top of page

Trouverez-vous votre bonheur ?

Search this site

Résultats trouvés pour la recherche vide

  • Grand Siècle Livre 1 l'Académie de l'Ether | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Grand Siècle Livre 1 l'Académie de l'Ether Johan Heliot Mnémos 2017 300 pages Historique Chronique 14 janvier 2018 Définitivement je suis fan des fictions de style steampunk et uchronique. Après La trilogie Steampunk de Paul Di Filippo l'année dernière, mélange d'époque victorienne et de SF formidable, j'ai entamé donc la nouvelle trilogie de l'Ether de Johan Heliot avec ce premier tome. Déjà l'auteur a fait sensation en 2016 avec La trilogie de la Lune, SF et Histoire de la littérature, à travers les œuvres de certains auteurs célèbres. Que ce soit Steampunk ou cet opus, on ne peut s'empêcher de penser fortement à Jules Verne, dont les deux auteurs sont les dignes héritiers. Cette fois ci, Alexandre Dumas est l'inspirateur de cette narration se déroulant sous le roi soleil autour de 1630 et en même temps dans un monde fantastique possible. Les deux sont articulés avec brio. La grande réussite de ce livre est la clarté et la simplicité d'écriture et de construction de ce récit. Comme Paul Di Filippo, Johan Heliot est d'une grande érudition, mais sans aucune fatuité, et on est émerveillé par la précision des faits relatés, l'extrême plaisir que nous prenons à lire ce roman historique et de science fiction. Cela pourrait être improbable et en réalité cela fonctionne parfaitement. J'adore littéralement ce doux mélange de réalité et de dinguerie. Génialissime ! Tout débute lorsque Louis XIV a 16 ans, nouveau roi aidé de son parrain Mazarin, pour se sortir de la guerre contre l'Espagne, des années de Fronde et de trahison familiale. Louis est en passe de créer une nouvelle manière de régner sans partage. Il est visionnaire, et c'est sur cette idée de prescience incroyable du jeune homme que la porte sur la SF va pouvoir s'ouvrir. Les évènements se déroulent chronologiquement avec tout d'un coup des décrochages ahurissants qui nous bousculent, puis nous amusent et nous réjouissent. Nous sommes dans ce siècle de grandes découvertes scientifiques, philosophiques, de questionnement sur les dogmes, les croyances. Le temps des lumières s'annoncent, grâce entre autres à l'une des figures majeures de la pensée mathématique, Blaise Pascal. Nous allons suivre plusieurs personnages : les enfants Caron, orphelins, arrivés de leur province ruinée pour s'établir à Paris chez un oncle de la mère, imprimeur et libraire. Mais aussi évidemment Louis entouré de la reine mère, Mazarin, et d'espions ou hommes à sa solde comme le policier La Reynie, nous allons accompagner l'aîné des Caron, Pierre, à la cours des miracles, sa sœur Jeanne dans le monde des imprimerie et des débuts du journalisme et de l'opposition à un pouvoir en place, du cadet Estienne chez Blaise Pascal, mais nous croiserons aussi des mousquetaires, des mendiants, des futurs ministres, et..... Et des intelligences venues de très loin .... Je suis sortie de ce livre avec un grand sourire, amusée et émerveillée comme une gosse dans un magasin de jouets, impatiente qu'on me raconte vite la suite des aventures de tout ce beau monde. Je vous le conseille avec chaleur si vous aimez l'Histoire, l'imaginaire, et une bonne dose de folie maîtrisée. Joyeuse ! Quatrième de couverture L'ambitieux lieutenant de frégate Baptiste Rochet présente au jeune Louis XIV une étrange météorite sphérique, rapportée de son dernier périple en mer. Médusé, le mathématicien et penseur Blaise Pascal y trouve alors une terrifiante source d'inspiration. Ses découvertes bouleverseront à tout jamais le destin du Roi-Soleil et de son royaume, ainsi que les vies d'une fratrie tentant d'échapper à la misère et impliquée bien malgré elle dans les drames à venir. Nobles comploteurs, inventions géniales de Pascal, imprimeurs libellistes, malfrats sans pitié de la cour des Miracles et mousquetaires désenchantés peuplent le théâtre d'un monde sur le point de basculer dans un Grand Siècle futuriste, entre ombre et lumière, entre la terre et les étoiles. Johan Heliot signe avec cette nouvelle grande trilogie chronique une fresque ambitieuse et passionnante qui interroge la grande histoire, le pouvoir de la science et les vies tourmentées de personnages inoubliables. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un trésor sous la colline | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un trésor sous la colline Véronique Chauvy De Borée 9 mars 2023 374 pages Historique Chronique 15 mars 2023 Deux rencontres atypiques à 35 000 ans de distance dans un même lieu, dans les alentours de Montignac en Périgord ou plus exactement sous une colline... Surprenant ! Deux tandems homme femme qui ne devraient pas se former et pourtant... Mystérieux ! Nos destinées sont-elles des redites du passé de lointains aïeux ? Au delà des liens génétiques, nos ressemblances de caractère, de positionnement face à la vie, nous poussent-elles à adopter le comportement de ceux qui nous ont précédé ? Et les lieux empreints encore de leur souffle, de leur présence, portant même les traces de leur passage, ne nous influencent-ils pas ? Ainsi Julia et Nicolaas que tout sépare, si ce n'est leur passion pour la préhistoire, ne sont-ils pas, pour l'homme et la femme énigmatiques retrouvés dans une grotte sous la colline, l'ultime chance de s'unir pour l'éternité ? Véronique Chauvy nous offre à nouveau un fort beau roman inspiré et passionnant situé dans sa région de prédilection d'une richesse inépuisable pour l'écrivaine singulière et talentueuse qu'elle est. Elle nous fait le cadeau de très belles pages, telle cette introduction où nous mettons nos pas dans ceux d'un de nos ancêtres lointains à l'orée d'une nouvelle vie étonnante. Un homme de l'avenir rencontrant une femme déjà du passé... Un évènement "miraculeux" pour tous les paléontologues de l'époque jusqu'à aujourd'hui. J'ai particulièrement aimé ce livre et je remercie l'autrice pour sa délicate dédicace et l'éditeur pour sa confiance renouvelée. Quatrième de couverture Jeune Auvergnate, Julia Lerman est nommée à la rentrée scolaire de 1897 à Montignac, petite cité du Périgord. Libre et en avance sur son temps, elle intrigue ou rebute ceux qui la rencontrent. Orientée par le devoir de Lucie, une élève à laquelle elle s'attache, l'institutrice découvre dans les environs une caverne ornée de peintures pariétales. Elle se heurte dans un premier temps au refus du propriétaire du lieu de pénétrer chez lui. Celui-ci, un savant néerlandais qui vit en reclus, serait pourtant le plus à même de comprendre sa passion pour les recherches préhistoriques. En parallèle, 35 000 ans auparavant, un homme qui fuit sa tribu fait la découverte d'un étrange clan... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un océan Deux mers Trois continents | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un océan Deux mers Trois continents Wilfried N'sondé Actes Sud Janvier 2018 269 pages Historique Chronique 23 janvier 2018 « Un océan, deux mers, trois continents » reçoit, en 2018, le Prix Ahmadou-Kourouma.Nous avons eu beaucoup de chance en ce début de saison littéraire 2017/18, nous amoureux, accros, mordus de beaux, très beaux textes, si exceptionnels par la musique des mots, par l'écriture inspirée, imagée et imaginative, renouvelant le style, les thèmes, repoussant ainsi les barrières du temps par leur valeur universelle et contemporaine.Nous sommes face à un roman qui regroupe ces qualités, relatant la vie de Nsaku Ne Vunda. Concernant la question de l'esclavage, particulièrement, ( devons nous le rappeler existant depuis le début de l'humanité, ayant touché tous les continents, toutes les couleurs de peaux, et malheureusement toujours d'actualité), deux très beaux romans biographiques et historiques ont été édités en 2017 : « No home » de Yaa Gyasi se situant au Ghana au XVIIIeme siècle, abordant entre autres le rôle des africains dans la traite de leurs frères, et « La sonate à Bridgetower ou Sonata mulattica » de Emmanuel Dongala, se situant en 1789 en Europe où se produisit le violoniste prodige mulâtre Georges Bridgetower. Là, la problématique de l'image que les noirs ont d'eux-mêmes en cette période de pré-révolution par la bouche du Chevalier de Saint George et d'autres figures artistiques et intellectuelles était passionnante. Et comme dans le livre de Wilfried N'sondé, le héros était noir et éduqué dans une culture blanche et européenne. ( L'autre point fort de ce récit était l'exposition détaillée de la traite d'humains dans le monde à travers les siècles. Edifiant !). La biographie romancée « Un océan Deux mers Trois continents » met en scène un héros qui sera le témoin privilégié du traitement innommable et insupportable infligé aux africains par les européens, mais aussi par ses frères. Impensable ! Le double intérêt de ce récit est en plus l'appartenance du narrateur noir à l'église catholique blanche. L'analyse toute en finesse, en délicatesse des évènements est donc deux fois plus percutante et foudroyante. Ce jeune homme heureux dans son pays, sa culture, son village, sa religion, va donc être poussé par les évènements à ouvrir les yeux, à poursuivre jusqu'au bout de la souffrance physique, psychologique et spirituelle son Initiation.Cet homme laudateur de la parole sacrée, du Verbe, devra mener une mission plus vaste et ardue : être le porte-vérité de toutes les voix des victimes de ce trafic inhumain auprès du Pape et du monde dit civilisé.Les morts murmurent, écoutez- les... Jusqu'à une certaine époque, le royaume du Kongo était une terre traversée par un grand fleuve puissant du même nom, où régnaient la beauté et l'équilibre de l'ensemble de la Création.L'humanisme, le respect de tous les êtres vivants, de la Nature, dans l'amour de son prochain, en toute humilité, en harmonie avec Dieu ou le Tout, coulaient de source. Ce que j'aime dans les textes comme celui-ci est le retour aux contes millénaires, essentiels à la compréhension de ce monde, de son organisation, de sa magie. Perpétuant, toujours la mémoire des neufs femmes, les mères originelles qui, selon la légende, firent naître ce pays dont le nom signifie « le lieu où il ne faut pas se rendre » et ce peuple des Bakongos, notre héros Nsaku Ne Vunda, devint Dom Antonio Manuel le jour de son ordination en ce début du XVIIeme siècle. Heureux, s'occupant tranquillement de la construction d'une chapelle dans son village natal Kogo où il a souhaité revenir pour poursuivre son ministère, sa réputation de sage, de bienveillant, d'honnêteté, d'homme de Dieu toujours à l'écoute des esprits, s'étend jusqu'à la capitale.Or le Kongo a bien changé depuis que certains s'estiment supérieurs à d'autres, depuis qu'on fait le commerce d'humains et qu'on évalue le prix d'une vie.L'esclavage est une manne financière pour les européens mais également pour certains Bakongos. Depuis le roi Alfonso Ier, devenu chrétien au siècle précédent, le négoce s'est développé dans le fameux triangle Afrique Amérique Europe. Dom Antonio Manuel est invité à se rendre à Luanda dans le palais du roi Alvaro II, descendant de la célèbre et courageuse lignée des femmes, précitée. Mais ce monarque est considéré par les Portugais comme un vulgaire pion. La rencontre entre le religieux et le roi doit donc avoir lieu au plus vite. En effet le pays va mal et perd son âme dans cette participation active à ce négoce contre nature. Il est temps de répondre à l'invitation du Pape Clément VIII et de mandater au Vatican un ambassadeur au dessus de tout soupçon, un africain, prêtre de surcroît, élevé dans l'amour de son pays et l'admiration naïve et aveugle pour la lointaine Europe. Alvaro Il aimerait que le pape intervienne auprès des portugais, français et espagnols. Mettez-vous à la place de notre curé ! Pensez donc....rencontrer le pape ! Notre narrateur est fou de joie, n'y croit pas, se sent tellement honoré, vite on l'embarque sur un bateau français.....Mais celui-ci n'ira pas directement à Rome, non ! Une très mauvaise surprise attend notre pauvre prêtre candide. Il est sur un négrier " le vent Paraclet" en partance pour le Brésil..... En passant des mois en mer sur ce navire, puis celui d'un pirate à la solde du nouveau Pape Paul V, atteignant Lisbonne et l'Espagne, notre pauvre et courageux prêtre arrivera-t-il enfin à mener sa mission ? Quelles leçons tirera-t-il de ce périple ? Qui est donc son mystérieux compagnon de voyage, Martin ? Grand roman d'aventures, d'amour, d'Histoire imaginée et réelle, puisqu'effectivement le buste en marbre noir du vrai Nsaku Ne Vunda réalisé par Francisco Caporale est toujours visible à Rome, ce livre épique traite aussi de questions philosophiques immuables, de la grandeur et la bassesse des humains, du devoir de mémoire...Pour illustrer ce magnifique récit, j'ai ajouté des documents, des gravures, des photos. Vous l'avez compris, j'ai été profondément touchée par ce livre, heureuse de retrouver une partie de mon histoire familiale et de mon enfance, indirectement. Quatrième de couverture « Il s'appelle Nsaku Ne Vunda, il est né vers 1583 sur les rives du fleuve Kongo. Orphelin élevé dans le respect des ancêtres et des traditions, éduqué par les missionnaires, baptisé Dom Antonio Manuel le jour de son ordination, le voici, au tout début du XVIIe siècle, chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, le jeune prêtre ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s'apprête à embarquer est chargé d'esclaves... Roman d'aventures et récit de formation, Un océan, deux mers, trois continents plonge ce personnage méconnu de l'Histoire, véritable Candide africain armé d'une inépuisable compassion, dans une série de péripéties qui vont mettre à mal sa foi en Dieu et en l'homme. Tout d'ardeur poétique et de sincérité généreuse, Wilfried N'Sondé signe un ébouriffant plaidoyer pour la tolérance qui exalte les nécessaires vertus de l'égalité, de la fraternité et de l'espérance. »wmjg Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Homme qui aimait trop les livres | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Homme qui aimait trop les livres Allisson Hoover Bartlett Marchialy 2018 312 pages traduites par Cyril Gay Biographie Chronique 15 mai 2019 Titre original « The man who loved books too much : the true story of a thief, a detective, and a world of a literary obsession ». En premier lieu, l'objet en lui-même a été créé avec amour on le sent, onzième du catalogue de cette maison d'édition, une mise en page soignée, esthétiquement originale, de l'humour en avertissement final, en relation directe avec le thème du roman ... Un grand plaisir donc de lecture pour les yeux, mais aussi pour les petites cellules grises de la passionnée de littérature que je suis. Pour vous tous addicts, accros, mordus, fondus des livres, ce texte est pour vous. Vous vous y retrouverez certainement, reconnaîtrez certains aspects de cette drogue, qui pour quelques uns est dure, les poussant à toutes les extrémités, excentricités, prises de risques insensées.... Mais dans ces pages, les limites d'une certaine folie sont transgressées jusqu'à pousser un des personnages à devenir un criminel, un voleur.... Et quand l'objet de toutes les convoitises est le livre rare, ancien, de collection, dont le prix peut atteindre des cimes, le récit devient le reportage, l'enquête, le polar incroyable, édifiant de la journaliste Allison Hoover Bartlett devenue écrivaine. Découverte hallucinante du monde des librairies spécialisées dans la vente de cette marchandise de luxe, des salons professionnels, des passionnés sacrifiant beaucoup à leur mission de trouver, exposer des œuvres irremplaçables. Mais pour d'autres, ces vitrines renferment un trésor qu'ils veulent dérober, et tous les moyens sont envisagés, des plus farfelus, malins, pour arriver à leur fin. Ce n'est même pas le texte en lui-même qui les intéresse, c'est le fait de collecter l'objet rare, soit pour le revendre avec plus value, soit pour l'incorporer dans une collection privée. À chaque nouveau livre, le voleur a la sensation de construire sa propre image, sa personnalité, et en bon mythomane se raconte des alibis et des excuses à cette activité obsessionnelle compulsive. Évidemment les libraires ne vont pas s'avouer vaincus, ils vont s'organiser en associations, même le FBI va s'en mêler pour les pièces les plus rares et chères. Proprement incroyable ! Effectivement raconté avec énormément d'humour et de truculence, j'ai beaucoup pensé au film " Attrape-moi si tu peux" pendant cette lecture. Savoureux ! Quatrième de couverture Un voleur de livres rares, un libraire obstiné, l'histoire d'une traque haletante entre deux amoureux du livre. Jusqu'où iriez-vous pour mettre la main sur le livre de vos rêves ? Mieux encore, jusqu'où iriez-vous pour avoir une bibliothèque remplie de vos livres préférés ? John Gilkey a dérobé pour 200 000$ de livres anciens. Son but, réunir une collection à son image. C'était compter sans la ténacité de Ken Sanders, libraire irascible, qui s'improvise détective et mène l'enquête. À travers le récit de cette traque, l'auteur nous plonge dans l'univers fascinant du livre ancien en se posant toujours cette question : de quoi serions-nous capables par amour des livres ? Une aventure rocambolesque, entre Le nom de la rose et Arrête moi si tu peux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les nuits rouges | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les nuits rouges Sébastien Raizer Gallimard Série Noire 8 octobre 2020 288 pages Thriller Chronique 3 janvier 2021 « ... Ces chiffres, informations, analyses, témoignages.... Au fond, Dimitri s'en foutait. Ce qui avait commencé dans cette région lorsqu'il était gamin, non seulement n'avait jamais cessé, mais s'était amplifié et propagé dans tout le pays. D'autres foyers de peste économique s'était déclenchés et c'était toute l'Europe, le monde entier qui était désormais sclérosé, gangrené, pourri de l'intérieur par le cancer de la finance globale et dématérialisée. Plus rien n'existait ni n'avait d'importance. Il fallait juste finir le boulot et se tirer de là." » Excellence du geste littéraire, imagination en transe, morceaux de vies brisées aux reflets métalliques, fulgurances rouge sang dans les ténèbres charbonneuses, échos démultipliés de la douleur, du désespoir d'hier, répercutés à l'infini jusqu'à être, enfin, entendus, compris, aujourd'hui. Dans la nuit, des voix s'élèvent pour réclamer vengeance, celles des victimes des années 78 et 79, pendant lesquels des milliers de travailleurs ont été broyés, trompés, trahis, poussés au suicide ou assassinés... J'avais dix ans et l'on parlait du coup de Barre... Les coupables ne seront jamais poursuivis ou condamnés, leurs noms étaient et sont connus, firent et font la une des JT encore et toujours : les ministres, les politiques et grands entrepreneurs.... certains chefs de syndicats également.... Certains collabos.... tout n'est qu'un interminable recommencement, ce sont toujours les mêmes qui s'en sortent et les mêmes qui crèvent. Un texte tel un opéra hard-rock, telle une tragédie intemporelle et universelle.... La plus grande beauté musicale des mots côtoie la plus extrême trivialité du Mal en action, incarné par Faas, le flic pourri, albinos et déjanté... Il règne sur la ville, il contrôle son monde, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau commissaire adjoint, Keller, jusqu'à la découverte d'un corps momifié dans le crassier. Et voilà que celui qui fut sacrifié sur l'autel du profit, voici quarante ans, hurle son nom et exige la justice. Apparaît un chevalier misérable, fini, cramé, qui trouve la force pourtant de se relever, armé d'une arbalète, tel un Guillaume Tell contemporain, héros symbolique de cette guerre économique sournoise et monstrueuse que nous affrontons depuis les années 80. Qui sortira vainqueur de cette lutte à mort ? Ambiance films d'action à la Highlander où l'impossible est attendu, espéré, où les Justes sont Immortels, où la fin est inéluctable et pourtant porteuse d'espoir... Peut-être.... Un thriller rouge sombre comme un cri d'alarme et de colère.... Quatrième de couverture Dans la vallée post-industrielle du Nord-Est de la France, les travaux d'arasement du crassier mettent à jour un cadavre momifié depuis quarante ans : 1979, l'année de l'explosion des violences politiques, économiques et sociales qui furent le point d'orgue du sacrifice de cette région sidérurgique. Il s'agit du père de deux frères jumeaux qui avaient 9 ans lorsqu'il a disparu. On leur a laissé croire qu'il les avait abandonnés. Brouillés depuis des années, tout les oppose : Dimitri est un paumé trempant vaguement dans la came, Alexis est informaticien dans un réseau bancaire du Luxembourg. Pour venger la mort du père, Dimitri replonge dans les combats de l'époque et ranime sans le vouloir, quarante ans après, les nuits rouges de la colère. Un énigmatique commissaire retraité, un commissaire-adjoint fraîchement nommé dans la région, un inspecteur albinos et psychotique, des hauts dirigeants de la CGT, de mystérieux Albanais qui tiennent le trafic de drogue sont les acteurs contemporains d'une lutte ancestrale. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Gestes de Simon | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Gestes de Simon Georges Le Querrec De Borée Le 18 juin 2026 272 pages roman de terroir Chronique 18 juin 2026 Paru dans la collection Terres d'écriture Avis éditoriaux: "Bousculant son quotidien, Simon voit naître un lien inattendu qui pourrait transformer sa passion en un véritable héritage de vie. Un ancrage régional puissant, nourri de traditions et de savoir-faire." Citations : " Il me semble qu'ils fabriquent des escaliers plus durs qu'autrefois. Les marches sont plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd'hui, je ne peux en prendre qu'une seule. " " La vieillesse ", Philippe Noiret " Le passeur est celui qui sait qu'il est second, et non premier, et qu'il a reçu une mémoire. Il sait également qu'il n'est pas le dernier et qu'il doit transmettre. " Armand Abécassis Un roman très touchant sur l'héritage et la passation des savoirs entre les aînés et les jeunes générations. Ainsi Simon, vaillant malgré ses soixante dix ans, continue à faire tourner sa ferme après sa retraite et à s'occuper de ses parents nonagénaires. Ces Bretons résistent à bien des choses, forts de l'air iodé de l'océan proche et de l'amour qu'ils se vouent malgré les incidents qui ont jalonné leurs parcours. De plus, conscient que le patrimoine doit être protégé, celui contenu en particulier dans les églises du Finistère sous forme de jubés et autres merveilles, Simon offre ses services d'artisan sculpteur à toutes les communes désargentées afin de réparer, restaurer les pièces qui le nécessitent, et créer parfois de nouvelles œuvres. Son ami d'enfance, Philippe, curé de la paroisse fait souvent appel à ce "mécréant" au grand cœur. Et c'est bien à cette générosité qu'il s'adresse lorsqu'il lui demande de prendre un jeune garçon en apprentissage, orphelin, arrivé depuis peu chez le couple Queffelec faisant famille d'accueil. Il reste peu de temps avant sa majorité pour mettre entre les mains d'Aurélien un vrai métier, lui évitant de mal finir comme tant d'autres. Un premier entretien est prévu à l'atelier de Simon attenant à la maison principale de la ferme où vivent également ses parents, nécessitant de plus en plus d'attention... Cependant, un grand malheur s'abat soudain : le décès d'Alexandre, son grand ami, celui avec lequel, gamin, il était parti très loin afin de découvrir le monde et se perdre dans des paradis artificiels... C'est tout un pan de sa vie qui disparaît. Alors, lorsque Pascal, le frère d'Alexandre, ose se présenter sans respect des convenances afin de racheter une de ses parcelles située au milieu de ses possessions, il voit rouge . Une période de métamorphose s'ouvre pour tous... Les cycles de l'existence s'enchaînent inéluctablement, la tranquillité de ce coin de campagne bretonne au bord de l'océan est menacée par le progrès, la délinquance et des fâcheux venus des ville : reste un homme en pleine maturité face à un jeune homme en devenir... Vont-ils trouver un langage commun ? Aurélien sera-t-il sensible à l'art, la beauté ? Sera-t-il conscient de la chance qui lui est offerte ? Et Simon réussira-t-il à transmettre son savoir et accepter les changements imposés par le destin ? Merci infiniment à l'auteur pour ce texte de portée universelle ! Quatrième de couverture Continuant d’exploiter le domaine familial durant sa retraite, Simon, aussi bourru qu’attachant, assiste avec impuissance au déclin progressif de ses parents. Par ailleurs très impliqué dans la vie du village, il met régulièrement ses talents de sculpteur sur bois au service de la rénovation du patrimoine local. Son ami Philippe lui propose un jour de prendre sous son aile Aurélien, un jeune en manque de repères. Peut-être est-ce là l’occasion, pour cet homme qui n’a jamais eu d’enfant, d’enfin transmettre sa passion. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Une soif de livres et de liberté | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une soif de livres et de liberté Janet Skeslien Charles JC Lattès Le 7 octobre 2020 448 pages traduites par Freddy Michalski historique Chronique 22 février 2026 Présence de photographies. J'ai découvert l'univers de Janet Skeslien Charles grâce à son dernier opus "La Brigade de Miss Morgan" chroniqué sur Évanances littéraires et j'avais adoré ce récit situé pendant la Première Guerre mondiale. Ainsi ai-je eu envie de revenir en arrière dans le parcours littéraire de l'autrice, et je suis heureuse de l'avoir fait car à nouveau, outre le fait que cette écrivaine est une extraordinaire conteuse, j'ai encore énormément appris et n'ai qu'une hâte : me rendre à l'ALP ou American Library in Paris aujourd'hui située dans le 7ème arrondissement de la capitale. Ce roman écrit en 2020 pourrait être une suite de celui déjà mentionné paru en 2025 puisqu'il se passe principalement pendant la Seconde Guerre mondiale dans l'univers fascinant de la bibliothèque américaine. En nous contant les destins tragiques ou heureux de celles et ceux qui ont œuvré au sein de cet établissement, (directrices, bibliothécaires, bénévoles), en particulier d'une jeune française, Odile, mais aussi de certains abonnés, (écrivains, chercheurs, étudiants, simples adhérents), Janet Skeslien Charles ressuscite toute une galerie de personnages inoubliables, fictifs ou réels. En ces temps troublés où les limites entre le Bien et le Mal se brouillent, les protagonistes, parfois venus d'horizons lointains, tous parisiens attachés à leur bibliothèque, lieu de vie, d'échange, de fantaisie, d'étude, de paix, de rêve, de préservation de ce que l'humanité peut avoir de plus beau, vont révéler leur vraie nature. Et l'on retrouve dans ce microcosme tout ce qui est à constater dans la ville et le pays entier pendant ce conflit : la faiblesse, la bassesse, le courage, l'abnégation, la jalousie, la vénalité, la compassion. Lieu de contraste que les règles monstrueuses de nazisme ne pourra pas détruire ni ébranler dans sa mission, malgré les basses œuvres de certains crachant leur venin dans des lettres odieuses de dénonciation. En parallèle, nous retrouvons Odile dans le Montana en 1983, dans une toute petite ville, Froid, où sa personnalité hors norme intrigue toute la communauté, en particulier l'adolescente vivant dans la maison voisine, Lily. Celle-ci en pleine construction d'elle-même ne sait pas qu'en s'imposant dans la vie de la Française, elle va certainement la sauver mais également s'ouvrir des portes cachées, insoupçonnables, vers un large horizon. Qui devient alors le guide de l'autre ? Des échanges entre ces deux nouvelles amies va ressurgir le passé de l'ALP, de ceux qui y ont travaillé et se sont battus pour que la littérature apporte sa lumière en une période de ténèbres, console les âmes en peine, et de toutes celles et tous ceux qui en poussèrent les portes pour s'y ressourcer, partager de la chaleur humaine, préserver en leur cœur l'espoir d'un monde meilleur. Un magnifique roman historique bouleversant, réconfortant et passionnant à mettre entre toutes les mains. Quatrième de couverture Odile Souchet, vingt ans à peine, s'épanouit dans son travail à la Bibliothèque américaine de Paris, où elle côtoie la fameuse directrice Dorothy Reeder. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, la jeune femme risque de tout perdre, y compris sa chère Bibliothèque. Alors que les nazis envahissent Paris, Odile et ses amis s'engagent dans la Résistance avec leurs propres armes : les livres. Inspiré de la vie de ces amoureux des mots qui ont pris le risque d'aider leurs lecteurs juifs, Une soif de livres et de liberté explore la géographie des sentiments, les conséquences de choix irréversibles et nous enseigne comment le courage peut surgir en des lieux et circonstances inattendus. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Grossir le ciel | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Grossir le ciel Franck Bouysse La Manufacture de Livres 2014 199 pages Thriller Chronique 4 octobre 2018 Ce roman a reçu le prix Polar Michel Lebrun, le prix Calibre 47, le prix des Lecteurs du Festival de Villeneuve- lez-Avignon. Aussi sur ma page Eva Impressions littéraires : « La terre aveugle elle-même et l'eau aveugle, le ciel et sa bombarde d'étoiles comme des colombes, l'air, sombre, les essaims de civilisations endormies de la terre végétale, certains reptiles certains oiseaux, et des personnalités vêtues de fourrure, dont le sommeil est de jour, mais que l'obscurité appelle à leurs affaires, ceux-là jouissaient de tout leur aplomb. » James Agee « Louons maintenant les grands hommes. » Terrible de beauté, un style unique, oscillant entre onirique, organique, ou direct et incisif. Les nuages passent dans un ciel bas créant des ombres et des lumières sur les forêts, les montagnes, la pierre, les toits, les hommes. Peu de femmes, celles-ci sont souvenirs ou fantômes de douceur, d'amour.... Elles sont par leur silence à l'origine de ce récit.... Mort de l'abbé Pierre en cet hiver au coeur du pays des Cévennes au lieu-dit Les Doges. Un prélude à un autre drame intime, terrifiant.... Neige, froid piquant, isolement de deux fermes peu éloignées. Une vie âpre, rude, voulue, choisie. Un rythme calqué sur la météo et les horaires des bêtes.... Tout semble immuable, hors de la réalité, authentique.... Mais tout est-il si limpide entre Gus qui vit avec son chien Mars, et Abel, tous deux dans leurs maisons natales. Deux générations d'hommes taiseux, difficiles d'accès, qui pourtant ont développé une amitié au fil des ans. Ils pensent partager les mêmes valeurs puis soudain tout se désagrège, se disloque, les silences prêtent à toute réinterprétation des sentiments de l'autre. Chaque mot est pesé, réévalué. La méfiance, la haine, la peur puis la terreur s'installent. Presque un huis-clos, une sensation terrible de solitude, d'enfermement, de colère rentrée mais bien présente. L'enfance et ses blessures remontent, laissant Gus et Abel fragilisés, sidérés... Des ombres, des traces de pas, des tirs de fusils, des tâches de sang, des visiteurs inquiétants, et ce monde moderne qui tout d'un coup s'impose ... Oui un roman terrible ! Quatrième de couverture Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent. Un suspense rural surprenant, riche et rare. 4e de couverture (01/07/2015) : Abel but son verre d'un trait et se leva. Il se tenait face à Gus, tout raide, comme une espèce de bestiole qui ne voudrait pas être repérée dans un décor hostile, puis il planta ses yeux dans ceux de Gus après un silence qui ne rendait service à personne et il dit : - Tu veux que je te dise vraiment le fond de ma pensée ? - Je t'écoute. - Le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite. Entre Alès et Mende, au milieu des Cévennes, un lieu-dit appelé Les Doges, deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, de la neige une partie de l'année, deux hommes, un chien, un fusil, quelques mots, des silences et de la roche pour poser le tout. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Brigade de Miss Morgan | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Brigade de Miss Morgan Janet Skeslien Charles JC Lattès Le 2 avril 2025 368 pages illustrées traduites par Denyse Beaulieu historique Chronique 23 janvier 2026 Ne vous fiez surtout pas à la couverture un peu trop girly ou roman feel good choisie par l'éditeur ! Je n'ai qu'un mot : WAOUH ! Quel récit extraordinaire, incroyable sur des faits réels totalement inconnus qui aujourd'hui sont enfin relatés noir sur blanc ! Ce texte s'inscrit dans cette révolution artistique, littéraire et sociétale majeure des dernières années : raconter l'Histoire par le biais des femmes, ces grandes oubliées des manuels scolaires et universitaires, cette moitié de population mondiale qui a œuvré à forger nos civilisations mais que l'on a effacée avec une constance détestable ! " Je n'arrive pas à chasser de mon esprit l'image de ces villages. La bravoure des habitants et le courage avec lequel ils reviennent pour tout recommencer au milieu de leurs ruines... Savais-tu que la comtesse d'Évry vit dans une carriole dans la cour de ses écuries pour aider les soldats à déblayer les jardins de ses gens, pour qu'ils puissent retrouver leur terre ? Entretemps, son château est en ruine sur la colline. C'est maintenant qu'ils ont besoin d'aide. " Lettre d'Anne Morgan à sa mère Je n'en reviens pas que l'épopée hallucinante des femmes du CARD ou Comité Américain pour les Régions Dévastées par la Première Guerre mondiale soit restée sous silence. Fondé par Anne Morgan, fille du financier américain J. P. Morgan, un des hommes les plus riches du monde, bravant les diktats de son milieu social et de son temps, rusant avec les règles imposées par le patriarcat, aidée par son amie de cœur, le Dr Anne Murray Dike dite Dr M. D. , elle met sa fortune et son énergie inépuisable au service des populations françaises de l'Est. Œuvrant sur tous les fronts afin de soigner, nourrir, assister, sauver ceux qui ont tout perdu, elle pressent également l'importance de la culture et de la lecture, outils majeurs en vue de leur reconstruction et de leur bien-être. Elle fait donc appel à Jessie "Kit" Carson, alors bibliothécaire jeunesse à New York. Celle-ci quitte tout en 1917 pour traverser l'océan et être projetée en zone de guerre sur le front, ayant signé un contrat de 2 ans avec le CARD. Ce sont ses aventures et celles de ses compagnes de lutte ainsi que des habitants du village et de la région qui nous sont contées par Wendy Peterson en 1987, découvrant par hasard des fragments de témoignages dans les registres de la bibliothèque de New York où elle travaille, en même temps qu'elle prend des cours d'écriture. La jeune femme souhaite par dessus tout réaliser la biographie d'une inconnue qui lutta au côté de femmes célèbres dont les destins, les correspondances, les notes sont connues. Redonner vie à une invisible qui pourtant révolutionna les bibliothèques de France et leur organisation. Nous devons, nous passionnés de lecture, énormément à cette visionnaire avec la création des départements jeunesse, et d'établissements ouverts à tous sans distinction sociale avec un accès libre aux livres. Des acquis que certaines autorités aujourd'hui remettent en question ! Elle a également transmis le système de classement américain très pratique à ses collègues françaises, les a formées, à ouvert cette profession à la gent féminine jusque là réservée aux hommes. Admiration totale pour cette femme et toutes les engagées du CARD ! Hommage nécessaire et incontournable à des justes, ce roman historique, de guerre, d'amour et d'aventures, décrivant également le processus de création d'une oeuvre littéraire, est un des plus beaux ouvrages que j'ai eu la chance de dévorer ces derniers mois. Les biographies finales illustrées sont passionnantes. Plus jamais nous ne devons accepter d'être ainsi flouées de nos réalisations, créations, œuvres ! Gratitude extrême Janet Skeslien Charles pour ce livre magistral et si bouleversant. Quatrième de couverture 1917 : L’héritière Anne Morgan fonde le Comité américain pour les régions dévastées afin d’aider à la reconstruction, et engage Jessie « Kit » Carson, de la New York Public Library, pour créer quelque chose d’inédit en France : des bibliothèques pour enfants. Après la guerre, Carson poursuit son oeuvre en transformant des ambulances en bibliobus et en formant les premières femmes bibliothécaires françaises. Avant de disparaître sans laisser de trace. 1987 : Wendy Peterson, écrivain en herbe, tombe par hasard sur une référence à Jessie Carson dans les archives de la NYPL. Fascinée, elle entame des recherches et découvre que sa vie et celle de la jeune femme sont étonnamment liées. Inspirée de l’histoire extraordinaire et méconnue de ces femmes décorées de la Croix de Guerre, La Brigade de Miss Morgan est un hommage vibrant au pouvoir de la lecture et au courage de changer les choses. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Power | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Power Michaël Mention Stéphane Marsan Editeur - Bragelonne 2018 456 pages Historique Chronique 20 juillet 2018 Lire la playlist est incontournable. « L'indigène est un être parqué, l'apartheid n'est qu'une modalité de la compartimentation du monde colonial. La première chose que l'indigène apprend, c'est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites. C'est pourquoi les rêves de l'indigène sont des rêves musculaires, des rêves d'action, des rêves agressifs. » « Les damnés de la Terre » de Frantz Fanon 1961 « I have a dream ! » Oh yeah ! Are you sure, Martin.....? R.E.S.P.E.C.T. comme l'a chanté Aretha Franklin, comme l'ont hurlé avec elle les habitants des ghettos, humiliés, battus, harcelés, assassinés depuis la descente des négriers jusqu'en1965. WHAT WE WANT Alors sur une bande sonore soul, groove, funky, magnifiée par un texte tel un slam, un gospel, un cri, se sont élevées les voix des opprimés, de gamins intelligents, éduqués, pauvres, en fureur, sans aucun espoir d'avenir dans cette Amérique blanche raciste de 1965 pour réclamer dans un long riff, l'indispensable : le RESPECT ! WHAT WE BELIEVE En effet, on sort intranquille de ce roman, le malaise d'alors en rappelant d'autres d'aujourd'hui. On s'étonne de l'extrême jeunesse des membres fondateurs du party, dégoûtés et assez clairvoyants pour savoir qu'il fallait proposer une autre vision aux ghettos. Deux gamins donc : Huey, fils de pasteur que Bobby a rencontré voici quelques années dans une manif pro-Cuba. Ça smatche tout de suite entre ses deux enfants d'Oakland, discussions à n'en plus finir, lecture des journaux, manuels, essais, rabâchage des discours inspirés de Malcolm X ou Martin Luther King, et soudain l'évidence : monter un parti avec une ligne directrice et des méthodes différentes. On s'appuie sur le droit et la constitution des USA, on s'arme comme autorisé par la loi, on se trouve un logo, un uniforme strict, on commence les patrouilles à la recherche de la moindre intervention policière illégale.... Enfin le rapport de force bascule, les flics ont peur et abandonnent le terrain. La presse, la communication, le nombre des adhérents croissant, un programme social d'aide à la population sur le terrain, font d'eux des Robin des Bois face à un gouvernement de plus en plus excédé et incapable. Des alliances se nouent, pas seulement avec des noirs ce qui est évidemment primordial, le BPP obtient une visibilité nationale et internationale via l'Afrique en particulier. Tout ce parcours phénoménal raconté ici est jouissif, enthousiasmant, on veut y croire..... L'écriture est une transe, une scansion, mélange de narration et de paroles de chansons.... Tous les grands noms de la Motown, de la soul, du funk sont là pour nous donner envie de bouger, d'agir, et nous accompagnent tout au long de ce texte hallucinatoire, organique. Malheureusement, le FBI et Hoover veillent, d'autres paradis artificiels attendent leurs proies qui ne sont en définitive que des mômes.... la description ne s'arrête pas à Charlene symbole des femmes de ce party, ou Tyrone écartelé entre ses frères et ce que le FBI l'oblige à faire, non, il y a aussi Neil, le blanc, flic, qui de pondéré, éclairé va basculer peu à peu dans l'ultra violence, la haine. Le point de bascule, l'assassinat de Robert Kennedy, dernier espoir de bien des américains de l'époque déboussolés par la guerre du Vietnam, les mensonges des politiques, espérant une paix durable entre tous quelle que soit la couleur de peau. Un homme donc désespéré pour son pays qui cherchera des coupables, à bout, traumatisé par la mort de son équipier, puis révolté par les méthodes de manipulation grossière du FBI chargeant les BPP de toutes les fautes. Dans les rangs de ce party, également, certains chargés de la communication veulent dangereusement faire le buzz, d'où des caricatures infamantes des policiers....les pigs ! Comment ensuite raisonner normalement quand tout ce que vous êtes est conspué. Chacun dans son camp donc, qui gagnera ? Que reste-t-il aujourd'hui de tout ce qui fut accompli de positif par les Panthers jusqu'en 85 ? Il semble que les USA rétrogradent après avoir pourtant élu un président noir. Il semble aussi que le fossé entre les communautés soit de plus en plus grand. Cela expliquerait-il leur obsession nostalgique de l'Afrique qu'aucun n'a connue ? Cette quasi incapacité à définitivement se définir comme américain sans précision de la couleur de peau, qui pour moi est toujours un pléonasme. Connaître son histoire dans la grande Histoire pour se construire aujourd'hui comme citoyen américain ou du monde oui, mais faire de cette connaissance généalogique un frein à l'avenir en grattant en permanence les croûtes. Je ne sais pas.... De par mes origines, mon histoire, le métissage de ma famille afro-française, mon absolue conscience de l'absence de race en ce monde, prouvée scientifiquement, et me rappelant avec RESPECT et admiration les paroles de Mandela, ne serait-il pas le moment de la réconciliation pour les nouvelles générations ? Facile à dire. Un roman historique essentiel ! Quatrième de couverture « Ici comme dans les autres ghettos, pas d'artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c'est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève.1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestation, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d'Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l'assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party ou BPP : l'organisation défie l'Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, Officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l'image du pays happé par le chaos des sixties. Un roman puissant et viscéral plus que jamais d'actualité. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Roi des Blancs | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Roi des Blancs Loïc le Gloahec Le Passeur Le 11 janvier 2024 aux Éditions Le Passeur, 379 pages 379 pages Historique Chronique 24 mai 2024 Premier roman d'excellente facture, étonnant par sa maîtrise totale de la narration et son style littéraire remarquable, tout autant bouleversant qu'édifiant, mêlant en un seul ouvrage deux thèmes qui méritaient à eux seuls un tome chacun : le drame de l'esclavage à Saint Domingue à la fin du XVIIIe siècle et le naufrage de l'ancien régime en France dans la région de Blois conséquence de la Révolution française. Notre guide est Antoine, qui au soir de sa vie afin de respecter la promesse faite à un ami, entreprend de raconter sa vie ; celle du fils d'une esclave, Ayodele, enlevée à 16 ans au Sud du Bénin, renommée Rose dès son arrivée enceinte à la plantation Varenne sur l'Île de Saint Domingue. Quel parcours extraordinaire a donc suivi ce mulâtre asservi et maltraité à la plantation de canne à sucre, misérable parmi les misérables, jusqu'au château de Beauregard en France, propriété de son maître, monsieur de Varenne ? Comment le petit métis est-il devenu un jeune homme instruit, fort de la confiance de l'homme par qui, cependant, tous les malheurs se sont abattus sur sa mère puis sur lui, cet aristocrate, ce négrier, enrichi par le trafic d'êtres humains et l'esclavagisme le plus cruel ? Antoine ne nous épargne aucune description, aucun souvenir de ce que durent affronter ses frères et sœurs sur la plantation. Et toujours l'incompréhension nous prend face à cette sauvagerie, cette inhumanité. Mais notre héros est né sous une bonne étoile semble-t-il, et à un malheur correspond toujours une opportunité, une porte qui s'ouvre. Elles seront nombreuses ces issues de secours se révélant au dernier moment, in extremis, jusqu'au final d'une émotion extrême. Nous traversons au côté de notre ami et de tous ceux et celles qu'ils côtoient, plusieurs décennies au cours desquelles la France, fer de lance de l'Europe, a profondément changé. La posture psychologique et morale d'Antoine est inconfortable car s'il reconnaît la culpabilité de son maître, il y est également attaché, d'autant plus que l'amour est venu tout compliquer dès l'apparition de la fille de monsieur de Varenne, Héloïse... Grande fresque historique du Bénin en faisant escale à Saint Domingue pour arriver finalement en France, ce récit est également un magnifique et intemporel roman d'amour. Les destins s'entremêlent, les êtres se séparent, souffrent mais continuent à s'aimer à travers le temps et l'espace... Merci infiniment Loïc Le Gloahec pour l'intérêt que vous avez porté à mon travail de chroniqueuse et surtout pour ce livre digne des plus grands classiques de la littérature française du XVIIIe siècle auxquels il rend un très bel hommage. Quatrième de couverture " Entraîné par ma plume, emporté par les violents transports de l'amour, je n'ai su y mettre un terme raisonnable et ce qui devait être un sombre mémoire sur la traite négrière est devenu l'histoire romanesque de ma vie... " Voici les mots d'un enfant, d'un rêveur, d'un idéaliste, né dans une plantation de Saint-Domingue à la fin du XVIIIe siècle, exploité dans les champs de canne à sucre, spectateur d'un monde violent et cruel, avant que la providence ne le transporte par-delà les mers à la suite du propriétaire de la plantation, puissant vicomte du pays de Blois. Au soir de sa vie, il entreprend de raconter son histoire. Il écrit pour rendre témoignage des crimes et des sévices dont il a été le témoin, il écrit pour l'amour des lettres, pour l'amour d'une femme, pour le souvenir de son maître dont il a vu la chute lente et douloureuse sous les coups de la Révolution. Premier roman à l'écriture sensible et élégante, empreint d'humanisme, Le Roi des Blancs est un hommage à toutes les victimes de l'Histoire" Entraîné par ma plume, emporté par les violents transports de l'amour, je n'ai su y mettre un terme raisonnable et ce qui devait être un sombre mémoire sur la traite négrière est devenu l'histoire romanesque de ma vie... " Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • 1795 | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires 1795 Niklas Natt och Dag Sonatine 9 février 2024 496 pages traduites par Rémi Cassaigne Thriller Historique Chronique 5 novembre 2023 « Cette nuit la neige a recouvert la prairie, Dans le silence blanchi,Le printemps se sent trahi... » Que s'est-il passé ce jour d'avril où soudain la neige s'est mise à recouvrir le monde ? Un monde de violence, glauque, terrifiant où nul enfant ne peut croire en la parole des adultes ?Qu'ont vécu les deux petites filles qu'étaient Dina et Judith, aujourd'hui femmes mûres, pour que toute leur existence en soit entachée, leur innocence détruite, leur avenir abimé. L'action se déroule entre les deux confinements ; Dina s'est réfugiée dans la vieille maison de famille persuadée de ne pas pouvoir supporter de nouvelles mesures sanitaires drastiques en ville. Bientôt et étonnamment, sa petite sœur s'annonce. Cela fait des années qu'elles ne se sont pas retrouvées dans cette demeure abritant bien des secrets de familles, où résonne encore l'écho des pleurs, cris et soupirs d'autrefois. La vie a été difficile pour les deux réfugiées, les relations amoureuses en particulier n'ont jamais été évidentes comme si quelque chose dans leur passé et dans celui de leurs ascendants les bloquait. Elles en ont suffoqué pendant près de cinquante ans mais, dans le contexte inhabituel de la pandémie, dans l'isolement qu'elles choisissent de vivre ensemble, peut-être pourront-elles enfin se parler, mettre des mots sur l'indicible, sur ce qu'il advint ce fameux jour d'avril blanc. Quant les pneus de leurs voitures sont crevés, le roman devient thriller psychologique et anxiogène. Coupées par choix des réseaux sociaux et des informations, elles se retrouvent au cœur d'une véritable tempête tant climatique qu'intime. Elles ne peuvent plus pratiquer la technique de l'évitement. Les deux femmes redeviennent enfants et se souviennent... Mais leur mémoire est-elle sûre ? Peuvent-elles s'y fier ? La quête de vérité est incontournable et commence alors que les éléments se déchaînent autour d'elles. Formidable roman sur la sororité et les silences étouffants de l'enfance. Je l'ai lu d'une traite tant l'atmosphère pesante et terrifiante est bien rendue, tant ce livre est remarquablement écrit. J'ai vraiment eu envie de serrer ces petites filles dans mes bras. Quatrième de couverture Dans un tête à tête imposé, deux sœurs convoquent leur passé, laissant ressurgir un drame de leur enfance. En pleine période de confinement, Dina et Judith Caravella décident de se retrouver dans l’ancienne maison familiale « La Sauvage », isolée du village et de ses habitants, peu bienveillants à leur égard. Elles mettent ce temps à profit pour grimper jusqu’au « château », une ruine de pierres, terrain propice à leurs jeux d’enfants et se retrouvent, bien malgré elles, emmurées dans une cave souterraine, en raison d’un orage ayant déclenché une avalanche et une forte coulée de boue jusqu’au bourg. Isolées, coupées du monde, elles se confient et tentent de se souvenir d’un tragique accident, ayant eu lieu en avril 1967. Elles avaient alors été contraintes de se joindre à une colonie sanitaire, en raison de leur état de santé et de l’ambiance délétère du foyer familial. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sorcières - La puissance invaincue des femmes | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sorcières - La puissance invaincue des femmes Mona Chollet Zones 2018 229 pages Essai Chronique 30 janvier 2019 « Inutile d'adhérer à WITCH, Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l'intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière. » Manifeste WITCH (Women's International Terrorist Conspiracy from Hell), New-York, 1968. Alors je suis certainement une sorcière ! Je pensais à tort que les bûchers étaient éteints, que nous étions au XIX ème siècle et que le recours au mot de sorcières pour qualifier les femmes indépendantes, instruites, célibataires, libres de penser et de débattre, de procréer ou non, de subvenir seules à leurs besoins, de choisir leurs partenaires sexuels, était passé de mode. Et là stupéfaite, je constate le retour à la Renaissance après un Moyen-Âge éclairé : lors des dernières élections présidentielles pour Hillary Clinton, voilà l'émergence de nouvelles insultes et courants de pensée nauséabonds recréés de toutes pièces par des hommes évidemment ayant peur de perdre leurs pseudo virilité supérieure et, plus grave, par des " femelles" rêvant encore de passer de la tutelle de leur père ou famille à celle de leur mari, totalement dépendantes financièrement, sans réelle formation, ayant pondu plusieurs héritiers du nom paternel puisqu'elles ne sont qu'un ventre à qui on demande seulement d'être le faire- valoir de leur seigneur et maître, de créer et entretenir un foyer douillet pour toute la nichée et surtout de ne pas remettre en cause une hiérarchie immuable, intouchable. Caricatural ? Si seulement ! J'ai passé six ans d'enfer à cause d'une de ces femmes au foyer, sans aucune instruction secondaire, (quelques fois elles sont diplômées mais se sont volontairement mises au service de leurs conjoints, sans penser aux lendemains qui déchantent), cette appelons-la "Odile", pleine de rancoeur sitôt ses quarante ans sonnés, contre son mari, qu'elle émascule régulièrement auprès de ses amies, contre ses trois enfants pour lesquels elle dit s'être sacrifiée, justifiant pendant vingt ans sa débine face aux réalités de la société, victime de tous, elle bien sûr innocente de la moindre erreur de jugement, qui face à une femme de son âge, célibataire, sans enfant par choix, surdiplômée, reconnue de ses pairs, lauréate de concours internationaux, polyglotte et cosmopolite, curieuse, indépendante financièrement et moralement, libre de choisir un compagnon, un avenir, de créer, de chanter, d'être visible et applaudie par un public conscient du travail et de l'abnégation qu'il a fallu pour arriver à un tel niveau d'excellence, oui face à ça, Odile étouffe de haine meurtrière, fomente un harcèlement moral aidée de spécimens de son acabit, de son eunuque d'époux. Cela s'est terminé à la police avec quatre heures d'audition pour chaque harceleur et un procès gagné en janvier 2018. Reste une vie à reconstruire et la connaissance approfondie que certaines femmes sont des ennemies à la cause féminine, même si elles achètent « Causette » dès sa sortie en kiosque, histoire de faire croire que.... Pour une « femelle » qui a décidé d'être enfermée dans un rôle passéiste par fainéantise, par incapacité intellectuelle ou autre, la vue d'une telle Femme est une insulte, une gifle, elle doit la faire disparaitre, l'anéantir. Même si elles ont un travail en plus de toutes leurs tâches de mère et épouse au foyer, celui-ci doit répondre aux critères de féminité acceptables. Journaliste dans des magazines féminins propageant l'image de la pute ou de la mère, entre les deux pas grand chose, incitant les femmes à procréer car voyons, nous sommes des utérus et des ventres sur pattes avant toute autre chose. Dans le cas d'Odile, femme de ménage dans l'immeuble même de sa famille, grâce à la pitié condescendante des siens. Même des intellectuelles sont incapables dans leurs écrits ou leurs déclarations d'imaginer une féminité différente sans obligatoirement cocher les cases du fameux tableau qu'on nous a imposé à notre naissance. Donc je suis une sorcière heureusement pas résidente dans certains régions d'Afrique, d'Inde, où là nos sœurs risquent le bûcher, d'être passées à l'acide, d'être lapidées. Non, je suis en Europe où des femmes meurent tous les jours sous les coups de leurs conjoints. Les bûchers ont simplement été remplacés, le mot" sorcière" réactualisé. Complètement fou. Un autre point est très justement soulevé : nous devons également nous méfier de nous-mêmes, de notre syndrome de Pavlov à répondre à certains stimuli par un comportement d'obéissance à des valeurs paternalistes. Cela demande une vigilance de tous les instants. Oui, ce livre est rude, sans concession, honnête, complet sur la condition féminine d'hier et d'aujourd'hui, sans complaisance pour les autres ni pour nous-mêmes. Un texte remarquable, compact, très détaillé et construit. Respirez, plongez.... ! Que de chemin nous avons encore à parcourir tous ensemble ! Quatrième de couverture Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d'aujourd'hui de figure d'une puissance positive, affranchie de toutes les dominations. Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante - puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant - puisque l'époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée - devenue, et restée depuis, un objet d'horreur. Enfin, il sera question aussi de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s'est développé alors tant à l'égard des femmes que de la nature ; une double malédiction qui reste à lever. " Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Seconde Guerre mondiale sous le regard de la presse de Munich à Nuremberg | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Seconde Guerre mondiale sous le regard de la presse de Munich à Nuremberg Pascal Roblin De Borée Beaux Livres 28 octobre 2021 256 pages Document Chronique 14 décembre 2021 Préface de Henri Pigeat, version illustrée. (Metteur en page : Pascal Miara - Iconographie : principalement issue des collections du Centre de la Presse). Gratitude extrême envers Pascal Roblin qui réalise là encore un tour de force en rassemblant de tels documents, nous offrant ainsi un rappel édifiant de ces heures terrifiantes de notre histoire de France et brossant un portrait unique de la Presse de l'époque. Un travail colossal au service de la vérité, une organisation visuelle de l'ouvrage au cordeau, d'une grande clarté, la mise en page mettant face à face 1/les reproductions de coupures de journaux et autres documents 2/ l'analyse poussée et la recontextualisation des évènements décrits par les journalistes dans la chronologie historique. Il m'a fallu beaucoup de temps pour lire attentivement ce très beau livre qui, en plus d'être une oeuvre de référence sur le sujet, devient page après page, bouleversant, terrifiant, émotionnellement sidérant, dur à encaisser.Il m'est impossible de ne pas faire la liaison immédiate entre cette époque crépusculaire et celle que nous vivons aujourd'hui. Cela fait maintenant vingt mois que certains d'entre nous donnent l'alarme, désespérés de voir les signes évidents du retour du malheur, de la "peste", de la dictature.Cela fait des mois que des journalistes indépendants se sont engagés, comme leurs prédécesseurs résistants, à diffuser la vérité, à la rechercher partout, à se mettre en danger. Des journalistes, dans le plus noble sens du terme, qui refusent d'être à la botte d'un gouvernement. La Presse indépendante jouant son rôle véritable de quatrième pouvoir. On ne sort pas indemne de ce très beau livre, mais on n'en sort fort d'un nouvel enseignement, d'un nouvel espoir en ce que la lumière est toujours triomphante. Mais combien de victimes ?Des ténèbres où nous sommes plongés peu à peu, ce document exceptionnel peut nous en extirper en nous donnant la force de ne pas baisser les bras, de nous battre comme nos prédécesseurs. Nous sommes en état de guerre mondiale, insidieuse, vicieuse, perverse. Nous avons l'avantage de connaître le passé, tirons-en les leçons, inspirons-nous des héros d'hier, soyons leurs dignes héritiers et restons unis. Quatrième de couverture « Trois ans après la parution de son premier ouvrage, La Grande Guerre sous le regard de la presse, Pascal Roblin récidive avec un nouveau livre, qui prolonge le précédent. Son titre : La Seconde Guerre mondiale sous le regard de la presse. À travers les revues et les journaux de l'époque, l'auteur revisite les moments marquants de ce conflit mondial, de cette période noire de notre histoire, depuis l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933 jusqu'aux condamnations des responsables nazis au procès de Nuremberg en 1946. Des prémisses du conflit à ses conséquences... On y retrouve les étapes principales et importantes de la guerre, mais aussi les faits marquants qui se déroulent en France entre le début du conflit et la Libération : « la drôle de guerre », « la débâcle », l'armistice, la collaboration, le statut des Juifs, le S.T.O, les Chantiers de la Jeunesse, la Résistance, la S.N.C.F., le sport, la mode, la vie culturelle, la publicité, etc. C'est l'occasion surtout de retrouver la presse au cours des différentes phases de ces bouleversantes années : la presse d'avant le conflit, la presse qui couvre le début de la guerre, la presse qui collabore avec l'occupant ou avec le régime de Vichy, enfin celle qui va naître dans le maquis pour s'épanouir à la Libération. Grands quotidiens parisiens ou régionaux, hebdomadaires ou revues politiques, magazines féminins ou sportifs, publications pour la jeunesse, petits journaux locaux, feuilles de la Résistance, etc. : Pascal Roblin a sélectionné plus de 120 périodiques rares, souvent oubliés ou inconnus, principalement issus des collections du Centre de la Presse. Un impressionnant travail de recherches qui a permis de remettre sous l'éclairage d'aujourd'hui cette mémoire de papier fixée noir sur blanc, et de redonner vie aux acteurs d'une période majeure de l'histoire mondiale. » Henri Pigeat signe la préface de ce livre. Actuel directeur de la Lettre d'Illissos (chronique politique mensuelle - papier et Web), il a été pendant sept ans le PDG de l'Agence France-Presse et professeur associé à l'Université Paris II Panthéon Assas pour l'enseignement du droit des télécommunications et de l'éthique de l'information. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La ligne pourpre | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La ligne pourpre Wolfram Fleischhauer JC.Lattès 2005 454 pages traduites par Olivier Mannini Polar Historique Chronique 27 avril 2020 Roman historique sous forme d'enquête presque policière sur une énigme jamais élucidée : celle de la mort de Gabrielle d'Estrées, enceinte de six mois, à quelques jours de son mariage avec Henri de Navarre et donc de son couronnement. Éclampsie ou meurtre ? Et si oui, à qui profitait le crime ? C'est à mes yeux surtout le récit d'une passion dévorante de l'auteur, jeune homme, obsédé par ce mystère et menant jusqu'au bout la mission qu'il s'était donnée. C'est un historien qui doit crier au monde entier ce qu'il a découvert par hasard, par chance, dans une bibliothèque, en tournant une page. C'est tellement incroyable que l'anecdote n'est pas mentionnée dans le livre mais dans les notes finales de l'écrivain ; la réalité dépasse quelques fois de trop la fiction ! Jugez-en : notre auteur découvre sur un carton d'invitation à un vernissage, utilisé vraisemblablement comme marque page des années auparavant et oublié dans un ouvrage ancien de la bibliothèque royale de Bruxelles, quelques lignes manuscrites d'un certain Bolle, historien belge. Ces quelques mots donnent soudain à Wolfram Fleischhauer la clef ouvrant les portes vers la vérité sur cette nuit terrible de 1599. « La Ligne poupre » est un formidable et magnifique hommage à tous ces chercheurs universitaires tenaces, courageux et entêtés qui ne lâchent jamais une piste, nous permettant de comprendre le passé afin de mieux construire le futur et éviter les erreurs. C'est une plongée dans le monde des fous d'Histoire de l'art, tour à tour magique, terrible, sanglant, édifiant, où les évènements de la vie intime et amoureuse de personnages célèbres influent sur la destinée des peuples jusqu'à aujourd'hui. Ainsi tout commence avec un tableau énigmatique au Louvre, reproduit en couverture de ce roman. Nous le connaissons tous, nous avons tous lu son intitulé : Gabrielle d'Estrées et sa sœur, d'un peintre inconnu vers 1600, et nous l'avons accepté sans chercher plus loin. Pour le personnage principal de ce roman, double de l'auteur, cette image devient obsession. Aucune explication valable n'est donnée au sens réel de ce duo étrange de deux jeunes femmes aux bains, l'une tenant entre ses doigts une bague, l'autre pinçant le sein de la première de sa main gauche. L'une blonde à la peau d'albâtre, l'autre brune. En arrière plan une table ou un coffre recouvert d'un tissu vert, une femme rousse cousant, une cheminée au dessus de laquelle on devine le bas d'un corps d'homme sur une toile. Une peinture dans la peinture. Une oeuvre répondant aux codes du maniérisme, nous proposant un rébus à déchiffrer. Entrez dans le cadre. Afin de transmettre le fruit de ses recherches, l'universitaire va se faire romancier, souhaitant toucher le plus grand nombre de lecteurs. Il reprendra les évènements sous divers biais, par les yeux des différents protagonistes, s'attachant à appuyer la fiction sur une vérité historique intransigeante ; soudain tout devient aventure, suspens, thriller. L'auteur est un conteur surdoué suivant un plan très précis et clair. Petit bémol : dans un souci d'être parfaitement suivi, Wolfram Fleischhauer a tendance à répéter plusieurs fois les mêmes scènes et faits historiques, ce qui à mon avis, alourdit un peu le tout et ralentit l'action. Je pense aussi qu'étant donné que je suis très attentive quand je lis, cette insistance à revenir plusieurs fois sur un épisode n'était pas utile. Cependant, la démonstration est impeccable et claire touchant à une énigme extraordinaire survenue dans un contexte politique et historique complexe et difficile. Du très bel ouvrage ! Quatrième de couverture Nous connaissons tous ce tableau : deux femmes dans une baignoire, l'une pinçant le bout du sein de l'autre, laquelle tient une bague entre le pouce et l'index. Le narrateur de La Ligne pourpre, jeune universitaire un peu désabusé, l'a vu lui aussi au Louvre. Mais voilà qu'un étrange manuscrit dévoile son incroyable mystère : le tableau expliquerait la mort, quelques jours avant son mariage avec le roi Henri IV, de sa maîtresse Gabrielle d'Estrées. Quelle explication donner à sa mort à la veille de son couronnement ? Quel est le lien avec l'œuvre ? Gabrielle a-t-elle été empoisonnée par le grand duc Ferdinand ? Pourquoi les dépêches diplomatiques entre Paris et Florence s'interrompent-elles quelques jours avant ? Dans ce magnifique roman, Wolfram Fleischhauer emporte son lecteur dans un univers sombre et brutal, sur les traces de Vignac, un jeune peintre que son ambition va mener à sa perte. Dans la France d'Henri IV, encore troublée par les guerres de Religion et les manœuvres politiques des grandes puissances européennes, un artiste découvre que quelques coups de pinceau suffisent à vous entraîner dans les stratagèmes les plus machiavéliques de la grande politique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

bottom of page