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- Magnifica | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Magnifica Maria Rosaria Valentini Denoël 2018 310 pages traduites par Lise Caillat Historique Chronique 16 mars 2019 Un très beau roman nostalgique et poétique, raffiné, élégant, tout en détails, en fragments lumineux représentant chaque femme de ce récit se transmettant un témoin de génération en génération de 1950 à aujourd'hui... Cette histoire est la première de l'auteure traduite en français, c'est une chance, souhaitons qu'il y en ait d'autres. Sud de l'Italie dans les Abruzzes, un petit village où vivent Ada Maria, sa mère Eufrasia et son père Aniceto. Ces deux-là ne s'aiment plus, la femme rebaptisant son mari du nom de Crapaud. Tout la dégoûte chez lui, partager son lit est une souffrance. Pietrino, le petit frère, n'est pas conscient de ce qui se trame dans la maison. Seule sa mère existe... Et sa sœur qui bientôt deviendra le centre de son univers. Eufrasia est soulagée de savoir que son mari a une maîtresse, Teresina, plus jeune, plus joyeuse, plus généreuse. Eufrasia se voue à ses enfants, le reste lui fait peur... Elle longe les murs, tient la maison, ne parle plus à son époux... Une vie bien peu remplie qui se finit trop tôt pour laisser la place à l'inattendu, à l'amour, à la solidarité de la part de celle qu'on voulait tant haïr.... Histoire d'une famille, de femmes, de naissances en deuils, de désespoir à tous les possibles. Une réconciliation des êtres, une rédemption des malheureux, un magnifique roman d'amours maternel, filial, fraternel, entre un homme, un étranger, et Ada Maria, donnant naissance à Magnifica, avec laquelle commence et finit ce livre mélancolique puis plein d'espoir. Je ne copierai pas la quatrième de couverture qui en dit trop... Le titre est tout à fait adéquat.... Quatrième de couverture Italie, années 1950. La jeune Ada Maria est la fille d'un couple sans amour. Lorsque sa mère meurt prématurément, elle s'occupe de son petit frère tout en s'efforçant d'ignorer sa belle-mère qui s'impose peu à peu dans la maison. C'est dans ce quotidien en dehors du temps, rythmé par la couleur des frondaisons, la succession des naissances et des deuils, que l'Histoire fait irruption. Un jour, Ada Maria aperçoit un homme dans le bois avoisinant le village : c'est un Allemand, reclus dans une cabane depuis la fin de la guerre. De leur amour naîtra une petite fille aux yeux clairs et à la peau diaphane, Magnifica, changeant à tout jamais le destin tranquille auquel Ada Maria se croyait livrée. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Elles étaient neuf | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Elles étaient neuf Gwen Strauss Des femmes Antoinette Fouque 29 février 2024 264 pages traduites par Catherine Delaruelle document Chronique 5 mars 2024 L'histoire vraie de l’évasion d'un groupe de femmes qui a survécu au pire de l'Allemagne nazie" de Gwen Strauss paru le 29 février 2024 aux Éditions des femmes Antoinette Fouque, 264 pages traduites par Catherine Delaruelle Lecture du début et des notes finales aux lecteurs enregistrée en vidéo sur Évanances littéraires et Eva Résonances littéraires : Et voilà encore un ouvrage remarquable et essentiel paru aux éditions des femmes Antoinette Fouque qui trônera en bonne place dans ma bibliothèque. Le premier fut "Artisanes de la paix" de Mona L. Siegel, essai de référence dont je regarde la couverture tous les jours. Les femmes et la guerre, les femmes dans la guerre... Aujourd'hui enfin des récits de guerre au travers du regard des femmes se multiplient. Je pense à "Le silence des vaincues" de Pat Barker réécriture de l'histoire de la guerre de Troie par Briséis. "Une femme dans la guerre" de Christine Spengler, photographe reporter enregistré en livre audio par l'autrice toujours aux Éditions des femmes Antoinette Fouque nous fait également toucher du doigt la réalité sur le terrain, sur les champs de bataille. Et voici ce récit puissant, incroyable, inqualifiable ! Neuf femmes, engagées dans la Résistance alors qu'elles sont encore si jeunes, prenant tous les risques, affrontant le danger, la barbarie nazie, la terreur au ventre mais l'âme affermie... Chacune d'entre elles a un parcours singulier, extraordinaire, démentiel... Alors que la société des années 1940 leur dénie le droit de voter, les font supporter une tutelle insupportable des hommes, alors qu'elles sont considérées comme mineures, infantilisées, interdites de faire un chèque, de disposer de leur argent, de leurs corps, ces femmes se lancent dans la bataille, cachées dans l'ombre, oeuvrant pour la patrie. Elles sont arrêtées par les policiers français ou la Gestapo, interrogées brutalement, torturées, pour être ensuite envoyées en camp de concentration en Allemagne dans un block réservé aux prisonnières politiques près de Leipzig. Sept françaises, deux hollandaises, une espagnole. Deux d'entre elles font partie des "57000", ceux emportés par le dernier convoi vers la mort. Elles s'organisent, s'entraident, supportent tout, endurent l'impensable, assistent à des scènes inhumaines.... Elles ne sont plus que des ombres décharnées, en loques, malades, épuisées, réussissant, on ne sait comment, à plaisanter, à utiliser la dérision et l'humour comme armes de guerre. Une lutte de tous les instants pour survivre, respirer, dans l'espoir de rentrer, de retrouver les êtres aimés. La débâcle allemande enfin devient réalité, la barbarie nazie se déchaîne jusqu'au bout : effacer les traces, assassiner les survivants, les témoins... Certains passages de ce récit sont tellement... les lire est presqu'impossible, mais par respect pour celles qui ont traversé ces épreuves, on se doit de tenir le coup. Ainsi le 15 avril 1945, le jour J est arrivé, l'occasion se présente de fuir, une toute petite opportunité d'attraper cette liberté, de la tenir fermement, de s'y accrocher de toutes ses forces....et voilà nos héroïnes s'enfuyant dans un champ... Un but, un seul : regagner la France, Paris pour certaines. Elles ne sont pas au bout de leur peine. Elles doivent absolument rejoindre les troupes américaines. Mais où est la ligne de front ? Direction plein ouest, toujours. De rencontres fabuleuses en confrontations terrifiantes, vaille que vaille, elles avancent... Mais que leur réserve l'avenir une fois revenues chez elles ? Que vont-elles retrouver elles qui ont été profondément métamorphosées, traumatisées ? Pourront-elles se projeter dans l'avenir, construire une famille, vivre normalement ? Quelles conséquences toutes ces souffrances vécues, traversées, auront-elles sur leurs proches, leurs enfants ? Seront-elles capables de parler, de témoigner ? Seront-elles prises en charge psychologiquement ? Gwen Strauss réussit à nous raconter l'histoire de ces 9 femmes avant, pendant et après la fuite éperdue des camps de la mort. Un travail colossal de recherche, d'enquête sur le terrain et dans les archives ont permis à l'autrice de bâtir un récit choral solide, digne du meilleur scénario de film de guerre au suspense haletant, à la beauté sidérante. L'humanité dans ce qu'elle a de plus remarquable et de plus monstrueux est mise en scène magistralement. La sincérité de la démarche de Gwen Strauss, petite nièce de l'une de ces héroïnes, est indéniable, en quête de vérité, animée par le désir de rendre hommage à ces femmes. N'oublions pas que le Général de Gaulle reconnaissant la bravoure de ces patriotes a accordé le droit de vote aux femmes en 1944. Nous leur devons d'avoir une voix, de nous faire entendre. Nous leur devons de ne jamais oublier, nous leur devons de faire en sorte que l'Histoire vue par les femmes soit réécrite et enseignée aux générations futures. Nous leur devons d'empêcher par tous les moyens toute nouvelle guerre, toute nouvelle infamie. Quatrième de couverture Un récit d’un courage insondable… Mme Strauss rend un fier service à ses lecteurs – et à ses sujets – en revenant sur cette histoire effroyable du courage des femmes à une époque de rapacité et de guerre. Wall Street Journal 15 avril 1945: Hélène Podliasky, grand-tante de l’autrice, s’échappe d’une marche de la mort avec la complicité de huit autres femmes résistantes. Elles ont traversé les lignes de front de l’Allemagne pour rejoindre Paris. Ce livre raconte leur histoire. Les neuf femmes avaient toutes moins de trente ans lorsqu’elles ont rejoint la Résistance. Elles ont fait de la contrebande d’armes à travers l’Europe, hébergé des agents parachutistes, parcouru les itinéraires d’évasion vers l’Espagne et caché des enfants juifs dans des appartements dispersés. Elles ont été arrêtées par la police française, interrogées et torturées par la Gestapo pour être finalement déportées en Allemagne. Leur amitié est née au cours de cette terrible épreuve. Au moment de la débâcle allemande, les neuf femmes parviennent à s’évader. Gwen Strauss a effectué un travail de recherche incroyable pour mettre au jour cette saisissante histoire d’entraide et de sororité malgré l’horreur, pour faire perdurer la transmission au sein des familles et au-delà. « Hélène se releva et mena la marche dans la direction opposée à la route. Bientôt, elles furent toutes à bout de souffle. Elles grimpèrent hors du fossé et s’affalèrent dans un champ. En pleine euphorie, prises d’un fou rire inextinguible, elles restèrent là, main dans la main, à contempler le ciel. Elles avaient réussi. Elles s’étaient évadées ! » Avec le soutien du AUP, George & Irina Shaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights ans conflict Prevention. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les secrets de ma mère | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les secrets de ma mère Jessie Burton Gallimard 3 septembre 2020 512 pages traduites par Laura Derajinski Historique Chronique 23 octobre 2020 Un texte contemporain pour ce nouvel opus de Jessie Burton basculant entre aujourd'hui et les années 80 à Londres et Los Angeles. Deux destins en parallèle, celui de Elise et de sa fille Rose, toutes les deux incapables de se déterminer dans la vie en raison du décès ou de la disparition maternels. C'est un monde de femmes qui nous est décrit où les hommes jouent au minima le rôle de géniteur au mieux celui de père bienveillant mais défaillant. Des hommes adulescents qui en vieillissant sont piégés par leurs mensonges. Des hommes d'une certaine façon assujettis aux femmes plus fortes, plus décisionnaires. C'est aussi une histoire d'amour entre deux femmes qui se rencontrent par hasard dans un parc et qui mêlent leur destinée immédiatement sans se soucier du petit ami de l'une, de la famille ou du qu'en dira-t-on. Dans les années 80, c'est prendre beaucoup de risques. Elise a la vingtaine, son amante presque quinze ans de plus, une notoriété grandissante en tant qu'écrivaine d'autant plus que son premier roman est en passe d'être adapté au cinéma. Les deux femmes bouclent leurs valises direction Los Angeles, ville de toutes les apparences, de toutes les tromperies. Sur place, les studios mettent à leur disposition une villa avec piscine. Aucun cliché n'est épargné, autant Connie l'écrivaine en redemande, autant Elise ne trouve pas sa place dans ce microcosme intello-artistique où l'ironie et les mensonges sont de mise. Une star Barbara va tenir le rôle principal du film.... Heureusement Shara, une amie de jeunesse de Connie, artiste peintre, et son mari Matt scénariste sans contrat, à ses heures surfer, vont se rapprocher du couple Connie - Elise. Une bonne chose qui peut, avec le temps, créer une situation intenable.... 2017, la fille d'Elise, Rose, plus que trentenaire piégée dans un couple qui n'en est déjà plus un avec Joe incapable d'être adulte, reçoit un cadeau très particulier de son père : deux livres de poche d'une certaine Constance Holden, écrivaine reconnue de ses pairs en son temps, féministe, qui aurait été la dernière personne à voir Elise avant sa disparition... Pour Rose, incapable de construire quoi que ce soit en raison de cet abandon maternel incompréhensible, il faut absolument retrouver cette Connie disparue des radars depuis plus de trente ans. Le destin va s'en mêler.... Ainsi, grâce aux flashbacks, nous suivons avant Rose les méandres du parcours emprunté par Elise et Connie dont nous découvrons la vie américaine, l'intimité amoureuse, les amis dans un monde de paillettes où violences physiques et morales sont au programme, où sous un sourire de façade l'on cache des gouffres de douleur et de haine. Elise est-elle capable de supporter tout cela ? Les décisions qu'elle prendra auront des conséquences terribles sur son entourage et sur sa fille. Une forme de malédiction doit être levée et seule Connie en est capable. Faut-il qu'elle parle enfin à Rose ! Comme toujours un roman délicat tout en analyse psychologique d'une grande finesse et bienveillance. Un roman d'amour, de passion sans aucun voyeurisme, un récit sur la maternité mais également sur la paternité imposée ou volée. Car les femmes ont le pouvoir dans ce roman, elles décident ou non d'informer leur partenaire de leur grossesse ou de leur décision d'avorter. On est ici dans une représentation d'un certain matriarcat par rejet des hommes ou par détestation pour ce que l'état de femme implique : règles douloureuses, maternité non désirée, mise entre parenthèses d'ambition de carrière. Quoiqu'il en soit, on est très loin des clichés princes et princesses charmants de conte de fée... Et les femmes d'aujourd'hui malgré toutes les avancées ne sont pas plus sereines. Quoiqu'il en soit, Rose n'a pas le choix, elle doit entreprendre ce parcours initiatique la menant vers Elise vivante ou morte, mais surtout vers elle-même. Quatrième de couverture Un après-midi d'hiver de 1980, en plein cœur de Londres, Elise Morceau rencontre Constance Holden et tombe instantanément sous son charme. Connie, audacieuse et magnétique, est une écrivaine à succès dont le dernier roman va être adapté au cinéma par l'un des plus gros studios d'Hollywood. Elise suit Connie à Los Angeles, la ville par excellence du rêve et de l'oubli. Mais tandis que Connie s'enivre de l'énergie de cette nouvelle vie où tout le monde s'enveloppe de mensonges et tente d'atteindre les étoiles, Elise commence à perdre pied. Au cours d'une fastueuse soirée hollywoodienne, elle surprend une conversation qui l'entraînera à prendre une décision radicale qui pourrait bouleverser sa vie. Trois décennies plus tard, en 2017, Rose Simmons cherche des réponses sur sa mère, qui a disparu sans laisser de traces alors qu'elle n'était qu'un bébé. Rose a découvert que la dernière personne à l'avoir vue est Constance Holden, une écrivaine oubliée qui s'est retirée de la vie publique alors qu'elle était au sommet de sa gloire. Rose se retrouve irrépressiblement attirée sur la piste de Connie, en quête d'indices sur les secrets de son passé. Cette histoire lumineuse, au souffle romanesque puissant, nous emporte dans une quête d'identité remarquablement orchestrée. Au travers de personnages énigmatiques et inoubliables, Jessie Burton nous dévoile les coulisses des milieux littéraire et cinématographique, ainsi que l'envers de la création artistique, de la fiction et de la maternité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Parasite | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Parasite Sylvain Forge Mazarine Thriller 2019 406 pages Thriller Polar Chronique 3 juin 2020 « Pour l'essentiel, L'homme est ce qu'il cache [...] un misérable petits tas de secrets [...]. » André Malraux - Les Noyers de l'Altenburg Une scène d'entrée très accrocheuse où nous retrouvons la capitaine Marie Lesaux, héroïne de plusieurs livres de l'auteur, basée à Clermont-Ferrand, ville de province qui en matière de criminalité pourrait en remontrer à la capitale. Comme toujours, Sylvain Forge, après avoir récolter des faits étonnants ou significatifs dans l'actualité criminelle, scientifique, mondiale, concocte un scénario où la technologie et la cybersécurité sont essentielles à la résolution des enquêtes en cours. Les innovations en terme de nouveaux outils et programmes informatiques sont en avance sur la loi et les mentalités. Les manipuler avec soin dans le respect de la déontologie et de la morale n'est pas facile. La Commission nationale de l'informatique et des libertés veille. Des personnes se suicident sans raison, des chiens également. Des meurtres d'enquêteurs ou de fuineurs sont perpétrés, les disparitions se multiplient et dans l'obscurité un organisme étrange venu d'Afrique se développe et grandit se délectant des victimes offertes.... Tous les éléments contenus dans ce récit sont réels, le curseur est juste poussé plus loin par l'écrivain à l'imagination prolifique. Des chapitres particulièrement courts ainsi qu'une mise en page et une police agréables nous poussent à tourner les pages très rapidement. Plusieurs affaires en parallèle, donc, vont peut-être se rejoindre pour n'en former plus qu'une. Heureusement, Marie et un nouveau venu, Ethan Milo, vont collaborer officiellement, puis en sous-marin, grâce à un nouveau programme de traitement des données « Valmont ». Nous voilà projetés dans un futur déjà actuel. Un très bon opus qui existe en version audio chez Sixtrid. Quatrième de couverture La jeune capitaine Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité. De fait, Valmont n’est pas un policier comme les autres, mais bien une somme d’algorithmes, un formidable programme expérimental ultra secret à la puissance de calcul phénoménal mis en place par l’État français pour lutter contre toutes les formes de criminalité : un savant mélange d’intelligence artificielle et de réalité virtuelle que Marie va devoir appréhender pour mieux comprendre le formidable champs des possibles permis par la police 2.0. Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du « suicide » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour. La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une « hyène » vaudou, mi-homme, mi-animal, tournerait dans les citées pour « voler » des jeunes filles ? Le fait est que des disparitions ont bel et bien eut lieu et que la population se tait. Un symbole étrange, là où il n’y avait été question que de morts naturelles ou d’accidents, se trouve sur bien des scènes de ce qui va très vite devenir des crimes irrésolus. Il se trame quelque chose dans l’illusoire banalité des jours... Marie et Ethan Milo, aidés du programme Valmont, vont bientôt être confrontés à une épouvantable vérité venue du fond des âges. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ne jetez pas les sirènes avec l'eau du bain | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ne jetez pas les sirènes avec l'eau du bain Raphaële Moussafir Mon Poche Le 14 août 2025 192 pages roman Chronique 26 août 2025 " Trois femmes, trois histoires. Nous en sommes le reflet. À moins qu'elles ne soient le nôtre. " " La grâce stylistique de Raphaële Moussafir saisit notre souffle, et porte haut le sujet de l'amour autant que celui de l'amitié et de la condition féminine. " Paru en 2024 aux Éditions Robert Laffont. Dédicace qui donne le ton: " Au Petit Chaperon rouge, À la Belle au bois dormant, Régine et Sue Ellen, À Simone Veil, À la Comtesse de Ségur, Sylvie Joly, Romy, Aux hommes qui les comprennent. Aux anges éconduits, À Esther Williams, Aux filles de l'ogre et à Gretel." Moi, amoureuse de l'océan et de ses vagues, mais malheureusement parisienne, en pleine recherche d'une piscine bien notée voisine de mon domicile, j'ai ouvert ce roman choral avec beaucoup de curiosité, piquée par la quatrième de couverture : " Les lectrices aimeront ce roman qui questionne le rapport au corps, à l'âge, à la famille. " Ajoutons un humour décapant, un regard acéré et bienveillant, un style littéraire unique, une capacité d'analyse époustouflante de ce qui peut bien traverser l'esprit de certaines nageuses dont je fais partie. Non seulement le propos est drôle mais il est pertinent et fait diablement mouche. Trois femmes, Marion, Sidonie et Laure, et le fils de cette dernière, Elliot, vont se croiser, se voir, se dévisager, se juger, se parler, dans une piscine à un moment clé de leur existence. Pour Marion, la mère de famille overbookée, mariée depuis quelques années, c'est l'endroit idéal pour se retrouver, pour établir peut-être d'autres interactions, pourquoi pas avec Moïse, le beau maître nageur. Pour Sidonie dont les cheveux disparaissent sous une cagoule rouge, venir à la piscine est loin d'être une évidence. Tout répugne cette adulescente bloquée dans son enfance ; particulièrement son corps en décalage avec son mental, corps qu'elle nie d'une certaine façon. Traumatisée dans sa jeunesse, pas intégrée à la société, obnubilée par l'hygiène et le contrôle, entrer dans ce type d'établissement est un enfer. Au passage, la narration de son arrivée en terre inconnue est un grand moment réjouissant. Je crois que j'y penserai lorsque j'y remettrai les pieds, quoique .... Vais-je y retourner ? Enfin, voici la jolie rousse Laure, complexée pourtant par son physique, et son petit garçon si adorable. Tous les deux mal dans leur peau, ne voulant pas déranger, timides. Elliott prend des cours avec Ludovic, à la pédagogie et psychologie d'un bourrin. Donc, le gamin a tout le temps peur, mal au ventre, déguste sérieusement à chaque fois qu'il se retrouve dans les vestiaires pour se changer avant la leçon. Sa mère ne se sent pas plus à l'aise. En nageant, elle a des flashbacks de sa vie, elle fait le compte de ses échecs. Voilà donc tout ce petit monde dans l'eau, apparemment faisant du sport, réellement en pleine cogitation et bouleversement émotionnel. Tendre, d'une grande justesse, très original dans sa formulation, ce roman touche des points sensibles qui nous concernent tous sans exception que nous soyons ou non dans le bain. C'est le moment de plonger et d'affronter ses peurs. Sans les artifices habituels, tous uniformisés par les bonnets de bains, la piscine est le lieu idéal pour se mettre à nu et ne plus tricher. C'est vrai aussi qu'on peut pleurer dans l'eau sans que personne ne le voit... J'ai beaucoup aimé ce texte au doux parfum chloré. Quatrième de couverture À la piscine municipale, entre deux dos crawlés, trois femmes se croisent. Sidonie, éternelle enfant coincée dans un corps adulte, reste perplexe face aux baigneurs qui nagent assidûment dans leur couloir, et ne débordent jamais. Marion cherche une échappatoire aquagymnesque à sa vie de famille millimétrée, qui l'étouffe. Laure, quant à elle, lutte contre ses souvenirs d'adolescence trop ronde, tout en surveillant Elliot, son fils de sept ans qui barbote dans le petit bain. Toutes traversent une quête intime, au milieu de ce tumulte chloré dont l'acidité vivifie. Jusqu'au jour où quelque chose bascule. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La fin d'où nous partons | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fin d'où nous partons Megan Hunter Gallimard Du Monde Entier 2018 167 pages, traduites par Aurélie Tronchet Roman poétique Chronique 28 juillet 2018 « Ce que nous nommons le commencement est souvent la fin. Faire une fin c'est commencer. La fin est là d'où nous partons. » T. S. Eliot quatre quatuors Très particulier, entre poésie, haïku, une histoire en fragments, des passages en italique tels des extraits de l'ancien testament. Un grand cataclysme en sourdine, Londres sous l'eau peu à peu, une femme accouche d'un nouvel enfant quand l'ancien monde disparaît, noyé. Fuite dans la campagne, chez la grand mère paternelle G de l'enfant baptisé Z. Puis après disparition de l'aïeule, la femme et R reprennent la route avec leur fils. Arrivée à un camps de réfugiés, le compagnon R supporte un temps puis repart pour ne plus revenir. Que faire ? La narratrice et une réfugiée O poursuivent seules le chemin avec Z. Bateau, île. Une parenthèse. Attente que l'eau redescende, que les incendies cessent, que les hommes reviennent. Et pendant ce temps étiré, incertain, z grandit, on suit toutes les étapes normale de son évolution. Il est la seule certitude dans un monde d'inconnus. La Femme se réfugie en son enfant... Tout est suggéré, en filigrane, sentiments, émotions, et terreurs. Celles liées à la catastrophe presque atténuées par la découverte de l'état de mère. On est dans une bulle de sensualité, de toucher, d'odeurs. Ailleurs la civilisation est en danger, la Nature martyrisée, les peuples fuient. Mais Z grandit. Très, très particulier. À lire à haute voix tant les mots sont réinventés. Une grande innovation et originalité dans la forme, une mise en page soignée, un joli livre objet, une photo de couverture qui interroge, dans l'eau, très charnelle et féminine. Une narratrice, des initiales, un enfant espoir. Quatrième de couverture Une femme s’apprête à accoucher au moment où Londres est menacée par une inquiétante et mystérieuse montée des eaux. Elle et R, son mari, doivent fuir avec leur nouveau-né, qu’ils ont baptisé Z. R et la narratrice sont rapidement séparés. Cette dernière prend la mer avec Z et O, une autre femme poursuivant seule son chemin avec son tout jeune enfant. À l’abri sur une île, elles attendent. Que l'inondation et les incendies cessent, que leurs compagnons réapparaissent, que leur vie retrouve son ancien cours. Pendant ce temps, les premières dents de Z percent dans sa bouche espiègle et le lien de plus en plus profond qui le relie à sa mère devient très vite, parmi la confusion et l’incertitude environnantes, le havre le plus sûr. Megan Hunter excelle dans l’expression des sensations, des émotions et des angoisses liées à la découverte de la maternité. Au-delà de cette sphère intime, elle fait également écho aux questionnements actuels sur l’écologie, les migrations de populations et l’effondrement de notre civilisation. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Christian Dior, un destin | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Christian Dior, un destin Marie-France Pochna Flammarion 13 octobre 2021 528 pages Biographie Chronique 12 octobre 2021 « Je serais bien ingrat, surtout bien inexact, si je n'inscrivais pas en capitales, le mot « hasard » au début de mon aventure. Celle-ci ayant été heureuse dans sa conclusion m'amène, par devoir de reconnaissance, à proclamer ma fidélité aux diseuses de « bonne aventure ». » Christian Dior dans « Christian Dior et moi », Bibliothèque Amiot Dumont, 1956, p. 7. J'ai corné les pages et souligné des passages de cette biographie, ce qui est un très bon signe quant au sérieux et à l'engagement de l'autrice à nous faire découvrir le grand homme dans son intimité, dans ce qu'il a de plus touchant ou de plus impressionnant ; la somme d'informations historiques et anecdotiques données sur Christian Dior et son entourage est impressionnante.Marie-France Pochna réussit à rassembler les différents éléments d'une vie incroyable, puis à les assembler sans que les coutures ne soient visibles jusqu'à nous offrir un texte où l'excellence est reine, celle de la pensée, du geste, de la réalisation. Nous sommes dans le domaine de l'artisanat d'art où oui, seule l'excellence est acceptable et non l'à peu près. Comme pour un défilé de Haute Couture, le choix des couleurs, des matières, de la ligne générale puis des détails, des mannequins, de l'histoire que l'on veut raconter, est primordial ; ainsi la construction de ce récit puis la recherche, (dans les registres de la maison Dior et autres établissements ou auprès de certains protagonistes proches du couturier), des documents, des faits, des témoignages et souvenirs, des clichés, sont une étape délicate, incontournable, ne souffrant nulle approximation. J'ai regretté que des photographies ne soient pas ajoutées en milieu d'ouvrage. Je les ai donc chercher sur internet, tout au long de ma lecture, afin de personnifier les nombreux intervenants de ce texte. J'ai retrouvé l'atmosphère particulière tantôt joyeuse, passionnée, effervescente, comique, tantôt délétère, explosive, tragique, d'une maison de Couture dans ce quartier particulier de Paris. Je fus styliste chez Ted Lapidus un peu plus haut dans la rue François 1er et passais matin et soir devant la célèbre maison et ses vitrines enchanteresses pour rejoindre l'arrêt du bus 42. Je baigne dans le monde de la couture, de la création, du travail manuel depuis toujours par ma mère. Les noms des créateurs d'avant la seconde guerre mondiale, pour lesquels ma grand-mère maternelle travaillait comme couturière en freelance, ont bercé mon enfance. Le portrait ici tracé de Christian Dior, enfant puis jeune homme jusqu'au succès soudain du New Look en 1947, nous fait découvrir un être pluridisciplinaire, surdoué, imaginatif, tendre, instinctif, très différent du reste de sa fratrie, attaché à l'excès à sa mère, cherchant son approbation en tout, se limitant de fait à cette seule femme avare de tendresse et de preuves d'amour, passant peut-être à côté d'un père qui aurait pu lui apporter un plus grand équilibre.Sa plus jeune sœur Catherine, qui mériterait à elle seule une biographie, est sa préférée et son seul lien le rattachant à cette famille Dior après la mort soudaine de leur mère. Ultra sensible, doué d'une prescience quant aux événements à venir, de constitution fragile, il attrape le mal du siècle, la tuberculose. Son monde est fait de fantaisie, d'amis artistes variés, il touche à tout, doué pour tout, musique, costumes de théâtres, il cherche sa voie et le grand Amour... mais la ruine de son père suite au Crash boursier américain l'oblige à vite trouver un travail de bureau, n'importe lequel. À lui la vie de bohème la nuit, l'hospitalité chez les uns et les autres, l'ennui le jour à un poste "normal" et mal payé. Il ne mange pas à sa faim mais sa richesse est ailleurs, dans ses relations avec les plus grands esprits de son temps. C'est une période de formation, de gestation.... Un des éléments fondamentaux, centraux de cette vie est l'amitié indéfectible et loyale des proches ; la solidarité et la générosité en découlent naturellement. Dior n'oubliera jamais cette aide multiple apportée aux moments les plus noirs de son existence, ne serait-ce que pour l'aider à se nourrir puis à financer sa cure afin de lutter contre la maladie. Et le miracle a lieu, il guérit, puis la guerre emporte tout sur son passage, projets artistiques et sa sœur, devenue résistante, arrêtée, torturée, envoyée en camps de concentration.... revenue brisée. Une âme forte ! Ce sont encore les amis et l'entourage, persuadés du talent créatif hors norme de Christian Dior qui sont à l'origine de l'immense succès, en février 1947, du défilé de Haute Couture présenté par Christian Dior, financé par Marcel Boussac. On a du mal à imaginer ce que fut cette incroyable réussite. Les planètes se sont alignées, c'était le bon moment, tout était parfait.... Dior écrit pour définir la maison de couture de ses rêves et sa stratégie : « Je n'y ferai que des modèles apparemment simples, mais d'une confection très élaborée. » « Les marchés étrangers, après la longue stagnation de la mode due à la guerre, réclament des modèles réellement nouveaux. Pour répondre à cette demande, il faut revenir à la tradition de grand luxe de la couture française. » « J'estime pour ma part que la justification de cette maison, c'est qu'elle devrait ressembler - en un monde où tout va vers la machine - davantage à un laboratoire qu'à une usine modèle. » Le New Look va déferler sur ce monde encore meurtri par la seconde guerre mondiale, léchant ses plaies à peine cicatrisées. Une société naît où les femmes ayant joué un rôle crucial lors du conflit, n'entendent pas retourner à l'invisibilité exigée par des règles mysogines et rétrogrades. Déjà ce mouvement contestataire féminin s'était affirmé après 1918. Il ne fait que se renforcer depuis la chute du nazisme. La forme en 8 de la silhouette imaginée par Dior n'est pas reçue avec enthousiasme par toutes les femmes d'autant plus aux USA. Cela n'empêche pas cependant, grâce au charme, à la gentillesse, à la discrétion étonnante de Christian Dior, anglophone, le raz de marée du New Look d'envahir aussi le marché américain. Autour de lui une équipe de choc, ses « fées » comme il les baptise : Mitzah Bricard la muse, Marguerite Carré la fée ouvrière, Raymonde Zehnacker la fée administrative. Membres de second cercle, les assistants : André Levasseur, Gaston Berthelot, Frédéric Castet, à ses côtés depuis la fondation de la maison, mais aussi Yves Saint Laurent arrivé en 1955, Jean-Louis Scherrer ... Une maison de couture c'est une petite ville dans la capitale, dont chaque rouage a son importance. Suzanne Luling, amie d'enfance de Christian Dior, directrice des salons et des ventes et grande animatrice des relations publiques de la Maison Dior reste inoubliable. Citons enfin les deux directeurs Jacques Chastel et Jacques Rouët, qui furent exemplaires d'autant plus qu'il fallait tout inventer, trouver des moyens de s'adapter aux marchés étrangers avec les licences, tout en protégeant la griffe et les créations de tout plagiat. Cette aventure très courte au demeurant jusqu'au décès prématuré du couturier en automne 1957 en Italie, est tout à fait extraordinaire et unique en ce qu'elle s'inscrit dans une mondialisation et une démocratisation de la Haute Couture en prêt à porter de luxe et en produits dérivés sous contrôle de la marque. Du jamais vu auparavant, et en cela Christian Dior et ses partenaires et collaborateurs ont su voir dans l'avenir, être toujours en avance sur la concurrence, créer les tendances artistiques et commerciales à grande échelle. Un empire naît alors qui, même après la mort du couturier, perdurera grâce à l'abnégation et l'intelligence de certains de ses amis tel Jacques Rouët. Une maison comme Dior, ce n'est pas seulement les ateliers de création, de couture, les salons de présentation des modèles, c'est également une direction, une administration, qui répondent aux mêmes exigences d'excellence que le reste des services... une hiérarchie stricte régit cette petite armée au service du beau, de l'exceptionnel, de la défense du savoir faire et de l'artisanat français et parisien. Aucun faux pas n'est envisageable, les sommes investies sont colossales, le nombre de salariés phénoménal en France et dans le monde. Nul n'a le droit à l'erreur. L'autrice s'inscrit dans cette logique en nous offrant ce très bel ouvrage, passionnant, touchant, foisonnant, très bien construit et organisé jusque dans ses tables et notes finales. A garder précieusement dans sa bibliothèque comme livre de référence. Je souligne la beauté de la présentation avec en bandeau, la photo de Christian Dior, en noir et blanc sur papier glacé. Quatrième de couverture Né sous une bonne étoile au temps de la Belle Époque, Christian Dior eut une enfance choyée. Durant son adolescence, électrisé par le Paris des Années folles, inventif et accueillant toutes les avant-gardes, il mena la vie de bohême en compagnie d’un groupe de génies en herbe qui aiguisaient leurs talents sous l’œil de leurs glorieux aînés, Jean Cocteau et Max Jacob. Puis survint la crise mondiale de 1929 et la fortune familiale des Dior, établie depuis plusieurs générations, fut emportée irrémédiablement. Des années rudes, marquées par la faim, les privations et la maladie, attendaient Christian Dior. Ses amis, restés indéfectibles dans leur soutien, l’aidèrent à se frayer un chemin dans le milieu de la couture, jusqu’au moment où la Seconde Guerre mondiale vint anéantir les espoirs de tous. En 1947 enfin, la chance se déclara de façon spectaculaire. Son New Look fut un souffle de vie dans une époque qui s’enlisait dans la dureté de l’après-guerre. Dior ressuscita un art de vivre auquel nul n’osait plus croire, et son génie fut d’apporter la réponse tant attendue à une société meurtrie dans son besoin vital de bonheur et d’émerveillement. Christian Dior se révéla un bâtisseur d’empire, un conquérant capable de bouleverser les rapports de force entre la puissante industrie de la mode américaine et Paris, qui sortait exsangue de la guerre. Il fut un couturier prodigieux, convaincu que la tradition de goût et d’élégance propre à la France mérite qu’on s’y adonne avec passion. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le jardin des papillons | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le jardin des papillons Dot Hutchison City Editions 2 septembre 2020 352 pages traduites par Nordine Haddad Thriller Chronique 18 septembre 2020 « Haletant et machiavélique : un époustouflant best-seller par une nouvelle voix du polar mondial. » Quel thriller ! La version originale THE BUTTERFLY GARDEN est parue en 2016 aux Etats-Unis, premier opus d'une série.... Donc réjouissons-nous qu'il soit enfin édité en France dans une très bonne traduction, qui plus est. J'ai toujours été fascinée par les romans, biographies concernant Soliman le Magnifique, le Harem de Topkapi, Constantinople.... effrayée et en même temps passionnée par ce mode de vie, cette civilisation, ce faste.... Cependant quelques décennies après, informée par les différents témoignages écrits de profilers européens ou américains, par certaines fictions policières proches du reportage sur le terrain, mon regard sur Soliman et ses "collègues" d'hier et d'aujourd'hui a diablement changé. Pourquoi parler de ceci ? Simplement parce que l'auteure fait plusieurs fois référence aux harems, à la traite d'êtres humains et à l'esclavage. Un thriller tel que celui-ci, à l'atmosphère aussi vénéneuse, malsaine, terrifiante, sorti de l'imagination tortueuse de l'auteure, a l'immense utilité de renommer par leurs pathologies, très justement, ces criminels, afin de les étiqueter et les ranger ensuite dans le " catalogue des psychopathes violeurs multirécidivistes et serial killers " ; On revoit notre Histoire mondiale et certaines de ses figures les plus illustres avec d'autres yeux à la fin de cette lecture. Et ils sont nombreux les pervers narcissiques et autres monstres dans nos livres d'enfants, sans que jamais un jugement moral ne nous aient réellement été transmis sur leur comportement déviant lors de nos années d'apprentissage. C'est le premier des grands mérites de ce thriller phénoménal.... le second est tout aussi exceptionnel : Nous voici plongés dans un récit mêlant deux huis clos. En écrire un est déjà un tour de force, le rendre captivant, hypnotisant en est un autre, mais deux ! Complimenti : - Le premier huis clos est d'entrée de jeu situé dans la salle d'interrogatoire du FBI après l'assaut donné sur une propriété privée où étaient enfermées, violées, torturées, tuées, des jeunes filles de plus de 15 ans depuis plus de trente ans. Les protagonistes en présence sont Maya, l'une des victimes, face à Victor et Eddison, deux agents spécialistes des crimes sexuels sur mineurs. - Le deuxième huis clos se déroule sur les lieux des crimes, dans cette immense serre abritant les kidnappées. C'est le récit sous forme de flashbacks de Maya répondant, à sa façon très particulière, aux agents. Elle leur raconte alors ce qui pourrait être un opéra, tel Butterfly ou plutôt Turandot, ou un conte pour adultes, ténébreux, où peu à peu l'âme des plus pures sombre dans un désespoir sans fond. La serre luxuriante avec sa grotte, sa falaise, son plan d'eau, ses lieux d'habitation du Harem se nomme le Jardin des papillons. Évidemment son propriétaire est le Jardinier et les incarcérées, ses Papillons. Ces appellations si poétiques, rassurantes, cachent une réalité monstrueuse : les filles, dont le dos est tatoué d'ailes de papillons tous différents, forment la collection privée de ce dément, qui tel un dictateur érige les règles de cette micro- société et décide de l'exécution de certains spécimens trop vieux, déficients, imparfaits. Soit ils sont éliminés et disparaissent, soit ils ont l'insigne honneur d'être mis en exposition.... Ce Jardinier est un esthète, n'est-il pas ? Cependant il commet des erreurs..... Comme introduire le ver dans le fruit.... Quel sera-t-il ? Un de ses fils ? Une des kidnappées ? Quel événement insupportable mettra le feu aux poudres ? Quant à Victor, réussira-t-il à établir le profil de Maya, et se persuadera-t-il de son innocence, elle qui semble être le centre de tout, elle que réclament les rescapées comme leur protectrice, leur meneuse ? La jeune femme ne leur facilite pas la tâche, habituée, bien avant son rapt, à la cruauté de la vie. Est-elle le bon petit soldat du Jardinier ou une guerrière qui a usé de duplicité et de ruse pour sauver la communauté des Papillons ? Pourquoi ne pleure-t-elle pas ? Pourquoi ne se comporte-t-elle pas en victime ? Est-elle aussi vénéneuse que ce Jardin ? Est-elle devenue la chose, la complice du Jardinier ? Les battements d'ailes vont s'accélérer essoufflant notre cœur et nos cellules grises. Ce livre est un poison que l'on boit jusqu'à la lie avec plaisir masochiste et passion. Une œuvre tout à fait unique, diablement réjouissante et réussie. Comment a-t-on pu attendre autant de temps avant de l'éditer en France ? Un souffle nouveau re-oxygène le monde du thriller psychologique avec ce double huis clos prodigieux. Le dénouement vous réserve également des surprises étonnantes quant à l'articulation des évènements en amont et les raisons motivant l'attitude de Maya. J'attends avec une immense impatience la suite. Quatrième de couverture Un immense jardin luxuriant, débordant de fleurs et de plantes rares. Cet endroit pourrait être un véritable paradis s’il n’y avait ces dizaines de cadavres découverts par le FBI. Des jeunes femmes dont le dos a été tatoué pour ressembler à des ailes de papillons. Celui qui règne sur ce monde fascinant et effrayant est un homme aussi cruel que délicat que ses victimes ont baptisé « Le Jardinier ». Son obsession : capturer, apprivoiser et immortaliser les plus beaux spécimens avant que leur beauté se fane. Parmi les rares survivantes, il y a Maya, une étrange jeune femme. Plus l’enquête avance, plus elle se révèle être une énigme. Quels secrets dissimule-t-elle ? Au fur et à mesure que la jeune femme se confie, les enquêteurs sont emmenés loin, très loin, aux confins de la noirceur de l’âme humaine. « Ici, la beauté, le désespoir ou la peur étaient aussi communs que le fait de respirer. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le poids des morts | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le poids des morts Victor Del Árbol Actes Sud Actes Noirs 2020 294 pages traduites par Claude Bleton Thriller Chronique 30 août 2020 Collection Actes Noirs Un livre âpre dans une Barcelone pourrissante, venimeuse, empoisonnée par l'ambiance délétère autour du moribond Franco. Nous sommes en 1975 à quelques jours de la mort du dictateur tant attendue par tous, amis ou ennemis. C'est le moment pour certains de revenir de leur exil afin de comprendre le passé. Nous ne sommes pas encore à la réconciliation, au grand oubli, à l'amnistie des prisonniers politiques, des opposants, au pardon accordé aux fascistes, aux sbires du généralissime ayant torturé, martyrisé, avili, assassiné des millions de gens en trente six ans de dictature. Nous sommes sur le fil du rasoir et nous ne devons pas nous blesser. Mon été fut espagnol, en grande partie, avec un roman jeunesse de Ruta Sepetys "hôtel Castellana" se déroulant sur la même période mais à Madrid, puis la série du Cimetière des Livres Oubliés de Carlos Ruiz Zafón à Barcelone. Depuis quinze/vingt ans les espagnols ont décidé de dire, de crier, de hurler la vérité sur le cauchemar traversé. De dénoncer les criminels, ceux qui ont bafoué l'humanité en son entier.... On ne peut construire une maison sans fondations, le grand oubli conseillé en 1975 n'était qu'une utopie qui en a arrangé beaucoup. Mais pour qu'il y ait résilience, il faut qu'il y est transmission de la parole. Je ne peux même pas imaginer ce que ce peuple a enduré dans sa chair, dans son âme pendant et après le franquisme. Dans ce premier roman de Víctor del Àrbol paru en 2006, puis en 2016 et enfin aujourd'hui, les mots sont mis sur l'impensable, l'indicible. Violent, insupportable.... Nausées, tristesse et rage m'ont habitée en cette fin de lecture. Une conclusion qui m'a d'abord stupéfaite puis m'est apparue comme la seule possible.... La beauté de ce texte prodigieusement écrit est douloureuse, crépusculaire.... Je ne suis pas sortie légère de ce roman qui par ailleurs est un thriller historique, politique, policier excellent, terrible.... Je vais donc me procurer doucement les autres titres de Víctor del Àrbol.... Mon âme sensible l'exige. Méfiez vous du si beau visage de l'écrivain.... Les ténèbres l'habitent. Quatrième de couverture Novembre 1975 : Lucía rentre à Barcelone après des années d’exil, accompagnée par les cendres de son père et par les fantômes qui avaient provoqué son départ. Le général Franco agonise et avec lui une Espagne décrépite et violente. Incarnant ce pays vénéneux qu’une atmosphère “fin de règne” incite plus encore à la terreur et à la suspicion, le commissaire Ulysse s’apprête à livrer la dernière bataille. Décidés à se délester du fardeau du poids des morts, le policier et la jeune femme convergent vers l’aile psychiatrique de la prison Modelo où un indigent, qui y vit reclus depuis trois décennies, semble détenir les clés de la rédemption. L’esprit de l’homme est perturbé mais quelques souvenirs fugaces viennent contredire les conclusions d’un drame qui s’est joué près de trente ans plus tôt. Un vieux militaire inflexible, une belle épouse délaissée, un jeune médecin éperdument amoureux : autour de cette funeste trinité gravitaient aussi un terrifiant policier formé dans les bataillons coloniaux de Melilla et un pauvre bougre qui, par lâcheté, lui avait vendu sa petite fille. L’inévitable face-à-face entre ce policier et la femme que cet enfant est devenu renvoie chacun au mensonge “originel” sur lequel il a bâti sa vie. Ce tout premier roman de Víctor del Árbol porte en germe l’incomparable talent de l’auteur à décrire les tourments de l’âme ainsi que les nuances de tout le mal que l’on peut faire par amour Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les bottes suédoises | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les bottes suédoises Henning Mankell Seuil 2016 363 pages traduites par Anne Gibson Divers Chronique 18 décembre 2019 Suite des « Chaussures italiennes ». Je vous signale que Marc-Henri Boisse a également enregistré ce roman pour Sixtrid en 2016 pendant 9 heures 30 environ. Postface : Certains lecteurs croiront peut-être identifier un certain nombre d'îlots, bras de mer, rochers, écueils et personnages du présent récit. Pourtant, aucun archipel au monde ne correspond à la carte géographique et humaine que j'ai dessinée dans ces pages. Je pense souvent, quand j'écris, à l'élévation du niveau de la mer, qui se poursuit progressivement, bien que nous puissions l'appréhender par nos sens. Un rivage est chose indéterminée, fluctuante, mobile. Il en va de même pour la fiction. Un récit entretient parfois, de loin en loin, une ressemblance avec la réalité. Cela n'annule pas la différence entre ce qui s'est produit et ce qui aurait pu se produire. Il doit en être ainsi. Puisque la vérité est à jamais provisoire et changeante." Texte bouleversant lorsque l'on sait que c'est le dernier de l'auteur et que, quoiqu'il affirme dans ces ultimes lignes, le personnage principal de Fredrik Welin apparaît en quelque sorte comme son double. Ses interrogations, ses peurs, ses réflexions face à la mort, le corps qui vous lâche, le désir de vivre encore une histoire d'amour ou de sexe, la culpabilité face à ses propres limites ou erreurs passées, la conscience que l'on vit la dernière ligne droite avant le grand plongeon qui devrait être libératoire. Il y a beaucoup de similitudes avec les romans désespérés, et pour moi désespérants de Philip Roth, sauf qu'avec Henning Mankell, tout en étant sans concession et ironique, la poésie s'invite également à chaque page. Les deux écrivains aiment l'un son îlot, la nature suédoise, l'autre Newark, les deux sont des contemplatifs et des hommes courageux regardant en face leur être diminué par la vieillesse. Dans « Les Bottes suédoises », que nous allons attendre pendant de long mois, Henning Mankell rajoute une note de thriller sombre, car enfin qui est le pyromane ayant mis le feu à la maison de Fredrik Welin, puis bientôt à d'autres dans l'archipel ? Cette catastrophe va obliger notre héros malgré lui à se bouger, à s'interroger sur la façon dont il souhaite finir cette vie imparfaite mais précieuse. Sa fille Louise va refaire son entrée magistralement, l'obligeant à sortir de sa zone de confort, à repousser ses limites. Le dernier tournant d'une existence bien remplie.... Une fin imprévisible nous déstabilisant. Un très beau texte magnifiquement écrit doux-amer puis lumineux.... Une sortie de scène élégante pour Henning Mankell. Quatrième de couverture Fredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands parents n'est plus qu'une ruine fumante. Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s'interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre ? Mais c'est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, sans l'apparition d'une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale. Tandis que l'hiver prend possession de l'archipel, tout va basculer de façon insensible jusqu'à l'inimaginable dénouement. Après l'immense succès des Chaussures italiennes, auquel il fait suite, Les Bottes suédoises brosse le portrait en clair-obscur d'un homme tenaillé par le doute, le regret, la peur face à l'ombre grandissante de la mort - mais aussi la soif d'amour et le désir -, d'un être amené par les circonstances à revisiter son destin et à reprendre goût à la vie. Tél est l'ultime roman de Henning Mankell ; une œuvre d'une sobriété élégiaque et poignante, traversée et portée par la beauté crépusculaire des paysages. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Bleu de Sèvres | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Bleu de Sèvres Jean-Paul Desprat Seuil 2006 727 pages Historique Chronique 29 mars 2019 Deux autres tomes suivent, concernant les aventures des frères Masson sous Marie Antoinette puis la Révolution française, et à travers elles, est retracé le destin de la Manufacture de Sèvres. Roman historique certes mais effectivement aussi d'espionnage industriel sous Louis XV. Celui-ci, conseillé adroitement par Madame de Pompadour, sa bonne amie à défaut d'être encore sa maîtresse, devient seul et unique actionnaire de la Manufacture de Sèvres. Jusque là, les pièces qui en sortent sont en porcelaine très fragile et délicate, une porcelaine tendre permettant aux couleurs d'être lumineuses et exceptionnelles. Ce qui serait formidable serait donc d'allier la beauté de la porcelaine française à la solidité de la porcelaine dure, fabriquée en Saxe. On sait que pour y arriver, il va falloir trouver de nouveaux dosages pour la pâte, à laquelle on ajoutera du kaolin. Parallèlement en Auvergne, nous rencontrons deux frères, les Masson, Anselme chimiste et Mathieu, son cadet aveugle, musicien et organiste prodigieux. Leur petit frère va rester sur place tandis que les aînés vont rejoindre la capitale afin d'y faire carrière, forts des lettres d'introduction de leurs maîtres et protecteurs. Les premiers temps sont difficiles dans ce tourbillon qu'est Paris, mais grâce aux bonnes recommandations dans leurs bagages les portes s'ouvrent à Versailles et dans une paroisse proche de leur hôtel, dotée d'un orgue qui n'attend que Mathieu. Anselme quant à lui va faire ses premiers pas à la Manufacture de Sèvres en tant que chimiste. Un monde à part où les rivalités sont légion, où une guerre larvée couve entre réactionnaires ne voulant rien changer et les précurseurs d'une nouvelle ère. Le pauvre Anselme est entre le marteau et l'enclume. Bien vite il semble évident qu'il va falloir chercher la solution de la porcelaine dure jusqu'à Strasbourg où siège la Manufacture de Paul Hannong qui a mis au point un procédé. À sa mort, ses deux fils et ses deux filles se disputent l'héritage. Pierre-Antoine Hannong, sous ses dehors de jeune fat, maîtrise parfaitement la technique. Un accord est passé. Le strasbourgeois rejoint l'équipe de Sèvres tout en gardant encore pour lui tous les secrets paternels de fabrication. Les tractations avec la couronne par l'entremise de Bertin, le ministre, commencent. Pierre-Antoine s'installe chez les deux frères, l'aventure débute. Sachant que la fille aînée du roi n'est pas du tout d'accord pour que Madame de Pompadour affermisse encore son pouvoir sur Louis XV, elle entreprend de son côté de faire intervenir sa belle soeur mariée au dauphin, Marie-Josèphe de Saxe, auprès de son père pour mettre la main sur les gisements de kaolin de cette région éloignée. Donc très vite, les ennemis de la Pompadour, les ambitieux, les passéistes vont agir contre Pierre-Antoine ... Et s'il existait en France des gisements de kaolin ? Également, la question de la situation des handicapés au XVIII ème siècle est traitée, de l'abandon auquel ils sont confrontés, à l'aide qui leur est apportée par des médecins et bienfaiteurs, ayant soin de comprendre ces malades et d'adapter des méthodes d'éducation et donc d'intégration à la société. Exemplaire ! À part les personnages des Masson et de leur entourage, tout est vrai. Une chronologie des faits historiques qui a constitué la trame de ce roman est ajoutée en fin d'ouvrage, ainsi qu'un court passage sur l'histoire de la porcelaine tendre française jusqu'en 1759. Un livre parfaitement équilibré entre les deux ingrédients qui le composent, une écriture magnifique, des personnages vrais ou virtuels plus vrais que nature. Un grand roman qui de plus, me rappelant l'oeuvre de Jean Diwo, nous permet de mieux connaître et apprécier notre patrimoine artistique et artisanal. À lire absolument ! Quatrième de couverture Louis XV, adroitement inspiré par Mme de Pompadour devient, en 1760, l'unique actionnaire de la Manufacture de Sèvres. Afin de percer le secret de la porcelaine dure, fabriquée en Saxe, il engage deux frères chimistes. Mais des coups bas se multiplient et des espions sortent de l'ombre... Ecrit avec fougue et talent, voici la passionnante aventure d'une des premières affaires d'espionnage industriel. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les abricots du Donbas | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les abricots du Donbas Luba Yakymtchouk Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix 1er février 2024 176 pages lus en 1h35 par Catherine Deneuve Poésie Chronique 1 février 2024 Présentation de l'éditeur en 2023 : Un des 10 ouvrages nécessaires pour comprendre la guerre en Ukraine. Magazine Forbes Lauréat du Prix International de Poésie de la Fondation Kovalev de New York. Direction artistique : Francesca Isidori A l'origine le recueil : Les Abricots du Donbas de Luba Yakymtchouk traduit de l’ukrainien par Iryna Dmytrychyn et Agathe Bonin, Éditions des femmes-Antoinette Fouque, 2023, 176 pages, édition bilingue. Préface inédite de l’autrice pour l’édition française. La présentation de l'éditeur est parfaite et complète, je ne pourrais donc rien ajouter de notable. La poésie et l'imagination comme armes de résistance à la guerre, oui, cent fois, oui. Luba Yakymtchouk est une artiste singulière qui pose sur le monde qui l'entoure, au bord du gouffre, un regard faussement léger, incisif. Elle a l'expérience de l'adulte et la sagesse de l'enfant qui ne transige pas et qui renomme les choses pour leur enlever leur pouvoir de terreur, de destruction. La guerre ? Un jeu malsain poursuivi par des hommes qui n'ont pas grandi et continuent comme de sales gamins à donner des coups de pieds, à se prouver qu'ils sont plus forts que l'autre. Une compétition morbide ! Les pions sont les peuples, quantités négligeables, sacrifiables... Leur appétit de mort est insatiable, Miam. l'Ukraine, terre convoitée, terre abandonnée depuis des décennies qui soudain revient au centre de l'attention des occidentaux. Tard, trop tard. On juge, on croit savoir, on ne sait rien. La juxtaposition des voix de l'autrice, enfantine et douce, et de Catherine Deneuve, plus grave un peu rauque, sans aucun effet de manche, sans pathos, accentue avec beaucoup de simplicité et une économie de moyen le dramatisme et l'atemporalité de la tragédie à l'origine de ce recueil de 47 poèmes. Très courts, acérés, directs, ils touchent immédiatement la cible, notre cœur. Car il n'y a pas à débattre mais à comprendre instinctivement ce qui se joue réellement dans la vie de Luba Yakymtchouk et les siens. Pour s'extraire de la fatalité, pour s'élever au-dessus des champs de bataille, un seul moyen, la poésie..... La beauté du geste contre la barbarie et l'indicible. Catherine Deneuve dit ce texte simplement ; son débit est toujours un peu rapide, la vie passe si vite, le ton "comme" distancié, elle énonce une vérité absolue qui ne nécessite aucun artifice. C'est ainsi. Point. Catherine Deneuve ( source wikipédia) : Considérée comme l'une des plus grandes actrices françaises de sa génération et de la seconde partie du xxe siècle, elle est l'égérie de réalisateurs comme Jacques Demy, François Truffaut ou André Téchiné. Elle compte dans sa filmographie plusieurs autres grands noms de l'histoire du cinéma, comme Luis Buñuel, Roman Polanski, Mauro Bolognini, Robert Aldrich, Marco Ferreri, Dino Risi, Tony Scott, Manoel de Oliveira, Raoul Ruiz, Hirokazu Kore-eda ou encore Lars von Trier. Au cours de sa carrière, elle a interprété de nombreux rôles marquants en explorant différents genres, passant de la comédie au drame, du film historique au film musical, ou encore du thriller au fantastique. Parmi les films les plus célèbres se trouvent Les Parapluies de Cherbourg (1964) et les Demoiselles de Rochefort (1967) de Jacques Demy, Belle de jour (1967) de Luis Buñuel, Le Dernier Métro (1981) de François Truffaut, ainsi qu'Indochine (1993) de Régis Wargnier. Nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice, elle a remporté de nombreuses récompenses, notamment deux Césars de la meilleure actrice et un prix d'interprétation ou d'honneur dans les trois plus grands festivals de cinéma : Cannes, Venise et Berlin. Depuis Bonjour tristesse de Françoise Sagan (1986) jusqu'à Le silence même n'est plus à toi d'Asli Erdogan (2017), elle est l'une des plus fidèles interprètes de "La Bibliothèque des voix" depuis sa création par Antoinette Fouque. Audiobooks pour les Éditions des femmes : - Cendrillon d'après Charles Perrault - Bonjour tristesse de Françoise Sagan - Les Petits Chevaux de Tarquinia de Marguerite Duras - Les Paradis aveugles de Dương Thu Hương - La Marquise d'O d'Heinrich von Kleist - Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke - Lettres à ma mère de Sylvia Plath - Mrs Dalloway Quatrième de couverture La poésie ukrainienne : un acte de résistance en temps de guerre. Ce recueil de 47 poèmes s’intitule Les Abricots du Donbas car, là où s’arrêtent les abricotiers, commence la Russie. Née et élevée dans une petite ville minière de l’Est industriel de l’Ukraine, Luba Yakymtchouk a perdu sa maison familiale en 2014 lorsque la région a été occupée par des séparatistes soutenus par la Russie. Fruits d’expériences émotionnelles très complexes, ses poèmes s’étendent du désir érotique dans une ville déchirée par la guerre à l’imitation de babillages enfantins pour décrire les outils du combat militaire, vus comme des jouets. Luba Yakymtchouk fait preuve d’espièglerie face à la catastrophe et signe ainsi sa singularité artistique, évoquant l’héritage des futuristes ukrainiens des années 1920. Une langue dénuée de tout pathos, authentique et intime pour transcrire le quotidien de tout un peuple en résistance à travers la poésie d’une femme portée par la voix de la plus iconique des actrices françaises. Avec la famille on partage la table et tombes Avec l’ennemi ; seulement les tombes Que vienne à moi un tel prétendant Partager avec moi une tombe Me dire : Je suis plus grand que toi Je suis plus dur que toi Je suis plus fort que toi Couteau après couteau se plante dans le ventre et plus bas Lame contre lame Sa pression est plus pressante Mais Il est plus petit que nous Il est plus faible que nous Car de lame, il n’a qu’une seule Et nous sur la table, beaucoup L.Y. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La mort de Fernand Ochsé | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mort de Fernand Ochsé Benoît Duteurtre Librairie Arthème Fayard 2018 285 pages Biographie Chronique 28 mai 2018 Ce livre est un vibrant hommage à toute une génération d'artistes qui savaient créer la joie, la fantaisie, la beauté avec sérieux, talent, humour. De la fin du XIX ème siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale avec l'effroyable passage de 14/18 , l'effervescence des théâtres, le nombre de créations d'opérettes, puis de spectacles de music-hall est à peine croyable. Cette inconscience, cette innocence, ces dandys, ces salons, ces femmes de la haute société mécènes et lanceuses de mode, cette acceptation comme une évidence de la pluridisciplinarité de certains artistes, impossible aujourd'hui en France , cette façon de vivre vraiment, à la folie, en toute liberté, qui s'est accentuée après la boucherie des tranchées, comme pour rattraper un temps perdu de l'enfance ou accumuler des souvenirs avant de nouveaux désastres, ont mis Paris au centre du monde par la qualité de ses artistes, par la liberté d'entreprendre, d'essayer, de créer en collaboration avec d'autres, de nouvelles tendances, des mouvements modernes, avant gardistes. Un être d'exception est au centre de ce si beau livre, qui nous fait revivre de merveilleuses heures, en nous rappelant des airs connus, des mélodies ravissantes, des images sublimes ou drôles, ce personnage d'importance aujourd'hui oublié est Fernand Ochsé. Avec le brio qui le caractérise, avec passion, amour, regret, joie et tristesse, Benoît Duteurtre s'est attaché à lui rendre sa place de magicien, de peintre, décorateur, musicien, littérateur, illustrateur. Comme il devait être exaltant de vivre une telle époque où tous les grands noms de la scène et de la création se côtoyaient, se frôlaient, se détestaient ou s'aimaient jusqu'au delà de la mort. Une vie douce et brillante comme une bulle de champagne qui brusquement éclate au premier son des bottes nazies. Pourquoi n'ont ils pas anticipé le danger que représentaient Hitler, ses sbires, certains critiques et célébrités française, Pétain en tête ? Celui-ci va s'acharner comme pour punir ceux qui vivaient dans la légèreté, la beauté et surtout la liberté de penser. L'antisémitisme, cette bête immonde a grossi, ces griffes ont attrapé ses premières proies en Allemagne et à l'Est. Ces artistes sont venus à Paris pour fuir puis ont vite compris la nécessité de partir encore plus loin, aux USA. Certains y réussirent merveilleusement comme Kurt Weill, d'autres y disparurent dans l'obscurité. Passage dans la zone libre pour les Ochsé à Cannes dans un hôtel où tout le beau monde se retrouve pour continuer à créer, composer, chanter, dessiner, afin de contrer toujours le mal. Puis pour Fernand et sa femme Louise, sculpteur, ex épouse du frère de Fernand, c'est la rafle imbécile en cette fin de conflit dans une maison particulière où ils étaient réfugiés grâce à l'appui d'amis artistes célèbres. Tout le patrimoine de Fernand Ochsé a en grande partie disparu, les tableaux, œuvres d'arts, des automates d'une grande rareté, des meubles précieux.... Issu d'une famille aisée, ayant travaillé toute sa vie, le couple avait amassé de vrais trésors dont certains comme " le souper au bal" de Edgar Degas aujourd'hui à Orsay. Des recherches actuellement sont menées quant aux drôles de voyages qu'ont faits ces œuvres pour se retrouver d'abord en Allemagne puis dans les musées français. On ne sait comment se déroula vraiment la rafle, on ne peut qu'imaginer le pire, l'horreur. On ne sait s'ils étaient à leur âge, déjà affaiblis par des années de privation, capables de supporter un tel périple de la mort, ou s'ils ont bien débarqué à l'effroyable Auschwitz. Tout le monde se mobilisa comme ce fut fait pour d'autres déportés dont les noms sont injustement oubliés. Des personnes illustres se sont élevées contre cette barbarie, ont écrit des pétitions, rien n'y fit. La tourmente avait tout emporté. Reste le souvenir, les témoignages de Gisèle Casadesus par exemple, dont le père était ami avec Fernand, qui venait toutes les semaines déjeuner chez eux à Montmartre, ou Honegger dans « Je suis compositeur » : « Il y a encore une personne que je ne cite pas quand on me parle de mes influences et, pourtant, c'est un homme qui m'a apporté plus dans ma carrière que certains maîtres. Je veux parler de Fernand Ochsé, musicien, peintre, littérateur, décorateur, qui a eu sur mon développement la plus heureuse action. Il fut pour moi un ami incomparable, à qui je garde une profonde reconnaissance. Sa disparition, pendant les jours sombres de l'Occupation, reste un des plus profonds chagrins de ma vie. Depuis, je n'ai jamais entendu une nouvelle œuvre écrite par moi sans me demander : Qu'en aurait pensé Fernand ?» De son œuvre musicale il reste deux recueils de mélodies ( Odelettes, sur des poèmes de Régnier, et Le Parc sur des poèmes de Verlaine) et quelques chansons créées par Edmée Favart. À la Bibliothèque Nationale, on peut également consulter un volume de musique manuscrite conservé par Arthur Honegger et déposé par sa fille. Son opérette Choucoune mettant en scène des noirs bénéficia au moins d'une représentation mais ne fut jamais montée. Il n'en eut pas de rancœur et continua à promouvoir et aider les autres compositeurs et créateurs. Un être d'exception ! Il ne faut surtout pas résumer cet homme charmant, cultivé, généreux et talentueux à sa fin, surtout pas. « Son histoire nous montre pourtant autre chose : un jeune français d'ascendance juive accueilli et admiré dès ses débuts dans la société artistique et dans le monde du spectacle, où son talent allait s'épanouir très favorablement ; un esthète vivant pour son art comme ses camarades, partageant les mêmes préoccupations et les mêmes enthousiasmes ; un amoureux de l'esprit parisien, de la finesse et de l'ironie, vivant au sein d'un milieu très soudé, par-delà les origines et les convictions. » Tout un pan de notre Histoire est ici décrit avec précision et amour. On sent la tristesse et la nostalgie à l'évocation de ce monde perdu. Chanteuse lyrique, j'ai eu la chance d'interpréter dès le Conservatoire de Paris nombre des pièces et œuvres de ce répertoire, incontournable et essentiel. Et comme il est agréable, joyeux et intéressant de chanter « j'ai deux amants » dans « l'amour masqué », les airs de la Grande Duchesse de Gerolstein, ou de la Perichole, ou de faire chanter les duos et ensembles de Ciboulette, du Gril, etc.... Le chapitre p 140 est bouleversant et touchant intitulé Gisèle et Fernand. Je vois passer au loin les ombres de Fernand, son frère Julien, Proust, Reynaldo Hahn, Messager, Honegger, Ravel, Poulenc, Debussy, Stravinsky, Milhaud, Henri de Régnier, Casimir Oberfeld auteur entre autres merveilles de « Félicie aussi », Mistinguett, Arlety, Edwige Feuillère, Bourvil, Fernandel, Gabin, Yvonne Printemps........ Vraiment un très beau livre nécessaire à la compréhension de toute notre culture. Souhaitons revenir à de tels moments de joie et de camaraderie artistiques en France. Quatrième de couverture " On a oublié combien Paris fut une ville heureuse : capitale des plaisirs où les plus grands artistes adoraient le café-concert, le music-hall et l'opérette aux mille succès repris dans le monde entier. De 1900 à 1940, Fernand Ochsé fut un personnage central de cette fabrique d'enchantements. Dandy proustien de la Belle Époque, tour à tour dessinateur, compositeur et décorateur, il allait contribuer à d'importantes créations théâtrales, mettre le pied à l'étrier du jeune Arthur Honegger, collectionner les tableaux rares et les objets étranges. Son goût de la douceur de vivre ne l'empêchera pas de se voir rattraper par la brutalité de l'histoire et d'embarquer, comme juif, dans le dernier convoi pour Auschwitz. À travers son destin, c'est au basculement d'un monde que nous assistons. Basculement d'autant plus tragique que presque rien n'a subsisté de cette école de la légèreté souvent dédaignée dans la seconde moitié du XXème siècle. Artiste plein de charme dans l'ombre d'amis plus illustres, Fernand Ochsé est un guide idéal pour redécouvrir ces années modernes et joyeuses qui ont tant contribué au mythe parisien. " Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ne sautez pas ! | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ne sautez pas ! Frédéric Ernotte Lajouanie 2016 292 pages Polar Chronique 29 avril 2018 Dans la collection « Roman pas policier mais presque », même sans cette caractéristique, de toute façon ce livre est particulier. J'en suis sortie avec le sourire, la joie au cœur, heureuse d'avoir découvert un texte étonnant. « Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? En tentant de répondre à cette interrogation existentielle, le héros de Frédéric Ernotte va vivre une aventure pour le moins hors du commun. Un roman délicieusement surprenant, bigrement mouvementé. Émotion, humour et suspense garantis. » Cela commence un peu comme une blague, une histoire dingue dont le héros est un doux rêveur, bien perché au propre et au figuré. En effet, en plus de prolonger une insouciance d'adolescent, il travaille dans les nuages, car il est laveur de carreaux, de ceux qui recouvrent les gratte-ciels de Bruxelles. Il ne touche pas vraiment terre, Mathias, encore moins lorsqu'il rentre chez lui pour retrouver sa compagne Élisa. En voilà deux qui sont raides dingues, fous amoureux. Elle a plus le sens des réalités que son homme, elle est infirmière et est confrontée tous les jours à la douleur et le drame. Ainsi entre Al son collègue de passerelle, sa belle Élisa, les amis, Mathias a une jolie vie. Et fusent des dialogues cocasses, drôles, touchants, qui nous donnent envie de sourire, et de rire souvent. C'est un beau texte bouleversant, joyeux, où tout le talent d'imagination, d'inventivité et du sens de la formule de Mr Ernotte se révèlent. Premier grain de sable : Un jour il se fait chopper pour avoir dépassé les limitations de vitesse, et le voilà condamné à des travaux d'utilité générale : distribution en porte à porte d'un gadgets pour une association humanitaire. Pas une sinécure ! Fourbu le soir après ses tournées, peu à peu ses rencontres avec des gens qui le rembarrent ou l'invitent à prendre un café et à échanger quelques mots, lui permettent de dresser un portrait des donateurs et de comprendre leur raison. Par le biais de cette condamnation, Mathias et l'auteur vont, mine de rien, faire le tour de la question de la charity business au pire, et de la générosité au mieux. Les questions souvent soulevées quant à qui on donne, pourquoi financer des projets à l'étranger alors qu'ici tant de personnes ont besoin d'aide, de la participation à des téléthons et autres, pour avoir bonne conscience et continuer à vivre dans son petit confort, du don gratuit et sincère, et plus encore des engagements de médecins et bénévoles sur le terrain au cœur des guerres, des catastrophes naturelles, des zones de dangers, tous les sujets sont abordés avec délicatesse et précision. La conscience de Mathias se réveille jour après jour. Un coup de pouce du destin va lui indiquer comment lui, laveur de carreaux pourrait aider indirectement toutes les ONG et associations qui ont tant besoin d'argent. Un tour de magie, une blague de clowns. À l'origine, un quiproquo incroyable qui nous fait sourire, Mathias aussi, et qui pourtant marque le début d'une histoire aventureuse, joyeusement folle jusqu'à un évènement dramatique et un meurtre. On a peur soudain. De la légèreté au poids de la réalité quand celle-ci vous rattrape.... Et évidemment on ne s'amuse plus du tout, la nacelle manque tomber et se fracasser avec les illusions de Mathias et Élisa. La vie fait toujours en sorte de vous rappeler quelques petites règles de savoir exister, pleinement, consciemment. Carpe diem dit l'autre. Mais qu'est ce qui est passé dans la tête de cet homme qui a crié paniqué à Mathias « Ne sautez pas ! ». Un Bijou, non une boîte renfermant beaucoup de pépites, que ce " roman pas policier mais presque. " Merci Frédéric Ernotte pour ce beau livre ! Quatrième de couverture Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? Assis sur le toit d'un des plus hauts gratte-ciel de Bruxelles, Mathias est songeur. Les jambes du laveur de vitres balancent dans le vide à plus de cent mètres du sol. Alors qu'il réfléchit au travail d'intérêt général que la justice lui a imposé (vendre en porte à porte des gadgets pour une association humanitaire), un homme paniqué surgit derrière lui. Mathias ne le sait pas encore, mais la minute qui va suivre va radicalement changer sa vie. Un engrenage impitoyable vient de s'enclencher... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le bûcher des certitudes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le bûcher des certitudes Bernadette Pécassou Albin Michel 2021 256 pages Historique Chronique 24 décembre 2021 Quatre mois d'enfer sur terre débutent en Pays Basque à la frontière espagnole lorsque Pierre de Lancre, catholique extrémiste doublé d'un sadique mysogine fait abattre le couperet de l'Inquisition sur des centaines de pauvres âmes. Ses cibles : les sorcières et leurs complices. Fort de sa lecture très personnelle d'un manuel de procédure inquisitoriale, ce pervers narcissique choisit ses victimes au gré de ses folies, de ses visions, aidé en cela par un juge de Bordeaux, qui de plus en plus est terrifié par la démence de ce psychopathe, et par certaines délatrices, ayant soif de vengeance contre le monde entier ou contre une rivale, sans aucune remise en question ni remord. En ressuscitant ces heures de souffrance et de massacres perpétrés au nom du catholicisme, s'appuyant sur des faits réels, gardant les noms de certains protagonistes, s'inspirant d'autres personnages réels en changeant leurs identités mais non leurs actes, l'auteure analyse les raisons qui poussent certains d'entre nous à détruire, tuer, condamner, à se croire Dieu sur terre imposant une justice criminelle au nom de fausses vérités, poursuivant en fait une vendetta personnelle d'une barbarie sans nom. Ici la religion, les superstitions d'un autre temps, les croyances aveugles en le diable et la sorcellerie sont les détonateurs. On abat le glaive d'un ange déchu sur la population et surtout sur les femmes, filles d'Ève.Que deux d'entre elles deviennent les aides de ce fou assassin est le plus monstrueux de ce récit. Les extrémistes ne sont plus rien sans leur armée, leur entourage... Ils s'attaquent toujours aux plus fragiles comme les lâches qu'ils sont.Les marins balainiers sont partis pour Terre Neuve laissant derrière eux femmes, enfants, vieillards et quelques charbonniers. Pendant les quatre mois que durera leur absence, les délations, les tortures, les bûchers se multiplieront sur simple dénonciation. Nous sommes en 1609 en pleine guerre de religion ; évidemment ces faits semblent constituer une répétition pour ce qu'il adviendra plus tard jusqu'à aujourd'hui en France et ailleurs. C'est aussi une époque où les services secrets de la France et de l'Espagne se livrent à une guerre souterraine et non moins capitale pour les intérêts des deux royaumes. Le Pays Basque, en son ensemble, devient l'échiquier où chaque camp manipule ses pions, les victimes collatérales de ce jeu étant les pauvres habitants de ces terres. On tremble de fureur et d'horreur tout au long de ce magnifique roman historique, somptueusement rédigé, inspiré car engagé à faire transpercer la lumière au travers des ténèbres. Les notes finales de Bernadette Pécassou apportent les précisions essentielles quant au destin de certains personnages, et l'on sent soudain un goût amer en bouche.... Quatrième de couverture 1609. Au cœur du Pays Basque, encore imprégné de rites et de mythes païens, Pierre de Lancre est chargé par Henri IV d’éradiquer la sorcellerie. Dévoré par la foi, le goût du pouvoir, et plein de certitudes, il a une méthode imparable : purifier les âmes en brûlant les corps. Sur ces terres rudes à la langue impénétrable, désertées par les hommes partis en mer, les destins de quatre femmes vont s'entrecroiser. Échapperont-elles à la folie de ce chasseur de sorcières ? Une épopée sanglante où des femmes sont sacrifiées au nom de la raison et de la religion. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















