top of page

Trouverez-vous votre bonheur ?

Search this site

Résultats trouvés pour la recherche vide

  • Exil pour l'enfer

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Exil pour l'enfer Gwenaël le Guellec Nouveaux Auteurs 7 janvier 2021 597 pages Thriller Chronique 7 janvier 2021 Tout nouveau, tout chaud. La nouvelle fournée bretonne est arrivée.... DEAD FOR NO ONE « Tant qu'un homme pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout regorge, il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines. « Eugène Varlin, communard fusillé par les « lignards » au dernier jour de la Semaine sanglante, un des précurseurs de l'anarchisme. En effet dans un monde où un être humain n'est plus qu'une statistique, que son individualité irremplaçable et unique est noyée de facto dans une masse informe, qu'il perd son visage sur ordre des gouvernements plus ou moins dictatoriaux, des grandes groupes et entreprises de tous les secteurs, un vent de révolte se lève dans les rangs des citoyens quelles que soient leurs origines, leurs conditions sociales. L'équilibre des puissances entre pays pauvres et riches, entre nations en guerre et en paix relative, bascule en cette période troublée. Des forces visibles mais aussi souterraines se mettent en mouvement pour empêcher le totalitarisme et permettre l'émergence d'un monde nouveau plus égalitaire, plus juste. Il n'y a pas de hiérarchie entre les êtres humains mais certains semblent l'ignorer, alors même que tous leurs millions, leurs milliards ne les empêcheront pas de finir en poussière... d'être NO ONE. Ainsi une tempête surgit au Nord, à la frontière entre la Finlande et la Russie en ce mois de décembre 2021 : trois corps pendus et scarifiés sont retrouvés par un éleveur de rennes Sami. Atmosphère anxiogène, déjà en noir et blanc, en cette nuit de cauchemar.... La tempête va rejoindre la pointe la plus occidentale de l'Europe, Brest, où la disparition d'un marin est signalée. Les vents se renforcent pour atteindre notre jeune héros, Yoran Rosko, photographe atteint d'achromatopsie, patient depuis un an et demi du Rotterdam Eye Hospital. Accepté dans un protocole à la pointe de la technologie, il pourrait peutêtre, grâce à un oeil électronique, l'Eyeborg, percevoir ce qui l'entoure en couleurs. Mais pour l'heure, à l'annonce de la disparition de son ami en mer il n'a d'autre choix que de repartir pour son pays, pour les côtes armoricaines, pour la cité où il a vécu une aventure aux confins de l'enfer racontée dans l'opus précédent de Gwenaël Le Guellec, "Armorican Psycho" paru en 2019 Pour ce thriller original et déjà parfaitement maîtrisé, l'auteur a reçu le Grand Prix du suspense psychologique en 2019 et le Prix Goéland Masqué en 2020. Avec ce deuxième roman, le talent rare de cet écrivain est diablement réaffirmé. En gardant les spécificités remarquables de l'épisode précédent qui sont - une bande son rock, techno et underground omniprésente, - un découpage en plans serrés et nerveux, - une impression de reportage caméra à l'épaule, avec un cadrage très particulier, - un goût certain pour les grands espaces, les terres sauvages aux climats rigoureux du grand Nord mais aussi pour les paysages industriels, lui inspirant des scènes inoubliables tant contemplatives que d'horreur ou d'action, Gwenaël Le Guellec traite d'un sujet terrifiant dont les conséquences sur la planète entière sont inacceptables tant elles sont inhumaines, amorales. On ne peut qu'être foudroyé par ce texte comme l'est Yoran, ce personnage fabuleux, touchant, exceptionnel, dont l'œil acéré posé sur le monde est capable de distinguer le moindre détail.... Le diable réside dans les détails dit-on. L'auteur en jalonne son récit telles des miettes de pains qui placées correctement à la fin forment un tableau prémonitoire et ténébreux. Ce n'est pas Yoran Rosko qui devra s'adapter à un environnement en couleurs mais bien nous, lecteurs, qui devrons absolument accepter de tout percevoir en noir et blanc, comme dans un film où le moindre mouvement ou le moindre frémissement est du coup perceptible. Un train vous attend pour vous porter jusque sur les terres glacées de Sibérie là où tombe la Black Snow. Un thriller virtuose d'un auteur passionné, investi, empathique et clairvoyant quant à notre monde. Je remercie Gwenaël Le Guellec pour sa confiance renouvelée et pour m'avoir emportée dans un voyage si dramatiquement et terriblement beau. Je remercie les Éditions Nouveaux Auteurs pour leur travail soigné de mise en page, de relecture du texte exempte de la moindre erreur, pour ce N à l'envers du titre sur la couverture nous rappelant le A de Armorican Psycho. Cohérence ! J'ai hâte de lire la suite... Quatrième de couverture Un thriller dense et implacable, où la vision en noir et blanc du personnage principal donne le ton, jusqu'à un final à couper le souffle ! Trois corps nus complètement gelés sont découverts pendus dans la taïga, à la frontière russo-finlandaise, l'inscription « DEAD FOR NO ONE » profondément gravée dans leurs chairs. Peu après, un navire à la dérive est retrouvé sans son équipage au large de Brest. Yoran Rosko, photographe solitaire atteint d'une maladie rare le contraignant à vivre dans un monde dénué de couleur, a quitté la pointe de la Bretagne après les terribles événements survenus dans « Armorican Psycho ». La disparition en mer de l'un de ses rares amis va pourtant l'obliger à rompre la promesse qu'il s'était faite de ne plus revenir dans sa ville natale. Sans le vouloir, Yoran va progressivement mettre au jour un commerce innommable, et se verra bientôt confronté à ce que notre humanité est capable de produire de pire... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Dust

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dust Sonja Delzongle Denoël Sueurs Froides 2015 509 pages. Thriller Chronique 30 mars 2018 New York, 9 juin 2012 : Personnage central de ce début de série, la profileuse Hanah Baxter, prend un appel longue distance à une heure indue, émergeant difficilement des brumes du sommeil dans son loft newyorkais. 254, indice du Kenya où elle a déjà pisté et arrêté un serial Killer voici quelques temps. Si Ti Collins l'appelle ainsi c'est que la situation est gravissime. Le géant noir aux yeux gris, le chef du CID, the Criminal Investigation Department à Nairobi lui apprend que depuis deux ans sévit un tueur qui laisse derrière lui des croix de sang à même le sol. Pas de trace des cadavres. Vite s'organiser, le chat Sphinx "Bismarck" en garde chez son ex Karen, valise, Glock, vaccins, rails de Coke pour tenir, la voilà partie pour trois semaines éprouvantes à la recherche d'un monstre, issu des croyances et supertitions africaines les plus hallucinantes. Kenya, terre absolue de pure beauté, de nature splendide, de légendes magiques, Karen Blixen en fond de décor dans sa ferme idéale attendant l'avion de son amant. Kenya terre de colonialisme inhumain, de fureur, de violence, de laideur, de pauvreté, de tours gigantesques, de zones de non-droit, de griots, de sorciers, de minerais, de richesses objets de toutes les convoitises et bassesses de blancs comme de noirs, une terre où certains enfants n'ont plus de regard, plus d'innocence, où des albinos risquent leurs vies tous les jours rien qu'en respirant. C'est un sujet incroyable et terrorisant que cette chasse donnée à ces humains, sous prétexte que leur chair, leur sang, auraient des vertus surnaturelles. Depuis 1990, c'est une réalité, sujet de romans actuels africains, entre autres, au Kenya. Deux récits terrifiants vont donc se superposer celui du sacrificateur aux croix de sang, et celui de la préservation des albinos du pays. Toute l'histoire passée du Kenya remonte, celle de la Communauté de l'Ivoire normalement démantelée, de ce peuple cherchant à créer un futur où les héritages issus de l'histoire ancestrale kényane et du colonialisme puissent cohabiter pour créer un nouvel état d'esprit. Hanah va devoir collaborer avec une équipe qu'elle connait en partie : Mullah Singaye, un noir albinos dont le visage rappelle les œuvres du regretté Ousmane Sow, aux yeux fragiles derrière des lunettes de soleil, Juan Mendoza mexicain insupportable tout droit sorti des bidonvilles de Mexico, où il était dans la police criminelle, et une nouvelle venue la mystérieuse et séduisante Kate Hidden, métis aux cheveux blonds et regard vert. Tout est en place pour ce thriller terrifiant et émotionnellement éprouvant, dont la valeur, outre la qualité de l'écriture, de la construction aboutie, de l'ambiance surnaturelle, rappelle certains faits anciens qu'on aimerait oublier, transposés dans ce Kenya en plein devenir, à la croisée des chemins. Un devoir de mémoire pour une vigilance à ne jamais relâcher. Découverte importante pour moi que l'univers de cette auteure. Et un aigle, animal totem du mentor de Hanah plane au dessus de nous ! Quatrième de couverture Quelque part en Afrique, la mort rôde... 2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s'amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d'une longue série. 2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans. Appelée en renfort par le chef de la police kényane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s'emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l'envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultra modernité et superstitions. Mais elle ne s'attend pas à ce qu'elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d'albinos vont l'emmener très loin dans les profondeurs du mal. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Docile

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Docile Aro Sáinz De la Maza Actes Sud 1er septembre 2021 480 pages traduites par Serge Mestre Thriller Polar Chronique 13 octobre 2021 Collection Actes Noirs. Prodigieux thriller psychologique dans une Barcelone crépusculaire où retentissent les cris des manifestants indépendantistes et les bombes des terroristes islamistes en août septembre 2017. Une scène incroyable vous attend sous forme d'un interrogatoire entre le flic, Milo Malart, et Lucas Torres, l'adolescent trop « docile », se transformant en un huis clos d'anthologie éprouvant pour les nerfs, exaltant pour nos cellules grises. Tension extrême donc sur le fond et dans la forme : une enquête se déroulant sur cinq journées cauchemardesques et labyrinthiques. Lorsque l'on croit avoir compris, soudain une pièce du puzzle ne s'insère plus dans le tout et, à l'instar de Milo, on devient totalement obsédé par la résolution de l'énigme que représente cette tuerie. Game over ! Difficile de lâcher ce texte entre onirisme et action, entre rêve éveillé et réalité d'une violence inouïe. Tout semble exploser, la société, les familles, les vies, les psychés. Celle de Milo en particulier croyant détecter les premiers symptômes de la schizophrénie familiale donc incapable de laisser l'amour, la douceur, entrer dans sa vie. Visions, hallucinations, homme à la dérive mais enquêteur hors pair, utilisant son empathie extrême et ses propres failles pour s'introduire dans le cerveau de celui ou celle qui a perpétré le massacre de toute une famille. La silhouette de Milo en contre-jour semble osciller... Il nage à contre-courant en permanence jouant avec les limites et les nerfs de ses collègues et en premier lieu de son équipière, Rebeca Mercader. Milo fait des fixations sur les mouches qui comme lui se cognent inlassablement aux vitres, et sur les montres, sachant que son temps est compté. On découvre peu à peu l'enfer intime de ce policier border-line en même temps que les éléments du tableau final se dévoilent à nos yeux. On nage en plein brouillard, comme drogué, shooté par l'auteur qui nous mène exactement là où il veut. Un des meilleurs thrillers lus ces derniers mois habité par la folie des temps, des êtres, profondément humain, terrifiant par certains côtés tout en laissant la porte ouverte à l'espérance. De plus, Aro Sáinz de la Maza réussit à dérouler un scénario terrible, effrayant, tout en multipliant les scènes humoristiques aux dialogues ciselés. Il arrive à nous faire sourire quand tout s'écroule. La couverture est parfaite, tendancieuse à souhait, énigmatique comme le jeune Lucas. Mais qui est-il vraiment ? Victime ou bourreau ? Un pas de deux entre ces deux hommes-enfants, les figures s'enchaînent de plus en plus vite....qui mène la danse ? Milo ou Lucas, vous ou l'auteur ? Quatrième de couverture Après « Le Bourreau de Gaudí » et « Les Muselés », Milo Malart affronte un adolescent docile qui pourrait bien avoir massacré tous les membres d'une famille à coups de pierre. Cinq jours de vent et de sang dans une Barcelone endolorie, théâtre de toutes les névroses d'un inspecteur aux intuitions plus fulgurantes à mesure que sa vie part à la dérive. Un jeune homme commotionné et gravement blessé se présente au poste de police pour signaler un crime. Les agents dépêchés sur les lieux découvrent les cinq membres d’une même famille massacrés à coups de pierre. Tout semble accuser le garçon, qui se trouvait sur place et porte sur lui l’ADN des victimes. Un être d’apparence docile qui pourrait tout aussi bien être un monstre, et se révèle, quoi qu’il en soit, un manipulateur hors pair. L’enquête se déroule en cinq journées de vent et de sang dans une Barcelone endolorie, théâtre de toutes les névroses pour un inspecteur aux intuitions plus fulgurantes à mesure que sa vie part à la dérive, cerné comme jamais par la schizophrénie qui semble marquer les siens au fer rouge. Pointant sans relâche un pouvoir arrogant et corrompu qui de génération en génération sacrifie les fragiles au faste tapageur des nantis, Aro Sáinz de la Maza poursuit son épopée sociale sur fond de crimes dans la capitale catalane. Il dresse ici le saisissant portrait d’une ville blessée (profondément marquée par les attentats islamistes de 2017), qui semble nimbée d’une irréalité fantastique. Des êtres bouleversés se déchirent pendant que d’autres se lancent dans une quête effrénée d’amour, seul viatique, peut-être, pour éviter le naufrage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La fille dans les bois

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fille dans les bois Patricia Macdonald Albin Michel 2018 314 pages traduites par Nicole Hibert Thriller Chronique 29 juin 2018 Un être vous manque et toute votre vie en est irrévocablement détruite. Molly et Blair, adolescentes, vont chez cette dernière pour une pyjama party à deux. Les parents de Molly ont dû partir, ils ne veulent pas qu'elle reste seule à la maison, leur voisin est un alcoolique qui devient vite méchant. Blair vit avec son oncle Ellis et sa grande sœur Celeste depuis la mort de leur mère. Ellis rentre chez lui et pique une colère pour rien comme souvent, s'en prend à Blair, Molly prend sa défense, le vieux la vire de la maison dans la nuit sous la pluie. On ne la reverra jamais vivante.... 15 ans que Blair n'est pas revenue dans la petite ville de Yorkville, c'est vraiment pour sa sœur Celeste qu'elle se force à reparaître dans un endroit où elle a été si malheureuse. Mais sa sœur est en phase terminal de cancer, elle est retournée vivre chez Ellis car elle fut mère célibataire à 20 ans de Malcolm, aujourd'hui âgé de dix ans. Il faut donc tout organiser pour ce fils après sa disparition et, étonnamment, Celeste l'a fait juridiquement : elle confie la garde de son enfant à sa meilleure amie Amanda et son mari à Yorkville. Ainsi il ne changera pas de cadre, grandira avec un autre garçon Zack. Molly est soulagée de cette décision car elle ne se voyait pas mère d'un adolescent à Philadelphie où elle dirige une entreprise florissante en informatique créant des organes humains en 3D. C'est fou qu'elle se sente si lamentable et nulle dès qu'elle remet les pieds dans cette maudite ville avec cet oncle qui la méprise et la rabaisse alors que dans sa vie actuelle elle est admirée, reconnue et aimée. Sa sœur va alors lui faire une confidence, juste avant de mourir, qui l'obligera à affronter les malheurs passés et la perte de Molly, une plaie non cicatrisée. Un garçon afro-américain a été arrêté il y a quinze ans, Celeste a refusé de lui donner un alibi. Or elle a menti par peur des représailles de son oncle raciste : elle était bien dans la voiture avec Adrian Jones, ils ont trouvé Molly marchant dans la nuit, sous la pluie, l'ont ramenée jusqu'à l'allée menant chez elle, et sont partis la laissant seule. Le lendemain on a trouvé son corps de l'autre côté de la route dans les bois. Le portable de la jeune fille était coincé entre deux sièges de la voiture d'Adrian, trop de preuves contre lui, Celeste qui se défausse, il est condamné et en prison depuis quinze ans pour rien. Celeste si belle mais si lâche, incapable de se confronter aux difficultés, de se révolter contre son oncle. La vie d'un homme foutue par sa faute, et elle refile le bébé à Blair. Celle-ci révoltée par l'acte de sa sœur avertit les parents de Molly, qui la vire de chez eux, la police qui refuse de rouvrir le dossier avec un témoignage sur un oui dire d'une moribonde sous médication lourde, elle va même à la prison révéler la vérité à Adrian devenu Yusef Muhammed après sa conversion. Évidemment il est amer, haineux, furieux. Puis une lueur d'espoir, elle rencontre Rebecca une journaliste qui eut son heure de gloire et qui accepte de l'aider.... C'est une course contre la montre dans un contexte familial difficile avec Ellis l'oncle acariâtre et Malcolm complètement paumé. Blair ne peut indéfiniment rester à Yorkville, ses affaires l'attendent à Philadelphie, mais en même temps elle doit faire innocenter Yusef. La journaliste ne semble pas très fiable, plus intéressée par un retour de notoriété grâce à cette affaire, que de la résoudre vraiment. C'est alors que l'avocat de la famille présente à Blair un personnage hors du commun. L'enquête peut vraiment commencer, elle les mènera au bout des ténèbres de l'âme humaine, en enfer.... Mais la liberté d'un homme et la paix de leur conscience l'exigent. Tout doucement l'auteure nous fait basculer dans l'horreur, par touche discrète, mettant tout en scène pour nous terroriser et créer un suspense et une tension insupportables. Très bon thriller écrit par une spécialiste du genre, lu en quelques heures avec joie et frisson. Tout ce que j'aime quand j'ouvre ce type de fiction. Mission totalement accomplie donc. À vous de vous y plonger... Quatrième de couverture Cela fait quinze ans que Blair n’est pas retournée dans la ville de son enfance. Depuis que sa meilleure amie, Molly, a été assassinée… Mais l’état de Céleste, sa sœur, atteinte d’un cancer, ne lui laisse pas le choix. « J’ai fait quelque chose de mal » : sur son lit de mort, celle-ci lui révèle que l’homme qui croupit en prison pour le meurtre de Molly est innocent. Pour preuve, elle était avec lui le soir du crime. Mais comment avouer à leur père, un raciste haineux, qu’elle avait une relation avec un afro-américain ? Blair lui promet de le faire libérer et, pour cela, de trouver les preuves dont la police a besoin. Elle se lance alors dans une enquête douloureuse pour comprendre ce qui s’est vraiment passé cette nuit-là, lorsque le corps de la petite Molly a été retrouvé dans les bois, non loin de sa maison... Blair est-elle prête à affronter l’atroce vérité ? Le passé est-il révolu ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le tailleur de pierre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le tailleur de pierre Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2009 475 pages traduites par Lena Grumbach et Catherine Marcus Thriller Chronique 3 octobre 2017 Le troisième de la série qui en comptera 10 dès le premier novembre prochain avec la parution de "La sorcière". Donc je finis de les lire tous cette semaine, j'en ai lu quatre avec "La fraiseuse d'anges" et vous pouvez trouver mes retours sur ma page d'addict. Trêve d'autopromotion, nous somme là pour cette saga policière suédoise, je dirais centrée non pas seulement sur Erica Falck écrivaine, qui vient d'avoir son bébé Maja deux mois, donc bien trop exténuée pour enquêter comme dans l'opus précédent, mais aussi sur son mari policier Patrik Hedstrom. Tous deux vivent à Fjallbacka, jolie petite ville portuaire de carte postale, sauf que décidément beaucoup de ses habitants ont de très lourds secrets remontant cette fois-ci à 1923. Et ceux-ci vont tout brûler au fil des années qui passent, incendiant la moindre parcelle de Bien, réduisant l'innocence en cendre. Le tailleur de pierre n'aurait jamais dû tomber amoureux. Quand un pêcheur remonte dans sa dernière nasse le cadavre d'une petite fille de sept ans, qui s'avère être l'enfant d'une amie de Erica, Charlotte, le monde de fausse normalité de tous les principaux acteurs de cette horrifique et bouleversante histoire s'effondre. Jusqu'à la fin Camilla Lackberg distille les informations vraies ou trompeuses, nous mène sur des pistes sans issues ou secondaires, faisant à nouveau le va et vient entre hier et aujourd'hui, traitant délicatement de l'enfance sacrifiée, humiliée avec beaucoup de vérité et de tact. Erica et Patrik sont particulièrement touchés par cette tragédie, car Sara à bien été noyée dans de l'eau douce, et le coupable lui a fait avaler de force une bien étrange matière....le couple va aller au bout pour découvrir le fin mot du mystère, mettant sa famille en danger. Le final, la toute dernière phrase nous cueille royalement, en beauté, à croire que le bonheur se paye. Et nous voilà pressés de lire la suite dans "L'oiseau de mauvais augure". Quatrième de couverture « La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l’avoir esquintée. Il jeta un coup d’œil par-dessus bord mais ce qu’il vit n’était pas le casier. C’était une main blanche qui fendit la surface agitée de l’eau et sembla montrer le ciel l’espace d’un instant. Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs… » Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Profession Profileuse - sur la piste des criminels sexuels

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Profession Profileuse - sur la piste des criminels sexuels Carine Hutsebaut Cherche Midi 2000 214 pages Autobiographie Chronique 15 octobre 2019 Ce témoignage, vieux de dix neuf ans, nous permet de mesurer les progrès de la police scientifique, des protocoles mis en place en cas de viols, de pédophilie, de crimes en série, du niveau actuel de connaissance et d'information du public, encore celui-ci souhaite-t-il vraiment être averti... Ce livre est un long cri d'impuissance, de terreur et de colère d'une femme qui a consacré sa vie à la recherche de la vérité, à vouloir comprendre quelle est l'origine du Mal. Ce texte est écrit également à l'époque où l'affaire Dutroux était d'actualité, où le scandale du traitement lamentable du dossier par la gendarmerie et la police belges a éclaté, où les ralentissements à l'élucidation de cette horreur semblent avoir été décidés en haut lieu, où une marche de 300 000 personnes a rassemblé une foule immense déclenchant la démission du ministre de la justice. Les pédophiles étaient parmi nous, invisibles. Carine Hutsebaut avait tracé le portrait exact du coupable, paru dans la presse belge néerlandaise dès 1995... La police niera que la criminologue ait pu, grâce à ses méthodes logiques, mêlant théorie, intuition et inventivité, débusqué Dutroux... Et pourtant... Ils ne sont en 2000 que deux profileurs pour toute l'Europe... C'est dire si ce livre est sur le plan historique irremplaçable. Cependant, si certains faits relatés ici, sont dépassés, force est malheureusement de constater que ce livre est toujours d'actualité sur l'essentiel, d'où sa réédition récente. Tout ce que Carine Hutsebaut pressent alors avec peur s'est réalisé... Le développement de réseaux de pédocriminels, de trafics d'enfants facilités par l'utilisation d'internet, du darkweb, de l'argent de certains coupables pervers richissimes. Et toujours, les associations, (nombre d'entre elles créées par d'anciennes victimes depuis vingt ans), les professionnels de la santé, de la lutte contre la pédophilie, sont en butte à des gouvernements qui ne font pas avancer la loi dans le bon sens, (pourquoi ?) ; comme la loi Schiappa en août 2018 ne fixant pas d'âge minimum du consentement à un rapport sexuel en dessous duquel, la qualification de viol soit évidente (15 ans et dix huit ans dans le cas d'un inceste)... du coup des enfants se voient obligés de justifier de leur non consentement à des viols. Ne parlons même pas de l'imprescriptibilité de ce type de crimes, surtout dans le cas d'une amnésie post traumatique. La parole de l'enfant n'est pas écoutée, pas respectée. Comme écrit Grégoire Delacourt dans son roman « Mon père », un enfant ne vote pas, n'est donc pas intéressant à court ou moyen terme pour les politiques. Faute de moyens, ou pour d'autres raisons plus obscures et inexcusables, des viols sont aujourd'hui jugés comme des délits et non des crimes... Gravissime symptôme d'une société qui perd ses repères moraux. Les mots de Carine Hutsebaut sont choisis avec soin, par exemple : empathie non sympathie lors de ses thérapies avec les criminels, « être profileur, c'est fournir un plan précis et détaillé de la maison, en allant jusqu'à la couleur de la tapisserie ». Se détourner des « monstres » ne les fera pas disparaître, leur parler, les obliger à ne plus mentir, déterminer s'ils peuvent vivre ou non dans la société, voilà la mission que s'est donné la profileuse sans que rien, dans son enfance et sa jeunesse heureuses et normales, ne laisse présager cette carrière. Son travail est étrange, difficile, certainement passionnant, indispensable.... Je pourrais continuer longtemps sur le sujet, sur la profonde admiration que j'éprouve pour cette femme, ma reconnaissance, mais je finis là en recopiant un extrait qui m'a interpellée : « Le crime, et en particulier le crime pédophile, dégoûte à un degré tel que les gens s'en détournent. J'ai pris l'habitude d'employer une expression choc : " le pédocide" . De la même façon qu'en Allemagne nazie la quasi-totalité de la population a fermé les yeux sur le génocide des juifs, nous traversons une période où les faits divers affluent avec des « tout le monde le savait ». [....] Il faut se méfier de la rumeur ou du soupçon, mais plus encore de l'indifférence qui règne en la matière. » Avons- nous tant évolué ? J'en doute compte tenu du dernier traitement de l'affaire Epstein en France par la presse, et la lenteur de la justice à ouvrir des instructions ici, quant au trafic d'enfants organisé par le milliardaire... Nous sommes là au coeur de la vérité, sans trash ou buzz... Quatrième de couverture Carine Hutsebaut est une jeune femme pas tout à fait ordinaire. Elle est profileuse de criminels. Tueurs en série, violeurs surtout pédophiles, tous ceux que la société condamne sans appel l'intéressent, et ce n'est ni pour les défendre, ni pour les absoudre, mais pour comprendre leur psychologie et par conséquent aider à élucider des crimes qui répondent tous à certains rituels. Plus que son diplôme de criminologue, Carine Hutsebaut revendique celui qui n'existe pas : victimologue. Car à tout coupable correspond un profil de victime, et c'est aussi dans le récit des parents de victimes que, après ses heures dans les parloirs des prisons ou à son cabinet de thérapeute, elle cherche la clef des affaires. Van Geloven fut son premier sujet examiné. L'assassin qui poussa le président du tribunal à ordonner le huis-clos par égard pour la sensibilité de l'assistance. Lors de l'affaire Dutroux, elle a établi dans la presse un profil précis du coupable mais personne n'en tint compte. Car c'est aussi le système qu'elle dénonce, ses mécanismes rigides qui freinent les enquêtes ; la formation de la police, trop classique, nombre d'enquêteurs considérant qu'un "monstre" doit avoir le physique de l'emploi ! À la demande des familles de victimes ou de coupables, de la justice, de la police, et jusqu'au FBI, Carine Hutsebaut cherche, réfléchit et compare. Sa méthode est simple : écouter, sans frémir ni juger. Il y a quinze ans qu'elle a dit non à la fatalité. C'est une passionnée de l'âme humaine, autant qu'une femme exerçant un étrange métier, qui s'adresse aujourd'hui à nous. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Désorientale

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Désorientale Négar Djavadi Liana Levi 2016 347 pages Historique et Thriller Chronique 24 octobre 2018 « One day there'll be a place for us A place called home » PJ Harvey Quel roman ! Que de beauté dans ce récit et cette voix qui s'élève pour raconter, tel un conte persan, le destin stupéfiant de deux familles aux destins entremêlés jusqu'à donner naissance à la narratrice, héroïne malgré elle mais réelle, à la trajectoire en forme d'éclair dans un ciel d'orage. Récit non linéaire, basculant entre hier et aujourd'hui, entre le passé des ancêtres et l'avenir incertain, avec en fil conducteur le désir de trouver sa place, de se prolonger, d'avoir des descendants, de transmettre la mémoire. L'histoire intime infirmant les informations officielles qui tronquent la vérité, qui distordent la réalité pour nous offrir une version fausse et malhonnête de l'Histoire, et évidemment ici celle de la Perse, de l'Iran, des immigrés politiques en exil dans cette France, fantasmée au loin, qui se révélera traître sur place. Un récit poignant et magnifique, souvent drôle et cocasse, sur la quête de sa propre identité quand on vient d'un peuple où tout n'est envisagé qu'au sein du groupe, de la famille immense, protectrice et quelques fois étouffante. Une mise au point sur ce qui fut, en prévision de ce qui pourrait être, dans cette salle d'attente de l'hôpital, dans ce service dévoué à la procréation assistée. L'auteur ménage le suspense tout du long, annonçant « l'événement », tout en le taisant le plus longtemps possible, tant il est indicible, toujours sidérant. Une Femme entre deux, toujours perdue, qui finalement trouve sa solution afin de mieux respirer, de cicatriser. On retient la révolte, l'impuissance, la dignité, le désespoir, l'attendrissement lorsque certains souvenirs reviennent en mémoire, mais avant tout, la nécessité de crier bien fort la vérité sur ce qui advint de l'Iran depuis le début du XX ème siècle, du martyre d'un peuple jouet de dictateurs successifs. Le titre Désorientale prend tout son sens.. Quatrième de couverture Si nous étions en Iran, cette salle d'attente d'hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s'enchaineraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l'étourdissant diaporama de l'histoire des Sadr sur trois générations : les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l'adolescence, l'ivresse du rock, le sourire voyou d'une bassiste blonde... Une fresque flamboyante sur la mémoire et l'identité ; un grand roman sur l'Iran et la France d'aujourd'hui. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • C'est toi, Maman, sur la photo ?

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires C'est toi, Maman, sur la photo ? Julie Bonnie Globe 2019 203 pages Autobiographie Chronique 16 octobre 2019 Oyé oyé, tous les lecteurs autour des quarante- cinq / cinquante ans, ce texte est pour vous. Nostalgie, rires, larmes, émotions multiples et rapides comme à l'époque de notre cher bouleversement hormonal des dix/quinze ans. J'ai beaucoup aimé ce livre-retour dans le passé, l'adolescence, j'éprouve beaucoup de tendresse pour tous les acteurs de ce récit et bien évidemment pour Julie, qui me rappelle moi, dans la même situation familiale et amicale. La grande différence, c'est que j'ai fait des fringues pour tout le monde dès mes onze ans en plus du conservatoire et du lycée et non monté un groupe avec des copains. Même Souvenirs sur beaucoup de points, d'où sourire, l'oeil qui pique... La mode capillaire et vestimentaire, la recherche de sa personnalité via l'apparence, les groupes de l'époque commerciaux ou Underground, la meilleure amie qu'on adore et admire pour sa liberté, sa beauté, sa fausse force, en fait pas mal paumée... Également une fresque historique de cette Europe qui change rapidement, chute du mur de Berlin, séparation de la Tchécoslovaquie...... Puis la trajectoire va dévier pendant près de 10 ans avec ce premier groupe Myosotis, indépendant : une école de la vie, apprentissage à un vrai métier, bilan des compétences plus que positif lorsque tout explose, même si la séparation est une douleur indicible. On suivra le groupe sur toutes les routes, dans toutes les galères, tous les coups foireux, mais ils s'accrochent, de sacrés têtes de mules ou plutôt des guerriers magnifiques ou pathétiques selon les moments. L'ambiance est parfaitement recréée par Julie Bonnie, en petites touches avec honnêteté, joie, tristesse, amertume... Une adulte se retourne sur son passé et retend la main à elle-même à travers le temps. Le tandem se reforme... Écriture belle et sensible, des scènes bouleversantes ou d'une cocasserie formidable, ( la rencontre entre le groupe et des peace and love naturistes... J'en ris encore), le sentiment que cela aurait pu très mal se finir également, et que l'auteure et son compagnon Nicolas ont eu le bon instinct de survie et de la chance. Une expérience de dix ans inoubliables, qu'il fallait traverser pour construire ensuite sa propre destinée, seule ou bien accompagnée... Un beau livre sincère et émouvant... Quatrième de couverture Julie, quarante-six ans, a fait son lit et rangé sa cuisine équipée après le départ de ses enfants pour l'école. Elle est écrivaine et musicienne et, aujourd'hui, elle a rendez-vous avec Julie, treize ans, avec sa jeunesse. Sur les photos de l'époque, ses enfants ne la reconnaissent pas. Leur mère, crâne rasé, violon en main, dans la nuit berlinoise, juste après la chute du mur. Leur mère enroulée dans un camion qui traverse les nouvelles frontières et mène aux scènes underground d'Europe de l'Est ? Inimaginable. Et la gamine survoltée qui a la rage et hurle dans le micro, est-ce qu'elle reconnaîtrait la femme qu'elle ne pensait jamais devenir ? Ce livre, c'est le groupe qu'elles forment à elles deux. Sa musique est pugnace, douce-amère, entêtante. Dans sa lucidité, elle nous berce tous." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La relieuse du gué

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La relieuse du gué Anne Delaflotte Mehdevi Gaïa 2008 268 pages Roman Chronique 7 juillet 2017 Voilà donc fini ce très joli livre aux pages roses étonnantes, de cette non moins étonnante auteure qui après avoir suivi des études de droit international et diplomatique, devient relieuse à Prague et écrivaine. Mathilde son héroïne lui ressemble donc énormément qui elle aussi, laisse le monde diplomatique derrière elle pour ouvrir un atelier de reliure dans un village de Dordogne. C'est son grand-père qui lui a appris le métier, cet allemand qui lors de la guerre avait déserté pour entrer dans la résistance et se maria a la fin du conflit avec une française. Merveilleuse description du métier de relieur, odeurs, toucher, vue des cuirs, des fibres de bois, de la feuille d'or, des pigments qui accompagnent la jeune femme dans son quotidien avec autant de bonheur que les autres artisans cordonnier, boulanger, horloger..... La vie de province, la camaraderie et l'entraide sont les maîtres mots de cette existence simple. Mais un matin dès l'aube un étrange personnage entre dans la boutique de Mathilde qui ne pourra plus l'oublier. Elle va voir toute son existence chamboulée. Il lui remet un grand livre à restaurer pour le samedi suivant. En parcourant l'ouvrage relié étonnamment à l'allemande, elle s'extasie bientôt devant les gravures de forêts ou de ruines d'un ancien lieu de culte gallo-romain un Fanum.... Dans la reliure une liste de noms est glissée. Entre les vers de Cyrano de Bergerac et les recherches liées au livre et au Fanum, Mathilde va prendre énormément de risques, mettant en danger son avenir .... Bientôt une nouvelle effroyable la laisse brisée, et..... Je vous laisse lire la suite. Puis vous pourrez enchainer par "Le portefeuille rouge" suite des aventures de Mathilde, pour lequel j'ai déjà rédigé un retour. Quatrième de couverture Mathilde délaisse une carrière prometteuse de diplomate pour ouvrir un atelier de reliure dans un village de Dordogne. Cuirs, fibres de bois, feuilles d'or et pigments accompagnent désormais le quotidien de la jeune femme qui restaure avec passion et minutie les ouvrages qu'on lui confie. Un matin, alors que la pluie bat le pavé de la ruelle, un visiteur franchit le seuil de l'atelier. Un homme d'une beauté renversante et enveloppé d'un parfum de fougère et de terre fraîche. Celui-ci lui remet un livre ancien pour restauration, et disparaît. " Un bon relieur est quelqu'un qui ne lit pas ", disait le grand-père de Mathilde. Et pourtant, comment résister à la tentation de plonger dans ce mystérieux ouvrage relié à l'allemande, offrant des dessins représentant un fanum, antique lieu de culte gallo-romain, et dissimulant dans sa reliure une liste de noms à l'origine inconnue ? Cadencé par les vers de Cyrano de Bergerac, La relieuse du gué est un roman façonné pour tous les amoureux du livre. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Mystères de la maison forte

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Mystères de la maison forte Albert Ducloz De Borée Terres d'écriture 5 janvier 2023 269 pages Historique Chronique 5 janvier 2023 Amélie est amoureuse. Un coup de foudre partagé et voici que la vie prend un tournant inespéré. Samuel Pradoux, le beau Canadien élu de son cœur, lui propose de le suivre jusqu'à la Province de Manitoba. Mais avant de partir, la jeune fille veut absolument retourner dans le hameau familial afin de prévenir ses parents, embrasser sa mère propriétaire des lieux et essayer de nouer un contact, même fugitif, avec son père. Les liens avec ce dernier ont toujours été difficiles. Malheureusement, les ultimes instants entre eux sont empreints de gêne et de non-dits. Vite Amélie rejoint son amoureux et s'envole vers les grands espaces canadiens. Sitôt arrivée dans le ranch de sa future belle famille, elle l'interroge sur le patronyme de Pradoux car un rocher non loin de sa maison natale porte ce nom. En effet, l'instinct de la française est juste : il semblerait que les ancêtres de Samuel furent les voisins malheureux de ses propres ancêtres, contraints de fuir le royaume de France sous Louis XIV. La révocation de l'édit de Nantes a mené à l'épisode sanglant des dragonnades pendant lesquelles des milliers de huguenots, hommes, femmes et enfants, furent massacrés, torturés. Il semble que l'écho des cris des suppliciés résonnent encore jusqu'en ces terres éloignées. Bientôt, Amélie reçoit un appel de sa mère la forçant à retourner au pays en urgence. L'occasion s'offre ainsi d'interroger cette dernière sur le passé familial, sur ses aïeux, sur leurs rôles en ces temps troublés du XVIIe siècle. Les portes du temps s'ouvrent doucement, les ombres se faufilent par l'interstice bien décidées à ne plus être oubliées. L'auteur aime écrire et son plaisir et sa joie se ressentent dans chaque ligne. Ce roman prend quelques fois des allures de thriller tant le mystère pesant sur les lieux et les silences de la mère d'Amélie créent un suspens palpitant. Tout est imaginable, surtout le pire. Amélie découvrira-t-elle un récit familial effroyable ? Le destin, ou le diable, ne va pas ménager notre héroïne et les siens. Le prix à payer pour la vérité sera lourd. Mais de la vérité peut naître la réconciliation avec soi-même et entre ceux qui furent jadis ennemis. Donc Amélie n'a pas le choix, son destin semble scellé. Très beau roman à découvrir absolument. Quatrième de couverture À Fonteysse, hameau perdu au milieu de la forêt de Bonnefoy au pays du Mézenc, à cheval sur la Haute-Loire et l'Ardèche, les parents d'Amélie habitent une vieille ferme où ils ne partagent plus rien depuis longtemps. Pour s'éloigner de son père, Amélie part à Clermont-Ferrand y entreprendre des études qui l'indiffèrent. Elle rencontre un Canadien éleveur de saumons dans la province du Manitoba qui entreprend en Europe une tournée destinée à établir des contacts pour écouler ses saumons. Son nom est Samuel Pradoux. Amélie et Samuel deviennent amants et Amélie décide de le suivre au Canada. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'écrivain public

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'écrivain public Dan Fesperman Cherche Midi 2018 453 pages traduites par Jean-Luc Piningre Polar Historique Chronique 12 janvier 2019 Premier roman publié aux Éditions du Cherche Midi, plus que réussi, écrit par un ancien reporter de guerre ayant couvert la plupart des conflits en Europe et au Moyen-Orient, poursuivant son parcours royalement comme auteur de romans policiers. De très haute volée, un policier historique qui pour moi est déjà un classique de la littérature américaine contemporaine, élu meilleur roman policier de l'année par le New York Times. Et on le comprend, puisque outre l'originalité des deux personnages principaux, en particulier du fameux écrivain public si énigmatique, Maximilian Danziger, du traitement exceptionnel de cette période très méconnue de l'histoire des USA où on découvre avec effarement qu'en 1942, le ministère de l'intérieur, la Mafia, le FBI, la marine ont collaboré pour contrer les nazis et empêcher Hitler de renflouer ses caisses, l'auteur réussit en plus à nous projeter en plein quartier allemand new-yorkais, à nous en brosser son passé par le biais des souvenirs de Danziger, à faire revivre tous ces disparus, émigrés dès le début du XX ème siècle puis plus massivement dès 1930 pour échapper aux conséquences du national socialisme et de l'antisémitisme. Ce qui est rarement raconté, ce sont les exactions des groupuscules nazis en plein New-York, leurs manifestations publiques, le soutien qu'ils obtinrent de certains américains y voyant un moyen de s'enrichir ou convertis à cette idéologie puante. Tout ce qui est raconté ici est vrai ! Le personnage de Max Danziger est lui aussi inspiré de la réalité. Un élément resté flou dans les archives de cette époque ont permis à Dan Fesperman de bâtir tout ce thriller, magistralement construit et mené à son terme. La part émotionnelle de ce récit est énorme, bouleversante, puisqu'elle touche aux destins brisés de millions d'êtres humains venus aux USA pour voir la fameuse Lady Liberty et vivre enfin sans peur. Malheureusement, le mal les a poursuivis pour certains, au sein même de la petite Allemagne, incarné par des chemises brunes. Le personnage du policier Woodrow Cain, est particulièrement bien décrit et imaginé. Nouvellement muté dans la grosse Pomme grâce aux relations de son beau père, un avocat riche à la morale douteuse, séparé de la fille de ce dernier et en attente de l'arrivée prochaine de leur enfant Olivia, il se voit catapulté dans un commissariat où son nouveau chef va lui faire regretter d'être venu et d'avoir eu son poste par piston, où les méthodes sont tendancieuses, où quelques flics semblent corrompus. On se croirait presque à l'époque joyeuse de la prohibition. Les limites entre la légalité et le banditisme sont difficilement visibles surtout en ces temps de guerre. Pearl Harbor, l'incendie du Normandie viennent d'avoir lieu... Donc en ce début de roman, Cain est appelé sur une scène de crime sur les docks. Le lendemain matin, un vieil homme l'attend au commissariat depuis des heures, il sait qui est le mort. Max Dantziger, narrateur d'une partie de cette histoire, a choisi de plein gré de prendre le risque de revenir dans la lumière après des années de clandestinité, afin d'aider ce policier encore pur et innocent, tout juste débarqué de sa province. Un bouseux en quelque sorte, qui en tandem avec un homme plus qu'imprévisible, va devenir, au fil des pages, très dangereux pour des personnalités toutes puissantes. À part ce Cain, tout tient de la réalité. C'est ce qui est le plus fou et extraordinaire dans cet ouvrage. Un roman à lire absolument, frissons et émotions garantis. Quatrième de couverture 9 février 1942. Dès son arrivée à New-York, Woodrow Cain, un jeune flic du Sud des Etats Unis est accueilli par les flammes qui s'échappent du paquebot Normandie, en train de sombrer dans le fleuve Hudson. C'est là que va commencer sa première enquête, après la découverte d'un cadavre sur les docks, tenus par la Mafia. Il y fait la connaissance d'un écrivain public, Danziger, obsédé par les migrants qui arrivent d'une Europe à feu et à sang, ces fantômes au passé déchiré et à l'avenir incertain. Le vieil homme va orienter Cain vers la petite Allemagne, un quartier de New-York où, dans l'ombre, sévissent les sympathisants nazis. Alors que le pays marche vers la guerre, la ville est en proie à une paranoïa croissante. Et les meurtres continuent. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La fureur de la rue

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fureur de la rue Thomas H.Cook Seuil Novembre 2019 432 pages traduites par Philippe Loubat-Delranc Thriller Chronique 13 octobre 2020 Comme des retrouvailles avec un maître à penser aimé, admiré, cette nouvelle lecture du dernier opus de Thomas H. Cook est incontournable : cet auteur a provoqué chez moi par la découverte de " Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur" une de mes plus grandes émotions littéraires. Donc .... Le plus fou avec cet ouvrage est qu'il est paru aux USA en 1989, puis en 1992 chez Gallimard dans une autre traduction sous le titre " Les rues de feu". Trente ans après, je ne sais si l'auteur a ressenti la nécessité de le faire reparaître tant les évènements politiques aux USA et partout dans le monde sont cruellement identiques, mais il est certain que ces lignes sont incontournables et éclairent les drames et revendications actuels d'une lumière toute différente. Le plus étant que L'Histoire se télescope ici avec un fait divers ignoble : le meurtre d'une enfant de douze ans, noire, violée et enterrée sur un terrain de sport dans le quartier noir pauvre de Birmingham, Alabama. Nous sommes en 1963, Thomas H. Cook a alors seize ans et grandit dans cette ville sudiste, au première loge de ce que furent ces journées historiques, inoubliables pour l'évolution de la société américaine. Martin Luther King est attendu pour plusieurs conférences et discours sur place. Birmingham est une étape dans sa tournée. Des manifestations non-violentes sont organisées en ville, sévèrement réprimées par les autorités. Les forces de l'ordre sont sur les dents, toute la communauté de Birmingham est écartelée entre les deux pensées : raciste ou progressiste et égalitaire. Au sein même de la police, les avis opposés donnent lieu à des échauffourées. Un climat de méfiance s'installe. Certains continuent à utiliser des méthodes barbares que le Ku Klux Klan ne renierait pas, d'autres applaudissent discrètement ce tournant sociétal et politique tant attendu. La venue du grand homme rend fébrile également le FBI.... On pense que certains de leurs agents ou indics sont infiltrés dans les deux camps. Tout n'est que supposition. Dans cette ambiance crépitante comme un feu qui ne demande qu'à tout consummer, survient la découverte du corps d'une enfant noire. C'est Ben Wellman, déjà posté en surveillance pour noter le discours de Martin Luther King dans une église baptiste, qui est mandaté sur la scène, un ancien terrain de sport. Lui, le flic blanc, va donc devoir enquêter sur cette affaire dramatique, ignoble, dans une communauté noire révoltée et en pleine revendication. Tout le tact, le respect, l'intelligence et l'empathie dont il est capable ne vont pas être inutiles pour faire la lumière sur cette tragédie qui l'affecte plus qu'une autre. Nous le suivons pas à pas dans tous les quartiers, dans toutes les maisons, résidences, salles de billard, carrières, bars, postes de police. Plus il avance, plus il tique.... Il refuse de lâcher le morceau alors même que les morts s'amoncellent..... Comme toujours depuis ses débuts, Thomas H. Cook dans un style admirable, avec un talent inouï à nous restituer les ambiances, les sentiments, les dialogues, nous offre un texte ciselé (formidablement traduit par Philippe Loubat-Delranc) : courageux et engagé. Birmingham devient l'antre du Diable : quel est son nom ? Pourquoi s'en prendre à une gamine innocente ? Pourquoi des policiers sont assassinés ? Tout s'enchevêtre.... À vous de trouver le bout de la pelote afin de la dérouler. Un roman noir magnifique où souffle le vent de L'Histoire, d'une profonde humanité, d'une grande et tragique beauté. À lire absolument... Quatrième de couverture 1963, Birmingham, Alabama. Alors que le sergent Ben Wellman est chargé de surveiller Martin Luther King pendant l'un de ses discours dans une église baptiste, il reçoit un appel : une petite fille noire de douze ans a été découverte, violée et assassinée, sur un ancien terrain de sport. Sa hiérarchie le charge du dossier, mais ce n'est pas une priorité pour la police. Wellman se heurte aussi à la communauté noire qui se méfie de lui et n'apprécie guère, en pleines tensions raciales, de voir un Blanc s'immiscer dans ses affaires. Tandis que les manifestations de rue se succèdent, rythmées par les discours de Martin Luther King, Wellman mène une enquête qui l'entraînera au bout de l'enfer où ni les Noirs ni les Blancs n'ont intérêt à ce que le meurtre soit résolu.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Des nerfs d'acier

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Des nerfs d'acier Philippe Lemaire De Borée 4 juillet 2019 224 pages Historique Chronique 8 juillet 2019 Un livre court mais vraiment parfait pour les vacances ou cet été, dense, très documenté, drôle, on pense évidemment à Guy de Maupassant, Jules Vernes, Émile Zola, on se croit à certains moments transporté à l'intérieur des toiles du musée d'Orsay, Renoir, Degas, Manet..... Impressionnisme littéraire pour ce quinzième roman de Philippe Lemaire, par ailleurs grand reporter à France 3, d'où le souci du détail et de l'information vérifiée, auteur de chansons fort inspiré ici par Montmartre, ses cafés, ses artistes, ses filles de joie, et enfin réalisateur de films documentaires expliquant sa verve imagée, mouvante. Effectivement les évènements autour de la construction de la Tour Eiffel se déroulent devant nos yeux comme sur une pellicule recolorisée. Tout nous semble du coup proche, d'hier : on les entend, on les voit, on les touche presque. De beaux personnages dont la psychologie est parfaitement rendue, surtout concernant Johan de Winkler, jeune homme en rupture de ban avec sa famille, quittant la Lorraine pour poursuivre son rêve d'écriture à vingt ans, contre l'avis de la figure patriarcale toute puissante. On croise des inconnus et des célébrités ressuscitées grâce au talent de l'auteur, dans une capitale où planent encore les souvenirs de la révolution française certes, mais surtout de la Commune de 1871 et sa conclusion dramatique. Nous sommes dans une France au tournant du XX ème siècle, industrieuse, où la vie est difficile pour les plus modestes ; pour les femmes, quelque soit leur milieu, le carcan de cette société corsetée est terrible. Le moindre faux pas est une condamnation au caniveau. Ce roman retrace aussi les débuts d'une certaine presse à scandales, bénéficiant des progrès technologiques en matière d'imprimerie, venant d'Amérique. Le rythme de la vie de tous s'accélère inexorablement. On assiste aussi à l'arrivée en masse de tous ces bretons anciennement marins, habitués à escalader les mâts, venus pour se faire embaucher comme ouvriers " trapézistes" se jouant du vide.... Les roues du progrès écrasent les plus faibles comme la locomotive sortant de son tableau. Un instant d'histoires multiples, enchevêtrées, s'étalant sur la période de construction de la Tour jusqu'à l'Exposition universelle de 1889, centième anniversaire de la révolution française. « Une passionnante reconstitution de ce Paris de légende . » Quatrième de couverture À la fin du XIXe siècle, le jeune Johan de Winkler quitte sa Lorraine natale pour prendre le chemin de la capitale avec la ferme intention de marcher sur les traces de Rimbaud. Un destin malicieux et les rudesses de la vie se chargeront de faire voler ses ambitions en éclats. Si la littérature perd un poète, l'époque y gagne un témoin : devenu journaliste, Johan rendra compte de la construction de cette Tour Eiffel qui va célébrer à la fois le centenaire de la révolution de 1789 et le triomphe du génie industriel français, mais aussi des scandales qui secouent la France. À Montmartre où il vit, tandis que s'affirme l'impressionnisme, il croise marlous, peintres sans le sou et modèles à la si charmante vertu. D'un côté les forçats de l'acier, de l'autre la Butte, ses artistes, ses cabarets, son esprit libertaire. Deux mondes que tout oppose en apparence. Johan de Winkler parviendra-t-il à les rapprocher, le temps de cette virevoltante histoire d'amour et d'amitié, authentique épopée de l'âme humaine ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le silence des vaincues

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le silence des vaincues Pat Barker Charleston 2020 351 pages traduites par Laurent Bury Historique Chronique 19 avril 2021 Titre original « The Silent of the Girls » STUPEUR ! De celle née de l'admiration pour le tour de force maîtrisé par Pat Barker ! Sublime dans l'horreur, beauté crépusculaire, texte éblouissant ! D'un sommet de la littérature classique, l'auteure fait un thriller historique bouleversant et terrifiant. Je fus Hécube, Reine de Troie et épouse de Priam, puis je fus Cassandre, leur fille, condamnée par le dieu qui ne put la violer au don de voir l'avenir et de n'être jamais crue, dans l'opéra sublime Les Troyens de Berlioz. Celui-ci s'inspirant de l'Enéide, n'a pu se résoudre à réduire, face au public, ces deux femmes en esclavage et pourtant... À la fin du deuxième acte, sa Cassandre se suicide avec ses suivantes troyennes à l'entrée des Grecs venus chercher le trésor de Priam. Nul viol à l'horizon, nulle mise en esclavage. Quant à Hécube, elle disparaît dans les brumes. Lorsque Enée raconte plus tard à Didon, Reine de Carthage, le destin d'Andromaque, femme d'Hector, il parle de son "union" avec Pyrrhus, fils d'Achille... Là encore, aucune allusion au fait qu'elle fut en réalité emportée comme trophée de Pyrrhus après avoir assisté à l'assassinat de son très jeune fils. Nous voici donc, par ce livre, projetés en pleine boucherie, au milieu des rats, de la boue, du sang, des cadavres, des excréments, dans le fracas des batailles, dans l'odeur ferreuse et immonde qui recouvre la plaine entourant à perte de vue la ville de Troie. Cette Guerre si symbolique est racontée par les vaincues, ces Troyennes, devenues les esclaves des Grecs après chacune de leurs victoires. Les villes de la plaine entourant Troie sont prises les unes après les autres ; les hommes jeunes ou vieux, les garçonnets, les nourrissons et même les femmes enceintes porteuses, peut-être, d'un enfant mâle, sont assassinés sans pitié. Les mères, filles, deviennent la propriété des vainqueurs et pour certaines, en raison de leur beauté, de leur rang, sont rabaissées à devenir des trophées, des objets, "ÇA", violées, abusées, battues, interchangeables, jettables, sauf exception rare. Ainsi Briséis, après avoir assisté du haut des murailles de sa ville, à la mort de son mari le roi Menès et de ses 4 frères, exécutés sauvagement par Achille, doit-elle supporter encore l'avilissement de sa présentation, nue, dans l'arène construite par les Grecs, comme un animal, afin d'être offerte en récompense par les mirmydons survoltés à Achille le Divin, leur chef incontesté, celui grâce à qui la victoire sur Troie est assurée : enfant d'un homme, Pélée, et d'une déesse marine dit-on, c'est un être exceptionnel, aux brusques sautes d'humeur, d'une extrême violence, incapable de la moindre diplomatie, portant encore en lui le mépris et la haine de sa mère à son encontre. Elle disparaît un jour dans les eaux, il la recherche depuis à chaque bain prolongé dans la Mer, il pense l'entendre, la sentir. C'est un enfant traumatisé devenu machine de guerre ayant heureusement à ses côtés son ami d'enfance et presque frère, Patrocle, de sang royal. C'est dans ce contexte particulier que Briséis va faire la connaissance de son nouveau maître, Achille, mais aussi du bienveillant Patrocle faisant montre d'un respect étonnant envers elle. Nous découvrons, par ses yeux, les conditions de vie de toutes ses esclaves devenues le jouet du destin et des règles de cette société antique : le silence sied aux femmes diton, et elles doivent donc s'effacer, écarter les cuisses, tout subir. Elles ne sont plus des êtres humains à part entière puisque sans plus de familles. Certaines réussissent à se faire épouser après être tombées enceintes. Les autres après avoir été le trophée de guerriers puissants, sont rejetées après usage et deviennent des filles à soldats condamnées aux viols et à la brutalité masculine, dormant sur la terre battue, cachées sous les cabanes. Le camp grec nous est dévoilé : son organisation, sa logistique, une ville de guerriers, de serviteurs et d'esclaves dont le chef est Agamemnon. Celui-ci est un être lâche, veule, sournois, sans honneur, sans parole, jaloux du prestige d'Achille. Il lui envie bientôt son trophée, Briséis, et fait tout pour le lui prendre... La jeune femme, qui ne se sent plus rien tant qu'elle n'est pas libre, est la narratrice en grande partie de ces dernières semaines avant la prise de Troie, après neuf ans de siège et de massacre. Comme elle le dit ce n'est pas son destin qu'elle nous conte mais bien celui d'Achille, être complexe, qu'elle ne peut aimer évidemment, auquel cependant va l'attacher un lien particulier. Grâce à Patrocle, elle va peu à peu comprendre ce héros grec assassin des siens qui fut un enfant abandonné et malheureux. Un homme sur lequel pèse le poids de la victoire et son statut de demi-dieu. La haine qu'il ressent pour Agamemnon décuple lorsque celui-ci réussit à lui voler Briséis. Achille décide alors de ne plus se battre tant que la jeune femme ne lui est pas rendue. Mais sans lui sur le champ de bataille gagner cette guerre est impossible. Briséis nous décrit sa vie en apnée, auprès de ses sœurs d'infortune, dans la terreur d'être appelée à partager la couche d'Agamemnon, d'être encore une fois violentée. Nous assistons aux rares moments de confidences et conciliabules de ces Troyennes soumises au bon vouloir des Grecs. Moments tragiques, parfois drôles, elles portent des enfants à qui elles chanteront des berceuses troyennes à l'insu de leur maîtres ou maris grecs. Ce métissage où les vaincues sont celles qui élèveront et éduqueront les futurs Grecs a quelque chose de savoureux, comme un goût de revanche. Pour Briséis, prise entre ces deux hommes, elle devient l'enjeu pouvant mener à la victoire ou à la défaite grecque si Achille continue à refuser de reprendre les armes. Pat Barker nous offre un texte d'une beauté âpre, rugueuse, intemporelle, sur un sujet universel et toujours, malheureusement, d'actualité. Le viol utilisé comme arme de guerre depuis des millénaires, l'objectisation des femmes devenues esclaves, possessions, soumises à toutes les violences et maltraitances, utilisées pour déshonorer l'ennemi. Voler, violer le bien d'un autre homme, c'est lui cracher à la gueule, le dominer. La Guerre de Troie racontée par ce prisme n'est plus qu'une boucherie infâme, une abomination où les grandes perdantes sont encore les femmes. Pat Barker multiplie des scènes édifiantes, dignes des plus grandes tragédies passées au patrimoine mondial de la littérature, brisant soudain le rythme de ce texte magnifique par des dialogues d'une trivialité très contemporaine, utilisant un vocabulaire d'aujourd'hui. Alors, grâce à ce procédé, nous sommes pris dans une fracture temporelle nous mettant face à la réalité monstrueuse du statut des femmes en temps de guerre depuis la nuit des temps. Pour Briséis, que peut-elle espérer, piégée entre Achille et Agamemnon ? Y-a-t-il un avenir possible.. Quatrième de couverture Une splendide ode aux femmes et à leurs combats. La guerre de Troie, mythe fondateur de toute la littérature européenne, commence par la banale histoire d'une reine enlevée à son époux par un autre homme. Mais, prisonnière du camp grec, une autre reine observe le destin du monde se jouer sous ses yeux : Briséis, la captive d'Achille, par qui la guerre basculera. Presque 3 000 ans plus tard, il est temps d'entendre sa voix - et à travers elle, peut-être, celle de toutes les femmes laissées muettes par l'Histoire et la littérature. UN MONUMENT DE LA LITTÉRATURE BRITANNIQUE Pat Barker est une écrivaine britannique qui a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Booker Prize en 1995. Considérée comme une autrice engagée dès ses débuts, elle affine son écriture au fil du temps et trouve sa marque de fabrique : utiliser le prisme du passé pour prendre du recul et parler du présent. Le Silence des vaincues, son premier roman depuis de nombreuses années signe « un magistral retour en force » pour The Observer. Il a été finaliste de nombreux prix littéraires dont le prestigieux Women's Prize for fiction et lauréat du Independent Bookshop Week Book Award. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Jiazoku

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jiazoku Maëlle Lefèvre Albin Michel 2019 350 pages Roman Chronique 20 juin 2019 Premier roman de cette auteure... 19 ans !!!! Le talent n'attend vraiment pas le nombre des années..... Avertissement : ne lisez pas la quatrième de couverture, si vous voulez vous laisser prendre la main par l'écrivaine. Faites-lui confiance. Impressionnant ! Remarquablement écrit, une plume délicate, précise, émouvante, un sujet très original entre Shanghai et Tokyo, deux mégalopoles reliées ici par un trafic inhumain, inacceptable, imaginé par des criminels de la pire espèce, lorsque la règle de l'enfant unique est abandonnée en Chine. Tout commence en janvier 2017 et se finira dix huit ans plus tard... Une projection dans l'avenir qui insiste sur la nécessité de lutter contre cette criminalité à l'échelle internationale aujourd'hui pour sauver notre futur commun. De riches shanghaiens rêvent d'un deuxième bébé mais les épouses ne veulent pas encore souffrir une nouvelle grossesse, travaillant énormément, pensant aussi que leur argent leur donne le droit de se payer la location de ventres. Et ceux-ci sont au Japon et appartiennent aux yakusas. Des milliers de femmes pauvres, désespérées, souvent anciennes prostituées, ne voient que cette solution terrible pour continuer à survivre tant que leur corps peut enfanter, tant que leur cœur et leur âme n'éclatent pas en morceaux. De ce drame, de ce trafic d'êtres humains, de nourrissons ou de garçonnets et fillettes, victimes de ces criminels abjects, Maëlle Lefèvre réussit à imaginer un récit poignant, nous faisant tour à tour suivre un couple chinois sur le départ pour le Japon, laissant leur petite fille Fen aux bons soins de sa nounou, puis un yakusa de plus de cinquante ans, Daisuke, rattrapé par sa conscience, Bo et Guan Yi, prostituées au bord du précipice, et enfin, Ana et Kei deux enfants, devenus sœur et frère de cœur. Pendant une grande partie de ce roman terrible, nous regardons le monde par les yeux des enfants, ou plutôt, leur présence dans ce cauchemar, remet tout en perspective, redonne au Bien la place qu'il doit avoir. Leur pureté, leur innocence, nous attendrissent et en même temps nous éprouvent. Cette nouvelle écrivaine sur la scène littéraire a un vrai don pour créer notre empathie sans rajouter dans le pathos, en nous faisant toucher du doigt la vérité d'un commerce monstrueux, brisant les destins implacablement. Tout paraît inéluctable, pour tous.... Criminels ou victimes. Au centre de tout, la famille, la vraie ou celle d'adoption, qui donne son titre à ce livre, " jia" en chinois et "kazuko" en japonais, signifiant famille. Un roman fabuleux, une visite des deux villes passionnante, une description détaillée des modes de vie et des règles terrifiantes, donnant le ton à ces deux sociétés, où exprimer ses sentiments semble très difficile, voire impossible. Une non communication laissant la porte ouverte à toutes les erreurs d'interprétation des réactions des proches. Un silence qui mène au drame ! Une réussite bluffante pour un premier opus que j'ai lu vite, avec le grand plaisir de la découverte d'une très belle plume et d'un sujet unique. Quatrième de couverture Kabuchiko, le quartier le plus dangereux de Tokyo, territoire des yakusas. Daisuke, membre du redoutable clan Kobayashi, dirige un vaste réseau de mères porteuses vouées à approvisionner de riches chinois en mal d’enfants. Kei, qui a été conçu pour un couple de Shanghaiens, n’a pas connu ses parents, morts accidentellement avant sa naissance. Il a grandi entre l’affection de sa mère porteuse et la défiance de Daisuke, qu’il considère comme son père. Jusqu’au jour où ce dernier lui révèle le secret de sa naissance et l’existence de sa sœur, restée en Chine. Kei entreprend dès lors de partir pour Shanghai, décidé à relier le fil de ses origines. Jiazoku : de « jia » en chinois et « kazoku » en japonais, deux mots qui signifient « famille ». Sur fond de trafics et d’exploitation humaine, Maëlle Lefevre, dix-neuf ans, explore dans ce premier roman émouvant l’amour idéal qui unit parents et enfants. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

bottom of page