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  • Nous sommes la nuit

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nous sommes la nuit Gwenaël le Guellec Les Nouveaux Auteurs 8 juin 2023 500 pages Thriller Chronique 15 novembre 2023 « Insaisissables comme l'ombre Frappant comme la foudre Nous sommes la nuit. » Tome 3 de la trilogie consacrée à Yoran Rosko qui clôt cette série avec brio pour notre plus grande joie de lecteurs fidèles à cet écrivain singulier, qui année après année nous a offert des récits de plus en plus aboutis, magnifiquement rédigés, lyriques, originaux, dépaysants, tantôt thrillers psychologiques et sombres, tantôt romans d'action à 100 à l'heure, jalonnés de moments éphémères, oniriques et contemplatifs devant la magnificence de ce monde, devant l'Amour, devant ce que l'humanité peut créer de plus beau. Originaire de Brest, le jeune homme atteint d'achromatopsie, donc ne distinguant que le noir et le blanc, s'est finalement installé à Tokyo se rapprochant de son but ultime : la Femme aimée.Le jeune photographe armoricain a déjà réussi à arrêter un serial killer baptisé le Tailleur de sel en 2020 ; puis alors qu'il était hospitalisé à Rotterdam pour ses yeux, il avait été entraîné dans une course effrénée afin de stopper les crimes d'un chasseur d'êtres humains. Ces deux épisodes nous avaient emportés en Islande, à Berlin, Helsinki, Tallinn.... La passion de l'auteur pour la photographie et les voyages le portait à mettre en scène des scénarios sidérants, nous faisant basculer dans un univers nocturnes où chaque infime détail compte, des textes violents et poétiques à la fois. Certaines scènes d'un voyage en train en particulier restent gravées dans ma mémoire. Le Japon semble être le pays idéal pour le jeune homme travaillant en free-lance, capturant des scènes de la mégalopole de nuit avant de partager ses oeuvres sur une plateforme de photo game international.Et justement, au retour d'une de ces escapades avec une cliente, il tombe par hasard sur un cliché horrifiant mettant en scène la mort atroce d'un homme, client d'un love hôtel. L'appareil interne de Yoran est enclenché automatiquement. Il réussit à enregistrer la photo avant que celle-ci ne soit effacée du site. Voilà notre limier en roue libre sur les traces d'un tueur de haut vol. Depuis le temps qu'il est au Japon, Yoran a élargi son cercle d'amis. Et l'une d'entre eux, ancienne geisha aujourd'hui propriétaire d'un restaurant, aux connaissances phénoménales quant à la culture nippone, va lui donner des éléments importants quant à l'arme utilisée.Le mécanisme est ainsi mis en mouvement dans l'esprit de notre héros qui ne pourra s'arrêter que lorsqu'il aura compris les tenants et aboutissants de cette tuerie qui n'en est qu'à son début. Tokyo, Sienne, Prague, Brest... préparez-vous à voyager, Gwenael Le Guellec est un excellent guide. Peu à peu, alors que le sort semble s'acharner contre lui bien trop proche de la solution, que le danger devient mortel, nous voyons cependant notre ami sortir de son monde monochrome pour rejoindre la lumière, (d'où la couverture), celle libératrice menant à l'essentiel : l'Amour ; mais le chemin est ardu, piégé, interminable. Heureusement, certains personnages d'hier et d'aujourd'hui aident notre étrange enquêteur, apportant la part d'humour et d'ironie indispensable à un thriller par ailleurs ténébreux et cruel. Quel magnifique parcours littéraire que celui de l'auteur ! Quel merveilleux guide « touristique » est-il, nous donnant l'envie de réserver immédiatement un billet d'avion pour Tokyo, pour Sienne ou Prague ! La curiosité sans fond de l'écrivain, son empathie extraordinaire, sa soif de connaissance des autres font de lui un romancier à part. La trilogie se termine sans qu'aucune zone d'ombre ne soit enfin éclairée ; tout est parfaitement équilibré, à sa place, comme une estampe japonaise réalisée d'un geste sûr et parfait. Félicitations Gwenael Le Guellec.(J'ai beaucoup pensé, par certains aspects, à l'univers créé par Sébastien Raizer). Quatrième de couverture Retrouvez le nouveau thriller de l'auteur gagnant du prix du suspense 2019, un vrai page-turner ! Atteint d'une maladie rare l'obligeant à percevoir le monde qui l'entoure en nuances de noir et de blanc, Yoran Rosko exerce désormais comme photographe professionnel au Japon. Fuyant son ancienne vie tout autant que ses vieux démons, il a définitivement renoncé à regagner un jour la pointe armoricaine. Sa participation à un photo game international va bientôt l'amener à croiser la route d'un étrange collectif d'artistes, amateurs de scénographies macabres, et se servant des réseaux sociaux pour mettre en lumière leurs créations. Cette plongée hypnotique et envoûtante dans la nuit tokyoïte le conduira à affronter ce groupe d'assassins, surnommés les « Tueurs aux estampes », dans le domaine qu'il affectionne le plus : la photographie. Mais alors que les victimes s'accumulent et que le jeu n'a plus de frontières, Yoran va progressivement prendre conscience que laisser son passé remonter à la surface pourrait bien lui sauver la mise, une dernière fois... 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  • L'Abbé Pierre Une vie d'amour

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Abbé Pierre Une vie d'amour Philippe Dupont City Editions Biographie 8 novembre 2023 415 pages Biographie Chronique 14 novembre 2023 Évènement !La biographie intime de l'abbé Pierre alors que sort le film l'abbé Pierre, une vie de combats, et avant le cinquantenaire de l'appel de février 1954. « On n'est jamais heureux que dans le bonheur qu'on donne. Donner, c'est recevoir. » Henri Grouès, personnage hors norme et complexe, tantôt considéré comme un saint, tantôt vilipendé et durement critiqué, un homme exceptionnel et imparfait, méritait une biographie complète, exigeante, juste, précise. C'est chose faite grâce à cet ouvrage signé par Philippe Dupont. Tout le monde connaît l'Abbé Pierre devenu l'ange des pauvres, la voix qui s'élève pour rendre la parole aux plus humbles, l'auteur d'un appel célèbre et aujourd'hui malheureusement encore d'actualité du 1er février 1954. Il serait réducteur de s'en tenir à cela : jeune homme issu de la bourgeoisie lyonnaise catholique, de santé fragile mais au caractère bien affermi, après quelques années dans un couvent monastique devient prêtre séculier. Passage vers une réalité de terrain afin de s'engager pleinement auprès d'une population en grande souffrance. Ses années de résistant et son rôle de passeur lors de la Seconde Guerre mondiale, puis son entrée officielle en politique comme député de la démocratie chrétienne pendant six ans, sa conviction profonde de la nécessité d'un fédéralisme mondial, sa participation aux travaux concernant la Déclaration universelle des droits de l'Homme, sa défense des objecteurs de conscience, toutes ses actions tant sur le plan national qu'international sont peu connues et à recontextualiser dans le temps. Ce qui est frappant est que certaines de ses convictions sont datées et que d'autres apparaissent comme prophétiques. Ce qui anime l'Abbé Pierre est l'amour du prochain et son empathie extraordinaire envers les autres jusqu'à s'oublier, jusqu'à se tromper sur l'honnêteté de certains de ses proches. L'aventure Emmaüs commence en 1949 par l'accueil de Georges Legay et d'une première famille expulsée. L'idée fondamentale mise en œuvre dans ses maisons refuges est que « l'on s'aide soi-même en aidant les autres ». Ainsi, alors qu'une crise du logement catastrophique et scandaleuse perdure depuis des dizaines d'années sans que les gouvernements successifs ne mettent en œuvre de vraies solutions, l'Abbé Pierre apporte des réponses, entame avec différents partenaires des réflexions, organise des rencontres, afin d'éradiquer cette injustice ignoble frappant des milliers de personnes oubliées, invisibles. Philippe Dupont décrit avec un luxe de détails l'organisation interne d'Emmaüs, les opérations diverses et ingénieuses trouvées pour financer les différents projets de construction ou d'amélioration des habitats ; il revient ainsi précisément sur l'activité de biffins ou chiffonniers qui aujourd'hui fait des émules de par le monde et en France. L'influence de la pensée de cet homme à l'international est incroyable depuis les années 1950, le mouvement Emmaüs se développant partout de façon décentralisée ; cette pensée est aussi toujours d'actualité sur les politiques publiques françaises, la lutte n'étant pas terminée, loin de là. Philippe Dupont est également critique et impartial lorsqu'il revient sur les erreurs de gestion, d'administration de l'Abbé Pierre, sur sa naïveté quant à certains de ses proches délinquants notoires, ou l'engagement de sa parole sans réflexion réelle sur des sujets extrêmement délicats telle la shoah, voir le chapitre 11 dédié à la navrante affaire Garaudy.Oui, l'Abbé Pierre est imparfait, faillible, il a eu la chance d'être entouré de fidèles remarquables le protégeant des autres et de lui-même parfois, faisant fonctionner Emmaüs, permettant à cette organisation de s'étendre là où les pauvres gens appellent à l'aide. L'action personnelle et unique en 1949 d'un seul citoyen rayonne maintenant dans le monde entier. Combien de vies sauvées grâce à cet homme aux convictions chevillées dans un corps souffrant et fragile ?Jusqu'à la fin, il fut de tous les engagements, malgré sa santé déclinante, la douleur physique insoutenable, un organisme à bout de force. Cette remarquable biographie est essentielle : elle nous rappelle qu'agir même à un niveau individuel n'est pas inutile, que les fleuves sont formés de milliards de gouttes d'eau, qu'il ne faut pas écouter ceux qui veulent nous décourager par leur discours anxiogène, que le mot « Impossible » est impropre, inacceptable. Quatrième de couverture Son visage mangé par une barbe, son béret et sa cape : pour toujours l'abbé Pierre se distingue par cette silhouette connue de tous. Il incarne aussi l'engagement aux côtés des plus démunis et pour un monde de partage et de paix. Pourtant, cela ne suffit pas à raconter la richesse incroyable d'une vie qui a laissé une empreinte indélébile. Dans ce livre, Philippe Dupont, qui a passé près de quinze ans au coeur du mouvement Emmaus, nous raconte un abbé Pierre intime. Il nous livre les derniers secrets d'un homme engagé : auprès de Dieu d'abord, mais aussi dans la Résistance. Sans oublier son célèbre Appel en février 1954. Un homme qui connaissait les grands de ce monde comme Einstein, de Gaulle, Charlie Chaplin ou Albert Camus, et utilisait ses relations au service de ses frères, les pauvres, les oubliés de la société. Cette biographie est le récit d'une existence au service des autres, une leçon de courage et un appel à vivre pleinement. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les yeux de Sophie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les yeux de Sophie Jojo Moyes Bragelonne Fin 2017 562 pages traduites par Odile Carton Roman Feelgood Chronique 6 janvier 2019 Titre original « The Girls you left behind ». « J'ai cru que c'était la fin du monde. Que rien de bon ne pourrait plus m'arriver. Je ne mangeais plus, je ne sortais plus. Je ne voulais plus voir personne. Mais j'ai survécu. Contre toute attente, j'ai fini par surmonter l'insurmontable et, petit à petit, la vie m'a paru vivable. » Et les yeux de Sophie n'ont pas lâché la rédactrice de ces lignes, lui insufflant son énergie et sa force à travers le temps. Sophie Bessette, la narratrice, est une guerrière, partie de son village du nord de la France pour rejoindre Paris où elle monte les échelons au Bon Marché, le célèbre magasin, jusqu'à devenir vendeuse d'accessoires. Nous sommes en 1912. Sa nouvelle existence est exaltante, elle demeure sur place comme nombre d'employées. Son destin va prendre un tournant étonnant sous les traits d'un grand "ours" charmant, drôle, qui revient plusieurs fois lui acheter des foulards. Edouard Lefèvre est peintre de l'école de Matisse et habite rue Soufflot. Un 14 juillet les voilà réunis par le hasard, leur couple naît ce jour là où "Les yeux de Sophie" est peint. La grande Histoire les rattrape, Édouard part au front, Sophie rejoint sa sœur Hélène et ses enfants à Saint-Péronne pour tenir le bar- restaurant Le coq rouge. Nous les rencontrons toutes deux en octobre 2016, souffrant des restrictions et de la faim, en zone occupée. Les allemands sont partout, la population est terrifiée et inquiète, et comme toujours dans de petites villes, des mauvaises langues et donneuses de leçons font courir des ragots et médisances sur tous ceux qui collaborent de trop avec l'ennemi, telle Liliane, ses manteaux et chaussures neufs, paradant dans les rues, objet de toutes les haines. Des réseaux de résistance se sont mis en place pour apporter des informations fraîches du front et des hommes. Le nouveau Kommandant Hencken vient de prendre ses fonctions, intelligent, éduqué, esthète, il voit et comprend tout. Sophie sait qu'il va falloir prendre des précautions avec cet homme loin d'être naïf. Celui-ci lui demande bientôt de cuisiner les dîners de ses hommes, de les accueillir après le couvre-feu et le départ des clients habituels. La populace jase, mais ont-elles le choix avec plusieurs enfants à protéger ainsi que des petits secrets à garder cachés comme un porcelet....? Dès son entrée au Coq rouge, le Kommandant repère le tableau dont il reconnaît la qualité de la facture. Une étrange relation naît alors entre ces deux admirateurs de l'Art. Bientôt les nouvelles de Edouard parviennent, il est vraisemblablement dans un camps.... Alors naît un plan désespéré dans l'esprit malade de peur de Sophie. Londres 2006, Liv Halston, veuve inconsolable depuis quatre ans, ne réussissant pas à faire face à ses difficultés financières, se retrouve piégée à un dîner organisé dans un restaurant par un couple d'amis, de bonnes âmes cherchant à la recaser à tout prix. Sauvée par un appel d'urgence, elle se rend dans l'arrière- cuisine mais il n'y a pas de téléphone ni d'appel, juste une fille étrange au look gothique... Celle-ci l'a tout de suite reconnue, ancienne copine d'école et a monté ce bobbard pour lui permettre de partir. De fil en aiguille, Liv invite Mo, sans domicile fixe, chez elle, ou plutôt chez son mari David, l'architecte de la maison de verre. La demeure aussi du tableau " Les yeux de Sophie" accroché face à leur lit matrimonial. Ce cadeau de mariage qu'elle aime plus que tout, fut un témoin du bonheur trop court et un consolateur depuis le décès de David. Une rencontre inattendue avec Paul, un bel américain, pleine de promesses, lui laisse entrevoir la fin du tunnel, mais malheureusement le mauvais sort va encore s'acharner sur la jeune femme qui va devoir se pencher plus sérieusement sur le périple exceptionnel de ce tableau depuis sa naissance en 1912 jusqu'à 2006, de Paris à Saint- Péronne, à l'Allemagne, aux USA, à l'Espagne et enfin à Londres dans la maison de verre. Les vies de Liv et Sophie semblent inextricablement emmêlées, chacune va trouver assistance auprès de personnes inattendues, être trahie, trompée, va devoir aller au bout de ses forces et affronter ses propres monstres. " Une histoire merveilleuse sur le pouvoir libérateur de l'art et de l'amour." USA Today Plus ma lecture avançait rapidement, plus j'étais passionnée par ce récit qui dans un premier temps peut apparaître faussement classique. Imaginé à partir de la documentation ayant trait à la situation particulière et méconnue des villes et villages du Nord de la France de 1914 à 1918, de la déportation en camps de travail des soldats capturés mais également parfois de la population civile jusqu'en Allemagne, ce texte épique et très romanesque est original et éclaire un aspect de la première guerre mondiale avec beaucoup de talent. De plus, Liv l'une des héroïnes, se retrouve piégée dans un cauchemar horrible lorsque son cher tableau devient l'objet d'un procès monstrueux. Pour une fois, le cadrage diffère quant à l'histoire de toutes ces œuvres d'art volées à des familles de vaincus, par les Allemands en particulier, pendant les deux guerres mondiales, et rendues à leurs vrais propriétaires. Ce thème de la restitution d'oeuvre d'art a donné lieu à bien des films et romans où les rôles sont presque toujours distribués de la même façon, les méchants étant ceux voulant garder une œuvre qui ne leur appartient pas, acquise malhonnêtement dans des conditions souvent atroces. Un peu trop simpliste, et ce roman nous permet de tout envisager différemment. Avant de crier avec la meute, d'injurier et cracher sur les actuels propriétaires, avant de créer la confusion entre les deux guerres mondiales, avant de parler de fascisme à tout va, peut-être faudrait-il écouter attentivement ceux qui soudainement se retrouvent accusés de tous les maux. Ce roman d'amour, historique, de guerre, juridique, m'a pleinement conquise et m'a appris énormément. Je le recommande vivement.... Il a sauvé un samedi bien gris et triste pour le colorer d'espoir. Quatrième de couverture « J’ai cru que c’était la fin du monde. J’ai cru que rien de bon ne pourrait plus m’arriver. Je ne mangeais plus, je ne sortais plus. Je ne voulais plus voir personne. Mais j’ai survécu. Contre toute attente, j’ai fini par surmonter l’insurmontable et, petit à petit, la vie m’a paru vivable. » Paris, 1916. Sophie Lefèvre doit prendre soin de sa famille alors que son mari part pour le front. Quand la ville tombe entre les mains de l’armée allemande, au milieu de la Première Guerre mondiale, Sophie est contrainte de faire le service tous les soirs à l’hôtel où réside la Wehrmacht. À l’instant où le nouveau commandant découvre le portrait qu’Édouard a fait de sa femme, cette image l’obsède. Une dangereuse obsession qui menace la réputation, la famille et la vie de Sophie, et va la conduire à prendre une terrible décision. Un siècle plus tard, à Londres, Liv Halston reçoit ce portrait en cadeau de la part de son mari avant de recueillir son dernier soupir. Sa vie est bouleversée de plus belle lorsqu’une rencontre fortuite lui permet de découvrir la véritable histoire de ce tableau. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Erectus

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Erectus Xavier Müller XO Editions 2018 435 pages SF Thriller Chronique 29 décembre 2019 « Et soudain l'humanité se mit à régresser. » « La nature ne retourne pas en arrière ; elle ne refait pas ce qu'elle a détruit, elle ne revient pas au moule qu'elle a brisé. Dans le nombre infini de combinaisons que l'avenir renferme, vous ne reverrez pas deux fois la même humanité, ni la même flore, ni la même faune. » Edgar Quinet, 1870. Thriller très réaliste et surtout pas à classer dans la SF, Fin XIXe siècle, c'est ce que l'on pouvait affirmer mais pas aujourd'hui... En effet, à part le virus Kruger imaginé par l'auteur, journaliste, écrivain et docteur ès Sciences, les faits scientifiques sur lesquels est construit tout ce thriller sont vrais. Ce n'est pas de la SF donc, l'écrivain s'est juste permis de pousser le curseur un plus loin... Mais pas totalement ce qui au finish me dérange. On sait depuis une quinzaine d'années que des espèces ont déjà plusieurs fois fait le chemin de l'évolution à rebours. Le mot utilisé par les paléontologues est "réversion", un phénomène ayant touché les serpents, le gecko, l'humain... Des gènes en sommeil se réactivent, pourquoi ? Les scientifiques du monde entier cherchent la réponse.... Flippant, oui. En même temps, cela remet humanité à sa place, car non, nous ne sommes pas les plus forts, les plus invincibles, les plus intelligents.. les plus nuisibles, certainement. La nature est plus puissante encore ce qui, quelque part, redonne toute sa place à la VIE.... Ce thriller est bien mené, paniquant à souhait en ce qu'il décrit de l'humanité et ses réactions face à un tel phénomène. Bien vu malheureusement. Évidemment, tout parallèle entre les situations passées où les blancs se croyaient supérieurs aux autres, où certains se sont crus et se croient encore au-dessus des autres humains ou de la nature, peut être fait. Et, bien évidemment, la frontière entre civilisation et barbarie est à nouveau remise en question par ce récit. Les personnages sont parfaitement campés, l'action constante et bien conçue, raison pour laquelle je suis étonnée par les raccourcis de la quatrième de couverture, ne respectant pas la chronologie des évènements, ni le lent et patient travail de construction de la narration par Xavier Müller. D'habitude, je réécris un texte, mais j'ai décidé que les auteurs sont aussi responsables de la quatrième de couverture même si celle-ci devient un résumé au lieu d'être une mise en bouche... Quand à la fin, compte tenu de la petite surprise qui vous y attend, je me suis demandée ce qu'il advenait des animaux et de la flore touchés en premier par ce virus.... Pas eu de réponse.... Donc pour moi, c'est incomplet et cela me dérange beaucoup. L'auteur n'a pas fini son travail... un autre tome devrait suivre. Cela reste un roman divertissant, intelligent, bien écrit ....et moi ..... je cherche la petite bête... Quatrième de couverture À Richards Bay, en Afrique du Sud, c'est le choc. Un homme s'est métamorphosé, il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils, ne parle plus. Bientôt à New-York, Paris, Genève des Homo Erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population. De quel virus s'agit-il ? Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ? Une scientifique française, Anna Meunier, se lance dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l'humanité. Partout la question se pose, vertigineuse : Les Erectus sont-ils encore des hommes ? Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ou des bêtes sauvages à éliminer ? Un cauchemar planétaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La source aux trois fontaines

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La source aux trois fontaines Antonin Malroux De Borée Terre de Poche 12 octobre 2023 326 pages Roman Chronique 12 novembre 2023 « Trois générations de femmes soudées par un secret et des liens indéfectibles. » L'Auvergne, un petit hameau au nom poétique ; un couple de fermiers accueille une adolescente de 14 ans, Anna, afin de les aider au quotidien. Rien ne va plus au sein du mariage qui n'en est plus un. La femme Pélagie, propriétaire de tout le domaine, a le pouvoir sur son mari, Maurice. Elle lui refuse également un enfant. Alors il va voir ailleurs. Mais lorsque la petite grandit et devient une jeune fille, pourquoi aller chercher à l'extérieur ce qui est à disposition chez lui. Les conséquences de ce drame vont se répercuter sur des années, non seulement sur Pélagie, Anna et ses parents, mais également sur la génération suivante.En ce début du XX ème siècle, tout est à inventer en terme de féminisme, de lutte contre les violences faites auxfemmes. Pélagie va créer de nouvelles règles afin de se protéger et venir en aide à Anna, enceinte. Sa vision est en avance sur son temps mais malheureusement les mentalités sont en retard sur elle. La honte que ressent Anna incapable de dire des mots sur ce qu'elle a subi sera celle de sa fille. Jusqu'à quand ? Rester cloîtrées dans le havre de paix du hameau des Trois Fontaines entre femmes n'est pas une solution à long terme pour Justine. À l'école, au village, elle est la bâtarde... Sa mère restant campée sur ses positions, incapable de dire la vérité, que peut faire la jeune femme sinon partir ...? Bientôt le destin s'en mêle ! Un roman historique de terroir réussi dont le style littéraire singulier m'a cependant quelque peu déstabilisée. Construire le monde de demain ne peut se faire que par l'union des femmes et des hommes contre un masculinisme révoltant et passéiste. Force est de constater que nos sociétés rétrogradent sérieusement quant à l'égalité entre les genres et la lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants, aux plus fragiles. Un texte donc qui pourrait paraître refléter une situation dépassée et pourtant douloureusement d'actualité. Quatrième de couverture La jeune Anna est employée à la ferme des Fenière, un couple sans enfant, où elle donne entière satisfaction. Lorsque, à peine âgée de 16 ans, elle donne naissance à une petite Justine en refusant de dévoiler l’identité du géniteur, sa patronne Pélagie décide de la garder. C’est décidé, la petite Justine grandira au Hameau des Trois Fontaines. Quelques années plus tard, Justine, devenue l’heureuse égérie d’un grand magasin parisien, revient sur les terres auvergnates de son enfance pour honorer une promesse faite à sa mère. Y aura-t-il un bonheur au bout de ce retour au pays qui l’a vue naître ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Une offrande à la tempête

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une offrande à la tempête Dolorès Redondo Folio Policier 28 janvier 2021 592 pages traduites par Judith Vernant Thriller Chronique 2 novembre 2023 Final de la trilogie de Baztán montant encore en puissance poussant l'héroïne, l'inspectrice Amaia Salazar, dans ses retranchements. Le faux pas qui peut la faire chuter dans un gouffre sans fond où le Mal absolu l'attend patiemment, n'a jamais été aussi envisageable. Et nous tremblons pour elle, sa famille, pour toutes les victimes d'un nouveau monstre sorti des cauchemars et légendes basques, l'Inguma, troisième entité surnaturelle puisque chaque opus fut consacré à l'une de ces figures traditionnelles de la mythologie de ce pays d'ombres et de brouillard. Le chemin sera long pour s'extraire de cette brume collante et souffrée. Le Diable est là qui guette Amaia. Il peut revêtir un aspect séduisant, inoffensif, attention ! Mais pourquoi notre héroïne est-elle à ce point au centre de l'attention d'un être démoniaque ou d'un groupe sectaire ? Qui est-elle vraiment, que représente-t-elle ?L'heure du dénouement est venu enfin, celle de la justice également pour tous les enfants morts mystérieusement. Un dernier opus de tous les dangers, de toutes les révélations. Pourra-t-elle en sortir indemne ? Réussite totale, apothéose tant sur le plan de l'intelligence du scénario que du style littéraire. Maléfique et beau simplement. Envoûtant et addictif. Une mention spéciale pour la qualité de la traduction. Quatrième de couverture Dans la vallée du Baztán, une petite fille décède étouffée dans son berceau. Alors que la police soupçonne le père d'être impliqué, la grand-mère attribue ce meurtre au génie maléfique Inguma, issu de la mythologie basque. Rapidement, cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites de nourrissons suspectes. L'inspectrice Amaia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, entre légendes mystiques et meurtres barbares, au risque de mettre de côté son rôle d'épouse et de mère. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Traîtres Nouvelles histoires de l'infamie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Traîtres Nouvelles histoires de l'infamie Franck Favier & Vincent Haegele Passés composés Février 2023 270 pages Essai Chronique 23 novembre 2023 Un essai sur la traîtrise des plus passionnants s'interrogeant légitimement sur la définition que l'on donne à ce mot que l'on soit celui qui se sent trahi ou celui qui est le traître aux yeux de tous et de la postérité. Quelles sont les raisons qui poussent à passer à l'acte, à franchir une frontière interdite ?Y-a-t-il de bonnes justifications à changer son fusil d'épaule ? Sont-ce toutes des trahisons ou bien des actes de résistance, de conviction, de prescience ? Certains retournent leur veste par opportunisme détestable, ou parce qu'il se sentent eux-mêmes trahis et déconsidérés par leur maître ; d'autres ne réussissant pas à trahir leur propres certitudes, leur désir de paix par exemple, sont conspués comme traîtres à la patrie. Peu s'en sortent blanchis ou du moins compris dans leur démarche. Certains resteront des énigmes, d'autres mériteraient une révision de leur "procès" au vu des éléments et documents mis à jour depuis les faits. Tout l'ouvrage mérite votre attention. Je dois dire que, pour ma part, j'ai été littéralement captée et édifiée par certains chapitres en particulier, ignorante de bien des évènements rapportés et décrits avec un luxe de détails :- Gonzalo Guerrero Renégat espagnol par Gonzague Espinosa-Dassonneville- Jeu des "trônes" suédois au XVIème siècle par Franck Favier - Benedict Arnold Héros gâché et traître classique de l'Indépendance américaine par Raphaël Lalhou - Sprengtporten traître ou patriote ? De Franck Favier- Wang Jinwei : le martyre raté de la République de Chine par Sébastien Bertrand- Vidkun Quirling par Éric Eydoux Et enfin et non des moindres pour terminer en beauté si je puis dire- Au dictionnaire de l'Académie Française par Bénédicte Vergez-Chaignon Un essai qui porte sur l'Histoire passée et qui pourtant est totalement d'actualité. Quatrième de couverture L'histoire regorge d'exemples plus ou moins édifiants, qu'ils soient individuels ou d'ordre collectif, d'actes de trahison. Plus d'un événement marquant a en effet pu être occasionné par la décision d'un personnage ou de son entourage de changer de camp, ou de refuser d'obéir. Parfois la trahison est devenue, avec le recul du temps, un acte de bravoure... Toujours elle éclaire un caractère, met en valeur une faiblesse très humaine ou exprime un sentiment blessé. En bousculant l'ordre social, la trahison est un geste fort et, d'une certaine manière, un sacrifice personnel qui demeure complexe à comprendre. Pour tenter, justement, de saisir les enjeux que soulève la question de la trahison, les auteurs de ce livre original sur un sujet d'ordinaire abordé de manière caricaturale font le portrait d'une quinzaine de grands «?traîtres?» du XVe au XXe siècle. Ils dessinent ainsi une nouvelle histoire de l'infamie à travers les vies de ces hommes et femmes hauts-en-couleur dont les aventures parfois rocambolesques trouvent une conclusion souvent tragique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'homme du café Kranzler

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'homme du café Kranzler Michel Goujon City Editions 23 août 2023 320 pages Historique Chronique 23 septembre 2023 « Ce roman m'a passionnée au dernier degré. Michel Goujon est un conteur fabuleux ! » Amélie Nothomb Je rejoins madame Nothomb, ce roman est prodigieux, une véritable réussite traitant d'un thème, pourtant déjà visité en particulier en ces temps de peur, d'une manière tout à fait singulière. Sur une bande son somptueuse,« Le Voyage d'hiver « de Franz Schubert, l'auteur nous fait toucher au plus intime de la pensée et des pérégrinations psychologiques d'un couple mis au pied du mur alors que la révolution nationale socialiste nazie gagne du terrain, gangrénant tous les aspects de la vie des Allemands. Comment résister mentalement au lavage de cerveau, à la terreur d'être pris pour cible, dans cette atmosphère de crépuscule des dieux. L'air est délétère, on est épié, surveillé, jugé, condamné puis envoyé en camps de concentration si pas assez obéissant et convaincu que Hitler est le sauveur, le nouveau Messie. Le voyage lors de cet hiver 1936 ne sera pas pour Andreas qu'un déplacement jusque dans les montagnes pour assister aux Jeux olympiques mais un bouleversement total de sa posture jusque là tétanisée en état de sidération ; non, l'Umbruch annoncé par mes nazis, "le grand bouleversement" qui semble avoir converti son épouse Magdalena, lui laisse un goût de fiel dans la bouche. Plus le temps passe, moins il réussit à cacher ses véritables opinions. Alors qu'il semble retourner vers la lumière en cessant de se trahir lui-même, Magda s'enfonce dans une idolâtrie et une dépression sidérantes.Alors rédemption ou perdition ?Quels sont les évènements, les faits, qui mènent deux individus pourtant liés au départ par l'amour à s'éloigner à ce point ? Sur quels boutons les nazis et les résistants vont-ils appuyer afin de gagner à leur cause l'un ou l'autre. La voix de Andreas n'est pas moins importante que celle de Magda. Il faut comprendre les mécanismes de l'endoctrinement porté par une dictature pour savoir les repérer et les contrer. Roman extraordinaire, impossible à lâcher, développement d'un texte ancien qui fut une nouvelle. Le passage à la forme longue est une réussite parfaite, un thriller ténébreux et psychologique étouffant, passionnant, brillant. Lire attentivement les notes finales éclairantes et essentielles de l'auteur et de la traductrice de ce roman en allemand, Edmonde Permingeat. « J'ai dû m'en aller sans en vouloir le moment, Et chercher seul mon chemin dans cette obscurité » Franz Schubert, Winterreise, Le Voyage d'hiver, Textes de Wilhem Müller Quatrième de couverture Andreas, un brillant journaliste sportif, et Magdalena, son épouse, sont pris dans la tourmente de l'histoire. L'Allemagne de 1936. Celle des Jeux olympiques, mais aussi, des lois raciales, de la mise au pas du pays, de l'intensification de la traque des opposants. Au sein du couple, la révolution nationale a fait son travail de sape : le lien qui unissait Andreas et Magdalena n'est plus qu'un fil ténu auquel sont accrochés, comme des oripeaux, les souvenirs nostalgiques. Leurs divergences de vues sur l'Umbruch, le « grand bouleversement », se sont ajoutées à la stérilité de leur union qui est une immense douleur. Les deux trentenaires sont surveillés depuis des mois, à leur insu, par les sbires du pouvoir. L'étau se resserre. On va leur tendre un piège... diabolique. Andreas, en accord avec sa conscience, ira vers la lumière. Magdalena, elle, s'enfoncera dans les ténèbres du national-socialisme, torturée par ses doutes, ses contradictions, mais portée par son idolâtrie du Führer. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je veux peindre et aimer

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je veux peindre et aimer Evelyne Dress Glyphe Février 2023 214 pages Historique Chronique 19 septembre 2023 Image de couverture : Un jour, Ewa Csernal-Suliga/Lanrecz « Peindre c'est aimer à nouveau. » Henry Miller « Est-il possible d'aimer et de créer à la fois, d'aimer et de vivre, d'aimer et d'être libre ? Je veux le croire. » Evelyne Dress Question qui taraude bien des femmes artistes quelle que soit leur discipline encore aujourd'hui, malheureusement. L'action se déroule entre 1914 et 1927, nous plongeant dans l'intimité amoureuse et créatrive d'une jeune femme, Rebecca, en quête d'équilibre, de bonheur, de place en ce monde. Elle est peintre et désirerait ardemment se réaliser en tant que telle. Elle est aussi une passionnée des sentiments et se donne entièrement à celui qu'elle choisit. Mais peut-on mener une vie d'artiste et une vie de femme ? L'une n'empêche-t-elle pas l'autre ? L'ombre d'un homme se projette dans l'encadrement de la porte de l'atelier de la jeune femme réfugiée dans sa solitude. Serait-ce le signe d'un grand virage, d'une destinée à accomplir enfin ?Rebecca saura-t-elle se métamorphoser, lire en elle-même, se protéger, reconnaître l'amour véritable ?Au gré de rencontres d'inconnus ou de figures illustres, de voyages fabuleux, l'autrice raconte peu à peu le parcours initiatique de son héroïne semblant bien proche d'elle-même. Elle sonde et dévoile les pensées les plus profondes et labyrinthiques d'une artiste en devenir qui ne peut oublier qu'elle est aussi femme. Elle décortique ainsi, avec talent, le geste artistique, ce qu'il sous-tend, ce qu'il implique... Passionnant ! Le propos est toujours d'actualité : être femme et artiste en ce monde où le patriarcat règne encore en maître n'est pas évident. Mais être artiste et homme, est-ce plus facile ? Tant que le genre commandera au jugement que l'on porte sur un individu, nous serons tous enfermés dans le même carcan. Rien de pire lorsque l'on est créatif. Roman sensible, fresque historique chatoyante, un beau texte charnel et sensuel traitant du désir de créer, d'offrir la beauté et d'aimer. Quatrième de couverture Portée par son besoin de peindre et d’aimer, Rebecca aborde la vie et le siècle avec enthousiasme et sensualité. De la Grande Guerre aux Années folles ; de la Provence à New York et jusqu’à la Turquie, elle nous entraîne dans une quête palpitante d’elle-même. Elle fait des rencontres surprenantes : Pierre Matisse, George Gershwin, Khalil Gibran... Et sa peinture la porte avec audace et détermination vers l’amour. Dans l’ombre, un Pygmalion veille. Avec lui, elle trace son destin à la pointe de ses pinceaux... Mais est-il possible de créer, d’aimer et de rester libre Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Avril blanc

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Avril blanc Christian Vialle De Borée Terres d'écriture 7 septembre 2023 208 pages Roman Chronique 15 septembre 2023 « Cette nuit la neige a recouvert la prairie, Dans le silence blanchi, le printemps se sent trahi... » Que s'est-il passé ce jour d'avril où soudain la neige s'est mise à recouvrir le monde ? Un monde de violence, glauque, terrifiant où nul enfant ne peut croire en la parole des adultes ? Qu'ont vécu les deux petites filles qu'étaient Dina et Judith, aujourd'hui femmes mûres, pour que toute leur existence en soit entachée, leur innocence détruite, leur avenir abimé. L'action se déroule entre les deux confinements ; Dina s'est réfugiée dans la vieille maison de famille persuadée de ne pas pouvoir supporter de nouvelles mesures sanitaires drastiques en ville. Bientôt et étonnamment, sa petite sœur s'annonce. Cela fait des années qu'elles ne se sont pas retrouvées dans cette demeure abritant bien des secrets de familles, où résonne encore l'écho des pleurs, cris et soupirs d'autrefois. La vie a été difficile pour les deux réfugiées, les relations amoureuses en particulier n'ont jamais été évidentes comme si quelque chose dans leur passé et dans celui de leurs ascendants les bloquait. Elles en ont suffoqué pendant près de cinquante ans mais, dans le contexte inhabituel de la pandémie, dans l'isolement qu'elles choisissent de vivre ensemble, peut-être pourront-elles enfin se parler, mettre des mots sur l'indicible, sur ce qu'il advint ce fameux jour d'avril blanc. Quant les pneus de leurs voitures sont crevés, le roman devient thriller psychologique et anxiogène. Coupées par choix des réseaux sociaux et des informations, elles se retrouvent au cœur d'une véritable tempête tant climatique qu'intime. Elles ne peuvent plus pratiquer la technique de l'évitement. Les deux femmes redeviennent enfants et se souviennent... Mais leur mémoire est-elle sûre ? Peuvent-elles s'y fier ? La quête de vérité est incontournable et commence alors que les éléments se déchaînent autour d'elles. Formidable roman sur la sororité et les silences étouffants de l'enfance. Je l'ai lu d'une traite tant l'atmosphère pesante et terrifiante est bien rendue, tant ce livre est remarquablement écrit. J'ai vraiment eu envie de serrer ces petites filles dans mes bras. Quatrième de couverture Dans un tête à tête imposé, deux sœurs convoquent leur passé, laissant ressurgir un drame de leur enfance. En pleine période de confinement, Dina et Judith Caravella décident de se retrouver dans l’ancienne maison familiale « La Sauvage », isolée du village et de ses habitants, peu bienveillants à leur égard. Elles mettent ce temps à profit pour grimper jusqu’au « château », une ruine de pierres, terrain propice à leurs jeux d’enfants et se retrouvent, bien malgré elles, emmurées dans une cave souterraine, en raison d’un orage ayant déclenché une avalanche et une forte coulée de boue jusqu’au bourg. Isolées, coupées du monde, elles se confient et tentent de se souvenir d’un tragique accident, ayant eu lieu en avril 1967. Elles avaient alors été contraintes de se joindre à une colonie sanitaire, en raison de leur état de santé et de l’ambiance délétère du foyer familial. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les châteaux de sable ne résistent pas à la tempête

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les châteaux de sable ne résistent pas à la tempête Johanna Plé-Bourdin De Borée Terres d'écriture 12 octobre 2023 412 pages Roman Chronique 10 novembre 2023 « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort reste la seule option. » Bob Marley Et en effet, Célia qui a fui voici quinze ans une situation de couple désastreuse et dangereuse, voit le passé lui revenir en pleine face tel un boomerang. Seulement cette fois-ci, elle n'est plus seule, ses deux fils sont concernés et en particulier son aîné, Andy. Comment construire une maison aux fondations solides sur des sables mouvants ?Se taire pour protéger, mentir par omission, ne sont pas des solutions ; la vie va se charger de le faire comprendre durement à cette mère célibataire réfugiée dans le village de Saint-Alban-Auriolles en Ardèche. Son poste d'enseignante, un couple d'amis et ses fils sont tout son univers. Elle a fait une croix sur le reste. Un voyage scolaire est organisé par le lycée d'Andy aux États-Unis à Canton. Le garçon de seize ans, plus taciturne et secret depuis quelques semaines, semble cependant très heureux de ce périple dans l'état de New-York. Quinze jours de séparation leur fera du bien à tous les trois.Sam, le plus jeune, doit lui aussi partir en virée avec son établissement. Célia pourra-t-elle enfin s'accorder un peu de temps ?Soudain le récit tourne au drame, devient thriller terrifiant au suspense haletant.Andy a disparu à quelques jours du retour en France.L'angoisse étreint la mère parfaitement consciente que ses mensonges, sa fuite et peut-être sa lâcheté, pourraient être à l'origine de la catastrophe actuelle. Sont-ce des ombres de son passé douloureux qui refont surface en s'attaquant à ce qu'elle a de plus cher ? Est-ce Andy qui a décidé de fuguer ? Avait-il des raisons personnelles de partir liées au lycées, à ses camarades de classe ? Avait-il des secrets, lui aussi ?Un compte à rebours s'enclenche pour Célia qui n'aura d'autres choix que d'affronter la réalité au lieu de la fuir.De l'Ardèche en passant par l'Angleterre jusqu'aux États-Unis, la course contre la mort, contre la perte d'un fils adoré, s'annonce presque impossible à gagner. Le vent se lève, les bourrasques deviennent violentes, se muent en tempête.Une grande partie de ce roman très bien écrit est un thriller parfaitement maîtrisé et anxiogène à souhait pour devenir ensuite un récit sociétal et une chronique familiale plus conventionnels, à mon avis. Mais pourquoi pas ? Quatrième de couverture Célia élève seule Andy et Sam, ses deux garçons à l'adolescence en apparence tranquille, sans s'apercevoir du récent changement de comportement de son aîné. Lors d'un voyage scolaire aux États-Unis, celui-ci devient soudain introuvable. Fugue ? Enlèvement ? Célia en est persuadée, Marcus, le père de ses fils, qu'elle a quitté quinze ans auparavant, n'est pas pour rien dans cette disparition. Aidée de ses amis, elle va tout mettre en oeuvre pour retrouver Andy, allant jusqu'à renouer avec des proches dont elle s'était volontairement éloignée bien des années plus tôt. Combien de secrets ces jours d'angoisse obligeront-ils à révéler ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'appel de l'ange

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'appel de l'ange Guillaume Musso XO Editions 2012 562 pages Divers Chronique 25 octobre 2017 Premier épisode des aventures de Madeline que j'ai découverte dans le dernier opus de l'auteur « Un appartement à Paris ». J'avais beaucoup aimé ce policier haletant, rappelant que je ne suis pas une fan inconditionnelle de cet écrivain, mais que là comme pour « Central Park » j'étais conquise. Malgré le fait que toutes les descriptions de plats savoureux, de goûts et textures aient mis mes papilles, ma gourmandise et mon estomac à très rude épreuve, ( merci Monsieur Musso), je persiste à apprécier cette fiction "sadique" . Pourtant j'ai lu la suite et étais donc avertie de certains éléments de ce récit, j'aurais dû être un peu déconfite mais pas du tout. La mayonnaise a parfaitement pris. Déjà cette facilité à décrire les petits bonheurs du quotidien nous rendant tout très familier, favorisant ainsi notre empathie pour les personnages est vraiment un point fort de Guillaume Musso. Ensuite tout se gâte sérieusement et on ne peut alors que se sentir concerné. D'autre part, la description des villes ou quartiers fétiches que nous pouvons connaître de Paris, New York, San Francisco ou Manchester, favorise encore plus notre implication dans le récit. Mais ici, ce qui est formidable c'est encore la construction très maline, chacun de son côté de l'océan puis ensemble sur une double enquête. Début : Aéroport de New York, Madeline jeune fleuriste à Paris fiancée au très correct et gendre parfait Raphaël architecte, percute Jonathan, propriétaire d'un restaurant traditionnel français à San Francisco, venu chercher à cette escale son fils de sept ans. Tout valse, la théière, le verre de vin, le coca du petit, et l'échange entre les deux têtes fortes est loin d'être courtois. Chacun repart en maudissant l'autre vers sa vie, l'un vers son restaurant, l'autre vers sa fleuristerie de Montparnasse. Sauf que, catastrophe en sortant de l'avion ils se rendent compte qu'ils ont échangé leurs portables presque semblables. Pas sur le même continent, ayant chacun des contingences et urgences commerciales, c'est l'horreur absolue. Après un appel encore très urbain et respectueux, ils échangent leurs adresses pour se renvoyer leurs appareils au plus vite. C'est sans compter avec les grèves parisiennes, de la poste entre autres, (étonnant ? Des grèves en France ? ), mais surtout d'un très vilain défaut que chacun va laisser s'exprimer : la curiosité. Chacun a des secrets à cacher, chacun a un passé lourd et dangereux et surtout des apparences à préserver et protéger. Vous voilà partis dans une sacrée histoire qui deviendra de plus en plus sombre et périlleuse ; c'est l'appel de leur ange gardien qui a fait que cette rencontre improbable ait lieu et qu'ainsi certaines blessures encore mal cicatrisées soient réouvertes. Un très bon roman où chacun enquêtera sur l'autre en parallèle pour enfin dans une dernière partie New Yorkaise sous la neige, mettre leur force en commun afin de sauver une vie, et de ce fait leurs propres existences. Très bonne lecture. Merci ! Quatrième de couverture Dans leur téléphone, il y avait toute leur vie New York. Aéroport Kennedy. Un homme et une femme se télescopent. En ramassant leurs affaires, Madeline et Jonathan échangent leurs téléphones portables. Lorsqu'ils s'aperçoivent de leur méprise, ils sont séparés par 10 000 kilomètres : elle est fleuriste à Paris, il tient un restaurant à San Francisco. Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l'autre. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu'ils pensaient enterré à jamais... Entre comédie romantique et thriller de haute volée. Une intrigue magistrale portée par des personnages bouleversants. Un final virtuose. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • On se reverra

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On se reverra Lisa Jewell Hauteville 2018 380 pages traduites par Adèle Rolland-Le Dem Thriller Chronique 29 juin 2022 Titre original « I Found You ». Après avoir lu le dernier opus de cette autrice le mois dernier, « Je serai ton ombre », bluffée par son style littéraire très singulier entre Feel Good, romanesque mais surtout et avant tout, Noir très Noir au féminin, je me suis rendue dans mes médiathèques pour emprunter les autres titres de Lisa Jewell. Et je ne le regrette pas. L'écrivaine semble obsédée par l'absence, le manque généré par la disparition d'un proche et les fugues psychologiques et autres amnésies. La perte, qu'elle soit mémorielle ou sentimentale, pousse les acteurs de ce scénario diablement bien maîtrisé et équilibré à se dépasser, à poser des actes complètement fous voire dangereux. L'audace sera-t-elle payante pour Alice, mère célibataire de trois enfants, maîtresse de trois chiens turbulents et si peu obéissants, artiste bohème, vivant dans sa maison so British, chaleureuse et joyeusement bordélique près de la plage....? Le dernier locataire et amant d'un soir du studio dans son jardin l'a plantée sans payer sa note, les mères bourgeoises du coin la regardent d'un œil torve, et en plus il pleut sans discontinuer depuis plusieurs jours... Pour couronner le tout, elle est en retard pour aller chercher sa progéniture à l'école car ses chiens refusent de la suivre. Cependant, Alice remarque une silhouette masculine sur la plage qui n'a pas bougé depuis la veille. N'écoutant que son instinct et son envie furieuse de se débarrasser de la parka du locataire indélicat, elle aborde l'inconnu. Le mystère s'épaissit quand quelques heures plus tard, l'homme au regard paumé est toujours au même endroit. Il fait froid, il pleut sans discontinuer, Alice s'inquiète malgré les avertissements de ses enfants, de sa meilleure amie. Il lui avoue ne pas savoir ce qu'il fait là, frappé d'amnésie, tétanisé de peur et d'angoisse. Alors notre héroïne fait l'impensable, elle l'accueille pour une nuit dans le studio déserté. Le destin est enclenché ... Parallèlement, à Londres une toute jeune femme d'origine Ukrainienne appelle la police : son tout nouveau mari a disparu sur le chemin du retour de son bureau ... Lisa Jewell a placé ses pions et croyez-moi, nous faire échec et mat est pour elle un jeu d'enfant. Une mécanique bien huilée, des retournements insoupçonnables, des descriptions des us et coutumes locales et anglaises si réconfortantes... tranchant comme un scalpel avec l'horreur de la situation, des personnages si proches de nous que s'en est troublant, déstabilisant... Une formule qui sur moi fonctionne parfaitement... Lisa Jewell est vraiment un nom qui compte dans le monde fermé du Noir au féminin. Excellent thriller policier qui de plus ne tombe jamais dans le trash ni dans la facilité. Très bon ! À découvrir absolument ! Quatrième de couverture « Les souvenirs, c’est comme les cadavres : tôt ou tard, ils refont surface. » Qui est cet homme assis sur la plage en pleine tempête, sur le lieu d’un crime commis vingt ans plus tôt ? Il n’a pas de nom, pas de manteau, et a perdu la mémoire. Alice prend l’inconnu sous son aile et décide de l’héberger, sans savoir qu’il va bouleverser sa vie à jamais. Au même moment, dans la banlieue de Londres, Lily attend en vain le retour de l’homme qu’elle vient d’épouser et dont la police tarde à signaler la disparition. Parviendra-t-elle à retrouver celui pour qui elle a tout abandonné ? Un roman haletant au suspense maîtrisé. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je serai ton ombre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je serai ton ombre Lisa Jewell Hauteville 3 novembre 2021 416 pages traduites par Adèle Rolland-le Dem Thriller Chronique 17 février 2022 « Une Dangereuse obsession, un secret mortel.» Aussi rare, entêtante et épicée que son prénom le laisse entendre, Saffyre ( safran ), la belle et jeune londonienne aux origines multiples cache pourtant bien des secrets au fond de son cœur, qui affleurent dans chaque cicatrice, chaque scarification. Comment en parler ? Elle ne réussit même pas à les avouer à son psy, Roan. Celui-ci peu à peu devient une obsession pour elle qui se met à l'analyser, à décortiquer chacun de ces gestes, de ces mimiques, jusqu'à le suivre, lorsqu'au bout de trois ans, il met fin à la thérapie, Saffyre ayant arrêté de se faire du mal. En réalité, cette dernière maîtrise à la perfection les rôles qu'elle doit jouer au quotidien, au lycée, chez elle, avec ses amis. Elle donne le change. Elle n'est pas souvent elle-même, sauf lorsqu'elle piste son ancien thérapeute et dans les chapitres où elle est la narratrice. Dans les autres passages, Lisa Jewell nous compte les histoires des différents acteurs de ce thriller psychologique extraordinairement bien imaginé et développé : - La famille de Roan, composée de Cate l'épouse, Georgia et Josh les enfants bientôt adultes. - Owen le voisin d'en face vivant chez sa tante Tessie. Des personnages satellites comme Alicia, les enquêteurs, Tilly et Elona, etc ... étoffent cette description sans concession d'une société malade, mère de toutes les déviances, psychopathies. De là s'installe un climat délétère dans tout le quartier si chic où Roan et sa famille se sont installés en attendant que leur maison d'une zone plus populaire soit restaurée. Ouverture : Nuit de la Saint Valentin, 23:59 ... Le danger, une poursuite, une rue, des bruits de pas, choisir entre la fuite, la peur ou l'affrontement. Puis le récit commence normalement par les présentations de la jeune Saffyre et son récit d'enfance terrible mais toujours policé jusqu'à sa rencontre avec Roan Fours. Des femmes se font agresser sexuellement dans le coin, tous ont peur ; vite trouver un coupable, peut-être le voisin d'en face si bizarre, hors clous... Owen. Tous sont figés dans des rôles distribués depuis la naissance... si tu veux changer les cartes que l'on t'a distribuées, gare à toi. En plein #Metoo, la société est en mutation, cela ne se fait pas sans violence, douleur, injustice, suspicion, débordements, erreurs. Saffyre en est l'exemple type refusant le casting pré-établi de sa vie, décidant que c'est NON. En suivant comme son ombre, dès la fin des cours, son ancien thérapeute, elle est témoin d'événements qu'elle n'aurait jamais dû connaître. Elle se familiarise avec la famille de cet homme énigmatique, ses voisins, elle est celle qui sait, analyse, déduit. Elle a retourné la situation mais pas forcément à son avantage car elle disparaît soudain. Est-elle une des victimes de l'obsédé sexuel qui s'attaque aux femmes ? Le destin qui a déjà tout pris à la jeune fille, va-t-il aussi lui réserver une fin horrible ? La police va, sans le savoir, mettre ses pas dans ceux de Saffyre... En parallèle, celle-ci s'adresse toujours à nous et nous raconte son enquête, les étapes de son cheminement.... Lisa Jewell continue également à dérouler son scénario tortueux et diabolique : On trouve un coupable parfait, on le suit dans les méandres de sa pensée, au lycée où il est professeur d'informatique, dans le bureau de la direction, lors des interrogatoires au commissariat.... Roan et Josh ne sont pas ceux que l'on croit, Cate se réveille petit à petit d'années d'aveuglement, toutes ses certitudes explosent, et des femmes sont toujours attaquées, l'étau se resserre, une ombre du passé de Saffyre entre dans la danse.... Notre tête se met à tourner jusqu'à ce qu'enfin la maîtresse de ce ballet commence à dénouer devant nous, bluffés, l'écheveau qu'elle a minutieusement créé. Fabuleux ! Au delà du suspense, du frisson, du polar, de l'analyse sociétale et psychologique de certains types de caractères, Lisa Jewell aborde un thème que je n'ai jamais vu traité de cette façon : celui concernant les moyens à mettre en oeuvre pour changer les mentalités, créer un environnement réellement égalitaire entre les sexes. J'ai été heureuse de voir, noir sur blanc, ce que je ressens profondément quant à la question de l'importance désastreuse que l'on donne au genre dans l'éducation, dans toute relation, qu'elle soit personnelle, amicale ou professionnelle. Par ce biais, elle aborde également la question cruciale de la définition que nous donnons de nous-mêmes en temps qu'individu. Que ressentons-nous face à notre miroir, qui voyons-nous ? Un roman très profond et intelligent, voire peut-être pour certains dérangeant, un thriller somptueux qui jusqu'à la fin nous dévoile des vérités insoupçonnées et terrifiantes. Du grand art. Je vais certainement lire les autres titres de cette écrivaine singulière. Quatrième de couverture Il n'y a pas de fumée sans feu... Cate vit à Londres avec son mari et leurs deux enfants. Ces derniers temps, Roan rentre de plus en plus tard, et ses petites attentions se raréfient. Il y a des signes qui ne trompent pas : persuadée que son mari a une liaison, Cate se met à l'épier de façon maladive. Mais cette mère de famille va bientôt avoir d'autres sources d'inquiétude : sa fille, Georgia, affirme avoir été suivie à son retour de l'école. Et l'une de ses camarades prétend avoir été agressée à deux pas de là, avant de retirer sa plainte. Cate a sa petite idée sur le coupable : son voisin d'en face, Owen Pick, un vieux garçon qui la met mal à l'aise. Le soir de la Saint-Valentin, une jeune femme disparaît dans le quartier - et la dernière personne à l'avoir vue vivante, c'est lui. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • De Natura Florum

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires De Natura Florum Clarice Lispector Editions des Femmes Antoinette Fouque 30 novembre 2023 50 pages traduites par Izabella Borges, Jacques et Teresa Thiériot, Claudia Poncioni et Didier Lamaison. Divers Chronique 30 novembre 2023 Illustrations de Elena Odriozola Belastegui Ravissant recueil très joliment et poétiquement illustré. Des textes tendres, amusants, justes, oniriques. Une juxtaposition heureuse et fine des descriptions de fleurs avec des représentations d'êtres humains étrangement ressemblant à ces rose, œillet, tournesol, violette, immortelle, marguerite palme, orchidée, tulipe, fleurs des champs de blé, angélique, jasmin, fleur de l'oiseau de paradis, azalée, belle de nuit, fleur de cactus, edelweiss, géranium, nénuphar géant, chrysanthème. Personnification des fleurs, ou enfleurissement des humains... À l'origine un recueil paru le 3 avril 1971 dans le Jornal do Brasil de Rio de Janeiro. La chronique a été retravaillée par l'autrice pour son livre Água Viva (1973). Très beau cadeau de Noël et tout au long de l'année comme introduction pour des lecteurs de tout âge à l'œuvre de cette écrivaine majeure mêlant délicatesse, singularité du regard, finesse psychologique, créativité renouvelée, profondeur des émotions, politesse de la fausse légèreté, élégance. Les illustrations correspondent parfaitement à cette femme du monde et en même temps perchée dans un espace imaginaire. Quatrième de couverture Le texte De natura florum est structuré comme un herbier en prose, personnel et poétique. À partir de vingt- cinq entrées, partant du plus général vers le plus singulier, Clarice Lispector évoque d’abord des définitions botaniques puis décrit vingt fleurs, rose, violette, tournesol... qu’elle admire avec une grande sensibilité. Initialement publié le 3 avril 1971 dans le Jornal do Brasil de Rio de Janeiro puis retravaillé pour Agua Viva (1973) et inclus ensuite dans le volume A Descoberta do Mundo (La découverte du monde) en 1984, De natura florum trouve dans cette édition une nouvelle vie. L’herbier de Clarice Lispector est à l’image de son autrice : fin et audacieux. Les illustrations d’Elena Odriozola Belastegui apportent au texte une douceur juvénile. L’ouvrage unique, original et singulier que constitue De natura Florum vient enrichir le cycle de publication de l’œuvre de Clarice Lispector au sein des éditions des femmes-Antoinette Fouque. C’est la fleur féminine, elle se donne toute et tant qu’il ne lui reste que la joie de s’être donnée. Son parfum est un mystère féminin et, si on la hume profondément, elle touche le fond du cœur et laisse le corps tout parfumé. Sa façon de s’ouvrir en femme est très belle. Ses pétales ont un goût agréable dans la bouche, il suffit d’essayer. Les rouges ou les príncipe negro sont d’une grande sensualité. Les jaunes donnent une alarme joyeuse. Les blanches sont la paix. Les roses sont en général plus charnues et ont la couleur par excellence. Les orangées sont sexuellement attirantes. C.L. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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