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- Les blessures du silence
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les blessures du silence Natacha Calestrémé Albin Michel Mars 2018 352 pages Polar & fantastique Chronique 22 avril 2018 Amandine : " Je marche si vite que mon cœur peine à suivre la cadence. Je m'arrête pour reprendre mon souffle. Est-il normal d'être à ce point épuisée à quarante ans ? ...je scrute les rugosités du sol à la recherche d'un signe positif, un morceau d'asphalte en forme de cœur, un brin d'herbe qui s'épanouirait dans le béton... Quelque chose qui me réconforterait dans l'idée que je vais m'en sortir. Rien. " Quelle joie de retrouver toute l'équipe de la DPJ du XIV ème arrondissement,( j'ai joint les couvertures des policiers de la précédente trilogie) ! C'est fou, j'ai eu l'impression de retrouver de vieux amis, sentiment dû au talent de la conteuse à créer ce lien entre le lecteur et les personnages. Ainsi en premier Yoann Clivel, mélange explosif et à fleur de peau de breton et basque, au verbe haut et au sens imaginatif de la formule, à l'origine de dialogues savoureux et enlevés, Christian Berckman, sympathique coureur de jupons, joueur invétéré donc bluffeur né, un peu tire au flanc, et enfin le geek, Marc Honfleur marqué par un deuil récent, tout jeune marié. N'oublions pas le commissaire Filippo, ses deux chiens, son célibat, son besoin d'affirmer son autorité. Et avec Clivel, il n'est pas à la fête, celui-ci a un sérieux problème avec la hiérarchie, c'est un électron libre avec une particularité, son sixième sens ou disons-le, sa médiumnité. Une particularité des livres de cette auteure est le lien avec une autre dimension parallèle à notre monde, devenu si terre à terre. Une façon originale d'insister sur l'importance de vrais rapports humains au delà des conventions et convenances ! Depuis quelques temps, Yoann fait des rêves où une jeune femme brune lui apparaît, ayant manifestement besoin d'aide. Déjà avant de quitter Alisha sa compagne, les nuits étaient courtes. Depuis leur séparation il y a un peu plus de cinq mois, de sa faute entière et assumée, cela ne s'arrange pas. Donc quand il est convoqué par Filippo dans son bureau à peine arrivé, il s'attend à des problèmes et y va à contrecœur. Il a raison, celui-ci lui annonce qu'une enquête suivie depuis une semaine par le commissariat du XV ème, lui est transmise à sa demande. Pas très réglo tout ça ! Donc il hérite du dossier de la disparition d'une jeune mère de trois fillettes, Amandine Moulin, née Lafayette ; le mari Henry est professeur de français, au charisme indéniable, très apprécié de tous. Elle travaillait à la mairie du XV ème arrondissement à la comptabilité. Elle s'est volatilisée après 13h, le 5 septembre. La dernière à l'avoir vue est la gardienne. Ce sont les parents d'Amandine qui ont contacté Filippo, son ancien petit ami, avant qu'elle n'épouse Henry. Son supérieur est donc impliqué émotionnellement, ce qui n'est pas du goût de Yoann. Il sent les ennuis se profiler. Difficile de savoir si c'est une fugue, un suicide, un meurtre, un départ avec un amant.... Tout le monde, des parents à la sœur Brigitte, en passant par ses collègue de bureau, ses rares amis, ses voisins et surtout l'époux, ont des versions radicalement différentes. Le sixième sens de Yoann, en plus, semble en panne même lorsqu'il visite l'appartement aseptisé du couple. Rien ne dépasse, on dirait une salle d'opération. Rien que cela fait tiquer notre limier, avec trois gamines en bas âge, c'est impossible. Il y a quelque chose qui cloche dans le royaume de Henry Moulin. Ses réactions également sont inadaptées à la situation inquiétante, son sur-contrôle, sa froideur, rien ne colle. Ajoutons qu'il a attendu cinq jours pour signaler la disparition de sa femme. Ça sent mauvais ! La description de celle-ci n'est pas flatteuse, mine de rien il la rabaisse, la dénigre avec beaucoup de talent. Pour un novice cela passerait, mais pas avec une équipe d'enquêteurs entraînés à repérer les déviants, menteurs, manipulateurs. Pour le moment, ce ne sont pour eux que des sensations non des preuves, ils vont devoir en trouver et vite, le temps presse. Appel à un chien pisteur dix jours après les faits, interviews en détail de tous les participants, même involontaires, à cet événement. Beaucoup d'invraisemblances sautent aux yeux de Yoann. La jeune femme semblait vivre un enfer, celui-ci l'aurait-il poussée à se supprimer malgré l'amour qu'elle portait à ses enfants ? Le chien les mène au bord de la Seine au Pont Mirabeau.... Et après ? Rien ! Bienvenus dans le monde joyeux de la perversion narcissique et pour une fois ces mots sont utilisés à bon escient. Comment tuer une personne à petit feu, sans arme, sans coups, sans violence physique, sans preuve matérielle. Pourquoi la proie ne part-elle pas? Pourquoi s'est-elle laissée piéger ? A-t-elle une part de responsabilité dans ce qui lui arrive ? Comment l'entourage réagit-il ? L'abandonne-t-il agacé de sa faiblesse, ou fait-il preuve d'empathie et de patience ? Quels sont les signes avant coureurs, les victimes sont elles de pauvres petites choses fragiles et stupides au départ, comment s'organise aux cours des ans la mise à mort de tout ce qui constitue un être humain et en premier lieu son Âme ? Parfaitement décrit, analysé par l'auteure, nous sommes bien au delà d'une simple fiction policière. Je dois dire que connaissant très bien le sujet de l'intérieur l'ayant subi dans un cadre familial, puis de l'extérieur lorsque je me suis engagée auprès d'une amie en danger, ce livre est d'une justesse et d'une importance capitale pour la compréhension du phénomène. Car aujourd'hui c'est un phénomène de société, mais attention à ne pas utiliser le terme de pervers narcissique à toutes les sauces, c'est comme la bipolarité, on les sert à tout moment à mauvais escient. Je suis heureuse aussi que l'auteure ait insisté sur la totale parité qui existe, tous les milieux sont touchés, et tous les domaines de la vie sociale également. Un ami ou une amie aussi peut être un pervers narcissique, et tisser une toile autour de vous pendant de longues années attendant le moment où vous irez mal. Heureuse aussi de la revalorisation de l'image des victimes, oui ce sont des personnes intelligentes, ouvertes, tolérantes, généreuses et empathiques certainement beaucoup trop. Ce dernier point est leur talon d'Achille. Leur supplément d'âme va attirer ceux qui en ont perdu un morceau, qui ont besoin de se nourrir d'elles. Ce sont des cannibales, ce sont surtout des faibles, des minables qui s'attaquent à des personnes en fragilité, rien de bien courageux. De plus leurs méthodes ne sont jamais originales, et se ressemblent d'un cas à un autre. Ils sont pathétiques mais dangereux, et tant que la Loi ne sera pas adaptée à cette criminalité dans le cadre du couple, du travail, de l'entourage, du voisinage, tant qu'il n'y aura pas de cas de jurisprudence plus nombreux, que les commissariats continueront à refuser de prendre les plaintes au motif que cela n'est pas suffisant et relève du civil ( vous sentez le vécu ? ), ces meurtriers en puissance pourront continuer leur travail de sape et de destruction massive d'un être humain. Le propos est lourd mais complet grâce au très beau travail de documentation réalisé par l'écrivaine servi par une trame policière aux couleurs surnaturelles et aux dialogues ciselés, qui allègent l'ambiance. Amandine s'adresse à vous, lisez-la, il ne faut plus l'ignorer. Quatrième de couverture Amandine Moulin a disparu. Son mari évoque un possible suicide, ses parents affirment qu’elle a été tuée, ses collègues pensent qu’elle s’est enfuie avec un amant, et autant de témoignages contradictoires qui ne collent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles. Et puis il y a sa voix, que le lecteur découvre, en filigrane du roman, qui nous raconte une indicible vérité... Un roman qui dépeint subtilement les affres du harcèlement conjugal. Par le biais d’une enquête de police entraînante, l’auteur parvient avec brio à nous plonger dans le mécanisme de destruction implacable qui se met en place autour de la victime. Elle dépeint la réalité d’un couple rongé par l’emprise, la manipulation et la perversion. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Après la fin
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Après la fin Barbara Abel Fleuve 14 novembre 2013 336 pages Divers Chronique 22 mars 2017 Méfiez- vous de vos voisins ! Après la fin de Barbara Abel, est un thriller très noir et terrifiant. La pauvre Nora n'est pas armée pour s'installer, après sa séparation d'avec son ex Alexis avocat, dans cette nouvelle maison mitoyenne de celle de Thiphaine et Sylvain, parents adoptifs de Milo. Celui-ci est un ado au réactions curieuses mais qui semble touchée par la grâce et la gentillesse de Inès la fille de Nora. Quant à l'apparition du petit Nassim, son frère, elle bouleverse Thiphaine.....Pourquoi ? Le barrage cède peu à peu tout au long de ce court récit, les apparences se désagrègent, la folie va s'emparer de ces deux familles. Pour tous ceux qui ont connu des voisins harceleurs, hors contrôle, haineux, cela vous rappellera beaucoup de choses. Terrifiant et inexorable ! Quatrième de couverture Tiphaine et Sylvain vivent ensemble depuis presque 20 ans. Ils ont connu des moments merveilleux et ont surmonté main dans la main des épreuves difficiles. Comme tant d’autres époux… Aujourd’hui leur couple bat de l’aile et élever Milo, leur fils de 15 ans, n’est pas une partie de plaisir. Une situation qui pourrait être très classique… Si Milo n’était pas leur fils adoptif. Si Milo n’était pas le fils de leur ancien voisin David qui s’est suicidé dans sa propre maison. Si Milo n’était pas le meilleur ami de Maxime, leur fils, décédé brutalement à l’âge de 7 ans. Si Milo n’avait pas hérité de la maison de son père ;dans laquelle vit désormais la nouvelle famille recomposée. Et si une nouvelle voisine n’était pas venue s’installe précisément dans leur ancienne maison, de l’autre côté de la haie, avec un petit garçon de 7 ans… La fin de Derrière la haine nous a tous bouleversés. Barbara Abel n’en reste pas là. Que deviennent Tiphaine, Sylvain et Milo, ces trois personnages qui ont vécu l’horreur et qui ont inconsciemment choisi de s’imposer l’enfer quotidien en restant dans une maison qui a abrité tant de drames ? Et juste à côté d’une autre maison qui, dès qu’ils en rouvriront la porte, laissera ressortir tous les fantômes du passé ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Vacances tous risques, bons baisers de Chypre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Vacances tous risques, bons baisers de Chypre M.C.Beaton Albin Michel 31 mai 2017 286 pages traduites par Jacques Bosser Polar comédie Chronique 29 septembre 2017 Je voulais terminer joyeusement et légèrement le week-end et la toute dernière aventure chypriote de Agatha Raisin était toute indiquée. Ainsi notre charmante, agaçante, futée, gaffeuse, curieuse jeune pré-retraitée s'en va telle une adolescente courir après James Lacey son ex futur mari enfui a Chypre, réfugié très courageusement dans la villa où ils devaient normalement passer leur lune de miel. C'est plutôt un séjour de fiel qui attend Agatha devant la froideur du matamore. Elle est totalement perdue, tout le temps au bord des larmes, ( une bonne petite pré ménopause ?) ou en colère. Adorable et touchante, elle est mal dans sa peau comme nous toutes, et l'auteur sait très bien décrire ce moment délicat où les femmes autour de cinquante ans, plus aussi fraîches, ni athlétiques, ni pleines de confiance en leur sex-appeal basculent tout doucement vers un autre rapport aux autres, aux hommes, à leurs corps. Léger peut-être mais très juste. Donc je suis en empathie avec cette contre héroïne imprévisible qui sitôt arrivée se retrouve au milieu d'une sombre histoire de meurtre d'une autre britannique, la vulgaire et séductrice Rose, dans une boîte de nuit. Évidemment Agatha et James qui ont déjà fait équipe vont reformer leur tandem de détectives à défaut d'être en couple. On découvre aussi l'île de Chypre du nord donc turque. Enfin la description des us et coutumes des sujets de sa majesté en vacances dans une ancienne colonie est au vitriol et largement arrosée de Brandy . Donc pas de cup of tea ni de politiquement correcte, plutôt de l'humour à l'anglaise irrésistible, transgressif et toujours teinté de nostalgie. Plus sérieux que je ne m'attendais, je suis heureuse d'avoir clos ce dimanche d'une si jolie façon. Très féminin, intelligent et jubilatoire! Quatrième de couverture God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d'Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis. C'est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l'élu de son coeur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l'a-t-elle retrouvé, pas le temps de s'expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l'enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La femme de l'Ombre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La femme de l'Ombre Arnaldur Indridason Métailié 2017 331 pages traduites par Eric Boury Thriller et polar Chronique 1 mars 2018 Deuxième tome de la Trilogie des ombres comptant déjà « Dans l'Ombre ». Prix Blood Drop du roman policier islandais en 2017. C'est curieux, comme au théâtre ou à l'Opéra, la seconde représentation est celle de tous les dangers, la première étant passée on se relâche à tort, au lieu de monter en puissance. C'est bien cependant.... Un peu ce sentiment avec ce deuxième tome après « Dans l'Ombre » , je l'ai lu sans aucune difficulté, j'ai évidemment remarqué la qualité du récit, sa pertinence car répéter certaines vérités est toujours utile, sa construction parfaite, mais je ne sais pas..... J'attends la suite voilà et l'impression que l'auteur également annonçant déjà " Passage des Ombres" pour le printemps 2018. Les éléments présents au premier tome le sont encore : cette occupation pénible par les troupes anglaises puis américaines en Islande, le décor aussi de baraquements, de bars, de prostitution, de racisme et d'incompréhension des deux côtés de la barrière, de la nécessité donc d'une police militaire incarnée par Thorson canadien et islandais, qui travaille en bonne intelligence avec la police du coin représentée par Flovent. Le livre s'ouvre sur un quai devant le paquebot Esja, où attend une jeune femme de plus en plus inquiète, espérant voir son fiancé qui n'arrive pas. Ils sont rapatriés chez eux avec l'autorisation des Allemands en ce début de conflit mondial. Au printemps 43, trois affaires se présentent : la disparition d'une femme fréquentant les militaires signalée par sa logeuse, le corps d'un noyé recherché depuis quinze jours par Flovent à la demande de sa femme Agneta, et la découverte macabre du cadavre d'un jeune homme défiguré et horriblement assassiné derrière un bar à soldats. Habilement l'auteur trace le portrait de toute cette population obligée de cohabiter, fait renaître cette ambiance particulière de camps de base étrangère dans un pays étrange, on s'attache à certains personnages, la résolution des énigmes est somme toute assez évidente. Du bel ouvrage oui ! J'aurais aimé que les caractères et la vie des deux policiers soient plus fouillés, détaillés, que cette histoire personnelle en parallèle des enquêtes soit aussi prolongée dans ce tome. Presque rien.... Attendons le prochain.... Quatrième de couverture Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un « SS » en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue. L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme. Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la « Situation », cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus. Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Brutale
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Brutale Jacques-Olivier Bosco dit JOB Robert Laffont La Bête Noire Janvier 397 pages Thriller Chronique 23 décembre 2017 Je parie que ce polar à part, ultra violent, au découpage nerveux et cinématographique sera sous peu un modèle d'un nouveau genre d'enquête policière à la française, tirant largement sur le thriller psychologique captivant et d'action à 200 à l'heure. JOB, auteur de 5 polars plusieurs fois primés, tient là un personnage passionnant et malgré, ou peut-être en raison de sa brutalité, très troublant et émouvant. L'héroïne entre Lara Croft et Kill Bill mais version encore plus déjantée, dérangeante, sans féminité telle que présentée d'habitude, utilisant le sexe ou le sport comme exutoire au flux de rage, de violence qui prend possession d'elle soudain. Elle pourrait être une psychopathe, elle est flic au nouveau 36 dit le Bastion à Paris 17. Sa lutte sans fin pour se contrôler en permanence depuis son plus jeune âge, afin de ne pas basculer dans le Mal absolu, est éprouvante pour elle comme pour le lecteur, tant les descriptions de ses sensations physiques, chimiques, nerveuses sont édifiantes. Elle reste aussi la petite fille de son père défunt, flic lui même, fille aussi malheureusement d'une mère destructrice à l'origine de son mal, et soeur de Camille, un gendarme, plus jeune mais qui l'a toujours défendue et protégée. Le boulet familial est lourd à traîner. On sait qu'elle ne peut plus continuer ainsi. Ainsi le lieutenant Lise Lartéguy, déjà justicière masquée la nuit hors heures de service, shootée à l'adrénaline mais pas seulement, va se retrouver au cœur d'une chasse implacable pour arrêter le massacre de jeunes filles vierges vidées de leur sang. Au départ, elle était sur une simple enquête sur des braquages, mais tout dérape soudainement. Les criminels issus de la guerre de Tchétchénie apportent le cauchemar jusqu'en France, accompagnés de leur Golem et de leur folie insoutenable. Pour répondre à l'horreur, une seule solution, que Lise va devoir adopter : laisser sa part monstrueuse s'exprimer pleinement quelles que soient les conséquences. Elle va transgresser les tabous, dépasser toutes les limites comme lorsqu'elle fonce sur sa moto, sa "bête". Les scènes de luttes et de batailles font penser au cinéma japonais ou de Tarentino, avec la patte française pour l'humour et la causticité pendant les dialogues. Les femmes des forces de l'ordre y sont enfin présentées à l'égale de leurs collègues mâles, avec des postes à responsabilité. J'ai particulièrement apprécié que l'arme secrète de Lise soit directement liée à sa féminité, à sa plus grande intimité. Un sacré symbole en soit. Une suite se profile j'espère... Très réussi et jouissif.... Certains épisodes sont extrêmement durs, il faut le savoir. À découvrir pour les dingues de cinémas et de thrillers où la violence est très présente mais pas gratuite, pour les amoureux des très bons textes à la signature reconnaissable. Quatrième de couverture Elle est jeune. Elle est belle. Elle est flic. Elle est brutale. Des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnées dans des lieux déserts, comme dans les films d'horreur. Les responsables ? Des cinglés opérant entre la Tchétchénie, la Belgique et la France. Les mêmes qui, un soir, mitraillent à l'arme lourde un peloton de gendarmerie au sud de Paris. Que veulent-ils ? Qui est cet "Ultime" qui les terrorise et à qui ils obéissent ? Face à cette barbarie, il faut un monstre. Lise Lartéguy en est un. Le jour, elle est flic au Bastion, aux Batignolles, le nouveau QG de la PJ parisienne. La nuit, un terrible secret la transforme en bête sauvage. Lise, qui peut être si douce et aimante, sait que seul le Mal peut combattre le Mal, quitte à en souffrir, et à faire souffrir sa famille. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- A un cheveu
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires A un cheveu Maëlle Desard Slalom 28 avril 2022 317 pages Roman Jeunesse Chronique 12 décembre 2022 Âge minimum recommandé par le fabricant : 13 ans. Lecture du début de ce roman enregistrée en vidéo sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonances littéraires : « Anis trop honnête ; Christophe trop présent ; père trop comique ; mère trop coincée ; Jacob trop craquant. Ma vie est un enchaînement d'hyperlatifs. » Dédicace : " À toi, qui doutes face au miroir : tu es magnifique. " Une phrase qui s'adresse à tout le monde quelque soit le genre ou l'âge. Un roman réjouissant, très drôle, bouleversant, émouvant, créatif littérairement, traitant de sujets graves : le harcèlement sexuel ou moral, la discrimination sous toutes ses formes, la différence rejetée par une société normative, la maladie et ses conséquences sur la cellule familiale, l'exposition des jeunes à la violence, à la sexualisation outrancière permanente, à l'américanisation caricaturale des modes de vie... L'héroïne, Emma, ancienne championne de natation, une battante, a pourtant eu bien du mal à se relever des deux dernières années cauchemardesques qu'elle vient de traverser. Ses parents et son frère Christophe ont eux aussi beaucoup souffert. Afin d'offrir un second souffle à leur petite tribu, un déménagement loin de Orange et du Sud est organisé. Direction Strasbourg. Emma a un secret : elle a perdu tous ses cheveux comme l'épouse de Will Smith. Une alopécie difficile à encaisser pour une fille. Alors, puisqu'elle peut repartir de zéro dans cette nouvelle ville, dans ce nouveau lycée, elle décide d'avoir recours à un objet magique, sa Précieuse, une perruque. Cette tête « Velcro » implique la fin de la natation et des compétitions, l'évitement de toute situation épineuse, la dispense de sport... Un sacrifice qui aux yeux d'Emma, si traumatisée par la cruauté de ses anciens « camarades » de lycée, paraît léger. Mais son frère si protecteur et empathique, sa nouvelle amie Anis du genre inclassable et cash et surtout le séduisant Jacob, vont changer la donne. On a beau tout prévoir, tout contrôler, la vie se charge de brouiller les pistes. Pour peu que l'on soit intuitive, intelligente, et mature même si inexpérimentée, de belles surprises pourraient surgir sur le chemin tout tracé forçant à emprunter de jolies déviations. L'autrice décrit parfaitement le mélange de force et de vulnérabilité qui anime ces futurs adultes quelques fois totalement perdus et paniqués par les épreuves de l'existence et par certains éléments symptomatiques d'une société décadente sur bien des points. Ils surfent sur internet, maîtrisent les nouvelles technologies mais sont toujours des gosses en quête de repères et de sécurité affective. Les personnages sont particulièrement attachants, l'histoire très bien menée, le texte à la fois hilarant, cocasse et tout en délicatesse. C'est un roman que je mettrai dans toutes les mains, parfait en cadeau de Noël tant il est enthousiasmant et positif sans être mièvre. Quatrième de couverture Un grand bain d'humour et d'empowerment À 17 ans, Emma aime la natation, son frère presque jumeau, le chocolat et dessiner dans les marges de ses cahiers. Elle serait à un cheveu de la belle vie si elle n'avait pas perdu les siens, de cheveux, deux ans plus tôt (tandis que le reste de ses poils a continué à pousser, merci bien !). Affublée d'une perruque avec laquelle elle entretient une relation d'amour-haine quasi mystique, Emma décide de profiter du déménagement de sa famille pour repartir de zéro. Nouvelle vie, nouveaux amis... et peut-être un premier amour ! Un roman lumineux sur l'acceptation de soi et de son corps, résolument féministe et universel ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'innocence des bourreaux
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'innocence des bourreaux Barbara Abel Pocket 13 octobre 2016 352 pages Divers Chronique 28 mars 2017 Le début raconte la descente d'un drogué Jo qui a besoin de sa dose, se procure une arme et décide de braquer une supérette . Puis nous faisons connaissance de tous les protagonistes que nous savons bien revoir dans la dite supérette dans les rôles de kidnappés. Rien de bien original sauf que nous sommes dans un Barbara Abel, la reine des faux semblants, des chausses trappes, des secrets, des apparences ; ce livre c'est un gouffre sans fond, et le vertige nous prend. C'est violent, terrifiant d'efficacité juste par la finesse psychologique et la mise en place virtuose du puzzle. Une fois que celui-ci est terminé, c'est l'horreur absolue. Très noir, très réussi, histoire de la goutte en trop ou du grain de sable et tout se désagrège. Quatrième de couverture Dans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses, un jour comme tant d'autres. Parmi eux une jeune mère qui a laissé son fils de 3 ans seul à la maison devant un dessin animé, un couple adultère, une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s'il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent... Des gens normaux, sans histoire, ou presque. Et puis un junkie qui, en manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé pour voler quelques dizaines d'euros. Mais quand le braquage tourne mal, la vie de ces hommes et femmes sans histoire bascule dans l'horreur. Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière devient mince. Si mince... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Qu'importe la couleur du ciel
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Qu'importe la couleur du ciel Valérie Cohen Flammarion 16 mars 2022 368 pages Roman Chronique 23 mars 2022 Famille je vous aime ou famille je vous hais ? Quelle définition donnons-nous à ce mot ? Comment l'imaginons-nous ? Comme un jardin fleuri et lumineux ou un parterre de ronces comme le dit justement l'autrice ? Incluons-nous dans ce groupe des ami(e)s ? Sommes-nous plus attachés aux liens du sang qu'aux liens du cœur ? Que l'on ait la chance de faire partie d'une famille bénéfique et fonctionnelle ou d'une famille toxique dont il faut s'éloigner au plus vite, ce roman tout en délicatesse, remarquablement écrit, ajoutant à cette problématique, en filigrane, le thème de la judéité, peut parler à tout le monde, être en résonance avec nos propres expériences, chagrins, colères, bonheurs. Le suspense quant à des vérités cachées, ignorées ou tues par Sybille et Gisèle est soutenu jusqu'au dévoilement final. Le thème évidemment de la psychogénéalogie est abordé : en effet, les erreurs ou malheurs des aïeux peuvent avoir des conséquences même insoupçonnées, inconscientes, sur la vie des héritiers, malgré eux touchés et victimes de souffrances et de drames aujourd'hui issus du passé. Le silence choisi pour protéger ceux que l'on aime, est presque toujours une mauvaise solution. Les non-dits peuvent être assourdissants, étouffants. Une fort belle couverture pour un roman attachant, émouvant, universel dans son propos. Je l'ai beaucoup aimé et en ai apprécié la musicalité. Et si je faisais un test ADN pour connaître mes origines ethniques ? Attention, cela peut vous révéler des secrets enfouis, prenez garde ! Quatrième de couverture Et si les arbres généalogiques comportaient une case pour les amis de toujours, les amours défuntes, les maîtres à penser, les sauveurs ? À quoi ressemblerait le vôtre ? Sybille, indéniablement, y placerait sa famille de cœur, n’ayant pu donner la vie. Elle cultive avec sa meilleure amie Gisèle une complicité depuis plus de cinquante ans, et c’est dans sa maison ardennaise qu’elle se réjouit de fêter son anniversaire auprès de ses proches. C’était sans compter sur les révélations de Mila, la petite-fille de Gisèle. La jeune femme, par jeu, a eu recours à un test ADN dont les résultats viennent réveiller un passé trop longtemps tu et bousculer une légende familiale parcellaire. Des êtres unis par la transmission des secrets de famille et qui ont choisi de passer outre, pour se reconstruire. D’autres qui refusent d’être emprisonnés dans des silences. Vitale et mortelle à la fois, organisme vivant aux multiples facettes, la famille est un joli parterre de ronces. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les filles au Lion
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les filles au Lion Jessie Burton Gallimard 9 mars 2017 484 pages traduites par Jean Esch Historique Chronique 11 mai 2017 Deuxième roman pour cette auteure après le bestseller "Le miniaturiste" que je lirai demain et samedi. J'aime toujours quand un récit est basé sur l' Histoire, et mêle l'Art à l'intrigue. C'est le cas dans ce livre très réussi qui n'a besoin d'aucune scène trash pour nous tenir jusqu'au bout du suspense. Notre Narratrice est Odelle, originaire des Caraïbes et arrivée à Londres il y a quelques années. Nous sommes en 1967, dans une société encore rétrograde où une jeune femme noire n'est pas particulièrement vue d'un bon oeil. Heureusement elle est venue avec son amie Cynthia et toutes deux sont vendeuses dans une boutique de chaussures. Cependant Odelle a un véritable don, l'écriture, et des ambitions. Une réponse favorable de la Galerie d'Art Le Skelton, Mecque, Eldorado pour tout amateur de peintures et sculptures, lui parvient enfin, et une place de dactylo lui est offerte. Elle touche alors à son rêve. Elle y est accueillie par Marjorie Quick , une femme d'une cinquantaine d'années, élégante, cultivée et déroutante. Peu de temps après Odelle rencontre Lawrie Scott, un jeune homme qui vient de perdre sa mère et dont le seul héritage est une toile où figurent deux filles et un lion. Il va naturellement apporter cette peinture au Skelton pour en avoir une estimation ; la réaction du directeur Edmund Reede surexcité et celle de Marjorie Quick bouleversée, font comprendre immédiatement à Odelle qu'il y a là un mystère qu'elle va évidemment vouloir élucider. Le livre bascule alors dans l'Espagne de Janvier 1936 à côté de Malaga où viennent s'installer Harold, marchand d'art viennois, Sarah sa femme anglaise et leur fille Olive Schloss. Ils sont accueillis dans la Finca par Teresa et son frère Isaac. Le monde est sur le point de basculer, le destin de ces cinq personnes également. Tout est maintenant en place, nous allons glisser naturellement entre ces deux époques et reformer lentement le puzzle avec Odelle. C'est très bien écrit et construit, cela décrit parfaitement l'ébullition qui touche Olive sur le plan amoureux mais aussi créatif, à l'instar de cette Espagne qui s'enflamme peu à peu pour plus de justice. Le conflit mondial s'annonce et le nazisme plane sur la famille Schloss. Qu'est ce que cette histoire ancienne va avoir comme conséquence sur la vie de Odelle ? Qui est Marjorie Quick ? Ne faut-il pas se méfier de Lawrie ? Je vous laisse à votre lecture. Quatrième de couverture En 1967, cela fait déjà quelques années qu'Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s'y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d'art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire. Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n'est qu'il appartenait à sa mère. Marjorie Quick, à qui il soumet la mystérieuse toile, a l'air d'en savoir plus qu'elle ne veut bien le dire, ce qui pique la curiosité d'Odelle. La jeune femme décide de déchiffrer l'énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d'amour et d'ambition enfouie au cœur de l'Andalousie des années trente, alors que la guerre d'Espagne s'apprête à faire rage. Après Miniaturiste, Jessie Burton compose une intrigue subtile entre deux lieux et deux époques que tout sépare en apparence, tout en explorant, avec beaucoup de sensualité, d'émotion et de talent, les contours nébuleux de la puissance créatrice. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Selfies
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Selfies Jussi Adler Olsen Albin Michel 29 mars 2017 624 pages, traduites par Caroline Berg Thriller et Policier Chronique 14 avril 2017 Énorme coup de Coeur pour ce dernier opus de Jussi Adler Olsen" Selfies" qui m'a littéralement kidnappée. Ce thriller construit sur deux phénomènes de société bien banals est proprement remarquable. Les six livres de cette série précédant celui-ci étaient tous des réussites, des coups de maître incontestés. Il est admirable de pouvoir ainsi maintenir une cadence de coureur de marathon sur sept tomes et de tenir le lecteur en haleine pendant tant d'années. Ce qui est terrifiant dans ce récit c'est la bascule d'une femme du jour au lendemain, se transformant sous nos yeux en monstre dénué d'empathie, alors que celle-ci avait été la constituante principale de sa vie. Il y a comme souvent une dénonciation féroce : dans ce texte c'est le concept d'état providence poussé à son paroxysme, et cette jeunesse qui vit des aides sociales et ne rêve que de célébrité, d'argent facile et dont la vie ne tourne qu'autour des apparences, du bling bling, des mises-en-scène sous forme de selfies . La description de l'évolution psychologique des personnages glace le sang tant il est juste. Allons-nous vers une totale amoralité ? C'est aussi pour moi l'épisode des aventures de notre trio de choc Carl Morck, Assad et Rose, le plus émouvant et touchant. Beaucoup d'auteurs de sagas comme celle-ci réussissent à créer un lien presque sentimental entre le lecteur et les héros, mais je ne sais pas pourquoi Jussi Adler Olsen est particulièrement un magicien en la matière, et l'on est profondément touché par la mise en abîme de Rose, en plein syndrome posttrauma, qui déjà se devinait dans " Promesse " le sixième tome. Je pense aussi que l'humour, la drôlerie de certaines scènes et certains personnages cocasses nous attachent encore plus à cette série et ces héros, bien plus que le ferait un ton bien dramatique et larmoyant. Fan encore plus après cette lecture enfiévrée, imaginant déjà la suite puisque certaines pièces de la prochaine partie ont été habilement placées. Merci monsieur Adler Olsen. Quatrième de couverture Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d'une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu'elles sont la cible d'une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une. L'inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Mørck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s'il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. à condition que Rose, plus indispensable que jamais, ne se laisse pas assaillir par les fantômes de son propre passé... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La prunelle de ses yeux
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La prunelle de ses yeux Ingrid Desjours Robert Laffont 13 octobre 2016 320 pages Thriller Chronique 30 juin 2017 Premier livre de cette auteure pour moi, qui est psychocriminologue et scénariste. C'est évident en lisant attentivement ce thriller précis et essoufflant. Celui-ci est bâti sur trois éléments scientifiques, une pathologie et 2 expériences : 1/ La cécité hystérique ou cécité de conversion > être aveugle sans raisons physiologiques mais vraisemblablement psychologiques. " L'hystérie" étant réellement ne plus vouloir pouvoir, ne plus pouvoir vouloir " , bref on bloque soi-même sa vue. 2/ La soumission à l'autorité selon l'expérience de Stanley Milgram de 1963 : Comment peut on obéir à des ordres contraires à notre morale ? 3/ Enfin la théorie de la résignation acquise de 1967 prouvée par des expériences sur des chiens soumis à des chocs électriques. Passionnant et glaçant. J'ai beaucoup appris même si effectivement j'avais déjà lu des articles ou des manuels sur ces sujets. Donc Gabriel a tout perdu en une nuit : Son fils Victor âgé de 17 ans, et la vue, soudainement, sans raison physiologique mais sûrement suite à l'assassinat de son enfant. 13 ans plus tard, il veut toujours faire la lumière sur cette tragédie et retrouver la vue. Un nouvel élément le met sur la trace du tueur, il est à Cork en Irlande en mai 2016. Sa rencontre avec Maya le décide à reprendre la traque aidé par cette jeune femme. Ces chapitres actuels sont suivis de ceux où Victor, en 2003, raconte son histoire à partir du moment où il entre dans la très prestigieuse Ecole supérieure Mètis. Sont intercalés des passages sur les expériences de 1963 et 1967 pour donner un éclairage scientifique sur les événements insoutenables et incompréhensibles qui nous sont contés par Victor. C'est un thriller intelligent, parfaitement construit qui ne tombe jamais dans les facilités scéniques. Un sacré retournement de situation vous attend à 120 pages de la fin, j'avais peur ensuite de savoir par avance comment cela allait se terminer mais non, pas totalement heureusement. Quatrième de couverture Gabriel Abramovic a tout perdu en l'espace d'une nuit. La vie qu'il s'était construite à force de sacrifices. Victor, son fils de 17 ans, battu à mort par un inconnu. La vue. Dix ans plus tard, il a appris à tout surmonter. Sa cécité, qu'il n'a pas renoncé à combattre. Sa solitude, qu'il comble en cumulant les conquêtes. Tout. Sauf le deuil de son enfant. Germe alors une idée un peu folle dans sa tête : et si sa guérison passait par la résolution du meurtre de son fils, resté impuni ? Victor était un garçon brillant mais secret, torturé, excessif, curieux. Le genre qu'on peut vouloir réduire au silence de façon radicale. Gabriel décide de partir à la rencontre des dernières personnes qui l'ont côtoyé afin de faire la lumière sur les circonstances de sa mort. Pour le guider dans sa quête sous forme de road trip, il recrute Maya Torres, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer le véritable but de ce voyage. Facile et bien payé, ce travail tombe à point nommé pour la jeune femme aux fins de mois difficiles. Elle devra être son guide, son chauffeur. Ses yeux. Mais qui guide vraiment qui ? Gabriel éveille Maya à une sensualité à laquelle elle avait renoncé depuis longtemps, la fait rire, rougir, fait battre son cœur. Seulement, quand leurs escales la ramènent systématiquement à un secret qu'elle croyait à jamais enterré, Maya commence à douter : Gabriel est-il celui qu'il prétend ? Ne lui a-t-il pas tendu un piège pour l'entraîner vers ses propres ténèbres ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Quand les voyageuses découvraient l'esclavage
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Quand les voyageuses découvraient l'esclavage Françoise Lapeyre Payot 2009 257 pages Essai Chronique 25 juillet 2018 Je finis ce livre majeur, je souffre de ce que j'ai lu, âme sensible s'abstenir. Remarquable travail de recherche et de documentation pour cet essai historique : Je me demande si à l'époque j'aurais été abolitionniste ou esclavagiste, comme je me suis demandée si je serais devenue collabo ou résistante pendant la seconde guerre mondiale. On ne sait pas, on juge à l'aune de nos connaissances d'aujourd'hui, mais qu'aurais-je été en d'autres temps. Toujours est-il que la lecture de ce qu'ont enduré les esclaves dans le monde entier est à la limite du supportable tout autant que les propos de femmes racistes, stupides, inhumaines, sûres de leur supériorité de blanches et quelques fois, pourtant, en même temps engagées dans la lutte pour le vote des femmes et les réformes sociales. Comment ont-elles pu pour certaines être tellement dans le déni, cruelles, pratiquant un double langage schizophrénique ? Et je parle de femmes quelques fois non assujetties à un mari ou un homme, non des femmes indépendantes, c'est cela le pire ! Heureusement de merveilleux exemples de femmes fabuleuses, modernes, empathiques, intelligentes sont aussi donnés. Des femmes qui ont œuvré partout au succès des abolitionnistes. Le tableau final de la chronologie des lois abolissant l'esclavage dans le monde entier est édifiant tout autant que celui listant les voyages féminins, leurs dates et destinations. Envie de pleurer, hurler, crier sur certains de ces spécimens de femelles, ou de féliciter d'autres, rarement issues de l'aristocratie, qui ont fait avancer la cause, et donc toute la société, mais également ont œuvré à la libération de la Femme par la prise de parole ou le choix de métiers réservés jusque là aux hommes. Des pionnières donc à qui nous devons beaucoup. Une très belle écriture, une description détaillée de l'esclavage sur plusieurs siècles dans le monde, des portraits de femmes haïssables ou admirables, intrépides et infatigables voyageuses. Un éclairage différent essentiel sur les femmes sans concession ou non dit. À découvrir avec le cœur bien accroché.... Quatrième de couverture Aux XVIII et XIXe siècles, des voyageuses de diverses nationalités ont été confrontées aux réalités de l'esclavage en Orient, en Afrique, en Amérique et même en Russie. Leurs récits le nient ou s'en accommodent, l'approuvent ou le condamnent. Aux yeux d'aristocrates telles que lady Montagu, l'esclavage oriental des harems semble une condition naturelle pour une partie de l'humanité. Sur les plantations des Caraïbes et du sud des États-Unis, d'autres observatrices se partagent entre l'angoisse, la révolte et la découverte fascinée des Tropiques, où un tel asservissement peut être perçu comme un supplément d'exotisme. En Afrique, Maria Falconbridge est le témoin privilégié de la fondation dès 1790 d'une communauté d'esclaves libérés à Freetown. Sur ce même continent vers 1860, des épouses d'explorateurs assistent à la capture de Noirs et sont parfois impliquées dans des faits de guerre contre les négriers. S'ajoutent à cette fresque les voyageuses qui dans les Colonies et aux États-Unis vont commencer l'après-abolition dans toute son ambiguïté. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Cataractes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Cataractes Sonja Delzongle Denoël 2019 394 pages Thriller Chronique 10 août 2019 " L'adaptation des contes est un facteur de lien entré les cultures et permet de prendre conscience que le soi n'est pas une île, mais un territoire relié aux autres. En nous reliant à une parole ancestrale, les contes nous aident à grandir et à penser." France Verrier J'ai été comme statufiée par la fin de ce roman, ce conte contemporain, en état de sidération, ne trouvant pas le biais par lequel commencer à rédiger cet avis. De plus, l'engagement très personnel de l'auteur avec ce sujet, le courage qu'il lui a fallu pour se plonger ainsi dans un passé aussi terrifiant que peut être une guerre civile entre frères de la même terre et ses conséquences et répliques depuis, ont fini de me tétaniser. La magla ou brume, encerclant pour protéger ou perdre les hommes dans la montagne, est ici partout présente au propre comme au figuré, dans l'esprit de celui qui revient sur les lieux de sa prime enfance. La vase et le brouillard le retiennent toujours après quarante ans, pendant lesquels, il a tout fait pour construire une vie normale, loin des Balkans, loin de son ancien village. Le prologue se lit en apnée tant l'émotion nous submerge et les battements du coeur s'accélèrent. Le village de Zavoï est englouti alors que Jan a trois ans. Son chien le sauve, deux hommes lui portent secours, enfin un montagnard l'abrite dans sa cabane le temps de retrouver des membres de sa famille. Ses grands parents le récupèrent mais les quinze jours passés avec Djol vont tout changer pour Jan Kosta. Quarante ans plus tard le voici à Dubaï, marié, père d'un petite fille, il est devenu hydrogéologue, comme par évidence. Une tempête de sable s'abat sur la cité à l'instar de l'ouragan que va déchaîner l'arrivée de Vladimir, un ami de fac ingénieur, venu de la région de Zavoï pour demander à Kosta un immense service. Il n'a confiance qu'en lui pour expertiser le barrage et la centrale qui ont été construits à la va vite sur ce site. Des fissures, des incidents se multiplient. De plus, certains employés présentent des troubles, ont des hallucinations, des sautes d'humeur, des comportements irrationnels. Les mêmes phénomènes ont été constatés dans le monastère voisin. L'origine serait-elle à chercher dans l'eau, celle qui alimente la centrale et la demeure des moines ? Tiraillé entre son envie de rester auprès de sa fille et l'appel de sa terre natale, Kosta accepte finalement la mission : celle de remonter à l'endroit où jaillit la source d'eau pure, d'y faire des prélèvements. Plus il grimpera sur la montagne, Babin Zub ou Dent de la Vieille, plus les années s'effaceront, pour le mettre face à son passé endormi qui ne demande qu'à renaître. Il doit être accompagné par une journaliste amie de Vladimir, Marija. Partis tous deux, des évènements de plus en plus dramatiques se succèdent à la centrale, des meurtres, des disparitions. Des fantômes, des âmes errantes, le village englouti rejaillissant des eaux, des cris terribles finissent de terroriser les employés et les habitants. Un monde parallèle, maléfique semble s'ouvrir depuis le retour de Jan, le seul rescapé de la catastrophe de Zavoï. La milice tourne en rond, ne trouve pas la piste du tueur, certains disent avoir vu un être mi homme - mi animal.... Des traces de pas gigantesques semblent avérer cette interprétation des faits. Cette terre qui fut martyre, engloutie, bafouée se venge-t-elle ? Il y a t-il une rédemption possible pour les guerriers d'hier, pour les blasphémateurs de la nature ? Des Ombres noires fomentent des complots dans l'obscurité contre cette centrale dont la construction n'a jamais été acceptée pour des raisons écologiques. Le monde est en profonde mutation, la nature se venge. Et Kosta perdu dans la magla affronte ses démons intimes et découvre des vérités indicibles jusque là. Peut-il en réchapper ? « Sonja Delzongle pousse là où on ne s'y attend pas les curseurs de la noirceur humaine. » Un thriller qui affirme encore plus, si cela était possible, le talent incontournable et exceptionnel de cette auteure. Une des plus belles plumes et personnalités du monde de la littérature noire française contemporaine, un récit à part avec ce supplément d'âme indispensable à l'élaboration d'une oeuvre, patiemment, artisanalement, artistiquement. Un roman qui m'accompagne dorénavant ainsi que les voix de toutes les victimes de la barbarie.... Bouleversant ! Quatrième de couverture « C'est une folie de vouloir triompher de la nature. » Il y a quarante ans, le petit Jan Kosta, trois ans, a été l'un des rares survivants de la terrible catastrophe de Zavoï. Lors d'un gigantesque glissement de terrain, ce village des Balkans a été littéralement englouti sous des torrents de boue. Sauvé par son chien qui l'a traîné, inconscient, hors de l'eau fangeuse, Jan a perdu toute sa famille. Devenu hydrogéologue, Jan reçoit un coup de fil alarmé d'un ami ingénieur. Il se passe des choses étranges dans et autour de la centrale construite sur les flancs de la montagne de son enfance. Les gens ont des comportements imprévisibles, parfois violents. Les moines du monastère voisin ont tous disparu, et les bâtiments délaissés accueillent désormais un institut psychiatrique. Vladimir demande à Jan de venir étudier les faits. Que le mal vienne de la centrale, de la montagne ou des hommes, si un nouveau drame est sur le point de se produire, seul un survivant de Zavoï aura une chance de pouvoir tout arrêter." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Contes, légendes et autres dires d'Auvergne - Quand rôdaient les diables et les loups
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Contes, légendes et autres dires d'Auvergne - Quand rôdaient les diables et les loups Daniel Brugès De Borée Histoire & Documents 28 octobre 2021 296 pages Beau Livre Chronique 14 novembre 2021 « La sauvegarde des contes n'est pas une besogne puérile. Puissent-ils durer encore, ces contes, non comme pièces de musées, mais comme des sources vives. » Marie-Aimée Méraville, Contes d'Auvergne, 1956 « Le bon et le beau ne s'oublient pas, ils vivent dans les légendes et dans les chants. » Hans Christian Andersen, La vieille pierre tombale, 1852 Un moment hors de notre époque anxiogène vers un passé où les choses n'étaient pas faciles, où l'on affrontait le malheur en imaginant que c'était le diable ou des êtres maléfiques qui agissaient... Avait-on vraiment tort ? Où l'on travaillait dur pour nourrir les siens, où les rapports humains étaient certainement plus simples, plus authentiques, où l'on savait encore d'où l'on venait, où l'on parlait en patois, où l'on respectait les anciens, où la solidarité n'était pas un vain mot, où la foi en Dieu était une sauvegarde contre la douleur, le désespoir. Où l'on profitait de chaque moment de joie pour danser, partager, chanter à la veillée et raconter des histoires, légendes et contes, véritable richesse de notre culture commune, patrimoine transmis par oral et que bien heureusement des chasseurs de trésors ont lentement, avec beaucoup de respect et souci du détail, retranscrits pour les générations futures. Simples amoureux de la culture du terroir ou folkloristes avertis, nous leur devons de garder nos pieds bien plantés dans la Terre d'origine, de garder des racines nous stabilisant lorsque souffle la tempête des évènements. Uniquement en sachant d'où nous venons, en nous appuyant sur l'expérience de nos aînés pour prendre les bonnes décisions dans le présent, pouvons-nous raisonner avec bon sens, pragmatisme tout en nous disant que rien n'est impossible. Ce recueil de contes, légendes et autres dires, comme les devinettes ou les chansons traditionnelles, possède un charme fou, m'a enchantée par son authenticité, son humour, sa beauté et par dessus tout l'amour de l'auteur pour son sujet et la passion qu'il déploie en accomplissant cette mission. Une photographie prise par Daniel Brugès en couverture de ce format poche, de très jolies gravures et illustrations jalonnant ce récit, un livre réconfortant comme une grande embrassade. Parfait pour les veillées et Noël. Cet ouvrage est une réédition actualisée et remaniée d'une version de 1984. Quatrième de couverture L’Auvergne est terre de contes, de légendes et de bien d’autres dires... Lorsque la nuit déploie sa cape noire, il fait bon se souvenir les veillées d’antan. C’était au temps où l’on parlait du diable, du Drac, du Rapatou, de la Galipote mais aussi des fées, des loups et des croyances entourant certains lieux. C’était au temps où, pour endormir les petits, on fredonnait quelques comptines et, pour amuser les plus grands, on échangeait des devinettes. Glanés sur des chemins de traverse, ces « histoires » populaires d’hier racontent le pays d’ici. Partez à leur découverte, retrouvez l’âme secrète de l’Auvergne et de ses gens." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- N'oublier jamais
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires N'oublier jamais Michel Bussi Presses de la Cité 15 juin 2017 500 pages Thriller divers Chronique 8 février 2017 Pour retrouver une belle écriture, le plaisir de lire à haute voix et une construction de l'histoire toujours soignée j'ai entamé ce livre hier matin ... Je suis fan de cet auteur et encore plus à la fin de ce nouvel opus. Plus machiavélique et noir, peutêtre, je trouve, de par la personnalité du coupable. On pense avoir trouvé la solution vers les deux-tiers du récit et évidemment on est encore bien retourné à la fin du livre. Le décor quasi de théâtre avec ces falaises à pic porte au lyrisme, et certains passages de description du paysage doivent être lus et retenus : "André Jozwiak observa le jour se lever sur la plage face à lui, la legère couche de glace sur les voitures garées devant le casino, les galets serrés les uns contre les autres comme des oeufs grelottants qu'un rapace géant aurait abandonnés, le soleil mal réveillé qui se hissait péniblement au-dessus de la mer, après la falaise morte, en Picardie, à cent kilomètres plein est" . Et ainsi tout commence. Je dois trouver encore deux derniers livres : Un avion sans elle et Ne lâche pas ma main, et j'aurais tout lu de Michel Bussi et devrait attendre les prochains avec impatience. Quatrième de couverture Vous croisez au bord d'une falaise une jolie fille ? Ne lui tendez pas la main ! On pourrait croire que vous l'avez poussée. Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s'entraîner sur la plus haute falaise d'Europe, il a d'abord remarqué l'écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l'écharpe comme on lance une bouée. Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l'inconnue. A son cou, l'écharpe rouge. C'est la version de Jamal. Le croyez-vous ? Un jeu de piste ludique et vertigineux impossible à oublier. 2016, Prix du talent littéraire normand Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















