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  • Evangelia

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Evangelia David Toscana Zulma Janvier 2018 426 pages traduites par Inès Introcaso Roman Chronique 15 mars 2018 Jamais déçue avec Zulma, toujours de très beaux textes originaux, incontournables, intelligents, et celui-ci n'est pas en reste... Ajoutez à cela un humour, une fantaisie, une transgression en douceur.J'ai énormément ri, la truculence de cette fable évangélique m'a ravie. Le détournement des éléments connus de l'ancien Testament, de la vie de Jésus Christ, la reprise drolatique et en finesse des évènements clefs de son parcours ainsi que de tous les personnages emblématiques, avec une vraie érudition et un réel brio, m'ont enthousiasmée et fait réfléchir. Pour une personne élevée dans le catholicisme, école de bonnes sœurs éclairées (je précise), et tout le circuit obligatoire du baptême, catéchisme, communion et profession de foi, puis des études personnelles sur l'histoire des religions et de celle qui fut mienne, ce livre pose un postulat inouï, sans chercher à choquer ou attaquer. Il est exemplaire. Donc je résumerai ce roman par " Et Si..."Et si notre bon ange Gabriel s'était un peu mélangé les pinceaux au moment de l'Annonciation à la Vierge Marie, Et si disons-le aussi, Dieu n'avait pas fait assez attention à la traduction du texte prédisant la venue d'un nouveau Messie, Et si d'ailleurs ce Dieu n'était pas très sympathique, ni capable de se remettre en question quand il fait une bourde, compte tenu de son égocentrisme et sa fatuité ( un peu normal en fait, c'est Dieu tout de même, non?), Et si avec sa mauvaise foi coutumière, il faisait porter tout le poids de son erreur sur Gabriel, promis à un bien triste destin d'ange déchu, le pauvre.... Et si..... Mais si quoi ? Si tout simplement le Messie, le bébé qui devait naître de la Vierge Marie, (pragmatique et très matérialiste), mariée à Joseph (franchement vénal et intéressé par une possible gloire), était une fille. Normalement l'enfant devait s'appeler Jésus ou Emmanuel. Qu'à cela ne tienne, soyons efficaces, ce sera donc Emmanuelle tranche Marie. « Et voilà qu'Il (Dieu) éprouvait à présent une passion bien humaine : de la colère mêlée à l'envie de rejeter sur les autres ses propres fautes. C'est qu'après avoir béni tant de membres de son peuple en leur accordant des fils uniques ou des premiers-nés mâles, après avoir donné à Jacob treize enfants, dont douze garçons, il se trouvait que Lui avait eu une fille. » Imaginez la tête des rois mages après avoir errer partout pour trouver le fils de Dieu, arrivant enfin à bon port avec leurs présents coûteux ! Dégoûtés, trahis, apprenant la catastrophe, ils repartent avec le magot au grand dam de Joseph. Mais du coup le massacre de tous les premiers nés mâles ordonné par Hérode aura lieu, mais ne concernera pas notre fillette, et donc ses parents ne vont pas fuir...... Ah, ah, voilà que l'histoire commence à bifurquer. D'autre part, Joseph va se rattraper après la naissance de la divine gamine, et faire une tripotée de gosses à Marie dont Jacob, qui poussé par son père vexé de la situation, va vouloir prendre la place d'aîné et donc celle de Emmanuelle. Il va tranquillement changer de nom et s'autoproclamer Jésus de Nazareth, tandis que Emmanuelle sera de Bethléem. Bonjour la concurrence en des temps où les faux prophètes pullulaient. Autre problématique, Jésus, le vrai fils de Dieu, à la droite de son Père dans les cieux n'a pas pu s'incarner..... Aïe ! Je vous laisse découvrir la suite de ce récit plein d'humour, grâce auquel David Toscana nous emmène à la suite d'Emmanuelle, dans une histoire profonde et émouvante. Ce livre est un risque pris inouï, humain, posant les bonnes questions. Je vais garder en mémoire la description bouleversante du massacre des innocents et de la rencontre entre Emmanuelle et Jean le Baptiste, improbable et irrésistible. Une très belle galerie de personnages de légende ou historiques, haute en couleurs. À part.... Quatrième de couverture « Et voilà qu’Il éprouvait à présent une passion bien humaine : de la colère mêlée à l’envie de rejeter ses propres fautes sur les autres. C’est qu’après avoir béni tant de membres de son peuple en leur accordant des fils uniques ou des premiers-nés mâles, après avoir donné à Jacob treize enfants, dont douze garçons, il se trouvait que Lui avait eu une fille. » Voilà ce qui arrive quand on ne fait pas les choses soi-même et qu’on envoie un ange jouer les marieuses. Ainsi naquit Emmanuelle, fille de Dieu, dont la vie promet de ne pas être un long fleuve tranquille. Il va lui falloir faire ses preuves auprès de son irascible Père qui est aux cieux, s’imposer en icône révolutionnaire à Jérusalem pour que les prophéties s’accomplissent, malgré l’inénarrable misogynie ambiante et les embûches semées par son frère cadet, Jacob, bientôt connu sous le nom de Jésus... C’est donc ainsi que la Sainte Trinité devient Tétrade, et que Dieu, dans tout ça, y perd sacrément son latin. Ce roman est un pari fou relevé avec un talent inouï, un monument irrésistible d’érudition et d’humour. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Ce qu'elle a laissé derrière elle

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ce qu'elle a laissé derrière elle Ellen Marie Wiseman Faubourg Marigny 9 mars 2022 400 pages traduites par Typhaine Ducellier Roman Chronique 11 septembre 2022 Evidemment j'ai immédiatement repensé au roman de Victoria Mas, « Le Bal des folles », en lisant avec passion et beaucoup de plaisir ce récit historique de Ellen Marie Wiseman situé dans l'état de New York dans les années 1930 et 1990. Cette autrice est une véritable conteuse, impossible de quitter ce livre. Lu vite et avec un vrai enthousiasme même si la description des "soins" psychiatriques apportés aux patientes, particulièrement pendant l'entre deux guerres aux États- Unis, a de quoi vous bouleverser et vous glacer le sang. Le parallèle se fait naturellement entre les deux héroïnes : Clara, jeune fille de bonne famille amoureuse d'un bel italien rencontré au Cotton Club, et Izzy, bientôt 18 ans, passant de famille d'accueil en famille d'accueil depuis que sa mère a tué son père, arrivée tout juste dans une nouvelle ville, dans un nouveau lycée, bouc émissaire tout désigné d'un groupe de gamines mené par une certaine Shannon. Toutes deux ont en commun leur différence, leur endurance, leur soif de liberté et déjà beaucoup de malheurs au compteur, les rendant plus mûres et aptes à juger leur entourage. Pour Clara, la mort de son frère aîné et la froideur et la rudesse de ses riches parents, la poussent à chercher au dehors, loin de la demeure familiale-forteresse, un peu de joie, d'amitié et... d'amour finalement dès le premier regard échangé avec le beau Bruno. Cependant, les femmes, les filles, n'ont pas voix au chapitre quant au choix de leur avenir quelque soit leur niveau social en ces années 1929. La crise économique s'annonce, Clara représente pour ses parents une marchandise qu'il faut vite céder à un bon parti. Cette alliance est vitale pour la survie du couple dont le mari est banquier. Mais Clara ne se laisse pas faire, leur présente son amoureux lors d'un déjeuner désastreux qui scellera son destin. Ce qui lui arrivera ensuite, insupportable et ignoble, est malheureusement survenu à des millions de femmes sacrifiées sur l'autel de la misogynie, du paternalisme criminel, de la bien-pensance de toute une société corsetée freinant des quatre fers face aux progrès sociaux de l'Amérique d'alors. Un phénomène que l'on retrouve dans le monde entier quelque soit le siècle : je pense à Jeanne la Folle par exemple. Izzy, quant à elle, n'a jamais compris les raisons qui ont pu pousser sa mère à tuer son père. Celle-ci enfermée dans un hôpital psychiatrique depuis n'a jamais reçu de visite ou de réponse de sa fille à ses nombreuses lettres. La petite fille puis l'adolescente est restée littéralement tétanisée face à l'acte posé par sa mère. Sa grande terreur étant d'être porteuse des gènes de la folie maternels. En acceptant d'aider ses parents d'accueil à répertorier le contenu de quelques valises restées entre les murs de l'asile abandonné de la région, peut-être cherche-t-elle inconsciemment des réponses à son propre drame, à comprendre la folie des autres avant de revenir à celle présumée de sa mère. Une quête donc très personnelle qui deviendra obsession dès l'ouverture d'une malle où gisent des effets féminins, des lettres, une partition d'une chanson de Jazz célèbre dans les années 1930 et le journal intime d'une certaine Clara. Même si évidemment tout est fiction, il n'en reste pas moins que Ellen Marie Wiseman s'est appuyé sur le travail fabuleux de Darby Penney et Peter Stastny, auteurs de "The Life They Left Behind : Suitcases from a State Hospital Attic".Elle leur dit : " C'est votre livre qui a fait germer l'idée et m'a ouvert les yeux sur le monde souvent déchirant des asiles de fous au siècle dernier. Je suis particulièrement redevable à Darby Penney d'avoir pris le temps de répondre à mes questions concernant l'asile de Willard et la vie qu'y menaient les patientes dans les années 1930." Le traitement psychiatrique des malades a énormément évolué depuis le début du XXe siècle, heureusement, il n'en reste pas moins que nos sociétés normatives ont toujours tendance à montrer du doigt et à faciliter la discrimination de toutes les personnes un tant soit peu différentes, libres en pensée, en mode de vie. Être dans le système ou ne pas être ?!? Excellent roman historique et très contemporain à lire absolument. Quatrième de couverture Le grand retour de l’autrice phare des éditions Faubourg Marigny 1995. Dix ans auparavant, la mère d’Izzy Stone a tué son mari d’un coup de fusil, alors qu’il dormait. Dévastée par la folie de sa mère, Izzy, qui a maintenant 17 ans, refuse de lui rendre visite en prison. Elle a depuis été accueillie par une famille d’accueil. Ses « parents » travaillent pour le musée local et décident d’inscrire la jeune fille dans leur groupe. Sa mission : les aider à cataloguer les objets trouvés dans un asile abandonné depuis des années. Et au milieu de monceaux d’affaires, Izzy va découvrir des lettres jamais ouvertes, un vieux journal intime... et une fenêtre vers son propre passé. 1929. Clara Cartwright a 18 ans. La jeune femme est prise en étau entre ses parents autoritaires et son amour pour un jeune immigrant italien. Furieux qu’elle ait rejeté un mariage arrangé, son père l’envoie dans une chic résidence pour « malades nerveux ». Mais les Cartwright perdent leur fortune lors du krach boursier qui va suivre. Ne pouvant plus payer les soins de Clara, la jeune femme est transférée à l’asile public... Même si Izzy fait face aux défis d’un nouveau départ, l’histoire ne cesse de l’entraîner dans le passé. Reconstituer le destin de Clara va obliger à réexaminer ses propres choix, avec des résultats... inattendus. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Chrysalide

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Chrysalide Heather Terrell Fleuve Noir 2008 255 pages traduites par Clara Sils Thriller Historique Chronique 14 décembre 2020 Thriller judiciaire et historique exceptionnel. La lecture du chapitre concernant l'ouverture du procès opposant une maison de ventes aux enchères new-yorkaise à la fille d'un collectionneur hollandais spolié de la majorité de ses biens en 1943, et d'une toile en particulier, La fameuse Chrysalide, oeuvre de johannes Miereveld, peintre flamand du XVII ème siècle, est savoureuse. A mon avis, un des meilleurs romans écrits sur le thème de la restitution d'œuvres d'art volées aux familles juives par les nazis.Pourquoi ?Parce qu'il explique clairement les difficultés insupportables et insurmontables que le droit américain oppose à ces familles demandant évidemment la restitution des biens de leurs aïeuls retrouvés par malheur aux USA. L'auteure répond, grâce à cette fiction basée sur la réalité, à une question posée par une de ses collègues avocates : pourrait-elle défendre les intérêts d'un client coupable de crimes inacceptables mais favorisé par la loi américaine incomplète ? Elle a compris qu'elle serait incapable de défendre les "propriétaires" actuels d'œuvres d'art volées en réalité par des nazis à des victimes de la shoah, sous le fallacieux prétexte que la loi est de leur côté au mépris de la justice. En effet, il est incroyable de penser qu'aux USA, même si l'opinion publique est moralement en faveur des héritiers souhaitant récupérer leurs biens familiaux pillées, volées par les nazis pendant la seconde guerre mondiale, malheureusement lors de procès extrêmement douloureux et pénibles, force est de constater qu'ils perdent pourtant en raison de l'utilisation légale de certaines jurisprudences. Ce roman est paru en 2007, or dès décembre 1998, la Déclaration de Washington a été signée par 44 états : ils s'engageaient ainsi à « retrouver » et dans la mesure du possible, à restituer les œuvres volées par les nazis ; ces principes ont été réaffirmés en 2009 à Terezin.En 2016, la Loi « Hear » aux USA prolonge le délai permettant de réclamer la restitution d'une oeuvre pillée par les nazis. C'est en s'appuyant sur la Déclaration de Washington et cette Loi que, par exemple, les descendants de Max Endem, collectionneur allemand juif, réclament en vain, pour le moment, à la ville de Hambourg la restitution de certaines toiles célèbres, ( réf : Soirée Thema sur Arte du 8 décembre 2020). Donc ce roman reste d'actualité malheureusement : il a le très grand mérite, par le biais de la fiction, de rendre limpides certaines subtilités légales américaines. L'affaire de la toile « La Chrysalide » imaginée par l'auteure nous permet aussi de comprendre viscéralement, moralement, légalement, émotionnellement, ce qu'une oeuvre créée, acquise, collectionnée avec amour et passion peut représenter pour les descendants des propriétaires tués par le régime du IlI ème Reich. Nous sommes ainsi présents au côté de Johannes Miereveld, le peintre flamand pendant sa formation et lors des évènements qui mèneront à la création de l'oeuvre. Nous assisterons au calvaire du collectionneur hollandais Erich Baum et son épouse en 1943, persécutés, harcelés, arrêtés, torturés, déportés et assassinés par les nazis. Nous suivrons enfin Mara Coyne, jeune avocate brillante et ambitieuse choisie par la maison Beazley's pour la représenter lors du procès intenté par Hilda Baum réclamant la restitution de La Chrysalide, propriété de feu son père. Basculant avec talent et clarté entre trois époques et deux continents, (1943 à Berlin et Amsterdam,2007 à NewYork et 1642 à Haarlem), Heather Terrell nous offre un roman bouleversant, impressionnant et inoubliable. Le titre de la peinture évoquant une mutation, une transformation, s'applique évidemment à notre jeune avocate face à son destin, à sa mission, au travail de mémoire qu'elle devra accomplir en hommage aux victimes des nazis. Maisavant de leur rendre justice, faut-il déjà savoir où chercher, enquêter, et remonter la piste d'une oeuvre jusqu'à son vrai propriétaire. Passionnant ! Lisez également avec attention les notes finales de l'auteur quant à la genèse de cet ouvrage. Profondément touchée et admirative. Quatrième de couverture Haarlem, XVIIe siècle, au cœur d'une Hollande protestante. Lors d'une séance de pose, un jeune et talentueux peintre flamand s'éprend de la fille du bourgmestre de la ville. Un amour interdit et clandestin qui lui inspire son chef-d'œuvre : La Chrysalide. Mais parce qu'il est chargé de symboles catholiques et surtout parce qu'il représente la femme aimée sous les traits de la Vierge Marie, ce tableau est une offense au calvinisme et pourrait coûter cher à son auteur... New York, de nos jours. La brillante avocate Mara Coyne défend une célèbre maison de vente aux enchères, Beazley's, accusée de vouloir mettre sur le marché une toile dont la provenance est incertaine. Hilda Baum, la plaignante, affirme que ce portrait de jeune femme virginale, connu sous le nom de La Chrysalide, appartenait à ses parents, déportés à Dachau en 1944. Une histoire dramatique qui va ébranler les certitudes de Mara. Et le fait que son client soit représenté par un de ses plus séduisants amis de fac n'a pas fini de la troubler... Trois époques, deux continents, des destins brisés avec, au centre, un seul tableau.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Dames de Marlow enquêtent, mort compte triple

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Dames de Marlow enquêtent, mort compte triple Robert Thorogood La Martinière 2021 400 pages traduites par Sophie Brissaud Polar Chronique 11 mai 2022 « C'est drôle, c'est exquis, c'est anglais !Quand Miss Marple rencontre le Capitaine Marleau : la série phénomène dont vous ne pourrez plus vous passer. » Réjouissant, très bien mené et rédigé, offrant des scènes d'une grande cocasserie alternant avec des moments plus dramatiques flirtant soudain avec le monde du thriller. L'auteur est un maître en la matière, ambiance faussement légère comme dans sa série télévisée "Meurtres au Paradis" sur BBC et France 2, dans un charmant village so British , carte postale cachant bien des secrets derrière ses façades. Trio de femmes improbable pour résoudre trois meurtres ; sur les cadavres sont retrouvés trois médaillons mais une seule arme, un Luger : une devise énigmatique leur donne bien du fil à retordre, " Foi, Espérance et Charité". Pour une cruciverbiste de compétition comme Judith Potts, c'est un challenge enthousiasmant. Après tout, une enquête policière ressemble beaucoup à une grille de mots croisés. Plusieurs vous attendent, ponctuant joyeusement ce récit bien tortueux. Notre vieille dame pleine d'énergie et l'œil bien aux aguets entraîne donc dans cette aventure Becks, la femme faussement effacée du vicaire, et Suzie, une promeneuse de chiens au verbe haut. N'oublions pas l'inspectrice de police qui devra composer avec ces trois drôles de dames sans aucun Charlie à l'horizon. Celles-ci vont devoir se dépasser, et ce faisant, vont se redécouvrir, se retrouver après des années d'endormissement. Gageons que cette enquête ne sera pas la dernière. Oublier le Tea Time, ouvrez un bon flacon de whisky. Une description au vitriol de la vie provinciale en Angleterre, au bord de la Tamise qui imperturbable coule entre des propriétés où se trament complots et crimes. Bien de ses grandes demeures, en commençant par celle de Judith, cachent de vilains secrets et des zones de ténèbres terrifiantes. Tout n'est qu'apparence se reflétant dans l'eau du fleuve jusqu'à ce qu'une tempête n'éclate, effaçant les mensonges pour ouvrir enfin un nouveau chapitre et entamer une nouvelle grille de mots croisés. À vos crayons et vos gommes ! Go ! Description de l'éditeur : Restituer cette Angleterre que l’on adore, avec ses cottages et ses vieilles dames excentriques, sans tomber dans les clichés des valeurs conservatrices souvent véhiculées par le cosy mystery ? Voilà le miracle de ce roman délicieux. Ce genre littéraire est né dans le carcan de l’époque victorienne ; Agatha Christie, elle-même, qualifiait sa Miss Marple de « vieille fille acariâtre » ! Judith Potts, l’héroïne des Dames de Marlow, est une bouffée d’oxygène, aux préceptes clairs. Émancipation du joug masculin et du regard social. Liberté, comme un art de vivre chèrement défendu. Ses actes de résistance ? Nager nue dans la Tamise à 77 ans ; renoncer à cette ineptie qu’est le mariage ; ne rendre de comptes à personne. Nous, ses éditrices, avons sauté à pieds joints dans le fleuve pour barboter en compagnie de Judith. Et c’est sans hésiter que nous avons renversé notre Earl Grey par-dessus notre épaule pour laisser notre réjouissante comparse nous servir une rasade de son meilleur scotch ! Qui sont les Dames de Marlow ? Judith Potts Judith, vieille dame au caractère trempé, vit au bord de la Tamise et réalise des grilles de mots-croisés pour la presse. Son talent pour résoudre les énigmes n’a d’égal que son incroyable courage, dont elle n’est pas toujours consciente, pas plus que sa réputation d’excentrique dans toute la ville de Marlow (dont d’ailleurs elle se ficherait complétement si elle était au courant). Becks Starling Ou faut-il dire Becky ? Ou Rebecca, plus convenable ? Becks (en fait, tout le monde l’appelle Becks) n’en est jamais sûre. La quarantaine, tirée à quatre épingles, ménagère accomplie voire maniaque, elle est la femme du vicaire de Marlow, et, à ce titre, doit penser à sa respectabilité sociale. Mais sous ses dehors impeccables, Becks rêve de liberté et d’aventure – enfin, quand elle s’y autorise. Suzie Harris Plus âgée que Becks et plus jeune que Judith, Suzie est promeneuse de chiens à Marlow. Elle a la solidité d’une bonne fermière, l’autorité d’un capitaine de galion et l’intelligence d’un fin limier : nulle ne flaire mieux qu’elle une entourloupe. Son cœur est aussi grand que ses manières sont brusques, et si son dédain des convenances frise parfois le sans-gêne, sa loyauté et sa bravoure en font une amie très appréciée. Quatrième de couverture Marlow : une petite ville d’Angleterre paisible... en apparence Située au nord de Londres et traversée par la Tamise, Marlow est une petite ville anglaise tout ce qu’il y a de plus paisible : avec son pont suspendu, sa vieille église, ses jolies boutiques surmontées d’immeubles en brique rouge et pas moins de deux restaurants étoilés au guide Michelin, elle possède le charme coquet des petites bourgades où il fait bon vivre. Sauf lorsqu’un crime mystérieux vient troubler sa quiétude... Heureusement, les Dames de Marlow veillent au grain. Dans la petite ville de Marlow, donc, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine ! Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d'un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d'énigme sans solution pour Judith Potts ! La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l'enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow. Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Luca

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Luca Franck Thilliez Fleuve Noir 2019 552 pages Thriller & Polar Chronique 7 août 2019 « Souviens-toi de cette nuit, c'est la promesse de l'infini. » Dante Alighieri « Les lumières qui sont en nous sont transformées en ténèbres, et les ténèbres dans lesquelles nous vivons sont terribles. » Léon Tolstoï Sur les réseaux sociaux j'ai lu qu'une scientifique était prête à prouver l'existence d'un monde parallèle : si seulement c'était vrai ! Après cette lecture et d'autres, compte tenu de la situation actuelle, il me prend une énorme envie de me projeter ailleurs ou d'effacer le tableau pour repartir à zéro.Anxiogène au possible ! La science et les technologies entre les mauvaises mains, voici ce qui est au centre de ce thriller policier. Mais aussi, le flicage permanent, les données personnelles engrangées sur le big data par les grandes compagnies dressant notre profil, manipulant nos envies, nos pensées, notre futur. Où tracer les limites à ne pas dépasser ? Qu'est ce qui est déontologiquement et humainement acceptable ? La nature semble nous donner la réponse en reprenant ses droits. Mais l'humanité n'écoute pas. Un très bon opus dans cette série, très professionnel, bons retournements aux moments opportuns afin de relancer les dés plusieurs fois... Les conséquences dangereuses de l'étendue de l'Intelligence Artificielle à tous les aspects de notre vie sont présentées, quelques scènes très hautes en couleurs à la manière d'un Luc Besson ou d'un Quentin Tarantino vous attendent. L'auteur vous invite à plonger dans le monde fou des transhumanistes et autres fêlés du même acabit, des relents de néo-nazisme gerbants sont rapidement évoqués. Ce ne sont pas des thèmes nouveaux, mais Franck Thilliez connaît son boulot et il le fait bien. On retrouve notre couple de flics Sharko/ Henebelle avec plaisir, l'équipe augmentée d'une nouvelle recrue au comportement tendancieux. La question du syndrome post trauma revient sur le tapis puisque deux des enquêteurs en sont atteints, traités par médicaments aux forts effets secondaires, d'où des répercussions sur leur self contrôle en mission active, (alors juste comme ça, la technique EMDR sans médocs existe aussi, j'dis ça, j'dis rien).Bien imaginé, bien construit, bien mené jusqu'au bout.« Existe-t-il encore un jardin secret que nous ne livrions pas aux machines ? » Quatrième de couverture « Partout, il y a la terreur. Celle d'une jeune femme dans une chambre d'hôtel sordide, ventre loué à prix d'or pour couple en mal d'enfant, et qui s'évapore comme elle était arrivée. Partout, il y a la terreur. Celle d'un corps mutilé qui gît au fond d'une fosse creusée dans la forêt. Partout, il y a la terreur. Celle d'un homme qui connait le jour et l'heure de sa mort. Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire. S'engage alors, pour l'équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre. C'était écrit : l'enfer ne fait que commencer. » Et comme le répète plusieurs fois Franck Thilliez, c'est dans les détails que réside le diable.... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Chardonneret

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Chardonneret Donna Tartt Pocket 2 janvier 2015 1296 pages traduites par Edith Soonckindt Thriller Chronique 29 janvier 2023 Prix Pulitzer 2014 « L'absurde ne délivre pas, il lie. » Albert Camus Absurde, cette époque où tout fout le camp, où l'on doit en permanence s'adapter à l'inacceptable, au grotesque, à l'insoutenable, à la destruction de la beauté, à l'oubli des leçons du passé.Absurde, cette époque où une oeuvre d'art n'est plus rien qu'une marchandise, un prix, un objet de spéculation, un otage que l'on refile d'un marchand de mort à un autre, éteignant de fait sa lumière. Absurdes, ces temps de ténèbres où soudain tout peut exploser, où le feu du Mal peut tout consumer, détruire, emporter. Absurdes, tant elles sont insondables, sans fin, la douleur et la sidération du fils perdant sa mère dans un attentat alors qu'il était si proche de l'instant parfait, de la rencontre d'une vie....Absurde, la requête de ce vieillard agonisant à ce garçon à savoir cacher et prendre avec lui ce bel oiseau, ce chardonneret peint par Carel Fabritius en 1654. Absurde la mort, absurde le deuil, absurde le monde dans lequel il refait surface anéanti, paumé, orphelin de mère et d'une partie de lui-même.Absurdement violente, tragique et rocambolesque enfin la trajectoire de cet enfant de treize ans portant pendant des années le poids de la perte, de la culpabilité du rescapé, du vol d'une des œuvres d'art les plus précieuses et importantes de L'Histoire de l'art. Un tableau clef dont on ignore véritablement l'utilisation finale, certainement destiné à être fixé sur le mur extérieur d'une échoppe de la ville de Delft. Un trompe l'œil aux teintes étonnamment lumineuses, un volatile tout mignon, tout simple, trompeur en réalité oubliant de nous prévenir du chaos à venir... Nulle alerte de sa part avertissant le peintre de l'incendie qui l'emportera avec la majorité de ses œuvres, nulle alerte à l'adresse de notre Théodore obsédé par la vision d'une gamine rousse jusqu'à en oublier que le destin peut frapper partout, à n'importe quel moment. Pourtant par sa simple présence, ce chardonneret, témoin de bien des drames par le passé, oeuvre clef et charnière entre deux écoles de peinture, devrait déclencher un signal de danger, lui, le centre de toutes les attractions. De multiples personnages vont croiser dès lors le chemin d'un Théo en mode survie, en mode auto-destruction, en mode sauve-qui-peut... Un parcours du combattant et initiatique d'une brutalité et d'une cruauté folles de New York principalement en passant par Las Vegas pour se rendre enfin à Amsterdam. Un enfant face à des adultes dépassés, perdus, irresponsables, un jeune homme dans un monde où tout n'est qu'apparence, jeu de dupe, malhonnêteté. Mais heureusement de belles âmes croisent Théodore et l'aident à se trouver. Ce roman somptueux, dense, riche d'informations, donnant à New York une place privilégiée, est une étude sociétale au vitriol, une description détaillée de la chute annoncée d'une civilisation, une analyse "psychatrique" sans concession des protagonistes de cette fresque digne de "La Leçon d'anatomie du docteur Tulp" de Rembrandt : une dissection minutieuse des évènements, des intentions, des turpitudes, l'autopsie d'une époque, d'une humanité en décadence, d'un monde en perdition. Mais l'espoir est peut-être au bout du chemin si Théo réussit à percevoir le chant du chardonneret, s'il réussit à le rejoindre et à détacher sa chaîne. Roman noir des plus lumineux où le silence assourdissant d'une bombe laisse place au chant des oiseaux, à la beauté et à l'équilibre retrouvé du monde.J'ai été passionnée par cette plongée dans le milieu de l'art et de l'antiquariat, emportée et essoufflée par les scènes d'action, bouleversée aux larmes par certains moments poignants et inoubliables, scotchée par la maîtrise de l'autrice de bout en bout. Prodigieux scénario cinématographique, mélange de Woody Allen, de Quentin Tarantino et de Steven Soderbergh. Enfin une mention spéciale pour la traductrice de cette œuvre majeure de la littérature contemporaine, Edith Soonckindt, dont je mesure le talent et l'investissement tant certains passages ont dû être épineux à retranscrire, sans compter la longueur extrême du texte.Celui-ci me hantera, m'accompagnera, tant il touche de thèmes essentiels et différents, tant il s'insinue dans notre intimité. Quatrième de couverture Dix ans après le succès mondial du Petit copain, et vingt après celui du Maître des illusions, Donna Tartt fait son grand retour avec Le Chardonneret, une odyssée hantée dans l'Amérique d'aujourd'hui. Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ? À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Lâchez les chiens

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lâchez les chiens Maud Tabachnik De Borée 14 mars 2019 155 pages Thriller & Historique Chronique 16 mars 2019 Maud Tabachnik, déjà l'auteur d'une trentaine de romans, met son talent dans ce nouvel opus à traiter un sujet bien d'actualité, puant, pourrissant, de notre société, des faits divers à l'analyse au scalpel d'un phénomène récurrent, d'une sale maladie dont on ne sait se débarrasser, se soigner. Les mémoires sont courtes, les leçons du passé ne sont pas comprises, et inlassablement la ronde du Mal reprend, emportant des victimes innocentes sur son passage. D'où la nécessité d'un tel texte, d'une telle dénonciation par le biais du roman noir, de la fiction. Un coup de poing dans nos estomacs, histoire de retrouver le courage de se battre inlassablement contre ces ignominies. Que ce ne soit pas inéluctable ! Quatrième de couverture Un pacifique instituteur de village brutalement assassiné, un copain de jeunesse éleveur de chèvres qui se trouve en danger et voilà Fanny, journaliste au Matin, partie pour le Sud-Est. L'ex-détective privée découvre un pays de la lavande pourri par le racisme et les passe-droits. D'abord malgré elle puis avec passion, Fanny enquête sur affaire qui se révèle de plus en plus sombre et coriace. Comment faire éclater la vérité dans une France gâtée par la « peste brune » ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La nuit n'est jamais complète

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La nuit n'est jamais complète Niko Tackian Calmann-Lévy 17 mai 2023 250 pages Thriller & Polar Chronique 26 janvier 2018 Les voyez-vous passer au-dessus de vous dans un bruissement léger et hypnotique ? Regardez plus attentivement la très belle couverture de Isabelle Dumontaux, ils se fondent dans les nuages menaçants, ces papillons noirs porteurs d'espoir et non plus de drame...« Les personnes les plus formidables que j'ai jamais rencontrés sont celles qui ont connu l'échec, la souffrance, le combat intérieur, la perte et qui ont su surmonter leur détresse. » Elisabeth Kubler-Ross Un désert sombre à perte de vue, une route 33, une Ford qui roule dans la chaleur suffocante, à bord un père et sa fille de 17 ans, Jimmy et Arielle. Très beau tandem assez rare, deux êtres qui s'aiment profondément dans une relation fusionnelle et respectueuse suite à une énorme perte. Bientôt dans ce paysage de fin du monde, un barrage sur la route. Une faille aurait brusquement englouti la terre plus loin selon le policier qui les arrête, impossible donc de continuer. Retourner à la dernière ville traversée est inenvisageable, plus assez d'essence. La nuit va bientôt tomber. Trois autres automobilistes sont aussi là sur le bas côté : Victor le nerveux, Juan tout en muscles et Florencio en chemise et pantalon de costume. Le flic ressemble à un rapace et n'inspire pas confiance, mais Jimmy accepte son café et rejoint sa fille pour dormir dans l'habitacle jusqu'au lendemain où on avisera. Mais au matin, la donne a changé, un long cauchemar débute. Toutes les batteries sont à plat, le policier et son 4x4 ont disparu. Que faire ? Tous les cinq décident de marcher sous un soleil de plomb en rationnant l'eau et le peu de nourriture, pour vérifier cette histoire de faille.... Ils arrivent épuisés à une ancienne mine de charbon... Ce roman aux couleurs sombres et à l'ambiance surnaturelle et onirique, est un terrifiant huis clos. Le temps se suspend, les repères sont perdus, nous sommes pris dans un piège formidablement bien imaginé par l'auteur. On tremble pour notre duo, plus les évènements macabres se succèdent rapidement, plus la présence d'une bête maléfique se précise. Parfaitement mené, ce récit horrifiant porte en lui également des valeurs humanistes essentielles, qui tels des rayons de lumière pure trouent l'épaisseur des nuages menaçants... Et toujours le bruissement des ailes de papillons....Une première fois me concernant dans l'univers de Niko Tackian et pas la dernière puisque j'enchaîne avec Toxique. Quatrième de couverture La route à perte de vue au milieu d'un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place tout dérape... Ils se réveillent abandonnés, naufragés de l'asphalte, avec trois autres rescapés. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôles froissé se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar... Mais ce voyage au coeur des ténèbres est-il vraiment un hasard ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Mathilde, Juliette, Bonaparte et les autres

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mathilde, Juliette, Bonaparte et les autres Aline Voinot De Borée Vents d'Histoire 20 avril 2023 224 pages Historique Chronique 21 avril 2023 « Un premier roman rythmé et riche en anecdotes au cœur de l'histoire napoléonienne. » J'ai passé cinq heures fabuleuses hier, dimanche, grâce à ce roman historique qui, je pense et espère, aura une suite. Un personnage féminin très attachant et bien campé, une galerie de figures célébres variée et complète donnant à mieux comprendre ce début du XIXème siècle foisonnant, passionnant, déjà moderne tout en traînant encore les lourdes valises du passé. En lisant cet ouvrage, on ne peut qu'être estomaqué par l'importance et l'influence que Napoléon Bonaparte a eu, et a encore, sur la société française. Tous les noms des hommes et des femmes croisés ici sont aujourd'hui des noms de rues. Les grandes évolutions, tels le code civil ou la création de la Banque de France, datent de cet époque ; de la volonté d'un seul individu, des murs, jusque là infranchissables, furent abattus, des nouvelles règles établies. Napoléon entre 1800 et 1804 est un premier consul omnipotent, craint, secondé par le fin juriste Cambacérès, deuxième consul. Le troisième larron est bien pâle face à ces derniers. Notre jeune orpheline en décidant de fuir son couvent pour se rendre chez sa cousine Juliette née Bernard épouse Récamier, ne sait pas vers quel destin extraordinaire elle se précipite. La suivre est exaltant, passionnant.Les intrigues se nouant au sein de ce microcosme parisien sur lequel plane l'ombre de Bonaparte, sont tortueuses, savoureuses. Tout n'est que mensonge, apparence et duplicité. Le ministre de la police, Fouché, fait régner une ambiance anxiogène sur tout ce petit monde qui, au sortir des années de la Terreur, a perdu ses repères et ne souhaite que s'étourdir et être bien en cour. Car c'est bien un système presque monarchique, en tous cas autoritaire, que Napoléon Bonaparte compte mette en place au grand dam de ses opposants les plus farouches, Mme de Staël et Benjamin Constant son amant en tête, et même de Cambacérès. Dans le même temps, des avancées scientifiques inestimables sont accomplies. C'est une époque fabuleuse et admirable tout en étant terrifiante. Mathilde va devoir apprendre à nager en eaux troubles. Juliette et ses nouveaux amis l'aideront. Grâce à ce roman, la grande Histoire devient accessible, proche. J'ai adoré cette lecture, j'ai beaucoup apprécié la belle écriture de l'autrice et sa passion palpable. Quatrième de couverture En suivant les pas de la jeune Mathilde, entrez dans l'intimité d'un Bonaparte fraîchement nommé Premier consul, assistez à son ascension et participez à ses choix ; vivez le bouillonnement des salons mondains de cette période pleine de frénésie scientifique, juridique, économique et culturelle ; redécouvrez une France désireuse de se reconstruire après les terreurs de la Révolution, avide d'amour et de progrès, et pourtant encore pleine de fureur belliqueuse ; observez le rôle des femmes de ce début du XIXe siècle - elles avaient bien plus de pouvoir que ce que la grande histoire en a retenu, et découvrez une fresque de personnages célèbres, au réseau social puissant et aux grandes ambitions. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le cheval de l'espoir

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le cheval de l'espoir Michel Verrier De Borée Terres d'écriture 21 septembre 2023 300 pages Roman Chronique 15 octobre 2023 « Lorsqu'Alexandre s'installe au village, il devient un suspect idéal pour Hélène, un soutien essentiel pour son fils. » « C'est un beau roman, c'est une belle histoire... » Un livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire : une grande fluidité d'écriture, des personnages attachants et réalistes, une analyse fine des sentiments, un soupçon de suspense. Tous les ingrédients sont réunis pour vous dépayser quelques heures de la plus belle façon dans un petit village du Beaujolais. Calme et volupté.... Pas vraiment puisque le récit s'ouvre sur la découverte d'un cadavre. Cette mort met le feu aux poudres, les mauvaises langues se déchaînent, la suspicion devient reine. En pleine saison des moissons, la présence des travailleurs saisonniers polonais met en fureur de "bons" français. En fait, tout ce qui a le malheur d'être différent est montré du doigt, soupçonné, accusé. Ainsi Grégoire, un adolescent fragile, handicapé mental et sujet à des crises de colère depuis qu'il a été renversé petit, devient la cible de commérages et de délations non fondés auprès de la gendarmerie venue enquêter.... Mais une voix s'élève, celle d'Alexandre, un nouveau venu installé dans la maison de sa grand-mère. Il est le voisin du garçon et de sa mère Hélène. Un banquier reconverti dans la création de vitraux depuis une rupture sentimentale. Le contact est établi ainsi entre Grégoire, Alexandre et Hélène qui ne peut s'empêcher de se méfier de ce bon samaritain trop beau, trop parfait. La relation de confiance qui se noue entre son fils et cet homme la met sur le grill d'autant plus à l'arrivée de son cheval Placido, sujet de passion pour le gamin. Lorsqu'elle découvre le phare cassé de la camionnette de celui qu'elle considère comme un intrus dans sa relation filiale, rien ne va plus... Elle est terrorisée, déstabilisée... Qu'a-t-il pu se passer dans la vie de cette femme pour qu'elle perde à ce point le contrôle, pour qu'elle tombe dans une telle paranoïa ? C'est ce qu'Alexandre va tenter de comprendre ; ce qu'il va découvrir le mènera à vouloir élucider une énigme policière, un cold case, afin de se disculper aux yeux d'Hélène et apporter la paix dans la vie de cette famille éprouvée. Mais le chemin sera long avant que la lumière ne passe librement à travers le brouillard qui emprisonne les cœurs. Du bel ouvrage ! Quatrième de couverture Jeune cadre trentenaire, Alexandre plaque tout pour s'installer au cœur d'un petit village du Beaujolais et s'adonner à sa passion : la peinture sur vitraux. Dans la maison voisine à la sienne, vivent Hélène et son fils, Grégoire. Ayant été renversé enfant par un chauffard, il souffre depuis de troubles psychiques importants. Le jeune homme ne tarde pas à s'enticher de Placido, le cheval d'Alexandre, au contact duquel il gagne en autonomie et dextérité. Loin de réconforter Hélène, la complicité naissante entre son fils et ce nouveau voisin ne fait que renforcer ses doutes quant aux intentions de ce dernier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Emma dans la nuit

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Emma dans la nuit Wendy Walker Sonatine il y a peu 302 pages traduites par Karine Lalechère Thriller Chronique 27 mai 2018 Magistral ! Je pourrais m'arrêter là ... Mais je vais développer tout en souhaitant ne pas vous mettre mal à l'aise. Si j'avais eu le talent de cette conteuse, avec l'enfance qui fut la mienne, ce livre serait le mien. Et en quelques sortes, il l'est. J'ai évidemment, scotchée par certains détails ou analyses des plus justes, vérifié immédiatement que l'auteure n'était pas psy ou ancienne victime. Mais non ! C'est formidable lorsqu'on tombe sur une écrivaine qui a fait tout son travail de recherche solidement, qui en outre est dotée d'une empathie folle. J'ai eu l'impression qu'elle était un peu dans ma tête. Ce livre emprunté à la bibliothèque Aimé Césaire, Paris 14e, je vais l'acheter dès que je le pourrai. Tout est là, parfait. En plus le thriller sur le plan pur du suspense et de la construction est une belle réussite. Cassandre Tanner, la narratrice de dix huit ans, est donc la fille d'une femme atteinte d'un trouble de la personnalité narcissique caractérisé, qu'elle appelle Mme Martin, aïe, déjà cela présage du pire. Mais mérite-t'elle un nom ? Elle revient chez sa mère Judy et son beau père Jonathan, trois ans après sa disparition dans la nuit avec sa grande sœur Emma. Ce dossier a littéralement gâché la vie de la psychiatre du FBI qui suivait cette affaire, le Dr Abigail Winter. Celle-ci déjà à l'époque, avec le flair qui caractérise les enfants maltraités, repère en la mère une pure narcissique ( ne pas confondre avec pervers narcissique svp, cas extrêmement rares). Cependant elle a gardé le silence sachant que tous douteraient de son impartialité compte tenu de son passif. Tout, sauf être soupçonnée de faire un transfert. En fait, la famille recomposée apparaît définitivement dysfonctionnelle et toxique. La jeune fille commence alors à raconter son histoire, Abi doute de cette version. Le jeu de miroirs va éclater peu à peu, les apparences trompeuses vont fondre devant la pureté de la vérité. La personnalité de Cass au nom prédestiné est troublante ; que cherche-t-elle vraiment ? Quel but poursuit-elle ? Qui est la proie ou le bourreau ? Il va falloir à Abigail toute sa persévérance et une sacrée confiance en son instinct, en son sixième sens, pour résoudre le mystère entourant la disparition des sœurs. Mais où est Emma ?Le mal qui semble habiter la mère est il un boulet transmis de génération en génération ? Est-il en Cass ? Était-il en Emma la séductrice manipulatrice ? Je le répète, remarquable de justesse, j'ai souri à certaines évocations d'incidents plus ou moins graves au sein de ce nid de scorpions, que de souvenirs ! J'ai ri de l'intelligence de Cassandre, de son sens de la stratégie, toujours en analyse des comportements, ne se laissant pas piéger par des manœuvres perverses si peu originales.J'ai aussi pleuré intérieurement pour tous les enfants, les fratries qui furent, sont et seront concernés par cette pathologie. Très sombre et puissant, ce thriller psychologique, essentiel, car il s'attaque au tabou du mal amour maternel, rend très bien le sentiment de risque, de peur, de l'attente du drame, de l'explosion, de la mort qui enserre le cœur des fillettes. Oui, on devient une vigie, on apprend à switcher sur on/off, on reste en éveil pour voir surgir la moindre lumière vers la sortie, la plus infime chance de se sauver. Mais surtout, on met tout en œuvre inconsciemment ou non, afin de préserver quoiqu'il arrive sa part d'humanité, son essence pure de toute saleté. On s'en remet en fuyant au plus vite et en demandant de l'aide, je vous rassure. Est-ce la solution que choisira Cassandre ? Quelle figure est-elle dans cette partie d'échecs ? Page 251 : description détaillée de cette pathologie. Quatrième de couverture Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ? Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d'absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d'un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s'intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique. Que s'est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • 1991

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 1991 Franck Thilliez Fleuve éditions 6 mai 2021 504 pages Thriller & Polar Chronique 30 octobre 2021 « Ce détail, semble-t-il, fait paraître le tour plus impossible encore. » Juan Tamariz, Mnemonica« Le public ne voit pas la pièce, le lapin ou la fille disparaître parce que en réalité ils ont disparu bien avant que le magicien ne feigne de les faire se dissiper dans l'air. C'est au mauvais moment que le public regarde avec le plus d'attention. » Clayton Rawson, The Great Merlini, « Off the Face of the Earth ». Prodigieux !Franck Thilliez a réussi un tour extraordinaire : me faire un peu oublier la période difficile que nous traversons. Un sacré challenge pour tout écrivain aujourd'hui ! D'ailleurs, pour lui aussi, revenir au début des années 1990 fut salvateur et libérateur. S'extraire de la gangue de notre époque pour retourner trente ans en arrière, lorsque le numérique, l'internet, les téléphones portables n'existaient pas, est une bouffée d'air plus pur ; nous nous en passions très bien. On ne peut nier que tout ceci à apporter beaucoup de bienfaits surtout dans le domaine de la traque des criminels les plus sanguinaires ; on ne peut nier aussi qu'aujourd'hui nous avons l'impression quelques fois de nous retrouver face à une hydre monstrueuse. C'est ce que ressent l'équipe du 36 quai des Orfèvres à laquelle est incorporé le tout jeune diplômé de l'école des inspecteurs de police, Franck Sharko. Nous découvrons notre héros bien connu lors de sa toute première enquête au sein de la célèbre maison, fiancé, plein d'avenir, d'espoirs, déjà doué d'une empathie, d'un sens de la psychologie hors du commun. On apprend les raisons qui l'ont poussé à s'engager, on voit aussi sa part d'ombre... Il a une connaissance physique du Mal. Il l'a déjà regardé dans les yeux, il veut à nouveau l'affronter et en ce mois de décembre 1991 glacial, alors qu'on l'a relégué aux archives pour analyser à nouveau un dossier non résolu, celui des Disparues du Sud parisien, un homme affolé débarque à la brigade avec la photographie d'une femme manifestement victime d'un tueur... Une course infernale débute pour l'équipe et Sharko, totalement folle, épuisante, où chaque page renverse nos convictions, où la vérité se révèle apparence trompeuse, jusqu'au final... Dès le début, j'ai pensé au film "Le Prestige" pour l'ambiance, le criminel apparaissant comme un mentaliste de haute volée, un illusionniste exceptionnel à l'instar de l'écrivain qui signe là un des meilleurs opus de la série consacrée à Sharko & Hennebelle (liste des titres en fin de chronique). J'avais plus ou moins compris très tôt qui était coupable, ce qui m'inquiète quant à mon degré de santé mentale ?, et pourtant j'ai pris un énorme plaisir à avaler ce thriller en une traite, incapable de le lâcher. Il réserve de réelles surprises impossibles à imaginer, le suspense est donc maintenu très adroitement de bout en bout. Franck Thilliez est un narrateur surdoué, bosseur et passionné : on ressent à la lecture de ce polar très noir la joie et le soulagement qu'il a ressenti en l'écrivant, l'occasion lui étant donné de s'extraire de la réalité du confinement comme il nous l'avoue en conclusion. Il nous libère aussi alors même qu'il enferme ses personnages et ce pauvre Sharko dans un cauchemar .... celui-ci ne fait que commencer pour la joie de tous les fans de la série.Magique, Abracadabra, Tadam..... Le mot de l'auteur :Franck Sharko est le premier personnage que j’ai créé. Dans mon premier roman, que j’ai écrit en 2004, il a une quarantaine d’années, puis, au fur et à mesure des livres qui ont suivi, le lecteur l’a accompagné jusqu’à aujourd’hui. Cela fait presque vingt ans que j’écris sur ce personnage. Je me sens très proche de lui. Néanmoins, ni les lecteurs ni moi- même ne savions qui était le jeune Sharko, celui d’avant la première aventure. L’écriture de 1991 m’a donc permis de tout remettre à plat. Pour préparer mon nouveau roman, j’ai reparcouru tous les Sharko précédents pour travailler au mieux son passé. Je crois que, comme moi, les lecteurs avaient besoin d’en savoir un peu plus sur les origines de ce héros. Quatrième de couverture La première enquête de Franck Sharko ! En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l'école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l'affaire des Disparues du Sud parisien. L'état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours. Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu'à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d'entrer en possession d'une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu'il a pu imaginer... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Charybde et Scylla

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Charybde et Scylla Franck Thilliez Editions 12-21 7 juin 2018 29 pages Thriller & Polar Chronique 25 mai 2020 Un Bijou ! Un concentré d'imagination, d'intelligence, de perversion... Reprenant le procédé du reflet d'un miroir dans un autre miroir, ou du tableau dans le tableau, un texte glaçant en plein confinement, au message résonnant comme un avertissement ou une menace. À lire absolument ! Du très bel ouvrage ! Quatrième de couverture Ceci n'est pas la réalité... Ceci n'est pas la... Ceci... Chaque année, c'est le même rituel. Le téléphone gris à gros boutons sonne, cela signifie qu'il doit s'absenter pour plusieurs mois. Sa destination ? Charybde, à l'Administration des rubriques inventives, terminal « Imaginaire », aile « Départs et Retours », département « Fiction », catégorie « Thriller/policier ». John Doe à la ville, il est Ingénium de métier. Plus qu'un métier, c'est une vocation, une vocation usante à la longue... C'est décidé, il va vivre sa dernière aventure en tant qu'Ulysse Cornu, personnage favori d'Olivier Sacks, son auteur en perdition. Ainsi, il pourra retrouver l'île de Scylla, sa villa, sa femme et plus simplement, sa véritable existence. Mais les pages blanches d'un roman en cours d'écriture demandent parfois quelques sacrifices et révèlent toujours des surprises.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La dent de la rancune

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La dent de la rancune Pascal Tissier Editions de Borée, 4 juillet 2019 336 pages Thriller Polar Chronique 6 juillet 2019 L'auteur, avant d'être écrivain était expert criminaliste pour l'IRCGN. Il a en fin de carrière été instructeur en police scientifique au Cameroun après avoir collaboré avec la brigade de recherches de Marseille. De retour dans l'hexagone, il travaille avec l'IFEG à Aix en Provence. Le souci du détail et de l'exactitude des faits imprègne donc ses romans et leur apporte une grande crédibilité. Ajoutez à cela, une belle plume, de l'humour, un scénario bien imaginé et suivi à cent à l'heure, une héroïne et des personnages secondaires parfaitement croqués et mis en scène au scalpel et vous avez un thriller policier très réussi à lire vite et bien. La jeune Alysa d'Argens, sacré caractère, très bon flic, tenace, forte et en même temps fragilisée par des cauchemars incompréhensibles est une figure policière des plus attachante. Elle va tel un pitbull s'accrocher à sa quête malgré les coups, les blessures, les découvertes sur son passé à la limite du supportable. Un personnage qui, j'espère, bénéficiera d'une suite. Tout est affaire de sang ici, celui retrouvé sur une hostie dans une église d'Auvergne, celui qui donne une identité liée à de l'ADN, celui répandu depuis plus de trente ans, celui partagé par toute une famille, celui des nombreux morts dans le sillage de la policière. Une poursuite sur les chapeaux de roues poursuivie par des tueurs, s'enfonçant dans un monde de mensonges, d'illusions, de faux semblant. La résolution de l'affaire après un final essouflant sera un sacré retournement de situation. La vérité est au bout pour Alysa. Quatrième de couverture Responsable d'une enquête sur le meurtre de deux convoyeurs de fonds, la commandante Alysa d'Argens va enfin mettre la main sur celui que l'on surnomme le "Yougo". Mais la tentative d'arrestation tourne mal et Alysa se retrouve blessée et inconsciente auprès d'une voiture calcinée. L'investigation du véhicule met en évidence la corrélation entre l'analyse génétique du sang de la jeune policière et celui prélevé sur une hostie égarée depuis une trentaine d'années, mise au jour dans l'église de Beaune-le-Froid, en Auvergne, lors d'un violent orage. Pourchassée par les services de la Sécurité Intérieure et d'anciens terroristes, les indices vont amener Alysa à plonger dans son passé trouble. Pourquoi ce silence autour de son enfance et de ses parents ? Surtout, qui veut l'empêcher de découvrir la vérité et d'attenter à la vie de ceux qu'elle rencontre ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Il était deux fois

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Il était deux fois Franck Thilliez Editions Fleuve Noir 4 juin 2020 528 pages. Thriller & Polar Chronique 20 novembre 2020 J'étais restée perplexe bien que bluffée à la fin de l'opus précédent « Le manuscrit inachevé ». Avec ce nouveau roman apportant des strates supplémentaires et des éclaircissements, j'ai maintenant une vision d'ensemble apaisée de ce récit labyrinthique. Je ne suis pas adepte des livres à énigmes, à codes, je ne suis pas non plus une groupie de cet auteur. Donc lorsque j'écris que cet ensemble de thrillers m'a passionnée, soufflée, c'est en pesant mes mots. Conseil : lisez bien le manuscrit inachevé avant celui-ci et laissez-vous emporter. J'envie ceux qui découvriront cette histoire en deux parties dans la continuité, sans s'arrêter.Magistral ! Comme lors de la rédaction de ma précédente chronique, il me semble incontournable d'évoquer encore la jubilation, le plaisir, l'amusement évidents que, sans doute possible, Franck Thilliez a ressenti pendant l'écriture de ce texte. Tordu, sadique, malicieux, l'auteur nous offre à nouveau un polar ténébreux et labyrinthique, toutefois traversé de lumières.Vers la page 300, une migraine m'a reprise à l'évocation du manuscrit inachevé, me disant que j'allais encore avoir besoin de paracétamol et puis non ! Au contraire, pas de zone d'ombre ici, pas de petit jeu final, pas de conclusion ouverte, pas de cerveau qui fume. Mais je vous rassure, vos petites cellules grises vont frétiller, votre palpitant va s'emballer, vous allez frissonner de peur tout en vous divertissant. Et pourtant plus le dénouement approche, plus l'ignoble, l'horreur se renforcent... Mais au-delà de ce qui est décrit, l'écrivain nous amène à réfléchir sur notre propre implication de lecteurs, notre responsabilité de potentiels voyeurs de l'horreur à l'instar des Romains venus au jeux du cirque pour assister à des carnages, ou des afficionados de mises à mort de taureaux dans les arènes. Tout est jeux de miroirs, de vases communicants, tant dans la forme que sur le plan du scénario lui-même.... Deux hommes enquêtant en parallèle, Gabriel ex-gendarme et Paul son ancien partenaire, deux jeunes filles disparues, deux romans, tout est réalité et son reflet....En poussant plus loin, nous, lecteurs, sommes les pendants indissociables de l'auteur, et si celui-ci se délecte à plonger dans les abysses, dans les ténèbres de l'âme humaine, qu'est-ce que notre envie de le lire dit de nous ? Si certains écrivains diffusent par leurs écrits le Mal, que dire de leur lectorat ? Le champ littéraire est-il un espace où un malade en puissance peut sans risque commettre le crime parfait ?Franck Thilliez, qui n'entre pas dans cette catégorie, va pousser le curseur encore plus loin rendant le propos plus large, universel. Vous en dire plus serait trop.... Enfin ce roman est encore un hommage à Sir Arthur Conan Doyle entre autres, mais encore plus à Stephen King dès l'ouverture... Un homme se réveillant en ayant oublié les douze dernières années au moment où une multitude d'étourneaux s'écrasent morts au sol. Évocation des textes sacrés, des sept plaies menaçant notre monde... Il ne manque plus que les quatre cavaliers de l'Apocalypse pour parfaire le tableau. Un nuage noir plane au dessus de nos têtes telle une menace surnaturelle... Amnésie rétrograde pour Gabriel, retour à la case départ, game over pour nous... On recommence, on repart dans un récit infernal sorti d'un esprit tortueux et brillant. Quatrième de couverture En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au cœur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu'effrénée. Jusqu'à ce jour où ses pas le mènent à l'hôtel de la Falaise... Là, le propriétaire lui donne accès à son registre et lui propose de le consulter dans la chambre 29, au deuxième étage. Mais exténué par un mois de vaines recherches, il finit par s'endormir avant d'être brusquement réveillé en pleine nuit par des impacts sourds contre sa fenêtre... Dehors, il pleut des oiseaux morts. Et cette scène a d'autant moins de sens que Gabriel se trouve à présent au rez-de- chaussée, dans la chambre 7. Désorienté, il se rend à la réception où il apprend qu'on est en réalité en 2020 et que ça fait plus de douze ans que sa fille a disparu... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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