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- Il aura suffi d'un mot
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Il aura suffi d'un mot Brigitte Joseph-Jeanneney TriArtis 8 juin 2023 90 pages Divers Chronique 31 juillet 2023 Un seul mot et tout change, tout bascule. Fin d'une histoire ou recommencement, abandon ou nouvelle étape de vie. « Il aura suffi d'un mot mot un mot, les mots un mot divorce, un mot boussole, suffi rituel sourire, un mot famille enfant corsage... » La Collection Échappées Brèves des Éditions TriArtis nous offre une nouvelle charte graphique pour ses couvertures et, ce faisant, glisse des éléments de compréhension du texte qui suit, en surimpression. Subtil et très réussi ! Le regard de Brigitte Joseph-Jeanneney s'est affûté depuis le premier ouvrage publié par cette même maison d'édition. L'humour, l'intelligence, la tendresse sont toujours présents, mais j'y décèle aussi plus de noirceur ironique qui présage de thrillers futurs encore plus savoureux et incisifs. Il est beaucoup question de la notion d'étranger à un pays, de mort, de passages , d'échappées belles, de reprises de contrôle et du souffle, d'intimité indicible, d'instants charnières, de prises de risques, de danger, du temps passant inexorablement, de rendez-vous ratés, d'orientation et de choix, de révélations, de manies cachées voire de TOC, de regards des autres et sur soi, d'acceptation de la différence ou d'un inconnu, de passage de témoins d'un être à un autre et intergénérationnel, pour finir par une fugue au premier abord inquiétante qui finalement ne l'est pas.... La vie entière est faite de ces moments d'échappée, de chemins de traverse qui peuvent devenir trajectoires définitives ou diversions momentanées. Moments choisis donc, 13 nouvelles cocasses, originales ou bouleversantes... Quatrième de couverture Des maris jaloux empruntent des chemins tortueux pour s'affranchir de leur rival, par delà la mort ou les murs de la prison. Confusion mentale du vieillard, geste de l'artiste sculpteur engendrent des identités fictives. Un comptable solitaire s'adonne à un étrange rituel. Il est des divagations fécondes qui sont sources d'un avenir imprévu. Un piano désaccordé, des archives exhumées, des rencontres fortuites ouvrent des horizons d'amour, de liberté, d'harmonie. Pour détourner le cours d'une vie, échapper à son destin, un mot parfois aura suffi, un mot enfin énoncé, enfin entendu : divorce, exil, sourire, boussole... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Histoire de célibats
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Histoire de célibats Juliette Eyméoud - Claire-Lise Gaillard PUF 12 avril 2023 176 pages Essai Chronique 30 octobre 2023 Ouvrage publié à l'initiative scientifique d'Olivier Coquard. Lecture de l'introduction enregistrée en vidéo sur Évanances littéraires et Eva Résonances littéraires : En tout 11 contributrices et contributeurs ont participé à cet essai édifiant, tout à fait passionnant. - Des filles de Charlemagne écartées du mariage par leur père pour raisons politique et successorale. - Du veuvage d'un homme éploré, Macé Prestesaille, avec enfants à la fin du XVe siècle dont on a retrouvé l'exceptionnel livre de mémoire. - De la célèbre damoiselle Henriette de Conflans, marquise d'Armentières, femme de tête qui sa vie durant cherchera à rétablir la fortune de son nom et mit son existence sous le signe de l'indépendance. - De François-Antoine Devaux, surprenant représentant de la noblesse au siècle des Lumières, se consacrant à la littérature et s'opposant au mariage et ses contraintes multiples et d'abord d'ordre financier. Stratégie pour se singulariser et atteindre une visibilité ou réelle volonté de rester célibataire ? - Claude/Claudine Fauret contraint au XVIIIème siècle au célibat par la justice alors même qu'elle lui octroyait le droit de s'habiller en homme. Le mariage est fait pour donner des enfants à la patrie. Si cela n'est pas possible, interdiction pure et simple de convoler. La vision de la transsexualité, de l'homosexualité féminine, les termes employés d'hermaphrodisme, de tribadisme, les explications scientifiques sont stupéfiants. - Alexandre Brongniart le savant faisant partie d'une génération d'hommes représentatifs du monde scientifique postrévolutionnaire. Sans poste fixe, sans fortune, se marier est tout simplement inenvisageable. La question du célibat des savants à la fin du XVIIIème siècle est ici traitée. Célibat mais non chasteté évidemment d'où un portrait de la sexualité de ces messieurs croustillant en ces temps de masculinisme affirmé. Va-t-il se soumettre à l'institution, aux ordres de la société ? - Appoline Leclercq pauvre femme internée dans un asile au XIXème siècle, dès juillet 1871 par décision préfectorale. Elle représente toutes ces malheureuses célibataires internées en France en cette période et qui se retrouvent piégées car seules. Le célibat les fragilise, sans mari, sans famille, sans tuteur, nul espoir de sortir. Et pourtant Appoline n'a cessé de crier qu'elle voulait se marier.... - Gertrude Bell, archéologue toujours sur le terrain et en déplacement, polyglotte, traductrice de poèmes persans, alpiniste, écrivaine, officière politique, diplomate et en plus célibataire. « Figure paradoxale transgressant les rôles de genre, elle est pourtant éminemment conservatrice, milite contre les suffragettes et aspire au mariage et à une vie de famille qu'elle n'aura toutefois jamais »! Son existence est épique, incroyable... - Madeleine Pelletier, doctoresse décédée en 1939, grande amie de la femme de lettres Arria Ly militant pour un célibat accompagné de chasteté. Ce sont des femmes combattant le patriarcat, la société et toutes celles qui ne veulent pas les comprendre cela inclut certaines féministes. - Joseph-Antoine Canasi militaire corse cherchant avec ardeur une femme par petites annonces et autres procédés en vogue au début du XXe siècle. Monsieur est tiraillé entre son manque d'argent pour s'établir et son désir de s'élever socialement par le mariage. Le poids de la famille également est notable. Moment savoureux qui met un point final à cet essai, tant le personnage est ridicule et pourtant touchant. À lire évidemment. Quatrième de couverture Ce livre propose dix portraits de célibataires sur le temps long de l’histoire, du Moyen Âge au XXe siècle. Il part du constat d’une invisibilité des célibataires dans les recherches historiques en France : le célibat y a rarement été perçu comme une variable significative de la vie des individus, ou bien il n’est abordé qu’en négatif du mariage. Sans prétendre à la synthèse, l’ouvrage veut présenter différentes « vies de célibat », historiquement et socialement situées. Penser des individus par leur célibat permet à la fois de comprendre ce qu’être célibataire veut dire selon les époques, quelles pratiques sociales et quelles représentations collectives recoupe cette notion. Cette galerie de portraits incarne donc, par des trajectoires de vies, la progressive formalisation et stigmatisation du célibat face à la norme du mariage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Désir d'alliance - Poéties suivies de Prémices
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Désir d'alliance - Poéties suivies de Prémices Denis Pelsy Unicité 15 février 2023 162 pages Poésie Chronique 9 octobre 2023 « Il y a des vers qui, par leur caractère, semblent appartenir au règne minéral : ils ont de la ductilité et de l'éclat ; d'autres, au règne végétal : ils ont de la sève ; d'autres, enfin, au règne animal ou animé, et ils ont de la vie. Les plus beaux sont ceux qui ont de l'âme ; ils appartiennent aux trois règnes, mais à la muse encore plus... » Pensées, Joseph Joubert, 1850 Ce fut le 5 juillet dernier. Canicule, alerte à la bombe et une capitale éventrée, saccagée pour décor. J'étais invitée par un ami à une soirée de lecture de poésies par leurs auteurs. Arrivée sur les chapeaux de roues, descente d'un escalier aux marches irrégulières pour enfin arriver dans un refuge ombreux où la muse pourrait reprendre sa digne place. Je remercie celui qui m'invita car enfin je pus reprendre mon souffle, me renoyauter, retoucher d'un doigt étonné et stupéfait à l'essence des choses. Ce fut le tour de Denis Pelsy, après de touchantes prestations de ses amis, là, l'évidence de vivre un moment singulier, l'émerveillement pur, la sensation que mon cœur battait au même rythme que le sien, qu'enfin j'étais revenue au pays, chez moi, m'ont submergée. Le texte de Joseph Joubert exprime parfaitement ce que je ressens. Ce recueil n'est pas simplement beau, il est essentiel, unique. Bien sûr, mon avis est éminemment subjectif, la rencontre avec un texte est intime, sa résonance en nous mystérieuse et magique ; je crois, pour ma part, que le supplément d'âme, la capacité à rester un enfant, un contemplatif du monde, de la nature, un sage dénué de l'envie de posséder, un simple mortel inscrit dans une réalité plus grande, un être capable de voir au delà des apparences, définissent un homme ayant le courage de se dévoiler. Les saisons, les cycles de l'existence, les arbres, la Nature, l'aube et le crépuscule, la vie et la mort, et puis... des images tendres, magnifiques, surprenantes toujours et encore à chaque page tournée. Gratitude profonde cher Denis Pelsy, remerciements réitérés aux Éditions Unicité pour la qualité de leur travail et leur passion. Quatrième de couverture Photo de couverture : Christian Lapie Dans le reflet du ciel, 2014 Avec ce recueil, Denis Pelsy nous parle d'une alliance, celle des autres, de soi, de ce qui nous appelle sans que nous le sachions, et nous fait chanceler dans une forme de grâce. Ce que nous sommes ce poète le chante en métaphores, en descriptions profondes des choses jusqu'à faire jaillir une compréhension. Denis Pelsy nous raconte parfois des histoires, et parallèlement ce sont des rencontres avec soi dans cette lumière qui palpite invisible, et pourtant nous rassemble dans notre diversité une. Ce poète est, chose rare, un conteur. Ses poèmes décrivent et nous atteignent en profondeur, en verticalité de nous-mêmes. Avec ce livre, Denis Pelsy entre en écriture par la porte d'une poétique très large, soucieuse de nous rappeler à l'étrange qui à la fois nous émerveille et nous cèle en des profondeurs inouïes « Ce matin encore, la terre a décidé d'épouser le ciel, Silencieusement, saluée par le seul vol d'oies sauvages. Je le sais parce que la brume lui a servi de voile. Et moi, devant ces épousailles grandioses, Je me suis senti petit garçon, d'honneur. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Enfants à vendre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Enfants à vendre Kristina McMorris City Editions 10 mai 2023 420 pages traduites par Marion Boclet Historique Chronique 7 juin 2023 « Un grand roman inspiré d'une histoire vraie. » « Un chef-d'œuvre sur les thèmes universels de la liberté et de la rédemption. Un roman déchirant. « Booklist « Mille mots ne laisseront jamais une impression aussi forte qu'une seule action. » Henrik Ibsen « La photographie est l'art de l'observation. Elle a peu de rapport avec les choses que vous voyez et tout à voir avec la façon dont vous les voyez. » Elliott Erwitt Ellis Reed n'aurait jamais pu imaginer ce que la prise d'une unique photographie allait déclencher dans sa vie et celles de nombreuses personnes. Un cliché crève-cœur en ces années suivant le crash boursier de 1929, où figurent deux frères avec une pancarte « Enfants à vendre ». Pourquoi avoir capturé cet instant tragique ? Peut-être parce que cela fait écho à sa propre jeunesse. La condition des enfants et de tous les êtres les plus fragiles dans un contexte de crise économique, sociale, devient insupportable. La société est cruelle avec les faibles ; une guerre, une catastrophe boursière et voilà que l'inhumanité refait surface, que l'indicible devient possible. Vendre ses enfants ! À quelles extrémités des parents sont-ils rendus pour faire cela ? Que traversent-ils ? Que deviendront ces enfants si la vente est conclue ? Deviendront-ils des esclaves corvéables à merci ou seront-ils aimés dans une famille aisée ? Mais c'est dimanche, le jeune homme doit vite retourner au Philadelphia Examiner avant le bouclage, afin de développer rapidement toutes ses photographies du jour pour l'édition de demain. Concours de circonstance c'est Lily, la secrétaire du rédacteur en chef du journal, Howard Trimble, qui tombe sur cette image dans le labo photo le lundi matin. C'est elle qui va la montrer à son patron, c'est donc elle qui force le destin. Pourquoi se sent-elle si bouleversée à la vue de ces deux enfants et de la pancarte ? Que s'est-il passé dans sa vie pour qu'elle se sente si concernée, comme investie d'une sorte de mission ? Mais ce destin est décidément farceur et après que Trimble est ordonné à Ellis d'écrire un article pour accompagner la photographie qu'il n'aurait jamais dû voir, celle-ci est égarée ! Voilà notre pauvre journaliste obligé de retourner dans le Canton de Laurel pour remplacer le cliché perdu. Comble de malchance les gamins sont partis laissant la pancarte derrière eux. Mais non loin de là, deux enfants jouent, une petite fille et son frère, près de la cabane où se trouve leur jeune mère.... Acceptera-t-elle qu'il les prenne en photo ? N'est-il pas en train de violer leur intimité pour faire un bon papier larmoyant qui lancera sa carrière ? Pourra-t-il encore se regarder dans le miroir ? Voilà les pièces du jeu sont placées, la partie peut commencer ! Lily et Ellis sont pris dans un enchaînement d'événements incroyables. Le premier domino tombé tous les autres suivent, leurs existences pourraient, elles aussi, s'écrouler. En se mêlant de la vie d'autrui, ils ne savent pas à quel point leur propre trajectoire sera déviée. Ce roman, impeccable reconstitution historique de ces années de malheur pendant lesquelles les cartes de nombreux destins furent rebattues, aborde des sujets graves, encore et malheureusement toujours d'actualité : la condition et le statut des enfants, le rôle de la presse et son respect de la vérité et de la déontologie, la toute puissance de l'argent au détriment des droits humains, la possible bascule d'une société dans un monde sans foi ni loi, la nécessité de ne pas vivre dans le mensonge et les apparences, de rester droit sans trahir jamais ses convictions les plus profondes. Dans un monde au bord du gouffre où toutes les certitudes sont balayées, Lily et Ellis vont devoir faire preuve de courage, d'abnégation, pour sauver deux enfants et leur mère jetés dans la tourmente par leur faute. À découvrir absolument. Je précise que l'autrice s'est inspiré d'un fait réel : la photographie existe où figurent la pancarte, une femme en arrière plan cherchant à cacher son visage et plusieurs enfants au premier plan. Quatrième de couverture Deux enfants en guenilles, le visage crasseux et le regard triste, sont assis sur le porche d'une maison. À côté d'eux, une simple pancarte : « Enfants à vendre ». Dans l'Amérique des années 30, alors que la crise économique fait rage, certaines familles n'ont plus de quoi se chauffer, rien à manger. Lorsque le jeune journaliste Ellis Reed découvre cette scène, il prend une photo. Un cliché terrible et émouvant qui va lancer sa carrière. Mais à quel prix ? Car cette photographie de deux enfants en détresse va avoir des conséquences dévastatrices. Rongé par la culpabilité, Ellis revient au même endroit, quelques semaines plus tard. Mais la maison est vide, les enfants ont été vendus. Le journaliste décide alors de tout faire pour retrouver leur trace et, si c'est encore possible, réparer ses erreurs... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au temps des damnés et des bénis
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au temps des damnés et des bénis Ayòbámi Adébáyò Charleston 16 août 2023 512 pages traduites par Virginie Buhl Historique Chronique 5 novembre 2023 Titre original : A Spell of Good Things Deux citations en début et fin d'ouvrage : « Lien de parenté Quand un éléphant marche sur un affleurement rocheux, On ne voit pas ses empreintes. Quand un buffle marche sur un affleurement rocheux, On ne voit pas ses empreintes. » T. M. Aluko, Kinsman and Foreman « Quand un éléphant marche sur un affleurement rocheux, On ne voit pas ses empreintes. Quand une grosse averse tombe sur un affleurement rocheux, On ne voit pas les empreintes de la pluie. » T. M. Aluko, Kinsman and Foreman Mais quelle est cette averse ou plutôt cette pluie diluvienne qui va se déverser sur les vies de Eniolá et de Wúràolá jusqu'à dissoudre leurs empreintes, jusqu'à détruire leurs espérances ? Nigeria aujourd'hui ;Eniolá est un jeune garçon de seize ans, taille adulte mais maturité encore enfantine malgré les vicissitudes empoisonnant son quotidien de lycéen. Pour ses parents, l'instruction est vitale, incontournable pour leur fils et leur fille Bùsólá. Ils les envoient dans un établissement privé car le service public est nul, rongé par l'absentéisme des professeurs. Quand le père perd son poste d'enseignant, victime d'une décision gouvernementale inique et ubuesque, payer les frais quotidiens et d'éducation devient impossible. La chute de la famille est inexorable. Eniolá ne sait pas faire face au malheur, il essaie de toutes ses forces d'aider les siens jusqu'à mendier et travailler comme apprenti pour une couturière styliste du quartier. Mais lorsque ses géniteurs prennent une décision qu'il ne comprend pas, injuste à ses yeux, alors tout devient possible. Le vent de la colère se lève, une tempête s'annonce... Pour Wúràolá, tout va bien, issue d'une famille riche, médecin, bientôt fiancée à un jeune homme parfait, fils d'un politicien en vue.Et pourtant, malgré ses diplômes, sa modernité apparente, Wúràolá doit obéir à des principes ancestraux d'un autre âge, évoluer dans une société où ses moindres faits et gestes sont scrutés et jugés, où le rôle d'une femme même diplômée et indépendante reste celui d'épouse soumise à son mari. Jusqu'où ? Eniolá et Wúràolá sont à un carrefour temporel entre notions passéistes et inégalitaires en matière de classes sociales et de rapports entre les sexes et futur où chacun aurait sa chance et sa liberté d'être qui il veut. Ayòbámi Adébáyò dispose très patiemment les pièces sur son échiquier : on se demande comment ces deux personnages si éloignés l'un de l'autre vont se rapprocher jusqu'à ce que leurs destins s'entremêlent.De quelle façon l'araignée du malheur va lentement tisser sa toile, le piège dans lequel nos deux héros vont tomber. « Une histoire éblouissante du Nigéria d'aujourd'hui dans la lignée des grandes œuvres de Chinua Achebe et Chimananda Ngozi Adichie. » The New York Times Roman flamboyant d'intelligence, bouleversant de sensibilité et de pertinence psychologique, dénonciateur des ravages de la corruption, mal endémique en politique quelque soit le pays, et du masculinisme le plus violent et inacceptable, ce livre est une œuvre d'art engagée. Eniolá et Wúràolá, pauvre et femme, sont des victimes désignées. Seront-ils déjouer les plans du diable, sauront-ils sauver leur vie ? J'ai le cœur brisé et en colère en refermant ce magnifique roman à la beauté crépusculaire, profondément admirative de l'autrice depuis son premier roman. Une voix s'élève qui donne envie à toutes les autres de se faire entendre. Quatrième de couverture Ẹniọlá, 16 ans, ressemble déjà à un homme. Depuis que son père a perdu son emploi, il tente de subvenir aux besoins de sa famille et passe ses journées à faire des courses pour l’atelier de couture local, à collectionner les journaux, à mendier quand il le faut, tout en rêvant d’un avenir meilleur. Fille d’une riche famille, Wúràọlá évolue quant à elle dans une sphère privilégiée. À 28 ans, cette jeune médecin espère enfin contenter ses parents en épousant le fils d’un politicien en pleine ascension. En apparence, les vies d’Ẹniọlá et Wúràọlá sont diamétralement opposées, mais un jour, alors que des violences éclatent à travers le pays, leurs trajectoires vont entrer en collision. Un puissant conte nigérian moderne dans lequel Ayọọbámi Adébáyọọ met en lumière le fossé entre les pauvres et les nantis... et la force de notre humanité commune. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Cinq nuits avant l'arrivée des Américains
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Cinq nuits avant l'arrivée des Américains Roger Judenne De Borée Terres d'écriture 21 septembre 2023 347 pages Historique Chronique 17 octobre 2023 « Une fiction historique solidement documentée qui retrace les actions des Résistants de Voves durant les jours qui ont précédé le débarquement en Normandie. » J'ai beaucoup pensé à l'excellente série télévisée " Un village français " en lisant ce roman très détaillé et réaliste, reconstituant à merveille l'ambiance anxiogène et fébrile en ces quelques jours avant le débarquement. La grande Histoire se mêle ici aux péripéties jalonnant la vie des personnages montrés dans toute leur imperfection, leur limite, ou leur bravoure. Lutte de pouvoir, bassesse, jalousie, animent Armand l'huissier et résistant de la première heure, sa femme Simone, son clerc de notaire Bertil, Michel et Pierre luttant également contre les nazis. Au moment où les forces des différentes cellules de résistants doivent absolument se mettre sous une seule bannière et un seul commandement, alors qu'un convoi allemand est attendu à Voves point stratégique ferroviaire où une attaque concertée est indispensable, les querelles intestines vont-elles mettre en péril toute l'opération ? En effet, Armand, a de graves problèmes domestiques : il est le cocu de service trompé par sa femme, pendant sa détention en camps, avec un allemand... entre autres. Il se doute qu'elle a un nouvel amant, mais qui ? Déjà bien exaspéré par les regards de pitié ou goguenards que portent sur lui les voisins, il voue une haine féroce à Michel un résistant ambitieux et efficace sur le terrain. De plus chef du groupe des communistes du Front national, il s'oppose aux socialistes de Libération-Nord commandé par Pierre. Celui-ci obéit scrupuleusement aux ordres du général de Gaulle pour le bien de la France, Armand ne pense qu'à sa gloire personnelle, son prestige. Il est en mal de reconnaissance et de respect tant chez lui qu'en tant que Résistant. L'Histoire est forgée par de grands hommes mais aussi par des invisibles. Chaque combattant est important et peut faire basculer le destin d'un pays, il suffit d'un détail, d'un caillou sur le chemin. Que se cache-t-il derrière les noms de héros gravés sur les monuments commémoratifs ? Que savons-nous vraiment de ce qui s'est réellement déroulé lors de ces quelques jours avant la libération de notre patrie ? Un très bon roman de guerre, mais également une comédie sociale intimiste d'une férocité et d'une cocasserie savoureuses. Quatrième de couverture À l’approche du Débarquement allié en Normandie, Armand, à la tête du groupe communiste Front National, et Pierre, chef de Libération-Nord, se mobilisent. Les deux groupes de Résistance sont mis à contribution pour saboter le nœud ferroviaire de Voves car un train allemand y est stationné, en attente de rejoindre les côtes normandes. Le fougueux Armand meurt dans d’étranges circonstances quelques semaines plus tard. Accident ? Vengeance ? Tout porte à croire qu’il est victime des représailles de l’ennemi. C’est en tout cas la version qui sera officialisée par le Ministère. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un squelette dans le placard - Une enquête de Ginger Gold
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un squelette dans le placard - Une enquête de Ginger Gold Lee Strauss City Editions 25 août 2021 286 pages Polar Historique Chronique 27 août 2021 Joyeusement léger et raffiné, à l'instar de l'esthétisme des années vingt, dans une société so British encore corsetée où les titres de noblesse sont des sésames et des passe-droits, l'arrivée ébouriffante de Ginger Gold, alias Lady Gold, venue de Boston pour prendre possession de la maison paternelle à Londres, annonce forcément des évènements surprenants, des aventures extraordinaires, des découvertes stupéfiantes mais toujours avec beaucoup de chic et de savoir vivre. Accompagnée de son petit chien fidèle Boss et de son amie américaine étudiante en médecine Haley, elle préfigure la femme moderne, indépendante, qui au sortir de la première guerre mondiale après avoir rempli des missions périlleuses pour sauvegarder le monde libre, ne compte pas se complaire dans un rôle de potiche. Evidemment, un beau policier de Scotland Yard, l'inspecteur Basil Reed, fait partie de l'enquête et apporte la touche de glamour nécessaire et de romance possible à ce polar réjouissant. Donc, à peine arrivée, quelle déconvenue ! Boss doté d'un flair formidable trouve un cadavre ou plutôt un squelette laissé dans une ancienne chambre de domestique au grenier. C'est une jeune femme dirait-on en robe de couturier en satin rouge. Son annulaire semble avoir été malmené pour retirer une bague. La maison ayant été fermée voici dix ans en 1913, c'est un sacré coup du destin pour Ginger qui ne souhaitait que régler la succession de son père mort un mois auparavant et prendre une décision quant à la vente ou nom de la demeure familiale.... Forte d'aptitudes étonnantes en matière de résolution de mystères, comme déjà conté dans les 16 tomes précédents des « Enquêtes de Ginger Gold », celle-ci ne peut résister à cette nouvelle énigme, d'autant plus que l'honneur de son défunt papa est en jeu.L'inspecteur Basil Reed comprend vite qu'il devra faire équipe avec l'électrique rousse s'il ne veut pas rester à la traîne. Haley également va mettre ses talents en matière de médecine légale à leur disposition. Mais l'arrivée soudaine de la grand mère et de la sœur de feu son époux complique la situation déjà bien périlleuse en ajoutant pour le lecteur du piquant et de la cocasserie. Bientôt Ginger va avoir une idée de génie pour faire sortir le loup du bois, une idée qui déplaît aux uns et excite les autres...Comme dans une pièce de boulevard, avec Ginger à la mise en scène, tout est en place pour le lever de rideau ! Aussi rafraîchissant et piquant qu'une coupe de champagne ? ! Délicieusement British : une irrésistible série de cosy mystères ! « Si seulement il n'y avait pas un squelette au grenier... Quel désagrément pour qui a envie de refaire la décoration ! » Quatrième de couverture Après des années passées en Amérique, Ginger Gold, jeune veuve un peu excentrique, est de retour à Londres pour vendre sa maison d'enfance. Un séjour banal qui se complique quand Boss, son petit chien, découvre le corps momifié d'une femme dans le grenier. Shocking ! Qui est la victime ? Depuis combien de temps est-elle là ? À ses risques et périls, Lady Gold se lance dans une délicate enquête aux côtés de sa dynamique dame de compagnie et du séduisant inspecteur Basil Reed. Les indices semblent tous converger vers une soirée organisée dans la maison dix années plus tôt. Ni une ni deux, pour enfin lever le voile du mystère, Ginger décide d'organiser une nouvelle soirée, en invitant les mêmes convives que dix ans auparavant. Une idée géniale ? Pas sûr, car avant la fin de la soirée, un nouveau meurtre est commis... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Hôtel Castellana
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Hôtel Castellana Ruta Sepetys Gallimard Jeunesse 2020 592 pages traduites par Faustina Fiore Jeunesse Historique Chronique 8 août 2020 « Romance poignante et trajectoires tourmentées au coeur du régime franquiste, par l'autrice du best-seller « Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre ».» « Un roman historique captivant, souvent glaçant, qui brosse un portrait remarquable de l'Espagne fasciste. » Exceptionnel quant à sa maîtrise, sa sincérité, son respect pour les témoins de cette époque et son exigence historique ! L'auteure fait preuve d'humilité et d'empathie s'effaçant pour mettre à l'honneur les protagonistes réels, incarnés ici par des doubles fictifs bouleversants. Les enfants sont au centre de ce roman historique, d'amour, destiné aux adolescents, jeunes adultes et plus.... Un roman qui passe, sans mièvrerie mais avec passion, le témoin de la mémoire, qui rend hommage aux victimes des guerres, après guerres, dictatures, idéologies, aux innocents volés, orphelins ou arrachés à leurs familles, payant les fautes des générations passées ou les convictions et engagements politiques de leurs parents. C'est aussi un hommage à cette Espagne qui a réussi à se relever de 36 ans de franquisme, mettant en place en 1975 un programme appelé el pacto del olvido ou « pacte de l'oubli », afin de permettre à la démocratie de s'implanter durablement sans plus de violence, de guerre civile. Cela a donné lieu à la libération des prisonniers politiques, principalement républicains ou « rouges », à l'autorisation pour les exilés de revenir au pays mais aussi à octroyer l'impunité à tous ceux qui avaient commis des crimes de 1939 à 1975 au nom du fascisme. Un coup d'éponge et tout est effacé, la page est blanche. Mais l'est-elle vraiment ? Ce pacte de l'oubli n'est-il pas plus dommageable finalement ? Comment grandir, progresser sans connaître son passé ? Utopique. Aujourd'hui on sait que le malheur et la douleur s'impriment dans les corps, dans les inconscients et se transmettent dans un silence assourdissant de génération en génération.... On l'a constaté pour des descendants de déportés dont les parents ou grands parents n'avaient jamais voulu parler des heures effroyables passées dans les camps. Mais ces horreurs ressurgissaient chez des innocents nés bien après les faits sous forme de mal-être, de pathologies. Des boulets que l'on tire inlassablement jusqu'à ce que les mensonges ou les blancs soient défaits ou comblés.... Il en va de même pour le peuple espagnol qui ne finit plus de retrouver la mémoire, de dire, de témoigner et d'exiger la vérité et la justice. Nous ne pourrons jamais comprendre l'indicible.... Ce roman revient particulièrement sur un scandale qui concerne, on pense, 300 000 victimes potentielles disparues ou encore de ce monde. Cela a fait la une des journaux, a donné lieu à des reportages, articles, livres, films... En 2018, la colère et l'exigence de ces enfants d'hier ont atteint son paroxysme. Ce livre a demandé à l'auteure huit ans de travail, de recherches, de voyages, de réflexions afin de publier une fiction basée sur des faits réels, qui soit authentique, juste, vraie, qui ne se permette pas de parler à la place des Espagnols ou en leurs noms, qui leur redonne leurs voix, leurs droits à se souvenir, à crier, à dénoncer... L'avenir des plus jeunes est à ce prix, et pas seulement dans ce pays mais à l'échelle mondiale. Mention spéciale également pour l'analyse de Ruta Sepetys quant à la responsabilité des États-Unis qui ont, par leur accords commerciaux et diplomatiques avec Franco, permis au dictateur de rester en place plus longtemps. Les USA, qui se posent inlassablement en sauveur du monde occidental, ont participé indirectement au cauchemar traversé par le peuple espagnol. Enfin, la complicité de certains membres de l'Eglise, sœurs, prêtres, prélats avec le régime fasciste est mise en lumière ; heureusement, certains religieux et justes se sont engagés dans une résistance souterraine... Je reste floue quant au sujet central afin de respecter la quatrième de couverture courte et succincte. Les notes finales, les remerciements, les photographies et la bibliographie font partie intégrante et incontournable de ce très beau roman que je conseille évidemment.L'hôtel Castellana vous attend, tout est prêt pour vous recevoir et vous accompagner au mieux tout au long des dix huit ans de l'histoire d'Ana et Daniel, vos guides. Venez feuilleter les pages de l'album du souvenir. Quatrième de couverture Madrid, été 1957. Passionné de photographie, Daniel Matheson, 18 ans, découvre l'Espagne à travers l'objectif de son appareil. Il loge au quartier général de la haute société américaine: l'hôtel Castellana, où travaille la mystérieuse Ana Torres Moreno. À mesure qu'ils se rapprochent, Ana lui révèle un pays où la dictature fait régner la peur et l'oppression, hanté par de terribles secrets... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Alibi
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Alibi C.J. Skuse City Editions 14 octobre 2020 352 pages traduites par Fanny Montas Thriller Chronique 7 novembre 2020 « Elle pensait n'être qu'une ombre. Elle a tort. » « Captivant et envoûtant : Un thriller psychologique best-seller. » « Brillant, original, captivant. Tout simplement excellent ! » B. A. Parris Je ne vais qu'abonder dans le sens de ces déclarations.Un thriller psychologique très original nous permettant de suivre, puis de poursuivre, une héroïne tour à tour attendrissante, bouleversante, flippante, insupportable, déroutante et incompréhensible. Une éternelle enfant : mythomane gravement atteinte ou victime en plein Syndrome Post-Trauma. On ne sait si on veut l'aider ou la repousser, si on veut appeler les services sociaux ou psychiatriques....Cette femme qui a tout de la sale gamine, adulescente, nous inquiète terriblement, on ne distingue plus le vrai du faux dans ce qu'elle raconte. Et son protecteur, Scants, en est au même point. Donc si elle dit qu'elle est surveillée, épiée, qu'elle se sent en danger, fait-elle une énième crise de paranoïa ? Ce qu'elle interprète comme des indices, des preuves d'un péril à venir, ne sont-ils pas seulement de faux ALIBIS pour détourner toute l'attention encore sur elle ? Elle est de moins en moins crédible, son entourage, ses collègues, Scants, n'ont plus la patience..... Quand le cadavre d'une rousse étranglée est retrouvée dans une des chambres de l'hôtel où elle travaille, rien ne va plus.... Les limites sont atteintes, elle ne réussit plus à se contrôler... Elle est persuadée que c'est elle la vraie cible du meurtrier.... Mais elle a trop menti.... Qui peut encore la croire.... ?Qu'a-t-il pu arriver dans le passé pour que cette femme se bloque émotionnellement à l'âge de dix ans ? Est-elle vraiment en danger ? Dans toutes les histoires qu'elle raconte, y a-t-il une once de vérité ? Toute la deuxième partie de ce thriller addictif, obsédant, vous dévoile les pans entiers du drame qui s'est joué voici dix- neuf ans... Nos sentiments pour ce personnage sont tellement ambivalents depuis le départ que l'auteure réussit à nous faire ressentir de la gène, presque de la honte.....Nous voici à courir après elle pour la rattraper, nous rattraper, mais que nous réserve encore l'avenir ? Notre méfiance vis- à-vis de Joanne, ou quel que soit son nom, n'était-elle pas finalement justifiée ? Un scénario prodigieux parfaitement maîtrisé jusqu'au bout qui insidieusement, forcément, nous interpelle quant à nos jugements à l'emporte-pièce sur ceux qui nous paraissent bizarres, étranges, différents... Sont-ils vraiment malades, ou n'est-ce pas plutôt notre société normative qui l'est ?Un passage à la littérature noire adulte pour C. J. Skuse très réussi. Une écrivaine au regard original, captivant, à suivre... Mais déjà, je vous conseille fortement de lire cet opus. Quatrième de couverture Qui est vraiment Joanne Haynes ? Aux yeux de sa coiffeuse, elle est une femme médecin, mère de cinq enfants. Pour le vendeur de beignets, elle est une romancière à succès. Et pour le caissier du supermarché, c’est une patiente atteinte d’un cancer qui subit une chimio. En réalité, toutes ces identités, Joanne les a inventées, ce ne sont que des alibis. La seule chose certaine, c’est que personne ne doit savoir qui elle est. Depuis des années, la jeune femme prend soin de se dissimuler sous de faux noms, de changer d’apparence. Alors quand une femme qui lui ressemble fortement est assassinée dans l’hôtel où elle travaille, Joanne sait que la menace est de retour et que son passé la rattrape. Quelqu’un a percé à jour ses secrets et il s’agit forcément d’un proche... Alors, à qui faire confiance lorsque votre vie n’est qu’un tissu de mensonges ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Serial Killeuse
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Serial Killeuse C.J. Skuse Denoël 2018 543 pages traduites par Diniz Galhos Thriller Chronique 13 avril 2019 « La rencontre entre Bridget Jones et American psycho... Déconseillé aux âmes sensibles ! » Envie de m'amuser un peu ... Et effectivement ce fut le cas... Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains, c'est le moins que l'on puisse dire, un thriller horrifique parfaitement transgressif, très bien construit, épicé de formules imagées et hilarantes, extrêmement drôle, noir, et je dois l'avouer assez libératoire, un très bon exutoire à une violence rentrée. Vous n'avez jamais eu envie de tuer quelqu'un, ou de faire du mal à des nuisibles ? Vous n'avez jamais fantasmé sur des vengeances cruelles, vous n'avez jamais eu envie de tout exploser ? Vos contemporains ne vous ont-ils pas semblé insupportables au point que vous voudriez les voir disparaître ? Si bien sûr, moi oui en tous cas, mais voilà je ne suis pas une psychopathe, je suis empathique, et j'ai conscience du bien et du mal. Cependant j'avoue que quelques fois.... Le Daily Mail dit que ce roman a tout pour devenir culte, certainement, car c'est un concentré d'humour grinçant, très innovateur quant au style, qui certes n'est pas toujours policé, mais qui au moins est délicieusement et horriblement descriptif. Je relèverai certaines expressions qui comme Audiard en son temps, en mode féminin, anglais, contemporain, resteront dans mon catalogue à replacer. Des réparties salées, une héroïne monstrueuse et bizarrement attachante, un sacré cocktail qui arrache littéralement. Vous voilà prévenus, j'ai adoré... j'ai surtout apprécié au-delà de l'aspect drolatique, le sérieux de la construction du récit, de la mise en place minutieuse de chaque pièce du puzzle jusqu'à la fin incroyable... Jusqu'à la " morale" . Attendez-vous à frissonner dès que Rhiannon sort de chez elle, le soir pour promener son chien, quelques couteaux dans les poches.... Incontrôlable ! Si vous me dites que vous ne riez pas devant ses listes de personnes à éliminer, vous mentez... Moi aussi, certains personnages de mon quotidien me tapent sur le système...L'auteure a mis beaucoup d'elle-même dans cette fiction : « elle aime Masterchef, les oursons en guimauve et les cimetières. Elle déteste les œufs durs, aller chez le dentiste et les quintes de toux. Avant de mourir, elle aimerait aller au Japon, tester le ball- trap, et recevoir l'Oscar du meilleur scénario original des mains de Tom Hardy. » Libératoire ! Quatrième de couverture Vous pensez que Rhiannon est simplement cette jeune assistante éditoriale, un peu terne et effacée, pas bien jolie, celle que personne ne remarque au bureau ? Souvenez-vous, elle a fait la une des journaux il y a une vingtaine d'années : cette enfant, seule survivante d'un massacre chez sa nourrice, c'était elle ! Toutes les télés en ont parlé et ont diffusé les images de cette gosse terrifiée par plusieurs jours de séquestration. Depuis, Rhiannon a grandi, s'est "reconstruite", comme on dit : un job, un petit copain, des amis qui parlent mariage et fringues, tout semble normal. Mais le soir, Rhiannon n'est plus la même : elle écume les sites de rencontres sur Internet, se balade dans les coins malfamés de la ville, drague certains types louches. Et, secrètement, elle fait des listes de "gens à tuer" : depuis le caissier de Lidl qui l'a fait attendre, jusqu'au chauffard qui a failli la renverser, tous ne méritent qu'une chose : sa vengeance. Vous croyez qu'elle plaisante, vous avez tort ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Délation sur ordonnance
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Délation sur ordonnance Bernard Prou Le Livre de Poche 2019 309 pages Polar Thriller Chronique 19 mai 2020 Extrait page 273 : « Les années de la guerre avaient beau s'éloigner, elles demeuraient présentes en permanence. Dans une vie ordinaire d'homme, six pauvres années représentent une durée insignifiante. Ce bref épisode allait pourtant inspirer des milliers de récits, de livres, de films et de débats, au cours du siècle suivant. Il ne se passerait pas un jour sans qu'un vestige de cette époque refasse surface. Six années torrentueuses dont les conséquences seraient encore sensibles quatre ou cinq générations plus tard. » Premier opus où apparaît le personnage de Oreste Bramard, propriétaire d'une boutique de livres anciens, appelé à procéder à l'expertise de bibliothèques, seuls vestiges de la passion de leurs propriétaires décédés. Comme le dit justement l'extrait que j'ai recopié plus haut, cette seconde guerre mondiale continue d'occuper les esprits des survivants et de leurs descendants. Mon père avait 18 ans au début du conflit, il fut raflé et envoyé en Allemagne dans les usines Zeppelin comme STO. Il en revint changé à jamais, pesant 40 kilos.... Ma mère avait 4 ans, née dans un milieu modeste, envoyée chez les "bonnes soeurs" qui lui firent payer l'attitude de sa mère... Je m'interroge souvent sur ce que j'aurais fait si j'avais été prise dans cette tourmente. Quel camp aurais-je choisi, résistance, collaboration, ou neutralité, à faire le dos rond...? Mais la réponse est venue des évènements actuels : ma réaction soudaine et active à la résurgence des propos immondes des néo nazis et de leur résurgence dans toutes les couches de la société, dans tous les domaines où des déclarations haineuses peuvent être diffusées, m'a rassuré sur mon degré de moralité.Aujourd'hui, cela se fait au vu et au su de tous, au nom de la liberté d'expression, en totale inadéquation avec notre constitution et la déclaration " Liberté Égalité Fraternité" ; mais à l'époque, cette abomination se déroulait à l'abri des regards, et pourquoi pas par lettre, anonyme ou non, adressée directement aux autorités : pourquoi un tel acte ? Quelles sont les raisons qui peuvent pousser un homme éduqué, père de quatre enfants, notable, à perpétrer un tel crime ? De plus, quelles seront les conséquences factuelles, psychologiques, sur les 4 cibles de cette dénonciation ? N'y aura-t-il pas des victimes collatérales à cette vague de fond qui peu à peu grossira jusqu'à tout emporter sur son passage ? N'y aura- t-il pas un effet boomerang, un retour à l'envoyeur ? Le décès d'un proche peut dégoupiller une grenade oubliée : soudain les bases de l'édifice que fut notre famille, telle que nous la concevions, se lézardent et menacent de s'effondrer. Oreste Bramard est celui qui permettra à la petite fille de Grégoire Saint-Marly, le dénonciateur odieux, de ne pas perdre pied et de faire toute la lumière sur ce passé familial dans cette ville de Pau et sa région. Cette délation écrite sur ce qui aurait dû être une ordonnance, cachée dans un livre très particulier, permet à l'auteur de retracer les portraits de différents archétypes de français, de les approcher, de les entendre clairement malgré les années écoulées. Je vous laisse découvrir la quatrième de couverture réussie de ce roman historique, auquel j'ajouterai la mention "Crimes, châtiments, condamnations et rédemptions" . Un travail de mémoire qui est certes un devoir mais plus encore le seul antidote à la peste brune.... Quatrième de couverture Au cours des années 2000, Oreste Bramard est amené à expertiser la bibliothèque de feu Grégoire Saint-Marly, médecin oculiste à Pau, à la demande de la petite-fille et héritière du notable. Un jour, une étrange « ordonnance » s'échappe sous ses yeux d'une édition originale des Beaux Draps, de Céline. C'est une lettre de délation datée du 19 décembre 1942, dénonçant auprès de la préfecture quatre « mauvais Français », et signée : Grégoire Saint-Marly ancien combattant de 14- 18, père de quatre enfants. Oreste et la jeune femme comprennent alors que la bibliothèque renferme des secrets. Conçue par le médecin bibliophile comme une « chasse au trésor », la découverte de documents cachés leur permettra de reconstituer fidèlement ce qui s'est réellement passé. Grégoire ne s'était probablement pas douté que ses propres enfants, Maurice, Laure, Marie et Charles, étaient d'une manière ou d'une autre liés aux personnes qu'il avait dénoncées : un instituteur ; un fonctionnaire ; un avocat ; et un journaliste, ancien amant de Mme Saint-Marly. Parmi ces « mauvais Français » , on trouve un communiste et résistant, un gaulliste, un arriviste forcené, et un Juif. Et, pour couronner le tout, trois d'entre eux sont francs-maçons. En livrant ces hommes aux autorités de Vichy, Grégoire Saint-Marly ignorait qu'il poussait son fils Charles vers le peloton d'exécution. Que Maurice, qui fréquentait les truands de la rue Lauriston, deviendrait un roi du marché noir, avant de trouver la rédemption. Et comment ne pas évoquer le destin de sa fille Laure, amoureuse d'un officier allemand, et de son autre fille, Marie, la discrète émancipée, dont les faits de résistance étaient passés inaperçus ? A travers les destins enchevêtrés de ces personnages, Bernard Prou reconstitue une période trouble où chacun s'est déterminé à agir selon son coeur et selon sa conscience. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Mont Blanc se souviendra des hirondelles
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Mont Blanc se souviendra des hirondelles Alain Pyre De Borée Terres d'écriture 13 janvier 2022 336 pages Thriller Chronique 16 janvier 2022 « Une vengeance ourdie dans le décor Majestueux du massif du Mont-Blanc. » « Une héroïne perdue qui cherche son chemin au sens propre et figuré. » C'est le roman d'un passionné et d'un amoureux fou de la montagne qui a réussi à m'emporter dès les premières lignes dans son univers de beauté, de magnificence et de splendeur. Un monde très particulier qui m'est totalement étranger, moi qui souffre tant de vertige, comme décor d'un thriller psychologique alternant huis clos et scènes d'extérieur bluffantes. Paysages de carte postale succédant à des tempêtes, des orages, des coups de tonnerre comme dans l'esprit perdu et hurlant de souffrance d'une mère qui réclame justice. Huit jours de randonnées en montagne pour se venger de huit ans de deuil, de haine, de perte inacceptable : celle d'un fils, Mathieu.On assiste à la mise en abîme de cette femme, Isabelle alias Nathalie, qui telle une araignée a lentement tissé une toile autour de l'ex petite amie de son garçon. Elle a nommé la responsable de son malheur, a condamné cette Léa, coupable de cet accident : dès lors rien ne l'arrête, rien ne la ramène à la raison.... Mais sa sœur jumelle, Mylène, veille dans l'ombre et envoie sur le terrain un improbable sauveteur de la dernière chance, celui qui devra surveiller Isabelle et Léa, Christophe la cinquantaine peu triomphante. Rien n'est gagné ! Les caprices de la météo s'en mêlent, emprisonnant les participants de ce périple et leurs deux guides dans une tragédie. Le drame se déroule sous nos yeux, la chute des corps suivra-t-elle la chute des âmes ? Dans un cadre époustouflant de gigantisme et de beauté suffoquante, alors que même les hirondelles succombent au froid, la mère telle une héroïne démentielle de l'antiquité pourra-t-elle étancher sa fureur ? Le suspense est extrême tout au long de ce parcours en altitude : à l'instar des figures marquantes de l'histoire de l'alpinisme dont le destin nous est conté, Isabelle, Léa et Christophe vont devoir aller au bout de leur force, tester leur propre limite, jusqu'à atteindre la vérité, leur vérité. En réchapperont-ils ? En sont-ils capables ?La montagne ne pardonne pas, un pas hésitant et l'on tombe, inexorablement.... Un thriller en clair obscur, changeant comme le ciel, bifurquant soudain pour nous faire emprunter des chemins de plus en plus périlleux.... Un roman également qui fait la part belle à l'Histoire de cette région, à ses célébrités comme à ses habitants inconnus qui jour après jour se battent pour la préservation de ces paysages et de la mémoire ancestrale.Un beau plaidoyer sous la forme originale d'un roman noir.Félicitations aux Editions De Borée pour la présentation et la mise en page de cette nouvelle collection, Terres d'écriture. Quatrième de couverture Nathalie est la mère comblée d'un unique fils, Mathieu, étudiant brillant promis à une belle carrière d'avocat jusqu'à ce que ce dernier trouve la mort dans un accident de montagne pendant l'été 2012 Instantanément, Nathalie tient Léa Lambert, la compagne de ce fils adoré, pour responsable N'ayant jamais accepté la jeune femme et encouragé par divers moyens son fils à mettre un terme à leur relation, elle accuse Léa d'avoir entrainé son fils dans une ascension trop difficile et surtout, ne supporte pas qu'elle ait survécu. Anéantie, incapable de faire son deuil, Nathalie ressasse et nourrit sa rancoeur jusqu'au confinement général du printemps 2020 où elle retrouve Léa Lambert sur Facebook Non seulement celle ci a l'indécence d'y étaler sa joie de vivre mais en plus, elle y parle de son projet pour l'été une randonnée alpine autour de la Mer de Glace La haine de Nathalie entre en éruption ! Elle doit agir, venger son fils et tous les rêves qu'elle avait bâtis pour lui. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'ultime mystère de Paris
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ultime mystère de Paris Bernard Prou Anne Carrière Roman 2019 331 pages Polar Thriller Chronique 21 février 2020 Sous la facétie, le jeu, le plaisir de résoudre des énigmes, la joie sadique de nous perdre dans des labyrinthes, de nous rendre fous avec des casse-têtes, des codes, de nous faire courir du XX ème au XIV ème arrondissement.... De la« Campagne à Paris » au cimetière du Montparnasse, de nous raconter d'horribles histoires de têtes coupées, hier et aujourd'hui, ( beurk), de congélateur de la mort au fond de la banlieue, d'illuminés des premiers temps, de moines guerriers pilleurs de trésors, oui, sous tout cela, à l'origine, il y a un homme passionné, érudit, humaniste, généreux, qui sait "s'amuser sérieusement" et nous inviter à le suivre dans ses tribulations multiples et effrénées. Car je vous préviens, mieux vaut être en forme et avoir du souffle, ainsi qu'un esprit clair et des petites cellules grises suffisamment réveillées. Mais, tout débute avec Oreste Bramard, bibliophile et marchand de livres anciens, déjà rencontré dans un opus précédent, « Délation sur ordonnance » en 2017. C'est lui qui nous ouvrira les portes sur ce récit....Dès le premier chapitre, Bernard Prou nous étonne, nous bluffe avec l'entrée en scène d'un homme, et quel homme !, que nous aurions tous aimé rencontré ! (non, je ne dirai rien même sous la torture !), qui par sa seule présence place déjà le roman sous les auspices les plus mystérieux, je dirais même « alchimiques » ... Une mise en bouche se situant quatre ans avant le récit de « L'ultime mystère de Paris », avec l'entrée dans la boutique d'une ravissante jeune femme, Melinda, venue faire expertiser deux ouvrages anciens exceptionnels ayant appartenu à son père Ernest.... Hum, hum, Bernard Prou a soudain l'oeil qui frise..... Il a une extraordinaire histoire à nous raconter où la donzelle, son paternel et bien d'autres, joueront une partie dangereuse, une partie entamée dès le premier siècle de notre ère.... Casques, boussoles, plans, sacs à dos, bonnes chaussures, vêtements chauds, lampes torches, vous avez tout ? Alors descendons dans les entrailles de la terre et de l'Histoire..... Quatrième de couverture Brillant universitaire âgé d'une quarantaine d'années, Léonard Courtillac voit, au mois de mars 2013, les catastrophes s'accumuler dans sa vie : sa fiancée, Melinda, le quitte brutalement, sans un mot d'explication ; un de ses meilleurs amis, Ludovic, est décapité et, à l'exception de la tête, son corps n'est pas retrouvé ; et voilà que son mentor et ami, Michel Garousset, est assassiné en plein Paris. En enquêtant sur ces faits dramatiques, Léonard va être amené à remonter dans le passé. À se pencher sur l'amitié indéfectible qui liait, depuis les années 1960, son père avec trois élèves et un surveillant du lycée Bugeaud, à Alger. A explorer les galeries souterraines qui courent sous le cimetière du Montparnasse. Et à se pencher sur le sort d'une relique fabuleuse et d'inestimables archives historiques, disparues depuis un millénaire. Un roman à suspense qui mêle habilement ésotérisme, alchimie et souterrains de Paris, pour résoudre une énigme captivante. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nos secrets trop bien gardés
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nos secrets trop bien gardés Lara Prescott Robert Laffont 14 janvier 2021 544 pages traduites par Christel Gaillard-Paris Roman Chronique 13 mai 2021 « Je veux être avec ceux quiconnaissent des choses secrètes Ou seul. » Rainer Maria Rilke, Le livre d'heures. « Inventas vitam juvat excoluisse mer artes. » « Il est beau que la vie s'embellisse par l'esprit de ceux qui oeuvrent. » Virgile Citation gravée sur la médaille du Prix Nobel. Stupeur, tremblements et larmes aux yeux en finissant ce très grand roman d'amour, d'espionnage, féministe, défenseur de la liberté, véritable hymne à l'Art et particulièrement à la Littérature, arme de guerre contre tous les régimes dictatoriaux... Le récit bascule tout du long entre l'Occident, particulièrement les USA, et l'Est et évidemment la Mère Patrie sous Staline et ses héritiers. Il bascule également entre le monde des hommes, forts de la position dominante que la société patriarcale de l'après guerre leur offre sur un plateau, et celui des femmes, tiraillées à chaque minute entre les exigences de ce système misogyne et leurs aspirations profondes. Pendant le conflit mondial, ces citoyennes ont oeuvré pour la défense de la patrie et des valeurs de liberté, contre le nazisme. Elles ont utilisé leur intelligence dans les bureaux et ont risqué bravement leur vie sur le terrain en tant qu'agents secrets expérimentés. Diplômées, créatives, ambitieuses, dès la paix revenue, elles sont sensées retourner à leur place de mères, épouses, filles.... Exit ces demoiselles, sauf évidemment en tant que dactylos au siège même de la CIA.La guerre froide contre le bloc de l'Est et l'URSS a commencé bien avant les armistices annoncés. Peut-être est-ce une opportunité rêvée pour d'anciennes espionnes de reprendre du service et pour de nouvelles recrues de se former et se lancer sur l'échiquier politique mondial. Manipuler l'opinion publique, démoraliser l'ennemi grâce à de fausses déclarations ont été des moyens efficaces mis en place par l'OSS et les services secrets anglais : une guerre psychologique, en parallèle des affrontements sur les champs de bataille, qui a largement contribué à la victoire finale.En ces temps de paix retrouvée, tout est bon pour ébranler Staline, afin que son régime totalitaire et sa statue monumentale se fissurent.Mais comment éveiller les consciences des soviétiques et de tous les états sous domination communiste ? Lara Prescott nous raconte alors l'histoire fabuleuse d'un roman, " Le Docteur Jivago", dont nous gardons tous en mémoire les images de son adaptation cinématographique.D'autres ouvrages ont traités de ce sujet, cependant certaines archives ont depuis été mises à la disposition du public et ont permis à l'auteure de ce magnifique et incroyable premier roman, de nous faire revivre, par le biais de la fiction mêlée de vérités historiques, le grand amour qui liera l'écrivain Boris Pasternak à sa muse, Olga Vsevolodovna. Que ne vont-ils devoir sacrifier, subir, pour que ce roman puisse être lu, édité ? Comment les américains, après les Italiens, vont-ils entrer dans la danse pour faire de ce roman d'amour une arme de destruction massive, une bombe ? Comment vont s'y prendre les différents réseaux d'espionnage pour que ce livre soit diffusé partout, devienne un best- seller ? Pour prix de ce succès que devront affronter Boris et Olga ainsi que leurs proches ? Et quelles répercussions aura cette mission pour les agents, femmes et hommes, de la CIA ou du MI6 qui oeuvreront à la distribution, même sous le manteau, de ce chef d'œuvre ? Egalement, l'auteure dresse le portrait au vitriol de cette société américaine hypocrite et amnésique des devoirs qu'elle a envers ces femmes vétérans de guerre et ces jeunes filles à la tête très bien faites, universitaires, utilisées puis jetées lorsqu'elles ne sont pas reléguées à des tâches subalternes... ou spoliées de leurs inventions.Une société inégalitaire qui nie aussi le droit à la différence, surtout en amour, qui emploiera des méthodes dignes d'une dictature pour tous citoyens que nous pourrions mettre aujourd'hui sous la bannière des LGBTQ. Combien vont-être broyés par le rouleau compresseur du conformisme et du mensonge ? De Moscou aux goulags, de Washington DC à Londres, Vienne, Bruxelles, Milan, Paris, un vrai roman d'espionnage où l'amour peut sortir vainqueur, dont les personnages réels ou fictifs resteront gravés dans votre mémoire. Splendide ! Quatrième de couverture Et si les mots et les femmes avaient le pouvoir de changer le monde... A l'aube de la guerre froide, Olga, la muse de Boris Pasternak, est arrêtée à Moscou et envoyée au goulag –il s'agit de faire pression sur le plus célèbre écrivain soviétique vivant, dont le roman Le Docteur Jivago critiquerait la révolution d'Octobre. En 1956, à Washington, Irina, Américaine d'origine russe, est embauchée par la CIA, officiellement comme dactylo, mais en vérité pour travailler sur le terrain. La chic et sophistiquée Sally est chargée de la former à l'art de l'espionnage. De Moscou aux horreurs du goulag, de Washington à Paris et Milan, Nos secrets trop bien gardés met en scène la passion et le courage de trois femmes inoubliables en saisissant un moment extraordinaire du XXe siècle avec une maîtrise et une vérité étonnantes et rend hommage à toutes les femmes éclipsées par les hommes et oubliées par l'Histoire. Ce roman est inspiré de la véritable tentative de la CIA d'introduire clandestinement le chef-d'œuvre censuré de Pasternak au-delà du rideau de fer, une mission fondée sur la conviction qu'un livre a le pouvoir de changer le monde. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Maison de Verre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Maison de Verre Pramoedya Ananta Toer ou Pram Zulma 2018 576 pages traduites de l'indonésien par Dominique Vitalyos Historique Chronique 30 mars 2019 Quatrième tome du Buru Quartet consacrée à la vie de Minke, figure politique anticolonialiste. Aussi sur ma page Eva Impressions littéraires : J'ai fini ce dernier opus très triste et évidemment révoltée mais aussi pleine d'espoir. Pram a depuis le premier tome su dispenser autant l'obscurité que la lumière, le sentiment d'une inéluctabilité mais aussi d'un possible avenir pour le peuple de l'île de Java sous domination des Pays Bas. Ce roman, comme les trois précédents, est une grande fresque historique revenant sur les évènements politiques qui ont bouleversé la société colonialiste jusqu'à la faire bien plus tard abdiquer.Ce livre époustouflant, puissant émotionnellement, par le biais de la narration de la vie d'un homme, Minke, de sa chute, de ses dernières batailles et révoltes, raconte également la grande Histoire de cette région du monde que nous occidentaux connaissons mal. Au commencement, le gouverneur des Indes néerlandaises est inquiet : les chinois ont commencé leur révolution, ont créé leur République, cela peut donner des idées au peuple sous sa gouvernance, d'abord à la communauté chinoise locale puis au reste de la population. De plus, un homme, Minke, un indigène éduqué dans les écoles néerlandaises, ayant bénéficié donc de l'accès à la culture européenne, a peu à peu réaliser l'état de servitude des javanais, acceptant l'injustice des lois et règles imposées par les néerlandais. Nous avons suivi cette prise de conscience dans les tomes précédents et surtout le troisième, au cours duquel il va réussir à constituer un syndicat, à créer un journal Mende, des entreprises, des associations. Il a commencé également à appeler au boycotte, seule arme véritable des pauvres et colonisés. De là toute une réflexion sur les conséquences néfastes d'une alphabétisation et éducation des indigènes, qui éclairés, se révoltent ensuite contre celui qui les a instruit. Minke est donc subversif et dangereux pour le gouvernement. Est chargé de sa surveillance le commissaire Jacques Pangemanann, lui aussi éduqué à l'occidental, ayant fréquenté un lycée à Lyon puis la Sorbonne avant de revenir à java avec sa femme Paulette et leurs enfants. Il admire profondément Minke, pour lui il est exemplaire, un guide. Cependant, ce policier qui sera promu au Secrétariat général comme expert de la question indigène, est tiraillé entre son adoration pour Minke et son envie irrépressible de faire carrière dans l'administration néerlandaise. Peu à peu, il va devenir un traitre à son peuple, à son sang, à lui-même.Tout en donnant les ordres pour espionner, intimider, arrêter, exiler, voler Minke de tous ses biens en toute illégalité, son attachement à l'Homme grandit, d'autant plus lorsqu'il tombe sur le journal de son idole en plusieurs cahiers dont les titres sont les trois premiers tomes du Buru Quartet. « Double obscur » de Minke il est le narrateur de ce récit, coup de génie de PRAM, nous permettant ainsi d'assister de loin aux événements et d'étudier cette société colonialiste du début du XX ème siècle jusqu'après la première guerre mondiale. Le titre « La maison de verre » trouve son origine dans une réflexion de Pangemanann concernant la luxuriance de la nature de cette île comme si on était dans une serre, une maison de verre totalement transparente dans laquelle se débattent les acteurs de ce livre. Buru Quartet fait référence aux années au bagne de Buru où fut envoyé Pramoedya Ananta Toer sous la dictature Suharto jusqu'en 1979. L'histoire de Minke fut imaginée par Pram pour ses compagnons d'infortune afin de leur permettre de s'évader au moins par la pensée. Ce résistant, cette figure célèbre et exemplaire, cet humaniste a vécu toute sa vie jusqu'en 2006 sous surveillance gouvernementale, victime de censure et de harcèlement. Il nous laisse néanmoins une œuvre magistrale, unique, comprenant 50 romans, des nouvelles, des essais, traduits en quarante langues. La vérité est passée, son appel a été entendu par la communauté internationale et par tous les amoureux de la très grande littérature. C'est une grande chance que cette tétralogie, qui prend tout son sens avec ce dernier tome, soit traduite en français par Dominique Vitalyos pour les Éditions Zulma. « Fresque politique, d'initiation, d'amour, d'émancipation » qui résonne encore aujourd'hui comme très contemporaine et pertinente. Triste et heureuse à la fois d'avoir lu ce Buru Quartet. Gratitude. Quatrième de couverture Comme le maître des marionnettes dans un théâtre d’ombres, Pangemanann est chargé par le Gouverneur des Indes néerlandaises de surveiller et contrecarrer les activités anticoloniales. C’est à lui qu’on ordonne de mettre Minke hors d’état de nuire, de faire cesser ses appels au boycott, son syndicat et son journal. Le commissaire Pangemanann, d’abord tiraillé par sa conscience face à un homme qu’il admire, ne s’embarrasse bientôt plus de scrupules. Espionnage, intimidation, arrestations, attentats : tout est bon pour détruire Minke et son œuvre. Mais les enjeux de cette lutte pourraient bien dépasser Pangemanann, qui apparaît de plus en plus comme le double obscur de Minke... « En tant qu’inspecteur, puis commissaire, mon travail avait toujours été de surveiller mon peuple. [...] Telle était la volonté du Gouverneur général. Les Indes néerlandaises ne devaient pas changer, il fallait les perpétuer. Et si, ayant pu préserver ces notes, elles parvenaient un jour jusqu’à vous, j’aimerais que vous les intituliez La Maison de verre... » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















