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- L'Ordre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Ordre Daniel Silva Harper Collins Noir 9 juin 2021 396 pages traduites par Thibaud Eliroff Thriller Chronique 17 décembre 2021 « Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit : « Je suis innocent du sang du juste. Cela vous regarde. » Et tout le peuple répondit : « Que mon sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » Matthieu XXVII, 24-25 ( Bible Segond) « Tous les malheurs dont les juifs ont souffert par la suite - de la destruction de Jérusalem à Auschwitz - portent en eux l'écho de ce pacte de sang inventé lors du procès. »Ann Wroe, Pontius Pilate, ( ouvrage non disponible en français) « Il faudrait être délibérément ignorant du passé pour ne pas savoir où tout cela nous mènera. « Paul Krugman, New York Times. « Il existe un lien direct entre les enseignements de l'Eglise primitive et les chambres à gaz et les crémations d'Auschwitz. Prétendre le contraire serait faire preuve de ce que saint Thomas d'Aquin appelait ignorantia affectata. Une ignorance délibérée. » Daniel Silva, l'Ordre. Cet opus est le vingtième de la série consacrée à Gabriel Allon, restaurateur de peintures dans une autre vie, agent de terrain pendant des années pour les services secrets israéliens, aujourd'hui à la tête du Bureau. Il doit enfin prendre du repos avec sa famille : sa femme, ancienne agent secret, ne lui laisse pas le choix. Direction Venise pour quinze petits jours de vacances bien méritées. Mais comme d'habitude, la jeune femme et leurs deux enfants, Irene et Raphael, vont devoir prendre leur mal en patience. Un évènement aux répercussions énormes vient ternir leur escapade. Le Pape, ami de Gabriel, est mort. Comme toujours, avec cet auteur, voici un thriller d'actions et d'espionnage solidement bâti sur des études et documentations scientifiques et historiques, des parutions argumentées dans la presse internationale, et sur une connaissance profonde de l'imbroglio qu'est devenue aujourd'hui la géopolitique mondiale.La bibliographie et les notes finales peuvent être enrichies de vos propres recherches, le papier dans L'Express par exemple. À vous de taper certains mots clefs, ainsi vous aurez accès à tout ce qui est paru en France, notamment, au sujet du procès de Jésus et du rôle exact joué par Ponce Pilate. Il est évident que la recrudescence des pensées néo nazis, des mouvements et "partis politiques" ultra nationalistes, haineux, antisémites et généralement également anti- arabes, n'est pas à négliger. La peste brune est de retour partout, renaît encore et encore, un virus qui a gangrené nos sociétés, propagé par des vecteurs quelques fois incompréhensibles telle l'Eglise catholique. On sait le soufre qui entoure encore la biographie du pape Pie XII et ses accointances avec le National socialisme allemand. On sait aussi que des catholiques furent des Justes. Mais d'où la haine atavique du juif, irraisonnée, induite et non innée, prend-elle racine ?C'est à cette question que l'auteur, et avant lui des chercheurs, des sommités et autorités en la matière tentent de répondre. Par le biais de la fiction, il est vraie que cette question et sa réponse sont plus faciles à aborder.De plus, cela donne l'occasion à Daniel Silva de dresser un portrait actuel de la communauté de culture juive en divers points du globe, en particulier en Europe et aux Etats Unis. Le bilan est évidemment des plus inquiétants pour les juifs et pour nous tous. Les liens ténues entre religion juive et christianisme sont ici retissés.À qui la responsabilité de l'exécution de Jésus est-elle réellement imputable ? Les juifs ou Ponce Pilate....? Doit-on croire aveuglément les évangiles ou s'appuyer sur les découvertes passionnantes autant qu'éclairantes des scientifiques, archéologues, spécialistes et autorités multiples et de toutes confessions ou cultures ? Comment la haine d'une communauté a-t-elle pu perdurer ainsi depuis deux milles ans ? l'Eglise d'aujourd'hui n'a-t-elle pas un rôle crucial à jouer pour le rétablissement de la vérité ? Au-delà du traitement de cette problématique épineuse, Daniel Silva nous offre à nouveau un formidable récit d'espionnage nerveux, diablement efficace, nous emportant en italie, en Suisse, en Allemagne, nous faisant pénétrer dans les coulisses du Vatican et dans les arcanes de la nomination d'un nouveau Pape. C'est aussi une enquête sur la mort mystérieuse du dernier pontif à la demande de son ami et secrétaire particulier auprès de Gabriel Allon qui, déjà, avait sauvé la vie du Berger des Catholiques quelques années auparavant. l'Eglise est dans la tourmente, les scandales multiples ayant trait au détournement de fonds, à des crimes de pédophilie, éclatent au grand jour depuis quelques années, difficilement niables. De plus, le rapprochement entre certaines communautés de catholiques réactionnaires et intégristes et des personnalités ou groupes néo nazis est une triste et inacceptable réalité. Un thriller dans la droite ligne des grands noms du polar et du récit d'espionnage, au rythme ahurissant, à l'intelligence évidente, vous réservant aussi des moments tendres, poignants ou drôles, pour aborder des sujets difficiles sans que cela nécessite de remettre certaines cicatrices à vif. Evidemment, je précise que ce livre fut rédigé pendant le premier confinement. L'action se déroule avant la pandémie donc certaines affirmations ou analyses de Gabriel Allon sont à recontextualiser.Je ne sais pas ce que l'auteur fera dire à son héros dans le 21eme opus déjà paru en anglais.Comment traitera-t-il, en particulier, le sujet bouleversant et révoltant de la situation sanitaire catastrophique de Israel dont le peuple est pris pour cobaye, à nouveau, mais par son propre gouvernement ? Un nouvel Holocauste à l'échelle mondiale qui ne concerne plus seulement les juifs ? Un génocide qui nous mettrait tous sur un pied d'égalité ? A chacun de répondre à ces questions selon ses convictions. Quatrième de couverture Gabriel Allon et sa femme profitent de vacances bien méritées à Venise en compagnie de leurs deux enfants. Mais quand le pape Paul VII meurt brusquement, Gabriel est convoqué à Rome par le secrétaire privé du Saint-Père, l’archevêque Luigi Donati. Plus d’un milliard de fidèles pensent que le pape est mort d’une crise cardiaque. Donati, cependant, a deux bonnes raisons de penser qu’il s’agit d’un meurtre : le garde suisse qui surveillait les abords de l’appartement du pape est porté disparu, tout comme la lettre que le souverain pontife était en train d’écrire juste avant de trouver la mort – une lettre adressée à Gabriel... Classé n° 1 sur les listes de best-sellers du New York Times , Daniel Silva est l’auteur de vingt romans parmi lesquels L’Affaire Caravaggio, L’Espion anglais, La Veuve noire, l’Infiltré de Moscou. C’est sa série Gabriel Allon, mettant en scène un espion restaurateur d’art, qui lui vaut la reconnaissance internationale. Son œuvre est acclamée par la critique et publiée avec succès dans plus de trente pays. Il vit en Floride avec sa femme, Jamie Gangel, envoyée spéciale pour CNN, et leurs deux jumeaux, Lily et Nicholas. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'impossible Alliance
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'impossible Alliance Daniel Silva Harper Collins Poche juillet 2020 432 pages traduites par Thibaud Eliroff Thriller Chronique 1 janvier 2021 Thriller politique et d'espionnage terrifiant....et exemplaire. Une relecture, par le biais de la fiction, des évènements actuels. Dédicace :« Aux cinquante-quatre journalistes tués dans le monde en 2018... » « Ce qui est fait ne peut être défait. » Macbeth Dans l'avant-propos, Daniel Silva partage avec nous quel fut le déclencheur de la rédaction de ce thriller d'espionnage et politique, dernière mission de son personnage Gabriel Allon, directeur des services secrets israélien : Le meurtre barbare en 2018 de Jamal Khashoggi, dissident saoudien et correspondant pour le Washington Post. Ce crime fut imputé, dit-on, à un jeune prince arabe, Mohammed ben Slamane, que l'on croyait pourtant progressiste et enclin à réformer son pays, pris au piège d'un conservatisme religieux dangereux. De cet homme, apprécié ou au moins écouté des occidentaux et de tous les ennemis de daesh et de l'EI, qui faisait espérer en des changements essentiels au Moyen- Orient et dans le monde islamique, il ne resta rien après sa possible implication dans ce massacre. Ce roman s'inspire donc de cet épisode tragique mais, également, de la politique étrangère et des méthodes dignes de l'ex-KGB choisies par le Tsar, Poutine, afin d'asseoir son pouvoir sur le Monde. L'implication de cet homme auprès des djihadistes et des terroristes n'est plus à prouver, ainsi que sa culpabilité quant aux meurtres de certains opposants à sa politique, à l'étranger et en Grande-Bretagne en particulier. Tout ceci nous rappelle douloureusement les années les plus noires de la Guerre froide. A partir de ces éléments, Daniel Silva réussit à nouveau à concocter un scénario prodigieux parfaitement maîtrisé jusqu'au final, d'autant plus passionnant qu'il est basé sur une réalité géopolitique indiscutable et qu'il nous fait entrevoir les choix tactiques et les opinions politiques de chaque intervenant sur le grand jeu d'échecs qu'est devenu notre monde.En cette période de transition de toutes les sociétés occidentales, d'un possible basculement des forces, certains jouent leur va-tout afin de remporter une des plus importantes parties de l'histoire de l'humanité. Fin de l'omnipotence de l'occident, fin du leadership des pays producteurs de pétrole, nécessité de trouver de nouveaux domaines de développement économique, urgence à trouver une issue acceptable au conflit israélo-palestinien... Enfin, destruction définitive de daesh et de l'EI tout en barrant la route à leurs complices, quels qu'ils soient.Le petit monde de l'espionnage et du contre-espionnage est en effervescence... Certains nostalgiques des anciennes dictatures et de leurs organes de terreur semblent vouloir profiter de la fenêtre temporelle qui vient de s'ouvrir. Pour les défenseurs de la liberté et des droits humains, il y a urgence..... Quatrième de couverture Une nouvelle élève est admise à la prestigieuse Ecole internationale de Genève. Déposée tous les jours devant les grilles de l'établissement par une limousine blindée, elle fait l'objet des rumeurs les plus folles. Qui est cette jeune fille discrète qui se distingue par son port altier? Lorsqu’elle est enlevée de l’autre côté de la frontière en Haute-Savoie, Gabriel Allon, toujours à la tête des services secrets israéliens, se saisit de l’affaire. De Paris à Riyad en passant par Jérusalem, Londres, les côtes hollandaises et le Pays basque espagnol, Gabriel Allon et ses complices se retrouvent au cœur d’une guerre secrète qui pourrait bien déterminer l’avenir du Moyen-Orient... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'Infiltré de Moscou
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Infiltré de Moscou Daniel Silva Harper Collins Noir avril 2019 478 pages traduites par Thibaud Eliroff Thriller Chronique 29 décembre 2020 « Il connut un nouveau départ quand le Centre lui confia l'entraînement d'une nouvelle génération d'agents à l'académie du KGB, une tâche qu'il embrassa avec le plus grand enthousiasme. Il se révéla un excellent professeur, partageant son savoir avec plaisir, patience, dévotion. Il adorait ça. » Youri Modine, Mes camarades de Cambridge. « Et que sait-on des traîtres ? Que sait-on des motivations de Judas ? » Jean Rhys, La Prisonnière des Sargasses. Je suis fan de Daniel Silva depuis de longues années, j'ai lu tous les épisodes de sa série consacrée à Gabriel Allon, restaurateur de peintures et agent secret israélien devenu le chef des services secrets de cet état depuis peu. Les arcanes du pouvoir politique à l'échelle mondiale nous sont dévoilées par le biais de la fiction. Tout devient claire, compréhensible, sans être partisan, ce qui relève du tour de force lorsqu'on choisit un tel personnage principal.Dans cet avant-dernier opus, nous replongeons avec délice dans une ambiance à la Ian Fleming, comme aux heures joyeuses de la Guerre Froide.Comme toujours, Daniel Silva part d'un événement historique ou de l'actualité brûlante en terme de politique internationale, pour imaginer une histoire époustouflante, à deux cent à l'heure, méprisant les frontières, les fuseaux horaires, la fatigue, mettant à mal notre manichéisme et nos petites cellules grises. Cet opus aura un prolongement intéressant dans le prochain épisode « L'impossible Alliance ». Ainsi, nous apprenons qu'un certain Harold Adrian Russell Philby, connu sous le pseudo de Kim, britannique et communiste, mena une triple carrière de journaliste, agent du MI6 et enfin taupe à la solde du NKVD et évidemment du KGB. D'autres sympathisants de l'URSS, Guy Burgess et Donald Maclean rencontrés à Cambridge, le célèbre historien de l'art, Anthony Blunt, un non moins fameux mathématicien, John Cairncross formeront avec Kim le groupe d'espions les Cinq de Cambridge, que le NKVD ou aujourd'hui Centre baptisera les Cinq Magnifiques. En tant que journaliste reporter, Kim couvrit tous les évènements notoires des années 30 et dès 1940 au moment de la débâcle française, il fut approché par le MI6. La sécurité intérieure, le MI5, valida son dossier malgré ses sympathies publiques pour le communisme à Cambridge et son rôle d'espion pour Moscou depuis six ans !!!!! Il fit une carrière fabuleuse au sein du MI6 et de taupe et traitre à sa patrie en parallèle. Une histoire folle racontée au chapitre 41 à partir de laquelle Daniel Silva va broder une suite étonnante ayant des ramifications jusqu'à aujourd'hui. Un vrai thriller d'espionnage comme je les adore, haletant, ou la réalité dépasse la fiction la plus improbable. Formidable épisode donc que cet opus ! Je ne saurais que conseiller de le lire même si vous n'avez pas lu les épisodes précédents de cette série incontournable et devenue pour moi un grand classique du roman d'espionnage. Tous les titres sont cités dans la biographie recopiée ci-dessous. J'associe à cette grande réussite pour la France, le traducteur exceptionnel qu'est Thibaud Eliroff. Quatrième de couverture Elevé dans le secret, il s’apprête à assouvir sa vengeance. Lorsque son agent infiltré se fait assassiner après avoir découvert des documents compromettants, Gabriel Allon (toujours à la tête des services secrets israéliens), se lance sur la piste d’une taupe qui opèrerait au sein du MI6, pour le compte de Moscou. Tout semble pointer du doigt un agent de la cellule de Vienne du MI6. Sauf qu’il est assassiné à son tour. Allon comprend qu’il est victime d’une machination.Il appartient maintenant à Allon, directeur des services secrets israéliens et restaurateur d’art, de découvrir l’identité réelle de la taupe, avant qu’il soit trop tard. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le confesseur
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le confesseur Daniel Silva Presses de la Cité 2005 414 pages traduites par Hubert Tézenas Thriller Chronique 5 septembre 2017 Deuxième tome de cette série consacrée depuis plus de dix sept ans au restaurateur d'oeuvres d'art anciennes et agent secret israélien, Gabriel Allon. Thriller d'espionnage international et historique, nous voyageons de Munich à Vienne, Venise, les bords du lac de Garde, Londres, et enfin Rome et le Vatican, de 1942 aux années 90.Benjamin Stern est assassiné à Munich par ce qui semble être un groupuscule néo-nazi. Il était un grand spécialiste de la Shoah et de l'holocauste, et écrivait un ouvrage sur cette période tragique. Ancien membre des services secrets israélien, sa mort décide Ari Shamron, un ancien de ses collègues, à confier l'enquête à Gabriel, un de ses meilleurs éléments dormants. Il va falloir le convaincre alors qu'il est occupé à la restauration d'une Madone à l'enfant célèbre à Venise sous le nom de Mario Delvecchio.Mais lui aussi appréciait Benjamin et s'engage à retrouver le ou les assassins et les commanditaires. Le confesseur, ou de son autre nom le Léopard, surveille de loin ses avancées prêt à frapper. Gabriel va rencontrer une des femmes les plus importantes de sa vie et côtoiera jusqu'aux plus hautes instances du Vatican. Une formidable course poursuite donc très rapide et nerveuse, s'appuyant sur des interrogations bien réelles et légitimes quant au rôle de l'Église et de Pie XII, fort silencieux lors des exactions des nazis jusque sous ses fenêtres romaines. En 1999, pour calmer la controverse qui enflait quant à ce pape, le Vatican a nommé une commission de six membres juifs et catholiques. Après avoir étudié les documents officiels fournis, elle a déclaré que " Aucun historien sérieux ne saurait admettre que ces volumes publiés et expurgés sont susceptibles de nous donner le fin mot de l'histoire." En entretenant le mystère et les mensonges le Vatican ne sert pas la cause du catholicisme, normalement voué à dire la vérité et à supplier pour le pardon de ses pêchers. Il semble que ce ne soit pas possible pour cet état d'abord intéressé par la protection de son pouvoir politique et économique, plus que par sa vocation religieuse. Pas un très bel exemple ! Heureusement certains livres romancés bien que solidement documentés pallient à ce manque en nous offrant une version imaginaire..... ou pas tant que cela...... Pour la petite histoire, un de mes cousins aujourd'hui professeur émérite d'histoire à l'université de B. a effectivement à la fin des années 80 écrit son mémoire sur ce problème épineux et s'est rendu au Vatican. Omerta complète sur place, crocs en jambe, mépris,il est revenu dégoûté, profondément troublé dans sa foi, anticlérical, il a achevé sa thèse et est sorti major de sa promotion. Il a été un des plus jeunes prof d'université nommé. Une profonde admiration donc pour cet intellectuel et aventurier de la Vérité ainsi que pour tous ceux qui se battent pour sa victoire. C'est aussi cela être un Juste. Quatrième de couverture Professeur d'université, Benjamin Stern est retrouvé assassiné chez lui à Munich. Spécialiste de l'histoire de l'Holocauste, il était menacé par des groupuscules néo-nazis, dont les murs copieusement tagués de son appartement portent la signature. L'enquête serait rondement réglée si l'historien, qui a perdu tous les siens dans les camps de la mort nazis, ne s'était forgé une famille de l'ombre en travaillant autrefois pour les services spéciaux israéliens. Une famille que la thèse officielle de la police allemande ne convainc guère : pourquoi, par exemple, n'a-t-on retrouvé chez Stern aucune trace du livre qu'il préparait dans le plus grand secret ? Quand le vieil espion Ari Shamron décide de confier l'enquête à Gabriel Allon, le plus talentueux mais aussi le plus torturé de ses agents dormants, il est loin de se douter que son initiative provoquera un séisme colossal, dont les ondes de choc vont ébranler la hiérarchie du Vatican et menacer l'équilibre des relations internationales... En plein cœur de l'univers clos et secret du Vatican, un engrenage implacable, émaillé de courses folles, où énigmes du passé et violences du présent s'entrecroisent pour tisser un suspense à couper le souffle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La maison aux espions
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La maison aux espions Daniel Silva Harper Collins Noir 2018 469 pages traduites par Julie Albizzi Thriller Chronique 11 août 2018 17 ème tome de la série consacrée à Gabriel Allon, sachant que le 18 ème, « the other woman », est déjà sorti outre- Manche. « Craignez la colère de l'homme patient » John Dryden, Absalon et Achitophel Les évènements récents en Israël et particulièrement à Jérusalem sont évoqués, concernant le déménagement de l'ambassade américaine, mais bien sûr les dernières déclarations du chef de ce gouvernement intervenues début juillet ne peuvent y figurer. Suite à « La veuve noire » dernier et 16 ème opus, après de nombreuses aventures du même héros charismatique et hors norme, nous retrouvons donc dans une suite directe en deuxième partie en quelque sorte, Gabriel Allon à la poursuite de son plus grand ennemi : Saladin, un des leaders de Daesh, coupable de plusieurs attentats dont ceux de Washington. On pense évidemment aux personnages de Ian Fleming, on comprend que la fiction s'inspire fortement de faits et intervenants réels sur la scène internationale. Une explication limpide, grâce à ce divertissement, de la situation géopolitique actuelle et de l'état de la lutte contre Daesh.On constate rapidement que ces criminels terroristes s'adaptent très vite, se dirigent lentement mais sûrement vers une cyber-guerre et emploient de plus en plus de criminels, d'abord de droit commun, déjà fichés pour trafics divers, violences et assassinats. On est loin de la religion... La drogue et les terroristes en particulier en provenance du Maroc, participent au financement de Daesh, en recherche constante d'argent. Toujours, la pauvreté et le manque d'éducation sont à l'origine de l'embrigadement de désespérés issus souvent des bidonvilles, en mal d'un but grandiose, de gloire, de sacrifice, que ce soit des hommes ou des femmes, aujourd'hui appelées les veuves noires. Vous attendent : une course poursuite donc de Tel Aviv, à Londres, à Washington, à Paris, à Marseille, au Maroc( Casablanca, Fès.....), des espions israéliens, anglais, français, puis s'imposant, des américains, luttant ensemble pour éliminer Saladin... On se doute que cette coalition restera secrète au yeux du public. Premier chapitre : on retrouve, en ce début de thriller d'action, Gabriel Allon, espion et restaurateur d'oeuvres d'art mais également tout nouveau chef des services secrets israéliens, habitant à Tel Aviv avec sa femme Chiara, une ancienne du Bureau, aujourd'hui mère de ses jumeaux. Après les carnages à Washington dans le dernier tome, et une vague d'attentats à Londres, Paris.... , la piste du financement de Daesh par le trafic de drogue doit être remontée en commençant par Marseille : un couple en particulier attire l'attention, Jean-Luc Martel, chef d'entreprise jet-setteur et narco trafiquant dans l'ombre, et sa compagne Olivia Watson, ancienne mannequin reconvertie dans la mode et les œuvres d'art contemporain grâce à ses magasins ou galerie entre autres à Saint Tropez. Martel semble jouer un rôle dans le financement des opérations de Saladin.... Sait- il vraiment qui est son client ? Olivia est-elle innocente ? Certains acteurs déjà rencontrés précédemment dans les autres romans vont monter, sous nos yeux, tout un stratagème pour utiliser le couple et piéger Saladin. Passionnant ! Humour, intelligence, camaraderie, romances, péripéties sont au rendez-vous. J'attends avec impatience la traduction française de la suite, curieuse également de voir comment Daniel Silva traitera des derniers événements en Israël dans sa fiction. Déjà avec beaucoup de finesse, tant le sujet est délicat, donne-t-il en filigrane son opinion et laisse-t-il entrevoir ses espoirs pour ces peuples qui ont déjà tant souffert.Un roman d'espionnage comme je les aime... Quatrième de couverture L'espion Gabriel Allon est désormais à la tête des services secrets israéliens. Une vague d'attentats terroristes les mène, lui et son équipe, dans le sud de la France, au sein d'un cercle privilégié d'un couple de la haute société, Jean-Luc Martel et Olivia Watson. Gabriel tente d'utiliser ce couple pour parvenir jusqu'au commanditaire des attentats. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'espion anglais
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'espion anglais Daniel Silva Presses de la Cité 2003 407 pages traduites par Hubert Tézenas Thriller Chronique 6 août 2017 15ème épisode des aventures de l'espion israélien Gabriel Allon, futur chef des services secrets de son pays, pour le moment attendant la naissance de ses jumeaux avec sa femme Chiara également ancienne agent. Il l'accompagne à l'aéroport de Venise car elle rentre en Israel pour accoucher, mais Gabriel souhaite rester pour restaurer le tableau du Caravaggio qu'il a retrouvé lors du dernier opus de Daniel Silva. On s'attendrait donc à ce qu'il fasse un pause, mais c'est sans compter sur l'éternel besoin des puissances politiques de commettre des actes odieux, attentats et massacres pour se venger ou s'assurer encore plus de pouvoir. Ainsi l'ex épouse du futur roi d'Angleterre qui ressemble beaucoup à Lady Diana, meurt dans l'explosion du yacht l'Aurora. Une bombe a été vraisemblablement posée par le nouveau chef cuisinier dont nous suivons les pas jusqu'au carnage. La méthode utilisée fait penser à un ancien artificier de l'IRA. Depuis les accords de paix en Irlande, bien qu'une IRA qui se dit véritable continue sa propre guerre, le terroriste vend maintenant ses talents aux plus offrants. Pour découvrir son commanditaire, seul Gabriel aidé d'un tueur à gage Keller qui fut infiltré dans l'IRA, peut découvrir le fin mot de l'histoire et le neutraliser. De plus cet irlandais a formé voilà 25 ans l'homme qui a construit la bombe tuant à Vienne son fils de cinq ans et laissé sa première femme brûlée gravement et nécessitant des soins psychiatriques à vie. C'est donc aussi pour Gabriel et Keller personnel. Les méthodes utilisées ne sont pas orthodoxes dans le monde de l'espionnage, la vie ne vaut pas grand chose. On mesure, même si c'est une fiction, à quel point notre vision du monde est incomplète et à quel point nous sommes des pions négligeables dans la bataille qui se joue entre les grandes puissances. Évidemment comme d'habitude c'est un livre très bien documenté et construit avec une précision d'orfèvre. Les actions de l'IRA d'hier et d'aujourd'hui, son évolution dans sa composition même, l'entraînement de ses hommes assuré par Kadhafi, cette existence d'une IRA Véritable toujours en activité sont au centre de cette histoire, ainsi que les actions de Poutine cherchant à déstabiliser l'alliance occidentale et à reconstruire un empire russe. Un très bon livre de contrespionnage échafaudé sur une analyse historique et géopolitique de notre civilisation en danger. Et les bombes continuent à tomber sur la bande de Gaza et partout sur la planète, et des enfants naissent dans ce contexte fou tous les jours. Espérons que ceux de Gabriel et Chiara soient les anges tutélaires d'un nouveau monde. Quatrième de couverture En mer des Caraïbes, le yacht de luxe l’Aurora explose en pleine nuit, désintégré par une bombe. A son bord se trouvait une ex-princesse britannique, fraîchement divorcée du futur roi d’Angleterre. Sa mort bouleverse le royaume. Il faut agir vite, discrètement. Le patron du MI6 se tourne vers Gabriel Allon, l’espion qui s’apprête à prendre la tête des services secrets israéliens. Avec ses méthodes peu orthodoxes, Allon est le seul à pouvoir traquer l’ancien membre de l’IRA suspecté d’avoir commis l’attentat. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- L'affaire Caravaggio
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'affaire Caravaggio Daniel Silva Harper Collins Poche 5 avril 2017 512 pages traduites par Philippe Mortimer Thriller Chronique 14 juillet 2017 Ce n'est pas un livre historique bien que vous en apprendrez beaucoup sur Caravaggio, le monde de l'Art et les techniques de restauration des oeuvres. En effet, le héros Gabriel Allon est restaurateur de tableau, peintre issu d'une famille d'artistes, mais....et le mais est énorme, il est aussi agent secret pour Israel et le prochain directeur de son agence de renseignements. Sa femme Chiara également ancienne agent de terrain, est enceinte de jumeau, un renouveau donc dans la vie de Gabriel qui a déjà tant vu et perdu. Le Général Cesare Ferrari au siège du commandement romain pour la protection du patrimoine culturel, connu sous le nom de Brigade de l'Art, charge Gabriel d'enquêter sur le meurtre d'un ancien diplomate reconverti dans le trafic d'art. Ainsi découvre-t'il que la Nativité de Caravaggio disparue voici une dizaine d'années serait passée entre les mains du mort. Et voici un roman d'espionnage qui débute sur les chapeaux de roues de Come a Venise, Genève, Linz, Tel-Aviv, Jérusalem, Londres, Paris etc... Pas le temps de reprendre son souffle et lorsque ce simple vol de peinture débouche sur la mission première d'empêcher un des hommes les plus cruels du monde, coupable du génocide de son peuple, d'avoir accès à des fonds de plusieurs milliards de dollars, nous sommes hallucinés par la prodigieuse inventivité de l'auteur pour articuler avec brio les différents événements. Le Diable est face à nous dans ce roman aux accents de réalité et de révélations sur la géopolitique et les enjeux internationaux. Le personnage de Gabriel Allon comme tous ceux du livre est parfaitement analysé et rendu proche. Très charismatique au même titre que des Jason Bourne ou Simon Templar. Elégant, humain, surdoué, traumatisé mais capable de prendre des décisions de guerrier, amoureux et bouleversé par sa future paternité, rien ne manque à ce héros dans ce roman vertigineux. On a la chance de lire un très bon récit mais également d'ouvrir les yeux sur des faits qui aujourd'hui ont une portée sur la paix du monde. Très très bon livre. Seuls trois des titres de Daniel Silva sont traduits pour le moment. Dommage ! Quatrième de couverture Chargé d’enquêter sur le meurtre d’un ancien diplomate reconverti dans le trafic d’art, Gabriel Allon — espion israélien et restaurateur de tableaux à ses heures — découvre que la victime a récemment eu entre les mains une Nativité peinte par Le Caravage, volée une dizaine d’années auparavant. Il comprend rapidement que les ramifications de cette affaire s’étendent bien au-delà du monde de l’art et ne sont pas sans rapport avec la poudrière du Proche-Orient. De Genève à Tel-Aviv, en passant par Venise et Paris, Allon met au point un piège implacable pour retrouver le chef- d’œuvre italien et, surtout, porter un coup fatal aux intérêts financiers de l’une des plus grosses fortunes mondiales... car il a face à lui un ennemi à sa hauteur. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le filet
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le filet Lilja Sigurdardottir Métailié Noir 2018 313 pages traduites par Jean Christophe Salaun Thriller Chronique 26 novembre 2018 Deuxième tome de la trilogie Reykjavik noir comprenant « Piégée » paru en 2017 et « La cage » en 2019. Je n'ai pas lu l'épisode précédent et n'en ai pas été gênée, j'ai été tout de suite prise dans l'intrigue tricotée avec beaucoup de talent par l'auteure. « Un thriller au cordeau avec une intrigue originale et des personnages remarquables. » Times Tout à fait mon avis, élégant, au scalpel, très rapide, agréable à lire et à suivre, une construction chorale cinématographique, beaucoup d'imagination au service d'un scénario intelligent mêlant histoires de passion et d'amour, de violence, de haine, nous plongeant en même temps dans les eaux nauséabondes des spéculations bancaires de haut vol ou de trafics de drogue internationaux via l'Islande post crise de 2008 ; nous voilà piégés dans une nasse dont les mailles sont bien resserrées. Sonja fait en permanence référence à une nasse dont elle n'arrive pas à se libérer, son mariage catastrophique, sa délinquance obligée, alors qu'elle ne rêve que de vie de famille tranquille avec l'amour de son existence, son fils Tomas. Alors voilà, il y a deux mois, début 2011, elle a fui Adam son époux dont elle a enfin réussi à divorcer jusqu'aux USA. Bougeant en permanence pour assurer leur sécurité, elle souffle depuis trois semaines en Californie ; mais elle sent qu'ils doivent à nouveau déménager. Un pressentiment qui s'avère rapidement : Tomas a disparu.... De la quatrième de couverture, juste un extrait car je viens de la lire et je trouve qu'elle en dit trop, j'ai parfaitement compris ce récit sans l'avoir lu avant, donc je préfère vous mettre seulement l'eau à la bouche :« Une histoire pleine de surprises : une intrigue internationale menée tambour battant, du chantage à l'amour maternel, un double jeu inquiétant, une héroïne élégante hors du commun, le tout sur un rythme sans faille. » Quatrième de couverture Sonja, contrainte de transporter des valises de drogue pour continuer à voir son petit garçon, a un vrai talent de passeuse et un complice inattendu à la douane de Keflavík. Elle rêve de fuir les chantages affectifs de son ex-mari, mais aussi celui de sa compagne, l’ex-banquière à l’amour encombrant, qui a détourné les fonds d’un puissant homme politique et passe devant une commission d’enquête financière. Quand elle découvre que la perversité des femmes est encore plus redoutable que la cruauté des hommes, elle prend les événements à bras-le-corps et s’attaque aux plus puissants des malfrats. Une intrigue pleine de surprise, du chantage à l’amour maternel, un double jeu inquiétant, une héroïne élégante hors du commun, le tout sur un rythme sans faille. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Le Tableau du peintre juif
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Tableau du peintre juif Benoit Séverac La Manufacture de Livres 1er septembre 2022 306 pages Polar Chronique 8 janvier 2023 Etonnant traitement d'un sujet très prisé des écrivains : la recherche des oeuvres spoliées des juifs. Un cinquantenaire aigri, Stéphane, dans une posture psychologique victimaire, au chômage, dépendant totalement de sa femme sur le plan financier, reçoit de son oncle et sa tante, en partance pour une maison de retraite, un tableau. Celui-ci aurait été offert à son grand-père, alors résistant, à Noël 1943, par un peintre juif, Eli Trudel, en remerciement pour l'avoir caché avec son épouse Jeanne dans le grenier de sa maison cévenole . Là où Stéphane voit l'occasion de redorer enfin son blason par le biais de ses grands parents, sa femme Irène voit enfin la fin de leurs problèmes financiers car ils sont au bord du gouffre. Le couple se fissure depuis longtemps, là il pourrait se briser définitivement. Mais Stéphane n'en démord pas, il ne vendra pas l'aquarelle dont l'estimation s'élève à 100 000€ au moins. Lui vient l'idée de vouloir faire inscrire ses grands parents sur la liste des Justes à Jérusalem. Encore faut-il passer plusieurs étapes avant de recevoir une convocation sur place... De Firminy dans la banlieue de Saint-Etienne à Jérusalem, Tel Aviv, Munich, Toulouse, jusqu'à Madrid puis un final bouleversant à Paris, l'auteur, mêlant réalités historiques et fictions, nous entraîne dans une quête de vérité. Pour le héros c'est surtout un parcours initiatique à la recherche de lui-même, sous forme de road trip. La découverte de Israël, de Jérusalem, est un des moments forts de ce texte ; le retournement incroyable de la situation passant d'un moment de grâce à un cauchemar absolu nous laisse sur les rotules. Stéphane avait besoin d'un sacré électrochoc pour reprendre sa vie en main, le moins que l'on puisse dire est qu'il va être servi. Le déshonneur est tel qu'il traverse d'abord un moment de sidération, puis de honte, puis de fureur pour enfin éprouver le besoin irrépressible de remonter la piste du couple Eli et Jeanne Trudel afin de disculper ses grands-parents. Sa vie entière est sur le point d'exploser mais il n'a plus le choix. Qu'est-il réellement advenu à ce peintre et sacompagne ? Que trouvera Stéphane au bout de son chemin jalonné de personnages providentiels. C'est l'histoire dans l'Histoire que nous conte Benoît Séverac, celle de tous ceux qui devaient fuir par les Pyrénées la France pour ensuite, côté espagnol, éviter d'être arrêtés par la Guardia Civil de Franco. C'est aussi le récit de l'existence de ces résistants qui humblement, dans l'ombre, ont sauvé des vies, ont lutté contre le fascisme parce qu'ils ne pouvaient accepter de plier devant la barbarie. J'ai particulièrement aimé ce roman basculant entre aujourd'hui et hier, passionnant, nerveux, singulier, très personnel et émouvant. A découvrir absolument Quatrième de couverture L'oncle et la tante de Stéphane vident leur appartement et lui propose de venir récupérer quelques souvenirs : - Tu pourrais prendre le tableau du peintre juif. - Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Quel peintre juif ? - Celui que tes grands-parents ont caché dans leur grenier pendant la guerre. C'est ainsi que Stéphane découvre un pan de l'histoire familiale complètement ignoré. Eli Trudel, célèbre peintre, aurait été hébergé pendant l'Occupation par ses grands-parents, le tableau est la preuve de sa reconnaissance et Stéphane en hérite aujourd'hui. La vente de cette oeuvre de maître pourrait être un nouveau départ pour son couple mais Stéphane n'a plus qu'une obsession : offrir à ses grands-parents la reconnaissance qu'ils méritent... Cependant quand le tableau est présenté aux experts à Jérusalem, Stéphane est placé en garde à vue, traité en criminel : l'oeuvre aurait été volée à son auteur. Quel secret recèle cette toile ? Que s'est-il vraiment passé dans les Cévennes, en hiver 1943, pendant la fuite éperdue d'Eli Trudel et de sa femme ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Il était un fleuve
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Il était un fleuve Diane Setterfield Plon Feux Croisés 2019 478 pages traduites par Carine Chichereau Roman Chronique 28 octobre 2019 Une splendeur !!!! « Trépidant et envoûtant, profond et beau. Offrez-vous un plaisir et lisez ce livre. » Madeline Miller Un roman magique entre quotidien pragmatique et normal des habitants de cette région de l'Angleterre traversée par la Tamise et ses affluents, et monde parallèle de légendes, de contes, de magie, où le Silencieux, un gardien des eaux tel un cerbère bienveillant, veille sur les morts et quelques fois les ramène à la vie. L'eau partout présente, dangereuse, salvatrice, ruisselante, en gouttes, en torrent, tumultueuse, calme, régénératrice. Amie ou ennemie. La vie entière des personnages de ce merveilleux récit est tournée vers le fleuve. Chacun d'eux, avec sa destinée, est un bras, un affluent, se jetant dans la Tamise ici symbolisant l'histoire que l'on raconte au coin du feu de l'auberge le Swan, à Radcot, dont c'est la spécialité. Joe le patron est un conteur reconnu et célèbre, les clients et amis se prêtent aussi à l'exercice.... Donc il était une fois, au moment du solstice d'hiver, une auberge tenue par Joe et sa femme Margot avec leur fils si spécial et attendrissant Jonathan, beaucoup de convives.... C'est à qui racontera la meilleure histoire.... Et soudain la porte s'ouvre sur un homme ruisselant, trempé, blessé, portant dans ses bras ce qui semble être un pantin.Vite on envoie chercher Rita Sunday l'infirmière, on s'occupe de l'inconnu. Mais pendant ce temps-là, Jonathan se penche sur ce pantin si bizarre.... il est magnifique, les détails en sont stupéfiants.... Mais, mais.... Non ?!? Ce n'est pas un pantin, ni un petit garçon, mais une petite fille.... Consternation ! Margot approche une plume devant le nez de la gamine de quatre ans, pas un souffle. Malheur ! Elle est morte noyée. En ces temps de grands froids, on décide de la déposer dans l'appentis qui est gelé, où elle sera bien conservée. Jonathan ne peut s'empêcher de lui donner un baiser sur le front comme font les princes charmants.... Est-ce ce geste de conte de fées qui distord soudain la réalité ? Lorsque Rita, après avoir ausculté et mis au lit l'inconnu dans une chambre de l'auberge, se rend dans l'appentis et examine plus attentivement la fillette, elle sent que quelque chose cloche.... Pas de pouls, puis peu à peu...... Une petite fille perdue dont on ne connait pas le nom, qui ne parle pas, qui représente à elle seule tant d'espoirs plus ou moins honnêtes ou étranges pour quatre personnes : les Vaughan dont la fille Amelia a été kidnappée voici deux ans, Robin Armstrong, dont la fille Alice a disparu après le suicide de sa mère, ou Lily White, dont la soeur Ann revient peut-être d'entre les morts. Est-ce le Silencieux qui par compassion a ramené à la vie cette enfant... ? Le monde se reflète soudain dans l'eau en mille morceaux mouvants et étincelants.... La réalité est fragmentée... revenir à une surface étale comme de la laque, afin qu'enfin la vérité s'y reflète complètement, va prendre un an. Un roman historique entre thriller, conte, surnaturel, des personnages très bien décrits que l'on aime où qui nous font frissonner, des décors somptueux, une écriture belle, si belle, délicate, précise, onirique, lyrique. De l'Art.. de la Dentelle.Je salue la traductrice. Une nouvelle oeuvre puissante, inclassable, romantique, exceptionnelle... À lire vite Lisez bien les notes finales concernant Henry Taunt, photographe de la Tamise lors de l'ère victorienne... Quatrième de couverture (Attention quatrième : en dit trop et n'est pas exacte). Une auberge au bord de la Tamise, par une nuit de solstice d’hiver au milieu du XIXe siècle. Les habitués sont regroupés autour de Joe le conteur lorsqu’un homme pousse la porte, gravement blessé, portant dans ses bras une petite noyée. L’homme s’appelle Henry Daunt, il habite la région et expérimente cette technique révolutionnaire : la photographie. La fillette morte, personne ne sait son nom. Quelques heures plus tard, l’enfant pousse un soupir et revient miraculeusement à la vie. Doit-on parler de magie ou bien ce phénomène peut-il s’expliquer par la science ? Mais surtout : d’où vient cette miraculée ? Est-ce Amelia, la fille des Vaughan, enlevée deux ans plus tôt, Alice, la fille de Robin, le bâtard mulâtre des Armstrong, ou bien une petite gitane du camp à côté ? À moins qu’il ne s’agisse de la fille du batelier, Quietly, mort il y a quelques siècles, qui fait maintenant passer les âmes d'un coté à l'autre de la rivière... Pendant une année, Henry, avec l'aide de l'infirmière Rita Sunday, va suivre toutes les pistes. Au nouveau solstice d’hiver, bien des mystères seront levés. Un thriller folklorique (mais) darwinien, par l’auteure du best-seller Le treizième conte Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre Ruta Sepetys Gallimard Jeunesse 2011 424 pages traduites par Bee Formentelli Jeunesse Historique Chronique 17 avril 2021 Titre original « Between shades of gray ». Âge de lecture indiqué 14-18 ans. Premier roman de Ruta Sepetys adressé à la jeunesse mais qui pour moi concerne toute personne souhaitant vivre dans la vérité. Cette formidable écrivaine est une passeuse de lumière à l'instar des artistes, créateurs, intellectuels, apportant à l'humanité l'espoir et les armes psychologiques à la résistance face au Mal le plus absolu. Descendante de Janos Sepetys qui put se réfugier dans un camps en Allemagne dès l'arrivée des soviétiques en Lituanie, elle décide ici de nous conter l'histoire de tous ceux qui furent aussi déportés en Sibérie et dans l'extrême Nord, rendus à l'état d'esclaves sous la garde violente et hurlante des hommes du NKVD devenu plus tard KGB. Pour des raisons idéologiques, les États Baltes furent purement et simplement pulvérisés de par la volonté du dictateur Staline. La Lituanie, la Lettonie et l'Estonie ont été envahies et ont perdu plus du tiers de leur population pendant ce génocide soviétique dans un silence insupportable et assourdissant. Ces déportations, aussi monstrueuses que celles décidées par les nazis, touchèrent également la Finlande. Ce qui me semble le plus intenable est le refus de beaucoup de russes de reconnaître ces faits indiscutables comme autant de négationnistes décérébrés. Les Baltes, en majorité ne vivent pourtant pas dans la haine ou un désir de revanche.La liberté de ceux qui ont pu émigrer à temps aux USA ou ailleurs comme les aïeux de Ruta Sepetys a coûté la vie à tous ceux qui sont enterrés en Sibérie. Roman d'une guerre essentiellement idéologique, contée à travers la parole et le regard perçant d'une jeune fille de quinze ans, Lina, témoin idéal, capable de transcrire ce récit suffoquant par ses dessins. Nombre de Baltes ont écrit, illustrer leurs souvenirs, fait un travail de mémoire indispensable afin que plus jamais cela ne puisse arriver. En attachant nos pas à ceux de Lina, de son frère de dix ans Jonas, de leur mère Elena et de plusieurs personnages plus bouleversants les uns que les autres, Ruta Sepetys réussit à nous intégrer à cette foule, à ces millions de victimes du totalitarisme quelque soit son nom. L'auteur s'adresse à nous dans sa note finale : « En 1991, après cinquante ans d'occupation, les trois pays Baltes ont retrouvé leur indépendance et, avec elle, la paix et la dignité. Ils ont préféré l'espoir à la haine et montré au monde qu'une lumière veille toujours au fond de la nuit la plus noire. S'il vous plaît, réfléchissez à cela. Parlez-en autour de vous. Ces trois minuscules nations ont appris au monde qu'il n'est pas de plus puissante arme que l'amour. Quelle que soit la nature de cet amour - qui peut aller jusqu'à pardonner ses ennemis -, il nous révèle la force miraculeuse de l'esprit humain. » Gandhi, Nelson Mandela ont eu la même réaction de non violence et de réconciliation face à la barbarie, afin de bâtir l'avenir dans la plus pure clarté. Un dur chemin mais le seul même si, en ce qui me concerne, accorder un pardon éventuel à des criminels de guerres qui ne cherchent nulle rédemption me semble inutile. Ne pas haïr, choisir de transmettre la lumière, la beauté sont à mon avis déjà un exploit et la seule réponse aux suppôts du Mal. Un roman âpre, glaçant, ténébreux et menant pourtant au lever soudain du soleil polaire, à l'ambre réchauffant la terre et les survivants. Quel réussite émouvante, bluffante, pour un premier livre devenu un best-seller évidemment ! Quatrième de couverture Lina est une jeune Lituanienne comme tant d'autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d'art. Mais un nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l'arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d'un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient. Mais Lina tient bon, portée par l'amour des siens et son audace d'adolescente. Dans le camp, Andrius, 17 ans, affiche la même combativité qu'elle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Les sept jours du Talion
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les sept jours du Talion Patrick Sénécal Pocket 8 juillet 2021 384 pages Thriller Chronique 11 janvier 2020 Un roman qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique... Je le découvre en lisant la quatrième de couverture et cela ne m'étonne pas. J'ai découvert cet auteur avec « Le vide » que j'avais trouvé incroyable, original.... Patrick Sénécal est un écrivain célèbre au Canada, il enchaîne les best-sellers et les récompenses méritées. Le thème de la vengeance est ici développé jusqu'au bout, je dirais, très classiquement... Je pense que c'est plus l'analyse des affects qui passionne le romancier, que de proposer une histoire hallucinante avec un retournement de dernière minute. Ce n'est pas le propos. L'autopsie des sentiments est particulièrement juste... Tout le monde peut basculer.... C'est un texte qui une fois encore fait la démonstration du savoir faire de son créateur. Je l'ai lu vite, très vite, car le rythme en est effréné, très nerveux dès les premières lignes. On ne perd pas de temps, on reste dans la fulgurance, illustrant ainsi la violence soudaine du drame indicible qui peut détruire d'une seconde à l'autre une famille.... Une réflexion évidemment sur la haine et sa conséquence, le désir de vengeance. Certaines scènes sont insupportables, je préfère prévenir. Je ne sais pas si j'ai aimé ce livre.... Il ne m'a pas apporté d'éclairage différent sur ce thème... qui fut central dans ma vie.... sur lequel j'ai énormément réfléchi pour ne pas sombrer. Je vous laisse en juger.... Quatrième de couverture Bruno Hamel et sa compagne Sylvie forment un couple bourgeois à l'existence tranquille, avec leur fille unique de sept ans. Tout bascule un jour d'automne où Jasmine ne rentre pas de l'école. Après quelques heures de recherche, elle est retrouvée morte -elle a été violée et étranglée-, dans les fourrés près de l'école. Dès lors, l'univers de Bruno vacille. Il se fait de plus en plus distant, gagné par une haine sourde. Aussi, lorsque la police arrête le meurtrier, un terrible projet germe dans son esprit : il va s'emparer du coupable et lui faire payer ce qu'il a fait à sa petite fille. Le jour de sa comparution, il le kidnappe. Tandis que la police fait tout pour le retrouver avant qu'il ne soit allé trop loin, Bruno s'enferme avec le meurtrier dans un chalet isolé, au fond de la forêt québécoise. Sept jours au cours desquels le chirurgien si humain et fou d'amour pour sa fillette s'enfonce dans une folie de vengeance glaciale, jusqu'à ne plus savoir : le monstre, est-ce lui ou l'autre ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Martin John
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Martin John Anakana Schofield Actes Sud Février 2020 368 pages traduites par Anne Rabinovitch Thriller Psy Chronique 14 octobre 2020 P. 180 Inadéquat : l'agresseur inadéquat est le délinquant sexuel qui se rapproche le moins des normes sociales et comportementales. On le définit comme un inadapté social, isolé, qui paraît excentrique ou anormal. Il est peut-être mentalement dérangé et préfère les partenaires sexuels inoffensifs. Il faut avoir le goût de l'inconnu, de l'exceptionnel et du risque pour plonger dans ces pages perturbantes et perturbées. Bienvenus dans les arcanes du cerveau torturé, abîmé, obsessionnel de Martin John. Un être non structuré comme nous l'entendons habituellement, avec notre compréhension très pragmatique et normative des choses. On ne sait de quoi il souffre vraiment : nous sommes piégés en lui, nous buggons avec lui, nous nous épuisons avec lui à tourner en rond, à suivre ses parcours, ses circuits dans l'espoir de calmer nos nerfs ; nous érigeons des piles et des murs de choses variées pour nous protéger des attaques extérieures ou à l'intérieur même de notre maison, nous sommes obsédés sexuellement, incapables de nous contrôler alors même que nous contrôlons en permanence notre vessie prête à exploser, nous nous rappelons certaines choses que nous avons faites lors des interrogatoires de police ou des psychiatres, nous retournons vite, très vite à nos rituels, nos tocs, nous détestons les mots commençant par P dans les journaux que nous achetons tous les jours, nous mangeons du porc, nous allons voir la tante Naonnie tous les mercredis, nous téléphonons à Mam restée en Irlande alors que nous vivons à Londres maintenant..... Nous sommes fatigués, épuisés..... Nous... Un livre admirable, dérangeant, extraordinaire tant par la créativité et les risques formels que par le thème évoqué : la folie vue de l'intérieur. On suffoque à lire vite, sans interruption ces lignes cauchemardesques... (Je vous conseille la lecture à haute voix...) Et par ce procédé, l'auteure réussit le tour de force de nous faire comprendre, et non excuser, les actes d'un délinquant sexuel... Par petites touches, une répétition de mot, une phrase isolée, une mise en page soignée, nous comprenons l'origine du mal, ou plutôt les raisons de l'état de cet homme en souffrance et aussi dangereux pour les autres que pour lui-même. L'ombre de sa mère plane sur tout ce récit.... Nous, en position d'être spectateurs et acteurs, ne savons plus, sommes en apnée, en attente d'indices.... Ce livre est d'une audace dingue, sacrément gonflé... On pense quelques fois à Rain Man pour certains comportements obsessionnels de gestes, de tocs.... Mais ce n'est pas ce type de destin qui nous est conté. On mesure à quel point l'enfermement à l'intérieur de son propre esprit peut être un enfer.Cela nous permettra peut-être de regarder certains êtres égarés, perdus, oscillant dans nos rues, nos cliniques psychiatriques avec un peu plus d'humanité, d'empathie, de respect... Les « fous » font partie de notre société, sont générés aussi par elle. Volontairement l'auteur situe l'action dans les années 70, décrivant la prise en charge des malades mentaux insuffisante de cette époque. Des avancées ont été faites, certes, cependant nous régressons depuis quelques années quant aux traitements et conditions d'hospitalisation de ces malades, pour certains délinquants ou criminels... Alors il est vrai que ce thriller par son originalité quant à la forme, est réjouissant et quelques fois même drôle, mais j'ai le sentiment qu'il va bien plus loin que la simple narration de l'histoire d'un individu, Martin John... il débouche sur d'autres problématiques plus graves et d'actualité...Je ne peux en dire plus sans aller trop loin dans les révélations. Donc pour une fois, ne détournons pas le regard face à la folie des autres, le malheur n'est pas contagieux... il peut être évité... Quatrième de couverture Martin John est-il un authentique délinquant sexuel, un fou, un mystificateur ? Attaque-t-il vraiment des femmes dans la rue, dans le métro de Londres et dans les trains, ou se contente-t-il de rêver de le faire ? Nul ne le sait, et sans doute pas même sa mère qui le traite en permanence, et non sans rudesse, comme un irresponsable. Ce qui paraît néanmoins certain, c’est que toutes les organisations sociales – famille, employeurs, services de santé, police – semblent avoir échoué à protéger Martin John du monde et échoué à protéger le monde de lui. Mimétiques des aléas d’un cerveau dysfonctionnel, les pages du roman sont tantôt presque vides de mots, tantôt débordantes d’une parole torrentueuse. Des détails cruciaux dérivent, masqués et pourtant à portée de main pour qui veut reconstituer le puzzle. C’est ainsi qu’on apprend que Martin John souffre d’excentriques quoique inoffensives manies (un intérêt maladif pour l’Eurovision et les horaires de trains, une haine des mots commençant par la lettre p, une collectionnite aiguë portant sur les vieilles cassettes ou les journaux périmés), mais aussi qu’il est le pur produit d’une culture misogyne. Sertissant des choix narratifs et stylistiques radicaux dans l’empathie qu’elle éprouve pour ses personnages, Anakana Schofield livre ici un roman puissant servi par une écriture dont l’audace initie le lecteur “en temps réel” aux spectrales géographies de la perturbation mentale. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- Roger héros, traître et sodomite
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Roger héros, traître et sodomite François Reynaert Fayard 8 septembre 2021 342 pages Biographie Chronique 2 mars 2023 Paru le 15 mars prochain chez Le Livre de Poche sous le titre « Les trois vies de Roger Casement ».J'ai découvert Roger Casement par les deux derniers titres de Jennifer Richard, "Il est à toi ce beau pays" et "Notre royaume n'est pas de ce monde", traitant entre autres du Congo Belge, de la colonisation, de l'impérialisme, des crimes commis par les occupants de toutes nationalités et de leurs dénonciations par quelques hommes courageux, dont notre héros du jour. Cette biographie, rééditée aujourd'hui en format poche sous un titre plus consensuel, revient sur tout le parcours d'un homme hors du commun capable du meilleur comme du plus discutable, posant des actes forts et inouïs en un temps et un pays où être homosexuel est honteux et condamnable, être un défenseur de la cause irlandaise en s'alliant avec les allemands, une folie passible de la peine de mort pour trahison. L'auteur ne cache rien des failles du personnage, de ses aberrations, de ses faiblesses, de sa quête sans fin d'excitation sexuelle, de sa bêtise aussi, en un mot de son imperfection humaine. Mais oublier sa bravoure, son élégance, sa générosité, sa pertinence, sa ténacité à faire triompher la justice, serait malhonnête. Après la gloire, le statut de héros, les récompenses pour son action contre la barbarie colonialiste au Congo Belge et au Brésil comme consul, il se fourvoie en toute bonne foi et perd son sens des réalités. La cause est juste, l'indépendance de l'Irlande, mais les moyens utilisés totalement incompréhensibles. Pourquoi lui, qui fut perspicace jusque là, se perd-il à ce point en cherchant une alliance germanique en pleine période de bascule dans la première guerre mondiale ? Ce diplomate de haut rang reconnu par ses pairs....anglais ne comprend-il pas qu'il se condamne lui-même ? Dépression, déchéance, arrestation, mais enfin, au fond du gouffre, il se retrouve, redevient l'être de beauté, d'élégance et d'intelligence qu'il fut. Cet ouvrage est également une formidable description historique de l'homosexualité masculine à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. Car le procès très formel, très civilisé en apparence du traître Casement par les anglais n'est en fait qu'une mascarade cachant des pratiques ignobles pour salir l'accusé. Attaquer publiquement Roger Casement sur son homosexualité considérée comme un crime en ces temps joyeux aurait été logique puisque ses carnets intimes avaient été retrouvés dans ses effets personnels. Mais non ! Ils vont le salir insidieusement en laissant fuiter des révélations... L'hypocrisie d'une époque et d'une société de discrimination, d'inégalité, de conservatisme et de mépris envers les femmes, les pauvres, les colonisés, les homosexuels, etc, etc.... Les analyses de François Reynaert, dans un style littéraire réjouissant et somptueux, sont d'une grande finesse, d'une grande justesse, tant par les portraits dressés de tous ces blancs civilisateurs venus piller et martyriser l'Afrique, l'Amazonie, et autres colonies, se les appropriant comme un dû, que par la dissection du grand corps malade qu'est l'Europe. On en voit les conséquences aujourd'hui. Le ton est caustique, drôle, les formules épicées au service d'une dénonciation précise et sans concession d'un impérialisme insupportable. Très belle biographie complète, passionnée et nécessaire en ces temps où les mêmes criminels sévissent toujours pour notre plus grand malheur. Quatrième de couverture En 1903, alors consul britannique, Roger Casement enquête sur les atrocités commises dans le Congo du roi Léopold de Belgique. Le rapport qu’il en tire le rend célèbre. En 1910, il débarque en Amazonie pour dénoncer les exactions contre les Indiens. Anobli par le roi, il est considéré comme l’un des plus grands héros du Royaume-Uni. Coup de tonnerre en 1914. Il est à Berlin. Devenu militant de la cause irlandaise, il y négocie l’appui militaire de l’Allemagne à l’indépendance de son île natale. Aux yeux des Anglais, le héros est désormais un traître. Quand elle réussit à le capturer, en 1916, la police britannique est prête à tout pour le salir, y compris à utiliser contre lui de mystérieux documents : cinq agendas où il a noté avec force détails ses centaines de rencontres avec des jeunes hommes... Adulé en Irlande, longtemps haï au Royaume-Uni, Roger Casement est quasiment inconnu en France. Quelle erreur ! Il n’y a pas de destin plus en prise avec les préoccupations de notre XXIe siècle, hanté par le bilan de la colonisation, la question de l’identité nationale ou celle de l’orientation sexuelle. Avec Roger, héros, traître et sodomite, récit historique haletant où tout est vrai, François Reynaert signe un formidable livre sur le sens de l’engagement. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs
- La marque du père
Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La marque du père Emelie Schepp Harper Collins Noir Thriller Chronique 16 novembre 2020 Quatrième de couverture Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs















