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- Le journal de Nisha | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le journal de Nisha Veera Hiranandani Hatier Grand Format 8 janvier 2020 319 pages traduites par jean Pouvelle Roman Jeunesse Chronique 7 septembre 2020 Roman jeunesse dès 12 ans. « Quand je me suis endormie ce soir-là, je me suis sentie apaisée [...] À Nehru, à Jinnah, à l'Inde, au Pakistan, je disais : vous ne pouvez pas nous séparer. L'amour est inséparable. » Ce roman a reçu la médaille Newbery qui honore le meilleur livre jeunesse aux États-Unis. Évidemment on pense immédiatement au Journal d'Anne Frank, bouleversant, essentiel, éclairant sur la tragédie traversée par les juifs pendant la seconde guerre mondiale et plus encore par les enfants. Ce journal de Nisha est une fiction s'attachant, par la parole d'une fillette de douze ans, à nous raconter la Partition dramatique de l'Inde en 1947. Un texte adressé à une mère défunte, qui fut musulmane mariée à un Hindou. Pour Nisha, son frère jumeau Amil, sa grand mère Dadi, son père médecin et Kazi le cuisinier et intendant musulman de la maison, la décision gouvernementale au départ des anglais, pour éviter soit disant toute violence entre les différentes communautés Hindoues, Sikhs, Musulmanes, etc... de scinder l'Inde en deux en créant le Pakistan, est une catastrophe, un tsunami. Du jour au lendemain, des deux côtés d'une nouvelle frontière fictive, des indiens vont devoir tout laisser derrière eux, des familles vont être séparées, écartelées, ruinées... meurtres, rapines, crimes vont se multiplier. C'est ce drame que va raconter presque quotidiennement Nisha à sa maman. Nous allons assister aux événements à hauteur d'une enfant dont l'innocence est sagesse, dont la fragilité deviendra force et courage. Une presque adolescente timide, silencieuse, obéissante, bonne à l'école, aimée de son père, grande amie de Kazi avec lequel elle cuisine toutes sortes de plats délicieux. Le sentiment de sécurité et d'amour passe par l'estomac et par les mets préférés que la petite déguste et nous fait découvrir. Et pendant le voyage terrible vers leur futur domicile, la nourriture même frugale est consolatrice et redonne espoir. Amil le frère jumeau tempétueux qui parle tout le temps, qui accumule les bêtises, qui se fait reprendre sévèrement par son père, semble être le reflet de Nisha, son contraire. Il est en fait son complément, mais l'exil sur les chemins en pleine sécheresse ou dans le dernier train de la chance, va changer cette donne, et les relations entre les membres de cette famille aux abois vont changer irrémédiablement. C'est aussi un parcours vers une mère inconnue, sublimée, et l'étape sur le long chemin vers la liberté chez son frère sera décisive pour les enfants, qui ainsi seront encore plus conscients de leur double origine. Les notes de l'auteur en fin de roman sont fondamentales et émouvantes. L'histoire imaginée est un mixe des souvenirs de la famille de son père qui dut aller de Mirpur Khas à Jodhpur, et des expériences dramatiques et terrifiantes traversés par d'autres migrants. C'est un roman exceptionnel, très beau et bouleversant sans pathos inutile, une histoire racontée simplement par une fillette en passe de devenir une jeune fille, précis quant aux faits et personnages historiques, didactique à bon escient, nous dépaysant tout en nous reliant par le coeur, par mille similitudes, à l'humanité entière. Le glossaire enfin met la "cerise" sur le Kheer, dessert proche de notre riz au lait, parfumé à la cardamome, au safran et agrémenté de raisins secs et de fruits à coque. Heureusement l'Amour est là qui traverse les frontières, qui se joue des guerres, des décisions gouvernementales. Note de l'éditeur sur son site : Ce texte sur une des pages sombres de l’histoire parvient à mêler des éléments de la vie quotidienne indienne ; la description des repas ajoute une saveur toute particulière au roman. Les questionnements de Nisha sur l’identité, la frontière, la religion, l’amour de son pays et la force de l’écriture apportent une profondeur, une intensité et une résonance uniques pour les lecteurs d’aujourd’hui. Durant les journées du 14 et 15 août 1947, l’Inde obtient son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne. La Partition entre Inde et Pakistan intervient après des siècles de tensions religieuses, même si beaucoup ne souhaitent pas une séparation en deux pays. Durant le passage des frontières, des tensions éclatent dans des régions jusque-là paisibles : plus de 14 millions de gens s’exilent et au moins 1 million d’entre eux sont tués. C’est la plus grande migration de masse de l’histoire. Des tensions demeurent aujourd’hui, entre certains groupes d’hindous et de musulmans. Garder en mémoire les erreurs du passé peut créer un avenir plus pacifique : accepter la différence a toujours été un grand défi pour l’humanité, un défi qui s’est manifesté de mille façons. Ce récit en est une. Le Journal de Nisha a reçu la médaille Newbery qui honore chaque année les meilleurs livres pour enfants aux Etats-Unis Quatrième de couverture Nisha, une jeune Indienne, a grandi dans le nord du pays avec son frère jumeau Amil, et leur père hindou. Les enfants n’ont pas connu leur mère musulmane. Ils sont entourés de leur grand-mère et de Kazi, leur cuisinier musulman. Depuis peu, on parle de l’indépendance du pays. Nehru, Gandhi et la classe dirigeante disent que le peuple va se libérer de la domination britannique. Mais on entend aussi dire que musulmans et hindous ne pourront plus coexister. Nisha et sa famille vont devoir s’exiler à Jodhpur, mais que va devenir Kazi ? Nisha se sent elle-même à moitié musulmane et hindoue. Comment l’indépendance peut-elle signifier la liberté ? Août 1947. Depuis peu, l’entourage de Nisha ne parle plus que de l’Indépendance ; son pays va être coupé en deux, il y aura l’Inde et le Pakistan. À l’école, sur le marché, les tensions montent entre musulmans et hindous. Il faut partir, mais sur la route la confusion règne et le passage des frontières, dans des régions jusque-là paisibles, s’avère chaotique. Dans son journal, Nisha raconte son exil et cone ses questionnements sur l’identité, la religion, l’amitié et l’amour de son pays. Le Journal de Nisha a reçu la médaille Newbery qui honore le meilleur livre jeunesse aux États-Unis. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au temps des damnés et des bénis | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au temps des damnés et des bénis Ayòbámi Adébáyò Charleston 16 août 2023 512 pages traduites par Virginie Buhl Historique Chronique 5 novembre 2023 Titre original : A Spell of Good Things Deux citations en début et fin d'ouvrage : « Lien de parenté Quand un éléphant marche sur un affleurement rocheux, On ne voit pas ses empreintes. Quand un buffle marche sur un affleurement rocheux, On ne voit pas ses empreintes. » T. M. Aluko, Kinsman and Foreman « Quand un éléphant marche sur un affleurement rocheux, On ne voit pas ses empreintes. Quand une grosse averse tombe sur un affleurement rocheux, On ne voit pas les empreintes de la pluie. » T. M. Aluko, Kinsman and Foreman Mais quelle est cette averse ou plutôt cette pluie diluvienne qui va se déverser sur les vies de Eniolá et de Wúràolá jusqu'à dissoudre leurs empreintes, jusqu'à détruire leurs espérances ? Nigeria aujourd'hui ;Eniolá est un jeune garçon de seize ans, taille adulte mais maturité encore enfantine malgré les vicissitudes empoisonnant son quotidien de lycéen. Pour ses parents, l'instruction est vitale, incontournable pour leur fils et leur fille Bùsólá. Ils les envoient dans un établissement privé car le service public est nul, rongé par l'absentéisme des professeurs. Quand le père perd son poste d'enseignant, victime d'une décision gouvernementale inique et ubuesque, payer les frais quotidiens et d'éducation devient impossible. La chute de la famille est inexorable. Eniolá ne sait pas faire face au malheur, il essaie de toutes ses forces d'aider les siens jusqu'à mendier et travailler comme apprenti pour une couturière styliste du quartier. Mais lorsque ses géniteurs prennent une décision qu'il ne comprend pas, injuste à ses yeux, alors tout devient possible. Le vent de la colère se lève, une tempête s'annonce... Pour Wúràolá, tout va bien, issue d'une famille riche, médecin, bientôt fiancée à un jeune homme parfait, fils d'un politicien en vue.Et pourtant, malgré ses diplômes, sa modernité apparente, Wúràolá doit obéir à des principes ancestraux d'un autre âge, évoluer dans une société où ses moindres faits et gestes sont scrutés et jugés, où le rôle d'une femme même diplômée et indépendante reste celui d'épouse soumise à son mari. Jusqu'où ? Eniolá et Wúràolá sont à un carrefour temporel entre notions passéistes et inégalitaires en matière de classes sociales et de rapports entre les sexes et futur où chacun aurait sa chance et sa liberté d'être qui il veut. Ayòbámi Adébáyò dispose très patiemment les pièces sur son échiquier : on se demande comment ces deux personnages si éloignés l'un de l'autre vont se rapprocher jusqu'à ce que leurs destins s'entremêlent.De quelle façon l'araignée du malheur va lentement tisser sa toile, le piège dans lequel nos deux héros vont tomber. « Une histoire éblouissante du Nigéria d'aujourd'hui dans la lignée des grandes œuvres de Chinua Achebe et Chimananda Ngozi Adichie. » The New York Times Roman flamboyant d'intelligence, bouleversant de sensibilité et de pertinence psychologique, dénonciateur des ravages de la corruption, mal endémique en politique quelque soit le pays, et du masculinisme le plus violent et inacceptable, ce livre est une œuvre d'art engagée. Eniolá et Wúràolá, pauvre et femme, sont des victimes désignées. Seront-ils déjouer les plans du diable, sauront-ils sauver leur vie ? J'ai le cœur brisé et en colère en refermant ce magnifique roman à la beauté crépusculaire, profondément admirative de l'autrice depuis son premier roman. Une voix s'élève qui donne envie à toutes les autres de se faire entendre. Quatrième de couverture Ẹniọlá, 16 ans, ressemble déjà à un homme. Depuis que son père a perdu son emploi, il tente de subvenir aux besoins de sa famille et passe ses journées à faire des courses pour l’atelier de couture local, à collectionner les journaux, à mendier quand il le faut, tout en rêvant d’un avenir meilleur. Fille d’une riche famille, Wúràọlá évolue quant à elle dans une sphère privilégiée. À 28 ans, cette jeune médecin espère enfin contenter ses parents en épousant le fils d’un politicien en pleine ascension. En apparence, les vies d’Ẹniọlá et Wúràọlá sont diamétralement opposées, mais un jour, alors que des violences éclatent à travers le pays, leurs trajectoires vont entrer en collision. Un puissant conte nigérian moderne dans lequel Ayọọbámi Adébáyọọ met en lumière le fossé entre les pauvres et les nantis... et la force de notre humanité commune. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Maï, une femme effacée | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Maï, une femme effacée Geetanjali Shree des femmes Antoinette Fouque Le 16 mai 2024, 256 pages traduites par Annie Montaut roman Chronique 15 mai 2024 "Les grands messieurs des histoires de Maman étaient toujours des imbéciles. Et dans les histoires plus longues qu’elle nous racontait, le pauvre faible innocent qu’on prenait pour un imbécile triomphait finalement. Qu’il y ait dans la faiblesse de l’innocent le potentiel de la victoire, nous l’admettions volontiers, mais sans y penser plus que cela." G.S. Il est toujours plus difficile et délicat d'écrire une chronique lorsque l'on a rencontré, même brièvement, un(e) écrivain(e), échangé avec cette personne de vrais regards, de vraies pensées ou confidences, malgré la timidité ou l'insécurité qui nous habite. J'ai eu la chance et l'honneur d'être invitée à la présentation de ce roman vendredi dernier à la librairie " L'écume des pages" près de Saint-Germain des Prés, comme je le fus précédemment pour le roman stupéfiant et magnifique "Ret Samadhi", couronné en 2022 de l'International Booker Prize. À nouveau, ce fut un moment magique, hors norme et hors du temps à l'instar de ce dernier roman, en ce que Geetanjali Shree est d'une authenticité et d'une sincérité confondantes, étonnantes. S'attachant à décrire l'infiniment petit, à raconter un quotidien à la limite de la trivialité, à donner chair à des êtres modestes presqu'invisibles, elle réussit à ouvrir pour nous l'horizon et à évoquer ainsi des valeurs universelles. Cette histoire est inscrite dans un espace et une période donnés et, pourtant, elle est atemporelle et concerne l'humanité entière. Comme l'héroïne inoubliable de Ret Samadhi, Maï, silhouette courbée physiquement et moralement, n'est pas celle que l'on croit. Elle est une énigme que ses propres enfants ont de la peine à dénouer. En effet, un mystère entoure cette personnalité d'une grande complexité ; qui se cache vraiment sous ce voile ? Ses choix de vie et son acceptation de sa place et de son rôle dans sa famille, semblant imposés par son mari et plus largement la société patriarcale indienne, sont incompréhensibles pour sa progéniture. L'analyse des différents états d'âmes par lesquels passent Sounaina, l'aînée, et Soubodh, son frère, est d'une justesse et d'un hyperréalisme incroyables. D'abord la cataloguant rapidement dans la case des victimes, ses enfants de par leur inexpérience et leur âge, forts de leur bilinguisme et de la supériorité induite par leur rapport facilité au monde extérieur, veulent à tout prix la sauver d'elle-même, de sa faiblesse, de son apathie inacceptables à leurs yeux. Du coup, bientôt, ils sont en proie à la souffrance de l'impuissance face à une mère qui résiste, souhaite rester dans l'ombre.... Ils veulent la sortir de sa zone de fausse sécurité, ils se font insistants, inversant les rôles, la marquant d'un jugement sévère qui l'infantilise, l'abaisse. Alors évidemment, peu à peu, ils commencent à la haïr, à vouloir la fuir, tant ils se sentent dans l'incapacité de la changer, de la métamorphoser en une mère fantasmée. Ce qui se joue, particulièrement pour Sounaina, est très grave, car née fille, la liberté de disposer de son corps, de décider de sa vie, lui sont interdits par la vieille garde alors que son petit frère, l'homme en puissance, peut partir à l'étranger pour étudier et en rapporter des idées révolutionnaires et modernes... La jeune fille aime sa mère et en même temps ne la supporte plus. Ce n'est pas une simple crise d'adolescence, c'est bien plus profond. Toute métamorphose d'une société quels que soient le pays et l'année où elle intervient, provoque des fissures au sein des familles, des clans. La maison familiale, emplie des senteurs divines s'échappant de la cuisine maternelle, régie par des règles édictées d'abord par les grands parents puis par les parents, n'est plus un refuge pour Sounaina, mais un piège, une geôle, qu'elle veut fuir pour ne pas finir comme Maï. Mais doucement, insensiblement, fugacement, les fragments du miroir brisé symbolisant cette famille, se replacent, et le reflet recréé n'est pas celui imaginé par le frère et la sœur. Maï est-elle vraiment effacée ? Est-elle si soumise, victime des violences supposées de la part du père ? N'y-a-t'il pas une autre vérité, une autre interprétation à donner aux signes qu'ils pensent avoir vus ? Savent-ils réellement ce qui se déroule dans l'intimité du couple formé par leurs parents ? Les connaissent-ils vraiment ? Ne les ont-ils pas trop vite jugés étiquetés ? Comment pourrions-nous améliorer la communication entre les générations ? Pourrions-nous faire preuve de tolérance et de sagesse les uns vis à vis des autres ? Maï est une héroïne universelle et sans âge, ce roman un récit profondément humaniste aux multiples facettes s'interrogeant sur la difficulté à comprendre et accepter l'autre simplement dans sa différence, sans condamner. Ce qui est valable au niveau d'une famille, donc d'un microcosme, est évidemment valable pour le monde entier. Vendredi dernier, nous étions plusieurs à témoigner de notre gratitude envers l'autrice en ce qu'elle nous avait raconté une histoire qui touchait également à notre intimité, à notre vécu. Pour certains même, ce roman avait pansé des blessures et effacer, ou au moins atténuer, la douleur encore présente, générée par la haine et le sentiment d'impuissance voici des décennies face à une mère, un père, très semblables à Maï et son époux. Merci infiniment également à Annie Montaut pour sa traduction incroyable, si sensible et attachée à mettre en lumière magnifiquement l'autrice et son œuvre, tout en s'oubliant et s'effaçant. Du grand art. Quatrième de couverture Une mère traditionnelle vue par sa fille en quête d’émancipation et de modernité. La discrète Maï est dévouée à son mari volage, à ses beaux-parents au caractère difficile et autoritaire, ainsi qu’à ses enfants. Mais qui se cache donc derrière ce voile qui révolte tant sa fille Sounaina ? À travers ses yeux perspicaces, on découvre le quotidien de cette famille indienne et la toile d’images et d’événements centrée autour de Maï. Malgré les encouragements de Sounaina à s’opposer aux injonctions absurdes de l’ancienne génération, Maï, comme tant d’autres femmes effacées par l’autorité patriarcale, choisit de se sacrifier pour le bonheur familial et le respect des traditions. C’est dans le silence de Maï que se dévoile l’éloquence du faible, et dans son incommensurable vulnérabilité, sa force infinie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un crime sans importance | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un crime sans importance Irène Frain Seuil Août 2020 256 pages Biographie Roman Chronique 20 janvier 2021 Un crime sans importance est lauréat du prix Interallié 2020. Quel courage a-t-il fallu à Irène Frain pour rédiger ce texte si délicat, si difficile, si intime au cœur même de la douleur et de la tourmente puisque rien n'est fini ? Je suis profondément admirative de la force couplée au talent de l'auteure dans la nécessité incontournable, inévitable de dire, de raconter, de dénoncer aussi .... Un fait divers pour certains, un drame inacceptable toujours. Un texte qui reste volontairement indéfini, distancié au départ. Les faits, rien que les faits... Et puis le réveil, la souffrance de la perte mais aussi causée par l'absence de réponse des forces de l'ordre, des enquêteurs, par le parcours du combattant imposé aux proches de la victime de ce crime barbare, brutal .... l'incompréhension n'est pas supportable, il faut savoir... Il faut analyser la scène de crime, la ville, la société, dresser le portrait de la disparue... Le tout avec pudeur, respect, par touche.... Mais surtout rompre ce silence meurtrier pour la seconde fois, assourdissant, anxiogène pour les proches mais aussi pour toute la cité. La disparition brutale, l'assassinat d'une personne concerne sa famille mais aussi toute la collectivité. À lire absolument et à suivre dans les mois qui viennent. Quatrième de couverture Les faits. Le peu qu'on en a su pendant des mois. Ce qu'on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l'unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d'été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d'organiser des barbecues dans leur jardin. L'agresseur, a-t-on assuré, s'est introduit dans la maison de l'impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l'a toujours pas rendu. " Face à l'opacité de ce fait divers qui l'a touchée de près – peut-être l'œuvre d'un serial killer –, Irène Frain a reconstitué l'envers d'une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l'intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Fordlandia | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Fordlandia Jean-Claude Derey Payot & Rivages 2016 332 pages Thriller Historique Chronique 2 mars 2019 Rendons à César ce qui est à César. Remettons les évènements dans la bonne chronologie. Avertissement aux lecteurs : « Henry Ford, c'est un fait mal connu, a inspiré Hitler à travers les nombreux articles antisémites de son journal, le Dearborn Independant, qu'il publia de 1921 à 1927. Hitler considérait Ford comme son maître à penser et affichait son portrait dans son bureau. Le noyau dur de ce roman s'inspire de faits authentiques et de personnages réels. Fordlandia a bien existé, au cœur de l'Amazonie. Dans les années vingt, Henry Ford voulait créer la plus grande plantation de caoutchouc du monde et bâtir une cité radieuse où l'Homme nouveau aurait sa place. L'imagination accomplit le reste : perchée sur une branche, elle lisse ses ailes pour survoler la forêt sauvage et le rêve mégalomaniaque d'Henry Ford qui préconisait déjà la solution finale, l'extermination de tous les juifs. » Incroyable ! Du coup, l'auteur prend le parti de laisser deux narrateurs raconter cette histoire : Luther Ford rédacteur pour le Dearborn Independant à Detroit et Irou de la tribu des Yanomami au Brésil. Tiago, chasseur et guerrier émérite revient d'une équipée jusque chez les blancs. Touna a été assassiné par ces envahisseurs qui détruisent peu à peu la forêt amazonienne pour déblayer le terrain en vue de la construction d'une immense plantation et d'une nouvelle ville, Fordlandia. Tiago hait les blancs et exorte la tribu à se battre contre eux et les exterminer. Une voix s'élève contre ce discours, celle de Anna, quinze ans, fille adoptive du chaman, qui a été enlevée enfant par Tiago, après que celui-ci ait assassiné ses parents, de pauvres indiens. Il souhaitait la tuer en arrivant au village mais Irou l'en a empêché. Depuis Anna et Tiago se détestent et l'amour a grandi entre les deux jeunes gens. Anna souhaite se donner à son homme de coeur et se rend à une cascade afin de se préparer pour lui. Un yatch avec trois blancs à son bord approche. Anna disparaît. Tiago et Irou décident de se rendre à Fordlandia pour la chercher... À peu près au même moment, à Detroit en 1927, Luther Ford a réussi à devenir un collaborateur proche du magnat antisémite Henry Ford, rédacteur de tous les articles du Dearborn Independant, qui ne donne pas seulement des conseils pratiques, d'hygiène, de vie aux milliers de travailleurs de la firme, mais appelle bien à la haine du juif dans des textes d'une extrême violence. Maître Shapiro, avocat, après sept ans de ce traitement, au nom de la communauté juive de Detroit et des USA, décide d'attaquer Henry Ford en justice. Luther est un personnage très énigmatique, il ne convainc pas le chef de la sécurité de l'usine, aux méthodes mafieuses, d'autant plus lorsqu'une vieille femme parlant yiddish se présente sur place réclamant de voir en pleurant et hurlant son fils, Jeremy Mandel, qu'elle n'a pas vu depuis des années mais qu'elle reconnaît immédiatement lorsque apparaît Luther. Le pot aux roses est découvert, le roublard Henry Ford décide de profiter de cette aubaine dans le cadre de sa défense au procès. Le seul responsable de tous ces articles antisémites n'est pas lui mais Jeremy Mandel, le rédacteur en chef juif. La bonne blague ! Il n'a pas vérifié, dit-il, la teneur de ces papiers. Ford ne sait pas que Jeremy est un agent double au service de la communauté juive, la renseignant sur sa contribution au financement du parti national socialiste de Hitler. Après le procès, Ford décide de l'envoyer à Fordlandia, sa nouvelle plantation d'hévéas. Un de ses hommes de main a été assassiné sur place, Jeremy doit donc enquêter, après une traversée cauchemardesque cerné par des antisémites. Mais l'Amazonie n'est pas Detroit, ou une terre accueillante pour les blancs. Ceux-ci y sont victimes de deux phobies : le mystère et les moustiques. Ils ne comprennent pas comment fonctionne ce pays, ils en deviennent fous. Quand les deux phobies se mélangent, l'homme blanc " redevient le petit garçon qui a peur du noir, qui se cache derrière un air bravache." La construction de Fordlandia et l'installation de la plantation sont catastrophiques : des erreurs énormes s'accumulent, Ford refusant dans sa paranoïa habituelle d'engager des ingénieurs spécialisés dans la culture de l'hévéa, d'autant plus sur cette terre d'Amazonie si différente de l'Indochine, où le succès et la rentabilité sont au rendez-vous pour les colons. La fureur des ouvriers gronde, la nature se venge, des félins rôdent, les sorciers et chamans maudissent les lieux, et toujours glisse la silhouette de Anna la disparue réclamant vengeance. Jeremy, Irou, Tiago vont agir ensemble... Une fin digne de l'ancien Testament... Henry Ford ne peut rien faire contre les forces de la terre, mais déjà les évènements se précipitent en Europe... Un roman épique, mêlant Histoire et mystères millénaires. Deux mondes s'affrontent... En écho aujourd'hui, la situation dramatique du Brésil et des indiens d'Amazonie. À lire. Quatrième de couverture Henry Ford, c'est un fait mal connu, a inspiré Hitler à travers les nombreux articles antisémites de son journal, le «Dearborn Independent». Dans les années 1920, Luther, un jeune juif, postule comme rédacteur en chef du journal. Sous couvert de cette fonction et en cachant ses origines, il gagne la confiance de l'industriel et renseigne ainsi la communauté juive américaine sur les tractations secrètes entre Hitler et Ford, qui contribue au financement du parti national socialiste. Mais Luther est démasqué et envoyé par Ford dans sa plantation de caoutchouc en Amazonie sous prétexte d'enquêter sur l'assassinat d'un des cadres. En fait, le chef de la plantation de Fordlandia est chargé de l'éliminer en simulant un accident... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Femme sur écoute | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Femme sur écoute Hervé Jourdain Fleuve Noir 2017 524 pages Thriller Chronique 17 juillet 2018 Finaliste pour le Prix Ligue de l'Imaginaire-Cultura fin septembre 2018. En 2017, il reçoit le prix Sang d'encre décerné par le festival de Vienne. Voici pour moi, un troisième livre se déroulant au Bastion de Batignolles, le nouveau 36 quai des Orfèvres. Les policiers ont eu du mal à quitter ce lieu mythique. Il semblerait que les écrivains de polars aussi. Mais cette fois-ci le déménagement a bien eu lieu, avec retard, l'ouverture va être un évènement mondain et politique d'importance. Frémissement de couloir, stress des petits fours et des huiles. La visite aux étages ouverts alors du bâtiment, façon Vauban, vaut le détour d'autant plus avec Hervé Jourdain, ancien capitaine de police à la Brigade criminelle de Paris aujourd'hui analyste au sein d'un service spécialisé. Ces deux professions d'exception se retrouvent dans ce roman à travers les personnages de flics. Kaminski, chef de groupe, représente la vieille garde, mysogine aux méthodes très borderline. Efficace, haïssable, vite déstabilisé par la police, nouvelle formule. La pauvre Lola Rivière sous ses ordres souffre énormément, elle fait ses armes, il lui met des bâtons dans les roues constamment. De plus Lola a un secret de taille qui la rend encore plus attachante et admirable pour le lecteur. Enfin très intelligente, l'informatique est son terrain de prédilection, elle est experte en cyber criminalité. Heureusement le patron, le divisionnaire Hervé Compostel a remarqué ses qualités et la prend sous son aile. C'est un homme en deuil qui travaillait avant à la brigade financière. Donc le tournant de carrière à la Crim est un challenge. Deux autres membres vont venir renforcer cette équipe : le brigadier Zoé Dechaume et plus tard son supérieur le commandant Guillaume Desgranges. Tous deux des teigneux, un tandem qui gagne. Tout en haut de l'organigramme le directeur Thomas Andrieux. Tout commence par des retranscriptions de conversations téléphoniques entre une certaine Manon Legendre, dite Monica, dans son métier de lap danseuse, effeuilleuse et prostituée occasionnelle, œuvrant dans le triangle d'or de Paris entre Le Jardin d'Eden une boîte de nuit pour vip et l'hôtel Pierre Ier, une collègue Diana Sangaré, Moussa Sissoko, qu'on devine être le mac, Julie legendre la sœur de Manon, étudiante en philo, ignorante des activités de son aînée, la banque de Manon de mauvaises surprises l'attendent, et enfin et pas le moindre David Ribeiro dit le Bison en préventive, en taule pour braquage, fiancé de Manon, personnage haut en couleurs, une frappe détestable. Manon lui obéit, pourtant c'est une dure à cuire, mais il est le père de son fils tristement baptisé par son paternel Jihad. Entre le strip tease, le bébé et les visites aux parloirs ainsi que quelques rdv organisés par Moussa, elle n'arrête pas. Au Bastion les interrogatoires de Didier Jeanjean qui a retrouvé sa femme assassinée, et dans une autre salle de sa maîtresse Mireille Dunois ne donnent rien. Kaminski est furieux et incrimine Lola. Pour lui la police est un métier d'homme. Le duo n'arrive à rien. Compostel convoque tout le monde dans son bureau flambant neuf. Une nouvelle affaire est tombée : l'overdose de Dalila Toumi dans le coma, fille d'une des politiciennes se présentant aux présidentielles. Kaminski, Lola et Zoé sont mis sur ce cas et Guillaume sur celui des deux amants. Parallèlement, Compostel remet entre les mains de Lola, en secret, un pc à analyser. Elle comprend vite que cela concerne son fils Alexandre suicidé voici trois ans. Tout est mis en place. On se demande ce que Manon et Bison ont à voir avec les deux enquêtes de la Crim. Patience, l'auteur sait très bien disposer ses pions et construire sa maison. « Sexe, politique, sécurité... Et des morts sans connexions apparentes. Au plus près du réel, en s'appuyant sur le système des écoutes téléphoniques, Hervé Jourdain bâtit une intrigue à l'architecture saisissante, doublée d'un portrait ( à l'acide) de son époque. » Du bel ouvrage, un récit prenant, intelligent, des personnages bien campés, des femmes mises à l'honneur, un divisionnaire qui n'hésite pas à aller au charbon, de l'humanité face à la barbarie et au cynisme ambiant. Et vraiment, cette découverte du Bastion est exceptionnelle. Beaucoup aimé ! Quatrième de couverture Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d'or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu'elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu'une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c'était avant qu'on pirate sa vie. Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s'escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d'une jeune garde, qu'a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs... La réputation de l'experte en cybercriminalité n'est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l'ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Mes Jardins de Paris | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mes Jardins de Paris Alain Baraton Mon Poche 27 mai 2021 370 pages Guide Chronique 3 octobre 2021 Un guide des jardins édité au format poche, idéal afin de l'emporter partout avec vous dès que l'envie vous prend de partir vous aérer, de vous reconnecter au végétal par le biais de ces espaces verts où la Nature, maîtrisée jusqu'à un certain point, vous offrira des cadres magnifiques d'autant plus en cet automne commençant. Des lieux où liberté du corps rime avec lâcher prise ; jardins, squares, parcs d'hier ou contemporains comme autant de carrefours de rencontres, de possibles, de réflexions, d'expositions, de joies et de peines. Des ponctuations dans la ville, dans le béton, où la mémoire des disparus est vivace, où l'hommage aux grands personnages de notre Histoire persiste, où l'oubli de ce qui fut créé, offert à la postérité est impossible, comme autant de cailloux blancs jalonnant le récit de l'humanité dans ce qu'elle a de plus remarquable, d'exceptionnel. La justice, par la création de certains de ces lieux et surtout leur baptême, est victorieuse en ce que certaines personnalités bien mal loties de leur vivant obtiennent la reconnaissance ad vitam eternam. L'organisation de ce guide est aussi à noter, préférant à un classement alphabétique ou par arrondissement des thèmes poétiques plus illustratifs et séduisants : Les voix des jardins où se retrouvent des artistes interprètes de scènes théâtrales, musicales, etc ... Jardins des auteurs de Péguy réhabilité en passant par Tolstoï pour finir avec le Square des poètes... Les jardins des Arts faisant la part belle à Emile Gallé, Renoir, Brassaï ou encore à certains musées et lieux d'exposition... Évidemment, les Jardins résistants sont incontournables car qui, plus que les combattants de la liberté et de la défense des droits de l'homme ou victimes de la barbarie, mérite que sa mémoire soit bénie ? donc Martin Luther King, Anne Franck, Ilan Halimi, Estienne d'Orves, Albert Schweitzer... Jardins féministes encore trop peu nombreux, Louise Michel, Suzanne Lenglen... Les jardins partagés eux aussi persistant à offrir un espace à quelques chanceux. Puis les jardins politiques et militaires, royaux, expression du pouvoir.... Plus touchants et moins ostentatoires, les jardins des îles, qui mènent évidemment aux jardins d'amour, enfin !!! Plus étonnants les jardins maudits dont font partie le Parc Montsouris, des Buttes-Chaumont, des Batignolles... !!!! Les jardins contemporains dont un de mes lieux préféré à Paris, le Parc de la Villette. Un ouvrage de passionné, d'érudit sachant rester accessible, à déguster lentement, à ressortir régulièrement. Un classique du genre regroupant près de 150 descriptions. Merci aux Éditions Mon Poche pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture Voici le premier livre exhaustif jamais écrit sur les jardins de Paris. Et quel meilleur spécialiste que le jardinier le plus célèbre de France, Alain Baraton, qui est aussi le jardinier de Versailles ? à Paris, les jardins sont multiples et portent de multiples noms. Qu'ils soient parcs, squares, promenades ou jardins à proprement parler, ils recèlent bien des surprises et dévoilent un visage parfois méconnu de la capitale, cette ville que l'on ne croit que de pierre et de monuments : célèbres, ils abritent des recoins mystérieux ; ignorés du grand public, ils sont le délice des habitants du quartier. Alain Baraton s'en fait le guide passionné dans une série de balades thématiques allant des jardins féministes aux jardins maudits, en passant, entre autres, par les jardins de chanteurs ou les jardins de pouvoir. Dans cette promenade où nous apprenons en marchant, chaque lieu est l'occasion d'une anecdote historique, botanique ou personnelle. Cet ouvrage est beaucoup plus qu'un guide : il est aussi un merveilleux voyage dans le temps et dans l'espace qui conduit son lecteur de l'antique Lutèce à la Chine contemporaine et même à la lune, tout en ne bougeant pas de Paris. Il est enfin l'occasion de découvrir un Alain Baraton personnel et engagé, fervent défenseur de la nature mais aussi de certains militants ou de la cause des femmes. Ces jardins de Paris sont nos jardins, qui ne doivent plus rester secrets. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- J'ai perdu Albert | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires J'ai perdu Albert Didier van Cauwelaert Audiolib 2018 5 h, lu par l'auteur SF Chronique 8 mars 2019 J'ai adoré ! Voilà ! Je pourrais m'arrêter là...Décidément cet homme est un surdoué, pas Albert, non ! Didier. Quel comédien ! Cette interprétation de son propre texte est géniale, parfaite dans l'émotion comme dans la comédie la plus loufoque. La voix est belle et caméléon. J'ai été soufflée par cette performance. Évidemment lorsqu'on sait que le scénario du film sorti en septembre 2018 fut écrit en même temps que le roman, on comprend mieux la justesse du ton, le jeu impeccable. Quel bel après-midi j'ai passé ! Deux narrateurs au début : la voyante Chloé qui n'entend et ne voit plus rien en raison de sa perte de connection avec l'âme de Albert, le garçon de café apiculteur Zac son successeur involontaire dans la profession de médium. Et puis soudain, moment goûteux, délicieux, émouvant...celui où le grand Albert prend enfin la parole... Pourquoi a-t-il changé de fréquence, de passeur ? Pourquoi choisir Zac le looser ? Que reproche-t-il à Chloé ? Comment celle-ci va bien pouvoir sauver les meubles face à une clientèle exigeante et richissime ? Comment Zac va-t-il supporter ses nouveaux " pouvoirs" ? Mais que veut Einstein ? Drôle, grave, dramatique, fantaisiste, réaliste, tendre, un roman formidablement caustique, intelligent, qui mine de rien nous interroge sur les vraies questions .... À vous de découvrir lesquelles ? L'occasion pour l'auteur de reprendre un de ses thèmes favoris, la communication avec les morts, les âmes anciennes. Les notes et l'interview de la fin vous ménagent des surprises... Il n'y a pas de hasard ! Quatrième de couverture « Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. » Pourquoi, après vingt ans de cohabitation, l'esprit qui hante Chloé l'a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d'un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d'autant que cet esprit qui s'est mis à le bombarder d'informations capitales et pressantes n'est autre qu'Albert Einstein... Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s'attaque aux enjeux planétaires, Didier van Cauwelaert invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le piège de verre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le piège de verre Eric Fouassier JC.Lattès 2017 475 pages Polar Historique Chronique 4 février 2018 Tome 2 de la « Saga Heloïse, l'apothicaire ». La belle couverture m'a attirée puis ce fut le résumé mentionnant une héroïne apothicaire au tout début de XVIe siècle. L'auteur est membre de l'Académie nationale de pharmacie et spécialiste de l'histoire de la pharmacie qu'il enseigne depuis vingt ans à l'Université. Il est aussi un passionné de jeux de piste et d'énigmes. Donc ce roman regroupe tout ce qu'il aime et pour notre très grande joie. J'ai lu exactement le livre que j'espérais découvrir. Un thriller historique fantastique aux couleurs ésotériques très bien construit et documenté, dont l'héroïne Héloïse peu banale se lance sur les routes de France, de son apothicairerie d'Amboise dont elle a hérité à la mort de son père et qu'elle a eu le droit de reprendre par autorisation royale, jusqu'à Reims et ses secrets. 1503, trois apothicaires sont assassinés, sur leurs fronts d'étranges inscriptions sont gravées. Anne de Bretagne, épouse de Louis XII après avoir été celle de son prédécesseur Charles VIII, comprend qu'un complot s'ourdit contre la couronne. Elle demande donc à Héloïse Sanglar, qu'elle a connue lors de précédents événements gravissimes au cours desquels elle a pu juger de son courage et de son intelligence, de mener l'enquête, accompagnée d'un fidèle de la reine le Baron de Comballec, un guerrier antipathique et brusque. Une âme dérangée et vicieuse mais cependant ingénieuse a monté toute une machination dans un seul but proprement incroyable. Ainsi un vrai jeu de piste périlleux et mortel avec pièges, énigmes, jeux de mots, faux semblants a été créé de toute pièce pour notre tandem accompagné du jeune Robin. Un vitrail mortel, un moine fou suivi d'un Jean Cousin dit l'Angelot, des sciences occultes, des secrets millénaires, des ordres anciens, des indices cachés dans l'architecture de monuments ou dans un poème, tous les ingrédients nécessaires au suspense sont là. Notre Héloïse toujours amoureuse secrètement du célèbre chevalier Bayard guerroyant en Italie pour le compte du roi à Garigliano, est aussi sensible au regard que porte sur elle Henri de Comballec tombé tout doucement sous le charme de la belle rousse si courageuse et intelligente. Les aventures de tous ces personnages issus de l'imagination fertile de l'écrivain croisent celles de figures célèbres de notre Histoire de France et des Arts. J'ai appris énormément et été amusée ou emportée par ce récit sous forme de course contre la montre. La fin imprévisible me laisse espérer une suite. Du très bel ouvrage donc que ce roman ! Quatrième de couverture 1503, trois alchimistes sont retrouvés assassinés, d'étranges lettres gravées sur le front. Convaincue qu'un complot se trame à l'ombre de la Couronne, la reine Anne de Bretagne fait appel, pour mener l'enquête, à la jeune apothicaire Héloïse Sanglar, accompagnée du baron de Comballec, un soldat autoritaire et rude. Afin de déjouer la machination conçue par un esprit dérangé, les voici contraints de décrypter les énigmes et codes secrets d'un mystérieux parchemin. Vitrail aux pouvoirs mortifères, sciences occultes, disparitions inexpliquées... les menaces pleuvent sur Héloïse, bien déterminée à venir à bout des adversaires du roi. Mais les temps sont difficiles quand on est une femme, et, et il lui faudra l'aide de tous ses alliés, jusqu'à celle de son amour de jeunesse, le chevalier Bayard. Dans ce récit captivant, entre roman historique et thriller ésotérique, Éric Fouassier nous entraîne dans une véritable course contre la montre au cœur de la France de la Renaissance. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Grossir le ciel | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Grossir le ciel Franck Bouysse La Manufacture de Livres 2014 199 pages Thriller Chronique 4 octobre 2018 Ce roman a reçu le prix Polar Michel Lebrun, le prix Calibre 47, le prix des Lecteurs du Festival de Villeneuve- lez-Avignon. Aussi sur ma page Eva Impressions littéraires : « La terre aveugle elle-même et l'eau aveugle, le ciel et sa bombarde d'étoiles comme des colombes, l'air, sombre, les essaims de civilisations endormies de la terre végétale, certains reptiles certains oiseaux, et des personnalités vêtues de fourrure, dont le sommeil est de jour, mais que l'obscurité appelle à leurs affaires, ceux-là jouissaient de tout leur aplomb. » James Agee « Louons maintenant les grands hommes. » Terrible de beauté, un style unique, oscillant entre onirique, organique, ou direct et incisif. Les nuages passent dans un ciel bas créant des ombres et des lumières sur les forêts, les montagnes, la pierre, les toits, les hommes. Peu de femmes, celles-ci sont souvenirs ou fantômes de douceur, d'amour.... Elles sont par leur silence à l'origine de ce récit.... Mort de l'abbé Pierre en cet hiver au coeur du pays des Cévennes au lieu-dit Les Doges. Un prélude à un autre drame intime, terrifiant.... Neige, froid piquant, isolement de deux fermes peu éloignées. Une vie âpre, rude, voulue, choisie. Un rythme calqué sur la météo et les horaires des bêtes.... Tout semble immuable, hors de la réalité, authentique.... Mais tout est-il si limpide entre Gus qui vit avec son chien Mars, et Abel, tous deux dans leurs maisons natales. Deux générations d'hommes taiseux, difficiles d'accès, qui pourtant ont développé une amitié au fil des ans. Ils pensent partager les mêmes valeurs puis soudain tout se désagrège, se disloque, les silences prêtent à toute réinterprétation des sentiments de l'autre. Chaque mot est pesé, réévalué. La méfiance, la haine, la peur puis la terreur s'installent. Presque un huis-clos, une sensation terrible de solitude, d'enfermement, de colère rentrée mais bien présente. L'enfance et ses blessures remontent, laissant Gus et Abel fragilisés, sidérés... Des ombres, des traces de pas, des tirs de fusils, des tâches de sang, des visiteurs inquiétants, et ce monde moderne qui tout d'un coup s'impose ... Oui un roman terrible ! Quatrième de couverture Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent. Un suspense rural surprenant, riche et rare. 4e de couverture (01/07/2015) : Abel but son verre d'un trait et se leva. Il se tenait face à Gus, tout raide, comme une espèce de bestiole qui ne voudrait pas être repérée dans un décor hostile, puis il planta ses yeux dans ceux de Gus après un silence qui ne rendait service à personne et il dit : - Tu veux que je te dise vraiment le fond de ma pensée ? - Je t'écoute. - Le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite. Entre Alès et Mende, au milieu des Cévennes, un lieu-dit appelé Les Doges, deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, de la neige une partie de l'année, deux hommes, un chien, un fusil, quelques mots, des silences et de la roche pour poser le tout. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Brigade de Miss Morgan | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Brigade de Miss Morgan Janet Skeslien Charles JC Lattès Le 2 avril 2025 368 pages illustrées traduites par Denyse Beaulieu historique Chronique 23 janvier 2026 Ne vous fiez surtout pas à la couverture un peu trop girly ou roman feel good choisie par l'éditeur ! Je n'ai qu'un mot : WAOUH ! Quel récit extraordinaire, incroyable sur des faits réels totalement inconnus qui aujourd'hui sont enfin relatés noir sur blanc ! Ce texte s'inscrit dans cette révolution artistique, littéraire et sociétale majeure des dernières années : raconter l'Histoire par le biais des femmes, ces grandes oubliées des manuels scolaires et universitaires, cette moitié de population mondiale qui a œuvré à forger nos civilisations mais que l'on a effacée avec une constance détestable ! " Je n'arrive pas à chasser de mon esprit l'image de ces villages. La bravoure des habitants et le courage avec lequel ils reviennent pour tout recommencer au milieu de leurs ruines... Savais-tu que la comtesse d'Évry vit dans une carriole dans la cour de ses écuries pour aider les soldats à déblayer les jardins de ses gens, pour qu'ils puissent retrouver leur terre ? Entretemps, son château est en ruine sur la colline. C'est maintenant qu'ils ont besoin d'aide. " Lettre d'Anne Morgan à sa mère Je n'en reviens pas que l'épopée hallucinante des femmes du CARD ou Comité Américain pour les Régions Dévastées par la Première Guerre mondiale soit restée sous silence. Fondé par Anne Morgan, fille du financier américain J. P. Morgan, un des hommes les plus riches du monde, bravant les diktats de son milieu social et de son temps, rusant avec les règles imposées par le patriarcat, aidée par son amie de cœur, le Dr Anne Murray Dike dite Dr M. D. , elle met sa fortune et son énergie inépuisable au service des populations françaises de l'Est. Œuvrant sur tous les fronts afin de soigner, nourrir, assister, sauver ceux qui ont tout perdu, elle pressent également l'importance de la culture et de la lecture, outils majeurs en vue de leur reconstruction et de leur bien-être. Elle fait donc appel à Jessie "Kit" Carson, alors bibliothécaire jeunesse à New York. Celle-ci quitte tout en 1917 pour traverser l'océan et être projetée en zone de guerre sur le front, ayant signé un contrat de 2 ans avec le CARD. Ce sont ses aventures et celles de ses compagnes de lutte ainsi que des habitants du village et de la région qui nous sont contées par Wendy Peterson en 1987, découvrant par hasard des fragments de témoignages dans les registres de la bibliothèque de New York où elle travaille, en même temps qu'elle prend des cours d'écriture. La jeune femme souhaite par dessus tout réaliser la biographie d'une inconnue qui lutta au côté de femmes célèbres dont les destins, les correspondances, les notes sont connues. Redonner vie à une invisible qui pourtant révolutionna les bibliothèques de France et leur organisation. Nous devons, nous passionnés de lecture, énormément à cette visionnaire avec la création des départements jeunesse, et d'établissements ouverts à tous sans distinction sociale avec un accès libre aux livres. Des acquis que certaines autorités aujourd'hui remettent en question ! Elle a également transmis le système de classement américain très pratique à ses collègues françaises, les a formées, à ouvert cette profession à la gent féminine jusque là réservée aux hommes. Admiration totale pour cette femme et toutes les engagées du CARD ! Hommage nécessaire et incontournable à des justes, ce roman historique, de guerre, d'amour et d'aventures, décrivant également le processus de création d'une oeuvre littéraire, est un des plus beaux ouvrages que j'ai eu la chance de dévorer ces derniers mois. Les biographies finales illustrées sont passionnantes. Plus jamais nous ne devons accepter d'être ainsi flouées de nos réalisations, créations, œuvres ! Gratitude extrême Janet Skeslien Charles pour ce livre magistral et si bouleversant. Quatrième de couverture 1917 : L’héritière Anne Morgan fonde le Comité américain pour les régions dévastées afin d’aider à la reconstruction, et engage Jessie « Kit » Carson, de la New York Public Library, pour créer quelque chose d’inédit en France : des bibliothèques pour enfants. Après la guerre, Carson poursuit son oeuvre en transformant des ambulances en bibliobus et en formant les premières femmes bibliothécaires françaises. Avant de disparaître sans laisser de trace. 1987 : Wendy Peterson, écrivain en herbe, tombe par hasard sur une référence à Jessie Carson dans les archives de la NYPL. Fascinée, elle entame des recherches et découvre que sa vie et celle de la jeune femme sont étonnamment liées. Inspirée de l’histoire extraordinaire et méconnue de ces femmes décorées de la Croix de Guerre, La Brigade de Miss Morgan est un hommage vibrant au pouvoir de la lecture et au courage de changer les choses. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Power | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Power Michaël Mention Stéphane Marsan Editeur - Bragelonne 2018 456 pages Historique Chronique 20 juillet 2018 Lire la playlist est incontournable. « L'indigène est un être parqué, l'apartheid n'est qu'une modalité de la compartimentation du monde colonial. La première chose que l'indigène apprend, c'est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites. C'est pourquoi les rêves de l'indigène sont des rêves musculaires, des rêves d'action, des rêves agressifs. » « Les damnés de la Terre » de Frantz Fanon 1961 « I have a dream ! » Oh yeah ! Are you sure, Martin.....? R.E.S.P.E.C.T. comme l'a chanté Aretha Franklin, comme l'ont hurlé avec elle les habitants des ghettos, humiliés, battus, harcelés, assassinés depuis la descente des négriers jusqu'en1965. WHAT WE WANT Alors sur une bande sonore soul, groove, funky, magnifiée par un texte tel un slam, un gospel, un cri, se sont élevées les voix des opprimés, de gamins intelligents, éduqués, pauvres, en fureur, sans aucun espoir d'avenir dans cette Amérique blanche raciste de 1965 pour réclamer dans un long riff, l'indispensable : le RESPECT ! WHAT WE BELIEVE En effet, on sort intranquille de ce roman, le malaise d'alors en rappelant d'autres d'aujourd'hui. On s'étonne de l'extrême jeunesse des membres fondateurs du party, dégoûtés et assez clairvoyants pour savoir qu'il fallait proposer une autre vision aux ghettos. Deux gamins donc : Huey, fils de pasteur que Bobby a rencontré voici quelques années dans une manif pro-Cuba. Ça smatche tout de suite entre ses deux enfants d'Oakland, discussions à n'en plus finir, lecture des journaux, manuels, essais, rabâchage des discours inspirés de Malcolm X ou Martin Luther King, et soudain l'évidence : monter un parti avec une ligne directrice et des méthodes différentes. On s'appuie sur le droit et la constitution des USA, on s'arme comme autorisé par la loi, on se trouve un logo, un uniforme strict, on commence les patrouilles à la recherche de la moindre intervention policière illégale.... Enfin le rapport de force bascule, les flics ont peur et abandonnent le terrain. La presse, la communication, le nombre des adhérents croissant, un programme social d'aide à la population sur le terrain, font d'eux des Robin des Bois face à un gouvernement de plus en plus excédé et incapable. Des alliances se nouent, pas seulement avec des noirs ce qui est évidemment primordial, le BPP obtient une visibilité nationale et internationale via l'Afrique en particulier. Tout ce parcours phénoménal raconté ici est jouissif, enthousiasmant, on veut y croire..... L'écriture est une transe, une scansion, mélange de narration et de paroles de chansons.... Tous les grands noms de la Motown, de la soul, du funk sont là pour nous donner envie de bouger, d'agir, et nous accompagnent tout au long de ce texte hallucinatoire, organique. Malheureusement, le FBI et Hoover veillent, d'autres paradis artificiels attendent leurs proies qui ne sont en définitive que des mômes.... la description ne s'arrête pas à Charlene symbole des femmes de ce party, ou Tyrone écartelé entre ses frères et ce que le FBI l'oblige à faire, non, il y a aussi Neil, le blanc, flic, qui de pondéré, éclairé va basculer peu à peu dans l'ultra violence, la haine. Le point de bascule, l'assassinat de Robert Kennedy, dernier espoir de bien des américains de l'époque déboussolés par la guerre du Vietnam, les mensonges des politiques, espérant une paix durable entre tous quelle que soit la couleur de peau. Un homme donc désespéré pour son pays qui cherchera des coupables, à bout, traumatisé par la mort de son équipier, puis révolté par les méthodes de manipulation grossière du FBI chargeant les BPP de toutes les fautes. Dans les rangs de ce party, également, certains chargés de la communication veulent dangereusement faire le buzz, d'où des caricatures infamantes des policiers....les pigs ! Comment ensuite raisonner normalement quand tout ce que vous êtes est conspué. Chacun dans son camp donc, qui gagnera ? Que reste-t-il aujourd'hui de tout ce qui fut accompli de positif par les Panthers jusqu'en 85 ? Il semble que les USA rétrogradent après avoir pourtant élu un président noir. Il semble aussi que le fossé entre les communautés soit de plus en plus grand. Cela expliquerait-il leur obsession nostalgique de l'Afrique qu'aucun n'a connue ? Cette quasi incapacité à définitivement se définir comme américain sans précision de la couleur de peau, qui pour moi est toujours un pléonasme. Connaître son histoire dans la grande Histoire pour se construire aujourd'hui comme citoyen américain ou du monde oui, mais faire de cette connaissance généalogique un frein à l'avenir en grattant en permanence les croûtes. Je ne sais pas.... De par mes origines, mon histoire, le métissage de ma famille afro-française, mon absolue conscience de l'absence de race en ce monde, prouvée scientifiquement, et me rappelant avec RESPECT et admiration les paroles de Mandela, ne serait-il pas le moment de la réconciliation pour les nouvelles générations ? Facile à dire. Un roman historique essentiel ! Quatrième de couverture « Ici comme dans les autres ghettos, pas d'artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c'est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève.1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestation, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d'Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l'assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party ou BPP : l'organisation défie l'Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, Officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l'image du pays happé par le chaos des sixties. Un roman puissant et viscéral plus que jamais d'actualité. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Roi des Blancs | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Roi des Blancs Loïc le Gloahec Le Passeur Le 11 janvier 2024 aux Éditions Le Passeur, 379 pages 379 pages Historique Chronique 24 mai 2024 Premier roman d'excellente facture, étonnant par sa maîtrise totale de la narration et son style littéraire remarquable, tout autant bouleversant qu'édifiant, mêlant en un seul ouvrage deux thèmes qui méritaient à eux seuls un tome chacun : le drame de l'esclavage à Saint Domingue à la fin du XVIIIe siècle et le naufrage de l'ancien régime en France dans la région de Blois conséquence de la Révolution française. Notre guide est Antoine, qui au soir de sa vie afin de respecter la promesse faite à un ami, entreprend de raconter sa vie ; celle du fils d'une esclave, Ayodele, enlevée à 16 ans au Sud du Bénin, renommée Rose dès son arrivée enceinte à la plantation Varenne sur l'Île de Saint Domingue. Quel parcours extraordinaire a donc suivi ce mulâtre asservi et maltraité à la plantation de canne à sucre, misérable parmi les misérables, jusqu'au château de Beauregard en France, propriété de son maître, monsieur de Varenne ? Comment le petit métis est-il devenu un jeune homme instruit, fort de la confiance de l'homme par qui, cependant, tous les malheurs se sont abattus sur sa mère puis sur lui, cet aristocrate, ce négrier, enrichi par le trafic d'êtres humains et l'esclavagisme le plus cruel ? Antoine ne nous épargne aucune description, aucun souvenir de ce que durent affronter ses frères et sœurs sur la plantation. Et toujours l'incompréhension nous prend face à cette sauvagerie, cette inhumanité. Mais notre héros est né sous une bonne étoile semble-t-il, et à un malheur correspond toujours une opportunité, une porte qui s'ouvre. Elles seront nombreuses ces issues de secours se révélant au dernier moment, in extremis, jusqu'au final d'une émotion extrême. Nous traversons au côté de notre ami et de tous ceux et celles qu'ils côtoient, plusieurs décennies au cours desquelles la France, fer de lance de l'Europe, a profondément changé. La posture psychologique et morale d'Antoine est inconfortable car s'il reconnaît la culpabilité de son maître, il y est également attaché, d'autant plus que l'amour est venu tout compliquer dès l'apparition de la fille de monsieur de Varenne, Héloïse... Grande fresque historique du Bénin en faisant escale à Saint Domingue pour arriver finalement en France, ce récit est également un magnifique et intemporel roman d'amour. Les destins s'entremêlent, les êtres se séparent, souffrent mais continuent à s'aimer à travers le temps et l'espace... Merci infiniment Loïc Le Gloahec pour l'intérêt que vous avez porté à mon travail de chroniqueuse et surtout pour ce livre digne des plus grands classiques de la littérature française du XVIIIe siècle auxquels il rend un très bel hommage. Quatrième de couverture " Entraîné par ma plume, emporté par les violents transports de l'amour, je n'ai su y mettre un terme raisonnable et ce qui devait être un sombre mémoire sur la traite négrière est devenu l'histoire romanesque de ma vie... " Voici les mots d'un enfant, d'un rêveur, d'un idéaliste, né dans une plantation de Saint-Domingue à la fin du XVIIIe siècle, exploité dans les champs de canne à sucre, spectateur d'un monde violent et cruel, avant que la providence ne le transporte par-delà les mers à la suite du propriétaire de la plantation, puissant vicomte du pays de Blois. Au soir de sa vie, il entreprend de raconter son histoire. Il écrit pour rendre témoignage des crimes et des sévices dont il a été le témoin, il écrit pour l'amour des lettres, pour l'amour d'une femme, pour le souvenir de son maître dont il a vu la chute lente et douloureuse sous les coups de la Révolution. Premier roman à l'écriture sensible et élégante, empreint d'humanisme, Le Roi des Blancs est un hommage à toutes les victimes de l'Histoire" Entraîné par ma plume, emporté par les violents transports de l'amour, je n'ai su y mettre un terme raisonnable et ce qui devait être un sombre mémoire sur la traite négrière est devenu l'histoire romanesque de ma vie... " Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- 1795 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 1795 Niklas Natt och Dag Sonatine 9 février 2024 496 pages traduites par Rémi Cassaigne Thriller Historique Chronique 5 novembre 2023 « Cette nuit la neige a recouvert la prairie, Dans le silence blanchi,Le printemps se sent trahi... » Que s'est-il passé ce jour d'avril où soudain la neige s'est mise à recouvrir le monde ? Un monde de violence, glauque, terrifiant où nul enfant ne peut croire en la parole des adultes ?Qu'ont vécu les deux petites filles qu'étaient Dina et Judith, aujourd'hui femmes mûres, pour que toute leur existence en soit entachée, leur innocence détruite, leur avenir abimé. L'action se déroule entre les deux confinements ; Dina s'est réfugiée dans la vieille maison de famille persuadée de ne pas pouvoir supporter de nouvelles mesures sanitaires drastiques en ville. Bientôt et étonnamment, sa petite sœur s'annonce. Cela fait des années qu'elles ne se sont pas retrouvées dans cette demeure abritant bien des secrets de familles, où résonne encore l'écho des pleurs, cris et soupirs d'autrefois. La vie a été difficile pour les deux réfugiées, les relations amoureuses en particulier n'ont jamais été évidentes comme si quelque chose dans leur passé et dans celui de leurs ascendants les bloquait. Elles en ont suffoqué pendant près de cinquante ans mais, dans le contexte inhabituel de la pandémie, dans l'isolement qu'elles choisissent de vivre ensemble, peut-être pourront-elles enfin se parler, mettre des mots sur l'indicible, sur ce qu'il advint ce fameux jour d'avril blanc. Quant les pneus de leurs voitures sont crevés, le roman devient thriller psychologique et anxiogène. Coupées par choix des réseaux sociaux et des informations, elles se retrouvent au cœur d'une véritable tempête tant climatique qu'intime. Elles ne peuvent plus pratiquer la technique de l'évitement. Les deux femmes redeviennent enfants et se souviennent... Mais leur mémoire est-elle sûre ? Peuvent-elles s'y fier ? La quête de vérité est incontournable et commence alors que les éléments se déchaînent autour d'elles. Formidable roman sur la sororité et les silences étouffants de l'enfance. Je l'ai lu d'une traite tant l'atmosphère pesante et terrifiante est bien rendue, tant ce livre est remarquablement écrit. J'ai vraiment eu envie de serrer ces petites filles dans mes bras. Quatrième de couverture Dans un tête à tête imposé, deux sœurs convoquent leur passé, laissant ressurgir un drame de leur enfance. En pleine période de confinement, Dina et Judith Caravella décident de se retrouver dans l’ancienne maison familiale « La Sauvage », isolée du village et de ses habitants, peu bienveillants à leur égard. Elles mettent ce temps à profit pour grimper jusqu’au « château », une ruine de pierres, terrain propice à leurs jeux d’enfants et se retrouvent, bien malgré elles, emmurées dans une cave souterraine, en raison d’un orage ayant déclenché une avalanche et une forte coulée de boue jusqu’au bourg. Isolées, coupées du monde, elles se confient et tentent de se souvenir d’un tragique accident, ayant eu lieu en avril 1967. Elles avaient alors été contraintes de se joindre à une colonie sanitaire, en raison de leur état de santé et de l’ambiance délétère du foyer familial. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sorcières - La puissance invaincue des femmes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sorcières - La puissance invaincue des femmes Mona Chollet Zones 2018 229 pages Essai Chronique 30 janvier 2019 « Inutile d'adhérer à WITCH, Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l'intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière. » Manifeste WITCH (Women's International Terrorist Conspiracy from Hell), New-York, 1968. Alors je suis certainement une sorcière ! Je pensais à tort que les bûchers étaient éteints, que nous étions au XIX ème siècle et que le recours au mot de sorcières pour qualifier les femmes indépendantes, instruites, célibataires, libres de penser et de débattre, de procréer ou non, de subvenir seules à leurs besoins, de choisir leurs partenaires sexuels, était passé de mode. Et là stupéfaite, je constate le retour à la Renaissance après un Moyen-Âge éclairé : lors des dernières élections présidentielles pour Hillary Clinton, voilà l'émergence de nouvelles insultes et courants de pensée nauséabonds recréés de toutes pièces par des hommes évidemment ayant peur de perdre leurs pseudo virilité supérieure et, plus grave, par des " femelles" rêvant encore de passer de la tutelle de leur père ou famille à celle de leur mari, totalement dépendantes financièrement, sans réelle formation, ayant pondu plusieurs héritiers du nom paternel puisqu'elles ne sont qu'un ventre à qui on demande seulement d'être le faire- valoir de leur seigneur et maître, de créer et entretenir un foyer douillet pour toute la nichée et surtout de ne pas remettre en cause une hiérarchie immuable, intouchable. Caricatural ? Si seulement ! J'ai passé six ans d'enfer à cause d'une de ces femmes au foyer, sans aucune instruction secondaire, (quelques fois elles sont diplômées mais se sont volontairement mises au service de leurs conjoints, sans penser aux lendemains qui déchantent), cette appelons-la "Odile", pleine de rancoeur sitôt ses quarante ans sonnés, contre son mari, qu'elle émascule régulièrement auprès de ses amies, contre ses trois enfants pour lesquels elle dit s'être sacrifiée, justifiant pendant vingt ans sa débine face aux réalités de la société, victime de tous, elle bien sûr innocente de la moindre erreur de jugement, qui face à une femme de son âge, célibataire, sans enfant par choix, surdiplômée, reconnue de ses pairs, lauréate de concours internationaux, polyglotte et cosmopolite, curieuse, indépendante financièrement et moralement, libre de choisir un compagnon, un avenir, de créer, de chanter, d'être visible et applaudie par un public conscient du travail et de l'abnégation qu'il a fallu pour arriver à un tel niveau d'excellence, oui face à ça, Odile étouffe de haine meurtrière, fomente un harcèlement moral aidée de spécimens de son acabit, de son eunuque d'époux. Cela s'est terminé à la police avec quatre heures d'audition pour chaque harceleur et un procès gagné en janvier 2018. Reste une vie à reconstruire et la connaissance approfondie que certaines femmes sont des ennemies à la cause féminine, même si elles achètent « Causette » dès sa sortie en kiosque, histoire de faire croire que.... Pour une « femelle » qui a décidé d'être enfermée dans un rôle passéiste par fainéantise, par incapacité intellectuelle ou autre, la vue d'une telle Femme est une insulte, une gifle, elle doit la faire disparaitre, l'anéantir. Même si elles ont un travail en plus de toutes leurs tâches de mère et épouse au foyer, celui-ci doit répondre aux critères de féminité acceptables. Journaliste dans des magazines féminins propageant l'image de la pute ou de la mère, entre les deux pas grand chose, incitant les femmes à procréer car voyons, nous sommes des utérus et des ventres sur pattes avant toute autre chose. Dans le cas d'Odile, femme de ménage dans l'immeuble même de sa famille, grâce à la pitié condescendante des siens. Même des intellectuelles sont incapables dans leurs écrits ou leurs déclarations d'imaginer une féminité différente sans obligatoirement cocher les cases du fameux tableau qu'on nous a imposé à notre naissance. Donc je suis une sorcière heureusement pas résidente dans certains régions d'Afrique, d'Inde, où là nos sœurs risquent le bûcher, d'être passées à l'acide, d'être lapidées. Non, je suis en Europe où des femmes meurent tous les jours sous les coups de leurs conjoints. Les bûchers ont simplement été remplacés, le mot" sorcière" réactualisé. Complètement fou. Un autre point est très justement soulevé : nous devons également nous méfier de nous-mêmes, de notre syndrome de Pavlov à répondre à certains stimuli par un comportement d'obéissance à des valeurs paternalistes. Cela demande une vigilance de tous les instants. Oui, ce livre est rude, sans concession, honnête, complet sur la condition féminine d'hier et d'aujourd'hui, sans complaisance pour les autres ni pour nous-mêmes. Un texte remarquable, compact, très détaillé et construit. Respirez, plongez.... ! Que de chemin nous avons encore à parcourir tous ensemble ! Quatrième de couverture Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d'aujourd'hui de figure d'une puissance positive, affranchie de toutes les dominations. Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante - puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant - puisque l'époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée - devenue, et restée depuis, un objet d'horreur. Enfin, il sera question aussi de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s'est développé alors tant à l'égard des femmes que de la nature ; une double malédiction qui reste à lever. 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