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- La mort d'Euripide | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mort d'Euripide Aleksandar Gatalica Plan B Le 8 janvier 2024 96 pages traduites par Zivko Vlahović roman Chronique 4 août 2025 En premier lieu est le plaisir gustatif de la sonorité des mots, de la langue d'Aleksandar Gatalica, puis vient l'interrogation : pourquoi s'adresse-t-il à Euripide ? Quelle légitimité peut bien revêtir cet figure célébrissime pour lui ? Est-ce sa vie, ses expériences, ou le fait qu'il soit un des trois grands tragédiens de l'Athènes classique, avec Eschyle et Sophocle, une référence indiscutable ? Euripide (en grec ancien Εὐριπίδης / Euripídês), né vers 480 avant J.-C. en Salamine et mort en 406 avant J.-C. en Macédoine, est peut être en effet un maître es tragédie et autres drames, ayant analysé, imaginé, retranscrit, concocté des scénarios effarants. En se confiant ainsi à cette figure antique, le narrateur qui fut aussi son traducteur, connaissant donc intimement l'œuvre du grand homme et sa biographie, cherche à se libérer d'une histoire lourde, portant en elle la noirceur de toute tragédie. Le temps est donc suspendu entre l'époque d'Euripide et celle de notre guide. Nous entrons dans l'atemporalité. Le décor se dresse principalement à Venise semblant être un personnage à part entière de ce récit, cité portant sur ses murs les cicatrices des malheurs passés. Trois séjours en la Sérénissime sont évoqués ; en 1911, il croise un homme en costume blanc, intrigant, inquiétant, plus une ombre qu'un être de chair, comme un revenant. Il n'est pas le seul à hanter notre héros involontaire de cette destinée bouleversée, comme soufflée, par les grands cataclysmes de l'Histoire du XXe siècle. Que de souffrances indicibles, que de guerres, que de conflits intimes, que d'incompréhension et de sidération face à la barbarie, à l'horreur, à l'absence d'humanité en certaines périodes de notre parcours commun. Le narrateur cherche à comprendre ce qui lui est arrivé, ce qui est advenu de tous ces enfants, femmes et hommes emportés par la tempête. Il s'interroge également sur les choix de sa mère, de ses compagnons en particulier, tous deux fascistes au service du Mal absolu. Il pleure encore son petit frère Nebo disparu trop tôt, une mort inacceptable, violente de par sa soudaineté. Il ne cherche pas seulement des éclaircissements auprès d'Euripide mais aussi dans l'Art sous toutes ses formes : l'architecture, la musique, l'opéra, le cinéma, la littérature. Certains personnages fictifs semblent ainsi se mêler aux protagonistes réels de sa vie, tel cet homme de Venise. Les frontières entre réalité et fiction s'atténuent ; cela apporte un certain soulagement, une forme de consolation. Un ouvrage à part, singulier, foisonnant, crépusculaire, parfois traversé par une lumière aveuglante et bienfaitrice. Quatrième de couverture L'histoire d'une mère magnifique. De Nébo, le petit frère. De deux beaux-pères fascistes, l'un italien, l'autre hongrois. Un cours sur l'éthique alors que le narrateur rencontre Euripide dans la cité des Doges, sous l'oeil d'un mystérieux personnage en costume de lin blanc - qui n'est pas sans rappeler le Gustav von Aschenbach de La mort à Venise. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Grand prince | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Grand prince Alexia Stresi Flammarion Le 14 janvier 2026 288 pages roman poétique Chronique 27 avril 2026 "Rêver Un impossible rêve..." Jacques Brel, La Quête "J'ai trouvé ma manière de faire les choses. " Pierre Soulages Celui-ci disait aussi que c'est dans le noir qu'il faut chercher la lumière... Simone n'en peut plus. Veuve, octogénaire fatiguée, dans son petit village, le poids des années se fait durement ressentir, la solitude aussi même si l'amie de toujours, Marthe, n'est pas loin. Elle a perdu le goût de vivre et se traîne, n'allumant même plus la lumière... à quoi bon, tout n'est qu'obscurité. Oh, quelques fois elle frémit à nouveau quand son fils annonce sa venue. Mais il peut annuler au dernier moment et alors son cœur explose même si elle ne laisse rien paraître. Le pire pour les personnes âgées c'est l'espoir et attendre que les autres se souviennent qu'ils existent. De toute façon sa vie entière a été un parcours du combattant depuis les marais salants de sa jeunesse, aux drames insupportables qui laissent des cicatrices à vif. Alors, oui, c'est vrai, il y a sa petite fille, un vrai bonheur cette jeune femme. Un rayon de soleil façon Soulages dans l'obscurité des jours qui se suivent et se ressemblent... Pas folichon ni très réjouissant jusqu'à ce que cette chronique d'une mort annoncée se transforme en un conte magique, un bijou de truculence, de fantaisie, de tendresse, où l'impossible s'invite chez notre Simone alors même que son crapaud en ciment, posé devant sa maison depuis des décennies, disparaît un matin. En voilà un mystère... Une porte vers l'extraordinaire s'ouvre alors devant nous et notre héroïne. Un chemin vers la connaissance, vers les autres, lui est indiqué par l'absent... Mais comment fait-il, ce sacré batracien pour titiller chez sa propriétaire l'envie de vivre, sa soif d'apprendre, sa curiosité ? Hymne à la communication inter générationnelle, à la vie ensemble tout âge confondu, hommage à tous ceux qui apportent et transmettent la beauté, l'art, la fantaisie, la connaissance aux autres, qui font que, oui, la lumière fend toujours la noirceur et gagne la bataille contre le désespoir né de la solitude, de l'ostracisme, de l'autocensure, de la discrimination. Même au fin fond d'un village, il y a moyen d'élever son âme, de faire chanter son cœur, qu'il batte à nouveau et s'emballe par amour, amitié, humanité. Un ravissement, un livre bienfaisant, un doudou pour les enfants que nous sommes encore tous... De la poésie, de la grâce. Un inconnu peut être ou avoir été un être d'exception, même caché, même discret. Chaque parcours de vie cache des trésors de sagesse et de merveilleux, d'incroyable ou d'héroïque... Parlons avec nos anciens et apprenons... Quatrième de couverture L'existence, c'est formidable, paraît-il. C'est surtout long, estime Simone Guillou. À 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver. Vraiment ? Elle ne le sait pas, Simone. Elle est à mille lieues de s'en douter. Mais la vie lui réserve enfin une surprise... À Barthon-en-Retz, entre océan Atlantique et campagne, il sera question d'un crapaud en ciment, d'une enquête pas tout à fait policière, de la récolte du sel, et d'amour. Ah, et aussi de Pierre Soulages. Le peintre ? Oui, le peintre. Après le succès Des lendemains qui chantent, Alexia Stresi signe un roman lumineux qui confirme son talent pour créer des personnages inoubliables. Grand prince raconte l'inattendu renouveau d'une vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tension extrême | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tension extrême Sylvain Forge Fayard Poche 2017 390 pages Thriller Polar Chronique 11 février 2018 « Le prix du Quai des Orfèvres a été décerné sur manuscrit anonyme par un jury présidé par Monsieur Christian Sainte, Directeur de la Police Judiciaire, au 36, quai des Orfèvres. Il est proclamé par Mr le Préfet de Police, » novembre 2017. Voilà les choses étant posées, et après lecture on comprend ce prix et le succès de ce livre. C'est un des thrillers les plus terrifiants que j'ai lus, tout est vrai, documentation et références à l'appui en fin de ce roman, à lire absolument. Au quotidien j'en étais déjà consciente concernant les systèmes Cortana, ou gps, ou commande vocale qui me faisaient sérieusement tiquer, les refusant ou les débranchant systématiquement après usage pour le gps par exemple. L'impression d'être pistée, m'est insupportable. Mais après lecture de cette fiction si véridique, je vais virer paranoïaque. Un thriller d'action d'importance capitale en sa fonction d'information et de prévention. Et une très bonne histoire pour illustrer le propos avec tous les ingrédients d'un grand livre de ce type : suspense, terreur, personnages parfaitement campés, une analyse psychologique des actions de tous fine et juste, des cris, des larmes, de l'inhumanité et de l'empathie forcément. Une tragédie qui se construit sur un drame insupportable. Une technologie qui montre son utilité fabuleuse et sa monstruosité si mal employée. On referme le livre et on se pose beaucoup de questions sur notre propre usage de tous ces outils sensés nous faciliter la vie et qui pourraient la détruire en une fraction de seconde. Un virus tel Ebola mais version Internet. Entre science fiction et réalité donc, l'équipe de la PJ de Nantes va devoir louvoyer pour sortir d'un piège effroyable, une demande de rançon via le Darknet. Tout commence par le décès sur une route d'un homme à son volant et au même moment de son frère jumeau chez lui. Leurs pacemakers ont littéralement explosé en eux, piratés par un terroriste d'un nouveau style. Les cyberattaques vont se multiplier et prendre pour cible l'hôtel de police, les pc et portables des chargés de l'enquête. Le moindre objet connecté est une arme qui peut se retourner contre son utilisateur. Imaginez la panique. Seule solution revenir à des méthodes à l'ancienne d'autant plus que les morts s'amoncellent. Ludivine toute jeune commissaire et Isabelle son adjointe issue du 36 quai des Orfèvres, vont devoir faire équipe avec les autres policiers pour cerner les motivations de ce criminel et l'arrêter au plus vite. Tous les services concernés par la cybercriminalité convergent vers Nantes pour les aider. Passionnant ! La science arme des criminels, une vaste problématique actuelle malheureusement qu'il fallait aborder. Quatrième de couverture Prix du Quai des Orfèvres 2018 Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologies conduisent parfois à la folie ! Des cyberattaques paralysent la PJ de Nantes, infiltrent l'intimité des policiers et cernent une ville où le moindre objet connecté peut devenir une arme mortelle. Alors que les victimes s'accumulent, une jeune commissaire à peine sortie de l'école et son adjointe issue du "36" affrontent ensemble un ennemi invisible. Toutes les polices spécialisées seront mobilisées pour neutraliser la nouvelle menace de la science complice du crime. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Une femme | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une femme Sibilla Aleramo Editions des Femmes Antoinette Fouque 15 avril 2021 176 pages, traduites par le collectif de traduction des éditeurs des femmes Biographie Chronique 14 juin 2021 Splendeur ! Autobiographie romancée de 1906 alors que l'autrice a réussi à sauver sa peau en sacrifiant la personne qui lui tient le plus à coeur, son fils. C'est aussi au nom de l'amour immense qu'elle lui porte, pour l'adolescent, l'adulte qu'il sera, qu'elle va se libérer des entraves d'un mariage violent pour devenir l'individu qu'elle sait pouvoir être. Pour en arriver à cette solution insupportable, laisser son enfant avec son époux, celle qui se nomme encore Rina Faccio analyse tout d'abord, sans concession ni auto-appitoiement, son parcours, de la petite fille à la post adolescente, de Milan à Civitanuova. Elle recherche les signes avant-coureurs de la tragédie maternelle, les indices qui aurait pu l'aider à comprendre les relations entre ses parents, à pouvoir juger son père bien-aimé à l'aune de ses actes et de ses trahisons. Il ne fait pas bon être une femme dans cette Italie du XIX ème siècle d'autant plus dans cette bourgade reculée où il n'y a rien à faire pour une jeune épouse abandonnée au milieu de nulle part avec ses quatre enfants. On assiste à la chute de cette mère, piégée par une union désespérante à l'heure où les hommes ont tout pouvoir. Rina, aveuglée par l'admiration et la passion qu'elle voue à son père, s'éloigne de sa mère, la catalogue, la réduit à son malheur sans essayer de comprendre les raisons de cette dépression. Elle évoque la violence de son géniteur, son autorité dictatoriale sur sa famille, sur les employés de l'usine qu'il dirige... De plus, il consacre à son aînée une attention particulière, faisant en sorte qu'elle étudie, qu'elle l'assiste. En pleine confusion psychologique, la fillette puis l'adolescente pense avoir supplanté sa propre mère dans le cœur de son père. Celui-ci avec un art consommé de la manipulation divise pour mieux régner et écraser sa femme... C'est sans compter avec l'intelligence prodigieuse de Rina qui peu à peu va découvrir le secret honteux qui tue sa mère ... Comment alors ne pas comprendre les décisions prises ensuite par Rina, trop vite, dans une sorte d'état second, juste après LE viol subi par cette jeune fille de quinze ans, qui gardera le silence, sidérée et culpabilisée. Le criminel est un employé de son père qui la courtise alors qu'elle travaille à l'usine déjà depuis quelques temps, se mêlant aux ouvriers, éveillant sa conscience sociale. Déjà la future protectrice des plus modestes apparaît en filigrane en même temps que la vérité sur son père lui explose au visage. Son sentiment d'injustice s'éveille quant au statut des femmes dans cette société misogyne et patriarcale. Son mariage malheureux à seize ans, reproduction inconsciente de celui de ses parents, avec cet homme d'origine sociale modeste, d'intelligence et de culture inférieures va finir de mener Rina Faccio à analyser sa vie, celle de millions d'italiennes, et la porter peu à peu à s'indigner et se révolter... Le déménagement de son couple avec leur petit garçon Walter à Rome permet à Rina de s'affranchir de certaines limites, de se faire connaître comme chroniqueuse pour plusieurs magazines ou revues, de rencontrer des intellectuelles et des artistes de tous horizons. Ainsi le champ des possibles s'élargit, son talent naissant est reconnu, sa soif de liberté et son désir de défaire son mariage s'affirment. Remarquablement, Rina devenue Sibilla Aleramo, tout en usant de figures de style propres à l'époque, ose raconter son quotidien de femme battue, dénigrée, violée par son mari. Leur petit garçon comprend tout, est témoin également de cette maltraitance, de cet acharnement d'un homme sur une femme. La mère qu'elle est pressent les dommages que tout ceci peut avoir sur l'individu qu'il sera. Elle a conscience également qu'elle ne peut plus nier sa nature profonde d'écrivain, d'artiste. Son féminisme grandit, ses yeux s'ouvrent sur la réalité du sort fait à toute la population féminine, toutes classes confondues, tant socialement que juridiquement. Elle n'est rien ! Mais elle veut être tout ! Un ultime retour douloureux à Civitanuova, son mari reprenant le poste de directeur de l'usine laissé vacant par son père avec la jouissance de la maison où elle a grandi, sera finalement un bien pour un mal car enfin, elle qui a tenté de se suicider, qui n'aspire qu'à disparaître tant son existence auprès de son bourreau devient insupportable, tombe sur un trésor, des lettres de sa mère... Un parcours douloureux presque insurmontable, un choix cornélien final, je m'interroge évidemment sur ce que devint son fils après le départ de sa mère, comment ont évolué leur relation... A-t-il réussi sa vie ? Être une femme à part entière, actrice de cette société, libre de ses choix, travaillant, faisant carrière tout en ayant des enfants n'est toujours pas simple aujourd'hui, sans oublier les millions de femmes battues, maltraitées, violées, assassinées, mises plus bas que terre au sein de leur couple mais pas seulement. N'être réduite qu'à notre apparence, notre capacité à faire des enfants, qu'à être insultée, harcelée par des mâles dits dominants et attaquée par certaines femmes collaboratrices du système patriarcal est toujours d'actualité. Nous réduire au silence n'est plus permis aujourd'hui, c'est pourquoi je suis particulièrement admirative de Sibilla Aleramo qui mena une lutte inégale et réussit au prix de sacrifices exorbitants à se libérer de ses chaînes au début du XXe siècle. Gratitude pour toutes nos aïeules qui se sont battues pour nous. Soyons dignes d'elles ! Quatrième de couverture Une femme, autobiographie romancée d’une écrivaine italienne qui a marqué la première moitié du XXe siècle, continue, de génération en génération, à fasciner par sa modernité. Sa traduction française fut, en 1974, l’un des quatre premiers livres publiés par les éditions des femmes-Antoinette Fouque. Dans un milieu provincial superstitieux et étriqué, qui ne laisse aucune chance aux femmes, la narratrice lutte pour son indépendance intellectuelle et affective, contre un mari tyrannique, brutal et veule. C’est au prix – terrible – du renoncement à son fils qu’elle échappera à la violence et deviendra une femme libre et active. Michele Placido a tiré de ce livre un film présenté en mai 2002 au Festival de Cannes, avec Laura Morante. « Nous avons toutes, à un certain moment de nos vies, la conscience de ce que celle qui nous a donné le jour a fait pour notre bien, et, avec cette conscience le remords de ne pas avoir compensé l’holocauste de cette femme bien-aimée qu’était notre mère. Alors nous reversons sur nos propres enfants ce que nous n’avons pas donné à nos mères, en nous reniant nous-mêmes pour offrir un nouvel exemple d’anéantissement et de mortification. Si une bonne fois la chaîne fatale venait à se briser et qu’une mère refuse d’étouffer en elle la femme, afin qu’un fils apprenne par son exemple ce qu’est la dignité ? » S. A. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nos vies insoupçonnées | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nos vies insoupçonnées Anaïs Jeanneret Le Masque - Hachette Livre 2001 951 pages Roman Chronique 19 janvier 2022 L'innocence, la maternité, les relations entre enfants parents sont au centre de ce récit qui au début apparaît presque comme un recueil de nouvelles qui peu à peu s'articulent jusqu'à nous offrir une fresque aux multiples facettes et perspectives, en clair obscur, ou le plus petit détail peut orienter différemment notre regard. Tout commence par une petite fille cachée sous une armoire, dont on ne sait si elle est réelle ou ombre .. tout finira avec cette enfant à nouveau dans la lumière. Entre les deux des moments qui paraissent singuliers alors qu'ils forment un tout. Anaïs Jeanneret maîtrise l'art du pointillisme, tout en délicatesse, en minuscules touches de noir ou de couleurs jusqu'à ce que le tableau terminé semble palpiter, vivre. Un roman court et dense qui remet nos propres destins en question sans violence, avec énormément de respect et d'humanité. Quatrième de couverture Une petite fille perdue. Une femme qui a fait le mauvais choix. Un commissaire de police désabusé et romantique. Une institutrice en colère. Une gloire des médias au parcours inattendu. Une mère et son fils dont la rencontre a scellé des liens d'autant plus solides que leurs passés furent chancelants... Autant de vies en apparence banales dont l'écriture d'Anaïs Jeanneret dévoile les subtils décalages et entrelacs : cette part du hasard, de la rencontre, ou encore du désir, qui les fait soudain palpiter et les relie les unes aux autres sous l'effet d'une force insoupçonnée. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- De Natura Florum | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires De Natura Florum Clarice Lispector Editions des Femmes Antoinette Fouque 30 novembre 2023 50 pages traduites par Izabella Borges, Jacques et Teresa Thiériot, Claudia Poncioni et Didier Lamaison. Divers Chronique 30 novembre 2023 Illustrations de Elena Odriozola Belastegui Ravissant recueil très joliment et poétiquement illustré. Des textes tendres, amusants, justes, oniriques. Une juxtaposition heureuse et fine des descriptions de fleurs avec des représentations d'êtres humains étrangement ressemblant à ces rose, œillet, tournesol, violette, immortelle, marguerite palme, orchidée, tulipe, fleurs des champs de blé, angélique, jasmin, fleur de l'oiseau de paradis, azalée, belle de nuit, fleur de cactus, edelweiss, géranium, nénuphar géant, chrysanthème. Personnification des fleurs, ou enfleurissement des humains... À l'origine un recueil paru le 3 avril 1971 dans le Jornal do Brasil de Rio de Janeiro. La chronique a été retravaillée par l'autrice pour son livre Água Viva (1973). Très beau cadeau de Noël et tout au long de l'année comme introduction pour des lecteurs de tout âge à l'œuvre de cette écrivaine majeure mêlant délicatesse, singularité du regard, finesse psychologique, créativité renouvelée, profondeur des émotions, politesse de la fausse légèreté, élégance. Les illustrations correspondent parfaitement à cette femme du monde et en même temps perchée dans un espace imaginaire. Quatrième de couverture Le texte De natura florum est structuré comme un herbier en prose, personnel et poétique. À partir de vingt- cinq entrées, partant du plus général vers le plus singulier, Clarice Lispector évoque d’abord des définitions botaniques puis décrit vingt fleurs, rose, violette, tournesol... qu’elle admire avec une grande sensibilité. Initialement publié le 3 avril 1971 dans le Jornal do Brasil de Rio de Janeiro puis retravaillé pour Agua Viva (1973) et inclus ensuite dans le volume A Descoberta do Mundo (La découverte du monde) en 1984, De natura florum trouve dans cette édition une nouvelle vie. L’herbier de Clarice Lispector est à l’image de son autrice : fin et audacieux. Les illustrations d’Elena Odriozola Belastegui apportent au texte une douceur juvénile. L’ouvrage unique, original et singulier que constitue De natura Florum vient enrichir le cycle de publication de l’œuvre de Clarice Lispector au sein des éditions des femmes-Antoinette Fouque. C’est la fleur féminine, elle se donne toute et tant qu’il ne lui reste que la joie de s’être donnée. Son parfum est un mystère féminin et, si on la hume profondément, elle touche le fond du cœur et laisse le corps tout parfumé. Sa façon de s’ouvrir en femme est très belle. Ses pétales ont un goût agréable dans la bouche, il suffit d’essayer. Les rouges ou les príncipe negro sont d’une grande sensualité. Les jaunes donnent une alarme joyeuse. Les blanches sont la paix. Les roses sont en général plus charnues et ont la couleur par excellence. Les orangées sont sexuellement attirantes. C.L. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Du sang sur le sable | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Du sang sur le sable Robert Karjel Denoël Sueurs Froides 2017 499 pages traduites par Lucas Messmer Thriller Chronique 2 septembre 2018 Coup de cœur de la médiathèque Marguerite Yourcenar Paris 15, un polar très dépaysant et punchy de la Suède à la Somalie et au Kenya. Je ne sais pas si écrire une fiction très inspirée de son métier et de ses missions est un moyen pour Robert Karjel de se libérer de ce qu'il a vu ou fait, mais pour nous c'est un gage d'authenticité, de cohérence, d'information sûre sur les situations décrites. J'ai avalé ce roman, passionnée par le propos, par la découverte des vies des soldats sur les bases suédoise, américaine, française à Djibouti, dans le creux de la corne de l'Afrique, une zone de paix relative plus qu'une ville, entourée par les guerres, où expatriés, africains et touristes se croisent sans jamais fraterniser, où la drogue embue les consciences de certains dès 14h, où chacun essaye de s'en sortir dans ce grand chaos. La frégate HMS Sveaborg parcourt les mers pour protéger les bateaux de commerce ou de tourisme des pirates somaliens, par la sortie armée s'il le faut, de son hélicoptère. Également le navire et la MovCon, unité de logistique, opérant d'habitude de la terre, de Djibouti, se charge de l'élimination des ordures des troupes et de la livraison de pièces de rechange, nourriture, eau, matériels militaires aux contingents suédois. Tout commence par une belle journée à bord d'un bateau de luxe suédois, le Martha II, appartenant à une famille richissime, les parents et deux enfants, naviguant dans le golfe d'Aden, réputé dangereux. Le drame survient, des pirates attaquent à deux bateaux, l'un des attaquants est tué par la père Carl-Adam grièvement blessé à la main. Sa femme, Jenny, va alors tout faire pour protéger sa fille adolescente Alexandra et leur fils atteint d'épilepsie, Sebastian. À peu près au même moment, un soldat suédois travaillant pour la MovCon est tué lors d'une curieuse séance d'exercices de tir organisée pour entraîner les Djiboutiens travaillant pour l'armée. Le terrain appartient aux USA. Les services secrets suédois décident donc d'envoyer un de leurs meilleurs agents Ernst Grip, pour enquêter sur cette mort suspecte. Dès son arrivée, il comprend bien qu'il n'est pas le bienvenu ni à Djibouti ni sur le HMS Sveaborg. Une version de l'histoire lui est servie, pas très convaincante. Bien sûr, Grip tête brûlée ayant déjà mené à bien des missions plus complexes dans le monde entier, va user de méthodes très peu protocolaires. Bientôt, son chef lui adjoint un nouveau venu, un peu plus au fait des us et coutumes de la marine et de l'armée dont il a fait partie. Une belle pianiste va également faire son entrée... Donc une mort suspecte, une famille kidnappée par des pirates, avec en fond de décor Daesh, des islamistes, des trafics divers.... Les deux enquêtes vont obliger Grip à user de moyens hors limite pour tenter de sauver des innocents et rendre hommage à un juste. Thriller d'action donc, mais aussi d'espionnage, dans une région du monde peu connue du grand public, très bien mené, écrit, véhiculant finalement des valeurs humanistes incontournables, d'autant plus dans ces zones de non droit. Une vraie belle découverte ! Quatrième de couverture Djibouti, au creux de la corne de l’Afrique : un soldat suédois est tué sur un champ de tir. Les services secrets envoient l’agent Ernst Grip sur place pour faire la lumière sur cette mort suspecte, mais il y est traité en intrus par un personnel qui a déjà décidé quelle serait la version officielle des faits. Pendant ce temps, une famille de quatre Suédois navigant non loin de là, dans le golfe d’Aden, est capturée par des pirates somaliens. Leur vie est en danger, la pression monte pour le gouvernement, et c’est ainsi qu’Ernst Grip se retrouve bombardé négociateur et doit traiter avec les pirates. Pour résoudre ces deux affaires, Ernst Grip comprend qu’il va devoir recourir à des méthodes peu orthodoxes. Mais peut-on se permettre de rester dans les limites de la loi et de la moralité quand des vies humaines sont en jeu ? Pour son deuxième roman, l'auteur s'est inspiré de sa propre expérience, quand il traquait les pirates dans le golfe d'Aden à l'époque où il commandait une unité d'hélicoptères de l'armée de l'air suédoise. Après Mon nom est N., on retrouve l'agent Ernst Grip, froid et méthodique, chargé d'enquêter. Un personnage sombre, flirtant avec la légalité, loin des clichés habituels des agents des services secrets. Du sang sur le sable pointe du doigt l'influence des Américains dans les événements internationaux de façon pénétrante et des questions d'une actualité brûlante sont soulevées au sujet du terrorisme, des loyautés gouvernementales et même du capitalisme. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La jeune fille et la nuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La jeune fille et la nuit Guillaume Musso Calmann-Lévy Depuis peu 424 pages Divers Chronique 26 mai 2018 « Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser ? » Henri Michaux En premier lieu, l'objet lui-même, à la couverture très graphique et la texture grainée, puis la mise en page et la police qui rendent la lecture des plus agréables. Ce n'est pas rien donc il faut le dire. Puis les lieder de Schubert prennent possession de mon esprit, cette Jeune Fille qui frôle et danse dangereusement avec la Mort : La Jeune Fille : « Va-t'en, ah, va-t'en ! Disparais, odieux squelette ! Je suis encore jeune, disparais ! Et ne me touche pas ! » La Mort : « Donne-moi la main, douce et belle créature ! Je suis ton amie, tu n'as rien à craindre. Laisse-toi faire ! N'aie pas peur Viens sagement dormir dans mes bras. » Matthias Claudius, la Jeune Fille et la Mort Du poème au lied, puis l'Opéra avec l'intitulé du premier chapitre « Le sentier des contrebandiers » : l'amour est un oiseau rebel qui n'a jamais, jamais connu de loi..... Carmen toujours revient hanter les lieux.. on sait que le drame est en marche. Et finalement, le récit se teinte de couleurs hitckokiennes, mais la femme fatale est rousse, vénéneuse et trompeuse. Le décor de ce film presque hollywoodien est le collège saint Exupéry de Sophia Antipolis près d'Antibes, se targant de copier les américains : ses mécènes richissimes , son campus de luxe, son soleil et les sourires ultrabright de circonstance. Et bientôt un tout nouveau complexe et une roseraie en mémoire d'une belle disparue, Vinca Rockwell....même le nom est celui d'une star. Elle attirait tous les regards, provoquait tous les désirs, envies, haines, passions. Elle jouait un jeu dangereux, peut-être fatal. On dit qu'elle s'est enfuie avec son professeur de philosophie un soir de décembre 1992, qu'ils auraient été vus dans le train pour Paris, qu'une réservation dans un hôtel aurait été honorée par le couple, que l'on y retrouva sa trousse de toilette et sa brosse.... Et puis...plus rien.... 13 mai 2017, Manon Agostini, policière municipale, en tenue de soirée pour se rendre aux retrouvailles de sa promotion organisées par St Exupéry, se voit contrainte d'effectuer un détour par le fameux sentier. Un gardien de villa aurait entendu un coup de fusil vers 21 h. Le vent a beau hurler, la tempête se déchaîner, les oliviers se tordre comme dans un cauchemar, les rochers cisailler la plante de ses pieds nus, Manon n'en a cure le regard fixé sur un cadavre de femme en contrebas horriblement défigurée. Le matin de ce même samedi, débarque de l'avion arrivant de New York Thomas Degalais, célèbre romancier à succès. Un retour aux sources pour lui sur les lieux de sa jeunesse, pour la fête de sa promotion du collège où ses parents étaient proviseurs. Mais la raison réelle de sa présence est tout autre : son ami et frère de cœur Maxime Biancardini, lui a envoyé un article mentionnant le début, lundi, des travaux de destruction du vieux gymnase. Or, derrière l'un des murs du bâtiment, repose un secret très compromettant pour les deux hommes littéralement paniqués. Toutes leurs vies de notables, écrivain, homme politique dans le sillage de Macron, risquent d'être balayées du jour au lendemain, surtout avec, dans les parages, Stéphane Pianelli, journaleux revanchard à Nice-Matin attendant de rouvrir le dossier Vinca Rockwell. Même l'ex petite amie d'enfance de Thomas, Fanny Brahimi, chef de la cardio à l'hôpital de la Fontonne, est nerveuse.... Qu'est-ce que ce trio a à cacher ? Quel crime ont-ils commis ? Sont-ils certains de connaître la vérité ? Celle-ci serait-elle très différente ? Ainsi tout au long de ce thriller réussi et très bien mené jusqu'au dénouement et aux épilogues étonnants, nous basculerons entre l'hiver 1992 et le printemps 2017. Je ne suis pas une fan forcément des romans de Guillaume Musso, cependant depuis "Central Park" qui m'a bluffée, je suis revenue à son univers plus dense, recherché, mâture dans ses thrillers. Je trouve du coup que la gravité et l'ombre propres à ce style littéraire apportent à l'écriture de cet auteur plus de poids, de consistance. À nouveau, j'ai aimé "Un appartement à Paris" tout en noir et blanc arty, le graphisme des couvertures préfigurant un style très esthétique tout en étant efficace. Pas de lourdeur donc, et le talent renouvelé pour entremêler la banalité de la vie quotidienne (ou d'événements que nous connaissons tous, comme des retrouvailles de promos toujours amusantes et pathétiques), avec l'horreur, la terreur, l'indicible.... Des fractures soudaines obligeant ici nos trois amis à emprunter un sentier en à pic bien tortueux et dangereux. Mais ils n'ont plus le choix, le chemin sera évidemment initiatique, la fin bouleversante. Thomas n'est pas Guillaume, même si ce dernier a choisi pour cadre celui de sa jeunesse. Cependant tous deux partagent une passion pour la littérature, les mots, la lecture, et l'écriture qui font d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui, mais sans oublier l'essentiel : l'amour de la Vie. Belle lecture. Quatrième de couverture Un campus prestigieux figé sous la neige Trois amis liés par un secret tragique Une jeune fille emportée par la nuit Côte d’Azur - Hiver 1992 Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des plus brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ». Personne ne la reverra jamais. Côte d’Azur - Printemps 2017 Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études. Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour construire un autre bâtiment. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La vie secrète d'Emily Dickinson | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La vie secrète d'Emily Dickinson Jerome Charyn Payot & Rivages 2013 427 pages traduites par Marc Chénetier. Roman biographique Chronique 9 novembre 2018 Ma rencontre avec la poétesse fut un moment charnière dans ma vie tant sur le plan personnel que professionnel. J'étais invitée à chanter les huit pièces orchestrées par Aaron Copland sur les Twelve poems of Emily Dickinson à la Cité de la Musique en 1998. Un sacré souvenir. Sa voix, ses mots sont revenus plusieurs fois ponctuer mon parcours à diverses occasions comme en 1999 à la demande de Philip Roth. Emily est telle une amie lointaine que je revois toujours avec une grande joie, l'interprétant à chaque fois différemment tant les poems offrent de possibilités de couleurs. Dans ce roman biographique, lors des cauchemars ou rêves, apparaissent en filigrane les mots de Emily : "I felt a funeral in my brain" lorsqu'elle se voit enterrée vivante, " The world feels dusty" quand tout d'un coup elle décrit la poussière d'or qui vole dans l'air, visible dans un rayon de soleil. « Fermer les yeux c'est voyager » écrit Emily Dickinson en 1870. Ainsi s'ouvre ce livre, la vie secrète de cette fée réimaginée par l'auteur. Les deux ans au Séminaire de Mount Holyoke puis des décennies revenue dans le manoir familial, dans une relation fusionnelle avec son père, mais aussi avec son Grand Frère Austin, sa sœur cadette Lavinia, sa mère en permanence malade. Le père, le seigneur du village est un homme politique autoritaire autour duquel tout tourne. Un destin exceptionnel d'une femme attachante, peu sûre d'elle, souvent sous influence, avec un vrai cœur d'artichaut, une femme également de tête et de caractère... Ne pas se fier à sa petite taille et sa voix fluette. Celle-ci devient tonitruante et puissante dans ces poèmes ; son choix de solitude, de regarder le monde à travers sa fenêtre de chambre n'est pas une fuite mais au contraire l'ouverture vers un monde d'imaginaire et de fantaisie incroyable. Ce livre n'est pas une biographie, comme pour d'autres personnages célèbres, par exemple" Les mémoires imaginaires de Marylin Monroe", Jerome Charyn mêle vérité et fiction, il " dépasse la légende en lui donnant une voix". Emily Dickinson est la narratrice, elle nous parle, nous touche, elle est vivante et pleine de sensualité exacerbée. Nous sommes très loin des clichés véhiculés faussement sur elle, ce n'est pas une vieille fille excentrique, elle est une âme vibrante, indépendante, contemporaine, transgressive. Elle s'évade du manoir grâce à son pouvoir de création et son imagination. Ainsi, " Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature." Quatrième de couverture "Fermer les yeux c'est Voyager", écrit Emily Dickinson en 1870. C'est par ces mots que s'ouvre La Vie secrète de la grande poétesse américaine, réinventée par Jerome Charyn. Du séminaire de Mount Holyoke à la solitude des dernières années, il retrace le destin d'une femme exceptionnelle. Pourtant ce livre n'est pas une biographie : comme Norman Mailer dans les Mémoires imaginaires de Marylin, Charyn dépasse la légende en lui donnant une voix. Car c'est bien Emily Dickinson que l'on entend, vivante, sensuelle, loin des clichés la réduisant à une recluse excentrique toujours vêtue de blanc. Mais l'héroïne si moderne cache un paradoxe : éprise d'indépendance, elle s'évadera grâce à la force de son imagination, simplement assise à sa table. En célébrant ainsi ce personnage hors du commun, Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Mon Secret | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mon Secret Niki De Saint Phalle Editions des Femme Antoinette Fouque et Le Rayon Blanc 4 mai 2023 40 pages Autobiographie Chronique 4 mai 2023 Ce livre est dans un grand format 24 X 30 cm, 40 pages, écrit à la main, imprimé sur un beau papier : Tout d'abord, deux phrases tels deux bras courbes lancés vers le ciel..... deux définitions de l'indicible : L'inceste : « Non ! C'est l'Interdit et la tentation du pouvoir absolu sur un autre être. » « Le viol n'est pas essentiellement seulement un acte sexuel c'est un crime contre l'esprit . » Couleurs acidulées, rose Malabar, motifs naïfs, écriture enfantine, majuscules redessinées comme dans les ouvrages enluminés du Moyen-Âge. Que cette œuvre surdimensionnée tel un joli livre de coloriage est attractif, réconfortant comme du chocolat chaud, comme un doudou ! Attention danger, c'est une bombe, une boîte dont surgira le Mal. C'est terrifiant, crève-cœur, insupportable. C'est le cri d'une petite fille devenue mère qui se doit de protéger les autres enfants, de prévenir sa fille en priorité. « Les Canaries Dec. 92 chère Laura L'été des Serpents..... » C'est la première fois que le mot sororité résonne en moi, que je me sens réellement sœur d'une autre femme, d'une autre petite fille. Je lis son histoire si intime, personnelle, unique, et j'y lis la mienne, celle de millions d'autres enfants dont un parent a vrillé, a franchi la limite interdite.... Et je pleure, et je ris... Car Niki continue à rire et se faire entendre par delà le temps, ses oeuvres nous bousculent, nous consolent, nous représentent. Les monstres sont vaincus, oubliés, poussière. Quatrième de couverture Un témoignage poignant sur l’inceste. Un livre d’artiste introuvable enfin réédité. Victime d’inceste, Niki de Saint Phalle révèle un terrible secret enfoui pendant plusieurs décennies. Dans ce court récit écrit à la main, c’est la parole intime de l’une des plus grandes artistes plasticiennes du XXe siècle et « le cri désespéré de la petite fille » qui s’expriment. A l’âge de 64 ans, l’artiste entame ce texte rédigé sous forme de lettre adressée à sa fille Laura. Elle y raconte l’indicible avec des mots simples et poignants. Initialement publié aux éditions de la Différence en 1994. Le livre était épuisé. Cette nouvelle édition est donc très attendue. « J’ai écrit ce livre d’abord pour moi-même, pour tenter de me délivrer enfin de ce drame qui a joué un rôle si déterminant dans ma vie. Je suis une rescapée de la mort, j’avais besoin de laisser la petite fille en moi parler enfin. Mon texte est le cri désespéré de la petite fille. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Partition secrète | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Partition secrète Élie Bernheim Slatkine, Le 6 février 2026 168 pages thriller Chronique 20 février 2026 Une belle composition littéraire déchiffrée en quelques heures, délicieuses et haletantes ! À vous les moments remplis de saveurs, de tendresse, d'amour et de rires, d'harmonie et de passion... Mais gare ! Une menace plane sur Gabriel, chef talentueux, sa femme Nohra, trompettiste soliste reconnue, et leurs jeunes enfants ; un danger qui prend racine dans le passé de cet homme, résilient, survivant, plongeant dans les ténèbres sa famille et ses proches. Alors que reprendre le restaurant parisien de ses parents, morts dans un accident de voiture alors qu'il était petit, semblait une évidence, ouvrant l'horizon vers un avenir lumineux, il ne sait pas encore que le brouillard du mensonge et des secrets va l'engloutir. Le temps est venu de connaître la vérité sur ses géniteurs, sur ceux qu'il aime et en qui il a toujours eu confiance. Fin des fausses certitudes, passage de l'autre côté du miroir, car on ne peut vivre éternellement dans l'illusion. Il en va de son équilibre psychologique et de son histoire d'amour, mais aussi du futur de sa fille et son fils. Le restaurant L'Éclipse porte bien son nom cachant en son cœur la lumière du savoir, un héritage bouleversant sous l'aspect d'une boîte de Pandore. Attention aux monstres qui en surgiront! Un roman court offrant de très belles scènes liées à tout ce qui fait le bonheur de vivre et que l'auteur, en bon épicurien, sait nous transmettre, mais aussi des moments dignes des meilleurs thrillers d'espionnage, j'ai pensé évidemment à certains opus de Daniel Silva. Quatrième de couverture Paris, ville lumière, dissimule parfois ses plus sombres secrets. Norah, trompettiste de renommée mondiale, et Gabriel Stern, chef en pleine ascension, pensaient avoir trouvé l’équilibre entre passion et famille. Mais le retour d’un homme qu’ils croyaient perdu à jamais bouleverse leur destin. À table, chaque sourire peut cacher un mensonge, chaque verre levé une menace. Entre amour et trahison, musique et complot, Partition secrète entraîne le lecteur dans un thriller haletant où la vérité se paie toujours au prix fort. Avec Partition secrète, Elie Bernheim entraîne le lecteur dans un Paris où s’affrontent passion, ombres et révélations. Un thriller élégant, rythmé et captivant, qui se lit avec la fluidité d’une partition, fidèle à son univers romanesque. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Jeux de miroirs | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jeux de miroirs E.O.Chirovici Les Escales 2016 308 pages traduites de l'anglais par Isabelle Maillet Thriller Chronique 4 décembre 2017 Cet écrivain roumain est un auteur de nombreux best-sellers dans son pays, et "Jeux de miroirs" est son premier livre traduit en français. " Les souvenirs sont comme des balles de pistolets : certaines vous sifflent aux oreilles et ne font que vous effrayer ; d'autres vous transpercent et vous déchirent. " Kill the Dead de Richard Kadrey. Le postulat du début est alléchant : Peter Katz, agent littéraire reçoit une lettre accompagnée d'un manuscrit intriguant "Jeux de miroirs" d'un certain Richard Flynn. Celui-ci s'y remémore quelques semaines pendant ces études voici trente ans. Une tragédie avait clos cette période, bouleversant et détruisant la vie de l'auteur. En effet il avait été suspecté du meurtre du professeur Wieder, éminent psychologue, tué à la fin des années 80. Richard explique tous les évènements avant cette nuit terrible, évoquant sa belle colocataire, Laura, étudiante de Wieder. Seulement malheureusement ce récit est incomplet, juste 70 pages. Richard propose dans son message, si Peter est intéressé, de lui faire parvenir la suite. Évidemment, il se passionne pour ce fait divers, cherche à contacter Richard. Trop tard. Celui-ci est mort entre temps. Mais le témoin est passé entre les deux hommes, puis sera mis entre les mains d'autres enquêteurs, journalistes, qui tenteront de trouver la suite du livre et surtout la vérité sur cet assassinat. Chaque personnage se regarde dans un miroir déformant, tous commettent des erreurs d'interprétation, parce qu'ils voient les faits au travers d'un prisme lié à leurs propres obsessions. Cela donne le tournis, la réalité n'est pas celle admise par tous, et personne n'a en sa possession toutes les pièces du puzzle. " Un grand écrivain français a dit un jour que le souvenir des choses passées n'est pas nécessairement le souvenir des choses telles qu'elles furent..." . À vous de savoir si cela est juste. Quatrième de couverture Véritable phénomène d'édition, Jeux de miroirs est en cours de publication dans plus de 38 pays. Ce roman à la construction diabolique tient son lecteur en haleine jusqu'à la toute dernière page. LE ROMAN ÉVÈNEMENT DE 2017 Un agent littéraire, Peter Katz, reçoit un manuscrit intitulé "Jeux de miroirs" qui l'intrigue immédiatement. En effet, l'un des personnages n'est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fin des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé. Se pourrait-il que ce roman contienne des révélations sur cette affaire qui avait tenu en haleine les États-Unis ? Persuadé d'avoir entre les mains un futur best-seller qui dévoilera enfin la clef de l'intrigue, l'agent tente d'en savoir plus. Mais l'auteur du manuscrit est décédé et le texte inachevé. Qu'à cela ne tienne, Katz embauche un journaliste d'investigation pour écrire la suite du livre. Mais, de souvenirs en faux-semblants, celui-ci va se retrouver pris au piège d'un maelström de fausses pistes. Et si la vérité n'était qu'une histoire parmi d'autres ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Deuil de sel | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Deuil de sel Cécile Baudin Presses de la Cité Le 19 mars 2026 400 pages polar historique Chronique 19 avril 2026 Première enquête de Claire Le Vaillant très réussie : rencontre heureuse avec une nouvelle héroïne hors des sentiers habituellement battus par les auteurs de polars historiques. L'autrice nous offre une intrigante et passionnante plongée dans l'univers des généalogistes successoraux mais aussi des exploitations de sel en montagne dans les années 1960. Tout un programme des plus enthousiasmants ! L'écrivaine a décidément l'art et la manière de nous dépayser à chaque nouvel opus, maîtrisant parfaitement le suspense tout au long de l'intrigue tortueuse et originale qu'elle a imaginée pour nous, bâtissant son scénario sur des fondations solides résultant de ses recherches fouillées et autres explorations réjouissantes de documents scientifiques et patrimoniaux. Donc on frémit, on se divertit et on s'enrichit de nouvelles connaissances. Que demander de plus ? Je ressens à chaque lecture d'un récit de Cécile Baudin, son enthousiasme, sa passion ; cette sensation est jubilatoire pour son lectorat fidèle, dont je suis. Ainsi "Ce n'est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons; elle nous les garde, au contraire, et les fixe dans leur jeunesse adorable : la mort est le sel de notre Amour ; c'est la vie qui dissout l'Amour." François MAURIAC, Le Désert de l'amour Prologue en 2020 : Jeanine, femme de ménage à Lyon, passionnée de faits divers sanglants, découvre sa patronne morte. Elle soupçonne immédiatement l'héritier de la vieille dame dit le Bel Oiseau. 1ère partie pendant l'été 1960 : deux mystères planent sur Salins-les-Bains dans le Jura, haut lieu de la production de sel : des animaux de compagnie disparaissent soudain sans explication et un corbeau dénonce les secrets inavouables de quelques notables locaux. Parmi ces malchanceux, André Vuillermoz, patron du casino, marié à la toute jeune Suzanne, ravissante, peu sûre d'elle, désespérée par son absence d'instinct maternel envers sa petite fille, Odette. Le docteur Brocard, médecin respecté de tous, est également visé par les messages menaçants. Il s'en ouvre au père Roche ; nouvellement arrivé sur la commune, ce jeune curé fait l'unanimité auprès de ses ouailles. Il est aussi bel homme, ce qui n'a pas échappé à Michelle Guinchard, la fille adolescente de la coiffeuse, prête à tout pour s'en faire aimer. Sa meilleure amie, Yvonne en est témoin ainsi que du fait que Marcellin, un ouvrier de la saline, aime éperdument Michelle sans espoir de réciprocité. Mais rapidement l'atmosphère devient irrespirable après un suicide suivi d'un meurtre. La petite ville devient alors le décor de drames en cascade. Cependant, la police est des plus expéditives, trop heureuse de clore les dossiers. Cette hâte à retrouver rapidement une fausse paix ne peut que favoriser bien des tourments futurs et effectivement... 2ème partie en 2025 : entrée en scène de notre nouvelle amie : Claire Le Vaillant. Après un scandale ayant secoué le microcosme lyonnais des notaires et leurs associés, Claire aurait bien besoin d'un petit coup de pouce du destin afin de redorer son blason professionnel et de réapprovisionner son compte en banque. C'est alors que son notaire de parrain, Jacques Morel, lui offre un dossier alléchant bien que compliqué : retrouver les héritiers d'une femme morte en 2020. Si elle remplit sa mission, un joli pactole en commission l'attend. Mais, car il y a toujours un mais, elle doit accepter de prendre en formation son petit-fils délinquant, Brandon Morel dit "Junior" . L'idée ne lui plaît pas du tout mais elle n'a pas le choix. Les voici donc partis en chasse d'un héritier potentiel du patrimoine confortable de 20 millions d'euros d'une certaine Mme Vuillermoz. Ça y est, vous resituez les évènements dans le temps ? Je vous l'avais dit que la vérité, même si elle prend les escaliers au lieu d'un ascenseur, éclate toujours tel un orage tardif. Direction donc Salins-les-Bains aujourd'hui. Quels acteurs des évènements du passé allons-nous retrouver ? Le puzzle se forme sous nos yeux émerveillés jusqu'à ce qu'une dernière pièce semble ne pas vouloir s'ajuster dans le tableau reconstitué. Et oui, Cécile Baudin vous réserve de belles révélations finales faisant de ce roman une lecture enthousiasmante et haletante. Bravissima ! Je rejoins donc tous ceux qui, depuis sa parution, ont exprimé leurs avis réjouis sur ce premier opus des aventures de Claire Le Vaillant et Junior. Quatrième de couverture Les actes du passé laissent immanquablement des traces dans le présent... Première enquête de Claire Le Vaillant. Une intrigue parfaitement maîtrisée, étayée par des recherches documentaires scientifiques et patrimoniales pointues. Par l'autrice du best-seller Marques de fabrique. 1960. La paisible commune de Salins-les-Bains est le théâtre d'étranges événements : disparition de chats, lettres d'un corbeau... Bientôt, un accident aux allures de suicide secoue la ville, puis un meurtre est perpétré. Le coupable est arrêté, mais Christian Roche, le jeune curé de la paroisse, décide de suivre une autre piste : n'est-il pas celui à qui tous se confessent ? 2025. Claire Le Vaillant, généalogiste successorale à Lyon, se voit confier un dossier important. Avec l'aide de " Junior ", son assistant, elle doit reconstituer la généalogie d'une défunte sans héritiers connus, dont elle découvre que la mère se serait suicidée en 1960 à Salins-les-Bains. Leur enquête, complexe, va recouper celle du père Roche, et leurs propres recherches éclaireront d'un jour nouveau les événements de cette année fatidique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- REPÈRES - Récit initiatique | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires REPÈRES - Récit initiatique Astrid-Aimé Auto édition 2021 312 pages. Préface de Pierre Duterte Autobiographie Chronique 7 août 2022 "Le manque du pays fut si grand qu'il cumulait causes et solutions de tous mes maux. Ô Cameroun, berceau de mes ancêtres." La préface signée Pierre Duterte commence par : " S'écrire. Une libération ?" Tout est dit dans cette simple question ; tous ceux qui envisagent ou s'interrogent sur la nécessité ou l'utilité de raconter son parcours, sur le bénéfice ou le danger de remettre en sang les cicatrices que l'on croyait fermées, trouveront dans ces lignes l'expression de leur douloureux dilemme. Vais-je me jeter à l'eau ? Serai-je capable de nager jusqu'à l'autre rive ou vais-je couler, écrasé par le traumatisme ravivé ? Il suffit d'un regard, d'un mot, d'une jaquette de livre ou d'une quatrième de couverture pour que tout remonte du gouffre de nos peines, de nos douleurs, de nos manques. Ce fut le cas pour moi avec "Repères" au dernier Salon du livre de Paris. Entouré d'une multitude de pile de romans et ouvrages aux couleurs explosives, un îlot gris ardoise se distinguait : le portrait d'éléphant en couverture me fit basculer dans un hier lointain et pourtant présent à chaque minute. La lecture du résumé de ce récit initiatique me mit en apnée. La dédicace de l'auteur me rappelle que Oui, nous nous sommes parlé, mais déjà j'étais passée de l'autre côté, en état second. J'ai vite dû trouver la sortie.... Que de bravoure a-t-il fallu au petit garçon caché dans le jeune homme Astrid pour chuchoter à celui-ci que c'était le moment, qu'il allait falloir l'un et l'autre se prendre par la main pour raconter leur histoire, mais aussi celle d'un pays dans la tourmente, pour narrer l'exil, le sentiment d'abandon, le froid, la solitude, la tristesse abyssale ? Aucun son n'a pu s'échapper des lèvres serrées de l'enfant traumatisé, en position de défense constante, de vigie guettant les dangers potentiels, jusqu'à la rencontre salutaire avec un thérapeute, le même qui offre en préface à l'auteur ses mots clés : ainsi nous aussi pouvons-nous, dans le sillage d'Astrid-Aimé, ouvrir les portes de notre compréhension émotionnelle, de notre empathie, et entamer notre propre apprentissage. "Pour moi seul les fous allaient chez le psy. Mais il me rassurait en me faisant comprendre qu'il fallait exactement dire dans son cas "psychothérapeute" et que je ne devais aucunement me croire plus fou que lui. Tous les décors de ce bureau peu commun donnaient l'impression d'être à mi-chemin entre l'Afrique, l'Amérique, l'Asie et le Moyen-Orient. Au cours de nos conversations d'environ une heure, nous voyagions sur une pirogue la nuit auprès d'éléphants en bord de fleuve, sous le hululement des chouettes." Garçon perdu entre deux continents, entre deux parents, entre deux vies, entre deux ethnies, la colère peu à peu de ne pas comprendre les tenants et aboutissants de l'histoire familiale monte et se transforme en fureur. Les cris et les pleurs qu'il ne peut pousser deviennent coups et violence tempétueuse ; écartelé entre une mère déboussolée, dure et défaillante, abdiquant devant des compagnons toxiques, au grand dam de ses enfants, et le souvenir flou d'un père resté au Cameroun que l'on charge de tous les défauts, le petit Astrid puis l'adolescent cherchent dans la castagne à se faire mal, dans la délinquance à tester les limites de ce monde injuste, cynique, intolérant, absurde. Besoin d'un père, de repères.... Mais la société change et l'écrivain en devenir aussi ; les mots l'habitent à travers le rap, les livres, les chansons de variété française, américaine et africaine. Le besoin de coucher sa vérité noir sur blanc devient irrésistible, encore plus depuis sa rencontre avec Pierre Duterte. Se raconter en dehors de cette présence tutélaire se meut en urgence alors que la révolte populaire gonfle et se déchaîne enfin dans les rues françaises. L'espoir d'un changement nous étreint alors, on peut se permettre, peut-être, de penser à un avenir possible, l'horizon s'ouvre... "La vérité n'a de sens que si son récepteur parvient à la comprendre." Earl Simmons (DMX), 18/12/1970 - 09/04/2021 Mais pour bâtir le futur encore faut-il que les fondations intimes soient solides : comment le pourraient-elles alors que le brouillard des mensonges, des secrets, interdit toute clarté. L'hiver approche, rester en France à Goussainville, banlieue parisienne mal-aimée et déconsidérée est inenvisageable. Direction le Cameroun, enfin ! L'enfant doit interroger son père, connaître la/sa vérité, inspirer à nouveau les parfums de son pays, revoir les paysages, le quartier, la maison, retisser les liens avec la famille maternelle et paternelle, rendre hommage à sa grand-mère "véritable sainte" à laquelle cet ouvrage est dédié... La colère et la tristesse du petit garçon doivent laisser place à la paix intérieure et la compréhension bienveillante des actes de chaque intervenant de la pièce qui s'est jouée depuis sa naissance jusqu'à ce retour aux sources. Cette autobiographie, preuve que l'auteur y est parvenu, est aussi une oeuvre littéraire à part entière, singulière, flamboyante, érudite tout en étant familière, qui réinvente la langue, notre langue. Je retrouve le français d'outre-mer lumineux, respectueux de l'étymologie des mots, de leur sens premier, oublié en métropole. Le plaisir de les lire est intense, presque gustatif comme la fameuse madeleine.... Les larmes ne sont jamais bien loin, celles de la mélancolie, du manque, de l'absence mais aussi du bonheur retrouvé. Quatrième de couverture Dans un monde en perpétuel changement, à mi-chemin entre essai et récit initiatique, embarquez pour un authentique retour aux sources. Découvrez le parcours d'exil tumultueux et troublant d'un jeune homme en quête d'identité. Au croisement de ses racines africaines et françaises, Repères lève le voile d'un Cameroun empreint de pudeur et de nondits. Du rire aux larmes et de surprises en déconvenues, sagesse et déraison s'entrechoquent dans une véritable ode à la résilience. L'auteur, par sa plume incisive et sincère, décrypte sans langue de bois l'environnement qui l'a façonné. À travers sa trajectoire saisissante, Astrid-Aimé tente de répondre à une question essentielle : comment comprendre et s'adapter à une société, quand on ne dispose d'aucun repère ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- On ne vit qu'une fois | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On ne vit qu'une fois Maxine Morrey City Editions 17 avril 2024 352 pages traduites par Francine Maigne. Comédie romantique Chronique 18 avril 2024 "Quoiqu'il arrive dans la vie, les feuilles des arbres grandissaient, les jonquilles dansaient en larges plates-bandes, les perce-neige sortaient leurs petites têtes du sol pour signaler le début de tout." Une délicieuse comédie romantique à l'anglaise. Mot d'ordre : sortir de sa zone de confort, revenir dans la lumière même après un drame qui vous fait croire que la vie ne peut vous apporter que de nouveaux malheurs, qu'aimer est une porte ouverte sur de nouvelles souffrances, de nouvelles pertes dont cette fois-ci vous ne vous relèverez pas. L'analyse psychologique et les descriptions des divers sentiments par lesquels passe l'héroïne de ce roman sont très justes. Alors oui c'est un roman à l'eau de rose, oui il est cousu de fil blanc, oui les personnages sont des archétypes, oui, oui, oui, mais on s'en fiche totalement. Ça marche, c'est bien écrit, bien traduit, les protagonistes sont attachants, les dialogues ciselés avec beaucoup d'humour et de tendresse. Il y a même un chien, c'est vous dire ! J'ai parfaitement accroché à ce récit qui m'a réconfortée comme une tasse de chocolat chaud avec de la guimauve. J'en avais besoin. Croire en l'impossible, en l'amour et en la sincérité des sentiments, ce n'est pas ridicule. Et pourtant, je n'ai pas l'âme romantique mais plus l'ambiance est au cynisme plus j'ai besoin d'espérer et de prendre le contre-pied de la sinistrose actuelle. Ce livre est également un hommage évident à l'incomparable Jane Austen. Quatrième de couverture Depuis la mort de son mari, Lily n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle a quitté Londres avec ses souvenirs et s'est installée dans une grande maison en bordure d'un petit village où elle continue d'écrire ses romans à succès, là où plus rien ne peut la heurter. Lorsque son frère propose à Jack, son meilleur ami, d'emménager dans une chambre d'ami de la maison de Lily pour le dépanner, celle-ci est réticente. Mais elle ne peut pas refuser après tout ce que son frère a fait pour elle. Il lui faut un certain temps pour s'habituer à son nouveau locataire. Cependant, au fil du temps, elle apprécie sa compagnie. Jack lui apprend à lâcher prise et à sortir de sa zone de confort. Et peu à peu, Lily entrouvre son coeur à nouveau. Car, comme le dit le proverbe, on ne vit qu'une fois. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















