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- Les Suprêmes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Suprêmes Edward Kelsey Moore Actes Sud/ Babel 2014 414 pages traduites par Cloé Tralci avec la collaboration d'Emmanuelle et de Philippe Aronson Roman Chronique 23 août 2018 Un roman historique rythmé bouleversant, drôle, incisif, percutant, entre les années 60 et 2005, qui reste en tête comme une chanson des Suprêmes, ou le fameux « Respect » de la grande Aretha Franklin ; une écriture musicale sur le fil des sentiments : les larmes au bord des cils de rire ou de douleur, un premier livre en clair obscur sur une amitié de Femmes et le destin de leur entourage vivant ou encore hantant gentiment les lieux. Edward Kelsey Moore est violoncelliste professionnel à Chicago, cela explique cette mélodie toujours présente, celle de la Vie toute puissante traversant les années malgré les joies extrêmes et les drames indicibles. La suite de ce best-seller s'intitule « Les Suprêmes chantent le blues » en 2018. Je le lirai bientôt.... De vraies scènes d'anthologie presque cinématographiques irrésistibles, des personnages qu'on adore, auxquels on s'attache vraiment, des thèmes forts, le racisme, la ségrégation, la violence familiale, la maladie, la mort, le souvenir des disparus, la résilience, la bravoure quotidienne pour simplement réussir à respirer, l'amitié et l'amour indéfectibles, le deuil du conjoint ou de l'enfant, la vengeance, le meurtre.... Des moments inoubliables qui nous rappellent de profiter de chaque instant, chaque minute.... Être conscient du bonheur actuel n'est pas si facile. Quatrième de couverture Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittées depuis : tout le monde les appelle “les Suprêmes”, en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines aussi puissantes que fragiles ont, depuis leur adolescence, fait de l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana longtemps marquée par la ségrégation leur quartier général où, tous les dimanches, entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de nourritures diététiquement incorrectes tout en élaborant leurs stratégies de survie. Née dans un sycomore, l’intrépide Odette, qui mène son monde à la baguette, converse secrètement avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana sur les conseils avisés de sa défunte mère, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son très volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbara Jean, éternelle bombe sexuelle que l’existence n’a cessé de meurtrir. D’épreuves en épreuves, l’indissoluble trio a subsisté contre vents et marées dans une Amérique successivement modelée par les ravages de la ségrégation raciale, l’insouciance des années hippies, la difficile mise en route de “l’ascenseur social”, l’embourgeoisement, sous la houlette des promoteurs immobiliers, des quartiers naguère réservés aux Noirs et les nouveaux catéchismes de la modernité mondialisée. Invitation à une lecture aussi décalée que féconde de la problématique raciale aux États-Unis, ce formidable et attachant roman de l’amitié et de la résilience emmené par d’époustouflants personnages et porté par l’écriture imagée et subversive d’Edward Kelsey Moore, s’affirme avant tout comme une exemplaire défense et illustration de l’humanisme conçu comme la plus réjouissante des insurrections. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'oasis Éternelle
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'oasis Éternelle Luis Montero Manglano Actes Sud 2018 571 pages traduites par Claude Bleton Polar Chronique 22 septembre 2018 Grand roman d'aventures de Madrid au Mali, à la poursuite d'un trésor, celui-ci moins important en fait que la quête elle-même. Un Indiana Jones ibérique réjouissant, une galerie de personnages colorés, des situations périlleuses, cocasses, drôles, quelques fois presque caricaturales, mais on s'amuse. En revanche le contexte lui est réel, les évènements dramatiques au Mali sont très bien décrits en toile de fond de ce récit épique ainsi que l'Histoire de ce pays sur plusieurs siècles. Des civilisations, des cultures, des rois, d'une extrême richesse intellectuelle, artistique, spirituelle, que l'Occident devrait un peu plus découvrir avant de savoir qui sont les barbares ou les sauvages. Donc me concernant, le grand intérêt de ce livre est le Mali, le pays, ses habitants, son destin. Tout commence en Espagne à Madrid dans les sous-sols du Musée archéologique, où travaillent les membres du Corps Royal des quêteurs. Celui-ci est une organisation secrète dont la mission est d'aller reprendre au quatre coins du monde des objets du patrimoine espagnol, volés lors des différents conflits passés. Ils vont donc subtiliser ces biens à des voleurs. Un retour à l'envoyeur. Les aventures précédentes de « La Table du roi Salomon » parues en 2017 chez Actes Sud, ont mené l'équipe sur les traces de ce roi et de la reine de Saba. Aujourd'hui l'organisation vit des heures difficiles avec à sa tête un nouveau chef aux décisions désastreuses, obligeant les quêteurs de terrain à se coltiner de la paperasserie. Un manuscrit très ancien est volé, rien de nouveau, mais c'est le fameux Marmud de Séville. L'envie de repartir en Croisade est trop forte pour l'équipe et en particulier pour le jeune quêteur Pharos. Accompagné de Labulle, Danny, Enigma et bientôt un génial geek adolescent Yokai, un hacker au langage fleuri, poursuivis par une enquêtrice d'Interpol ayant tout du pitbull, il remonte la piste inscrite dans les marges du manuscrit dans une langue ancienne malienne, décryptée par un mystérieux nouveau venu, César, celui qui justement avait été chargé de voler le Marmud. Au mépris du règlement du Corps Royal, ils partent pour le Mali pour certains, d'autres restant à Madrid pour assurer leurs arrières. Le pays est ravagé par la guerre entre les Touaregs, les intégristes islamistes, l'armée française appelée à la rescousse et d'anciennes tribus africaines. Un ennemi puissant se dresse sur leur trajectoire en permanence, une multinationale aux pouvoirs incroyables. Direction donc l'Oasis Éternelle ou attend depuis des siècles un trésor, un objet sacré.... En parallèle de cette poursuite, Pharos mène, sans le savoir, une quête plus personnelle sur ses origines, sur sa propre histoire. « Mêlant érudition et imagination- amour, aventure, crocodiles et pygmées-, ce roman palpitant nous plonge au cœur des trésors des bibliothèques de Tombouctou. » Luis Montero Manglano est madrilène, professeur d'histoire de l'art et d'histoire médiévale. Quatrième de couverture Après les aventures de La Table du roi Salomon, l'organisation secrète du Corps Royal des Quêteurs, chargée de retrouver des objets perdus du patrimoine archéologique espagnol, suit la piste d'un manuscrit volé jusqu'au Mali. Un roman érudit et trépidant qui nous plonge au cœur des trésors des bibliothèques de Tombouctou. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Des jours sauvages
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Des jours sauvages Xabi Molia Seuil Août 2020 256 pages Roman Chronique 28 décembre 2020 Attention : Cette chronique a été rédigée en décembre 2020. Il faut la remettre dans son contexte. Bien que mon avis sur cette fiction soit plutôt mitigé, je partage la présentation de ce roman que j'avais préparée en amont, avant même de commencer ma découverte du texte. C'est évidemment une opinion très subjective qui ne sera pas partagée par tous les autres lecteurs. L'opportunité offerte par la pandémie du Covid 19 et ses conséquences directes sur nos vies, sur nos peurs, appelait à une très grande intelligence, à de la délicatesse et de l'originalité quant à son traitement dans une fiction s'en inspirant. Certes l'auteur pousse le curseur bien plus loin, l'épidémie de grippe décrite oblige certains à fuir le pays par tous les moyens possibles, ici un ferry, pour gagner des terres hospitalières en attendant des jours plus glorieux. Je dirais que la description de cette migration est le moment le plus intéressant et réjouissant pour la lectrice que je suis qui, par ailleurs, a déjà lu moults récits de pirates avec mutineries ou retour à l'état sauvage sitôt débarqué sur des îles paradisiaques, de SF sur un monde après catastrophe, pandémie.... d'aventures au-delà des mers afin de fonder une nouvelle société utopique etc, etc.... Ces sujets ont été traités et retraités depuis des siècles.... Difficile d'en être l'héritier. Ce roman mixe tous ces types de littératures précités, le tout est très bien écrit, analysé. Peut-être qu'il manque à l'auteur le recul nécessaire, sur ce que nous vivons en ce moment. Quatrième de couverture Tandis qu'une grippe foudroyante ravage l'Europe, une centaine de personnes montent à bord d'un ferry pour fuir le continent. Pris dans une tempête, les passagers font naufrage sur une île inconnue. Il faut construire un radeau pour repartir. Mais certains prennent goût à cette vie nouvelle. Ils veulent rester, et protéger à tout prix le secret de leur présence ici. Un conflit couve, les passions s'exacerbent. Alors que sera bientôt commis l'irréparable, le ciel et l'horizon demeurent vides : sont-ils les derniers survivants ? Épique et envoûtant, un magnifique roman sur la fuite hors du monde et le désir d'une autre vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Et tout sera silence
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Et tout sera silence Michel Moatti Hervé Chopin Editions 6 juin 2019 319 pages Thriller Chronique 6 juin 2019 « Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur. » Franz Kafka « Les femmes mortes ne racontent aucune histoire. Des hommes de peine les écrivent. » D. Handler Un nuage de poussière noire venu d'Islande est attendu en cette fin d'hiver 2019, une menace bien réelle sur toute l'Europe du Nord, symbolisant le Mal, qui inlassablement, inéluctablement plane sur nous tous. Et s'il peut s'étendre ainsi, c'est en raison de notre aveuglement, de notre volonté consciente ou non, de ne rien savoir, de continuer à vivre tout en laissant dans l'ombre les victimes qui survivent là, à quelques mètres de nos maisons. Surtout ne pas les entendre, ne pas les sentir, les nier, et le silence devient assourdissant, et notre responsabilité évidente. Vous me direz, est-il possible d'agir pour nous, simples citoyens ? Serions-nous capables de faire la différence ? La tâche n'est-elle pas insurmontable ? C'est évidemment une question centrale qui motive certains à continuer le combat, car chaque pierre aussi petite qu'elle soit peut solidifier tout un mur. Une mission donc à mener à bien et réussir, autant que faire se peut, pour les forces de l'ordre, les ligues et organisations internationales, les associations, les reporters et journalistes d'investigation dignes de ce nom. Pour Lynn Dunsday, que nous retrouvons dans ce deuxième opus, travaillant pour un web- magazine, le Bumper, sous les ordres d'un rédacteur friand de buzz et de scandales, la tâche n'est pas aisée. Sa déontologie, ses méthodes presque artisanales et faussement dépassées, ses convictions fermement chevillées, et sa ténacité et son entêtement ne font pas bon ménage avec les nouvelles méthodes de journalisme. En cela, elle fait perdurer ce que son ami et collègue à la retraite, Trevor Sugden, lui a transmis lors de leur dernière affaire ensemble. Elle se heurte également à son compagnon Andy Folsom, enquêteur à la Metropolitan Police de Londres, qui essaye de garder pour lui des informations, tout en protégeant leur relation amoureuse. Un équilibre difficile à trouver qui sera sacrément mis à mal par les prochains événements. Ils vont tous devoir collaborer, Lynn, Trevor et Andy, car l'ennemi est effroyable, monstrueux, inhumain. Sopot, quartier de Karlikowo, Pologne, mars 2019. Une jeune femme qui croit aux contes de fées sans doute, qui se voit princesse dans un futur proche, monte dans une camionnette blanche devant la conduire en Slovénie pour un stage professionnel. Naïveté, bêtise, désespoir ? Le piège se referme sur Magdalena et ses compagnes de cauchemar. Une explosion de violence, de fureur, s'abat sur elles. On va les casser psychologiquement, on va leur faire comprendre qu'elles ne sont que du fret monnayable, elles vont perdre tout, incapables de se défendre elles-mêmes de la barbarie. Ce sont des "Princes", des business men qui décident de leur sort. Elles ne sont plus que viande, esclaves sexuelles en partance pour Londres via Trieste. Un vaste réseau international du crime d'une puissance terrifiante. On coupe un bras du monstre, un autre repousse ailleurs. Mais faut- il se désespérer ou continuer à guerroyer contre cet adversaire démoniaque ? Quelques mois plus tard, à Londres, on dénombre 29 victimes d'attaques en un mois dans la capitale. Incompréhensible ! La police, la presse sèchent devant ces crimes où toutes les victimes, les armes, les modes opératoires sont différents. Lynn est pressée par son rédac chef, Tony Grant, de pondre un article bien sensationnel. Elle s'arrache les cheveux. Au même moment ou presque une femme se fait massacrer dans les toilettes d'un pub, le Moon & Spoon. Andy est appelé sur la scène du crime. Voilà les premières pièces du puzzle que va patiemment mettre en place l'auteur, nous guidant jusque dans les quartiers polonais londoniens, à la rencontre de personnages hallucinants, amnésiques de leur propre histoire, chargés de haine, des extrémistes, des hommes d'affaires, des religieux, des exécuteurs des basses œuvres. Lynn est en grand danger, elle a toujours joué avec les limites, mais cette fois elle n'y arrive plus. Andy panique, devient secret, irascible. Ajoutez à cela un philosophe psychopathe flippant, une blogueuse Lulubelle, seul élément lumineux et léger de cette histoire, et vous avez un thriller dense, bâti sur une documentation solide concernant des faits réels, qui personnellement m'a fait très peur jusqu'au bout, et évidemment, parceque Michel Moatti est pétri d'humanisme et d'empathie, m'a bouleversée. L'information à outrance qui nous bombarde aujourd'hui sans filtre, souvent détournée ou fausse, sur les réseaux sociaux, nous empêche-t'elle de respirer, et du coup d'agir, nous tétanisant, paniqués ? Je me sens souvent ensevelie sous cette masse de noirceur, totalement désespérée par cette inhumanité. Elle a toujours été, mais aujourd'hui elle est visible. Dénonçons toujours les criminels, mais essayons de contrebalancer aussi en créant la beauté, l'espoir, par l'art, la littérature, des actes du quotidien qui, mis bout à bout, changent la donne. Mission accomplie pour ce roman. Quatrième de couverture « Enlèvements, trafic d'êtres humains, séquestrations, abus sexuels, meurtres... Il y a un monde à côté du nôtre, invisible, effrayant, silencieux et pourtant terriblement réel. Ça se passe aujourd'hui, en Europe, et tout le monde ferme les yeux. Alors il faut bien que quelqu'un en parle. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les retournants
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les retournants Michel Moatti Hervé Chopin Editions Mars 2018 269 pages Thriller Chronique 9 juin 2018 Que se passerait-il si un sociopathe, un serial killer en puissance se retrouvait envoyé dans une grande boucherie ? Imaginez un tel être à qui l'on commande de tuer, s'il ne le fait pas, il est exécuté... Toutes les guerres sont criminelles, non justifiées quelque soit la raison invoquée, et toujours des monstres s'y sont cachés trop heureux du blanc seing qui leur est accordé. Mais si cette tuerie organisée, autorisée, devient soudain insupportable, que l'idée même d'un dernier assaut voulu par les planqués du haut commandement, une ultime bataille forcément monstrueuse, vouée au carnage inutile, se profile après quatre ans dans la boue, le sang, les tripailles et la merde, alors même un sociopathe est pris d'une furieuse envie de fuir, de sauver sa peau. Et jamais il ne se retournera pour regarder en arrière. Nous voici donc en août 1918, deux lieutenants sur le front de la Somme apprennent qu'une ultime grande attaque est prévue. Hors de question d'y participer, d'être de la chair à canon. Donc Adrien Jansen, ancien maître d'école, et Vasseur, ex-employé du ministère des Colonies, à bout, mettent toutes leurs forces et leurs aptitudes à se carapater au plus vite. Depuis leur mobilisation, pendant que certains embusqués sont restés planqués à l'arrière, eux ont senti le désespoir, la rage, puis la fureur enfler de jour en jour. Concernant Vasseur, la bataille a révélé sa véritable nature. Très vite Jansen se rend compte que son compagnon est terrifiant, une bête, un fou sans aucune conscience. Ils partent ensemble de Dommartin direction l'ouest non sans semer au passage plusieurs cadavres des deux camps. Le colonel Victaille décide d'envoyer son plus dangereux limier sur les traces de ces déserteurs. Le capitaine Delestre de la gendarmerie de la prévôté d'Amiens, surnommé le chien de sang, se met immédiatement à renifler la piste. Celle-ci au départ logique, toujours dans la même direction, devient curieuse, les modes opératoires différent d'un meurtre à l'autre. Pendant qu'il les chasse, ses proies débarquent au Château d'Ansennes où résident Paul de Givrais, ancien maître verrier, sa fille Mathilde, fragile des poumons et pas seulement, somnambule, et leur domestique glaçante. Tout est étrange sur ce domaine, ce trio qui vit dans un monde à part loin des réalités de la guerre, est inquiétant, anormal. La rencontre de ces cinq personnages mène forcément au drame. Ambiance anxiogène, ou planent les ombres des morts et des revenants, où la folie est exacerbée, favorisée jusqu'à un dénouement digne d'un film de Hitchcock en noir et blanc. Une fiction certes mêlée de souvenirs d'enfance, d'histoires racontées à la veillée par un arrière-grand-père Chéri. D'autant plus touchant et marquant. Nous avons, pour certains, des photographies d'aïeuls, de poilus, disparus ou rescapés de 14/18, la première des grandes guerres modernes sous le fallacieux prétexte d'une envie de remettre ça après la catastrophe de 1870. Un récit de course poursuite sur fond historique, un vrai thriller installé dans un climat psychologiquement terrifiant en ce château maudit. Tous les ingrédients sont là pour vous stupéfier. Évidemment, la question du permis de tuer lors des conflits est au centre de ce livre. Nombre de criminels de guerre se sont cachés derrière cette ordre d'obéir, d'éradiquer l'ennemi, certains ont été condamnés, d'autres jamais, certains agissent toujours. Quatrième de couverture Août 1918, deux soldats décident de fuir le front. Sur le front de la Somme, la guerre n'en finit plus de finir. Vasseur et Jansen, deux lieutenants français terrorisés par l'imminence d'une dernière grande offensive qu'on annonce terriblement meurtrière, décident de fuir le front. Les voilà déserteurs, et bientôt, pour préserver leur retraite, assassins. Sous de fausses identités, ils trouvent refuge à l'Arrière, dans une étrange propriété forestière, à l'abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel anobli désormais ruiné par la suspension des activités économiques, et sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule. Mais François Delestre, dit « le Chien de sang », un capitaine de gendarmerie, traqueur de déserteurs, est déjà sur leur piste. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tu n'auras pas peur
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tu n'auras pas peur Michel Moatti Hervé Chopin Editions 2017 474 pages Thriller Chronique 14 novembre 2017 Prix du meilleur roman francophone à Polar, 22e édition du Festival de Cognac il y a peu, récompense plus que méritée pour un thriller vertigineux bâti sur des événements réels et monstrueux de1993, à Liverpool. Également construit comme un reportage de guerre édifiant, celle que se font les journaux et " pseudo médias" dans la presse écrite, à la télévision et surtout sur le net au mépris de la déontologie, dans une course effrénée à l'horreur montrée en exclusivité, au largage d'images chocs et d'informations réelles ou non, juste pour faire le buzz. Michel Moatti fut journaliste et son amour de cette profession en même temps que sa colère face à sa dérive sont évidents à chaque ligne. « Tu n'auras pas peur des frayeurs de la nuit, ni de la flèche qui vole le jour, de la peste qui marche dans les ténèbres, ni de la destruction qui dévaste en plein midi. Il en tombera mille à ton côté, et dix mille à ta droite ; Toi, tu ne seras pas atteint. » Psaume 91(90), 5-7 Des mots que doit se répéter chacun de nous mais spécialement Lynn Dunsday, ou Evangeline, tous les jours où elle part à la bataille, jeune journaliste de terrain, pour le Bumper sur le net, brillante, pugnace, sans aucune concession, déjà célèbre grâce à un de ses livres sur une tueuse d'enfants. Ils lui seront précieux ces mots pour affronter un criminel de la pire espèce qu'elle comparera à une Élytre, cette libellule au crochets empoisonnés et ensanglantés. Les réseaux d'informateurs en ce 24 janvier à 6h49 sont en émoi, le réseau Pierre de lune donne l'alerte quant à une scène de crime bizarre au Crystal Palace. Lynn y fonce et y retrouve son collègue, vieux routard de la presse écrite, Trevor Sugden. Tous deux tiquent à la vue de cette mise en scène : le corps immergé d'un métis de trente ans, attaché à un siège d'avion, vraisemblablement noyé. Leur conception à l'ancienne du métier et leur déontologique seront le moteur qui les poussera à poursuivre ensemble cette enquête. Pensant chasser le serial Killer qui commettra d'autres monstruosités spectaculaires pendant près de trois semaines, copiant des scènes de crimes ou d'accident des années 60/70, ils vont tomber peu à peu dans un piège monté avec brio par un esprit supérieur en mal de reconnaissance et de célébrité, adepte de toutes les techniques d'information et des lieux de diffusion sur le net. La description du monde de la presse aujourd'hui donne le tournis et fait réellement peur. La police et les médias doivent faire cause commune car les règles ont changé et la vitesse de propagation des derniers événements toujours plus rapide les y oblige. Cette soif du public de trash, de vidéos atroces, de sensationnel, lui qui semble si blasé et repu de nouvelles et exclusivités 24h/24 est obscène et le mette en danger. Comment être dans ce rush permanent, bombardé d'images, capable d'analyser les faits, d'exercer son libre jugement. Impossible ! Là commence la manipulation de l'opinion. Notre tandem très attachant va être renforcé par le fiancé de Lynn, Andrew Folsom, policier. La scène finale concernant la traque elle-même sur plus de cinquante pages, en extraits brefs, nous faisant osciller entre les différents protagonistes en plusieurs lieux dans le même espace temps est prodigieuse. On la voit, de par ses qualités proprement cinématographiques, on la lit dans l'urgence, tant les éléments donnés nous aident à élucider bien des points restés obscures pendant le récit, en particulier concernant Lynn. Le plus terrifiant dans ce thriller est qu'il découle d'un crime réel, battant tous les records d'ignominie et d'irrationnel. La fiction n'égalera pas ce que l'homme est quelques fois capable de commettre au nom du mal. Les zones d'obscurité nous entourent et nous cernent, peut-être est-ce la raison pour laquelle, nous faisons tant de bruit, nous exposons nous tant dans la lumière. Espérons qu'il n'y aura pas un prix énorme à payer. PS : Evangeline, mon prénom aussi, signifie messagère de vie. Quatrième de couverture Tout commence par la remontée d'un cadavre à demi-congelé, attaché à un fauteuil d'avion immergé dans un étang de Crystal Palace, au sud de Londres. Puis on découvre le corps d'une jeune femme défigurée dans un hôtel de Bournemouth. Son visage a été découpé au cutter et emporté. Tout commence par la remontée d'un cadavre à demi-congelé, attaché à un fauteuil d'avion immergé dans un étang de Crystal Palace, au sud de Londres. Puis on découvre le corps d'une jeune femme défigurée dans un hôtel de Bournemouth. Son visage a été découpé au cutter et emporté. Sur les réseaux sociaux et les blogs, les indices et les rumeurs circulent, bien plus vite que les informations officielles délivrées par la police et les journaux. Un mortel jeu de piste s'organise, dirigé par un assassin sans scrupules qui reconstitue avec autant de rigueur que de férocité les scènes de crime les plus choquantes. Quelle énigme se cache derrière ces sinistres « natures mortes » ? Lynn Dunsday, une jeune web-reporter fragile, aux lisières du burn-out, et Trevor Sugden, un journaliste qui travaille « à l'ancienne », se lancent sur les traces du meurtrier, anticipant les avancées de Scotland Yard. 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- Alice change d'adresse
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Alice change d'adresse Michel Moatti Hervé Chopin Editions 31 mars 2016 298 pages Thriller Chronique 26 mars 2017 « Alice change d'adresse » est un mauvais rêve, lent, déstabilisant, qui perd le lecteur, le déroutant totalement, le déséquilibrant, le laissant mal à l'aise. Où Michel Moatti l'entraîne-t-il ? Alice Hoffman décide de se suicider suite au décès brutal et tragique de son fils Franck, lors d'une catastrophe naturelle à l'endroit les Seize Ecluses. Elle se réveille hospitalisée en clinique, cinquante trois jours après sa TS. Elle est alors dans un état second, dans une torpeur collante, flottante en raison des médicaments, mais aussi de sa peine immense et son désarroi. Elle va se raccrocher à un roman "Le pays d'Arrière" se situant dans l'hémisphère sud, où l'héroïne a aussi un fils Franck. Un personnage curieux va alors se présenter à elle, le Capitaine Van Dern, policier en disponibilité depuis 11 mois, suite à une blessure par balle à la tête. Il affirme avoir enquêter sur son histoire et pose la question : Franck est-il bien mort ? N'a t'il pas été kidnappé ? Ces deux âmes en souffrance vont alors former un curieux tandem pour remonter la piste jusqu'au "pays de Maurice Genevoix et des serial killers ", (la première page du chapitre XXIX est de toute beauté p 213). Nous allons ainsi glisser du récit propre de l'enquête, à des passages du roman australien, et peu à peu aux pensées désespérées du petit Franck dans sa prison. Des allusions à Edgar Allan Poe et à sa fin tragique à Baltimore complètent le décor et teintent cette histoire d'encore plus de mystère et de brouillard. C'est un cheminement pénible et cruel, où la peur que Franck soit la victime d'une serial killeuse est insoutenable. La fin est une chute vertigineuse. Quatrième de couverture Alice Hoffman, nerveusement détruite après la disparition de son fils de 11 ans lors d'une terrible catastrophe fluviale, a décidé de mourir. Mais elle se réveille dans une clinique, cinquante-trois jours après sa tentative de suicide. Ses souvenirs reviennent en même temps que sa douleur. Dans cette ambiance suspendue, où on l'incite mollement à vivre, elle fait la connaissance de Van Dern, un officier de police en convalescence, victime d'une grave blessure reçue en opération. Une étrange complicité va naître entre ces deux naufragés. Car tout ne s'est peut-être pas passé comme Alice l'avait cru : qu'est-il vraiment arrivé ce jour-là près de l'écluse n°9 ? « Alice la suicidée », et Van Dern, le flic « en longue indisponibilité » vont se lancer à la recherche d'une terrifiante vérité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Retour à WhiteChapel
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Retour à WhiteChapel Michel Moatti Hervé Chopin Editions 24 janvier 2013 350 pages Thriller Chronique 21 février 2017 J'ai dû sortir à la fin de Retour à WhiteChapel, pour respirer, infiniment triste et bouleversée, nauséeuse aussi de colère. Pourquoi me suis-je dit ? Parce que c'est vrai, parce que aujourd'hui sur un plan général, le massacre, les génocides, les viols comme armes de guerre, les femmes victimisées, sont toujours d'actualité. Ce n'est pas le passé, c'est également le présent et le futur. Ces deux livres indissociables pour moi ne sont pas des thrillers, mais des enquêtes précises au scalpel, remarquablement rédigées et construites, ne souffrant aucun à peu près, où Michel Moatti utilise avec ingéniosité le personnage fictif de Amelia Pritlowe, infirmière au London Hospital, comme lien entre les deux affaires. Elle apprend donc par une lettre de son défunt père, qu'elle est la fille de la dernière victime de Jack the Ripper, Mary Jane Kelly. RETOUR à WHITECHAPEL : Nous sommes en 1941, Londres est bombardé, détruit, mis à l'agonie, le monde s'écroule à l'instar d'Amelia qui en est le témoin privilégié et qui dans un premier temps s'effondre devant la vérité concernant son passé. C'est une femme dont on a aucune description physique réelle, elle est banale, on se doute qu'elle a une cinquantaine d'année, elle n'est en rien remarquable extérieurement ; elle est extraordinaire en revanche par son besoin de prendre du recul pour enquêter, de se distancier intellectuellement pour comprendre l'indicible, connaître son histoire et reconnaître sa mère, remettre à plus tard les pleurs, la chute. Elle est sans visage, elle est du coup tous les visages et particulièrement ceux des femmes qui sans ce drame seraient tombées dans l'oubli et l'anonymat. Elle va être notre guide tout au long de cette première enquête sur Jack, en 1888, au coeur de l'East End, pendant l'Ere Victorienne, avec sa société de classes où toute une partie de la population crève de faim, de maladie, dans l'indifférence générale. C'est une société viciée, violente, injuste, sans aucun espoir pour les plus faibles et évidemment en premier lieu pour les femmes. On en prend plein la tête, par exemple lors des descriptions des premières manifestations de révolte menées par des ouvrières courageuses et défigurées par l'usage du phosphore dans les manufactures d'allumettes. Car ce premier livre est aussi une dénonciation de ce qu'on fit aux femmes les plus pauvres, des exactions de certains en pleine ère industrielle pour s'enrichir. Jack l'éventreur est à mes yeux un symptôme et un symbole de cette époque, de ce monde sans moralité, sans notion réelle de Bien ou de Mal, où l'hypocrisie règne en maître. Amélia nous tiendra la main jusqu'au bout de l'horreur. On pense tous à tort connaître cette histoire, quelle manque de modestie ! Grâce à sa bravoure, à son journal, nous sommes directement impliqués, et les larmes montent aux yeux. Comme Femme je suis révoltée, je pleure sur ces 5 victimes de la barbarie inhumaine et de la bêtise de la police et des autorités judiciaires de l'époque. Pensez donc..... des femmes indigentes vendant leurs corps pour survivre ! L'enquête est très bien menée, la proposition de Michel Moatti concernant l'identité réelle de Jack est tout à fait crédible, à bien des titres. Quatrième de couverture Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres, Amelia Pritlowe, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack L'Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans. Mrs Pritlowe se lance alors dans une traque méticuleuse et acharnée, poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité de Jack L'Éventreur. Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack L'Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans. À compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée, poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité de Jack L'Éventreur. Grâce aux archives d'une pittoresque société savante de « riperristes », en confrontant témoins et survivants, elle va reconstruire dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante « carrière » de l'Éventreur. En décryptant des documents d'époque, Michel Moatti recompose l'atmosphère nocturne et angoissante de l'East End du XIXe siècle. En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, il propose une solution à l'énigme posée en 1888 : qui était Jack the Ripper ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- M le bord de l'abîme
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires M le bord de l'abîme Bernard Minier XO Editions 2019 557 pages hors notes de l'auteur Thriller et Polar Chronique 9 mai 2019 Un roman indépendant de la série policière, passionnant, qui reprend le thème des dangers possibles des nouvelles technologies, de l'Intelligence Artificielle, de la surveillance via les différents appareils électroniques et numériques que nous utilisons quotidiennement, de nos faits et gestes, de nos pensées, de nos habitudes, ceci menant évidemment à la perte de nos libertés fondamentales et la manipulation à grande échelle de l'opinion. Ici, Bernard Minier pousse l'idée beaucoup plus loin, le web devenant une arme dangereuse entre les mains de criminels en puissance. L'auteur tire ainsi l'alarme, comme le firent précédemment mais autrement, Sylvain Forge dans l'excellent « Tension extrême » qui m'a rendue encore plus paranoïaque et Sébastien Raizer dans sa magnifique « Trilogie des équinoxes », terrible et philosophique à la fois. Ici, ce qui a retenu toute mon attention est la ville de Hong Kong comme décor de ce thriller fantastique entre présent et futur déjà réel, s'appuyant sur des faits et des évènements avérés quant aux nouvelles technologies, la robotique, l'AI. J'étais très désireuse de découvrir cette cité incroyable rétrocédée voici 22 ans à la Chine, un contexte donc très particulier favorisant des situations de lutte de pouvoir entre le gouvernement chinois et les plus grandes familles ayant assis leurs anciennes fortunes sur le trafic d'opium du temps des anglais. Ambiance malsaine politiquement et judiciairement, quartiers de la cité en ruine, pourrissant, dérives multiples dûes à la présence des triades criminelles, une beauté vénéneuse qui ne donne plus forcément envie de faire le voyage. Visite des lieux et transmission de l'histoire de ce territoire, passionnantes, toute deux construites sur une documentation solide. Il est évident que ce thriller est le résultat d'un travail fabuleux et énorme. J'ajoute à ceci pour étayer mon avis plus que positif sur cette "fiction", une enquête qui nous happe immédiatement, une héroïne, Moïra, pour laquelle on ressent de suite de l'empathie, pour laquelle on a peur, conscients tout de même que certaines zones d'ombres nous sont cachées concernant son passé. Des points de détail nous sont lentement donnés, au compte goutte, favorisant le suspense, la tension, un dénouement en partie seulement prévisible dans l'œil du Typhon. Je dois dire que c'est le voyage que j'ai préféré, le dépaysement, dans une mégalopole encore dans le passé mais déjà projetée dans l'avenir à un point que les européens n'égalent pas. La poursuite de la colonisation économique du monde par les chinois est un sujet que l'on ne traite pas suffisamment et qui pourtant devrait tous nous inquiéter. Il faut vite réagir ! Un très bon Thriller policier, effectivement « vertigineux et fascinant ». Quatrième de couverture « Pourquoi Moïra, une jeune Française se retrouve-t-elle à Hong Kong chez Ming, le géant chinois du numérique ? Pourquoi dès le premier soir, est-elle abordée par la police ? Pourquoi le Centre, siège ultramoderne de Ming, cache-t-il tant de secrets ? Pourquoi Moïra se sent-elle en permanence suivie et espionnée ? Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre - assassinats, accidents, suicides ? Alors qu'elle démarre à peine sa mission, Moïra acquiert la conviction que la vérité qui l'attend au bout de la nuit sera plus effroyable que le plus terrifiant des cauchemars. » Et c'est justement avec un de nos cauchemars universels, la chute dans le vide, un saut de l'ange dramatique, que commence cette chasse au monstre, enregistré en lecture vidéo aussi sur ma page. Bienvenus chez M. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sœurs
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sœurs Bernard Minier XO Editions 2018 480 pages Thriller et Polar Chronique 18 avril 2018 Cinquième tome de la série consacrée à Martin Servaz. Paires, duos, duels, tandems, tout va par deux dans ce récit : deux sœurs, un couple, un père et son fils, des parents, deux chapitres à 25 ans de distance, deux flics très différents bien que ce soit le même homme, un écrivain et son fan, un capitaine de la SRPJ face à un meurtrier, deux troncs d'arbres.... Mai 1993, en bordure de la Garonne deux sœurs attachées à deux troncs se faisant face, sont retrouvées assassinées. Alice et Ambre Oestermann vêtues de robes de communiantes, l'une a encore sa croix de bois autour du cou, l'autre non, l'une présente des traces de coups à l'arrière de la tête, l'autre est littéralement défigurée. L'équipe de Kowalski est envoyée sur place, dont fait partie le néandertalien Mangin et un nouveau tout juste sorti de la fac, Martin Servaz. Notre Martin que nous suivons depuis des années, et bien le voilà tout jeunot de 24 ans marié à Alexandra une hôtesse de l'air, père d'une petite Margaux. C'est donc sa première affaire d'homicide. En allant apprendre cette horrible nouvelle aux parents, il découvre dans la chambre d'Ambre la plus âgée un roman noir d'un certain Érik Lang intitulé « La communiante » . Plusieurs autres opus du même auteur trônent sur l'étagère. Dans la couverture d'un album, il trouve des lettres reçues, alors qu'elles étaient mineures, de ce Lang. Un peu trop de coïncidences.... Direction l'Université de Toulouse, où les sœurs occupaient sur le campus deux chambres mitoyennes. Les parents, avant leur départ, leur apprend qu'il y avait eu des appels anonymes toujours à 3h du matin et le dernier leur annonçant la mort des filles. Flippant ! Au campus, d'autres pistes sont découvertes .... Mais Kowalski privilégie celle de Lang mis en garde à vue. Dans des locaux de police à moitié vides, en plein déménagement dans le nouveau bâtiment en briques rouges, l'interrogatoire se déroule difficilement, les méthodes sont contestables ; Servaz se rebelle contre cette violence gratuite et ne se fait pas que des amis dans ses collègues. Puis coup de théâtre, un autre s'est dénoncé avant de se pendre.... Lang est relâché, affaire close. Février 2018, Servaz est aujourd'hui père d'un petit Gustav, ( comme Mahler évidemment), qu'il doit élever seul puisque Marianne sa mère a disparu. Les cauchemars sont toujours là pour le père et le fils, on ne se débarrasse pas de son passé avec un psychopathe serial Killer aussi facilement. Rétrogradé au rang de capitaine, mais allant plutôt beaucoup mieux, il a toujours la même équipe formée de Esperandieu et de Samira. Il a aussi toute la confiance de la procureure Cathy d'Humières. Il est réveillé par son adjoint afin de se rendre dans un quartier rupin près de Toulouse mitoyen d'un golf. Une certaine Amalia Lang aurait été retrouvée morte. Cause du décès : un choc anaphylactique massif dû à des piqûres de serpents! Très curieux. Martin ressent un malaise ancien remontant à 25 ans, en plus il déteste ces bestioles ! Arrivé sur place, il reconnaît les lieux, Érik Lang donc mari de la victime, et la cerise sur le gâteau, celle-ci est vêtue d'une robe de communiante. C'est donc reparti pour un tour, mais cette fois Martin est maître à bord. Ce thriller est une très bonne occasion de découvrir les changements de méthodes de la police en 25 ans, grâce à toutes les avancées technologiques et scientifiques. Nous sommes dans un autre monde, portables, réseaux sociaux, plus d'administratif à affronter pour les forces de l'ordre, un pourcentage de réussite à respecter, on ne se salit plus les mains comme avant, exit les tabassages en règle, tout est filmé, consigné, analysé. Ainsi Martin est certainement plus dans son élément dans cet univers qui paraît plus soft et contrôlable mais qui reste tout autant cruel et dangereux. C'est aussi une description de certains auteurs de thrillers trashs, où la violence et le malsain sont au centre du récit, adulés ou détestés, jusqu'aux menaces de mort ou un fanatisme inquiétant. Des lecteurs en mal de sensationnalisme et de sang au lieu de rendre leur propre vie intéressante, des fans qui sur les réseaux sociaux s'adressent directement à leur idole, se donnant l'illusion pathétique d'être ami avec le grand homme.... Tout va si vite aujourd'hui avec le net que les déraillements sont presque attendus et normaux. Servaz et son équipe sont-ils face à ce cas de figure, ou a-t-on clos le dossier Oestermann trop vite voilà 25 ans....? La fin est très surprenante. Toujours se méfier des fausses sensations de voir des signes ou des hasards heureux un peu partout. Il n'y a jamais de hasard. Le passé se réinvite dans le présent sous forme d'enquête mais aussi de lettre d'un père mort il y a trente ans. J'ai aimé découvrir Servaz jeune, avant que nous le rencontrions dans « Glacé » et le revoir après sa dernière enquête dans « Nuit ». Il est très différent, dans une autre configuration familiale et professionnelle, plus en paix, plus en phase avec lui-même. On se doute qu'une suite s'annonce. Avec ce tome, la boucle est bouclée quant aux cinquante premières années de vie de notre flic, un champ de possibles s'ouvre. Bonne lecture ! Quatrième de couverture Pauvres âmes déchues. Il a fallu que je vous tue... Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d'arbres. Le jeune Martin Servaz, qui vient d'intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s'intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante. Les deux sœurs n'étaient-elles pas ses fans ? L'un de ses plus grands succès ne s'appelle t-il pas La communiante ? L'affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime t-il, une pièce manque, une pièce essentielle. Février 2018. Par une nuit glaciale, l'écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée... elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l'affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu'à l'obsession. Une épouse, deux sœurs, trois communiantes... et si l'enquête de 1993 s'était trompée de coupable ? Pour Servaz, le passé, en ressurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l'encre noire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nuit
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nuit Bernard Minier XO Editions 30 mars 2017 446 pages Thriller et Polar Chronique 18 mars 2017 Quatrième tome de la série consacrée à Martin Servaz. Ce fut donc un week-end Bernard Minier avec « N'éteins pas la lumière » et logiquement ce dernier livre « Nuit ». Nous attendions la reconfrontation de Martin Servaz et du psychopathe Julian Hirtmann depuis longtemps. Ainsi six ans sont passés et enfin le moment est venu. Une femme est retrouvée assassinée dans une église norvégienne de Bergen. Elle travaillait sur une plate-forme pétrolière. Cependant sur les lieux du crime un papier est retrouvé avec un nom inscrit, celui de l'inspectrice Kirsten Nigaard ; celle-ci est donc en charge de l'affaire naturellement. Un seul homme manque à l'appel sur la plate-forme Julian Hirtmann. Dans sa cabine des photos sont trouvées d'un garçon de cinq ans ( au dos du cliché « Gustav » est écrit) et d'un homme d'une quarantaine d'années filé de chez lui jusqu'à un commissariat français. Évidemment c'est Servaz. Kirsten découvre son identité et rejoint au plus vite Toulouse. La traque peut commencer...... Nous retrouvons un Servaz qui prend des risques inconsidérés, suicidaires, à l'intelligence aiguisée mais anesthésiée par une sur émotivité dangereuse. En effet lors d'une poursuite notre Servaz a pris une balle dans le Coeur, et dans le coma a expérimenté l'état de presque mort. Lui si terre-à-terre voit ses convictions bousculées. Il n'est donc pas au mieux pour se lancer dans une enquête aussi lourde et périlleuse à la recherche de cet enfant et de Hirtmann. De Norvège jusqu'en Autriche, ce thriller est plus lent, plus introspectif que les précédents. Le bouleversement psychologique subi par le policier est à l'origine même de ce changement de rythme. La construction est moins spectaculaire et plus classique que dans les précédents opus. C'est un livre de métamorphose à bien des niveaux : Cette évolution du personnage va évidemment influer sur son entourage, mais aussi sur son rapport aux autres, en changeant ses priorités. Même son rendez-vous avec le tueur ne sera pas celui que nous pouvions imaginer.... Mais je vous rassure, il y a toujours des épisodes de peur, de suspens, des faux semblants, des retournements de situations de dernière minute. Moins haletant, différent, plus classique, mais non pas décevant comme j'ai pu le lire ou l'entendre. Seul bémol pourquoi ce titre ? Quatrième de couverture Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l'hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur une plate-forme pétrolière. L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne de la base offshore. Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. L'absent s'appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d'un enfant. Au dos, juste un prénom : Gustav. Pour Kirsten et Martin, c'est le début d'un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- N'éteins pas la lumière
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires N'éteins pas la lumière Bernard Minier XO Editions 27 février 2014 612 pages Thriller et Polar Chronique 18 mars 2017 Troisième tome de la série consacrée à Martin Servaz. Un thriller comme un opéra en trois actes dont toutes les scènes ou tous les chapitres portent un titre se référant à un terme musical, une œuvre lyrique, la première phrase d'un aria. Un montage machiavélique qui par le harcèlement moral, la torture, la violence doit pousser une femme à se suicider. L'âme diabolique à l'origine de ce cauchemar transforme sa cible en une héroïne digne d'un opéra (à partir du XIXème siècle) ou le premier rôle féminin se tue par amour, par désespoir, poussée par le destin, les conventions sociales, sa nature même de Femme, telle Madame Butterfly, personnage récurent et symbolique dans l'esprit malade du psychopathe. La victime cette fois est Christine, Chroniqueuse à Radio 5 à Toulouse, heureuse fiancée de Gérald travaillant pour l'aéronautique. Tout semble lui sourire, car Christine sait cacher ses failles, ses peurs, ses phobies depuis une enfance trouble. Elle reçoit donc en ce jour de réveillon de Noël une missive dans sa boîte aux lettres annonçant le suicide d'une inconnue. Elle pense en premier lieu que c'est une méprise. Mais elle se trompe, et un tsunami violent, terrifiant, incompréhensible va s'abattre sur sa vie, la faisant voler rapidement en éclats. Au même moment, nous retrouvons Martin Servaz, au plus bas, en maison de repos pour policiers dépressifs, après avoir reçu de son ennemi, le tueur en série Julian Hirtmann, un colis au contenu horrifique ; il a donc basculer. Mais une décharge électrique va le réveiller et le remettre sur les rails sous la forme d'un nouveau paquet contenant une clef magnétique d'un hôtel, A partir de là peu à peu, nous allons le suivre dans son enquête, en parallèle de celle que fera avec une détermination désespérée, Christine. Une bande-son mêlant Puccini, Verdi, Couperin, Delibes, Brahms, Mahler, dans le décor étonnant de Toulouse, loin des clichés de la belle ville rose, s'appuyant sur une construction admirable du récit ( en particulier le prodigieux glissement entre les scènes concernant Christine et une autre actrice de cette histoire sur plusieurs chapitres sans essoufflement, et d'une virtuosité toute cinématographique), font de ce thriller psychologique et lyrique un livre à part, exceptionnel à mon avis. De plus, toute personne ayant subi un quelconque harcèlement, trouvera ce récit juste et jouissif. J'adore la fin, le retournement de dernière minute, la référence opératique (normal en tant que chanteuse), et l'épilogue. Un très bon opus, une merveilleuse partition de Bernard Minier. Je poursuis donc les aventures de Martin Servaz logiquement avec Nuit, nouvellement paru. Belle nuit tout le monde. Quatrième de couverture « Tu l'as laissée mourir... » « Tu l'as laissée mourir... » Christine Steinmeyer croyait que la missive trouvée le soir de Noël dans sa boîte aux lettres ne lui était pas destinée. Mais l'homme qui l'interpelle en direct à la radio, dans son émission, semble persuadé du contraire... Bientôt, les incidents se multiplient, comme si quelqu'un avait pris le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s'effondre. Avant que l'horreur fasse irruption. Martin Servaz, de son côté, a reçu par la poste la clé d'une chambre d'hôtel. Une chambre où une artiste plasticienne s'est donné la mort un an plus tôt. Quelqu'un veut le voir reprendre du service... ce qu'il va faire, à l'insu de sa hiérarchie et de ses collègues. Et si nos proches n'étaient pas ce que nous croyons ? Et si dans l'obscurité certains secrets refusaient de mourir ? Non, n'éteignez pas la lumière, ou alors préparez-vous au pire... Après les grands succès de Glacé et du Cercle, Bernard Minier revient avec un thriller sur la manipulation et l'emprise, en explorant nos cauchemars les plus intimes, nos phobies et nos obsessions... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le premier qui tombera
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le premier qui tombera Salomé Berlemont-Gilles Mon Poche 13 janvier 2022 288 pages Roman Chronique 26 janvier 2022 Une nuit aux urgences, une fratrie, un homme au bord du précipice, suicidaire, se noyant dans l'alcool... pleurant comme un enfant perdu... Comment en est-il arrivé là ? Je suis tombée par terre, c'est la faute à.. Salomé Berlemont-Gilles ! Sur les fesses ! Un roman crépusculaire soudain baigné de tendresse et d'espoir, superbe, stupéfiant de maturité, d'un lyrisme fabuleux. Je suis conquise par cette écrivaine toute jeune qui, à l'instar d'une Cécile Coulon, a tout d'une très grande, une âme ancienne et l'on devine beaucoup, beaucoup de travail pour nous offrir un tel texte. Que ce soit le thème très difficile à traiter sans tomber dans le pathos facile ou le misérabilisme vendeur, que ce soit le style original et très personnel, reconnaissable, l'écriture de toute beauté, les images qui nous flinguent et nous fracassent le cœur, que ce soit l'absence de concession avec ce qui est, avec cette France menteuse, démagogue, inégalitaire, raciste, que ce soit cette infinie tristesse, indicible et pourtant qui transparaît à chaque phrase.... Histoire de la chute d'un corps et d'une âme au pays des Droits de l'homme et de l'égalité des chances. Le manque, la mélancolie, la nostalgie cruelle, sont au centre de ce destin en lambeaux. Le manque de l'Afrique, de Conakry, de l'idée d'un futur ensoleillé, de l'enfance, entouré de parents heureux, puissants, beaux, amoureux.... Marie et le Chirurgien. Des personnalités qui comptent jusqu'à ce que Sékou Touré les désigne comme ennemi à abattre. Fuite éperdue avec les enfants, fuite préparée cependant... Arrivée à Bobigny, achat d'un appartement dans une barre d'immeuble. L'horizon se restreint soudain. Hamadi, le fils de sa maman, un peu gros, timide, perdu, arrive à l'école dans un beau costume brillant fort de son niveau d'étude supérieur à celui des autres élèves. Dès Son entrée, il est repéré par les hyènes, malmené. Où est le soleil... ? Mais vite, des gamins lui propose de faire partie de leur "fraternité", histoire de le protéger. Il se sent intégré enfin et adopte les codes du clan, pas les meilleurs. Peu à peu, il décroche à l'école lui, l'aîné de la famille qui doit donner l'exemple aux plus petits. D'autant plus que son père ne trouve pas de travail correspondant à ses diplômes, il devient "infirmier" pour personnes âgées alors que Marie prend un boulot de caissière. Marie, la presque blanche, qui s'adapte à ce quartier, aimée de tous et surtout de son époux qui lui fait un nouvel enfant, celui de la France. Et pendant que la famille s'agrandit, que les espoirs paternels disparaissent, Hamadi bascule inexorablement dans la délinquance... Le début d'un cauchemar pour lui, pour ceux qui l'aiment... Histoire d'une migration jamais terminée, de la perte d'un pays, histoire d'un apatride du cœur... d'un homme enfant. Bouleversant ! Quatrième de couverture Lorsqu'il quitte Conakry avec sa famille pour fuir Sékou Touré, Hamadi a 11 ans. 40 ans plus tard, c'est un homme rompu qui hurle sur un brancard dans un hôpital parisien, ivre pour la énième fois. Ce jour-là, ses frères et sœurs, ceux venus d'Afrique et les deux nés Français, décident de le faire interner. Que s'est-il passé entre-temps ? Le déclassement et la chute progressive de la famille. Les diplômes du père ne valent rien en France, ils migrent tous à Bobigny. Hamadi trouve des amis, les membres de « La Fraternité », qui l'initient à la petite délinquance. Rapidement, il quitte l'école, rentre au service de Serge, proxénète et trafiquant du coin, pour surveiller ses filles au bois de Boulogne. Parmi elles, il y a Khadija, dont Hamadi tombe amoureux. Pour elle, il perd la tête, rêve d'une vie nouvelle ailleurs, et met en danger la vie de l'un de ses frères. Les choses tournent mal. Seul l'alcool pourra calmer sa peine et sa culpabilité. Dans ce puissant premier roman, Salomé Berlemont-Gilles retrace les cinquante premières années d'un petit garçon tendre et fort qui se cognera vite aux murs de notre société pour découvrir le mensonge des mots inscrits au frontispice des bâtiments de notre République. C'est l'histoire d'un homme qui tombe, comme des milliers d'autres aujourd'hui. Mais c'est aussi celle des personnages qui, autour de lui, se battent pour le sauver et s'en sortir eux-mêmes, et parfois réussissent. Avec une poésie et une force foudroyantes, cette jeune auteure signe son entrée en littérature. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les victorieuses
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les victorieuses Laetitia Colombani Grasset 15 mai 2019 224 pages Roman Chronique 10 octobre 2021 « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime. Ceux qui marchent pensifs épris d'un but sublime. » « Donnez ! Il vient un jour où la terre nous laisse. Vos aumônes là-haut vous font une richesse. Donnez ! Afin qu'on dise il a pitié de nous ! Afin que l'indigent que glacent les tempêtes, Que le pauvre qui souffre à côté de vos fêtes, Au seuil de vos palais fixe un œil moins jaloux. » Victor Hugo Je mentionne tout de suite Raoul Gout qui écrivit « Une victorieuse, Blanche Peyron » paru à Paris aux Éditions Altis en1942, 493 pages. Laetitia Colombani met au pluriel ce titre afin d'entremêler les fils du destin de cette femme fabuleuse, incroyable de force et de ténacité, animée par l'amour des autres et celui de son époux Albin et de leurs six enfants, à celui de Solène avocate quarantenaire en plein burn out en recherche de but, de sens à sa vie. Un lieu les relie, le Palais de la Femme créé, imaginé par Blanche, réalisé par le couple suivant les préceptes de William Booth, père de l'Armée du salut. « Il faut avoir foi en notre travail et en nos méthodes, croire que quelque chose va arriver et cela arrive. » écrit-t-il et cela résonne particulièrement en la période troublée que nous traversons. Oui, un être peut seul changer la destinée d'une multitude, génération après génération, peut laisser passer la lumière et apporter l'espoir. Blanche s'attache à changer le futur des femmes, premières victimes d'une société patriarcale et injuste. Aujourd'hui, les citoyennes sont encore les premières touchées par la crise, les mesures gouvernementales iniques, la misogynie toujours et encore de mise. Et cela est insupportable, inacceptable. « Tant que des femmes pleureront, je me battrai Tant que des enfants auront faim et froid je me battrai (...) Tant qu'il y aura dans la rue une fille qui se vend, je me battrai ( ... ) Je me battrai, je me battrai, je me battrai. » William Booth Le Palais de la Femme ouvert en 1926 par le couple Peyron, donc presque centenaire, accueille toujours les exclues de la France sensée être Terre des Droits de l'Homme, de la Femme, des chances pour tous les êtres humains d'ici ou d'ailleurs : femmes pauvres, réfugiées, exilées, différentes, sans domicile, sans famille, sans plus d'espoir se retrouvent et cohabitent dans ces lieux incroyables. Solène va rencontrer des combattantes qui luttent quotidiennement pour leur survie et celles de leurs enfants ou qui, soudain, baissent les armes, vaincues mais jamais oubliées. Laetitia Colombani a, en plus d'une magnifique plume, le don exceptionnel de nous faire comprendre des réalités, des modes de pensée autres, à mille lieux de nos mentalités. Grâce à son extrême empathie et sa conscience de devoir éveiller nos âmes, elle devient une de ces victorieuses et nous permet de rejoindre cette armée de volontaires. Laetitia Colombani donne vie à ces victorieuses anonymes, à Blanche l'oubliée, à toutes celles qui refusent de se résigner. Un roman biographique et historique oscillant entre hier et aujourd'hui, renouant les liens entre nos aïeux combattants et nous, passant le témoin de la solidarité. Incontournable ! Quatrième de couverture Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn out. Acceptant une mission bénévole d'écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme, un foyer au cœur de Paris. Les résidentes s'appellent Binta, Sumeya, Cvetana, Salma ou la Renée et viennent du monde entier. Lorsqu'elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Mais Solène est bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés... Un siècle plus tôt, Blanche Peyron œuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie à l'Armée du Salut et rêve d'offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais elle ne renonce jamais. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nouvelles
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nouvelles Paul Arène Grinalbert 2019 Nouvelle Chronique 17 juillet 2019 Six premières nouvelles enregistrées pendant 67 minutes par Kim Vinter, 150 pages en tout. Illustration de couverture : Nature morte avec poule, oignon et pot de Giacomo Ceruti (1750). Chronique rédigée et lue sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonnances littéraires : Un livre idéal pour les vacances que l'on soit dans le sud sur les Terres mêmes évoquées dans ces pages, ou encore à Paris comme moi dans la pollution à rêver d'ailleurs, de cigales, de lavande, d'arrière pays, de pêche sur un bateau et surtout de dégustation des produits régionaux.... Voilà le programme de ces nouvelles de Paul Arène, joyeux, tendre, coloré, savoureux, plein de faconde et de malice, à l'instar des œuvres de Mistral ou Daudet avec lesquels il a collaboré. Qu'il soit inconnu est totalement injuste, donc je vous ai copié sa biographie afin de rendre à César ce qui lui appartient. Quant à l'interprétation de Kim Vinter des six premières nouvelles, ses ingrédients sont savamment dosés afin que la recette soit tout à fait réussie ; on pense à Raimu, Georges Galabru, Fernandel, puis Yves Montand et d'autres grands comédiens, avec l'accent en moins, pour plus de simplicité. Les Éditions Grinalbert soigne toujours le travail en bon artisan passionné afin d'offrir un objet aux belles finitions, à la qualité irréprochable d'impression et d'enregistrement. Je les remercie de m'avoir offert ces nouvelles provençales qui m'ont réjouie et amusée. Le livre comprend : Le Tambour de Roquevaire : le mystère d'une traque magique Les œufs à la coque : invention de niveau international L'Auberge du diable : thriller épiscopal Le Pot-au-feu de Caroline : ce que l'amour fait faire Le Lapin du cousin Anselme : galéjade Le Glas du Lanternier : hommage, on est jamais mieux servi que par soi même Le Laurier : gloriole culinaire Les Haricots de Pitalugue : sera pris celui qui croyait prendre Les Pigeons au sang : vive la république Fantaisie anthropologique : dégustation particulière L'Agachon : aventure dans la tourelle La Vraie Tentation du grand saint Antoine : confessions du Saint Le Pot de Raisiné : souvenirs d'enfance Fruits de mer : pêche miraculeuse Pêche à l'oursin : moment inoubliable La Bouillabaisse : soupe inespérée Quatrième de couverture Véritable écrivain provençal, Paul Arène, contemporain et ami d’Alphonse Daudet, est l’auteur d’une foultitude de nouvelles à la verve et à la truculence toutes méridionales. Nous vous en proposons ici 16, pleines d’humour et de bonne humeur, avec comme fil rouge le plaisir de manger. 1 livre + 1 CD Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















