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- Belle d'amour | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Belle d'amour Franz-Olivier Giesbert Gallimard Mars 2017 374 pages Historique Chronique 15 janvier 2018 Le mot de passe est « Dieu est comme un enfant qui nous regarde ». C'est celui utilisé par la famille de notre héroïne Thiphanie Espinasse, du pays d'Anjou. Et il est vrai que le Dieu de ce livre joue avec le destin des hommes. Depuis ce jour de 1246, où elle se voit obligée de fuir vers Paris après la disparition de ses parents, Thiphanie à les yeux morts. « Cherchez bien, vous ne trouverez jamais rien dedans, ni haine, ni remords, ni désir de vengeance. J'ai le regard inexpressif de ceux qui se sont retranchés du monde après avoir trop souffert, trop pleuré, trop vécu. Mais ne vous y fiez pas. C'est une ruse, celle des survivants qui ont décidé de passer inaperçus sur cette terre de brutes.... Je suis belle de nuit le jour et belle de jour la nuit On m'appelle Belle d'amour Parce que je suis belle toujours » . Tout est déjà résumé dans ces quelques lignes du début. Il est évident qu'être trop belle en ce XIIIème siècle n'est pas une bénédiction, cela peut même vous gâcher carrément la vie. De plus quand on est lettrée, troubadour, musicienne, intelligente, instruite, tout se complique en ces temps troublés de superstition, de peurs imbéciles, d'accusation de sorcellerie en veux-tu en voilà, où l'Inquisition sévit, où enfin Louis IX, ce roi futur saint, capable de lâcheté et d'abomination contre les juifs ou les blasphémateurs, va également lancé avec un courage non démenti la septième croisade pour reprendre Jérusalem. Cette fresque historique est murmurée à l'oreille du narrateur de 2016, par Thiphanie, pour que la vérité et les raisons de ce départ de milliers d'hommes en Terre sainte soient comprises. Qui sait encore aujourd'hui que jusqu'à l'an mille, des terres d'Occident étaient encore sous domination arabe, bien après la fameuse bataille de Poitiers en 800 ? Qui a véritablement conscience encore de la rapidité proprement hallucinante avec laquelle les mahométans, les croyants d'une toute jeune religion, ont conquis des terres immenses, étendant leurs pouvoirs par la force sur le monde ?C'est une vérité historique à laquelle sont confrontés les occidentaux du XIIIème siècle. Il y a urgence donc pour eux à reprendre la main, à ce que la chrétienté retrouve sa position. Le roi franc en a conscience et contre l'avis de sa mère omnipotente, va lancer l'avant dernière croisade en Terre sainte. Cette âme ancienne, Thiphanie, veut prévenir, d'un danger toujours présent aujourd'hui, l'écrivain et ses lecteurs et contemporains ; la lutte contre certains terroristes issus d'une lignée membre de la secte multi-séculaire des assassins est toujours d'actualité. C'est bien un parallèle entre les deux périodes qui constitue un des buts cruciaux de ce roman. Ainsi nous lisons le texte écrit sous la dictée de Thiphanie, commencé en Anjou, puis poursuivi à Paris sur le Pont Neuf dans la boutique de sa tante pâtissière, et après maints malheurs, viols, esclavage, fuite éperdue pour échapper à ses bourreaux, en route avec son tout nouveau mari pour la première croisade. Elle deviendra grâce à ses talents de guérisseuse et de traductrice une proche de Louis IX, voyagera en Arménie, en Orient, en Afrique du Nord... Une vie incroyable jusqu'après la huitième croisade racontée avec truculence, érudition, violence et crudité par Franz-Olivier Giesbert. Celui-ci met tout son talent de narrateur aux avis tranchés et à la parole claire et sans détour, afin d'illustrer cette période de troubles tant religieux que politiques du moyen âge et de notre époque toute aussi effrayante. Rien n'a changé et c'est là le plus terrifiant, les armes ne sont pas les mêmes, la bêtise, l'ignorance et l'aveuglement des terroristes ou assassins sont semblables. C'est un livre qui fera grincer beaucoup de dents, certes, cependant il est clairvoyant sur beaucoup de points, magistralement construit et documenté, avec toujours cette verve, ce plaisir de la langue, colorée de vocabulaire imagé du passé. Une héroïne sacrément courageuse, affrontant la cruauté du monde avec un pragmatisme et un bon sens confondants, menant à bien en réalité une mission.... À vous de découvrir laquelle... Une grande amoureuse aussi et humaniste, au sens politique et au talent de diplomatie admirables. Un très beau portrait de femme du Moyen-Âge singulièrement actuelle. Quatrième de couverture Experte en amour, pâtisseries et chansons de troubadour, Tiphanie dite Belle d’amour a été l’une des suivantes de Saint Louis et a participé, en première ligne, aux deux dernières croisades en Orient. Mais sa vie, qui aurait pu être un conte de fées, tourne souvent au cauchemar. Jetée très jeune sur les chemins du royaume après la condamnation à mort de ses parents, elle est réduite en esclavage à Paris d’où elle s’échappe pour répondre à l’appel des croisés, s’embarquer vers la Terre sainte et entamer un voyage d'initiation. Grâce à ses talents de guérisseuse, elle gagnera la confiance du roi avant d’apprendre auprès de lui l’Islam, la guerre et beaucoup d’autres choses. Épopée truculente et pleine de rebondissements, Belle d’amour raconte un destin de femme mais aussi le Moyen Âge au temps des croisades. Une époque qui rappelle beaucoup la nôtre : politique et religion s’y entremêlent pendant que l’Orient et l’Occident se font la guerre au nom de Dieu. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Luca | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Luca Franck Thilliez Fleuve Noir 2019 552 pages Thriller & Polar Chronique 7 août 2019 « Souviens-toi de cette nuit, c'est la promesse de l'infini. » Dante Alighieri « Les lumières qui sont en nous sont transformées en ténèbres, et les ténèbres dans lesquelles nous vivons sont terribles. » Léon Tolstoï Sur les réseaux sociaux j'ai lu qu'une scientifique était prête à prouver l'existence d'un monde parallèle : si seulement c'était vrai ! Après cette lecture et d'autres, compte tenu de la situation actuelle, il me prend une énorme envie de me projeter ailleurs ou d'effacer le tableau pour repartir à zéro.Anxiogène au possible ! La science et les technologies entre les mauvaises mains, voici ce qui est au centre de ce thriller policier. Mais aussi, le flicage permanent, les données personnelles engrangées sur le big data par les grandes compagnies dressant notre profil, manipulant nos envies, nos pensées, notre futur. Où tracer les limites à ne pas dépasser ? Qu'est ce qui est déontologiquement et humainement acceptable ? La nature semble nous donner la réponse en reprenant ses droits. Mais l'humanité n'écoute pas. Un très bon opus dans cette série, très professionnel, bons retournements aux moments opportuns afin de relancer les dés plusieurs fois... Les conséquences dangereuses de l'étendue de l'Intelligence Artificielle à tous les aspects de notre vie sont présentées, quelques scènes très hautes en couleurs à la manière d'un Luc Besson ou d'un Quentin Tarantino vous attendent. L'auteur vous invite à plonger dans le monde fou des transhumanistes et autres fêlés du même acabit, des relents de néo-nazisme gerbants sont rapidement évoqués. Ce ne sont pas des thèmes nouveaux, mais Franck Thilliez connaît son boulot et il le fait bien. On retrouve notre couple de flics Sharko/ Henebelle avec plaisir, l'équipe augmentée d'une nouvelle recrue au comportement tendancieux. La question du syndrome post trauma revient sur le tapis puisque deux des enquêteurs en sont atteints, traités par médicaments aux forts effets secondaires, d'où des répercussions sur leur self contrôle en mission active, (alors juste comme ça, la technique EMDR sans médocs existe aussi, j'dis ça, j'dis rien).Bien imaginé, bien construit, bien mené jusqu'au bout.« Existe-t-il encore un jardin secret que nous ne livrions pas aux machines ? » Quatrième de couverture « Partout, il y a la terreur. Celle d'une jeune femme dans une chambre d'hôtel sordide, ventre loué à prix d'or pour couple en mal d'enfant, et qui s'évapore comme elle était arrivée. Partout, il y a la terreur. Celle d'un corps mutilé qui gît au fond d'une fosse creusée dans la forêt. Partout, il y a la terreur. Celle d'un homme qui connait le jour et l'heure de sa mort. Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire. S'engage alors, pour l'équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre. C'était écrit : l'enfer ne fait que commencer. » Et comme le répète plusieurs fois Franck Thilliez, c'est dans les détails que réside le diable.... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au scalpel T4 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au scalpel T4 Sam Millar Seuil Policiers 6 avril 2017 288 pages traduites par Patrick Raynal Thriller Biographie Chronique 14 juillet 2017 Récit court, condensé dans sa noirceur, efficace comme un coup rapide de scalpel. Quelques fois lorsqu'une partie de vous pourrit, mieux vaut la sectionner rapidement pour cicatriser, et reprendre le cours de sa vie différemment. Ce thriller aurait aussi bien pu s'appeler boomerang, ou Écho des horreurs du passé qui vous laissent pantelant au réveil des cauchemars. Mais pour Karl Kane ce ne sera plus seulement un mauvais rêve mais une réalité à affronter, incontournable. Le diable sait quand vous ne pouvez plus vivre dans le déni, quand vous allez devoir remettre l'armure de l'enfance. Peut-être que ces rendez-vous avec le destin sont aussi nécessaires afin de ne pas continuer à respirer par à coups mais pleinement ? Ainsi notre privé de Belfast reçoit la mission d'expliquer l'incendie qui a ravagé une maison avec quatre membres d'une même famille, père mère et leurs deux fillettes, par les parents du couple brûlé vif. La cause accidentelle ne convainc pas ces grands parents, le deuil est impossible. Karl va donc commencer son enquête pour leur apporter la paix qu'il ne trouve pas lui-même, heureusement soutenu par sa fidèle compagne Noémie. Au même moment, nous faisons la connaissance dans une autre partie de la ville de Tara, dangereuse et impitoyable Tara, une victime psychopathe en puissance. La jeune fille et Karl, chacun à sa façon, vont chercher le chemin de la rédemption, proies tous deux de la même ombre diabolique. Heureusement des moments de pauses lumineuses nous sont offerts lors de dialogues coquins, truculents et ironiques qui font aussi de cette série des enquêtes de Karl Kane un rendez-vous qu'on attend avec impatience. Clair-obscur dramatique ou léger comme la vie. A lire évidemment, je présage d'un tournant dans cette série. Quatrième de couverture Karl Kane, l'irréductible privé de Belfast, est confronté à Walter Arnold, l'homme qui a brutalement assassiné sa mère sous ses yeux, quand il était enfant, avant de le laisser pour mort à côté du cadavre. Quand une très jeune fille disparaît après l'incendie suspect de la maison familiale, Kane le soupçonne aussitôt. De fait, Arnold, inexplicablement libéré après de nombreuses années en prison, séquestre l'adolescente ainsi que Tara, une proie moins innocente qu'il y paraît : elle s'est échappée de Blackmoore, une institution pour jeunes personnes " à problèmes ", après avoir trucidé l'aumônier, un vrai porc, avec des aiguilles à tricoter (viser les yeux !). Walter Arnold travaille à la terreur, au scalpel et à la violence démente. L'ultime combat entre les deux hommes se révélera sauvage et impitoyable. Sans concession mais éclairé par un humour grinçant, Au scalpel est le plus noir et le meilleur roman de la série. Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique, puis aux États-Unis comme droit-commun. Gracié par le président Clinton, il est rentré au pays et devenu écrivain. Son récit autobiographique On the Brinks a marqué les esprits. Toujours basé à Belfast, il travaille à un récit de hold-up... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sauf | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sauf Hervé Commère Fleuve Noir 2018 269 pages Thriller Chronique 26 octobre 2018 Je suis heureuse d'avoir lu très vite ce thriller époustouflant, essouflant, original, un des meilleurs de parcourus ces dernières semaines. Tout cela parce qu'une inconnue dépose un album de vieilles photos dans une brocante de Montreuil, et que le propriétaire des lieux en le découvrant va tout d'un coup voir le sol s'ouvrir sous ses pieds. À partir de là, nous tombons vertigineusement avec le narrateur : impossible de lâcher ce thriller, on frissonne, nous restons pantois devant chaque développement ou nouvelle trouvaille, en tant que lectrice addict de ce type de lecture, c'est un vrai bonheur, je me réjouis de tant d'intelligence, d'imagination, de dépaysement, alors même que au centre de tout est un énorme secret d'enfance. De ce point de départ éculé, tellement utilisé, Hervé Commère réussit à renouveler le genre, à susciter chez nous une quête de vérité presque aussi effrénée que celle du héros. Sacré bon thriller, sacré scénario de film ! Je n'ai rien vu venir, c'est tout simplement imprévisible.... Une très belle découverte donc que ce roman ! Quatrième de couverture " L'année de ses six ans, à l'été 1976, Mat a perdu ses parents dans l'incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n'a survécu aux flammes, pas le moindre objet. Mat est aujourd'hui propriétaire d'un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congé, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant.... " But de la course poursuite qui s'enclenche alors jonchée de morts et de tueurs à ses trousses : en sortir sain et Sauf.... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Plantes bienfaisantes | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Plantes bienfaisantes Daniel Brugès et Christiane Valat De Borée Mai 2021 108 pages Beau Livre Chronique 28 mai 2021 • Un carnet élégant faisant rimer aquarelles et papeterie soignée. • Papier ivoiré avec lignage fin et élastique pour maintenir le bloc. Format de 12,5 x 18 cm Ravissant, poétique, intéressant, utile, pratique, de belle qualité, que ce soit l'auteur et aquarelliste Daniel Brugès ou l'éditeur, un soin particulier a été apporté à ses carnets, celui-ci étant le troisième que je vous présente, les deux premiers proposant une promenade puis des recettes de cuisine délicieuses auvergnates. Le charme des illustrations couplées à des textes poétiques et précis quant aux informations données sur les plantes, cet ouvrage offre une pause rafraîchissante et salvatrice, rappelant que la Nature dans sa générosité nous offre de multiples remèdes efficaces dont la connaissance devrait être transmise à tous, petits et grands. Revenons aux fondamentaux ! Très joli cadeau pour vous même ou les proches. Belle découverte ! Quatrième de couverture Assez grand pour pouvoir prendre des notes, pas trop grand pour tenir dans un sac et être emporté partout ! Les pages destinées à la rédaction sont accompagnées de pages de texte illustrées d’aquarelles d’exception présentant des plantes médicinales bienfaisantes. On découvre ainsi le visuel et les caractéristiques de la plante, ainsi que ses principales indications. Reine-des-prés, violette odorante, valériane, ortie, coquelicot… Une ode à la nature, à sa beauté et à ses richesses ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Délation sur ordonnance | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Délation sur ordonnance Bernard Prou Le Livre de Poche 2019 309 pages Polar Thriller Chronique 19 mai 2020 Extrait page 273 : « Les années de la guerre avaient beau s'éloigner, elles demeuraient présentes en permanence. Dans une vie ordinaire d'homme, six pauvres années représentent une durée insignifiante. Ce bref épisode allait pourtant inspirer des milliers de récits, de livres, de films et de débats, au cours du siècle suivant. Il ne se passerait pas un jour sans qu'un vestige de cette époque refasse surface. Six années torrentueuses dont les conséquences seraient encore sensibles quatre ou cinq générations plus tard. » Premier opus où apparaît le personnage de Oreste Bramard, propriétaire d'une boutique de livres anciens, appelé à procéder à l'expertise de bibliothèques, seuls vestiges de la passion de leurs propriétaires décédés. Comme le dit justement l'extrait que j'ai recopié plus haut, cette seconde guerre mondiale continue d'occuper les esprits des survivants et de leurs descendants. Mon père avait 18 ans au début du conflit, il fut raflé et envoyé en Allemagne dans les usines Zeppelin comme STO. Il en revint changé à jamais, pesant 40 kilos.... Ma mère avait 4 ans, née dans un milieu modeste, envoyée chez les "bonnes soeurs" qui lui firent payer l'attitude de sa mère... Je m'interroge souvent sur ce que j'aurais fait si j'avais été prise dans cette tourmente. Quel camp aurais-je choisi, résistance, collaboration, ou neutralité, à faire le dos rond...? Mais la réponse est venue des évènements actuels : ma réaction soudaine et active à la résurgence des propos immondes des néo nazis et de leur résurgence dans toutes les couches de la société, dans tous les domaines où des déclarations haineuses peuvent être diffusées, m'a rassuré sur mon degré de moralité.Aujourd'hui, cela se fait au vu et au su de tous, au nom de la liberté d'expression, en totale inadéquation avec notre constitution et la déclaration " Liberté Égalité Fraternité" ; mais à l'époque, cette abomination se déroulait à l'abri des regards, et pourquoi pas par lettre, anonyme ou non, adressée directement aux autorités : pourquoi un tel acte ? Quelles sont les raisons qui peuvent pousser un homme éduqué, père de quatre enfants, notable, à perpétrer un tel crime ? De plus, quelles seront les conséquences factuelles, psychologiques, sur les 4 cibles de cette dénonciation ? N'y aura-t-il pas des victimes collatérales à cette vague de fond qui peu à peu grossira jusqu'à tout emporter sur son passage ? N'y aura- t-il pas un effet boomerang, un retour à l'envoyeur ? Le décès d'un proche peut dégoupiller une grenade oubliée : soudain les bases de l'édifice que fut notre famille, telle que nous la concevions, se lézardent et menacent de s'effondrer. Oreste Bramard est celui qui permettra à la petite fille de Grégoire Saint-Marly, le dénonciateur odieux, de ne pas perdre pied et de faire toute la lumière sur ce passé familial dans cette ville de Pau et sa région. Cette délation écrite sur ce qui aurait dû être une ordonnance, cachée dans un livre très particulier, permet à l'auteur de retracer les portraits de différents archétypes de français, de les approcher, de les entendre clairement malgré les années écoulées. Je vous laisse découvrir la quatrième de couverture réussie de ce roman historique, auquel j'ajouterai la mention "Crimes, châtiments, condamnations et rédemptions" . Un travail de mémoire qui est certes un devoir mais plus encore le seul antidote à la peste brune.... Quatrième de couverture Au cours des années 2000, Oreste Bramard est amené à expertiser la bibliothèque de feu Grégoire Saint-Marly, médecin oculiste à Pau, à la demande de la petite-fille et héritière du notable. Un jour, une étrange « ordonnance » s'échappe sous ses yeux d'une édition originale des Beaux Draps, de Céline. C'est une lettre de délation datée du 19 décembre 1942, dénonçant auprès de la préfecture quatre « mauvais Français », et signée : Grégoire Saint-Marly ancien combattant de 14- 18, père de quatre enfants. Oreste et la jeune femme comprennent alors que la bibliothèque renferme des secrets. Conçue par le médecin bibliophile comme une « chasse au trésor », la découverte de documents cachés leur permettra de reconstituer fidèlement ce qui s'est réellement passé. Grégoire ne s'était probablement pas douté que ses propres enfants, Maurice, Laure, Marie et Charles, étaient d'une manière ou d'une autre liés aux personnes qu'il avait dénoncées : un instituteur ; un fonctionnaire ; un avocat ; et un journaliste, ancien amant de Mme Saint-Marly. Parmi ces « mauvais Français » , on trouve un communiste et résistant, un gaulliste, un arriviste forcené, et un Juif. Et, pour couronner le tout, trois d'entre eux sont francs-maçons. En livrant ces hommes aux autorités de Vichy, Grégoire Saint-Marly ignorait qu'il poussait son fils Charles vers le peloton d'exécution. Que Maurice, qui fréquentait les truands de la rue Lauriston, deviendrait un roi du marché noir, avant de trouver la rédemption. Et comment ne pas évoquer le destin de sa fille Laure, amoureuse d'un officier allemand, et de son autre fille, Marie, la discrète émancipée, dont les faits de résistance étaient passés inaperçus ? A travers les destins enchevêtrés de ces personnages, Bernard Prou reconstitue une période trouble où chacun s'est déterminé à agir selon son coeur et selon sa conscience. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les rubans de la vengeance | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les rubans de la vengeance Alain Delage De Borée Terre de Poche 15 juin 2023 480 pages Historique Chronique 23 juillet 2023 « Que sait exactement Marie-Louise du passé de Gustave, son époux passementier ? » Si vous n'avez pas lu « L'Étrangère de Collonges » paru en 2015 réédité en 2022, cela ne vous dérangera pas afin de découvrir et aimer cette suite. J'ai particulièrement apprécié ce roman de terroir au suspense parfaitement entretenu que je classerai également dans les thrillers tant la peur s'installe peu à peu, tant on frissonne au fur et à mesure que la vérité affleure. La découverte de l'univers de la passementerie en cette première moitié du XIXème siècle est passionnante. L'organisation initiale de cet artisanat familial et privé entre Donneurs d'ordres passant les commandes de rubans et autres ornements auprès de Commis de barre faisant la tournée des Passementiers privés à leurs domiciles est étonnante. Système fonctionnant très bien avant l'industrialisation forcenée à grande échelle. L'époque est aux grands bouleversements sociétaux et politiques, aux révoltes des ouvriers pas encore syndiqués contre le roi, en particulier dans la région de Lyon en passant par la Savoie jusqu'à la frontière du pays. Tout commence dans une auberge de Saint -Just-sur-Loire dans le Forez, ou deux cœurs battent à l'unisson : ceux de Marie-Louise et son jeune et bel époux, Gustave. Pourtant la peine d'avoir enterrer son père, Joseph Grange, étreint la jeune femme, et le départ en tournée de son mari Commis de barre ne la réjouit pas. Le faire changer d'activité afin qu'il l'aide à tenir l'établissement est peine perdue. Or sans la présence protectrice de son père, Marie-Louise dite la Maloui, n'est pas rassurée. Les évènements vont lui donner raison puisqu'un inconnu va l'agresser dès la réouverture de l'auberge ; sans l'intervention de deux clients, cela aurait pu tourner au drame. Le couple doit trouver quelqu'un pour seconder la propriétaire de l'auberge en l'absence de Gustave. D'autant plus que d'étranges mésaventures touchent à présent ce dernier lors de ses tournées. Une menace plane sur les jeunes gens et les silences de l'un intriguent de plus en plus celle qui s'interroge sur le passé de son amoureux et sa véritable nature. Notre héroïne malgré elle va devoir faire preuve de ténacité et de courage pour affronter enfin la réalité et ne plus vivre dans un mirage. Les personnages sont merveilleusement campés, le quotidien de nos aïeux ressuscité avec grâce, humour, détails et talent. On ressent la passion et l'amour qui animent l'auteur pour cette région et son histoire. Ils nous passe magistralement le témoin car nous restons accrochés à ce roman de bout en bout jusqu'aux révélations finales. Grâce à cette collection de romans de Terroirs, notre mémoire est sans cesse ranimée et notre connaissance du patrimoine national enrichie. Merci donc infiniment aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée. Merci à l'auteur pour son engagement passionné et inspiré. Quatrième de couverture 1857. À la mort de son père, Marie-Louise se retrouve seule pour gérer l'auberge familiale. Son mari, Gustave, travaille dans le milieu de la passementerie et ne compte pas abandonner son métier pour aider sa femme. Mais soudain il reçoit des menaces, ses clients lui tournent le dos un à un et l'un d'eux malmène sa femme. Son mystérieux passé serait-il en train de le rattraper ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Éva a lu pour vous | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Liste complète des ouvrages lus et chroniqués Faites votre choix (In)visible Sarai Walker Gallimard Série Noire Thriller 368 pages traduites par Alexandre Guécan Découvrir 1793 Niklas Natt och Dag Sonatine Thriller Historique 442 pages traduites du suédois par Rémi Cassaigne Découvrir 1795 Niklas Natt och Dag Sonatine Thriller Historique 496 pages traduites par Rémi Cassaigne Découvrir 1991 Franck Thilliez Fleuve Thriller & Polar 504 pages Découvrir 5 secondes Catherine Benhamou Des femmes Antoinette Fouque Roman 40 pages Découvrir 7m2 Jussi Adler Olsen Albin Michel, Thriller policier 624 pages traduites par Caroline Berg Découvrir 12 poèmes en escale Sylvia Schneider Les Presses Littéraires poésie 16 pages illustrées Découvrir 1794 Niklas Natt och Dag Sonatine Thriller Historique 544 pages traduites par Rémi Cassaigne Découvrir 1986 Sioux Berger De Borée Roman anticipation 235 pages Découvrir 22/11/63 Stephen King Albin Michel Suspense SF 934 pages traduites par Nadine Gassie Découvrir 66 histoires de Diable Roger Maudhuy De Borée Beau Livre 221 pages, version illustrée Découvrir A bout de nerfs James Barnaby De Borée Marge Noire Thriller 408 pages Découvrir
- Chroniques (All) | EvanancesLittéraires
Item List (In)visible Sarai Walker Read More 12 poèmes en escale Sylvia Schneider Read More 1793 Niklas Natt och Dag Read More 1794 Niklas Natt och Dag Read More 1795 Niklas Natt och Dag Read More 1986 Sioux Berger Read More 1991 Franck Thilliez Read More 22/11/63 Stephen King Read More 5 secondes Catherine Benhamou Read More 66 histoires de Diable Roger Maudhuy Read More 7m2 Jussi Adler Olsen Read More A bout de nerfs James Barnaby Read More
- Les cloches jumelles | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les cloches jumelles Lars Mytting Actes Sud Le 31 décembre 2020 432 pages traduites par Françoise Heide historique Chronique 7 juin 2026 Tome 1 de la Trilogie des Cloches jumelles suivi par le tome 2 L'Étoffe du temps (2022) et Nuit indigo (2025) le tome 3, déjà chroniqué. "Ici même régnaient autrefois les ténèbres", dit soudain Marlow. Joseph Conrad Citation de Niels Steensen alias Nicolas Sténon (1638-1686), scientifique et théologien danois d'expression allemande : "Schön ist war wir sehen. Noch schöner was wir verstehen. Am schönsten aber, was wir nicht fassen können." "Ce que nous voyons est beau, plus beau encore ce que nous comprenons. Mais le plus beau de tout est ce qui nous échappe." Après avoir terminé la trilogie par la fin, j'ai eu envie de revenir à la genèse ; ce fut très intéressant car j'ai pu analyser ainsi comment les différents éléments s'étaient articulés de 1880 à la Seconde Guerre mondiale dans cette région du Gudbrandsdal. L'église en bois debout de Butangen, construite en 1170 sous le règne de Magnus V, est au centre de ce premier opus. Sa particularité réside en la présence de deux cloches offertes par Eirik Hekne après que ses filles jumelles et siamoises soient mortes. Tout l'argent qu'il avait a été fondu afin de fabriquer ces cloches ; la tapisserie sur laquelle travaillaient les sœurs a en revanche été cachée. Les cloches ont depuis lors sonné pour les habitants de ce village perdu, parfois mystérieusement comme annonçant des malheurs à la communauté. Elles semblent habitées par une âme protectrice. Une descendante lointaine des jumelles, quelques siècles plus tard, Astrid Hekne, ressent l'étrangeté de ces cloches ; un lien invisible semble les rattacher toutes trois à travers le temps. Alors que sa famille est ruinée, la jeune fille travaillant au presbytère, intrigue le nouveau pasteur venu de la ville, un certain Kai Schweigaard, peu habitué à sa liberté de ton et son regard franc. Toutes ses certitudes, tous les plans qu'il avait tirés semblent bien vains dans ce pays si âpre, si dur par son climat, par sa géographie, par la persistance de coutumes, superstitions et légendes d'un autre temps. Le progrès n'est pas arrivé jusque dans cette bourgade où tout le monde se connait et se surveille. Les jeunes gens se rapprochent insensiblement, une confiance s'installe permettant d'espérer peut-être une union. Mais Kai, fort de ses idées modernes, répondant aux souhaits de sa hiérarchie, a décidé de faire démonter la vieille église trop petite selon les lois, de la vendre pour qu'elle soit remontée à Dresde. En effet, symbolisant toute une culture norroise, certains Allemands passionnés par les vieilles légendes norvégiennes dans un désir de renforcer le sentiment d'appartenance à un peuple germanique supérieur, préfigurant le nazisme, acquièrent des vieilles églises debout, chefs-d'œuvre de menuiserie et de sculpture pour les "rapatrier" en leur mère patrie. Lorsque Astrid apprend la prochaine captation de cet héritage, elle s'inquiète. Mais lorsqu'elle comprend que les cloches que sa famille a offertes au village seront du voyage, elle se rebelle et commence à imaginer un plan pour les garder sur place. L'arrivée d'un étudiant allemand en architecture chargé de dessiner l'édifice sous toutes ses coutures et d'en comprendre la structure afin de superviser son démontage et son transport, rebat les cartes en faveur d'Astrid et rend jaloux le pasteur. Rien n'est fait ! Le fantastique et l'irrationnel se mêlent à la partie qui commence alors entre ceux qui convoitent l'église et ses trésors et les esprits protecteurs qui hantent les lieux. Conclusion : Magnifique reconstitution historique, scénario troublant dans des paysages somptueux d'une beauté renversante. À découvrir. Bientôt ma lecture du deuxième tome "L'Étoffe du temps". Quatrième de couverture Dans un village situé au fin fond d’une vallée montagnarde norvégienne, la femme du propriétaire de la grande ferme Hekne est morte en couches après avoir donné naissance à des sœurs siamoises. Les filles, soudées par la hanche, mais joyeuses et vives d’esprit, ont peu à peu manifesté un talent hors norme, celui de tisser à quatre mains des œuvres somptueuses et d’autant plus appréciées que, dit-on, les images et situations qu’elles ont mises en scène se sont avérées prémonitoires. À leur mort prématurée, leur père a fait fondre tout le métal d’argent de la ferme pour fabriquer deux cloches dont il a fait don à la magnifique église en bois debout du village. Depuis lors, leur chant mélancolique et singulier résonne dans la vallée pour annoncer le début de la messe ou, parfois, un danger imminent. Plusieurs siècles se sont écoulés lorsque se présentent au village deux jeunes hommes : un nouveau prêtre, bien décidé à laisser une empreinte de modernité sur son passage, et un chercheur allemand en architecture venu étudier le joyau de la vallée que constitue l’église en bois debout. Les deux cloches sont menacées, tout comme le cœur d’Astrid, la descendante de la famille Hekne, qui va devoir faire un choix entre les deux prétendants et lutter pour préserver l’héritage familial… Dans un sublime décor de glace, Lars Mytting parvient à son tour à tisser et croiser les fi ls délicats d’un conte nordique tout en finesse et d’un roman d’aventures qui s’étend sur plusieurs générations, où l’on suit la trajectoire du personnage principal, ô combien romanesque : cette église en bois debout avec ses cloches jumelles, au centre de toutes les convoitises. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Il aura suffi d'un mot | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Il aura suffi d'un mot Brigitte Joseph-Jeanneney TriArtis 8 juin 2023 90 pages Divers Chronique 31 juillet 2023 Un seul mot et tout change, tout bascule. Fin d'une histoire ou recommencement, abandon ou nouvelle étape de vie. « Il aura suffi d'un mot mot un mot, les mots un mot divorce, un mot boussole, suffi rituel sourire, un mot famille enfant corsage... » La Collection Échappées Brèves des Éditions TriArtis nous offre une nouvelle charte graphique pour ses couvertures et, ce faisant, glisse des éléments de compréhension du texte qui suit, en surimpression. Subtil et très réussi ! Le regard de Brigitte Joseph-Jeanneney s'est affûté depuis le premier ouvrage publié par cette même maison d'édition. L'humour, l'intelligence, la tendresse sont toujours présents, mais j'y décèle aussi plus de noirceur ironique qui présage de thrillers futurs encore plus savoureux et incisifs. Il est beaucoup question de la notion d'étranger à un pays, de mort, de passages , d'échappées belles, de reprises de contrôle et du souffle, d'intimité indicible, d'instants charnières, de prises de risques, de danger, du temps passant inexorablement, de rendez-vous ratés, d'orientation et de choix, de révélations, de manies cachées voire de TOC, de regards des autres et sur soi, d'acceptation de la différence ou d'un inconnu, de passage de témoins d'un être à un autre et intergénérationnel, pour finir par une fugue au premier abord inquiétante qui finalement ne l'est pas.... La vie entière est faite de ces moments d'échappée, de chemins de traverse qui peuvent devenir trajectoires définitives ou diversions momentanées. Moments choisis donc, 13 nouvelles cocasses, originales ou bouleversantes... Quatrième de couverture Des maris jaloux empruntent des chemins tortueux pour s'affranchir de leur rival, par delà la mort ou les murs de la prison. Confusion mentale du vieillard, geste de l'artiste sculpteur engendrent des identités fictives. Un comptable solitaire s'adonne à un étrange rituel. Il est des divagations fécondes qui sont sources d'un avenir imprévu. Un piano désaccordé, des archives exhumées, des rencontres fortuites ouvrent des horizons d'amour, de liberté, d'harmonie. Pour détourner le cours d'une vie, échapper à son destin, un mot parfois aura suffi, un mot enfin énoncé, enfin entendu : divorce, exil, sourire, boussole... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La constellation du Chien | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La constellation du Chien Peter Heller Actes Sud 2013 329 pages traduites par Céline Leroy Thriller et SF Chronique 22 juillet 2019 Premier roman qui fut un énorme succès. J'ai chroniqué les deux titres suivants, « Peindre, pêcher et laisser mourir » et « Céline ». Un roman unique mêlant la pêche, la nature, les valeurs humaines fondamentales, l'action façon western contemporain et .... la science fiction, qui aujourd'hui malheureusement paraît presque inéluctable si nous n'avons pas très vite un sursaut mondial pour sauver notre planète. Et puis la plume, très particulière, entre texte d'un lyrisme travaillé et style télégraphique, tant les émotions se bousculent et empêchent le personnage principal de finir ses phrases, de compléter sa pensée. Tétanisé, sidéré, dans un brouillard psychologique... Rêve, cauchemar, réalité, on ne sait plus. Ainsi la ponctuation disparaît souvent, les dialogues réussis ne se distinguent pas de la narration elle-même. Une forme figurative illustrant cette nouvelle terre où toutes les règles d'avant la fin sont dépassées, inadaptées. Peter Heller réunit dans ce premier roman "coup d'essai, coup de maître" tout ce qui le passionne, c'est un écrivain « de plein air », expression parfaite que je recopie de la quatrième de couverture. Dans ces trois livres, j'ai été bluffée, émerveillée par son talent à décrire les paysages, la faune et la flore, les moments de bonheur simple comme suspendus, d'autant plus rares et précieux ici que la narration concerne des évènements survenus 9 ans après la fin de Toute Chose. L'être humain s'est cru tellement supérieur, intouchable, que l'Apocalypse a eu lieu. Maladie, épidémie, réchauffement planétaire, nous sommes projetés dans une autre configuration inconnue, obligés de revenir à l'essentiel. Une réflexion profonde sur le sens de nos existences, sur le passage du temps que nous perdons, au lieu d'appliquer le principe du carpe diem ; une magnifique histoire d'amitié et d'amour faite de pudeur et de justesse. Vous venez à ce roman pour vous dépouiller du superflu.... et aussi pour rire car l'humour est présent, corrosif. Un grand écrivain ! Quatrième de couverture Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la fin de Toute Chose, dans le sillage du désastre. L'art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse, pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cow-boy chatouilleux de la gâchette. Une routine de l'enfer. Bangley défend la baraque comme un camp retranché. Hig « sécurise le périmètre », à coups de méthodiques vols de surveillance à bord de la « bête », solide petit Cessna 182 de 1956 toujours opérationnel. Partage des compétences et respect mutuel acquis à force de se sauver mutuellement la vie, ils ont fini par constituer un vieux couple tout en virilité bourrue et interdépendance pudique. Mais l'homme est ainsi fait que, tant qu'il est en vie, il continue à chercher plus loin, à vouloir connaître la suite. À la fois captivant roman d'aventures, grand huit des émotions humaines, hymne à la douloureuse beauté de la nature et pure révélation littéraire, La constellation du chien est tour à tour contemplatif et haletant, déchirant et hilarant. Peter Heller orchestre son premier roman comme une virée de la dernière chance pleine de surprises, une réflexion sur la création autant que sur la destruction. Lumineuse et rocailleuse, son écriture semble réapprivoiser le monde à travers la reconquête du langage - comme si pour se sauver, l'humain devait avant tout recouvrer l'art de (se) raconter. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les vies multiples d'Amory Clay | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les vies multiples d'Amory Clay William Boyd Seuil Octobre 2015 517 pages traduites par Isabelle Perrin Biographie Chronique 28 décembre 2017 Cette biographie romancée de la photographe Amory Clay s'intitule " Sweet Caress. The many lives of Amory Clay" se référant à la citation : " Quelle que soit la durée de votre séjour sur cette planète, et quoi qu'il vous advienne, le plus important c'est que vous puissiez de temps en temps, sentir la caresse exquise de la vie". Et concernant Amory, sentir les caresses sur sa joue de son père, son frère et son mari, tous trois enlevés par les deux guerres mondiales est vital. Raison certaine du choix de cette anglaise de se jeter dans le reportage de guerre, une des toutes premières en 1944 dans les Vosges. Elle repartira à 49 ans au Vietnam pour comprendre son époux traumatisé par une bataille en 1945, suicidé à coup d'alcool et de cigarettes. Une des plus âgées sur le terrain, mais pas la moindre : elle n'aime pas la guerre, elle n'aime pas être au milieu du conflit, et peut-être pour cela, elle fait des photos uniques qui feront le tour du monde . Mais reprenons du début, Beverley et Wilfreda ont une fille le 7 mars 1908. C'est Beverley qui nomme sa fille Amory, et l'annonce de l'événement mentionne un fils. C'est bien parti donc pour notre héroïne. Son père est Nouvelliste sous le nom de B.V Clay en ce début du XXE siècle dans le style histoires surnaturelles en majorité, romancier raté et homme de lettre polyvalent. Il reviendra de la drôle de guerre transformé pour toujours, cassé. Naîtront ensuite Peggy qui se rebaptisera elle-même Dido, célèbre pianiste concertiste, et Alexander ou XAN, poète à ses heures et bientôt pilote disparu de la RAF. L'oncle Gréville, photographe mondain offre à la petite Amory un appareil photo : le sort est joué. La fillette se prend de passion pour l'image, et cela ne s'arrêtera qu'avec son dernier souffle. Nous allons ainsi la suivre de Londres où elle débute difficilement, puis sur les conseils de l'oncle, en quête d'un sujet scandaleux qui la fasse connaître, à Berlin en pleine montée du nazisme. Premier contact bref avec cette folie, elle rapporte des clichés des bordels allemands qui feront effectivement d'elle une paria célèbre. Lors du vernissage de sa première exposition, elle rencontrera Cleveland Finzi rédacteur d'un célèbre magazine de photos à New-York.... Les dés sont jetés..... amoureusement et professionnellement. De la mode où elle s'ennuie ferme, elle passera enfin au reportage revenue à Londres pour couvrir entre autres une des premières manifestations de fascistes. Son destin bascule violemment ce jour là, elle est frappée au plus profond de son identité, sa vie balayée comme le seront des millions de victimes de guerre. Amory change radicalement, son personnage usant d'une fausse légèreté ironique jusque là, comme tous les jeunes ayant vécu les années folles désespérées de l'entre deux guerres, s'étoffe et devient passionnant et admirable. On la suivra à Paris, sur le front en France en Allemagne, puis en Écosse, au Vietnam, aux USA au gré de ses amours, sa carrière, ses obligations familiales. Elle restera marquée à vie par un acte incompréhensible de son père à découvrir, par la disparition de XAN, la déchéance de son amour Sholto Farr, son époux, lord écossais, rencontré sur un champ de bataille en 45. Une existence incroyable composées de multiples vies, de multiples visages, que l'auteur replace pour ne former qu'un seul puzzle, terminé le 23 juin 1983 de la propre main de la photographe. Elle contrôlera jusqu'à sa mort le récit de ses aventures en écrivant un journal de bord en 1977 à l'adresse de ses jumelles adorées. Elle est la narratrice réelle de cette biographie rédigé par William Boyd, replongeant dans ses souvenirs et y apportant des notes complémentaires dans son texte de 1977. Et nous la suivons aisément entre tous ces fragments temporels illustrés de certains de ses clichés privés ou mondialement connus. Un destin hors du commun pour cette femme libre, généreuse, téméraire, qui va poursuivre toute sa vie ses rêves et combattre inlassablement ses démons. Nous découvrons le monde à travers son objectif, le cadrage est quelques fois déroutant, mais toujours original. Quatrième de couverture Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la très jeune Amory Clay se voit offrir par son oncle Greville un appareil photo et quelques conseils rudimentaires pour s'en servir. Elle ignore alors que c'est le déclencheur d'une passion qui façonnera irrévocablement sa vie future. Un bref apprentissage dans un studio et des portraits de la bonne société laissent Amory sur sa faim. Sa quête de vie, d'amour et d'expression artistique l'emporte bientôt dans un parcours audacieux et trépidant, du Berlin interlope des années vingt au New York des années trente, de Londres secoué par les émeutes des Chemises noires à la France occupée et au théâtre des opérations militaires, où elle devient l'une des premières femmes photoreporters de guerre. Sa soif d'expériences entraîne Amory vers d'autres conflits, des amants, un mari, des enfants, tandis qu'elle continue à poursuivre ses rêves, à combattre ses démons. À travers le destin singulier et l'objectif téméraire d'une femme indépendante et généreuse, William Boyd nous promène au gré des événements les plus marquants de l'histoire contemporaine. Une ode magnifique à la liberté des femmes ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Contrat | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Contrat John Grisham Robert Laffont 19 avril 2012 382 pages traduites par Johan-Frédérik Hem Guedj Thriller Chronique 13 mai 2020 Dans le monde du lobbying et des consultants en communication, aux USA, vous trouverez des groupes dont la mission est de faire élire à des postes de juges, des personnes souvent jeunes sans réelle expérience, manipulables, chrétiennes extrémistes, inattaquables sur le plan personnel, conservatrices proches des grandes entreprises, contre les procédures en civil visant à protéger les consommateurs et les citoyens. Ainsi, le paysage juridique américain en est transformé grâce à ces hommes (et ces femmes moins nombreuses), aux ordres de l'ultralibéralisme. Les sujets sur lesquels ils ne transigent pas sont : l'interdiction de l'IVG et du mariage homosexuel, la censure des progressistes, des opposants aux armes à feu et à la peine de mort, la promotion de la fermeture des frontières, et la défense de certains fondements passéistes du mode de vie américain. Toutes les méthodes de contrôle de l'opinion publique sont utilisées avec une indignité insupportable. Ainsi les campagnes et tournées d'élections des juges sont financées par des grands empires commerciaux et la justice se retrouve entre les mains des plus riches. Ajoutez à cela, une séparation de l'Eglise et de l'État inscrite dans la loi et la constitution mais non appliquée au quotidien, et vous pouvez commencer à avoir très peur. Ce thriller est paru en France en 2012 : aujourd'hui cette évolution déviante de la société ultra capitaliste américaine touche plusieurs pays, plusieurs démocraties occidentales. La France est infectée par cette épidémie, chaque jour la liberté et l'indépendance de la justice, par rapport à l'État et les grands groupes, sont mises à mal par les nouveaux amendements et lois. L'égalité des droits est bafouée. Nous nous dirigeons vers une société où la santé, la justice seront accessibles aux plus aisés et fermées au commun des citoyens. Ce thriller caustique, terrifiant, prédicateur, en plus de reprendre le thème traité magistralement dans le film Erin Brockovich, la pollution des eaux par des grandes entreprises irresponsables et criminelles, complète le tableau par la description des rouages et des coulisses de l'élection des juges, (qui en soit est une aberration), des recours collectifs, des cabinets d'avocats petits et grands, du quotidien des milliardaires propriétaires de multinationales et de leurs victimes broyées, courageuses, oubliées. John Grisham fait ainsi un portrait sans concession, dans ce thriller politique et judiciaire, du monde des affaires, souhaitant s'offrir des sièges au sein des Cours suprêmes, partout sur le territoire américain. Page 264 : « Il prend pour cible des juges [...], des juristes humains et modérés, qui prêtent une oreille favorable aux droits des travailleurs, des consommateurs, des citoyens victimes de la négligence d'autrui, des défavorisées, et des accusés. Le principe même de la loi était de protéger les membres les plus faibles de notre société. En règle générale, les riches ont de quoi se prendre en charge. Le monde des affaires, par le truchement d'innombrables organisations, coordonne une vaste conspiration en vue de modifier radicalement notre système judiciaire. Pourquoi ? Pour protéger ses intérêts. Comment ? En barrant l'entrée des salles d'audience, en limitant la responsabilité des entreprises malhonnêtes, des médecins négligents, des hospices indignes, des compagnies d'assurance arrogantes...La triste liste n'avait pas de fin. » Un scénario au cordeau d'une grande efficacité et clarté, un hommage aux victimes et leurs défenseurs, un signal d'alarme que nous ne pouvons plus ignorer. Un roman très actuel, malheureusement.... Une claque afin de nous réveiller rapidement... Quatrième de couverture Dans une salle de tribunal surchauffée, douze jurés rendent un verdict historique : l'entreprise Krane Chemical est lourdement condamnée pour avoir empoisonné l'eau d'une ville et provoqué des cancers mortels par dizaines. C'est le triomphe du Bien sur le Mal... Cependant Cari Trudeau, propriétaire de Krane Chemical, est prêt à tout pour que le jugement en appel tourne en sa faveur. Même à manipuler la Cour suprême du Mississippi. L'instrument de sa machination se nomme Ron Fisk. Aussi séduisant que naïf, ce gentil père de famille accepte imprudemment le financement de sa candidature au poste de juge à la Cour suprême. Mais bientôt Ron comprend ce qu'on lui demande en échange de sa compromission... Une mécanique subtile et perverse, une plongée dans les recoins les plus sombres de l'âme humaine... Le nouveau thriller de John Grisham a la dureté d'un diamant noir. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Jour après jour au Père-Lachaise | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Jour après jour au Père-Lachaise Thierry Le Roi et Sophie Farrugia-Fernandez De Borée Le 10 octobre 2024 144 pages illustrées Beaux Livres Chronique 7 novembre 2024 Dimensions 19 x 26 cm, cartonné. En cette veille de fêtes de fin d'année, une idée cadeau qui n'a rien de triste ou de sombre, bien au contraire : " Une visite du plus célèbre cimetière de Paris avec l'un des meilleurs connaisseurs de cette nécropole fascinante ! " Pour bien commencer : la préface signée par André Chabot, (p. 72-73), artiste plasticien, concepteur de monuments funéraires dont certains visibles au Cimetière du Père-Lachaise, photographe, (environ 250 000 clichés issus des cimetières du monde entier), auteur de nombreux ouvrages sur l'architecture funéraire dont le célèbre "Dictionnaire illustré de symbolique funéraire". Avec sa compagne, Anne, il fixe sur le papier, en image et texte, la mémoire de ces lieux fabuleux recelant toute l'Histoire humaine mais également les récits intimes et bouleversants de disparus inconnus mais dont le passage sur terre reste gravé pour l'éternité. Ainsi votre visite débute sous les meilleurs auspices avec ces deux spécialistes passionnés que sont Thierry Le Roi et André Chabot. De plus, les photographies de Sophie Farrugia-Fernandez sont de toute beauté. Les péripéties qui ont précédé la création et l'ouverture en 1817 de ce cimetière célèbre dans le monde entier, sont des plus cocasses. À l'origine, ce sont des raisons d'hygiène qui poussent les autorités à trouver des solutions acceptables afin d'empêcher, entre autres, les épidémies décimant les parisiens. Puis, le terrain choisi, il fallut trouver un moyen de séduire les futurs acquéreurs des concessions. Quoi de mieux que d'installer en grande pompe Molière et et La Fontaine... ! Opération marketing réussie puisque très vite, les enterrements se sont succédés au Père-Lachaise. Thierry Le Roi choisit de nous conter les destinées des occupants des lieux en s'attachant à leurs dates de décès. Quatre parties pour quatre saisons en débutant par l'hiver et l'enclos musulman créé le 1er janvier 1857, pour ensuite nous conduire devant la tombe très particulière, dans l'usage qu'en font certaines visiteuses, d'un certain Victor Noir... Hum, hum... Le drame, la tragédie, la tristesse alternent avec l'humour, la cocasserie, la stupéfaction. Le récit est tout à fait passionnant, souvent sidérant, en rien désespérant ou pessimiste. En choisissant d'égrener, avec infiniment de respect et beaucoup d'esprit, les jours de l'année, Thierry Le Roi revient sur bon nombre d'événements historiques, d'anecdotes touchantes ou drôles, de destins inoubliables, apportant la même attention aux célébrités et aux inconnus. Ils nous fait remarquer aussi la beauté des lieux, la Nature omniprésente, la faune et la flore préservées. Espace de recueillement, de mémoire, d'hommage mais aussi de simple visite, de plaisir des yeux, de contemplation, d'échanges, de lien social, de rencontre inter-générationnelle. La grande Histoire et les vies intimes se côtoient ici où tous sont égaux quelque soit le faste déployé à l'érection de certains monuments funéraires. C'est en réalité notre histoire qui nous est contée. Au milieu de toute cette splendeur qui n'a rien de funèbre, l'on ne peut que désirer vivre pleinement les jours qui sont devant nous. Un très bel ouvrage donc pour les Éditions De Borée tant sur le plan visuel que pour le contenu et le propos. Quatrième de couverture Formidable nécropole de 70 000 tombes sur 44 hectares, poumon vert parisien riche de plus de 5 000 arbres, le Père-Lachaise est envoûtant et attachant. Dans cette atmosphère unique, il y a bien plus à découvrir que lors d'une rapide incursion sur les tombes de Jim Morrison, Oscar Wilde et Allan Kardec. Connus ou méconnus, au fil des âges depuis 1804, ceux qui ont trouvé là le repos éternel sont réanimés par l'auteur ! Et c'est à une ouverture culturelle et à un voyage émotionnel que nous sommes conviés dans cet ouvrage, lors d'une découverte au fil des saisons. Déambulation passionnante entre les tombes... Il y a beaucoup à apprendre et à préserver au Père-Lachaise, avec un guide d'exception. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs














