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  • Le tatoueur d'Auschwitz

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le tatoueur d'Auschwitz Heather Morris City Editions Témoignage 2018 284 pages traduites par Jocelyne Barsse Historique Chronique 16 septembre 2020 « Au cœur de l'enfer, un homme et une femme se battent pour l'espoir. » « On va survivre et on vivra dans un endroit où on sera libres de s'embrasser quand on veut... » Histoire d'amour et de passion réelle vécue dans un univers semblant faux, tant il est cauchemardesque et inhumain. La bête rôde sur les camps de concentration d'Auschwitz-Birkenau. ARBEIT MACHT FREI, bienvenus en enfer. Un brouillard gris, comme une neige sale, plonge les lieux dans l'obscurité du mal. Ce sont les cendres volantes des corps suppliciés et incinérés dans les fours crématoires. Preuves des crimes des nazis, elles se font aussi protectrices des ombres qui s'y cachent, comme celles de Lale, jeune slovaque s'étant présenté de son propre chef aux autorités de sa ville, croyant naïvement que cela sauverait sa famille, juive, et Gita déportée plus tôt dans ce cauchemar. Par un concours de circonstances, Lale, débrouillard, parlant plusieurs langues, doté d'un instinct de survie incroyable, réussit à devenir l'assistant du tatoueur du camps, un français. Ainsi passent-ils de Auschwitz à Birkenau au gré des arrivées des trains de la mort. La dépersonnalisation commence par ces matricules gravés dans les chairs... Un jour, une main tend à Lale un papier où est écrit un numéro. C'est celle d'une toute jeune fille, belle malgré les horreurs traversées et le crâne chauve, Gita, dont le tatouage s'est effacé. Il faut donc repasser de l'encre sur chaque chiffre. Le garçon, éduqué par sa mère bien-aimée dans le respect des femmes et un certain romantisme, tombe, immédiatement et pour la vie, amoureux fou de cette inconnue. Cet amour, bientôt partagé pourra-t-il sortir victorieux de la longue épreuve de la déportation, de l'Holocauste ? Nous avons tous lu tant de romans, témoignages sur cette période, sur la déportation, sur le nazisme, que se replonger dans ces heures crépusculaires par le biais d'une histoire d'amour lumineuse, hallucinante, bienfaitrice pour ceux qui la vivent et ceux qui en sont témoins, est unique, rare. Un immense cri d'espoir et de vie face au mal. Des scènes poignantes sans pathos inutile, où incroyables comme cette partie de football entre déportés et personnel carcéral, soudainement nimbée de cendres grises... Nous assistons terrifiés, en fureur, avec une émotion grandissante au quotidien insupportable de ces résistants à toutes les ignominies possibles. Et la vie, l'entraide, l'amitié, la tendresse, l'amour en sortent le plus souvent vainqueurs. Être tatoueur des camps de Auschwitz-Birkenau sauve certes Lale, Gita et bien d'autres ; en même temps cela fait peser sur les épaules du jeune homme une responsabilité et une culpabilité effroyables. Est-il considéré comme un collaborateur des nazis ? Jusqu'où devra-t-il s'abaisser devant les Mengele, gardiens, SS, kapos, pour sauver sa peau et celle de Gita et de leurs amis ? Une biographie romancée de Heather Morris bouleversante, redonnant espoir, à travers le temps, à toutes les victimes de dictatures, du racisme et du fascisme. Quatrième de couverture Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l’entrée du camp d’Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C'est Lale, un déporté, qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu’il marque à jamais. Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d’une noirceur infinie. Ils savent d’emblée qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Mais dans cette prison où l’on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n'y a pas de place pour l'amour. Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale a fait une promesse : un jour, ils seront libres, deux jeunes gens heureux de vivre ensemble. Deux personnes plus fortes que l’horreur du monde. L’histoire vraie d’un homme et d’une femme qui ont trouvé l’amour au cœur de l’enfer. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un peu, beaucoup, à la folie

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un peu, beaucoup, à la folie Liane Moriarty Audiolib 2019 14 h 50 lu par Sophie Frison, traduit par Sabine Porte Thriller Chronique 24 novembre 2019 La voix de Sophie Frison très lumineuse, jeune, joyeuse même, ajoute au côté intriguant, troublant de ce récit qui pourrait sembler anodin, normal, sur un sujet sociétal, mais où une angoisse latente sourd en permanence... La douceur de cette voix fait peur et renforce la cruauté, l'inexorabilité du drame... Ce thriller psychologique aurait pu s'intituler "Le barbecue", l'événement autour duquel tourne toute cette fiction, gravitent les 3 couples et leurs proches. Quelque chose de très grave est arrivé, mais on ne sait quoi, l'auteur s'amuse de notre ignorance, nous balade tranquillement, suit son scénario implacable, diabolique.... Nous imaginons le pire, l'horreur, nous en sommes d'ailleurs convaincus d'autant plus lorsqu'un cadavre sera découvert. Donc, vous voilà invités vous aussi à ce barbecue par le maître de maison Vid, homme jovial, nouveau riche, à la tête d'une entreprise d'électricité, remarié à Tiffany, une femme d'affaires à succès dans l'immobilier, tous deux heureux parents d'une adolescente Dakota, passionnée de littérature, un peu trop dans son monde. Sans oublier leur chien Barney, mignon mais bruyant, qui fait pester leur voisin Harry, vieillard colérique toujours désagréable et qui ne risque pas de se calmer en ce beau dimanche ensoleillé dans la banlieue de Sydney... En effet, sur un coup de tête, pour le fun, Vid a invité ses voisins, Oliver et Erika, couple de comptables un peu coincés, sans enfants, dont la maison est aussi insignifiante que celle de Vid et Tiffany est exubérante et too much. Erika et Oliver attendaient la venue de Clémentine et Sam, elle violoncelliste, lui cadre, et leurs deux filles si mignonnes et craquantes. Qu'à cela ne tienne, Vid les invite tous les 6. Erika et Clémentine sont amies d'enfance et entretiennent une relation faite de silences, non- dits, jalousie larvée et réelle tendresse. Erika a une mère problématique, Sylvia, défaillante... La mère de Clémentine, Pam, alors assistante sociale a en quelque sorte adoptée Erika lui offrant des moments de sécurité au sein de son foyer. C'est Pam qui a favorisé l'amitié entre les deux filles. Or en ce fameux repos dominical, Erika et son époux ont une requête très importante à faire à Clémentine... Est-ce bien le moment adéquat pour ce rendre à un barbecue ? Voilà, tout est en place pour cette tragicomédie tour à tour cruelle, ironique, tendre, terrifiante, diablement intelligente... Les rapports de couples, entre mères et filles, entre amies, sont passés au microscope, analysés, découpés, autopsiés.... Aucun détail n'est oublié, pas d'angle mort, brusquement tous seront sous les spots de la vérité. J'ai aussi beaucoup aimé la description de la vie et de la psychologie d'une instrumentiste soliste, de son rapport à ellemême, aux autres, de son sentiment de décalage au monde, de culpabilité due à ce don artistique l'empêchant d'être une femme, amie, épouse, mère, fille normale, présente tant physiquement qu'émotionnellement. L'auteure explique bien dans ses remerciements qu'elle a demandé conseil à des instrumentistes.... Comme d'habitude elle touche juste grâce à son extrême empathie. Ce qui s'est déroulé ce fameux dimanche est terrible et fera exploser toutes les certitudes... Le scénario n'est pas linéaire, il nous fait basculer d'un acteur à l'autre, avant, pendant et après les faits... Bémols : J'ai trouvé l'enregistrement très très long.... L'habillage musical qui justement aurait pu faire intervenir des solos de violoncelle, cela s'imposait même, est banal, voire un peu daté... Mais tout de même cela reste un très bon thriller qui nous interroge également sur notre attention aux autres, nos parts d'ombre. Quatrième de couverture Trois couples épanouis. De charmants enfants. Une amitié solide. Et un barbecue entre voisins par un beau dimanche ensoleillé : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Alors, pourquoi, deux mois plus tard, les invités ne cessent-ils de se répéter : " si seulement nous n'y étions pas allés " ? Après le succès du Secret du mari, traduit dans 55 pays, et de Petits secrets, grands mensonges, adapté par HBO sous le titre Big Little Lies, Liane Moriarty continue de dévoiler la noirceur qui rôde sous les vies ordinaires et nous plonge au cœur des redoutables petits mensonges et des inavouables secrets de l'âme humaine.. fin, décapant, et jubilatoire. Sophie Frison : Comédienne spécialisée en doublage. Après le Conservatoire de Bruxelles et quelques apparitions au théâtre, elle commence à la RTBF en tant que présentatrice de D6bels on Stage, Sans Chichis, Au lit avec Sophie et Cinquante degrés nord sur Arte. Elle écrit, en parallèle, pour le magazine Elle et est auteur-compositeur-interprète dans un groupe de rock « Les Panties » Elle double, entre autres, les voix de Anne Hathaway, Lily Collins, Tiffani Thiessen, Jessica Alba et Alicia Vikander. Elle a déjà enregistré pour Audiolib Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le secret du mari

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le secret du mari Liane Moriarty Albin Michel 1er avril 2015 416 pages traduites par Béatrice Taupeau Thriller Chronique 28 juin 2017 Les boîtes de Pandore ne sont pas bonnes à ouvrir, mais qui a prévenu Pandore .... Personne. C'est ce que Cecilia va apprendre à ses dépends et ceux de sa famille : toutes les lettres cachetées à son nom avec la mention " à lire après ma mort" doivent restées dans leurs boîtes, sinon de grands malheurs s'abattront sur vous. Finie la vie de la parfaite maîtresse de maison, mère de trois filles, meilleure vendeuse Tupperware d'Australie, avec son magnifique mari John-Paul Fitzpatrick dans leur sublime maison de la banlieue de Sydney. Finie cette vie de marathonienne parfaite du quotidien, les jambes vont être incapables de la soutenir, la nausée la submergera. Et en quoi les vies de ses voisins vont être concernées par la lecture de cette satanée lettre..... Très bon thriller australien se déroulant sur les sept jours précédant le dimanche de Pâques, le ton est au début pétillant, léger, teinté d'un peu d'ironie mais peu à peu tout s'obscurcit, le vertige, le ventre qui se serre, la terreur face à l'avenir deviennent les constantes d'existences qui se délitent comme en parallèle le mur de Berlin, image leitmotiv de ce roman. Beaucoup d'humanité de l'auteure pour ses personnages, bien écrit, drôle ou terrifiant, sur le plan psychologique on ne peut que s'impliquer. La construction sur sept jours oblige à une rapidité dans l'enchaînement des événements. Les innocents payent toujours pour les vilains secrets d'autrui, la trajectoire d'une vie peut toujours être déviée. A lire donc évidemment. Quatrième de couverture Tous les maris - et toutes les femmes - ont leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs. Jamais Cecilia n'aurait dû trouver cette lettre dans le grenier. Sur l'enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « A n'ouvrir qu'après ma mort ». Quelle décision prendre ? Respecter le vœu de John-Paul, qui est bien vivant ? Ou céder à la curiosité et découvrir un secret qui risque de bouleverser sa vie ? Numéro 1 sur la liste des best-sellers du New York Times pendant près d'un an, vendu dans 35 pays, Le Secret du mari est un phénomène d'édition. Ce roman intense, pétillant, plein d'humanité allie suspense et émotion jusqu'à la dernière page. Un livre bouleversant qu'on n'oublie pas. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Subito presto - nouvelles

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Subito presto - nouvelles Gérard Mordillat Albin Michel 2020 281 pages Roman Chronique 15 juillet 2020 Je ne vais pas cacher que j'ai été bousculée par ce livre, je n'ai pas tout aimé ...peut être trop de crudité et de scatologie quelques fois. Cependant, j'ai aussi été piquée au vif par certains textes particulièrement ceux ayant trait à la politique, au social, à l'ultralibéralisme.... L'auteur va très loin et pourtant compte tenu de l'indécence absurde des trois dernières années traversées, je crois qu'il a raison de nous provoquer, de nous secouer. Évidemment il pousse les curseurs très loin inspiré certainement par la vulgarité, le cynisme qui nous est donné de voir et de ne pas accepter, de la part de dirigeants, d'un système inexcusables et inacceptables. « Moi Présidente », une des nouvelles sur les sept rassemblées dans ce livre est, à mon avis, un sacré brûlot, mêlant burlesque, loufoque et pourtant, troublant de vérité, d'ironie et je crois et l'espère, de colère. L'auteur précise à la fin : « Le réel, c'est quand on se cogne. » Mot à mot, Subito presto se cogne au réel et cogne contre lui. Attention aux bleus, un recueil qui laisse des traces et dérange utilement. Quatrième de couverture Dans Subito presto, des monstres qui nous ressemblent s'appellent et se répondent. Que ce soit la tragédie d'un homme ridicule qui rejoint l'extrême droite, le délire d'une présidente prête à rétablir l’esclavage pour combattre le chômage, un chauffeur routier vendant son âme au diable pour devenir patron, le fantôme d'un bouffon ou l'homme au cerveau d'enfant qui traverse le monde sans le voir… tous disent ce que nous sommes, ici et maintenant. Autant de textes, autant d'histoires arrachées par poignées à l'actualité, autant de pierres lancées dans le miroir du quotidien pour le briser ; pour découvrir la réalité du monde où nous sommes - violent, grotesque et parfois terriblement drôle. Après Ces femmes-là, visionnaire et dérangeant, Gérard Mordillat, prix de l'Humour de résistance pour La Brigade du rire, reste fidèle à ses convictions dans ce recueil surprenant, provocateur et ludique. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La note secrète

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La note secrète Marta Morazzoni Actes Sud 2012 301 pages traduites par Marguerite Pozzoli Historique Chronique 13 février 2020 Illustration de couverture : Ramon Casas, 1902. La Note secrète a été récompensé par plusieurs prix littéraires en Italie, entre autres le prix Alessandro Manzoni 2011 et le prix Alassio centolibri " Un autore per l'Europa" 2011." De nombreuses histoires incroyables doivent dormir dans les archives du Vatican... Mais certaines sont remontées à la surface, ayant été de véritables scandales voici des siècles. Les faits décrits de façon romancé dans " La note secrète" sont tellement exceptionnels, tellement inoubliables, qu'ils ont déjà été révélés dans un livre précédent en 1991 qui a inspiré Marta Morazzoni, comme elle l'explique en fin d'ouvrage. Paola Pietra méritait véritablement d'être remise dans la lumière, au centre de cette intrigue époustouflante digne des meilleurs films historiques, d'amour et de cape et d'épée. Un destin si particulier, si unique, que j'en suis restée abasourdie, admirative. Cette femme est un symbole intemporel et un exemple... Des nonnes enlevées au sein même d'un couvent, ce n'est pas original, mais que l'une d'entre elles s'échappe, d'elle-même, loin de cette prison dans laquelle sa famille l'a enfermée, c'est un cas d'une grande rareté. Certainement, elle reçut une aide effective au sein même du couvent : le but était de la faire disparaitre du jour au lendemain et de lui permettre ainsi d'avoir un avenir. Bien sûr, la découverte de la musique, du chant, fut le déclencheur pour Paola. Plus encore, le pouvoir d'évasion qu'offre sa voix ou son art est immense et son espoir en la liberté, en s'affirmant, devient dangereux pour l'ordre établi. Depuis peu, en ce XVIIIe siècle où les femmes sont des biens, l'Eglise les autorise pourtant à être laudatrices de la parole sacrée malgré le péché originel d'Ève. Ainsi dans ce couvent rattaché à l'église Sainte Radegonde à Milan, obéissant à la règle de Saint Bernard, la mère abbesse voit d'un mauvais œil l'engouement du public nombreux venu assister aux messes, attiré plus par la beauté des voix du chœur, que par dévotion religieuse. La beauté est considéré par certains comme une arme du malin. En particulier, les timbres de la sœur Rosalba, soprano, et de son élève la jeune sœur Paola, contralto, ravissent les âmes et les cœurs... Elles séduisent et c'est insupportable ! L'un de ces cœurs battra plus vite que les autres à l'écoute de la voix chaude et grave hors norme. Imaginez, écouter une voix, en tomber follement amoureux, et décider de lier sa vie à l'ombre à laquelle appartient cette merveille, cachée aux yeux des simples mortels, des laïcs. Imaginez aussi le scandale pour la famille aristocrate de l'évadée qui ne peut, à cette époque, rompre ses vœux... Elle ne s'appartient pas, tout le monde veut la retrouver pour lui demander des comptes. Être Femme alors, ce n'est pas être libre. C'est la fuite éperdue des amants, c'est cet amour fou entre un diplomate anglais et une nonne à la voix d'or, que Marta Morazzoni vous raconte dans cette fresque italienne puis française et anglaise, de Milan à Venise, Rhodes, Marseille, Londres et enfin Rome, où le destin de Paola se jouera lors d'un procès à peine croyable. J'ai adoré ce texte, ces personnages ; j'ai aimé que l'auteure nous fasse partager les affres de l'écriture d'un tel destin, par des apartés ponctuant la narration des aventures de ce couple, mais aussi de la soeur Rosalba, musicienne et interprète surdouée admirée en son temps. La chanteuse lyrique que je suis fut particulièrement touchée par ces lignes. Beau, très beau. Quatrième de couverture Enfermée contre son gré dans un couvent milanais, Paola Pietra, une très jeune aristocrate, y révèle un don extraordinaire, sous la houlette de sœur Rosalba, sa maîtresse de chant : en effet, sa voix de contralto attire rapidement les foules, qui se pressent dans l'église de Sainte-Radegonde pour l'écouter. cette « note secrète » , lancée à travers les grilles qui cachent la prisonnière, bouleverse un diplomate anglais, un certain John Breval. Lors d'une messe, Paola s'évanouit, et John lui porte secours : ce contact, à la fois bref, intense et sensuel, marque la naissance d'une passion qui va faire basculer le destin de la jeune femme et la jeter dans le « vrai » monde. Inspiré d'un fait réel, ce roman, situé au XVIIIe siècle, affirme le talent de Marta Morazzoni, tout en retenue et en jouissance, plein d'une grâce charnelle. Et la figure de Paola Pietra, tranquillement rebelle, nous émerveille autant qu'elle nous questionne encore longtemps après que les derniers accords du livre de sont tus... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Trilogie Celte

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Trilogie Celte Viviane Moore Le Masque Labyrinthes ​ ​ Polar historique Chronique 11 novembre 2019 Etonnant voyage nous menant en Irlande, puis en Ecosse dite Alba, aux Pays de Galles jusqu'aux Armoriques, trouvant sa résolution aux Îles au Nord du Monde, séjours des Dieux et lieux de toutes les initiations comprenant : - « Par le feu », volume 1 paru en 2003 aux Eitions du Masque, collection Labyrinthes, 249 pages - « Par la vague », volume 2 paru en 2004 aux Editions du Masque, collection Labyrinthes, 227 pages. - « Par le vent » , volume 3 paru en 2005 aux Editions du Masque, collection Labyrinthe, 228 pages « Paix jusqu'au ciel. Du ciel jusqu'à la terre. Terre sous le ciel. Force à chacun ! » Voici la formule de salutation des druides que je vous adresse chers lecteurs de ma prose. Je ne rédigerai qu'un texte pour toute la Trilogie, qui a précédé celle en sept volumes de Tancrède le Normand chroniquée également, car pour moi les trois tomes sont plus à considérer comme de longs chapitres d'un parcours initiatique. Il nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur le peuple celte en 420 de notre ère, de l'Irlande jusqu'en Armorique, au futur lieu du Mont Saint Michel, avant de rejoindre le Nord du Monde où se seraient réfugiés les rescapés de ce peuple croyant dans le Dieu Druide. Fin d'une société, passage à l'ère du poisson avec la chrétienté et l'arrivée de saint Patrick. C'est un récit envoûtant, passionnant, où des détails sur la vie quotidienne, les us et coutumes de ces peuples d'Irlande puis d'Écosse et enfin d'Armorique nous sont restitués avec un talent incroyable, remarquable, de par la complexité des alliances, de la hiérarchie des différents dieux, du mélange incessant entre réalité et magie, entre faits historiques et légendes... On passe en permanence du tangible, du pragmatique à l'irréel, à un monde parallèle, territoire de prédilection des druides et druidesses, magiciens et magiciennes, guerriers et guerrières. Car ce qui saute évidemment immédiatement aux yeux c'est la parfaite égalité entre hommes et femmes et ceci dans tous les domaines de la vie... Également le respect de la nature, de la terre, des éléments, en communion avec l'univers, avec tous les êtres vivants de la planète.... La hiérarchisation n'interviendra qu'ensuite entre les hommes et les femmes, entre l'humanité et le règne animal, en l'occurrence dans cette partie du monde. Lire également le très beau livre Boudicca de Jean-Laurent del Socorro se situant plus tôt vers 60 après JC. Les descriptions de l'organisation des sociétés, des royaumes, sont tout aussi précises et nous interpellent quant à la « sauvagerie » de notre société patriarcale rétrograde face à ce monde celte où tout était dans l'équilibre des forces et des énergies complémentaires et non opposées. C'est un récit qui, comme dans l'épopée de Tancrède le Normand, pose la question des origines, du besoin de savoir d'où l'on vient, de la vengeance, de l'apprentissage de la vie, et de la connaissance de soi-même. À nouveau un tandem de deux jeunes hommes, Eogan et Fergus, apprentis druides qui vont se voir confier une mission... Deux prédictions ponctuent ce texte qu'il faut croire et respecter... Viviane Moore ajoute comme d'habitude un élément presque policier quant à la recherche de la vérité sur l'exécution d'une femme dont Eogan est témoin, nuit après nuit, dans ses cauchemars. Ajoutez à cela comme ingrédients dramatiques : ses dons de voyance et de prédiction, la magie qui l'entoure ou qui se manifeste lors des batailles, des affrontements, l'importance de la poésie et de la musique où excelle Fergus son frère de sang, la présence dès le deuxième tome d'un enfant dit le Précieux, cela vous rappelle quelque chose ?, et vous voici dans le vent, emportés sur les vagues, éclairés par les feux de la connaissance. J'ai lu cette trilogie avec passion, heureuse d'apprendre l'origine de certaines légendes telle celle du roi Arthur, le roi Ours, de croiser le chemin de Merlin, des Pictes, un peuple intrigant, de débarquer, après avoir croiser des dauphins et des baleines au large, en terre d'Armorique. C'est une épopée magique, flamboyante, que j'ai vue en images, forte de mes visions de Highlander, du Seigneur des Anneaux etc... Somptueux ! « Au lecteur qui ouvre ces pages, Vous êtes sur le seuil d'une histoire oubliée, dans un monde, celui des Celtes, différent de tout ce que vous connaissez. Nous sommes en Irlande, en 420, le siècle « perdu » des historiens, un siècle de batailles, sans autre mémoire que celle gravée dans la roche et le bois. Un âge où les anciens dieux, les Tuatha de Danann, sont omniprésents, où toute eau, lac rivière et étang, mène au Sid, l'au-delà des Celtes ; où les fêtes sacerdotales ont pour nom Belteine, Lugnasad et Samain. Un siècle bouleversé par l'arrivée des premiers Chrétiens et de saint Patrick. En ce temps-là, alors que l'empire romain bascule et que les légions refluent vers Rome, l'Irlande est partagé en cinq royaumes : Meath, le royaume du Milieu, siège de la royauté suprême, l'Ulster, le Connaught, le Munster, et le Leinster. Dans chacun d'eux sont érigés des sanctuaires, lieux divins, lieux de pouvoir et passages vers le Sid. Tous les hommes d'Irlande, du guerrier au chef de clan, jusqu'au puissant des princes font allégeance au Huat-Roi du Meath et reconnaissent la sagesse de ceux qui maintiennent la paix ; druides et druidesses, descendants du Dagda, le dieu-druide, maître des éléments et du savoir. La porte est entrebâillée... » Quatrième de couverture Par le feu T1 :Tout commença par la mort infâme d'une jeune druidesse dans la boue d'une tourbière, par la quête désespérée de deux jeunes druides et par le vol d'un des talismans des Tuatha de Danann, les dieux mythiques de l'Irlande. Nous sommes en 420, peu de temps avant la christianisation, et l'arrivée de saint Patrick. Les druides et les rois des cinq royaumes tiennent encore l'Irlande, mais les signes annonciateurs de leur disparition se font sentir. Une histoire où se mêlent rêves et réalité. Des combats où frappe le feu du ciel, des animaux de légendes, des guerriers mythiques, des landes où marchent les pierres et les forêts et où chantent les oiseaux de l'Autre Monde. Ce premier volume de la Trilogie Celte va nous mener de l'Irlande, (Par le feu) à l'Ecosse et au Pays de Galles (Par la vague) et à l'Armorique et aux Iles au Nord du Monde (Par le vent), à la suite d'Eogan et de Fergus, les nouveaux héros de Viviane Moore. Par la vague T2 : Après avoir affronté les Pictes, ces redoutables guerriers aux corps tatoués qui peuplent l'Ecosse, rencontré la mythique Ombreuse, combattu les pirates irlandais, dompté sortilèges, violence, mort et désir auprès des magiciennes Ecossaises, les deux apprentis druides, Fergus et Eogan, abordent aux rives de l'île de Môna, au nord du Pays de Galles. Nous sommes en 420, en plein âge obscur et les premiers Chrétiens se mêlent aux Celtes. Un culte millénaire s'efface, celui des dieux anciens, maîtres des éléments... Les druides et les rois vont fêter Samain, la fête de l'entrée dans la saison sombre. Cette fête, où, l'espace d'une nuit-jour hors du temps, vivants et morts se côtoient. Eogan y croisera sa mère, exécutée par les siens quand il n'était qu'un enfant, entendra par la bouche de Myrrdin, le Merlin des légendes galloises, le nom de son père, et apprendra par la vague l'agonie de son monde... Par le vent T3 : Ce dernier volume de la Trilogie Celte s'ouvre sur les roches torturées d'une terre balayée par les vents ; Segisala brigo, l'île des "neuf magiciennes", lieu de savoir défendu par l'océan et ses habitants. Alors qu'Eogan et Fergus, au péril de leurs vies, y accostent pour affronter "Celui qui sait la fine des choses", une galère de combat et un navire marchant font force de voiles pour gagner le port dAlet, siège de la légion romaine. Rutilius Namatianus, ancien préfet de Rome, gaulois d'origine, regagne son pays menacé par les barbares. Le tribun Flavius qui l'accompagne, doit conduire vers Rome, les dernières familles patriciennes vivant encore dans les villas alentours. Incendie, meurtres et pillages ont ravagé le quartier romain d'où se sont enfuis des prisonniers parmi lesquels un homme et un enfant roux venus de la lointaine Iona. Ayant réussi à "libérer" les neuf magiciennes, nos jeunes druides devront affronter les cohortes de la légion, les chiens de guerre, les ténèbres de la forêt ancienne, les dangers des marais, avant de retrouver la trace d'Oengus et de Dylan. Un périple qui les conduira du Mont Dol au Mont Tombe et enfin vers les Îles au Nord du Monde où toute question trouve réponse. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les jardins d'hiver

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les jardins d'hiver Michel Moatti Herbé Chopin Editions Octobre 2020 285 pages Thriller Chronique 13 février 2021 Tout au long de cette lecture crépusculaire les voix du groupe argentin et péruvien Los Calchakis, accompagnées par la flûte de Pan, en particulier leur chanson-hommage à Che Guevara, m'ont maintenue malgré tout du côté de la lumière. Celle qui nimbe encore les Justes de tous pays, les défenseurs de la liberté, des droits fondamentaux de l'humanité. Ce texte est une plongée au centre du cercle infernal créé par les juntes criminelles, par des individus auxquels on ne peut donner de nom, de qualificatif. D'ailleurs oublier leurs patronymes pour plutôt rappeler et crier ceux de leurs victimes assassinées ou disparues me semble être le but, la mission de ce roman terrible, lourd, testimonial. J'ai dû m'arrêter souvent à la lecture de ce chemin de croix emprunté de force par tous ces martyrs auxquels on ne pourra pas toujours donner de sépulture réelle. Avalés par le brouillard et l'ombre qui recouvrent tout... Les tortionnaires, tueurs, violeurs, psychopathes et serial killers d'Amérique du Sud, d'Argentine, ressemblent à ceux adeptes du nazisme. Nulle originalité, tous se copient implacablement, apportent leur part de monstruosité et d'indicible au monde en souffrance.... Et pourquoi ? Pour rien, pour l'illusion de pouvoir, de contrôle, pour jouir et se vautrer dans le sang et la terreur répandus. Cela reste incompréhensible : nous redevenons tous poussière, nous redevenons aussi nus et fragiles au moment du dernier souffle comme lors de notre naissance. Ce qui rend notre passage sur cette Terre significatif c'est la lumière que nous apportons et non la destruction et le mal que nous pourrions générer. Un roman donc qui redonne chair aux disparus, s'inspirant des vies et des destinées tragiques de certaines victimes de la junte militaire, soit sous une identité fictive, soit sous leurs noms réels. 30 000 disparus sur les 40 000 hommes, femmes, enfants martyrs ! 30 000 ! Avec ce que cela implique pour les survivants en terme de souffrance, de culpabilité, d'incapacité à atteindre un possible état de résilience. Tous seront ainsi broyés " entre le coup d'État militaire de mars 1976 et l'élection démocratique de 1983 " . Six ans d'enfer ponctués d'horreurs, de massacres, dont celui de la Nuit des crayons de septembre 1976, événement à l'issue duquel se dissolvent dans la nuit les silhouettes de six lycéens. Les jardins d'hiver ne sont pas des lieux de beauté et de vie naissantes, ce sont des lieux d'anéantissement... Ce thriller interroge sur le sentiment d'illégitimité et de responsabilité que traînent les rescapés, qui à l'instar des survivants des camps nazis s'enliseront ensuite, pour certains, dans un silence douloureux et assourdissant. La honte effroyable, la culpabilité du survivant..." Pourquoi eux sont morts et pas moi ?" La manipulation psychologique utilisée lors des interrogatoires, des séances de torture, provoque encore, des décennies après, des effets dévastateurs sur l'existence de ceux qui furent relâchés, donc, potentiellement coupables de dénonciation. Une douleur insupportable qui empoisonne aussi des familles dans l'ignorance de ce que furent les dernières minutes de vie des êtres aimés. On ne peut imaginer cet enfer psychique. Enfin, Michel Moatti traite évidemment par le biais de son narrateur, de la légitimité de l'écrivain à raconter honnêtement, le plus justement possible, la destinée d'un héros, d'une victime. Dans ce thriller, l'auteur nous guide dans les zones les plus noires de la psyché humaine, celle des bourreaux, celle de certains collabos ou survivants, celle de certains mystificateurs..... Le final m'a laissée KO, hurlant silencieusement aussi... Oui, un long cri en apnée .... Les notes sont indissociables de ce récit, tableau dans le tableau, miroir à l'infini, origine d'un texte nécessaire porté longtemps au fond de soi, et qui s'impose, soudain, à son auteur. Le témoin est transmis .... Les mémoires réveillées... Quatrième de couverture Fin des années 1970, Argentine. Il y a des portes qui doivent rester fermées... Un jeune attaché à l'Institut français prend en stop un homme blessé dont il reçoit les confessions. Jorge Neuman, écrivain très populaire dans son pays alors sous la coupe d'une junte militaire, vient de vivre une tragédie. Sa fille, puis sa femme ont été enlevées par les hommes de Rafael Vidal, l'un des chefs de la police secrète. Les années ont passé, Jorge Neuman a disparu à son tour, emporté par la mécanique sans faille de la dictature. Le jeune Français n'est plus si jeune, il est rentré à Paris. Après avoir publié une biographie de Neuman, il décide de retrouver les traces du sinistre Vidal et de reconstruire la vie de l'écrivain disparu. Confronté à des questions sans réponses, il comprend bientôt qu'enquêter dans le passé d'un homme, c'est forcer des portes qui méritaient de rester closes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je t'aime

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je t'aime Barbara Abel Belfond 2018 459 pages Divers Chronique 16 juin 2018 " L'amour et la haine font souffrir. Mais l'amour est préférable : il passe plus vite." Quelle déclaration ! D'une cruelle et ironique vérité. Je me sens après cette lecture aussi effarée et vide qu'à la fin de "Je sais pas", mais également encore et toujours très admirative de cette auteure caméléon, qui quelque soit le style de livre qu'elle imagine, comédie, thrillers... y excelle. L'écriture est directe, sans fioriture à l'image de cette fiction, le couperet tombe tout le long du récit, l'implacable destin est comme une voiture sans frein, on attend le choc initial et ses effets rebonds. Le style donc toujours au service de la dramaturgie, la construction millimétrée qui renforce l'inéluctabilité, et nous, comme les personnages, piégés, la boule au ventre, la gorge serrée, incapables d'arrêter la lecture comme les protagonistes de s'enfuir. Barbara Abel assène les coups, impitoyable, efficace, KO, nous sommes KO. Car le pire de tout c'est que ce thriller psychologique s'inspire de faits d'une rare banalité, le quotidien devient cauchemar, l'amour devient haine, personne ne communique correctement, tout le monde ment, les parents veulent protéger les enfants, ceux-ci sont dans leur monde vu à l'aune de leur jeunesse. Les erreurs de jugement s'accumulent, on voudrait leur crier dessus pour les avertir du danger, on s'époumone, on finit aphone, sans force. Terrible et d'une rare utilité aussi. Il y a quelques mois une émission débat recevait des parents et leurs enfants qui furent des drogués, des adeptes de la fumette, certains simples consommateurs, souvent devenus dealers. Une fois sortis de l'enfer, pas un seul de ces gamins n'avaient évoqué leurs remords quant aux conséquences sur ceux à qui ils vendaient le produit. Pas un seul ! J'étais sonnée : présentés comme des victimes, ils n'avaient pas conscience de leurs responsabilités pénales, en dehors de la question du simple trafic, sur le destin des clients drogués. Que sont devenus ces derniers, certains en sont-ils morts ? Silence abrutissant, omerta !!! Aucune évocation de cette question pendant tout le programme. A-t-on même mis ces jeunes adultes devant la réalité, soit lors de leur incarcération, soit au sein de la famille ? Aujourd'hui où la libéralisation du cannabis est évoquée, des informations réelles sur les effets gravissimes sur le cerveau des mineurs sont clairement données ! Alors un livre comme celui-ci, sans polémiquer inutilement, grâce à un scénario crédible et terrifiant, aborde le sujet simplement, directement, enfin ! Quatre femmes : Maude, Alice sa belle fille, Solange mère d'un petit garçon, et Nicole mère du petit ami d'Alice. Maude, artiste peintre, divorcée de Bertrand avec lequel elle a eu deux enfants, Arthur 15 ans et Suzie 11 ans, a refait sa vie avec Simon, chirurgien, venu habiter dans la maison familiale de sa nouvelle compagne avec Alice, un peu plus de dixhuit ans. Jeanne sa mère est morte d'un cancer. Elle accepte très difficilement sa belle mère, celle-ci fait tout pour améliorer la situation par amour pour Simon et pour la sérénité de la petite famille recomposée. Suzie n'est pas en reste, en multipliant les injures et insultes à la maison et au lycée, Arthur est dans son monde de sportif de haut niveau, future star de la natation. Alice a ses copines et surtout son amoureux Bruno. Ils s'aiment, font l'amour, fument des joints. Ce n'est pas du tout au goût de Nicole mère du jeune homme, greffière rigide, célibataire et possessive. Elle hait Alice. Le destin se met en marche six mois avant la tragédie, l'accident fatal, lorsque Maude surprend Alice dans sa chambre du grenier, stone, fumant un joint. L'irréparable erreur de jugement : y voyant une ouverture pour négocier une paix entre elles, Maude accepte de ne pas prévenir Simon de l'addiction de sa fille. Ce mensonge par omission aura des répercussions terrifiantes, l'amour pur, deviendra raison de vengeance, de violence, d'indicibles actes impardonnables. La haine, cette bête immonde va se nourrir, grossir en raison de l'incapacité de chacun d'être parfaitement honnête, d'avoir le courage de la vérité. Roman anxiogène, un gouffre à l'image des entrailles de cette maison recelant un terrible secret, une analyse psychiatrique toute en finesse, une nervosité qui se transforme en panique, nous suffoquant, une alerte enfin sous forme de fiction, quant au danger de ces drogues dites douces et des silences qui empoisonnent l'amour entre les êtres. Surtout dites "Je t'aime" avant qu'il ne soit trop tard. Quatrième de couverture À dix-huit ans, Alice est à l'âge des premiers « Je t'aime ». Pendant que Simon, son père, prend un nouveau départ : il vient de rencontrer Maude. Entre cette dernière et Alice, les relations sont distantes, un statu quo de famille recomposée. Aussi lorsque Maude surprend l'adolescente à fumer du cannabis dans sa chambre, accepte-t-elle , devant ses supplications, de ne rien dire à Simon. Une innocente cachotterie qui provoquera six mois plus tard, une immense tragédie... Il n'y a pas de petit mensonge. Et rien n'est plus proche de l'amour que la haine... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Aya

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Aya Marie-Virginie Dru Mon Poche Juillet 2021 221 pages Roman Chronique 12 juillet 2021 Premier roman réussi pour cette auteure au style simple, direct, oscillant entre récit et poésie pure, rendant hommage à l'Afrique que nous aimons avec ces ombres et lumières et surtout ses femmes, véritables héroïnes du quotidien qui sauvent, génération après génération, ce continent par leur actes de courage inouï, leur endurance à la douleur, leur puissance de vie, de création, de résistance, malgré les guerres, les oppresseurs, les dictateurs, le patriarcat, les règles sociétales dépassées et misogynes. Marie-Virginie Dru est amoureuse du Sénégal, comme je le suis de la Côte d'Ivoire où j'ai aussi grandi. Il en reste une nostalgie douce ou douloureuse parfois tant le manque est grand, viscéral, et une complète humilité en tant qu'étrangère qui ne pense pas devoir s'immiscer dans la gestion d'un pays souverain auquel les blancs ont déjà suffisamment imposé de diktats colonialistes. Le double de l'écrivaine est ici Camille, photographe, qui effectivement veut aider et sent tout de même ses limites. Et puis il y a les fondatrices de la Maison Rose à Dakar et les créateurs des associations qui dispensent des formations à des futurs circassiens. Aides aux jeunes femmes ou filles enceintes, victimes de viols, d'inceste, de mariages forcés, auxquelles il faut donner les moyens de reprendre leur destin en main avec leurs bébés... Pour Aya, qui signifie jeudi en Wolof, jour de sa naissance, le monde du cirque sera son paradis, son issue de secours. La solution est en elle et non dans son entourage ou dans son île. Elle doit trouver son chemin malgré sa mère folle de douleur depuis la mort de son mari, malgré la disparition du frère parti à l'étranger, malgré l'oncle incestueux Boubacar rôdant sans cesse autour d'elle, malgré Madeleine la voisine qui donnera le signal du départ à cette fillette qu'elle aime tant, malgré l'amour absolu qu'elle porte à Ousmane, son ami de toujours. Alors que ce dernier doit subir le rite de passage qui fera de lui un homme, Aya doit en affronter un autre qui passe par la Maison Rose de Dakar et la découverte du monde, hors du Sénégal. Un choc des cultures, entre traditions et modernité, entre s'inscrire dans la continuité et se projeter dans un futur inconnu. Très beau livre, profond, intense, bouleversant, authentique. Quatrième de couverture Sur la petite île de Karabane, il aurait pu faire bon vivre pour Aya, jolie fillette de douze ans qui rêve d'Ousmane, son amoureux « pour la vie » en gardant les chèvres du voisin... L'ombre au tableau, c'est son oncle. S'il la viole, ce doit être sa faute à elle, alors elle prie la Vierge Marie pour se faire pardonner. Et quand elle se retrouve engrossée et obligée de s'enfuir à Dakar pour trouver refuge à la Maison Rose, qui soutient des jeunes filles enceintes comme elle, c'est sa foi indéfectible en la vie qui l'aide à aller de l'avant, à apprendre à aimer son fils et se prendre de passion pour le cirque. Pendant ce temps, son frère, parti tenter sa chance en Europe pour que sa mère soit fière de lui, est devenu ce qu'on appelle un migrant, station Stalingrad, avec un numéro d'immatriculation. Sous le regard indifférent des passants, sa fierté, son nom, il les a oubliés. Reste la honte de n'avoir plus ni rêves ni espérance. Mélodieux comme une chanson douce-amère, ce roman qui touche juste et va droit au cœur met en miroir un frère et une sœur, deux chemins de vie, deux destins sénégalais, l'un tragique et l'autre trouvant la force d'affronter et de s'affranchir. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les brumes de décembre

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les brumes de décembre Daniel Cario Presses de la Cité Terres de France 2019 554 pages Thriller terroir historique Chronique 28 juin 2019 Ce roman est la suite des aventures du gendarme, l'adjudant Philippe Derval, que nous avions découvert dans " Trois femmes en noir" chroniqué aussi sur cette page. Également nous retrouvons ses collègues et sa femme Irène avec laquelle rien ne va plus. Bretagne sud, peu avant le réveillon de Noël, un froid de canard, à nouveau le sort s'acharne sur la petite ville péninsulaire de Port-Louis : la mort affreuse d'une fillette à cause d'un chauffard, un lâche qui s'est enfui, puis quelques jours plus tard le suicide, qui s'avère être un meurtre, d'un arnaqueur Franck Hamonic, alcoolique notoire que personne ne pleurera à part peut-être ses parents et sa sœur Sterenn... Quoique.... Derval, dont l'instinct n'est plus à prouver, sait que quelque chose cloche dans ces deux dossiers : il sent un lien entre les deux. Mais il est difficile d'enquêter auprès d'une population choquée, et bientôt apeurée par de nouveaux assassinats. De plus, le flic doit faire face au stress du délitement de son couple, aux réflexions insidieuses de Irène son épouse, même devant leurs deux enfants, et à son attirance pour la maîtresse de la victime du chauffard et également de sa propre fille qui était dans la même classe. Tout s'enchaîne très vite sans pause pour les enquêteurs, les pistes se multiplient ainsi que les retournements soudains, le tout entrecoupé de descriptions lyriques des paysages bretons. On sent encore dans ce policier essouflant l'amour de l'auteur pour la Bretagne, terre d'accueil pour Derval qui s'y sent adopté. On croit deviner la solution mais non, en fait l'articulation des différents événements est insoupçonnable. Clair obscur toujours avec Daniel Cario, comme un rayon de soleil à travers de lourds nuages noirs. Un pays de mystère mais aussi d'authenticité, c'est le climat et la rudesse de la vie qui veulent cela. La vérité éclatera comme un coup de fusil dans le dos, inévitable.... Évidemment, le thème bouleversant et révoltant de la mort des victimes d'ivrognes, ici une enfant, qui prennent tout de même le volant d'un véhicule qui devient arme lourde, est au centre de ce récit, comme plus largement de la protection que chaque adulte doit apporter aux enfants, avec vigilance. De très beaux moments de lecture grâce au style unique de l'auteur, un scénario bien pensé, sombre et dramatique à souhait. Tous les ingrédients sont là dans ce thriller policier. Je souligne aussi que la quasi absence de téléphone portable en 1991 ajoute un élément intéressant à l'intrigue. Quatrième de couverture " Ciel noir sur Port-Louis. Hiver 1991. Une petite fille est percutée à vélo par un chauffard, introuvable. Sept jours plus tard, on découvre le corps sans vie de Franck Hamonic, pendu au bout d'une corde. Suicide ? Le gendarme Philippe Derval en doute : beaucoup auraient bien réglé son compte au jeune voyou, alcoolique notoire. On interroge Sterenn, adolescente un peu paumée et sœur de Franck, qui partageait ses virées nocturnes. Elle livre des aveux édifiants. Journées noires pour Derval : d'autres meurtres suivent. En plus de sa sagacité, sa maîtrise de soi est mise à rude épreuve quand enquête et sentiments s'entremêlent. Les brumes de décembre se dissiperont-elles pour faire la lumière sur ces deux affaires que Derval pressent liées ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'invitation

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'invitation Elizabeth Day Belfond Mai 2018 332 pages traduites par Maxime Berrée Thriller Chronique 8 octobre 2018 Bureau du prieuré de Tipworth, 1 heure du matin.... Le calme avant la tempête. L'électricité dans l'air. Une certaine lourdeur dans le ciel qui nous comprime le crâne tel un étau. La masse d'eau s'accumule dans les nuages, goutte à goutte, jusqu'à ce que le ciel crève. La tempête se ramasse sur elle-même comme les plis d'une jupe ajoutent chacun au volume, jusqu'à ce que soit atteint le point où celui-ci est trop gros pour être contenu. Ensuite ? Le coup de tonnerre." Cela commence comme une comédie de mœurs à l'anglaise, drôle, légère, caustique, puis peu à peu d'une simple acidité nous passons à l'amertume et au vitriol. La société britannique dans toute sa splendeur entre lutte de classes toujours d'actualité, hypocrisie et déni, mensonges pour parfaire son image et atteindre certains postes au gouvernement ou dans la jet set. Beaucoup de paraître pas beaucoup d'être. À force de refouler ses sentiments et sa vraie nature, la violence d'abord sourde, qui jaillit au détour d'une phrase ou dans un regard, devient fureur incontrôlable. C'est un roman entre "comédie sociale mordante" et thriller glaçant. Ménageant un suspens étouffant la quatrième de couverture le place entre le " Monsieur Ripley" de Patricia Highsmith et "Le Dîner" de Herman Koch. Une belle réussite bien équilibrée qui se lit très vite entre sourire et stupeur, les portraits psychiatriques de chacun sont d'une grande justesse d'analyse entre humour grinçant et frisson face à certaines noirceurs. On la sent se profiler la catastrophe ! Sont mis en exergue Martin et sa femme Lucy, l'un auditionné au commissariat, l'autre en séance psy. Chacun revient sur la genèse de cette histoire pour expliquer la tempête qui s'est abattue lors de la soirée donnée pour l'anniversaire de Ben, ami de Martin, en présence de sa femme Lucy si normale et pragmatique et Serena l'épouse de Ben, arrogante et sculpturale, dans leur magnifique prieuré. « Ben Fitzmaurice est devenu le meilleur ami de Martin Gilmour le jour où, dans la cour de leur chic école, Ben, héritier d'une prestigieuse dynastie a pris la défense de Martin, petit boursier, fils unique d'une mère célibataire sans le sou. Depuis Ben s'est fait un nom en politique, Martin est devenu critique d'art ; Ben a épousé la très parfaite Serena, Martin vit avec la très discrète Lucy. Et Ben est toujours le meilleur ami de Martin. Ce soir Ben fête ses quarante ans. Tout le gratin est présent. Martin aussi. Naturellement... Le lendemain, Serena est dans le coma ; Lucy est internée ; Ben est à l'hôpital ; Martin, lui, répond aux questions des policiers : que s'est-il passé durant cette soirée ? Pourquoi un tel déchaînement de violence ? Et si cette amitié en apparence parfaite cachait en réalité des sentiments bien plus troubles ? » Magistral thriller de société ! Quatrième de couverture Amitié trouble sur fond de lutte des classes, ambition politique, homosexualité refoulée et violence sourde, un roman original, grinçant et particulièrement palpitant, quelque part entre le « Monsieur Ripley » de Patricia Highsmith, « Le Dîner » de Herman Koch et « La Gifle » de Christos Tsiolkas. Martin Gilmour ne s’est jamais vraiment senti à sa place. Mais en réussissant à décrocher une bourse pour la prestigieuse Burtonbury school, ce fils unique d’une mère célibataire sans le sou s’est vu ouvrir un monde auquel il n’aurait même jamais oser rêver : celui de l’aristocratie britannique. Un monde clos, exclusif, sur lequel règne le très charismatique, populaire et séduisant Ben Fitzmaurice. Contre toute attente, entre l’héritier d’une dynastie et le working class héros va se nouer une forte amitié. Amitié qui va perdurer, quand Ben sera pressenti pour une haute fonction politique et que Martin se sera fait un nom en tant que critique d’art. Quand le premier épousera la très parfaite Serena et que Martin se mettra en ménage avec la très discrète Lucy. Ce soir, dans la somptueuse demeure familiale, Ben fête ses quarante ans. Tout le gratin est présent. Martin aussi. Le lendemain, Lucy est internée, Serena est à l’hôpital, Ben est à son chevet. Et Martin répond aux questions de policiers bien déterminés à comprendre : que s’est-il passé durant cette party ? Comment cette amitié a-t-elle subitement volé en éclats ? Pourquoi un tel déchaînement de violence ? Le vers était-il dans le fruit dès le départ ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La forme de l'eau

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La forme de l'eau Guillermo Del Toro et Daniel Kraus Bragelonne 2018 376 pages traduites par Isabelle Troin SF Chronique 11 juillet 2018 Titre original " The shape of water". Illustrations intérieures et couverture de James Jean. Déjà le livre lui-même en tant qu'objet est beau, les dessins, les papiers à motifs à l'intérieur des couvertures, les feuilles épaisses.... Nous sommes face à un conte de science fiction se situant en 1960 en Amazonie puis en 1962 à Baltimore. À l'origine, ce projet d'écriture à quatre mains, par un cinéaste et un écrivain est imaginé pour donner naissance à un ovni qui est bien une œuvre littéraire destinée à être filmée. C'est évident. Cependant nous n'avons pas l'impression de lire un scénario mais un roman très visuel. Cela convient d'autant mieux que l'héroïne Elisa Esposito est sourde et muette donc la vue est le premier de ses sens en éveil. Trouble période que ces années 60 aux USA, une autre guerre plus insidieuse a débuté alors que la précédente n'était pas encore terminée. Cette guerre froide entre occidentaux et Russes, entre ultralibéralisme qui explose littéralement et le communisme qui terrorise, chaque belligérant veux dépasser l'autre pour l'écraser, et ceci dans tous les domaines, scientifiques, armements, etc... Ainsi l'impitoyable Richard Strickland, militaire est missionné en Amazonie par un mystérieux Mr Hoyt, qui manifestement le terrorise, pour capturer une créature hybride homme poisson, considérée par les populations autochtones comme un Dieu, le dernier de son espèce, Deus Branquia. Cette mission top secret va s'éterniser 17 mois pendant lesquels peu peu les participants vont changer, beaucoup meurent, beaucoup sont éliminés par Strickland, mais enfin la bête est prise au terme d'une rencontre épique entre le militaire devenu sauvage et la créature impuissante à se défendre. Et les cris et hurlements des singes qui perdurent et rendent tout le monde fou, et qui accompagnent l'Américain sur le chemin du retour cette fois vers Baltimore et le Centre OCCAM de Recherche Aérospatiale. Il est devenu une bête, rempli de cauchemars et des visages de tous ceux qu'il a assassinés. Dans sa nouvelle maison, Lainie, archétype même de l'épouse à la coiffure choucroute parfaite, hôtesse de maison idéale, caricature de cette femme dépendante du mari, infantilisée, mère d'un garçon et d'une fille est là au milieu des cartons, avec son nouveau fer à repasser. Elle l'attend inquiète. Elle sur joue un rôle qu'elle a bien dû abandonner pendant les 17 mois d'absence de Richard, pour se débrouiller seule, s'affranchir. Comment redevenir une Potiche maintenant ? À OCCAM, travaillent des femmes de ménage de nuit, des invisibles, et parmi elles, Elisa, née muette, abandonnée de sa famille, qui sans le soutien de Zelda afro-américaine sur place, n'aurait pas tenu ces 20 dernières années dans ce lieu où on écrase les minorités quelles qu'elle soient. Il y a aussi son voisin, Giles, vieil homosexuel artiste peintre, si attendrissant et élégant malgré son postiche, qui toujours est à ses côtés. Elisa a deux passions : prendre de très longs bains et porter de très belles chaussures improbables à haut talon, même au travail, par esprit de rébellion. Branle bas de combat au Centre, un paquet énorme est livré comme un grand sarcophage avec une vitre au-dessus. Également une sorte de piscine a été construite et un nouveau responsable de la sécurité est là et terrorise tout le monde avec sa badine électrique, Richard Strickland. Mais la curiosité de Elisa est la plus forte, une attirance inexplicable qui l'entraîne un soir vers le bassin. La rencontre du troisième type a enfin lieu, celle que chacun attendait autour d'un œuf, symbole du tout. Grand roman d'amour, traitant également d'une période de l'histoire bien spécifique où des expériences scientifiques inacceptables furent commises alors, et le sont toujours, où l'idée erronée de fausse supériorité de l'homme sur le règne animal perdure, de la notion même de sauvagerie ou de civilisation s'écrasant sur la réalité de croyances millénaires. Le Deus Branquia va être le révélateur pour chacun de sa nature profonde, impossible d'échapper à ce que l'on est ou à son destin. Il vit trente minutes dans notre atmosphère, à l'infini sous l'eau, cette eau qui soudain va se mettre à tomber transformant Baltimore en immense aquarium, l'eau nettoyant les êtres de leur saleté ou de leur peur, l'eau élément de renaissance, de voyage et de sécurité. Certains passages sont tellement libérés de tout carcan que disparaissent les ponctuations : plongeons, nageons, redevenons l'être amphibien que nous étions, revenons à nos sources, suivons dans ce roman violent et onirique, d'animalité et d'humanité, ce couple formé par Elisa et Deus Branquia..... Allons à notre propre rencontre. Quatrième de couverture Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale. Un soir, elle surprend quelque chose qu’elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d’une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l’espace de la Guerre Froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnifique – elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, la créature devient sa seule raison de vivre. Pendant ce temps, Richard Strickland, le militaire brutal qui a capturé la créature en Amazonie, envisage de la disséquer avant que les Russes ne tentent de s’en emparer. Elisa doit tout risquer pour sauver la créature. Avec l’aide d’une collègue qui souffre du racisme ambiant et d’un voisin malchanceux qui n’a plus rien à perdre, elle met au point un plan d’évasion. Mais Strickland ne l’entend pas de cette oreille. Et les Russes sont bel et bien sur l’affaire… Le fantastique, la romance et l’horreur s’entremêlent dans une histoire d’amour obsédante et tragique, qui a remporté le Lion d’or du meilleur film à la Mostra de Venise en 2017. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'enfer du Commissaire Ricciardi

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'enfer du Commissaire Ricciardi Maurizio De Giovanni Payot & Rivages 2019 476 pages traduites par Odile Rousseau Polar Chronique 4 avril 2020 Titre original : In fondo Al tuo cuore. Inferno per il commissario Ricciardi. Septième tome de la série policière consacrée au commissaire Ricciardi. Les titres précédents sont : L'Hiver du commissaire Ricciardi Le Printemps du commissaire Ricciardi L'Eté du commissaire Ricciardi L'Automne du commissaire Ricciardi Le Noël du commissaire Ricciardi Les Pâques du commissaire Ricciardi. « Le commissaire Ricciardi, avec ses yeux verts d'ange ou de démon, contraint à voir ce que les autres - les vivants - peuvent éviter, se meut sur les marges d'une frontière. Nous avons le privilège ou la malchance de partager ses visions. » Donato Carrisi Un saut dans le vide ouvre ce nouvel opus : on ne sait si celui qui vole un court instant avant de s'écraser, est un ange ou un démon. On sait en revanche, comme dans tous les épisodes de cette série policière historique que nous sommes à Naples, dans les années trente, en un été étouffant tant par la température que par l'ambiance anxiogène créée par Mussolini et ses sbires. Dans cette Italie du Sud où la vie est si difficile, Napoli représente la porte d'accès à une autre existence emplie d'espoir, une issue vers l'Amérique fantasmée où déjà bien des italiens, se sont installés. Les jeunes rêvent d'y aller, de prendre un billet de la liberté loin de la dictature et de l'enfer qui se prépare. Bientôt les élections en Allemagne vont avoir lieu, ouvrant sur des années de cauchemar et de barbarie. Certains le pressentent, certains le savent. Cette ville saturée de lumière, de soleil, de chaleur, de cris, de bruits, de parfums, de saveurs, de liesse et de profonde tristesse est aussi le théâtre d'une tragédie intemporelle, universelle, celle de l'amour. Où plutôt de la passion insensée menant inéluctablement au drame. Les âmes des trépassés ont beau murmurer à l'oreille du commissaire Ricciardi, doté de la capacité de voir et entendre les morts, cela ne suffit pas à sauver ceux qui ne peuvent l'être. Et évidemment, le pauvre commissaire, qui voit son don comme une malédiction, ne veut imposer sa présence à personne. Il est seul, d'autant plus que Rosa, la femme qui l'accompagne depuis sa naissance se meurt. La jeune fille qu'il aime, Enrica, est partie faute de témoignage de sa part d'un quelconque attachement. Bien sûr, la belle Livia est là qui l'attend et l'espère. Mais rien n'y fait : l'Italie et le monde entier franchissent les limites menant aux ténèbres, aux enfers. C'est le crépuscule de l'humanité qui s'annonce. Maurizio de Giovanni nous ramène ainsi en 1932 dans cette cité qu'il aime tant, à une époque tragique. En pénétrant dans le décor, en parcourant les ruelles, les piazze, les différents quartiers de la ville, votre silhouette traverse un clair obscur répétitif, vertigineux, à l'image des sentiments opposés qui animent les deux enquêteurs, le commissaire Ricciardi et le brigadier Maione. Ils sont tous les deux perdus, sentimentalement, ce qui ne les rend pas très efficaces sur le terrain. Plus la température monte, plus leur sang se glace, plus ils ont peur. Ils sont terrifiés à l'idée de perdre, qui une amante, qui une épouse, qui une mère de substitution. Tétanisés par leur propre tristesse, ils sont incapables de lire immédiatement la scène de crime qui se dévoile à eux en ce matin, où ils découvrent le corps brisé d'un éminent gynécologue obstétricien, défenestré. Suicide ou crime ? L'homme avait manifestement des secrets inavouables et des ennemis... L'auteur réussit encore une fois à créer une atmosphère très particulière dans ce roman policier teinté de surnaturel, ressuscitant la vie des napolitains, leurs traditions, coutumes, nous abreuvant de détails savoureux sur les spécialités culinaires, drolissime quant aux manies des uns et des autres. Le commissaire est une figure dramatique tandis que le brigadier, personnage haut en couleur, nous fait rire. La comedia dell'arte n'est jamais loin, comme la tragédie est proche quelquefois de la comédie. Opera buffa où chacun essaye d'interpréter la partition parfaitement mais n'y parvient pas. Les changements de scènes sont très rapides, sur un tempo vivace. Les coeurs sont incertains en cette veille de fête de la Madonna del Carmine. L'enfer est pavé de bonnes intentions, nos deux policiers vont le découvrir à leur tour. Un grand plaisir pour la fan de cet écrivain que je suis, aimant cette nostalgie, cette tendresse, cet humour et ce sens du drame. Quatrième de couverture Au beau milieu d'une canicule estivale, alors que Naples se prépare à célébrer la Madonna del Carmine, un célèbre chirurgien est défenestré depuis son bureau. Pour le commissaire Ricciardi et le brigadier Maione, c'est le début d'une enquête qui les confrontera aux passions les plus torrides. Au fil des témoignages et des aveux, l'infidélité et l'amour se confondent au point de semer le doute dans l'âme des deux policiers, compromettant leurs propres tentatives sentimentales. Angéliques, infernales et passionnées, les notes d'une chanson napolitaine planent sur les destins de chacun, alors que tous risquent de basculer dans l'abîme. Car la chaleur, la vraie chaleur, vient de l'enfer. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le mystère Fulcanelli

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le mystère Fulcanelli Henri Loevenbruck Flammarion Thriller 9 octobre 2013 416 pages Divers Chronique 13 mars 2017 Tome 3 des Enquêtes de Ari MacKenzie. Enthousiaste, mon retour sur ce livre va donc être plus long que d'habitude. Tout commence par le meurtre d'un vieil homme dans l'église de Santa Caridad à Séville sous le tableau de Juan Valdés Leal intitulé « Finis Gloiriae Mundi ». Tout continue à Paris avec la mort curieuse d'un Galériste célèbre dans sa bibliothèque personnelle, et la disparition incompréhensible d'un simple carnet de cuir marron manuscrit, qui aux yeux de cet homme était son bien le plus précieux. Crise cardiaque ou meurtre ? Le Brigadier-Chef Radenac, conscient des limites de ses connaissances va faire appel à un de ses amis Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, à l'érudition sans limite en particulier dans le domaine de l'ésotérisme. Car en effet Gabriella Mazzoleni, la fille du défunt leur apprend que ce carnet aurait été rédigé par le mystérieux et fameux alchimiste du début du XXème siècle : Fulcanelli. Or depuis plus de cent ans les chercheurs et les scientifiques tentent de lever le voile sur l'identité sous ce pseudonyme. Ari Mackenzie, en chute libre sur les plans professionnel et personnel, en acceptant cette enquête, va faire une plongée vertigineuse dans l'Histoire de l'ésotérisme du siècle dernier, mais aussi être confronté à ses zones d'ombre, à ses faiblesses. J'ai tout aimé dans ce livre, les personnages, l'équilibre parfait entre le récit, le suspens, l'émotion, l'érudition. J'aime l'écriture, précise, émouvante, imagée, savante ou gouailleuse. J'aime le rythme rapide en chapitres courts et le glissement maîtrisé entre les différents acteurs de cette histoire. Pas un moment d'ennui, ou de lourdeur avec un thème qui pourrait rebuter. J'aime quand le roman, la fiction, sont au service de la narration de faits et de destins réels. Tout est vérifiable sur les réseaux et en bibliothèque, de l'existence de Fulcanelli et de ses ouvrages, de ses acolytes, des personnages célèbres et de leur accointance avec le milieu du spiritisme. C'est aussi la description d'une certaine société qui depuis le XIXème siècle, la révolution industrielle et la toute puissance de la science, semble vouloir équilibrer les forces en se passionnant pour la magie, l'occulte. Victor Hugo, Camille Flammarion le scientifique, Claude Debussy, Erik Satie, Emma Calvé la cantatrice, Ferdinand de Lesseps sont présents également dans ce récit..... Un vrai bonheur que ces 400 pages avalées en quelques heures quand Henri Loevenbruck a abattu un travail colossal de documentation, de recherche, et d'écriture pendant des années. Je suis maintenant une fan absolue de cet auteur, et mardi j'aurai les deux tomes précédents à ce livre « Le rasoir d'Ockham », et « Les cathédrales du vide ». Quatrième de couverture Après plusieurs meurtres mystérieux et le vol d'un manuscrit, Ari Mackenzie accepte de mener l'enquête dans les milieux ésotériques afin de percer le mystère de l'identité du plus mystérieux alchimiste du XXe siècle : Fulcanelli. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Une rose seule

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Une rose seule Muriel Barbery Actes Sud 19 août 2020 157 pages Roman Chronique 10 novembre 2020 Rose en a très gros sur le cœur. Comme si une lourde pierre était posée sur sa poitrine l'obligeant à vivre à moitié, en apnée. Elle a grandi auprès d'une mère dépressive, une grand-mère qui faisait tout pour alléger la vie, et l'ombre d'un père japonnais absent. Donc aimer, faire confiance, cela lui est impossible. Peu à peu, elle se fossilise, devient une adulte-enfant de quarante ans toujours en colère qui perd une énergie folle à ne rien ressentir. Même ses études et son métier focalisés sur les plantes ne la ramènent pas vers le côté clair, palpitant de l'existence. Elle est comme ces jardins zen où les végétaux auraient été oubliés dans la composition. Mais voilà, déjà orpheline de mère, sa grand- mère vient de disparaître également.... Puis un notaire la contacte, son père, ce grand inconnu, est décédé, enterré, mais elle est son héritière. C'est donc une gamine en colère dans un corps d'adulte que nous retrouvons en ce début de roman à Kyoto se réveillant dans la maison paternelle. Tout n'est que beauté, simplicité, dépouillement.... Comme ce livre onirique, aussi perturbant qu'il est réconfortant, tout en aridité et exubérance, en asphyxie et respiration, alliant minéralité et luxuriance, contrôle et abandon, contemplation et trépidation, comme la ville, comme un jardin de temple bouddhiste, comme la Vie. De pierre, rose devient fleur qui s'ouvre peu à peu aux sentiments, à l'armistice après cette guerre intérieure menée contre des ombres. Son guide, Paul, belge installé au Japon depuis vingt ans, assistant du père marchand d'art contemporain, suit le plan de visite imaginé par le défunt pour ramener sa petite fille vers la lumière et la paix. Beau roman poétique, impressionniste et oriental de par sa philosophie et son atemporalité... Des contes et légendes introduisent chaque chapitre renforçant le lien à l'enfance, à sa sagesse instinctive.... À découvrir... Quatrième de couverture Alors qu’elle a traversé la planète pour rejoindre le Japon, une femme franchit la cloison de verre de l’altérité et entre peu à peu dans l’agencement esthétique et spirituel des jardins et des temples de Kyôto. Jour après jour, guidée par celui qui fut l’assistant de son père disparu, ces promenades sont en elle autant de motifs à résonances, chambres d’échos, révélations minuscules puis essentielles de sa personnalité. Ce roman des origines est un voyage, une géographie secrète, en même temps qu’une transposition poétique de l’énigme du sentiment amoureux. "Rose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l’idée lui semble assez improbable pour qu’elle entreprenne, à l’appel d’un notaire, un si lointain voyage. Accueillie à Kyōto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord amertume et colère. Mais Kyōto l’apprivoise et, chaque jour, guidée par Paul, l’assistant de son père, elle est invitée à découvrir une étrange cartographie, un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres qui vont l’amener aux confins d’elle-même. Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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