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- L'arracheuse de dents | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'arracheuse de dents Franz-Olivier Giesbert Gallimard 10 mars 2016 448 pages Historique Chronique 9 mai 2017 Quel plaisir j'ai eu à lire ce roman ! Le même quand petite je me cachais derrière le rideau en velours qui séparait le salon des chambres pour regarder Le grand échiquier ou Apostrophes. L'intelligence, la fantaisie, l'érudition sans fatuité, l'humour et la causticité. Et surtout l'Histoire vue par une héroïne improbable, truculente, pragmatique, une pirate de la vie, qui nous enivre comme un grand vin lors d'un déjeuner dominical composé de recettes bien de chez nous ou plus exotiques. Délicieux ! Le temps d'une lecture de quelques heures je suis revenue chez moi, j'ai retrouvé le bonheur de notre langue, j'ai beaucoup souri en découvrant les aventures épiques de cette héroïne frappadingue, libre et attachante. Je souris encore en rédigeant ce texte, c'est vous dire. L'auteur est très ingénieux et a dû énormément s'amuser en prenant le prétexte de mémoires d'une aïeule Lucile Bradsock retrouvés par hasard par un de ses descendants sous le plancher de la maison de famille. Ainsi presque cent ans de l'histoire de France et des Etats-Unis vont nous être relatés par une des premières femmes dentistes qui grâce à son métier va rencontrer quelques uns des personnages les plus célèbres de 1789 à 1876. Tous sont égaux face à la douleur dentaire...... Ainsi croisera-t'elle soit pour les soigner, soit par nécessité Robespierre, Danton, Louis XVI, Marie Antoinette, Bonaparte, Jefferson, Grant, Lee, etc... J'en oublie.... La révolution française, l'esclavagisme, la guerre de sécession, le massacre des Indiens, l'empire sous Bonaparte puis les tergiversations du peuple français, qui ma foi n'a pas changé, entre république et royauté, et surtout la place de cette Femme, grande perdante de la révolution et ensuite asservie par le code Napoléon, et partout dans ce monde franco américain... Donc un texte qui semble léger mais soulève, mine de rien et avec beaucoup d'élégance et de talent, des questions cruciales et éternelles de liberté et de place dans ce monde. Merci monsieur Giesbert. Quatrième de couverture Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock, réfugiée en pleine Révolution française chez un célèbre dentiste parisien qui lui a appris le métier. Sa vie claque comme une épopée. Devenue l’une des premières femmes dentistes de l’Histoire, cette scandaleuse soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique sur un bateau négrier. Grâce à ses talents de praticienne et au fil de ses aventures entre les deux continents, Lucile rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou Napoléon, tous décrits sous un jour inattendu. Prenant fait et cause pour les esclaves du Sud ou les Indiens de l’Ouest, ce Monte-Cristo en jupons cherche toujours à infléchir le cours de l’Histoire sans oublier de redresser les torts et de faire justice elle-même. Infatigable séductrice, Lucile Bradsock professe un goût immodéré de l’amour et des hommes. Sa devise : «Merci la vie !» Cette odyssée truculente est finalement un hymne à la joie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Bibliothèque de Minuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Bibliothèque de Minuit Matt Haig Mazarine (Fayard) 6 janvier 2022 414 pages traduites par Dominique Haas Fantastique Chronique 23 avril 2022 Magnifique roman en cette période très particulière où la croisée des chemins se présente devant nous. Dans une société qui nous met en permanence en concurrence les uns par rapport aux autres, où tout n'est qu'apparence, matérialisme et individualisme, où l'on mesure son niveau de réussite en se référant à une échelle des valeurs erronée, en comparant stupidement le jardin du voisin au nôtre, où l'on nous fait insidieusement un beau lavage de cerveau via la pub et les médias, où l'on a du coup tendance à ne voir que ce que l'on a pas, à ne considérer que le vide du verre et non le plein, ce roman devient une cure de jouvence. C'est une leçon d'espoir appelant à ne rien lâcher ou abandonner, à être conscient de ce qui est positif dans notre vie, à changer la lentille de vue à travers laquelle nous regardons le monde qui nous entoure, en bref à rallumer la lumière alors que tout est fait pour nous éteindre. Nous sommes les seuls interrupteurs permettant d'éclairer notre existence. Vivre avec des regrets de ce que nous aurions pu faire ou ce que nous aurions pu réaliser ne mène à rien sauf à nous empêcher de considérer chaque nouvelle journée comme une page blanche sur laquelle nous allons écrire notre destin. En partant d'un postulat déjà vu mais particulièrement bien développé, l'auteur nous fait glisser d'une version de Nora Seeds à une autre, et insidieusement nous mène, tout en lisant, à nous interroger sur notre propre vie, sur nos regrets, sur nos blocages. Nous prenons conscience que nous pouvons être notre pire ennemi ou notre meilleur ami. C'est un livre poétique sur le fond, initiatique, surfant sur le concept d'univers parallèles ou multivers, extrêmement bénéfique et optimiste. J'ai pris un grand plaisir à le découvrir alors même que les évènements actuels me désespèrent et me terrorisent. Un texte qui va certainement m'aider à affronter demain. Ce serait un merveilleux film ! J'ai beaucoup aimé suivre cette héroïne attachante et touchante, si belle dans son imperfection ou grâce à elle, justement. Une grande bouffée d'oxygène. Quatrième de couverture « Entre la vie et la mort, il y a une bibliothèque, avec des rayonnages infinis et une multitude d'autres vies à essayer. » À trente-cinq ans, Nora Seeds a l'impression d'avoir tout raté. Lorsqu'elle se retrouve un soir dans la mystérieuse Bibliothèque de Minuit, c'est sa dernière chance de reprendre en main son destin. Si elle avait fait d'autres choix, que se serait-il passé ? Avec l'aide d'une amie bibliophile, elle n'a qu'à prendre des livres dans les rayonnages, tourner les pages et corriger ses erreurs pour inventer la vie parfaite. Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme elle l'imaginait. Avant que minuit sonne, pourra-t-elle répondre à l'énigme la plus importante : qu'est-ce qu'une vie heureuse ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'enfant du lac | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'enfant du lac Kate Morton Charleston Le 13 mars 2025 644 pages traduites par Anne-Sylvie Homassel historique Chronique 10 juillet 2025 1933-2003 Fabuleux roman historique et de suspense dont l'intrigue s'étale sur une période de 70 ans, les chapitres basculant entre plusieurs personnages de femmes à différents âges. Leur dénominateur commun ? La disparition d'un petit garçon, Theo, âgé de onze mois, lors de la fête du solstice d'été à Loeanneth dans la maison de la famille Edevane près d'un lac, en 1933. Lieu enchanteur et idyllique où vivent Eleanor, son époux Anthony, leurs trois filles, Deborah, Alice, Clemmie, et leur fils né après dix ans d'attente. La détestable mère d'Eleanor, Constance DeShiel, vit aussi avec eux ainsi qu'un vieil ami de la famille, anciennement médecin devenu écrivain. La sévère nurse et le beau jardinier, Benjamin Munro, complètent le tableau. Dans cette propriété de rêve, le drame s'abat sur la famille sidérée. C'est le début d'un long calvaire qui aura des répercussions sur la vie entière de ces protagonistes. Ont-ils tous dit la vérité à Clive, le jeune policier en charge de l'enquête ? N'y a-t-il pas quelques secrets cachés qui pourraient expliquer cette disparition soudaine ? Est-ce un enlèvement ? Mais alors pourquoi le ravisseur présumé ne demande-t-il pas de rançon ? L'affaire s'enlise et devient un des nombreux cold cases jamais élucidés. 2003, Sadie est flic à la brigade criminelle de Londres. Elle est dans une situation plus que délicate avec sa hiérarchie quant à l'affaire Bailey, concernant la disparition d'une jeune mère ayant, semble-t-il, laissé derrière elle une toute petite fille livrée à elle-même pendant une semaine dans leur appartement. La mère de la jeune femme est persuadée qu'il est arrivé un malheur, que sa fille est morte. Son ex gendre au contraire n'est pas étonné et dresse un portrait peu flatteur de son ancienne compagne. Qui croire ? L'affaire est classée. Pour Sadie, particulièrement sensible à tout ce qui touche à la maternité, ce cas devient une obsession. Elle se range du côté de la mère de la disparue et commet une faute grave... Mise à pied, devant se faire oublier, direction les Cornouailles et la maison de son grand-père, Bertie. Au détour d'un chemin, alors qu'elle fait son jogging en compagnie des chiens de son aïeul, elle découvre un jardin abandonné et bientôt une charmante et mystérieuse maison orpheline de ses habitants depuis des décennies : c'est Loeanneth. En apprenant l'histoire tragique qui s'est déroulée en ce lieu, l'instinct de ce fin limier au chômage forcé se réveille. Elle fouille, enquête aux archives municipales. Le nom de Edevane lui est familier. Très vite elle fait le lien avec la célèbre écrivaine de romans policiers, Alice Edevane, nonagénaire à l'esprit caustique et retors. Elle décide de la contacter directement par courrier. Peter, le secrétaire particulier de la grande dame, constate avec étonnement le bouleversement que crée les lettres de l'inspectrice sur Alice, d'habitude si maîtresse de ses sentiments. Les pièces de cet ouvrage digne des meilleurs auteurs de littérature noire anglophones sont en place sur le plan labyrinthique imaginé par Kate Morton. Avec un immense talent de conteuse capable de restituer somptueusement une ambiance so British, d'analyser les circonvolutions de la pensée humaine la plus complexe, de laisser tomber quelques miettes de vérité tout au long de notre parcours de lecteurs incapables de détourner les yeux de ce pavé de 644 pages, Ô combien ensorcelant, d'imaginer un scénario tortueux fécond en retournements de situation et pièges multiples, de dresser le portrait de personnages inoubliables et ultra réalistes, l'autrice nous piège entre ces pages supra addictives. Impossible de se libérer de cette maison du lac, enfermés dans cette intrigue policière et humaine fascinante. Roman parfait pour les vacances, de ceux que l'on ne peut lâcher jusqu'à la dernière révélation et que l'on regrette de devoir refermer. Que vous êtes chanceux, vous qui allez vous y plonger ! Quatrième de couverture Cornouailles, été 1933. La maison de campagne de la famille Edevane, Loeanneth, est impeccable et étincelante, prête pour la fête tant attendue de la Saint-Jean. Mais lorsque minuit sonne et que les feux d’artifice illuminent le ciel nocturne, un drame se produit. Le petit Theo, onze mois, disparaît soudainement. La police remue ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Inconsolable, la famille Edevane quitte Loeanneth pour toujours et la maison tant aimée est laissée à l’abandon. Soixante-dix ans plus tard, une jeune inspectrice londonienne fascinée par cette disparition décide de reprendre l’enquête. Mais à mesure qu’elle découvre les secrets que renferme le domaine, elle éveille l’hostilité d’Alice Edevane, la grande soeur de Theo devenue romancière à succès... Révélant les secrets un à un, à la manière de poupées russes, Kate Morton nous entraîne au coeur d’un mystère envoûtant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maison aux sortilèges | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison aux sortilèges Emilia Hart Les Escales 28 septembre 2023 448 pages traduites par Alice Delarbre Historique Chronique 18 mars 2024 "La maisonnette est tapie sur le sol, comme un animal nerveux. Les murs de pierre sont brouillés par le temps, tapissés de lierre. Des lettres sophistiquées, gravées dans le linteau de la porte, désignent le lieu : Weyward. Un nom étrange pour une maison. Et pourtant familier." "Les liens entre les femmes sont les plus redoutés, les plus difficiles et constituent, potentiellement, la force de transformation la plus puissante de la planète." Adrienne Rich Attention best-seller international. Un premier roman parfaitement maîtrisé, charnel, sensuel, puissant, dense, sous forme d'un récit inter-générationnel traitant de la résilience et de la résistance des femmes à travers le temps face à la brutalité et la cruauté des hommes. Trois femmes hors du commun donc : - 1619 Altha accusée de sorcellerie est la dépositaire d'un savoir féminin concernant les plantes et leur utilisation. Mais surtout, elle est détentrice d'un pouvoir transmis de génération en génération : celui de communier et de communiquer avec la Nature, avec la Terre et sa faune. - 1942 Violet enfermée par son père dans le manoir familial s'interroge sur sa mère défunte. Seuls un médaillon et une inscription sur le mur de sa chambre indiquent qu'elle a vraiment existé. Peu à peu, elle sent une force croître en elle une volonté de savoir afin de se libérer du carcan paternel et sociétal. - 2019 Kate n'a plus le choix. Enceinte, elle doit fuir au plus vite son compagnon violent, narcissique et pervers. Heureusement, une grand-tante lui a légué une vieille maison, celle des Weyward, traduction française du nom : "rebelle". À l'abri, la maison et son jardin semblent la métamorphoser, l'aider à enfin se connaître et savoir qui elle est et d'où elle vient véritablement. Et en effet, ces trois "sorcières" en puissance sont reliés par un fil solide tendu par delà les siècles, un fil par lequel se diffuse une puissance matriarcale des origines puisant sa force dans la Nature, la Terre, les insectes, oiseaux.... Un roman qui sent l'humus, la sève, qui crépite du bruissement, du murmure des forêts, des bois, des buissons, des cours d'eau, qui nous emporte dans le vent des tempêtes intérieures et celles provoquées par le pouvoir du Féminin face au danger, qui palpite comme le sang de la Vie, de la Mort, de la souffrance ou du soulagement. Violet et Kate sauront-elles entendre la voix de Altha resurgissant des limbes pour les mettre en garde ? Kate trouvera-t-elle dans la maison les indices laissés par Violet ? Pourront-elles se sauver et protéger leur lignée ? Un roman profondément féminin en cette période de métamorphose souhaitable et espérée des sociétés patriarcales au pouvoir pour encore peu de temps. Un roman historique, vital, flirtant avec le surnaturel tel qu'il est considéré dans les pays occidentaux, qui ne l'est pas dans les cultures reliées encore à Gaïa, à la Terre. Très beau et réconfortant ! Quatrième de couverture Lauréat du Goodreads Choice Award Best Debut et Lauréat du Goodreads Choice Award Best Historical Fiction. Trois femmes extraordinaires séparées par quatre siècles. Un roman captivant sur la puissance des femmes et le pouvoir de la nature. 2019. Kate fuit Londres pour se réfugier dans une maison délabrée dont elle a hérité. Avec son lierre dégringolant et son jardin envahi par les mauvaises herbes, ce havre de paix la protège de son compagnon violent. Kate sent toutefois qu'un secret s'y tapit... 1942. Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, Violet est cloîtrée dans le grand domaine familial, étouffée par les conventions sociales. Elle vit avec le souvenir de sa mère, dont il ne lui reste qu'un mystérieux médaillon et une inscription étrange sur le mur de sa chambre. 1619. Altha connaît les secrets des plantes, savoir ancestral transmis de mère en fille. Nombreux sont les villageois à venir lui demander de l'aide. Pourtant, quand un fermier meurt piétiné par son troupeau, tous la pointent du doigt et l'accusent de sorcellerie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Des crimes qui ne disent pas leur nom | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Des crimes qui ne disent pas leur nom Brigitte Joseph-Jeanneney TriArtis 17 janvier 2022 76 pages Divers Chronique 30 décembre 2022 « La littérature ne sert pas à restituer le réel mais à combler les vides, les lacunes. On exhume et en même temps on crée une réalité autre. On n'invente pas, on imagine, on donne corps à une vision, qu'on construit bout à bout, avec des morceaux de souvenirs et d'éternelles obsessions. » Le parfum des fleurs la nuit de Leïla Slimani 9 nouvelles s'attachant à décrire diverses situations plus ou moins folles où soudain un des protagonistes commet un acte criminel, crève cœur, égoïste, irrespectueux, en un mot insupportable pour celle ou celui qui en est la victime ciblée, consciemment ou non. 1/ Une expédition Simone, résidente dans un EHPAD, attend avec impatience l'arrivée de son petit-fils qui doit l'accompagner au bureau de vote pour remplir avec fierté son devoir civique. Mais le temps passe... 2/ Compter ses pas Dans un futur pas si éloigné une femme compte ses pas dans sa cellule. Emprisonnée pour quelle raison ? Je vous laisse le découvrir. 3/ Rester au Vent Un jeune soldat revient de la guerre et sonne chez une mamie. Pas le temps de parler que déjà la vie à deux reprend son cours.. mais qui est-il ? 4/ Le Chandail Une femme vole le chandail d'une petite fille au square. Mais pourquoi ? 5/ Emprises Une gardienne d'immeuble énigmatique, l'aveuglement des habitants de la résidence, des lettres de dénonciation dans les boîtes, emprise des plus forts sur les plus faibles... 6/ Un homme nu Être nu chez soi est-ce de l'exhibitionnisme ? Est-ce du flirt ? Une méthode de drague ? Et s'inquiéter de ne plus voir l'objet de tous ses désirs depuis plusieurs jours et paniquer jusqu'à.... Folie ? Crime ? 7/ Le Doigt Un viol par un allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, un dépôt de plainte auprès de l'officier de la Wehrmacht, un doigt accusateur qui se lève sur le criminel, une exécution rapide, et puis un miracle... 8/ Une métamorphose Un trentenaire revient chez maman après un divorce et un licenciement destructeurs. Il arrive des USA. Mais l'appartement maternel a bien changé ainsi que sa propriétaire. Tout évolue, tout se métamorphose... 9/ Du plomb dans l'aile À force de vouloir sauver les autres malgré eux, d'imposer sa volonté, de penser mieux savoir ce qui convient à la personne concernée, on peut franchir certaines limites et pousser l'autre trop loin jusqu'à... Tour à tour cocasses, joyeux, grinçants, bouleversants, barrés, terrifiants, ces textes nous parlent de nous-mêmes, de ces instants où tout est trouble, on l'on passe dans une autre dimension, ou l'air semble trembler, où l'on perd le sens commun dans un monde devenu fou. Des fragments de vérité tels des morceaux de miroir brisé dans lesquels nous regarder attentivement. Quatrième de couverture Des petits crimes impunis qui ne laissent des traces que pour les victimes. Des balles invisibles atteignent les cerveaux et broient les cœurs. Emprises en cascade. Mise enceinte subreptice. Négation des droits civiques d'une fille de déportée. Surprenante dénonciation d'un viol. Interdiction d'inventer des algorithmes. Il y a aussi des criminels aux mobiles insoupçonnés. Voleuse à l'arraché d'un étrange chandail. Usurpateur d'identité par générosité. Exhibitionniste eupho-rique. Veuve transgressive laissant son fils désemparé. Il est tant de crimes impunis, ignorés de leurs auteurs, mais pas de leurs victimes. Des crimes qui ne disent pas leur nom. La presse en parle : L'Inventoire - La revue littéraire d'Aleph-Ecriture - 7 février 2022 [...]Le quatrième recueil de nouvelles de Brigitte Joseph-Jeanneney vient de paraître aux Editions Triartis dans la collection Echappées Brèves. Dans une langue élégante et subtile, l’auteure brosse neuf portraits de femmes prises au piège de situations qu’elles n’ont pas créées, résistant en silence à des abus ou manquements souvent commis par des hommes[...] Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Madame S | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Madame S Sylvie Lausberg Mon Poche 3 mars 2022 409 pages Biographie Chronique 6 mars 2022 Paru initialement aux Éditions Slatkine &Cie en 2019. Polar biographique ! Résolution d'une énigme policière historique ! Le mystère qui entoure Marguerite Japy-Steinheil future Lady Abinger n'a toujours pas été résolu tant cette femme a su, tel un caméléon surdoué né des circonstances, jouer tous les rôles que lui ont imposés la société, sa naissance, son époque, son père, les hommes, la presse, certaines autres femmes fort peu compatissantes. Pourtant tout avait bien commencé, mais que voulez-vous, lorsque certaines ont un charisme naturel, qu'elles attirent les regards, la concupiscence, l'amour malsain et obsessionnel, force est de constater que les bonnes âmes ne manquent pas pour les conspuer, les haïr, les montrer du doigt, les condamner aux feux de l'enfer avec un petit passage par la guillotine, pourquoi pas !?! Dans ce début du XXe siècle où une femme ne peut être qu'une prostituée, une sainte, ou une épouse, où ses droits sont bafoués en permanence par une autorité patriarcale toute puissante, où le statut de mineure est sans fin, où aucune pitié n'est à attendre des hommes mais aussi de certaines représentantes féminines jalouses se posant en juge partial et menant l'enquête à charge, que peut-on espérer, comment s'en sortir, comment sauver sa peau ? Texte magnifiquement écrit, drôle, cruel, réjouissant, passionnant, émouvant, respectant un plan rigoureux qui nous permet de découvrir les multiples aspects de ce destin rocambolesque et hors du commun, de cerner avec plus de justesse cette figure qui fit couler beaucoup d'encre, qui fit tourner beaucoup de têtes et pas des moindres, sur laquelle tout et son contraire fut soutenu et déclaré. Les circonstances qui ont amené l'auteure à se pencher sur cette vie extraordinaire sont un heureux hasard : la location par notre écrivaine de l'ancienne maison de la fameuse Séverine, journaliste libertaire. La trouvaille de documents au fond d'une boîte, titillant les cellules grises de l'historienne, psychanalyste et journaliste, j'ai nommé notre guide. Le désir d'aller au delà des apparences, de traverser le miroir du temps pour retrouver la petite fille Meg puis la femme, Marguerite, prend possession de Sylvie Lausberg. Nous mettons autant nos pas dans ceux de Madame S que dans ceux de l'enquêtrice à la recherche de la vérité sur les multiples scandales qui ont jalonné ce parcours si incroyable qu'il en paraîtrait exagéré dans une fiction. Cette biographie fabuleuse est aussi une fresque historique et une analyse pertinente et édifiante de la société française au tournant du XXe siècle, secouée par plusieurs événements et scandales, telles la Guerre de 1870, la défaite française, la Commune, l'affaire Dreyfus...... Éloignons-nous de l'image caricaturale donnée à la célèbre maîtresse du président Felix Faure pour faire la rencontre de l'individu. Essayons de percer le secret de l'énigme policière jamais résolue du double meurtre de son époux et de sa mère. La solution offerte par l'autrice est des plus savoureuses et me fait encore sourire alors que j'écris cette chronique. J'ai adoré cette biographie, cette femme qui semble avoir tout fait pour survivre dans un monde d'hommes où certaines, telle Séverine, pouvaient aussi être des ennemies acharnées ; c'est une plongée dans le monde politique et le microcosme des grands propriétaires industriels, dans les intrigues d'alcôve, nous faisant pénétrer dans les salons mondains, découvrir la bonne société corsetée et hypocrite, les bureaux de la police secrète, les salles de rédaction..... Une biographie haute en couleurs, dense, impressionnante, un tourbillon de sensations fortes, un hommage enfin rendu à une femme intrigante et mystérieuse qui a joué au mieux avec les cartes qui lui ont été distribuées. Respect ! J'aimerais tant que ce texte devienne film ! Quatrième de couverture « L'anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa « connaissance » s'est sauvée par l'escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l'affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l'on surnomme depuis la « pompe funèbre »... Intriguée par cette « putain de la République », une journaliste recluse décide d'enquêter sur cette si mystérieuse Madame S. et sur les secrets d'un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales. Sylvie Lausberg livre un passionnant thriller historique sur les traces volontairement effacées de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante qui sauvera sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d'injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Selfies | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Selfies Jussi Adler Olsen Albin Michel 29 mars 2017 624 pages, traduites par Caroline Berg Thriller et Policier Chronique 14 avril 2017 Énorme coup de Coeur pour ce dernier opus de Jussi Adler Olsen" Selfies" qui m'a littéralement kidnappée. Ce thriller construit sur deux phénomènes de société bien banals est proprement remarquable. Les six livres de cette série précédant celui-ci étaient tous des réussites, des coups de maître incontestés. Il est admirable de pouvoir ainsi maintenir une cadence de coureur de marathon sur sept tomes et de tenir le lecteur en haleine pendant tant d'années. Ce qui est terrifiant dans ce récit c'est la bascule d'une femme du jour au lendemain, se transformant sous nos yeux en monstre dénué d'empathie, alors que celle-ci avait été la constituante principale de sa vie. Il y a comme souvent une dénonciation féroce : dans ce texte c'est le concept d'état providence poussé à son paroxysme, et cette jeunesse qui vit des aides sociales et ne rêve que de célébrité, d'argent facile et dont la vie ne tourne qu'autour des apparences, du bling bling, des mises-en-scène sous forme de selfies . La description de l'évolution psychologique des personnages glace le sang tant il est juste. Allons-nous vers une totale amoralité ? C'est aussi pour moi l'épisode des aventures de notre trio de choc Carl Morck, Assad et Rose, le plus émouvant et touchant. Beaucoup d'auteurs de sagas comme celle-ci réussissent à créer un lien presque sentimental entre le lecteur et les héros, mais je ne sais pas pourquoi Jussi Adler Olsen est particulièrement un magicien en la matière, et l'on est profondément touché par la mise en abîme de Rose, en plein syndrome posttrauma, qui déjà se devinait dans " Promesse " le sixième tome. Je pense aussi que l'humour, la drôlerie de certaines scènes et certains personnages cocasses nous attachent encore plus à cette série et ces héros, bien plus que le ferait un ton bien dramatique et larmoyant. Fan encore plus après cette lecture enfiévrée, imaginant déjà la suite puisque certaines pièces de la prochaine partie ont été habilement placées. Merci monsieur Adler Olsen. Quatrième de couverture Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d'une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu'elles sont la cible d'une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une. L'inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Mørck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s'il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. à condition que Rose, plus indispensable que jamais, ne se laisse pas assaillir par les fantômes de son propre passé... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Underground Railroad | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Underground Railroad Colson Whitehead Albin Michel Juin 2017 398 pages traduites par Serge Chauvin Historique Chronique 26 mars 2018 Ce livre historique fut couronné du célèbre Prix Pulitzer en 2017 et plusieurs fois récompensé :« Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d'hier et d'aujourd'hui. » Selon le New York Times. Je dédie mon modeste retour à toutes les femmes aventurières et courageuses qui ont contribué à ce que notre monde soit plus juste, et particulièrement à Harriet Tubman, esclave afro-américaine, fugitive, abolitionniste et« ravisseuse » du Chemin de Fer Clandestin ou the Underground Railroad. Les voiles claquent sous l'effet du vent, des cris et gémissements remontent du fond des cales, ainsi que les odeurs pestilentielles de pourriture, excréments et vomissures. Partout les relents ferreux du sang et de la terreur, avant que le désespoir de certains des futurs esclaves kidnappés par des razzieurs dahoméens ne fasse éclater leurs cœurs. Certaines âmes ne seront pas sauvées, la chute au fond du gouffre fut trop violente et vertigineuse. D'autres tiennent, on ne sait comment, réussissent à se relever enchaînées et à sortir de ce vaisseau fantôme, tombe flottante, pour respirer l'air "pur" de l'Amérique. La grand-mère de Cora est l'une de ces rescapées de l'enfer qui bientôt devra affronter un autre cauchemar. Ajarry doit subir l'impensable, l'indicible....un long périple de vente et reventes, de tortures, de deuils, de naissances la mène sur la plantation Randall en Géorgie, fin du voyage. Une de ses filles Mabel dépassera les dix ans et aura elle aussi une enfant nommée Cora. Nous voici donc face à cette gamine de dix ans au lendemain de la fuite abandon de sa mère ; celle-ci est partie sans elle la laissant dans cet univers terrible et terrifiant.Dès lors nous allons suivre Cora, ainsi que tous ses compagnons de route, vers la liberté, la découverte du respect d'elle- même, tout au long d'un parcours initiatique d'une esclave noire d'hier vers la femme afro-américaine de demain. Tout ceci fut possible grâce à Ceasar, qui lui tendit la main au moment où plus rien n'était supportable, où le futur s'annonçait pire encore ; il lui propose de s'enfuir pour gagner les États libres du Nord. Nous sommes à la veille de la guerre de sécession, des hommes et femmes de bien ont organisé un réseau souterrain de la Caroline du Sud à l'Indiana, pour faire passer les fugitifs de la barbarie à une vie d'êtres humains à part entière.Ainsi l'auteur réussit à nous décrire et nous rendre réel par le biais d'une voie ferrée the « Underground Railroad » , ce système clandestin d'aide aux esclaves. Un de ces justes, de ces résistants dit à Cora : « Si vous voulez voir ce qu'est ce pays, y a rien de tel qu'un voyage en train. Regardez au-dehors quand vous filerez à toute allure, vous verrez le vrai visage de l'Amérique. » Même si Cora ne le voit pas vraiment, elle le sent, elle devine les contours d'une nation nouvelle cachée sous l'ancienne. Mais une bête immonde la traque, un chasseur cruel et sociopathe d'esclaves, un récupérateur du bien d'autrui. La course poursuite haletante commence. Ce livre est un tour de force original mettant une femme au centre de tout, et choisissant un biais étonnant pour illustrer et dénoncer l'esclavagisme qui pourtant est un thème déjà beaucoup traité ; c'est également une démonstration effroyable contre le racisme. Époustouflant dans sa construction et sa maîtrise, ce drame humain de valeur universelle nous traumatise et en même temps nous donne un grand espoir. Il est impossible d'accepter ce que certains hommes, au nom d'une supériorité fictive, sont capables de faire à d'autres êtres humains, les considérant soit comme de simple objets, biens ou animaux, soit avec un paternalisme coupable insensé comme cobayes ou races à exterminer, à stériliser.Le plus insupportable est cette réplique de siècle en siècle jusqu'à aujourd'hui de ces phénomènes ignobles d'eugénisme, de cet esclavagisme, de cet anéantissement à grande échelle de populations innocentes. Un phénomène américain ? Quand comprendrons-nous ? À lire bien sûr, à méditer longuement... Quatrième de couverture Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable cœur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La forêt des violons | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La forêt des violons Philippe Lemaire De Borée 10 septembre 2020 282 pages Historique Chronique 9 octobre 2020 Plongée au cœur de Saint-Pétersbourg à partir de 1917 jusqu'à Nice des années 20. Hector Berlioz disait que les deux ailes de l'âme étaient là Musique et l'Amour. Que l'Amour ne pouvait donner une idée de la Musique, mais que la Musique en donnait une de l'Amour... La Musique et l'Amour peuvent également vous donner l'énergie et la force suffisantes pour fuir, sauver votre vie... Après 16 romans, Philippe Lemaire s'attache à nous faire vivre de l'intérieur la révolution de 1917 par le biais d'une famille, les Malinovski, bourgeoise, à la tête d'une manufacture de Samovar depuis trois générations et productrice de thé près de Sotchi. Des gens durs à la tache, justes avec leurs employés. Trois enfants : Kostia qui ouvre ce récit, revenant par le train de son école de cadets au service du Tsar pour se rendre à l'anniversaire de sa sœur, Elena. Celle-ci fut une enfant prodige et devient une violoniste d'exception centrée sur sa musique pour ne pas écouter les grondements de la révolution en marche. Enfin Sacha Leonid, le plus âgé, parti à Sotchi s'occuper des plantations de thé. Les parents, Nikolaï Alexandrovitch et Adélaïde Ivanovna, ne prennent pas la pleine mesure des changements à venir, attachés à la Sainte et Éternelle Russie de leur enfance. Cependant Kostia, pendant le périple en train avec trois soudards, va prendre en plein visage la réalité : l'antisémitisme, la violence gratuite, la haine aveugle, l'envie de revanche sur tous les riches, bourgeois et aristocrates mélangés sans distinction aucune... Le règne de la barbarie est venu, bien que persiste encore un espoir en l'avènement d'une démocratie. Cette bascule de la Russie, pas encore effective, est magnifiquement illustrée au moment où Kostia assiste, dès le parvis de la gare, au discours d'une rouge, Irina, puis quand il écoute attentivement le compte rendu de son ami, Gradov, miraculeusement apparu avec une voiture à cheval dans cette foule. Celui-ci travaille à la douma au Service de ravitaillement de la ville dans le camps des mencheviks sous la direction de Martov, haute figure de la lutte pour l'avènement d'une démocratie, de confession juive, actuellement en exil forcé en Suisse d'où il donne ses directives. Mais les bolcheviks prennent de plus en plus d'ascendant lors des réunions politiques, les plus pauvres rêvent de vie meilleure et de revanche sur leurs maîtres et un système inégalitaire et dépassé. Les nuages noirs s'amoncellent à l'horizon, l'abdication possible de Nicolas Il est sur toutes les lèvres. Enfin Kostia arrive chez lui ; la porte de l'hôtel particulier des Malinovski s'ouvre sur ce qui devrait être un havre de paix.... L'accueil par le majordome Andreï est glacial, hostile... Puis sa sœur Elena, en pleine répétition avec un quatuor pour la fête d'anniversaire, semble nerveuse, effrayée, faussement joyeuse... Elle change brusquement de visage à l'évocation de Lado Gradov. Que s'est-il passé dans cette maison en son absence ? C'est ce que Philippe Lemaire va vous raconter avec talent, dans un souci de vérité historique : il vous guide dans cette tempête des sentiments, au centre des évènements politiques, des tragédies intimes, des espoirs déçus ; vous assisterez à la chute d'un Empire, d'un monde moribond. Un grand récit d'aventures, d'amour, nous présentant en trois parties les métamorphoses des membres de cette famille bourgeoise accompagnée d'une jeune femme enceinte Nina, qui se voient tous finalement contraints, après maintes vaines luttes sur place, à choisir l'exil. Mais un moment charnière, de ceux qui détermine toute une vie va se dérouler sur le chemin vers la liberté en un endroit magique : la Forêt des violons..... Car toujours le destin, Dieu, ou un ange tutélaire, se manifeste aux pires moments de l'existence, lorsqu'on en a trop vu, trop supporté.... Un instant de grâce où la musique du monde peut s'élever à nouveau et réunir l'humanité sous sa seule bannière. Un très beau roman historique vivant, passionné, inspiré, nous plongeant au centre de cette tragédie intime et universelle... Et toujours, la musique vibrante au-dessus de tous les champs de bataille, rassemble les exilés, ceux qui se sont perdus dans la tourmente révolutionnaire. Mes remerciements renouvelés aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée.... Quatrième de couverture Février 1917, St Pétersbourg. La famille Malinovski vit richement de ses plantations de thé et de sa fabrique de samovars, indifférente aux événements qui agitent la capitale. Mais bientôt, la Révolution s’intensifie, et ils n’ont d’autre choix que la fuite. Après un long et dangereux voyage, ils atteignent enfin Nice : la famille est réunie, mais ruinée. Ensemble, ils vont pourtant s’inventer un nouveau destin. Kostia, le fils cadet, trouve un poste de livreur dans une fabrique de chocolat, où il rencontrera Marie-José... Quant à Elena, sa sœur, c’est une nouvelle fois sa passion pour le violon qui la sauvera... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Quattrocento | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Quattrocento Stephen Greenblatt Flammarion 2011 289 pages traduites par Cécile Arnaud Historique Chronique 1 octobre 2017 Titre original « The swerve » , l'embardée ou l'écart. Fresque historique illustrant les conséquences de la redécouverte en 1417 par Poggio Bracciolini, humaniste, du poème antique magnifique et prémonitoire du philosophe Lucrèce intitulé « De rerum natura » ou « De la Nature » qui influera sur la pensée philosophique, chrétienne et scientifique tout au long des siècles suivants jusqu'à aujourd'hui. Stephen Greenblatt réussit à simplifier les évènements et à nous en montrer clairement leurs articulations de l'Antiquité au XXE siècle. Quattrocento a été couronné par le prix Pulitzer et le National Book Award aux USA. Quel dommage que je n'ai eu un tel professeur passionné par l'Histoire et la Philosophie ! Poggio Bracciolini est né en 1380 à Terranuova une bourgade contrôlée par la République de Florence. Fils d'un notaire, et peut-être aussi apothicaire Guccio Bracciolini, son grand père maternel Ser Michaelle avait déjà le talent d'écrire avec une calligraphie extraordinairement belle. Talent dont va hériter Poggio. Après un passage à Arezzo petite ville où se réfugie la famille poursuivie par des créanciers, Poggio arrive enfin à Florence à dix ans. Sa belle écriture, éloignée de la gothique utilisée jusque là est aérée et lisible. Il va accomplir l'oeuvre remarquable avec certains de ses amis humanistes d'une révision complète de l'écriture dont nous bénéficions encore aujourd'hui. Également, le Pogge est passionné tout comme Pétrarque 25 ans avant lui, par l'héritage culturel de la Rome antique. Un des plus proches amis de Pétrarque était Coluccio Salutati qui devint le grand chancelier de la République de Florence. Il prit plusieurs jeunes esprits sous son aile dont Poggio et Niccolo Niccoli. Celui-ci outre la réforme de l'écriture, réouvrira une bibliothèque sur le modèle romain en y invitant les plus beaux esprits du temps à s'y abreuver. Ce Quattrocento plus que de recréer une Rome où la discussion philosophique était un plaisir et une habitude, et où les bibliothèques publiques pullulaient pour le bien de tous, se propose d'après les enseignements des antiques grecs et romains de créer une nouvelle pensée, une nouvelle société. Or depuis la chute de Rome, fin du troisième siècle, et l'avènement du Christianisme de soumission, de culpabilité, d'expiation sous domination d'une Église au fil des siècles de plus en plus puissante, hypocrite, violente et dissolue, ce tournant que veulent emprunter les humanistes tel que Poggio et ses amis est difficilement acceptable et sent même le souffre. D'autant plus lorsque en 1417, notre bibliophile jusque là au service du pape corrompu et contesté Jean XXIII bientôt déposé en plein schisme, alors en Allemagne, découvre au fond de la bibliothèque d'un de ses couvents une copie de "De rerum natura" de Lucrèce. Tous les petits arrangements avec sa conscience de athé au service du pape, d'auteur de Facéties grivoises et de pamphlets, d'amoureux des arts, des femmes (19 enfants tout de même), détestant l'Eglise bien qu'y restant des décennies, sont emportés par la lecture du long poème philosophique de Lucrèce qui lui ouvre les portes des Temps Modernes. Lucrèce est un adepte de la pensée de Épicure. Oubliez le sens donné aujourd'hui à l'adjectif être épicurien. Certes il y a toujours la notion de plaisir dans le sens de jouir de la vie aujourd'hui et maintenant. Les dieux s'ils existent ne se préoccupent pas des humains. Ceux ci font juste partie de la création en son ensemble. Nulle vie après la mort. Tout est matière, le corps comme l'âme. Tout est constitué d'atomes ( vous avez bien lu déjà dans l'Antiquité) en mouvement qui s'entrechoquent au hasard, se séparent, se rencontrent à nouveau. Il n'y a que des atomes et le vide. Telle fut en premier lieu « l'intuition géniale du poète philosophe, une célébration de la danse de la matière et un bréviaire d'athéisme qui allaient bouleversée le Moyen Âge finissant », puis les siècles à venir. Certains essaieront de rallier la pensée de Lucrèce au christianisme, d'autres la condamneront sur le fond, tout en louant la beauté du latin et de la forme. Toujours est-il que la boîte de Pandore était ouverte, sans que Poggio ne se doute réellement des implications de l'événement au cours des siècles et sur le monde entier jusqu'à maintenant. Un livre érudit, brillant, clair sur un sujet qui pourrait, mal traité, rebuter. De très belles heures avec ces hommes intelligents, géniaux, visionnaires sont le cadeau que vous offre ce magnifique ouvrage de Stephen Greenblatt. Considéré comme le spécialiste de Shakespeare, je vais très vite lire sa biographie du dramaturge, car pour le moment rien ne m'a satisfaite sur ce sujet. J'ai ouvert les yeux bien grands sur beaucoup de choses et en premier lieu sur mon mode de fonctionnement induit ou inné. Incontournable ! Quatrième de couverture Stephen Greenblatt est lauréat du prix Pulitzer de l'essai 2012 pour « Quattrocento » (« The Swerve: How the World Became Modern »). Et si la Renaissance était née d’un livre ? Un livre perdu, connu par fragments, recopié par quelques moines et retrouvé par un humaniste fou de manuscrits anciens ? L’idée, audacieuse, vertigineuse, ouvre les portes de l’histoire de Poggio Bracciolini, dit le Pogge, qui découvrit une copie du De rerum natura de Lucrèce dans un monastère allemand. C’était à l’aube du XVe siècle. Le Pogge n’était pas seulement un bibliophile passionné et un copiste hors pair. Il aimait les arts et il avait écrit des Facéties grivoises. Il aimait les femmes et était père de dix-neuf enfants. Il n’aimait pas l’Église mais il était secrétaire d’un pape diaboliquement intelligent et corrompu. Ainsi s’ouvre à nous un monde inouï, celui d’une cour papale où s’agitaient agents cupides, moines séducteurs, filous, femmes de petite vertu et humanistes d’exception : un monde à la fois sévère et dépravé, contraignant mais libre. En découvrant, copiant et diffusant l’œuvre de Lucrèce, le Pogge aura levé le voile sur les Temps modernes, et influencé des esprits aussi puissants que Montaigne ou Machiavel. Car tout, selon Lucrèce, est fait d’atomes en mouvement, qui s’entrechoquent au hasard, se séparent et se rencontrent à nouveau. Telle fut l’intuition géniale du poète latin, une célébration de la danse de la matière et un bréviaire d’athéisme qui allaient bouleverser le Moyen Âge finissant. Conteur né, érudit et brillant, Stephen Greenblatt emporte le lecteur au cœur de ce Quattrocento qui fit revivre l’Antiquité pour la porter jusqu’à nous. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Lettre de Pénélope à Homère | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lettre de Pénélope à Homère Brigitte Joseph-Jeanneney Élan Sud le 16 avril 2024 170 pages historique Chronique 15 décembre 2024 Texte envoûtant et stupéfiant paru dans la collection élan d'elles, où la figure mythologique de Pénélope prend à partie son créateur, décidée à déconstruire et compléter le récit de l'attente du retour d'Ulysse à Ithaque. Reprendre le tissage des mots, y apporter des teintes féminines, enrichir les contrastes, les couleurs, la densité du fil utilisé, voici l'objectif de notre héroïne. Nous n'entrons pas dans la maison patriarcale d'Ulysse, nous pénétrons dans le royaume et la demeure d'un couple et donc, appartenant aussi à une femme, une mère, une gouvernante intelligente, rusée, courageuse, honorable et patiente qui jusque là a répondu à toutes les attentes de sa caste et de la société, a rempli son rôle magistralement en digne épouse du grand homme, Ulysse. Mais.... Mais la façon dont la traite son entourage, son père même, prêt à la céder comme un vulgaire objet, les hommes d'Ithaque, qui pendant vingt ans vont la harceler de leurs intentions sales, de leur concupiscence, de leurs désirs écoeurants, de leur soif de la posséder et donc de lui soustraire son pouvoir de reine, jusqu'à la complicité de certaines de ses servantes et de la nourrice de son époux, tout cela lui ouvre les yeux. La colère, le dégoût, la lucidité vibrent en elle autant que son amour infini de mère prête à tout pour son fils et la préservation de son héritage. L'incompréhension face à la longueur de l'attente, le sentiment d'être prise à la gorge, piégée par son statut de femme, l'incertitude quant à un possible retour de son mari, épuisent peu à peu ses forces, sa résolution jusqu'à.... Comment se comportera Ulysse s'il revient ? En maître, en dictateur, en vengeur implacable ou en roi magnanime ? Les retrouvailles avec Pénélope seront-elles empreintes de respect, d'admiration pour sa compagne fidèle et loyale, cette femme devenue mature et reine à part entière, ou voudra-t-il reprendre le pouvoir en la reléguant à son ancienne place, comme les hommes le firent à chaque retour de guerre ? Lettre envoûtante de par sa beauté formelle et sa pertinence atemporelle, s'inscrivant dans une démarche actuelle de déconstruire le grand roman historique que l'on nous a inculqué pour le réviser et le compléter par la vision et l'analyse de la moitié de la population mondiale, les femmes, celles qui ont participé activement sur le terrain à l'écriture de l'Histoire, mais qui en sont les grandes oubliées, obligées de se taire et ceci quelque soit leur position dans la hiérarchie sociale. Une injustice évidemment mais aussi un très grand danger si nous acceptons de perpétuer ces versions tronquées et menteuses de notre passé auprès des jeunes générations en quête de vérité absolue. Homère, comme tant d'autres, fut un auteur de son temps avec ses limites, ses défauts, inscrit dans une société inégalitaire, masculiniste. Reprendre des œuvres majuscules de notre patrimoine pour les faire accéder aussi au statut de pièces majeures de notre matrimoine est d'une urgence absolue. Je remercie l'autrice pour sa confiance renouvelée et pour ce cadeau inestimable, ainsi que les Éditions Élan Sud pour la qualité de leur travail et leur passion évidente à proposer des collections et titres intemporels. Quatrième de couverture Lettre de Pénélope à Homère Vingt ans d’attente… Les rumeurs vont bon train. Son époux est-il mort ? Calypso a-t-elle envoûté Ulysse, le retenant captif ? Quelle conduite adopter pour préserver Télémaque ? Pénélope dévoile ses pensées et ses craintes les plus intimes, s’interroge sur ce que signifient l’amour, la chasteté, le compromis. Dans l’Odyssée, elle apparaît comme une femme réduite aux statuts de reine, d’épouse, de mère, de belle-fille dans lesquels elle reproche à son créateur de l’avoir cantonnée. Elle refuse d’être devenue, sous la plume d’Homère, une icône de la fidélité. Et, décidée à sortir du silence, elle prend la parole. Un texte qui explore la place donnée à la femme dans la nuit des temps… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les amours d'un fantôme en temps de guerre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les amours d'un fantôme en temps de guerre Nicolas De Crécy Albin Michel 2018 roman illustré de toute beauté de 211 pages Roman Historique illustré Chronique 12 mars 2019 Trouvé à la bibliothèque Aimé Césaire Paris 14, il n'était pas classé dans la littérature jeunesse, un choix qui n'est pas forcément celui de tous. La seconde guerre mondiale transposée dans l'univers très particulier des fantômes, où des fantômes résistants s'opposent à des fantômes acides des plus dangereux. Notre héros est un petit fantôme, jeune, isolé en ce début de récit dans sa maison familiale sans ses parents. Il ne sait pas du tout où ils se trouvent, il ne comprend pas pourquoi il est là... On ne sait rien de sa vie d'avant et des circonstances de son décès. Tout commence quelques années avant le début du conflit entre alliés et nazis, car au pays des fantômes, les évènements importants et tragiques précèdent toujours ceux qui arriveront plus tard en écho chez les vivants. Un soir, Boris, le cousin fantôme de la maman du petit fantôme l'emmène loin de la maison natale désolée pour le mettre à l'abri dans une grande ferme dans la montagne où réside Lili, jeune fantomette un tout petit peu plus grande que lui. Et là tout change pour le petit fantôme, il n'est plus seul, il devient même ami avec Boulette une chienne.... Mais les fantômes acides étendent leur ombre sur le monde des trépassés, un choix difficile va se présenter pour Lili et notre héros.... Illustrations magnifiques à regarder, admirer longuement et en détails, de vraies œuvres d'art, récit poignant et intelligent, un très beau roman illustré pour jeunes et plus âgés.... À lire, relire, tourner les pages inlassablement... Un gros coup de cœur. Quatrième de couverture J'ai perdu la trace de mes parents très tôt, je n'avais pas quinze ans. J'étais encore ce que l'on pourrait appeler un bébé fantôme, un bout de chiffon blanc moins large qu'un mouchoir. Un soir, je me suis laissé porter par le mistral, j'ai vu une vallée, des lumières, la mer. J'ai croisé des animaux que je n'avais jamais vus auparavant, et quelques humains qui ont pris peur. Je n'aurais jamais dû m'échapper ce soir-là." La destinée d'un jeune fantôme au cours d'un siècle guerrier, qui le mènera à s'engager dans la résistance avant d'éprouver ses premiers émois sentimentaux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Lâchez les chiens | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lâchez les chiens Maud Tabachnik De Borée 14 mars 2019 155 pages Thriller & Historique Chronique 16 mars 2019 Maud Tabachnik, déjà l'auteur d'une trentaine de romans, met son talent dans ce nouvel opus à traiter un sujet bien d'actualité, puant, pourrissant, de notre société, des faits divers à l'analyse au scalpel d'un phénomène récurrent, d'une sale maladie dont on ne sait se débarrasser, se soigner. Les mémoires sont courtes, les leçons du passé ne sont pas comprises, et inlassablement la ronde du Mal reprend, emportant des victimes innocentes sur son passage. D'où la nécessité d'un tel texte, d'une telle dénonciation par le biais du roman noir, de la fiction. Un coup de poing dans nos estomacs, histoire de retrouver le courage de se battre inlassablement contre ces ignominies. Que ce ne soit pas inéluctable ! Quatrième de couverture Un pacifique instituteur de village brutalement assassiné, un copain de jeunesse éleveur de chèvres qui se trouve en danger et voilà Fanny, journaliste au Matin, partie pour le Sud-Est. L'ex-détective privée découvre un pays de la lavande pourri par le racisme et les passe-droits. D'abord malgré elle puis avec passion, Fanny enquête sur affaire qui se révèle de plus en plus sombre et coriace. Comment faire éclater la vérité dans une France gâtée par la « peste brune » ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage Maya Angelou Editions des Femmes Antoinette Fouque 17 mars 2022 Lu par Barbara Hendricks Biographie Chronique 25 mars 2022 Enregistrement réalisé en octobre et décembre 2021 d'une durée de 11h30 ; texte traduit de l'anglais ( États-Unis d'Amérique) par Christiane Besse dans la parution de 2009 aux Éditions Le Livre de Poche. Réalisation de Francesca Isidori : « Et puis, il y eut la douleur. Une rupture et un déchirement qui mettent les sens eux-mêmes en lambeaux. Le viol d'un corps de huit ans, c'est l'histoire de l'aiguille qui cède parce que le chameau ne le peut pas. L'enfant cède parce que son corps le peut et que l'esprit du violeur ne le peut pas. » M. A. J'ai commencé par écouter cette biographie puis la nécessité d'avoir le texte face à moi s'est imposée afin de comprendre ce qui était du choix de Barbara Hendricks quant à l'ajout de certains chants à cette lecture. J'ai donc acheté le livre et repris l'écoute. Je me sens pleine de gratitude et de respect admiratif pour Barbara Hendricks. Jeune fille puis étudiante en chant au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, j'écoutais attentivement cette artiste accomplie, je la regardais dans les films et dans les émissions culturelles et j'étais bluffée et éblouie par son parcours exceptionnel, son travail, sa voix, son humanité, sa liberté, son courage et ses engagements. Personne donc idéale pour incarner vocalement Maya Angelou dont la vie, les expériences sont tout simplement hallucinantes. Ce texte s'attache à l'enfance de l'autrice jusqu'à la naissance de son fils et le passage de facto à l'âge adulte, bien que le viol subi enfant lui ait forcément volé son innocence. Histoire donc d'une lutte intime, d'une résilience. J'aurais sous-titré ce témoignage, « Invictus » « Je suis le capitaine de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. » Évidemment le récit du viol est un moment fort en émotions de ce livre. Cependant, il n'est pas, à mon avis, central. Le positionnement de l'écrivaine au monde n'est pas victimaire. Elle est une combattante. J'ai été incroyablement marquée par la description de la messe sous un chapiteau, illustrée magnifiquement par les cantiques interprétés par Barbara Hendricks, qui nous plonge littéralement dans ces ambiances très particulières régnant au sein de ces communautés ultrapratiquantes. Également, le chapitre consacré à la remise des diplômes, d'une puissance douloureuse, véritable profession de foi en soi, en l'humanité, contre toutes les discriminations raciales ou autres, m'a profondément secouée. « Élevez la voix chacun pour chanter Jusqu'à ce que terre et ciel retentissent Des accents de la liberté. Dur a été le chemin amers les coups de fouets subis quand l'espoir était mort-né. Et pourtant d'un pas régulier ces pieds en sang ne nous ont-ils pas portés là où nos pères espéraient aller ? Le sort qu'ont choisi les autres, je l'ignore, Mais pour moi ce sera la liberté ou la mort. Nous avons parcouru un chemin arrosé de larmes, et marché dans le sang de nos martyrs... » Tout est dit dans l'Hymne national noir : poème de James Weldon Johnson mis en musique par J. Rosamond Johnson. Enfin le dernier chapitre relatant la grossesse puis la naissance du fils de Maya Angelou ouvre vers un avenir extraordinaire. Forte du parcours initiatique que furent ces dix sept premières années, formée et guidée par des femmes exceptionnelles, dures mais justes, (la grand-mère, la mère, une voisine), inséparable de son frère Bailey, elle va se dépasser, franchir toutes les frontières ou limites imposées par la société, par les nations, par les blancs. Une figure exemplaire et très impressionnante qui nous crie que rien n'est impossible. La voix, l'élégance, le souci de perfection de Barbara Hendricks apportent le charme, l'intelligence de cœur d'une artiste particulièrement généreuse envers nous, par les cadeaux vocaux qu'elle ajoute à ce récit. Je regrette que la liste des chants, cantiques et spirituals interprétés par la cantatrice ne soient pas spécifiée sur la pochette. Quatrième de couverture Dans les années 1930, Maya vit une enfance de pauvreté et de ségrégation à Stamps, dans l'Arkansas. Élevée avec son frère par leur grand-mère, elle désire retrouver la figure gracieuse de leur mère. Mais les retrouvailles s'entachent d'une nouvelle trahison : Mr. Freeman, son beau-père, viole la fillette. Quand ils l'apprennent, ses oncles assassinent le coupable relâché par la justice, traumatisme sur le traumatisme qui enferme Maya dans un mutisme profond. Qui pouvait deviner que cette petite fille blessée, muette, qui se méfie du pouvoir des mots et découvre en silence la lecture, deviendrait l'une des plus grandes voix de la littérature américaine ? "Cette misérable petite confrontation n'avait aucun rapport avec moi, mon moi profond, pas plus qu'avec cette employée idiote. L'incident faisait partie d'un cauchemar à répétition, concocté des années auparavant par des Blancs stupides et qui revenait éternellement nous hanter tous. La secrétaire et moi étions comme Hamlet et Laërte dans leur scène finale où, sous le prétexte du tort causé par un ancêtre à un autre, nous étions condamnées à nous battre en duel jusqu'à la mort." M. A. Biographie de Barbara Hendricks : Naît dans l'Arkansas en pleine ségrégation raciale. Quand elle quitte les sciences pour la musique, la pureté de son chant lyrique touche le monde entier. Elle connaît alors dans l'opéra une ascension fulgurante, aussi prestigieuse que populaire. Elle chante Mozart, Schubert, Strauss sur les plus grandes scènes, à New York, Paris, Vienne, Londres, Pékin et à la Scala de Milan. Au fil de ses triomphes, elle s'installe en Europe et prend la nationalité suédoise. À partir de 1990, elle élargit son répertoire et embrasse le jazz. Surnommée « la voix de la tolérance », elle met sa notoriété au service de nombreuses causes humanitaires. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Jiazoku | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jiazoku Maëlle Lefèvre Albin Michel 2019 350 pages Roman Chronique 20 juin 2019 Premier roman de cette auteure... 19 ans !!!! Le talent n'attend vraiment pas le nombre des années..... Avertissement : ne lisez pas la quatrième de couverture, si vous voulez vous laisser prendre la main par l'écrivaine. Faites-lui confiance. Impressionnant ! Remarquablement écrit, une plume délicate, précise, émouvante, un sujet très original entre Shanghai et Tokyo, deux mégalopoles reliées ici par un trafic inhumain, inacceptable, imaginé par des criminels de la pire espèce, lorsque la règle de l'enfant unique est abandonnée en Chine. Tout commence en janvier 2017 et se finira dix huit ans plus tard... Une projection dans l'avenir qui insiste sur la nécessité de lutter contre cette criminalité à l'échelle internationale aujourd'hui pour sauver notre futur commun. De riches shanghaiens rêvent d'un deuxième bébé mais les épouses ne veulent pas encore souffrir une nouvelle grossesse, travaillant énormément, pensant aussi que leur argent leur donne le droit de se payer la location de ventres. Et ceux-ci sont au Japon et appartiennent aux yakusas. Des milliers de femmes pauvres, désespérées, souvent anciennes prostituées, ne voient que cette solution terrible pour continuer à survivre tant que leur corps peut enfanter, tant que leur cœur et leur âme n'éclatent pas en morceaux. De ce drame, de ce trafic d'êtres humains, de nourrissons ou de garçonnets et fillettes, victimes de ces criminels abjects, Maëlle Lefèvre réussit à imaginer un récit poignant, nous faisant tour à tour suivre un couple chinois sur le départ pour le Japon, laissant leur petite fille Fen aux bons soins de sa nounou, puis un yakusa de plus de cinquante ans, Daisuke, rattrapé par sa conscience, Bo et Guan Yi, prostituées au bord du précipice, et enfin, Ana et Kei deux enfants, devenus sœur et frère de cœur. Pendant une grande partie de ce roman terrible, nous regardons le monde par les yeux des enfants, ou plutôt, leur présence dans ce cauchemar, remet tout en perspective, redonne au Bien la place qu'il doit avoir. Leur pureté, leur innocence, nous attendrissent et en même temps nous éprouvent. Cette nouvelle écrivaine sur la scène littéraire a un vrai don pour créer notre empathie sans rajouter dans le pathos, en nous faisant toucher du doigt la vérité d'un commerce monstrueux, brisant les destins implacablement. Tout paraît inéluctable, pour tous.... Criminels ou victimes. Au centre de tout, la famille, la vraie ou celle d'adoption, qui donne son titre à ce livre, " jia" en chinois et "kazuko" en japonais, signifiant famille. Un roman fabuleux, une visite des deux villes passionnante, une description détaillée des modes de vie et des règles terrifiantes, donnant le ton à ces deux sociétés, où exprimer ses sentiments semble très difficile, voire impossible. Une non communication laissant la porte ouverte à toutes les erreurs d'interprétation des réactions des proches. Un silence qui mène au drame ! Une réussite bluffante pour un premier opus que j'ai lu vite, avec le grand plaisir de la découverte d'une très belle plume et d'un sujet unique. Quatrième de couverture Kabuchiko, le quartier le plus dangereux de Tokyo, territoire des yakusas. Daisuke, membre du redoutable clan Kobayashi, dirige un vaste réseau de mères porteuses vouées à approvisionner de riches chinois en mal d’enfants. Kei, qui a été conçu pour un couple de Shanghaiens, n’a pas connu ses parents, morts accidentellement avant sa naissance. Il a grandi entre l’affection de sa mère porteuse et la défiance de Daisuke, qu’il considère comme son père. Jusqu’au jour où ce dernier lui révèle le secret de sa naissance et l’existence de sa sœur, restée en Chine. Kei entreprend dès lors de partir pour Shanghai, décidé à relier le fil de ses origines. Jiazoku : de « jia » en chinois et « kazoku » en japonais, deux mots qui signifient « famille ». Sur fond de trafics et d’exploitation humaine, Maëlle Lefevre, dix-neuf ans, explore dans ce premier roman émouvant l’amour idéal qui unit parents et enfants. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















