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- Aucune nuit ne sera noire | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Aucune nuit ne sera noire Fatou Diome Albin Michel Le 20 août 2025 336 pages biographie Chronique 18 octobre 2025 "[...] voici ma devise d'oiseau migrateur : Au seuil du partir et de la nostalgie, aucune nuit ne sera noire ! " « Je t'ai offert des fleurs sauvages, dont le parfum est mystérieux comme des yeux de sorcier Et leur éclat a la richesse du crépuscule à Sangomar. » Léopold Sédar Senghor Magnifique livre : caustique, tendre, bouleversant, pertinent ; beauté inventive de la langue et universalité du thème. En 2019, Fatou Diome, originaire de l'île de Niodior, a déjà publié un roman intitulé "Les Veilleurs de Sangomar". Ce texte est proprement jubilatoire de par sa forme mais également par le plaisir gustatif que prend l'autrice : 1/ à régler ses comptes avec certains fâcheux restés au pays, membres de sa famille ou voisins trop prompts à cancaner et juger. Jouissif ! " Dans ma famille de lait comme de nom, l'altérité, c'est à moi qu'elle échoit, depuis que j'ai vu le jour. Dans leurs cercles des mêmes, je suis l'oxymore : la proche lointaine, l'endogène exogéne, la Noire Blanche. Et, cela, pour au moins trois raisons, chacune hissant une cloison dure à vous casser les phalanges : d'abord, ma naissance ; ensuite, l'école, et, plus précisément, les études universitaires ; et finalement, le fait de vivre en Europe. " 2/ à rendre surtout hommage à son grand-père, être fabuleux, d'une intelligence et d'une générosité de cœur inouïes, véritable philosophe de la vie, pilier de sa communauté, respecté, écouté et craint, en adoration devant sa petite fille si mal partie dans la vie. Il ne fait pas bon naître hors mariage au Sénégal dans les années 1970. Bâtarde ! On lui fait donc comprendre qu'elle n'est rien. Que de cruauté et méchanceté la petite Fatou va devoir affronter ! Mais elle a le pied marin, "le petit matelot" chéri de son grand-père, lui-même pêcheur. Tuteur, éducateur, protecteur, figure paternelle, il est la référence absolue pour l'enfant mais aussi pour l'adulte devenue. Sa sagesse universelle nous prend aux tripes, au cœur, et nous l'aimons cet homme, nous éprouvons nous aussi une immense gratitude pour cet héritage que nous transmet Fatou Diome. Elle porte sa voix, elle nous inclut dans un cercle vertueux de tendresse et d'amour. Par delà la mort, il reste présent au côté de l'écrivaine où qu'elle aille, où qu'elle soit. Nous avons ainsi l'insigne honneur d'assister à la rencontre fabuleuse de ces deux êtres, se reconnaissant bien au-delà des liens du sang. Quand deux âmes sont à ce point sœurs, jamais elles ne se quittent. Salvateur ! Notes : Le terme "Niominka" désigne plusieurs réalités : un groupe ethnique du Sénégal et le nom d'un groupe de musique reggae. Les Niominkas sont un sous-groupe des Sérères, installés dans les îles du Saloum et connus pour leurs activités de pêche et d'agriculture. Quatrième de couverture " Rien de ce qui tient dans une poche ou dans un grenier ne vaut la mémoire des aînés, disait-il. " Une rencontre avec celui à qui Fatou Diome dédicace tous ses livres, son grand-père. Entre appel des souvenirs et invocations, force de l’émotion et saisissement de la langue, ce récit tendre et intime nous livre à mots couverts le secret d’une relation authentiquement forte et fondatrice. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Animal | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Animal Sandrine Collette Denoël 2019 283 pages Divers Chronique 21 juin 2019 « Humain, Animal, pour survivre ils iront au bout d'eux-mêmes. Un roman sauvage et puissant » Vous voyez les photos sur les réseaux sociaux où figurent des chasseurs et leurs proies, ces clichés qui donnent sérieusement envie de vomir et qui posent la question de la sauvagerie gratuite d'êtres humains dits civilisés. J'aime beaucoup certains films tels Predator 1 et surtout 2, oui je sais, c'est étonnant, et certaines scènes de traque en forêt du Kamtchatka ici m'y ont fait penser, car imaginez que, soudain, un animal devienne un " alien" chasseur d'hommes, stratégique, intelligent, et ce n'est pas du Chantal Goya... Assez jouissif d'imaginer que cela puisse être possible. Évidemment extrêmement bien écrit au ton très personnel, ce roman a pour cadre la nature imposant sa loi, comme dans les opus précédents de cette auteure. Toujours une analyse psychologique tout en finesse, une construction précise, chirurgicale. Et une fin qui nous retourne. Un destin tragique et inéluctable, une piste afin de comprendre les raisons de certains pour commettre des carnages aujourd'hui inutiles, un voyage qui débute et finit au Népal. Un dépaysement donc géographique mais aussi psychiatrique, car en ce qui me concerne je ne peux en aucun cas comprendre toute atteinte à la vie d'animaux par plaisir. Original et pertinent. Quatrième de couverture Dans l'obscurité de la forêt népalaise, Mara découvre deux très jeunes enfants ligotés à un arbre. Elle sait qu'elle ne devrait pas s'en mêler. Pourtant, elle les délivre, et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher. Vingt plus tard, dans une autre forêt, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs. Parmi eux, Lior, une française. Comment cette jeune femme peut-elle être aussi exaltée par la chasse, voilà un mystère que son mari, qui l'adore, n'a jamais résolu. Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l'étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d'un flair affûté, dangereuse. Elle a quelque chose d'animal. Cette fois guidée par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres sont lancés sur les traces d'un ours. Un ours qui les a repérés, bien sûr. Et qui va entraîner Lior au-delà de ses limites, la forçant à affronter la vérité sur elle-même. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La famille Han | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La famille Han Min Jin Lee Charleston 14 février 2023 832 pages traduites par Laura Bourgeois Historique Chronique 3 juin 2023 « Le prix de nos couronnes est déjà acquitté. Il ne nous reste plus qu'à les porter » James Baldwin « UN PREMIER ROMAN AMBITIEUX ET REMARQUABLE. » The New York Times Un premier grand roman pour Min Jin Lee, paru en 2007, écrit à la façon de Jane Austen, situé cependant dans la communauté coréenne chrétienne pratiquante de New York, fin des années 1990, les années toc, fric, sexe. Un scénario bâti autour de la famille Han avec des ramifications vers leurs proches. Plusieurs thèmes traités : Des relations parents-enfants, lorsque les premiers obéissent encore à des règles de leur pays d'origine et que les seconds cherchent leur place dans une société américaine capitaliste et matérialiste aux antipodes des valeurs coréennes ancestrales ; Des relations amoureuses et de l'incapacité à communiquer réellement, ( l'apparition du portable vers 1998-2000 n'y changera rien ) ; Du patriarcat tout puissant quelque soit le côté de la barrière ; De l'importance affolante donnée à l'argent et aux apparences, de la success-culture, de la sur-consommation immédiate et indigeste de tout et n'importe quoi, de cette course effrénée vers toujours plus de pouvoir, plus de dollars. Le poids de la responsabilité que portent sur leurs frêles épaules l'inclassable et indomptable Casey et sa petite sœur Tina est bien lourd. Comment contenter leurs parents conservateurs qui ne voient et jugent le monde que par le prisme de leur religion et de leur culture asiatique ? Comment trouver leur place, comment se forger leur avenir et savoir ce que qu'elles veulent faire lorsque les deux univers où elles se meuvent, coréen et américain, s'affrontent et se télescopent en permanence dans leurs têtes ? Où se situer ? Tout le monde a un avis sur la question, tous se mêlent de la vie de Casey, en particulier, si semblable à son père et donc fatalement en conflit avec ce dernier sous les yeux de sa mère soumise et apeurée. Le brouhaha des voix autour d'elle est tellement fort qu'elle ne s'entend plus penser. Elle veut plaire à tous mais se perd elle-même. Entrer dans le moule américain, ou respecter les codes coréens... et si la solution était ailleurs. La métamorphose qui s'opère dans la société américaine et plus généralement dans le monde, se répercute évidemment sur la vie personnelle de chacun. Fin d'un système ultra capitaliste, on revoit sa copie, on revient à des valeurs plus essentielles et authentiques. Et l'on peut peut-être devenir qui l'on doit être... Le chemin est semé d'embûches, de pièges, d'impasses pour la jeune fille mais également pour sa mère effacée à la voix de soprano exceptionnelle, pour sa sœur si conventionnelle et consensuelle, pour son père qui se révélera étonnant, pour son petit ami blanc puis son compagnon Unu génie de la bourse, pour Ella si douce et obéissante et son horrible époux Ted, pour David l'amoureux silencieux, pour Virginia l'adoptée, pour Sabine la mentor inquisitrice.... Les 832 pages se lisent très vite. La découverte de ce microcosme coréen au cœur de New York est passionnante et sidérante. L'importance de la religion dans chaque acte de la vie, le carcan cultuel et culturel incroyables, les ressources que doivent trouver ces enfants d'immigrés pour être à leur juste place énormes. Quelques soient les origines ethniques, ce qui définit les humains sur le papier, ( genre, religion, langues, etc, etc... ) la société tente toujours et par tous les moyens de hiérarchiser les individus, de les mettre dans des cases, de leur imposer une discrimination dégradante et injuste. À nous de trouver le moyen et la force de nous y opposer, d'ouvrir d'autres chemins vers la liberté de vivre et de penser, de revenir à l'essence de notre être. Très beau roman, bouleversant, universel et intemporel. Les notes d'introduction de l'autrice sur son propre parcours d'écrivaine sont très touchantes. Quatrième de couverture Fille aînée d’immigrés coréens, Casey Han a été élevée dans le Queens dans le respect des traditions et des valeurs de ses parents. Ils ont travaillé dur toute leur vie pour assurer à leurs enfants un bel avenir, mais à vingt-deux ans, Casey, tout juste diplômée de Princeton, n’a aucune véritable ambition professionnelle et ne rêve que d’une chose : faire partie de la haute société new-yorkaise. Au grand désespoir de son père, elle refuse son admission en droit à Columbia et se retrouve sans travail ni argent à Manhattan. Casey est prête à tous les sacrifices pour pénétrer dans ce monde étincelant de privilèges, de pouvoir et de richesse, mais à quel prix ? S’inspirant des grands romans victoriens, Min Jin Lee offre le portrait saisissant d’une jeune femme cherchant à s’affranchir de sa communauté, miroir d’une génération tiraillée entre le désir d’intégration et le poids des traditions. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les jumelles | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les jumelles Claire Douglas Harper Collins France 2016 341 pages traduites par Florence Guillemat- Szarvas Thriller Chronique 1 mars 2019 Prix du premier roman Marie Claire UK. Coup de maître pour ce premier thriller psychologique : ambiance malsaine à souhait, histoire venimeuse, empoisonnée, personnages braques et pervers, la folie guette, le suspense est incroyablement bien soutenu jusqu'à une fin nauséeuse et paniquante. Horreur ! Pourtant le thème de la gémellité est plus que miné, tellement vu et rebattu. Pas cette fois où deux couples de jumeaux sont en scène ! Des faux semblants, du désespoir, une condamnation à l'enfer... un destin implacable et injuste qui fait sauter tous les verrous de la morale, de la normalité, de l'interdit. Qui ment, qui dit la vérité, qui est coupable ? Une sacrée maîtrise du sujet, de l'écriture, de la construction pour nous tenir en haleine, dans l'attente de la solution. Même là, l'auteure nous réserve encore un beau cadeau bien glaçant. Bravissima ! Un Prix plus que mérité. J'en frissonne toujours. Quatrième de couverture L'une est morte, l'autre ment. Après un accident tragique, obsédée par la mort de sa sœur jumelle Lucy, Abi s'installe à Bath dans l'espoir de reprendre pied. Mais elle y rencontre Beatrice et Ben, un couple de jumeaux qui l'attirent dans leur univers privilégié et trouble... Invitée par Bea à vivre dans l'hôtel particulier qu'elle partage avec Ben, Abi met tout en œuvre pour satisfaire les exigences de ses amis. Aimantée par eux mais déstabilisée par leurs comportements étranges, elle est poussée vers la folie quand elle est visée - mais l'est-elle vraiment- par des évènements inquiétants qui se produisent dans la maison..." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le douzième chapitre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le douzième chapitre Jérôme Loubry Libra Diffusio 2019 355 pages Thriller Chronique 8 avril 2019 « Murmures marins Je dois te tuer. Tu comprends ? - Oui, répondit la fillette, - As-tu peur ? - Non. Est-ce que je vais devenir un fantôme ? demanda-t-elle, une soudaine étincelle de vie dans les yeux. - Oui. Et tu murmureras à l'oreille des vivants pendant de longues années. Viens. Il est temps à présent. » « Si vous lisez ces pages, c'est que la promesse aura été tenue. » David Malet Février 1986. Paul Vermont est terrifié et catastrophé. Son comptable lui a dressé, de façon plus qu'exhaustive, la situation comptable de la société métallurgique dont il a hérité. Elle est sans issue, la crise de ce secteur dans la région étant gravissime. Le dépôt de bilan est le seul avenir envisageable, induisant le chômage de centaines de familles. Paul souhaite offrir un dernier été d'insouciance à ses employés dans les appartements du centre de vacances appartenant à la société Vermont Sidérurgie, avenue des Mouettes au bord de l'océan dans une petite station balnéaire. Bien sûr il imagine bien que la nouvelle de la faillite va fuiter... Il faut d'ores et déjà s'organiser en conséquence. Il ne lui reste plus rien, veuf car Eléonore a choisi de partir, bientôt sans plus de travail. Encore sept petits mois.... Il faut tenir.... Avec l'aide d'un de ses salariés, Franck, peut-être sera-t-il possible d'y arriver ! Que dit-il déjà Franck ? « Il n'est jamais bon de ramener les fantômes à la vie, monsieur Vermont. » Sans doute, mais quelques fois ce sont eux qui s'invitent.... Lundi 14 août 2017, les voilà de retour, prêts à saccager la vie bien réglée de David Malet, auteur de thrillers à succès, de son éditeur Samuel et d'un troisième larron, dont ils ignorent l'identité. Ils ont reçu tous les deux, sous grosse enveloppe Kraft sans indication de l'expéditeur, un roman dont le douzième chapitre diffère d'une version à l'autre. Trois hommes donc considérés comme coupables par l'auteur de ce texte énigmatique et pourtant très précis quant aux faits qui se sont déroulés avenue des Mouettes en 1986, le dernier été que David et Samuel ont passé au bord de l'océan avant la fermeture de l'usine et la mise au chômage de leurs parents. L'un fut sourd, l'autre muet, le dernier aveugle. Pas d'échappatoire, David veut comprendre, n'en dort plus, sa femme prend de la distance, Samuel joue à l'autruche, mais les évènements se précipitent, le danger est présent sourdement puis brutalement. Entre aujourd'hui et hier, entre existence contrôlée et insouciance d'adolescents, dans la lumière crue dispensée par un chaud soleil d'été, les pieds dans le sable, ayant la permission enfin d'oublier un quotidien d'habitude cruel et anxiogène pendant l'année scolaire. Premières amours, premiers pactes, promesses non tenues... Les échos d'un drame résonnent déjà, la haine d'abord larvée gronde de plus en plus fort, une gamine a disparu.... Le suspense est parfaitement soutenu jusqu'au dénouement que l'on peut deviner en partie, l'analyse psychologique de tous les personnages est des plus fines, nous sommes plus dans de l'impressionnisme que dans du purement descriptif. Nous revivons grâce à David, Samuel et Julie, nos propres souvenirs d'enfance au bord de la mer, nous ressentons à nouveau cette timidité qui nous paralyse lors des premiers émois amoureux, le cœur qui bat fort, l'enthousiasme de l'amitié vraie à la vie à la mort. On se rappelle de cette frontière entre nous et les adultes, infranchissable, inviolable... On revit pour certains d'entre nous, cette angoisse lorsque soudain la peur prend possession de l'existence de notre famille, que le drame s'invite à notre table pour y rester indéfiniment... Un thriller psychologique qu'on lit d'une traite, cherchant à sortir de cette obscurité pour atteindre la lumière. Un très bon livre à découvrir au plus vite pour le frisson qu'il procure mais aussi sa délicatesse quant aux sentiments exprimés. De plus c'est fort bien écrit, et certains passages ne manquent pas de douce ironie, allégeant un peu le propos, avec bonheur. Je l'ai beaucoup aimé. Quatrième de couverture Les souvenirs sont parfois meurtriers. Été 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît. 30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les évènements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le monde des hommes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le monde des hommes Pramoedya Ananta Toer ou Pram Zulma 2017 500 pages traduites par Dominique Vitalyos Historique Chronique 26 mai 2017 Premier tome du Buru Quartet. Raconté par Pram lors de son incarcération à la prison de Buru à ses codétenus en 1973 et écrit finalement en 1975.Que je suis en colère, révoltée et dans une grande tristesse à la fin de ce premier tome de la tétralogie consacrée par l'auteur à Minke son héros jumeau ! Comment imaginer que cet écrivain essentiel à notre culture universelle ait passé 17 ans enfermé, si j'ai bien compté, et avec le statut de prisonnier politique à vie ? Comment a-il eu la force de continuer à lutter par ses écrits et son engagement politique ? Né en 1925 décédé en 2006, 81 ans de cette vie inouïe de violence et de guerre incessante pour ce géant des lettres indonésiennes ! Cela m'inspire un respect et une admiration sans borne. Donc Ile de Java, 1898, sous domination coloniale néerlandaise. Minke javanais, journaliste et écrivain débutant, étudiant dans la célèbre école HBS, donc éduqué à l'européenne en raison de son extrême intelligence bien qu'« indigène », fait la rencontre d'une de ses compatriotes, Nyai Ontosoroh, concubine d'un blanc Hermann Mellema, et de leur fille métis Annelies. La société se compartimente entre les tout-blancs, les métis et les « indigènes » avec les mêmes interrogations, injustices et hiérarchie aberrante selon la couleur de peau, que dans tous les pays colonisés quelque soit le continent ou l'envahisseur. (là j'ai une pensée émue pour mes 5 cousins franco-ivoiriens pour qui le choix du noir ou du blanc s'est posé selon le pays où ils étaient pour se faire accepter). Les femmes vendues comme esclaves concubines par leurs familles, comme Nyai, sont inférieures à tous et même à leurs propres enfants sangs mêlés selon la loi néerlandaise. Le blanc peut reconnaître ses enfants mais leur mère ne sera jamais considérée comme telle par la justice blanche. C'est insupportable ! Ce récit est aussi celui de la destinée d'un peuple à travers celui de Minke, symbole vivant des javanais de la première moitié du XXème siècle.Les personnages de Jean Marais peintre français père d'une petite métis, de Magda Peters professeure de littérature néerlandaise en rupture avec le colonialisme de Amsterdam, de la famille de Minke traditionaliste et surtout de sa mère, figure courageuse d'un matriarcat déguisé, de Herbert de la Croix et de ses deux filles essayant d'aider Minke, ainsi que des amis ou élèves d'HBS, forment une galerie de portraits bouleversants et inoubliables. Page 303 un très beau discours de Magda quant aux origines métissées des européens, et page 404 « la notion de Nelanga désignant un sentiment de complète solitude au milieu de ses semblables comme s'ils étaient des étrangers. Lorsqu'on est conscient de supporter le même soleil, mais de subir seul la brûlure de son propre Coeur. » Histoire donc d'un éveil à l'amour, à la conscience nationaliste, avec le besoin irrépressible de changer le monde et de lutter pour la justice et la liberté font le terreau de ce livre et de toute l'oeuvre de cet auteur : témoignage incontournable et indispensable à notre humanité et notre humanisme. A noter le « Choix linguistique de Pram comme de son héros en passant du javanais féodal au néerlandais vecteur de modernité avant d'opter enfin pour le malais. »La traduction de l'indonésien par Dominique Vitalyos d'après la traduction initiale de Michèle Albaret-Maatsch. Quatrième de couverture C'est une longue et belle histoire que « Pram » racontait à ses compagnons de détention sur l'île de Buru. Une hiloire aventureuse et romanesque qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du XXe siècle. Minke, jeune journaliste brillant et curieux de tout, y croise le devin d'Ontosoroh, la concubine d'un riche colon hollandais. Tous deux sont javanais et rêvent d'une liberté enfin conquise contre un régime de haine et de discrimination, celui des Indes néerlandaises. Deux personnages extraordinaires, aussi attachants que singuliers ― au regard d'un monde qui mûrit sa révolution... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Maison des âmes perdues | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Maison des âmes perdues Alain Léonard De Borée Terres d'écriture 8 juin 2023 272 pages Historique Chronique 8 juin 2023 Roman historique, sociétal et féministe dans la droite ligne des romans de Emile Zola ou de Georges Bernanos, entre autres. Pour tous les fans de littérature engagée de la fin du XIXème siècle et du début du suivant, pour tous ceux qui auront été bluffés par la fabuleuse série télévisée "Maison close", ce septième opus de Alain Léonard est pour vous. Comme toujours, le texte est remarquablement écrit, la reconstitution somptueuse, les personnages parfaitement dessinés. Je perçois trois parties : le temps de la domesticité, celui de la prostitution, et peut-être, de l'amour rédempteur. Ainsi, mettons-nous nos pas dans ceux de Claire, une jeune fille venue de sa campagne pour gagner sa vie à Clermont-Ferrand comme employée de maison pour Mr et Mme Gervais. Description acérée d'une famille de nantis, bourgeoise, bien loin des réalités de la vie de millions de français qui, en cette année 1880, ont bien du mal à survivre. La transformation de la société s'industrialisant, se modernisant, mais restant campée sur ses certitudes, surtout quand il s'agit de discriminer une partie de la population, ne change rien pour les plus faibles. Les femmes en font partie, grandes oubliées des révolutions successives qui ont secoué la France depuis 1789 jusqu'à la Commune. Dans cet univers patriarcal, il ne fait pas bon être jeune, jolie, pauvre. Tout peut arriver et surtout le pire. Ainsi l'indicible survient et la chute de Claire semble sans fin comme si le destin ne pouvait être qu'inéluctablement dramatique. La voilà projetée en enfer ; celui-ci se nomme joliment "La Boule d'or" et fut un haut lieu de la prostitution clarimontoise, une maison close avec son organisation, sa hiérarchie, comme il en existait dans toute le pays. Les filles y perdent leurs illusions en même temps que leurs noms, réduites à n'être que des bouts de viande, des objets de convoitise pour tous les pervers et lubriques en goguette. Violence, maladies vénériennes, désespoir, pièges tendus par la tenancière et un rabatteur, meurtres, mais aussi tendresse et amitié. Quelques fois, même, l'espoir peut toquer à la porte.... Tour à tour roman de terroir, naturaliste, d'amour, cette fiction historique s'appuie sur des faits réels et l'imagination fertile de l'auteur. Celui-ci, comme toujours, fait preuve de beaucoup de tact, de délicatesse et de respect envers nos aïeux, campés sous les traits de personnages fictifs. Alain Léonard apporte un supplément d'âme et du coeur à l'ouvrage et, de fait, réussit à nous attacher émotionnellement aux protagonistes de ce récit très réaliste et romanesque. Merci infiniment à l'auteur pour sa dédicace et aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture L’histoire de Claire, descendue de son village pour devenir domestique puis prostituée en maison close, à la fin du XIXe siècle. Claire, jeune fille de 17 ans, descend de son village de Besse pour se placer comme domestique chez une famille de notables de Clermont-Ferrand. Exploitée et peu considérée, elle est en outre forcée par François, le fils de la famille. Se découvrant enceinte, commence alors pour elle une descente aux enfers qui la mènera bien malgré elle dans une maison close de la ville. Dans le sombre avenir qui l’attend, Claire parviendra-t-elle à renouer avec des jours heureux ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Fausses promesses | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Fausses promesses Linwood Barclay Belfond Début 2018 505 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 4 août 2018 Jamais déçue avec cet auteur qui sait mener ses intrigues avec beaucoup de métier et ses lecteurs par le bout du nez. Évidemment cet opus est dans le prolongement de précédents romans, on y retrouve des personnages déjà rencontrés, tel notre narrateur, David Harwood de " Ne la quitte pas des yeux" paru en 2011. On sent que Linwood Barclay s'amuse à concocter des scénarios bien compliqués, et cette fois va même jusqu'à commencer sur les chapeaux de roues : 23 écureuils retrouvés pendus dans le parc, trois tentatives de viol sur le campus de la fac par un inconnu portant un sweat à capuche portant le numéro 23, une grande roue du parc d'attraction fermé qui se met à tourner soudain en pleine nuit, trois mannequins dans la cabine 23 avec un message de menace.... Quelqu'un a manifestement perdu la tête... où est obsédé par le 23 ! Bizarre... La petite ville de Promise Falls, en pleine déconfiture économique, n'a vraiment pas besoin de ce type d'événements. Au moins, cela devrait faire les choux gras de la presse locale sauf que le Standard est en faillite et clôt ses portes une semaine après que David soit revenu dans la ville de son enfance avec son fils de neuf ans pour vivre avec ses parents vieillissants, et pris ses fonctions de journaliste. Franchement pour notre narrateur c'est la malchance qui s'abat encore sur lui. La honte, revenir habiter là à quarante ans, veuf, père célibataire et maintenant chômeur. Sa mère lui demande un matin de se rendre chez sa cousine Marla pour lui apporter des plats cuisinés. La pauvre a perdu son bébé, une fille, à la naissance et ne s'en remet pas. Elle a toujours été un peu particulière, mais quand David entre dans sa maison et la trouve dans la chambre en train de donner un biberon à un garçon de dix mois, là il pense qu'elle a péter les plombs. Aurait-elle à nouveau kidnapper un enfant ? Marla explique à son cousin qu'un ange lui a confié le bébé la veille. Dans la poussette restée à l'entrée, David trouve un prospectus envoyée à une femme dans les beaux quartiers de la ville. Il réussit à conduire Marla et le petit Matthew à cette adresse, personne ne répond, une voiture arrive en trombe, le propriétaire des lieux, il n'arrive pas à joindre sa femme, est inquiet, ouvre vite la porte et trouve Rose, son épouse, étranglée et éventrée dans la cuisine. L'inspecteur Barry Duckworth est chargé de l'enquête. Nous y sommes, les dés sont jetés magistralement par ce maître du thriller. Il place tranquillement ses pions sur l'échiquier, je dois dire qu'assez vite j'ai compris ce qui s'était passé, mais des surprises m'attendaient tout de même jusqu'à la toute dernière page. Ouf ! Malin, jouissif, on finit avec le sourire en raison de la forme, bien que pourtant nous soyons en plein drame sur le fond. Enthousiasmant et jubilatoire, la description des travers d'une petite ville de province américaine est au scalpel, les travers et vilains secrets de chacun esquissés avec beaucoup d'humour noir nous amusent, ainsi que les portraits contrastés tout en ombre et lumière de toute cette joyeuse galerie de personnages. Rien n'est jamais vraiment sûr, tout n'est qu'apparence.... De vieilles affaires ne sont pas réglées, des haines couvent toujours... Et puis ce 23 qui revient tout le temps ! Étrange.... En fait le vrai défaut de ce livre est qu'il va falloir attendre la suite ... Quatrième de couverture Des bébés qui disparaissent, des écureuils pendus, un fétichiste du chiffre vingt-trois : méfiez-vous de Promise Falls ; derrière son apparente tranquillité, cette petite bourgade américaine cache la plus longue liste de faits divers jamais recensés... Dans un univers digne des premiers épisodes de Twin Peaks, Barclay tisse une trilogie déroutante et pleine d'humour. Promise Falls, état de New York, aujourd'hui Après le décès de sa femme et la faillite du journal pour lequel il bossait, David Harwood se voit obligé de retrouver sa ville natale de Promise Falls, pour s'installer chez ses parents. Pour tuer le temps, David décide rend visite à sa jeune cousine Marla, fragilisée par la perte brutale de son bébé, quelques mois plus tôt. Mais à son arrivée, la jeune femme a un nourrisson dans les bras, un petit garçon qu'elle dit lui avoir été remis par un ange. Une adresse laissée sur la poussette du bébé conduit David à la résidence huppée des Gaynor... dont la femme, Rosemary, baigne dans une mare de sang, le ventre lardé de coups de couteau. L'effroi est total : Marla aurait-elle totalement perdu pied ? Comment une fille aussi douce pourrait-elle être la responsable d'un tel carnage ? Le cerveau du journaliste est en ébullition. Bien décidé à prouver l'innocence de sa cousine, David décide d'assister le débonnaire détective Barry Duckworth dans cette affaire exceptionnelle. Et ce dernier ne manque pas d'occupation. Car si ce crime est traité de manière prioritaire, il vient s'ajouter à une longue liste de faits étranges : pendaison d'écureuils, agressions sur le campus... Y a-t-il un lien entre tous ces crimes ? Qui a dit que Promise Falls était une ville tranquille ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Et puis au pire on s'aimera | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Et puis au pire on s'aimera Thierry Cohen Mon Poche 10 février 2022 456 pages Thriller Chronique 10 février 2022 Cela commence comme un roman feel-good ou new romance pour peu à peu prendre des apparences de thriller sombre où l'humour du début laisse la place à une ironie grinçante, faisant mouche, nous percutant intimement, tant ce qui est décrit est violent. L'auteur nous annonce dès le prologue qu'il va nous raconter une histoire vraie, celle d'Alice à qui il veut rendre justice. « Ce roman est le sien. Son surprenant roman d'amour. » Dès les premières pages on rit de bon cœur ou parfois jaune tant les descriptions, les formulations sont créatives, justes, troublantes. Alice nous ressemble, ainsi que tous les acteurs de ce récit où chacun pourra se retrouver. La plume est vive, réjouissante, imagée, un bijou de drôlerie, un one man show à l'écrit... Et puis, insidieusement, l'ambiance devient délétère, certains protagonistes malsains, les évènements inquiétants. Le roman devient noir, le scénario digne d'un thriller psychologique. Tout débouche sur une réflexion aussi coupante qu'un scalpel, une condamnation sans appel d'une forme de barbarie, de cruauté générée par notre société. Je n'en dirai pas plus pour vous laisser la surprise... On comprend alors comment l'auteur a minutieusement placé des indices tout au long d'un récit qui sous sa cocasserie cache une noirceur démentielle. La couverture et le titre prennent toute leur dimension dès la dernière page tournée. Un très bon roman que je vous conseille vivement. Quatrième de couverture Ça commence comme une belle histoire d'amour. Du genre... à l'eau de rose. D'ailleurs, le roman débute par une rose déposée sur le palier d'Alice, trentenaire rongée par la solitude. Il y a du mystère également, car la dite Alice ignore qui lui envoie des fleurs et lui offre de belles déclarations. Une situation romantique à souhait mais qui peut également paraitre... quelque peu inquiétante. Tout prend donc la forme d'une comédie romantique pleine d'humour et... de doutes. Entre les copines du travail, heureuses de voir Alice ainsi courtisée, et son directeur, pressé de la licencier, Alice passe par des émotions contrastées qui la rendent tour à tour heureuse, désespérée, charmée, affolée. Tant de bouleversements dans une vie monotone sont fantastiques et perturbants à la fois. Ne sont-elles pas nombreuses, les âmes seules qui rêveraient d'être emportées par un mystère aussi romantique ? Jusqu'au jour où... ça dérape. Où le rêve devient cauchemar. Où, comme dans les cauchemars, le pire ne se révèle jamais sous la forme attendue. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Petite | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Petite Edward Carey Cherche Midi 1er avril 2021 576 pages traduites par Jean-Luc Piningre Biographie Chronique 20 novembre 2021 Chronique : Un roman illustré tout à fait singulier, étonnant, tant sur la forme que par le ton employé. Le XVIIIe siècle marque un tournant pour les monarchies, est d'une extrême violence et injustice, le vent de l'Histoire étant tempête, typhon, emportant, tels des fétus de paille, les êtres humains soudain minuscules, négligeables. Une époque où toute différence est aplanies face à la guillotine... Riche, pauvre, célèbre, inconnu, jeune, vieillard, monarchiste ou révolutionnaire, elle est gourmande... Et les têtes tombent par milliers certaines portées à la postérité grâce à la sculpture de cire, art où excelle Marie Grosholz, dite Petite en raison de sa taille miniature, future Mme Tussaud. Il faut dire que depuis sa naissance, Marie a eu tout le loisir de comprendre que les humains, les femmes et les enfants en particulier, n'étaient que des marionnettes entre les mains du destin. Chaque personnage de ce récit biographique, comme dans un conte de Noël désenchanté, a son double : soit une effigie miniature, Marta pour Marie, soit une poupée à taille réelle, soit une peinture ou sculpture pour les plus fameux, soit une ombre projeté d'un corps pendu.... Et les copies prennent quelques fois une place plus encombrante que les originaux. La sculpture en cire est d'abord l'apanage d'artistes anatomistes oeuvrant pour des hôpitaux. C'est dans celui de Berne que Marie et sa mère entrent au service d'un certain docteur Curtius. La rencontre entre le jeune homme timide, passionné par son métier, et la toute petite fille, est l'instant T de leur vie... Pour fuir un destin des plus accablants, après le décès de la mère de Petite, le tandem part de nuit pour la Ville Lumière...Paris. Louis XV est roi, le mariage du futur Louis XVI et de Marie- Antoinette est célébré rapidement, alors que résonnent les fêtes et les rires dans les beaux salons, le peuple gronde, se meurt, le rouleau compresseur de l'Histoire est sur la ligne de départ.... Marie nous raconte sa vie dans la maison d'une veuve et de son fils, toujours au service du Dr Curtius, maltraitée par la marâtre jalouse de ses liens d'affection avec le sculpteur.... Mais bien vite une nouvelle aventure se présente, offrant à Petite de faire son entrée à la cour de Versailles par la petite porte. Son maître la prête tel un objet ou une possession, gardant jusqu'à son passe-port suisse avec lui... La jeune fille que l'on s'évertue à écraser, à dépersonnaliser, apporte son talent, son regard, à la glorification éternelle des personnages célèbres qui l'entourent. Ses mains en modelant, peignant, en ajoutant des chevelures, des yeux, fait passer à la postérité, en trois dimensions, les visages de tout ce beau monde en passe d'être guillotiné .... Elle qui n'est qu'ombre met la société entière dans la clarté crue de cette époque tragique... Les malheurs ont fait de Marie un être pragmatique, solidement planté dans la terre, empathique, intuitive, résistante et résiliente, futée, faussement obéissante et réellement déterminée... Le ton est particulier, très personnel, narrant sans pathos ni débordement, l'indicible, l'horreur vue ou subie, avec une sorte de fatalisme de surface.... dans cette société des apparences, Marie se cherche au delà du reflet : qui est-elle ? La Petite, marionnette docile, ou une femme à part entière bien décidée à faire jouer les autres dans la mise en scène qu'elle aura imaginée ? De Berne à Paris pour enfin arriver à Londres, l'auteur, illustrateur, dramaturge Edward Carey a mis quinze ans à rédiger et dessiner ce très beau texte dédié à une femme énigmatique dont il reste peu de trace... Alors l'écrivain a recrée un univers, a fait se rencontrer des figures célèbres, a rempli les vides, a redonné chair à tous ces disparus tel un sculpteur de cire du musée de Mme Tussaud.... La narratrice nous raconte ainsi la fin d'une monarchie, d'un ancien régime, la Révolution, la Terreur, l'apparition d'un certain Napoléon et enfin sa nouvelle vie anglaise.... Un roman bouleversant émotionnellement, tout en délicatesse, retenue, poésie, beauté, malgré la rudesse et l'âpreté des évènements... Un personnage hors norme, d'une sagesse, d'une générosité, d'une force exemplaires qui traversent une existence cruelle en espérant toujours en des lendemains lumineux... Une leçon de vie... et ainsi celle qui fut si secrète, oeuvrant à mettre les autres en lumière, devient elle-même une légende dont l'effigie vous accueille à l'entrée de la célèbre Maison Tussaud. Un très bel ouvrage, un magnifique texte embelli par une traduction fabuleuse. À lire, offrir, redécouvrir.... Une rareté ! Quatrième de couverture « Art, amour, Révolution : le récit d'une existence hors du commun. » Née à Strasbourg en 1761, la jeune Marie Grosholz, future madame Tussaud, est employée dès son plus jeune âge comme apprentie par un sculpteur sur cire. Lorsque le duo devient célèbre à Paris pour ses réalisations, Marie a pour modèles les plus grandes personnalités de l'époque : Voltaire, Rousseau, Benjamin Franklin, etc. Bientôt elle est accueillie à la Cour où elle prodigue des leçons de sculpture à la princesse Élisabeth, sœur du roi. En 1789, la capitale entre en ébullition, la foule exige des têtes. C'est le début d'une incroyable décennie pour Marie qui, échappant de peu à la guillotine, se voit chargée d'exécuter les masques mortuaires de ses amis les plus proches (Louis XVI), comme de ses ennemis les plus acharnés (Robespierre). Avec ce récit palpitant, illustré de magnifiques dessins de l'auteur, Edward Carey nous fait entrer dans l'intimité d'une femme au destin exceptionnel. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Là où chantent les écrevisses | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Là où chantent les écrevisses Delia Owens Seuil 2 janvier 2020 480 pages traduites par Marc Amfreville Historique Chronique 4 août 2020 Beau, très beau.... Magnifique traduction. « Va aussi loin que tu peux. Tout là-bas, où on entend le chant des écrevisses. » « Ça veut dire aussi loin que tu peux dans la nature, là où les animaux sont encore sauvages, où ils se comportent comme de vrais animaux... » « Poème de Amanda Hamilton : Mouette blessée à Brandon Beach Tu dansais dans le ciel, âmes aux ailes d'argent, Et tu éveillais l'aube de tes cris perçants. Tu suivais les bateaux, affrontais l'océan. Avant de capturer et de m'offrir le vent. Tu te brisas une aile, elle traînait à terre Griffant le sable blanc aux rives de la mer. Quand les plumes se brisent, on ne peut plus voler, Mais l'instant de la mort n'est pas encore fixé. Quand tu as disparu, je ne saurais dire où, La marque de ton aile est resté parmi nous Un cœur brisé hélas ne saura plus voler Mais l'instant de la mort n'est pas encore fixé. » Premier roman de Delia Owens qui connaît un succès phénoménal à près de soixante-dix ans...!!! C'est déjà suffisamment remarquable pour vous intriguer.Et lorsque l'on découvre sa biographie, on ne peut être que soufflé par cette trajectoire hors norme d'une femme qui va au bout de ses passions, amoureuse de la vie, de la nature, engagée dans la lutte pour la protection de notre planète et diablement douée dans maints domaines. Ce n'est pas le premier ouvrage de cette biologiste voyageuse, ni son premier succès éditorial, mais c'est sa première fiction. Chapeau bas ! En lisant les premières lignes, après avoir admirer la couverture, je pensais déjà avoir entre les mains un très beau roman naturaliste, ode à notre Terre et plus particulièrement à la région des marais de Caroline du Nord avec sa faune et sa flore foisonnantes et bruissantes de mille vies. Je pensais aussi que ce serait un magnifique récit d'amour, dramatique, poétique qui me ferait frissonner, rêver... Jerepensais"Ànosannéessauvages"deKarenJoyFawlerouauxtitresdePeterHeller,similairesen beautétantdans la forme que par le message universel et humaniste véhiculé. Cela aurait été parfaitement incomplet, si je n'avais gardé en tête le prologue, décrivant la découverte par deux gamins d'un cadavre au pied d'une tour de guet en 1969. Et là nous basculons dans un thriller policier et au final judiciaire comme peut les réussir un John Grisham. Tout est authentiquement beau dans ce roman, tout est d'une grande délicatesse et finesse d'analyse, d'une grande maîtrise, poésie, tout nous emporte jusqu'aux confins du monde où les sentiments sont d'autant plus forts et bouleversants qu'ils ne sont pas exprimés. Un livre également sur l'exclusion sociale de celle qui est différente, victime de la rumeur, en un temps où les noirs n'avaient aucun droit, où les femmes ne pouvaient entrer dans les bars, où tout n'était que carcan, apparence, bienséance hypocrite.Enfin c'est l'histoire d'une petite fille prise dans un étau, qui n'a rien fait de mal, qui sera abandonnée, maltraitée, supportant faim et solitude au coeur des marais où la nature en son entier, les oiseaux en particulier, vont devenir ses seuls compagnons, derniers barrages avant la folie. N'oublions pas Tate, compagnon de jeunesse et premier amour, et le couple afro-américain formé par le vieux Jumping et sa femme Mabel, parents de substitution.De magnifiques descriptions de paysages, des beautés de cette région vous attendent, ainsi qu'un réel suspense policier. Jusqu'à la dernière ligne vous douterez de vos déductions. La solution vous sera révélée d'une manière originale... L'eau, le ciel, le vent, les oiseaux et même un chat seront des acteurs essentiels à ce récit, insufflant de la force à notre héroïne afin d'affronter les tourments de sa jeune vie...Le parcours initiatique vers la liberté et la confiance de la Fille des marais, de Kya, deviendra le vôtre.Je n'ai pas de mots assez forts pour vous transmettre mon admiration et ma gratitude envers cette écrivaine qui a su ainsi embellir quelques heures de ma vie, sans oublier son traducteur Marc Amfreville. Ce roman a été adapté en film. Quatrième de couverture Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Martin John | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Martin John Anakana Schofield Actes Sud Février 2020 368 pages traduites par Anne Rabinovitch Thriller Psy Chronique 14 octobre 2020 P. 180 Inadéquat : l'agresseur inadéquat est le délinquant sexuel qui se rapproche le moins des normes sociales et comportementales. On le définit comme un inadapté social, isolé, qui paraît excentrique ou anormal. Il est peut-être mentalement dérangé et préfère les partenaires sexuels inoffensifs. Il faut avoir le goût de l'inconnu, de l'exceptionnel et du risque pour plonger dans ces pages perturbantes et perturbées. Bienvenus dans les arcanes du cerveau torturé, abîmé, obsessionnel de Martin John. Un être non structuré comme nous l'entendons habituellement, avec notre compréhension très pragmatique et normative des choses. On ne sait de quoi il souffre vraiment : nous sommes piégés en lui, nous buggons avec lui, nous nous épuisons avec lui à tourner en rond, à suivre ses parcours, ses circuits dans l'espoir de calmer nos nerfs ; nous érigeons des piles et des murs de choses variées pour nous protéger des attaques extérieures ou à l'intérieur même de notre maison, nous sommes obsédés sexuellement, incapables de nous contrôler alors même que nous contrôlons en permanence notre vessie prête à exploser, nous nous rappelons certaines choses que nous avons faites lors des interrogatoires de police ou des psychiatres, nous retournons vite, très vite à nos rituels, nos tocs, nous détestons les mots commençant par P dans les journaux que nous achetons tous les jours, nous mangeons du porc, nous allons voir la tante Naonnie tous les mercredis, nous téléphonons à Mam restée en Irlande alors que nous vivons à Londres maintenant..... Nous sommes fatigués, épuisés..... Nous... Un livre admirable, dérangeant, extraordinaire tant par la créativité et les risques formels que par le thème évoqué : la folie vue de l'intérieur. On suffoque à lire vite, sans interruption ces lignes cauchemardesques... (Je vous conseille la lecture à haute voix...) Et par ce procédé, l'auteure réussit le tour de force de nous faire comprendre, et non excuser, les actes d'un délinquant sexuel... Par petites touches, une répétition de mot, une phrase isolée, une mise en page soignée, nous comprenons l'origine du mal, ou plutôt les raisons de l'état de cet homme en souffrance et aussi dangereux pour les autres que pour lui-même. L'ombre de sa mère plane sur tout ce récit.... Nous, en position d'être spectateurs et acteurs, ne savons plus, sommes en apnée, en attente d'indices.... Ce livre est d'une audace dingue, sacrément gonflé... On pense quelques fois à Rain Man pour certains comportements obsessionnels de gestes, de tocs.... Mais ce n'est pas ce type de destin qui nous est conté. On mesure à quel point l'enfermement à l'intérieur de son propre esprit peut être un enfer.Cela nous permettra peut-être de regarder certains êtres égarés, perdus, oscillant dans nos rues, nos cliniques psychiatriques avec un peu plus d'humanité, d'empathie, de respect... Les « fous » font partie de notre société, sont générés aussi par elle. Volontairement l'auteur situe l'action dans les années 70, décrivant la prise en charge des malades mentaux insuffisante de cette époque. Des avancées ont été faites, certes, cependant nous régressons depuis quelques années quant aux traitements et conditions d'hospitalisation de ces malades, pour certains délinquants ou criminels... Alors il est vrai que ce thriller par son originalité quant à la forme, est réjouissant et quelques fois même drôle, mais j'ai le sentiment qu'il va bien plus loin que la simple narration de l'histoire d'un individu, Martin John... il débouche sur d'autres problématiques plus graves et d'actualité...Je ne peux en dire plus sans aller trop loin dans les révélations. Donc pour une fois, ne détournons pas le regard face à la folie des autres, le malheur n'est pas contagieux... il peut être évité... Quatrième de couverture Martin John est-il un authentique délinquant sexuel, un fou, un mystificateur ? Attaque-t-il vraiment des femmes dans la rue, dans le métro de Londres et dans les trains, ou se contente-t-il de rêver de le faire ? Nul ne le sait, et sans doute pas même sa mère qui le traite en permanence, et non sans rudesse, comme un irresponsable. Ce qui paraît néanmoins certain, c’est que toutes les organisations sociales – famille, employeurs, services de santé, police – semblent avoir échoué à protéger Martin John du monde et échoué à protéger le monde de lui. Mimétiques des aléas d’un cerveau dysfonctionnel, les pages du roman sont tantôt presque vides de mots, tantôt débordantes d’une parole torrentueuse. Des détails cruciaux dérivent, masqués et pourtant à portée de main pour qui veut reconstituer le puzzle. C’est ainsi qu’on apprend que Martin John souffre d’excentriques quoique inoffensives manies (un intérêt maladif pour l’Eurovision et les horaires de trains, une haine des mots commençant par la lettre p, une collectionnite aiguë portant sur les vieilles cassettes ou les journaux périmés), mais aussi qu’il est le pur produit d’une culture misogyne. Sertissant des choix narratifs et stylistiques radicaux dans l’empathie qu’elle éprouve pour ses personnages, Anakana Schofield livre ici un roman puissant servi par une écriture dont l’audace initie le lecteur “en temps réel” aux spectrales géographies de la perturbation mentale. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Vivre avec sans - Adagio maladie | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Vivre avec sans - Adagio maladie Anne Sultan des femmes Antoinette Fouque 12 octobre 2023 58 pages témoignage poétique Chronique 30 juillet 2024 Adagio : Un adagio est une indication de mouvement comprise entre le lento (lent) et l'andante (en marchant). Indication en début de la partition discordante sur laquelle Anne Sultan va devoir, pendant près de cinq ans, essayer de remettre sa tête, ses émotions, son corps en mouvement. Un ennemi s'est introduit dans sa vie, sous des dehors amicaux de fausse béquille, de remplaçant, de consolateur fourbe et destructeur : l'alcool. Comment vivre AVEC la pulsion de boire SANS alcool ? Comment se tenir encore debout, ne serait-ce que debout, sans sa dose ? Comment émerger peu à peu du brouillard, du coton étouffant ? Comment reformuler clairement sa pensée, ses envies, se repositionner face au monde, faire réentendre ses décisions et se réinscrire dans l'espace ? Oui, comment, lorsque l'on est recroquevillée à l'intérieur de soi, que tout nous parvient de très loin, que les phrases nous arrivent façon puzzle en désordre, que nous ne ressentons plus rien que le tangage interne de notre cœur passager d'un bateau ivre et lent ? Pas un brin de vent pour regonfler les voiles, pas une voix pour nous réveiller de ce cauchemar. C'est ce que l'on croit mais en réalité un entourage familial, médical, d'urgence est là, vigilant, prêt à intervenir sans juger, sans condamner. La mère est prête à tout pour relever sa fille à chaque rechute... Le chagrin est lourd encore, la petite fille pleure en l'adulte, ne lâchant pas prise. Mais peu à peu, elle sèche ses larmes, les phrases se restructurent, s'épanouissent. Le chemin s'ouvre à nouveau, les bras s'étirent, le sourire réapparaît, un pas de danse, puis un autre. Naissance à une autre vie enrichie d'une expérience du fond du gouffre puis de la remontée vers la lumière. Conséquence : ce texte singulier, incomparable, où Anne Sultan avec délicatesse, courage, sans aucune concession avec la vérité et elle-même, avec infiniment de pudeur, nous prend la main afin de nous faire toucher une certaine réalité, afin de nous aider à traverser le miroir des apparences. Nous sommes tous susceptibles de chuter soudain, de perdre l'équilibre, de danser à contretemps, décalés puis totalement arythmiques. Ce sont ces moments de suspension, de hors jeu, qui nous rendent plus humains, plus perméables aux autres, plus à même d'intervenir si quelqu'un chavire devant nous qui savons. Un récit poétique où les mots se bousculent, ou brillent par leur absence, hymne à l'empathie et l'acceptation de nos fragilités s'exprimant différemment d'un être à l'autre. Danse, Anne, danse AVEC ton corps, ton âme SANS peur ni honte. Quatrième de couverture Une femme face à l’alcool jusqu’à la guérison. Dans cette fiction poétique à la forme très originale, Anne Sultan, chorégraphe et danseuse, parle la maladie d’alcool jusqu’à sa rémission. Elle travaille la langue au plus près du corps et de la pensée. Langue du corps mais aussi corps de la langue, les mots se font chair pour saisir les moments de désespoir profond qui jalonnent la dépendance, la difficulté d’en sortir et l’immense courage qu’il faut pour l’affronter et en réchapper. Un texte d’une grande actualité sur un sujet rarement traité en littérature, celui de l’alcoolisme au féminin porté par une écriture poignante. Vivre avec sans – Adagio Maladie a été porté sur scène au théâtre mais également à la radio (France Culture, Création on Air, 11 janvier 2018). Ce texte a été sélectionné par le Comité de lecture des Écrivains Associés du Théâtre et par la Comédie de Caen, Centre Dramatique National. "Pieds nus sauf chaussons d’hôpital je déboule dans le parc voisin sans idée au départ et sans le sou non plus. Marcher. C’est ça que je voulais. Marcher libre dessanglée de tout. Ivre de vivre. Libre à l’air et plus rien plus que tout. Marcher sentir mon corps encore tout engourdi. Marcher simplement marcher là m’oublier au beau milieu des gens mais les gens me regardent. Ce beau jour de printemps attire aussi les gens. Et leurs regards avec. Ils regardent marcher cette femme en tenue d’hôpital et pieds nus sauf chaussons bleus plastiques. " A.S. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le notaire de Pradeloup | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le notaire de Pradeloup Jean-Paul Malaval De Borée Terre de Poche 13 octobre 2022 337 pages Roman Chronique 21 décembre 2022 La version grand format a été vendue à 14.000 exemplaires. Lecture du début de ce roman enregistrée en vidéo sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonances littéraires : « Qui est pris qui croyait prendre. » « En Corrèze, au début des années 1960, l'imminence de la succession du notaire de village ouvre une véritable boîte de Pandore... » « La truculente histoire de Lazare Bazin, notaire rusé, au cœur des secrets et héritages de familles des villageois. Un personnage que vous adorerez détester ! Drôle et savoureux. » Entre juin 1963 et les années 1940, la vérité, toute la vérité sur la vie cachée d'un notable, le notaire craint, admiré et rusé de Galiane-sur-Sévère, le bien nommé Lazare Bazin. Rien ne va plus en ces journées étouffantes de 1963, Lazare se meurt. Grand ramdam de combat et de civilités hypocrites. Voilà l'hôtel particulier littéralement envahi par les pleureuses professionnelles, les grenouilles de bénitier, les langues de vipères. L'étude notariale est l'endroit où il faut être vu. Geneviève, la gouvernante, veille au grain, prend des libertés, reçoit ces dames en maîtresse de maison, jusqu'à l'arrivée du médecin, d'un autre notaire, des enfants Georges et Calixte, et d'une mystérieuse jeune fille. C'est qu'il en a des secrets le vieux filou, sa progéniture va être soufflée. Quelle est donc la vérité concernant cet homme resté une énigme pour son fils et sa fille, pour sa défunte épouse ? Un ancien collabo, un résistant, un salaud ou un juste ? Tout n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Tous les protagonistes de ce récit vont devoir affronter et digérer des faits désagréables ou insoupçonnés. Le notaire en premier obligé, alors que son cœur fait des siennes, d'accepter de regarder la réalité en face. Texte vif, drôlissime, corrosif, réjouissant qui peut soudain nous bouleverser, jouer sur nos cordes sensibles, car tout n'est qu'apparence en ce monde de faux-semblants, sauf l'amour pour une femme, pour une petite fille. Qui est-il vraiment ce Lazare qui n'a fait que chausser les souliers de son notaire de père alors qu'il avait l'âme artistique ? L'heure des bilans est venue ? Méchamment réussi, un roman délectable ! Quatrième de couverture Notaire à Galiane-sur-Sévère, Lazare Bazin a été l'homme de tous les arrangements : falsificateur d'héritages, expert en fausses écritures, un brin usurier à ses heures... Bref, l'indispensable gardien des secrets de famille ! Mais qui est-il vraiment ? On le dit saint homme, serviteur zélé de la cause paysanne, amoureux de la terre et de ses traditions ancestrales. Il est temps de le découvrir : on attend sa mort d'un jour à l'autre, dans la crainte et le soulagement... Dans le vaste salon de la maison de Pradeloup, les visiteurs affluent. Au fil des heures, c'est toute la société villageoise qui se révèle avec ses grandeurs et ses bassesses. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tu seras princesse de Tarragone | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tu seras princesse de Tarragone Brigite Piedfert Calmann-Lévy mai 2023 380 Historique Chronique 19 décembre 2023 « Jamais pays ne trouveront Ni terre ici-bas ne verront Où ils puissent vivre sans peur Ou sans efforts ou sans douleur. » Marie de France, Des lièvres è des raines Le roman s'attache à raconter la très courte et éphémère période au XIIe siècle pendant laquelle Robert Burdet, petit seigneur de Normandie, fit de la cité de Tarragone une principauté après l'avoir reprise aux Maures. Évidemment, des conditions ont été remplies avant de réussir ce tour de force : en premier lieu s'unir à une toute jeune fille, Sybille, héritière d'un baron anglo-normand déçu de n'avoir eu aucun fils et l'ayant éduquée comme un chevalier, puis rejoindre les troupes marchant sur l'Espagne afin de reprendre les régions sous contrôle des Maures. Une guerre sainte donc à laquelle se joignent également les familles et les suites des nobles combattants et toute une population souhaitant trouver une terre promise. Le mariage forcé auquel a été contrainte notre guerrière est un cauchemar sur le plan intime, la brutalité de l'époux étant égale à son ambition démesurée. Son obsession est de fonder une lignée, sa femme n'étant qu'un ventre dont sortiront ses fils. Mais surprise : Sybille semble incapable d'enfanter et n'est pas une pouliche obéissante. Elle est même, de par sa naissance et ses connaissances en art de combattre, un atout dont Robert compte bien profité jusqu'à ce qu'il n'en ai plus besoin. En effet, Agnès, la suivante venue avec la jeune épousée, est devenue sa maîtresse et lui donne tous les fils qu'il souhaite. Heureusement, Sybille peut compter sur son ami d'enfance Galtier, frère de la perfide Agnès. Cela sera-t-il suffisant ? Lorsque le Pape fait miroiter à Robert l'obtention du titre de prince de Tarragone, celui-ci et sa concubine fomentent un plan pour se débarrasser de notre héroïne dès que possible. Un roman historique mêlant l'épique à l'intime, attaché à nous brosser un tableau fidèle d'un épisode peu décrit de la reconquête de l'Espagne sur les Maures en mettant nos pas dans ceux d'une femme singulière au destin exceptionnel. Quatrième de couverture Normandie, terre de guerrières Vers 1115. Guillaume Capra, baron anglo-normand inconsolable de n’avoir pas eu un héritier mâle, a élevé sa fille Sibylle comme un chevalier. Celle-ci épouse Robert Burdet, petit seigneur de Normandie, et s’engage à ses côtés lorsqu’il part en Espagne pour participer à la croisade de Reconquête contre les Maures. Intrépide, avec la foi pour étendard, Sibylle est aux avant-postes. Elle entreprend même de former au combat les femmes des colons qui se sont joints à l’expédition. Mais Robert, bientôt élevé au rang de prince de Tarragone en récompense de ses exploits, cède au vertige de la gloire et de la richesse. N’ayant pour seul soutien que son fidèle Galtier, un orphelin, compagnon de son enfance, Sibylle va devoir lutter contre l’orgueil démesuré de son époux et les intrigues d’Agnès, sa concubine. Laquelle des deux femmes l’emportera ? La jeune guerrière ou la courtisane ? Car il ne peut y avoir deux princesses de Tarragone Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















