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- Je m'appelle Requiem et je t'...
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je m'appelle Requiem et je t'... Stanislas Petrosky Lajouanie 2016 180 pages Polar Chronique 10 août 2018 « L'énergumène qui se cache derrière le pseudo de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Son ancienne profession, thanatopracteur, n'est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l'humour...noir.Cet auteur inclassable voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve : Nadine Monfils puis Patrice Dard ont préfacé les deux premières aventures de ce drôle d'ecclésiastique.... » Ceci posé, je vous conseille, vous amoureux des Tontons flingueurs, de dialogues enlevés et caustiques, de Audiard, de garder un carnet près de vous pour noter certaines formules bien imagées et nécessaires, quand vous êtes en manque de répliques colorées et cinglantes.De plus, quand cette verve franchouillarde, goûteuse sert un propos humaniste et indispensable en ces temps où le diable semble s'en donner à coeur joie, les limites de la simple narration d'une enquête sont repoussées pour traiter et aborder, mine de rien, beaucoup plus sérieusement, certains sujets dramatiques et incontournables. L'humour est une arme, également une armure, afin d'affronter le Mal, dans sa quintessence, et se protéger lors de la lutte pour l'éradiquer. Rester inactif ? Certainement pas, mais ignorer que l'on puisse perdre, lors de la bataille, une partie de son âme, voir être contaminé par lui, serait d'une grande inconséquence. Pas le genre de la maison ! Esteban Lehideux rebaptisé Requiem, n'est pas un curé classique entre sa dégaine, son vocabulaire et ses formules hautes en couleurs. Profondément croyant et engagé dans sa foi, il ne respecte pas toujours les dix commandements, aime la bière, le Jack Daniel's, la bonne chère et les femmes, oh oui! Voeu de célibat ne signifie pas abstinence. Ajoutez à la panoplie, une voiture de collection, des armes, une carrure impressionnante, un perfecto et des Doc Martens, vous voici face à ce prêtre nouvelle formule, aux convictions religieuses et personnelles enracinées. Les victimes du malin et les ouailles qui font appel à lui sont certaines d'être vraiment entendues. Passé la forme, le fond du personnage est profondément humaniste, révolté par ce que l'homme est capable de faire à l'homme, jamais abattu, toujours dans la guerre. Des constantes dans ces trois tomes : la lutte contre l'embrigadement, la manipulation de la pensée, l'extrémisme. L'ombre des nazis plane sur cette trilogie.... Plus de soixante dix ans sont passées, les plaies restent ouvertes, la vigilance est de mise. Donc beaucoup de rire et de légèreté visiblement pour aborder l'indicible, pour affronter les ténèbres.Peu à peu, Requiem se dévoile à nous d'un tome à l'autre, précisant son rôle réel, sa mission, ses liens avec la Sapinière, le Vatican. Un soldat de Dieu envoyé combattre les démons, exorciser notre monde, narrateur de ses enquêtes, s'adressant directement à son lecteur, ou sa lectrice enfin, au troisième opus. " Je m'appelle Requiem et je t'..." Présentation plus qu'indispensable de cet ovni dans le clergé catholique, Esteban Lehideux dit Requiem : " Eh oui, je le confesse à toi lecteur, mon ami, mon frère, je crois que ce qui m'a fait entrer dans les ordres, ce n'est pas seulement ma foi en Dieu, c'est aussi et surtout mon désir de combattre le diable."Beau gosse, petite quarantaine, musculeux à la chevelure fournie, fantasme féminin aux lèvres pulpeuses et au vocabulaire fleuri, un être de chair et de testostérone qui ne peut résister à un 95D et un beau p'tit cul, conscient cependant de l'importance de son engagement religieux et d'être humain.Alors certes, il fait de grosses entorses au régime habituel imposé aux ecclésiastiques, d'ailleurs le Vieux manifeste son mécontentement par un air glacial sur ses endosses, mais il s'attaque aussi très efficacement à la pourriture, à ceux qui ne méritent pas d'être nommés comme dit notre Jacques Saussey national. On ne prononce pas leurs matricules et on ne s'occupe que des victimes. Un jour, une magnifique et appétissante voisine de Requiem vient réclamer son aide. La belle tourne artisanalement des vidéos pornos, mais elle a tout de même une déontologie et fixe des limites. Lorsqu'elle reçoit un mail lui proposant l'innommable, ne pouvant se tourner vers la police, elle se tourne vers le beau curé de sa paroisse.Requiem est un as en informatique, prend les identifiants de Martine, tend un piège aux criminels.... Mais tout ne se passe pas au mieux. Bientôt Régis, l'ami flic, sonne à sa porte... Quatrième de couverture Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m'appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ? Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n'ai rien à voir avec eux, d'autant que j'ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons. Bon pas tous, parce que je dois d'abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu'ils dandinent du prose et qu'ils ont des yeux de biche. Chasser le diable et ses comparses n'est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre. Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Changer l'eau des fleurs
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Changer l'eau des fleurs Valérie Perrin Albin Michel 1er mars 2018 560 pages Roman Chronique 23 septembre 2020 C'est curieux : nulle part je n'ai lu dans les avis sur ce très beau roman, qu'en plus d'avoir la poésie, la profondeur, et les qualités humanistes des épisodes de la trilogie marseillaise avec Raimu ou d'un film illuminé par le sourire de Ariane Ascaride, "Changer l'eau des fleurs" était également un thriller, une histoire sur le deuil, la vengeance, la noirceur, la douleur, la solitude, la recherche de la vérité quant à une énigme presque policière. Le suspense est intense... Car dans ce récit il y a un avant et un après... Il y a une mort plus insupportable qu'une autre, il y a un silence assourdissant de violence, de cris retenus, d'envie de tuer.Ce n'est pas un livre feel good, même si la recherche d'un certain bonheur en est le centre, même si c'est un parcours d'initiation à la vie, un apprentissage de tous les jours ponctués d'instants magiques, féeriques, drolatiques mais aussi affreux, dramatiques, insupportables. L'explication de l'origine de cette mort inacceptable est tellement effarante que j'en suis restée sonnée, choquée. Quelle horreur ! La beauté naît de notre capacité à dépasser la laideur, l'imperfection, l'injustice de l'existence. Le bonheur est momentané, il s'attrape au vol comme un papillon dans le jardin du cimetière que garde Sasha puis Violette.... Changer l'eau des fleurs peut être un acte mineur marquant cependant une métamorphose résultant de la limpidité retrouvée, de la prolongation de vie du bouquet.... Un très beau roman impressionniste et en même temps charnel, terrien. Un livre comme un sourire triste, ou de la tristesse à l'irlandaise teintée d'humour et de poésie. A lire absolument. Quatrième de couverture Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l'on croyait noires, se révèlent lumineuses. Après l'émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l'histoire intense d'une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l'ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d'humanité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le dernier espoir de Vercingétorix
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le dernier espoir de Vercingétorix Jean-François Perret De Borée Vents d'Histoire 2018 250 pages Historique Chronique 25 avril 2019 Vercingétorix ! Immédiatement des images d'Épinal nous reviennent à l'esprit, quelques vagues souvenirs de nos cours d'histoire. Quel dommage que les auteurs de romans historiques ne viennent pas dans les écoles pour refaire vivre tous ces personnages mythiques et leur redonner leur humanité. Les leçons seraient, je suis sûre, beaucoup mieux retenues. Donc, vous avez rendez-vous ici, peu après la bataille d'Alésia, avec ce grand guerrier Arverne, chef des Gaulois, et son vainqueur Jules César, à la veille de dicter " La Guerre des Gaules". Heureux de cette prise de choix, le général décide de faire halte à Bibracte, capitale des Éduens, avant de faire une entrée triomphale à Rome.Quelques mois pour préparer cette entrée en scène devant lui assurer l'accession aux plus hautes fonctions. Ainsi pénétrer dans la cité impériale avec Vercingétorix en cage et les rouleaux du récit de ses batailles en terres transalpines sont les deux éléments cruciaux de la représentation de sa magnificence, de sa majesté. Il a donc choisi Bibracte, l'antique oppidum à la double muraille comme son nom l'indique, où réside ce peuple des Éduens, versatile et déloyal. Jules César n'oublie rien et tient à prendre sa vengeance sur ces traîtres, qui aujourd'hui jouent les amis fidèles de Rome. Si le magistrat de la ville, le Vergobret se réjouit de l'arrivée des troupes romaines précédées de l'aigle d'or, d'autres sont révoltés par cette cohabitation imposée. Ainsi Niamh, jeune femme fière, intelligente, intrépide, toute à la cause gauloise, fulmine littéralement à cette intrusion romaine. Elle fut la maîtresse de Vercingétorix alors que l'union des diffèrents peuples gaulois était décidée lors de longs conseils en Bibracte. Un amour sincère est né entre l'Arverne et l'Éduenne, qui scellera le destin de Niahm et de ceux qui voudront bien lui apporter son aide dans la mission qu'elle s'est donné : délivrer Vercingétorix enfermé dans une cage en plein vent sur les hauteurs de la cité. Un jeune garçon de quatorze ans, Corcoran, et de fiers soldats Arvernes vont tenter de mener à bien cette opération d'extraction. Mais n'est-il pas trop tard ? Adroitement, l'auteur mêle des faits historiques reconnus à des évènements sortis de son imagination... Une très belle reconstitution, on s'y croit. Entendez-vous déjà les bruits de la cité, l'ouverture de ses portes, le fracas des sabots, des chariots, les ordres criés, les murmures de la foule.... voyez-vous le regard d'acier de César, la silhouette de Vercingétorix acculé dans sa cage, celle de Niahm superbe de fureur ? Vous y êtes.... Plongez en 52 avant Jésus Christ, allez à la rencontre de ces Gaulois et de ses Romains. Un roman épique, d'aventure, d'amour, de complots... Je l'ai beaucoup apprécié ! Quatrième de couverture Nous sommes en 52 avant Jésus-Christ... Durant l'hiver qui suit la bataille d'Alésia. César grand vainqueur, est aux anges : non seulement il vient d'agenouiller les peuples gaulois mais il s'est offert un prisonnier de premier choix, Vercingétorix, leur chef. Et voici que le général, pas vraiment pressé de regagner Rome - préférant saupoudrer son triomphe en chemin - prend ses quartiers sur les hauteurs de Bibracte, l'emblématique oppidum duquel il est possible, dit-on, de contempler la Gaule. Le prisonnier Arverne tourne en ruminant dans sa cage tandis que César dicte ses mémoires pour ce qui deviendra le récit de La Guerre des Gaules. Mais, ce qu'ignore l'illustre général, c'est la rencontre que Vercingétorix a faite, peu avant sa capture, avec Niahm... Le temps d'un baiser éperdument échangé. Et que depuis, la belle éprise n'a qu'un objectif : faire délivrer le héros vaincu. Commence alors l'aventure d'une incroyable conspiration menée par une Eduenne à l'esprit rebelle, épaulée par Corcoran - un enfant téméraire dont elle a fait son frère de sang - et une poignée de vaillants soldats, plus que jamais fidèles à Vercingétorix. Parviendront-ils à le libérer ? Et les amants à s'enlacer encore ? Thierry Desseux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le papier peint jaune
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le papier peint jaune Charlotte Perkins Gilman Editions des Femmes Antoinette Fouque 12 mars 2020 43 mn, lu par Dominique Reymond Roman Chronique 29 avril 2020 Le texte français du Papier peint jaune date de 1976 par les mêmes éditions, réédité en 2007.Un texte court déroulant trois mois de la chute d'une jeune mère dans un profond gouffre intérieur, en pleine dépression post- partum, mal comprise et cernée à l'époque par le corps médical phallocrate. Comme toujours le spectre de l'hystérie est brandi, celui aussi de la fragilité intrinsèque de ses pauvres petites choses dépendantes que sont les femmes. Ainsi, sur les ordres du médecin, notre héroïne est conduite dans une maison louée pour trois mois d'été afin de se refaire une santé. Le bébé est entre les mains expertes d'une nounou dans une chambre voisine. La prescription est de ne rien faire et surtout de ne pas écrire, de rester dans un calme et un silence presque sépulcral pour ne pas favoriser l'ébranlement soudain des nerfs de la jeune femme. Son mari fait des allers-retours entre son lieu de travail et cette maison. Il veut bien faire, aime véritablement son épouse, comme un homme de son temps, paternaliste, souhaitant protéger sa femme, son bien... même d'elle-même.Il impose donc à son épouse si fragile la chambre du premier, alors qu'elle aurait aimé être dans celle du rez-de-chaussée si jolie et donnant sur une terrasse. Cette pièce fut celle d'un enfant, spacieuse certes, mais avec des barreaux aux fenêtres, un lit fixé au sol et surtout un papier peint à motifs, hideux, cauchemardesque, à prédominance de jaune.Condamnée à ne plus bouger, à se reposer de force, à ne recevoir aucune visite distrayante ni à écrire, sa seule occupation est de regarder ce papier peint inlassablement et peu à peu, imperceptiblement, elle s'y noie, submergée par des visions, certaine qu'il palpite et qu'une autre femme y demeure derrière les feuillages. Un texte très proche des romans gothiques, flirtant avec le surnaturel, le paranormal. Une oeuvre oppressante, coupante comme un scalpel où chaque mot est précisément et soigneusement choisi afin d'aller à l'os et ne pas se perdre dans un style ornementé. Ce n'est évidemment pas une oeuvre d'anticipation mais une dénonciation des traitements infligés à de jeunes mères frappées de dépression post-partum que l'on va littéralement traiter comme des malades mentales, séquestrées au lieu d'être écoutées et entourées de bienveillance. Pour l'auteure, certainement dans un désir de se libérer du souvenir de cette période terrifiante et dramatique, décrire dans ce roman très court ce que fut ces mois d'enfermement et les conséquences possibles sur des femmes plus fragiles qu'elle ne le fut, est vital. Il faut changer les traitements infligés à ces malades. Ce qui fut fait, lentement, à la suite de cette publication. Egalement, ce papier peint est un révélateur pour l'héroïne de l'enfermement du mariage et de la condition de femme au tournant du XX ème siècle. Les dialogues entre les époux sont édifiants, chaque terme employé par le mari faisant grincer les dents tant il révèle ce paternalisme étouffant et insupportable de l'époque. La voix de Dominique Reymond apporte, grâce à la précision de la prononciation, ses harmoniques graves, le ton calme puis de plus en plus inquiétant, une interprétation unique et ambiguë de la pensée d'une femme en perdition... Glaçant comme un thriller ! Quatrième de couverture Cloîtrée dans une maison de campagne isolée et tenue à l’écart de toute activité par son mari médecin, une jeune mère dépressive après la naissance de leur enfant brave en secret l’interdiction qu’il lui pose d’écrire. Désœuvrée, elle sombre dans la fascination pour l’affreux papier peint de la chambre à coucher. Elle finit par y voir, en miroir, une femme séquestrée derrière les arabesques... « Pendant longtemps, je n’ai pas compris ce qu’était cette forme dérobée derrière le motif, mais maintenant, je suis certaine que c’est une femme. À la lumière du jour, elle est calme, immobile. J’imagine que c’est le motif qui la bride. C’est si troublant... Et je m’y absorbe des heures... Parfois, je me dis qu’elles sont des multitudes, parfois qu’elle est seule. Elle fait le tour en rampant à une vitesse folle, ébranlant chaque motif. Elle s’immobilise dans les zones de lumière et, dans les zones d’ombre, elle s’agrippe aux barreaux qu’elle secoue avec violence. » C. P. G. Dominique Reymond monte sur scène à 10 ans dans « La Maison de Bernarda Alba », mise en scène par Germaine Montero à la Comédie de Genève. Elle y étudie le théâtre avant d'être admise au Conservatoire national supérieur d'Art dramatique de Paris. Élève d'Antoine Vitez, qu'elle suit au Théâtre national de Chaillot, elle joue sous sa direction dans de nombreuses pièces. Elle travaille, entre autres, avec Klaus Michael Grüber, Bernard Sobel et Jacques Lassalle. Elle apparaît au cinéma pendant les années 1980, comme dans « Y aura-t-il de la neige à Noël ? » De Sandrine Veysset. Après « Aucun de nous ne reviendra » de Charlotte Delbo, « Le Papier peint jaune » est le deuxième texte qu'elle lit pour la Bibliothèque des voix, où revient la question de l'oppression et de la séquestration. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Cadix, ou la diagonale du fou
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Cadix, ou la diagonale du fou Arturo Pérez-Reverte Seuil 29 septembre 2011 768 pages traduites par François Maspero Historique Chronique 29 janvier 2022 Titre original El asedio.Formidable roman, mi fresque historique, mi thriller policier, qui tout en étant admirable de précision, formidablement écrit et traduit, m'a cependant un peu perdue à un moment. J'ai failli arrêter car je l'ai trouvé très, très long dans certains passages. En effet, l'auteur, dont j'aime infiniment l'œuvre et l'engagement, court trois lièvres en même temps : l'enquête sur les meurtres monstrueux de jeunes filles, la description du siège de Cadix par les Français, et l'art de la guerre sous Napoléon, en particulier les avancées technologiques édifiantes réalisées dans ce contexte. Les conditions de résistance des habitants de cette cité bombardée sans cesse sont incroyables, leur aptitude de résilience et d'adaptation extraordinaire. Que ce soit sur terre ou sur mer où pirates et corsaires de tous bois s'attaquent, se volent allègrement les cargaisons, se tuent si besoin, l'ambiance est délétère, dangereuse, explosive. Ajoutez-y des espions, une romance, un psychopathe tapi dans l'ombre, voici un roman foisonnant, dense, aux visages multiples. Le tout prend vie sous nos yeux, tous nos sens sont de la fête, la reconstitution historique est bluffante comme toujours. Les protagonistes bien choisis nous font évoluer dans toutes les strates de la société et sur la ligne de front française. On ressent le grotesque total de ces guerres, l'absurdité du désir de cet empereur de conquérir le monde. Après Cadix, ce sera la Russie et hop, les voilà tous répartis pour un tour, à se massacrer pour rien. Cadix, ici présentée comme un échiquier sur lequel le tueur avance ses pions, fut déjà au centre de son roman le Hussard ( Seuil 2005). « J'ai pris cela comme un défi. Mais une histoire m'apparaît d'abord comme un problème narratif à résoudre. Je tiens à être efficace. J'ai envie qu'on sente le vent sur la mer, que l'on partage les atermoiements du policier, que l'on éprouve la solitude de la femme célibataire. C'est du travail. Je ne me sens pas "artiste". Je suis un lecteur qui écrit des romans. » Effectivement, vous entendrez les voiles claquer, la brise du large sur votre visage, l'odeur iodée de l'océan. C'est magique. On retrouve les ambiances créées par Dumas, Dickens, Hugo et autre Stendhal. Quelques fois, on a la sensation réelle d'être projetés dans un de ces tableaux gigantesques du Louvre, nous présentant les grandes campagnes napoléoniennes. « Le grand-père de ma grand-mère avait été grenadier à Waterloo. Quand j'étais petit, on me racontait la bataille, comment il courait, les Prussiens à ses trousses. » Tous les passages ayant trait aux modifications techniques apportées aux bombes m'ont semblé en revanche très longs et trop nombreux. Ils apportent certes des éléments essentiels au départ, indispensables puisque liés aux crimes eux-mêmes, mais à force de détails, de précisions sans fin, le suspense et la tension retombent peu à peu. C'est le seul bémol que je puisse formuler. Du coup, lorsque le tueur est échec et mat, cela passe presque inaperçu.... ce n'est que mon avis. Quatrième de couverture Cadix, citadelle radieuse, s'embrase. La guerre contre les troupes napoléoniennes fait rage, les bombes françaises pleuvent. Dans la cité à feu et à sang, les corps de jeunes filles sont retrouvés dans les cratères de bombes, disposés suivant la logique d'un échiquier. Elles ont été tuées à coups de fouet. Le commissaire Rogelio Tizón parviendra-t-il à tenir en échec le tueur fou de Cadix ? L'auteur dit lui-même : « J'ai voulu que se rejoignent différents types de romans, explique-t-il. Un roman historique, un roman d'amour, un roman policier, un roman d'espionnage, un roman de guerre, un roman maritime... » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Deux hommes de bien
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Deux hommes de bien Arturo Pérez-Reverte Seuil 2017 502 pages, traduites par Gabriel Laculli Historique Chronique 10 août 2017 L'auteur fut grand reporter et correspondant de guerre pendant 21 ans, et est Membre de l'Académie royale d'Espagne,. « L'obscurité se terminera par un nouveau siècle de lumière. Nous serons plus frappés du grand jour après avoir été quelque temps dans les ténèbres. » Et la lumière, l'auteur nous l'apporte par le biais de ce roman historique d'aventure, celle de Don Quichotte et Sancho Panza, pardon je m'égare, du très hiératique et mystérieux amiral don Pedro Zárate, et son compagnon de route naïf et attachant le bibliothécaire Hermogenes Molina. Tous deux membres de la prestigieuse Académie Royale d'Espagne, vont être chargés par leurs pairs de rapporter de Paris les 28 volumes de la célèbre et controversée Encyclopédie dans sa version d'origine. Nous sommes en 1787, à Madrid, où comme dans le reste du pays, la morale reste corsetée et la liberté d'expression et de penser aux ailes coupées par l'Église et l'Inquisition. Donc rapporter cette oeuvre afin de compléter le futur dictionnaire à paraître semble étrange, mais les idées progressistes des lumières touchent tout de même de quelques rayons l'élite intellectuelle espagnole et le Roi. Cependant au sein même de cette académie, deux hommes viles l'auteur de pièces de théâtre Sanchez Terron et le journaliste Higueruela, vont mettre de côté leur aversion réciproque pour fomenter un complot contre les deux voyageurs et engager pour se faire un brigand Raposo. Les routes sont longues et dangereuses de Madrid à la capitale française et les rues de Paris ne le sont pas moins. Ce pays vit ses derniers instants de paix relative avant l'obscurité, la terreur, le barbarisme de la révolution. Ce roman est une description colorée, précise, joyeuse ou sans pitié d'une société à l'agonie et en métamorphose. Ainsi faisons nous la connaissance de deux personnages centraux : Margot Dancenis, espagnole tenant un salon réputé dans l'hôtel que lui a offert son richissime mari, symbolisant un certain esprit parisien, une élite intellectuelle transgressive et déconnectée des réalités du peuple, et l'abbé Bringas ayant renié l'Espagne pour devenir dans les futures heures de la terreur le bras impitoyable de la vengeance, pour l'heure guide des deux académiciens dans cette ville tentaculaire. Tout le livre est en fait un prétexte à disputer des idées de l'époque, de liberté, de l'élévation de l'esprit par la science et l'expérience sans contrôle de la religion, de la comparaison entre deux pays destinés à la révolution et aux atrocités en deux périodes différentes, et à rendre compréhensible les recherches et écrits de Condorcet, d'Alembert et Franklin, entre autres, que nous rencontrons au célèbre café Procope à la page 316. Moment délicieux d'intelligence et d'esprit. L'autre dimension de ce roman est la présence constante du romancier historien qui dès le début nous invite à le suivre de nos jours dans ses recherches et pérégrinations espagnoles et parisiennes afin d'offrir au lecteur un roman truculent, enlevé, documenté sur toute cette période pré chaos. Ainsi participons-nous également à la maturation de l'oeuvre, sommes-nous spectateurs du principe même de la création. Donc un livre à plusieurs strates qui ouvre nos yeux sur une Histoire passée mais également présente et future. Avec le sourire, une sacrée belle mise en garde. Merci monsieur l'académicien. Quatrième de couverture Coup de théâtre dans le Madrid de la fin du XVIIIe : l'Académie royale vote l'acquisition de l'Encyclopédie, malgré la censure. Immédiatement, le bibliothécaire don Hermogenes Molina et l'Amiral don Pedro Zarate sont dépêchés à Paris pour y dénicher les précieux volumes. Mais ils ignorent qu'un espion est à leurs trousses, prêt à tout pour faire échouer leur mission... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Monstrueuse féérie
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Monstrueuse féérie Laurent Pepin Fables Fertiles 25 novembre 2022 120 pages Roman Chronique 11 octobre 2021 Texte onirique, faussement barré, essentiel et courageux en ces temps où le normatif est seul acceptable, où la pensée unique est la règle, où imagination et créativité sont subversives...Pour toute personne ayant été au contact du milieu hospitalier psychiatrique ne pas comprendre que la limite entre folie et normalité est des plus ténues, personnelles, trompeuses, ces lignes seront peut-être violentes, dérangeantes ou au contraire libératrices On sort de ces établissements bouleversés, chamboulés, paniqués pour peu que l'on ne se mente pas sur nos propres fragilités. La prise de conscience est indispensable et difficile en générant forcément, si l'on est encore humain et concerné par le sort de notre société, une révolte bienfaisante : ceux qui ont trop enduré, trop souffert, atteints de pathologies ou simplement trop malheureux, deviennent nous, ce sont nos doubles. Je ne suis d'ailleurs pas sûre que le reflet soit tellement inversé dans le miroir. Une société qui met de côté ces êtres ébréchés n'a pas d'avenir, elle s'appauvrit en étant cadrée, lisse. Seules les aspérités d'une paroi peuvent nous permettre d'approcher le sommet. Laurent Pepin, fabuleux narrateur, manie les mots, les images, les métaphores en une histoire fantasmagorique où le héros, car c'en est un, cherche son chemin, un sens, assailli par des illusions, des visions. Son monde est peuplé d'êtres merveilleux, imaginaires, d'une elfe bien aimée, d'entités féeriques mais aussi monstrueuses. On devine l'histoire réelle de cet adulte toujours enfant.... Les pages se couvrent, telle une toile de Dali ou de Jérôme Bosch, de personnages angéliques et magnifiques ou démoniaques et tordus. Un texte hallucinatoire et hallucinant, une transe qui débouche sur du sens, des vérités que certains n'ont pas la force d'affronter même sous des apparences policées et dans les clous. Il faut être un brave pour affronter ses peurs, son passé, ses imperfections, ses limites et celles des autres, en tant que fêlé mais aussi accompagnateur ou thérapeute. Ce n'est pas donné à tout le monde de savoir se tenir en équilibre sur le fil, de savoir tenir la main de ceux qui basculent. Un texte généreux, exubérant, dense, d'une grande poésie. Merci à l'auteur pour sa confiance. Quatrième de couverture L’esprit, redoutable, sait composer avec les normes, ou peut parfois les subir cruellement, pour peu que les Monstres se soient invités et qu’il les ait laissés entrer. Il peut vite alors s’enfoncer dans d’insondables méandres et s’exposer à de - sérieuses décompensations poétiques, sauf à avoir su entrer en intimité avec une Elfe. Monstrueuse féérie est le premier volet de trois d’un conte insolite et fascinant tout entier parcouru d’un imaginaire de luttes sublimées visant à « se tenir debout face aux vivants ». Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le huitième détective
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le huitième détective Alex Pavesi City Editions 31 mars 2021 352 pages traduites de l'anglais par Maryline Beury Policier Historique Chronique 25 avril 2021 Phénoménal, drôle, brillant, héritier en droite ligne des plus grands auteurs de romans policiers et évidemment de Agatha Christie à laquelle Alex Pavesi rend ici un très bel hommage.... Si vous avez assez de courage pour vous laisser guider par cet écrivain diablement efficace et, puis-je le dire, tordu, alors foncez. Vos petites cellules grises, comme dit l'autre, vont entrer en ébullition, vous ne saurez plus où vous en êtes. Le plan conçu par notre hôte est implacable et nous met inéluctablement en position inconfortable d'incompréhension et de remises à zéro successives alors même que nous pensons avoir tout compris. J'ai lu ce petit bijou avec un réel plaisir ( masochiste ?), soufflée par la maîtrise et le culot de cet ingénieur en informatique devenu un auteur de thrillers retors à succès. Et il le mérite ! L'ambiance vintage, les personnages plus troublants les uns que les autres, les principes de mathématiques appliqués à l'art d'écrire une énigme policière, tout cela rend ce livre très original particulièrement savoureux. Il faut aimer l'aigre-doux, ne pas avoir peur de franchir les limites des apparences, et par dessus tout, être certain d'être apte à supporter la vérité. Apre, cruel, violent sous des airs très policés comme les anglais savent le faire, un roman très noir alternant sept nouvelles et des rencontres entre une éditrice et un auteur, à déguster sans aucune modération. Ce roman est un des meilleurs thrillers que j'ai lus en 2021. Chapeau bas à Alex Pavesi. Une mention spéciale également pour la couverture avec ce huit énorme qui peut aussi couché devenir le signe de l'infini.... Le tout est comme gravé dans le papier, comme griffé.... Quatrième de couverture Après avoir publié un brillant recueil d’histoires policières, Grant McAllister a cessé d’écrire. C’était il y a trente ans. Il vit désormais au cœur d’une petite île de Méditerranée, reclus et solitaire. Tout change lorsque Julia, une ambitieuse éditrice, frappe à sa porte. La jeune femme souhaite republier ses histoires sanglantes, tout en leur donnant un coup de jeune. Commence alors un face à face intense avec l’écrivain, ancien professeur de mathématiques et esprit à la logique implacable. Mais, plus Julia avance dans son travail, plus elle doute et s’interroge : dans ces pages, il y a trop d'incohérences. Et s’il s’agissait d’indices faisant référence à un véritable meurtre ? Pour percer les secrets dissimulés dans ces lignes, la jeune femme va devoir affronter un adversaire aussi brillant que redoutable... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Incontrôlable
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Incontrôlable James Patterson et David Ellis L'Archipel 2018 365 pages traduites par Philippe Reilly Thriller Chronique 1 novembre 2018 David Ellis collabore avec le célèbre auteur de thrillers depuis 2012. Evidemment j'ai eu un peu peur lorsque j'ai vu la couverture : combien de fois ce visuel a-t-il été utilisé ? Puis dès les premières pages, je me dis que le narrateur est complètement frappé, incapable de rester sur une idée, à faire des digressions permanentes alors même que vraisemblablement il était entré par effraction dans un appartement d'une certaine Diana. Tout y passait, les Tom Cruise ou Matt Damon dans des scènes mythiques de Mission impossible ou Jason Bourne sans oublier James Bond et autre films d'espionnage qui fleurent bon la guerre froide. Ajoutons la vie de tous les présidents des USA et leurs petits secrets, et on est perdu. Mais qui est cet énergumène ? Peu à peu, on sourit, on s'étonne, le ton est totalement original, on se laisse prendre, et cela devient très réjouissant. Un thriller d'action donc s'amusant des codes du genre grâce à ce héros qui se réfugie dans sa mémoire cinématographique, pour envisager et se sortir de toutes les situations périlleuses et cocasses auxquelles il va être confronté. Et vraiment ce n'est pas piqué des hannetons. Très peu crédible, mais on s'en fiche, une course poursuite ou plutôt un sauve-qui-peut divertissant, jusqu'à ce que brusquement les souvenirs qui reviennent soient ceux d'un gamin de huit ans découvrant sa mère morte. Tout se fige soudain, on comprend ainsi que Ben est un enfant qui n'a pas grandi et se réfugie dans un monde parallèle sorti de l'imagination de scénaristes talentueux. Cette histoire le conduira très vite et très loin aux limites des réalités présentées au bon peuple.Effectivement un héros incontrôlable et un roman incontournable si vous voulez passer un bon moment ; une fin, et je dirais même, des fins insoupçonnables, un bon livre rondement mené pour le plaisir simple de se distraire intelligemment. Quoique, ce qui est évoqué ici sur le plan géopolitique ne soit pas tout à fait fictif. Un roman qui vous tient en haleine. Puissant, démarrant à toute allure : une vraie Porsche de compétition ! " Quatrième de couverture Le cadavre d'une très belle femme retrouvé au bas de son immeuble peut-il mettre la Maison Blanche en danger ? Ben Casper n'aurait jamais imaginé retrouver le corps de Diana, sa meilleure amie, une agente de la CIA, au pied de son immeuble. Elle se serait jetée par la fenêtre de son appartement. Suicide. Affaire classée. Pourtant, Diana, dont Ben était secrètement amoureux, n'avait à priori aucun motif d'en finir avec la vie... Journaliste d'investigation, Ben pressent qu'on a cherché à la faire taire. Bientôt, il va mettre au jour un complot qui pourrait impliquer les plus hautes instances du pouvoir. Mais, à trop approcher la vérité, c'est sa propre vie que Ben met en danger. Certains secrets ne doivent pas être ébruités... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Maison des Hollandais
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Maison des Hollandais Ann Patchett Actes Sud 31 décembre 2021 320 pages traduites par Hélène Frappat Historique Chronique 23 novembre 2021 Une très belle couverture dont on apprend à la fin la justification. Une émouvante histoire d'amour entre un frère et une soeur, Danny et Maeve, cette dernière prenant soin de son cadet lorsque leur belle mère Andrea les met à la porte de leur foyer au décès brutal de leur père : la fameuse maison des Hollandais, une merveille d'architecture, tellement grande et imposante enchaînant ses occupants à elle. De magnifiques détails ornementaux, une salle de bal, une fabuleuse bibliothèque et un salon où président deux portraits, ceux des premiers propriétaires du lieu, des Hollandais bien sûr, Soit on adore le bâtiment, il devient une obsession, on veut l'acheter pour se prouver à soi-même sa propre valeur ou réussite sociale, soit il effraie et devient un cauchemar dont on veut s'échapper coûte que coûte. La mère des enfants est partie un jour en Inde dit-on. Est-ce cette maison qui l'a faite fuir ?La fratrie est renvoyée et ne cesse pourtant de revenir devant, régulièrement, pendant des dizaines et des dizaines d'années. La maison les a-t-elle envoûtés ? Est-elle maléfique ?Et cette Andrea qui en devient la nouvelle méchante Reine, est-elle dotée de pouvoirs telle une sorcière ? Nous suivons ainsi ce duo inséparable, dont la soeur ne réussit pas à tourner la page, qui remet régulièrement ses cicatrices à vif et entraîne avec elle Danny ; celui-ci, tant bien que mal, réussit ou essaie de construire la carrière qu'il souhaitait, une famille.... L'absence de la mère résonne toujours dans le cœur et l'âme de ses deux abandonnés qui ne s'en remettent pas, sont en réalité inconsolables jusqu'au jour où .... Un très beau roman sur l'amour fraternel, la résilience, une forme de pardon, et le destin qui se charge toujours de rétablir la justice. Une mention spéciale pour la traduction qui met en valeur le style littéraire élégant, fluide, impeccable de ce texte. Quatrième de couverture Danny et Maeve, un frère et une sœur unis par un amour indéfectible, ne cessent de revenir devant leur ancienne demeure se heurter aux vitres d’un passé douloureux. Cette imposante Maison hollandaise, écrin des joies et des peines de leur enfance, source de leurs malheurs, les attire comme un aimant. À travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett, en déchiffreuse éclairée de l’âme humaine, signe un roman pénétrant sur l’abandon, le pardon, les liens filiaux et le rapport que chacun d’entre nous entretient avec le passé. Danny Conroy grandit dans une somptueuse demeure en banlieue de Philadelphie. Malgré un père distant et une mère partie sans laisser d’adresse, il peut compter sur l’affection de sa sœur adorée, Maeve, l’intelligence et la drôlerie incarnées. Unis par un amour indéfectible, ils vivent sous l’œil attentif des « Hollandais », les premiers propriétaires de la maison, figés dans les cadres de leurs portraits à l’huile. Jusqu’au jour où leur père leur présente Andrea, une femme plus intéressée par le faste de la bâtisse que par l’homme qui la possède. Ils ne le savent pas encore, mais pour Maeve et Danny c’est le début de la fin. Et une fois adultes, ils n’auront de cesse de revenir devant la Maison des Hollandais se heurter aux vitres d’un passé douloureux. A travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett tisse un roman subtil et pénétrant sur les liens filiaux et les lieux de l’enfance – qui tous nous hantent. La traductrice Hélène Frappat : Diplômée de philosophie et passionnée de cinéma, Hélène Frappat est romancière et critique de cinéma. Elle a choisi de chercher la "vérité" dans la fiction.Critique de cinéma, elle a écrit (notamment) chez Rivette et Rossellini.Romancière, elle est l'autrice, chez Actes Sud, de Inverno (2011), Lady Hunt (2013), Noublie pas de respirer (2014) et Le Dernier fleuve (2019) et Le mont Fuji n'existe pas (2021). Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Corps de fille, Corps de femme
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Corps de fille, Corps de femme Parlement des écrivaines francophones Editions des Femmes Antoinette Fouque 9 mars 2023 192 pages Nouvelles Chronique 9 mars 2023 « Vivre son corps, faire corps » en librairie à l'occasion de la journée internationale des Droits des femmes Les femmes écrivaines sont-elles des femmes dangereuses ?.... et plus Les femmes qui lisent le deviennent-elles ? La présentation de l'éditeur est complète et précise. Je ne pourrais l'être plus.Le Parlement des écrivaines francophones (PEF) a été créé à l'initiative de la romancière et journaliste Fawzia Zouari qui clôt cet ouvrage par une question centrale : « Mon corps, où es-tu ? » Né en 2018 à Orléans, ville marraine du projet, le PEF bénéficie du soutien de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). La beauté, la justesse, l'universalité et la puissance de ces textes tiennent à la pluralité des origines ethniques, sociales des autrices dont la force de conviction, le talent, la pertinence analytique, ne sont plus à prouver ; il suffit de lire attentivement la biographie de chacune avant chaque nouvelle ou « fragment de vie » pour le comprendre. Marie-Rose Abomo-Maurin (née au Cameroun)« À Juliette » :Attouchements au sein d'un lycée, action-réaction, la victime devient guerrière, elle cogne, la jeune fille gibier se transforme en Diane la chasseresse qui ne lâche pas sa proie dans les hurlements de la foule. Le frôlement et la blessure de trop, après des années de souffrance. Fracassée, elle menace tous ceux qui l'attaquent. Mais d'où vient Juliette et qu'a-t-elle traversé ? Emna Belhaj Yahia (née en Tunisie) « Ton corps et toi, en pointillé » : Transformation de ton corps d'adolescente, sang de la honte, tu es paumée, tu ne sais pas gérer. Tu sais que tu es d'ores et déjà prise dans un engrenage, un piège. Une liste interminable de diktats, de règles de conformité à ce que tu DOIS être s'abat sur toi. Tu en prends pour ton grade, condamnation à vie.... Mais cette peine que l'on t'inflige ne devient-elle pas un fardeau pour ton fils, et par extension pour tous les hommes ? Te libérer n'est-ce pas ouvrir la cage à toute l'humanité ? Espoir ! Anissa Bellefqih (née au Maroc) « Amina, Samia, Keltoum et les autres... » : Les mots pour les maux.... Le déclic fut le film « La Source des femmes », l'histoire d'épouses qui dans un petit village de l'Atlas marocain décident de faire la grève de l'amour tant que les hommes n'auront pas trouvé le moyen d'acheminer l'eau, tâche insurmontable incombant injustement aux femmes selon des règles patriarcales immuables. Amina regarde ce film quand son mari Brahim, tout juste arrivé, décide de changer de chaîne. La goutte de trop qui explose au sol dans un silence assourdissant. Flashback sur des années de maltraitance, de violences aggravées tant physiques, sexuelles que psychologiques, de haine. Le corps de Amina dit STOP !!! Fuir.... Comment ? Samia, Keltoum, et bien d'autres sœurs seront là pour l'accompagner et crier avec elle, briser le silence... Victoire ! Sophie Bessis (née en Tunisie) « Le cri » : regard d'une femme sur une autre. Quartier de la Roquette, une vieille mendiante, la Marocaine. Est-elle folle ? Quelle histoire se cache derrière ce visage détruit, derrière son cri déchirant ? Bouleversante silhouette perdue dans la nuit. Bettina de Cosnac (née à Berlin) « Derrière le brouillard, la tête dans les nuages » : Un regard par un hublot et, hop, vision fantasmagorique de Dieu entouré de ses anges tourneboulé(e)s par la question de leur genre ! Réflexion drolatique et néanmoins profonde sur l'appartenance à un sexe et ses conséquences. Jubilatoire et follement intelligent. Je pourrais continuer ainsi mais cette chronique serait trop longue et en dirait trop.Tout est dit sur l'appropriation et les jugements, par les autres et la société, du corps de la femme dès sa naissance, à travers ces bijoux ciselés où chaque mot est autant de diamants patiemment sélectionnés. Ainsi pourrez-vous découvrir les textes de : - Suzanne Dracius (née en Martinique) : Les sorbets de l'enfance - Alicia Dujovne Ortiz (née en Argentine) : Le sapin de Noël et Dorothy Lamour - Sedef Ecer (née en Turquie) : Mon corps de fille au cinéma - mon corps de femme dans la vraie vie - Lise Gauvin (née au Québec) : La première bicyclette - Viktor Lazlo (née en France, père martiniquais, mère grenadine) : Entrer dans la danse - Sylvie Le Clech (née en France) : La fille de la pluie et du vent - Danielle Michel-Chich (née à Alger) : L'attente - Madeleine Monette (née à Montréal ) : Le Monde sur ses épaules - Cécile Oumhani (née en Belgique) : Une question de territoire - Fawzia Zouari (née en Tunisie) : Mon corps, où es-tu ? Quatrième de couverture Dans cet ouvrage collectif, quinze membres du Parlement des écrivaines francophones proposent des récits personnels, paroles intimes et courtes fictions sur l’expérience singulière qu’est la féminité. Une manière de lutter contre les stéréotypes et l’uniformisation médiatique et politique du corps des femmes, et de réaffirmer sa propriété inaliénable. Créé en 2017 et regroupant plus de 130 femmes, le Parlement des écrivaines francophones (PEF) a pour objectif de faire entendre la voix des autrices d'expression française sur le monde. Le PEF travaille également à faire reconnaître la place de l'écrivaine dans son pays, à réaffirmer son rôle dans le dialogue civilisationnel et à défendre les droits des femmes et des hommes partout où ils se trouvent attaqués. Ce parlement est aussi un espace de prise de parole destiné à donner le point de vue des femmes sur les débats ou les crises de nos sociétés. Il s’agit ici du premier volume d’une série de livres qui ont pour objet d’explorer le « dire » des femmes, leur être au monde, leurs regards. Corps de fille, corps de femme déroule la voix de quinze autrices du PEF évoquant les maux et les joies d’un corps féminin qui n’a eu de cesse de fasciner et de faire peur...» D. M.-C. et F. Z. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Rumeur du fleuve
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Rumeur du fleuve Alain Paraillous De Borée Terre de Poche 10 mars 2022 280 pages Historique Terroir Chronique 14 avril 2022 « Avec le tabac, il innovait, il créait. Seuls les faibles ne relèvent pas la tête après les coups du sort.»« Un effet papillon local : comment l'avènement du bateau à vapeur a enterré la culture du chanvre et dopé celle du tabac. » Sud Ouest Le fleuve, c'est Garonne, sans article, véritable être à part entière, source de vie, de développement, de communication, de destruction et de ruine également lors des grandes crues, de rêve et de poésie, de peur et de paix retrouvée. Au dessus de ses flots tranquilles ou tumultueux, volent les rumeurs du monde, les voix des bateliers et des voyageurs, le bruitassourdissantduprogrèsfiguréparlesbateauxàvapeurquiremplacentrapidement, encedébutduXIXesiècle,les gabares. Afin de haler celles-ci et de voguer, des cordes et des voiles étaient indispensables : le chanvre fut donc cultivé en masse dans cette région du Lot et Garonne, en remplacement du tabac. En effet, sous la Régence, en 1719, subitement et arbitrairement, on décida en haut lieu, afin de favoriser le développement des colonies d'Amérique, (Antilles et Louisiane), que les paysans de la vallée du Lot et Garonne n'auraient plus le droit d'en cultiver. Plus d'un siècle plus tard, voici à nouveau le destin de ces cultivateurs et de toute une région en péril, en raison cette fois de l'avènement des bateaux à vapeur. Il faut absolument s'adapter, trouver une idée judicieuse pour ne pas tomber dans la pauvreté. Le tabac, cultivé dans le passé avec bonheur sur ces terres, représenterait une véritable manne financière pour l'État grâce aux diverses taxes, mais aussi pour tous les intervenants sur la chaîne de production de cette plante à nouveau à la mode dont la valeur marchande est supérieure au chanvre. L'interdiction de 1719 a été levée du fait de la Révolution. En reprendre donc la culture impliquerait également de combattre le traffic de contrebande qui s'est organisé à partir de l'Espagne depuis quelques années. Mais, on a oublié les techniques, il faut donc tout réapprendre, tout réinventer, adapter les bâtiments, les réseaux de distribution, se replonger dans les manuels agronomiques. De la graine au points de vente des cigares, tabac à pipe et à priser, Alain Paraillous nous conte cette aventure humaine avec un luxe de détails, avec une grande clarté et un talent incontestable de narrateur amoureux et passionné par l'histoire de sa région. Nos cœurs battent au même rythme que ceux de ces hommes et ces femmes, inconnus ou célèbres, qui ont résisté vaille que vaille aux malheurs, désastres naturels, décisions iniques des autorités, pour nous laisser un patrimoine culturel et humain inestimable. En mettant nos pas dans ceux du cultivateur visionnaire, Julien Lambert, nous mesurons la bravoure qu'il fallut à tous ces travailleurs de la terre pour rendre à cette région sa prospérité.Ne négligez surtout pas les notes finales de l'auteur. On y apprend que le tabac, longtemps considéré comme curatif pour être ensuite, à raison, défini comme dangereux et source de maladies graves comme le cancer, n'a pas rendu les armes puisqu'aujourd'hui il est utilisé, à bon escient, pour réduire significativement les symptômes liés à la maladie de Parkinson. Fresque historique captivante, passionnante, roman de terroir d'une grande valeur patrimoniale, d'amour aussi, faisant se succéder des pages narratives à des moments de pure poésie descriptive, à des épisodes dignes de Carmen... ce texte est un hommage à nos aïeux, à leur ténacité, leur force, leur faculté d'adaptation extraordinaire à un monde moderne parfois cruel et sans pitié. Quatrième de couverture 1824. Les bateaux à vapeur commencent à circuler sur la Garonne, remplaçant peu à peu les anciennes gabares. C'est toute la vie des petits ports fluviaux qui se trouve bouleversée, de même que l'agriculture locale, jusqu'alors dominée par la culture du chanvre destiné aux voiles et aux cordages, et maintenant menacée de ruine. Une chose est sûre, il va falloir innover ! Julien Lambert, jeune paysan dont la famille cultive le chanvre depuis des générations, prend ainsi l'initiative de se lancer dans la culture du tabac. Mais rien n'est simple pour Julien : entre jalousies, aléas climatiques et maladies, bien des épreuves l'attendent. D'autant que sur l'un des bateaux à vapeur, une passagère insolite va semer le trouble dans son existence... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Régression
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Régression Fabrice Papillon Belfond 2019 407 pages Thriller Chronique 29 janvier 2020 « Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. » Évangile selon Matthieu (20.16) « Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Et quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi. » Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche Vous ne vous êtes jamais dit que vous aimeriez trouver un endroit sans technologie, sans tous les gadgets et accessoires, sans WiFi, sans ondes, qui nous sont présentés par les entreprises et la publicité comme nécessaires et indispensables à notre existence effrénée ? Vous n'avez jamais eu envie de dire stop, game over, on recommence la partie, c'est trop mal embarqué ? Vous n'avez pas la sensation que, sous couvert de civilisation, nous endurons chaque jour un quotidien d'une extrême violence, conséquence d'une guerre économique et psychologique insidieuse aussi meurtrière qu'une guerre franche et déclarée ? Enfin, n'avez vous pas l'impression que l'homme fait la guerre à l'homme tout simplement, qu'il se suicide mine de rien, alors même qu'il sait qu'il va dans le mur ? Tout me fait dire que la sauvagerie et la barbarie ne sont pas là où on le pense. Qu'il faudrait redéfinir ces deux mots. Tout ce qui empêche la respiration de notre planète, de la faune, de la flore, est une barbarie, un crime contre la Vie, son cycle, son rythme....De là à ce que dame Nature nous donne une leçon .... reprenne ses billes..... Le thème évoqué ici dans ce grand roman policier, d'aventures, d'action, d'anticipation, basé sur des sources scientifiques et historiques vérifiables est majeur : la régression de notre espèce comme sauvegarde de celle-ci et de la terre...Un sujet traité différemment, moins complètement selon moi, dans « Erectus » de Xavier Müller... (Mais j'ai cru comprendre qu'il y a une suite). J'ai aussi retrouvé ici avec un immense intérêt des évènements et épisodes légendaires ou réels ( Noé, l'Atlantide ..) découverts il y a presque 25 ans lors de ma lecture de « Et Dieu ressuscita à Denderah » de Albert Slosman. D'où la question que je me pose depuis : les grands cataclysmes d'hier avec inondations, destruction du monde, que l'on retrouve illustrés dans le temple de Denderah en Egypte mais également dans toute l'imagerie chrétienne, ne sont-ils pas en fait un passage obligé pour une remise à zéro des compteurs ? Je trouverais cela dans l'ordre des choses.... L'homme tente de tout comprendre, de tout contrôler, se donne la place injustifiée d' « être supérieur », alors qu'au coeur même de son ADN déjà des zones d'ombres perdurent. L'on sait que certains gènes inactifs, depuis des temps très lointains, tout d'un coup se réveillent chez certains animaux et même chez l'homme ( voir ma chronique sur « Erectus »). Des régressions qui n'en sont peut-être pas vraiment. Evidemment, Fabrice Papillon, pour notre plus grand bonheur d'accros aux thrillers, aux polars et à l'Histoire, pousse ici le curseur très loin. Il a l'art de nous remettre en mémoire des principes fondamentaux découverts ou étudiés par Homère, Socrate, Platon, qu'il reliera à Jésus, l'apôtre Pierre, Rabelais, Buffon, Lamarck, Nietzsche.... Gonflé mais ça fonctionne parfaitement. Une course haletante pour la capitaine de gendarmerie à la section de recherches de Ajaccio, Vannina Aquaviva, un peu sorcière, et le commandant Marc Brunier de la PJ, muté du 36 quai des Orfèvres à la Corse, suite au drame survenu à la fin du « Dernier Hyver », Prix du meilleur Polar 2018 des lecteurs du Points. Erudition, passion, inquiétude, sont les maîtres mots de ce roman mêlant adroitement, avec beaucoup de talent et de clarté, des données disparates vérifiables, donc réelles, au surnaturel et à l'anticipation. Faites attention, guettez en vous les premiers symptômes de régression.... Heureuse d'avoir ces deux tomes chez moi dans ma bibliothèque... où les ranger est une autre question.... Inclassables ! Quatrième de couverture « Ils sont prêts. Ils reviennent d'un lointain passé, d'une époque glorieuse. Ils forment ce que Socrate et Homère nommaient déjà la race d'or. Ils viennent sauver la terre, et les hommes qui peuvent encore l'être. Pour les autres, ils n'auront aucune pitié. L'heure du Grand Retour a sonné... et, pour le commandant Marc Brunier, celle de son ultime enquête. Une chasse à l'homme exceptionnelle à travers le monde et les âges. 36 000 ans avant Jésus-Christ. Une famille résiste au froid au fond d'une grotte de la péninsule Ibérique quand des hommes font irruption et massacrent les parents. Fascinés par la peau claire et les yeux bleutés du fils, les assaillants l'épargnent et l'enlèvent. 14 février 2020, Corse. Vannina Aquaviva, capitaine de gendarmerie à la section de recherche d'Ajaccio, découvre un charnier dans une grotte de Bonifacio. De son côté, la police retrouve un cœur en décomposition au pied d'un olivier millénaire du site préhistorique de Filitosa. Des scènes de crime similaires apparaissent sur d'autres sites de la préhistoire en Espagne puis en Angleterre. Les premières analyses de la police scientifique sont stupéfiantes. Quelle est cette créature meurtrière dotée de capacités sidérantes ? Aux confins de l'Europe et jusqu'à la Russie des goulags et de Tchernobyl, une chasse à l'homme exceptionnelle commence à travers le monde et les âges, où l'on croise Homère, Socrate et son disciple Platon, Jésus et l'apôtre Jean, mais aussi Rabelais, Nietzsche ou encore le terrifiant Heinrich Himmler. Quel secret remontant à nos origines partagent tous ces hommes ? Après des millénaires de silence, une révélation est en passe de bouleverser l'équilibre même de l'espèce humaine... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le héros, le monstre, la mort
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le héros, le monstre, la mort Efi Papavassilopoulou Editions du Panthéon 22 février 2019 84 pages Essai Philosophie Chronique 15 juin 2021 On peut vaincre les monstres, mais peut-on vaincre la Monstruosité ? Mais qu'est-ce qu'un monstre ? Et plus encore, qu'est- ce qui fait le héros ? Ses gènes, son éducation, son lien à la mère, les lois édictées par la société, la communauté, les dogmes, une idée de la beauté ou vérité opposée à la laideur ? Quel est son rapport à l'héroïsme, à la Mort évidemment ? Et en transgressant toutes les limites pour la bonne cause, celle que l'on dit supérieure, le héros ne devient-il pas un monstre, une partie de l'indicible : la Monstruosité ? Se battre, faire la guerre, obéir à certains principes sociétaux, à certains ordres pour vaincre cet ennemi monstrueux n'est ce pas vain ? Inutile ? Le meilleur moyen de se perdre soi-même, de se perdre tel Héraclès, Persée, ou Thésée. Surtout n'oublions pas que sans monstres il n'y a pas de héros et inversement... " Le héros par son acte, devient autre, il se transforme grâce à la confrontation avec le père, le peuple, le dieu. Il se nie partiellement comme nature, donnant la priorité à la logique, soumis au droit de la cité et devient être de la culture. Il sublime son être. Il aboutit à une identité qui devient. Dans cette identité, il y a du permanent et une partie qui est vouée au changement. Celui-ci est soumis à une puissance du raisonnement qui est évolutive. Durant son parcours, le développement des idées a augmenté sa capacité à sentir, à saisir, dans une liberté accrue par le mérite." Quatrième de couverture Après avoir étudié les liens féminins d'Ulysse et leur rôle dans son ascension, Efi Papavassilopoulou porte ses recherches sur un autre pan de la mythologie : l'image inébranlable du héros. Le héros qui vainc le monstre mais pas la monstruosité, engageant une lutte perpétuelle et manichéenne, millénaire et éternelle. À travers certains personnages emblématiques de la mythologie grecque, elle fait un parallèle entre le héros des mythes et l'humain, recherchant l'identification et l'évolution. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La fonction maternelle et sa relation initiale avec le noos
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fonction maternelle et sa relation initiale avec le noos Efi Papavassilopoulou Editions du Panthéon 13 janvier 2017 80 pages Essai Philosophie Chronique 15 juin 2021 Texte extrêmement brillant et original quant à la relation qui existe entre la fonction maternelle et l'éclosion de l'intelligence chez son enfant. Mais laquelle ? C'est là toute la question : il s'agit du premier entendement, de la compréhension initiale créée dès le premier échange de regard entre une mère et son bébé. C'est donc une faculté proche du pressentiment avant même le sentiment ou le raisonnement (ou concept) qui s'enclenche ainsi entre la génitrice et sa descendance. L'auteure précise sa pensée : "noos" dans le sens du "capter essentiel" autrement dit du flair.... Je dirais quant à moi : Intuition et quelques fois instinct.Comment ce sujet a-t-il été traité dans les textes mythologiques grecs mais aussi gaulois, celtes, indiens, égyptiens, nordique ? Qu'en est-il dans le contexte des religions chrétienne et juive ? Nous allons, guidés par Efi Papavassilopoulou, à la rencontre de Athéna, Héra, Déméter, Ariane, Marie, Eve, Lilith...Et les hommes, les pères, où se situent-ils et quel est leur rôle ? Là encore, un éclairage nouveau sur ce sujet fondamental et concernant pour nous tous, évidemment ! L'interprétation de Efi Papavassilopoulou sur l'éclosion de l'intelligence liée à la mère par l'étude des mythes fondateurs est tout à fait captivant. Quatrième de couverture Déesse mère, génitrice ou nourricière, la femme a toujours été une référence centrale dans l'histoire de nos civilisations. Facteur clé, la fonction maternelle fait naître des idées et des inventions chez les hommes, et devient symbolique. Mais quel est son rapport avec le noos, la compréhension avant la conceptualisation ? Selon l'auteur, le noos relève du pressentiment, celui de « capter l'essentiel », en relation intime avec la mère, vers qui l'on se projette initialement. La mère donne le rythme et l'essence de l'existence dans son ouverture, car elle indique l'ordre naturel qui contient la richesse de l'incalculable et l'inéluctable de la nature. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















