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  • Nouvelles

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nouvelles Paul Arène Grinalbert 2019 ​ Nouvelle Chronique 17 juillet 2019 Six premières nouvelles enregistrées pendant 67 minutes par Kim Vinter, 150 pages en tout. Illustration de couverture : Nature morte avec poule, oignon et pot de Giacomo Ceruti (1750). Chronique rédigée et lue sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonnances littéraires : Un livre idéal pour les vacances que l'on soit dans le sud sur les Terres mêmes évoquées dans ces pages, ou encore à Paris comme moi dans la pollution à rêver d'ailleurs, de cigales, de lavande, d'arrière pays, de pêche sur un bateau et surtout de dégustation des produits régionaux.... Voilà le programme de ces nouvelles de Paul Arène, joyeux, tendre, coloré, savoureux, plein de faconde et de malice, à l'instar des œuvres de Mistral ou Daudet avec lesquels il a collaboré. Qu'il soit inconnu est totalement injuste, donc je vous ai copié sa biographie afin de rendre à César ce qui lui appartient. Quant à l'interprétation de Kim Vinter des six premières nouvelles, ses ingrédients sont savamment dosés afin que la recette soit tout à fait réussie ; on pense à Raimu, Georges Galabru, Fernandel, puis Yves Montand et d'autres grands comédiens, avec l'accent en moins, pour plus de simplicité. Les Éditions Grinalbert soigne toujours le travail en bon artisan passionné afin d'offrir un objet aux belles finitions, à la qualité irréprochable d'impression et d'enregistrement. Je les remercie de m'avoir offert ces nouvelles provençales qui m'ont réjouie et amusée. Le livre comprend : Le Tambour de Roquevaire : le mystère d'une traque magique Les œufs à la coque : invention de niveau international L'Auberge du diable : thriller épiscopal Le Pot-au-feu de Caroline : ce que l'amour fait faire Le Lapin du cousin Anselme : galéjade Le Glas du Lanternier : hommage, on est jamais mieux servi que par soi même Le Laurier : gloriole culinaire Les Haricots de Pitalugue : sera pris celui qui croyait prendre Les Pigeons au sang : vive la république Fantaisie anthropologique : dégustation particulière L'Agachon : aventure dans la tourelle La Vraie Tentation du grand saint Antoine : confessions du Saint Le Pot de Raisiné : souvenirs d'enfance Fruits de mer : pêche miraculeuse Pêche à l'oursin : moment inoubliable La Bouillabaisse : soupe inespérée Quatrième de couverture Véritable écrivain provençal, Paul Arène, contemporain et ami d’Alphonse Daudet, est l’auteur d’une foultitude de nouvelles à la verve et à la truculence toutes méridionales. Nous vous en proposons ici 16, pleines d’humour et de bonne humeur, avec comme fil rouge le plaisir de manger. 1 livre + 1 CD Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le crime de Julian Wells

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le crime de Julian Wells Thomas H.Cook Seuil 10 septembre 2015 304 pages traduites par Philippe Loubat- Delranc Thriller Chronique 20 août 2017 En illustrations, Saturne mangeant son fils, Buenos-Aires, Paris, Londres, Budapest, Oradour-sur-Glane, Cachtice. Ces villes furent les théâtres du mal à l'oeuvre, et les faits furent décrits dans ses livres par Julian Wells en se mettant à la place des victimes et non des bourreaux. Ainsi les nazis à Oradour-sur-Glane, la junte militaire à Buenos-Aires, Erzsebet Báthory la Comtesse sanglante meurtrière et tortionnaire de plus de 300 jeunes filles pour se baigner dans leur sang, Andrei Tchikatilo, l'Eventreur rouge, tueur en série sous la période noire du Stalinisme...... Julian s'attache à une question particulière " que le bien est le meilleur déguisement du mal". Que les criminels se cachent sous des dehors séduisants ou de gentillesse pour mieux attraper et piéger leurs victimes. Cet art de mentir, de jouer, le fascine d'une façon malsaine. Personnellement il se pense coupable de la disparition de la guide touristique Marisol qui lui fit découvrir Buenos-Aires et certains aspects de l'Argentine. Lors de ce voyage, il était accompagné par son ami critique littéraire Philipp Anders. L'ambiance était anxiogène en pleine dictature militaire. Des années plus tard, et là est l'introduction et la conclusion de ce roman, Julian revenu chez lui, prend sa barque pour aller se suicider sur l'étang de son enfance. Philipp ne comprend pas ce geste et se rappelle de sa dédicace sur la première page de son dernier roman quant à "son propre crime". Et si Julian était coupable lui aussi d'un acte impardonnable, mais lequel ? Le voilà donc parti sur les traces de son ami en commençant par l'Argentine, appuyé par Loretta la soeur de Julian et son propre père qui a travaillé pour l'état américain. Peu à peu Philipp découvre vraiment Julian et évidemment lui-même, doit supporter de se plonger dans l'obscurité de ce monde ambigu où chacun ment et poursuit des desseins troubles. L'auteur tisse toujours avec brio sa toile,dans des chapitres courts à l'écriture toujours aussi belle et précise. On nage dans un smog collant et angoissant imaginant le pire. J'ai tout de même fait des cauchemars cette nuit bien que rien ne soit gratuitement trash. Mais l'évocation du mal est si juste que j'en fus bousculée. Sorti en 2012 il paraît en France en 2015 Quatrième de couverture Philip Anders, critique littéraire, s’interroge : pourquoi son ami l’écrivain Julian Wells s’est-il tranché les veines dans une barque, au milieu de l’étang de sa propriété des Hamptons ? Le suicide est irréfutable, ses raisons impénétrables. En enquêtant sur leur passé commun ? un voyage en Argentine du temps de la dictature militaire, au cours duquel leur jolie guide Marisol avait disparu ? mais aussi sur l’œuvre de Julian, hantée par des tueurs aussi abominables qu’Erzsébet Báthory, la Comtesse sanglante, ou Tchikatilo, l’Éventreur rouge de Rostov, Anders est confronté à la part d'ombre de celui qu'il admirait tant. Et si ce suicide n’était pas le seul crime de Julian Wells ? Thomas H. Cook se révèle plus manipulateur que jamais dans ce roman où les mensonges entre amis et les desseins troubles tissent une toile d’une ambiguïté insoutenable. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • 1986

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 1986 Sioux Berger De Borée 2 février 2023 235 pages Roman anticipation Chronique 6 février 2023 « Il semble souvent qu'il y a dans une famille un karma impersonnel qui se transmet des parents aux enfants. J'ai toujours pensé que, moi aussi, j'avais à répondre à des questions que le destin avait déjà posées à mes ancêtres, mais auxquelles on n'avait encore trouvé aucune réponse, ou bien que je devais terminer ou simplement poursuivre des problèmes que les époques antérieures laissèrent en suspens. » Carl Gustav Jung, Ma vie Après avoir exploré le futur dans son opus précédent « Les Pentes » , Sioux Berger nous offre, cette fois-ci, un retour dans le passé, un moment de nostalgie totale, digne de notre Marcel Proust national, doublé d'un flirt avec le surnaturel. Ah 1986 ! La première année de fac, le froid mordant, la grève des transports et les manifestations des étudiants ! Que de souvenirs ! L'apprentissage de la vie de pseudo -adulte, la sensation curieuse d'être à moitié partie de la maison, la volonté de s'affranchir des parents, de leur histoire, de leur éducation, pour penser un tant soit peu par soi-même. Suzanne, à laquelle je me suis en partie identifiée, vit ce moment charnière de plongée totale dans une autre vie à Paris en prépa loin de ses parents restés en province, sous la férule d'un grand frère pénible et suffisant. Il faut dire que la pression familiale sur lui comme sur sa sœur, dans une moindre mesure, est extrême : il se doit de réussir, d'offrir à ses géniteurs de condition modeste une réussite et une ascension sociales par procuration ; les études sont le moyen d'y parvenir. À part ses relations houleuses avec cet aîné, la jeune fille apprécie sa nouvelle vie, Paris, son lycée et son minuscule studio rue Mouffetard... Si ce n'était les rats qui rôdent autour du local à poubelles. Rendez-vous est donc pris avec Louis devant le Tati de la rue de Rennes, aujourd'hui disparu, pour aller ensemble chez un dératiseur à la station Hôtel-de-ville. Et là, effectivement, de très loin, la mémoire de l'attentat nous revient car l'ambiance de l'époque est parfaitement restituée par l'autrice... Le drame frappe soudain, la sidération nous laisse tétanisés. Pour Suzanne, cet événement prend une dimension énorme la faisant basculer dans l'irrationnel. Telle une Cassandre, elle l'avait pressenti quelques minutes plus tôt et, pire, elle avait souhaité que quelque chose rabatte le caquet de son frère ainé encore une fois insupportable, afin que le chouchou des parents morde la poussière, qu'il soit à genou. Quand la déflagration a lieu, c'est comme si son souhait se réalisait. Flashback... 1976 ! Ce n'est pas la première fois que cela arrive, déjà le décès de l'arrière grand-père avait pris des allures prophétiques. La petite fille d'alors était persuadée d'avoir un don ; de plus, dès cet instant, un ami très particulier lui était apparu, vieil homme qu'elle savait être un certain François. Ami imaginaire d'une gamine solitaire hypersensible ou capacités hors norme de communiquer avec les morts ? Quoiqu'il en soit, une correspondance à sens unique s'instaure entre Suzanne et le mystérieux inconnu l'accompagnant jusqu'à Paris. L'énigme est entière au réveil de l'étudiante à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière. Louis est vivant mais elle ne sait dans quel état. C'est alors qu'elle découvre à son chevet une bénévole qui ne lui est pas du tout inconnue. Celle-ci pourrait-elle être le guide que Suzanne cherche depuis si longtemps, perdue dans un monde étrange où se frôlent des dimensions parallèles ? Roman construit autour d'une correspondance réelle d'un poilu, Francis Desboeufs, ce texte nous interpelle forcément pour peu que l'on ait une sensibilité développée, une aptitude à ressentir les pulsations du monde et à percevoir ce qui est invisible à la plupart de nos contemporains. Est-il envisageable de cheminer dans cette vie indépendamment de ce que durent traverser nos aïeux ? Sommes-nous si liés à eux, que nous ne puissions construire notre existence alors qu'euxmêmes n'auraient pas accompli leur destin ? Les secrets et silences d'hier résonnent-ils encore aujourd'hui ? J'ai beaucoup aimé ce roman comme le précédent, les deux récits étant liés eux aussi... Surprise ! Quatrième de couverture Suzanne est une jeune fille un peu rêveuse, un peu perdue. Elle semble avoir du mal à trouver sa place aux côtés d'un frère, brillant élève de la rue d'Ulm, qui fait la fierté de ses parents garagistes. En ce jour du 17 septembre 1986, alors qu'elle le rejoint rue de Rennes, leur destin bascule et tout l'univers de Suzanne en est chamboulé. Hantée par des visions qui la renvoient dans un passé lointain, les années de la Grande Guerre s'imposent à elle au détour d'une rue, d'un poème ou d'une rencontre. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, peine à l'interpréter et le refoule. Pourtant, lorsqu'elle parvient à l'accepter en puisant au fond de son être, son avenir s'illumine et un nouvel ordre s'établit, au sein duquel, enfin, elle se sentira à sa place. Riche de son expérience auprès de thérapeutes en mémoire cellulaire et familiale - notamment Myriam Brousse, Sioux Berger a voulu, avec cette fiction, mettre en lumière l'héritage inconscient que nous portons parfois de nos ancêtres. Toutes les lettres auxquelles il est fait référence dans ce roman sont celles de Francis Desboeufs. Personnage clé du récit, ce dernier a laissé une nombreuse correspondance qui retrace sa vie de soldat ainsi que le drame qu'il a vécu avec sa femme. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Trois jours et une vie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Trois jours et une vie Pierre Lemaitre Albin Michel 2016 279 pages Thriller & historique Chronique 7 mai 2017 Encore un coup de maître ou plutôt du maitre de l'indicible, de la terreur et de l'insupportable imprégné d'une immense tristesse, d'un sentiment de gâchis, et aussi heureusement de grande humanité. Un huis clos sur trois périodes dans la ville anxiogène de Beauval, un huis clos également dans la pensée d' Antoine, le personnage central. Une tempête s'abat sur cette communauté provinciale lorsque le petit Rémi âgé de six ans disparaît à la veille de Noël 1999. Une première battue dans toute la région est faite lorsqu' une autre tempête sans précédent, qui nous a laissé à tous un sentiment de fin du monde, détruit tout sur son passage. Nous suivons Antoine spectateur et acteur, nous devenons lui, nous tremblons avec lui..... Magistralement menée, cette histoire ne peut que laisser un profond ressenti de malaise mais aussi d'avoir été à nouveau bluffé. Pas de manichéisme envisageable, une totale impossibilité de porter un jugement sur la responsabilité de chacun, un effarement devant l'articulation quelques fois implacable des événements. Un livre qui compte. Quatrième de couverture À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • De soleil et de sang

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires De soleil et de sang Jérôme Loubry Calmann-Lévy Noir Septembre 2020 396 pages Thriller Chronique 22 mai 2021 Deux extraits et citations en ouverture : « Qui t'amène en ces lieux, Mortel présomptueux ? C'est le séjour affreux Des remords dévorants Et des gémissements Et des tourments. « Orphée et Eurydice, Opéra de Christoph Willibald Gluck. « Cette histoire se déroule en partie quelques heures avant le séisme qui frappa Haïti le 12 janvier 2010. Ce séisme coûta la vie à plus de deux cent quatre-vingt mille personnes. Une part de ce récit n'est que pure fiction. L'autre part est réelle et toujours d'actualité. C'est le plus tragique. » Thriller efficace, très bien mené, nous mettant dès le début les nerfs à vif, pressés de fuir avant les premières ondes de choc du séisme de Haïti dont je garde un souvenir vif d'horreur absolue, d'inéluctabilité et d'impuissance. Cette fois nous voici projetés sur cette île qui pourrait être paradisiaque et qui pourtant ne semble vouée qu'aux larmes, aux tueries, au sang, victime de toutes les turpitudes des dictateurs criminels, de leur complices, du charity business des plus hypocrites et malhonnêtes, pourvoyeur d'argent détourné en bakchich divers et variés... et de chair fraîche, en l'occurrence d'enfants. Ce n'est plus un paradis mais bien l'Enfer dans lequel se précipite une jeune femme Méline, l'épouse française d'un des narrateurs de ce récit qui, tel Orphée, n'aura d'autres choix que de descendre dans les ténèbres à la recherche de son Eurydice. Également, alors que la foule comme en transe, danse et chante lors de la fête des morts, que le Baron Samedi passe comme une ombre maléfique, que le Vaudou et ses prêtresses reprennent du service, c'est sur une scène de crime des plus réelles que nous rencontrons, dans un quartier huppé de Port-au-Prince jouxtant une zone de non droit et de pauvreté la plus extrême, l'inspecteur Simon Bélage, flic prosaïque et cartésien, rejetant tout soi-disant avertissement des esprits. Un deuxième double meurtre monstrueux dont la description fait frémir les vivants et les morts. Déjà nous sommes projetés dans les coulisses du décor présenté aux touristes ou voyageurs de passage. Nous découvrons les moeurs particulières de cette société où corruption, esclavagisme déguisé, trafic d'êtres humains sont habituels. Simon Bélage, son coéquipier et bientôt sa fille Rachelle vont se retrouver au centre d'une monstrueuse tornade annonçant la future colère de la Terre. La fureur des Dieux va éclater semble-t-il devant tant de barbarie, de cruauté, de perversité, de déliquescence de l'humanité... Le compte à rebours a commencé ! Vite courez, les Six sont à vos trousses... Quatrième de couverture Dans ce quartier chic de Port-au-Prince s’élèvent de belles demeures de pierre entourées de palmiers, de flamboyants et d’arbres orchidées. C’est là que, pour la deuxième fois en une semaine, un couple est retrouvé assassiné dans sa chambre. Deux corps mutilés gisant au pied du lit conjugal. La presse titre déjà sur une série de « crimes vaudous ». Pourtant l’inspecteur Simon Bélage refuse de tomber dans la superstition. Sur cette île, la corruption et le trafic d’enfants font plus de ravages que le terrible Baron Samedi, le dieu des morts. Simon sait avec certitude que ces crimes sont l’œuvre d’un être de chair et de sang. Et tous les indices convergent vers un orphelinat fermé depuis près de vingt ans, surnommé la « Tombe joyeuse ». Mais Simon devrait prendre garde. En Haïti, ignorer les avertissements des esprits, qu’ils soient vrais ou faux, peut se révéler dangereux… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Grossir le ciel

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Grossir le ciel Franck Bouysse La Manufacture de Livres 2014 199 pages Thriller Chronique 4 octobre 2018 Ce roman a reçu le prix Polar Michel Lebrun, le prix Calibre 47, le prix des Lecteurs du Festival de Villeneuve- lez-Avignon. Aussi sur ma page Eva Impressions littéraires : « La terre aveugle elle-même et l'eau aveugle, le ciel et sa bombarde d'étoiles comme des colombes, l'air, sombre, les essaims de civilisations endormies de la terre végétale, certains reptiles certains oiseaux, et des personnalités vêtues de fourrure, dont le sommeil est de jour, mais que l'obscurité appelle à leurs affaires, ceux-là jouissaient de tout leur aplomb. » James Agee « Louons maintenant les grands hommes. » Terrible de beauté, un style unique, oscillant entre onirique, organique, ou direct et incisif. Les nuages passent dans un ciel bas créant des ombres et des lumières sur les forêts, les montagnes, la pierre, les toits, les hommes. Peu de femmes, celles-ci sont souvenirs ou fantômes de douceur, d'amour.... Elles sont par leur silence à l'origine de ce récit.... Mort de l'abbé Pierre en cet hiver au coeur du pays des Cévennes au lieu-dit Les Doges. Un prélude à un autre drame intime, terrifiant.... Neige, froid piquant, isolement de deux fermes peu éloignées. Une vie âpre, rude, voulue, choisie. Un rythme calqué sur la météo et les horaires des bêtes.... Tout semble immuable, hors de la réalité, authentique.... Mais tout est-il si limpide entre Gus qui vit avec son chien Mars, et Abel, tous deux dans leurs maisons natales. Deux générations d'hommes taiseux, difficiles d'accès, qui pourtant ont développé une amitié au fil des ans. Ils pensent partager les mêmes valeurs puis soudain tout se désagrège, se disloque, les silences prêtent à toute réinterprétation des sentiments de l'autre. Chaque mot est pesé, réévalué. La méfiance, la haine, la peur puis la terreur s'installent. Presque un huis-clos, une sensation terrible de solitude, d'enfermement, de colère rentrée mais bien présente. L'enfance et ses blessures remontent, laissant Gus et Abel fragilisés, sidérés... Des ombres, des traces de pas, des tirs de fusils, des tâches de sang, des visiteurs inquiétants, et ce monde moderne qui tout d'un coup s'impose ... Oui un roman terrible ! Quatrième de couverture Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent. Un suspense rural surprenant, riche et rare. 4e de couverture (01/07/2015) : Abel but son verre d'un trait et se leva. Il se tenait face à Gus, tout raide, comme une espèce de bestiole qui ne voudrait pas être repérée dans un décor hostile, puis il planta ses yeux dans ceux de Gus après un silence qui ne rendait service à personne et il dit : - Tu veux que je te dise vraiment le fond de ma pensée ? - Je t'écoute. - Le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite. Entre Alès et Mende, au milieu des Cévennes, un lieu-dit appelé Les Doges, deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, de la neige une partie de l'année, deux hommes, un chien, un fusil, quelques mots, des silences et de la roche pour poser le tout. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Pire que le mal

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Pire que le mal Sylvain Forge Sixtrid 26 avril 2019 7 h 47, lu par Nicolas Dongoise Thriller Polar Chronique 22 juin 2020 Un excellent thriller engagé et enrichissant sur l'action de certaines industriels produisant des herbicides, pesticides, médicaments depuis plus de 60 ans, engorgeant les corps et la terre de poison aux effets dévastateurs sur le long terme. Des sociétés si puissantes qu'elles commandent aux gouvernements, engagent des mercenaires pour résoudre les petits problèmes de parcours, imposent leur loi et pourrissent notre vie. Des entreprises qui cependant doivent également des comptes à leurs actionnaires et restent des géants aux pieds d'argile : si un de leurs vilains secrets est révélé, leur réputation est entachée et leurs actions chutent. Si en plus leur passé est enfin connue, c'est le début de la fin. En s'appuyant toujours sur une documentation solide dont certains titres vous sont donnés en fin d'ouvrage, Sylvain Forge signe une enquête nerveuse, passionnante mais aussi bouleversante et touchante. Bouleversante lorsque l'on voit toutes ces vies balayées au nom du profit, de la folie, du pouvoir, touchante quant à l'histoire parallèle qui nous est contée : celle des deux frères, Lucas et Benjamin, qui n'ont pas su se comprendre et qui, grâce à l'amour qu'ils se portent, se retrouvent au-delà de la mort du premier. Également nous entrons dans les coulisses de ces groupes industriels, mais aussi des organisations de lutte choisissant des méthodes de guerre et deviennent des éco-terroristes. C'est une bataille qui nous est narrée sous forme d'une enquête course-poursuite entre Benjamin et les sbires lancés sur sa trace. Comme d'habitude, l'auteur ajoute au paysage la touche cyber-technologique ancrant le récit dans un présent presque futuriste tout en nous faisant basculer vers notre passé commun où sont les sources du mal. J'ai été happée par ce thriller effroyable et indispensable.... Quatrième de couverture Quand des policiers viennent annoncer au docteur Benjamin Delmas que son frère Lucas a été retrouvé noyé dans un canal à Bangkok, il ne comprend pas tout de suite de quoi il s’agit. Il n’a pas vu Lucas depuis si longtemps. Il s’entendait mal avec ce frère rebelle, membre d’une organisation écologiste radicale et si prompt à voir des complots derrière tous les malheurs du monde. L’autopsie révèle pourtant que Lucas ne s’est pas noyé par accident. On l’a maintenu sous l’eau. Grâce à une étrange lettre cachée et en retrouvant certaines amies de son frère, Benjamin comprend que Lucas allait boucler une longue enquête. Il avait voyagé dans plusieurs pays d’Asie à la rencontre de paysans qui n’avaient qu’un seul point commun : ils avaient tous utilisé un pesticide surpuissant, le binarzole, fabriqué par la multinationale BGC. Mais à ce moment précis, il est déjà trop tard pour le docteur Delmas. Des hommes sont sur sa trace... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'allégresse de la femme solitaire

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'allégresse de la femme solitaire Irène Frain Seuil 20 mai 2022 384 pages Biographie Roman Chronique 17 décembre 2022 « À la mémoire de Fernando Librado - homme de mémoire s'il en fut. Et au Peuple des Coquillages » « Comme la plupart des protagonistes, l'héroïne de ce roman a bel et bien existé. Son parcours a suscité l'intérêt, voire la passion, de nombreux chercheurs américains. Elle demeure malgré tout énigmatique, ce qui a récemment conduit l'un de ces chercheurs à déclarer : « Ce destin est une page blanche en attente d'une fiction. » Une phrase à ne jamais prononcer devant un romancier. » « Nous sommes de la même étoffe que les rêves et notre courte vie est tout emmaillotée de sommeil. » Shakespeare - La Tempête La légende de la Femme Solitaire n'a fait que s'enrichir des décennies après son décès, elle est régulièrement et toujours le sujet d'articles et de recherches archéologiques et scientifiques. Si sa tombe a disparu vers 1880, le souvenir qu'elle a laissé est impérissable, surtout dans la région de Santa Barbara et jusqu'à Sacramento, San Francisco, Los Angeles et San Diego. Elle symbolise à elle seule les Amérindiens ayant vécu en Californie à l'arrivée des colonisateurs espagnols, exterminés les uns après les autres. De plus, le mystère entourant son arrivée à Santa Barbara n'est toujours pas totalement éclairci. Les deux marins qui l'ont ramenée de l'île de San Nicolas, ses "découvreurs" en 1853, Nidever et son second Charley Brown, encore en vie vingtneuf ans après les faits, donnent des versions étranges et contradictoires. Que peut-on imaginer, tous les autres protagonistes présents lors de cet événement étant morts ? On sait comment le peuple de cette femme fut déporté en 1835. On cherche toujours à comprendre comment les évènements se sont articulés à partir de l'arrivée des blancs sur l'île de San Nicolas, du massacre d'une partie de la population, de son embarquement forcé ? De plus, pourquoi cette rescapée est-elle restée sur place seule pendant des années ? Comment a-t-elle survécu, qu'est devenu son fils, quelles sont ses origines ethniques ? La Femme Solitaire mystérieusement si joyeuse serait la dernière des premiers Amérindiens. On pense que l'île était un centre chamanique. On retrouve dans ce roman historique une trame traitée également dans "Le Rocher blanc" de Anna Hope. Le livre débute par l'arrivée, des décennies après l'apparition de la "Sauvage" à Santa Barbara en 1853, de journalistes venus interroger celui qui fut chargé de la santé de la Femme Solitaire, le Dr Shaw. Un épisode qui reste douloureux pour le vieil homme. Peu à peu, sa mémoire se réveille, les souvenirs affluent. Jamais il n'oubliera sa première rencontre sur une plage avec cet être extraordinaire, dansant, chantant, plein d'une allégresse communicative et inexplicable... Un ouvrage magnifique, habité, hommage aux peuples disparus victimes d'êtres dits civilisés qui ne furent que des barbares. Pour que leurs voix, leurs silhouettes ne s'effacent pas, pour qu'ils reprennent leur place dans la ronde formée par l'humanité, à l'instar du Dr Shaw, Irène Frain se bat avec ses mots pour que la vérité soit dite, pour que tous les peuples disparus après avoir été massacrés, opprimés, mis en esclavage, continuent à nous murmurer leur histoire. Il en va de la survie de notre monde, de nos âmes. Quatrième de couverture Un jour d’août 1853, une goélette jette l’ancre dans un port californien. À la couleur de sa grand-voile, les habitants comprennent que son capitaine a réussi l’impensable : capturer la « Femme Solitaire », ultime représentante d’un peuple immémorial, abandonnée dix-huit ans plus tôt dans une île sauvage située au large de Los Angeles et Santa Barbara. Elle parle une langue énigmatique et, contre toute attente, irradie une joie extraordinaire. Un nouveau venu dans la région, le Dr Shaw, noue avec elle un lien très fort. Pendant qu’il tente de déchiffrer sa langue, il s’interroge : qu’a-t-elle vécu dans l’île ? Les clans de la ville se reforment et menacent la survie de la Femme Solitaire. Le Dr Shaw prend fait et cause pour elle – un combat pour la vérité. Tel est le ressort de ce magnifique roman choral fondé sur un fait divers authentique. On y retrouve la passion d’Irène Frain pour les héroïnes confrontées à l’adversité, les peuples opprimés, les langues perdues, l’océan, les horizons lointains. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Flora Tristan

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Flora Tristan Brigitte Krulic Gallimard 13 janvier 2022 384 pages Biographie Chronique 5 septembre 2022 Fabuleuse biographie de cette femme injustement oubliée pendant des décennies et des décennies et qui soudain fut redécouverte à partir de la première moitié du XXe siècle. Nous avons tous en mémoire Olympe de Gouges et sa Déclaration de la Femme et de la Citoyenne de 1791 qui restera lettre morte, la Révolution n'ayant favorisé que certains en oubliant dans les fossés bordant le chemin de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, les femmes et les plus pauvres. Quelle « drôle de bonne femme » comme disait son petit-fils Paul Gauguin, et ceci dès sa conception ! Pensez donc ! Flora Tristan (1803-1844), est la fille d’un noble Péruvien et d’une Française. Ce couple fait l'énorme erreur de ne pas se marier et ainsi condamne de facto cette pauvre petite à être considérée comme bâtarde. La mort du père est une catastrophe pour sa veuve : Il y a bien une famille riche au Pérou, un oncle surtout, Pio Tristan, qui pourrait les aider, mais ce n'est pas gagné. Aventureuse, impétueuse, portée par ses passions, son sens de la justice, son horreur de l'inégalité sociale ou entre les sexes, Flora Tristan est une formidable analyste de son temps, que ce soit au Pérou, en France ou en Angleterre, décortiquant avec acuité les faiblesses du système en place, ayant suffisamment d'imagination et d'intelligence pour réussir à projeter de nouvelles règles susceptibles de profiter à tous et surtout aux faibles, aux pauvres et aux femmes. Elle ne brigue pas de mandat politique elle travaille dans le social, dans l'humain, sur le terrain. elle publie plusieurs ouvrages et brochures en faveur de l’émancipation féminine. Elle est à l'origine avec d'autres femmes en Europe de ce que l'on n'appelle pas encore en ce XIXe siècle, féminisme ; elle fait l'apologie du divorce et de l’amour libre, et fut à l'origine du socialisme international en publiant son ouvrage l’Union ouvrière. Elle peut se tromper évidemment, et son égo ou l'aveuglement né de son tempérament ardent peuvent la faire paraître particulièrement entêtée, orgueilleuse, incapable de travailler en équipe. Il est vrai, et l'autrice n'embellit pas le portrait qu'elle trace de la belle Paria ; cependant, on ne peut que constater également qu'elle est tout à fait novatrice dans ses propositions socialistes, dans son désir de créer une Union ouvrière réelle regroupant toutes les corporations de toutes les villes, de tous les pays, toute cette classe laborieuse première victime des conditions de travail et de vie déplorable que leur imposent les nouveaux patrons enrichis par la Révolution industrielle. De sa calamiteuse expérience du mariage, (se finissant par une tentative d'assassinat et par la condamnation de l'époux devenu fou face à une épouse incontrôlable et plus intelligente que lui), et de ses nombreuses lectures et recherches studieuses, elle conclue à raison que le "1789" des pauvres et à fortiori des femmes n'a jamais eu lieu, que la Révolution s'est arrêtée en marche, qu'on ne peut prêcher l'Union ouvrière des hommes sans y ajouter celle des femmes, (et même j'ajoute des enfants), qui tous triment de la même façon pour un patron engraissé sur leurs dos. Elle n'est pas intéressée par le vote au suffrage universel pour le moment comme le sont les autres activistes, elle pense que la classe ouvrière mixte doit d'abord s'organiser avant d'y penser. Elle y ajoute des préceptes issus des dogmes chrétiens, profondément attachée à la figure de Jésus comme l'homme en lutte contre les oppresseurs et les colonisateurs Romains et leurs complices collaborateurs que l'on retrouve jusqu'au Temple de Jérusalem. Elle méprise l'Eglise et ses représentants. Elle ne garde que le message de paix, d'amour de Jésus qu'elle transmet inlassablement aux ouvriers lors de son Tour de France. ( Marx s'opposera à cette vision chrétienne des choses évidemment). Ainsi bien que son discours devant les différents groupes et communautés ouvrières ne soit pas un appel à la révolution, à la violence, la police du pays ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues, de la harceler, de l'épuiser. Les soulèvements du peuple de Paris opposant au régime en place depuis 1830 ne sont pas oubliés. La colère populaire gronde. Flora se lance de toute son âme, de tout son cœur, se jette à corps perdu, dans cette lutte pour la liberté, l'égalité, la fraternité et encore plus la solidarité comme l'indique clairement la gravure sur sa tombe au Cimetière de la Chartreuse de Bordeaux : une colonne brisée comme le fut sa vie à quarante et un ans seulement. On peut imaginer ce qu'aurait été ce destin fabuleux si ses forces ne l'avaient abandonnée. « Loin de s’estomper, le parcours de Flora Tristan semble peu à peu faire l’objet d’un véritable culte à travers le monde. Écrivain, ouvrière militante, fille rejetée, mère battue, elle semble avoir vécu et couvert toutes les facettes de la condition féminine dans ce qu’elle a de plus vrai mais aussi de plus dur. Elle apparaît aujourd’hui, de plus en plus, comme une figure majeure des luttes de la classe ouvrière et pour la condition féminine partout dans le monde. Aussi, les centres, lycées, clubs... baptisés de son nom sont toujours plus nombreux. 8000 personnes assistèrent à ses obsèques. Sa tombe, réalisée par une souscription publique, se compose d’une colonne brisée sur laquelle s’enroule une guirlande de chêne et de lierre. Sur sa partie supérieure est posée l’Union ouvrière, son ouvrage majeur. » Philippe Landru, mars 2008. Quatrième de couverture « Une drôle de bonne femme » pour Gauguin, son petit-fils ; « la cousine de Marx et la grand-mère du MLF » pour ses admirateurs de 68 ; une héroïne romantique pour André Breton : tout au long de sa courte vie, Flora Tristan (1803-1844) n'a cessé de brouiller les représentations convenues. Elle qui se voyait comme « un être à part » anticipe les sensibilités de notre époque. Née aux marges de la société, elle refuse très jeune de confiner son existence ; de cette marginalité même elle fera un étendard : la Paria, une « indignée » avant l'heure. Cette biographie recompose l'itinéraire d'une femme intempestive qui bouscule ses contemporains en se risquant dans cette chasse gardée masculine qu'est l'espace public. Constituer la classe ouvrière, proclamer l'égalité des sexes, redéfinir le code amoureux en consacrant le principe du consentement explicite des femmes : voilà la mission qu'elle se donne. Inlassablement, elle prend la plume, s'aventure sur le terrain pour affronter le spectacle de la misère, au Pérou, en Angleterre et à travers la France, à la rencontre des prolétaires - compagnons du Tour de France, associations ouvrières, vétérans des insurrections de canuts...Flora Tristan, enfant du siècle des prophètes et des mages romantiques, transfère sur le peuple une sacralité créée par la Révolution. L'originalité de celle qui se voyait en apôtre de l'égalité est d'avoir placé l'identité sexuelle au cœur de la question sociale, avec une netteté et une radicalité inédites. Elle se sentait appelée à "faire sonner le 89 des femmes" pour enfin pouvoir réaliser le 89 des ouvriers, et ainsi l'émancipation du genre humain. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'oiseau de mauvais augure

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'oiseau de mauvais augure Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2010 368 pages traduites par Lena Grumbach et Catherine Marcus Thriller Chronique 4 octobre 2017 Quatrième épisode donc de la saga des enquêtes menées en Suède, dans la ville cette fois de Tanumshede, par l'inspecteur Patrik Hedstrom et son équipe. Une nouvelle recrue Hannah Kruse vient la rejoindre après le licenciement pour faute grave d'un mauvais élément à la fin du tome précédent. Patrik vit dans la jolie station balnéaire et petit port Fjallbacka avec Erica Falck, écrivaine de thrillers, et leur fille de huit mois Maja. De plus, la famille s'est agrandie car Anna, la soeur de Erica, avec ses deux enfants, après un drame connu en fin du troisième opus... que je tairai évidemment, vit avec le couple depuis six mois. Au début de cette histoire, c'est une loque et Erica très inquiète doit tout mener de front. Ajoutons que dans les six semaines, enfin, Patrik deviendra officiellement son époux. Panique donc à bord !!! Ce n'est donc pas le moment pour que Marit une des commerçante du coin soit retrouvée morte à la suite d'un accident de la route. À côté d'elle, une bouteille d'alcool vide. Patrick au contraire de Hannah, la nouvelle, tique sur le lieu du carnage. Son instinct lui dit que quelque chose cloche. Tout ceci lui rappelle un autre événement très similaire survenu voilà des années. Et il a raison.... Marit était totalement abstinente, ni vin, ni bière...selon son entourage, sa fille, son ex mari, et sa compagne actuelle. C'est un meurtre maquillé, réplique d'un autre assassinat mis en scène dans une autre région. Patrick va faire le lien grâce à sa mémoire phénoménale. Vraiment pas le bon moment pour une telle affaire, d'autant plus que Tanumshede va être le décor du tournage d'un programme de téléréalité trash, et la police est sur les dents pour éviter tout débordement. Mais Camilla Lackberg en a décidé autrement, pauvre Patrik ! D'autres meurtres, celui entre autres d'une des participantes à l'émission, et tout va s'emballer. C'est un vrai bon policier bien que la solution se dessine assez vite, trahie par des petits cailloux que sème l'auteure. Cependant c'est une réussite et je vous rassure, tous les éléments ne sont pas donnés non plus et des surprises vous attendent. C'est aussi un tome charnière, car depuis deux épisodes avec celui-ci notre Erica n'enquête plus maternité oblige. Avec la fin de ce récit, on sait qu'elle va être de retour pour se plonger dans le passé de sa mère. Attention toutes les boîtes ne doivent pas être ouvertes, cela peut mener à de sinistres révélations. Suite dans " L'enfant allemand" . Quatrième de couverture L'inspecteur Patrick Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. la ville de Tanumshede s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrick un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare de l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge... Dans ce quatrième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg tisse avec brio l'écheveau d'une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisissant, le lecteur en redemande. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les infâmes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les infâmes Jax Miller Libra Diffusio 2018 464 pages traduites par Claire-Marie Clévy Thriller Chronique 27 décembre 2017 « Je m'appelle Freedom Oliver, et j'ai tué ma fille. Peut-être pas de mes propres mains, mais je pense que je me le reprocherai toujours. C'est surréaliste vraiment et je ne sais pas ce qui me fait le plus l'effet d'un rêve : sa mort ou son existence. » Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de déflorer l'histoire, ce sont plus ou moins les premières lignes du Prologue. Au fur et à mesure que les pages du livre tombaient en raison d'une reliure fragile, je sentais également mon courage, au contraire, revenir pour lire ce roman noir, sordide et même terrifiant jusqu'au bout. Premier Bestseller de l'auteure, j'ai lu le mois dernier son deuxième opus "Candyland" et savais que l'obscurité n'aurait qu'un temps. Certains thèmes abordés sont semble-t-il récurrents. L'écriture de Jax Miller sans concession, mouvante, s'adaptant à la scène, se faisant, lyrique, tendre, dramatique, infamante, presque choquante est exceptionnelle. Clarté et noirceur, pureté et malfaisance, tout est là pour vous secouer, pour ne pas vous laisser insensible ou indemne. J'ai repensé à certains passages sur les Tenardiers, lors des descriptions de la famille monstrueuse des Delaney habitant Mastic Beach dans l'état de New-York, et se prêtant à toutes les turpitudes. Et voilà que l'un de ses membres le plus dégénéré et violent Matthew, est relâché après 18 ans de prison. Sa mère, baleine cocainomane démente et ses deux frères l'attendent avec jubilation pour enfin se mettre en chasse de la responsable de son enfermement, son ex belle sœur Ness. Ils sont tous persuadés qu'elle a tué Mark le dernier de la fratrie, le flic, et qu'après avoir bénéficié d'un non lieu, elle a laissé des preuves pour incriminer Matthew. La meute est sur les crocs, seul Peter le frère normal et sensé, en chaise roulante, souffre douleur de cette famille toxique et haïssable sait la vérité. Il va donc agir de son côté. Les deux ans pendant lesquels Ness a été en préventive ont provoqué le placement en famille d'accueil du fils Ethan et du bébé Layla dans une famille pieuse établie à Goshen , ainsi nommé d'après le pays de Goshen du Livre de la Genèse, au milieu du Kentucky. Région vers laquelle Ness ou Freedom Oliver, détruite, alcoolique, va se diriger immédiatement, dès que les agents du FBI en charge de la surveiller en tant que témoin protégé, lui apprennent la libération de Matthew. Elle sait dans toutes ses fibres que ses enfants sont en danger, son instinct ne la trompe pas. De plus sa fille aujourd'hui Rebekah Paul a disparu depuis plusieurs jours. Un malheur est arrivé, c'est certain comme les premières zébrures dans le ciel annoncent la tempête. Le vent se lève, tous les acteurs se mettent en route pour tous converger finalement vers la même terre maudite. Satan est là tout au long de ce récit, mais que peut-il contre une mère ? Quatrième de couverture Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l'Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d'avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l'énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d'années à se cacher, quitter l'anonymat c'est laisser à son bourreau l'occasion de la retrouver. Et de se venger. Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l'odyssée. Freedom Oliver, aussi écorchée et attachante que Lisbeth Salander, l'héroïne de Millénium, n'a pas fini de vous émouvoir. Les infâmes a reçu le Prix Transfuge du meilleur polar étranger 2015 et le Grand prix des Lectrices de Elle - dans la catégorie Policier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Homme de Saint-Pétersbourg

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Homme de Saint-Pétersbourg Ken Follett Robert Laffont 1982 348 pages Historique Chronique 20 mai 2020 « On ne peut pas aimer l'humanité On ne peut aimer que des gens. » Graham Greene J'ai choisi ce livre dans ma liseuse par hasard, le confinement a du bon car je lis tous les romans en ma possession : cette phrase d'introduction a pris tout son sens en refermant ces pages, quant à l'intrigue elle-même, mais également quant à l'humanité dans ce qu'elle a de plus terrifiant ou de plus extraordinaire dans les moments tel celui que nous traversons actuellement. Ce thriller politique, roman d'espionnage et historique ainsi que sociétal, est paru il y a presque quarante ans et reste totalement d'actualité par les thèmes traités toujours brûlants aujourd'hui. Je me pose donc la question de l'évolution de notre société, de notre pensée, de notre intelligence .... Apprenons-nous de nos erreurs ? Pas certaine... La période choisie à quelques mois de la déclaration de guerre en août 1914 est aussi une période charnière pour le monde entier : Une bascule s'opère depuis le début du XX ème siècle qui trouvera sa finalité après ce conflit mondial ; jusque là des réminiscences du XIX ème siècle perduraient : la société était corsetée à l'instar des femmes dont certaines réclamaient le droit de vote, à leurs risques et périls, face à une société patriarcale qui n'hésitera pas à utiliser la violence et à emprisonner ces empêcheuses de tourner en rond. « Tourner en rond », c'est bien cela, non seulement dans les rapports entre les sexes mais également entre les classes sociales, entre les richissimes et les pauvres, et entre les pays. On ressasse les querelles passées, on souhaite rester sur un statu quo inacceptable, on recule pour mieux sauter, alors même qu'il est indispensable et urgent de changer le fonctionnement des états et des sociétés.... Cela ne vous rappelle rien ? Ainsi partout en Europe et en Russie des mouvements contestataires contre le pouvoir en place se font entendre jusqu'à déboucher sur des manifestations écrasées dans le sang, et fatalement par la prise des armes et des actes terroristes d'un peuple poussé à bout. Plus de justice, du pain pour tous, une égalité de droit sont à l'ordre du jour, particulièrement en Russie où malgré la fin du servage, la gouvernance désastreuse du Tsar Nicolas Il ne fait qu'attiser la haine et la violence. La France, quant à elle, pleure toujours après l'Alsace et la Lorraine perdues à la suite de la guerre de 1870 et veut prendre sa revanche. l'Allemagne, par un jeu de transaction monétaire se renfloue en or et finance une armée moderne lui assurant une suprématie en cas de guerre. Celle-ci se profile à l'horizon. Les premiers pays visés par l'Allemagne sont la France et la Belgique. Il est donc impératif ( cas de figure qui se représentera avant la seconde guerre mondiale) que la Russie soit l'alliée de l'Angleterre et de la France : ainsi l'armée allemande serait obligée de se diviser sur deux fronts. Pour mener les tractations, un jeune aristocrate russe, neveu du Tsar, est mandaté à Londres afin de trouver un accord qui satisfasse toutes les parties. La Russie souhaite obtenir un accès à la mer. Ainsi Alexandre Orlov est attendu dans la capitale anglaise sous peu. Face à lui Churchill et llyod George choisissent Lord Stephen Walden, exemple parfait de la noblesse, lié par alliance à Alex. En effet Lady Lydia Walden est russe et de la famille du Tsar. Ainsi, sous prétexte d'un événement mondain d'importance, la présentation des jeunes filles de bonne famille au couple royal lors du bal des débutantes, Alex sera l'invité des Walden pour mener les conciliabules en secret. Cependant dans le sillage du jeune homme, une ombre menaçante se devine... Felix, issu des couches les plus pauvres de la Russie, emprisonné, torturé, déporté pour ses opinions politiques, est devenu en moins de vingt ans un homme dangereux, un révolutionnaire, un terroriste. S'étant exilé en Suisse, il apprend que le Tsar envisage, si le traité est signé avec l'Angleterre, d'envoyer à l'abattoir toute une jeunesse d'origine modeste, un peuple déjà écrasé par ses conditions insupportables de survie. Or, ce n'est pas une guerre à l'étranger qu'il faut aux Russes selon lui, mais une révolution complète. Il est donc décidé, avec ses camarades, à organiser l'assassinat de Alexandre à Londres. Voici donc Felix sur le quai de la gare londonienne ignorant de ce qui l'attend réellement ! Le destin va se jouer de lui et de tous les protagonistes de ce roman fabuleux, extraordinaire reconstitution des décors, de l'ambiance, des coutumes : Une course poursuite entre les forces de l'ordre et le terroriste s'engage, alors que Felix traque Alexandre partout où il peut se cacher. La tension devient extrême dans un contexte social et politique déjà complexe... Une jeune fille, Charlotte Walden, va se retrouver au centre de cet ouragan et jouer, malgré elle, le rôle de déclencheur du séisme préfigurant celui plus terrible de l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand et son épouse à Sarajevo. Un roman complet, novateur pour les années 1980, déjà parfaitement maîtrisé sur le plan de la construction et de la narration. Tout est expliqué, décrit, sans que cela soit lourd où ennuyeux. Bien au contraire. Évidemment on repense à la série « Downton Abbey » créée bien plus tard, ou celle de « Masters and Servants » vers 1970 et reprise en 2010. Amazing ! Certaines pages sont à recopier tant l'analyse sur les raisons de la violence des hommes par rapport aux suffragettes, et plus largement aux femmes, est juste et éclairante, ainsi que le décorticage des évènements menant à la première guerre mondiale. À relire absolument ! Quatrième de couverture Quatrième de couverture : En juin 1914, un lord et un prince russe cherchent les termes d'un traité d'alliance pour le conflit imminent. Un anarchiste russe doit faire échouer cette mission. Ce roman décrit les rouages qui conduisirent à la Première Guerre mondiale, ainsi que les questions que se pose une jeune aristocrate de 18 ans à qui sa mère a tout caché de la vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Exil pour l'enfer

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Exil pour l'enfer Gwenaël le Guellec Nouveaux Auteurs 7 janvier 2021 597 pages Thriller Chronique 7 janvier 2021 Tout nouveau, tout chaud. La nouvelle fournée bretonne est arrivée.... DEAD FOR NO ONE « Tant qu'un homme pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout regorge, il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines. « Eugène Varlin, communard fusillé par les « lignards » au dernier jour de la Semaine sanglante, un des précurseurs de l'anarchisme. En effet dans un monde où un être humain n'est plus qu'une statistique, que son individualité irremplaçable et unique est noyée de facto dans une masse informe, qu'il perd son visage sur ordre des gouvernements plus ou moins dictatoriaux, des grandes groupes et entreprises de tous les secteurs, un vent de révolte se lève dans les rangs des citoyens quelles que soient leurs origines, leurs conditions sociales. L'équilibre des puissances entre pays pauvres et riches, entre nations en guerre et en paix relative, bascule en cette période troublée. Des forces visibles mais aussi souterraines se mettent en mouvement pour empêcher le totalitarisme et permettre l'émergence d'un monde nouveau plus égalitaire, plus juste. Il n'y a pas de hiérarchie entre les êtres humains mais certains semblent l'ignorer, alors même que tous leurs millions, leurs milliards ne les empêcheront pas de finir en poussière... d'être NO ONE. Ainsi une tempête surgit au Nord, à la frontière entre la Finlande et la Russie en ce mois de décembre 2021 : trois corps pendus et scarifiés sont retrouvés par un éleveur de rennes Sami. Atmosphère anxiogène, déjà en noir et blanc, en cette nuit de cauchemar.... La tempête va rejoindre la pointe la plus occidentale de l'Europe, Brest, où la disparition d'un marin est signalée. Les vents se renforcent pour atteindre notre jeune héros, Yoran Rosko, photographe atteint d'achromatopsie, patient depuis un an et demi du Rotterdam Eye Hospital. Accepté dans un protocole à la pointe de la technologie, il pourrait peutêtre, grâce à un oeil électronique, l'Eyeborg, percevoir ce qui l'entoure en couleurs. Mais pour l'heure, à l'annonce de la disparition de son ami en mer il n'a d'autre choix que de repartir pour son pays, pour les côtes armoricaines, pour la cité où il a vécu une aventure aux confins de l'enfer racontée dans l'opus précédent de Gwenaël Le Guellec, "Armorican Psycho" paru en 2019 Pour ce thriller original et déjà parfaitement maîtrisé, l'auteur a reçu le Grand Prix du suspense psychologique en 2019 et le Prix Goéland Masqué en 2020. Avec ce deuxième roman, le talent rare de cet écrivain est diablement réaffirmé. En gardant les spécificités remarquables de l'épisode précédent qui sont - une bande son rock, techno et underground omniprésente, - un découpage en plans serrés et nerveux, - une impression de reportage caméra à l'épaule, avec un cadrage très particulier, - un goût certain pour les grands espaces, les terres sauvages aux climats rigoureux du grand Nord mais aussi pour les paysages industriels, lui inspirant des scènes inoubliables tant contemplatives que d'horreur ou d'action, Gwenaël Le Guellec traite d'un sujet terrifiant dont les conséquences sur la planète entière sont inacceptables tant elles sont inhumaines, amorales. On ne peut qu'être foudroyé par ce texte comme l'est Yoran, ce personnage fabuleux, touchant, exceptionnel, dont l'œil acéré posé sur le monde est capable de distinguer le moindre détail.... Le diable réside dans les détails dit-on. L'auteur en jalonne son récit telles des miettes de pains qui placées correctement à la fin forment un tableau prémonitoire et ténébreux. Ce n'est pas Yoran Rosko qui devra s'adapter à un environnement en couleurs mais bien nous, lecteurs, qui devrons absolument accepter de tout percevoir en noir et blanc, comme dans un film où le moindre mouvement ou le moindre frémissement est du coup perceptible. Un train vous attend pour vous porter jusque sur les terres glacées de Sibérie là où tombe la Black Snow. Un thriller virtuose d'un auteur passionné, investi, empathique et clairvoyant quant à notre monde. Je remercie Gwenaël Le Guellec pour sa confiance renouvelée et pour m'avoir emportée dans un voyage si dramatiquement et terriblement beau. Je remercie les Éditions Nouveaux Auteurs pour leur travail soigné de mise en page, de relecture du texte exempte de la moindre erreur, pour ce N à l'envers du titre sur la couverture nous rappelant le A de Armorican Psycho. Cohérence ! J'ai hâte de lire la suite... Quatrième de couverture Un thriller dense et implacable, où la vision en noir et blanc du personnage principal donne le ton, jusqu'à un final à couper le souffle ! Trois corps nus complètement gelés sont découverts pendus dans la taïga, à la frontière russo-finlandaise, l'inscription « DEAD FOR NO ONE » profondément gravée dans leurs chairs. Peu après, un navire à la dérive est retrouvé sans son équipage au large de Brest. Yoran Rosko, photographe solitaire atteint d'une maladie rare le contraignant à vivre dans un monde dénué de couleur, a quitté la pointe de la Bretagne après les terribles événements survenus dans « Armorican Psycho ». La disparition en mer de l'un de ses rares amis va pourtant l'obliger à rompre la promesse qu'il s'était faite de ne plus revenir dans sa ville natale. Sans le vouloir, Yoran va progressivement mettre au jour un commerce innommable, et se verra bientôt confronté à ce que notre humanité est capable de produire de pire... 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  • Desfourneaux Bourreau

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Desfourneaux Bourreau Sylvain Larue De Borée 21 mars 2019 357 pages Biographie polar historique Chronique 25 mars 2019 J'ai très vite lu ce récit de la collection Histoire et Documents, très intriguée par ce sujet si délicat et presque tabou, bien que souvent traité auparavant, curieuse de cet homme qui fut l'antépénultième Monsieur de Paris, Exécuteur des Hautes Œuvres de la IVe République. Bourreau ! Ce n'est pas rien : s'y accrochent toutes les images d'Épinal imaginées depuis la Révolution française et la fameuse guillotine qui aujourd'hui font encore frissonner. Cette fameuse Veuve au service de la République, raccourcissant tous les condamnés, criminels les plus vils, les plus monstrueux, les plus stupides ou suprêmement intelligents, charismatiques ou banals à pleurer, courageux face à la mort ou pathétiques de veulerie, tragiques ou horriblement caustiques voire cocasses, hommes ou femmes, (moins nombreuses, protégées injustement par leur sexe), de la fin de l'ancien Régime en passant par la période maudite de la collaboration où là, des résistants, ennemis des régimes pétainiste et nazi, furent suppliciés ainsi, au lieu d'être fusillés. Comment peut-on envisager d'être bourreau ? Comment le devient-on ? Comment y survit-on ? Avec beaucoup de respect, de tact, d'élégance, s'appuyant sur une documentation impressionnante, après un travail énorme d'investigation sur place, dans tous les lieux concernés par cette fresque historique et intime, auprès des familles, ne privilégiant que les faits et rien qu'eux, sans se laisser aller à des suppositions bancales, rétablissant des vérités après tant de mensonges de la presse à sensation, de jaloux, de malveillants, se mettant au service de ce récit incroyable dans un style littéraire concis, net, sans concession, quelques fois franchement grinçant ou drôle, Sylvain Larue relève le défi. Le ton et l'équilibre entre documentaire et narration sont parfaits, ne négligez surtout pas les notes en bas de page ni les intitulés des nombreuses photographies. Au delà du destin même de Jules Henri Desfourneaux, c'est toute la société française qui est décrite, analysée dans son fonctionnement pervers et hypocrite. On veut du sang, on veut la vengeance, on est pour la peine capitale et on imagine quoi ? Que cela se fera par l'opération du Saint Esprit ? On exige le carnage mais on hait le dispensateur de la mort, soudain considéré comme l'ouvrier des basses œuvres. Remercions Me Badinter alors Garde des Sceaux et tous ceux qui ont œuvré pour l'abolition de la peine de mort par décapitation. Notre démocratie est sortie de la barbarie grâce à eux.... La vengeance œil pour œil ne pouvait perdurer... Bien sûr reste en filigrane la pensée contagieuse que peut-être certains criminels devraient être tués par la République, éliminés.... les plus monstrueux, les pédophiles par exemple également meurtriers de leurs petites victimes, les satyres ou vampires comme baptisés alors.... Oui, on pourrait l'envisager, mais non... Que serions-nous devenus ? Serions-nous vengés ? Me Badinter dans un reportage expliquait que la peine de mort, la vue de la guillotine n'avaient jamais dissuader un criminel d'agir. Que certains d'entre eux étaient même favorables à cette condamnation... Quant au personnage de Jules Henri Desfourneaux dépeint ici le plus fidèlement possible, il m'a laissée pensive, triste. Une envie de lui dire de tout laisser tomber, que ce n'est pas une mission supportable. Très loin du bourreau cruel, sans empathie, sans moral, c'est un homme dans toute sa complexité qui nous est restitué au mieux, ses doutes, ses douleurs, ses drames, ses entêtements, ses actes incompréhensibles, impardonnables peut-être, sa lâcheté, son courage, ses petitesses, ses jalousies, ses coups de gueule contre un ministère et une administration qui au même titre que la population finalement le méprisent, lui manquent de respect. L'organisation interne de l'équipe du bourreau et de ses aides, le système de cooptation des nouveaux membres dans le cercle familial ou le voisinage, l'histoire des générations de bourreaux depuis la Terreur, la description du matériel, de son perfectionnement, de son montage, de son entretien, du déroulement de tout le cérémonial entourant une exécution, tout, absolument tout vous est raconté en détails. Les affaires criminelles les plus célèbres comme les plus oubliées sont rappelées, ravivées, la sévérité des peines n'est pas toujours adaptées à la gravité des actes, des innocents sont suppliciés à tort, et des grâces présidentielles sont octroyées sans que l'on comprenne pourquoi. La justice paraît jouer quelques fois aveuglément à la roulette russe. Un texte passionnant, effarant, qui fait écho aujourd'hui à la situation gravissime de tout l'appareil judiciaire et la perte de notre égalité de droit et de la présomption d'innocence face aux tribunaux. Il interroge sur notre niveau de civilisation ou de barbarisme. N'oublions jamais les leçons du passé, n'obéissons pas aux ordres amoraux, contre nos idéaux, notre constitution. Facile à écrire ! Un livre remarquable quoiqu'il en soit. Quatrième de couverture « Ils étaient la face noire de la loi, des hommes aux fonctions taboues dont l'évocation relève encore de nos jours du scandale, près de quarante ans après l'abolition de la peine de mort. Derniers maillons de la justice, les bourreaux ont toujours suscité la crainte et le mépris hypocrite de leurs concitoyens, pourtant en majorité fort peu hostiles au châtiment suprême. Dans l'histoire contemporaine, Jules Henri Desfourneaux est probablement celui dont le souvenir est le plus oublié, car le plus honni. Issu d'une longue lignée d'exécuteurs, il devient, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, le successeur de son oncle et patron, le fameux Anatole Deibler. Il sera le dernier bourreau de France à faire usage de la guillotine en public à l'entrée des prisons. Indifférent - en apparence - à ses fonctions, entre l'exécution de dizaines de criminels ordinaires et quelques célèbres causes criminelles - dont Weidmann ou Petiot, serviteur trop docile, Desfourneaux mourra dans son lit en 1951. Cette biographie est à la fois un rappel de l'existence atypique de cet homme banal et discret, et le souvenir d'une quarantaine d'années d'histoire criminelle, à l'époque pas si lointaine où, sous le ciel gris-rose de l'aube, des hommes se réunissaient pour voir une tête d'assassin tomber sous le couperet de la guillotine "au nom de la Justice française »... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Étoile de la providence

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Étoile de la providence Alain Delage De Borée Terres d'écriture 2 juin 2022 336 pages Historique Chronique 2 juin 2022 « Un septuagénaire se voit remettre la Légion d'honneur mais il ignore pourquoi... » « Dans la vie, il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. « Jérôme Touzalin, Le Pommier « Je ne suis qu'un homme sans dieu ni apôtre, je gagne ou bien j'apprends. « Florent Pagny, l'Instinct Je remercie l'auteur de m'avoir permis, grâce à cette lecture, de m'envoler bien loin des vicissitudes de la vie jusqu'à dépasser les nuages et atteindre l'horizon infini. Récit d'un destin extraordinaire où l'adjectif « impossible » est rayé, où l'instinct de survie, l'honneur, l'humanisme et la passion sont les maîtres mots. Jusqu'à la dernière page, Alain Delage nous réserve des retournements de situation, certains prévisibles mais d'autres insoupçonnables et bouleversants. L'énigme est de taille : pourquoi le héros de cette histoire reçoit-il la Légion d'honneur des mains du Président de la République, Georges Pompidou ? Grâce au personnage si attachant de Florian Duval, septuagénaire, que nous retrouvons à douze ans, nous voici à remonter le temps jusqu'en 1910 à Blida en Algérie française, en un jour bien particulier basculant soudain dans le drame.... À partir de cette date, l'adolescent livré à lui-même, ne pouvant compter que sur son courage et son aptitude à plier mais ne jamais accepter l'injustice, devra s'adapter à une nouvelle terre, un nouvel environnement, se faire quelques amis.... jusqu'au premier émoi sentimental et la nécessité de fuir afin de ne pas se trahir. Ainsi sommes-nous projetés en Algérie puis à Marseille et enfin dans le Gard à la porte de l'école militaire de SaintHippolyte-du-Fort où il a été obligé de se présenter. Déjà les ailes du destin battent et se rapprochent rapidement du jeune garçon.... C'est alors tout un pan de l'histoire de l'aéronautique qui nous est compté avec un luxe de détails, multipliant les scènes cocasses, amusantes, dramatiques, inoubliables. Nous frissonnons autant de peur que de plaisir à la découverte de ces pages rocambolesques, émouvantes et fidèles aux événements telles les démonstrations de vols sur les premiers avions. Une industrie en devenir, une passion pour notre jeune ami, une famille enfin à rejoindre.... Mais cela n'explique toujours pas pourquoi Florian et son épouse se rendent en ce matin de 1972 au Palais de l'Elysée pour une cérémonie de remise de Légion d'honneur. Gageons que Florian, dans sa grande humilité, devra, soutenu par sa femme, affronter bien des vérités et de grandes émotions. Ayez confiance en Alain Delage pour soutenir le suspense avec un plaisir "sadique" jusqu'au point final. Un très bel opus à nouveau qui s'ajoute à la collection Terres d'écriture des Éditions de Borée que je remercie infiniment pour leur confiance renouvelée. Merci à l'auteur pour son engagement : on ressent la joie et l'enthousiasme qu'il éprouve à transmettre à ses lecteurs une part de notre histoire commune et à rendre hommage à l'humanisme de certains d'entre nous, exemples à suivre. Quatrième de couverture 1972 : Florian, retraité de l'aéronautique, se rend avec sa compagne au palais de l'Élysée afin d'y être décoré de la Légion d'honneur. Il ne comprend pas pourquoi. L'évocation de sa jeunesse lors de la cérémonie lui permettra peut-être d'y voir plus clair... 1910, retour en arrière : Florian a 12 ans et vit en Algérie française auprès d'un père militaire et d'une mère aimante. Lorsque celle-ci décède subitement, le jeune garçon, abandonné par son père, est envoyé dans une école militaire du Gard, contre son gré. Là-bas, de rencontres providentielles en expériences formatrices, il prendra en main sa destinée et n' écoutera que son courage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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