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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Sœurs

Bernard Minier

XO Editions

2018

480 pages

Thriller et Polar

Chronique

18 avril 2018

Cinquième tome de la série consacrée à Martin Servaz.

Paires, duos, duels, tandems, tout va par deux dans ce récit : deux sœurs, un couple, un père et son fils, des parents, deux chapitres à 25 ans de distance, deux flics très différents bien que ce soit le même homme, un écrivain et son fan, un capitaine de la SRPJ face à un meurtrier, deux troncs d'arbres....


Mai 1993, en bordure de la Garonne deux sœurs attachées à deux troncs se faisant face, sont retrouvées assassinées.

Alice et Ambre Oestermann vêtues de robes de communiantes, l'une a encore sa croix de bois autour du cou, l'autre non, l'une présente des traces de coups à l'arrière de la tête, l'autre est littéralement défigurée. L'équipe de Kowalski est envoyée sur place, dont fait partie le néandertalien Mangin et un nouveau tout juste sorti de la fac, Martin Servaz.

Notre Martin que nous suivons depuis des années, et bien le voilà tout jeunot de 24 ans marié à Alexandra une hôtesse de l'air, père d'une petite Margaux.


C'est donc sa première affaire d'homicide.

En allant apprendre cette horrible nouvelle aux parents, il découvre dans la chambre d'Ambre la plus âgée un roman noir d'un certain Érik Lang intitulé « La communiante » . Plusieurs autres opus du même auteur trônent sur l'étagère. Dans la couverture d'un album, il trouve des lettres reçues, alors qu'elles étaient mineures, de ce Lang. Un peu trop de coïncidences.... Direction l'Université de Toulouse, où les sœurs occupaient sur le campus deux chambres mitoyennes. Les parents, avant leur départ, leur apprend qu'il y avait eu des appels anonymes toujours à 3h du matin et le dernier leur annonçant la mort des filles. Flippant !


Au campus, d'autres pistes sont découvertes ....

Mais Kowalski privilégie celle de Lang mis en garde à vue. Dans des locaux de police à moitié vides, en plein déménagement dans le nouveau bâtiment en briques rouges, l'interrogatoire se déroule difficilement, les méthodes sont contestables ; Servaz se rebelle contre cette violence gratuite et ne se fait pas que des amis dans ses collègues. Puis coup de théâtre, un autre s'est dénoncé avant de se pendre.... Lang est relâché, affaire close.


Février 2018, Servaz est aujourd'hui père d'un petit Gustav, ( comme Mahler évidemment), qu'il doit élever seul puisque Marianne sa mère a disparu. Les cauchemars sont toujours là pour le père et le fils, on ne se débarrasse pas de son passé avec un psychopathe serial Killer aussi facilement.


Rétrogradé au rang de capitaine, mais allant plutôt beaucoup mieux, il a toujours la même équipe formée de Esperandieu et de Samira. Il a aussi toute la confiance de la procureure Cathy d'Humières.

Il est réveillé par son adjoint afin de se rendre dans un quartier rupin près de Toulouse mitoyen d'un golf. Une certaine Amalia Lang aurait été retrouvée morte. Cause du décès : un choc anaphylactique massif dû à des piqûres de serpents!

Très curieux. Martin ressent un malaise ancien remontant à 25 ans, en plus il déteste ces bestioles ! Arrivé sur place, il reconnaît les lieux, Érik Lang donc mari de la victime, et la cerise sur le gâteau, celle-ci est vêtue d'une robe de communiante.


C'est donc reparti pour un tour, mais cette fois Martin est maître à bord.

Ce thriller est une très bonne occasion de découvrir les changements de méthodes de la police en 25 ans, grâce à toutes les avancées technologiques et scientifiques. Nous sommes dans un autre monde, portables, réseaux sociaux, plus d'administratif à affronter pour les forces de l'ordre, un pourcentage de réussite à respecter, on ne se salit plus les mains comme avant, exit les tabassages en règle, tout est filmé, consigné, analysé. Ainsi Martin est certainement plus dans son élément dans cet univers qui paraît plus soft et contrôlable mais qui reste tout autant cruel et dangereux.

C'est aussi une description de certains auteurs de thrillers trashs, où la violence et le malsain sont au centre du récit, adulés ou détestés, jusqu'aux menaces de mort ou un fanatisme inquiétant. Des lecteurs en mal de sensationnalisme et de sang au lieu de rendre leur propre vie intéressante, des fans qui sur les réseaux sociaux s'adressent directement à leur idole, se donnant l'illusion pathétique d'être ami avec le grand homme.... Tout va si vite aujourd'hui avec le net que les déraillements sont presque attendus et normaux.

Servaz et son équipe sont-ils face à ce cas de figure, ou a-t-on clos le dossier Oestermann trop vite voilà 25 ans....? La fin est très surprenante. Toujours se méfier des fausses sensations de voir des signes ou des hasards heureux un peu partout.

Il n'y a jamais de hasard.


Le passé se réinvite dans le présent sous forme d'enquête mais aussi de lettre d'un père mort il y a trente ans.

J'ai aimé découvrir Servaz jeune, avant que nous le rencontrions dans « Glacé » et le revoir après sa dernière enquête dans « Nuit ». Il est très différent, dans une autre configuration familiale et professionnelle, plus en paix, plus en phase avec lui-même. On se doute qu'une suite s'annonce. Avec ce tome, la boucle est bouclée quant aux cinquante premières années de vie de notre flic, un champ de possibles s'ouvre. Bonne lecture !

Quatrième de couverture

Pauvres âmes déchues.
Il a fallu que je vous tue...
Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d'arbres.
Le jeune Martin Servaz, qui vient d'intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s'intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante.
Les deux sœurs n'étaient-elles pas ses fans ? L'un de ses plus grands succès ne s'appelle t-il pas La communiante ?
L'affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.
Février 2018. Par une nuit glaciale, l'écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée... elle aussi vêtue en communiante.
Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l'affaire. Le choc réveille ses premières craintes.
Jusqu'à l'obsession.
Une épouse, deux sœurs, trois communiantes... et si l'enquête de 1993 s'était trompée de coupable ?
Pour Servaz, le passé, en ressurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l'encre noire.

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