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- L'Allée du Sycomore
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Allée du Sycomore John Grisham Audiolib 2014 19 h 40, lu par Stéphane Ronchewski Thriller Chronique 1 janvier 2019 Traduction de Dominique Defert. Stéphane Ronchewski prête avec beaucoup de talent sa voix à ce texte pendant 19 heures et quarante et une minutes. Une belle performance artistique et « musculaire » compte tenu de la longueur de ce thriller passionnant et le nombre de personnages différents et hauts en couleurs à incarner. J'ai donc très bien commencé cette aventure audio, avec un vrai challenge pour l'auditrice néophyte que je suis. Je n'ai pas lu la quatrième de couverture avant, d'abord par ce que c'est mon habitude, et ensuite pour être dans les mêmes conditions que celles vécues par une personne malvoyante. Ce retour est aussi sur ma page Eva Impressions littéraires, à l'écrit : Seth Hubbard, H U B B A R D, laisse sur les bras du jeune avocat trentenaire, Jake Brigance, un sacré fardeau sous la forme d'un testament manuscrit rédigé la veille de son suicide. Drôle de personnage que ce Seth, mystérieux, pas causant, solitaire, menant ses affaires dans l'obscurité, en silence. Il organise tout jusqu'au moindre détail, et cela depuis près de dix ans et son dernier divorce. Mais le cancer l'a rattrapé, alors il décide de faire sa sortie à sa manière. Il choisit Jake, devenue une célébrité voici trois ans après la relaxe de son client noir en plein Mississippi, en cette année 1985, où le terrible KKK, Ku Klux Klan, et la suprématie inique des blancs sur les noirs, sont encore une réalité. Une victoire au tribunal, mais des menaces de mort et une maison incendiée depuis. Heureusement Clara sa femme et leur fille Anna, alors bébé, n'ont rien eu. Aujourd'hui encore la petite famille est protégée par Ozzie, le shérif, et son équipe. Oui, une sacrée surprise aussi pour les enfants et petits enfants de Seth, sombrant dans la rage et l'incompréhension. Également, sa femme de ménage, Letty, tombe des nues lorsqu'elle prend connaissance des dernières volontés de son ancien patron : elle est l'héritière de 90% de cette fortune, non encore estimée en ce début de roman sur les chapeaux de roues. Un ouragan s'abat donc sur la petite ville ; suspicion, racontars, désespoirs, rires, et mise en branle de l'énorme machine judiciaire... Car évidemment, après l'opposition de la famille à ce document, un jury va devoir déterminer que Seth Hubbard avait bien toute sa tête au moment de changer son testament, préalablement déposé dans un célèbre cabinet d'avocats. Toutes les parties vont vouloir être représentées, ce qui vous promet des scènes fabuleuses et drolatiques lors des comparutions devant un juge bien du sud, rusé et agaçant au possible. Je dis « bravo » à l'auteur et surtout ici, en enregistrement, au lecteur Stéphane Ronchewski, pour avoir réussi à camper près de onze avocats différents plus les autres personnages ajoutés, rien que dans la première séance à la cour de justice du comté. Réjouissant et périlleux exercice. Le comédien a une très belle palette de couleurs dans sa voix lui permettant de varier son interprétation. Sa diction est impeccable. Quelques fois, soyez plus attentifs lorsque la voix est celle d'une femme à fort tempérament, car alors la voix de celle-ci et donc du comédien, descend un peu dans les harmoniques graves et ressemble aux voix masculines. Par exemple, la première scène dans le Coffee Shop avec la serveuse Dell. Je me suis un peu plus accrochée, afin de bien suivre le passage de témoin entre tous les intervenants. C'est un détail, je le signale en passant. Histoire génialissime, l'analyse en profondeur des arcanes de la justice aux USA, qui plus est, dans le sud, est bluffante et pleine d'humour ; la situation inquiétante et révoltante des noirs, hier et aujourd'hui, parfaitement décrite... Beaucoup de retournements de situation, un suspense maintenu jusqu'au bout grâce au métier de l'écrivain et du comédien. De bonnes raisons de vous plonger dans ce roman en vous laissant porter simplement. Une bien belle expérience pour moi. Quatrième de couverture Seth Hubbard, homme riche atteint d'un cancer, n'a confiance en personne. Avant de se pendre à un sycomore, il laisse un testament manuscrit. Ce document va plonger ses enfants désormais adultes, sa femme de ménage noire et l'avocat Jake Brigance dans un conflit juridique aussi brutal et dramatique que le procès pour meurtre qui avait défrayé la chronique dans le comté, seulement trois ans plus tôt. Ce second testament va soulever bien des questions sans réponses. Pourquoi Seth Hubbard veut-il laisser presque toute sa fortune à sa femme de ménage ? La chimiothérapie et les antalgiques ont-ils affecté ses facultés de jugement ? Et quel rapport tout cela a-t-il avec cette parcelle de terre qu'on appelait autrefois l'allée du sycomore ? L'interprétation de Stéphane Ronchewski joue à merveille de l'allusion et de l'insinuation pour un thriller truffé de chaussetrapes Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Amanticide
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Amanticide Anne Gallois De Borée 3 novembre 2022 219 pages Biographique et Roman Chronique 27 novembre 2022 2011. Une écrivaine touchée intimement par un fait divers, un amanticide, se sent obligée d'enquêter sur cette affaire afin d'en faire un livre. Elle qui ne supporte pas les lieux clos, va pourtant, via l'avocate d'Hélène, en se faisant passer pour une journaliste, demander un parloir afin d'être face à face avec cette femme si normale qui, lui semble-t-il, lui ressemble tant. Notre narratrice n'a toujours pas compris entièrement les tenants et aboutissants de sa propre histoire de couple terminée depuis des années avec Tony, un homme à l'opposé d'elle. Elle sait que cela aurait pu déboucher sur un drame telle la tragédie qui a mené Hélène en prison. Tout le monde peut basculer, tuer, pense-t-elle. Vraiment ? L'enquête minutieuse de la narratrice sur l'histoire réelle de la prisonnière ne cessant de clamer son innocence, en mal de tribune publique pour se faire entendre, n'est pas sans heurts et méfiance. Les raisons du passage à l'acte sont-elles à chercher dans les origines socioculturelles des protagonistes, dans l'enfance, dans la peur de vieillir sans avoir vécu ? Se met-on en couple avec une certaine personne pour reproduire des erreurs encore et encore, pour régler des comptes avec la famille, la société, ou au contraire pour répondre à leurs exigences ? Choisissons-nous vraiment nos compagnons en toute conscience, librement, selon un jugement éclairé ? Ces questions cruciales semblent être au centre du dossier de Hélène condamnée pour avoir tué son amant. Ne le sont-elles pas aussi au coeur de l'existence de la conteuse ? Peu à peu des zones d'ombre sont éclairées, le focus resserré sur l'héroïne et le doute s'installe quant à l'honnêteté de cette personnalité borderline. Ment-elle ou n'assume-t-elle pas ? Interrogations tout aussi valables concernant l'écrivaine en auto -analyse, en auto-critique. Un regard double donc sur la société et sur soi, inscrit dans cette même société limitative. Anne Gallois fouille dans l'âme des deux femmes sans aucune complaisance, sans utiliser d'échappatoire. Comment ce singulier tandem va-t-il se sortir indemne de cette analyse, de ces rendez-vous avec la vérité, la lumière pleine et entière ? Qui est réellement en prison, ou plutôt, ne le sommes-nous pas tous d'une manière ou d'une autre, empêtrés dans un carcan social et familial ? Et vous ? Pourriez-vous tuer, transgresser ce tabou ultime ? N'êtes-vous pas à la croisée des chemins comme ces deux femmes qui se savent obligées de regarder les faits en face, sans tricher avec leur conscience ? Une mise en abîme sous forme de huis clos intimiste, dérangeant, salvateur, lourd de conséquences. Un roman très particulier. Quatrième de couverture Hélène, la quarantaine, est en prison. Elle y purge une peine de vingt ans pour le meurtre, avec préméditation, de son amant et n'a jamais cessé de clamer son innocence. Une histoire tristement banale, de celles que l'on trouve à la page « faits divers » de nos quotidiens. Et si la lente et inévitable chute se nichait précisément au cœur de cette banalité ? Et si nous pouvons frôler ou flirter avec le point de bascule, avons nous tous la capacité de le franchir ? C'est au cours de séances de parloir oppressantes que la narratrice tentera d'obtenir des réponses.. Pour son second roman aux éditions De Borée, Anne Gallois a choisi de se glisser dans les pas et l’esprit de sa narratrice, qu’une attraction pour les drames ordinaires, pousse à sonder l’âme d’Hélène, une femme dont l’histoire fait étrangement écho à la sienne. Parmi les mécanismes à l’œuvre : peur irrépressible de vieillir, paradoxes, aveuglement… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Céline
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Céline Peter Heller Actes Sud 2019 331 pages traduites par Céline Leroy Thriller et SF Chronique 5 avril 2019 Après un prologue poignant et dramatique que j'ai lu et enregistré en vidéo, qui a pu faire penser que le roman serait terrible et bien trop bouleversant pour certaines amies, je tiens à les rassurer. Ce thriller est en effet émouvant par bien des côtés, mais aussi drôle, cocasse, très intelligent, et plus que pour l'enquête elle-même, original quant à l'héroïne Céline et son mari Pete. Plutôt Kill Bill senior que miss Marple. Un couple âgé autour des soixante dix ans, elle sculptrice, artiste issue d'un milieu très aisé, d'une famille ayant fourni son quota d'hommes politiques importants à la nation américaine. Cependant, après une enfance d'abord en France puis aux USA, dans l'attente d'un père absent et maladroit, élevée par une mère célibataire exceptionnelle et anticonformiste avec ses deux sœurs, il était évident que Céline ne choisirait pas la facilité et la banalité. Ainsi, pour des raisons qui lui sont intimes, est-elle devenue une détective privée, spécialiste des armes, excessivement dangereuse malgré son âge et son emphysème pulmonaire. Son mari, l'amour de sa vie, un silencieux qui lui est tout dévoué, l'accompagne sur les routes, effectue les recherches sur le net. Un tandem improbable, beau, touchant, attendrissant et diablement efficace. Ils travaillent gracieusement pour les familles recherchant des proches disparus. Une mission, un vrai sacerdoce pour Céline qui ainsi poursuit, mine de rien, une quête personnelle, frappée dans sa jeunesse par un vrai drame. Son incapacité à respirer normalement est le symptôme d'un immense chagrin, qu'elle cache sous un humour et une ironie décapants. Les hommes qui l'aiment, Pete, son fils Hank journaliste de quarante ans, ne sont pas dupes. Ils l'aident au mieux. Ainsi lorsqu'une jeune femme brune aux yeux verts, Gabriela, demande à Céline de résoudre l'énigme de la disparition de son père, un célèbre photographe pour le National Geographic, voici vingt ans, l'enquêtrice n'hésite pas. L'histoire de Gabriela résonne en elle et fait remonter des souvenirs bien douloureux. La voici partie sur les routes du Grand Ouest américain jusqu'à la frontière canadienne avec Pete, sa bombonne d'oxygène, ses armes, sa panoplie de déguisements, dans le camping-car prêté par son fils. Bien vite, le couple repère un suiveur.... Cette affaire semble intéresser des gens très puissants. Un dernier cold-case bien dangereux et retors. J'ai beaucoup aimé ce livre quant à la description des relations d'amour et de tendresse entre les différents caractères, les sentiments sont au centre de tout, la cause de tout ; j'ai apprécié la peinture des paysages, de la nature, des forêts, des petites choses du quotidien, qui font la beauté de la vie, surtout lorsqu'on est bien accompagné ; également attendez-vous à des scènes d'action au cordeau où vieillesse ne rime pas avec faiblesse. Un roman enfin où Céline et Pete sont irrésistibles et touchants. L'enquête est menée avec brio et ingéniosité par ce duo incroyable près d'un an après le décès des deux sœurs de Céline et la destruction des tours jumelles. Un climat particulier donc règne à New York au tout début de ce récit, comme lors de l'arrivée aux USA de la petite fille que fut notre héroïne, échappant de peu à la seconde Guerre mondiale. Les deux époques sont mises en parallèle, ainsi que les deux fillettes et jeunes femmes que furent Céline et Gabriela. Un thriller très humain et émouvant qui suit le premier opus consacré à Céline, " Peindre, pêcher et mourir", paru en 2015 chez Actes Sud. Le premier roman, « La constellation du chien » en 2013 édité par la même maison, a consacré le talent de Peter Heller, confirmé avec ce deuxième volet des aventures de Céline. Quatrième de couverture Détective privée atypique et dure à cuire, Céline Watkins est spécialisée dans la recherche de personnes disparues. Lorsque Gabriela, doutant de la version officielle sur l'évaporation de son père porté disparu dans le parc national de Yellowstone vingt ans plus tôt, vient trouver l'élégante sexagénaire, celle-ci se raconte qu'elle accepte l'affaire comme un dernier tour de piste. Mais rien n'est anodin. Car explorer le passé de la jeune femme, ce n'est pas seulement révéler un pan de l'histoire politique américaine, c'est aussi réveiller ses propres fantômes. Très attendu après « La Constellation du chien » et «Peindre, pêcher et laisser mourir», Peter Heller met ici l'ébouriffant cocktail d'art du suspense et de puissance d'évocation de la nature qui fait désormais sa marque de fabrique au service un magistral roman familial inspiré par sa propre (inénarrable) mère. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Inquisition
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Inquisition David Gibbins Pocket 2019 432 pages traduites par Béatrice Guisse-Lardit Thriller Historique Chronique 7 septembre 2018 « David Gibbins, docteur en archéologie, est professeur à Cambridge. Il est l'auteur de livres qui ont tous connu le succès : Atlantis, Le chandelier d'or, Le dernier Évangile, Le Masque de Troie, Les Dieux d'Atlantis, Pharaon, Pyramide et Testament. » Donc depuis 2007, nous pouvons suivre les aventures de Jack Howard, le double de l'auteur en réalité, dans ces thrillers historiques. Ce qui m'a vraiment stupéfaite c'est que l'auteur écrit ses romans en même temps qu'il poursuit ses fouilles archéologiques sous-marines. Ainsi ce n'est pas le passé qu'il relate mais bien ce qu'il vit à l'instant de la rédaction. Il réinvente ou apporte une part de fiction à sa réalité, il passe par un alias, mais c'est bien de lui, de son équipe, du passé de sa famille, de son existence de chercheur et aventurier qu'il traite. Il analyse donc les évènements immédiatement pour les coucher sur le papier. Évidemment il apporte des éléments extraordinaires et imaginés à la dramaturgie, de vrais méchants et psychopathes, des sociétés secrètes, des séismes... pour que tout devienne exceptionnel. Mais lorsque vous lisez les notes de fin, vous constatez que la part inventée du récit n'est pas majoritaire, loin de là. Pour le moment, je crois que c'est le seul écrivain de ma bibliothèque qui fasse cela, c'est une démarche unique. C'est un texte très dense, très foisonnant, avec des phrases longues ou les « et », « que », s'accumulent. Tellement de choses à dire.... D'où quelques fois un peu de longueurs. C'est le seul bémol avec la mise en page en bloc sans aération, ne serait-ce qu'un passage de ligne. J'ai eu besoin de temps pour m'habituer et ai dû le lire à voix haute, obligatoirement. « Mon arrière-grand-mère, Rebecca Rodrigues Brandao, appartenait à une famille juive portugaise qui a fui à Londres à l'époque de l'Inquisition. À l'origine, ses ancêtres avaient vécu en Espagne, mais ils s'étaient réfugiés au Portugal à la suite de l'expulsion des juifs d'Espagne par Ferdinand et Isabelle. Ils étaient ce qu'on appelle des juifs chrétiens et étaient les descendants de juifs qui avaient fui la Judée au moment de la conquête romaine, qui avaient gardé leur foi juive mais étaient favorables aux enseignements chrétiens. Au cours des premières années de leur installation dans leurs villages de montagne dans les Pyrénées, ils ont offert un refuge sûr à des chrétiens qui fuyaient la persécution des empereurs romains, et, plus tard, à d'autres chrétiens persécutés par l'Eglise romaine elle- même. On a dit qu'ils gardaient aussi la plus importante relique du Christ, et qu'ils l'ont confiée aux Chevaliers de Malte pour qu'ils la gardent en lieu sûr lorsque les juifs ont été forcés de fuir vers le Portugal. Cette relique était le Saint Calice, la coupe utilisée par le Christ lors de la Cène. » Un sacré périple donc des récifs de Cornouailles à Coimbra au Portugal où siégeait l'Inquisition, à Tanger au Maroc au moment de l'évacuation des anglais et commerçants de toutes nationalités et confessions avant la reprise de la colonie par les Maures, à Port Royal en Jamaïque, un port où tout les trafics même d'esclaves étaient possibles, jusqu'à Potosi en Colombie et une montagne damnée. Rome en 258 après JC. Dans les catacombes de Saint Calixte, Proselius fuit les troupes de l'empereur Valerien, échappant au grand massacre des chrétiens. Il est missionné pour cacher un objet de la plus grande importance pour toute la communauté. Le pape Sixte et Laurent le diacre sont morts en martyre, avant de lui passer le flambeau. Aujourd'hui en Cornouailles, l'archéologue Jack Howard et son ami grec Costas font une découverte extraordinaire lors de la fouille sous-marine d'une épave (fait réel de la vie de l'auteur) le Schiedam : une pièce de huit avec un poinçon particulier, une étoile de David. Cet artefact va les mener sur les traces d'un objet inestimable. Mais une société secrète " la Main Noire" créée par Valerien pour pourchasser Proselius, veille toujours et se lance à la poursuite de Jack et son équipe. Ce groupuscule extrémiste avait infiltré les rangs de l'Inquisition, en adoptant ses méthodes immondes, et après la dissolution de cette monstrueuse Inquisition en 1821 seulement, il a perduré dans le temps, attendant son heure. Il semble qu'elle soit arrivée. Jack décide de remonter la piste de l'argent qui le conduira jusqu'à la mine de Cerro Rico en Bolivie. En 1684, à Tanger. Samuel Pepys ( qui a laissé des mémoires passionnantes en 1660 décrivant entre autres le grand incendie de Londres, et 25 ans plus tard de sa mission à Tanger), est chargé par le roi d'Angleterre Charles de mener à bien l'évacuation de la colonie. Il traite donc des conditions de ce départ en paix avec un émissaire du Sultan. Mais il a aussi un autre rôle à jouer quant à une relique aux mains des Maures. La récupérer et la faire partir au loin pour l'éloigner de l'Inquisition et de la Main Noire. Donc si vous aimez l'Histoire, les grandes aventures, l'archéologie, les voyages, et apprendre tout en vous divertissant, ce " roman réel" est pour vous. Bonne lecture ! Quatrième de couverture Lors de la fouille d'une épave sur la côte de Cornouailles, l'archéologue Jack Howard fait une découverte qui pourrait le mener à un objet d'une valeur inestimable : le Saint Calice. Mais le spectre de l'Inquisition rôde toujours, et c'est une véritable plongée aux enfers qui attend Jack. La coupe utilisée par le Christ pendant la Cène est le bien plus précieux du monde chrétien, l'objet le plus convoité, d'autant qu'il a disparu depuis plus d'un millénaire. On ne l'approche pas aussi facilement... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Journal Intime. Suites 1898-1902
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Journal Intime. Suites 1898-1902 Alma Mahler Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix Décembre 2019 4 h 06, lu par Julie Depardieu Biographie Chronique 26 janvier 2020 Très belle interprétation de deux lieder de Alma Mahler par Pauline Rinvet, soprano, et Solène Péréda, pianiste : « Bei dir ist es Traut » sur un texte de Rainer Maria Rilke et « Ich wandle unter Blumen » sur un texte de Heinrich Heine. « J’ai encore lu « Zarathoustra » ce soir. – Maman et Carl repartent aujourd’hui. Nous, nous restons jusqu’à vendredi. C’était délicieux, ce soir. Nous étions tous assis autour de la cheminée, nous avons éteint la lumière et nous nous sommes raconté nos vies. Dans la pénombre, j’ai joué du piano. – L’atmosphère était divine, la fontaine jasait sous les fenêtres, et tout le monde était dans le noir, étendu sur les fauteuils ou le sofa. – Je peux dire que j’ai vraiment joliment joué. Justement, tout est une question d’atmosphère chez moi – et c’était le cas. […] C’était une soirée incroyablement poétique. » A.M. Nous assistons grâce à cet enregistrement tout en finesse et intelligence du journal intime de Alma Schindler par Julie Depardieu, à l'éclosion d'une femme. De la jeune fille issue d'un milieu artistique aisé où elle côtoie tout le beau monde et l'élite viennoise, fille d'un peintre célèbre, Emil Jakob Schindler et d'une cantatrice, Anna Bergen, que restera-t-il après ces quatre années pendant lesquelles tout va basculer dans sa vie intime, amoureuse, familiale, musicale et artistique, mais aussi sur le plan politique et international, de l'âme exaltée de cette surdouée, de cette beauté faisant tourner toutes les têtes, de cet être en recherche de destin, de mission ? Coquette, mutine, auto-centrée comme l'on peut l'être à cet âge, elle fait ses premiers pas dans le monde adulte.... Elle a peur et en même temps est exaltée.... Elle vibre et en même temps cache sous un masque social ou pour jouer de ses pouvoirs sur les autres, ses sentiments, ses emballements. Elle est littéralement bouleversée pendant cette période ; la composition, la musique, son adoration pour certaines œuvres, sont ses repères dans tout ce bouillonnement intérieur dont elle ne sait que faire. C'est une enfant encore au début de ce journal ou "suites", comme elle le nomme, une ingénue cependant capable d'une maturité exceptionnelle... Elle a de ces fulgurances, presciences qui nous laissent abasourdis. Elle fut beaucoup décriée plus tard pour sa vie amoureuse, trois maris, des amants... On cache sous silence toutes les pertes et les chagrins, aussi, dus aux décès successifs de ses enfants.... elle mène son existence tambour battant, de plus en plus convaincue de l'injustice de la place secondaire octroyée aux femmes de son temps. Elle en est consciente oui, mais après ses amours avec Gustav Klimt et Alexander von Zemlinsky, compositeur et son professeur de musique, la rencontre avec Gustav Mahler, de dix neuf ans son aîné, va tout balayer. Son ambition de composer, de créer un opéra.... Il n'en sera plus question. D'un journal intime où d'abord l'enfance perdure longtemps, nous découvrons ensuite des pages d'un érotisme et d'une passion charnelle qui ne laissent aucun doute sur la métamorphose de Alma Schindler en Alma Mahler. Sa vie sera d'un romanesque incroyable inspirant à Françoise Giroud son livre " Alma Mahler ou l'art d'être aimée" et à Bruce Beresford son film " Alma, la fiancée du vent". Elle composa 16 lieder, des pièces pour piano, fut peintre, et l'épouse de Walter Gropius, architecte, puis de Franz Werfel, romancier. Aurait-elle éprouvé une telle passion pour Gustav Mahler, son père de substitution selon la théorie de Freud consulté par le musicien malheureux, si son père n'était pas mort un peu plus tôt ? Si sa mère ne s'était pas remariée en fondant une nouvelle famille dont elle fut de facto " rejetée" ? Ces deux événements, ces "abandons "successifs, ou vécus comme tels, ne l'ont-elle pas poussée trop vite dans les bras du compositeur ? Toujours est-il que ce journal est un témoignage exceptionnel sur le monde artistique de l'époque, nous éclaire sur la personnalité de certaines célébrités, Klimt, Zemlinsky, Max Burckhardt directeur de théâtre... On y croise Schoenberg venu prendre un cours avec Zemlinsky.... Palpitant... Le style est parfois précieux, ampoulé, artificiel puis tout d'un coup d'une franchise, d'une crudité, d'une cruauté caustique. Sacré caractère tout de même pour cette femme qui sera une incontournable de la scène artistique internationale jusqu'à son décès à 85 ans à New York. J'ai été rechercher des photographies de sa vie postées sur Eva Impressions littéraires.... Quant à la lecture de Julie Depardieu, elle est parfaite tant par la justesse du ton, la prononciation impeccable, que par la qualité de sa voix tout à la fois mutine, enfantine puis grave et sensuelle... Les non-dits, les sous-textes sont rendus perceptibles, compris, grâce à l'interprétation ciselée de la comédienne ultra-sensible. Le fait en plus qu'elle soit mélomane ajoute à l'évidence de sa présence sur ce projet réalisé par Francesca Isidori. Très très belle prestation de Pauline Rinvet, soprano, et Solène Péréda, pianiste. Quatrième de couverture Alma Mahler a 19 ans quand elle commence à écrire son journal qu’elle tient pendant près de quatre ans – 22 carnets qu’elle appelle « Suites », comme une composition musicale. De son histoire d’amour avec Klimt jusqu’à sa rencontre avec Gustav Mahler dont elle gardera le nom, elle nous entraîne dans ses élans et ses désillusions. La brillante compositrice et interprète évoque également sa passion pour la musique et pour l’art, et révèle une personnalité audacieuse, exaltée et d’une troublante maturité. Julie Depardieu : Julie Depardieu débute sa carrière d'actrice aux côtés de son père, Gérard Depardieu, dans le Colonel Chabert, en 1994. Elle reçoit dix ans plus tard le Prix du Meilleur espoir et celui du Meilleur second rôle féminin, pour son rôle dans La Petite Lili de Claude Miller. Une nouvelle collaboration avec le réalisateur lui vaut de nouveau le César du second rôle dans Un secret. Elle fait désormais partie de ces figures familières du cinéma français dont on ne peut plus se passer. Grande mélomane, elle anime depuis 2017, une chronique hebdomadaire sur France musique. J'ajoute qu'elle a mis en scène "Les contes d'Hoffman" de Offenbach en 2008 pour les Opéras en plein air. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Je suis Pilgrim
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je suis Pilgrim Terry Hayes JC.Lattès 2014 642 pages traduites par Sophie Bastide-Foltz Thriller Chronique 5 juin 2017 De Paris à New York, en passant par Bodrum et Djeddah, nous allons suivre Eddy, agent très secret et l’un des plus efficace des Etats-Unis, dans sa course effrenée contre le temps et un criminel de nouvelle génération. En retraite anticipée à Paris après avoir rendu suffisamment de service à sa patrie, n’est-il pas interloqué d’être abordé par Ben Bradley, ancien flic en repos forcé après les attentats du 11 septembre accompagné de sa femme Marcie. Celle-ci afin de le sortir de sa dépression post- trauma, lui offre le livre d’un ancien agent sur les méthodes d’investigation, si prodigieux, que.très admiratif, il ne croit pas une seconde à l’identité donnée de l’auteur et remonte la piste jusqu’à Paris pour trouver Eddy. C’est une catastrophe pour ce dernier qui doit à nouveau fuir. Il repart immédiatement pour New York, afin de régler des problèmes de succession suite à la mort de ses parents adoptifs, et demander de l’aide à son ancienne hiérarchie afin de refabriquer une nouvelle identité. Celle-ci le met en contact avec un Hacker de génie Battleboi, mais pour que ce dernier arrive à lui donner une nouvelle personnalité, certaines données trouvées lors de l’enquête du couple Bradley doivent lui être fournies. Voici Eddy bien obligé de revoir le couple new yorkais, et étonnamment une amitié forte se noue. Ben à nouveau apte au service est appelé sur une scène de crime ignoble où une femme baigne dans de l’acide, dents arrachées, non identifiable. Toute la chambre a été nettoyée chimiquement. Il appelle à la rescousse, Eddy, qui sitôt arrivé n’en revient pas, car le criminel est une femme et elle a copié des passages entiers de son livre. Afin de poursuivre la criminelle, suite à la découverte d’appels téléphoniques entre cette chambre et la Turquie, Eddy sous le prétexte d’un enquête sur le suicide présumé d’un américain à Bodrum va reprendre son métier d’agent secret sur le terrain sous couvert du FBI, en accord avec la présidence des USA et le gouvernement turque. Au même moment, un chercheur est retrouvé mort, torturé, non loin d’un laboratoire syrien ultra-secret. En parallèle du parcours de Eddy, nous suivons aussi celui d’un tout jeune homme, de ses 14 ans où il assiste à la décapitation de son père biologiste sur la place de la Mosquée de Djeddah, pour avoir critiqué la famille royale d’Arabie Saoudite, jusqu’à l’âge adulte où devenu un musulman extrémiste et terroriste, il cherche le moyen de se venger de cette famille. Les attentats du 11 septembre vont lui donner une idée hallucinante pour attaquer et détruire indirectement la famille Saoud. Ainsi tout est en place, peu à peu la menace effroyable de crime contre l’humanité est réelle et Eddy rebaptisé du nom de code de ¨Pilgrim ou pèlerin en français, va avec son équipe formée par Ben, Battleboi et sous les ordres direct de la Maison Blanche se mettre en chasse. Mi homme de terrain, mi profiler, il va tout tenter, mettre toutes ses capacités intuitives, de psychologue, de combattant et d’intellectuel pour sauver le monde. Thriller d’action, humaniste et violent, sur fond de terrorisme international, dans des décors incroyables, c’est une course poursuite écrite en chapitres très courts ne vous laissant aucun moment pour respirer jusqu’à la dernière page. C’est un scénario de cinéma parfaitement adapté à la forme littéraire et qui ne tombe pas dans le piège où tombent beaucoup de scénaristes, de trop détailler et donc de donner les clefs de l’histoire trop tôt. Maîtrisé, jusqu’au bout, on aimerait une suite, tant on s’est attaché à tous les héros de cette aventure épique. Vivement conseillé donc ! Quatrième de couverture Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un zoologiste, père de famille, décapité en public sous le soleil d'Arabie Saoudite. Le directeur adjoint d'un institut médical énucléé en Syrie. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l'humanité. Et en fil rouge, reliant ces événements, un dénommé Pilgrim. Pilgrim n'existe pas officiellement. Sous ce nom de code se cache un homme qui, autrefois, a dirigé une unité d'élite des services secrets et qui, avant de se retirer dans l'anonymat le plus total, a écrit un livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Un homme rattrapé par son passé d'agent secret. Un thriller d'espionnage exceptionnel, mélange de Homeland et de Jason Bourne. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Grand Siècle Livre 1 l'Académie de l'Ether
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Grand Siècle Livre 1 l'Académie de l'Ether Johan Heliot Mnémos 2017 300 pages Historique Chronique 14 janvier 2018 Définitivement je suis fan des fictions de style steampunk et uchronique. Après La trilogie Steampunk de Paul Di Filippo l'année dernière, mélange d'époque victorienne et de SF formidable, j'ai entamé donc la nouvelle trilogie de l'Ether de Johan Heliot avec ce premier tome. Déjà l'auteur a fait sensation en 2016 avec La trilogie de la Lune, SF et Histoire de la littérature, à travers les œuvres de certains auteurs célèbres. Que ce soit Steampunk ou cet opus, on ne peut s'empêcher de penser fortement à Jules Verne, dont les deux auteurs sont les dignes héritiers. Cette fois ci, Alexandre Dumas est l'inspirateur de cette narration se déroulant sous le roi soleil autour de 1630 et en même temps dans un monde fantastique possible. Les deux sont articulés avec brio. La grande réussite de ce livre est la clarté et la simplicité d'écriture et de construction de ce récit. Comme Paul Di Filippo, Johan Heliot est d'une grande érudition, mais sans aucune fatuité, et on est émerveillé par la précision des faits relatés, l'extrême plaisir que nous prenons à lire ce roman historique et de science fiction. Cela pourrait être improbable et en réalité cela fonctionne parfaitement. J'adore littéralement ce doux mélange de réalité et de dinguerie. Génialissime ! Tout débute lorsque Louis XIV a 16 ans, nouveau roi aidé de son parrain Mazarin, pour se sortir de la guerre contre l'Espagne, des années de Fronde et de trahison familiale. Louis est en passe de créer une nouvelle manière de régner sans partage. Il est visionnaire, et c'est sur cette idée de prescience incroyable du jeune homme que la porte sur la SF va pouvoir s'ouvrir. Les évènements se déroulent chronologiquement avec tout d'un coup des décrochages ahurissants qui nous bousculent, puis nous amusent et nous réjouissent. Nous sommes dans ce siècle de grandes découvertes scientifiques, philosophiques, de questionnement sur les dogmes, les croyances. Le temps des lumières s'annoncent, grâce entre autres à l'une des figures majeures de la pensée mathématique, Blaise Pascal. Nous allons suivre plusieurs personnages : les enfants Caron, orphelins, arrivés de leur province ruinée pour s'établir à Paris chez un oncle de la mère, imprimeur et libraire. Mais aussi évidemment Louis entouré de la reine mère, Mazarin, et d'espions ou hommes à sa solde comme le policier La Reynie, nous allons accompagner l'aîné des Caron, Pierre, à la cours des miracles, sa sœur Jeanne dans le monde des imprimerie et des débuts du journalisme et de l'opposition à un pouvoir en place, du cadet Estienne chez Blaise Pascal, mais nous croiserons aussi des mousquetaires, des mendiants, des futurs ministres, et..... Et des intelligences venues de très loin .... Je suis sortie de ce livre avec un grand sourire, amusée et émerveillée comme une gosse dans un magasin de jouets, impatiente qu'on me raconte vite la suite des aventures de tout ce beau monde. Je vous le conseille avec chaleur si vous aimez l'Histoire, l'imaginaire, et une bonne dose de folie maîtrisée. Joyeuse ! Quatrième de couverture L'ambitieux lieutenant de frégate Baptiste Rochet présente au jeune Louis XIV une étrange météorite sphérique, rapportée de son dernier périple en mer. Médusé, le mathématicien et penseur Blaise Pascal y trouve alors une terrifiante source d'inspiration. Ses découvertes bouleverseront à tout jamais le destin du Roi-Soleil et de son royaume, ainsi que les vies d'une fratrie tentant d'échapper à la misère et impliquée bien malgré elle dans les drames à venir. Nobles comploteurs, inventions géniales de Pascal, imprimeurs libellistes, malfrats sans pitié de la cour des Miracles et mousquetaires désenchantés peuplent le théâtre d'un monde sur le point de basculer dans un Grand Siècle futuriste, entre ombre et lumière, entre la terre et les étoiles. Johan Heliot signe avec cette nouvelle grande trilogie chronique une fresque ambitieuse et passionnante qui interroge la grande histoire, le pouvoir de la science et les vies tourmentées de personnages inoubliables. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Glacé comme la mort
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Glacé comme la mort James Hayman L'Archipel 2016 391 pages traduites par Frédéric Brument Thriller Chronique 12 octobre 2017 Titre original « The chill of night ». Suite après le bestseller « L'écorcheur de Portland » des enquêtes policières du tandem Mike McCabe et Maggie Savage. Portland fin décembre 2006 / début 2007. Moins dix, sous la neige, Mike aimerait mieux aller au vernissage de l'exposition de sa petite amie Kyra peintre, que de devoir affronter le temps pourri pour rejoindre une scène de crime. Dans le coffre d'une BMW sur la jetée, repose le corps congelé d'une jeune femme nue. Pour Mike, c'est un bouleversement en raison de la ressemblance de la morte avec son ex femme. Dans sa bouche, la légiste découvre un papier sur lequel un extrait de l'ancien Testament du prophète Amos, chapitre 9, verset 10 : « Tous les pêcheurs de mon peuple périront par l'épée ». Bientôt, Maggie et Mike apprennent qu'il y aurait un témoin.... La course commence. Très classique, efficace, professionnel, peut-être trop en fait. Je l'ai lu sans être transportée plus que cela. Je trouve en revanche que les personnages sont psychologiquement bien campés. Quatrième de couverture C’est une nuit froide à Portland. Trop froide peut-être. On retrouve dans un étang une BMW avec dans le coffre, le corps gelé d’une jeune avocate. Dans sa bouche, un message portant une citation de la Bible. L’inspecteur Mike McCabe (qui enquêtait déjà sur les traces de L’Écorcheur de Portland) et Maggie Savage sont alors mis sur l’affaire. Et pour le détective, il n’y a aucun doute, il s’agit d’un tueur en série. La liste de suspects s’allonge au fur et à mesure de leur enquête : le patron de la victime, qui était également son amant, un ancien prêtre qui dirige à présent un foyer pour adolescents fugueurs, un beau-père violent, un étrange logeur… Seule une femme aurait été témoin du crime. Mais comment croire une malade mentale qui dit entendre des voix ? D’autant plus quand, à son tour, elle disparaît sans laisser de traces. Dès lors, il n’y a plus de temps à perdre pour l’inspecteur McCabe et son acolyte... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Et toi, comment vas-tu ?
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Et toi, comment vas-tu ? Lise Gauvin Editions des Femmes Antoinette Fouque 21 avril 2022 160 pages Historique Chronique 26 avril 2022 Cinq jours au chevet d'une mère qui part pour son dernier voyage. Cinq jours pour remonter le cours du temps jusqu'au XVIIe siècle, suivre la chaîne des femmes qui se sont succédées de Anne "fille du roi" de France envoyée au Québec, en passant par Rejeanne la grand-mère, Marianne la mère mourante et Viviane la fille bientôt orpheline. L'occasion de revivre une part de l'Histoire du Québec par les yeux de celles qui ont oeuvré à sa construction sans en être récompensées ni reconnues pour leur bravoure, leur courage au quotidien, leur ingéniosité face aux vicissitudes de la vie. Le destin de ces héroïnes oubliées est intimement lié à celui de ce pays qui ne fut pas tendre envers elles, pétri de religion bigote, de conformisme, de paternalisme. Qu'il fut long le chemin jusqu'à aujourd'hui, jusqu'au vote des femmes, au statut de citoyennes à part entière ! J'ai été étonnée et je m'interroge toujours quant au fait que l'autrice utilise le "je" pour les chapitres consacrés à Anne l'aïeule la plus éloignée, puis le "tu" pour Rejeanne la grand-mère, le "elle" pour la mère Marianne et enfin le vous pour Viviane, la narratrice de ces derniers jours de vie. Comme si celle-ci se sentait plus proche de sa lointaine ancêtre que de sa propre mère. Lise Gauvin sera en France du 10 au 20 mai 2022. J'espère pouvoir lui poser la question. Le sujet bouleversant de la perte d'une mère est ici traité avec délicatesse, le temps s'arrête dans cette chambre d'hôpital et en même temps se dilate pour englober toutes les femmes comme maillons de cette chaîne familiale. Des ombres qui deviennent silhouettes puis portraits animés. Des figures décrites en détails, dans toute leur complexité, leur imperfection, leur beauté courageuse. Quels que soient les regrets ou rancœurs, les incompréhensions, les tensions qui ont pu existé entre la mère et sa fille, le dernier soupir s'accompagne d'une question emplie d'amour peut être peu exprimé : "Et toi, comment vas-tu ?" Pour toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance d'avoir des parents dignes de ce titre, soyez vigilants à décrypter ces petites phrases qui sont autant de témoignages de tendresse et d'affection pudiques. Nous n'avons pas tous eu cette faveur du ciel et le plus triste, est de ne pas se sentir en deuil au décès de l'un ou l'autre, juste le sentiment qu'une page se tourne, finalement. Quatrième de couverture Au chevet de sa mère mourante, Viviane observe avec tendresse ce corps aimé qui, au fil des jours, s’éteint. Durant cinq jours, dans une atmosphère particulière, dense et sereine, Viviane repense à la vie de sa mère, Marianne, à celle de Réjeanne, sa grand-mère, puis à des moments de sa propre vie. Ces différents récits dans lesquels se lit en filigrane l’histoire, souvent ignorée, du Québec depuis la fin du XIXe siècle, s’entrecroisent et s’enrichissent mutuellement, dessinant une matrilignée discrète et forte. À eux se mêle l’histoire d’Anne qui, au XVIIe siècle, alors qu’elle n’est encore qu’une toute jeune fille, décide de prendre sa vie en mains et de quitter la France pour venir au Québec, fonder tout à la fois sa propre famille et construire un pays. Cette fille de roi, lointaine aïeule, devient ainsi la figure fantasmée de la première d’entre elles, comme l’origine de cette lignée de femmes. Dans ce roman à la sensibilité aiguisée et se gardant de tout pathos, Lise Gauvin, touchant des liens profonds, dresse un portrait de plusieurs générations de femmes. Elle révèle avec pudeur des personnages aux destinées et personnalités complexes et bienveillantes. Ainsi, comme un cadeau, les derniers mots de Marianne mourante adressés à sa fille : « Et toi, comment vas-tu ?». « Ma mère a toujours été très soucieuse de son apparence. Elle agençait ses vêtements avec un sens esthétique sûr, hérité de ses talents de peintre. Je l’avais amenée en promenade au jardin et avais pris une photo d’elle entourée des feuillages de l’automne. La qualité de la lumière, le décor automnal, les contrastes de couleur avaient transformé cet instantané en un portrait particulièrement réussi. J’étais partie rassurée pour ce court voyage. Nous nous reverrions dans un avenir prochain. » L.G. Et toi, comment vas-tu ? est paru au Canada en septembre 2021 aux éditions Léméac. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Et la guerre est finie
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Et la guerre est finie Shmuel T. Meyer Metropolis Genève Mars 2021 444 pages Nouvelles Chronique 5 mai 2021 Le coffret comprend : Les Grands Express Européens – Kibboutz – The Great American Disaster. Félicitations à l'auteur, à la maison d'édition et à Marie Hasse, sa directrice : en effet cet ouvrage a été couronné du Prix Goncourt de la nouvelle 2021. Un très bel objet, en premier lieu : en effet ce coffret est illustré des œuvres de Samy Briss. Puis la mise en page et la relecture soignées du texte sont à souligner. Le format de poche rend la lecture très agréable, facilitée, pour un sujet Ô combien douloureusement d'actualité : la Guerre et son absolue absurdité, de tous temps en tous lieux. Les conflits du XXe et XXIe siècles font écho à toutes les guerres stupides, amorales du passé pour lesquelles on envoie à la boucherie de jeunes hommes et femmes. Pour défendre quoi en définitive ? Une utopie, une politique, une révolution, un fantasme, une frontière artificielle, ou plutôt les intérêts de certains, criminels, ivres de plus de pouvoir et de plus de richesse.... ? Tous ces morts !!!!! Et si on en revient, comment survivre ? Comment vit-on avec le traumatisme de ce que l'on a vu, avec la culpabilité de ce que l'on a commis ? Comment exister alors que d'autres sont morts atrocement ? Comment reprendre une vie normale après les champs de bataille ou les camps de concentration ? Doit-on dire, raconter ou taire l'infamie, l'indicible ? Devienton pacifiste ou réclame-t-on vengeance, réparation ? Estimons-nous que nous pouvons alors prendre à nouveau les armes pour prendre à d'autres ce que nous pensons nous revenir ? Notre souffrance nous donne-t-elle tous les droits ? Ceux de devenir bourreaux ? Ou décidons-nous de nous battre contre le Mal avec des moyens différents qui sont la justice, la bienveillance, la paix entre les peuples ? En créant de la beauté, des œuvres d'art, des trilogies telles celle-ci, ne sommes-nous pas encore plus forts, puissants, constructifs que tous les sbires du diable ? Malgré la peine, la tristesse, les deuils, les traumatismes, être diffuseur de la lumière née des ténèbres n'est-il pas la plus magnifique réponse à la barbarie ? Trois continents, trois époques, trois guerres et toujours les mêmes conséquences, comme si le destin avait le hoquet, bégayait. Quand donc l'humanité comprendra-t-elle ? Trois nouvelles bouleversantes, analyses sans concession des actes de chacun, description tout en délicatesse et justesse de la fragilité de l'être humain, des sociétés, des utopies. Par le récit d'un voyage en train à travers l'Europe, en nous faisant suivre différents new-yorkais, ou en mettant nos pas dans ceux de kibboutzistes, Shmuel T. Meyer aborde l'horreur de la seconde Guerre Mondiale et de la shoah, puis l'iniquité de la guerre de Corée et du Vietnam pour enfin arriver à la situation en Israël aujourd'hui. Sur une bande-son jazzy somptueuse, tour à tour mélancolique, glamour, désespérée, tonitruante, électrisante, envoûtante, Shmuel T. Meyer affronte pour nous la peine incommensurable, le sentiment de perte des êtres aimés mais aussi des idéaux, la peur face à ce qui se profile à nouveau partout... C'est Beau, Puissant, Vibrant malgré le doute en la capacité de l'humanité à cesser les combats. Certains personnages sont récurrents dans chaque nouvelle, les portraits psychologiques qui nous sont offerts ici sont brossés avec rapidité, sagacité, perfection du geste. L'humour également joue sur l'auto-critique, sens du dérisoire et ironie douce ou acide. Alors pour ne pas être moi aussi pessimiste et désespérée, je m'accroche au bon sourire de l'auteur sur son portrait et à l'étincelle dans son regard. Et l'espoir renaît... Quatrième de couverture Trois recueils de nouvelles, trois continents dans ce livre-coffret d’une même itinérance, d’une même errance au travers des ruines d’un monde dévasté par les guerres. L’œil incrédule parfois mais la vision toujours percutante. Et dans une langue poétique, tranchante et lucide. Après les guerres de 40, de l’indépendance d’Israël ou de Corée, les personnages que l’on croise au fil des pages, certains que l’on retrouve de nouvelles en nouvelles, d’autres qui disparaissent dans la brume d’une existence désaffectée, nous font entrevoir combien, après les guerres, il y en a d’autres encore, intérieures et secrètes et bien plus pernicieuses. Reprenant une pérégrination entreprise dans Les Villes n’ont pas de toit (Gallimard), Shmuel T. Meyer nous offre dans ce travail de cinq années, une mosaïque de portraits de femmes et d’hommes confrontés à l’histoire et à leur impuissance à la contrarier. On y retrouve ses thèmes de prédilection – l’injustice, le racisme, l’incommunicabilité, mais aussi l’amour, le jazz et une nostalgie qu’il dessine avec humour et cruauté. Retenu parmi les 100 livres du moment par France Inter. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Entre les notes de Bach
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Entre les notes de Bach Jean-Pierre Grivois Héloïse d'Ormesson 2016 349 pages Historique Chronique 13 mars 2020 J'avais déjà lu ce livre à sa sortie et je suis heureuse de l'avoir repris. Bach fait partie intégrante de ma vie, de mon passage à la conscience de moi-même, enfant, grâce à des découvertes pianistiques de partitions magnifiques qui ont élargi mon coeur. Je m'élève et me ressource grâce à cet homme que je considère comme fondamental, comme un membre de ma famille de pensée, de sentiments. Un proche donc. Maestro Harnoncourt dit que la musique ( ou l'art) est le cordon ombilical qui relie l'homme à Dieu. Je crois fondamentalement en cette phrase en remplaçant Dieu par ce que vous voulez... "Plus grand que nous", « l'architecte », etc... La musique de Bach est organique, elle est liée au pouls interne, à la vie, dans ce qu'elle a de plus essentiel. J'ai eu la grande chance de découvrir la Passion selon saint Jean dès mes dix ans, je faisais le service d'ordre pour les concerts de la Sorbonne. J'ai donc enregistré par toutes mes fibres cette œuvre et ce fut une des premières que j'ai apprise en cours de chant. Ce que j'aime aussi chez Johann Sebastian Bach c'est son intégrité, sa foi réelle et honnête, son sale caractère, son intelligence folle, sa vision de la musique qu'il dessine devant ses yeux dans des moments de transe, sa capacité à être accessible et aimant avec son entourage, bien qu'il soit surdoué, un vrai génie. J'adore ses obsessions pour les chiffres, sa tendresse pour sa famille et ses deux femmes, sa ténacité, son courage, sa mauvaise foi. Je comprends sa profonde conscience de sa mission sur terre, transmettre la parole divine par la musique en luthérien convaincu. J'admire son abnégation pour la mener à terme, même en fin de vie, devenu aveugle. Je suis reconnaissante pour tous les ouvrages de méthodes qu'il écrivit pour nous tous, instrumentistes. Quel bel héritage ! Cet homme est la Musique ! Imparfait, conscient de ses qualités et limites, capable d'apporter son aide aux autres pour leur épanouissement personnel et musical... Il se refuse à commettre des opéras pendant de longues années et pourtant il admirera profondément "Cleofide" de Hasse interprété par la célèbre soprano Bordoni. Il s'intéresse aux productions des compositeurs étrangers et s'en inspire. Il reste moderne et en avance sur son temps, faisant grincer les dents de ceux qui ne peuvent comprendre, envisager ses compositions construites comme des cathédrales à la gloire de Dieu. Il combat les piétistes, ultra luthériens contre la musique vue comme perversion. Il se bat contre l'absurdité des règles administratives, contre les injustices imposées par ses employeurs successifs et chaque fois, après un moment de désespérance, il repart en guerre. Je l'aime ! Il est dans mon ADN musical et artistique, il m'a fait grandir, m'a consolée, m'a bouleversée. Cet homme est éternel comme beaucoup d'autres tels Pergolèse ou Haendel... Une très belle longue lettre de Johann Sebastian Bach, vous est donc adressée grâce à ce roman. Une réussite ! Quatrième de couverture Qui n'a jamais rêvé d'entrer dans l'intimité d'un prodige ? Du sublime au quotidien, Bach nous raconte son enfance en Thuringe, son entrée à la cour du duc de Weimar et son amitié avec le prince d'Anhalt-Kothen, ses deux épouse ainsi que ses vingt enfants. Entre les notes de Bach est une extraordinaire investigation musicale et romanesque aussi érudite que vivante où Jean-Pierre Grivois se glisse dans la peau du maître des pièces pour orgue, des concertos et des passions, afin de recréer le quotidien du Cantor de Leipzig et de ressusciter la musique d'une époque. On touche au mystère de l'art. Jean-Pierre Grivois a dirigé jusqu'à sa retraite une entreprise d'équipements muséologique. Organiste amateur, il a travaillé sur Bach pendant plus de quinze ans avant de réunir ses recherches dans cette somme, manières de mémoires romancés. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ecrire en deuxième division
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ecrire en deuxième division Jeff Sourdin La Part Commune 2017 158 pages Chronique Chronique 17 juillet 2018 Finaliste pour le Prix Ligue de l'Imaginaire-Cultura de septembre 2018.Ecrit avec le concours de la Région Bretagne et de la ville de Rennes, en petit format pour un livre qui a tout d'un grand. Heurs et malheurs d'un écrivain de seconde catégorie, « Rubempré pour vous servir », chroniquant joyeusement sa vie et celle de ses collègues du CASS ou Confrérie des Auteurs Sans Succès, les faire valoir des autres peu nombreux, les stars au box office littéraire. Entre lettres de refus des maisons d'édition, salons du livre de « Rentrées-les-Oies » ou « Verrues-les-Genoux » au fin fond de la province, des séances de dédicaces sans lecteurs à l'organisation du Premier Prix imaginé, avec à propos, par le CASS, des interviews improbables aux bonnes âmes comme le boucher qui méprise votre métier qui n'en est pas un, de vos activités nourricières d'ateliers d'écriture ou d'écrivain publique à la propension municipale de vous penser corvéable à merci, de la fanatique fermière en pleine montée de sève au petit éditeur admirable aussi pauvre que vous, qui supporte tout de vous, et vous cache avec délicatesse le nombre des invendus, mais surtout de la passion toujours et encore d'écrire, d'inventer, de se remettre, cent fois, mille fois, à l'ouvrage comme tout bon artisan de l'ombre, qui peut-être finalement ne supporterait pas la réussite et les Sunlights, trouvant sa situation d'entre- deux confortable et satisfaisante. Sans parler évidemment de l'espoir de gagner un Prix Littéraire d'automne, saison particulièrement propice au début de la notoriété, parceque, il faut tout de même le dire, l'avouer, on est aussi pourvu d'un large melon et d'un ego de la même taille. On relit sa propre biographie avec délectation et autosatisfaction, histoire de ranimer une flamme qui pourrait s'éteindre. Pathétique mais avec panache, drolissime et inquiétant, attendrissant et tête à claques, clairvoyant qui ne cesse de s'aveugler, car : « L'écrivain est un employé de bureau comme les autres. C'est un employé qui s'est octroyé le droit de rêver. À sa table d'écriture, il file la comète et compte les étoiles. Vagabonde. Nez au vent. Oscille entre deux mots, entre deux mondes. Remonte le temps, retourne en enfance, inspecte la mémoire. Il aime vivre dans le passé, le présent, le futur même si tout finit toujours à l'imparfait. » Ce texte brillant et à propos, loin d'être lui imparfait, surtout en cette joyeuse période où la liberté de penser et d'apprendre est mise à mal, faites-en donc un succès de librairie. Faire rire et réfléchir doit toujours être récompensé. Un grand merci à La Part Commune. Quatrième de couverture Entre fantasme et résignation, rêves de gloire et inévitables déboires, l'écrivain de deuxième division se demande si le bonheur d'écrire ne se cache pas à l'abri du succès. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ecoutez nos défaites
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ecoutez nos défaites Laurent Gaudé Actes Sud 2016 256 pages Roman Chronique 22 avril 2019 Toujours aussi difficile de rédiger un texte après avoir terminé un des livres de Laurent Gaudé... Trop peur évidemment de ne pas être à la hauteur. Je prends mon courage à deux mains après l'émission de La Grande Librairie de ce soir du 24 avril 2019 consacrée à la beauté et à l'art. Il n'y a pas de hasard... Beauté en effet du verbe, des images, du thème traité si délicat, si émotionnellement difficile, de la tragédie non antique mais simplement humaine, de l'aptitude que nous avons depuis toujours à créer la magnificence, la perfection, la magie, la vie, comme la destruction, la douleur, la mort. Cri d'extase ou d'horreur, lumière ou ténèbre, paix ou guerre, voilà ce qu'est pour moi ce roman fabuleux. Et puis un formidable rappel que l'art, la beauté sont des armes pacifiques d'une grande puissance. Espoir ! Vous rappelez-vous les images de la destruction des hauts lieux historiques du Moyen-Orient par Daesh en 2015, la stupeur, l'incompréhension face à ce geste barbare d'anéantissement de monuments, de la grandeur, de l'histoire, la nôtre et la leur... de toute trace de civilisation... La violence extrémiste ne peut croître que sur l'ignorance, l'amnésie.... Face à cela a été organisé depuis toujours le sauvetage de ce patrimoine mondial, la récupération des œuvres, des objets pillés, par les équipes de spécialistes mandatées par Interpol, l'UNESCO etc... Des archéologues vont alors sur ces zones de guerres passées ou présentes pour pister, enquêter, reprendre. Les archéologues cette fois ne pillent pas les lieux de fouilles pour remplir les musées mais pour rendre légitimement à un peuple, à une terre son histoire, ses origines. Un drôle de métier tout de même que celui d'archéologue, qui m'a toujours fascinée, mais qui effectivement induit l'idée d'ouvrir des tombes, des lieux cachés, pour les désacraliser...et qui cependant permet également d'avoir un recul sur l'histoire de l'humanité, peut-être d'en tirer des enseignements, des leçons, pour ne pas indéfiniment reproduire les mêmes crimes, les mêmes coupables erreurs. Espoir ! En ces heures où nous sommes tellement informés de toutes les catastrophes sur notre planète, où chaque monstruosité est photographiée, filmée, où nous avons conscience, au contraire de nos aïeux, que la paix ne règne nulle part, que la guerre ouverte ou larvée est gagnante toujours, ou la fureur gronde, où nous sommes terrorisés face à l'irresponsabilité ou l'inhumanité de certains condamnant tous les autres au drame, où je l'avoue je pense qu'en finir serait préférable, tout d'un coup un texte tel que celui-ci remet en exergue ce qui est fondamental et nous replace, nous insignifiant, dans la perspective des siècles et des millénaires, face à ce qui nous dépasse, nous survivra, nous fait réentendre les voix du passé... Il n'y a pas de défaites, il n'y a qu'un long apprentissage de l'essentiel. Espoir ! La construction chorale de ce roman favorise notre essoufflement, notre envie d'aller au bout de la démonstration, de savoir ce que ces échos entre hier et aujourd'hui vont provoquer dans la vie des deux héros. Magnifique texte qui nous renoyaute, nous retisse les uns par rapport aux autres. Je me sens pleine de gratitude pour l'auteur, heureuse de pouvoir simplement voir la couverture de ce roman dans ma bibliothèque. Quatrième de couverture " Il a mené des opérations pour les renseignements français de Bamako à Genève, de Beyrouth à Tanger. Il a vu des régimes tomber, des peuples se relever, des hommes mourir. Aujourd'hui, Assem Graïeb est fatigué. La mission qu'il accepte est peut-être la dernière : retrouver un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de trafics. À Zurich, Assem croise Mariam, une archéologue irakienne qui tente de sauver des œuvres d'art dans la zone dévastée du Moyen-Orient. En une nuit, tous deux partagent bien plus que quelques heures d'amour. En contrepoint de cette rencontre, le récit fait retentir le chant de trois héros glorieux : le général Grant écrasant les confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l'envahisseur fasciste. Mais quand une bataille se gagne au prix de vies fauchées, de corps suppliciés, de terres éventrées, comment prétendre qu'il s'agit d'une victoire ? Évocation tremblée d'un monde contemporain insondable, « Écoutez nos défaites » compose une épopée mélancolique et inquiète qui constate la folie des hommes et célèbre l'émotion, l'art, la beauté- seuls remèdes à la tentation de la capitulation face au temps qui passe. " Espoir ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ecorchures
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ecorchures Tess Gerritsen Presses de la Cité et Libra Diffusio 2017 349 et 400 pages traduites par Valérie Malfoy Thriller Chronique 25 décembre 2018 Titre original étant « Die Again ». Grâce à cette auteure, j'ai toujours la chance de profiter de quelques heures de lecture intelligente, futée, pleine de suspense, toute à la joie de retrouver l'inspecteur Jane Rizzoli et le docteur Maura Isles, médecin légiste, à Boston. Version bien plus sombre et dense que la série télévisée fun et glamour. Cependant on reconnaît certains éléments caractéristiques de chacune présents dans les écrits. L'originalité de ce dernier opus est de débuter bien loin des USA, au Botswana en pleine brousse, lors d'un safari découverte auquel se sont inscrits Millie libraire, la narratrice, et son compagnon Richard, célèbre écrivain de thrillers d'action en Angleterre, un couple de japonnais typique, deux blondes sud-africaines et Eliott, jeune homme timide qui les a suivies. Un guide Johnny et un pisteur Clarence complètent ce groupe hétéroclite. Millie déchante, son couple est au bord de la rupture, Richard étant de plus en plus insupportable, prétentieux narcissique juste intéressé par le décolleté d'une des 2 jeunes femmes et toujours à vouloir prouver qu'il est un mâle Alpha. Johnny, tranquille, serein, impose son autorité pour éviter toute erreur qui pourrait dans ce contexte devenir fatale. Des animaux sauvages les cernent, le danger est réel. Soudain tout bascule dans l'horreur, la mort a frappé ... Boston. Un chasseur et taxidermiste célèbre, Leon Gott est retrouvé égorgé, attaché par les pieds et éventré dans son garage. Dans sa maison trônent des trophées plus macabres les uns que les autres. Des griffures très régulières sont visibles sur le cadavre. Peu de temps après, un autre corps est découvert présentant les mêmes griffures. Rizzoli et Isles pensent que les meurtres sont liés, mais faut-il le prouver. Elles vont devoir fouiller dans la vie de Gott et de la nouvelle victime pour y trouver un point commun.... Des preuves dans les poubelles du garage orientent bientôt leur pas vers le zoo.... Elles ne savent pas encore que l'Afrique les attend avec ses mystères. Un très bon thriller, où Maura se bat contre ses propres parts d'ombre, où Jane doit lui témoigner toute sa confiance même si ses théories lui semblent incroyables. Leur amitié est forte, elles doivent la préserver à tout prix, quelques soient les horreurs et les monstres à affronter. Un tandem féminin particulier transformé en chasseresses traquant un monstres. La survie d'une femme terrorisée et hantée par le passé est entre leurs mains Quatrième de couverture La chasse est ouverte ! Le taxidermiste et amateur de chasse Leon Gott est retrouvé sauvagement assassiné, son cadavre pendu par les pieds parmi les trophées d'animaux sauvages ornant sa maison de Boston. Quelques jours plus tard, les restes d'une deuxième victime portant des griffures similaires sont découverts. L'inspecteur Jane Rizzoli et le Dr Maura Isles, médecin légiste, comprennent que les meurtres sont liés. Pour débusquer le prédateur qui hante la ville, Jane et Maura devront reprendre une partie de chasse commencée six ans plus tôt : au Bostwana, des touristes participant à un safari avaient tragiquement disparu les uns après les autres. Parmi eux, le fils de Leon Gott... Et si la traque avait repris à Boston ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Déjeuner en paix
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Déjeuner en paix Charlotte Gabris Cherche Midi Janvier 2020 208 pages Roman Chronique 7 février 2021 Très joli livre, attention pas joli dans le sens mignon, non plutôt dans le sens de délicat, onirique, intelligent, pertinent, inventif, en résumé un livre "médicament" très bien écrit qui remonte le moral en cette période hivernale, en ce dimanche gris, en ce moment où déjeuner en terrasse à Paris au soleil en paix devient un fantasme de femme et d'homme, alors que des revendications variées se multiplient. Un talent pour croquer des portraits avec humour sans tomber dans la caricature, pour manier l'auto-dérision mais aussi l'auto-bienveillance. J'ai d'abord pensé au sketch « La drague » avec Sophie Daumier et Guy Bedos, le couple tendrement enlacé pendant un slow, ici au son du titre éponyme de Stéfan Eicher de 1991, extérieurement amoureux et dont on entend les pensées réelles hilarantes... Idem donc entre ces deux femmes presque du même âge qui ont décidé de déjeuner à cette terrasse. L'une vient d'arriver sur la capitale, n'est pas très sûre d'elle et cherche à tromper sa solitude en s'offrant ce repas au soleil. L'autre a donné rendez-vous à son compagnon Étienne à cet endroit après une nuit de dispute de couple mémorable. La présence de la première est immédiatement repérée par la seconde en arrivant sur place, et inversement. Et évidemment chacune a un avis très tranché et critique sur cette voisine dont la vue provoque un malaise et une remise en question. Chacune transfère sur l'autre ses peurs, la conscience de ses limites, son envie de gagner, d'être meilleure que celle avec qui la société et l'éducation nous mettent en concurrence depuis l'enfance.... Tout est furieusement juste, caustique, acide pour soudain nous surprendre, nous émerveiller d'avoir été si bien comprises et menées où l'auteure voulait nous conduire. Je finis ce premier roman bluffée par sa maîtrise et un grand sourire sur les lèvres. Un texte qui serait formidable en spectacle également, aussi vif et percutant qu'un stand up. J'ai repensé en fermant ce livre à une oeuvre puissante et bouleversante de Gustav Klimt....mais je ne peux en dire plus.... Donc beaucoup de rire et finalement une très belle surprise de scénario totalement imprévisible et d'une grande poésie. Pour tous, évidemment. Quatrième de couverture Paris. Une terrasse. Deux femmes. Paris, une terrasse de café ensoleillée. C'est l'heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue. Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre. Deux femmes qui n'ont a priori rien en commun. Si ce n'est que l'une et l'autre se regardent, se jaugent, se moquent. Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d'assurance et d'aplomb ? se demande la première. Peut-on boire un verre de vin en trinquant... avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde. Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ? Charlotte Gabris s'amuse ici de la rivalité féminine avec malice. Et si nous essayions, nous aussi, de déjeuner en paix ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















