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  • Les grandes oubliées Pourquoi l'Histoire a effacé les femmes | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les grandes oubliées Pourquoi l'Histoire a effacé les femmes Titiou Lecoq L'Iconoclaste Le 16 septembre 2021 325 pages illustrées essai Chronique 27 mai 2025 Préface de Michelle Perrot. " Nota Bene : Si le mot "féminisme " était utilisé en médecine ( dans un emploi qui ressemblait en réalité à celui de "féminité "), on s'accorde en général pour dire que son inventeur officiel est Alexandre Dumas fils, en 1872, dans un essai intitulé L'Homme-femme. Il ne s'agissait pas pour lui d'évoquer les femmes défendant leurs droits. Il ne s'en servait qu'au masculin pour se moquer des hommes qui défendaient les droits des femmes." C'était donc plutôt mal parti et cela bien avant ce XIXe siècle sclérosant, patriarcal jusqu'à la nausée, hypocrite, injuste et inégalitaire, alors que les révolutions industrielle et sociales semblaient dessiner une France moderne et éclairée. Oui, mais exit ces dames, comme pour la Révolution française dont elles furent les grandes oubliées, sacrifiées sur l'autel d'un masculinisme vomitoire. En remontant le temps, malheureusement, entre le Code Napoléon, les joyeusetés écrites par ces messieurs du Siècle des Lumières, les bûchers de la Renaissance élevées pour anéantir les vilaines sorcières et femmes pensant par elles-mêmes, et ben, nous fûmes bien mal loties, mes sœurs ! Depuis ces dernières années, une révolution sociétale, philosophique et littéraire se déroule sous nos yeux émerveillés et sidérés : la réécriture de l'Histoire par le regard des femmes, celles-ci ne formant pas une minorité, mais représentant la moitié de la population mondiale sommée de la fermer, un point c'est tout ! Au même titre que l'on rend enfin aux peuples nomades leurs droits quant à leur rôle actif à l'établissement, pendant des millénaires, de la civilisation, il était temps également de redonner leur place à toutes celles qui, par leur courage, leur ténacité, leur intelligence, leur dévouement, leur sens du devoir, ont été les moteurs de l'évolution de l'humanité au cours de ces mêmes millénaires. Mais au fait, depuis quand sommes-nous écartées de la notoriété à laquelle nous avons droit ? Pourquoi ? Et comment ce phénomène, aussi dévastateur pour nous que pour les hommes, s'est-il mis en place ? N'y a-t-il pas eu des périodes fastes où nous étions reconnues au sein de la société, à égalité avec ces messieurs ? Tous les siècles sont-ils teintés de misogynie, salis par la maltraitance subie par les femmes ? Que nenni ! Remontant aux origines, forte des avancées scientifiques et archéologiques, Titiou Lecoq nous peint une majestueuse fresque historique de la Préhistoire à aujourd'hui. Vous n'êtes pas au bout de vos surprises. J'adore le ton choisi par l'autrice, drôle, savoureux, faisant sourire voir rire aux éclats sur un sujet qui, pourtant, peut porter à la nausée, à la fureur, à la révolte. Elle fait toujours le lien avec son enfance, sa vision de petite fille à laquelle on a asséné certaines fausses vérités dès l'école qui, insidieusement, ont eu des conséquences sur sa vie, ses décisions d'adulte. C'est donc véritablement pour les enfants qu'il faut, non pas déconstruire tout le discours officiel, mais le compléter. Il faut surtout laver les cerveaux de tout ce qui entrave notre vision réelle de la chronologie des évènements, de leur articulation, de l'importance des actes posés par nos aïeules. Nous avons tous en mémoire de vieux clichés de nos prédécesseures. Moi oui, et je me souviens de mon arrière-grand-mère maternelle sur une photo de 1936, devant les usines Citroën où elle était ouvrière spécialisée, syndicaliste et sufragette. C'est par respect pour ces héroïnes d'hier et par amour pour les enfants de demain, que nous nous devons de reprendre notre copie et de rechercher la vérité quant aux parcours de toutes ces invisibles qui ne cessent de murmurer à nos oreilles que le sauvetage du monde passe par le féminin et un rééquilibre des forces. Cet ouvrage, à la mise en page soignée, aux phrases choc mises en exergue, d'une importance capitale et d'une générosité folle, doit être lu par tous et présent dans toutes les bibliothèques privées, scolaires, universitaires, car il est le résultat d'un travail phénoménal de grande envergure et purement vital. Merci infiniment à Titiou Lecoq ! Quatrième de couverture De tout temps, les femmes ont agi. Elles ont régné, écrit, milité, créé, combattu, crié parfois. Et pourtant elles sont pour la plupart absentes des manuels d'histoire. " C'est maintenant, à l'âge adulte, que je réalise la tromperie dont j'ai été victime sur les bancs de l'école. La relégation de mes ancêtres femmes me met en colère. Elles méritent mieux. Notre histoire commune est beaucoup plus vaste que celle que l'on nous a apprise. " Pourquoi ce grand oubli ? De l'âge des cavernes jusqu'à nos jours, Titiou Lecoq s'appuie sur les découvertes les plus récentes pour analyser les mécanismes de cette vision biaisée de l'Histoire. Elle redonne vie à des visages effacés, raconte ces invisibles, si nombreuses, qui ont modifié le monde. Pédagogue, mordante, irrésistible, avec elle tout s'éclaire. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leurs voix. " Femme libre et engagée, esprit avide et curieux, écrivaine confirmée, Titiou Lecoq livre un grand récit, passionnant et vrai. " Michelle Perrot Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sidérations | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sidérations Richard Powers Actes Sud 22 septembre 2021 400 pages traduites par Serge Chauvin Roman Chronique 28 octobre 2021 Dans la lignée de « L'Arbre Monde », l'opus précédent de Richard Powers. Comme toujours, avec ou grâce à cet homme, j'ai pleuré à la lecture de ce roman d'une extrême beauté, crépusculaire, résonnant comme un cri désespéré d'avertissement. Le titre est d'une justesse folle : Sidérations face à tout ce que nous devons affronter depuis trois ans et en fait, depuis bien plus longtemps. Je suis soulagée... et catastrophée en même temps, que cet auteur en particulier, celui qui est mon "écrivain totem" depuis des années, doué d'une telle faculté d'analyse, d'une telle intelligence émotionnelle et conceptuelle, puisse partager une vision de notre monde proche de la mienne. Richard Powers prend sa plume pour jouer son rôle d'humain, de citoyen de la Terre, par le biais de cette fiction mêlant éléments réels et Fantastique. Les Sidérations sont effectivement multiples : - Celle de nous tous comme statufiés par l'énormité des derniers événements, de ce qui nous attend... si on ne bouge pas très vite. - Celle du père, Theo, le narrateur, conscient des transformations sociales, écologiques, économiques, morales, partout sur la Terre, alors que son métier est d'imaginer à quoi ressembleraient d'autres planètes, refuges d'une humanité en errance, peut-être. - Celle surtout d'un enfant encore choqué par la mort de sa mère, une activiste engagée pour la protection de la Nature... Hypersensible, ressentant au centuple, comme un membre super empathique de la famille animale, la souffrance de chaque espèce en voie de disparition. Un enfant hurlant, terrifié par ce qu'il entrevoit de l'avenir, un enfant criant pour nous alerter, une Cassandre pas suffisamment armée pour supporter notre inaction, ou notre indifférence, ou notre coupable aveuglement. C'est l'histoire d'un père qui doit sauver son fils trop pur, surdoué du cœur et intellectuellement, un enfant que le système veut broyer, écraser pour le faire rentrer dans les cases, pour qu'il se taise.... Quoi de mieux qu'une surmédication, quoi de mieux que de la chimie pour tuer le naturel...? Les balades que le tandem père-fils fait dans la Nature, réel personnage de ce roman dans les Great Smoky Mountains, ou sur l'écran d'un ordinateur à la découverte de planètes potentielles bases de repli, ne suffisent pas à calmer le garçon.... Bifurcation de l'auteur alors vers la science fiction onirique..... Une solution miracle est proposée à ce père désespéré de ne pouvoir protéger son fils, de le rassurer... Et pendant qu'un nouveau voyage commence dans d'autres sphères de la conscience, le monde explose, des virus apparaissent, des régimes politiques deviennent totalitaires, la surveillance des citoyens oppressante.... Plus on bascule en enfer, plus l'enfant, grâce à un programme fabuleux expérimental, renaît, trouve le bonheur et la force de se battre pour la faune et la flore, grâce à une simulation, une nouvelle utilisation de son cerveau...sans chimie, sans médicaments ; son père est cette fois dans son sillage, suiveur, élève de sa progéniture... Plus Robin devient le digne héritier de sa mère, plus il se retrouve émotionnellement dans les bras de la disparue, plus le danger en dehors de cette bulle se rapproche.... J'ai mis beaucoup de temps pour écrire ce texte, car je suis bouleversée par l'œuvre et suis terrifiée par la justesse du propos. La beauté formelle du roman est incroyable, décuplée par la grande élégance et le respect de l'écrivain et de l'homme, laissant à son lecteur suffisamment d'espace pour pouvoir s'approprier ces mots, ces visions. Il n'impose rien, il nous fait voir et comprendre. Au centre de tout, l'enfance sacrifiée sur l'autel du profit, du pouvoir, de toutes ces absurdités, à l'instar de ces animaux, de ces végétaux, de cette Nature que nous laissons détruire. Référence est faite à tous les évènements d'hier et actuels et puis... à un virus passant de la faune à l'homme comme une malédiction inéluctable.... Un digne retour des choses ? Et les enfants, nos enfants, qu'allons-nous leur dire ? Avons-nous même un avenir ensemble ? Un roman comme une voix puissante, faite de tous les cris de chaque espèce qui s'efface, de chaque arbre qui tombe, de chaque humain qui devient ombre. WAKE UP ! Quatrième de couverture Dans une Amérique au bord du chaos politique et climatique, un père embarque son jeune fils souffrant de troubles du comportement dans une sidérante expérience neuroscientifique. Richard Powers signe un nouveau grand roman questionnant notre place dans le monde et nous amenant à reconsidérer nos liens avec le vivant Depuis la mort de sa femme, Theo Byrne, un astrobiologiste, élève seul Robin, leur enfant de neuf ans. Attachant et sensible, le jeune garçon se passionne pour les animaux qu’il peut dessiner des heures durant. Mais il est aussi sujet à des crises de rage qui laissent son père démuni. Pour l’apaiser, ce dernier l’emmène camper dans la nature ou visiter le cosmos. Chaque soir, père et fils explorent ensemble une exoplanète et tentent de percer le mystère de l’origine de la vie. Le retour à la “réalité” est souvent brutal. Quand Robin est exclu de l’école à la suite d’une nouvelle crise, son père est mis en demeure de le faire soigner. Au mal-être et à la singularité de l’enfant, les médecins ne répondent que par la médication. Refusant cette option, Theo se tourne vers un neurologue conduisant une thérapie expérimentale digne d’un roman de science-fiction. Par le biais de l’intelligence artificielle, Robin va s’entraîner à développer son empathie et à contrôler ses émotions. Après quelques séances, les résultats sont stupéfiants. Mettant en scène un père et son fils dans une Amérique au bord du chaos politique et climatique, Richard Powers signe un roman magistral, brillant d’intelligence et d’une rare force émotionnelle, questionnant notre place dans l’univers et nous amenant à reconsidérer nos liens avec le vivant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Valeureuses | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Valeureuses Judith Rapet De Borée 1er février 2014 288 roman historique Chronique 23 mars 2024 Quelle bonne idée de mettre en parallèle les parcours d'une femme sous Louis XIV et d'une de ses consœurs un siècle plus tard, et non comme d'habitude, avec un personnage contemporain ! Ainsi l'évolution de la condition féminine sur ce court laps de temps apparaît encore bien plus notable. Il est un fait que les femmes furent les grandes perdantes et oubliées de la Révolution et ce n'est pas Olympe de Gouges qui le nierait. La liste des violences faites aux femmes depuis des siècles semble sans fin et réserver toujours des surprises, mauvaises évidemment. On se pose la question de comprendre les origines de cet acharnement stupide, discriminatoire et nocif pour toute la société. Un début de réponse est apporté ici par ce roman décrivant avec beaucoup de détails le rôle joué par l'Église paternaliste et injuste envers la moitié de ses ouailles. Ainsi Michelle comme Marie sont toutes deux considérées comme mineures, assujetties de fait à leurs pères, frères, maris, disposant d'elles comme de marchandises. Mariées sous la contrainte à des hommes qu'elles n'auraient jamais choisis, considérées comme bonnes à tout faire dont le seul rôle notable et acceptable est d'enfanter, c'est à un véritable enfer domestique et psychologique qu'elles sont condamnées. Comment s'en sortir au XVIIe siècle lorsque l'on est constamment épiée, maltraitée, par une belle famille, et quand la société n'offre aucune issue de secours ? Comment sauve-t-on sa peau dans une époque de trouble révolutionnaire où cependant le divorce est enfin autorisé mais où les mœurs changent bien peu, ces messieurs ayant beaucoup de mal à abandonner leur prérogatives et pouvoirs ? Et enfin quel est le lien entre ces deux héroïnes de jadis ? Gratitude donc pour toutes ces aïeules qui ont, pour certaines, bravé les interdits, les lois abjectes et scélérates pour nous permettre aujourd'hui de garder la tête haute. Ne les oublions pas, le chemin est encore long, le masculinisme faisant son grand retour. Un très beau roman sociétal et historique, un magnifique double portrait d'âmes fortes et inspirantes. Quatrième de couverture La très jeune Michelle, mariée contre son gré, prend la fuite. Une femme peut mener sa vie sans être sous le joug d'un homme, elle en est persuadée. Sa rencontre avec Bertrand est une évidence et l'enfant qui naît de leur union, le fruit d'un amour véritable. Mais la religion veille au respect de l'ordre moral en cette fin de XVIIe siècle. Existe-t-il pire scandale que la naissance d'un enfant illégitime ? Un siècle plus tard... en pleine Terreur. Marie, unie à celui que son père a choisi pour elle, s'éprend de Joseph, un prêtre très impliqué dans le mouvement révolutionnaire. Elle apprend alors par sa tante qu'une étrange malédiction pèse sur les femmes de leur lignée depuis qu'une de leurs aïeules a bafoué l'ordre établi. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Elles | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Elles Lisa Lutz JC.Lattès / Le Masque 2018 342 pages traduites par Françoise du Sorbier Thriller Chronique 11 novembre 2018 « Entre Gone Girl et Thelma et Louise » dit la quatrième de couverture, effectivement c'est ce que j'ai pensé au début, et en définitive, non. Un thriller qui n'imite aucune autre fiction, un road trip mais pas à deux, seule, poursuivie, à se cacher et se transformer tel un caméléon. Accrochée dès le départ par l'originalité du ton, surtout quand on ne lit pas le dos du livre avant. Du coup, la mise en place et la construction apparaissent encore plus uniques et intéressantes. Elles.... Comme tous les noms, les identités et les aspects physiques que va emprunter la narratrice que nous suivons un peu haletant dans sa course effrénée pour échapper à des tueurs, des ennemis. Paranoïaque ou réellement en danger ? Donc au début une certaine Tanya Dubois nous raconte que son mari est mort, tombé au bas de l'escalier... Elle l'a trouvé, ne l'a pas tué, mais elle ne peut prendre le risque de devoir être confrontée à la police. Pourquoi ? Donc elle s'enfuit, devient évidemment suspecte. Sur son chemin une rencontre avec une barmaid, Blue, au comportement improbable et hors limite. Celle-ci va venir sauver Tanya menacée de mort par deux hommes manifestement sur sa trace à la sortie du bar. Pas le choix, Elles partent ensemble sur les routes.... Début de cavale en duo, changement d'identité, mais bientôt la séparation est incontournable et un drôle de cadeau d'adieu attend Tanya de la part d'une Blue de plus en plus flippante et étrange. Un thriller très particulier, parfaitement maîtrisé, réussi et prenant. Ces métamorphoses, cette façon d'endosser la vie des autres, cette nécessité de ne pas oublier pourtant qui on est vraiment, qui on était voici dix ans... Peu à peu, grâce à des chapitres en italique concernant des mails entre un certain Ryan et Jo, on devine, mais on ne sait rien, on échafaude beaucoup de théories jusqu'à la divulgation de la vérité. L'ombre de tueurs chasseurs et de Blue planent sur Tanya. « Deux femmes déterminées. Un noir secret. Attachez vos ceintures. » Je vous le recommande. Quatrième de couverture Au cas où vous vous poseriez la question, je ne l'ai pas tué. Je n'ai pas d'alibi, alors il va falloir me croire sur parole." Fuir. Aussi loin que possible. C'est le seul choix qui s'offre à Tanya Dubois lorsqu'elle trouve le corps inanimé de son époux au bas des marches de l'escalier. Sans perdre une minute, elle s'enfonce dans la nuit sur les routes américaines, et entame une réelle transformation. Notre héroïne n'en est pas à sa première cavale et le soleil se lève sur une femme méconnaissable. Prête à tout pour protéger le mystère qui l'entoure, elle traverse le pays et se construit une nouvelle identité, une nouvelle vie. Sur son chemin, elle croise Blue, une troublante jeune femme qui parvient à déceler ses failles et son mensonge. Tanya se laisse approcher, mais l'imprévisibilité de Blue rend leur relation instable, dangereuse, et notre héroïne met tout en œuvre pour protéger un passé qui, inéluctablement, la rattrape. Une danse endiablée où tous ces visages, toutes ces identités se rassemblent et se dissimulent derrière une seule femme, forte et déterminée. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • École primaire genevoise : lorsque la bougeotte éclipse l'essentiel | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires École primaire genevoise : lorsque la bougeotte éclipse l'essentiel André Piguet Slatkine Le 24 avril 2025 168 pages essai Chronique 13 mai 2025 " À ces enseignants qui, malgré des vents contraires, éprouvent toujours que leur métier est d'une ineffable beauté. " A. P. Il est passionnant pour une française d'une cinquantaine d'années ayant subi, enfant, les effets des diverses réformes promulguées par les gouvernements successifs, ayant par ailleurs reçu une éducation classique générale et musicale d'abord en Côte d'Ivoire puis en France, et enfin récupérant pendant des années des élèves des écoles, collèges, lycées et conservatoires en cours privés, parfois de rattrapage, de découvrir comment cela s'est passé chez nos amis suisses ces dernières décennies. Il est peu de dire que je suis inquiète, comme tout ceux qui sont curieux de tout, dont les frontières du savoir n'ont pas été limitées, qui ont la chance d'éprouver un grand plaisir dans la lecture, l'étude, la musique, les arts, oui inquiète pour les nouvelles générations auxquelles ont sert des programmes d'enseignement appauvris, compliqués à l'envi par des technocrates bien éloignés des réalités du terrain, ayant perdu tout bon sens, tout pragmatisme. À l'ère anxiogène du tout numérique, des fakes et de la censure, du discours unique et mâché, de l'automatisation des comportements rappelant l'expérience de Pavlov, de l'image omniprésente souvent trafiquée, des apparences élevées au statut de vérité absolue, comment peuvent-ils encore avoir leur libre arbitre, être capables de définir leurs propres pensées et jugements à partir d'une multitudes de données ? Quelles armes ont-ils pour affronter l'avenir ? "À chaque fois que vous vous retrouvez à penser comme la majorité des gens, faites une pause et réfléchissez." Mark Twain "Être dans le vent est une ambition de feuille morte." Gustave Thibon "Seuls les poissons morts suivent le courant." auteur inconnu Alors André Piguet nous propose justement de faire un saut dans le passé et de remonter à la genèse des changements apportés à l'éducation en Suisse. Les organismes et les méthodes choisies sont différents des nôtres, en France, mais les buts poursuivis sont les mêmes. Nous sont présentés et expliqués les tenants, aboutissants et conséquences à long terme des décisions prises entre 1964 et 2006 par le Département de l'Instruction Publique (DIP) concernant l'enseignement genevois des plus jeunes. Il prolonge ensuite son analyse jusqu'à aujourd'hui. L'auteur a hésité à écrire ces lignes pendant près de 15 ans conscient qu'elles ne seraient pas bien acceptées par certains. Mais il y a urgence. Il s'attache donc à l'école primaire, creuset où sont forgées des générations de futurs citoyens défenseurs, espérons-le, des valeurs démocratiques, capables de les protéger et de les faire évoluer. Aujourd'hui, les enseignants, les parents, et malheureusement de facto, les enfants, sont démoralisés, démotivés. Fort de son expérience du terrain pendant de longues années tant en tant que titulaire de classe, que maître principal et inspecteur siégeant aux nombreuses commissions, entre autres, André Piguet prend le risque de nous livrer le résultat de sa longue réflexion sur ce qui fut fait et ce qui devrait être corrigé, mis en place, alors que l'échec scolaire est un mal de notre temps, que les enfants sont en danger ne maîtrisant pas, pour certains, les bases enseignées en primaire. Alors comment poursuivre ensuite un cursus scolaire voire universitaire avec de telles lacunes ? Où le bât blesse-t-il ? Qui est en faute ? On sent encore la passion animer l'auteur, son amour de ce métier de transmission des savoirs. Il voit l'énorme fossé entre ceux qui sont sur site et le discours officiel de ceux qui restent dans leur tour d'ivoire. Il se sent donc missionné pour prendre la parole avant qu'il ne soit trop tard, que cette société soit définitivement passée du côté entièrement numérique, virtuel, formaté et artificiel, futur rouleau compresseur qui écrasera toute velléité de penser par soi-même, de laisser libre cours à l'imagination, la création, la fantaisie, le génie. Nous sommes à la croisée des chemins, et cet ouvrage, quelques fois technique s'adressant à des professionnels, est aussi limpide dans sa pensée, réconfortant du fait même qu'il exprime ce que nous ressentons au plus profond de nous-mêmes sans savoir forcément le formuler. Un texte d'une valeur indéniable qui revient sur l'Histoire de la pédagogie, loin de critiquer pour critiquer, proposant des pistes de travail pour l'avenir. Enseignants ou citoyens, cet ouvrage est pour vous. Quatrième de couverture André Piguet fut instituteur et inspecteur d’écoles. Il a toujours milité pour réconcilier théorie et pratique, pour que les discours soient rigoureusement conformes à la réalité. Or la pédagogie n’échappe pas aux idéologies, de quelque bord qu’elles soient. À Genève, depuis plus de cinquante ans, le Département de l’Instruction Publique (DIP) a investi des sommes considérables pour rendre l’École meilleure, principalement pour faire reculer l’échec scolaire et la sélection sociale. C’est pourtant bien de piétinement, voire d’aggravation qu’il faut prendre acte ; également d’un réel marasme qu’éprouvent les acteurs de l’éducation. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Rocher blanc | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Rocher blanc Anna Hope Le Bruit du Monde 18 août 2022 336 pages traduites par Élodie Leplat Historique Chronique 4 décembre 2022 Sommaire du roman - L'écrivaine, 2020 - Le chanteur, 1969 - La fille, 1907 - Le lieutenant, 1775 - Le Rocher blanc - Le lieutenant, 1775 - La fille, 1907 - Le chanteur, 1969 - L'écrivaine, 2020 Un roman dont une partie, comprenant quatre chapitres, est le reflet de l'autre, en quatre chapitres également. Le miroir étant le Rocher blanc situé à San Blas sur la côte nord du Nayarit au Mexique. Lieu d'une grande importance sur le plan historique, civilisationnel, spirituel, quant à sa situation stratégique pour les colonisateurs successifs, quant au pouvoir rituel conféré à cet îlot depuis des millénaires. L'écrivaine se sent particulièrement attachée à cet endroit et au peuple wixárika. Pour le chanteur, elle s'est inspirée de Jim Morrison et, entre autres, d'un article dans Rolling Stone de Jerry Hopkins : The Doors in Mexico. Le lieutenant, personnage de fiction, est une réminiscence du personnage de Don Manuel Manrique, le Capitanat du San Carlo, premier européen à avoir navigué dans la baie de San Francisco. La fille est cruciale puisque elle donne vie et redonne voix à une enfant yoeme, symbole d'un peuple qui subit un véritable génocide au début du XXe siècle. « Le peuple yoeme se bat toujours pour ses droits à ses terres ancestrales et à son eau. En 2020, deux indigènes yoeme militants écologistes, Tómas Rojo Valencia et Luis Orbano Domínguez, ont été assassinés au Mexique en l'espace d'une semaine. » Ce Rocher blanc, lieu de toutes les convergences, de toutes les croyances, lieu sacré, semble exalter les passions, les folies, les crimes, les espoirs de tous les peuples qui s'y croisent ou s'y succèdent. Les âmes des disparus y murmurent toujours encore faut-il les écouter. Aujourd'hui, alors que notre monde est à la croisée des chemins, qu'un changement de civilisation est en marche, en ce point névralgique où tous les courants d'énergie spirituelles et telluriques semblent se rejoindre, la vérité s'impose sur nous-même, sur les choix qui s'imposent à nous, sur notre nature profonde. Anna Hope réussit à nouveau à traiter de la lutte de l'humanité contre la folie, la barbarie, l'insoutenable, l'inconcevable. C'est un roman sur les cycles de vie, sur la passation de témoin d'une génération à une autre, d'un peuple à un autre, et également sur les leçons du passé à appliquer maintenant. Un texte puissant, violent et beau. Une alarme dans le brouillard actuel. Quatrième de couverture Comment une petite dizaine d'individus originaires des quatre coins du monde se sont-ils retrouvés dans un minibus aux confins du Mexique, en compagnie d'un chaman ? S'ils semblent tous captivés par ce rocher blanc auquel la tribu des Wixárikas attribue des pouvoirs extraordinaires, l'une d'entre eux, écrivaine, tente de prendre soin de sa fille, tout autant qu'elle réfléchit à la course du monde, et à l'écriture de son prochain roman. Autour de ce rocher se sont déroulées d'autres histoires qui pourraient bien l'inspirer. En remontant le fil du temps, Anna Hope décrit les rêves et la folie qui ont animé les hommes dans leur entreprise de conquête. Elle s'attache pour cela à quelques personnages, et en s'appuyant sur l'intensité dramatique et les élans contradictoires de chaque existence, compose un roman d'une puissance irrésistible. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sorcellerie : Objets pour guérir, Objets pour maudire | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sorcellerie : Objets pour guérir, Objets pour maudire Hugues Berton et Christelle Imbert De Borée Le 10 octobre 2024 224 pages illustrées Beaux livres Chronique 7 novembre 2024 Dimensions 19,5 x 25 cm, cartonné. " Pénétrez dans le monde fascinant des sorciers et guérisseurs ! Une collection de plus de 500 objets rares et insolites. " En cette période de fin d'année, alors que vous vous triturez les méninges pour trouver Le cadeau original, voici un ouvrage singulier sous des dehors très classiques. Très beau livre grâce aux illustrations et la mise en page, et tout à fait étonnant et passionnant par son texte qui m'a appris énormément de choses, m'a stupéfaite, m'a obligée à me questionner sur mes propres croyances et certitudes, m'a touchée également car j'ai reconnu certains objets du quotidien, ou que je pensais tels, vus chez mes aïeuls. J'ai la chance d'appartenir à une génération pour laquelle la transmission des savoirs ancestraux était encore d'actualité par des personnes nées à la fin du XIXe siècle, originaires de la campagne, issues d'un milieu modeste et/ou paysan. J'ai donc toujours été sensible aux histoires racontées à la veillée, aux mythes, légendes, superstitions, aux us et coutumes, aux connaissances liées à la Terre, aux plantes, à la Nature, persuadée que tout ceci formait un patrimoine essentiel, une richesse incalculable, qu'il ne fallait à aucun prix perdre. Cet ouvrage oeuvre ainsi à nous faire découvrir par le biais d'objets anciens français et quelques fois européens, catalyseurs de forces insoupçonnées, telles les incroyables pierres à venin, des pratiques ancestrales qui ont permis à des générations d'êtres en souffrance ou perdus face à la complexité du monde, de leur sentiments, de leur état de santé, etc ..., de trouver des réponses à leurs angoisses et peurs. Le regard d'anthropologue des auteurs nous apporte une vision plus fine et analytique de ce qui était véritablement en jeu en un temps où la science n'avait pas pris une telle place dans tous les aspects de la société. Patrimoine immatériel, les objets et témoignages restent heureusement aujourd'hui à notre disposition prouvant la réalité de ces pratiques et leur importance sur la vie spirituelle et quotidienne de nos ancêtres. Les photographies et textes de ce livre assurent d'une persistance de ces croyances pendant longtemps, au XXe siècle. Nous ne devons pas perdre cet héritage et devons absolument le transmettre aux nouvelles générations. Que celles-ci puissent surfer dans le monde moderne tout en gardant à l'esprit les acquis de nos aïeux. Toujours l'idée persistante qu'on ne peut bâtir une maison solide que sur de bonnes fondations. Je vais garder précieusement ce très beau livre dans ma bibliothèque, car il apporte véritablement un éclairage nouveau sur tout un pan de nos cultures et de notre Histoire intime. Merci aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée et ce beau cadeau. "Les sociétés se maintiennent parce qu'elles sont capables de transmettre d'une génération à une autre leurs principes et leurs valeurs ; à partir du moment où elles se sentent incapables de rien transmettre, ou ne savent plus quoi transmettre et de reposent sur les générations qui suivent, elles sont malades " Claude Lévi-Strauss Quatrième de couverture Dans cet ouvrage sont présentées et commentées plus de 500 objets rares et insolites principalement recueillis par l'auteur : amulettes, objets de protection, de divination et de maléfice, plantes, animaux ayant trait à la sorcellerie, aux croyances et à la guérison en milieu rural, livres d'exorcismes, grimoires magiques, prières de conjuration, minéraux et pierres guérisseuses dites "pierres à venin"... Ces objets, matériels et psychiques, répondent aux angoisses que connaissent les hommes face aux questions existentielles que sont la souffrance, la maladie, la mort... Souvent présent dans la vie quotidienne au départ, l'objet est neutre en soi : tout dépend de l'intention de l'utilisateur... Utilisé par ceux qui "savent y faire" pour guérir, pour bénir ou pour maudire, l'objet de croyance a donc été chargé de sens depuis la nuit des temps. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'ensaignement | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ensaignement Jean-Philippe De Tonnac Guy Trédaniel Éditeur 21 octobre 2021 224 pages Roman Essai Chronique 23 octobre 2021 " J'ai compris que nous ne pouvons affronter le jour que lorsque nous avons la nuit en nous. Pourquoi sept nuits me demanderez-vous ? Parce que Dieu a créé le monde en sept jours et qu'il a donné aux femmes la garde des nuits. Il faut en comprendre la raison. Les nuits sont trop immenses, trop redoutables pour les hommes. Non, bien sûr, que les femmes soient plus courageuses ; elles sont seulement plus à même de bercer sans poser de questions ce que la nuit leur donne à bercer : l'inconnaissable." Christiane Singer, Les Sept Nuits de la reine, Albin Michel, 2002. Je me suis sentie presque illégitime à écrire sur ce roman édifiant pour ma part, bien qu'étant femme, ayant saigné tous les mois depuis..... Je ne savais pas comment exprimer mon incompréhension et puis la solution la plus simple étant toujours la meilleure, j'ai réalisé qu'il fallait que je me raconte un tout petit peu, pour que cet avis soit reçu plus facilement. Le narrateur nous raconte comment une femme, rencontrée devant la fameuse oeuvre de Courbet au musée d'Orsay, "L'Origine du monde", va le guider dans un processus de découverte et de compréhension de la réalité existentielle des femmes à travers un symbole fort, le sang menstruel : au centre de nos vies pendant plusieurs décennies, sa réapparition régulière va régir notre rapport à la société, aux autres, à nous-mêmes. Au delà de ce sang de Vie, bien particulier de par sa texture, sa couleur, son odeur, coulant au moment où la partie superficielle de la dentelle utérine se desquame lorsqu'aucun embryon n'a été créé, c'est, je pense, l'aptitude à donner naissance à un nouvel être humain qui est visée, enviée, par un patriarcat qui s'est renforcé depuis des millénaires. Cette "puissance féminine" qui pouvait apparaître presque magique, donnant un certain pouvoir aux femmes du temps des premiers rites et religions matriarcaux, nous est depuis reprochée, versée à la longue liste des griefs que certains mâles nous mettent invariablement sous les yeux afin de justifier leurs comportements et pensées iniques, quelques fois assistés de femmes soucieuses de préserver des traditions inégalitaires et monstrueuses ; sur un plan psychiatrique, pour ces dernières, ennemies et bourreaux de leurs consœurs, le processus tendant à préférer une option négative mais habituelle, ( exemple : la discrimination par le genre, l'excision, etc, etc), au lieu d'aller vers un inconnu qui terrorise, est malheureusement bien répertorié. Si le narrateur reçoit donc un enseignement sur le sang menstruel, j'avoue avoir aussi été dans la position de l'élève du romancier. Je n'ai jamais eu honte du sang, je n'ai jamais été gênée par mes menstruations en ce qu'elles symbolisaient, je ne me suis jamais sentie sale, et personne, que ce soit mes proches, ma mère pourtant si haineuse de ses filles, ou mes compagnons, n'ont eu une moue ou un regard, ou un jugement dégoûtés. Je suis arrivée de Côte d'Ivoire tard, mon référent masculin, celui qui représente la figure paternelle s'appelait Suleiman, employé de mes parents. Eux je ne m'en souviens pas, seul lui comptait. Lorsque l'exil a eu lieu, j'ai découvert deux choses : 1/ j'étais blanche !!! La différence de couleur de peau par rapport à celles de mes amis, de Suleiman, de sa fille ne m'avait jamais effleurée. Premier coup dans l'estomac. 2/ j'étais une fille et donc certaines choses m'étaient interdites qui jusqu'alors avaient fait partie de mon quotidien. Coup de massue sur la tête. J'ai joué le jeu à l'extérieur, en société, mais au sein de cette famille pourtant toxique et cependant matriarcale, mon père restant en Afrique pour son travail sauf l'été, j'étais une fillette qui ne se donnait aucune limite, jouant autant avec ses poupées qu'avec le garage du seul élément masculin, mon frère aîné, avec lequel je me battais physiquement jusqu'à finalement l'envoyer à l'hôpital, un jour de rage exacerbée. Le pragmatisme de nos ancêtres paysans, ouvriers, bourgeois et artisans, autant du côté maternel que paternel, proches de la nature, très ancrés dans la terre, instruits des réalités de la vie, a manifestement coulé dans nos veines jusque dans ce sang menstruel. J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt et d'étonnement, donc, le parcours initiatique de notre disciple lors de ces rencontres avec cette "ensaignante" mystérieuse, puis tout au long de son apprentissage dans une "communauté dédiée à la réconciliation des femmes avec leur cycle, avec la vie." J'attire votre attention sur un épisode de ce roman pendant lequel les stagiaires féminines de cette retraite sont invitées à raconter leur expérience liée au saignement, avant et après les règles, à décrire les syndromes prémenstruels, les sensations, etc.... Ceci m'a interpellée, illustrant pour moi une violence insidieuse faite aux femmes dont j'ai été victime ces dernières années : dans les années 80 et jusqu'à il y a dix ans environ, pour celles souffrant énormément avant et lors des règles, nous avions à disposition un ensemble de médicaments ciblant ce type de douleurs très particulières et invalidantes, bien mieux que le paracétamol habituel. Depuis, ces traitements essentiels ont été jugés inutiles et retirés du marché. Donc, je me suis vue condamnée à souffrir, pour rien, parce que j'étais femme ; autant vous dire que la guerrière que je suis n'a pas du tout apprécié. ( Quel recul en arrière !!!! ) La chanteuse lyrique non plus. Je fais une dernière parenthèse : savez-vous que dans les troupes d'opéra françaises, tout le monde connaissait le cycle des chanteuses ? En effet, pour un même rôle, le théâtre avait à disposition plusieurs interprètes, et ainsi celles qui avaient leurs règles étaient mises au repos et remplacées par une collègue. Avec la disparition des troupes d'opéra en France, ce respect du cycle féminin, de la nature donc, a été bafoué. Nous sommes condamnées à devoir faire avec, à être sur scène en permanence même pendant ces périodes, pour beaucoup d'entre nous, extrêmement délicates. J'y vois, en plus d'une bêtise crasse, de la cruauté injustifiée et contre productive visant les chanteuses, réputées sportives de haut niveau par la médecine du travail, et de facto, victimes d'un système misogyne, majoritaire dans le lyrique. Doivent-elles, comme nombre de sportives, prendre des hormones pour arrêter leur cycle, stopper le sang de Vie ? Inique, n'est-ce pas ? Je remercie l'auteur d'avoir éclairer ma lanterne sur le phénomène de haine et de dégoût de certaines femmes envers elles-mêmes.... que je ne comprenais pas. Je suis attristée par ce que j'ai découvert là ; je mesure combien cela doit être douloureux et insupportable puisque inexorable et d'une folle injustice... je comprends encore mieux, grâce à ce texte, pourquoi mon attitude si peu "féminine" a tant dérangé, m'a valu des "haines" incompréhensibles surtout de certaines femmes, ou d'être catégorisée comme "non femme" ou "potentiellement lesbienne" ( comme si cela allait me déranger, je ris) par certains hommes me faisant des avances auxquels je ne répondais pas positivement, certains allant même avec condescendance et paternalisme, m'inviter à m'assumer, ( je ris encore plus). Merci infiniment à Jean-Philippe De Tonnac pour ce très beau roman, magnifiquement rédigé, avec le cœur, avec courage, tout en délicatesse, en poésie, extrêmement charnel tout en étant le résultat d'une réflexion élevée ! Nous mesurons, à la fin de cette lecture, tout le travail qui nous reste à accomplir, tous ensemble, chacun étant le complément de l'autre, autour d'une réflexion sur le genre, sur l'éducation donnée aux enfants, sur la fin d'un patriarcat sclérosant pour les hommes et les femmes, nous enfermant dans des rôles qui ne nous sont pas naturels, donc nocifs. Ce retour à un pragmatisme terrien teinté de spiritualité et de questionnement continuel, qui constitue je crois mon quotidien comme être humain, citoyenne du monde et artiste dont le corps est instrument de musique, me semble la seule voie possible. Je ne suis pas non plus pour un matriarcat exacerbé. Pouvons-nous trouver un équilibre ? Le narrateur le pourra-t-il ? Je remercie par la pensée Suleiman.... Merci aux Éditions Guy Trédaniel également pour l'excellence de leur travail. Quatrième de couverture Le remarquable roman de Jean-Philippe de Tonnac sur le sang des femmes. « La société étale le sang partout sur nos écrans, elle donne l'impression de s'en délecter, quand le sang des femmes, lui, est tabou, lui et tout ce qu'il raconte.» Sur le chemin d'un homme, il vient parfois une femme qui accepte de partager avec lui ses secrets, une femme qui a elle-même accepté d'accueillir le sang et d'être par lui ensaigné. En catimini, en cachette, du grec katamênia, « menstruation « . C'est ainsi que les femmes vivent le plus souvent au sein de notre humanité, anonymes, privées de droit, de considération. C'est ainsi qu'elles sont invitées chaque mois à saigner puisque ce sang est répugnant, qu'il les rend folles, infréquentables, c'est bien connu. Que voulez-vous que des sociétés qui ont parié sur le virtuel, le hors-sol, le grand marché, la mort honteuse, qui ont une telle haine de la vie, comprennent encore quelque chose de cette histoire de cycle ? Puisque les femmes commencent à se libérer de ces carcans où on veut toujours les museler, on dirait que le sang lui aussi veut sortir de sa clandestinité et avec lui tout ce dont il est porteur. Le narrateur est un homme qui " rencontre " le sang, presque malgré lui. A lui, la question ne s'était jamais posée ou bien les femmes qu'il avait rencontrées jusqu'à ce jour ne l'avaient pas invité à partager leurs secrets. Une rencontre au musée d'Orsay devant L'Origine du monde. Une conversation sur le scandale que le tableau provoque toujours et ce qu'aurait été ce scandale si le peintre avait peint une femme qui saigne. C'est le début d'un échange entre le narrateur qui croit tenir dans cet échange le préalable à une romance et une femme qui croit tenir en cet homme un candidat à l'ensaignement. C'est le début d'un roman qui suit le parcours d'un homme qui, sur ce malentendu, décide de rejoindre une communauté installée dans le sud de la Crète. Communauté dédiée à la réconciliation des femmes avec leur cycle, avec la vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Faubourg des diaboliques | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Faubourg des diaboliques Philippe Grandcoing De Borée Vents d'Histoire 14 mars 2019 336 pages Polar Historique Chronique 17 mars 2019 Deuxième tome des enquêtes de Hyppolite Salvignac, après « Le Tigre et les pilleurs », un succès d'édition. Une très belle fresque historique en ce printemps 1907 à Paris, sous le prétexte d'une enquête sur un meurtre à laquelle, malheureusement, l'antiquaire Hyppolite Salvignac va être mêlé bien malgré lui ; en effet la victime est le mari d'une de ses anciennes maîtresse. Impossible de donner son alibi, un rendez-vous avec Clémenceau dans une maison de passe, pour mettre en place ensemble de nouvelles méthodes policières de travail et d'analyse des scènes de crime et éléments de preuves. Le Tigre ne serait certainement pas très content d'être mêlé à une telle affaire. Déjà les deux hommes ont collaboré sur un dossier de pilleurs d'œuvres d'art, Clémenceau a donc pu reconnaitre la valeur de Salvignac. La sortie des geôles sera possible grâce à l'inspecteur Lerouet. Bientôt un autre jeune homme est arrêté, un proche du Bateau Lavoir créé par Max Jacob, abritant Picasso, Derain, Matisse entre autres. Cette nouvelle course poursuite va mener Hippolyte de Montmartre au Paris interlope, de l'univers fascinant et passionné des artistes avant-gardistes jusqu'aux hôtels particuliers du Faubourg Saint Germain propriétés de certains nostalgiques de la royauté, complotant contre la République. En parallèle de ce dossier de meurtre où la personnalité de l'homme assassiné est bien trouble, l'inspecteur Lerouet vient de perdre sa mère qui l'a élevé seule grâce à l'argent envoyé par un père inconnu jusqu'à sa majorité. Il souhaite, avec l'aide de Hyppolite, lever le voile sur ses origines paternelles. Une visite chez un notaire, après avoir retrouver un vrai petit trésor chez la disparue, leur fait subodorer une histoire bien sombre, liée aux turpitudes d'une certaine élite à particule. Une traversée de la France de Paris à la Sologne, le Quercy, le midi languedocien en ébullition en raison de la crise viticole. Le pays est une cocotte minute prête à exploser, certaines pages semblent décrire ce que nous vivons depuis 19 semaines, jusqu'à l'appel de l'armée par le gouvernement. Solidement bâtie sur une documentation riche et foisonnante, cette fiction habilement imaginée et construite, est un policier historique réjouissant, passionnant, nous replongeant dans ces années d'instabilité politiques et sociales, de révolution des méthodes policières sous l'impulsion du Tigre Clémenceau, de défis artistiques majeurs à travers certains peintres célèbres aujourd'hui, que nous approchons ainsi au côté de Salvignac. Une société en ce début du XX ème siècle où la démocratie fait face aux fureurs des ouvriers, des couches populaires. Une mondialisation en marche, un univers qui bascule, objet de défis et d'innovations pour des personnages clefs tels Clémenceau, Picasso, Derain, Matisse, et le merveilleux Apollinaire. Ne pas avoir lu le premier tome ne m'a pas dérangée, j'ai suivi ces enquêtes avec beaucoup de plaisir d'autant plus que Philippe Grandcoing ménage parfaitement le suspense, mélangeant la grande Histoire aux événements intimes. On ne sait donc pas à quel niveau se situent les mobiles des coupables... Politiques ou privés. La description de Paris et de tous les endroits où nous irons est un vrai plaisir de lecture, un dépaysement total. Le personnage principal, intelligent, capable de courir plusieurs lièvres à la fois, séducteur, amoureux de la vie, de la beauté, des femmes, mais aussi loyal en amitié, curieux de son temps, défenseur de la vérité et de la justice, sans naïveté inutile concernant le Tigre, formant un parfait tandem avec l'inspecteur Lerouet, de plus écrivain, historien, antiquaire....est une belle figure littéraire. J'espère qu'une autre aventure nous attend bientôt. Quatrième de couverture À l'été 1907, Hippolyte Salvignac, antiquaire parisien, est accusé du meurtre de l'époux de son ancienne maîtresse. Afin de prouver son innocence et de disculper un ami de Picasso, il enquête au cœur des élites parisiennes, de Montmartre au faubourg aristocratique du boulevard Saint-Germain, tout en recherchant les origines familiales de son ami, l'inspecteur Jules Lerouet. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La mémoire retrouvée | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mémoire retrouvée Edmund de Waal Albin Michel 19 janvier 2011 414 pages traduites par Marina Boraso Historique Chronique 18 août 2017 Titre original : « The hare with amber eyes » Le lièvre avec les yeux d'ambre est un Netsuke ou petite statuette miniature japonaise très délicate et précieuse. Edmund de Waal est céramiste et un des derniers descendants d'une famille juive célébrissime les Ephrussi tant à Paris qu'à Vienne, Odessa, Londres, etc.... Ce sont des banquiers et des mécènes, non pratiquant, non sioniste, donnant le maximum d'eux mêmes dans le pays d'adoption où ils s'installent. Ainsi Edmund hérite de son grand oncle Iggy ou Ignace une collection exceptionnelle de Netsuke. À travers le long parcours de celle-ci de Paris chez Charles de 1871 à 1899, à Vienne chez Viktor de 1899 jusqu'à 1947 puis le Japon chez Iggy de 1947 à 1991, pour enfin arriver chez l'auteur à Londres, celui-ci retrace le destin de cette famille cosmopolite au destin fabuleux et tragique. Charles Ephrussi le premier propriétaire est un collectionneur esthète qui dans son hôtel particulier recevra les plus grand peintres et écrivains de l'époque . Ayant quitté Odessa avec deux de ses frères il a réussi son intégration en France ; on croise Renoir, les impressionnistes, il sert de modèle au personnage de Swann de Proust. Il offre donc à son cousin Viktor pour son mariage avec la belle Emmy sa collection de Netsuke dans sa vitrine. Celle-ci va être installée dans le dressing de la maîtresse de maison. Ses trois enfants dont Elisabeth la future mère de Edmond jouent avec ces délicates et néanmoins solides miniatures tous les dimanche matin lors de leur visite à Emmy. Ainsi cette collection est le témoin silencieux de l'antisémitisme affolant lors de l'affaire Dreyfus à Paris puis à Vienne. La communauté viennoise a toujours été protégée par l'empereur. À sa mort, les forces du mal se déchaînent contre tous les juifs. Retour de Hitler dans sa mère Patrie et le démantèlement des grandes fortunes juives, le rapt de leurs biens, la saisie illégale de leur maisons. Et les Éphrussi avec leur palais, leur richesse, leur ostentation inconsciente seront les premières cibles des nazis et de la gestapo. Exil, coeur écrasé de douleur, l'un part aux Usa, l'autre en Angleterre, plusieurs finissent dans les camps ou se suicident.... Mais qu'est devenue la collection de netsuke ? Livre bouleversant, précis dans les faits, sans pathos et sentimentalisme inutile, à l'écriture ciselée et à la construction en quatre parties plus l'épilogue, c'est évidemment la famille Ephrussi qui est au centre de cette saga mais également Edmund De Waal nous décrit toute une époque de la commune jusqu'après la seconde guerre mondiale tant à paris que Vienne, bien entendue dans une bonne société riche, huppée, éduquée, intellectuelle, protectrice des arts. Beaucoup de différences psychologiques et de mentalité entre la France et l'Autriche, celle-ci n'en sortant décidément pas grandie quant à son allégeance au nazisme et sa collaboration puis son hypocrisie après guerre et jusqu'à peu pour la restitution des biens aux familles juives spoliées. On sait que la France non plus n'a pas eu le courage souvent de s'opposer a Hitler et ses troupes mais dans ce livre c'est l'histoire viennoise qui est traitée. Ainsi Edmund de Waal céramiste, réussit à faire revivre les membres de sa famille à travers les objets qui étaient leurs.« De la splendeur des Ephrussi ne reste que cette collection de miniatures, réalisées par des artistes anonymes, elle sont le témoin de la fragilité de la condition humaine. »Magnifique livre ! Quatrième de couverture Document littéraire, enquête à la croisée de l'Histoire et de l'intime, La Mémoire retrouvée retrace le destin tragique des Ephrussi, une grande famille juive, à l'égal des Rothschild et des Camondo, prise dans la tourmente du XXe siècle. Céramiste reconnu, Edmund de Waal en est l'un des derniers descendants. Il a puisé dans les archives familiales et le passé de ses ancêtres pour raconter leurs vies à travers le prisme insolite d'une collection de netsuke, des miniatures japonaises sculptées, qui ont miraculeusement échappé aux tragédies de l'Histoire et dont il est aujourd'hui l'héritier. Cette collection va passer de main en main, changeant de pays et de propriétaires. Elle appartient d'abord à Charles Ephrussi, célèbre figure parisienne, ami d'Auguste Renoir et de nombreux impressionnistes, qui inspira à Proust le personnage de Swann. Il l'offre à son cousin viennois en cadeau de mariage. De Paris à Vienne, les netsuke traversent la Belle Epoque, assistent à la montée de l'antisémitisme avant d'échapper au pillage nazi grâce au dévouement d'Anna, une vieille servante qui les restitue à la famille après la guerre. Il fallait la sensibilité d'un artiste comme Edmund de Waal pour faire revivre une époque et des hommes à travers les objets qu'ils possédaient. De la splendeur des Ephrussi ne reste que cette collection de miniatures, réalisées par des artistes anonymes, témoin de la fragilité de la condition humaine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Île de la Liberté   | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Île de la Liberté Jean-François Zimmermann De Borée Le 18 juin 2020 486 pages Historique Chronique 12 septembre 2020 Deux passages qui me semblent représentatifs de ce roman fabuleux, dépaysant, nous interrogeant sur nos propres définitions de la liberté, de la justice, et sur le futur que nous souhaiterions créer pour les générations à venir : Note en bas de page 346 : " Pour inventer l'île de la Liberté, l'auteur s'est inspiré de l'île de l'Aldabra, située dans l'ouest de l'océan Indien. C'est le plus grand atoll surélevé au monde..." P. 433 : " Comment croire encore en l'homme ? " " Est-il possible d'arracher son âme aux griffes du démon ?" Dieu les a aidés à créer ce havre de paix et de liberté, mais aujourd'hui Satan ricane. Puisqu'il semble être toujours victorieux, serait-ce lui le maître du monde ? " Pourquoi le mot Amour est-il toujours écorché et sali par le mot Haine ? " "Olivier avait entrepris la construction d'un monde meilleur, libéré des pesantes contraintes et des iniquités inhérentes à celui dont nous dépendons. L'ivraie était dans le grain que nous engrangions. Il en a pourri la partie la plus saine." Grand, très grand roman d'aventures, mêlant faits historiques avérés et fiction, tome 3 d'une série intitulée "Le crépuscule du Roi-Soleil" comprenant déjà deux épisodes, "L'Apothicaire de la rue de Grenelle" et "La Rivière d'or". Je vous rassure tout de suite : ne pas les avoir lus avant la découverte de ce texte ne m'a pas gênée. Bien que l'action se déroule sous Louis XIV, la quête infatigable et sans fin des hommes à la recherche d'une terre de liberté où fonder une nouvelle société de justice et d'égalité, loin des souverains et grands de ce monde sanguinaires, détestables, dictateurs, méprisant leur peuple, rend ce livre singulièrement actuel. Ainsi ces mots résonnent à nos oreilles et à nos consciences étrangement, nous laissant imaginer ce que partir ailleurs, fuir peut-être, aurait comme avantage. Un rêve : larguer les amarres et voguer vers un horizon de tous les possibles, les voiles claquant au vent, les flots miroitant sous les rayons d'un soleil plus bienveillant que ne le sera jamais le roi de France, en particulier pour les protestants. Ainsi dans une même famille, certains restant attachés à leur foi, d'autres devenant papistes, des guerres intestines toutes aussi terribles que les conflits constants que Louis XIV mènent contre les autres puissances, s'enveniment, gangrènent tout. Un frère trahit son frère, son père, apporte la désolation et le crime dans la demeure familiale, et tout est détruit. Ce fut le sort de notre héros, Martin Lasalle, dénoncé par son propre frère Paul, devenu prêtre : envoyé au galère en raison de son protestantisme, il se réfugie, après maints évènements traumatisants, à Amsterdam, terre d'accueil de bien des opprimés. Nous sommes en 1686, dans la maison de l'apothicaire et médecin Moyse Charas, un ami de longue date de son père, Alexandre Lasalle. Il a recueilli ce dernier pourchassé par les dragons du roi après la révocation de l'édit de Nantes. Sur son lit de mort, Alexandre a fait de Moyse son exécuteur testamentaire : une lettre, des notes de recherche tant en alchimie qu'en médecine, et des instruments dans ces deux disciplines, ainsi qu'un coffret contenant une somme de 3252 écus d'or, doivent être remis à Martin si celui-ci se présente enfin à Amsterdam. Cet héritage lui permettra de finir ses études de médecine et de poursuivre le grand oeuvre de son père. Mission remplie donc à l'arrivée tardive du jeune homme, mais celui-ci est empli de haine, d'esprit de revanche contre Paul, contre le destin et surtout contre ce roi malfaisant. Bien que poursuivant, et les expériences d'alchimie pour créer l'or liquide réputé soigner toutes les maladies, et une carrière de médecin reconnu et apprécié de ses patients, et une idylle avec la fille aînée de Moyse, Madeleine, Martin se sent irrésistiblement attiré par l'océan, l'aventure.... Un drame terrible va décider des huit prochaines années de l'existence de cette âme tourmentée à la poursuite d'une rédemption. Épousant l'utopie d'Olivier de l'Aubertière, pirate français, rêvant de fonder une république sur une île de l'Océan Indien, le jeune homme embarque, sous son commandement, sur un navire affrété par la VOC, Compagnie maritime hollandaise. L'auteur déploie alors tout son talent pour nous faire vivre des heures inoubliables à bord de voiliers du XVII ème siècle, réussissant avec passion et une grande érudition, cependant rendue accessible, à nous faire partager le quotidien de ces marins, des peuples rencontrés au gré des escales, à nous faire croire en ce rêve de liberté et de justice pour tous. Nous suivons ces femmes et ces hommes fondant une nouvelle communauté, nous palpitons, rions, pleurons, bataillons à leur côté contre les représentants du mal, contre les éléments, contre la Nature... Tout simplement étourdissant de lumière, de couleurs, de vérités, de vie... Bien évidemment, le diable veille, trame ses plans.... Martin devra, au bout de la terre, sur cette île enfin atteinte, affronter son pire cauchemar, se surpasser encore et toujours, pour, peut-être, se trouver, se réinventer sur des bases apaisées et saines.... Le pourra-t-il ? Et nous ? En serions-nous capables ? Quatrième de couverture Le Fortune est un navire de la Compagnie maritime hollandaise commandé par un pirate français humaniste, Olivier de L'Aubertière. Il rêve de fonder une république libre et égalitaire. Pour parvenir à ses fins, il lui faut des hommes, qu'il recrutera par un discours convaincant, et de l'argent, qu'il obtiendra en rançonnant des navires marchands. Dans le même temps, Paul, sous couvert de sa soutane, intègre une expédition dans le but inavoué de s'approprier les richesses des mines d'or du sud de l'Afrique. Les deux frères tracent chacun leur route sans se douter que cela va les amener à se rejoindre en plein océan Indien. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • De Natura Florum | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires De Natura Florum Clarice Lispector Editions des Femmes Antoinette Fouque 30 novembre 2023 50 pages traduites par Izabella Borges, Jacques et Teresa Thiériot, Claudia Poncioni et Didier Lamaison. Divers Chronique 30 novembre 2023 Illustrations de Elena Odriozola Belastegui Ravissant recueil très joliment et poétiquement illustré. Des textes tendres, amusants, justes, oniriques. Une juxtaposition heureuse et fine des descriptions de fleurs avec des représentations d'êtres humains étrangement ressemblant à ces rose, œillet, tournesol, violette, immortelle, marguerite palme, orchidée, tulipe, fleurs des champs de blé, angélique, jasmin, fleur de l'oiseau de paradis, azalée, belle de nuit, fleur de cactus, edelweiss, géranium, nénuphar géant, chrysanthème. Personnification des fleurs, ou enfleurissement des humains... À l'origine un recueil paru le 3 avril 1971 dans le Jornal do Brasil de Rio de Janeiro. La chronique a été retravaillée par l'autrice pour son livre Água Viva (1973). Très beau cadeau de Noël et tout au long de l'année comme introduction pour des lecteurs de tout âge à l'œuvre de cette écrivaine majeure mêlant délicatesse, singularité du regard, finesse psychologique, créativité renouvelée, profondeur des émotions, politesse de la fausse légèreté, élégance. Les illustrations correspondent parfaitement à cette femme du monde et en même temps perchée dans un espace imaginaire. Quatrième de couverture Le texte De natura florum est structuré comme un herbier en prose, personnel et poétique. À partir de vingt- cinq entrées, partant du plus général vers le plus singulier, Clarice Lispector évoque d’abord des définitions botaniques puis décrit vingt fleurs, rose, violette, tournesol... qu’elle admire avec une grande sensibilité. Initialement publié le 3 avril 1971 dans le Jornal do Brasil de Rio de Janeiro puis retravaillé pour Agua Viva (1973) et inclus ensuite dans le volume A Descoberta do Mundo (La découverte du monde) en 1984, De natura florum trouve dans cette édition une nouvelle vie. L’herbier de Clarice Lispector est à l’image de son autrice : fin et audacieux. Les illustrations d’Elena Odriozola Belastegui apportent au texte une douceur juvénile. L’ouvrage unique, original et singulier que constitue De natura Florum vient enrichir le cycle de publication de l’œuvre de Clarice Lispector au sein des éditions des femmes-Antoinette Fouque. C’est la fleur féminine, elle se donne toute et tant qu’il ne lui reste que la joie de s’être donnée. Son parfum est un mystère féminin et, si on la hume profondément, elle touche le fond du cœur et laisse le corps tout parfumé. Sa façon de s’ouvrir en femme est très belle. Ses pétales ont un goût agréable dans la bouche, il suffit d’essayer. Les rouges ou les príncipe negro sont d’une grande sensualité. Les jaunes donnent une alarme joyeuse. Les blanches sont la paix. Les roses sont en général plus charnues et ont la couleur par excellence. Les orangées sont sexuellement attirantes. C.L. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Du sang sur le sable | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Du sang sur le sable Robert Karjel Denoël Sueurs Froides 2017 499 pages traduites par Lucas Messmer Thriller Chronique 2 septembre 2018 Coup de cœur de la médiathèque Marguerite Yourcenar Paris 15, un polar très dépaysant et punchy de la Suède à la Somalie et au Kenya. Je ne sais pas si écrire une fiction très inspirée de son métier et de ses missions est un moyen pour Robert Karjel de se libérer de ce qu'il a vu ou fait, mais pour nous c'est un gage d'authenticité, de cohérence, d'information sûre sur les situations décrites. J'ai avalé ce roman, passionnée par le propos, par la découverte des vies des soldats sur les bases suédoise, américaine, française à Djibouti, dans le creux de la corne de l'Afrique, une zone de paix relative plus qu'une ville, entourée par les guerres, où expatriés, africains et touristes se croisent sans jamais fraterniser, où la drogue embue les consciences de certains dès 14h, où chacun essaye de s'en sortir dans ce grand chaos. La frégate HMS Sveaborg parcourt les mers pour protéger les bateaux de commerce ou de tourisme des pirates somaliens, par la sortie armée s'il le faut, de son hélicoptère. Également le navire et la MovCon, unité de logistique, opérant d'habitude de la terre, de Djibouti, se charge de l'élimination des ordures des troupes et de la livraison de pièces de rechange, nourriture, eau, matériels militaires aux contingents suédois. Tout commence par une belle journée à bord d'un bateau de luxe suédois, le Martha II, appartenant à une famille richissime, les parents et deux enfants, naviguant dans le golfe d'Aden, réputé dangereux. Le drame survient, des pirates attaquent à deux bateaux, l'un des attaquants est tué par la père Carl-Adam grièvement blessé à la main. Sa femme, Jenny, va alors tout faire pour protéger sa fille adolescente Alexandra et leur fils atteint d'épilepsie, Sebastian. À peu près au même moment, un soldat suédois travaillant pour la MovCon est tué lors d'une curieuse séance d'exercices de tir organisée pour entraîner les Djiboutiens travaillant pour l'armée. Le terrain appartient aux USA. Les services secrets suédois décident donc d'envoyer un de leurs meilleurs agents Ernst Grip, pour enquêter sur cette mort suspecte. Dès son arrivée, il comprend bien qu'il n'est pas le bienvenu ni à Djibouti ni sur le HMS Sveaborg. Une version de l'histoire lui est servie, pas très convaincante. Bien sûr, Grip tête brûlée ayant déjà mené à bien des missions plus complexes dans le monde entier, va user de méthodes très peu protocolaires. Bientôt, son chef lui adjoint un nouveau venu, un peu plus au fait des us et coutumes de la marine et de l'armée dont il a fait partie. Une belle pianiste va également faire son entrée... Donc une mort suspecte, une famille kidnappée par des pirates, avec en fond de décor Daesh, des islamistes, des trafics divers.... Les deux enquêtes vont obliger Grip à user de moyens hors limite pour tenter de sauver des innocents et rendre hommage à un juste. Thriller d'action donc, mais aussi d'espionnage, dans une région du monde peu connue du grand public, très bien mené, écrit, véhiculant finalement des valeurs humanistes incontournables, d'autant plus dans ces zones de non droit. Une vraie belle découverte ! Quatrième de couverture Djibouti, au creux de la corne de l’Afrique : un soldat suédois est tué sur un champ de tir. Les services secrets envoient l’agent Ernst Grip sur place pour faire la lumière sur cette mort suspecte, mais il y est traité en intrus par un personnel qui a déjà décidé quelle serait la version officielle des faits. Pendant ce temps, une famille de quatre Suédois navigant non loin de là, dans le golfe d’Aden, est capturée par des pirates somaliens. Leur vie est en danger, la pression monte pour le gouvernement, et c’est ainsi qu’Ernst Grip se retrouve bombardé négociateur et doit traiter avec les pirates. Pour résoudre ces deux affaires, Ernst Grip comprend qu’il va devoir recourir à des méthodes peu orthodoxes. Mais peut-on se permettre de rester dans les limites de la loi et de la moralité quand des vies humaines sont en jeu ? Pour son deuxième roman, l'auteur s'est inspiré de sa propre expérience, quand il traquait les pirates dans le golfe d'Aden à l'époque où il commandait une unité d'hélicoptères de l'armée de l'air suédoise. Après Mon nom est N., on retrouve l'agent Ernst Grip, froid et méthodique, chargé d'enquêter. Un personnage sombre, flirtant avec la légalité, loin des clichés habituels des agents des services secrets. Du sang sur le sable pointe du doigt l'influence des Américains dans les événements internationaux de façon pénétrante et des questions d'une actualité brûlante sont soulevées au sujet du terrorisme, des loyautés gouvernementales et même du capitalisme. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La jeune fille et la nuit | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La jeune fille et la nuit Guillaume Musso Calmann-Lévy Depuis peu 424 pages Divers Chronique 26 mai 2018 « Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser ? » Henri Michaux En premier lieu, l'objet lui-même, à la couverture très graphique et la texture grainée, puis la mise en page et la police qui rendent la lecture des plus agréables. Ce n'est pas rien donc il faut le dire. Puis les lieder de Schubert prennent possession de mon esprit, cette Jeune Fille qui frôle et danse dangereusement avec la Mort : La Jeune Fille : « Va-t'en, ah, va-t'en ! Disparais, odieux squelette ! Je suis encore jeune, disparais ! Et ne me touche pas ! » La Mort : « Donne-moi la main, douce et belle créature ! Je suis ton amie, tu n'as rien à craindre. Laisse-toi faire ! N'aie pas peur Viens sagement dormir dans mes bras. » Matthias Claudius, la Jeune Fille et la Mort Du poème au lied, puis l'Opéra avec l'intitulé du premier chapitre « Le sentier des contrebandiers » : l'amour est un oiseau rebel qui n'a jamais, jamais connu de loi..... Carmen toujours revient hanter les lieux.. on sait que le drame est en marche. Et finalement, le récit se teinte de couleurs hitckokiennes, mais la femme fatale est rousse, vénéneuse et trompeuse. Le décor de ce film presque hollywoodien est le collège saint Exupéry de Sophia Antipolis près d'Antibes, se targant de copier les américains : ses mécènes richissimes , son campus de luxe, son soleil et les sourires ultrabright de circonstance. Et bientôt un tout nouveau complexe et une roseraie en mémoire d'une belle disparue, Vinca Rockwell....même le nom est celui d'une star. Elle attirait tous les regards, provoquait tous les désirs, envies, haines, passions. Elle jouait un jeu dangereux, peut-être fatal. On dit qu'elle s'est enfuie avec son professeur de philosophie un soir de décembre 1992, qu'ils auraient été vus dans le train pour Paris, qu'une réservation dans un hôtel aurait été honorée par le couple, que l'on y retrouva sa trousse de toilette et sa brosse.... Et puis...plus rien.... 13 mai 2017, Manon Agostini, policière municipale, en tenue de soirée pour se rendre aux retrouvailles de sa promotion organisées par St Exupéry, se voit contrainte d'effectuer un détour par le fameux sentier. Un gardien de villa aurait entendu un coup de fusil vers 21 h. Le vent a beau hurler, la tempête se déchaîner, les oliviers se tordre comme dans un cauchemar, les rochers cisailler la plante de ses pieds nus, Manon n'en a cure le regard fixé sur un cadavre de femme en contrebas horriblement défigurée. Le matin de ce même samedi, débarque de l'avion arrivant de New York Thomas Degalais, célèbre romancier à succès. Un retour aux sources pour lui sur les lieux de sa jeunesse, pour la fête de sa promotion du collège où ses parents étaient proviseurs. Mais la raison réelle de sa présence est tout autre : son ami et frère de cœur Maxime Biancardini, lui a envoyé un article mentionnant le début, lundi, des travaux de destruction du vieux gymnase. Or, derrière l'un des murs du bâtiment, repose un secret très compromettant pour les deux hommes littéralement paniqués. Toutes leurs vies de notables, écrivain, homme politique dans le sillage de Macron, risquent d'être balayées du jour au lendemain, surtout avec, dans les parages, Stéphane Pianelli, journaleux revanchard à Nice-Matin attendant de rouvrir le dossier Vinca Rockwell. Même l'ex petite amie d'enfance de Thomas, Fanny Brahimi, chef de la cardio à l'hôpital de la Fontonne, est nerveuse.... Qu'est-ce que ce trio a à cacher ? Quel crime ont-ils commis ? Sont-ils certains de connaître la vérité ? Celle-ci serait-elle très différente ? Ainsi tout au long de ce thriller réussi et très bien mené jusqu'au dénouement et aux épilogues étonnants, nous basculerons entre l'hiver 1992 et le printemps 2017. Je ne suis pas une fan forcément des romans de Guillaume Musso, cependant depuis "Central Park" qui m'a bluffée, je suis revenue à son univers plus dense, recherché, mâture dans ses thrillers. Je trouve du coup que la gravité et l'ombre propres à ce style littéraire apportent à l'écriture de cet auteur plus de poids, de consistance. À nouveau, j'ai aimé "Un appartement à Paris" tout en noir et blanc arty, le graphisme des couvertures préfigurant un style très esthétique tout en étant efficace. Pas de lourdeur donc, et le talent renouvelé pour entremêler la banalité de la vie quotidienne (ou d'événements que nous connaissons tous, comme des retrouvailles de promos toujours amusantes et pathétiques), avec l'horreur, la terreur, l'indicible.... Des fractures soudaines obligeant ici nos trois amis à emprunter un sentier en à pic bien tortueux et dangereux. Mais ils n'ont plus le choix, le chemin sera évidemment initiatique, la fin bouleversante. Thomas n'est pas Guillaume, même si ce dernier a choisi pour cadre celui de sa jeunesse. Cependant tous deux partagent une passion pour la littérature, les mots, la lecture, et l'écriture qui font d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui, mais sans oublier l'essentiel : l'amour de la Vie. Belle lecture. Quatrième de couverture Un campus prestigieux figé sous la neige Trois amis liés par un secret tragique Une jeune fille emportée par la nuit Côte d’Azur - Hiver 1992 Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des plus brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ». Personne ne la reverra jamais. Côte d’Azur - Printemps 2017 Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études. Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour construire un autre bâtiment. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La vie secrète d'Emily Dickinson | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La vie secrète d'Emily Dickinson Jerome Charyn Payot & Rivages 2013 427 pages traduites par Marc Chénetier. Roman biographique Chronique 9 novembre 2018 Ma rencontre avec la poétesse fut un moment charnière dans ma vie tant sur le plan personnel que professionnel. J'étais invitée à chanter les huit pièces orchestrées par Aaron Copland sur les Twelve poems of Emily Dickinson à la Cité de la Musique en 1998. Un sacré souvenir. Sa voix, ses mots sont revenus plusieurs fois ponctuer mon parcours à diverses occasions comme en 1999 à la demande de Philip Roth. Emily est telle une amie lointaine que je revois toujours avec une grande joie, l'interprétant à chaque fois différemment tant les poems offrent de possibilités de couleurs. Dans ce roman biographique, lors des cauchemars ou rêves, apparaissent en filigrane les mots de Emily : "I felt a funeral in my brain" lorsqu'elle se voit enterrée vivante, " The world feels dusty" quand tout d'un coup elle décrit la poussière d'or qui vole dans l'air, visible dans un rayon de soleil. « Fermer les yeux c'est voyager » écrit Emily Dickinson en 1870. Ainsi s'ouvre ce livre, la vie secrète de cette fée réimaginée par l'auteur. Les deux ans au Séminaire de Mount Holyoke puis des décennies revenue dans le manoir familial, dans une relation fusionnelle avec son père, mais aussi avec son Grand Frère Austin, sa sœur cadette Lavinia, sa mère en permanence malade. Le père, le seigneur du village est un homme politique autoritaire autour duquel tout tourne. Un destin exceptionnel d'une femme attachante, peu sûre d'elle, souvent sous influence, avec un vrai cœur d'artichaut, une femme également de tête et de caractère... Ne pas se fier à sa petite taille et sa voix fluette. Celle-ci devient tonitruante et puissante dans ces poèmes ; son choix de solitude, de regarder le monde à travers sa fenêtre de chambre n'est pas une fuite mais au contraire l'ouverture vers un monde d'imaginaire et de fantaisie incroyable. Ce livre n'est pas une biographie, comme pour d'autres personnages célèbres, par exemple" Les mémoires imaginaires de Marylin Monroe", Jerome Charyn mêle vérité et fiction, il " dépasse la légende en lui donnant une voix". Emily Dickinson est la narratrice, elle nous parle, nous touche, elle est vivante et pleine de sensualité exacerbée. Nous sommes très loin des clichés véhiculés faussement sur elle, ce n'est pas une vieille fille excentrique, elle est une âme vibrante, indépendante, contemporaine, transgressive. Elle s'évade du manoir grâce à son pouvoir de création et son imagination. Ainsi, " Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature." Quatrième de couverture "Fermer les yeux c'est Voyager", écrit Emily Dickinson en 1870. C'est par ces mots que s'ouvre La Vie secrète de la grande poétesse américaine, réinventée par Jerome Charyn. Du séminaire de Mount Holyoke à la solitude des dernières années, il retrace le destin d'une femme exceptionnelle. Pourtant ce livre n'est pas une biographie : comme Norman Mailer dans les Mémoires imaginaires de Marylin, Charyn dépasse la légende en lui donnant une voix. Car c'est bien Emily Dickinson que l'on entend, vivante, sensuelle, loin des clichés la réduisant à une recluse excentrique toujours vêtue de blanc. Mais l'héroïne si moderne cache un paradoxe : éprise d'indépendance, elle s'évadera grâce à la force de son imagination, simplement assise à sa table. En célébrant ainsi ce personnage hors du commun, Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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