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- Tension extrême
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tension extrême Sylvain Forge Fayard Poche 2017 390 pages Thriller Polar Chronique 11 février 2018 « Le prix du Quai des Orfèvres a été décerné sur manuscrit anonyme par un jury présidé par Monsieur Christian Sainte, Directeur de la Police Judiciaire, au 36, quai des Orfèvres. Il est proclamé par Mr le Préfet de Police, » novembre 2017. Voilà les choses étant posées, et après lecture on comprend ce prix et le succès de ce livre. C'est un des thrillers les plus terrifiants que j'ai lus, tout est vrai, documentation et références à l'appui en fin de ce roman, à lire absolument. Au quotidien j'en étais déjà consciente concernant les systèmes Cortana, ou gps, ou commande vocale qui me faisaient sérieusement tiquer, les refusant ou les débranchant systématiquement après usage pour le gps par exemple. L'impression d'être pistée, m'est insupportable. Mais après lecture de cette fiction si véridique, je vais virer paranoïaque. Un thriller d'action d'importance capitale en sa fonction d'information et de prévention. Et une très bonne histoire pour illustrer le propos avec tous les ingrédients d'un grand livre de ce type : suspense, terreur, personnages parfaitement campés, une analyse psychologique des actions de tous fine et juste, des cris, des larmes, de l'inhumanité et de l'empathie forcément. Une tragédie qui se construit sur un drame insupportable. Une technologie qui montre son utilité fabuleuse et sa monstruosité si mal employée. On referme le livre et on se pose beaucoup de questions sur notre propre usage de tous ces outils sensés nous faciliter la vie et qui pourraient la détruire en une fraction de seconde. Un virus tel Ebola mais version Internet. Entre science fiction et réalité donc, l'équipe de la PJ de Nantes va devoir louvoyer pour sortir d'un piège effroyable, une demande de rançon via le Darknet. Tout commence par le décès sur une route d'un homme à son volant et au même moment de son frère jumeau chez lui. Leurs pacemakers ont littéralement explosé en eux, piratés par un terroriste d'un nouveau style. Les cyberattaques vont se multiplier et prendre pour cible l'hôtel de police, les pc et portables des chargés de l'enquête. Le moindre objet connecté est une arme qui peut se retourner contre son utilisateur. Imaginez la panique. Seule solution revenir à des méthodes à l'ancienne d'autant plus que les morts s'amoncellent. Ludivine toute jeune commissaire et Isabelle son adjointe issue du 36 quai des Orfèvres, vont devoir faire équipe avec les autres policiers pour cerner les motivations de ce criminel et l'arrêter au plus vite. Tous les services concernés par la cybercriminalité convergent vers Nantes pour les aider. Passionnant ! La science arme des criminels, une vaste problématique actuelle malheureusement qu'il fallait aborder. Quatrième de couverture Prix du Quai des Orfèvres 2018 Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologies conduisent parfois à la folie ! Des cyberattaques paralysent la PJ de Nantes, infiltrent l'intimité des policiers et cernent une ville où le moindre objet connecté peut devenir une arme mortelle. Alors que les victimes s'accumulent, une jeune commissaire à peine sortie de l'école et son adjointe issue du "36" affrontent ensemble un ennemi invisible. Toutes les polices spécialisées seront mobilisées pour neutraliser la nouvelle menace de la science complice du crime. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Et puis au pire on s'aimera
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Et puis au pire on s'aimera Thierry Cohen Mon Poche 10 février 2022 456 pages Thriller Chronique 10 février 2022 Cela commence comme un roman feel-good ou new romance pour peu à peu prendre des apparences de thriller sombre où l'humour du début laisse la place à une ironie grinçante, faisant mouche, nous percutant intimement, tant ce qui est décrit est violent. L'auteur nous annonce dès le prologue qu'il va nous raconter une histoire vraie, celle d'Alice à qui il veut rendre justice. « Ce roman est le sien. Son surprenant roman d'amour. » Dès les premières pages on rit de bon cœur ou parfois jaune tant les descriptions, les formulations sont créatives, justes, troublantes. Alice nous ressemble, ainsi que tous les acteurs de ce récit où chacun pourra se retrouver. La plume est vive, réjouissante, imagée, un bijou de drôlerie, un one man show à l'écrit... Et puis, insidieusement, l'ambiance devient délétère, certains protagonistes malsains, les évènements inquiétants. Le roman devient noir, le scénario digne d'un thriller psychologique. Tout débouche sur une réflexion aussi coupante qu'un scalpel, une condamnation sans appel d'une forme de barbarie, de cruauté générée par notre société. Je n'en dirai pas plus pour vous laisser la surprise... On comprend alors comment l'auteur a minutieusement placé des indices tout au long d'un récit qui sous sa cocasserie cache une noirceur démentielle. La couverture et le titre prennent toute leur dimension dès la dernière page tournée. Un très bon roman que je vous conseille vivement. Quatrième de couverture Ça commence comme une belle histoire d'amour. Du genre... à l'eau de rose. D'ailleurs, le roman débute par une rose déposée sur le palier d'Alice, trentenaire rongée par la solitude. Il y a du mystère également, car la dite Alice ignore qui lui envoie des fleurs et lui offre de belles déclarations. Une situation romantique à souhait mais qui peut également paraitre... quelque peu inquiétante. Tout prend donc la forme d'une comédie romantique pleine d'humour et... de doutes. Entre les copines du travail, heureuses de voir Alice ainsi courtisée, et son directeur, pressé de la licencier, Alice passe par des émotions contrastées qui la rendent tour à tour heureuse, désespérée, charmée, affolée. Tant de bouleversements dans une vie monotone sont fantastiques et perturbants à la fois. Ne sont-elles pas nombreuses, les âmes seules qui rêveraient d'être emportées par un mystère aussi romantique ? Jusqu'au jour où... ça dérape. Où le rêve devient cauchemar. Où, comme dans les cauchemars, le pire ne se révèle jamais sous la forme attendue. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les secrets de ma mère
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les secrets de ma mère Jessie Burton Gallimard 3 septembre 2020 512 pages traduites par Laura Derajinski Historique Chronique 23 octobre 2020 Un texte contemporain pour ce nouvel opus de Jessie Burton basculant entre aujourd'hui et les années 80 à Londres et Los Angeles. Deux destins en parallèle, celui de Elise et de sa fille Rose, toutes les deux incapables de se déterminer dans la vie en raison du décès ou de la disparition maternels. C'est un monde de femmes qui nous est décrit où les hommes jouent au minima le rôle de géniteur au mieux celui de père bienveillant mais défaillant. Des hommes adulescents qui en vieillissant sont piégés par leurs mensonges. Des hommes d'une certaine façon assujettis aux femmes plus fortes, plus décisionnaires. C'est aussi une histoire d'amour entre deux femmes qui se rencontrent par hasard dans un parc et qui mêlent leur destinée immédiatement sans se soucier du petit ami de l'une, de la famille ou du qu'en dira-t-on. Dans les années 80, c'est prendre beaucoup de risques. Elise a la vingtaine, son amante presque quinze ans de plus, une notoriété grandissante en tant qu'écrivaine d'autant plus que son premier roman est en passe d'être adapté au cinéma. Les deux femmes bouclent leurs valises direction Los Angeles, ville de toutes les apparences, de toutes les tromperies. Sur place, les studios mettent à leur disposition une villa avec piscine. Aucun cliché n'est épargné, autant Connie l'écrivaine en redemande, autant Elise ne trouve pas sa place dans ce microcosme intello-artistique où l'ironie et les mensonges sont de mise. Une star Barbara va tenir le rôle principal du film.... Heureusement Shara, une amie de jeunesse de Connie, artiste peintre, et son mari Matt scénariste sans contrat, à ses heures surfer, vont se rapprocher du couple Connie - Elise. Une bonne chose qui peut, avec le temps, créer une situation intenable.... 2017, la fille d'Elise, Rose, plus que trentenaire piégée dans un couple qui n'en est déjà plus un avec Joe incapable d'être adulte, reçoit un cadeau très particulier de son père : deux livres de poche d'une certaine Constance Holden, écrivaine reconnue de ses pairs en son temps, féministe, qui aurait été la dernière personne à voir Elise avant sa disparition... Pour Rose, incapable de construire quoi que ce soit en raison de cet abandon maternel incompréhensible, il faut absolument retrouver cette Connie disparue des radars depuis plus de trente ans. Le destin va s'en mêler.... Ainsi, grâce aux flashbacks, nous suivons avant Rose les méandres du parcours emprunté par Elise et Connie dont nous découvrons la vie américaine, l'intimité amoureuse, les amis dans un monde de paillettes où violences physiques et morales sont au programme, où sous un sourire de façade l'on cache des gouffres de douleur et de haine. Elise est-elle capable de supporter tout cela ? Les décisions qu'elle prendra auront des conséquences terribles sur son entourage et sur sa fille. Une forme de malédiction doit être levée et seule Connie en est capable. Faut-il qu'elle parle enfin à Rose ! Comme toujours un roman délicat tout en analyse psychologique d'une grande finesse et bienveillance. Un roman d'amour, de passion sans aucun voyeurisme, un récit sur la maternité mais également sur la paternité imposée ou volée. Car les femmes ont le pouvoir dans ce roman, elles décident ou non d'informer leur partenaire de leur grossesse ou de leur décision d'avorter. On est ici dans une représentation d'un certain matriarcat par rejet des hommes ou par détestation pour ce que l'état de femme implique : règles douloureuses, maternité non désirée, mise entre parenthèses d'ambition de carrière. Quoiqu'il en soit, on est très loin des clichés princes et princesses charmants de conte de fée... Et les femmes d'aujourd'hui malgré toutes les avancées ne sont pas plus sereines. Quoiqu'il en soit, Rose n'a pas le choix, elle doit entreprendre ce parcours initiatique la menant vers Elise vivante ou morte, mais surtout vers elle-même. Quatrième de couverture Un après-midi d'hiver de 1980, en plein cœur de Londres, Elise Morceau rencontre Constance Holden et tombe instantanément sous son charme. Connie, audacieuse et magnétique, est une écrivaine à succès dont le dernier roman va être adapté au cinéma par l'un des plus gros studios d'Hollywood. Elise suit Connie à Los Angeles, la ville par excellence du rêve et de l'oubli. Mais tandis que Connie s'enivre de l'énergie de cette nouvelle vie où tout le monde s'enveloppe de mensonges et tente d'atteindre les étoiles, Elise commence à perdre pied. Au cours d'une fastueuse soirée hollywoodienne, elle surprend une conversation qui l'entraînera à prendre une décision radicale qui pourrait bouleverser sa vie. Trois décennies plus tard, en 2017, Rose Simmons cherche des réponses sur sa mère, qui a disparu sans laisser de traces alors qu'elle n'était qu'un bébé. Rose a découvert que la dernière personne à l'avoir vue est Constance Holden, une écrivaine oubliée qui s'est retirée de la vie publique alors qu'elle était au sommet de sa gloire. Rose se retrouve irrépressiblement attirée sur la piste de Connie, en quête d'indices sur les secrets de son passé. Cette histoire lumineuse, au souffle romanesque puissant, nous emporte dans une quête d'identité remarquablement orchestrée. Au travers de personnages énigmatiques et inoubliables, Jessie Burton nous dévoile les coulisses des milieux littéraire et cinématographique, ainsi que l'envers de la création artistique, de la fiction et de la maternité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Apnée noire
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Apnée noire Claire Favan Pocket 12 février 2015 384 pages Thriller Chronique 5 mai 2022 Un thriller policier très « américain » et cinématographique à la Linwood Barclay, efficace, vif, loin de la violence et du côté trash de « Le Tueur intime », tout aussi passionnant et haletant, mettant en scène un tandem improbable formé d'un flic en perdition alcoolique et suicidaire et d'une agente du FBI, véritable star des médias, glaçante et intrigante. Le postulat de départ n'est pas en soi original, mais son traitement l'est. On lit ce roman très vite, de plus en plus intrigués par le développement et les retournements que nous a concocté avec délectation l'autrice. Tous les ingrédients indispensables à la réussite d'un polar sont là avec un petit supplément spécial signé Claire Favan : des révélations surprenantes de dernière minute absolument imprévisibles nous emmenant bien loin du chemin balisé que nous pensions suivre. À noter l'humour omniprésent et un sens de la psychologie aiguisé. Le passage au Salon de l'occultisme est un moment réjouissant... Claire Favan s'amuse et ose, et cela fonctionne très bien. Un très bon policier. Quatrième de couverture Tout est là, comme avant. Une jeune femme, noyée dans la baignoire. La cordelette bleue qui lui attache, dans le dos, les poignets aux chevilles. Jusqu'au pendentif en forme de trèfle à quatre feuilles – un détail jamais révélé à la presse... La signature du serial killer Vernon Chester. Sauf que... Voilà plus d'un an que Chester a poussé son dernier souffle dans le couloir de la mort. Alors ? Un imitateur ? Une erreur judiciaire ? Pour Megan Halliwell, du FBI, et Vince Sandino, flic au passé trouble, la plongée en eaux profondes devient aussi perverse qu'irrespirable.. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La Convergence des pôles
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Convergence des pôles Jacques Arnaud De Borée 14 octobre 2021 333 pages Roman Chronique 26 octobre 2021 Avertissement : Ce roman puise sa source dans des faits réels. Dans un de ces drames humains que l'on classe, de manière euphémique, dans la catégorie des faits divers : l'accident de car d'un groupe de retraités randonneurs, le 23 octobre 2015, à Puisseguin, Gironde. Cette tragédie faisant quarante et une victimes fut un des accidents de la route les plus meurtriers connus en France. Le reste n'est qu'imagination et libre Échappée vers le grand large ou, plutôt, le Grand Nord. Toute ressemblance ou similitude avec des personnes existant ou ayant existé ne serait donc que fortuite..." Pour un premier roman, Jacques Arnaud choisit un thème ardu et délicat à traiter. Jean parti avec sa famille, ses amis, en excursion est pris au piège dans le car qui était sensé les ramener chez eux. Un camion les a percutés, l'incendie se propage mystérieusement à toute vitesse, il n'en réchappe que de justesse, mais est-il encore de ce monde ? Sidération complète, choc post traumatique, ou culpabilité du survivant alors que son épouse Hélène, leur fille enceinte, son gendre et tous les camarades d'une vie sont morts brûlés ? On ne sait pas, fracture de la psyché, Jean, médecin généraliste et violoniste amateur, s'enfuit avec presque rien, son instrument, la veste et les papiers d'un autre.... Direction le Nord....comme un somnambule, surtout ne pas se rappeler, marcher jusqu'à l'épuisement, dormir à la belle étoile, traverser la France, puis faire des escales en Belgique, Norvège, Islande, Groenland dans un improbable road and sea movie... Tantôt il soigne, tantôt il joue, tantôt il fait des petits boulots. Il est aidé et accueilli de façon tout à fait désintéressée par des personnes à la marge du système, résistants, combattants contre l'ultra capitalisme, contre les pollueurs etc... Lui, l'ancien notable de son village, pourtant volontaire pour aller aider les populations du Soudan voici quelques années, a des idées bien arrêtées sur tout, a encore des convictions rétrogrades que cependant il n'ose exprimer tout haut, par hypocrisie ou souci de ne pas choquer ou, tout simplement, parce qu'il est au delà de toutes ces discussions, de ces questions existentielles d'une société malade, à bout. Son but, rejoindre le Grand Nord, comme il avait projeté de le faire avec sa femme Hélène, pour aller soigner les eskimos. S'il réussit à atteindre sa destination, que lui restera-t-il à accomplir, pourra-t-il affronter l'horreur de sa situation ? Le mystère sur les raisons de l'accident reste entier ! Une fort belle couverture pour un roman crépusculaire jalonné de belles rencontres ou de confrontations difficiles, un homme en apnée, en incapacité à ressentir, à réaliser émotionnellement et dans son corps la disparition impensable de tous les siens. Un drame virtuel basé sur un fait divers ignoble... La question de notre réaction dans de telles circonstances se pose évidemment. Rester et affronter l'indicible ou fuir désespérément ? Un voyage intérieur et sur les routes et les mers qui permet à l'auteur d'aborder certaines problématiques sociétales, géopolitiques et économiques. À découvrir. Je n'en suis pas sortie indemne. Quatrième de couverture Tout part d'un fait réel. Le 23 octobre 2015, un accident de car survient en Gironde, il est le plus meurtrier de France depuis 1982, 43 victimes, 8 rescapés seulement. Puis la fiction prend le pas. Jean Casamayou, 66 ans, médecin dans un village du Gers, y perd toute sa famille - épouse, fille unique enceinte, futur gendre, beau-frère et belle-soeur... en l'espace d'un instant. La suite ? Jean disparaît des radars, il laisse derrière lui son identité, sa vie là où elle s'est arrêtée. Il s'échappe avec pour seuls moyens de subsistance son métier et son violon. A lui quatre mois de voyage et de rencontres fortes et parfois bienveillantes. Une quête de sens impossible qui le conduira à travers la France, la Belgique, le Danemark, et jusqu'à l'île de Disko au Groenland, pour un dernier hommage. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le pacte
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le pacte Didier Fohr Lajouanie 8 novembre 2017 258 pages Polar Chronique 4 avril 2018 Certains pactes ne devraient pas être passés, ils empoisonnent votre conscience, votre vie et celle de vos proches. Les mensonges gardés après une promesse « à la vie, à la mort », comme dans un jeu jamais innocent, débouchent inévitablement sur un drame. Et Mélanie Grandjean va en faire l'expérience macabre. Cette retraitée de l'éducation nationale de 67 ans, veuve depuis treize ans, est retrouvée massacrée à son domicile. Elle n'est que la première de la liste. Antoine Chamas, commandant à la PJ de Belfort est dépêché sur place pour les premières constatations. La scène est ignoble, les raisons du meurtre de cette femme discrète sont incompréhensibles. La voisine leur apprend que l'ancienne prof passait tout son temps sur son ordinateur à surfer. Une piste bien mince peut-être. Ses fils sont prévenus, l'un remonte de Marseille dans la journée et le deuxième SDF à Paris est attendu. Ce n'est pas le moment pour Antoine, toujours pas remis de son divorce, presque la quarantaine, entre les livres de Boris Cyrulnik , son canari Damien et son psy, avec son air de chien battu à la Droopy, évidemment il attire la sympathie, la compréhension de la gente féminine, très entreprenante ma foi, de sa belle voisine Annabelle, à une jeune inconnue très sexy Héloïse, jusqu'à son amitié avec sa collègue Aline, qui n'attend qu'un coup de pouce pour se transformer en romance. Disons-le, il est paumé, le charmant Antoine, entre l'enquête qui se profile déjà difficile à Belfort et bientôt Colmar, et sa vie sentimentale compliquée, il semble survoler un peu les évènements, bien conscient de son état, maniant le désespoir comique, l'auto-dérision avec talent, ce qui le sauve d'être sinistre. De soirées en boîtes de nuit, aux bars pour des bières avec un copain journaliste, on dirait un adolescent en pleine crise, en pleine déprime existentielle. Et puis, un idiot aviné dans une soirée soudain lui dit : " Il faut trouver l'album photo du Retable chez Mélanie Grandjean". Juste après cette déclaration, il est écrasé devant le bar. L'affaire de la cybermamie se complique. À l'hôpital, le type, Jean-Pierre Baud qui à son réveil criait " Gamaliel, Gamaliel...", raconte qu'il a vu des morceaux de cadavres de vieilles femmes sur son lieu de travail, l'usine d'incinération. Ça sent mauvais et effectivement, une seconde mamie est découverte assassinée, Marie-Thérèse Ramonchamp. Bientôt le fils SDF de Mélanie, Christian, se présente à la PJ, et raconte alors une bien étrange histoire de pacte entre sa mère et cinq de ses copines, il y a cinquante ans, autour du corps du conservateur gisant au pied du Retable d'Issenheim exposé dans le Musée Unterlinden de Colmar. Décidément, ce dossier mène Antoine, Aline et leur collègue Durrieux sur des chemins curieux.... Un saut dans le passé des six victimes s'impose. l'histoire du Retable célèbre, peint par Mathias Grünewald, est emplie de légendes et élucubrations fumeuses ; des pouvoirs de guérison du mal des ardents sont attribués à cette œuvre, ce polyptique, (d'ailleurs un des panneaux centraux représente le Christ en croix portant tous les stigmates de cette maladie terrible), serait aussi le support d'un traité caché d'alchimie !!!! Un temps attribué à Dürer, il a passionné au cours des siècles les plus sérieux aux plus loufoques, et est à l'origine de théories, thèses, monographies nombreuses. Le destin fabuleux de cette œuvre mériterait à lui seul un roman historique. Donc direction Colmar, la Venise d'Alsace et l'oeuvre de Grünewald.... J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce policier au ton léger ou ironique, à l'atmosphère particulière dû à l'état un peu flottant de Antoine, un peu à côté de ses pompes, qui s'accroche de plus en plus à cette enquête, d'autant que les évènements deviennent dramatiques et poignants. Il va devoir se dépasser et s'oublier pour résoudre cette affaire complexe, mêlant histoire, légendes, culpabilité, ésotérisme et alchimie. J'ai aussi été heureuse de retrouver Colmar où j'ai vécu deux ans inoubliables, habitant juste en face du Musée Unterlinden, ayant admiré les œuvres qui y sont exposées et évidemment le Retable. J'adore le Jésus Superstar très psychédélique sur un des panneaux, ouvert au moment de Noël, Pâques, etc.... La carte postale de ce Jésus m'a suivie dans tous les déménagements. Et puis la bibliothèque était dans le même bâtiment donc un de mes refuges préférés. Je n'ai pas résisté, j'ai ajouté des photos de cette citée bien aimée, de Belfort, du Musée et du Retable, et aussi les différentes configurations de ce dyptique selon les moments de l'année. Enfin, je trouve ce personnage d'Antoine bien touchant et mine de rien courageux. Un policier à part à lire avec bonheur et curiosité. Quatrième de couverture Plusieurs dames d'âge mur sont retrouvées assassinées dans une petite ville proche de Colmar. Un jeune enquêteur désabusé, empêtré dans ses dépits amoureux, prend la direction de l'enquête. Il s'aperçoit rapidement que les victimes étaient venues visiter, cinquante ans auparavant le musée d'Unterlinden et l'incroyable Retable d'Issenheim, le fameux tableau guérisseur de Mathias Grunenwald. Cette enquête improbable embarque le policier dans une course vertigineuse contre le temps. Avec sa séduisante co-équipière il va croiser la route d'étranges mamies-hackers et d'un curieux conférencier et se retrouver face à une malédiction new-âge et à de funestes prophéties. Le « mal des ardents » n'a probablement pas fini de faire des victimes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Agatha Raisin enquête : La quiche fatale
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Agatha Raisin enquête : La quiche fatale M.C.Beaton Albin Michel 1er juin 2016 320 pages traduites par Esther Ménévis Polar comédie Chronique 30 juin 2017 Réjouissante cette quinquagénaire en préretraite, femme d'affaire avisée et pugnace dans la Communication à Londres, qui se retrouve face à elle-même dans le village des Costwolds dans son cottage où elle s'ennuie terriblement et ne sait pas du tout comment se faire des amis. Un comble ! Alors comme dans toute l'Angleterre friande de concours multiples et variés, son village organise un concours de tarte. Mais Agatha ne sait pas cuisiner, elle est une pro du micro onde et du café instantané. Qu'à cela ne tienne, elle va faire passer une quiche aux épinards achetée chez son traiteur londonien préféré pour son oeuvre. Il faut ce qu'il faut ! Mais l'arbitre de la compétition s'effondre chez lui après en avoir mangé, mort ! Il y a mieux pour se faire des amis qu'être tout d'un coup une criminelle potentielle. Réjouissant, truculent, inventif, c'est un livre humoristique et sans prétention qui fait passer un très bon moment. Elle va vite Agatha, elle nous essouffle tant elle court, se démène dans tous les sens. Elle est attendrissante car elle est totalement paumée dans cette nouvelle vie dont elle ne connait pas les codes. Joli portrait d'une héroïne hors norme, agaçante et touchante, mais aussi de la province anglaise entre inspecteur Barnaby et Miss Marple. Le pire c'est que ce n'est même pas exagéré. Donc oui je le recommande pour s'alleger et s'amuser. Très réussi. Quatrième de couverture Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Bureau des Policières
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Bureau des Policières Edward Conlon Actes Sud 11 mai 2022 592 pages traduites par Thierry Arson Thriller Historique Chronique 29 juillet 2022 « Je pourrais vous conter mes aventures à partir de ce matin « , dit Alice un peu timidement ; « mais il est inutile de parler de la journée d'hier, car j'étais une personne tout à fait différente alors. » « Expliquez-nous cela », dit la Fausse-Tortue. « Non, non, les aventures d'abord » dit le Griffon d'un ton d'impatience ; « les explications prennent tant de temps. » Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles Biographie romancée édifiante, inspirée de Marie Cirile-Spagnuolo collègue de l'auteur quand il était au NYPD, avec pour héroïne Marie Carrara de 1958 à 1979, épouse, mère, Italo-américaine, catholique et policière à la carrière en dent de scie. Cette véritable caméléon a dû pendant près de vingt ans jouer des rôles très différents, soit répondant aux attentes de son entourage soit aux exigences d'un métier ou d'un époux flic violent et manipulateur. Un jeu de dupes sous forme de parcours initiatique au terme duquel elle devra réconcilier toutes les facettes de sa personnalité fracturée pour enfin présenter au monde un visage unique. Ce sera long, douloureux, dangereux et difficile au-delà de ce qu'elle a pu imaginer au moment de son mariage ou de son entrée au district de police de New York. Il est incroyable de penser que cette femme, malgré elle conditionnée par une éducation patriarcale, ait pu tout au long de ces années piéger, arrêter des criminels et délinquants usant de ruse, de force, d'intimidation... tout en étant, sitôt la porte de sa maison refermée, la victime, la proie d'un compagnon narcissique, pervers, infidèle, malhonnête. Le chemin ne traverse pas le pays des merveilles mais une ville tombant peu à peu dans la déliquescence économique et sociale, dans la saleté, au propre comme au figuré, dans la déviance, la drogue, le désespoir. Les femmes y ont la place que les hommes veulent bien leur laisser. Peu d'entre elles passent le concours d'entrée dans les forces de police. Les tâches qu'on leur donne sont subalternes sauf si elles ont la chance d'être repérées par la chef Melchionne du Bureau des Policières. Influente, intelligente, intuitive, politique, stratégique, elle prend Marie sous son aile et place cette jeune naïve dans des brigades où elle pourra apprendre son métier auprès de collègues masculins intelligents et ouverts. Futée, ayant un vrai talent d'actrice, respectueuse des procédures, d'une honnêteté infaillible et connaissant parfaitement les lois et ce qu'attend un procureur d'elle, elle devient un élément de valeur reconnu seulement par ses coéquipiers mais non de sa hiérarchie. Pendant que des hommes, moins professionnels qu'elle, montent en grade, elle stagne. Son nom n'est pas cité dans la presse bien qu'elle soit à l'origine de bien des arrestations. Que de vipères, ces femmes ayant ouvert la voie à toutes les "Cagney et Lacey" des années quatre-vingt, ont dû avaler alors que la télévision s'emparait de leurs vies pour créer le personnage principal de la série "Decoy" , glamour et totalement déconnecté de la réalité sur le terrain. Quand enfin elle quitte celui-ci, elle doit affronter un ennemi vicieux sur le champ de bataille qu'est devenu son foyer. Ce n'est plus pour se grimer et créer une couverture qu'elle se maquille, mais bien pour cacher les traces de coups. Elle se ment et ment à tout le monde : beaucoup de femmes soumises de par la loi à la tutelle de leurs conjoints ne serait-ce que sur le plan économique, jouent une comédie pathétique à leur famille, à la société qui savent devenir aveugles et sourdes quand ça les arrange. Mais les temps changent, les rapports hommes-femmes sur le terrain aussi quoique très lentement. La société américaine est profondément inégalitaire et discriminatoire, donc être femme, catholique et Italienne d'origine représente un triple handicap. Ce roman policier fabuleusement passionnant, impossible à lâcher, est aussi une description géniale de New York, des différents communautés qui la composent sur près de deux décennies. Le style est extrêmement vivant, les dialogues enlevés, drôles, nerveux, tout est très imagé. C'est un parfait scénario cinématographique ou pour une série. Généralement, les studios s'attachent à situer l'action des feuilletons policiers dans les années 80. Ici tout ce qui a précédé l'émancipation et l'acceptation imparfaites des femmes dans le NYPD nous est conté dans le détail alternant truculence, humour décapant, drame absolu, scènes bouleversantes ou révoltantes. C'est un hommage exceptionnel qui est rendu ici par l'auteur à une de ses collègues, c'est un édifiant documentaire romancé de ce que furent le parcours des combattantes d'hier grâce auxquelles le chemin fut tracé pour les Alice d'aujourd'hui. Respect inconditionnel ! Gratitude pour l'auteur. Bémol : tous les passages en italien auraient dû être traduits en bas de page. Tout le monde ne parle pas cette langue. C'est dommage. Quatrième de couverture Le Bronx, 1958. Le bureau des policières peine à gagner en crédibilité au sein du NYPD, même lorsqu'il résout des affaires sur lesquelles les hommes se sont cassé les dents. Jeune recrue issue d'une famille d'immigrés italiens catholiques, Marie Carrara essaie de trouver sa place au sein de cet univers sursaturé de testostérone. Elle refuse de se complaire dans des tâches "de femme" et n'aspire qu'à une chose : devenir enquêtrice. Malgré son innocence et sa timidité naturelles, elle se découvre un don pour s'infiltrer dans les soubassements de la ville et tendre des pièges aux dealers de drogue et autres dépravés qui ne voient en elle qu'une proie facile. Dans le même temps, elle doit s'effacer et se soumettre à la maison : son mari, policier lui aussi, est un pervers narcissique violent et un coureur de jupons invétéré. En dépit de la brutalité de son métier, du sexisme auquel elle doit faire face chaque jour et d'un mariage qui prend l'eau de toute part, Marie se promet pourtant de réussir au sein du NYPD et de devenir le modèle que mérite sa fille. Inspiré par le combat de Marie Cirile-Spagnuolo, une ancienne collègue de l'auteur, Le Bureau des policières est un polar terriblement juste sur les violences professionnelles et domestiques contre lesquelles les femmes, hier comme aujourd'hui, doivent se battre. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Aliénor l'insoumise
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Aliénor l'insoumise Isaure De Saint Pierre Mon Poche 12 mars 2020 512 pages Biographie Chronique 31 mars 2020 « Reine de France à 15 ans, reine d'Angleterre à 18 ans : le destin tumultueux d'une femme libre et insoumise. » Je crois que c'est la troisième biographie d' Aliénor d'Aquitaine que je lis, fascinée par cette trajectoire hallucinante autant dûe aux hasards qu'à la volonté intransigeante de cette figure historique. En effet, née fille, peu de possibilités lui sont offertes, même si son père lui a donné plus d'instruction, de liberté et de richesses qu'aux autres femmes de son temps. Une beauté à couper le souffle pour cette héritière à la tête très bien faite et au corps d'athlète. Elle n'a pas été bridée dans son enfance bien que les règles du jeu lui aient été apprises. Qu'à cela ne tienne, elle deviendra, au cours des années, une maîtresse aux échecs comme en amour, réinterprétant la notice du jeu, en détournant le contenu à son avantage. Nous sommes au XIIème siècle et une femme doit nécessairement être assujettie à un homme, père, frère, mari, tuteur. Elle obéira dans un premier temps, épousera le bien trop sage et ennuyeux Louis VII pour ensuite, au mépris des convenances, vivre une passion avec Raymond de Poitiers, son oncle de huit ans son aîné, à Antioche lors de la 2 ème croisade qu'elle a voulu suivre, alors que son époux, le roi de France est présent. De retour à Paris, après avoir tenté de se rabibocher avec Louis, elle utilisera les règles de consanguinité familiale, normalement invoquées par les hommes pour se débarrasser de leurs épouses encombrantes, afin de divorcer. Elle veut vivre pleinement, retrouver les couleurs de son Aquitaine après le gris et le froid qui règnent à Paris et oublier ce roi, dont elle n'a eu que deux filles après près de quinze ans de mariage. Peut-être les a-t-elle, se faisant, tous deux libérer de rôles qui ne leur convenaient pas, car Louis va se révéler moins falot que prévu dans les années à venir, mettant en avant ses qualités de fin stratège et diplomate. Mais pour l'heure, Aliénor redevenue célibataire ne peut le rester : elle attise toutes les convoitises de ceux qui aimeraient tant faire main basse sur ces domaines et biens. Elle va donc rapidement mener des tractations secrètes avec celui qu'elle a choisi pour nouveau champion, le très jeune, beau, érudit, passionné et fougueux Henri de Plantagenêt, futur roi d'Angleterre. Il n'est alors pas question d'amour mais bien d'un accord politique entre deux ambitieux voulant tout obtenir de la vie. Elle pense pouvoir garder un ascendant sur ce jeune homme, il pense avoir trouvé la partenaire idéale tant au lit que sur l'échiquier européen. À eux deux, ils représentent un couple inégalable, et un danger pour Louis VII. La partie peut commencer.... Très bon roman biographique lu sans m'arrêter, faisant ressusciter sous nos yeux cette Aliénor si somptueuse, intelligente, courageuse, aimante, érudite, muse des poètes de son temps, inspiratrice des hommes qui ont partagé sa couche et sa vie. C'est une femme qui obéit aux diktats de son époque tout en les détournant, une pionnière en bien des domaines, une personnalité politique d'envergure internationale qui laisse encore aujourd'hui sa trace. Une biographie très réussie qui est aussi une juste analyse, tout en finesse, des dissensions entre tous les dirigeants de l'époque, et de la relation très particulière qu'entretiennent l'Eglise de Rome et les états. Déjà on pense au règne de Henri VIII et sa séparation d'avec le Vatican, un roi qui ressemble beaucoup à Henri II... Les graines sont semées, et n'attendent que le bon siècle pour germer. Également, malgré la complexité de la tâche, Isaure de Saint Pierre réussit à simplifier le dessin de l'arbre généalogique de toutes ces familles royales et mène à bien, dans cet ouvrage, la décortication, presque psychiatrique, des liens unissant Henri, Aliénor et Thomas Becket. Une sorte de ménage à trois construit sur des fondations incertaines et sûrement malsaines. Quant à la révolte des fils contre Henri orchestrée par Aliénor, écoeurée et trahie par son époux affichant aux yeux de tous sa maîtresse en titre, ce ne fut certes pas la meilleure idée qu'elle eût et elle en paira le prix. Tenace, infatigable, sitôt sortie d'emprisonnement, elle se jette à nouveau dans la bataille afin de nouer des alliances matrimoniales fructueuses pour les Plantagenêt et les Capétiens. C'est elle qui choisit Blanche de Castille pour futur Reine de France. Finalement, elle est partie prenante, même après sa mort, du destin de notre pays et de l'Europe. Une femme qui sera l'égale des hommes, une mère et grand-mère attentionnée et aimante, une stratège née, une figure historique certes mais aussi d'une étonnante modernité Quatrième de couverture Que dire d'une riche héritière, aussi belle qu'intelligente, mariée à quinze ans au futur roi de France, qui ne craint pas de lui être infidèle avant de le forcer à divorcer pour convoler avec son pire ennemi, le fougueux Henri Plantagenêt ? Que dire d'une reine d'Angleterre qui se rebelle contre son second époux, pousse leurs fils à la révolte, s'enfuit déguisée en homme, et passe quinze ans en captivité, sans jamais renoncer au pouvoir ? Que dire d'une femme que rien ni personne ne peut décourager, et qui, à peine libre, reprend le combat ? À près de quatre-vingts ans, ne la voit-on pas sillonner les routes à cheval pour défendre les droits au trône de son fils Jean ou chercher au-delà des Pyrénées sa petite-fille Blanche afin de la marier à l'héritier du trône de France ? Il faut du souffle pour suivre Aliénor d'Aquitaine dans les tumultes d'un XIIe siècle ensanglanté par des guerres fratricides. Une femme de tête qui a conservé le pouvoir pendant presque sept décennies et à qui ne manqua peut-être qu'une chose pour être heureuse : rencontrer cet amour courtois que chantaient pour elle les troubadours. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nàtt
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nàtt Ragnar Jonasson La Martinière 2018 341 pages traduites par Philippe Reilly Polar Chronique 5 juin 2018 Je suis contente d'avoir à nouveau été séduite par le roman de cet écrivain qui avait fait sensation avec son premier opus « Snjor ». Le deuxième ne m'avait pas convaincue, mais voilà la preuve qu'il faut persévérer car les goûts sont subjectifs et assujettis également au moment où on lit un texte. ( Navrée pour l'absence des accents islandais dans ma chronique.) De février à mai 2010 , j'étais à Amsterdam, et je me souviens très bien de ce moment particulier où tous les vols avaient été annulés en raison d'un nuage de cendres immense suite à l'éruption en Islande du volcan de l'Eyjafjallajokull. La capitale Reykjavik était entrée dans une nuit polluée et granuleuse tandis que le Nord de l'île et la petite ville portuaire de Siglufjordur bénéficiait du soleil constant de l'été enfin revenu. « Il faut laisser s'écouler La nuit noire Comme s'écoule le temps Quand le sort en est jeté, Porter en silence Le fardeau des souffrances Car tel est le don de Dieu À celui qui en est témoin. » Extrait du poème Fjolmodur, de Jon Gudmundsson « L'Erudit » (1574-1658) Un touriste américain roule sur le chemin de la source du Grettir, ce bain chaud ancestral. Mais il se perd, décide de demander son chemin à des habitants d'une ferme qu'il repère enfin. C'est le cadavre d'un homme et un morceau de bois taché de sang qu'il découvre. " l'Islande est l'un des endroits les plus sûrs au monde" prétendait son guide. Fin de l'excursion, appel d'urgence. À Reykjavik, la journaliste Isrun se réveille très péniblement, aucune envie de se lever surtout avec cette cendre sale et irritante qui s'insinue partout depuis l'éruption. On la cantonne à la rédaction de cas inintéressants, mais lors de la réunion quotidienne, elle apprend de la bouche du rédacteur qu'un corps a été retrouvé dans le Nord, du côté de Saudarkrokur. L'attention de la jeune femme est tout de suite retenue.... Elle va tout mettre en œuvre pour être sur le coup, elle y a un intérêt.... À Siglufjordur, nous retrouvons au poste de police Ari Thor, arrivé depuis un peu plus de deux ans sur place, au surnom qu'il déteste du Révérend, car il a abandonné des études de théologie pour entrer dans les forces de l'ordre. Son supérieur Tomas lui donne de plus en plus de responsabilités car Hlynur son collègue plus expérimenté est négligent et ailleurs. Tous les trois sont dans une mauvaise passe soit sur le plan sentimental soit menacé par d'étranges mails. Le cas de l'homme défiguré et assassiné, Elias Freysson, leur est soumis car originaire de Siglufjordur. Ari Thor est ravi de cette nouvelle enquête lui permettant d'oublier un peu son ex, Kristin. Hlynur lui ne décolère pas, Tomas sait qu'il va devoir prendre une décision difficile. Tout est en place pour suivre ainsi Ari, Tomas , Hlynur et en parallèle Isrun.... On tourne les pages de ce thriller avec plaisir tant le récit est dense, bien mené, réservant bien des rebondissements. Beaucoup d'action, on en apprend plus, et cela nous permet de nous y identifier, sur les personnages récurrents de cette série, sur le passé aussi de l'Islande et de ses volcans. Un très bon polar à lire avec plaisir, que je recommande chaleureusement. Quatrième de couverture C’est l’été à Siglufjördur. Le climat de ce village du nord de l’Islande est si rude que le jeune policier Ari Thór voit arriver avec soulagement cette saison où le soleil brille à toute heure du jour et de la nuit. Mais le répit est de courte durée. Un homme battu à mort est découvert sur les bords d’un fjord tranquille. Une jeune journaliste vient fouiner d’un peu trop près. Que cherche-t-elle à découvrir ? Ou à étouffer ? Surtout, l’éruption spectaculaire de l’Eyjafjallajökull recouvre peu à peu toute l’Islande d’un épais nuage de cendres. Cette étrange « nuit » – nátt, en islandais – fait remonter les secrets les plus enfouis. Personne ne sera épargné. Pas même Ari Thór, qui doit pourtant boucler son enquête au plus vite, s’il veut éviter de nouveaux crimes. C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Ragnar Jónasson et vendu les droits de ses livres dans dix-huit pays. Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. Sa famille est originaire de Siglufjördur. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La ligne pourpre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La ligne pourpre Wolfram Fleischhauer JC.Lattès 2005 454 pages traduites par Olivier Mannini Polar Historique Chronique 27 avril 2020 Roman historique sous forme d'enquête presque policière sur une énigme jamais élucidée : celle de la mort de Gabrielle d'Estrées, enceinte de six mois, à quelques jours de son mariage avec Henri de Navarre et donc de son couronnement. Éclampsie ou meurtre ? Et si oui, à qui profitait le crime ? C'est à mes yeux surtout le récit d'une passion dévorante de l'auteur, jeune homme, obsédé par ce mystère et menant jusqu'au bout la mission qu'il s'était donnée. C'est un historien qui doit crier au monde entier ce qu'il a découvert par hasard, par chance, dans une bibliothèque, en tournant une page. C'est tellement incroyable que l'anecdote n'est pas mentionnée dans le livre mais dans les notes finales de l'écrivain ; la réalité dépasse quelques fois de trop la fiction ! Jugez-en : notre auteur découvre sur un carton d'invitation à un vernissage, utilisé vraisemblablement comme marque page des années auparavant et oublié dans un ouvrage ancien de la bibliothèque royale de Bruxelles, quelques lignes manuscrites d'un certain Bolle, historien belge. Ces quelques mots donnent soudain à Wolfram Fleischhauer la clef ouvrant les portes vers la vérité sur cette nuit terrible de 1599. « La Ligne poupre » est un formidable et magnifique hommage à tous ces chercheurs universitaires tenaces, courageux et entêtés qui ne lâchent jamais une piste, nous permettant de comprendre le passé afin de mieux construire le futur et éviter les erreurs. C'est une plongée dans le monde des fous d'Histoire de l'art, tour à tour magique, terrible, sanglant, édifiant, où les évènements de la vie intime et amoureuse de personnages célèbres influent sur la destinée des peuples jusqu'à aujourd'hui. Ainsi tout commence avec un tableau énigmatique au Louvre, reproduit en couverture de ce roman. Nous le connaissons tous, nous avons tous lu son intitulé : Gabrielle d'Estrées et sa sœur, d'un peintre inconnu vers 1600, et nous l'avons accepté sans chercher plus loin. Pour le personnage principal de ce roman, double de l'auteur, cette image devient obsession. Aucune explication valable n'est donnée au sens réel de ce duo étrange de deux jeunes femmes aux bains, l'une tenant entre ses doigts une bague, l'autre pinçant le sein de la première de sa main gauche. L'une blonde à la peau d'albâtre, l'autre brune. En arrière plan une table ou un coffre recouvert d'un tissu vert, une femme rousse cousant, une cheminée au dessus de laquelle on devine le bas d'un corps d'homme sur une toile. Une peinture dans la peinture. Une oeuvre répondant aux codes du maniérisme, nous proposant un rébus à déchiffrer. Entrez dans le cadre. Afin de transmettre le fruit de ses recherches, l'universitaire va se faire romancier, souhaitant toucher le plus grand nombre de lecteurs. Il reprendra les évènements sous divers biais, par les yeux des différents protagonistes, s'attachant à appuyer la fiction sur une vérité historique intransigeante ; soudain tout devient aventure, suspens, thriller. L'auteur est un conteur surdoué suivant un plan très précis et clair. Petit bémol : dans un souci d'être parfaitement suivi, Wolfram Fleischhauer a tendance à répéter plusieurs fois les mêmes scènes et faits historiques, ce qui à mon avis, alourdit un peu le tout et ralentit l'action. Je pense aussi qu'étant donné que je suis très attentive quand je lis, cette insistance à revenir plusieurs fois sur un épisode n'était pas utile. Cependant, la démonstration est impeccable et claire touchant à une énigme extraordinaire survenue dans un contexte politique et historique complexe et difficile. Du très bel ouvrage ! Quatrième de couverture Nous connaissons tous ce tableau : deux femmes dans une baignoire, l'une pinçant le bout du sein de l'autre, laquelle tient une bague entre le pouce et l'index. Le narrateur de La Ligne pourpre, jeune universitaire un peu désabusé, l'a vu lui aussi au Louvre. Mais voilà qu'un étrange manuscrit dévoile son incroyable mystère : le tableau expliquerait la mort, quelques jours avant son mariage avec le roi Henri IV, de sa maîtresse Gabrielle d'Estrées. Quelle explication donner à sa mort à la veille de son couronnement ? Quel est le lien avec l'œuvre ? Gabrielle a-t-elle été empoisonnée par le grand duc Ferdinand ? Pourquoi les dépêches diplomatiques entre Paris et Florence s'interrompent-elles quelques jours avant ? Dans ce magnifique roman, Wolfram Fleischhauer emporte son lecteur dans un univers sombre et brutal, sur les traces de Vignac, un jeune peintre que son ambition va mener à sa perte. Dans la France d'Henri IV, encore troublée par les guerres de Religion et les manœuvres politiques des grandes puissances européennes, un artiste découvre que quelques coups de pinceau suffisent à vous entraîner dans les stratagèmes les plus machiavéliques de la grande politique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'empreinte
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'empreinte Alexandria Marzano- Lesnevich Sonatine 2019 471 pages traduites par Héloïse Esquié Autobiographie Chronique 27 juillet 2019 Ce premier récit littéraire lui vaut de remporter le Chautauqua Prize ainsi que le Lambda Literary Award for Lesbian Memoir en 2018. Alexandria Marzano-Lesnevich est la lauréate 2019 du Prix du livre étranger JDD/France Inter et du Grand prix des lectrices de Elle-Documents 2019. « Ce qui m'a tant séduite dans le droit il y a si longtemps, c'était qu'en composant une histoire, en élaborant à partir des évènements un récit structuré, il trouve un commencement, et donc une cause. Mais ce que je ne comprenais pas à l'époque, c'est que le droit ne trouve pas davantage le commencement qu'il ne trouve la vérité. Il crée une histoire. Cette histoire a un commencement. Cette histoire simplifie les choses, et cette simplification, nous la nommons vérité. » Il y a une énorme différence lorsqu'une ancienne victime est auteure, et écrit sur son expérience, ainsi que sur un crime, ses origines et ses conséquences. Pour elle, de par sa connaissance intime du mal, il y a une nécessité d'aller au plus net, au plus clair, sans jamais verser dans le trash ni dans le pathos qui tous deux lui apparaissent indécents, grotesques. Lorsque l'auteure est d'une telle honnêteté, d'une telle exigence, d'une telle intelligence, capable grâce à son talent de rédactrice et de synthétisation, de nous raconter plusieurs histoires en une, on s'incline, on admire ce tour de force. Il a fallu un courage extraordinaire à Alexandria Marzano-Lesnevich pour revenir sur des faits monstrueux, indicibles, et de réussir à les formuler simplement, un geste dépouillé de tout maniérisme, qui de par son évidence, sa presque fluidité, ôte tout doute quant à la véracité des faits contés. On mesure alors, je mesure alors au plus profond de moi, les années d'analyse, de vaillance, de mise en abîme avant d'être capable de raconter sa vie ainsi. C'est une personne que j'aimerais serrer dans mes bras non par compassion ou pitié, (quelle horreur !), mais pour la remercier d'avoir eu la bravoure de rédiger son histoire, mon histoire, nos histoires. Être victime d'un pédophile devrait être un évènement exceptionnel, le criminel devrait être une aberration rarissime, la complicité de l'entourage par le silence avant, pendant et après le crime devrait être inenvisageable, oui évidemment, dans un monde parfait. Mais tout est imperfection et en réalité tout est d'une banalité, fréquence insupportables. Au moment où mon frère après treize ans de silence m'appelle, où tout remonte avec une violence inouïe, ce livre lu par un hasard heureux en cet instant même de possible bascule au fond du précipice de souffrances anciennes, est un miracle, un signe. Il est nécessaire et incontournable pour les victimes anciennes ou présentes mais aussi pour vous, ceux qui êtes de l'autre côté de la barrière. Vous, qui souvent ne voulez ou ne pouvez supporter ce que nous avons supporté enfants. S'informer pour prévenir. En parallèle de ce récit autobiographique, Alexandria Marzano-Lesnevich reprend une affaire de crime sur un enfant de sept ans, Jeremy, jugée plusieurs fois, où la notion d'assassinat doit être déterminée afin de décider si le pédophile sera condamné à mort ou à perpétuité. Car dans certains états américains, la question se pose, et soulève donc pour la famille et l'entourage des victimes, pour les victimes ou pour tout être humain, l'interrogation sur sa propre capacité ou non de mettre à mort un autre être humain. Et bien sûr de comprendre les raisons pour lesquelles il est passé à l'acte, s'il y avait dans ses proches, des personnes aptes à l'empêcher d'agir. Il est vital de remonter à l'origine du mal comme l'on dit, et l'auteure devenue enquêtrice, journaliste d'investigation, va s'y atteler, et se faisant trouver le moyen de survivre, de sortir du passé, en paix, sans haine. Donc thriller, biographie, mais aussi une fiction : même si tout s'appuie sur les dossiers d'instructions, une documentation solide, il a bien fallu aussi faire preuve d'imagination empathique pour comprendre certaines réactions, par exemple de la propriétaire de la maison où le drame a eu lieu, ou de la mère de Jeremy témoignant en faveur de l'accusé, ne souhaitant pas sa mort sans pour autant lui pardonner. Cette fameuse notion de pardon est évoquée longuement... « Je suis venue ici pour sauver l'homme à l'écran. Je suis venue pour contribuer à sauver des hommes tels que lui. Je suis venue parce que mes idéaux et mon identité existent indépendamment de ce qui s'est produit dans le passé. Il le faut, sinon que me réserve la vie ? » Maggie Nelson, auteure des Argonautes a parfaitement résumé ce que je pense : « Cette alternance entre biographie et journalisme, documentation et imagination, témoignage et intuition, tendresse et horreur est d'une intelligence et d'une élégance folles. L'édifice n'aurait sans doute pas tenu dans les mains de quelqu'un de moins profond ou d'un écrivain moins doué, mais Alexandria Marzano-Lesnevich nous offre une véritable œuvre d'art qui parle autant à notre conscience qu'à notre coeur. » La jeune femme qui vit aujourd'hui à Portland dans le Maine, qui enseigne la littérature, qui sur la lignée de ses parents avocats a d'abord suivi des études de droit, a changé de trajectoire suite à ce qu'elle décrit dans ce livre. Après que celui-ci ait été multi-primé, elle travaille pour The New York Times ou Oxford American. Quatrième de couverture Étudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un tueur emprisonné en Louisiane, Ricky Langley, dont la confession va bouleverser toutes ses convictions. Un lien étrange va se former entre eux, qui contre toute attente va permettre à Alexandria d'éclairer ses propres traumatismes. Ce récit, au croisement du thriller, de l'autobiographie et du journalisme d'investigation, est aussi dérangeant que déchirant. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Orazio
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Orazio Christophe Matho Ramsay 10 mars 2020 191 pages Historique Chronique 10 mars 2020 Vous, lecteurs férus de grande Littérature, d'Histoire, de récits authentiques, de romans d'amour, d'aventures, de sagas familiales, d'énigmes, de mystères... ce livre est pour vous. Un texte rendant hommage au Berry, ses us et coutumes, ses parfums, ses paysages, son terroir, ses personnages hauts en couleur célèbres ou inconnus qui ont façonné ce pays, l'ont fait prospérer, survivre en tant de paix, de guerre, de disette ou de richesse. Une contrée de magie où les voix des anciens murmurent toujours dans le vent, qui souffle sur cet ouvrage et en tourne les pages. Nous sommes en effet riches des récits contés le soir lors des veillées auprès du feu ou imprimés à jamais dans des romans mêlant adroitement réalité et fiction, imaginaire et vécu. Faire perdurer la mémoire et les traditions ancestrales est une des missions de la littérature. Passer le témoin pour que rien ne soit oublié ; pour que la magie, les légendes, soient encore bien présentes dans notre quotidien si formaté, si matérialiste et limité. Nous ne savons rien, nous pensons être puissants, nous détruisons allègrement notre planète, la Nature. Nous faisons disparaître des espèces par milliers, et ainsi, inéluctablement, nous sapons nos chances de survie. Si un des éléments constitutifs de notre environnement, aussi petit soit-il, est éliminé de l'écosystème, celui-ci déséquilibré, meurt, et nous avec. L'auteur de ce premier roman reprend donc le flambeau laissé par une grande dame, si attachée à son Berry. La flamme ne demande car être rallumée. Et, se faisant, il adresse un émouvant message d'amour et d'admiration à ceux qui l'ont précédé et ont fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. Il était temps, après avoir permis aux autres, en tant que directeur éditorial de s'exprimer, de prendre la parole, de se faire entendre et, bien plus, de redonner voix aux disparus. Ce livre m'a touchée ainsi que la démarche de son créateur. La grande Dame du Berry a donc un jeu de piste à vous proposer. Direction le cœur de la Vallée Noire... Quatrième de couverture En septembre 2012, un éditeur est convoqué chez un notaire qui lui remet un manuscrit confié à son étude il y a très longtemps. Il s’agit d’un roman écrit par une écrivaine. Célèbre à son époque, elle craignait que la postérité ne l’oublie. Elle avait organisé la découverte de cet ouvrage plusieurs décennies après sa mort. L’arrière-grand-père de l’éditeur, un jeune homme qui fuyait l’Italie fasciste était tombé sur une énigme qu’il avait su résoudre et qui l’avait conduit jusqu’à un autre notaire dans les années trente. Ce manuscrit contient un lourd secret. Ce n’est pas le hasard qui a conduit ce jeune Italien et une paysanne creusoise qu’il a rencontrée sur son chemin à résoudre cette énigme. Le cheminement de ce manuscrit à travers le temps a été soigneusement orchestré par ceux qui avaient décidé que son secret ne serait dévoilé que le moment venu. De la Toscane au Berry, en passant par la Corse ou Lyon, ce roman propose un périple dans la France de la première moitié du XXe siècle, mais aussi un voyage dans le temps et dans l’imaginaire de la Vallée noire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le dernier Salut de l'amazone
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le dernier Salut de l'amazone Véronique Chauvy De Borée 12 mars 2020 288 pages Historique Chronique 25 mars 2020 « Une héroïne atypique : à la fois aristocrate et écuyère vedette de cirque. » J'ai choisi ce roman sur le nom de son auteure ayant gardé en mémoire un précédent opus, " Aux Douceurs du temps" . La plume de Véronique Chauvy s'est encore affermie, devenant plus belle, plus rare, sur un thème qui semble lui tenir particulièrement à cœur. C'est un magnifique roman, récit construit méticuleusement autour d'un fait divers réel qui décria la chronique jusque dans les colonnes du New York Times ! La présentation de ce drame est originale : la première guerre mondiale est terminée, les hommes sont revenus pour certains du front et parmi eux, un écrivain célèbre. Celui-ci vient de passer une journée particulièrement difficile : il a accompagné en sa dernière demeure une femme rare, qui fut en son temps une célébrité, une centauresse, une écuyère : l'amazone Jenny de Rhaden. Invité le soirmême à une réception mondaine chez une amie, Henriette, il n'a pas le cœur à festoyer, des souvenirs douloureux remontant à la surface. L'hôtesse lui réserve pourtant une surprise : elle le présente à une jeune femme aux yeux verts du nom de Christina Weiss. Subjugué, interpellé sans savoir pourquoi, il cédera aux instances de la belle et commencera à lui narrer l'histoire de l'amazone. J'ai lu ce roman comme un thriller se situant au tournant de la fin du dix-neuvième siècle dans un monde à part, celui du Cirque, de la piste aux étoiles où brille une femme d'exception, une écuyère surdouée, Jenny de Rhaden. Environnement qui nous renvoie à notre enfance, notre innocence, à la magie, à l'impossible soudain réel. Un univers envoûtant où le danger, la mort, rôdent autour de l'arène. Dans les coulisses, les passions exacerbées transforment la fête pailletée en tragédie grecque, les coups de feu remplacent les coups de cymbales. Nous sommes en 1893 à Clermont-Ferrand, le Cirque Brésilien s'installe, les artistes répètent, l'organisation du camp sur le plan matériel amène à un rapprochement entre la population et les membres de la troupe. En cette fin de siècle, le monde circassien est encore artisanal, authentique, loin de ce qu'il deviendra ensuite avec l'avènement du cinéma, l'engouement du public pour le music-hall et l'automobile. Nous sommes à une époque où l'aristocratie s'adonne aux arts équestres, où les chevaux occupent encore une place de choix dans les numéros d'excellence présentés dans certains cirques. Ces derniers, comme hors du temps et du monde, offrent un espace parallèle où les codes étriqués et corsetés de la société patriarcale n'ont pas de place. Là des femmes obéissent à d'autres règles, celles de l'art, de la performance, du geste parfait, de l'exploit sportif, à égalité avec les hommes. Elles jouissent d'une liberté plus grande que celles de leurs consoeurs, luttant et suant au côté de leurs collègues masculins afin d'offrir un spectacle exceptionnel, dépaysant, intemporel... Véronique Chauvy nous entraîne inexorablement vers l'obscurité, nous fait quitter la lumière pour nous plonger dans un roman de suspense et de frayeur. Nous avons de plus en plus peur n'osant imaginer ce qu'il adviendra des différents protagonistes de cette pièce macabre. Ce livre est un formidable scénario pour un possible film, magnifiant l'art équestre, l'univers du cirque, et remettant à sa place, au panthéon des artistes d'exception, une femme au destin magnifique et terrible, la baronne Jenny de Rhaden. Du très bel ouvrage. Quatrième de couverture Août 1893. Le Cirque Brésilien installe son chapiteau et sa ménagerie en plein cœur de Clermont-Ferrand. Le cirque a fondé sa réputation sur le numéro de dressage équestre de sa vedette : la baronne de écuyère, Jenny de Rhaden. Sur son passage, avec son tendre regard vert et sa voix cristalline, la baronne de Rhaden fait tourner la tête de bien des hommes : du jeune Georges, fasciné par l'univers du cirque, à son cousin Frédéric qui, à dix-huit ans, rêve de s'affranchir de son père éleveur de chevaux, en passant par le journaliste Claude Desmarets à la recherche d'une actualité sensationnelle et M. De Castenchiold, mystérieux soldat danois éperdument amoureux de Jenny. La tête tourne surtout au baron de Rhaden, époux colérique et extrêmement jaloux, qui veille au-dessus de cette cour assidue. Un soir de représentation, des coups de feu retentissent en coulisses. Qui en est l'auteur ? Qui en est la victime ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'île du docteur Faust
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'île du docteur Faust Stéphanie Janicot Albin Michel 18 août 2021 304 pages Thriller fantastique Chronique 23 octobre 2021 Étonnant roman philosophique, psychologique surfant sur le surnaturel, mêlant mythes et légendes antiques ou littéraires à la réalité la plus tangible. Un texte qui m'a particulièrement touchée, me sentant, étrangement, très proche de la narratrice non seulement par l'âge mais aussi en raison des questions existentielles que je ne cesse de me poser en cette période particulière de la vie d'une femme, d'une artiste, d'une créatrice. Ce fut une très belle lecture, troublante, déstabilisante puis rassurante, empreinte d'une grande douceur, d'une poésie, comme nimbée de brouillard, dans un espace temps suspendu entre deux mondes où le danger plane cependant. Et je pense que ce texte peut en effet apporter un éclairage surprenant à tout à chacun de par ses qualités universelles, humanistes. Rien n'est sûr et certain, la vie est un chemin sur lequel il faut coûte que coûte tenir bien serrée la main de l'enfant que nous fûmes, afin de ne pas le ou la trahir. Les notions de réussite ou d'échec, de bien et de mal, de vie et de mort sont abstraites ; seul essayer de savoir qui nous sommes en tant qu'individu est concret. Notre âme souffle les réponses à nos interrogations... On dit de certains êtres singuliers par leur sagesse et leur maturité que leur âme a cent ans, mille ans.... Je pense que la mienne est mouvante selon les évènements que je dois affronter. Je pense aussi que certaines personnes sont des Faust tentateurs dont il faut se détourner, créant chez nous des envies, des faux besoins, des illusions mortelles... Rester ouvert au langage de notre cœur, de notre âme, de l'enfant que nous avons été, est essentiel. Un très beau roman hors du temps apportant cependant des réponses à nos questions actuelles. Quatrième de couverture Tandis que la nuit tombe, neuf femmes attendent l'arrivée d'un passeur qui doit les mener sur une île au large de la Bretagne. Toutes ont payé le prix pour suivre un programme leur promettant de retrouver leurs vingt ans. Seule l'une d'entre elles, invitée, s'est juré de résister à la tentation. Mais le séjour et le mystère grandissant qui l'entoure, tout autant que le trouble suscité par le docteur Faust, vont lui révéler la difficulté de refuser ce pacte diabolique. Comment maîtriser le temps ? Accomplir nos rêves les plus sacrés, l'amour, la création ? Comme elle s'est plu à se jouer des mythes et des légendes dans ses précédents livres, Stéphanie Janicot interroge dans ce roman envoûtant le fantasme de la jeunesse éternelle et de la toute-puissance, l'illusion, la féminité et la force du désir. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















