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  • Sur les hauteurs du Mont Crève - Coeur

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sur les hauteurs du Mont Crève - Coeur Thomas H.Cook Seuil 25 août 2016 336 pages traduites par Philippe Loubat-Delranc Thriller Chronique 19 août 2017 Le titre original est « Breakhart Hill ». Il est 3h10 du matin et normalement j'aurais attendu de me réveiller 8 ou 9 heures plus tard pour rédiger un avis sur le livre, pour digérer un trop plein d'émotions et être plus apte à écrire.... Mais là impossible. C'est un grand roman, de ceux qui ont un supplément d'âme, qui vous laisse pantelant et bouleversé profondément, un vrai crève coeur dont on se remet difficilement comme d'un immense chagrin d'amour. Vous savez celui qui vous prend adolescent pas encore adulte, plein d'une candeur romantique un peu ridicule et en même temps grave et dramatique. Je suis dans cet état juste avant d'aller essayer de dormir, chamboulée comme l'est le narrateur Ben médecin dans la ville d'Alabama Chocktaw. Trente ans après le drame, il se souvient de son amie Kelli venue du nord du pays dans cet état au passé alourdi par des années effroyables d'esclavages et de cruauté inhumaine, dont le mont Crève-Coeur fut le théâtre. La belle, la merveilleuse Kelli qui disparut soudain en ce lieu maudit ; que s'est il réellement passé ? Écriture magnifique d'un grand lyrisme aux images superbes, histoire en quatre actes comme une pièce de Shakespeare ciselée en chapitres courts, une fin qui m'a coupé les jambes et mit les larmes aux yeux. Chef d'oeuvre du genre, maître du suspense d'un grand humanisme qui fait l'exception de ce récit.. Je salue la qualité de la traduction de ce dernier opus du virtuose monsieur Cook. Après les heures noires traversées depuis quelques jours, le talent mis au service de l'expression de ce qui fait un humain, sa conscience du bien et du mal, est un baume sur certaines blessures. Quatrième de couverture « Qu'allait faire Kelli sur le mont Crève-Cœur ce jour-là ? Qu'allait-elle chercher, seule dans la profondeur de ces bois ? » Trente ans après le drame, Ben demeure obsédé par l'image du corps de Kelli tel qu'il a été découvert sur la hauteur de ce mont où, jadis, l'on organisait une course de Noirs avant les enchères du marché aux esclaves. Dans un de ces flash-back troublants que Thomas H. Cook maîtrise à merveille, le lecteur revisite avec Ben, ancien condisciple de la victime devenu médecin de campagne, les événements qui ont bouleversé la petite communauté blanche et conservatrice de Choctaw, Alabama, au mois de mai 1962. Le meilleur ami de Ben le soupçonne toujours d'en savoir plus qu'il ne l'admet sur l'agression de la jeune beauté venue de Baltimore : Kelli a-t-elle été tuée parce que Todd, le bourreau des cœurs local, avait plaqué sa petite amie pour elle ou parce qu'elle soutenait la cause des Noirs dans le journal du lycée ? Né en 1947 en Alabama, Thomas H. Cook a quitté à 17 ans sa petite ville pour New York, qui le fascinait. Devenu professeur d'histoire, et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta, il a écrit plus de vingt romans policiers ténébreux, dont Au lieu-dit Noir-Étang, lauréat d'un Edgar Award. Il partage son temps entre Cape Cod et Culver City. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Empereur

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Empereur Jean Diwo Flammarion 1994 478 pages Historique Chronique 9 octobre 2018 « Le jeune homme aux culottes de golf » Un auteur fétiche pour moi.... Presque tout lu... Je lui dois beaucoup de mes connaissances. 1927-1928. Henri Bergson prix Nobel de littérature- Tchang Kai- Chek président de la République de Chine- François Mauriac publie Thérèse Desqueyroux- Débuts Salle Gaveau du jeune prodige Yehudi Menuhin- Charles Lindbergh traverse l'Atlantique. l'Olympique de Marseille remporte la Coupe de France de football- Pacte Briand-Kellog : 60 pays dont l'Allemagne renoncent solennellement à la guerre- Projection à New-York du Chanteur de jazz, premier film entièrement parlant et sonore- Première à Berlin de l'Opéra de quat'sous de Brecht- Victoire aux élections du centre et de la droite qui soutiennent Poincaré. Stabilisation du franc. Début du livre après une introduction où nous assistons à la mort de Adrien Anthelme, venu joyeusement comme tous les mardi matin dans son gymnase privé disputer un petit match de boxe amical, histoire de se rappeler un peu sa jeunesse au Maroc. Un mauvais coups et.... Rideau. Pas tout à fait car sa vie, qui fut semblable à un roman, il « laisse trop d'argent et surtout trop d'affaires qu'il était seul à diriger pour que sa succession se liquide sans drame. » L'affaire Anthelme commence donc pour nous en 1927, lorsque ce gamin élevé à Saint Maur par une mère veuve sans grand moyen, rempli d'une ambition folle, intelligent mais n'ayant pas dépassé le certificat d'études se présente un jour sur les conseils d'un ami du certif chez l'éditeur Quentin, homme de pouvoir, de conviction, bienveillant et engagé, qui donne une réception où est présent une vingtaine d'habitués des réunions dominicales de la revue " Libertés nouvelles". Madeleine, l'épouse du grand homme repère vite ce garçon et le prend sous son aile. Ainsi débute un destin à peine croyable de l'Empereur, qui sera le témoin privilégié de la fin des années 20 aux sixties, de l'histoire de la France de l'entre-deux-guerres bien trop courte, de la capitulation devant les nazis, de la collaboration, du réveil d'un peuple et de sa victoire jusqu'à la résurrection d'un pays, bénéficiant du début des trente glorieuses. La grande chance d'Anthelme, il la provoque, c'est vrai, mais également elle vient à lui sous les traits d'un écrivain, addict de son Saint-Germain-des-Prés, normalien, généreux, Garmond, touché par la hargne et le désir d'apprendre de cet adolescent pauvre et quelque peu inculte. Il devient son père de substitution, son mentor. Nous assistons alors à l'ascension sociale incroyablement rapide d'Adrien qui s'il est mauvais en orthographe sait compter et sentir l'air du temps et définir les tendances. La publicité et la réclame deviennent son terrain de jeu de prédilection. Cette passion le mène aux plus hautes fonctions de magnat de la publicité mais aussi de la presse d'où son surnom de l'Empereur. C'est un portrait intime et public d'un homme aimé des femmes, pointilleux, despote, insupportable, mégalomane, peu scrupuleux en terme légal, mais aussi généreux, fidèle en amitié, reconnaissant et capable de remise en question. L'auteur, disparu malheureusement en 2011, (quelle perte !), serait certainement heureux de la comparaison avec Citizen Kane d'Orson Welles ou son modèle William Randolph Hearst, comme précisé au bas de la quatrième de couverture. Un roman historique truffé de détails, d'anecdotes passionnants, amusants ou édifiants. Un livre extrêmement bien écrit, qui a 24 ans et reste d'une modernité évidente, aucune ride, une réelle pertinence, distrayant et instructif. Un regard sur l'Histoire et ses personnages réels ou fictifs rempli d'humanité. Vous me manquez monsieur Diwo ! Quatrième de couverture L'Empereur, c'est avant tout l'homme d'une génération, celle de l'entre-deux guerres, de la tragédie de la défaite, de l'Occupation et de la résurrection de la France jusqu'aux années 60. Adrien Anthelme, adolescent pauvre et inculte, mord à l'hameçon du savoir que lui tend le hasard et un homme de bonne volonté, le séduisant Garmond, écrivain attaché à son Saint-Germain-des-Prés comme un paysan du Perche à sa terre. Le jeune homme, qui est intelligent et courageux, se laisse dégrossir par son Pygmalion. C'est l'ascension prodigieuse d'Adrien que raconte Jean Diwo, à travers des aventures amoureuses et des anecdotes plus amusantes et plus passionnantes les unes que les autres. Jusqu'à ce qu'il arrive à la puissance : celle d'un magnat de la publicité et de la presse que ses collaborateurs surnommeront l'Empereur. Exigeant, despote, généreux, mégalomane, sans scrupules, fidèle en amitié, brutal, Anthelme est tout cela. Les autres personnages, inventés ou historiques, qui jalonnent sa route forment une pâte humaine et romanesque à la hauteur du héros. Dans ce magnat des temps modernes, certains seront peut-être tentés de chercher des ressemblances avec le Citizen Kane d'Orson Welles ou son modèle William Randolph Hearst. L'auteur en serait ravi… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Accusé du Ross-Shire

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Accusé du Ross-Shire Graeme Macrae Burnet Sonatine Fin 2017 331 pages traduites par Julie Sibony Historique Chronique 21 mai 2018 Remarquable et époustouflant Ce livre fut finaliste du Booker Prize 2016, et concernant la traduction, celle-ci fut soutenue par deux bourses : celle du Centre national du livre et la bourse Max Geilinger décernée en 2017 par le Collège de traducteurs Looren. Ces points précisés, ce thriller historique original quant au sujet et à la construction, est d'une beauté inouïe tant par l'écriture prodigieuse parfaitement rendue par la traduction soignée de Julie Sibony, que par la possibilité qu'il donne au personnage principal, au nom de tous les invisibles, fermiers, petites gens des Highlands il y a 150 ans, de prendre la parole, de se faire entendre. Terrible récit qui me donnait envie de crier, de fermer le livre, de pleurer, de me révolter devant tant d'inhumanité. Non seulement l'auteur nous conte un destin extraordinaire par la nature même du héros, mais de plus il relève le challenge de présenter le système judiciaire anglais, dont certains aspects n'ont pas changé jusqu'à nos jours, et de décrire les premier pas des expertises psychiatriques en criminologie. Ainsi James Bruce Thomson (1810-1873) à réellement existé. Ses idées aujourd'hui réfutées et conspuées, sont consultables en ligne et exposées dans son article « La nature héréditaire du crime » publié en 1870 dans le Journal of Mental Science. « Elles sont un exemple de la « Théorie de la dégénérescence » alors très répandue, une sorte d'évolution inversée ». Je vous conseille de bien respirer avant de lire les lignes consacrées à cette pensée pleine de certitude quant à l'infériorité de certains êtres barbares, races de sauvages, en particulier natifs des Highlands, dont on ne peut attendre que de la violence, de l'imbécilité, une propension génétique au crime, vérifications faites par l'examen et la prise de mesures de certains éléments physiques comme les oreilles, le crâne, le front, etc.... théories sulfureuses qui mèneront au tri sélectif de l'espèce, une version déviante de la théorie de Darwin par son propre fils et des personnages célèbres dont Churchill, favorables à une stérilisation des classes pauvres et débiles pour le bien de toute la société (lisez le sublime « La salle de bal » de Anna Hope paru en début d'année scolaire). Cette suffisance crade a mené bien des innocents à la potence, et je parie sur la noirceur de l'âme de ce prétendu expert auprès des tribunaux de l'époque et de sa totale culpabilité criminelle. Un serial-killer ! J'espère de tout mon cœur qu'un Tribunal existe après la mort pour condamner tous ces criminels contre l'humanité. D'autre part, l'écrivain se réfère également « aux Règles de M'Naghten » qui servent de critères pour juger de la folie dans tous les procès au pénal des tribunaux anglais et écossais depuis 1843." Le juge rappelle donc aux jurés : « Le critère qu'il vous faut appliquer, dit-il, est qu'un individu peut être considéré comme aliéné si, au moment du ou des faits, il était sous l'emprise d'un tel défaut de raison ou trouble de l'esprit qu'il ne connaissait pas la nature et la qualité des actes qu'il était en train de commettre, ou qu'il ne savait pas que ce qu'il faisait était mal. Il ne vous appartient pas, messieurs, pas plus qu'à moi, de juger de la validité ou non de ces critères. Ce sont les règles de la loi et c'est ce que l'on vous demande d'évaluer dans cette affaire. » Ainsi dès l'introduction, l'auteur afin de souligner le caractère habituel de telles injustices frappant n'importe quel innocent de l'époque, nous raconte que lors de recherches sur ses ancêtres écossais, il découvrit des archives relatant le procès de Roderick Macrae, dix sept ans, en 1869, jugé pour le triple meurtre d'une jeune fille, son frère et son père dans le village isolé de Culduie, dans les Highlands. La particularité du jeune homme est son extrême intelligence et sa capacité à relater dans un journal, à la demande de son avocat, tous les faits qui ont mené au carnage. Car pas une seule fois, Roderick ne nie son crime, mais son avocat, après enquête sur place et entretiens avec son client en prison, est persuadée de son état d'aliénation passagère l'ayant amené à tuer par trois fois. En fait, Roderick devrait bénéficier de circonstances atténuantes compte tenu de l'état d'asservissement des paysans de l'époque sous le triple pouvoir d'un laird, Lord Middleton, de son régisseur général et d'un constable, ici la victime Lachlan Mackenzie dit Lachlan le Large. Celui-ci s'est acharné sur le père de Roderick, fort du pouvoir que lui conférait sa nouvelle charge de constable. Hormis le manuscrit et les propres déclarations après les faits de l'accusé, aucune preuve réelle de sa culpabilité n'ont été trouvées. En deuxième partie du roman, l'auteur nous présente toutes les pièces du procès. On se demande dès lors, si ce n'est pas aussi toute cette société bien pensante et corsetée qui est mise sur le grill par Graeme Macrae Burnet. L'Histoire anglaise comme celles d'autres nations, est jonchée de cadavres d'innocents tant dans ses colonies qu'en Irlande et Écosse. Et c'est bien de cela qu'il s'agit ; ce sentiment de suprématie incroyable sur des êtres inférieurs, ces sous races, qui permit à cette société de castes, encore aujourd'hui, de détruire, de rayer d'un trait des millions de vies. Ce drame unique concernant Roderick Macrae est représentatif d'un phénomène plus large. Ce thriller, où règne l'inéluctable, est un « voyage entre réalité et fiction d'une rare intelligence ». L'auteur pose des questions brûlantes d'actualité, ce qui d'ailleurs nous laisse tétanisés par tant de retard du système judiciaire et des mentalités. « Quelle autre solution que la violence dans un monde qui ne vous laisse aucun avenir ? Qui pour défendre les intérêts de ceux qui ne représentent rien ? Comment échapper à ses origines ? Rares sont les romans qui conjuguent de la sorte sens de l'intrigue, plaisir et réflexion. Un coup de maître. » Je souscris à cet avis. Un texte puissant et incontournable ! Quatrième de couverture Un piège littéraire dans les Highlands du XIXe siècle Finaliste du Booker Prize 2016, un formidable puzzle romanesque aussi divertissant qu'intelligent. Alors qu'il fait des recherches généalogiques sur ses ancêtres écossais, Graeme Macrae Burnet découvre des archives relatives à une étrange affaire. En 1869, Roderick Macrae, dix-sept ans, a été arrêté après un triple assassinat dans un village isolé des Highlands. Dans un document écrit, le jeune homme relate sa vie et ses meurtres, sans jamais donner le moindre détail sur ses mobiles. Hormis ce récit, aucune preuve tangible de sa culpabilité n'a été trouvée. Était-il tout simplement fou ? Graeme Macrae Burnet nous livre toutes les pièces du procès : témoignages, articles de journaux, rapports des médecins. Peu à peu, le doute s'installe. Le récit de ces crimes est-il bien l'œuvre de ce jeune garçon, a priori illettré ? S'agit-il d'un faux ? Si c'est le cas, que s'est-il réellement passé? La solution semble se trouver dans la vie de cette petite communauté repliée sur elle-même, où chacun doit rester à sa place, sous peine de connaître les pires ennuis. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'arracheur d'ombres

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'arracheur d'ombres François Avisse M+ Editions 25 mars 2022 245 pages Thriller fantastique Chronique 31 juillet 2018 " Avant de disparaitre entre deux collines, le soleil rougeoyant se mire une dernière fois dans les eaux calmes du lac Ilmen. Sa lumière vespérale sur cette étendue lisse ressemble à une gigantesque flaque de sang qui souligne l'horizon. Une couche de brume, tel un châle de mousseline recouvre silencieusement le paysage. Clara, en regardant au travers du pare-brise, se demande pourquoi cet inquiétant brouillard et son cortège de mystère semblent l'accompagner où qu'elle aille. Londres, Moscou, et maintenant les bords du lac Ilmen... C'est comme un signe du destin, un mauvais présage, telle une nuée de vautours, sentant un proche festin, tournoyant continuellement au-dessus de sa tête. " Êtes-vous prêts à descendre vers la source du Mal, au fond d'une cave dans un lieu de perdition près du lac Ilmen ? N'oubliez pas, à l'origine du Mal, il y a la peur. Les ombres se nourrissent de votre terreur pour grandir et recouvrir le moindre espace de clarté. Le Mal est une bête immonde, peut-être votre propre ombre, qui sait ? Londres, aujourd'hui, Clara Villiers, médecin légiste de génie travaillant pour la CIA de New-York rejoint un collègue de Scotland Yard, le professeur Bergerman. Leur rencontre fait immédiatement des étincelles, heureusement car ils doivent collaborer sur l'affaire d'un serial killer, " le Méticuleux" . Une femme kate épouse du lieutenant de police Jeremy Markel a été horriblement torturée, une trace blanche en forme de roue dentelée est visible sur sa nuque. Jeremy leur apprend que c'était un grain de beauté. Les autres victimes présentaient elles aussi ce type de trace. Pendant ce temps là, en Russie, à Kachkarino, dans une forêt de l'est, un jeune couple fou amoureux vient de se marier. Sofia rejoint l'isba où ils vont passer leur nuit de noce, pendant que Boris va boire encore quelques verres pour célébrer cet événement. Il espère que sa jeune maîtresse Tatiana va enfin comprendre qu'elle doit arrêter de le harceler. Il rejoint une heure plus tard la maison mais Sofia a disparu. En la cherchant de plus en plus paniqué il la retrouve dans un fossé, nue, assassinée à la hache... Quatrième de couverture Décembre 1564. Ivan le Terrible, tsar de toutes les Russies, quitte brusquement Moscou. Trois jours plus tard, il revient, métamorphosé en tortionnaire monstrueux. Seuls les cris, les larmes et la vue du sang semblent pouvoir satisfaire sa soif d’abomination. Londres, de nos jours. Clara Villiers est la plus brillante médecin légiste de sa génération. Ce n'est donc pas un hasard si Interpol fait appel à elle pour participer à la traque du « Méticuleux », un monstrueux tueur en série. Le seul objectif du meurtrier semble être de faire souffrir ses victimes le plus longtemps possible. L’enquête entraîne la jeune scientifique aux confins des terres russes, dans le lieu même où, près de 450 ans plus tôt, sévissait Ivan le Terrible. C'est là que Clara va devoir affronter l'origine de toutes les peurs... Terrifiant et passionnant : un grand thriller entre histoire et anticipation. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'année où je t'ai rencontré

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'année où je t'ai rencontré Cecelia Ahem Milady-Bragelonne 2018 411 pages Feel-good Chronique 5 août 2019 Un premier chapitre extrêmement touchant où l'héroïne, Jasmine, apprend à cinq ans par son cousin Kevin qu'elle va mourir, en plus le jour de l'enterrement de son grand-père, qui du coup va servir d'engrais aux fleurs... Le ton est donné ! Il n'en faut pas plus à la petite fille pour que devenue grande, elle soit une obsessionnelle du travail, du gain de temps, s'épuisant en une course effrénée après elle-même, évidemment perdue d'avance, jusqu'au jour où STOP !!! elle est arrêtée brusquement dans son mouvement perpétuel par un de ses associés. Elle voulait revendre la startup qu'ils avaient créée ensemble, histoire de passer toujours plus vite à une nouvelle aventure sans surtout s'attacher, alors que lui au contraire souhaitait voir grandir et prospérer son entreprise. Elle a eu le tort de ne pas prendre le temps de l'écouter, prenant même des contacts avec un racheteur éventuel sans en référer à son partenaire, celui-ci décide donc de la larguer. Non pire, il continue à la payer pendant un an de " Mise en jardinage" nous dirions en jachère, pendant lequel elle ne peut ni travailler ni aller à la concurrence. Une sacrée tuile pour cette hyperactive se retrouvant du coup cloîtrée dans sa maison, à se réjouir du moindre fait insignifiant, des naissances aux baptêmes, dîners et cafés pris avec les copines maternantes.... Enfin, passer Noël et le jour de l'an, la folie la guette.... Et bien sûr, quand on tourne en rond, que fait-on... ? On épie ses voisins.... Quelle chance ! Celui d'en face n'est pas piqué des hannetons, un animateur de talk-shows à la radio, alcoolique, gueulard, détesté de sa femme et de son fils aîné. Elle le reconnaît ce fameux Matt, et elle le hait, elle le méprise, il la dégoute. Mais c'est pas tout ça, elle a devant elle une interminable année à traverser, pourquoi ne pas faire de son terrain devant son pavillon, très gris et minéral, un jardin coloré et joyeux comme celui de son papy. L'aventure commence vraiment, elle entrouve une porte vers un univers que sa grande soeur adorée et extra-ordinaire, Heather, maîtrise parfaitement depuis toujours. Oui ce roman est un pur exemple de livre feel good, ce n'est pas celui de cette auteure qui m'ait le plus tourneboulée mais il m'a fait passer un bon moment, m'a remise quelques vérités en mémoire, comme accepter les mains tendues, cultiver sa vie comme l'on ferait d'un jardin, prendre le temps de profiter des gens qu'on aime, être ouvert, sans préjuger des autres, voili, voilou.... Ça enfonce peut-être des portes ouvertes mais Cecelia Ahern le fait avec talent, justesse, humour, très douée pour camper un décor, des personnages attachants, écrire des dialogues savoureux. Le livre parfait après deux thrillers très sombres... Donc pour les vacances, idéal. Point noir : la traduction, mais chut... je veux rester de bonne humeur.... Quatrième de couverture " La plupart des gens n'ont pas besoin de faire" quoi que ce soit" pour nous transformer, ils n'ont qu'à être " là" j'ai réagi à ta présence. Tu m'as aidée. J'ai toujours cru qu'être aidé revenait à perdre le contrôle mais il faut laisser quelqu'un nous secourir, et alors seulement la transformation peut avoir lieu." Jasmine a deux passions : sa sœur, Heather, et son travail. Lorsqu'elle est licenciée, elle est désorientée et s'aperçoit qu'elle ne sait pas qui elle est réellement. Matt a deux passions : sa famille et l'alcool. Sans eux, il sombre. Jasmine et Matt se rencontrent le soir du réveillon du nouvel an. Tous deux au chômage, avec du temps à ne savoir qu'en faire, ils se trouvent à la croisée des chemins et vont devoir faire des choix. À l'instar du jardin dont s'occupe Jasmine, leur amitié, aussi surprenante qu'inattendue, éclot au rythme des saisons et des fleurs. Parfois, il faut savoir s'arrêter pour mieux repartir... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les aventures de Lady Eleanor Swift - Tome 2 : Mortelle Mascarade

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les aventures de Lady Eleanor Swift - Tome 2 : Mortelle Mascarade Verity Bright City Editions 8 juin 2022 304 pages traduites par Karine Xaragai Polar historique Chronique 11 juin 2022 "Chaque saint a un passé et chaque pécheur a un avenir." Oscar Wilde, Une femme sans importance Nous voici à nouveau dans le petit village du Buckinghamshire où Lady Eleanor Swift avec son majordome Clifford a su s'illustrer lors de l'enquête contée dans le tome 1. Sa réputation n'est donc plus à faire. Ce deuxième opus s'attachera à nous faire découvrir les folles nuits de la bonne société, en particulier des fameux Bright Young Things, cette jeunesse dorée collectionnant les actes les plus fous, s'ennivrant d'alcool, de drogues, allant jusqu'à commettre certains délits. Malgré leur triste réputation, ils sont toujours invités aux soirées organisées par les meilleures familles du gotha. Eleanor est conviée en ce début de roman au bal masqué donné par la famille du beau pilote d'avion Lancelot rencontré voici quelques mois. Le jeune homme, membre des Bright Young Things n'est pas insensible aux charmes de notre lady garçon manqué. Mais la soirée tourne au fiasco et à l'arrestation du dandy accusé de meurtre et de vol. Lady Swift n'a pas le choix : à la demande des parents de Lance, elle va tout mettre en œuvre pour prouver l'innocence de son ami ; elle doit donc infiltrer le groupe des jeunes noceurs. Elle devra mettre dans la lumière toutes les zones d'ombre de ce groupe, aller au delà des apparences et des faux semblants... Une tâche des plus difficiles sans aide de la police mais heureusement avec le soutien indéfectible du majordome Clifford. Une plongée donc dans les coulisses de la bonne société anglaise.... Délicieux, faussement léger comme toujours, parfaitement exécuté comme la meilleure des recette de pudding. Beaucoup d'ingrédients pour obtenir une saveur inégalable et mettre nos papilles en fête. Quatrième de couverture Plus à l'aise dans la savane africaine que sur une piste de danse, Lady Eleanor Swift est confrontée à un sérieux problème : le jeune et beau Lancelot l'a invitée à un bal masqué. Dans la foule de personnages costumés, masqués et grimés, elle cherche désespérément son cavalier. Lorsqu'elle le découvre enfin, la scène est atroce : Lancelot est debout, brandissant un chandelier en argent au-dessus d'un cadavre. Au mur, un coffre-fort ouvert et vide ! Quelques instants plus tard, le jeune homme est arrêté pour meurtre et vol de bijoux. Mais Eleanor est persuadée qu'il est innocent. Avec l'aide d'une brochette d'amis, des gars de la haute société qui conduisent vite et boivent encore plus vite, elle mène l'enquête. Mais en voulant innocenter Lancelot, elle se retrouve en première ligne et risque bien de sortir de scène les pieds devant... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un fond de vérité

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un fond de vérité Zygmunt Miloszewski Pocket 2016 ​ Thriller Chronique 4 mars 2018 Deuxième tome de la trilogie consacrée au procureur Teodore Szacki Nous retrouvons donc Teo en avril 2009, muté à Sandomierz, charmante ville de province, véritable carte postale qui derrière ses façades cache pourtant des secrets monstrueux dont il vaut mieux ne pas se souvenir. Mais malheureusement, ce ne sera pas le cas et la boue va se répandre dans les rues et les sous-sols de la cité. « Dans toute légende, il y a un fond de vérité » dit un dicton populaire polonais. Un proverbe juif rétorque qu'une demi-vérité, c'est un mensonge entier", et Teo ajouterait « Il est du devoir du procureur de chercher à établir la vérité ». Bon, nous voici donc prévenus. Comme dans le tome précédent, la nouvelle enquête durera 12 jours, entre le 15 avril et le 27 avril 2009 avec un épilogue le 8 mai suivant. Comme précédemment, l'auteur nous fait une revue de presse internationale et polonaise avant chaque jour. Notre anti-héros ne s'est pas arrangé, faut-il le dire ? Mysogine, cynique, infidèle, bien que se jugeant en toute objectivité lui-même comme nul avec sa femme, sa fille, il a tout perdu, et paye la facture, qui évidemment, s'est présentée. Divorce, mutation, dans cette jolie bourgade, son auto-dérision qui était un mode de protection plus jeune, est devenue un mode de fonctionnement. Disons-le, c'est vraiment un sacré con, une tête à claques, avec les femmes, ses réflexions in petto sur la gente féminine nous laissent à penser que monsieur devrait consulter ; son obsession des apparences, son snobisme et sa fatuité ne le rendent pas sympathique auprès de ses collègues et de sa hiérarchie. Tout ceci présenté avec beaucoup d'humour par l'auteur. Car on s'amuse de sa bêtise, et de ses pensées d'adolescent mal dégrossi à quarante ans bien sonnés, et Zygmunt Miloszewski aussi. Cependant, Teodore Szacki a surtout un talent fou pour résoudre des affaires criminelles, c'est même un génie en la matière, il faut bien que cela serve enfin ; car à force de gérer des dossiers d'une rare banalité, il s'encroûte et devient encore plus inadapté à la vie en société. Donc Hosanna ! enfin un meurtre, un bien sanglant, juteux, horrible, contenant toute une part de mystère et de référence aux légendes séculaires de la région, va sauver les cellules grises de notre détestable Sherlock Holmes polonais dont le docteur Watson serait sa collègue procureure, Barbara. Devant l'ancienne synagogue de la vieille ville devenue Archives, le corps d'une femme nue , exangue, à la gorge méchamment tranchée, est retrouvé. Plus loin, on ramasse un couteau à la lame aussi tranchante qu'un rasoir utilisé lors de l'abattage des bêtes dans le culte juif. Déjà on murmure que ce serait certainement un meurtre sacrificiel dans une ville dont le passé est un exemple dans l'histoire haineuse ou passionnelle entre le peuple juif et les polonais. Zygmunt Miloszewski, après avoir traité de la question du catholicisme, de l'homophobie, du post-communisme et du racisme dans son pays dans le premier opus de cette trilogie, s'attaque, par le biais de cette nouvelle enquête, à l'antisémitisme polonais. La multiplicité des personnages permet de présenter différents points de vue, d'avoir une vision d'ensemble, 65 ans après la Shoah, 63 ans après le dernier pogrom ! et 40 ans après avoir chassé les ultimes rescapés du pays en 1968 !!!! Il semblerait donc qu'un petit malin, né à priori dans les années 70, puisse utiliser les superstitions et légendes, telles celles du rituel du sang que je vous laisse découvrir tant il est dingue et moyenâgeux, pour éliminer une femme puis d'autres victimes d'une manière toujours plus démonstrative et théâtrale. Teo a l'impression d'avoir ouvert la porte d'un monde parallèle, un monde où une fausse réalité, " ensevelie sous les cadavres de vieux démons" est toujours d'actualité. Les démons ne sont qu'endormis, et dès leur réveil remuent leurs « queues démoniaques » heureux de pouvoir reprendre possession de Sandomierz et jouer avec notre Procureur. Les bras m'en sont tombés, je dois dire, devant certains faits historiques, j'en reste chamboulée. C'est un très bon polar et thriller, le personnage de Teo si haïssable par bien des côtés mais aussi pathétique, est une figure intéressante par son mode de déduction et sa logique. Sur le plan historique, c'est un récit bouleversant et remarquable. Je continue avec le troisième et dernier épisode, « La Rage », tout un programme ! Quatrième de couverture Dans toute légende, dit-on, il y a un fond de vérité. À Sandomierz, sage bourgade de la province polonaise, on ne croit plus depuis longtemps que les Juifs enlèvent les enfants catholiques pour les vider de leur sang. Quoique... La découverte d'une jeune notable devant l'ancienne synagogue, égorgée suivant le rituel de l'abattage casher, réveille anciennes croyances et vieux démons... À charge pour le procureur Teodore Szacki, fraîchement divorcé et exilé de la capitale, de trouver la vérité. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Double amnésie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Double amnésie Céline Denjean Pocket 14 janvier 2021 672 pages Thriller Polar Chronique 6 août 2019 Comme d'habitude, je n'ai pas lu la quatrième de couverture, et bien m'en a pris. J'aime poser les pieds en terrain inconnu, découvrir des éléments de l'existence des héros au fur et à mesure, surtout leur vie privée. Je me mets toujours à la place des lecteurs qui n'ont pas lu les titres antérieurs, à qui l'on donne, ainsi, des informations malvenues. C'est dommage franchement ! Troisième tome d'une série consacrée à la gendarme Éloïse Bouquet, retrouvée avec plaisir après " La fille de Kali" et " Le Cheptel" récompensé du Prix de l'Embouchure et du Prix du Polar Francophone de Cognac en 2018. Il était cohérent pour moi de lire le dernier titre de Céline Denjean, dont j'apprécie la plume, l'engagement passionnel, la philosophie qui peu à peu se dévoile, ligne après ligne. Comme pour les deux romans précédents, l'auteure aborde les sujets de la manipulation des consciences, de la perversion des esprits par tous les moyens à la disposition des criminels, de la mise en abîme de l'âme jusqu'à la perdition complète. Ce thriller psychologique d'une grande finesse d'analyse ne joue pas sur le suspense habituel, les retournements ébouriffants, la peur lentement et sûrement distillée. Non, ce n'est pas là le propos, ni de recréer une ambiance presque surnaturelle en surfant sur les religions, croyances, sectes et autres gourous. C'est déjà fait et avec brio. Non, là ce qui est gonflé est de reprendre des thèmes "éculés" comme l'amnésie, la gémellité, la jalousie mortifère, les syndromes post traumas, l'inceste, les sororités dysfonctionnelles..... et d'en faire une fiction tout à fait unique. Par deux fois, elle nous décrit des meurtres, nous savons qui est coupable, puis elle retourne dans le passé plus ou moins lointain, fouillant dans la psyché de chaque intervenant, décortiquant chaque fait, chaque détail... Et nous le savons, c'est dans ces foutus détails que se cache le diable. D'autre part, ce troisième opus est en quelque sorte le miroir du deuxième, commençant avec Éloïse Bouquet pour refaire entrer en scène une figure déjà rencontrée, l'inverse de ce qui s'est passé dans " Le Cheptel". Ce qui est terrorisant dans les histoires entremêlées qui nous sont adroitement contées, c'est qu'elles naissent de la banalité. La normalité soudain bascule dans le cauchemar à cause d'un regard, d'une inattention, d'une mauvaise évaluation de la réalité. J'ai vécu personnellement plusieurs événements ici présentés jusqu'au retour d'un frère après treize ans de silence voici 13 jours. J'ai attendu avec impatience de savoir comment les personnages de ce roman allaient s'en sortir, quelle posture intellectuelle et psychologique ils allaient adopter afin de continuer à vivre. Je n'ai pas été déçue. Quatrième de couverture Deux femmes dans l'œil du cyclone... D'un côté, Abby Le Guen, mère de famille bourgeoise et névrosée : si elle ne nie pas avoir exécuté, dans son sommeil, son médecin de mari, elle refuse farouchement d'expliquer les raisons de son geste... De l'autre, Manon Bousquet, laquelle ces derniers temps se sent épiée, harcelée même, persécutée... Au centre de leur tourmente : L'Œil, celui qui sait tout, voit tout, qui distribue les cartes et mène le jeu... Lui seul possède les pièces manquantes de ce puzzle sanglant : sales petits secrets, souvenirs dérobés, rancune de classe et vengeance à froid... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les vies multiples d'Amory Clay

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les vies multiples d'Amory Clay William Boyd Seuil Octobre 2015 517 pages traduites par Isabelle Perrin Biographie Chronique 28 décembre 2017 Cette biographie romancée de la photographe Amory Clay s'intitule " Sweet Caress. The many lives of Amory Clay" se référant à la citation : " Quelle que soit la durée de votre séjour sur cette planète, et quoi qu'il vous advienne, le plus important c'est que vous puissiez de temps en temps, sentir la caresse exquise de la vie". Et concernant Amory, sentir les caresses sur sa joue de son père, son frère et son mari, tous trois enlevés par les deux guerres mondiales est vital. Raison certaine du choix de cette anglaise de se jeter dans le reportage de guerre, une des toutes premières en 1944 dans les Vosges. Elle repartira à 49 ans au Vietnam pour comprendre son époux traumatisé par une bataille en 1945, suicidé à coup d'alcool et de cigarettes. Une des plus âgées sur le terrain, mais pas la moindre : elle n'aime pas la guerre, elle n'aime pas être au milieu du conflit, et peut-être pour cela, elle fait des photos uniques qui feront le tour du monde . Mais reprenons du début, Beverley et Wilfreda ont une fille le 7 mars 1908. C'est Beverley qui nomme sa fille Amory, et l'annonce de l'événement mentionne un fils. C'est bien parti donc pour notre héroïne. Son père est Nouvelliste sous le nom de B.V Clay en ce début du XXE siècle dans le style histoires surnaturelles en majorité, romancier raté et homme de lettre polyvalent. Il reviendra de la drôle de guerre transformé pour toujours, cassé. Naîtront ensuite Peggy qui se rebaptisera elle-même Dido, célèbre pianiste concertiste, et Alexander ou XAN, poète à ses heures et bientôt pilote disparu de la RAF. L'oncle Gréville, photographe mondain offre à la petite Amory un appareil photo : le sort est joué. La fillette se prend de passion pour l'image, et cela ne s'arrêtera qu'avec son dernier souffle. Nous allons ainsi la suivre de Londres où elle débute difficilement, puis sur les conseils de l'oncle, en quête d'un sujet scandaleux qui la fasse connaître, à Berlin en pleine montée du nazisme. Premier contact bref avec cette folie, elle rapporte des clichés des bordels allemands qui feront effectivement d'elle une paria célèbre. Lors du vernissage de sa première exposition, elle rencontrera Cleveland Finzi rédacteur d'un célèbre magazine de photos à New-York.... Les dés sont jetés..... amoureusement et professionnellement. De la mode où elle s'ennuie ferme, elle passera enfin au reportage revenue à Londres pour couvrir entre autres une des premières manifestations de fascistes. Son destin bascule violemment ce jour là, elle est frappée au plus profond de son identité, sa vie balayée comme le seront des millions de victimes de guerre. Amory change radicalement, son personnage usant d'une fausse légèreté ironique jusque là, comme tous les jeunes ayant vécu les années folles désespérées de l'entre deux guerres, s'étoffe et devient passionnant et admirable. On la suivra à Paris, sur le front en France en Allemagne, puis en Écosse, au Vietnam, aux USA au gré de ses amours, sa carrière, ses obligations familiales. Elle restera marquée à vie par un acte incompréhensible de son père à découvrir, par la disparition de XAN, la déchéance de son amour Sholto Farr, son époux, lord écossais, rencontré sur un champ de bataille en 45. Une existence incroyable composées de multiples vies, de multiples visages, que l'auteur replace pour ne former qu'un seul puzzle, terminé le 23 juin 1983 de la propre main de la photographe. Elle contrôlera jusqu'à sa mort le récit de ses aventures en écrivant un journal de bord en 1977 à l'adresse de ses jumelles adorées. Elle est la narratrice réelle de cette biographie rédigé par William Boyd, replongeant dans ses souvenirs et y apportant des notes complémentaires dans son texte de 1977. Et nous la suivons aisément entre tous ces fragments temporels illustrés de certains de ses clichés privés ou mondialement connus. Un destin hors du commun pour cette femme libre, généreuse, téméraire, qui va poursuivre toute sa vie ses rêves et combattre inlassablement ses démons. Nous découvrons le monde à travers son objectif, le cadrage est quelques fois déroutant, mais toujours original. Quatrième de couverture Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la très jeune Amory Clay se voit offrir par son oncle Greville un appareil photo et quelques conseils rudimentaires pour s'en servir. Elle ignore alors que c'est le déclencheur d'une passion qui façonnera irrévocablement sa vie future. Un bref apprentissage dans un studio et des portraits de la bonne société laissent Amory sur sa faim. Sa quête de vie, d'amour et d'expression artistique l'emporte bientôt dans un parcours audacieux et trépidant, du Berlin interlope des années vingt au New York des années trente, de Londres secoué par les émeutes des Chemises noires à la France occupée et au théâtre des opérations militaires, où elle devient l'une des premières femmes photoreporters de guerre. Sa soif d'expériences entraîne Amory vers d'autres conflits, des amants, un mari, des enfants, tandis qu'elle continue à poursuivre ses rêves, à combattre ses démons. À travers le destin singulier et l'objectif téméraire d'une femme indépendante et généreuse, William Boyd nous promène au gré des événements les plus marquants de l'histoire contemporaine. Une ode magnifique à la liberté des femmes ! Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les murmures des morts

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les murmures des morts Simon Beckett Libra Diffusio 15 janvier 2013 461 pages traduites Isabelle Taudière Thriller Chronique 31 octobre 2017 Ce thriller fait suite à « Poussière d'os" » et on y retrouve David Hunter, anthropologue et médecin légiste londonien en bien triste état. Sa cicatrice au ventre est guérie, mais psychologiquement il subit un Syndrome Post Trauma sérieux. En dire plus et la fin de l'opus précédent serait trop dévoilée. Donc ayant reçu plusieurs propositions prestigieuses de travail mais ne ressentant plus la flamme pour son métier, il part pour le Tenesse étudier différent stades de décomposition de morts au Centre d'anthropologie médico-légal de Knoxville. Aussi appelée la Ferme des morts, pour tous les fans des premières aventures de Kay Scarpetta, l'héroïne de Patricia Cornwell, ce lieu est bien connu. Depuis plusieurs autres fermes se sont ouvertes aux USA et même en Inde. Il y retrouve son mentor et ami Tom Lieberman, malheureusement malade du coeur et bien vieilli. Lorsque la police découvre un corps dans une cabane, Tom lui demande de l'accompagner bien qu'il soit britannique. Cela n'est pas bien vu par les autorités présentes, ni forcément par le TBI, antenne du FBI au Tenesse. Cependant David va être plus qu'utile et nécessaire pour l'enquête et la compréhension du cauchemar qui ne fait que commencer. Un deuxième corps est bientôt retrouvé et les cadavres vont commencer à s'entasser. Très bon thriller classique, bon retournement final, bon rythme, bien écrit, personnages parfaitement campés. Je n'ai pas été happée par l'histoire plus que cela, mais il faut dire que ce type de récit est devenu un modèle du genre, en particulièrement horrible sur le plan de la description des scènes de crimes. Un beau carnage, je dirais parfait pour ce 31 octobre. Pour les cœurs ou estomacs sensibles, prendre des mesures de précaution. Je n'ai pas eu les grands frissons de mes premiers Patricia Cornwell à l'époque ouvrant la voie à tous les thrillers medico-légaux qui foisonnent aujourd'hui. Quatrième de couverture David Hunter, médecin légiste, part faire de la recherche aux États-Unis pour approfondir ses connaissances. Mais à peine arrivé, un cadavre mutilé est retrouvé dans une cabane au fond d'un bois, puis un deuxième. Épaulé par son ami Tom, il va aider la police à mener l'enquête. L'examen des dépouilles laisse penser à une mise en scène macabre que semble affectionner le tueur. David Hunter parviendra-t-il à mettre un terme à sa folie meurtrière ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Toute la vérité

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Toute la vérité Karen Cleveland Robert Laffont 2018 364 pages traduites par Johan-Frédérik Hel Guedj Thriller Chronique 27 mars 2018 Prix Bête Noire des libraires 2018. Paru dans la collection la Bête Noire. Un mari parfait, un père parfait, un parfait menteur ? Et un thriller parfait, où nous plongeons pour nous retrouver vite au bout de la piscine. Olympique la piscine, cela va être long, nous nous entraînons pour une épreuve de force, de résistance, de stratégie, de contrôle des peurs, pour être sûrs d'être enfin en eau claire et transparence car tout au long de ce cauchemar de contre-espionnage USA contre Russie, tout est trouble, sale, agité. On imagine bien que de voir la photo de Matt au milieu des cinq portraits des agents dormants sous les ordres d'un certain Yuri la terrorise. C'est son premier jour de retour au travail après son congé suite à la venue au monde de ses jumeaux, elle s'en réjouissait mais voilà que l'algorithme qu'elle a elle-même créé vient de détruire dix ans de mariage en une fraction de seconde. La panique s'installe, enfle, les maux de ventre, les jambes qui lâchent, elle imagine toute l'ampleur de la catastrophe sur sa vie celle des enfants, sur leur survie, sur son travail dont ils ont absolument besoin pour l'assurance maladie qui l'accompagne afin de soigner un des jumeaux cardiaque..... Ce n'est pas possible, c'est un très mauvais cauchemar.... Vite revenir à la maison, voir Matt, lui parler, au besoin le mettre au pied du mur. Mais nul besoin de cela, à la question directe: « Depuis combien de temps es-tu un agent russe? » Il répond « 22 ans » . Le couperet est tombé. Qui est cet homme devant elle ? Un ennemi de son pays est chez elle dans son lit, sa maison, lui a fait quatre enfants tout en lui mentant pendant dix ans ! Et alors Vivian va reprendre toute son histoire à sa genèse, la première rencontre, la première nuit, le mariage, le premier bébé, la recherche d'une maison. Tout va défiler et certains détails qui l'avaient faite tiquer lui sautent au visage à la lumière de cette nouvelle information.... Ses épisodes en flashbacks vont s'intercaler avec la course-poursuite effarante qui vient de s'enclencher par cette simple photo sur son écran. Nous sommes avec Vivian car elle est la narratrice de ce récit, franchement nous sommes aussi perdus et désespérés qu'elle, mais une chose seulement la transformera en agent sur le terrain, en guerrière, la protection de ses enfants. Son monde s'écroule, ils en sont le point central, le repère. Formidable thriller psychologique dont on tourne les pages très vite. Style très direct, simple sans fioriture inutile, tous les personnages sont crédibles, Matt est troublant et tendancieux à souhait. PARFAIT ! Pour passer un moment angoissant et passionnant, c'est ce livre que vous devez choisir.... Quatrième de couverture Malgré un travail passionnant qui l'empêche de passer du temps avec ses quatre enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille. : Quelles que soient les difficultés, elle sait qu'elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l'épauler. En tant qu'analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays .... Ou sa famille. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'énigme de l'Auberge Rouge - La véritable histoire de l'Auberge de Peyrebeille

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'énigme de l'Auberge Rouge - La véritable histoire de l'Auberge de Peyrebeille Jean-Michel Cosson et Jean-Philippe Savignon De Borée 19 mai 2022 314 pages, version illustrée Thriller Historique Chronique 28 juin 2022 « Un récit précis, documenté et illustré, narré par deux historiens spécialistes des affaires criminelles. » « Maîtres, soyez maudits ! Que ne m'avez vous pas fait faire ? » Jean Rochette dit Fétiche. J'avais en mémoire, lorsque j'ai vu la couverture de cet ouvrage, les images du film de 1951 de Claude Autant-Lara avec Fernandel, « l'Auberge Rouge ». Libre interprétation d'un fait divers sanglant bien loin du présent livre, celui-ci se donnant pour mission de donner aux lecteurs une vision complète de cette affaire. Celle-ci s'est terminée par une triple exécution devant l'auberge de Peyrebeille dans un décor sinistre et terrifiant au milieu d'une nuée immense et haineuse de voisins, de curieux, de spectateurs... Mais ne serait-ce pas un épilogue terrible si en réalité tout ceci était le fruit d'une erreur judiciaire alimentée par les rumeurs, les on-dit, un procès mené à charge, une volonté politique de donner l'exemple.... ? Tous ont crié aux loups, on sait ce que le phénomène de foule peut générer en terme de violence gratuite, de jugement sans fondement. Afin d'abattre des monstres ne devient-on pas soi-même un monstre ? Afin de nourrir le doute pendant toute le récit de cette énigmatique dossier, les auteurs choisissent comme narrateur un journaliste venu de Paris comme chroniqueur judiciaire afin de couvrir l'événement du procès s'ouvrant le 4 février 1833 pour s'achever 7 jours plus tard. Ainsi oscillons-nous entre ce qui est présenté partialement par les témoins, le Président, les avocats, et les réflexions de plus en plus dubitatives de notre guide accompagné de Mr de Montgras, ancien avocat au barreau de Privas, au regard distancié et au jugement avisé. Entre descriptions de cette région à la Bram Stoker dans l'attente d'un quelconque monstre au détour du chemin, reprises des délibérations et témoignages divers avec un grand souci du détail et d'une vérité historique malgré la disparition curieuse de toutes les archives concernant ce procès, narration et portraits des intervenants hauts en couleur, nous pouvons effectivement avoir un doute raisonnable au moment de la sentence. De plus, grâce à la chronologie p.275, le complément iconographique rédigé par Jacques Michel, historien, p.279 et sa postface p.299, les nombreuses photographies des lieux et documents visuels provenant également de la collection particulière de ce monsieur à l'exception des clichés des têtes des condamnés appartenant aux archives départementales de l'Ardèche, nous avons en main tous les outils nécessaires à notre propre édification. Les gravures anciennes quant à elles illustraient une version populaire de l'Auberge Rouge. On reste sitôt la dernière page tournée, à l'instar du journaliste, avec un goût de fiel en bouche plus persuadés d'avoir assister à une curée née de la jalousie de tous face à un couple d'aubergistes ayant bien réussi.... Peut-être aussi que l'opinion publique de cette époque si corsetée et bien pensante a trouvé dans ce procès un exutoire à ses échecs, à ses désillusions après une période politique et économique difficile et une série d'attaques de bandits organisés ayant terrorisé les voyageurs pendant de longues années. Alors les Martin et Jean Rochette ont-ils payé une facture qui n'était pas la leur ? Ou au contraire, comme le dit la sagesse populaire, "il n'y a pas de fumée sans feu", leur innocence ne serait-elle pas certaine ? Un récit à quatre mains édifiant digne des meilleurs thrillers policiers et judiciaires du moment, remarquable, tellement bien rédigé que c'en est un réel bonheur "gustatif" en lecture à haute voix, parfaite vision complète de l'affaire, documentée, argumentée et en plus aisée à découvrir tant la musique de la langue est belle. La présentation est particulièrement soignée faisant de ce livre un objet remarquable, embellissant votre bibliothèque tout en l'augmentant d'un ouvrage incontournable pour tout passionné de littérature noire et d'affaires judiciaires historiques. Une très belle réalisation pour ce duo d'écrivains historiens et pour les Éditions De Borée que je remercie pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture Sur ce plateau ardéchois désolé balayé par la burle, dans les années 1830, on imagine sans peine les silhouettes fragiles de voyageurs à pied, courbés sous l'effort et la bourrasque avant de parvenir, le visage tout congestionné, à Peyrebeille... Ils se disent qu'ils ont de la chance de trouver là une imposante auberge qui va les abriter et les réchauffer. Pourtant, ici on cultivait l'art du crime et de l'enrichissement crapuleux plutôt que l'art de l'accueil. Cet ouvrage propose le récit détaillé de ce fait divers mythique. Aujourd'hui l'auberge existe toujours, rescapée des tourmentes hivernales et de la fureur des hommes, plantée comme une relique ou un mausolée. Pour les victimes et les criminels guillotinés dans la cour... En 1833, un jeune journaliste parisien est envoyé en Ardèche pour couvrir le procès des aubergistes de Peyrebeille. De son enquête, il dresse un formidable décor où la peur côtoie le pittoresque et la rumeur la tragédie... Le roman de l'Auberge de Peyrebeille, plus connue sous le nom d'Auberge rouge, est le théâtre de l'une des plus célèbres et mystérieuses affaires criminelles du XIXe siècle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Sarah quand même

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sarah quand même Régine Detambel Actes Sud 1er mars 2023 176 pages Historique Chronique 5 mai 2023 « Voici l'heure où l'on peut douter de tout, de l'homme et du monde, et du sort que l'avenir réserve au droit. Mais on ne peut pas douter de la souffrance des hommes. Elle est la seule chose certaine à cet instant du siècle. » Georges Duhamel Ingénieuse idée de nous faire entrer dans l'antre de la tigresse que fut Sarah Bernhardt par l'entremise d'une invisible, d'une femme dont on ne connait que le prénom, Susan, une ombre aux ordres de la Divine, de la déesse du Théâtre français, son souffre douleur, sa confidente, sa secrétaire, sa suivante. Basculant entre haine, détestation, dégoût, adulation, amour, admiration, Susan se perd peu à peu, sombre tout en étudiant et jugeant avec justesse et mépris ce microcosme parisien entourant la grande Sarah. Elle est à la frontière de la cour, guettant malgré elle une preuve d'amour, de respect, de considération de celle qui en est incapable. Sarah est une handicapée du cœur : seul le théâtre, la vie des personnages l'intéressent. Elle devient elle-même sa propre création, sa propre marionette, elle se regarde jouer son existence qu'elle met en scène inlassablement, précisément, cruellement... Elle chute et se relève, elle est un phénix, elle est immortelle, elle est admirable et terrifiante. Elle applique sa devise : "Quand même " jusqu'au-boutiste. Régine Detambel brosse également somptueusement, au scalpel, le portrait de ce monde artistique et théâtral du tournant du XXème siècle jusqu'aux années 1925. J'ai lu ce roman biographique en recherchant sur internet les clichés des personnages évoqués. Et, grâce au talent indéniable de l'autrice, tous reprenaient vie sous sa magnifique plume. Un ouvrage vibrant, hommage réaliste à une femme hors du commun et à tous les invisibles sans lesquels le Théâtre, l'Art n'existeraient pas. À découvrir absolument. Quatrième de couverture Au travers du personnage de Susan, assistante souffre-douleur, Régine Detambel revient sur les dernières années de la vie de la grande tragédienne Sarah Bernhardt, ses triomphes, ses amours, ses lendemains qui déchantent, ses obsessions, sa fortune, ses sommets, ses tréfonds. Tout y est hautement romanesque et délicieusement extravagant. 2023 marquera le centenaire de la mort de Sarah Bernhardt dont la devise est restée « Quand même » jusqu'au bout. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Tension extrême

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tension extrême Sylvain Forge Fayard Poche 2017 390 pages Thriller Polar Chronique 11 février 2018 « Le prix du Quai des Orfèvres a été décerné sur manuscrit anonyme par un jury présidé par Monsieur Christian Sainte, Directeur de la Police Judiciaire, au 36, quai des Orfèvres. Il est proclamé par Mr le Préfet de Police, » novembre 2017. Voilà les choses étant posées, et après lecture on comprend ce prix et le succès de ce livre. C'est un des thrillers les plus terrifiants que j'ai lus, tout est vrai, documentation et références à l'appui en fin de ce roman, à lire absolument. Au quotidien j'en étais déjà consciente concernant les systèmes Cortana, ou gps, ou commande vocale qui me faisaient sérieusement tiquer, les refusant ou les débranchant systématiquement après usage pour le gps par exemple. L'impression d'être pistée, m'est insupportable. Mais après lecture de cette fiction si véridique, je vais virer paranoïaque. Un thriller d'action d'importance capitale en sa fonction d'information et de prévention. Et une très bonne histoire pour illustrer le propos avec tous les ingrédients d'un grand livre de ce type : suspense, terreur, personnages parfaitement campés, une analyse psychologique des actions de tous fine et juste, des cris, des larmes, de l'inhumanité et de l'empathie forcément. Une tragédie qui se construit sur un drame insupportable. Une technologie qui montre son utilité fabuleuse et sa monstruosité si mal employée. On referme le livre et on se pose beaucoup de questions sur notre propre usage de tous ces outils sensés nous faciliter la vie et qui pourraient la détruire en une fraction de seconde. Un virus tel Ebola mais version Internet. Entre science fiction et réalité donc, l'équipe de la PJ de Nantes va devoir louvoyer pour sortir d'un piège effroyable, une demande de rançon via le Darknet. Tout commence par le décès sur une route d'un homme à son volant et au même moment de son frère jumeau chez lui. Leurs pacemakers ont littéralement explosé en eux, piratés par un terroriste d'un nouveau style. Les cyberattaques vont se multiplier et prendre pour cible l'hôtel de police, les pc et portables des chargés de l'enquête. Le moindre objet connecté est une arme qui peut se retourner contre son utilisateur. Imaginez la panique. Seule solution revenir à des méthodes à l'ancienne d'autant plus que les morts s'amoncellent. Ludivine toute jeune commissaire et Isabelle son adjointe issue du 36 quai des Orfèvres, vont devoir faire équipe avec les autres policiers pour cerner les motivations de ce criminel et l'arrêter au plus vite. Tous les services concernés par la cybercriminalité convergent vers Nantes pour les aider. Passionnant ! La science arme des criminels, une vaste problématique actuelle malheureusement qu'il fallait aborder. Quatrième de couverture Prix du Quai des Orfèvres 2018 Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologies conduisent parfois à la folie ! Des cyberattaques paralysent la PJ de Nantes, infiltrent l'intimité des policiers et cernent une ville où le moindre objet connecté peut devenir une arme mortelle. Alors que les victimes s'accumulent, une jeune commissaire à peine sortie de l'école et son adjointe issue du "36" affrontent ensemble un ennemi invisible. Toutes les polices spécialisées seront mobilisées pour neutraliser la nouvelle menace de la science complice du crime. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Staccato

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Staccato Yaël Konig De Borée Marge Noire 16 janvier 2020 264 pages Policier Chronique 27 février 2020 Un roman noir dans les ors du théâtre d'opéra de Nice, une âme perdue semant des petites poupées sur chaque scène de boucherie comme un poucet damné dans un remake sanglant du célèbre conte, un policier obsédé par une enquête, la première qui plus est, jamais résolue, restant comme une épine dans le pied. Et le cauchemar reprendra à quinze ans de distance, le tueur s'attaquant cette fois à un baryton célèbre à la voix de bronze, après avoir tué un violoniste à la renommée internationale. Yaël Konig nous fait suivre parallèlement Nathan et son équipe, et le tueur dont nous découvrons la logique démente. Avec un plaisir évident, l'auteure nous perd, nous mène sur de fausses pistes, des culs de sac jusqu'à un dénouement totalement imprévisible. Cela lui permet ainsi d'aborder des sujets de société qui lui tiennent à cœur. Un bon thriller, dans le monde particulier du lyrique bien restitué sans exagération habituelle, caricaturale. J'ai bien retrouvé l'univers dans lequel je vis, j'ai été heureuse que l'auteure insiste sur l'abnégation et le travail acharné des chanteurs, sans se fourvoyer dans des détails, par exemple sur la technique vocale, qui invariablement tombe à côté et m'exaspère. Là, tout est à sa place, c'est bien écrit, les personnages sont parfaitement campés et l'écrivaine réussit à nous les rendre proches, le scénario est bien imaginé et réserve beaucoup de surprises. Je ne peux que le recommander à tous les accros aux polars et thrillers. Quatrième de couverture Commissaire de police à Nice, Nathan Godfine doit enquêter sur le meurtre d'Isaac Van Jong, baryton mondialement connu qui a été assassiné à l'Opéra de Nice quelques heures seulement avant le début de sa représentation. Signe distinctif : mort par strangulation, un découpage post-mortem précis sur le thorax de la victime, et une étrange poupée disposée à côté du corps. Pour Nathan, le temps fait un écart brutal de quinze ans, le ramenant à sa première enquête et à l'échec cuisant infligé à sa ferveur de néophyte. Il en est certain, il y a un seul et même tueur dans ces deux affaires ! La traque ne fait que commencer... « Une intrigue sans temps morts, menant le lecteur sur de fausses pistes. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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