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- Les roses noires T1
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les roses noires T1 Jane Thynne JC.Lattès 2015 506 pages traduites par Philippe Bonnet Thriller Historique Chronique 29 septembre 2018 Je viens de lire le quatrième tome de cette série « Foi et Beauté » le 26 août dernier, et ai été conquise, raison pour laquelle je reviens en arrière. Ainsi je mesure à quel point l'auteure dès ce tome 1, maîtrise son histoire, la construction, distillant déjà des éléments de réponse pour le grand final,Jane Thynne est écrivain, journaliste, mère de trois enfants et épouse de Philip Kerr, aujourd'hui malheureusement disparu. Ces romans dont l'héroïne est une actrice germano-anglaise travaillant dans les fameux studios de cinéma berlinois et ainsi, côtoyant tout le haut du panier, dirigeants nazis et leurs épouses, ainsi que le Führer, est recrutée et formée par les services secrets anglais pour transmettre les informations qu'elle peut glaner. Le danger est immense, la terreur omniprésente. L'avant guerre à Berlin vue du côté féminin ! Tout à fait passionnant, interloquant, stupéfiant. On apprend des détails de la vie quotidienne du peuple, des juifs dès 1933, mais aussi de l'intimité de toutes les figures essentielles du parti. L'an 1 des mille années de règne prévu par ces dingues, ces héros du national socialisme. Hitler s'est infiltré dans tous les aspects de l'existence des allemands et en particulier des femmes, de leur rôle, de leur devoir, de leurs vêtements, de leur aspect extérieur, de leur subordination aux hommes. En résumé des vaches laitières bien charpentées, pondant une flopée de mômes, habillée de costumes démodés et folkloriques, tenant la maison comme de bonne fées du logis aux ordres de leurs seigneurs et maîtres. Des écoles sont créées pour les former, des remariages en groupes de 50 couples, déjà unis, mais à la sauce nazie, sont organisés dans tous le pays, les gamins sont enrôlés dans les jeunesses hitlériennes avec un beau lavage de cerveau, les juifs deviennent des cibles permanentes, des camps de concentration s'organisent entre autres Dachau, des meurtres en pleine rue et de faux suicides se multiplient. Le cinéma, Art de publicité douteuse par excellence, est pris en étau par Goebbels le nouveau ministre de la culture et de la propagande, les juifs sont virés ou s'enfuient, le style des films pro-nazis s'orientant vers des bluettes insipides.... C'est dans ce contexte que Clara Vine va débarquer... Elle n'est pas au bout de ses peines et de ses surprises. La réputation de son père, aristocrate anglais pro nazi avec lequel elle ne partage rien, lui facilite son entrée dans les cercles les plus fermés. La rencontre avec Magda Goebbels en 33, sachant ce que sera son destin et celui de ses enfants, est effarante. Cette femme est incompréhensible, son attitude, ses pensées, ses choix de vie sont hallucinants, illogiques. Une paumée et je pèse mes mots. Tous ces personnages dont nous connaissons les noms, les actes, les destins nous sont là restitués brillamment, et cela est plus que troublant et paniquant. Comment de tels dégénérés ont pu réussir à mettre à genoux l'Europe, et à aller au bout de leur plan de solution finale et de meurtres à grande échelle ? C'est un thriller historique d'espionnage avec une héroïne originale, très bien documenté, construit, écrit. Un pendant nécessaire à la trilogie berlinoise de Philip Kerr.... Quatrième de couverture 1933. Clara Vine, jeune et jolie actrice anglaise pleine d'ambition, décide de partir tenter sa chance à Berlin. Au cœur des studios mythiques de l'UFA, elle se retrouve rapidement coincée dans le cercle des femmes de hauts dirigeants nazis, dont l'impressionnante Magda Goebbels. Quand Leo Quinn, qui travaille pour le renseignement anglais, rencontre la jeune femme, il voit en elle la recrue idéale. Et Clara Vine n'hésite pas longtemps à espionner ses nouvelles relations, jouant à merveille de ses dons d'actrice en dépit du danger. Mais lorsque Magda Goebbels lui révèle un lourd secret et lui confie une mission des plus délicates, toutes ses certitudes basculent. Tiraillée entre son devoir, son affection grandissante pour Leo et le service que Magda lui demande. Clara va se voir confrontée à un choix difficile. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Diable parle toutes les langues
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Diable parle toutes les langues Jennifer Richard Albin Michel Historique Chronique 6 mars 2021 Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud Frédéric Révérend Lajouanie Polar Chronique 20 avril 2018 Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- On n'efface pas les souvenirs
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires On n'efface pas les souvenirs Sophie Renouard Mon Poche 8 avril 2021 262 pages Thriller Chronique 26 avril 2021 « Il ne faut pas continuer sa vie, il faut à chaque fois la recommencer. » Barbara Une ouverture effarante décrivant l'impensable... donc on s'attend à être plongé dans un thriller sanglant, glaçant.... Mais retour dès le deuxième chapitre à une normalité qui du coup devient inquiétante. Un premier roman réussi, maîtrisé, dans la lignée d'une autrice comme Tatiana de Rosnay, faisant la part belle à la psychologie sans vouloir à tout prix provoquer la terreur, mais plutôt une peur sourde, n'usant pas non plus de retournements de situations soudains, de révélations fracassantes. Le scénario a été mûrement pensé pour que nous comprenions parfaitement l'enchaînement des évènements et comment un détail insignifiant comme un regard, un geste, une sensation, peut nous alerter d'un danger. Tout peut basculer si nous ne prenons pas garde, si nous n'écoutons pas notre instinct. Et pourtant tous les voyants étaient au rouge en cette journée de baptême ; Annabelle savait que le mal rôdait, son inconscient enregistrait tout, mais prise dans le rythme endiablé de cet événement familial, elle n'a pas écouté son alarme interne...Des mois d'enfer pour elle, pour sa famille vont suivre. Faire face à la mort est une chose mais faire face à une disparition, face à l'absence de réponse est insoutenable, une vraie torture. Nous suivons donc la famille d'Annabelle et la jeune femme en parallèle. Pas de réelle surprise évidemment quant à l'identité du coupable, mais les mobiles profonds qui l'ont animé sont, de par leur complexité, intéressants à découvrir. Les personnages sont très attachants, les portraits psychologiques parfaitement dressés, l'écriture fluide, la construction du récit solide. J'ai aimé. Quatrième de couverture Annabelle a un mari qui l'aime, deux adorables petites filles, une famille soudée. Ce bonheur insolent n'est-il qu'une illusion ? Depuis de longues années, une ombre rôde autour d'elle. S'approche pour lui voler sa vie. Le jour du baptême de sa cadette, une angoisse sourde la submerge. Sans écouter sa voix intérieure qui annonce l'imminence d'un danger, elle décide de partir avec ses filles à Lyons-la-Forêt, dans la maison de son père. Sur la route, elle s'arrête dans un café pour nourrir Violette, la confie un instant à son aînée, Zélie, le temps d'aller se laver les mains. Mais elle est enlevée. Laissée pour morte dans les forêts du Pays Basque, elle est recueillie et soignée par un vieil homme, qui vit seul dans les montagnes. Lorsqu'elle reprend conscience, sa mémoire s'est effacée... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La face Nord du cœur
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La face Nord du cœur Dolorès Redondo Gallimard Série Noire 28 janvier 2021 688 pages traduites par Anne Plantagenet Thriller Chronique 25 février 2022 « Bien qu'inspiré en partie de faits historiques, ce roman est composé de personnages, de lieux et d'événements fictifs. » « Ce livre fait partie d'un cycle de romans inspirés par le Nord. Dans certains Amaia Salazar est l'héroïne principale ; dans d'autres, les personnages et les intrigues s'entrelacent, créant un univers commun dont le Nord n'est pas toujours un point cardinal, mais le fil conducteur. Car le lieu le plus désolé du monde est la face nord du cœur humain. » Dolorès Redondo est pour moi l'une des autrices de thrillers les plus singulières et essentielles à la littérature noire contemporaine. l'Espagne nous offre décidément de magnifiques écrivains ( Carlos Ruiz Zafón, Aro Sáinz de la Maza...), dont les textes sont toujours empreints d'une profondeur et d'une âme particulières, n'hésitant pas à affronter les ténèbres, à ressusciter les légendes et croyances millénaires, à jouer avec les codes du polar, du fantastique, du conte désenchanté.Le sentiment d'être un rescapé du pire imprègne ces récits, les bonheurs sont fugaces mais réels, cernés par une vérité terrifiante. La trilogie de Batzán répond à ces critères, nous plongeant dans une région à la frontière française, en pays basque, où les voix des sorcières chuchotent encore à l'oreille des habitants ; les feux de l'Inquisition n'ont pas été suffisants à les faire taire. Magie noire, superstitions, présence de groupes sectaires, convictions que les ombres guettent toujours leurs proies... nous entrons dans une zone où les époques s'entremêlent, où tout est un éternel recommencement.... Les âmes damnées se lèvent et tournent en une danse infernale autour de leurs cibles désignées, les enfants en particulier doués de prescience, d'intuition.Le Mal est partout jusqu'à l'autre bout du monde jusque dans les bayous de Louisiane, Terre de mystère, de Vaudou, où réalité pragmatique et surnaturel se côtoient et s'emmêlent. Amaia Salazar, fille de Batzán, des terres ténébreuses et sauvages, est devenue enquêtrice à Pampelune après une enfance et une jeunesse terrifiantes et avoir été arrachée in extremis des mains du démon. Elle est, dans le cadre d'échanges entre Europol et le Bureau Fédéral d'Investigation en stage au FBI ; elle espère enfin rencontrer l'agent Dupree, une pointure, venu donner une conférence. Celui-ci semble s'adresser particulièrement à Amaia pendant son intervention.... La jeune femme comprend assez vite qu'elle a été choisie pour intégrer une équipe formée pour traquer un serial killer qui s'attaque, après des catastrophes naturelles, à des familles entières présentant les mêmes caractéristiques. L'ouragan Katrina est annoncé. Nous sommes en 2005 et le châtiment de Dieu semble vouloir s'abattre encore sur la Terre et sur la Nouvelle- Orleans en particulier. À moins que ce ne soit le châtiment asséné par le Diable lui-même réincarné en ce tueur qui, sur chaque scène de crimes, laisse un violon. De son terrible passé, Amaia comme Dupree semble avoir gardé la capacité de pressentir les prochaines actions du criminel, de comprendre sa logique. Leur instinct ainsi que leur formation d'enquêteurs spécialistes des crimes violents seront essentiels à la traque du monstre, rebaptisé par l'espagnole, le Compositeur. Mais les évènements traumatisants du passé remontent toujours à la surface telle la vase qu'il ne faut pas déranger. Poursuivre un tueur d'aujourd'hui rappelle aux deux enquêteurs des cauchemars d'hier qui peu à peu reprennent vie en pleine catastrophe naturelle d'une ampleur gigantesque. Les vents se lèvent, ceux d'hier et d'aujourd'hui, tout recommence, le monde, Amaia Salazar et Dupree sont à nouveau au bord du précipice, les griffes acérés du Mal tentent encore de les agripper. Dolorès Redondo tout en revenant sur l'un des épisodes les plus tragiques traversé par la Louisiane et la Nouvelle- Orleans, assez peu traité et reconstitué en littérature, nous piège dans un espace temps où toutes les époques interfèrent les unes avec les autres, où ce qui s'est déroulé en pays basque espagnol quand Amaia avait une dizaine d'années résonne avec ce que l'agent Dupree a traversé dans sa jeunesse.Les circonstances sont différentes, les monstres sont cependant intrinsèquement semblables au service du même maître et, toujours, les regards des vivants et des morts se tournent vers le Nord. Un opus extraordinaire qui s'inscrit dans une œuvre singulière. Je vais acquérir tous les livres de cet autrice fabuleuse qui nous offre, tant sur le fond que sur la forme, des textes somptueux, exceptionnels de beauté noire dans un monde crépusculaire, où cependant peut luire, dans une fulgurance, la lumière de la bonté. Quatrième de couverture La face nord du coeur, Dolores Redondo Grand Prix des Lectrices de Elle du roman policier - juin 2021 Avec cette préquelle de la Trilogie de Batzán (succès Folio : plus de 60000 exemplaires vendus, et planétaire : 2,5 millions d’exemplaires vendus dans le monde), Dolores Redondo, auteure publiée dans 38 pays, signe un thriller 100 % convaincant et captivant qui a crevé les plafonds de ventes en Espagne : plus de 300 000 exemplaires. Amaia Salazar, détachée de la Police forale de Navarre, suit une formation de profileuse au siège du FBI dans le cadre d'un échange avec Europol. L'intuition singulière et la perspicacité dont elle fait preuve conduisent l'agent Dupree à l'intégrer à son équipe, lancée sur les traces d'un tueur en série recherché pour plusieurs meurtres de familles entières. Alors que l'ouragan Katrina dévaste le sud des États-Unis, l'étau se resserre autour de celui qu'ils ont surnommé le Compositeur. La Nouvelle-Orléans, dévastée et engloutie par les eaux, est un cadre idéal pour ce tueur insaisissable qui frappe toujours à la faveur de grandes catastrophes naturelles.L'association du réalisme cru de scènes apocalyptiques en Louisiane, de rituels vaudous des bayous et de souvenirs terrifiants de l'enfance basque d'Amaia constitue un mélange ensorcelant et d'une rare puissance romanesque. La trilogie du Baztán - I : le gardien invisible (2021) Au Pays basque, sur les berges du Baztán, le corps dénudé et meurtri d’une jeune fille est retrouvé, les poils d’un animal éparpillés sur elle. La légende raconte que dans la forêt vit le basajaun, une étrange créature mi-ours, mi-homme... L’inspectrice Amaia Salazar, rompue aux techniques d’investigation les plus modernes, revient dans cette vallée dont elle est originaire pour mener à bien cette enquête qui mêle superstitions ancestrales, assassinats en série et blessures d’enfance. La trilogie du Baztán - II : De chair et d’os (2021) À travers le Pays basque, dans la vallée du Baztán, des églises sont profanées. Alors qu’elle vient de donner naissance à son enfant, l'inspectrice Amaia Salazar est chargée d’enquêter discrètement sur cette affaire. Avec son équipe, elle doit aussi s’occuper d’une série de crimes conjugaux qui ont tous en commun d’horribles mutilations. Á chaque fois, l'assassin s’est suicidé en laissant derrière lui une étrange inscription : TARTTALO. Pourquoi tous ces hommes laissent-ils ce même mot ? Que signifie-t-il ? Et pourquoi semble-t-il destiné à la jeune inspectrice ? La vallée du Baztán recèle encore de bien terribles secrets qu’Amaia devra affronter pour espérer enfin y vivre en paix... La trilogie du Baztán - III : Une offrande à la tempête (2021) Dans la vallée de Baztán, une petite fille décède étouffée dans son berceau. Alors que la police soupçonne le père d’être impliqué, la grand-mère attribue cet assassinat au génie maléfique Inguma, issu de la mythologie basque. Rapidement, cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites de nourrissons suspectes. L’inspectrice Amaia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, entre légendes mystiques et assassinats barbares, au risque de mettre de côté son rôle d’épouse et de mère. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les nuits rouges
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les nuits rouges Sébastien Raizer Gallimard Série Noire 8 octobre 2020 288 pages Thriller Chronique 3 janvier 2021 « ... Ces chiffres, informations, analyses, témoignages.... Au fond, Dimitri s'en foutait. Ce qui avait commencé dans cette région lorsqu'il était gamin, non seulement n'avait jamais cessé, mais s'était amplifié et propagé dans tout le pays. D'autres foyers de peste économique s'était déclenchés et c'était toute l'Europe, le monde entier qui était désormais sclérosé, gangrené, pourri de l'intérieur par le cancer de la finance globale et dématérialisée. Plus rien n'existait ni n'avait d'importance. Il fallait juste finir le boulot et se tirer de là." » Excellence du geste littéraire, imagination en transe, morceaux de vies brisées aux reflets métalliques, fulgurances rouge sang dans les ténèbres charbonneuses, échos démultipliés de la douleur, du désespoir d'hier, répercutés à l'infini jusqu'à être, enfin, entendus, compris, aujourd'hui. Dans la nuit, des voix s'élèvent pour réclamer vengeance, celles des victimes des années 78 et 79, pendant lesquels des milliers de travailleurs ont été broyés, trompés, trahis, poussés au suicide ou assassinés... J'avais dix ans et l'on parlait du coup de Barre... Les coupables ne seront jamais poursuivis ou condamnés, leurs noms étaient et sont connus, firent et font la une des JT encore et toujours : les ministres, les politiques et grands entrepreneurs.... certains chefs de syndicats également.... Certains collabos.... tout n'est qu'un interminable recommencement, ce sont toujours les mêmes qui s'en sortent et les mêmes qui crèvent. Un texte tel un opéra hard-rock, telle une tragédie intemporelle et universelle.... La plus grande beauté musicale des mots côtoie la plus extrême trivialité du Mal en action, incarné par Faas, le flic pourri, albinos et déjanté... Il règne sur la ville, il contrôle son monde, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau commissaire adjoint, Keller, jusqu'à la découverte d'un corps momifié dans le crassier. Et voilà que celui qui fut sacrifié sur l'autel du profit, voici quarante ans, hurle son nom et exige la justice. Apparaît un chevalier misérable, fini, cramé, qui trouve la force pourtant de se relever, armé d'une arbalète, tel un Guillaume Tell contemporain, héros symbolique de cette guerre économique sournoise et monstrueuse que nous affrontons depuis les années 80. Qui sortira vainqueur de cette lutte à mort ? Ambiance films d'action à la Highlander où l'impossible est attendu, espéré, où les Justes sont Immortels, où la fin est inéluctable et pourtant porteuse d'espoir... Peut-être.... Un thriller rouge sombre comme un cri d'alarme et de colère.... Quatrième de couverture Dans la vallée post-industrielle du Nord-Est de la France, les travaux d'arasement du crassier mettent à jour un cadavre momifié depuis quarante ans : 1979, l'année de l'explosion des violences politiques, économiques et sociales qui furent le point d'orgue du sacrifice de cette région sidérurgique. Il s'agit du père de deux frères jumeaux qui avaient 9 ans lorsqu'il a disparu. On leur a laissé croire qu'il les avait abandonnés. Brouillés depuis des années, tout les oppose : Dimitri est un paumé trempant vaguement dans la came, Alexis est informaticien dans un réseau bancaire du Luxembourg. Pour venger la mort du père, Dimitri replonge dans les combats de l'époque et ranime sans le vouloir, quarante ans après, les nuits rouges de la colère. Un énigmatique commissaire retraité, un commissaire-adjoint fraîchement nommé dans la région, un inspecteur albinos et psychotique, des hauts dirigeants de la CGT, de mystérieux Albanais qui tiennent le trafic de drogue sont les acteurs contemporains d'une lutte ancestrale. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Tout ce qu'ils méritent
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Tout ce qu'ils méritent Patricia Rappeneau De Borée Marge Noire Thriller Chronique 21 novembre 2019 Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'alignement des équinoxes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'alignement des équinoxes Sébastien Raizer Gallimard Série Noire 2015 463 pages Thriller Chronique 13 août 2018 Premier livre de la trilogie. « Yeah, you know the story of the viper It's long and lean with a poison tooth Well they're hissing under the floorboards Hanging down in bunches from my roof. » Nick Cave & the bad seeds, Jack the Ripper Expérience de la Terreur 1 Un petit garçon apeuré dans une maison, un silence assourdissant, une sensation de fin du Monde. Le temps a disparu, un grand cataclysme a eu lieu, ou l'enfant l'a-t-il inventé, est-ce une création de son esprit ? Tout semble a sa place excepté cette absence de bruit, d'odeur.... Peut-être une légère vibration, une mélodie ? Non, tout est illusion, froid, vide. Il est abandonné au milieu de rien. Une faible lueur, un signe de vie, l'enfant prend son courage à deux mains. « Le monde était une pulsation sourde. Le gamin savait qu'il s'approchait de son cœur noir. Et qu'il n'avait pas le choix. La porte du cellier était ouverte et la lumière qui en provenait dessinait un encadrement sur le sol. C'est là qu'il se tint debout pour constater qu'il s'était réellement produit une chose terrible Le monde n'était plus du tout le monde. Le monde était devenu un cauchemar pendant qu'il l'avait laissé disparaître. À cause de son inadvertance, le monde était devenu la mort. Elle pendait depuis le plafond du cellier, grotesque et terrifiante, à côté d'un jambon à l'os. » Donc un enfant terrifié, entre réalité et cauchemar, une vipère qui siffle, et aujourd'hui un duo d'enquêteurs de la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres : « Silver », Linh Schmitt, Liwayway quand elle était petite, d'origine laotienne, adoptée avant ses 18 ans, boxeuse zen devenue flic ; Wolf, Luc Hackman, homonyme de l'acteur incarnant Wolverine, un ancien commando traumatisé par son passé. Tous deux ont eu beaucoup de chance de se trouver, ils se sont immédiatement reconnus. Experts dans l'art de se battre, mais aussi passés maîtres pour trouver les ressources intérieures afinde se régénérer et ne jamais se perdre dans la lutte qui les oppose au Mal. Ces aptitudes seront indispensables pour réussir à faire la lumière lors de la prochaine enquête abracadabrante qui va leur tomber dessus. Dès le premier regard échangé avec Karen Tilliez, la très jolie jeune femme assise non loin du cadavre de l'homme qu'elle a décapité avec son sabre de samouraï, titre dont elle s'enorgueillit, Wolf sait qu'elle a pris un certain ascendant sur lui, qu'elle l'empoisonne telle une toxine. Elle réussira même à s'infiltrer dans ses rêves. Elle donne comme raison de cet acte infâme la nécessité d'atteindre l'équinoxe de la mystérieuse loi de l'alignement, tant physique, psychique que spirituelle. Un maître à penser semble être derrière cette exécution, d'autres êtres déséquilibrés sont sous sa coupe, bientôt les cadavres s'accumulent. Vite une cellule de crise secrète est créée pour enquêter librement, formée de Silver, Wolf, leur supérieur Lacroix et le geek surdoué Marcus. Un thriller aux couleurs ésotériques, teinté de philosophie asiatique,sur bande son métal, un roman policier d'action mais aussi de réflexion sur notre propre mode de vie, sur notre vision du monde, de nos croyances hors des règles édictées par la société ou la religion. Un saut dans l'inconnu dans une histoire originale et terrifiante, avec heureusement un quatuor soudé et prêt à affronter cette fameuse Vipère. Celle-ci veut régler ses comptes, se venger, et atteindre sa propre équinoxe. Deux autres expériences de la terreur vous attendent. Courage, soyez de valeureux samourais ! Quatrième de couverture Karen Tilliez, fille étrange et fascinante, se prend pour un samouraï, atteint l'équinoxe de la mystérieuse loi de l'alignement en décapitant un homme d'un coup de sabre. Diane Lempereur, jeune femme aussi séduisante que déboussolée, travaille dans un sex-shop et abandonne tous les repères de sa vie tourmentée en se laissant guider par un psychiatre aux expérimentations singulières. Silver, boxeuse zen laotienne, et Wolf, ancien commando déphasé, deux flics de la brigade criminelle, vont être entraînés dans ce lavage de cerveau existentiel en forme de grand huit, au son des Stooges, de Kraftwerk et de Coil, dans un univers mutant et mouvant, où rien ne semble impossible - ni aller de soi. Et pendant ce temps, la Vipère règle ses comptes, en attendant son propre équinoxe. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Five Points
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Five Points Eric Yung De Borée 11 mars 2021 293 pages Polar Historique Chronique 13 avril 2021 « Le crime m'a séduite et je lui ai cédé, aimait répéter la Princesse à ses amis. D'où je viens et si je ne l'avais pas rencontré, je ne serais rien aujourd'hui. Le crime et moi ? C'est un mariage de raison. C'est un peu comme si j'avais dit oui à un amant à qui j'apportais son besoin de prospérité tandis qu'il me dotait d'une belle fortune. Le crime a ses vertus. » « Mme Saint-Clair avait conscience de ce qu'elle était. Bien sûr, elle ne possédait pas un empire reconnu par l'officiel Syndicat du crime [...] Non ! Elle était la Princesse de Harlem. Elle était la seule femme, française de surcroît, qui s'était imposée dans le mitan longtemps dominé par les gangs irlandais, juifs et afro-américains. » À partir de très peu d'informations, une adresse à New York, un viol avéré, perpétré par des membres du Ku Klux Klan un jour de lynchage, des noms de certains personnages célèbres, intellectuels à l'origine du mouvement de la Renaissance de Harlem, du boxer Battling Siki et de membres et chefs de la pègre, Éric Yung imagine une biographie fictive doublée d'une fresque historique incroyable. J'ai été emportée dans cette histoire dès les premières pages repensant au personnage de Fish Monney dans la série Gotham, cette magnifique et terrifiante cheffe de gang. L'atmosphère de ce polar historique est tout aussi délétère, en clair obscur : Stéphanie Saint-Clair, jeune fille à la psychologie complexe, dès son arrivée à Harlem sait qu'elle devra faire preuve de bravoure, de patience, de duplicité, de sauvagerie également, dans ce monde où être femme et noire sont autant de handicaps sur le chemin de la réussite et de la fortune. Mélange de force inouïe, de fragilité extrême, de brusques états dépressifs, de féminité raffinée, d'érudition inattendue, d'un sens moral à dimension variable, de talent incontestable de leader et de meneuse de meute, elle règne sur ce quartier de New York grâce au contrôle des loteries clandestines. Par chance, les autres gangs en ces temps de prohibition, de crise économique mondiale, se partagent d'autres territoires et marchés. Elle fait du business entourée de ses hommes, de son amie Maria et de sa secrétaire Chloé, admirée pour sa détermination et son courage hors norme par l'intelligentsia afro-américaine, mais aussi par tous ces habitants de Harlem dont elle est la Princesse et plus sûrement la Reine. En la suivant pas à pas, nous découvrons un monde inconnu, celui des gangs noirs new-yorkais passés dans l'ombre, la lumière étant braquée sur la mafia, la Cosa Nostra et autres Al Capone, Lucky Luciano... Époque édifiante s'étirant des années 1920 à l'après seconde guerre mondiale : la société entière change et le microcosme de la pègre doit s'y adapter. Grâce à Stéphanie, nous sommes les témoins privilégiés de cette métamorphose du gangstérisme artisanal à celui en cols blancs, tout aussi dangereux et violent, n'obéissant plus aux mêmes codes d'honneur.Grâce à des descriptions détaillées des lieux, de certains quartiers de New York, des toilettes, voitures, mais aussi à des portraits hauts en couleurs des différents protagonistes de ce monde à la marge, nous sommes propulsés dans un passé sanglant, terrifiant et étonnamment glamour et séduisant, à l'instar de l'héroïne. Nous sommes fascinés par cette force de caractère, cette puissance de volonté, bien que ce soit une meurtrière et une criminelle sans pitié. En même temps, elle prend fait et cause pour les membres de sa communauté perpétuellement en butte au racisme, à l'injustice de la ségrégation. Elle s'engage au côté de membres éminents dans la lutte pour l'égalité des droits, pour les plus faibles tels W. E. B. Du Bois, Lanston Hughes.... Courtisée par les uns, haïe et menacée par d'autres, trahie par les siens, les raisons intimes des choix qu'a fait la jeune Stéphanie ne nous sont révélées que dans un final particulièrement touchant. Une Femme hurlant sa fureur, sa peine, qui prend ainsi la parole pour toutes celles qui furent contraintes au silence et à l'obéissance. Une Femme moderne, indomptable, imprévisible, droite face au destin et levant haut la flamme de Sa liberté. Un roman d'une grande beauté, un texte magnifique dont la musique nous envoûte tel un morceau de Duke Ellington, un solo de Louis Armstrong ou un titre de Billie Holiday. La nostalgie de ces années de Renaissance de Harlem, de bouillonnement intellectuel et artistique nous prend, Magic ! Quatrième de couverture Stéphanie Saint-Clair a 26 ans lorsqu'elle débarque à New York et s'installe dans le quartier le plus misérable de la ville : Harlem. Quelques années plus tard, elle devient « la princesse », « la big boss » des loteries clandestines et fait fortune dans le crime. A travers les aventures de son héroïne, Éric Yung nous entraine dans les bas-fonds de New-York à une époque où, à peine sortie de la prohibition, les familles italiennes, après avoir détrôné les clans et les gangs Irlandais, juifs et Hollandais, ont érigé le pouvoir mafieux, à travers le syndicat du crime, en une authentique institution, organisation violente et implacable régissant les règles et lois du « milieu ». C'est dans cette société que « La princesse », détentrice d'un secret personnel qui nourrit tout le roman, deviendra la première dame d'un quartier à la fois embrasé par les émeutes et régénéré par un formidable mouvement d'artistes et d'intellectuels qui contribuera à ce qui a été appelé « La renaissance de Harlem ». Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Concours pour le Paradis
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Concours pour le Paradis Clélia Renucci Albin Michel Historique Chronique 23 novembre 2018 Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Fermer les yeux
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Fermer les yeux Antoine Renand Robert Laffont La Bête Noire Thriller Chronique 2 novembre 2022 Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Sous la même étoile
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Sous la même étoile Dorit Rabinyan Les Escales Historique Chronique 27 mai 2017 Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Labyrinthes
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Labyrinthes Franck Thilliez Fleuve 5 mai 2022 374 pages Thriller & Polar Chronique 22 janvier 2023 Dernier tome de la série Caleb Traskman, comprenant « Le Manuscrit inachevé » en 2018 et « Il était deux fois » en 2020 : « Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité. » Arthur Conan Doyle« L'unique différence entre un fou et moi, c'est que moi je ne suis pas fou. » Salvador Dali« Ainsi Dédale confond tous les sentiers du labyrinthe. À peine lui-même il peut en retrouver l'issue, tant est grande la tromperie de l'édifice. » Ovide, Les Métamorphoses. Camille Nijinsky, flic, est en charge d'un dossier dont personne n'a voulu. Une sale blague pour la petite nouvelle de la part de ses machos de collègues.Un corps défiguré a été retrouvé dans un chalet, la coupable potentielle est hospitalisée en clinique immédiatement étant donné son état. Le psychiatre qui s'en occupe propose à Camille de lui raconter l'histoire que cette inconnue lui a relatée avant de perdre la mémoire. Il invite la policière a pénétré dans un véritable labyrinthe aux frontières de la folie. Ainsi y-a-t-il cinq femmes ; nous en suivrons quatre pour découvrir en fin de parcours la cinquième, mystérieuse et clef de toute cette énigme.Vite mettons nos pas successivement dans ceux de Lysine la journaliste, Véra la psychiatre, Julie la kidnappée, Sophie la romancière. Le retour de Caleb Traskman, cette figure du romancier dément, malsain et psychopathe, nous promet immédiatement des moments trashs, difficiles ; en effet le récit est jalonné de chapitres sanglants et insoutenables.Peu à peu, l'auteur parsème son roman d'indices, de discordances, nous transformant en petit Poucet aux pays de l'horreur. Celle créée par des éléments extérieurs mais aussi celle créée par notre psyché. Ces instants où soudain nous nous regardons dans le miroir sans nous reconnaître. En cela, ce thriller policier joue sur nos terreurs intimes, et Franck Thilliez peut traiter d'un sujet qui le fascine : l'amnésie. Nous frôlons la folie à l'instar de ces femmes qui sombrent peu à peu, ligne après ligne ; à quoi pouvons-nous nous raccrocher ? C'est de la haute voltige très bien maîtrisée, la clôture du cycle Caleb Traskman étant un soulagement pour nos petites cellules grises.Dire que j'ai été étonnée, bluffée, surprise, non ! Je dois lire trop de littérature noire et mon esprit est devenu tortueux, c'est d'ailleurs inquiétant. En revanche, l'intelligence et la jubilation de l'écrivain de ce texte, de ces trois tomes, me fascinent et me réjouissent. Je regrette un peu d'avoir lu les deux précédents opus à leur sortie, j'aurais préféré lire l'ensemble dans la continuité. Heureux ceux qui seront dans cette situation de découverte.Du bel ouvrage ! Le mot de l’auteur :En tant que bon artisan du suspense, je construis des intrigues qui jouent avec vos nerfs. Je vous emmène sur des territoires où votre imagination va fonctionner à plein régime et vous procurer un agréable sentiment de ce que j’appelle la " peur plaisir ". Mon dernier roman, Labyrinthes, est une expérience de lecture dans laquelle j’ai rassemblé tout ce que j’ai appris à faire en vingt ans d’écriture de thrillers : bâtir un récit labyrinthique, solide, intrigant dans le fond comme dans la forme. J’espère que vous ne pourrez pas lâcher ce roman avant d’en connaître le dénouement, puisqu’il y a un twist final qui devrait en surprendre plus d’un ! Bonne lecture ! Quatrième de couverture Suivez le fil infernal Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d'une étrange amnésie. Camille Nijinski, en charge de l'enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s'entretient a bien plus à lui apprendre. Car avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière... « Tout d'abord, mademoiselle Nijinski, vous devez savoir qu'il y a cinq protagonistes. Toutes des femmes. Écrivez, c'est important : « la journaliste », « la psychiatre », « la kidnappée », « la romancière »... Et concentrez-vous, parce que cette histoire est un vrai labyrinthe où tout s'entremêle. Quant à cette cinquième personne, elle est le fil dans le dédale qui, j'en suis sûr, apportera les réponses à toutes vos questions. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Nickel Boys
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nickel Boys Colson Whitehead Albin Michel 19 août 2020 272 pages traduites par Charles Recoursé Historique Chronique 19 février 2021 Deuxième Prix Pulitzer en 2020 pour Colson Whitehead avec ce roman historique inspiré de faits réels glaçants : des corps sont retrouvés lors de fouilles dans le parc d'une ancienne maison de correction, la Nickel Academy. Ce nom laisse à penser que les jeunes garçons envoyés là-bas ne valaient pas plus qu'un nickel, quelques cents.Il semble que cette portion de terre soit un cimetière secret, non officiel.... Les enfants enterrés là sont inconnus, sans nom, sans réelle sépulture comme des déchets que l'on aurait enfouis.L'horreur vécue en ce lieu remonte à la surface comme les squelettes. L'événement devient public, passe aux informations. La triste et lugubre réputation du centre revient à la mémoire de ceux encore en vie, anciens pensionnaires malheureux ou employés. Cette nouvelle parvient jusqu'aux oreilles de Elwood Curtis. Le temps de la vengeance ou des révélations est venu. Pour nous aussi qui allons suivre l'Elwood d'hier et d'aujourd'hui. L'auteur aborde ainsi la tragédie de l'enfance bafouée, battue, violée, tuée au sein d'un établissement pénitentiaire conçu pour « rééduquer » de jeunes délinquants. Un endroit où la ségrégation raciale s'applique en ces années 1960 en Floride, où des gamins déjà en situation de précarité ou afro-américains se retrouvent piégés, enfermés sous de fallacieux prétextes. La vie peut basculer du jour au lendemain pour tous ces enfants et, encore plus, lorsqu'ils sont noirs. On a peine à imaginer ce que certains durent affronter, non préparés à une telle injustice et barbarie. Elwood avait pourtant un très bel avenir devant lui, intelligent, bien éduqué par sa grand-mère maternelle, doué, responsable, travaillant bien à l'école et vendeur apprécié de son patron dans une boutique du coin. Il est très respectueux des règles, peut-être un peu trop. Il ne remet pas en question l'autorité, les lois racistes, il ne fait pas de vague. Son entrée à l'université destinée aux noirs est prévue pour la rentrée. Il décide alors d'aller visiter le campus à plusieurs heures de route de chez lui. Son vélo étant en mauvais état, il finit par faire du stop. Le destin est en marche, inéluctablement.... Un très beau roman sur ce sujet délicat et terrible qui, de plus, a l'immense intérêt d'aborder la question d'une possible résilience pour ces enfant rescapés de séjours en cet endroit de cauchemar. Au fur et à mesure, nous découvrons la vie de Elwood adulte réussissant à se construire, peu à peu, alors que d'autres de ses camarades n'ont pas pu relever la tête. Pourquoi lui y réussit-il ? En quoi Elwood est-il différent d'eux ? Un bémol : je reste avec un manque, une frustration, et des interrogations en refermant ce livre.L'auteur décrit parfaitement l'arrivée, avec deux autres garçons blancs, de Elwood à la Nickel Academy. L'un d'entre eux est un récidiviste, c'est donc son deuxième séjour dans ce centre et, lorsque le directeur les accueille tous les trois, le gamin est paniqué... Il sait ce qui les attend dans cet endroit de malheur. Mais curieusement, l'auteur ne traitera que de la pédocriminalité exercée sur les enfants noirs ! Pourquoi ?Un très beau personnage m'a particulièrement marqué, celui du gamin mexicain inclassable dont la peau devient très sombre au soleil et qui, pour cette raison, fera la navette entre les parties réservées aux blancs ou aux noirs, selon le bon vouloir du directeur du centre. Une ombre presque poétique...Ce roman historique est aussi un thriller incroyable dont la fin nous retourne complètement. Pour moi le sujet est malheureusement à moitié traité. Néanmoins c'est un très beau texte qui personnellement m'a moins marquée que le précédent opus exceptionnel de l'auteur " Underground Railroad ", Prix Pulitzer 2017. Quatrième de couverture Palmarès Les 100 livres de l'année 2020 - Lire-Magazine Littéraire; Palmarès Les 30 livres de l'année 2020 - Le Point; Palmarès 2020 - Les Inrocks; Palmarès Les 30 meilleurs livres de 2020 - Le Monde Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l'université pour y faire de brillantes études, il voit s'évanouir ses rêves d'avenir lorsque, à la suite d'une erreur judiciaire, on l'envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s'engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu'il s'agit en réalité d'un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d'amitié. Mais l'idéalisme de l'un et le scepticisme de l'autre auront des conséquences déchirantes. Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour Underdground Railroad puis en 2020 pour Nickel Boys, Colson Whitehead s'inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l'instar de William Faulkner et John Updike. S'inspirant de faits réels, il continue d'explorer l'inguérissable blessure raciale de l'Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d'innocents, victimes de l'injustice du fait de leur couleur de peau. « Le roman de Colson Whitehead est une lecture nécessaire. Il détaille la façon dont les lois raciales ont anéanti des existences et montre que leurs effets se font sentir encore aujourd'hui. » Barack Obama Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le jardin d'hiver T2
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le jardin d'hiver T2 Jane Thynne J.C Lattès 2016 478 pages traduites par Sophie Bastide-Foltz Thriller Historique Chronique 30 septembre 2018 Retour sur le tome 2 de la série de la BerlinoiseNous sommes cette fois en 1937, nous retrouvons Clara Vine, germano-anglaise, actrice à l'UFA à Berlin où elle officie aussi en tant qu'agent de renseignements britannique.Edouard VIII a abdiqué pour vivre et épouser sa Wallis Simpson. Ses sympathies pour le régime nazi ne sont plus une surprise, les voilà donc en visite officielle prise en charge entièrement par le parti. Certains accords sont envisagés entre Hitler et le Duc de Windsor en cas de victoire des allemands... À peine croyable !Nous croisons également deux autres anglaises de la très bonne société, les sœurs Mitford, l'une épouse d'un fasciste, l'autre raide dingue du Führer, se distinguant par leur bêtise et leur folie.Lindbergh, admiratif de ce régime fait une apparition, ayant réussi à obtenir une accréditation pour Mary, la journaliste, renvoyée d'Allemagne au premier tome. Elle revient de la guerre d'Espagne, elle était là lors du bombardement de Guernica. La flotte d'avions de guerre allemande a bien œuvré, elle est donc reconstituée, et même, bien plus à la pointe des dernières technologies. L'Europe peut avoir peur, Hitler et ses sbires préparent leur munitions et leurs armes. Toute velléité de paix est à oublier. Au milieu de tout ça, Clara est très sollicitée par les femmes des dignitaires nazis pour traduire et discuter avec les anglais lors de soirées où les privations alimentaires n'ont pas leur place. Une débauche de nourriture, d'alcool, de fourrure, de robes de haute couture, de parfum....Tout ce qu'elle pourra récolter d'informations de ces dames sera bienvenu. Sa rencontre avec un pilote de chasse va être décisive... Au même moment, Anna Hansen, une pensionnaire à l'Ecole des Épouses destinées à devenir de bonnes compagnes pour les officiers SS, est retrouvée morte, assassinée. Clara l'a connue dans une autre vie où celle-ci était danseuse de charme. Elle demande alors à Mary d'y aller pour interviewer la directrice et peut-être une amie de la victime... Les résultats de cette enquête, qui bientôt est dans les mains de la gestapo, sont explosifs.... Toujours un mélange réussi des évènements de la vie intime des protagonistes et de la grande Histoire, pour ce thriller où suspense et passion sont parfaitement dosés. Ce personnage de Clara Vine est une trouvaille parfaite pour raconter ses années trente allemandes par le regard des femmes. Intéressant, stupéfiant également quant à certains détails de la propagande nazie et de la psychologie des personnages.... Très bien documenté, très romanesque, cette tétralogie est le pendant idéal plus abordable, à la série berlinoise du mari de l'auteure, Philipp Kerr. Quatrième de couverture Berlin, 1937. La ville respire la séduction et l'ambition. Mais partout, le danger rôde? Anna Hansen, future mariée, est pensionnaire d'une de ces fameuses écoles créées par Hitler pour former les jeunes femmes dans l'art de devenir la parfaite épouse d'un officier SS. Mais, une nuit, elle est sauvagement assassinée dans les jardins de l'école. On fait vite disparaître le corps. La nouvelle de sa mort est étouffée, son existence oubliée.Clara Vine est actrice dans les fameux studios de la Ufa à Berlin. Mais cette activité en masque une autre, clandestine celle-là : elle est agent au service du Renseignement britannique. Or elle connaissait Anna et la nouvelle de sa mort l'inquiète. Elle n'arrive pas à comprendre pourquoi on l'occulte ainsi. Elle enquête donc, et découvre peu à peu que le meurtre d'Anna est lié à un lourd secret, compromettant les plus hauts dignitaires du troisième Reich.Avec la prochaine visite à Berlin d'Édouard VIII ? qui a récemment abdiqué ? accompagné de sa femme Wallis ? et la présence des célèbres sœurs Mitford qui rivalisent pour occuper le devant de la scène mondaine, Clara se doit d'oeuvrer dans l'ombre pour découvrir la vérité et en informer Londres. C'est une voie périlleuse, d'autant qu'elle bénéficie de l'aide d'un de ces artistes juifs taxés de « dégénérés » par Goebbels. La survie de Clara ne tient qu'à un fil? Un mélange très réussi où se rencontrent Histoire, suspense, amour et liaisons dangereuses? Sur un rythme soutenu et avec la montée du nazisme en toile de fond. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















