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  • Sans foi ni loi | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sans foi ni loi Marion Brunet Pocket Jeunesse 2019 223 pages Jeunesse Thriller Chronique 15 janvier 2020 Un thriller sous forme de western dont le personnage principal est une femme hors la loi, borderline, juste après la guerre de Sécession.... Pour les jeunes adultes en particulier, et pour tous, je pense : voilà qui est drôlement séduisant, original, d'autant plus que ce roman est diablement bien écrit, caustique, sans concession, ménageant de très belles scènes d'action, d'amour, d'amitié, de tendresse, d'émotions, de peur, de rire... Le cadre : le Far West, d'abord la maison d'un pasteur, le père violent et pervers de Garett, puis les plaines et forêts jusqu'à une ville de bonne taille avec son Saloon, son bordel... Là attendent Jenny et Pearl .... Mais aussi Will et Sean.... Tous ceux qui vont devenir si importants dans la vie de l'adolescent pour qui ce rapt, par une bandit de grand chemin, va être sa rédemption pour des pêchés qu'il n'a pas commis mais pour lesquels son père le battait et le maltraitait. Ce sera sa porte d'entrée vers l'âge adulte... Grâce à cette femme exceptionnelle, hors norme, il va apprendre à prendre sa destinée en main, à vivre libre, à choisi son camp, à faire preuve de tolérance et d'humanité dans une société sclérosée, mysogine, corsetée, injuste, expéditive avec les plus faibles et les femmes.... Abigail Stenson est haïe parce qu'elle est une voleuse, une tueuse, mais surtout, et avant tout, parce qu'elle se permet de s'habiller en homme, de vivre comme un homme, de s'arroger tous les droits de ces messieurs. On l'aime ou on la déteste.... elle ne laisse personne indifférent. S'enfuyant sur le cheval volé au Marshal avec Garett en prisonnier de plus en plus consentant, Ab met en place déjà la fin de cette histoire.... Elle le sait, poursuivie par le pasteur, le Marshal et un chasseur de primes psychopathe, elle n'a pas d'autre choix que de profiter de son avance pour rejoindre au plus vite Jenny et Pearl, pour les mettre financièrement à l'abri.... Et surprise, le jeune Garett est un compagnon de voyage utile, agréable, un gamin courageux dont la vie n'a pas été facile. Elle comprend ses cicatrices, elle les soigne et se soigne en même temps d'une enfance maltraitée. Elle devient son mentor, il est lui aussi sa rédemption.... J'ai eu en tête pendant tout ce livre très cinématographique Sharon Stone en hors la loi... C'est une histoire qui serait fabuleuse en film, de ceux de Robert Redford ou Clint Eastwood.... À vous de monter à cheval, une fantastique course poursuite à travers le Far West vous attend. Très bon livre... magnifique final... Quatrième de couverture Lorsqu'une hors-la-loi débarque chez lui et le kidnappe, Garett est terrifié. Pourtant Ab Stenson, cette femme indomptable, est celle qui lui ouvrira les portes d'un avenir moins sombre, loin de son père violent. Fasciné par sa ravisseuse, Garett découvrira ses plus grands secrets, ceux qu'on ne révèle qu'à ses plus proches amis. Dans son sillage, il rencontrera l'amour et l'amitié, là où il les attendait le moins. Jusqu'au bout de la route, où Ab lui offrira le plus beau des destins : la liberté. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le dompteur de Lions | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le dompteur de Lions Camilla Läckberg Actes Sud Actes Noirs 2016 388 pages traduites par Lena Grumbach Thriller Chronique 11 octobre 2017 Donc neuvième tome de la série, j'ai mis en photo les huit précédents. Un des plus terrifiants, violents, sombres épisodes de cette saga de policiers suédois, où même les instants de bonheur et de tendresse offerts par les moments en famille, comme un contrepoint à l'horreur, ne sont pas suffisants pour éclairer ce récit. L'hiver, la neige reignent sur la ville portuaire de Fjallbacka, désertée en cette saison. Dans la brume crépusculaire glacée rode le Mal absolu, rodent des fauves terribles à la recherche de nouvelles proies, pour assouvir ce besoin immense de pouvoir, pour détruire toute humanité en leur victimes. Une jeune fille Victoria est retrouvée errante au sortir d'une forêt, et se fait faucher par une voiture. Elle avait disparu depuis des semaines et ses parents et son frère étaient morts d'inquiétude. L'impensable alors éclate à la vue de tous, ainsi que l'incompréhension d'une telle barbarie. En effet ses yeux ont été brulés à l'acide, sa langue coupée, ses tympans crevés. Comment a-t-elle pu s'échapper ? Toute l'équipe de policiers sous le commandement de Patrik Hedstrom est sur place, terrassée. En parallèle, Erica Falck, écrivaine de récits policiers réels et passés, pour récolter les informations indispensables à la rédaction de son prochain livre, se rend au centre de santé où est enfermée depuis des années Laila. Celle-ci a tué en légitime défense de plusieurs coups de couteau son mari Vladek en 1975. Sa fille Louise enchaînée dans la cave ainsi que son frère Peter avaient été sauvés. Laila à soudainement accepté de répondre aux questions de Erica qui pourtant ne réussit pas vraiment à la faire parler. Pour elle toute cette histoire est impossible à croire, d'autant plus après s'être rendu dans la cave de la maison maudite à Fjallbacka et avoir vu les chaînes ayant retenu une petite fille de sept ans. Mère de Maja et de jumeaux, son cœur maternel ne peut envisager une version compréhensible à ce cauchemar. Pour son mari Patrik, aussi, cette affaire est insupportable. En faisant des recoupements, il apparaît que d'autres jeunes filles ont aussi disparu soudainement au cours des années et qu'un cas serait semblable sur le plan des tortures infligées à celui de Victoria. Des allers retours au Haras où s'entraînait la jeune fille sous la vigilance des propriétaires Jonas et Marta seront nécessaires, ainsi qu'au centre psychiatrique. Erica va apporter son appui et son aide à Patrik et son équipe dépassée par les évènements, grâce à ses dons de déduction et son exceptionnelle empathie. Ils sauront tous ensemble voir au delà des apparences, et franchir les limites vers l'enfer. Tout est centré sur la question des origines du mal ! Pourquoi certains s'y plongent alors que d'autres avec le même passif le combattent. Le basculement entre le passé et aujourd'hui est toujours aussi bien maîtrisé, et place Camilla Lackberg très haut dans la " hiérarchie" des maîtres du Noir nordique ou international. C'est un thriller macabre et crépusculaire ( adjectif utilisé au dos du livre, très juste). La conclusion nous laisse sonnés par une dernière révélation et un cri sans fin. Le prochain donc le dixième sort le 1er novembre intitulé « La sorcière ». Cela nous promet encore de belles heures. Quatrième de couverture C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime. De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel... Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le diable dans la peau | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le diable dans la peau Paul Howarth Denoël 2018 429 pages traduites par Héloïse Esquié Polar Chronique 10 juin 2019 Titre original « Only killers and thieves ». « Avec la petite bande de garçons noirs qui le suivait partout, il inspirait une sainte terreur chez les aborigènes, si bien que lorsqu'ils partaient en maraude, il suffisait de prononcer son nom pour qu'ils s'enfuient en hurlant dans le bush, courant en tout sens. » Description d'un officier de la Police indigène dans le Queenslander du 13 février 1875. Nous sommes en Australie, dans le Queensland en 1885. Une grande sécheresse s'abat sur le domaine de la famille McBride. La terre est stérile, les bêtes meurent affamées. Les deux frères de 14 et 16 ans, Tommy et Billy sont partis chasser, leur traque les mène au delà des limites de la propriété paternelle sur celle de John Sullivan. Celui-ci fait partie d'une certaine aristocratie de fait, héritière de squatters, des pionniers d'origine anglaise ou écossaise qui se sont appropriés des terres dites de la couronne en fait appartenant aux aborigènes. Et comme dans toute colonisation, un massacre en règle des peuples indigènes a commencé. Cependant de plus en plus de colons sont arrivés, et à partir des années 1860, une réglementation sous forme de Land Acts a vu le jour, visant à une meilleure répartition des terres pour chacun. Les squatters ont donc décidé de contourner la loi en mettant des hommes de paille à la tête des concessions et ainsi garder leur mainmise sur d'immenses territoire. Sullivan règne ainsi sur tout un district et y est le roi. Tous les fermiers autour de sa propriété sont ruinés les uns après les autres alors que lui semble bénéficier de conditions géographiques exceptionnelles et donc suffisamment d'eau pour attendre les pluies. Depuis quelques années, certains aborigènes ont rejoint les forces de la police, leurs familles massacrées par les blancs, préférant pactiser avec le diable et être du côté des forts. À la tête se trouve un être brillant, intuitif, dangereux et psycopathe, Noone. Les deux garçons sont alors témoins d'une scène terrible, l'assassinat d'un aborigène enchaîné à deux autres par Sullivan, son bras droit Locke en présence de Noone et ses hommes. Ils sont malheureusement découverts, et Sullivan leur demande de bien rapporter à leur père la scène à laquelle ils viennent d'assister. Les deux hommes ne s'entendent pas, il y a un secret entre eux. Revenus chez eux, ils retrouvent leur mère et leur jeune soeur Mary ainsi que Arthur un aborigène qui est avec McBride depuis toujours et Joseph de la tribu des Kurrongs. Après avoir tu la rencontre avec Sullivan, les garçons sont obligés de tout raconter à leur famille. Leur parents sont révoltés par ce crime, cela aura des conséquences. Lorsque la pluie revient enfin, tous pensent être sauvés, les deux frères s'offrent une journée de baignade à une heure de la propriété. Ils s'endorment au soleil, tardent à rentrer, quand ils arrivent chez eux un silence de mort plane, le pire est arrivé... Un western australien dans l'outback désertique violent, sanglant, à la limite du supportable, bien que l'auteur, qui a vécu six ans en Australie, ne se complaise pas dans le trash. Il s'attache à transmettre par la fiction des faits réels rapportés dans des documents anciens quant au massacre des aborigènes et la Police noire. Noone et ses trois hommes sont les cavaliers de l'Apocalypse, ni plus ni moins, comme d'autres le furent aux USA avec les Indiens. Ce personnage énigmatique de Noone, avec son regard blanc, sont grand manteau, son ironie, son analyse fine des situations est proprement terrifiant, à l'instar de certains êtres maléfiques chez Stephen King. Étonnant aussi, car il va vite repérer la force et l'insoumission de Tommy au contraire de Billy, un être faible prêt à obéir à tous les ordres monstrueux de Sullivan. Les deux frères s'éloignent de plus en plus au fur et à mesure que l'abomination s'étale sous leurs yeux. Évidemment, la trame de ce drame est immédiatement prévisible, on sait vite comment cela va se terminer, mais la fin ménage tout de même des surprises assez savoureuses, je dois dire, en terme de justice et de vengeance. Ce livre est surtout un merveilleux prétexte à revenir sur un épisode terrible de l'histoire de l'Australie et du peuple Aborigène. La description des paysages, des modes de vie dans le Queensland, tant dans les plantations modestes ou dans celle d'un squatter richissime, puis en expédition dans le désert est exceptionnelle et marquante. C'est un véritable saut dans le passé que nous faisons grâce à Paul Howarth. Heureusement après tant d'obscurité, les dernières pages ré-introduisent la lumière. Restent les questions du traumatisme sur tout un peuple, de la culpabilité, du pardon peut être, de l'avenir à envisager ensemble.... un thriller inoubliable, d'une grande puissance ! Quatrième de couverture Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est desséchée, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d'affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir, alors qu'ils rentrent d'un après-midi passé à se baigner, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Les deux frères décident de se venger de l'homme qu'ils croient responsable de ce massacre - un Aborigène qui s'occupait du bétail - et se tournent vers le sournois et sanguinaire John Sullivan, le propriétaire terrien le plus riche de la région et ancien employeur de leur père pour chercher son aide. Sullivan forme une équipe et place à sa tête l'inquiétant et fascinant inspecteur Edmund Noone et sa Police aborigène du Queensland - le bras armé tristement célèbre du pouvoir colonial britannique, chargé de « disperser » les indigènes australiens pour « protéger » les droits des colons blancs. Alors que la troupe parcourt à cheval l'outback désertique, le voyage à la fois éprouvant et monstrueux a des effets dévastateurs sur le jeune Tommy et le hantera pour le restant de ses jours - il aura également des conséquences à long terme pour un jeune pays qui peine à trouver son identité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Fabrique de poupées | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Fabrique de poupées Elizabeth MacNeal Presses de la Cité 3 octobre 2019 364 pages traduites par Karine Reignier-Guerre Thriller historique Chronique 6 août 2021 Un vrai Thriller bien flippant mêlant plongée dans le monde de l'Art et de la peinture préraphaélite à l'univers sombre et terrifiant d'un taxidermiste déséquilibré. Au milieu, une jeune femme, Iris, devenue l'obsession de ce dernier à son insu en raison de sa chevelure rousse luxuriante. Celle-ci sera à l'origine de son changement de vie de simple ouvrière, avec sa sœur jumelle Rose, dans une boutique de poupées, à l'existence de modèle et peintre à part entière, libre de ses choix et refusant les règles de la société patriarcale anglaise de l'époque. Cependant, cette particularité capillaire fera aussi d'elle une cible pour un homme inquiétant, d'abord harceleur puis monstre inhumain. L'auteure peu à peu, avec un art consommé, nous révèle la vérité sur cette âme sombre et torturée, la dissèque comme lui-même, Silas le taxidermiste, le fait avec les animaux tombés entre ses mains. D'individu pitoyable il devient à nos yeux doucement mais sûrement un croque mitaine, un serial killer, un psychopathe. Description au scalpel de cet être dénaturé, regardant le monde au travers d'un prisme déformant, résidant dans un quartier de la capitale londonienne digne des pires descriptions à la Dickens. Ce récit dans ce sens est une dénonciation de ce que furent les conditions de vie ignobles des miséreux dans cette société inhumaine et discriminante, avec pour figure symbolique des plus touchantes le petit "poulbot" Albie, gamin débrouillard, courageux qui fait naître le sourire sur nos visages en même temps qu'il nous brise le cœur. Également, nous avons la chance de rencontrer, grâce à ce roman, les artistes majeurs, femmes ou hommes, du mouvement artistique préraphaélite, la FPR, de leurs muses et modèles alors que l'Exposition Universelle de Londres en novembre 1850 va bientôt s'ouvrir dans le célèbre Crystal Palace. La présentation annuelle de certaines peintures à l'Académie Royale des Beaux Arts met aussi en effervescence tout ce petit monde, les critiques et les galeries. Ce thriller est enfin un hommage à toutes ces femmes qui nous ont ouvert la voie, en quête d'elles-mêmes hors des conventions victoriennes, d'épanouissement personnel et professionnel, dans un désir de s'émanciper enfin d'une tutelle masculine et d'une éducation étouffantes. Iris devra trouver le moyen de briser les liens avec une famille rétrograde, des liens qui sont autant de chaînes qui l'étouffent ; elle devra faire fi des traditions et morales dépassées et misogynes, tout entreprendre afin de retrouver sa sœur Rose perdue dans sa jalousie et sa douleur, et surtout et avant tout, faire preuve d'une bravoure incroyable pour sauver sa vie et ne pas devenir une nouvelle créature exposée dans les vitrines du taxidermiste fou, Silas. Si vous voulez vraiment frissonez, poussez la porte d'entrée de la boutique du monstre..... Quatrième de couverture Plongez dans le Londres victorien, au moment de l’Exposition Universelle, avec Iris, modeste employée dans un magasin de poupées, qui rêve de devenir artiste peintre. Évitez Silas, taxidermiste amateur de macabre et de curiosités, désireux d’y exposer ses créatures. La Fabrique de poupées met en scène la détermination d’une femme à s’affranchir de sa condition. C’est aussi un conte résolument moderne, au suspense maîtrisé, qui explore les frontières entre l’amour, le désir et la possession. Un thriller à la Dickens palpitant ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Dans les Brumes de Capelans | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Dans les Brumes de Capelans Olivier Norek Pocket 2023 488 pages Thriller & Polar Chronique 16 septembre 2022 « On les voudrait hideux, les monstres.Dans les villes, dans la foule, leurs démons sont invisibles. Ils nous frôlent, sans que l'on frémisse. Leurs sourires ressemblent aux nôtres, on les côtoie, on les voisine, on les invite. Ils nous charment ou nous indiffèrent, car ils sont bien normaux, les monstres. Leur peau, leur voix, leurs gestes, tout en surface est identique à l'ordinaire. Mais quelque part, une ombre s'est posée. Elle s'est nourrie silencieusement d'une blessure, d'une humiliation, d'une violence, d'une anomalie, d'une malfaçon. Elle s'est posée sur une fine craquelure qu'à coups de bec et de griffes elle a transformée en faille. Un gouffre, un piège pour la raison, et s'engendre la colère. La colère si jouissive à libérer, pour que sur d'autres se pose une partie de l'ombre. Pensant ainsi s'alléger, le monstre s'enferme et nourrit son serpent, toujours plus affamé. » P. 69 Prologue en trois prénoms, ceux des victimes d'un pédophile, Anna, Garance et Salomé ; entrée en scène d'un flic à sa poursuite, Russo, en bout de course épuisé tant mentalement que physiquement, dix ans de traque et enfin Anna retrouvée ; Jeune femme de 24 ans au visage inoubliable. Première partie : Vous vouliez partir, vous dépayser après les deux ans que nous avons traversés, tellement anxiogènes et cauchemardesques. Olivier Norek l'a bien senti, petits veinards ! Les îles tropicales, lointaines et chaudes ? Pas tout à fait. Destination Saint-Pierre. Vous savez près du Groenland, du Canada ! Souriez, le peseur d'âmes vous y attend dans une résidence surveillée ou safe house pour criminels repentis devenus témoins protégés, moyennant quelques informations savoureuses sur d'autres gros méchants de la planète. Ainsi, six ans après la fin de la Trilogie 93, Victor Coste est toujours en service mais plus dans une jungle urbaine. L'auteur ne se métamorphose plus en reporter de terrain comme dans quasiment tous ses précédents opus. Il nous concocte un "huis clos", un thriller psychologique et d'action aux limites du réel alors que les Brumes de Capelans s'approchent lentement des terres pour les engloutir comme tous les ans, entre le printemps et l'été. Le piège se referme. Une maison au bord d'une falaise, un poste de responsable des frontières pour les apparences et une mission à mener. C'est un homme fragile et brisé que nous retrouvons, lové sur sa douleur et sa culpabilité, ayant fui lâchement sans donner d'explication à ses proches, à Léa sa compagne, à personne. Cette affectation au bout du monde est parfaite pour lui, loin du fracas excepté celui des vagues, sur une île peu peuplée : seulement quelques interactions avec les hommes placés sous ses ordres, une gendarme et un vieil homme et sa petite fille. Mais bientôt, fin de sa paix relative, Anna est placée sous sa surveillance attentive. Elle seule peut donner les informations nécessaires pour loger le criminel en fuite, indispensables aussi aux familles attendant de retrouver leurs filles, vivantes ou mortes. Le lourd passif de Coste et son extrême sensibilité devraient l'aider à nouer des liens avec la jeune femme énigmatique. Mais l'ombre du monstre plane toujours, une tempête se rapproche, plus personne n'est en sécurité. Un très bon roman ouvrant la porte, je pense, à de nouvelles aventures de Coste. Une succession toujours très efficace de passages ténébreux, dramatiques et de moments plus cocasses faisant la part belle à la camaraderie, à l'humour. Presque au même moment, en mars 2022, est paru le dernier opus du tandem Jérôme Camut et Nathalie Hug, « Nos âmes au diable », traitant du même thème. Manifestement ce sujet, qui fut extraordinairement et courageusement bien abordé par Barbara Abel voici quelques années tant il est tabou, revient aujourd'hui dans l'actualité.Olivier Norek offre un très beau retour à son héros et une histoire forte et édifiante à ses lecteurs. A lire absolument. Quatrième de couverture Une Ile de l'Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu'il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque. Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l'aveugle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La forêt des violons | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La forêt des violons Philippe Lemaire De Borée 10 septembre 2020 282 pages Historique Chronique 9 octobre 2020 Plongée au cœur de Saint-Pétersbourg à partir de 1917 jusqu'à Nice des années 20. Hector Berlioz disait que les deux ailes de l'âme étaient là Musique et l'Amour. Que l'Amour ne pouvait donner une idée de la Musique, mais que la Musique en donnait une de l'Amour... La Musique et l'Amour peuvent également vous donner l'énergie et la force suffisantes pour fuir, sauver votre vie... Après 16 romans, Philippe Lemaire s'attache à nous faire vivre de l'intérieur la révolution de 1917 par le biais d'une famille, les Malinovski, bourgeoise, à la tête d'une manufacture de Samovar depuis trois générations et productrice de thé près de Sotchi. Des gens durs à la tache, justes avec leurs employés. Trois enfants : Kostia qui ouvre ce récit, revenant par le train de son école de cadets au service du Tsar pour se rendre à l'anniversaire de sa sœur, Elena. Celle-ci fut une enfant prodige et devient une violoniste d'exception centrée sur sa musique pour ne pas écouter les grondements de la révolution en marche. Enfin Sacha Leonid, le plus âgé, parti à Sotchi s'occuper des plantations de thé. Les parents, Nikolaï Alexandrovitch et Adélaïde Ivanovna, ne prennent pas la pleine mesure des changements à venir, attachés à la Sainte et Éternelle Russie de leur enfance. Cependant Kostia, pendant le périple en train avec trois soudards, va prendre en plein visage la réalité : l'antisémitisme, la violence gratuite, la haine aveugle, l'envie de revanche sur tous les riches, bourgeois et aristocrates mélangés sans distinction aucune... Le règne de la barbarie est venu, bien que persiste encore un espoir en l'avènement d'une démocratie. Cette bascule de la Russie, pas encore effective, est magnifiquement illustrée au moment où Kostia assiste, dès le parvis de la gare, au discours d'une rouge, Irina, puis quand il écoute attentivement le compte rendu de son ami, Gradov, miraculeusement apparu avec une voiture à cheval dans cette foule. Celui-ci travaille à la douma au Service de ravitaillement de la ville dans le camps des mencheviks sous la direction de Martov, haute figure de la lutte pour l'avènement d'une démocratie, de confession juive, actuellement en exil forcé en Suisse d'où il donne ses directives. Mais les bolcheviks prennent de plus en plus d'ascendant lors des réunions politiques, les plus pauvres rêvent de vie meilleure et de revanche sur leurs maîtres et un système inégalitaire et dépassé. Les nuages noirs s'amoncellent à l'horizon, l'abdication possible de Nicolas Il est sur toutes les lèvres. Enfin Kostia arrive chez lui ; la porte de l'hôtel particulier des Malinovski s'ouvre sur ce qui devrait être un havre de paix.... L'accueil par le majordome Andreï est glacial, hostile... Puis sa sœur Elena, en pleine répétition avec un quatuor pour la fête d'anniversaire, semble nerveuse, effrayée, faussement joyeuse... Elle change brusquement de visage à l'évocation de Lado Gradov. Que s'est-il passé dans cette maison en son absence ? C'est ce que Philippe Lemaire va vous raconter avec talent, dans un souci de vérité historique : il vous guide dans cette tempête des sentiments, au centre des évènements politiques, des tragédies intimes, des espoirs déçus ; vous assisterez à la chute d'un Empire, d'un monde moribond. Un grand récit d'aventures, d'amour, nous présentant en trois parties les métamorphoses des membres de cette famille bourgeoise accompagnée d'une jeune femme enceinte Nina, qui se voient tous finalement contraints, après maintes vaines luttes sur place, à choisir l'exil. Mais un moment charnière, de ceux qui détermine toute une vie va se dérouler sur le chemin vers la liberté en un endroit magique : la Forêt des violons..... Car toujours le destin, Dieu, ou un ange tutélaire, se manifeste aux pires moments de l'existence, lorsqu'on en a trop vu, trop supporté.... Un instant de grâce où la musique du monde peut s'élever à nouveau et réunir l'humanité sous sa seule bannière. Un très beau roman historique vivant, passionné, inspiré, nous plongeant au centre de cette tragédie intime et universelle... Et toujours, la musique vibrante au-dessus de tous les champs de bataille, rassemble les exilés, ceux qui se sont perdus dans la tourmente révolutionnaire. Mes remerciements renouvelés aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée.... Quatrième de couverture Février 1917, St Pétersbourg. La famille Malinovski vit richement de ses plantations de thé et de sa fabrique de samovars, indifférente aux événements qui agitent la capitale. Mais bientôt, la Révolution s’intensifie, et ils n’ont d’autre choix que la fuite. Après un long et dangereux voyage, ils atteignent enfin Nice : la famille est réunie, mais ruinée. Ensemble, ils vont pourtant s’inventer un nouveau destin. Kostia, le fils cadet, trouve un poste de livreur dans une fabrique de chocolat, où il rencontrera Marie-José... Quant à Elena, sa sœur, c’est une nouvelle fois sa passion pour le violon qui la sauvera... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Quattrocento | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Quattrocento Stephen Greenblatt Flammarion 2011 289 pages traduites par Cécile Arnaud Historique Chronique 1 octobre 2017 Titre original « The swerve » , l'embardée ou l'écart. Fresque historique illustrant les conséquences de la redécouverte en 1417 par Poggio Bracciolini, humaniste, du poème antique magnifique et prémonitoire du philosophe Lucrèce intitulé « De rerum natura » ou « De la Nature » qui influera sur la pensée philosophique, chrétienne et scientifique tout au long des siècles suivants jusqu'à aujourd'hui. Stephen Greenblatt réussit à simplifier les évènements et à nous en montrer clairement leurs articulations de l'Antiquité au XXE siècle. Quattrocento a été couronné par le prix Pulitzer et le National Book Award aux USA. Quel dommage que je n'ai eu un tel professeur passionné par l'Histoire et la Philosophie ! Poggio Bracciolini est né en 1380 à Terranuova une bourgade contrôlée par la République de Florence. Fils d'un notaire, et peut-être aussi apothicaire Guccio Bracciolini, son grand père maternel Ser Michaelle avait déjà le talent d'écrire avec une calligraphie extraordinairement belle. Talent dont va hériter Poggio. Après un passage à Arezzo petite ville où se réfugie la famille poursuivie par des créanciers, Poggio arrive enfin à Florence à dix ans. Sa belle écriture, éloignée de la gothique utilisée jusque là est aérée et lisible. Il va accomplir l'oeuvre remarquable avec certains de ses amis humanistes d'une révision complète de l'écriture dont nous bénéficions encore aujourd'hui. Également, le Pogge est passionné tout comme Pétrarque 25 ans avant lui, par l'héritage culturel de la Rome antique. Un des plus proches amis de Pétrarque était Coluccio Salutati qui devint le grand chancelier de la République de Florence. Il prit plusieurs jeunes esprits sous son aile dont Poggio et Niccolo Niccoli. Celui-ci outre la réforme de l'écriture, réouvrira une bibliothèque sur le modèle romain en y invitant les plus beaux esprits du temps à s'y abreuver. Ce Quattrocento plus que de recréer une Rome où la discussion philosophique était un plaisir et une habitude, et où les bibliothèques publiques pullulaient pour le bien de tous, se propose d'après les enseignements des antiques grecs et romains de créer une nouvelle pensée, une nouvelle société. Or depuis la chute de Rome, fin du troisième siècle, et l'avènement du Christianisme de soumission, de culpabilité, d'expiation sous domination d'une Église au fil des siècles de plus en plus puissante, hypocrite, violente et dissolue, ce tournant que veulent emprunter les humanistes tel que Poggio et ses amis est difficilement acceptable et sent même le souffre. D'autant plus lorsque en 1417, notre bibliophile jusque là au service du pape corrompu et contesté Jean XXIII bientôt déposé en plein schisme, alors en Allemagne, découvre au fond de la bibliothèque d'un de ses couvents une copie de "De rerum natura" de Lucrèce. Tous les petits arrangements avec sa conscience de athé au service du pape, d'auteur de Facéties grivoises et de pamphlets, d'amoureux des arts, des femmes (19 enfants tout de même), détestant l'Eglise bien qu'y restant des décennies, sont emportés par la lecture du long poème philosophique de Lucrèce qui lui ouvre les portes des Temps Modernes. Lucrèce est un adepte de la pensée de Épicure. Oubliez le sens donné aujourd'hui à l'adjectif être épicurien. Certes il y a toujours la notion de plaisir dans le sens de jouir de la vie aujourd'hui et maintenant. Les dieux s'ils existent ne se préoccupent pas des humains. Ceux ci font juste partie de la création en son ensemble. Nulle vie après la mort. Tout est matière, le corps comme l'âme. Tout est constitué d'atomes ( vous avez bien lu déjà dans l'Antiquité) en mouvement qui s'entrechoquent au hasard, se séparent, se rencontrent à nouveau. Il n'y a que des atomes et le vide. Telle fut en premier lieu « l'intuition géniale du poète philosophe, une célébration de la danse de la matière et un bréviaire d'athéisme qui allaient bouleversée le Moyen Âge finissant », puis les siècles à venir. Certains essaieront de rallier la pensée de Lucrèce au christianisme, d'autres la condamneront sur le fond, tout en louant la beauté du latin et de la forme. Toujours est-il que la boîte de Pandore était ouverte, sans que Poggio ne se doute réellement des implications de l'événement au cours des siècles et sur le monde entier jusqu'à maintenant. Un livre érudit, brillant, clair sur un sujet qui pourrait, mal traité, rebuter. De très belles heures avec ces hommes intelligents, géniaux, visionnaires sont le cadeau que vous offre ce magnifique ouvrage de Stephen Greenblatt. Considéré comme le spécialiste de Shakespeare, je vais très vite lire sa biographie du dramaturge, car pour le moment rien ne m'a satisfaite sur ce sujet. J'ai ouvert les yeux bien grands sur beaucoup de choses et en premier lieu sur mon mode de fonctionnement induit ou inné. Incontournable ! Quatrième de couverture Stephen Greenblatt est lauréat du prix Pulitzer de l'essai 2012 pour « Quattrocento » (« The Swerve: How the World Became Modern »). Et si la Renaissance était née d’un livre ? Un livre perdu, connu par fragments, recopié par quelques moines et retrouvé par un humaniste fou de manuscrits anciens ? L’idée, audacieuse, vertigineuse, ouvre les portes de l’histoire de Poggio Bracciolini, dit le Pogge, qui découvrit une copie du De rerum natura de Lucrèce dans un monastère allemand. C’était à l’aube du XVe siècle. Le Pogge n’était pas seulement un bibliophile passionné et un copiste hors pair. Il aimait les arts et il avait écrit des Facéties grivoises. Il aimait les femmes et était père de dix-neuf enfants. Il n’aimait pas l’Église mais il était secrétaire d’un pape diaboliquement intelligent et corrompu. Ainsi s’ouvre à nous un monde inouï, celui d’une cour papale où s’agitaient agents cupides, moines séducteurs, filous, femmes de petite vertu et humanistes d’exception : un monde à la fois sévère et dépravé, contraignant mais libre. En découvrant, copiant et diffusant l’œuvre de Lucrèce, le Pogge aura levé le voile sur les Temps modernes, et influencé des esprits aussi puissants que Montaigne ou Machiavel. Car tout, selon Lucrèce, est fait d’atomes en mouvement, qui s’entrechoquent au hasard, se séparent et se rencontrent à nouveau. Telle fut l’intuition géniale du poète latin, une célébration de la danse de la matière et un bréviaire d’athéisme qui allaient bouleverser le Moyen Âge finissant. Conteur né, érudit et brillant, Stephen Greenblatt emporte le lecteur au cœur de ce Quattrocento qui fit revivre l’Antiquité pour la porter jusqu’à nous. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Lettre de Pénélope à Homère | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lettre de Pénélope à Homère Brigitte Joseph-Jeanneney Élan Sud le 16 avril 2024 170 pages historique Chronique 15 décembre 2024 Texte envoûtant et stupéfiant paru dans la collection élan d'elles, où la figure mythologique de Pénélope prend à partie son créateur, décidée à déconstruire et compléter le récit de l'attente du retour d'Ulysse à Ithaque. Reprendre le tissage des mots, y apporter des teintes féminines, enrichir les contrastes, les couleurs, la densité du fil utilisé, voici l'objectif de notre héroïne. Nous n'entrons pas dans la maison patriarcale d'Ulysse, nous pénétrons dans le royaume et la demeure d'un couple et donc, appartenant aussi à une femme, une mère, une gouvernante intelligente, rusée, courageuse, honorable et patiente qui jusque là a répondu à toutes les attentes de sa caste et de la société, a rempli son rôle magistralement en digne épouse du grand homme, Ulysse. Mais.... Mais la façon dont la traite son entourage, son père même, prêt à la céder comme un vulgaire objet, les hommes d'Ithaque, qui pendant vingt ans vont la harceler de leurs intentions sales, de leur concupiscence, de leurs désirs écoeurants, de leur soif de la posséder et donc de lui soustraire son pouvoir de reine, jusqu'à la complicité de certaines de ses servantes et de la nourrice de son époux, tout cela lui ouvre les yeux. La colère, le dégoût, la lucidité vibrent en elle autant que son amour infini de mère prête à tout pour son fils et la préservation de son héritage. L'incompréhension face à la longueur de l'attente, le sentiment d'être prise à la gorge, piégée par son statut de femme, l'incertitude quant à un possible retour de son mari, épuisent peu à peu ses forces, sa résolution jusqu'à.... Comment se comportera Ulysse s'il revient ? En maître, en dictateur, en vengeur implacable ou en roi magnanime ? Les retrouvailles avec Pénélope seront-elles empreintes de respect, d'admiration pour sa compagne fidèle et loyale, cette femme devenue mature et reine à part entière, ou voudra-t-il reprendre le pouvoir en la reléguant à son ancienne place, comme les hommes le firent à chaque retour de guerre ? Lettre envoûtante de par sa beauté formelle et sa pertinence atemporelle, s'inscrivant dans une démarche actuelle de déconstruire le grand roman historique que l'on nous a inculqué pour le réviser et le compléter par la vision et l'analyse de la moitié de la population mondiale, les femmes, celles qui ont participé activement sur le terrain à l'écriture de l'Histoire, mais qui en sont les grandes oubliées, obligées de se taire et ceci quelque soit leur position dans la hiérarchie sociale. Une injustice évidemment mais aussi un très grand danger si nous acceptons de perpétuer ces versions tronquées et menteuses de notre passé auprès des jeunes générations en quête de vérité absolue. Homère, comme tant d'autres, fut un auteur de son temps avec ses limites, ses défauts, inscrit dans une société inégalitaire, masculiniste. Reprendre des œuvres majuscules de notre patrimoine pour les faire accéder aussi au statut de pièces majeures de notre matrimoine est d'une urgence absolue. Je remercie l'autrice pour sa confiance renouvelée et pour ce cadeau inestimable, ainsi que les Éditions Élan Sud pour la qualité de leur travail et leur passion évidente à proposer des collections et titres intemporels. Quatrième de couverture Lettre de Pénélope à Homère Vingt ans d’attente… Les rumeurs vont bon train. Son époux est-il mort ? Calypso a-t-elle envoûté Ulysse, le retenant captif ? Quelle conduite adopter pour préserver Télémaque ? Pénélope dévoile ses pensées et ses craintes les plus intimes, s’interroge sur ce que signifient l’amour, la chasteté, le compromis. Dans l’Odyssée, elle apparaît comme une femme réduite aux statuts de reine, d’épouse, de mère, de belle-fille dans lesquels elle reproche à son créateur de l’avoir cantonnée. Elle refuse d’être devenue, sous la plume d’Homère, une icône de la fidélité. Et, décidée à sortir du silence, elle prend la parole. Un texte qui explore la place donnée à la femme dans la nuit des temps… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les amours d'un fantôme en temps de guerre | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les amours d'un fantôme en temps de guerre Nicolas De Crécy Albin Michel 2018 roman illustré de toute beauté de 211 pages Roman Historique illustré Chronique 12 mars 2019 Trouvé à la bibliothèque Aimé Césaire Paris 14, il n'était pas classé dans la littérature jeunesse, un choix qui n'est pas forcément celui de tous. La seconde guerre mondiale transposée dans l'univers très particulier des fantômes, où des fantômes résistants s'opposent à des fantômes acides des plus dangereux. Notre héros est un petit fantôme, jeune, isolé en ce début de récit dans sa maison familiale sans ses parents. Il ne sait pas du tout où ils se trouvent, il ne comprend pas pourquoi il est là... On ne sait rien de sa vie d'avant et des circonstances de son décès. Tout commence quelques années avant le début du conflit entre alliés et nazis, car au pays des fantômes, les évènements importants et tragiques précèdent toujours ceux qui arriveront plus tard en écho chez les vivants. Un soir, Boris, le cousin fantôme de la maman du petit fantôme l'emmène loin de la maison natale désolée pour le mettre à l'abri dans une grande ferme dans la montagne où réside Lili, jeune fantomette un tout petit peu plus grande que lui. Et là tout change pour le petit fantôme, il n'est plus seul, il devient même ami avec Boulette une chienne.... Mais les fantômes acides étendent leur ombre sur le monde des trépassés, un choix difficile va se présenter pour Lili et notre héros.... Illustrations magnifiques à regarder, admirer longuement et en détails, de vraies œuvres d'art, récit poignant et intelligent, un très beau roman illustré pour jeunes et plus âgés.... À lire, relire, tourner les pages inlassablement... Un gros coup de cœur. Quatrième de couverture J'ai perdu la trace de mes parents très tôt, je n'avais pas quinze ans. J'étais encore ce que l'on pourrait appeler un bébé fantôme, un bout de chiffon blanc moins large qu'un mouchoir. Un soir, je me suis laissé porter par le mistral, j'ai vu une vallée, des lumières, la mer. J'ai croisé des animaux que je n'avais jamais vus auparavant, et quelques humains qui ont pris peur. Je n'aurais jamais dû m'échapper ce soir-là." La destinée d'un jeune fantôme au cours d'un siècle guerrier, qui le mènera à s'engager dans la résistance avant d'éprouver ses premiers émois sentimentaux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Lâchez les chiens | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Lâchez les chiens Maud Tabachnik De Borée 14 mars 2019 155 pages Thriller & Historique Chronique 16 mars 2019 Maud Tabachnik, déjà l'auteur d'une trentaine de romans, met son talent dans ce nouvel opus à traiter un sujet bien d'actualité, puant, pourrissant, de notre société, des faits divers à l'analyse au scalpel d'un phénomène récurrent, d'une sale maladie dont on ne sait se débarrasser, se soigner. Les mémoires sont courtes, les leçons du passé ne sont pas comprises, et inlassablement la ronde du Mal reprend, emportant des victimes innocentes sur son passage. D'où la nécessité d'un tel texte, d'une telle dénonciation par le biais du roman noir, de la fiction. Un coup de poing dans nos estomacs, histoire de retrouver le courage de se battre inlassablement contre ces ignominies. Que ce ne soit pas inéluctable ! Quatrième de couverture Un pacifique instituteur de village brutalement assassiné, un copain de jeunesse éleveur de chèvres qui se trouve en danger et voilà Fanny, journaliste au Matin, partie pour le Sud-Est. L'ex-détective privée découvre un pays de la lavande pourri par le racisme et les passe-droits. D'abord malgré elle puis avec passion, Fanny enquête sur affaire qui se révèle de plus en plus sombre et coriace. Comment faire éclater la vérité dans une France gâtée par la « peste brune » ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage Maya Angelou Editions des Femmes Antoinette Fouque 17 mars 2022 Lu par Barbara Hendricks Biographie Chronique 25 mars 2022 Enregistrement réalisé en octobre et décembre 2021 d'une durée de 11h30 ; texte traduit de l'anglais ( États-Unis d'Amérique) par Christiane Besse dans la parution de 2009 aux Éditions Le Livre de Poche. Réalisation de Francesca Isidori : « Et puis, il y eut la douleur. Une rupture et un déchirement qui mettent les sens eux-mêmes en lambeaux. Le viol d'un corps de huit ans, c'est l'histoire de l'aiguille qui cède parce que le chameau ne le peut pas. L'enfant cède parce que son corps le peut et que l'esprit du violeur ne le peut pas. » M. A. J'ai commencé par écouter cette biographie puis la nécessité d'avoir le texte face à moi s'est imposée afin de comprendre ce qui était du choix de Barbara Hendricks quant à l'ajout de certains chants à cette lecture. J'ai donc acheté le livre et repris l'écoute. Je me sens pleine de gratitude et de respect admiratif pour Barbara Hendricks. Jeune fille puis étudiante en chant au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, j'écoutais attentivement cette artiste accomplie, je la regardais dans les films et dans les émissions culturelles et j'étais bluffée et éblouie par son parcours exceptionnel, son travail, sa voix, son humanité, sa liberté, son courage et ses engagements. Personne donc idéale pour incarner vocalement Maya Angelou dont la vie, les expériences sont tout simplement hallucinantes. Ce texte s'attache à l'enfance de l'autrice jusqu'à la naissance de son fils et le passage de facto à l'âge adulte, bien que le viol subi enfant lui ait forcément volé son innocence. Histoire donc d'une lutte intime, d'une résilience. J'aurais sous-titré ce témoignage, « Invictus » « Je suis le capitaine de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. » Évidemment le récit du viol est un moment fort en émotions de ce livre. Cependant, il n'est pas, à mon avis, central. Le positionnement de l'écrivaine au monde n'est pas victimaire. Elle est une combattante. J'ai été incroyablement marquée par la description de la messe sous un chapiteau, illustrée magnifiquement par les cantiques interprétés par Barbara Hendricks, qui nous plonge littéralement dans ces ambiances très particulières régnant au sein de ces communautés ultrapratiquantes. Également, le chapitre consacré à la remise des diplômes, d'une puissance douloureuse, véritable profession de foi en soi, en l'humanité, contre toutes les discriminations raciales ou autres, m'a profondément secouée. « Élevez la voix chacun pour chanter Jusqu'à ce que terre et ciel retentissent Des accents de la liberté. Dur a été le chemin amers les coups de fouets subis quand l'espoir était mort-né. Et pourtant d'un pas régulier ces pieds en sang ne nous ont-ils pas portés là où nos pères espéraient aller ? Le sort qu'ont choisi les autres, je l'ignore, Mais pour moi ce sera la liberté ou la mort. Nous avons parcouru un chemin arrosé de larmes, et marché dans le sang de nos martyrs... » Tout est dit dans l'Hymne national noir : poème de James Weldon Johnson mis en musique par J. Rosamond Johnson. Enfin le dernier chapitre relatant la grossesse puis la naissance du fils de Maya Angelou ouvre vers un avenir extraordinaire. Forte du parcours initiatique que furent ces dix sept premières années, formée et guidée par des femmes exceptionnelles, dures mais justes, (la grand-mère, la mère, une voisine), inséparable de son frère Bailey, elle va se dépasser, franchir toutes les frontières ou limites imposées par la société, par les nations, par les blancs. Une figure exemplaire et très impressionnante qui nous crie que rien n'est impossible. La voix, l'élégance, le souci de perfection de Barbara Hendricks apportent le charme, l'intelligence de cœur d'une artiste particulièrement généreuse envers nous, par les cadeaux vocaux qu'elle ajoute à ce récit. Je regrette que la liste des chants, cantiques et spirituals interprétés par la cantatrice ne soient pas spécifiée sur la pochette. Quatrième de couverture Dans les années 1930, Maya vit une enfance de pauvreté et de ségrégation à Stamps, dans l'Arkansas. Élevée avec son frère par leur grand-mère, elle désire retrouver la figure gracieuse de leur mère. Mais les retrouvailles s'entachent d'une nouvelle trahison : Mr. Freeman, son beau-père, viole la fillette. Quand ils l'apprennent, ses oncles assassinent le coupable relâché par la justice, traumatisme sur le traumatisme qui enferme Maya dans un mutisme profond. Qui pouvait deviner que cette petite fille blessée, muette, qui se méfie du pouvoir des mots et découvre en silence la lecture, deviendrait l'une des plus grandes voix de la littérature américaine ? "Cette misérable petite confrontation n'avait aucun rapport avec moi, mon moi profond, pas plus qu'avec cette employée idiote. L'incident faisait partie d'un cauchemar à répétition, concocté des années auparavant par des Blancs stupides et qui revenait éternellement nous hanter tous. La secrétaire et moi étions comme Hamlet et Laërte dans leur scène finale où, sous le prétexte du tort causé par un ancêtre à un autre, nous étions condamnées à nous battre en duel jusqu'à la mort." M. A. Biographie de Barbara Hendricks : Naît dans l'Arkansas en pleine ségrégation raciale. Quand elle quitte les sciences pour la musique, la pureté de son chant lyrique touche le monde entier. Elle connaît alors dans l'opéra une ascension fulgurante, aussi prestigieuse que populaire. Elle chante Mozart, Schubert, Strauss sur les plus grandes scènes, à New York, Paris, Vienne, Londres, Pékin et à la Scala de Milan. Au fil de ses triomphes, elle s'installe en Europe et prend la nationalité suédoise. À partir de 1990, elle élargit son répertoire et embrasse le jazz. Surnommée « la voix de la tolérance », elle met sa notoriété au service de nombreuses causes humanitaires. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'arracheuse de dents | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'arracheuse de dents Franz-Olivier Giesbert Gallimard 10 mars 2016 448 pages Historique Chronique 9 mai 2017 Quel plaisir j'ai eu à lire ce roman ! Le même quand petite je me cachais derrière le rideau en velours qui séparait le salon des chambres pour regarder Le grand échiquier ou Apostrophes. L'intelligence, la fantaisie, l'érudition sans fatuité, l'humour et la causticité. Et surtout l'Histoire vue par une héroïne improbable, truculente, pragmatique, une pirate de la vie, qui nous enivre comme un grand vin lors d'un déjeuner dominical composé de recettes bien de chez nous ou plus exotiques. Délicieux ! Le temps d'une lecture de quelques heures je suis revenue chez moi, j'ai retrouvé le bonheur de notre langue, j'ai beaucoup souri en découvrant les aventures épiques de cette héroïne frappadingue, libre et attachante. Je souris encore en rédigeant ce texte, c'est vous dire. L'auteur est très ingénieux et a dû énormément s'amuser en prenant le prétexte de mémoires d'une aïeule Lucile Bradsock retrouvés par hasard par un de ses descendants sous le plancher de la maison de famille. Ainsi presque cent ans de l'histoire de France et des Etats-Unis vont nous être relatés par une des premières femmes dentistes qui grâce à son métier va rencontrer quelques uns des personnages les plus célèbres de 1789 à 1876. Tous sont égaux face à la douleur dentaire...... Ainsi croisera-t'elle soit pour les soigner, soit par nécessité Robespierre, Danton, Louis XVI, Marie Antoinette, Bonaparte, Jefferson, Grant, Lee, etc... J'en oublie.... La révolution française, l'esclavagisme, la guerre de sécession, le massacre des Indiens, l'empire sous Bonaparte puis les tergiversations du peuple français, qui ma foi n'a pas changé, entre république et royauté, et surtout la place de cette Femme, grande perdante de la révolution et ensuite asservie par le code Napoléon, et partout dans ce monde franco américain... Donc un texte qui semble léger mais soulève, mine de rien et avec beaucoup d'élégance et de talent, des questions cruciales et éternelles de liberté et de place dans ce monde. Merci monsieur Giesbert. Quatrième de couverture Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock, réfugiée en pleine Révolution française chez un célèbre dentiste parisien qui lui a appris le métier. Sa vie claque comme une épopée. Devenue l’une des premières femmes dentistes de l’Histoire, cette scandaleuse soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique sur un bateau négrier. Grâce à ses talents de praticienne et au fil de ses aventures entre les deux continents, Lucile rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou Napoléon, tous décrits sous un jour inattendu. Prenant fait et cause pour les esclaves du Sud ou les Indiens de l’Ouest, ce Monte-Cristo en jupons cherche toujours à infléchir le cours de l’Histoire sans oublier de redresser les torts et de faire justice elle-même. Infatigable séductrice, Lucile Bradsock professe un goût immodéré de l’amour et des hommes. Sa devise : «Merci la vie !» Cette odyssée truculente est finalement un hymne à la joie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les jours meilleurs | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les jours meilleurs Cecelia Ahem Milady-Bragelonne Mai 2017 442 pages, traduites par Fabienne Vidallet Feelgood Chronique 16 janvier 2018 "Émouvant et romantique ! " Cela peut donc être ou culcul la praline ou bouleversant ! Surprise !!!! La deuxième solution, j'ai passé quelques très jolies et délicieuses heures de lecture avec ce roman rafraîchissant, positif et optimiste ! Cela fait vraiment du bien, du suspense, de l'humain, de l'espoir ! Une comédie irlandaise mêlant sourires et larmes dans un parfait dosage. J'ai beaucoup aimé ! Du plaisir donc grâce à cette fiction qui pourtant commence bien mal pour Kitty journaliste à la télévision et également en presse écrite pour le magazine culturel Etcetera créé par son mentor Constance ; seulement voilà cette dernière est mourante à l'hôpital et Kitty est assignée en justice pour avoir brisé la vie d'un homme innocent dans son dernier reportage télévisé. Le procès va s'ouvrir, la jeune femme panique, est rejetée par tout le monde, déçoit son meilleur ami Steve journaliste sportif rencontré à la fac. Totalement perdue, honteuse, elle se rend enfin au chevet de Constance à l'hôpital. Humour, complicité et émotion sont au rendez-vous mais aussi une dernière requête de cette femme bientôt disparue à sa jeune protégée. Celle-ci lui a posé une question intéressante et la réponse sera un très beau challenge à relever : quelle est l'histoire que Constance a toujours rêvé d'écrire ? La rédactrice envoie Kitty chez elle pour aller chercher une enveloppe. Dès qu'elle sera de retour à l'hôpital, Constance promet de lui expliquer le sujet de l'article. Mais avec le procès, la condamnation, les divers événements survenus suite à cette discussion, Kitty ne revient pas immédiatement avec l'enveloppe auprès de son amie, qui décède sans révéler son idée de sujet. Kitty est désespérée, le rédacteur du magazine décide de consacrer une banale rétrospective à la créatrice de Etcetera. Mais soudain pour Kitty il est évident qu'elle doit relever le défi lancé par Constance. Appuyée par le mari de cette dernière, Bob, elle ouvre enfin l'enveloppe et là.... Une liste de cent noms et rien d'autre. Le mystère est entier, quinze jours seulement pour rendre son papier, quinze jours pour comprendre le message de son mentor, sa dernière leçon de journalisme et de vie.... Un bon suspense parfaitement construit et mené, une découverte des aspects mystérieux de la vie de Constance, de certaines personnes derrière ces noms et pour Kitty d'elle-même. Beau simplement ! Tout le monde a une histoire à raconter.... Quatrième de couverture Une histoire aux couleurs de l'espoir par la talentueuse auteure de P. S. I love you... À force de traquer le scoop et de dévoiler la vie privée des gens dans les colonnes de la presse à scandale, Kitty est dans l'impasse. Sa carrière de journaliste piétine, et ses frasques lui valent une réputation désastreuse. Tout s'effondre quand elle apprend que Constance, la femme qui lui a tout appris, vit ses derniers instants. Elle se rend à son chevet et lui demande quelle histoire elle a toujours rêvé d'écrire. Mais la réponse arrive trop tard, sous la forme d'une liste de cent noms, sans aucune explication. Bien décidée à percer le mystère, Kitty tente de comprendre ce qui relie entre eux ces inconnus. En allant à leur rencontre, elle va découvrir des aspects pour le moins inattendus de la vie de Constance et peut-être même trouver un sens à la sienne. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La fille qui rit | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La fille qui rit Bernard Friot Actes Sud Junior D'une seule voix 2011 86 pages Jeunesse Chronique 10 décembre 2019 Un texte magnifique tout en finesse, en délicatesse pour aborder le thème du ... Non ! Je ne vous le dirai pas, car comprendre pourquoi ce rire tout d'un coup éclate est central.... Un rire libérateur mais pas seulement... Un rire jubilatoire.... Un rire d'un trop plein de tristesse ou de stupeur... Un rire pour retrouver un fantôme.... Un disparu.... Un rire seul moyen de retrouver l'autre, de se retrouver. Cela commence à 10h19 et finit à 11h46 précisément.... Envoyée par sa prof de français chez le proviseur pour rire intempestif pendant le cours, une jeune fille se retrouve subitement face à elle-même, sans échappatoire dans la salle d'attente. Pourquoi rit-elle ainsi aux moments les plus incongrus ? Neuf fois sur dix elle réussit à endiguer ce fou-rire ou rire fou, mais pas aujourd'hui.... Surtout ne pas y penser, rester sous contrôle.... Mais les images reviennent .... Une silhouette se redessine .... J'ai découvert cet auteur en tant que traducteur du dernier roman de Tarik Schami « Sami... » « L'auteur enseignant de lettres, puis responsable du bureau du livre de jeunesse à Francfort, Bernard Friot est traducteur et auteur de nombreuses histoires courtes ( Histoires pressées, Histoires minutes, etc...) ainsi que de romans pour adolescents. Dans la même collection, son Rien dire a été plusieurs fois primé ( prix TSR). » Quatrième de couverture Louise attend d'être reçue par le proviseur. Les minutes s'égrènent, elle laisse vagabonder ses pensées. Il y a tant de choses dans sa tête, dans son ventre : son amour des mots qui comblent le vide, et ses rires qui la saisissent soudain, incontrôlables, énigmatiques et pourtant si bons. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Block 46 | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Block 46 Johana Gustawsson Bragelonne Thriller 2015 336 pages Thriller Chronique 4 mars 2017 Je reste silencieuse intérieurement lorsque je lis un texte, mais lors de la découverte de ce récit, Block 46, la Symphonie n° 3 de Gorecki est remontée peu à peu du fond de ma mémoire, du fond de mon âme. Ce livre est bien plus qu'un remarquable thriller, il est un hymne à toutes les victimes de l'indicible, de la cruauté et de la barbarie incompréhensibles qui se sont déchaînées dans les camps et en particulier à Buchenwald. A été atteint un niveau d'inhumanité inimaginable, où toutes les turpitudes de psychopathes ont pu s'exprimer en toute liberté. Ce livre décrit parfaitement la bataille entre le Bien et le Mal dans son exemple le plus représentatif et le plus honteux. La construction magistrale nous fait osciller entre la Suède où est retrouvé le corps de Linnea, jeune créatrice de bijoux talentueuse, et Londres. Là aussi ont été retrouvés des cadavres d'enfants énucléés, trachée sectionnée, bras gauche scarifié. Ces mêmes stigmates relient toutes les affaires et rapprocheront Emily, profileuse canadienne de génie et la française Alexis, écrivaine spécialiste des tueurs en série, et amie de la victime. Ce tandem original remontera toutes les pistes, évitera tous les pièges entre les deux pays, entre 2014 et 1944. Le style est très fluide, direct, les chapitres courts, les glissements entre les époques parfaitement maitrisés, et le profilage du type de criminel ciselé. Qui a déjà vu le Mal absolu au fond des yeux d'un psychopathe déshumanisé comprendra encore mieux ce texte. Ce qui est essentiel lorsque Satan est face à nous, c'est de tout faire pour sauver son âme, sauver son humanité. Ce texte y réussit parfaitement en redonnant la place d'honneur aux âmes pures et aux justes. Je n'ai pu lâcher ce livre jusqu'à deux heures du matin tant il est hypnotique et apporte quelque réponses essentielles quant à l'existence de tels criminels. A lire absolument. Quatrième de couverture Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie... En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944. « Attention, âmes sensibles s’abstenir. » Yvan, Blog Émotions « Rien n’est vrai mais tout est exact. » Dominique Durand, Association française Buchenwald-Dora. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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