question difficile d'être porteur d'un gène vous prédisposant au cancer. Que faire ? Quel impact sur les enfants, l'entourage, le couple... ? Une suite donc que je trouve particulièrement réussie, courageuse, challenge relevé haut la main pour cette écrivaine aussi comédienne de stand up qui connaît donc tous les ressorts d'un bonne tragi-comédie sans temps mort ni lourdeur... chapeau ! Quatrième de couverture Rabbit Hayes est morte, laissant derrière elle une famille brisée par le chagrin. Désespérée, sa mère Molly se questionne sur sa foi tandis que son père Jack s'enferme dans le grenier durant des heures pour se perdre dans ses journaux intimes. Et peut-être son passé. C'est à Davey, son frère, qu'on confie la garde de Juliet, douze ans, que Rabbit élevait seule. Mais comment aider Juliet à surmonter son chagrin quand lui-même parvient à peine à faire face au sien ? Il faudra du temps et beaucoup de courage aux Hayes pour réinventer leur vie ensemble. Mais le souvenir radieux de Rabbit et l'amour inconditionnel qui relie chaque membre de cette famille peu conventionnelle sauront leur faire traverser cette épreuve. Il y aura des sourires qui transperceront la tragédie et beaucoup, beaucoup de fantaisie pour que chacun profite pleinement de cette vie, comme Rabbit l'aurait voulu. L'auteur à succès des Derniers Jours de Rabbit Hayes nous revient un roman éclatant de générosité et de résilience. Un livre émouvant sur la mort, la famille et la joie qu'il ne tient qu'à nous de faire subsister aux moments les plus désespérés. Sous un grand ciel bleu d'Anna McPartlin vous fera rire, pleurer et hurler de joie. Quelques mots de l’éditeur : « Vous êtes nombreux et nombreuses à avoir découvert Anna McPartlin avec son roman Les Derniers Jours de Rabbit Hayes. Larmes de joie, larmes de tristesse, ce livre à mille émotions a conquis des milliers de lecteurs et lectrices françaises. C’est avec beaucoup d’émotion que nous publions aujourd’hui sa suite, Sous un grand ciel bleu. Il est temps de retrouver, pour la dernière fois, la fabuleuse, attachante et bordélique famille Hayes ! » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La chair de sa chair
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La chair de sa chair Claire Favan Pocket 14 avril 2022 393 pages Thriller Chronique 3 septembre 2022 Grand Prix du 9e Festival sans nom de Mulhouse. Un conseil : sitôt fini ce roman, retournez lire le prologue. Vous serez glacé... États-Unis de nos jours, dans un monde sans Covid par choix narratif, où l'âge de responsabilité pénale est déterminé par chaque État. « Seuls treize d'entre eux ont fixé un âge minimum, variant entre six ans et douze ans. Pour les autres, le droit commun s'applique dès sept ans en moyenne ( source : UNICEF).» Cette particularité états-unienne et l'histoire de Morgan Geyser, un adolescent meurtrier, ont inspiré à Claire Favan ce thriller psychologique, psychiatrique, se refermant sur nous comme un piège. Le sentiment d'être bloquée dans un labyrinthe cauchemardesque tétanise Moira O'Donnell depuis sa naissance. Les drames et malheurs se succèdent sans trêve lui laissant peu d'espoir de s'en sortir, d'accéder enfin à la paix et au bonheur. Un premier compagnon, Bo, violent et dealer, poignardé par leur fils Peter et emprisonné pour huit ans pour trafic de drogue, puis un nouveau mari bien propre sur lui et deux autres enfants, Nigel et Wendy. Une période d'accalmie brusquement et cruellement terminée par le suicide inexplicable de l'époux et, enfin, pour couronner le tout, la petite fille atteinte de mucoviscidose. Moira courageusement enchaîne trois boulots mais accumulent les dettes afin de régler les soins médicaux. Tu es pauvre et malheureuse, tu le resteras..... Le rêve américain n'est pas pour toi mais la chute de plus en plus vertigineuse en enfer oui, surtout lorsque de braves voisins dénoncent ta petite famille aux services sociaux. C'est la goutte qui va faire exploser la cellule familiale. Pourtant le fils aîné, Peter, si responsable et attaché à sa mère trouve avec elle une parade. Cela ne suffit pas. Un dieu ou plutôt un diable semble s'acharner sur cette famille. On pressent le drame, il surviendra, terrible, indicible.... La machine judiciaire se met en branle, et étrangement, lentement les vies de Moira et Peter s'améliorent.... Mais c'est sans compter avec l'implacabilité du système et surtout de de l'autrice comme toujours sans aucune pitié pour nous et ses personnages. Très bon thriller où le lieu des crimes est la famille dans un pays qui se pose en leader du monde mais est incapable de protéger correctement ses enfants. Quatrième de couverture L'amour maternel est infini dit-on... Moira O'Donnell, derrière le feu des boucles rousses et l'énergie inépuisable, est une femme qui lutte pour garder la tête hors de l'eau. Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir. Ce sont des pères absents : le premier est incarcéré pour longtemps, croit-elle, et le second s'est suicidé. C'est la solitude d'une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d'autres projets pour elle... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Enfants du Dernier Salut
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Enfants du Dernier Salut Colette Brull-Ulmann Colette avec Jean-Christophe Portes City Editions 2017 254 pages Témoignage Chronique 23 décembre 2018 Titre complet : " Au coeur du réseau qui a sauvé des centaines d'enfants juifs " C'est extrêmement risqué, c'est même fou. Car ces gamins appartiennent à l'administration nazie, ils sont prisonniers." Un rire en cascade, une voix claire, un sourire espiègle, le doux bruit que fait la course des petites jambes d'une enfant délicieuse, pure, innocente, dans les couloirs de l'Hôpital Rothschild dans le 12 ème arrondissement de Paris, dernier refuge bientôt "antichambre de l'enfer". Nous sommes en 1942, les rafles se multiplient emportant des hommes puis des femmes, des vieillards et des enfants vers le camp de Drancy, le Vel d'Hiv... précédant un départ vers l'indicible dans des wagons plombés. Vous venez d'avoir le privilège, la chance inouïe de croiser la route, le regard d'un ange, Danielle, tout comme le fit la jeune femme exceptionnelle que fut et reste aujourd'hui Colette Brull, française et juive, comme elle va soudain en prendre durement conscience, à cause de la barbarie nazie. Elle poursuit son cursus universitaire au sein de cet établissement afin de devenir pédiatre, seul endroit où les juifs, les " youdins" ont encore le droit d'exercer la médecine dans la capitale sous occupation allemande. Un lieu où la police française, la gestapo, les vainqueurs, amènent des prisonniers du camp de Drancy ou plus tard du Vel d'Hiv, brisés, fiévreux, torturés, pour les soigner, afin de mieux les expédier guéris à la mort vers la Pologne, vers l'est. Des misérables, tel le chef de la chirurgie pourtant juif, collaborent, renvoient au plus vite les opérés, les hospitalisés, comme les lâches et les salauds qui sont, au lieu de leur offrir un asile, l'opportunité peut-être de fuir. Mais également des justes sont entre ces murs, des êtres qui au premier abord paraissent si ordinaires et sont cependant si uniques, ces femmes et hommes qui feront la différence, qui en sauvant un enfant ont sauvé le Monde. Une histoire fabuleuse racontée comme un roman, mais où tout est vrai, ressurgissant d'un passé que l'on voulait oublier, honteuse d'avoir survécu quand tant d'autres sont morts, quand les souvenirs sont trop horribles, insoutenables qu'on préfère être amnésique, et cacher ses médailles et ses décorations au fond d'un tiroir. C'est le récit de la vie exemplaire de ces héros par la bouche de Colette qui enfin reprend la parole au nom des siens, au nom de ses amis membres du réseau d'évasion d'enfants, passant par la porte de la morgue pour rejoindre la lumière. La créatrice, l'âme de cette organisation, Claire Heyman n'a laissé aucune écrit, n'a jamais parlé de ce qu'elle entreprit avec ses collègues. Elle retourna à sa vie d'assistante sociale discrète après guerre, comme le fit également la surveillante Désirée Damengout, comme le réussit notre narratrice, la paix revenue, vouant sa vie aux enfants, à protéger leur innocence. Un destin magnifiquement mené, des enfants, un mari aimant, une carrière fabuleuse et pourtant.... toujours l'immense chagrin de LA perte. Un devoir de mémoire certes, mais avant tout, le rire d'une fillette, réveillé, une photographie en couverture bouleversante. Regardez-les tous, admirez Danielle si gracieuse. N'oublions jamais. Quatrième de couverture " En 1942, Colette a 22 ans et elle est étudiante en médecine à l'Hôpital Rothschild de Paris. En fait d'hôpital, c'est plutôt l'antichambre de l'enfer puisque les juifs qui passent par cet établissement sont ensuite envoyés dans les camps de la mort. Face à l'atrocité de la situation, Colette intègre un réseau d'évasion qui permet aux enfants de l'hôpital d'échapper à la déportation. Car, si personne ne sait vraiment ce qui les attend, on connaît l'horreur du transport, entassés pendant des jours dans des wagons sans eau et sans vivres. Pour sauver ces enfants, le réseau truque les registres ou déclare décédés des nourrissons que l'on fait sortir en passant par la morgue... Malgré les soupçons des Nazis et plusieurs arrestations, des centaines d'enfants sont sauvés. Dernier membre vivant de ce réseau, Colette témoigne dans ce document bouleversant et essentiel." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les femmes du dispensaire
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les femmes du dispensaire Henrike Engel Charleston 18 janvier 2023 480 pages traduites par Céline Maurice Thriller Historique Chronique 20 mars 2023 Excellentissime thriller policier et historique prenant pour décor la Ville de Hambourg où la vie des femmes est assujettie au bon vouloir de ces messieurs se réservant tous les pouvoirs, toutes les libertés en ce début du XXème siècle. Une description au vitriol de la société allemande de l'époque aussi réactionnaire que dans les autres pays d'Europe. Cependant, sous les cieux londoniens, notre héroïne, que nous appellerons Anne Fitzpatrick, a-t-elle pu poursuivre des études de médecine et recevoir son diplôme. Après un évènement catastrophique et bien mystérieux, la voilà de retour dans sa ville natale : le tableau qui s'offre à elle semble échappé d'un roman de Dickens. Les riches sont toujours plus riches pendant que les pauvres ne sont que des statistiques, corvéables à merci, victimes des pires avanies de la vie. Anne veut changer cette société, apporter sa pierre à l'édifice d'un monde plus juste, plus vivable en particulier pour les femmes et leurs enfants. Son but : ouvrir une Maison d'accueil dans un des bâtiments appartenant toujours à son père, armateur, ayant dû fuir Hambourg avec sa famille, menacé par un des hommes les plus puissants de la cité. Raison pour laquelle elle revient sous un faux nom afin de mener à bien sa mission en toute tranquillité. Mais le destin en a décidé autrement. Le jour de l'ouverture de la Maison dans le quartier des docks, un cadavre de femme mutilé est retrouvé par une jeune fille de bonne famille en mal d'indépendance, venue à l'insu de sa famille proposer ses services. Un début en fanfare pour les deux femmes dans leur nouvelle vie : d'autres meurtres et l'entrée en scène d'un policier tenace et singulier nous plonge soudain dans un thriller ténébreux dans une ville de tous les dangers. 'ai adoré ce roman et prévois déjà une suite, car tous les monstres ne seront pas terrassés à la fin de cet opus. Quatrième de couverture Port de Hambourg, 1910. Les doigts crispés sur le bastingage du trois-mâts en provenance de Londres, Anne Fitzpatrick contemple sa ville natale. Les docks flottants de Steinwerder, les quais qui grouillent d’ouvriers et de mendiants… Tout a bien changé depuis son départ pour l’Angleterre douze ans auparavant, et la misère qu’elle observe contraste terriblement avec le monde d’argent et de privilèges dans lequel elle a grandi. Mais elle aussi a changé. Diplômée de la faculté de médecine tout juste ouverte aux femmes, elle rentre à Hambourg déterminée à mettre ses compétences au service des plus démunies. Quand deux corps de femmes sont découverts aux abords du dispensaire qu’elle vient d’ouvrir dans le quartier le plus défavorisé du port, Anne comprend que c’est un message qui lui est destiné. Réussira-t-elle à arrêter le meurtrier tout en protégeant les femmes dans le besoin auxquelles elle vient en aide ? Une enquête passionnante dans le Hambourg du début du XXe siècle qui dessine le portrait d’une femme pionnière et engagée, résolument en avance sur son temps. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le cercle des mensonges
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le cercle des mensonges Céline Denjean Pocket 10 mars 2022 664 pages Thriller Polar Chronique 5 avril 2021 Jean de La Fontaine : L'ingratitude et l'injustice des hommes envers la Fortune [...] « Et si de quelque échec notre faute est suivie, Nous disons injures au sort. Chose n'est ici plus commune : Le bien nous le faisons, le mal c'est la Fortune, On a toujours raison, le destin toujours tort. » Une ouverture comme un prologue d'opéra baroque, dont le livret reprendrait les grands classiques de la Tragédie humaine. Un roman écrit bien avant la pandémie et qui déjà porte en lui une dimension prophétique. Sans évidemment se poser en Pythie, ni en gourou d'une secte qui regrouperait ses lecteurs, la justesse du regard de l'auteure est troublante. Comme dans les opus précédents, l'écrivaine analyse cliniquement la société dans laquelle nous sommes ici piégés, enfermés, obligés de faire avec la manipulation manifeste de l'opinion publique, les pervers s'auto-proclamant leaders, le narcissisme et l'individualisme comme bouées de sauvetage en ces temps de peurs, d'incertitude. Chacun pour soi et même pas Dieu pour tous, ou après moi le déluge. Et si tout se casse la figure, on prétextera effectivement que c'est le destin, que nous n'y pouvions rien... Sauver sa peau coûte que coûte et celle de ses enfants, c'est ce qui sera le mantra auquel obéira Efia M'Bani, piégée dans la tour de BCM Entreprise où elle travaille la nuit. Une invisible qui aurait souhaité le rester... mais elle a vu et a été vue également, témoin involontaire de la bascule d'un corps entraînant la bascule du monde qu'elle avait si patiemment construit. Les textes de Céline Denjean ont toujours une dimension mystique, mêlant une poésie ténébreuse à l'horreur la plus abjecte, à l'instar de ces chapitres intitulés Songe 1, Songe 2.... La banalité du Mal se repaissant de lui-même, se trouvant toutes les excuses, s'admirant dans un miroir déformant prêt à s'innocenter. La folie ordinaire d'un tueur tapi dans l'ombre... Lui aussi n'a pensé qu'à sauver sa peau.... Un roman fascinant en ce qu'il traite à nouveau sous un angle différent de l'embrigadement insidieux de nos consciences, de l'endormissement de notre aptitude à juger d'une situation, de garder notre libre arbitre et, enfin, de notre incroyable capacité à nous raconter quelques fois de belles histoires pour pouvoir encore supporter notre reflet... Ce thriller psychologique et d'action, tout comme l'a été, particulièrement pour moi, le premier opus "La fille de Kali", est effarant par la profondeur et la pertinence de l'analyse, du décorticage des évènements, par l'exposition des tenants et aboutissants de ce récit. Un scénario formidable, deux ellipses qui se tournent l'une autour de l'autre comme dans un code ADN pour subitement, contre toutes les lois de la nature, se rejoindre. Deux équipes d'enquêteurs donc, l'une dirigée par la gendarme Éloïse Bouquet et l'autre par le lieutenant de police Urbain Malot, rebaptisé le Zèbre. La première est appelée dans une forêt où git le corps d'une jeune femme étranglée. Un drame domestique, de la jalousie ? Il semblerait que cette épouse n'était pas aussi vertueuse que le laissaient présager les apparences. Éloïse et sa nouvelle équipe ne sont pas au bout de leur surprise... La deuxième est chargée du dossier d'une femme de ménage retrouvée morte sur son lieu de travail, un building dans une zone sensible de Toulouse proche de l'université... Le tout se complique lorsque le corps du neveu d'un ministre, possiblement suicidé, est découvert non loin de là.... Éloïse et le Zèbre suivent la moindre piste, prennent chaque chemin s'enfonçant toujours plus loin dans l'obscurité. Eux ne se laissent pas berner, ils ont trop affronté les ténèbres pour ne pas sentir les premiers signes d'une tempête à venir. Deux personnages fabuleux, touchants, puissants et fragiles à la fois qui ne peuvent se satisfaire des apparences, qui ne peuvent accepter que les forces du Mal gagnent encore et toujours, la partie étant semble-t-il pipée. L'un comme l'autre vont se battre pour le triomphe de la vérité et de la justice. Cela pourrait sembler perdu d'avance mais c'est oublier que la ténacité et la patience, nourries par la fureur, sont des armes mortelles pour qui se trouve en ligne de mire. Et justement, pour tous ceux qui se souviennent de l'opus "Le Cheptel", votre très grande patience va être récompensée. Pour cela, retour sur scène de l'inénarrable journaliste, tête à claques mais surdouée, j'ai nommé Amanda. Je ne peux que vous conseiller vivement cette série policière originale, à part entière ; l'auteure inspirée réussit à relancer les dés, à mener le jeu magistralement, affinant son style reconnaissable entre tous, nous offrant de très belles pages extrêmement bien écrites. Une réussite ! Quatrième de couverture La nouvelle enquête d'Héloïse Bouquet, entre quête personnelle et série de meurtres sans lien apparent... Un meurtrier aux abois, pris dans une spirale infernale. Une agente d'entretien, obligée de prendre la fuite après avoir été témoin d'un meurtre. Un étudiant sans histoire tombé du toit d'un immeuble en construction. Une femme bien sous tous rapports retrouvée assassinée dans une forêt près de Toulouse. Et si tous ces événements étaient liés ? S'ils formaient les éléments d'une gigantesque toile ? Le lieutenant de police Urbain Malot, dit le Zèbre, et la gendarme Éloïse Bouquet enquêtent chacun de leur côté, tirant, sans le savoir, les fils d'une même pelote. Alors qu'Éloïse poursuit également la piste d'Anne Poey, la criminelle qui lui a échappé trois ans plus tôt, elle va devoir s'unir au Zèbre pour démêler l'écheveau qui les mènera jusqu'au dernier cercle des mensonges, au risque de se heurter à un adversaire beaucoup plus fort qu'eux... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Par deux fois tu mourras
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Par deux fois tu mourras Eric Fouassier Le Masque Poche 2020 400 pages Polar Historique Chronique 28 février 2019 Tome 1 de la série consacrée aux rois mérovingiens « Les Francs royaumes » . Très bel objet, autant la couverture que l'intérieur sur fond bleu nuit parsemé d'étoiles ; j'ai aussi apprécié le bon grammage du papier et la police choisie. Ce sont des éléments de présentation qui ne sont pas secondaires pour moi, donc je le précise. Une princesse wisigothe, Galswinthe, mariée en 568 pour raison d'état à Childéric, après avoir grandi dans la douceur et la certitude d'un avenir sans nuages, rêvant d'une existence tranquille au côté d'un homme amoureux, au milieu de ses enfants, réalise à la mort de son père et donc sans plus de protection, que son seigneur et maître ne veut plus d'elle. Pauvre Galswinthe ! Seulement quatorze petits mois passés et déjà elle comprend que cette union est un marché de dupe, une immense farce cruelle. Childéric a déjà fait revenir son ancienne concubine à la cours enceinte et avec son bâtard. La pauvre reine déchue survit à Rouen dans un palais humide, transie de froid, au prise à la terreur, au dépit et à la tristesse. Plus grave, elle a demandé à Childéric de la libérer de leur contrat et s'est mise ainsi en danger. Depuis elle enchaîne les nuits emplies de cauchemars prophétiques où le cadavre qu'elle découvre à chaque fois, est le sien. Pitoyable Galswinthe, boulotte, quelconque, d'une intelligence moyenne, ordinaire ! Elle ne peut envisager qu'elle est tombée dans une famille maudite où trois frères, Guntramm, Sigebert et Childéric, après la mort de leur aîné Charibert en 568, sont prêts à tout pour éliminer les deux autres afin de ne pas partager le pouvoir et régner sur un seul royaume réunifié. Ajoutons à cela, les épouses Radegonde et Brunehilde, respectivement de Childéric 1er roi de Neustrie et Sigebert 1er roi d'Austrasie : belles, ambitieuses, dangereuses, brillantes, fines stratèges, prenant le royaume franc laissé par Clotaire à sa mort en 561, pour leur terrain de jeu privé. Un roman policier historique, un "jeu de dames" où tous les complots, toutes les trahisons, tous les mensonges sont de mise. Galswinthe est l'agneau sacrifié sur l'autel des ambitions et des apparences. Des rois et reines maudits, un jeune héros Arsenius frêle, fragile semble-t-il, en réalité d'une clairvoyance étonnante et d'un courage sans faille, d'autant plus qu'il sera aidé dans son enquête par la troisième femme toute puissante à l'âme guerrière de ce récit, la blonde et sauvage Wintrud, princesse thuringienne emmenée en esclavage enfant avec son frère Arrbald. Elle détient des informations confidentielles mais se tait. À Arsenius de jouer, d'entrer dans l'arène ! Dès le début et les premiers interrogatoires à Rouen, il comprend que Galswinthe fut tuée deux fois !!!!! J'avoue que cette période de l'Histoire de France était des plus floues pour moi, à part les platitudes habituelles. Que je suis heureuse, et en ayant en plus eu le plaisir de la lecture et le frisson du suspense, de finir ce roman avec les idées claires, enrichie de certaines connaissances incontournables ! Déjà ce fut le cas avec la trilogie précédente consacrée à la Renaissance, au Chevalier Bayard et sa belle. Ce nouvel opus confirme donc le talent de narrateur passionné et enthousiasmant de Éric Fouassier. Docteur en pharmacie puis en droit, spécialiste de l'histoire de la médecine qu'il enseigne en faculté, aimant les codes secrets et les énigmes, ce premier tome lui a donné une très belle occasion de nous emporter à nouveau sur des chemins inconnus, jalonnant déjà ce périple de détails mystérieux quant à un certain anneau gravé.... Sadique ! Nous allons devoir attendre. Éric Fouassier, merci de me l'avoir offert, dédicacé, et ainsi de m'avoir associée à sa lecture dès sa parution. Je suis touchée de cette confiance. Fan j'étais, fan je reste. Quatrième de couverture Palais de Rouen, 569. Galswinthe, la jeune épouse de Childéric, l'un des trois petits fils de Clovis, meurt étouffée dans sa chambre. À peine le crime commis, son assassin est poignardé par un mystérieux agresseur. Lorsque la reine Brunehilde d'Austrasie, sœur de Galswinthe, charge Arsenius Pontius de faire toute la lumière sur cet assassinat, le jeune lettré gallo-romain ne se doute pas qu'il vient de plonger au cœur des luttes fratricides qui opposent les trois héritiers du royaume des Francs. Avec le premier tome de cette trilogie sur les rois mérovingiens, Éric Fouassier ressuscite somptueusement cet âge sombre qui fonda la France, où meurtre, sexe et vengeance sont autant d'instruments de pouvoir. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'oiseau Canadèche
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'oiseau Canadèche Jim Dodge Cambourakis 3 novembre 2020 118 pages traduites par Jean-Pierre Carasso Roman Chronique 14 novembre 2020 Conte Naturaliste ou chronique d'une saga familiale, ce texte court est une merveille à mettre entre toutes les mains afin de faire circuler la lumière et le rire. Très drôle, des personnages portraiturés avec brio, beaucoup d'amour et de tendresse et un petit côté fantaisiste voir fantastique, transformant le tout en légende non urbaine mais nature. Un instant de grâce qui nous emmène loin auprès d'un vieil homme, de son petit fils Titou et de leur drôle d'amie.. Regardez dans le ciel, des canards sont peut-être en train de vous regarder attendant le moment d'intervenir dans votre vie comme l'oiseau Canadèche.... Quatrième de couverture Un jeune garçon vit au fin fond de la Californie avec son grand-père, ermite bourru qui semble avoir trouvé en la recette d'un tord-boyau le secret de l'immortalité. Avec L'oiseau canadèche, canard extraordinairement obèse, ils forment un trio inséparable, défendant farouchement l'indépendance de leur domaine. Un conte moderne au souffle joyeusement libertaire, par l'auteur de Stone Junction. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Fantômes de Reykjavik
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Fantômes de Reykjavik Arnaldur Indridason Métailié 6 février 2020 320 pages traduites par Éric Boury Thriller et polar Chronique 1 septembre 2020 D'une facture très classique, et pourquoi pas, très bien mené, construit, ayant pour thème central l'innocence de l'enfant bafouée. Une enquête en écho d'une autre énigme jamais résolue, une ambiance flirtant avec le fantastique dans une atmosphère islandaise toujours très particulière. Et définitivement la gastronomie de ce pays n'est pas pour moi. La série Konrad comporte un opus précédent " Ce que savait la nuit " . Nous retrouvons une Reykjavik déjà traversée dans la trilogie des ombres mais version contemporaine. Les personnages sont très touchants et bien campés. La silhouette d'une petite fille à la recherche de sa poupée vous guidera tout au long de ce récit entre hier et aujourd'hui. Tous les crimes ne peuvent rester impunis. Le Mal peut-il se transmettre de génération en génération ? Quatrième de couverture Danni a disparu, elle se droguait, ses grands-parents font appel à Konrad, un policier à la retraite. Une fillette retrouvée noyée dans le lac du centre de Reykjavik en 1947 hante les rêves d’une des amies de l’ex-policier. Comment la police a-t-elle mené ces enquêtes ? À des années de distance les mêmes erreurs semblent se répéter. Konrad, solide, têtu, coléreux et rompu par son enfance auprès de son père à toutes les ruses des voyous, n’hésite pas à bousculer les conformismes. Il sait aussi écouter les fantômes. Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspense et des attentes sur des plans différents et surprenants. Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. Il est ici question d’espoirs déçus et d’enfants que personne ne protège. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Bourreau de Gaudí
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Bourreau de Gaudí Aro Sáinz De la Maza Actes Sud Actes Noirs Septembre 2014 672 pages traduites par Serge Mestre Thriller Polar Chronique 11 décembre 2021 Pour une première incursion dans le monde du thriller policier ce fut un coup de maître. Cet épisode initiant la série consacrée à Milo Malart, inspecteur de police à Barcelone, est moins crépusculaire que les suivants "Les Muselés" et "Docile" où la chute du personnage devient vertigineuse à l'instar de celle de la société toute entière, mais pose déjà les jalons d'une œuvre singulière, d'une suite de polars politiques, sociétaux, inspirée par la beauté obsédante et terrifiante, par certains aspects, de Barcelone. D'une magnifique facture littéraire, ce texte est également une dénonciation politique des actes d'expropriation et de vol que la Ville a perpétré contre des familles afin de poursuivre la transformation de la cité ogresse avant les Jeux Olympiques de 1992 puis pour ouvrir de nouvelles voix d'accès. Comme dans toute l'Espagne, la spéculation immobilière a mené le pays au chaos, a mis des foyers à la rue, les brisant, les massacrant, les sacrifiant au profit facile, aux apparences de la cité catalane où s'étalent les joyaux architecturaux imaginés par Gaudí. La crise économique, sociale, et donc morale frappe Barcelone de plein fouet : pendant qu'une minorité s'enrichissent, d'autres crèvent et leur cris ne sont entendus de personne... Sauf peut-être de cet écorché vif et ultra empathique Milo Malart qui ressent au plus profond de son âme, jusque dans ses os, le désespoir et la fureur des laissés pour compte. Un être à part, réfractaire à toute hiérarchie, issu d'une famille dont les membres masculins développent la schizophrénie, il vient d'enterrer son neveu Marc, jeune de quinze ans s'étant suicidé avec son arme de service. Depuis rien ne va plus, il ne supporte plus rien et surtout pas la bêtise crasse de certains collègues et supérieurs. Enfant terrible des forces de l'ordre, il est suspendu et doit passer devant une cours. Mais le destin se charge de le remettre en selle très rapidement. La juge Susana Cabot, amie de longue date, ancienne maîtresse, le charge d'une enquête qui met toute la cité en émoi tant le crime est épouvantable et spectaculaire. Un édile de Barcelone a été retrouvé voici quelques jours accroché à la rambarde du premier étage de La Pedredra, brûlé vif. Une vidéo monstrueuse devient virale sur le net lancée par le tueur lui même. L'équipe en charge du dossier s'enlise, seul le regard particulier et l'instinct de Milo peuvent relancer les dès. Son radar intérieur lèvera une nouvelle piste. Pour cela Susana trouve le moyen de faire réintégrer momentanément son ami sous certaines conditions : un suivi psy et une partenaire qui ne le quittera pas d'une semelle, Rebeca Mercader au verbe haut et aux méthodes venues d'outre Atlantique avec ces T-shirt à la gloire des CIA, FBI..... Les dialogues et certaines situations sont drolissimes et cocasses en apportant des pauses salvatrices dans un récit de plus en plus violent et sombre. La confusion nous envahit peu à peu : plus la vérité se dévoile, plus notre compréhension des motivations du coupable nous trouble, plus nous sommes incertains quant à la nature réelle des bourreaux qui sévissent à Barcelone. Ne serait-ce pas plutôt les politiques, gros financiers, banquiers, spéculateurs, fichant la vie des habitants en l'air d'un simple trait de crayon ? Milo Malart et Rebeca Mercader sont révoltés, mettent toutes leurs forces à faire éclater l'affaire. Mais attention, ils vont gêner certaines huiles, certains politiciens, jusqu'à certains de leurs collègues. Les voilà pris en étaux entre l'élite criminelle barcelonaise et celui ou celle que l'on appelle déjà le "Bourreau de Gaudí". Bientôt un autre corps est retrouvé toujours sur un monument gaudien. Qu'est-ce que le célèbre architecte vient faire là dedans ? Une obsession du tueur, un symbole, une clef menant à la solution, une pièce du vaste puzzle débuté en 1991... ? Au milieu de ce capharnaüm, de cette multitude de sons, de bruits, générés par les vociférations de la foule, des médias, des familles endeuillées, des menaces multiples, Milo n'entend que les murmures de son neveu défunt et ceux des victimes d'hier réclamant la vérité et la justice. Un roman habité, somptueux, magistral, totalement envoûtant, courageux dans ses engagements, clairement écrit en hommage aux plus faibles, à tous ceux écrasés par le rouleau compresseur d'un soit disant progrès, sacrifiés aux apparences. Superbe ! Quatrième de couverture Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d’un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d’Antonio Gaudí. Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia. Les services policiers sont aux abois et réintègrent l’électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire. Tandis qu’il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d’une série américaine à succès, les meurtres s’enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l’oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui fait la gloire de la ville. Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence. La chasse à l’homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ? Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d’un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne touristique ? Pour répondre, il faut d’abord décrypter le symbolisme ésotérique des œuvres de Gaudí, aux formes proprement hallucinantes. Dans une intrigue magistralement tenue jusqu’à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, mœurs dissolues et presse à sensation, «Le Bourreau de Gaudí» plante l’envers du décor d’une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale. Une “Ville des prodiges” terriblement moderne et effroyablement archaïque. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Première personne
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Première personne Richard Flanagan Actes Sud 2018 398 pages traduites par France Camus-Pichon Roman Chronique 23 décembre 2018 « Épigraphe Procès-verbal Commission d'enquête parlementaire sur la déportation des convics Londres, le 5 mai 1837 Question : Y a-il beaucoup de librairies ? M. James Mudie : Je dirais qu'on en compte environ une douzaine à Sydney. Question : Quelle sorte de livres avez-vous vus en vente dans ces commerces ? Appartiennent-ils à une catégorie différente de ceux que vous voyez chez les libraires londoniens ? M. James Mudie : Inférieure, certainement ; il y a beaucoup de romans par exemple. J'ai personnellement assisté à ce que, là-bas, on appelle les ventes de livres, et j'ai toujours constaté que les ouvrages de valeur se négociaient à un prix bien moindre que ce qu'ils auraient coûté en Angleterre ; je me souviens en particulier du brouhaha qui s'est élevé dans la salle quand le registre des détenus de Newgate a été mis aux enchères, chacun s'exclamant : « Ah, il me le faut ! » J'ai oublié le prix qu'il a atteint, mais c'était une somme énorme... Là-bas, on est également friand de l'histoire des bandits de grand chemin, et de ce genre de littérature. » Archives du parlement britannique Curieux début, sauf lorsque l'on comprend assez vite que ceci est l'histoire d'un descendant de bagnard, ou convic, Kif Kehlmann, habitant en Tasmanie, caressant le rêve de devenir écrivain, s'en convainquant seul, marié presque sans l'avoir voulu à Suzy, père d'une fillette et bientôt de jumeaux, ami de Ray un raté, petit truand, l'entraînant dans des coups foireux depuis toujours. C'est par celui-ci que l'extraordinaire va entrer dans la vie de Kif. En effet depuis quelques mois, Ray est le garde du corps d'un personnage célèbre, truand et escroc de haute volée, Siegfried Heidl. Celui-ci, personnage énigmatique, mythomane, expert en manipulations diverses, extrêmement intelligent, pervers, déroutant, insupportable, a désespéré plusieurs biographes ou écrivains : car avec son dernier coup, 700 millions de dollars volés à plusieurs banques grâce à une énorme arnaque façon pyramide de Ponzi, l'écriture de sa vie devrait mener la maison d'édition à réussir un sacré coup grâce à ce potentiel best seller. Les Australiens adorent ce genre de récit, ce type d'homme capable d'enfreindre toutes les règles, à un niveau rarement atteint, à mettre ainsi en exergue les dysfonctionnements et malhonnêtetés de notre société ultra libérale, ici des années 90, poussant les gens à toujours plus s'endetter. Un système économique et bancaire s'appuyant sur du vent, de l'illusion. Ray a donc donné le nom de son ami d'enfance pour mener à bien la rédaction de la fameuse biographie de Siegfried Heidl, avant que celui-ci passe en jugement dans six semaines. Kif n'a pas vraiment le choix, il est au bout du rouleau financièrement, terrorisé par l'arrivée prochaine des jumeaux. Le voici à accepter le rôle de négre lui qui se voyait écrivain, arrivé à la maison d'édition de Melbourne, face à un dément aussi glissant qu'une anguille. Le cauchemar commence, tout est en place. " Peu à peu, Kif tombe sous l'insidieuse emprise de cet homme qui a placé son existence, par delà le bien et le mal, sous le signe du mensonge et de la corruption de toute chose. Et qui invite Kif à la faire sienne, la vivre en miroir, tel un adieu à ses valeurs, un affranchissement : une inexorable libération." Le thème faustien est ici traité jusqu'au bout de notre patience, de nos forces, tant Siegfried Heidl est un être insupportable, « urticant » . À vous de voir jusqu'où cela ira, âmes sensibles et idéalistes s'abstenir. D'une certaine façon, ce roman est un thriller féroce et terrible ou le psychopathe est un meurtrier en col blanc, ou la jungle est la société moderne. Une guerre économique entamée dans les années 90 menant notre monde au bord du précipice. Y a-t-il encore un espoir de rédemption ? Quatrième de couverture Aspirant écrivain sans le sou, Kif Kehlmann a six semaines pour rédiger les mémoires de Siegfried Heidl, le plus célèbre escroc de l'histoire australienne. Mais voilà, ce dernier, paranoïaque et manipulateur, ne semble pas disposé à livrer la moindre information. Tandis que les jours passent et que le projet reste au point mort, Kif voit s'éloigner la promesse de la rémunération et sent progressivement la haine le gagner. Cherchant à percer le mystère de l'homme qui lui fait face, Kif en vient à se demander qui il est lui-même. Heidl ne serait-il pas en train de le corrompre, de réécrire sa vie, son destin ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Veuve
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Veuve Fiona Barton Fleuve Noir 12 janvier 2017 410 pages traduites par Séverine Quelet Thriller Chronique 22 octobre 2017 Vous connaissez cette odeur des Lys, à jamais pour moi écoeurante, entêtante, macabre comme de la viande faisandée. Un bouquet posé sur le cercueil d'une personne aimée m'a à jamais rendu ces fleurs insupportables et empoisonnées. Comme celles-ci, ce policier est venimeux et exhale des relents de pourriture et de malsain. En fait ce livre est parfaitement réussi, il se joue avec brio à nous mettre mal à l'aise et à nous perdre. Une petite fille Bella Elliott est enlevée devant sa maison de Winchester alors que sa mère Dawn n'est pas aussi attentive qu'elle le devrait, en 2006. L'enquête commencée alors par le policier Bob Sparkes et son équipe mène à Glen Taylor, qui aurait fait une livraison dans le coin avec sa camionnette bleue vue par des témoins. La presse également, en particulier la journaliste Kate Waters du Dayly Post, poursuit ses propres investigations pour retrouver la petite vivante ou morte. Juin 2010, Glen est passé sous les roues d'un camion alors qui faisait les courses avec sa femme Jane. Dés le 9 juin 2010, qui marque le début du récit, tout le monde veut connaître la vérité de la bouche de la veuve. Est-elle une victime collatérale d'une terrible erreur de la justice, ou une épouse naïve et obéissante, ou une femme déterminée et manipulatrice, est-elle complice de son époux, ou sont-ils tous les deux blancs comme neige depuis le départ ? La construction du texte nous faisant osciller entre chaque acteurs de ce drame ainsi que revenir sur les évènements passés de 2006 à 2010, est parfaitement maîtrisée. L'ambivalence de nos sentiments face à Jane est maintenue et favorisée jusqu'à la fin magistralement. Aucune fausse note. Tout et son contraire sont envisageable, donc que croire ? Thriller psychologique, premier roman de cette ancienne journaliste, fascinant car trouble, jouant des zones de gris et de la culpabilité et imperfection de chaque intervenant. Une remarquable analyse du métier de journaliste ou d'enquêteur dans un sens plus large est à souligner au passage. Il y a les apparences, les mensonges qu'on s'inventent pour soi-même jusqu'à la bascule dans une certaine folie, le déni, et la manipulation pure et simple de l'entourage. Un tableau complet qui fait froid dans le dos et laisse l'odeur de la mort persister même après le livre fermé. Quatrième de couverture Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ? La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire. Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque. Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime. Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil. Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous. Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquillité, même après un acquittement. Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus. Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Pensionnat des innocentes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Pensionnat des innocentes Angela Marsons Belfond Mai 2018 432 pages traduites par Valérie Bourgeois Thriller Chronique 15 octobre 2017 Connaissez-vous la chanson de Anna Blue, the Silent Scream, ou cri silencieux, titre d'origine de ce livre (paroles en fin de ce post) ? Entendez vous les cris de ces jeunes filles, pensionnaires à Crestwood, malgré elles, victimes de familles démissionnaires, maltraitantes, ou pire ? Depuis dix ans elles essaient de se faire percevoir du monde au dessus d'elles. Seule Kim Stone va reconnaître ces voix, elle fut l'une d'elles. 34 ans, inspecteur au poste de la police de Halesowen, dans le Pays Noir, celui des anciennes mines de charbon à l'ouest de Birmingham, elle est un personnage impressionnant aux réparties caustiques et drôles, ce qui nous vaut des dialogues savoureux, cachant ainsi sa fragilité. Kim n'est pas une femme agréable, facile, abordable, tout le contraire. Asociale, rétive à l'obéissance, anti hiérarchie, froide et même coupante et à la parole acérée, elle sait pourtant se faire respecter de son équipe de trois personnes, Stacey Wood la geek, le sergent Bryant son seul ami réel, et le tombeur mais prometteur jeune Kevin Dawson. Son supérieur s'arrache littéralement les cheveux avec elle, élément incontrôlable à la langue trop bien pendue, incapable de cacher ses émotions. Mais il s'inquiète aussi pour sa santé et son équilibre psychologique. Car enfant et toute sa jeunesse, elle a traversé des drames effroyables, des deuils dont on ne se remet normalement pas. Tous les jours grâce à son ultra sensibilité et sa connaissance du mal absolu, elle œuvre à créer un monde vivable, ou à créer de la beauté. Angela Marsons réussit parfaitement et avec brio, à nous faire aimer ce personnage de flic d'une force incroyable, toujours au bord des larmes. Ainsi, lorsqu'elle est appelée sur une scène de crime pour découvrir le corps de Teresa Wyatt, ancienne directrice du pensionnat pour jeunes filles de l'effroyable Crestwood, noyée dans sa baignoire, elle tique. Puis quand les cadavres s'entassent tous liés à cet établissement disparu dans un incendie dix ans plus tôt, elle n'y voit aucune coïncidence. Mais l'horreur ne s'arrêtera pas là, des voix s'élèvent et l'appellent. Premier opus formidable des aventures de cette héroïne moderne, impressionnante, et bouleversante, nous avons là une future série policière de qualité qui s'annonce, regroupant tous les ingrédients espérés et d'autres agréablement inattendus. L'humour, l'humanité, le dramatisme sans pathos inutile, le rythme bien resserré, et toute une galerie de personnages parfaitement croqués, que nous retrouverons avec joie, sont les composants de cette réussite. J'ai beaucoup aimé ce policier au féminin. ♪ The Silent Scream ♪ {Le Cri Silencieux} Je compromets vos espérances, Vous essayez de me faire vivre votre rêve, Mais je vous cause trop de frustrations, Et vous voulez seulement le meilleur pour moi. Vous voulez que je montre plus d'intérêt, A toujours montrer un grand et brillant sourire, D'être toujours cette petite princesse rose parfaite, Mais je ne suis pas ce genre d'enfant. Et cette tempête se lève en moi, Ne sentez-vous pas que nos mondes rentrent en collision ? Ça devient dur de respirer, Ça me blesse profondément. Laissez moi juste être, Qui je suis, C'est ce que vous avez vraiment besoin de comprendre , Et espérer si fort que la douleur parte. Et cela me torture. Mais je ne peux m'échapper, Donc je pleure et pleure mais sans le montrer, Le cri silencieux. Dites-moi pourquoi vous me mettez la pression, Et tous les jours vous me faites du mal, C'est la raison pour laquelle je me sens tellement seule, Même si vous me prenez dans vos bras. Mettez moi dans une boite de paillettes, Mais j'essaie juste de m'échapper, Et maintenant vous vous sentez tellement amers, Parce que je vous ai déçus. Et cette tempête se lève en moi, Ne sentez-vous pas que nos mondes rentrent en collision ? Ça devient dur de respirer, Ça me blesse profondément. Laissez moi juste être, Qui je suis, C'est ce que vous avez vraiment besoin de comprendre , Et j'espère si fort que la douleur parte. Et cela me torture. Mais je ne peux m'échapper, Donc je pleure et pleure mais sans le montrer, Le cri silencieux. Ne voyez vous pas que je pleure pour avoir de l'aide, Car vous devriez m'aimer pour ce que je suis, Je me noierai dans un océan, De douleur et d'émotions, Si vous ne me sauvez pas immédiatement. Laissez moi juste être qui je suis, Qui je suis, C'est ce que vous avez vraiment besoin de comprendre, Et j'espère si fort que la douleur parte. Et ça me torture, Mais je ne peux m'échapper, Donc je pleure et pleure sans le montrer. Le cri silencieux. Mon cri silencieux. {Traduction réalisée par Chat391) Quatrième de couverture Mélange de frissons et d'émotion brute, un premier roman phénomène, vendu à plus d'un million d'exemplaires. 2004. Par une nuit glaciale, cinq personnes scellent un pacte au-dessus d'une tombe fraîchement creusée. Mais les secrets finissent toujours par remonter à la surface... De nos jours, Teresa Wyatt, ancienne directrice du foyer pour filles de Crestwood, est retrouvée noyée dans sa baignoire. Au même moment, Crestwood fait la une des médias : des fouilles archéologiques viennent de mettre au jour le squelette d'une adolescente enterrée dans le jardin. Coïncidence ? L'inspectrice Kim Stone n'y croit pas. Et quand les ossements d'autres fillettes sont exhumés, l'affaire prend rapidement un tour personnel pour cette jeune flic au tempérament plus tranchant qu'une lame de rasoir. Elle qui a connu l'assistance publique est bien décidée à rendre justice aux innocentes oubliées de tous dans ce lieu cauchemardesque... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Petite
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Petite Edward Carey Cherche Midi 1er avril 2021 576 pages traduites par Jean-Luc Piningre Biographie Chronique 20 novembre 2021 Chronique : Un roman illustré tout à fait singulier, étonnant, tant sur la forme que par le ton employé. Le XVIIIe siècle marque un tournant pour les monarchies, est d'une extrême violence et injustice, le vent de l'Histoire étant tempête, typhon, emportant, tels des fétus de paille, les êtres humains soudain minuscules, négligeables. Une époque où toute différence est aplanies face à la guillotine... Riche, pauvre, célèbre, inconnu, jeune, vieillard, monarchiste ou révolutionnaire, elle est gourmande... Et les têtes tombent par milliers certaines portées à la postérité grâce à la sculpture de cire, art où excelle Marie Grosholz, dite Petite en raison de sa taille miniature, future Mme Tussaud. Il faut dire que depuis sa naissance, Marie a eu tout le loisir de comprendre que les humains, les femmes et les enfants en particulier, n'étaient que des marionnettes entre les mains du destin. Chaque personnage de ce récit biographique, comme dans un conte de Noël désenchanté, a son double : soit une effigie miniature, Marta pour Marie, soit une poupée à taille réelle, soit une peinture ou sculpture pour les plus fameux, soit une ombre projeté d'un corps pendu.... Et les copies prennent quelques fois une place plus encombrante que les originaux. La sculpture en cire est d'abord l'apanage d'artistes anatomistes oeuvrant pour des hôpitaux. C'est dans celui de Berne que Marie et sa mère entrent au service d'un certain docteur Curtius. La rencontre entre le jeune homme timide, passionné par son métier, et la toute petite fille, est l'instant T de leur vie... Pour fuir un destin des plus accablants, après le décès de la mère de Petite, le tandem part de nuit pour la Ville Lumière...Paris. Louis XV est roi, le mariage du futur Louis XVI et de Marie- Antoinette est célébré rapidement, alors que résonnent les fêtes et les rires dans les beaux salons, le peuple gronde, se meurt, le rouleau compresseur de l'Histoire est sur la ligne de départ.... Marie nous raconte sa vie dans la maison d'une veuve et de son fils, toujours au service du Dr Curtius, maltraitée par la marâtre jalouse de ses liens d'affection avec le sculpteur.... Mais bien vite une nouvelle aventure se présente, offrant à Petite de faire son entrée à la cour de Versailles par la petite porte. Son maître la prête tel un objet ou une possession, gardant jusqu'à son passe-port suisse avec lui... La jeune fille que l'on s'évertue à écraser, à dépersonnaliser, apporte son talent, son regard, à la glorification éternelle des personnages célèbres qui l'entourent. Ses mains en modelant, peignant, en ajoutant des chevelures, des yeux, fait passer à la postérité, en trois dimensions, les visages de tout ce beau monde en passe d'être guillotiné .... Elle qui n'est qu'ombre met la société entière dans la clarté crue de cette époque tragique... Les malheurs ont fait de Marie un être pragmatique, solidement planté dans la terre, empathique, intuitive, résistante et résiliente, futée, faussement obéissante et réellement déterminée... Le ton est particulier, très personnel, narrant sans pathos ni débordement, l'indicible, l'horreur vue ou subie, avec une sorte de fatalisme de surface.... dans cette société des apparences, Marie se cherche au delà du reflet : qui est-elle ? La Petite, marionnette docile, ou une femme à part entière bien décidée à faire jouer les autres dans la mise en scène qu'elle aura imaginée ? De Berne à Paris pour enfin arriver à Londres, l'auteur, illustrateur, dramaturge Edward Carey a mis quinze ans à rédiger et dessiner ce très beau texte dédié à une femme énigmatique dont il reste peu de trace... Alors l'écrivain a recrée un univers, a fait se rencontrer des figures célèbres, a rempli les vides, a redonné chair à tous ces disparus tel un sculpteur de cire du musée de Mme Tussaud.... La narratrice nous raconte ainsi la fin d'une monarchie, d'un ancien régime, la Révolution, la Terreur, l'apparition d'un certain Napoléon et enfin sa nouvelle vie anglaise.... Un roman bouleversant émotionnellement, tout en délicatesse, retenue, poésie, beauté, malgré la rudesse et l'âpreté des évènements... Un personnage hors norme, d'une sagesse, d'une générosité, d'une force exemplaires qui traversent une existence cruelle en espérant toujours en des lendemains lumineux... Une leçon de vie... et ainsi celle qui fut si secrète, oeuvrant à mettre les autres en lumière, devient elle-même une légende dont l'effigie vous accueille à l'entrée de la célèbre Maison Tussaud. Un très bel ouvrage, un magnifique texte embelli par une traduction fabuleuse. À lire, offrir, redécouvrir.... Une rareté ! Quatrième de couverture « Art, amour, Révolution : le récit d'une existence hors du commun. » Née à Strasbourg en 1761, la jeune Marie Grosholz, future madame Tussaud, est employée dès son plus jeune âge comme apprentie par un sculpteur sur cire. Lorsque le duo devient célèbre à Paris pour ses réalisations, Marie a pour modèles les plus grandes personnalités de l'époque : Voltaire, Rousseau, Benjamin Franklin, etc. Bientôt elle est accueillie à la Cour où elle prodigue des leçons de sculpture à la princesse Élisabeth, sœur du roi. En 1789, la capitale entre en ébullition, la foule exige des têtes. C'est le début d'une incroyable décennie pour Marie qui, échappant de peu à la guillotine, se voit chargée d'exécuter les masques mortuaires de ses amis les plus proches (Louis XVI), comme de ses ennemis les plus acharnés (Robespierre). Avec ce récit palpitant, illustré de magnifiques dessins de l'auteur, Edward Carey nous fait entrer dans l'intimité d'une femme au destin exceptionnel. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Cycle des Gloria
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Cycle des Gloria Andrea H. Japp Le Masque - Hachette Livre 2001 951 pages Thriller Chronique 26 février 2019 Retour sur la « Parabole du tueur » de Andrea H. Japp, premier tome du cycle de Gloria, paru en 1996, 227 pages, la tétralogie se retrouvant dans un seul livre à la couverture bleue ci-dessous parue en 2001 aux mêmes éditions. « L'animal le plus féroce connaît la pitié. Je ne la connais pas et ne suis donc pas animal. » Richard III de W. Shakespeare Extrait de la présentation de l'intégrale : « Il s'agit d'un tueur en série. Surnommé Lady-Killer, il peut s'enorgueillir d'avoir fait sept victimes dès le premier chapitre. Des femmes mais "aucune [...] n'avait été violée, en dépit des connotations particulièrement sexuelles des meurtres". Les trois premières ont été éventrées, et leur utérus, " excisé et retourné en doigt de gant", a été déposé à côté du corps. Pour les suivantes, le scénario s'enrichit d'autres détails sanglants. Le problème est que la localisation des crimes et le choix des victimes paraissent aléatoires : brunes, blondes, mariées, célibataires, grandes, petites, tuées en banlieue comme en rase campagne, et pas forcément dans le même État, elles n'ont que deux points communs. Elles sont blanches et adultes. » Marie-Caroline Aubert En ce début de la première enquête sur laquelle vont collaborer le profileur du FBI, James Irwin Cagney et la mathématicienne, Gloria Parker-Simmons, rien ne va plus, tout le monde est au point mort. Aucune piste pour continuer à rechercher le monstre Lady-Killer. Cagney, 56 ans, élégant, pointilleux, talentueux, en plein divorce difficile, est dans une situation plus que délicate. Il se résigne donc à faire appel au " petit rapace", comme il l'a lui-même baptisé, Gloria ParkerSimmons. Ses services sont très onéreux, ses méthodes s'appuyant seulement sur les mathématiques à l'opposé des siennes, celles de la psychologie du comportement criminel. Les rapports entre eux sont très policés mais ne cachent pas l'aversion qu'il éprouve pour cette trentenaire froide et calculatrice. Celle-ci ressent la haine de Cagney mais elle s'en fiche. En fait tout l'indiffère exceptées les énigmes aux variables inconnues qu'elle doit résoudre, et sa nièce, Clare, attardée mentale, un ange en institut spécialisé à San Francisco. Évidemment on se doute bien que tout cela n'est que façade, que Gloria est un personnage principal complexe, traumatisé, une survivante au comportement ultra maîtrisé afin de ne pas laisser transpirer sa terreur permanente ou laisser deviner ses secrets. Elle est là sans être là vraiment, et pourtant elle ressent avec beaucoup d'acuité les anomalies de comportement comme celui de l'agent du FBI Morris, travaillant sous les ordres de Cagney. Elle met tout en œuvre, utilisant les intervenants de cette histoire, à l'instar de Katherine, une survivante, comme de simples variables d'une équation devant la mener au tueur par sa résolution logique. Encore faut-il être capable d'écrire correctement cette équation, et de lancer les bons programmes de calcul sur son ordinateur. La difficulté pour Gloria est lorsque ces x ou y deviennent humains, réels. Elle frôle le précipice, s'accrochant avec désespoir à son amour pour Clare. Elle ne perçoit pas que son intervention est complémentaire de celle du très émotionnel Cagney. Dès la lecture des premières pièces du dossier, elle pointe immédiatement un détail qui changera toute l'orientation de cette chasse à l'homme. L'aiguille de l'horloge tourne très vite. Clare restée seule à la veille de son anniversaire, un jour très particulier pour toutes les deux, est de plus en plus incontrôlable. Pour Gloria, obligée d'être à Chicago, c'est une torture. Quant à Cagney, le cauchemar serait que le tueur frappe à nouveau. Ils n'ont pas le choix, ils doivent s'entendre pour arrêter cette hécatombe, en mémoire des victimes. Le montage de ce récit est prodigieux, les personnages principaux forcent notre empathie, attentifs à leur évolution psychologique, à leur relation. On se doute immédiatement que ces deux-là sont partis pour une longue histoire. L'autrice, française, scientifique, a vécu et travaillé aux USA. Elle en connaît parfaitement ses imperfections, complexités, qualités, géographies. Un théâtre parfait pour cette série car rien n'y est simple, tout y est contradictoire : les plus riches y côtoient les plus misérables, les intelligences les plus brillantes voisinent des aberrations les plus effarantes, une législation sévère fait face à des délits, crimes, les plus violents. Civilisation contre sauvagerie toujours en attente. " On ne sait jamais quand ça va péter, ni pourquoi. Il faut faire attention tout le temps." Marie-Caroline Aubert précise : " Ce que vivent Gloria, Cagney et ses adjoints du FBI ne pourrait pas arriver en France, pays beaucoup plus homogène. La coexistence d'extrêmes aussi marqués offre une ouverture du champ des possibles, et entraîne une radicalisation des personnages." Tous sont au bord du gouffre en apnée, à l'instar de cette Amérique, qui semble toujours proche de l'explosion. Et ce livre fut écrit il y a plus de vingt ans ! Retour sur " Le sacrifice du papillon" de Andrea H. Japp, deuxième tome du cycle des Gloria, paru en 1997 aux Éditions du Masque-Hachette, réédité en 2001 avec les autres opus, version que j'ai lue de 254 pages. « For nothing can seem foul to those that win. » « Car rien ne paraît infâme aux yeux de ceux qui gagnent. » William Shakespeare, Henry IV. Extrait de la présentation de l'intégrale par Marie-Caroline Aubert : « Dans le Sacrifice du papillon, ce sont les corps de très jeunes garçons (12 à 15 ans en moyenne) qu'on retrouve calcinés dans des lieux isolés, en divers points du territoire. Certains portent des traces de coups sur la tête et d'amphétamines dans le sang, des cicatrices de fractures aux jambes et aux bras. Tous mexicains, par conséquent des proies faciles pour les réseaux de trafiquants ou de prostitution. Du moins est-ce la piste la plus plausible. Mais comment expliquer qu'ils aient des plombages de luxe, à plus de cinq mille dollars. » Dans ce deuxième opus, bien que l'histoire soit bien construite, intéressante, le suspense constant, alternant l'enquête à proprement dite et des épisodes tout à fait malsains et glacants mettant en scène un couple dont on ne comprend ni les liens, ni le fonctionnement pervers, j'ai été moins accrochée, devinant rapidement à des détails, qui sont les coupables. En revanche, leur mobile est resté inconnu jusqu'à la fin. Le thème central est l'enfance bafouée, trahie, abîmée dans son innocence : les victimes mexicaines, quantité négligeable utilisée pour on ne sait quoi, mais aussi Gloria. En fait, ce récit est centré sur elle, son histoire personnelle, sa relation à Clare, sa nièce attardée mentale, placée dans une institution spécialisée à San Francisco, son seul lien avec la vie, la seule raison pense-t-elle, pour ne pas se ficher en l'air. Cet épisode est réellement un parcours initiatique pour la jeune femme poussée dans ses derniers retranchements, par la traque elle-même et des menaces précises sur Clare, par le décès d'un ami proche vécu comme un abandon, mais aussi par le profileur du FBI, James Irwin Cagney, qui fait à nouveau appel à ses compétences de mathématicienne pour élucider ces meurtres épouvantables. Cela fait un peu moins d'un an qu'ils ne se sont vus depuis la dernière affaire de " La parabole du tueur". Il ne l'a pas oubliée, ne comprenant pas lui-même son intérêt pour cette femme si froide et détestable. Cependant, peu à peu, la façade de Gloria se fendille laissant percevoir une vérité si monstrueuse qu'il en vient à changer son opinion et à vouloir l'aider. Panique donc à bord pour Gloria : tout son univers bien ordonné est en danger, le désordre s'insinue dans son existence, le vertige de terreur face à cet homme qui se rapproche d'elle, qui pourrait la comprendre, prendre de l'importance dans sa vie pour ensuite forcément la trahir, la lâcher... la terrorise. Et lui est terrifié à l'idée qu'elle puisse se refermer totalement et disparaître. Mais les évènements vont se précipiter, des battements d'ailes de papillons bruissent annonçant le drame, des corps de victimes innocentes sont retrouvés à Boston, Chicago, San Francisco. Pas vraiment le temps pour une séance de nombrilisme. Il faut agir et très vite. L'ajout de certains personnages apporte aussi plus d'humour dans les dialogues, allégeant heureusement un thriller très sombre. J'attends donc impatiemment de lire le troisième tome dans la foulée. Retour sur " Dans l'oeil de l'ange" de Andrea H. Japp, troisième tome du cycle des Gloria... paru en 1998 aux Éditions du Masque-Hachette Livre, 219 pages dans la version intégrale de la tétralogie que j'ai lue, parue en 2001, la couverture bleue ci-dessous en photo. « Les créatures qui peuplent la voûte céleste Font naître l'incertitude dans le cœur des hommes sages. Aussi garde-toi bien de lâcher le fil de la sagesse, Car les puissances qui nous gouvernent elles-mêmes sont égarées. » Omar Khayyam Il sera très difficile pour Gloria d'être un ange, non comme Clare, sa « nièce » attardée mentale, mais comme un ange vengeur, exterminateur, terrassant tous les dragons de cette terre, tant sa peur est immense et sans fin. Elle devra donc lutter contre sa tétanie réactionnelle dès qu'un élément, qui jusque là était un composant de ses équations, devient une réalité menaçante. Elle, la mathématicienne surdouée, en contrôle constant, à laquelle faisait appel le FBI pour résoudre des crimes en série, toujours maîtresse d'elle-même, du moins en apparence, a été piégée par James Irwin Cagney, profileur intuitif et brillant de 25 ans son aîné. Il a réussi à percer un trou dans la carapace de la jeune femme, chose que personne n'avait tenté jusque là. Le trou devient béance, un gouffre qu'elle va fuir jusqu'en France revendant ses deux domiciles, emmenant enfant et chien dans ses bagages. Un sauve qui peut désespéré. À Quantico, ces messieurs, Cagney et son adjoint Morris, errent comme des âmes en peine, toujours accros à la belle, terrifiés à l'idée que sa disparition soit définitive. Enfin, Ringwood, l'analyste de l'équipe, toujours une réflexion cocasse aux lèvres, regarde tout cela d'un œil torve, œil qui bientôt sera effaré lorsque Morris revient avec une fiancée, copie conforme fadasse de Gloria. Cagney est proprement dégouté et furieux de ce jeu malsain auquel s'adonne Morris... cela le met aussi en face de ses propres limites et la folie de son obsession pour Gloria Parker-Simmons. Ou est-ce de l'amour ? Cinq mois après leur dernière enquête commune, rien ne va plus, l'autrice décide de se focaliser donc sur Cagney tout en nous donnant des nouvelles de Gloria. Celle-ci ne reviendra dans le jeu auprès de l'équipe du FBI qu'au deux tiers du thriller. Entre temps, ces messieurs vont devoir se débrouiller seuls aidés par une nouvelle recrue, Dawn Stevenson. Marie-Caroline Aubert dans sa présentation de l'intégrale écrit : « Dans l'œil de l'ange" commence par la découverte en pleine forêt canadienne du corps nu d'une jeune fille atteinte du sida, tuée par balle. Puis plusieurs employés du laboratoire pharmaceutique dont elle a été brutalement licenciée peu de temps auparavant sont à leur tour abattus sauvagement. La femme du patron du laboratoire connaît également une mort violente, mais selon toute apparence, il s'agirait plutôt d'un crime de cambrioleur.... » Comme d'habitude, ce roman comme les précédents, est très juste quant à l'analyse psychologique des personnages et en particulier des deux solitaires sur le chemin d'une convergence l'un vers l'autre, Gloria et Cagney, jusqu'à la rencontre que nous attendons avec impatience. Mais là aussi, le suspense comme pour l'enquête criminelle, est très bien ménagé jusqu'au bout. Il faut dire que Gloria est la championne de l'évitement. Ce tome 3 est un polar très noir, violent, où l'humour et des dialogues ciselés allègent avec bonheur l'atmosphère. Là encore, les corps sont retrouvés dans des endroits divers du territoire des USA ce qui justifie l'intervention du FBI. Dans toutes les enquêtes de cette série, après les premières constatations, interviennent les différents services, la police scientifique, les laboratoires de biochimie et d'analyses génétiques, les interrogatoires de routine, les confrontations avec des témoins ou des coupables potentiels, pour obtenir un dossier presque complet et donc des données sur lesquelles Gloria va pouvoir plancher en les transformant en abstractions mathématiques. « La solution découle obligatoirement de l'essence du problème » : Sui generis. Cagney et Gloria sont complémentaires car utilisant des méthodes différentes. « Partant du principe qu'en tout état de cause le respect élémentaire vis à vis du public est de lui présenter une enquête impeccablement ficelée, Andrea H. Japp respecte les règles du genre et traque l'indice avec un soin méticuleux. » Docteur en biochimie, l'écrivaine est parfaitement placée pour traiter du sujet central de cet opus, malheureusement d'actualité voici vingt ans et encore aujourd'hui. Là réside pour moi le vrai thriller, cette perpétuation du mal absolu pour simplement s'enrichir sur la vie d'innocents. Un très bel épisode donc, j'aurais préféré qu'on appelle cette série le cycle Gloria-Cagney, cela aurait été plus juste. Retour sur « La raison des femmes » de Andrea H. Japp, dernier tome du cycle des Gloria.. paru en 1999 aux Éditions Le Masque-Hachette Livre, 225 pages dans la version intégrale de la série, couverture bleue en photo ci-dessous, parue en 2001 chez le même éditeur. « L'odeur du sang ne me quitte pas des yeux. » Eschyle Une histoire de femmes, universelle, millénaire, qui se répète inlassablement, dont l'écho crée des ondes de chocs, des morts, des renaissances peut-être, une histoire qui quoiqu'il en soit, fermera le cycle des Gloria, de la souffrance, du trauma. Toutes vont être complices sans le savoir pour certaines, une seule aura une vision d'ensemble, notre mathématicienne de génie, Gloria. Celle-ci a enfin accepté de laisser une place dans sa vie et celle de sa douce Clare, sa " nièce" handicapée mentale, son ange gardien, à James Irwin Cagney, profileur au FBI. De toute façon elle n'a pas le choix, la vie toute puissante lui prépare une belle surprise. Donc plus d'alternative possible, elle va devoir s'ouvrir aux autres, à ce nouvel amour... Et l'existence va également lui donner l'occasion de solder ses comptes avec son passé, grâce à la nouvelle enquête sur laquelle vont se concentrer Cagney, l'analyste Richard Ringwood et un nouveau venu, le jeune agent afro-américain, Lionel Mary Glover. Encore plus de dialogues drôles et épicés dans ce tome, que j'ai beaucoup apprécié. Ajoutons le tandem improbable de flics de Boston, attendrissant et très efficace, Bob Da Costa à deux ans de la retraite, et sa partenaire, la jeune Elizabeth-Ann Gordon, rebaptisée Squirrel, en référence aux écureuils gris à qui elle emprunte la couleur de sa chevelure. Fait amusant : tous les enquêteurs de cette équipe ont été façonnés et profondément marqués par les femmes de leur vie : mères sœurs, épouses, compagnes et même fantasmes. Ce sont des hommes qui aiment, craignent, admirent les femmes et c'est particulièrement important dans ce récit. Au centre de l'enquête le mal que certains font à des innocentes, un temps affaiblies, mais qui sont susceptibles de devenir dangereuses. Dans sa présentation de l'intégrale de la série des Gloria, Marie-Caroline Aubert écrit : « La raison des femmes [ comme dans le précédent tome où des crimes pouvaient passer pour des cambriolages ayant mal tourné] pose le même problème : Des meurtres violents ayant apparemment des traits communs, mais pas assez pour leur trouver une solution. D'anciens collègues du bureau de Charles Owens, riche propriétaire d'une entreprise de matériel médical, sont inexplicablement abattus l'un après l'autre, avec une arme qui a servi dix ans plus tôt à tuer un couple de médecins à l'autre bout des États-Unis. Dans chaque cas, l'appartement a été saccagé. » Cagney se retrouve, avec son équipe, toujours dans une impasse à un moment donné, et est invariablement contraint de demander l'aide de Gloria. Cette fois, elle le fera gracieusement, elle y trouve son compte : elle croisera les variables en essayant d'en extraire leur essence : Sui generis. Ainsi elle trouvera le bon système d'expression du problème, la bonne formule ou équation mathématiques. Cet opus m'a particulièrement touchée, le tandem Gloria-Cagney est très attachant, je le quitte à regret. Quatrième de couverture Née en 1996 sous la plume de Andrea H. Japp, la mathématicienne Gloria Parker-Simmons se détache rapidement de sa créatrice pour acquérir une autonomie qui n'appartient qu'aux héroïnes d'exception. Tout au long des quatre romans qui composent ce volume, elle évolue au rythme d'enquêtes particulièrement retorses, mais aussi et surtout au rythme de son histoire personnelle, dans laquelle le rôle du profileur du FBI James Irwin Cagney croît en importance. Lorsque Gloria réfléchit, l'écriture d'Andrea H. Japp se fait dense et précise, déchirante quand elle aime ou déteste, et la romancière parvient ainsi- talent ou magie ?- à doter le lecteur d'une amie. Plus, d'une sœur. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















