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- L’Amour au temps des éléphants | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L’Amour au temps des éléphants Ariane Bois A Vue d'Œil 2021 472 pages, gros caractères Historique Chronique 24 avril 2022 Trois citations de Romain Gary pour introduction : « Je sens profondément que le sort de l'homme et sa dignité sont en jeu, chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts, ou éléphants sont menacés de destruction. » R.G « Les chiens ce n'est plus suffisant. Les gens ne se sont jamais sentis plus perdus, plus solitaires qu'aujourd'hui. Il leur faut de la compagnie, une amitié plus puissante, plus sûre que toutes les autres que nous avions connus. Quelque chose qui puisse réellement tenir le coup. Ce qu'il nous faut, c'est les éléphants. » R.G « Ils ne pouvaient donc imaginer à quel point la défense d'une marge humaine assez grande et généreuse pour contenir même les géants pachydermes pouvait être la seule cause digne d'une civilisation. » R.G. Et ..... Blue skies, Irving Berlin Par Joséphine Baker, 1927 : « Les jours de blues sont derrière moi. Seuls les ciels sont bleus désormais. » Le point de départ de cet étonnant et très beau roman historique d'amour et d'amitié, véritable hommage aux éléphants, à leurs défenseurs, à tous les activistes qui luttent pour la préservation de notre planète, fut un évènement tragique survenu en 1916 à Ewin, USA, d'une éléphante, Mary. Puis l'autrice fit la découverte des Harlem Hellfighters, troupes regroupant de courageux Afro-américains, qui se battirent en 1918 dans l'Argonne et firent connaître le Jazz en France. Ariane Bois imagine alors que dans la foule présente lors de la pendaison de l'éléphante Mary se trouvent trois personnages destinés à se rencontrer et à entremêler leurs destins, des Etats Unis d'Amérique à la France jusqu'au Kenya. Voici une fresque historique fabuleuse où passent des figures célèbres tel Jim Europe le "Jazz lieutenant", les sœurs Cromwell, infirmières intrépides inoubliables, Floyd Gibbons journaliste passé à la postérité, Beryl Markham, première femme pilote à avoir traversé l'Atlantique en 21 heures. La reconstitution des atmosphères et quotidiens dans les états sudistes, à New York, puis Paris, de la vie des expatriés américains dans la ville lumière où résonnent les flows jazzy nocturnes remplacés bientôt par le fracas des obus dans les tranchées, puis du microcosme formé d'anglais dans la Happy Valley au Kenya est extraordinaire, fabuleusement vivante. Nos trois héros vibrent de passion, de peur, d'enthousiasme, de fureur, de soif de justice et de paix, du désir de changer le monde tout en préservant les valeurs humaines appliquées au sauvetage de la Nature en s'attachant, en particulier, aux pachydermes. Il faut savoir qu'aujourd'hui un éléphant est victime du braconnage tous les quarts d'heure !!!! Ces massacres nous concernent tous et doivent nous révolter et nous inquiéter car ils sont le symptôme d'un mal plus grand et dévastateur : la destruction de notre planète, son appauvrissement, par des êtres indignes qui se pensent faussement supérieurs au reste des espèces, qui scient stupidement la branche sur laquelle nous sommes tous assis. Sauver un humain, c'est sauver l'humanité, sauver un animal, c'est sauver la planète. La pendaison infâme de cette éléphante tueuse involontaire est symboliquement une image effarante de ce que les êtres humains peuvent faire de pire. Ce roman nous raconte ce que l'humanité peut apporter de plus positif et constructif en réponse à la barbarie. La question de la violence, de la discrimination, de la hiérarchisation des êtres, du pouvoir de destruction de certains criminels minoritaires qui entraînent une majorité vers le chaos, est au centre de ce récit d'une grande pertinence aujourd'hui, écrit magnifiquement dans un souci de vérité historique. C'est aussi un vrai et beau roman d'amours, intentionnellement au pluriel. À lire absolument pour retrouver l'espoir. Quatrième de couverture 1916, Sud des États-Unis. Sans se connaître, Arabella, Kid et Jeremy assistent à l’exécution par pendaison d’une éléphante de cirque, Mary, coupable d’avoir tué un homme. Cette effroyable vision bouleversera leur vie. De l’Amérique qui entre en guerre jusqu’au Kenya dissolu des colons anglais en passant par le Paris tourbillonnant des années 1920, ces trois êtres devenus inséparables vont se lancer sur la trace des éléphants au cours d’une prodigieuse expédition de sauvetage. Une saga splendide ! Il n’y a pas d’hommes libres sans animaux libres (Présentation des Éditions Belfond en 2021) Ils ne se connaissent pas et pourtant, en cette journée caniculaire de septembre 1916 dans une petite ville du Sud des États-Unis, ils assistent parmi la foule au même effroyable spectacle : l'exécution par pendaison d'une éléphante de cirque, Mary, coupable d'avoir tué un homme. Cette vision bouleversera la vie d'Arabella, de Kid et de Jeremy. De l'Amérique qui entre en guerre au Paris tourbillonnant des années 1920, des champs de bataille de l'Est de la France aux cabarets de jazz, des pistes de cirque jusqu'au Kenya dissolu des colons anglais, ces trois êtres devenus inséparables vont se lancer sur la trace des éléphants au cours d'une prodigieuse expédition de sauvetage. Dans cette éblouissante saga, une jeunesse ivre d'amour et de nature livre son plus beau combat pour la liberté des animaux et celle des hommes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le mystère Fulcanelli | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le mystère Fulcanelli Henri Loevenbruck Flammarion Thriller 9 octobre 2013 416 pages Divers Chronique 13 mars 2017 Tome 3 des Enquêtes de Ari MacKenzie. Enthousiaste, mon retour sur ce livre va donc être plus long que d'habitude. Tout commence par le meurtre d'un vieil homme dans l'église de Santa Caridad à Séville sous le tableau de Juan Valdés Leal intitulé « Finis Gloiriae Mundi ». Tout continue à Paris avec la mort curieuse d'un Galériste célèbre dans sa bibliothèque personnelle, et la disparition incompréhensible d'un simple carnet de cuir marron manuscrit, qui aux yeux de cet homme était son bien le plus précieux. Crise cardiaque ou meurtre ? Le Brigadier-Chef Radenac, conscient des limites de ses connaissances va faire appel à un de ses amis Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, à l'érudition sans limite en particulier dans le domaine de l'ésotérisme. Car en effet Gabriella Mazzoleni, la fille du défunt leur apprend que ce carnet aurait été rédigé par le mystérieux et fameux alchimiste du début du XXème siècle : Fulcanelli. Or depuis plus de cent ans les chercheurs et les scientifiques tentent de lever le voile sur l'identité sous ce pseudonyme. Ari Mackenzie, en chute libre sur les plans professionnel et personnel, en acceptant cette enquête, va faire une plongée vertigineuse dans l'Histoire de l'ésotérisme du siècle dernier, mais aussi être confronté à ses zones d'ombre, à ses faiblesses. J'ai tout aimé dans ce livre, les personnages, l'équilibre parfait entre le récit, le suspens, l'émotion, l'érudition. J'aime l'écriture, précise, émouvante, imagée, savante ou gouailleuse. J'aime le rythme rapide en chapitres courts et le glissement maîtrisé entre les différents acteurs de cette histoire. Pas un moment d'ennui, ou de lourdeur avec un thème qui pourrait rebuter. J'aime quand le roman, la fiction, sont au service de la narration de faits et de destins réels. Tout est vérifiable sur les réseaux et en bibliothèque, de l'existence de Fulcanelli et de ses ouvrages, de ses acolytes, des personnages célèbres et de leur accointance avec le milieu du spiritisme. C'est aussi la description d'une certaine société qui depuis le XIXème siècle, la révolution industrielle et la toute puissance de la science, semble vouloir équilibrer les forces en se passionnant pour la magie, l'occulte. Victor Hugo, Camille Flammarion le scientifique, Claude Debussy, Erik Satie, Emma Calvé la cantatrice, Ferdinand de Lesseps sont présents également dans ce récit..... Un vrai bonheur que ces 400 pages avalées en quelques heures quand Henri Loevenbruck a abattu un travail colossal de documentation, de recherche, et d'écriture pendant des années. Je suis maintenant une fan absolue de cet auteur, et mardi j'aurai les deux tomes précédents à ce livre « Le rasoir d'Ockham », et « Les cathédrales du vide ». Quatrième de couverture Après plusieurs meurtres mystérieux et le vol d'un manuscrit, Ari Mackenzie accepte de mener l'enquête dans les milieux ésotériques afin de percer le mystère de l'identité du plus mystérieux alchimiste du XXe siècle : Fulcanelli. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Code 93 et Territoires | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Code 93 et Territoires Olivier Norek Pocket 2014 et 2015 360 et 384 pages Thriller & Polar Chronique 11 février 2017 J'ai terminé hier soir la trilogie de Olivier Norek. J'avais commencé involontairement et tributaire des catalogues de bibliothèques par Surtensions. Thriller parfaitement maitrisée à la construction cinématographique chorale où les personnages membres de l'équipe de Coste sont poussés à bout jusqu'à l'insoutenable. Noir, un modèle du genre. ..... Donc forte de cette première bonne impression j'ai cherché les deux premiers opus. Code 93 étonnant de maîtrise pour un premier bouquin pose les décors, le 93 et Saint Denis, zones quasi de non droit , et nous présente les personnages qui seront récurrents. On entre dans la SDPJ93 pour faire leur connaissance. Le thriller en lui-même est bien imaginé, nous lecteur savons beaucoup de choses avant Coste donc le dénouement n'est pas une surprise. Je crois que ce premier livre offre l'occasion à Olivier Norek lieutenant de police à la section enquêtes et recherches de cette SDPJ de puis longtemps sur ce département sensible , de pouvoir enfin montrer son travail, ses collègues, et d'aborder des sujets politiques et sociaux majeurs qui font le terreaux de la violence et de la guerre qui se déroule sous nos yeux, sans rien pouvoir y faire ou y comprendre. On sent le flic en colère, certainement aussi désespéré quelquefois qui a besoin de vider son sac. Dans Territoires, cette guerre est déclarée, les enfants bourreaux sont sacrifiés, les habitants kidnappés par les trafiquants et piégés dans un monde de violence et de terreur, les caïds et les politicards se partagent le gâteau indifférents aux morts, aux dommages collatéraux. Une société schizophrénique qui donne une vitrine à admirer alors que celle-ci se fend sur toute sa longueur. Un jeu d'apparences. Là encore Olivier Norek, reporter de guerre urbaine, emmène le lecteur dans les zones à risques, le fait être le témoin de scènes dignes du parrain ou de Mad Max, le transformant ainsi en coéquipier puisqu'il a des informations que Coste et son équipe n'ont pas. La fin est digne de tout ce qu'on espérait déjà désabusés que nous sommes. Comment garder le feu sacré pour ce travail dans les brigades de police en sachant tout cela ? Grand mystère pour moi. Ce que j'aime aussi c'est l'humanité, l'amitié, la camaraderie, l'amour et la tendresse, la fine psychologie présents dans ces trois livres, nous offrant autant de bulles d'oxygène. Quatrième de couverture Code 93 : Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire. Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le « Code 93 » ? Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison... Territoires : Les exécutions sommaires de trois jeunes caïds de Malceny, "plaque tournante de la came pour l'Île-de- France", mettent la SDPJ sur les dents. Mais le capitaine Coste n'a pas peur de mettre le feu aux poudres... A Malceny, dans le 93, on est habitués aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s'implante comme un virus dans cette ville laissée à l'abandon, qui n'attend qu'un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s'adapter pour survivre : des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d'inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l'Etat contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville. La dernière affaire du capitaine Coste ? Elle se passe en enfer... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maîtresse du peintre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maîtresse du peintre Simone Van der Vlugt Philippe Rey Juin 2020 298 pages traduites par Guillaume Deneufbourg Historique Chronique 15 novembre 2020 En couverture : Jeune femme derrière une porte à battant, 1645, de Rembrandt Van Rijn :J'ai lu ce roman historique comme un thriller : il faut avoir le cœur solide devant un tel destin, une telle infamie. On ne devrait pas connaître la vie des artistes, quelques fois, afin de pouvoir continuer à admirer leurs œuvres en toute ignorance. Ou peut-être au contraire cela apporte-t-il un éclairage nouveau et plus large sur les représentations peintes, en les remettant dans leur contexte. Geertje Dircx est passé dans les oubliettes de L'Histoire et quand on se souvient d'elle, c'est pour lui faire un procès à charge ou l'insulter, quitte à mentir sur les faits et plus grave sur la teneur d'un document officiel. Des historiens, des directrice de cabinet d'estampes, des sommités, ont tout fait pour que le prestige du grand héros des Pays-Bas, Rembrandt, ne soit pas écorné. On se trouve ici dans la situation que nous avons tous connue : un couple se sépare, lui est charismatique, elle sa maîtresse, et tout le monde y va de son interprétation, certains apportent leur aide au monsieur, font de fausses attestations, tout est bon pour le grand artiste caractériel qui s'est lassé de sa compagne et veut en prendre une plus jeune. C'est son droit, sa liberté..... et si elle résiste, fait des histoires, cela devient insupportable, trouvons un moyen radical afin de l'éliminer du tableau : Rembrandt ira très loin, il fera emprisonné Geertje Dircx, la nourrice de son fils depuis huit ans donc la seule figure maternelle pour le petit Titus, également sa compagne et son assistante dans la gestion du magasin et des comptes, la femme qui a reçu de lui une bague et des bijoux de sa première épouse Saskia, en gage de son amour. Jamais il ne l'épousera car selon le testament de sa femme défunte cela lui est interdit s'il ne veut perdre l'usufruit de l'héritage de son fils. On se laisse imaginer une fin toute autre si Geertje avait eu le bonheur d'enfanter... Il aurait dû l'épouser tout de même. Pour rester avec lui elle accepte de passer pour une putain, de se présenter devant le consistoire afin de répondre de ses mœurs dépravées, de son concubinage hors lien du mariage avec le grand artiste. Quelle malchance pour Rembrandt et ses défenseurs que les archives municipales soient publiques depuis 1965 et que donc, toutes les pièces du dossier d'instruction, les documents notariaux soient aujourd'hui consultables par des chercheurs et historiens sérieux souhaitant présenter honnêtement les faits et rien que les faits. Ce n'est pas juste une réputation écornée que récolte Rembrandt, c'est bien pire. D'autant plus que l'écrivaine prend toutes les précautions pour ne pas tomber dans le piège de broder afin de remplir les vides. Non, elle reste au plus près de ce qui est dit dans les documents municipaux, notariaux, judiciaires.Lorsqu'elle prend des libertés, elles sont somme toute, secondaires ou fruits d'une déduction logique. Ainsi, afin de rétablir l'équilibre sur les plateaux de la justice et réhabiliter une femme qui ne méritait nullement une telle réputation à travers les siècles, Simone van der Vlugt lui redonne voix et en fait la narratrice de sa vie en commençant par son arrestation brutale pour être enfermée douze ans à la prison pour femmes de Gouda. Douze ans ! Aucune prostituée, arnaqueuse, ne se verra condamnée à une peine aussi lourde. Quelles sont les charges ? Qui peut vouer une telle haine à Geertje ? Le portrait que trace peu à peu l'écrivaine de Rembrandt est terrifiant, pourtant corroboré par des témoignages de ses proches, voisins, par les lettres et documents ayant trait à tous les procès qu'il a intentés....Un immense artiste qui ne peut plus cacher l'homme détestable, pervers, violent, emporté, menaçant dès lors qu'on ne lui obéit pas. Ce roman biographique comprend également un dossier reprenant les faits historiques incontestables, nous soumettant les traductions complètes des actes notariés ou déclarations écrites, de la levée d'écrou, etc ... Retenez bien ce nom, Geertje Dircx, celui d'une femme du XVII ème siècle qui se bat pour sa liberté, pour ne plus être écrasée, méprisée, tout en reconnaissant ses erreurs..... Quatrième de couverture L'histoire saisissante et vraie de Geertje Dircx, maîtresse désavouée du peintre Rembrandt, ici réhabilitée. Un jour de juillet 1650, Geertje Dircx est arrêtée par la ville d'Amsterdam, poussée de force dans une voiture et conduite à la Spinhuis de Gouda, maison de correction pour femmes où elle restera enfermée douze ans. À l'origine de cette arrestation aussi brutale qu'inattendue, Rembrandt van Rijn, l'amant de Geertje. Jugée par contumace, elle revient depuis sa cellule sur les années qui ont précédé son arrestation et sur son idylle avec le célèbre peintre. De milieu modeste, veuve à tout juste trente ans, Geertje entre au service de Rembrandt en tant que nourrice de son fils Titus. La femme du peintre, Saskia van Uylenburgh est alors alitée, souffrant selon toutes les apparences de la tuberculose, maladie dont elle ne se remettra pas. La mort de cette dernière laisse Geertje maîtresse de maison. La cohabitation laisse très vite place à l'amour, Rembrandt trouvant paix et réconfort dans les bras de la nourrice. Les deux amants vivent ainsi durant plusieurs années une liaison scandaleuse, hors mariage. Mais les belles choses ont une fin, dit- on, et Geertje en fera la douloureuse expérience avec l'arrivée de Hendrickje Stoffels dans la maisonnée, dont le charme éblouit Rembrandt... S'appuyant sur des documents historiques et des sources sérieuses, La maîtresse du peintre redonne voix à Geertje Dircx, injustement désignée par l'histoire comme une profiteuse et une déséquilibrée. À l'encontre de l'image répandue d'un artiste visionnaire et intouchable, Simone van der Vlugt dresse de Rembrandt le portrait d'un homme sombre et manipulateur. Un roman formidable et puissant qui redonne sa place à une femme réduite au silence car jugée trop gênante. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le silence et la fureur | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le silence et la fureur Natalie Carter et Nicolas d'Estienne d'Orves XO Editions 2018 361 pages Thriller Chronique 10 février 2019 Un livre à quatre mains comme jouant une partition terrible, pathétique, qui pourtant débute pianissimo jusqu'au tonnerre et la fureur finale. Une mère, scénariste dont c'est le 3 ème roman et son fils, auteur déjà de neufs fictions. "Un thriller psychologique redoutable" où il est question de blocage après un traumatisme survenu voici dix ans, dix longues années de silence forcé pour Max King, un des plus grands solistes de son temps réduit par des acouphènes terribles et la sensation d'une perceuse lui vrillant le crâne, à ne plus lire, écouter, interpréter le moindre morceau de musique. Un enfer, une torture de tous les jours. " À quoi la musique fait appel en nous, il est difficile de le savoir ; ce qui est certain, c'est qu'elle touche une zone si profonde que la folie elle-même n'y saurait pénétrer." Une zone que Susan, la femme qui assiste Max au quotidien en respectant son emploi du temps immuable et ses tocs, aimerait ne plus approcher, car le grand homme perd de ses forces à chaque tentative pour rejouer, redevenir lui-même. Cela ne serait qu'un drame isolé si nous n'étions pas sur une île escarpée au milieu du lac de l'Ontario, où fut construit sur la falaise abrupte un théâtre, lieu d'un festival à la gloire de Max King tous les étés, attirant l'élite internationale. Le village non loin a été reconstruit, des nouveaux habitants s'y sont installés avec tous les corps de métiers représentés, dépendants tous du théâtre, du festival, de Max King. Un évènement monstrueux dont on ne sait pas vraiment l'origine, a eu lieu voici une décennie et tout a été détruit. Le pianiste a tout perdu, son don, la musique, sa femme Fiona et son fils prodige de huit ans, Luke, " le petit prince". Le silence s'est abattu sur tous, prisonniers de ces lieux maudits. La gouvernante Susan, n'en peut plus de voir son employeur qu'elle admire tant, souffrir de plus en plus, se déliter. Thanksgiving approche, elle prend alors une initiative très risquée, un coup de poker qui, s'il réussit, sauvera tout le monde. Fiona et Luke reviennent, les dès sont jetés. Anxiogène à mort, presque surnaturel, un thriller terrifiant en raison de tous les non-dits de chacun, d' une "promesse" faite dont on ignore la teneur et les conséquences, d'une sensation d'enfermement et de pièges. Le destin, inéluctable, est en marche et Susan va perdre le contrôle des évènements. Nous douterons de tous, nous frissonnerons dans le théâtre en ruine, dans la forêt, dans le village maudit, dans la demeure du pianiste, Rockledge Lodge, dans sa salle de répétition étouffante. Nous sommes en apnée, glacés, perdus dans cette histoire labyrinthique. Un cataclysme se prépare, " et du silence jaillira bientôt la fureur". Prodigieux ! Quatrième de couverture Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon. Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars. Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ». Un futur pianiste de génie, comme son père. Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite. Et du silence jaillira bientôt la fureur. Le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves signe avec sa mère, Natalie Carter, scénariste, un thriller psychologique redoutable. « … où il est question de musique, d’îles, de lacs lointains, de nature dévorante, de piano mortel, de crimes irrésolus et de passions impunies. » Natalie Carter et Nicolas d’Estienne d’Orves Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Arpenteur de rêves | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Arpenteur de rêves Philippe Lemaire De Borée 10 novembre 2022 326 pages Historique Chronique 14 décembre 2022 Philippe Lemaire a vraiment le talent de nous plonger dans des reconstitutions fabuleuses mêlant les faits historiques à des détails de la vie quotidienne des plus modestes. Nous entrons dans leur intimité, nous devenons eux, nous prenons fait et cause pour les personnages qui ne sont plus tout à fait de fiction. L'héroïne, Clémence est une jeune fille bien courageuse, au caractère affirmé, à la répartie cinglante, toujours sur le quivive, toujours à craindre les coups du sort ou les propos venimeux de sa mère. Mal aimée, elle travaille dans un café près des écluses dans le bourg d'Attigny dans les Ardennes. La population a payé un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale, on commence tout juste à relever la tête, Elisabeth II vient d'être couronnée, les évènements en Algérie se précipitent. Coup de théâtre ! La veuve, patronne de l'établissement, décide d'un coup de partir pour Paris en laissant étonnamment les rênes du bar restaurant à Clémence. Pour cette dernière, cette nomination même temporaire, lui ouvre enfin les portes de la cage maternel. Elle s'installe dans une petite chambre au-dessus du commerce loin des méchancetés de sa mère. Elle respire jusqu'à ce qu'une autre jeune fille se présente, sur les ordres de la patronne, pour aider Clémence en cuisine. Notre amie est méfiante, jalouse de son nouveau pouvoir au sein de l'établissement. Les hommes, éclusiers, paysans... sont bien heureux de cette jeunesse, de cette joliesse nouvelle venue. Surtout l'instituteur ne semble pas insensible aux charmes de Clémence. Celle-ci baisse la garde. A-t-elle raison de le faire ? Ils ne sont pas du même milieu, n'ont pas le même niveau d'instruction, ni le même âge. L'homme est passionné par l'oeuvre et la vie de Rimbaud. Clémence en ignore tout mais cependant se procure un ouvrage du poète afin de se rapprocher de son amoureux. Cela sera-t-il suffisant ? Sans le savoir Clémence vient d'ouvrir une porte sur un nouveau monde, Paris, le cinéma, la lumière, l'espoir enfin de prendre son envol loin d'Attigny. Histoire d'un parcours initiatique au féminin dans les années cinquante des Ardennes à Paris, de la monotonie quotidienne aux sunlights des plateaux de tournage. Quatrième de couverture Une équipe de tournage dirigée par un des plus grands cinéastes des années 1950 s'installe à Attigny dans les Ardennes pour réaliser en extérieur quelques-unes des séquences les plus importantes d'un film, "L'Arpenteur de rêves", qui évoque la jeunesse de Rimbaud et ses amours tumultueuses avec Verlaine. Toute la vie du bourg, rythmée à la fois par les campagnes sucrières et le passage des péniches qui franchissent son écluse, va en être bouleversée comme le sera la vie monotone et solitaire de la jeune Clémence. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le testament du Diable | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le testament du Diable Armel Job Robert Laffont Le 26 février 2026 288 pages polar Chronique 6 mars 2026 Retrouver cette chronqiue en vidéo sur la chaîne YouTube Evangéline Brunoy. " Parce qu'hier j'ai fait le testamour Aujourd'hui je dois faire mon testament Le testament des testamours Le testamour du testament" Jacques Lanzmann et Jacques Dutronc Diable : du grec διάβολος qui désigne un être qui sème la désunion, l'envie, la calomnie. Ah ! Les joies ineffables de la succession parentale ! À beaucoup d'entre nous qui avons souffert, parfois pendant plusieurs années, lors de ce passage obligé et craint s'ajoutant à la perte de parents plus ou moins aimés, ce roman savoureux, mélange de polar et de comédie de mœurs joyeusement cynique, de mascarade familiale pas piquée des hannetons, exercice réussi de psychanalyse au scalpel de tous les intervenants et des membres de la fratrie en particulier, ce roman, disais-je, donnera l'occasion rêvée de prendre des distances par rapport à un vécu sensible, de s'en amuser même si le sourire reste jaune, de se consoler un peu à la lecture de ce scénario tortueux aux multiples rebondissements. Grand explorateur de l'âme humaine passé maître dans l'art de révéler les vérités les plus intimes et inavouables, Armel Job réussit avec brio à nous tenir en son pouvoir jusqu'à l'ultime seconde. Suspense donc au rendez-vous, humour décapant, justesse inouïe de la description des sentiments complexes des acteurs de cette tragi-comédie aux allures de polar. Forte ou encore traumatisée, je ne sais, par ma propre expérience du partage de l'héritage de mes parents morts à neuf mois d'écart, j'ai éprouvé étrangement autant un malaise qu'un amusement goguenard à découvrir cette intrigue. Il est vrai que certains ont une imagination débordante pour gâcher la vie des autres ! Qu'il est hallucinant que même en vieillissant, on puisse garder l'immaturité d'une jeunesse mal digérée, incapable de reconsidérer les évènements du passé en tant qu'adulte sensé et responsable. Les mécanismes de l'éducation ont laissé des traces et le fonctionnement interne au sein d'une fratrie perdure, ridiculement. Alors que la guerre est terminée, certains restent en armure leur vie durant. Pathétique mais aussi matériau fabuleux pour un écrivain tel Armel Job. Quand en plus le pater familias n'a pas rempli ses obligations correctement, n'a pensé qu'à lui-même, n'a absolument pas préparé sa succession négligeant de passer par un notaire, ( si tant est que ce soit gage de simplification, je me comprends ), la situation devient alors explosive et le sifflet de la cocotte minute casse douloureusement nos oreilles. Ainsi, une figure de la bonne société de Saint-Pol-en-Ardenne, François Lebel, casse sa pipe sur un rameur dans un club de fitness. Mais qu'allait faire ce diable d'homme sur cette galère ? Il laisse derrière lui deux filles, deux garçons, son journal "La Gazette des Ardennes", une maison... Mais qu'en est-il du restaurant "Au Bon Bec" où œuvre sa "fiancée " depuis cinq ans, Fanny, cheffe cuisinier et mère d'un petit garçon. Car oui, le bougre, non content d'avoir trompé à l'heure et à la course feue son épouse, a poussé le bouchon encore plus loin en s'amourachant d'une jeunette de l'âge de ses enfants. Le passé du disparu n'est pas dénué d'erreurs et de fautes graves, ce que chacun dans la famille sait, mais en plus, pour couronner le tout, il n'a même pas été capable de mettre ses affaires en ordre, histoire de simplifier les choses à ceux qui lui survivraient... Vraiment ? Mais n'est-ce pas un testament que ses fils, William et John, retrouvent dans son scriban ? L'affaire se corse donc, la Fanny reste dans la course au grand dam de William... Que va-t-il faire ? Quelle bourde énorme va-t-il commettre ? Jusqu'où cette bouffonnerie va-t-elle aller ? Attention à ce que celle-ci ne tourne pas à la tragédie sous les yeux de Gloria, la femme de ménage, de Me Grandvoir, notaire et ami de toujours du disparu, et de l'épouse de ce dernier, Mathilde, accessoirement, sœur de Lisette, la mère des quatre orphelins. Cruellement truculent et savoureux, un roman noir où l'on perçoit la tendresse de l'auteur pour les failles de ses contemporains capables de se mettre dans des guêpiers incroyables à force de mentir aux autres et à eux-mêmes. La vie pourrait être si simple, mais ce serait beaucoup moins amusant. Quatrième de couverture Un père meurt. Une famille explose. Un testament qui change tout. Le nouveau roman du "meilleur écrivain francophone vivant" selon Amélie Nothomb. Le 14 août 1990, François Lebel s'effondre en pleine séance de rameur. Directeur respecté du journal local, veuf, père de quatre enfants, il laisse derrière lui l'image d'un homme droit, parfois dur, mais aimé, ainsi qu'un héritage familial apparemment sans accroc. Jusqu'à ce que surgisse Fanny, sa jeune compagne, persuadée que Au Bon Bec, le restaurant qu'elle dirigeait grâce à lui, devait lui revenir. Rassurés de ne trouver aucun testament, les quatre enfants Lebel – William, John, Chantal et Marie-France – pensent l'affaire close. Mais un document refait surface. Et avec lui, les rancunes, les secrets et les blessures d'une vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'ivresse du vent | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ivresse du vent Véronique Chauvy De Borée 10 mars 2022 368 pages Historique Chronique 24 mars 2022 « Mus par la passion de la course automobile, personnages fictifs et réels se côtoient dans un récit à découvrir à toute vitesse. » Véronique Chauvy continue, avec grâce et talent, à nous faire voyager et dans le temps, en 1905, et géographiquement, dans une région qui lui tient particulièrement à cœur, l'Auvergne. Pour information, les fameuses brigades de police motorisées seront créés deux ans après ce récit par la volonté de Georges Clémenceau. L'automobile fait de plus en plus d'adeptes privés ou professionnels, forcément fortunés ou sponsorisés. Elle représente pour tous la liberté, la modernité, symbole éclatant d'une certaine industrie, d'une réussite sociale, d'un savoir faire artisanal doublé d'une révolution technologique. Tout n'est pas facile entre multiples pannes et crevaisons, sans parler de la poussière, mais que ne ferait-on pour l'ivresse de la vitesse !? Les grands noms de l'industrie automobile d'hier nous laissent encore, à leur simple évocation, une sensation de luxe et de charme. Certains ont aujourd'hui disparu de la scène mais d'autres émergent après l'événement qui nous est raconté ici, la course Gordon Bennett de 1905 qui sera la dernière. Pour finir en beauté, autant choisir un circuit difficile et réputé dangereux, " le circuit de la mort" en Auvergne à Clermont Ferrand. Voilà l'occasion de nous offrir une escapade délicieuse et réjouissante dans cette région pittoresque, entre vaudeville, comédie sociale ou romantique, chronique provinciale, promenade champêtre, tour gastronomique... J'ai pensé à "Un dimanche à la campagne" pour le charme et la beauté des descriptions, à une pièce de Feydeau où les portes claquent, sans oublier pour le suspense aux Brigades du Tigre ou Arsène Lupin à l'humour caustique apparu également en 1905. Clermont-Ferrand et ses alentours deviennent pour quelques mois le lieu où il faut être et se faire voir, où les grands de ce monde et des célébrités internationales se croisent, se saluent, se côtoient, se jalousent, se concurrencent. L'organisation est énorme, c'est une chance inouïe pour la région sur le plan économique. Cependant, certains drames seront à déplorer, bien vite occultés, afin que l'ambiance ne soient pas gâchée. Véronique Chauvy nous fait suivre les quelques mois de préparation, puis les éliminatoires et enfin la course elle-même, par les yeux principalement de plusieurs femmes représentatives de cette société en mutation où la gent féminine compte bien prendre une place plus importante dans ce monde patriarcal et inégalitaire. Quelque soit leur statut, leurs origines modestes ou aisées, toutes ont à cœur de ne pas être mises de côté qui par un mari, qui par un amant, qui par un fiancé, qui par un père... Grâce à l'automobile, certaines entrevoient l'occasion de se libérer d'un carcan insupportable, de repousser les limites du possible tant personnellement que professionnellement, grâce à cette nouvelle facilité à bouger, à se déplacer. Une femme moderne, préfigurant celle qui oeuvrera pour la victoire de 1918 en tant qu'ambulancière, taxiste, infirmière, cheffe d'entreprise....ouvre les portes pour nous, leurs héritières, en usant de courage, d'inventivité, de charme, d'intelligence, sachant se jouer des codes et des hommes. En parallèle de cette course officielle, un événement charmant est organisé, la course des enfants apportant une note de tendresse à ce récit qui déjà ne manque pas de qualités. En cet entre deux guerres, dans un monde à cheval entre le XIXe siècle et une ère nouvelle de progrès multiples et incroyables, les français goûtent encore à une certaine paix bien que la défiance face aux Allemands soit toujours grande. Le monde n'a pas encore basculé, on n'entend que faiblement le sifflet de la cocotte minute que deviendra l'Europe dans les dix ans. Quelques premiers événements inquiétants en Russie résonnent au loin, très loin des routes auvergnates, des auberges et relais gastronomiques, des palaces ou chambres chez l'habitant. Un roman entre ruralité et vie citadine de province, où les protagonistes ont bien à faire déjà pour se dépêtrer de leurs difficultés personnelles, pour mener à bien leurs plans menant à une réussite éclatante, pour ne pas s'inquiéter de demain. Donc profitons bien de cette pause enchantée ! J'ai beaucoup aimé ce récit passionnant, parfaitement documenté, extrêmement bien écrit aux personnages attachants et pittoresques. Quatrième de couverture 1905 : la sixième édition de la coupe Gordon Bennett, du nom du célèbre homme de presse américain, se prépare. L'Automobile Club de France a choisi pour cadre Clermont-Ferrand et son «circuit de la mort». Début juillet, dix-huit pilotes, de six nationalités différentes, s'affronteront le long des 549 km du circuit. Alors que se dévoile en filigrane une rivalité franco-allemande à travers coureurs (Léon Théry vs Camille Jenatzy ) et constructeurs (Richard-Brasier vs Mercedes), l'enthousiasme et la curiosité suscités par l'événement prévalent. Ainsi, hommes, femmes et enfants se pressent pour assister à la course et admirer les bolides. Il faut dire qu'à l'époque, rares sont les privilégiés à posséder une automobile. Gabrielle, jeune femme audacieuse et émancipée, a cette chance et compte bien faire sa place parmi les hommes. Autour d'elle, d'autres femmes de tous âges et d'horizons divers, sont bien décidées à s'affirmer elles aussi, en cette période de progrès et d'évolution. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Ombre du vent T1 | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Ombre du vent T1 Carlos Ruiz Zafón Robert Laffont 2012 516 pages traduites par François Maspero avec l'aide du CNL Roman Chronique 28 juin 2020 Titre original : « La sombra del viento », premier roman pour adultes de Carlos Ruiz Zafón « Cela s'appelle la zafonmania. Une maladie cérébrale très contagieuse, qui s'attrape sous les moulins de Don Quichotte et qui a déjà fait plus de 300 000 victimes en Espagne. Tout ça à cause d'un gambergeur nommé Carlos Ruiz Zafón... Ce marchand de fables est en train de faire le tour du monde des traductions avec L'Ombre du vent, un roman hautement acrobatique, complexe, mais jamais compliqué, et coulé dans le moule des meilleurs polars... Mêlant roman initiatique et thriller politique, réalisme magique et embardées fantastiques, Zafón sème le vent avec un sacré punch. Et récolte le frisson. » André Clavel, l'Express Quoi écrire après un tel avis rudement bien tourné et complet ?Que dire après la lecture des 516 pages magiques, tour à tour ténébreuses et lumineuses, de « L'Ombre du vent » ? Oui, c'est en effet un roman historique mêlant le suspense, le romantisme le plus débridé, l'Amour sous toutes ses formes et mettant la Littérature au centre de tout, finalement. Des destins comme en échos des vies passées se déroulent sous nos yeux apeurés ou émerveillés. Les aventures de Daniel Sempere, petit garçon qui en ce début de roman avec son père se rend dans un lieux mystérieux, secret, extraordinaire, le Cimetière des Livres Oubliés, est un des personnages principaux, mais pas plus important que les autres, car il me serait vraiment impossible de hiérarchiser les différents protagonistes, d'en mettre un plus en exergue ; tous sont essentiels au mécanisme de précision de cette pièce basculant entre la bouffonnerie, la comédie, et le drame, l'horreur, le thriller glaçant, fantastique. La vie de ce garçon va changer du tout au tout à la suite de la découverte d'un livre dans le cimetière labyrinthique, un ouvrage qui semble lui être destiné, intitulé " L'Ombre du vent" ... c'est aussi une rencontre, par cet écrit interposé, avec son auteur, Julián Carax. Après avoir lu ses pages en une nuit, incapable de les laisser de côté, l'énigme de la biographie de l'écrivain et de l'importance de son oeuvre s'imposent à Daniel. Son père, libraire passionné, bien incapable de l'éclairer, va lui conseiller d'en parler au maître des libraires : Gustave Barcelo. L'engrenage vient de s'enclencher.... Vous voilà piégés dans cette Barcelone cauchemardesque et sublimée, dans ses rues tortueuses, ses villas mortifères et abandonnées, dans ce brouillard de poussière d'or et de charbon de la fin du XIX ème siècle aux années soixante, dans une Espagne et une Catalogne mises à feu et à sang par l'homme devenu fou, ivre de pouvoir, de sang. Changement de régime politique, guerre civile, dictature avec son cortège d'horreurs, conflit mondial, la tourmente de l'Histoire emporte dans ses flots en furie chaque acteur de ce drame. De très beaux moments emplis de lyrisme et de poésie, un vrai grand roman des amours multiples, interdites ou extraordinaires, un thriller haletant, époustouflant de par sa prodigieuse construction, une saga familiale et historique dense, foisonnante, riche d'émotions, de bouleversements, de retournements. En effet, on ne sort pas tranquillement de ce texte, il nous hante encore plusieurs jours après l'avoir terminé. On y sent la passion immense de l'auteur lui inspirant cet ouvrage magnifique, hors du commun et en même temps universel, intemporel.Ce fut un complet hasard si j'avais décidé de lire enfin ce roman qui m'attendait sagement dans ma bibliothèque, le confinement m'invitant à lire tous les livres y étant présents.Le décès de Carlos Ruiz Zafón à seulement 55 ans, semble laisser ses fans comme orphelins ; cela s'explique plus facilement maintenant que j'ai fini ce premier tome de la série de quatre consacrée au Cimetière des Livres Oubliés. Oui, nous sommes touchés au cœur par ce grand roman. Je pourrais vous citer les écrivains qui semblent être à la source de l'inspiration de l'auteur mais je préfère les taire pour ne rien analyser et laisser la magie opérer.Traduit en trente-six langues différentes, ce livre est devenu un best-seller mondial, avec plus de douze millions d'exemplaires vendus. Quatrième de couverture Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transforme de génération en génération :il "doit" y adopter un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets « enterrés dans l'âme de la ville » : l'Ombre du vent. Prix reçus : - Prix des lecteurs de La Vanguardia en 2002 - Finaliste du Prix Llibreter 2002 - Finaliste du Prix du roman Fernando Lara 2001 - Prix du meilleur livre étranger en 2004 Québec Modifier - Prix des libraires du Québec, catégorie roman hors Québec, 2005 Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les Nomades | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Nomades Anthony Sattin Noir sur Blanc le 14 mars 2024 428 pages traduites par Virginie Buhl Essai Chronique 29 août 2024 Sous-titre : Ces peuples en mouvement qui ont forgé nos civilisations Illustrations de Sylvie Franquet Les Nomades a été élu "livre de l'année" par le Spectator et "meilleur livre d'histoire de l'année" par le Sunday Times. Livre phénoménale à lire absolument, à reprendre sans cesse. Une source incroyable et semblant inépuisable d'informations, de vérités absolues, un essai foisonnant, sidérant, incontournable. En cette période de remise en question, pour les occidentaux particulièrement, de leur mode de vie, de consommer, de se positionner dans le monde, sur cette planète asphyxiée et mise en danger par l'être humain, en l'instant où une nette tendance de retour aux fondamentaux, à l'épure, à l'autosuffisance, au respect de la Nature se précise, alors que nous vivons le déclin d'une civilisation en bout de course, repue d'avoir trop convoité, trop englouti, trop détruit, alors que les Tiny Houses et les habitations sur roues sont aujourd'hui considérées comme une solution idéale de logement, que les designers imaginent des meubles nomades, transportables, faciles à démonter et écologiques, il est un fait que les conceptions que nous avons sur un passage à une vie de déplacement, d'itinérance raisonnée, ont changé radicalement. Consommer à outrance, se créer de faux désirs, être victime et otage d'un système économique cannibal, nous paraît de plus en plus inacceptable. La vérité est ailleurs, la vie peut s'imaginer très différemment. Plus simple, plus en phase avec la Terre, plus respectueuse des cycles, de la faune, de la flore, de l'environnement. Après une longue période marquée par la voracité des Européens à conquérir le monde, à industrialiser et mécaniser nos moyens de produire, n'offrant qu'une seule version de l'Histoire de l'humanité auto-centrée et très réductrice, opposant les nomades "sauvages" devant être éduqués, convertis de force voire massacrés, aux sédentaires "civilisés", impérialistes et détenteurs de la vérité absolue, peut-être serait-il enfin temps d'étudier le passé, de réécrire nos manuels d'histoire-géographie, de faire œuvre d'humilité, d'honnêteté et de contrition. Nous avons un besoin urgent de retrouver nos racines, de vivre et non survivre d'une manière authentique : pour construire une nouvelle maison, nous avons la nécessité et le devoir absolus de nous replonger dans le passé, de découvrir les civilisations nomades à travers le temps et l'espace, de rendre à celles-ci leurs lettres de noblesse, de les rétablir dans ce qu'elles ont apporté aux humains sur la terre entière, de comprendre quel est leur héritage, leur apport à nos vies d'hier jusqu'à aujourd'hui. En lisant attentivement cet ouvrage incroyable et tellement éclairant, j'ai découvert tout un pan de NOTRE HISTOIRE que l'on s'est bien passé de nous raconter, de nous enseigner, nous amputant de fait d'une partie de nous-mêmes, de notre âme, de notre personnalité, de notre essence. Nous sommes tous des émigrés, des réfugiés, des sangs mêlés, des descendants de nomades : le nier, c'est nous nier nous-mêmes, c'est avancer dans la vie sans colonne vertébrale. J'ai pris des notes, souligné des passages, tout au long de ce voyage aux origines de l'Homme, à mes propres origines. Connaître le passé nous garantit de bâtir un nouveau monde plus solide, plus juste, plus en phase avec les pulsations de notre planète, avec nos propres battements de cœur. Je pourrais vous faire une liste exhaustive des peuples, personnages ou concepts décrits dans ces pages, mais cela serait très fastidieux. J'ai préféré partager avec vous mon opinion sur l'importance d'un tel ouvrage, d'un travail si remarquable, pour nous tous. Merci donc infiniment à l'auteur Anthony Sattin, à sa traductrice Virginie Buhl et aux Éditions Noir sur Blanc pour l'excellence de leur mise en page et relecture. Quatrième de couverture Les peuples sont en mouvement depuis les origines de l’humanité. Même après la construction des premières grandes cités, comme Uruk, Babylone, Rome ou Chang’an, les êtres humains ont continué à vivre en nomades. Cependant, les manuels d’histoire accordent très peu de place au nomadisme. Ce sont pourtant des peuples nomades qui ont construit les premiers grands monuments en pierre, comme à Göbekli Tepe, en Turquie, sept mille ans avant les pyramides d’Égypte. Ils ont domestiqué le cheval, élaboré des armes, combattu les Grecs et précipité la fin de l’Empire romain. Ils aimaient la poésie et les épopées, ils étaient fascinés par les arts et les sciences, et vivaient dans le respect du monde naturel. Multiculturels, tolérants face aux croyances des autres peuples, ils ont défendu âprement leur besoin de se déplacer en toute liberté ; cette ouverture a grandement contribué à l’évolution culturelle de l’Eurasie, permis la Renaissance et finalement changé l’histoire de toute l’humanité. Faisant appel à nos mythologies anciennes et à un ensemble de récits absents des sources officielles, Les Nomades est une nouvelle histoire de la civilisation, racontée du point de vue de ses minorités. 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- Le prieuré de Crest | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le prieuré de Crest Sandrine Destombes Hugo Thriller 2019 348 pages Thriller Chronique 23 juin 2019 « Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n'avez pas brûler ! » Spectacle de Christine Delmotte, Avignon Off 2018. Un thème très contemporain traité dans l'excellent essai " Sorcières" de Mona Chollet , dans les thrillers policiers " Le dernier Hyver" de Fabrice Papillon ou " Le complot" de Nicolas Beuglet, le premier étant aussi un formidable roman historique. Ici également, nous voici face à des évènements tragiques, disparition, meurtres violents, tous liés à une communauté de femmes et une petite fille Léa, qui répétera plusieurs fois 66B à Benoît, le gendarme qui arrêtera la voiture où elle se trouve à l'avant. La conductrice semble avoir des problèmes pour rouler correctement, et interrogée, elle devient de plus en plus nerveuse. Elle dit être la mère de la fillette, celle-ci le nie.... Paniquée, la mystérieuse femme décide de fuir, poursuivie évidemment par Benoît mais le drame survient, la sortie de route, la mort pour l'adulte et la gamine dans le coma. L'affaire est lancée, compte tenu de son importance le Pôle judiciaire est dépêché sur place d'autant plus qu'un autre cadavre est découvert presque tout de suite. Malgré cette tragédie Benoît y voit enfin sa chance professionnelle. Il va être à bonne école grâce à ses nouveaux collègues.... Le jeune gendarme a également une raison personnelle de vouloir résoudre ces affaires qui semblent être liées.... Un bon livre, bien mené et écrit, à mon avis qui est évidemment que le mien, de très bonne facture classique.. Quatrième de couverture « Madame, je vais vous demander de sortir du véhicule, s'il vous plaît. » Le sous-lieutenant Benoît se remémorera longtemps cette scène. Aurait-il agi différemment s'il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ? Une enfant tourmentée. Une mère recherchée. Une conductrice dans le fossé. Un cadavre aux yeux énuclées. Telle une comptine macabre, son rapport sonne le glas des jours heureux pour la ville de Crest et la fin de la tranquillité pour les habitantes du prieuré, où l'intrigante Joséphine règne sur ses protégées. Et lorsque les experts du Pôle judiciaire débarquent dans la Drôme, Benoît comprend que la mort aussi s'est invitée à Crest, et qu'elle semble s'y plaire. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le dernier espoir de Vercingétorix | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le dernier espoir de Vercingétorix Jean-François Perret De Borée Vents d'Histoire 2018 250 pages Historique Chronique 25 avril 2019 Vercingétorix ! Immédiatement des images d'Épinal nous reviennent à l'esprit, quelques vagues souvenirs de nos cours d'histoire. Quel dommage que les auteurs de romans historiques ne viennent pas dans les écoles pour refaire vivre tous ces personnages mythiques et leur redonner leur humanité. Les leçons seraient, je suis sûre, beaucoup mieux retenues. Donc, vous avez rendez-vous ici, peu après la bataille d'Alésia, avec ce grand guerrier Arverne, chef des Gaulois, et son vainqueur Jules César, à la veille de dicter " La Guerre des Gaules". Heureux de cette prise de choix, le général décide de faire halte à Bibracte, capitale des Éduens, avant de faire une entrée triomphale à Rome.Quelques mois pour préparer cette entrée en scène devant lui assurer l'accession aux plus hautes fonctions. Ainsi pénétrer dans la cité impériale avec Vercingétorix en cage et les rouleaux du récit de ses batailles en terres transalpines sont les deux éléments cruciaux de la représentation de sa magnificence, de sa majesté. Il a donc choisi Bibracte, l'antique oppidum à la double muraille comme son nom l'indique, où réside ce peuple des Éduens, versatile et déloyal. Jules César n'oublie rien et tient à prendre sa vengeance sur ces traîtres, qui aujourd'hui jouent les amis fidèles de Rome. Si le magistrat de la ville, le Vergobret se réjouit de l'arrivée des troupes romaines précédées de l'aigle d'or, d'autres sont révoltés par cette cohabitation imposée. Ainsi Niamh, jeune femme fière, intelligente, intrépide, toute à la cause gauloise, fulmine littéralement à cette intrusion romaine. Elle fut la maîtresse de Vercingétorix alors que l'union des diffèrents peuples gaulois était décidée lors de longs conseils en Bibracte. Un amour sincère est né entre l'Arverne et l'Éduenne, qui scellera le destin de Niahm et de ceux qui voudront bien lui apporter son aide dans la mission qu'elle s'est donné : délivrer Vercingétorix enfermé dans une cage en plein vent sur les hauteurs de la cité. Un jeune garçon de quatorze ans, Corcoran, et de fiers soldats Arvernes vont tenter de mener à bien cette opération d'extraction. Mais n'est-il pas trop tard ? Adroitement, l'auteur mêle des faits historiques reconnus à des évènements sortis de son imagination... Une très belle reconstitution, on s'y croit. Entendez-vous déjà les bruits de la cité, l'ouverture de ses portes, le fracas des sabots, des chariots, les ordres criés, les murmures de la foule.... voyez-vous le regard d'acier de César, la silhouette de Vercingétorix acculé dans sa cage, celle de Niahm superbe de fureur ? Vous y êtes.... Plongez en 52 avant Jésus Christ, allez à la rencontre de ces Gaulois et de ses Romains. Un roman épique, d'aventure, d'amour, de complots... Je l'ai beaucoup apprécié ! Quatrième de couverture Nous sommes en 52 avant Jésus-Christ... Durant l'hiver qui suit la bataille d'Alésia. César grand vainqueur, est aux anges : non seulement il vient d'agenouiller les peuples gaulois mais il s'est offert un prisonnier de premier choix, Vercingétorix, leur chef. Et voici que le général, pas vraiment pressé de regagner Rome - préférant saupoudrer son triomphe en chemin - prend ses quartiers sur les hauteurs de Bibracte, l'emblématique oppidum duquel il est possible, dit-on, de contempler la Gaule. Le prisonnier Arverne tourne en ruminant dans sa cage tandis que César dicte ses mémoires pour ce qui deviendra le récit de La Guerre des Gaules. Mais, ce qu'ignore l'illustre général, c'est la rencontre que Vercingétorix a faite, peu avant sa capture, avec Niahm... Le temps d'un baiser éperdument échangé. Et que depuis, la belle éprise n'a qu'un objectif : faire délivrer le héros vaincu. Commence alors l'aventure d'une incroyable conspiration menée par une Eduenne à l'esprit rebelle, épaulée par Corcoran - un enfant téméraire dont elle a fait son frère de sang - et une poignée de vaillants soldats, plus que jamais fidèles à Vercingétorix. Parviendront-ils à le libérer ? Et les amants à s'enlacer encore ? Thierry Desseux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Un monde nouveau | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un monde nouveau Jess Row Albin Michel Le 20 août 2025 608 pages traduites par Stéphane Roques roman Chronique 25 octobre 2025 Paru dans la collection Terres d'Amérique dirigée par Francis Geffard Prix Transfuge du meilleur roman américain 1ère sélection prix Fémina étranger 2025 1ère sélection du Grand prix de littérature américaine 1ère sélection du Prix du Meilleur livre étranger " Ce livre est pour les rêveurs : les militants, les universitaires, les chercheurs, les avocats, les journalistes, les artistes et les simples citoyens qui œuvrent chaque jour contre le cynisme du monde contre l'apparente impossibilité de construire un avenir juste, libre et pacifique, en Palestine et en Israël. " J. R. "Un livre-monde qui entend embrasser l'intégralité des tumultes de notre temps. ...d'une ambition folle. " Isabelle Lesniak, Les Échos Ambitieux et tout à fait réussi, un sacré challenge que de raconter, sous la forme d'un récit choral, la trajectoire des différents membres d'une famille américaine et de son entourage des années 1970 à plus ou moins aujourd'hui. Il y a du Woody Allen et du Philip Roth dans ce roman : névroses, mensonges, mal-être, traumatismes, questions existentielles, nombrilisme, génie de l'intelligence et immaturité émotionnelle.... Sandy est marié à Naomi depuis les années peace and love. Ils en sont les purs produits, étant allés jusqu'à fonder une communauté Zen. Sandy a eu une enfance triste auprès d'une mère alcoolique. Trouver Naomi a été sa planche de salut : enfin une famille, enfin une identité juive à laquelle se rattacher. Il est intelligent, elle est géniale, brillante. Elle est cependant si cérébrale et si peu empathique que certaines choses lui échappent. Au moindre grain dans la mécanique bien huilée qu'elle impose à tous, et elle perd sacrément les pédales, emportant dans sa chute ses proches. Elle aime mais ne sait ni exprimer ses sentiments ni communiquer. Sandy, face à ses mensonges, ses tromperies, subit, reste tétanisé, tout en ruant quelques fois dans les brancards. S'ils étaient seuls ce ne serait pas grave mais ils ont trois enfants qui vont sacrément morfler de la mésentente parentale, des mensonges, des silences ou crises d'hystérie. Ainsi la découverte de l'identité du père biologique de Naomi, un scientifique noir, John Downs, rebat les cartes. Dans cette Amérique raciste des années 1980-90, ils ne sont plus des blancs juifs membres de la bonne société et d'une certaine élite mais le fruit d'un métissage ! Une bombe est lâchée, Naomi n'assume rien, ne relativise rien, demande à son mari de garder le secret et lorsque celui-ci est enfin dévoilé un Noël, l'effet tsunami est décuplé. Car si les parents s'arrangent plus ou moins bien des métamorphoses de la société américaine, de sa décadence, des conséquences de sa politique internationale et impérialiste entre autres dans le conflit israélo-palestinien, de son irresponsabilité notoire en terme d'écologie et de pollution, de ses décisions inacceptables et hypocrites quant aux émigrants venus d'Amérique du Sud, leurs enfants eux prennent position, s'engagent, refusent de laisser le monde dont ils héritent dans un tel état. Alors qu'un crépuscule s'étend sur tous, la mort brutale de la cadette, Bering, en Cisjordanie abattue par un sniper israélien, est le coup de tonnerre qui va déchirer le ciel de cette famille déjà dysfonctionnelle, obligeant chacun de ses membres à se regarder dans le miroir, à faire un bilan. Celui-ci prendra plusieurs années. Les Wilcox, à l'instar du pays et de la planète, vont être sacrément secoués par les tempêtes de l'Histoire et par un syndrome post trauma qui ne leur laissera aucun répit. Grande fresque portant sur ces cinquante dernières années ouvrant sur les questionnements que nous avons tous en cette fin d'un système capitaliste, extractiviste et impérialiste en bout de course face au vertige que représente la construction d'un nouveau monde. Mais lequel ? Somptueux et d'une grande justesse, ce roman foisonnant et très américain, touche donc à des interrogations universelles. Il est déstabilisant, paniquant parfois, mais aussi rassurant dans le fait que nous ne sommes pas seuls face au malaise provoqué par les évènements actuels. Dire ou écrire les choses sans tergiverser est toujours bienfaisant, maintenant mettons-nous au travail. Quatrième de couverture Des névroses d’une famille moderne au tumulte du monde, un grand roman américain. Issue de la bourgeoisie juive new-yorkaise, la famille Wilcox n’a plus guère en partage que son nom. Membre d’un cabinet d’avocats huppé, Sandy, qui ne s’est jamais remis de son divorce, est la proie de pensées suicidaires. Son ex-femme, Naomi, géophysicienne de renom, vit recluse dans un laboratoire avec sa compagne. Patrick, le fils aîné, s’est installé au Népal où il est devenu moine bouddhiste. Sa sœur, Winter, avocate qui défend les sans-papiers, en veut à leur mère de leur avoir longtemps caché l’identité de son père biologique. Tous sont hantés par la disparition tragique de Bering, la cadette, militante pacifiste morte à vingt et un ans en Cisjordanie sous les balles d’un soldat israélien. Comment les Wilcox ont-ils bien pu en arriver là ? Cette fracture entre eux tous est-elle irrémédiable ? À travers ces personnages, Jess Row dresse la cartographie d’un monde éclaté et d’une Amérique en crise. De New York à la Cisjordanie en passant par l’Himalaya et Berlin, il déploie des sujets d’une actualité brûlante – l’identité raciale et religieuse, le conflit israélo-palestinien, la crise climatique, l’immigration – au moment où les repères du passé cèdent à la violence d’un présent sans lendemain. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Café du Centre | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Café du Centre Eric Bohème De Borée Terres d'écriture 19 janvier 2023 281 pages Thriller historique Chronique 28 janvier 2023 « Personne ne m'a demandé D'où je viens et où je vais Vous qui le savez Effacez mon passage. » La Complainte du partisan, Emmanuel d'Astier de la Vigeri Vous vous souvenez des joyeuses années 1970, des pantalons patte d'eph, des coupes au bol ou des coiffures en choucroute, des mélanges de couleurs improbables, de Pompidou puis de Giscard d'Estaing... Nous reviennent en mémoire les images noir et blanc des films géniaux aux dialogues ciselés d'un Audiard and Co mettant en scène avec bonheur et jubilation Blier, Gabin, Delon, Bebel, Signoret, Mireille d'Arc, Marlène Jobert, Alice Sapritch... Des jolies filles délurées, des gamins boutonneux qui les reluquent sous la lumière éblouissante des tubes fluos éclairant les premiers "diners" à l'américaine tandis que leurs parents et les anciens se retrouvent autour d'un Picon bière, d'un p'tit noir ou d'un viandox, au café du centre. Les premiers se projettent dans l'avenir six ans après mai 68 tandis que les seconds aimeraient en faire autant et laisser enfin derrière eux les évènements tragiques survenus pendant l'occupation allemande. Les premiers vivent dans l'ignorance, les seconds dans une forme de déni conscient ou non. Mais l'élection présidentielle de mai 1974 se profile à l'horizon, la quatrième sous la Ve République et la troisième au suffrage universel direct. S'affronteront au premier tour l'ancien Premier ministre gaulliste Jacques Chaban-Delmas, le ministre des Finances, Valéry Giscard d'Estaing, et le premier secrétaire du Parti socialiste et candidat de l'union de la gauche, François Mitterrand. Ce sont aussi les années sulfureuses pendant lesquelles les barbouzes du Service d’action civique (SAC), organisation aux méthodes expéditives née pendant la guerre d’Algérie, vont mener bien des opérations douteuses voire criminelles. Une époque explosive où les esprits s'échauffent, où l'envie de changement et de révolution est à l'ordre du jour, alors que réapparaissent les ombres du passé, que les voix des victimes crient enfin vengeance. Trente ans ont passé mais la douleur est intacte. Il suffit d'une étincelle pour que tout s'enflamme à nouveau. Le déclencheur dans ce polar historique et de terroir est celui que tous appellent "l'Inconnu" débarquant soudain de nulle part avec des questions dérangeantes. Qui est-il ? Que sait-il ? Veut-il se venger ? Quelles sont ses raisons et ses intentions ? Est-il une menace ? La fausse quiétude de la petite ville de Mehun-sur-Yèvre va exploser façon puzzle, tous vont révéler leur véritable nature. Le traumatisme de la guerre n'a jamais été oublié, les collabos et les résistants reprennent peu à peu leur place, se regardent en chien de faïence. La description de cette communauté de province est au vitriol, drolatique, cocasse, stupéfiante et d'un réalisme saisissant. On s'y croirait tant le film noir et blanc prend des couleurs. Tout y est, c'est savoureux comme une bonne blanquette du dimanche partagée en famille ... Du français, de l'authentique, de la littérature goûteuse, riche, que l'on ingère et digère avec bonheur et gratitude. Le danger est cependant toujours palpable, le suspense maintenu adroitement, la comédie de mœurs et sociétale versant dans le roman noir le plus dramatique. On rit, on frissonne, on admire la construction du scénario. Les soubresauts de l'Histoire sont à l'unisson du tremblement de terre ébranlant cette charmante bourgade où tout n'est qu'apparence, hypocrisie et jeu de rôle. Un livre qui interroge profondément le lecteur sur sa propre capacité à résister ou à obéir, à rester droit sans trahir ses convictions ou à jouer les opportunistes auprès de ceux qui semblent aujourd'hui les plus forts. Le passé revient toujours comme un boomerang, rien ne sert de le fuir. J'ai eu un grand plaisir à découvrir ce texte. Merci à l'auteur et aux Éditions De Borée. Quatrième de couverture Dans la ville de Mehun-sur-Yèvre à côté de Bourges, Henri, le patron et barman du Café-restaurant du Centre aime être le premier au courant des événements et discussions qui animent la ville. Un jour, un homme que personne ne connaît entre dans son café. Rapidement surnommé L'Inconnu, il s'installe et établit rapidement un rituel quotidien : il dort à l'hôtel, prend son petit-déjeuner dans un autre café, se balade puis vient dans celui d'Henri, s'assoit toujours à la même place et lit la presse pendant des heures... Il reste très mystérieux sur le motif de son séjour. Henri, qui n'est pas habitué à tant de mystère, est de plus en plus perturbé de ne pas être dans la maîtrise des choses. Et quand L'Inconnu se met à poser des questions sur les agissements des uns et des autres lors de l'Occupation, Henri se met rapidement sur la défensive. Une bourgade qui s'anime sous la plume authentique de son auteur, hésitant entre soif de modernité et attachement au passé. Un récit qui se passe à un moment charnière de l'histoire de cette ville (et donc de la France) avec l'ouverture de son premier supermarché, d'un diner américain en face du café traditionnel. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tout n'est pas perdu | EvanancesLittéraires
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tout n'est pas perdu Wendy Walker Sonatine 2016 341 pages traduites par Fabrice Pointeau Thriller Chronique 21 juillet 2018 Le 27 mai dernier, j'ai terminé bluffée « Emma dans la nuit » deuxième opus de cette auteure talentueuse, et donc ai évidemment voulu lire son premier roman, et quel roman! qui lui avait valu des louanges immédiates et une adaptation cinématographique de la Warner Bros avant même la parution en librairie. À nouveau, je suis soufflée par ce thriller psychatrique, éberluée par la maîtrise machiavélique de Wendy Walker, tant par l'écriture et le rythme qu'elle nous impose, mais également par le plan diabolique qu'elle suit irrévocablement jusqu'au dénouement qu'on imagine bouleversant et insoupçonnable. Servie, donc et bien servie. Merci Madame Walker ! Le postulat de l'existence d'un médicament immédiatement donné à des militaires ou des victimes de traumas graves le plus tôt possible après le drame pour faire disparaitre les évènements de leurs mémoires, à de quoi faire extrêmement peur. Toujours cette propension de nos sociétés à jouer à l'autruche face au Mal et ne pas faire face. Si au passage les malades deviennent accros aux médocs, c'est encore mieux. Malheureusement la seule solution a toujours été d'affronter les feux de l'enfer, et non de jouer la carte du déni, boomerang qui inéluctablement nous revient en pleine face. L'auteure évoque ce danger de médications chimiques testées en ce moment même, et cite certains traitements précisément. Cependant les méthodes d'EMDR mises en place aux USA depuis les années 80 en cas de Syndrome Post Traumas, aujourd'hui de plus en plus usitées en France heureusement, donnent de vrais résultats, en s'appuyant sur les recherches sur le cerveau et sa capacité d'auto-guérison. J'en parle en toute connaissance de cause. De la guerre, comme souvent, des avancées en médecine ont été faites, de la souffrance des uns est née la délivrance des autres. Donc une fiction qui n'en est pas une, l'idée que certains laboratoires pharmaceutiques font en sorte de s'enrichir sur la douleur des patients, alors que des méthodes naturelles existent respectueuse du corps humain et de ses aptitudes. Une œuvre littéraire puissante, haletante, qui ne nous ménage pas, comme dans une thérapie ou un traitement de choc. Un portrait exceptionnel de notre narrateur, un psychiatre terrorisant sous des dehors d'empathie et d'humanité.... Je dis ça, je dis rien.... Formidable ! Précision : ici l'amnésie est induite par un traitement, on sait que au contraire dans le cas d'amnésie post traumatisme, il n'est pas du tout conseillé de vouloir faire réapparaître les souvenirs, puisque cette amnésie est un moyen de défense réactionnel du cerveau... Donc normalement on doit attendre de voir si on va se rappeler les faits, ou dans le cas contraire apprendre à vivre avec les manques. Là encore je sais ce que j'écris.... « La vérité peut vous reconstruire, elle peut aussi vous détruire. Alan Forrester est psychiatre dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Krammer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a fait l'objet d'un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une terrible agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, tous lui confient leurs pensées les plus intimes, laissent tomber leur masque en faisant apparaitre les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences tranquilles. Parmi eux, Charlotte, la mère de Jenny, et Tom, son père, obsédé par la volonté de retrouver le mystérieux agresseur. » J'aimerais bien voir le film de cette psychanalyse glaçante et manipulatrice.... Quatrième de couverture Pouvait-elle vraiment tout oublier ? Le nouveau phénomène du thriller psychologique Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, quinze ans, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, et lui confient leurs pensées les plus intimes, laissant tomber leur masque pour faire apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles. Ce thriller, d'une puissance rare, plonge sans ménagement dans les méandres de la psyché humaine et laisse son lecteur pantelant. Entre une jeune fille qui n'a plus pour seul recours que ses émotions et une famille qui se déchire, tiraillée entre obsession de la justice et besoin de se reconstruire, cette intrigue à tiroirs qui fascine par sa profondeur explore le poids de la mémoire et les mécanismes de la manipulation psychologique. Wendy Walker est une avocate de renom dans le Connecticut. C'est son premier roman traduit en France. Il est en cours d'adaptation cinématographique par la Warner et l'équipe de producteurs du film Gone Girl de David Fincher. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















