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  • De bonnes raisons de mourir

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires De bonnes raisons de mourir Morgan Audic Albin Michel 2019 496 pages Thriller Chronique 26 août 2019 Thriller d'action, historique, policier, écolo-responsable autour de la catastrophe qui a détruit et changé des millions de vies depuis le 26 avril 1986, jour de l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Un roman paniquant, sans concession, ne versant jamais dans le trash gratuit mais ne pouvant édulcorer le propos, un sentiment d'angoisse et de no- future parfaitement rendu, un scénario mûrement réfléchi et mené avec une grande maîtrise jusqu'à un final terrible, haletant. Un sujet difficile qui aurait pu me rebuter, sauf que dès les premières pages, j'ai été happée par ce récit me replongeant dans cette ambiance très particulière de la Russie post 1990, qui m'avait désespérée sur place. On sent la chape de plomb s'abattre sur nos épaules, on ressent l'injustice et la rancoeur qu'elle génère dans la population. Également je me sens triste en plus d'être révoltée. Tchernobyl a touché la Zone mais aussi toute l'Europe ; ma famille a été victime de ce nuage radioactif qui ne s'est évidemment pas arrêté aux frontières. On ne compte plus les malades de la thyroïde aujourd'hui, les cancers, les malformations qui se réveillent toujours. Un livre comme un reportage en plus d'être un thriller magistral. Un auteur à suivre absolument... Tchernobyl en ukrainien signifie Absinthe et fait référence au troisième ange de l'Apocalypse annonçant l'arrivée de l'Etoile Absinthe : " Et il tomba du ciel une grande étoile ardente comme un flambeau ; et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux ." Cette enquête policière est menée au début séparément par trois enquêteurs, Melnyk un vieux de la vieille honnête et tenace, sa comparse Galina Novak, jeune recrue des forces de l'ordre de Tchernobyl, face à Alexandre Rybalko de Moscou, flic mulâtre originaire d'Ukraine. Ils se retrouveront ensuite dans la Zone autour de Tchernobyl. Tout débute par la découverte d'un corps arrimé à une tour de la ville détruite et sinistrée de Pripiat. J'ai lu le début de ce roman et l'arrivée sur les lieux en vidéo. L'occasion pour l'auteur de traiter en détails des évènements passés et de leur conséquences dramatiques sur les humains, la faune et la flore depuis les trente dernières années, de dénoncer la commercialisation opportuniste de cette horreur aujourd'hui par le biais des tours operators mais aussi des trafics divers sous terrains des métaux irradiés, en particulier, que nous sommes susceptibles de retrouver chez nous en jouets ou outils. On sort de ce livre plus avertis, écoeurés, édifiés, apeurés. Également, cette fiction rend hommage à tous les oubliés, ces héros à qui nous devons de pouvoir continuer à vivre tout simplement .... "Qui connaissait Alexeï Ananenko, Valeri Bespalov et Boris Baranov ? Qui savait qu'ils s'étaient portés volontaires pour plonger dans le bassin inondé sous le réacteur 4, pour activer ses pompes et le vider de son eau avant que le cœur en fusion ne l'atteigne ? Qui savait que si le magma d'uranium et de graphite s'était déversé dans le bassin, il se serait produit une explosion de plusieurs mégatonnes qui aurait rendu inhabitable une bonne partie de l'Europe ? Qui le savait ? " Et enfin l'Ukraine, son histoire tragique, son présent et son futur pour le moment bien sombres est le personnage principal de ce thriller, cette terre est la première victime dont Morgan Audic procède à l'autopsie avec respect, humanité, révolte sourde présente dans chaque page. " Certains jours, Melnyk se demandait quant à lui si l'Ukraine était vraiment faite pour la normalité. Les guerres révolutionnaires du début du XX ème siècle, la grande famine provoquée par Staline, les massacres perpétrés par les nazis, l'explosion de Tchernobyl, la guerre civile dans le Donbass, la crise économique, le chômage... C'était quoi, une vie normale pour un ukrainien ?" Donc le cadavre Leonid Sokolov, mutilé, découpé, recousu, le premier d'une liste, est le fils d'un homme important en Russie dont la femme, avec une de ses amies et voisines, a été sauvagement assassinée le jour de l'explosion de la centrale dans sa datcha de la petite ville de Zalissya. Vektor Sokolov engage Rybalko, lui promettant des millions de roubles sachant que le flic est condamné par la médecine voudra laisser un pactole à sa fille. Un cancer, petit cadeau tardif de Tchernobyl... Le tandem ukrainien quant à lui est sur les pas du tueur qui semble passionné par la taxidermie. Quatrième de couverture Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d'un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante. Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d'une hirondelle empaillée. Et l'ombre d'un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé... Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Danser dans la poussière

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Danser dans la poussière Thomas H.Cook Seuil Septembre 2017 355 pages traduites par Philippe Loubat-Delfranc Thriller Chronique 2 juin 2018 « Ce que nous pensons, ce que nous savons, ce en quoi nous croyons, n'a au final aucune importance. Ce qui compte, c'est ce que nous faisons. » John Ruskin, La couronne d'Olivier sauvage « Les crimes au nom du mal sont très connus dans l'Histoire. Ce sont les crimes commis au nom du bien qui, le plus souvent, ne laissent pas de trace. » Martine Aubert, Lettre ouverte aux amis étrangers. Sur les 25 romans policiers extraordinaires de cet auteur je viens donc d'en lire 5. Je suis une vraie admiratrice de cet écrivain, très bien traduit encore une fois, pour la beauté de la langue imagée et musicale, pour la profondeur de l'analyse psychologique des personnages, pour la magie et souvent l'empreinte surnaturelle de certains récits, pour la diablerie de la construction et du final de thrillers tel « Sur les hauteurs du Mont Crève-Cœur » qui effectivement m'avait laissée bouleversée et bluffée. Roman incroyable que celui-ci, extrêmement juste, sans concession et éclairant, sur la situation de la charity business organisée peut être avec les meilleures intentions du monde par les ONG, mais avec un tel paternalisme aveugle aux réels besoins des populations dans maints pays en difficulté, qu'elle en devient dangereuse. On impose cette présence occidentale, cette pitié, qui à long terme ne fait qu'empirer les choses pour tous. On lance des projets de puits ou de culture du café dans des régions où les tribus sont nomades avec leurs troupeaux et savent parfaitement où aller pour trouver de l'eau, où les céréales cultivées depuis des millénaires ont empêché la famine. Les africains ne boivent pas de café ni de cacao d'ailleurs, pourquoi leur imposer ces cultures. En voulant aider et certainement aussi redorer notre blason post colonialistes, sans demander aux habitants de ces pays d'Afrique ce dont ils ont vraiment la nécessité, dans le respect des traditions, coutumes, croyances, nous avons apporté le mal en voulant faire le bien. Et le gouffre est plus profond de jour en jour, il suffit de suivre les infos africaines le samedi matin sur TV5MONDE pour en être frappé. Je sors du livre traitant de ce sujet de géopolitique essentiel avec beaucoup de tristesse, de colère et de soulagement, constatant qu'un tel auteur aborde enfin ce thème extrêmement délicat de la présence encore des intérêts et ONG occidentaux sur les terres africaines. C'est à hurler ! L'africaine de cœur que je suis, par mon enfance en Côte d'Ivoire et le métissage de ma famille, serre les dents, sachant exactement l'origine et les conséquences de cette pensée blanche d'assistanat des pauvres noirs qui sont bien incapables de s'en sortir sans eux ! On cauchemarde ! Sans parler de l'intérêt financier à piller toujours les richesses minières et autres de ce continent. Je rêve d'une Union Africaine qui enfin se passerait de nous. Qu'elle nous oublie et réclame les fonds bloqués dans nos banques, notoirement en France. On verra alors qui doit être assisté ! J'ai aussi terminé ce thriller émerveillée et en amour pour le personnage central de Martine Aubert, blanche effectivement, mais Africaine par tous les pores de sa peau, fermière cultivant des céréales traditionnelles comme son père belge précédemment, venu s'installer du Congo sur ces terres voilà plus de cinquante ans. L'action se déroule dans un pays fictif, le Lubanda, symbole bien trouvé de tout ce qu'on aime et déteste sur ce sol africain, qui dans les années 90 sera aux portes de l'enfer que créera un boucher tortionnaire et dictateur, aidé de ses troupes de tueurs. Dès lors la manne financière que représente l'aide internationale est détournée par ces hommes, le pays est mis à feu et à sang, gangrené par la corruption. Les jours de Martine sont comptés, trop indépendante, contre la présence dangereuse des ONG qui accumulent les erreurs de jugement et financent indirectement les juntes militaires et les barbares à la machette facile. L'horreur se répand comme un feu gigantesque. Dans ce contexte le narrateur, Ray Campbell, jeune idéaliste, débarque de New-York, envoyé par une ONG. Sa vision simpliste de ce que devrait être l'aide occidentale est en totale contradiction d'une part, avec la réalité du terrain, et d'autre part avec les convictions de la lubandaise Martine, s'appuyant sur son expérience et son appartenance à ce pays, femme dont il tombe amoureux dès le premier regard. Vivent avec elle à la ferme, Fareem son ami depuis l'enfance, et Seso l'interprète et boy de l'américain. Vingt ans plus tard, patron d'une société reconnue d'évaluation des risques, new-yorkaise, idée assez savoureuse de l'auteur, Ray reçoit la visite de Bill Hammond, Directeur du Mansfield Trust, ayant des projets d'investissement au Lubanda. Ils se sont connus là-bas, et ont été tous deux touchés à des degrés divers par " l'incident", l'assassinat de Martine sur la route de Tumasi. Aujourd'hui, c'est le cadavre de Seso qui a été retrouvé à New-York, après qu'il ait contacté Bill pour lui remettre des preuves liées au meutre de la jeune femme. Ray cette fois va se risquer à retourner sur place incognito, il le lui doit, il est responsable de sa mort..... Qu'a-t'il donc fait d'irréparable voici 20 ans ? Ce secret peut-il faire basculer l'avenir du pays ressuscité par l'arrivée d'un nouveau président ? " Le ciel immémorial scintillait sous le rouge légendaire du couchant de cette région du monde alors que je mettais le pied dans le champ où l'on avait dispersé les cendres de Martine. ..... Mais je me rappelle encore - et ne l'oublierai jamais- que, à un moment donné, une rafale de vent a soufflé dans le champ et, sur ses ailes, un délicat nuage de poussière rouge s'est soulevé, a tournoyé et dansé comme une femme virevoltant autour du feu de camp lors d'une fête de village." Livre saisissant, dramatique, engagé, une histoire d'amour à travers le temps... Quatrième de couverture Dans les années 1990, Ray Campbell s'installe au Lubanda, État imaginaire d'Afrique noire, pour le compte d'une ONG. Sa vision de ce que devrait être l'aide occidentale ne rencontre pas l'approbation de Martine Aubert, née et établie au Lubanda, pays dont elle a adopté la nationalité. Elle y cultive des céréales traditionnelles dans la ferme héritée de son père belge, et pratique le troc. Tant que règne le bon président Dasaï, élu démocratiquement, Martine vit en harmonie avec la population locale. Mais tout bascule quand des rebelles instaurent un régime de terreur : elle devient alors une étrangère " profiteuse ". Sommée de restituer ses terres ou de partir, elle se lance dans une lutte vaine contre le nouveau pouvoir en place avant d'être sauvagement assassinée sur la route de Tumasi. Campbell, amoureux transi de l'excentrique jeune femme, rentre en Amérique. Vingt ans plus tard, devenu le florissant patron d'une société d'évaluation de risques, il apprend le meurtre, dans une ruelle de New York, de Seso, son ancien boy et interprète. Voilà qui rouvre de vieilles plaies et ravive plus d'un souvenir brûlant. Ayant établi que Seso détenait des documents relatifs à la mort de Martine, il retourne au Lubanda pour confronter les coupables. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le cerveau de Kennedy

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le cerveau de Kennedy Henning Mankell Seuil 2009 427 pages traduites par Rémi Cassaigne Divers Chronique 29 avril 2020 Un roman qui me touche particulièrement ayant vécu mes premières années en Côte d'Ivoire et ayant toujours une partie de ma famille au pays. Le sort de ce continent me concerne forcément, écoeurée et révoltée par le comportement de certains blancs, mais pas toujours, ou occidentaux, mais pas toujours, depuis l'ère du colonialisme jusqu'à aujourd'hui. Il est curieux de lire ce thriller social, géopolitique et psychologique au moment même du confinement et d'une pandémie dont on ignore l'origine réelle, mettant en lumière l'incapacité ou le refus de certains gouvernements à gérer la crise avec efficacité, humanité, honnêteté. La responsabilité des grands groupes pharmaceutiques, les mensonges d'état, le sang de milliers de morts sur les mains de criminels pour qui la valeur d'une vie ne vaut pas grand chose, juste une statistique, un numéro parmi tant d'autres, sont au centre de ce scénario terrifiant. L'Afrique a été un vivier inépuisable dans lequel des criminels ont puisé afin de mener leur petites expériences au nom du profit et du pouvoir. Depuis que ce livre a été écrit, cette pratique est arrivée en France avec l'affaire du Levothyrox, faisant des milliers de victimes, malades ou décédées dans l'indifférence la plus totale alors que c'est un scandale gigantesque visant à enrichir des labos pharmaceutiques. Les procédures judiciaires sont toujours en cours mais on en n'entend plus parler. On nous a traités comme des cobayes ni plus ni moins, les séquelles sont réelles et invalidantes. Vous devez vous souvenir des rumeurs concernant le SIDA, de ses origines en particulier... Au delà de cette vision complotiste, Henning Mankell décide de traiter de l'opportunité que cette maladie a offerte aux grands groupes pharmaceutiques, et à leurs complices à tous les niveaux, de s'enrichir toujours et d'asseoir leur monopole et leur omnipotence partout dans le monde. En Chine, en Afrique et là où la pauvreté est endémique. À cette trame déjà dense et délicate, l'auteur ajoute également les thèmes difficiles et bouleversants, récurrents dans son œuvre, de la perte d'un être aimé, de la famille, du deuil, de la vieillesse, du but de la vie, de la préservation de la nature, des us et coutumes dans les pays aux températures extrêmes, du voyage, de la construction du futur sur des connaissances historiques solides, de la transmission des valeurs, de l'amour entre les peuples, de l'acceptation de la différence, du courage immense de tous les engagés humanitaires, de l'entraide, de la beauté et de la laideur créées par l'humanité. Une enquête "policière" d'une mère courant après son fils, déterminée à connaître la vérité sur sa mort, dans des décors somptueux particulièrement en Suède, Afrique du Sud et Mozambique que Henning Mankell aime tant. Toujours une atmosphère particulière entre tristesse, colère, tendresse, nostalgie et joie soudaine. Un livre pour crier, pour appeler au réveil des consciences, incroyablement d'actualité, d'un homme révolté, concerné, conscient. Sa voix résonnera pour toujours.... Quatrième de couverture Louise découvre le corps sans vie de son fils Henrik. Un suicide pour la police, un meurtre selon elle. En archéologue chevronnée, elle fouille son passé. De la Suède au Mozambique en passant par l'Australie, elle s'interroge sur ses innombrables voyages. Pourquoi cet engagement auprès des sidéens d'Afrique ? Comment expliquer son énorme compte en banque ? Et s'il valait mieux ne pas savoir la vérité ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Nymphéas noirs

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nymphéas noirs Michel Bussi Presses de la Cité 6 janvier 2011 444 pages Thriller divers Chronique 24 janvier 2017 Splendide ! Le résumé au dos est parfait : " Tout n'est qu'illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels." C'est aussi un vrai jeu de dupe, et quelle joie d'être pris au piège par Michel Bussi. L'écriture magnifique, les décors poétiques et romantiques comme autant de tableaux qui s'animent sous nos yeux à différentes époques, l'Amour, le vrai, inaltérable et salvateur, et enfin la silhouette du magicien obsessionnel qu'était Claude Monet. Je suis éblouie encore une fois après "Gravé dans le sable "qui fut une source d'émerveillement et d'enrichissement des connaissances. Il existe des livres dont on sort grandi humainement. Nymphéas noirs est l'un de ces livres qui nous fait soupirer et nous redonne aussi le souffle pour continuer. Quatrième de couverture Le jour paraît sur Giverny. Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé… « On finit totalement emballé, le cœur un peu serré... Vraiment, génial ! » Ouest France « Passé et présent se superposent et c'est peu dire que l'on passe par toutes les couleurs... » Marie France Ce roman a reçu cinq prix littéraires en 2011 Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les refuges

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les refuges Jérôme Loubry Calmann-Lévy Noir 2019 395 pages Thriller Chronique 7 novembre 2019 Les hommes dansent parfois avec le diable ou le Roi des Aulnes, quelque soit le nom donné à cette entité maléfique... souvent c'est cette dernière qui sourit et mène le jeu.... Ne vous laissez pas entraîner dans cette valse macabre qui peu à peu vous tourne la tête, brouille vos repères, vous emporte dans un tourbillon. Vous serez propulsé vers le fond, là où tout est vaseux, sombre... Vous penserez pouvoir revenir vers la lumière, mais sitôt une goulée d'air avalée, vous vous sentirez inexorablement tiré vers le bas... Et cela recommencera et recommencera sans que vous puissiez retrouver la clarté.... Les refuges peuvent être des prisons, la fuite impossible. Ici, le geôlier est Jérôme Loubry qui réussit à nous enfermer dans un scénario étouffant, anxiogène, labyrinthique, à nous pousser dans un long, très long toboggan à plusieurs niveaux. J'ai beaucoup aimé les opus précédents de cet auteur mais celui-ci est exceptionnel. D'ailleurs il gagné le prix Cognac 2019 du meilleur roman francophone.. Ennivrant en effet, tellement bon qu'on ne peut reposer le flacon. Il nous fait pénétrer dans un univers où les personnages de poèmes ténèbreux sont réels et viennent réclamer leur part de chair fraîche... « Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort Erlkönigs Töchter am düstern Ort ? Mein Sohn, Mein Sohn, ich seh es genau : Es sheinen die alten Weiden so grau. » « Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas Les filles du roi des aulnes cachées dans l'ombre ? Mon fils, mon fils, je le vois bien, Les saules de la forêt semblent si gris. » Goethe, Erlkönig - Le Roi des aulnes, poème de 1782 2019, François Villemin, universitaire, vient donner une conférence à la faculté de Tours, sur un sujet bien particulier et mystérieux : « Le refuge Sandrine ». Ce cas n'est répertorié nulle part. Dès lors les étudiants vont être hypnotisés par ce récit, accompagnons-les... Leitmotiv inquiétant précédent la deuxième partie....: « Occupe-toi l'esprit... Récite-toi ta poésie par exemple... Ce sera plus facile... Tu verras, demain lorsque ta maîtresse t'interrogera, tu me remercieras... Viens... Rapproche-toi... Ce sera plus facile... » 1949, sur une plage avec son chien Gus, Valérie savoure la paix et la liberté retrouvées après des années de terreur et de cauchemar... Son bonheur sera de courte durée, il se brisera dès le premier aboiement de son compagnon face à une nuée de mouettes.... Mauvais présage, à nouveau la mort s'invite.... Une vision d'horreur, l'enfance martyrisée, massacrée s'imprime à jamais sur les rétines de la jeune femme.... Un cri..... Des secours.... 1986, Sandrine Baudrier, jeune diplômée de l'école de journalisme de Paris, bien notée, a accepté un poste en province histoire de s'aérer et de mettre des kilomètres entre elle et son passé douloureux, prompt à se rappeler à elle à l'instar de ses cicatrices à son poignet, cachées sous un bracelet de force en cuir. Elle va interviewer un paysan de cette région de Normandie dont les vaches ont été taguées.... De retour à l'agence régionale du journal, son directeur lui remet une lettre d'un notaire : Sa grand-mère Suzanne est décédée sur une île, elle doit s'y rendre afin de libérer la maison qu'elle louait, là-bas, de ses effets personnels. C'est l'affaire de quelques jours... Ça ne l'enchante pas, cette femme est pour elle une inconnue, sa mère y a veillé... Mais son patron insiste, qu'elle prenne une semaine pour régler cette succession tranquillement... La voilà donc partie vers ce qui deviendra vite un pas de deux avec le Mal... Dans ce périple, sur cet océan d'incertitudes trois points d'accroche : Première balise : l'île Deuxième balise : le Roi des aulnes Troisième balise : Les enfants Vous sentez le danger, vous avez raison, tremblez... Quatrième de couverture Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte. Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a. Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ? Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ? Qui était vraiment sa grand-mère ? Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Secret de Théophile

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Secret de Théophile Gérard De Négri De Borée Roman de terroir 13 février 2020 246 pages Roman Terroir Chronique 25 février 2020 Un grand bol d'air pur, une immense respiration, l'impression d'être partie me ressourcer dans les montagnes des Cévennes, d'être revenue à l'essentiel, à l'authenticité de la vie. Une furieuse envie donc de faire mes valises et de partir là-bas et d'y trouver un mas enchanteur où je puisse vivre sereinement, tranquillement....avec mes livres et mes partitions. Les descriptions des paysages, des sensations fortes provoquées par ce pays sont somptueuses et profondément évocatrices. Gérard de Négri aime sa région, sa terre, cela le rend poète, lyrique, à l'instar de Théophile puis de Jean, son héritier. Une histoire d'amour, d'amitié, de transmission, de mystère savamment dosé, quelques incidents de parcours pour ces vies décrites justement.... Et si effectivement, l'existence pouvait être simple ! Pourquoi la compliquons-nous tant, pourquoi nous créons-nous des besoin artificiels alors que la Nature, la Terre sont là pour nous protéger, nous permettre de grandir, de nous épanouir.... ?!? Un livre magnifique dans la lignée des grands auteurs français tel Maurice Genevois.... Quatrième de couverture « C'est une maison merveilleuse, elle a le pouvoir de raccommoder les âmes, de restaurer la paix. » « Jean était l'ami de Théophile. Ce vieux colosse un peu sauvage, un peu sorcier, propriétaire d'un mas isolé dans les montagnes des Cévennes, ne faisait pas l'unanimité au village. L'homme avait ses mystères... qu'il emporte dans sa tombe. Seul héritier du vieil ermite, de ses valeurs et de son mas perdu, jean s'y installe. Il y trouve une lettre à son intention, dans laquelle Théophile lui confie une mission :.....» Je ne recopierai pas, volontairement, toute la quatrième de couverture car, ne l'ayant pas lu avant d'entamer cette lecture, j'ai pu profiter de la construction minutieuse et réussie mise en place par l'auteur, jusqu'au dévoilement du secret de Théophile. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Bâtards du diable

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Bâtards du diable Daniel Cario Presses de la Cité Terres de France 2018 317 pages Thriller terroir historique Chronique 1 décembre 2018 Un mot en début et fin de ce récit terrifiant et monstrueux : "Ténèbres". Un roman d'une beauté terrible, malsaine, un thriller de grande qualité, sombre et cruel en pays breton en 1958, bien que ce point soit ici secondaire. 317 pages seulement magnifiquement rédigées, percutantes dès les premières lignes, frappantes tant les images évoquées sont puissantes et inoubliables. Le postulat d'une rare originalité peut faire penser à "Misery" mais un court moment, car en effet les deux auteurs se ressemblent par leur imaginaire incroyable, leur talent indiscutable, leur exigence, mais chacun est unique. De plus, dans ce roman qui quitte le huis clos dès la deuxième partie, ce n'est pas un écrivain qui est kidnappé mais un personnage dont la fonction symbolique est à la source d'une profondeur d'analyse pour Daniel Cario quant à la foi, le sacerdoce et tout ce qu'il exige des prêtres, et un ressort dramatique exceptionnel pour multiplier les retournements de situation. Silvère se destine donc, vous l'avez compris, à la prêtrise. J'ai découvert cet auteur pourtant incontournable il y a peu, et je m'engage doucement mais sûrement à lire son œuvre généreuse et exceptionnelle en entier. "Ancien professeur de lettres à Lorient, Daniel Cario a publié de nombreux romans nourris de culture traditionnelle bretonne, dont, " Les coiffes rouges" et " La légende du pilhaouer" [chroniqué il y a peu], et les trilogies "Le Sonneur des halles" et " Le Brodeur de la nuit" . C'est aussi un auteur de suspense reconnu avec " Trois femmes en noir", paru aux Presses de la Cité. " Moralité : nul besoin de pondre des pavés indigestes comme d'autres lorsqu'on a autant de talent et d'inspiration. Un exemple à suivre... " Une maison isolée dans une crevasse au fond des bois.... Une femme sans âge, visage impénétrable, vêture sombre, y retient captif un jeune séminariste. Heures, jours, nuits défilent sans repère. Dans une angoisse grandissante, Silvère Lavarec voit sa foi soumise à rude épreuve. Comment cette femme l'a-t-elle conduit jusqu'ici ? Pourquoi le séquestre-telle ? Pourquoi ne parle-t-elle pas ? Dans le plus grand secret, il va alors s'efforcer de reconstituer la vie, le parcours de Blandine de Quincy. Et tenter de sauver son âme... Mais la mission de Silvère, aussi charitable soit-elle, n'est-elle pas risquée ? Certaines vérités ne devraient-elles pas rester enfouies au tréfonds des ténèbres ? " Une maison lugubre, un chêne témoin d'horreurs anciennes, un étang cimetière nimbé de brumes... Tout pour frissonner ! Quatrième de couverture Est-ce le hasard ou le diable qui les a fait se rencontrer ? Pourquoi le jeune séminariste enquête-t-il sur cette femme cachée au fond des bois ? Pour lui pardonner ce qu'elle lui a fait ? Il y a pourtant des vérités qu'il vaut mieux laisser aux ténèbres... La veine noire de Daniel Cario. En 1958. Dans une maison isolée au plus profond de la forêt, une femme tient captif un jeune homme d'une vingtaine d'années. Démence, vengeance... Que lui veut-elle ? Elle va jusqu'à abuser de lui. Après des jours de doutes, d'angoisses et d'émotions troubles, Silvère Lavarec parvient à fuir. Mais comme pour redonner à cette pauvre âme égarée ?qui a contre toute attente réveillé ses sens endormis ? une certaine dignité, le religieux veut reconstituer l'histoire de celle dont il a découvert par hasard l'identité : Blandine de Quincy. Sous le sceau du secret de la confession auprès de ceux qui l'ont connue, Silvère entrevoit peu à peu le chemin qui a conduit cette femme de trente-six ans, bien née, vers la folie, la solitude et l'obsession de la maternité. Car sa vie est une succession de tragédies et de violences... La mission de Silvère, aussi charitable soit-elle, n'est-elle pas risquée ? Car il ne le sait pas encore, mais il est déjà damné.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Maman a tort

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Maman a tort Michel Bussi Presses de la Cité 7 mai 2015 512 pages Thriller divers Chronique 2 mars 2017 1er mars au soir : Petite aiguille sur le 11 grande aiguille sur le 4 : Comme dirait Malone le petit garçon héros de ce livre. Michel Bussi crée encore l'étonnement au dernier moment dans ce récit, cette fois contemporain pour moi, après avoir lu Gravé dans le sable et Les nymphéas noirs. La mémoire enfantine avant trois ans est au centre de l'histoire. L' amour maternel réel, fantasmé ou désiré également. On retrouve la qualité de l'écriture, et aussi le parfum de l'enfance, les doudous, les extraordinaires contes, mode d'emploi pour affronter la vie. Un beau livre, de beaux portraits de femmes. J'ai peut-être moins accroché qu'aux deux premiers titres déjà cités, mais je suis consciente que c'est certainement moi qui étais moins réceptive. Donc à lire pour ses qualités littéraires, les trouvailles de construction, et l'humanisme de l'auteur. Bonne lecture. Quatrième de couverture Rien n'est plus éphémère que la mémoire d'un enfant. Quand Malone, du haut ses trois ans et demi, affirme que sa maman n'est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire le croit. Il est le seul... Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l'aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car déjà les souvenirs de Malone s'effacent. Ils ne tiennent plus qu'à un fil, qu'à des bouts de souvenirs, qu'aux conversations qu'il entretient avec Gouti, sa peluche. Le compte à rebours a commencé. Avant que tout bascule. Que l'engrenage se déclenche. Quel les masques tombent. Qui est Malone ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les nuits de la peur bleue

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les nuits de la peur bleue Eric Fouassier Albin Michel 31 mai 2023 384 pages Polar Historique Chronique 1 juin 2023 Tome 3 de la série « Le Bureau des affaires occultes », consacrée aux enquêtes de Valentin Verne « On est stupéfait des monstres que le microscope trouve dans l'eau la plus claire et dans la conscience la plus limpide. » Victor Hugo Le ciel au-dessus de Paris en ce Printemps 1832 est bien tourmenté ; les nuages s'amoncellent, noirs et menaçants, d'où s'échappent soudain des rais furtifs de lumière. Tout est en clair-obscur, tout est incertain ; la terreur et la paranoïa règnent en maîtresses sur la capitale, proie d'une épidémie terrible de choléra nuançant les visages des mourants en bleu, juste avant le trépas. Nous sommes, dès la première page, plongés dans une moiteur viciée par les relents délétères de la pourriture ayant pris possession des bains flottants Mennetier ; la Seine est devenue fleuve de sang, alors que le soleil disparaît à l'horizon, abandonnant les hommes à l'obscurité et au Mal. La peur bleue, très égalitaire et démocratique, menacent chaque habitant sans distinction de genre, de classe sociale ; une calamité venue des terres lointaines que nul ne sait soigner ou empêcher. Comme s'il n'y avait pas assez de morts, d'horreurs, des meurtres s'enchaînent ainsi que des disparitions. À chaque fois, le choléra est de la partie... Vidocq, à nouveau homme fort de la police, charge l'inspecteur Valentin Verne de l'enquête d'une disparition, celle d'un membre du Comité de Salubrité de Paris. Notre héros, créateur du Bureau des affaires occultes, mêlant les techniques d'investigation classiques à des méthodes scientifiques et de profilage préfigurant la police moderne, a augmenté ses effectifs en engageant sa dame de cœur, Aglaé, ancienne comédienne au tempérament de feu et à la tête bien faite, l'Entourloupe, un petit homme qu'il ne faut surtout pas sous estimer et enfin Tarik, un colosse, anciennement mamelouk dans les troupes napoléoniennes, puis majordome pour notre ami. Une équipe de quatre personnes très surprenante et hétéroclite qui devra être particulièrement vigilante, inventive, courageuse. La partie qui s'engage est d'un niveau jamais égalé jusqu'alors. En y ajoutant François Vidocq, chef de la brigade de sûreté, tout devrait être réglé rapidement, pensent-ils... Le serial killer qui sévit sur une ville déjà bouillonnante de colère, véritable chaudron prêt à exploser, déjoue pourtant avec une facilité confondante tous les pièges tendus par notre fine équipe de plus en plus désespérée. Valentin doute de lui même, de ses talents, de ses aptitudes à comprendre les motivations du criminel afin de mieux l'attraper. Mais cette fois, il est perdu, suit des pistes qui deviennent cul-de-sac, ne réussit pas à se concentrer, toute son attention étant tournée vers son passé d'enfant martyrisé, l'énigme de ses origines véritables et du nom du commanditaire de son enlèvement par le Vicaire, tortionnaire pédophile. Pour Aglaé, la réapparition d'un acteur de sa jeunesse, ne la laisse pas en paix. Elle est terrorisée et s'interroge sur l'avenir que peut avoir son couple, Valentin refusant tout contact charnel. Pourront-ils trouver enfin le moyen d'être complètement ensemble, de se faire confiance ? Le moment est venu pour tous, dans une ambiance de fin du monde, de remiser les traumatismes d'hier, de regarder vers l'avenir. Mais les Nuits de la peur bleue s'éternisent, deviennent plus épaisses, l'air est lourd, il n'y a plus de certitude, ni de frontière claire entre le Bien et le Mal. Valentin et ses comparses plongent dans l'inconnu. Y survivront-ils ? Une troisième enquête sous forme d'épreuve initiatique. Les ombres du Vicaire, de Fouché, des rois disparus, des victimes, se projettent sur les murs, sur la Seine, planent comme des oiseaux de mauvaise augure sur le Bureau des affaires occultes. Eric Fouassier s'inspire ici avec brio et délicatesse de l'épisode tragique de l'épidémie de choléra qui s'abattit sur la France, après avoir touché plusieurs pays européens, au printemps 1832, troublant de similitudes avec les dernières années que nous avons traversées ! Docteur en pharmacie et en droit, passionné de codes et autres énigmes, il s'en donne à cœur joie dans ce nouvel épisode des aventures de Valentin Verne. Les pièces du puzzle se mettent lentement en place que ce soit l'enquête elle-même aux ramifications tortueuses, ou les mystères entourant l'enfance de Valentin et Aglaé. Dans un contexte politique et sociétal tumultueux et instable, risquant leur vie en traquant les suppôts de Satan qui pullulent sur cette terre, face à une épidémie dévastatrice et invaincue, nos cinq policiers sont à la croisée des chemins. Aucun retour en arrière car le passage vers la lumière est étroit. L'auteur nous offre un somptueux roman historique, une magnifique reconstitution, un formidable thriller nerveux au scénario bâti sur des fondations et des connaissances solides, du bel ouvrage ! Félicitations ! Quelle Trilogie ! Quatrième de couverture Printemps 1832. Une épidémie de choléra terrorise la population parisienne. La « peur bleue », comme on l'appelle, provoque des centaines de morts et suscite les plus folles rumeurs. Sinistre hasard : une série de meurtres atroces décime au même moment le quartier pauvre de Saint-Merri. Les victimes sont poignardées avant d'être amputées d'un organe. Qui peut tuer ainsi, prélevant poumon, foie ou rein ? Un maniaque ? Face au risque de panique, l'inspecteur Valentin Verne explore toutes les pistes. Secondé par Aglaé et deux récentes recrues, l'Entourloupe, escroc repenti, et Tafik, ancien mamelouk des armées napoléoniennes, il traque la vérité dans les rues de Paris et ses recoins les plus obscurs. Une nouvelle enquête de l'inspecteur Valentin Verne, le génial créateur du Bureau des affaires occultes, où la science flirte avec le vice et le crime. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Cheptel

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Cheptel Céline Denjean Pocket 9 janvier 2020 944 pages Thriller Polar Chronique 4 janvier 2018 J'ai pris le temps de bien réfléchir, de bien décanter, avant d'écrire ce texte. Délicat, car j'ai aimé ce livre et voudrais vraiment rendre le plus fidèlement compte de mon ressenti sans trahir cette histoire dense, à la construction vertigineuse parfaitement maîtrisée, aux multiples couches et thèmes. J'avais très envie de lire ce nouvel opus après le remarquable " La fille de Kali" . J'avais vu les retours des chroniqueurs ou des lecteurs tous positifs. Je n'ai donc pas lu la quatrième de couverture, une habitude maintenant, car je trouve que souvent il est donné beaucoup trop d'informations, qui nuisent au travail patient et ingénieux de l'écrivain à mettre tout doucement les choses en place, à créer la surprise, à nous faire entrer dans son univers. Céline Denjean est très douée pour cela, plusieurs fois sur toute la longueur du livre, nous sommes retournés comme des crêpes. Elle est passée maîtresse dans ce jeu. Je ne peux que vous conseiller vivement d'entrer directement dans cette fiction, sans la case dos du livre, je vous promets beaucoup plus de plaisir ainsi à vous faire surprendre. Je remercie d'ailleurs ceux dont j'ai lu les posts, qui ont écrit des retours personnels, pas des copiés collés du texte de l'éditeur, sans rien dévoiler tout de suite. Je ne comprends vraiment pas cette tendance à quasiment résumer l'intrigue au lieu de donner envie de la découvrir, de ménager le suspense. Donc je vais être très succincte quant à mon accroche. Plusieurs mois avant le jour J. À 73 ans, Louis Barthes découvre dans les papiers de son père récemment disparu un certificat de décès à son nom, ou celui qui pensait être le sien. Il serait mort bébé. Le destin de ce notaire à la vie si réglée et prévisible change radicalement de cap, il est loin d'imaginer jusqu'où ses recherches vont le mener. À J-1, nous sommes projetés dans un monde cauchemardesque, une rafle en pleine nuit, les boches font une descente sur le domaine où réside toute une communauté très organisée qui applique les mesures d'urgence en tel cas. L'auteure s'adresse directement à la jeune fille de quinze ans, Atrimen, par l'usage du "Tu", qui m'a beaucoup interrogée, et troublée. Serais-je concernée ? Les sentiments, terreurs, croyances aveugles de ce personnage seraient-ils aussi les miens quelque part ? Un bon moyen en tout cas d'accroître mon empathie pour lui. Jour J nous assistons à l'assassinat d'une jeune femme pourchassée par des chiens et plusieurs personnes. Une balle en plein cœur, fini ! Les boches ont encore gagné. Enfin, à J+1 nous rencontrons Mathieu Vicenti et sa collègue gendarme, la gigantesque et sculpturale Agathe Bordes, nouvellement mutée à la SR de Nîmes, sur la scène du crime. Plusieurs détails les font tiquer tous les deux : de son accoutrement à ses blessures, et l'évidence que cet endroit est juste la zone de largage du corps. Voilà tout est en place, un notaire, une jeune fille membre d'un groupe mystérieux, des forces de l'ordre. Nous allons à partir de là les suivre parallèlement jusqu'à ce que tous les chemins se croisent enfin. Nous retrouvons des éléments et personnages principaux de " La fille de Kali" pour notre plus grande joie. Les clins d'oeil, l'humour sont au rendez-vous, et cela est nécessaire dans un contexte si brutal, violent, à la limite du supportable. À nouveau Céline Denjean traitera courageusement et avec pertinence des croyances, de l'embrigadement, du librearbitre, de l'importance de certains faits historiques jusqu'à aujourd'hui, du devoir de mémoire, de la manipulation des consciences et de la pensée, de la force impressionnante des femmes qu'elles soient maléfiques ou justicières, de la mondialisation du crime. Certains diront, je les entends déjà, que cette histoire est peu crédible au XXIeme siècle. Là encore l'auteure anticipe cet argument par la note finale aux lecteurs. Je me demande d'ailleurs si quelque part sur cette planète, une telle chose serait possible. Oui, en sortant de ce thriller, je m'interroge beaucoup sur les sujets abordés, c'est aussi cela l'intérêt de ce roman : la poursuite du questionnement et de la réflexion après le mot fin. Belle réussite littéraire quant au style et à l'écriture qui ne nous laissent aucun répit, véritable tour de force sur 650 pages, un récit solidement bâti sur une documentation précise concernant le fonctionnement des forces de l'ordre, sur la psychologie des criminels, les techniques scientifiques et certains événements historiques. Du bel ouvrage, j'aime les artisans d'art.... Le final ! Que dire ? Plongez dans les rapides, n'ayez pas peur ! Quatrième de couverture Un vieux notaire résolu à percer le secret de sa naissance. Un ado piégé en montagne, un jour de rando. Une jeune femme soumise aux ordres d'une mystérieuse Grande Prêtresse. Entre ces trois êtres si dissemblables en tout, il n'est qu'un seul point commun. Le Cheptel. Intégrée à la cellule TEH d'Interpol – pour Trafic d'Êtres Humains –, l'équipe du capitaine Eloïse Bousquet remonte une piste rouge de sang. Celle d'un monde clandestin où l'homme n'est que bétail – une marchandise, un jouet – à la merci des vices des puissants... Prix de l'Embouchure - 2018 ; Polar du meilleur roman francophone - 2018 Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Six fourmis blanches

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Six fourmis blanches Sandrine Collette Denoël Sueurs Froides 22 janvier 2015 276 pages Divers Chronique 17 juillet 2017 Conseillé par le bibliothécaire de ma médiathèque, je l'ai pris pour ce monsieur espérant que j'arriverai à accrocher à ce thriller en montagne en pleine tempête. Deux éléments qui me font fuir normalement. J'ai eu peur pour rien ; dès le début, je fus happée par cette histoire de dingue, entre Mathias le sacrificateur albanais charismatique entouré de magie et de superstitions ancestrales, et le groupe de six français parti en week-end découverte en montagne, pour un trek intense offert par l'agence de voyage. Nous les suivons grâce au témoignage de Lou jeune architecte paysagiste venue avec Elias son compagnon. Le paysage est écrasant de majesté, leur cordée paraît très fragile menée par le guide Vigan ; malgré la difficulté de cette marche l'humeur est joyeuse mais bientôt le danger se rapproche et le sort frappe le groupe. L'un des leurs meurt. Pour Mathias également, tout tourne au désastre, la fuite éperdue est sa seule échappatoire. Comment les personnages vont-ils tous être mis en présence, comment vont-ils affronter l'indicible, la terreur qui ne les quitte plus ? Quelle est la nature exacte de la menace qui plane sur eux en plus de cette tempête infernale ? Extrêmement bien écrit sans baisse de régime, on s'identifie peu à peu à Lou puis Mathias. Quel livre ! Puissant, surnaturel à certains moments, violent et enivrant comme le vent glacial qui ne cesse jamais, hypnotique comme le chant de la montagne. Quatrième de couverture Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Opéra sérieux

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Opéra sérieux Régine Detambel Actes Sud 4 avril 2012 144 pages Historique Chronique 16 mai 2023 La lecture de ce roman à la beauté venimeuse restera dans ma mémoire de lectrice passionnée de textes singuliers et surtout de chanteuse lyrique soliste depuis près de 25 ans. J'ai été bluffée par les descriptions et analyses de l'auteure quant à cette vocation qui, effectivement, apparaît quelques fois comme une malédiction tant elle tend, particulièrement en début de carrière, à nous isoler du monde normal et nous obliger à une vigilance paranoïaque. Tout tourne autour de la Voix, tout nourrit la Voix, rien d'autre ne compte, nous sommes des cordes vocales sur jambes. Rester pragmatique et sensé est un exercice de haute voltige d'autant plus lorsque les rôles nous habitent et que nous sommes en permanence sur le fil du rasoir entre réalité et fiction, sans plus savoir faire la distinction entre les deux dimensions. Cela tourne à l'obsession. Comme ce livre. L'héroïne est gravement atteinte et semble dès sa naissance maudite.... L'œil de sa mère morte, dont elle vient de s'extraire à l'instant, est fixé sur elle pour l'éternité. Une mère soprano et un père, ténor préféré du compositeur Janáček. Mal partie la gamine. Il sera difficile d'échapper au milieu opératique et au microcosme malsain qui le compose. Une enfant au sourire carnassier, dangereusement ironique et cruel, parfaitement adaptée au décor dans lequel l'enferme son père.... Les morts et disparitions s'accumulent autour d'eux.... Ambiance charnelle, érotique, flirtant avec le fantastique à la Bram Stoker ; nous sommes peu à peu envoûtés, piégés entre les pages de ce thriller terrifiant et obsédant. Érudition accessible, texte sublime, roman hors cadre, très original et dérangeant dans le sens positif où ils brouillent les frontières. À découvrir absolument. Quatrième de couverture Elina Marsch pousse son premier cri en 1926, au soir d'un opéra dans lequel son père, ténor préféré du compositeur Janáček, vient de triompher. Au moment même où la diva, sur scène, chante son ultime note funeste, la mère d'Elina, elle-même soprano, quitte ce monde. L'enfant grandit entre le spectre de la défunte et un père aimant qui collectionne les maîtresses, toutes cantatrices. Bercée par leur chant de sirènes, elle apprendra d'elles l'art de la séduction et tout un répertoire d'airs de folie et de mort, qui entrent en douloureuse résonance avec les démons qui la hantent. Quand éclate la Deuxième Guerre mondiale, père et fille, fuyant les persécutions nazies, se réfugient en Amérique, où règne une liberté de mœurs dont Elina, condamnée à parfaire sa voix miraculeuse au prix d'une discipline de fer, peinera longtemps à faire usage. De retour en Europe, la jeune femme médusera son public en l'égarant par son chant dans la volupté des larmes où elle va elle-même naufrager... Dans ce roman virtuose et d'une magnifique intensité, Régine Detambel accorde son écriture au mystère de la voix humaine éternellement frémissante des pulsions de vie ou de mort dont elle délivre le secret. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le soleil sous la soie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le soleil sous la soie Eric Marchal Anne Carrière Mai 2021 621 pages Historique Chronique 15 juin 2017 Comme l'histoire de France nous est mal enseignée, à peine un paragraphe et encore, dans nos manuels sur le Duché de Lorraine et l'invasion des français sur ses terres sous Louis XIV, roi dit soleil mais qui je l'espère a dû répondre de tous les victimes aux combats, dans toutes ces guerres inutiles qui ont fait de son règne celui de la mort et de la ruine. Le soleil sous la soie, une bien belle image pour le cœur sous la peau. Et celui de Nicolas Deruet, chirurgien ambulant au début de cette histoire épique, romantique et passionnée, bat très vite, quelques fois trop vite, d'abord pour son Art la chirurgie, et pour deux femmes indomptables et dissemblables la matrone ou sage femme Marianne Pajol et Rosa Marquise de Cornelli. La guerre larvée entre médecins et chirurgiens va être à l'origine de sa fuite forcée de Nancy et d'un des plus petits États d'Europe, le duché de Lorraine alors sous occupation française, pour rejoindre les armées de coalition en guerre contre les turcs. Ils laissent derrière lui Marianne sa fiancée, Rosa éprise secrètement, son maître en chirurgie dit le Hérisson blanc et sa femme Jeanne. Ses aventures commencent, et nous l'assistons lors des opérations sur les champs de batailles puis plus tard revenu chez lui à l'hôpital Saint Charles. C'est tout un pan de l'histoire de la chirurgie et de la médecine qui nous est dévoilé mais aussi, et en cela le personnage de Marianne est fabuleux, celui de la gynécologie obstétrique et l'Art des sages femmes. Grande Histoire, destins individuels, de très belles figures de fiction ou réelles, Nicolas, Marianne, Rosa, Azlan, François, Germain, le Duc Léopold et tant d'autres, une solide documentation, font de ce roman historique un très beau récit et une vraie réussite. Parfaitement construit et mené, nous sommes emportés, et j'avoue avoir eu du mal à quitter les lieux et fermer la dernière porte. Quatrième de couverture À l'aube du XVIIIe siècle, un des plus petits États d'Europe, le duché de Lorraine, se relève de l'occupation française, dans l'espoir de connaître une génération de paix. Nicolas Déruet est chirurgien ambulant. Emprisonné à la suite d'une opération durant laquelle le patient est décédé, il est obligé de s'exiler dans les armées de la coalition en guerre contre les Turcs. De retour à Nancy, il développera son art à l'hôpital Saint-Charles et n'aura de cesse de laver son honneur. Des campagnes lorraines aux steppes hongroises, des hôpitaux militaires aux ors des palais royaux, il connaîtra le destin hors norme d'un homme guidé par la passion de la chirurgie et déchiré par le choix impossible entre deux femmes que tout oppose : ll'accoucheuse Marianne Pajot et Rosa, marquise de Cornelli... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Alchimiste de Sant Vicens

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Alchimiste de Sant Vicens Hélène Legrais Calmann-Lévy 9 novembre 2022 432 pages Roman Chronique 9 janvier 2023 Quand la beauté sauve le monde et l'illumine pour révéler en chacun son humanité et sa générosité. Ce roman est une merveille, un baume au cœur, un souffle d'espoir en l'être humain, en demain. L'action se déroule de 1954 à l'été 1965 le jour de l'arrivée très surréaliste et extravagante de Salvador Dali et sa compagne à Perpignan, invité par Firmin Bauby, l'alchimiste, le magicien, à l'origine de l'ouverture du domaine de Sant Vicens, lieu de résidence artistique et de création, en particulier dans l'art délicat de la céramique. Ce roman est un hommage à cette figure légendaire, à ce mécène, à ce visionnaire, qui offrit un espace de liberté, de paix mais aussi de joie et d'effervescence à ces collègues artistes, célèbres ou inconnus. Hélène Legrais ajoute à ce récit bâti sur des faits réels et historiques, des personnages de fiction magnifiques, qui tous vont ressentir les effets de l'installation de cette communauté voisine hors du commun. La fantaisie, l'imagination, la passion, règnent à Sant Vicens quelques fois très bruyamment. Difficile d'ignorer la présence d'un Picasso, d'un Trenet, d'un Jean Lurçat et de tant d'autres... Les couleurs explosent comme les rires car le bonheur est éphémère à l'instar des coquelicots qui apparaissent à la lisière du grillage séparant le paradis des arts de Firmin du jardin du professeur de mathématiques à la retraite, André, et de sa femme, Suzanne. Celle-ci vit dans l'ombre de son omnipotent mari, si pétri de certitudes ; un handicapé du cœur, semble-t-il, au comportement de dictateur misogyne. Tout est gris dans cette maison, pourtant Suzanne réussit à préserver une part de son âme dans son atelier du premier étage où son époux ne met jamais les pieds. Lui préfère son bureau et ses recherches théologiques cherchant à relier religion et science. Cependant, l'arrivée de Firmin Bauby et ses amis, ainsi que la naissance d'une petite fille autiste, vont faire voler en éclats cet univers restreint et libérer les âmes, en rendant aux handicapés de la vie, du cœur, leur aptitude à s'inscrire dans ce monde, à l'embellir. Savez-vous que les fées existent ? Si vous l'ignoriez, la petite Viviane vous montrera le chemin. À nouveau, vous palpiterez de tous les possibles qui s'ouvrent devant vous. À nouveau, les étoiles scintilleront dans vos yeux. J'ai adoré ce roman. À découvrir absolument... Quatrième de couverture Quand la beauté sauve et illumine. Dans les années 50, l’atelier de céramique de Sant Vicens à Perpignan devient un haut lieu de la création artistique. La céramique est en vogue et les plus grands maîtres, tels Jean Lurçat ou Pablo Picasso, y réalisent leurs œuvres, entretenant une atmosphère de fantaisie et de liberté. Cette effervescence n’est pas du goût d’André Escande, vieil atrabilaire cartésien qui a l’art moderne en horreur, et dont les fenêtres donnent sur ce repère de « barbouilleurs ». Sa femme Suzanne, au contraire, est éblouie par l’ambiance de l’atelier. À l’insu de son mari, elle le fréquente assidûment et s’initie même à l’alchimie de la terre et du feu. Alors qu’elle ne sait comment révéler à l’irascible André sa secrète passion, Suzanne va trouver dans une petite fille autiste du voisinage, murée dans le silence et envoûtée par les motifs chatoyants des céramiques, une alliée inattendue… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Scandale Modigliani

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Scandale Modigliani Ken Follett Libra Diffusio 2014 349 pages traduites par Viviane Mikhalkov Historique Chronique 26 mars 2020 Amusant de découvrir un texte de Ken Follett âgé de 27 ans qui ne se passe ni au moyen-âge ni sous l'ère Élisabethaine, mais dans les années fin 1970, époque joyeuse du peace and love, des pattes d'eph, de la transgression des règles de l'establishment. Beaucoup d'humour, d'ironie, de détours de Londres jusqu'en Italie en passant par Paris, une course poursuite et contre la montre entre plusieurs protagonistes à la recherche d'une oeuvre de Modigliani offerte à un homme de Dieu habitant un village paumé italien. Tous ont un intérêt à le retrouver, qui pour l'amour de l'art, qui pour ouvrir sa nouvelle galerie en faisant le buzz, qui pour asseoir sa position d'expert et marchand d'art incontournable. Donc tous les mensonges, croche-pieds, trahisons sont au menu. Ajoutons à cela une actrice célèbre amoureuse de son dealer prise d'une soudaine envie de jouer à la justicière, et un jeune peintre londonien dans une mauvaise passe souhaitant dénoncer l'incompétence et la malhonnêteté de tous ces directeurs de galeries et marchands d'art. C'est une histoire drolissime au vitriol. On suit ce scénario très cinématographique et contemporain, de forme chorale ; tout s'emboîte parfaitement et on referme ce roman du jeune Ken Follett avec le sourire. L'impression d'avoir lu un "Ocean Eleven" des années 70 dans le Londres du monde de l'art. Quatrième de couverture Ils ont entendu parler d'un fabuleux Modigliani perdu et sont prêts à tout pour mettre la main dessus : une jeune étudiante en histoire de l'art dévorée d'ambition, un marchand de tableaux peu scrupuleux et un galeriste en pleine crise financière et conjugale...sans compter quelques faussaires ingénieux et une actrice venant allègrement pimenter une course poursuite échevelée. Qui sortira vainqueur de cette chasse au trésor menée tambour battant de Paris à Rimini en passant par les quartiers huppés de Londres ? Un Ken Follett inédit, enjoué et alerte, qui offre une peinture édifiante du monde de l'art. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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