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  • Le Chardonneret | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Chardonneret Donna Tartt Pocket 2 janvier 2015 1296 pages traduites par Edith Soonckindt Thriller Chronique 29 janvier 2023 Prix Pulitzer 2014 « L'absurde ne délivre pas, il lie. » Albert Camus Absurde, cette époque où tout fout le camp, où l'on doit en permanence s'adapter à l'inacceptable, au grotesque, à l'insoutenable, à la destruction de la beauté, à l'oubli des leçons du passé.Absurde, cette époque où une oeuvre d'art n'est plus rien qu'une marchandise, un prix, un objet de spéculation, un otage que l'on refile d'un marchand de mort à un autre, éteignant de fait sa lumière. Absurdes, ces temps de ténèbres où soudain tout peut exploser, où le feu du Mal peut tout consumer, détruire, emporter. Absurdes, tant elles sont insondables, sans fin, la douleur et la sidération du fils perdant sa mère dans un attentat alors qu'il était si proche de l'instant parfait, de la rencontre d'une vie....Absurde, la requête de ce vieillard agonisant à ce garçon à savoir cacher et prendre avec lui ce bel oiseau, ce chardonneret peint par Carel Fabritius en 1654. Absurde la mort, absurde le deuil, absurde le monde dans lequel il refait surface anéanti, paumé, orphelin de mère et d'une partie de lui-même.Absurdement violente, tragique et rocambolesque enfin la trajectoire de cet enfant de treize ans portant pendant des années le poids de la perte, de la culpabilité du rescapé, du vol d'une des œuvres d'art les plus précieuses et importantes de L'Histoire de l'art. Un tableau clef dont on ignore véritablement l'utilisation finale, certainement destiné à être fixé sur le mur extérieur d'une échoppe de la ville de Delft. Un trompe l'œil aux teintes étonnamment lumineuses, un volatile tout mignon, tout simple, trompeur en réalité oubliant de nous prévenir du chaos à venir... Nulle alerte de sa part avertissant le peintre de l'incendie qui l'emportera avec la majorité de ses œuvres, nulle alerte à l'adresse de notre Théodore obsédé par la vision d'une gamine rousse jusqu'à en oublier que le destin peut frapper partout, à n'importe quel moment. Pourtant par sa simple présence, ce chardonneret, témoin de bien des drames par le passé, oeuvre clef et charnière entre deux écoles de peinture, devrait déclencher un signal de danger, lui, le centre de toutes les attractions. De multiples personnages vont croiser dès lors le chemin d'un Théo en mode survie, en mode auto-destruction, en mode sauve-qui-peut... Un parcours du combattant et initiatique d'une brutalité et d'une cruauté folles de New York principalement en passant par Las Vegas pour se rendre enfin à Amsterdam. Un enfant face à des adultes dépassés, perdus, irresponsables, un jeune homme dans un monde où tout n'est qu'apparence, jeu de dupe, malhonnêteté. Mais heureusement de belles âmes croisent Théodore et l'aident à se trouver. Ce roman somptueux, dense, riche d'informations, donnant à New York une place privilégiée, est une étude sociétale au vitriol, une description détaillée de la chute annoncée d'une civilisation, une analyse "psychatrique" sans concession des protagonistes de cette fresque digne de "La Leçon d'anatomie du docteur Tulp" de Rembrandt : une dissection minutieuse des évènements, des intentions, des turpitudes, l'autopsie d'une époque, d'une humanité en décadence, d'un monde en perdition. Mais l'espoir est peut-être au bout du chemin si Théo réussit à percevoir le chant du chardonneret, s'il réussit à le rejoindre et à détacher sa chaîne. Roman noir des plus lumineux où le silence assourdissant d'une bombe laisse place au chant des oiseaux, à la beauté et à l'équilibre retrouvé du monde.J'ai été passionnée par cette plongée dans le milieu de l'art et de l'antiquariat, emportée et essoufflée par les scènes d'action, bouleversée aux larmes par certains moments poignants et inoubliables, scotchée par la maîtrise de l'autrice de bout en bout. Prodigieux scénario cinématographique, mélange de Woody Allen, de Quentin Tarantino et de Steven Soderbergh. Enfin une mention spéciale pour la traductrice de cette œuvre majeure de la littérature contemporaine, Edith Soonckindt, dont je mesure le talent et l'investissement tant certains passages ont dû être épineux à retranscrire, sans compter la longueur extrême du texte.Celui-ci me hantera, m'accompagnera, tant il touche de thèmes essentiels et différents, tant il s'insinue dans notre intimité. Quatrième de couverture Dix ans après le succès mondial du Petit copain, et vingt après celui du Maître des illusions, Donna Tartt fait son grand retour avec Le Chardonneret, une odyssée hantée dans l'Amérique d'aujourd'hui. Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ? À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Elon Musk, Changer le monde | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Elon Musk, Changer le monde Denis Granjou City Editions 1er juin 2022 304 pages Biographie Chronique Le moins que l'on puisse dire c'est que Elon Musk ne laisse personne indifférent. Traité de fou, de génie, de précurseur, de complotiste, il dérange autant qu'il intrigue. L'homme le plus riche au monde fut un enfant surdoué, un jeune homme introverti avant d'être celui qu'il est aujourd'hui sous le regard de ses millions de followers et détracteurs. Inclassable, sans limite, à l'énergie et l'inventivité hors norme, cette biographie peut vous donner certains éléments de réponse afin de tracer un portrait plus réaliste de ce personnage qui aujourd'hui, encore, met le feu aux poudres en divulguant certains messages laissés sur Twitter au début de la pandémie. Est-ce celui qui permettra à l'humanité de reprendre son souffle et le contrôle, ou n'est-il qu'un manipulateur de plus, un sociopathe à l'égo surdimensionné ? Toujours est-il que la double aventure technologique de Tesla et SpaceX, sans parler de PayPal, fait déjà de Elon Musk une figure incontournable des trente dernières années. Ce que nous raconte Denis Granjou est de l'ordre de l'épopée industrielle, de la Révolution totale de nos modes de vie. Les analyses de Elon Musk concernant nos sociétés, nos moeurs, nos types de fonctionnement sont-elles pertinentes ou totalement à l'Ouest ? Est-il un sauveur ou celui qui nous mènera au chaos ? On en revient toujours à la même question : ange ou démon ? Est-ce si simpliste ? L'auteur décide de raconter chronologiquement la vie de Elon Musk et de ceux qui traverseront sa trajectoire : c'est un travail minutieux, patient, mêlant vie publique et privée. Très éclairant ! Cette biographie permet de recontextualiser le personnage atypique de Elon Musk. De lui redonner de la consistance. Il n'est plus une image à la télévision ou dans un magazine mais un homme imparfait en recherche constante, un rêveur, un risque tout, déjà un pied dans le futur et toujours la tête dans les étoiles. Quatrième de couverture SpaceX, Tesla, PayPal... Tous ces succès sont l'œuvre d'un seul homme : Elon Musk. Il est l'entrepreneur le plus visionnaire du siècle. Celui qui bouleverse les habitudes, anticipe les changements de société, innove en permanence et qui s'est lancé dans la conquête de l'espace en rêvant tout simplement de coloniser Mars ! Comment en est-il arrivé là ? Comment a-t-il réussi des entreprises tellement folles auxquelles très peu de gens croyaient ? Ce livre révèle le parcours de ce self-made man, devenu l'un des hommes les plus riches du monde, qui a dû payer ses études avec des petits boulots parce que son père lui avait coupé les vivres. On découvre aussi une personnalité habitée par le doute, d'une exigence phénoménale envers les autres et envers lui-même. Un boulimique de lecture et de travail. Une sorte de génie touche-à-tout, mégalomane, ambitieux, impitoyable, qui a un seul objectif : changer notre monde. Tout simplement. Tout simplement. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • C'est toi, Maman, sur la photo ? | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires C'est toi, Maman, sur la photo ? Julie Bonnie Globe 2019 203 pages Autobiographie Chronique 16 octobre 2019 Oyé oyé, tous les lecteurs autour des quarante- cinq / cinquante ans, ce texte est pour vous. Nostalgie, rires, larmes, émotions multiples et rapides comme à l'époque de notre cher bouleversement hormonal des dix/quinze ans. J'ai beaucoup aimé ce livre-retour dans le passé, l'adolescence, j'éprouve beaucoup de tendresse pour tous les acteurs de ce récit et bien évidemment pour Julie, qui me rappelle moi, dans la même situation familiale et amicale. La grande différence, c'est que j'ai fait des fringues pour tout le monde dès mes onze ans en plus du conservatoire et du lycée et non monté un groupe avec des copains. Même Souvenirs sur beaucoup de points, d'où sourire, l'oeil qui pique... La mode capillaire et vestimentaire, la recherche de sa personnalité via l'apparence, les groupes de l'époque commerciaux ou Underground, la meilleure amie qu'on adore et admire pour sa liberté, sa beauté, sa fausse force, en fait pas mal paumée... Également une fresque historique de cette Europe qui change rapidement, chute du mur de Berlin, séparation de la Tchécoslovaquie...... Puis la trajectoire va dévier pendant près de 10 ans avec ce premier groupe Myosotis, indépendant : une école de la vie, apprentissage à un vrai métier, bilan des compétences plus que positif lorsque tout explose, même si la séparation est une douleur indicible. On suivra le groupe sur toutes les routes, dans toutes les galères, tous les coups foireux, mais ils s'accrochent, de sacrés têtes de mules ou plutôt des guerriers magnifiques ou pathétiques selon les moments. L'ambiance est parfaitement recréée par Julie Bonnie, en petites touches avec honnêteté, joie, tristesse, amertume... Une adulte se retourne sur son passé et retend la main à elle-même à travers le temps. Le tandem se reforme... Écriture belle et sensible, des scènes bouleversantes ou d'une cocasserie formidable, ( la rencontre entre le groupe et des peace and love naturistes... J'en ris encore), le sentiment que cela aurait pu très mal se finir également, et que l'auteure et son compagnon Nicolas ont eu le bon instinct de survie et de la chance. Une expérience de dix ans inoubliables, qu'il fallait traverser pour construire ensuite sa propre destinée, seule ou bien accompagnée... Un beau livre sincère et émouvant... Quatrième de couverture Julie, quarante-six ans, a fait son lit et rangé sa cuisine équipée après le départ de ses enfants pour l'école. Elle est écrivaine et musicienne et, aujourd'hui, elle a rendez-vous avec Julie, treize ans, avec sa jeunesse. Sur les photos de l'époque, ses enfants ne la reconnaissent pas. Leur mère, crâne rasé, violon en main, dans la nuit berlinoise, juste après la chute du mur. Leur mère enroulée dans un camion qui traverse les nouvelles frontières et mène aux scènes underground d'Europe de l'Est ? Inimaginable. Et la gamine survoltée qui a la rage et hurle dans le micro, est-ce qu'elle reconnaîtrait la femme qu'elle ne pensait jamais devenir ? Ce livre, c'est le groupe qu'elles forment à elles deux. Sa musique est pugnace, douce-amère, entêtante. Dans sa lucidité, elle nous berce tous." Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le dernier Salut de l'amazone | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le dernier Salut de l'amazone Véronique Chauvy De Borée 12 mars 2020 288 pages Historique Chronique 25 mars 2020 « Une héroïne atypique : à la fois aristocrate et écuyère vedette de cirque. » J'ai choisi ce roman sur le nom de son auteure ayant gardé en mémoire un précédent opus, " Aux Douceurs du temps" . La plume de Véronique Chauvy s'est encore affermie, devenant plus belle, plus rare, sur un thème qui semble lui tenir particulièrement à cœur. C'est un magnifique roman, récit construit méticuleusement autour d'un fait divers réel qui décria la chronique jusque dans les colonnes du New York Times ! La présentation de ce drame est originale : la première guerre mondiale est terminée, les hommes sont revenus pour certains du front et parmi eux, un écrivain célèbre. Celui-ci vient de passer une journée particulièrement difficile : il a accompagné en sa dernière demeure une femme rare, qui fut en son temps une célébrité, une centauresse, une écuyère : l'amazone Jenny de Rhaden. Invité le soirmême à une réception mondaine chez une amie, Henriette, il n'a pas le cœur à festoyer, des souvenirs douloureux remontant à la surface. L'hôtesse lui réserve pourtant une surprise : elle le présente à une jeune femme aux yeux verts du nom de Christina Weiss. Subjugué, interpellé sans savoir pourquoi, il cédera aux instances de la belle et commencera à lui narrer l'histoire de l'amazone. J'ai lu ce roman comme un thriller se situant au tournant de la fin du dix-neuvième siècle dans un monde à part, celui du Cirque, de la piste aux étoiles où brille une femme d'exception, une écuyère surdouée, Jenny de Rhaden. Environnement qui nous renvoie à notre enfance, notre innocence, à la magie, à l'impossible soudain réel. Un univers envoûtant où le danger, la mort, rôdent autour de l'arène. Dans les coulisses, les passions exacerbées transforment la fête pailletée en tragédie grecque, les coups de feu remplacent les coups de cymbales. Nous sommes en 1893 à Clermont-Ferrand, le Cirque Brésilien s'installe, les artistes répètent, l'organisation du camp sur le plan matériel amène à un rapprochement entre la population et les membres de la troupe. En cette fin de siècle, le monde circassien est encore artisanal, authentique, loin de ce qu'il deviendra ensuite avec l'avènement du cinéma, l'engouement du public pour le music-hall et l'automobile. Nous sommes à une époque où l'aristocratie s'adonne aux arts équestres, où les chevaux occupent encore une place de choix dans les numéros d'excellence présentés dans certains cirques. Ces derniers, comme hors du temps et du monde, offrent un espace parallèle où les codes étriqués et corsetés de la société patriarcale n'ont pas de place. Là des femmes obéissent à d'autres règles, celles de l'art, de la performance, du geste parfait, de l'exploit sportif, à égalité avec les hommes. Elles jouissent d'une liberté plus grande que celles de leurs consoeurs, luttant et suant au côté de leurs collègues masculins afin d'offrir un spectacle exceptionnel, dépaysant, intemporel... Véronique Chauvy nous entraîne inexorablement vers l'obscurité, nous fait quitter la lumière pour nous plonger dans un roman de suspense et de frayeur. Nous avons de plus en plus peur n'osant imaginer ce qu'il adviendra des différents protagonistes de cette pièce macabre. Ce livre est un formidable scénario pour un possible film, magnifiant l'art équestre, l'univers du cirque, et remettant à sa place, au panthéon des artistes d'exception, une femme au destin magnifique et terrible, la baronne Jenny de Rhaden. Du très bel ouvrage. Quatrième de couverture Août 1893. Le Cirque Brésilien installe son chapiteau et sa ménagerie en plein cœur de Clermont-Ferrand. Le cirque a fondé sa réputation sur le numéro de dressage équestre de sa vedette : la baronne de écuyère, Jenny de Rhaden. Sur son passage, avec son tendre regard vert et sa voix cristalline, la baronne de Rhaden fait tourner la tête de bien des hommes : du jeune Georges, fasciné par l'univers du cirque, à son cousin Frédéric qui, à dix-huit ans, rêve de s'affranchir de son père éleveur de chevaux, en passant par le journaliste Claude Desmarets à la recherche d'une actualité sensationnelle et M. De Castenchiold, mystérieux soldat danois éperdument amoureux de Jenny. La tête tourne surtout au baron de Rhaden, époux colérique et extrêmement jaloux, qui veille au-dessus de cette cour assidue. Un soir de représentation, des coups de feu retentissent en coulisses. Qui en est l'auteur ? Qui en est la victime ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Portrait de mariage | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Portrait de mariage Maggie O'Farrell Belfond 24 août 2023 416 pages traduites par Sarah Tardy Historique Chronique 22 novembre 2023 Note historique En 1560, âgée de 15 ans, Lucrèce de Médicis quitta Florence pour entamer sa vie maritale auprès d'Alfonso Il d'Este, duc de Ferrare. Moins d'un an plus tard, elle serait morte.Une « fièvre putride » fut officiellement désignée comme cause de sa mort, mais la rumeur courut qu'elle avait été assassinée par son époux. « Peinte sur le mur, voilà ma dernière duchesse, Ne la croirait-on pas vivante ? » Robert Browning, « Ma dernière duchesse » « Les dames [...] sans cesse contraintes de refermer en elles-mêmes leurs volontés et leurs désirs, esclaves des pères, des mères, dès frères, des maris, qui la plupart du temps les retiennent prisonnières dans l'étroite enceinte de leur chambre, où elles demeurent oisives, sont livrées aux caprices de leur imagination, qui travaille ; mille pensées diverses les assiègent à la même heure... » Boccace, Le Décaméron Chronique d'un assassinat annoncé ou délires d'une très jeune femme paranoïaque à la trop vive imagination ?Thriller historique étouffant et terrifiant, drame psychologique domestique touchant une duchesse en devenir condamnée à n'être qu'une pouliche reproductrice à l'instar de sa mère, la duchesse de Florence.La moindre ombre, le plus petit craquement, l'infime détail anormal vous feront sursauter, frissonner, trembler pour l'héroïne malgré elle de ce complot ourdi par un homme omnipotent, son époux de fraîche date, pervers, narcissique, obsédé par sa future progéniture. Lucrèce est celle qui remplace sa sœur aînée, Maria, promise au futur duc de Ferrare, morte soudain peu avant les épousailles, la mettant de facto sur la ligne de départ vers l'enfer.Une gamine vendue par ses parents, objet que l'on troque afin de nouer des alliances politiques. L'obéissance, l'humilité sont attendues de Lucrèce.Peine perdue : elle porte en elle la liberté sauvage d'une tigresse même enfermée dans une forteresse lugubre, même épiée nuit et jour par des gardes et espionnes à la solde du duc ou des sœurs de ce dernier. L'enjeu est d'importance : Alfonso de Ferrare est dans une posture inconfortable, sa mère refusant de renier sa foi protestante, son pouvoir est sapé face à un pape exigeant l'obéissance des fidèles, mêmes des plus célèbres. Un héritier renforcerait et installerait à jamais son pouvoir.Se marier avec une des filles de Éléonore de Médicis, la très féconde, serait un gage de réussite. En effet, Alfonso n'a jamais eu d'enfant jusque là, pas un seul bâtard.... Son inquiétude se transforme en rage, en fureur... Remettre en question sa propre fertilité n'est pas envisageable, forcément la faute repose sur les femmes, sur sa trop jeune et inexpérimentée épouse, une gamine pourtant d'une grande maturité et endurance habituée depuis son enfance à la solitude et à l'ostracisme.Mais cela sera-t-il suffisant pour lui sauver la vie ?Bientôt, Alfonso commande un portrait de mariage de Lucrèce ; avec l'arrivée du peintre et de ses assistants entre un filet d'air de liberté.... J'admire profondément cette autrice qui réussit brillamment à recréer un décor, une ambiance, à nous plonger dans une atmosphère terrifiante et anxiogène. Malgré le soleil et la chaleur qui quelques fois plombent l'Italie, le tableau dépeint est crépusculaire, les ténèbres omniprésentes, la peur étouffante.Un récit situé à la Renaissance pourtant d'une actualité sidérante ; malheureusement les violences faites aux femmes sont toujours assénées selon un mode opératoire reconnaissable. Les notes finales sont essentielles apportant un éclairage encore plus lugubre sur le sort qui attendit les femmes de la maison Médicis. Le plus insupportable étant la complicité et la participation de certaines d'entre elles à la destruction de leurs consœurs, de leurs filles.... Je vous recommande enfin la lecture dePerspective (s) de Laurent Binet, polar historique fabuleux se consacrant à la période précédant le mariage de Lucrèce et Alfonso, celle où Maria, encore en vie, était la promise du duc de Ferrare. Quatrième de couverture Après Hamnet, Maggie O'Farrell nous entraîne dans la Renaissance italienne pour redonner vie à une femme libre, rebelle, incomprise. Portée par une écriture d'une beauté inouïe, une œuvre lumineuse et poignante. C'est un grand jour à Ferrare. On y célèbre les noces du duc Alfonso et de Lucrèce de Médicis. La fête est extravagante et la foule n'a d'yeux que pour le couple. La mariée a quinze ans. Rien ne l'avait préparée à ce rôle. Elle n'était que la troisième fille du grand duc de Toscane, la discrète, la sensible, celle dont ses parents ne savaient que faire. Mais le décès soudain de sœur aînée a changé son histoire. La fête est finie, Lucrèce est seule dans un palais immense et froid. Seule face aux intrigues de la cour. Seule face à cet homme aussi charismatique que terrifiant qu'est son mari. Et tandis que Lucrèce pose pour le portrait de mariage qui figera son image pour l'éternité, elle voit se dessiner ce que l'on attend d'elle : donner vie à un héritier. Son propre destin en dépend... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les femmes musiciennes sont dangereuses  | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les femmes musiciennes sont dangereuses Annie Coste Flammarion Le 11 octobre 2023 160 pages illustrées beau livre Chronique 23 avril 2026 Dans la collection best-seller de Laure Adler Musicienne professionnelle et créatrice touche à tout, ce livre fabuleux, cette référence incontournable sur ce sujet, m'a scotchée, sidérée, réveillée, révélée, tourmentée, chamboulée, bousculée, mise en fureur. Ce n'est pas que nous soyons dangereuses, non, en réalité c'est que nous faisons peur. Il faut avoir un sacré bon sens et beaucoup de générosité pour continuer ensuite à vouloir encore côtoyer et collaborer avec la gent masculine à laquelle tout a été permis depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui : les mouvements # MeToo et autres ont libéré enfin la parole et commencé de remettre les pendules à l'heure. En premier lieu, après une exposition de ce que furent le statut et la place laissés aux femmes chez les Grecs anciens, exemples parfaits d'un masculinisme vomitoire, cette "anthologie" avance dans le temps mettant en lumière des artistes fabuleuses, passées à la postérité pour très peu d'entre elles, ou reléguées dans l'obscurité par un patriarcat systémique ou les autorités politiques, religieuses, etc, etc... Et là, si vous n'avez pas envie de hurler à l'injustice, je ne comprends plus. Les titres des différents chapitres suffisent à vous indiquer comment s'articulera la démonstration du propos de cet ouvrage : - Prophétesses antiques et médiévales - Brillantes baroques et classiques - Musiciennes savantes et transgressives du XIXe siècle - Conquérantes de l'ère moderne - Aux racines de la POP Music - Forces vives du Jazz - Visionnaires populaires du XXe siècle Une place particulière est donnée à la femme noire, enfin, la rétablissant dans ses droits. Également, nous découvrons des françaises qui ont offert des œuvres inoubliables à l'humanité. Ainsi de Sappho de Mytilène à Lady Gaga ou Lizzo, en passant par Hildegarde de Bingen, Francesca Caccini, Elizabeth Jacquet de la Guerre, Wilhelmine von Bayreuth, Pauline Viardot, Clara Schumann, Augusta Holmès, Dora Pejačević, Nadia et Lili Boulanger, Sister Rosetta Tharpe, Big Mama Thornton, Aretha Franklin, Blanche Calloway, Nina Simone, Alice Coltrane, Chiquinha Gonzaga, Marguerite Monnot, Barbara, Joni Mitchell, Kate Bush........ et tant d'autres merveilleuses, talentueuses et courageuses figures incontournables de l'Histoire de la Musique, vous découvrez des destins hors norme, des êtres d'exception qui ont tout bravé pour leur Art, soit toute leur vie durant, soit lorsque la société leur en laissait enfin l'opportunité. Toutes sont les égales des hommes voire les dépassent, s'effaçant souvent pour aider un jeune musicien à faire carrière, je pense à Louis Armstrong, souvent dépossédées de leurs créations, de leurs inventions au détriment d'un mâle... À devenir dingue... Pour beaucoup, le parcours est douloureux, l'existence épuisante et trop difficile. Combien se sont perdues, ont disparu trop tôt... ? Chère Amy Winehouse ! Donc Annie Coste s'attache à rendre aux Césarines ce qui leur appartient comme certains termes et procédés musicaux utilisés quotidiennement... Il est vertigineux d'imaginer la somme de travail qui nous attend encore afin de rétablir la vérité et rendre sa place à la moitié de la population mondiale confinée aux ténèbres malgré le rôle essentiel qu'elle a joué dans l'élaboration des sociétés, des civilisations. De plus, il faut absolument souligner que les victimes de cette invisibilisation des femmes sont celles-ci en première ligne mais aussi les hommes. Pensez à l'appauvrissement de la pensée qui a procédé de cette discrimination, de ce mensonge de masse, de ce lavage de cerveau. Une playlist est incluse à ce très beau livre illustré parfois de portraits magnifiques, touchants voire bouleversants de toutes ces sœurs en création et en beauté. Un propos essentiel pour tous, libérateur et éclairant pour toutes les musiciennes en carrière actuellement. À imposer au programme de tous les conservatoires et écoles de musique. Crève cœur mais aussi jubilatoire, ce texte nous permet de mesurer combien des Lady Gaga ou des M.I.A sont héroïques et admirables, aujourd'hui. Évidemment, je me suis procuré cet ouvrage trônant maintenant à côté de mes partitions d'opéra... Oui, que de travail il nous reste à abattre pour les générations à venir ! Gratitude infinie Annie Coste et Laura Adler. Quatrième de couverture Comment expliquer la relation paradoxale que la musique entretient avec les femmes ? On la dit d'essence féminine, pourtant, la création musicale demeure le domaine artistique et culturel où les femmes sont les moins nombreuses, réduites à des poupées de sons instrumentalisées et sexualisées. Les femmes dans la musique se sont heurtées à une pléïade d'obstacles, à la fois réels et symboliques. Pourtant, beaucoup ont réussi à les surmonter pour parvenir à un haut niveau de création et d'innovation, telles Kassia, Maddalena Casulana, Marie Jaëll, Ethel Barns ou encore Sister Rosetta Tharpe, Nina Simone, Amy Winehouse, Lady Gaga... Traversant les siècles et les genres musicaux, en portant un autre regard sur l'histoire des musiques savantes et populaires, cet ouvrage remet au premier plan les musiciennes et leurs oeuvres restées trop souvent invisibles et inaudibles. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Je m'appelle Requiem et je t'... | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Je m'appelle Requiem et je t'... Stanislas Petrosky Lajouanie 2016 180 pages Polar Chronique 10 août 2018 « L'énergumène qui se cache derrière le pseudo de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Son ancienne profession, thanatopracteur, n'est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l'humour...noir.Cet auteur inclassable voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve : Nadine Monfils puis Patrice Dard ont préfacé les deux premières aventures de ce drôle d'ecclésiastique.... » Ceci posé, je vous conseille, vous amoureux des Tontons flingueurs, de dialogues enlevés et caustiques, de Audiard, de garder un carnet près de vous pour noter certaines formules bien imagées et nécessaires, quand vous êtes en manque de répliques colorées et cinglantes.De plus, quand cette verve franchouillarde, goûteuse sert un propos humaniste et indispensable en ces temps où le diable semble s'en donner à coeur joie, les limites de la simple narration d'une enquête sont repoussées pour traiter et aborder, mine de rien, beaucoup plus sérieusement, certains sujets dramatiques et incontournables. L'humour est une arme, également une armure, afin d'affronter le Mal, dans sa quintessence, et se protéger lors de la lutte pour l'éradiquer. Rester inactif ? Certainement pas, mais ignorer que l'on puisse perdre, lors de la bataille, une partie de son âme, voir être contaminé par lui, serait d'une grande inconséquence. Pas le genre de la maison ! Esteban Lehideux rebaptisé Requiem, n'est pas un curé classique entre sa dégaine, son vocabulaire et ses formules hautes en couleurs. Profondément croyant et engagé dans sa foi, il ne respecte pas toujours les dix commandements, aime la bière, le Jack Daniel's, la bonne chère et les femmes, oh oui! Voeu de célibat ne signifie pas abstinence. Ajoutez à la panoplie, une voiture de collection, des armes, une carrure impressionnante, un perfecto et des Doc Martens, vous voici face à ce prêtre nouvelle formule, aux convictions religieuses et personnelles enracinées. Les victimes du malin et les ouailles qui font appel à lui sont certaines d'être vraiment entendues. Passé la forme, le fond du personnage est profondément humaniste, révolté par ce que l'homme est capable de faire à l'homme, jamais abattu, toujours dans la guerre. Des constantes dans ces trois tomes : la lutte contre l'embrigadement, la manipulation de la pensée, l'extrémisme. L'ombre des nazis plane sur cette trilogie.... Plus de soixante dix ans sont passées, les plaies restent ouvertes, la vigilance est de mise. Donc beaucoup de rire et de légèreté visiblement pour aborder l'indicible, pour affronter les ténèbres.Peu à peu, Requiem se dévoile à nous d'un tome à l'autre, précisant son rôle réel, sa mission, ses liens avec la Sapinière, le Vatican. Un soldat de Dieu envoyé combattre les démons, exorciser notre monde, narrateur de ses enquêtes, s'adressant directement à son lecteur, ou sa lectrice enfin, au troisième opus. " Je m'appelle Requiem et je t'..." Présentation plus qu'indispensable de cet ovni dans le clergé catholique, Esteban Lehideux dit Requiem : " Eh oui, je le confesse à toi lecteur, mon ami, mon frère, je crois que ce qui m'a fait entrer dans les ordres, ce n'est pas seulement ma foi en Dieu, c'est aussi et surtout mon désir de combattre le diable."Beau gosse, petite quarantaine, musculeux à la chevelure fournie, fantasme féminin aux lèvres pulpeuses et au vocabulaire fleuri, un être de chair et de testostérone qui ne peut résister à un 95D et un beau p'tit cul, conscient cependant de l'importance de son engagement religieux et d'être humain.Alors certes, il fait de grosses entorses au régime habituel imposé aux ecclésiastiques, d'ailleurs le Vieux manifeste son mécontentement par un air glacial sur ses endosses, mais il s'attaque aussi très efficacement à la pourriture, à ceux qui ne méritent pas d'être nommés comme dit notre Jacques Saussey national. On ne prononce pas leurs matricules et on ne s'occupe que des victimes. Un jour, une magnifique et appétissante voisine de Requiem vient réclamer son aide. La belle tourne artisanalement des vidéos pornos, mais elle a tout de même une déontologie et fixe des limites. Lorsqu'elle reçoit un mail lui proposant l'innommable, ne pouvant se tourner vers la police, elle se tourne vers le beau curé de sa paroisse.Requiem est un as en informatique, prend les identifiants de Martine, tend un piège aux criminels.... Mais tout ne se passe pas au mieux. Bientôt Régis, l'ami flic, sonne à sa porte... Quatrième de couverture Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m'appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ? Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n'ai rien à voir avec eux, d'autant que j'ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons. Bon pas tous, parce que je dois d'abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu'ils dandinent du prose et qu'ils ont des yeux de biche. Chasser le diable et ses comparses n'est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre. Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'or du chemin | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'or du chemin Pauline De Préval Albin Michel 2019 140 pages Historique Chronique 16 septembre 2019 Une longue lettre, un long chant d'amour, un désir de transmettre la leçon essentielle d'une vie, celle de Giovanni, jeune peintre en recherche de lui-même, d'un sens à son existence, à sa mission sur cette terre en tant qu'artiste. Qui est le destinataire, on l'ignore. Le chemin sera tortueux, difficile, lumineux, exaltant... Il fera comme tout créateur, compliquera les choses, souhaitera laisser son empreinte, se torturera l'esprit dans un siècle où tout renaît, tout revient à l'épure antique. Une époque de transformation de la société, d'un renouveau, cependant toujours sous la menace de la peste, de la mort. Et plus que tout, l'Amour, au delà du temps, de l'espace. Un livre comme un témoin que l'on passe lors d'une course de relais... Jusqu'à nous. Un propos universel, intemporel, un magnifique texte sensible, touchant, juste, sur le rôle des artistes et créateurs en ce monde. Quatrième de couverture Qu'est-ce qu'aimer ? Comment mener une vie qui vise à l'essentiel ? Comment oeuvrer à rendre l'homme meilleur ? Ces questions d'hier et d'aujourd'hui sont au cœur de la semaine quête de Giovanni, un peintre florentin du début de la Renaissance. Pauline de Préval nous raconte son parcours singulier : les épreuves qu'il traverse, son combat contre ses doutes, mais aussi contre l'emprise de l'argent qui façonne la société de son temps, comme sa volonté de doter sa vie de sens. Leonora, sa bien-aimée, Brunelleschi, son ami, Starnina, son maître, le guident tour à tour vers le plus intime de lui-même. Dans l'Italie enfiévrée du XVème siècle, un roman initiatique porté par une émotion intense, qui propose à chacun de retrouver la clef du paradis. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Octobre | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Octobre Soren Sveistrup Albin Michel 2019 636 pages traduites par Caroline Berg Thriller Chronique 6 mars 2020 Le premier thriller de Soren Sveistrup !L'auteur est le créateur de la série exceptionnelle « The Killing ». Voici donc son premier roman, coup de foudre pour moi et pour beaucoup de lecteurs. Si vous avez aimé la série policière précitée et également "Borgen", vous allez retrouver un mixe des deux parfaitement réussi.Pourquoi un thriller, où tous les ingrédients habituels que d'autres auteurs de littérature noire utilisent aussi, nous interpelle-t-il particulièrement et provoque-t-il notre engouement ? Pour celui-ci, que je n'ai pu lâcher jusqu'à l'avoir terminé, je pense que cela vient du découpage des scènes extrêmement rapide, aucun temps mort, mais aussi parceque tout est très visuel, plan par plan : s'en extraire est tout simplement impossible. J'ai presque l'impression d'avoir regardé un très très bon film. La même ambiance anxiogène et ténébreuse des premiers épisodes de « The Killing » est recréée ici à l'écrit. On est également replongés dans le climat politique danois au sein même du pouvoir ministériel. Ce qui m'avait déjà frappée dans « Borgen », c'était le mélange du protocole très précis qui règne dans les bureaux et en même temps une forme d'effacement des frontières entre les élus et les citoyens. Même si, au Danemark, le vouvoiement reste de mise, c'est flagrant... Du coup, lorsque la ministre des Affaires sociales et sa famille sont dans la ligne de mire d'un tueur, la sensation de danger est renforcée. Egalement, en usant de tous les éléments propres à l'enfance, normalement intouchables, nous nous sentons attaqués dans ce qui nous est le plus précieux : les comptines, les petits bonshommes fabriqués avec des marrons d'Inde et des allumettes, ( vendus au Danemark traditionnellement ensuite en octobre par les enfants sur des stands maison), les tartines ( de pâté de foie) du goûter.... Soren Sveistrup joue avec tous les codes ayant trait à nos premières années, quelque soit le pays, et réussit l'exploit que l'adulte et l'enfant, que nous sommes encore, lisent ensemble ce récit terrifiant. Un tueur aux marrons va donc nous mener avec lui jusqu'au bout de ce conte désenchanté... Bien sûr, j'ai entrevu la solution, l'identité du criminel, mais je n'ai pas pu m'arrêter, j'étais ferrée.Je vous conseille cet excellent roman noir où les enfants sont au centre des inquiétudes et obsessions de tous, policiers et tueur. Un très bon tandem d'enquêteurs est ici imaginé, souhaitant les retrouver peut-être ultérieurement.Bonne chasse aux marrons.... Ils vous mèneront vers l'obscurité... Frissonnez ! Quatrième de couverture Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d'une femme amputée d'une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d'allumettes. Chargés de l'enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l'inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celle de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte. Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révèleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu'une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Revenants de l'inspecteur Sadorski  | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Revenants de l'inspecteur Sadorski Romain Slocombe Robert Laffont Le 4 septembre 2025 512 pages thriller historique Chronique 16 novembre 2025 " En souvenir des artistes Marie Sperling (1898-1995) et Jozef Jarema (1900-1974) Et à la mémoire du peintre et sculpteur allemand Otto Freundlich trahi par son pays d'adoption, la France, gazé au camp d'extermination de Sobibor (Pologne) en mars 1943. " " La nuit noire est mon amie, les pleurs et les cris sont mes chants, le feu qui brûle les victimes est ma lumière, l'atmosphère de mort est mon encens, l'enfer est mon foyer. " Zalmen Gradowski, Au cœur de l'enfer ( manuscrit déterré le 5 mars 1945 près du crématoire III de Birkenau ) Paru dans la collection La Bête Noire. Printemps 1945, en Allemagne, un homme grand, maigre, boiteux, se met en route en direction de l'ouest. Tous sont morts mais lui est vivant... Le régime nazi n'en finit pas de tomber, l'obscurité semble reculer, la capitulation de l'ennemi fait espérer en des jours meilleurs. C'est le temps des retrouvailles, des réconciliations mais aussi des grands procès, des exécutions, de la vengeance et de la justice pour les victimes assassinées dans les camps de concentration et par tous les collabos et traîtres à la patrie. Une période trouble s'ouvre, les salauds se cachent tentant de fuir leur châtiment. Ont-ils conscience de l'énormité de leur culpabilité ? Craignent-ils le retour des survivants ? Bien entendu, ce salopard des salopards de Sadorski fait partie du lot, caché avec sa femme Yvette, grâce à l'aide d'un haut gradé de la police, dans l'appartement d'un juif, Haberfeld, ne risquant pas de revenir de si tôt, dans le quinzième arrondissement sous le nom de jeune fille de son épouse, Réquillard. Son procès doit s'ouvrir bientôt. Cette vie dans l'anonymat coûte cher, ce n'est pas le maigre revenu de sa moitié comme vendeuse chez un fleuriste qui peut les faire vivre correctement. Il faut absolument que Léon trouve un boulot. Alors que la vérité est révélée quant à l'horrible traitement des déportés dans les camps, Sado lui ne pense qu'à son entretien avec un certain mister Avivsohn, un juif américain, dirigeant une agence d'investigation au 69 avenue Kléber. Un nouvel univers s'ouvre devant celui qui se fait passer pour un juif et un résistant auprès de cet employeur potentiel : à lui la traque des trafiquants d'œuvres d'art volés aux juifs et la recherche minutieuse de ces dernières afin de les restituer à leurs véritables propriétaires ou héritiers. Juste avant de partir pour ce rendez-vous, Sadorski trouve sur le pas de sa porte un rescapé des camps cherchant sa fille, Julie. Les planètes semblent enfin s'aligner contre l'ancien inspecteur Sadorski coupable d'avoir envoyé à la mort près de 5000 personnes. Les revenants, décédés ou vivants, se serrent les uns contre les autres autour de cet assassin, lui murmurent à l'oreille, le hantent dans ses cauchemars ! Serait-il humain ? " Romain Slocombe poursuit sa radiographie d'une France libérée qui se met très vite à composer avec d'infâmes collabos au nom de la réconciliation. " François Lestavel, Paris-Match Et en effet, dans ce huitième opus de la fresque monumentale consacrée à Léon Sadorski inspiré d'un personnage réel, bâti comme toujours scrupuleusement sur les archives, témoignages, documents de cette époque maudite, l'auteur réussit à traiter différents thèmes liés à cette période troublée de la libération ; nous devenons spectateurs tantôt horrifiés, tantôt amusés, tantôt bouleversés et nauséeux, d'un film en noir et blanc passant à la couleur, gagnant en réalisme cru, en profondeur, sans qu'aucune zone d'ombre n'échappe à l'écrivain. Nous restons sidérés par la performance littéraire et humaine de Romain Slocombe accomplissant pour nous, pour les générations futures, un travail de mémoire effroyable et admirable que bien peu serait capable de mener à bien. " Ni l'auteur ni l'éditeur ne cautionnent les propos ou les agissements du personnage central de ce livre. Ils sont le reflets de son époque, comme ils peuvent présager celles qui nous attendent. Car " le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde " . Gratitude, Mr Slocombe. Quatrième de couverture LE PIRE DES SALAUDS LE MEILLEUR DES ENQUÊTEURS LE ROMAN DE L'ART VOLÉ SOUS L'OCCUPATION France, mai 1945 : la paix en Europe est sur le point d'être signée. Libérés en même temps que nos prisonniers de 40, les déportés survivants reviennent des camps d'extermination. N'étant pas des porteurs de bonnes nouvelles, ils sont accueillis en conséquence, c'est-à-dire mal. L'ex-inspecteur Sadorski, révoqué de la police nationale et recherché, se cache avec sa femme Yvette sous un faux nom. Un revenant totalement inattendu débarque chez eux. Sa visite annonce le début de nouveaux ennuis ; et menace la carrière d'un Sadorski devenu " détective d'art ", au service d'un Polonais exilé aux États-Unis dont la mission à Paris est de traquer les chefs-d'œuvre spoliés des collections juives. Les cadavres ne vont pas tarder à s'accumuler, dans cette peinture au vitriol de l'immédiat après-guerre et des profiteurs les plus éhontés de la collaboration. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un dernier été | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un dernier été Bernard Friot La Martinière 2005 158 pages Jeunesse Chronique 11 décembre 2019 « Une collection où de grands auteurs de la littérature jeunesse parlent avec sincérité de leur propre adolescence et nous ouvrent les portes sur les grandes questions de la vie. » « J'ai été, je suis devenu, je suis. Toujours le même, et pourtant autre. J'ai grandi, vieilli, mais je n'ai pas oublié, même si je ne me souvenais pas. " Un dernier été" est le récit d'un départ forcé, loin de l'enfance, vers le monde tel qu'il est, où l'on n'est plus protégé ni des autres, ni de soi-même. Retour en arrière pour découvrir simplement comment s'est construit l'adulte que je suis. Et trouver matière à partager une expérience commune." Tout est là, dans cette note finale de l'auteur. À quatorze ans, Bernard, en paraissant quatre de moins, pourtant d'une maturité exceptionnelle, se retrouve avec son père et ses frères dans un train pour rejoindre en urgence la maison des grands-parents maternels. L'aïeul est malade, la famille se réunit pour prendre des décisions essentielles. La mort frôle les consciences, le chagrin et la peur usent les forces... L'enfance est là concentré dans ce décors de ferme, dans les odeurs de la campagne, dans le goûts et la saveur de certains détails qui n'en sont plus, soudain... La tartine beurrée, la confiture maison, le lapin qu'on tue et dépouille... Les fous rires aussi pour lutter contre la peine et la terreur. Celle-ci est décuplée chez Bernard qui vit ses dix derniers jours avant de partir pour le pensionnat. Paralysé à cette seule idée, se sentant coupable de ne penser qu'à lui-même au lieu de se concentrer sur le sort de son grand-père, il est comme en apnée, en état second, sidéré par l'importance du moment... Beaucoup des réflexions de ce garçon sont universelles, ses questions sur la vie, la mort, le courage, l'engagement, l'honneur, la capacité à prendre les bonnes décisions sont les nôtres.... dix jours avant la bascule irrémédiable vers l'âge adulte... L'innocence disparaît.... La réalité s'impose... Une plume magnifique, un texte pour tous, finesse et délicatesse comme toujours avec cet auteur que j'ai découvert, d'abord, comme traducteur de l'allemand du dernier roman de Rafik Schami « Sami ». Quatrième de couverture Le train traverse la campagne encore ensommeillée. Champs de blé fraîchement moissonnés, pâtures immenses. Eric, mon frère, me donne un coup de coude. " On arrive ", dit-il. On arrive ? Ah oui ! Je reconnais le paysage, les maisons sagement alignées, les potagers, les bâtiments d'usine... On arrive. Quelque chose se creuse dans mon ventre. La lumière a balayé la nuit. La rentrée, ne pas y penser, surtout, ne pas y penser. Ça n'existe pas, j'ai décidé, ça n'existe pas. Un jour nouveau a commercé et pourtant c'est la fin, oui, je le sens, c'est la fin. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'énigme de l'Auberge Rouge - La véritable histoire de l'Auberge de Peyrebeille | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'énigme de l'Auberge Rouge - La véritable histoire de l'Auberge de Peyrebeille Jean-Michel Cosson et Jean-Philippe Savignon De Borée 19 mai 2022 314 pages, version illustrée Thriller Historique Chronique 28 juin 2022 « Un récit précis, documenté et illustré, narré par deux historiens spécialistes des affaires criminelles. » « Maîtres, soyez maudits ! Que ne m'avez vous pas fait faire ? » Jean Rochette dit Fétiche. J'avais en mémoire, lorsque j'ai vu la couverture de cet ouvrage, les images du film de 1951 de Claude Autant-Lara avec Fernandel, « l'Auberge Rouge ». Libre interprétation d'un fait divers sanglant bien loin du présent livre, celui-ci se donnant pour mission de donner aux lecteurs une vision complète de cette affaire. Celle-ci s'est terminée par une triple exécution devant l'auberge de Peyrebeille dans un décor sinistre et terrifiant au milieu d'une nuée immense et haineuse de voisins, de curieux, de spectateurs... Mais ne serait-ce pas un épilogue terrible si en réalité tout ceci était le fruit d'une erreur judiciaire alimentée par les rumeurs, les on-dit, un procès mené à charge, une volonté politique de donner l'exemple.... ? Tous ont crié aux loups, on sait ce que le phénomène de foule peut générer en terme de violence gratuite, de jugement sans fondement. Afin d'abattre des monstres ne devient-on pas soi-même un monstre ? Afin de nourrir le doute pendant toute le récit de cette énigmatique dossier, les auteurs choisissent comme narrateur un journaliste venu de Paris comme chroniqueur judiciaire afin de couvrir l'événement du procès s'ouvrant le 4 février 1833 pour s'achever 7 jours plus tard. Ainsi oscillons-nous entre ce qui est présenté partialement par les témoins, le Président, les avocats, et les réflexions de plus en plus dubitatives de notre guide accompagné de Mr de Montgras, ancien avocat au barreau de Privas, au regard distancié et au jugement avisé. Entre descriptions de cette région à la Bram Stoker dans l'attente d'un quelconque monstre au détour du chemin, reprises des délibérations et témoignages divers avec un grand souci du détail et d'une vérité historique malgré la disparition curieuse de toutes les archives concernant ce procès, narration et portraits des intervenants hauts en couleur, nous pouvons effectivement avoir un doute raisonnable au moment de la sentence. De plus, grâce à la chronologie p.275, le complément iconographique rédigé par Jacques Michel, historien, p.279 et sa postface p.299, les nombreuses photographies des lieux et documents visuels provenant également de la collection particulière de ce monsieur à l'exception des clichés des têtes des condamnés appartenant aux archives départementales de l'Ardèche, nous avons en main tous les outils nécessaires à notre propre édification. Les gravures anciennes quant à elles illustraient une version populaire de l'Auberge Rouge. On reste sitôt la dernière page tournée, à l'instar du journaliste, avec un goût de fiel en bouche plus persuadés d'avoir assister à une curée née de la jalousie de tous face à un couple d'aubergistes ayant bien réussi.... Peut-être aussi que l'opinion publique de cette époque si corsetée et bien pensante a trouvé dans ce procès un exutoire à ses échecs, à ses désillusions après une période politique et économique difficile et une série d'attaques de bandits organisés ayant terrorisé les voyageurs pendant de longues années. Alors les Martin et Jean Rochette ont-ils payé une facture qui n'était pas la leur ? Ou au contraire, comme le dit la sagesse populaire, "il n'y a pas de fumée sans feu", leur innocence ne serait-elle pas certaine ? Un récit à quatre mains édifiant digne des meilleurs thrillers policiers et judiciaires du moment, remarquable, tellement bien rédigé que c'en est un réel bonheur "gustatif" en lecture à haute voix, parfaite vision complète de l'affaire, documentée, argumentée et en plus aisée à découvrir tant la musique de la langue est belle. La présentation est particulièrement soignée faisant de ce livre un objet remarquable, embellissant votre bibliothèque tout en l'augmentant d'un ouvrage incontournable pour tout passionné de littérature noire et d'affaires judiciaires historiques. Une très belle réalisation pour ce duo d'écrivains historiens et pour les Éditions De Borée que je remercie pour leur confiance renouvelée. Quatrième de couverture Sur ce plateau ardéchois désolé balayé par la burle, dans les années 1830, on imagine sans peine les silhouettes fragiles de voyageurs à pied, courbés sous l'effort et la bourrasque avant de parvenir, le visage tout congestionné, à Peyrebeille... Ils se disent qu'ils ont de la chance de trouver là une imposante auberge qui va les abriter et les réchauffer. Pourtant, ici on cultivait l'art du crime et de l'enrichissement crapuleux plutôt que l'art de l'accueil. Cet ouvrage propose le récit détaillé de ce fait divers mythique. Aujourd'hui l'auberge existe toujours, rescapée des tourmentes hivernales et de la fureur des hommes, plantée comme une relique ou un mausolée. Pour les victimes et les criminels guillotinés dans la cour... En 1833, un jeune journaliste parisien est envoyé en Ardèche pour couvrir le procès des aubergistes de Peyrebeille. De son enquête, il dresse un formidable décor où la peur côtoie le pittoresque et la rumeur la tragédie... Le roman de l'Auberge de Peyrebeille, plus connue sous le nom d'Auberge rouge, est le théâtre de l'une des plus célèbres et mystérieuses affaires criminelles du XIXe siècle. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les Suprêmes chantent le blues | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les Suprêmes chantent le blues Edward Kelsey Moore Actes Sud 2018 400 pages traduites par Emmanuelle et Philippe Aronson Roman Chronique 19 octobre 2018 Titre original : « The Supremes Sing the Happy Heartache Blues ». Oui, effectivement, notre cœur est mis à rude épreuve dans ce deuxième opus du maestro, une partition parfaitement exécutée sur le plan technique mais oh! mon Dieu! qui vous arrache autant de larmes de rire que de tristesse. J'ai recopié à la suite de ce texte ma " chronique" concernant le volet précédent. Surtout ne faites pas l'impasse sur celui-ci avant de découvrir les nouvelles aventures de Odette la narratrice, toute en rondeur et Ghosts wisperer à ses heures, son mari James policier à l'âme chevaleresque, Barbara Jean la pin-up de la ville et son amour de toujours le plus beau petit "cul" blanc du coin Ray, Clarice la pianiste virtuose et son époux Richmond cherchant encore à s'accorder. Un sacré groupe plutôt en mode blues que musique de chambre, avec en première ligne les " Suprêmes", les trois femmes amies depuis leur jeunesse aujourd'hui proches de leur soixante ans. L'action se déroule cinq ans après les ultimes péripéties découvertes précédemment. Je dois avouer que j'ai été émue aux larmes par certains passages évidemment liés à la musique, aux concerts classiques de Clarice ou des sets dans des cafés d'un certain El, bien mystérieux, dont nous faisons la connaissance dès la première page, venu chanter un standard du blues au mariage improbable et hilarant d'un ami patron d'une boîte de striptease et de sa coléreuse bigote de compagne, tous deux nonagénaires, ennemis jurés d'abord, fous amoureux en ce chapitre d'entrée. Déjà la situation est posée. El joue merveilleusement, puis a un grave malaise en fin de cérémonie... Alors tout va très vite se dégrader et le destin va joyeusement se déchaîner pour bousculer sacrément la vie de ce sextuor. Ajoutons une drag Queen pianiste pour épicer le tout, et des fantômes errants ou perturbants. Drôle et enlevé certes mais surtout chamboulant. Histoire de pères présents et aimants, ou maltraitants, ou absents, ou fantasmés par des enfants à l'aube de leur vieillesse ou de l'âge adulte. Histoire de pardon, de résilience, d'abandon de tout sentiment de haine énergivore et inutile. Un roman universel où la question raciale n'est plus vraiment un sujet, le fait que tous, à part Ray, soient afro-américains n'entre pas en ligne de compte ici. Livre magnifique, parfait prolongement du premier, encore plus profond et brillant à mon avis. Quelle belle façon de terminer un dimanche soir pour revenir à la réalité demain, avec un peu plus de magie dans le cœur ! Quatrième de couverture Quarante ans après avoir quitté la petite ville de Plainview dans l'Indiana en faisant le serment de ne plus jamais y remettre les pieds, un chanteur de blues dans la débine revient sur les lieux à contrecœur afin de s'y produire à l'occasion de l'improbable mariage d'un vieil ami. Tandis qu'elles assistent à sa prestation incroyablement émouvante, Odette, Clarice et Barbara Jean, dites ?Les Suprêmes?, n'ont pas la moindre idée de la profonde mutation que l'arrivée d'un tel personnage, venu d'un lointain passé, va provoquer en elles et autour d'elles. Après le triomphe de son premier roman, Les Suprêmes (best-seller dans la liste du New York Times qui a enthousiasmé les lecteurs du monde entier), Edward K. Moore revient avec une histoire de pères et de fils, de péchés de jadis et d'acceptations à venir, qu'incarnent de nouveau, sous le signe d'une irrésistible drôlerie, des personnages aussi puissants qu'attachants. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le complot | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le complot Nicolas Beuglet XO Editions 2018 490 pages Thriller Chronique 13 janvier 2019 Deuxième tome après " Le Cri" des aventures de l'inspectrice norvégienne, Sarah Geringen, et du journaliste français Christopher Clarence. Tout va pour le mieux pour eux en balade sur un îlot de paix non loin d'Oslo jusqu'à l'arrivée tonitruante et inquiétante d'un hélicoptère des services spéciaux norvégiens affrété exceptionnellement pour mener Sarah sur un lieu de crime très particulier. La fragile bulle de sécurité où ils pensaient être, par cette intrusion violente, éclate mais ils n'ont pas le choix, elle doit obtempérer et lui rester là. De plus il a son premier jour de travail le lendemain dans un journal norvégien. Ils n'ont donc pas vraiment le temps de se poser trop de questions. Sarah, après des heures de vol, se retrouve au bord d'une falaise à pic, vent, neige et embruns garantis, devant le phare ayant été la résidence de weekend de la première ministre norvégienne Katrina Hagebak, tuée selon un mode opératoire étrange, le cadavre dehors, nu et sur le ventre.... Un autre point incompréhensible, ses trois gardes du corps ont été assassinés avec une facilité confondante. Pas d'ADN, pas d'empreinte sauf une à un emplacement bizarre. La maison a été littéralement détruite par une fouille furieuse de l'assassin. La personnalité de Katrina Hagebak semble avoir été bien plus complexe et mystérieuse que ses apparitions télévisuelles ne le laissaient supposer, car on peut voir sur son dos un tatouage de belle dimension représentant peut-être un plan. Le ministre de l'intérieur ne laisse à Sarah que 12 h pour trouver une piste sérieuse avant son allocution de 19 h. Mais plus elle avance dans ses investigations, plus tout est flou. La piste de groupuscules nazis russes est évoquée car la ministre souhaitait la construction d'un mur entre les deux pays pour limiter l'arrivée de nouveaux migrants. Sarah n'y croit pas, d'autant plus lorsqu'elle fait une nouvelle découverte macabre sur un promontoire en contrebas de la falaise où repose la dépouille. Un élément tellement incroyable que soudain tout évoque une piste plus spirituelle, de croyances ancestrales peut-être de satanisme. En parallèle, Christopher rencontre peu avant son embauche, un autre journaliste d'investigation enquêtant sur Sarah et, plus précisément, sur la période où normalement de retour d'Afghanistan, elle aurait été suivie dans un centre spécialisé. Or, il semble que jamais elle n'y ait mis les pieds. Christopher voit le doute que cet homme veut installer en lui, espérant peut-être son aide. Il s'en va très vite déstabilisé, et bientôt les évènements tragiques de la nuit vont le rattraper, et le Tandem Sarah Christopher va se reformer. Un thriller d'action, extrêmement nerveux pour bien suivre la rapidité des neurones de notre enquêtrice de choc, bâti sur une documentation historique et scientifique réelle, l'interprétation qui en est faite étant du domaine de l'imagination et de l'extrapolation des personnages et donc de l'auteur, qui nous emporte jusqu'à Byblos puis Iéna et Rome. Une énigme en trois parties correspondant à trois femmes d'exception, Etta, Ada, Ludmila..... Deux d'entre elles sont en danger de mort. Sarah est cernée par des forces puissantes qui souhaitent se débarrasser d'elle, trop douée et intelligente. Au cœur même des arcanes du pouvoir, un chef, incontesté de ses adeptes, tire les ficelles et n'hésite pas à se rendre sur le terrain afin d'affronter directement cette guerrière, qui perpétue sans le savoir des traditions millénaires cherchant à protéger une vérité proprement incroyable. Celle-ci dévoilée serait un tsunami qui changerait les consciences et notre monde en profondeur. Dans cette course contre la montre, Sarah va devoir à nouveau se confronter à ses propres terreurs, à sa part obscure qu'elle avait remisée très loin tout à son bonheur familial. Elle a joué à l'autruche, elle va devoir en payer le prix. J'ai bien plus apprécié ce deuxième tome, tout aussi bien construit et scénarisé que le premier, car la fin est cette fois insoupçonnable. Je n'ai rien vu venir, ai été prise de court et c'est ce que j'attends de ce type de livre. La documentation historique, religieuse, et scientifique étaye un thème qui paraît être au centre des préoccupations de nous tous évidemment, donc sociétales et spirituelles, mais aussi des auteurs de thrillers tel Antoine Papillon et son roman " Le dernier Hyver" . Au delà de cette fiction, évidemment des questions essentielles ici sont posées quant à nos origines, à la manipulation des opinions, des croyances et des idées depuis des millénaires, et donc du conditionnement d'une société aujourd'hui en bout de souffle. « Un thriller époustouflant. Et une révélation bouleversante sur ce que fut, il y a fort longtemps, le pouvoir des femmes. » Prenez une bonne inspiration et lancez- vous ! Quatrième de couverture Après "Le Cri", le nouveau thriller de Nicolas Beuglet ! Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d'une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux. Quand l'inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l'identité de la victime, c'est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre. Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d'une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu'un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées... De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu'au cœur même du Vatican, c'est l'odeur d'un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le Cercle des Couturières | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le Cercle des Couturières Ana Lena Rivera City Editions Le 5 novembre 2025 544 pages traduites par Justine Alerts historique Chronique 26 novembre 2025 " Nous ne vivions pas seulement nos vies, mais nous héritons des victoires et des défaites de nos parents, qui les ont eux-mêmes héritées des leurs. " Titre original : " Las Herederas de la Singer " bien plus adapté en réalité que le titre français qui pourrait laisser croire à un roman historique "girly" alors qu'il est en réalité d'une profondeur bouleversante et d'une pertinence édifiante. J'ai été intimement concernée par ce roman féminin et engagé d'une portée universelle, pourquoi ? - En premier lieu en raison de cette fameuse machine à coudre Singer qui fut également un témoin passé de génération en génération du côté maternel de ma famille. - En second lieu, par l'omniprésence de la violence, de l'inceste, du viol, dans le récit des femmes, cette fois des deux côtés de mon arbre généalogique. Aujourd'hui, enfin la parole se libère, la honte change de camp peu à peu ; le travail est loin d'être terminé cependant, et ce roman contribue avec clarté, sensibilité et passion à cette grande œuvre commune, sociétale, humaniste, vitale. Il s'inscrit également dans une révolution actuelle de raconter enfin l'Histoire par le prisme du regard des femmes, de cette moitié de l'humanité que l'on a invisibilisée, méprisée, bâillonnée, qui a cependant largement contribué à l'édification et l'enrichissement de nos civilisations, de nos cultures, sans que l'on songe à lui rendre hommage. Bien loin de vouloir mener une guerre contre les hommes mais désireuse au contraire de s'allier à eux contre un patriarcat et un masculinisme sclérosants et suicidaires, l'autrice nous narre avec brio, tendresse et souci de vérité historique le destin de cinq et non quatre générations de femmes qui, par leur courage ou leur silence douloureux et apeuré, ont participé à l'élaboration de la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, qu'elle soit espagnole ou autre. Les drames ayant frappé l'Espagne depuis l'avènement de Franco sont d'une telle ampleur, le réveil de ce peuple depuis le retour à la démocratie et la divulgation des archives nationales si exceptionnel, que cette fresque historique et ce récit intimiste en deviennent inouïs et inoubliables. Ce n'est pas un roman "délicieux" comme le qualifie le Magazine Elle, c'est un brûlot, un cri, un témoignage multiple et une reconnaissance de toutes celles qui ont subi, c'est une déclaration de guerre contre l'inacceptable. Ce n'est pas un texte gentillet et dans les clous, loin s'en faut. Comment cela serait-il possible avec la figure centrale d'Aurora, cette âme intranquille, en résistance, portant en elle un secret monstrueux, prête à tout pour se sauver ? Ainsi de Olvido, sa mère, mariée à Frutos, mineur violent et alcoolique, vivant dans les Asturies, nous suivons les pas d'Aurora au destin hallucinant, née en 1922, mariée à Paulino, mère de trois enfants dont Agueda, née en 1941, unie à Jesus, mère de Ana, née en 1968, la seule à dire "je" . Celle-ci fait un beau mariage avec Carlos dont elle aura aussi trois enfants. Parmi ceux-ci, Alba, née en 1996. Toutes sans exception vont subir la violence masculine, mais la société changeant, les douleurs cachées, tues, supportées pendant des vies entières vont enfin être dévoilées, le silence n'étant plus acceptable. Un roman d'une grande justesse ne laissant aucune problématique dans l'ombre, inscrivant le phénomène du viol dans l'Histoire, en démontant le mécanisme, en démontrant les conséquences mortifères sur des générations de femmes et d'hommes, ayant empoisonné nos vies mais ne devant plus abimer celles des générations futures. La vérité peut être source de souffrance mais aussi de libération et d'apprentissage afin de construire un monde nouveau, meilleur, plus juste et égalitaire. Un roman tout à fait exceptionnel, fascinant et incontournable. Quatrième de couverture Dans les années 1920, Aurora est prête à tout pour s’extirper de la misère, même à épouser un homme qu’elle n’aime absolument pas. En cadeau de mariage, elle reçoit une machine à coudre. Ce sera son salut, mais aussi le rappel permanent d’un terrible drame. Cette simple machine va se transmettre ensuite de mère en fille, jusqu’à Alba, des décennies plus tard. Lorsque la jeune femme demande à emprunter la machine, son arrière-grand-mère sait que le moment est venu de raconter son histoire… mais aussi de révéler son secret. Un secret qui entraîne Alba dans un voyage à travers le temps, dans une maison familiale remplie d’amour, de tragédies, de cœurs brisés et de rêves. Une histoire de femmes fortes face au destin, où l’espoir est toujours permis, même dans les moments les plus difficiles… Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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