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  • Soif

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Soif Amélie Nothomb Albin Michel et Audiolib 21 août 2019 2 h 30, lu par Grégori Baquet Roman Chronique 20 juillet 2020 « Pour éprouver la soif, il faut être vivant. » « On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps. » Amélie Nothomb Mon premier roman de cette auteure, surdouée, atypique qui semble être dans son monde tout en étant très connectée à la réalité, un esprit libre, puissant, au service de l'écriture et des lecteurs, une urgence à étancher sa Soif de transmettre, de partager, de tendre le témoin, dans cette course de relai qu'est la vie tout en se protégeant des intempéries, des orages, des colères infondées, derrière un grand chapeau. J'ai encore pris un chemin de traverse en choisissant la version formidablement interprétée par Grégori Baquet, dont j'avais aimé la lecture de La Révolte. Tout au long de cette écoute j'entendais les dernières phrases de l'air de la Conciergerie chantées par Madame Lidoine, deuxième Prieure dans Les Dialogues des Carmélites mis en musique par Poulenc sur un texte de Bernanos :« Au Jardin des Oliviers, le Christ n'était plus maître de rien, il a eu peur de la mort... » Ce travail d'empathie extrême mis en oeuvre par Amélie Nothomb est presque un classique dans le répertoire lyrique, de musique sacrée. Se mettre à la place de Jésus, très humain, très imparfait, au moment de son jugement, de sa condamnation, de sa crucifixion puis de sa résurrection, en respectant certains passages des écritures tout en y apportant des transgressions, est un exercice de style en soi, mais également une mise en abîme et une prise de risques tant le sujet reste intouchable, délicat. Mais il est évident pour le Christ que ce "sacrifice" pour sauver les hommes est une erreur de stratégie à long terme commise par Dieu le Père : ceci nous amène à des interrogations essentielles sur ce que signifie être humain, sur la croyance, sur l'héritage laissé aux générations futures, sur le martyre, sur la victimisation, sur l'Amour réel, sur le mensonge, sur la trahison.... C'est un Jésus en pleine déroute, en questionnement, qui revoit l'enchaînement des évènements menant à sa crucifixion... Il dit qu'il aurait peut-être préféré la décapitation, plus rapide.... Évidemment nous pensons immédiatement à d'autres figures historiques... Il raconte aussi les témoignages lors de son procès de ceux qui ont bénéficié de ses miracles et qui s'en plaignent. Moment ubuesque de consommateurs mécontents. Un faiseur de miracles, un être capable d'actes extraordinaires, de créer des moments de stupéfaction et de foi en autre chose... comme les artistes et autres propagateurs d'espoir, de beauté, à l'instar des prophètes, de certains sages tels Gandhi ou Nelson Mandela, ou Jésus, qui ne sont pas à l'abri de la défection, de la déception de leurs premiers admirateurs.... Les réactions sont violentes, disproportionnées, hors de propos... Alors mieux vaut prendre la parole et redire sa vérité. Celle d'Amélie Nothomb apparaît en filigrane.... Grégori Baquet apporte le supplément d'incarnation à ce texte qui pourrait être risqué et qui en devient émouvant, intéressant, universel... Je vais donc maintenant me plonger en direct dans les mots d'Amélie Nothomb avec un de ses romans précédents. Celui- ci m'a plu, m'a interrogée, m'a amusée aussi, étonnamment. Quatrième de couverture Avec sa plume inimitable, Amélie Nothomb donne voix et corps à Jésus Christ, quelques heures avant la crucifixion. Elle nous fait rencontrer un Christ ô combien humain et incarné, qui monte avec résignation au sommet du Golgotha. Aucun défi littéraire n’arrête l’imagination puissante et fulgurante d’Amélie Nothomb, qui livre ici un de ses textes les plus intimes. Nous avons à faire à un grand Amélie Nothomb. La qualité de la narration est d’autant plus importante qu’elle ne doit pas altérer le produit, mais bien lui donner une valeur. Le 9 Septembre2019, « Soif » d'Amélie Nothomb entre dans la première sélection du Prix Goncourt : Le jury du Prix Goncourt a dévoilé la première liste des 15 romans de la sélection 2019. Parmi cette sélection, le dernier roman d'Amélie Nothomb, Soif, carton de la rentrée littéraire 2019. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Dans les Brumes de Capelans

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans les Brumes de Capelans Olivier Norek Pocket 2023 488 pages Thriller & Polar Chronique 16 septembre 2022 « On les voudrait hideux, les monstres.Dans les villes, dans la foule, leurs démons sont invisibles. Ils nous frôlent, sans que l'on frémisse. Leurs sourires ressemblent aux nôtres, on les côtoie, on les voisine, on les invite. Ils nous charment ou nous indiffèrent, car ils sont bien normaux, les monstres. Leur peau, leur voix, leurs gestes, tout en surface est identique à l'ordinaire. Mais quelque part, une ombre s'est posée. Elle s'est nourrie silencieusement d'une blessure, d'une humiliation, d'une violence, d'une anomalie, d'une malfaçon. Elle s'est posée sur une fine craquelure qu'à coups de bec et de griffes elle a transformée en faille. Un gouffre, un piège pour la raison, et s'engendre la colère. La colère si jouissive à libérer, pour que sur d'autres se pose une partie de l'ombre. Pensant ainsi s'alléger, le monstre s'enferme et nourrit son serpent, toujours plus affamé. » P. 69 Prologue en trois prénoms, ceux des victimes d'un pédophile, Anna, Garance et Salomé ; entrée en scène d'un flic à sa poursuite, Russo, en bout de course épuisé tant mentalement que physiquement, dix ans de traque et enfin Anna retrouvée ; Jeune femme de 24 ans au visage inoubliable. Première partie : Vous vouliez partir, vous dépayser après les deux ans que nous avons traversés, tellement anxiogènes et cauchemardesques. Olivier Norek l'a bien senti, petits veinards ! Les îles tropicales, lointaines et chaudes ? Pas tout à fait. Destination Saint-Pierre. Vous savez près du Groenland, du Canada ! Souriez, le peseur d'âmes vous y attend dans une résidence surveillée ou safe house pour criminels repentis devenus témoins protégés, moyennant quelques informations savoureuses sur d'autres gros méchants de la planète. Ainsi, six ans après la fin de la Trilogie 93, Victor Coste est toujours en service mais plus dans une jungle urbaine. L'auteur ne se métamorphose plus en reporter de terrain comme dans quasiment tous ses précédents opus. Il nous concocte un "huis clos", un thriller psychologique et d'action aux limites du réel alors que les Brumes de Capelans s'approchent lentement des terres pour les engloutir comme tous les ans, entre le printemps et l'été. Le piège se referme. Une maison au bord d'une falaise, un poste de responsable des frontières pour les apparences et une mission à mener. C'est un homme fragile et brisé que nous retrouvons, lové sur sa douleur et sa culpabilité, ayant fui lâchement sans donner d'explication à ses proches, à Léa sa compagne, à personne. Cette affectation au bout du monde est parfaite pour lui, loin du fracas excepté celui des vagues, sur une île peu peuplée : seulement quelques interactions avec les hommes placés sous ses ordres, une gendarme et un vieil homme et sa petite fille. Mais bientôt, fin de sa paix relative, Anna est placée sous sa surveillance attentive. Elle seule peut donner les informations nécessaires pour loger le criminel en fuite, indispensables aussi aux familles attendant de retrouver leurs filles, vivantes ou mortes. Le lourd passif de Coste et son extrême sensibilité devraient l'aider à nouer des liens avec la jeune femme énigmatique. Mais l'ombre du monstre plane toujours, une tempête se rapproche, plus personne n'est en sécurité. Un très bon roman ouvrant la porte, je pense, à de nouvelles aventures de Coste. Une succession toujours très efficace de passages ténébreux, dramatiques et de moments plus cocasses faisant la part belle à la camaraderie, à l'humour. Presque au même moment, en mars 2022, est paru le dernier opus du tandem Jérôme Camut et Nathalie Hug, « Nos âmes au diable », traitant du même thème. Manifestement ce sujet, qui fut extraordinairement et courageusement bien abordé par Barbara Abel voici quelques années tant il est tabou, revient aujourd'hui dans l'actualité.Olivier Norek offre un très beau retour à son héros et une histoire forte et édifiante à ses lecteurs. A lire absolument. Quatrième de couverture Une Ile de l'Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu'il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque. Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l'aveugle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Impact

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Impact Olivier Norek Pocket 2021 312 pages Thriller & Polar Chronique 1 mai 2022 « A ceux qui n'ont jamais connu cette planète... autrement qu'en danger. » « Les grands changements semblent impossibles au début... Et inévitables à la fin. » Bob Hunter, cofondateur de Greenpeace « En 1965, l'eau était gratuite. Bientôt, elle coûtera plus cher que l'essence. » Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd « La Nature, pour être commandée, doit être obéie. » Francis Bacon, Novum Organum, 1620 Un encart nous avertit d'entrée de jeu : « Face à la réalité, je n'ai pas eu besoin d'inventer Virgil Solal, lui, n'existe pas encore. Mais à ne pas entendre les cris d'alarme, certains le façonnent déjà. Dans ce roman, les propos de l'assassin n'engagent que lui. » La quatrième de couverture étant volontairement succinte, dans un désir certain de l'auteur et de son éditeur de jouer la carte du mystère, je n'écrirai rien sur le déroulement, sur le scénario : ce brûlot, cette mise en accusation argumentée, documentée et plus que pertinente, de tous les responsables de la pollution, de la destruction de notre planète, de l'assassinat de millions d'humains, prend la forme d'un polar classique ponctué de focus sur divers points du globe où la Nature explose de rage en catastrophes diverses mettant en danger de mort les populations, la faune déboussolée, détruisant la flore, les paysages de notre enfance. Nous sommes au bord d'un gouffre, des scientifiques, des climatologues, des organisations engagées dans la préservation de notre Terre ne cessent de crier la vérité telles des Cassandre jamais écoutées ou crues. Continuer à jouer à l'autruche est criminel, et depuis quelques années, on ne peut que constater avec fureur et désespoir de l'impassibilité des êtres humains à changer radicalement leur mode de vie, de consommer, de s'engager dans la société. L'individualisme, le "après moi le déluge", sont la règle et nous mènent tout droit vers le chaos. Nous savons pertinemment que les gouvernements, les dirigeants des grandes sociétés productrices d'énergie, les banques qui les soutiennent, condamnent, par leurs exactions, la majorité de la population mondiale à finir droit dans le mur ; mais ils s'en fichent, certains que leur argent, leur pouvoir les placent au-dessus de la plèbe, prévoyant déjà de se rabattre vers des habitations-bunkers. C'est l'ère du chacun pour soi et même pas Dieu pour tous, de l'amoralité, de la barbarie en col blanc. Comme pour "Entre deux mondes" polar- reportage sur le terrain, Olivier Norek décide d'asséner par le biais d'une fiction plus digeste certaines vérités, certains faits indiscutables.Pourquoi en sommes-nous là ? Et que devons-nous faire pour être entendus, respectés par nos gouvernants, par ces grands groupes ? Continuer à prêcher la non-violence tel un Martin Luther King ou prendre les armes tel Malcom X ? Lequel fut le plus efficace ? Pour combattre les monstres, devons-nous en devenir aussi, faire des victimes collatérales afin de sauver un plus grand nombre ? Nous savons que le réchauffement climatique débouchera évidemment sur des grandes migrations massives des peuples du Sud vers les zones plus au Nord. Avant que ces êtres humains ne vivent l'enfer de l'exil, de la perte de tout ce qu'ils avaient construit, de leurs proches, avant qu'il ne soit trop tard, ne pourrions-nous pas exiger que les accords passés soient enfin respectés ? Que fait la justice française face à ces crimes incessants, quotidiens, tous ces morts de la pollution ? Ne serions-nous pas en droit de nous considérer en légitime défense ? Ce roman est aujourd'hui encore plus d'actualité alors qu'un nouveau mandat présidentiel vient d'être octroyé à l'un des responsables du drame écologique et humain qui se joue sous nos yeux ! Faire comme si de rien n'était, s'adapter à l'inacceptable, maltraiter les enfants, les faire grandir dans un monde artificiel, supra-numérique, où peu à peu il ne restera que les méga-riches d'un côté et de l'autre leur main d'oeuvre sous-payée, supportant des conditions de vie et de travail impensables....comment peut-on même laisser faire ? La société gronde, le peuple crie, la nature se réveille, il serait temps d'agir très vite et de dire Non ! Alors Virgil Solal est-il un héros, un lanceur d'alerte, un activiste, un assassin, un terroriste ? Et nous, où nous situons-nous ? Que ferons-nous pour sauver les enfants et le monde dans lequel ils devront vivre où survivre ? Un livre nécessaire, violent, terrifiant. Quatrième de couverture Par le lauréat du Prix Maison de la presse, Grand prix des lectrices de Elle - policier, Prix Le Point du polar européen. Face au mal qui se propage et qui a tué sa fille Pour les millions de victimes passées et les millions de victimes à venir Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Entre deux mondes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Entre deux mondes Olivier Norek Pocket 2018 384 pages Thriller & Polar Chronique 15 octobre 2017 Comprenant deux chapitres d'introduction, (l'enfant et le fou), cinq parties (fuir, espérer, exister, survivre, sombrer?), Et un épilogue. Il y a certains livres qui réveillent votre conscience, votre fureur, votre humanité, et ne vous laissent pas indemnes. Il y a des livres incontournables, irremplaçables, courageux et d'utilité universelle. "Entre deux mondes" est l'un de ces livres témoins, documents, historiques. « Adam à découvert en France un endroit où l'on peut tuer sans conséquence. »Quatrième de couverture efficace et rapide comme un coup de poing.L'entre deux mondes, le purgatoire ou déjà l'enfer d'où l'on rêve au paradis, Youke ou UK, l'Angleterre. Des ombres y survivent comme elles peuvent, 9000 adultes,1000 enfants. Nous sommes au début de ce policier- reportage en Syrie, à Damas, en juin 2016. Adam Sarkis de l'armée syrienne libre s'est infiltré dans les services du gouvernement du boucher Bachar-El Assad. Un de ses contacts a été arrêté et risque de parler sous la torture. Un seul choix FUIR. Et avant tout faire partir sa fille Maya et sa femme Nora. Le périple commence de Damas jusqu'à Tripoli où elles doivent embarquer pour l'Italie. Lui reste, paniqué à l'idée d'être découvert, mais non,. Cependant rester devient insoutenable comme les scènes qui sont décrites, dont il est l'acteur malgré lui. Sauver son pays n'est plus possible, seules comptent Maya et Nora. Il part de son côté, laisse un message à sa femme sur son portable. Rdv à Calais. Juillet 2016, Nous sommes en zone de guerre, non pas en Albanie, ou Soudan, en Syrie, en Afghanistan, nous ne sommes ni en Afrique, ni dans un pays du Moyen-Orient. Non ! Nous sommes à Calais dans le nord de la France, terre d'accueil, de la liberté, de l'égalité des droits et des chances, nous sommes dans le pays qui a fait rêver depuis des siècles des peuples opprimés, qui a inspiré les intellectuels et les mouvements de libération des populations martyrisées par des dictateurs. Réveillons-nous, tout cela est terminé, une jungle a été créée sur notre côte d'Opale, ou ni règles, ni lois, ni respect des droits des hommes, ni pitié n'existent ou si peu. Des factions rivales se la disputent, les afghans arrivés les premiers et plus nombreux, les albanais, les soudanais et tous les autres. Ajoutons les associations humanitaires Médecins du monde et Care for Calais, les No Border qui ont créé les Info Center qui offrent une aide juridique, le CAP ou Centre d'Accueil Provisoire pour femmes et enfants réunis dans 40 containers blancs très repérables sur les photos aériennes;Mais aussi une mosquée salafiste pro Etat Islamique et Daesh, lieu de recrutement de futurs djihadistes, connu de la DGSI évidemment, et surveillée par des indics en place. Autour de cette ville de taudis, de tentes, ou reignent la maladie, la corruption, les ordures de tous genres, les immondices, la saleté, la merde, sont les forces de police, de la BAC, des CRS, des pompiers..... Personne n'entre dans ce lieu maudit ou n'interpelle des suspects de crimes. Car ceux-ci sont légion.Et les migrants ne sont pas considérés comme réfugiés politiques mais comme réfugiés provisoires en partance pour ailleurs. Ailleurs c'est UK. Ils sont donc sans statut réel, piégés dans cette boue, cette désespérance, après avoir déjà tant supporter et souffert. A hurler ! C'est dans ce contexte que Bastien Miller prend ses fonctions de lieutenant de police, étant venu avec sa femme Marion, en dépression, et sa fille Jade de 14 ans, futée et généreuse. La découverte de la ville de Calais en pleine crise économique, avec son Luna Park abandonné et sa plage désertée en plein été, en dit long sur les souffrances de la population. La présence de cette jungle est néfaste aux intérêts économiques ( transports routiers, commerces etc) et touristiques. C'est un fait prévisible que l'état à refusé de prendre en compte . Il a abandonné ces citoyens comme il a lâché les forces de l'ordre quelles qu'elles soient. Les hommes et femmes sont désespérés, en dépression, suicidaires, conscients qu'ils sont les témoins d'une catastrophe humaine inacceptable et insoutenable. Bastien la veille de sa prise de service est présent lors d'un accident de voiture en plein centre ville. Au volant, un raciste notoire,exultantsahainevialesréseauxsociauxsurlesmigrants.Bastienlesauvesanssavoir, superbesdébutsdans ses fonctions ! Bientôt il rencontre son équipe de deux personnes, les membres de la BAC. Ils sont envoyés sur une scène de crime en pleine jungle. L'histoire commence, tout se met en place pour un réveil brutal dans le dernier cercle de l'enfer, en pleine France. Que rajouter ? Lisez ce texte remarquable, tout y est. Merci Olivier Norek ! Respect ! Et un enfant noir comme la nuit nous sourit ! Quatrième de couverture « Adam à découvert en France un endroit où l'on peut tuer sans conséquence. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Surtensions

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Surtensions Olivier Norek Pocket 2017 480 pages. Thriller & Polar Chronique 24 avril 2017 Je retrouve avec joie ces personnages attachants dont la psychologie est très bien détaillée dans les deux premiers opus, Code 93 et Territoires.Thriller encore parfaitement maîtrisé à la construction cinématographique chorale virtuose où les 3 personnages, Johanna de Ritter, Sam (le geek), Ronan (le bras droit), membres du groupe Crime 1 de la SDPJ 93 dirigé par Victor Coste sont poussés à bout jusqu'à l'insoutenable. On suit : cette équipe, celle des 4 braqueurs (Alex, Rhinocéros, Dorian, Franck) de la bijouterie Van Cleef, les prisonniers du Centre Pénitentiaire de Marveil,(Nano, Scalpel, Yassine, Antoine Doucey, Boyan Mladic..), la famille Alvès, et quelques autres personnages comme l’avocat Me Tiretto, mr Darcy, et Léa le médecin légiste... Noir, cynique, un modèle du genre... Comme décors : le 93, le centre pénitentiaire de Marveil, zones quasi de non droit, un loft du XXème, la maison des Alvès. Ce troisième livre offre encore l'occasion à Olivier Norek d'aborder des sujets politiques et sociaux majeurs qui font le terreaux de la violence et de la guerre urbaine actuelle.Ici il dénonce les conditions de vie en milieu carcéral, et la malhonnêteté de certains avocats et chefs d’entreprise richissimes. Il décrit un monde de violence et de terreur, de caïds et de politicards qui se partagent le gâteau indifférents aux morts, aux dommages collatéraux (suivez mon regard). Face à ces salauds et cette corruption permanente, la camaraderie et la solidarité de l'équipe de Coste .... Mais réussira-t-elle à se sortir intacte de cet enfer ? Quatrième de couverture Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de prison ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui se sont installés dans sa maison ? Comment cinq criminels – un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur – se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ? Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Code 93 et Territoires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Code 93 et Territoires Olivier Norek Pocket 2014 et 2015 360 et 384 pages Thriller & Polar Chronique 11 février 2017 J'ai terminé hier soir la trilogie de Olivier Norek. J'avais commencé involontairement et tributaire des catalogues de bibliothèques par Surtensions. Thriller parfaitement maitrisée à la construction cinématographique chorale où les personnages membres de l'équipe de Coste sont poussés à bout jusqu'à l'insoutenable. Noir, un modèle du genre. ..... Donc forte de cette première bonne impression j'ai cherché les deux premiers opus. Code 93 étonnant de maîtrise pour un premier bouquin pose les décors, le 93 et Saint Denis, zones quasi de non droit , et nous présente les personnages qui seront récurrents. On entre dans la SDPJ93 pour faire leur connaissance. Le thriller en lui-même est bien imaginé, nous lecteur savons beaucoup de choses avant Coste donc le dénouement n'est pas une surprise. Je crois que ce premier livre offre l'occasion à Olivier Norek lieutenant de police à la section enquêtes et recherches de cette SDPJ de puis longtemps sur ce département sensible , de pouvoir enfin montrer son travail, ses collègues, et d'aborder des sujets politiques et sociaux majeurs qui font le terreaux de la violence et de la guerre qui se déroule sous nos yeux, sans rien pouvoir y faire ou y comprendre. On sent le flic en colère, certainement aussi désespéré quelquefois qui a besoin de vider son sac. Dans Territoires, cette guerre est déclarée, les enfants bourreaux sont sacrifiés, les habitants kidnappés par les trafiquants et piégés dans un monde de violence et de terreur, les caïds et les politicards se partagent le gâteau indifférents aux morts, aux dommages collatéraux. Une société schizophrénique qui donne une vitrine à admirer alors que celle-ci se fend sur toute sa longueur. Un jeu d'apparences. Là encore Olivier Norek, reporter de guerre urbaine, emmène le lecteur dans les zones à risques, le fait être le témoin de scènes dignes du parrain ou de Mad Max, le transformant ainsi en coéquipier puisqu'il a des informations que Coste et son équipe n'ont pas. La fin est digne de tout ce qu'on espérait déjà désabusés que nous sommes. Comment garder le feu sacré pour ce travail dans les brigades de police en sachant tout cela ? Grand mystère pour moi. Ce que j'aime aussi c'est l'humanité, l'amitié, la camaraderie, l'amour et la tendresse, la fine psychologie présents dans ces trois livres, nous offrant autant de bulles d'oxygène. Quatrième de couverture Code 93 : Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire. Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le « Code 93 » ? Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison... Territoires : Les exécutions sommaires de trois jeunes caïds de Malceny, "plaque tournante de la came pour l'Île-de- France", mettent la SDPJ sur les dents. Mais le capitaine Coste n'a pas peur de mettre le feu aux poudres... A Malceny, dans le 93, on est habitués aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s'implante comme un virus dans cette ville laissée à l'abandon, qui n'attend qu'un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s'adapter pour survivre : des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d'inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l'Etat contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville. La dernière affaire du capitaine Coste ? Elle se passe en enfer... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La femme révélée

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La femme révélée Gaëlle Nohant Grasset 2 janvier 2020 384 pages Historique Chronique 6 mars 2023 « La quête de liberté de l'exilé volontaire est inséparable de la nostalgie de la terre natale. Plus ou moins enfoui dans l'inconscient, cet écartèlement dure toute la vie. » Susha Guppy, A Girl in Paris « Toute cette haine, dit-il. Toute cette haine, cette misère et cet amour. C'est un miracle qu'ils ne fassent pas exploser l'avenue. » James Baldwin, Blues for Sonny Gaëlle Nohant est dotée, outre d'un talent de conteuse et d'écrivaine singulier, d'une empathie et d'une aptitude extraordinaires à retranscrire les affres et sentiments animants des femmes au bord du gouffre, en apnée, en fuite, en danger. Sur le fil du rasoir, Eliza alias Violet sait que la moindre maladresse et le moindre mot peuvent la condamner à mort. Pour sauver sa vie, une seule échappatoire, disparaître soudain en laissant derrière la prunelle de ses yeux, sa raison d'exister : son fils. Cruel dilemme, souffrance abyssale, respirer et survivre à moitié, le corps scindé en deux entre Chicago et Paris, entre mère et femme à part entière. Évidemment, elle pense pouvoir revenir chercher plus tard son enfant adoré, mais... Récit d'une rédemption, d'une libération, un drame intemporel sur fond de guerres intimes, mondiales et civilisationnelles. Les bourrasques qui soufflent sur la vie d'Eliza sont de même force que les soubresauts de l'Histoire. Les trajectoires de la femme et du monde sont parallèles et se répondent.L'héroïne, afin de mettre des mots sur ces maux et ceux qui touchent la société, recadre dans l'objectif les évènements, les humains ; telle Emily Dickinson qui comprit l'essence de la vie en regardant par sa seule fenêtre, Eliza touche à la vérité par le cadrage qui n'est plus réducteur mais révélateur. Le titre est dès lors d'une fulgurance poétique sidérante. Un très beau roman édité en format poche également et en version audio. Quatrième de couverture Paris, 1950. Eliza Donnelley se cache dans un hôtel modeste sous le nom de Violet Lee. Elle a brusquement abandonné les beaux quartiers de Chicago, un mari fortuné et son petit garçon, n’emportant qu’une valise, son Rolleiflex et une photo de son fils. Dans un Paris qui retrouve la lumière après les années grises, Violet tente de se réinventer. À travers l’objectif de son appareil photo, elle apprivoise la ville, saisit les visages des humbles, des invisibles. Et, découvrant une indépendance nouvelle, elle se laisse traverser par le souffle d’une passion. Mais comment supporter d’être traquée, déchirée par la douleur de l’exil ? Et surtout, comment se pardonner l’abandon d’un fils ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Légende d'un dormeur éveillé

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Légende d'un dormeur éveillé Gaëlle Nohant Héloïse d'Ormesson 17 août 2017 544 pages Historique Chronique 25 janvier 2021 Une merveille comme toujours avec cette écrivaine exigente, passionnée, au talent évident de narratrice dont chaque mot et chaque image sont emprunts d'une réelle poésie. « La part des flammes » traitant de l'incendie du Bazar de la Charité chroniqué sur ma page Eva Impressions littéraires m'avait transportée et bluffée par sa précision historique et tout simplement sa beauté formelle. Avec cette Légende consacrée au dormeur éveillé Robert Desnos, Gaëlle Nohant se surpasse. Son admiration et son amour pour ce poète font de chaque page un bijou. J'aime aujourd'hui l'homme au-delà du personnage célèbre. Une grande envie de l'envelopper dans mes bras et de le rassurer m'ont prise.Son oeuvre, son engagement jusqu'au-boutiste, son intelligence, sa prescience, sa bravoure, sa capacité à aimer et à donner en temps de paix puis de guerre, en font une figure attachante et incontournable de la première moitié du XXe siècle. On garde de lui le regard doux et pétillant, cette myopie qui lui permettait sans doute de profiter du flou artistique ainsi créé pour réinventer, embellir ce monde. « De lui se dégageait une grande puissance de refus et d'attaque, en dissonance frappante - il était très brun - avec le regard étrangement lointain, l'œil d'un bleu clair voilé de « dormeur éveillé » s'il en fut. » André Breton C'est aussi l'histoire d'amour, exceptionnelle, vécu avec Youki, qui se révélera héroïque et digne de son amant magnifique après son arrestation ; c'est également le récit de la France de ces années de transition, entre le XIXe siècle, s'attardant au delà de 1900 jusqu'à la fin de la première guerre mondiale : alors s'opère la bascule vers une société ayant soif de liberté, de révolution tant politique et sociale qu'artistique avec le mouvement des surréalistes. Nous les croisons tous, nous mettons des visages, des traits de caractère sur tous ces hommes et femmes qui ont jalonné nos années de lycée et collège. Pour celles et ceux, comme moi, dont les parents sont nés dans les années 20, c'est l'opportunité extraordinaire de plonger dans le quotidien de nos aïeux, de les accompagner tout au long du chemin tour à tour joyeux, lumineux, étincelant de créativité et d'imagination débridée, menant cependant au fond des abîmes nés de la seconde guerre mondiale, du fascisme, de l'occupation, de la collaboration de certains avec le Mal absolu. Robert Desnos n'est pas de ceux-là, il reste lui-même, se magnifie, se révèle aux yeux de tous comme l'Homme de bien, le Juste qu'il a toujours été.... Plus les ténèbres s'étendent sur le monde, plus la peur tord son ventre, plus il prend de risques, plus il crie la vérité, plus il crée de beauté, plus il nous apparaît lumineux, épanoui..... Un être d'exception qui comme poète, journaliste, critique, dessinateur, écrivain, amant, ami, a changé par son oeuvre et sa résistance au nazisme la trajectoire des siens... et la nôtre par ricochet. « J'ai rêvé tellement fort de toi, J'ai tellement marché, tellement parlé, Tellement aimé ton ombre, Qu'il ne me reste plus rien de toi. Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres D'être cent fois plus ombre que l'ombre D'être l'ombre qui viendra et reviendra dans ta vie ensoleillée. » Quatrième de couverture En romancière funambule, Gaëlle Nohant a relevé le défi lancé par Queneau : « Il n'y aura pas de connaissance véritable de Desnos tant qu'on n'en aura pas établi la légende. » Fabuleuse investigation littéraire, Légende d'un dormeur éveillé ressuscite quinze ans d'histoire du poète, des années folles à l'Occupation. Une traversée du xxe siècle, vivante et tumultueuse, sur les traces d'un héros dont on ne peut que tomber amoureux. C'est par la fiction qu Gaëlle Nohant choisit d'explorer la vie aussi héroïque qu'engagée de Robert Desnos. Au plus proche de l'artiste, elle épouse ses pas, des Halles à Montparnasse, non sans quelques détours par Cuba ou Belle-Île ; visite son atelier de la rue Blomet ; écoute sa « Clef des Songes « ; suit les séances animées du Café Cyrano en compagnie d'Antonin Artaud, de Prévert et d'Aragon ; danse des nuits entières aux côtés de Kiki et de Man Ray. Pour ce voyage avec Desnos, elle puise dans son œuvre, sonde les âmes en medium et, comme lui, « parle surréaliste ». S'identifiant à Youki, le grand amour de Robert, elle l'accompagne jusqu'au bout de la route, au camp de Terezín, en juin 1945. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Part des flammes

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Part des flammes Gaëlle Nohant Héloïse d'Ormesson 2015 368 pages Historique Chronique 5 décembre 2020 Un brasier détruit tout au Bazar de la Charité, installé en ce joli mois de mai 1897 dans un hangar, où des décors de carton pâte de rues parisiennes au Moyen-Âge devaient apporter du pittoresque à cet événement mondain où toutes les femmes de la bonne société se pressaient, qui pour tenir un stand, qui pour acheter une babiole et se donner bonne conscience.Le stand le plus prestigieux était sans conteste celui de la duchesse d'Alençon. Mais une mauvaise organisation de l'espace, en particulier pour le cinématographe, et des produits inflammables placés trop près de sources de chaleur, causent la tragédie. Tout s'embrase en emportant principalement des bourgeoises et des aristocrates. Comme échappées de cet enfer, des flammes vont également mettre le feu à toute cette société corsetée, patriarcale et injuste de cette fin du XIXe siècle. Pour certaines des rescapées, il ne sera pas possible de continuer à vivre ensuite selon des principes d'un autre temps absurdes, inégalitaires. Pour d'autres, les limites entre les castes, les couches sociales vont disparaître de fait. Pour quelques jeunes filles, considérées comme des biens que l'on se dispute, que l'on veut s'arracher, propriétés de leurs pères, de leurs maris, de leurs tuteurs ou de l'Eglise, les cris qu'elles ont retenus en elle depuis toujours, leur échappent enfin, gonflent, conquièrent l'espace. De mutiques et décoratives elles deviennent dangereuses : vite posons le diagnostic d'hystérie, vite enfermons- les avant que d'autres jeunes femmes ne se réveillent... Evidemment il faut trouver un coupable à cette catastrophe, on lance des rumeurs par vengeance, par malveillance, par aigreur... Certaines anciennes beautés de cette élite perdent tout en perdant leurs physiques de déesses des salons, leurs chevelures ; elles deviennent inutiles, invisibles, pire risibles. Car nul compassion, nulle empathie ne sont à espérer de ce beau monde ... Oui, on va pleurer la disparition de la Duchesse Sophie d'Alençon, soeur de l'impératrice Sissi, femme courageuse et bienveillante ayant supervisé cette grande manifestation de charité.... Son refus de sortir du brasier cache-t-il un secret, est-il le symptôme d'un mal être l'ayant peut-être poussée au suicide ? Violaine de Raezal, rescapée de justesse, veuve inconsolable de son cher Gabriel, timide respectant les codes de son milieu, va être révélée à elle-même par cette catastrophe.Elle va reprendre le flambeau laissé par la duchesse d'Alençon et se mettre enfin en mouvement, de sa propre initiative, à la recherche d'une jeune fille, Constance d'Estingel, survivante mais disparue soudain entre les griffes de la science avec la complicité de sa propre mère. En parallèle, Laszlo son fiancé devra répondre de fausses allégations ignobles portées contre lui....tout ce monde va être ébranlé, va devoir revoir ses priorités.... Le peut-il ? Les grands événements du début du XXe siècle ne lui laisseront pas le choix... Des voix s'élèveront bientôt exigeant plus d'égalité et de liberté pour les femmes, toutes origines sociales confondues... Un roman éblouissant, se souciant de vérité historique, profitant de l'occasion offerte par ce drame particulier pour dresser un portrait général, au vitriol, de toute cette société française patriarcale. Plus de cent ans après, encore aujourd'hui, les raisons de continuer à lutter sont presque identiques à celles de leurs aïeules pour toutes les citoyennes de ce pays. Nous faut-il un nouveau brasier, une nouvelle tragédie pour comprendre ? Quatrième de couverture 4 mai 1897. Autour de l'épisode méconnu du tragique incendie du Bazar de la Charité, La Part des flammes mêle les destins de trois figures féminines rebelles de la fin du XIXe siècle : Sophie d'Alençon, duchesse charismatique qui officie dans les hôpitaux dédiés aux tuberculeux, Violaine de Raezal, comtesse devenue veuve trop tôt dans un monde d'une politesse exquise qui vous assassine sur l'autel des convenances, et Constance d'Estingel, jeune femme tourmentée, prête à se sacrifier au nom de la foi. Qu'ils soient fictifs ou historiques (la duchesse d'Alençon, née duchesse de Bavière, est la sœur de Sissi), Gaëlle Nohant donne vie et chair à ses personnages dans une histoire follement romanesque, qui allie avec subtilité émotion et gravité. Tout à la fois porté par un souffle puissant, littéraire et généreux, La Part des flammes, nous entraîne de rebondissements en révélations à la manière d'un roman feuilleton. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Tout ce qui nous répare

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tout ce qui nous répare Lori Nelson Spielman Cherche Midi 2018 479 pages traduites par Laura Derajinski Roman Feelgood Chronique 21 septembre 2019 Titre original « Quote me ». Auteure de deux succès de librairie dont le premier fut adapté au cinéma par la Fox : « Demain est un autre jour » et « Un doux pardon », Lori Nelson Spielman aborde avec délicatesse et psychologie la question du deuil. Celui de son enfant, de sa sœur, de sa mère.... Les points de vue des différents protagonistes sont présentés, en particulier ceux de Erika Blair, petite quarantaine, agent immobilier à New York, divorcée, mère de deux jeunes filles et de l'une d'entre elles, Annie. L'impensable, l'inacceptable a lieu mais comment y croire. Chacune recroquevillée sur sa douleur et sa culpabilité ne réussit plus à communiquer, à respirer, à dire l'essentiel. Les mois passent et les deux survivantes de la mort de Kristen se croisent mais ne se voient plus. Les douleurs anciennes, les pertes du passé, soudain ressurgissent avec plus de violence... Une quête de la disparue qu'on voudrait penser encore vivante, qui sait ?, la course après l'ombre d'une mère morte voici des décennies dans un accident de voiture, la recherche d'un père bourru, incapable d'exprimer son amour depuis.... Nécessairement pour passer à l'étape suivante, les deux femmes devront affronter les fantômes et les ombres, l'une dans sa maison d'enfance à 1500 km de la grosse Pomme, l'autre à Paris en tant que fille au pair dans une famille de substitution. Sujet piége, parfaitement traité avec tact, sans pathos inutile, juste ce qu'il faut de scènes touchantes et poignantes pour faire naître une larme au coin de l'œil. Typiquement un roman feel good réussi, maîtrisé, bien écrit. Une très bonne idée est celle des cahiers remplis de citations et adages transmis depuis la grand- mère Louise jusqu'aux filles de Erika. Certaines de ses phrases sont à recopier. Quatrième de couverture Erika Blair a tout pour être heureuse : une carrière au sommet et deux filles magnifiques. Sa vie sombre brutalement lorsque l'aînée, Kristen, meurt dans un accident. Entre culpabilité dévorante et déni obstiné, Erika et sa fille cadette, Annie, s'éloignent peu à peu, chacune prisonnière de son chagrin. Erika reçoit un jour un mail anonyme : « chasse ce qui te pèse et cherche ce qui t'apaise. » Elle reconnait cette citation, tirée d'un cahier qu'elle a préparé avec amour pour ses filles, dans lequel elle a consigné les sages paroles de sa mère et de sa grand-mère. Qui peut bien lui avoir envoyé ce message et ceux qui suivront ? Des indices, semés entre les lignes, orientent Erika vers l'île de son enfance, Mackinac. Ce n'est qu'en remontant là-bas le fil de son passé torturé qu'elle pourra retrouver le chemin vers ses filles. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La saison des feux

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La saison des feux Celeste Ng Sonatine 2018 375 pages traduites par Fabrice Pointeau Thriller Chronique 26 juillet 2018 Un grand talent de conteuse et de psychologue de l'âme affirmé avec ce deuxième roman après«Tout ce qu'on ne s'est jamais dit » édité aussi chez Sonatine en 2016. « A Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s'installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d'abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence met en péril l'entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights. » Je ne finis pas de recopier la quatrième de couverture exprès. C'est amusant, cette présentation est à l'image de ce qui est décrit si justement dans le livre. C'est l'arrivée de Mia qui provoquerait le chaos. Tiens donc !!!! On reprend dans le bon sens : pour une fois Elena Richardson, journaliste à ses heures, épouse d'un avocat associé dans son cabinet, mère de quatre enfants presque adultes, a décidé de faire la grasse matinée. Les derniers événements que vous allez découvrir à partir du chapitre 2, l'ont épuisée, toute la smala est partie ou absente en ce matin quand l'alarme incendie retentit, bientôt suivie par les hurlements des camions de pompiers et des ambulances. Sa magnifique et sublime maison de luxe, symbole de sa réussite dans sa banlieue normative et étriquée disparaît. Trois de ses enfants sont revenus, et regardent le désastre assis sur le capot de la voiture de leur mère. Manque la petite dernière, Izzie. Pour ses frères et soeur, elle est la responsable de cet incendie. Plusieurs foyers de départ ont été trouvés par les experts. Pour Elena également, ainsi que pour son époux, tout semble indiquer que leur cadette a commis l'irréparable. Ont-ils raison ? Si oui, pourquoi ? Où est-elle ? Flashback : Mia photographe de talent, artiste complète, non conventionnelle, indépendante, à l'empathie hallucinante, arrive un matin dans cette banlieue proprette et sympa de Cleveland avec sa fille Pearl et toutes leurs affaires dans une voiture. Mia lance un projet artistique, s'y consacre entièrement généralement six mois, acceptant toute sorte de jobs alimentaires, inscrit sa fille dans le lycée du coin, puis repart sitôt la série de photos prises et envoyée à son agent galeriste new-yorkaise. Ainsi elles parcourent tout le pays, libres. Mais cette vie hors limite commence à peser pour Pearl, qui comprend sa mère et sa particularité créatrice, mais souhaiterait se stabiliser. L'appartement au premier étage d'une maison, loué à un prix très modique, propriété de Elena Richardson leur convient parfaitement. Quelques meubles trouvés dans la rue, un vrai lit pour sa fille ainsi que sa propre chambre, sont des débuts prometteurs. Inscription au lycée, rencontre des enfants Richardson, dont Moody qui devient le meilleur ami de Pearl. Il l'emmène un jour chez lui après les cours, l'adolescente découvre un autre monde, une famille plus traditionnelle mais quelque part sous la norme, de sacrés dysfonctionnements. Au centre la fameuse Elena, qui surjoue son rôle, prétentieuse, suffisante, limitée en réalité, une couarde qui n'a en fait jamais pris de risque.... Ces trois premiers enfants l'ont confortée dans cette comédie de la mère parfaite, mais sa petite dernière va envoyer valser toutes ses certitudes dès sa naissance. Un échange d'enfants va peu à peu se faire doucement, Izzie chez Mia en qui elle trouve enfin écoute et compréhension pour sa différence, et Pearl chez Elena, hypnotisée par la vie de cette famille. Mia va vite comprendre que la mainmise sournoise des Richardson sur Pearl peut être dommageable. Donc, quand dans une scène immonde et dégoulinante de condescendance, Elena sous couvert d'apporter son aide à l'Art , je rigole, propose à Mia de venir faire le ménage chez elle le matin puis le dîner le soir, ( combien de fois ai-je vécu ce type de moment où je me mordais les joues pour ne pas exploser la " bonne samaritaine" ?), Mia très stratégique et intelligente y voit un moyen de garder un œil sur sa fille.... Tout est en place pour que les feux s'embrasent. Remarquable roman écrit comme un thriller psychologique, une toile patiemment tissée, un passé doucement révélé, la question de la maternité au centre du récit, mais aussi la problématique de cette immense différence entre les êtres humains. Ceux qui vivent dans un monde normatif, qui ne prendront aucun risque, qui ne voient que la couche supérieure et évidente des choses, incapables de se libérer des carcans, d'oser, d'interpréter et de changer l'univers qui les entourent. D'où prise de conscience d'être limité face à un être créatif et indépendant, admiration de façade, exaspération latente face à cet artiste qui tel un miroir, leur renvoie l'image exacte de leur imperfection et leur échec.Alors reprise de la main en proposant une aide, une assistance de bourgeoise riche, qui elle a un vrai statut social !?! Je dois dire que ce sont souvent des femmes qui jouent à ce petit jeu. Bravo à Celeste Ng, c'est exactement cela, du vécu en ce qui me concerne... Et lorsque effectivement l'artiste ne s'écrase pas devant tant de générosité, alors la bienfaitrice devient ennemie et met en place tout un plan pour remettre l'ingrate à sa place, et cela peut aller très très loin. Ne croyez pas que ce soit juste une fiction, oh non ! Je remercie vraiment cette auteure ! J'ai évidemment adoré Mia et sa fille, je m'y suis totalement retrouvée. Tout est d'une incroyable justesse, servi par une écriture et un sens dramaturgique exceptionnels. Un grand auteure à mes yeux ! Ce roman m'a fait un bien fou ! Quatrième de couverture A Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d'abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence met en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights. Après Tout ce qu’on ne s’est jamais dit (Sonatine Editions, 2016), Celeste Ng confirme avec ce deuxième roman son talent exceptionnel. Rarement le feu qui couve sous la surface policée des riches banlieues américaines aura été montré avec autant d’acuité. Cette comédie de mœurs, qui évoque l’univers de Laura Kasischke, se lit comme un thriller. Avec cette galerie de portraits de femmes plus poignants les uns que les autres, c’est aussi l’occasion pour l’auteur de dresser un constat d’une justesse étonnante sur les rapports sociaux et familiaux d’aujourd’hui. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Rives de l'espoir - Les filles du lac

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Rives de l'espoir - Les filles du lac Maria Nikolaï City Editions 12 octobre 2022 464 pages traduites par Jocelyne Barsse Historique Chronique 1 décembre 2022 « Je voudrais t'offrir un amour, Qui fasse de toi mon intime : De ma veille, une pensée de toi, Et un rêve, de ma nuit. » Rainer Maria Rilke « Trois sœurs. Une maison de famille. De lourds secrets. » « C'était un lieu magique, coupé du monde. Un lieu qui gardait les secrets. Et qui, de temps à autre, parlait tout doucement de l'avenir. » Sud de l'Allemagne au bord du Lac de Constance, Meersburg : trois sœurs Helena, Katharina, Lilly Lindner résident dans une grande maison de maître, le Lindenhof, dont leur père Gustav a hérité. Il s'est remarié avec Elisabeth. De cette union sont nées les deux dernières filles.Helena n'a pas connu sa mère, ne sait rien d'elle. Nous sommes en novembre 1917, la guerre fait rage, les blessés et mourants sont de plus en plus nombreux. Katharina travaille auprès du docteur Zimmermann. Elle rêve de devenir médecin. Mais pour le moment, elle est très jeune et c'est l'urgence qui prévaut. A la maison, les finances sont au plus bas, Käthe la cuisinière met tout son art à essayer de concocter des plats mangeables avec ce que l'on trouve au marché. Helena désespère d'avoir des nouvelles de son père au front, Lilly préfère rêver et lire pour échapper à la situation.Elisabeth étouffe et veut vendre ce Lindenhof de malheur où elle a perdu sa jeunesse. Elle a de mauvaises fréquentations dans le dos des filles. Sa colère est encore plus grande depuis qu'elle sait que Gustav a nommé Helena comme héritière de la demeure.Elle se sent flouée, trompée. Au même moment, en Russie, les bolcheviques ont pris le pouvoir. Maxim Baranov, aristocrate déchu a tout perdu lors d'un massacre terrible : sa femme Lidia, ses enfants, ses demeures, son titre. Lui reste la haine et la volonté farouche de savoir qui a assassiné les siens. Heureusement, son ancien employé, Boris, devenu son meilleur ami est là et l'accompagne dans ses recherches. Le peintre Kandinsky trouve un endroit sûr où les deux hommes pourront se cacher.Boris est allé fouiller l'ancien palais Baranov à Petrograd et a rapporté quelques souvenirs et objets précieux à Maxim dont un manteau en zibeline ayant appartenu à la grand-mère de sa défunte épouse, Maria Pavlova, et une enveloppe contenant un arbre généalogique.Maxim ne le sait pas mais ces deux objets lui ouvrent les portes de la vérité. Au Lindenhof, le retour de Gustav est annoncé enfin. Le Dr Zimmerman accepte la proposition de Helena et Katharina de transformer la demeure familiale en hôpital militaire annexe. Tout le monde met la main à la pâte, il en va de la survie de la famille et de la maison. La guerre ne sera pas éternelle. Helena a de grands projets pour la propriété mais pourra-t-elle les réaliser alors que sournoisement sa belle mère Elisabeth avance ses pions pour accélérer la vente du Lindenhof. Helena et Maxim, sans se connaître et sans le savoir, sont en grand danger. Des forces travaillent dans l'ombre à leur perte. Ils détiennent un trésor inégalable, source de toutes les convoitises, déclencheurs de tous les actes criminels. Un très beau roman historique d'amour et de suspense parfait en cette fin d'année 2022 afin de redonner foi en l'avenir, en l'amour, et raviver l'envie et l'énergie de poursuivre ses rêves et rendre ce monde meilleur. J'ai passé un weekend passionnant et passionné. Quatrième de couverture Sur les rives du lac de Constance, en 1917, la jeune Helena et ses sœurs regardent avec nostalgie le Lindenhof, le grand domaine familial. Trois ans de guerre y ont laissé des traces. Les chambres sont vides, le jardin autrefois magnifiquement fleuri dépérit, tandis que le père est au front et que leur belle-mère règne sur les lieux d’une main de fer. Malgré ces temps difficiles, Helena caresse l’idée de donner une nouvelle vie au domaine où elle a tant de merveilleux souvenirs d’enfance. Le transformer en un bel hôtel luxueux pourrait lui redonner son lustre d’antan. Lorsque Maxim, un jeune noble russe fuyant la Révolution d’Octobre loue une chambre, Helena reprend courage et espoir. L’apparition de ce bel inconnu au visage marqué par la vie va tout bouleverser. Mais il n’est pas venu là par hasard et le Lindenhof n’a pas encore révélé tous ses secrets. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'orageuse

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'orageuse Jessica L. Nelson Albin Michel 5 avril 2023 416 pages Biographie Chronique 5 mai 2023 « Si jamais la lutte devient grandiose et sanglante, je veux m'y mêler, je veux réunir toutes les femmes, toutes les mères, toutes ces soeurs en douleur et en misère, et leur faire comprendre ce qu'il faut dire, ce qu'il faut faire, ce qu'il faut exiger... pour qu'elles ne soient pas éternellement des machines à plaisir et à reproduction de l'espèce. » Louise Colet Merveille des merveilles que cet ouvrage de Jessica L. Nelson !On mesure combien l'Histoire qui nous est contée est tronquée, falsifiée, trompeuse et oui, nous aussi, devenons orageuses ! La moitié de la population mondiale est purement et simplement occultée de nos manuels scolaires, tranquillement, volant à tous nos racines, notre culture. Le masculinisme frappe encore et toujours, hier et aujourd'hui, et c'est insupportable. Les quelques femmes dont on évoque les œuvres, le travail, les pensées, leur apport à la société sont bien peu nombreuses, et leurs biographies sont arrangées à la sauce patriarcale, il ne faudrait pas que l'une d'entre elles fasse de l'ombre à ces messieurs. A l'instar d'une Flora Tristan depuis peu réhabilitée, Louise Colet, femme de lettres, de conviction, fine et pertinente analyste politique, trois fois lauréate de Prix de l'Académie Française, est souvent réduite à n'être décrite que décorative, volage, opportuniste, hystérique, maîtresse de Gustave Flaubert donc dans son ombre... Pardon ! Grâce à Jessica L. Nelson la lumière est recentrée sur celle qui le mérite au même titre que ses homologues masculins ; l'on découvre un esprit libre, en avance sur son temps, intransigeant, brillant, foisonnant, caméléon, ancré dans la réalité, ne se cantonnant pas au rôle de potiche.Que l'on ait oublié son existence alors même qu'elle fut célèbre en son temps illustre combien ses écrits pertinents, de grande qualité, ont dû toucher là où cela faisait mal. Cette biographie est somptueuse, certaines scènes anthologiques telle l'inénarrable scène de sexe dans le fiacre. Texte drôlissime, percutant, bouleversant, d'une beauté formelle hallucinante, réussissant à recréer et insérer dans ce scénario certaines scènes présentes dans les romans célèbres. Le travail de recherche et de documentation a dû être immense, le résultat est bluffant d'érudition certaine et discrète qui n'écrase pas mais galvanise et nous réjouit. L'autrice pousse aussi très loin sa réflexion sur l'acte d'écrire, sur cette passion dévorante, sur les droits et devoirs d'un romancier, sur sa mission, sur ses responsabilités face à la postérité. Un livre absolument incontournable, d'une grande profondeur, essentiel ! Quatrième de couverture Elle est belle, rebelle, brillante. A de multiples amants. Parmi eux : Musset, Flaubert, Vigny. Ses amis s'appellent Hugo, Mme Récamier, Leconte de Lisle. En ce siècle de grands bouleversements, elle ne cesse de défendre la cause des femmes et de la République. Mais surtout, écrit une oeuvre novatrice : poèmes, essais, pièces de théâtre, romans... Couronnée par plusieurs prix de l'académie française, elle se distingue par son originalité et invente un style. Son nom : Louise Colet. Dans ce roman flamboyant, Jessica L. Nelson fait mieux que de réhabiliter une femme en avance sur son temps : elle nous invite à relire une auteure de premier plan que l'histoire littéraire du XIXe siècle, victime du patriarcat et du parisianisme, a sciemment voulu oublier. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Comme si de rien n’était

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Comme si de rien n’était Alina Nelega Editions des Femmes Antoinette Fouque 2021 288 pages traduites par Florica Courriol Roman Chronique 10 avril 2021 « Comme si de rien n'était » reçoit en 2020 le prestigieux prix roumain Observator cultural. « Quant au titre, la formule consacrée devrait déjà nous mettre la puce à l'oreille : car comme si de rien n'était, nous sommes happé.e.s par cette narration dès les premières pages. Comme si de rien n'était, il s'y passe en fait énormément de choses. Dans une société apparemment lisse où le pouvoir veut que les citoyens soient heureux, on fait semblant de vivre comme si de rien n'était, on fait semblant de soutenir le système ; d'accepter sans broncher, comme si de rien n'était, les malversations, les combines des collègues et des proches ; on se rend chez un.e ami.e, comme si de rien n'était, alors qu'il.elle est arrêté.e où se trouve en domicile surveillé, on se met au lit sous les couvertures pour qu'il.elle puisse chuchoter, non pas des déclarations amoureuses mais les motifs et les circonstances de son arrestation ; comme si de rien n'était, on élève un enfant et on laisse croire à la famille et aux ami.e.s que son père est votre mari et pas le type du Parti qui vous a imposé sa loi de mâle ; on revoit l'amour de sa vie, on se comporte avec elle comme devant une quelconque ancienne camarade de lycée, alors qu'on l'aime à en mourir, on fait comme si de rien n'était... » Florica Courriol - janvier 2021 Oui comme si de rien n'était, on fait semblant de vivre une existence normale alors qu'on est piégé dans un univers grotesque, ubuesque où le roi est Ceaucescu, le "conducatorbienaimé" et la reine "notremèreànoustous" qui édictent des règles de fou, dont les ombres planent tels des vampires sur cette Roumanie, sur cette Transylvanie. On se dirait dans un roman de Science-fiction malheureusement ce n'est pas le cas. Les apparences ne sont pas trompeuses, nous sommes enfermés dans un asile d'aliénés à grande échelle, épiés nuit et jour par l'Organe, la Securitate, la Milice, le Parti. Votre destin ne vous appartient pas, vous ne vous appartenez pas, d'autant plus si vous êtes femme et le comble, homosexuelle. Votre vie intime appartient au Parti, votre sexualité est une question politique, vous êtes doublement criminelle et dans la ligne de mire de tous les petits chefs, de tous les violeurs et profiteurs en puissance. Votre terreur les fait jouir, ils sont intouchables, même si le régime s'écroule, ils savent qu'ils s'en sortiront... Alors vos pauvres menaces de dénonciation, ils s'en foutent totalement. Ils sont les dieux du communisme. Être femme libre n'importe où dans le monde est déjà en soi un sacré challenge à relever, dans une dictature cela tient du fantasme.Notre Alice, ou Cristina, n'est pas tombée au pays des merveilles et doit alors se transformer en Crocodila qui n'a peur de rien, personnage de conte sorti tout droit de son imagination fertile pour son fils Stefan, si innocent, si adorable. Ce qui fait de cette roumaine un être à part c'est son don pour l'écriture, sa capacité à inventer d'autres univers pour supporter celui où pénurie, corruption, abus sexuels et politiques, délation, paranoïa, saleté, désespérance, sont le pain quotidien de cette société malade.Son amour pour Nana aussi la soutient, la nourrit, en silence, cachée. C'est un sentiment criminel, une aberration... Alors elle fait comme si de rien n'était même si son corps, son coeur hurlent, se brisent..... Elle obéit sans réussir à convaincre de son innocence l'œil du Parti qui ne la quitte pas, la suit partout, sait tout d'elle. On suffoque, on a mal au ventre, on éclate soudain en rires libérateurs ou nerveux, en larmes intérieures le plus souvent. Y-a-t-il un avenir en ces années 80 pour les Roumains ?Le rouleau compresseur de l'Histoire ne va-t-il pas tous les écraser impitoyablement ? Qui s'en sortira ? Un texte sans discontinuité, sans annonce de changement d'idée, de cadre, une ponctuation capricieuse, le tout pour illustrer par cette linéarité infernale le sentiment d'avancer inéluctablement, comme si de rien n'était, vers sa chute. L'impuissance face au monstre communiste est une réalité, nous nous sentons peu à peu broyés.Puissance du message donc porté par une mise en place qui nous bouscule, nous maltraite, nous force à ne pas faire comme si de rien n'était. La note d'introduction de Florica Courriol est parfaite et exprime mieux que je ne pourrais jamais le faire ce que je voudrais vous dire sur ce roman. J'en sors évidemment révoltée, triste et prête à en découdre pour la sauvegarde de nos libertés de citoyen.ne.s face à un gouvernement qui se radicalise. Je tiens à vous rassurer, la poésie et l'humour, ne sont pas absents de cette narration, bien au contraire. Merci aux Éditions des femmes Antoinette Fouque pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture « En écrivant, elle se dit qu’elle réussira à mieux comprendre – en interchangeant le personnage de Nana avec celui d’un garçon, peut-être, avec Dani ou Mits, par exemple, ce serait plus facile – ah non, ce ne serait pas plus facile. Elle devrait s’instruire davantage sur les corps et les émotions, comprendre pourquoi son ventre est serré, nœud de désirs et d’inquiétudes, elle les reconnaît bien, ils sont clairs ces mots, mais elle a peur de les exprimer. Ah, si elle pouvait courir, voler, se jeter sur le sable chaud d’une mer, écouter, éperdue, le bruit des vagues. Elle s’imagine les vagues et au dessus, la montagne. » A.N. Cristina traverse son adolescence dans les années 1980, durant la dernière décennie de la dictature roumaine. Élève dans un lycée de province, elle s’éprend d’une camarade de classe issue d’un milieu plus élevé et se découvre une passion pour l’écriture. Mais les diktats imposés par le régime lui barrent le chemin. Jeune adulte, elle s’efforce de naviguer entre les contraintes politiques, familiales et sociales qui pèsent sur les femmes. Elle essaie d’écrire, jonglant entre précarité, censure et autocensure. Avec un humour corrosif, les plus subtils rouages de l’oppression sont mis à nu. « Alina Nelega a chamboulé avec Comme si de rien n’était les habitudes littéraires roumaines par un sujet peu abordé jusque là : l’homosexualité féminine. Placé dans un cadre historique précis, mais qui s’éloigne du souvenir des Roumains – la dernière décennie du «règne » Ceausescu -, le livre se présente comme un arrêt sur image de toute la société roumaine. Il y est question de la fameuse Securitate, du contrôle de la sexualité par le Parti, de pénurie, de corruption, de relations interethniques en Transylvanie – où se déroule principalement la narration -, d’abus politiques, de révolte étouffée. Il y est question d’amour et de féminité mais surtout de liberté. » A propos de Florica Courriol : Traductrice littéraire du roumain. Née en 1952, Florica Ciodaru-Courriol enseigne le roumain à l'université Lyon II. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Octobre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Octobre Soren Sveistrup Albin Michel 2019 636 pages traduites par Caroline Berg Thriller Chronique 6 mars 2020 Le premier thriller de Soren Sveistrup !L'auteur est le créateur de la série exceptionnelle « The Killing ». Voici donc son premier roman, coup de foudre pour moi et pour beaucoup de lecteurs. Si vous avez aimé la série policière précitée et également "Borgen", vous allez retrouver un mixe des deux parfaitement réussi.Pourquoi un thriller, où tous les ingrédients habituels que d'autres auteurs de littérature noire utilisent aussi, nous interpelle-t-il particulièrement et provoque-t-il notre engouement ? Pour celui-ci, que je n'ai pu lâcher jusqu'à l'avoir terminé, je pense que cela vient du découpage des scènes extrêmement rapide, aucun temps mort, mais aussi parceque tout est très visuel, plan par plan : s'en extraire est tout simplement impossible. J'ai presque l'impression d'avoir regardé un très très bon film. La même ambiance anxiogène et ténébreuse des premiers épisodes de « The Killing » est recréée ici à l'écrit. On est également replongés dans le climat politique danois au sein même du pouvoir ministériel. Ce qui m'avait déjà frappée dans « Borgen », c'était le mélange du protocole très précis qui règne dans les bureaux et en même temps une forme d'effacement des frontières entre les élus et les citoyens. Même si, au Danemark, le vouvoiement reste de mise, c'est flagrant... Du coup, lorsque la ministre des Affaires sociales et sa famille sont dans la ligne de mire d'un tueur, la sensation de danger est renforcée. Egalement, en usant de tous les éléments propres à l'enfance, normalement intouchables, nous nous sentons attaqués dans ce qui nous est le plus précieux : les comptines, les petits bonshommes fabriqués avec des marrons d'Inde et des allumettes, ( vendus au Danemark traditionnellement ensuite en octobre par les enfants sur des stands maison), les tartines ( de pâté de foie) du goûter.... Soren Sveistrup joue avec tous les codes ayant trait à nos premières années, quelque soit le pays, et réussit l'exploit que l'adulte et l'enfant, que nous sommes encore, lisent ensemble ce récit terrifiant. Un tueur aux marrons va donc nous mener avec lui jusqu'au bout de ce conte désenchanté... Bien sûr, j'ai entrevu la solution, l'identité du criminel, mais je n'ai pas pu m'arrêter, j'étais ferrée.Je vous conseille cet excellent roman noir où les enfants sont au centre des inquiétudes et obsessions de tous, policiers et tueur. Un très bon tandem d'enquêteurs est ici imaginé, souhaitant les retrouver peut-être ultérieurement.Bonne chasse aux marrons.... Ils vous mèneront vers l'obscurité... Frissonnez ! Quatrième de couverture Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d'une femme amputée d'une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d'allumettes. Chargés de l'enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l'inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celle de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte. Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révèleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu'une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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