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- L'Arbre à pain | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Arbre à pain Christian Laborie Presses de la Cité Le 13 février 2025 409 pages historique terroir Chronique 27 mars 2025 Paru aux Presses de la Cité dans la collection Terres de France. Paru en 2003 aux Éditions De Borée. Donc réédition de ce très beau roman de terroir d'une beauté stylistique indéniable. Un récit tantôt nostalgique, tantôt factuel, témoignant d'un art de vivre ensemble et de travailler durement, disparus aujourd'hui, d'un amour pour la magnificence des Cévennes et d'un respect pour ces aïeux sachant vivre au rythme des saisons même s'ils sont totalement conscients de la marche irréductible du progrès qui, tel un rouleau compresseur, écrasera tout sur son passage. Histoire d'une famille, les Monteil, sur quatre générations, mais aussi d'une région agricole qui, à l'instar de la France entière, passera d'un monde à l'ancienne perpétuant des traditions ancestrales, des modes de vie dépassés, à une ère de modernité et de mécanisation post Seconde Guerre mondiale. La Vieille Morte, montagne témoin des heurs et malheurs qui s'abattent sur les hommes, reste inchangée, immuable, présence successivement protectrice, menaçante ou réconfortante. Et les années passent, et les nuages traversent le ciel, et des générations de paysans tentent de survivre jusqu'à ce que la décision de partir s'impose. Mais entre temps que de rires, de joies, de pleurs, de cris, de souffrances entre les murs du Castanet, la ferme des Monteil ; que de rêves et de désillusions... Mais ce qui caractérise ces paysans protestants est leur capacité fascinante de résistance. Alors oui, ils aimeraient quelques fois fuir ces lieux, aller à la ville, ne plus s'user à la tâche comme le vieux Élie et son fils Étienne et son épouse Marthe, mais les racines sont là, la rage de vivre aussi. L'arbre à pain veille sur la maisonnée quelque soient les tourments du siècle, quelque soit la métamorphose de la société. Très beau roman écrit avec un supplément d'âme par un auteur amoureux de sa région de cœur, que l'on sent profondément admiratif de tous ceux qui nous ont précédé avec courage, ténacité. Cet ouvrage est aussi un hommage à une certaine simplicité de vie. Retour à l'essence des choses. Merci à Christian Laborie pour ces magnifiques pages si bienfaitrices. Quatrième de couverture : Début XXe siècle, une saga au coeur du quotidien et des traditions des paysans cévenols. Un hommage au courage et au labeur de gens humbles mais dignes, un grand "classique" de Christian Laborie. Il est l'arbre à pain, l'arbre généreux dont le fruit est la ressource nourricière des plus démunis. Il est le châtaignier, celui qui donne son nom au mas isolé du Castanet, propriété d'une famille de paysans huguenots, dans cette région reculée des Cévennes. Les Monteil vivent là, enracinés sur le versant aride de la montagne schisteuse, la Vieille Morte. Une existence immuable, égrenée au rythme régulier des saisons, que rien ne semble devoir perturber, tant elle est inscrite dans l'éternité. Samuel Monteil, témoin et héritier d'une époque révolue, raconte ses jeunes années entre les murs du mas ancestral avec les siens, la figure puissante de l'aïeul, Élie, les souvenirs de la guerre, le maquis, l'Occupation, les temps qui changent... Bientôt viendra pour Samuel le choix d'une vie : rester au Castanet ou partir ? Un magnifique roman de la terre, des Cévennes, et de ceux qui en sont l'âme. Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un temps pour le meurtre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un temps pour le meurtre Jessica Fletcher City Editions 29 septembre 2021 336 pages Polar Chronique 4 octobre 2021 « Le retour de Jessica Fletcher, la reine du crime dans sa toute première enquête.» « Ce n'est pas le meurtre qui motive une enquête mais le rétablissement de l'ordre. » P. D. James Entendez-vous la musique du générique dans votre tête, sautillante, joyeuse, doucement ironique ? Entendez-vous la voix française de Jessica Fletcher dans la série ? Retrouvez-vous le charme exquis et délicieux de ces épisodes de notre jeunesse merveilleusement vintage aux dialogues piquants, drolissimes, où les protagonistes se répondent du tac au tac ? Pour ma part, d'autant plus que cette série passe encore aujourd'hui, dès que les premières mesures du générique retentissent, je me prends à sourire avec nostalgie. Les intrigues sont bien ficelées, tous les personnages attachants et proches de nous comme des parents éloignés un temps que l'on a plaisir à retrouver. Donc, voici la narration entre aujourd'hui et il y a 25 ans, par Jessica Fletcher her-self, de sa première enquête sur un meurtre alors qu'elle n'est encore que professeur suppléante et apprentie écrivaine. Pourquoi repenser à cette vieille affaire ? Parce qu'un crime commis aujourd'hui semble être un écho de celui d'hier, les victimes étant liées. Même si l'identité du coupable me fut vite évidente, la fin m'a tout de même surprise, réservant des découvertes de dernières minutes et une scène de dénouement tout à fait originale et hasardeuse où notre Jessica devient cascadeuse.... C'est vif, drôle, plein de répliques amusantes tout en déroulant une histoire monstrueuse et d'une grande violence. Ce fut un moment de lecture très divertissant, faussement léger et réellement intelligent. Quatrième de couverture « Peut-on dire où se situe la frontière entre fiction et réalité ? Car dans votre cas, madame Fletcher, il ne semble pas y avoir de différence." " Bouclez vos ceintures et embarquez avec Jessica Fletcher : un coup de maître ! " Lisa Gardner Auteure de romans policiers à succès, Jessica Fletcher se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment : là où elle passe, il y a toujours quelqu’un qui trépasse ! Un jour, elle donne une interview à une jeune journaliste et le lendemain, celle-ci est retrouvée morte, une balle dans la tête. Il ne faut pas longtemps à Jessica pour découvrir que la jeune femme était la fille de la victime du premier meurtre sur lequel elle avait enquêté, vingt-cinq ans plus tôt. La première fois que le crime s’était invité dans sa vie ! Rattrapée par son passé, Jessica prend les choses en main, car elle en est certaine : le meurtrier va encore frapper. Heureusement, la détective amateur a non seulement une plume acérée, mais aussi l’esprit affûté et plus d’un tour dans son sac pour démasquer le coupable... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dernière soirée | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dernière soirée Lisa Gardner Albin Michel Le 2 janvier 2025 464 pages traduites par Cécile Deniard thriller Chronique 9 février 2026 Pour tous les amoureux de randonnées en montagne et en forêts, je ne suis pas certaine que votre prochaine escapade ne soit pas source d'appréhension après la lecture de ce thriller sylvestre : ombre menaçante d'un hypothétique Bigfoot, cris et bruits terrifiants, présence maléfique, traque et enfin chasse à l'homme... Nouveau cold case donc pour Frankie Elkin, héroïne solitaire, cabossée, mais généreuse et particulièrement douée de Lisa Gardner. L'enquêtrice vagabonde s'est donné une nouvelle mission : en effet, une dernière battue est organisée dans les forêts du Wyoming pour retrouver, après cinq ans, Tim disparu lors d'une soirée avec ses meilleurs amis à la veille de son mariage avec la superbe Latisha. Mais la jeune femme ne reverra jamais son promis et Miguel, Scott, Neil, Josh sont incapables de lui donner des explications. Frankie s'incruste donc, en cette veille de départ, à la dernière réunion du groupe formé des huit membres choisis par le père de Tim. En effet, Martin a organisé cinq jours de recherche de son fils ou ce qu'il en reste, a engagé un pro, Nemeth, ainsi que l'expérimentée Luciana et son chien Daisy. Bob, un géant sympathique et adepte de la traque du Bigfoot, (ah ! Ces Américains !) connaissant bien le terrain, est aussi de la partie. Les quatre ex-témoins du marié sont là également, à leurs corps défendants, culpabilisés et traumatisés. Cependant, Josh, soudain en pleine crise de manque d'alcool, est incapable de les suivre. Frankie en profite pour s'imposer malgré l'hostilité déclarée de Martin et Nemeth. Elle n'a aucune idée de ce qui l'attend dans cette forêt de résineux tant physiquement qu'en terme de danger. Elle est le maillon faible pour le moment, novice en terme de survie en milieu hostile... Mais elle a pour elle sa connaissance du chagrin causée par la disparition d'un être cher, son empathie, son flair à repérer le mensonge et son talent pour faire parler même les plus récalcitrants. La personne qui bientôt va s'en prendre au groupe, bien décidée à le décimer, n'a aucune idée de la force et de la ténacité de cette être borderline, prêt à tout pour remplir ses devoirs envers les morts. Voici un très bon thriller d'action réservant de belles scènes de course poursuite haletante, de frayeurs, de camaraderie, d'émotions, dans un décor à couper le souffle, théâtre parfait de ce scénario tortueux. En fond sonore, des voix et chuchotements de disparus, des hurlements et des grognements d'entités inconnues. Humour décapant pour une enquête à haut risque offrant de multiples retournements de situation. Deuxième opus de la série consacrée à Frankie Elkin réussi. Pensez à prendre de bonnes chaussures, à bien vous équiper, à respirer un bon coup et... plongez ! Série Frankie Elkin : - L'Été d'avant, Albin Michel, 2024 (Before She Disappeared, Dutton, 2021) - Dernière Soirée, Albin Michel, 2025 (One Step Too Far, Dutton, 2022) - Douze ans après, Albin Michel, 2026 (Still See You Everywhere, Dutton, 2023) - Kiss Her Goodbye, 2025 Quatrième de couverture Timothy O'Day était un pro de la randonnée en forêt. Pourtant, il y a disparu sans laisser de traces lors de son week-end d'enterrement de vie de garçon, laissant derrière lui deux parents inconsolables, une fiancée désespérée et quatre garçons d'honneur rongés par la culpabilité. Frankie Elkin ne connaît rien à la forêt. Elle a en revanche un flair unique pour retrouver les disparus. Lorsqu'elle apprend qu'une ultime opération de recherches est organisée cinq ans après la disparition de Timothy, elle prend la route pour les montagnes du Wyoming et se joint à l'équipe. Mais à mesure que l'expédition s'enfonce dans ce territoire sauvage, il devient évident que quelqu'un est prêt à tout pour faire échouer les investigations... Avec Frankie Elkin, Lisa Gardner compose l'un de ses plus beaux personnages de femme. Dernière soirée est une immersion dans les méandres de l'âme humaine que vous n'êtes pas près d'oublier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les garçons de Biloxi | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les garçons de Biloxi John Grisham JC Lattès Le 5 mars 2025 512 pages traduites par Carole Delporte thriller historique et judiciaire Chronique 11 juin 2025 Quel roman ! Fresque historique sidérante de 1925 à 1985, récit intimiste crève-cœur touchant à l'amitié, thriller judiciaire époustouflant, portrait d'une certaine Amérique, analyse au scalpel des arcanes de la politique, de la justice, de la police. Comme toujours, John Grisham nous offre une oeuvre phénoménale, passionnante quant au fonctionnement des principaux organes du pouvoir, bouleversante quant à l'histoire des deux garçons de Biloxi, Keith et Hugh, réjouissante pour tous les mordus de scénarios à la Scorsese, pour tous ceux qui enfin aiment avoir tous les détails permettant de comprendre les tenants et aboutissants d'un récit. C'est l'histoire d'une ville, de ses habitants, de sa population issue de l'immigration, de deux lignées de Croates : Oron Malokovic devenu Aaron Malco dont le fils Lance se lancera dans le banditisme, père de Hugh. Le clan Rudic rebaptisé Rudy. Jesse Rudy, contemporain de Lance Malco, choisit quant à lui de servir la justice de son pays. Son fils Keith est l'ami de Hugh, partenaires au baseball, ils partagent leur rêve, leur espoir... Mais la vie va se charger de les séparer jusqu'au drame. En effet, Biloxi est une ville tranquille du sud tant que l'on reste éloigné du Strip, quartier chaud où fleurissent les bouges et boîtes plus ou moins sordides : alcool, jeux, drogue, prostitution de très jeunes filles. Ils sont nombreux à se partager le gâteau sous l'œil goguenard du shérif complice, Albert "Fats" Bowman. Ambiance glauque, délétère, sale et dévoyée où plonge Hugh dès son adolescence. Son père règne sur tout cela avec violence grâce à ses sbires, dont Nevin Noll, et ses amis corrompus. Dans un autre quartier, Jesse reprend des études de droit, devient avocat, monte son cabinet et enfin se présente à l'élection de procureur. Son but, mettre fin aux affaires de Lance Malco et de ses collègues. Keith admire son père et met ses pas dans les siens. Soif de justice évidemment mais aussi ambition politique, pour plus tard. Fatalement, la belle entente entre Hugh et Keith s'arrête dès que Jesse pose sa candidature au poste de procureur en présentant un programme "Mains propres". Nous allons suivre d'année en année tous les évènements qui mèneront à la tragédie ultime, ou plutôt aux tragédies car, par effet domino, les victimes directes et collatérales de cette guerre qui commence dans les années 1970 après le passage de l'ouragan Camille, seront nombreuses. Ascension pour l'un, chute inexorable pour l'autre, aurait-il été possible que l'histoire se déroule autrement pour ces deux enfants de Biloxi ? Nos parents influent-ils tant sur nos destinées ou avons-nous notre libre arbitre ? Y-a-t-il un moment clef où se présente à nous la fameuse bifurcation vers le bien ou le mal ? Au-delà de ces questions concernant chacun de nous, John Grisham aborde également les thèmes difficiles de la vengeance et de la peine de mort dans ce roman typiquement américain, dans un pays où les shérifs et procureurs sont élus, où donc ces fonctions sont politiques. Un système qui peut nous paraître, à nous Européens, hallucinant, porte ouverte à toutes les dérives. Notre fonctionnement est-il meilleur ? Comme toujours, John Grisham nous pousse à nous interroger, à pousser plus loin la réflexion sur des sujets complexes touchant à notre intimité ou à la société. Maîtrisant parfaitement ces sujets, l'auteur pousse les curseurs au maximum : ce n'est pas un roman simple et efficace qu'il a rédigé mais bien plusieurs en un, réussissant un tissage fabuleux de différents destins croisés. Grand livre, extraordinaire thriller judiciaire et policier, formidable tableau d'une ville du Sud des États-Unis sur près de 60 ans ! Chapeau bas, monsieur Grisham ! Quatrième de couverture Connue pour sa station balnéaire, ses plages et ses fruits de mer, Biloxi a un côté plus sombre, entre corruption et débauche, allant des jeux d’argent aux tueurs à gages en passant par la prostitution, l’alcool de contrebande puis la drogue.Nés dans des familles croates, Keith Rudy et Hugh Malco grandissent à Biloxi dans les années 1960, ils sont très amis et les vedettes de la Little League de baseball. À l’adolescence, leurs vies prennent des tournures différentes. Le père de Keith, devenu procureur de renom, est déterminé à « nettoyer la côte », alors que celui de Hugh prend la tête de la mafia locale. Les garçons suivent les traces de leurs pères, Keith étudie le droit et Hugh travaille dans les boîtes de nuit familiales. Inexorablement, les deux clans sont amenés à se confronter, et c’est finalement dans une salle d’audience qu’ils vont se retrouver. Une grande saga, un suspense addictif, le maître John Grisham est de retour. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'homme est un Dieu en ruine | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'homme est un Dieu en ruine Kate Atkinson JC.Lattès Janvier 2017 511 pages, traduit par Sophie Aslanides Historique Chronique 15 juin 2017 Titre original A god in ruins ...... Pas tout à fait le même sens tout de même : " l'homme est un dieu en ruine. Quand les hommes seront purs et innocents, la vie sera plus longue et glissera dans l'éternité aussi doucement que l'on s'éveille d'un rêve. " Ralph Waldo Emerson dans Nature. "Le but de l'Art est d'exprimer la vérité de quelque chose, et pas d'être la vérité en soi" Sylvie Beresford Todd ( personnage du livre mère du héros) Une postface à ne pas manquer. Ce deuxième roman historique tout comme "Une vie après l'autre" premier opus du diptyque de l'auteure est consacré à la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement aux pilotes et personnel naviguant de la RAF qui âgés d'à peine vingt ans vont partir se faire massacrer par les avions ennemis. Seulement 10% d'entre eux reviendront. Ils partiront au front dans leur bombardiers primitifs pour la bonne cause pensaient-ils, pour détruire des cibles allemandes stratégique militaires, mais bientôt on les enverra sans qu'ils le sachent massacrer des civils. Au retour la pilule sera plus qu'amère devant la réalité de leurs rôles. De héros ils chuteront au statut de tueurs. C'est ce qui arrive au jeune Teddy enrôlé en 1940 comme pilote de Bombardier dans la Royal Air Force. Vite promu commandant, il va mener son équipage dans toutes les batailles pendant quatre ans d'horreur et d'héroïsme. Après plus de 70 missions il revient chez lui avec l'obsession de ne plus faire de mal à personne, de ne faire que le bien. En glissant dans le temps à chaque chapitre voir à l'intérieur même d'un chapitre, la romancière nous livre un roman de guerre, historique, sociétal et d'amour. Car ce qui sous tend toute ce récit de la vie de Teddy comme un kaléidoscope de son enfance à aujourd'hui, c'est le lien aux autres, à sa famille, à ses descendants. Qu'est-ce que cette guerre va avoir comme impact sur ceux qui l'ont traversé mais aussi sur leurs enfants et petits enfants. En cela bien plus que les scènes de batailles épiques et frappantes, ou la description de la vie pendant et après guerre, c'est l'empathie que l'écrivaine fait naître en nous pour tous ses personnages et en premier lieu pour Teddy qui est remarquable. C'est l'histoire d'une résilience collective d'une famille sur trois générations, c'est un livre d'espoir qui de plus réserve une sacrée surprise en fin de récit. Pour ceux qui sont férus et très calés en littérature anglaise ce sera une vraie joie de lire ce texte qui s'y réfère tout au long. Pour moi ce fut malheureusement un peu hermétique. Ainsi le passage constant d'une année à une autre et quelque fois d'une page à l'autre fut un peu lassant, et fait que ce livre doit être lu d'une traite, autrement on s'y perd. C'est un beau livre foisonnant et original par son thème, virtuose et éblouissant à son terme, très émouvant et universel. Les notes de fin sont à lire. Le décompte des victimes de guerres quelles qu'elles soient est glaçant mais remet bien les pendules à l'heure, car enfin il s'agit aussi de la nécessité et du besoin primal de l'homme à se battre, à vouloir écraser. Pour la seconde guerre mondiale effectivement vaincre Hitler et son armée était malheureusement incontournable mais comment justifier la mort de civils pris pour cibles par les hauts commandements pour saper l'économie de l'Allemagne. Des millions de morts , de jeunes sacrifiés dans les bombardiers et pour les rescapés le poids de la culpabilité. Comment vivre ensuite, comment transmettre des notions de vie à ses enfants. Ce livre a remporté le Costa Novel Award en 2015. Quatrième de couverture Teddy a vingt ans lorsqu’il s’enrôle en 1940 comme pilote de bombardier. Vite promu commandant d’Halifax, lui et son équipage vont connaître quatre années d’horreur et d’héroïsme où chaque mission risque d’être la dernière. Il va pourtant vivre jusqu’à plus de quatre-vingt-dix ans sans jamais complètement accepter l’idée d’avoir survécu et avec une obsession : ne plus faire de mal à personne. Le formidable pilote va donc épouser celle qui l’attendait, devenir père puis grand-père tout en se frayant un chemin au milieu des périls et des progrès du xxe siècle. Mélangeant les genres avec maestria : roman de guerre et roman sociétal, passant avec virtuosité du futur au passé, des larmes aux rires, Kate Atkinson signe un roman éblouissant où l’ambition littéraire n’altère jamais l’empathie de l’auteur pour ses inoubliables personnages. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Havres de grâce | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Havres de grâce Rose Tremain JC.Lattès 30 septembre 2020 496 pages traduites par Françoise du Sorbier Historique Chronique 9 septembre 2021 « Many a green isle needs must be In the deep wide sea of Misery, Or the mariner, worn and wan Never thus could voyage on. Faut-il que les îles vertes soient légion, Semées sur l'océan du Malheur sans fond, Sans elles jamais le marin harassé Ne pourrait ainsi poursuivre son odyssée. » Vers écrits dans les Monts Euganéens, 1818, Percy Bysshe Shelley Roman étonnant sur les désirs inassouvis quels qu'ils soient, dans un monde où tout est fait pour empêcher les hommes et les femmes hors norme de s'accomplir en toute liberté. Deuxième moitié du XIX ème siècle : que l'on soit une irlandaise venue à Bath afin de sortir de sa misère dublinoise, ou jeune anglaise, infirmière dans cette ville thermale auprès de son père, rebaptisée par tous les malades "l'Ange des bains" pour ses dons extraordinaires de guérison, ou enfin un jeune homme ambitieux et en colère, détestant les blancs mais amant de son radjah, Sir Ralph, à Bornéo, tous, Clorinda, Jane, Léon, cherchent ainsi que leur entourage un havre de paix où enfin ils puissent être eux-mêmes. Pour Clorinda Morrissey, celui-ci consiste en un ravissant salon de thé qu'elle peut financer grâce à la vente d'un bijou de famille sans la permission de son frère.....Pour Jane, c'est de trouver sa place dans une société patriarcale et mysogine sans forcément passer par la case mariage avec un médecin assistant de son père, d'autant plus lorsque son coeur se met soudain à battre pour la belle Julietta. Et enfin pour Léon, garçon perpétuellement en rage, compagnon et employé d'un anglais richissime, celui-ci finançant par amour tous ses projets successifs ( une fabrique de conserves, puis un hôpital....). Tout en poursuivant leur quête éperdue de bonheur, d'autonomie, ils influent eux aussi sur le destin et la psychologie des autres personnages. C'est un roman historique très bien écrit, documenté, doublé d'un thriller en raison de la présence du fiancé de Jane, Ross, violent, pervers, sadique, persuadé de l'infériorité des femmes, souhaitant plus que tout mater cette Ange, cette femme sculpturale, symbole vivant de la puissance féminine. Ce récit est aussi trois romans d'amour, jouant sur toutes les cordes du genre, sentimentales, romantiques, érotiques, sensuelles, passionnées..... Que ce soit en raison de leurs genres, ou de leurs origines sociales, ou enfin de leurs couleurs de peau, ces trois héros, Clorinda Jane et Léon ( plus que Sir Ralph comme annoncé par l'éditeur ), vont devoir surmonter bien des épreuves afin d'atteindre enfin leur havres de grâce.Un très beau roman nous faisant voyager dans le temps mais aussi en Irlande, en Angleterre, en France et à Bornéo.... Un livre écrit avec passion qui apportera à votre quotidien un souffle d'aventure et bien des interrogations sur votre propre trajectoire de vie. Quatrième de couverture Bath, 1865. Jane, une jeune infirmière renommée pour ses talents extraordinaires, est convaincue qu’un autre destin se révèlera un jour à elle. Pourtant, lorsqu’elle se trouve écartelée entre une liaison sulfureuse avec une femme et la promesse d’un mariage conventionnel avec un médecin respectable, ses désirs l’orientent vers un avenir qu’elle n’avait jamais imaginé. Au même moment à Bornéo, un excentrique « radjah » britannique, Sir Ralph Sauvage, débordant de philanthropie mais empêtré dans ses passions, voit ses projets compromis par sa propre fragilité, l’avidité innée des hommes et l’irrésistible force de la jungle. La quête de Jane, en attente d’une vie différente, et les initiatives de Sir Ralph deviennent indissociables à mesure que le récit se déploie sur le globe. D’un salon de thé anglais aux forêts d’une île tropicale en passant par les taudis de Dublin et les magasins de costumiers libertins de Paris, un roman sulfureux, incandescent, inoubliable. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Miss Julia Flisch - L'aube du féminisme | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Miss Julia Flisch - L'aube du féminisme Christian W.Flisch Métropolis Genève collection FEMMES 6 mai 2021 192 pages Biographie Chronique 7 mai 2021 Un ouvrage édifiant en hommage à une figure incontournable du XIX ème et XX ème siècles totalement oubliée par l'Histoire des Etats Unis, de la Géorgie, omettant aussi sa contribution inégalable à la cause féminine, dont les effets se font encore sentir aujourd'hui. « Plus personne aujourd'hui ne connaît Julia Flisch. Elle a pourtant joué un rôle décisif auprès de ses contemporains qui l'ont encensée de son vivant et encore des années après sa mort. Sa vie et son oeuvre méritent d'être connues, d'autant qu'elles donnent un éclairage passionnant sur un moment charnière de l'histoire américaine, et ce, à travers les yeux d'une femme qui s'est battue pour ses droits et qui s'est engagée dans la cause féminine. Par ses écrits, (poèmes, nouvelles, romans, essais), mais aussi par son travail de journaliste puis de personnalité publique, elle nous donne accès à ce qu'était le quotidien dans les États du Sud et plus particulièrement en Géorgie au tournant du XIX ème et XX ème siècles. Née le 31 janvier 1861, à l'aube de la guerre de Sécession, et morte le 11 mars 1941, Julia Flisch incarne parfaitement la " new woman" du Sud.» Julia Anna Flisch, jeune fille dotée d'une grande intelligence et d'une maturité extraordinaire, d'une finesse d'analyse étonnante de ce qui se déroule autour d'elle, capable d'émettre des jugements mais aussi d'apporter des solutions, créa l'événement dès ses premiers pas publics, par le biais d'une lettre, ou plutôt d'un cri de guerre et d'indignation, envoyée à l'Augusta Chronicle : édité, ce texte provoqua de nombreuses réactions. Intitulé " Give the Girls a Chance" , nous y lisons son appel révolté et, plein d'espoir en la justice, aux autorités de l'État de Géorgie afin d'obtenir que les femmes soient émancipées, puissent poursuivre des études supérieures, (ce qui lui fut refusé et resta un souvenir pénible), et évidemment puissent obtenir des postes correctement rémunérés. En étant dépendantes des hommes, elles ne sont pas aussi utiles qu'elles le devraient à la société. L'éducation est au centre des luttes de Julia Flisch, infatigable, entêtée, tenace, jusqu'au-boutiste, ne mâchant pas ses mots dans ses articles et essais. Les femmes sont brimées par les lois en vigueur dans les États du Sud et cela ne peut être plus longtemps accepté pour le bien et le développement de toute ce monde sudiste très conservateur jusqu'à parfois l'obscurantisme. Face au Nord industrieux, novateur, il est grand temps que le Sud de réveille enfin et prenne sa place dans l'évolution fabuleuse et moderne du pays tout entier. L'éducation, donc, mais également le droit de vote, (obtenu en 1920), et l'engagement en politique, sont les trois points fondamentaux de l'action de Julia Flisch jusqu'à sa mort. Bluffante de par son énergie, sa clairvoyance, son érudition, restée célibataire, comme nombre de ses consœurs féministes, son attitude face aux hommes ou le mariage n'est pas celle d'une amazone. En effet, sa vision de la famille et du couple est tout à fait moderne pour l'époque, pensant qu'une épouse peut aussi travailler et s'épanouir dans une carrière à la satisfaction de son mari et de ses enfants. Ses engagements sont soutenus et applaudis par des personnalités masculines d'importance et ceci dès cette première lettre à l'Augusta Chronicle puisqu'elle est, lors de sa diffusion, précédée d'un éditorial très enthousiaste : " What Shall Young Woman Do?". Cette admiration de ses contemporains pour les travaux, les déclarations, les engagements de cette journaliste, historienne, romancière, essayiste, nouvelliste, enseignante et même à nouveau à 48 ans étudiante, ne peut que nous conquérir également. On mesure le courage de cette guerrière infatigable, de cette professeure bienveillante, protectrice de ses étudiant(e) allant jusqu'à les aider financièrement en plus de leur dispenser un enseignement éclairé de premier ordre. Cet ouvrage comprend donc la biographie par Christian W. Flisch de son aïeule, mais aussi la nouvelle « Sur les sables de Roxbury « , le reportage « La traversée de l'océan », traduits tous deux par M. Blum. Puis vous découvrirez la liste exhaustive de ses œuvres publiées ou non faute d'éditeurs téméraires : Publiés : 6 nouvelles, deux romans, six essais historiques, une critique, 75 articles de presse et reportages. Non publiés manuscrits ou tapuscrits : 19 poèmes, 45 romans et nouvelles, 9 essais historiques. En plus de ces interventions publiques, de ses cours dispensés à la Georgia Normal & Industrial College (GN&IC) ayant oeuvré à sa création en 1890, l'obtention du premier diplôme honoris causa décerné à une femme par l'Université de Géorgie en 1899, le master en histoire obtenu de l'Université de Wisconsin en 1908 à 57 ans, son retour à Augusta pour enseigner l'Histoire à la Tubman High School for Girls, elle devient secrétaire en 1916 de L'Equal Suffrage Party of Georgia. Grâce à cette lutte au long cours, enfin, le XIX ème amendement accorde le droit de vote aux femmes le 26 août 1920. Sa carrière sera encore longue et plus ardue, jusqu'à ses 75 ans où elle se retira en raison de sa cécité : entre son poste de présidente de l'Augusta League of Women Voters, son soutien au candidat démocrate William McAdoo partisan de l'égalité hommes-femmes, la parution de son deuxième roman en 1925 Old Hurricane, ( Ashes of Hopes fut édité en 1886), et enfin sa charge de Responsable du département d'Histoire du nouveau Junior College of Augusta, elle n'a jamais arrêté d'être active et de tenter d'améliorer la société. Ses héroïnes fortes, déterminées, transgressives dans leurs aspirations, leurs comportements, d'une grande modernité, sont des reflets de Julia Flisch. Celle-ci n'a pas eu le succès éditorial mérité en tant que romancière et nouvelliste malgré l'accueil positif de la critique. Non seulement elle campait des femmes puissantes et indépendantes mais elle leur réservait une fin heureuse. Si seulement elles étaient devenues des victimes du destin, que l'on pourrait plaindre, ainsi plus en adéquation avec la supposée fragilité des femmes ! Mais non ! Pas avec Julia Flisch. C'est un peu trop novateur et libertaire pour le public d'alors et cette société corsetée qui a tant de mal à se libérer de certaines traditions passéistes et inégalitaires, d'où le refus de différentes maisons d'édition, frileuses, de l'ajouter à leur catalogue. Je rêverais d'une biographie romancée ou d'un bioptic de cette femme extraordinaire et inspirante afin de lui donner chair, de la rendre encore plus proche. Cependant, les nombreuses photographies et illustrations jalonnant cet ouvrage devraient vous permettre de visualiser Julia Flisch dans les décors de sa vie... La bibliographie précise des documents utilisés pour la rédaction de ce livre peut également vous donner un éclairage supplémentaire. En 1994 Julia Flisch fut inscrite au Georgia Women of Achievment et une plaque commémorative évoquant les personnalités reposant au Magnolia cemetery d'Augusta où figure, entre autres, son nom a été posée en 2004. Pour finir : « En 1948, dans le but de promouvoir des vocations d'enseignant(e) et d'honorer le souvenir de Julia Flisch, le Junior College of Augusta ( aujourd'hui Augusta State University) a créé une fondation intitulée The Julia Anna Flisch Memorial Scholarship. Cette bourse, tombée dans l'oubli, a été réactualisée par le Georgia College en septembre 2018 grâce aux efforts et au soutien de la Professeure R. O. Harris et de son mari Don Harris. Chaque année, le même Georgia College organise une série de conférences, les Julia Flisch Annual Lectures. » Un texte que j'ai lu avec passion et admiration. Merci infiniment aux Éditions Métropolis Genève et à Marie Hasse pour leur confiance. Quatrième de couverture Beaucoup de personnalités qui ont marqué l'Histoire ont des racines suisses que les mouvements migratoires ont fait oublier. Née en 1861 à Augusta en Géorgie et morte en 1941 dans sa ville natale, Miss Julia Flisch, fille d'un confiseur grisonnais établi en Amérique, était une enseignante, une femme de lettres, une journaliste féministe engagée et une intellectuelle reconnue. Après de brillantes études secondaires, elle voulut entrer à l'université de Géorgie mais cet établissement, uniquement réservé aux garçons, rejeta sa candidature. Outrée et profondément blessée, elle adressa au journal The Augusta Chronicle du 20 novembre 1882 une lettre ouverte destinée aux autorités et intitulée Give the Girls a Chance ! qu'elle signa A young woman. Ce cri d'indignation connut un si fort retentissement qu'il détermina son engagement pour l'accès des femmes à une éducation supérieure et pour leur indépendance sociale dans la Géorgie conservatrice des XIXème et XXème siècles. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski Romain Slocombe Robert Laffont La Bête Noire 2017 582 pages Thriller Historique Chronique 27 octobre 2018 Deuxième tome de la trilogie des collabos consacrée à l'inspecteur Sadorski.J'ai profondément détesté ce livre, évidemment comment l'aimer ? Le lire fut une souffrance plus grande encore que le premier tome de la Trilogie « L'affaire Léon Sadorski ». Ne vous méprenez pas surtout, malgré l'effort que cette lecture a nécessité, je suis réellement reconnaissante à Romain Slocombe de l'avoir écrit, je suis totalement respectueuse et admirative du travail colossal de documentation, vérification puis mise en forme de cette histoire d'une certaine France, qu'on aimerait tant oublier, qui pourtant aujourd'hui se fait réentendre pour notre plus grande honte. Sacrément gonflé que de mettre au centre en personnage principal ce fameux inspecteur Sadorski, le anti héros par excellence, détestable, incompréhensible, sociopathe antisémite, anti bolcheviques, et francs maçons ; Inspiré de la vie et des actes réels de Louis Sadosky, inspecteur principal de la 3e section de la direction générale des Renseignements généraux et des jeux, qui dirigea le "Rayon juif" au sein de ce service. " Paris, 29 mai 1942 : une bombe explose devant le palais de justice, dans un café fréquenté par les Brigades spéciales, faisant deux morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le cadavre d'une inconnue est découvert en banlieue. Crime passionnel ou politique ? Chargé d'enquêter sur ces deux affaires, l'inspecteur Sadorski voit ses projets de vacances contrariés- d'autant plus qu'il doit bientôt participer à la grande rafle du Vel d'Hiv, exigée par les nazis et confiée à la police française. Un destin tragique menace désormais sa jeune voisine julie Odwak, la lycéenne juive qu'il convoite en secret et dont il a fait interner la mère." Simenon est beaucoup évoqué dans ce livre, mais j'ai une autre référence à donner très éloignée, O combien, mais qui pourtant est justifiée : "Les douze enfants de Paris" de Tim Willock traitant également de la barbarie, de génocide et du massacre des innocents en la période monstrueuse de la Saint Barthélémy. Un héros terrifiant, véritable machine de guerre qui soudainement se laisse envahir par la fureur, et qui, pourtant, va trouver sa voie et une forme de rédemption dans le sauvetage d'enfants perdus dans la capitale. Texte magnifique que je n'ai jamais oublié et m'a fait tant cauchemarder. Idem pour ce thriller historique où, sans aller jusqu'à la rédemption, Sadorski est sacrément ébranlé dans ses convictions : ses crimes vont-ils lui valoir la damnation, en catholique presque superstitieux, il est en quête de pardon grâce à de misérables récitations d' Ave Maria ou de Pater ; il commence à trembler sur ses bases bien fragiles. Ses opinions infondées, son antisémitisme, son racisme sont autant de reflets de ses incohérences, de sa bêtise, de ses erreurs. Sa rencontre avec julie Odwak va profondément le troubler au delà des premières pensées salaces qu'elle lui inspire. Il va être touché, elle ne sera plus une sale youpine parmi d'autres, mais un être à part entière. D'ailleurs dans ce récit à l'analyse psychiatrique très fine et nuancée d'un monstre, ce sont les femmes qui provoquent chez l'inspecteur la stupeur, la sidération, les tremblements.... Le colosse a des failles : sa femme Yvette, Julie et sa mère, puis des prisonnières juives ou communistes vont l'obliger à se questionner. La scène où l'opération de la rafle à venir est décrite lors d'une réunion de préparation par les autorités françaises aux policiers et agents français est d'une rare violence de par l'incrédulité de ces hommes à devoir aussi arrêter des enfants. La scène dans le Vel d'Hiv insoutenable est embellie par la présence là encore d'une fillette, un ange qui prendra la main de Sadorski pour le mener vers des victimes à sauver. Tout commence avec une étoile jaune infamante.... Valérie Caffier, de la Librairie Le Divan à Paris XVe dit : « Un énorme pavé dans le bourbier de la collaboration, Romain Slocombe nous bouscule et réveille notre vigilance. » En effet, soyons attentifs et réactifs car en juillet dernier une librairie ouvrait ses portes presque face à l'entrée du jardin du Luxembourg côté Panthéon, à la très jolie vitrine, ou dès l'entrée une Jeanne d'Arc et les écrits antisémites ou fascistes vous attendent, qui au rez-de-chaussée, qui au premier, avec les vomissures de Céline et cie en stock. Quatrième de couverture Après le succès de L'Affaire Léon Sadorski, une nouvelle enquête du sinistre et fascinant inspecteur des Renseignements généraux. Paris, 29 mai 1942 : une bombe explose devant le Palais de Justice, dans un café fréquenté par les Brigades spéciales, faisant deux morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le cadavre d'une inconnue est découvert en banlieue. Crime passionnel ou politique ? Chargé d'enquêter sur ces deux affaires, l'inspecteur Léon Sadorski voit ses projets de vacances contrariés ̶ d'autant plus qu'il doit bientôt participer à la grande rafle du Vél'd'Hiv, exigée par les nazis et confiée à la police française. Un destin tragique menace désormais sa jeune voisine Julie Odwak, la lycéenne juive qu'il convoite en secret et dont il a fait interner la mère. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Zem | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Zem Laurent Gaudé Actes Sud Le 20 août 2025 288 pages polar dystopie Chronique 14 avril 2026 La suite de Chien 51 Y a-t-il une rédemption ou une épiphanie possible pour Zem Sparak et sa collègue, Salia Malberg ? Peuvent-ils encore espérer en un autre avenir que celui imposé par le consortium GoldTex ? Peuvent-ils fuir Magnapole, son dôme, ses règles dictatoriales ? Peuvent-ils croire en une existence qui ne soit pas artificielle ni sclérosante ? Zem aurait voulu mourir mais Salia l'a sauvé ! Il la déteste pour cela. Que peut-il encore attendre de cette vie désespérante dans un système politique et sociétal inégalitaire, violent, broyant tout sur son passage, jouant à fond le "diviser pour mieux régner", la discrimination, un système de récompense punition très pavlovien ? Zem se souvient encore de sa jeunesse à Athènes avant que la Grèce ne soit achetée. Il se rappelle de Lena, celle qu'il aimait, au côté de laquelle, il combattait contre le régime totalitaire se mettant en place. Un seul mot d'ordre alors : RÉSISTANCE. Que reste-t-il de tout cela ? Au delà du dôme, nulle vie, nulle terre... semble-t-il ? La peur règne, exacerbée par les effets d'annonce de GoldTex, concernant surtout l'eau et les sources d'énergie ! Dans cette logique de politique extractiviste, tous les abus, tous les génocides, tous les crimes contre l'humanité sont perpétrés. Selon l'une des 3 zones où l'on habite, membres de l'Olympe, employés ou rebuts, le traitement de faveur change du tout au tout. Certains se goinfrent pendant que d'autres survivent à peine. Une grande commémoration nationale approche à grand pas concernant l'avancée des Grands Travaux. Le nouvel homme fort, Barsok, a de grandes nouvelles à annoncer au peuple. Zem travaille aujourd'hui pour lui comme garde du corps, spectateur écoeuré de tout ce qu'il se trame en coulisse, la corruption règnant en maîtresse. Cela fait trois ans qu'il n'a pas revu Salia, restée flic et souffrant d'un syndrome post trauma sévère après une opération ultra violente. Ils sont destinés à se revoir et à unir leur force. Le destin en a décidé ainsi : un container arrive dans le port, à l'intérieur cinq corps. On ne sait qui sont ces inconnus morts dans d'affreuses souffrances, l'affaire est étouffée. D'où venaient ces hommes et femmes ? Y a-t-il d'autres territoires, ailleurs ? Les deux partenaires, borderline, à la croisée des chemins, n'ont plus rien à perdre. Ils doivent comprendre ce que ces cinq anonymes semblent leur crier par delà la mort. Un parcours du combattant s'ouvre devant nos deux héros, prêts à tout : la vérité les attend loin de Magnapole, une vérité qui doit absolument éclater. S'ils doivent mourir, échouer, ce sera les armes à la main et non plus en subissant et en obéissant... Un aller sans retour vers l'enfer... Peut-être trouveront-ils une issue de secours, un autre chemin. Peut-être se retrouveront-ils enfin et arrêteront-ils de se trahir eux-mêmes. Est-ce possible ? Une fiction fantastique qui résonne étrangement avec ce que nous traversons depuis quelques années et avec ce que certains membres d'un nouvel ordre mondial nous promettent et tentent de nous imposer. Résistance, épiphanie, rédemption : trois mots essentiels à ne pas oublier alors que l'on tente de nous abrutir de fausses promesses et de vrais mensonges. Un texte engagé et singulier, un roman d'action, un hymne au courage de ceux qui regardent au-delà des apparences. Une conclusion fabuleuse à ces deux tomes consacrés à Zem Sparak. Quatrième de couverture De retour dans les rues de Magnapole, Zem Sparak, l’ancien flic déclassé de la zone 3 – le “chien” au matricule 51 –, assure désormais la sécurité rapprochée de Barsok, l’homme qui a promis d’abolir les différences de classe et de réunifier la ville. À l’approche du jour censé célébrer l’avancée des Grands Travaux, et alors que toutes les caméras sont tournées vers le port où arrive un cargo chasseur d’icebergs, un container livre une funeste découverte : assis côte à côte, cinq cadavres anonymes portent les traces d’atroces souffrances. L’occasion pour Zem de retrouver l’inspectrice chargée de l’enquête, Salia Malberg. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce que cache le consortium GoldTex : à Magnapole, comme ailleurs, le confort des uns semble bâti sur la vie de milliers d’autres… Ce nouveau roman de Laurent Gaudé est un miroir tendu à nos sociétés consuméristes en proie à l’effondrement. Mais il abrite aussi l’idée d’un ailleurs, d’un refuge face au désastre, nommé résistance. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tout ce qu'ils méritent | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tout ce qu'ils méritent Patricia Rappeneau De Borée Marge Noire 2017 285 pages Thriller Chronique 21 novembre 2019 La couverture effrayante et anxiogène de ce roman policier historique m'avait happée lors de sa sortie, et je suis heureuse de savoir aujourd'hui ce qui se cachait sous celle-ci.... Je me doutais que ce ne serait pas sucré, édulcoré, mais je n'imaginais pas jusqu'où Patricia Rappeneau était capable de nous emporter.... Pas de chichi, pas de figure de style, c'est cru, précis, effrayant, organique, violent... De la viande, du sang, une certaine forme de barbarie mais aussi de jouissance et plus surprenant d'humour.... j'ai beaucoup souri... C'est grave docteur ? Les meurtres comme les scènes d'amour sont décrits d'une façon très pragmatique, sans aucun symbolisme, ou recours à des formules poétiques. Pas le style de la maison, encore moins de la tueuse en série Rose, victime devenue mante religieuse, sans limite, qui se sert de ses attributs féminins contre tous les mâles en chaleur. Ce n'est pas non plus le genre de André, gendarme, qui en ce début du XX ème siècle, cache son sexe sous l'uniforme afin de battre tous ces messieurs paternalistes et misogynes sur leur terrain. D'ailleurs, tous ne sont pas naïfs et ont bien compris qu'une femme se cachait sous le képi...une femme de tête, moderne, informée de toutes les nouvelles techniques policières d'investigation des brigades du Tigre et de Bertillon. Ce n'est pas pour leur déplaire.... le beau Léon ne me contredira pas... Troublante dissemblance entre ces deux ennemies toutes deux victimes de cette société corsetée, privant de liberté la moitié de la population, les sacrifiant sur l'autel du mâle tout puissant... L'une choisit de détruire les hommes, et devient une criminelle sanguinaire, l'autre utilise l'exercice de la loi sous déguisement masculin pour se jouer de ces mêmes hommes. Deux trajectoires dangereuses, destructrices, qui mènent à une impasse, voire pire... La conclusion pour l'une et l'autre est étonnante et m'a mise en joie... Car en fait j'ai trouvé ce roman horrifique tout à fait réjouissant.... Nous avons toutes un peu de ces deux profils en nous, pour peu d'être consciente de tout le chemin que nous avons à parcourir pour accéder définitivement à une totale égalité de chance, de droit et de traitement dans la sphère intime et professionnelle. Ce n'est pas gagné mais c'est une priorité pour le bien de tous ! Ce qui est tragique en revanche, c'est que nous devions toujours, encore et encore, nous élever contre les féminicides et les violences faites aux femmes .... un roman malheureusement, tragiquement d'actualité. Quatrième de couverture Fin 1908 : Rose Caleu, jeune femme à la beauté sculpturale, bonne du curé le jour, devient aux heures sombres une prédatrice redoutable et une tueuse psychopathe implacable et insoupçonnée. Violentée dès son plus jeune âge, victime d'inceste et d'abus sexuels, la jeune gourgandine use et abuse de ses charmes pour torturer à plaisir et tuer à foison les amateurs de chair fraîche et de lubricité. Nouvelle recrue de la maréchaussée, le gendarme André Colinot est chargé de l'enquête. Inflexible, intègre, fin limier, observateur hors pair, mais surtout femme travestie en homme, le gendarme se trouve confronté à ses pulsions en la personne de Léon Dubreuil, cafetier robuste et fort en gueule, dont l'intelligence rivalise avec ses attributs masculins... Ensemble, ils vont déjouer de nombreux pièges et recueillir les indices nécessaires pour mener l'enquête à son terme et démasquer la coupable. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Conte crépusculaire | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Conte crépusculaire Stefan Zweig de l'Aube Le 31 mai 2024 96 pages traduites par Alzir Hella. Nouvelle Chronique 30 novembre 2024 Conte crépusculaire est suivi de La ruelle au clair de lune, parution dans la collection Mikrós classique dirigée par Julie Maillard. Précisions : "Conte crépusculaire" a été initialement publié dans le recueil Brûlant secret en 1911 et "La ruelle au clair de lune" dans le recueil Amok en 1922. Deux très beaux textes parfaitement servis par la magnifique traduction de Alzir Hella. Deux histoires extrêmement sombres et angoissantes, ou amour rime avec rendez-vous manqué, ou fantasmes et mensonges sont préférés à la vérité. Le déni est omniprésent proche d'une certaine forme de folie. Stefan Zweig n'ignore rien des tourments de l'âme. Ses personnages se précipitent eux-mêmes dans le malheur, peut-être s'y complaisent, rendent tortueux les chemins qu'ils choisissent de prendre, comme autodéterminés à échouer, à rendre l'existence insupportable. La noirceur environnante semble vouloir tout engloutir. On ne sort pas indemne de la plongée dans ce double cauchemar. Le tout pourrait être désespérant s'il n'y avait la splendeur du style littéraire de l'auteur, la merveilleuse musique de ces mots, de ces pages. Le poids inéluctable du destin interdit aux deux héros de pouvoir décider de leur avenir... le veulent-ils d'ailleurs ? Les deux destinées tragiques sont rapportées par un narrateur, l'un sous forme de conte terrifiant, l'autre comme un souvenir terrible. L'impossibilité à exprimer clairement leurs sentiments ou à prendre conscience de ce qu'ils savent au plus profond d'eux, condamne l'adolescent transi de passion pour la mauvaise personne dans la première nouvelle, ou le mari repoussé par son épouse dans la seconde, à gâcher leur vie, à commettre même l'irréparable. Aucune issue de secours, aucune échappatoire, pour l'un comme pour l'autre. Les narrateurs, également, font preuve de lâcheté et d'aveuglement volontaire. On sort de cette lecture certain d'avoir eu la chance de découvrir deux chefs-d'œuvre d'une beauté venimeuse et ténébreuse. Quatrième de couverture Un adolescent se promène la nuit dans le parc d’un château en Écosse et s’éprend d’une mystérieuse jeune fille qui refuse de dévoiler son visage. Qui est cette inconnue?? Une de ses cousines?? Son amour tourne alors à l’obsession. Un jeune Allemand rate son bateau et se retrouve à errer dans les bas-fonds d’une petite ville portuaire française. Dans une maison close, il rencontre un homme que la passion amoureuse a conduit à sa perte… Deux nouvelles pour (re)découvrir tout le talent et la sensibilité de Stefan Zweig, qui excelle à décrire les tourments de l’amour et la confusion des sentiments. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La mariée était en rouge | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mariée était en rouge Thomas Stipsits City Éditions, Le 9 octobre 2024 260 pages traduites par Stéphanie Alglave Polar Chronique 6 novembre 2024 Série " Le gang des commères au foulard", Tome 1. Voici un nouvel enquêteur autrichien, le commissaire Sifkovitz, une petite quarantaine, légèrement enrobé, casquette Gavroche et tenue ocre assorties, marié à une doctoresse invisible car en Afrique pour Médecins du Monde, un enquêteur hors norme directement inspiré de Colombo : son flair est digne des meilleurs limiers, ses méthodes sont particulières, et cerise sur le strudel, il est aidé par une équipe de choc, le " Gang des commères au foulard " de la petite ville de Stinatz à la frontière avec la Croatie. Ce groupe est formé de sa propre mère, Baba, de Franz Maikits l'épicier, de Mme Resetarits et Mme Grandits, deux retraitées. Grâce à leur réseau dans toute la bourgade et la région, ils savent tout sur tout le monde et connaissent les secrets de chacun sur plusieurs générations. Une manne pour notre enquêteur en conflit avec son supérieur de l'Office régional de police criminelle d'Eisenstadt qui le contraint à s'occuper de vol de poules et autres joyeusetés. Une constante également, la gastronomie familiale et autres plaisirs de la table. D'ailleurs des recettes savoureuses et bien généreuses côté calories vous attendent en fin d'ouvrage. On comprend que l'auteur aime ce petit coin de paradis où il vécut des moments inoubliables pendant son enfance. Vous vous dites à ce moment de ma chronique que ces deux romans sont des exemples parfaits de polars de terroir sympathiques et légers. Que nenni ! Dans le premier tome, ouverture digne des thrillers les plus sombres, le tueur s'adressant directement à nous. Tremblez ! Il nous conte avec un total détachement glacial : " J'ai trouvé l'endroit où je vais la laisser. Bien sûr, elle sera rapidement découverte, du moins, ce qu'il reste d'elle. Je la regarde une dernière fois dans les yeux, puis je m'éloigne d'elle. On dit également que le meurtre parfait est celui qui n'est jamais élucidé. Dans mon cas, je ne suis pas sûr que ce sera le cas." Et il a raison, car l'arrivée du commissaire Sifkovitz au volant de sa vieille Peugeot 206 sur les lieux non loin de Stinatz, où reposent le tronc et la tête d'une jeune femme en robe de mariée, sonne le glas des possibles espoirs du coupable. Mais avant la victoire de notre héros assisté de "Maman et cie" , que de péripéties, d'horreurs, de violences mais aussi de moments cocasses, goûteux, et caloriques. Les us et coutumes de cette région frontalière d'Autriche n'auront plus beaucoup de secrets pour vous. Une autre victime est bientôt découverte, un climat de peur et de suspicion s'installe. Notre ami a bien du mal à comprendre l'enchaînement des évènements menant à cette double tragédie. La vérité est terrible, le mobile monstrueux, conséquence indirecte de l'intolérance. Style enlevé, tempo rapide, traduction réussie, descriptions aux petits oignons des différents intervenants, dialogues vifs et drôles, thèmes graves traités avec soin, jolies couverture et mise en page. Très bon premier opus avec en prime la recette du strudel aux pommes de terre, spécialité de la mère du commissaire Sifkovitz. Que demander de plus ? Quatrième de couverture " Dans les villages comme le nôtre, nous sommes au courant des meurtres avant même qu'ils ne se produisent ! " À Stinatz, petit village typique de la montagne autrichienne, la vie s'écoule paisiblement. Jusqu'au jour où un mariage vire au drame : la mariée disparaît et elle est retrouvée assassinée le lendemain matin, le corps à moitié déchiqueté par une moissonneuse-batteuse. C'est l'excentrique inspecteur Sifkovits, grand amateur de tisane d'herbe à fromage, qui est chargé de l'affaire. Et il n'est pas vraiment ravi car, dans son village natal, tout le monde le connaît... Sa mère passe ses journées sur un banc, à la tête d'une bande de vieilles commères, un foulard vissé sur le crâne et le regard acéré. Alors que l'enquête piétine, le « gang des commères au foulard » décide de prêter main forte à Sifkovits... pour le meilleur et pour le pire. Après tout, au village, les vieilles dames en savent plus que Facebook et Google réunis et elles sont incollables sur les ragots qui pourraient permettre de dénicher le coupable... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La brûlure du chocolat | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La brûlure du chocolat Barbara Abel Fleuve 14 octobre 2010 324 pages Divers Chronique 28 mars 2017 Ce roman est une délicieuse entorse au régime des livres sérieux, pompeux, qui pèsent lourd dans la littérature. Une friandise de quelques carrés nous laissant juste ce qu'il faut d'amertume en fond de gorge, comme une brûlure, la brûlure d'un baiser chocolaté, par exemple. L'histoire reprend des thèmes déjà exploités : - L'amnésie rétrograde de Zoé à la suite d'un choc émotionnel soudain un lundi à 11h45 du matin survenue au restaurant Poivre et Sel. - L'auteur qu'est Zoé devant rendre son deuxième manuscrit à son agent Liliane le plus vite possible. La découverte de parents, de frère et soeur et d'une amie ; chacun lui racontera sa version de l'histoire. Et il y a Julien celui qu'elle doit épouser le samedi suivant. J'ai pris ce livre à la bibliothèque parce que c'était cette autrice, et en raison de la beauté du titre. Je n'ai pas lu le résumé ; je me doutais bien que ce ne serait pas un livre poétique et mystérieux comme La mort en écho ou un livre traitant d'un fait de société avec humour et causticité comme dans Le bonheur sur ordonnance ou la Brûlure du chocolat. Non, nous sommes plus proches effectivement de Je sais pas. Quatrième de couverture Zoé Letellier est une jeune écrivaine dont le succès dépasse les frontières. Tout le monde se retourne sur elle dans la rue, lit sa vie dans les magazines, bref tout le monde la connaît sauf... elle ! Car depuis qu'elle a perdu la mémoire après un mystérieux choc émotionnel, elle est non seulement incapable de savoir qui elle est, comment elle s'appelle, où elle habite, mais aussi d'envoyer son très attendu nouveau manuscrit à son éditrice ou, accessoirement, d'éprouver le moindre sentiment pour le garçon qu'elle doit épouser... à la fin de la semaine ! Aidée de ses proches, notre héroïne s'attelle à la quête de toute une vie : apprendre en quelques jours qui elle est, ce qu'elle veut vraiment, et ce qu'elle aimerait changer de l'ancienne Zoé. Seulement voilà, entre ce que lui disent les uns et ce que lui taisent les autres, pas facile de s'y retrouver. D'ailleurs, ont-ils réellement tous intérêt à ce qu'elle recouvre la mémoire ? Une jolie leçon de vie à suivre à une époque où tellement de gens cherchent à faire le point. Et si la meilleure solution était de devenir amnésique ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le jeu de l'Ange T2 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le jeu de l'Ange T2 Carlos Ruiz Zafón Robert Laffont 2009 539 pages traduites par François Maspero Roman Chronique 25 août 2020 Extrait sur le talent littéraire : « Je crois que tu as du talent et que tu as vraiment envie d'écrire, Isabella. Plus que tu ne le crois, et moins que tu l'espères. Mais quantité de gens ont du talent et envie d'écrire, et nombre d'entre elles n'y arrivent jamais. Ça, c'est seulement le principe de base pour faire quelque chose dans la vie. Le talent est comme la force d'un athlète. On peut naître avec plus ou moins de dispositions, mais nul ne parvient à être un athlète simplement parce qu'il est né grand, fort ou rapide. Ce qui fait l'athlète, ou l'artiste, c'est le travail, le métier et la technique. L'intelligence que tu as reçue à ta naissance est juste une munition. Pour parvenir à en faire quelque chose, il est nécessaire que tu transformes ton esprit en arme de précision. - pourquoi cette comparaison avec la guerre ? - Toute oeuvre d'art est agressive, Isabella. Et toute vie d'artiste est une petite ou une grande guerre, en premier lieu avec soi-même et ses limitations. Si tu veux atteindre le but que tu te proposes, quel qu'il soit, il faut d'abord l'ambition et ensuite le talent, la connaissance et, enfin, la chance. » Il n'y a aucun doute possible à avoir concernant le talent, le travail, le courage de Carlos Ruiz Zafón, mais il semble que pour lui, bien au-delà de l'ambition première d'écrire une oeuvre, ce qui prime est la passion de raconter et l'humilité de remettre mille fois son ouvrage sur le métier. Il est dans la continuité des plus grands auteurs du XIXe et du début du XXe siècles, il reprend le flambeau, mêlant poésie, lyrisme, action mais aussi descriptions détaillées des décors, costumes, modes de vie, et des méandres de la psyché des protagonistes. C'est un roman policier, historique, fantastique, philosophique... gothique d'une extrême beauté. Un parcours initiatique pour David le personnage principal mais aussi pour nous. Notre héros est le reflet de Carlos Ruiz Zafón dans ce qu'être écrivain est un fait, une évidence, un sacerdoce, une lutte permanente, un rêve quand la muse est disposée à l'inspirer aimablement, et un cauchemar lorsque cette muse se transforme en ange déchu vous ordonnant de remplir une mission malsaine, destructrice. Le livre commis alors revient inlassablement hanter son auteur comme une malédiction. Un livre prémonitoire quant à l'avenir.... Ou un livre qui écrit l'avenir ? Et toujours, Barcelone tantôt magnifique, accueillante, tantôt venimeuse, sanglante terrible. Ce deuxième tome de la série de quatre romans consacrée au Cimetière des Livres Oubliés nous projette cinquante ans avant« L'Ombre du Vent » : nous y rencontrons un petit garçon, David Martín, dont la mère est partie et dont le père désespéré, vétéran de guerre, se noie dans l'alcool et la violence. La seule chose positive dans l'univers du gamin est les livres qu'il lit avidement afin de supporter son existence déjà si cruelle. Heureusement ses pas vont le porter sur le seuil de la librairie de Sempere... Un deuxième opus long, certes, mais mettant en place avec soin les pièces du puzzle que constitue la tétralogie. On ne peut juger et mettre en perspective cet épisode qu'à la fin de la lecture complète de l'ensemble. Des pages moins flamboyantes mais plus intimes, teintées toujours de nostalgie, d'humour féroce, pleines d'amour et d'amitié.On le finit avec l'envie, la nécessité, de découvrir vite la suite, maintenant que nous avons en tête ce qui s'est déroulé cinq décennies avant L'Ombre du vent.... l'oeuvre finale est bien plus vaste que ce que nous pouvons imaginer.... Quatrième de couverture « Je t'emmènerai dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire...» « Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voz de la Industria. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde : écrire. En plein succès, David accepte l'offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d'autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours - et à laquelle le livre est secrètement dédié - va épouser Pedro Vidal. Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l'emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer une texte fondateur, sorte de nouvelle Bible, " une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d'être tués, d'offrir leur âme ». Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d'écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l'espace. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Et tu n'es pas revenu | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Et tu n'es pas revenu Marceline Loridan- Ivens Grasset 2015 107 pages Autobiographie Chronique 9 novembre 2018 Prix Jean-Jacques Rousseau de l'autobiographie et le Grand Prix des Lectrices ELLE 2016, catégorie document. Car il faut inlassablement relire et écouter les témoins et les justes... Le retour me semble impossible à écrire. Ses mots sont là, qui suis-je pour ajouter quoique ce soit ? Je dirais seulement que c'est une très longue déclaration d'amour à son père Shloïme Rozenberg déporté avec elle à Pitchipoi, lui à Auschwitz, elle à Birkenau. Un mot de son père donné par un inconnu au camp, dont elle ne se souvient que du début : « Ma chère petite fille » et de la signature « Shloïme ». Point de départ donc de ce témoignage, des mots de tendresse oubliés, perdus. L'interview au moment de la sortie de ce livre à La Grande Librairie est tout ce dont vous avez besoin, laissons-la encore dire, exprimer, et rire... Mon dieu ce rire ! Quatrième de couverture « J'ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l'ai appris, là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T'écrire me fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui enserre mon cœur. Je voudrais fuir l'histoire du monde, du siècle, et revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















