Trouverez-vous votre bonheur ?
Search this site
Résultats trouvés pour la recherche vide
- Piste noire
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Piste noire Asa Larsson Albin Michel 2 septembre 2015 464 pages traduites par Caroline Berg Thriller polar Chronique 22 janvier 2017 L'engouement pour la littérature nordique avec Jussi Adler Olsen, Johann Theorin. Asa Larsson pour les thrillers, et dans un autre genre Kim Leine ( évidemment j'en oublie beaucoup), hors la qualité d'écriture de chacun et que ces pays du froid sont exotiques et intrigants pour nous, c'est je crois l'authenticité de la pensée, l'existence et la croyance vivace dans les légendes nordiques et anciennes religions, et la permanence des traditions . Inna Wattrang est retrouvée assassinée dans une cabane de pêcheur sur un lac glacé . Le décor est posé . Ainsi dans ce récit Inna,son frère Diddi et Mauri Kallis à la tête d'une multinationale minière, dont elle était la porte parole, forme un trio riche puissant pervers aux blessures mal cicatrisées. Face à eux le trio de Anna Maria Mella tenace, pragmatique et son partenaire Sven-Erik Stalnacke doux, bienveillant, plus âgé, les policiers aidés par Rebecka Martinsson, nouvelle procureur ancienne célèbre avocate. Héroïne détruite et traumatisée à la fin du thriller précédent Le sang versé, elle a été sauvée par les deux policiers. Ces retrouvailles sont donc particulières mais l'enquête va les souder et pourrait permettre la résilience de Rebecka. Enfin en outsider Esther la demie sœur de Mauri, moitié indienne, élevée dans les traditions et croyances de sa famille d'accueil Lapone. Elle est artiste et a le don de vision. Voilà pour les personnages. Les décors sont ceux de la Suède mais aussi de l'Ouganda ou se situe les mines de la société Kallis Mining. Asa Larsson va multiplier les pistes et les coupables potentiels, elle va fragmenter son récit géographiquement mais aussi par des flashbacks de plus en plus courts, pour attiser le feu du suspens jusqu'au final haletant. Les personnages des trois enquêteurs sont particulièrement attachants et humains ce qui contrebalance l'autre trio sombre et malsain. Mais les autres éléments capitaux pour moi c'est la Suède et la Laponi, et la Nature. On comprend que Asa Larsson reçut le prix du meilleur roman policier suédois pour Le sang versé. Une critique pour Albin Michel et le contenu de leur résumé ou texte d'accroche au dos . L'ont-ils lu? Je l'ai mise pour que vous puissiez voir le beau sourire de l'auteure. Bon dimanche à tous. Quatrième de couverture Au nord de la Suède, au bord d'un lac gelé, un pêcheur découvre dans une cabane abandonnée le cadavre torturé d'une femme. La belle Inna Wattrang était la porte-parole de Mauri Kallis, un célèbre industriel à la tête d'une multinationale minière dont l'ascension et la réussite fascinent le pays. Les indices sont minces et les deux inspecteurs de la PJ de Kiruna font appel à l'ex-avocate Rebecka Martinsson, devenue procureur auxiliaire, pour tenter d'élucider les relations troubles qui semblent unir Kallis à son employée. Mais derrière le meurtre d'Inna se profile un univers de mensonges, de haines et de faux-semblants où le Mal se tient à l'affut comme un corbeau noir... Secrets de famille, perversions, argent sale... avec cette nouvelle enquête de Rebecka Martinsson, Asa Larson, prix du Meilleur roman policier suédois pour Le Sang versé, sonne le renouveau du polar scandinave. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Mon corps ma prison
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Mon corps ma prison Hatice Karakuyu avec Serge Herbin City Editions 30 mars 2022 224 pages Autobiographie Chronique 30 mars 2022 « Dans le coma, elle ressentait tout. Un incroyable témoignage. Un hymne à la vie. » « Cette guerre que j'ai menée m'a offert une sorte de pouvoir. Une force qui me permet aujourd'hui de surmonter tous les obstacles. » Un témoignage désarmant tant son autrice est déroutante de franchise presque brusque, ne jouant plus avec les codes de bienséance ou de politesse si tant est qu'elle l'ait fait un jour. Sans pathos, sans empathie non plus vis-à-vis des autres, ne voulant ni de notre pitié ni de notre compassion, elle s'attache avec Serge Herbin, à nous relater les faits, à nous exposer sa situation actuelle et ce que la vente de ce livre pourrait lui permettre de réaliser : le financement de la reprise de ses études supérieures. Le deal est clair. Ses souffrances physiques, psychologiques, émotionnelles sont effleurées, évoquées chirurgicalement, factuellement. En fait cette froideur apparente, cette incapacité à communiquer en utilisant tout le prisme des sentiments, accentue la force du récit, met l'accent sur le dramatisme de cette vie. Hatice Karakuyu n'essaie pas de se faire aimer, ce n'est pas son problème, elle a un but qu'elle poursuit inlassablement. C'est ce qui la caractérise bien avant l'accident de la route, percutée par une voiture, qui la plongera dans le coma. Une forte personnalité en rupture avec son père et les traditions turques, partie loin de Paris pour pouvoir étudier et se forger l'avenir qu'elle ambitionne. Elle se sait intelligente, ses résultats sont là pour le prouver, elle est bosseuse multipliant les petits boulots. Elle est pétrie de littérature, elle ressent le monde en couleur. Chaque teinte a une signification, c'est comme un langage qu'elle maîtrise parfaitement à l'instar de Daniel Tammet, autiste de haut niveau auquel j'ai pensé immédiatement, non seulement par rapport à cette faculté mais aussi par les formulations et le ton de ce texte. Elle y fait référence plus tard. Le rapport à l'autre est donc déjà plus difficile certainement. Hatice Karakuyu est dans son monde et celui-ci lui sera d'un grand secours pendant son coma puis à son réveil. Le parcours du combattant imposé aux accidentés mais également à l'entourage et la famille est d'une violence folle. Hatice est lovée sur elle-même, elle ne reconnaît personne, elle doit tout réapprendre. Elle entend mais elle n'écoute pas, elle voit mais elle ne regarde pas. La douleur des autres, elle ne l'a ressent pas, ce n'est pas une absence d'empathie, ce n'est pas voulu, c'est ainsi. Par honnêteté, par le biais des lettres qu'elle reçoit et nous communique, elle donne la parole à sa famille que l'on sent totalement désarmée, catastrophée. Elle est donc prise en charge dans des structures spécialisées pendant de longues années, son frère est très présent, il devient son tuteur et l'accueille également lorsqu'elle est virée d'une unité de soins parce qu'elle a enfreint le règlement quant à l'interdiction d'avoir une quelconque intimité avec un petit ami. Là aussi la rupture est contée factuellement sans désir de faire pleurer dans les chaumières. Quant à l'accident, on se doute qu'il y a eu un procès, des dommages et intérêts, une condamnation du chauffard qui l'a renversée. L'information est lâchée assez tard et l'on comprend mieux comment le frère a pu faire face matériellement à la prise en charge de Hatice. Malheureusement, cet argent dépensé par le frère curateur, elle n'en voit plus trace et sa colère, qui enfle depuis des années face à l'injustice du destin, trouve là une cible. Il n'est pas le seul avec lequel Hatice rompt tout lien. C'est une jeune femme volontaire, entêtée parfois, perdue entre deux cultures, ne sachant pas où se situer, dans une instabilité émotionnelle et matérielle. Le mot impossible pour elle n'existe pas, elle n'entend que possible. Dans certaines situations, elle a raison de ne pas écouter les médecins, les proches, puisqu'elle réussit à remarcher par exemple, à trouver un travail, un logement seule, ce qui est admirable ; en même temps, ce caractère l'isole, la fait rompre avec des personnes qui ont fait ce qu'elles pouvaient, elles aussi débordées par une situation hallucinante, cauchemardesque. Elle le sait, elle le pressent. Formons le vœu qu'elle puisse retisser certains liens, et mieux communiquer entre autres avec ce fils resté en Turquie. Aujourd'hui, après des tentatives de suicide qui sont autant d'appels à l'aide, elle se trouve à la croisée des chemins et l'administration française tarde à lui donner sa carte d'handicapée, sésame ouvrant bien des portes. Je finis ce texte tout aussi déroutée qu'au début souhaitant avoir compris entre les lignes tout ce qui ne fut pas exprimé et qui pourtant doit peser lourd sur le cœur et l'âme de cette jeune femme. Quatrième de couverture Un soir, Hatice rentre chez elle en scooter sur une route de Savoie. Soudain, la jeune fille de 19 ans est percutée par une voiture. Le choc est tel que son corps est projeté sur la chaussée comme une vulgaire poupée de chiffon. A l'arrivée des secours, la jeune femme est dans un état critique. Elle va rester dans le coma pendant trois longs mois, et les médecins sont persuadés qu'elle ne se réveillera jamais. Pourtant, Hatice est consciente et ressent tout. Sans pouvoir bouger, ni rien dire, elle est enfermée dans son corps. Aujourd’hui, la jeune femme témoigne de ce cauchemar où, prisonnière de son propre corps, elle pensait ne jamais revivre. Elle raconte également sa renaissance et son parcours du combattant pour tout réapprendre. Une incroyable leçon de vie et de courage. Dans le coma, elle ressentait tout. Un incroyable témoignage. Un hymne à la vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le théâtre des Merveilles
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le théâtre des Merveilles Lluis Llach Actes Sud 2019 394 pages traduites par Serge Mestre Historique Chronique 16 novembre 2019 Troisième roman bien nommé, de Lluis Llach, qui fut une célébrité de la chanson pendant une trentaine d'années, puis se consacra à la politique, élu comme député en 2007 au Parlement catalan. Il faut savoir que cet homme de conviction s'est battu pour la culture catalane pendant le franquisme, et se consacre à une fondation au Sénégal aidant la commune de Palmarin. Tout ce qui constitue cet écrivain né en 1948 à Gerone se retrouve dans ce dernier opus : Barcelone, le monde du théâtre et du spectacle, le chant, la musique, la carrière internationale, la lutte politique sous dictature, le Sénégal.... La quatrième de couverture qui en dit trop encore, malheureusement, en résumant une grande partie de ce récit captivant, bouleversant, exceptionnel, patiemment construit et mené par son auteur, touche juste pourtant dans sa dernière strophe : « Vie et mort d'un théâtre, crime passionnel, amours interdites, feu sacré de la vocation, portrait saisissant des années de guerre civile et de dictature, Lluis Llach, avec une légèreté de ton toute nouvelle, met merveilleusement en scène, dans ce troisième roman, les deux combats de sa vie : la liberté et la musique. » C'est le seul roman que j'ai lu, jusqu'à aujourd'hui, totalement juste, impeccable, dans son évocation du chant lyrique, de la technique vocale, du ressenti du chanteur vis-à-vis d'une certaine société qui gravite autour de lui, qui le vampirise, quant à ses interrogations sur sa mission en tant que musicien et interprète, oui ! le seul roman traduisant parfaitement la réalité de cette profession d'artiste lyrique soliste dans le circuit international, qui fut et est encore, la mienne... Et Dieu que cela fait du bien.... Cette grande fresque historique brossant le tableau de Barcelone et plus largement de la Catalogne, à travers le destin d'un théâtre merveilleux, avant, pendant et après le franquisme, vu par le prisme du regard d'un homme, Roger Ventos, devenu un des plus grands barytons dans les années 60/70, est une grande idée. Lui qui voyage partout, souvent absent, pose un regard distancié sur l'Espagne sous Franco et sur la vie des membres de la troupe théâtrale. Il va donc écrire sur les premières années de sa carrière pour son ami et éditeur à Paris, Germain Deschamps, non sous la forme d'une biographie classique, mais sous celle d'un roman intitulé « Le Théâtre des Merveilles », où la magie le dispute à la tragédie des destins intimes de tous ceux qui se croiseront dans ce grand navire, battu par le souffle de l'Histoire. Il raconte ainsi avec une grande pudeur, beaucoup d'humour et de délicatesse tout ce qui fut proscrit, interdit, condamné, par Franco et ses sbires : la liberté de vivre pleinement sa vie, ses amours, sa sexualité, la liberté de créer, d'inventer un monde nouveau, de repousser certaines limites passéistes, de se mélanger à tous les autres peuples, à se frotter à toutes les autres peaux quelques soient la couleur, l'origine, la langue.... Il prône le métissage des coeurs, des influences, des pensées... Il aborde aussi la Musique en son essence la plus pure, celle qui transcende l'interprète, qui fait de lui un simple instrument au service de plus grand que lui. Egalement, ce que j'ai trouvé très drôle et savoureux est le traitement de la question des goûts et préférences de chaque public selon le pays... Un exemple qui m'a évidemment interpellée est celui de l'interprétation des oeuvres de Gabriel Fauré en France, si particulière, aseptisée, intellectuelle, désincarnée.... La souffrance que ce chanteur passionné, intègre, ressent face à la bêtise de certains livrets, rôles, de certaines mises en scène, directions d'orchestre, obligé quelques fois d'aller devant le public à contre cœur, allant chercher au plus profond de lui la flamme qui lui permettra à nouveau de servir la Musique est parfaitement, magnifiquement retranscrite.... Lorsqu'en plus, le contexte politique est celui d'une dictature qui censure tout, qui efface toutes les couleurs et saveurs constituantes de la vie, on est évidemment très admiratifs face à tous ces artistes et techniciens sur scène et en coulisse, qui, sans être forcément célèbres, reconnus, ont continué pendant des décennies à porter le flambeau de l'Art, du mieux qui le pouvaient. Ici, les artistes du Théâtre des Merveilles ne sont pas les meilleurs, les plus capables, les plus doués, mais ils se singularisent par la grandeur de leur cœur, par leur générosité. Celle-ci va s'étendre jusqu'à Roger Ventos, arrivé à seize ans dans ce lieu fantastique qui fut le décor de la jeunesse de sa mère, Mireia, ancienne machiniste, anarchiste condamnée à l'exil, ayant laissé derrière elle un frère Lluis et un grand amour.... Attention, écoutez... Les trois coups sont frappés, le grincement des poulies se fait entendre, le public se tait, les lumières baissent... Lever du rideau.... Place au spectacle ! Le décor, les couloirs d'une prison en 1978... Quatrième de couverture Roger Ventós, le fabuleux baryton que se disputent les plus grandes scènes du monde, voit le jour en 1939 à Sète, fruit de l’étreinte éphémère sur les plages d’Argelès entre un tirailleur sénégalais et une anarchiste espagnole exilée. Pour elle, ex machiniste de théâtre dans l’ardente capitale catalane, s’ouvre une ère de privations et de solitude, à toujours tirer le diable par la queue, mais la musique est là qui va sauver l’enfant. À l’adolescence du garçon, sa mère est frappée par un mal incurable et l’envoie à Barcelone afin qu’il soit élevé par son oncle dans les coulisses du cabaret où elle a elle-même grandi : le Théâtre des merveilles. Entre mécanismes magiques, décors extravagants et danseuses légères, c’est là, parmi les membres bigarrés de la troupe, qu’il se découvrira une famille aimante pour l’aider à cultiver son inestimable don pour le chant ; et c’est de là qu’il partira conquérir le monde. Vie et mort d’un théâtre, crime passionnel, amours interdites, feu sacré de la vocation, portrait saisissant des années de guerre civile et de dictature, Lluís Llach, avec une légèreté de ton toute nouvelle, met merveilleusement en scène, dans ce troisième roman, les deux combats de sa vie : la liberté et la musique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ainsi fleurit le mal
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ainsi fleurit le mal Julia Heaberlin Presses de la Cité 8 septembre 2016 554 pages traduites par Cécile Leclère Thriller Chronique Titre original « Black-Eyed Susans ». Le miroir est brisé et la femme qui s'y regarde y est morcelée, fragmentée. Il fut cassé lorsque Tessie fut retrouvée en 1994 mourante sur un tas d'ossements humains au côté d'un cadavre de jeune fille, dans une fosse emplie de marguerites jaunes aux yeux noirs. Elle ne se souvient de presque rien et devient dans la presse une des Marguerite, la victime rescapée d'un tueur en série. Nous sommes au Texas où la peine de mort est appliquée et donc, elle contribue par son témoignage devant la cours à la condamnation de Terrel Darcy Goodwin, afro américain, coupable parfait dans cet État. Tessa aujourd'hui est une artiste talentueuse et mère célibataire épanouie d'une adolescente Charlie. Évidemment tout n'est pas si simple, les Marguerite lui chuchotent toujours à l'oreille, elle est toujours sur le qui-vive, elle joue parfaitement le jeu social mais Tessie se réveille quelquefois en elle, cette jeune fille en colère, irrespectueuse, transgressive et violente qui joue avec son psychiatre, qui lui ment, qui feint d'avoir perdu la vue plus que nécessaire pour juger de l'honnêteté de son entourage, aidée en cela par sa meilleure amie troublante et dérangeante Lydia. Ainsi glissons-nous entre 1995 où le huis clos des séances avec le psychiatre en charge de la préparer au procès nous permet de découvrir par petites touches la personnalité complexe de Tessie victime certes mais aussi manipulatrice, puis le procès en lui même et le rôle que certains vont y jouer... et aujourd'hui où Tessa découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre. Est elle vraiment libérée de son bourreau depuis 1995 ? Le vrai criminel est-il enfermé et prêt à être exécuté ? Son « Monstre » est-il toujours dehors à la guetter ? Une bénévole Angela Rothschild luttant pour une association contre la peine de mort a relancé le dossier de Terrel, persuadée de son innocence. A son décès, l'avocat William James Hastings accompagné du Dr Joanna Seger médecin légiste viennent informer Tessa de leur volonté d'innocenter celui qu'elle a envoyé en prison. Elle va donc les suivre sur ce chemin vers la vérité, vers son passé et celle qu'elle fut. Elle va affronter les ombres, les monstres et fantômes et tenter d'avoir enfin certaines réponses. Il en va de sa tranquillité d'esprit, de son avenir avec sa fille. Le passage entre les deux époques est très bien maîtrisé dans des chapitres de plus en plus brefs. Les informations nous sont distillées au compte goutte remarquablement, la fin est bien plus effrayante et originale que ce nous pouvions imaginer. Car le talent de l'auteure est de nous faire participer à la mise en abîme de Tessa/ Tessie alternant des scènes normales du quotidien à des moments de stress et de peur intenses. Nous basculons avec l'héroïne essayant de nous raccrocher a une planche glissante pour ne pas nous laisser submergés par la terreur. Notre empathie pour Tessa est au maximum, et comme elle, nous restons en mode contrôle tout le long du récit pour ne pas sombrer. Mais le vertige nous rattrape finalement. C'est un thriller très réussi abordant également le thème central aux Usa de la peine de mort dans certains États, de cette loi du Talion « oeil pour oeil, dent pour dent ». Sans entrer plus dans la controverse l'auteure donne des faits comme la journaliste qu'elle fut. Certains personnages sont directement inspirés de femmes et hommes réels luttant au côté des victimes et des prisonniers dans le couloir de la mort. Voir les notes de fin. Voilà très bonne découverte et lecture en ce qui me concerne Quatrième de couverture J'ai toujours pensé que la mort avait quelque compte à régler avec moi. » À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d'ossements humains et au côté d'un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des 'Marguerite', surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane. Presque vingt ans ont passé. Aujourd'hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix celles des Marguerite qui n'ont pas eu la même chance qu'elle, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale et à échapper à la curiosité malsaine de la presse. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l'assaille... Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La fille dans le rétroviseur
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fille dans le rétroviseur Linwood Barclay Belfond Noir 7 avril 2016 450 pages traduites par Renaud Morin Thriller Chronique 24 juillet 2017 Roman policier classique, la construction est linéaire concernant le récit lui-même avec en parallèle des chapitres intrigants en italique où apparaissent trois personnages mystérieux et inquiétants. C'est au delà de l'enquête menée par Cal Weaver, un livre sur le deuil, celui de parents ayant perdu leur fils unique. Touchant, juste, nous sommes concernés évidemment par le chagrin inconsolable du détective privé et sa femme Donna dont leur enfant Scott s'est semble-t-il suicidé en se jetant dans le vide, drogué sous ecstasy. Depuis lors Cal tombe peu à peu dans un gouffre, son couple se délite chacun muré dans sa douleur. L'identité de la personne qui a donné les cachets mortels à l'adolescent obsède le privé ? Ce livre est son récit. Une nuit où il rentre en voiture, il prend en stop une jeune fille Claire, ancienne camarade de son fils, lui demandant de la ramener chez elle. Prétextant un malaise sur le chemin, ils s'arrêtent dans un restaurant pour qu'elle puisse aller aux toilettes. Ne la voyant pas revenir , il quitte sa voiture et va la chercher mais ne la trouve pas. Il décide de repartir et est surpris de trouver Claire assise côté passager. Au bout de cinq minutes de conduite, passablement énervé par la situation, il se rend compte que ce n'est pas Claire à ses côtés. C'est Hanna une de ses amies, portant une perruque, avec laquelle elle a monté ce stratagème d'échange afin de disparaître. Il dépose Hanna qui appelle un ami. Pour lui l'affaire est close. Le lendemain la police débarque chez Cal et Donna car Claire est déclarée disparue. Elle est la fille du maire de la ville de Griffon, celui-ci en lutte avec le chef de la Police Augie frère de Donna. Cal se sent concerné et responsable et décide de rechercher la fugueuse . L'ambiance est anxiogène dans une cité où les forces de l'ordre ont des méthodes de truand, où les jeunes sont leurs boucs émissaires de choix. Cette quête va mener Cal très loin, bien au delà des limites du supportable. Bon livre donc sorti en France en mars 2016. Quatrième de couverture Des jeunes filles qui se volatilisent, des flics hors-la-loi, une mère qui reproduit sans cesse le portrait de son fils disparu... De fausses pistes en surprenantes découvertes, le créateur de frissons nous livre un nouveau puzzle explosif. État de New York, près de la frontière canadienne, de nos jours. C'est la nuit, il pleut, et Cal Weaver n'a qu'une envie : rentrer chez lui. Mais à un stop, l'ex-flic hésite : Claire Sanders, la fille du maire, cherche désespérément une bonne âme pour la ramener chez elle. Bien sûr, prendre une adolescente en stop n'est jamais très prudent. Les rumeurs vont vite dans les petits patelins. Mais quand cette dernière l'implore en lui disant qu'elle était amie avec Scott, son fils décédé tragiquement quelques semaines plus tôt, Cal craque. Quel mal y a-t-il à aider cette gamine ? Quelques kilomètres plus loin, Claire est malade et Cal s'arrête dans un bar. Dix minutes plus tard, la jeune fille qui s'installe dans la voiture n'est pas Claire Sanders... Où est-elle ? Que fuit-elle ? Dans quel piège Cal vient-il de se fourrer ? Des jeunes filles qui se volatilisent, un homme enfermé dans une cave depuis des années, des flics aux méthodes de ripoux et une femme qui reproduit sans cesse le portrait de son fils disparu... Pièce angulaire d'un puzzle aussi meurtrier que machiavélique, Cal Weaver va devoir jouer serrer pour sortir vivant de ce panier de crabes, et tenter de découvrir la vérité sur Claire, mais aussi sur la mort de son fils. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Au scalpel T4
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Au scalpel T4 Sam Millar Seuil Policiers 6 avril 2017 288 pages traduites par Patrick Raynal Thriller Biographie Chronique 14 juillet 2017 Récit court, condensé dans sa noirceur, efficace comme un coup rapide de scalpel. Quelques fois lorsqu'une partie de vous pourrit, mieux vaut la sectionner rapidement pour cicatriser, et reprendre le cours de sa vie différemment. Ce thriller aurait aussi bien pu s'appeler boomerang, ou Écho des horreurs du passé qui vous laissent pantelant au réveil des cauchemars. Mais pour Karl Kane ce ne sera plus seulement un mauvais rêve mais une réalité à affronter, incontournable. Le diable sait quand vous ne pouvez plus vivre dans le déni, quand vous allez devoir remettre l'armure de l'enfance. Peut-être que ces rendez-vous avec le destin sont aussi nécessaires afin de ne pas continuer à respirer par à coups mais pleinement ? Ainsi notre privé de Belfast reçoit la mission d'expliquer l'incendie qui a ravagé une maison avec quatre membres d'une même famille, père mère et leurs deux fillettes, par les parents du couple brûlé vif. La cause accidentelle ne convainc pas ces grands parents, le deuil est impossible. Karl va donc commencer son enquête pour leur apporter la paix qu'il ne trouve pas lui-même, heureusement soutenu par sa fidèle compagne Noémie. Au même moment, nous faisons la connaissance dans une autre partie de la ville de Tara, dangereuse et impitoyable Tara, une victime psychopathe en puissance. La jeune fille et Karl, chacun à sa façon, vont chercher le chemin de la rédemption, proies tous deux de la même ombre diabolique. Heureusement des moments de pauses lumineuses nous sont offerts lors de dialogues coquins, truculents et ironiques qui font aussi de cette série des enquêtes de Karl Kane un rendez-vous qu'on attend avec impatience. Clair-obscur dramatique ou léger comme la vie. A lire évidemment, je présage d'un tournant dans cette série. Quatrième de couverture Karl Kane, l'irréductible privé de Belfast, est confronté à Walter Arnold, l'homme qui a brutalement assassiné sa mère sous ses yeux, quand il était enfant, avant de le laisser pour mort à côté du cadavre. Quand une très jeune fille disparaît après l'incendie suspect de la maison familiale, Kane le soupçonne aussitôt. De fait, Arnold, inexplicablement libéré après de nombreuses années en prison, séquestre l'adolescente ainsi que Tara, une proie moins innocente qu'il y paraît : elle s'est échappée de Blackmoore, une institution pour jeunes personnes " à problèmes ", après avoir trucidé l'aumônier, un vrai porc, avec des aiguilles à tricoter (viser les yeux !). Walter Arnold travaille à la terreur, au scalpel et à la violence démente. L'ultime combat entre les deux hommes se révélera sauvage et impitoyable. Sans concession mais éclairé par un humour grinçant, Au scalpel est le plus noir et le meilleur roman de la série. Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique, puis aux États-Unis comme droit-commun. Gracié par le président Clinton, il est rentré au pays et devenu écrivain. Son récit autobiographique On the Brinks a marqué les esprits. Toujours basé à Belfast, il travaille à un récit de hold-up... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un sale hiver T3
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un sale hiver T3 Sam Millar Seuil Policiers 7 avril 2016 288 pages traduites par Patrick Raynal Thriller Biographie Chronique 4 mai 2017 Troisième tome de la série consacrée au détective Karl Kane. Belfast en plein hiver sous la neige. Karl, tôt le matin descend chercher le lait sur son seuil de porte et qu'y trouve-t'il ? une main coupée. C'est la deuxième en quelques semaines en ville. Un homme d'affaire propose une récompense de 20 000 £ pour toute information permettant de résoudre l'affaire, ce qui va évidemment séduire notre ami toujours en mal de finance. Au même moment une jeune femme Jemma Doyle se présente à son agence pour demander au détective de retrouver son oncle disparu, car son père est mourant. Bien que Naomi secrétaire et amante-tigresse de Karl se méfie de cette nouvelle cliente, il se lance dans cette double enquête. Entre Charles Dickens pour certaines scènes décrivant la misère régnant dans des quartiers de Belfast ou la ville de Ballymena, et Quentin Tarentino pour la rapidité de l'action et les plans séquences très découpés, sans parler de l'humour acide et décoiffant tant dans les dialogues que dans la formulation, j'ai encore plus apprécié ce thriller nerveux, sanglant, jusqu'auboutiste. Car nous sommes emmenés jusqu'à la dernière page par un auteur inspiré qui multiplie les surprises, clins d'oeil et retournements de situations. Heureusement notre héros tout en autodérision et causticité, garde une ligne de conduite et un code moral jusqu'au bout de cet enfer. Merci monsieur Millar pour ce troisième opus plus détonnant et original encore. Quatrième de couverture Il neige dru sur Belfast lorsque, tôt le matin, Karl Kane, allant chercher le lait devant sa porte, y trouve aussi une main sectionnée. La deuxième à se matérialiser dans la ville en quelques semaines. Que signifient ces macabres cartes de visite ? Attiré par la récompense substantielle qu'offre un homme d'affaires inquiet pour la réputation de la ville, Kane enquête. Un caïd local, brute impitoyable qui contrôle la drogue et la prostitution, retient son attention. De bars crapoteux, où des clients à la sexualité incertaine n'hésitent pas à sortir leur couteau, en bordels lamentables, Kane aborde une nouvelle descente en enfer. Son humour caustique et son code moral inaltérable ne seront pas de trop pour affronter l'épreuve. Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique, et aux États-Unis comme droit-commun. Gracié, il rentre au pays et écrit : deux romans noirs, un récit autobiographique (On the Brinks), puis la série Karl Kane : Les Chiens de Belfast, Le Cannibale de Crumlin Road et, aujourd'hui, Un sale hiver, tous publiés au Seuil. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le prieuré de Crest
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le prieuré de Crest Sandrine Destombes Hugo Thriller 2019 348 pages Thriller Chronique 23 juin 2019 « Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n'avez pas brûler ! » Spectacle de Christine Delmotte, Avignon Off 2018. Un thème très contemporain traité dans l'excellent essai " Sorcières" de Mona Chollet , dans les thrillers policiers " Le dernier Hyver" de Fabrice Papillon ou " Le complot" de Nicolas Beuglet, le premier étant aussi un formidable roman historique. Ici également, nous voici face à des évènements tragiques, disparition, meurtres violents, tous liés à une communauté de femmes et une petite fille Léa, qui répétera plusieurs fois 66B à Benoît, le gendarme qui arrêtera la voiture où elle se trouve à l'avant. La conductrice semble avoir des problèmes pour rouler correctement, et interrogée, elle devient de plus en plus nerveuse. Elle dit être la mère de la fillette, celle-ci le nie.... Paniquée, la mystérieuse femme décide de fuir, poursuivie évidemment par Benoît mais le drame survient, la sortie de route, la mort pour l'adulte et la gamine dans le coma. L'affaire est lancée, compte tenu de son importance le Pôle judiciaire est dépêché sur place d'autant plus qu'un autre cadavre est découvert presque tout de suite. Malgré cette tragédie Benoît y voit enfin sa chance professionnelle. Il va être à bonne école grâce à ses nouveaux collègues.... Le jeune gendarme a également une raison personnelle de vouloir résoudre ces affaires qui semblent être liées.... Un bon livre, bien mené et écrit, à mon avis qui est évidemment que le mien, de très bonne facture classique.. Quatrième de couverture « Madame, je vais vous demander de sortir du véhicule, s'il vous plaît. » Le sous-lieutenant Benoît se remémorera longtemps cette scène. Aurait-il agi différemment s'il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ? Une enfant tourmentée. Une mère recherchée. Une conductrice dans le fossé. Un cadavre aux yeux énuclées. Telle une comptine macabre, son rapport sonne le glas des jours heureux pour la ville de Crest et la fin de la tranquillité pour les habitantes du prieuré, où l'intrigante Joséphine règne sur ses protégées. Et lorsque les experts du Pôle judiciaire débarquent dans la Drôme, Benoît comprend que la mort aussi s'est invitée à Crest, et qu'elle semble s'y plaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les cicatrices
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les cicatrices Claire Favan Harper Collins Noir 4 mars 2020 368 pages Thriller Chronique 4 mars 2020 Claire Favan a dit : « J'ai bâti mon histoire sur cette farouche volonté de bousculer le lecteur.... », « Pour moi, épargner le lecteur, ce serait reculer. Il doit être embarqué dans l'histoire et ne pas en revenir sauf...» C'est parfaitement réussi. Mission accomplie. J'ai aimé « Le tueur intime » et « Le tueur de l'ombre » ainsi que « Serre-moi fort »... J'aime l'écriture, l'intelligence, le sadisme, le jusqu'au-boutisme de Claire Favan, ses scenarii implacables, sa violence maîtrisée, sa capacité à manipuler le Mal avec précaution et mesure. Je ne peux pas dire cette fois que j'aime « Les Cicatrices », cela me semblerait bien mièvre, tiède, pas au niveau de ce thriller. Je me sens groggy en l'ayant fini hier soir, comme je l'ai été pendant tout ce weekend cauchemardesque, où un nom qu'on ne doit pourtant pas prononcer, l'a été implacablement, continuellement. Je me suis sentie le lundi matin comme après une mauvaise cuite, comme rouée de coups, salie... Concours de circonstances ou hasard : une rencontre très particulière hier après-midi pendant laquelle le sujet de la violence faite aux femmes a été évoqué, et ce livre que je découvrais en état second, comme détachée de moi, en mode survie. C'est justement de survie qu'il est question principalement dans ce roman si diablement efficace, juste, violent à bon escient, sans surcharge. Une plongée dans la psyché du violeur et tueur en série Twice, dans celle des victimes de cet être monstrueux et enfin dans l'esprit d'un homme, Owen Maker, pris dans l'œil du cyclone : en effet son ADN correspond à celui du criminel recherché depuis des dizaines d'années. Rien ne colle dans cette histoire : son profil, ses alibis quand des femmes disparaissent à nouveau... Rien de rien.... Quelqu'un veut-il le piéger ? Pourquoi ? Tout le monde patauge allègrement : Dwain et sa coéquipière Carol ainsi que l'agent du FBI en charge de ce dossier depuis le commencement. Pendant les 368 pages de ce polar ténébreux, déstabilisant, nous échafaudons toutes sortes d'explications jusqu'au prochain retournement de situation, jusqu'au prochain piège sadiquement placé par l'auteure. On ressent la joie, la jubilation de Claire Favan à jouer avec nos petites cellules grises, nos émotions, notre tension artérielle.... Sacrément dangereuse, car nous sommes bien loin des livres trashs pour faire le buzz. Non, ici, tout est d'une grande subtilité, d'une indéniable intelligence. Rien, absolument rien n'est gratuit. Chaque ingrédient est savamment pesé, chaque épice forte est contrebalancée par une dose de douceur, de tranquillité, pour immédiatement relancer la cuisson. Les Cicatrices des personnages de cette fiction sont remises inlassablement à vif par Claire Favan... Son empathie, son travail de recherche, son expérience, son authenticité, son immense talent, son épanouissement personnel, son courage, ses doutes et remises en question, font de son thriller un très grand livre de la littérature noire et la consacre définitivement à mes yeux comme une des meilleures. Je ne saurais donc que vous enjoindre à sauter le pas, à vous rendre à Centralia, petite ville de l'État de Washington, sur les pas d'Owen et des ombres qui le poursuivent. Quatrième de couverture Centralia, État de Washington. La vie d'Owen Maker est une pénitence. Pour s'acheter la paix, il a renoncé à toute tentative de rébellion. En attendant le moment où il pourra se réinventer, cet homme pour ainsi dire ordinaire partage avec son ancienne compagne une maison divisée en deux. Il est l'ex patient, le gendre idéal, le vendeur préféré de son beau-père qui lui a créé un poste sur mesure. Un type docile. Enfin, presque. Car, si Owen a renoncé à toute vie sociale, il résiste sur un point : ni le chantage au suicide de Sally ni les scènes qu'elle lui inflige quotidiennement et qui le désignent comme bourreau aux yeux des autres ne le feront revenir sur sa décision de se séparer d'elle. Mais, alors qu'une éclaircie venait d'illuminer son existence, Owen est vite ramené à sa juste place. Son ADN a été prélevé sur la scène de crime d'un tueur qui sévit en toute impunité dans la région, et ce depuis des années. La police et le FBI sont sur son dos. L'enfer qu'était son quotidien n'est rien à côté de la tempête qu'il s'apprête à affronter. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Apothicaire
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Apothicaire Henri Loevenbruck Flammarion 13 novembre 2012 608 pages Divers Chronique 11 mars 2017 Adoncques j'ai fini L'Apothicaire de Henri Loevenbruck hier soir. La mémoire est très curieuse, j'ai été irrésistiblement attirée par ce roman, le cherchant dans les bibliothèques sauf que je l'avais déjà lu ! Tout me revenait au fur et à mesure. Ayant souffert d'une amnésie de 25 ans, ce nouvel oubli était un peu déstabilisant, comme pour le héros central de ce récit, l'Apothicaire Andréas Saint-Loup. Il découvre le 11 janvier 1313 une pièce dans sa maison dont il avait oublié l'existence, un tableau dont un personnage est effacé. Lui le scientifique un peu pédant et caustique ne comprend pas, et cela lui est insupportable. Nous sommes aux temps où voici un an Les Templiers ont été massacrés sur ordre de Philippe Le Bel aidé par l'inquisition, un temps où toute avancée scientifique, toute interrogation sur les textes sacrés est sacrilège et vous condamne comme hérétique au bûcher. Un temps où peu de possibilités étaient offertes aux femmes pour peu qu'elles aient de l'ambition. Un temps où pour remplir les caisses du Trésor royale on pille les juifs de France, on vole les biens des Templiers, tout est bon pour que les puissants rois, l'Église basée en Avignon s'enrichissent. Deux poids, deux mesures. Une france de privilège et une France d'en bas, que l'on découvre dans la rue Saint Denis où se situe l'apothicairerie de Andréas, mais aussi la maison des fillettes ou tapineuses, au vocabulaire truculent et imagé avec en tête la belle et courageuse Magdala ; ainsi allons nous suivre le parcours initiatique de Andréas suivi par son nouvel apprenti Robin Messenier et Magdala mais aussi de Aalis Nouet. Les uns partent de Paris en suivant le chemin de Compostelle, l'autre de Béziers. Tous sont poursuivis pour des crimes présumés ou réels et ce bel ensemble se formera à Bayonne pour poursuivre ce long voyage intérieur et épique jusqu'à Pampelune, St Jacques de Compostelle, le monastère sainte Catherine du Mont Sinaï.....on retrouve les accents gourmands de la langue comme chez Rabelais, on lit un conte, une légende en quête d'un objet sacré comme à la recherche du saint Graal. On découvre les villes, les campagnes, les paysages du XIVème siècle, on redécouvre l'immense érudition des gens de lettres ou de science, on se rappelle que le Moyen Âge n'est pas un temps obscure mais de lumières, de cosmopolitisme, de voyages aux confins des terres. Très beau livre, le 13eme de l'auteur, qu'il a porté en lui longtemps et lui a demandé beaucoup de recherches et de documentations. Une réussite que je conseille absolument.... Quatrième de couverture « Il vécut à Paris en l'an 1313 un homme qui allait du nom d'Andreas Saint-Loup, mais que d'aucuns appelaient l'Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes... » Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu'il avait oubliée... Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L'Apothicaire, poursuivi par d'obscurs ennemis, accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel et l'Inquisiteur de France, décide de partir jusqu'au mont Sinaï. Entre conte philosophique et suspense ésotérique, L'Apothicaire est une plongée vertigineuse dans les mystères du Moyen Âge et les tréfonds de l'âme humaine. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Dompteur d'anges
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dompteur d'anges Claire Favan Robert Laffont 16 février 2017 432 pages Thriller Chronique 17 avril 2017 Mon premier livre de Claire Favan, je sais c'est incroyable, voir impardonnable, me sachant accro aux thrillers ; ce ne sera pas mon dernier. Collection la Bête Noire. J'étais très surprise des retours si contrastés sur les réseaux, ou noirs ou blancs, et c'était pour moi bon signe quand un auteur provoque autant de réactions. J'ai aimé et lu très vite ce très bon thriller, à mes yeux, bien construit, d'abord axé sur Max puis sur Cameron, changement de « héros » étonnant et très intéressant ; j'aime le style direct, dépouillé de fioriture, rapide, efficace, les chapitres courts, les événements qui s'enchaînent vite et bien, tout est parfaitement maîtrisé, huilé, cinématographique, avec un très bon plan de découpes du récit. Le début part de l'incarcération de Max jeune homme gentil, sans histoire, un peu taiseux, dans une prison où il va subir les pires violences car jugé et condamné pour viol sur mineur et meurtre du gamin. Entré dans ce cauchemar comme un agneau, après que le véritable coupable soit découvert, il va en sortir, loup dangereux, ivre de vengeance, et utilisant malhonnêtement les connaissances qu'il a accumulées pendant sa peine dans les livres, pour justifier intellectuellement et presque politiquement un passage à l'acte impardonnable. Pour atteindre ses anciens bourreaux, il va enlever leurs enfants et en faire des machines de destruction, armes de sa fureur, de sa guerre. Je vous laisse découvrir le destin de chacun, et celui de Cameron en particulier, personnage très ambivalent, qui ne pourra que vous stupéfier. Peut-être que de s'attaquer à l'innocence indubitable des enfants est perçu comme le non respect d'un tabou, et explique des retours de lecture aussi brutaux et négatifs. (Lire « Je sais pas » de Barbara Abel , juste un conseil ). Pour ma part, la question des enfants soldats en Afrique, et ailleurs, m'a souvent traversé l'esprit à cette lecture. Peuvent-ils être sauvés quand on les a embrigadés à commettre le mal absolu ? Y a t'il un retour à la normale possible pour ces sacrifiés ? Merci Claire Favan pour ces quelques heures dans votre univers. Quatrième de couverture On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur... Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là même censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout. Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- A bout de nerfs
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires A bout de nerfs James Barnaby De Borée Marge Noire 10 octobre 2019 408 pages Thriller Chronique 19 octobre 2019 Un roman dangereux pour le sommeil.... " Trop n'est jamais assez." Réplique dans Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese... J'ai posté sur ma page une Interview de cet auteur qui explique qu'écrire sous pseudonyme lui permet de repartir de zéro, de se réinitialiser... Lui offrant une plus grande liberté de création..; ses mots exacts sont "Écrire sous pseudo est une forme de virginité littéraire." Un excellent thriller fabuleusement construit, écrit, où l'auteur a toujours une longueur d'avance, nous épuisant à force de retournements et de révélations. On retrouve avec plaisir le personnage de l'agent spécial du FBI, Joseph Sleuth, déjà croisé dans le précédent roman, très loin de l'image d'Épinal des hommes en noir. Cette fois-ci, c'est sa nièce de 25 ans, Angelica, fille au pair à Londres, qu'il va devoir aider. Celle-ci est mêlée, bien malgré elle, à une tragédie familiale, un carnage, puis comble de malchance, après avoir répondu à une petite annonce miraculeuse lui permettant de fuir la capitale anglaise, à un rapt d'enfants en Ecosse. Les enquêteurs vont la harceler, l'accuser... Elle n'a plus le choix, elle doit appeler à la rescousse son oncle Joseph. Celui-ci est à ce moment précis sur une enquête internationale concernant une fraude informatique à grande échelle liée aux options binaires, ayant des ramifications jusqu'à Tel Aviv ; un trafic organisé par la société TradeOption, l'amenant à collaborer avec Zoharit Chimrit, agent du LAHAV 433, FBI israélien. J'avais énormément aimé l'opus précédent, me restant en mémoire de par son originalité, ses surprises et la références aux contes de fées et dessins animés de Walt Disney... À nouveau, je suis bluffée par ce thriller politico-financier, de Tel Aviv à Londres jusqu'à un château en Ecosse. Un récit solidement construit sur une documentation dense... Quand la réalité dépasse la fiction... L'auteur s'est inspiré de l'histoire amusante d'une annonce passée le 29 mai 2017 de proposition de travail de nounou, rémunéré très généreusement en raison du fait que la demeure des futurs employeurs était soit disant hantée... À partir de là, tout pouvait être imaginé, déformé, développé... Par exemple, mettre à l'origine de toute l'histoire incroyable qui va nous être racontée, l'affaire scandaleuse du trafic financier frauduleux des options binaires concentré en Israël, qui fut au centre d'une série d'articles du magazine The Times of Israël intitulée " Les loups de Tel Aviv" en référence certainement au film de Martin Scorsese " Le Loup de Wall Street". De plus, le fait absolument hallucinant que l'Écosse est devenue, malgré elle, un paradis fiscal pour toutes ces sociétés véreuses, apporte le troisième élément au plan de l'écrivain pour concocter un récit bien tordu, passionnant, terrifiant, se basant sur une réalité inacceptable. Car évidemment, des milliers de vies ont été sacrifiées sur l'autel du profit facile, du toujours plus de fric, plus de pouvoir. Un livre divertissement qui dénonce aussi un système corrompu, une dérive mondiale de l'ultralibéralisme et de la finance. L'argent est virtuel, les dettes également, mais à un moment le fictif devient réalité, et le couperet tombe sur les têtes de tous ceux qui ont cru au profit rapide, presque magique... À nouveau, James Barnaby a choisi de nous piéger dans un conte de fées tournant au cauchemar. Je vous rassure, les explications quant aux montages financiers, aux fraudes, sont d'une grande clarté, vous ne serez pas perdus. Formidable thriller ... Quatrième de couverture Après un terrible drame, Angelica, une jeune nurse américaine est embauchée dans un château écossais grâce à son ami Jim. Tous les deux sont reçus par un couple excentrique et leurs deux enfants. Pendant un violent orage, la demeure se retrouve plongé dans l'obscurité. Quand la lumière revient, Jim et les deux enfants ont disparu. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le mangeur d'âmes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le mangeur d'âmes Alexis Laipsker Pocket 10 février 2022 362 pages Thriller Chronique 9 février 2023 « Car le salaire du péché, c'est la mort. » Romains, VI, 23 « Il n'a pas crié. Ils ne crient jamais. Ils ne se débattent pas non plus. La stupéfaction et la terreur les paralysent trop pour qu'ils puissent réagir et encore moins se défendre. Vous voulez rire ? Ce sont eux qui se sentent coupables. Ils ont peur d'avoir fait quelque chose de mal ! C'est pas dingue, ça ? Mais la vérité, la voici : il n'y a rien de plus simple que d'enlever un enfant. » Vous voilà accueillis comme il se doit par le maître des ténèbres en personne ; il rôde dans l'obscurité, il guette vos fils, il se les octroie comme des gourmandises, il dévore leurs esprits, le vôtre... Il est le trou noir, le gouffre, le néant.. il a bien des noms dans ce pays de superstitions, de magie noire, de brouillard glacé : « Il y a eu de nombreux cas de sorcellerie dans la région, et dans cette ville en particulier. » « Décidément, le diable vous poursuit ! » « La gouve est vide ! » « Satan, le Malin, Belzébuth, l'Adversaire, Lucifer...le diable a bien des noms. » « Vous oubliez l'un des frères. Son âme à lui appartient au diable. » « Le Mangeur d'âmes... » « .. c'est lui qui tue les gens. » Sur une scène de crime des plus sanglantes, un chalet de montagne, première rencontre du commandant de police Elisabeth Guardiano et de l'enquêteur de l'OCDIP, l'Office central chargé des disparitions inquiétantes de personnes, Franck De Rolan. Ce singulier tandem, contre toute attente, se lance à la poursuite d'une ombre s'insinuant mystérieusement dans la pensée de ses proies, dans celles de ceux qui la chassent, empuantissant l'atmosphère de sa présence pestilentielle. La mise en scène est étudiée, l'effet saisissant, l'incompréhension totale. Ses victimes semblent s'entretuer ou se suicider... Est-ce un être humain ou une entité qui frappe ? L'enfant retrouvé dans la cave du chalet évoque le " Mangeur d'âmes... " Frissons... Franck recherche d'autres jeunes garçons enlevés dans la région : Anthony 9 ans, Lucas 8 ans, Leandro 10 ans ! S'il existe un lien entre ces kidnappings et ces tueries, nos partenaires le trouveront mais ils risquent de se perdre : leurs propres enfers intimes menacent de les engloutir. Tout est possible dans ce pays ensorcelé, maudit. La vérité pourrait être bien pire que tout ce qu'ils imaginent. Excellentissime deuxième opus de Alexis Laipsker après la réussite de " Et avec votre esprit " ! La beauté de l'écriture, sa fluidité, accentue le sentiment de danger, d'inéluctabilité, de bestialité de l'humanité sous une douceur apparente. Je poursuis mon parcours Laipskerien, je dois être masochiste ou envoûtée, avec « Les Poupées ». Question : Alexis Laipsker ne serait-il pas, lui aussi, un sorcier jouant avec nous comme avec des poupées vaudous ? Quatrième de couverture Dans l'horreur, la réalité peut dépasser la légende. « Il n'a pas crié. Ils ne crient jamais. » Certains secrets, pourtant bien gardés, s'avèrent parfois trop lourds à porter... Quand des disparitions d'enfants et des meurtres sanglants se multiplient dans un petit village de montagne sans histoire, une vieille légende nimbée de soufre ressurgit... Diligentés par leurs services respectifs, le commandant Guardiano et le capitaine de gendarmerie De Rolan sont contraints d'unir leurs forces pour découvrir la vérité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La fille aux papillons
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fille aux papillons Rene Denfeld Payot & Rivages 1er avril 2020 288 pages traduites par Pierre Bondil Thriller Chronique 3 septembre 2021 Titre original « The Butterfly Girl », éditée en version française chez Payot & Rivages, en 2020. VDP a la particularité d'acheter les droits des romans dès leur parution afin que son lectorat ne soit pas lésé et ne doive attendre pour découvrir comme tout le monde les nouveautés littéraires. Lecture du début de ce roman enregistrée en vidéo sur Eva Impressions littéraires et Eva Résonances littéraires : Trois parties : la Chenille, la chrysalide, le papillon. The Chariot by Emily Dickinson « Because I could not stop for Death He kindly stopped for me The carriage held but just ourselves And Immortality We slowly drove, he knew no haste And I had put away My labor, and my leisure too For his civility We passed the school where children played Their lessons scarcely done We passed the fields of gazing grain We passed the setting sun We paused before a house that seemed A swelling of the ground The roof was scarcely visible The cornice but a mound Since then 't is centuries; but each Feels shorter than the day I first surmised the horses' heads Were toward eternity. » Ce poème mis en musique par Aaron Copland n'a cessé de tourner dans ma tête tout au long de la lecture de ce thriller où planent des papillons tutélaires, comme dans l'univers de la poétesse, ce que partage également l'une des héroïnes de ce récit crépusculaire, la petite Celia. Elle en voit partout autour d'elle, en aura autour des personnes qui l'approchent si tant est qu'elles soient bienveillantes ou aient besoin d'être protégées. Un autre attelage passe en arrière plan dès les premières lignes de ce récit : « Swing low, sweet chariot », negro spiritual dans lequel « le chariot, que va alourdir le vivant ou le corps du défunt, l'emportera vers son lieu de naissance ( sur les bords du Mississippi ou en Afrique) ou vers le paradis. » « Swing low, sweet chariot, Coming for to carry me home If you get there before I do, Tell all my friends I'm coming too. » Un chant que Naomi, aujourd'hui enquêtrice privée à la recherche d'enfants disparus, répétait à sa petite sœur alors qu'elles étaient séquestrées dans une cave. Naomi a réussi à s'échapper mais sa cadette non, et depuis elle la cherche, portant le poids insupportable d'une immense culpabilité. Mais aujourd'hui, avec l'aide de son époux, Jerome, rencontré enfant dans la famille d'accueil après sa fuite éperdue, elle a décidé de rechercher cette sœur. Elle ne réussit plus à avancer, à construire ; clore positivement des enquêtes pour d'autres familles ne lui suffit plus. Oregon, Portland, des cadavres de jeunes filles sont retrouvés dans la rivière putride... Cela résonne dans le cœur et l'inconscient de Naomi. Sa rencontre avec Celia, gamine des rues protégée par deux autres gosses perdus, Rich et La Défonce, est d'une importance capitale même si elle refuse d'en reconnaître les signes. Celia est un peu Naomi jeune, elles se croisent, échangent des mots, des bribes de phrases, incapables l'une comme l'autre de se découvrir. Toutes les deux ont vécu l'indicible, toutes les deux sont revenues de l'enfer même si leur esprit y est encore. Pourquoi ? Parce que l'une comme l'autre y on laissé une petite sœur en danger. Très bien mené et rédigé, acéré comme un scalpel ou onirique, oscillant entre réalité brute et échappée dans le rêve, ce récit peu à peu nous dévoile le passé des deux protagonistes. Le danger se rapproche, inexorablement, la bête est toujours là, à guetter.... l'urgence est à son comble et nos battements de cœur à l'instar des battements d'ailes des papillons - anges gardiens de Celia, s'accélèrent jusqu'à La scène : nous y sommes piégés comme pris dans les effets d'un stroboscope. Une fiction basée sur une réalité monstrueuse et cruelle où les couleurs chatoyantes des ailes de papillons apportent espoir et consolation aux âmes de toutes les victimes brisées par des pédocriminels incestueux ou non. Un roman qui réussit à créer la beauté, à faire passer la lumière, avec engagement, empathie et délicatesse. Quatrième de couverture Naomi, enquêtrice spécialisée dans la recherche d’enfants disparus, se lance sur les traces de sa propre sœur évanouie il y a fort longtemps. Elle n’a presqu’aucun souvenir de sa cadette. Son enquête la conduit à Portland, en Oregon, où des enfants sans abri errent dans les rues comme des fantômes, en quête d’argent, de nourriture et de camaraderie. Alors que des cadavres de jeunes filles sont retrouvés dans les eaux sales de la rivière, Naomi croise la route d’une gamine de douze ans appelée Celia, dont les seuls alliés sont les papillons qu’elle voit voler autour d’elle, comme des petites lueurs d’espoir irisées qui adoucissent les folies de ce monde. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Parasite
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Parasite Sylvain Forge Mazarine Thriller 2019 406 pages Thriller Polar Chronique 3 juin 2020 « Pour l'essentiel, L'homme est ce qu'il cache [...] un misérable petits tas de secrets [...]. » André Malraux - Les Noyers de l'Altenburg Une scène d'entrée très accrocheuse où nous retrouvons la capitaine Marie Lesaux, héroïne de plusieurs livres de l'auteur, basée à Clermont-Ferrand, ville de province qui en matière de criminalité pourrait en remontrer à la capitale. Comme toujours, Sylvain Forge, après avoir récolter des faits étonnants ou significatifs dans l'actualité criminelle, scientifique, mondiale, concocte un scénario où la technologie et la cybersécurité sont essentielles à la résolution des enquêtes en cours. Les innovations en terme de nouveaux outils et programmes informatiques sont en avance sur la loi et les mentalités. Les manipuler avec soin dans le respect de la déontologie et de la morale n'est pas facile. La Commission nationale de l'informatique et des libertés veille. Des personnes se suicident sans raison, des chiens également. Des meurtres d'enquêteurs ou de fuineurs sont perpétrés, les disparitions se multiplient et dans l'obscurité un organisme étrange venu d'Afrique se développe et grandit se délectant des victimes offertes.... Tous les éléments contenus dans ce récit sont réels, le curseur est juste poussé plus loin par l'écrivain à l'imagination prolifique. Des chapitres particulièrement courts ainsi qu'une mise en page et une police agréables nous poussent à tourner les pages très rapidement. Plusieurs affaires en parallèle, donc, vont peut-être se rejoindre pour n'en former plus qu'une. Heureusement, Marie et un nouveau venu, Ethan Milo, vont collaborer officiellement, puis en sous-marin, grâce à un nouveau programme de traitement des données « Valmont ». Nous voilà projetés dans un futur déjà actuel. Un très bon opus qui existe en version audio chez Sixtrid. Quatrième de couverture La jeune capitaine Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité. De fait, Valmont n’est pas un policier comme les autres, mais bien une somme d’algorithmes, un formidable programme expérimental ultra secret à la puissance de calcul phénoménal mis en place par l’État français pour lutter contre toutes les formes de criminalité : un savant mélange d’intelligence artificielle et de réalité virtuelle que Marie va devoir appréhender pour mieux comprendre le formidable champs des possibles permis par la police 2.0. Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du « suicide » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour. La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une « hyène » vaudou, mi-homme, mi-animal, tournerait dans les citées pour « voler » des jeunes filles ? Le fait est que des disparitions ont bel et bien eut lieu et que la population se tait. Un symbole étrange, là où il n’y avait été question que de morts naturelles ou d’accidents, se trouve sur bien des scènes de ce qui va très vite devenir des crimes irrésolus. Il se trame quelque chose dans l’illusoire banalité des jours... Marie et Ethan Milo, aidés du programme Valmont, vont bientôt être confrontés à une épouvantable vérité venue du fond des âges. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















