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Éva a lu pour vous ..

Chroniques littéraires

Baumes

Valentine Goby

Actes Sud Essences

2014 - 2015

63 pages, 1 h 30 lu par l'auteure

Roman Biographique

Chronique

18 janvier 2019

Comme d'habitude je n'ai pas pris connaissance de la quatrième de couverture avant d'entamer cette découverte pour être dans les mêmes conditions d'audition qu'une personne malvoyante. Je ne lis de toute façon plus les dos de livres pour ménager ma surprise.

Ce texte paraît sur ma page Eva Impressions littéraires et est en vidéo sur Eva Résonances littéraires :


Valentine Goby a une très, mais vraiment très jolie voix. La diction est impeccable, le jeu d'interprétation convainquant. Déjà rien que cela est d'une rare « séduction ». J'ai été conquise par son timbre et sa passion.


Collection Essences concernant donc les parfums... Ainsi, ayant grandi à Grasse, capitale mondiale par excellence du parfum, son père travaillant pour cette industrie comme le grand-père avant lui, l'écrivaine était la personne idéale pour cette mission.


Le père : au centre, dont l'avis, les jugements sont autant de jalons, de désespérances, de chagrins de petite fille ... Ils ne se comprennent pas.

Elle se souvient en premier de son odeur, celle qui ramène avec lui à son retour d'usine, faite d'essences diverses mêlées, qui se répand partout tel un conquérant irrespectueux, vous empêchant de respirer. Car la petite fille est asthmatique et cela ne fait pas du tout bon ménage avec tous ces effluves.


Au contraire, l'odeur de la mère est douce, rassurante et légère. Par dessus tout Valentine aime humer ce bout de peau entre son cou et sa clavicule...

À 13 ans elle découvre « Le parfum » de Patrick Suskind : elle se méfie de ce roman, elle qui croit déjà tout savoir, mais c'est une révélation. Elle s'identifie à Grenouille sur bien des points. Ce livre ne la quittera plus.

À quinze ans, elle choisit son premier parfum, « Paris » de Yves Saint-Laurent... Tout le monde pense qu'elle est trop jeune pour le porter mais elle sait que non. On la voudrait fleurie, légère. Les autres se trompent tellement sur son compte.


Elle décide qu'elle ne prendra pas la suite de son père... Elle part aux États-Unis, New-York, 57th street, capitale mondiale du commerce du parfum. Elle travaille pour une grande firme, IFF, comme « peau ». On teste sur elle, qui n'utilise plus que des produits d'hygiène neutres évidemment, des parfums pour mesurer leur affadissement dans le temps. Elle découvre encore des spécificités propres à ce monde particulier des odeurs utilisées sur tous supports, de la lessive au jus le plus précieux.

Elle est la peau anonyme.


Elle réalise qu'un parfum est une co-création entre le Nez et celui ou celle qui le porte. « Un parfum te signe, tu signes un parfum » .


Départ pour le Vietnam et les Philippines : saoulée par les relents, fumets, odeurs délicieuses, incroyables ou ignobles, pour la première fois du récit elle écrit « j'entends » . Enfin ! Son père la rejoint.... Moment de grâce. Puis....

Non je ne vais pas tout dévoiler.


Une longue quête d'elle-même par le biais olfactif : trouver son odeur propre, celle qui lui correspond, à laquelle elle ressemble, non pas celle que les autres aimeraient lui coller, comme une personnalité erronée. Par ce livre court mais dense, autobiographique, l'auteure touche à l'essentiel. Un très bel objet tel un flacon de cristal. Attention délicat et fragile.... Mais pas autant qu'on le croit

Quatrième de couverture

Valentine Goby aborde ici ouvertement le récit autobiographique. Pour Essences, elle revisite son enfance à Grasse, pays des parfumeurs et territoire du père, à travers les odeurs qui ont façonné les premières années de sa vie, de séduction en crises d'asthme. Plus tard, à Paris, à New York, à Hanoï et Manille, elle creusera la distance avec l'entreprise familiale, l'univers olfactif des origines, pour se forger une identité singulière dont la forme achevée sera le choix de la littérature.

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