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  • La fille de Kali

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fille de Kali Céline Denjean Pocket 21 octobre 2021 720 pages Thriller Polar Chronique 17 juillet 2017 Je remercie les groupes d'accros, de mordus et autres addicts, qui orientent, conseillent et font la promotion des livres, et participent ainsi à la transmission de la pensée, à la survie de la langue. Et dans ce cas précis à faire reconnaître un vrai talent de conteuse et d'écrivaine, et le fait que ce ne soit que le deuxième ouvrage de l'auteure, ne fait que mettre encore plus en lumière l'excellence exceptionnelle de "La fille de Kali" et du long travail qui a permis sa naissance. Le ton et l'écriture sont personnels et uniques. La brièveté des chapitres nous faisant basculer entre l'équipe de gendarmes de Toulouse menée par Héloïse Bouquet, la journaliste ambitieuse et insupportable Amanda Kraft, le privéancien flic déchu Danny Chang au physique et mental d'acier, est une option souvent choisie par les auteurs de thrillers, faut il encore la maîtriser, et c'est le cas ici, accélérant même le rythme pour atteindre un climax à peine supportable en fin de compte à rebours. Le plus déroutant et effrayant mais aussi étonnamment touchant, est le récit de la petite fille Nilin abandonnée et mal aimée, qui s'adresse au lecteur à chaque début de partie, avec confiance en le tutoyant, pour lui raconter ses premières années de vie en Inde et son parcours. Le dépaysement est complet, que ce soit au bout du monde ou dans les tréfonds d'un esprit perdu, fou, se raccrochant à des croyances spirituelles pour supporter l'innommable, l'inacceptable. Cela donne un début d'explication à la psychopathie, à cette plongée démente dans le sang et la violence. Ce qui m'a aussi frappée, c'est la place centrale des femmes en quête de pouvoir et de reconnaissance, toutes autant qu'elles sont dans ce récit, de l'Inde aux moeurs violentes à l'Europe dite civilisée. Faut il se transformer en guerrière pour être respectée et crainte ? Cela doit-il passer nécessairement par le conflit, par une guerre aux méthodes normalement attribuées faussement aux hommes. La question de la puissance et de la place des femmes dans les religions ou superstitions est centrale même dans notre société dite moderne. Nous payons des siècles et des siècles de traditions ou croyances visant à contrôler la femme. Que ce soit dans le culte marial ou manifestement oriental, elle doit répondre à une obligation hallucinante de virginité, de pureté, d'obéissance aux hommes. Alors ce thriller en tant que femme d'une certaine façon m'a personnellement défoulée, et m'interpelle à bien des niveaux. Ainsi Héloïse Bouquet, gendarme nouvellement mutée, est chargée avec son collègue, depuis peu, Jean-Marc de retrouver un ingénieur dans l'aérospatiale qui ne répond pas aux appels de sa femme devant le rejoindre bientôt avec leurs enfants dans leur nouvelle maison Toulousaine. Sur place ils trouvent une scène de crime horrifique : l'homme est décapité étendu le bras replié en arrière comme s'il soutenait encore sa tête manquante, dans une pose lascive, un tissus léopard sur le sexe. Un swastika est tracé sur le mur, au bas de celui-ci des offrandes comme pour un culte sont retrouvées. Les pistes sont d'ores et déjà multiples pour les gendarmes, un mois passe mais rien de probant n'oriente l'enquête. Un autre meurtre avec le même mode opératoire a alors lieu.....Merci Celine Denjean. Quatrième de couverture Une tueuse en série s'inspire de Kali, déesse hindoue de la destruction. Quand elle pénètre au domicile d'un homme dont on vient de lui signaler la disparition, la jeune capitaine de gendarmerie Éloïse Bouquet ne peut imaginer le spectacle qui l'attend. Sur le mur, un immense swastika tracé avec du sang. Au pied du lit, un tas de piécettes et des pétales de fleurs faisant penser à une offrande. Et allongé, le cadavre du disparu, presque intégralement nu, le torse maculé de sang, décapité. Le meurtrier n'ayant pas laissé le moindre indice, l'enquête piétine. Jusqu'à ce qu'un mois plus tard soit retrouvé un autre corps mutilé selon le même rituel. Les premiers éléments de profilage font alors émerger le spectre d'une tueuse en série s'inspirant de la redoutable déesse Kali. Un cauchemar pour la capitaine Éloïse Bouquet et son équipe. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le teinturier de la lune

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le teinturier de la lune Violette Cabesos Albin Michel 2015 585 pages Divers Chronique 6 novembre 2017 Presque six cents pages d'une aventure épique, surnaturelle, magique, ésotérique, pour les deux jeunes héros de ce roman de quête : l'alchimiste (ou Teinturier de la lune comme on les rebaptisait alors ) Theogène en cette fin du XVIe siècle, et la pigiste ambitieuse Victoire à Paris en 1936. Liés par un fil mystérieux au delà du temps et de l'espace, Theogène murmure aux oreilles de Victoire, prend possession de son esprit, la mettant dans une transe au cours de laquelle elle écrit et dessine sous sa dictée. Une simple visite de la jeune femme à la Bibliothèque Mazarine pour interviewer son directeur, un simple contact avec un manuscrit du XVIe siècle, et le destin est enfin en marche pour mener Victoire à Prague où avait officié Theogène à la cours de Rodolphe II. Au delà de cette enquête de la jeune femme pour comprendre les messages de Theogène, au delà de l'érudition joyeuse et enthousiasmante qui souffle sur ce récit, jonglant avec facilité sur les notions et croyances des alchimistes, sur les épisodes concernant la recherche de l'élixir de vie éternelle, de la pierre philosophale, de la transformation de la matière en or, de l'art comme barrage au mal, (d'où la collection monumentale d'oeuvres diverses et de grimoires et livres de Rodolphe en son château), au delà donc de tout ceci, ce livre est un hymne à Prague mystérieuse, envoûtante, à son peuple, à son histoire de légendes et de magie. C'est Libuse qu'on écoute, c'est le pont sur la Maldau que nous traversons pour passer dans un autre monde, où la musique de bohème, de Smetana, de Dvorak, où les poètes, philosophes et écrivains continuent à chanter, à se quereller, à rire, à créer au café le Montmartre. De 1585 à aujourd'hui c'est la trajectoire de ce pays, de ses âmes, luttant tel le Chevalier de Bruncvik avec son épée d'or pour sa liberté, pour le bien contre les envahisseurs multiples au service du mal. C'est un roman bouleversant teinté de magie, du sang des justes, emprunt d'espoir et de bravoure. Et il en faudra énormément à nos deux personnages principaux pour se retrouver, se comprendre, dans une Prague enfin libérée et radieuse. Les dernières pages exceptionnelles dans l'obscurité sont porteuses d'une lumière et d'un lyrisme éblouissants. Dans la veine des livres fabuleux de Henri Loevenbruck par exemple, mais avec une sensibilité plus féminine évidemment, à découvrir absolument. Quatrième de couverture Paris, 1935. Victoire, pigiste dans un grand journal, est victime d’étranges phénomènes : chaque nuit, pendant son sommeil, elle écrit des poèmes en français de la Renaissance, des vers occultes dont le sens lui échappe. Wissembourg, Saint-Empire romain germanique, 1584. Théogène, un jeune alchimiste, se hâte vers le laboratoire de son maître : il va enfin lui révéler le Secret des Secrets, la recette pour fabriquer l’Elixir de longue vie, le philtre qui rend l’homme tout-puissant et immortel. A trois siècles et demi de distance, Victoire et Théogène vont parcourir un périple semé de meurtres énigmatiques, croiser la route de l’empereur Rodolphe II de Habsbourg, de devins, d’espions et de personnages interlopes, qui tous poursuivent le même but : accéder à l’immortalité. Esotérisme, alchimie, occultisme, de la Renaissance au début du XXe siècle, du Dr Faust à Kafka, un formidable suspense qui entraîne le lecteur des mystères de la Prague gothique à la Révolution de velours. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Donnez-moi de mes nouvelles

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Donnez-moi de mes nouvelles Isabelle Artus Charleston 14 mars 2023 336 pages Roman Chronique 18 mars 2023 À ceux qui pourraient classer ce roman dans la catégorie feel-good, je dirais... Attendez. Récit faussement léger à l'humour comme marque d'élégance, la causticité cachant une grande pudeur, les formules inventives et drôlissimes ajoutant au tact et à la délicatesse apportés à un tel sujet. Nombre d'accidentés de la vie, si ce n'est de la route, se retrouveront dans l'histoire de Étienne Marcel qui au réveil d'un coma n'a plus de mémoire et ne réussit plus à marcher. Terrifiant moment qu'il traverse heureusement entouré de ses proches, amis, mère, collègues de bureau, tous singuliers, originaux, à forte personnalité. L'écriture est belle, remarquable, mêlant verve, fantaisie, profondeur et suspension du temps. La description du microcosme qu'est un magazine de luxe est plus vraie que nature et pointe les vérités sous les fausses apparences, les faiblesses sous les comportements outranciers. L'autrice connaît tous les codes de ce milieu et en fait un portrait parfois au vitriol, parfois tendre, toujours juste. Elle enlève couche après couche les vernis posés année après année qui ternissent la fraîcheur de l'image à l'instar de notre héros malgré lui qui, peu à peu, retire les voiles recouvrant son enfance et sa vie. Son inconscient dit STOP, son corps refuse d'avancer ; comme un caillou dans la chaussure, une part au plus profond de lui l'empêche de continuer à fonctionner comme si de rien n'était. Comme l'écrivait Michel Odoul : "Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi". Quant à moi, je le formulerai ainsi : dis-moi où tu as mal, je te dirai qui tu es. Plusieurs figures féminines tournoient autour de lui, l'aidant chacune à faire le tri, à recoller les morceaux. Les hommes, père et ami photographe sont lointains, présents en pensée. Et qui est ce grand noir sapé comme un roi, aux allures de garde du corps, qui l'appelle "mon frère"? Le portrait de ce jeune homme monté de sa province et tombé dans le monde du glamour par hasard, dessine les traits d'un être touché par la grâce, lunaire, imaginatif, sensible, inconscient de son talent et du coup d'une pertinence folle, avançant à l'instinct, à l'humain, dans un monde d'artifices et de faux-semblants. Mais on ne peut chasser sa vraie nature indéfiniment, forcément elle se manifeste, se regimbe lorsque le chemin emprunté nous éloigne de nous-mêmes... Quel est l'élément déclencheur, hors l'accident, à l'origine de l'amnésie et du handicap de Étienne ? La solution se trouve-t-elle dans une malle aux souvenirs, dans la psychogénéalogie ? Son amie d'enfance Alma-Marie pourra-t-elle le guider ? A-t-elle des informations ? Ce qui pourrait être un des pires moments de la vie du jeune homme pourrait, peut-être, se révéler comme une remise à zéro salutaire, un passage obligé pour ce trentenaire qui, jusque là, s'est laissé emporté par les évènements sans les provoquer. Quatrième de couverture Après le succès de « La Petite boutique japonaise », Isabelle Artus revient avec ce nouveau Roman plein de dérision et de fantaisie ! Un homme se réveille dans un lit d’hôpital, paralysé et amnésique. Peu à peu, des bribes de souvenirs lui reviennent : il s’appelle Étienne Marcel, oui, comme la station de métro, il est le journaliste vedette d’un grand magazine de mode et s’est fait renverser par un camion poubelle, en Vélib, à quatre heures du matin. Si au bout de quelques semaines Étienne a retrouvé l’essentiel de sa mobilité et de sa mémoire, il ne parvient toujours pas à marcher. Pour ses médecins la paralysie est psychosomatique. Aidé de ses trois amies Prudence Sainte-Rose, psychiatre superstar judéo-antillaise, Alma-Marie, son amie d’enfance, Ardéchoise de souche à la carrure de rugbyman, et Olympe Costa de Bazainville, sa collègue journaliste, Parisienne jusqu’à l’âme, Étienne va chercher dans son passé les raisons de son blocage, au risque de tomber sur de lourds secrets de famille… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le vertige de la peur

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le vertige de la peur Linwood Barclay Belfond 17 février 2022 505 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 31 mai 2022 Claustrophobe ou sujets au vertige s'abstenir... Dans la cité verticale qu'est New York, des ascenseurs défaillants ou en panne sont déjà une vraie catastrophe. Mais lorsqu'ils semblent soudain ne plus obéir à vos ordres, alors vous pouvez déjà trembler car vous vivez vos dernières secondes avant la chute infernale. Un incident tragique passe difficilement et douloureusement pour les proches des victimes et l'opinion publique, cependant quand trois catastrophes du même genre se succèdent, on sait qu'un serial killer d'un genre original sévit dans la Grosse Pomme. La population tremble, les implications désastreuses se multiplient, les conséquences politiques deviennent scandales et font le buzz et le bonheur des rédacteurs de presse. Parallèlement, le corps d'un inconnu défiguré est retrouvé et des attentats sont revendiqués par un groupe de suprémacistes baptisé les Flyovers. Pour Jerry Bourque, flic en plein syndrome post trauma, et sa partenaire Lois Delgado, les jours à venir seront un vrai parcours du combattant les poussant au bord du gouffre. Pour Barbara journaliste et sa fille Arla, ce sera également une course d'obstacles et une suite de révélations dont il sera difficile de se relever. Ne parlons pas du maire Headley qui va apprendre de force l'humilité. La ville est la proie d'une âme tourmentée prête à tout pour atteindre son objectif mystérieux, dans une mégalopole où les conditions de vie des plus modestes sont désastreuses, où les marchands de sommeil pullulent et condamnent les locataires à survivre dans des logements indignes, pendant qu'une élite richissime et déconnectée des réalités les regardent avec mépris du haut de leurs penthouses. On pense même que le bourreau des ascenseurs travaillerait peut-être pour des puissances étrangères.... l'une des victimes étant une scientifique russe.... On en perd la tête.... Linwood Barclay nous balade tranquillement dans cette cité terriblement attirante, séduisante et dangereuse. Il joue avec nos peurs, nos phobies, avec un luxe de détails qui rend ce thriller sociétal, politique et psychologique très cinématographique. Un dénouement fabuleux à la lecture de laquelle votre niveau de stress vous fera frôler la crise cardiaque.... Un excellent opus encore pour cet auteur qui réussit à renouveler le genre à chaque nouveau roman. Tenez bien la rampe, préférez les escaliers... Quoique là aussi, vous pourriez avoir des surprises... Vous voilà piégés ! Quatrième de couverture En chute libre. Lundi, 8 heures. Plusieurs employés de Cromwell Entertainment empruntent un ascenseur pour rejoindre leurs bureaux situés aux 33e et 37e étages d'un gratte-ciel new-yorkais. Curieusement, la cabine ne s'arrête pas et poursuit sa montée. Avant de lâcher. Un accident mécanique, tragique et banal. Mais le lendemain, un drame similaire se produit dans un autre building du quartier. Puis un autre le mercredi. La panique s'installe dans Big Apple. Qui peut bien menacer la ville la plus verticale du monde ? Alors que la population n'ose plus sortir de chez elle, que les services de maintenance sont saturés, que la Bourse dégringole, deux flics désabusés et une journaliste tenace vont s'engager dans une course contre la montre pour résoudre ces affaires avant l'inauguration de la plus grande tour résidentielle de Manhattan, prévue pour la fin de la semaine... Avec ce nouveau polar, Linwood Barclay défie les lois de la gravité pour nous offrir un moment de suspense aussi anxiogène que jubilatoire. Cramponnez-vous ! Les portes de l'ascenseur viennent de se refermer ; il n'y a plus d'issue. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Pourquoi toi ? Jaurès

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Pourquoi toi ? Jaurès Christophe Belser De Borée 12 septembre 2019 232 pages Historique Chronique 2 octobre 2019 « Chronique d'un meurtre annoncé » Mon texte sera court car la quatrième de couverture traduit parfaitement ce que je voulais écrire. Donc je vais m'attacher à partager mes sentiments quant à ce livre paru dans la collection Histoire & Documents des Éditions de Borée, que je remercie d'ores et déjà. J'ai été complétement conquise par ce qui, de prime abord, pourrait paraître faussement barbant... Pensez donc, Jaurès !!!! Et vous revient en mémoire des heures interminables au lycée ou collège en cours d'histoire... soporifiques. J'ai eu la chance d'avoir un professeur en première tout à fait inspirée et passionnante, et une famille m'offrant l'accès à cette matière géniale par le biais des livres, des reportages télé, des revues spécialisées. Cet ouvrage aurait pu effectivement s'intituler "chronique d'un meurtre annoncé" ou "autopsie d'un assassinat..." Je l'ai lu comme un thriller absolument incroyable, hallucinant, haletant. C'est vrai, la réalité dépasse toujours la fiction. Et me vient immédiatement à l'esprit la question : mais comment a-t-on pu relaxer le coupable du meurtre de Jean Jaurès, alors qu'il avait avoué son crime à plusieurs reprises lors de l'instruction et au procès ???? !!!! Dingue, complètement fou ! Je n'ose imaginer l'état des proches et de la famille du grand homme à l'annonce du jugement. Comment en est-on arrivé là ? Le titre en une des journaux " Ils ont assassiné Jaurès" , exclamation d'une des témoins de la scène reprise ensuite par la presse, est des plus justes. Car pour que Raoul Villain, le bien nommé, en arrive à appuyer sur la gâchette de son Smith & Wesson, lui le velléitaire, l'hésitant, le lâche, l'invisible, il a fallu un contexte politique et sociétal bien particulier. Les appels au meurtre de Jaurès par voie journalistique ont été légion en cette période troublée et anxiogène, où le pacifisme et la volonté d'accord avec l'Allemagne de Jaurès apparaît comme de la traîtrise, de l'antipatriotisme. La perte de l'Alsace Lorraine ne passe toujours pas auprès d'une certaine partie de la population. Également l'engagement de Jaurès auprès des dreyfusards, son opposition à un service militaire de trois ans, son voeu d'une nouvelle armée réorganisée, et enfin son socialisme moderne au service des plus humbles et des ouvriers en particulier, font grincer bien des dents. Les attaques, les menaces, les insultes, les caricatures ignobles de "Herr Jaurès", de la part d'opportunistes, de représentants d'une vieille garde, d'un ancien régime, tel Charles Péguy !!??!! sont d'une rare violence et vont servir à la défense imaginée par les avocats de Villain. Ainsi Christophe Belser nous dresse clairement, précisément, les portraits de la victime et de son tueur, analyse le contexte, les buts poursuivis par chacun et surtout, les conséquences, jusqu'à aujourd'hui, de cet événement et de l'action de Jaurès. Aurait-il pu empêcher la première guerre mondiale ? Rien n'est moins sûr. Aurait-il été assassiné ou arrêté dans son action dès la déclaration de guerre ? Peut-être... La récupération de son image, de ses propos, jusqu'à les déformer, son entrée au Panthéon, son nom omniprésent sur les plaques de rues, monuments, institutions, ont quoiqu'il en soit, fait entrer cet homme dans la lumière alors que son meurtrier reste à jamais dans les ténèbres. Un livre passionnant, essentiel en ces temps troublés : revenons aux fondamentaux de la pensée citoyenne et humaniste de la République française. Un vrai thriller politique et historique, sans aucun doute possible. Quatrième de couverture Le 31 juillet 1914, Raoul Villain assassine Jean Jaurès à Paris. L'abîme est immense entre Jaurès et son meurtrier. Fondateur de l'Humanité et du socialisme moderne, Jaurès est un l'homme de tous les combats, défendant les ouvriers de Carmaux, Alfred Dreyfus ou le pacifisme. Il est également haï par une partie du pays et est certainement l'un des hommes les plus invectivés de son époque. A contrario, Raoul Villain est un individu fragile qui trouve dans le patriotisme un échappatoire à ses tourments. C'est en son nom qu'il tue celui qu'il surnomme " le Grand traître ". Bien qu'il ait agi seul, il révèle durant l'instruction et son procès, au terme duquel il est acquitté (!), un profil plus calculateur et manipulateur. Il finit par mourir aux Baléares, sous les balles de républicains en 1936 dans un anonymat qui tranche avec la stature de sa victime, référence historique et politique toujours aussi actuelle. C'est ce cheminement croisé entre deux hommes qui n'ont rien en commun mais que le destin réunit tragiquement au café du Croissant que relate cet ouvrage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Muselés

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Muselés Aro Sáinz De la Maza Actes Sud 2 janvier 2019 368 pages traduites par Serge Mestre Thriller Polar Chronique 28 novembre 2021 « Dans une Barcelone asphyxiée par la crise, l’auteur conduit un thriller poignant sur la ligne rouge qui mène au précipice les exclus du système. » Ça y est, je suis accro à cette série policière consacrée à Milo Malart, inspecteur barcelonais à l'empathie exacerbée, aux méthodes singulières, vivant son existence comme en sursis à l'instar de cette société en pleine crise économique et morale. Alors que la question de la Souveraineté se pose, que l'indépendance est dans tous les esprits, que se libérer de l'effet dévastateur d'un gouvernement corrompu à la solde de grandes fortunes se comportant encore comme des propriétaires terriens d'un autre temps, le jeune homme assisté de sa collègue Rebecca, traque le tueur d'une étudiante en droit et en même temps un sacrificateur de chiots en bordure de parcs pour enfants. Dans ce monde perverti, sous une pluie qui n'en finit pas, sa hiérarchie le pousse à privilégier l'enquête sur la tuerie canine... La disparition d'une jeune femme issue d'un milieu modeste n'est pas assez vendeuse. Mais dès le début, Milo remarque les ongles manucurés de la morte. Cela ne cadre pas avec le profil de la victime qui par ailleurs travaillait pour trois fois rien dans un cabinet d'avocats. Rien ne cadre dans cette histoire. Entre insomnies, terreur de déclarer les premiers symptômes de la schizophrénie ayant condamné son père et son frère au suicide ou à l'internement, séances de natation à l'aube dans l'eau glacée de la Méditerranée, coups de poing dans le bide à la vision de la misère qui avale une Barcelone terrifiante et cauchemardesque, Milo est prisonnier d'un tableau crépusculaire à la Goya. Bientôt ses intuitions se vérifient, une autre mort oriente les enquêteurs vers d'autres pistes. J'aime le style magnifié par la traduction, j'aime les descriptions de cette ville en perdition, j'aime les dialogues ciselés très authentiques, j'aime l'humour désespéré, j'aime la tendresse affleurante, j'aime ce camaïeu de gris. Pour adoucir le tout, deux jolies rencontres permettent d'alléger un peu le quotidien de Malart : l'une avec un chien rebaptisé "mon vieux", et l'autre avec une femme sympathique, promeneuse sur la plage d'une petite chienne, personnage introduisant également une réflexion sur la corruption du monde politique catalan. Comme je lis la série à rebours, mon prochain épisode sera en fait le premier tome, " Le bourreau de Gaudi", grand succès de librairie. J'ai hâte. Vous trouverez ma chronique sur le troisième opus "Docile" sur ma page Eva Impressions littéraires. Quatrième de couverture Ébranlé par la conclusion de l’enquête du «Bourreau de Gaudí», Milo Malart, inspecteur pugnace et intuitif, reprend du service dans une Barcelone en noir et blanc, pétrifiée et transie, asphyxiée par la crise. Il traque les démons qui terrorisent la ville en essayant de faire taire ceux qui hantent ses pensées. Dans un sous-bois à la lisière de Barcelone gît le corps d’une jeune femme à l’aspect en tout point ordinaire, si ce n’est ses ongles, impeccablement manucurés : une étudiante de famille modeste qui finançait ses études en travaillant au service de recouvrement de créances d’un cabinet d’avocats, et arrondissait ses fins de mois en faisant l’escort-girl. Quelques jours plus tard, un des associés du cabinet qui l’employait est retrouvé mort dans son appartement cossu du centre-ville. L’enquête s’annonçait déjà ardue quand un sadique entreprend d’exposer dans les squares, à la vue des enfants, des chiens empalés. Les plaintes fusent et la pression est à son comble pour l’inspecteur Milo, chaque jour un peu plus gagné par la schizophrénie qui a déjà emporté son père et ronge désormais son frère Hugo. Mais ces troubles psychotiques sont aussi sa plus grande force : une capacité hors pair à se mettre dans la peau des meurtriers. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Apocryphe

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Apocryphe René Manzor Editions de l'Epée 3 octobre 2018 400 pages Thriller Chronique 4 octobre 2018 Prix Polar des Petits Mots des Libraires 2018. « Apocryphe se dit d'un texte qui n'est pas authentique comme un testament par exemple mais aussi, de tout écrit qui se présente comme un livre inspiré de Dieu qui ne fait pas partie du Canon biblique juif ou chrétien. » Définitions du Larousse « Tant que nous ne sommes pas touchés par le malheur, il est facile de choisir le bien. » « Ce ne sont pas les défunts qui nous quittent, c'est nous qui les quittons en cessant de croire à leur existence. » C'est l'histoire d'un garçon de 7 ans qui assiste impuissant à l'exécution de son père. C'est la vie d'un enfant en rage, avec un gouffre à la place du coeur, suite à cette perte qu'il vit comme un abandon. C'est le destin d'un jeune homme de quatorze ans qui après le drame veut retrouver la tombe paternelle, éliminer toutes les zones d'ombre, regagner le monde, la ville sainte et maudite, lieu du crime, se battre avec les zélotes, des patriotes résistant aux envahisseurs, afin de repousser et chasser les romains.... Cela vous rappelle quelque chose ? J'ai oublié de dire nous sommes en 30 après JC au tout début de cette grande épopée sombre, violente, inspirée, et notre héros se nomme David de Nazareth.... Jeshua et Maramne sont ses parents, Shimon le zélote est son oncle paternel et son parrain. Il le protège et lui apprend le maniement des armes. Tous trois vivent dans une ferme isolée pendant sept ans après la crucifixion. Les Nazoréens regroupent en 37 des milliers de fidèles à Jeshua. Ce n'est pas apprécié par le grand prêtre Caiphe, ni par le Sanhédrin, qui sont à l'origine de sa condamnation. Cela agace aussi profondément Pilate aux ordres de Rome d'abord sous Tibère puis le sinistre Caligula. Est mandaté pour trouver le chef des Nazoréens, Saül le Tarse, un meurtrier en puissance, un psychopathe, chef de la sécurité du Temple. La révolte gronde, les différentes tribus juives se déchirent, certaines collaborent avec les autorités, d'autres fomentent des complots et rêvent de liberté. Un jour, un Centurion, Longinus, aux yeux lilas se présente à la ferme. Mariamne a un haut le cœur en le voyant, Shimon ne comprend pas ce qui se déroule sous ses yeux : se connaissent-ils ? En quelles circonstances ? David ne voit que l'arrachement du romain et la haine prend possession de lui..... Mais les évènements dramatiques qui vont suivre vont changer la donne. Un thriller sur une trame historique, biblique, comme une grande fresque antique mêlant moments intimistes, plans larges sur des paysages immenses, des vues d'ensemble ou des scènes de bataille hallucinantes. J'ai beaucoup pensé à la série « Rome » esthétiquement superbe, osée et transgressive sur le fond. Excepté que l'auteur ici ne recherche aucunement à choquer, ou déranger. Au delà de la distorsion que permet l'écriture d'une fiction, sont abordés des thèmes essentiels et incontournables de l'histoire de l'humanité : la foi, la naissance d'une religion, l'interprétation des évènements passés réécris parfois par des personnes qui n'y ont pas assisté, la décadence d'un monde en déclin, l'insupportable persistance des guerres et des massacres dans une course effrénée au pouvoir, la résistance, la ténacité, le courage.... Et évidemment ici la quête éperdue d'un enfant à la poursuite du père. Émouvant, haletant et pour ma part prolongeant encore ma réflexion sur ma propre spiritualité. Chacun y trouvera ce qu'il voudra en fait, de la grande aventure épique au récit plus personnel. Je l'ai beaucoup aimé, je l'ai lu d'une traite. Quatrième de couverture Jérusalem. An 30. Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire. Un adolescent en quête de justice et de vérité, Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l'histoire officielle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Au feu les pompiers

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au feu les pompiers M.J. Arlidge Les Escales Mars 2018 442 pages traduites par Séverine Quelet Thriller Chronique 26 avril 2018 « Retrouvez le monde tordu et terrifiant de M.J. Arlidge... » En effet tout brûle dans la ville de Southampton mais également dans la vie de Helen Grace. Décidément après Ams Tram Gram, Il court il court le furet et La maison de poupée, on espérait vraiment qu'elle s'en sortirait, mais il y en a, comme ça, qui ne parviennent pas à se pardonner et continuent à se flageller, se scarifier, pour dévier la douleur mentale sur une partie du corps. Elle a beau s'acharner, en appeler même à des tiers, le Mal est bien incrit en elle et la brûlure des souvenirs est cuisante. Comme celle qui cette fois lèche les corps de suppliciés pris au piège dans leurs maisons devenue bûchers. Six incendies en 24 heures, deux morts, plusieurs blessés dont une petite fille entre la vie et l'au delà. Et ce n'est pas fini... Quelqu'un a un message à passer en lettres de feu. Helen et les brigades de pompiers sont pris de vitesse par la rapidité d'exécution du criminel. Toujours deux incendies d'entreprises et un d'une habitation particulière. Les premiers utiles à dévier l'attention... Tout devient cendre, et bien qu'épaulée par son équipe constituée entre autres de Sanderson et Charlie, qui reprend juste du service, le pyromane a toujours une longueur d'avance sur Helen. Toute la population a les yeux braqués sur elle, largement influencée par les articles incendiaires d'une journaliste ambitieuse et amorale. Malgré l'urgence de la situation cependant, Helen ne réussit pas à freiner ses plus bas instincts et met tout le monde en danger. Son nouveau patron, au comportement collant et troublant n'arrange pas les choses avec son omniprésence et son onctuosité inquiétante. Helen va devoir faire montre de beaucoup d'empathie pour comprendre les motivations du coupable, qui de par ses actes terribles n'appelle à aucune compassion. L'excuser, certainement pas, seule la compréhension du mécanisme menant au passage à l'acte, afin d'avoir une vision claire des tenants et aboutissants, intéresse Helen. Bien consciente de ses propres failles, elle ne peut entériner la bascule vers le crime sous prétexte d'une trop grande douleur intime. Une vraie menace plane sur cette ville, sur l'équipe d'enquêteurs, et évidemment sur notre héroïne, une menace qui dès la dernière page tournée, devient plus sombre et malsaine. Du bel ouvrage que ce policier ; les descriptions des brasiers, des supplices, sont terrifiantes de vérité, monstrueuses. Le montage de toute l'affaire également est malin et nous réserve de beaux retournements. On croit savoir et puis tout se consume, nos certitudes en cendre. Les personnages sont toujours aussi attachants, parfaitement reliés les uns aux autres, c'est psychologiquement plus que crédible. Quant à la sensation d'un danger permanent, elle est créée avec virtuosité. L'auteur sait très bien où il va, et ouvre déjà la porte à la suite des enquêtes de Helen, Charlie, Sanderson. Quatrième de couverture À Southampton, des incendies meurtriers se déclarent dans toute la ville. Mais rien ne semble relier les personnes touchées... Six incendies en vingt-quatre heures, deux morts, plusieurs blessés. Le commandant Helen Grace, de la brigade criminelle, n'a jamais vu ça. Une vague meurtrière qui dévaste aussi bien les quartiers riches de Southampton que les zones déshéritées, fauchant des victimes sans aucun lien apparent. Et pourtant, un seul coupable est à l'œuvre. Helen Grace et son équipe se trouvent happés dans le cauchemar d'un esprit criminel qu'il va leur falloir décrypter au plus vite. Mais, alors que de plus en plus d'immeubles partent en fumée, certains des sombres penchants de la détective prennent le pas sur sa raison... Après le succès phénoménal d'Am Stram Gram, le commandant Helen Grace est de retour. Cernée par les flammes et par ses propres démons, elle n'a plus droit à l'erreur. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage Maya Angelou Editions des Femmes Antoinette Fouque 17 mars 2022 Lu par Barbara Hendricks Biographie Chronique 25 mars 2022 Enregistrement réalisé en octobre et décembre 2021 d'une durée de 11h30 ; texte traduit de l'anglais ( États-Unis d'Amérique) par Christiane Besse dans la parution de 2009 aux Éditions Le Livre de Poche. Réalisation de Francesca Isidori : « Et puis, il y eut la douleur. Une rupture et un déchirement qui mettent les sens eux-mêmes en lambeaux. Le viol d'un corps de huit ans, c'est l'histoire de l'aiguille qui cède parce que le chameau ne le peut pas. L'enfant cède parce que son corps le peut et que l'esprit du violeur ne le peut pas. » M. A. J'ai commencé par écouter cette biographie puis la nécessité d'avoir le texte face à moi s'est imposée afin de comprendre ce qui était du choix de Barbara Hendricks quant à l'ajout de certains chants à cette lecture. J'ai donc acheté le livre et repris l'écoute. Je me sens pleine de gratitude et de respect admiratif pour Barbara Hendricks. Jeune fille puis étudiante en chant au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, j'écoutais attentivement cette artiste accomplie, je la regardais dans les films et dans les émissions culturelles et j'étais bluffée et éblouie par son parcours exceptionnel, son travail, sa voix, son humanité, sa liberté, son courage et ses engagements. Personne donc idéale pour incarner vocalement Maya Angelou dont la vie, les expériences sont tout simplement hallucinantes. Ce texte s'attache à l'enfance de l'autrice jusqu'à la naissance de son fils et le passage de facto à l'âge adulte, bien que le viol subi enfant lui ait forcément volé son innocence. Histoire donc d'une lutte intime, d'une résilience. J'aurais sous-titré ce témoignage, « Invictus » « Je suis le capitaine de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. » Évidemment le récit du viol est un moment fort en émotions de ce livre. Cependant, il n'est pas, à mon avis, central. Le positionnement de l'écrivaine au monde n'est pas victimaire. Elle est une combattante. J'ai été incroyablement marquée par la description de la messe sous un chapiteau, illustrée magnifiquement par les cantiques interprétés par Barbara Hendricks, qui nous plonge littéralement dans ces ambiances très particulières régnant au sein de ces communautés ultrapratiquantes. Également, le chapitre consacré à la remise des diplômes, d'une puissance douloureuse, véritable profession de foi en soi, en l'humanité, contre toutes les discriminations raciales ou autres, m'a profondément secouée. « Élevez la voix chacun pour chanter Jusqu'à ce que terre et ciel retentissent Des accents de la liberté. Dur a été le chemin amers les coups de fouets subis quand l'espoir était mort-né. Et pourtant d'un pas régulier ces pieds en sang ne nous ont-ils pas portés là où nos pères espéraient aller ? Le sort qu'ont choisi les autres, je l'ignore, Mais pour moi ce sera la liberté ou la mort. Nous avons parcouru un chemin arrosé de larmes, et marché dans le sang de nos martyrs... » Tout est dit dans l'Hymne national noir : poème de James Weldon Johnson mis en musique par J. Rosamond Johnson. Enfin le dernier chapitre relatant la grossesse puis la naissance du fils de Maya Angelou ouvre vers un avenir extraordinaire. Forte du parcours initiatique que furent ces dix sept premières années, formée et guidée par des femmes exceptionnelles, dures mais justes, (la grand-mère, la mère, une voisine), inséparable de son frère Bailey, elle va se dépasser, franchir toutes les frontières ou limites imposées par la société, par les nations, par les blancs. Une figure exemplaire et très impressionnante qui nous crie que rien n'est impossible. La voix, l'élégance, le souci de perfection de Barbara Hendricks apportent le charme, l'intelligence de cœur d'une artiste particulièrement généreuse envers nous, par les cadeaux vocaux qu'elle ajoute à ce récit. Je regrette que la liste des chants, cantiques et spirituals interprétés par la cantatrice ne soient pas spécifiée sur la pochette. Quatrième de couverture Dans les années 1930, Maya vit une enfance de pauvreté et de ségrégation à Stamps, dans l'Arkansas. Élevée avec son frère par leur grand-mère, elle désire retrouver la figure gracieuse de leur mère. Mais les retrouvailles s'entachent d'une nouvelle trahison : Mr. Freeman, son beau-père, viole la fillette. Quand ils l'apprennent, ses oncles assassinent le coupable relâché par la justice, traumatisme sur le traumatisme qui enferme Maya dans un mutisme profond. Qui pouvait deviner que cette petite fille blessée, muette, qui se méfie du pouvoir des mots et découvre en silence la lecture, deviendrait l'une des plus grandes voix de la littérature américaine ? "Cette misérable petite confrontation n'avait aucun rapport avec moi, mon moi profond, pas plus qu'avec cette employée idiote. L'incident faisait partie d'un cauchemar à répétition, concocté des années auparavant par des Blancs stupides et qui revenait éternellement nous hanter tous. La secrétaire et moi étions comme Hamlet et Laërte dans leur scène finale où, sous le prétexte du tort causé par un ancêtre à un autre, nous étions condamnées à nous battre en duel jusqu'à la mort." M. A. Biographie de Barbara Hendricks : Naît dans l'Arkansas en pleine ségrégation raciale. Quand elle quitte les sciences pour la musique, la pureté de son chant lyrique touche le monde entier. Elle connaît alors dans l'opéra une ascension fulgurante, aussi prestigieuse que populaire. Elle chante Mozart, Schubert, Strauss sur les plus grandes scènes, à New York, Paris, Vienne, Londres, Pékin et à la Scala de Milan. Au fil de ses triomphes, elle s'installe en Europe et prend la nationalité suédoise. À partir de 1990, elle élargit son répertoire et embrasse le jazz. Surnommée « la voix de la tolérance », elle met sa notoriété au service de nombreuses causes humanitaires. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le douzième chapitre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le douzième chapitre Jérôme Loubry Libra Diffusio 2019 355 pages Thriller Chronique 8 avril 2019 « Murmures marins Je dois te tuer. Tu comprends ? - Oui, répondit la fillette, - As-tu peur ? - Non. Est-ce que je vais devenir un fantôme ? demanda-t-elle, une soudaine étincelle de vie dans les yeux. - Oui. Et tu murmureras à l'oreille des vivants pendant de longues années. Viens. Il est temps à présent. » « Si vous lisez ces pages, c'est que la promesse aura été tenue. » David Malet Février 1986. Paul Vermont est terrifié et catastrophé. Son comptable lui a dressé, de façon plus qu'exhaustive, la situation comptable de la société métallurgique dont il a hérité. Elle est sans issue, la crise de ce secteur dans la région étant gravissime. Le dépôt de bilan est le seul avenir envisageable, induisant le chômage de centaines de familles. Paul souhaite offrir un dernier été d'insouciance à ses employés dans les appartements du centre de vacances appartenant à la société Vermont Sidérurgie, avenue des Mouettes au bord de l'océan dans une petite station balnéaire. Bien sûr il imagine bien que la nouvelle de la faillite va fuiter... Il faut d'ores et déjà s'organiser en conséquence. Il ne lui reste plus rien, veuf car Eléonore a choisi de partir, bientôt sans plus de travail. Encore sept petits mois.... Il faut tenir.... Avec l'aide d'un de ses salariés, Franck, peut-être sera-t-il possible d'y arriver ! Que dit-il déjà Franck ? « Il n'est jamais bon de ramener les fantômes à la vie, monsieur Vermont. » Sans doute, mais quelques fois ce sont eux qui s'invitent.... Lundi 14 août 2017, les voilà de retour, prêts à saccager la vie bien réglée de David Malet, auteur de thrillers à succès, de son éditeur Samuel et d'un troisième larron, dont ils ignorent l'identité. Ils ont reçu tous les deux, sous grosse enveloppe Kraft sans indication de l'expéditeur, un roman dont le douzième chapitre diffère d'une version à l'autre. Trois hommes donc considérés comme coupables par l'auteur de ce texte énigmatique et pourtant très précis quant aux faits qui se sont déroulés avenue des Mouettes en 1986, le dernier été que David et Samuel ont passé au bord de l'océan avant la fermeture de l'usine et la mise au chômage de leurs parents. L'un fut sourd, l'autre muet, le dernier aveugle. Pas d'échappatoire, David veut comprendre, n'en dort plus, sa femme prend de la distance, Samuel joue à l'autruche, mais les évènements se précipitent, le danger est présent sourdement puis brutalement. Entre aujourd'hui et hier, entre existence contrôlée et insouciance d'adolescents, dans la lumière crue dispensée par un chaud soleil d'été, les pieds dans le sable, ayant la permission enfin d'oublier un quotidien d'habitude cruel et anxiogène pendant l'année scolaire. Premières amours, premiers pactes, promesses non tenues... Les échos d'un drame résonnent déjà, la haine d'abord larvée gronde de plus en plus fort, une gamine a disparu.... Le suspense est parfaitement soutenu jusqu'au dénouement que l'on peut deviner en partie, l'analyse psychologique de tous les personnages est des plus fines, nous sommes plus dans de l'impressionnisme que dans du purement descriptif. Nous revivons grâce à David, Samuel et Julie, nos propres souvenirs d'enfance au bord de la mer, nous ressentons à nouveau cette timidité qui nous paralyse lors des premiers émois amoureux, le cœur qui bat fort, l'enthousiasme de l'amitié vraie à la vie à la mort. On se rappelle de cette frontière entre nous et les adultes, infranchissable, inviolable... On revit pour certains d'entre nous, cette angoisse lorsque soudain la peur prend possession de l'existence de notre famille, que le drame s'invite à notre table pour y rester indéfiniment... Un thriller psychologique qu'on lit d'une traite, cherchant à sortir de cette obscurité pour atteindre la lumière. Un très bon livre à découvrir au plus vite pour le frisson qu'il procure mais aussi sa délicatesse quant aux sentiments exprimés. De plus c'est fort bien écrit, et certains passages ne manquent pas de douce ironie, allégeant un peu le propos, avec bonheur. Je l'ai beaucoup aimé. Quatrième de couverture Les souvenirs sont parfois meurtriers. Été 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît. 30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les évènements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'héritier du secret

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'héritier du secret Christian Laborie Presses de la Cité 2017 542 pages Historique Chronique 8 février 2018 Depuis 25 ans, l'auteur est un incontournable écrivain de la littérature de terroir ; étant cévenol, c'est dans sa région qu'il situe cette formidable fresque historique et familiale des années trente à la déclaration de guerre. Vous retrouverez dans ce livre des personnages de ses précédents opus : Les Rochefort en 2013, l'enfant rebelle en 2014, le goût du soleil en 2016 et la promesse à Élise en 2017. Je dois avouer que je n'ai lu aucun de ces ouvrages et pourtant j'ai pris un grand plaisir à cette découverte sans être aucunement gênée. Paris, en septembre 1930, Alexandre Muller s'apprête à quitter son domicile pour rejoindre sa galerie d'art après que sa compagne soit partie pour son atelier de peintre. Tous deux préparent une exposition importante de la jeune femme. Mais il s'accorde encore un petit café et la lecture du journal. Soudain, le nom de Jean-Christophe Rochefort lui saute aux yeux, une fuite psychologique importante éclair le plonge dans une amnésie rétrograde. Quand le soir, Gina revient chez eux, elle trouve Alex prostré, il ne sait plus qui il est, il est complètement perdu. Le médecin appelé sur place est rassurant, explique le phénomène, et effectivement dès le lendemain, les choses semblent revenir à la normale. Certainement le stress et la fatigue liés à l'organisation de l'exposition. Cependant, Alex cache la vérité, il est amnésique depuis très longtemps. Son nom lui a été donné après la guerre , il ne se souvient strictement de rien avant son réveil dans une ferme allemande. Quelques fois un élément lui revient comme le nom de Raphaël Simon. Est-il cet homme ? Quelques temps plus tard, une jeune femme Alix, peintre amateure et étudiante, pousse la porte de sa galerie, elle aimerait recopier des œuvres modernes exposées dans les lieux. Il accepte. Immédiatement un lien semble les unir.... L'amour naît entre eux irrésistiblement.... Elle lui avoue alors son vrai nom : Alix Rochefort.... Profitant donc des recherches qu'Alexandre et Alix vont mener pour lever le voile sur le passé du jeune homme tant en Allemagne qu'auprès de la famille de Alix basée dans les Cévennes, Christian Laborie avec brio nous retrace le destin de chaque membre des Rochefort, célèbres tisserands, nous emporte dans un vrai suspense quant au mystère qui entoure Alexandre, mais surtout dresse avec beaucoup de talent le portrait d'un monde qui bascule dans la terreur. J'ai été stupéfaite par cette mise en lumière de tous les évènements concomitants ou successifs en moins de dix ans en France, Allemagne, Italie, Espagne, Russie, États-Unis mais aussi en Chine attaquée par le Japon, et l'Irlande cherchant à se libérer du joug anglais. C'est parfaitement raconté, expliqué, par le biais de cette fiction, et même si effectivement tous ces faits sont connus, il est bon de les rappeler encore et toujours, surtout grâce à une telle saga passionnante et inspirée. J'ai beaucoup appris et attendais avec impatience la solution du secret de Alex. De très belles heures de lecture donc, un beau moment de littérature, j'espère évidemment me plonger dans la suite. Quatrième de couverture De 1930 à 1940, la famille Rochefort, disséminée dans le monde, vit les grands soubresauts d'une époque en ébullition. Aux premiers grondements de la guerre, c'est à Anduze, fief cévenol du clan, que tous se retrouveront. Autour d'un mystérieux personnage recouvrant la mémoire... De 1930 à 1940, vies et destins croisés des héritiers Rochefort. A Nîmes, Jean-Christophe, devenu le patriarche de la lignée, est parvenu à redonner un élan salutaire à l'entreprise de textile familiale. Son fils Pierre tente l'aventure américaine en créant une usine de jeans dans l'espoir de concurrencer Levi Strauss. Alix, étudiante aux Beaux-Arts à Paris, s'éprend du célèbre galeriste Alexandre Muller, victime d'amnésie partielle, et l'aide à retrouver des pans de sa mémoire. Thibaud, parti en Allemagne à la recherche de la branche germanique des Rochefort, assiste, impuissant, à la montée du nazisme. Aux premiers grondements de la guerre, tous se réfugient à Anduze, leur fief cévenol. Quand Alexandre Muller retrouve enfin ses souvenirs, l'univers des Rochefort est bouleversé. Qui est ce mystérieux personnage qu'un parfum de magnolia sort peu à peu de l'oubli ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Trois femmes en noir

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Trois femmes en noir Daniel Cario Presses de la Cité Terres de France 2017 428 pages Thriller terroir historique Chronique 30 décembre 2018 Polar et thriller on peut également classer ce récit dans les romans de terroir. Celui-ci est comme toujours avec Daniel Cario la Bretagne, et plus particulièrement Port-Louis, près de Lorient, petite ville au bord de l'océan qu'affrontent courageusement les pêcheurs dans leurs chalutiers. Une vie rude pour les marins et leurs familles, surtout pour les femmes toujours dans l'inquiétude et l'attente du retour de leurs hommes en fin de semaine. Des gens durs à la tâche, de caractère, depuis des générations. On se sent totalement dépaysé, dans cet autre monde d'authenticité où la nature est celle qui impose sa puissance. Le destin semble inéluctable, Dieu ayant abandonné les siens. Cependant, nous sommes en réalité en mai 1990, même si le temps s'est arrêté sur cette côte. Comme dans toutes les petites villes, la rumeur, la médisance, la vie privée non respectée par les voisins, sont légion, mais se manifestent aussi l'entraide, la gentillesse, l'humanité. Les habitants de Port-Louis vont avoir besoin de se serrer les coudes, compte tenu de la tempête qui va s'abattre sur eux. Un jeune homme Chim, un peu attardé, découvre de très bon matin le corps de sa meilleure amie Eugénie " brave fille un peu bizarre" sur une plage. Affolé, il s'enfuit laissant derrière lui son seau et ses outils de pêche aux coquillages... Il croise deux vieilles pêcheuses de palourdes, Guite et Fanch, de sacrées pipelettes à l'esprit mal tourné. En voyant le cadavre vraisemblablement violé, elles remarquent aussi un message laissé par Eugénie avant de mourir, écrit avec des galets précédés d'une croix en petites branches. Ainsi peut on lire +LOU. Au même moment, sont partis sur leur chalutier le Saint Louis, les trois Louis rebaptisés respectivement Loeiz, Lili et P'tit Louis. Le premier vit avec sa mère Mauricette, le deuxième avec sa femme Lucie, propriétaire d'un café sur le port et le dernier avec sa sœur Rozenn, vendeuse dans une poissonnerie. Ces trois femmes vont devoir faire preuve de beaucoup d'intelligence afin de défendre leurs hommes contre les médisances lancées par Guite et Fanch, et contre les accusations et doutes de la gendarmerie. Le message dans le sable indiquerait que l'un des trois Louis serait le coupable, et l'absence au port du chalutier en fin de semaine relance les ragots et la suspicion. Voilà le décor planté ! Une excellente histoire policière bien sombre prenant racine dans le passé, se nourrissant des rancœurs et haines non digérées. On se croirait dans la Bretagne du début du XX ème siècle, tant les traditions et usages liés à la pêche et l'océan sont encore d'actualité. Une préservation des valeurs, et la certitude pour ces trois femmes que leurs fils, mari et frère ne sont coupables de rien. Une histoire minérale, haute en couleurs, en parfum iodé, en vent, en tempête. Elles ne lâcheront rien ces guerrières du quotidien.... Et le désespoir s'installe avec les semaines qui passent sans nouvelles du Saint-Louis. Un livre magistralement écrit comme toujours avec cet auteur, une noirceur traversée d'éclairs brusques de lumière, les cinq sens sont sollicités nous permettant de plonger encore plus facilement dans ce thriller. On aime ces femmes, on souhaite se rendre en Bretagne et y rester un bon bout de temps. Roman d'un amoureux de sa région, de ses traditions, de son passé, de ses paysages et de la langue française ici jubilatoire pour le lecteur. À ne pas manquer .... Quatrième de couverture À Port-Louis, près de Lorient, la vie suit son cours entre rythme des marées et horizon du grand large. Mais ce matin-là, deux vieilles pêcheuses de palourdes, Guite et Fanch, découvrent sur une petite plage le cadavre d'Eugénie, " brave fille un peu bizarre ". Des indices sur le lieu du crime orientent l'enquête vers trois marins, estimés et respectés. Parti en mer, leur chalutier ne répond pas aux appels radio et tarde à revenir. Au cœur de la tourmente, trois femmes guettent fébrilement le retour des marins, l'une, son mari, la seconde, son frère, la troisième, son fils. L'un d'eux serait-il l'assassin d'Eugénie ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Même pas morts

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Même pas morts Marc Magro De Borée 28 mai 2020 478 pages Polar Chronique 10 juillet 2020 Excellent ! Impossible de lâcher ce thriller policier dès que vous entamez sa lecture. Tout commence simplement : un couple à la retraite attend l'arrivée de leur petit fils policier et de sa famille pour quelques jours de vacances bien méritées, ensemble, dans une maison louée à la Baule. Un couple bien sympathique qui se chamaille joyeusement, heureux d'accueillir Paul, Lise et Annabelle, leur fille adolescente surdouée au caractère bien trempé, en provenance de Bordeaux où le Commissaire enquête sur de multiples noyades dans le fleuve. Cette coupure ne peut que faire du bien à tous. Le trio doit arriver vers 17h ; d'ici là, pendant que son mari René est parti faire des courses et lui acheter des fleurs en raison de leur anniversaire de mariage, Anna, addict aux polars, remarque par la fenêtre un détail curieux dans le jardin de la villa voisine. La voilà en pleine extrapolation fantaisiste.... Cependant, quand Paul, Lise et Annabelle Antonelli arrivent enfin à destination sous une pluie battante, ils ne peuvent imaginer un instant, en constatant l'absence des grands parents, qu'un long cauchemar vient de commencer qui se poursuivra sur plus de cinq ans. J'ai beaucoup aimé ce récit palpitant tant sur le plan émotionnel que des évènements dramatiques relatés. Marc Magro réussit à nous attacher à ses personnages bien décrits et particulièrement à Paul, dont les nuits sont peuplées de mauvais rêves ou souvenirs. C'est un roman policier parfaitement construit, imaginé, mais aussi une histoire profondément humaine et intemporelle, traitant des héritages, conscients ou non, transmis de génération en génération. Les fautes indicibles ou les actes de bonté et de courage des aïeux peuvent-ils influer sur l'existence des descendants ? les secrets du passé peuvent-ils empoisonner toute la vie des enfants et petits-enfants des victimes et de leurs bourreaux ? C'est à un voyage dans le temps mais aussi géographique via l'Italie, Londres, l'Écosse, l'Allemagne et enfin l'Australie, que l'auteur vous invite... Pour Paul se sera le moment clef où tout bascule, où les brumes de l'enfance se dissipent, où des liens perdus se renouent, ou l'essentiel est enfin dit, où les zones d'ombre s'effacent enfin. Une ombre qui s'étend à nouveau sur le monde par la résurgence d'une peste brune insupportable, incompréhensible... Plus qu'un devoir c'est surtout un travail de mémoire de longue haleine que Paul débute ici, entrant dans une armée de guerriers silencieux continuant la mission des justes. Solidement construit sur une documentation que j'imagine conséquente, puisque non précisée en fin d'ouvrage, cette traque à travers l'espace et les années se révèle passionnante, bouleversante, touchant à l'intime de chaque histoire familiale. Le petit garçon que fut Paul va peut-être enfin retrouver confiance en lui et être consolé de ses chagrins immenses. Sa fille ne lui laisse pas le choix, l'enquête sur la disparition d'Anna et de René l'exige. Que trouvera-t-il au bout de ce long cheminement jalonné de pièges, d'embûches, de malheurs, d'horreurs mais aussi d'amour, d'amitié, de camaraderie et de solidarité ? Tel Daniel affrontant les quatre monstres de son rêve, Paul va devoir combattre et vaincre ses démons et les disciples du Mal absolu. Très bon thriller à lire en cet été particulier. Quatrième de couverture Le commissaire Paul Antonelli part avec sa femme et sa fille à La Baule rejoindre ses parents pour passer des vacances tous ensemble. Mais à leur arrivée, les grands-parents ont disparu... Paul va donc remuer ciel et terre pour les retrouver. Mais c’est dans leur passé que se trouve la clé : quand Anna, sa grand-mère, fut sauvée du ghetto de Varsovie. Pour retrouver ses parents, le commissaire devra faire la lumière sur les non-dits familiaux, qui le mèneront dans les milieux néo-nazis... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Pierre Reverdy - Écrire pour survivre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Pierre Reverdy - Écrire pour survivre Roger Aim La Simarre 3 juin 2022 en version illustrée 130 pages Biographie Chronique 16 août 2022 Je remercie l'auteur de m'avoir choisie pour découvrir son dernier ouvrage consacré à Pierre Reverdy, l'un des plus grands poètes du XXe siècle, bien mal connu ; pourtant que cet homme, cet artiste fut attachant, bouleversant et primordial pour la littérature et la culture françaises ! Un peintre dans l'âme devenu poète innovant, bousculant les codes, oeuvrant avec discipline, ascétisme, abnégation à offrir des textes ciselés, éclats de vérité absolue, mises en abîme d'une âme ultra-sensible ayant trouvé dans l'écriture une planche de salut, un moyen d'exprimer sa douleur, sa solitude, ses interrogations fiévreuses, ses amours impossibles. Un être en quête d'absolu qui dès sa naissance est amputé d'une partie de son identité : la défaillance des uns et l'irresponsabilité des autres, marqueront au fer rouge le cœur du garçon puis du jeune homme. Heureusement quelques années bénies de l'enfance lui donneront l'expérience du bonheur se prolongeant dès son arrivée à Montmartre. Le bateau lavoir lui ouvre les portes derrière lesquelles l'attendent tous les artistes dont les noms sont passés depuis à la postérité. Il devient incontournable au milieu de ces figures majeures des mouvements dadaïstes ou surréalistes. Doué de prescience, il crée avant elles des pièces, des oeuvres, préfigurant l'avenir. Cette capacité à être avant-gardiste lui sera reprochée voire déniée. Cependant, tout au long de sa vie, il multiplie les collaborations multidisciplinaires avec les plus grands, nous laissant un héritage poétique et artistique singulier, extraordinaire et d'une modernité folle. En quête d'absolu, dans ces amours aussi, il oscille entre Henriette et Gabrielle fameuse Coco Chanel... Personnalité aux multiples facettes, inclassable, il ira, guidé par Max Jacob, jusqu'à se perdre un temps dans une quête mystique chrétienne jusqu'au-boutiste, quittant Montmartre pour Solesmes.... Ces 130 pages trop courtes sont passionnantes, émouvantes, stupéfiantes et se lisent avec bonheur, vif intérêt et ferveur. Remarquablement écrites, ces lignes traduisent toute l'admiration de Roger Aïm pour le poète trop peu mis à l'honneur et oublié aujourd'hui. L'auteur réussit parfaitement à nous attacher nous aussi à ce petit garçon devenu homme de lumières et d'engagements. Merci à Roger Aïm pour sa confiance. Gratitude. Quatrième de couverture Reverdy qui ne trouve pas sa propre histoire intéressante, qui écrit à propos de sa vie que tout le monde pourrait en dire autant, que dans sa vie, il n'y a pas eu d'évènements, ni de dates, finalement rien, et qu'il implore même le ciel pour qu'il demeure un poète inconnu .... Aussi, ne m'en aura-t-il pas fallu plus pour éveiller une curiosité que se transformera vite en passion pour l'homme, le poète et son œuvre. De Narbonne à Solesmes en passant par Montmartre et le bateau lavoir, Reverdy a rejoint les chemins de la poésie par la peinture en observant, écoutant, questionnant Picasso, Braque, Utrillo, Modigliani... Dadaïste avant le mouvement Dada, surréaliste avant Breton, sa trajectoire poétique sera particulière, toute ancrée dans un immense besoin de solitude qu'il trouvera à Solesmes. Chez Pierre Reverdy, pas de séduction, pas de grands sentiments, mais un art neuf de la poésie, hors du temps, avec des mots universels, des mots de tous les jours, qui par leur associations provoquent une image poétique, une étincelle. Etincelle qui aura une si grande influence sur André Breton et sa théorisation du mouvement surréaliste. Pour Pierre Reverdy, "il ne s'agit pas de faire une image, il faut qu'elle arrive sur ses propres ailes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un souffle une ombre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un souffle une ombre Christian Carayon Fleuve Noir 2016 540 pages Thriller Chronique 12 février 2018 « La guerre, c'est la nuit. Même quand elle s'achève. On s'y égare. On ne sait plus reconnaître des gens et des lieux familiers. On n'entend plus les mêmes sons. Et il y a la peur, le plus grand de tous les silences. Permettez-moi de conclure avec une phrase extraite du Petit Poucet.... : La nuit vint et il s'éleva un grand vent qui leur faisait des peurs épouvantables. » La peur ! Au centre de tout, omniprésente, qui vous broie les entrailles, vous liquéfie, vous réveille la nuit dans un cri, qui vous reprend soudainement quand vous pensiez aller bien et qu'un événement de rien, des paroles de chanson, un signe nouveau de décadence de notre société, réveillent. La bête est de retour et se nomme terreur. Il y a des livres qui resteront longtemps dans votre mémoire de par leur qualité et en raison du contexte dans lequel vous le lisez. Ce thriller est un de ces livres pour moi. Récit heureusement lent et progressif, je n'aurais pas supporté d'être bousculée en ce moment, abordant cette Peur qui reste après un drame, en l'espèce un triple meurtre et une victime détruite à vie sur une petite île au large de la base nautique des Crozes. Une belle journée d'été, un rendez-vous annuel des membres d'un club de loisirs se mêlant pour une fois aux habitants de la commune d'à côté, et l'horreur au petit jour. Le narrateur trente cinq ans après, prend conscience que cette tragédie dont il a été indirectement le témoin, a définitivement changé sa vie, l'a orientée, ainsi que l'existence des familles, des habitants, de la vallée, de la région. Un effet boule de neige. Une seule rescapée à la mémoire cassée ne peut révéler la vérité. Plusieurs coupables ont été désignés à tort, l'un d'entre eux emprisonné, mais un goût d'inachevé perdure. L'imaginaire du narrateur va être squatté par ce qui s'est déroulé au bord du lac de Basse- Misère. Il va en bon historien et chercheur mener minutieusement l'enquête, extrapoler puis prouver ce qu'il imagine être la réalité. Il va tout faire pour se libérer de cette histoire et de sa propre peur. La progression du récit volontairement ralentie, à la première personne " je", nous offre l'opportunité de nous laisser porter, hypnotiser, par ce mystère. L'ombre de Justine violée, brisée passe et vous souffle son histoire au creux de l'oreille. Certaines scènes entre autres de viols sont effectivement très réelles, difficiles à lire, mais elles sont nécessaires, et s'inscrivent dans un contexte de temps et de lieu, une narration, où le rôle de chacun est clairement définie. Le bien et le mal sont à leurs places . Tout est limpide. Le lecteur n'est pas pris à froid, il est préparé, le travail de documentation de l'auteur pour coller à la réalité de ce type de crime est perceptible, le respect aux victimes évident. Ce n'est pas du sensationnalisme. Là est la grande différence avec une chanson et son auteur qui font polémique aujourd'hui, et dont je tairai volontairement le titre et le nom. Ce thriller est une œuvre de fiction basée sur le réel, les lieux existent sous d'autres noms, je ne me suis pas sentie agressée en le lisant. Je garderai longtemps en mémoire le bruit du vent dans les branches de cette forêt sous la neige où court notre héros poursuivi par ses terreurs, par son monstre. Un beau livre à l'ambiance très particulière. Quatrième de couverture Été 1980. Le lac de Basse-Misère, dans le sud du Massif central. Un groupe d’adolescents de bonne famille est massacré sur l’îlot où il était parti camper, en marge de la fête du club nautique local. Dans toute la région, l’onde est sismique. Comme un point de bascule irréversible, qui signe la fin d’une époque d’insouciance, et le début du déclin de la vallée. À Valdérieu, principale agglomération du pays, quelque chose s’est brisé pour toujours. Trente-quatre ans plus tard, le meurtrier supposé croupit derrière les barreaux. Mais à l’université de Toulouse, le chercheur en histoire Marc-Édouard Peiresoles ne croit pas en sa culpabilité. Originaire de Valdérieu, et témoin impuissant du cataclysme alors qu’il n’était que collégien, il décide de retourner sur place, et de reprendre toute l’enquête. Comme on replonge dans ses propres traumatismes. Comme on lève le voile sur trois décennies de non-dits, en grattant le vernis d’une communauté beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît. Derrière les fantômes des adolescents disparus, c’est bientôt le lac de Basse-Misère qui se réveille, tel un prédateur endormi. Déjà prêt à engloutir ses prochaines victimes.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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