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- Le théâtre de Slavek | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le théâtre de Slavek Anne Delaflotte Mehdevi Gaïa 2018 399 pages Roman Chronique 26 octobre 2018 " J'ai le sentiment d'avoir vécu au bord, au bord du bonheur, au bord d'une scène, au bord d'un pays, mais dans Prague toujours." La personnalité même de l'auteure, sa vie si dense et étonnante, imprègnent ce récit qui, on le comprend en le découvrant, devait forcément naître de cette femme. Après des études en droit international et diplomatique, la pratique du piano et du chant lyrique, elle devient relieur et écrit plusieurs romans dont " La relieuse du gué" et " le portefeuille rouge" que j'ai chroniqués, ainsi que " Fugue" et "Sanderling". Elle vécut à Prague pendant presque vingt ans. Tout est donc là pour écrire ce merveilleux roman dont le décor est évidemment Prague de 1707 à 1788, laissant le narrateur Slavek Sykora, sculpeur de lumières dans plusieurs théâtres, on dirait aujourd'hui chef éclairagiste, nous raconter sa vie, sa ville, ses amours, témoin de toutes les joies, peines, peste, guerres, blocus, périodes de paix, spectacles d'opéra ou de théâtre. Un clair obscur embrumé par l'opium nécessaire à éloigner la douleur de la vieillesse, nimbé de l'or des bougies. Celles-ci lui restent encore des théâtres où il magnifia les artistes à l'aide du feu et des miroirs stratégiquement placés pour décupler la lumière. Rencontres avec les plus grands du temps, les politiques, les nobles, les artistes et compositeurs passés à la postérité, mais aussi tous les humbles, pauvres, modestes, artisans, commerçants, faisant battre le cœur de la cité bénie que jamais Slavek n'abandonna. Une confession des dernières minutes alors que le Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart vient d'être créé et qu'enfin une pièce en tchèque a pu être représentée. La Bohème et son destin de terre continuellement envahie, Prague et ses quartiers et sa population bigarrée où être juif fut encore une cause de souffrance et d'exil selon les nouveaux rois. Une écriture qui se fracture parfois comme la mémoire de Slavek, des oublis comme certaines pages non numérotées. De la poésie tout en délicatesse, de la fragilité, une vérité intime en filigrane sur fond historique. Un homme qui bien que coupé en deux dès ses sept ans par les roues d'un carrosse n'en reste pas moins un être complet, acteur et témoin de son temps. Oui un très beau roman ! " Prague. La rumeur monte jusqu'aux fenêtres d'un vieil homme qui se souvient. Tout jeune garçon, Slavek perd l'usage de ses jambes, renversé par la calèche du comte Sporck. Celui-ci ne fuira pas sa responsabilité, prenant en charge l'éducation du jeune homme. Slavek traverse le XVIII ème siècle dans une Prague soumise aux épidémies, aux guerres, mais où le théâtre s'épanouit. Il s'y verra confier l'éclairage des spectacles et opéras. Discret, séducteur, sensible aux arts et notamment à la sculpture et la musique, Slavek tourne le dos à l'obscurantisme, et trouve sa place en maître des lumières." Quatrième de couverture La rumeur de Prague monte jusqu'aux fenêtres d'un vieil homme qui se souvient. Tout jeune garçon, Slávek perd l'usage de ses jambes, renversé par la calèche du comte Sporck. L'éducation et la passion des arts le portent dans la Prague du XVIIIe siècle soumise aux épidémies, aux schismes religieux, aux conflits politiques. Le théâtre y est naissant, et Slávek trouve sa place en maître des lumières. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le mari de la comtesse de Ségur | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le mari de la comtesse de Ségur Hafid Aggoune Reconnaissance Le 11 mars 2025 181 pages roman Chronique 11 mars 2025 Sous titre : Homme de l'ombre, génie d'Hachette. Dans la Collection Mythes au masculin. Illustrations de Stéphane Rozenwajc. Très jolie double couverture, papier calque en premier, où est imprimé l'illustration, à travers lequel apparaît la deuxième couverture. Plaisir des yeux, du toucher en plus de la joie de découvrir un très beau texte. Une idée poétique et de circonstance lorsque le sujet est de voir au-delà des apparences, de chercher qui se cache derrière la figure illustre de l'écrivaine. Présentation de la Collection Mythes au masculin : "Notre imaginaire collectif repose sur des mythes qui structurent notre vivre ensemble. D'Ulysse a Hamlet, en passant par Pygmalion et bien sûr Œdipe, la plupart d'entre eux expriment le patriarcat, où l'homme agit dans la cité tandis que la femme l'influence, l'inspire, le manipule. Alors que ce modèle volé en éclats, il est temps que les hommes écrivent et ancrent leurs nouveaux mythes de masculinité." En effet, il est grand temps, en une époque où raconter l'Histoire de l'humanité par le regard des femmes est devenu un phénomène de librairie, complétant enfin ce récit de la voix de la moitié de la population ayant oeuvré elle-aussi à l'élaboration de la société d'aujourd'hui, au rayonnement de notre culture, de notre civilisation, il est grand temps dis-je, que des hommes prennent la parole, tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le modèle du mâle alpha caricatural et qui cherchent à se redéfinir. De multiples interrogations se posent à eux : Qu'est-ce qu'un homme ? Comment se comporte-t-il en société, avec les femmes, avec ses enfants, comment se situe-t-il en cette époque de questionnement intense sur le genre ? N'aurait-il pas lui-aussi, au cours des siècles, été piègé, enfermé dans un carcan ? Quel choix a-t-il eu réellement s'il ne voulait pas appliquer les codes ultra masculinistes en vogue ? Et avant tout, n'y a-t-il pas eu des hommes qui n'ont pas accepté l'enfermement dans ces diktats misogynes, ou qui ont réalisé, à un moment donné de leur existence, qu'ils se perdaient en jouant ce rôle de macho très limitatif et anxiogène ? Eugène de Ségur s'inscrit dans cette révolution intime survenue sur le tard après des années à avoir été un parfait exemple de coureur de jupons, de fêtard, de père absent, de mari fuyant, alors même qu'une épouse et mère dévouée l'attendait avec patience : cette chère Sofia Rostopchine que nous connaissons tous sous le nom de Comtesse de Ségur. Inversement amusant, c'est grâce à cette combattante de l'ombre d'abord, de cette exilée russe ayant traversé bien des tourments, encore traumatisée par la maltraitance maternelle, de cette mère et grand-mère aimante racontant sous forme de contes ses malheurs passés, que le nom illustre de Ségur est passé à la postérité, et en littérature qui plus est .... Mais comment cela a-t-il pu se produire ? Par quel moyen Eugène a-t-il pu rendre hommage à Sofia ? Avec la complicité de quel ami, célèbre jusqu'à nos jours ? Quelles transformations de la société la parution des textes de la Comtesse de Ségur a-t-elle provoquées ? L'Odyssée d'une femme, d'un homme, d'un couple et de tout un monde en mutation en ce XIXe siècle de révolution industrielle, politique, sociale et humaine, nous est ainsi racontée grâce à une plume inspirée, digne des plus beaux romans classiques. L'homme dans l'ombre renaît à la lumière après avoir pu se défaire enfin du lourd bagage d'une enfance et d'une éducation étouffantes. La question de l'émancipation des hommes des lois du masculinisme bornées et délétères reste posée et n'a pas fini de faire couler de l'encre. Je vous invite à découvrir le recueil de témoignages signé Jean-Philippe de Tonnac, "Éloge de la vulnérabilité des hommes", (chez Guy Trédaniel Éditeur). Cet ouvrage, comme tous ceux qui seront édités dans cette collection "Mythes au masculin", vous offriront de grands espaces de réflexion, afin que nous puissions construire ensemble une société réellement égalitaire. Voici un grand roman d'amour, mais aussi une fresque historique somptueuse et édifiante, une galerie de portraits tout en finesse de figures emblématiques de notre culture, et enfin un hymne inspiré à la liberté d'être soi-même, sans limite. Gratitude Mr Aggoune ! Quatrième de couverture Dans ce roman historique, Eugène de Ségur, mari de la célèbre autrice des Malheurs de Sophie, partage avec nous son histoire. Celle d’un homme marqué par le poids de son héritage et la honte du suicide de son père. Celle d’un homme qui, malgré ses doutes et remises en question, a assuré dans l’ombre la gloire de sa femme et la fortune de Louis Hachette. Dans une France du XIXe siècle tout aussi hésitante que notre protagoniste, Eugène est en proie à l’errance. Sa rencontre avec la russe Sophie Rostopchine marque un tournant décisif. Il l’épouse à vingt ans et fonde avec elle une famille, mais ni l’un ni l’autre ne trouve leur place dans la monarchie corsetée d’après Napoléon Ier. Tourmenté par sa rancœur envers une mère infidèle, Eugène multiplie lui-même les aventures. Sa jeunesse est traversée d’incertitude, de culpabilité et de quête de sens. Comment va-t-il surmonter ses démons, et accomplir son destin, pour faire entrer son noble nom dans la modernité ? 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- Le Cercle des Couturières | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Cercle des Couturières Ana Lena Rivera City Editions Le 5 novembre 2025 544 pages traduites par Justine Alerts historique Chronique 26 novembre 2025 " Nous ne vivions pas seulement nos vies, mais nous héritons des victoires et des défaites de nos parents, qui les ont eux-mêmes héritées des leurs. " Titre original : " Las Herederas de la Singer " bien plus adapté en réalité que le titre français qui pourrait laisser croire à un roman historique "girly" alors qu'il est en réalité d'une profondeur bouleversante et d'une pertinence édifiante. J'ai été intimement concernée par ce roman féminin et engagé d'une portée universelle, pourquoi ? - En premier lieu en raison de cette fameuse machine à coudre Singer qui fut également un témoin passé de génération en génération du côté maternel de ma famille. - En second lieu, par l'omniprésence de la violence, de l'inceste, du viol, dans le récit des femmes, cette fois des deux côtés de mon arbre généalogique. Aujourd'hui, enfin la parole se libère, la honte change de camp peu à peu ; le travail est loin d'être terminé cependant, et ce roman contribue avec clarté, sensibilité et passion à cette grande œuvre commune, sociétale, humaniste, vitale. Il s'inscrit également dans une révolution actuelle de raconter enfin l'Histoire par le prisme du regard des femmes, de cette moitié de l'humanité que l'on a invisibilisée, méprisée, bâillonnée, qui a cependant largement contribué à l'édification et l'enrichissement de nos civilisations, de nos cultures, sans que l'on songe à lui rendre hommage. Bien loin de vouloir mener une guerre contre les hommes mais désireuse au contraire de s'allier à eux contre un patriarcat et un masculinisme sclérosants et suicidaires, l'autrice nous narre avec brio, tendresse et souci de vérité historique le destin de cinq et non quatre générations de femmes qui, par leur courage ou leur silence douloureux et apeuré, ont participé à l'élaboration de la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, qu'elle soit espagnole ou autre. Les drames ayant frappé l'Espagne depuis l'avènement de Franco sont d'une telle ampleur, le réveil de ce peuple depuis le retour à la démocratie et la divulgation des archives nationales si exceptionnel, que cette fresque historique et ce récit intimiste en deviennent inouïs et inoubliables. Ce n'est pas un roman "délicieux" comme le qualifie le Magazine Elle, c'est un brûlot, un cri, un témoignage multiple et une reconnaissance de toutes celles qui ont subi, c'est une déclaration de guerre contre l'inacceptable. Ce n'est pas un texte gentillet et dans les clous, loin s'en faut. Comment cela serait-il possible avec la figure centrale d'Aurora, cette âme intranquille, en résistance, portant en elle un secret monstrueux, prête à tout pour se sauver ? Ainsi de Olvido, sa mère, mariée à Frutos, mineur violent et alcoolique, vivant dans les Asturies, nous suivons les pas d'Aurora au destin hallucinant, née en 1922, mariée à Paulino, mère de trois enfants dont Agueda, née en 1941, unie à Jesus, mère de Ana, née en 1968, la seule à dire "je" . Celle-ci fait un beau mariage avec Carlos dont elle aura aussi trois enfants. Parmi ceux-ci, Alba, née en 1996. Toutes sans exception vont subir la violence masculine, mais la société changeant, les douleurs cachées, tues, supportées pendant des vies entières vont enfin être dévoilées, le silence n'étant plus acceptable. Un roman d'une grande justesse ne laissant aucune problématique dans l'ombre, inscrivant le phénomène du viol dans l'Histoire, en démontant le mécanisme, en démontrant les conséquences mortifères sur des générations de femmes et d'hommes, ayant empoisonné nos vies mais ne devant plus abimer celles des générations futures. La vérité peut être source de souffrance mais aussi de libération et d'apprentissage afin de construire un monde nouveau, meilleur, plus juste et égalitaire. Un roman tout à fait exceptionnel, fascinant et incontournable. Quatrième de couverture Dans les années 1920, Aurora est prête à tout pour s’extirper de la misère, même à épouser un homme qu’elle n’aime absolument pas. En cadeau de mariage, elle reçoit une machine à coudre. Ce sera son salut, mais aussi le rappel permanent d’un terrible drame. Cette simple machine va se transmettre ensuite de mère en fille, jusqu’à Alba, des décennies plus tard. Lorsque la jeune femme demande à emprunter la machine, son arrière-grand-mère sait que le moment est venu de raconter son histoire… mais aussi de révéler son secret. Un secret qui entraîne Alba dans un voyage à travers le temps, dans une maison familiale remplie d’amour, de tragédies, de cœurs brisés et de rêves. Une histoire de femmes fortes face au destin, où l’espoir est toujours permis, même dans les moments les plus difficiles… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les silences de Jeannette | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les silences de Jeannette Elise Fischer Calmann-Lévy 23 août 2023 320 pages Roman biograhique Chronique 13 janvier 2024 "Si une famille ne se compose pas de membres solidaires les uns des autres pour l'honneur contre les mauvaises chances, qu'est-ce qu'une famille ?" Alphonse Karr Un roman biographique comme un dernier message à tous ceux que Élise Fischer a laissé derrière elle à son décès annoncé en fin d'ouvrage et intervenu en décembre dernier. Basé sur l'histoire de sa famille sur plusieurs générations, se permettant quelques entorses à la vérité, quelques personnages fictifs, ce récit touche pourtant à une vérité absolue concernant les rapports parents enfants et particulièrement avec les mères. Élise Fischer, alors que la fin du chemin est proche, tente de comprendre encore les silences de sa mère Philomène-Jeanne dite Jeannette, une énigme tant son absence de tendresse, sa rugosité, sa cruauté parfois, ont laissé l'enfant puis la jeune fille qu'elle fut, démunie, sidérée, en fureur aussi. Alors remontons au tout début, l'enfance de son père, P'tit Roro le dernier d'une fratrie de sept enfants issue du ventre de Joséphine, dite Fine, Une mère âpre, alcoolique, pleine de rancœur mais aussi capable de pertinence trahissant une intelligence acérée. Se positionnant en victime, se déclarant Rouge contre les riches, n'ayant pas fait les bons choix au sortir de chez les sœurs et sans famille, elle a épousé un courant d'air fuyant sa colère et sa noirceur. Nulle douceur, nul instinct maternel, peut-être parce qu'elle est une handicapée du cœur, peut-être parce qu'elle n'a pas su ... Alors évidemment la rencontre entre Philomène-Jeanne, la promise de son P'tit Roro ou plutôt Jean, va faire des étincelles ! En cette première moitié du XXe siècle, les femmes n'ont pas beaucoup de choix de vie, de carrière, que l'on soit riche ou pauvre. Les plus modestes se trouvent enfermées dans un carcan imposé par une société paternaliste et souvent par les aïeules. Changer de condition, avoir de l'ambition, gravir l'échelle sociale sont inenvisageables. Jeannette a pourtant tout en main : l'intelligence, la finesse de jugement, l'éducation, l'élégance et la beauté... Alors qu'est-ce qui l'empêche de saisir les opportunités offertes par la vie ? Et pour Lison ou Élise, sa fille, quelle conséquences auront sur son destin les décisions prises par sa mère alors qu'elle n'est même pas née ? Élise Fischer fait revivre avec un immense talent tous les membres de cette famille pendant des décennies, entre Alsace et Lorraine. Sa démarche est bouleversante : l'urgence de transmettre le témoin aux siens, de donner des éléments de réponse à certains héritiers, transpire à chaque page. Je souhaite que ces dernières aient apporté la paix dans les cœurs de ceux auxquels elles étaient destinées. J'ai, pour ma part, obtenu quelques explications quant aux comportements des femmes de ma famille du côté maternel, figures très proches de Fine, Jeannette et Élise. Quatrième de couverture Entre Lorraine et Alsace, anatomie d’une trahison maternelle Âgé de douze ans à la mort de son père en 1933, Jean, dit P’tit Roro, dernier d’une fratrie de onze enfants, est élevé seul par sa mère, Joséphine, qui vivote en lavant du linge dans le canal de la Marne au Rhin à Champigneulles, près de Nancy. Malgré les efforts de sa soeur aînée, Agathe, Jean ne peut échapper à l’emprise de cette mère cassante, portée sur la boisson, qui ne décourage pas ses petits écarts, surtout quand ils permettent de gagner quelques sous. Philomène-Jeanne ignore tout cela lorsque Jean, qui travaille avec son père aux Chemins de fer, demande sa main dans l’euphorie de la Libération. Acculée à ce mariage, la jeune Alsacienne éprise de culture et d’idéal se résigne à emménager avec son mari chez sa belle-mère. Celle qu’on rebaptise Jeannette se plie aux moeurs de sa nouvelle famille. Mais la violence qu’elle est obligée de se faire est bien trop forte pour ne pas se retourner contre la fille qui naîtra de cette union… Dans son roman sans doute le plus personnel, Élise Fischer nous livre, sur trois générations, entre Lorraine ouvrière et Alsace rurale, une radiographie familiale saisissante, qui nous mène au coeur de la relation mère-fille, au plus près de ses failles et de ses blessures. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dans les brumes du mal | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans les brumes du mal René Manzor Calmann-Lévy 19 octobre 2016 400 pages Thriller Chronique 8 février 2017 Fini ce matin..... Après le chapitre 4 qui m'a quelque peu secouée tant certaines similitudes entre le personnage de Dalhia Rhymes et ma petite personne m'avaient frappée, j'ai lu cette histoire sans problème. Tous les ingrédients d'un bon thriller mâtiné de mystère, de vaudoue sont là. Une ombre shadduh vengeresse rôdant sur Charleston, la moiteur des marais, la disparition des enfants et l'assassinat de leurs mères, une bonne analyse psychologique des personnages. Bien écrit, fluide, chapitres courts, découpage intelligent.... un bon thriller ! Peut-être parce que j'ai l'esprit tordu ou que je lis trop de littérature noire, je savais qui était le meurtrier dès la moitié du livre. Je l'ai fini pourtant avec plaisir, pour la finesse des portraits et la qualité de la rédaction. J'adore la couverture.... Quatrième de couverture La mère de Tom est morte, et Tom a disparu. Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue. Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'école de la nuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'école de la nuit Harold J.Benjamin Cohen & Cohen 15 février 2024 224 pages Historique Chronique 22 février 2024 " Black is the badge of hell The hue of dungeons and the school of night. " " Noirs sont le sceau de l'enfer La couleur du cachot et l'école de la nuit. " Love's Labour's Lost, IV, 3, William Shakespeare (1564-1616) " Hell hath no limits, nor is circumscribed In one self place. But where we are is hell And where hell is there we must ever be. " " l'Enfer n'a point de limite, et n'est point circonscrit En un seul lieu. Mais l'Enfer est où nous sommes Et là où il est, là nous serons à tout jamais. " The Tragedy of Doctor Faustus, I, 5, Christopher Marlowe (1564-1593) Troisième tome de la série parue chez le même éditeur. Celle-ci comprend : Le grand effroi de John Pickett (2021) Les Lunes de Jupiter (2022) C'est un réel bonheur de suivre à nouveau les aventures de la famille Pickett et plus particulièrement de Tobias, avocat, fils de John, peintre, qui fut le personnage principal du premier opus. Londres, fin du règne de Élizabeth 1ère, vieillissante, en mauvaise santé mais toujours au regard et au jugement acérés sur son temps, sa cours, ses courtisans, ses opposants, son peuple, sur la place de son royaume sur l'échiquier mondial. Elle aime jouer et se divertir ; ainsi le théâtre tient-il une place particulière en son cœur et l'arrivée d'un nouveau venu très talentueux, William Shakespeare, ne lui a pas échappé. Harold J. Benjamin nous offre une plongée somptueuse, passionnante, stupéfiante et haletante dans les coulisses de deux maisons de théâtre, à la rencontre de leurs troupes de comédiens et techniciens. J'ai nommé : - Le Rose playhouse où officient les " Lord Admiral's Men ". - Le Globe playhouse où officient les " Lord Chamberlain's Men " et notre cher Will. À vous la découverte de l'organisation matérielle, administrative, humaine de ces deux structures, de leurs loges, des artisans et artistes qui y vivent et y travaillent. Enthousiasmant ! Les bâtiments ronds en bois sont montés sur des terrains loués par leurs directeurs pendant un certain temps. Si le propriétaire du dit terrain veut le récupérer à la fin du bail, le démontage et le déménagement de l'édifice sont nécessaires. Ainsi les deux théâtres éloignés l'un de l'autre en ce début de récit, se retrouvent-t-ils voisins en raison des aléas de la vie difficile des playhouses, juste avant les premières disparitions d'une costumière, Hannah, et de son amoureux, Martin, comptable et acteur, après une représentation du Doctor Faustus de Christopher Marlowe au Rose playhouse. Peu de temps après, un corps casqué encore dans le costume porté par Martin est retrouvé dans le terrain voisin où est remonté le Globe playhouse. Tobias Pickett est appelé sur place et mandaté pour découvrir la vérité. Au même moment, lui et sa famille se voient obligés de répondre d'accusations calomnieuses de magie noire et d'abus par une certaine Agnes Bishop. Il sont, semble-t-il, dans le collimateur d'un juge de paix, Richard Harclyff. Mais pourquoi ? Alors que le peuple crie famine, que le pouvoir dictatorial écrase toute opposition, et que la guerre en Irlande prend de l'ampleur, le monde du théâtre bruisse de mille sons inquiétants. Un brouillard de suspicion, de peur l' enveloppera pendant plus de six mois pendant lesquels Tobias devra résoudre les énigmes de la mort de Martin, de la disparition de Hannah et d'un deuxième meurtre, tout aussi étrange. L'atmosphère anxiogène, paranoïaque et venimeuse de cette période élisabéthaine cependant si attractive et brillante, est toujours aussi parfaitement rendue par Harold J. Benjamin. Tout n'est qu'apparence, comédie de société, complots et vanités dans ce thriller historique. La dernière scène finale avant l'épilogue est fabuleuse : les pièces du puzzle se mettent en place sous nos yeux émerveillés, petites miettes de pain que l'auteur avait patiemment laissées sur notre chemin. Écoutez ! Les trompettes retentissent ! Bientôt le spectacle va commencer. Pénétrez dans l'école de la nuit ! Merci à Harold J. Benjamin pour sa confiance renouvelée. Quatrième de couverture L'École de la nuit, est un thriller historique, qui se déroule dans l'ambiance envoûtante de l'Angleterre élisabéthaine et le monde du théâtre, celui de Shakespeare et de Marlowe. Un mystère qui se dénoue sur la scène du théâtre Rose en un final étonnant. Angleterre, 1598. Le règne d'Élisabeth 1re s'achève. Sur la rive sud de Londres, dans le quartier des plaisirs, retentissent les bruits du chantier d'un tout nouveau théâtre, le Globe, mais soudain une découverte macabre bouleverse les ouvriers. Tobias Pickett, avocat de renom appelé pour démêler l'affaire, se trouve confronté à une galerie de personnages intrigants : Hannah Wynters, la belle costumière de la troupe du Rose, le rival du Globe ; pourquoi a-t-elle mystérieusement disparu ? Martin Slater, le régisseur au passé mystérieux ; qui donc est allé fouiller son précieux coffre ? Agnes Bishop, jeune fille de 12 ans maltraitée par la vie, accusée de pratiquer la magie noire. Et puis, il y a Richard Harclyff, le juge de paix manipulateur dont l'ambition dévorante ne connaît aucune limite. Tandis que des échos inquiétants de la guerre en Irlande parviennent à Londres, l'affaire attire l'attention des plus hautes sphères du pouvoir. Une enquête palpitante dans le monde du théâtre, celui de Shakespeare et de Marlowe, qui aboutit jusque sur la scène du Rose playhouse en un final étonnant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un crime sans importance | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un crime sans importance Irène Frain Seuil Août 2020 256 pages Biographie Roman Chronique 20 janvier 2021 Un crime sans importance est lauréat du prix Interallié 2020. Quel courage a-t-il fallu à Irène Frain pour rédiger ce texte si délicat, si difficile, si intime au cœur même de la douleur et de la tourmente puisque rien n'est fini ? Je suis profondément admirative de la force couplée au talent de l'auteure dans la nécessité incontournable, inévitable de dire, de raconter, de dénoncer aussi .... Un fait divers pour certains, un drame inacceptable toujours. Un texte qui reste volontairement indéfini, distancié au départ. Les faits, rien que les faits... Et puis le réveil, la souffrance de la perte mais aussi causée par l'absence de réponse des forces de l'ordre, des enquêteurs, par le parcours du combattant imposé aux proches de la victime de ce crime barbare, brutal .... l'incompréhension n'est pas supportable, il faut savoir... Il faut analyser la scène de crime, la ville, la société, dresser le portrait de la disparue... Le tout avec pudeur, respect, par touche.... Mais surtout rompre ce silence meurtrier pour la seconde fois, assourdissant, anxiogène pour les proches mais aussi pour toute la cité. La disparition brutale, l'assassinat d'une personne concerne sa famille mais aussi toute la collectivité. À lire absolument et à suivre dans les mois qui viennent. Quatrième de couverture Les faits. Le peu qu'on en a su pendant des mois. Ce qu'on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l'unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d'été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d'organiser des barbecues dans leur jardin. L'agresseur, a-t-on assuré, s'est introduit dans la maison de l'impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l'a toujours pas rendu. " Face à l'opacité de ce fait divers qui l'a touchée de près – peut-être l'œuvre d'un serial killer –, Irène Frain a reconstitué l'envers d'une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l'intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Fordlandia | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Fordlandia Jean-Claude Derey Payot & Rivages 2016 332 pages Thriller Historique Chronique 2 mars 2019 Rendons à César ce qui est à César. Remettons les évènements dans la bonne chronologie. Avertissement aux lecteurs : « Henry Ford, c'est un fait mal connu, a inspiré Hitler à travers les nombreux articles antisémites de son journal, le Dearborn Independant, qu'il publia de 1921 à 1927. Hitler considérait Ford comme son maître à penser et affichait son portrait dans son bureau. Le noyau dur de ce roman s'inspire de faits authentiques et de personnages réels. Fordlandia a bien existé, au cœur de l'Amazonie. Dans les années vingt, Henry Ford voulait créer la plus grande plantation de caoutchouc du monde et bâtir une cité radieuse où l'Homme nouveau aurait sa place. L'imagination accomplit le reste : perchée sur une branche, elle lisse ses ailes pour survoler la forêt sauvage et le rêve mégalomaniaque d'Henry Ford qui préconisait déjà la solution finale, l'extermination de tous les juifs. » Incroyable ! Du coup, l'auteur prend le parti de laisser deux narrateurs raconter cette histoire : Luther Ford rédacteur pour le Dearborn Independant à Detroit et Irou de la tribu des Yanomami au Brésil. Tiago, chasseur et guerrier émérite revient d'une équipée jusque chez les blancs. Touna a été assassiné par ces envahisseurs qui détruisent peu à peu la forêt amazonienne pour déblayer le terrain en vue de la construction d'une immense plantation et d'une nouvelle ville, Fordlandia. Tiago hait les blancs et exorte la tribu à se battre contre eux et les exterminer. Une voix s'élève contre ce discours, celle de Anna, quinze ans, fille adoptive du chaman, qui a été enlevée enfant par Tiago, après que celui-ci ait assassiné ses parents, de pauvres indiens. Il souhaitait la tuer en arrivant au village mais Irou l'en a empêché. Depuis Anna et Tiago se détestent et l'amour a grandi entre les deux jeunes gens. Anna souhaite se donner à son homme de coeur et se rend à une cascade afin de se préparer pour lui. Un yatch avec trois blancs à son bord approche. Anna disparaît. Tiago et Irou décident de se rendre à Fordlandia pour la chercher... À peu près au même moment, à Detroit en 1927, Luther Ford a réussi à devenir un collaborateur proche du magnat antisémite Henry Ford, rédacteur de tous les articles du Dearborn Independant, qui ne donne pas seulement des conseils pratiques, d'hygiène, de vie aux milliers de travailleurs de la firme, mais appelle bien à la haine du juif dans des textes d'une extrême violence. Maître Shapiro, avocat, après sept ans de ce traitement, au nom de la communauté juive de Detroit et des USA, décide d'attaquer Henry Ford en justice. Luther est un personnage très énigmatique, il ne convainc pas le chef de la sécurité de l'usine, aux méthodes mafieuses, d'autant plus lorsqu'une vieille femme parlant yiddish se présente sur place réclamant de voir en pleurant et hurlant son fils, Jeremy Mandel, qu'elle n'a pas vu depuis des années mais qu'elle reconnaît immédiatement lorsque apparaît Luther. Le pot aux roses est découvert, le roublard Henry Ford décide de profiter de cette aubaine dans le cadre de sa défense au procès. Le seul responsable de tous ces articles antisémites n'est pas lui mais Jeremy Mandel, le rédacteur en chef juif. La bonne blague ! Il n'a pas vérifié, dit-il, la teneur de ces papiers. Ford ne sait pas que Jeremy est un agent double au service de la communauté juive, la renseignant sur sa contribution au financement du parti national socialiste de Hitler. Après le procès, Ford décide de l'envoyer à Fordlandia, sa nouvelle plantation d'hévéas. Un de ses hommes de main a été assassiné sur place, Jeremy doit donc enquêter, après une traversée cauchemardesque cerné par des antisémites. Mais l'Amazonie n'est pas Detroit, ou une terre accueillante pour les blancs. Ceux-ci y sont victimes de deux phobies : le mystère et les moustiques. Ils ne comprennent pas comment fonctionne ce pays, ils en deviennent fous. Quand les deux phobies se mélangent, l'homme blanc " redevient le petit garçon qui a peur du noir, qui se cache derrière un air bravache." La construction de Fordlandia et l'installation de la plantation sont catastrophiques : des erreurs énormes s'accumulent, Ford refusant dans sa paranoïa habituelle d'engager des ingénieurs spécialisés dans la culture de l'hévéa, d'autant plus sur cette terre d'Amazonie si différente de l'Indochine, où le succès et la rentabilité sont au rendez-vous pour les colons. La fureur des ouvriers gronde, la nature se venge, des félins rôdent, les sorciers et chamans maudissent les lieux, et toujours glisse la silhouette de Anna la disparue réclamant vengeance. Jeremy, Irou, Tiago vont agir ensemble... Une fin digne de l'ancien Testament... Henry Ford ne peut rien faire contre les forces de la terre, mais déjà les évènements se précipitent en Europe... Un roman épique, mêlant Histoire et mystères millénaires. Deux mondes s'affrontent... En écho aujourd'hui, la situation dramatique du Brésil et des indiens d'Amazonie. À lire. Quatrième de couverture Henry Ford, c'est un fait mal connu, a inspiré Hitler à travers les nombreux articles antisémites de son journal, le «Dearborn Independent». Dans les années 1920, Luther, un jeune juif, postule comme rédacteur en chef du journal. Sous couvert de cette fonction et en cachant ses origines, il gagne la confiance de l'industriel et renseigne ainsi la communauté juive américaine sur les tractations secrètes entre Hitler et Ford, qui contribue au financement du parti national socialiste. Mais Luther est démasqué et envoyé par Ford dans sa plantation de caoutchouc en Amazonie sous prétexte d'enquêter sur l'assassinat d'un des cadres. En fait, le chef de la plantation de Fordlandia est chargé de l'éliminer en simulant un accident... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Femme sur écoute | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Femme sur écoute Hervé Jourdain Fleuve Noir 2017 524 pages Thriller Chronique 17 juillet 2018 Finaliste pour le Prix Ligue de l'Imaginaire-Cultura fin septembre 2018. En 2017, il reçoit le prix Sang d'encre décerné par le festival de Vienne. Voici pour moi, un troisième livre se déroulant au Bastion de Batignolles, le nouveau 36 quai des Orfèvres. Les policiers ont eu du mal à quitter ce lieu mythique. Il semblerait que les écrivains de polars aussi. Mais cette fois-ci le déménagement a bien eu lieu, avec retard, l'ouverture va être un évènement mondain et politique d'importance. Frémissement de couloir, stress des petits fours et des huiles. La visite aux étages ouverts alors du bâtiment, façon Vauban, vaut le détour d'autant plus avec Hervé Jourdain, ancien capitaine de police à la Brigade criminelle de Paris aujourd'hui analyste au sein d'un service spécialisé. Ces deux professions d'exception se retrouvent dans ce roman à travers les personnages de flics. Kaminski, chef de groupe, représente la vieille garde, mysogine aux méthodes très borderline. Efficace, haïssable, vite déstabilisé par la police, nouvelle formule. La pauvre Lola Rivière sous ses ordres souffre énormément, elle fait ses armes, il lui met des bâtons dans les roues constamment. De plus Lola a un secret de taille qui la rend encore plus attachante et admirable pour le lecteur. Enfin très intelligente, l'informatique est son terrain de prédilection, elle est experte en cyber criminalité. Heureusement le patron, le divisionnaire Hervé Compostel a remarqué ses qualités et la prend sous son aile. C'est un homme en deuil qui travaillait avant à la brigade financière. Donc le tournant de carrière à la Crim est un challenge. Deux autres membres vont venir renforcer cette équipe : le brigadier Zoé Dechaume et plus tard son supérieur le commandant Guillaume Desgranges. Tous deux des teigneux, un tandem qui gagne. Tout en haut de l'organigramme le directeur Thomas Andrieux. Tout commence par des retranscriptions de conversations téléphoniques entre une certaine Manon Legendre, dite Monica, dans son métier de lap danseuse, effeuilleuse et prostituée occasionnelle, œuvrant dans le triangle d'or de Paris entre Le Jardin d'Eden une boîte de nuit pour vip et l'hôtel Pierre Ier, une collègue Diana Sangaré, Moussa Sissoko, qu'on devine être le mac, Julie legendre la sœur de Manon, étudiante en philo, ignorante des activités de son aînée, la banque de Manon de mauvaises surprises l'attendent, et enfin et pas le moindre David Ribeiro dit le Bison en préventive, en taule pour braquage, fiancé de Manon, personnage haut en couleurs, une frappe détestable. Manon lui obéit, pourtant c'est une dure à cuire, mais il est le père de son fils tristement baptisé par son paternel Jihad. Entre le strip tease, le bébé et les visites aux parloirs ainsi que quelques rdv organisés par Moussa, elle n'arrête pas. Au Bastion les interrogatoires de Didier Jeanjean qui a retrouvé sa femme assassinée, et dans une autre salle de sa maîtresse Mireille Dunois ne donnent rien. Kaminski est furieux et incrimine Lola. Pour lui la police est un métier d'homme. Le duo n'arrive à rien. Compostel convoque tout le monde dans son bureau flambant neuf. Une nouvelle affaire est tombée : l'overdose de Dalila Toumi dans le coma, fille d'une des politiciennes se présentant aux présidentielles. Kaminski, Lola et Zoé sont mis sur ce cas et Guillaume sur celui des deux amants. Parallèlement, Compostel remet entre les mains de Lola, en secret, un pc à analyser. Elle comprend vite que cela concerne son fils Alexandre suicidé voici trois ans. Tout est mis en place. On se demande ce que Manon et Bison ont à voir avec les deux enquêtes de la Crim. Patience, l'auteur sait très bien disposer ses pions et construire sa maison. « Sexe, politique, sécurité... Et des morts sans connexions apparentes. Au plus près du réel, en s'appuyant sur le système des écoutes téléphoniques, Hervé Jourdain bâtit une intrigue à l'architecture saisissante, doublée d'un portrait ( à l'acide) de son époque. » Du bel ouvrage, un récit prenant, intelligent, des personnages bien campés, des femmes mises à l'honneur, un divisionnaire qui n'hésite pas à aller au charbon, de l'humanité face à la barbarie et au cynisme ambiant. Et vraiment, cette découverte du Bastion est exceptionnelle. Beaucoup aimé ! Quatrième de couverture Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d'or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu'elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu'une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c'était avant qu'on pirate sa vie. Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s'escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d'une jeune garde, qu'a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs... La réputation de l'experte en cybercriminalité n'est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l'ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Mes Jardins de Paris | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mes Jardins de Paris Alain Baraton Mon Poche 27 mai 2021 370 pages Guide Chronique 3 octobre 2021 Un guide des jardins édité au format poche, idéal afin de l'emporter partout avec vous dès que l'envie vous prend de partir vous aérer, de vous reconnecter au végétal par le biais de ces espaces verts où la Nature, maîtrisée jusqu'à un certain point, vous offrira des cadres magnifiques d'autant plus en cet automne commençant. Des lieux où liberté du corps rime avec lâcher prise ; jardins, squares, parcs d'hier ou contemporains comme autant de carrefours de rencontres, de possibles, de réflexions, d'expositions, de joies et de peines. Des ponctuations dans la ville, dans le béton, où la mémoire des disparus est vivace, où l'hommage aux grands personnages de notre Histoire persiste, où l'oubli de ce qui fut créé, offert à la postérité est impossible, comme autant de cailloux blancs jalonnant le récit de l'humanité dans ce qu'elle a de plus remarquable, d'exceptionnel. La justice, par la création de certains de ces lieux et surtout leur baptême, est victorieuse en ce que certaines personnalités bien mal loties de leur vivant obtiennent la reconnaissance ad vitam eternam. L'organisation de ce guide est aussi à noter, préférant à un classement alphabétique ou par arrondissement des thèmes poétiques plus illustratifs et séduisants : Les voix des jardins où se retrouvent des artistes interprètes de scènes théâtrales, musicales, etc ... Jardins des auteurs de Péguy réhabilité en passant par Tolstoï pour finir avec le Square des poètes... Les jardins des Arts faisant la part belle à Emile Gallé, Renoir, Brassaï ou encore à certains musées et lieux d'exposition... Évidemment, les Jardins résistants sont incontournables car qui, plus que les combattants de la liberté et de la défense des droits de l'homme ou victimes de la barbarie, mérite que sa mémoire soit bénie ? donc Martin Luther King, Anne Franck, Ilan Halimi, Estienne d'Orves, Albert Schweitzer... Jardins féministes encore trop peu nombreux, Louise Michel, Suzanne Lenglen... Les jardins partagés eux aussi persistant à offrir un espace à quelques chanceux. Puis les jardins politiques et militaires, royaux, expression du pouvoir.... Plus touchants et moins ostentatoires, les jardins des îles, qui mènent évidemment aux jardins d'amour, enfin !!! Plus étonnants les jardins maudits dont font partie le Parc Montsouris, des Buttes-Chaumont, des Batignolles... !!!! Les jardins contemporains dont un de mes lieux préféré à Paris, le Parc de la Villette. Un ouvrage de passionné, d'érudit sachant rester accessible, à déguster lentement, à ressortir régulièrement. Un classique du genre regroupant près de 150 descriptions. Merci aux Éditions Mon Poche pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture Voici le premier livre exhaustif jamais écrit sur les jardins de Paris. Et quel meilleur spécialiste que le jardinier le plus célèbre de France, Alain Baraton, qui est aussi le jardinier de Versailles ? à Paris, les jardins sont multiples et portent de multiples noms. Qu'ils soient parcs, squares, promenades ou jardins à proprement parler, ils recèlent bien des surprises et dévoilent un visage parfois méconnu de la capitale, cette ville que l'on ne croit que de pierre et de monuments : célèbres, ils abritent des recoins mystérieux ; ignorés du grand public, ils sont le délice des habitants du quartier. Alain Baraton s'en fait le guide passionné dans une série de balades thématiques allant des jardins féministes aux jardins maudits, en passant, entre autres, par les jardins de chanteurs ou les jardins de pouvoir. Dans cette promenade où nous apprenons en marchant, chaque lieu est l'occasion d'une anecdote historique, botanique ou personnelle. Cet ouvrage est beaucoup plus qu'un guide : il est aussi un merveilleux voyage dans le temps et dans l'espace qui conduit son lecteur de l'antique Lutèce à la Chine contemporaine et même à la lune, tout en ne bougeant pas de Paris. Il est enfin l'occasion de découvrir un Alain Baraton personnel et engagé, fervent défenseur de la nature mais aussi de certains militants ou de la cause des femmes. Ces jardins de Paris sont nos jardins, qui ne doivent plus rester secrets. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- J'ai perdu Albert | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires J'ai perdu Albert Didier van Cauwelaert Audiolib 2018 5 h, lu par l'auteur SF Chronique 8 mars 2019 J'ai adoré ! Voilà ! Je pourrais m'arrêter là...Décidément cet homme est un surdoué, pas Albert, non ! Didier. Quel comédien ! Cette interprétation de son propre texte est géniale, parfaite dans l'émotion comme dans la comédie la plus loufoque. La voix est belle et caméléon. J'ai été soufflée par cette performance. Évidemment lorsqu'on sait que le scénario du film sorti en septembre 2018 fut écrit en même temps que le roman, on comprend mieux la justesse du ton, le jeu impeccable. Quel bel après-midi j'ai passé ! Deux narrateurs au début : la voyante Chloé qui n'entend et ne voit plus rien en raison de sa perte de connection avec l'âme de Albert, le garçon de café apiculteur Zac son successeur involontaire dans la profession de médium. Et puis soudain, moment goûteux, délicieux, émouvant...celui où le grand Albert prend enfin la parole... Pourquoi a-t-il changé de fréquence, de passeur ? Pourquoi choisir Zac le looser ? Que reproche-t-il à Chloé ? Comment celle-ci va bien pouvoir sauver les meubles face à une clientèle exigeante et richissime ? Comment Zac va-t-il supporter ses nouveaux " pouvoirs" ? Mais que veut Einstein ? Drôle, grave, dramatique, fantaisiste, réaliste, tendre, un roman formidablement caustique, intelligent, qui mine de rien nous interroge sur les vraies questions .... À vous de découvrir lesquelles ? L'occasion pour l'auteur de reprendre un de ses thèmes favoris, la communication avec les morts, les âmes anciennes. Les notes et l'interview de la fin vous ménagent des surprises... Il n'y a pas de hasard ! Quatrième de couverture « Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. » Pourquoi, après vingt ans de cohabitation, l'esprit qui hante Chloé l'a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d'un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d'autant que cet esprit qui s'est mis à le bombarder d'informations capitales et pressantes n'est autre qu'Albert Einstein... Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s'attaque aux enjeux planétaires, Didier van Cauwelaert invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le piège de verre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le piège de verre Eric Fouassier JC.Lattès 2017 475 pages Polar Historique Chronique 4 février 2018 Tome 2 de la « Saga Heloïse, l'apothicaire ». La belle couverture m'a attirée puis ce fut le résumé mentionnant une héroïne apothicaire au tout début de XVIe siècle. L'auteur est membre de l'Académie nationale de pharmacie et spécialiste de l'histoire de la pharmacie qu'il enseigne depuis vingt ans à l'Université. Il est aussi un passionné de jeux de piste et d'énigmes. Donc ce roman regroupe tout ce qu'il aime et pour notre très grande joie. J'ai lu exactement le livre que j'espérais découvrir. Un thriller historique fantastique aux couleurs ésotériques très bien construit et documenté, dont l'héroïne Héloïse peu banale se lance sur les routes de France, de son apothicairerie d'Amboise dont elle a hérité à la mort de son père et qu'elle a eu le droit de reprendre par autorisation royale, jusqu'à Reims et ses secrets. 1503, trois apothicaires sont assassinés, sur leurs fronts d'étranges inscriptions sont gravées. Anne de Bretagne, épouse de Louis XII après avoir été celle de son prédécesseur Charles VIII, comprend qu'un complot s'ourdit contre la couronne. Elle demande donc à Héloïse Sanglar, qu'elle a connue lors de précédents événements gravissimes au cours desquels elle a pu juger de son courage et de son intelligence, de mener l'enquête, accompagnée d'un fidèle de la reine le Baron de Comballec, un guerrier antipathique et brusque. Une âme dérangée et vicieuse mais cependant ingénieuse a monté toute une machination dans un seul but proprement incroyable. Ainsi un vrai jeu de piste périlleux et mortel avec pièges, énigmes, jeux de mots, faux semblants a été créé de toute pièce pour notre tandem accompagné du jeune Robin. Un vitrail mortel, un moine fou suivi d'un Jean Cousin dit l'Angelot, des sciences occultes, des secrets millénaires, des ordres anciens, des indices cachés dans l'architecture de monuments ou dans un poème, tous les ingrédients nécessaires au suspense sont là. Notre Héloïse toujours amoureuse secrètement du célèbre chevalier Bayard guerroyant en Italie pour le compte du roi à Garigliano, est aussi sensible au regard que porte sur elle Henri de Comballec tombé tout doucement sous le charme de la belle rousse si courageuse et intelligente. Les aventures de tous ces personnages issus de l'imagination fertile de l'écrivain croisent celles de figures célèbres de notre Histoire de France et des Arts. J'ai appris énormément et été amusée ou emportée par ce récit sous forme de course contre la montre. La fin imprévisible me laisse espérer une suite. Du très bel ouvrage donc que ce roman ! Quatrième de couverture 1503, trois alchimistes sont retrouvés assassinés, d'étranges lettres gravées sur le front. Convaincue qu'un complot se trame à l'ombre de la Couronne, la reine Anne de Bretagne fait appel, pour mener l'enquête, à la jeune apothicaire Héloïse Sanglar, accompagnée du baron de Comballec, un soldat autoritaire et rude. Afin de déjouer la machination conçue par un esprit dérangé, les voici contraints de décrypter les énigmes et codes secrets d'un mystérieux parchemin. Vitrail aux pouvoirs mortifères, sciences occultes, disparitions inexpliquées... les menaces pleuvent sur Héloïse, bien déterminée à venir à bout des adversaires du roi. Mais les temps sont difficiles quand on est une femme, et, et il lui faudra l'aide de tous ses alliés, jusqu'à celle de son amour de jeunesse, le chevalier Bayard. Dans ce récit captivant, entre roman historique et thriller ésotérique, Éric Fouassier nous entraîne dans une véritable course contre la montre au cœur de la France de la Renaissance. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ainsi fleurit le mal | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ainsi fleurit le mal Julia Heaberlin Presses de la Cité 8 septembre 2016 554 pages traduites par Cécile Leclère Thriller Chronique Titre original « Black-Eyed Susans ». Le miroir est brisé et la femme qui s'y regarde y est morcelée, fragmentée. Il fut cassé lorsque Tessie fut retrouvée en 1994 mourante sur un tas d'ossements humains au côté d'un cadavre de jeune fille, dans une fosse emplie de marguerites jaunes aux yeux noirs. Elle ne se souvient de presque rien et devient dans la presse une des Marguerite, la victime rescapée d'un tueur en série. Nous sommes au Texas où la peine de mort est appliquée et donc, elle contribue par son témoignage devant la cours à la condamnation de Terrel Darcy Goodwin, afro américain, coupable parfait dans cet État. Tessa aujourd'hui est une artiste talentueuse et mère célibataire épanouie d'une adolescente Charlie. Évidemment tout n'est pas si simple, les Marguerite lui chuchotent toujours à l'oreille, elle est toujours sur le qui-vive, elle joue parfaitement le jeu social mais Tessie se réveille quelquefois en elle, cette jeune fille en colère, irrespectueuse, transgressive et violente qui joue avec son psychiatre, qui lui ment, qui feint d'avoir perdu la vue plus que nécessaire pour juger de l'honnêteté de son entourage, aidée en cela par sa meilleure amie troublante et dérangeante Lydia. Ainsi glissons-nous entre 1995 où le huis clos des séances avec le psychiatre en charge de la préparer au procès nous permet de découvrir par petites touches la personnalité complexe de Tessie victime certes mais aussi manipulatrice, puis le procès en lui même et le rôle que certains vont y jouer... et aujourd'hui où Tessa découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre. Est elle vraiment libérée de son bourreau depuis 1995 ? Le vrai criminel est-il enfermé et prêt à être exécuté ? Son « Monstre » est-il toujours dehors à la guetter ? Une bénévole Angela Rothschild luttant pour une association contre la peine de mort a relancé le dossier de Terrel, persuadée de son innocence. A son décès, l'avocat William James Hastings accompagné du Dr Joanna Seger médecin légiste viennent informer Tessa de leur volonté d'innocenter celui qu'elle a envoyé en prison. Elle va donc les suivre sur ce chemin vers la vérité, vers son passé et celle qu'elle fut. Elle va affronter les ombres, les monstres et fantômes et tenter d'avoir enfin certaines réponses. Il en va de sa tranquillité d'esprit, de son avenir avec sa fille. Le passage entre les deux époques est très bien maîtrisé dans des chapitres de plus en plus brefs. Les informations nous sont distillées au compte goutte remarquablement, la fin est bien plus effrayante et originale que ce nous pouvions imaginer. Car le talent de l'auteure est de nous faire participer à la mise en abîme de Tessa/ Tessie alternant des scènes normales du quotidien à des moments de stress et de peur intenses. Nous basculons avec l'héroïne essayant de nous raccrocher a une planche glissante pour ne pas nous laisser submergés par la terreur. Notre empathie pour Tessa est au maximum, et comme elle, nous restons en mode contrôle tout le long du récit pour ne pas sombrer. Mais le vertige nous rattrape finalement. C'est un thriller très réussi abordant également le thème central aux Usa de la peine de mort dans certains États, de cette loi du Talion « oeil pour oeil, dent pour dent ». Sans entrer plus dans la controverse l'auteure donne des faits comme la journaliste qu'elle fut. Certains personnages sont directement inspirés de femmes et hommes réels luttant au côté des victimes et des prisonniers dans le couloir de la mort. Voir les notes de fin. Voilà très bonne découverte et lecture en ce qui me concerne Quatrième de couverture J'ai toujours pensé que la mort avait quelque compte à régler avec moi. » À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d'ossements humains et au côté d'un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des 'Marguerite', surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane. Presque vingt ans ont passé. Aujourd'hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix celles des Marguerite qui n'ont pas eu la même chance qu'elle, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale et à échapper à la curiosité malsaine de la presse. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l'assaille... Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le coup d'avance | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le coup d'avance Hugues Cologan Portaparolee 29 mai 2023 144 pages Anticipation Chronique 28 mars 2024 "Ainsi les phases s'accomplissent en nous, ainsi nos âges intérieurs se déroulent silencieusement et se séparent. Ce sentiment que l'homme porte en lui tout son passé, qui en parlait en ces termes ? Nous transportons les urnes de nos âges et nous conservons au fond de notre mémoire les spectres de notre jeunesse. Mais le souvenir d'une partie de ballon sous le préau de l'école nous revient et le cœur d'homme s'emballe comme celui d'un enfant." " Les hommes ne conjecturent qu'en fonction de leur passé et quand ils approchent le futur qui se prépare, ils doivent abandonner toute nostalgie [...]" Deux petits garçons, Romuald et Hubert, plus que des amis, des frères, grandissent sans se quitter jusqu'à être engagés adultes dans le même groupe d'ingénierie informatique. Dans cet "Intelligence Service Center", peu à peu les êtres deviennent des âmes en perdition sans but réel, obéissant aux règles édictées par la direction : course à la performance et au profit sans fin, ne respirant plus, ne pensant plus, penchés sur leurs claviers d'ordinateur, enfermés dans une dimension parallèle bien peu humaine. Engranger toujours plus : quel meilleur moyen d'y parvenir que d'avoir un accès direct sur le futur. À vous les gains faramineux à la bourse, sur les champs de course.... Romuald dit tout à Hubert sans avoir détecté que celui-ci a changé, a oublié leur passé, leur enfance, l'essentiel. Il lui avoue vivre deux fois certains événements, être atteint d'un dysfonctionnement temporel. Impossible pour lui de prévoir l'enclenchement de ces instants mais quelle aubaine si cela était possible, quelle richesse on pourrait accumuler facilement ! Romuald dans sa naïveté avoue à Hubert son secret et celui-ci le trahit, aveuglé par le désir de briller, de contrôler le don maudit de son ami... Entrent en scène une certaine Géraldine leur supérieure hiérarchique et une Sale-petite-puce qui bientôt, prenant des libertés, deviendra narratrice de ce conte désenchanté, de ce roman d'amitié et de trahison, de ce récit d'anticipation. Une alarme retentit : que gagnerons-nous à perdre notre humanité, nos liens d'amitié, d'amour, sinon un paradis artificiel infernal ? Quelles sont nos priorités ? Pouvons-nous freiner voire stopper le "progrès", la transformation de notre société, le temps ? Sommes-nous encore capables de ne pas nous enfermer dans une dimension virtuelle et d'affronter la vérité ? Lâcher prise et ralentir, favoriser l'intelligence humaine, émotionnelle à l'intelligence artificielle et déshumanisée ? Un premier roman onirique, déstabilisant, et j'espère non prémonitoire. Quatrième de couverture Un premier roman percutant, à la fois réaliste et fantastique. Jouant sur la notion d’anticipation, Le Coup d’avance raconte, par la voix d’un narrateur aussi mystérieux qu’original, l’histoire d’une belle amitié sacrifiée sur l’autel de la technologie. Romuald, génie de l’intelligence numérique, usé et solitaire, est la victime d’un dysfonctionnement temporel, un mal étrange qui lui fait vivre deux fois la même heure. Dans l’espoir d’en tirer profit, son ami d’enfance Hubert — salarié dans la même entreprise que Romuald — l’entraîne dans un projet « innovant » et machiavélique, afin de revendre à prix d’or les données enregistrées dans la première heure. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La salle de bal | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La salle de bal Anna Hope Gallimard Du Monde Entier Juin 2017 387 pages traduites par Élodie Leplat Historique Chronique 13 novembre 2017 Une grande histoire d'amour où tous nos sens sont en éveil, où la tête tourne, où l'urgence prime, ou toucher l'autre ou le sentir est vital autant que de respirer. Un miracle qu'on attend plus, qui suspend le temps, qui efface les barrières, où l'horizon est le regard de l'autre, où le cadre, l'endroit ne comptent plus, où l'espoir et la liberté renaissent. Donc Ella Faye la fileuse de laine dans une des fabriques du coin et John Mulligan irlandais qui a tout perdu, sa fille décédée puis sa femme, se rencontrent à l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, en hiver 1911. Elle vient d'y être internée pour hystérie après avoir seulement brisé une vitre de la filature. Elle tente de s'échapper de cet enfer et tombe sur John et son ami Dan creusant des tombes. John après avoir été mis dans un hauspice pour démunis suite au drame, a été enfermé depuis cinq ans dans cette institution pour soigner sa mélancolie. Trois autres personnages vont compter dans ce récit : Dan Riley le tatoué et manouche généreux et libre, Clem Church, jeune fille de bonne famille éduquée et suicidaire en rupture avec la société, et enfin, Dr Charles Fuller, falot, faible, homosexuel qui veut s'ignorer, musicien, ayant soif de reconnaissance de ses pairs, fidèle lecteur de la Eugenics Review. Nous ne sommes pas dans un roman de SF ou de fantastique, et c'est là le plus grave, nous sommes bien dans un contexte historique où quelques détails comme le nom de l'asile par exemple ont été changés, mais où les faits sont vérifiables. Un projet de loi sur les faibles d'esprit doit alors être voté et le sera deux ans plus tard sous le nom de Mental Deficience Act, autorisant la ségrégation des " faibles d'esprit ", y inclure les pauvres, les accidentés de la vie, les femmes hystériques, les différents. Heureusement une clause n'a pas été retenue, celle de la stérilisation des hommes et femmes des plus basses couches de la société afin qu'il disparaissent et que l'Angleterre soit purifiée. Ce fut fait par les nazis puis par leurs adeptes jusqu'en 1950 dans certains pays nordiques. Relire le dossier 64 de Jussi Adler Olsen. Nous sommes ici dans une société corsetée post victorienne, Georges V va être couronné, les émeutes et les grèves se multiplient à Liverpool et ailleurs, le peuple gronde, on ne maîtrise pas encore les avancées scientifiques dont on ne sait comment les adapter à la pensée du XIX eme siècle s'éternisant, Charles Darwin a bouleversé tous les codes et croyances , son fils préside le congrès de la société d'eugénisme, des stérilisations ont déjà eu lieu aux États-Unis, et le ministre de l'intérieur Winston Churchill en est totalement partisan. Tout cela semble être un mauvais trip, incroyable, inenvisageable. Notre Dr Fuller, doux, faible, appliquant des méthodes de musicothérapie avant l'heure, va se transformer au fil de l'histoire en raison de sa lâcheté à s'assumer comme homme, face à un John d'une telle virilité évidente, un beau "spécimen" comme il nomme tous les hospitalisés, en un monstre, un extrémiste dangereux plein de haine et de rancœur. S'il avait su, lui le chef d'orchestre, ce que la mise en place d'un bal tous les vendredi soir dans une des salles fabuleuses de l'asile, allait générer, seul lieu de rencontre entre les femmes et les hommes internés, peut-être y aurait-il réfléchi plus longuement. L'espoir, l'amour, sont des armes puissantes rendant tout possible. Un des plus beaux livres de cette rentrée littéraire, poignant, lumineux et nécessaire, en ces temps troublés de retours en arrière en bien des domaines où nous pensions avoir progressé. Une magnifique écriture, des descriptions à couper le souffle des sensations, des paysages, une empathie totale tant physique que spirituelle avec les acteurs ; j'ai vu ce roman se dérouler sous mes yeux émerveillés comme un splendide film historique de passion amoureuse. Cette fausse fiction nous appelle à la vigilance, : gardons notre humanité intacte, protégeons l'égalité des hommes, redistribuons vite les richesses. À lire absolument ! Quatrième de couverture Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un "mélancolique irlandais". Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John. Après Le chagrin des vivants, Anna Hope parvient de nouveau à transformer une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















