Trouverez-vous votre bonheur ?
Résultats trouvés pour la recherche vide
- La Bibliothèque de Minuit | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Bibliothèque de Minuit Matt Haig Mazarine (Fayard) 6 janvier 2022 414 pages traduites par Dominique Haas Fantastique Chronique 23 avril 2022 Magnifique roman en cette période très particulière où la croisée des chemins se présente devant nous. Dans une société qui nous met en permanence en concurrence les uns par rapport aux autres, où tout n'est qu'apparence, matérialisme et individualisme, où l'on mesure son niveau de réussite en se référant à une échelle des valeurs erronée, en comparant stupidement le jardin du voisin au nôtre, où l'on nous fait insidieusement un beau lavage de cerveau via la pub et les médias, où l'on a du coup tendance à ne voir que ce que l'on a pas, à ne considérer que le vide du verre et non le plein, ce roman devient une cure de jouvence. C'est une leçon d'espoir appelant à ne rien lâcher ou abandonner, à être conscient de ce qui est positif dans notre vie, à changer la lentille de vue à travers laquelle nous regardons le monde qui nous entoure, en bref à rallumer la lumière alors que tout est fait pour nous éteindre. Nous sommes les seuls interrupteurs permettant d'éclairer notre existence. Vivre avec des regrets de ce que nous aurions pu faire ou ce que nous aurions pu réaliser ne mène à rien sauf à nous empêcher de considérer chaque nouvelle journée comme une page blanche sur laquelle nous allons écrire notre destin. En partant d'un postulat déjà vu mais particulièrement bien développé, l'auteur nous fait glisser d'une version de Nora Seeds à une autre, et insidieusement nous mène, tout en lisant, à nous interroger sur notre propre vie, sur nos regrets, sur nos blocages. Nous prenons conscience que nous pouvons être notre pire ennemi ou notre meilleur ami. C'est un livre poétique sur le fond, initiatique, surfant sur le concept d'univers parallèles ou multivers, extrêmement bénéfique et optimiste. J'ai pris un grand plaisir à le découvrir alors même que les évènements actuels me désespèrent et me terrorisent. Un texte qui va certainement m'aider à affronter demain. Ce serait un merveilleux film ! J'ai beaucoup aimé suivre cette héroïne attachante et touchante, si belle dans son imperfection ou grâce à elle, justement. Une grande bouffée d'oxygène. Quatrième de couverture « Entre la vie et la mort, il y a une bibliothèque, avec des rayonnages infinis et une multitude d'autres vies à essayer. » À trente-cinq ans, Nora Seeds a l'impression d'avoir tout raté. Lorsqu'elle se retrouve un soir dans la mystérieuse Bibliothèque de Minuit, c'est sa dernière chance de reprendre en main son destin. Si elle avait fait d'autres choix, que se serait-il passé ? Avec l'aide d'une amie bibliophile, elle n'a qu'à prendre des livres dans les rayonnages, tourner les pages et corriger ses erreurs pour inventer la vie parfaite. Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme elle l'imaginait. Avant que minuit sonne, pourra-t-elle répondre à l'énigme la plus importante : qu'est-ce qu'une vie heureuse ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'enfant du lac | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'enfant du lac Kate Morton Charleston Le 13 mars 2025 644 pages traduites par Anne-Sylvie Homassel historique Chronique 10 juillet 2025 1933-2003 Fabuleux roman historique et de suspense dont l'intrigue s'étale sur une période de 70 ans, les chapitres basculant entre plusieurs personnages de femmes à différents âges. Leur dénominateur commun ? La disparition d'un petit garçon, Theo, âgé de onze mois, lors de la fête du solstice d'été à Loeanneth dans la maison de la famille Edevane près d'un lac, en 1933. Lieu enchanteur et idyllique où vivent Eleanor, son époux Anthony, leurs trois filles, Deborah, Alice, Clemmie, et leur fils né après dix ans d'attente. La détestable mère d'Eleanor, Constance DeShiel, vit aussi avec eux ainsi qu'un vieil ami de la famille, anciennement médecin devenu écrivain. La sévère nurse et le beau jardinier, Benjamin Munro, complètent le tableau. Dans cette propriété de rêve, le drame s'abat sur la famille sidérée. C'est le début d'un long calvaire qui aura des répercussions sur la vie entière de ces protagonistes. Ont-ils tous dit la vérité à Clive, le jeune policier en charge de l'enquête ? N'y a-t-il pas quelques secrets cachés qui pourraient expliquer cette disparition soudaine ? Est-ce un enlèvement ? Mais alors pourquoi le ravisseur présumé ne demande-t-il pas de rançon ? L'affaire s'enlise et devient un des nombreux cold cases jamais élucidés. 2003, Sadie est flic à la brigade criminelle de Londres. Elle est dans une situation plus que délicate avec sa hiérarchie quant à l'affaire Bailey, concernant la disparition d'une jeune mère ayant, semble-t-il, laissé derrière elle une toute petite fille livrée à elle-même pendant une semaine dans leur appartement. La mère de la jeune femme est persuadée qu'il est arrivé un malheur, que sa fille est morte. Son ex gendre au contraire n'est pas étonné et dresse un portrait peu flatteur de son ancienne compagne. Qui croire ? L'affaire est classée. Pour Sadie, particulièrement sensible à tout ce qui touche à la maternité, ce cas devient une obsession. Elle se range du côté de la mère de la disparue et commet une faute grave... Mise à pied, devant se faire oublier, direction les Cornouailles et la maison de son grand-père, Bertie. Au détour d'un chemin, alors qu'elle fait son jogging en compagnie des chiens de son aïeul, elle découvre un jardin abandonné et bientôt une charmante et mystérieuse maison orpheline de ses habitants depuis des décennies : c'est Loeanneth. En apprenant l'histoire tragique qui s'est déroulée en ce lieu, l'instinct de ce fin limier au chômage forcé se réveille. Elle fouille, enquête aux archives municipales. Le nom de Edevane lui est familier. Très vite elle fait le lien avec la célèbre écrivaine de romans policiers, Alice Edevane, nonagénaire à l'esprit caustique et retors. Elle décide de la contacter directement par courrier. Peter, le secrétaire particulier de la grande dame, constate avec étonnement le bouleversement que crée les lettres de l'inspectrice sur Alice, d'habitude si maîtresse de ses sentiments. Les pièces de cet ouvrage digne des meilleurs auteurs de littérature noire anglophones sont en place sur le plan labyrinthique imaginé par Kate Morton. Avec un immense talent de conteuse capable de restituer somptueusement une ambiance so British, d'analyser les circonvolutions de la pensée humaine la plus complexe, de laisser tomber quelques miettes de vérité tout au long de notre parcours de lecteurs incapables de détourner les yeux de ce pavé de 644 pages, Ô combien ensorcelant, d'imaginer un scénario tortueux fécond en retournements de situation et pièges multiples, de dresser le portrait de personnages inoubliables et ultra réalistes, l'autrice nous piège entre ces pages supra addictives. Impossible de se libérer de cette maison du lac, enfermés dans cette intrigue policière et humaine fascinante. Roman parfait pour les vacances, de ceux que l'on ne peut lâcher jusqu'à la dernière révélation et que l'on regrette de devoir refermer. Que vous êtes chanceux, vous qui allez vous y plonger ! Quatrième de couverture Cornouailles, été 1933. La maison de campagne de la famille Edevane, Loeanneth, est impeccable et étincelante, prête pour la fête tant attendue de la Saint-Jean. Mais lorsque minuit sonne et que les feux d’artifice illuminent le ciel nocturne, un drame se produit. Le petit Theo, onze mois, disparaît soudainement. La police remue ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Inconsolable, la famille Edevane quitte Loeanneth pour toujours et la maison tant aimée est laissée à l’abandon. Soixante-dix ans plus tard, une jeune inspectrice londonienne fascinée par cette disparition décide de reprendre l’enquête. Mais à mesure qu’elle découvre les secrets que renferme le domaine, elle éveille l’hostilité d’Alice Edevane, la grande soeur de Theo devenue romancière à succès... Révélant les secrets un à un, à la manière de poupées russes, Kate Morton nous entraîne au coeur d’un mystère envoûtant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maison aux sortilèges | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison aux sortilèges Emilia Hart Les Escales 28 septembre 2023 448 pages traduites par Alice Delarbre Historique Chronique 18 mars 2024 "La maisonnette est tapie sur le sol, comme un animal nerveux. Les murs de pierre sont brouillés par le temps, tapissés de lierre. Des lettres sophistiquées, gravées dans le linteau de la porte, désignent le lieu : Weyward. Un nom étrange pour une maison. Et pourtant familier." "Les liens entre les femmes sont les plus redoutés, les plus difficiles et constituent, potentiellement, la force de transformation la plus puissante de la planète." Adrienne Rich Attention best-seller international. Un premier roman parfaitement maîtrisé, charnel, sensuel, puissant, dense, sous forme d'un récit inter-générationnel traitant de la résilience et de la résistance des femmes à travers le temps face à la brutalité et la cruauté des hommes. Trois femmes hors du commun donc : - 1619 Altha accusée de sorcellerie est la dépositaire d'un savoir féminin concernant les plantes et leur utilisation. Mais surtout, elle est détentrice d'un pouvoir transmis de génération en génération : celui de communier et de communiquer avec la Nature, avec la Terre et sa faune. - 1942 Violet enfermée par son père dans le manoir familial s'interroge sur sa mère défunte. Seuls un médaillon et une inscription sur le mur de sa chambre indiquent qu'elle a vraiment existé. Peu à peu, elle sent une force croître en elle une volonté de savoir afin de se libérer du carcan paternel et sociétal. - 2019 Kate n'a plus le choix. Enceinte, elle doit fuir au plus vite son compagnon violent, narcissique et pervers. Heureusement, une grand-tante lui a légué une vieille maison, celle des Weyward, traduction française du nom : "rebelle". À l'abri, la maison et son jardin semblent la métamorphoser, l'aider à enfin se connaître et savoir qui elle est et d'où elle vient véritablement. Et en effet, ces trois "sorcières" en puissance sont reliés par un fil solide tendu par delà les siècles, un fil par lequel se diffuse une puissance matriarcale des origines puisant sa force dans la Nature, la Terre, les insectes, oiseaux.... Un roman qui sent l'humus, la sève, qui crépite du bruissement, du murmure des forêts, des bois, des buissons, des cours d'eau, qui nous emporte dans le vent des tempêtes intérieures et celles provoquées par le pouvoir du Féminin face au danger, qui palpite comme le sang de la Vie, de la Mort, de la souffrance ou du soulagement. Violet et Kate sauront-elles entendre la voix de Altha resurgissant des limbes pour les mettre en garde ? Kate trouvera-t-elle dans la maison les indices laissés par Violet ? Pourront-elles se sauver et protéger leur lignée ? Un roman profondément féminin en cette période de métamorphose souhaitable et espérée des sociétés patriarcales au pouvoir pour encore peu de temps. Un roman historique, vital, flirtant avec le surnaturel tel qu'il est considéré dans les pays occidentaux, qui ne l'est pas dans les cultures reliées encore à Gaïa, à la Terre. Très beau et réconfortant ! Quatrième de couverture Lauréat du Goodreads Choice Award Best Debut et Lauréat du Goodreads Choice Award Best Historical Fiction. Trois femmes extraordinaires séparées par quatre siècles. Un roman captivant sur la puissance des femmes et le pouvoir de la nature. 2019. Kate fuit Londres pour se réfugier dans une maison délabrée dont elle a hérité. Avec son lierre dégringolant et son jardin envahi par les mauvaises herbes, ce havre de paix la protège de son compagnon violent. Kate sent toutefois qu'un secret s'y tapit... 1942. Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, Violet est cloîtrée dans le grand domaine familial, étouffée par les conventions sociales. Elle vit avec le souvenir de sa mère, dont il ne lui reste qu'un mystérieux médaillon et une inscription étrange sur le mur de sa chambre. 1619. Altha connaît les secrets des plantes, savoir ancestral transmis de mère en fille. Nombreux sont les villageois à venir lui demander de l'aide. Pourtant, quand un fermier meurt piétiné par son troupeau, tous la pointent du doigt et l'accusent de sorcellerie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Des crimes qui ne disent pas leur nom | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Des crimes qui ne disent pas leur nom Brigitte Joseph-Jeanneney TriArtis 17 janvier 2022 76 pages Divers Chronique 30 décembre 2022 « La littérature ne sert pas à restituer le réel mais à combler les vides, les lacunes. On exhume et en même temps on crée une réalité autre. On n'invente pas, on imagine, on donne corps à une vision, qu'on construit bout à bout, avec des morceaux de souvenirs et d'éternelles obsessions. » Le parfum des fleurs la nuit de Leïla Slimani 9 nouvelles s'attachant à décrire diverses situations plus ou moins folles où soudain un des protagonistes commet un acte criminel, crève cœur, égoïste, irrespectueux, en un mot insupportable pour celle ou celui qui en est la victime ciblée, consciemment ou non. 1/ Une expédition Simone, résidente dans un EHPAD, attend avec impatience l'arrivée de son petit-fils qui doit l'accompagner au bureau de vote pour remplir avec fierté son devoir civique. Mais le temps passe... 2/ Compter ses pas Dans un futur pas si éloigné une femme compte ses pas dans sa cellule. Emprisonnée pour quelle raison ? Je vous laisse le découvrir. 3/ Rester au Vent Un jeune soldat revient de la guerre et sonne chez une mamie. Pas le temps de parler que déjà la vie à deux reprend son cours.. mais qui est-il ? 4/ Le Chandail Une femme vole le chandail d'une petite fille au square. Mais pourquoi ? 5/ Emprises Une gardienne d'immeuble énigmatique, l'aveuglement des habitants de la résidence, des lettres de dénonciation dans les boîtes, emprise des plus forts sur les plus faibles... 6/ Un homme nu Être nu chez soi est-ce de l'exhibitionnisme ? Est-ce du flirt ? Une méthode de drague ? Et s'inquiéter de ne plus voir l'objet de tous ses désirs depuis plusieurs jours et paniquer jusqu'à.... Folie ? Crime ? 7/ Le Doigt Un viol par un allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, un dépôt de plainte auprès de l'officier de la Wehrmacht, un doigt accusateur qui se lève sur le criminel, une exécution rapide, et puis un miracle... 8/ Une métamorphose Un trentenaire revient chez maman après un divorce et un licenciement destructeurs. Il arrive des USA. Mais l'appartement maternel a bien changé ainsi que sa propriétaire. Tout évolue, tout se métamorphose... 9/ Du plomb dans l'aile À force de vouloir sauver les autres malgré eux, d'imposer sa volonté, de penser mieux savoir ce qui convient à la personne concernée, on peut franchir certaines limites et pousser l'autre trop loin jusqu'à... Tour à tour cocasses, joyeux, grinçants, bouleversants, barrés, terrifiants, ces textes nous parlent de nous-mêmes, de ces instants où tout est trouble, on l'on passe dans une autre dimension, ou l'air semble trembler, où l'on perd le sens commun dans un monde devenu fou. Des fragments de vérité tels des morceaux de miroir brisé dans lesquels nous regarder attentivement. Quatrième de couverture Des petits crimes impunis qui ne laissent des traces que pour les victimes. Des balles invisibles atteignent les cerveaux et broient les cœurs. Emprises en cascade. Mise enceinte subreptice. Négation des droits civiques d'une fille de déportée. Surprenante dénonciation d'un viol. Interdiction d'inventer des algorithmes. Il y a aussi des criminels aux mobiles insoupçonnés. Voleuse à l'arraché d'un étrange chandail. Usurpateur d'identité par générosité. Exhibitionniste eupho-rique. Veuve transgressive laissant son fils désemparé. Il est tant de crimes impunis, ignorés de leurs auteurs, mais pas de leurs victimes. Des crimes qui ne disent pas leur nom. La presse en parle : L'Inventoire - La revue littéraire d'Aleph-Ecriture - 7 février 2022 [...]Le quatrième recueil de nouvelles de Brigitte Joseph-Jeanneney vient de paraître aux Editions Triartis dans la collection Echappées Brèves. Dans une langue élégante et subtile, l’auteure brosse neuf portraits de femmes prises au piège de situations qu’elles n’ont pas créées, résistant en silence à des abus ou manquements souvent commis par des hommes[...] Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Madame S | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Madame S Sylvie Lausberg Mon Poche 3 mars 2022 409 pages Biographie Chronique 6 mars 2022 Paru initialement aux Éditions Slatkine &Cie en 2019. Polar biographique ! Résolution d'une énigme policière historique ! Le mystère qui entoure Marguerite Japy-Steinheil future Lady Abinger n'a toujours pas été résolu tant cette femme a su, tel un caméléon surdoué né des circonstances, jouer tous les rôles que lui ont imposés la société, sa naissance, son époque, son père, les hommes, la presse, certaines autres femmes fort peu compatissantes. Pourtant tout avait bien commencé, mais que voulez-vous, lorsque certaines ont un charisme naturel, qu'elles attirent les regards, la concupiscence, l'amour malsain et obsessionnel, force est de constater que les bonnes âmes ne manquent pas pour les conspuer, les haïr, les montrer du doigt, les condamner aux feux de l'enfer avec un petit passage par la guillotine, pourquoi pas !?! Dans ce début du XXe siècle où une femme ne peut être qu'une prostituée, une sainte, ou une épouse, où ses droits sont bafoués en permanence par une autorité patriarcale toute puissante, où le statut de mineure est sans fin, où aucune pitié n'est à attendre des hommes mais aussi de certaines représentantes féminines jalouses se posant en juge partial et menant l'enquête à charge, que peut-on espérer, comment s'en sortir, comment sauver sa peau ? Texte magnifiquement écrit, drôle, cruel, réjouissant, passionnant, émouvant, respectant un plan rigoureux qui nous permet de découvrir les multiples aspects de ce destin rocambolesque et hors du commun, de cerner avec plus de justesse cette figure qui fit couler beaucoup d'encre, qui fit tourner beaucoup de têtes et pas des moindres, sur laquelle tout et son contraire fut soutenu et déclaré. Les circonstances qui ont amené l'auteure à se pencher sur cette vie extraordinaire sont un heureux hasard : la location par notre écrivaine de l'ancienne maison de la fameuse Séverine, journaliste libertaire. La trouvaille de documents au fond d'une boîte, titillant les cellules grises de l'historienne, psychanalyste et journaliste, j'ai nommé notre guide. Le désir d'aller au delà des apparences, de traverser le miroir du temps pour retrouver la petite fille Meg puis la femme, Marguerite, prend possession de Sylvie Lausberg. Nous mettons autant nos pas dans ceux de Madame S que dans ceux de l'enquêtrice à la recherche de la vérité sur les multiples scandales qui ont jalonné ce parcours si incroyable qu'il en paraîtrait exagéré dans une fiction. Cette biographie fabuleuse est aussi une fresque historique et une analyse pertinente et édifiante de la société française au tournant du XXe siècle, secouée par plusieurs événements et scandales, telles la Guerre de 1870, la défaite française, la Commune, l'affaire Dreyfus...... Éloignons-nous de l'image caricaturale donnée à la célèbre maîtresse du président Felix Faure pour faire la rencontre de l'individu. Essayons de percer le secret de l'énigme policière jamais résolue du double meurtre de son époux et de sa mère. La solution offerte par l'autrice est des plus savoureuses et me fait encore sourire alors que j'écris cette chronique. J'ai adoré cette biographie, cette femme qui semble avoir tout fait pour survivre dans un monde d'hommes où certaines, telle Séverine, pouvaient aussi être des ennemies acharnées ; c'est une plongée dans le monde politique et le microcosme des grands propriétaires industriels, dans les intrigues d'alcôve, nous faisant pénétrer dans les salons mondains, découvrir la bonne société corsetée et hypocrite, les bureaux de la police secrète, les salles de rédaction..... Une biographie haute en couleurs, dense, impressionnante, un tourbillon de sensations fortes, un hommage enfin rendu à une femme intrigante et mystérieuse qui a joué au mieux avec les cartes qui lui ont été distribuées. Respect ! J'aimerais tant que ce texte devienne film ! Quatrième de couverture « L'anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa « connaissance » s'est sauvée par l'escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l'affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l'on surnomme depuis la « pompe funèbre »... Intriguée par cette « putain de la République », une journaliste recluse décide d'enquêter sur cette si mystérieuse Madame S. et sur les secrets d'un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales. Sylvie Lausberg livre un passionnant thriller historique sur les traces volontairement effacées de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante qui sauvera sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d'injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Selfies | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Selfies Jussi Adler Olsen Albin Michel 29 mars 2017 624 pages, traduites par Caroline Berg Thriller et Policier Chronique 14 avril 2017 Énorme coup de Coeur pour ce dernier opus de Jussi Adler Olsen" Selfies" qui m'a littéralement kidnappée. Ce thriller construit sur deux phénomènes de société bien banals est proprement remarquable. Les six livres de cette série précédant celui-ci étaient tous des réussites, des coups de maître incontestés. Il est admirable de pouvoir ainsi maintenir une cadence de coureur de marathon sur sept tomes et de tenir le lecteur en haleine pendant tant d'années. Ce qui est terrifiant dans ce récit c'est la bascule d'une femme du jour au lendemain, se transformant sous nos yeux en monstre dénué d'empathie, alors que celle-ci avait été la constituante principale de sa vie. Il y a comme souvent une dénonciation féroce : dans ce texte c'est le concept d'état providence poussé à son paroxysme, et cette jeunesse qui vit des aides sociales et ne rêve que de célébrité, d'argent facile et dont la vie ne tourne qu'autour des apparences, du bling bling, des mises-en-scène sous forme de selfies . La description de l'évolution psychologique des personnages glace le sang tant il est juste. Allons-nous vers une totale amoralité ? C'est aussi pour moi l'épisode des aventures de notre trio de choc Carl Morck, Assad et Rose, le plus émouvant et touchant. Beaucoup d'auteurs de sagas comme celle-ci réussissent à créer un lien presque sentimental entre le lecteur et les héros, mais je ne sais pas pourquoi Jussi Adler Olsen est particulièrement un magicien en la matière, et l'on est profondément touché par la mise en abîme de Rose, en plein syndrome posttrauma, qui déjà se devinait dans " Promesse " le sixième tome. Je pense aussi que l'humour, la drôlerie de certaines scènes et certains personnages cocasses nous attachent encore plus à cette série et ces héros, bien plus que le ferait un ton bien dramatique et larmoyant. Fan encore plus après cette lecture enfiévrée, imaginant déjà la suite puisque certaines pièces de la prochaine partie ont été habilement placées. Merci monsieur Adler Olsen. Quatrième de couverture Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d'une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu'elles sont la cible d'une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une. L'inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Mørck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s'il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. à condition que Rose, plus indispensable que jamais, ne se laisse pas assaillir par les fantômes de son propre passé... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Underground Railroad | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Underground Railroad Colson Whitehead Albin Michel Juin 2017 398 pages traduites par Serge Chauvin Historique Chronique 26 mars 2018 Ce livre historique fut couronné du célèbre Prix Pulitzer en 2017 et plusieurs fois récompensé :« Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d'hier et d'aujourd'hui. » Selon le New York Times. Je dédie mon modeste retour à toutes les femmes aventurières et courageuses qui ont contribué à ce que notre monde soit plus juste, et particulièrement à Harriet Tubman, esclave afro-américaine, fugitive, abolitionniste et« ravisseuse » du Chemin de Fer Clandestin ou the Underground Railroad. Les voiles claquent sous l'effet du vent, des cris et gémissements remontent du fond des cales, ainsi que les odeurs pestilentielles de pourriture, excréments et vomissures. Partout les relents ferreux du sang et de la terreur, avant que le désespoir de certains des futurs esclaves kidnappés par des razzieurs dahoméens ne fasse éclater leurs cœurs. Certaines âmes ne seront pas sauvées, la chute au fond du gouffre fut trop violente et vertigineuse. D'autres tiennent, on ne sait comment, réussissent à se relever enchaînées et à sortir de ce vaisseau fantôme, tombe flottante, pour respirer l'air "pur" de l'Amérique. La grand-mère de Cora est l'une de ces rescapées de l'enfer qui bientôt devra affronter un autre cauchemar. Ajarry doit subir l'impensable, l'indicible....un long périple de vente et reventes, de tortures, de deuils, de naissances la mène sur la plantation Randall en Géorgie, fin du voyage. Une de ses filles Mabel dépassera les dix ans et aura elle aussi une enfant nommée Cora. Nous voici donc face à cette gamine de dix ans au lendemain de la fuite abandon de sa mère ; celle-ci est partie sans elle la laissant dans cet univers terrible et terrifiant.Dès lors nous allons suivre Cora, ainsi que tous ses compagnons de route, vers la liberté, la découverte du respect d'elle- même, tout au long d'un parcours initiatique d'une esclave noire d'hier vers la femme afro-américaine de demain. Tout ceci fut possible grâce à Ceasar, qui lui tendit la main au moment où plus rien n'était supportable, où le futur s'annonçait pire encore ; il lui propose de s'enfuir pour gagner les États libres du Nord. Nous sommes à la veille de la guerre de sécession, des hommes et femmes de bien ont organisé un réseau souterrain de la Caroline du Sud à l'Indiana, pour faire passer les fugitifs de la barbarie à une vie d'êtres humains à part entière.Ainsi l'auteur réussit à nous décrire et nous rendre réel par le biais d'une voie ferrée the « Underground Railroad » , ce système clandestin d'aide aux esclaves. Un de ces justes, de ces résistants dit à Cora : « Si vous voulez voir ce qu'est ce pays, y a rien de tel qu'un voyage en train. Regardez au-dehors quand vous filerez à toute allure, vous verrez le vrai visage de l'Amérique. » Même si Cora ne le voit pas vraiment, elle le sent, elle devine les contours d'une nation nouvelle cachée sous l'ancienne. Mais une bête immonde la traque, un chasseur cruel et sociopathe d'esclaves, un récupérateur du bien d'autrui. La course poursuite haletante commence. Ce livre est un tour de force original mettant une femme au centre de tout, et choisissant un biais étonnant pour illustrer et dénoncer l'esclavagisme qui pourtant est un thème déjà beaucoup traité ; c'est également une démonstration effroyable contre le racisme. Époustouflant dans sa construction et sa maîtrise, ce drame humain de valeur universelle nous traumatise et en même temps nous donne un grand espoir. Il est impossible d'accepter ce que certains hommes, au nom d'une supériorité fictive, sont capables de faire à d'autres êtres humains, les considérant soit comme de simple objets, biens ou animaux, soit avec un paternalisme coupable insensé comme cobayes ou races à exterminer, à stériliser.Le plus insupportable est cette réplique de siècle en siècle jusqu'à aujourd'hui de ces phénomènes ignobles d'eugénisme, de cet esclavagisme, de cet anéantissement à grande échelle de populations innocentes. Un phénomène américain ? Quand comprendrons-nous ? À lire bien sûr, à méditer longuement... Quatrième de couverture Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable cœur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dans l'ombre D'Anshoë | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans l'ombre D'Anshoë Brigitte Joseph-Jeanneney Cohen & Cohen 13 juin 2019 285 pages Divers Chronique 4 février 2023 Masque de danse du Peuple Tsogho (Gabon) en couverture. Relecture et corrections de Agathe Roga. 8 mars 1977, Ronald revient en pleine nuit à son appartement parisien du boulevard Pereire. Catastrophe ! Il a été cambriolé et son amie Marlène est à terre semblant avoir été violentée. Deux magnifiques sculptures du Gabon héritées depuis peu de son père, deux merveilles, ont disparu. S'enclenche alors pour le jeune photographe un compte à rebours essoufflant car il doit les retrouver très rapidement. Novice dans le monde fermé et restreint des collectionneurs d'œuvres africaines, il ne sait par où commencer. Heureusement, des clichés personnels de ces œuvres sont encore en sa possession. Cette recherche de l'héritage perdu va peu à peu se transformer en une quête intime de vérité quant au passé de son père résidant au Gabon dans les années 1930. Marlène a laissé un mot en partant silencieusement au petit matin : ne pas la chercher, ne pas s'inquiéter, elle sait quoi faire... Ronald, stupéfait par ce message intrigant, suit ses propres pistes lors de ventes privées où se retrouvent tous les passionnés d'Arts Premiers, terme tout juste mis à la mode. Dans la vieille malle paternelle, source de découvertes étonnantes, se cache un trésor : s'en élève la voix de son géniteur, parfait exemple de colonialiste bon ton sans originalité, sous forme d'un journal. Des relents détestables de racisme ordinaire le prennent soudain à la gorge, les échos des exactions des puissances occidentales sur les "sauvages et les indigènes" envahissent son esprit. La photographie d'une magnifique gabonaise le fixe par delà le temps. Anshoë ! Pas sûr que Marlène, la belle métisse au comportement de plus en plus étrange, puisse lire la prose de l'aïeul avec flegme et détachement. Jour après jour, les voiles de l'ignorance sont écartés en même temps que l'exploration de l'histoire des Arts africains se poursuit. L'autrice nous amène à nous replonger dans une période où le passé colonialiste de la France n'était toujours pas digéré, assumé, si tant est qu'il le soit aujourd'hui, où la reconnaissance du patrimoine artistique et culturel des pays de l'Afrique subsaharienne était à ses balbutiements. Pensez donc ! Des sculptures, masques et autres artefacts non signés ! La dimension sacrée de ces pièces inestimables était en partie ignorée, le respect que l'on doit à ces civilisations anciennes et/ou disparues, à leur Histoire, à leur grandeur, n'allait pas de soi. La richesse patrimoniale de ces peuples et de ces ethnies était niée, moquée, méprisée. Leur importance pour les Africains contemporains sous-estimée. Le musée du Quai Branly - Jacques Chirac appelé musée des Arts et Civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques avant 2016, n'ouvrira ses portes dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, le long du quai de la Seine qui lui donne son nom et au pied de la Tour Eiffel, qu'en juin 2006 !!! Ce roman, en un va-et-vient entre les années trente et soixante-dix, nous permet de mieux comprendre comment s'est effectuée la prise de conscience des occidentaux quant à l'apport inestimable des artistes africains à l'humanité. Ce polar historique porte les lecteurs à enlever leurs possibles oeillères, à voir le monde avec un autre regard, à faire preuve d'empathie et, surtout, à ne pas penser qu'une quelconque civilisation puisse être supérieure à une autre. Vaste programme ! Ce n'est toujours pas gagné. J'ai aimé ce texte, moi, la française d'outre-mer ! Quatrième de couverture Ronald hérite de la malle de son père, jadis forestier au Gabon. Il y trouve des sculptures sublimes, des photos, un journal intime relatant des exploits fabuleux. Il se prend de passion pour l'art africain et affirme sa vocation de photographe. Victime d'un cambriolage, Ronald débusquera seul le coupable. Marlène refusera de choisir entre trahir son oncle ou renoncer à son amant. Magouilles lucratives côtoient secrets de famille et amours illicites. On se perd dans un univers de masques, blancs ou noirs : escroc-justicier, policier-assassin, sorcier-échassier. L'œuvre appartient-elle aux descendants des artistes ou à ceux qui tel Picasso y puisent leur inspiration ? La polémique autour de la restitution des œuvres d'art s'incarne, frontale. L'histoire coloniale pèse lourd, autant que la mémoire des êtres chers. La vie, la mort, l'amour : éternelle équation. ?Et si la beauté partagée, forte de sa dimension spirituelle, était facteur de réconciliation. Un roman aussi envoûtant que l'art dit primitif. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ce qu'elle a laissé derrière elle | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ce qu'elle a laissé derrière elle Ellen Marie Wiseman Faubourg Marigny 9 mars 2022 400 pages traduites par Typhaine Ducellier Roman Chronique 11 septembre 2022 Evidemment j'ai immédiatement repensé au roman de Victoria Mas, « Le Bal des folles », en lisant avec passion et beaucoup de plaisir ce récit historique de Ellen Marie Wiseman situé dans l'état de New York dans les années 1930 et 1990. Cette autrice est une véritable conteuse, impossible de quitter ce livre. Lu vite et avec un vrai enthousiasme même si la description des "soins" psychiatriques apportés aux patientes, particulièrement pendant l'entre deux guerres aux États- Unis, a de quoi vous bouleverser et vous glacer le sang. Le parallèle se fait naturellement entre les deux héroïnes : Clara, jeune fille de bonne famille amoureuse d'un bel italien rencontré au Cotton Club, et Izzy, bientôt 18 ans, passant de famille d'accueil en famille d'accueil depuis que sa mère a tué son père, arrivée tout juste dans une nouvelle ville, dans un nouveau lycée, bouc émissaire tout désigné d'un groupe de gamines mené par une certaine Shannon. Toutes deux ont en commun leur différence, leur endurance, leur soif de liberté et déjà beaucoup de malheurs au compteur, les rendant plus mûres et aptes à juger leur entourage. Pour Clara, la mort de son frère aîné et la froideur et la rudesse de ses riches parents, la poussent à chercher au dehors, loin de la demeure familiale-forteresse, un peu de joie, d'amitié et... d'amour finalement dès le premier regard échangé avec le beau Bruno. Cependant, les femmes, les filles, n'ont pas voix au chapitre quant au choix de leur avenir quelque soit leur niveau social en ces années 1929. La crise économique s'annonce, Clara représente pour ses parents une marchandise qu'il faut vite céder à un bon parti. Cette alliance est vitale pour la survie du couple dont le mari est banquier. Mais Clara ne se laisse pas faire, leur présente son amoureux lors d'un déjeuner désastreux qui scellera son destin. Ce qui lui arrivera ensuite, insupportable et ignoble, est malheureusement survenu à des millions de femmes sacrifiées sur l'autel de la misogynie, du paternalisme criminel, de la bien-pensance de toute une société corsetée freinant des quatre fers face aux progrès sociaux de l'Amérique d'alors. Un phénomène que l'on retrouve dans le monde entier quelque soit le siècle : je pense à Jeanne la Folle par exemple. Izzy, quant à elle, n'a jamais compris les raisons qui ont pu pousser sa mère à tuer son père. Celle-ci enfermée dans un hôpital psychiatrique depuis n'a jamais reçu de visite ou de réponse de sa fille à ses nombreuses lettres. La petite fille puis l'adolescente est restée littéralement tétanisée face à l'acte posé par sa mère. Sa grande terreur étant d'être porteuse des gènes de la folie maternels. En acceptant d'aider ses parents d'accueil à répertorier le contenu de quelques valises restées entre les murs de l'asile abandonné de la région, peut-être cherche-t-elle inconsciemment des réponses à son propre drame, à comprendre la folie des autres avant de revenir à celle présumée de sa mère. Une quête donc très personnelle qui deviendra obsession dès l'ouverture d'une malle où gisent des effets féminins, des lettres, une partition d'une chanson de Jazz célèbre dans les années 1930 et le journal intime d'une certaine Clara. Même si évidemment tout est fiction, il n'en reste pas moins que Ellen Marie Wiseman s'est appuyé sur le travail fabuleux de Darby Penney et Peter Stastny, auteurs de "The Life They Left Behind : Suitcases from a State Hospital Attic".Elle leur dit : " C'est votre livre qui a fait germer l'idée et m'a ouvert les yeux sur le monde souvent déchirant des asiles de fous au siècle dernier. Je suis particulièrement redevable à Darby Penney d'avoir pris le temps de répondre à mes questions concernant l'asile de Willard et la vie qu'y menaient les patientes dans les années 1930." Le traitement psychiatrique des malades a énormément évolué depuis le début du XXe siècle, heureusement, il n'en reste pas moins que nos sociétés normatives ont toujours tendance à montrer du doigt et à faciliter la discrimination de toutes les personnes un tant soit peu différentes, libres en pensée, en mode de vie. Être dans le système ou ne pas être ?!? Excellent roman historique et très contemporain à lire absolument. Quatrième de couverture Le grand retour de l’autrice phare des éditions Faubourg Marigny 1995. Dix ans auparavant, la mère d’Izzy Stone a tué son mari d’un coup de fusil, alors qu’il dormait. Dévastée par la folie de sa mère, Izzy, qui a maintenant 17 ans, refuse de lui rendre visite en prison. Elle a depuis été accueillie par une famille d’accueil. Ses « parents » travaillent pour le musée local et décident d’inscrire la jeune fille dans leur groupe. Sa mission : les aider à cataloguer les objets trouvés dans un asile abandonné depuis des années. Et au milieu de monceaux d’affaires, Izzy va découvrir des lettres jamais ouvertes, un vieux journal intime... et une fenêtre vers son propre passé. 1929. Clara Cartwright a 18 ans. La jeune femme est prise en étau entre ses parents autoritaires et son amour pour un jeune immigrant italien. Furieux qu’elle ait rejeté un mariage arrangé, son père l’envoie dans une chic résidence pour « malades nerveux ». Mais les Cartwright perdent leur fortune lors du krach boursier qui va suivre. Ne pouvant plus payer les soins de Clara, la jeune femme est transférée à l’asile public... Même si Izzy fait face aux défis d’un nouveau départ, l’histoire ne cesse de l’entraîner dans le passé. Reconstituer le destin de Clara va obliger à réexaminer ses propres choix, avec des résultats... inattendus. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sauver sa peau | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sauver sa peau Lisa Gardner Albin Michel 2009 418 pages traduites par Cécile Deniard Thriller Chronique 17 mars 2017 On découvre six cadavres de fillettes mortes des années auparavant. Un nom sur un médaillon identifie l'une des victimes comme Annabelle Granger. Or une jeune femme qui toute son enfance a fui avec ses parents en changeant d'identité à chaque déménagement sait que c'est son vrai nom. Elle se présente donc à la police....En sortant de l'ombre elle se remet en danger car le tueur est toujours aux aguets et l'attend depuis 25 ans. Très bon thriller de facture classique, je l'ai préféré au tout dernier Le saut de l'ange. Le thème de la recherche d'identité semble être récurrent pour Lisa Gardner, car là encore l'héroïne va tout faire pour se trouver , et comprendre cette fuite éperdue imposée par son père sans qu'elle ne sache pourquoi. C'est aussi une recherche du père, afin de lui pardonner cette enfance gâchée, ce qui nécessite d'avoir tous les éléments en main. Là encore quelques heures de bonne lecture . Toujours pas vraiment surprise ce que je regrette : un mot , une phrase et on pressent l'identité du coupable vers la page 300. Mais ce fut tout de même moins évident que dans le dernier opus. Je comprends le succès de cette auteure. Quatrième de couverture Depuis son enfance, Annabelle Granger n'a cessé de fuir en permanence, suivant ses parents qui semblaient dissimuler un terrible secret. Un jour, sur le terrain de l'ancien asile psychiatrique de Boston, la police découvre les cadavres de six fillettes. L'une d'elles porte un médaillon au nom d'Annabelle Granger. La jeune femme décide alors de sortir de l'ombre pour montrer qu'elle est en vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Une vérité qui change tout | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une vérité qui change tout Georges Le Querrec De Borée Le 17 octobre 2024 272 pages. roman de terroir Chronique 24 décembre 2024 Dans la collection Terres d'écriture. "Chamboulé par une révélation inattendue, François-Xavier prend la mesure de la vacuité de sa vie." Il faut quelques fois passer par de grands malheurs pour avoir le courage de se retourner sur notre parcours et en mesurer la valeur. Pour François-Xavier la mort de ses parents dans un accident de voiture rebat les cartes de son destin. Amené sans qu'il le veuille vraiment à remplacer son père à la tête de la banque, obligé avec ses deux sœurs cadettes à se plier à des formalités de succession et enfin, le plus difficile, à vider l'appartement parental pour le vendre, il tombe sur un paquet de lettres dont il n'aurait jamais dû prendre connaissance. La découverte prend des allures de tsunami lorsqu'il comprend que sa mère était enceinte d'un autre, dont elle était très amoureuse, au moment de son mariage, une union contractée afin de sauver les convenances. Pour la fratrie, c'est un coup du sort qui pourtant ne la détruit pas. Ainsi les origines de son père biologique sont des plus modestes, paysan dans la commune de Cabrezac dans le Cantal dans les environs de Saint-Flour. Toujours vivant à soixante-sept ans, il ne semble pas rouler sur l'or. Pour François-Xavier, habitué à une vie de luxe, s'offrant avec sa femme et ses trois enfants des vacances dans des palaces aux Maldives ou toutes autres spots à la mode, le virage est radical. C'est plus fort que lui, il doit absolument se rendre sur place pour voir ce père inconnu et comprendre... Avec une belle ironie et une verve revigorante, Georges Le Querrec nous conte ces "retrouvailles" qui ne vont pas tout à fait se passer idéalement, au début. Il nous plonge dans une atmosphère très particulière, un microcosme où tout le monde connaît tout le monde, où le travail est difficile lié aux besoins des bêtes, où survivre est une lutte de tous les jours, où solidarité et authenticité ne sont pas de vains mots. Notre héros, tout d'abord déstabilisé, commence à analyser sa vie à l'aune de celle de cette toute nouvelle famille. L'auteur, coutumier des changements d'existence, décrit avec infiniment de finesse les pensées tortueuses et les bouleversements du cœur qui vont envahir François-Xavier. Une métamorphose s'opère sous nos yeux et ceux de sa famille parisienne. Réussira-t-il à prendre les bonnes décisions, à percevoir ce qui est essentiel pour lui sans faire souffrir les siens ? Un très beau roman entre Paris et le terroir profond, où se mentir ne mène à rien, où être n'est pas paraître ; un livre vif par son style littéraire et bouleversant par sa justesse psychologique. Qui ne pense pas un jour à larguer enfin les amarres ? Quatrième de couverture Occupant un poste privilégié au sein d'une banque parisienne, François-Xavier mène une existence confortable et sans remous. À la mort accidentelle de ses parents, sa vie tout entière est remise en question. En plus de devoir reprendre les rênes de l'entreprise familiale, il apprend qu'il n'est pas le fils biologique de son père. Désireux de connaître ses origines, le quadragénaire part alors à la rencontre de son autre famille, en province, auprès de laquelle il découvrira des sentiments et des valeurs jusqu'ici ignorés. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au delà de nos larmes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au delà de nos larmes Tatiana Mukanire Bandalire Editions des Femmes Antoinette Fouque 18 novembre 2021 75 pages Autobiographie Chronique 2 décembre 2021 Préface du docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix. Texte impressionnant de dignité, d'honneur, de hauteur, de simplicité dans le style et la forme, face à l'abjecte et la lâcheté, les plus détestables, condamnables. Je rejoins l'autrice dans l'idée que ces violeurs, ces bourreaux ne sont pas humains, qu'ils ne sont rien, et que les haïr est une perte d'énergie inutile, que c'est leur conférer une place dans nos vies qu'ils ne méritent pas. J'ai baptisé « mon » violeur « ça » comme dans un Stephen King. Le néant ! L'autrice renvoie aux criminels leur culpabilité, leurs actes. Elle, elle n'a rien fait pour provoquer le viol, la torture, elle a subi. Pourquoi certains se relèvent de l'horreur, réussissent à analyser les faits, à les réinscrire dans une réalité économique, sociale, géopolitique, à prendre la distance nécessaire, à sortir de l'épreuve, comme un glaive en acier trempé, plus résistants et résilients ? Pourquoi d'autres n'y arrivent pas, sont malheureusement des victimes à vie, ressentent une part de responsabilité incompréhensible dans ce qu'ils ont subi ? Tout ce qu'écrit Tatiana Mukanire Bandalire est ce que je ressens au plus profond de moi : je comprends son absence de haine qui n'empêche pas la détermination inflexible de changer les choses, je comprends son analyse des faits, son jugement sur les violeurs, pourquoi ? Mon violeur m'avait dit : " je me suis trompé, tu n'es pas un gentil petit soldat bien obéissant comme les autres. Toi tu es une guerrière." Peut-être ! Je crois surtout que dès le début, j'ai été parfaitement prise en charge par la Ligue féministe contre le viol et l'association d'aide aux victimes de traumas de la rue de Saussure, Paris 17e, qui m'ont immédiatement donné des missions à accomplir, pour reprendre le contrôle sur les évènements que l'on m'avait imposés. Alors oui, j'ai vite refusé de me victimiser même si effectivement j'avais été une victime. Tatiana Mukanire Bandalire très vite restitue aux coupables leurs actes, elle nomme, elle oralise, elle met en perspective. Elle s'adresse même à "ses" violeurs de sa voix vibrante mais non haineuse et porte un discours universel, au nom de toutes les victimes de viols, tortures : femmes, enfants et hommes. Elle est une grande guerrière, une héroïne, qui se révèle dans le drame, qui de plus comprend parfaitement que ces crimes ne sont pas personnels, que ces viols sont des armes de guerre utilisés depuis que l'humanité existe. Son témoignage s'inscrit dans une lignée de textes, de tragédies intemporelles tel "Le silence des vaincues" de Pat Barker racontant la fin de la guerre de Troie vue par les femmes, et en particulier par Briséis emmenée comme esclave et trophée sexuelle par Achille puis Agamemnon. Tatiana Mukanire Bandalire est d'une nature conquérante, pensante, mais cela ne suffit pas à expliquer sa victoire sur les profanateurs de sa féminité. La rencontre avec le Dr Denis Mukwege est également fondamentale, cet homme s'attachant à reconstruire les corps mais aussi, avec l'accompagnement de son équipe, l'âme. Nous sommes mortes en partie au moment du viol, il ne faut pas se leurrer, et en même temps, nous avons continué à survivre... Et nos voix sont fortes, énormes. C'est un texte également rare et singulier en ce qu'il contextualise cette guerre, cette quête effrénée et maladive de pouvoir. L'argent donne ce pouvoir et celui-ci se trouve dans toutes les gisements de minerais, en particulier le coltan dont les moyens d'extraction sont proprement inhumains. À chaque fois que nous utilisons tous notre téléphone portable dernière génération, nous sommes complices de crimes contre l'humanité, contre les enfants, les femmes... Ces guerres n'ont aucune justification réelle, ces guerres sont menées avec l'aval des pays capitalistes pour voler les richesses de l'Afrique Noire, cette Afrique en réalité matriarcale, cette Afrique qui résiste grâce aux femmes. Le viol, la torture, sont des armes de destructions lourdes utilisées pour nous offrir, par le biais de produits de consommation toujours plus perfectionnés, l'illusion de contrôler notre monde, de pouvoir communiquer. Ce faisant, nous ne propageons que les ténèbres, nous nous rendons complices de crimes, nous sommes assujettis et rendus muets. Un témoignage d'une élévation d'esprit et d'âme hors du commun, brisant les frontières géographiques, psychologiques, les limites culturelles et morales, pour revenir à l'essentiel : la protection de la Vie, la lutte contre cet ogre mondialiste jamais rassasié. Quatrième de couverture République démocratique du Congo (alors appelée Zaïre), 1996. Une guerre éclate dans les hauts plateaux de l'Est du pays, voisin du Rwanda. La population bascule brutalement dans l'horreur, un cauchemar incessant, fait de conflits armés successifs depuis près de trois décennies. Les habitants, dans leurs villages et sur les routes, subissent frontalement le choc des violences de toutes sortes perpétrées par des rebelles, insurgés de l'armée, militaires, policiers, voleurs..., hommes ivres du pouvoir et de la puissance que leur donnent les armes. Parmi les exactions : les viols et mutilations sexuelles, au pouvoir de destruction ravageur, aggravé pour de nombreuses victimes par une obligation au silence. Mais Tatiana Mukanire parle, en son propre nom et au nom d'autres femmes victimes. « Nous avons en nous cette envie de vivre. Nous l'avons prouvé en nous battant pour notre survie, en nous accrochant à la vie. Nous avons été esclaves sexuelles, nous avons été enterrées vivantes quand nous ne pouvions plus satisfaire les besoins de nos ravisseurs. Nous avons été ligotées à un arbre au fond de la forêt. Nous avons été violées presque chaque heure. Nous avons perdu connaissance. Plusieurs fois, nous nous sommes crues mortes, mais au fond de nous subsistait l'espoir de respirer à nouveau et de revivre. » T. M. B. Docteur Denis Mukwege : Surnommé « l'homme qui répare les femmes », le Dr Denis Mukwege a reçu de nombreuses distinctions pour son engagement en tant que gynécologue contre les mutilations génitales pratiquées sur les femmes en République démocratique du Congo, dont le prix Sakharov en 2014 et le prix Nobel de la paix en 2018. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les ombres d'Adelaïde Hills | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les ombres d'Adelaïde Hills Kate Morton Charleston 25 avril 2023 720 pages traduites par Laurent Bury Historique SF Chronique 9 juillet 2023 « Les romans de Kate Morton sont délicieusement captivants. » - Liane Moriarty L'analyse au scalpel et à la loupe des évènements qui ont secoué la petite localité de Tumbeela en Australie du Sud voici soixante ans sera incontournable pour la jeune journaliste Jess, installée à Londres depuis plusieurs années, contrainte par les évènements de retourner sur les lieux de son enfance. Sa grand mère Nora étant hospitalisée, la maison familiale devient un livre ouvert pour la jeune femme en quête de réponse. Plus personne ne peut lui interdire de pousser certaines portes, de fouiller, d'explorer. Des pans entiers de son histoire sont restés dans les ténèbres, sa relation à sa mère problématique restant la plus grande énigme à ses yeux. Dans la petite ville, les langues se délient et l'affreux drame qui a frappé la famille Turner ressurgit, un épisode dont Jess ignore tout. Avec un luxe de détails, Kate Morton se délecte à nous donner parcimonieusement et lentement les quelques éléments qui pourraient nous permettre de comprendre le geste de celui ou celle qui a assassiné toute une famille, froidement, implacablement. La vérité affleure sous les apparences, encore faut-il la percevoir derrière les voiles du mensonge ou de l'aveuglement. Une plongée en eaux troubles et noires pour Jess, qui à la croisée des chemins, n'a plus le choix et se doit d'affronter la réalité de ce passé. Passionnant cependant très lent. Tout semble écrasé par la chaleur. À lire si vous avez le temps et la patience. Quatrième de couverture Adelaide Hills, 1959. Une après-midi de grande chaleur, un homme fait une terrible découverte au mystérieux domaine des Turner. Une enquête policière est ouverte, et la petite ville de Tumbeela est impliquée dans l’une des affaires de meurtre les plus choquantes de l’histoire de l’Australie du Sud. Soixante ans plus tard, Jess, journaliste à Londres, est à la recherche d’un sujet. Quand elle reçoit un appel de Sydney pour l’informer que sa grand-mère est à l’hôpital à la suite d’une chute, la jeune femme décide de rentrer en Australie auprès de celle qui l’a élevée. Pour la première fois livrée à elle-même dans la maison de son enfance, Jess s’aventure dans des pièces qui lui étaient interdites et découvre le secret qui unit la tragédie des Turner et sa propre famille. Avec l’immense talent qu’on lui connaît, Kate Morton tisse un page-turner envoûtant qui explore le destin de femmes liées par la force de l’amour et le poids des secrets. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La guerre de Troie et l'inconscient grec. Le rôle des femmes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La guerre de Troie et l'inconscient grec. Le rôle des femmes Efi Papavassilopoulou Editions du Panthéon 21 février 2020 64 pages Essai Philosophie Chronique 15 juin 2021 Je vous préviens tout de suite : je n'ai aucune formation ni intérêt particulier pour la Psychiatrie, la Psychanalyse, et suis une bûche en Philosophie. Donc, c'était plutôt gonflé et risqué de la part de Efi Papavassilopoulou de me demander de lire et donner mon avis sur cet essai et les trois précédents. Ai-je tout compris ? Je vous l'ai dit, je suis limitée donc, Non ! Mais, en revanche, l'histoire qui m'a été contée, que je croyais connaître, sous ce nouvel éclairage, m'a passionnée, stupéfaite, et a provoqué chez moi de multiples réflexions quant aux sens cachés des légendes, mythes grecs et autres, qui sont les pierres angulaires sur lesquelles se sont construits nos sociétés imparfaites, nos mentalités, notre inconscient commun et dans cet essai, l'inconscient grec. Je ne sais pas vous, mais Hélène est un personnage que j'ai toujours trouvé ambivalent, pas très cernable ni aimable. Comme quoi mon instinct était en partie bon. Dès l'introduction, Efi Papavassilopoulou, nous explique que Hélène est symbole de la beauté, et celle-ci est pour les Grecs " une apparition comme aleithia, la vérité, dans son sens initial, qui veut dire dévoilement, la naissance du nouveau. Les Grecs sont à la recherche d'Hélène, perdue, volée ou encore enlevée. Les Troyens croient qu'ils la possèdent." Ils s'arrêtent aux apparences alors que leurs ennemis vont au delà. Hélène est donc en soi et malgré elle un objet de manque et bien vite une bonne raison pour les Grecs de prendre la mer afin d'aller la récupérer, d'où un voyage, une mise en mouvement de toute une armée dont se détachent certaines figures de héros, humains ou à moitié Dieu, tel Achille. Hélène est aussi celle qui, en une seule figure, regroupe toutes les femmes ou disons que chaque femme est une partie de cet idéal féminin, sa métonymie et sa métaphore. Après un rappel du déroulement de ce conflit qui dura dix ans, cette guerre de mâles, Efi Papavassilopoulou nous rappellent que sans les femmes pas de guerriers, pas d'alibi au voyage, pas non plus de résolution du conflit ou de vengeance. Et de nous nommer ces femmes inoubliables, héroïnes involontaires, nos aieules, celles dans lesquelles nous pouvons nous reconnaître : leur destin est le nôtre, leur amour, leur courage, leur haines, leurs actes remarquables ou effroyables préfigurent notre actualité et illustrent déjà ce que nous allons toutes devoir supporter, affronter siècles après siècles, sacrifiées, sans toujours le comprendre vraiment, sur l'autel d'une illusoire supprématie mâle ou dogmatique. Chez les Grecs nous retrouvons Iphigénie, Clytemnestre, Pénélope et Thétis. Chez les Troyens, Hécube, Cassandre, Andromaque. Toutes ces héroïnes ont des liens soit de parenté, soit de ressemblances en terme de traumatismes, d'expériences, de réactions. L'analyse de Efi Papavassilopoulou est brillante et m'a soufflée car évidemment, vu sous cet angle, beaucoup de conceptions universelles et intimes, personnelles, sont chamboulées. Nous-mêmes, lectrices, comprenons en quoi nous sommes aussi métonymie ( figure de style par laquelle on désigne le tout par la partie, le contenu par le contenant : exemple boire un verre pour signifier boire ce qui est contenu dans le verre - source wikipédia) et métaphore d'Hélène....Et Hélène me direz-vous ? Elle est d'aucun bord, jouant un rôle incompréhensible, collaborant avec les deux bords. Cela remet les évènements en perspective et leurs conséquences pour les vainqueurs et les vaincus... A méditer.... Quatrième de couverture « La guerre de Troie montre comment se construit l’inconscient collectif grec. Le récit est centré autour de la légende de la « belle Hélène ». Elle est liée à l’imaginaire, mais sa fonction est symbolique. Pour les Grecs, la beauté est une apparition comme aleithia, la vérité, dans son sens initial, qui veut dire dévoilement, la naissance du nouveau. Ils questionnent par ce biais la naissance, et donc la mort et l’être. » À travers le récit de la guerre de Troie se révèle la structure de l’inconscient collectif hellène. La femme grecque et troyenne dévoile une métonymie d’Hélène. Les Troyens y voient l’apparence, l’illusion, les Grecs y voient une apparition, un symbole de vérité. Hélène n’est en réalité que le prétexte pour le voyage et l’enrichissement que les Grecs ont tiré de la guerre. Efi Papavassilopoulou nous entraîne à reconsidérer sous l’angle psychanalytique le récit de la guerre de Troie. Et si l’enjeu des combats entre Grecs et Troyens n’était pas une femme mais ce qu’elle représente : la vérité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Impasse Verlaine | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Impasse Verlaine Dalie Farah Mon Poche 4 juin 2020 264 pages Roman Chronique 5 juillet 2020 « Sur le bateau, dans les yeux épuisés ma mère, je vois les bottes françaises, les tirailleurs français, les soldats de la pacification ; dans ceux de mon père silencieux, la traîtrise d’avoir manqué à son pays pour survivre en France. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où venaient ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès. » Un premier roman terriblement beau, une plume magnifique, une justesse et une analyse foudroyante, un coup de poing dans le plexus solaire, qui m'a laissée aphone, subjuguée de lire dans ces pages ce que ma fratrie et moi-même avions vécu. Ici s'ajoute l'origine ethnique, berbère, de la mère mariée et exilée de force en France, à Clermont-Ferrand, loin de ses montagnes bien aimée. Ce qui est le plus dramatique c'est de constater de l'universalité de ce roman, de l'absence d'originalité quant à l'origine du mal qui se transmet en héritage de génération en génération, de cette nécessité irrépressible de se détruire entre femmes, au lieu de resserrer les rangs face au monde des hommes. Djemaa en arabe, Vendredi en français, comme sa mère avant elle, si forte, si libre dans sa tête, courant dans les montagnes après le troupeau dont elle est la fière bergère naît et grandit au moment de l'histoire où l'Algérie brise ses liens avec la France. Sa mère l'a eue très jeune et semble vouloir lui inculquer tout de suite que être femme signifie souffrir. Qui aime bien châtie bien. Alors elle doit énormément aimer sa fille car elle martyrise Vendredi, fait tout pour casser sa si grande et prétentieuse volonté. Une fille ça doit plier. Tant que le père est vivant, la gamine est plus ou moins protégée, mais c'est la guerre avec son cortèges d'horreurs et d'exécutions sommaires. Le père n'y coupe pas. La mère devient toute puissante et décide du destin de sa fille. Mariage avec un homme de vingt ans plus âgé puis exil en France, chez les ennemis, ceux qui ont mis l'Algérie à terre. Vendredi est pleine des larmes qu'elle n'a pu laisser couler, du chagrin inexprimable de la perte du père puis de la terre, de l'effroi de devoir suivre un mari qui lui fait mal toutes les nuits, et rejoindre un pays étrange et mal accueillant. Comble de malheur, elle qui a grandi avec l'idée qu'une femme est mauvaise, sale, inférieure aux hommes, elle apprend qu'elle attend déjà, alors qu'elle-même est encore une gamine analphabète, un enfant. Pire c'est une fille ! Une rescapée de cet utérus hostile, née prématurée et qui s'accroche.... Alors, Vendredi va perpétuer les gestes de sa mère avec la petite, lui apprendre ce que cela signifie d'être une femelle, et la prendre pour bouc émissaire de tout le malheur qu'elle a dû traverser jusque là. L'amour de Vendredi est corrosif, nocif, il laisse des bleus, des griffures sur la peau et dans l'âme de la petite qui grandit malgré tout dans cette tour de HLM de l'impasse Verlaine qui se referme sur elle comme un piège. Cependant une issue de secours existe pour la fille de Vendredi, l'école et surtout la littérature..... Vous allez assister aux chemins de croix de ces deux fillettes en parallèle. L'auteure analyse avec clairvoyance et intelligence l'origine de ce mal qui laisse les enfants battus à terre avant de pouvoir pour certains se relever et fuir. Vendredi n'a pu s'échapper mais sa fille le pourra-t-elle ? Il faut une âme forte pour écrire et lire ce roman qui interroge sur l'identité des femmes et précisément ici des femmes Berbères en France. Qui met en lumière les raisons de la maltraitance sur enfants, pour lutter contre. Comprendre pour ensuite effacer, éradiquer. Attention, ce n'est ni larmoyant, ni facilement complaisant ou victimaire. C'est le récit d'une guerrière non dénuée d'un sacré sens de l'humour, d'ironie qui regarde et analyse ce qu'elle voit, subit, et nous conte son histoire sans filtre. Et si vous avez du mal à prendre connaissance de ce qui va lui arriver, pensez qu'elle a tout affronté petite. Ayez le même courage, lisez ! Texte couronné de Prix Dubreuil du premier roman 2019 par la Société des Gens de Lettres. Quatrième de couverture Dans ses montagnes berbères, Vendredi, l’effrontée, cabriole parmi les chèvres pour faire rire son père adoré et subit à la maison l’œil redoutable et la main leste de sa mère. Jusqu’au jour où on la marie à un homme qui lui répugne et l’emmène vivre de l’autre côté de la Méditerranée. A seize ans, désespérée d’être enceinte, elle accouche d’une petite fille à qui elle portera un amour étonné et brutal. Impasse Verlaine, en Auvergne, la fille de Vendredi remplit les dossiers administratifs pour la famille et les voisins, fait des ménages avec sa mère, arrive parfois en classe marquée des coups reçus chez elle. En douce, elle lit Dostoïevski et gagne des concours d’écriture, aime un Philippe qui ne la regarde pas et l’école qui pourtant ne veut pas voir la violence éprouvée. C’est l’histoire de deux enfances cruelles et joyeuses, l’histoire d’une mère et de sa fille liées par un amour paradoxal. Un récit unique et universel où l’humour côtoie la poésie dans un élan d’une vitalité impérieuse et magnifique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















