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  • La Seconde Guerre mondiale sous le regard de la presse de Munich à Nuremberg | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Seconde Guerre mondiale sous le regard de la presse de Munich à Nuremberg Pascal Roblin De Borée Beaux Livres 28 octobre 2021 256 pages Document Chronique 14 décembre 2021 Préface de Henri Pigeat, version illustrée. (Metteur en page : Pascal Miara - Iconographie : principalement issue des collections du Centre de la Presse). Gratitude extrême envers Pascal Roblin qui réalise là encore un tour de force en rassemblant de tels documents, nous offrant ainsi un rappel édifiant de ces heures terrifiantes de notre histoire de France et brossant un portrait unique de la Presse de l'époque. Un travail colossal au service de la vérité, une organisation visuelle de l'ouvrage au cordeau, d'une grande clarté, la mise en page mettant face à face 1/les reproductions de coupures de journaux et autres documents 2/ l'analyse poussée et la recontextualisation des évènements décrits par les journalistes dans la chronologie historique. Il m'a fallu beaucoup de temps pour lire attentivement ce très beau livre qui, en plus d'être une oeuvre de référence sur le sujet, devient page après page, bouleversant, terrifiant, émotionnellement sidérant, dur à encaisser.Il m'est impossible de ne pas faire la liaison immédiate entre cette époque crépusculaire et celle que nous vivons aujourd'hui. Cela fait maintenant vingt mois que certains d'entre nous donnent l'alarme, désespérés de voir les signes évidents du retour du malheur, de la "peste", de la dictature.Cela fait des mois que des journalistes indépendants se sont engagés, comme leurs prédécesseurs résistants, à diffuser la vérité, à la rechercher partout, à se mettre en danger. Des journalistes, dans le plus noble sens du terme, qui refusent d'être à la botte d'un gouvernement. La Presse indépendante jouant son rôle véritable de quatrième pouvoir. On ne sort pas indemne de ce très beau livre, mais on n'en sort fort d'un nouvel enseignement, d'un nouvel espoir en ce que la lumière est toujours triomphante. Mais combien de victimes ?Des ténèbres où nous sommes plongés peu à peu, ce document exceptionnel peut nous en extirper en nous donnant la force de ne pas baisser les bras, de nous battre comme nos prédécesseurs. Nous sommes en état de guerre mondiale, insidieuse, vicieuse, perverse. Nous avons l'avantage de connaître le passé, tirons-en les leçons, inspirons-nous des héros d'hier, soyons leurs dignes héritiers et restons unis. Quatrième de couverture « Trois ans après la parution de son premier ouvrage, La Grande Guerre sous le regard de la presse, Pascal Roblin récidive avec un nouveau livre, qui prolonge le précédent. Son titre : La Seconde Guerre mondiale sous le regard de la presse. À travers les revues et les journaux de l'époque, l'auteur revisite les moments marquants de ce conflit mondial, de cette période noire de notre histoire, depuis l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933 jusqu'aux condamnations des responsables nazis au procès de Nuremberg en 1946. Des prémisses du conflit à ses conséquences... On y retrouve les étapes principales et importantes de la guerre, mais aussi les faits marquants qui se déroulent en France entre le début du conflit et la Libération : « la drôle de guerre », « la débâcle », l'armistice, la collaboration, le statut des Juifs, le S.T.O, les Chantiers de la Jeunesse, la Résistance, la S.N.C.F., le sport, la mode, la vie culturelle, la publicité, etc. C'est l'occasion surtout de retrouver la presse au cours des différentes phases de ces bouleversantes années : la presse d'avant le conflit, la presse qui couvre le début de la guerre, la presse qui collabore avec l'occupant ou avec le régime de Vichy, enfin celle qui va naître dans le maquis pour s'épanouir à la Libération. Grands quotidiens parisiens ou régionaux, hebdomadaires ou revues politiques, magazines féminins ou sportifs, publications pour la jeunesse, petits journaux locaux, feuilles de la Résistance, etc. : Pascal Roblin a sélectionné plus de 120 périodiques rares, souvent oubliés ou inconnus, principalement issus des collections du Centre de la Presse. Un impressionnant travail de recherches qui a permis de remettre sous l'éclairage d'aujourd'hui cette mémoire de papier fixée noir sur blanc, et de redonner vie aux acteurs d'une période majeure de l'histoire mondiale. » Henri Pigeat signe la préface de ce livre. Actuel directeur de la Lettre d'Illissos (chronique politique mensuelle - papier et Web), il a été pendant sept ans le PDG de l'Agence France-Presse et professeur associé à l'Université Paris II Panthéon Assas pour l'enseignement du droit des télécommunications et de l'éthique de l'information. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La salle de bal | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La salle de bal Anna Hope Gallimard Du Monde Entier Juin 2017 387 pages traduites par Élodie Leplat Historique Chronique 13 novembre 2017 Une grande histoire d'amour où tous nos sens sont en éveil, où la tête tourne, où l'urgence prime, ou toucher l'autre ou le sentir est vital autant que de respirer. Un miracle qu'on attend plus, qui suspend le temps, qui efface les barrières, où l'horizon est le regard de l'autre, où le cadre, l'endroit ne comptent plus, où l'espoir et la liberté renaissent. Donc Ella Faye la fileuse de laine dans une des fabriques du coin et John Mulligan irlandais qui a tout perdu, sa fille décédée puis sa femme, se rencontrent à l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, en hiver 1911. Elle vient d'y être internée pour hystérie après avoir seulement brisé une vitre de la filature. Elle tente de s'échapper de cet enfer et tombe sur John et son ami Dan creusant des tombes. John après avoir été mis dans un hauspice pour démunis suite au drame, a été enfermé depuis cinq ans dans cette institution pour soigner sa mélancolie. Trois autres personnages vont compter dans ce récit : Dan Riley le tatoué et manouche généreux et libre, Clem Church, jeune fille de bonne famille éduquée et suicidaire en rupture avec la société, et enfin, Dr Charles Fuller, falot, faible, homosexuel qui veut s'ignorer, musicien, ayant soif de reconnaissance de ses pairs, fidèle lecteur de la Eugenics Review. Nous ne sommes pas dans un roman de SF ou de fantastique, et c'est là le plus grave, nous sommes bien dans un contexte historique où quelques détails comme le nom de l'asile par exemple ont été changés, mais où les faits sont vérifiables. Un projet de loi sur les faibles d'esprit doit alors être voté et le sera deux ans plus tard sous le nom de Mental Deficience Act, autorisant la ségrégation des " faibles d'esprit ", y inclure les pauvres, les accidentés de la vie, les femmes hystériques, les différents. Heureusement une clause n'a pas été retenue, celle de la stérilisation des hommes et femmes des plus basses couches de la société afin qu'il disparaissent et que l'Angleterre soit purifiée. Ce fut fait par les nazis puis par leurs adeptes jusqu'en 1950 dans certains pays nordiques. Relire le dossier 64 de Jussi Adler Olsen. Nous sommes ici dans une société corsetée post victorienne, Georges V va être couronné, les émeutes et les grèves se multiplient à Liverpool et ailleurs, le peuple gronde, on ne maîtrise pas encore les avancées scientifiques dont on ne sait comment les adapter à la pensée du XIX eme siècle s'éternisant, Charles Darwin a bouleversé tous les codes et croyances , son fils préside le congrès de la société d'eugénisme, des stérilisations ont déjà eu lieu aux États-Unis, et le ministre de l'intérieur Winston Churchill en est totalement partisan. Tout cela semble être un mauvais trip, incroyable, inenvisageable. Notre Dr Fuller, doux, faible, appliquant des méthodes de musicothérapie avant l'heure, va se transformer au fil de l'histoire en raison de sa lâcheté à s'assumer comme homme, face à un John d'une telle virilité évidente, un beau "spécimen" comme il nomme tous les hospitalisés, en un monstre, un extrémiste dangereux plein de haine et de rancœur. S'il avait su, lui le chef d'orchestre, ce que la mise en place d'un bal tous les vendredi soir dans une des salles fabuleuses de l'asile, allait générer, seul lieu de rencontre entre les femmes et les hommes internés, peut-être y aurait-il réfléchi plus longuement. L'espoir, l'amour, sont des armes puissantes rendant tout possible. Un des plus beaux livres de cette rentrée littéraire, poignant, lumineux et nécessaire, en ces temps troublés de retours en arrière en bien des domaines où nous pensions avoir progressé. Une magnifique écriture, des descriptions à couper le souffle des sensations, des paysages, une empathie totale tant physique que spirituelle avec les acteurs ; j'ai vu ce roman se dérouler sous mes yeux émerveillés comme un splendide film historique de passion amoureuse. Cette fausse fiction nous appelle à la vigilance, : gardons notre humanité intacte, protégeons l'égalité des hommes, redistribuons vite les richesses. À lire absolument ! Quatrième de couverture Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un "mélancolique irlandais". Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John. Après Le chagrin des vivants, Anna Hope parvient de nouveau à transformer une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Deux femmes dans la tourmente | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Deux femmes dans la tourmente Teresa Messineo Mon Poche 3 septembre 2020 440 pages traduites par Silke Zimmermann Historique Chronique 7 novembre 2020 « l'Éternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit. » Exode Je suis sortie de ce livre exceptionnel sidérée par l'histoire racontée, par tout ce que nous ignorons encore sur les circonstances de vie des femmes pendant la Seconde Guerre Mondiale, par le silence qui fut imposé à certaines des infirmières américaines vétérans pendant 60 ans donc jusqu'en 2005 (!!!!), par la reconstitution admirable menée par Teresa Messineo dans ce premier roman terriblement beau. Quelle réussite ! Quel travail de mémoire accompli ! Je suis allée rapidement, dès la dernière page tournée, sur internet : je vous conseille la page wikipédia sur " United states Navy Nurse Cops" ; vous y trouverez tout l'historique de ce corps d'infirmières militaires imaginé au début du XIXe siècle mais qui sera effectif en 1861. Sur deux fronts, grâce aux personnages charismatiques de Jo et Kay, l'écrivaine nous offre un tableau choquant, ultraréaliste, inoubliable de ce que durent traverser, supporter, voir et faire ces véritables héroïnes, guerrières luttant contre l'ennemi universel : la Mort. Leur engagement est total, surhumain, et ainsi les limites imposées aux femmes par la société patriarcale explosent littéralement. Ainsi peuvent-elles prouver leur aptitude, leur maîtrise tant sur le plan médical, technique que psychologique. Jouant tous les rôles, en dehors de toute considération de genre, sur les champs de bataille ou dans les camps de concentration japonais, elles ressortent de l'enfer pour recevoir des médailles bien insuffisantes, une reconnaissance réelle et bouleversante de la population, des séquelles post-traumatiques gravissimes, mais aussi l'ordre de se taire et de rentrer dans les rangs. Après tout, elles ne sont que des femmes... La guerre fut ignoble, la paix l'est aussi par bien des aspects... Certains hommes ont la mémoire courte .... J'ai été presque commotionnée par ce roman, sidérée et révoltée par les descriptions des camps japonais où cruauté et inhumanité n'avaient rien à envier aux camps nazis. Soyons Ô combien pleins de gratitude et d'admiration pour ces infirmières.... Un roman exceptionnel, sidérant, à lire absolument. Je n'en suis pas remise. Quatrième de couverture Jo et Kay se sont rencontrées à New York au cours de leurs études d’infirmières à la fin des années 30. Désireuses de partir à l’aventure, les deux jeunes femmes se sont engagées dans la Seconde Guerre mondiale avec les Alliés. Après une traversée de l’Atlantique mémorable et de nombreuses péripéties en Europe et en Afrique du Nord, Jo est envoyée en France où elle se retrouve à superviser un hôpital de fortune. De son côté, Kay est envoyée à Hawaï. Après une parenthèse amoureuse enchantée sur les plages de sable blanc, elle voit sa vie virer au cauchemar après l’attaque de Pearl Harbour. Dans l’horreur absolue des corps mutilées, de la maladie et de la famine, chacune s’accroche à sa vocation, mais aussi à l’amour et à l’amitié, pour trouver la force de supporter l’insupportable. L’espoir sera-t-il plus fort que la mort ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Will le Magnifique | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Will le Magnifique Stephen Greenblatt Flammarion 17 septembre 2014 480 pages traduites par Marie-Anne de Beru Historique Chronique 8 novembre 2017 Difficile pour moi de trouver une biographie de William Shakespear qui me plaise. Celle-ci est le coup de coeur des bibliothécaires de la ville de Paris donc déjà un bon point, et je viens de lire le formidable "Quattrocento" du même auteur, donc j'étais en sécurité. Il est ardu d'écrire sur l'intimité d'un homme qui n'a laissé que très peu de lettres ou témoignages. La grande chance est qu'en cette fin du XVIe siècle, les anglais étaient très procéduriers. Donc restent tous les actes notariés, judiciaires, municipaux etc... Ajoutons à cela les pièces et sonnets du poète dramaturge et Stephen Greenblatt peut alors, sous forme d'enquête presque policière et d'analyse psychologique fine, nous brosser le portrait de ce Will magnifique et incontournable de la culture universelle. C'était un tel bonheur tous les dimanches, enfant, de voir ses pièces parfaitement traduites et interprétées à la télévision. Aujourd'hui comme chanteuse lyrique j'apprécie encore plus sa contribution inspiratrice aux oeuvres de Verdi, Haendel, Berlioz, Donizetti, dont j'incarne les héroïnes fabuleuses. Une carrière courte et dense, une oeuvre incroyable après une enfance à Stratford-upon-Avon, dans une famille probablement catholique, ayant appris le latin à la grammar school où l'avait envoyé ses parents, John et Mary Shakespeare, eux-mêmes ne sachant pas écrire ; on suppose qu'il fut secrètement précepteur dans une famille catholique puis qu'il travailla avec son père gantier. Mais sa passion du théâtre naît vraisemblablement lors des représentations données par des troupes de comédiens itinérants dans son village, puis les grandes festivités organisées lors de la tournée d'Élisabeth 1ere dans toute l'Angleterre et non loin de chez lui. Ainsi a-t-il été certainement assuré de ses ambitions futures. De plus, édile et propriétaire, donc personnage important et notable, dont la femme Mary était un membre d'une riche lignée catholique, les Arden, John a fait de mauvaises affaires, et on suppose a eu également des problèmes d'alcool ; donc il est ruiné se terrant chez lui pour échapper à ses créanciers, son fils doit travailler. Entre temps à moins de dix neuf ans, William se marie à Anne Hathaway, bien plus âgée que lui, mais enceinte. Ce ne sera pas une alliance heureuse, loin s'en faut, comme le démontre les termes du testament de Will qui laisse tout à ses deux filles et rien à son épouse. En attendant nous voici à l'aube du XVIIeme siècle, dans une société elisabethaine se relevant tout juste du court règne de bloody Mary la catholique, pour revenir à la religion anglicane, dans un climat de suspicion entre catholiques et protestants, bien que la reine n'exige de ses sujets que leur présence une fois par mois au culte et est, somme toute en son début de règne, assez tolérante ; un monde aussi menacé en permanence par cette peste bubonique qui se réveille soudain et décime la population. Donc nous nous apprêtons à suivre William à Londres, laissant derrière lui sa femme et ses trois enfants chez ses parents pour poursuivre son destin. Je suis persuadée que des connaisseurs plus aguerris que moi de l'oeuvre de Shakespeare seront ravis de cette biographie. Je le fus aussi, heureuse également des illustrations et de la découverte de la vie intellectuelle et artistique de l'époque. Stephen Greenblatt décrit parfaitement ce monde, ses us et coutumes, son rapport aux divertissement, à la mort, à l'amour, au mariage, à l'homosexualité, à la Reine, à la religion, à la justice.... par le biais du destin de William Shakespear. Un très bon reportage ou enquête dans ce Londres de cette fin XVIe et début XVIIeme siècle. Will est vraiment le magnifique, tant par son talent incroyable, son humanité, son humour, son originalité, une énigme un peu dévoilée mais non totalement résolue. Quatrième de couverture Qui était Shakespeare ? De l’homme, rien ou presque n’a survécu. Seule l’œuvre a traversé les siècles. Se pourrait-il qu’elle éclaire une partie de ce mystère que le dramaturge semble avoir délibérément entretenu ? Stephen Greenblatt le croit. Et avec sa tranquille érudition nous en offre une lecture passionnante, la confrontant à l’histoire du XVIe siècle élisabéthain et aux plus récentes découvertes. La voix de Shakespeare est alors si présente, l’Angleterre décrite si vivante qu’elles donnent à l’ouvrage une saveur d’autobiographie. Le monde dans lequel le dramaturge a grandi revit sous nos yeux, les rites et les traditions, les travaux des jours et des saisons, les expériences sensorielles et émotionnelles. On découvre avec étonnement comment s’est forgé l’imaginaire de l’artiste, de quels souvenirs son œuvre est pétrie, quelles associations d’idées sont à l’origine d’un vers ou d’une scène, comment cet homme, qui a fui sa province natale et le métier de gantier qui lui était promis, a transformé sa vie, sans appui ni héritage, en une incroyable success story. Mais le portrait serait incomplet s’il n’avait pour toile de fond l’Angleterre elle-même, Londres et sa prodigieuse vitalité, cœur d’une nation déchirée par les persécutions religieuses et sur le point de basculer du Moyen Âge vers les Temps modernes, dans cette Renaissance foisonnante que Stephen Greenblatt - les lecteurs de Quattrocento le savent - raconte mieux que personne. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La mort s'invite à Pemberley | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La mort s'invite à Pemberley Phyllis Dorothy James Fayard et Audiolib 2012 392 pages traduites par Odile Demange, lu par Guila Clara Kessous, 10 h 23 Polar Chronique 15 janvier 2019 Également adapté en série par la BBC en 2013. Comme d'habitude, je n'ai pas pris connaissance de la quatrième de couverture avant de découvrir ce texte pour être dans les mêmes conditions qu'une personne dans l'incapacité de lire. Également, c'est un choix personnel de lectrice. Dernier roman de P. D. James où celle-ci se donne le droit de reprendre, pour notre plus grande joie, des personnages célèbres créés par une de ses auteures favorites, Jane Austen, et pour le plaisir et avec beaucoup d'humour, du roman célébrissime, monument anglais, " Orgueil et préjugés", rien de moins. Il faut être gonflé. Ainsi, nous retrouvons Elizabeth, mariée enfin à Darcy après moult aventures récapitulées rapidement en début de roman. Il ont deux enfants et vivent dans le Derbyshire, à Pemberley, domaine familial des Darcy depuis .... toujours, semble-t-il ! La veille du grand bal de la duchesse Ann, événement annuel incontournable de la bonne société, attendu par tous avec impatience, des invités prestigieux à la domesticité, arrive enfin. Le château bruisse de l'effervescence des préparatifs, certains amis et proches débarquent déjà, dont un cousin de Darcy, le Colonel Fitzwilliam, et Jane, la sœur de Elisabeth. La soirée se déroule normalement dans la petite salle à manger, les hommes se retirent ensuite pour fumer et parler. Le colonel décide de faire une dernière promenade digestive... Peu après son départ, des cris hystériques retentissent sur le porche de la maison.... C'est la jeune soeur de Elizabeth et Jane, Lydie, mariée à l'affreux George Wickham. Elle est comme folle ! Haineuse qui plus est et incontrôlable ! On comprend aux bribes extirpées de ses lèvres, que son mari et un de leur ami, Denny, sont encore dans le bois de Pemberley. Dans le cabriolet, loué par Wickham, décidé à conduire sa femme chez les Darcy pour le bal, même si elle n'est pas invitée ni lui d'ailleurs, persona non grata, une violente dispute oppose les deux hommes. Denny est sorti brusquement de la voiture, armé et en colère. Le drame se noue alors.... Wickham part à sa recherche et tous deux disparaissent.... Et vous voilà au début d'un policier historique fleurant bon le mystère, la causticité, la truculence auxquelles nous a habitués la grande dame de la littérature qu'est P.D. James. Cette suite policière au chef d'oeuvre pré-cité est une formidable occasion pour l'auteure de compléter le portrait qu'elle dresse de cette société anglaise du début du XIX ème siècle, ancrant l'action dans une réalité événementielle, au contraire de Jane Austen qui jamais ne parla de Révolution française ni de guerre. Un flou artistique pour se concentrer sur la psychologie de ses personnages dans un imbroglio romantique. Ici, effectivement il y a toujours quelque idylle, en particulier concernant Georgiana, la sœur de Darcy, mais ce n'est pas le sujet. Un meurtre donc, un procès, un tsunami qui s'abat du côté des employeurs et de la bonne société, mais aussi du côté des domestiques. Les vies des uns et des autres sont inextricablement mêlées. Ainsi l'écrivaine peut traiter des sujets de société de l'Angleterre georgienne et du fonctionnement de la justice d'alors, qui vous laissera pantois. Le poids du passé sur le destin de tous est lourd, la limite entre la culpabilité et l'innocence ténue. Cette suite criminelle à " Orgueil et préjugés" m'a beaucoup plu, servie par la voix très agréable avec un grain reconnaissable de Guila Clara Kessous. De plus, sa précision dans sa diction un peu précieuse parfois, pour coller à cette ambiance anglaise du début du XIXe siècle, est parfaite. Elle campe avec beaucoup de verve et de drôlerie, tous les personnages des plus doux et féminins aux plus caricaturaux et hauts en couleurs. Un régal ! Une belle performance de comédienne ! Sa biographie impressionnante au service du théâtre, du spectacle vivant et de la littérature, l'a menée à recevoir les titres de Chevalier des Arts et Lettres et depuis 2012 d'Artiste de la paix de l'UNESCO pour l'ensemble de son travail. La femme idéale donc pour prêter sa voix à un fleuron de l'œuvre de la prestigieuse et étonnante P.D. James. Saviez-vous qu'elle exerça diverses fonctions à la section criminelle du ministère anglais de l'intérieur jusqu'en 1979 ? Transgressive mine de rien, maniant avec dextérité sadisme, humour anglais et analyse sociale caustique et avant-gardiste, elle est une incontournable de la littérature policière. Les Éditions Fayard ont publié ses 19 romans. Et la fin ? Me direz-vous ... Tout à fait insoupçonnable ! Régalez-vous ! Quatrième de couverture Rien ne semble devoir troubler l'existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maitresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins; sa sœur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l'imposante bibliothèque du château. Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d'automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sœur d'Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s'invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un développement très personnel | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un développement très personnel Sabrina Philippe Flammarion 4 mars 2020 288 pages Feelgood Chronique 4 mars 2020 Avant-propos : « De tout temps, l'Homme a cherché à soulager ses souffrances intérieures, ses errances, en mettant en place des rituels, en s'en remettant à un pouvoir extérieur dont il espérait les bienfaits.De tout temps, il a cherché à vaincre ses peurs d'une façon magique.Magie d'une danse, d'une transe, d'une incantation dans les sociétés primitives, magie des dieux ou d'un Dieu unique dans les religions, magie d'une recette de développement personnel ou spirituel à notre époque... « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri... », écrit Saint Matthieu dans son Évangile.Une parole et nous serions guéri ? Ce serait fantastique, n'est-ce pas ?Alors, comme des enfants, nous cherchons tous cette parole, prenant la phrase au pied de la lettre. Certains croient même l'avoir trouvée... Et puisque les "paroles" sont différentes, les guerres de clochers font rage, d'autant que, de nos jours, le mieux-être prend la forme d'une véritable industrie.Cette "parole", en réalité, se trouve à l'intérieur de vous. Personne ne peut vous la donner si ce n'est vous-même. C'est le propos de la Bible, des Évangiles, du Coran, du Zohar, c'est le secret de tous les textes sacrés existant depuis la nuit des temps... J'espère que ce livre éclairera votre chemin personnel vers cette parole. Une route certes bien moins magique extérieurement que nous ne l'espérons, mais bien plus merveilleuse intérieurement que nous ne pouvons l'imaginer. Voici venu le temps de toutes les vérités. » Sabrina Philippe vous offre une grande respiration au bord de l'océan afin de vous nettoyer de toute la saleté de cette époque si anxiogène et déstabilisante, et vous donner ainsi un second souffle par la découverte d'un livre destiné à faire renaître la lumière dans votre vie. Changer les paramètres d'une existence n'est pas chose aisée surtout lorsque celle-ci se déroule à toute vitesse sans aucun réel moment de recul sur soi, de mise sur pause.... Un roman écrit comme un livre feel good, caustique, drôle, cruel et tendre, qui sous la légèreté apparente aborde mine de rien des fondamentaux de notre époque mais pas seulement. Nous traversons actuellement une remise en question cruciale, incontournable de nos modes de vie, de penser, de consommer, de nous situer au sein de la société, de l'humanité. Nous sommes dans l'oeil du cyclone, rien ne va plus, les changements irréversibles du monde occidental nous forcent à nous recentrer sur l'essentiel, à trouver d'autres points d'amarrage. Le navire est dans la tempête, à nous de mettre le bon cap, de devenir des capitaines au long cours usant de tous les moyens mis à leur disposition par tous les marins les ayant précédés. La vérité est en nous, comme elle était dans tous les textes sacrés ou philosophiques depuis que l'humanité existe. Une vérité unique et personnelle nous permettant, non de nous replier sur notre nombril, mais au contraire de vivre avec les autres, de construire ensemble. Ne plus se perde dans un matérialisme et un consumérisme débilitants pour retrouver le bon chemin. Notre monde comme un adolescent capricieux doit enfin réussir le rite de passage vers l'âge adulte. C'est le cas de Sophia, pseudo-gourou du bien être, à la tête avec son mari, d'une entreprise lucrative bâtie sur une méthode infaillible « Ce que l'Univers veut pour vous ». Vaste programme mixant joyeusement des principes philosophico-religieux qui n'ont rien de révolutionnaires mais présentés dans un nouveau packaging. Tout roule parfaitement, la vie de Sophia est dorée, à cent à l'heure, axée sur l'efficacité et.... le bien être des autres ? Me direz-vous ! ... Pas tout à fait, plutôt celui de son porte- monnaie.... Et puis voilà, évidemment à force de plumer les autres, de les tromper, forcément cela se retourne contre elle. Des hautes sphères où elle pense planer, la donzelle va chuter lourdement, inévitablement, pour notre plus grand plaisir sadique... La donneuse de leçon va être prise à son propre jeu soudainement, violemment.... Mais des abîmes où elle est jetée, des voix, des aboiements, oui, oui, vont lui parvenir afin de l'aider à remonter vers la lumière, vers elle-même finalement.... Chaque chapitre commence par un verset des Evangiles, le premier étant « Ôtez cela d'ici ! C'est la maison de mon Père. N'en faites pas une maison de commerce. » Jean, 2, 16. Le ton est donné, à bon entendeur.... Quatrième de couverture « Voilà, c'était arrivé ainsi. Un livre, avec un angle un peu novateur pour l'époque : "Ce que l'Univers veut pour vous", quelques recettes spirituelles à l'américaine, un peu de philosophie et de psychologie positive, et, surtout, une auteure qui l'incarnait si bien. » Ex-journaliste devenue coach en développement personnel, Sophia connaît un succès retentissant avec sa méthode « Ce que l'Univers veut pour vous ». Mais ce que l'Univers veut pour elle....elle va le découvrir suite à un effondrement brutal qui la confronte à sa réalité comme à son enseignement et sera le premier pas vers une renaissance, un retour à l'essentiel, la rencontre d'elle-même. Résolument positif et lumineux, ce livre délivre un message profond, nourri et enthousiaste sur la vie. « Voici le temps de toutes les vérités. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Nos Griffures  | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nos Griffures Corentine Dumaine Deborée Le 5 mars 2026 224 pages thriller Chronique 5 mars 2026 Illustration de couverture : tofutyklein/ AdobeStock Retrouvez cette chronique en vidéo sur la chaîne YouTube Evangéline Brunoy. "Un roman poignant et saisissant sur l'instinct de survie et l'amour fraternel" - Entre nature writing et thriller, un récit dans lequel l'âpreté de la nature n'a d'égale que celle de l'homme - Une jeune autrice à la plume immersive et impactante, à l'image de celle de Sandrine Collette Alors que les ténèbres recouvrent toute chose, soudain le temps se suspend, la nature cesse de respirer, une créature splendide, gigantesque et terrifiante fait son entrée, les griffes et les crocs acérés en quête de nourriture... Ce n'est pas son habitat habituel mais son instinct la porte vers une forme étrange, à peine enterrée.... C'est grâce à ce prédateur que le destin va frapper... Non loin de là, cachée par les arbres en altitude, une masure entourée de quelques enclos où sont enfermés de la volaille et des cochons. En quelle période sommes-nous transportés ? En quelle contrée ? D'autres êtres y sont piégés par le maître des lieux, le père, régnant en despote sur sa femme et leurs cinq enfants âgés de 3 à 15 ans, semble-t-il. L'aîné, Japhet, copie en tout son géniteur, puis vient Iram, le suiveur, moins méchant, Solal, l'électron libre, et les jumeaux, Lucie et Abel, inséparables et muets. Solal est perçu comme l'intrus et traité comme tel en ce clan où seules la violence et la coercition dictent les règles. Les coups et les insultes pleuvent sur lui comme sur les plus petits, victimes désignées de la lâcheté méprisable du père. Solal tente par tout les moyens d'adoucir l'existence de Lucie et Abel. Un lien les soude, inexplicablement, alors que tout n'est que peur et souffrance. La mère se tait, traumatisée par les multiples fausses couches, par la maltraitance de l'époux, mais silencieuse, est-elle si faible, incapable de protéger ses enfants ? Et soudain, nous voici dans la vallée où vivent Aurore et son compagnon, Guilhem, capables enfin de nous situer plus ou moins dans le temps, dans un lieu... Le couple tente d'avoir un enfant mais le parcours du combattant imposé à la trentenaire commence à lui peser, exacerbant ses interrogations et ses peurs liées aux traumatismes de son passé. Adepte de la marche dans la nature, elle décide de partir seule en randonnée au Mont Gallois afin de respirer et de faire le point. Plus elle monte en altitude, plus l'air s'alourdit, les sons s'atténuent, une étrange atmosphère planant sur la forêt. Une vague inquiétude s'empare de la jeune femme certaine de percevoir des silhouettes, des murmures, jusqu'à ce que son regard croise ceux de deux enfants, une petite fille et un garçon plus âgé, cheveux noirs hirsutes, yeux farouches, dont toute l'attitude trahit la vigilance de créatures sauvages. Cependant, il n'y a pas de réelle hostilité juste de la stupeur... et peut-être un appel au secours... Ainsi de cette rencontre furtive dans les ombres mouvantes de la forêt, naissent l'espoir pour Solal et une obsession pour Aurore qui n'aura de cesse de les retrouver, vite... Elle sent jusqu'aux tréfonds de son âme que ces êtres sont en grand danger... Les griffures des malheurs d'hier on laissé des cicatrices en elle, ineffaçables. Les évènements effroyables de son enfance lui permettent de détecter l'approche du drame actuel. Elle doit empêcher une tragédie mais laquelle ? Une course contre la montre en milieu hostile s'enclenche pour tous, la bête rode toujours, le Diable s'amuse... L'autrice place ses personnages dans des conditions terribles et inimaginables où tout est une question pure et simple de vie ou de mort. Le récit semble atemporel, à quelques détails près, afin de renforcer la sensation de l'inéluctabilité de la tragédie. Est-il possible de sauver ces enfants ? Et plus généralement, ne serait-ce pas plus simple de ne pas voir l'évidence, de ne pas entendre les cris, de continuer à jouer à l'autruche alors que non loin de nous, cachés par notre propre aveuglément conscient ou non, des êtres appellent à l'aide dans un silence assourdissant. Texte crépusculaire et magnifique, alternant espérance et fatalité, en clair obscur, en recherche de lumière, de soleil. Solal, le bien nommé, sera-t-il celui grâce auquel l'avenir sera possible, un avenir en sécurité, aimé ? Aurore parviendra-t-elle à surmonter ses terreurs intimes pour tendre la main ? Cœurs sensibles, vous allez trembler, terrifiés, happés par un suspense à peine supportable... Un thriller sombre et âpre en milieu sauvage, en lisière du monde dit civilisé... La frontière entre ces deux univers est de plus en plus ténue mais réelle : peut-on la franchir ? Est-ce souhaitable ? Pourquoi le père s'est-il retranché ainsi en mode survivaliste ? Quelle est l'origine du mal, où se situe-t-elle ? Dans un esprit malade ou dans nos sociétés ? Merci infiniment à l'autrice, Corentine Dumaine, pour ce singulier récit, remarquable tant sur le fond que sur la forme. Quatrième de couverture Sur les pentes hostiles du mont Gallois, le silence règne en maître. Mais Aurore en est certaine, elle a perçu des murmures dans l'ombre, entrevu des silhouettes entre les arbres, senti le souffle d'une présence humaine. Se pourrait-il que des enfants vivent ici, dans ce lieu depuis longtemps déserté? Du haut de ses 11 ans, Solal n'a jamais connu d'autre monde que celui de la forêt, loin de toute civilisation. Un quotidien rude, rythmé par les humeurs d'un père de plus en plus brutal. Jusqu'au jour où l'impensable devient nécessaire: fuir, et sauver les plus jeunes des griffes paternelles. En particulier Lucie, sa petite soeur à la si fragile étincelle de vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Écharpe oubliée | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Écharpe oubliée Laure De Pierrefeu City Editions 31 août 2022 288 pages Roman Chronique 23 septembre 2022 « Un roman intense et lumineux. Un humanisme bouleversant, nourri d'une expérience profonde. » « Je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre... On ne meurt que vivant. » La délicatesse et la justesse de ce texte sur le thème de l'appréhension, dans son sens large, de la mort sont extrêmes. Quelque soit l'âge de la vie où l'on se situe, le décès soudain, dramatique ou en douceur des autres ainsi que notre fin proche nous obligent inconsciemment ou dans un état de présence renforcée à nous positionner face à la disparition, à l'absence, à la possible culpabilité que l'on porte par erreur, ou à la faute que l'on nous a mise sur les épaules. À partir de certains faits historiques et familiaux, forte d'une expérience profonde de l'accompagnement en fin de vie, l'autrice trouve les mots que nous n'osons prononcer, exprime nos ressentis les plus intimes, honteux, désespérés parfois, réussit à créer des instants littéraires et émotionnels incomparables, rares, suspendus. Basculant entre des séances de thérapie de l'écriture pour enfants à des moments de rencontre, silencieux ou verbalisés, libérés de toutes parades et comédies sociales habituelles, dans un centre de soins palliatifs, Claire en aidant un petit garçon et un vieil homme à traverser une étape, trouve le chemin pour affronter ce qu'elle n'a jamais vraiment pris le temps d'incorporer physiquement et émotionnellement. Un deuil qui n'avait été au fond qu'acté mais non vécu totalement en tant qu'individu. La délivrance pour les uns et pour les autres, comme pour Laure de Pierrefeu, passe par l'écrit, l'écriture, le texte, la lecture, par ce qui est gravé noir sur blanc. Splendeur d'un roman réaliste, qui pourrait paraître crépusculaire et qui n'est que lumière étincelante. Un passage de témoin de l'écrivaine à nous, des morts aux vivants, d'une écharpe oubliée hier à une autre aujourd'hui. Quatrième de couverture Un magnifique roman sur la force du lien, la résilience et le don de soi. Une plume magistrale, d'une justesse et d'une force rares. Veuve depuis deux ans, Claire accompagne des malades en fin de vie. Paradoxalement, c'est dans un lieu où la mort est omniprésente qu'elle panse le mieux ses blessures. Ici, une immense intensité vitale émane des derniers instants. Un jour, son quotidien est bouleversé par Henri, un patient qui intrigue l'équipe médicale. À plus de 90 ans, il veut mourir mais ne « lâche rien ». Comme s'il était retenu par un dernier regret, une dernière tâche à accomplir. Peu à peu, Claire parvient à faire sortir Henri de son mutisme et le lien entre eux devient presque filial. Claire est prête à tout pour que le vieil homme puisse se réconcilier avec son passé. Y compris à réveiller un secret enseveli, remontant aux heures mouvementées de la Libération... Elle va l'aider à mourir en paix ; il va l'aider à vivre. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Savannah Bay, variations | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Savannah Bay, variations Marguerite Duras Editions des Femmes Antoinette Fouque 11 mars 2021 59 minutes Roman Chronique 9 avril 2021 Avec les voix de Marguerite Duras, Madeleine Renaud, Bulle Ogier, présenté par Marie-Christine Barrault. Musique : Quintette à cordes en ut majeur, D. 956, opus 163, de Franz Schubert, interprété par le Quatuor Aviv, production Naxos : Un CD MP3 réalisé avec un soin extrême et beaucoup de respect et d'amour pour l'oeuvre de Marguerite Duras, pour le travail des comédiennes, pour le Théâtre, pour les scénographes, décorateurs et créateurs des costumes... Un témoignage bouleversant que ces enregistrements, pour les simples amateurs, mais aussi pour les professionnels qui ne pourront qu'être extrêmement attentifs et suspendus aux voix extraordinaires des trois femmes en pleine répétition, en recherche du ton juste, de la musique du texte imaginé par une écrivaine qui peut sembler dure, parfois sévère, en réalité, en pleine transe créatrice, branchée directement sur le cœur des deux interprètes... D'où frictions détectables quelques fois entre l'écrivaine, auteure de théâtre et metteure en scène, et Madeleine Renaud. Un passage obligé pour réussir à transcender les mots. Marguerite Duras a peu d'intérêt pour les déplacements, les postures, seuls lui importent le texte et les idées. Remarquable démonstration d'une démarche artistique jusqu'au-boutiste, sans concession. Sa collaboration avec le couturier Yves Saint-Laurent est osmose, car elle l'admire. Elle est amoureuse et respectueuse du geste artistique en lui-même, sachant la mise en abîme qu'il suppose, raison pour laquelle, elle réussit à saisir et comprendre le génie des autres, nous offrant ainsi de magnifiques portraits d'artistes. Cette volonté de les mettre en lumière est illustrée ici par le texte sur son double en peinture, Roberto Platé. Le processus de création de cet homme, ayant imaginé le décor de Savannah Bay, en écho aux robes créées par Yves Saint-Laurent, est exposé ici en dernière plage. Un hommage éblouissant et généreux. « Si Roberto Platé aime dans le théâtre ce qu'il appelle « L'alchimie de tous les arts », la peinture reste la part intime qui nourrit l'ensemble de son oeuvre. » Enfin, j'ai été particulièrement touchée en me souvenant que Bulle Ogier, lors de la reprise de la pièce, était en deuil de sa fille Pascale. Le souvenir que j'en ai est toujours douloureux. D'autant plus, sommes-nous bouleversés en relisant le thème de Savannah Bay... Marguerite Duras écrit : « On mesure chaque jour davantage à quelle profondeur la mort est allée chercher sa proie. Mais cependant qu'elle frappe, la grâce de la jeune fille se répand encore dans la ville. Rien ne peut empêcher la chose, l'endiguer. » Marie-Pierre Fernandes ajoute : « La grâce de la jeune fille de Savannah se transmettait à sa fille. Marguerite Duras avait dit pendant les répétitions : « On peut naître d'une mère morte. » » Il est indéniable que tous les protagonistes de la création de cette pièce de théâtre furent touchés par la grâce. Les premiers extraits sont des enregistrements effectués pendant les répétitions au Théâtre du Rond-Point par Philippe Proust en 1983 et 1987 de la pièce de M. Duras, Savannah Bay. La restauration des archives sonores a été réalisée par Michel Kania et Pierre Rochet. La réalisation est de Francesca Isidori et Marie-Pierre Fernandes qui signe également la rédaction du livret joint, passionnant. 1/En ouverture la présentation du livre audio, véritable témoignage historique ayant trait à Marguerite Duras femme de théâtre répétant avec les deux comédiennes. 2/ Prologue à Savannah Bay, variations par Marguerite Duras. 3/ Répétition, scène III : Marguerite Duras et Madeleine Renaud 4/ Répétition scène III : Marguerite Duras et Bulle Ogier. 5/ L'exposition de la peinture : Marguerite Duras à propos de Roberto Platé. Quatrième de couverture « C'est pendant l'été d'un pays du nord. C'est la fin d'un jour, juste avant la nuit. Vous voyez ? Mais déjà quand elle s'annonce, que la lumière s'allonge, illuminante, avant de s'éteindre. » M. D. Savannah Bay, variations recueille des documents sonores inédits captés par Philippe Proust, retrouvés et présentés par Marie-Pierre Fernandes, spécialiste de Marguerite Duras qui a participé à sa création de « Savannah Bay" », accueillie triomphalement en 1983 au théâtre du Rond- Point, et assisté l'autrice pour les « Lectures » (1984) et « La Musica deuxième » (1985). Ces enregistrements exclusifs font entendre la lecture par Marguerite Duras d'une scène primitive de la pièce Savannah Bay suivie de deux répétitions sous sa direction avec Madeleine Renaud et Bulle Ogier. Elle lit ensuite « L'Exposition de la peinture », poignant hommage à son scénographe, le peintre argentin Roberto Platé diffusé lors de l'exposition de ses toiles au théâtre du Rond- Point, en 1987. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Nuit du premier jour | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Nuit du premier jour Theresa Révay Albin Michel 30 septembre 2020 496 pages Historique Chronique 31 octobre 2020 Splendeur ! Somptueux cadeau que nous fait Theresa Révay avec ce grand, très grand roman d'aventures, d'amour, sur un fond historique tragique, méconnu, qu'il était nécessaire de mettre en lumière en cette période crépusculaire où les échos de ce passé se font à nouveau entendre. Un livre qui tient particulièrement au cœur de l'écrivaine : « À ma grand-mère Liline, qui savait l'exil des cœurs. Et à l'aînée de ses filles, ma mère.In memoriam. » Theresa Révay détient un talent inouï, pour entremêler les fils des destins glorieux, célèbres, à ceux des inconnus, de nos ancêtres, réussissant à tisser une toile tour à tour chatoyante, mate, veloutée, rongée par endroits, reprisée souvent... dont la trame se répare sous nos yeux de lecteurs, à l'instar de nos souvenirs familiaux, à l'instar d'un de nos albums photos oublié depuis trop longtemps. « Transporte ton cœur en amour là où il te plaît.L'amour, le meilleur, est pour l'amant premier. » Abu-Tammam, poète abbasside, IX ème siècle. Un grand amour, le premier, celui qui brise toute les chaînes, toutes les frontières, qui transporte l'âme, le corps au bout du monde, au bout des forces, parce qu'il n'y a d'autres choix.... Un regard échangé et le destin est scellé : le souffle de vie et l'esprit de liberté vous prennent, vous êtes comme ensorcelé, vous brisez toutes les amarres, vous reprenez votre véritable place, vous respectez à nouveau votre véritable nature... Vous accomplissez votre destin. Blanche et Salim vont être pris dans ce tourbillon, ils vont s'aimer, s'adorer, se voir dans les yeux de l'autre sans possibilité de détourner le regard.... Les fils sont tressés, la trame est indestructible... Et ni les évènements, ni la situation maritale et familiale de notre héroïne, ne vont empêcher cette femme de se donner entièrement à cet homme quitte à traverser le feu de la culpabilité dû à l'abandon de ses enfants, quitte à traverser les mers, les champs de bataille pour enfin être dans les bras de l'être aimé et s'y fondre. Une femme qui brise des liens sacrés pour être enfin libre.Elle symbolise à elle seule toutes les Femmes en quête de renouveau sous domination patriarcale. Elle incarne aussi tous ces peuples sous domination de l'Empire Ottoman, de toutes origines, confessions, qui aspirent à se libérer enfin de ce joug pour créer une union Arabe. Nous sommes en cette fin de dix neuvième siècle.... Les vingt prochaines années vont voir surgir les prétentions sionistes, tout se met inexorablement en place pour favoriser la situation géopolitique que nous connaissons aujourd'hui. Avant- propos : « À l'aube de la Première Guerre mondiale, l'Empire Ottoman se compose de différents territoires, dont les provinces arabes du Bilad al-Cham qui constituent la « Grande Syrie » et supportent de plus en plus mal le joug des Turcs. Ces provinces correspondent aujourd'hui à la Syrie, au Liban, à la Palestine et à la Jordanie. Le Levant désigne traditionnellement les pays du Proche-Orient qui bordent la côte orientale de la Méditerranée, où le soleil se lève, notamment en Palestine, le Liban et la Syrie. » Je pleure sur ces peuples magnifiques, ces pays fabuleux, ses cités détruites, ces civilisations majestueuses qui vont disparaitre, être anéantis par la seule volonté des Turcs, des pays en guerre, puis la paix signée, de la France et de l'Angleterre, colonialistes méprisants, pleins de morgue ne désirant que s'enrichir sur les « barbares », les « indigènes ».... En lisant ces lignes qui font renaître ce monde disparu, à Lyon, au Proche-Orient, on éprouve une immense colère, une réelle tristesse et aussi de la gratitude pour l'auteure, car tant que les noms sont prononcés, tant que les destins sont racontés, nulle mort n'est définitive. Ce roman, oeuvre littéraire incontournable, est aussi le témoignage de ce qui fut et ne peut disparaître ; les âmes anciennes sont en nous parmi nous : Blanche, Salim, Armand, Maxence, Aurélien, et évidemment Oriane...Tous les invisibles reprennent leur place, enfin... Quatrième de couverture Lyon, 1896. Blanche est l'épouse modèle d'un soyeux de renom. En dépit de son amour pour ses enfants, elle étouffe parmi ces bourgeois corsetés. Jusqu'à ce que son regard croise celui de Salim, un négociant fortuné de Damas. Elle abandonne tout pour la promesse inespérée du bonheur. Les routes de la soie deviennent celles de la passion et de l'exil. Tandis que sa fille grandit en la croyant morte, Blanche s'invente une nouvelle vie au Levant. Quand la France entre en guerre, l'Empire ottoman réprime dans le sang la révolte arabe. Prises dans la tourmente, mère et fille choisissent chacune la liberté au prix fort. Resteront-elles à jamais séparées ? Ou seront-elles enfin, un jour, face-à- face aux confins du désert ? De l'aube du XXe siècle à l'été 1920, des soieries lyonnaises aux ruines de Palmyre, Theresa Révay, l'auteure de L'Autre rive du Bosphore, nous emporte dans un grand roman de passion et d'histoire, sublime portrait d'une femme trop libre pour son temps. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Bal des Vautours | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Bal des Vautours Ilaria Tuti Robert Laffont Le 14 août 2025 432 pages traduites par Johan-Frédérik Hel Guedj thriller policier Chronique 1 mars 2026 Titre original : Madre d'ossa ou Mère des ossements Retrouvez cette chronique sur la chaîne YouTueb Evangéline Brunoy Troisième tome de la trilogie comprenant déjà : Sur le toit de l'enfer La nymphe endormie Voici donc les adieux à un personnage fabuleux ! Région du Frioul dans le nord de l'Italie entre Mer Adriatique et Autriche, terre d'ombre et de brouillard, terre de passage, de brassage des peuples, de mélange des cultures, de perpétuation de croyances millénaires où paganisme et christianisme sont mêlés à jamais, où les légendes les plus anciennes perdurent en secret au sein de clans, de familles, de sociétés, préférant rester cachés dans l'obscurité, dans l'antre de châteaux ou monuments religieux, en des profondeurs inatteignables et insoupçonnables. Une réalité parallèle à notre monde pragmatique et matérialiste dans laquelle se fondent des milliers d'âmes, adeptes de l'histoire extraordinaire entourant la "Mère des ossements", tout en jouant au quotidien une comédie de la normalité. Ainsi pour le commun des mortels sont-ils invisibles mais pour une femme comme l'ex-commissaire Teresa Battaglia, même affaiblie et handicapée par la maladie d'Alzheimer, leur présence est perceptible, sensible. Nous retrouvons donc cette enquêtrice hors pair au bord du Lac de Cornino alors que le jour se lève, brumeux. Dans ses bras tachés de sang, un jeune homme, mort. Massimo son ancien adjoint, a reçu l'appel d'un inconnu l'enjoignant de venir sur place. Il tombe donc sur cette scène digne d'une pietà macabre, bouleversante tant la faiblesse de Teresa est évidente, terrifiante par les conséquences néfastes qu'elle peut avoir sur l'avenir de la malade. La présence de vautours fauves planant au-dessus d'eux renforcent le sentiment de danger et d'urgence. Vite, appeler les autres membres de la brigade ayant travaillé sous les ordres de la grande flic aujourd'hui en bien mauvaise posture, d'autant plus avec sa mémoire en lambeaux et ses sautes d'humeur et réactions irrationnelles. Que fait donc Teresa en ce lieu, avec ce cadavre ? Comment faire surgir la vérité dans ce cerveau en perdition ? Tous vont se souder autour de la figure mythique de la policière d'Udine, afin de la protéger de ses ennemis de toujours et de ceux qu'ils ne connaissent pas encore. A-t-on voulu la piéger ? Est-ce l'acte d'un revenant de son passé dramatique ? Est-elle perçue comme un péril par certains criminels ignorant son état de santé et craignant toujours sa perspicacité légendaire ? Nous assistons ainsi au crépuscule d'une "déesse" aux yeux de son équipe d'enquêteurs qui malgré tout réussit encore à écouter son instinct et à décrypter les signes et les comportements d'autrui. Victime d'une pathologie monstrueuse, très affaiblie, mais l'intelligence toujours aussi acérée et vive, malgré tout. Ceux qui sont à l'origine de la mort de ce jeune homme ne devraient pas sous-estimer notre héroïne. Elle sait écouter les voix d'hier chuchotant dans les ténèbres, elle sait détecter dans un regard, dans un geste, la vérité, l'essence des choses. Une plongée dans les méandres de l'esprit humain, celui de Teresa, mais également de celui d'êtres en perdition, piégés dans une foi en l'impensable. Ainsi Ilaria Tuti offre un bel hommage à sa terre natale, "ce Frioul ancien et mystérieux" dont elle s'inspire pour créer ses scénarios et ses décors. Une trilogie réussie, singulière et captivante ! Quatrième de couverture " JE N'AI PAS TUÉ CE GARÇON, J'ÉTAIS LÀ POUR LE SAUVER. " Sur les bords du lac de Cornino, dans le nord de l'Italie, gît le cadavre d'un jeune homme. De son corps scarifié à la vidéo publiée sur ses réseaux, tout porte à croire qu'il s'est suicidé. Mais alors, que fait l'ex-commissaire Teresa Battaglia à ses côtés ? Elle ne sait ni comment elle s'est retrouvée là, ni quelle est l'identité du malheureux ; pourtant, la clé du mystère semble se cacher dans sa mémoire, rendue défaillante par un Alzheimrgalopant. Soutenue par ses amis, Teresa devra lutter contre les assauts de sa maladie pour faire la lumière sur cette affaire, où s'entremêlent légendes locales et traditions occultes. Jusqu'à se compromettre. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Respire | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Respire Nicko Tackian Calmann-Lévy 5 janvier 2022 324 pages Thriller & Polar Chronique 7 septembre 2022 Une couverture nous inspirant faussement des vacances idylliques au bord de l'océan, reposant avec langueur sur du sable chaud ... Cependant au loin vous devinez déjà la silhouette sombre d'un monstre marin... résonnent à vos oreilles les mots de Hermann Melville dans Moby Dick... Il est temps pour vous d'ouvrir les yeux à l'instar de Yohan dont le réveil sera au premier abord de bon augure. Aurait-il enfin réussi à rejoindre un endroit où tout recommencer, le lieu de la deuxième chance ? Avec une maîtrise accrue du style et de la narration, Niko Tackian nous offre un thriller surnaturel et psychologique qui bien évidemment repousse les limites de nos propres croyances et certitudes. Comme dans "La nuit n'est jamais complète", le premier roman de l'auteur que j'ai lu et chroniqué, l'on retrouve une certaine mélancolie, voire une profonde tristesse et heureusement aussi de la poésie, le supplément d'âme nécessaire à notre survie. L'air tremble autour de nous, les limites entre vérité et fiction, entre raison et démence, deviennent floues.... Nous perdons peu à peu pied sur cette île devenue enfer autant extérieur qu'intime. Quand toutes nos certitudes explosent, que reste-t- il ? Quatrième de couverture Si le paradis est une île, l'enfer aussi. Le sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé. Les premiers jours, Yohan savoure son insouciance retrouvée.Même si peu à peu, un sentiment d’étrangeté le gagne. L’île héberge une dizaine d’habitants plus énigmatiques les uns que les autres. Pourtant les maisons abandonnées, les échoppes désertes dans les rues balayées par le vent, laissent penser qu’un jour ils ont été bien plus nombreux. Où sont passés les autres ?Si le paradis est une île, l'enfer aussi. Le sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé. Les premiers jours, Yohan savoure son insouciance retrouvée.Même si peu à peu, un sentiment d’étrangeté le gagne. L’île héberge une dizaine d’habitants plus énigmatiques les uns que les autres. Pourtant les maisons abandonnées, les échoppes désertes dans les rues balayées par le vent, laissent penser qu’un jour ils ont été bien plus nombreux. Où sont passés les autres ? Yohan veut comprendre. Mais jamais il n’aurait dû chercher à voir l’envers du décor. Car c’est bien connu, la connaissance fait voler en éclats le Paradis.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les filles au Lion | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les filles au Lion Jessie Burton Gallimard 9 mars 2017 484 pages traduites par Jean Esch Historique Chronique 11 mai 2017 Deuxième roman pour cette auteure après le bestseller "Le miniaturiste" que je lirai demain et samedi. J'aime toujours quand un récit est basé sur l' Histoire, et mêle l'Art à l'intrigue. C'est le cas dans ce livre très réussi qui n'a besoin d'aucune scène trash pour nous tenir jusqu'au bout du suspense. Notre Narratrice est Odelle, originaire des Caraïbes et arrivée à Londres il y a quelques années. Nous sommes en 1967, dans une société encore rétrograde où une jeune femme noire n'est pas particulièrement vue d'un bon oeil. Heureusement elle est venue avec son amie Cynthia et toutes deux sont vendeuses dans une boutique de chaussures. Cependant Odelle a un véritable don, l'écriture, et des ambitions. Une réponse favorable de la Galerie d'Art Le Skelton, Mecque, Eldorado pour tout amateur de peintures et sculptures, lui parvient enfin, et une place de dactylo lui est offerte. Elle touche alors à son rêve. Elle y est accueillie par Marjorie Quick , une femme d'une cinquantaine d'années, élégante, cultivée et déroutante. Peu de temps après Odelle rencontre Lawrie Scott, un jeune homme qui vient de perdre sa mère et dont le seul héritage est une toile où figurent deux filles et un lion. Il va naturellement apporter cette peinture au Skelton pour en avoir une estimation ; la réaction du directeur Edmund Reede surexcité et celle de Marjorie Quick bouleversée, font comprendre immédiatement à Odelle qu'il y a là un mystère qu'elle va évidemment vouloir élucider. Le livre bascule alors dans l'Espagne de Janvier 1936 à côté de Malaga où viennent s'installer Harold, marchand d'art viennois, Sarah sa femme anglaise et leur fille Olive Schloss. Ils sont accueillis dans la Finca par Teresa et son frère Isaac. Le monde est sur le point de basculer, le destin de ces cinq personnes également. Tout est maintenant en place, nous allons glisser naturellement entre ces deux époques et reformer lentement le puzzle avec Odelle. C'est très bien écrit et construit, cela décrit parfaitement l'ébullition qui touche Olive sur le plan amoureux mais aussi créatif, à l'instar de cette Espagne qui s'enflamme peu à peu pour plus de justice. Le conflit mondial s'annonce et le nazisme plane sur la famille Schloss. Qu'est ce que cette histoire ancienne va avoir comme conséquence sur la vie de Odelle ? Qui est Marjorie Quick ? Ne faut-il pas se méfier de Lawrie ? Je vous laisse à votre lecture. Quatrième de couverture En 1967, cela fait déjà quelques années qu'Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s'y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d'art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire. Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n'est qu'il appartenait à sa mère. Marjorie Quick, à qui il soumet la mystérieuse toile, a l'air d'en savoir plus qu'elle ne veut bien le dire, ce qui pique la curiosité d'Odelle. La jeune femme décide de déchiffrer l'énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d'amour et d'ambition enfouie au cœur de l'Andalousie des années trente, alors que la guerre d'Espagne s'apprête à faire rage. Après Miniaturiste, Jessie Burton compose une intrigue subtile entre deux lieux et deux époques que tout sépare en apparence, tout en explorant, avec beaucoup de sensualité, d'émotion et de talent, les contours nébuleux de la puissance créatrice. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Crime de la Falaise | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Crime de la Falaise L. J. Ross City Éditions le 28 août 2024 300 pages traduites par Francine Maigne Polar Cosy Mystery Chronique 8 septembre 2024 Tome 1 de la série Cosy Mystery, "Les Mystères de la côte" "La nouvelle série policière de l'auteur qui a déjà captivé plus de 7 millions de lecteurs." "L. J. Ross est un véritable phénomène !" The Evening Chronicle "Une minuscule librairie dans une crique isolée de Cornouailles, du soleil, des plages de sable et des eaux bleues idylliques... Que pourrait-il arriver de mal ?" Très bon Cosy mystery, idéal pour passer quelques heures de lecture sous un plaid avec la pluie qui claque sur les vitres et vous buvant un bon thé chaud. Tous les ingrédients sont là pour vous faire tourner les pages de ce thriller très rapidement. Parfaitement rédigé et traduit, les personnages sont particulièrement bien campés, l'ambiance chaleureuse et conviviale dans cette petite communauté des Cornouailles où tout le monde se connaît est formidablement rendue. On s'y croirait tant les dialogues sont vifs et réalistes. Ainsi l'arrivée de l'ex-éditrice londonienne, Gabrielle, répondant à une annonce pour gérer une petite librairie-café ne laisse personne indifférent. La jeune femme a dû démissionner d'un poste prestigieux dans une des meilleures maison d'édition pour fuir.... En plein Syndrome Post Trauma, atteinte de Toc, sursautant au moindre bruit suspect, le moins que l'on puisse dire est qu'elle est l'ombre d'elle-même. La découverte des lieux accessibles qu'à marrée basse l'inquiète. Le fait que la wifi soit capricieuse et le portable presque inutile également. A-t-elle eu raison de proposer sa candidature dans ce coin isolé. Mais bien vite Nell la patronne et propriétaire de presque toute la crique la met à l'aise, la découverte du cottage où elle va vivre ainsi que de la librairie l'enthousiasme et lui donne bien vite des idées de développement de ce lieu si prisée de toute une clientèle d'habitués et de passage. On ne chôme pas. Peu de résidents la nuit sur place, Nell et son fils charmeur, un couple, et Luke un artiste peintre vivant avec son chien Madge en haut de la crique. Le décor est planté. Pendant ce temps-là, l'homme qui a déjà agressé quatre femmes en les poussant sous les roues d'un métro, ratant sa troisième victime, Gabrielle, vient d'être arrêté. Le procès devrait bientôt avoir lieu. Ainsi Gabrielle pourrait enfin se reconstruire bien loin de la capitale. Mais il semble que des âmes maléfiques rôdent toujours autour d'elle. Danger ! Ses nouveaux amis pourront-ils la sauver ? Ce qu'elle a laissé à Londres, ne pourrait-il pas la pister jusqu'à son nouvel abri ? Un véritable page-turner à lire sans modération. Même si beaucoup d'éléments sont convenus, je ne cache pas le plaisir que j'ai eu à lire cette intrigue bien ficelée, très juste quant aux descriptions des relations entres les protagonistes, ajoutant une fine analyse psychologique des personnages. Bientôt ma chronique sur le deuxième tome de cette série "Les mystères de la côte" qui en compte quatre, le second intitulé "Le meurtre de la crique". Une publicité pour partir immédiatement en Cornouailles. Quatrième de couverture Éditrice dans une prestigieuse maison, Gabrielle profite d'une vie tranquille à Londres. Jusqu'au jour où elle est prise pour cible par celui que la presse surnomme « le tueur du métro ». La jeune femme parvient à s'enfuir, mais traumatisée, décide de changer radicalement de vie. Elle répond à une petite annonce pour devenir gérante d'une librairie-café dans un petit village de la côte anglaise. Cottages cosy, paysages sauvages à couper le souffle, vue sur l'océan : Gabrielle a trouvé un véritable petit coin de paradis. Pourtant, un soir de tempête, elle aperçoit une silhouette en train de pousser une jeune femme depuis le haut d'une falaise. Si elle veut retrouver la tranquillité d'esprit à laquelle elle aspire, elle doit démasquer le meurtrier. Mais lorsque des objets disparaissent dans sa maison et que le tueur se rapproche, il est peut-être déjà trop tard. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Iliade des femmes et L'Odyssée des femmes | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Iliade des femmes et L'Odyssée des femmes Homère Editions des Femmes Antoinette Fouque Bibliothèque des voix 2016 2h37, lu par Daniel Mesguich et Emmanuel Lascoux Classique Chronique 14 juillet 2019 Réalisation de Francesca Isidori. Est-ce bien la peine de présenter Daniel Mesguich ? Non évidemment, de magnifiques souvenirs de jeunesse pour ma part dans le rôle par exemple de Bonaparte... Un physique étonnant, marquant, un regard inoubliable, une voix et un phrasé uniques, un très bel interprète et grand homme de théâtre et de cinéma. Pour le plaisir je vous recopie sa biographie et ajoute celle de Emmanuel Lascoux, indispensable afin de comprendre le caractère exceptionnel et passionnant de ces deux enregistrements. " Célèbre acteur de théâtre et de cinéma, metteur en scène, Daniel Mesguich a été l'élève d'Antoine Vitez et de Pierre Debauche au Conservatoire supérieur d'art dramatique de Paris où il enseignera avant d'en devenir le directeur de 2007 à 2013. Il a également dirigé le Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis et le Théâtre de la Métaphore de Lille. En 2017, il inaugure une nouvelle école d'art dramatique, le cours Mesguich, et publie Estuaire, aux Éditions Gallimard, qui témoigne d'une riche carrière de plus de quarante ans de théâtre. Emmanuel Lascoux est helléniste, latiniste, récitant et pianiste. Il travaille aux confins du langage et de la musique et enseigne les langues anciennes en classes préparatoires à Rouen. Il est membre du CRLC ( Centre de Recherche en Littérature Comparée) Paris-Sorbonne et du jury de l'Agrégation interne de Lettres classiques." Ainsi donc ce duo d'exception nous laisse à redécouvrir, ou plutôt découvrir, deux textes d'anthologie dont nous pensions tout savoir, mille fois rebattus, mille fois étudiés et pourtant... Je fus Hécube, puis Cassandre et Didon dans les Troyens de Hector Berlioz, c'est dire si je porte en moi ces trois voix : celle de la mère universelle préfigurant la pietà et toutes les femmes en deuil, celle de la prêtresse visionnaire jamais entendue, celle de la reine amoureuse jouet du destin. Celui-ci s'abattant toujours selon les désirs et les complots des dieux mais aussi des déesses, que ce soit Vénus ou Aphrodite, que ce soit Athena, quel que soit le nom de la déité, le mauvais sort s'acharne sur l'humanité, sur les femmes. J'ai eu une grande joie à écouter ses récits d'après Homère, et ai été surprise, et d'abord décontenancée, par les premiers mots du récitant Emmanuel Lascoux en grec ancien, dont il connaît toutes les subtilités de prononciation et d'accents. Déclamation étonnante, lyrique, grandiloquente, qui me fit penser au théâtre No, je sais c'est curieux. Et tout de suite après, le texte en français interprété magistralement par Daniel Mesguich. Celui-ci, plus simple dans son jeu, semble-t-il, en comparaison avec l'éloquence grecque, rejoint peu à peu son partenaire dans l'intensité extériorisée, jusqu'à ce que les deux voix n'en fassent plus qu'une. Ainsi les langues antique et contemporaine s'entremêlent et les mots anciens deviennent actuels. Un sacré prodige ! J'ai été bluffée lorsque j'en été consciente.... Un vrai tour de force grâce à une adaptation et une découpe du texte au cordeau, et une mise en scène sonore luxueuse. Nous sommes dans le domaine de l'artisanat d'art, pas celui d'un simple enregistrement audio : il y a un supplément d'âme, une implication artistique et personnelle de chaque intervenant ayant collaboré à ce projet. Cela se ressent à chaque instant de l'écoute. D'autre part, le parti pris de regarder les évènements de la guerre de Troie puis du long voyage de retour de Ulysse vers sa patrie par le prisme féminin est d'une vérité évidente, criante, qui malheureusement n'est presque jamais choisi. Excepté chez Berlioz qui à l'instar de Homère, de Virgile, donne une place plus que prépondérante aux femmes, centrale, déterminante. l'Iliade, l'Odyssée et l'Enéide comme l'Opéra Les Troyens sont des œuvres profondément "féministes". Les figures de Hécube, Andromaque, Hélène loin d'être juste une belle potiche, Pénélope, ne sont pas faibles, même si elles doivent supporter les conséquences d'un destin ou plutôt des décisions des déesses et des dieux. Les femmes sont à égalité avec les hommes face aux malheurs, tous sont les jouets du sort, leur genre n'entre pas en ligne de compte face à la mort, au drame. Elles font preuve de courage, de ténacité, d'entêtement, d'amour immense, d'intelligence, ce sont des héroïnes, des guerrières, des symboles. l'Iliade est plus dramatique que l'Odyssée qui vous réserve de beaux moments de rires et d'humour. Ce deuxième volet est parfois une comédie truculente, possédant une faconde presque marseillaise ( je fais référence à la plage seize, drôlissime, à l'accent provençal), basculant soudain dans le drame touchant, bouleversant, beau, tout simplement. Dieu que cette fin est magnifique ! Comme ces deux voix murmurantes m'ont faite frissonner...! Oui j'ai redécouvert ce que je croyais bien connaître et magie du talent de deux artistes qui s'oublient eux-mêmes, ils n'ont plus été Daniel et Emmanuel, mais un seul être redonnant vie au poète et son oeuvre. Deux enregistrements à part, pour tous, jeunes, expérimentés, hellénistes ou non. Il y a des vérités qui sont éternelles et intemporelles. Quatrième de couverture - L'Iliade des femmes : « Qu'est-ce qu'une femme ? Une déesse mortelle. Une déesse ? Une femme immortelle. Qui parle ? Le poète ( inutile, autrefois, de préciser « Homère »), dans l'Iliade, notre naissance en littérature. Loin d'être là faiblesse des hommes et des dieux, la femme et la déesse sont la force du chant : tout part de la déesse invoquée ; tout remonte à Hélène, la femme désirée, selon le vouloir d'Aphrodite. Elles sont là, reines, mères et filles, sœurs et épouses, amantes ou solitaires. Inséparables des hommes et des dieux. Bien avant que Flaubert soit Emma Bovary, Homère est Andromaque, Hécube, Athena, Chryséis, toutes ! La guerre de Troie, il fallait mieux que de la lire, qu'on l'entende d'elles. Car l'Iliade n'est pas un livre : elle est femme, donc chant. Doublement... » - L'Odyssée des femmes : « Après l'Iliade des femmes, voici l'Odyssée des femmes. "Homère au féminin", comme le philosophe Raymond Ruyer le percevait dans ce duo de l'aède et du héros. Voici le premier retour d'un mari vers sa femme, sa vie, son île. Ulysse, l'homme de tous les lieux et de toutes les ruses, est celui d'une seule mortelle, Pénélope. Partout déesses, nymphes, sorcières, ogresses, sirènes, princesses même, lui voudront le meilleur et le pire, et tenteront de le garder près d'elles. Il n'aura pas trop d'Athena pour le guider, jusque chez les Mortes, et pour le venger des Prétendants, jusque dans son palais. Père, fils, serviteurs, nourrice, épouse, il faut entendre l'Odyssée pour apprendre la reconnaissance. Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, déploie l'étoffe de notre langue tissée ici pour lui par Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, et l'invite à y broder le fil antique. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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