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  • L'écrivain public | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'écrivain public Dan Fesperman Cherche Midi 2018 453 pages traduites par Jean-Luc Piningre Polar Historique Chronique 12 janvier 2019 Premier roman publié aux Éditions du Cherche Midi, plus que réussi, écrit par un ancien reporter de guerre ayant couvert la plupart des conflits en Europe et au Moyen-Orient, poursuivant son parcours royalement comme auteur de romans policiers. De très haute volée, un policier historique qui pour moi est déjà un classique de la littérature américaine contemporaine, élu meilleur roman policier de l'année par le New York Times. Et on le comprend, puisque outre l'originalité des deux personnages principaux, en particulier du fameux écrivain public si énigmatique, Maximilian Danziger, du traitement exceptionnel de cette période très méconnue de l'histoire des USA où on découvre avec effarement qu'en 1942, le ministère de l'intérieur, la Mafia, le FBI, la marine ont collaboré pour contrer les nazis et empêcher Hitler de renflouer ses caisses, l'auteur réussit en plus à nous projeter en plein quartier allemand new-yorkais, à nous en brosser son passé par le biais des souvenirs de Danziger, à faire revivre tous ces disparus, émigrés dès le début du XX ème siècle puis plus massivement dès 1930 pour échapper aux conséquences du national socialisme et de l'antisémitisme. Ce qui est rarement raconté, ce sont les exactions des groupuscules nazis en plein New-York, leurs manifestations publiques, le soutien qu'ils obtinrent de certains américains y voyant un moyen de s'enrichir ou convertis à cette idéologie puante. Tout ce qui est raconté ici est vrai ! Le personnage de Max Danziger est lui aussi inspiré de la réalité. Un élément resté flou dans les archives de cette époque ont permis à Dan Fesperman de bâtir tout ce thriller, magistralement construit et mené à son terme. La part émotionnelle de ce récit est énorme, bouleversante, puisqu'elle touche aux destins brisés de millions d'êtres humains venus aux USA pour voir la fameuse Lady Liberty et vivre enfin sans peur. Malheureusement, le mal les a poursuivis pour certains, au sein même de la petite Allemagne, incarné par des chemises brunes. Le personnage du policier Woodrow Cain, est particulièrement bien décrit et imaginé. Nouvellement muté dans la grosse Pomme grâce aux relations de son beau père, un avocat riche à la morale douteuse, séparé de la fille de ce dernier et en attente de l'arrivée prochaine de leur enfant Olivia, il se voit catapulté dans un commissariat où son nouveau chef va lui faire regretter d'être venu et d'avoir eu son poste par piston, où les méthodes sont tendancieuses, où quelques flics semblent corrompus. On se croirait presque à l'époque joyeuse de la prohibition. Les limites entre la légalité et le banditisme sont difficilement visibles surtout en ces temps de guerre. Pearl Harbor, l'incendie du Normandie viennent d'avoir lieu... Donc en ce début de roman, Cain est appelé sur une scène de crime sur les docks. Le lendemain matin, un vieil homme l'attend au commissariat depuis des heures, il sait qui est le mort. Max Dantziger, narrateur d'une partie de cette histoire, a choisi de plein gré de prendre le risque de revenir dans la lumière après des années de clandestinité, afin d'aider ce policier encore pur et innocent, tout juste débarqué de sa province. Un bouseux en quelque sorte, qui en tandem avec un homme plus qu'imprévisible, va devenir, au fil des pages, très dangereux pour des personnalités toutes puissantes. À part ce Cain, tout tient de la réalité. C'est ce qui est le plus fou et extraordinaire dans cet ouvrage. Un roman à lire absolument, frissons et émotions garantis. Quatrième de couverture 9 février 1942. Dès son arrivée à New-York, Woodrow Cain, un jeune flic du Sud des Etats Unis est accueilli par les flammes qui s'échappent du paquebot Normandie, en train de sombrer dans le fleuve Hudson. C'est là que va commencer sa première enquête, après la découverte d'un cadavre sur les docks, tenus par la Mafia. Il y fait la connaissance d'un écrivain public, Danziger, obsédé par les migrants qui arrivent d'une Europe à feu et à sang, ces fantômes au passé déchiré et à l'avenir incertain. Le vieil homme va orienter Cain vers la petite Allemagne, un quartier de New-York où, dans l'ombre, sévissent les sympathisants nazis. Alors que le pays marche vers la guerre, la ville est en proie à une paranoïa croissante. Et les meurtres continuent. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'affaire de l'homme à l'escarpin | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'affaire de l'homme à l'escarpin Jean-Christophe Portes City Editions 2018 477 pages Polar Historique Reportage Autobiographie Chronique 18 août 2018 Deuxième enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire. Peut-être aurais-je dû attendre un peu avant de lire immédiatement la suite de « L'affaire des corps sans tête » ? Du coup j'ai été un peu moins entraînée dans cette histoire qui peu ou prou, que ce soit par sa construction ou le propos, ressemble beaucoup au précèdent tome. Bien entendu, c'est la suite du premier livre me direz-vous : les conséquences de l'énorme bourde de la fuite de la famille royale et son arrestation à Varennes sont traitées avec clarté, l'obligation évidemment de trouver le moyen de sauver le roi vis à vis de l'opinion publique, de la question de son inviolabilité, de son retour sur le trône, également de son cousin d'Orléans attendant peut-être de prendre sa place en tant que régent, etc ... sont au centre de l'intrigue. J'ai adoré la description de Paris de 1791, d'être ainsi télétransportée dans une réalité virtuelle tout à fait bien rendue. Un vrai plaisir pour tout parisien, une visite exaltante. Ce roman est aussi une très belle peinture de tout cet univers pré Terreur : Les salons tenus par des femmes, chacun avec sa particularité et ses sujets de discussion, ce petit monde de révolutionnaires, d'intellectuels, d'artistes, d'utopistes, de bourgeois, de militaires, d'hommes d'état, de mendiants se côtoyant, se frôlant, en accord ou en conflit, comme si on y était. On retrouve Victor Dauterive, notre héros, le 10 juillet 1791 et le suivons pendant 7 jours jusqu'au premier massacre de civils au champs de Mars, lors de la signature de la pétition pour la destitution du Roi par des centaines de parisiens. Concernant les libertés de l'auteur pour servir sa fiction, elles sont expliquées en fin d'ouvrage ; les distorsions de la vérité des évènements, du caractère ou de la vie d'un personnage célèbre, m'ont un peu gênée, je n'en suis pas forcément fan ; je sais que de grands noms de la plume comme Dumas ont pratiqué cette " méthode", mais je me demande s'ils ne serait pas possible tout de même, de respecter l'exactitude des faits historiques entièrement, sans ces aménagements, tout en écrivant un roman de fiction. Un exemple : Madame de Keralio est décrite comme un personnage parfaitement insupportable, antipathique, sans grande moralité, et comploteuse.... C'est un peu ennuyeux quand on sait quelle femme formidable, en avance sur son temps, elle était, dont l'engagement et les actions politiques pour la cause féminine ont encore un impact aujourd'hui, même si le commun des lecteurs ne le sait pas forcément. Idem pour Olympe de Gouges et sa relation à la Reine à qui elle dédie carrément sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, ce n'est pas une simple lettre comme dit dans le roman, ( je me permets de recopier la dédicace et d'ajouter en photo une partie des articles de ce document).Également je prend la liberté de signaler la biographie de Marie-Antoinette écrite par Antonia Fraser qui rétablit beaucoup de vérités sur cette femme, sur le rôle réel qu'elle a pu jouer dans les décisions prises, entre autres concernant la fuite désastreuse de Paris, et son impact essentiel, depuis jusqu'à aujourd'hui, sur l'art de vivre français, la musique, la culture de notre pays, dont nous nous vantons tant, tout en égratignant sa mémoire. Nous oublions vite.... Les quelques éléments évoqués quant à la Reine sont toujours négatifs ou mitigés dans ce livre par le biais des regards d'Olympe ou de La Fayette. C'est dommage ! Elle mérite mieux. Toujours est-il que ce roman policier historique et d'action doit rester aux yeux de tous un divertissement, où l'on sent que l'auteur s'amuse réellement tout en s'appuyant sur une bibliographie et une documentation solides. 1791 « Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne, dédiée à la Reine : Madame, Peu faite au langage que l'on tient aux rois, je n'emploierai point l'adulation des courtisans pour vous faire hommage de cette singulière production. Mon but, Madame, est de vous parler franchement ; je n'ai pas attendu, pour exprimer ainsi, l'époque de la liberté : je me suis montrée avec la même énergie dans un temps où l'aveuglement des despotes punissait une si noble audace.Lorsque tout l'Empire vous accusait et vous rendait responsable de ses calamités, moi seule, j'ai eu la force de prendre votre défense. Je n'ai jamais pu me persuader qu'une princesse, élevée au sein des grandeurs, eût tous les vices de la bassesse... Il n'appartient qu'à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de donner du poids à l'essor des Droits de la Femme, et d'en accélérer les succès. Si vous étiez moins instruite, Madame, je pourrais craindre que vos intérêts particuliers ne l'emportassent sur ceux de votre sexe. Vous aimez la gloire : songez, Madame, que les plus grands crimes s'immortalisent comme les plus grandes vertus ; mais quelle différence de célébrité dans les fastes de l'histoire ! L'une est sans cesse prise pour exemple, et l'autre est éternellement l'exécration du genre humain. On ne vous fera jamais un crime de travailler à la restauration des mœurs, à donner à votre sexe toute la consistance dont il est susceptible. Cet ouvrage n'est pas le travail d'un jour, malheureusement pour le nouveau régime. Cette révolution ne s'opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur déplorable sort, et des droits qu'elles ont perdu dans la société. Soutenez, Madame, une si belle cause ; défendez ce sexe malheureux, et vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume, et le tiers au moins de l'autre. Voilà, Madame, voilà par quels exploits vous devez vous signaler et employer votre crédit. Croyez, Madame, notre vie est bien peu de chose, surtout pour une reine, quand cette vie n'est pas embellie par l'amour des peuples, et par les charmes éternels de la bienfaisance... Voilà, Madame, voilà quels sont mes principes. En vous parlant de ma patrie, je perds le but de cette dédicace. C'est ainsi que tout bon citoyen sacrifie sa gloire, ses intérêts, quand il n'a pour objet que ceux de son pays. Je suis avec le plus profond respect, Madame Votre très humble et très obéissante servante, De Gouges. » Quatrième de couverture Paris, 1791. Un jeune homme est découvert assassiné dans un quartier populaire. Il est nu, à l'exception d'une paire d'escarpins vernis et cela ressemble à un vol qui a mal tourné. Mais quand on apprend que le jeune homme fréquentait les milieux homosexuels et qu'il travaillait pour un journal politique, l'affaire prend une tout autre tournure. Le gendarme Victor Dauterive découvre que cet assassinat est lié aux intrigues se jouant au plus haut niveau du pouvoir. Depuis la fuite à Varennes, Louis XVI a été suspendu de ses fonctions et, dans l'ombre, le parti du duc d'Orléans fait tout pour s’emparer du pouvoir. Dans les bas-fonds de la capitale, entre aristocrates et révolutionnaires, Dauterive ne sait plus à qui se fier. La corruption, l'avidité et les trahisons sont monnaie courante et le danger est à chaque coin de rue. Surtout quand on s'approche un peu trop près de la vérité... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Nos cœurs disparus | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Nos cœurs disparus Celeste Ng Sonatine 24 août 2023 384 pages traduites par Julie Sibony uchronie Chronique 1 décembre 2023 Titre original : Our Missing Hearts D'aucun classerait ce texte dans la section uchronie, (Science-fiction) : « récit imaginaire prenant comme base de départ une évolution alternative de l’Histoire. Reconstruction historique d’événements fictifs, d’après un point de départ historique. » Définition de Wikipédia. Dans les notes finales, l'autrice expose les sources qui lui ont inspiré ce récit bouleversant et terrifiant à la fois, tout en constatant affolée et sidérée, alors qu'elle le rédigeait, que la réalité était en train de rattraper la fiction. Peu à peu, ce texte est devenu un appel au réveil, une mise en garde paniquée par ce qui se profile à nouveau. L'image des États-Unis ne sort pas indemne de ce roman tant les faits réels sur lesquels il est basé sont impensables et inexcusables. Le chantre de la liberté, le sauveur du monde perd de sa superbe. Décidément les auteurs nord -américains actuels ne prennent plus de gants, de Richard Powers dans « Sidérations » à Margaret Atwood dans « La Servante écarlate » citée par Celeste Ng, ils dénoncent les dérives étasuniennes, canadiennes d'hier avec leurs conséquences possibles demain. Mais ne nous leurrons pas, ces deux pays ne sont pas seuls concernés par ce retour à un autoritarisme dictatorial, à la manipulation de l'opinion publique, à l'ostracisme, à la discrimination, à la perpétuation d'une crise économique qui n'est plus un épisode historique mais bien un système mis artificiellement en place pour contrôler le peuple. Celeste Ng revient ainsi sur la technique bien connue utilisée par les gouvernements de pointer une partie de la population comme bouc émissaire, cause du malheur qui s'est abattu sur le pays ; ainsi le reste des habitants vont pouvoir la conspuer, la harceler, la traquer, la mettre au banc de la société. La covid et les origines du virus situées en Chine par les autorités ont favorisé un racisme et une violence incroyables contre tout Américain d'origine asiatique. C'est un phénomène glaçant que l'autrice a constaté et supporté. Ce n'est pas la première fois que cela arrive ( américains d'origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, ou d'origine moyen-orientale après le 11 septembre). Devenus des sous-citoyens complotistes aux idées séditieuses et antiaméricaines, il est absolument impossible de laisser les enfants sous l'autorité parentale d'êtres si dépravés. D'où emprisonnements ou disparitions des « terroristes » et rapts de leur progéniture. Les camps d'internement des Amérindiens puis des Américains d'origine japonaise sont deux exemples glacants de ce que les États-Unis d'Amérique et le Canada ont été capables de faire. Puis systématiquement lavage de cerveau des gamins volés à leurs familles et placés dans des établissements contrôlés. Il y a peu sous Donald Trump, des familles mexicaines ont été séparées violemment à la frontière.... La beauté extrême de ce roman apparaît dès la lecture du titre : 3 mots extraits d'un poème, oeuvre de Margaret sino-américaine, mariée à Ethan, un universitaire blanc, et mère d'un petit Noah rebaptisé Bird. Trois mots qui vont sonner, à l'insu de leur autrice, le glas de l'obéissance aveugle à l'insupportable. La littérature, les mots et l'art sont les seules armes à disposition des opposants au régime. Margaret, qui s'était faite très discrète pendant des années, va pourtant être obligée d'entrer dans la clandestinité, de disparaître pour mieux se battre. Ainsi son fils ne sera pas enlevé à son père, ainsi en œuvrant à réveiller les consciences lui permettra-t-elle d'avoir un futur. Le lien entre Celeste Ng et Margaret est évident. Nous sommes tous potentiellement des boucs émissaires possibles désignés par des politiques et des puissants pour lesquels nous ne sommes que des statistiques et non des individus. Les moyens mis en oeuvre pour lutter contre eux semblent dérisoires et pourtant.... Un roman crève coeur, essentiel et incontournable, magnifiquement humaniste, terriblement prophétique si nous ne prenons pas garde, si nous ne restons pas vigilants. Textes d'introduction : « Mais le PACT est bien plus qu'une loi. C'est une promesse que nous nous faisons les uns aux autres : la promesse de protéger nos idéaux et nos valeurs américains ; la promesse que, pour les gens qui affaiblissent notre pays par des idées antimaéricaines, il y aura des conséquences. Tout savoir sur le PACT : un guide pour les jeunes patriotes. » « Au cours des années terribles de règne de Iéjov, j'ai passé dix-sept mois à faire la queue devant les prisons de Leningrad. Une fois, quelqu'un m'a pour ainsi dire « reconnue ». Ce jour-là, une femme qui attendait derrière moi, une femme aux lèvres bleuies qui n'avait bien sûr jamais entendu mon nom, a soudain émergé de cette torpeur dont nous étions tous la proie et m'a demandé à l'oreille (là-bas, tout le monde parlait à voix basse) : « Et ça, vous pouvez le décrire ? » Je lui ai répondu : « Je peux » « Alors un semblant de sourire a effleuré ce qui avait été autrefois un visage. » Anna Akhmatova, Requiem. Traduction de Sophie Benech, Éditions Interférences, 2005. Quatrième de couverture L'histoire bouleversante d'une famille qui lutte pour raviver l'espoir et la justice dans une société qui a cédé à la peur. États-Unis d'Amérique, dans un futur pas si lointain. L'existence de tous est rythmée par des lois liberticides. Tout citoyen de culture étrangère est considéré comme dangereux pour la société. Les livres tenus pour séditieux sont retirés des bibliothèques. À commencer par ceux de la poétesse Margaret Miu, disparue mystérieusement trois ans plus tôt. Bien décidé à la retrouver, son fils, Bird, aidé par un réseau clandestin de bibliothécaires, va peu à peu prendre conscience du sort des opprimés et de la nécessité impérieuse de porter leur voix. Celeste Ng est de retour avec un nouveau roman bouleversant d'humanité et d'actualité. Porté par une écriture lumineuse, Nos cœurs disparus raconte le destin d'une famille en lutte pour raviver l'espoir et la justice dans une société qui a cédé au pire des conservatismes. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Inconnu du bourg | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Inconnu du bourg Éric Bohème de Borée Le 6 novembre 2025 256 pages roman de terroir Chronique 20 novembre 2025 Paru dans la collection Terres d'écriture. "Dans un village du Berry, l'enquête sur la mort suspecte d'un employé viticole révélera bien des secrets ." " On ne sait jamais ce que le passé nous réserve. " Françoise Sagan En effet, et notre Inconnu devra comprendre rapidement cette leçon de vie s'il veut se sortir du guêpier où il s'est précipité, sans repasser par la case prison. Lui le Parisien flambeur, rebaptisé l' "escroc en costume de luxe", le "spoliateur cynique des petits épargnants" par la presse au moment de son procès, juste après l'élection de Giscard d'Estaing en 1974, se retrouve sans rien après cinq ans de cabane, accueilli chez un ami, le vieux Tourangin, au village faussement tranquille de Mehun-sur-Yèvre. Ceux qui ont lu l'opus précédent "Le Café du Centre" de Éric Bohème apprécieront... À lui le charme inénarrable de la province berrichonne, la joie d'être au centre de l'attention pesante et inquisitrice de tous, de devenir l'objet des potins des cancanières nombreuses dans le patelin, d'être jugé, soupesé, avant d'être peut-être accepté. Il faut dire qu'il ne se passe pas grand chose dans le coin si ce n'est un mystère qui ne cesse de tracasser le papet : les causes réelles de la mort d'un ouvrier du principal domaine viticole du coin. Après avoir partager ses doutes avec son invité, v'la t'y pas qu'il casse sa pipe. C'est bien la veine de notre enquêteur amateur : le voilà chargé d'une mission par le défunt qu'il ne peut refuser de mener à bien mais qui risque de le mettre en délicatesse avec les habitants du bourg, du plus humble au plus nanti. Tout se sait dans une si petite localité, radio-trou- du-Berry y fonctionne parfaitement. L'auteur a le chic pour faire renaître la vie quotidienne d'un village haut en couleurs, pour nous offrir des dialogues savoureux, des descriptions aux petits oignons des situations cocasses et personnages truculents de ce récit, dont le scénario par ailleurs est très bien ficelé jusqu'aux dernières pages. En plus... vous attend une surprise du chef des plus goûteuses illustrant parfaitement, délicieusement, ce roman de terroir aux allures de polar rural bien tordu, à la verve imaginative et réjouissante. Un livre joyeusement caustique en cette période de cynisme détestable, nous rappelant les vraies valeurs de notre douce France. Nostalgie quand tu nous tiens ! Quatrième de couverture À sa sortie de prison, « l'Inconnu » se rend chez son vieil ami Tourangin, qui l'informe de la mort suspecte d'un employé viticole quelques jours plus tôt, avant de décéder à son tour dès le lendemain. « L'Inconnu » tient alors sa promesse d'élucider le mystère autour de ce qui s'apparente plus à un meurtre qu'à un accident du travail. Son passé douteux éveille toutefois les soupçons de certains villageois. Mais dans cette enquête, qui manipule qui ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Les prénoms  | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Les prénoms Jeanne Morisseau Unicité Juin 2024 275 pages nouvelles Chronique 28 juillet 2025 " Comment t'aimé-je ? Voyons voir, que je fasse le compte de mes manières de t'aimer. " Elizabeth Barrett Browning Photographie des chevaux en couverture de l'autrice L'énigme de l'Amour est au centre de toutes les destinées décrites dans ce recueil de nouvelles : un Amour protéiforme, aux facettes indénombrables y est mis en scène ; la quête amoureuse est ici finement, délicatement, tendrement, soigneusement analysée, par une autrice ultra-sensible et empathique. Chacun des 15 personnages semble être une fraction d'une seule personnalité, peut être en partie l'autrice, certainement nous-mêmes. Comme dans un roman de Jane Austen, mais avec des spécificités contemporaines, tous se perdent en conjecture lorsque leur cœur se met à battre plus fort, tous se sentent démunis, perdus, imparfaits, pas à la hauteur de l'enjeu ; il cherchent la preuve que l'histoire d'amour qu'ils perçoivent n'est pas un leurre, un fantasme, mais bien une réalité partagée. Pour tous, c'est une mise en abîme, un saut de l'ange, une prise de risque insensée. Quelques soit leur assurance dans la vie, leur position sociale, les voilà tous aussi paumés les uns que les autres, angoissés, déstabilisés, bouleversés. Cet ébranlement de leurs certitudes les mène à se poser de multiples questions sur leurs parcours personnel, sur leur espoir intime, sur leur essence même. Une révolution est en marche suite à un simple échange de regard. Que la relation soit fantasmée ou réelle, elle bouge les lignes intimes de chaque être, en déséquilibre, portraituré avec perspicacité dans ces pages. Il n'y a pas qu'une vérité, il n'y a pas qu'une seule façon d'aimer. Ce peut être réjouissant, épanouissant comme angoissant, épuisant comme exaltant, pudique et timide comme charnel et délurée, sans aucune limite. Par petites touches impressionnistes, l'âme mais aussi le corps palpitent, se réveillent, nous font percevoir une dimension inconnue de notre être. Tout au long de ce parcours du tendre, du passionné, poèmes, paroles de chansons, prières, ponctuent cette quête à cœur perdu de la lumière, de l'alter ego, du double. Entre l'obscurité de la solitude imposée et la clarté de l'amour partagé, les héros de ces histoires sont à la croisée des chemins. Ce recueil vibrant, frissonnant, à fleur de peau et de nerfs, parfois doucement ironique, est à lire avec beaucoup de bienveillance envers nous-mêmes et les autres. Jeanne Morisseau , artiste aux multiples facettes et talents, au regard pénétrant et généreux, nous y tient la main tel un ange tutélaire, un guide protecteur. Quatrième de couverture « Les prénoms » de Jeanne Morisseau : des élans de lumière On dit que beaucoup d’auteurs écrivent toujours le même livre. Il en est ainsi de ce recueil de nouvelles, qui forment en réalité un seul et même récit, mais à la manière d’un prisme de cristal, suspendu à la verticale et rayonnant de toutes ses facettes. Le lecteur y rencontre, au sens le plus fort de ce verbe, l’artiste aussi multiple qu’étonnante, cette fois encore au sens premier de ce mot. Notre époque se voudrait affranchie et déliée, mais elle s’enlise et se fige, à l’instar des précédentes, dans ses propres entraves et interdits. La beauté devient suspecte, l’amour ne doit pas dire son nom, l’éclairage cru des spots et des écrans met à mal la lumière et obscurcit les âmes, les slogans remplacent la prière. Jeanne Morisseau fait partie de ceux qui résistent, quitte à en payer le prix, et nous livre « ses prénoms » : un long voyage intime et universel, fait des va-et-vient douloureux, comme le sont les métamorphoses les plus profondes. Les personnages apparaissent devant nous au fil des pages, nous surprennent, nous interrogent, nous bousculent, nous rappellent à nos incertitudes. Parfois, ils ne font qu’un. Le clair-obscur de leurs cœurs et de leurs histoires tisse une trame des miracles au milieu des soifs, souffrances et tristesses. L’amour et le désir transfigurent les êtres et le monde. Les prières changent le cours des choses. Les anges veillent, discrets mais secourables. Les morts parlent aux vivants et les vivants aux morts. Tout est lié, finalement. Le récit et les poèmes mènent un dialogue complice, tout au long de ce livre vivifiant, ressuscitant tendresse et espoir. L’humour subtil, toujours bienvenu, se faufile entre les lignes, se mêlant à la gravité. Les mots donnent à voir des images et à entendre des musiques, douceur et violence mêlées. Mais avant tout, il y a un appel de l’absolu : réfractions infinies des élans de lumière, qui n’achoppent sur les apories de ce qu’on nomme habituellement le réel que pour mieux rejaillir de ses failles. Et si nous avons tant besoin de cette lumière, c’est parce que – comme le chante Patti Smith – « the night belongs to lovers, because the night belongs to us ». Bojenna Orszulak Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • L'Affaire Petit Prince | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires L'Affaire Petit Prince Clémentine Beauvais Sarbacane Le 2 avril 2025 272 pages polar jeunesse Chronique 3 juin 2026 Pour les 12-14 ans. Premier tome de la trilogie consacrée aux enquêtes de Pierre Bayard, Détextive privé. Premier volet d'une série exaltante et drôle sur la piste des secrets cachés dans nos livres préférés. AVERTISSEMENT de l'autrice : "Ce livre, comme tous les autres de la série, révèle de grands secrets d'une histoire très connue. Vous n'avez pas du tout be-soin d'avoir lu Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry pour suivre l'enquête, et vous pourrez même, qui sait?, en deviner la solution. Mais attention! Une fois que vous aurez lu ce roman, vous saurez tout ce qui se passe dans Le Petit Prince – et même plus encore. Alors, si vraiment vous n'aimez pas qu'on spoile (pardon, Édith: "qu'on divulgache"), envisagez de lire Le Petit Prince d'abord." En ce début juin, à quelques encablures des vacances d'été, j'ai décidé de consacrer quelques heures de lecture à la littérature jeunesse. Bien m'en a pris, parfaitement conseillée par une des talentueuses bibliothécaires de ce département de la Médiathèque Pablo-Neruda Malakoff . Gratitude infinie car je ressors de ce premier opus émerveillée par l'ingéniosité, l'inventivité, le style littéraire, etc, etc... de la géniale Clémentine Beauvais ! Réussite totale donc : drôle, singulier, passionnant, présentant toute une galerie de personnages attachants et inoubliables confrontés à de vrais méchants dans un monde où la liberté d'expression et la dissidence ne sont pas autorisées. Ainsi tout en nous réjouissant, nous divertissant, nous instruisant avec panache, mine de rien... ce polar fantastique et littéraire aborde des sujets délicats avec beaucoup d'adresse et de tact. Tout le monde a lu Le Petit Prince, mais l'avons-nous bien compris ? C'est là que l'écrivaine met tout son talent au service d'un thème très original. Lequel me direz-vous ? Vous est-il déjà arrivé de finir un livre dans un état dubitatif quant à sa véracité, quant à sa vraisemblance du moins ? Avez-vous déjà tiqué sur tel ou tel détail qui semblait clocher, qui vous mettait mal à l'aise comme si se cachait quelque entourloupe dans le texte, quelque double sens ? La sensation que quelque chose vous échappait est alors très désagréable et devient obsédante. Comme l'écrit l'autrice d'entrée de jeu : "On le sent, dans un livre, quand il y a un Truc Qui Cloche. Et ces signes ne trompent pas : il faut enquêter. C'est le travail de l'incroyable Pierre Bayard, détextive privé, et de son ébouriffante associée Édith ! Pour ma part, Le Petit Prince m'a toujours semblé énigmatique ! Je suis restée en suspens... Et peut-être avais-je pressenti qu'il fallait creuser, aller au-delà des premières apparences... Ainsi en est-il de Pierre Bayard devenu Détextive privé après son renvoi fracassant de la CLEF ou Chevalerie de la Lecture Experte de France, présidée par la terrifiante Élise Mieux, accompagnée de son sbire, Roman Noir. D'où interdiction totale d'enquêter sur un texte ou d'approcher une bibliothèque ou une bibliothécaire. Cependant, malgré ce contexte difficile, l'attention de Bayard est attirée par un inconnu, venu jusque dans son hall d'entrée avant de disparaitre en laissant derrière lui sur le sol le dessin énigmatique d'un chapeau, sur le mystère que recouvre ce livre court mais contenant bien des informations et données inexpliquées. Et si le sens que nous donnions à cette histoire était erroné. Et d'abord, avons-nous bien compris qui étaient les différents protagonistes de ce récit ? Au même moment, et ce n'est pas un hasard, une exposition s'ouvre à la Bibliothèque Nationale de France, en cette année 1998, intitulée : " Les Mystères d'Antoine de Saint-Exupéry Mots d'un pilote - Mort d'un poète ". Le curateur en est un des chevaliers du CLEF, le prétentieux et insupportable Lucien Voldenuit. Avec la perspicace Édith, et grâce à l'aide de deux adolescents, Minuit-Pile, génie de l'informatique et créateur de boîtes à livres dans Paris et son amie, Bas-de-Casse la tenace, Pierre s'attelle à la tâche presqu'insurmontable de mener ses investigations alors même qu'il est étroitement surveillé et qu'approcher de la BNF lui est interdit. Pour corser le tout, son ancien amour de jeunesse, Gudule de Sanderos, est aujourd'hui la directrice de cet établissement public. Aïe, c'est plutôt mal parti ! Il faudra bien du courage et de l'entêtement à nos quatre amis pour venir à bout des énigmes cachées dans ce qui semble un conte pour enfants et en premier lieu : est-ce bien un chapeau qui est dessiné au tout début de ce livre ? Les réponses sont-elles à chercher dans la biographie de Saint-Exupéry ou ailleurs ? Tout à fait remarquable, réjouissant, invitant les lecteurs à ne jamais se contenter des versions officielles ! Formidable récit pour mettre le pied à l'étrier de la lecture à ceux qui n'ont pas encore réussi à se passionner pour elle, mais aussi réel plaisir singulier pour ceux qui sont rompus à cet exercice dispensateur de tant de joies. Bravissima Clémentine Beauvais ! Quatrième de couverture Pierre Bayard, déteXtive de haut vol, s'ennuie ferme depuis qu'il n'a plus le droit d'exercer ses talents d'enquêteur. Quand un matin, un mystérieux appel à l'aide à propos d'un secret dissimulé dans le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry vient bousculer sa routine. Mais lorsque son contact disparaît, semant de drôles d'indices sur son passage, Pierre Bayard ne peut résister - malgré l'interdiction formelle pour lui de pratiquer. Flanqués de son ingénieux voisin de 12 ans, Minuit-Pile, et de la meilleure amie de celui-ci, la fringante Bas-de-Casse, Pierre Bayard et sa fidèle associée Édith se lancent dans l'enquête, tout en essayant d'échapper à la surveillance de la redoutable Élise Mieux, présidente de l'institution ayant interdit à Bayard d'exercer. Quel mystère peut bien receler Le Petit Prince pour déclencher une disparition, voire même, peut-être, un enlèvement ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Le cerveau de Kennedy | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Le cerveau de Kennedy Henning Mankell Seuil 2009 427 pages traduites par Rémi Cassaigne Divers Chronique 29 avril 2020 Un roman qui me touche particulièrement ayant vécu mes premières années en Côte d'Ivoire et ayant toujours une partie de ma famille au pays. Le sort de ce continent me concerne forcément, écoeurée et révoltée par le comportement de certains blancs, mais pas toujours, ou occidentaux, mais pas toujours, depuis l'ère du colonialisme jusqu'à aujourd'hui. Il est curieux de lire ce thriller social, géopolitique et psychologique au moment même du confinement et d'une pandémie dont on ignore l'origine réelle, mettant en lumière l'incapacité ou le refus de certains gouvernements à gérer la crise avec efficacité, humanité, honnêteté. La responsabilité des grands groupes pharmaceutiques, les mensonges d'état, le sang de milliers de morts sur les mains de criminels pour qui la valeur d'une vie ne vaut pas grand chose, juste une statistique, un numéro parmi tant d'autres, sont au centre de ce scénario terrifiant. L'Afrique a été un vivier inépuisable dans lequel des criminels ont puisé afin de mener leur petites expériences au nom du profit et du pouvoir. Depuis que ce livre a été écrit, cette pratique est arrivée en France avec l'affaire du Levothyrox, faisant des milliers de victimes, malades ou décédées dans l'indifférence la plus totale alors que c'est un scandale gigantesque visant à enrichir des labos pharmaceutiques. Les procédures judiciaires sont toujours en cours mais on en n'entend plus parler. On nous a traités comme des cobayes ni plus ni moins, les séquelles sont réelles et invalidantes. Vous devez vous souvenir des rumeurs concernant le SIDA, de ses origines en particulier... Au delà de cette vision complotiste, Henning Mankell décide de traiter de l'opportunité que cette maladie a offerte aux grands groupes pharmaceutiques, et à leurs complices à tous les niveaux, de s'enrichir toujours et d'asseoir leur monopole et leur omnipotence partout dans le monde. En Chine, en Afrique et là où la pauvreté est endémique. À cette trame déjà dense et délicate, l'auteur ajoute également les thèmes difficiles et bouleversants, récurrents dans son œuvre, de la perte d'un être aimé, de la famille, du deuil, de la vieillesse, du but de la vie, de la préservation de la nature, des us et coutumes dans les pays aux températures extrêmes, du voyage, de la construction du futur sur des connaissances historiques solides, de la transmission des valeurs, de l'amour entre les peuples, de l'acceptation de la différence, du courage immense de tous les engagés humanitaires, de l'entraide, de la beauté et de la laideur créées par l'humanité. Une enquête "policière" d'une mère courant après son fils, déterminée à connaître la vérité sur sa mort, dans des décors somptueux particulièrement en Suède, Afrique du Sud et Mozambique que Henning Mankell aime tant. Toujours une atmosphère particulière entre tristesse, colère, tendresse, nostalgie et joie soudaine. Un livre pour crier, pour appeler au réveil des consciences, incroyablement d'actualité, d'un homme révolté, concerné, conscient. Sa voix résonnera pour toujours.... Quatrième de couverture Louise découvre le corps sans vie de son fils Henrik. Un suicide pour la police, un meurtre selon elle. En archéologue chevronnée, elle fouille son passé. De la Suède au Mozambique en passant par l'Australie, elle s'interroge sur ses innombrables voyages. Pourquoi cet engagement auprès des sidéens d'Afrique ? Comment expliquer son énorme compte en banque ? Et s'il valait mieux ne pas savoir la vérité ? Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Antoinette Fouque Une pionnière de la libération des femmes | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Antoinette Fouque Une pionnière de la libération des femmes Julia Pietri Des femmes Antoinette Fouque 7 mars 2024 96 pages biographie Chronique 6 mars 2024 Quelle semaine nous venons de vivre ! D'abord l'inscription du droit des femmes à recourir à l'IVG dans la Constitution. Mais c'était également le cinquantième anniversaire des Éditions des femmes que nous avons fêté dignement, joyeusement et avec émotion ce samedi 9 mars 2024. L'occasion de rendre un hommage vibrant à une femme d'exception, une visionnaire, une précurseure, curieuse des autres, à leur écoute, une vigie, une âme intranquille, généreuse, le regard pétillant d'intelligence et d'humour, la parole juste, les pensées lumineuses, la fulgurance du raisonnement, la faconde des grands cœurs, le timbre inoubliable. Toutes celles et ceux qui ont eu le privilège de la côtoyer, d'avoir été distingués par Antoinette Fouque, en sont restés marqués, emplis de gratitude, encore sidérés de cette rencontre unique, extraordinaire. Leurs vies en ont été changées. Avoir été réellement "vus", envisagés dans leur entièreté les laisse stupéfaits. Antoinette Fouque avait la "grâce". Et pour nous autres qui n'avons pas eu la chance de la connaître de son vivant, nous avons ressenti au travers de cette émotion palpable, de cette authenticité des témoignages, de cette lueur dans les yeux et de ce tremblement des voix, la présence presque charnelle de cette regrettée et irremplaçable figure de combat en quête ininterrompue de justice, d'égalité, de liberté. L'engagement d'Antoinette Fouque envers la cause féminine fut total, sa vision immense, internationale, sa créativité bouillonnante, ses projets multiples et en même temps complémentaires : véritable touche-à-tout de génie, elle a marqué de son empreinte son époque et il est évident que cela perdure et perdurera longtemps. Une femme de Renaissance... Julia Pietri, avec infiniment de talent et d'humilité, nous offre un ouvrage magnifiquement illustré au contenu extrêmement clair et concis pour tous, à partir de 12 ans. Je l'ai lu et admiré véritablement pour sa justesse incroyable tant dans la forme que le contenu. Perfection du geste de l'illustratrice et de l'écrivaine. Digne hommage à une femme dont le sourire éclaire encore tous ses proches et dont les réalisations et les pensées illuminent encore durablement nos existences. Quelle Vie ! Quelle réussite ! Ces heures à écouter, à regarder attentivement tous ceux qui font perdurer l'oeuvre d'Antoinette Fouque ou qui en sont les bénéficiaires encore aujourd'hui, me l'ont fait comprendre. À nous d'en être dignes, à nous de continuer la lutte, à nous de serrer les rangs autour des plus fragiles et précaires. Femme ! Vie ! Liberté ! Gratitude. Quatrième de couverture Cet ouvrage illustré pétille autant que les idées d’Antoinette Fouque! De la création de lieux physiques et symboliques pour les femmes à l’apport conceptuel de cette grande intellectuelle, embarquons pour un voyage à travers les luttes pour les droits des femmes menées par Antoinette Fouque. On y découvre son influence motrice incroyable à mi-chemin entre super-héroïne et femme d’action. Sa contribution intellectuelle à la libération des femmes est abordée dans cet ouvrage notamment à travers quelques concepts phares de sa pensée, comme la « libido creandi », « l’impérialisme du phallus » ou « l’envie de l’utérus ». Elle ne s’est jamais contentée de décrire les oppressions que subissent les femmes, elle a constamment cherché à en analyser les causes et proposé des voies de libération pour le plus grand nombre afin de transformer durablement la société. Antoinette Fouque nous a montré la voie, avec son dévouement infatigable à la cause des femmes pour une humanité libérée. J. P. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Blanc Mortel | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Blanc Mortel Robert Galbraith alias J.K. Rowling Grasset 2019 698 pages traduites par Florianne Vidal Polar Chronique Quatrième aventure du détective Cormoran Strike et de son associée Robin Ellacott. La grande force de cette série est le tandem d'enquêteurs formé de Cormoran Strike et Robin Ellacott : Lui, militaire revenu d'Afghanistan unijambiste, souffrant en permanence, tenace, intelligent et intuitif, pas vraiment remis de son enfance cahotique, fils hors mariage d'un chanteur de Rock et d'une mère instable. Elle casse-cou, issue d'une famille ordinaire ayant toujours voulu entrer dans la police, fiancée depuis des années à un col blanc méprisant ses aspirations professionnelles, jaloux des relations de la jeune femme et du privé. Robert Galbraith est passé maître dans la description des sentiments tortueux, de leurs circonvolutions, de leurs conséquences, non seulement sur ce duo, dont les relations sont tendues suite à la dernière enquête et au mariage enfin de Robin et de son bellâtre, mais aussi sur le destin les différents protagonistes de la nouvelle énigme. Celle-ci se présente sous les traits d'un jeune garçon, Billy, manifestement fragile psychologiquement, assurant avoir été témoin du meurtre d'un enfant dans sa jeunesse. La gêne entre Cormoran et Robin va ralentir l'avancement de ce dossier, compliqué bientôt par l'entrée en scène de deux poids lourds du monde de la politique britannique, de leurs familles respectives, de leurs collaborateurs et subordonnés, de gauchistes, de comploteurs.... À la veille des jeux olympiques. Beaucoup de secrets empoisonnent la vie de tous à l'instar de l'ex de Cormoran, Charlotte, qui revient sur scène. Un opus où la relation compliquée entre nos héros est au centre de tout, où les tensions, chausse-trappes, retournements se multiplient, suivant un plan compliqué mais parfaitement maîtrisé par l'auteur, avouant dans ses notes avoir eu beaucoup de difficultés et de plaisir à venir à bout de ce casse tête. J'aime beaucoup ce couple qui n'en est pas un, la tension toujours présente entre eux malgré le danger, la description des us et coutumes anglaises, de la capitale britannique et de la campagne. Typiquement british, difficilement transposable ailleurs. De plus j'apprécie énormément que l'auteur évite de revenir sur les épisodes précédents, cloisonnant chaque aventure. Ainsi nous pouvons lire les tomes dans le désordre sans être gênés. Du bel ouvrage comme toujours . Quatrième de couverture Le jeune Billy se rend chez Cormoran Strike pour lui parler d'un meurtre dont il aurait été témoin il y a des années : un enfant retrouvé mort près d'un cheval blanc. Mais le jeune homme est de toute évidence instable et se sauve avant que Strike n'ait eu le temps de l'interroger. Le célèbre détective privé et sa partenaire Robin Ellacott commencent néanmoins à enquêter, avec comme seule piste un nom de rue griffonné sur un bout de papier. Leurs investigations vont prendre un chemin sinueux à travers les bas-fonds de Londres, jusqu'aux plus hautes sphères du Parlement britannique. Robert Galbraith déploie tout son talent pour donner vie à des personnages inoubliables. Ave. Blanc mortel, nouvel épisode haletant des aventures de Cormoran Strike et Robin Ellacott, il nous plonge dans une enquête labyrinthique où la morale se dérobe à mesure que l'on pense approcher la vérité.... Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • La Chance sourit aux audacieuses  | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires La Chance sourit aux audacieuses Véronique Chauvy de Borée Le 3 avril 2025 320 pages historique Chronique 3 juin 2025 Tout commence et finit à Volvic, terre de lave d'où s'extrait une pierre, source de richesse pour le pays, utilisée pour les tombes et monuments funéraires ou de commémoration. Ainsi sera-t-elle appréciée des architectes et décorateurs d'intérieur. Mais ne brûlons pas les étapes. Voici Virginie, jeune fille de bonne famille éduquée selon des principes stricts à l'image de la société corsetée de l'époque, dessinatrice talentueuse, condamnée par un père rétrograde, Louis Domais, à un mariage arrangé avec le fils d'un autre propriétaire de carrière, Jean-Émile Jarrion. En terme clair, elle est utilisée comme monnaie d'échange afin que les deux bourgeois puissent encore plus s'enrichir. Mais il y a un hic et de taille ! Le garçon choisi est un fat, un mysogine méprisant, qui pense que la place des femmes est à la maison à élever les rejetons et à se taire. La passion de notre héroïne pour son art, son caractère bien trempé et son désir d'indépendance, lui font prendre la seule décision possible : fuir. Avec l'aide de son ancienne institutrice, elle part en catimini pour Paris chez le frère de l'enseignante. Elle deviendra la secrétaire de ce dernier, propriétaire d'un magasin de monuments funéraires non loin du cimetière du Père-Lachaise. Dans la capitale, la pierre de Volvic n'est plus à la mode. Cependant la jeune fille, tout en remplissant son rôle de secrétaire, dessine peu à peu de nouveaux modèles et gagne la confiance de son patron. Nous découvrons les coulisses d'une activité peu connue d'autant plus en ce début du XXe siècle. Tous les corps de métier sont présentés, au gré des visites de Virginie aux différents ateliers. Sculpteurs, graveurs, et bientôt émailleur sur lave. En effet, elle ne perd pas espoir quant à la réutilisation des matériaux de son pays en architecture et art funéraire. Nous sommes au début d'une aventure personnelle, amoureuse et artistique hors du commun, grâce à ce personnage attachant et singulier allant à l'encontre des attentes de son temps, poursuivant ses rêves, s'adaptant aux métamorphoses de la société, des goûts, des techniques, devenant un élément reconnu du monde restreint des grands noms de l'Art Nouveau puis de l'Art Déco. Difficile pour une femme de mener une carrière, de s'y adonner avec ambition, sans économiser son temps et son énergie lorsque, par habitude, par commodité, les hommes de son entourage professionnel, jusqu'à son compagnon, ne lui donnent pas la place qu'elle mérite. Quand la maternité s'invite dans sa vie tournée toute entière vers la création, notre héroïne culpabilise, écartelée entre ce qu'exige les autres et ses aspirations profondes. Toute la question épineuse de l'instinct maternel est ici évoquée avec une délicate justesse. Le chemin est encore long pour atteindre à une forme d'émancipation espérée par toutes. Ainsi, en mettant nos pas dans ceux de Virginie, nous parcourons un chemin ardu, d'initiation à une nouvelle vie, qu'il va falloir inventer jour après jour malgré des règles sociétales injustes et contraignantes. Mais le talent est là, sans genre, qui ouvre des portes insoupçonnées. Ce livre réjouira tous les amoureux de Paris, de ses monuments, de ses grands magasins, d'un certain art de vivre, tous les admirateurs de certaines façades d'immeubles tel l'hôtel particulier au 11 cité Malesherbes dans le 9e arrondissement dont les ornementations créées par le peintre Jollivet, ( auteur également des fresques de l'église Saint-Vincent-de-Paul), ont été réalisées par les ateliers d'émaillage de la rue Fénelon, de François Gillet, servant d'inspiration au personnage de Basile Garrel ; ils ont aussi oeuvré à l'élaboration de nombreux éléments d'urbanisme telles les entrées du Métropolitain parisien ou, en province, la maison Coilliot à Lille, 14 rue de Fleurus. Ainsi, avec toujours un immense talent de conteuse qui ne cesse de s'affirmer d'année en année, Véronique Chauvy nous permet de côtoyer tous ceux, Van de Velde, Tiffany, Émile Gallé, René Lalique, Hector Guimard, Frantz Jourdain... ayant atteint une immense notoriété grâce à leurs œuvres inoubliables créées pendant près de 30 ans. Ancienne designer et styliste, passionnée d'architecture, de décoration, d'artisanat d'art, j'ai lu ce roman avec un réel plaisir en tant que mordue de lecture mais aussi parisienne, admirative de sa ville, heureuse de la voir à nouveau resplendir à travers ces pages somptueuses. Fresque historique réussie et roman intimiste touchant, ce nouvel opus de Véronique Chauvy ne pourra que vous enthousiasmer. Je suis heureuse de l'avoir dans ma bibliothèque avec tous les titres précédents de l'autrice. Une mention spéciale pour la très jolie couverture. Merci infiniment à Véronique Chauvy pour ce voyage dans le temps dans un monde de beauté et d'effervescence artistique. Quatrième de couverture Dessinatrice douée et passionnée d'art, la jeune Virginie a des ambitions plein la tête. C'est compter sans son père, exploitant de carrières de pierre, qui voit dans le mariage de sa fille avec le fils d'un carrier un projet aussi intéressé que lucratif. Mais la jeune femme, au caractère bien affirmé, rêve en grand et aspire à mener sa vie comme elle l'entend. Attirée depuis toujours par le prestige de la capitale, elle parvient à s'y rendre à l'insu de sa famille. En ces années de foisonnement artistique intense, une autre vie, ponctuée d'embûches et de rencontres, commence alors pour Virginie. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Plus loin mais où | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Plus loin mais où Béatrix Beck Grasset mai 1997 154 pages Roman Chronique 14 novembre 2020 L'éditeur écrit à la fin de sa présentation que ce court roman est émouvant et tragique. Oui, cependant je l'ai trouvé surtout drôle, caustique, engagé, tendre, rare, en plus d'être un sacré tour de force quant à la restitution du langage de Marceline. Bourrue, sans éducation scolaire mais avec une réelle connaissance du monde après un apprentissage de la vie à la dure, fine mouche, intuitive, elle est une rescapée de la misère matérielle, psychologique, sentimentale. Elle a réussi à s'en sortir en s'inventant ses propres règles ; ainsi elle est restée libre et a trouvé un certain bonheur, quoique...., malgré le dénuement extrême, malgré l'isolement. Tout le début lui est consacré, truculent et dramatique à la fois. Et voilà qu'un très beau jeune homme, roux, éduqué, français juif, comme il le précise après l'énoncé de son nom, se présente sur son chemin.... Choc de deux mondes, lui pense avec une certaine condescendance qu'il vient de trouver le sujet idéal pour sa thèse sur la marginalité rurale...elle se méfie de ce bourgeois aux trop belles manières.... Il ne sait pas où il a mis les pieds, cette femme n'est pas une sorcière mais bien une magicienne... Une relation étrange, amicale, tendre s'établit entre ses deux personnages à l'opposé l'un de l'autre, faite de piques acérées et de témoignages discrets d'affection. Yann Rosengold devra continuer son parcours universitaire et amoureux.... Mais le destin va lui jouer un joli tour, histoire de ne pas oublier Marceline, à moins que ce soit elle, du haut du ciel, qui lui fasse un joli pied de nez. Un beau texte original, intelligent, tout en finesse, un réel moment de plaisir de lecture. Un roman qui fait du bien en cette période d'obscurité. Quatrième de couverture « J'ai pus de corps, c'est les os qui me tiennent debout, et mon grand os, ma trique. Je veux pus qu'on m'appelle Marceline, ni autrement. Je veux pus qu'on m'appelle." Ce roman intense de Béatrix Beck s'ouvre par l'évocation d'une vieille dame indigne. Elle vit seule à la campagne, avec ses os qui grincent et la compagnie du bois mort, marchant vers l'avenir tout tracé à raison d'un litre de rouge par jour, jusqu'au moment où elle rencontre dans la forêt un certain Yann Rosengold... L'étudiant s'occupe d'elle, malgré ses plaisanteries acides et son esprit revêche. Puis, c'est naturel, elle meurt. Nous suivons alors la vie amoureuse de Yann, une élève séduite, un mariage, une progéniture turbulente, des jeux d'enfants et la mort de sa femme... Béatrix Beck nous donne ici un roman émouvant et tragique. » Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Un chemin de rocailles | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Un chemin de rocailles Marie de Palet de Borée Le 8 mai 2025 406 pages historique de terroir Chronique 13 juin 2025 Paru dans la collection Terres d'écriture. Encore une fois, Marie de Palet ressuscite avec un talent indéniable une période particulière de l'histoire de la Lozère, s'attachant à raconter les quelques 25 premières années de Sophie. Son héroïne devra faire preuve de beaucoup de courage afin de se relever de toutes les adversités placées sur son chemin par un destin cruel. D'abord une enfance heureuse au village de Blachère entre sa mère et sa grand-mère affectueuses. L'évocation des plaisirs simples et de la vie rustique en osmose avec la nature et le cycle des saisons est une grande réussite, provoquant une certaine nostalgie. L'existence est difficile, demande beaucoup de travail et de force, un rien peu briser le fragile équilibre des familles les plus précaires. Mais l'entraide et la solidarité ne sont pas de vains mots. Sophie est comblée jusqu'au jour où, au retour d'une escapade enfantine, elle trouve un inconnu à la maison. Ce serait son père ! On lui avait dit qu'il était mort. Il s'incruste et veut bientôt repartir pour Béziers. La petite ne l'aime pas et s'en méfie. Son instinct la met en garde ainsi que certains regards, silences, mots. Le monde de la fillette va exploser, sa mère la quitter avec l'indésirable, mais la petite fait tout pour rester avec sa mamie malgré le chagrin de perdre sa mère. À partir de cet événement dramatique que Sophie va vivre comme un abandon, finie l'insouciance. Se nourrir, survivre, deviendra une lutte quotidienne pour l'enfant et l'aïeule. Elle sent qu'un secret plane autour de la figure paternelle, qu'on lui cache des choses. C'est ainsi que nous allons traverser le temps à la suite de cette héroïne résolue à tenir bon malgré ses chagrins, malgré les tragédies de l'époque, malgré les malheurs qui s'abattent sur elle inexorablement. Destin d'une fillette issue d'un milieu très pauvre, bientôt seule au monde et qui devra s'adapter à toute nouvelle situation imposée par les adultes et conseils qui l'entourent. En ces premières années du XXe siècle, en province et de surcroît dans le monde rural, un gouffre sépare les citadins des paysans. Pas de confort réel chez les plus modestes, un quotidien inchangé depuis des siècles, les progrès de la modernité inconnus, la place des femmes toujours imposée par un patriarcat omnipotent, un système de classe sociale omniprésent, l'Église et le curé tenant une place prépondérante dans le village à l'instar du maire. Que peut donc espérer la petite fille puis la jeune demoiselle ? Heureusement elle est intelligente, studieuse et de bonne moralité. Elle rêve comme ses amies de s'élever grâce à son instruction, mais surtout de faire un bon mariage et d'avoir des enfants. Une vie extraordinaire tout en ressemblant à celle de millions de femmes de cette époque, nos prédécesseures, celles qui peu à peu ont fait évoluer la société, d'une façon à peine visible. Humble par nature et par l'éducation reçue, Sophie saura-t-elle enfin capter la lumière et se forger un destin inespéré pour une simple fille de Lozère ? Pourra-t-elle enfin découvrir la vérité quant à ses parents ? Roman de terroir et historique des plus touchants et instructifs, ce texte saura vous séduire par son authenticité et son supplément d'âme. On sent que l'autrice a énormément de tendresse pour ses personnages, issus de ses souvenirs et de son imagination. Quatrième de couverture Au début du xxe siècle, Sophie, petite fille espiègle et volontiers casse-cou, vit entre une mère un peu trop autoritaire et une grand-mère qui déborde d'affection. Mais qui est cet homme silencieux qu'elle trouve un jour assis dans leur cuisine ? Son père ? Impossible, il est mort il y a bien longtemps ! Se pourrait-il qu'on lui ait menti pendant toutes ces années ? Cette révélation inattendue perturbe Sophie plus qu'elle ne la comble de joie. Car son père, cet inconnu, semble totalement indifférent à sa présence. Pire, il projette de les emmener, sa mère et elle, loin du village qu'elle a toujours connu. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Chère Jane Austen : saphirs et suspicion T2 | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Chère Jane Austen : saphirs et suspicion T2 Béatrice Egémar City Éditions Le 4 mars 2026 324 pages historique polar Chronique 20 mars 2026 "De l'amour de la danse à l'amour il n'y a qu'un pas." Orgueil et Préjugés "Pour six semaines, j'admets que Bath puisse être agréable, mais au-delà, c'est le séjour le plus ennuyeux du monde." Northanger Abbey "Ma première impression de Bath par beau temps n'a pas répondu à mes attentes ; je crois que je vois plus distinctement quand il pleut." Jane Austen, Lettre à Cassandra, 6 mai 1801 Destiné à tous les fans de Jane Austen mais aussi à tous ceux qui aiment les reconstitutions historiques soignées, les textes remarquablement rédigés, les descriptions précises des tourments psychologiques auxquels sont confrontés les personnages, les mystères et énigmes policières... Quelle joie de retrouver Anne Spencer, la jeune héroïne découverte dans le premier tome de "Chère Jane Austen" intitulé "Commérages et Confusion" ! Une jeune demoiselle volontaire, curieuse, instinctive et intuitive, romantique, imaginative, empathique, singulière en ce siècle où les femmes sont assujetties aux hommes. Comme elle est attachante cette admiratrice enthousiaste de l'écrivaine Jane Austen avec laquelle elle correspond ! Enfin après les évènements dramatiques survenus dans le premier opus, Anne peut souffler et retrouver un rythme normal de vie entre ses livres bien aimés et sa correspondance. Ce roman est donc également un ouvrage épistolaire, procédé littéraire nous permettant de multiplier les angles de vue sur les incidents ou tragédies ponctuant ce récit. Découvrir ainsi les lettres échangées, en particulier avec la célèbre autrice Jane Austen, est un régal pour tout amoureux de la littérature anglaise et des textes de cette analyste fabuleuse des âmes. Toute imprégnée encore des personnages créés par celle-ci, Anne vit un peu son quotidien d'une façon romanesque, recherchant dans l'un ou l'autre des similitudes avec les femmes mais surtout les hommes qu'elle croise sur son chemin. Celui-ci va la mener à Bath, célèbre pour son architecture, pour ses cures et ses bals. En effet, elle est invitée par Melle Grace Bolton à la rejoindre. Étonnante proposition d'une personne qu'elle a peu côtoyée, qu'elle accepte cependant, curieuse de mieux connaître cette jeune femme, fiancée depuis peu à Lord Anthony Musgrove, plus âgé et fort riche. Jenny Burnett, l'épouse de son cousin David, décide de l'accompagner avec domestiques et enfants. Une maison est rapidement louée à Queen Square avec son propre personnel, non loin du York House Hotel où résidera Grace. Tout s'annonce donc sous les meilleurs auspices : les joies de cette ville d'eau merveilleuse sont multiples : les soirées, bals et magasins n'ont rien à envier à Londres et Anne est d'autant plus heureuse que son frère James, médecin, y réside en collocation avec un de ses collègues, Christopher Barton. Bien évidemment, notre amie avertie Jane de chaque événement jalonnant son séjour. Ce roman aux qualités cinématographiques et à l'esthétique somptueuse se déroule sous nos yeux émerveillés, mettant en lumière certains détails qui n'échappent pas à la sagacité d'Anne, experte à détecter les anomalies et autres bizarreries de comportement. Tout semble donc idyllique jusqu'au jour où le magnifique collier en saphirs et diamants offert à Grace par son promis est subtilisé dans le salon de la suite qu'elle occupe, alors qu'elle se préparait dans sa chambre en compagnie d'Anne pour le théâtre. Le jeune homme en charge du service de la suite, Samuel, est accusé du vol et écroué. Les deux amies ne croient pas en sa culpabilité. D'autres clients ou employés de l'établissement ou de Queen Square sont tout autant des suspects potentiels : les Spencer, le docteur Wilkinson, spécialiste en traitement médicaux par l'électricité, la mystérieuse princesse Aniela et sa protectrice Lady Portus, John le valet de Queen Square, Barnes le valet de Lord Musgrove... Recréant parfaitement, pour notre plus grand bonheur, l'ambiance des romans de Jane Austen, Béatrice Égémar nous offre également une énigme policière intrigante basculant soudain dans le drame. Le portrait brossé de la société anglaise de province de l'époque, avec son système de caste, ses inégalités, son paternalisme, est édifiant sous le regard caustique, sans concession et perçant de l'autrice reprenant le flambeau austénien avec beaucoup de talent et de passion. Ainsi, que vous soyez férus de récits historiques où personnages réels et imaginaires se côtoient avec art, ou de polars bien menés, ce roman est pour vous. Gratitude chère Béatrice Égémar pour ces heures délicieuses où le suspense est parfaitement soutenu jusqu'au dénouement. Quatrième de couverture Alors qu’elle s’apprête à retrouver la tranquillité d’une vie bien réglée auprès de ses parents, la jeune Anne Spencer est invitée par une amie à séjourner à Bath, la plus élégante des villes d’eaux d’Angleterre. Entre bals étincelants et boutiques raffinées, elle se laisse entraîner dans le tourbillon de la vie mondaine. Elle n’en n’oublie pas pour autant sa correspondance avec Jane Austen, son autrice préférée, ni sa quête d’un Mr Darcy. Mais le vol d’un collier de saphirs vient tout bouleverser. Parmi les figures de la belle société, tous peuvent être coupable, du savant aux méthodes étranges à la mystérieuse princesse nordique... Anne va vite découvrir que même les robes en soie et les sourires policés peuvent cacher des secrets inavouables. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Magnifica | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Magnifica Maria Rosaria Valentini Denoël 2018 310 pages traduites par Lise Caillat Historique Chronique 16 mars 2019 Un très beau roman nostalgique et poétique, raffiné, élégant, tout en détails, en fragments lumineux représentant chaque femme de ce récit se transmettant un témoin de génération en génération de 1950 à aujourd'hui... Cette histoire est la première de l'auteure traduite en français, c'est une chance, souhaitons qu'il y en ait d'autres. Sud de l'Italie dans les Abruzzes, un petit village où vivent Ada Maria, sa mère Eufrasia et son père Aniceto. Ces deux-là ne s'aiment plus, la femme rebaptisant son mari du nom de Crapaud. Tout la dégoûte chez lui, partager son lit est une souffrance. Pietrino, le petit frère, n'est pas conscient de ce qui se trame dans la maison. Seule sa mère existe... Et sa sœur qui bientôt deviendra le centre de son univers. Eufrasia est soulagée de savoir que son mari a une maîtresse, Teresina, plus jeune, plus joyeuse, plus généreuse. Eufrasia se voue à ses enfants, le reste lui fait peur... Elle longe les murs, tient la maison, ne parle plus à son époux... Une vie bien peu remplie qui se finit trop tôt pour laisser la place à l'inattendu, à l'amour, à la solidarité de la part de celle qu'on voulait tant haïr.... Histoire d'une famille, de femmes, de naissances en deuils, de désespoir à tous les possibles. Une réconciliation des êtres, une rédemption des malheureux, un magnifique roman d'amours maternel, filial, fraternel, entre un homme, un étranger, et Ada Maria, donnant naissance à Magnifica, avec laquelle commence et finit ce livre mélancolique puis plein d'espoir. Je ne copierai pas la quatrième de couverture qui en dit trop... Le titre est tout à fait adéquat.... Quatrième de couverture Italie, années 1950. La jeune Ada Maria est la fille d'un couple sans amour. Lorsque sa mère meurt prématurément, elle s'occupe de son petit frère tout en s'efforçant d'ignorer sa belle-mère qui s'impose peu à peu dans la maison. C'est dans ce quotidien en dehors du temps, rythmé par la couleur des frondaisons, la succession des naissances et des deuils, que l'Histoire fait irruption. Un jour, Ada Maria aperçoit un homme dans le bois avoisinant le village : c'est un Allemand, reclus dans une cabane depuis la fin de la guerre. De leur amour naîtra une petite fille aux yeux clairs et à la peau diaphane, Magnifica, changeant à tout jamais le destin tranquille auquel Ada Maria se croyait livrée. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

  • Elles étaient neuf | EvanancesLittéraires

    Éva a lu pour vous .. Chroniques littéraires Elles étaient neuf Gwen Strauss Des femmes Antoinette Fouque 29 février 2024 264 pages traduites par Catherine Delaruelle document Chronique 5 mars 2024 L'histoire vraie de l’évasion d'un groupe de femmes qui a survécu au pire de l'Allemagne nazie" de Gwen Strauss paru le 29 février 2024 aux Éditions des femmes Antoinette Fouque, 264 pages traduites par Catherine Delaruelle Lecture du début et des notes finales aux lecteurs enregistrée en vidéo sur Évanances littéraires et Eva Résonances littéraires : Et voilà encore un ouvrage remarquable et essentiel paru aux éditions des femmes Antoinette Fouque qui trônera en bonne place dans ma bibliothèque. Le premier fut "Artisanes de la paix" de Mona L. Siegel, essai de référence dont je regarde la couverture tous les jours. Les femmes et la guerre, les femmes dans la guerre... Aujourd'hui enfin des récits de guerre au travers du regard des femmes se multiplient. Je pense à "Le silence des vaincues" de Pat Barker réécriture de l'histoire de la guerre de Troie par Briséis. "Une femme dans la guerre" de Christine Spengler, photographe reporter enregistré en livre audio par l'autrice toujours aux Éditions des femmes Antoinette Fouque nous fait également toucher du doigt la réalité sur le terrain, sur les champs de bataille. Et voici ce récit puissant, incroyable, inqualifiable ! Neuf femmes, engagées dans la Résistance alors qu'elles sont encore si jeunes, prenant tous les risques, affrontant le danger, la barbarie nazie, la terreur au ventre mais l'âme affermie... Chacune d'entre elles a un parcours singulier, extraordinaire, démentiel... Alors que la société des années 1940 leur dénie le droit de voter, les font supporter une tutelle insupportable des hommes, alors qu'elles sont considérées comme mineures, infantilisées, interdites de faire un chèque, de disposer de leur argent, de leurs corps, ces femmes se lancent dans la bataille, cachées dans l'ombre, oeuvrant pour la patrie. Elles sont arrêtées par les policiers français ou la Gestapo, interrogées brutalement, torturées, pour être ensuite envoyées en camp de concentration en Allemagne dans un block réservé aux prisonnières politiques près de Leipzig. Sept françaises, deux hollandaises, une espagnole. Deux d'entre elles font partie des "57000", ceux emportés par le dernier convoi vers la mort. Elles s'organisent, s'entraident, supportent tout, endurent l'impensable, assistent à des scènes inhumaines.... Elles ne sont plus que des ombres décharnées, en loques, malades, épuisées, réussissant, on ne sait comment, à plaisanter, à utiliser la dérision et l'humour comme armes de guerre. Une lutte de tous les instants pour survivre, respirer, dans l'espoir de rentrer, de retrouver les êtres aimés. La débâcle allemande enfin devient réalité, la barbarie nazie se déchaîne jusqu'au bout : effacer les traces, assassiner les survivants, les témoins... Certains passages de ce récit sont tellement... les lire est presqu'impossible, mais par respect pour celles qui ont traversé ces épreuves, on se doit de tenir le coup. Ainsi le 15 avril 1945, le jour J est arrivé, l'occasion se présente de fuir, une toute petite opportunité d'attraper cette liberté, de la tenir fermement, de s'y accrocher de toutes ses forces....et voilà nos héroïnes s'enfuyant dans un champ... Un but, un seul : regagner la France, Paris pour certaines. Elles ne sont pas au bout de leur peine. Elles doivent absolument rejoindre les troupes américaines. Mais où est la ligne de front ? Direction plein ouest, toujours. De rencontres fabuleuses en confrontations terrifiantes, vaille que vaille, elles avancent... Mais que leur réserve l'avenir une fois revenues chez elles ? Que vont-elles retrouver elles qui ont été profondément métamorphosées, traumatisées ? Pourront-elles se projeter dans l'avenir, construire une famille, vivre normalement ? Quelles conséquences toutes ces souffrances vécues, traversées, auront-elles sur leurs proches, leurs enfants ? Seront-elles capables de parler, de témoigner ? Seront-elles prises en charge psychologiquement ? Gwen Strauss réussit à nous raconter l'histoire de ces 9 femmes avant, pendant et après la fuite éperdue des camps de la mort. Un travail colossal de recherche, d'enquête sur le terrain et dans les archives ont permis à l'autrice de bâtir un récit choral solide, digne du meilleur scénario de film de guerre au suspense haletant, à la beauté sidérante. L'humanité dans ce qu'elle a de plus remarquable et de plus monstrueux est mise en scène magistralement. La sincérité de la démarche de Gwen Strauss, petite nièce de l'une de ces héroïnes, est indéniable, en quête de vérité, animée par le désir de rendre hommage à ces femmes. N'oublions pas que le Général de Gaulle reconnaissant la bravoure de ces patriotes a accordé le droit de vote aux femmes en 1944. Nous leur devons d'avoir une voix, de nous faire entendre. Nous leur devons de ne jamais oublier, nous leur devons de faire en sorte que l'Histoire vue par les femmes soit réécrite et enseignée aux générations futures. Nous leur devons d'empêcher par tous les moyens toute nouvelle guerre, toute nouvelle infamie. Quatrième de couverture Un récit d’un courage insondable… Mme Strauss rend un fier service à ses lecteurs – et à ses sujets – en revenant sur cette histoire effroyable du courage des femmes à une époque de rapacité et de guerre. Wall Street Journal 15 avril 1945: Hélène Podliasky, grand-tante de l’autrice, s’échappe d’une marche de la mort avec la complicité de huit autres femmes résistantes. Elles ont traversé les lignes de front de l’Allemagne pour rejoindre Paris. Ce livre raconte leur histoire. Les neuf femmes avaient toutes moins de trente ans lorsqu’elles ont rejoint la Résistance. Elles ont fait de la contrebande d’armes à travers l’Europe, hébergé des agents parachutistes, parcouru les itinéraires d’évasion vers l’Espagne et caché des enfants juifs dans des appartements dispersés. Elles ont été arrêtées par la police française, interrogées et torturées par la Gestapo pour être finalement déportées en Allemagne. Leur amitié est née au cours de cette terrible épreuve. Au moment de la débâcle allemande, les neuf femmes parviennent à s’évader. Gwen Strauss a effectué un travail de recherche incroyable pour mettre au jour cette saisissante histoire d’entraide et de sororité malgré l’horreur, pour faire perdurer la transmission au sein des familles et au-delà. « Hélène se releva et mena la marche dans la direction opposée à la route. Bientôt, elles furent toutes à bout de souffle. Elles grimpèrent hors du fossé et s’affalèrent dans un champ. En pleine euphorie, prises d’un fou rire inextinguible, elles restèrent là, main dans la main, à contempler le ciel. Elles avaient réussi. Elles s’étaient évadées ! » Avec le soutien du AUP, George & Irina Shaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights ans conflict Prevention. Précédent Suivant < Retour < Vers les auteurs < Vers les éditeurs

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