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- La maison andalouse
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison andalouse Waciny Laredj Actes Sud Sindbad 2 mai 2017 464 pages traduites par Marcel Bois Historique Chronique 20 juin 2017 Bouleversée, triste, révoltée, admirative.... Ce n'est pas un livre pour les âmes trop sensibles comme la mienne manifestement. Gorge nouée, je remercie l'auteur pour sa fin emplie de spiritualité et d'espoir en une partie de l'humanité. Terriblement beau et puissant le récit de cette demeure du XVIE siècle à nos jours est évidemment une image poétique du sort réservé aux peuples d'Algérie. Et on pleure. Cette maison idéale fut créée de toute pièces par Sid Ahmed ben Khalil dit Galileo el Rojo pour son amante, sa muse, sa femme Lalla Soltana, venue le rejoindre à Alger, ville où il débarque après avoir été exilé de Grenade comme morisque condamné par l'inquisition et Philippe II d'Espagne, tout comme les marranes. Le récit est introduit par Massika ou Sika l'espagnole, d'origine morisque, qui va rapporter ce qui est advenu de la Maison andalouse tout au long des siècles à l'instar de l'Algérie, que fut le destin de tous les descendants de Galileo et Soltana et en particulier du dernier en date Mourad Basta. Tous sont gardiens d'un manuscrit d'abord rédigé en aljamiado, langage inventé par les morisques pour se protéger de l'Inquisition. Ainsi douze cahiers composent ce témoignage à travers les siècles débuté par Galileo continué par Marina sa fille, Celina sa petite fille, le petit fils de cette dernière et Mourad...au gré des changements de pouvoirs, les enfants se voient spoliés de la propriété de cette demeure par les corsaires, les turcs, les français, les révolutionnaires, les trafiquants de toutes sortes ; et comme le témoin d'un passé honteux sera vouée à la destruction par les nouveaux dirigeants de l'Algérie, sous couvert de bien public et de la volonté du peuple, au nom du très Haut et surtout des spéculateurs et bandes de hyènes de toutes nationalités, pour construire une tour gigantesque de béton. Cette lutte de tous les descendants et de Mourad aujourd'hui, relégués dans l'annexe des domestiques pour respecter leur devoir de gardiens du temple et de la mémoire d'un peuple, est titanesque et désespérée. Cependant elle n'est pas inutile et si le dernier petit fils de Mourad préfère s'exiler au Canada par peur pour sa vie, d'autres restent sur place comme Sika pour lutter et transmettre la mémoire et l'Histoire réelle d'une civilisation. Au moment où des fous détruisent des hauts lieux de la culture arabe et universelle au nom d'un obscurantisme qui n'a rien à voir avec la religion, ce livre terminé en 2010 courageux et splendide est un vibrant témoignage de ce qui fut et de ce qui faut communiquer aux futures générations. L'histoire a été écrite sur les morts avec le sang des martyres, mais également et surtout à partir des rêves, des croyances spirituelles grâce à la témérité d'êtres admirables. Ne jamais oublier nos ancêtres, leurs actions généreuses ou néfastes pour en tirer les leçons indispensables à la perpétuation de l'humanité et de l'humanisme. Magnifique et cruel ! Quatrième de couverture À travers les vicissitudes d'un homme en lutte pour sauver sa maison convoitée par des promoteurs, et les détours de son histoire familiale qui remonte à l'inquisition espagnole, La Maison andalouse radiographie les maux de la société algérienne contemporaine, de ses origines au processus de dépossession de la mémoire à l'œuvre aujourd'hui. Où Waciny Laredj signe son roman le plus ambitieux. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La déesse des marguerites et des boutons d'or
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La déesse des marguerites et des boutons d'or Martin Millar Intervalles 2016 256 pages traduites par Marianne Groves SF Chronique 5 avril 2019 Entre SF, mythologie et historique, très drôle. Réjouissant ! J'adore... Dès les premières pages j'ai souri : je lis toujours à haute voix au début d'un récit pour m'imprégner de la musique du texte, et je m'amuse à faire les différentes voix des personnages. Ici ce fut immédiatement goûteux, très amusant et spirituel alors même que le décor est celui de Athènes au printemps de 421 avant JC, et que le premier rôle est donné à une figure célèbre de la comédie, le dramaturge Aristophane. Cela pourrait rebuter un peu, mais au contraire, cette renaissance de cet auteur de théâtre et metteur en scène ambitieux, insatisfait, angoissé, perfectionniste est des plus réussie. Lorsque la déesse Athéna fait son entrée accompagnée de l'amazone Brémusa, nous comprenons que nous serons étonnés, que l'histoire sera joyeusement barrée. Ce fut le cas, tout en étant rigoureusement construite sur une documentation sérieuse quant à la biographie et les œuvres de Aristophane, d'autres auteurs, de Socrate, et la vie de personnages connus des Athéniens, de l'homme politique, du militaire, du marchand d'armes, du commerçant, du poète, des comédiens, de la prêtresse ou de la courtisane. Les déesses, nymphes, guerrière amazone ou soldat crétois sont empruntés à la mythologie grecque. Et puis cette charmante nymphe de la rivière apprentie déesse Métris, rafraîchissante, poétique, apporte l'onirisme nécessaire à ce roman fabuleux. Un très joli livre, intéressant, plein d'humour, un conte philosophique dont la morale est universelle et contemporaine. À vous de vous transporter dans cette reconstitution de la cité d'Athènes, bruissante et impatiente, en ses agoras, salons privés, auberges, marchés, docks, théâtres, après dix ans de guerre contre Sparte, à une période charnière et délicate pour cette démocratie. Lisez bien le postface où Martin Millar donne beaucoup d'éléments de compréhension. Je l'ai beaucoup aimé. Quatrième de couverture Athènes, 421 avant JC. Depuis des années Sparte et Athènes se font la guerre. Dans les deux camps, le peuple n'aspire qu'à une seule chose : la paix. C'est d'ailleurs le titre de la nouvelle pièce d'Aristophane, avec laquelle il compte bien remporter le premier prix aux prochaines Dyonisies. Mais les répétitions sont catastrophiques, et le dramaturge court au désastre. Pourtant, beaucoup pensent, y compris parmi les dieux, que du succès de la pièce pourrait dépendre l'issue des négociations en cours entre les belligérants. Dans La déesse des marguerites et des boutons d'or, Martin Millar fait défiler, pour notre plus grand plaisir, personnages réels ou fictifs, dieux, nymphes et autre amazone. Un mélange détonnant, puissamment satirique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'appât
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'appât Daniel Cole Robert Laffont La Bête Noire 2018 479 pages traduites par Natalie Beunat Thriller Chronique 23 octobre 2018 " Et si Dieu existait ? Et si le paradis existait ? Et si l'enfer existait ? Et si... nous y étions déjà tous ? " Deuxième tome de la trilogie ayant débuté avec " Ragdoll", un best-seller, cet Opus reprend l'histoire inachevée un an et demi après les précédentes aventures à la poursuite d'un tueur en série particulièrement sadique. Baxter assistait Wolf alors, celui-ci disparu, elle a récolté les fruits de l'arrestation du serial killer mais en reste traumatisée. Impossible de faire confiance à quiconque, beaucoup de secrets à protéger quant à la fin de cette célèbre enquête, toujours un caractère de chien et la langue trop bien pendue. Incapable de se contrôler, nous la revoyons en début de polar interrogée par les forces de l'ordre en janvier 2016 quant aux circonstances et conclusion de l'enquête sur les Appâts. Flashback, retour au début de cette affaire à l'arrivée dans son bureau des agents Curtis du FBI et Rouche de la CIA venus tout spécialement de New York. Ils ont deux étranges requêtes à formuler.... Voilà Baxter à nouveau piégée, obligée de faire face à un présumé copycat.... Thriller policier d'action typique, professionnel, utilisant tous les moyens habituels du genre pour faire de ce livre un nouveau bestseller. J'ai eu du mal, j'avoue, malgré l'humour, des scènes visuellement d'antologie, des découverte de scènes de crimes très spectaculaires, des personnages bien campés certes mais pour moi inconsistants dans le sens où il m'a été impossible de ressentir de l'empathie pour eux. Tout est visuel, on dirait le scénario d'une série télévisée américaine, avec tous les bons ingrédients. La vue, l'ouïe sont sollicités, seuls, j'ai donc été laissée à la porte, spectatrice mais pas impliquée. C'est efficace, le scénario se déroulant en miroir en Angleterre et aux USA est intelligent, très futé, et du coup ménage beaucoup de retournements de situation et de rebondissements. Malgré cela, j'ai trouvé ce polar très long, mais j'imagine bien qu'il va certainement plaire. Peut-être que j'en lis beaucoup et deviens de plus en plus exigeante. Il manque un supplément d'âme et d'imperfection à tout ceci, une plus grande prise de risques personnelle de l'auteur autre que celle de rédiger avec beaucoup de savoir faire et bien dans les clous, un livre que j'ai l'impression d'avoir déjà lu. Je ne dois plus être la bonne lectrice pour ce type de thriller. Cependant je pense qu'il va rencontrer son public. Quatrième de couverture "Votre vie ne tient qu'à un fil. Mais qui tire les ficelles ? Entre les impressionnants piliers de granite du pont de Brooklyn, un réseau de filins d'acier quadrille l'espace. Tel un insecte pris au piège, le corps brisé de William Fawkes éclipse les premiers rayons du soleil. Un mot est gravé sur son torse : APPÂT. Cette sinistre mise en scène n'est que la première d'une longue série. Tandis que les meurtres se succèdent de chaque côté de l'Atlantique, Emily Baxter, nouvellement promue inspecteur principal, et deux agents spéciaux américains vont devoir collaborer afin d'identifier l'architecte de cette toile diabolique..." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Première dame
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Première dame Caroline Lunoir Actes Sud 2019 185 pages Roman Chronique 17 septembre 2019 Un bijou d'intelligence, de causticité, de lucidité, d'humour non dénué d'empathie et de tendresse pour le personnage principal Marie, évitant ainsi de tomber dans la caricature, ou la satire incomplète, bête et méchante. Un immense plaisir de lecture grâce à la beauté de l'écriture, grâce au compte à rebours jusqu'aux élections présidentielles, grâce aux découvertes malheureuses et vilains secrets révélés par une presse charognard. Ce roman est une tragi-comédie en trois actes ayant pour bande originale la Traviata à laquelle inconsciemment s'identifie Marie, au comportement tendancieux, quelques fois putassier à l'instar de Paul son mari, sacrifiant ses rêves, ses aspirations professionnelles, sa personnalité sur l'autel de la carrière politique de son époux. Elle est quelques fois touchante, ou franchement agaçante de veulerie, d'ambition et d'aveuglement. Caroline Lunoir s'est inspiré d'événements scandaleux des années passées en France et aux USA, de personnalités politiques du paysage actuel. Elle a tout mis dans un shaker, à secoué joyeusement et nous sert un cocktail très savoureux et épicé. À consommer sans modération.... Du grand art ! Quatrième de couverture Un beau dimanche d'avril, c'est dans l'euphorie et la fierté qu'est accueillie l'annonce de Paul : il sera candidat aux primaires de son parti en vue de l'élection présidentielle. Épouse dévouée, mère exemplaire, Marie inaugure pour l'occasion un journal, avide de tenir la chronique de deux années à venir qui s'annoncent pleines de suspense, de promesses et d'accomplissement. Leurs quatre enfants, jeunes adultes, se réjouissent du sens que ce projet paternel donne à une vie d'engagement et le soutiennent avec chaleur. Personne ne semble mesurer les conséquences d'une telle mise en lumière, ni ne pressent le souffle des scandales qui s'apprêtent à ébranler la cellule conjugale et le cocon familial. Que faut-il d'abnégation, de cynisme, d'amour ou d'ambition pour accompagner un homme jusqu'aux portes du palais ? Analyse intime d'une femme qui ne vivait que pour ses proches et qui se découvre un pouvoir ambigu, critique sociale d'un milieu privilégié coupé de la réalité, satire dénonçant les compromissions de la classe politique avec les experts en communication, ce roman enlevé mêle l'ironie d'une fausse résignation à un féminisme ambivalent. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'ensaignement
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'ensaignement Jean-Philippe De Tonnac Guy Trédaniel Éditeur 21 octobre 2021 224 pages Roman Essai Chronique 23 octobre 2021 " J'ai compris que nous ne pouvons affronter le jour que lorsque nous avons la nuit en nous. Pourquoi sept nuits me demanderez-vous ? Parce que Dieu a créé le monde en sept jours et qu'il a donné aux femmes la garde des nuits. Il faut en comprendre la raison. Les nuits sont trop immenses, trop redoutables pour les hommes. Non, bien sûr, que les femmes soient plus courageuses ; elles sont seulement plus à même de bercer sans poser de questions ce que la nuit leur donne à bercer : l'inconnaissable." Christiane Singer, Les Sept Nuits de la reine, Albin Michel, 2002. Je me suis sentie presque illégitime à écrire sur ce roman édifiant pour ma part, bien qu'étant femme, ayant saigné tous les mois depuis..... Je ne savais pas comment exprimer mon incompréhension et puis la solution la plus simple étant toujours la meilleure, j'ai réalisé qu'il fallait que je me raconte un tout petit peu, pour que cet avis soit reçu plus facilement. Le narrateur nous raconte comment une femme, rencontrée devant la fameuse oeuvre de Courbet au musée d'Orsay, "L'Origine du monde", va le guider dans un processus de découverte et de compréhension de la réalité existentielle des femmes à travers un symbole fort, le sang menstruel : au centre de nos vies pendant plusieurs décennies, sa réapparition régulière va régir notre rapport à la société, aux autres, à nous-mêmes. Au delà de ce sang de Vie, bien particulier de par sa texture, sa couleur, son odeur, coulant au moment où la partie superficielle de la dentelle utérine se desquame lorsqu'aucun embryon n'a été créé, c'est, je pense, l'aptitude à donner naissance à un nouvel être humain qui est visée, enviée, par un patriarcat qui s'est renforcé depuis des millénaires. Cette "puissance féminine" qui pouvait apparaître presque magique, donnant un certain pouvoir aux femmes du temps des premiers rites et religions matriarcaux, nous est depuis reprochée, versée à la longue liste des griefs que certains mâles nous mettent invariablement sous les yeux afin de justifier leurs comportements et pensées iniques, quelques fois assistés de femmes soucieuses de préserver des traditions inégalitaires et monstrueuses ; sur un plan psychiatrique, pour ces dernières, ennemies et bourreaux de leurs consœurs, le processus tendant à préférer une option négative mais habituelle, ( exemple : la discrimination par le genre, l'excision, etc, etc), au lieu d'aller vers un inconnu qui terrorise, est malheureusement bien répertorié. Si le narrateur reçoit donc un enseignement sur le sang menstruel, j'avoue avoir aussi été dans la position de l'élève du romancier. Je n'ai jamais eu honte du sang, je n'ai jamais été gênée par mes menstruations en ce qu'elles symbolisaient, je ne me suis jamais sentie sale, et personne, que ce soit mes proches, ma mère pourtant si haineuse de ses filles, ou mes compagnons, n'ont eu une moue ou un regard, ou un jugement dégoûtés. Je suis arrivée de Côte d'Ivoire tard, mon référent masculin, celui qui représente la figure paternelle s'appelait Suleiman, employé de mes parents. Eux je ne m'en souviens pas, seul lui comptait. Lorsque l'exil a eu lieu, j'ai découvert deux choses : 1/ j'étais blanche !!! La différence de couleur de peau par rapport à celles de mes amis, de Suleiman, de sa fille ne m'avait jamais effleurée. Premier coup dans l'estomac. 2/ j'étais une fille et donc certaines choses m'étaient interdites qui jusqu'alors avaient fait partie de mon quotidien. Coup de massue sur la tête. J'ai joué le jeu à l'extérieur, en société, mais au sein de cette famille pourtant toxique et cependant matriarcale, mon père restant en Afrique pour son travail sauf l'été, j'étais une fillette qui ne se donnait aucune limite, jouant autant avec ses poupées qu'avec le garage du seul élément masculin, mon frère aîné, avec lequel je me battais physiquement jusqu'à finalement l'envoyer à l'hôpital, un jour de rage exacerbée. Le pragmatisme de nos ancêtres paysans, ouvriers, bourgeois et artisans, autant du côté maternel que paternel, proches de la nature, très ancrés dans la terre, instruits des réalités de la vie, a manifestement coulé dans nos veines jusque dans ce sang menstruel. J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt et d'étonnement, donc, le parcours initiatique de notre disciple lors de ces rencontres avec cette "ensaignante" mystérieuse, puis tout au long de son apprentissage dans une "communauté dédiée à la réconciliation des femmes avec leur cycle, avec la vie." J'attire votre attention sur un épisode de ce roman pendant lequel les stagiaires féminines de cette retraite sont invitées à raconter leur expérience liée au saignement, avant et après les règles, à décrire les syndromes prémenstruels, les sensations, etc.... Ceci m'a interpellée, illustrant pour moi une violence insidieuse faite aux femmes dont j'ai été victime ces dernières années : dans les années 80 et jusqu'à il y a dix ans environ, pour celles souffrant énormément avant et lors des règles, nous avions à disposition un ensemble de médicaments ciblant ce type de douleurs très particulières et invalidantes, bien mieux que le paracétamol habituel. Depuis, ces traitements essentiels ont été jugés inutiles et retirés du marché. Donc, je me suis vue condamnée à souffrir, pour rien, parce que j'étais femme ; autant vous dire que la guerrière que je suis n'a pas du tout apprécié. ( Quel recul en arrière !!!! ) La chanteuse lyrique non plus. Je fais une dernière parenthèse : savez-vous que dans les troupes d'opéra françaises, tout le monde connaissait le cycle des chanteuses ? En effet, pour un même rôle, le théâtre avait à disposition plusieurs interprètes, et ainsi celles qui avaient leurs règles étaient mises au repos et remplacées par une collègue. Avec la disparition des troupes d'opéra en France, ce respect du cycle féminin, de la nature donc, a été bafoué. Nous sommes condamnées à devoir faire avec, à être sur scène en permanence même pendant ces périodes, pour beaucoup d'entre nous, extrêmement délicates. J'y vois, en plus d'une bêtise crasse, de la cruauté injustifiée et contre productive visant les chanteuses, réputées sportives de haut niveau par la médecine du travail, et de facto, victimes d'un système misogyne, majoritaire dans le lyrique. Doivent-elles, comme nombre de sportives, prendre des hormones pour arrêter leur cycle, stopper le sang de Vie ? Inique, n'est-ce pas ? Je remercie l'auteur d'avoir éclairer ma lanterne sur le phénomène de haine et de dégoût de certaines femmes envers elles-mêmes.... que je ne comprenais pas. Je suis attristée par ce que j'ai découvert là ; je mesure combien cela doit être douloureux et insupportable puisque inexorable et d'une folle injustice... je comprends encore mieux, grâce à ce texte, pourquoi mon attitude si peu "féminine" a tant dérangé, m'a valu des "haines" incompréhensibles surtout de certaines femmes, ou d'être catégorisée comme "non femme" ou "potentiellement lesbienne" ( comme si cela allait me déranger, je ris) par certains hommes me faisant des avances auxquels je ne répondais pas positivement, certains allant même avec condescendance et paternalisme, m'inviter à m'assumer, ( je ris encore plus). Merci infiniment à Jean-Philippe De Tonnac pour ce très beau roman, magnifiquement rédigé, avec le cœur, avec courage, tout en délicatesse, en poésie, extrêmement charnel tout en étant le résultat d'une réflexion élevée ! Nous mesurons, à la fin de cette lecture, tout le travail qui nous reste à accomplir, tous ensemble, chacun étant le complément de l'autre, autour d'une réflexion sur le genre, sur l'éducation donnée aux enfants, sur la fin d'un patriarcat sclérosant pour les hommes et les femmes, nous enfermant dans des rôles qui ne nous sont pas naturels, donc nocifs. Ce retour à un pragmatisme terrien teinté de spiritualité et de questionnement continuel, qui constitue je crois mon quotidien comme être humain, citoyenne du monde et artiste dont le corps est instrument de musique, me semble la seule voie possible. Je ne suis pas non plus pour un matriarcat exacerbé. Pouvons-nous trouver un équilibre ? Le narrateur le pourra-t-il ? Je remercie par la pensée Suleiman.... Merci aux Éditions Guy Trédaniel également pour l'excellence de leur travail. Quatrième de couverture Le remarquable roman de Jean-Philippe de Tonnac sur le sang des femmes. « La société étale le sang partout sur nos écrans, elle donne l'impression de s'en délecter, quand le sang des femmes, lui, est tabou, lui et tout ce qu'il raconte.» Sur le chemin d'un homme, il vient parfois une femme qui accepte de partager avec lui ses secrets, une femme qui a elle-même accepté d'accueillir le sang et d'être par lui ensaigné. En catimini, en cachette, du grec katamênia, « menstruation « . C'est ainsi que les femmes vivent le plus souvent au sein de notre humanité, anonymes, privées de droit, de considération. C'est ainsi qu'elles sont invitées chaque mois à saigner puisque ce sang est répugnant, qu'il les rend folles, infréquentables, c'est bien connu. Que voulez-vous que des sociétés qui ont parié sur le virtuel, le hors-sol, le grand marché, la mort honteuse, qui ont une telle haine de la vie, comprennent encore quelque chose de cette histoire de cycle ? Puisque les femmes commencent à se libérer de ces carcans où on veut toujours les museler, on dirait que le sang lui aussi veut sortir de sa clandestinité et avec lui tout ce dont il est porteur. Le narrateur est un homme qui " rencontre " le sang, presque malgré lui. A lui, la question ne s'était jamais posée ou bien les femmes qu'il avait rencontrées jusqu'à ce jour ne l'avaient pas invité à partager leurs secrets. Une rencontre au musée d'Orsay devant L'Origine du monde. Une conversation sur le scandale que le tableau provoque toujours et ce qu'aurait été ce scandale si le peintre avait peint une femme qui saigne. C'est le début d'un échange entre le narrateur qui croit tenir dans cet échange le préalable à une romance et une femme qui croit tenir en cet homme un candidat à l'ensaignement. C'est le début d'un roman qui suit le parcours d'un homme qui, sur ce malentendu, décide de rejoindre une communauté installée dans le sud de la Crète. Communauté dédiée à la réconciliation des femmes avec leur cycle, avec la vie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Unité Alphabet
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Unité Alphabet Jussi Adler Olsen Albin Michel 2017 / 2018 628 pages, traduites par Caroline Berg Thriller et Policier Chronique 21 novembre 2018 " I don't know what they have to say It makes no difference anyway Whatever it is, I'm against it No matter what it is or who commenced it I'm against it ! Your proposition may be good But let's have one thing understood Whatever it is, I'm against it ! " Bonne idée de faire paraître ce premier livre de l'auteur de la série bien aimée des enquêtes du Département V. Un marathon sans aucun temps mort depuis des années qui nous tient en haleine. Ce fut le même cas, me concernant, pour ce thriller sombre et dense, parfaitement mené, distillant les vérités au fur et à mesure. Certes aucun humour ici, à la place une justesse et un souci de détails concernant la description des institutions psychiatriques tenues par les nazis un peu partout, dont à Fribourg. Stupéfaction encore, au bord du gouffre creusé par ce régime n'hésitant pas à torturer et tester des traitements ou des techniques barbares sur leurs propres hommes. Certains y trouvent le moyen de ne pas retourner au front. Nous sommes à Noël 1944, rien ne va plus pour le Reich et son Führer. En cette nuit, deux pilotes de la RAF, Bryan et James, s'écrasent dans un champ côté allemand. Ils montent dans un train hôpital allant vers l'ouest. C'est le début d'une des plus incroyables simulation et mission inattendue pour ces deux militaires anglais ne parlant pas un mot d'allemand. Ils prennent les places d'un mort et d'un moribond. Cependant ces deux SS n'étaient pas n'importe qui, et ce train ne va pas n'importe où. L'Unité Alphabet dans laquelle sont tombés nos deux amis concerne des malades mentaux devenus cobayes pour certains. Dix longs mois de cauchemar commencent. Ayez le cœur accroché jusqu'à la page 277 où enfin, l'un des deux réussit à s'échapper et revient chez lui à Canterbury. Que devient le second, comment va-t-il survivre à cet enfer ? Le rescapé va-t-il pouvoir continuer son existence sans aucune culpabilité..... ? Non bien sûr, et en 1972, Bryan est approché pour se rendre en Allemagne pour les Jeux olympiques de Munich. Il refuse dans un premier temps, sa femme, Laureen est soulagée, mais le destin en a décidé autrement, et un retour sur ses pas à la recherche de James est inévitable. Une plongée dans l'indicible, une Allemagne reconstruite, partagée, où se cachent d'anciens criminels nazis, vivant dans l'opulence en toute impunité sous d'autres noms. L'arrivée de cet anglais en qui ils reconnaissent l'officier nazi hospitalisé avec eux voici 27 ans les rend très nerveux. Leur nature profonde se réveille, Bryan redevient le jeune homme tenace imaginant le pire pour son ami James. Une rencontre incroyable avec Petra leur ancienne infirmière à l'Unité Alphabet va tout emporter.... Une course poursuite dans Fribourg s'enclenche.... Bientôt Laureen arrive aussi sur place inquiète du silence de son mari qui normalement devrait être à Munich et non là. Elle commence alors à le pister pour découvrir la vérité qu'il lui cache. Sacrément bien construit, suspense et frissons parfaitement dosés, jusqu'au bout on tremble. Quel premier thriller, écrit de main de maître ! Quatrième de couverture L'Unité Alphabet est le service psychiatrique d'un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d'atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur lefront de l'Est. Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu'il a abandonné à l'Unité Alphabet et qu'il n'a jamais retrouvé. En 1972, à l'occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d'un passé plus présent que jamais. Le premier roman de Jussi Adler Olsen, l'auteur de la célèbre série du Département V, où éclatait déjà le talent de ce maître du thriller scandinave. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Cette nuit là
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Cette nuit là Linwood Barclay Belfond Noir 2 février 2011 438 pages, traduites par Marieke Surtel Thriller Chronique 18 juin 2017 Diabolique et addictif ! Impossible de lâcher ce thriller, le premier que je lis de cet auteur. Je me suis déjà renseignée pour trouver ses autres titres. Pourtant le début semble classique : Cynthia une adolescente sortie sans permission avec un mauvais garçon est retrouvée par son père Clayton Bigge saoule, et ramenée au bercail manu militari. Le lendemain matin elle se réveille après une nuit comateuse, mais elle est seule dans la maison, ses parents et son frère Todd sont absents. Elle s'invente des histoires pour ne pas s'inquiéter, part au lycée mais là elle apprend que son frère n'est pas venu en cours. La peur enfle, elle court chez elle, le vide.... Ils ont tous les trois disparu. 25 ans après nous retrouvons Cynthia participant au tournage d'une émission reprenant le drame. Le narrateur est Terry, c'est lui que nous allons suivre tout au long de ce vrai cauchemar. Déjà leur vie n'est pas facile tous les jours, le mal être de son épouse, sa paranoïa, ses cauchemars rendent le quotidien insupportable et a des conséquences psychologiques également sur leur fillette Grace. Celle-ci pour protéger ses parents surveille les météorites susceptibles de tomber du ciel comme autant de malheurs potentiels et de dangers possibles. Le 25ème anniversaire de cette nuit terrible se profile et pour tous l'ambiance est délétère et anxiogène. Pour tante Tess qui a élevé l'adolescente abandonnée et déboussolée, pour l'entourage aussi comme le patron de Terry, Torry. En plus la famille n'étant pas sur liste rouge et habitant le quartier d'enfance de Cynthia, le passage à la télévision de toute cette histoire est un déclencheur pour toutes sortes d'évènements. Le problème est que les incidents dont se dit victime son épouse appel téléphonique, mot, .....ne peuvent être réellement pris au sérieux. Terry est fatigué, ne sait plus qui croire..... Et il n'est qu'au début de sa peine. Un détective est engagé par le couple, il faut en sortir mais......à vous de découvrir la suite. Le doute et la suspicion au sein d'une famille est ce qui est le plus terrorisant, quand ceux qu'on aime ne sont peut-être pas ceux qu'on croit, quand tout semble n'être que le reflet de la vérité et non la réalité elle-même, quand on porte une culpabilité sur les épaules en raison d'une responsabilité qu'on endosse à tort comme les trois membres de cette famille qui ne savent comment réagir. Une ombre plane, et un mystère doit être résolu, il en va de leur subsistance psychologique. Terrifiant, ce thriller illustre parfaitement l'expression " l'enfer est pavé de bonnes intentions". La fin est magistrale et même si vous avez pu comprendre certains aspects de cette histoire, l'écrivain garde les meilleures cartouches pour les dernières pages. Très très bon livre bien retors et diablement bien construit et écrit. À lire absolument pour les accros du genre.... Il serait bien en film. Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les sœurs de Montmorts
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les sœurs de Montmorts Jérôme Loubry Calmann-Lévy 25 août 2021 414 pages Thriller Chronique 3 novembre 2021 « Comprenez que les apparences ne sont que les fantasmes de la réalité ! » P380 Une introduction énigmatique, deux femmes dans une voiture en direction d'un bled paumé, « Montmorts ».... Pendant que l'une conduit, l'autre jeune journaliste en quête de notoriété et de reconnaissance, lit une histoire monstrueuse, incroyable, mettant ses certitudes à rude épreuve.... et les nôtres, aussi. Des moutons, Saint Exupéry, un carnage, des sorcières, des murmures, une forêt qui semble palpiter....tous les ingrédients sont réunis pour vous faire frissonner de peur... Du sang, des cris, partout.... Vous ne saurez plus qui vous êtes vraiment.... La vérité est-elle de ce côté du miroir ? Jérôme Loubry signe un texte magistral, parfaitement équilibré, au suspense tendu jusqu'à la dernière page, bluffant de maîtrise. Depuis « Les chiens de Detroit » en 2017, cet auteur n'a fait que s'affirmer, oser, prendre des risques, bosser comme un fou afin de nous offrir des heures de lectures anxiogènes à souhait, intelligentes, hommage ici aux chefsd'œuvre de la littérature d'horreur façon Stephen King ... Mais pas seulement ! Le scénario est rigoureux, les scènes plus terrifiantes les unes que les autres, nos neurones et nos fréquences cardiaques affolés à la limite du burn-out. Il est presque masochiste ce plaisir que nous prenons à rester accrochés à ce récit flirtant avec le fantastique, multipliant les visions horrifiques pour soudain nous faire retomber dans une réalité pragmatique... Et, évidemment, sans que nous ne puissions reprendre notre souffle, nous relancer dans un autre looping vers la terreur et le surnaturel. L'auteur nous jette du haut de la montagne de Montmorts sans discontinuer jusqu'à la dernière phrase.... glaçante.... C'est un texte stupéfiant, de la drogue dure.... À lire absolument d'autant plus que tout cela vise un but bien précis qui n'apparaîtra qu'à la dernière minute... Et là, vous aurez des suées froides. Il y a de quoi.... Le supplément d'âme est tout entier dans ces ultimes lignes. L'engagement de l'écrivain également. Quatrième de couverture Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route. Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri. Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme. Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ? Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ? Dans la lignée des Refuges, un thriller stupéfiant à la construction aussi originale qu’habile, qui vous fera douter de vos certitudes à chaque page. Un nouveau coup de maître ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les jumeaux de Piolenc
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les jumeaux de Piolenc Sandrine Destombes Hugo Thriller 2016 416 pages Thriller Chronique 9 février 2020 Il est assez rare que le thème développé dans ce roman, comme dans "Je sais pas" de Barbara Abel, soit choisi par les auteurs. Lequel ? Je ne vous le dirai pas, ce serait dévoiler une bonne partie du mystère. C'est courageux quoiqu'il en soit de briser ce tabou, d'aborder franchement le sujet... Au risque de choquer, d'écœurer, d'avoir certaines associations à dos ; je pense pour ma part qu'il faut absolument en parler. L'innocence, la pureté ne sont pas forcément là où on les croit... La plume de Sandrine Destombes, que je trouvais jusque là classique, et ce n'est pas une critique, gagne ici en profondeur, efficacité, sensibilité, originalité. La construction sur plusieurs périodes, la multiplicité des personnages concernés, ne font que rendre ce récit terrible, incroyable, encore plus marquant, sans lui enlever sa clarté. C'est une oeuvre virtuose parfaitement exécutée. L'empathie de l'auteure lui permet de nous transmettre les peurs, doutes, désespoirs de tous les protagonistes. Nous sommes aux premières loges afin d'accompagner pas à pas les enquêteurs actuels aidés de Jean, qui fut en charge de l'enquête voici trente ans, et de Victor le père des jumeaux, Solène et Raphaël. L'effet de ce drame sur les familles mais aussi sur toute la ville, la région, le pays, est de l'ampleur d'un tsunami. Le silence, l'ignorance, le mystère sont insoutenables pour tous à des degrés différents certes, mais restent pour tous une épine dans le coeur qui empêche de poursuivre sa route. Tous ont vécu en apnée. Donc lorsque de nouveaux enfants disparaissent de la même façon que trois décennies plus tôt, toute la boue de la tristesse et de la rage remonte en Victor et Jean. Tout revient à la conscience avec une violence inouïe...la machine judiciaire se remet en marche, lourdement, injustement, trop lentement.... Victor est mis en garde à vue, il connaissait la petite fille qui a disparu... Pour résoudre cette énigme présente, seule une nouvelle enquête sur ce qui s'est déroulé dans le passé, peut donner les clés. Une plongée dans les ténèbres entourant des âmes perdues, damnées. La fin du cauchemar est au prix de révélations indicibles. Sandrine Destombes nous perd sur le chemin de la lumière, multipliant les pistes, les voies sans issue, les pièges, les accidents de parcours. Anxiogène à souhait, un très très bon thriller parfaitement maîtrisé, et récompensé du Prix VSD RTL 2018 du meilleur thriller français. C'est totalement mérité. Quatrième de couverture Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort. Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Candyland
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Candyland Jax Miller Flammarion Ombres Noires Août 2017 573 pages traduites par Claire-Marie Clévy Thriller Chronique 3 décembre 2017 Lecture de ce dimanche, et à nouveau je dois remercier mon bibliothécaire de la médiathèque de Malakoff, qui m'a parfaitement cernée en me mettant entre les mains ce roman tout juste enregistré. Cela devrait peut-être m'inquiéter d'ailleurs.... Joke ! Welcome in a Dark, very Dark american Tale.... Once upon a time ..... « On vivra dans une maison en sucre, au milieu de la forêt la plus verte qu'on puisse imaginer. Et on mangera les lits et les chaises jusqu'à ce que notre sang se change en sirop. On fera l'amour dans les sucettes, on s'embrassera dans la noix de coco. On aura peut-être un ou deux enfants. Il nous faudra un labrador chocolat, aussi, et on conduira des voitures de luxe et on mangera comme des rois, si loin dans la forêt que personne ne nous dérangera jamais. Si loin qu'on arrivera même plus à se souvenir de Cane. » Cane, qui fut considéré comme le cœur sucré de l'Amérique, ville minière de Pennsylvanie, où tombe une neige de cendre, après que toutes les exploitations soient condamnées, devenant un centre névralgique du trafic de gnôle, trois familles se partageant le gâteau, puis l'époque étant au chimique, de vente en masse de Met amphétamines. Si vous voulez vous changer les idées, allez au Parc d'attractions Candyland, montez sur la grande roue, payez-vous un méga trip jusqu'au ciel pour redescendre bien vite en enfer, où le sucre n'est pas réconfortant, non ! Suintant des forêts d'érables, utilisé sous tous ses formes dans la boutique " La maison du sucre" par sa géniale propriétaire Sadie, il est le piège dans lequel s'engluent, telles des mouches, tous les protagonistes de ce conte lugubre et superbe. À l'extérieur de la ville, dans un paradis de pureté et de rectitude morale vivent les Amish. Utilisant le penn-deutch pour communiquer, ces "Allemands" bloqués dans un autre temps, considèrent tous les étrangers comme des anglais. C'est dans cette communauté que naît et grandit Sadie Gingerich. Atteignant ses 16 ans en 1982, elle part pour le monde moderne afin de vivre le rite de passage à l'âge adulte. Au terme de son séjour, elle devra décider de son retour chez elle ou de rester dans l'Amérique actuelle. En parallèle, nous suivons William Braxton à quelques jours de sa retraite de policier, de nos jours, appelé sur une scène de crime à l'entrée d'une mine abandonnée. C'est Thomas Gingerich, le fils de Sadie la victime. La meurtrière désignée serait Allison, la nièce de Braxton. Bientôt Sadie et Danny le père de l'accusée se rencontrent.... Description passionnée et passionnante de la « communauté Amish, des habitants des montagnes isolées du Nord et des villes abandonnées de la Rust Belt « , c'est un thriller flamboyant malgré sa noirceur, presque surnaturel et entre deux mondes, humain malgré l'indicible cruauté qui règne dans ce no man's Land terrible, et une superbe et bouleversante histoire d'amour certes venimeuse, mais éternelle et magnifique. Grand livre ! Nécessaire afin de témoigner du désespoir d'une Amérique rurale à bout et du malheur de ces cités du Nord laminées par la drogue et la pauvreté. Quelle lecture ! Quatrième de couverture Candyland n'est pas un conte ordinaire. C'est l'Amérique. Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d'une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison. Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d'Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s'entremêlent pendant l'enquête de police, révélant une vérité indicible. Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l'amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l'Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n'existent pas. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les mille talents d'Euridice Gusmao
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les mille talents d'Euridice Gusmao Martha Batalha Denoël 2016 248 pages traduites du portugais ( Brésil ) par Diniz Galhos Roman Chronique 1 août 2018 Années 60, Rio de Janeiro, dans un quartier résidentiel de la petite bourgeoisie, Euridice s'est marié à Antenor qui travaille dans une banque. Euridice a beaucoup de mal à comprendre ce que l'on veut d'elle, ce que la société, son mari, l'opinion attend d'elle. Elle est un être d'exception qui depuis la fugue de chez leurs parents de sa sœur aînée, voici quelques années, s'évertue à s'empêcher de sortir du rôle de la bonne épouse invisible, mère au foyer. Mais la nature revient toujours au galop quoique l'on fasse malgré le mépris affiché par l'entourage, les voisins. Elle tente plusieurs aventures, montent plusieurs projets avec succès, mais est toujours rabrouée et vite remise à sa place principalement par son mari. Deux enfants en deux ans de mariage, deux projets abandonnés, Euridice décide alors de se désinvestire de tout, de sa propre vie, d'elle-même. Que ce soit son poids, ses obligations conjugales, sa recherche d'un but à son existence. Un jour quelqu'un sonne à la porte.... Une très belle galerie de portraits tant féminins que des pères, maris, amants.... une description également de la société brésilienne depuis la fin du XIX ème siècle jusqu'aux 60's. J'ai un peu regretté que ce ne soit plus détaillé quant aux contexte politique ou économique de l'époque. Cependant, une réelle finesse d'analyse de la psychologie des intervenants, du pourquoi et comment chacun est devenu ce qu'il est au moment de ce récit. Très agréable à lire, un ton doucement ironique, comme si rien n'était vraiment grave. Un joli moment de lecture, plus profond qu'il pourrait y paraître au départ. Quatrième de couverture L'histoire d'Euridice Gusmão, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à qui on explique qu'elles ne doivent pas trop penser. Et qui choisissent de faire autrement. « Responsable de l'augmentation de 100 % du noyau familial en moins de deux ans, Euridice décida de se désinvestir de l'aspect physique de ses devoirs matrimoniaux. Comme il était impossible de faire entendre raison à Antenor, elle se fit comprendre par les kilos qu'elle accumula. C'est vrai, les kilos parlent, les kilos crient, et exigent - Ne me touche plus jamais. Euridice faisait durer le café du matin jusqu'au petit déjeuner de dix heures, le déjeuner jusqu'au goûter de quatre heures, et le dîner jusqu'au souper de neuf heures. Euridice gagna trois mentons. Constatant qu'elle avait atteint la ligne, cette ligne à partir de laquelle son mari ne s'approcherait plus d'elle, elle adopta à nouveau un rythme alimentaire sain ». Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Roi Fol
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Roi Fol Laurent Decaux XO Editions 12 septembre 2019 336 pages Historique Chronique 14 septembre 2019 Ne pensez pas retrouver dans ce deuxième roman de Laurent Decaux les personnages du Seigneur de Charny, peut-être reviendront-ils plus tard. Cette fois l'auteur a voulu mettre en scène et valeur Charles VI dit le Fou déjà croisé dix ans plus tôt. Un destin particulier pour le fils de Charles V le Sage et de Jeanne la Folle, tristement célèbre. La malédiction maternelle semble frapper son garçon devenu roi à seulement 14 ans. Pendant la régence, ses oncles Philippe le Hardi et Jean de Berry, entre autres, se sont enrichis sur le dos du peuple et de la cassette royale. Il n'en est plus question en 1392, Charles VI veut reprendre la main et sauver son beau pays. Avec l'aide des anciens conseillers de son père, Olivier de Clisson connétable, Bureau de la Rivière chambellan, Renaud Le Mercier grand argentier, des roturiers tout au service du roi, rebaptisés les marmousets par le peuple et les jaloux ( un marmouset est un singe de foire, méchant et voleur), le roi veut enfin mettre un terme à la guerre avec l'Angleterre, remplir le Trésor royal, relancer le commerce, œuvrer à la réunification de l'Eglise scindée entre Rome et Avignon par le grand schisme d'Occident. " Ses conseillers n'attendaient pas de lui des preuves d'intelligence. Ils exigeaient une forme d'éclat transcendant. La féodalité arrivait à son terme. L'absolutisme commençait, avec son caractère divin et sacré." Tout sourit à Charles VI, après deux filles le voici père d'un fils, enfin, la lignée est assurée. Cela est sans compter avec les appétits de sa femme Isabeau qui, se sentant délaissée depuis que son mari à une mission, cherche le réconfort entre les bras d'hommes pas toujours recommandables. Et le dernier en date, Pierre de Craon, ancien mercenaire de 50 ans, qui fut le favori du frère du roi, Louis d'Orléans, rejeté dans l'obscurité grâce à l'intervention des marmousets et en particulier de Olivier de Clisson, sera à l'origine de quarante années de guerre, trahisons, horreurs. Après qu'il eut agressé Clisson, il s'enfuit chez son cousin Jean de Montfort, duc de Bretagne. Charles VI ne peut laisser ce crime contre un des serviteurs de l'état impuni... Conduire l'ost en terre bretonne pour châtier Monfort, bien que rien ne prouve son implication dans les actes de Craon, est la priorité. Adieu donc les projets de Croisade tant espérée par Louis d'Orléans et son épouse Valentine Visconti, pas de règlement immédiat du schisme d'Occident.... Laurent Decaux introduit d'autres personnages, des proches des marmousets ou des oncles : Paul de Limbourg peintre et miniaturiste, Nicolas Flamel, le cuisinier Taillevent, tous trois figures réelles de l'Histoire ; ajoutez Florie la petite fille de Bureau de la Rivière, Yvain de Béarn, Milon de Joinville, la nourrice Margot, la servante Thiphaine, Rémi le simplet, Guillaume d'Avoir, créés pour les besoins de l'intrigue. En les suivant, nous entrons dans les palais, les alcôves, à la cour, dans les domaines provinciaux, les ateliers d'artistes, la maison de villégiature du roi, nous visitons Paris au XIV ème siècle, accompagnons les armées vers la Bretagne, nous nous retrouvons dans des décors en 3D. Et surtout, ce récit, plus basé sur les intrigues politiques, la psychologie, moins roman de cape et d'épée, nous permet d'accompagner Charles lors de sa bascule dans la folie. Malgré cela, sentant que sa faiblesse pourrait mettre la France en grand danger, il prévoit, lui jeune homme, son testament. Son seul but : sauver le royaume de ses oncles rapaces, de sa femme Isabeau, préserver l'héritage de son fils .... Mais cela sera-t-il possible ? Un opus plus intime, bouleversant, éclairant sur une Histoire de France dont les étapes sont souvent le résultat de comportements infimes, comme l'adultère d'une reine ici. Extrêmement bien écrit, construit, ce livre nous rapproche de Charles, crée un lien d'empathie avec ce pauvre Roi, et nous permet de nous réapproprier notre histoire commune avec h majuscule ou non. Du très bel ouvrage ! Quatrième de couverture Au début de l'année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d'accoucher d'un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l'Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d'adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s'abattent sur le jeune roi. Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s'agitent en coulisse. à la cour, le vice est l'affaire de tous et l'ambition n'est pas l'apanage des grands. Dans l'incroyable entreprise de démolition d'un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l'Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer. La France en sera quitte pour cinquante années de chaos. Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d'une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le voile des apparences
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le voile des apparences Natacha Calestrémé Albin Michel 27 mai 2015 325 pages Polar & fantastique Chronique 21 octobre 2017 Tome 2 de la Trilogie consacrée aux enquêtes du major Yoann Clivel dit le basque à la DPJ avenue du Maine à Paris.Oui de la joie à retrouver Yoann Clivel, major de la police judiciaire au poste avenue du Maine dans le 14eme arrondissement, ainsi que son équipe composée de Christian, Jane et Marc Honfleur. Également, reviennent sa compagne Alisha et son fils Nathan. Encore une fois la médiathèque de la Canopée a rangé ce livre dans les polars fantastiques. Je dirais plutôt, puisqu'on reste dans notre monde, un polar surnaturel, les morts parlent aux vivants par le biais de Nathan aux aptitudes médiumniques, et celle d'un autre jeune homme très particulier que Yoann va rencontrer dans des conditions exceptionnelles et dramatiques. La brigade va être durement frappée au tout début de ce récit et Yoann déjà sérieusement bouleversé par le mystère de la mort de son père quand il était enfant, va donc se mettre en congé et entamer une analyse en milieu hospitalier. Des choses étranges se déroulent sous ses yeux et même si il est épuisé moralement et physiquement, l'oeil du policier reste toujours ouvert. Il tique.... Bientôt les parents d'un des hospitalisés viennent lui demander de l'aide pour leur enfant Sam. Celui-ci autiste reçoit de curieux messages.... Un opus que j'ai lu vite avec bonheur, je souligne encore la police extrêmement agréable pour les yeux, les thèmes abordés tels que les dons médiumniques, le rapport aux morts, la frontière mince entre nos mondes, mais aussi la gémellité. Une certaine dénonciation également de l'usage des psychotropes, anxiolytiques et autres joyeusetés par facilité par quelques psychiatres encore trop nombreux, et de la prise en charge thérapeutique catastrophique de certains malades ou handicapés par un corps médical retardataire et campé sur ses positions stupidement. L'ayant constaté moimême, je ne peux qu'applaudir à chaque fois qu'on le rappellera. Donc un bel épisode pour une trilogie surnaturelle et engagée quant à l'écologie ou la médecine propre, suffisamment rare pour le souligner. Quatrième de couverture Peut-on communiquer avec les morts ? Après une série d'événements tragiques, Yoann Clivel, flic brillant de la police judiciaire, se rend dans un hôpital psychiatrique. Il y fait la connaissance d'un jeune homme atteint d'autisme qui communique avec les morts. L'un de ses « fantômes » est une femme qui prétend avoir été assassinée. Supercherie ? Délire d'un malade mental ? Ou piste à prendre au sérieux ? Happé par les méandres de cette affaire, Clivel se retrouve face à une autre énigme : l'assassinat de son propre père lorsqu'il était enfant... À la frontière du paranormal et du thriller, Le voile des apparences confirme l'univers singulier et très documenté de l'auteur du Testament des abeilles. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Echange Fatal
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Echange Fatal Siobhan MacDonald L'Archipel 2016 340 pages traduites par Antoine Guillemain Thriller Chronique 3 janvier 2018 Un simple échange de maisons entre l'Irlande et New York et deux familles vont être changées à jamais. Faute aux mensonges et à une erreur de jugement. D'abord un prologue qui fait froid dans le dos, une porte de coffre de voiture qui claque, un père paniqué ne sachant répondre à ses enfants : Où est maman ? J'ai beaucoup apprécié la mise en place maîtrisée de chaque côté de l'océan. En premier la famille O'Brien, Kate, Mannix, leur fils Fergus et leur fille Izzy. Fergus demande beaucoup de soin il est spécial, et cela ne plaît pas à un petit caïd de l'école. Kate veut trouver une solution, elle se noie un peu, elle sent son couple fragile et plus que tout elle veut rendre le sourire à ses enfants. Du côté de Manhattan, les Harvey, Oscar, sa femme Hazel, leur fils Elliott et sa sœur aînée Jess. Hazel est très traumatisée par une agression qu'elle a subi, elle ne s'en remet pas. Qui est le coupable ? L'auteure nous laisse tout imaginer.... Elle veut se retrouver, et souhaite retourner après 15 ans d'exil aux USA, revenir pour Thanksgiving dans sa ville natale en Irlande. Ainsi Kate et Hazel vont organiser ce qui semble une bonne idée, via un site, l'échange de la maison de Curragower Falls contre l'appartement de standing new-yorkais. Cependant, beaucoup de graves incidents dans la vie des uns et des autres semblent mettre les deux familles en danger sans que l'on comprenne tout. Tout est trouble dans les relations des couples. Un tel voyage est-il souhaitable ? C'est une fuite en avant, une parenthèse que les deux femmes veulent offrir à leurs tribus. Tout est distillé avec art, les informations nous parviennent au compte goutte, la description des fêtes organisées à NewYork ou en Irlande en même temps que les drames se nouent est une réussite, puis..... Et puis cela devient classique, très classique. Pour moi trop, car le début m'avait vraiment fait saliver.... Un peu déçue, j'attendais un super retournement de situation, non ! Cela reste un thriller de bonne facture, bien écrit, campant bien les personnages, mais en fin d'histoire pas transcendant. Il aurait pu ! Quatrième de couverture Plus jamais vous n'échangerez votre maison avec des inconnus... Pour les vacances de la Toussaint, Kate et Hazel décident d'échanger leurs domiciles. Kate est irlandaise et pense qu'une semaine à New York sera salvatrice pour son couple et sa famille.Hazel vit à Manhattan et rêve de retourner à Limerick, sur les terres de son enfance, avec son mari et leurs deux enfants. Mais les vacances idylliques virent au cauchemar. Quand s'ouvre ce roman, un coffre de voiture se referme. À l'intérieur, le cadavre d'une femme... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Comment te dire
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Comment te dire Melissa Bellevigne City Editions 3 novembre 2022 288 pages Feel-good Chronique 7 novembre 2021 Un roman d'amour et d'amitié aux accents vintage, réconfortant pour tous ceux qui furent fans de Céliiiiiiiiine, je plaisante quoique... , romantisme et optimisme au programme même si teintés de mélancolie et de tristesse parfois. L'autrice situe son récit entre sa Savoie natale et la ville très British de Folkestone où elle réside maintenant avec ses quatre enfants et son mari. Arthur le romancier et Emily la fleuriste ont en eux beaucoup de Melissa Bellevigne qui signe ici une histoire bien et adroitement écrite, soutenant le suspense jusqu'à la fin quant au départ précipité et incompréhensible de la mère du jeune homme alors qu'il était enfant. Emily également a eu son lot de malheurs et éprouve énormément de gratitude pour cet auteur découvert par hasard qui lui a redonné, sans le savoir, l'espérance en l'avenir. La rencontre a lieu à Genève au salon du livre, un rendez-vous manqué entre deux pudiques et timides... Mais le regard échangé transforme à jamais leurs vies. Vous l'avez compris une romance très anglaise débute, style "Coup de foudre à Notting Hill" and Co. En parallèle, pour apporter de la profondeur au récit, nous découvrons l'échange de lettres entre les parents de Arthur, pendant des années de souffrance, après la fuite désespérée de la jeune maman. Deux vies gâchées, brisées, et en écho celles des enfants, des proches... Arthur et Emily seront-ils capables de tirer les leçons du passé ? Melissa Bellevigne ajoute des personnages secondaires qui relancent adroitement et avec humour l'action, dont Philip, le meilleur ami de Arthur qui lui dit très justement : "Quand vas-tu enfin te rendre compte que tu n'es pas destiné à être malheureux, que ça ne dépend que de toi mais qu'il va un jour falloir que tu deviennes acteur de ta propre histoire ?" Phrase de bon sens que nous nous devons d'appliquer bien que ce soit particulièrement difficile aujourd'hui, certaines décisions nous échappant. Le but de l'auteure est de nous donner de l'espoir, de nous créer une bulle de dépaysement consolante et déconnectée de la réalité actuelle. Ce n'est absolument pas un livre s'inscrivant dans le courant New Romance, souvent très hot, inutilement. Je dirais même que ce livre romantique pourrait également plaire à des jeune filles. Même si ce type de littérature n'est pas forcément ma cup of tea, ce fut cependant une trêve, une suspension, une respiration, un moment de lecture très agréable, me tenant en alerte jusqu'au dénouement : le dévoilement du secret entourant le départ de la mère de Arthur. " Une histoire d'amour et d'amitié qui fait la part belle aux secondes chances, celles que nous vivrons tous un jour ou l'autre." Quatrième de couverture Arthur Neil est un auteur anglais de romans à succès. Plutôt introverti, il passe le plus clair de son temps plongé dans la rédaction de ses manuscrits, et auprès de son meilleur ami, Philip, un amoureux de la vie à l'humour détonnant. Au détour d'une séance de dédicace à Genève, Arthur croise le regard d'Emily, qui le trouble profondément. Déboussolé, il observe la jeune femme disparaître dans la foule sans parvenir à la retenir. Malgré la fugacité de l'instant, son souvenir s'inscrit de manière indélébile dans ses pensées. De retour en Angleterre, Arthur réalise qu'il est plus à l'aise entre les pages de son imaginaire que dans la vie réelle et sombre peu à peu dans la mélancolie. Encouragé par Phil, Arthur va pourtant tenter de retrouver Emily qu'il espère être la réponse à son vague-à-l 'âme. Brisés par les secrets de leurs passés respectifs, Emily et Arthur vont alors tenter de panser leurs blessures tout en troquant leurs peines contre des joies nouvelles. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















