Trouverez-vous votre bonheur ?
Search this site
Résultats trouvés pour la recherche vide
- Belle d'amour
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Belle d'amour Franz-Olivier Giesbert Gallimard Mars 2017 374 pages Historique Chronique 15 janvier 2018 Le mot de passe est « Dieu est comme un enfant qui nous regarde ». C'est celui utilisé par la famille de notre héroïne Thiphanie Espinasse, du pays d'Anjou. Et il est vrai que le Dieu de ce livre joue avec le destin des hommes. Depuis ce jour de 1246, où elle se voit obligée de fuir vers Paris après la disparition de ses parents, Thiphanie à les yeux morts. « Cherchez bien, vous ne trouverez jamais rien dedans, ni haine, ni remords, ni désir de vengeance. J'ai le regard inexpressif de ceux qui se sont retranchés du monde après avoir trop souffert, trop pleuré, trop vécu. Mais ne vous y fiez pas. C'est une ruse, celle des survivants qui ont décidé de passer inaperçus sur cette terre de brutes.... Je suis belle de nuit le jour et belle de jour la nuit On m'appelle Belle d'amour Parce que je suis belle toujours » . Tout est déjà résumé dans ces quelques lignes du début. Il est évident qu'être trop belle en ce XIIIème siècle n'est pas une bénédiction, cela peut même vous gâcher carrément la vie. De plus quand on est lettrée, troubadour, musicienne, intelligente, instruite, tout se complique en ces temps troublés de superstition, de peurs imbéciles, d'accusation de sorcellerie en veux-tu en voilà, où l'Inquisition sévit, où enfin Louis IX, ce roi futur saint, capable de lâcheté et d'abomination contre les juifs ou les blasphémateurs, va également lancé avec un courage non démenti la septième croisade pour reprendre Jérusalem. Cette fresque historique est murmurée à l'oreille du narrateur de 2016, par Thiphanie, pour que la vérité et les raisons de ce départ de milliers d'hommes en Terre sainte soient comprises. Qui sait encore aujourd'hui que jusqu'à l'an mille, des terres d'Occident étaient encore sous domination arabe, bien après la fameuse bataille de Poitiers en 800 ? Qui a véritablement conscience encore de la rapidité proprement hallucinante avec laquelle les mahométans, les croyants d'une toute jeune religion, ont conquis des terres immenses, étendant leurs pouvoirs par la force sur le monde ?C'est une vérité historique à laquelle sont confrontés les occidentaux du XIIIème siècle. Il y a urgence donc pour eux à reprendre la main, à ce que la chrétienté retrouve sa position. Le roi franc en a conscience et contre l'avis de sa mère omnipotente, va lancer l'avant dernière croisade en Terre sainte. Cette âme ancienne, Thiphanie, veut prévenir, d'un danger toujours présent aujourd'hui, l'écrivain et ses lecteurs et contemporains ; la lutte contre certains terroristes issus d'une lignée membre de la secte multi-séculaire des assassins est toujours d'actualité. C'est bien un parallèle entre les deux périodes qui constitue un des buts cruciaux de ce roman. Ainsi nous lisons le texte écrit sous la dictée de Thiphanie, commencé en Anjou, puis poursuivi à Paris sur le Pont Neuf dans la boutique de sa tante pâtissière, et après maints malheurs, viols, esclavage, fuite éperdue pour échapper à ses bourreaux, en route avec son tout nouveau mari pour la première croisade. Elle deviendra grâce à ses talents de guérisseuse et de traductrice une proche de Louis IX, voyagera en Arménie, en Orient, en Afrique du Nord... Une vie incroyable jusqu'après la huitième croisade racontée avec truculence, érudition, violence et crudité par Franz-Olivier Giesbert. Celui-ci met tout son talent de narrateur aux avis tranchés et à la parole claire et sans détour, afin d'illustrer cette période de troubles tant religieux que politiques du moyen âge et de notre époque toute aussi effrayante. Rien n'a changé et c'est là le plus terrifiant, les armes ne sont pas les mêmes, la bêtise, l'ignorance et l'aveuglement des terroristes ou assassins sont semblables. C'est un livre qui fera grincer beaucoup de dents, certes, cependant il est clairvoyant sur beaucoup de points, magistralement construit et documenté, avec toujours cette verve, ce plaisir de la langue, colorée de vocabulaire imagé du passé. Une héroïne sacrément courageuse, affrontant la cruauté du monde avec un pragmatisme et un bon sens confondants, menant à bien en réalité une mission.... À vous de découvrir laquelle... Une grande amoureuse aussi et humaniste, au sens politique et au talent de diplomatie admirables. Un très beau portrait de femme du Moyen-Âge singulièrement actuelle. Quatrième de couverture Experte en amour, pâtisseries et chansons de troubadour, Tiphanie dite Belle d’amour a été l’une des suivantes de Saint Louis et a participé, en première ligne, aux deux dernières croisades en Orient. Mais sa vie, qui aurait pu être un conte de fées, tourne souvent au cauchemar. Jetée très jeune sur les chemins du royaume après la condamnation à mort de ses parents, elle est réduite en esclavage à Paris d’où elle s’échappe pour répondre à l’appel des croisés, s’embarquer vers la Terre sainte et entamer un voyage d'initiation. Grâce à ses talents de guérisseuse, elle gagnera la confiance du roi avant d’apprendre auprès de lui l’Islam, la guerre et beaucoup d’autres choses. Épopée truculente et pleine de rebondissements, Belle d’amour raconte un destin de femme mais aussi le Moyen Âge au temps des croisades. Une époque qui rappelle beaucoup la nôtre : politique et religion s’y entremêlent pendant que l’Orient et l’Occident se font la guerre au nom de Dieu. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Baumes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Baumes Valentine Goby Actes Sud Essences 2014 - 2015 63 pages, 1 h 30 lu par l'auteure Roman Biographique Chronique 18 janvier 2019 Comme d'habitude je n'ai pas pris connaissance de la quatrième de couverture avant d'entamer cette découverte pour être dans les mêmes conditions d'audition qu'une personne malvoyante. Je ne lis de toute façon plus les dos de livres pour ménager ma surprise. Ce texte paraît sur ma page Eva Impressions littéraires et est en vidéo sur Eva Résonances littéraires : Valentine Goby a une très, mais vraiment très jolie voix. La diction est impeccable, le jeu d'interprétation convainquant. Déjà rien que cela est d'une rare « séduction ». J'ai été conquise par son timbre et sa passion. Collection Essences concernant donc les parfums... Ainsi, ayant grandi à Grasse, capitale mondiale par excellence du parfum, son père travaillant pour cette industrie comme le grand-père avant lui, l'écrivaine était la personne idéale pour cette mission. Le père : au centre, dont l'avis, les jugements sont autant de jalons, de désespérances, de chagrins de petite fille ... Ils ne se comprennent pas. Elle se souvient en premier de son odeur, celle qui ramène avec lui à son retour d'usine, faite d'essences diverses mêlées, qui se répand partout tel un conquérant irrespectueux, vous empêchant de respirer. Car la petite fille est asthmatique et cela ne fait pas du tout bon ménage avec tous ces effluves. Au contraire, l'odeur de la mère est douce, rassurante et légère. Par dessus tout Valentine aime humer ce bout de peau entre son cou et sa clavicule... À 13 ans elle découvre « Le parfum » de Patrick Suskind : elle se méfie de ce roman, elle qui croit déjà tout savoir, mais c'est une révélation. Elle s'identifie à Grenouille sur bien des points. Ce livre ne la quittera plus. À quinze ans, elle choisit son premier parfum, « Paris » de Yves Saint-Laurent... Tout le monde pense qu'elle est trop jeune pour le porter mais elle sait que non. On la voudrait fleurie, légère. Les autres se trompent tellement sur son compte. Elle décide qu'elle ne prendra pas la suite de son père... Elle part aux États-Unis, New-York, 57th street, capitale mondiale du commerce du parfum. Elle travaille pour une grande firme, IFF, comme « peau ». On teste sur elle, qui n'utilise plus que des produits d'hygiène neutres évidemment, des parfums pour mesurer leur affadissement dans le temps. Elle découvre encore des spécificités propres à ce monde particulier des odeurs utilisées sur tous supports, de la lessive au jus le plus précieux. Elle est la peau anonyme. Elle réalise qu'un parfum est une co-création entre le Nez et celui ou celle qui le porte. « Un parfum te signe, tu signes un parfum » . Départ pour le Vietnam et les Philippines : saoulée par les relents, fumets, odeurs délicieuses, incroyables ou ignobles, pour la première fois du récit elle écrit « j'entends » . Enfin ! Son père la rejoint.... Moment de grâce. Puis.... Non je ne vais pas tout dévoiler. Une longue quête d'elle-même par le biais olfactif : trouver son odeur propre, celle qui lui correspond, à laquelle elle ressemble, non pas celle que les autres aimeraient lui coller, comme une personnalité erronée. Par ce livre court mais dense, autobiographique, l'auteure touche à l'essentiel. Un très bel objet tel un flacon de cristal. Attention délicat et fragile.... Mais pas autant qu'on le croit Quatrième de couverture Valentine Goby aborde ici ouvertement le récit autobiographique. Pour Essences, elle revisite son enfance à Grasse, pays des parfumeurs et territoire du père, à travers les odeurs qui ont façonné les premières années de sa vie, de séduction en crises d'asthme. Plus tard, à Paris, à New York, à Hanoï et Manille, elle creusera la distance avec l'entreprise familiale, l'univers olfactif des origines, pour se forger une identité singulière dont la forme achevée sera le choix de la littérature. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au premier regard
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au premier regard Lisa Gardner Albin Michel 4 janvier 2023 480 pages traduites par Cécile Deniard Thriller Chronique 28 avril 2023 12ème opus de la série consacrée à l'enquêtrice D. D. Warren, un nouvel épisode réussi, essoufflant, tortueux. Ambiance « Esprit criminel » au féminin car l'équipe est majoritairement composée de femmes de caractère, Kimberly Quincy du FBI qui mène les opérations en relation avec D. D., Flora Dane une survivante devenue détective privée en rattachement sur certaines affaires avec le FBI. Le seul homme, Keith, est un geek passionné par les tueurs en série et particulièrement intéressé par le dossier Jacob Ness, le kidnappeur et le violeur qui a brisé la jeune Flora délivrée voici huit ans. Depuis il porte à la jeune femme de tendres sentiments. Seront-ils partagés ? Une sacrée équipe à laquelle va se joindre le shérif de la petite ville de Niche où sont retrouvés les restes d'une inconnue. Mais bientôt les charniers se multiplient. Que se passe-t-il dans ce coin paumé où quelques amoureux de la nature et autres fondus de quads se retrouvent aux beaux jours ? Une jeune fille muette et défigurée sait tout. Lorsque D. D. vient interroger le maire et sa femme, propriétaires de la seule maison d'hôtes, ses patrons, elle y voit sa seule chance de mettre fin au terrible cauchemar qu'elle vit depuis le meurtre sous ses yeux de petite fille de sa mamita. Flora et l'inconnue vont se reconnaître... Les évènements se précipitent, les ombres du passé surgissent des murs, vengeance et justice sont réclamées... Mais notre équipe saura-t-elle les écouter ? Magistralement mené, un très bon thriller policier. Quatrième de couverture L'agent du FBI Kimberly Quincy, le commandant D.D. Warren et Flora Dane, les trois héroïnes de Lisa Gardner de nouveau réunies dans un thriller à couper le souffle. Macabre découverte dans un petite ville de Géorgie. Les restes d'un corps humain, puis bientôt un charnier, révélés au grand jour... Est-ce le testament de Jacob Ness, le tueur en série qui a défrayé la chronique pendant des années avant d'être abattu ? Ou l'œuvre d'un complice ? Aux côtés de la courageuse Flora Dane, survivante de Jacob Ness devenue justicière, les enquêtrices vont unir leurs forces dans une affaire sans précédent, dont une jeune fille, témoin impuissante de l'horreur, détient la vérité. Mais comment la protéger ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au fond de l'eau
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au fond de l'eau Paula Hawkins Sonatine 2017 405 pages traduites par Corinne Daniellot et Pierre Szczeciner Thriller Chronique 18 décembre 2017 Après l'immense succès de « La fille du train », le deuxième roman est toujours attendu au tournant. Celui-ci est à mon humble avis également une réussite, plus machiavélique sur le plan de la construction, nous lançant sur des pistes afin de nous perdre, naviguant entre le passé terrifiant et aujourd'hui, pour renforcer l'angoisse et le mystère. Plusieurs groupes de personnages sont à suivre avec attention, et omniprésents sont le Bassin des noyées et la rivière tortueuse et trompeuse. Danielle Abbott ou Nel est retrouvée noyée au pied de la falaise donnant sur le bassin où au fil des siècles plusieurs femmes et enfants ont été tuées, sacrifiées, se sont suicidées. C'est un lieu lourd de souvenirs terribles pour les habitants de cette petite localité d'Angleterre. Julia petite sœur de Nel, qu'on appelle Jules, arrive au moulin où vivaient Nel et sa fille Lena. Dès le départ, la jeune fille est sur la défensive, contre sa tante car celle-ci n'a jamais répondu aux onze appels de sa soeur en trois mois. Elle rend responsable Jules du suicide probable de sa mère. Cependant rien n'est encore prouvé et l'inspecteur Sean Townsend accompagné du sergent Erin Morgan, nouvellement mutée, tient à établir la vérité. De plus, le suicide quelques mois plus tôt de la meilleure amie de Lena, Cathie, semble être lié à cette nouvelle tragédie. Pour Jules revenir sur les lieux de son adolescence est presque insurmontable, tous les souvenirs et la douleur remontent en flashbacks pénibles. Pour toute la communauté formée en particulier de Sean et sa femme Helen directrice de l'école et son père Patrick ancien flic, Louise et son mari parents de Cathie ainsi que leur fils Josh, et enfin Nikkie médium foldingue, ce nouveau décès va être le déclencheur d'une révolution dans leur village. Les secrets, les mystères remontant au dix septième siècle, les disparitions de femmes ou fillettes vont devoir être élucidés. Erin nouvelle venue, plus détachée dans son analyse des évènements, va s'intéresser de près à l'ouvrage que Nel rédigeait sur l'histoire du Bassin aux noyées, et écoutera plus attentivement les propos de Nikkie en connection avec sa sœur défunte Jammie, ancienne policière au moment de la disparition, voici trente ans, de Lauren, la mère de son collègue Sean Townsend. Et toujours cette rivière qui murmure le nom des mortes, cette vérité qui se reflète dans les eaux changeantes comment autant de fragments de miroirs déformants. Tous ont des souvenirs du passé mais sont ils réels ou déformés. Et telles des Ophélies, les défuntes réclament justice du fond de l'eau.... Thriller tortueux et psychologique, entre légendes centenaires et brutalité des faits réels, c'est un roman bouleversant qui aborde plusieurs thèmes liés à la mémoire, aux douleurs de l'enfance, à l'histoire anglaise et les superstitions..... Jules et Lena vont devoir parcourir un long chemin pour se trouver et découvrir en partie la vérité. Lu d'une seule traite, je vous le recommande évidemment. Quatrième de couverture La veille de sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n'a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d'être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l'idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D'affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s'occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu'elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu'elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c'est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Arbre(s)
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Arbre(s) Roger Maudhuy De Borée 30 septembre 2021 192 pages Beau Livre Chronique 3 octobre 2021 Magnifiques illustrations et photographies. L « Parce que l'arbre est un repère, un ancrage... présent dans toutes les symboliques. » Décidément chaque livre offert par Roger Maudhuy est une porte ouverte sur un monde empli de trésors, de merveilles, de surprises, de cocasseries ou de tragédies, où petite et grande histoire de l'homme se raconte dans et entre les lignes, par des anecdotes, des récits, des mythes et légendes écrites ou orales enrichissant nos manuels divers et variés et notre folklore. Ici, Roger Maudhuy ne circonscrit pas son propos à la France hexagonale mais à celle de la langue donc avec des incursions au delà de nos frontières et même de l'Atlantique pour le Canada. Illustré de reproductions et de photos magnifiques, cet ouvrage met enfin l'Arbre au centre de tout : de l'Arbre universel, objet de dévotion païenne puis récupéré par le Christianisme ; Arbres sacrés, bénis, chapelles, lieux de pèlerinages, de processions, d'adoration, sur lesquels sont clouées des effigies de saint(e)s, de la Vierge, du Christ en croix, ils passent soudain au statut d'Arbres maudits, sataniques, d'Arbres des pendus, des fées, des sorcières, des morts ; pour peu que leur silhouette soit tordue, étrange, toutes les élucubrations sont possibles. L'Arbre peut être celui des amoureux, de la jeunesse, des conscrits ou finalement hanter les cimetières et être Arbre de la mort. Il est aussi le complice involontaire des tueurs de loups, de l'étranger, de l'ennemi, du noir, de l'esclave. On y pend des êtres, il devient gibet et témoin vivant de l'Histoire, comme les fameux arbres de la liberté puis de la République, puis de l'Armistice, puis seul rescapé de l'horreur, de l'impensable comme les arbres jumeaux survivant à la bombe atomique. On y pend quelquefois des vêtements, des pièces de lingerie, des gants, des oripeaux sur cet Arbre devenu guérisseur, source de tous les miracles et superstitions. Puis évidemment, impossible de ne pas mentionner la relation particulière de certains Arbres avec certains artistes : Georges Simenon à Lausanne, Frédéric Bazille peintre à Montpellier, Johann Wolfgang Goethe à Sessenheim, Émile Guillaumin et Charles-Louis Philippe, écrivains paysans en forêt de Tronçais dont les deux romans ont raté de peu le Goncourt, Victor Hugo à Guernesey, Jean de la Fontaine à Rozoy-Bellevalle près de Château-Thierry, Alfred de Musset à Paris et Émile Gallé à Nancy, Jean-Jacques Rousseau à Montmorency, George Sand à Nohant-Vic, Mme de Sévigné à Limeil-Brévannes, Voltaire à Ferney-Voltaire puis Luttenbach-près-Munster... Je suis certaine que vous pourriez ajouter d'autres célébrités à cette liste comme je le pourrais également... Et nous-mêmes n'avons-nous pas en mémoire un Arbre de cœur, un de l'enfance ou favori dans un des jardins que nous fréquentons régulièrement aujourd'hui... Ce très bel ouvrage nous emmène finalement au delà de nos frontières à la rencontre d'Arbres plus extraordinaires et exceptionnels les uns que les autres, sur tous les continents, les clichés en étant sublimes : l'envie de vite boucler nos valises nous prend. Mais aussi et surtout, la nécessité de protéger ce patrimoine incomparable se rappelle encore plus clairement à nous, nous pousse à être militant et décidé afin de sauver ces témoins de notre histoire commune, ces symboles de Vie, de Résistance et d'Espérance. Quatrième de couverture - Portraits d'arbres... mythiques, guérisseurs, sacrés, diaboliques, légendaires, historiques et. porteurs d'espoir(s). - Arbres vénérables visibles aujourd'hui, enracinés dans l'Histoire des hommes. Mythologies des arbres en France et ailleurs : celte, germanique, romaine, grecque, juive, slave, arabe, indienne, chinoise, japonaise, africaine, amérindienne... L'arbre s'impose dans toutes les cultures ! Portraits d'arbres de France et d'ailleurs : arbres du mariage... arbres aux fées... Arbres guérisseurs..., arbres christianisés ou maléfiques, arbres qui font peur, arbres liés à un personnage historique (Jules César, Charlemagne, Jeanne d'Arc, Sully), chênes des Pendus, arbres de la Liberté, arbres liés à la Grande Guerre... L'arbre, porteur d'espoirs : chênes d'Auschwitz et d'Oradour-sur-Glane ; camphrier de Nagasaki, résilience et renaissance trouvent leur symbolique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Armorican Psycho
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Armorican Psycho Gwenaël le Guellec Nouveaux Auteurs 2019 700 pages Thriller Chronique 1 juillet 2019 Premier roman coup de maître puisqu'il a été récompensé du Grand Prix Suspense 2019, le jury étant présidé par Bernard Minier. Vous trouverez 33 minutes d'enregistrement du début de ce roman sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonnances littéraires : Parfait en cette période de grande chaleur car vous allez frissonner de peur et de froid grâce à ce thriller dépaysant, d'actions, psychologique, très rythmé. Un titre déjà comme celui d'une chanson bien pulsée, rocailleuse, authentique. Un roman sur une bande son des années 70 à nos jours, Rock n'Roll anglo-saxon, décor tout en noir et blanc en passant par un camaïeu de gris dû à la maladie rare du héros, Yoran Rosko, photographe, l'achromatopsie. En conséquence, pour cette histoire contemporaine légèrement projetée vers un avenir cauchemardesque, le lien avec le passé est sensible, le mal prenant ses racines dès 1978. De plus, après des vues en plan large de la ville de Brest, des paysages magnifiques de Bretagne, des cieux noirs de cet hiver anormalement violent, de Oslo, de l'Islande, d'un coup l'auteur change le focus et fait des plans resserrés sur les victimes, sur des détails, sur des lettres terrifiantes, les aveux d'un fou.... La tempête du siècle s'abat sur la capitale du Ponant en cette période de la Toussaint, au moment même où un serial killer abat sa faux, tel l'Ankou, sur diverses personnalités de la ville, sans qu'aucun mobile n'apparaisse. Cette obscurité dûe à la météo catastrophique arrange bien Yoran ; ainsi va-t-il pouvoir mener son enquête de son côté afin de retrouver son ami Claude Garrec disparu de chez lui, où la première victime a été retrouvée morte, torturée, déposée sur un lit de gros sel. Dans un premier temps, le lieutenant Le Bris le croît impliqué d'autant plus que le jeune homme est entré illégalement chez son ami en brisant les scellés ; mais avec une bonne excuse, sa garde à vue est levée, et le voilà sur une première piste vers les terres nordiques. Lui qui préparait son départ définitif de Brest pour raison médicale, se voit obligé de s'impliquer, poussé malgré lui dans une quête dangereuse, de plus en plus terrifiante, extraordinaire, entre réalité et vision, une aventure le menant à voir la différence entre ce qu'il pense être et sa nature profonde. Un aller simple vers lui-même, tout en recherchant les traces de Claude. Peu à peu, le « Tueur de sel » abat ses cartes, autant de petits cailloux placés sous les yeux de Yoran dans le Grand Nord et ceux de Le Bris à Brest. Bientôt, rien ne va plus, et les retrouvailles entre les deux hommes vont marquer un virage dans leur relation et dans le traitement de l'affaire. La folie va s'accroitre en parallèle du déchaînement de la tempête brestoise. Tout est figé dans l'attente du prochain coup de grâce. Et lentement, nous découvrons les écrits d'une âme torturée, malade, obsédée, des aveux qui ne pourraient en aucun cas mener à une forme de rédemption. Le péché est immense, les cris des victimes continuent à résonner à travers le temps.... Yoran les entends, les enregistre par toutes les fibres de son corps... Ses yeux s'affaiblissent, il en voit trop, en pleine lumière... Le temps presse, il y a urgence.... Je comprends parfaitement que ce thriller ait gagné le Grand Prix du Suspense psychologique 2019, en raison de son univers sombre, cahotique, très particulier, original, grâce à l'écriture et le plan d'action parfaitement maîtrisés. Nous avons là une oeuvre à part entière d'un écrivain averti et inspiré. Une nouvelle voix dans ce paysage de la littérature noire qui avait fort besoin d'aspérité, de prise de risque, d'authenticité. Quatrième de couverture La traque d'un tueur insaisissable à travers le prisme noir et blanc d'un photographe. Difficile de refermer la dernière page ! Yoran Rosko, photographe solitaire atteint d'une maladie rare le contraignant à vivre dans un monde dénué de couleur, enquête sur la disparition de Claude, son ami et mentor. De Brest au cercle polaire, il va se retrouver confronté au « Tueur de sel » , un mystérieux tueur en série insaisissable aux motivations obscures. Et si cette chasse à l'homme cachait un secret encore plus inavouable. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La mariée juive
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mariée juive Luigi Guarnieri Actes Sud 2007 286 pages traduites par Marguerite Pozzoli Historique Chronique J'avais tenté de lire son précédent opus " la double vie de Vermeer" mais l'impression de ne pas faire partie des initiés, de ne peut-être pas être à la hauteur de toute l'érudition évidente ( sans doute trop obstentatoire) de l'auteur, m'avait découragée. Je pensais lire un roman biographique mâtiné d'une enquête policière et j'étais tombée sur un essai universitaire indigeste. Changement total avec ce très, très beau livre où souffle la passion, prenant le prétexte du décès de Rembrandt et de la découverte dans son atelier par son ami le Dr Ephraim Paradies d'un tableau inachevé, comme nombre des oeuvres du maître, "la jeune mariée juive", pour inventer une histoire d'amour fabuleuse entre les deux protagonistes de la toile. Il représente un couple où le mari ou amant ose un geste d'une tendresse et d'une intimité toute transgressive pour l'époque et cette société corsetée. La femme serait ainsi Abigaïl Lopez Da Costa, condamnée car se mourrant d'une maladie inconnue, et l'homme son médecin, précité. Nous sommes au XVIIeme siècle à Amsterdam, au sein de la communauté juive néerlandaise , la famille Lopez Da Costa étant séfarade portugaise à l'origine. Rouge et or, sang et lumière, d'une texture granuleuse, plus dans la suggestion de la réalité que dans sa vraie représentation, ce double portrait intrigue. En parallèle, nous suivons de 1987/88 jusqu'à 2004 à Paris, les tribulations grotesques et pathétiques d'un romancier, double de l'auteur, en pleine déconfiture financière, venu dans la capitale pour finir son roman en cours qui s'annonce déjà indigeste. Personnage tête à claque, égocentrique et suffisant, il rencontre Rebecca Lopez Da Costa lors d'un concert en plein hiver. Pour elle c'est le coup de foudre, pour lui une catastrophe. Il accepte tout de même, proche d'être SDF, l'invitation de la jeune femme à venir s'installer dans son appartement de la Rue des Rosiers, en plein quartier juif parisien tendance bobo. Il découvre qu'elle aussi écrit, dans le cadre de ses études, une thèse sur le tableau de Rembrandt et son ancêtre Abigaïl. À partir de là avec brio, causticité et beaucoup d'humour pour la partie contemporaine, et d'un lyrisme romantique tout en descriptions somptueuses et bouleversantes pour les chapitres au XVIIeme siècle, Luigi Guarnieri va mettre en miroir les deux villes, les deux microcosmes juifs, les deux histoires d'amour semblables et à l'opposé. Ressemblance concernant la fragilité des deux amoureuses éperdues tant psychologiquement que physiquement, différence dans le fait de l'accomplissement ou non de ce couple. Amour, pénitence, pardon, quand l'un des deux aime plus que l'autre... Les plus belles phrases d'amour sont alors à découvrir : " O ma dame - je suis votre esclave épuisé" . Ce tableau sera la trace, la preuve éternelle de cet amour . Grâce à cette oeuvre et au travail de recherche effectuée par Rebecca, notre romancier va devoir grandir, regarder et s'inquiéter pour les autres et peut-être tomber lui aussi en amour. C'est également une fresque historique, dont l'érudition sans fatuité réjouit le coeur et les cellules grises. Nous découvrons les règles et coutumes de la société néerlandaise, des éléments de la vie du peintre jusqu'à sa déchéance, les révolutions philosophiques qui touchent la pensée établie protestante ou juive d'ailleurs, (ne pas oublier que Descartes réside alors sur place et que l'esprit cartésien est en totale opposition à la religion), nous découvrons aussi les obligations et interdictions imposées aux juifs dans le choix des métiers par exemple, et cette nécessité pour eux de se faire oublier, de n'a pas abriter en leur sein d'éléments perturbateurs ou amoraux comme sera pour les plus anciens et traditionalistes de la communauté le Dr Ephraim Paradies. Une pièce en trois actes avec prologue et conclusion qui débute par cette lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet le 2 septembre 1846 : « Aime l'art plutôt que moi. Cette affection-là ne te manquera jamais, ni la maladie ni la mort ne l'atteindront. Adore l'Idée. Elle seule est vraie parce qu'elle seule est éternelle. Nous nous aimons maintenant, nous nous aimerons plus encore peut-être, mais qui sait ?- Un temps viendra où nous ne nous rappellerons peut-être pas nos visages. » Quatrième de couverture D'un tableau « non fini » de Rembrandt, La jeune Mariée juive - un des derniers chefs-d'œuvre du peintre dont les personnages, unis par un geste tendrement audacieux, ont suscité bien des interprétations -, Luigi Guarnieri s'empare, en fin connaisseur du XVIIe siècle hollandais, pour construire un roman qui met en miroir deux époques, deux villes, deux histoires. Entre l'Amsterdam des peintres, des médecins et des théologiens, où le personnage d'Ephraïm Paradies évoque à la fois Descartes et Spinoza, et le Paris contemporain, où tente de vivre un jeune écrivain, l'auteur tisse tout un réseau de correspondances : en particulier, une passion amoureuse désespérée et un tableau, reflet et témoin de celle-ci. Entre pathétique et grotesque, Luigi Guarnieri pose des questions essentielles sur la souffrance et la recherche du bonheur, et sur la pérennité d'un sentiment - auquel l'art seul permet de défier le temps. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Anatomie d'un crime
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Anatomie d'un crime Elizabeth George Pocket 2011 768 pages traduites par Dominique Wattwiller Thriller Chronique 20 avril 2020 J'ai été complètement fracassée par ce thriller bouleversant et cruel situé dans une banlieue londonnienne qui ressemble à tant d'autres de par le monde ; zone de non droit où des enfants sont sacrifiés pour rien, pour une notion d'honneur et de respect de petites frappes grotesques, imbéciles, gâchant la vie des habitants malchanceux de ces cités glauques, sordides. Si on ne connait pas les règles du jeu on risque d'être tué, battu, violé, massacré. Si en plus, le destin t'a déjà sérieusement amoché et que tu n'as pas les armes psychologiques pour analyser la situation inextricable où t'a plongé ta naïveté, alors c'est fini avant même d'avoir commencé. L'espoir est un poison dont il faut vite trouver l'antidote dans certaines contrées. Les trois enfants qui arrivent ce soir-là sur le perron de leur tante, Kendra, balancés par leur grand mère Gloria la mal nommée, irresponsable et criminelle, trop impatiente de se barrer en Jamaïque avec son mec, sont condamnés à traverser des ouragans lors d'une nuit sans fin. Nous nous en doutons, notre coeur se serre, on aimerait vraiment que toutes les opérations de sauvetage qui vont être tentées réussissent. Ils le méritent tous les trois malgré leur fanfaronnade, leur insolence, leur bêtise. Ils ont connu le pire, ce n'est qu'un début. Ce roman social, dans la droite ligne de Zola, Dickens et autres lanceurs d'alertes, est un reportage sur le front des banlieues du monde entier, une description détaillée, une autopsie en live du cadavre symbolisé par toutes ces barrières architecturales bâties après guerre, insalubres et inadaptées à la vie en commun de peuples de toutes origines, couleurs, confessions. C'est là où le bât blesse, lorsque ces populations, anglaises aujourd'hui, se sentent toujours rejetées, étrangères, rabaissées alors même que l'Angleterre est en réalité leur pays de naissance ou d'adoption. Là, la couleur de ta peau prime, blanc ou noir, avant même le niveau de richesse c'est ta carnation qui érige une frontière infranchissable avec l'autre monde. Chacun s'imagine ce que l'autre pense et adapte son comportement à partir d'erreurs de jugement. L'intégration est ratée, mal pensée. Intégration ce n'est pas assimilation ou digestion, ou effacement, de ce qui fait la différence culturelle ou cultuelle d'un individu. Une société métissée s'enrichit de l'acceptation de l'autre, un nouveau tout émerge, c'est ainsi qu'un tissu social se renouvelle. Mais nulle part on ne le comprend... Et de cette fracture sociale et psychologique naît un terreau favorable à des bandits, trafiquants, criminels pourrissant la vie de ceux qui voudraient construire, bâtir cette société nouvelle grâce à l'art, la culture, l'éducation, le réveil de la conscience politique. Les forces de l'ordre sont soit débordées, soit complices. Que peuvent faire trois enfants contre cet état de fait ? Les poudrières sont prêtes à sauter, le désespoir, les " je n'ai plus rien à perdre" mènent au désastre. Cette anatomie d'un crime est la narration d'un piège tendu à ces trois enfants et évidemment à nous tous. Ce thriller, digne d'une tragédie classique, est une grande réussite, bluffant, perturbant, juste, prémonitoire, un immense signal d'alarme. Il n'a jamais été autant d'actualité ! Elizabeth George est sans conteste une Reine dans son domaine. Ce roman ultra réaliste est un de ses meilleurs opus. Quatrième de couverture Londres. A l’arrière d’un bus qui traverse la ville, le jeune Joel, sa soeur et son frère roulent vers leur destin. Dans un quartier chic, Helen Lynley rentre chez elle. Elle est belle, heureuse, la vie lui sourit. Tout est en place pour une rencontre. Inexorablement fatale. Car, même s’il l’ignore, Joel est une arme vivante. Le détonateur, c’est son histoire, le chaos qu’on lui a donné pour tout bagage. L’explosif ? C’est son quartier, écrasé par la misère et la violence qu’elle génère. Jusqu’au dernier moment, Joel pense qu’il pourra choisir. Mais d’autres ont peut-être déjà choisi pour lui... Le nouveau roman d’Elizabeth George est beaucoup plus qu’une enquête : le récit passionnant d’un engrenage implacable. Elle sait comme nul autre nous faire emboîter le pas de son personnage, nous placer avec lui à la croisée des chemins. Le quel va-t-il prendre ? Où sont les issues, et y en a-t-il jamais eu ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- American Gods
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires American Gods Neil Gaiman Audiolib 2018 19 h11 mn, lu par Valentin Merlet SF Chronique 14 février 2019 À l'origine il sortit en 2002 aux Editions Au Diable Vauvert, 700 pages traduites par Michel Pagel. Comme d'habitude je n'ai pas lu la quatrième de couverture avant la découverte de ce texte. Longue cogitation avant d'écrire ce texte. Je suis tiraillée car j'ai profondément aimé le livre tout en étant gênée et en désaccord avec la version audio. Ce grand roman inclassable est un monument de la littérature contemporaine anglaise ( et universelle) du XXI ème siècle, toujours d'une grande originalité aujourd'hui, pourtant de 2001. Prix Hugo, Nebula, du meilleur roman de Fantasy, Bean Stocker du meilleur roman fantastique en 2002, il méritait une version enregistrée de luxe, exceptionnelle. Le comédien Valentin Merlet est excellent, ce n'est pas lui ni sa performance pendant plus de 19h que je remets en question. C'est la direction artistique de ce projet. Ce texte est d'une densité phénoménale, multipliant les références, connaissances, clins d'œil, personnages. C'est un roman historique, philosophique, également de SF, de Fantastique, flirtant quelques fois avec le genre horrifique, ajoutant un propos d'ordre sociétal, faisant référence aux légendes et traditions du monde entier, mixant les dieux du panthéon mythologique universel en ajoutant des figures du Coran et de la Bible sans oublier toute une galerie de personnages vivants ou morts. Du coup était-il judicieux de ne prendre qu'un comédien pour cette version ? Un interprète talentueux, oui, mais à la belle voix bien grave, sans possibilité, évidemment, d'incarner des femmes jeunes comme Laura âgée de 27 ans l'épouse défunte du personnage principal, ou comme la Reine de Saba ou Bilquis au physique de bombe sexuelle en pleine action coïtale des plus chaudes avec un client, puisque maintenant prostituée. Valentin Merlet a beau adoucir sa voix ou la rendre rauque dans la scène au lit, ça ne fonctionne pas. Pire lorsque des Slaves, à l'accent au couteau apparaissent, la confusion est complète entre les hommes et les femmes. C'est très dommage ! Cet artiste méritait d'être mis en valeur avec, à ses côtés, une comédienne, tout simplement. Cela a été fait pour d'autres livres moins extraordinaires, pourquoi pas pour celui-ci ? Pour le confort d'écoute donc je ne suis pas positive et j'en suis désolée. D'autre part, les jingles marquant les débuts de chapitre, sont "datés" et vrillent l'oreille. J'aurais attendu un habillage sonore plus rock ou plus drôle, en référence à la publicité, et même à la musique sacrée de Bach ou Mozart que sais-je, en clin d'oeil à toutes ces déités que nous croisons dans ce récit. Pourquoi suis je allée au bout de cet enregistrement ? La qualité du livre ! Le plaisir de retrouver des références historiques, religieuses, légendaires, millénaires aux origines multiples : Egyptiennes, slaves, germaniques, nordiques, hindoues, africaines, irlandaises, indiennes d'Amérique... Je me suis beaucoup amusée à repérer chaque Dieu ou personnage folklorique, comme les Leprechauns, et de voir à quels métiers ils étaient réduits dans l'Amérique contemporaine après leur glorieux passé. Le style littéraire est très familier voire parfois ordurier, très rock en tous cas. Ajoutez à cela, la stigmatisation de la société américaine consumériste à outrance, grâce à l'utilisation de Marques de produits usuels à la place de noms propres, et je vous promets de bien vous régaler. Cet OVNI est aussi un road movie pendant lequel Ombre (ou Baldr dans la mythologie nordique) découvre les USA géographiquement, mais où il est aussi dans une recherche identitaire liée à sa propre histoire. Ainsi, l'auteur traite de la migration en Amérique du Nord, de son peuplement et des atrocités qui l'ont accompagné, de 14000 ans avant JC avec l'arrivée des premiers migrants nordiques, jusqu'à l'an 2000, avec l'arrivée d'un citoyen du sultanat d'Oman. Tous ces exilés, au cours des millénaires, ont apporté dans leurs bagages, leurs dieux, leurs figures de légendes, leurs contes de fées, leurs pratiques et coutumes ancestrales, qu'ils vont peu à peu abandonner pour les sacrifier sur l'autel de la matérialité et de la consommation boulimique. Les nouveaux dieux sont la télévision, internet, la voiture, les médias. Les humains ne font plus de sacrifices ou dons à leurs dieux, ils perdent leur temps affalés sur leurs canapés, dans leurs bagnoles ou dans les nouveaux temples que sont les centres commerciaux. La société mercantile dans toute sa splendeur ! Un sacré tour de force de l'écrivain. J'ai donc commandé la version papier de ce roman, un "classique" au même titre que 22/11/63 de Stephen King, à avoir dans sa bibliothèque. Je suis sûre que je suis passée à côté de beaucoup de détails et références, je doute donc de la pertinence d'un enregistrement audio pour un tel texte, qui nécessite beaucoup de concentration et en même temps, oblige à une lecture presque continue afin d'avoir une vision globale de l'oeuvre et de son propos. Débuts : Ombre après trois ans de prison doit bientôt sortir pour bonne conduite. Il a eu la chance d'être soutenu pendant toute cette épreuve par Laura Moon, sa femme, et son meilleur ami Robbie Burton, lui proposant un poste à la "Musclerie" dès son retour. Laura travaillant dans une agence de voyage, il bénéficie de billets d'avion électroniques gratuits. Tout s'annonce bien. Mais le destin s'en mêle, ou plutôt les dieux, et il apprend qu'il sortira deux jours plus tôt que prévu, car son épouse est morte la veille dans un accident de voiture. Lors des obsèques, il saura que Robbie était avec elle dans la voiture occupé à conduire pendant qu'elle lui faisait une gâterie. Pas malin ! Donc le voilà parti, mais des évènements successifs font qu'il se retrouve surclassé en première pour le dernier vol de son périple aérien. Son voisin, très étrange et un peu inquiétant, semble savoir énormément de choses sur lui. Nous basculons soudain dans le fantastique. Il se nomme Voyageur (dans la version originale il est Mr Wednesday, le mercredi où ils se rencontrent, étant le jour d'Odin ou Wotan selon le pays). Il lui apprend le décès de son futur employeur et lui propose un poste d'assistant ou garde du corps.... Ombre n'a pas tellement le choix, Voyageur se montrant très insistant. Ils partent après les funérailles dans une grande traversée des USA, à la recherche de tous les autres dieux et êtres légendaires abandonnés sur cette terre inhospitalière dans des rôles fort mal adaptés à leur divine nature. Odin souhaite ainsi battre le rappel de tous ses « collègues » pour qu'ils s'allient contre les nouveaux dieux américains ( télévision, médias, internet, automobiles.. ). On devine qu'un grand marionnettiste est derrière toute cette opération : qui est-il et que veut-il vraiment ? Ombre est en danger mais Laura veille... Quatrième de couverture À peine sorti de prison, Ombre rencontre Voyageur, un personnage intrigant. Dieu antique, comme le suggèrent les indices énigmatiques qu'il sème à longueur de temps, fou furieux ou bien simple arnaqueur ? En quoi consiste le travail qu'il propose à Ombre ? En acceptant d'entrer à son service, ce dernier plonge au cœur d'un conflit qui le dépasse, opposant héros mythologiques de l'Ancien Monde et nouvelles idoles profanes de l'Amérique. Mais comment savoir qui tire véritablement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l'aube des temps ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? À moins que ce ne soit le mystérieux M. Monde... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Vers la mer
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Vers la mer Marielle Anselmo Unicité 4 décembre 2022 108 pages Poésie Chronique 11 octobre 2023 Extrait de la préface : « Vers la mer se présente d'abord comme un récit de voyage, monologue entre de longs silences (car la parole émerge), littéralement fendus par une détresse intérieure ― « derrière le cavalier se tient la noire angoisse », a dit jadis Horace, Post equitem sedet atra cura (Odes, III, 1, 40) ; en le suivant on reconstitue même quelque itinéraire : la ligne Yamanote (qui tourne autour de Tokyo), Osaka, centre du bunraku, l'ile de Shikanoshima où fut découvert le sceau du roi, Ohorikohen pour son parc, puis Fukuoka à la pointe nord de l'île de Kyushu... (...) Marielle Anselmo, par ce surgissement du sens dans la solitude, égarée, mise en danger, fragile, sensuelle, érotique..., invente sa propre langue : ce sens complexe, nous pouvons le comprendre comme un idéogramme en langue française : présent est souvenir, le Port est la langue, le proche lointain, le feu la mer, amour perdu et voyage au loin, solitude et peuple, savoir et perte, disparition et désécriture... » Quatrième de couverture « je vais là où la langue étoiles se fait rare derrière moi les pays où sont mes morts où je ne suis plus » Vers la mer, vers ailleurs, à l'autre bout du monde... Une voix, un murmure, surgissent par bribes... Quelques mots qui semblent décousus et pourtant racontent pudiquement une détresse, le départ et le voyage d'une femme tentant de tourner le dos aux morts, au passé, du moins un temps... Nous l'accompagnons dans cet espace temps parallèle, ce sas de décompression indispensable à la guérison. Stylistiquement épuré, ce texte singulier fait vibrer certaines cordes de notre âme, s'adresse à l'essence de notre être. Ce ne sont pas des haïkus, pourquoi vouloir les étiqueter ? Ce sont des respirations, des soupirs, jusqu'à ce qu'enfin la poétesse puisse à nouveau reprendre son souffle et revenir dans une réalité plus commune... se tourner vers l'avenir. Merci à Marielle Anselmo pour sa confiance ainsi qu'aux Éditions Unicité pour le soin extrême apporté à la mise en page et la qualité de cet ouvrage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Va et poste une sentinelle
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Va et poste une sentinelle Harper Lee Grasset 7 octobre 2015 336 pages traduites par Pierre Demarty Roman Chronique 29 avril 2017 Titre original : Go Set a Watchman Edité avec 50 ans de retard, qui fut considéré comme la première version non publiée de « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur », Prix Pulitzer de la fiction. Le manuscrit du livre a été retrouvé dans un coffre de Monroeville en 2011. le titre fait référence au Livre d'Isaïe. Curieux comme ce livre fait écho à ce que nous vivons en ce moment. En même temps je regardais et écoutais émerveillée l'émission Taratata heureuse de ce mélange de cultures et tout cet enthousiasme, cette joie et un mot que je n'emploie que très rarement, tout cet AMOUR! On pourra trouver des solutions face à un libéralisme affiché, mais la haine de l'autre, de la différence, ça, c'est une maladie contagieuse, un virus, une gangrène. Pas de traitement pour l'éradiquer complètement, il y aura toujours des rechutes. Il n'y a pas de hasard si je suis tombée sur ce livre sans savoir ce qu'il contenait, je pensais qu'il serait dans la même veine que « Ne tirez pas l'oiseau moqueur » . Mais on en est loin, il est sombre avec de grandes plages de luminosité extrême, souvenirs de l'innocence, de l'enfance ; comme l'héroïne Scout ou Jean Louise âgée de 27 ans, il est temps de grandir, d'ouvrir les yeux et de comprendre qu'une époque est terminée, que nous sommes à la jonction entre deux cycles, qu'il faudra s'adapter et avoir une vision plus globale de notre monde et de notre Histoire. Je n'y arriverais peut-être pas, vous non plus, ou peut-être tout d'un coup l'essentiel nous apparaîtra et on s'en sortira. Et pour le moment il me semble, bien loin d'un quelconque discours politisé de ma part, qu'il faut lutter contre toute forme de déshumanisation de notre société et toute forme de rejet de l'autre. Voilà ce que ce livre qui fait suite à « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur » m'a apporté. Il est plus âpre, plus rude que celui pour lequel Harper Lee reçut son prix Pulitzer, mais il est bien plus transgressif et dérangeant. Une pensée et de profonds remerciements pour cette femme singulière, unique, et moderne, qui a quitté ce monde si imparfait et en même temps si beau, voici un peu plus de deux mois. Hommage. ( Aussi sur ma page Eva Impressions littéraires). Quatrième de couverture Milieu des années 1950. Jean Louise Finch, dite «Scout», est de retour à Maycomb, sa petite ville natale de l'Alabama, pour rendre visite à son père, Atticus. La nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l'a façonnée mais dont elle croit s'être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit ... En 2015, Harper Lee a créé la surprise en publiant un second roman, suite de l'incontournable best-seller "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", où l'on retrouve l'inoubliable héroïne Jean Louise, vingt ans après. Chronique douce-amère de l'adieu à l'enfance, entre tendresse et férocité, espoir et désenchantement, « Va et poste une sentinelle » a été écrit avant le livre culte, prix Pulitzer en 1961. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un homme averti ne vaut rien
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un homme averti ne vaut rien Romain Sardou Pocket Juin 2022 304 pages Thriller Chronique 29 octobre 2020 « Derrière toutes les grandes richesses se cache un grand crime. » « La nuit, fumant des cigarettes sur la véranda, il m'arrivait souvent de réfléchir à l'héritage, à ces biens inestimables que les pères sont empêchés de léguer à leurs fils, ces fortunes à jamais perdues et enterrées.Je pensais à tous ces trésors de l'esprit, ces savoirs accumulés, cette expérience du monde, cette mémoire du temps et des saisons, cette connaissance d'une langue étrangère, des fièvres de la joie et du poids de la peine, je pensais à tout ce patrimoine précieux à jamais muré et enseveli dans la tête des morts. Les notaires n'avaient à connaître que le partage de la ferraille, mais où passait tous les biens de l'esprit, à qui profitaient- ils ? Si les enfants pouvaient hériter de l'acquis de leurs pères, posséder seulement ce capital ontologique, vivre serait un jeu d'enfant, et le monde infiniment riche. » Jean-Paul Dubois. J'aime particulièrement cet auteur si talentueux, si unique par le regard qu'il pose sur toute chose, tout en restant, malgré ou en raison de son succès, d'une grande discrétion, attaché à sa table de travail et à sa mission de raconter des destins hors du commun et de, ainsi, nous faire réfléchir sur notre propre existence. Nous sommes tous les enfants de...., nous sommes tous le résultat de métissages, de migrations, de cultures qui s'emmêlent en nous à notre insu ou consciemment. Nous sommes les doubles de nos aïeux, nous empruntons les mêmes chemins, les mêmes étapes de vie, nous franchissons les mêmes rites de passage, nous reproduisons les mêmes erreurs, les mêmes batailles, nous propageons les mêmes cultures, haines, superstitions, héritages. Et pourquoi ? Parce que, en effet, nous ne naissons pas avec l'expérience de nos aînés en nous, nous sommes obligés de repasser par la case départ, indéfiniment.... Cela peut être une chance mais aussi un fardeau.Sommes-nous condamnés à reproduire éternellement les erreurs de nos mères et pères ? Être orphelin comme deux des personnages de ce récit est-il préférable ? Il est question dans ce formidable et étonnant thriller, d'héritages, d'Histoire... Le passé et le présent se confondent dès les premières lignes où nous pensons être projetés à la fin du XVII ème siècle.... Et puis un portable sonne, et nous voilà revenus au XXI ème siècle en deux secondes.... Bienvenus à Philadelphie le jour de la Saint-Patrick, dans le quartier de Giorgiana où se presse une foule, d'origine irlandaise ou non. On attend l'arrivée des huiles de la ville et de l'état dont John Bateman, un des descendants des fondateurs de cette cité, richissime, omnipotent et ... chef de la mafia irlandaise qui n'a rien à envier à l'italienne.Tout le monde tremble devant les Bateman qui tiennent les rênes d'un empire phénoménal dictant la politique de l'état mais aussi du pays... Attention, nul code de l'honneur chez les Irlandais, nous ne sommes pas dans le parrain. Brusquement, nous voilà rejetés sur les berges de la Tamise à Londres... Inauguration d'un cargo gigantesque, le Rappahannok II, propriété de Conrad Muir, rejeton de soixante ans d'une longues dynastie de pirates, navigateurs puis armateurs. Un homme de pouvoir, marié à une jeune femme, Jennifer. Depuis 1690, les vaisseaux des Muir relient Londres à Savannah.... Bientôt, un évènement imprévisible sera l'élément déclencheur d'un tsunami qui va emporter John Bateman et Conrad Muir dans l'œil du cyclone... Les époques vont s'entrechoquer, l'espace temps va se distordre, ne restera que la vengeance et la haine... Pas de répit pour votre cœur, votre souffle et vos cellules grises tout au long de ce génialissime roman que j'ai lu d'une traite... Ô combien je ressens de la gratitude pour Romain Sardou et tous ceux qui réussissent, par leur talent et leur passion, à m'extraire de la réalité d'aujourd'hui, tout en me rappelant les valeurs fondamentales de la vie. Je recommande vivement la lecture de ce livre formidable, époustouflant qui m'a enthousiasmée. Du grand thriller ! Quatrième de couverture Ils ne se connaissent pas. Michael Monroe a grandi à Londres, orphelin et pauvre. Mathilde Bateman est issue d'une famille richissime de New York. L'un n'a rien, l'autre a tout. L'un veut changer de vie, l'autre veut changer le monde. Ils n'auraient jamais dû se croiser. Mais autour d'eux, assassinats et disparitions se multiplient. Au nom de quelle malédiction ? Des bords de la Tamise aux ports du Savannah, de Londres à Boston, Michael et Mathilde traquent la vérité sans idée de ce qu'ils vont découvrir. Sur leurs familles, sur leur passé, et donc sur eux-mêmes. Il est des crimes dont on hérite... Guerres de pouvoir au sein d'un clan mafieux, secrets de famille, ambitions folles, amours contrariées, avec Un homme averti ne vaut rien, Romain Sardou signe un thriller palpitant et une saga familiale poignante. Un roman de l'amour fou et de la vengeance totale Après l'immense succès de Pardonnez nos offenses et Personne n'y échappera, Romain Sardou s'est passionné pour l'histoire de l'Amérique. Il est l'auteur d'America, saga en deux volumes qui raconte le destin croisé de deux familles fondatrices des Etats-Unis, les Bateman et les Muir. Un homme averti ne vaut rien est son douzième roman. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un cri sous la glace
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un cri sous la glace Camilla Grebe Calmann-Lévy Noir 14 octobre 2017 446 pages traduites par Anna Postel Thriller Chronique 14 octobre 2017 Premier livre en solo pour cette auteure travaillant jusque là en tandem avec sa soeur, le duo ayant enchaîné les polars. Ce thriller dans un Stockholm sous la neige en cette veille de Noël, est un livre choral se partageant entre Emma, Peter et Hanne. Ces deux derniers sont bien dans l'actualité alors que Emma commence son récit deux mois plus tôt. La particularité de ce livre est que tous disent je, nous nous identifions donc ou du moins faisons oeuvre d'empathie avec les trois, nous repositionnant selon des angles et des moments différents sur un même événement. Donc trois regards convergeant sur un personnage central Jasper Lorre, patron d'un empire de la mode. Dans sa maison, la police dont Peter est un membre, on découvre le corps d'une femme, tête tranchée. Personne ne sait qui elle est. Cependant cela rappelle, par le mode opératoire une vieille affaire où un homme, cette fois avait été assassiné. Hanna, profileuse de talent, rebaptisée La Sorcière, et en particulier sur ce dossier vieux de dix ans est rappelée par l'équipier de Peter. Celui-ci est bouleversé lorsqu'il la voit arriver, car ils ont été fous amoureux, mais cela s'est mal fini en raison de la lâcheté de Peter incapable de s'engager. Depuis ils ne se sont plus adressés la parole. Par ailleurs nous rencontrons Emma, vendeuse dans une des boutiques de l'Empire dirigé par Jasper Orre, sa maîtresse cachée et bientôt sa fiancée secrète, qui n'a plus de nouvelle de lui soudainement. Les trois protagonistes sont en souffrance pour des raisons différentes, l'une malade, l'autre perdue, le dernier sans confiance en lui-même. Ces faiblesses qui les handicapent seront les moteurs de leurs décisions et actions afin de comprendre et d'élucider les mystères qui entourent ce Jasper Orre. C'est un thriller psychologique captivant et original de par sa construction autour des aspects sombres et inquiétants de l'amour ou de l'obsession. Une auteure virtuose, certainement une des meilleures écrivaines de polars nordiques. Une belle découverte me concernant. L'image de couverture si intrigante et belle est vraiment parfaite, jusqu'au bout on doute face à ce visage angélique sans regard, si souriant et lisse. Heureuse de l'avoir lu. Quatrième de couverture AVEZ-VOUS DÉJÀ PERDU LA TÊTE PAR AMØUR ? Emma, jeune Suédoise, cache un secret : son patron Jesper, qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main. Mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle. Deux mois plus tard, Jesper disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée. Personne ne parvient à l’identifier. Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul problème, ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés. Dans un Stockholm envahi par la neige, un double récit étourdissant prend forme. Chaque personnage s’avère cacher des zones d’ombre. À qui donc se fier pour résoudre l’enquête ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Trois vies par semaine
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Trois vies par semaine Michel Bussi Presses de la Cité 2 mars 2023 456 pages Thriller divers Chronique 18 juin 2023 « Je profite de la nuit, peut-être ma dernière, pour enregistrer ces ultimes mots. Que retiendrez-vous de mon histoire, vous qui l'écouterez ? Que retient-on de nous, une fois nos vies froissées ? Nous ne sommes que des êtres de chiffon et de papier. » Milana Mise en garde d'introduction : « Mais vous, vous qui m'écoutez, vous qui êtes bien vivants, j'ai un secret à vous confier. Vous êtes seuls à pouvoir mettre un point final à cette histoire. Méfiez-vous de tout ce que vous lirez, Méfiez-vous de tout ce que vous apprendrez, Méfiez-vous des fils invisibles, Méfiez-vous de celui ou de celle Qui tire les ficelles. » Avis éditorial : « Habiter trois villes différentes ? Posséder trois identités reconnues ? Aimer trois femmes intensément ? Avoir trois vies par semaine. Pour tirer les fils de ce nouveau suspense qui mêle les thèmes de l'exil, la vengeance, la multiplicité d'une vie... l'unique Michel Bussi. » En effet, cet auteur est, à mon avis, un artiste à part. Bravo ! Une complète réussite à nouveau avec ce dernier thriller policier. - Un mort, Renaud Duval - Deux disparus, Pierre et Hans - Trois femmes amoureuses, Agnès dite Nanesse, Vicky et Éléa - Trois régions françaises et un ailleurs lointain - Un capitaine de gendarmerie, Katel Marelle - Deux monstres échappés d'un conte maléfique. - Le fantôme d'une mère, la tireuse de fils. Et des marionnettes, personnages, lecteurs ou de bois, manipulés de bout en bout par un maître en la matière, monsieur Michel Bussi, expert en twists décoiffants, doué d'une imagination fertile et d'une profonde humanité. Humour toujours, scénario tortueux impossible à lâcher, une jouissance presque masochiste à se laisser mener dans un labyrinthe sans fin, à réaliser que tout était dit depuis le départ mais que l'on n'a évidemment rien vu. « Sans une bonne mélodie, même les plus belles paroles d'une chanson ne procureront jamais d'émotion. L'intrigue de mes romans, c'est ma mélodie. » M. B. La composition de cette dernière fut soignée, inspirée, certainement pleine d'allégresse comme chaque fois que l'artisan, l'artiste réussit le geste parfait qui mène à la création d'une oeuvre singulière, bouleversante et inoubliable. Je suis une grande admiratrice du travail de Michel Bussi depuis "Gravé dans le sable"... Je le reste avec ce dernier opus nous plongeant avec un enthousiasme peut-être pervers mais jamais malsain dans l'univers des marionnettistes fait d'ombres, de chausse-trappes, d'illusions. Les trois compagnes que tout oppose, à part l'homme qu'elles aiment, et l'enquêtrice borderline, vont devoir faire preuve de bravoure, de patience, d'intelligence et de clairvoyance pour sauver leurs vies, celles de leurs enfants, et d'inconnus dont elles ignorent le rôle joué dans cette mise-en-scène diabolique. Mais pour cela, il faudra faire taire la jalousie, le chagrin, et remonter dans le temps jusqu'en 1977.... Merci monsieur Bussi. Quatrième de couverture Un corps est retrouvé dans la vallée de la Meuse, au cœur des Ardennes. Accident, suicide, meurtre ? La révélation de l'identité de la victime plonge la capitaine Katel Marelle dans la sidération. Renaud Duval menait-il... trois vies par semaine ? Trois femmes attendent son retour. Chacune revendique d'être son unique amour. Ensemble, elles vont tenter de percer l'énigme d'une impossible triple vie... Mais comme dans un théâtre d'illusions, des ombres rôdent, prêtes à se venger. Qui sait la vérité ? Qui manipule ? Qui tire les ficelles ? Méfiez-vous des fils invisibles... Une intrigue vertigineuse pour un grand suspense de Michel Bussi. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Toxique
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Toxique Niko Tackian Calmann-Lévy Janvier 2017 300 pages Thriller & Polar Chronique 27 janvier 2018 « Le Minotaure ne vivait pas dans le noir complet. On lui avait laissé une minuscule source de lumière. Juste assez pour regretter de ne jamais voir le soleil. Juste assez pour imaginer le vol des oiseaux ... » Murielle Szac, « le feuilleton de Thésée ». Thésée ou le Minotaure ? Qui est le commandant Tomar Khan ?Quoiqu'il soit, le fil à dérouler devra être solide et très long tant le dédale sera interminable et tortueux. Le personnage principal de ce premier tome de la série, qui lui est consacrée, est flic d'origine kurde, protégeant sa carcasse et son cœur de petit garçon maltraité sous des couches de muscles grâce aux séances intenses de boxes, auxquelles l'a initié son mentor. Il est aimé de sa mère, ancienne combattante pour la liberté de son peuple, dont il a hérité de la force, et de son petit frère prêtre à Saint-Alexandre-Nevsky. Cela n'empêche pas les cauchemars une nuit sur deux. Voyou ou flic ? Le choix n'était pas très large. Ce fut les forces de l'ordre au 36 quai des Orfèvres, histoire de cadrer un peu le monde de dingue qui l'entoure, d'avoir des méthodes pour empêcher le mal de se propager. Le mal, il connaît depuistoujours;celui-cirevientaprèsvingtansd'absenceenlapersonnedeJeff,le"père"mettanten dangerlasécurité et la paix de sa famille. Tomar doit agir . Dans cette capitale prise en otage par les fous extrémistes qui ont déjà mis la France en sang et en pleurs ce janvier 2016, l'ambiance est anxiogène au possible. La mort d'une directrice de maternelle étranglée est presque rassurante par sa banalité... Il semblerait que ce soit le responsable du centre aéré le coupable, brusquement introuvable. Tomar tique, son instinct en éveil, il ne trouve pas de mobile valable. L'enquête se poursuit au milieu des enfants traumatisés et des parents paniqués, le personnel secoué est interrogé.... La bête est là et regarde de son œil vide tout en souriant..... Elle se jouera de ces pantins de flic comme du monde entier, elle est tellement intelligente et supérieure. Mieux elle ne ressent rien, strictement rien, sauf pour ses petits anges : « Que tes yeux ne soient jamais sombres. Dors mon enfant chéri, dors ! Que le désert et la plaine soient ton doux oreiller. Dors mon enfant chéri, dors ! Ferme un moment tes doux yeux sur ce monde , Tu es la lumière de mes yeux, l'âme de mon corps, Tu es ce que j'ai de plus précieux en ce monde. Dors mon enfant, tu feras bientôt un beau voyage, Et tu seras guidé par tes ailes d'ange. Dors mon enfant, il est trop tard. La nuit est ténébreuse et le monde est aussi dur que la pierre. » Impatiente de lire la suite... Quatrième de couverture Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommé le Pitbull, connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes. À première vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliée », dit même l’un des premiers enquêteurs. Mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















